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Valorisation des sédiments de dragage dans une matrice

polymère : le projet SEDIPLAST

I. ENNAHAL,Y. MAMINDY-PAJANY, W. MAHERZI, M. BENZERZOUR, N-E. ABRIAK

Ecole des Mines de Douai - Département Génie Civil et Environnemental, 941, rue Charles Bourseul,
B.P. 838 59508, Douai, France

E-mail : ilyas.ennahal@mines-douai.fr

Résumé
La gestion à terre des sédiments de dragage marins et fluviaux représentent des enjeux économiques,
environnementaux, et sociétaux. A cet effet, plusieurs travaux de recherche ont été initiés ces 20
dernières années afin de développer de nouvelles filières de valorisation des sédiments. La filière des
matériaux de construction représente une des pistes privilégiées pour l’utilisation des sédiments de
dragage. Le projet SEDIPLAST financé dans le cadre de la démarche nationale française
SEDIMATERIAUX vise à étudier la valorisation des sédiments comme charge minérale dans des
matrices polymériques thermodurcissables et thermoplastiques. Ce projet est porté par l’entreprise
Néo-Eco Recycling (Nord Pas de Calais Picardie, France) dans le cadre d’une collaboration effective
avec l’Ecole des Mines de Douai.

Mots clés : sédiments, valorisation, Béton polymère, gestion déchets, stabilisation, matériaux
de construction

I. Introduction
L’accumulation de particules sédimentaires au fond et sur les bords de cours d’eaux et des voies de
navigation ainsi que dans les ports maritimes conduit à les encombrer et les obstruer. Pour les cours
d‟eau navigables, cela ralentit l‟écoulement et empêche les activités de transport qui s‟y pratiquent.
Pour les cours d‟eau non navigables, cette accumulation augmente le risque de crues. Afin de
maintenir et de restituer ces accès, il est nécessaire de draguer ou de curer régulièrement. Chaque
année, environ 45 millions de tonnes (matières sèches) de sédiments marins et 6 millions m3 de
sédiments fluviaux sont dragués en France. Actuellement, le dragage est la seule alternative pour
pallier à l‟envasement des voies d‟eau et des zones portuaires. Cependant, ces sédiments ont tendance
à absorber la pollution qui se déverse dans le milieu « naturel », souvent acheminée par l‟eau de
ruissellement, et qui est issue des activités anthropique. Apres l‟opération de dragage, ces matériaux,
déposés à terre, posent de réels problèmes. Il existe trois grand types de pollution qui sont absorbé par
les fines (limons, argiles) :
 La pollution aux métaux lourds (le cadmium, le chrome, le mercure, le nickel, le plomb, et le
zinc). Les métaux peuvent provenir en partie de l‟altération de la roche mère du sous-sol.
Cependant la plupart du temps leur origine est liée à l‟activité humaine : stockage de déchets
industriels et urbains, pratiques agricoles, pollution due aux retombées atmosphériques par
l‟utilisation de combustibles fossiles, d‟essences au plomb, de poussières des industries
métallurgiques, d‟incinération des ordures ménagères
 Micropolluants organiques : Ce sont les produits actifs organiques susceptibles d'avoir une
action toxique à déconcentrations infimes. Ils représentent le troisième grand groupe de
contaminants (les hydrocarbures aromatiques polycycliques : HAP ; les poly-chloro-biphényls
: PCB ; les tributyl-étain : TBT).
 Eléments nutritifs : Il s‟agit essentiellement du phosphore et des composés azotés comme
l'ammoniaque qui constitue un véritable engrais pour les plantes aquatiques. Un certain
nombre de sources naturelles et anthropiques contribuent aux apports de nutriment. Il s‟agit
notamment des apports d‟eau usée, de l‟agriculture, ainsi que des émissions dues au brûlage
des combustibles et aux véhicules automobiles par exemple
Les sédiments de dragage sont composés principalement d‟éléments de nature minérale, qui
influencent essentiellement les caractéristiques physiques et mécaniques des sédiments. Ils sont classés
en fonction de leur taille, on distingue ainsi : les argiles, les limons, les sables, les graviers et les
cailloux. Le deuxième composant des sédiments de dragage est l‟eau qui est de l‟ordre de 100% à
300% en général. Elle dépend de la méthode de dragage et de la position de dépôt. Généralement, on
peut distinguer l‟eau libre, l‟eau capillaire, l‟eau colloïdale et l‟eau pelliculaire.
Enfin, il est possible de retrouver toutes sortes de composés organiques naturels issus de la végétation,
des algues et des animaux (acides humiques, acides fulviques). L‟interaction entre les matières
organiques et les fractions minérales modifient considérablement les caractéristiques géotechniques du
sol. En effet, les matières organiques qui présentent une forte capacité de rétention d‟eau peuvent
augmenter les limites de consistance du sol.
II. Contexte national
En France, la réalisation d‟opérations de dragage est soumise au Décret n°93-742 du 29 mars 1993,
qui relève de la loi sur l‟eau de 1992 (Castillon, 2002 cité par Dubois, 2006). La réglementation pour
la gestion des sédiments de dragage en France s‟appuie principalement sur l‟arrêté du 14 juin 2000
relatif aux niveaux et références liés à l‟analyse de sédiments marins ou estuariens présents en milieu
naturel ou portuaire, publié dans le journal officiel du 10 août 2000. Cet arrêté, en accord avec les
lignes directrices d‟OSPAR, fixe des seuils de contamination, appelés Niveau GEODE, par des
substances chimiques (métaux lourds et Polychlorobiphényls (PCB)) à partir desquels doit être
appréciée l‟incidence de l‟opération de mise en suspension et/ou d‟immersion sur le milieu naturel
(tableau 1). Ainsi, en dessous du niveau N1, l‟impact potentiel est jugé neutre ou négligeable. Entre les
niveaux N1 et N2, une investigation complémentaire peut s‟avérer nécessaire en fonction du projet
considéré et du degré de dépassement du niveau N1. Au-delà du niveau N2, une investigation
complémentaire est nécessaire car des indices notables laissent présager un impact potentiellement
négatif de l‟opération sur l‟environnement.

