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– PCSI 2019–2020, lycée Lalande, Bourg–en–Bresse –

Cours de Physique

Alexandre Alles

5 juin 2020
PCSI 2019–2020, Lycée Lalande, Bourg–en–Bresse Alexandre Alles

Table des matières

Préambule 1

Conseils de rentrée 1

Données physiques 1

-1 Analyse dimensionnelle 4

0 Erreurs et incertitudes 7

I Signaux et ondes 9

1 Oscillateur harmonique 10

2 Propagation d’une onde 14

3 Superposition d’ondes 23

4 Propagation de la lumière 29

5 Systèmes optiques : les lentilles 36

6 Introduction au monde quantique 43

II Électrocinétique 55

7 Circuit électrique dans l’approximation des régimes quasi–stationnaires 56

8 Circuit linéaire du premier ordre 68

9 Oscillateurs amortis 73

10 Régimes sinusoïdaux forcés 81

11 Filtrage linéaire 93

III Mécanique 112

12 Cinématique : description et paramétrage des mouvements 113

13 Dynamique : les postulats de la mécanique classique 124

14 Travail, puissance et énergie 133

15 Particules chargées dans des champs électrique et magnétique 143

16 Moment cinétique et systèmes en rotation 150

17 Forces centrales 158

IV Thermodynamique 164

18 Description d’un système à l’équilibre 165

19 Échanges d’énergie au cours d’une transformation 178

20 Premier principe, bilan d’énergie 182

21 Deuxième principe, bilan d’entropie 189

i
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22 Machines thermiques 195

23 Statique des fluides 204

V Magnétisme 210

24 Le champ magnétique 211

25 Action d’un champ magnétique 215

26 Lois de l’induction 219

27 Induction de Neumann : Circuit fixe dans un champ magnétique variable 222

28 Induction de Lorentz : Circuit mobile dans un champ magnétique stationnaire 228

PRÉAMBULE 2
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Préambule

I Organisation en Physique–Chimie
− 5h de cours par semaine.
− 2h de TP par semaine en demi groupes.
− 1h de TD par semaine en demi groupes.

II Conseils généraux
− Fournir un travail régulier permet d’économiser son temps de travail.
− Les TDs ainsi que que les TPs sont à revoir, ils font partie intégrante du cours.
− En classe : ne rien noter que l’on ai pas compris, il faut poser des questions en cours : une explication de 5min en classe vaut mieux
que 30min de recherche personnelle. Toujours dans un souci d’économie du temps de travail.
− Adopter un rythme de vie sain : sommeil et repas ne sont pas des options, une pratique sportive peut être un bon complément.
− Il n’est pas nécessaire d’investir dans un livre de Physique, les cours proposés forment un tout cohérent.
− Il ne faut pas hésiter à me contacter ou venir échanger avec moi quant au contenu du cours.

III Le cours
− Être attentif.
− Poser toutes les questions qui vous semblent utiles.
− Reprendre le cours le soir même ou le lendemain en fonction de votre emploi du temps.
− En fin de chapitre il peut être utile de produire des fiches résumées (Réécrire l’intégralité du cours ne constitue pas une fiche résumée).

IV Les TDs
− Préparer le/les exercices demandés.
− Demander de l’aide en cas de difficulté (à moi ou vos collègues de promotion).
− Le travail en groupe peut constituer une méthode de préparation des exercices intéressante.
− Reprendre les TDs après correction.

V Les TPs
− Prévoir un cahier de TP pour éviter d’avoir des feuilles volantes.
− Lire le sujet avant de venir en TP (ils seront distribués en avance autant que possible).

VI Les colles
− 1h de colle toutes les deux semaines.
− Interrogation orale par groupe de 3.
− Une colle de physique se compose d’une question de cours puis d’un ou plusieurs exercices.

PRÉAMBULE 1
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I Constantes physiques et autres données


Grandeur Valeur
Vitesse de la lumière c = 2, 99792458 × 108 m.s−1
Charge élémentaire e = 1, 60219 × 10−19 C
Nombre d’Avogadro NA = 6, 02204 × 1023 mol−1
Constante gravitationnelle G = 6, 672 × 10−11 N.m2 .kg−2
Constante des gaz parfaits R = 8, 3144J.K−1 .mol−1
Constante de Faraday F = 96484C.mol−1
Constante de Boltzmann kB = 1, 38066 × 10−23 J.K−1
Constante de Planck h = 6, 62617 × 10−34 J.s
Masse de l’électron me = 9, 10953 × 10−31 kg
Masse du neutron mn = 1, 675 × 10−27 kg
Masse du proton mp = 1, 673 × 10−27 kg
Permittivité du vide 0 = 8, 85419 × 10−12 F.m−1
Perméabilité du vide µ0 = 4π × 10−7 H.m−1
Masse du Soleil M = 1, 9891 × 1030 kg
Masse de la Terre M♁ = 5, 9736 × 1024 kg
Masse de la Lune M$ = 7, 34 × 1022 kg
Rayon du Soleil R = 696 000km
Rayon de la Terre (équateur) R♁ = 6 378, 14km
Rayon de la Lune (équateur) R$ = 3 474, 6km
Distance Soleil-Terre (demi grand axe) d ♁ = 149 597 870km
Distance Terre-Lune (demi grand axe) d♁$ = 384 400 km

Symbole ou abréviation Signification


b Définitions, éléments importants
K Expériences

Figure 1 – Symboles utilisés dans ce polycopié

Minuscule Majuscule Prononciation


α A Alpha
β B Beta
γ Γ Gamma
δ ∆ Delta Nom Symbole Puissance
, E E Epsilon tera T 1012
ζ Z Dzeta (zeta) giga G 109
η H Eta mega M 106
θ Θ Thêta kilo k 103
ι I Iota
κ K Kappa hecto h 102
λ Λ Lambda déca da 101
µ M Mu 100
ν N Nu déci d 10−1
ξ Ξ Xi centi c 10−2
o O Omicron
π Π Pi milli m 10−3
ρ, % P Rho micro µ 10−6
σ Σ Sigma nano n 10−9
τ T Tau pico p 10−12
υ Υ Upsilon femto f 10−15
φ Φ Phi
χ X Khi (chi)
ψ Ψ Psi Figure 3 – Préfixe des unités
ω Ω Omega

Figure 2 – Lettres grecques

PRÉAMBULE 2
1 IA 18 VIIIA

1 1.0079 2 4.0025

1 H (Mendeleev’s) Periodic Table of Chemical Elements via TikZ He


Hydrogene Helium
2 IIA 13 IIIA 14 IVA 15 VA 16 VIA 17 VIIA

PRÉAMBULE
3 6.941 4 9.0122 5 10.811 6 12.011 7 14.007 8 15.999 9 18.998 10 20.180

2 Li Be B C N O F Ne
Lithium Beryllium Bore Carbone Azote Oxygène Fluor Néon

11 22.990 12 24.305 13 26.982 14 28.086 15 30.974 16 32.065 17 35.453 18 39.948

3 Na Mg Al Si P S Cl Ar
Sodium Magnesium Aluminium Silicium Phosphore Soufre Chlore Argon
3 IIIA 4 IVB 5 VB 6 VIB 7 VIIB 8 VIIIB 9 VIIIB 10 VIIIB 11 IB 12 IIB

19 39.098 20 40.078 21 44.956 22 47.867 23 50.942 24 51.996 25 54.938 26 55.845 27 58.933 28 58.693 29 63.546 30 65.39 31 69.723 32 72.64 33 74.922 34 78.96 35 79.904 36 83.8

4 K Ca Sc Ti V Cr Mn Fe Co Ni Cu Zn Ga Ge As Se Br Kr
Potassium Calcium Scandium Titane Vanadium Chrome Manganèse Fer Cobalt Nickel Cuivre Zinc Gallium Germanium Arsenic Selenium Brome Krypton

37 85.468 38 87.62 39 88.906 40 91.224 41 92.906 42 95.94 43 96 44 101.07 45 102.91 46 106.42 47 107.87 48 112.41 49 114.82 50 118.71 51 121.76 52 127.6 53 126.9 54 131.29

5 Rb Sr Y Zr Nb Mo Tc Ru Rh Pd Ag Cd In Sn Sb Te I Xe
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Rubidium Strontium Yttrium Zirconium Niobium Molybdene Technetium Ruthenium Rhodium Palladium Argent Cadmium Indium Étain Antimoine Tellure Iode Xenon

55 132.91 56 137.33 57-71 72 178.49 73 180.95 74 183.84 75 186.21 76 190.23 77 192.22 78 195.08 79 196.97 80 200.59 81 204.38 82 207.2 83 208.98 84 209 85 210 86 222

6 Cs Ba La-Lu Hf Ta W Re Os Ir Pt Au Hg Tl Pb Bi Po At Rn
Césium Barium Lanthanide Halfnium Tantale Tungsten Rhenium Osmium Iridium Platine Or Mercue Thallium Plomb Bismuth Polonium Astate Radon

87 223 88 226 89-103 104 261 105 262 106 266 107 264 108 277 109 268 110 281 111 280 112 285 113 284 114 289 115 288 116 293 117 292 118 294

7 Fr Ra Ac-Lr Rf Db Sg Bh Hs Mt Ds Rg Uub Uut Uuq Uup Uuh Uus Uuo


Francium Radium Actinide Rutherfordium Dubnium Seaborgium Bohrium Hassium Meitnerium Darmstadtium Roentgenium Ununbium Ununtrium Ununquadium Ununpentium Ununhexium Ununseptium Ununoctium

Métal alcalin
Métal alcalino–terreux
Métal 57 138.91 58 140.12 59 140.91 60 144.24 61 145 62 150.36 63 151.96 64 157.25 65 158.93 66 162.50 67 164.93 68 167.26 69 168.93 70 173.04 71 174.97
Métalloïde La Ce Pr Nd Pm Sm Eu Gd Tb Dy Ho Er Tm Yb Lu
Non–métal
Lanthanum Cerium Praseodymium Neodymium Promethium Samarium Europium Gadolinium Terbium Dysprosium Holmium Erbium Thulium Ytterbium Lutetium
Halogène
Gaz Noble
Lanthanide/Actinide

Z mass
man- 89 227 90 232.04 91 231.04 92 238.03 93 237 94 244 95 243 96 247 97 247 98 251 99 252 100 257 101 258 102 259 103 262
Symbol made Ac Th Pa U Np Pu Am Cm Bk Cf Es Fm Md No Lr
Name
Actinium Thorium Protactinium Uranium Neptunium Plutonium Americium Curium Berkelium Californium Einsteinium Fermium Mendelevium Nobelium Lawrencium

3
Alexandre Alles
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Chapitre -1
Analyse dimensionnelle
Time and Relative Dimensions in Space. Yes, that’s it.
Bibliographie Names are funny. It’s me. I’m the TARDIS.
bCours PTSI, B. Mollier −→ Chapitre 1 Idris – Dr Who (saison 6, épisode 4, 2011)

En physique il est essentiel d’obtenir des résultats numériques à partir des modélisation ou des lois que nous utilisons. Mais qu’est–ce
qu’un résultat numérique si il n’a pas de sens physique ? C’est là que les unités jouent un rôle essentiel : une hauteur, une longueur ou
une profondeur bien que décrivant trois notions géométriques différentes ont un point commun, ce sont des distances. De même que le
poids d’un objet ou encore la tension à l’intérieur d’un fil sont tous deux ce que l’on appelle des forces. Dans ce chapitre nous allons
faire un tour d’horizon rapide sur les unités mais aussi comment utiliser les unités pour obtenir qualitativement des informations sur un
problème.

I Dimension d’une grandeur


b Analyse dimensionnelle :
L’analyse dimensionnelle est un outil théorique servant à interpréter les problèmes (physiques par exemple) à partir des dimensions
des grandeurs mises en jeu, c’est-à-dire de leur nature intrinsèque : longueur, durée, masse, intensité électrique...

1.1 Homogénéité
b Grandeurs comparables :
Deux grandeurs sont comparables si et seulement si elles ont même dimension.

Remarque : Banane 6= Pomme. Ainsi une formule doit absolument être homogène, on doit retrouver à gauche et à droite d’un signe
égale des quantités ayant les mêmes dimensions.
1.2 Les 7 dimensions fondamentales
b Les 7 dimensions fondamentales :
Toute grandeur physique peut s’exprimer en fonction des 7 dimensions suivantes :
− la longueur L
− la masse M
− le temps T
− l’intensité du courant électrique I
− la température θ
− la quantité de matière n
− l’intensité lumineuse J

Dimensions usuelles
1. Quelle est la dimension d’une accélération ?
2. En utilisant le PFD (Principe Fondamental de la Dynamique), déterminer la dimension d’une force.
3. En utilisant la relation entre force et pression, déterminer la dimension d’une pression.
4. En utilisant la définition du travail d’une force, déterminer la dimension d’une énergie.
5. En utilisant la définition de la puissance, déterminer la dimension d’une puissance.

1.3 Équations aux dimensions


A partir des dimensions, il est possible de mettre au point une méthode permettant d’analyser qualitativement un problème physique.
Par exemple si l’on cherche une l’échelle de temps sur laquelle se déroule un phénomène il est possible de construire de manière ad hoc
une quantité homogène à un temps.

Équations aux dimensions (énoncé)


On considère une particule chargée se déplaçant circulairement dans un champ magnétique. On voudrait estimer la vitesse
angulaire de la particule ω. Les paramètres du problèmes sont les suivants :
− la masse de la particule m, homogène à M
− la charge de la particule q, homogène à I.T
− le champ magnétique B, homogène à M.T−2 .I−1
A priori la vitesse angulaire ne dépendra que de ces paramètres, on peut donc l’écrire comme ω = kmα q β B γ avec k, α, β et γ des
constantes sans dimensions.

Équations aux dimensions (questions)


1. À quoi est homogène la vitesse angulaire ω ?
2. À quoi est homogène le produit mα q β B γ ?
3. Identifier terme à terme les dimensions et en déduire les valeurs de α, β et γ.
4. Quelle est l’expression de la vitesse angulaire ω ?

4
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II Unités

2.1 Unités S.I.


Toute grandeur possède une unité. De plus comme tout grandeur peut s’exprimer comme la composition de 7 grandeurs fondamen-
tales, de la même façon toute unité peut s’exprimer comme la composition de 7 unités “fondamentales". Ces unités composent ce que
l’on nomme le système international des unités, ou unités SI. Il est en vigueur dans le monde entier, à l’exception du monde anglo–saxon
(sauf l’Australie).
b Unités du système international :
Nom Dimension Unité Définition
Longueur L mètre (m) 1m = distance parcourue par la lumière
dans le vide en 1/299 792 458 s (1983)
Masse M killogramme (kg) 1kg = masse de l’étalon international de platinum/iridium
conservé au bureau international des poids et mesures à Sèvres (1889)
Temps T seconde (s) 1s = 9 192 631 770 période de la radiation correspondant à la
transition entre les deux niveaux hyperfins de l’état
fondamental de l’atome de césium 133 (1967)
Intensité du courant I Ampère (A) 1A = intensité d’un courant électrique qui,
maintenu dans deux conducteurs parallèles rectilignes,
de longueur infinie, de section circulaire négligeable et placés
à une distance de 1m l’un de l’autre dans le vide,
produit entre ces deux conducteurs une force
de 2.10−7 N par mètre linéaire (1948)
Température θ Kelvin (K) 1K = fraction 1/273,16 de la température
thermodynamique du point triple de l’eau pure (1967)
Quantité de matière n mole (mol) 1 mol = quantité de matière d’un système contenant autant
d’entités élémentaire qu’il y a d’atomes dans
12 gramme de carbone 12 (1971)
Intensité lumineuses J Candela (cd) 1cd = intensité lumineuse dans une direction donnée
d’une source qui émet un rayonnement monochromatique de
fréquence 540,1012Hz et dont l’intensité énergétique dans
cette direction est 1/683 Watt par stéradian (1979)

2.2 Conversion
Il est parfois nécessaire de passer d’un système de mesure à un autre, la conversion d’unité est dans ce cas incontournable et il faudra
être à l’aise avec cette notion.

Conversions d’unités
1. Une supernova de type Ia explose en libérant une énergie de 1, 5.1051 erg. Quelle est la quantité d’énergie libérée en Joule ?
2. Lors du Vendée Globe 2012, François Gabart parcours 487,23 miles nautiques (mi) en 24h. Quelle est la distance parcourue en
unités SI ?
Données : 1erg = 10−7 J, 1mi = 1852m

III Ordre de grandeur


b Ordre de grandeur :
Puissance de 10 la plus proche du nombre considéré.

Les ordres de de grandeurs sont ont un coté pratique lorsque l’on cherche à déterminer grossièrement une valeur numérique. Calculer un
ordre de grandeur est rapide et si la valeur obtenue semble totalement absurde par rapport au résultat attendu, c’est un indice incitant
à reprendre plus attentivement votre raisonnement précédent.

Ordres de grandeur
Complétez les ordres de grandeurs des nombres suivants : 65781m, 456,654s, 145.104 kg.

IV Chiffres significatifs

4.1 Précision de mesure


b Chiffres significatifs :
Le premier chiffre non nul ainsi que tous les chiffres situés à droite de ce dernier sont significatifs.

Chiffres significatifs
Combien de chiffres significatifs possèdent les valeurs suivantes 436.6400, 1.4 × 106 , 0.002 00, 0.002 01 et 12 400
Remarque : Pour ce dernier exemple il existe une ambiguïté, le nombre de chiffres significatifs est-il de 3 ou bien de 5 ?
L’utilisation de la notation scientifique permet d’éviter les problèmes : 1.24 × 104 et 1.2400 × 104 n’ont pas le même nombre de
chiffres significatifs.

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4.2 Déterminer le nombre de chiffres significatifs


b Déterminer le nombre de chiffres significatifs :
− Le nombre de chiffres significatifs d’un résultat issu d’une multiplication ou division, est identique à celui du terme du calcul en
possédant le moins.
− Le dernière chiffre significatif d’un résultats issu d’une addition ou soustraction, est du même ordre de grandeur que le dernier chiffre
significatif de plus grand ordre de grandeur des différents termes de la sommes.

Ces deux définitions (surtout la seconde) sont un peu alambiquées, un exemple vaut mieux qu’un long discours...

Chiffres significatifs
Calculer le résultat des opérations suivantes et les écrire avec le bon nombre de chiffres significatifs 1, 33 − 0, 50, 1, 33 − 0, 5,
12 × 2, 0, 12 × 2 et 12 × 2, 2.

V Bilan

b Face à une formule :


1. Écrire l’expression littérale
2. Vérifier si la formule est homogène
3. Éventuellement vérifier les limites en 0 et l’infini
4. Convertir les unités en unités SI
5. Calculer l’ordre de grandeur
6. Application numérique
7. Déterminer le nombre de chiffres significatifs
8. TOUJOURS écrire l’unité

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Chapitre 0
Erreurs et incertitudes
–Il en manque une !
–Vous êtes sor ?
–Tout à fait sor !
Don Salluste & Blaze – La folie des grandeurs (1971)
Bibliographie
bBUP vol. 104, Novembre 2010 −→ Article “Incertitudes expérimentales", Bally & Berroir

La notion d’incertitude occupe un rôle essentiel dans le cadre d’une activité expérimentale. Le but d’une expérience est de valider
(ou non) une loi ou un modèle physique, et il est impossible de conclure quant à l’exactitude d’un modèle si l’on ne prend pas en compte
de façon précise et maitrisée l’incertitude d’une mesure expérimentale. Il est donc essentiel de prendre en compte de façon rigoureuse les
différentes sources d’erreurs pouvant se glisser dans une expérience.

I Erreurs
1.1 Définitions
b Valeur mesurée x, valeur vraie X, erreur
Lors de la mesure d’une grandeur physique x, l’erreur est la différence entre la valeur mesurée x et la valeur vraie X.

1.2 Erreur aléatoire


b Erreur aléatoire
Erreur variant d’une mesure à l’autre.
Imaginons que l’on mesure la période d’oscillation d’un pendule. Si l’on répète l’expérience plusieurs fois et avec éventuellement plusieurs
expérimentateurs, les résultats ne seront pas rigoureusement identiques mais le résultat de la mesure sera caractérisé par une distribution
de probabilité répartie autour de la valeur vraie.
1.3 Erreur systématique
b Erreur systématique
Composante de l’erreur qui ne varient pas d’une mesure à l’autre.

Exemple : Millikan a trouvé une valeur inexacte de la charge de l’électron car la valeur qu’il avait utilisé pour la viscosité de l’air était
erronée. Cette erreur se retrouvait à l’identique dans chacune de ses mesures. Il est donc plus délicat de la repérer car on n’observe pas
de variation aléatoire des mesures.

Figure 1 – Erreurs aléatoires et erreurs systématiques, ©BUP vol. 104

II Notion d’incertitude
L’incertitude traduit les tentatives pour estimer l’importante de l’erreur aléatoire commise.
2.1 Incertitude–type
2.1.1 Incertitude de type A
Dans ce premier cas on chercher à caractériser la distribution de probabilité des valeurs de x, cela passe entre autre par l’évaluation
de l’écart–type de la série de mesures. Ceci passe par une étude statistique que nous n’aurons pas le luxe de mettre en place lors d’une
séance expérimentale car il faudrait reproduire de nombreuses fois la même expérience puis procéder à étude statistique...
2.1.2 Incertitude de type B
Dans ce second cas l’incertitude est estimer en étudier la précision des appareils de mesure et des conditions expérimentales.
Exemple : pour une règle l’incertitude peut être estimer à une graduation voire une demi graduation. Mais il faut toutefois avoir une
vue d’ensemble de l’expérience, car même avec la meilleur règle du monde si l’on travaille sur une expérience longue de 3m la flexion de
la règle sous son propre poids risque fortement de faire partie des sources d’erreur.
Exemple : les appareils électroniques que nous serons amené à utilisés disposent d’une documentation indiquant de façon précise
l’incertitude propre à l’appareil. On veillera à régulièrement y jeter un coup d’oeil.
2.2 Incertitude–type composée
Estimer chaque source d’incertitude n’est que la première étape, il faut ensuite composer toutes ces incertitudes afin d’estimer au
mieux la fiabilité d’une mesure expérimentale.
b Incertitude et addition/soustraction
Si l’on somme (ou soustrait) deux termes dont on connait l’incertitude, alors l’incertitude du résultat consiste en la somme des
incertitudes : si a = b + c alors les incertitudes sont reliées par ∆a = ∆b + ∆c.

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b Incertitude et multiplication/division
Si l’on multiplie (ou divise) deux termes dont on connait l’incertitude, alors l’incertitude du résultat se calculs
grâce à la formule des
 2  2
∆a ∆b ∆c
“incertitude logarithmiques" : si a = b × cγ (avec γ une constante) alors les incertitudes sont reliées par = + γ .
|a| b c

Remarque : Ces deux expression de l’incertitude constituent en réalité une surestimation de l’incertitude.
Remarque : Pour une expression f (x1 , x2 , ...xn ) donnée, on peut estimer l’incertitude grâce à la formule de propagation des erreurs :
s 2  2
∂f ∂f
∆f = (∆x1 )2 + ... (∆xn )2
∂x1 ∂xn

Propagation des erreurs


Déterminer l’incertitudes des grandeurs suivantes à l’aide la formule de propagation des erreurs
r
m m
ρ= ; T0 = 2π ; OA = A − O .
V k

III Incertitude expérimentale


3.1 Présentation d’un résultat expérimental
b Écriture d’un résultat expérimental
La valeur mesurée de x s’écrit x = x̄ + ∆x avec x̄ la meilleur estimation de la valeur vraie X et ∆x l’incertitude–type sur la mesure.

En d’autres termes, on peut affirmer que la valeur vraie de x se trouve dans l’intervalle [x̄ − ∆x ; x̄ + ∆x].
b Incertitude relative
∆x
L’incertitude relative est définie comme .
|x̄|

3.2 Acceptabilité d’un résultat


Une fois la valeur mesurée et son intervalle d’incertitude obtenus, on les compare à la valeur de référence (soit une valeur théorique,
soit une valeur de référence expérimentale appelée valeur tabulée). Il arrive que l’intervalle ne contienne pas la valeur de référence,
on peut calculer la probabilité qu’un point de mesure tombe ou non dans l’intervalle d’incertitude en supposant une distribution de
probabilité (on ne s’amusera pas à faire ça).

α∆x, α = 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4


P(%) 0 38,3 68,3 86,6 95,5 98,8 99,7 99,95 99,99

Figure 2 – Probabilité qu’un point tiré aléatoirement suivant une probabilité gaussienne tombe dans l’intervalle [x̄ − α∆x ; x̄ + α∆x].

Ainsi si l’écart entre la mesure et la valeur tabulée dépasse 2∆x on commencera à sérieusement douter de notre mesure. Dans ce cas il
faudra réfléchir aux éventuelles erreurs systématiques qui auraient pu se glisser dans notre expérience.
3.3 De la bonne utilisation de la régression linéaire
En séance expérimentale on réalisera dès que possible des séries de mesures en faisant varier un paramètre apparaissant dans une
relation linéaire pour réaliser ensuite une régression linéaire. Des outils performants existent pour nous assister dans cette tâche. On
pourra par exemple mesurer le courant circulant dans une résistance lorsque l’on fait varier la tension à ses bornes afin de décrire la
relation linéaire U = f (i) = Ri. Une régression linéaire appliquée à ce jeu de donnée aura pour pente la résistance R, et nous pourrons
même obtenir une estimation de l’incertitude de mesure.

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Première partie

Signaux et ondes

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Chapitre 1
Oscillateur harmonique
Now, drop and give me 50 harmonic oscillations...
Bibliographie Eureka (saison 4, épisode 14, 2011)
bCours PTSI, B. Mollier −→ Chapitre 6
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 1
En sciences physiques nous travaillons avec ce que l’on nomme des modèles. Un modèle consiste en un ensemble d’hypothèses et de
lois “mathématiques" visant à décrire simplement mais non moins efficacement un problème réel. De nombreux problèmes de physiques
mais également de chimie ou de biologie peuvent être décrit par l’utilisation d’un modèle physique. Ici nous allons découvrir l’un des
modèles les plus classiques (si je puis dire célèbre) de la physique : l’oscillateur harmonique.
Nous verrons également plus tard (Chapitre 11) que le modèle de l’oscillateur harmonique nous permet de décrire le mouvement
d’un système autour d’une position d’équilibre mais également qu’elle se rencontre dans de très nombreux domaines de la physique.

I Oscillateur harmonique
1.1 Premier exemple : le système masse/ressort
Soit un masse m attachée à un ressort de raideur k et longueur à vide l0 . On suppose que la masse peut uniquement se déplacer
sans frottement suivant la direction l’axe horizontal Ox . Le système étudié est la masse repérée par sa position le long de l’axe Ox et
sera étudié dans le référentiel terrestre supposé galiléen.

• Ox

Figure 1 – Schéma du système masse/ressort


Bilan des forces :
− Le poids P = mg vertical et orienté vers le bas.
− La réaction du support vertical, orienté vers le haut et compensant le poids.
− La force de rappel du ressort, horizontal et tendant à ramener le ressort à sa longueur au repos l0 . Dans le domaine élastique du ressort


elle s’exprime F = −k(l − l0 )−
u→ (Loi de Hooke).
x

Appliquer le principe fondamental de la dynamique puis une projection suivant l’axe Ox conduit à l’équation suivante


m−

a = Σ F =⇒ mẍ = −kx .

avec x = l − l0 l’élongation du ressort (i.e. l’écart entre la position de la masse à l’instant t et sa position au repos).

b Équation du mouvement du système masse/ressort


Le système masse/ressort horizontal 1D et sans frottement est décrit par une équation différentielle linéaire d’ordre 2 à coefficients
constants,
ẍ + ω02 x = 0 ; (1)
r
k
avec ω0 = appelée la pulsation propre du système et dépendant uniquement des grandeurs du système : la raideur du ressort k
m
et la masse m.

1.2 Oscillateur harmonique


1.2.1 Équation de l’oscillateur harmonique
Plus généralement l’équation différentielle linéaire (1) décrit l’évolution de système que l’on nomme “oscillateurs harmoniques". De
nombreux systèmes physiques plus ou moins complexes sont décrit par cette équation.

b Équation de l’oscillateur harmonique


d2 y
L’équation différentielle linéaire 2 + ω02 y = C (avec C une constante et ω0 la pulsation propre du système) est appelée équation de
dt
l’oscillateur harmoniques.

b Oscillateur harmonique
On appelle oscillateur harmonique à 1 dimension, tout système pouvant être décrit par l’équation différentielle linéaire d’ordre 2 à
coefficients constants suivante
d2 y
+ ω02 y = C . (2)
dt2

1.2.2 Résolution de l’équation


La solution générale de l’équation (2) se décompose en deux termes y(t) = y0 (t)+y1 (t), y0 la solution générale de l’équation homogène
(sans second membre, i.e. C = 0) et y1 une solution particulière de l’équation.

y0 (t) = Y0 cos(ω0 t + φ0 ) ;
y1 (t) = C0 .

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Avec Y0 l’amplitude, φ0 la phase à l’origine et C0 une constante (car l’équation de l’oscillateurs harmonique est à coefficients
constants), trois réels qui seront déterminés grâce aux conditions initiales.
Grâce à un peu de trigonométrie on peut réécrire la solution générale de l’équation homogène comme
 
p B
y0 (t) = A cos(ω0 t) + B sin(ω0 t) avec Y0 = A + B et φ0 = arctan
2 2 .
A
b Oscillateur
On appelle oscillateur tout système dont la dynamique est périodique au cours du temps, on parle d’oscillateur harmonique si la
dépendance temporelle est sinusoïdale.

1.2.3 Retour sur le système masse/ressort


r
k
L’équation de l’oscillateur harmonique masse/ressort vu précédemment s’écrit ẍ + ω02 x = 0 avec ω0 =.
m
La solution d’une telle équation peut s’écrire x(t) = A cos(ω0 t) + B sin(ω0 t) + C0 , pour déterminer les constantes il faut réinjecter cette
fonction dans l’équation dont elle est la solution. Ceci conduit à

−Aω02 cos(ω0 t) − Bω02 sin(ω0 t) + ω02 (A cos(ω0 t) + B sin(ω0 t) + C0 ) = 0 =⇒ ω02 C0 = 0 ;

Afin de déterminer les coefficients A et B, il faut étudier les conditions initiales. Ainsi la valeur de ces coefficients dépendra du problème
étudié. Ici nous allons considéré qu’initialement la masse est légèrement écartée vers la droite afin d’avoir un ressort de longueur l < l0 ,
à l’instant initial la masse est lâchée sans vitesse y(0) = A = x0 et ẏ(0) = B = 0.
b Solution du problème masse ressort pour des conditions initiales données
Dans notre cas l’expression de la position de la masse au cours du temps prend la forme

x(t) = x0 cos(ω0 t) ;
r
k
avec x0 = (l − l0 )(t = 0) l’élongation initiale du ressort, l0 la longueur au repos du ressort et ω0 = la pulsation propre du système
m
où k est la constante de raideur du ressort et m la masse de la masse.
1.3 Caractérisation du mouvement
b Amplitude du mouvement
On appelle l’amplitude du système l’écart entre la valeur maximale et la valeur médiane que peut prendre le système ymax , son unité
dépend du problème étudié.
Remarque : Dans le cas du système masse/ressort 1D l’amplitude est A = x0 , elle s’exprime en m, voir Figure 2.
b Pulsation propre du système
d2 y
On appelle pulsation propre du système le coefficient ω0 qui apparait dans l’équation de l’oscillateur harmonique + ω02 y = C. Il
dt2
s’exprime en s−1
r
k
Remarque : Dans le cas du système masse ressort la pulsation propre est ω0 = .
m
b Fréquence
La fréquence d’un oscillateur est reliée à la pulsation propre par la relation ω0 = 2πf .
r
ω0 1 k
Remarque : Dans le cas du système masse ressort la fréquence est f = = , elle s’exprime en Hz.
2π 2π m
b Période
1
La période du système est relié à la fréquence par T = , elle s’exprime en s.
f
r
m
Remarque : Dans le cas du système masse ressort la période est T = 2π . Elle peut se lire graphiquement, voir Figure 2.
k

x
x0 T

Figure 2 – Évolution de l’élongation du ressort x en fonction du temps.

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1.4 Retour sur le système masse/ressort, aspect énergétique


Nous pouvons vérifier l’expression de l’élongation du ressort x(t) = x0 cos(ω0 t) grâce à une approche énergétique. L’énergie mécanique
d’un tel oscillateur s’écrit
1 1
Em = Ec + Ep = mv 2 + kx2
2 2
1
mx20 ω02 sin2 (ω02 ) + kx20 cos2 (ω0 t)

=
2
1
= k2 x20 (sin2 (ω0 t) + cos2 (ω0 t))
2
1
= k2 x20 . (3)
2

b Conservation de l’énergie
L’énergie totale d’un oscillateur harmonique se conserve.

L’approche énergétique permet également d’obtenir l’équation régissant la dynamique d’un oscillateur harmonique. Dans le cas du
1 1 1 1
système masse ressort l’énergie mécanique s’écrit Em = mv 2 + kx2 = mẋ2 + kx2 . L’énergie totale se conserve, ce qui signifie que
2 2 2 2
sa dérivée par rapport au temps est nulle.

dE
= mẍẋ + kẋx = 0 =⇒ mẍ + kx = 0 .
dt
On retrouve bien l’équation différentielle linéaire d’ordre 2 à coefficients constants régissant la dynamique d’un oscillateur harmonique.

b Énergie potentielle élastique


1 1
L’énergie potentielle d’un ressort de longueur à vide l0 et de raideur k s’écrit Ep = k(l − l0 )2 = kx2 .
2 2

II Exemples d’oscillateurs harmoniques

2.1 Oscillateur harmonique mécanique


2.1.1 Le pendule simple
Soit un pendule simple placé dans le référentiel terrestre supposé galiléen. Un bilan des forces
• puis l’écriture du principe fondamental de la dynamique conduisent à l’équation (1). On projette


ensuite suivant les direction Or et Oθ afin d’essayer de s’affranchir de la tension T .

