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Tél. : 01 43 25 80 15 – Fax : 01 43 54 03 24

LA CITÉ ET L’EMPEREUR
Les Éduens dans l’Empire romain d’après les Panégyriques latins

Antony Hostein

Comment, pendant plus de cinq siècles, les dirigeants

vient de paraître
de Rome ont-ils pu assurer l’unité d’un vaste empire
s’étendant de l’Écosse actuelle aux confins du désert
arabique  ? Une réponse à ce questionnement est
apportée par des orateurs de la fin du iiie siècle de notre
ère, originaires d’Autun en Gaule, auteurs de discours
rassemblés dans le recueil des Panégyriques latins. Ce livre
propose une relecture inédite des Panégyriques latins V(9)
et VIII(5), témoins uniques des modes de communication
qui pouvaient s’établir entre les représentants d’une
communauté civique et les autorités impériales. Dans
cet échange mélangeant enjeux administratifs et
rituels de cour, convaincre le prince passait par une
utilisation habile de la rhétorique de l’éloge. Héritiers
de traditions élaborées en Orient à l’orée du Principat,
les panégyristes éduens montrent leur maîtrise du genre
appelé « discours d’ambassade », mobilisé pour formuler
des requêtes officielles ou défendre les intérêts locaux. Dans la stratégie persuasive à
l’oeuvre, les fleurs de rhétorique, loin de n’être que de vaines paroles, révèlent une
multitude d’informations sur la vie municipale, l’évergétisme, la culture des notables,
les rituels du pouvoir et bien d’autres choses encore. Par cette réhabilitation d’une
documentation longtemps négligée, l’analyse apporte des éclairages nouveaux sur la
survie des institutions et des idéaux civiques en Gaule au lendemain de la crise du
iiie siècle et, chemin faisant, sur la phase ultime du processus de romanisation. En dernier
lieu, ces discours révèlent l’existence, au sein de l’Empire, d’un phénomène unique dans
l’histoire, produit d’un mélange subtil de pratiques administratives et de tractations
diplomatiques entre les cités et le pouvoir central. Le dialogue noué dans le cadre de la
« diplomatie intérieure », source de compromis et d’équilibre entre ces deux échelons
de gouvernement, a joué un rôle essentiel dans la cohésion de l’imperium Romanum.

Agrégé, docteur en histoire et ancien pensionnaire de la Fondation Thiers, Antony Hostein est maître de
conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où il enseigne depuis 2000. Ses travaux, menés au
sein de l’équipe de recherche ANHIMA (Anthropologie et histoire des mondes antiques – UMR 8210),
portent sur les institutions, la monnaie et les sources rhétoriques d’époque impériale.

Prix : 35€
ISBN : 978-2-85944-712-0
ISSN : 0290-4500
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LA CITÉ ET L’EMPEREUR
Les Éduens dans l’Empire romain d’après les Panégyriques latins

Prix 35 €
ISBN 978-2-85944-712-0
ISSN 0290-4500

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Préface

Il faut être attentif au titre de l’avant-propos pour prendre toute la mesure


de l’intérêt de l’ouvrage : ciuitas et imperium. En inversant l’intitulé d’un livre
de D. Nörr, publié en 1966, et dont les thèses furent vivement combattues par
les travaux de Claude Lepelley ou de François Jacques entre autres, Antony
Hostein ne recherche pas ce qui ne serait chez d’autres qu’un artifice littéraire.
Il engage une réflexion de grande ampleur, dont on mesure avec plaisir et satis-
faction, pas à pas, chapitre après chapitre, quels horizons elle embrasse, quelles
perspectives elle trace. L’ancrage dans une documentation qui paraîtrait mince
de prime abord s’avère un atout décisif. Mais il faut tenir compte de la méthode,
qui vient superposer et articuler aux commentaires minutieux des parallèles
éclairants et des exemples qui, pour venir d’ailleurs que du monde gallo-romain,
n’en sont pas moins pertinemment utilisés et savamment exploités.
Il importait d’abord de débusquer une belle documentation, puis de la
disposer pour engager les démonstrations. Il fallait l’offrir au lecteur, parée avec
l’habileté du meilleur artisan, c’est-à-dire en montrer tout l’intérêt et l’illustrer
d’exemples et de compléments pour la faire vivre et lui faire exprimer tout ce
qu’elle contenait. Le corpus des Panégyriques latins apportait la matière. Encore
fallait-il l’extraire. La constitution du recueil a fait l’objet depuis longtemps de
recherches savantes, mais fallait-il considérer que les pièces rassemblées étaient
du même moule, interchangeables jusqu’à devenir banales et insipides. Réunis
sous le même vocable, considérés dès lors comme des discours d’apparat, au
contenu factice, ils avaient été sollicités, plutôt dans des perspectives d’histoire
politique, comme le montre la réussite de W. Seston pour dégager les traits
essentiels de l’idéologie impériale à l’époque tétrarchique.
Attentif aux travaux du voisinage dans le domaine des sciences de l’Antiquité,
Antony Hostein a tiré grand profit des études qui ont mis en évidence la
rhétorique antique à l’époque impériale, ses méthodes, ses pratiques, les
modalités de son insertion dans le vécu du politique, ce qu’ont exposé dans de
riches travaux tous les « enfants » de Ménandre le Rhéteur ou des orateurs de la
Seconde sophistique. Il peut ainsi isoler deux des pièces du recueil, et montrer
que les caractéristiques de leur contexte d’énonciation en font des discours à
part, ouvrant sur d’autres domaines que l’histoire politique au sens traditionnel.

