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sud

QUAND LES ENTREPRENEURS MAROCAINS SE TOURNENT VERS

LES PAYS DU SUD

Sommaire [hide]

 1.Pourquoi les entreprises marocaines vont-elles au Sud ?


 2.Quelles sont les zones couvertes par les acteurs marocains ?
 3.Comment se préparent-elles au départ ?
 4.Quel est le mode d’expansion choisi ?
 5.Quels sont les obstacles à l’internationalisation vers le Sud ?

Les dernières statistiques de l’Office des Changes montrent bien que les pays du Sud deviennent
progressivement des partenaires économiques privilégiés du Maroc. « Au temps de la
mondialisation, il n’est plus question de tête à tête entre le Maghreb et l’Europe » 1. Ainsi, l’Afrique,
« un espace vital » pour le Maroc selon Bakary Sambé (2010), représente, à fin 2012, 6,5% de nos
échanges extérieurs alors qu’en 2008 ce chiffre n’était que de 5,2%. De plus, alors qu’avec certains
pays comme le Brésil ou l’Inde, la balance extérieure du Royaume est fortement dépendante des
importations et exportations de matières premières telles que le phosphate, avec le reste des pays
du Sud (hors pays pétroliers bien sûr). Ce sont les stratégies d’expansion internationale des
entreprises marocaines qui sont au cœur du sujet.

C’est pourquoi, dans le cadre de cette étude, nous sommes allés interroger sur le terrain les
responsables exports ou les dirigeants de ces entreprises marocaines qui tentent l’aventure du Sud.
Au cours de 25 entretiens, nous avons essayé de décrypter le processus d’expansion internationale
des entreprises marocaines vers le Sud.

POURQUOI LES ENTREPRISES MAROCAINES VONT-ELLES AU SUD ?

Si certaines entreprises sont nées globales, et s’internationalisent dès le démarrage de l’activité, il


apparaît selon notre étude que l’ouverture des entreprises marocaines vers les pays du Sud, et plus
particulièrement l’Afrique, s’est faite de manière incrémentale. Cette ouverture a pris un nouveau
tournant au début des années 2000 et s’est renforcée à la fin de la décennie. En cela, ces stratégies «
sont inspirées de la volonté royale et exigées par la situation économique », comme l’explique le
responsable export d’une entreprise de distribution. « Cette feuille de route tracée par l’État nous
incite à consolider des relations économiques Sud-Sud », complète-t-il, et contribue ainsi à entretenir
une dynamique politique et relationnelle avec de nouveaux partenaires commerciaux dans une
Afrique qui présente un réel potentiel de croissance économique dans les années à venir.

Pourtant, le moteur de cette expansion vers le Sud est ailleurs. Les entreprises marocaines sont à la
recherche de nouveaux débouchés commerciaux pour pallier au ralentissement des pays du Nord, en
temps de crise. De plus, nos interlocuteurs, industriels dans l’ensemble, se sentent à l’étroit sur le
marché marocain. Celui-ci est en effet, selon eux, le théâtre d’une compétition de plus en plus vive,
et les politiques de prix prennent souvent le pas sur les dimensions de service et de qualité des
produits. Ainsi, pour pouvoir développer des stratégies de volume et bénéficier d’économies
d’échelle qui garantissent une relative compétitivité des acteurs marocains dans un environnement
mondialisé, il devient indispensable de trouver de nouveaux débouchés. Comme nous l’explique un
responsable export : « Lorsqu’une entreprise atteint une certaine maturité sur son marché national, il
est normal qu’elle aille chercher de la croissance à l’international ». Les marchés du Sud, et l’Afrique
en particulier, offrent, selon les acteurs, des opportunités pour acquérir rapidement des parts de
marché et compenser ainsi les difficultés rencontrées dans les marchés traditionnels.

QUELLES SONT LES ZONES COUVERTES PAR LES ACTEURS MAROCAINS ?

Lorsque l’on interroge les acteurs, les relations avec le Sud se limitent très souvent à l’Afrique, de
l’Ouest principalement, au Maghreb et dans une moindre mesure au Moyen-Orient. Tout
naturellement, ce sont les pays les plus proches culturellement et géographiquement qui ont la
préférence des dirigeants marocains. Comme nous l’explique un dirigeant export : « Ces pays
(Sénégal, Gabon, Mauritanie, etc.) sont des pays amis, avec lesquels il nous est plus facile de
communiquer ».

À cela s’ajoute l’importance des accords ou des conventions commerciales bilatérales qui, bien
souvent, donnent un avantage concurrentiel aux produits marocains. Ainsi, comme l’évoque le
dirigeant d’une SSII : « L’accord conclu entre la Mauritanie et le Maroc nous permet de ne pas payer
de droits de douane sur les produits informatiques ». Cet avantage-coût est essentiel sur des
marchés fortement sensibles au prix.

Pourtant, si la décision d’étendre les activités de l’entreprise à l’international, et au Sud en


particulier, est un véritable choix stratégique des entreprises, le premier pas est, lui, souvent
opportuniste. Un contact clé se débloque dans un pays ou une sollicitation arrive via le site web de
l’entreprise, et c’est là, dans ce pays, que se tissent les premières relations. Ceci explique d’ailleurs
que ce soit l’Afrique francophone qui soit, dans la majorité des cas, la première destination, au Sud,
des acteurs marocains, la maîtrise d’une langue commune facilitant largement les échanges dans un
sens comme dans l’autre.
COMMENT SE PRÉPARENT-ELLES AU DÉPART ?

Comme pour tout nouveau marché, les entreprises marocaines commencent par chercher à obtenir
le maximum d’informations sur le pays et le marché ciblé. Cette première étape est déjà critique
puisque l’information qualifiée et pertinente est une ressource rare et que, comme nous l’explique
un des acteurs rencontrés, « sur ces marchés africains, il n’existe pas d’études sectorielles, et nous
devons pourtant arriver à obtenir les informations nécessaires à la prise de décision ». Les
entreprises, pour répondre à leurs besoins d’information, cherchent donc à nouer des contacts et à
obtenir ainsi les informations clés. Pour cela, les acteurs institutionnels, et en particulier les
caravanes de Maroc Export organisées ces dernières années, se sont avérées être des « mesures
d’accompagnement dynamiques qui apportent de la visibilité aux entreprises marocaines »,
expliquent nos interlocuteurs, et qui leur permettent de réunir rapidement de nombreuses
informations, obtenues directement sur le terrain. Les réseaux africains des banques marocaines,
principalement la BMCE et Attijariwafa Bank, sont eux aussi fréquemment utilisés pour collecter des
informations et identifier des opportunités d’affaires.

Une fois les études de marché réalisées et les premiers contacts noués, les entreprises marocaines
doivent, pour répondre à la demande spécifique de ces marchés, adapter leur marketing mix au pays
cible. Ainsi, on ne vend pas partout les mêmes produits. Comme nous l’apprend un exportateur de
produits alimentaires vers l’Afrique : « Le pouvoir d’achat dans ces pays est plus faible, ce qui
dissuade nombre d’acteurs économiques, et qui nous contraint à ne vendre que des produits dont la
valeur unitaire est inférieure à 1$ ». Dans le secteur de la pharmacie par exemple, les industriels
marocains, rompus à un marché intérieur à faible pouvoir d’achat, sont particulièrement bien placés
sur l’échiquier mondial pour répondre aux exigences de prix des autres marchés africains. Parfois, en
plus du prix et du produit lui-même, les industriels adaptent le packaging de leur produit et la
politique locale de promotion pour répondre aux attentes spécifiques.

QUEL EST LE MODE D’EXPANSION CHOISI ?

Pour les entreprises marocaines, le lancement dans une aventure d’internationalisation vers le Sud
prend souvent la forme d’une expansion incrémentale aussi bien au niveau du choix des zones
géographiques que des modes de transaction.

Pour ce qui est du choix des pays cibles, les entreprises marocaines semblent s’inscrire dans une
approche d’expansion par zone géographique. Comme nous l’explique un responsable export : « On
travaille une zone, le sub-saharien par exemple, puis on passe à une autre ».

En ce qui concerne les modes de transactions, trois grandes étapes ont été distinguées. Les
entrepreneurs marocains préfèrent d’abord travailler avec des agents qui maîtrisent ces marchés et
qui ont une longue expérience avec les acheteurs locaux. Ensuite, ils optent pour l’exportation
directe sous contrats. « Nous avons pu lier des liens directs avec des entreprises locales et nous
avons commencé l’export direct sans passer par les agents. Ceci est bénéfique et pour le fournisseur
et pour le client », témoigne un dirigeant d’entreprise. Enfin, les entreprises marocaines s’orientent
vers l’implantation d’une représentation commerciale dans le(s) pays cible(s). Comme nous l’indique
un responsable export : « Cette modalité nous permet de vendre beaucoup plus de produits et de
réaliser une marge plus importante ». Cette évolution est perçue par les entreprises marocaines
comme le moyen le plus sûr pour éviter les mésaventures et maîtriser ainsi le risque de défaillance.

