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Anatomie chirurgicale de l’œsophage


C. Gronnier, D. Collet

L’œsophage est la partie initiale du tube digestif, conduisant le bol alimentaire du pharynx à l’estomac.
Il traverse successivement la région cervicale, la région thoracique dans le médiastin postérieur, le dia-
phragme, puis se termine dans la partie haute de l’abdomen en se jetant dans l’estomac. Sont décrits ici
classiquement l’embryologie, l’anatomie descriptive, les rapports, la vascularisation et l’innervation de
l’œsophage en insistant sur l’importance de leur connaissance dans la compréhension de la pathologie
et de la chirurgie œsophagienne.
© 2018 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

Mots-clés : Anatomie ; Œsophage ; Chirurgie

Plan roscopie et plus récemment par thoracoscopie, a pris une place


prépondérante dans la chirurgie de l’œsophage depuis quelques
■ Introduction 1 années. Cette voie d’abord permet une magnification importante
de l’image du champ opératoire et donc augmente la précision de
■ Embryologie de l’œsophage 1 la dissection grâce à la visualisation très précise des plans anato-
■ Anatomie descriptive de l’œsophage 2 miques.
Limites 2 Ce chapitre a été mis à jour à la lumière de l’évolution des
Direction 2 pratiques en se fondant sur l’apport des publications récentes :
Longueur 2 notamment la notion des tissus conjonctifs péri-œsophagiens,
Forme 2 l’importance de la préservation des branches respiratoires des
Structure de la paroi œsophagienne 3 nerfs vagues et la description des variations anatomiques des
■ Rapports de l’œsophage 3 artères bronchiques.
Jonction pharyngo-œsophagienne 3
Œsophage cervical 3
Transition cervicothoracique
Œsophage thoracique
4
5
 Embryologie de l’œsophage [2, 3]

Œsophage terminal 8
Œsophage diaphragmatique 8 L’œsophage fait suite à l’intestin pharyngien et s’étend du diver-
Œsophage abdominal 8 ticule respiratoire à la dilatation fusiforme de l’estomac (Fig. 1). Il
dérive de l’intestin antérieur et son développement est lié à celui
■ Vascularisation de l’œsophage 9 de l’ébauche respiratoire. Le clivage avec la trachée se fait entre le
Artères 9 24e et le 34e jour par le septum trachéo-œsophagien. L’œsophage
Veines 10 reste médian et accolé à la paroi postérieure de l’embryon. Il
Lymphatiques 10 s’allonge rapidement dans l’axe longitudinal en raison du déve-
■ Innervation de l’œsophage 10 loppement céphalique et cardiaque et à la rétroflexion de la tête.
Innervation intrinsèque 10 Il mesure 1 mm pour un embryon de 7 mm à la sixième semaine
Innervation extrinsèque 11 de développement, et 5 mm pour un embryon de 20 mm à la
■ Conclusion 11 septième.
L’épithélium d’origine endodermique prolifère au cours des
septième et huitième semaines, oblitérant presque totalement la
lumière, il se reperméabilise à la dixième semaine grâce à un
 Introduction processus de vacuolisation qui peut être mis en cause dans la
duplication de l’œsophage. Les tissus de soutien, la musculeuse
La connaissance de l’anatomie chirurgicale de l’œsophage et la vascularisation sont d’origine mésodermique.
est indispensable pour assurer la précision anatomique et la Le muscle strié des deux tiers supérieurs de l’œsophage dérive du
reproductibilité des résections radicales pour cancer. L’imagerie mésenchyme des quatrième et sixième arcs branchiaux caudaux
radiologique par scanner et l’imagerie par résonance magné- (innervés par la Xe paire crânienne).
tique (IRM) ont contribué à une meilleure compréhension de Le muscle lisse du tiers inférieur de l’œsophage se développe à
l’anatomie de l’œsophage in vivo bien décrite lors de la précédente partir du mésenchyme splanchnique voisin innervé par le plexus
version de ce chapitre [1] . La voie d’abord mini-invasive, par lapa- nerveux viscéral splanchnique, dérivé des crêtes neurales.

EMC - Techniques chirurgicales - Appareil digestif 1


Volume 14 > n◦ 1 > février 2019
http://dx.doi.org/10.1016/S0246-0424(18)84614-3
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40-170  Anatomie chirurgicale de l’œsophage

 Anatomie descriptive
de l’œsophage (Fig. 2) “ Point fort
Situé entre le pharynx et l’estomac, l’œsophage est un conduit
Un défaut du septum trachéo-œsophagien peut être res-
musculomembraneux destiné à transporter le bol alimentaire de
la cavité buccale à l’estomac. ponsable de fistules œsotrachéales néonatales et une
insuffisance de l’allongement de l’embryon dans l’axe lon-
gitudinal est à l’origine d’une atrésie de l’œsophage. De
Limites plus, une anomalie de développement des arcs aortiques
peut entraîner un retentissement sur l’œsophage dans les
Sa limite crâniale est représentée par le faisceau cricoïdien du
cas d’artère subclavière droite rétro-œsophagienne, ou
muscle constricteur inférieur du pharynx où s’engage le nerf
laryngé inférieur et se projette sur la sixième vertèbre cervicale arteria lusoria, à l’origine de dysphagie à l’âge adulte.
(C6) au bord inférieur du cartilage cricoïde.
Sa limite caudale correspond au cardia à la jonction œsogas-
trique qui se projette au bord gauche de la dixième ou onzième
vertèbre thoracique (Th10 ou Th11), repérée extérieurement par Dans le sens transversal, il présente trois légères courbures : une
l’angulation entre le bord gauche de l’œsophage et le fundus. inflexion cervicale sur la gauche, sur la droite en Th4 et sur la
gauche en Th7.