→ − →
θ m−→
a =P +T ; (4)
l mar = P cos(θ) + T ; maθ = −P sin(θ) . (5)


T L’accélération orthoradiale a pour expression (admise pour le moment) aθ = lθ̈. Ainsi l’équation
projeté suivant l’axe Oθ devient

M• g
mlθ̈ + mg sin(θ) = 0 =⇒ θ̈ + θ=0;
l


Oz P Or
Car pour des angles suffisamment petits sin θ ∼ θ. Le pendule simple, auspetits angles, est donc
r
Figure 3 – Schéma du pendule simple un oscillateur harmonique de pulsation propre ω0 = g , T = 2π = 2π l .
l ω0 g
2.1.2 Microscope à Force Atomique (Atomic Force Microscopy : AFM)
http://culturesciences.chimie.ens.fr
2.1.3 Modèle de la matière condensé, d’Einstein à Debye (Hors programme)
− Einstein parti de l’hypothèse que chaque atome constituant un solide se comporte comme un oscillateur harmonique quantique indé-
pendant. Ce modèle simpliste est relativement pertinent replacé dans son contexte historique.
− Debye proposa une version amélioré de ce modèle en considérant que chaque oscillateur était relié à ses plus proches voisins. Cela
revient à considérer une chaine de systèmes masse/ressort, on peut le faire 1D, 2D ou 3D.
N* Albert Einstein 1879–1955 : physicien allemand et prix Nobel de physique 1921
N* Peter Debye 1884–1966 : physicien et chimiste hollandais

• • Ox
M1 M2

Figure 4 – Système de deux masses identiques couplées par des ressorts identiques

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On écrit le PFD pour chacune des masse puis on compose ces équations couplées (dépendantes de x1 et x2 ) pour obtenir des équations
découplées (portant sur les nouvelles variables X = x1 − x2 et Y = x1 + x2 ).

mẍ1 = −kx1 + k(x2 − x1 ) ; mẍ2 = −kx2 + k(x1 − x2 ) ;


m(ẍ1 − ẍ2 ) = −k(x1 − x2 ) − 2k(x1 − x2 ) = −3k(x1 − x2 ) ; m(ẍ1 + ẍ2 ) = −k(x1 + x2 ) ;
mẌ = −3kX ; mŸ = −kY ;
r r
k k
Le système couplé précédent est donc équivalent à deux oscillateurs harmoniques découplés de pulsation propre ω1 = 3 et ω2 = .
m m
Ces deux modes de vibration du système sont appelés les modes propres du système.
2.1.4 Expérience de Cavendish

Cavendish utilisa un pendule de torsion qu’il perturba par


des masses placées à proximité afin d’estimer la valeur de la
constante gravitationnelle G. Le principe de la balance de
torsion est simple, il s’agit d’obtenir un système qui établit
l’équilibre entre la force de torsion d’un fil et la force d’attrac-
tion gravitationnelle. Lorsque l’on écarte le système des deux
sphères de sa position d’équilibre d’un angle θ alors celles–
ci, afin de retrouver l’état d’équilibre, oscillent autour de leur
position d’équilibre (oscillations amorties).
N* Henry Cavendish 1731–1810 : physicien et chimiste bri-
tannique

2.2 Oscillateur harmonique électrique

On applique pour commencer la loi des mailles, puis en utilisant les relations caractéris-
C UC di dUC
tiques des bobines UL = L et des condensateurs i = C on obtient l’équation d’un
dt dt
oscillateur harmonique
E
di d2 UC d2 UC 1
E = UC + UL = UC + L = UC + LC 2
=⇒ + UC = E .
L UL dt dt dt2 LC
1
Ce système est donc un oscillateur harmonique de pulsation propre ω0 = √ .
LC
Figure 5 – Schéma d’un circuit LC

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Chapitre 2
Propagation d’une onde
It’s a real shame the false news travel fast
Bibliographie False news travel fast – Sonata Arctica
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 2

On regroupe sous l’appellation “signal" toute information dépendante du temps et/ou de l’espace. Toute observation d’un problème
physique consiste en l’extraction ou conversion en un signal physique exploitable, aujourd’hui à l’air du numérique on utilise très souvent
les signaux électriques pour étudier un système : accéléromètre, capteur de position, intensité lumineuse convertie en signal électrique
par une CCD...
Nous verrons qu’une double dépendance temps/espace entraîne le caractère propagatif du signal. Dans ce chapitre nous allons étudier
quelques propriétés de ces signaux sans rentrer dans les aspects les plus calculatoires comme l’établissement de l’équation régissant la
propagation d’un signal appelée équation de D’Alembert .
N* Jean le Rond D’Alembert 1717–1783 : philosophe, physicien, mathématicien et encyclopédiste français

I Signaux et ondes

1.1 Signal
b Signal
Grandeur physique dont la détermination permet d’accéder à une information.

b Signal périodique
Signal qui se répète à l’identique au bout d’un certain temps.

Signal Grandeurs physiques Gammes de fréquence


Acoustique Pression et vitesse Audible 20 Hz à 20 kHz, ultrason, infrason
Électrique Courant et tension
Électromagnétique Champ électrique et magnétique Visible 1 × 1014 Hz à 1 × 1015 Hz...

Pour chaque domaine de la physique permettant la propagation d’ondes, différentes grandeurs peuvent se propager. Dans le cas de
l’acoustique, c’est une onde de pression qui se propage (une succession de surpression et de dépression) mais elle est également associée
à une vitesse locale des particules composant le milieu de propagation. Dans le cadre de l’électromagnétisme ce sont les variations des
champs électriques et magnétiques qui se propagent. Dans le cadre de l’électricité alternative les grandeurs se propageant sont l’intensité
et la tension électrique.

− Ligne haute–tension ∼ 10Hz


− Four à induction ∼ 100kHz
− Radio AM ∼ 1MHz
− Radio FM, IRM et RMN ∼ 100MHz
− Téléphone mobile ∼ 1GHz
− Radar, satellite, four à micro–ondes ∼ 10GHz
− Appareil de chauffage ∼ 1014 Hz
− Lampe à bronzage ∼ 1016 Hz

1.2 Spectre
b Spectre
On appelle spectre d’un signal la donnée des intensités associées à chaque fréquence composant un signal.

b Décomposition en série de Fourier


Tout signal périodique s(t) de fréquence f0 peut se décomposer comme une somme de signaux sinusoïdaux de fréquence multiple de
f0 . On décompose s(t) sous la forme
X∞ ∞
X
s(t) = s0 + an cos(nω0 t) + bn sin(nω0 t) .
n=1 n=1
Z T0 Z T0
2 2
avec s0 la valeur moyenne de s(t) et les coefficients de Fourier an = s(t) cos(nω0 t)dt et bn = s(t) sin(nω0 t)dt.
T0 0 T0 0

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Décomposition des signaux usuels : Un signal sinusoïdal est sa propre décomposition en série de Fourier.
s(t) s(t)
+U +U
T /2 T /2
0 t 0 t

−U −U

∞ ∞
4U X 1 8U X (−1)n
s(t) = sin((2n + 1)ω0 t) s(t) = sin((2n + 1)ω0 t)
π n=1 2n + 1 π 2 n=0 (2n + 1)2
   
4U 1 1 8U 1 1
= sin(ω0 t) + sin(3ω0 t) + sin(5ω0 t) + ... = 2 sin(ω0 t) − sin(3ω0 t) + sin(5ω0 t) + ...
π 3 5 π 9 25

Décroissance de l’amplitude des harmoniques en 1/n. Décroissance de l’amplitude des harmoniques en 1/n2 .

Figure 1 – Décomposition spectrale d’un signal carré. Figure 2 – Décomposition spectrale d’un signal triangle.

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1.3 Onde
b Perturbation mécanique
Modification d’une ou plusieurs propriétés physiques d’un milieu matériel.

Remarque : En électromagnétisme les propriétés physiques perturbées sont les valeurs des champs électromagnétiques, il ne s’agit pas
de perturbation mécanique.
b Propagation d’une onde
On dit qu’une onde mécanique se propage quand les perturbations mécaniques se propagent sans qu’il y ait déplacement de matière.

K Propagation d’une onde le long d’une corde


Remarque : La corde constitue le milieu de propagation, elle ne se déplace par dans son ensemble mais on observe des déformations
locales qui elles se propagent. Un point donné va reproduire après un temps suffisamment long le mouvement d’un point précédent. Il
est de plus nécessaire que le milieu puisse se déformer pour que l’on observe uen propagation d’une onde mécanique, il doit posséder
une certaine élasticité.
Remarque : Une onde mécanique n’est pas nécessairement observable à notre échelle, la matière vibre au niveau microscopique et est le
siège de la propagation de perturbations mécaniques. Ces perturbations peuvent transmettre une part de l’énergie à l’air qui a son tour
va transmettre cette perturbation jusqu’à notre oreille.

K Propagation d’une onde acoustique


La vitesse du son dans l’air est d’environ 340m/s alors que dans l’eau est de l’ordre de 1500m/s. Elle est encore plus élevée dans les
solides.
Remarque : Le milieu de propagation d’une onde peut être matériel (ondes mécaniques, ondes acoustiques...) ou immatériel (champs
électromagnétiques...).

b Onde transversale
Une onde est dite transversale quand le déplacement des points du milieu est
perpendiculaire à la propagation de l’onde.

K Onde transversale dans un slinky


Exemple : une vague
b Onde longitudinale
Une onde est dite longitudinale quand le déplacement des points du milieu est
parallèle à la propagation de l’onde.

K Onde longitudinale dans un slinky


Exemple : le son Figure 3 – Ondes transversales et longitudinales dans
un slinky.

b Onde progressive
Une onde est dite progressive lorsque la perturbation ne se déforme pas lors de sa propagation.

t1 t2 > t 1

Figure 4 – Exemple de propagation d’une onde progressive

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II Diffraction d’une onde


2.1 Observations
K Diffraction d’une onde mécanique et lumineuse

On considère une onde incidente plante, deux régimes


apparaissent
λ
− Si la taille caractéristique de l’ouverture (ou de l’obs-
tacle) est grande devant la longueur d’onde alors
a l’onde restera plane au delà de l’obstacle, mais les
bord de l’obstacle semblent ne transmettre l’onde que
dans certaines direction avec un front d’onde courbé.
− Si la taille caractéristique de l’ouverture (ou de l’obs-
tacle) est du même ordre de grandeur que la longueur
d’onde alors l’onde transmise semble omnidirection-
nelle.

Figure 5 – Deux régimes de diffraction, à gauche a  λ et à droite a ∼ λ.

b Diffraction par un obstacle


Phénomène apparaissant en présence d’un obstacle dans le milieu de propagation d’une onde. Soit une onde plane de longueur d’onde λ
rencontrant un obstacle de largeur caractéristique a. Le faisceau émergent après l’obstacle est concentré dans une ouverture angulaire
de demi–largeur θ telle que
λ
sin θ ∼ .
a

TD03 – App3

2.2 Conséquences sur un faisceau laser


Un faisceau laser est diffracté à la sortie du laser par une ouverture de diamètre d et n’est donc pas rigoureusement parallèle.

Quel est le diamètre du faisceau à 5.0 m du boitier ? On prendra λ = 632.8 nm et d = 0.50 mm.

On cherche parfois à focaliser le faisceau laser, i.e. rendre très petite la dimension
transversale du faisceau de l’ordre de la longueur d’onde. Le faisceau est alors
diffracté après le point de focalisation.

Établir la relation entre a, f 0 , λ et d.

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III Ondes progressives

3.1 Direction de propagation


Une onde peut se propager dans une ou plusieurs directions suivant les conditions de l’expérience.
− Propagation tridimensionnelle : une onde sonore émise dans l’air se propage dans toutes les directions de l’espace.
− Propagation bidimensionnelle : une pierre lâchée dans l’eau va produire une onde circulaire se propageant dans un plan (espace
bidimensionnel).
− Propagation unidimensionnelle : une onde se propage le long d’une corde dans une unique dimension. On se limite à ce cas dans
la suite.

b Plan d’onde
La surface perpendiculaire à la propagation d’une onde est appelée le plan d’onde.

− Dans le cas d’une onde acoustique 3D, le plan d’onde est sphérique.
− Dans le cas d’une onde de surface 2D, le plan d’onde est un cylindre.
− Dans le cas d’une onde 1D le long d’une corde le plan d’onde est une surface plane. Dans ce cas on parle d’onde plane.

3.2 Célérité ou vitesse de propagation


t1 M1 (x1 )

x t
t2 > t 1 M2 (x2 ), x2 > x1

x t
t3 > t 2 M3 (x3 ), x3 > x2

x t

Figure 6 – Deux représentations possibles de la propagation d’une onde


Deux représentations de la propagation d’une onde sont possibles.
− La représentation de gauche consiste en prendre des photographie de l’onde à différents instants afin de pouvoir observer sa propagation
dans l’espace. La perturbation se propage sans se déformer.
− La représentation de droite consiste en observer les propriétés physiques en plusieurs points situé à des endroits différents du milieu de
propagation. La perturbation atteint d’abord le point M1 (de coordonnées x1 ) situé plus proche de la source de la perturbation puis
le point M2 et enfin M3 .

b Célérité d’une onde progressive


Soit M1 et M2 deux points de l’espace atteint par une onde progressive respectivement aux instants t1 et t2 . La célérité d’une onde
progressive s’écrit
M1 M2 x2 − x1
c= = .
t2 − t1 t2 − t1

La célérité est homogène à une vitesse mais on réservera le mot vitesse à un déplacement de matière et célérité à la vitesse de
propagation d’une onde.

− La célérité d’une onde ne dépend pas de l’amplitude de l’onde tant qu’elle reste “raisonnable".Dans ce cas la célérité est une caracté-
ristique du milieu qui est dit linéaire.
− On considérera des milieux dans lesquels la célérité d’une onde est indépendante de la forme de celle–ci, on dit que le milieu est
non–dispersif.
− La célérité d’une onde dépend de la nature de celle–ci, dans un même milieu une onde longitudinale ou transversale n’a pas même
célérité.
− D’après nos hypothèses, la célérité d’une onde est donc uniquement dépendant des caractéristique du milieu de propagation et éven-
tuellement de la nature de l’onde.

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3.3 Modélisation
Dans le cas d’une onde qui se propage, la perturbation du milieu dépend et de la position et du temps.
b Dépendance d’une onde
Une onde 1D se propageant s’écrit comme une fonction dépendante de la position x et du temps t : s(M, t) = s(x, t).

Une onde ne se propage pas instantanément, elle a une célérité finie et il faut donc un certain temps pour qu’une perturbation atteigne
un point donné de l’espace. Considérons s(M, 0) = s(x, 0) la forme de la perturbation initialement, cette fonction se retrouve identique
à elle même mais décalée dans l’espace à un instant t > 0. La question est, de combien est–elle décalée ?
L’onde se propageant à la célérité c, après un temps t on retrouve la perturbation translatée d’une distance ct.
b Expression générale d’une onde progressive
L’expression mathématique d’une onde progressive 1D se propageant le long de l’axe Ox dans le sens des x croissant et à la célérité
c peut s’écrire  x
s(M, t) = s(x, t) = f (x − ct) ou encore s(x, t) = f t − .
c

b Expression générale d’une onde progressive (bis)


L’expression mathématique d’une onde progressive 1D se propageant le long de l’axe Ox dans le sens des x décroissant et à la célérité
c peut s’écrire  x
s(M, t) = s(x, t) = f (x + ct) ou encore s(x, t) = f t + .
c

IV Onde plane progressive harmonique (OPPH)

4.1 Modèle d’OPPH


Dans cette partie nous allons étudier le cas particulier des ondes progressives harmoniques (ou monochromatiques), i.e. de forme
sinusoïdale. Ces ondes revêtent un caractère particulier car on peut montrer que n’importe quelle onde progressive peut se décomposer
comme une somme d’ondes progressives harmoniques (ou sinusoïdales).
b Onde plane progressive harmonique 1D
L’expression mathématique d’une onde progressive 1D se propageant le long de l’axe Ox dans le sens des x croissant et à la célérité
c peut s’écrire
  x 
s(M, t) = s(x, t) = f (x + ct) = Sm cos ω t − + φ = Sm cos(ωt − kx + φ) ;
c

− la pulsation (ou pulsation temporelle) ω = 2πf = avec f la fréquence de l’onde et T sa période ;
T
ω 2πf 2π
− la pulsation spatiale (ou nombre d’onde) k = = = avec λ la longueur d’onde de l’onde ;
c c λ
− l’amplitude maximale de l’onde Sm ;
− la phase à l’origine φ.

s 2π s 2π
T = λ=
ω k
Sm Sm

t x

Figure 7 – Évolution temporelle d’un point donné du milieu Figure 8 – Évolution spatiale du milieu à un instant donné

Période Fréquence Pulsation


λ 1
Temporelle T = f= ω = 2πf
c T
1
Spatiale λ = cT κ= k = 2πκ
λ

TD03 – App4

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4.2 Déphasage
Soit deux signaux sinusoïdaux x1 (t) et x2 (t).

x2 (t) x1 (t) ∆t

b Différence de phase
Le déphasage ∆φ ∈ [−π; π] d’un signal x2 (t) par rapport à un signal x1 (t) est donnée par

2π∆t
∆φ = φ2 − φ1 = −ω∆t = − ;
T
avec ∆t le retard temporel du signal x2 sur le signal x1 .
− Si ∆φ > 0 alors le signal x2 est en avance de phase sur le signal x1 .
− Si ∆φ < 0 alors le signal x2 est en retard de phase sur le signal x1 .
On distingue quelques cas particuliers de déphasage
− Si ∆φ = 0 les signaux sont en phase.
− Si ∆φ = π les signaux sont en opposition de phase.
− Si ∆φ = π/2 les signaux sont en quadrature de phase.

V Onde stationnaire
Une corde fixée à ses deux extrémités (comme une corde de guitare par exemple) vibre d’une façon assez contrainte par ce que l’on
nomme les conditions aux limites. Les points de fixations imposent l’absence d’oscillations aux extrémités de la corde, on parle de noeuds
de vibration.

K Vibration d’une code fixée à ses deux extrémités


On constate que la corde vibre à une fréquence particulière. De plus, une observation minutieuse permet de constater que l’onde
semble ne pas se propager.

Notons qu’une onde sonore dans un tube possède un comportement similaire, le fait que le tube soit ouvert ou fermé à ses extrémités
imposent des conditions limites en vitesse ou en pression ce qui entraîne l’existence de seulement certains modes de vibration.
b Onde stationnaire
Une onde stationnaire est caractérisée par
− des noeuds de vibration qui sont des points de l’espace où l’amplitude de l’onde est nulle ;
− des ventres de vibrations qui sont des points de l’espace où l’amplitude de l’onde est maximale.
Une telle onde peut être décrite par une fonction de la forme

s(x, t) = 2Sm cos(ωt + φ) cos(kx + ψ) .

Il y a découplage entre la coordonnées de temps et d’espace.

Ce dernier résultat nous servira de définition de l’onde stationnaire.


Remarque : Nous verrons dans le chapitre suivant comment une telle onde peut être obtenue.

20
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Les extrémités de la corde sont fixées solidement, ainsi seules certaines ondes peuvent s’établir le long de la corde (représentez ci–dessous).
s1 (x, t) s2 (x, t)

L L
x x

s3 (x, t) s4 (x, t)
Ventre Noeud

L L
x x

Figure 9 – Représentation des 4 premiers modes de vibration d’une onde stationnaire avec noeuds à ses extrémités
Exemple : Tube acoustique.
− Une parois empêche le mouvement de l’air et impose un noeud de vitesse (et donc un ventre de surpression).
− À l’inverse, une extrémité ouverte impose un ventre de vitesse (et donc un noeud de surpression).
v1 (x, t) v2 (x, t)

L L
x x

v3 (x, t) v4 (x, t)

L L
x x

Figure 10 – Représentation des 4 premiers modes de vibration d’une onde stationnaire dans un tube fermé aux extrémités
v1 (x, t) v2 (x, t)

L L
x x

v3 (x, t) v4 (x, t)

L L
x x

Figure 11 – Représentation des 4 premiers modes de vibration d’une onde stationnaire ouvert à une extrémité

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VI Trailer : l’équation d’onde


Vous montrerez en 2ème année que la dynamique d’une onde φ est régie par l’équation de d’Alembert

∂2φ 1 ∂2φ
− =0
∂x2 c2 ∂t2

Remarque : Équation de d’Alembert 3D,

1 ∂2φ ∂2 ∂2 ∂2
∆φ − 2 2
= 0 avec ∆ = 2
+ 2
+ 2 .
c ∂t ∂x ∂y ∂z

Pulling the strings, controlling the path,


The vibrations and variations.
Quasar Waves – Samael

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Chapitre 3
Superposition d’ondes
I cannot interfere.
Obi–Wan Kenobi - Star Wars V : The Empire Strikes Back (1980)
Bibliographie
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 2
Des interférences entre ondes peuvent aisément s’observer en optique comme en mécanique. Dans ce chapitre nous allons constater que
les interférences apparaissent naturellement à l’aide du modèle d’onde plane progressive harmonique introduite au chapitre précédent.
Nous proposerons également une description historique du phénomène de diffraction, qui peut être vu comme les interférences issues de
la superposition d’un grand nombre d’ondes.

I Interférence à deux ondes


1.1 Superposition de deux OPPH

b Théorème de superposition
Deux ondes parcourant un même milieu linéaire se somment et peuvent être traités comme une
unique onde.

K Cuve à ondes
Les deux vibreurs sont alimentés par le même générateur, ils émettent des ondes circulaires de même
fréquence, de même amplitude et sont parfaitement synchronisées, on dit que les ondes sont émises
en phase. Un système optique permet de visualiser facilement les creux (ils apparaissent en noir) et
les bosses (elles apparaissent en blanc).

Soit deux sources sources synchrones émettant des ondes de même


pulsation ω, même vecteur d’onde k = ω/c émises en phase φ1 = φ2 . M (x, y)
− La source S1 émet une onde décrite par S1
s1 (M, t) = S1m cos(ωt − k(S1 M ) + φ1 ) = S1m cos(ωt + Φ1 (M )) .
a
− La source S2 émet une onde décrite par

s2 (M, t) = S2m cos(ωt − k(S2 M ) + φ2 ) = S2m cos(ωt + Φ2 (M )) . S2




ex
On observe au point M une onde résultante

s(M, t) = s1 (M, t)+s2 (M, t) = S1m cos(ωt+Φ1 (M ))+S2m cos(ωt+Φ2 (M )) . −



ey
D −

ez

Posons le déphasage ∆21 Φ(M ) = Φ2 (M ) − Φ1 (M ) = k [(S1 M ) − (S2 M )] = δ.
λ
Remarque : On appelle δ la différence de marche, c’est la différence de chemin parcouru par les ondes lorsqu’elles se superposent.

b Superposition d’ondes isochrones


− Si ∆21 Φ(M ) = 0 [2π] alors les ondes sont en phase et s(M, t) = (S1m + S2m ) cos(ωt + Φ(M )).
On parle d’interférences constructives.
− Si ∆21 Φ(M ) = π [2π] alors les ondes sont en opposition de phase et s(M, t) = (S1m − S2m ) cos(ωt + Φ(M )).
On parle d’interférences destructives.
Toutefois l’énergie reçue par un capteur est définie comme le module au carré de l’amplitude de l’onde

I(M, t) = (S1m cos(ωt + Φ1 (M )) + S2m cos(ωt + Φ2 (M )))2


2
= S1m cos2 (ωt + Φ1 (M )) + S2m
2
cos2 (ωt + Φ2 (M )) + 2S1m S2m cos(ωt + Φ1 (M )) cos(ωt + Φ2 (M ))
2
= S1m cos2 (ωt + Φ1 (M )) + S2m
2
cos2 (ωt + Φ2 (M )) + S1m S2m [cos(Φ1 (M ) − Φ2 (M )) + cos(2ωt + Φ1 (M ) + Φ2 (M ))] .

En général un capteur (photodiode, oeil, oreille...) ne permet pas d’afficher le signal en temps réel mais ne renvoie que la valeur moyennée
sur quelques périodes

2
cos2 (ωt + Φ1 (M )) + S2m

2
cos2 (ωt + Φ2 (M )) + hS1m S2m [cos(Φ1 (M ) − Φ2 (M )) + cos(2ωt + Φ1 (M ) + Φ2 (M ))]i

hI(M, t)i = S1m
1 2 2 
= S1m + S2m + 2S1m S2m cos(∆Φ(M )) .
2
Remarque : Dans le cas configuration présenté précédemment, un peu de géométrie permet d’écrire
p p
δ = D2 + (x − a/2)2 − D2 + (x + a/2)2 .

Remarque : Si l’écran est placé à grande distance des sources a  D et x  D alors on a δ ' ax/D.

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Ainsi sur un écran placé à grande distance, on observe une intensité décrite par la fonction
  
1 2 2 2π ax
hI(M, t)i = S1m + S2m + 2S1m S2m cos .
2 λ D

1.2 Interférence le long de l’axe des sources


Soit deux ondes planes progressives harmoniques de même amplitude se propageant dans des sens différents et de pulsation respectives
ω1 et ω2 . Les deux sources sont distantes de D de l’origine du repère (en -D pour la source de s1 et en +D pour la source de s2 ). Ainsi
l’amplitude totale des perturbations se propageants dans le milieu peut s’écrire

s(M, t) = s(x, t) = s1 (x, t) + s2 (x, t) = Sm cos(ω1 t − k1 (x + D) + φ1 ) + Sm cos(ω2 t + k2 (x − D) + φ2 )


1 1
= 2Sm cos( ((ω1 + ω2 )t − (k1 − k2 )x − (k1 + k2 )D + φ1 + φ2 )) cos( ((ω1 − ω2 )t − (k1 + k2 )x − (k1 − k2 )D + φ1 − φ2 )) .
2 2
Considérons des sources synchrones i.e. ω1 = ω2 = ω et de même nature i.e. c1 = c2 = c alors k1 = k2 = k.
b Interférence entre deux OPPH isochrone le long de l’axe des sources
L’expression de l’amplitude devient

s(M, t) = s(x, t) = 2Sm cos(ωt − kD + φ1 + φ2 ) cos(kx − φ1 + φ2 ) .

Il apparait un découplage entre les dépendances temporelle et spatiale, on obtient une onde stationnaire. Ainsi il existe des point où
l’amplitude de l’onde est nulle, et ce indépendamment du temps. Ces points sont appelés des noeuds.
b Détermination de la position des noeuds
Les noeuds sont des points où l’amplitude de l’onde est toujours nulle

1 (2n + 1)π (2n + 1)λ


cos(kx) = 0 ⇐⇒ kxn = (n + )π ⇐⇒ xn = = avec n ∈ N .
2 2k 4
Remarque : Par exemple deux ondes sonores convenablement choisies peuvent donc aboutir à des zones silencieuses ! C’est le fonction-
nement des casques antibruits dits actifs.
Remarque : Les deux ondes s’annulant au niveau des noeuds, on parle d’interférences destructives. A l’opposé il existe des points de
l’espace ou l’amplitude de l’onde est maximale. Ces points sont appelées des ventres.
b Détermination de la position des ventres
Les ventres sont des points où l’amplitude de l’onde est maximale

nπ nλ
cos(kx) = 1 ⇐⇒ kxn = nπ ⇐⇒ xn = = avec n ∈ N .
k 2
Remarque : Les deux ondes “s’amplifiant" mutuellement au niveau des ventres, on parle d’interférences constructives.

TD03 – Pb 2

1.3 Battements
Considérons deux ondes de même amplitude mais aux caractéristiques proches mais non identiques. Posons les grandeurs Ω = ω1 + ω2 ,
ω = ω1 − ω2 > 0, K = k1 + k2 , k = k1 − k2 , Φ = φ1 + φ2 et φ = φ1 − φ2 . L’onde résultante s’écrit

s(M, t) = Sm cos(ω1 t − k1 (S1 M ) + φ1 ) + Sm cos(ω2 t − k2 (S2 M ) + φ2 )


   
Ω k1 (S1 M ) + k2 (S2 M ) Φ ω k1 (S1 M ) − k2 (S2 M ) φ
= 2Sm cos t− + cos t− + .
2 2 2 2 2 2

On place un détecteur en un point quelconque de l’espace repéré par M0 = M (x0 , y0 ).

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b Battements
L’expression de l’onde au point M0 = M (x0 , y0 ) s’écrit
 
Ω ω 
s(M, t) = 2Sm cos t + Φ0 cos t + φ0 ;
2 2

k1 (S1 M0 ) + k2 (S2 M0 ) Φ k1 (S1 M0 ) − k2 (S2 M0 ) φ


avec Φ0 = − + et φ0 = − + .
2 2 2 2

Tω =
ω
L’onde possède donc deux dépendances temporelles, l’une de pulsation grande
Ω = ω1 + ω2 et l’autre de pulsation petite ω = ω1 − ω2 : c’est le phénomène de
battement temporel. t

K Battements acoustiques en utilisant deux diapasons



Remarque : De la même façon il est possible de décrire des battements spatiaux. TΩ =

Figure 1 – Battements temporels

II Onde stationnaire
2.1 Réflexion d’une onde progressive
b Réflexion d’une onde progressive
Lorsqu’une onde progressive rencontre une discontinuité dans le milieu de propagation, il se crée une onde réfléchie qui prend pour
origine cette discontinuité. Ainsi dans un milieu discontinue on observe la superposition d’une onde dite incidente et d’une onde dite
réfléchie

s(M, t) = si (M, t) + sr (M, t) .

La célérité d’une onde progressive dépend uniquement des propriétés du milieu de propagation, ainsi l’onde incidente et l’onde réfléchie
ki kr
ont la même célérité c = = . Si l’on considère des ondes planes progressives harmoniques 1D, l’onde présente dans le milieu
ωi ωr
s’exprime

s(M, t) = s(x, t) = Sm (cos(ωi t − ki x + φi ) + r cos(ωr t + kr x + φr ))


        
1 1
= Sm cos ωi t − x + φi + r cos ωr t − x + φr ;
c c

avec r ∈ [0, 1] le coefficient de réflexion.

2.2 Conditions aux limites


Prenons l’exemple d’une corde vibrante. Le point de position x = 0 est le point où l’excitation est créée, on peut voir sur l’exemple de
la corde de Melde que ce point se déplace très faiblement par rapport au reste de la corde on fait donc comme hypothèse qu’il ne se
déplace pas : s(0, t) = Sm (cos(ωi t + φi ) + r cos(ωr t + φr )) = 0.
Deux cosinus se compensent si ils ont même pulsation, sont en phase et ont une amplitude opposée : ωi = ωt , r = −1 et φi = φr .
Dans la suite, on fait le choix arbitraire de phase à l’origine φi = 0. De plus les ondes étant de même nature alors elles ont même célérité
donc ki = kr .
b Superposition d’une onde incidente et réfléchie dans une corde vibrante
L’onde présente dans la corde s’exprime par

s(x, t) = Sm (cos(ωt − kx) − cos(ωt + kx)) = 2Sm sin(ωt) sin(kx) .

Comme dans le cas des interférences entre deux ondes planes progressives harmoniques, on observe le découplage des coordonnées
spatiales et temporelles.
b Onde stationnaire
Un onde stationnaire est une onde dont l’expression peut s’écrire comme le produit d’un terme spatial et d’un terme temporel

s(M, t) = s(x, t) = f (x)g(t) .

Une onde stationnaire présente des noeuds (point où l’amplitude de l’onde est toujours nulle) et des ventres (points ou l’amplitude de
l’onde est maximal).
b Noeuds d’une onde stationnaire
Dans le cas de la corde vibrante, les noeuds d’une onde stationnaire se trouve aux points x0 tels que sin(kx0 ) = 0.

b Ventre d’une onde stationnaire


Dans le cas de la corde vibrante, les ventre d’une onde stationnaire se trouve aux points x0 tels que sin(kx0 ) = ±1.

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2.3 Modes de vibration de la corde de Melde


La corde de Melde est une corde vibrante fixée à ses deux extrémités. La condition limite s(0, t) = 0 a déjà été utilisée pour déduire
l’expression d’une onde stationnaire. Utilisons donc la seconde condition limite s(L, t) = 0 avec L la longueur de la corde.

sin(kL) = 0 ⇐⇒ kn L = nπ avec n ∈ N

⇐⇒ L = nπ avec n ∈ N
λn
2L
⇐⇒ λn = avec n ∈ N∗
n
2L
Remarque : On peut également l’écrire sous la forme λn = avec n ∈ N.
n+1

b Condition d’existence
Une onde stationnaire existe sur la corde de Melde si et seulement
2L
λn = avec n ∈ N∗
n
Seuls les ondes stationnaires dont la longueur d’onde vérifie la relation précédente existent. On parle de modes de vibration de la corde
de Melde. On peut réécrire les caractéristiques de l’onde ainsi

2L 2π nπ nπc 2π 2L
λn = ; kn = = ; ωn = ckn = ; Tn = = .
n λn L L ωn nc

b Modes de vibration de la corde de Melde


Les modes de vibration de la corde de Melde s’expriment
 nπ   nπ 
sn (M, t) = sn (x, t) = 2Sm sin ct sin x ;
L L
s1 (x, t) s2 (x, t)

L L
x x

s3 (x, t) s4 (x, t)
Ventre Noeud

L L
x x

Figure 2 – Représentation des 4 premiers modes de vibration de la corde de Melde


b Modes de vibration
Un mode de vibration est une onde stationnaire harmonique : tous les points du système vibrent sinusoïdalement à la même fréquence,
soit en phase soit en opposition de phase.
Dans un milieu de dimension finie, les conditions aux limites conduisent à une quantification des modes de vibration : seul un ensemble
discret de pulsation est accessible {ωn∈N∗ }.
Les modes de vibrations sont caractérisés par des pulsations multiples de la pulsation fondamentale ω1 . Les modes de vibrations tels
que n > 1 sont appelées les harmoniques du mode fondamental n = 1.

b Modes propres
On appelle les modes propres d’un systèmes les modes de vibrations qui apparaissent lorsque l’on soumet le système à une perturbation
quelconque. Dans la plupart des cas les modes propres et les modes de vibrations sont identiques, ce qui n’est pas trivial de prime
abord.

26
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2.4 Retour sur le principe de superposition


b Principe de superposition
D’après le théorème de Fourier, une vibration quelconque peut s’exprimer comme la superposition d’OPPH

X ∞
X
s(M, t) = s(x, t) = sn (x, t) = Sm,n cos (ωn t − kn x + φn ) .
n=1 n=1

Remarque : On dit que la famille des OPPH forment une base des solutions de l’équation d’onde.
De plus, une onde stationnaire peut s’écrire comme la somme de deux OPPH ainsi on peut imaginer décomposer une onde quelconque
comme une superposition d’ondes stationnaires.
b Principe de superposition
Une vibration quelconque peut s’exprimer comme la superposition des modes propres du système étudié

X ∞
X  nπ   nπ 
s(M, t) = s(x, t) = sn (x, t) = Sm,n sin ct + φn sin x .
n=1 n=1
L L

Remarque : On dit que la famille des ondes stationnaires forment une base des solutions de l’équation d’onde.
2.5 Onde stationnaire en dimensions supérieures
K Instabilité de Faraday (1831)
N* Michael Faraday 1791–1842 : chimiste et physicien anglais

Figure 3 – Instabilités de Faraday Figure 4 – Vibrations d’un caisson de guitare


Remarque : La caisse de résonance d’une guitare acoustique est le siège d’ondes stationnaires engendrées par la vibration des cordes.
C’est la vibration de ce caisson qui rend plus facilement audible les sons émis par les cordes.