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8 la ci t é e t l’ em p ere u r

Le Panégyrique latin v d’après la numérotation de l’édition d’Édouard Galletier


(= 9 dans celle de Baehrens), si original par sa composition, par son sujet, par
son vocabulaire même, peut être défini comme un discours de demande, une
postulatio, celle d’un personnage important de la cité des Éduens, Eumène,
qui pour atteindre l’empereur s’adresse à l’intermédiaire institutionnel par
excellence, le gouverneur de la province de Gallia Lugdunensis, constamment
dénommé de façon anonyme uir perfectissimus, et qui avait autorité sur la
ciuitas Aeduorum. Antony Hostein identifie ici une pièce exceptionnelle en
son genre : le discours d’un notable sollicitant l’appui d’une autorité pour
que soit transmise à l’empereur avec toutes les recommandations possibles la
demande d’une cité, et qu’elle revienne avec l’approbation de ce dernier. Durant
la période impériale cette pratique du « discours d’ambassadeur » fut ancrée
dans le quotidien municipal, mais on ne la saisit que par des allusions ou des
raccourcis, ou par les témoignages qui, affichés à l’aboutissement du processus,
quand il s’est bien conclu, montrent que le cycle de relations entre les cités et le
pouvoir a bien fonctionné : mais on découvre alors la décision impériale, tandis
que s’effacent tous les préalables, et toutes les démarches ou procédures qui
ont abouti à l’expression bienveillante du prince. Tout déplacement d’autorité
dans la province, scandé par la visite des cités, suscitait ces requêtes d’appui,
comme le montre la correspondance de Pline et de Trajan. Mais que reste-t-il de
cette littérature issue de la vie et du fonctionnement des cités ? Dans la mesure
où, parfois, la réponse recevait sa forme de la pétition adressée, il arrive qu’on
appréhende indirectement le contenu des demandes. Le Panégyrique latin v(9)
correspond ici à un discours officiel venant à l’appui d’une remise de pétition.
Son contenu n’est pas étranger à celui de la pétition, mais il se doit de suivre
sa propre logique pour mieux accompagner la démarche. On dispose donc
d’un document très original, qui entre parfaitement dans le jeu des relations
circulaires entre le monde des cités et les chaînons de l’autorité impériale.
Quant au Panégyrique latin viii(5), il s’agit aussi d’une pièce particulière,
une gratulatio, discours d’ambassadeur venu remercier le prince des bienfaits
accordés. En cela, il entre dans le même cadre de relations. Et chacun de ces deux
discours, associés à quelques paragraphes puisés dans le Panégyrique latin iv(8)
et dans le Panégyrique latin vii(6), permettent d’envisager sur une période d’une
quinzaine d’années le jeu qui s’établit entre la cité des Éduens et les détenteurs
du pouvoir impérial à Trèves. Le titre et le sous-titre de l’ouvrage s’articulent
parfaitement. L’auteur est en effet attentif aux réalités locales et aux travaux les
plus récents des archéologues, qui s’attachent à mettre au jour autant l’oppidum
de Bibracte que la ville d’Augustodunum dans le contexte nouveau que dessina
l’œuvre d’Auguste. Si le cas éduen est inséré dans l’empire romain des Tétrarques,
il est aussi situé dans un contexte historique large, c’est-à-dire considéré à la
fois dans la perspective séculaire d’une longue période de difficultés que l’on
peut appeler, pour simplifier, « crise du iiie siècle », et dans une conjoncture

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plus ramassée, le temps de rétablissement et de réformes qui correspond à la


transition du iiie et du ive siècle.
Il y a bien des choses à découvrir dans ce livre : les pratiques des notables, la
difficile adaptation des cités aux nouvelles exigences fiscales de l’État impérial,
leur fonctionnement au quotidien dans leur rapport aux autorités, la conscience
qu’ont les notables éduens de disposer d’une place spécifique au sein des cités
de Gaule chevelue, etc., ce qui, vu de haut, ne distingue pas trop une cité gallo-
romaine d’une cité grecque. Aux enquêtes d’Antony Hostein les documents
sollicités apportent des moissons d’informations, car les périodes filées par les
orateurs ne sont pas faites de mots creux. On peut donc à la fois parcourir le
cœur de la cité avec le cortège des notables qui font escorte au gouverneur, en
saisir le cadre monumental dans ses détails les plus concrets, et entrer dans les
grandes questions que doit poser l’historien : celle du devenir des cités dans
l’empire des Tétrarques, celle de la relation des élites municipales avec le monde
des « décideurs » que sont les princes et leur entourage.
Après avoir goûté aux richesses du livre, il vaut la peine de s’attarder sur la
conclusion générale, et sur les denses propos que l’on y trouve, puisque le cas
éduen peut paraître exemplaire et qu’il est acquis que le discours d’Eumène,
puis les remerciements du délégué de la cité adressés à Constantin doivent être
considérés comme des documents majeurs, aux fortes capacités de résonance,
tel l’Anonyme de rebus bellicis sur qui Santo Mazzarino puis Andrea Giardina
n’ont eu de cesse d’attirer l’attention. Deux perspectives sont tracées, l’une
concernant l’empreinte de Rome sur les Gaules, l’autre sur les rythmes et
les transformations de la vie municipale en Occident. Sur le premier point,
Antony Hostein insiste sur le rôle des élites civiques, sur leur adhésion aux
modèles classiques de la vie en communauté, sur leur insertion dans la vie
politique des provinces de l’Occident romain. Mais les remarques les plus
originales portent sur la constitution d’une mémoire collective spécifique, et
qui plus est facteur de distinction, associant l’histoire de la cité et l’histoire
de Rome. Sur le second point, après avoir marqué les continuités dans les
comportements des notables et dans les pratiques du quotidien municipal,
il apporte des vues équilibrées, non sur des ruptures qui auraient été irrémé-
diables (comme le sac infligé à la ville par les troupes de Victorin), mais sur
des transformations économiques qui auraient tendu les rapports sociaux et
rendu plus incertaine l’adéquation des capacités productives et des ressources
disponibles aux exigences de l’entretien et du développement du cadre urbain,
c’est-à-dire un élément essentiel de la dignitas de la cité.
Il faut savoir gré aux Publications de la Sorbonne d’avoir accepté la
publication de ce bel ouvrage.

Michel Christol
Professeur émérite à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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Avant-propos
Ciuitas et imperium

« Dans la ruine d’Augustodunum se reflète


la décadence générale de la Gaule à la fin du iiie siècle. »
O. Hirschfeld, Les Haeduens et les Arvernes, p. 24.