Direction
Longueur
Le trajet de l’œsophage est médian en avant du rachis, il en
suit les inflexions jusqu’à Th4 puis s’en écarte progressivement. La longueur totale de l’œsophage est d’environ 25 cm variant
selon le sexe, l’âge et la taille. En pratique, on utilise le repère
des mesures d’exploration endoscopique : la jonction pharyngo-
œsophagienne est située à 15 cm des incisives supérieures ou
arcades dentaires (AD), la projection de la bifurcation trachéale
à 25 cm et la jonction œsogastrique est à 40 cm.
L’œsophage cervical mesure 5 à 6 cm et s’étend de C6 à Th1.
Sur sa partie initiale, les fibres du muscle constricteur inférieur du
1
pharynx associées à celles du muscle cricopharyngien se mêlent
aux fibres circulaires de la musculaire pour constituer le sphincter
2
supérieur de l’œsophage.
L’œsophage thoracique s’étend de Th1 à Th10-Th11 et mesure
3 16 cm (situé de 21 à 37 cm des AD).
L’œsophage diaphragmatique traverse le hiatus œsophagien au
4 niveau de Th10-Th11.
L’œsophage abdominal a une longueur variable selon les auteurs,
5 estimée à 3 cm (situé de 37 à 40 cm des AD).
6
Forme
À l’état de vacuité, l’œsophage est aplati d’avant en arrière et
plus particulièrement dans sa partie supérieure. Les trois rétrécis-
sements constants sont :
• cricopharyngien, le plus court et le plus serré à 15 cm des AD ;
Figure 1. Embryologie, huitième semaine (17,5 mm). 1. Trachée ; 2. • aortobronchique correspondant au contact avec l’aorte et la
C7 ; 3. œsophage ; 4. poumon ; 5. estomac ; 6. TH12. bronche gauche à 22 cm des AD ;

Endoscopie Longueur Niveau Situation Figure 2. Anatomie descriptive de l’œsophage.


distance / en cm vertébral
arcade dent.
15 cm C6
5 à 6 cm Cervical Cervical Cervical
21 cm TH 2
Supra- 1/3 sup.
aortique = supra-azygo-aortique
TH 4 Rétro- 1/3 moy.
aortique = inter-azygo-
25 cm TH 5
Hilaire aortique
16 cm Thoracique 1/3 inf.
= infra-azygo-
Terminal aortique
37 cm TH 10 Diaphragmatique
3 cm Abdominal Cardia abdominal
40 cm TH 11
Jonction œsogastrique

Total : 25 cm

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• diaphragmatique.
Entre ces rétrécissements, l’œsophage comporte trois seg-
ments plus dilatés : crico-aortique, bronchodiaphragmatique et
sous-diaphragmatique. L’œsophage peut être divisé en plusieurs
segments en fonction de la région qu’il traverse (cervicale, thora- 7
1
cique et abdominale) ou en fonction de ses principaux rapports
(supra-aortique, rétroaortique, hilaire et terminal). 2 8

“ Point fort 3

Il est important de connaître les repères endoscopiques 4


par rapport aux arcades dentaires permettant de situer les
tumeurs œsophagiennes.

10

Structure de la paroi œsophagienne


Elle comprend les différentes couches classiquement rencon-
trées dans le tube digestif : 5
• la muqueuse formée de trois plans comprenant de la superficie
vers la profondeur : un épithélium pavimenteux stratifié non
kératinisé en continuité avec la muqueuse de l’oropharynx, la
lamina propria et la muscularis mucosae composée de fibres
musculaires lisses disposées longitudinalement, présente de 6
façon irrégulière. La zone de jonction endoscopique (ligne Z),
entre la muqueuse œsophagienne lisse et pâle et la muqueuse
gastrique rouge et festonnée, ne correspond pas strictement à
la limite inférieure externe de l’œsophage ;
• la sous-muqueuse est un tissu conjonctif lâche riche en
fibres élastiques contenant des glandes œsophagiennes séromu-
queuses qui sécrètent un mucus riche en mucopolysaccharides ;
• la musculeuse est formée d’une couche circulaire interne et Figure 3. Vue latérale gauche de l’œsophage. 1. Cartilage thyroïde ; 2.
d’une couche longitudinale externe. Elle est constituée de cel- cartilage cricoïde ; 3. trachée ; 4. sternum ; 5. péricarde ; 6. diaphragme ;
lules musculaires striées dans le tiers supérieur de l’œsophage, 7. muscle constricteur inférieur du pharynx ; 8. muscle cricopharyngien ;
elles font progressivement place à des cellules musculaires lisses 9. œsophage ; 10. aorte.
dans les segments sous-jacents ;
• l’œsophage thoracique n’est pas recouvert de séreuse mais d’un
plan adventitiel constitué par le tissu de connexion du médias- pharynx en haut et des fibres inférieures qui s’insèrent à la
tin postérieur. L’œsophage abdominal est lui recouvert d’une face postérieure du cartilage cricoïde et se prolongent en bas
séreuse. de manière verticale sur la couche longitudinale superficielle de
l’œsophage. Ce losange est barré transversalement par le faisceau
inférieur du muscle constricteur inférieur du pharynx (ou muscle

“ Point fort cricopharyngien) et se divise en deux triangles :


• un triangle supérieur, au-dessus du muscle cricopharyngien.
C’est un point de faiblesse structurel à travers lequel peut
s’extérioriser un diverticule de Zenker. Le muscle cricopharyn-
La muqueuse œsophagienne est la couche la plus solide gien est considéré comme le sphincter supérieur de l’œsophage,
de la paroi œsophagienne, elle se rétracte lors de la sec- il doit donc être sectionné au cours du traitement du diverticule
tion de la paroi œsophagienne. C’est le plan de solidité pharyngo-œsophagien de Zenker ;
sur lequel doit s’appuyer une suture sur l’œsophage. En • un triangle inférieur, au-dessous du muscle cricopharyngien. Sa
échoendoscopie, la paroi de l’œsophage se présente sous face profonde est comblée par la couche musculaire circulaire
forme d’une alternance de cinq couches, claires et sombres de l’œsophage, ce qui explique l’absence de pathologie à ce
correspondant aux différentes couches de la paroi œso- niveau.
phagienne.
Œsophage cervical (Fig. 5, 6)
Il est au contact du rachis jusqu’à la partie supérieure du médias-
tin postérieur. Ses rapports sont :
• en arrière : le rachis cervical et les muscles prévertébraux dont
 Rapports de l’œsophage il est séparé par un tissu cellulograisseux formant un espace de
clivage chirurgical ;
Jonction pharyngo-œsophagienne (Fig. 3) • en avant : la trachée à laquelle il est uni par des tractus fibromus-
culaires, ou muscle trachéo-œsophagien, facilement clivables.
Cette zone de transition est marquée par l’intrication des fibres L’œsophage se déporte légèrement vers la gauche expliquant
musculaires striées et épaisses du pharynx et des fibres musculaires le développement vers la gauche des diverticules pharyngo-
lisses et fines de l’œsophage formant des zones de faiblesse à la face œsophagiens et la voie préférentielle d’abord chirurgical à
postérieure de la jonction pharyngo-œsophagienne. gauche de l’œsophage cervical ;
En vue postérieure (Fig. 4), cette jonction forme un losange • latéralement : le paquet vasculonerveux du cou dans la par-
entre les fibres supérieures du muscle constricteur inférieur du tie basse de la région sterno-cléido-mastoïdienne. Il est longé