Tableau 1. Niveau GEODE pour la gestion des sédiments de dragage marins

Eléments traces Niveau 1 Niveau 2


Arsenic 25.0 50.0
Cadmium 1.2 2.4
Chrome 90.0 180.0
Cuivre 45.0 90.0
Mercure 0.4 0.8
Nickel 37.0 74.0
Plomb 100.0 200.0
Zinc 276.0 552.0
Depuis sa mise en place, l‟arrêté a été actualisé deux fois afin de prendre en compte de nouveaux
seuils et de nouvelles substances polluantes. Les textes de références sont alors successivement :

- l‟arrêté du 09 août 2006 relatif aux seuils concernant une opération liée à la gestion des sédiments
issus d‟une opération de dragage ou de curage des cours et des plans d‟eaux,

- la circulaire du 04 juillet 2008 relative à la procédure de gestion des sédiments lors de travaux,
d‟opérations de dragages ou de curages maritimes et fluviaux.

Ces textes précisent les points suivants :

- les notions de curage et de dragage et le droit applicable aux travaux et aux opérations susceptibles
d‟impliquer un curage ou un dragage,

- le droit applicable aux techniques de remise en suspension et/ou d‟immersion,

- la possibilité de commercialiser les matériaux excédentaires et les procédures applicables,

- les procédures applicables lorsque les matériaux excédentaires ne sont pas commercialisables et
lorsqu‟une gestion à terre doit être envisagée.

Une réflexion sous-jacente est menée sur le point de partage entre le caractère dangereux ou non
dangereux des sédiments de dragage et sur l‟extension des procédures applicables à l‟épandage des
boues pour des sédiments inertes. Cette réflexion a abouti à la parution du guide d‟acceptabilité des
matériaux alternatifs en techniques routières par le SETRA en mars 2011.