Les acquisitions de firmes locales ou les filiales locales restent plutôt la chasse gardée des grandes
entreprises, contraintes financières et ressources limitées des PME obligent ! Selon un responsable
export d’une grande entreprise : « On s’ouvre à l’international sous forme de filiale avec un objectif
commun pour l’ensemble de ces filiales : être un opérateur de référence dans leur région et
contribuer à y développer les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ».

QUELS SONT LES OBSTACLES À L’INTERNATIONALISATION VERS LE SUD ?

Les entreprises marocaines évoquent quatre difficultés majeures : de transport, de complexité


administrative, de ressources humaines et de financement.

En effet, tout n’est pas simple, loin s’en faut, lorsque les entreprises exportent au Sud, et s’organiser
est un vrai challenge. Les premiers problèmes évoqués sont liés aux problématiques de transport. En
effet, si certaines infrastructures routières ou autres sont peu à peu terminées, acheminer ses
produits jusqu’à leur destination finale reste souvent compliqué, et bien sûr très cher. Comme nous
l’expose un dirigeant : « Nous sommes souvent amenés à envoyer nos produits en Europe pour les
réacheminer ensuite en Afrique ». De même, les liaisons aériennes sont jugées insuffisantes pour
permettre des relations fréquentes et régulières, et leur coût est encore trop élevé.

De plus, l’exportation des produits et services met les PME marocaines devant un large éventail de
règlements techniques, des exigences en matière de conformité, des procédures douanières. Ces
mesures évoluent rapidement et sont spécifiques à chaque pays. Cela pose, comme le souligne le
dirigeant d’une entreprise, de grandes difficultés d’adaptation : « Nous avons surtout des difficultés
d’ordre administratif pour l’établissement des documents nécessaires pour nous adapter aux
exigences de chaque pays » ; exigences et difficultés qui varient avec le secteur d’activité et les pays
de destination. En plus de ces difficultés réglementaires, les interviewés évoquent les lourdeurs des
procédures douanières, qui contribuent parfois à « l’arrivée tardive des bateaux pouvant aller jusqu’à
un mois après la vente », comme l’évoque un responsable export.

À ces problématiques organisationnelles et administratives s’ajoutent des problèmes de ressources


humaines. En effet, bien que les services export restent encore de petite taille et que, comme nous le
précise l’un d’entre eux, « l’international ait pendant longtemps été le domaine réservé des patrons
», les entreprises ont aujourd’hui de réelles difficultés à trouver un personnel suffisamment qualifié
pour intervenir sur les marchés internationaux. Les formations, initiales et continues, sont encore
trop peu adaptées aux exigences de ces nouveaux marchés.

Enfin, les contraintes financières ressortent comme l’une des principales menaces de l’expansion des
entreprises marocaines, spécifiquement les PME. En effet, la structure financière des PME étudiées
entrave la volonté d’investissements. Elles font principalement appel au financement à travers des
fonds propres ou à travers des établissements de crédit, refusant souvent de soutenir les mêmes
horizons, ce qui va à l’encontre de la réalisation des principaux processus d’internationalisation
espérés par les dirigeants. D’autres moyens de financement devraient donc être privilégiés, les fonds
d’investissement notamment : « Ces modes de financement peuvent indirectement encourager
davantage le processus d’internationalisation des PME marocaines ».

À ce problème de financement de l’investissement s’ajoute celui du recouvrement et de la non-


convertibilité du dirham. Néanmoins, l’implantation d’antennes des banques marocaines dans des
pays du Sud affaiblit considérablement ces risques. Comme nous le rappelle un responsable export :
« Les ventes se font par lettre de crédit donc la banque nous garantit contre tout problème de
règlement de nos clients ».

Alors que cette étude s’est au départ intéressée aux relations du Maroc avec l’ensemble des pays du
Sud et, alors que de nombreux accords de coopération commerciale existent, outre l’Afrique, avec
des pays du monde arabe et du Proche et du Moyen-Orient, les entrepreneurs marocains semblent
concentrer leurs efforts sur les pays au sud du Maroc afin de bénéficier de l’effet de hub. Les marchés
à l’Est, Égypte, Émirats arabes ou Turquie leur semblent moins accessibles. Que dire alors des
marchés d’Asie ou d’Amérique du Sud ?
Si les entrepreneurs marocains ont manifestement une véritable carte à jouer sur ces marchés
africains à forte demande, il est cependant nécessaire de travailler à lever peu à peu les obstacles qui
limitent ou ralentissent cette expansion au Sud.

1. DAVIET S. (2013). Maghreb des entrepreneurs : les horizons du


Sud, L’année du Maghreb, IX, p. 193-200

https://www.cadtm.org/Maroc-tremplin-pour-les-conquetes-neocoloniales-de-l-Afrique

Maroc : tremplin pour les conquêtes


néocoloniales de l’Afrique
19 novembre 2017 par Omar Aziki

De grands groupes capitalistes marocains ont entamé un processus


d’internationalisation plus particulièrement depuis le début des années 2000 en vue de
dépasser l’étroitesse du marché local tout en édifiant des partenariats
multidimensionnels avec des multinationales qui ont accru elles aussi leur présence
dans plusieurs secteurs de l’économie marocaine. La conquête des ressources
africaines est alors devenue un de leurs objectifs primordiaux. Plus de 1000 entreprises
marocaines opèrent actuellement en Afrique et y ont investi environ 2,2 milliards de
dollars [1].

  Sommaire  
 Les investissements directs étrangers (IDE) marocains en Afrique
 Les politiques néolibérales renforcent la concentration, la centralisation et (...)
 Les principaux secteurs de la pénétration du capitalisme marocain en Afrique
 Présence des entreprises marocaines par secteur
 Les tournées royales en Afrique pour booster les affaires
 Petites et moyennes entreprises (PME) écartées
 Des programmes sociaux en trompe l’œil
 Processus d’internationalisation à faible impact
 Maroc plate-forme pour les conquêtes néocoloniales de l’Afrique
 Le concours des Institutions économiques internationales
 Panafricanisme pour recouvrer notre souveraineté

Les investissements directs étrangers (IDE) marocains en Afrique


Les investissements directs marocains à l’étranger restent globalement faibles. Leur flux
total sur la période 2008-2015 est d’environ 33 milliards de dirhams (1 € = environ 10
dirhams). La majorité des investissements directs marocains est destinée à l’Afrique
(57 % du total avec 19 milliards sur la même période), en particulier à l’Afrique
subsaharienne (plus de 17 milliards). La Côte d’Ivoire est le premier pays récepteur du
stock d’investissements marocains en Afrique subsaharienne en 2015 avec 4,8 milliards
de dirhams. Elle est suivie du Mali avec un encours de 4,2 milliards de dirhams, du
Bénin (1,6 milliard de dirhams) et du Gabon (1,4 milliard de dirhams). Par secteurs, les
IDE du Maroc en Afrique subsaharienne sont plus marqués dans le secteur bancaire qui
représente 40,3 % du total du stock sur la période 2010-2015, suivi du secteur des
télécommunications (34,4 %), des assurances (13 %) et de l’industrie (5,6 %) [2]. Ces
investissements restent dominés par un cercle restreint de grands groupes capitalistes
qui ont accumulé d’énormes fortunes et à leur tête la famille royale.
Dans ce texte, nous allons essayer de donner une vue générale sur ces investissements
qui constituent les leviers de la pénétration du capitalisme marocain en Afrique et les
grands groupes locaux et leurs partenaires étrangers qui en tirent profit. Mais d’abord,
nous allons voir brièvement comment la concentration et la centralisation de ces fortunes
ont été déterminées par les politiques néolibérales prônées par les institutions
économiques internationales et appliquées graduellement et habilement par le régime.