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par les nerfs laryngés inférieurs, le gauche étant plus proche du qui contient également la glande thyroïde et les nerfs laryngés
fait de la déviation vers la gauche de l’œsophage cervical. De inférieurs [4] .
chaque côté, ces nerfs s’engagent sous le constricteur inférieur
du pharynx. Leur lésion est un risque spécifique de la chirurgie
de l’œsophage cervical ; Transition cervicothoracique (Fig. 7)
• l’œsophage cervical et la trachée sont contenus dans une gaine
conjonctive commune, la gaine viscérale du cou ou fascia alaire La transition cervicothoracique se situe au niveau de l’orifice
supérieur du thorax qui est limité en arrière par Th1, en avant
par le manubrium sternal, et latéralement par la première côte.
L’œsophage, élément le plus postérieur et dévié légèrement à

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15 Figure 5. Vue latérale gauche de l’œsophage cervical. 1. Os hyoïde ;
2. muscle sterno-thyroïdien ; 3. muscle sterno-cléido-hyoïdien ; 4. muscle
Figure 4. Vue postérieure de l’œsophage. 1. Muscle constricteur supé- omohyoïdien ; 5. cartilage thyroïde ; 6. artère thyroïdienne supérieure ;
rieur du pharynx ; 2. muscle constricteur moyen du pharynx ; 3. épiglotte ; 7. veine thyroïdienne moyenne sectionnée ; 8. artère thyroïdienne infé-
4. muscle constricteur inférieur du pharynx ; 5. aire triangulaire de la rieure ; 9. parathyroïde inférieure ; 10. branche descendante de l’anse
couche musculaire œsophagienne (aire de Laimer) ; 6.œsophage cervical ; cervicale ; 11. muscle sterno-cléido-mastoïdien ; 12. artère carotide
7. artère sous-clavière gauche ; 8. artère carotide interne ; 9. artère caro- commune ; 13. veine jugulaire interne ; 14. muscle constricteur inférieur
tide externe ; 10. nerf vague ; 11. lobes thyroïdiens droit et gauche ; 12. du pharynx ; 15. faisceau cricopharyngien du muscle constricteur infé-
artère carotide commune ; 13. tronc thyro-cervical ; 14. artère vertébrale ; rieur du pharynx ; 16. œsophage ; 17. nerf laryngé inférieur gauche ; 18.
15. tronc brachiocéphalique. trachée.

Figure 6. Coupe horizontale du cou en C7. 1.


Thyroïde ; 2. trachée ; 3. veine jugulaire interne ; 4.
artère carotide commune ; 5. œsophage ; 6. artère
1 vertébrale ; 7. nerf pneumogastrique droit (X) ; 8.
nerf laryngé inférieur droit ; 9. nerf laryngé infé-
rieur gauche ; 10. nerf pneumogastrique gauche
2 (X).
3
A. Coupe anatomique.
7 10 B. Coupe tomodensitométrique.
4
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7
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8 9 10 12
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Figure 7. Orifice supérieur du thorax. 1. Dôme pleural ; 2. nerf laryngé
inférieur droit ; 3. tronc thyro-bicervico-scapulaire ; 4. nerf phrénique
droit ; 5. nerf pneumogastrique droit (X) ; 6. tronc veineux brachio-
céphalique droit ; 7. tronc artériel brachiocéphalique ; 8. trachée ; 9.
tronc veineux brachiocéphalique gauche ; 10. nerf pneumogastrique Figure 8. Vue latérale droite du médiastin. 1. Œsophage ; 2. trachée ;
gauche (X) ; 11. œsophage ; 12. conduit thoracique ; 13. artère verté- 3. crosse de la grande veine azygos ; 4. artère et veine intercostales ; 5.
brale gauche ; 14. tronc thyro-cervical gauche ; 15. nerf laryngé inférieur artère pulmonaire droite ; 6. veine pulmonaire supérieure droite ; 7. veine
gauche ; 16. muscle scalène antérieur ; 17. nerf phrénique gauche ; 18. pulmonaire inférieure droite ; 8. nerf pneumogastrique droit (X) et plexus
veine subclavière gauche ; 19. veine jugulaire interne gauche ; 20. artère péri-œsophagien ; 9. conduit thoracique ; 10. nerf grand splanchnique ;
carotide commune gauche ; 21. artère thoracique interne. 11. nerf phrénique droit ; 12. ligament pulmonaire droit.

précoce de la trachée par les tumeurs malignes du tiers supé-


gauche, est en rapport en avant avec la trachée et les axes vas- rieur ;
culaires. Le rapport spécifique dans cette région est la crosse du • à droite, à la plèvre médiastine droite. À sa partie basse,
conduit thoracique à gauche, qui se dirige vers le confluent jugulo- l’œsophage est rejoint par le nerf pneumogastrique droit après
sub-clavier et croise le bord gauche de l’œsophage de façon plus avoir croisé la face latérale droite de la trachée. La région laté-
ou moins proche. rotrachéale droite, au-dessus de la crosse de la grande veine
azygos et en arrière de la veine cave crâniale, est le siège des
lymphocentres de la loge dite de Barety ;

“ Point fort • à gauche, à la plèvre médiastine gauche. Ce segment œsopha-


gien plus court est inscrit dans un triangle (triangle de Poirier)
limité par l’artère subclavière gauche en avant, la face antérieure
Le conduit thoracique peut être lésé au cours d’un abord du rachis en arrière et l’arc de l’aorte en bas. Ce triangle d’abord
chirurgical de l’œsophage thoracique supra-aortique est tra-
cervical ou médiastinal.
versé par la veine intercostale supérieure gauche. Rejoignant
le bord gauche de l’œsophage, le nerf laryngé inférieur gauche
remonte accompagné de la chaîne lymphatique récurrentielle
gauche.
Œsophage thoracique [5, 6]
Ses rapports sont étudiés en divisant l’œsophage en trois tiers,
ce qui correspond à la division de l’œsophage définie en chirurgie
pour la localisation des processus tumoraux.
On distingue donc :
“ Point fort
• le tiers supérieur ou œsophage supra-azygo-aortique au-dessus
Le médiastin supérieur est une région anatomique
des crosses de la grande veine azygos et de l’arc de l’aorte
(crosse) ;
complexe difficile à visualiser en thoracotomie, et dont
• le tiers moyen ou œsophage inter-azygo-aortique entre les deux l’abord par thoracoscopie permet une identification plus
crosses et comprenant la bifurcation trachéale ; précise des structures anatomiques qui le traversent.
• le tiers inférieur ou œsophage infra-azygo-aortique au-dessous
des crosses.