Ce livre, qui procède d’une thèse de doctorat, est né d’un questionnement


simple, mais inépuisable par les approches qu’il mobilise et les nombreuses
réponses qu’il appelle : comment une entité politique et administrative telle
que l’Empire romain, rassemblant des populations sur un territoire aussi vaste
et varié, délimité dans ses franges occidentales et orientales, septentrionales et
méridionales, par la Bretagne et l’Arabie, par les rives du Danube et les confins
désertiques du Sahara, a-t-elle pu fonctionner durablement et de manière
stable, tout en surmontant des crises profondes ? Pour naïve qu’elle puisse
paraître de prime abord, outre également le fait que de cette histoire découlent
bien souvent des observations admiratives ou dépréciatives normalement
étrangères à la démarche historienne, la question a le grand avantage d’inscrire
le raisonnement dans le temps long ainsi qu’au niveau des structures. Mais une
fois la matière brute de l’étude dégrossie, demeure la tâche la plus difficile à
réaliser, à savoir trouver un angle d’attaque qui soit à la fois original et fécond
pour renouveler le sujet.
Ciuitas et imperium. La formule résume à elle seule l’approche et les thèmes
abordés dans les pages qui suivent. L’entreprise aborde un champ d’investigations
dont la physionomie a fait l’objet de profonds bouleversements depuis près de
quatre décennies, celui de l’histoire des rapports entre le pouvoir impérial et
les cités, du iie au ive siècle de notre ère. À l’origine du débat, se trouve le livre
de Dieter Nörr paru en 1966, Imperium und Polis, titre évocateur dont l’ordre
des termes implique une vision univoque des rapports entre l’Empire et les
cités, envisagés seulement à partir du centre du pouvoir1. L’auteur aboutissait
dans ses conclusions à conforter la vulgate mommsénienne d’une autonomie

1. D. Nörr, Imperium und Polis in den hohen Prinzipatszeit, Munich, 1966.

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12 la c i t é e t l’ empe r e u r

municipale de plus en plus réduite à mesure que le pouvoir impérial perdait de


sa tolérance originelle, passant d’une forme libérale de son exercice à une forme
plus autocratique, Principat devenu lentement mais inéluctablement Dominat
pour reprendre une formule consacrée en son temps par Otto Schulz2. Cette
thèse a été combattue avec vigueur et de bons arguments par plusieurs savants,
en particulier les spécialistes français de l’histoire institutionnelle, comprenant
deux générations de disciples formés par William Seston et André Chastagnol.
L’on doit d’abord à Claude Lepelley d’avoir ouvert le débat en démontrant dans
sa thèse consacrée aux cités de l’Afrique tardoantique que la vie municipale,
du moins dans les provinces africaines, avait largement survécu à la crise du
iiie siècle, et que l’autonomie des autorités civiques, bien qu’amoindrie, n’en
demeurait pas moins vivace jusqu’à l’invasion vandale3. La deuxième critique a
été formulée par François Jacques qui a publié peu de temps après un ouvrage
consacré aux curateurs de cité. Il y rappelait que la libertas locale constituait
en fait un privilège dès les origines du Principat, et qu’en aucune manière des
phénomènes apparus puis répandus au iie siècle, au premier chef l’envoi de
curateurs chargés de rétablir les finances d’une cité, ne remettaient en cause
ce principe initial, dont l’application se vérifie selon lui au moins jusqu’aux
Sévères4. Grâce à ces travaux, l’histoire municipale s’est trouvée expurgée de
préjugés tenaces5, offrant ainsi de nouveaux cadres d’analyse, même si de
nombreux chantiers mériteraient d’être ouverts pour des secteurs de l’Empire
différents de l’Afrique ou de l’Italie, dont la documentation abondante a été
mise à contribution dans les travaux cités plus haut.
Car précisément, ailleurs en Occident, en particulier dans les provinces gau-
loises et germaniques, et dans une moindre mesure dans la péninsule Ibérique
ou les îles Britanniques, le tableau apparaît plus contrasté, les efforts s’étant
portés essentiellement sur deux périodes, la première d’Auguste aux Sévères,
la seconde du ive au ve siècle6. Du moins, ces recherches permettent-elles aux
historiens d’envisager, à travers une étude en pointillés fondée sur une docu-
mentation hétérogène, une histoire de la vie municipale sur le long terme dans
les provinces des Gaules et des Germanies. L’effort de synthèse se heurte cepen-
dant à un obstacle irréductible en première analyse : comment articuler, sur

2. O. Schulz, Vom Prinzipat zum Dominat. Das Wesen des römischen Kaisertums des dritten Jahr-
hunderts, Paderborn, 1919.
3. C. Lepelley, Les cités de l’Afrique romaine et Aspects de l’Afrique romaine (pour les titres cités sous
forme abrégée, voir la bibliographie en fin de volume).
4. F. Jacques, Le privilège de liberté.
5. Préjugés présentés et condamnés par C. Lepelley, « Introduction générale. Universalité et per-
manence du modèle de la cité dans le monde romain », dans Ciudad y comunidad cívica en Hispania,
p. 14 et suiv.
6. Exemples de travaux historiques coordonnés par l’équipe de recherche de Monique Dondin-
Payre et Marie-Thérèse Raepsaet-Charlier dans Cités, municipes, colonies (publié à Paris en 1999),
ou encore Noms, identités culturelles et romanisation sous le Haut-Empire (paru à Bruxelles en 2001).

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avan t- p r opos : civi ta s e t i m pe r iv m 13

cette thématique, les connaissances actuelles sur le Haut-Empire avec celles


de l’époque tardive, dans la mesure où la période qui couvre les années 240 à
290 – la fameuse « crise du iiie siècle7 » – constitue à la fois un angle mort de
la recherche et une époque charnière ? Au fond, seule une analyse du destin de
certaines cités gallo-romaines durant cette période permettrait de renouer ce fil
rompu entre la vie municipale du Haut-Empire et celle du Bas-Empire8. C’est
sans compter les raisons invoquées traditionnellement par les spécialistes pour
renoncer à une telle entreprise, en premier lieu la quasi-disparition de la docu-
mentation épigraphique, qui prive l’enquête de précieuses indications, puisque
c’est précisément à partir de la fin de la dynastie des Sévères que se situe l’étiage
du phénomène9, à quelques exceptions près10. Par ailleurs, à cette lacune pro-
blématique, se greffent des préjugés et des pesanteurs institutionnelles qui ren-
forcent ce désintérêt : d’une part, les épigraphistes interprètent cette disparition
des inscriptions comme un signe de déclin ; d’autre part, les spécialistes de la
vie municipale du Haut-Empire font systématiquement aboutir leurs enquêtes
au premier tiers du iiie siècle, tandis que ceux du Bas-Empire les font commen-
cer aux Tétrarques et à Constantin, délaissant ainsi l’entre-deux11. Même pour
l’Afrique où chaque année apporte son lot de nouvelles découvertes, il fallut

