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RECOMMANDATION R 428

Recommandations adoptées
par le Comité technique
national de la chimie,
du caoutchouc
et de la plasturgie
le 21 novembre 2006
et modifiées
le 25 novembre 2009.

CNAMTS (Caisse nationale


de l’assurance maladie
des travailleurs salariés)
Direction des risques
professionnels

Le stockage du nitrate d’ammonium


et des ammonitrates solides
Prévention des risques professionnels
SOMMAIRE La grande différence entre ces deux catégories se situe donc au
niveau de leur forme physique :
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1. Champ d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 le nitrate d’ammonium, destiné à être utilisé comme explosif,
2. Définitions et catégories des produits solides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 possède une porosité importante facilitant l’absorption d’huile et
3. Caractéristiques physico-chimiques et risques physiques associés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 le rendant sensible à la détonation, ainsi qu’une densité vrac fai-
4. Dangers pour la santé humaine et l’environnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 ble (en général inférieure à 0,8) ;
5. Exemples d’accidents majeurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Les explosifs industriels sont des mélanges chimiques consti-
6. Stockage. Évaluation des risques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
tués par un comburant (ou oxydant), un combustible (ou réduc-
7. Stockage. Préconisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 à 7
teur) et divers autres produits et qui peuvent se décomposer
8. Mesures organisationnelles. Formation, information… . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
selon différents modes (combustion, déflagration, détonation).
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Annexe I. Bibliographie non exhaustive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 les ammonitrates, devant conserver leur aspect granulaire au
Annexe II. Recueil d’informations pour l’évaluation long de la chaîne de commercialisation, ont été traités pour avoir
et la prévention des risques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 à 11 un faible pouvoir d’absorption de contaminants et une densité
vrac élevée (de l’ordre de 0,85 à 1,0) leur conférant une grande
résistance à la détonation.
INTRODUCTION
Le terme ammonitrates caractérise les engrais azotés simples à
Plusieurs accidents dramatiques, voire catastrophiques, de type base de nitrate d’ammonium. En raison de son caractère très
explosion majeure, ont périodiquement mis en évidence la grande hygroscopique, le nitrate d’ammonium pur ne peut être utilisé en
dangerosité des stockages de nitrate d’ammonium ou d’ammoni- l’état. Pour le conserver, il est additionné d’une charge (kaolin,
trates. kieselguhr, carbonate de calcium, dolomie, gypse …) qui contribue
d’une part à faire baisser le titre en azote du mélange pour
Quelles que soient les causes de ce type d’explosion, il importe de
donner des ammonitrates et d’autre part renforce leur stabilité.
mettre en place des mesures visant à les supprimer ou, tout au
On distingue :
moins, à en limiter les conséquences.
les ammonitrates à haut dosage contenant généralement de
Le nitrate d’ammonium est un élément essentiel des explosifs
33 à 34,5 % d’azote,
nitratés ou un constituant d’engrais (notamment ammonitrates1).
Il se rencontre principalement dans les usines de production, dans les ammonitrates à moyen dosage contenant généralement
les unités de transport et chez les entreprises utilisatrices. 27 % d’azote.
Les présentes recommandations ont pour objet de fournir des Les engrais à base de nitrate d’ammonium et à forte teneur en
informations de base pour le stockage du nitrate d’ammonium ou nitrate d’ammonium (> 28% d’azote en provenance du nitrate
des engrais en contenant. Elles en présentent les principaux d’ammonium) sont obligatoirement soumis au test de résistance
risques et les mesures de prévention adaptées. à la détonation (défini dans l’annexe III-2 du Règlement
2003/2003 du 13 octobre 2003).
Un certain nombre de références bibliographiques ayant permis la
rédaction de ce document se retrouve en annexe I. Les engrais sont des produits destinés à assurer ou à améliorer
la nutrition des plantes et à entretenir la fertilité des sols. Pour
Les recommandations énoncées ci-après s’appuient préalablement
pouvoir bénéficier de cette dénomination, ils doivent contenir
sur la recommandation R 409 « Evaluation du risque chimique ».
au moins 3 % en poids de l’un des éléments fertilisants majeurs :
azote (N), phosphore exprimé en anhydride phosphorique (P2O5)
ou potassium exprimé en oxyde de potassium (K2O).

1. CHAMP D’APPLICATION
Les recommandations ci-après s’appliquent aux activités relevant
du Comité technique national des industries de la chimie, du 3. CARACTÉRISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES ET
caoutchouc et de la plasturgie (CTN E).
RISQUES PHYSIQUES ASSOCIÉS
Le nitrate d’ammonium pur (NH4NO3) est un sel blanc, très
hygroscopique et très soluble dans l’eau (1877 g/l), de point de
2. DEFINITIONS ET CATÉGORIES DES PRODUITS fusion peu élevé (169,6°C).