Œsophage supra-azygo-aortique (Fig. 8) Œsophage inter-azygo-aortique (Fig. 9)


Il répond : Il correspond au tiers moyen de l’œsophage thoracique et entre
• en arrière, à la face antérieure du rachis dont il est séparé par en rapport étroit avec l’axe trachéobronchique, l’arc aortique et
un tissu celluleux aisément clivable. Le conduit thoracique l’origine de l’aorte descendante.
s’éloigne de la face postérieure de l’œsophage pour rejoindre L’œsophage répond en arrière au plan vertébral dont il s’éloigne
l’artère subclavière gauche et l’accompagner à sa sortie de progressivement du fait du cheminement de l’aorte thoracique
l’orifice supérieur du thorax ; descendante sur son bord gauche qui le projette vers l’avant.
• en avant, à la face postérieure de la trachée à laquelle il est uni Le conduit thoracique, appliqué contre la colonne thoracique,
par le muscle trachéo-œsophagien, expliquant l’envahissement se rapproche de l’œsophage dans la partie haute du médiastin

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Figure 9. Coupe horizontale du thorax en TH3.


1. Reliquat du thymus ; 2. veine brachiocéphalique
gauche ; 3. veine brachiocéphalique droite ; 4.
tronc artériel brachiocéphalique ; 5. artère carotide
1 13 commune gauche ; 6. artère subclavière gauche ;
2 7. trachée ; 8. œsophage ; 9. veine intercostale
10 supérieure droite ; 10. nerf phrénique ; 11. nerf
3 4 pneumogastrique droit ; 12. tronc sympathique
5 14
thoracique ; 13. artère thoracique interne ; 14. nerf
7 6 15 pneumogastrique gauche (X) ; 15. nerf phrénique
11
gauche ; 16. conduit thoracique.
9 A. Coupe anatomique.
8
16 B. Coupe tomodensitométrique.

12

moyen en cheminant dans l’angle dièdre formé par la par- Œsophage infra-azygo-aortique (Fig. 10 à 12)
tie postérieure de la crosse de l’aorte et la veine hémiazygos
accessoire. En arrière, l’œsophage est progressivement refoulé par l’aorte
En avant, l’œsophage est en rapport avec la face postérieure descendante qui le croise en X allongé de haut en bas et d’avant
de la trachée, puis la bifurcation trachéobronchique et enfin la en arrière, l’éloignant également du conduit thoracique et des
bronche souche gauche. Il est uni à l’arbre aérien par du tissu cellu- veines azygos. Il se place à la face antérieure de l’aorte dont il est
laire dense ou muscle trachéo-œsophagien, épaissi au niveau de la le rapport privilégié. Le ligament aorto-œsophagien, aussi appelé
bronche souche gauche par la présence du plexus nerveux pulmo- méso-œsophage, relie la face antérieure de l’aorte descendante
naire, du nerf pneumogastrique gauche, des voies lymphatiques à la face postérieure gauche de l’œsophage infracarinaire, il est
et des artères œsophagiennes issues des artères bronchiques. Au- visualisable en IRM [7] .
dessous de la bifurcation bronchique, l’œsophage est au contact Cette notion de méso-œsophage a été récemment réintroduite
en avant avec les lymphocentres intertrachéobronchiques, eux- par Cuesta et al. par la mise en évidence d’une fine couche de
mêmes traversés par les artères bronchiques. tissu conjonctif autour de l’œsophage [8] . Au-dessus de la carène,
il s’étend des deux côtés de l’œsophage vers les structures médias-
À droite, l’œsophage est croisé transversalement par la crosse
tinales latérales. Ce fascia contient les vaisseaux, les lymphatiques,
de la grande veine azygos qui se jette dans la veine cave supé-
les ganglions et les nerfs ce qui a été confirmé par une étude his-
rieure. Le nerf pneumogastrique droit se rapproche du bord droit
tologique. Sur le plan embryologique, il apparaît à partir de la
de l’œsophage. À ce niveau, il existe un lymphocentre constant de cinquième semaine, sous la bifurcation trachéale. Il s’agit d’une
la crosse de la grande veine azygos (Bartels). Cette crosse peut être structure de type mésentérique qui est sculptée par la croissance
liée et sectionnée sans conséquence faisant de la voie thoracique pulmonaire, et de la cavité pleurale [9] .
droite, la voie privilégiée de l’abord de la totalité de l’œsophage En avant, l’œsophage est en contact avec le péricarde à travers
thoracique. le sinus oblique par l’intermédiaire duquel il est en rapport direct
À gauche, la crosse de l’aorte représente un obstacle à la libéra- avec l’atrium gauche. Plus bas, l’œsophage est en contact avec la
tion du tiers moyen de l’œsophage. À ce niveau, l’œsophage reçoit face postérosupérieure du diaphragme.
les artères venant des artères bronchiques et souvent une artère À droite, l’œsophage recouvert de la plèvre médiastine descend
naissant directement de l’aorte ou artère du croisement. À la face dans le médiastin inférieur entre la grande veine azygos en arrière
supérieure de la bronche gauche, le nerf laryngé inférieur gauche et la « raquette » pulmonaire prolongée par le ligament pulmo-
passe sous la crosse de l’aorte en contournant le ligament artériel naire en avant. Le nerf pneumogastrique droit gagne le bord droit
puis rejoint alors l’angle trachéo-œsophagien accompagné de sa puis la face postérieure de l’œsophage. Le conduit thoracique peut
chaîne lymphatique. Son envahissement par une tumeur œsopha- être exposé au cours de la dissection par voie droite.
gienne s’exprime par une dysphonie et traduit l’existence d’une À gauche, l’œsophage masqué partiellement en haut par l’aorte
tumeur non résécable. descendante devient plus superficiel et descend en arrière du pédi-
cule pulmonaire puis du ligament pulmonaire. Il chemine à la
partie basse dans un espace triangulaire, le triangle de Truesdale,
délimité par le péricarde avant, l’aorte descendante en arrière
et le diaphragme en bas. Ce triangle est le lieu des perforations
spontanées de l’œsophage (ou syndrome de Boerhaave). Le nerf
pneumogastrique gauche rejoint la face antérieure de l’œsophage
“ Point fort sous l’arc de l’aorte.
Au cours d’un abord thoracique droit (Fig. 8), les rapports de
l’œsophage thoracique sont les suivants :
La proximité de la trachée et de l’origine de la bronche • au-dessus de la crosse de la grande veine azygos, l’œsophage
souche gauche ainsi que de l’aorte explique la fréquence est directement accessible dans une fossette pleurale entre la
d’un envahissement tumoral de l’une ou l’autre de ces trachée en avant, la colonne vertébrale en arrière et la crosse de
structures et les risques chirurgicaux inhérents à sa dis- la grande veine azygos en bas. Cette fossette est traversée par
section. le nerf pneumogastrique droit. À ce niveau, l’œsophage est en
rapport avec le lymphocentre de la loge de Barety ;

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Anatomie chirurgicale de l’œsophage  40-170

Figure 10. Coupe horizontale du thorax en TH4.