 Les politiques néolibérales renforcent la concentration, la


centralisation et l’internationalisation du capital
Les restructurations néolibérales dictées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire
international depuis les années 1980, à la suite de la crise de la dette publique, ont
renforcé la concentration des richesses sociales entre les mains de grands capitalistes
locaux et des entreprises étrangères partenaires, et leur centralisation par d’importantes
opérations de fusions-acquisitions. La monarchie qui concentre le pouvoir politique en
contrôlant l’appareil répressif de l’État (armée et police), les institutions exécutives
(gouvernement) et législatives (parlement) et les Établissements et Entreprises
publiques, dirige le rythme d’application de ces politiques pour étendre sa mainmise sur
les secteurs rentables de l’économie et élargir ses réseaux de « compérage » tout en
essayant d’assurer la stabilité sociale du pays. Ceci d’autant plus qu’elle bénéficie du
soutien de l’impérialisme européen et états-unien qui lui permet de gérer les diktats des
institutions économiques internationales de façon à ne pas attiser les luttes sociales.
Lors des mobilisations populaires inédites déclenchées en février 2011 au Maroc, dans
le contexte des révolutions et soulèvements dans la région arabe, le pouvoir a ajourné le
démantèlement de la caisse de compensation et la réforme des retraites et a augmenté
les salaires dans la fonction publique alors que le déficit budgétaire était très alarmant.
Les grandes réformes libérales ont commencé avec le programme d’ajustement
structurel (PAS) qui a initié tout un processus de désengagement graduel de l’État et de
déréglementation en faveur de l’entreprise privée [3] et au détriment des salarié-e-s,
petits producteurs et autres couches populaires. Ainsi, les privatisations des entreprises
publiques et des services publics se sont concrétisées par des cessions, ou ententes
directes, à des groupes privilégiés, locaux et étrangers. La libéralisation des échanges
extérieurs qui s’est accélérée avec l’adhésion du Maroc à l’Organisation mondiale du
commerce (OMC) en 1995 a engendré une panoplie d’accords de libre-échange
déficitaires pour l’économie nationale mais qui ont bénéficié aux grands groupes
exportateurs et importateurs. Les ressources de l’État ont été mobilisées pour réaliser
les infrastructures nécessaires à la rentabilité du capital. Des plans sectoriels sont
engagés par la monarchie au début des années 2000 dans les secteurs clés comme
l’agriculture, l’industrie, la pêche maritime, le tourisme, et l’énergie, ou encore le
commerce, les nouvelles technologies de l’information, la formation professionnelle, etc.
Elle a également initié de grands chantiers qui englobent ports, aéroports, autoroutes,
voies express, lignes de train à grande vitesse, tramway, parcs industriels, villes
nouvelles, etc. Ces investissements massifs ont accentué l’endettement public qui sera
supporté par la population à travers les politiques d’austérité sociale.
Ces restructurations profondes ont ouvert de nouvelles perspectives d’accumulation à
quelques centaines de familles bourgeoises connues historiquement dans le champ des
affaires au Maroc (Benjelloun, Akhannouch, El Alami, Bensalah, Tazi, Chaabi, Zniber,
etc) qui cherchent à s’internationaliser. Elles ont développé des stratégies partenariales
entre elles et avec des multinationales sous la haute surveillance du palais qui contrôle
le politique et la sphère économique. La famille royale, à travers son holding géant
Société nationale d’investissement (SNI) aux ramifications tentaculaires dans un
ensemble de domaines rentables, s’est engagée dans une stratégie de conquête de
marchés d’Afrique subsaharienne principalement à travers trois secteurs : la finance via
sa banque Attijariwafa, les énergies et mines grâce à Managem et la filiale d’énergie
renouvelables Nareva et l’industrie du ciment à travers son partenariat avec le groupe
international Lafarge-Holcim [4].
Le régime marocain a opté pour une approche partielle et sélectives des réformes
néolibérales. Malgré la vague des privatisations, de nombreuses grandes entreprises
sont toujours contrôlées par l’État [5]. Le contrôle public est toujours maintenu dans le
commerce, le transport (Chemins de fer, transport aérien et maritime), télécoms, et
tourisme. Il s’est même redéployé dans les secteurs de la finance où l’actionnariat public
demeure majoritaire dans 5 banques (sur un total de 19) comme c’est le cas plus
particulièrement de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), le plus puissant investisseur
institutionnel public, et 4 sociétés de financement (sur un total de 33) et aussi dans le
BTP et la promotion immobilière [6]. Ces établissements et entreprises publiques
continuent à servir de « béquilles » au grand capital local et étranger et aussi de grands
leviers pour conquérir les marchés africains. Parmi les principaux Établissements et
Entreprises publiques ayant entrepris des actions d’investissement avec les pays
africains figurent l’Office chérifien des phosphates (OCP), l’Office national de l’eau et de
l’électricité (ONEE), l’Agence marocaine d’énergie solaire (MASEN), Maroc Telecom
(IAM), Compagnie d’investissements touristiques Marchica Med, l’ Office de la formation
professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), la Royal air Maroc (RAM), l’Office
des Foires et Expositions de Casablanca (OFE), la Compagnie marocaine de plâtre et
d’enduit (CMPE), l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC),
Barid Al Maghrib (BAM), le Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques
nucléaires (CNESTEN) [7], etc.
 Les principaux secteurs de la pénétration du capitalisme marocain
en Afrique
Les techniques de l’information et de la communication
La première société publique de télécommunications au Maroc, Maroc Telecom (ou
Ittisalat Al Maghrib, IAM), a commencé sa première pénétration en Afrique en 2001 par
l’acquisition de 54 % de Mauritel, l’opérateur historique des télécommunications en
Mauritanie, alors qu’elle vient d’être privatisée et devenait une filiale du groupe français
Vivendi. Elle a continué sa prise de participations majoritaires dans les autres opérateurs
historiques au Burkina Faso en 2006, au Gabon en 2007, au Mali en 2009. En 2014, elle
obtenu de son nouvel acquéreur l’émirati Etisalat (53 % du capital contre 30 % pour
l’État marocain) 6 de ses filiales d’Afrique subsaharienne –Bénin, Côte d’Ivoire, Gabon,
Niger, Centrafrique et Togo- regroupées sous la marque Moov [8].

Tableau des filiales, parts du marché et abonnés mobiles de Maroc Telecom (2016)
Pays Filiales Part de Année Abonnés %
marché1 d’acquisition mobiles (en
millions)2

Maroc 44,18 % 1999 18,08 37,8

Mauritanie Mauritel 58 % 2001 2,13 4,5

Burkina Onatel 49 % 2006 6,38 13,3


Faso

Gabon Gabon 59 % 2007 1,46 3,1


Télécom

Mali Sotelma 39 % 2009 9,55 20,0

Bénin Moov Bénin 40 % 2015 2,99 6,3

Centrafrique Moov 16 % 2015 0,14 0,3


Centrafrique

Côte Moov Côte 24 % 2015 4,43 9,3


d’Ivoire d’Ivoire

Niger Moov Niger 15 % 2015 0,65 1,4

Togo Moov Togo 47 % 2015 2,01 4,2

47,82 100,0

Les filiales africaines de Maroc Telecom ont participé en 2016 à hauteur de 43 % de son
chiffre d’affaires consolidé qui est de 35 milliards de dirhams (3,5 milliards de dollars).
Le groupe Méditel, numéro deux de la téléphonie mobile au Maroc, créée en 1999 et qui
détient 32,80 % de part de marché, devient Orange Maroc à partir de juillet 2015. Le
groupe français Orange détient 49 % du capital de Méditel et consolide alors sa
présence en Afrique avec environ 120 millions de clients [9].
Cette privatisation des télécommunications au Maroc au profit des groupes français a été
facilité par le palais [10]. La Présidence française est intervenue auprès du Roi du Maroc
pour qu’il cède la part de Vivendi à Etisalat [11]. Les deux groupes marocains Finance
Com (grand groupe privé appartenant à la famille Benjelloun) et Caisse de dépôt et de
gestion (banque publique aux ordres du palais) rachètent, en septembre 2009, les parts
de Telefónica (Espagnol) et Portugal Telecom qui détenaient chacun 32,18 % dans
Méditel. Une année après, les deux groupes cèdent 40 % de leur capital à Orange qui
devient majoritaire à 49 %.
Ces associations avec les grands groupes étrangers de télécoms permettent aux
opérateurs marocains d’étendre leur présence en Afrique. Maroc Telecom revendique 30
millions d’abonnements mobiles alors que le groupe sud-africain MTN, premier opérateur
continental en termes d’abonnés aux services mobiles, possède plus de 168 millions de
clients et Vodafone britannique compte environ 120 millions d’abonnés sur le
continent [12].
Quant au groupe privé télécom Inwi, créée lui aussi en 1999, détenu à 69 % par le
holding royal, Société nationale d’investissement (SNI) et à 31 % par le groupe télécom
koweitien Zain, il vient en troisième position dans la téléphonie mobile au Maroc avec
23 % du marché. En 2017, Inwi s’associe au premier fournisseur mondial de services de
télécommunications par satellites, Intelsat, pour booster le haut débit dans toutes les
régions du Maroc et en Afrique de l’Ouest.
Cette expansion des techniques de l’information et de la communication qui s’insérait
dans le contexte du démantèlement du service public des télécommunications dans la
majorité des pays du continent [13] ouvre la voie au capital marocain et ses partenaires
étrangers. Les techniques de l’information et de la communication permettent tout
particulièrement l’intégration des ménages et des petits producteurs dans le secteur
financier. La téléphonie mobile accélère l’inclusion financière des populations locales
menée par les banques. Alors que le taux de bancarisation est encore faible en Afrique
subsaharienne (34 % des adultes disposaient d’un compte bancaire en 2014), celle-ci
compte une grande proportion des adultes titulaires d’un compte d’argent mobile : 12 %
contre seulement 2 % dans le monde [14].
De nombreuses sociétés marocaines spécialisées dans les domaines de l’informatique
et de la monétique entrent aussi dans la course comme la Hightech Payment Systems
(HPS) qui s’est associé en 2014 avec le groupe Attijariwafa Bank pour le développement
d’une plateforme monétique dédiée à la gestion de l’ensemble des filiales africaines du
groupe bancaire, ou Finatech Group qui est une filiale de FinanceCom , la Société
maghrébine de monétique (S2M), M2M, etc.
 Présence des entreprises marocaines par secteur

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Source : http://telquel.ma/2017/05/11/cartographie-de-la-presence-des-grandes-entreprises-marocaines-
en-afrique_1545709