III. Le contexte régional


Les ports et les voies navigables de la région Nord-Pas-de-Calais sont touchés par le phénomène de
sédimentation. Dans le cadre de ce projet uniquement les sédiments fluviaux seront pris en compte. Le
réseau fluvial de la région de Nord-Pas de Calais est le plus dense de France. Les 680 km de voies
d‟eau navigables soit environ 10 % du réseau navigable français comprennent 576 km de voies utilisés
principalement à la navigation de commerce. Ces voies d‟eau constituent le trait d‟union naturel entre
le territoire national et le nord-ouest de l‟Europe fluviale.
La diversité des activités sur ces voies navigables est exceptionnelle : transport de marchandises,
navigation de plaisance, loisirs liés à la voie d‟eau (pêche, aviron, promenades le long des voies
d‟eau...). Ces voies d‟eau sont gérées par les 7 subdivisions de la direction régionale Nord - Pas de
Calais de Voies navigables de France (FIG-1).
FIG-1. Réseau des voies navigables de la région Nord-Pas-de-Calais

Les acteurs de la gestion des sédiments continentaux notent déjà un ralentissement du rythme de
curage lié à la difficulté de gérer les sédiments pollués (diminution des espaces disponibles pour le
stockage et la méfiance grandissante du public face à ce type d‟alternatives, coût des procédés de
traitement), ce qui peut engendrer au moyen terme des risques d‟inondation, des perturbations de
l‟écosystème et des problèmes de navigation. Dans la région Nord-de-France, les sédiments sont
caractérisés par la présence de particules fines argileuse qui caractérise. D‟un point de vue
environnemental la majorité des sédiments du le nord-pas-calais est non inertes, pouvant poser des
problèmes de valorisation. La recherche d‟une filière de valorisation doit tout d‟abord tenir compte
d‟une part de la typologie des sédiments et d‟autre part de leur qualité.
IV. Présentation du projet
Le projet SEDIPLAST s‟inscrit dans la démarche nationale SEDIMATERIAUX (France). La
méthodologie développée dans le cadre de la démarche SEDIMATERIAUX a été élaborée par l‟école
des Mines de Douai et s‟appuie sur les retours d‟expériences des projets réalisés dans le périmètre du
Grand Port Maritime de Dunkerque. Celle-ci est applicable à toute typologie de sédiments
immergeables et non-immergeables, à l‟exception de ceux classifiés comme dangereux, et comporte 3
phases cumulatives et dépendantes (Figure 1) : 1) CARACTERISATION DU SEDIMENT DE
DRAGAGE, 2) ETUDE EN LABORATOIRE, 3) OUVRAGE DE TERRAIN.

Le projet SEDIPLAST vise à acquérir de nouvelles connaissances en vue de la mise au point d‟un
nouveau produit à base de sédiment de dragage. En contribuant au développement d‟une nouvelle
filière de valorisation pour les sédiments de dragage devant être gérés à terre. A ce titre, la
méthodologie scientifique développée dans les projets antérieurs de la démarche constitue un cadre
pertinent pour l‟étude de faisabilité de la valorisation des sédiments de dragage dans un matériau
composite intégrant du plastique. Cette étude de faisabilité sera réalisée à l‟échelle du laboratoire et
intégrera les deux premières phases de la méthodologie scientifique SEDIMATERIAUX (FIG-2) :

Phase 1: Caractérisation des sédiments : Cette phase permet d‟identifier les gisements de sédiments
potentiellement valorisables dans la filière visée et d‟approfondir la connaissance de leurs propriétés
physiques, géotechniques, minéralogiques, mécaniques, chimiques et environnementales.

Phase 2: Etude en laboratoire : Cette phase consiste à (i) élaborer un matériau optimisé d‟un point de
vue mécanique et environnemental, et (ii) étudier les caractéristiques mécaniques et
environnementales du matériau dans des conditions standardisés.