1. Reliquat du thymus ; 2. veine cave crâniale ; 3.
arc de l’aorte ; 4. trachée ; 5. œsophage ; 6. grande
veine azygos ; 7. veine intercostale supérieure
droite ; 8. nerf phrénique droit ; 9. nerf pneu-
mogastrique droit (X) ; 10. tronc sympathique
1 thoracique ; 11. nerf laryngé inférieur gauche ; 12.
nerf phrénique gauche ; 13. nerf pneumogastrique
gauche (X) ; 14. conduit thoracique.
A. Coupe anatomique.
12 B. Coupe tomodensitométrique.
8 3
2

13
11
4

9
5
6 14

10

Figure 11. Coupe horizontale du thorax en TH5.


1. Reliquat du thymus ; 2. aorte thoracique ascen-
dante ; 3. veine cave crâniale ; 4. tronc de l’artère
pulmonaire ; 5. artère pulmonaire droite ; 6. artère
pulmonaire gauche ; 7. veine pulmonaire supé-
1
15 rieure droite ; 8. veine pulmonaire supérieure
4 gauche ; 9. bronche souche gauche ; 10. bronche
2 souche droite ; 11. œsophage ; 12. aorte thora-
14 cique descendante ; 13. grande veine azygos ; 14.
nerf phrénique droit ; 15. nerf phrénique gauche ;
8
7 3 16. nerf pneumogastrique droit (X) ; 17. nerf pneu-
5
mogastrique gauche (X) ; 18. conduit thoracique ;
19. veine hémiazygos accessoire ; 20. tronc sym-
6 pathique thoracique.
9 10 A. Coupe anatomique.
11 B. Coupe tomodensitométrique.
16 17
13 12
18
19
20

• au niveau de la crosse de la veine grande azygos, l’œsophage en arrière. Le conduit thoracique peut être disséqué dans cette
est en rapport en avant avec la bronche droite et la divi- région.
sion trachéale. La section et la ligature de la veine grande Par voie thoracique gauche (Fig. 3), l’œsophage est barré trans-
azygos permettent l’abord du tiers moyen de l’œsophage versalement par le passage de l’arc aortique, au-dessus duquel
thoracique ; il peut être abordé dans le triangle de Poirier. À ce niveau, le
• au-dessous de la crosse de la veine grande azygos, l’œsophage conduit thoracique quitte la face postérieure de l’œsophage pour
est séparé de la cavité pleurale par la plèvre médiastine dont il s’infléchir à gauche et rejoindre le confluent veineux jugulo-sub-
s’éloigne entre le péricarde en avant et la grande veine azygos clavier de Pirogoff.

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40-170  Anatomie chirurgicale de l’œsophage

Figure 12. Coupe horizontale du thorax en TH8.


1. Ventricule droit ; 2. atrium droit ; 3. atrium
gauche ; 4. ventricule gauche ; 5. œsophage ; 6.
aorte thoracique descendante ; 7. grande veine
1 azygos ; 8. veine hémiazygos ; 9. sinus oblique du
4 péricarde ; 10. nerf pneumogastrique droit (X) ;
11. nerf pneumogastrique gauche (X) ; 12. conduit
2 thoracique ; 13. tronc sympathique thoracique.
A. Coupe anatomique.
3 B. Coupe tomodensitométrique.

9 5 11
10
6
7 8
12

13

Au niveau de l’arc aortique, l’œsophage est situé dans un défilé


étroit entre la bifurcation bronchique en avant, le rachis en arrière 1
et, latéralement, la crosse de la grande veine azygos à droite et
l’arc aortique à gauche. Cette région est marquée par la présence 5
2
du nerf laryngé inférieur gauche qui naît du pneumogastrique 6
gauche à la face inférieure de l’arc aortique. De la face inférieure de
l’arc aortique et des premiers centimètres de l’aorte descendante 7
naissent des artères à destinée bronchique et œsophagienne. Ces 3
vaisseaux très courts peuvent être blessés lors de la dissection de 4
cette partie de l’œsophage.
Au-dessous de l’arc aortique, l’œsophage est progressivement
repoussé vers l’avant par l’aorte thoracique descendante, il est
alors profondément situé dans le triangle de Truesdale. Le nerf
pneumogastrique gauche rejoint la face antérieure de l’œsophage
à ce niveau.

“ Point fort Figure 13. Localisation de la jonction gastro-œsophagienne et


sphincter œsophagien inférieur. 1. Sous-muqueuse ; 2. ligament phréno-
œsophagien ; 3. fascia infra-diaphragmatique (transversal) ; 4. ligne Z ; 5.
fascia sus-diaphragmatique ; 6. diaphragme ; 7. péritoine.
La voie thoracique droite est la voie d’abord privilégiée de
l’œsophage thoracique.
où règne une pression négative notamment lors de l’inspiration
et l’abdomen où règne une pression positive en particulier chez le
sujet obèse.
Au cours de sa traversée du diaphragme, l’œsophage est accom-
Œsophage terminal pagné par le tronc vagal antérieur et le tronc vagal postérieur.