Les banques et les assurances


La présence des banque marocaines en Afrique remonte à la moitié des années 1980.
La Banque centrale populaire contrôle depuis plus de 20 ans la Banque populaire
maroco-centrafricaine et la Banque populaire maroco-guinéenne, détenues à 62,5 % et
53,9 % respectivement. Mais le mouvement d’internationalisation des banques et
compagnies d’assurances s’est élargi plus particulièrement en fin des années 1990 avec
l’accélération des réformes néolibérales.
La BMCE Bank s’est implantée au Mali en 1989 avec une prise de participation de
27,38 % dans la Banque de développement du Mali. En 2004, il devient actionnaire dans
le capital de la Congolaise des banques à hauteur de 25 % en 2004. La Banque a
également pris le contrôle de 59,39 % de Bank Of Africa au Mali, moyennant des prises
de participation successives depuis 2007.
Le groupe Attijariwafa Bank a terminé, en 2008, son absorption de la Compagnie
bancaire de l’Afrique occidentale (CBAO), la première banque historique au Sénégal. Il
devient aussi majoritaire dans la Banque internationale du Mali. Il a également repris 5
filiales africaines du groupe français Crédit agricole, au Cameroun (Société
camerounaise de banques, avec 65 % du capital), au Congo-Brazzaville (Crédit du
Congo, 81 % en Côte d’Ivoire (Société ivoirienne de banque, 51 %), au Gabon (Union
gabonaise de banques, 59 %) et au Sénégal (Crédit du Sénégal, 95 %) [15].
Les banques marocaines sont présentes dans une trentaine de pays du continent, dans
toutes les régions à l’exception de l’Afrique australe. On recense 45 filiales de banques
marocaines sur le continent [16].
Comme on peut le constater, il s’agit principalement de trois grandes banques à capital
privé majoritairement marocain qui dominent le secteur financier du pays, Attijariwafa
Bank (famille royale), la Banque centrale populaire (banque mutualiste) et la BMCE Bank
(famille Benjelloun), qui totalisent environ deux tiers de parts de marché au Maroc. Leur
total bilan réalisé en 2016 est de 1 087 milliards de dirhams (soit 107 % du PIB) avec
429 milliards de dirhams pour la première, 352 milliards de dirhams pour la seconde et
306 milliards de dirhams pour la troisième. Ces trois banques ont toutes un statut de
banques universelles [17]. Elles sont aussi présentes dans des zones offshores.
Le groupe Attijariwafa Bank est présent dans 13 pays d’Afrique. Il est le premier groupe
à l’échelle du Maghreb (228 agences en Tunisie et Mauritanie), de l’Afrique de l’Ouest
avec 364 agences (Sénégal, Mali, Togo, Côte d’Ivoire, Burkina, Niger et Bénin) et
s’élargit en Afrique centrale avec 112 agences (Gabon, Congo et Cameroun). Elle vient
d’acquérir Barclays Egypt comme un premier pas vers l’Afrique de l’Est. Attijariwafa
Bank est présente en Europe, au Moyen-Orient, et au Canada et œuvre pour
accompagner les exportateurs, les financiers et les spéculateurs occidentaux ayant un
courant d’affaires à destination du Maghreb ou de l’Afrique subsaharienne. Elle répond
au schéma d’organisation des grands groupes financiers internationaux pour
accompagner les grandes entreprises et financer les grands projets dans les domaines
de l’infrastructure (routes, chemins de fer, centrales électriques, les ports, aéroports,
barrages, etc.) de l’alimentaire, l’urbanisme et l’énergie tant au Maroc qu’en Afrique
subsaharienne. En invoquant le Roi du Maroc comme Chef, elle a accès aux
informations et influence les décideurs et responsables publics pour la concrétisation des
financements et le développement des partenariats public-privé (PPP). Attijariwafa Bank
a décroché la 7e place dans le classement exclusif des 200 premières banques
africaines. Ainsi en 2016, les filiales subsahariennes du groupe Attijariwafa Bank ont
généré un résultat net de plus de 22 % des réalisations du groupe [18].
Le groupe Banque centrale populaire compte 16 entités présentes dans 12 pays
d’Afrique subsaharienne tels que le Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau,
Mali, Niger, Sénégal, ou le Togo. Le groupe confirme son engagement dans le secteur
du microcrédit pour l’inclusion financière en Afrique subsaharienne à travers sa filiale
Atlantic Microfinance for Africa [19].
La BMCE Bank est implantée en Afrique avec près de 550 agences dans plus de 20
pays d’Afrique, en Tunisie en Afrique du Nord, dans huit pays en Afrique de l’Ouest
(Mali, Sénégal, Burkina, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin, Niger), huit en Afrique de
l’Est (Djibouti, Éthiopie, Ouganda, Kenya, Rwanda, Tanzanie, Burundi, Madagascar), en
Afrique centrale (Cameroun, Congo Brazzaville, RDC-Congo). Selon les derniers
résultats de l’activité de la banque, les filiales africaines pèsent désormais 41 % du
résultat net du groupe [20].
Ces trois banques continuent leur montée en puissance sur le continent et commencent
à dominer le secteur bancaire africain à côté de l’Afrique du Sud, Nigéria, Togo et
l’Égypte. En 2007, les banques françaises possédaient presque deux fois plus d’agences
que les marocaines. Sept ans plus tard, on constate exactement l’inverse dans les zones
ayant comme monnaie le franc CFA, notamment l’Union économique et monétaire
d’Afrique de l’Ouest (UEMOA) et la Communauté économique et monétaire d’Afrique
centrale (CEMAC) [21].
La pénétration du capital privé s’appuie également sur les banques publiques
marocaines qui ont commencé leur implantation tout récemment comme la Caisse de
dépôt et de gestion (CDG) qui ne tient pas d’activité de banque de détail vis-à-vis du
grand public. Celle-ci a multiplié les accords de partenariat avec les Caisses de dépôt
africaines, les fonds d’investissement et les institutions publiques de développement
locales. Elle a initié une multitude de projets au niveau du marché africain. Elle intervient
en Afrique aussi dans le domaine des assurances à travers sa filiale, la Société centrale
de réassurance, première compagnie de réassurance du marché marocain. Elle a ouvert
un bureau à Abidjan en Côte d’Ivoire et ambitionne d’accompagner l’expansion des
sociétés d’assurance marocaines en Afrique. A travers sa filiale Novec qui est une
société d’ingénierie récemment installée au Gabon, la CDG intervient aujourd’hui dans
différents pays d’Afrique subsaharienne (Côte d’Ivoire, Niger, Burkina Faso, Sénégal,
Cameroun, Congo, etc.) dans des domaines aussi variés que le bâtiment, l’eau, les
infrastructures, l’environnement et l’agriculture [22].
Le groupe du Crédit agricole du Maroc (public) vient de lancer un programme de
partenariats agricoles en Afrique à travers la signature de plusieurs mémorandums
d’entente avec des banques africaines (Development Bank of Rwanda, Tanzania
Agricultural Development Bank, Bank of Agriculture Limited au Nigeria...) [23].
Le domaine des assurances est investi par les banques qui l’intègre dans leur
métier [24] (« bancassurance ») et par d’autres compagnies d’assurance appartenant
aux groupes de familles qui gravitent autour du palais et qui ont accumulé
d’énormes liquidités pour s’internationaliser. C’est le cas de Saham Group (Elalamy) qui
a acquis en 2010 le groupe Colina, un des plus importants groupes d’assurance en
Afrique francophone. Déjà présent dans 19 pays du continent, le groupe a renforcé sa
présence depuis 2014. Au Nigéria, Saham détient près de 40 % dans Unitrust Insurance
et a pris le contrôle de Continental Reinsurance depuis 2015. Si l’on exclut l’Afrique du
Sud, le groupe Saham s’impose désormais comme le premier assureur du
continent [25].

Les transports et la logistique


Le développement des infrastructures de transport et de logistique reste principalement
du ressort des établissements publics dans le transport aérien à travers la Royal Air
Maroc qui assure 32 liaisons régulières entre le Maroc (depuis l’aéroport international de
Casablanca) et l’Afrique, et le transport maritime à travers le nouveau port de Tanger
MED qui permet une desserte régulière de 20 pays africains et assure 34 liaisons
hebdomadaires en Afrique de l’Ouest et Afrique centrale. Les partenariats public-privé
(PPP) permettant de financer et mettre en place des grands projets d’envergure qui
augmenteront les bénéfices des groupes capitalistes. Ainsi par exemple, la banque
Attijariwafa Bank est intégrée dans le partenariat pour la mise en place des programmes
autoroutier et portuaire de la Côte d’Ivoire.

