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G R A N D E SA L L E P I E RRE BO U L E Z ­– P H I L H A R MO N I E

Mercredi 23 et jeudi 24 septembre 2020 – 20h30

Orchestre de Paris
Esa-Pekka Salonen
Les prochains concerts
de l’Orchestre de Paris
ATTE NTIO N ! CHANGE MENT
DE PROGRA MME

Mercredi 30 et jeudi 1er octobre Samedi 3 octobre


Septembre

octobre
20H30 11H00
Concert en famille
Piotr Ilitch Tchaïkovski Histoires et dieux
Concerto pour violon
de la mer
Claude Debussy Maurice Ravel
La Mer
Daphnis et Chloé, Suite no 2
Maurice Ravel Claude Debussy
Daphnis et Chloé, Suite no 2
La Mer

Paavo Järvi direction Paavo Järvi direction


Gil Shaham violon Layla Darwiche conteuse

Du voyage d’Ulysse à celui d’Énée,


Paavo Järvi remplace Tugan Sokhiev qui ne
des Tritons aux Sirènes, des tempêtes
peut assurer ces concerts en raison des con-
ravageuses aux pirates cruels, les mytho-
traintes sanitaires pesant sur le trafic aérien.
logies de la mer nourrissent les fables de
Gil Shaham a choisi de se confronter à l’Antiquité gréco-latine. La prégnance de
l'expressivité généreuse et à la virtuosité cet imaginaire dans la première moitié du
débridée du Concerto pour violon de XXe siècle trouve une admirable expres-
Tchaïkovski. sion dans l’art de Ravel et Debussy. Du
Sous la direction de Paavo Järvi, premier, le ballet Daphnis et Chloé
l'orchestre offrira quant à lui deux œuvres évoque le rapt de la jeune fille par
majeures de la musique française et du de cruels pirates, quand La Mer, du
répertoire de l'Orchestre de Paris : La Mer second, métamorphose l’orchestre en
de Debussy et la Suite no 2 de Daphnis et poudroiement irisé du soleil sur la crête
Chloé de Ravel. des vagues.
TARIFS 62 € I 52 € I 42 € I 32 € I 20 € I 10 € TARIFS 10 € (enfants) I 14 € (adultes)

2
Jeudi 12 et samedi 14 novembre

novembre
Mercredi 7 et jeudi 8 octobre
20H30
20H30

Edward Elgar Sergueï Prokofiev


Symphonie no  1 « Classique »
Concerto pour violoncelle
Antonín Dvořák Nico Muhly
In Certain Circles, concerto pour deux
Symphonie no  9 « Du Nouveau
pianos, création
Monde »
Wolfgang Amadeus Mozart
Jakub Hrůša direction Symphonie no  41 « Jupiter»
Gautier Capuçon violoncelle
Maxim Emelyanychev direction
Katia Labèque piano
Marielle Labèque piano
Ce programme célèbre l’imposante
Neuvième Symphonie de Dvořák, célèbre
par son caractère héroïco-légendaire et Adossé à l’ultime symphonie de Mozart,
sa « recréation » de mélodies américaines. dont la perfection jette un regard
En contrepoint, l’archet de Gautier vers Bach, et un autre vers l’avenir, ce
Capuçon rend hommage à Elgar, autre programme est un voyage dans le temps
barde national, faisant souffler sur la révélant l’art des filiations secrètes. La
Bohême un vent d’Angleterre, confidentiel Symphonie « Classique » de l’enfant terrible
et quintessencié. du modernisme, Prokofiev, est bien un
hommage au XVIIIe siècle. Quant à Nico
Muhly, il offre à Katia et Marielle Labèque
un double concerto renouant avec la trans-
parence du Concerto pour deux pianos de
Mozart.

TARIFS 52 € I 42 € I 37 € I 27 € I 20 € I 10 € TARIFS 52 € I 42 € I 37 € I 27 € I 20 € I 10 €

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+ baseline sans baseline si logo moins de 20mm

Leading positive transformation

Partenaire de la Philharmonie de Paris

met à votre disposition le 23 septembre ses taxis pour


faciliter votre retour à la sortie du concert.
Le montant de la course est établi suivant indication du compteur et selon le tarif préfectoral en vigueur.
Programme
ME RC RE D I 23 E T J EU D I 24 S E P T EMB RE 2020 – 20 H30

Maurice Ravel
Le Tombeau de Couperin
Concerto en sol

Sergueï Prokofiev
Roméo et Juliette, Suites nos 1, 2 et 3 (extraits)

Orchestre de Paris
Esa-Pekka Salonen, direction
Lukas Geniušas, piano
Roland Daugareil, violon solo

ESA-PEKK A SALONEN REMPL ACE TUGAN SOKHIE V QUI NE PEUT VENIR À PARIS
EN R AISON DES CONTR AINTES SANITAIRES PESANT SUR LE TR AFIC AÉRIEN.
.

FIN DU CONCERT SANS ENTR ACTE VERS 22H30


Les œuvres
Maurice Ravel (1875-1937)
Le Tombeau de Couperin

I. Prélude
II. Forlane
III. Menuet
IV. Rigaudon

Composition : en 1914-1917 pour la version piano ; 1919-1920 pour la


version orchestre.
Création : le 28 février 1920 aux Concerts Pasdeloup (Paris) sous la
direction de Rhené-Baton.
Dédicace : I. « À la mémoire du Lieutenant Jacques Charlot » – II. « À la
mémoire du Lieutenant Gabriel Deluc » – III. « À la mémoire de Jean Dreyfus »
IV. « À la mémoire de Pierre et Pascal Gaudin ».
Effectif : 2 flûtes (la 2e aussi piccolo), 2 hautbois (le 2e aussi cor anglais),
2 clarinettes, 2 bassons – 2 cors, trompette – harpe – cordes.
Durée : environ 17 minutes.

Héritier des grandes pièces vocales de déploration, comme la célèbre Nymphes des bois
de Josquin des Prés sur la mort de Ockeghem, le genre musical du « tombeau » caractérise
la musique française pour luth des XVIe et XVIIIe siècle. Tombé en désuétude, il renaît à
la fin du XIXe siècle dans le répertoire pour orgue, et revient en pleine lumière avec Le
Tombeau de Couperin, composé par Ravel en 1917. Au-delà de l’hommage stylistique
distancié à l’un des grands noms de la musique française, il s’agit avant tout d’une pièce
dédiée à six camarades que le compositeur vit tomber sur le front de la Première Guerre
mondiale, dont l’un était l’époux de Marguerite Long, créatrice de l’œuvre en public.