Il est considéré comme l’association de l’œsophage thoracique


inférieur, de l’œsophage diaphragmatique et de l’œsophage abdo- Œsophage abdominal
minal.
Il s’étend du hiatus œsophagien au cardia. La jonction œso-
L’œsophage thoracique inférieur ou œsophage infra-azygos-
gastrique siège sur le flanc gauche de Th11 et dans un plan
aortique a été déjà étudié.
horizontal à hauteur de l’extrémité inférieure du processus
xiphoïde. L’œsophage diaphragmatique est uni au hiatus par le
Œsophage diaphragmatique ligament phréno-œsophagien ou membrane de Laimer, qui est
une extension du fascia diaphragmatique inférieur. Ce ligament,
La traversée du diaphragme (Fig. 13) se produit à la hauteur du riche en élastine, est recouvert par du péritoine diaphragmatique
hiatus œsophagien, au niveau de Th10. et du petit omentum. Il s’agit cependant d’un moyen de fixité rela-
Cet orifice purement musculaire de 2,5 cm de long et de forme tif qui autorise les mouvements de glissement de l’œsophage dans
ovalaire est constitué de fibres provenant du pilier droit du dia- le hiatus, ceux-ci peuvent atteindre une dizaine de centimètres au
phragme divisées en deux faisceaux : antérieur droit et postérieur cours des efforts de toux par exemple.
gauche. Ces deux faisceaux entourent l’œsophage en formant En avant, l’œsophage abdominal est accompagné du plexus
alors une fronde musculaire externe qui peut coulisser autour de vagal antérieur qui tend à se dissocier. Il est en rapport, par
l’œsophage, notamment au cours de la respiration et de la déglu- l’intermédiaire du ligament phréno-œsophagien et du feuillet
tition, elle participe à la zone de haute pression de la jonction péritonéal préœsophagien, avec la face postérieure du lobe gauche
œsogastrique. du foie.
Ce système musculaire échange quelques fibres avec la En arrière, le plexus vagal postérieur, le pilier droit du dia-
musculature œsophagienne et participe à la continence gastro- phragme, le tissu cellulaire rétropéritonéal et l’aorte sont les
œsophagienne. Il s’agit d’une zone de transition entre le thorax rapports de l’œsophage abdominal.

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Anatomie chirurgicale de l’œsophage  40-170

À gauche, l’œsophage est en rapport avec la base du ligament tri-


angulaire gauche du foie, et son bord gauche est séparé du fundus 8
par l’incisure cardiale (angle de His).
Le bord droit de l’œsophage est lui en contact direct avec 1
l’estomac et le lobe caudé du foie.
La jonction œsogastrique (JOG) endoscopique est définie par la
ligne Z, la JOG radiologique est définie par la pince diaphragma-
tique.
La notion de sphincter inférieur de l’œsophage a été récem- 9
ment précisée : les études récentes [10] portant sur des explorations
fonctionnelles manométriques réfutent l’existence d’un anneau
musculaire de la paroi œsophagienne, mais décrivent une zone

Sens du drainage lymphatique final


de haute pression œsophagienne distale (ZHPOD). Deux muscles
lisses différents ont été identifiés au niveau de la ZHPOD ayant une
10
localisation différente et ayant des réponses différentes aux stimu-
lations électriques et pharmacologiques, agissant de concert pour
11
former la barrière antireflux de l’estomac et forment le sphincter
de la portion supérieure de l’estomac : le premier fermoir gastrique 2
(gastric clasp) situé du côté de la grande courbure gastrique ; et le
second fronde gastrique (gastric sling) du côté de la petite courbure. 12
Le terme de muscle longitudinal du bas œsophage est utilisé pour
13
décrire le muscle longitudinal de la zone de haute pression distale 3
de l’œsophage, celui de muscle circulaire lisse du corps œsopha- 14
gien pour le distinguer du muscle circulaire lisse de la zone de
haute pression de l’œsophage distal. La fronde diaphragmatique
participe également à cette zone de haute pression. Le terme de
ZHPOD comprend toutes les structures musculaires lisses et striées
impliquées dans la barrière antireflux.
15

“ Point fort 16

La membrane de Laimer a la forme d’un double cône, réuni


par leur base, et son insuffisance est une cause de hernie 4 17
par glissement qui entraîne une ascension de l’estomac 5
dans le thorax. 6

7 18

 Vascularisation de l’œsophage
Artères (Fig. 14)
Figure 14. Vascularisation de l’œsophage ; 1. Artère et veine thy-
L’œsophage reçoit une riche vascularisation artérielle, qu’il par- roïdiennes inférieures ; 2. nœuds lymphatiques sous-carinaires et
tage en partie avec les structures de voisinage. L’embryologie bronchiques ; 3. veine azygos ; 4. anastomoses portocaves ; 5. artère
explique la vascularisation artérielle étagée de l’œsophage qui gastrique gauche ; 6. veine gastrique gauche ; 7. tronc porte ; 8. nœud
reste très variable dans sa distribution. Les différentes artères, peu lymphatique (NL) jugulaire interne ; 9. nœuds lymphatiques (NL) latéro-
volumineuses, pénètrent dans la paroi de l’œsophage en formant trachéaux ; 10. nœuds lymphatiques hilaires ; 11. artère du croisement ;
des réseaux dans les différentes couches. L’œsophage cervical est 12. nœud lymphatique para-aortique ; 13. artère bronchique ; 14. artère
vascularisé par les deux artères thyroïdiennes inférieures, la droite petite œsophagienne ; 15. artère grande œsophagienne ; 16. nœud
s’épanouissant plus fréquemment sur la face postérieure et la lymphatique para-œsophagien ; 17. nœuds lymphatiques cardiaux ; 18.
gauche sur la face antérieure. nœuds lymphatiques cœliaques.
Une branche descendante de l’artère subclavière gauche (artère
de Luschka) participe à la vascularisation de cet étage. Les
branches artérielles suivent un trajet descendant en réalisant un
réseau supérieur et s’étendent jusqu’à la bifurcation trachéale en fréquente (70 %) est la présence de deux artères bronchiques
s’anastomosant avec le système sous-jacent. gauches et une droite ; cependant, toutes les combinaisons d’une
La portion supra-azygo-aortique de l’œsophage thoracique est ou deux artères de chaque côté sont possibles. En raison de
vascularisée par le réseau descendant à partir des artères thyroï- cette variabilité, il est nécessaire d’identifier les artères bron-
diennes inférieures [11] . chiques pendant l’intervention avant de les sectionner. L’artère
La portion inter-azygo-aortique est vascularisée par : bronchique droite (ABD) est une branche de la troisième artère
• des branches des artères bronchiques ; l’artère œsophagotra- intercostale postérieure et l’artère bronchique gauche (ABG) vient
chéale antérieure (de Demel), collatérale directe de la crosse directement de l’arc aortique. À gauche, il y a fréquemment deux
aortique ou de l’artère bronchique gauche ; ABG identifiées pendant la dissection de l’œsophage sous l’arc aor-
• l’artère œsophagotrachéale postérieure, naissant de la face tique. Les vaisseaux provenant de l’arc aortique vers la bronche
droite de l’aorte descendante, elle atteint l’œsophage à son bord souche gauche peuvent être généralement préservés en identi-
gauche et est appelée artère du croisement. fiant la bronche souche gauche et en disséquant l’œsophage. La
La vascularisation artérielle de l’œsophage supracarinaire pro- préservation d’une ou plusieurs artères bronchiques gauches est
vient des deux côtés de l’œsophage, elle est commune avec la recommandée. Il existe de nombreuses anastomoses vasculaires
vascularisation de la trachée et des bronches. Il existe de nom- autour de l’arbre trachéobronchique qui peuvent jouer un rôle de
breuses variations anatomiques des artères bronchiques, la plus suppléance, et de nombreuses variations anatomiques [6] .