Figure 5 – Vibration d’une membrane circulaire avec noeuds aux bords. Figure 6 – Figures de Chladni

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III Retour sur la diffraction : principe de Huygens–Fresnel

b Principe du Huygens–Fresnel
Chaque point d’un front d’onde primaire peut être considéré comme une source secondaire émettant une onde de même fréquence que
l’onde primaire. Le front d’onde à un instant postérieur est le résultat de la somme des ondes sphériques émises par toutes les sources
secondaires.
Remarque : Ainsi le phénomène de diffraction (et plus généralement la propagation d’une onde) peut être vu comme le résultat de
l’interférence d’une infinité d’ondes issues de sources secondaires.
N* Christan Huygens 1629–1695 : mathématicien, physicien et astronome hollandais
N* Augustin Fresnel 1788–1827 : physicien et opticien français

A chaque instant tout point du front d’onde peut être considéré comme une source secondaire émettant une onde sphérique (si on
travaille en 3D). Un peu de calcul nous permettrait de montrer que la somme d’une infinité de sources ponctuelles émettant des ondes
sphériques abouti à une onde plane. C’est pour cela que dans le cas de la cuve à onde, au centre de la grande ouverture l’onde est
localement plane mais l’absence de sources au delà de l’ouverture entraine un effet de bord et donc une onde non plane (front d’onde
courbé et transmission suivant certains angles uniquement). De même dans le cas de la petite ouverture cela conduit à l’apparition d’une
onde omnidirectionnelle.

Formulaire – Chapitre 03 : Superposition d’ondes


− La somme de deux ondes progressives harmoniques monochromatique fait apparaitre des sommes de fonctions trigonométriques
p + q p − q
cos p + cos q = 2 cos cos
2 2
p + q p − q
cos p − cos q = −2 sin sin
2 2
− Le calcul d’intensité (I = s ) fait apparaitre des produits de fonctions trigonométriques
2

1
cos p × cos q = (cos (p + q) + cos (p − q))
2

− Dans certains cas, les détecteurs sont trop lent pour extraire l’information d’un signal et réalisent la moyenne temporelle des signaux
reçus
1 T
Z
hcos(ωt + f (x) + φ)i = cos(ωt + f (x) + φ)dt = 0
T 0
1 T
Z

2 1
cos2 (ωt + f (x) + φ)dt =

cos (ωt + f (x) + φ) =
T 0 2
avec T la période temporelle du signal.

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Chapitre 4
Propagation de la lumière
Well daylight struck a chord with my photo–receptors
Night greeted me with a sea of stars
Bibliographie Automatonic Electronic Harmonics – Steam Powered Giraffe
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 3

L’optique géométrique consiste en l’étude de la propagation des rayons lumineux. Toutefois la notion de rayon lumineux n’a pas toujours
un sens (diffraction, interférences...). Nous allons donc ici nous limiter à un cadre précis qui nous permet d’étudier le comportement de
la lumière ainsi que l’effet des dioptres et miroirs.

I Cadre de l’optique géométrique


1.1 Sources lumineuses
b Source lumineuse
On appelle source lumineuse un objet émettant un rayonnement électromagnétique, le plus souvent dans le domaine du visible.

Il existe plusieurs types de sources lumineuses et procédés d’émission de lumière.


− Émission thermique

Tout objet émet un rayonnement électromagnétique dépendant de sa température,


c’est le “rayonnement d’équilibre thermique" émit par un objet que l’on peut
modéliser par un “corps noir". Un tel objet émet un rayonnement dont l’intensité
dépend de la longueur d’onde et est proportionnelle à

1 1
  .
λ5 exp hc
−1
λkB T

Le spectre d’émission d’un tel objet est dit continu, le rayonnement est composé
par un continuum de radiations. La lumière blanche est une lumière polychroma-
tique composée de l’ensemble des radiations du domaine du visible.
Remarque : Le fond diffus cosmologique est le meilleur corps noir connu.

Figure 1 – Spectre d’émission thermique, Éduscol


− Laser
Le laser (Light Amplification by Stimulated Emission Radiation) fonctionne sur le principe de l’émission stimulée, des photons se
propageant dans un milieu amplificateur vont stimuler l’émission d’autres photons de propriétés similaires. Ainsi la lumière émise par
un laser est dite cohérente, cette lumière est beaucoup plus proche du modèle monochromatique que celle d’une lampe spectrale. De
plus une telle source est directionnelle, i.e. un faisceau assez mince est émis dans une direction donnée.
Pour que l’émission induite soit importante il faut un grand nombre d’électron dans un état d’énergie excité, on parle d’inversion de
population. Ceci est réalisé à l’aide d’un apport d’énergie extérieur appelé pompage. De plus le milieu contenant les atomes est placé
dans une cavité résonante composée de deux miroirs afin de permettre la sélection de longueurs d’onde précises.

Figure 2 – Principe du laser, CC BY–SA

Figure 3 – Émission stimulée

29
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− Lampe spectrale
Une lampe spectrale est composée d’un tube rempli d’un gaz d’une espèce chimique
donnée, la plus courante est la lampe au sodium. Soumis à un champ électrique les
électrons présent autour des noyaux vont s’exciter (absorber de l’énergie). Cepen-
dant ces niveaux excités ont un temps de vie limité, spontanément les électrons
vont céder l’énergie qu’ils ont absorbé sous la forme d’un photon d’énergie E = hν.
L’énergie ainsi libérée dépend de la nature des atomes présents dans le tube en
verre, on observe ainsi une émission dont le spectre est dit discret ou discontinu.
Différentes radiations de fréquences disjointes sont émises par la lampe, on parle
parfois de raies, et sont observable lorsque l’on sépare les longueurs d’onde du
rayonnement avec un prisme par exemple.
Toutefois les raies émises ne peuvent être purement monochromatique à cause de
l’effet Doppler mais également du principe d’indétermination de Heisenberg (voir
chapitre 6) imposant un étalement minimal en pulsation ∆ω pour un phénomène Figure 4 – Spectre d’émission discret, lampe sodium
de durée ∆t
∆ω × ∆t ≥ 1 .
b Modèle de la source ponctuelle monochromatique
Source sans extension spatiale émettant une radiation ne possédant qu’une unique longueur d’onde. On peut voir ceci comme une
idéalisation du laser.
1.2 Vide vs Matière
b Milieu transparent, linéaire, homogène et isotrope
Nous allons nous limiter à un type de matériau précis :
− transparent : l’absorption d’énergie lumineuse est négligeable ;
− linéaire : une onde incidente sinusoïdale reste sinusoïdale et de même pulsation lorsqu’elle traverse le milieu ;
− homogène : les propriétés du milieu sont les mêmes en tout point de l’espace ;
− isotrope : les propriétés du milieu sont les mêmes dans toutes les directions.
La vitesse de la lumière dans le vide c est une limite supérieur à la vitesse de propagation de l’information. Dans un milieu transparent
autre que le vide, la lumière aura une vitesse inférieur à cette borne supérieure.
b Indice de réfraction
L’indice de réfraction n = c/v d’un milieu est défini comme le rapport de la vitesse de la lumière dans le vide et de la vitesse de la
lumière dans le milieu considéré.
Par conséquence, la longueur d’onde d’une radiation dépend également de l’indice de réfraction du milieu dans lequel elle se propage
λ = λ0 /n. La longueur d’onde d’une radiation se propageant dans un milieu matériel est toujours inférieur à sa longueur d’onde dans le
vide. Tandis que la couleur est définie par l’énergie du photon et donc sa fréquence (ou bien sa longueur d’onde dans le vide).

Milieu Vide Air Eau Verre Diamant


Indice n 1,0000 1,0003 1,33 1,5 2,4

Figure 5 – Quelques valeurs d’indice de réfraction

b Dispersion
Certains milieux sont dits dispersif, i.e. leur indice de réfraction dépend de la
longueur d’onde de la radiation le parcourant n(λ).
C’est une propriété essentielle qui permet de réaliser des prismes dispersant la
lumière et permettant ainsi de décomposer la lumière et d’observer le spectre
d’émission d’une source lumineuse.
Figure 6 – Dispersion par un prisme, CC BY–SA
b Loi de Cauchy
Relation empirique liant l’indice de réfraction n et la longueur λ d’une radiation valable pour les milieu transparent dont les bandes
d’absorption sont dans l’ultraviolet
B C B
n(λ) = A + 2 + 4 + ... ' A + 2 .
λ λ λ
1.3 Modèle de l’optique géométrique
− 280 avant notre ère, Euclide : en s’appuyant sur l’observation il affirme que la lumière se propage en ligne droite (vrai), à une vitesse
infinie (faux), de l’oeil vers l’objet (faux). Mention du phénomène de réflexion.
− 140, Ptolémée : introduit le principe de réfraction sans toutefois pouvoir le justifier.
− 1704, Newton publie Opticks fournissant la description la plus précise de son temps sur le sujet. La lumière y est décrite par de
corpuscules, des grains de lumière qui se déplacent et interagissent avec la matière par analogie avec les principes de la mécanique du
point. Newton met en évidence la décomposition de la lumière blanche par un prisme et en conclut qu’il existe différents grains de
lumière en fonction de leur couleur (faux). Malgré tout, Newton reste dans l’incapacité d’expliquer des phénomènes d’interférence, qu’il
mis en évidence.
N* Euclide d’Alexandrie vers 300 avant notre ère : mathématicien grec
N* Ptolémée 100–168 : astronome, mathématicien, géographe et astrologue grec
N* Isaac Newton 1642–1727 : mathématicien, physicien et philosophe anglais
Les raisonnement en optique géométrique s’appuient sur la notion de rayon lumineux qui permet de modéliser la propagation de la
lumière. Cependant nous avons vu précédemment que pour des objets de petite taille (a ∼ λ) il apparait un phénomène de diffraction
qui rend impossible d’isoler un rayon lumineux infiniment mince.

30
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b Approximation de l’optique géométrique


L’optique géométrique suppose que la longueur caractéristique a des variation des propriétés physique du milieu (indice de réfraction,
transmission...) est très supérieure à la longueur d’onde λ de la radiation.
Remarque : Nous n’allons pas quantifier cette approximation car dans certains cas des obstacle 1000 fois plus grands que les longueurs
d’onde peuvent tout de même entraîner de la diffraction. Dans la suite nous travaillerons avec des systèmes de taille suffisamment
supérieur aux longueurs d’onde pour pouvoir travailler dans le cadre de l’optique géométrique sans se poser de questions.
b Indépendance des rayons lumineux
Le trajet d’un rayon lumineux est indépendant de ceux des autres rayons lumineux.

1.4 Modèle ondulatoire


− À la même époque que Newton, Huygens propose une théorie ondulatoire de la lumière. La lumière en un point donné est issu de la
superposition de champs ondulatoires en ce point à l’instant t, c’est le principe de Huyghens–Fresnel (voir chapitre 02). Cette approche
permet de décrire de nombreux phénomènes que l’optique géométrique n’explique pas (diffraction et interférences).
− Maxwell proposa une relation entre le rayonnement électromagnétique et la lumière en 1864, unifiant ainsi deux domaines jusqu’ici
disjoints : celui de l’électromagnétisme et celui de l’optique à l’aide des équations de Maxwell (voir programme de 2ème année). Une
onde lumineuse résulte de la propagation d’un champ électrique et d’un champ magnétique.

Figure 7 – Onde électromagnétique, CC BY–SA

b Polarisation
Orientation privilégiée du champ vectoriel décrivant une onde vectorielle.
Remarque : Les ondes électromagnétiques, les ondes gravitationnelles, les ondes mécaniques transverses possèdent une polarisation.
Remarque : Les ondes longitudinales (ex : les ondes sonores) ne sont pas polarisées.

b Polarisation de la lumière
Par convention, la polarisation de la lumière décrit la vibration du champ électrique.
Dans une onde électromagnétique polarisée linéairement, le champ électrique et le champ magnétique oscillent simultanément dans des
directions perpendiculaires l’une à l’autre.
− Onde polarisée linéairement : le champ oscille dans une seule direction.
− Quand une onde est constituée de deux composantes polarisée à 90° l’une de l’autre et déphasées de 90° alors sa polarisation semble
tourner autour de l’axe de propagation de l’onde. On parle de polarisation circulaire ou elliptique (quand les deux composantes n’ont
pas la même intensité).
− Les polarisations circulaire et linéaire sont des cas particulier de la polarisation elliptique (selon que les deux composantes sont égales
ou que la seconde composante est nulle). De plus, une onde de polarisation elliptique peut être vue comme la somme d’une polarisation
circulaire et d’une polarisation linéaire.
− Le sens de la rotation, droite ou gauche, dépend du signe du déphasage et est également un paramètre clé qu’il faut mettre en regard
de la biréfringence et de l’activité optique des milieux traversés.

Figure 8 – Différents types de polarisation, CC BY–SA

31
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b Biréfringence b Activité optique


Un milieu est dit biréfringent si il présente un indice de réfraction Un milieu est dit optiquement actif si il a la capacité de faire tour-
qui dépend de la direction de polarisation de l’onde lumineuse le ner la direction de polarisation d’une onde lumineuse le traversant.
traversant.

Figure 9 – Biréfringence, CC BY–SA


Figure 10 – Activité optique, CC BY–SA
II Lois de Snell–Descartes
Les différentes lois que nous allons évoquer dans se chapitre, et en particulier les lois de Snell–Descartes, sont construites sur le principe
de Fermat (hors programme) mais qui mérite d’être mentionné car il a aujourd’hui été généralisé à de nombreux domaines de la physique.
b Principe de Fermat
Le trajet effectivement suivi par la lumière pour aller d’un point à un autre est tel que la durée du parcours est stationnaire par
rapport aux chemins fictifs voisins.

N* Pierre de Fermat XVIIème–1665 : mathématicien et juriste français


En d’autres termes, on peut partiellement résumer ce principe en affirmant que la lumière parcours le trajet le plus rapide (pas le plus
court) entre deux points. Du principe de Fermat découle le principe suivant.
b Principe de retour inverse de la lumière
La lumière emprunte le même chemin pour aller d’un point A vers un point B que pour aller du même point B vers le même point A.

Figure 11 – Réfraction Figure 12 – Réfraction, réflexion et dispersion


2.1 Réflexion
Soit un rayon lumineux incident arrivant sur une surface plan partiellement réfléchissante.
b Plan d’incidence
On appelle plan d’incidence le plan formé par le rayon incident et la normale à la surface au point d’incidence.
A B
• •
Le trajet suivi par la lumière afin de relier deux points A et B est le
localement plus rapide (ici cela correspond avec le plus court mais ce
n’est pas nécessairement le cas). Ainsi il existe deux trajets possibles
ii r pour la lumière à proximité d’une surface réfléchissante : le trajet
direct et un trajet réfléchi.
I b 1ère loi de Snell–Descartes
− Le rayon réfléchi appartient au plan d’incidence.
− L’angle d’incidence ii et de réflexion r sont reliés par r = −ii .
On peut prouver cette affirmation en cherchant à minimiser le temps
A0 de trajet entre les points A et B en faisant un peu de géométrie

basique.
Figure 13 – Réflexion sur une surface plane

32
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2.2 Réfraction
b Dioptre
Une dioptre est une surface séparant deux milieux de réfringence différente (i.e. d’indices de réfraction différents).

Soit un rayon incident arrivant sur un dioptre plan. Le rayon incident se propage dans un milieu d’indice de réfraction ni . Le rayon
réfracté se propage dans un milieu d’indice de réfraction nr .
A0

b 2ème loi de Snell–Descartes
− Le rayon réfraction appartient au plan d’incidence.
A
• − L’angle d’incidence ii et de réfraction ir sont relié par

ii ni sin ii = nr sin ir .
ni
− Lorsque l’on passe d’un milieu moins réfringent à un milieu plus
nr I réfringent (ni < nr ), l’angle de réfraction est plus petit que l’angle
ir d’incidence.
− Lorsque l’on passe d’un milieu plus réfringent à un milieu moins
B réfringent (ni > nr ), l’angle de réfraction est plus grand que l’angle
• d’incidence.
Figure 14 – Réfraction sur un dioptre plan
N* Willebrord Snell 1580–1626 : physicien et mathématicien hollandais.
N* René Descartes 1596–1650 : physicien, mathématicien, biologiste, épistémologue, “métaphysicien" français. Cogito ergo sum.

TD 04 – App1 et App2

2.3 Interprétation à l’aide du principe de Fermat

D’après le principe de Fermat le trajet effectivement celui par la lumière de A à B est celui minimisant
le temps de trajet T . On note t1 et t2 les temps de trajets avant le dioptre et après le dioptre. Or
l’indice de réfraction étant différent de chaque côté du dioptre, alors la vitesse de propagation est
différente de chaque côté du dioptre.
√ p
AC CB a2 + x2 b2 + (h − x)2
T = t1 + t2 = + = + .
v1 v2 v1 v2


dT
Cherchons le minimum de T (x), défini par xr tel que = 0.
dx xr

dT x x−h cos(π/2 − i1 ) cos(π/2 − i2 )


= √ + p = + .
dx v1 a2 + x2 v2 b2 + (h − x)2 v1 v2

dT cos(π/2 − i1 ) cos(π/2 − i2 )
La solution à = 0 conduit à + = 0 ⇒ n1 sin i1 = n2 sin i2 .
dx xr v1 v2
2.4 Interprétation à l’aide du principe de Huygens–Fresnel
Le schéma ci–contre représente les surfaces d’ondes au cours du temps, chaque
point d’une même surface d’onde sont en phase.
− Avant le dioptre, le rayon le plus à droite prend un retard par rapport au rayon
le plus à gauche
AB AB ni × AB
ti = = = .
vi c/ni c
On définit le chemin optique « excédentaire » du rayon de droite comme la lon-
gueur Li = (AB) = ni × AB.
− Après le dioptre, le rayon le plus à gauche prend une avance par rapport au
rayon le plus à droite

A0 B 0 A0 B 0 nr × A0 B 0
tr = = = .
vr c/nr c

On définit le chemin optique « excédentaire » du rayon de gauche comme la


longueur Lr = (A0 B 0 ) = nr × A0 B 0 .
Hypothèse : Une onde plane incidente sur un dioptre entraîne l’apparition d’une onde plane réfractée.

Ainsi les surfaces d’onde de l’onde réfracté sont des plans si ti = tr ou encore Li = Lr donc

ni × AB = nr × A0 B 0 ⇒ ni × d sin ii = nr × d sin ir ⇒ ni sin ii = nr sin ir .

33
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2.5 Dioptres courbés

Lorsque le dioptre est courbé, avec un rayon de courbure largement supérieur à la longueur d’onde
(approximation de l’optique géométrique), la situation se ramène localement à un rayon incident sur
un dioptre plan perpendiculaire à la normale au dioptre au point d’incidence.

TD04 – App8

Figure 15 – Réfraction sur un


III Conséquences des lois de Snell–Descartes dioptre courbé CC BY–SA

3.1 Réflexion totale


Soit un rayon incident se propageant d’un milieu plus réfringent vers un milieu moins réfringent (ni > nr ). Supposons que le rayon réfracté
existe alors pour un angle d’incidence ii suffisamment grand, on pourrait avoir sin ir > 1, ce qui est mathématiquement impossible. Cette
contradiction remet donc en cause notre hypothèse de départ, un rayon réfracté n’existe pas pour tout rayon incident lorsque ni > nr .
ni
ni sin ii = nr sin ir =⇒ sin ir = sin ii ≤ 1 .
nr
Quel est l’angle d’incidence maximal dans ces conditions ? Appelons il l’angle d’incidence maximal tel qu’un rayon réfracté existe. Le
rayon réfracté d’angle ir maximal est celui correspondant à la borne supérieure que peut atteindre sin ir = 1.
 
ni nr
sin il = 1 =⇒ il = arcsin .
nr ni

TD 04 – App5

3.2 Miroir plan


A
• La construction de l’image d’un point objet A nécessite de construire
au moins deux rayons lumineux issus de l’objets et rencontrant le
miroir plan. Ces deux rayons lumineux vont se croiser là où se forme
l’image A0 .
i i i0 i0
On peut voir sur le schéma ci–contre que les rayons lumineux ne vont
I I0 pas se croiser en réalité. Ici ils se “croisent" virtuellement derrière
le miroir plan, on parle d’image virtuelle. Si les rayons lumineux
se croisaient on parlerait d’image réelle, une telle image peut être
A0 observée sur un écran. Tandis qu’une image virtuelle est observée
• grâce à l’oeil qui va permettre de construire une image réelle sur la
rétine et donc en permettre l’observation.
Figure 16 – Réflexion par un miroir plan
3.3 Mirage
L’indice de réfraction d’un gaz dépend de sa température. Ainsi une masse d’air présentant un fort gradient thermique (variation rapide
de la température) aura un fort gradient d’indice. On peut en première approximation modéliser un tel gaz par des couches homogènes
d’indices de réfraction différents.
Dans le cas où le sol aurait une température beaucoup plus élevée que l’air on observerait une augmentation de température en
s’approchant du sol et donc une diminution de l’indice de réfraction. Lorsqu’un rayon lumineux passe d’un milieu plus réfringeant à
moins réfringeant, l’angle de réfraction est supérieur à l’angle d’incidence, le rayon lumineux est progressivement dévié jusqu’à l’apparition
d’une réflexion totale. A B
• •
n1
n2 < n1
n3 < n2
n4 < n3

A l’inverse si le sol est plus froid que l’air, le gradient d’indice de réfraction est renversé et un rayon venant du bas semblera venir du
haut pour un observateur en B.

Figure 17 – Mirage inférieur Figure 18 – Mirage inférieur Figure 19 – Mirage supérieur

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3.4 Fibre optique

TD 04 – Ex2

Une fibre optique est un fil dont l’âme, très fine, en verre ou en plastique, a la propriété
de conduire la lumière. Elle offre un débit d’information nettement supérieur à celui des
câbles coaxiaux et peut servir de support à un réseau large bande par lequel transitent
aussi bien la télévision, le téléphone, la visioconférence ou les données informatiques. Le
principe de la fibre optique date du début du XXème siècle mais ce n’est qu’en 1970
qu’est développée une fibre utilisable pour les télécommunications, dans les laboratoires
de l’entreprise américaine Corning Glass Works (actuelle Corning Incorporated).

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Chapitre 5
Systèmes optiques : les lentilles
It is no magic. It is what we call optics.
Bibliographie Sleepy Hollow (1999)
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 3

Nous nous intéresserons dans ce chapitre à quelques systèmes optiques qui ont pour point commun le fait d’être composé de lentilles.
Mais avant tout nous devons présenter quelques propriétés générales des systèmes optiques.

I Systèmes optiques

1.1 Définitions
b Système optique
Succession de milieu transparents séparés par des dioptres et/ou miroirs.

b Système centré
Système optique de symétrie axiale, l’axe commun à tous les éléments du système est appelé axe optique.

Exemples : Miroir plan, parabolique, lentille, appareil photographique, lunette astronomique...


1.2 Approximation de Gauss
b Stigmatisme rigoureux
Un système optique est rigoureusement stigmatique si tout rayon issu d’un point objet A converge en un unique point image A0 après
avoir traversé le système optique.

Remarque : Un dioptre plan ou un miroir plan sont rigoureusement stigmatiques.


b Approximation de Gauss
Dans l’approximation de Gauss les rayons lumineux
− sont paraxiaux, les angles entre ces rayon et l’axe optique du système sont faibles ;
− coupent les dioptres au voisinage de leurs sommets.

Les conditions de Gauss assurent un stigmatisme approché : on pourra associer un unique point image à un point objet.
N* Carl Friedrich Gauss 1777–1855 : astronome, mathématicien et physicien allemand

b Aplanétisme
Un système optique centré utilisé dans les conditions de Gauss est aplanétique : l’image d’un objet plan placé perpendiculaire à l’axe
optique est également plane et perpendiculaire à l’axe optique.

1.3 Formation d’une image


A• • A0 b Objet, image
Un point A et son image A0 par un système optique sont dits conjugués, on appelle (A, A0 )
un couple de points conjugués.
Système optique
b Rayons réels et virtuels
− On appelle rayon réel un rayon lumineux.
Figure 1 – Image réelle − On appelle rayon virtuel le prolongement d’un rayon réel.

b Image réelle ; image virtuelle


− Si les rayons lumineux issus d’un point objet se croisent on parle d’une image réelle. On
A• •
peut l’observer sur un écran, par exemple l’optique d’un appareil photo.
A0
− Si les rayons lumineux issus d’un point objet ne se croisent pas on parle d’une image
virtuelle. On ne peut l’observer sur un écran, il faut “regarder" à travers le système optique
pour observer l’image, par exemple un loupe.
Figure 2 – Image virtuelle

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1.4 Aberrations
b Aberrations
− Aberration chromatique : l’indice de réfraction du verre dépend de la longueur d’onde, les rayons ne convergent pas nécessairement
tous au même endroit et on observe de la dispersion.
− Aberration sphérique : les rayons passant sur le bord d’un système optique ne converge pas au même endroit que ceux passant au
centre du système optique.

Remarque : Pour éviter les aberrations se placer dans les conditions de Gauss et utiliser des achromats (lentilles corrigées de leurs
aberration chromatiques).

II Lentilles minces

2.1 Définitions
b Lentille mince
Association de deux dioptres dont l’épaisseur est très inférieure aux rayons de courbure, on peut supposer q’une lentille mince a une
épaisseur nulle.

Biconvexe Plan–convexe Biconcave Plan–concave Ménisque Convergente Divergente

Figure 3 – Exemples de lentilles minces ; schémas de lentilles minces

b Centre optique
Point noté généralement O se trouvant sur l’axe de symétrie de la lentille, l’axe optique y passe perpendiculairement au plan de la
lentille mince.

b Foyers
− L’image d’un objet placé au foyer objet F d’une lentille L se forme à l’infini. La distance algébrique OF = f est appelé distance
focale objet.
− L’image d’un objet placé à l’infini se forme au foyer image F 0 d’une lentille L. La distance algébrique OF 0 = f 0 est appelé distance
focale image.

b Plan focaux
− On appelle plan focal objet le plan perpendiculaire à l’axe optique et comprenant le foyer objet.
− On appelle plan focal image le plan perpendiculaire à l’axe optique et comprenant le foyer image.

b Vergence d’une lentille


La vergence d’une lentille est définie par

1
V = ;
f0

avec f 0 = OF 0 la distance focal de la lentille (en m), la vergence V s’exprime en m−1 ou dioptries δ.
Propriété : Si l’on accole deux lentille, la vergence équivalente du système est la somme des vergences de chacune des lentilles.

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2.2 Construction d’une image


Pour un objet et une lentille donnés, la construction de l’image associée se fait par le tracé de 2 rayons particulier, il en existe 3.
b Rayons particuliers
− Un rayon incident parallèle à l’axe optique ressort en passant par le foyer image.
− Un rayon incident passant par le foyer objet ressort parallèle à l’axe optique.
− Un rayon incident passant par le centre optique n’est pas dévié.

B B
B0
0
O A
0
A F F A F 0 A0 O F

B0

Figure 4 – Construction d’une image, lentille convergente Figure 5 – Construction d’une image, lentille divergente

b Construction d’un rayon émergent


Le rayon émergent issu d’un rayon incident passe par le point F
d’incidence sur la lentille mince. De plus il croise le rayon émergent
de tout rayon incident parallèle dans le plan focale image. F0
Réciproquement tout rayon issu d’un point appartenant au plan
focal ressortent parallèles entre eux.

Figure 6 – Construction d’un rayon émergent


Suivant la position de l’objet, on peut obtenir des images réelles ou virtuelles. Soit par le calcul (en utilisant les formules de conjugaisons)
soit graphiquement en construction les différentes situation on peut distinguer trois domaines particuliers.
b Lentille convergente
− Un objet réel tel que OA ∈] − ∞; f ] est associé à une image réelle telle que OA0 ∈ [f 0 ; +∞[.
− Un objet réel tel que OA ∈]f ; 0] est associé à une image virtuelle telle que OA0 ∈] − ∞; 0].
− Un objet virtuel tel que OA ∈ [0; +∞[ est associé à une image réelle telle que OA0 ∈ [0; f 0 [.

b Lentille divergente
− Un objet réel tel que OA ∈] − ∞; 0] est associé à une image virtuelle telle que OA0 ∈ [f 0 ; 0].
− Un objet virtuel tel que OA ∈ [0; f [ est associé à une image réelle telle que OA0 ∈ [0; +∞[.
− Un objet virtuel tel que OA ∈ [f ; +∞[ est associé à une image virtuelle telle que OA0 ∈] − ∞; f 0 ].

Vérification
Faire quelques schéma pour vérifier les relations précédentes.

TD 05 – App1

2.3 Relations

α O α0 A0
Pour une lentille mince et un objet donné, il est possible de déter-
miner la position de l’image (et inversement). Considérons l’exemple A F F0
générique ci–contre.
B0

Figure 7 – Objet et son image par une lentille


b Relation de conjugaison
1 1 1
La position de l’objet OA, de l’image OA0 et la distance focale f 0 = OF 0 sont reliées par − = 0.
OA0 OA f

b Formule de Newton
La position de l’objet par rapport au foyer objet F A, celle de l’image par rapport au foyer image F 0 A0 et les distances focales sont
reliées par
F A × F 0 A0 = f f 0 = −f 02 .

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b Grandissement
Pour un objet AB perpendiculaire à l’axe optique et son image A0 B 0 , on défini le grandissement comme le rapport de leurs tailles

A0 B 0
γ= .
AB

b Grossissement
On appelle grossissement le rapport entre l’angle sous lequel on voit l’objet à travers le système optique par l’angle sous lequel on
voit l’objet à l’oeil nu. On distingue deux cas de figures
− pour un système afocal (ex : la lunette astronomique) le grossissement est identique au grandissement angulaire ;
− pour un système non afocal, l’objet est considéré observé à l’oeil au punctum proximum (25 cm avant l’oeil).

Remarque : On dit d’un système qu’il est afocal si il crée à l’infini une image d’un objet situé à l’infini.
b Projection d’un objet réel sur un écran
La distance D entre un objet réel et son image réelle par une lentille convergente de distance focale f 0 est telle que D ≥ 4f 0 .
1 1 1 xf 0
Posons x = OA et x0 = OA0 . La relation de conjugaison s’écrit avec ces notations − = 0 donc x0 = . La distance séparant
x0 x f x + f0
objet et image est donc
x2
D = AO + OA0 = x0 − x = − .
x + f0
La distance objet/image minimale vérifie
dD x2 + 2xf 0
=− = 0 =⇒ x(x + 2f 0 ) = 0 .
dx (x + f 0 )2
D atteint un extremum pour x = 2f 0 , on peut rapidement vérifier que cet extrémum est un minimum. Si l’on souhaite travailler avec
un objet réel et une image réelle, la distance entre objet et image doit vérifier D ≥ 4f 0 .

TD 05 – Ex3

III Systèmes optiques


3.1 Oeil
L’oeil peut être modélisé par un système optique simple composé d’une lentille mince convergente (le cristallin), d’un diaphragme (la
pupille) et d’un écran (la rétine).
b Caractéristiques de l’oeil
L’oeil est un système optique de distance focale variable, il peut accommoder. La distance minimale de vision nette est appelée le
Punctum Proximum (dpp ≈ 25cm, à cette distance l’oeil accommode au maximum) tandis que la distance maximale de vision nette
est appelé le Punctum Remotum (dpr ∼ −∞, à cette distance l’oeil est au repos).
Rétine
Cristallin
L’oeil a une limite de résolution, il ne permet de voir des objets
infiniment petits. La distance entre deux cellules photoréceptrices
de l’oeil est a = 5µm, et la profondeur de l’oeil d = 17mm. Ainsi la d
résolution angulaire de l’oeil se définit par
a
a
tan α ∼ α = = 10 .
d

Figure 8 – Formation d’une image sur la rétine


b Oeil et “défauts"
− Un oeil “sans défaut" est dit emmétrope.
− Un oeil qui ne fait pas assez converger les rayon lumineux est dit hypermétrope, il voit net de loin mais pas de près. On peut
compenser ce défaut avec des lentilles convergentes.
− Un oeil qui fait trop converger les rayons lumineux est dit myope, il voit net de près mais pas de loin. On peut compenser ce défaut
avec des lentilles divergentes.
− Avec l’âge le cristallin devient de moins en moins souple, et la capacité d’accommodation de l’oeil diminue. C’est la vision de près
qui est impactée.

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3.2 Appareil photographique


L’objectif d’un appareil photographique est équivalent à une lentille mince convergente permettant de former une image sur un capteur
CCD (Charge–Coupled Device). En réalité l’objectif est composé de plusieurs lentilles permettant ainsi de faire la mise au point.
Un diaphragme (l’obturateur) est utilisé afin de limiter le temps d’exposition. De plus la taille de ce diaphragme permet de réaliser des
photos avec une faible profondeur de champ (grande ouverture, premier plan net) ou une grande profondeur de champ (petite ouverture,
premier plan et arrière plan nets).

Figure 9 – Illustration de la profondeur de champ, http ://www.comment-photographier.com/


L’image d’un point est nette si les rayons lumineux issus de ce points rencontrent tous le même pixel du capteur CCD. La mise au point
étant faite sur le sujet, celui–ci sera tout le temps net car son image se forme sur le capteur. Cependant l’image de l’arrière–plan se
formera avant le capteur, ce qui conduit à une observation “floue". Si l’on réduit la taille du diaphragme, les rayons lumineux issus de
l’arrière–plan feront un angle plus faible avec l’axe optique et donc les rayons formant l’image de l’arrière–plan aussi. Ils pourront si le
diaphragme est réglé suffisamment petit n’exciter q’un seul pixel et donc l’arrière–plan sera également net sur le capteur.

Capteur CCD

Taille pixel
+ +
A2 A1

Capteur CCD

Taille pixel
+ +
A2 A1

Dans la seconde configuration, les rayons bleus issus de l’arrière plan n’excitent qu’un seul pixel, ainsi l’image du point A2 sera nette sur
la photographie. Alors que les rayons bleus de la première configuration excitent plusieurs pixels et l’arrière–plan est flou sur le capteur.
Ce schéma illustre l’impact de l’ouverture du diaphragme sur la profondeur de champ.

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3.3 Lunette astronomique


La lunette astronomique est en toute généralité l’association de deux lentilles, l’objectif et l’oculaire. Il en existe plusieurs types :
− la lunette de Kepler composée de deux lentilles convergentes ;
− la lunette de Galilée composée d’une lentille convergente et d’une divergente.
N* Johannes Kepler 1571–1630 : astronome, astrologue, mathématicien et philosophe “allemand" (St Empire Romain Germanique)
N* Galileo Galilei 1564–1642 : astronome, mathématicien et physicien italien

b Système afocal
Un système optique est dit afocal lorsque l’image d’un objet situé à l’infini est crée à l’infinie. Les lunettes astronomiques sont afocales,
les objets sont situés à l’infini (étoiles, planètes...), on en obtient ainsi une image située à l’infini. Ceci permet une observation reposante
pour l’oeil qui n’a pas besoin d’accomodé.