Composée donc de six mouvements (Prélude, Fugue, Forlane, Rigaudon, Menuet, Toccata),
la partition fut d’abord dédiée au piano, où elle étonne par sa transparence, par sa
pudeur émotionnelle, presque par sa gaieté : fuyant toute solennité funèbre, Ravel trans-
forme l’hommage aux morts en manifeste esthétique du style français. Pour l’orchestration

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qu’il réalisa dès l’année
suivante, Ravel décida
C’est dans Le Tombeau de Couperin
de ne pas retenir la qu’il trouva une nouvelle fois
Fugue et la Toccata, refuge. (…) Fenêtres closes,
dont le caractère spéci- dans le silence, Ravel pavoisa sa
fiquement pianistique ne
pouvait à ses yeux être
musique aux couleurs de Paris,
efficacement transposé. avec tous ses drapeaux et le ciel
C’est donc une œuvre en autour. Il déposa dans Le Tombeau
quatre mouvements qu’il la joie sans la déception, l’énergie
réalise, dans laquelle un
langage harmonique
sans l’épuisement, la mélancolie
moderne fusionne avec sans le désespoir et la grâce de ce
l’esprit et les textures de qui devait être et vit.
la musique instrumentale
du XVIIIe siècle. Michel Bernard

Vif et tourbillonnant, le Prélude est dominé par le timbre entêtant du hautbois, qui
confère à la pièce la légèreté ornementale des pièces de clavecin, l’effet archaïsant
n’empêchant nullement des moments de paroxysme. Vient ensuite la célèbre Forlane – à
l’origine une danse de cour italienne – caractérisée par sa mélodie quelque peu pré-
cieuse, son charme sautillant et l’élégance de son rythme pointé. Tout un passé vient
en mémoire, bien qu’on soit loin, en réalité, du langage de Couperin : l’harmonie
particulièrement acidulée, ironique, presque agressive, fait sans doute de cette pièce
la plus surprenante et la plus moderne de l’ensemble. C’est encore le hautbois qui
domine les débats dans le Menuet, danse prisée de Ravel, auquel on doit également
un Menuet antique (1898) et un Menuet sur le nom de Haydn (1909). Cette pièce
raffinée, avec sa mélancolie aux couleurs pastorales présente une étonnante « musette »
centrale. Robuste et vigoureux, le Rigaudon conclusif adopte les accents d’une danse
villageoise, fortement portée par les cuivres. Au cœur de cette rusticité parodique,
l’intermède central, magnifiant une dernière fois le hautbois, glisse pourtant un climat
d’équivoque mélancolie, synthétisant à merveille la subtilité d’une partition qui est
aussi, sans pompe cocardière, un étendard secret de la musique française.

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Frédéric Sounac
EN SAVOIR PLUS
– Jean Echenoz, Ravel, Paris, Éditions de Minuit, 2006
– Michel Bernard, Les Forêts de Ravel, Paris, Éd. La Table ronde, 2015

L'ŒUVRE ET L'ORCHESTRE
Le Tombeau de Couperin, dans sa version orchestrale, est au répertoire de l’Orchestre de Paris
depuis 1969 où il fut dirigé par Louis de Froment. Lui a succédé Leonard Bernstein en 1971,
Daniel Barenboim en 1975, 1976, 1977, 1978 et 1981, Emmanuel Krivine en 1998, Armin
Jordan également en 1998. Paavo Järvi l’a dirigé à son tour en 2012, Josep Pons en 2017 et
enfin Klaus Mäkelä lors du concert du 9 juillet dernier.
.

Maurice Ravel
Concerto pour piano en sol majeur

I. Allegramente
II.  Adagio assai
III. Presto

Composition : en 1929-1931.
Création : à Paris, salle Pleyel, le 14 janvier 1932 par Marguerite Long et
l’Orchestre Lamoureux placés sous la direction du compositeur.
Dédicace : à Marguerite Long
Effectif : flûte, piccolo, hautbois, cor anglais, clarinette, petite clarinette,
2 bassons – 2 cors, trompette, trombone – timbales, percussions
harpe – cordes.
Durée : environ 21 minutes.

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Le concerto est contemporain du fameux Concerto pour la main gauche, et constitue la
dernière œuvre d’envergure de Maurice Ravel. Le premier mouvement, Allegramente, adopte
le ton du « divertissement » et présente une irrésistible explosion de musique, emblématisée
par le thème initial confié au piccolo. L’écriture orchestrale est d’une virtuosité extrême,
conférant au discours une énergie habillée de subtilités : pizzicatos et trémolos des cordes,
impalpables roulements de tambour, effets métalliques à la trompette, auxquels répondent
les glissandos vigoureux du piano…

Le soliste est toujours présent, s’immisçant dans le discours, puis dominant le deuxième
épisode. Plus lent, celui-ci fait entendre une mélopée langoureuse, dont le rythme syncopé
évoque le jazz. Subtilement dansant et mystérieux, ce thème presque gershwinnien fait
ensuite l’objet d’un véritable « emballement » pianistique, sous forme de poursuite effrénée
qui gagne tous les pupitres. L’écriture de Ravel conjugue alors frénésie débridée et maîtrise
de la forme : le retour de la danse s’estompe pour laisser place à deux cadences, dont l’une
confiée aux sons arachnéens de la harpe, avant une péroraison d’une grisante énergie.

