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Introduction

La détermination des caractéristiques d'un sol nécessite la réalisation d'essais. Certains


essais (relatifs au comportement à court terme), peuvent être effectués de deux façons :

 Au laboratoire après prélèvement d’échantillons intacts (ou non remaniés) ;


 Au sein du massif de sol, par un essai en place ou in situ.

Les essais permettant la détermination des caractéristiques à long terme sont réalisés au
laboratoire sur des échantillons de sol intacts.
Les avantages de l’essai in situ sont les suivants :
 Son exécution est rapide, donc on peut le multiplier pour permettre une
meilleure reconnaissance du sol ;
 Il est parfois le seul à réaliser lorsqu’on ne peut pas extraire des échantillons
intacts ;
Il donne des résultats globaux par rapport aux essais de laboratoire qui donnent des
résultats discontinus

PRELEVEMENTS DES SOLS


Dans le domaine de la géotechnique, la sécurité et le coût des ouvrages sont directement
liés au contenu et à la qualité de la reconnaissance des sols. Le prélèvement d'échantillons,
destinés à identifier et à caractériser mécaniquement les terrains, est une composante
importante de cette reconnaissance.

Les classes de prélèvement


Les classes de prélèvement traduisent l'état nécessaire des échantillons prélevés pour que les
caractéristiques géotechniques que l'on cherche à déterminer y soient mesurables. La notion
de classe de prélèvement se substitue donc à celle d'échantillon intact ou plus ou moins
remanié. Les prélèvements se répartissent en cinq classes en fonction des paramètre s
géotechnique s qui seront obtenus à l'issue d'essais sur les échantillons prélevé s (tableau I).

Tableau I
Paramètres géotechniques mesurables en fonction des classes de prélèvement

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Légende du tableau I Norme de référence pour
obtenir les paramètres
géotechniques
Z+¿ ¿ Description centimétrique
Z0 Description décimétrique
Z−¿¿ Description grossière
D Granulométrie NF P 94-056, XP P 94-041,
NF P 94-057
W¿L,W P Limites d'Atterberg NF P 94-051, NF P 94-052-1
e max , e min Compacité NF P 94-059
e Indices des vides NF P 94-053, NF P 94-054
ρs Masse volumique des grains NF P 94-054
MO Teneur en matière organique NF P 94-055 - XP P 94-058
σ ' P , Cv , Cc , Cs , E Compressibilité Déformabilité PR P 94-090-1
ID Indice de compacité NF P 94-059
w nat Teneur en eau pondérale en place NF P 94-050, NF P 94-049-1,
NF P 94-049-2
ρd Masse volumique sèche NF P 94-053
k Perméabilité
' ' NF P 94-070, NF P 94-071-1,
Rc , τ ❑ , φ , c , C u , φ uu , Cuu Résistance au cisaillement
NF P 94-071 -2, NF P 94-074
RQD Pourcentage de carottage
RTB Résistance en traction brésilienne

De la classe 1 à la classe 4, l'état de l'échantillon passe de non remanié (c'est-à-dire apte


notamment aux essais mécaniques) à totalement remanié (c'est-à-dire ne fournissant que des
paramètres de nature). La classe 5 correspond à un prélèvement non utilisable pour des essais.

Les techniques de prélèvement


Les techniques de prélèvement utilisent plusieurs méthodes :
- les puits, tranchées, fouilles et galeries : creusés mécaniquement ou manuellement ;
- les forages manuels : réalisés manuellement avec une tarière ;
- les forages par poinçonnement : le tube carottier est enfoncé sans rotation, soit par
percussion (fréquence supérieure à 2 Hz, effort de compression et d’extension) ou battage
(fréquence inférieure à 2 Hz), soit par fonçage à vitesse constante
(Supérieure à 2 cm/s) ;
- les forages par rotation : le carottier peut être refroidi ou non par un fluide de
Forage (eau, air, boue à la bentonite, etc.).

Les forages peuvent être classés en 3 catégories


- les forages carottés
- les forages semi-destructifs
- les forages destructifs

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Un forage dans le sol, qui est laissé livrer à lui-même, se referme toujours au bout d’un temps
plus ou moins long. Les forages doivent donne être exécutés en maintenant les parois, soit
avec un tubage métallique, soit par introduction de boue, la pression statique de la boue
équilibrant alors la pression horizontale du sol.

Les prélèvements manuels


Des blocs de sols ou de roches fermes peuvent être prélevés à la main dans les excavations.
Si tous les soins sont apportés à la taille, à l'emballage, au transport et au stockage, ces blocs
fournissent des échantillons de très bonne qualité (classe 1). Un exemple de prélèvement de
blocs est indiqué (figure 1).