7. Par commodité, l’expression « crise du iiie siècle », avec ou sans guillemets, sera employée, en dépit
de ses limites et des généralisations abusives qu’elle peut engendrer. Sur le sujet, voir J.-M. Pailler,
« La crise en thèmes… et en question », Pallas hors série (1997) [L’Empire romain de 192 à 325],
p. 131-140, en particulier p. 132-135.
8. P. Le Roux, « Les cités de l’Empire romain de la mort de Commode au Concile de Nicée », Pallas
hors série (1997) [L’Empire romain de 192 à 325], p. 31-55.
9. Sur la spécificité et la disparition des pratiques épigraphiques dans les provinces occidentales de
l’Empire, lire Woolf, Becoming Roman, p. 77-105, et Witschel C., « Reevaluating the Roman
West in the 3rd c. a.d. », JRA, 17 (2004), p. 251-281, en particulier p. 257-259 le résumé en
anglais de plusieurs chapitres tirés de sa thèse : Krize-Rezession-Stagnation ? Der Westen des römische
Reiches im 3. Jahrhundert n. Chr., Francfort-sur-le-Main, 1998, p. 60-84. Sur les transformations
du vocabulaire et du formulaire de l’épigraphie tardive : Chastagnol, « Le formulaire », p. 15-65
et plus récemment R. Delmaire, « Un genre en voie de disparition : les cursus épigraphiques
du Bas-Empire », dans Le monde romain à travers l’épigraphie, p. 247-270. Cette disparition des
inscriptions doit être interprétée avec prudence, comme l’a souligné C. Lepelley, « Introduction
générale. Universalité et permanence du modèle de la cité dans le monde romain », dans Ciudad y
comunidad cívica en Hispania, p. 20-21.
10. L’inscription mise au jour à Vieux dans le Calvados, mieux connue sous l’appellation impropre
de « marbre de Thorigny », offre un bel exemple d’inscription datée de cette époque où les réfé-
rences manquent cruellement. Recensée au CIL, xiii, 3162, rééditée par H.G. Pflaum, Le marbre
de Thorigny, Paris, 1948, elle a fait l’objet d’une récente mise au point par S. Benoist, « Le marbre
de Thorigny, une œuvre au clair », dans Hans-Georg Pflaum. Un historien du xxe siècle. Actes du
colloque international, Paris, 21, 22 et 23 octobre 2004, Demougin S., Loriot X., Cosme P.,
Lefebvre S. éd., Genève, 2006, p. 285-303. En dernier lieu, P. Vipard, Marmor Tauriniacum. Le
marbre de Thorigny. La carrière d’un grand notable gaulois au début du iiie siècle, Paris, 2008.
11. Voir en ce sens le constat dressé par André Chastagnol, à la suite de l’intervention d’Yves
Burnand, dans Burnand, « Senatores Romani ex provinciis Galliarum orti », p. 436, au sujet de la
survie des familles sénatoriales entre le iiie et le ive siècle en Gaule.

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14 la c i t é e t l’ empe r e u r

attendre 1992, marquée par la parution d’un article de Xavier Dupuis consacré à
la question, dans lequel fut démontré avec éclat que les conséquences de la crise
sur les cités, bien qu’indéniables, furent au demeurant limitées dans ce secteur12.
Ce livre consacré à la vie municipale ne prétend pas faire la lumière
complète sur cet angle mort de la recherche. L’entreprise serait vouée d’avance
à l’échec en raison de l’ampleur des manques documentaires, indéniables. Pour
autant, le caractère hétéroclite et lacunaire de la documentation l’est-il au point
d’empêcher toute leçon de portée générale ? Assurément non. Car cette période
riche en événements constitue un poste d’observation privilégié, qui permet
d’embrasser du regard un vaste panorama des évolutions de la vie municipale.
Reste à trouver le lieu propice, c’est-à-dire une ciuitas particulière, dotée d’une
documentation sinon abondante du moins suffisante pour observer au mieux
ces phénomènes. De ce point de vue, il semble que la cité des Éduens soit la
candidate idéale. Et les raisons ne manquent pas.
Le dossier documentaire sur lequel se fonde cette recherche est clairement
circonscrit : il se compose de deux discours, les Panégyriques latins v(9) et viii(5),
auxquels il faut ajouter des extraits des Panégyriques latins iv(8) et vii(6)13. Tous
ont en commun d’avoir été prononcés par des notables originaires d’Autun, qui
représentaient leur communauté à titre officiel. Les contours exacts de ce dossier
étant longuement justifiés dans les deux premiers chapitres, inutile de s’appe-
santir ici sur la question14. Il faut simplement retenir qu’il s’agit de textes longs
et ornés de fleurs de rhétorique, traits qui leur ont valu des critiques parfois très
dures de la part d’éminents savants depuis près de deux siècles15. Pour autant, ne
vaut-il pas mieux renverser les perspectives et considérer ces traits de caractère
comme des qualités, partant du principe que plus les orateurs sont loquaces, plus
ils livrent incidemment ou volontairement des informations sur la vie de leur
cité ? Leur témoignage apparaît d’autant plus précieux qu’il couvre un arc chro-
nologique limité à une vingtaine d’années, entre 290 et 310 environ, révélant
ainsi des évolutions et des transformations de la vie municipale à court terme,
mais dans un monde en pleine mutation, celui de l’Empire des Tétrarques16.

12. X. Dupuis, « Constructions publiques et vie municipale en Afrique de 244 à 276 », MÉFRA,
104 (1992), p. 253-280.
13. La numérotation des Panégyriques adoptée dans l’ouvrage correspond à celle établie par Édouard
Galletier dans Panégyriques latins, 3 vol., Paris, 1949-1955 (CUF). Le chiffre en caractères romains
indique le numéro du discours selon l’ordre chronologique dans lequel il fut prononcé. Il est suivi
d’un chiffre arabe entre parenthèses correspondant à l’ordre de présentation du discours dans le
manuscrit de Mayence découvert par Giovanni Aurispa (voir à ce propos les précisions données
dans le chapitre 1).
14. Voir en particulier les motifs exposés au chapitre 2.
15. Exemple de critiques particulièrement virulentes dans l’ouvrage de l’académicien J.-J. Ampère,
Histoire littéraire de la France avant le douzième siècle, t. 1, Paris, 1839, p. 192-211.
16. Sur la Tétrarchie et les changements intervenus à cette époque : Seston, Dioclétien et la
Tétrarchie ; Barnes, NE ; Kolb, Diocletian und die Erste Tetrarchie ; les dossiers consacrés à la

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avan t- p r opos : civi ta s e t i m pe r iv m 15