EMC - Techniques chirurgicales - Appareil digestif 9


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40-170  Anatomie chirurgicale de l’œsophage

La portion infra-azygo-aortique est vascularisée par des rameaux


directement issus de l’aorte descendante. Au maximum, quatre
rameaux peuvent être retrouvés abordant l’œsophage par son bord 1 7
postérieur gauche. Deux rameaux sont constants :
• l’artère petite œsophagienne au niveau Th6-Th7 assez courte ; 8
• l’artère grande œsophagienne au niveau Th7-Th8 : elle a un tra- 2
jet plus long et peut participer à la vascularisation du ligament 3
pulmonaire et du péricarde.
9
Dans la partie terminale de l’œsophage thoracique, la plèvre
médiastinale droite et gauche, tendue de la face antérieure de
l’aorte à la face postérieure de l’œsophage, constitue un véritable
« méso-œsophage » contenant de multiples branches venant de
l’artère phrénique inférieure gauche, l’artère gastrique gauche et
les vaisseaux courts gastriques.

“ Point fort
La richesse du réseau artériolaire intramural permet de
mobiliser de longs segments d’œsophage sans entraîner
d’ischémie.

10
Veines
4
Naissant d’un riche plexus veineux à mailles longitudinales
situé dans la sous-muqueuse et en continuité avec un plexus
musculaire péri-œsophagien, les veines ont une disposition 11
très variable. Le drainage veineux des deux tiers supérieurs de
l’œsophage se fait dans le système cave supérieur par le biais des
veines thyroïdiennes inférieures et dans le système azygos par le
5
biais de veines bronchiques, péricardiques et phréniques supé-
rieures. Le drainage veineux du tiers inférieur de l’œsophage se
6
fait dans le système porte par le biais essentiellement de la veine
gastrique gauche. Il n’existe pas de limite franche entre ces deux
zones et de nombreuses anastomoses se produisent entre les deux
systèmes en intrapariétal, formant des anastomoses portocaves
physiologiques.

“ Point fort Figure 15. Innervation de l’œsophage. 1. Nerf pneumogastrique droit


(X) ; 2. ganglion sympathique cervical droit ; 3. nerf laryngé inférieur
Les veines de la sous-muqueuse sont plus superficielles au
gauche ; 4. nerf grand splanchnique ; 5. tronc vagal postérieur ; 6. plexus
niveau de l’œsophage distal, où se développent les varices
cœliaque ; 7. nerf pneumogastrique gauche (X) ; 8. ganglion sympathique
œsophagiennes en cas d’hypertension portale. cervical gauche ; 9. nerf laryngé inférieur gauche ; 10. plexus vagal ; 11.
tronc vagal antérieur.

Lymphatiques tiques. La partie inférieure de l’œsophage se draine dans les nœuds


de la région péricardiale et cœliaque.
Les lymphatiques de l’œsophage forment des plexus occupant Il n’y aurait pas de continuité des lymphatiques sous-muqueux
tous les plans pariétaux (muqueuse, sous-muqueuse, musculeuse). au niveau de la jonction œsogastrique.
Les troncs collecteurs prennent leur origine dans le plan sous- Le drainage final de l’œsophage se produit soit par le biais du
muqueux et se drainent dans les lymphonœuds les plus proches. premier relais ganglionnaire, soit directement dans le conduit tho-
Ces nœuds lymphatiques para-œsophagiens sont distribués le racique qui remonte de la citerne du chyle, située généralement au
long de l’œsophage et des groupes ont été nommés en fonction niveau des vertèbres lombaires L1 ou L2. Celui-ci a ensuite un tra-
de leur rapport avec les organes adjacents. Ils forment le premier jet ascendant dans le médiastin, croisant de droite à gauche la face
relais ganglionnaire. postérieure de l’œsophage entre Th6 et Th7, et remonte jusqu’à
Ils sont dénommés de haut en bas : nœuds lymphatiques C7 où il rejoint la face postérieure du confluent jugulo-sub-clavier
jugulaires internes, paratrachéaux, hilaires, trachéobronchiques, gauche.
sous-carinaires, para-aortiques, paracardiaux, gastriques gauches.
Mais le sens du drainage lymphatique reste imprévisible pouvant
prendre une direction ascendante ou descendante directement à
partir du réseau sous-muqueux.
Ainsi, l’œsophage cervical se drainerait dans les nœuds lympha-  Innervation de l’œsophage
tiques trachéaux supérieurs et jugulaires internes, et il existerait (Fig. 15)
une continuité sous-muqueuse des lymphatiques de cette portion
avec les lymphatiques du pharynx. Innervation intrinsèque
L’œsophage thoracique se drainerait dans les nœuds lym-
phatiques médiastinaux postérieurs, intercostaux et diaphragma- La paroi œsophagienne contient deux types de plexus nerveux :

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Anatomie chirurgicale de l’œsophage  40-170

section des branches respiratoires au cours de l’œsophagectomie

“ Point fort augmente le risque de complications pulmonaires inflammatoires


postopératoires [13] .