Figure 1. Exemple de prélèvement de blocs à la main (AFNOR NF P94-202 1995)

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Figure 2. Exemple de prélèvement à la main (AFNOR NF P94-202 1995)

La forme de la boite est cubique ou parallélépipédique, de dimension décimétrique et est souvent


démontable afin de permettre l'extraction de l'échantillon au laboratoire.
La boite peut être constituée de deux demi-coquilles cylindriques à bords inférieurs tranchants. Si
elle est foncée par pression, son indice de surface est tel que C a <¿15 %.
Pendant le transport et le stockage, les fonds amovibles sont étanches et insensibles l'eau (figure 2).
Les symboles caractéristiques des carottiers sont présentés ci-après (figure 3), ainsi que les symboles
caractéristiques des échantillons (figure 4 ).

Figure 3. Les notations utilisées pour les diamètres de carottier


(AFNOR NF P94-202 1995)

Figure 4. Les notations utilisées pour les longueurs des carottes


(AFNOR NF P94-202 1995)

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Les forages carottés

Les forages non destructifs ou carottés servent en particulier aux prélèvement


d'échantillons à travers des couches de so1 échantillon nables, pour la détermination en
laboratoire des caractéristiques mécaniques.

Cette opération est réalisée au moyen de carottiers munis à leur base d'une couronne ou
d'une trousse coupante.

Ces carottiers sont mis en œuvre par rotation ou par poinçonnement

- Les carottiers rotatifs :

Les carottiers rotatifs sont adaptés aux terrains fins cohérents ou rocheux.

Le fluide de forage à utiliser dépend de la cohésion du sol en place :

- Eau claire dans 1es terrains à forte cohésion (rochers, marnes, argile de
consistance moyenne â raide).

- Boue bentonite dans 1es terrains â faible cohésions (argiles molles, sables argi1eux,
les grès friables, les roches a1té- rées)

- Les carottiers poinçonneurs :


Ces carottiers sont mis en œuvre par verinage dans les sols fins.

Les forages semi-destructifs

On appelle semi-destructif un procédé qui permet d'extraire le sol de façon continue sous
forme remaniée.
Les tarières à main :
Le forage se fait à la main avec une tarière actionnée par un tourne-à-gauche. La profondeur
de reconnaissance est limitée à quelques mètres dans les sols fins. La présence de graviers
rend son utilisation impossible.
Les tarières simples et les seaux rotatifs :
L'outil est actionné par une tige de manouvre depuis la surface. Ils sont limités
En profondeur de reconnaissance à quelques mètres dans les sols fins.

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Figure 5. Tarière à main et terrière simple (AFNOR NF P94-202 1995)

Figure 6. Seau rotatif avec terrière mobile


(AFNOR NF P94-202 1995)

Les forages à tarière continue  :


C'est un forage réalisé avec une tarière motorisée qui fore le sol par un système de vis
hélicoïdale, de type vis d'Archimède (figure 2.13). Le sol reste alors à l'intérieur des spires de
l'hélice et peut être prélevé lors de la remontée de la tarière. La profondeur de reconnaissance
peut être de plusieurs dizaines de mètres.

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Figure 7.la tarière continue
(AFNOR NF P94-202 1995)

Forages destructifs

Ces forages sont exécutés dans les situations suivantes :

- Reconnaissances géologiques rapides.


- Détection de cavités.
- Terrains ou le carottage est difficile
- Prélèvements en continu d'échantillons remaniés.
- Forages d'essais géotechniques spéciaux (essais de pompage, diagraphies...).

Selon le type de terrain rencontré, ces forages sont réalisés par battage, rotation, vibro-
foncage à l’aide d'un outil d'attaque fixé à un train de tige.

Cet outil est selon le cas :

- Trépan ou tricône pour les terrains durs.


- Tarière mécanique pour les sols cohérents.
- Soupape pour les terrains pulvérulents.
- Benne preneuse pour les formations alluvionnaires à granulométrie grossière.

Le forage à travers les couches dures nécessite l'utilisation d'un fluide (air, eau ou boue),
injecte par le train de tige permettent la remontée des sédiments.

Par ailleurs, lors de l'utilisation de la benne preneuse, les parois doivent être maintenues au
moyen de boue bentonite.

Les procédures
Les procédures ne sont pas quelconques. Elles sont maintenant définies par une norme (NFP

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94-202, 1995). Pour garantir la qualité de l'échantillon obtenu, on doit respecter les méthodes
préconisées.