L’immobilier et le BTP
Ce sont les mêmes grands groupes qui dominent les secteurs de l’immobilier et le BTP
au Maroc qui sont actuellement en pleine expansion sur le continent.
La Société nationale d’investissement (SNI) et le groupe suisse LafargeHolcim ont
décidé de lancer six nouveaux projets cimentiers en Afrique de l’ouest via leur filiale
commune LafargeHolcim Maroc Afrique déjà présente dans quatre pays : Bénin,
Cameroun, Côte d’Ivoire et Guinée.
Le groupe Addoha, dirigé par le milliardaire Anas Sefrioui, est quant à lui déjà bien
implanté en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Cameroun, au Congo, au Tchad et au Sénégal.
Il possède 13 cimenteries dans 11 pays d’Afrique et une capacité de production installée
de plus de 9 millions de tonnes.
Le groupe ALLIANCES de Mohamed Alami Lazrak investit principalement en Afrique de
l’Ouest. En Côte d’Ivoire par exemple, il réalisera 640 logements. Il est aussi présent au
Congo, ainsi qu’au Cameroun où il va construire huit centres hospitaliers régionaux, 800
logements et réhabiliter 3 centres hospitaliers universitaires. Il a signé un contrat de
partenariat avec le gouvernement ivoirien pour la construction de 7 000 logements dans
la capitale Abidjan. Le groupe ambitionne de conquérir le continent africain via ses deux
filiales opérant dans le BTP, Somadiaz et EMT, acquises en 2009 auprès de
l’entrepreneur français Fernand Diaz [26].
Le groupe Ynna Holding (Chaâbi) est actuellement présent dans l’immobilier au niveau
africain en Égypte et en Guinée équatoriale.
Il y a aussi plusieurs groupes qui tentent de bénéficier aussi de leur part du marché
comme Palmeraie développement mais aussi la Somagec et la SGTM, etc. On trouve
aussi des entreprises publiques comme Marchica Med, compagnie publique marocaine
d’investissements touristiques engagée dans le projet pharaonique d’aménagement de
la baie de Cocody à Abidjan en Côte d’Ivoire avec une enveloppe globale de 450 millions
de dollars, et Al Omrane associée elle aussi à cette conquête de l’Afrique dans le
secteur de l’immobilier.

Équipement, mines et énergie


La société Optorg, filiale de la SNI, spécialisée dans l’équipement forestier, minier et
pétrolier et de la distribution de véhicules industriels et pour particuliers est présente au
Cameroun, au Tchad, au Gabon, au Congo, etc. Elle revendique aujourd’hui la position
de leader dans la distribution en Afrique avec deux filiales : Tractafric Motors, distributeur
automobile multimarques présent dans 25 pays africains, et Tractafric Equipement,
concessionnaire de Caterpillar dans dix pays en Afrique centrale.
La société Managem, filiale de la SNI, qui possède le monopole du secteur minier au
Maroc, développe plusieurs projets miniers, au Soudan, au Gabon, en Éthiopie et en
République démocratique du Congo (RDC) où elle s’est récemment associée au groupe
minier chinois Wanbao Mining pour l’exploitation du gisement de Kalukundi qui recèle
une réserve immense de cuivre. Elle est présente aussi au RDC à travers d’autres
filiales détenant notamment des permis de cobalt, d’étain et de coltan en phase
d’exploration. Elle a lancé d’autres programmes d’exploration aurifère au Burkina
Faso [27].
La filiale de la SNI dédiée à l’énergie, Nareva, s’est associée avec l’entreprise française
Engie pour développer des centrales électriques dans le nord et dans l’ouest de l’Afrique
à l’horizon 2020-2025.
Les établissements publics telles que l’Office nationale d’eau et d’électricité (ONEE),
l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), et l’Agence marocaine
d’énergie solaire (MASEN) constituent de puissants leviers de la conquête de grands
marchés dans ces secteurs en Afrique.

Le phosphate et ses dérivés
L’Office chérifien des phosphates (OCP), premier établissement public au Maroc avec un
chiffre d’affaire de 47 milliards de dirhams en 2015, premier producteur et exportateur
mondial de phosphate sous toutes ses formes, a entamé son projet d’ouverture de 14
filiales sur le continent qui seront majoritairement détenues par OCP Africa, bras armé
de l’OCP pour conquérir le marché africain des engrais. Les principaux pays visés par
cette opération sont : la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la République démocratique du
Congo, le Bénin, le Cameroun, le Nigéria, la Tanzanie, l’Angola, la Zambie, le
Zimbabwe, le Mozambique, le Kenya, le Ghana, et l’Éthiopie. L’Afrique représente
aujourd’hui 25 % du chiffre d’affaires du groupe, soit sa part la plus importante,
l’Amérique latine se situant en deuxième position (17 %), puis l’Europe du Sud (14 %),
l’Inde (13 %), l’Amérique du Nord (12 %) et l’Europe de l’Ouest (8 %) [28].
Le modèle d’agrobusiness marocain est donné en exemple pour promouvoir les ventes
d’engrais en Afrique. Celle-ci ne représente qu’une faible proportion de la consommation
mondiale d’engrais. Ce modèle permet aux agro-exportateurs de s’enrichir alors que le
Maroc est devenu un importateur net de céréales et a connu plusieurs mobilisations
sociales contre la cherté des denrées alimentaires. Ces fortunés contribuent aux vastes
opérations d’accaparement des terres agricoles africaines menées par des groupes
capitalistes chinois, indiens, européens et des monarchies du Golfe. Le cas de Sefrioui,
qui obtenu une superficie de 10 000 hectares au Sénégal, et qui s’apprête à devenir
producteur de riz dans ce pays et en Côte d’Ivoire, est dénoncé par les organisations de
la société civile sénégalaise.

L’agroalimentaire et la distribution
Le groupe Cosumar, unique sucrier du Maroc, issu de la privatisation des quatre
sucreries publiques en 2005 au profit de la SNI qui en a cédé un bloc d’actions au profit
de Wilmar International, premier groupe agroalimentaire asiatique, et d’un large nombre
d’investisseurs institutionnels, ambitionne de se développer en Afrique. Celle-ci
représente un déficit en matière de sucre de 6 millions de tonnes par an. Cosumar a, par
exemple, été choisi par le gouvernement du Cameroun pour reprendre le développement
du complexe agro-industriel sucrier entre Batouri et Bertoua, à l’est du pays.
La chaîne de supermarché Marjane, filiale de la SNI qui en détient 39,5 % du capital,
s’apprête à s’implanter en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Gabon, au Mali et en Tunisie.
Le holding Sanam, dirigée par Saïd Alj, s’introduit dans l’agro-alimentaire à travers sa
filiale Unimer, spécialisée dans la conserverie des produits de la mer qu’il exporte vers
plusieurs pays du continent africain : Sénégal, Guinée, Togo, Bénin, Niger, Nigéria, RD
Congo et Afrique du Sud. Il compte investir 240 millions de dirhams en Mauritanie pour
l’implantation d’un complexe industriel intégré de transformation et de valorisation du
poisson pélagique pêché sur place.

L’industrie pharmaceutique
Le groupe Cooper Pharma dispose déjà d’une importante présence commerciale dans
environ une vingtaine de pays africains et en particulier dans les pays suivants :
Sénégal, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Bénin, Togo et Gabon. Il a annoncé récemment la
construction d’une unité pharmaceutique en Côte d’Ivoire et une autre au Rwanda.
Le groupe Sothema possède une filiale à Dakar qui produits des médicaments
génériques destinés à soigner les pandémies les plus répandues de la région
(paludisme, diarrhées chroniques, choléra) et vise l’ensemble des 8 pays de la zone
UEMOA et plus largement les pays d’Afrique francophone.

Actionnariat de la SNI : les parts de Mohammed VI et de la famille royale


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Source : https://ledesk.ma/datadesk/actionnariat-de-la-sni-les-parts-de-mohammed-vi-et-de-la-famille-
royale/