SOLIDES La principale caractéristique chimique du nitrate d’ammonium


est sa nature comburante. Une matière comburante est une
Ces produits se classent en deux grandes catégories :
matière qui, sans être nécessairement combustible elle-même,
celle du nitrate d’ammonium technique, élément de base pour peut, en général en cédant de l’oxygène, provoquer ou favoriser
les explosifs nitrate-fioul, commercialisé sous forme de granulés la combustion d’autres matières.
poreux de faible densité (densité apparente du nitrate d’ammo-
Le nitrate d’ammonium n’est pas classé substance dangereuse
nium technique : 0,74) ;
selon l’arrêté du 20 avril 1994 modifié relatif à la déclaration,
celle des engrais ou fertilisants à base de nitrate d’ammonium, la classification, l’emballage et l’étiquetage des substances et
dont les plus couramment utilisés sont dénommés ammonitrates, transposant la directive n° 98/98/CE.
commercialisés sous forme de granulés non poreux à haute den-
Seuls certains engrais à base de nitrate d’ammonium sont classés
sité (densité apparente pour engrais et fertilisants : 0,93 [cette
comburants pour le transport, dans la classe 5.1, numéro UN 2067.
valeur dépend non seulement de la granulométrie des charges
mais aussi des divers additifs]). La décomposition du nitrate d’ammonium peut se produire sous
l’effet de sources de chaleur importantes (incendie, point

1. Voir 3. Caractéristiques physico-chimiques.

2 Recommandation R 428
chaud, etc.). Dès 80°C, apparaissent ammoniac et acide nitrique : ou hypotension et, parfois, tachycardie (accélération de la fréquence
NH4NO3 > NH3 + HNO3. Puis la réaction se poursuit jusqu’à cardiaque). Une dose importante peut causer une acidose générale
la fusion du nitrate (169,6°C) et, si la température continue à aug- (diminution du pH sanguin) et une cyanose. En dose massive,
menter, des oxydes d’azote dangereux NOx sont émis. le nitrate d’ammonium peut être fatal. S’il n’est pas rapidement éli-
Au-delà de 290/300°C, la nature des réactions de décomposition miné du tube digestif, il peut être transformé en nitrites du fait de
change. Celles-ci peuvent éventuellement conduire à une déflagra- la présence concomitante de bactéries. Ces composés plus toxiques
tion, voire à une détonation. Un tel phénomène est très difficile à peuvent provoquer une hypotension ainsi qu’une méthémoglobi-
atteindre lorsque l’on chauffe du produit pur. Par contre, le risque est némie (transformation de l’hémoglobine en une forme oxydée inca-
considérablement accru en présence de produits tels que matières pable de transporter l’oxygène). Les effets sont particulièrement
organiques (fuel, charbon, sucre, graisses, huiles…), soufre élémen- sévères chez le jeune enfant.
taire, réducteurs, métaux en poudre, chlorates… ; même en faible
La DL50 orale pour le rat est supérieure à 2 000 mg/kg (2 460 –
quantité, ceux-ci abaissent la température critique et accélèrent
2 950 mg/kg, ligne directrice OCDE 401).
les vitesses de réaction. Il est d’ailleurs à souligner que la majorité
des accidents graves recensés met en évidence une contamination L’irritation liée au contact cutané avec du nitrate d’ammonium est
du nitrate d’ammonium incriminé. généralement assez modérée. La projection de poussières de
nitrate d’ammonium dans les yeux peut causer larmoiement,
En l’absence de confinement et de pollution, la décomposition du
douleurs, troubles de la vision, irritations et atteinte de la cornée.
nitrate d’ammonium s’interrompt dès qu’on arrête l’apport
d’énergie extérieure. L’inhalation de poussières de nitrate d’ammonium provoque une
irritation des muqueuses et des voies respiratoires, une toux
Tout produit dont l’interaction avec les engrais à base de nitrate
accompagnée de difficultés respiratoires. L’inhalation d’une
d’ammonium est inconnue, devrait faire l’objet d’une étude spéci-
grande quantité de poussières peut conduire à une acidose géné-
fique pour vérifier sa compatibilité.
rale, ainsi qu’à une cyanose et une hypoxie (diminution de la
Les ammonitrates présents2 sur le marché, c’est-à-dire conformes quantité d’oxygène dans le sang).
à la réglementation et exempts de contamination, sont très diffici-
L’inhalation des gaz libérés par la décomposition thermique du
les à faire détoner. Leur sensibilité au phénomène de détonation
nitrate d’ammonium (oxydes d’azote très toxiques) provoque
est susceptible d’augmenter de façon notable si on les mélange
douleur dans la poitrine, souffle court, toux, irritation aiguë des
à des produits incompatibles ou s’ils sont significativement
voies respiratoires….
échauffés dans la masse (fusion partielle ou totale) ou s’ils sont
soumis à la détonation d’une charge explosive notable (plusieurs
dizaines de kilogrammes). Dangers pour l’environnement
Le nitrate d’ammonium et les engrais en contenant ne sont pas
Les enceintes de confinement empêchant l’évacuation des gaz
classés nocifs pour les organismes aquatiques mais ils présentent
émis peuvent éclater violemment lorsque le nitrate d’ammonium
un risque de pollution en cas de présence excessive, y compris
ou les ammonitrates qu’elles contiennent sont soumis à :
dans les nappes phréatiques, car la CL50 :> 100 mg/l – la toxicité,
des facteurs déclenchants tels que : essentiellement liée au NH3, dépend fortement du pH.
• apport d’énergie (points chauds, flamme, incendie…), Toutefois, ses propriétés nutritives favorisent une croissance
massive des algues dans les eaux peu brassées modifiant ainsi
• impact violent (projectile, onde de choc, explosion…),
localement l’équilibre écologique.
des facteurs aggravants tels que :
Rappelons qu’en cas d’implication dans un incendie, le nitrate
• contamination par des combustibles, d’ammonium et les ammonitrates sont susceptibles de favoriser
son développement.
• contamination par des produits incompatibles.
Par ailleurs, à la suite d’un apport suffisant d’énergie (incendie…),
Explosion : libération quasi-instantanée d’une quantité d’éner-
le nitrate d’ammonium se décompose et libère des oxydes d’azote
gie localisée qui s’accompagne surtout d’effets mécaniques
très toxiques. Ces gaz sont susceptibles de provoquer une pollu-
mais aussi radiatifs sur la matière environnante.
tion de l’air.
Déflagration : régime subsonique de propagation de la combus-
tion d’une matière explosible dont la vitesse est de quelques m/s
à quelques centaines de m/s.
Détonation : régime supersonique de propagation de la décom- 5. EXEMPLES D’ACCIDENTS MAJEURS
position d’une matière explosible ; l’onde de détonation se pro-
L’examen d’accidents catastrophiques survenus lors de transports
page à une vitesse de 2 000 à 9 000 m/s.
ou dans des stockages de nitrate d’ammonium ou d’engrais à base
de nitrate d’ammonium montre que :
certains ont fait suite à un incendie qui affectait le nitrate
d’ammonium impur ou souillé :
4. DANGERS POUR LA SANTÉ HUMAINE ET • 16 avril 1947, Texas city - États-Unis, 576 morts : le cargo
L’ENVIRONNEMENT Grandcamp transportait du nitrate d’ammonium. Après qu’un
foyer d’incendie fut détecté, le capitaine fit fermer la cale, obturer
les ventilations et envoyer de la vapeur d’eau. Alors que les pom-
Dangers directs pour l’homme
piers arrosaient le pont, le navire explosa ; un navire voisin à bord
L’ingestion accidentelle de petites quantités de nitrate d’ammo-
duquel se trouvaient 960 tonnes de nitrate prit feu ; ce dernier
nium entraîne des nausées, vomissements, diarrhées, hypertension
remorqué au loin explosa le lendemain.