Indescriptible sommet de
poésie, l’Adagio assai, justifie C’est finalement Marguerite
à lui seul le rang qu’occupe
l’œuvre au sein de la musique
Long qui va le jouer, pas lui
moderne. Le modèle est ici comme il l’espérait, même s’il
Mozart, bien qu’on ne ressente s’est tué à tenter d’acquérir la
nul pastiche ou imitation virtuosité requise. (…) Mais en
directe  : de ce classicisme
souverain, Ravel retrouve à
vain : il lui faut bien admettre
sa manière la fusion de parfaite que cette fois sa musique est
sobriété et d’émotion mise à nu, au-delà de ses moyens.
qui s’impose dès les premières
Jean Echenoz
mesures. À découvert, le soliste
énonce un chant éthéré, que
sa complexité rythmique rapproche de l’hypnose. L’étrangeté des couleurs harmoniques
renforce le sentiment d’immatérialité plaintive, qui ne se dément pas quand les bois entrent
pour soutenir le soliste. Si écho de la « soul music » il y a, c’est davantage dans l’esprit
que dans la lettre, tant le discours demeure éminemment ravélien. Peu à peu, la tension

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s’installe, culminant sur un accord libérateur : dissonance crue, d’où renaît la mélodie
désormais confiée au cor anglais, tandis que le soliste l’accompagne. À la fin, c’est à la
flûte que revient d’énoncer le chant toujours gorgé de passion contenue. Le soliste, lui, fait
poudroyer ce moment de temps suspendu, et conclut l’une des pages les plus délicates
auxquelles puisse se confronter un pianiste.

Après tant d’étouffante émotion, il fallait une flamboyante catharsis. C’est chose faite
avec le Finale, sorte de mouvement perpétuel qui fait appel à tous les moyens du soliste :
on retrouve là, comme dans Gaspard de la nuit, le plaisir qu’a le compositeur à jouer
avec les limites techniques, non pour célébrer la virtuosité en tant que telle mais pour
faire « craquer » les moules de la musique. Déclenché par quatre accords cinglants, ce
mouvement s’apparente à une vague grossissante, qui repose sur trois idées principales :
un volubile jeu de cache-cache entre le soliste et un trio de vents ; un thème joyeux, d’esprit
plus folklorique ; et une marche impérieuse que se partagent le piano et les cuivres. Le
développement fait subir à ce matériau de violentes transformations, de sorte que le
contraste avec le deuxième mouvement n’aurait pu être mieux dessiné : c’est sur ce Ravel
électrique, presque démoniaque, que s’achève cette merveille d’oppositions et d’équilibre
qu’est le Concerto en sol.
Frédéric Sounac

EN SAVOIR PLUS
– Marcel Marnat, Maurice Ravel, Paris, Éd. Fayard, nouvelle version, 1995
– David Sanson, Maurice Ravel, Arles, Éd. Actes Sud, coll. « Classica », 2005

L'ŒUVRE ET L'ORCHESTRE
Le Concerto en sol de Ravel est au répertoire de l’Orchestre de Paris depuis sa création, et
fut interprété par les plus grands solistes dont Bruno Leonardo Gelber, Alexis Weissenberg,
Daniel Barenboim, Hélène Grimaud, Krystian Zimerman ou Pierre-Laurent Aimard. Hélène
Grimaud l’a joué à nouveau lors de l’inauguration de la Philharmonie de Paris en janvier 2015
et Javier Perianes l’a joué en 2017 sous la direction de Josep Pons.

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Sergueï Prokofiev (1891-1953)

Roméo et Juliette, Suites nos 1 et 2, op. 64


et 3, op. 101 (extraits)

I. Montaigus et Capulets Suite 2, n° 1


III. Menuet Suite 2, n° 4
IV. Masques Suite 1, n° 5
V. Roméo et Juliette : scène du balcon Suite 1, n° 6
VI. Danse du matin Suite 3, n° 2
VII. Roméo près de la fontaine Suite 3, n° 1
VIII. La mort de Tybalt Suite 1, n° 7
IX. Aubade Suite 3, n° 5
X. Roméo au tombeau de Juliette Suite 2, n° 7
XI. Mort de Juliette Suite 3, n° 6

Composition : les deux premières suites ont été composées dans l’attente de
la création du ballet (créé à Brno en 1938, puis deux ans plus tard au Théâtre
Kirov de Leningrad). La troisième suite fut quant à elle composée en 1944,
alors que Prokofiev achevait Cendrillon.
Effectif : 2 flûtes, piccolo – 2 hautbois, cor anglais, 2 clarinettes, clarinette
basse, 2 bassons, contrebasson – 4 cors, 3 trompettes (la 3e aussi cornet),
3 trombones, tuba – timbales, percussions – piano, célesta –2 harpes –
saxophone ténor – cordes.
Durée : environ 45 minutes.

Il n’est peut-être que l’illustre « Chevauchée des Walkyries » de Wagner pour rivaliser, en
vitalité épique et popularité, avec la « Marche des chevaliers » (« Montaigus et Capulets »)
de Roméo et Juliette, qui demeure sans doute l’un des thèmes les plus saisissants de l’histoire
de la musique : c’est dire si le ballet de Prokofiev, longtemps après les importantes difficultés
qui ont entouré sa création, s’est imposé comme une pièce maîtresse du répertoire. Captée
par le cinéma, la publicité, chérie des groupes de heavy metal qui voient dans sa force une
préfiguration de leur esthétique, cette page orchestrale rend assurément hommage, par sa
postérité hors du commun, au chef-d’œuvre intemporel de Shakespeare. Rien d’étonnant,

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dès lors, à ce qu’elle offre
Le principal mérite de ma vie un portique monumental
(ou, si vous préférez, son principal à la deuxième des trois
inconvénient) a toujours été la suites d’orchestre que le
recherche de l’originalité de compositeur tira de son
ballet : la pratique, à
ma propre langue musicale. laquelle avait également
J’ai horreur de l’imitation et j’ai sacrifié Tchaïkovski pour
horreur des choses déjà connues. La Belle au bois dormant et
Casse-noisette, permettait
Sergueï Prokofiev.
à la musique d’être diffusée,
les conditions nécessaires à
l’interprétation d’un ballet n’étant que rarement réunies. Prokofiev ne l’ignorait pas, et renchérit
en livrant encore, en 1937, une transcription pour piano, dont il assura lui-même la création.