Ce travail a donc vocation, dans un premier temps, à dépoussiérer et à


réhabiliter ces textes de grande valeur, pourtant traités avec désinvolture, voire
parfois avec mépris, par la majorité de ceux qui les ont commentés jusqu’à
maintenant17. Chemin faisant et ainsi doté d’un regard neuf, l’analyse de ce
dossier permet d’éclairer un cas d’étude particulièrement bien documenté, sus-
ceptible d’une part de servir de jalon pour comprendre l’évolution générale des
cités voisines de Gaule Lyonnaise ou des Germanies et utile d’autre part pour
comparer le destin de la ciuitas Aeduorum avec celui des cités de l’ensemble de
l’Occident romain, sur le long terme.
Le sujet du présent ouvrage se situe à l’intersection de plusieurs disciplines
et domaines de recherches, qui ont récemment bénéficié d’un important regain
d’intérêt, qu’il s’agisse de l’histoire de la rhétorique ou bien encore de l’histoire
politique et idéologique de l’Empire romain. Aussi faut-il rendre à César ce qui
revient à César, et expliciter, par souci d’honnêteté intellectuelle, les travaux
qui ont profondément marqué de leur empreinte la présente enquête ; l’ont
rendue possible en décloisonnant ces champs disciplinaires ; ont permis enfin
d’affronter une pluralité méthodologique nécessaire pour envisager le sujet
dans sa plus grande extension. Pour la rhétorique encomiastique, des aperçus
essentiels ont été tirés de la thèse de Laurent Pernot, dont le double mérite a
consisté à définitivement dépouiller l’analyse de tout préconçu, et à montrer
avec éclat que dans tout discours, sans exception – y compris ceux relevant
du genre épidictique –, c’est un jeu très fin qui se joue autour d’un rituel
complexe, faisant intervenir, outre des techniques et des qualités littéraires,
des questions morales, sociales et politiques18. Difficile également de ne
pas rappeler combien la fréquentation de séminaires parisiens, associée à la
lecture attentive des publications qui en émanaient, fut déterminante pour
la maturation progressive de ce travail. Qu’il me soit permis de citer ceux
de Michel Christol, de Jean-Michel Carrié et de Claude Lepelley, qui m’ont
introduit à l’histoire politique, institutionnelle et économique du iiie siècle. De
la même manière, la consultation régulière des travaux de collègues italiens,
liés à l’école formée autour de Santo Mazzarino et de son disciple, Andrea
Giardina, a souvent constitué un puissant stimulant intellectuel à chaque étape

Tétrarchie dans AntTard, 2 (1994) et 3 (1995) ; The Age of the Tetrarchs ; Kuhoff, Diokletian
und die Epoche der Tetrarchie ; Diokletian und die Tetrarchie (en particulier les contributions
d’A. Demandt, « Diokletian als Reformer », p. 19, et de W. Kuhoff, « Aktuelle Perspektiven der
DiokletianForschung », p. 1026) ; Die Tetrarchie.
17. Trois exceptions notables : l’ouvrage paru en 2007 de Rönning, Herrscherpanegyrik unter Trajan
und Konstantin, ainsi que les articles de Rodgers, « Eumenius », p. 249-266 et de Messina, « Una
singolare rinuncia », p. 173-190. Ce dernier dresse un constat qui vaut pour cette étude (p. 174) :
Credo, infatti, che dal panegirico non siano stati finora tratti tutti gli interessanti spunti di indagine che
esso offre. Les conclusions de ces deux travaux sont discutées en détail au chapitre 5.
18. L. Pernot, La rhétorique de l’éloge, 2, p. 793-796 (conclusion générale).

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16 la c i t é e t l’ empe r e u r

de la réflexion19. Enfin, par un heureux hasard, en parallèle de cette enquête


historique consacrée à la cité des Éduens au iiie siècle apr. J.-C., un travail
universitaire, fondé cette fois sur la démarche archéologique, a été engagé par
Michel Kasprzyk à partir du même terrain d’étude, et soutenu de manière quasi
simultanée, à l’automne 2005, auprès de l’université de Bourgogne, et sans qu’à
aucun instant, les résultats d’une étude n’interfèrent sur l’autre, ouvrant la voie
à des rapprochements féconds20. Ainsi donc, un vaste faisceau d’influences,
une conjonction bienvenue de lectures et de rencontres scientifiques formèrent
progressivement un socle solide, propice au bon achèvement de ce livre.
Quant à la démarche adoptée, elle s’inspire de celle des historiens italiens
de la microstoria. C’est bien d’une inspiration qu’il s’agit, d’une influence par
imprégnation, révélée a posteriori, suite à la lecture désintéressée de travaux de
Carlos Ginzburg ou de Giovanni Levi, plutôt que d’un projet conçu a priori,
qui aurait consisté à trouver une source antique sur laquelle appliquer une grille
conceptuelle et méthodologique éprouvée. Pour mémoire21, la microstoria
désigne ce courant apparu dans les années 1970, défini empiriquement par ses
acteurs sans jamais que n’existât aucun texte fondateur. L’histoire sociale des
époques médiévale et moderne constitue le champ d’investigation privilégié des
principaux représentants de ce courant, qui doit être considéré moins comme
une école historique que comme le regroupement d’historiens autour d’une
approche méthodologique commune. Ce mouvement fut fondé en réaction
contre la démarche analytique sociologique définie au début du xxe siècle, qui
reposait sur la formulation d’hypothèses soumises dans un second temps à
l’épreuve d’une validation empirique par confrontation avec des sources mises
en série. Cette démarche inductive qui extrait dans le document seulement
ce qui se rapporte à la question traitée, ayant pour effet inévitable – et pour