2. Ammonitrates : distinguer la définition pour la mise en marché (Règlement 2003/2003 et norme NFU 42-001) qui stipule simplement une teneur en azote
> 20% et la réglementation stockage (installations classées) qui distingue les produits, pour leur aptitude à subir une détonation amorcée, selon qu’ils sont
> 24,5% azote, > 28% azote en vrac, ou bien additionnés de plus de 20% de calcaire ou de dolomie d’une pureté minimale de 90%.

Recommandation R 428 3
• 28 juillet 1947, Brest - France, 25 morts : le feu a pris dans une la technique de lutte contre l’incendie, notamment les mesures
cale du cargo Ocean Liberty où il y avait du nitrate d’ammonium ; permettant de prévenir ou de diminuer le confinement.
plusieurs déflagrations se produisirent tandis que les pompiers
intervenaient ; le bateau fut remorqué hors du port et explosa
quelques heures plus tard, alors que le feu avait atteint une autre
cale remplie de nitrate. 6. STOCKAGE. EVALUATION DES RISQUES
• 18 février 2004, Iran, 328 morts : suite au déraillement d’un train
L’évaluation des risques est conduite sous la responsabilité de l’em-
de 51 wagons dont 7 renfermaient 420 tonnes de nitrates d’am-
ployeur. Elle s’appuie sur des compétences pluridisciplinaires
monium et les autres différents produits (urée, soufre, fuel…),
incluant le service de santé au travail, le CHSCT ou à défaut les
le nitrate d’ammonium a explosé après l’incendie provoqué par
délégués du personnel, les fonctions de l’entreprise en charge de
l’ensemble des matières dangereuses.
la sécurité et de l’hygiène industrielle, de la fabrication… Il sera fait,
• 9 mars 2004, Barracas - Espagne, 2 morts : deux personnes sont si besoin, appel à des ressources externes, notamment les CRAM.
mortes et trois sont blessées dans l’explosion d’un camion
Les conclusions de l’évaluation des risques permettront au chef
transportant 25 tonnes de nitrate d’ammonium. Celle-ci a fait
d’entreprise de décider des priorités et d’établir un plan des actions
suite à un incendie survenu après une collision avec une voiture
à engager à l’issue de cette démarche. Cette évaluation doit être
de tourisme.
renouvelée régulièrement en fonction de l’évolution des connais-
• 24 mai 2004, Roumanie, 20 morts : vingt personnes sont mortes sances et en cas de modifications des processus de travail.
et 16 maisons ont été endommagées dans l’explosion d’un
camion transportant 23 tonnes d’engrais à base de nitrate d’am-
Réglementation du code du travail
monium. Celle-ci a fait suite à un incendie survenu après un
Le chef d’établissement doit prendre « les mesures nécessaires
accident routier.
pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale
d’autres sont dus soit à un tir à l’explosif, soit à la détonation des travailleurs de l’établissement, y compris les travailleurs tem-
d’un obus lancé dans la masse : poraires. Ces mesures comprennent des actions de prévention des
risques professionnels, d’information et de formation ainsi que
• 26 juillet 1921, Knurów (Kriewald) - Pologne, 19 morts : deux
la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés. Il veille
wagons apportaient 30 tonnes de nitrate d’ammonium à une
à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement
usine de Knurów. Afin de désagréger le nitrate pris en masse
des circonstances et tendre à améliorer des situations existantes »
compacte, on effectua un tir d’explosif après avoir foré un trou ;
(art. L. 4121-1).
le nitrate a détoné et les wagons ont explosé.
De plus, « l’employeur transcrit et met à jour dans un document
• 21 septembre 1921, Oppau - Allemagne, 586 morts : dans l’usine
unique les résultats de l’évaluation des risques pour la sécurité et
impliquée, était fabriqué un mélange de sulfate et de nitrate
la santé des travailleurs à laquelle il doit procéder. Cette évaluation
d’ammonium ; le produit prenant en masse fréquemment,
comporte un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de
on effectua des tirs à l’explosif afin de le désagréger. Le jour de
travail de l’établissement. La mise à jour est effectuée au moins
l’explosion, le bâtiment contenait 4 500 tonnes du mélange et on
chaque année ainsi que lors de toute décision d’aménagement
a estimé que seulement un dixième avait détoné.
important… ».
quant à celui du 21 septembre 2001 à Toulouse - France,
Les mesures à mettre en œuvre sont basées sur les principes géné-
29 morts, près de 8 000 blessés dont certains très graves : il n’est
raux de prévention (art. L. 4121-2) :
pas, à ce jour, totalement expliqué. Il pourrait résulter d’un mélan-
ge accidentel de produits incompatibles présents sur le site. éviter les risques,
le 3 octobre 2003, à Saint-Romain-en-Jarez - France : les pom- évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités,
piers combattaient depuis 45 minutes un incendie qui s’était
combattre les risques à la source,
déclaré dans l’entrepôt d’un arboriculteur où étaient stockées
environ quatre tonnes d’ammonitrate au milieu d’importantes adapter le travail à l’homme,
quantités de matières combustibles et incompatibles (paille, foin,
tenir compte de l’état d’évolution de la technique,
cagettes plastiques, tuyaux PVC, bouteilles de gaz…). Une explo-
sion s’est alors produite, blessant très grièvement trois d’entre eux remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux
et provoquant des dégâts matériels considérables. Cet accident ou par ce qui est moins dangereux,
met en évidence que le risque d’explosion existe pour des petits
planifier la prévention,
dépôts que l’on trouve en nombre en milieu rural.
prendre les mesures de protection collective en leur donnant
la priorité sur les mesures de protection individuelle,
Enseignement de l’accidentologie
Chaque catastrophe a fait l’objet d’une étude approfondie per- donner des instructions appropriées aux travailleurs.
mettant de progresser dans la maîtrise du risque d’explosion
Il faut également respecter les règles générales de prévention
catastrophique. Ceci s’est traduit par des actions portant sur :
du risque chimique (art. R. 4412-1 à R. 4412-58).
l’amélioration des procédés de fabrication rendant les produits
plus sûrs, principalement au niveau de la stabilisation thermique,
Réglementation « environnement »
de la prise en masse (antimottant) et de la teneur en matières
La réglementation des installations classées pour la protection de
combustibles.
l’environnement (ICPE) soumet les établissements qui pourraient
les procédés de gestion des stockages qui ont assuré une entraîner des dangers pour l’homme et l’environnement à des pro-
meilleure sécurisation (par exemple, interdiction d’usage d’explo- cédures administratives.
sifs pour désagréger les tas pris en masse…).
La réglementation relative aux installations classées pour la pro-
la proximité de sources de contamination, de produits combus- tection de l’environnement est codifiée dans le titre I, livre V du
tibles ou incompatibles… code de l’environnement.