TD 05 – Pb1 et Pb3

3.4 Autres systèmes optiques

Figure 11 – Schéma de principe du microscope optique

Figure 10 – Schéma de principe du télescope de Newton

TD 05 – Ex1

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IV Annexe : démonstration des formules de conjugaison


Commençons par faire l’inventaire des relations angulaires.

IH
n sin(i) = n0 sin(i0 ) ; sin θ = ;
ER
HI HI
tan α = ; tan α0 = ;
AH A0 H
α + (π − i) + θ = π ⇒ α = i − θ ;
α0 + i0 + (π − θ) = π ⇒ α0 = θ − i0 . n n'

Avec E = +1 si SC > 0 et E = −1 si SC < 0.

Plaçons nous dans les conditions de Gauss, en particulier les rayons sont paraxiaux donc tan x ∼ sin x ∼ x et H = S.

IS
ni = n0 i0 ; θ =
ER
SI SI SI SI
α=i−θ = ⇒i=θ+ =− + ;
AS AS ER AS
SI SI SI SI
α0 = θ − i0 = ⇒ i0 = θ − =− −
A0 S A0 S ER A0 S

Ainsi la deuxième lois de Snell–Descartes combinées aux relations angulaires permet d’écrire
   
SI SI SI SI
ni = n0 i0 ⇒ n − + = n0 − −
ER AS ER A0 S
   
1 1 1 1
⇒n − + = n0 − −
ER AS ER A0 S
0 0
n n n −n
⇒ + =
SA0 SA ER

Le premier dioptre associe à un objet A une image intermédiaire Ai telle que

n n0 n0 − n
+ = .
S1 A S1 Ai E1 R1

Le deuxième dioptre associe à l’image intermédiaire Ai une image A0 telle que

n0 n n − n0
=− + .
S2 Ai S2 A0 E2 R2

Considérons une lentille mince (S1 = S2 = O), ainsi on obtient la relation de conjugaison

n0 − n
 
1 1 1 1
− = + .
OA 0 OA n E1 R1 E2 R2

Considérons un objet en A = ±∞ alors


n0 − n
 
1 1 1 1
= + = .
OA 0 n E1 R1 E2 R2 f0
Le foyer image est ainsi défini comme le point où se forme l’image d’un objet situé à l’infini sur l’axe optique et on montre que

n E1 E2 R1 R2
f0 = .
n0 − n E1 R1 + E2 R2

Mr. Corkill told me that he was really worried that I would go through
life not understanding the importance of geometrical optics.
Magnum (saison 6, épisode 18, 1986)

42
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Chapitre 6
Introduction au monde quantique
–And the winner is number 3, in a quantum finish.
–No fair ! You changed the outcome by measuring it ! !
Bibliographie Futurama (saison 3, épisode 4, 2001)
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 4
bCours PTSI, B. Mollier −→ Chapitre 17
Newton décrivait la lumière comme un jet de particules ou grains de lumière afin de mettre au point une analogie avec les lois de la
mécanique et décrire la lumière en terme de forces. Cependant cette approche ne lui permit pas d’expliquer les phénomènes tels que les
interférences ou la diffraction. Ses travaux furent publiés en 1704 dans son ouvrage Optiks, Newton étant un scientifique très en vogue
à l’époque les approches alternatives (comme les descriptions ondulatoires datant des travaux de Huygens de 1678) furent écartées.
Il fallut attendre 1873 pour que des théories ondulatoires reviennent sur le devant de la scène grâce au traité d’électromagnétisme de
Maxwell permettant de décrire la propagation de la lumière.

Ces différentes descriptions restent toutefois classiques et ne permettaient pas d’expliquer certaines expériences comme le rayonnement
thermique du corps noir (Planck 1900) ou l’effet photoélectrique (Hertz 1887 et Einstein 1905) nécessitant quantification de l’énergie
ou une description corpusculaire de la lumière. D’autres expériences plus récentes mirent en évidence le caractère corpusculaire de la
lumière tandis que d’autres mirent en évidence le caractère ondulatoire de la matière, il est possible d’observer des interférences ou de
la diffraction d’électrons par exemple.
N* Max Planck 1858–1947 : physicien allemand et prix Nobel de physique 1918
N* Heinrich Rudolf Hertz 1857–1894 : physicien allemand
I Aspect corpusculaire de la lumière

1.1 Effet photoélectrique


1.1.1 Expérience de Hertz (1887)

K Électroscope
Un électroscope est constitué d’un conducteur déformable. Si le conducteurs porte une charge globale alors il se déforme sous l’effet
des interactions électrostatiques.

Certains rayonnement électromagnétique peuvent changer la charge d’un métal : c’est l’effet
photoélectrique.
− Si l’électroscope est initialement neutre alors il se charge et les plaques se repoussent. On ne
peut savoir si il se charge positivement ou négativement.
− Si l’électroscope est initialement chargé positivement, il ne se passe rien quand : a priori la
lumière charge positivement l’électroscope (i.e. arracher des électrons).
− Si l’électroscope est initialement chargé négativement, il se décharge (les électrons excéden-
taires sont arrachés) puis se charge à nouveau.
− Si une plaque de verre est intercalée entre la source lumineuse et l’électroscope, aucune mo-
dification de l’électroscope n’est observée. On en conclu que toutes les radiations ne sont pas
capables d’arracher des électrons à un métal.
Figure 1 – Électroscope

b Effet photoélectrique (Hertz 1887)


Un métal exposé à la lumière peut émettre des électrons.

Cette première observation a été réalisée par Heinrich Rudolf Hertz en 1887, cependant il ne peut trouver d’explication à ce phénomène.
Il fallut attendre d’autres expériences en 1902 puis une explication d’Einstein en 1905.

Figure 2 – Expérrience de Hertz Figure 3 – Effet photoélectrique

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1.1.2 Expérience de Lenard (1902)


N* Philipp Lenard 1962–1947 : physicien hongrois (puis allemand) et prix Nobel de physique 1905
Ce montage consiste en deux plaque métalliques placées en vis–à–vis dans un tube à vide. L’une des plaque est éclairée avec de la
lumière de fréquence et intensité variable. Les plaques sont reliés à une alimentation de tension réglable permettant de générer un
champ électrique dans le tube et de mettre d’éventuels électrons arrachés en mouvement.

1. Fréquence seuil
− Pour un métal donné il existe une fréquence seuil ν0 de la source lumineuse en dessous de laquelle aucun courant électrique
n’apparaît. Au dessus de cette fréquence seuil le courant électrique (i.e. le nombre d’électrons arrachés) est proportionnel à
l’intensité de la source lumineuse.
2. Potentiel d’arrêt
− Si VC > VE alors un champ électrique orienté du collecteur vers l’émetteur apparait. La force qu’engendre ce champ sur les

→ −

électrons est F = −e E et entraine les électrons vers le collecteur. Au delà d’une certaine tension tous les électrons arrachés par
effet photoélectrique atteindront le collecteur.
− On observe une saturation du courant circulant dans le circuit car le nombre d’électron arraché dépend uniquement de l’intensité
de la source lumineuse.
− Si VC = VE alors seulement certains électrons auront assez d’énergie cinétique pour atteindre le collecteur. Il existe un courant
électrique dont l’intensité dépend de la l’intensité de la source lumineuse.
− Si VC < VE alors un champ électrique orienté de l’émetteur vers le collecteur apparait. La force qu’engendre ce champs tend à
ramener les électrons sur l’émetteur. Pour une tension suffisamment négative (i.e. un potentiel inférieur au potentiel d’arrêt Vs )
plus aucun courant électrique ne circule.
− La valeur du potentiel d’arrêt est indépendante de l’intensité de la source lumineuse.
− En 1914, Robert Millikan montre expérimentale l’existence de la fréquence seuil ν0 mais également qu’au delà de cette fréquence
seuil le potentiel d’arrêt est une fonction affine de la fréquence Vs = α(ν − ν0 ).
3. L’effet photoélectrique observé est “immédiat" il n’y a pas de décalage temporel entre l’impact de la lumière et l’apparition d’un
courant électrique, ce qui permet d’écarter des effet de chargement du système.
N* Robert Andrews Millikan 1868–1953 : physicien américain
1.1.3 Le photon pour expliquer l’effet photoélectrique
b Caractère corpusculaire de la lumière
La lumière est constitué de particules (les photons) d’énergie Eν = hν.
Avec h = 6.626 × 10−34 J s la constante de Planck, introduite historiquement pour répondre à un autre problème expérimental : le
rayonnement du corps noir.

Interprétons maintenant l’effet photoélectrique en partant de cette hypothèse dite du “photon". Lors de l’expérience de Lenard une
fréquence lumineuse minimale est nécessaire pour arracher des électrons, ceci peut être relié à la nécessité d’avoir des photons suffisamment
énergétique. Soit Wext l’énergie nécessaire pour extraire un électron du métal,

Wext = hν0 .

Si la lumière utilisé à une fréquence supérieure à la fréquence seuil que devient l’énergie excédentaire ? Le plus probable serait que cette
énergie soit convertie en énergie cinétique, ainsi l’énergie totale d’un photon peut s’écrire

hν = Wext + Ec .

44
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1.2 Le photon
Afin d’expliquer le rayonnement du corps noir, Planck dut introduire le fait que les échanges d’énergie entre rayonnement et matière se
faisait par quantités discrètes qu’il appela quanta. L’introduction de cette quantification de l’énergie fut présentée comme au mieux un
artifice de calcul sans aucune nature physique. Cet quanta d’énergie ont pour valeur Eν = hν avec h la constante de Planck. En 1905,
Einstein lui décida de revenir sur cette hypothèse et de l’utiliser pour décrire l’effet photoélectrique.
b Quantum d’énergie
La lumière est composée de quanta d’énergie : les photons. L’énergie d’un quantum est

Eν = hν .

La même année Einstein publie également un article traitant de la relativité restreinte où le photon occupe une place privilégiée, il
définit ainsi sa quantité de mouvement (ou impulsion) p.
b Le photon
Le photon est une particule sans masse, se déplaçant à la célérité c de la lumière dans le vide, d’impulsion p qui a pour énergie

Eν = pc .

b Relation de Planck–Einstein
Le photon est l’objet permettant de décrire le rayonnement électromagnétique, il a un comportement :
− ondulatoire, caractérisé par une fréquence ν et une longueur d’onde λ ;
− corpusculaire, caractérisé par une énergie Eν et une quantité de mouvement (ou impulsion) p.
Les relations de Planck–Einstein permettent de relier ces différents comportements,

Eν = hν = ~ω ;
h
pν = = ~k ;
λ

avec ω = 2πν, k = et h = 2π~.
λ

1.3 Interférences photon par photon (2001)


Si l’on envoie des photons un par un sur des fentes d’Young on verra apparaître impact
après impact (sur un écran) la figure d’interférences classiquement observée en optique.
Cela signifie que l’on peut dire que chaque photon passe par les deux fentes d’Young
simultanément et interfère avec lui–même. Cependant si l’on place des détecteurs
derrières les fentes d’Young, un photon n’en active q’un seul : lors de l’observation un
photon passe par une unique fente. Dans ce cas on ne verra pas apparaître la figure
d’interférence sur l’écran ! Cela peut sembler très surprenant mais en réalité illustre
l’effet de la mesure sur un système quantique : sans observation le système quantique
se trouve dans une superposition d’états (fente gauche ET fente droite) et aura un
comportement quantique ; avec observation l’état est réduit (fente gauche OU fente
droite).
N* Angus Young 1955– : guitariste écossais du groupe ACDC... ce n’est pas lui
N* Thomas Young 1773–1829 : mathématicien, physicien et égyptologue brittanique Figure 4 – Figures d’interférences photon par
photon, créative commons
b Interférences
Les interférences apparaissent lorsqu’un objet quantique peut emprunter plusieurs chemins pour arriver au même détecteur, et que
ces chemins sont indiscernables après détection.
Un photon traversant le dispositif va rencontrer l’écran et aboutir à la formation d’une figure d’interférences. Cela signifie que le lieu
de l’impact du photon correspond à un tirage aléatoire suivant une loi de probabilité décrivant la figure d’interférences. Nous avons
donc des corpuscule dont la probabilité d’impact est prédictible par un modèle ondulatoire.
b Interprétations
Cette expérience met en évidence :
− l’aspect probabiliste de la mécanique quantique ;
− la dualité onde–corpuscule de la lumière ;
− l’interaction avec le dispositif expérimental “crée" l’état observé de la mesure.

II Aspect ondulatoire de la matière

2.1 Expérience de Davisson & Germer


Un cible de Zinc bombardée par des électrons entraîne la formation d’une figure de diffraction. Cette expérience nous apporte deux
informations :
− les électrons peuvent se comportent comme une onde ;
− les solides présentes une structure microscopique périodique (l’échantillon de zinc peut être décrit comme un réseau).
N* Clinton Davisson 1881–1958 : physicien américain
N* Lester Germer 1896–1971 : physicien américain
N* Paul Scherrer 1890–1969 : physicien suisse

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K Diffraction d’électrons : expérience de Davisson & Germer


Diffraction d’électrons sur une cible de graphite.

Figure 5 – Dispositif de diffraction d’électrons,


www.schoolphysics.co.uk
Figure 6 – Figure de diffraction d’électrons, www.lambdasys.com

b Interprétation
Cette expérience permis d’observer que des particules pouvaient avoir un comportement ondulatoire.

2.2 Interférences entre particules


Des expériences d’interférences entre particules ont également
été réalisée, pour la première fois avec des électrons en 1956
par Möllenstedt. Plus récemment des interférences ont été
réalisés avec des atomes “froids" en 1992 puis des molécules
de plus en plus grosse comme le Fullrène (1999) et mêmes
des protéines (2011).
N* Göttfried Möllenstedt 1912–1997 : physicien allemand

Figure 7 – (a) fullerene C60 (m = 720AMU, 60 atoms) ; (b)


The perfluoroalkylated nanosphere PFNS8 (C60 [C12 F25 ]8 , m =
5672AMU, 356 atoms) is a carbon cage with eight perfluoroalkyl
chains ; (c) PFNS10 (C60 [C12 F25 ]10 , m = 6910AMU, 430 atoms)
has ten side chains and is the most massive particle in the set ; (d)
A single tetraphenylporphyrin TPP (C44 H30 N4 , m = 614AMU,
78 atoms) ; (e) TPPF84 (C84 H26 F84 N4 S4 , m = 2814AMU, 202
atoms) and (f) TPPF152 (C168 H94 F152 O8 N4 S4 , m = 5310AMU,
430 atoms). In its unfolded configuration, the latter is the largest Figure 8 – Figure d’interférences. Gerlich et al. Quantum in-
molecule in the set. The scale bar corresponds to 10 Å. terference of large organic molecules. Nat Commun. 2011 Apr ; 2 :
263. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3104521/
2.3 Hypothèses et interprétation
En 1924, Louis De Broglie (prononcé de Breuille suite à la francisation de son nom de famille venant de l’italien De broglia) avance
l’hypothèse que la matière pourrait avoir un comportement ondulatoire de la même façon que la lumière peut avoir un comportement
corpusculaire. Il introduite ainsi la notion d’ondes de matière.
N* Louis de Broglie 1892–1987 : mathématicien et physicien français

b Relations de De Broglie
Un objet matériel (une particule par exemple) d’énergie E et de quantité de mouvement p peut présenter un comportement ondulatoire :
E
− de fréquence νDB = ;
h
h
− de longueur d’onde λDB = .
p

Longueurs d’onde de De Broglie, comportement quantique


Humain (75 kg, 4 km h−1 ), balle de tennis (60 g, 100 km h−1 ), électron (9.109 × 10−31 kg, 1 eV).
λhum ≈ 6.1 × 10−37 m, λballe ≈ 3.1 × 10−35 m, λe− ≈ 1.2 nm

46
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Atomes “froids"
3
L’énergie cinétique d’un atome peut s’écrire Ec = kB T . Justifier qu’il faut refroidir des atomes afin de pouvoir observer des
2
comportements quantiques.
h h h
λ= = √ = √ .
mv 2mEc 3mkB T

Froid, oui. Mais à quel point ?


Estimer la température que doit atteindre le système si on veut observer le comportement quantique d’atomes de carbones
mC ≈ 2 × 10−23 g, rC ≈ 70 × 10−12 m, kB = 1.38 × 10−23 J K−1 , h = 6.626 × 10−34 J s.
h2
λ ∼ rC =⇒ T ∼ 2
≈ 102 K
3mC kB rC

2.4 Limite relativiste (Hors programme)


p
La relativité restreinte conduit à l’expression suivante pour l’énergie E = γmc2 = p2 c2 + m2 c4 = E0 + Ec , avec E0 = mc2 l’énergie
1
au repos (ou énergie de masse) et γ = q . Ainsi l’énergie cinétique prend l’expression suivante pour de faibles vitesses
2
1 − vc2

p p2
Ec = (γ − 1)mc2 = (γ − 1) p2 c2 + m2 c4 ∼ ;
vc 2m
√ h h
De plus nous pouvons écrire p = mv = 2mEc . Ainsi, la longueur d’onde de De Broglie devient λDB = = √ .
p 2mEc
Remarque : Hors du cadre de la mécanique classique p 6= mv ! Il faut bien penser à vérifier si v  c.
Plus généralement p = γmv avec γ = 1 − v/c.
p

2.5 Application : la microscopie électronique


La limitation principale de la microscopie optique est due à la diffraction de la lumière sur les échantillon de taille de l’ordre de la
longueur d’onde (λ ' 600 nm). L’utilisation d’électron permet de passer cette barrière de la centaine de nanomètre : un électron à une
longueur d’onde de De Broglie de l’ordre du nanomètre, ce qui permet de former des images d’objets beaucoup plus petits et/ou d’avoir
plus de détails qu’en microscopie optique.

Figure 9 – Ver hydrothermal (largeur photo Figure 10 – Flocons de neige Figure 11 – Fibre tissée
568µm)
2.6 Construction ad hoc d’une onde de matière
Construction d’une onde de matière
1. Soit une particule de quantité de mouvement − →
p . Quelle est l’expression de sa longueur d’onde de De Broglie ? Et de son vecteur
d’onde ?
2. Relier l’énergie E d’une telle particule et sa pulsation ω.
3. Une onde plane 1D complexe s’écrivant ψ = ψ0 ei(ωt−kx) donner l’expression d’une telle onde en fonction de E et − →p.

Toute onde peut a priori se décomposer comme une superposition d’ondes progressives harmoniques monochromatiques. Or, la mécanique
quantique nécessite de travailler avec des ondes complexes. Du haut de ces deux constats on peut introduire une onde permettant de
décrire le comportement d’un objet quantique.
b Onde de De Broglie
L’onde associé à une particule quantique libre se propageant suivant la direction −

u x s’écrit
i
ψ = ψ0 ei(ωt−kx) = ψ0 e ~ (Et−px) ;

2π h
avec la pulsation ω = 2πν, le vecteur d’onde k = , l’énergie E = hν et la quantité de mouvement (ou impulsion) p = .
λ λ

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Il est possible de construire une équation vérifiée par l’expression de l’onde de De Broglie et ainsi obtenir un outil permettant d’étudier
la dynamique d’un objet quantique.

b Équation de Schrödinger (Hors programme)


L’onde de De Broglie vérifie l’équation suivante

∂ψ(−

r , t) ~2
i~ =− ∆ψ(−

r , t) + V (−

r , t)ψ(−

r , t) ;
∂t 2m

avec V (−

r , t) l’énergie potentielle associée aux forces conservatives s’appliquant à l’objet quantique et ∆ le laplacien (dérivée seconde
par rapport aux coordonnées spatiales).

Remarque : L’expression et la résolution de cette équation sont hors programme.


N* Erwin Schrödinger 1887–1961 : physicien autrichien

III Interprétation probabiliste


3.1 Amplitude de probabilité
Nous avons vu avec l’expérience des interférences photon par photon que l’on ne peut prédire avec certitude l’endroit d’impact d’une
particule quantique, la physique quantique n’est pas déterministe. Cependant nous pouvons construire des outils probabilistes afin
d’en décrire le comportement dans son ensemble. A priori la position d’impact d’une particule sur un écran suit une loi de probabilité
correspondant à un comportement ondulatoire.

Par analogie avec l’optique, on définit l’amplitude de probabilité complexe notée ψ. En optique la figure d’interférence correspond à
l’intensité lumineuse I de la superposition des ondes incidentes d’amplitude E avec I = |E1 + E2 |2 .
b Fonction d’onde
L’état physique d’un objet quantique est parfaitement défini par une fonction d’onde complexe ψ(M, t) qui représente l’amplitude de
probabilité. La probabilité de présence d’un objet quantique est proportionnelle à l’amplitude de probabilité au carré
P(M, t) = |ψ(M, t)|2 .

La probabilité pour q’un objet quantique se trouve dans un volume dV autour du point M à l’instant t esty dP = |ψ(M, t)|2 dV .
Si on intègre sur tout l’espace dans lequel un objet quantique peut se trouver on obtient une probabilité de présence |ψ(M, t)|2 dV = 1.

Remarque : La fonction d’onde d’une particule peut être identifiée à l’expression d’une onde qu’avait intuité De Broglie lorsqu’il a
travaillé sur le caractère ondulatoire de la matière. Tout objet de nature quantique peut être décrit par une telle fonction d’onde dont
le comportement se rapproche de celui d’une onde classique, ainsi les résultats que nous connaissons sur les ondes peuvent s’appliquer
à la mécanique quantique en considérant non plus la propagation d’une perturbation du milieu mais la propagation d’une amplitude de
probabilité.
3.2 Interprétation probabiliste d’une expérience
|ψ 1 |2

b Chemins discernables
Dans un dispositif tel que les chemins sont discernables on n’observe pas d’in-
terférences car l’objet quantique n’emprunte qu’un unique chemin connu de
Onde plane l’observateur. Soit ψ 1 l’amplitude de probabilité correspondant au passage par
|ψ 2 |2 la fente 1 et ψ 2 celle correspondant au passage par la fente 2. Ainsi les impacts
suivent la probabilité de présence suivante

P ∝ |ψ 1 |2 + |ψ 2 |2 .

b Chemins indiscernables
Dans un dispositif tel que les chemins sont indiscernables on observe des interfé-
rence car l’objet quantique passe par ces différents chemins. Soit ψ 1 l’amplitude
Trous d’Young de probabilité correspondant au passage par la fente 1 et ψ 2 celle correspondant
|ψ 1 + ψ 2 |2 au passage par la fente 2. Ainsi les impacts suivent la probabilité de présence
suivante

P ∝ |ψ 1 + ψ 2 |2 .

Figure 12 – Probabilité de présence pour


des chemins discernables ou non
Tant que l’objet quantique n’a pas atteint l’écran sa position est aléatoire mais respecte une distribution de probabilité que l’on peut
déterminer. Mathématiquement l’objet quantique est réparti dans la portion de l’espace ou sa densité de probabilité est non nulle. Après
impact sur l’écran sa position est connue, la mesure modifie de façon notable l’état de la particule quantique. De même si l’on observe
chacune des fentes d’Young, les particules quantiques ne sont plus “délocalisées" entre les deux fentes mais emprunte un unique chemin
ce qui détruit les interférences.

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b Postulat de la réduction du paquet d’onde


Si l’on mesure une grandeur physique quantique d’un système dans une superposition d’état (ex : interférences en chemins indiscer-
nables), le système est immédiatement projeté dans un sous–état qui n’est pas une superposition (ex : particule passe par la fente de
droite).

b Principe de complémentarité de Bohr


Les aspects ondulatoire (interférences) et corpusculaire (la particule passe par une fente donnée) ne peuvent être observé simultanément.

N* Neils Bohr 1885–1962 : physicien danois et prix Nobel de physique 1922

IV Principe d’indétermination de Heisenberg


N* Werner Heisenberg 1901–1976 : physicien allemand
4.1 Indétermination quantique
b Abandon de la notion de trajectoire
Dans une approche classique il est possible de connaître avec exactitude la position et la vitesse d’une particule, cela revient à dire
que l’on peut décrire de façon exacte la trajectoire d’une particule. Si l’on considère un objet quantique cela n’est plus possible car la
particule n’est plus décrite en tant que telle mais décrite par une amplitude de probabilité ayant le comportement d’une onde.
y

Photon diffracté Soit un photon traversant le trou diffractant. Sa position est aléa-
toire pouvant être décrite par la densité de probabilité du photon au


p niveau du trou de diffraction. Si l’on mesurait sa position avec pré-
Photon incident cision il serait localisé quelque part au niveau du trou. Si l’on répète
θ cette mesure sur de nombreux photons on observerait une réparti-
tion respectant la densité de probabilité. La largeur à mi–hauteur
de cette de la densité de probabilité correspond à l’indétermination
de position du photon. Dans notre cas cette indétermination vaut
a
∆y = car on considère uniquement des photons diffractés qui se
2
trouve donc quelque part dans le trou de diffraction.

Figure 13 – Expérience de diffraction


La connaissance d’une trajectoire classique passe par la connaissance
P de la position et de la vitesse, essayons donc d’exprimer l’indéter-
mination portant sur la vitesse. La vitesse est directement reliée à
la quantité de mouvement en mécanique classique − →
p = m− →
v , expri-
mons donc l’indétermination portant sur la quantité de mouvement
d’un photon. Pour cela il faut commencer par exprimer la quantité
de mouvement.
h h
p = ~k = =⇒ py = sin θ ;
λ λ

∆y Or py est uniquement dû à la diffraction, il s’agit purement d’une


indétermination py = ∆py . De plus, l’angle de diffraction est dé-
crit par la relation sin θ ∼ λ/a. L’indétermination de quantité de
mouvement devient
h
∆py ∼ .
y a
Ainsi nous pouvons exprimer le produit de l’indétermination de po-
Figure 14 – Densité de probabilité d’un photon sition et de vitesse
au niveau du trou de diffraction ∆y × ∆py ∼ h/2 .
Forcer le photon à passer par une fente revient à contraindre, et donc mieux connaître, sa position. Ainsi l’indétermination sur sa
quantité de mouvement augmente d’autant que l’on diminue la largeur de la fente. Ce résultat est cohérent avec les observations usuelles
d’optique : plus le trou de diffraction est petit plus l’onde lumineuse est diffractée.
b Indétermination
La nature quantique d’un objet nous empêche de connaître précisément à la fois sa position et sa vitesse.

b Principe d’indétermination de Heisenberg


La mesure à un instant donné de la position x (resp. y et z) et de l’impulsion px (resp. py et pz ) d’un objet quantique est contrainte
par les indéterminations fondamentales ∆x et ∆px (resp. ∆y, ∆py et ∆z, ∆pz ) vérifiant

~ ~ ~
∆x∆px ≥ ; ∆y∆py ≥ ; ∆z∆pz ≥ ;
2 2 2
h
avec ~ = la constante réduite de Planck.

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Ne pouvant connaître la position et la vitesse d’un objet quantique avec exactitude, la notion de trajectoire perd tout son sens.

b Moyenne & Écart type


La moyenne de x notée hxi est reliée à l’écart type ∆x par la relation
q
∆x = hx2 i − hxi2 .

4.2 Application à un problème simple : l’oscillateur harmonique quantique


L’énergie mécanique d’un oscillateur harmonique classique (ex : un système masse/ressort) est

1 1 p2 1
Em = mẋ2 + kx2 = + mω 2 x2 ;
2 2 2m 2
avec k la constante de raideur du ressort. La valeur minimale de cette énergie mécanique correspond à la position de repos du système
(p = 0, x = 0) donc Em,0 = 0. Admettons que l’énergie mécanique d’un oscillateur harmonique quantique ait la même expression

p2 1
Em = + mω 2 x2 .
2m 2
D’après le principe d’indétermination de Heisenberg, la position et l’impulsion ne peuvent être connues de façon exacte et donc être
simultanément nulles. Ainsi, la valeur minimale de l’énergie mécanique d’un oscillateur harmonique quantique ne peut être nulle.

Une mesure donne accès à un état possible du système, c’est donc


la valeur moyenne effectuée sur un grand nombre d’expérience qui
pourra s’interpréter. Calculons la valeur moyenne de l’énergie méca-
nique

2
px 1
+ mω 2 x2 .


hEm i =
2m 2
L’oscillateur harmonique est un problème symétrique (i.e. solutions
symétriques) donc la moyenne
q de la position x et de l’impulsion px
sont nulles donc ∆x = hx i − hxi2 = hx2 i. Le principe d’indé-
p
2

~2
termination de Heisenberg permet d’écrire p2x ≥ et donc


4 hx2 i

~2 1
+ mω 2 x2 = f ( x2 ) .



hEm i ≥
8m hx2 i 2 Figure 15 – Amplitude de probabilité et probabilité de présence d’un
oscillateur harmonique quantique pour les 6 premiers niveaux d’énergie.
r
df d2 f ~2
Cherchons un minimum de la fonction f (u), i.e. = 0 et > 0. On trouve comme solution ∆x20 = .
du du2 4m2 ω 2

b Oscillateur harmonique quantique



L’énergie moyenne d’un oscillateur harmonique quantique vérifie toujours la relation hEm i ≥ Em,0 = où Em,0 est l’énergie de l’état
2
fondamental du système.

V Confinement d’une particule libre

5.1 Particule libre


Une particule est dite libre si elle peut sans déplacer sans contrainte suivant une ou plusieurs dimensions. Dans la suite nous considérerons
des particules libres 1D libres de se déplacer suivant l’axe − →
u x . L’énergie mécanique d’une telle particule comporte un unique terme
cinétique
p2
Em = .
2m
Nous pouvons reformuler cette quantité en utilisant les relations de De Broglie.

b Énergie mécanique d’une particule libre


L’énergie mécanique d’une particule libre 1D s’écrit

h2 h2 ν 2 ~2 ω 2 ~2 k2
Em = 2
= 2
= 2
= .
2mλ 2mc 2mc 2m
Cette quantité peut prendre n’importe quelle valeur réelle positive.

L’énergie cinétique étant parfaitement connue, l’impulsion l’est également ∆px = 0. Ainsi une particule libre de se déplacer est totalement
délocalisée et pourait se trouver n’importe où dans l’espace ∆x −→ ∞.

50
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5.2 Confinement d’une particule


Considérons une particule confinée dans une boîte allant des abs-
cisses x = 0 à x = L. La particule ne pouvant sortir de cette boîte,
cette dernière peut être modélisée par un potentiel tel que

E2 V (x) = 0 si 0 ≤ x ≤ L
V (x) −→ ∞ si x ≤ 0 ou L ≤ x .

E1 Une particule ne peut pénétrer une zone de potentiel infini, ainsi la


particule étudiée est contrainte de rester dans l’intervalle [0, L].

Un objet quantique peut être décrit par une amplitude de probabilité


E0 ayant le comportement d’une onde. La particule ne pouvant sortir
0 L de la boite, son amplitude de probabilité est nulle en dehors de la
boite et sur ses bords. Nous avons déjà vu un problème similaire :
l’amplitude de vibration de la corde de Melde est nulle sur les bords
Figure 16 – Amplitude de probabilité des x = 0 et x = L. Ce problème de mécanique quantique est finalement
3 premiers niveaux d’énergie. analogue à un corde vibrante fixées en ses deux extrémités.

b Particule confinée dans une boîte


La fonction d’onde est stationnaire et vérifie

ψ(x) = 0 si x ∈] − ∞, 0] ∪ [L, +∞[ .

2L
Les modes accessibles sont quantifiés tels que λn = avec n ∈ N.
n+1
p2 h2
L’énergie mécanique totale d’une particule confinée dans une boîte s’écrit Em = Ec + Ep = = car dans la boite le potentiel
2m 2mλ2
est nul. Il n’existe que des modes discrets de longueur d’onde discrète, ainsi les énergies des modes sont également discrètes.

b Énergie d’une particule confinée


Le confinement spatial d’une particule conduit à une quantification de son énergie, toutes les valeurs ne sont pas accessibles mais
prennent des valeurs discrètes

h2 2 ~
2  2
π
En = = (n + 1) avec n ∈ N .
2mλ2n 2m L

~2  π 2
De plus le niveau fondamental a une énergie non nulle conformément au principe d’indétermination de Heisenberg E0 = .
2m L

b Configuration des modes


Les modes supérieurs au mode fondamental présentent des noeuds d’amplitude de probabilité. On observe donc des région de la boîte
dans laquelle la particule quantique ne peut se trouver. Un nouveau résultat différant d’un problème classique.

VI Annexe : refroidissement d’atome par laser

6.1 Rappels
− Atome à deux niveaux

Dans la théorie quantique, les électrons d’un atome ne peuvent pas posséder n’importe quelle énergie
mais occupent nécessairement des niveaux d’énergie bien déterminés.

− Absorption
L’électron du schéma précédent ne peut absorber que les photons d’énergie

∆E = E2 − E1 = hν .

Une des approches fondatrices de la physique est la recherche de quantités conservées au


cours du temps, pour un système mécanique la quantité de mouvement est une quantité
conservée. Ici, on ne parle plus de quantité de mouvement mais d’impulsion...

L’impulsion totale se conserve lors de l’absorption du photon ; on note −


→pi l’impulsion de l’atome avant absorption du photon, −
p→
f

→ −

l’impulsion de l’atome après absorption du photon et p = ~ k l’impulsion du photon incident. La conservation de la quantité de
mouvement s’écrit

→ −
→ →
pi + ~ k = −
pf .

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− Émission stimulée

Lorsque l’électron d’un atome se trouve dans un niveau excité et qu’il reçoit un photon
correspondant à une désexcitation possible, alors il va émettre un photon aux propriétés
identiques au photon incident (c’est la base du fonctionnement du laser). Lors de ce
processus, l’impulsion est également conservée. Toutefois, le photon est émis dans la
direction du photon incident.

L’impulsion totale se conserve lors de l’absorption du photon ; on note −→


pi l’impulsion de l’atome avant absorption du photon, −
p→
f

→ −

l’impulsion de l’atome après absorption du photon et p = ~ k l’impulsion du photon incident. La conservation de la quantité de
mouvement s’écrit

→ −
→ → −

pi + ~ k = −pf + 2~ k .
− Émission spontanée

Lorsque l’électron d’un atome se trouve dans un niveau excité, il va naturellement émettre
un photon pour retrouver son niveau d’énergie fondamental après un certain temps. Lors
de ce processus, l’impulsion est également conservée. Toutefois, le photon est émis dans
une direction aléatoire.

L’impulsion totale se conserve lors de l’émission du photon ; on note −



pi l’impulsion de l’atome avant absorption du photon, −
p→
f l’im-

→ −

pulsion de l’atome après absorption du photon et p = ~ k l’impulsion du photon émis. La conservation de la quantité de mouvement
s’écrit

→ −

pi = −p→
f +~k .