Achevées avant même la création du ballet en 1938, les deux premières suites prennent
en charge l’aspect dansant et lyrique (Suite n° 1) et psycho-dramatique (Suite n° 2). Plus
tardive (1944) et de moindre ampleur, la Suite n° 3 s’efforce de ressusciter des fragments
moins saillants de la partition, mais il est d’usage que chaque chef d’orchestre, selon son
goût et l’orientation qu’il souhaite donner à l’œuvre, compose avec ce matériau sa propre
suite originale. Outre l’indispensable « Marche », on entendra ce soir la page délicatement
lyrique qu’est « Juliette enfant » ; l’épisode magique et envoûtant qu’est « La scène du
balcon » ; l'étourdissante « Danse du matin » extraite de la Suite no 3 ; « La rue s’éveille »,
avec son thème syncopé rebondissant dans l’orchestre ; « Menuet », où le compositeur joue
du contraste entre textures solennelles, presque pompeuses, et cristallines ; le divertimento
énigmatique que constitue « Masques » ; la spectaculaire « Mort de Tybalt », sorte de
frénétique toccata pour cordes ponctuée de coups de boutoir aux cuivres ; « Aubade » qui
fut réorchestré pour la Suite no 3 ; « Roméo au tombeau de Juliette » dont les lamentations du
début deviennent déchirantes et tragiques dès l'entrée des cuivres ; « La Mort de Juliette »
enfin, poignant Adagio qui fut développé et adopté sous cette nouvelle forme dans la
version définitive du ballet.
Frédéric Sounac

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EN SAVOIR PLUS
– Claude Samuel, Prokofiev, Paris, Le Seuil, coll. « Solfèges », 1960
– Laetitia Le Guay, Serge Prokofiev, Éd. Actes Sud, 2012
– Phyllis Hartnoll, Shakespeare in music, Londres, McMillan, 1966

L'ŒUVRE ET L'ORCHESTRE
Les Suites de Roméo et Juliette sont au répertoire de l’Orchestre de Paris depuis 1970 où elles
ont été jouées sous la direction d’Alain Lombard. Lui ont succédé Erich Leinsdorf en 1973,
Yuri Temirkanov en 1989, Georges Prêtre et Frédéric Chaslin en 1996, Matthias Bamert en
1998, Yutaka Sado en 1999, Heinrich Schiff en 2006, Paavo Järvi en 2012 et enfin Long Yu
en 2014.
Ravel orchestrateur
Le saviez-vous ?
Le passage de l’intimité pianistique, véritable laboratoire compositionnel, à
l’imaginaire orchestral, est un exercice auquel Ravel se livra durant toute sa carrière,
non seulement pour ses propres œuvres, mais aussi pour celles de Chopin (Étude,
Nocturne et Valse), Schumann (Carnaval), Chabrier (Menuet pompeux) et bien
sûr les emblématiques Tableaux d’une exposition de Moussorgski.

Utilisant souvent un orchestre plus ramassé que les grands ensembles post-
romantiques, Ravel développe une véritable pensée orchestrale, et passe maître
dans l’art de transfigurer une idée musicale en individualisant les timbres et les
alliages de couleurs. Son œuvre la plus célèbre, le Boléro, constitue la démonstration
ultime de ce principe, mais c’est bien dans la confrontation entre les versions
pianistique et orchestrale d’une même partition que s’observe le mieux cette
délicate métamorphose : ainsi des orchestrations réalisées pour Ma Mère l’Oye,
les Valses nobles et sentimentales, et bien sûr Le Tombeau de Couperin.

Son génie s’inscrit dans l’héritage des grands orchestrateurs français, qui remonte à
Rameau en passant par Berlioz, et se poursuivra après lui au travers de personnalités
comme Varèse, Boulez ou les compositeurs de l’école spectrale.

Frédéric Sounac

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NewParisKingSize
Prokofiev et la musique de ballet
Le saviez-vous ?
Musicien prodige et pianiste hors du commun, Serge Prokofiev s’est essayé à tous
les genres musicaux, de la symphonie à l’opéra, en passant bien sûr par le piano
et la musique de film, notamment pour les immortelles réalisations d’Eisenstein.

Son rapport privilégié au ballet est dû à sa rencontre précoce avec le charismatique


Serge de Diaghilev, avec lequel il créa notamment, en 1921, Chout, l’histoire
d’un bouffon, partition dans laquelle son style sarcastique cohabite avec la
plus haute inspiration mélodique. D’un précédent projet, Ala et Lolly, il tira la
fameuse Suite Scythe, qui illustre davantage sa veine énergique et « sauvage ».

Ces deux tendances de sa musique convergent dans le projet plus tardif et plus
ambitieux qu’est Roméo et Juliette, qui après bien des vicissitudes, ne fut créé
qu’en 1938 à Brno, en République tchèque. Soucieux de faire taire les critiques
qui, à l’époque de Chout, lui reprochaient de ne mettre en musique que « les cris
furieux des singes et leurs gambades désordonnées », le compositeur imposa
un sujet shakespearien et livra une partition aussi ample que complexe, dans
laquelle la tendresse, parfois teintée d’élégie populaire, contraste avec la plus
saisissante violence.

Frédéric Sounac

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Les compositeurs
Maurice Ravel
Né à Ciboure en 1875, Ravel grandit à Paris. de « pornographie » tandis que Daphnis et Chloé,
Leçons de piano et cours de composition forment écrit pour les Ballets russes (1912), peine à ren-
son quotidien, et il entre à l’âge de 14 ans au contrer son public. Le succès des versions cho-
Conservatoire de Paris. Il y rencontre le pianiste régraphiques de Ma mère l’Oye et des Valses
Ricardo Viñes, qui deviendra l’un de ses interprètes nobles et sentimentales rattrape cependant ces
les plus dévoués, et se forge une culture person- mésaventures. Malgré son désir de s’engager sur
nelle où voisinent Mozart, Saint-Saëns, Chabrier, le front en 1914 (refusé dans l’aviation en raison de
Satie et le Groupe des Cinq. Ses premières compo- sa petite taille et de son poids léger, Ravel devient
sitions, dont le Menuet antique (1895), précèdent conducteur de poids lourds), Ravel ne cède pas
son entrée en 1897 dans les classes d’André au repli nationaliste qu’elle inspire à d’autres. Le
Gédalge et de Gabriel Fauré, qui reconnaît immé- compositeur, qui s’enthousiasmait pour le Pierrot
diatement le talent et l’indépendance de son élève. lunaire de Schönberg ou Le Sacre du printemps
Ravel attire déjà l’attention, notamment par le biais de Stravinski, continue de défendre la musique
de sa Pavane pour une infante défunte (1899), contemporaine européenne et refuse d’adhérer à
qu’il tient pour tant en piètre estime. Ses déboires la Ligue nationale pour la défense de la musique
au prix de Rome dirigent sur lui les yeux du monde française. Le conflit lui inspire Le Tombeau de
musical, choqué de son exclusion du concours en Couperin, qui rend hommage à la musique du
1905 après quatre échecs essuyés les années pré- xviiie siècle. Période noire pour Ravel, qui porte le