Les modes de prélèvement


Les prélèvements en pleine masse :
Des exemples ont étés données précédemment (figures 1 et 2). Dans le cas de la boite,
l'espace libre entre l'échantillon et les parois internes doit être rempli de paraffine ou de tout
autre matériau assurant le maintien de l'échantillon et le préservant des variations de teneur en
eau.
Les prélèvements par carottier poinçonneur :
Cette méthode est utilisée pour le prélèvement des sols fins. Le fonçage par pression en
continu, sans interruption ni mise en rotation, fournit une qualité d'échantillon supérieure à
celle obtenue par battage. La vitesse de fonçage doit être supérieure ou égale à 2 cm/s. La
longueur de pénétration H doit être toujours inférieure à la longueur H, du carottier.
Les prélèvements avec étui :
On taille sur place les extrémités du prélèvement et on enlève les zones remaniées
Pour une obturation efficace des extrémités, on utilisera un mélange de paraffine et de
vaseline ne présentant pas de retrait, ou toute autre solution par joint torique figure 8) ou par
bouchon emboitable (figure 9). Lorsque l'étui est déformable, il convient de le bloquer dans
une coquille rigide.

Figure 8. Bouchon de fermeture de l’étui par joint torique


(AFNOR NF P94-202 1995)

Figure 9. Fermeture de l’étui par bouchon emboitable


(AFNOR NF P94-202 1995)

Le prélèvement sans étui :


Pour les échantillons de la classe 1 et 2, la carotte (cohérente) est essuyée, grattée, revêtue
d'un film étanche (par exemple, un mélange de paraffine et de vaseline), puis bloquée dans
une coquille cylindrique rigide.

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Pour la classe 3, les échantillons sont mis dans des sacs étanches.
Le prélèvement avec outil dés agrégateur :
Les échantillons de classe 3 sont mis dans des sacs étanches. Les échantillons de classes 4 et
5 sont mis dans des sacs évitant la dispersion des constituants.

Choix de la technique de prélèvement


Les techniques de prélèvement doivent être choisies en fonction du sol que l'on désire
prélever :
- le tableau 2 est relatif au sol fin très mou
- le tableau 3 est relatif au sol fin ferme :
- le tableau 4 est relatif au sol fin raide ;
- le tableau 5 est relatif au sol fin dur ;
- le tableau 6 est relatif au sol grenu propre ;

Tableau 2. Les techniques de prélèvement recommandées pour les sol fin mou
(AFNOR NF P94-202 1995)

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Tableau 3. Les techniques de prélèvement recommandées pour les sol ferme
(AFNOR NF P94-202 1995)

Tableau 4. Les techniques de prélèvement recommandées pour le sol raide ont très raide
(AFNOR NF P94-202 1995)

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Tableau 5. Les techniques de prélèvement recommandées pour le sol fin dur
(AFNOR NF P94-202 1995)

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Tableau 6. . Les techniques de prélèvement recommandées pour le sol grenu propre sable
(AFNOR NF P94-202 1995

Exemple de technique de prélèvement ;

Pour le choix des techniques de prélèvement, il est opportun de se référer à la norme XP 94


– 202.

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Etiquetage des prélèvements
Lorsqu'un tube de prélèvement est enfoncé dans le sol, deux possibilités se présentent
suivant la nature du terrain :
- le terrain est refoulé à l'intérieur du carottier, il est donc comprimé et non intact ;
- le terrain est entrainé plus bas et de ce fait non carotté.

Ces phénomènes apparaissent à l'extraction lorsque l'on mesure le pourcentage de carottage. Pour
obtenir un prélèvement idéal, il faut un pourcentage de carottage très voisin ou égal å 100 %. Dans ces
conditions, un carottier ne remaniant pas ou peu le sol doit répondre à trois critères :

- limiter, voire éliminer les déformations du terrain lors du fonçage, c'est-à-dire réduire au maximum
l'influence du volume du carottier ;
- limiter le frottement du terrain sur l'extérieur du carottier ;
- limiter le frottement de la carotte sur l'intérieur de l'étui.

Il convient de signaler que même lorsque l'on obtient un carottage de 100 %, le laboratoire de
géotechnique ne pourra l'utiliser qu'à 60 %, compte tenu des pertes en partie haute dues à la
décompression et au remaniement par l'eau de forage, et des pertes en partie basse dues à la
décompression et au remaniement par la rotation du tube carottier lors du cisaillement de l'échantillon.

La normalisation présentée ici a pour but d'éliminer les inconvénients cités plus haut et réaliser des
prélèvements dans des conditions optimales.