Dans le cadre du projet SEDIPLAST, un suivi environnemental sera mis en œuvre en laboratoire pour
étudier le comportement du matériau sur une échelle de temps donnée dans un ou des scénarios
d‟exposition réalistes. Cette étude permettra d‟identifier les paramètres susceptibles d‟influencer les
performances mécaniques du matériau à long terme ainsi que l‟impact potentiel de son utilisation sur
l‟environnement.
Sédiment de dragage

PHASE
Caractérisations réglementaires 1
CARACT
ERISATI
ON
Analyses complémentaires SEDIMATERIAUX

Sélection de la filière de valorisation et des applications


envisageables

PHASE
Etude de formulation 2
LABOR
ATOIRE
Conception et suivi de
Analyse des éprouvettes
planches expérimentales

Validation de la faisabilité mécanique et environnementale de


l’usage visé en conditions contrôlées

Démarches et études préalables PHASE


3
TERRAI
N
Conception et instrumentation
d’un ouvrage terrain

Suivi mécanique et Suivi de la qualité des eaux


environnemental souterraines du site récepteur
de l’ouvrage

Validation de la faisabilité technique, mécanique


et environnementale en conditions réelles

FIG 2. Méthodologie scientifique de la démarche SEDIMATERIAUX

IV.1. Partenaires du projet SEDIPLAST

 Ecole des mines de Douai

L‟Ecole des mines de Douai intervient dans le projet SediPlast afin d‟apporter son expertise
scientifique dans les matériaux de construction, qui est l‟une de ces thématique de recherche principale
depuis plus de 25 ans. Le Laboratoire Génie Civil et Environnemental de l‟Ecole des mines de Douai
est rattachée à l‟équipe de recherche « matériaux de construction de performance et éco-respectueux»
faisant partie de l‟axe géomatériaux du Laboratoire Génie Civil et géo-Environnement (LGCgE) de la
région Nord-Pas de Calais.
La valorisation de matières minérales issues de sous-produits industriels ou de déchets est une priorité
des acteurs économiques qui s‟intègre dans une logique grandissante qui est l‟économie circulaire.
Cette tendance est d‟autant plus vraie dans le cadre des matériaux de construction à la vue des
quantités énormes utilisées annuellement. D‟autre part, les matériaux de construction ont un fort
potentiel d‟évolution à travers des applications spécifiques conduisant à utiliser des matériaux plus
performants, innovants grâce à de nouvelles fonctionnalités tout en ayant une durabilité maîtrisée.
Afin d‟apporter des réponses à ces deux problématiques qui constituent les deux grands thèmes de
recherche de l‟équipe, notre démarche scientifique vise à comprendre les couplages complexes (FIG-
3) qui régissent les interactions entre les matériaux et leur environnement à travers une approche
multi-échelle expérimentale complétée par des simulations numériques.

FIG-3. Organisation des équipes de recherches du laboratoire de Génie Civil et Environnemental