4 Recommandation R 428
La réglementation des installations classées pour la protection de prévention contre l’incendie (susceptible de soumettre le nitrate
l’environnement (ICPE) fait la différence entre : d’ammonium à un échauffement excessif).
1. les stockages de nitrate d’ammonium, rubrique n° 1330 ; Cependant, des différences notables existent entre les produits
selon la nature des risques qu’ils présentent (décomposition auto-
2. les stockages d’engrais solides simples et composés à base de
entretenue, détonation amorcée, décomposition thermique), qui
nitrate d’ammonium correspondant aux spécifications du règle-
justifient un traitement spécifique des dispositions les concernant.
ment européen n°2003/2003 du Parlement européen et du Conseil
du 13 octobre 2003 relatif aux engrais ou à la norme française équi- Il convient tout d’abord de rappeler qu’il faut proscrire tout stocka-
valente NF U 42-001, rubrique n° 1331 et ses sous-rubriques 1331-I, ge en commun de nitrate d’ammonium et d’engrais à base de
1331-II et 1331-III. nitrate d’ammonium.
3. Les stockages de nitrate d’ammonium, matières hors spécifica- Les préconisations générales tirées de l’expérience ont montré qu’il
tions et engrais n’étant pas conformes aux exigences de l’annexe faut :
III-2 du règlement européen 2003/2003 du Parlement européen
En premier lieu, proscrire tout stockage dans un local, voire une
et du Conseil du 13 octobre 2003 relatif aux engrais, rubrique
zone, où existe un risque d’incendie élevé.
n° 1332.
1. réserver le local de stockage à l’usage exclusif, soit des engrais
Les seuils de classement sont déterminés par la quantité tota-
minéraux (à base de nitrate d’ammonium ou non) et des amen-
le de produit (en tonnes) susceptible d’être présente dans l’ins-
dements minéraux, soit du nitrate d’ammonium,
tallation.
2. retenir un sol en béton pour les nitrates d’ammonium techniques,
En fonction de cette quantité, les installations sont soumises :
3. pour les engrais à base de nitrate d’ammonium (ammonitrates) :
à déclaration,
- retenir un sol en béton dans le cas d’installations nouvelles,
à autorisation, - appliquer, pour les installations existantes, la réglementation à
venir concernant les installations classées soumises à autorisation
à autorisation avec servitude d’utilité publique.
(arrêté en cours d’élaboration),
Les installations soumises à déclaration doivent respecter les pres-
4. préférer le stockage en emballages plutôt qu’en vrac (il sera for-
criptions définies dans l’arrêté ministériel du 6 juillet 2006, selon la
mellement interdit de stocker le produit en vrac à l’extérieur),
nature des produits stockés et du risque afférent (décomposition
auto-entretenue [1331-I], détonation amorcée [1331-II] ou décompo- 5. limiter la masse de chaque tas en fonction du risque spécifique
sition thermique simple [1331-III]). au produit,
Les installations soumises à autorisation ou autorisation avec 6. séparer les tas par un cloisonnement fixe ou mobile, de préfé-
servitude le sont à partir d’un arrêté préfectoral d’autorisation rence en béton3 ou respecter un espacement de sécurité (4 ou
d’exploiter spécifique. 5 mètres) pour éviter la contamination.
L’arrêté du 10 janvier 1994 régit les conditions d’implantation et les
règles d’aménagement des dépôts nouveaux d’engrais simples 7.1. Locaux de stockage
solides à base de nitrates (ammonitrates…) correspondant aux spé-
cifications de la norme NF U 42-001 ou d’engrais composés à base
Implantation
de nitrates, relevant de la rubrique 1331 de la nomenclature des
À défaut de distance calculée résultant d’étude de danger, on
installations classées, et soumis à autorisation.
respectera une distance d’au moins 10 mètres (risque de décom-
NB : Il est prévu que cet arrêté soit remplacé par un arrêté ministériel position thermique simple) ou 20 mètres (risques de décomposi-
définissant les objectifs de sécurité à atteindre. tion auto-entretenue ou de détonation amorcée) par rapport à
La loi du 30 juillet 2003 sur la prévention des risques technolo- des habitations, des établissements recevant du public, des
giques majeurs renforce l’association des salariés (notamment immeubles de grande hauteur, des installations classées présen-
de leurs représentants et des CHSCT) à la démarche préventive. tant des risques d’explosion ou des locaux occupés par du person-
Elle définit les bases d’une véritable prise en compte des entrepri- nel qui n’est pas affecté directement au bon fonctionnement
ses intervenantes ou partenaires présentes sur le site. du stockage.
On pourra retenir comme distances de sécurité vis-à-vis d’une
possible présence de stockage de produits combustibles et/ou
incompatibles les valeurs suivantes :
7. STOCKAGE. PRÉCONISATIONS 10 mètres pour les liquides et les solides,
Ce chapitre ne concerne pas les installations classées pour lesquel-
20 mètres pour les gaz.
les le respect de la réglementation s’impose.
Les voies d’accès permettront le passage et les manœuvres des
Les principes sur lesquels va reposer la prévention du risque pour
véhicules de secours des sapeurs-pompiers.
les stockages de nitrate d’ammonium et les stockages d’engrais à
base de nitrate d’ammonium sont similaires :
Dispositions constructives
prévention de toute contamination par des matières combusti-
Par construction, on veillera à éviter le confinement, paramètre
bles ou incompatibles,
important dans le déclenchement d’une explosion.
prévention contre un éventuel confinement,