19. Ainsi, parmi les références qui ont compté pour cette recherche, on peut citer : Giardina A.,
Silvestrini M., « Il principe e il testo » dans Lo spazio letterario, p. 579-613, ou encore la thèse de
P. Porena, Le origini della prefettura del pretorio, qui a facilité les analyses sur l’histoire des décou-
pages administratifs à cette époque.
20. Kasprzyk, Les cités des Éduens et de Châlon. Depuis 2005, Michel Kasprzyk et moi-même avons
eu l’occasion de croiser et d’exposer nos résultats de recherche lors de communications non publiées.
Une conférence consacrée aux campagnes de la cité des Éduens autour de 300 apr. J.-C. a ainsi été
donnée le 31 mars 2006 dans le séminaire de Jean-Michel Carrié à l’EHESS.
21. Parmi les ouvrages ayant influencé notre démarche, figurent de grands classiques : G. Levi,
Le pouvoir au village : histoire d’un exorciste dans le Piémont du xviie siècle, Paris, 1989 [trad. fr. de
L’eredità immateriale : carriera di un esorcista nel Piemonte del Seicento, Turin, 1985] et C. Ginzburg,
Le fromage et les vers : l’univers d’un meunier du xvie siècle, Paris, 1980 [trad. fr. de Il formaggio e i
vermi : il cosmo di un mugnaio dell’500, Turin, 1976]. Sur le courant de la microstoria, mises au
point claires et synthétiques dans G. Lévi, « On Microhistory », dans New Perspectives on Historical
Writing, Burke P. dir., Oxford, 1991, p. 93-113 et dans J. Revel, « Un vent d’Italie. L’émergence
de la micro-histoire », dans L’Histoire aujourd’hui, Ruano-Borbalan J.-C. coord., Paris, 1999,
p. 239-245. Voir aussi C. Ginzburg, C. Ponti, « La micro-histoire », Le Débat, 17 (déc. 1981),
p. 133-136.

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avan t- p r opos : civi ta s e t i m pe r iv m 17

défaut principal – d’aboutir à un affadissement du témoignage de la source


scrutée, cette dernière n’étant plus restituée dans toute sa richesse. Désireux
de s’affranchir de cette approche documentaire réductrice, les tenants de
la microstoria ont défini une nouvelle démarche, un nouveau protocole de
recherche en somme, fondé sur les principes suivants : restriction du dossier et
du terrain d’études ; prise en compte poussée de l’expérience vécue des acteurs
historiques, afin de ne pas perdre de vue les rapports complexes liant un individu
à une société donnée ; analyse fondée sur le repérage et l’interprétation de signes
discrets et disséminés, mais signifiants et susceptibles de rendre compte de la
complexité des réalités passées. En procédant ainsi, au plus près des sources
et des acteurs, cette méthode a permis d’établir combien certains processus
historiques généraux sont portés et vécus par des trajectoires particulières, de
groupes, voire d’individus.
Les principes d’une analyse qualitative semblent particulièrement opératoires
et adaptés au dossier des Panégyriques latins. En effet, les orateurs, à travers leurs
discours, offrent le point de vue de notables municipaux ; ils livrent une grande
quantité d’informations sur leur propre cité, et sur les liens que leur communauté
entretenait avec leurs pairs ainsi qu’avec les autorités romaines ; ils dévoilent
certains aspects de leurs mentalités et de leurs identités. En outre, toutes les
conditions semblent réunies pour analyser ces témoignages à différentes échelles,
en agrandissant progressivement la focale de l’objectif, d’abord à l’échelon local,
celui des notables eux-mêmes, puis à l’échelon supérieur, celui des dirigeants
romains, afin de souligner en dernier lieu combien ce cas d’étude, limité et
spécifique, apparaît néanmoins révélateur d’un tout. Autrement dit, combien
le destin et le témoignage de ces notables, bien qu’ancrés dans un horizon local
et restreints à première lecture, permettent de comprendre des phénomènes
historiques généraux, comme, par exemple, le processus de romanisation, les
transformations de la machine de l’administration impériale, les interactions
entre les différents pôles du gouvernement impérial, à une époque marquée par
de grands bouleversements. En somme, il s’agit d’aborder la grande Histoire,
celle de Rome, de l’Empire, de la domination romaine, par des portes dérobées
lesquelles offrent en retour une occasion unique pour en renouveler la vision.
L’analyse par échelles se trouve ainsi placée au cœur des questionnements
de cet essai, ce dont rend compte le titre adopté pour l’avant-propos, Ciuitas
et imperium, qui reprend en l’inversant celui de l’ouvrage de Dieter Nörr,
Imperium und Polis, cité plus haut. Dans le cas présent, il va s’agir d’aborder les
rapports entre le pouvoir impérial et les cités en renversant les perspectives, en
adoptant le point de vue des notables et non celui des dirigeants romains. Car
cette dernière approche, qui a donné lieu à de nombreux travaux sur la politique
municipale des empereurs22, comporte un défaut majeur : celui de suggérer que

22. C’est l’angle d’approche adopté dans sa thèse par Jacques Gascou, La politique municipale de
l’Empire romain en Afrique proconsulaire de Trajan à Septime Sévère, Rome, 1972 (CÉFR, 8).

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18 la c i t é e t l’ empe r e u r

dans la vie des cités, les relations avec l’État romain étaient engagées et décidées
depuis les sommets du pouvoir. Alors que dans la réalité, nous montrons,
à la suite d’autres savants comme Fergus Millar, que ces relations étaient
entretenues sous la forme d’un dialogue permanent et continu, circulaire, où
l’initiative laissée aux autorités municipales pouvait être très large, mais où le
pouvoir impérial pouvait à l’évidence mettre en avant son auctoritas et user
de sa force afin d’imposer ses vues. L’un n’allant pas sans l’autre, c’est de cette
tension que naquit le « privilège de liberté », si durement mis à l’épreuve durant
la seconde moitié du iiie siècle.
Ce livre ne prétend pas épuiser toute la matière des Panégyriques latins, ni
régler définitivement les nombreux thèmes abordés. Cependant, afin de mettre
en valeur le mieux possible les différentes facettes de ces discours au contenu
si riche, il s’organise autour de trois lectures successives. Le plan adopté suit
une progression qui s’appuie sur l’étude approfondie du dossier documentaire
(i. Aspects rhétoriques), avant d’aborder successivement son contenu concret
(ii. Aspects institutionnels) puis abstrait (iii. Aspects idéologiques). Ce choix
procède uniquement d’un souci d’ordre méthodologique : aussi faudra-t-il tou-
jours garder présent à l’esprit que dans ces textes, les trois éléments que sont la
rhétorique, les institutions et l’idéologie demeurent étroitement imbriqués et
articulés entre eux, chacun exerçant des interactions permanentes sur les autres.
Le lecteur aura compris que cette étude n’est pas une nouvelle édition
savante de discours contenus dans le recueil des Panégyriques latins ; elle n’est
pas non plus un commentaire linéaire des pièces qui composent le dossier, et
encore moins une monographie, dont l’écueil principal consisterait à fermer
l’analyse sur elle-même. Réévaluer une documentation négligée, renouveler
l’histoire des cités des Gaules à la fin du iiie siècle, éclairer les mécanismes
d’administration de l’Empire, voici résumés, dans leurs grandes lignes, les
principaux objectifs assignés au présent essai.