 NEO ECO RECYCLING

Société d'ingénierie axée sur le marché de la valorisation des déchets, avec pour ambition de proposer
aux industriels des projets de valorisation des déchets ainsi que l'ingénierie qui s‟y rapporte. Ceci afin
de leur permettre d'optimiser leurs procès de traitement, d'augmenter la valeur finale de leurs
coproduits et de limiter la mise en enfouissement. Son savoir faire au niveau de l'environnement et du
bureau d'études lui permet de proposer un service innovant dans le domaine de la valorisation. NEO-
ECO RECYCLING a participé à différents projet liés à la valorisation des déchets :
* Création de mobiliers urbains à base de déchets de déconstruction,
* Création de matériaux composites à base de bois/plastique pour une utilisation,
* Participation à des projets de séparation automatique du plâtre, des briques et du béton,
* Projet de valorisation de sédiments en ouvrages de génie civil.
IV.2. Innovation et retombées
A ce jour, le domaine de la valorisation des sédiments et de leur réutilisation comme matière première
secondaire commence à être exploré de plus en plus. Une large étude afin de mieux connaitre les
caractéristiques des sédiments et leur composition sera donc nécessaire. Les innovations scientifiques
s‟inscrivent dans cette amélioration des connaissances du matériau tout au long de sa filière de
gestion :
 En formulation de « matériaux alternatifs » à matrice polymérique pour une valorisation dans
les ouvrages de génie civil ;
 En identifiant les limites de contamination des sédiments, en identification des limites
techniques et environnementales à partir desquelles le stockage devient prioritaire.
Les innovations industrielles porteront sur tous les aspects travaux projet :
 Elaboration de processus de tri et de conditionnement des différentes fractions,
 Mise en œuvre des formulations,
 Valorisation des sédiments dans du mobilier urbain à destination des collectivités.
L‟ensemble de ces éléments permettra notamment d‟acquérir le savoir-faire indispensable concernant
les méthodologies permettant une maitrise des risques techniques et environnementaux d‟utilisation de
ces nouveaux « matériaux alternatifs ».
V. Déroulement général du projet
Le projet SEDIPLAST sera organisé en 8 grandes phases, qui sont présentées ci-dessous :
Phase 1 état de l'art/bibliographie
Les sédiments et le plastique doivent répondre à un cahier de charges strictes afin d'être extrudés. Le
cahier des charges ne peut être réalisé sans une phase d'études au préalable. L‟élaboration de ce cahier
des charges permettra, par la suite, d‟aider les exploitants de déchets de fournir des produits calibrés
au besoin du projet. La phase d‟études comprend la recherche des innovations portant sur les
composites réalisés avec une phase minérale, comprend également la recherche des fournisseurs et du
matériel Une analyse comparative des différentes sortes de sédiments sera dressée. Le but de cette
analyse étant d„identifier les spécificités de chaque type de sédiment.
Phase 2 : obtention/ préparation de la matière
L‟obtention de la matière se fait par dragage mécanique des voies navigables de la région Nord-Pas de
Calais. Le dragage mécanique est réalisé au moyen d‟une unité excavatrice (pelle mécanique), qui
vient prélever les sédiments en raclant le fond de l‟eau. Une préparation de la matière doit être réalisée
pour la fabrication du prototype, il faudra traiter au préalable les sédiments, acceptables dans le cadre
de ce projet. Le prétraitement sera constitué obligatoirement d‟une étape de séchage pour rendre les
sédiments utilisables.
Phase 3 : caractérisation des sédiments et formulation
Phase de laboratoire, permettant de concevoir la fiche d‟identité des produits, avec leurs
caractéristiques physiques, chimiques et mécaniques. Le rendu contiendra l‟ensemble des résultats des
différents essais réalisés. Il devra permettre d‟avoir une bonne connaissance de la qualité des
sédiments sur le plan environnemental et mécanique. Le rapport permettra de conclure sur le potentiel
de réutilisation de ce matériau dans cette filière ou non et d‟orienté les choix techniques et
environnementaux. La formulation pourra ainsi être définie :
- Listes des essais prévus pour la caractérisation des sédiments
- Analyses liées aux seuils GEODE et la loi sur l‟eau
- Analyses complémentaires nécessaires : Sédimatériaux
- Analyses géotechniques
- Analyses éco-toxicologiques du « déchet-sédiment »
- Chimie des sédiments bruts
- Test de lixiviation
- Test de percolation
- Minéralogie
- Radio-écologie
Néo Eco s‟appuiera sur son expérience afin d‟établir des formulations garantissant les performances
mécaniques requises et la maitrise de l‟impact environnemental.
Phase 4 : modélisation des prototypes et tests chez des fournisseurs
L‟ensemble des pièces du prototype seront modélisées informatiquement via un logiciel de
conception. Cette modélisation statuera les épaisseurs, les contraintes et l‟ensemble des renforts à
insérer afin de maximiser la durabilité du produit dans le temps. Des tests chez les principaux
fournisseurs du matériel identifié dans l‟état de l‟art, seront pratiqués. Les tests feront varier les
teneurs en plastiques et en sédiment dans le but de trouver le ratio optimal, tout en valorisant un
maximum de sédiments.
Phase 5 : montage de la ligne prototype
Une fois les tests effectués, la mise en place d‟une petite ligne prototype peut être envisagé afin
d‟effectuer une petite production série des prototypes à base de plastique et de sédiments. Ceci
permettra de dimensionner correctement la ligne de production future, tout en obtenant des
démonstrateurs pouvant être diffusées. La ligne prototype sera composée de deux doseurs, d‟un
malaxeur et d‟une presse. Les doseurs vont servir à amener les eux produits (plastiques et sédiments) à
l‟entrée du malaxeur suivant une concentration prédéfinie. Les deux produits sont directement dosés
sans le malaxeur, celui-ci va assurer le mélangeage des deux produits afin d‟obtenir une pate
homogène. C‟est cette pate qui est envoyée directement dans la presse pour la formation des produits
désirés. La presse utilisée est une presse hydraulique compaction pouvant exercer une force de 40
tonnes. La compaction a pour but de donner la forme finale au produit sortant du malaxeur. Ainsi, la
presse peut être combinée a différents moules en fonction de la forme désirée. La presse sert
également à densifier le produit lui apportant une rigidité, une solidité et donc une résistance accrue.
Phase 6 Fabrication des prototypes
A partir des déchets triés lors de la phase 2, la production des prototypes pourra débuter une fois la
ligne prototype montée. Le prototype est une étape indispensable à la conception d‟un produit.il
permet de valider ou corriger les phases précédentes. Les prototypes obtenus seront utilisés dans la
phase suivante afin de mesurer les limites du produit et d‟apporter des actions correctives avant de
démarrer la production industrielle.
Phase7 suivi environnemental et mécanique
Il est nécessaire de vérifier l‟innocuité environnementale du coproduit formé, ainsi que sa résistance
mécanique. Pour cela, le produit sera suivi pendant une période de 6 mois, ou diverses contraintes lui
seront appliquées. Le tableau 3 résume ces différentes étapes.

