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Aménagement

forestier
Résumé
Forêt départementale d'AMBEL

2011 - 2030

Surface : 574,76 ha

Aménagement de la forêt départementale d'Ambel - Résumé - ONF mars 2012 Page 1 sur 4
Un plan de gestion forestier établi pour une durée de 20 ans : l'aménagement.

Qui s'inscrit dans le contexte d'un Espace naturel sensible : le plateau d'Ambel.
L'aménagement constituant le volet forestier du plan de gestion de l'ENS.

Un document rédigé par l'ONF dans le cadre du Régime forestier, en collaboration avec le
service des ENS, et dont les grandes lignes ont été validées par le comité de gestion du
plateau d'Ambel.

Une démarche qui s'inscrit dans un cadre règlementaire (code forestier), apportant au
propriétaire ainsi qu'aux tiers une garantie de gestion durable, par ailleurs conforme aux
engagements du Département en matière de certification forestière (PEFC).

Un projet qui doit faire l'objet d'une validation par la collectivité propriétaire, puis être
approuvé par le Préfet de région.

Les grands objectifs

Une gestion avant tout conservatoire, visant au maintien voire à l'amélioration de la


biodiversité, tout en contribuant à la politique forestière du Département, par la mobilisation
de produits recherchés par la filière bois locale.

Un objectif d'accueil du public important, respectueux de l'objectif de protection

Un objectif volontariste de vieillissement, par la création d'un réseau d'îlots de sénescence


(surfaces boisées non exploitées), ainsi que par la conservation accrue d'arbres-habitats, au
bénéfice de chauves-souris, oiseaux, insectes, lichens... Un dispositif à ce jour original en
forêt publique rhône-alpine.

Un bilan financier prévisionnel en hausse (32 €/ha), malgré un programme d'actions fourni,
rendu possible par une maturation et une amélioration qualitative et quantitative de la forêt.

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RESUME DE L'AMENAGEMENT

L'état des lieux

La forêt départementale d'AMBEL (574,76 ha) est située à l'étage montagnard, dans la région
naturelle du Vercors. Son substrat géologique est composé de calcaires durs, filtrants. Les habitats
forestiers sont assez peu diversifiés, un habitat (Hêtraie neutrophile à Orge d'Europe) couvrant à lui
seul 80% de la surface. Le hêtre domine très largement, accompagné de quelques sapins pectinés et
érables.
Des reboisements en épicéa (allochtone), âgés de 30 à 50 ans, occupent une cinquantaine
d'hectares.
Les peuplements de hêtre sont majoritairement en nature de futaie irrégulière, présentant globalement
un déficit de gros bois (de diamètre 50 cm et +). Un tiers de la surface est encore occupé par des
taillis, en phase de conversion en futaie sur souches.
Le traitement appliqué à la forêt jusque dans les années 1940 (charbonnage par coupes rases) est la
cause de cet état de fait (déficit de gros bois et sur abondance de taillis). La forêt est donc en phase
de maturation.
Un réseau de 100 placettes permanentes a été implanté pour suivre l'évolution de la forêt. La surface
terrière moyenne est actuellement de 28 m², dont 24,2 en hêtre (forêt assez riche).

L'exploitabilité est bonne : les secteurs de pente forte sont relativement limités, et la desserte à peu
près suffisante.

Cinq espèces végétales patrimoniales ont été répertoriées, ainsi qu'un lichen (Lobaria pulmonaria). La
faune remarquable est représentée par : la Chouette de Tengmalm, la Gélinotte des bois, le Pic noir,
la Rosalie des Alpes... L'état des lieux intègre les études Habitats-Faune-Flore, commandées
spécifiquement par le Département.

La forêt est en réserve de chasse depuis 60 ans. L'impact de la grande faune (Cerf, Chamois,
Chevreuil, Mouflon) est très important sur le sapin pectiné, et assez important sur le hêtre.

Les enjeux principaux de la forêt

La forêt présente globalement un enjeu de production moyen : la production ligneuse y est modeste (4
à 4,5 m3/ha/an), et les produits essentiellement de qualité chauffage.

L'intérêt écologique est déterminé par un complexe de clairières forestières imbriquées dans une
matrice forestière. La présence de secteurs non exploités depuis 60 ans, une trame de vieux bois
(dont un certain nombre d'arbres remarquables) et un stock de bois mort important pour une forêt
gérée (12 m3/ha), renforcent l'intérêt écologique des zones forestières. Le site constitue une zone de
refuge pour la grande faune (brame du cerf), un territoire de chasse pour de nombreuses espèces de
chiroptères, et un potentiel important pour les espèces saproxyliques et cavernicoles.
Ces enjeux écologiques sont reconnus par trois zonages : ZNIEFF de type 1, Espace naturel sensible
et site Natura 2000 pour partie.