6.2 Refroidissement d’atomes



→ −

Lorsque l’atome absorbe un photon d’impulsion −
→p = ~ k il gagne une quantité de mouvement de recul −

pr = m−

vr = ~ k , on définit ainsi
la vitesse de recul −


→ ~k
vr = ;
m
on définit l’énergie cinétique de recul
1
Er = mvr2 ;
2
et pour finir la température de recul par
3 2 Er
Er = kb Tr ⇒ Tr = .
2 3 kb
− Absorption d’un photon
On considère un atome de quantité de mouvement − →
pi = m−
→v et absorbant

→ −

un photon de quantité de mouvement p = ~ k provenant du faisceau laser.
Après absorption, la quantité de mouvement de l’atome est


→ −

pr = m−

v + ~ k = m−
v→
f .

Ainsi après absorption la vitesse de l’atome est

− ~−→
v→ −

f = v + k .
m
− Désexcitation par émission induite


On considère un atome de quantité de mouvement − →pi = m−→
v + ~ k et émet-


tant un photon par émission stimulée de quantité de mouvement − →p =~k
à cause du faisceau laser précédent. Après l’émission stimulée, la quantité
de mouvement de l’atome est

→ −
→ −

pr = m− →
v + ~ k − ~ k = m− v→

f .

Ainsi après absorption la vitesse de l’atome est


 
− ~− → ~−→
v→f =


v + k − k .
m m
− Désexcitation par émission spontanée


On considère un atome de quantité de mouvement − →
pi = m− →v + ~ k et
émettant un photon par émission spontanée de quantité de mouvement

→ −

p = ~ k0 . Ce photon est émis dans une direction aléatoire. Après l’émission
spontanée, la quantité de mouvement de l’atome est


→ −
→ −

pr = m−

v + ~ k + ~ k0 = m−
v→

f .

Ainsi après absorption la vitesse de l’atome est

~− →
 
− ~− →
v→
f = −
→v + k + k0 .
m m

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− Effet moyen du laser


Lors de l’expérience l’atome pourra subir deux cycles différents : absorption + émission stimulée ou absorption + émission spontanée.
1. Le bilan d’impulsion d’un cycle absorption + émission stimulée est

→ −
→i −

∆−→p =−p→ −
→ m−
→v + ~ k − ~ k − m−

h
f − pi = v = 0 .

2. Le bilan d’impulsion d’un cycle absorption + émission spontanée est



→ −
→i → −
− →
∆−

p =−
p→ −
→ m−

v + ~ k + ~ k0 − m−

h
f − pi = v = ~ k + k0 .

Seul le cycle absorption + émission spontanée a un bilan non nul de quantité de mouvement. Le nombre de photons dans un faisceau
laser est très élevé, le nombre de cycle absorption + émission spontanée subit par un atome sera noté N  1. Ainsi la variation totale
de quantité de mouvement de l’atome est

→ −
→ −→ −

∆−


p tot = N ~ k + ~ k10 + ...kN
0
= N~ k .



Les vecteurs ki0 sont tous de même norme mais de direction aléatoire, la somme d’un grand nombre de ces vecteurs est donc nulle. Le
bilan de quantité de mouvement permet donc d’écrire le bilan de variation de vitesse de l’atome

~−→
∆−

v =N k .
m
Ainsi la variation de vitesse de l’atome est dans le sens du faisceau laser.

6.3 Refroidissement et effet Doppler


Soit R le référentiel du laboratoire et R0 le référentiel d’un atome se déplaçant dans le sens des x croissants à la vitesse v. Considérons
ω
une onde lumineuse se propageant vers l’atome dans le sens des x décroissants de phase Φ = ωt + x.
c
La position x de l’atome dans le référentiel R s’écrit en fonction de la position x0 de l’atome dans le référentiel R0 comme

x = x0 + vt .

Ainsi dans le référentiel de l’atome la phase de l’onde devient


ω 0  v ω
t + x0 .

Φ = ωt + x + vt = ω 1 +
c c c

On peut identifier une fréquence dans le référentiel R0 lorsque l’atome s’approche de la source laser
 v
f0 = f 1 + .
c
De la même façon si l’atome s’éloigne de la source laser on trouve
 v
f0 = f 1 − .
c
L’atome au repos peut absorber des photons defréquence f . Ainsi un atome en mouvement à une vitesse de norme v peut absorber des
h  v  v i
photons de fréquence comprise entre f 1 − ,f 1 + en fonction de la direction de son mouvement.
c c

L’atome absorbera donc des photons de différente fréquence en fonction de sa vitesse... ce qui peut poser
problème. Deux solutions sont possibles, soit asservir le laser pour accorder sa fréquence à la vitesse
de l’atome, soit modifier légèrement la fréquence absorbée par l’atome grâce à un champ magnétique
(effet Zeeman). On place deux lasers en vis–à–vis de telle façon que l’atome absorbe uniquement les
photons de la source vers laquelle il se dirige. Ces lasers exercent une force sur l’atome en fonction de
la vitesse de l’atome par rapport aux sources lasers.

L’étude détaillée de la force exercée par deux faisceaux laser opposés sur un atome conduit aux courbes suivantes.

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6.4 En pratique
...

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Deuxième partie

Électrocinétique

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Chapitre 7
Circuit électrique dans l’approximation des régimes quasi–stationnaires
C’est encore heureux que les circuits
de formule 1 soient à sens unique.
Bibliographie Philippe Geluck, Entrechats
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 5

Le gros des travaux en électrostatique durant le XVIIème siècle visaient à mettre au point des machines permettant de produire des
charges électriques. L’enjeu qui suivi (et qui en est toujours un aujourd’hui) était de pouvoir stocker cette électricité produite par
exemple à l’aide de condensateur. Le premier condensateur (la bouteille de Leyde) vit le jour en 1745 grâce à Pieter van Musschenbroek
qui travaillait dans la ville de Leyde.
N* Pieter van Musschenbroek 1692–1761 : physicien, médecin et astrologue hollandais

C’est en 1800 que Volta parvint à réaliser la première “pile électrique" en empilant des disques de cuivre et de zinc séparé par des
membranes perméables imbibées d’acide. Cette découverte conduit au développement de l’utilisation de l’électricité dite continue car le
courant électrique débit était constant. C’est ensuite entre les années 1820 et 1840 que les lois de l’électrocinétique virent le jour.
N* Alessandro Volta 1745–1827 : physicien italien

I Grandeurs électriques

1.1 Charges électriques et courant électrique


La première particule chargée à laquelle on pense est l’électron, qui à une charge quantifiée ayant pour valeur −e = −1, 6.10−19 C. En
toute généralité la matière est composée de protons (chargés +e), de neutrons (charge nulle) et d’électrons (charge −e). De la matière
chargée électriquement comprendra un nombre inégal de protons et d’électrons, par exemple des ions.
b Charge élémentaire
C’est la charge électrique d’un proton, toute charge électrique est un multiple de cette valeur, la charge électrique est donc quantifiée.

e = 1, 6.10−19 C .

b Courant électrique
Déplacement d’ensemble de particules chargés
Les charges électriques participant à la conduction électrique peuvent être de différente nature :
− Conducteur métallique : un métal contient des électrons libres (faiblement liés au réseau que forment les atomes), soumis à un champ
électrique ils peuvent librement se déplacer et conduire l’électricité. Dans le cuivre il y a 1029 électrons libre par m3 .
− Solution électrolytique : les ions présents dans une solution permettent de conduire l’électricité, comme par exemple dans les piles que
vous avez probablement étudié en 1èreS.
− Semi–conducteur : matériau comportant peu d’électrons libres, ce qui leur donne des propriétés de conductions un peu particulière.
Les diodes sont par exemple fabriquées à partir de semi–conducteur.
b Intensité du courant électrique
L’intensité du courant i est définie comme le débit des charges à travers la section du conducteur S, c’est la charge algébrique δq
traversant la surface S pendant l’intervalle de temps δt

δq
i= .
δt
Elle s’exprime en ampère 1A=1C/s.

• •
i>0 i<0
q>0 • S q>0 • S
• •

Figure 1 – Intensité positive Figure 2 – Intensité négative


1.2 Potentiel et tension
b Potentiel électrique
Le potential électrique en un point A correspond à l’énergie potentielle électrostatique que posséderait une charge électrique située en
ce point Ep (A) = eVA . Énergie potentielle (mesurée en joules) d’une particule chargée en ce point divisée par la charge (mesurée en
coulombs) de la particule.

b Référence de potentiel ou masse


Dans un circuit l’origine des potentiels est choisi arbitrairement, elle s’appelle la masse. Les potentiels des autres points
du circuit sont repérés par rapport à cette référence. Une masse est repérée sur les schéma par le symbole

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On entend souvent dire que les appareils sont relié à la Terre, les installations électriques le sont toutes aujourd’hui pour des raisons
de sécurité. Ici la Terre est considérée comme un conducteur de potentiel constant et peut être choisie comme masse... on considère la
Terre comme la référence de potentiel. Si un courant passe accidentellement dans la carcasse d’un appareil il est évacué vers la Terre et
non pas vers un potentiel utilisateur en contact avec l’appareil.
b Masses d’un circuit
Toutes les masses d’un circuit doivent être reliées entre elles.

b Tension ou différence de potentiel


La tension est une grandeur algébrique et additive, mesurée entre deux points A et B. Une tension est toujours mesurée entre deux
points d’un circuit et correspond à la différence de potentiel entre ces deux points

UAB = VA − VB ;

tension mesurée entre A et B dont les potentiels sont VA et VB . La tension s’exprime en volt V.

Une tension UAB est indiquée sur les schéma par une flèche allant de B vers A. Cette orientation est arbitraire, si la tension est positive
cela signifie que le potentiel en A est supérieur à celui en B.
Remarque : On ne peut mesurer un potentiel mais seulement des tensions avec un voltmètre.
1.3 Ordres de grandeur
b Intensités b Tensions
− Électronique mA − Alimentation d’un appareil nomade 10V
− Appareils ménagers A (fusible plaque de cuisson 16A) − Réseau domestique 220V
− Soudure à l’arc 10A − Métro parisien 750V
− Ligne haute tension 500A − TGV 25kV
− Alimentation trains kA − Claude François 100000V
− Conducteur supraconducteur du LHC 20kA − Lignes haute tension 150 à 500kV
− Foudre 50kA − Tension nuage/sol durant un orage GV

II Lois de l’électrocinétique
2.1 Approximation des Régimes Quasi Stationnaires (ARQS)
Le courant électrique et le potentiel se propagent dans un conducteur à la vitesse de la lumière c ∼ 3.108 m/s. A priori ces grandeurs
dépendent donc du point M du circuit considéré à l’instant t. Nous avons déjà vu comment écrire une grandeur se propageant dans le
chapitre traitant des signaux et des ondes
 
PM
i(P, t) = i M, t − .
c

Le terme P M/c représente le retard dû à la propagation entre M et P , ainsi le signal en P à l’instant t est le même que le signal en
M à l’instant t − P M/c. Ainsi en toute généralité le courant n’est pas le même en tout point d’un fil, ce qui complique drastiquement
l’étude d’un circuit électrique.

M× ×P
M× ×P

Figure 5 – ARQS vérifié


×P

Figure 3 – Circuit de longueur M P

b ARQS Figure 4 – ARQS non vérifié


blank
Soit d la dimension caractéristique du circuit et T le temps caractéristique d’évolution des grandeurs électriques (par exemple la
période du signal). Le terme de retard est négligeable si
d
T  .
c
Dans ce cas on peut considéré que le courant est le même en tout point du conducteur. Le circuit fonctionne alors dans l’approximation
des régimes quasi stationnaires (ARQS).

Remarque : Attention c’est bien le courant électrique qui se déplace à la vitesse de la lumière et non pas les charges électriques ! De la
même façon que le son se propage à 340m/s dans l’air mais ce ne sont pas les molécules composant l’air qui se déplacent à cette vitesse.

Dans toute la suite les circuits électriques seront supposés dans l’ARQS.

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2.2 Lois de Kirchhoff


N* Gustav Kirchhoff 1824–1887 : physicien allemand
2.2.1 Loi des noeuds
b Conservation de la charge
La charge électrique est une grandeur conservative, i.e. la charge d’un système ne peut changée sans un apport extérieur. Il ne peut
y avoir apparition ou disparition spontanée de charge.
La charge est une propriété intrinsèque des particules fondamentales, sa conservation est un aspect
essentiel à la base de la physique moderne. Dans le cadre de l’ARQS il n’y a pas d’accumulation de
charges en un point d’un conducteur, ainsi le nombre de charges ∆Q1 entrant à travers S1 dans un
morceau de conducteur est égal au nombre de charge ∆Q2 sortant à travers S2 de ce même conducteur
en un temps ∆t.
∆Q1 ∆Q2 dQ1 dQ2
= −→ = ⇒ I1 = I2 .
∆t ∆t ∆t→0 dt dt

b Intensité en régime permanent


En régime permanent, l’intensité du courant électrique se conserve à travers toute section d’un conducteur.

Autour du noeud, le nombre de charges ∆Q1 entrant à travers S1 dans un morceau de conducteur est
égal au nombre de charge ∆Q2 sortant à travers S2 plus le nombre de charge ∆Q3 sortant à travers
S3 de ce même conducteur en un temps ∆t.

∆Q1 ∆Q2 ∆Q3 dQ1 dQ2 dQ3


= + −→ = + ⇒ I1 = I2 + I3 .
∆t ∆t ∆t ∆t→0 dt dt dt
b Noeud b Loi des noeuds
On appelle noeud un point ou plusieurs branche d’un circuit élec- En un noeud N regroupant p branches parcourues par des courants
trique se rencontrent Ik , les intensités vérifient la relation
p
I2 X
k Ik = 0 ;
I1 I3 k=1

N
avec k = +1 si le courant est orienté vers N et k = −1 si le
I4 courant s’éloigne de N .

TD 08 App2

2.2.2 Loi des mailles


b Maille
Une maille est une boucle fermée d’un circuit électrique La tension UAB est définie comme la différence de potentiel entre
les points A et B. On peut donc exprimer la tension UAA (qui est
nulle par définition) en passant de l’autre coté de la boucle. Il s’agit
UAB d’utiliser une relation similaire à la relation de Chasles
B
D1 •
UAA = 0 = VA − VA = (VA − VB ) + (VB − VA )
= (VA − VB ) + (VB − VC ) + (VC − VA )
A• D2 UBC = UAB + UBC + UCA .

b Loi des mailles


D3 • Le long d’une maille orientée (choix arbitraire) comportant p di-
C pôles, les tensions vérifient la relation
UCA
p
Remarque : L’orientation de la maille est à choisir initialement, ceci
X
k Uk = 0 ,
change le signe devant chacun des terme de l’égalité et on obtient k=1
donc le même résultat.
avec k = +1 si la tension est orientée dans le sens positif et
TD 08 App1 k = −1 si la tension est orientée dans le sens négatif.

III Puissance électrique


3.1 Conventions de notation
b Convention récepteur
Un dipôle est orienté suivant la convention récepteur lorsque la tension à ses bornes et l’intensité le parcourant sont opposées

I = IAB A B
• •

U = UAB

Figure 6 – Dipôle orienté en convention récepteur

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b Convention générateur
Un dipôle est orienté suivant la convention générateur lorsque la tension à ses bornes et l’intensité le parcourant sont dans le même
sens

I = IAB A B
• •

U = UAB

Figure 7 – Dipôle orienté en convention générateur

3.2 Définition de la puissance


3.2.1 Convention récepteur
b Puissance reçue en convention récepteur
La puissance Pr reçue “algébriquement" par le dipôle AB orienté suivant la convention récepteur est

Pr = UAB IAB = U I exprimé en W .

En convention récepteur cette puissance est


− positive si le dipôle reçoit de l’énergie électrique de l’extérieur et peut la convertir sous une autre forme, le dipôle est dit récepteur ;
− négative si le dipôle cède de l’énergie électrique à l’extérieur, le dipôle est dit générateur.

Remarque : Un dipôle orienté suivant la convention récepteur peut être générateur ! ! !


Remarque : Exemple de récepteur, une résistance chauffante libérant de l’énergie thermique par effet Joule, un moteur électrique créant
un mouvement de rotation... Exemple de générateur, une pile électrochimique, un alternateur...
Remarque : En convention récepteur, la puissance cédée algébriquement par le dipôle AB est Pc = −UAB IAB = −U I.
3.2.2 Convention générateur
b Puissance cédée en convention générateur
La puissance Pc cédée “algébriquement" par le dipôle AB orienté suivant la convention générateur est

Pc = UAB IAB = U I exprimé en W .

En convention générateur cette puissance est


− positive si le dipôle cède de l’énergie électrique à l’extérieur, le dipôle est dit générateur ;
− négative si le dipôle reçoit de l’énergie électrique de l’extérieur, le dipôle est dit récepteur.

Remarque : Un dipôle orienté suivant la convention générateur peut être récepteur ! ! !


Remarque : En convention générateur, la puissance reçue algébriquement par le dipôle AB est Pr = −UAB IAB = −U I.
3.2.3 Bilan
b Convention générateur/récepteur
− Le choix de la convention d’orientation d’un dipôle est arbitraire, mais il faut être attentif aux signes qui en découle notamment
pour les puissances.
− Il faudra bien préciser la convention utilisée pour chaque dipôle dès le début de l’étude d’un circuit électrique en représentation
courant et tension.
− Il faudra bien préciser si les puissances calculer sont les puissances reçues ou cédées.

b Ordres de Grandeur
− Téléphone portable W
− Centrale nucléaire GW
− Ampoule électrique classique 50W
− De Lorean 1.21 gigawatts ! 1.21 gigawatts. Great Scott !
− Ordinateur, télévision 100W
− Parc électrique français 100GW
− Four électrique kW

3.3 Énergie
b Énergie ou variation d’énergie ?
La puissance est une quantité intimement liée à l’énergie, vous avez vu au lycée que l’on peut relier l’énergie et la puissance par
E = P ∆t avec E en Joule (J), P en Watt (W) et ∆t en seconde. Cette expression est un cas particulier où la puissance est constante
au cours du temps, dans le cas d’une puissance évoluant dans la temps nous devons passer par le calcul d’une intégrale. On défini une
variation d’énergie entre deux instant 0 et t par
Z t
∆E(t) = E(t) − E(0) = P(t0 )dt0 ;
0

alors que l’énergie est une fonction du temps obtenue par une primitive
Z
E(t) = P(t)dt .

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IV Dipôles linéaires usuels


b Dipôle linéaire
Un dipôle est dit linéaire lorsqu’il existe
− soit une relation affine entre l’intensité le parcourant i et la tension à ses bornes u
− soit une équation différentielle linéaire à coefficients constants reliant i et u

Remarque : Les relations entre les tensions u et intensités i des dipôles sont des modèles. C’est à dire un outils mathématique servant à
décrire de façon approchée la réalité physique tout en restant “simple" d’utilisation. Un modèle n’est en rien une réalité physique mais
une transposition dans un “langage" que nous pouvons manier pour décrire les phénomènes et prédire le comportement de différents
systèmes.
4.1 Résistance
N* Georg Ohm 1789–1854 : physicien allemand

b Loi d’Ohm
Une résistance est un conducteur vérifiant la loi d’Ohm
u = ±Ri ;

avec un signe positif en convention récepteur et négatif en convention générateur. On note R ≥ 0 la valeur de la résistance expérimée
en Ohm (Ω).

Remarque : La loi d’Ohm peut se retrouver en étudiant le transport d’électrons dans un réseau cristallin métallique, ainsi la résistance
électrique peut être reliée aux propriétés microscopiques du solide utiliser pour construire la résistance !

i
R

Figure 8 – Résistance en convention récepteur


Figure 9 – Résistances
Par définition une résistance ne peut que recevoir de l’énergie électrique, elle ne peut pas en céder ou en stocker pour la céder plus tard.
C’est ceci qui justifie le choix de signe dans la relation u = ±Ri.
b Puissance reçue en convention récepteur
La puissance reçue par une résistance s’exprime

u2 (t)
P(t) = u(t)i(t) = Ri2 (t) = ≥0.
R
Cette puissance reçue est libérée sous forme d’énergie thermique, c’est l’effet Joule.

Remarque : Si nous avions choisi comme relation u = −Ri en convention récepteur nous aurions obtenu une puissance reçue négative,
impossible par définition d’une résistance.

b Énergie dissipée par une résistance


L’énergie reçue par une résistance sur l’intervalle de temps [0, t] est une variation d’énergie qui s’écrit
Z t
∆ER (t) = P(t0 )dt0 ≥ 0 .
0

La puissance reçue provoque une augmentation dans l’énergie dans le dipôle qui ne peut la stocker. Cette énergie doit donc être évacuée,
ce qui provoque un échauffement de la résistance.
Remarque : Au niveau microscopique ce sont les électrons qui cède de l’énergie au réseau cristallin sous forme d’énergie cinétique, ce
qui crée une agitation microscopique du réseau cristallin. L’agitation microscopique est reliée à la définition de la température, ainsi la
température du conducteur augmente et cette énergie thermique est évacuée par conduction/rayonnement dans le milieu ambiant. C’est
le principe de fonctionnement d’une bouilloire ou d’un radiateur électrique par exemple.
b Ordres de grandeur
− Fil de cuivre (1m de long, 1mm de diamètre) 0,02Ω − Bouilloire électrique 30Ω
− Ligne à haute tension (1km) 0,03Ω − Corps humain 1 à 100kΩ
− Lampe à incandescence 1kΩ − Câble coaxial 50Ω

b Résistivité
ρl
La résistivité ρ est une caractéristique intrinsèque d’un matériaux et est lié à la résistance par R = avec l la longueur et S la
S
section du conducteur fabriqué à partir du matériaux de résistivité ρ.

Remarque : ρmetal ∼ 1 × 10−7 Ω m, ρsemi–conducteur ∼ 1 × 10−2 à 1 × 105 Ω m, ρeau ∼ 1 × 105 Ω m, ρverre ∼ 1 × 1017 Ω m

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4.2 Condensateur

b Condensateur
Un condensateur est constitué de deux surfaces conductrices appelée armatures,
qui s’entourent ou se font face et séparées par un isolant (matériau diélectrique).
Soumis à une différence de potentiel on voit apparaître des charges +q et −q
sur les armatures.

b Modèle du condensateur parfait


Aucune charge ne traverse l’isolant, ainsi la charge +q est proportionnelle à la tension u entre les deux armatures telle que

q = Cu .

Le coefficient de proportionnalité C > 0 est appelée la capacité du condensateur et s’exprime en Farad (F).

i +q −q i +q −q

u u

Figure 10 – Condensateur en convention récepteur Figure 11 – Condensateur en convention générateur


Figure 12 – Condensateurs
En convention récepteur si la charge +q augmente (et donc −q diminue) alors le courant est positif. Le courant est défini comme un
dq
nombre de charges électriques traversant une surface de conducteur i = .
dt
b Relation courant/tension du condensateur parfait
Pour un condensateur parfait en convention récepteur,
du
i=C .
dt
Remarque : En régime continu, la tension est constante et donc l’intensité est nulle. En régime continu, un condensateur se comporte
comme un interrupteur ouvert.
Remarque : La tension aux borne d’une condensateur u est une fonction dérivable, elle est donc continue au cours du temps.
b Puissance reçue en convention récepteur
La puissance reçue par un condensateur orienté en convention récepteur s’écrit
 
du d 1
P = ui = Cu = Cu2 .
dt dt 2

La puissance reçue peut être positive ou négative, ainsi un condensateur peut se comporter comme un récepteur ou un générateur. On
peut également en déduire l’expression de l’énergie emmagasinée dans un condensateur.

b Énergie emmagasinée par un condensateur


On appelle énergie emmagasinée par un condensateur de capacité C la quantité
Z t
1 1
∆Ee = P(t0 )dt0 = Cu(t)2 − Cu(0)2 .
0 2 2

Remarque : Il s’agit d’une énergie potentielle car elle peut être récupérée sous forme électrique, de la même façon que l’énergie potentielle
1
d’un ressort kx2 peut être récupérée sous forme cinétique.
2
b Ordres de grandeur
− Électronique pF, nF, µF − Électrotechnique µF, mF, F − Câble coaxial 50 à 100pF

b Condensateur réel
Le condensateur parfait n’est qu’un modèle idéalisé. En réalité on rencontre R
des condensateurs réels dont le matériaux isolant n’est pas parfait, il existe une
résistance de fuite de grande valeur permettant au courant de circuler d’une
armature à l’autre. Dans la suite, sauf mention contraire, nous ne rencontrerons C
que des condensateurs parfaits.

61
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4.3 Bobine

b Bobine
Une bobine est un enroulement de fils siège d’un phénomène d’induction.

b Relation courant/tension d’une bobine parfaite


En convention récepteur, le comportement électrocinétique d’une bobine par-
faite est caractérisé par la relation

di
u=L ;
dt
Figure 13 – Bobines
avec le facteur L appelé inductance de la bobine s’exprimant en Henry (H).
Remarque : En régime continu l’intensité est constante, ainsi la tension aux borne i
d’une bobine est nulle, dans ce cas une bobine parfaite se comporte comme un fil.
Remarque : L’intensité parcourant une bobine i est une fonction dérivable, elle est u
donc continue au cours du temps.
Figure 14 – Bobine en convention récepteur
b Puissance reçue en convention récepteur
La puissance reçue par une bobine orientée en convention récepteur s’écrit
 
di d 1 2
P = ui = L i = Li .
dt dt 2
La puissance reçue peut être positive ou négative, ainsi une bobine peut se comporter comme un récepteur ou un générateur. On peut
également en déduire l’expression de l’énergie emmagasinée dans un condensateur.

b Énergie emmagasinée par une bobine


On appelle énergie emmagasinée une bobine d’inductance L la quantité
Z t
1 1
∆Em (t) = P(t0 )dt0 = Li(t)2 − Li(0)2 .
0 2 2

b Ordres de grandeur
− Électronique 100µH à 10mH
− Effet inductif dans un câble coaxial
− Électrotechnique

b Bobine réelle
La bobine parfaite n’est qu’un modèle idéalisé. En réalité on rencontre des
bobines réels dont le matériau peut présenter une résistance non nulle (oui un fil L
n’a pas une résistance exactement nulle), il existe une faible résistance. Dans la
suite, sauf mention contraire, nous ne rencontrerons que des bobines parfaitse. R

V Association de dipôles

b Branche
Portion d’un circuit entre deux noeuds consécutifs.

b Dipôles en série
Deux dipôles sont dits en série si ils sont dans une même branche.

b Dipôles en parallèle
Deux dipôles sont dits en série si ils sont reliés par deux noeuds.

TD08 App5

5.1 Résistances en série


u
i
i Req
R1 R2 RN
u
u1 u2 uN

Figure 15 – Résistances en série et résistance équivalente

Déterminer Req à l’aide de la définition de la tension et de la loi d’Ohm pour deux résistances en série.

62
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Soit N résistances en série. La tension totale aux bornes de ce dispositif peut s’écrire comme la somme des tension aux bornes de chaque
résistance
XN
u= uk .
k=1

Or une resistance vérifie la relation uk = Rk ik . L’intensité parcourant des résistances en série est identique dans chaque résistance par
hypothèse car sinon on observerait des accumulations de charges. Ainsi la tension globale peut s’écrire
N N
!
X X
u= Rk i = Rk i = Req i .
k=1 k=1

b Association de résistances en série


La résistance équivalente à l’association de n résistances Rk en série est la somme de chacune des résistance,
Xn
Req = Rk .
k=1

5.2 Résistances en parallèle

Déterminer Req à l’aide de la loi des noeuds et de la loi d’Ohm pour deux résistances en parallèle.

Chaque branche est parcourue par une intensité différente ik qui sont reliée à l’intensité arrivant dans le dispositif grâce à la loi de
noeuds par N
X
i= ik .
k=1

Utilisons à nouveau la relation courant/tension pour une résistance ik = uk /Rk = uk Gk avec Gk = 1/Rk la conductance. De plus on
peut appliquer la loi des mailles dans chacune des mailles du circuit, ce qui conduit à l’égalité des tensions aux bornes de chacune des
résistance. Ainsi !
N
X XN
i= Gk u = Gk u = Geq u .
k=1 k=1

b Association de résistances en parallèles


La conductance équivalente à des résistances en parallèles est la somme de chacune de conductance,
N N
X 1 X 1
Geq = Gk soit = .
Req Rk
k=1 k=1

5.3 Ponts diviseurs


5.3.1 Diviseur de tension
u
i
R1 R2
u1 u2

Figure 16 – Diviseur de tension

b Pont diviseur de tension


Soit deux résistances en série soumises à une tension u. L’intensité parcourant une branche est constante, ainsi la tension au borne
de la résistance R1 est

u u1 R1
i= = =⇒ u1 = u.
Req R1 R1 + R2

Remarque : Un tel dispositif permet donc d’abaisser la tension, il est couramment utilisé en électronique.

TD 08 App6

63
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5.3.2 Diviseur de courant


i1
R1 b Pont diviseur de courant
Soit deux résistances en parallèle alimentées par une intensité i. La
i tension dans chacune des résistance est la même (loi des mailles),
ainsi l’intensité traversant la résistance R1 est

i i1 G1 R2
R2 u= = =⇒ i1 = i= i.
i2 Geq G1 G1 + G2 R1 + R2
u Remarque : Un tel dispositif permet donc d’abaisser l’intensité, il est
couramment utilisé en électronique.
Figure 17 – Diviseur de courant

TD 08 App7

5.4 Loi des noeuds en terme de potentiels (LNTP)

Ce théorème sera utile plus tard, il faut être au point sur les notions de potentiels et différences de potentiels pour bien le manier.
Application de la loi des noeuds au point A i1 + i2 + i3 = 0. Puis utilisons la V2
loi d’Ohm pour chacune des résistance, on orientera les résistance en convention •
récepteur,
U1 U2 V1 − VA V2 − VA i2
0= + + i3 = + + i3
R1 R2 R1 R2
R2
ce qui conduit à l’expression suivante pour le potentiel au point A
P2 P2 R1
k=1 Vk /Rk + i3 Vk Gk + i3 i1 i4
VA = P2 = k=1
P2 . • •
k=1 1/Rk k=1 Gk V1 VA

Remarque : L’expression du potentiel est indépendant du choix de convention d’orientation des dipôles.
b LNTP
Soit n branches portants des dipoles de conductances Gk et m branches par lesquelles arrivent des intensité Ik reliées en un noeud A.
Alors le potentiel en A s’exprime
Pn Pm
k=1 VP
k Gk + k0 =1 Ik
0
VA = n .
k=1 Gk

VI Modélisation linéaire d’une source


6.1 Sources idéales
E
b Source idéale de tension
Une source idéale de tension est un dipôle capable d’imposer une tension à ses i
bornes indépendamment de l’intensité débitée. On appelle force électromotrice
la quantité E telle que u = E ∀i.
Remarque : La tension d’un tel générateur est parfaitement connu mais pas son u
intensité, elle dépend du circuit auquel il est branché.
Figure 18 – Schéma d’une source idéale de tension
b Source idéale de courant I0
Une source idéale de courant est un dipôle capable de débiter une intensité
constante indépendamment de la tension à ses bornes. On appelle courant élec-
tromoteur la quantité I0 telle que i = I0 ∀u.
u
Remarque : Le courant débité par un tel générateur est parfaitement connu mais
la tension dépend du circuit auquel il est branché. Figure 19 – Schéma d’une source idéale de courant

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6.2 Sources réelles


b Source réelle de tension
On modélise une source réelle de tension par l’association série d’une source idéale de tension et d’une résistance R (dite résistance
interne). Un tel générateur peut imposer une tension de valeur

u = E − Ri ;

avec E la force électromotrice et R la résistance interne du générateur. Si R = 0 on retrouve le cas idéal.

Remarque : La force électromotrice E est la tension “à vide" de la source réelle, i.e. la tension lorsque l’intensité débitée est nulle.
u

E E

pente −R i
R

u
E/R i

Figure 20 – Source réelle de tension


b Source réelle de courant
On modélise une source réelle de courant par l’association parallèle d’une source idéale de courant et d’une conductance G (dite
conductance interne). Un tel générateur peut imposer une intensité de valeur

i = I0 − u/R ;

avec I0 le courant électromoteur et G la conductance interne du générateur. Si G = 0 on retrouve le cas idéal.

Remarque : Le courant électromoteur I0 est le courant de court–circuit de la source réelle, i.e. le courant lorsque la tension aux bornes
de la source est
u
u
RI0
R
pente −R

i I0
I0 i

Figure 21 – Source réelle de courant


6.3 Équivalence des sources linéaires réelles
Une source réelle est dite linéaire si il existe une relation affine entre la tension à ses bornes et le courant qu’elle débite, c’est le cas pour
une source réelle de tension ou de courant. De plus nous avons constaté dans la partie précédente que les caractéristiques des modèles de
la source linéaire de tension et de courant sont équivalents. Ainsi, tout circuit linéaire peut être décrite par un modèle de source linéaire
réelle de tension ou par un modèle de source linéaire réelle de courant.
b Théorème de Thévenin
Tout circuit linéaire est équivalent à une source idéale de fem E en série avec une résistance RT , sa caractéristique est donc

u = E − RT i .

Une association de sources réelles linéaires pourra être décrite par une relation affine, elle admet donc une représentation de Thévenin.

N* Léon Charles Thévenin 1857–1926 : ingénieur en télégraphie français

b Théorème de Norton
Tout circuit linéaire est équivalent à une source idéale de cem η en parallèle avec une résistance RN , sa caractéristique est donc

u = RN η − RN i .

Une association de sources réelles linéaires pourra être décrite par une relation affine, elle admet donc une représentation de Norton.

N* Edward Lawry Norton 1898–1983 : ingénieur et électricien étasunien

b Équivalence Thévenin/Norton
Les représentation de Thévenin et de Norton sont équivalentes si et seulement si E = RN η et RN = RT .

Remarque : On peut passer d’un modèle à l’autre pour simplifier un circuit.

TD 09 App1 et 4

65
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VII Point de fonctionnement


7.1 Caractéristique d’un dipôle
b Caractéristique courant/tension
On appelle caractéristique courant/tension d’un dipôle la courbe représentant les variations du courant i le traversant en fonction de
la tension u à ses bornes. Lors du fonctionnement du dipôle, le point M donnant u et i est appelé le point de fonctionnement.
i i

En convention récepteur, la puissance reçue générateur récepteur récepteur générateur


est positive si et seulement si le produit ui
est positif, tandis qu’en convention généra- u u
teur c’est la puissance cédée qui est positive
si et seulement si le produit ui est positif.
Une caractéristique est associée à un choix récepteur générateur générateur récepteur
de convention !

Figure 22 – Convention récepteur Pr = ui Figure 23 – Convention générateur Pc = ui


u

Le principe de la construction expérimentale de la caractéristique d’un dipôle est simple. On V


impose une tension aux bornes du dipôle à l’aide d’un générateur de tension et pour différentes
valeurs de tension imposée on mesure la tension u aux bornes du dipôle à l’aide d’un voltmètre et i
le courant i traversant ce dipôle à l’aide d’un ampèremètre. Enfin, on représente graphiquement A
la courbe u(i) ou i(u).

Un voltmètre se branche en parallèle, un ampèremètre se branche en série. E

b Dipôle symétrique
Un dipôle est dit symétrique lorsque ses bornes jouent le même rôle, sa caractéristique est alors symétrique par rapport à l’origine.