cédentes. En parallèle, une riche brassée d’œuvres deuil de sa mère morte en 1917, l’après- guerre
prouve sans conteste aucun son talent : Jeux d’eau, voit la reprise du travail sur La Valse, pensée dès
Miroirs et Sonatine pour le piano ; Quatuor à 1906 et achevée en 1920. Ravel achète en 1921
cordes ; Shéhérazade sur des poèmes de Tristan une maison à Monfort-l’Amaur y (Seine-et-Oise),
Klingsor ; puis la Rapsodie espagnole, la suite Ma bientôt fréquentée par tout son cercle d’amis, où
mère l’Oye ou le radical Gaspard de la nuit. Peu celui qui est désormais considéré comme le plus
après la fondation de la Société musicale indé- grand compositeur français vivant – Debussy est
pendante, concurrente de la plus conservatrice mort en 1918 – écrit la plupart de ses dernières
Société nationale de musique, l’avant-guerre voit œuvres, sa production s’arrêtant totale- ment en
Ravel subir ses premières déconvenues. Achevée 1932. En attendant, le compositeur reste actif sur
en 1907, la « comédie musicale » L’Heure espa- tous les fronts : musique de chambre (Sonate pour
gnole est accueillie avec froideur et même taxée violon et violoncelle, Sonate pour violon et piano),

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Brahms et la symphonie
scène lyrique (L’Enfant et les Sortilèges), ballet À l’été 1933, les premières atteintes de la maladie
Schumann,
(Boléro), entendant
musique concertantedans(lesles sonates
deux concer-pour piano dequi
neurologique son
vontcadet des «sesymphonies
l’emporter manifestent.
déguisées», n’eut de cesse de pousser Brahms vers l’orchestre. Malgré unde
tos pour piano). En parallèle, l’homme est honoré Petit à petit, Ravel, toujours au faîte métier sûr,
sa gloire,
acquis notamment au fil d’études poussées des partitions de ses prédécesseurs, le
de tous côtés – on lui offre notamment la Légion se retire du monde. Une intervention chirurgicalejeune
compositeur rencontra des difficultés à réaliser les espoirs de son aîné, et il confiait
d’honneur en 1920… qu’il refuse – et multiplie les désespérée le plonge dans le coma, et il meurt en
encore en 1872 : « Je ne composerai jamais de symphonie ! Vous n’imaginez pas quel
tournées, en Europe, aux États-Unis et au Canada. décembre 1937.
courage il faudrait quand on entend toujours derrière soi les pas d’un géant » (Beethoven
évidemment).

Sergueï Prokofiev
Ainsi, il aborda d’abord le genre symphonique par la bande : Sérénades (1857 et 1859),
Concerto pour piano  no 1 (1859), œuvres vocales tel le Requiem allemand (1868),
Variations sur un thème de Haydn (1873).
Enfant choyé et doué, le jeune Prokofiev se Rachmaninoff, et malgré le succès de son opéra
prépare avec Reinhold
L’achèvement, en 1876,Glière (1902-1904),
de la L’Amour des
Première Symphonie trois entraîner
sembla oranges etchez
de son
lui Troisième
une véri-
puis intègre à 13 ans leCconservatoire de Concerto pour piano.
table libération psychologique, et la Deuxième fut créée en décembre 1877. Il s’établit en Suivirent
Bavière
Saint-Pétersbourg
en 1883 la Troisième (1904-1914).
SymphonieIl et y en
reçoit,
1885 (1922-1923),
la Quatrième,travaillant à l’opéraqui
toutes partitions L’Ange
firentde
de
auprès des plus grands noms, une formation feu. Puis il se fixe
e en France (1923-1936). Trois
Brahms l’un des plus grands symphonistes de la fin du XIX siècle, aux côtés de Bruckner
de
et compositeur,
quelques annéesde pianiste
avant concertiste
Mahler ! et de ballets en collaboration avec Diaghilev seront
chef d’orchestre. Pianiste brillant, il joue ses créés à Paris. En 1921, Chout (L’Histoire du
propres œuvres en concert dès les années bouffon, écrit en 1915) associe Prokofiev, avec
1910. Avide de relever les défis de l’avant- la Suite scythe, à Stravinski. Après uneAngèle Deuxième
Leroy
garde, il se fait connaître dans un modernisme Symphonie constructiviste vient Le Pas d’acier
provocateur. Le futuriste Deuxième Concerto (1926), ballet sur l’industrialisation de l’URSS.
pour piano fait sensation en 1913. Une ligne Enfin, le ballet L’Enfant prodigue (1928) nourrira
iconoclaste traverse les Sarcasmes pour piano, la Quatrième Symphonie, comme L’Ange de feu
la Suite scythe (« barbare », à l’instar du Sacre la Troisième. La période occidentale fournira
du printemps de Stravinski), la cantate Ils sont encore les derniers concertos pour piano et le
sept. En 1917 viennent un Premier Concerto second pour violon. Mais dès la fin des années
pour violon délicat et pétillant et une Première 1920 Prokofiev resserre ses contacts avec
Symphonie « Classique ». Son opéra Le Joueur l’URSS. Son œuvre le montre en quête d’un
ne sera créé qu’en 1929. Après la révolution classicisme intégrant les acquis modernistes.
communiste de 1917, Prokofiev émigre aux Il rentre définitivement en Union Soviétique
États-Unis. Il y restera quatre saisons (1918- en 1936, époque des purges staliniennes et
1922), déçu de demeurer dans l’ombre de de l’affirmation du réalisme socialiste, qui met
Chostakovitch en porte-à-faux avec le régime. voir les autorités satisfaites. En 1948, lorsque
Le ballet Roméo et Juliette, Pierre et le Loup, le réalisme socialiste se durcit, il est accusé
le Concerto pour violoncelle et deux musiques de « formalisme », au moment où sa première
de film pour Eisenstein précèdent l’opéra Les femme, espagnole, est envoyée dans un camp
Fiançailles au covent. La guerre apporte de de travail pour « espionnage ». Il ne parviendra
nouveaux chefs-d’œuvre pianistiques et de guère à se réhabiliter ; désormais la composition
chambre, la Cinquième Symphonie et le ballet évolue dans une volonté de simplicité (Septième
Cendrillon ; Prokofiev entreprend son opéra Symphonie). Sa mort, survenue à quelques
tolstoïen Guerre et paix. En parallèle, il n’a heures de celle de Staline le 5 mars 1953, passe
cessé de se plier aux exigences officielles, sans inaperçue.