 Les tournées royales en Afrique pour boost


Les tournées royales en Afrique pour booster les affaires
Les tournées royales africaines, désormais annuelles depuis 2013, dans plusieurs pays
subsahariens, constituent des occasions pour booster les affaires et décrocher des
contrats fructueux. Lors de ses visites, le Roi est accompagné d’hommes d’affaires bien
choisis, soit en leur qualité de conseillers, de ministres, de responsables
d’établissements publics ou d’entrepreneurs. Lors de sa tournée stratégique de fin 2016
en Afrique de l’Est (Rwanda, Tanzanie et Éthiopie), on trouve dans la liste non
exhaustive des businessmen, la présidente de la Confédération générale des entreprises
marocaines (Miriem Bensaleh Chaqroun), le PDG de la SNI (Hassan Ouriagli), les PDG
de BMCE Bank of Africa (Othman Benjelloun) d’Attijariwafa Bank (Mohamed El Kettani),
de la Banque Populaire (Mohamed Benchaaboun) et du Crédit Agricole Maroc (Tariq
Sijilmassi) ainsi que Saïd Ibrahimi, directeur général de Casablanca Finance City
Authority (CFCA). Les représentants du secteur de l’énergie Ahmed Nakkouch, PDG de
Nareva, ainsi que le directeur général de Masen, Mustapha Bakkoury. Le PDG de l’OCP,
Mustapha Terrab, le PDG de Holmarcom, Mohammed Hassan Bensalah ainsi que le
PDG de Sanam, Saïd Alj, le directeur du pôle développement d’Akwa Group
(Akhannouch), Majid El Yacoubi. Le secteur du tourisme représenté par Abderrafie
Zouiten, directeur général de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) et celui de
l’immobilier représenté par Hicham Berrada Sounni, PDG de Palmeraie
Développement [29], etc. Le roi a effectué une autre tournée en début de 2017 en
République du Soudan du Sud, au Ghana, en Zambie, en Guinée et en Côte d’Ivoire. Le
total des accords signés à la fin de ces deux tournées s’élève à 140 englobant des
domaines très variés dans 9 pays [30] : Rwanda (19), Tanzanie (22), Sénégal (4),
Éthiopie (7), Madagascar (22), Zambie (19), Ghana (25), Guinée (8), Côte d’Ivoire (14
nouvelles conventions).
En une décennie (2005-2015), près de 3 200 accords et conventions bilatérales entre le
Maroc et des États africains ont été signés et sont entrés en vigueur. Une quarantaine
de commissions mixtes ont été mises en place au cours de la même période [31].
 Petites et moyennes entreprises (PME) écartées
On voit bien que la cartographie des entreprises marocaines présentes en Afrique est
dominée par un cercle restreint de prédateurs « champions » qui ne laissent que très
peu de place pour les petites et moyennes entreprises (PME) dans cette conquête des
marchés africains. Pas plus de 150 PME y sont aujourd’hui présentes (toutes natures de
présence juridique confondues) [32], alors qu’elles représentent un poids très important
dans le tissu économique (plus de 90 % du tissu productif marocain). Elles sont les plus
touchées par les réformes néolibérales qui ont augmenté leurs difficultés d’accès aux
moyens de production et souffrent de l’ouverture des frontières (les accords de libre-
échange) aux multinationales qui inondent le marché local par des produits
subventionnés, mais aussi de l’hégémonie du « système de patronage » et « réseaux
clientélistes » du palais.
 Des programmes sociaux en trompe l’œil
Pour atténuer le caractère agressif des investissements capitalistes dans un continent
dominé par la pauvreté, ces visites royales comprennent aussi des volets sociaux.
L’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) s’exporte aussi en Afrique
subsaharienne avec une couverture médiatique massive. C’est une initiative royale qui
consiste à mettre en place des programmes de lutte contre la pauvreté, la précarité et
l’exclusion sociale, la mise à disposition dans certains pays amis d’hôpitaux, la
construction de villages de pêche et la mise à niveau du secteur de la pêche artisanale,
la construction de logements économiques, etc. Les associations de la société civile
intéressées par les gains financiers sont sollicitées pour accompagner ces programmes
et les justifier. Les maigres résultats obtenus au Maroc témoignent du caractère en
trompe l’œil de ces mesures. Une décennie de l’INDH n’avait pas réussi à sortir 12
millions de marocains de « déficits flagrants » touchant leurs conditions de vie les plus
élémentaires : revenu, santé, éducation, hygiène, transport, etc. Le Maroc est alors
relégué au 126e rang sur 188 pays, soit au bas de l’échelle des pays à niveau de
développement humain moyen [33]. Comme au Maroc, ces programmes « d’insertion »
visent plutôt à approcher les catégories sociales les plus vulnérables pour les mettre à la
disposition du grand capital à travers la bancarisation (microcrédit [34]) et les
microprojets. Ce dernier cherche à accumuler des bénéfices sur le dos des pauvres, qui,
s’ils n’ont pas beaucoup d’argent, sont en revanche très nombreux.
 Processus d’internationalisation à faible impact
Le processus d’internationalisation du capitalisme marocain entamée depuis les années
2000 évolue lentement. Il reflète les faiblesses du modèle de développement dépendant
déjà éprouvés sur le territoire marocain. Il n’a pas encore de gros impacts sur les
échanges commerciaux et des flux d’investissement du Maroc avec le continent africain
qui restent encore très faibles. Le montant global des échanges entre le Maroc et le
continent africain se situe en 2014 à 37,5 milliards de dirham ne représentant que 6,4 %
(et à peine 2,5 % pour l’Afrique subsaharienne) de l’ensemble des échanges
commerciaux du Maroc, contre 63,5 % pour l’Europe, 18 % pour l’Asie et 10,9 % pour
l’Amérique [35]. Les produits exportés par le Maroc vers l’Afrique sont dominés par les
trois premiers produits qui sont les engrais naturels et chimiques, avec une part de
12,5 % en 2014, suivie de préparations et conserves de poissons et crustacés (11,7 %)
et voitures de tourisme (6,3 %). Par ailleurs, le Maroc importe de l’Afrique principalement
le gaz de pétrole et autres hydrocarbures, avec une part de 52,7 % en 2014, suivis de
tourteaux et autres résidus des industries alimentaires (4,7 %), utilisés surtout dans
l’alimentation animale et coke (charbon) et combustibles solides similaires (3,4 %).
Le flux d’investissements directs marocains en Afrique subsaharienne ont atteint entre
2008 et 2016 une valeur de 20,6 milliards de dirhams, soit 92 % de ceux destinés vers
l’Afrique et 52 % des flux sortants globaux, contre 33 % vers l’Europe, 6 % vers le Moyen
Orient et 4 % aussi bien vers les États-Unis que vers l’Afrique du Nord [36]. Pour les IDE
entrant au Maroc, l’Union européenne demeure le premier partenaire du pays, avec une
part de 60 % des IDE totaux investis sur la période 2008 – 2015 suivie des Émirats
arabes unis avec 13 %.
Les grands investissements au Maroc comme en Afrique restent encore principalement
adossés par l’État à travers le secteur public. La part publique (Budget de l’État,
Établissements publics et collectivités locales) a atteint presque 65 % du taux moyen de
la formation brute de capital fixe [37] au Maroc entre 2010 et 2015 [38]. La nature
despotique du régime politique marocain fait que ces investissements publics sont plutôt
des « Éléphants blancs » au profit de capitalistes parasitaires locaux et étrangers avec
un faible impact sur la croissance et l’emploi. Ils ne produisent pas non plus les
ressources nécessaires au remboursement des emprunts publics externes qu’ils
génèrent. A fin 2016, l’encours de la dette extérieure publique s’est établi à 312,5
milliards de dirhams (30,9 milliards USD) représentant 30,8 % du PIB. L’encours de la
dette extérieure des Établissements et Entreprises publiques s’élève à 168,8 milliards de
dirhams, soit 54 % du total de la dette externe publique et 16,7 % du PIB [39]. C’est bien
entendu les couches populaires qui paieront la facture.
 Maroc plate-forme pour les conquêtes néocoloniales de l’Afrique
Le Maroc se targue de sa situation au carrefour des marchés intercontinentaux et
ambitionne de s’ériger en hub régional tourné vers l’Afrique. Il s’efforce de devenir une
plate-forme pour contribuer, sous couvert de coopération tripartite ou triangulaire, à la
conquête néocoloniale des pays du continent et le pillage de leurs ressources. Sa
contribution consiste à développer les infrastructures et les connexions terrestres,
maritimes et aériennes entre le Maroc et les pays d’Afrique pour faciliter les échanges
commerciaux. Il doit également faciliter le financement des projets locaux en Afrique par
des bailleurs internationaux et accompagner leurs réalisations par des formations de
compétences. C’est dans cet objectif que s’insère la mise en place de la plate-forme
financière, Casablanca Finance City (CFC), qui prétend drainer des capitaux étrangers
et lever des fonds prêts à être réinvestis sur le continent africain. Le Maroc a mis en
place aussi de zones franches et de plateformes industrielles intégrées (dédiés à
l’offshoring, l’aéronautique, l’automobile…), d’agropoles, d’haliopoles, etc. Le Maroc se
vante des différents les accords de libre-échange, qu’il a signé avec les puissances
occidentales (Union européenne et USA) et les pays méditerranéens, et les présente
comme une opportunité pour accéder à un marché de plus de 1 milliard de
consommateurs. Il importe alors d’accélérer l’adaptation du cadre juridique et
réglementaire régissant ses relations commerciales et d’investissement avec les pays
africains en vue de réduire au maximum des obstacles tarifaires et non tarifaires,
stimuler les négociations pour la conclusion d’accords préférentiels et de libre-échange
avec des groupements régionaux africains, tels que l’UEMOA (Union économique et
monétaire des États de l’Afrique de l’Ouest), la CEMAC (Communauté économique et
monétaire des États de l’Afrique centrale) et la CEDEAO (Communauté économique des
États de l’Afrique de l’Ouest). C’est dans cet objectif qu’il a demandé, en février 2017,
l’adhésion à la CEDAO, juste un mois après avoir adhéré à l’Union africaine (UA). Il vise
aussi à renforcer sa position quant à la question du Sahara.