La résistance est l’exemple typique de dipôle symétrique, son sens de branchement dans un circuit n’a aucune importance.
b Dipôle polarisé
Un dipôle est dit polarisé lorsque ses bornes ne jouent pas le même rôle, sa caractéristique est alors asymétrique par rapport à l’origine.

Exemples : La diode est un dipôle polarisé, elle est fabriquée à base de matériaux semi–conducteur (dit polarisés) et ne permet la
circulation du courant que dans un sens. Certains condensateurs sont polarisés, il faut faire attention au sens de branchement pour ne
pas les détruire. Une alimentation est également un dipôle polarisé car ses bornes ne sont pas équivalentes.
i i i
I0

u u u
U0

Figure 24 – Carac. résistance (dip. sym.) Figure 25 – Carac. diode (dip. pol.) Figure 26 – Carac. alimentation (dip. pol.)

TD 09 App2

7.2 Exemple de dipôle : Diode


b Diode
Dipôle qui ne laisse passer le courant électrique que dans un sens. La plupart des diodes sont
réalisées par la jonction de deux semi-conducteurs : l’un dopé P (matériau appauvri en électron)
l’autre dopé N (matériau enrichi en électron). Les régimes de fonctionnement ne sont pas contrôlables
directement, mais dépendent de la tension VAK aux bornes de la diode et de l’intensité du courant
IF la traversant
− si VAK < Vseuil alors la diode est bloquée et IF = 0 ;
− si VAK > Vseuil alors la diode est passante et IF 6= 0.

66
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Figure 27 – Caractéristique réelle d’une diode Figure 28 – Caractéristique idéale d’une diode
Exemple : Vseuil,Ge ' 0.3 V, Vseuil,Si ' 0.7 V, Vbr entre 10 et 1 × 103 V.
Exemple : Diode zener (diode avec une tension de breakdown de 1.2 V).
7.3 Point de fonctionnement
u

Considérons un circuit quelconque dont la caractéristique en fonction


récepteur est une fonction u = f (i). Ce circuit est relié à une alimen-
tation possédant une représentation équivalente de Thévenin et donc
une caractéristique de la forme u = E − RT i. On appelle point de
fonctionnement du circuit le couple (u, i) valeurs de la tension aux
bornes du circuit et de l’intensité le traversant. On peut déterminer
ce point graphiquement connaissant la caractéristique du circuit et • M = (u, i)
de l’alimentation.

TD 09 App3
i

Figure 29 – Point de fonctionnement d’un dipôle

67
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Chapitre 8
Circuit linéaire du premier ordre
You don’t know the First Order like I do.
They’ll slaughter us. We all need to run.
Bibliographie Finn - Star Wars VII : The Force Awakens (2015)
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 6

Connaissant maintenant les dipoles les plus usuelles ainsi que les lois régissant l’électrocinétique nous pouvons nous attaquer à un vrai
problème : le comportement des circuits électriques du 1er ordre. On appelle circuit électrique du 1er ordre des système régi par une
équation différentielle d’ordre 1 à coefficients constants. Cela concerne les circuits de type RC ou RL, la présence et d’une bobine et d’un
condensateur entrainera un comportement d’ordre 2 que nous aborderons ultérieurement. Nous nous concentrons sur le comportement
dit transitoire, i.e. juste après avoir ajouté ou levé une contrainte sur le système.

I Notion de régime transitoire

1.1 Définition d’un échelon


b Échelon de tension
Un échelon de tension e(t) est défini par
u1 si t < t0 ;

e(t) =
u2 si t > t0 .

avec t0 un instant quelconque, u1 et u2 deux constantes différentes.


Dans la suite nous étudierons la réponse de différents circuits électriques à un échelon de tension particulier

0 si t < t0 ;
(
e(t) =
E si t > t0 .

b Réponse à un échelon de tension, régime transitoire


Le régime transitoire est l’évolution d’un système soumis à une perturbation de type échelon. La réponse d’un système soumis à un
échelon est également appelé réponse indicielle.

b Régime permanent
Régime d’un système tel quel les grandeurs physiques le caractérisant sont indépendantes du temps.

1.2 Étude qualitative du circuit RC uR

R
i
duC
La relation courant/tension d’un condensateur est iC = C , ainsi
dt E C uC
la tension aux bornes d’un condensateur est continue. Initialement
le circuit n’est pas branché à l’alimentation grâce à l’interrupteur et
donc uc (0) = 0. Le condensateur s’oppose donc à la variation rapide
de la tension à ses bornes. Il faut donc un certain temps pour que
la tension imposée par le générateur s’établisse dans le circuit.

La loi des mailles et la relation courant/tension d’une résistance Figure 1 – Circuit RC


1
conduisent à i(t) = (e(t) − uC (t)). L’intensité est nulle avant la
R u(t)
fermeture de l’interrupteur et devient brutalement non nulle à la
fermeture de ce dernier i(t = 0+ ) = E/R. L’existence de ce courant
est liée à l’apparition de charges sur les armatures du condensateur E
(il se charge) et ainsi la tension uC augmente. La charge s’arrête
lorsque le courant est nul i = 0 et donc uC = E.

τ t

Figure 2 – Charge d’un condensateur

Temps caractéristique
Déterminer le temps caractéristique associé au circuit RC par une analyse dimensionnelle.
Les grandeurs caractéristiques de ce système sont [R] =V/A, [C] =As/V, [E] =V ; ainsi τ ∝ Rα C β E γ en Vα−β+γ A−α+β sβ .

β=1;
α−β+γ =0;
−α + β = 0 .

Il existe une unique solution, le temps caractéristique de ce circuit s’exprimer donc par τ ∝ RC.

68
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b Régime transitoire du circuit RC


− La tension aux bornes du circuit RC est toujours continue.
− La tension initialement nulle croit continument jusqu’à une valeur limite fixée par le générateur E.
− Le temps nécessaire à l’évolution de la tension est de l’ordre du temps caractéristique du circuit τ = RC.

b Régime permanent du circuit RC


Après un temps suffisamment long (t  τ ) la tension aux bornes du condensateur est une constante de valeur E tandis que le courant
est nul : c’est le régime permanent.

1.3 Étude qualitative du circuit RL


uR

R
i
diL
La relation courant/tension d’une bobine est uL = L , ainsi le
dt E L uL
courant circulant à travers une bobine est continu. Initialement le
circuit n’est pas branché à l’alimentation grâce à l’interrupteur et
donc iL (0) = 0. La bobine s’oppose donc à la variation de l’intensité.
Il faut donc un certain temps pour que la circulation du courant
imposée par le générateur s’établisse.

La loi des mailles et la relation courant/tension d’une résistance Figure 3 – Circuit RL


conduisent à uL (t) = e(t) − Ri(t). LA tension est nulle avant la
fermeture de l’interrupteur et devient brutalement non nulle à la i(t)
fermeture de ce dernier uL (t = 0+ ) = E. Cette tension est posi-
di
tive ainsi la dérivée de l’intensité est positive uL (t) = L , ainsi E/R
dt
l’intensité circulant dans la bobine augmente continument jusqu’à
atteindre la valeur i = E/R.

τ t

Figure 4 – Établissement du courant dans une bobine

Temps caractéristique
Déterminer le temps caractéristique associé au circuit RC par une analyse dimensionnelle.
Les grandeurs caractéristiques de ce système sont [R] =V/A, [L] =Vs/A, [E] =V ; ainsi τ ∝ Rα Lβ E γ en Vα+β+γ A−α−β sβ .

β=1;
α+β+γ =0;
α+β =0.

Il existe une unique solution, le temps caractéristique de ce circuit s’exprimer donc par τ ∝ L/R.

b Régime transitoire du circuit LC


− L’intensité circulant dans un circuit LC est toujours continue.
− L’intensité initialement nulle croit continument jusqu’à une valeur limite fixée par le générateur E/R.
− Le temps nécessaire à l’évolution de l’intensité est de l’ordre du temps caractéristique du circuit τ = R/L.

b Régime permanent du circuit LC


Après un temps suffisamment long (t  τ ) l’intensité circulant dans la bobine est une constante de valeur E/R tandis que la tension
aux bornes de la bobine est nulle : c’est le régime permanent.

II Étude quantitative du circuit RC

2.1 Mise en équation


− Commençons par appliquer la loi des mailles E = uC + uR .
duC
− Puis introduisons la relation courant/tension de la résistance et du condensateur E = uC + Ri = uC + RC .
dt
b Circuit RC
Le circuit RC vérifie l’équation différentielle suivante

duC uC E
+ = ;
dt RC RC
avec la constante de temps du circuit τ = RC.

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2.2 Solution
La solution d’une équation différentielle se compose de deux termes : la solution générale de l’équation homogène (i.e. sans second
membre) et une solution particulière de l’équation avec second membre.
duC uC
− La solution générale de + = 0 est uC,h (t) = A exp(−t/τ ).
dt τ
duC uC E
− Une solution particulière de + = est uC,p = E.
dt τ τ
− Ainsi la solution cherchée est de la forme uC (t) = E + A exp(−t/τ ).
Ensuite il faut exploiter les conditions initiales pour estimer les constantes encore inconnues. Avant la fermeture de l’interrupteur,
la tension aux bornes du condensateur est nulle. De plus cette tension est continue par définition, ainsi juste après fermeture de
l’interrupteur (t = 0) cette tension est toujours nulle ainsi uC (0) = 0 = E + A. Finalement on obtient A = −E.

b Solution de l’équation différentielle du cir- u(t)


cuit RC
L’équation différentielle régissant la dynamique d’un circuit RC E
est vérifiée par la fonction suivante
  
t
uC (t) = E 1 − exp − .
τ t
τ
Remarque : On retrouve une fonction ayant l’allure de la courbe expérimentale observée précédemment, la tension est initialement nulle
et augmente progressivement jusqu’à atteindre une valeur limite.

Temps de réponse
Calculer la valeur de la tension uC (t = τ ). Pour quelle valeur de t atteint–on la valeur uC (T ) = 0, 95 × E.

Ayant maintenant une expression analytique pour la tension aux bornes du condensateur, on peut en déduire une expression de
duC
l’intensité du courant traversant le condensateur grâce à iC = C .
dt
i(t)
b Intensité circulant à travers le circuit RC
En utilisant la relation courant/tension du condensateur, on ob- E/R
tient
 
E t
iC (t) = exp − .
R τ t

τ
Remarque : Après fermeture de l’interrupteur l’intensité devient brutalement non nulle. Puis elle décroit continument jusqu’à atteindre
la valeur nulle.
b Régime permanent et transitoire
− Le second membre de l’équation différentielle est appelé terme de forçage. Lorsque ce terme change, le système évolue sous une
contrainte “extérieure" vers un nouveau régime permanent en une durée de l’ordre du temps caractéristique du système.
− La solution particulière de l’équation avec second membre traduit le régime permanent. Ce régime est atteint après un temps grand
devant le temps caractéristique du système.

2.3 Bilan énergétique


L’énergie dissipée par une résistance est ER = Ri2 , on peut faire apparaître ce terme en multipliant la loi des mailles par i

duC
E = uR + uC = Ri + uC =⇒ Ei = Ri2 + uC i = Ri2 + CuC ;
dt

b Bilan de puissance du circuit RC


 
2 d 1
Ei = Ri + Cu2C .
dt 2

Le premier terme est la puissance cédée par le générateur, le second la puissance dissipée par la résistance et le dernier la dérivée de
l’énergie emmagasinée par le condensateur.

On peut intégrer le bilan précédent pour obtenir un bilan d’énergie


Z t→+∞ Z t→+∞ Z uC (t→+∞)
duC
Eidt = CE dt = CE duC = CE 2 ;
0 0 dt uC (0)
t→+∞ Z t→+∞
E2 E2τ
Z  
2t 1
Ri2 dt = R 2 exp − dt = = CE 2 ;
0 0 R τ 2R 2
Z t→+∞  
d 1 1
Cu2C dt = CE 2 .
0 dt 2 2

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b Bilan d’énergie
Pour un temps suffisamment long, la moitié de l’énergie fournie par le générateur est dissipée par effet Joule dans la résistance et
l’autre moitié est emmagasinée dans le condensateur.

Remarque : De l’énergie est progressivement stockée dans le condensateur, on parle de charge du condensateur. Il pourra restituer cette
énergie sous certaines conditions (voir exercice).
2.4 Décharge du circuit RC
Circuit RC en régime libre
Mener l’étude du circuit RC lors de la décharge du condensateur. On prendra comme conditions initiales uC (0) = E.

III Étude quantitative du circuit RL

3.1 Mise en équation


− Commençons par appliquer la loi des mailles E = uL + uR .
di
− Puis introduisons la relation courant/tension de la résistance et de la bobine E = L + Ri.
dt
b Circuit RL
Le circuit RL vérifie l’équation différentielle suivante

di R E
+ i= ;
dt L L
avec la constante de temps du circuit τ = L/R.

3.2 Solution
La solution d’une équation différentielle se compose de deux termes : la solution générale de l’équation homogène (i.e. sans second
membre) et une solution particulière de l’équation avec second membre.
di i
− La solution générale de + = 0 est ih (t) = A exp(−t/τ ).
dt τ
di i E
− Une solution particulière de + = est ip = E/R.
dt τ Rτ
− Ainsi la solution cherchée est de la forme i(t) = E/R + A exp(−t/τ ).
Ensuite il faut exploiter les conditions initiales pour estimer les constantes encore inconnues. Avant la fermeture de l’interrupteur,
l’intensité circulant à travers la bobine est nulle. De plus cette intensité est continue par définition, ainsi juste après fermeture de
l’interrupteur (t = 0) cette intensité est toujours nulle ainsi i(0) = 0 = E/R + A. Finalement on obtient A = −E/R.

b Solution de l’équation différentielle du cir- i(t)


cuit RL
L’équation différentielle régissant la dynamique d’un circuit RL E/R
est vérifiée par la fonction suivante
  
E t
i(t) = 1 − exp − .
R τ t
τ

Temps de réponse
Calculer la valeur de la tension i(t = τ ). Pour quelle valeur de t atteint–on la valeur i(T ) = 0, 95 × E/R.

Ayant maintenant une expression analytique pour l’intensité traversant la bobine, on peut en déduire une expression de la tension aux
di
bornes de la bobine grâce à uL = L .
dt
u(t)
b Tension aux bornes du circuit RL
En utilisant la relation courant/tension de la bobine, on obtient E
 
t
uL (t) = E exp − .
τ
t

τ
Remarque : Après fermeture de l’interrupteur la tension devient brutalement non nulle. Puis elle décroit continument jusqu’à atteindre
la valeur nulle.

71
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3.3 Bilan énergétique


L’énergie dissipée par une résistance est ER = Ri2 , on peut faire apparaître ce terme en multipliant la loi des mailles par i

di di
E = uR + uL = Ri + L =⇒ Ei = Ri2 + Li ;
dt dt

b Bilan de puissance du circuit RL


 
d 1 2
Ei = Ri2 + Li .
dt 2

Le premier terme est la puissance cédée par le générateur, le second la puissance dissipée par la résistance et le dernier la dérivée de
l’énergie emmagasinée par la bobine.

On peut intégrer l’expression précédente sans quelques étapes de calculs... Utilisons la relation courant/tension de la résistance pour
réexprimer les deux premier termes Ri2 = Ru2R /R2 = (E − uL )2 /R et Ei = EuR /R = E(E − uL )/R, on réinjecte et on obtient

u2
 
uL d 1 2
E = L + Li .
R R dt 2

On peut intégrer le bilan précédent pour obtenir un bilan d’énergie


t→+∞ t→+∞  2
E2
Z Z  
uL t E
E dt = exp − dt = L ;
0 R R 0 τ R
t→+∞  2
u2L E2τ
Z
1 E
dt = = L ;
0 R 2R 2 R
Z t→+∞    2
d 1 2 1 E
Li dt = L .
0 dt 2 2 R

b Bilan d’énergie
Pour un temps suffisamment long, la moitié de l’énergie fournie par le générateur est dissipée par effet Joule dans la résistance et
l’autre moitié est emmagasinée dans la bobine.

Remarque : De l’énergie est progressivement stockée dans la bobine, on parle de charge de la bobine. Elle pourra restituer cette énergie
sous certaines conditions (voir exercice).
3.4 Décharge du circuit RL
Circuit RL en régime libre
Mener l’étude du circuit RL lors de la décharge du condensateur. On prendra comme conditions initiales iL (0) = I0 .

72
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Chapitre 9
Oscillateurs amortis
–It’s a real Kodak moment.
–Sensor readings are starting to oscillate.
Bibliographie Farscape (saison 3, episode 21, 2002)
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 7

L’étude des systèmes linéaires d’ordre 1 bien qu’intéressante ne représente qu’une infime partie des problèmes que l’on peut étudier
en sciences physiques. Dans ce chapitre nous allons nous atteler à l’étude des oscillateur harmonique amortis qui correspondent aux
systèmes linéaires d’ordre 2. Nous en avons déjà vu en tout début d’année : l’oscillateur harmonique. Ici nous allons étudier des systèmes
ayant un comportement “proche", les oscillateurs harmoniques amortis, nous allons retrouver la même équation que pour l’oscillateur
harmonique avec un terme d’amortissement en plus.

Les systèmes linéaires d’ordres 2 sont nombreux : circuit électriques, amortisseur d’automobile. Ces systèmes ne sont pas uniquement
utilisé en réponse à un échelon mais également en régime dit forcé, c’est ce qui nous intéressera en fin de ce chapitre.

I Étude qualitative d’un oscillateur


1.1 Exemples d’oscillateurs
1.1.1 Circuit RLC série
Application de la loi de mailles puis de la relation courant/tension
L de la résistance et du condensateur
R
di
uL + uR + uC =L + Ri + uC = 0
dt
C d2 u C duC
⇐⇒ LC + RC + uC = 0
dt2 dt
d2 u C R duC uC
⇐⇒ + + =0.
dt2 L dt LC

b Équation différentielle du circuit RLC série

d2 u C ω0 duC
+ + ω02 uC = 0 ;
dt2 Q dt
r
1 1 L
avec ω0 = √ la pulsation propre du circuit (cf. Chapitre 1) et Q = le facteur de qualité.
LC R C

Remarque : Si Q −→ +∞ on retrouve l’équation de l’oscillateur harmonique. Le paramètre contrôlant l’amortissement est la résistance,
plus R est élevé plus l’amortissement est fort.

Le bilan de puissance s’obtient en multipliant l’équation différentielle du circuit RLC par l’intensité i.
b Bilan de puissance 
d 1 2

2

d 1 2

Le bilan de puissance s’écrit Li + Ri + Cu C =0;
dt 2 dt 2

le premier terme correspond à la dérivée de l’énergie magnétique emmagasinée dans la bobine, le second à la puissance dissipée par
la résistance et le troisième à la dérivée de l’énergie électrique emmagasinée par le condensateur.

En régime libre l’énergie ne peut augmentée, elle est soit constante soit diminue en se dissipant par la résistance. Ri2 est la puissance
dE
dissipée par la résistance ainsi cela correspond à la dérivée de l’énergie dissipée et donc la dérivée de l’énergie totale − = −Ri2 . Ceci
dt
permet de réécrire le bilan précédent tel que    
dE d 1 2 d 1
= Li + Cu2C ; (1)
dt dt 2 dt 2
la variation temporelle d’énergie s’écrit comme la somme des puissances reçues et cédées par le système.

b Énergie du circuit RLC série


1 2 1
E= Li + Cu2C .
2 2
Remarque : Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’est pas toujours possible d’associer une énergie à une puissance.

73
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1.1.2 Oscillateur harmonique amorti mécanique




Appliquons le PFD au système masse/ressort amorti par un frottement de type f = −α−

v et dont on néglige
O le poids −
→ −

× m a = F ⇐⇒ mẍ + αẋ + kx = 0
α k
⇐⇒ ẍ + ẋ + x = 0 .
l0 m m

b Équation différentielle vérifiée par un oscillateur mécanique amorti


ω0
x ẍ + ẋ + ω02 x = 0 ;
Q

1√
r
k
avec la pulsation propre ω0 = et le facteur de qualité Q = km.
m α

b Bilan de puissance
On peut écrire un bilan de puissance en multipliant le PFD par ẋ
   
d 1 d 1 2
mẋ2 + αẋ2 + kx =0;
dt 2 dt 2

le premier terme étant la dérivée de l’énergie cinétique de la masse, le second terme la puissance cédée par
le terme de frottement et le troisième terme la dérivée de l’énergie potentielle stockée dans le ressort.
1 1
Remarque : De même que pour le circuit RLC on peut écrire E = mẋ2 + kx2 .

→ 2 2
ex

Mise en équation d’un autre problème


Déterminer l’équation différentielle sur θ régissant la dynamique d’un pendule simple.

1.2 Définitions de l’oscillateur harmonique amorti


b Oscillateur harmonique amorti
On appelle oscillateur harmonique en régime libre tout système dont une grandeur physique x vérifie l’équation

d2 x ω0 dx
+ + ω02 x = 0 .
dt2 Q dt

avec ω0 la pulsation propre du système et Q le facteur de qualité.

Analyse qualitative : exemple de l’oscillateur mécanique


Dans le cas de l’oscillateur mécanique, initialement il a une énergie potentielle non nulle et une énergie cinétique nulle. Durant l’évolution
de l’oscillateur, l’énergie potentielle va être convertie en énergie cinétique puis à nouveau en énergie potentielle. A ceci s’ajoute l’effet
des frottements qui vont dissiper petit à petit l’énergie de l’oscillateur. Plus l’amortissement est élevé (et donc le facteur de qualité
faible) plus l’énergie sera dissipée rapidement jusqu’à arrêt total de l’oscillateur.

Remarque : Les conditions énergétiques c’est pratique :-)

74
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1.3 Différents régimes libres


Initialement les grandeurs sont (x, ẋ)=(x0 , 0), la courbe débute donc en x0 avec une pente nulle.
1.3.1 Amortissement faible
x(t)
x0
On constate expérimentalement que pour Q > 1/2 Q=5
(i.e. ξ < 1) le régime est dit pseudo–périodique. On
observe quelques oscillations dont l’amplitude décroit Q=1
avant que l’oscillateur ne s’arrête. La décroissance est t
d’autant plus élevée que l’amortissement est fort (i.e. le
facteur de qualité faible). A l’inverse si l’amortissement
tend vers 0, on s’approche du comportement d’un os-
cillateur harmonique et la période des oscillations tend
vers 2π/ω0 . T /2

Figure 1 – Oscillations libres pseudo–périodique


1.3.2 Amortissement fort
x(t)
x0 Q = 1/10
On constante toujours expérimentalement que pour
Q < 1/2 (i.e. ξ > 1) le régime est apériodique, ab- Q = 1/2, 2 t
sence d’oscillations. De plus l’évolution est d’autant
plus lente que l’amortissement est grand.

1.4 Portrait de phase Figure 2 – Régime libre apériodique


b Portrait de phase
On appelle portrait de phase d’un système à un seul degré de liberté (ici x(t)) le tracé de la courbe paramétrique (ẋ, x) pour des
conditions initiales données.
ẋ ẋ

x0 x0
x x

Figure 3 – Portrait de phase de régimes pseudo–pédiodiques Figure 4 – Portrait de phase de régimes apédiodiques

Figure 5 – Portrait de phase du pendule simple. Figure 6 – Portrait de phase d’un oscillateur de Van der Pol.
d2 x dx
− µ(1 − x2 ) +x=0
dt2 dt

TD11 – Ex2

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II Étude analytique d’un oscillateur


Nous avons vu précédemment que pour résoudre une équation différentielle, la connaissance des conditions initiales était nécessaire afin
d’évaluer les constantes. Dans la suite nous considérerons que l’oscillateur est soumis à un échelon de tension nul pour t < 0 et E pour
t ≥ 0. Ainsi les grandeurs électriques vérifient les conditions initiales uC (0) = 0 et i(0) = 0.
2.1 Résolution analytique
Nous allons chercher à résoudre l’équation différentielle linéaire d’ordre 2 à coefficients constants vérifié par un oscillateur harmonique
amorti soumis à un échelon de tension d2 u C ω0 duC
+ + ω02 uC = ω02 E .
dt2 Q dt

La solution se décompose en deux termes, d’une part une solution particulière de l’équation avec second membre (voir ci–dessous) et
d’autre part la solution générale de l’équation homogène (voir fiche méthode ci–dessous).

ω02 Sp = ω02 E =⇒ Sp = E .

Fiche méthode : Résolution d’EDL2 à coefficients constants sans second membre

d2 u C duC
On commence par transformer l’EDL2 sans second membre en son équation caractéristique → r2 , → r et uC → 1
dt2 dt
ω0
r2 + r + ω02 = 0 .
Q
 2
ω0
On résout ensuite le polynôme de degré 2 ainsi obtenu, de discriminant ∆ = − 4ω02 .
Q
La solution de l’EDL2 prend la forme suivante
− si ∆ > 0 alors Q < 1/2 : régime apériodique, le polynôme possède deux racines r± ∈ R.
  √   √ 
ω0 ∆ ∆
uhC (t) = A exp(r+ t) + B exp(r− t) = exp − t A exp t + B exp − t
2Q 2 2
   √   √ 
ω0 ∆ ∆
= exp − t A0 cosh t + B 0 sinh t .
2Q 2 2

Remarque : Il est possible de réécrire une telle solution comme une somme de cosh et sinh.

− si ∆ < 0 alors Q > 1/2 : régime pseudo–périodique, le polynôme possède deux racines r± ∈ C.
   √   √ 
ω0 −∆ −∆
uhC (t) = A exp(r+ t) + B exp(r− t) = exp − t A exp j t + B exp −j t
2Q 2 2
  √  √ 
ω0 −∆ −∆
= exp − t A0 cos t + B 0 sin t .
2Q 2 2

Remarque : Il est possible de réécrire une telle solution comme une somme de cos et sin.
ω0
− si ∆ = 0 alors Q = 1/2 : régime critique, le polynôme possède une racine double r± = − .
2Q
 
ω0
uhC (t) = (A + Bt) exp − t .
2Q

b Solution générale
La solution générale de l’équation différentielle est la somme de la solution générale de l’équation différentielle sans second membre
et d’une solution particulière uC (t) = uhC (t) + upC .
− La solution de l’équation homogène est indépendante du forçage appliqué au système, elle traduit le comportement inhérent au
système et le régime transitoire.
− La solution particulière de l’EDL2 avec second membre dépend du terme de forçage, il traduit le régime permanent atteint par le
système dans des conditions expérimentales données (contraintes extérieure).

b Stabilité des solutions


Après avoir résolu une EDL2 et déterminé les constantes grâce aux conditions initiales il faut étudier la stabilité des solutions. La
physique visant à décrire un système réel, il est bien rare de voir des quantités diverger à l’infini (p.ex énergie infinie). On prendra
toujours le temps de vérifier si les solutions obtenues convergent.

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2.2 Réponses du système
blank 2.2.1 Régime pseudo–périodique (amortissement faible)
b Régime pseudo–périodique
Régime d’évolution d’un oscillateur harmonique faiblement amorti Q > 1/2 (ou ∆ < 0). La solution dans un tel régime est
  √  √ 
ω0 −∆ −∆
uC (t) = A exp(r+ t) + B exp(r− t) + E = exp − t A0 cos t + B 0 sin t +E ;
2Q 2 2

√ ω2
 
1 ω0
avec r± = − ± j −∆ et ∆ = 02 − 4ω02 > 0.
2 Q Q

Pour estimer les constantes on utilise les conditions initiales


− uC (0) = 0 par continuité de la tension aux bornes d’un condensateur ;
duC
− i(0) = C (0) = 0 par continuité de l’intensité traversant une bobine.
dt

A0 + E = 0 ⇒ A = −E ;

ω0 0 −∆ 0 ω0 ω0
− A + B = 0 ⇒ B0 = √ A0 = − √ E.
2Q 2 Q −∆ Q −∆

b Solution en régime pseudo–périodique


  √  √   " #
ω0 −∆ Eω0 −∆ t 1
uC (t) = exp − t −E cos t − √ sin t + E = −E exp − cos(Ωt) + p sin(Ωt) + E .
2Q 2 Q −∆ 2 τ 4Q2 − 1

b Pseudo–période
La partie oscillante de uC (t) est de période
2π 4π 2π
T = = √ = q .
Ω −∆ ω0 1 − 1
4Q2

Néanmoins, puisque les oscillations sont amorties exponentiellement


r la courbe n’est pas périodique.
1
Le temps T s’appelle la pseudo–période et Ω = ω0 1 − la pseudo–pulsation.
4Q2

b Temps caractéristique d’amortissement


Le temps caractéristique d’amortissement apparaît dans l’exponentielle décroissante réelle

2Q
τ = .
ω0
Remarque : Si l’amortissement tend vers la valeur nulle, on retrouve la pulsation propre de l’oscillateur harmonique.
b Stabilité
La solution est composée d’une exponentielle décroissante et de fonctions sinusoïdale, il y a toujours convergence, solutions stables.
uC (t) i(t)
2E

E t
0

t
0

Figure 7 – Oscillations pseudo–périodique en tension Figure 8 – Oscillations pseudo–périodique en intensité


b Détermination expérimentale du facteur de qualité en régime pseudo–périodique
2Q
L’étude de l’équation différentielle nous a conduit à définir le temps caractéristique d’amortissement τ = et la pseudo–pulsation
r ω0
1
Ω = ω0 1 − aisément déterminables pas lecture graphique. On peut en déduire le facteur de qualité ainsi
4Q
r √
1 p 1 + τ 2 Ω2
τ Ω = 2Q 1 − 2
= 4Q2 − 1 ⇐⇒ Q = .
4Q 2

τΩ
Si le produit τ Ω  1 alors on peut approché le facteur de qualité par Q '
2
(ta /5)(2π/T ) 2π ta 2π
Remarque : Le régime permanent est atteint pour ta = 5τ donc Q ' = = Nosc .
2 10 T 10

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17.5
8
15.0
6
12.5 4
10.0 2
7.5 0
5.0 2
2.5 4
0.0 6
0 5 10 15 20 25 30 0.0 2.5 5.0 7.5 10.0 12.5 15.0 17.5

Figure 9 – Résolution numérique par méthode RK4, rouge Q = 1/2, orange Q = 1, vert Q = 2 et bleu Q = 5.

b Vocabulaire
− Consigne : valeur que l’on cherche à atteindre (correspond ici au forçage extérieur).
− Dépassement : il arrive que le signal dépasse la valeur de la consigne, cela peut détériorer un système !
− Stabilité : pour une entrée constante, un système est dit stable si la sortie tend vers une valeur finie.
− Rapidité : c’est le temps de réponse.
− Précision : capacité du système à atteindre la valeur de consigne.

2.2.2 Régime critique


Le régime critique correspond au cas intermédiaire entre le cas apériodique et le cas pseudo–périodique. Il est très difficile de l’obtenir
expérimentalement car il nécessite de contrôler parfaitement les paramètres. Ce régime possède toutefois un grand avantage, il permet
le retour le plus rapide vers une position d’équilibre.
b Régime critique
Régime d’évolution d’un oscillateur harmonique amorti tel Q = 1/2 (ou ∆ = 0). La solution d’un tel régime est

uC (t) = (A + Bt) exp (rt) + E ;


ω0
avec r = − .
2Q

Pour estimer les constantes on utilise les conditions initiales


− uC (0) = 0 par continuité de la tension aux bornes d’un condensateur
duC
− i(0) = C (0) = 0 par continuité de l’intensité traversant une bobine
dt

A + E = 0 =⇒ A = −E ;
ω0 ω0 E
B−A = 0 =⇒ B = − .
2Q 2Q

b Solution en régime critique


   
ω0 ω0
uC (t) = −E 1 + t exp − t +E .
2Q 2Q

b Stabilité des solutions


La solution comporte une exponentielle décroissante, il y a toujours convergence.

uC (t) i(t)

t
0

Figure 10 – Régime critique

78
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2.2.3 Régime apériodique (amortissement fort)
blankb Régime apériodique
Régime d’évolution d’un oscillateur harmonique fortement amorti Q < 1/2 (ou ∆ > 0). La solution dans un tel régime est
  √   √ 
ω0 0 ∆ 0 ∆
uC (t) = A exp(r+ t) + B exp(r− t) + E = exp − t A cosh t + B sinh t ;
2Q 2 2

ω0 √ ω02
 
1
avec r± = − ± ∆ et ∆ = − 4ω02 > 0.
2 Q Q2

Pour estimer les constantes on utilise les conditions initiales


− uC (0) = 0 par continuité de la tension aux bornes d’un condensateur
duC
− i(0) = C (0) = 0 par continuité de l’intensité traversant une bobine
dt
A0 + E = 0 ⇒ A = −E ;

ω0 0 ∆ ω0
− A + B=0⇒B=− √ E
2Q 2 Q ∆

b Solution en régime apériodique


  √   √ 
ω0 ∆ Eω0 ∆
uC (t) = exp − t −E cosh t − √ sinh t +E
2Q 2 Q ∆ 2
  "  √   √ #
ω0 t ∆ 1 ∆
= −E exp − cosh t +p sinh t +E
2Q 2 1 − 4Q2 2

b Temps caractéristiques
Les exponentielles composant la solution étant réelles, on définit plus aisément des temps caractéristiques par
1 1 2Q 1 1 2Q
τ+ = − = p ; τ− = − = p .
r+ ω0 1 − 1 − 4Q2 r− ω0 1 + 1 − 4Q2

Remarque : Pour un amortissement fort Q  1, τ− devient très faible et τ+ très grand.


2Q 1
Remarque : Si Q −→ 1/2 alors les deux temps d’amortissement sont du même ordre de grandeur τ− ∼ τ+ ∼ ' .
ω0 ω0
b Stabilité des solutions
La solution est composée de deux exponentielles réelles, il faut être attentif au signe de r± . Si l’une des racine est positive alors
l’exponentielle divergera... ce qui n’a pas de sens physique, on éliminera cette solution. La seule racine pouvant être positive est r+ ,
si cette dernière est positive on prendra A = 0 en utilisant le caractère borné du signal physique pour les temps longs (t → +∞).

uC (t) i(t)

t
0

Figure 11 – Régime apériodique

10
3.5
8 3.0
2.5
6
2.0
4 1.5
1.0
2
0.5
0 0.0
0 5 10 15 20 25 30 0 2 4 6 8 10

Figure 12 – Résolution numérique par méthode RK4, rouge Q = 1/2, orange Q = 1/3, vert Q = 1/5 et bleu Q = 1/10.

b Régime critique
Le régime critique peut être décrit comme le régime apériodique de plus grand facteur de qualité, il assure la convergence la plus
rapide vers le régime permanent.