3. Les 30 cm supérieurs des murs de séparation doivent rester libres et devraient être matérialisés par un trait visible de couleur nette.

Recommandation R 428 5
Les éléments de construction présenteront les caractéristiques 7.2. Exploitation
suivantes :
Une consigne de sécurité-incendie est affichée à proximité de
matériaux incombustibles ou présentant une réaction au feu chaque entrée du site.
satisfaisante4,
Il convient de consacrer des aires de stockage spécialisées où
toit léger pour éviter tout effet de confinement, tout mélange de produits doit être interdit. En particulier, on
veille à ne pas contaminer le nitrate d’ammonium ou les engrais
sol imperméable, sans fissure ni cavité, sans égout ou canalisa-
à base de nitrate d’ammonium avec des matières combustibles
tions ouvrant dans le sol, et aménagé avec une déclivité qui amène
ou incompatibles.
l’eau vers un bac de rétention,
Pour ce faire, des procédures strictes et écrites doivent encadrer
aucun câble électrique disposé sous l’aire de stockage,
la gestion et l’exploitation du stockage.
des issues de secours en nombre suffisant (au minimum deux
Les engins de manutention sont les seuls véhicules à moteur auto-
partant dans des directions opposées),
risés à pénétrer dans les aires de stockage. Ils sont stationnés obli-
La structure du bâtiment sera parfaitement entretenue. gatoirement à l’extérieur. La zone de chargement et de décharge-
ment des camions est située à l’extérieur de la zone des aires de
La protection du bâtiment contre les effets de la foudre sera
stockage. L’entretien et la maintenance de ces engins feront l’objet
correctement assurée (par exemple, type cage de Faraday).
d’une attention particulière en tenant compte des risques de
contamination (carburant, fluides hydrauliques).
Équipements
Le stockage en emballages préserve grandement le produit de
Le matériel électrique (y compris les baladeuses) sera en adéqua-
contamination par des matières étrangères. Les emballages
tion avec les risques. On pourra, en général, retenir du matériel pos-
employés doivent être disposés sur un sol propre ou sur palettes,
sédant un degré de protection de préférence IP 65 sinon IP 55 et
étanches à l’humidité, bien fermés et suffisamment résistants
une température de surface maximale inférieure au point de
pour supporter les manutentions. Un stockage en plein air de sacs
fusion du nitrate d’ammonium (169,3°C), soit en pratique inférieure
ou de big-bags pourra être envisagé pour une durée limitée. Il sera
ou égale à 120°C.
de préférence recouvert d’une bâche plastique blanche.
Une détection incendie devra être prévue autour des locaux de stoc-
Dans le cas d’un stockage en vrac, la gestion du stockage doit être
kage pour éviter que le stockage soit impliqué dans un incendie.
telle que chaque tas laisse parfaitement visible le trait préconisé
Une détection incendie du stockage (fumées, gaz de décomposi- matérialisant la marge de sécurité de 30 cm (l’utilisation de détec-
tion - NOx - ou température) est recommandée pour prendre en teurs de hauteur est recommandée) ainsi que la réalité de la sépa-
compte les conséquences d’une contamination accidentelle (corps ration d’au moins quatre mètres entre deux tas.
étrangers combustibles, souillures…), de manière privilégiée de
De plus, le stockage est géré de façon à ne tolérer aucune couche
façon automatique par capteurs reliés à une détection centralisée,
inférieure très ancienne (maîtrise de la rotation du stock). On veille-
le volume à protéger englobant la totalité de celui qui est affecté
ra à réaliser un nettoyage soigneux des cases de stockage avant
au stockage.
tout changement de produit, et au minimum une fois par an.
Un système d’alarme comprendra des alarmes sonores et visuelles.
Il est recommandé de veiller particulièrement à assurer une bonne
En cas de coupure du réseau, une alarme spécifique sera prévue.
gestion des produits non conformes (relevant de la définition de la
Des exutoires, à concurrence d’au moins 1 %5 de la surface au sol, rubrique 1332), caractérisés par une augmentation de la sensibilité
doivent permettre l’évacuation des fumées. à la détonation, suite à une déviation des caractéristiques du pro-
duit par rapport aux spécifications. Chaque situation « produit x
Les moyens de secours et de lutte contre l’incendie sont en rapport
déviation » requiert donc une analyse de risque et éventuellement
avec l’importance du stockage et la nature des produits stockés.
des tests spécifiques. On se reportera utilement à l’annexe 5 du
Ils comportent :
référentiel professionnel sur le stockage des engrais, afin le cas
au moins des extincteurs adaptés au risque identifié d’incendie échéant de définir des procédures d’inertage.
conventionnel initiateur, répartis à l’intérieur des locaux et à proxi-
Un dépoussiérage des installations est assuré pour éliminer les accu-
mité des dégagements, bien visibles et facilement accessibles ;
mulations de poussières. Des appareils de protection respiratoire de
et selon l’analyse des risques, et en concertation avec les services type demi-masque, équipés de filtre P2, sont mis à disposition et
de secours, au choix : accessibles par l’extérieur. Si l’opération dure plus d’une heure, on
privilégiera la protection respiratoire à ventilation assistée.
• des bouches ou poteaux d’incendie situés à l’extérieur et pro-
tégés contre le gel, Il est interdit de fumer, d’apporter du feu, des flammes, des objets ou
appareils ayant un point d’ignition sous quelque forme que ce soit et
• des robinets d’incendie armés (RIA), répartis autour du local et
de manipuler des liquides inflammables ou des pulvérulents com-
situés à proximité des issues,
bustibles à l’intérieur du bâtiment de stockage. Cette interdiction est
• une ressource en eau susceptible d’être utilisée par les services affichée de façon apparente à chaque entrée du site et du local.
de secours (étang, bassin…).
Toutes les opérations de surveillance, de vérification ou de mainte-
nance font l’objet d’une autorisation préalable de travail, validée
par un représentant désigné par l’exploitant. Tout travail par point
chaud doit impérativement faire l’objet d’un permis de feu.

4. Le comportement au feu est fixé par deux critères dont la réaction au feu. Elle concerne la combustibilité et le degré plus ou moins grand d’inflammabilité
d’un matériau en tant qu’aliment de l’incendie (cf. la brochure ED 990 de l’INRS).
5. Valeur retenue pour les installations stockant des engrais présentant des risques de détonation amorcée ou de décomposition thermique simple.
Pour les installations stockant des engrais présentant le risque de décomposition auto-entretenue, prévoir 4% d’exutoires de fumées.