20
Les interprètes
Esa-Pekka Salonen
La Walkyrie. En février 2020, il a dirigé deux
semaines de concerts avec le Symphonique
de San Francisco. Salonen voit nombre de ses
compositions être à l’affiche à travers le monde.,
dont Sisar, pour piano (Yefim Bronfman),
Concert Étude pour cor (Ben Goldscheider),
etc., ainsi que ses principales œuvres orchestrales
comme Nyx, Stockholm Diary et Pollux. Son
Concerto pour violoncelle sera joué par le SWR
Symphonieorchester et le Philharmonique de
© Clive Barda

Tampere. Il dirige la création de Castor avec


les Philharmoniques de Los Angeles et New
York avec l’autre pièce du diptyque, Pollux,
Esa-Pekka Salonen est chef principal et conseiller son Concerto pour violoncelle en tournée avec
artistique du Philharmonia Orchestra. Il prend le Philharmonia (Truls Mørk), ainsi que son
cette saison ses fonctions de nouveau directeur Concerto pour violon avec le Symphonique de
musical du Symphonique de San Francisco. San Francisco (Leila Josefoicz), récompensé par
Il est artiste associé de l’Opéra et du ballet de le prix Grawemeyer et utilisé dans une campagne
Finlande et a rejoint récemment le Collège Apple pour iPad. De sa vaste discographie parue
de musique Colburn de Los Angeles où il va sous les labels Deutsche Grammophon ou Sony
diriger et développer le programme de direction classical principalement, citons son dernier
d’orchestre de Negaunee. Il est chef émérite de enregistrement paru en 2019 chez Sony : son
l’Orchestre symphonique de la radio suédoise Concerto pour violoncelle avec Yo-Yo Ma et le
et du Philharmonique de Los Angeles dont il Philharmonique de Los Angeles.
a été directeur musical de 1992 à 2009. La Esa-Pekka Salonen est régulièrement invité par
saison dernière, il a dirigé le Philharmonia au l'Orchestre de Paris depuis 1988 : il a notamment
Southbank Centre, aux BBC Proms, ainsi qu’en dirigé un Elektra de légende au Festival d’Aix-en-
tournée en Europe et Asie. Il a achevé le cycle Provence en 2013 ; le DVD ayant recu un Grammy
dédié à Weimar et ses compositeurs (Hindemith, Award. Les 12 et 14 février prochains, il retrouvera
Weill et Schönberg) et entamé son premier Ring l'orchestre dans Elektra en version concert.
à l’Opéra de Finlande, dirigeant L’Or du Rhin et esapekkasalonen.com

21
Lukas Geniušas
de Saint-Pétersbourg, le Kremerata Baltica,
l’Orchestre symphonique de la Radio polonaise,
etc. jouant sur les scènes internationales les plus
prestigieuses sous la baguette de chefs comme
Valery Gergiev, Mikhail Pletnev, Leonard
Slatkin, Charles Dutoit, Andrey Boreyko, Tugan
Sokhiev, etc.
Lukas Geniušas aborde un très vaste répertoire, de
la musique baroque à la musique d’aujourd’hui,
interprétant avec une égale maïtrise les concertos
beethovéniens ou les œuvres de John Adams ou
© DR

Hindemith, avec une prédilection pour Tchaïkovski,


Rachmaninoff et Prokofiev.
E n t ré d a n s l a c l a s s e p ré p a ra t o i re d u Rappelons que ses derniers enregistrements des
Conservatoire Frédéric-Chopin de Moscou Sonates de Prokofiev parus sous le label Mirare
à l’âge de cinq ans, Lukas Geniušas a ont reçu le Choc Classica 2019 et le Diapason
bénéficié de l’enseignement de sa grand- d'or 2019 du Meilleur récital de l'année ; son
mère, Vera Gornostayeva qui était professeur deuxième enregistrement pour ce label, dédié à
au Conservatoire de Moscou. Il reçoit à l’âge Chopin, a fait l'objet quant à lui d'une parution
de quinze ans une bourse « Jeune Talents », numérique en mai 2020.
puis deux ans plus tard une bourse « Jeunesse Depuis 2015, Lukas Geniušas est l'un des artistes
surdouée du XXI e siècle ». Diplômé en 2008 participant à un projet philanthropique basé à
du Conservatoire Frédéric Chopin de Moscou, Toronto, dont l'objectif est d'amener la musique
il remporte en 2010 le Concours international classique dans des institutions comme les prisons,
Frédéric Chopin et, en 2015, obtient la médaille hôpitaux et refuges, faisant ainsi bénéficier
d’or du Concours Tchaïkovski de Moscou. d'une expérience artistique au plus haut niveau
Lukas Geniušas s’est produit avec de nombreuses tous ceux qui n'auraient pas eu la chance de la
phalanges de premier plan, dont le BBC rencontrer dans leur milieu d'origine.
Scottish Symphony Orchestra,le Philharmonique geniusas.com