Pour éliminer les inconvénients cités plus haut et réaliser des prélèvements dans des conditions
optimales, il a été nécessaire de normaliser les dimensions des carottiers. Sur le carottier type (figure
2.8), les échantillons sont placés dans une gaine ou dans un coffre qui indique :

- la référence du chantier et son nom


- le nom de l'entreprise de forage qui a effectué le prélèvement ;
- la référence du prélèvement (numéro du sondage, numéro du prélèvement)
- le mode de prélèvement (type de l'outil et condition de mise en œuvre) ;
- la date du prélèvement ;
- les niveaux inférieurs et supérieurs du prélèvement par rapport au terrain naturel, avec le haut et bas
de la carotte.

Transport des échantillons


Les conditions suivantes doivent être respectées sur le chantier et pendant le
Transport au laboratoire :
-maintient hors gel ;
- pas de forte chaleur ni d'exposition directe au soleil ;
Manipulation sans chose avec le minimum de vibration (pour les classes1 et 2).

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Pour les classes1 et 2, les étuis sont transportés bien sécurisés dans une caisse tapissée de matériau
amortissant. La caisse est bloquée dans le véhicule servant au transport. On recommande d'utiliser le
procédé présenté dans la figure 10 pour les sols transportés verticalement et dans la figure 11 pour les
sols transportés horizontalement.

Figure 10. Caisse de transport vertical pour les prélèvements de classes 1 et 2


(AFNOR NF P94-202 1995)

Figure 11. Caisse de transport horizontal pour les prélèvements de classes 1 et 2


(AFNOR NF P94-202 1995)

Conservation avant essai des échantillons de classes 1 et 3

Les échantillons doivent être conservés à une température sensiblement constante et hors
gel. Lorsqu'une conservation de longue durée (supérieure à deux mois) est nécessaire, il
convient de mettre en place un dispositif préservant la teneur en eau (chambre humide,
emballage sous vide, etc.).

Aptitude des opérateurs


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La compétence et le savoir-faire de l'équipe de sondage sont deux des meilleurs facteurs de
la qualité du prélèvement. L'organisme de sondage doit justifier de la qualification de son
personnel.

Vérification et contrôles

Le bon fonctionnement du matériel de sondage doit être vérifié avant toute utilisation. Dans
le cas d'un carottier poinçonneur, il faut s'assurer que la trousse coupante est bien effilée et
n'est pas émoussée. Seule l'extrémité coupante peut être arrondie (rayon inférieur à 0,5 mm).

Dans le cas du carottier rotatif, il faut vérifier que :

- la couronne est en bon état et adaptée au matériau ;


- la rotation du tube inférieur se fait librement pour les carottiers double ou triple.

Dans tous les cas, la surface interne du carottier ou de l'étui doit être propre
(Mais peut être graissée ou huilée) lisse, sans arête ou irrégularité.

Procès-verbal de prélèvement

Le procès-verbal comporte les informations suivantes :

- la référence à la norme NF P94-202 ;


- la situation géographique du lieu du prélèvement ;
-le nom de l'organisme qui a effectué les prélèvements ainsi que le nom du chef d'équipe et le
type de machine utilisée.

L'identification et les caractéristiques du forage qui est réalisé dans un procès-verbal de


forage comprend :

- la coupe technique ;
- éventuellement le relevé des paramètres de forage notés ou enregistrés en fonction de la
profondeur (vitesse d'avancement, force de poussée sur l'outil, etc.);
- les conditions de rebouchage effectuées selon les spécifications contractuelles (hauteur du
rebouchage, nature du bouchon).

L'identification du prélèvement par :

- la classe de prélèvement requise


- la date du prélèvement
- la position du forage (profondeur du point haut et du point bas du prélèvement
Par rapport au terrain naturel au droit du forage) ;
- le type d'outil de prélèvement utilisé avec ses caractéristiques (C 0 , C l , C a , L l ¿ ) et
¿
La méthode de mise en œuvre ;

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-le diamètre du prélèvement ( Dl), la longueur brute de l'échantillon ( Lg ), la longueur nette ( Ln)
et éventuellement les longueurs éliminées en haut ( Le) et en bas ( Lb), la profondeur de
pénétration (H), l'indice net de carottage, (IC), le pourcentage de carottage (TC);

- la description sommaire de l'échantillon (réduite aux deux extrémités si celui-ci est sous
étui), nature, consistance et couleur.

Les observations liées à la réalisation du forage et du prélèvement ainsi que les détails
opératoires non prévus dans la norme, susceptibles d'avoir une influence sur les résultats. Un
exemple de fiche signalétique est donné dans le tableau 7.

Tableau 7. Fiche signalétique d’un prélèvement


(AFNOR NF P94-202 1995)

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