6 Recommandation R 428
Une vérification régulière des équipements et installations est Un recyclage régulier sera prévu.
effectuée pour s’assurer qu’une corrosion éventuelle due au
Un soin particulier sera apporté à l’accueil et à la formation de
contact avec le nitrate d’ammonium ne porte pas atteinte à l’inté-
tout intervenant potentiel (exploitant, personnel saisonnier, inté-
grité des structures ni au bon fonctionnement des équipements.
rimaire, agent d’entreprise intervenante…).
On vérifiera notamment avant toute intervention l’absence de
Pour ce faire, une procédure d’accueil sera élaborée et périodique-
nitrate d’ammonium dans les parties creuses des équipements.
ment révisée. Elle comprendra notamment un programme de
formation par type de poste à l’attention de tout nouvel arrivant
7.3. Mesures vis-à-vis du risque incendie sur le site. Ce programme sera consulté par les instances représen-
tatives du personnel (CHSCT s’il existe, délégués du personnel…),
La survenance d’un incendie à proximité ou au contact peut géné-
en collaboration avec le médecin du travail. Ce programme intégre-
rer un dégagement de produits de décomposition toxiques (NOx)
ra en particulier :
et, lorsque des circonstances aggravantes sont réunies, entraîner
éventuellement une explosion. Aussi, les chefs d’établissement les risques spécifiques d’incendie, voire d’explosion, générés par
sont invités à se rapprocher du service départemental d’incendie cette activité (réactions dangereuses possibles, produits incompa-
et de secours (SDIS). Ceci doit permettre de prévoir les procédures tibles…),
et les moyens adaptés à la situation, en particulier pour le SDIS
les mesures de prévention à respecter (zone dédiée au stockage,
de décider de l’évacuation éventuelle du site et de la population
utilisation de matériel électrique approprié, interdiction de
avoisinante au-delà d’un périmètre de sécurité défini.
fumer…)
En raison de la toxicité des oxydes d’azote (NOx), toutes les équipes
les procédures d’autorisation préalable de travail,
d’intervention sont équipées d’appareils de protection respiratoire
isolants autonomes. les procédures sur le contrôle strict des entrées/sorties tant
6 matérielles qu’humaines (communication renforcée avec les EE
Le seul agent extincteur à préconiser est l’eau sans aucun additif .
dans la gestion des rebuts et déchets)7,
Il ne faut pas utiliser de dioxyde de carbone (CO2), les poudres,
le sable ou tout agent d’extinction par étouffement qui sont ineffi- la personne à contacter en cas d’accident…
caces face à une décomposition de nitrate d’ammonium.
la conduite à tenir en cas d’accident ou de déclenchement
Il faut attaquer le feu avec de l’eau en abondance, veiller à éviter la d’alarme (incendie, intervention éventuelle, évacuation du person-
formation d’une croûte qui emprisonnerait, pour un temps, les gaz nel…).
de décomposition et éviter le rejet dans le milieu naturel des eaux
d’extinction. Les moyens de première intervention (extincteurs,
RIA) ne sont adaptés que pour traiter un début d’incendie initia-
teur. Tout développement d’une décomposition de la masse stoc-
kée peut nécessiter des matériels spécifiques, en particulier, des
CONCLUSION
lances à eau auto-propulsives afin de combattre le foyer de décom-
Il faut, avant tout, s’assurer du respect des exigences réglemen-
position, uniquement dans le cas des engrais NPK susceptibles de
taires et des règles de l’art. Il importe également de procéder à
décomposition auto-entretenue.
l’examen des scénarios connus même s’ils ne sont pas abordés au
SI DU NITRATE D’AMMONIUM OU DES AMMONITRATES SONT titre des exigences réglementaires.
IMPLIQUÉS DANS UN INCENDIE DEVENU INCONTRÔLABLE ET PIRE
La démarche préventive est fondée sur l’évaluation du risque et
INCONTRÔLÉ, ÉVACUER LES LIEUX RAPIDEMENT.
enrichie par l’analyse des incidents et accidents, en retour d’expé-
rience.
La prise en compte du fonctionnement réel du site est primordiale
compte tenu de la diversité des intervenants : ceux de l’entreprise
8. MESURES ORGANISATIONNELLES. même mais aussi ceux des entreprises partenaires, des EE7 des
FORMATION, INFORMATION… entreprises de travail temporaire, des entreprises intervenantes…
Une gestion rigoureuse de tous les acteurs nécessite une connais-