22
Joseph Haydn
Orchestre de Paris

Héritier
en 1732 dedansla Société
une famille des
modeste,
Concer Haydn
ts du avec
au service
Maria des Annarépertoires
Keller en 1760
des xix(une
e
et union
xxe siècles,
mal-
quitte
Conservatoire
ses parentsfondéetrès jeune,
en 1828,
confié l’Orchestre
dès l’âge dea heureuse),
comme de précèdela création decontemporaine
peu un événement à traversqui
6donné
ans à unsoncousin
concert
de lainaugural
famille. Deux
le 14denovembre
ses frères val’accueil
bouleverser
de compositeurs
la vie de Haydnen résidence,
: son embauche
la créa-
suivront
1967 sous unelatrajectoire
direction desimilaire
Charles
: Johann
Munch.Michael
Herbert comme
tion de vice-maître
nombreusesde œuvres
chapelle
et laauprès
présentation
de l’une de
(né
vonenKarajan,
1737), Sir compositeur,
Georg Solti, et Daniel
JohannBarenboim,
Evangelist des
cycles
plusconsacrés
importantes auxfamilles
figureshongroises,
tutélaires ducelle
xx  siècle
e
des
(1743),
Semyon ténor.
Bychkov,
Rapidement,Christoph
Haydnvondevient
Dohnányi,
choriste princes
(Messiaen,
Esterházy.
Dutilleux,
Engagé
Boulez,
par Paul
etc.).IIDepuis
Anton,sa il sert,
pre-
dans
Christoph
la maîtrise
Eschenbach,
de la cathédrale
Paavo JärviSaint-Étienne
et enfin Danielde après
mièrelatournée
mort deaméricaine
celui-ci l’année
en 1968suivante,
avecNicolas
Charles
Vienne
Harding ; ilse
perfectionne
sont ensuitesa succédé
voix mais
à saaussi
direction.
sa pra-En IerMunch,
Le Magnifique,
l’Orchestre profondément
de Paris est l’invité
mélomane.régulier C’est
des
tique
juin dernier,
du clavecin
KlausetMäkelä
du violon
a étéauprès
nomméde Conseiller
Georg legrandes
début d’une
scèneslongue
musicales
période
et a tissé
particulièrement
des liens privi-
von
musical
Reutter.
de l'Orchestre
La voix du jeunede Paris
homme
pourayant
deux ans mué,et riche
légiésenavec
compositions,
les capitales
écrites
musicales
à l’écarteuropéennes,
du monde
ce
prendra
dernierseslenouvelles
met à la fonctions
porte, et dès
Haydn
la rentrée
se trouve
pro- musical
mais aussiviennois.
avecHaydn
les publics
est en japonais,
effet rattaché coréen
aux
confronté
chaine, avant à dede pressantes
devenir son questions
prochain dedirecteur
subsis- propriétés
et chinois.des princes, Eisenstadt puis, à partir de
tance.
musical,En succédant
1753, il devient
ainsi àsecrétaire
Daniel Harding.
du composi- 1769, le château Esterháza. Nicolas Ier, conscient
teur italien Nicola Porpora, qui lui apprend « les deRenforcé
son génie, parlui
salaisse
position
peuauà peu
centre
plusdudedispositif
liberté,
véritables
Résident fondements
principal de delalaPhilharmonie
composition » de (Haydn
Paris etartistique
Haydn fait et pédagogique
ainsi la connaissance
de la Philharmonie
de Mozart
dixit),
dès sonun ouverture
enseignement en janvier
qu’il complète
2015 après en étudiant
bien des audedébut
Paris, des
l’Orchestre
années a1780,
plus queunejamais
rencontre le jeune
qui
les
migrations
traités de surFux
un demi-siècle
et de Mattheson.
d’histoire,
Il commence
l’Orchestre débouche
public au cœursur une deamitié
ses priorités.
suivie etQueun cetrèssoit
grand
dans
àdeattirer
Parisl’attention
a ouvert du en monde
janvier musical
2019 une à lanouvelle
fin des respect
les différents
mutuel.espaces
Sans empêcher
de la Philharmonie
Haydn de ou se tail-
hors
années
étape de 1760 sa riche
avec histoire
ses premières
en intégrant
œuvres cepour
pôle ler
lespetit
mursà petit
– à Paris
une réputation
ou en banlieue
internationale,
–, il offrecette
une
quatuor
culturel àunique
cordes.auUnmondecourt passage
sous la forme
au service
d’un relative
large palette
solitude,d’activités
couplée destinées
à son accès
aux familles,
permanent aux
du
département
comte von Morzin,
spécifique.
à l’époque
L’orchestre
de est
sondésormais
mariage aux
scolaires
ressources
ou auxd’uncitoyens
ensemble
éloignés
de musiciens,
de la musique lui
au cœur de la programmation de la Philharmonie ou fragilisés.
et dispose d’un lieu adapté et performant pour
perpétuer sa tradition et sa couleur française. Afin de mettre à la disposition du plus grand
nombre le talent de ses musiciens, l’Orchestre
Première formation symphonique française, diversifie sa politique audiovisuelle en nouant des
l’Orchestre de Paris donne avec ses 119 musiciens partenariats avec Radio Classique, Arte et Mezzo.
une centaine de concerts chaque saison à la
Philharmonie ou lors de tournées internationales. orchestredeparis.com
Il inscrit son action dans le droit fil de la tradi-
tion musicale française en jouant un rôle majeur

23
Direction
laisse unegénérale
certaine indépendance. LesCousin
Joëlle œuvres séjours en Angleterre (1791-1792
Béatrice Nachin et 1794-1795),
dans
Laurent le Bayle
style Sturm und Drang (Orage Cécileet Passion),
Gouiran où Haydn compose et crée
Nicolas ses douze dernières
Peyrat
vers 1770,
Directeur cellesde
général delalaCité
période plus légère
Matthieu qui symphonies, les « londoniennes ».
Handtschoewercker Marie PoulangesÀ l’été 1792, de
lui
de fait suite ou–les
la musique grandes œuvresGilles
Philharmonie « classiques »
Henry retour à Vienne, Haydn
Cédriccommence
Robin les leçons avec
des années 1780 témoignent ainsiFlorian
de Paris de laHolbévitalité Beethoven, mais laEstelle
relation entre les deux hommes
Villotte
de l’inspiration du compositeur. Durant AndreïcesIarca
décen- semble assez vite Florian
avoir été plutôt difficile. Au retour
Wallez
nies,
Thibaud il joue un rôledecentral
Malivoire Camasdans l’élaboration
Saori Izumi de de son deuxième séjour anglais, Haydn se tourne
ce qui va général
Directeur devenir adjoint
des genres fondamentaux
Raphaël Jacob Violoncelles
de la vers la musique vocale : il s’acquitte d’une messe par
musique (symphonie, quatuor à cordes). Momoko La mort,
Kato an pour Nicolas IIEmmanuel
Esterházy,Gaugué,
qui a succédé
1er soloà son
Direction
en septembre de l’Orchestre
1790, du prince Nicolas Maya ouvreKoch pour père en 1794, toutÉric en Picard,
se consacrant
1er soloà l’écriture de
de Parisune période de plus grandeAnne-Sophie
Haydn disponibilité ;Le Rolses deux grands oratorios, La Création
François Michel, 2e solo(1798) et
Anton,
Anne-Sophieson fils,Brandalise
laisse le compositeur libre de quit-
Angélique Loyer Les Saisons (1801). Haydn meurt
Alexandre Bernon,en mai 1809, un
3e solo
ter le domaine familial. C’est l’occasion
Directrice Nadiade deux an après sa dernière
Mediouni apparitionBasset
Anne-Sophie en public.
Édouard Fouré Caul-Futy Pascale Meley Delphine Biron
Délégué artistique Phuong-Maï Ngô Thomas Duran