Arrivé au terme d’un long et tortueux cheminement, je tiens tout d’abord à


remercier les membres de mon jury de thèse, MM. les Professeurs Jean-Michel
Carrié, Michel Christol, Jean-Michel David, Christian Goudineau, Claude
Lepelley, aussi bien pour les conseils prodigués au moment de la soutenance
que pour l’influence qu’ils purent exercer sur ma formation, dans leurs écrits
mais également au sein de leurs séminaires, lieux d’échanges extrêmement
féconds. Au premier chef, je ne saurai oublier la dette contractée à l’égard
de Michel Christol qui m’a proposé ce travail et m’a toujours témoigné une
patiente et libérale bienveillance, me faisant bénéficier sans compter de son
érudition et de sa grande disponibilité.
À l’heure de la mise en œuvre de « réformes » au nom de principes détournés
de leurs objectifs initiaux, dont les conséquences se font déjà sentir sur le destin
de nos disciplines et des institutions du Supérieur, que soient remerciés mes

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avan t- p r opos : civi ta s e t i m pe r iv m 19

collègues de l’UFR d’histoire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ainsi


que ceux de l’ancien centre Gustave Glotz devenu en janvier 2010 l’équipe
ANHIMA (UMR 8210 du CNRS), auprès desquels j’ai appris le métier
d’enseignant-chercheur, autrement dit beaucoup. Je remercie également
les responsables de l’École doctorale de l’université Paris 1 d’avoir soutenu
financièrement la présente publication.
La fondation Thiers, en m’accueillant durant trois années comme
pensionnaire, m’a permis de conduire cette thèse dans des conditions matérielles
exceptionnelles. Que son ancien directeur, Monsieur le professeur Philippe
Contamine, reçoive le témoignage de ma plus profonde gratitude. J’associe
volontiers à ces remerciements Claude Brenot, Xavier Loriot, Daniel Nony (†)
et Laurent Pernot pour leur soutien au moment de ma candidature.
Ma reconnaissance s’adresse à Michel Christol, Sylvain Destephen, Gaël
Gauvin et Benoît Rossignol pour avoir contribué, par leurs relectures avisées,
à donner à cet ouvrage une forme moins imparfaite. Je suis extrêmement
redevable à ma collègue du CNRS, Magali Cullin, dont l’efficacité et la
disponibilité ont permis de résoudre bien des problèmes pour la publication
de ce livre dans des délais raisonnables.
Enfin, ce travail doit beaucoup à des collègues et amis qui, à la suite de
conversions informelles ou de relectures ponctuelles, m’ont permis d’avancer
dans mes réflexions : Giovanni Alberto Cecconi, François Chausson, Jean-
Louis Ferrary, Michel Kasprzyk, Xavier Lapray, Sabine Lefebvre, Bruno Pottier
et Sylvia Sinapi.
Je dédie ce livre à Antonine, Camille et Julia.

Paris, le 1er juillet 2010

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Table des matières

Préface. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Avant propos. Ciuitas et imperium. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

Aspects rhétoriques

Chapitre 1
Présentation et analyse du corpus des Panégyriques latins . . . . . . . . . . . . . . . 25
Le corpus depuis sa découverte : remarques historiographiques. . . . . . . . 25
De la Renaissance au xixe siècle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Du milieu du xixe siècle à nos jours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
La logique interne de composition du recueil. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
Incipit et ordre de présentation des discours dans le manuscrit de Mayence. 37
L’agencement interne du recueil : les théories de Pichon. . . . . . . . . . . . . . . 39
Les fonctions assignées au recueil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Des panegyrici ? Réflexions sur la nature de chacun
des discours qui composent le recueil. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
La signification de panegyricus dans l’Antiquité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
La nature de ces « panégyriques ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
Chapitre 2
Les particularités des Panégyriques latins v(9) et viii(5) . . . . . . . . . . . . . . . . 59
Les Panégyriques latins v(9) et viii(5) : circonstances,
cadre d’énonciation, contenu. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
Circonstances et cadre d’énonciation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
Résumé et structure des discours. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
Observations sur des extraits des Panégyriques latins iv(8) et vii(6). . . . . 73
Le Panégyrique latin iv(8) : éloge de Constance
prononcé le 1er mars 297. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Le Panégyrique latin vii(6) : éloge de Constantin
prononcé fin juillet-début août 310. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76

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540 l a c i t é e t l’ e m p e r e u r

Chapitre 3
Panégyriques latins, presbeutiko;" lovgo" et diplomatie intérieure. . . . . . . . . 81
Les Panégyriques latins v(9) et viii(5) et le presbeutiko;" lovgo" . . . . . . . 82
Le presbeutiko;" lovgo" dans l’œuvre de Ménandre le Rhéteur . . . . . . . . . . 82
Les autres discours de représentants de cités dans le Traité ii
de Ménandre le Rhéteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
Étude comparée des Panégyriques latins v(9) et viii(5)
avec les vestiges de discours « d’ambassade » d’époque impériale. . . . . . . 89
Les parallèles relevés dans les sources « littéraires ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
Les traces de discours « d’ambassade » dans les sources épigraphiques et juridiques.100
Les discours éduens dans l’histoire du genre presbeutique :
essai de synthèse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
Les topiques de la diplomatie « intérieure » à l’époque impériale . . . . . . . 114
Origines et diffusion du genre presbeutique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
Spécificités du discours d’un legatus par rapport à celui d’un presbeuthv". . . 128

Aspects institutionnels

Chapitre 4
Le relèvement de la ciuitas Aeduorum par les empereurs de la fin du iiie s. . . . 141
Les formes de l’intervention impériale à la fin des années 290 . . . . . . . . 146
La cité des Éduens à la fin du iiie siècle : une cité affaiblie . . . . . . . . . . . . 146
Le relèvement de la cité par Constance Ier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
Les cadres juridiques de l’intervention impériale. . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
Premier moyen : attribuer des sommes reversées en temps normal
au fisc – Panégyriques latins v(9) et viii(5). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160
Deuxième moyen : reconstruire des demeures privées, des bâtiments
publics et des temples – Panégyriques latins iv(8) et v(9) . . . . . . . . . . . 161
Troisième moyen : faire venir des artifices de Bretagne
– Panégyriques latins iv(8) et v(9). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
Quatrième moyen : envoyer des détachements de soldats
et des ingénieurs militaires remettre en état les infrastructures
liées à l’eau – Panégyriques latins v(9) et viii(5) . . . . . . . . . . . . . . . . . 165
Cinquième moyen : repeupler la cité et l’ordo decurionum
– Panégyriques latins v(9) et viii(5). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
Sixième moyen : transférer des populations barbares
– Panégyrique latin iv(8) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171
Chapitre 5
Eumène et l’affaire de la reconstruction des écoles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
La nomination d’Eumène à la tête des écoles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
Portrait d’Eumène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
La carrière d’Eumène. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183