On peut considérer que le drainage lymphatique se fait de


façon préférentielle vers le haut pour les deux tiers supé-
 Conclusion
rieurs de l’œsophage et vers le bas pour le tiers inférieur.
Une connaissance précise de l’anatomie de l’œsophage [8, 9] est
indispensable aux chirurgiens de l’œsophage pour comprendre :
• sa structure et ses problèmes de suture ;
• les plexus de Meissner dans la sous-muqueuse, à fonction essen- • ses rapports avec les organes avoisinants, en particulier, dans
tiellement sensitive ; l’analyse des coupes tomodensitométriques et dans les précau-
• les plexus d’Auerbach entre la couche longitudinale et la couche tions nécessaires à sa dissection.
circulaire de la musculeuse, à fonction motrice.
Ces plexus forment des réseaux de cellules ganglionnaires mul-
tipolaires et reçoivent des axones provenant des nerfs vagues. Les Déclaration de liens d’intérêts : les auteurs déclarent ne pas avoir de liens
fibres postganglionnaires de ces plexus innervent les cellules mus- d’intérêts en relation avec cet article.
culaires lisses et contrôlent le péristaltisme de la partie distale de
l’œsophage.
L’absence de ces plexus myentériques dans le bas œsophage  Références
constitue la lésion initiale de l’achalasie.
[1] Durand-Fontanier S, Valleix D. Anatomie chirurgicale de l’œsophage.
Innervation extrinsèque EMC - Techniques chirurgicales - Appareil digestif 2007:1–11 [Article
40-170].
Elle possède trois composantes : centrale, sympathique et para- [2] Larsen WJ. Embryologie humaine. Bruxelles: De Boeck Université;
sympathique. 1996. p. 205–34.
[3] Tachdjian G, Brisset S, Courtot A, Schoëvaërt D, Tosca L. Embryologie
Innervation centrale et histologie humaines. Paris: Elsevier Masson; 2016.
[4] Weijs TJ, Ruurda JP, Luyer MD, Cuesta MA, van Hillegersberg R,
Elle contrôle la musculature striée de l’œsophage à partir du
Bleys RL. New insights into the surgical anatomy of the esophagus. J
centre bulbaire de la déglutition. Les neurones issus du noyau Thorac Dis 2017;9(Suppl. 8):S675–80.
ambigu empruntent les fibres du nerf pneumogastrique (X) et se [5] Francke JP. Le médiastin. In: Chevrel JP, editor. L’œsophage thora-
distribuent aux fibres striées de l’œsophage (cervical et thoracique cique. Anatomie clinique. Paris: Springer-Verlag; 1994. p. 241–7.
supérieur) par le biais des nerfs laryngés. [6] Cuesta MA, van der Wielen N, Weijs TJ, Bleys RL, Gisbertz SS, van
Duijvendijk P, et al. Surgical anatomy of the supracarinal esophagus
Innervation parasympathique based on a minimally invasive approach: vascular and nervous anatomy
Elle provient des deux nerfs pneumogastriques qui se disso- and technical steps to resection and lymphadenectomy. Surg Endosc
cient en plexus vagal péri-œsophagien au niveau du tiers moyen 2017;31:1863–70.
thoracique, puis se reconstituent en un tronc vagal antérieur et [7] Riddell AM, Davies DC, Allum WH, Wotherspoon AC, Richardson C,
postérieur. Ces deux troncs suivent l’œsophage thoracique sur son Brown G. High-resolution MRI in evaluation of the surgical anatomy
of the esophagus and posterior mediastinum. AJR Am J Roentgenol
trajet inférieur et traversent le diaphragme avec lui.
2007;188:W37–43.
[8] Cuesta MA, Weijs TJ, Bleys RL, van Hillegersberg R, van Berge Hene-
Innervation sympathique gouwen MI, Gisbertz SS, et al. A new concept of the anatomy of
Les nerfs d’origine sympathique sont en relation avec le centre the thoracic oesophagus: the meso-oesophagus. Observational study
primaire médullaire disposé de T2 à T7 et font relais dans les gan- during thoracoscopic esophagectomy. Surg Endosc 2015;29:2576–82.
glions sympathiques (cervical supérieur, thoracique et cœliaque). [9] Hwang SE, Kim JH, Bae SI, Rodríguez-Vázquez JF, Murakami G, Cho
La motricité œsophagienne est principalement contrôlée par le BH. Mesoesophagus and other fascial structures of the abdominal and
nerf vague qui donne également de nombreuses branches anté- lower thoracic esophagus: a histological study using human embryos
rieures à destinée bronchique et pulmonaire. La préservation and fetuses. Anat Cell Biol 2014;47:227–35.
des branches respiratoires au cours d’une œsophagectomie est [10] Miller L, Vegesna A, Kalra A. New observations on the gastroesopha-
recommandée [12] ce qui est probablement plus facile par abord geal antireflux barrier. Gastroenterol Clin North Am 2007;36:601–17.
[11] Caix M, Descottes B, Rousseau D, Grousseaud D. La vascularisa-
thoracoscopique [4] . En effet, il semble que la réponse inflamma-
tion artérielle de l’œsophage thoracique moyen et inférieur. Anat Clin
toire soit médiée par le nerf vague, ce qui pourrait expliquer que la
1981;3:95–106.
[12] Weijs TJ, Ruurda JP, Luyer MD, Nieuwenhuijzen GA, van Hille-
gersberg R, Bleys RL. Topography and extent of pulmonary vagus
“ Points essentiels [13]
nerve supply with respect to transthoracic oesophagectomy. J Anat
2015;227:431–9.
Tracey KJ. Reflex control of immunity. Nat Rev Immunol 2009;9:
• L’œsophage est la partie crâniale du tube digestif. 418–28.
• Il traverse la région cervicale, thoracique et abdominale.
• La paroi œsophagienne est composée de cinq couches Pour en savoir plus
identifiables en échoendoscopie et la muqueuse constitue Maillet P. Anatomie chirurgicale de l’œsophage. Nouveau traité de technique
la couche la plus solide. chirurgicale. Tome X. Paris: Masson; 1975.
• Les nerfs laryngés récurrents sont les principaux rapports Nemours-Auguste S, Barag N. Œsophage, déglutition. In: Anatomie, phy-
de l’œsophage cervical. siologie, radiologie clinique. Paris: Expansion Scientifique Française:
• L’œsophage thoracique supérieur est en contact étroit 1979. p. 161–252.
Francke JP. Le médiastin. In: Chevrel JP, editor. L’œsophage thoracique.
avec l’arbre trachéobronchique.
Anatomie clinique. Paris: Springer-Verlag; 1994. p. 241–7.
• Le conduit thoracique peut être lésé lors de la dissection
Skandalakis JE, Ellis H. Embryologic and anatomic basis of esophageal
cervicale ou thoracique. surgery. Surg Clin North Am 2000;80:85–155.
• La conservation des branches respiratoires du nerf vague Testut L. Traité d’anatomie humaine. Tome IV. Paris: Doin; 1901. p. 153–86.
permet la diminution de la morbidité postopératoire. Oezcelik A, DeMeester SR. General anatomy of the esophagus. Thorac Surg
Clin 2011;21:289–97.

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C. Gronnier, Docteur, chirurgien (caroline.gronnier@chu-bordeaux.fr).


D. Collet, Professeur, chirurgien.
Unité de chirurgie œso-gastrique et endocrinienne, Service de chirurgie digestive, Centre Magellan, CHU de Bordeaux, 33600 Pessac, France.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Gronnier C, Collet D. Anatomie chirurgicale de l’œsophage. EMC - Techniques chirurgicales - Appareil
digestif 2019;14(1):1-12 [Article 40-170].

Disponibles sur www.em-consulte.com


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décisionnels supplémentaires Animations légaux au patient supplémentaires évaluations clinique

12 EMC - Techniques chirurgicales - Appareil digestif

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