Hector Berlioz
Conseiller musical
Klaus Mäkelä
Nikola Nikolov
Étienne Pfender
Gabriel Richard
Manon Gillardot
Claude Giron
Marie Leclercq
Né à La Côte-Saint-André, BerliozRichard est formé par parisiennes de Hamlet
Schmoucler FlorianetMiller
de Roméo et Juliette en
Premiers
son père,violons
humanistesolos convaincu.ÉliseSes Thibaut
premiers 1827 lui font l’effet d’une Peyrat
Frédéric révélation à la fois litté-
contacts
Philippe Aïcheavec la musique sont assez tardifs,
Anne-Elsa et raire et amoureuse
Trémoulet (il s’éprend
Hikaru Sato à cette occasion
c’est
Roland son installation à Paris qui lui Damien
Daugareil permet d’affir-
Vergez de la comédienne Harriet Smithson, qu’il épouse
mer sa volonté de devenir musicien.Caroline Il y découvre
Vernay en 1833). Secouée Contrebasses
par la Révolution de juillet,
Violons où l’on joue Gluck et Spontini, et le l’année 1830 estVincent
l’Opéra, marquée pour1Berlioz
Pasquier, er
solo par la
Conservatoire,
Eiichi Chijiiwa, 2 où e
il devient
violon Altosl’élève de création de la Symphonie
solo en 1826 fantastique,
Ulysse Vigreux, 1 soloqui renou-
er

Jean-François
Serge Pataud, Lesueur
2e violonensolo
composition
AnaetBelad’Antoine
Chaves,velle profondément
1er solo le genre
Sandrine de la2symphonie
Vautrin, e
solo en
Reicha pour
Nathalie le contrepoint
Lamoureux, 3 solo et la fugue.
e
DavidEn même 1 y solo
Gaillard, er
intégrant les codes de la musique
Benjamin Berlioz à programme,
temps qu’il
Philippe se présente,
Balet, quatre années
2e chef d’attaque de suite,
Nicolas au 2eetsolo
Carles, par son départ Jeanne
pour laBonnet
Villa Médicis suite à son
prix de André
Joseph Rome, il s’adonne à des activités Florian deVoisin,
journa-3e solo
Grand Prix de Rome. Il y rencontre notamment
Igor Boranian
liste, nécessaires
Antonin André-Réquénaà sa survie financière,
Clément et seBatrel-Genin
forge Mendelssohn. DeStanislas
retour en France, Berlioz jouit
Kuchinski
une culture
Maud Ayatsdont son œuvre porteraHervé la trace. C’est d’une solide renommée
Blandinières MathiasetLopez fréquente tout ce que
ainsiBenabdallah
Elsa le cas avec Beethoven et Weber mais aussi
Flore-Anne Paris compte d’artistes
Brosseau Mariedevan premier plan. La décen-
Wynsberge
avec Goethe,
Gaëlle Bisson qui lui inspire les Huit SophieScènesDivinde nie 1830-1840 est une période faste : ses créa-
Faust en
David 1828, et Shakespeare. Les représentations
Braccini Chihoko Kawadations rencontrent plus souvent le succès (Harold

24
Flûtes Bassons Trombones
Vincent Lucas, 1er solo Giorgio Mandolesi, 1er solo Guillaume Cottet-Dumoulin,
Vicens Prats, 1er solo Marc Trénel, 1er solo 1er solo
Bastien Pelat Lionel Bord Jonathan Reith, 1er solo
Florence Souchard-Delépine Yuka Sukeno Nicolas Drabik
Jose Angel Isla Julian
Petite flûte Contrebasson Cédric Vinatier
Anaïs Benoit Amrei Liebold
Tuba
Hautbois Cors Stéphane Labeyrie
Alexandre Gattet, 1er solo André Cazalet, 1er solo
Benoît Leclerc Benoit de Barsony, 1er solo Timbales
Rémi Grouiller Jean-Michel Vinit Camille Baslé, 1er solo
Anne-Sophie Corrion Antonio Javier Azanza Ribes,
Cor anglais Philippe Dalmasso 1er solo
Gildas Prado Jérôme Rouillard
Bernard Schirrer Percussions
Clarinettes Éric Sammut, 1er solo
Philippe Berrod, 1er solo Trompettes Nicolas Martynciow
Pascal Moraguès, 1er solo Frédéric Mellardi, 1er solo Emmanuel Hollebeke
Arnaud Leroy Célestin Guérin, 1er solo
Laurent Bourdon Harpe
Petite clarinette Stéphane Gourvat Marie-Pierre Chavaroche

Licences E.S. 1-1083294, 1-1041550, 2-1041546, 3-1041547 – Imprimeur :BAF


Olivier Derbesse Bruno Tomba

25
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Benoit, Christelle et Francois Bertière, et Didier Deconink,Anne et Jean-Pierre Claire et Richard Combes, Maureen
Agnès et Vincent Cousin, Pierre Fleuriot, Duport, France et Jacques Durand, et Thierry de Choiseul, Véronique Donati,
Nathalie et Bernard Gault, Pascale et Vincent Duret, Philippine et Jean-Michel Nicolas Gayerie et Yves-Michel Ergal,
Eric Giuily, Tuulikki et Claude Janssen, Eudier, S et JC Gasperment, Thomas Claudie et François Essig, Jean-Luc
Brigitte et Jacques Lukasik, Danielle et Govers, Marie-Claude et Jean-Louis Eymery, Claude et Michel Febvre,
Bernard Monassier,Laetitia Perron et Laflute, Michel Lillette, François Lureau, Anne-Marie Gachot, Catherine Ollivier
Jean-Luc Paraire, Eric Rémy, Brigitte et Michèle Maylié, Gisèle et Gérard et Francois Gerin, Benedicte et Marc
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. Veron, Eileen et Jean-Pierre Quéré, Martin, Christine Guillouet Piazza et
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Schweitzer. Martine et Jean-Louis Simoneau, Odile
et Pierre-Yves Tanguy, Aline et Jean-
Claude Trichet, Claudine et Jean-Claude
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