79
Régime apériodique Régime critique Régime pseudo–périodique

blank
1 1 1
∆ > 0 soit Q < ∆ = 0 soit Q = ∆ < 0 soit Q >
2 2 2
 r   r 
ω0 1 1 ω0 ω0 1 1
r1,2 =− ± − 4 r0 = − r1,2 = − ±j 4− 2
2 Q Q2 2Q 2 Q Q
  √   √ 
−∆ −∆
y(t) = A exp(r1 t) + B exp(r2 t) y(t) = (A + Bt) exp(r0 t) y(t) = exp(−t/τ ) A exp j t + B exp −j t
2 2
1 1 −1 2Q 2Q
− Équation différentielle

τA = − ou − τc = = τ =
r1 r2 r0 ω0 ω0
− Polynôme caractéristiques

   
y(t) = exp(−t/τ ) A0 cosh(Ωt) + B 0 sinh(Ωt) y(t) = exp(−t/τ ) A0 cos(Ωt) + B 0 sin(Ωt)
r r
1 1
Ω = ω0 −1 Ω = ω0 1−
4Q2 4Q2

uC (t) i(t) uC (t) i(t) uC (t)


2E
E E
PCSI 2019–2020, Lycée Lalande, Bourg–en–Bresse

E
ÿ +

r2 +
Q
ω0

Q
ω0

t t t
0 0 0
ẋ ẋ ẋ
r + ω02 = 0
ẏ + ω02 y = 0

x0 x0 x0
x x x
Résumé – Chapitre 09 : Oscillateurs amortis

80
Alexandre Alles
PCSI 2019–2020, Lycée Lalande, Bourg–en–Bresse Alexandre Alles
Chapitre 10
Régimes sinusoïdaux forcés
You’re hitting a pitch with sound waves
that have the same resonant frequency as the glass.
That’s why it shatters.
Bibliographie X-Men : First Class (2011)
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 7
Les régimes continus ne constituent qu’un nombre restreint des situations rencontrées. Nous venons de voir dans le chapitre précédent
que certains systèmes répondent naturellement de manière oscillante à un forçage de type échelon. Comment un tel système répondrait–il
à un forçage de type sinusoïdal ? C’est ce que nous proposons d’étudier dans ce chapitre.

I Signaux sinusoîdaux
1.1 Définitions et propriétés
b Motivation : Théorème de Fourier
Toute fonction s(t) de R dans R, T–périodique et C 1 par morceaux peut s’écrire comme une somme de fonctions sinusoïdales.

b Signal sinusoïdal
Un signal sinusoïdal est de la forme x(t) = Xm cos(Φ(t)) = Xm cos(ωt + φ) avec les grandeurs suivantes
− Xm ≥ 0 l’amplitude du signal.
− ω la pulsation du signal telle que T = 2π/ω = 1/f où T est la période et f la fréquence.
− Φ(t) = ωt + φ la phase du signal et φ la phase à l’origine.

b Valeur moyenne et efficace


On définit la valeur moyenne d’un signal x(t) par Z t0 +T
1
hxi = x(t)dt .
T t0

On définit la valeur efficace d’un signal x(t) par s Z t0 +T


1
xef f = x2 (t)dt .
T t0

Calculer la valeur moyenne et efficace d’un signal sinusoïdal


Z t0 +T
1 Xm 1
hxit = Xm cos(ωt + φ)dt = [sin(ωt + φ)]tt00 +T = 0
T t0 T ω
s Z t0 +T
1 2 dt − x2
Xm
xef f = ...(IP P )... = Xm ef f =⇒ xef f = √
T t0 2

Soit deux signaux sinusoïdaux x1 (t) et x2 (t).

x2 (t) x1 (t) ∆t

b Différence de phase
2π∆t
Le déphasage ∆φ ∈ [−π; π] d’un signal x2 (t) par rapport à un signal x1 (t) est donnée par ∆φ = φ2 − φ1 = −ω∆t = −
T
avec ∆t le retard temporel du signal x2 sur le signal x1 .
− Si ∆φ > 0 alors le signal x2 est en avance de phase sur le signal x1 .
− Si ∆φ < 0 alors le signal x2 est en retard de phase sur le signal x1 .
On distingue quelques cas particuliers de déphasage
− Si ∆φ = 0 les signaux sont en phase.
− Si ∆φ = π les signaux sont en opposition de phase.
− Si ∆φ = π/2 les signaux sont en quadrature de phase.

TD12 – App1

81
PCSI 2019–2020, Lycée Lalande, Bourg–en–Bresse Alexandre Alles

1.2 Représentation de Fresnel


x2
b Vecteur de Fresnel
Dans le plan orienté x1 Ox2 on associe au signal sinusoïdal x(t) = Xm cos(ωt + φ) le
−−

vecteur OP de norme égale à Xm et faisant un angle ωt + φ avec l’axe Ox1 choisi
comme référence de phase. C’est un vecteur tournant à la vitesse angulaire ω appelé P
vecteur de Fresnel associé à x(t).
Xm
L’intérêt d’une telle représentation est que la projection du vecteur sur l’axe des abscisses
OH = Xm cos(ωt + φ) donne le signal sinusoïdale associé. ωt + φ
b Addition de signaux en représentation de Fresnel x1
En représentation de Fresnel, la somme de deux grandeurs sinusoïdales s’obtient en 0 H
additionnant géométriquement les vecteurs de Fresnel associés.

b Dérivation ou intégration en représentation de Fresnel


Le vecteur de Fresnel de la dérivée d’une grandeur sinusoïdale x(t) = Xm cos(ωt + φ)
est tournée de π/2 et de norme ωXm . Tandis que celui associé à la primitive est tournée
de −π/2 et de norme Xm /ω.

La démonstration de la somme de deux signaux sinusoïdaux synchrones en représentation de Fresnel est calculatoire et peu intéressante :

s(t) = s1 (t) + s2 (t) = S1,m cos(ωt + φ1 ) + S2,m cos(ωt + φ2 )


= S1,m [cos(ωt) cos(φ1 ) − sin(ωt) sin(φ1 )] + S2,m [cos(ωt) cos(φ2 ) − sin(ωt) sin(φ2 )]
= [S1,m cos(φ1 ) + S2,m cos(φ2 )] cos(ωt) − [S1,m sin(φ1 ) + S2,m sin(φ2 )] sin(ωt)
= A cos(ωt) − B sin(ωt)
 
B
= A cos(ωt) − sin(ωt)
A
= A [cos(ωt) − tan(φ) sin(ωt)]
A A
= [cos(φ) cos(ωt) − sin(φ) sin(ωt)] = cos(ωt + φ)
cos(φ) cos(φ)
Le coefficient numérique peut s’exprimer par,
 2
1 1 A p
tan2 (φ) = 2
− 1 ⇐⇒ 2
= 1 + tan 2
(φ) =⇒ = A2 (1 + tan2 (φ)) = A2 + B 2 =⇒ s(t) = A2 + B 2 cos(ωt + φ) .
cos (φ) cos (φ) cos(φ)

Calculer la dérivée et la primitive d’une grandeur sinusoïdale en représentation de Fesnel

dx
(t) = −Xm ω sin(ωt + φ) = Xm ω cos(ωt + φ + π/2) ;
dt
Z
Xm Xm
x(t)dt = sin(ωt + φ) = cos(ωt + φ − π/2) .
ω ω

1.3 Représentation complexe


b Représentation complexe
On fait correspondre à un signal sinusoïdal x(t) = Xm cos(ωt+φ) la grandeur complexe =
suivante

x(t) = Xm exp(j(ωt + φ)) = Xm exp(jωt) ;


P
− Xm = Xm exp(jφ) l’amplitude complexe
− |Xm | = Xm l’amplitude du signal Xm
− arg(Xm ) = φ la phase à l’origine
ωt + φ
− x(t) = <[x(t)]
<
b Interprétation graphique 0 H
Un nombre complexe peut se représenter dans le plan complexe x1 Ox2 avec x1 =
<[x(t)] et x2 = =[x(t)]. Le vecteur de Fresnel est la représentation dans le plan com-
plexe du signal sinusoïdal : l’axe x1 correspondant à la partie réelle <[x(t)] et x2
correspondant à la partie imaginaire =[x(t)].
−−

Dans le plan complexe x1 Ox2 , on associe au signal x = Xm ej(ωt+φ) le vecteur OP de
norme Xm et faisant un angle ωt + φ avec l’axe des réels (choisi comme référence de
phase). C’est un vecteur tournant à la vitesse angulaire ω appelé vecteur de Fresnel
associé à x.

b Propriétés
− C’est la partie réelle <[x(t)] qui a un sens physique.
− Si l’origine des phase est nulle alors l’amplitude complexe Xm est réelle.
− <[x(t)] = < [Xm exp(jωt)] = x(t) 6= Xm . En revanche |x(t)| = |Xm | = Xm .

82
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Remarque : Dans certaines conditions on peut être amené à travailler avec des sinus plutôt que des cosinus, c’est la partie =[x(t)] qui
revêt un sens physique dans ce cas.
b Dérivation ou intégration en représentation complexe
Soit un signal sinusoïdal Xm cos(ωt + φ) dont la représentation complexe est x.
− Sa dérivée est jωx, multiplier un complexe par j revient à lui faire subir une rotation de +π/2 dans le plan complexe.
− Sa primitive est x/jω, multiplier un complexe par 1/j revient à lui faire subir une rotation de −π/2 dans le plan complexe.

Calculer la dériver et la primitive d’un signal réel en utilisant sa représentation complexe


dx d<[x]
= = −Xm ω sin(ωt + φ) = < [Xm jω exp(i(ωt + φ))] = < [jωx] ;
dt dt    
Z Z
Xm Xm x
xdt = <[x]dt = sin(ωt + φ) = < exp(i(ωt + φ)) = < .
ω jω jω
Remarque : Le comportement des expressions complexes par rapport à la dérivation permettra de traiter aisément les problèmes d’os-
cillateurs forcés par un régime sinusoïdal.
b Moyenne d’un produit en représentation complexe
Soit deux signaux sinusoïdaux synchrones de la forme
s1 (t) = S1,m cos(ωt + φ1 ) et s2 (t) = S2,m cos(ωt + φ2 ) .

La valeur moyenne du produit de ces signaux est  


S1,m S2,m 1
hs1 (t)s2 (t)i = cos(φ2 − φ1 ) = < s1 s2 ∗ .
2 2

Calculer le produit de deux signaux sinusoïdaux réels et de deux signaux sinusoïdaux complexes

S1,m S2,m S1,m S2,m


hs1 (t)s2 (t)i = hS1,m S2,m cos(ωt + φ1 ) cos(ωt + φ2 )i = hcos(2ωt + φ + φ) + cos(φ2 − φ1 )i = cos(φ2 − φ1 ) .
2 2

II Électrocinétique en régime sinusoïdal


2.1 Notion d’impédance
b Impédance complexe d’un dipôle linéaire passif
Pour un dipôle linéaire passif, la tension complexe u à ses bornes est reliée à l’intensité complexe i qui le traverse par une relation
obtenue par généralisation de la loi d’Ohm
u=Z i;

ou Z est un nombre complexe appelé impédance complexe du dipôle.


Remarque : L’argument complexe de Z correpsond au déphasage entre la tension u(t) et l’intensité i(t) car arg(Z) = arg(u) − arg(i).
Remarque : Le module de Z relie les amplitudes ou les valeurs efficaces entre elles, Um = ZIm et Uef f = ZIef f .
b Admittance complexe
L’admittance complexe Y d’un dipôle linéaire passif est définie par Y = 1/Z, elle généralise la notion de conductance.
L’écriture des relations courant/tension que nous connaissant en complexe permet d’obtenir les expression des impédances complexes
pour chacun de ces dipoles.

Impédance complexe
Réécrivez les relations courant/tension des dipôles usuels en utilisant des signaux sinusoïdaux complexes afin de déterminer les
impédances complexes de chacun d’eux.

b Impédances complexes des dipôles usuels


1
Les impédances complexes des dipôles usuels sont Z R = R ; Z C = ; Z L = jLω.
jCω

b Comportement fréquentiel du condensateur


− À basse fréquence, le module de l’impédance complexe tend vers l’infini : le condensateur se comporte comme un circuit ouvert.
− À haute fréquence, le module de l’impédance complexe tend vers 0 : le condensateur se comporte comme un fil.

b Comportement fréquentiel de la bobine


− À basse fréquence, le module de l’impédance complexe tend vers 0 : la bobine se comporte comme un fil.
− À haute fréquence, le module de l’impédance complexe tend vers l’infini : la bobine se comporte comme un circuit ouvert.
Remarque : L’utilisation des comportement limite permet souvent d’intuité le comportement d’un système.

TD12 – Ex1

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2.2 Lois de l’électrocinétique


b Lois de Kirchhoff
Les lois de Kirchhoff sont toujours valable en régime sinusoïdal mais uniquement pour les grandeurs complexe.

Remarque importante : Tous les “théorèmes" déduits des loi de Kirchhoff précédemment (ponts diviseurs, association de dipôles, LNTP,
équivalence Thévenin/Norton...) sont valables pour les grandeurs électriques complexes et en utilisant les impédances/admittances
complexes à condition de rester dans le cadre de l’ARQS.
b Association d’impédances
Les impédances complexes peuvent s’associent comme le font les résistances “réelles"
− L’impédance de deux dipôles placés en série est égale à la somme des impédances des dipôles.
− L’admittance de deux dipôles placés en parallèles est égale à la somme des admittances des dipôles.

b Représentation de Thévenin
En régime sinusoïdal forcé, un dipôle actif linéaire peut être représenté par un générateur de Thévenin de f.e.m. complexe E en série
avec une impédance complexe Z.

2.3 Caractère inductif ou capacitif d’un dipôle


b Résistance et réactance
L’impédance étant un nombre complexe, elle peut s’écrire sous la forme Z = R + jX avec R et X deux réels
− La résistance R est un réel positif ou nul
− La réactance X est un réel. Si X > 0 le dipôle est dit inductif, si X < 0 il est dit capacitif.

− Si X > 0 alors j=(Z) = jX similaire à une bobine : on parle de dipôle inductif.


Dans ce cas arg(Z) > 0, i.e. le courant est en retard sur la tension.
− Si X < 0 alors j=(Z) = −jX = X/j similaire à un condensateur : on parle de dipôle capacitif.
Dans ce cas arg(Z) > 0, i.e. le courant est en avance sur la tension.

2.4 Puissance en régime sinusoïdal variable


b Puissance reçue/cédée
Le produit ui évolue dans le temps, ainsi on définit la puissance comme une moyenne sur une période.
− Puissance reçue par un dipôle orienté en convention récepteur s’écrit Pr = huii.
− Puissance cédée par un dipôle orienté en convention générateur s’écrit Pc = huii.

b Puissance et signaux sinusoïdaux


La puissance est une quantité réelle par définition, elle peut s’exprimer grâce aux signaux sinusoïdaux u = Um cos(ωt + φ1 ) et
i = Im cos(ωt + φ2 ) telle que
Um Im
P = huii = cos(φ1 − φ2 ) = Ueff Ieff cos(φ1 − φ2 )
2
En utilisant les signaux complexes u = Um exp(j(ωt + φ1 )) et i = Im exp(j(ωt + φ2 )), on peut écrire la puissance comme
 
1 ∗
P=< u.i .
2

Puissance optimale ?
Soit une intensité sinusoïdal i réel circulant dans une installation d’impédance complexe Z = R+jX. Calculer ensuite la puissance
reçue par le circuit en fonction de R et X.

III Régime sinusoïdal forcé d’un oscillateur


3.1 Mise en équation
On étudie à nouveau le circuit RLC raccordé à un générateur mais cette fois délivrant une tension sinusoïdale e(t) = E cos(ωt) afin de
forcer le système à osciller. La mise en équation différentielle vérifiée par le système.
b Forçage du circuit RLC
Le circuit RLC forcé par une tension sinusoïdale respecte l’équation différentielle suivante

d2 u C ω0 duC
(t) + (t) + ω02 uC (t) = ω02 e(t) = ω02 E0 cos(ωt) .
dt2 Q dt

b Forçage de l’oscillateur mécanique amorti


L’oscillateur mécanique amorti forcé par une excitation sinusoïdale respecte l’équation différentielle suivante

d2 x ω0 dx
(t) + (t) + ω02 x(t) = ω02 f (t) = ω02 F0 cos(ωt) .
dt2 Q dt

Un tel oscillateur soumis à une excitation extérieur va tout d’abord passer par un régime transitoire assez complexe avant d’atteindre
le régime sinusoïdale forcé que nous allons étudier dans la suite.

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3.2 Régime sinusoïdal forcé


b Considérations préliminaires
− Pour résoudre l’équation précédente nous allons utiliser la notation complexe que nous avons précédemment introduite.
− Nous allons nous concentré sur le fonctionnement en régime permanent : on considère donc un régime permanent sinusoïdal atteint,
i.e. les grandeurs électriques oscillent de manière synchrone avec le forçage à un déphasage près.

4 4

2 2

0 0

2 2

4
4
6
0.0 2.5 5.0 7.5 10.0 12.5 15.0 17.5 20.0 0.0 2.5 5.0 7.5 10.0 12.5 15.0 17.5 20.0

Figure 1 – Réponse d’un oscillateur harmonique amorti Q = 1/5. Figure 2 – Réponse d’un oscillateur harmonique amorti Q = 1/2.

6 6

4 4
2 2
0 0
2 2
4 4
6
6
0.0 2.5 5.0 7.5 10.0 12.5 15.0 17.5 20.0 0.0 2.5 5.0 7.5 10.0 12.5 15.0 17.5 20.0

Figure 3 – Réponse d’un oscillateur harmonique amorti Q = 2. Figure 4 – Réponse d’un oscillateur harmonique amorti Q = 5.

6
6
4
4
4
2 2
2
0 0
0
2
2 2
4
4 4
6
0.0 2.5 5.0 7.5 10.0 12.5 15.0 17.5 20.0 0.0 2.5 5.0 7.5 10.0 12.5 15.0 17.5 20.0 0.0 2.5 5.0 7.5 10.0 12.5 15.0 17.5 20.0

Figure 5 – Q = 5, forçage ω = 3ω0 . Figure 6 – Q = 5, forçage ω = ω0 . Figure 7 – Q = 5, forçage 3ω = ω0 .


Nous avons vu précédemment que le régime transitoire est décrit par la solution homogène de l’EDL2, ainsi le régime de fonctionnement
de l’oscillateur n’influence que le comportement transitoire. Quant à elles, les solutions particulières de l’équation avec second membre
décrivent le régime permanent. Le régime permanent ici semble sinusoïdal.
E0
Remarque : Une résolution précise par la méthode de variation de la constante conduit à une solution de la forme upc (t) = γ sin(ωt+φ)
ω
pour un forçage de la forme e(t) = E0 cos(ωt) d’un oscillateur de pulsation propre ω0 avec γ et φ deux constantes à déterminer.

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8
6
6 4
4 4
2 2
2
0 0 0
2 2 2
4 4
6 4
6
8
0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100

Figure 8 – Q = 50, forçage 1.1ω = ω0 . Figure 9 – Q = 100, forçage 1.1ω = ω0 . Figure 10 – Q = 500, forçage 1.1ω = ω0 .
Plus le facteur de qualité est élevé, plus le régime transitoire est long. De plus, si ω0 et ω sont proches alors des battements peuvent être
observés.

Dans ce cadre, les grandeurs électriques peuvent s’écrire


− Tension excitatrice du générateur : e(t) = E exp(jωt).
− Tension aux bornes du condensateur : uC (t) = U m exp(jωt) = Um exp(jφ) exp(jωt).
Introduisons ces grandeurs dans l’équation différentielle vérifiée par le RLC forcé et utilisons la simplicité de la dérivée en notation
complexe ω0 ω02
−ω 2 U m exp(jωt) + jωU m exp(jωt) + ω02 U m exp(jωt) = ω02 E exp(jωt) =⇒ U m = E 2 .
Q ω0 − ω 2 + ωQ0 jω

b Amplitude complexe d’un oscillateur harmonique amorti en régime sinusoïdal forcé


L’expression de l’amplitude complexe est 1
Um = E x ;
1 − x2 + j Q

ω
avec la pulsation réduite est la grandeur adimensionnée x telle que x = .
ω0
b Module et phase
Le module de la tension complexe s’exprime 1
|U m | = E r  2 .
x
(1 − x2 )2 + Q

 
La phase de la tension complexe s’exprime. x/Q

  − arctan
 si 1 − x2 ≥ 0 ;
− 2
 
x 1 x
φ = arg(U m ) = − arg 1 − x2 + j =  
Q x/Q
si 1 − x2 ≥ 0 .

 − π − arctan

1 − x2

À l’aide des complexes on peut réécrire la phase de manière unique


1 − x2
      
x x π
− j 1 − x2 − j 1 − x2
 
φ = − arg j = − arg(j) − arg = − + arctan .
Q Q 2 x/Q

Remarque : Cette seconde expression permet d’étudier plus aisément la phase. La première fait apparaître une discontinuité si on ne
prête pas suffisamment attention au comportement de l’arctangente.
3.3 Résonance en tension (ou élongation)
https://www.youtube.com/watch?v=17tqXgvCN0E et https://www.youtube.com/watch?v=uhWQ5zr5_xc
3.3.1 Existence d’une résonance en tension
Étudions le comportement du module de la tension complexe aux bornes du condensateur. Cela revient à étudier le comportement de
 2
x
la fonction présente sous la racine f (x) = (1 − x2 )2 + . Cherchons tout d’abord les extrema de la fonction f
Q
  r
df 2 1
=x − 4 + 4x2 = 0 =⇒ x1 = 0 et x2 = 1− .
dx Q2 2Q2

− La solution x = 0 est toujours possible et correspond à une absence de forçage.



− Si Q ≤ 1/ 2 alors la solution x2 est complexe et n’a pas de sens physique. Le dénominateur n’admet qu’un unique extremum en x = 0.

− Si Q > 1/ 2 alors la solution x2 est réelle positive. Le dénominateur admet deux extrema, le premier en x = 0 et le second en x2 .
d2 f
Ce second extremum est un minimum car > 0, i.e. le module de la tension admet un maximum en x2 .
dx2
b Résonance
Lorsque le système est soumis à une excitation sinusoïdale il peut exister ceraines fréquences particulières, appelées fréquences de
résonance, pour lesquelles l’amplitude de sa réponse passe par un maximum : on dit qu’il y a résonance. A la résonance, même une
faible excitation peut suffire pour produire de très grandes oscillations du systèmes.

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3.3.2 Étude de la résonance en tension


b Amplitude à la résonance

r
1
Si l’amortissement est suffisamment faible (i.e. Q > 1/ 2) alors le système présente une résonance en xr = 1− .
2Q2
Q
Le module à la résonance s’écrit |U m | = E q .
1
1 − 4Q 2
r
1
La pulsation de résonance est repérée par ωr = ω0 xr = ω0 1− .
2Q2

− La valeur du maximum du module des oscillations dépend de la valeur du facteur de qualité.


− Pour des grandes valeurs du facteur de qualité Q  1, la valeur du maximum du module |U m | ∼ QE est d’autant plus grand que le
facteur de qualité est grand.
b Tracé simplifié du module de U m
Cherchons des valeurs particulières pour le module de la tension
complexe
|U m | ∼ E/x2 ; |U m | ∼ E . b Tracé simplifié de la phase de U m
x:∞ x:0
De même que pour le module, on cherche des valeurs particulières
de la phase
r
1
À la résonance xr = 1− le module vaut
2Q2 φ −→ −π ; φ −→ 0 ; φ(1) = −π/2 .
x−→∞ x−→0
Q
|U m | = E q .
1
1− 4Q2

b Acuité √
La largeur du pic de résonance est la bande de pulsation ∆ω pour lesquelles Um (ω) ≥ Umax / 2. On appelle acuité de la résonance la
ω0
grandeur adimnesionnée : plus la résonance est étroite (ou aiguë) plus l’acuité de la résonance est grande.
∆ω

5 0.0
0.5
4
1.0
3
Phase U

1.5
|Um|

2 2.0

1 2.5
3.0
0
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0
x x
3.4 Résonance en intensité (ou vitesse)
3.4.1 Existence d’une résonance en intensité
Il faut tout d’abord exprimer l’intensité traversant la maille, la relation courant/tension du condensateur en régime sinusoïdal s’écrit
E E/R
I m = jCωU m = jCω = .
1 − x2 + jx/Q 1 + jQ(x − 1/x)
r
1 L 1
Rappel : Q = et ω0 = √ .
R C LC
b Amplitude complexe de l’intensité traversant la bobine
L’expression de l’intensité complexe est
E/R
Im =  .
1 + jQ x − x1

b Module et phase
L’expression du module de l’intensité complexe est
E/R
Im = q 2 .
1 + Q2 x − x1

L’expression de la phase de l’intensité complexe est


φ = arg(I m ) = arg(jCωU m ) = arg(U m ) + π/2 .

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3.4.2 Étude de la résonance en intensité


 2
1
Cherchons si il existe un maximum pour le module de l’intensité complexe. Cela correspond à un minimum de f (x) = x− . Cette
x
fonction est minimale si x = 1, i.e. ω = ω0 .
b Amplitude à la résonance
Le maximum du module de l’intensité complexe est r
E C
Im (ω0 ) = = QE .
R L

L’amplitude de la résonance est inversement proportionnelle à R.

b Résonance en intensité
Si l’on soumet un circuit RLC à une excitation sinusoïdale il existe toujours une résonance en intensité pour la pulsation de résonance
ωr = ω0 . A la résonance, l’amplitude est proportionnelle au facteur de qualité, elle est d’autant plus grande que l’amortissement est
faible.

b Tracé simplifié du module de I m b Tracé simplifié de la phase de I m


E φ → π/2 ; φ → −π/2 ; φ(1) = 0 .
Im −→ 0 ; Im −→ 0 ; Im (ω0 ) = . x→0 x→∞
x→0 x→∞ R

Acuité de la résonance en intensité


 2
Imax Imax 1
On cherche les solution à Im (x1,2 ) = √ = q , il faut donc résoudre Q2
x − =1
2 2 x
1 + Q2 x − x1
Soit x1 une solution à l’équation précédente alors x2 = 1/x1 est aussi une solution par symétrie de la fonction par inversion. Ainsi
ω1 − ω2 ∆ω
on peut écrire Q(x1 − 1/x1 ) = Q(x1 − x2 ) = 1. La largeur du pic du résonance est définie par (x1 − x2 ) = = = 1/Q.
ω0 ω0

b Acuité et facteur de qualité


ω0
L’acuité de la résonance est égale au facteur de qualité Q = , plus le facteur de qualité est grand est grand plus le pic de résonance
∆ω
est étroit.

1.0 1.5

0.8 1.0
0.5
0.6
Phase I

0.0
|Im|

0.4
0.5
0.2 1.0

0.0 1.5
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0
x x

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Complément : Stabilité des systèmes linéaires


Stabilize your rear deflectors. Watch for enemy fighters.
Bibliographie Star Wars IV : A New Hope (1977)
bCours PT, E. Thibierge −→ Chapitre 1
bPhysique PT, More et Augier, ed. Tec & Doc, 2014 −→ Chapitre 7

I Système linéaire, continu et invariant temporellement (SLCI)

1.1 Définitions
On considère dans la suite un système soumis à un signal d’entrée ou forçage e(t) et de signal de sortie ou réponse s(t).
b Forçage
On distingue deux types de forçages e(t).
− Régime libre : évolution du système lorsque toutes les sources sont éteintes.
− Régime forcé : évolution du système soumis à une excitation.
Remarque : le forçage peut être un échelon, un forçage sinusoïdal...

b Réponse
On distingue deux types de réponses s(t).
− Régime permanent : régime de fonctionnement « stable » du système atteint après un temps suffisamment long.
Remarque : ce régime de fonctionnement peut être indépendant du temps, par exemple lors de la réponse à un échelon ; ou bien
sinusoïdal à la pulsation du forçage, par exemple lors de la réponse à un forçage sinusoïdal.
− Régime transitoire : régime de fonctionnement précédent l’établissement du régime permanent.

b Système linéaire
Soit deux entrées e1 et e2 associée chacune à une réponse s1 et s2 . Un système est dit linéaire si à une combinaison linéaire d’entrée
λ1 e1 + λ2 e2 le système associe la combinaison linéaire des réponses λ1 s1 + λ2 s2 .

Remarque : Un système est linéaire si il est décrit par une équation (différentielle ou non) linéaire.
Remarque : Un système linéaire vérifie le principe de superposition.
b Système continu
Un système est dit continu lorsqu’il traite des grandeurs analogiques, i.e. qui varient continument dans le temps.

Remarque : Par opposition aux systèmes continus, ou analogiques, on parle de systèmes numériques.

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b Système invariant dans le temps


blank
Un système est dit invariant dans le temps si ses caractéristiques n’évoluent pas au cours du temps.

1.2 Description d’un SLCI


1.2.1 Description temporelle d’un SLCI
b EDL et SLCI
Un système décrit par une équation différentielle linéaire à coefficient constant est un SLCI.

1.2.2 Description fréquentielle d’un SLCI


b Signal sinusoïdal ou harmonique
Un signal sinusoïdal ou harmonique est décrit par la fonction complexe

x = Xej(ωt+φ) = Xejωt ;

avec X l’amplitude réelle, X l’amplitude complexe, ω la pulsation et φ la phase à l’origine.

b Réponse d’un SLCI à un forçage sinusoïdal


Si le signal d’entrée d’un SLCI est un signal sinusoïdal de pulsation ω alors en régime permanent le signal de sortie est également un
signal sinusoïdal de pulsation ω. Toutefois les signaux peuvent avoir une amplitude différente et être déphasés.

Remarque : La propriété ci–dessus est un critère d’identification d’un SLCI.


b Fonction de transfert
La fonction de transfert d’un système est le rapport des amplitudes complexes des signaux de sortie et d’entrée
S
H= .
E

b Fonction de transfert et SLCI


Un système dont la fonction de transfert est le quotient de deux polynôme (i.e. une fraction rationnelle) en jω est un SLCI.

1.2.3 Lien entre description temporelle et fréquentielle


Les équations différentielles et les fonctions de transfert sont deux outils servant à décrire un même problème.
Rappel : La dérivée temporelle appliquée à un signal sinusoïdal se résume à une multiplication par jω.

dx d  j(ωt+φ) 
(t) = Xe = jωXej(ωt+φ) = jωx(t) .
dt dt
Les fonctions de transfert utilisées en physique résultent de l’analyse de Fourier et de la transformation de Fourier.
b Théorème de Fourier
Tout signal périodique et C1 par morceaux peut se décomposer comme une somme de fonctions sinusoïdales.

b Transformation de Laplace
La transformation de Laplace (que vous utilisez en SI) est une généralisation de la transformation de Fourier. Il est possible de passer
de la description fréquentielle de Fourier à la description de Laplace en remplaçant jω par le coefficient de Laplace p.

b Équivalence des représentations


Sous certaines hypothèses (toujours vérifiées dans les cas qui nous concernent) le formalisme temporelle, de Fourier et de Laplace sont
reliés comme suit.
K L PL PL
X dk s X dl e bl (jω)l bl pl
ak k (t) = bl l (t) ↔ H(jω) = PKl=0 ↔ H(p) = PKl=0 .
dt dt k=0 ak (jω)
k
k=0 ak p
k
k=0 l=0

Remarque : La causalité impose d’avoir K ≥ L, la valeur K est appelée ordre du système.

90
PCSI 2019–2020, Lycée Lalande, Bourg–en–Bresse Alexandre Alles

b Lien entre représentations


blank
L’équation différentielle, la fonction de transfert harmonique (H(ω) obtenue par transformation de Fourier) et la fonction de transfert
opérationnelle (H(p) obtenue par transformation de Laplace) se déduisent les unes des autres par les correspondantes

d
←→ jω ←→ p .
dt
Exemple : Passe–haut du premier ordre

us(t) jω τp
H(jω/ω0 ) = = ↔ H(p) = .
e(t) 1 + jω/ω0 1 + τp

s(t) τp ds de
Pour l’équation différentielle on réécrit la fonction de transfert = comme (1 + τ p)s(t) = τ pe(t) ⇔ s(t) + τ (t) = τ (t).
e(t) 1 + τp dt dt
Les transformations de Fourier et de Laplace sont des outils encore bien plus performant, qui permettent non pas seulement de déterminer
une fonction de transfert mais de connaître la réponse du système à un forçage donné. C’est ce que vous faites en SI et ce que nous
n’aborderons pas ici.

II Stabilité

2.1 Définition
b Stabilité
Un système est dit stable si sa réponse à un forçage borné est bornée.

Remarque : Aucun système réel ne peut être divergent, cela nécessiterait une énergie infinie. La réponse d’un système sera toujours
bornée par des phénomènes de saturation non linéaires.
Rappelons que la solution d’une équation différentielle linéaire s’écrit comme la somme d’une solution particulière sp (t) de l’équation
avec second membre (i.e. avec terme de forçage) et d’une solution homogène sh (t) qui est la solution générale de l’équation sans second
membre. Si l’on considère un forçage bornée alors la solution particulière est bornée et l’étude de la stabilité du système est se limite à
l’étude de l’équation sans second membre (ou équation homogène).
2.2 Système du premier ordre
b Équation homogène
Un système du premier ordre est décrit par l’équation homogène suivante

ds
a (t) + bs(t) = 0 .
dt

b Solution
La solution à l’équation précédente s’écrit
b
s(t) = Ae− a t .

La solution ci–dessous est convergente si et seulement si a et b sont de même signe. Remarquons que a et b sont les coefficients de
l’équation différentielle homogène mais aussi des termes du dénominateur de la fonction de transfert.
b Critère de stabilité d’un système du premier ordre
Un système du première ordre est stable si et seulement tous les coefficients de l’équation différentielle homogène, ou du dénominateur
de la fonction de transfert, sont de même signe.

Remarque : Si le SLCI est stable, i.e. a et b sont de même signe alors l’équation différentielle peut se mettre sous la forme canonique

ds s(t)
(t) + = f (e(t)) ;
dt τ
avec τ > 0 le temps caractéristique du régime transitoire et f (e(t)) un terme de forçage.

ds ds
(t) (t)
dt dt

s(t) s(t)

Figure 11 – Portrait de phase d’un système du premier ordre Figure 12 – Portrait de phase d’un système du premier ordre
stable en régime libre. instable en régime libre.

91
PCSI 2019–2020, Lycée Lalande, Bourg–en–Bresse Alexandre Alles

2.3 Système d’ordre 2


b Équation homogène
Un système du premier ordre est décrit par l’équation homogène suivante

d2 s ds
a (t) + b (t) + cs(t) = 0 .
dt2 dt
d2 s ds
Pour simplifier l’étude de stabilité on écrit l’équation sous la forme 2 (t) + α (t) + βs(t) = 0. Cette équation est associée au polynôme
dt dt
caractéristique P (r) = r2 + αr + β de discriminant ∆ = α2 − 4β.
On distingue plusieurs cas de figure.
− Cas β = 0 :
d2 s ds
l’équation différentielle homogène se ramène à une équation différentielle du premier ordre 2 (t) + α (t) = 0 dont les solutions sont
dt dt
b
stables si α = > 0.
a
− Cas β < 0, i.e. ∆ > 0 : √
α ∆
Les racines du polynôme caractéristique sont r1,2 = − ± et la forme générale des solutions homogènes est
2 2

s(t) = Aer1 t + Ber2 t .