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 Le concours des Institutions économiques internationales


Les bases de cette conquête néocoloniale de l’Afrique sont déterminées par les
Institutions financières internationales. Elles coordonnent l’offensive néolibérale et
la mondialisation capitaliste en faveur des multinationales. Elles permettent l’hégémonie
des marchés financiers et la généralisation de la spéculation. Elles entretiennent le
système dette comme instrument de transfert des ressources depuis les pays du Sud
vers les capitalistes du Nord. Elles soutiennent les régimes politiques autoritaires et
l’intervention militaire des grandes puissances.
Le Maroc est un très bon élève de ces Institutions. L’enrichissement d’une minorité de
capitalistes qui s’internationalisent en Afrique s’insèrent parfaitement dans la logique de
leurs politiques. La Banque mondiale, le Fond monétaire international, la Banque
africaine de développement, l’Organisation mondiale du commerce, et l’impérialisme
(français, chinois…) sont bien les instruments de néo-colonisation de l’Afrique. Ils
s’appuient sur des chefs États despotiques.
 Panafricanisme pour recouvrer notre souveraineté
Le vrai développement de nos pays en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne ne
sera pas l’œuvre de nos régimes qui accaparent nos richesses, nous endettent et
approfondissent notre dépendance envers les métropoles impérialistes. Ce sont les
couches populaires, les salarié-e-s et les petits producteurs qui devront se mobiliser pour
décider démocratiquement de leur modèle de développement alternatif. Nous devons
dénoncer et combattre les conquêtes néocoloniales que mènent les multinationales et
les grands capitalistes locaux sous couvert de coopération et de développement de
l’Afrique. Nous devons poursuivre le combat de Thomas Sankara pour annuler les dettes
illégitimes et mettre fin au système dette qui écrase nos peuples. Il est plus que jamais
nécessaire de développer des solidarités et des synergies entre nos différentes
mouvements de lutte dans nos pays et échanger nos expériences. Face à l’union des
Chefs d’États mandataires de l’impérialisme dans l’Union africaine, Union du Maghreb
arabe, ou la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, etc. nous
devons conjuguer nos efforts pour reconstruire le panafricanisme sur une base radicale,
combative et internationaliste. Ce qui nous permettra de recouvrer notre souveraineté
politique, économique, alimentaire, et environnementale.
17 novembre 2017
Omar Aziki
ATTAC CADTM Maroc
PS : Les deux cartes de l’Afrique proviennent de l’hebdomadaire Telquel et de la
Banque africaine de développement (BAD) et sont utiles pour illustrer le contenu de cet
article. A ce titre, nous précisons que pour le CADTM, le Maroc et le Sahara occidental
sont deux entités distinctes. Le Sahara occidental est illégalement occupé par la
monarchie marocaine depuis 1975.
Click

Notes
[1] - Déclaration du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale le 08
juin 2017. http://www.leseco.ma/maroc/58061-pres-de-1000-entreprises-marocaines-en-
afrique.html
[2] - Office des changes. Échanges Maroc-Afrique subsaharienne. 2017. www.oc.gov.ma
[3] - Najib Akesbi. Économie politique et politiques économiques au Maroc. Revue
Marocaine des sciences politiques et sociales. Avril 2017.
[4] - M. Oubenal et A. Zeroual. Les transformations de la structure financière du capitalisme
marocain. Revue Marocaine des sciences politiques et sociales. Avril 2017.
[5] - M.S. Saâdi. Réformes néolibérales, groupes d’affaires et développement au Maroc.
Revue Marocaine des sciences politiques et sociales. Avril 2017.
[6] - M. Oubenal et A. Zeroual. Op. cit.
[7] - https://www.finances.gov.ma/Docs/2015/DAAG/almaliya58.pdf
[8] - www.iam.ma/
[9] - 1 africain sur 10 est un client Orange. 2016 https://www.orange.com/fr/Groupe/Orange-
dans-le-monde
[10] - Béatrice Hibou et Mohamed Tozy. De la friture sur la ligne des réformes. La
libéralisation des télécommunications au Maroc.
2002. https://spire.sciencespo.fr/hdl :/2441/1d1vlhp8p7t3k7k974kr28oa1/resources/ci14p91-
118.pdf
[11] - « L’Élysée est intervenu auprès de Vivendi, soutenue par le roi Mohammed VI, pour
qu’il ne cède pas Maroc Telecom à la société qatari Ooredoo, jusqu’ici la mieux placée,
soupçonnée de collusions avec les fondamentalistes musulmans du Nord-Mali. Vu que cette
filiale du groupe français contrôlait les principaux opérateurs du Sahel, elle revêtait semble-t-
il une grande importance pour le renseignement militaire, investi dans l’opération Serval. Il se
trouve que cette démarche a vraisemblablement porté ses fruits, puisque c’est finalement le
groupe émirati Etisalat qui a emporté le morceau ». Jean Batou. Redéploiement de
l’impérialisme français et sidération humanitaire de la
gauche.2014. https://www.legrandsoir.info/afrique-redeploiement-de-l-imperialisme-francais-
et-sideration-humanitaire-de-la-gauche.html
[12] - Télécoms : Qui aura le dernier mot en Afrique ? octobre
2017. http://www.leseco.ma/les-cahiers-des-eco/afrique/61068-telecoms-qui-aura-le-dernier-
mot-en-afrique.html
[13] - TIC et développement en Afrique : approche critique d’initiatives et
enjeux. https://rfsic.revues.org/939
[14] - http://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2015/04/15/massive-drop-in-
number-of-unbanked-says-new-report
[15] - https://www.finances.gov.ma/Docs/2015/DAAG/almaliya58.pdf
[16] - http://fr.le360.ma/economie/maroc-afrique-banques-et-compagnies-dassurance-une-
presence-dans-32-pays-africains-94249
[17] - La banque universelle, appelée également « banque à tout faire » ou « banque
généraliste » représente un grand ensemble financier regroupant et exerçant les différents
métiers de la banque de détail, de la banque de financement et d’investissement, de la
gestion d’actifs, tout en jouant également le rôle d’assureur (on parle ici de
«  bancassurance »). Cet ensemble intervient sur le territoire national mais également à
l’étranger avec ses filiales. Le principal danger de ce modèle bancaire consiste à faire
supporter les pertes des activités risquées de banque de financement et d’investissement
par la banque de dépôt et mettre ainsi en péril les avoirs des petits épargnants. Éric
Toussant. Bancocratie. P53.
[18] - www.attijariwafabank.com
[19] - http://www.gbp.ma
[20] - www.bmcebank.ma/
[21] - http://fr.le360.ma/economie/les-banques-marocaines-detronent-les-francaises-en-
afrique-30137
[22] - www.cdg.ma
[23] - https://www.creditagricole.ma
[24] - Wafa Assurance du groupe Attijariwafa bank (Royal) et RMA Watanya de la holding
FinanceCom (Benjelloun).
[25] - www.sahamassurance.ma
[26] - http://www.alliances.co.ma/
[27] - www.managemgroup.com/
[28] - www.ocpgroup.ma
[29] - http://telquel.ma/2016/10/17/tournee-africaine-de-mohammed-vi-voici-les-patrons-qui-
feront-partie-du-voyage_1519481
[30] - Voir liste des pays visités, dates et contenus des accords sur le
lien https://www.medias24.com/MAROC/NATION/174944-La-liste-des-accords-signes-
devant-le-Roi-Mohammed-VI-dans-8-pays-africains-et-qui-seront-audites.html
[31] - Institut Amadeus. Le Maroc en Afrique : La Voie Royale.
2015. www.institutamadeus.com
[32] - Les PME marocaines peinent à investir en
Afrique. http://lavieeco.com/news/economie/les-pme-marocaines-peinent-a-investir-en-
afrique.html
[33] - Najib Akesbi. op. cit.
[34] - ATTAC CADTM Maroc. Le système de microcrédit au Maroc : des pauvres financent
des riches. 2017
[35] - Office de change. Commerce extérieur du Maroc. Edition provisoire
2014. www.oc.gov.ma
[36] - Projet de loi de finances 2018. Rapport économique et financier. www.finances.gov.ma
[37] - Formation brute de capital fixe, FBCF, est l’agrégat qui mesure, en comptabilité
nationale, l’investissement (acquisition de biens de production) en capital fixe des différents
agents économiques résidents.
[38] - Najib Akesbi, op. cit.
[39] - Projet de loi de finances 2018. Rapport sur la dette publique. www.finances.gov.ma

Auteur.e

Omar Aziki 

est membre du secrétariat national d’ATTAC CADTM Maroc et du secrétariat


international partagé du CADTM.

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https://aujourdhui.ma/economie/amadeus-appelle-au-soutien-des-pme-tpe

Amadeus appelle au soutien des PME-TPE


Lors d’une visioconférence organisée sur l’innovation et
l’entrepreneuriat

«Innovation et entrepreneuriat : quelles stratégies pour accroître la valeur ajoutée des


produits marocains», tel est le thème de la visioconférence organisée récemment par
l’Institut Amadeus, inscrite dans le cadre de son cycle des ateliers sur la problématique de
l’adaptation du modèle national de développement à la crise actuelle. Ce workshop
réunissant plusieurs personnalités du monde de l’entrepreneuriat était une occasion de
soulever et débattre plusieurs questions, notamment la nécessité d’une relance
sectorielle, en donnant la priorité aux secteurs les plus impactés, le besoin d’une action au
profit des PME-TPE et l’accélération de la digitalisation de l’économie.