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ta b l e d e s m at i è r e s 541

La lettre de nomination d’Eumène à la tête des écoles . . . . . . . . . . . . . . . 192


Les fonctions d’Eumène au sein des écoles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
Le rôle d’Eumène dans la reconstruction des écoles de sa patrie. . . . . . . 205
Les arguments invoqués. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
Le salaire d’Eumène, source de financement de l’acte d’évergétisme . . . . . . 207
Les mécanismes comptables et juridiques de l’acte d’évergétisme. . . . . . . . 210
Chapitre 6
Le Vir perfectissimus et l’affaire de la reconstruction des écoles . . . . . . . . . . 219
Le Vir perfectissimus dans le discours. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220
Les occurrences de perfectissimus dans le discours . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220
Rappels sur le titre de Vir perfectissimus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221
Le rôle du Vir perfectissimus à travers le discours d’Eumène. . . . . . . . . . 222
Un gouverneur en tournée d’inspection. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222
Un expert chargé de transmettre un dossier en haut lieu. . . . . . . . . . . . . . 226
Le Vir perfectissimus : praeses Lugdunensis, praeses Lugdunensis primae
ou uicarius dioecesis Galliarum ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
Un uicarius dioecesis Galliarum ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231
Praeses Lugdunensis ou praeses Lugdunensis primae ?. . . . . . . . . . . . . 235
Les qualités attribuées au gouverneur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238
Compétences oratoires, humanitas et uenia . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238
Les raisons de l’absence d’un éloge en bonne et due forme
du Vir perfectissimus. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241
Le « mystérieux Glaucus » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243
Chapitre 7
Fiscalité, désolation des campagnes
et banqueroute financière sous Constantin. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 251
Les clés pour « décoder » le Panégyrique latin viii(5). . . . . . . . . . . . . . . 251
Le cœur du problème : le poids de la nouvelle tarification fiscale . . . . . . 254
Les faits. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 254
Interprétation et traduction des termes techniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263
Les bénéficiaires de l’exemption fiscale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 270
La crise des années 305-310 en perspective . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 275
Première phase : le cœur de la crise (années 269-280). . . . . . . . . . . . . . . 276
Deuxième phase : réforme de l’État, rétablissement de l’Empire
et rétablissement d’Autun (époque tétrarchique) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 276
Troisième phase : retour à la normale avant l’application du nouveau
système fiscal (seconde Tétrarchie et époque constantinienne) . . . . . . . . . 278
Quatrième phase : l’appel au prince
et la résolution de la crise (310-311). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 278

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542 l a c i t é e t l’ e m p e r e u r

Aspects idéologiques

Chapitre 8
Les Éduens face aux empereurs : images et représentations du pouvoir . . . . 289
De l’image et du « métier d’empereur ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 291
L’empereur restitutor orbis, restaurator urbis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 291
L’empereur, modèle d’actions et de vertus. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 312
Les rencontres entre la cité et les empereurs : mises en scène et enjeux. 325
L’empereur et la cité : deux individus. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 325
Les modalités de la rencontre : aduentus et audientia . . . . . . . . . . . . . . . 327
Sentiments et politique : l’amour, les larmes, la joie . . . . . . . . . . . . . . . . . 335
Chapitre 9
Aedui fratres populi Romani. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 347
Aux origines du titre de fratres populi Romani . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 348
Le contexte de l’alliance entre Romains et Éduens. . . . . . . . . . . . . . . . . . 348
Le fonctionnement de l’alliance et le titre de fratres dans les sources. . . . . 349
L’apport du Panégyrique latin viii(5)
à la connaissance du titre de fratres. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 352
Justification et principes du foedus selon l’Anonyme de 311. . . . . . . . . . . 353
La nature du titre de fratres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 354
Les clauses du traité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 357
Le bouclier de Diviciac, ou les « lieux de mémoire »
du peuple éduen au début du ive siècle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 366
De la République à Constantin : les canaux
de transmission de la mémoire locale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 366
Pourquoi ce recours insistant au passé lointain ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 373
Chapitre 10
De Bibracte à Flauia Aeduorum : noms et titulature de la cité. . . . . . . . . . . 379
Étude détaillée des Panégyriques latins v(9), 5, 1 et viii(5), 14, 5 . . . . . 380
Panégyrique latin v(9), 5, 1 : istam coloniam […]
erigere atque animare statuerunt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 380
Panégyrique latin viii(5), 14, 5 : iam non antiquum Bibracte,
quod huiusque dicta est Iulia Polia Florentia,
sed Flauia est ciuitas Aeduorum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 383
Étude des épithètes Iulia, Polla (ou Pollia) et Florentia . . . . . . . . . . . . . 387
Iulia . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 388
Florentia. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 392
Polla ou Pol(l)ia . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 395
Arguments complémentaires en faveur
de l’attribution du statut de colonie latine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 403
La question des Iulii éduens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 403

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ta b l e d e s m at i è r e s 543

L’enceinte urbaine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 404


Le statut civique des Éduens et le premier grand-prêtre provincial . . . . . . 406
Autun : une « vitrine de la romanisation ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 407
Une colonie latine ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 409
Épilogue : des titres creux ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 410

Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 421
Un dossier documentaire exceptionnel sur une cité gallo-romaine. . . . . 421
Une documentation réévaluée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 421
Une contribution à l’étude des institutions municipales . . . . . . . . . . . . . . 424
Une contribution à l’étude de la « civilisation municipale ». . . . . . . . . . . 426
L’empreinte de Rome sur les Gaules :
quelques réflexions autour de l’exemple éduen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 429
La vie municipale en Gaule dans les années 290-310 :
continuités et ruptures. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 435

Annexe
Notables et clercs éduens du milieu du iiie au début du ive siècle

Notices individuelles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 443


Les notables éduens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 443
Les ecclésiastiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 453
Les élites éduennes aux iiie-ive siècles : une continuité douloureuse . . . . . . 461

Bibliographie générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 469

Indices

Index des sources . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 517


Index des lieux, des peuples et des cités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 525
Index thématique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 531

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