sance précise de leur compétence, des limites de leur tâche, de la
En application de l’article R. 4412-38 du code du travail, tous les
maîtrise de leur communication au sens large principalement dans
salariés doivent être informés des risques et notamment recevoir
la connaissance des risques.
une formation spécifique sur les caractéristiques des produits,
essentiellement fondée sur les éléments des fiches de données
de sécurité, et sur le fonctionnement des installations.

6. Bien veiller à ce que l’eau de l’extincteur ne contienne pas d’additif.


7. Cf. Recommandation R 429 « Recours aux entreprises extérieures » adoptée par le CTN E le 21 novembre 2006.

Recommandation R 428 7
Annexe 1

Bibliographie non exhaustive

Incendie et lieu de travail. INRS, ED 990. 2007.


Les mélanges explosifs. Partie 1. Gaz, vapeurs. INRS, ED 911, 2004.
Les mélanges explosifs. Partie 2 . Poussières. INRS, ED 944, 2006.
Réactions chimiques dangereuses. INRS, ED 697, 2003.
Conception des lieux et des situations de travail. Santé et sécurité : démarches, méthodes
et connaissances techniques. INRS, ED 950, 2006.
Conception des lieux de travail. Obligations des maîtres d’ouvrage. Réglementation. INRS, ED 773, 1996.
Principales vérifications périodiques. INRS, ED 828, 2006.
Évaluation des risques professionnels. Aide au repérage des risques dans les PME-PMI. INRS, ED 840, 2004.
Évaluation des risques professionnels. Principes et pratiques. INRS, ED 886, 2002.
Sécurité incendie sur les lieux de travail. Désenfumage. Choix des surfaces des exutoires. INRS, ND 2119,1999.
Monoxyde d’azote. Peroxyde d’azote. Fiche toxicologique 133. INRS, FT 133, 1996.
Évaluation du risque chimique. Recommandations adoptées par le Comité technique national (CTN) de la chimie, du caoutchouc
et de la plasturgie le 23 juin 2004. INRS, R 409, 2004.
Recours aux entreprises extérieures. Recommandations adoptées par le Comité technique national (CTN) de la chimie,
du caoutchouc et de la plasturgie le 21 novembre 2006. INRS, R 429, 2007.
Norme NF U 42-001 (1981). Engrais . Dénominations et spécifications. AFNOR.
L. Médard - Les explosifs occasionnels. Technique et Documentation, Paris, 2ème éd., 1987.
Mini-guide d’intervention et de lutte face au risque chimique. Nitrate d’ammonium. CEDRE, Paris, 1990.
Traité pratique de sécurité. Produits dangereux pour l’homme et pour l’environnement. CNPP, Paris, 5ème éd., 1993.
Risques d’incendie et d’explosion. Produits pour piscines : attention aux mélanges incompatibles.
Travail et sécurité, avril 2002, pp 13-15.
La prévention des risques professionnels dans le stockage et l’emploi des engrais solides à base de nitrate d’ammonium.
Fiche technique. Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales. Juin 2002.
NFPA 490 – Code for the storage of ammonium nitrate. NFPA, Quincy, 2002.
Référentiel professionnel stockages d’engrais. 2008 - UNIFA
L’hirondel Jean-Louis - Les nitrates et l’homme : Toxiques, inoffensifs ou bénéfiques ? Institut scientifique
et technique de l’environnement, 2004.
Arrêté du 6 juillet 2006 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées soumises à déclaration
sous la rubrique n°1331 (JORF n°188 du 15 août 2006 page 12080).
Arrêté du 18 décembre 2008 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées soumises à déclaration
sous la rubrique n°1330 (JORF n°0298 du 23 décembre 2008 page 19762).
Engrais et amendements minéraux solides - Les bonnes pratiques de stockage, manutention, transport et épandage - UNIFA.
Janvier 2009.
F.E.E.M. Guidance Note 16 « Standards for the transport, storage, mixing, and handling of bulk emulsion and their components or
ammonium nitrate and ANFO ».
Réglement (modifié) CE n° 2003/2003 du parlement européen et du conseil, du 13 octobre 2003, relatif aux engrais, JO L304 du
22/11/2003.
EFMA Guidance for safe and secure storage of fertilizers on farms, 2009.
EFMA Guidance for the storage, handling and transportation of solid mineral fertilizers (2007).
G. Marlair et M-A. Kordek, Safety and security issues relating to low capacity storage of AN-based fertilizers, Journal of Hazardous
Materials A123 (2005) 13-28.
« Emergency Response Guidebook 2008 », Fiche Guide # 140 « Oxidizers », USA/Canada, 2008.

