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Le secteur du tourisme est sans aucun doute l’un des secteurs les plus sinistrés du Maroc à cause notamment

de la crise liée à la Covid-19. C’est également l’un des secteurs où il y a le moins de visibilité.

Les autorités ont certes annoncé la réouverture des établissements d’hébergement touristique et la reprise des vols intérieurs ce jeudi 25 juin, mais la limitation des capacités d’accueil desdits
établissements, les restrictions de déplacement existantes actuellement et la présence d’un coronavirus qui circule encore, sont des handicaps majeurs au redémarrage du secteur.

Des handicaps auxquels s’ajoute une absence de visibilité totale concernant notamment la réouverture des frontières. Et quand bien même les autorités décident de les rouvrir, peu sûr de voir une ruée de
touristes étrangers vers la destination Maroc. Aujourd’hui, le mot d’ordre dans tous les pays est de soutenir chacun en ce qui le concerne l’économie locale, et ce en misant sur le tourisme domestique. Et
c’est ce sur quoi doit miser le Royaume, pour espérer ne serait-ce que limiter la casse.

Des pertes colossales

Alors que le Maroc se déconfine progressivement, l’enjeu actuellement pour ce secteur fortement sinistré, gros pourvoyeur de devises (80 milliards de DH), est de contenir les pertes et sauver des
centaines de milliers d’emplois directs (750.000) et indirects.

Une étude de la Confédération nationale du tourisme (CNT), rendue publique en avril dernier, fait ainsi état d’un impact de cette crise sur l’industrie touristique nationale pendant au moins 12 mois, avec
une perte en devises estimée à 138 Mds de DH sur 3 ans (sur la base des recettes en devises de 2019 - 78,6 Mds de DH).

Tous les acteurs du secteur devront par ailleurs affronter une période très difficile jusqu’à décembre 2020 (9 mois) et s’attendre à une reprise timide et graduelle à partir d’avril 2021. C’est dire que le
tourisme, encore très loin d’être sorti… de l’auberge, a besoin d’un véritable Plan Marshall pour se relancer. Et qui doit parier, pour le moment, sur le tourisme interne.

Le tourisme interne à la rescousse

Cette crise sanitaire a montré, tant s’en faut, la nécessité de revoir en profondeur la politique touristique nationale, qui a longtemps fait du tourisme interne un simple palliatif. La plupart des actions initiées
par le passé pour doper le tourisme domestique, comme Kounouz-Biladi, se sont en effet traduites par des flops, à cause surtout d’offres non adaptées aux besoins et aspirations des nationaux. Il a donc
besoin actuellement, au-delà des décisions folkloriques et inefficientes, d’une vision à long terme cohérente.

«Le tourisme interne pourra jouer un rôle déterminant pour combler une partie du manque à gagner du recul de l’afflux des touristes étrangers, à travers la mise en place d’outils et de mécanismes
efficaces pour soutenir le consommateur national », nous confiait à ce titre Bouhoute Zoubir, directeur du Conseil provincial du tourisme de Ouarzazate (www.fnh. ma).

«L’une des propositions que nous pouvons suggérer, consiste en l’octroi de «chèques vacances régionaux » à utiliser dans la même région auprès des entreprises touristiques de l'ensemble de la chaîne de
valeur : hôtels, maisons d'hôtes, restaurants, agences de voyages, transport touristique, location de voitures, etc. Ce fonds serait alimenté dans un premier temps, principalement par les contributions du
fonds Covid-19, des compagnies d’assurances, de l'ONMT et des régions », suggère-t-il.

Au-delà, les Marocains devront aussi faire preuve de patriotisme pour soutenir le secteur, en lui consacrant une partie des sommes dépensées à l’étranger dans le cadre de leurs vacances. Les données de
l'Office des changes indiquent que ces dépenses ont été de l'ordre de 19,14 milliards de dirhams en 2019.

L’ONMT se mobilise

L’Office national marocain du tourisme multiplie les actions pour sauver les meubles. Il a ainsi lancé l’initiative «ntla9awfbladna», avec pour objectif de stimuler la demande touristique nationale. Un appel à
manifestation d’intérêt à l’attention des conseils régionaux du tourisme (CRT) a été lancé pour mener conjointement des campagnes de communication.

Cela permettra à l’Office de mettre au service des «12 CRT» une cellule composée d’experts en marketing, communication et digital pour les accompagner dans le développement de leur communication
dédiée au «tourisme interne».

Dans la même optique, l’ONMT a également lancé la campagne «3lamantlakaw» visant à accompagner le secteur, en attendant d’autres projets qui sont dans le pipe. ◆
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