La fonction sociale est également importante, du fait de la présence de paysages remarquables, du


statut de réserve de chasse et de faune sauvage. La forêt départementale s'insère dans un complexe
sylvo-pastoral étendu : le domaine d'Ambel. Le site est équipé pour l'accueil du public : sentiers,
refuges. Une parcelle isolée (Chaud Clapier) s'insère dans une petite station de ski.

Les grandes options de l'aménagement

Maintien d'une gestion multifonctionnelle, dans laquelle la production ligneuse est importante, sans
être prioritaire.

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Poursuite de la gestion passée en futaie irrégulière, à même intensité, en laissant 10% de la surface
boisée en évolution naturelle, sous forme d'îlots de sénescence, disséminés (11 pour 46 ha).
Ne pas créer de nouvelles infrastructures de desserte.
Laisser agir la lente dynamique naturelle de fermeture des milieux, et n'intervenir sur les clairières que
de façon ponctuelle et ciblée (sites d'observation du brame, génie écologique au profit d'espèces
particulières).
Poursuivre la renaturation des boisements allochtones (épicéa), sans sacrifice d'exploitabilité.
Limiter le pastoralisme en forêt, sauf cas particuliers à étudier de façon collégiale.
Maintien de la fréquentation touristique, sans chercher à la développer.

Le programme d'actions

En matière de coupes, le programme d'actions prévoit :

- une rotation de 12 ans pour les coupes de futaie irrégulière, soit une surface moyenne parcourue de
33 ha par an et un volume annuel correspondant de 1 653 m3,
- deux passages dans les peuplements d'épicéa adultes, visant la dominance du hêtre à long terme.

En matière de travaux, le programme d'actions prévoit :


- l'éclaircie à bois perdu des jeunes perchis d'épicéa (7 ha), dans un objectif d'amélioration paysagère,
- l’entretien des limites périmétrales, du parcellaire et de la voirie forestière,
- des travaux de jardinage sur une surface moyenne de 8 ha/an,
- la matérialisation des placettes permanentes.
L'ensemble de ces actions à caractère patrimonial est évalué à 7,5 K€/an.

Un certain nombre d'actions visant à l'amélioration des connaissances sur certains groupes
écologiques sont proposées : coléoptères et champignons saproxyliques, fourmis rousses, carabidés,
lichens et bryophytes... L'approfondissement des connaissances sera également recherché sur les
placettes permanentes : pédologie, humus, flore. Le suivi dendrométrique détaillé d'un îlot de
sénescence pourra être mis en oeuvre.

Plusieurs actions sont proposées en faveur de l'accueil du public et des paysages, en particulier
l'actualisation et la poursuite de l'inventaire des arbres remarquables, le maintien de milieux ouverts
pour l'observation du brame du cerf, l'amélioration des équipements d'accueil du public.

L'ensemble des actions autres que patrimoniales est évalué à 6,9 K€/an.

Bilan prévisionnel

La récolte prévisionnelle (4 m3/ha/an) est un peu supérieure à ce qui a été constaté à Ambel depuis
1997 (3,5 m3/ha/an). Elle découle principalement d'une plus grande régularité des surfaces à
parcourir, et est proche de la production estimée, en prenant en compte la mortalité non récoltée
(maintien de bois morts et sénescents). Par ailleurs le capital sur pied est à présent plus important.
La recette escomptée est elle aussi en hausse, à 34K€/an, du fait de la hausse des récoltes et de la
bonne tenue actuelle du marché du bois de chauffage.
Ce surplus de recettes doit permettre de mettre en œuvre l'essentiel des actions proposées, tout en
dégageant un bilan net supérieur à celui du passé, à 18 €/ha/an. C'est le résultat de la lente
maturation de la forêt et de la conversion des anciens taillis en futaie.
Dans 20 ans, la forêt d'Ambel devrait être proche de l'équilibre au plan sylvicole : maintien du capital
sur pied, amélioration de sa qualité. Au plan écologique les actions mises en oeuvre dans le passé, et
amplifiées dans l'avenir, sont de nature à améliorer la capacité d'accueil pour de très nombreuses
espèces de faune, de flore et de fonge.

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