www.risquesprofessionnels.ameli.fr
www.inrs.fr
www.unifa.fr
www.efma.org

8 Recommandation R 428
Annexe 2

Recueil d’informations pour l’évaluation et la prevention des risques

SANS
OUI NON REMARQUES
OBJET

DOCUMENTS
Dossier ICPE (arrêté d’autorisation, étude de danger, étude
d’impact, notice d’hygiène et de sécurité, management de
la sécurité, éléments importants pour la sécurité…)
Rubriques de classement :
• n° 1330
• n° 1331-I
• n° 1331-II
• n° 1331-III
• n° 1332
État des produits stockés :
• quantité
• qualité
• rotation des stocks
Plans du site des stockages :
• aires de stockage
• aires de chargement et de déchargement
• aire de stationnement des engins de manutention
• circulations véhicules, piétons, …
Fiches de données de sécurité des produits
Document actualisé d’évaluation des risques professionnels
avec son plan d’action (document unique)
Fiche d’entreprise ou rapport annuel du médecin du travail
Registres et rapports de vérifications périodiques :
• électricité
• appareils de levage ou de manutention,
• extincteurs,
• réservoirs d’appareils à pression…
Procédures :
• règles à tenir en cas d’incendie
• contrôles entrées/sorties des produits
• permis de feu
Plan de prévention des entreprises extérieures (avec indication
de la personne compétente désignée)
Protocole de sécurité avec les transporteurs
Dossiers techniques (ventilation, éclairage et installations
électriques, canalisations…)

Recommandation R 428 9
Annexe 2 - suite…

SANS
OUI NON REMARQUES
OBJET

SITE . LOCAUX
Implantation :
• isolement par rapport aux autres bâtiments
• positionnement par rapport aux sources potentielles
d’inflammation ou de départ de feu
Construction :
• absence de confinement
• matériaux incombustibles ou présentant une réaction
au feu satisfaisante
• sol imperméable, sans fissure ni cavité, sans égout ou
canalisations ouvrant dans le sol, et aménagé avec
une déclivité qui amène l’eau vers un bac de rétention
• protection contre les intempéries, toiture
• protection contre la foudre
• entretien
• issues de secours
Équipements/matériels :
• adéquation du matériel notamment électrique
• éclairage
• électricité
• ventilation
• canalisations diverses
• engins de manutention
• exutoires de fumées
• détection incendie
• appareils de lutte contre l’incendie (extincteurs, RIA, bouches
et poteaux d’incendie, installation fixe…)

10 Recommandation R 428
Annexe 2 - suite…

SANS
OUI NON REMARQUES
OBJET

ORGANISATION
Exploitation :
• organisation du stockage :
- conditionnement : type, quantité, état, résistance
des emballages…
- vrac : quantité, tas, forme, espace libre, hauteur…
- ordre, propreté
- limitation du fractionnement du stockage
• gestion du stockage :
- contrôle automatique ou visuel
- procédures
- contrôles des entrées/sorties (application de la procédure)
- rebuts et déchets non conformes
- nettoyage périodique, dépoussiérage
- travaux interdits, autorisation de travail, permis de feu
- consignes de sécurité
- signalisation de sécurité, des moyens de prévention
et de secours
Organisation de la sécurité incendie :
• contacts avec le SDIS
• procédures d’intervention en cas d’incendie
• connaissance des procédures
• composition des équipes d’intervention
• évacuation (date du dernier exercice)
Pratiques de travail :
• contrôles des accès
• manutention, circulation
• personnel : statut, compétence, information, formation
• fonctionnement réel du site : problèmes de sécurité rencontrés,
contrôles des accès, habilitation des personnes
• recueil, analyse d’accidents et incidents
• équipements de protection individuelle :
- type d’appareil de protection respiratoire (demi-masque,
équipé de filtre P2)
- disponibilité et stockage
- port
- formation

Recommandation R 428 11
Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles
• • • •
30, rue Olivier-Noyer 75680 Paris cedex 14 Tél. 01 40 44 30 00 Fax 01 40 44 30 99 Internet : www.inrs.fr e-mail : info@inrs.fr

Recommandation R 428 2ème


édition • février 2010 • 2 000 ex. • ISBN 978-2-7389-1842-0