Impliquer les PME-TPE dans les projets de grande envergure

Sur la question des PME-TPE, l’accent a été mis sur leur rôle prépondérant dans la lutte
contre le Covid-19. Il a été accompagné d’un appel à leur faire davantage «confiance» et
leur offrir plus de soutien, notamment au niveau régional. Pour les intervenants, ledit
soutien pourrait se faire en leur offrant la possibilité de répondre aux commandes
publiques et en les impliquant dans les projets de grande envergure. Le besoin d’accélérer
la digitalisation est aussi souligné, mais le manque d’utilisation d’outils tel le e-commerce
(moins de 1% de la population marocaine) et d’autres obstacles à ce passage rapide au
digital a été soulevé.
Fuite des cerveaux : Mise en place d’un dispositif institutionnel spécialisé

Les discussions se sont également focalisées sur la question de la fuite des cerveaux. Les
intervenants ont souligné la nécessité d’entreprendre des mesures visant à encourager les
jeunes talents marocains à rester au pays, tout en attirant ceux qui sont partis à travers la
mise en place d’un dispositif institutionnel spécialisé. Par ailleurs, la question de la
consommation a également été avancée, en y préconisant des actions visant à encourager
les consommateurs marocains à acheter des produits locaux et à valoriser le «Made in
Morocco» à l’international.

Appel à un passage progressif à l’économie verte

Les participants ont préconisé par ailleurs un passage progressif à l’économie verte, qui
permettrait non seulement le développement d’une industrie écologiquement
responsable, mais également de répondre aux questions sociales centrales du Maroc. Ce
passage pourrait se faire grâce à la chute drastique des prix qui sont devenus compétitifs,
ce qui permettrait une décarbonation à un coût relativement bas des grandes industries,
avec le soutien du gouvernement. Les intervenants ont également souligné le potentiel
qu’aurait le Maroc à produire et exporter du gaz à hydrogène vers l’étranger, notamment
en Europe.

Encourager les entreprises marocaines à s’implanter en Afrique

La relocalisation a également été débattue lors de cette rencontre. A ce sujet, les


intervenants se sont accordés sur le fait que le Maroc a beaucoup à gagner. En outre, ils
ont également appelé à favoriser l’implantation d’usines marocaines en Afrique. Sur la
question des relations économiques entre la Chine et le Maroc, il a été mentionné que
celles-ci présentent un large avantage pour les deux pays. Pour le Royaume, il a été
avancé qu’une multiplication de l’investissement chinois aura sans aucun doute un impact
majeur sur l’activité économique. Pour la Chine, les intervenants se sont mis d’accord sur
les atouts que lui offre le Royaume, notamment par sa proximité avec l’Europe, et tout ce
que cela importe sur la question du coût de l’export et du rapprochement des chaînes de
valeur et d’approvisionnements. Enfin, la question des relations avec l’Afrique a
également été abordée. Ainsi, les participants ont suggéré que le Maroc développe aux
côtés de ses partenaires continentaux une résilience économique solide à l’échelle
africaine, et ceci à travers des zones de libre-échange sous-régionales et la Zlecaf. En
outre, les intervenants ont également encouragé les grandes entreprises marocaines à
s’internationaliser en priorité en Afrique.

Pour noter, cette visioconférence a connu la participation de Lamiae Benmakhlouf,


directrice générale de Technopark, Karima Ghazouani, directrice du Centre universitaire
de l’entrepreneuriat de l’UM5, Saloua Karkri Belkeziz, PDG GFI Informatique Maroc,
Sanae Lahlou, directrice chez Mazars Maroc – Business Unit Afrique, Said Mouline,
directeur général de l’Agence marocaine de l’efficacité énergétique AMEE, Younes
Sekkouri, doyen Région Afrique chez Ecole des Ponts Business School, Brahim Fassi Fihri,
président fondateur de l’Institut Amadeus, et Ghassane Hajji, Chief Strategy Officer de
l’Institut Amadeus.

https://www.leconomiste.com/article/1037020-adhesion-du-maroc-la-cedeao-pourquoi-quand-et-
comment

Adhésion du Maroc à la Cedeao: Pourquoi, quand et comment?


Par Jawad KERDOUDI | Edition N°:5398 Le 26/11/2018

Quinze pays membres, 350 millions d'habitants et un PIB de l'ordre de 700 milliards
de dollars. C'est dire l'importance que représente aujourd'hui la Cedao (Communauté
économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), qui a été au coeur des MEDays,
organisés à Tanger au début du mois de novembre, particulièrement la demande
d’adhésion du Maroc.

Après son retour à l’Union africaine en janvier 2017, le Royaume a présenté sa


candidature dès le mois de février 2017. Les raisons sont multiples. Il revendique tout
d’abord son identité africaine et ses liens historiques, humains et religieux avec les
pays de l’Afrique de l’Ouest. Sur le plan géopolitique et alors que l’UMA (Union du
Maghreb Arabe) est en panne, l’intégration du Maroc représentera en 2030 un
ensemble qui comptera parmi les dix premiers de la planète.

En effet, à l’heure de la globalisation et de la consolidation des grandes puissances,


tout pays de la taille du Maroc risque d’être marginalisé s’il ne s’intègre pas à un
groupement géographique significatif. La Cedeao élargie au Maroc aura une plus
grande attractivité sur le plan commercial et au niveau des investissements directs
étrangers.

Le pays est déjà très présent en Afrique puisque ses exportations sur le continent ont
atteint 22,1 milliards de dirhams en 2017, soit 9% des exportations totales, dont
notamment vers le Sénégal, le Nigeria et la Côte d’Ivoire.

Le Maroc est devenu le premier investisseur africain en Afrique de l’Ouest qui


représente 64,7% du total de ses investissements en Afrique. Les investissements
marocains en Afrique de l’Ouest concernent plusieurs secteurs économiques:
Agriculture, assurance, banque, cimenterie, eau et électricité, engrais, immobilier,
mines, pharmacie, phosphates. Un grand projet de gazoduc est en projet qui reliera le
Nigeria au Maroc, long de 4.000 kilomètres, qui traversera 12 pays de l’Afrique de
l’Ouest, et dont le coût est estimé à 20 milliards de dollars.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao ont donné leur accord de principe à
l’adhésion du Maroc lors du Sommet de Monrovia en juin 2017. Cependant lors du
Sommet suivant en décembre 2017, ils ont mis en place un Comité de chefs d’Etat et
de gouvernement composé du Togo, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée et Nigeria, pour
«adopter les termes de référence et superviser l’étude approfondie des implications de
l’adhésion du Maroc.
Le positionnement commercial du Maroc au niveau de cette région est insuffisant. Le Maroc
détient une part de marché importante au niveau de la Guinée (1,77%), du Mali (1,61%), du
Sénégal (1,46%) et de la Guinée-Bissau (1,40%)

Avec cette décision, le processus d’adhésion du Maroc passe de la Commission de la


Cedeao plus portée sur le plan bureaucratique et technique, à un niveau politique. Le
Comité des cinq Etats doit notamment déterminer si la décision de l’adhésion du
Maroc doit être prise à l’unanimité, par consensus, ou à la majorité des deux tiers des
Etats membres.

Le rapport d’impact de l’adhésion du Maroc publié avant le Sommet de la Cedeao de


d‡écembre 2017 avait relevé quelques freins. C’est ainsi qu’a été mentionné le conflit
régional du Sahara qui «pourrait créer de profondes divisions». Ont été également mis
en exergue les éléments commerciaux relatifs aux multiples accords commerciaux
conclus par le Maroc, ainsi que des réticences des secteurs privés du Nigeria et du
Sénégal.
Certes, l’adhésion du Maroc à un ensemble structuré comme la Cedeao n’est pas chose
facile. Il faut ainsi rappeler l’acquis de la Communauté en matière de libre circulation
des biens, des services et des personnes, ainsi que le tarif extérieur commun.

La Cedeao a également le projet d’une monnaie commune à l’horizon 2020. Le Maroc


doit de son côté entreprendre une étude approfondie de l’impact de son adhésion. Afin
de gagner du temps, j’ai proposé lors des MEDays de Tanger que le Maroc soit associé
au Comité des cinq Etats. Cette suggestion a été bien accueillie par les participants y
compris les représentants africains subsahariens. Cette suggestion permettra de passer
en revue tous les aspects en vue d’une décision finale.

En conclusion, la demande d’adhésion du Maroc à la Cedeao est pleinement justifiée


et apportera un avantage significatif aux deux parties. Il convient cependant de ne pas
perdre de temps, et de commencer le plus rapidement possible les négociations afin de
trouver les solutions adéquates aux problèmes inhérents à cette adhésion.

                                                                            
Des marchés à prendre et à développer

Créée par le traité de Lagos le 28 mai 1975, la Cedeao s’est donnée pour objectif
principal de promouvoir la coopération et l’intégration dans la perspective d’une
Union économique de l’Afrique de l’Ouest. Elle regroupe 15 pays membres: Bénin,
Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau,
Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo.

Sur le plan des échanges commerciaux de la Communauté, ils ont représenté 1,1% du
commerce mondial en 2016, mais seulement 10,6% des exportations et 7,8% des
importations sont réalisées entre les pays membres de cette zone. En valeur, le
commerce extérieur est passé de 45,3 milliards de dollars en 2000 à 144,4 milliards en
2016.

Les échanges avec le Maroc ont connu une tendance haussière au cours des dernières
années. Ils ont atteint 10,3 milliards de DH en 2017 contre 1,5 milliard en 2000. Cette
croissance reflète le dynamisme des exportations marocaines, qui sont passées de 2,8
milliards de DH en 2008 à 9,4 milliards en 2017.

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