IV. Conclusion
La démarche du projet SediPlast présentée dans cet article vise à définir une nouvelle filière pérenne
pour valorisation des sédiments de dragage. Le choix d‟une matrice polymère est motivé par le fait que
ces dernières sont assez stables et peuvent être le meilleur moyen pour piéger la contamination
présente dans les sédiments. En effet, l‟incorporation des sédiments dans une matrice polymère permet
de contourner les problématiques rencontrées avec les ciments, liées aux interactions qui peuvent y
avoir entre les contaminants et les composants des ciments (gonflement, hydratation inhibée, réactions
secondaires…).

Remerciements
Le projet SEDIPLAST est financé dans le cadre de la démarche nationale SEDIMATERIAUX sur des
fonds FEDER de la région des Hauts de France.
Bibliographie
Abriak N.E., Gregoire P., 2003a :“Amélioration de la portance du sable de dragage extrait de
l‟Avant-Port de Dunkerque”. In 2nd International Symposium on Contaminated Sediments – Posters,
Québec, Canada, pp. 374-377.
“la gestion des sediments pollués en rivière” source
AIPCN:www.cetmef.equipement.gouv.fr/aipcn/fichiers/sediments.doc
Mac Farlane F. 2004 : « Méthode de gestion des matériaux de dragage maritime –Application au Port
Autonome de Dunkerque », Thèse de doctorat, Université d‟Artois, 244p
Odell. R.T., Thornburn. T.H., Mckenzie. L.J., 1960 : “Relationship of Atterberg limits to some other
properties of Illinois soils”. Proceedings of the Soil Science Society of America 24 (4), 297–300.
CASTILLON O. (2002). Statut juridique des boues de curage et de dragage, et développement
durable. DESS Droit de l‟environnement, Université d‟Artois.
IFREMER (2003). Rejet de dragages: analyse des textes réglementaires. www.ifremer.fr, Dossier: «
Dragage et environnement Marin », coordonateur: Claude Alzieu.
AGOSTINI F. (2006). Inertage et valorisation des sédiments de dragage marins. Thèse de doctorat,
Université de Lille, 208p.

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