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L’état des lieux de


l’entrepreneuriat en
Tunisie

Shawki fitouri
21 avril, 2020
Introduction
Dans le monde, seulement 10% des personnes actives travaillent pour leur propre compte, tandis
que les autres sont salariées soit dans les institutions de l’état publique ou dans les sociétés
privées. en Tunisie, sur une population active de l’ordre de 3,5 Millions d’habitants, seulement
500 mille sont des autoentrepreneurs qui travaillent pour leur propre compte et dont la majorité
exerce des activités informelles ou des activités de commerce.

C’est pour cette raison, que les politiciens et décideurs du pays ont suivi cette ligne et se sont
tournés vers la mise en place de certains mécanismes d’encouragement de l’entrepreneuriat. en
effet, et depuis la fin des années 1980, la conjoncture économique s’est focalisée sur la valeur
ajoutée procurée par les petites et moyennes entreprises (PMe).

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Contexte socio-économique actuel de la Tunisie:
La Tunisie se trouve de nos jours dans une situation de transition démocratique, sociale et
économique suite à la révolution de 2011. Les indicateurs économiques ont enregistré une chute
importante suite à l’instabilité politique et au changement du régime gouvernant le pays

En 2016, cinq ans après de la révolution, ce pays connait encore plusieurs problèmes socio-
économiques résumés ainsi:

● Stagnation de la croissance économique s’est manifestée par une stabilité de PIB (Produit
Intérieur Brut) à cause du manque d’un modèle économique durabl
● Inégalité régionale profonde entre les gouvernorats côtiers et les gouvernorats de
l’intérieur du pays.
● . Contexte social décourageant expliqué par les manifestations syndicales

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faiblesses de L’état des lieux de l’entrepreneuriat en
Tunisie :
Lors de ses travaux, le Groupe Entrepreneuriat a consulté plusieurs documents publics ou études
autorisées par leurs auteurs. Il existe ainsi de nombreuses études de qualité qui ont abordé les
freins au développement de l’Entrepreneuriat en Tunisie. Une liste non exhaustive de ces études
figure en annexe de la présente note.

A la lumière de ces études et des échanges approfondis lors des ateliers du Groupe
Entrepreneuriat, il semble pertinent de lister cinq (5) obstacles majeurs qui se dressent sur la
route des entrepreneurs :

● La faiblesse de la culture entrepreneuriale est un constat en Tunisie. Manque d’esprit


d’initiative, de créativité, de maturité des projets sont des éléments récurrents
● L’incertitude dans l’interprétation des textes de loi, l’instabilité de l’environnement
réglementaire et fiscal, les complexités procédurales, le manque de transparence parfois
des circuits de prise de décision dans l’administration
● Les besoins de financement de projets de taille moyenne et de projets innovants restent
peu couverts en fonds propres, en crédits longs et en financement du BFR souvent mal
compris par les structures de financement classiques et nécessitant un besoin
d’accompagnement plus approfondi et une prise de risque plus importante
● L’offre des structures de soutien à l’investissement notamment en dehors de la Capitale,
n’est clairement définie, ni au niveau des textes qui les régissent ni au niveau de la
pratique. Le porteur de projet se trouve souvent perdu entre la direction régionale de
l’APII, le centre d’affaires, la pépinière d’entreprise, le bureau de l’emploi (pour les TPE)
etc

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Défis de L’état des lieux de l’entrepreneuriat en Tunisie:
● les entreprises trouvent un déficit dans le personnel qualifié pour entamer la vie
professionnelle et devenir un membre créateur de l’équipe de travail
● Manque des moyens financiers et logistiques
● Manque de collaboration entre les acteurs impliqués, ce qui engendre l’émergence d’un
sysIndifférence et non-motivation de la jeunesse

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Forces :

Selon le Global Entrepreneurship Index 2018, la Tunisie est le premier pays africain en matière de
qualité de l’environnement entrepreneurial, révèle l’Indice global de l’entrepreneuriat (GEI). Cet
indice particulièrement intéressant pour la franchise s’appuie sur l’analyse de 14 axes jugés
déterminants dans la qualité de l’environnement entrepreneurial

La capacité à développer de nouveaux produits et à intégrer de nouvelles technologies


représente aussi un atout majeur pour le pays du Jasmin. Selon le rapport, la qualité du capital
humain aussi bien dans les affaires que dans le domaine des STIM (science, technologie,
ingénierie et mathématiques) en Tunisie, dépasse la moyenne de 50/100.

Toutefois, révèle le document, les entrepreneurs tunisiens ont une forte aversion pour le risque.
Ce manque de risque est surtout alimenté par l’instabilité politique et explique une partie de
l’attrait des entrepreneurs tunisiens pour des franchises étrangères ayant fait leurs preuves. Dans

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le box des facteurs de contre-performance qui entament la qualité de l’initiative entrepreneuriale
en Tunisie, la compétitivité et la capacité pour le secteur privé à concurrencer le marché
international, tiennent une place prépondérante. La franchise fait partie des moyens de transfert
de savoir-faire qui doit permettre à la Tunisie de se mettre au niveau international (européen par
exemple) pour améliorer ses exportations.

Au niveau du classement mondial, la Tunisie occupe la 40e place, suivie du Botswana (52e avec
un score de 34,9 sur 100), deuxième pays africain dans le classement.

Conclusion
Le thème entrepreneuriat incarne une priorité au niveau national et international puisqu’il est un
facteur incontournable de croissance économique et sociale.

En Tunisie post-révolutionnaire, les défis économiques sont d’emblée, les plus sensibles et des
mesures urgentes pour relever ces challenges sont plus que nécessaires. La création des
entreprises peut représenter un volet important pour faire face à ces faiblesses.

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La solution réside tout simplement dans l’investissement dans la jeunesse pour changer les
mentalités et sortir du modèle classique de recherche d’emploi auprès des institutions publiques.
Cette évolution de mentalité devra être suivie par des changements des lois, de l’administration
et de la sphère de l’entrepreneuriat vers plus de clarté, transparence, visibilité, innovation et de
confiance dans le capital humain – la richesse tunisienne incontournable.