Le système est stable si les exponentielles sont convergentes. Or l’une des racine est positive
√ p p
−α + ∆ −α + α2 − 4β −α + α2 + 4|β|
r1 = = = >0.
2 2 2
Le système est instable si β = c/a < 0.
− Cas β > 0 :
√ √
−α ± ∆ −α + ∆ p
− Sous cas ∆ < 0, r1,2 = . Le système est stable si r1 = < 0 i.e. α > α2 − 4β > 0.
2 2
α
− Sous cas ∆ = 0, solutions de la forme (A + Bt)ert avec r = − . Le système est stable si r < 0 i.e. α > 0.
√ 2
−α ± j −∆
− Sous cas ∆ > 0, r1,2 = . Le système est stable si <(r1,2 ) < 0 i.e. α > 0.
2
b Stabilité
Un système du deuxième ordre est stable si et seulement si β > 0 et α > 0 i.e. tous les coefficient de l’équation différentielle homogène,
ou du dénominateur de la fonction de transfert, sont de même signe.

Interprétation énergétique : Établissons un bilan d’énergie à l’aide de l’équation différentielle du système.


 2   2 !  2
d s ds ds d 1 ds β 2 dE ds
(t) + α (t) + βs(t) (t) = 0 ⇒ (t) + s (t) = (t) = −α (t) .
dt2 dt dt dt 2 dt 2 dt dt

− Éliminons le cas de figure β < 0 qui est nécessairement instable.


dE
− Une énergie divergente correspond nécessairement à un système instable. Ainsi la condition de stabilité (t) < 0 s’écrit α > 0.
dt

92
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Chapitre 11
Filtrage linéaire
–At my signal, unleash hell.
Bibliographie Gladiator (2000)
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 8

Le développement phénoménal des télécommunication vers la fin du XIXème siècle a conduit à l’essor de nouvelles technologies afin
d’améliorer sans cesse la qualité ou encore la vitesse du transfert d’information. Dans ce domaine des dispositifs particuliers sont
centraux : les quadripôles. Les quadripôles permettent de nombreuses choses, ici nous allons nous concentrer sur ce que l’on nomme le
filtrage. Cela consiste en sélectionner une sous partie d’un signal afin d’en enlever par exemple le “bruit". Nous étudierons les filtres les
plus simples qui consistent en des circuit électrique que nous avons déjà rencontré : RC, RL ou RLC.

I Signaux périodiques

1.1 Définitions et propriétés


b Décomposition en série de Fourier
Soit une fonction s(t) de R dans R, T–périodique et C 1 par morceaux. Cette fonction est décomposable en série de Fourier

+∞
X
s(t) = s0 + [an cos(nωt) + bn sin(nωt)]
n=1


avec ω = et n ∈ N. Le coefficient s0 représente la valeur moyenne de la fonction s sur une période (correspond à la composante
T
continue en électricité)
1 t0 +T
Z
s0 = s(t)dt
T t0

N* Joseph Fourier 1768–1830 : physicien et mathématicien français

b Coefficients de Fourier
Les coefficients an et bn sont définis ∀ t par
2 t0 +T 2 t0 +T
Z Z
an = s(t) cos(nωt)dt ; bn = s(t) sin(nωt)dt
T t0 T t0
+∞
X
Remarque : A une phase près, on peut écrire la décomposition s(t) = s0 + cn cos(nωt + φn ).
n=1

− La fonction t −→ sn (t) = an cos(nωt) + bn sin(nωt) est appelée harmonique de rang n.


− L’harmonique de rang n = 1 est appelée fondamentale, elle est de période T.
− Les harmoniques de rang le plus élevé oscillent le plus vite.
− Les coefficients de Fourier sont tels que an −→ 0, bn −→ 0.
n→∞ n→∞

Remarque : Décomposition d’un signal triangle impair de valeur moyenne s0


+∞
4(smax − smin ) X sin((2n + 1)ωt)
s(t) = s0 + 2
.
π n=0
(2n + 1)2
Remarque : Décomposition d’un signal carré impair de valeur moyenne s0
+∞
2(smax − smin ) X sin((2n + 1)ωt)
s(t) = s0 + .
π n=0
2n + 1
Remarque : Le choix de l’origine peut être différent et on se retrouve avec des cos à la
place des sin...
b Synthèse
Tout signal physique périodique peut être décomposé comme une somme infinie de
fonctions sinusoïdales. En pratique cette somme est finie et l’on accède uniquement à
une approximation du signal. En pratique plus la somme comportera de termes plus
la décomposition de Fourier approchera le signal initial.

Figure 1 – Les quatre premières sommes par-


tielles de la série de Fourier pour un signal carré.

b Valeur efficace
On peut montrer que le carré de la valeur efficace d’un signal est égal à la somme des carrés des valeurs efficaces de ses harmoniques.

Démontrer l’affirmation précédente, c’est un excellent exercice d’entraînement au calcul.

93
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1.2 Analyse harmonique


b Spectre de Fourier d’un signal
Le spectre de Fourier d’un signal est l’ensemble des coefficients de Fourier du développement de s. En physique ce spectre est souvent
représenté en traçant l’amplitude cn en fonction de n ou nω.

Le spectre d’un signal carré décroit en 1/n et celui d’un signal triangulaire en 1/n2 .

Figure 2 – Représentation temporelle d’un signal carré Figure 4 – Représentation temporelle d’un signal triangulaire

Figure 3 – Spectre de Fourier d’un signal carré Figure 5 – Spectre de Fourier d’un signal triangulaire

Figure 6 – Représentation temporelle et spectre de Fourier d’un signal Figure 7 – Représentation temporelle et spectre de Fourier d’un signal
sinusoïdal composé de deux fonctions sinusoïdales

Figure 8 – Représentation temporelle et spectre de Fourier d’un signal complexe

K Spectre de Fourier de quelques signaux


Voir TP 03

TD12 – Pb1

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1.3 Principe du filtrage


K Effet de filtres électroniques sur un signal
Voir TP 18 et 19
Un filtre adapté permet de sélectionner les composante du spectre de Fourier qui nous intéressent :
− Supprimer un bruit haute fréquence (grésillement).
− Supprimer les fréquences élevées d’un enregistrement audio peu audibles (compression mp3).
− Sélectionner une station de radio en sélectionnant une plage de fréquence précise.

Type de filtre Effets souhaités Gabarit du filtre

Filtre passe-bas Laisse passer les basses fré-


quences et atténue voire sup-
prime/coupe les hautes fré-
quences.

Filtre passe-haut Laisse passer les hautes fré-


quences et atténue voire sup-
prime/coupe les basses fré-
quences

Filtre passe-bande Laisse passer une gamme de


moyennes fréquences et at-
ténue voire supprime/coupe
les autres fréquences

Filtre coupe-bande Coupe une gamme de


moyennes fréquences et
laisse passer les autres
fréquences

TD12 – App7, App8

II Filtres linéaires passifs d’ordre un


2.1 Filtre passe–bas
2.1.1 Étude qualitative
R
− A basse fréquence ω −→ 0, le condensateur est équivalent à un
circuit ouvert us = ue et aucun courant ne circule dans R (car la
ue us sortie est ouverte).
C
− A haute fréquence ω −→ +∞, le condensateur est équivalent à un
fil us = 0.

b Filtre passe–bas d’ordre un


Le signal en sortie est non nul pour les basses fréquence, ce circuit se comporte donc comme un filtre passe–bas.

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2.1.2 Étude analytique


Nous cherchons à exprimer la tension us aux bornes du condensateur en fonction de la tension ue aux borne du circuit. Appliquons la
relation du diviseur de tension en complexe
ZC 1/jCω
Us = Ue = Ue
ZC + ZR 1/jCω + R

b Fonction de transfert Us
On appelle fonction de transfert (en régime sinusoïdal forcé) la fonction complexe H(ω) = décrivant le comportement d’un
Ue
quadripôle (par ex. un filtre). Cette fonction est caractérisée par :
− son module, appelé gain, G(ω) = |H(ω)|
− on utilise souvent le gain en décibel GdB (ω) = 20 log(G(ω))
− son argument, déphasage entre la tension de sortie et d’entrée φ(ω) = arg(H).

b Fonction de transfert du filtre passe–bas d’ordre 1


La forme canonique de la fonction de transfert d’un filtre passe bas du premier ordre est

H0
H(x) =
1 + jx

avec la pulsation réduite x = ω/ω0 , la pulsation caractéristique ω0 = 1/RC et le gain statique (i.e. pour x = 0) H0 (dans notre
exemple précédent il vaut 1).

b Gain du filtre passe–bas d’ordre 1


On en déduit le gain du filtre étudié
b Phase du filtre passe–bas d’ordre 1
1 On en déduit la phase du filtre étudié
G(x) = |H(x)| = √
1 + x2 φ(x) = arg(H(x)) = − arg(1 + jx) = − arctan(x)
Le gain en décibel s’écrit GdB (ω) = −10 log(1 + x2 ).
2.1.3 Diagramme de Bode
N* Hendrik Wade Bode 1905–1982 : ingénieur et physicien américain

b Diagramme de Bode asymptotique


L’étude asymptotique du gain en décibels et de la phase permet de déterminer grossièrement le comportement du filtre.

Comportement asymptotique du gain en décibels :


− A basse fréquence GdB ∼ −10 log(1) = 0. L’asymptote à basse fréquence est la droite GdB = 0.
x→0
− A haute fréquence GdB ∼ −10 log(x2 ) = −20 log(x). L’asymptote à haute fréquence est la droite GdB = −20 log x. Cette droite
x→+∞
est de pente −20dB/decade ; une pende de ±20dB/decade est caractéristique d’un filtre du premier ordre.
− GdB (1) = −3dB, c’est la pulsation réduite de coupure à -3dB.
Comportement asymptotique de la phase :
− A basse fréquence φ −→ 0− . A basse fréquence la phase tend vers 0 par valeur négative.
x→0
− A haute fréquence φ −→ −π/2. A haute fréquence la phase tend vers −π/2.
x→+∞
− φ(1) = − arctan(1) = −π/4.
− arctan(1/x) = π/2 − arctan(x), ainsi le point (0, −π/4) est centre de symétrie de la courbe.

0
0

20
10
phase (deg)

40
G(dB)

20

60
30

80
40
10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2 10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2
log(x) log(x)
b Pulsation de coupure √
La ou les pulsations de coupure sont définies par G(ωc ) = Gmax / 2 où Gmax est la valeur maximale du gain G de la fonction de
transfert.
Remarque : Pour un filtre du premier ordre elle correspond à une pulsation de coupure à -3dB, GdB (ωc ) = GdB, max − 3.

96
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2.1.4 Comportement pseudo–intégrateur


Dans le régime des hautes fréquences la fonction de transfert s’écrit H(x) ∼ 1/jx qui est la représentation complexe de
Z
1
us (t) = ue (t)dt
RC

b Comportement pseudo–intégrateur
A haute fréquence, le filtre passe–bas d’ordre un se comporte comme un intégrateur (à un coefficient près). On parle de montage
pseudo–intégrateur.

2.2 Filtre passe–haut


2.2.1 Étude qualitative
C

− A basse fréquence ω −→ 0, le condensateur est équivalent à un circuit ouvert us = 0.


ue us − A haute fréquence ω −→ +∞, le condensateur est équivalent à un fil us = ue .
R

b Filtre passe–haut d’ordre un


Le signal en sortie est non nul pour les hautes fréquence, ce circuit se comporte donc comme un filtre passe–haut.

2.2.2 Étude analytique


Nous cherchons à exprimer la tension us aux bornes du condensateur en fonction de la tension ue aux borne du circuit. Appliquons la
relation du diviseur de tension en complexe

ZR R
Us = Ue = Ue
ZC + ZR 1/jCω + R

b Fonction de transfert du filtre passe–haut d’ordre 1


La forme canonique de la fonction de transfert d’un filtre passe haut du premier ordre est

jx 1
H(x) = H0 = H0
1 + jx 1 + 1/jx

avec la pulsation réduite x = ω/ω0 , la pulsation caractéristique ω0 = 1/RC et le gain haute fréquence (i.e. pour x  1) H0 (dans
notre exemple précédent il vaut 1).

b Gain du filtre passe–haut d’ordre 1


On en déduit le gain du filtre étudié
b Phase du filtre passe–haut d’ordre 1
1 On en déduit la phase du filtre étudié
G(x) = |H(x)| = q
1
1+ x2
   
1 1
φ(x) = arg(H(x)) = − arg 1 + = arctan
  jx x
1
Le gain en décibel s’écrit GdB (ω) = −10 log 1 + 2 .
x

2.2.3 Diagramme de Bode


Comportement asymptotique du gain en décibels :
− A basse fréquence GdB ∼ 20 log(x). L’asymptote à basse fréquence est la droite GdB = 20 log x de pente 20dB/decade.
x→0
− A haute fréquenceGdB ∼ −10 log(1) = 0. L’asymptote à haute fréquence est la droite GdB = 0
x→+∞
− GdB (1) = −3dB, c’est la pulsation réduite de coupure à -3dB.
Comportement asymptotique de la phase :
− A basse fréquence φ −→ π/2. A basse fréquence la phase tend vers π/2 par valeur négative.
x→0
− A haute fréquence φ −→ 0+ . A haute fréquence la phase tend vers 0 par valeur positive.
x→+∞
− φ(1) = arctan(1) = π/4.
− arctan(1/x) = π/2 − arctan(x), ainsi le point (0, π/4) est centre de symétrie de la courbe.

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0
80

10
60

phase (deg)
G(dB)

20
40

30
20

40
0
10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2 10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2
log(x) log(x)
2.2.4 Comportement pseudo–dérivateur
Dans le régime des basses fréquences la fonction de transfert s’écrit H(x) ∼ jx i.e. U s = jxU e qui est la représentation complexe de

1 due (t)
us (t) =
ω0 dt

b Comportement pseudo–dérivateur
A basse fréquence, le filtre passe–haut d’ordre un se comporte comme un dérivateur (à un coefficient près). On parle de montage
pseudo–dérivateur.

III Filtres linéaires passifs d’ordre deux


3.1 Filtre passe–bas d’ordre 2
3.1.1 Étude qualitative
R

ue C us

− A basse fréquence ω −→ 0, le condensateur est équivalent à un circuit ouvert et la bobine à un fil, aucun courant ne circule dans la
résistance et us = ue .
− A haute fréquence ω −→ +∞, le condensateur est équivalent à un fil et la bobine à un circuit ouvert : us = 0.

b Filtre passe–bas d’ordre 2


Le signal en sortie est non nul pour les basses fréquence, ce circuit se comporte donc comme un filtre passe–bas.

3.1.2 Étude analytique


Nous cherchons à exprimer la tension us aux bornes du condensateur en fonction de la tension ue aux borne du circuit. Appliquons la
relation du diviseur de tension en complexe

ZC 1/jCω
Us = Ue = Ue
ZC + ZR + ZL 1/jCω + R + jLω

b Fonction de transfert du filtre passe–bas d’ordre 2


La forme canonique de la fonction de transfert d’un filtre passe haut du premier ordre est

1
H(x) = H0 x
1+jQ − x2

avec la pulsation réduite x = ω/ω0 , la pulsation caractéristique ω0 = 1/ LC, le facteur de qualité Q = 1/RCω0 et le gain statique
(i.e. pour x = 0) H0 (dans notre exemple précédent il vaut 1).

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b Gain du filtre passe–bas d’ordre 2


blank
On en déduit le gain du filtre étudié
1
G(x) = |H(x)| = q
x2
(1 − x2 )2 + Q2

x2
 
Le gain en décibel s’écrit GdB (ω) = −10 log (1 − x2 ) + 2 .
Q

b Phase du filtre passe–bas d’ordre 2


On en déduit la phase du filtre étudié

1 − x2
    
x π
φ(x) = arg(H(x)) = − arg j − j(1 − x2 ) = − + arctan
Q 2 x/Q

3.1.3 Diagramme de Bode


Comportement asymptotique du gain en décibels :
− A basse fréquence GdB ∼ −10 log(1) = 0. L’asymptote à basse fréquence est la droite GdB = 0.
x→0
− A haute fréquence GdB ∼ −10 log(x4 ) = −40 log(x). L’asymptote à haute fréquence est la droite GdB = −40 log x de pente
x→+∞
20dB/decade.
− GdB (1) = 20 log(Q), le gain en x = 1 dépend de la valeur du facteur de qualité.

On observe une résonance en tension si Q > 1/ 2 ∼ 0, 7.

Résonance
Déterminer la pulsation de résonance du filtre passe–bas d’ordre 2, la condition de résonance ainsi que le gain à la résonance.

Comportement asymptotique de la phase :


− A basse fréquence φ −→ 0. A basse fréquence la phase tend vers 0 par valeur négative.
x→0
− A haute fréquence φ −→ −π. A haute fréquence la phase tend vers −π.
x→+∞
− φ(1) = arctan(1) = −π/2.
− arctan(1/x) = π/2 − arctan(x), ainsi le point (0, −π/2) est centre de symétrie de la courbe.

10 0

0
50
10
phase (deg)
G(dB)

20 100

30
150
40
10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2 10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2
log(x) log(x)
3.2 Filtre passe–bande
3.2.1 Étude qualitative
C

− A basse fréquence ω −→ 0, le condensateur est équivalent à un


circuit ouvert et la bobine à un fil us = 0.
− A haute fréquence ω −→ +∞, le condensateur est équivalent à un
fil et la bobine à un circuit ouvert us = 0.
ue R us − Dans un cas intermédiaire, le condensateur et la bobine se com-
portent comme des dipôles conducteurs us 6= 0.

b Filtre passe–bande 2
Le signal en sortie est nul pour les basses et hautes fréquence, ce circuit se comporte donc comme un filtre passe–bande.

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3.2.2 Étude analytique


Nous cherchons à exprimer la tension us aux bornes du condensateur en fonction de la tension ue aux borne du circuit. Appliquons la
relation du diviseur de tension en complexe

ZR R
Us = Ue = Ue
ZR + ZC + ZL R + 1/jCω + jLω

b Fonction de transfert du filtre passe–bande d’ordre 2


La forme canonique de la fonction de transfert d’un filtre passe haut du premier ordre est

1 jx/Q
H(x) = H0 = H0
1 + jQ(x − 1/x) 1 − x2 + jx/Q

avec la pulsation réduite x = ω/ω0 , la pulsation caractéristique ω0 = 1/ LC, le facteur de qualité Q = 1/RCω0 et le gain maximum
H0 (i.e. en x = 1, dans notre exemple précédent il vaut 1).

b Gain du filtre passe–bande d’ordre 2


On en déduit le gain du filtre étudié b Phase du filtre passe–bande d’ordre 2
On en déduit la phase du filtre étudié
1
G(x) = |H(x)| = p
1 + Q2 (x − 1/x)2 φ(x) = arg(H(x)) = − arg [1 + jQ(x − 1/x)]
= − arctan (Q(x − 1/x))
Le gain en décibel s’écrit GdB (ω) = −10 log 1 + Q2 (x − 1/x)2 .


3.2.3 Diagramme de Bode


Comportement asymptotique du gain en décibels :
− A basse fréquence GdB ∼ −20 log(Q) + 20 log(x). L’asymptote à basse fréquence est une droite de pende 20dB/decade.
x→0
− A haute fréquence GdB ∼ −20 log(Q) − 20 log(x). L’asymptote à haute fréquence est une droite de pende -20dB/decade.
x→+∞
− GdB (1) = −10 log(1) = 0dB.

Bande passante
Déterminer la bande passante du filtre passe–bas d’ordre 2 ainsi que le gain maximum.

Comportement asymptotique de la phase :


− A basse fréquence φ −→ π/2. A basse fréquence la phase tend vers π/2.
x→0
− A haute fréquence φ −→ −π/2. A haute fréquence la phase tend vers −π/2.
x→+∞
− φ(1) = arctan(0) = 0.
− arctan(1/x) = π/2 − arctan(x), ainsi le point (0, −π/2) est centre de symétrie de la courbe.

10

0
50
10
phase (deg)
G(dB)

0
20

30 50

40
10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2 10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2
log(x) log(x)
b Acuité de la résonance – Facteur de qualité
La largeur de la courbe de résonance est la bande de pulsation ∆ω pour lesquelles l’amplitude est supérieure ou égale à l’amplitude
maximale divisée par racine de deux, telle que
ω0
Q=
∆ω
Plus Q est grand plus la résonance est aiguë.

TD12 – App1 à App6

100
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IV Généralité sur les quadripôles

b Quadripôle
Un quadripôle est un circuit électrique qui comporte quatre bornes : deux d’entrées et deux de sorties. Généralement, l’entrée est
connectée à un générateur ou à la sortie d’un autre quadripôle. Le circuit branché à la sortie du quadripôle est appelé la charge.

4.1 Impédances d’un quadripôle


Lorsqu’une source est branchée sur un quadripôle elle débite un courant d’entrée ie . Les quadripôles étant supposés linéaires on peut les
modéliser par une impédance d’entrée Z e sur laquelle la source est branchée.
b Impédance d’entrée
On appelle impédance d’entrée d’un quadripôle l’impédance vue de l’entrée, i.e. la grandeur complexe
u
Ze = e
ie

Elle est indépendante de la source mais dépend de la constitution du quadripôle.


Entrée Sortie Entrée Sortie
ie is 6= 0 ie is = 0
Zs Zs

ue Ze H e ue us R e ue Ze H e ue us = H e ue

Figure 9 – Quadripôle avec charge Re Figure 10 – Quadripôle sans charge


La fonction de transfert H est définie en circuit ouvert is = 0 et us 6= 0. La sortie se comporte donc comme un dipôle actif. On peut
donc modéliser la sortie du quadripôle par une représentation de Thévenin de fem complexe Hue et d’impédance Z s .
b Impédance de sortie
La sortie d’un quadripôle se comporte, pour la charge, comme un dipôle actif dont l’impédance interne du générateur de Thévenin
est appelée impédance de sortie Z s .
La sortie d’un quadripôle se comporte comme une source commandée par la tension d’entrée. La valeur de l’impédance de sortie d’un
quadripôle est très variable mais on retiendra :
− GBF Zs = 50Ω
− Oscilloscope Ze = 1MΩ
− Voltmètre Ze = 10MΩ
4.2 Quadripôles en cascade
La fonction de transfert n’est valable que dans le cas d’un quadripôle en sortie ouverte. Ainsi mettre deux quadripôle en cascade (l’un
à la suite de l’autre) ne revient pas à multiplier les fonctions de transfert car il apparaît un courant débité par le premier quadripôle
us u s u si
H= = 6= H1 H2
ue u si u e

Fonction de transfert de filtres en cascade, TD12 – App3


jRCω
H=
1 + 3jRCω − R2 C 2 ω 2
La fonction de transfert totale peut s’écrire comme le produit des fonctions de transfert de chaque filtre si
− d’une part |Z e2 |  |Z s1 | ce qui revient à une sortie ouverte pour le quadripôle 1 ;
− d’autre par Z s1 = 0 i.e. la sortie du quadripôle 1 se comporte comme une source idéale de tension.

V Autres domaines d’application

5.1 Filtrage mécanique


Nous avons vu qu’un oscillateur électrique, par exemple le RLC série, peut se comporter comme un filtre lors d’un forçage extérieur. Il
en est de même pour les oscillateurs mécaniques, par exemple un amortisseur de voiture ou bien un accéléromètre se comportent comme
des filtres mécaniques.

Voir DM04 et DM05

101
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5.2 Filtrage optique


Un autre domaine dans lequel le filtrage intervient de façon significative est le traitement d’image. Nous avons vu précédemment que
l’angle θ d’un cône de diffraction vérifie la relation sin θ ∼ λ/a avec λ la longueur d’onde de l’onde lumineuse incidente et a la taille de
l’obstacle diffractant. Ainsi un petit obstacle déviera plus fortement la lumière qu’un grand obstacle.

Un petit obstacle, par exemple le grain d’une photographie argentique, pourra se répéter de nombreuse fois sur l’objet diffractant, on
parle de grande fréquence spatiale. À cette grande fréquence spatiale seront associés les rayons lumineux les plus déviés.
À l’inverse un grand obstacle se répètera peut de fois sur l’objet diffractant, on parle de faible fréquence spatiale. À cette faible fréquence
spatiale seront associés les rayons lumineux les moins déviés.

Ainsi un écran judicieusement au niveau de la figure de diffraction permettra d’éliminer les rayons lumineux issus des petits obstacles
(passe bas ou détramage) ou bien des grands obstacles (passe haut) pour par exemple réaliser de la strioscopie. La reconstruction d’une
image à partir de la figure de diffraction permettra ainsi d’obtenir une image filtrée.

Figure 11 – Onde de choc par strioscopie Figure 12 – Combustion d’une particule d’aluminium par strioscopie

102
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blank Résumé – Chapitre 11 : Filtrage


Filtre du 1er ordre
ω 1
Avec dans le tableau suivant H0 le gain statique, x = et ω0 = .
ω0 RC
Passe–bas du 1er ordre Passe–haut du 1er ordre

H0 H0 jx
H(x) = H(x) =
1 + jx 1 + jx
H0 H0 x
G(x) = √ G(x) = √
1 + x2 1 + x2
GdB (x) = 20 log(H0 ) − 10 log(1 + x2 ) GdB (x) = 20 log(H0 ) + 20 log(x) − 10 log(1 + x2 )
π
φ(x) = − arctan(x) φ(x) = − arctan(x)
2

Pulsation de coupure ωc = ω0 Pulsation de coupure ωc = ω0

0 0

10 10
G(dB)

G(dB)

20 20

30 30

40 40
10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2 10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2
log(x) log(x)

0
80
20
60
phase (deg)

phase (deg)

40
40
60
20
80
0
10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2 10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2
log(x) log(x)

103
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Filtre du 2ème ordre


r
ω 1 1 L
Avec dans le tableau suivant H0 le gain statique, x = et ω0 = √ et Q =
ω0 LC R C

Passe–bas du 2ème ordre Passe–haut du 2ème ordre

H0 −H0 x2
H(x) = H(x) =
1 + jx/Q − x2 1 + jx/Q − x2
H0 H0 x2
G(x) = p G(x) = p
(1 − x )2 + (x/Q)2
2 (1 − x2 )2 + (x/Q)2
GdB (x) = 20 log(H0 ) − 10 log((1 − x2 )2 + (x/Q)2 ) GdB (x) = 20 log(H0 ) + 40 log(x) − 10 log((1 − x2 )2 + (x/Q)2 )

x2 − 1 x2 − 1
   
π π
φ(x) = − − arctan φ(x) = − arctan
2 x/Q 2 x/Q

√ √ 1
Résonance si Q > 1/ 2 en xr = 1 − 1/2Q2 Résonance si Q > 1/ 2 en xr = p
p
1 − 1/2Q2
4Q4 4Q4
   
alors GdB,max = 20 log(H0 ) + 10 log alors GdB,max = 20 log(H0 ) + 10 log
4Q2 − 1 4Q2 − 1

10 10

0 0

10 10
G(dB)

G(dB)

20 20

30 30

40 40
10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2 10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2
log(x) log(x)

150
50
phase (deg)

phase (deg)

100
100

50
150

0
10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2 10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2
log(x) log(x)

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Passe–bande

H0 jx/Q H0
H(x) = =
1 + jx/Q − x2 1 + jQ(x − 1/x)
H0 x/Q H0
G(x) = p = p
(1 − x2 )2 + (x/Q)2 1 + Q2 (x − 1/x)2
GdB (x) = 20 log(H0 /Q) + 20 log(x) − 10 log((1 − x2 )2 + (x/Q)2 ) = 20 log(H0 ) − 10 log(1 + Q2 (x − 1/x)2 )

1 − x2
 
φ(x) = − arctan = − arctan(Q(x − 1/x))
x/Q

r
1 1
Pulsation de coupure xc = ± +1 +
4Q2 2Q
ω0
Bande passante ∆ω = ∆c ω0 =
Q
GdB,max = GdB (1) = H0

10

10
G(dB)

20

30

40
10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2
log(x)

50
phase (deg)

50

10 -2 10 -1 10 0 10 1 10 2
log(x)

105
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Complément : Électronique numérique


I Numérisation d’un signal

1.1 Principe
b Signal
Variation d’une grandeur physique porteuse d’information au cours du temps.
− Un signal est dit analogique si la grandeur physique peut prendre un ensemble continu de valeurs et est définie sur un intervalle de
temps continu.
− Un signal est dit numérique si la grandeur physique prend un ensemble discret de valeur et ne varie qu’à certains instants discrets.

La numérisation d’un signal est aujourd’hui omniprésente de part l’utilisation de l’outils informatique tandis que la plupart des capteurs
que nous utilisons génèrent des signaux analogiques. Ainsi afin d’optimiser la transmission, le stockage et le traitement de l’information
nous sommes régulièrement amené à numériser ces signaux analogiques.

1.2 Chaîne d’acquisition et de numérisation


Une chaîne d’acquisition et de numérisation fonctionne toujours sur le même principe.

1. Transducteur (conversion analogique–analogique)


b Transducteur
Dispositif convertissant un signal physique en un autre signal phy-
sique.
Exemple : Un accéléromètre converti une accélération en une tension
électrique.

2. Échantillonnage
L’échantillonnage peut être réalisé, en pratique, à l’aide d’un échantillonneur–bloqueur. Notons toutefois que le signal échan-
tillonné à l’aide de ce dispositif n’est pas identique à un signal échantillonné théorique (voir plus loin). On note Te le temps
d’échantillonnage.

Figure 13 – Échantillonnage Figure 14 – Blocage

106
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3. Convertisseur analogique–numérique (CAN)


En sortie de l’échantillonneur–bloqueur le signal est toujours analo-
gique, le rôle du CAN est de convertir ce signal en un ensemble de
données codées en binaire. Chaque valeur de l’échantillon est conver-
tie en nombre suivant une loi de quantification, on appelle pas de
quantification q l’écart entre deux valeurs successives. Un signal
converti sera stocké sous la forme d’un nombre de p bits, ce qui
donne accès à N = 2p valeurs possibles.
Exemple : Un convertisseur 8 bits stocke au total 256 valeurs.
L’intervalle ∆s dans lequel peut évoluer le signal est relié à q et p
par la relation
∆s ∆s
q= p ' p .
2 −1 2
Figure 15 – Quantification
4. Stockage
La dernière étape consiste à stocker les valeurs de sorties du CAN en mémoire.
Remarque : Les cartes d’acquisition SYSAM ou ARDUINO contiennent à la fois l’échantillonneur–bloqueur et le CAN.

II Échantillonnage

b Échantillonnage
Prélever la valeur d’un signal analogique à intervalle de temps régulier Te , la période d’échantillonnage.
On définit fe = 1/Te la fréquence d’échantillonnage, Ne le nombre d’échantillons et Ta = Ne Te la durée totale d’acquisition.

2.1 Stroboscopie
L’émission de flash lumineux successifs permet de visualiser le mouvement d’un système en se limitant un nombre fini d’images. Si la
cadence est suffisamment élevée alors l’observateur percevra une continuité du mouvement comme pour un film par exemple à cause de
la persistence rétinienne de l’oeil.

K Stroboscopie
Déterminer la fréquence du mouvement à l’aide d’un stroboscope

Fréquence minimale d’échantillonnage


− Qu’observez–vous si la fréquence du stroboscope est très supérieure celle du système ?
− Qu’observez–vous si la fréquence du stroboscope est légèrement supérieure à celle du système ?
− Qu’observez–vous si la fréquence du stroboscope est légèrement inférieure à celle du système ?
− Qu’observez–vous si la fréquence du stroboscope est très inférieure celle du système ?

b Effet stroboscopie
Pour que le signal échantillonné soit fidèle au signal analogique, il est nécessaire d’avoir une fréquence d’échantillonnage suffisamment
élevée.
Optimalement, une fréquence d’échantillonnage qui tend vers l’infinie permet d’avoir un signal échantillonné très fidèle au signal ana-
logique. Toutefois, une telle acquisition requiert un grand nombre d’échantillons. On sera, en pratique, limitée par la taille finie de la
mémoire des ordinateurs ou bien par le temps de calcul nécessaire pour traiter un grand nombre de données.
2.2 Théorème de Nyquist–Shannon
b Théorème de Nyquist–Shannon
La représentation discrète d’un signal exige des échantillons régulièrement espacés à une fréquence d’échantillonnage supérieure au
double de la fréquence maximale présente dans ce signal.

Prenons un échantillonnage représenté par les points sur les courbes ci–dessous et on suppose que le signal réel est sinusoïdal. On constate
qu’il existe une infinité de signaux sinusoïdaux pouvant passer par les points de l’échantillon mais il existe un unique signal sinusoïdal
de fréquence f < fe /2 passant par les points de l’échantillon.

107
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III
blank Analyse spectrale numérique

3.1 Analyse d’un signal harmonique


La figure ci–dessous représente un signal s(t) sinusoïdal de fréquence f = 300 Hz échantillonné par un signal impulsionnel de fréquence
fe = 2 kHz ainsi que le spectre associé au signal échantillonné.
− Raie importante à 300 Hz correspondant au signal réel,
− des raies importantes à fréquence 1.7 kHz, 2.3 kHz... correspondant aux fréquences kfe ± f issues de l’échantillonnage,
− des raies plus faibles centrées autour des raies issues de l’échantillonnages produites par les imperfections liées à la numérisation du
signal.

Les répliques qui apparaissent lors de l’échantillonnage se répartissent périodiquement aux fréquences kfe ± f0 avec k un entier. Ces
répliques proviennent du fait qu’il n’existe par un unique signal harmonique qui puisse correspondre à une série d’échantillon comme
montré dans la partie précédente.
3.2 Repliement de spectre
b Rappel : Décomposition en série de Fourier
Soit une fonction s(t) de R dans R, T–périodique et C 1 par morceaux. Cette fonction est décomposable en série de Fourier :

+∞
X
s(t) = s0 + [an cos(nωt) + bn sin(nωt)]
n=1


avec ω = et n ∈ N. Le coefficient s0 représente la valeur moyenne de la fonction s sur une période.
T
Remarque : Si le signal n’est pas périodique, on utilise la transformée de Fourier
Z +∞
1
s(t) = a(ω) cos(ωt + φ(ω))dω .
2π 0

Chaque composante sinusoïdale du signal subit le même phénomène de réplication que le signal harmonique précédent. Si le signal est
convenablement échantillonné cela ne présentera aucun problème, toutefois pour un signal mal échantillonné on assistera à un phénomène
de repliement de spectre.
b Repliement de spectre
On appelle repliement spectral ou aliasing le phénomène de recouvrement du spectre du signal analogique et de ses répliques lors
du processus d’échantillonnage. Ce phénomène ne peut pas être corrigé par un filtrage a posteriori et doit être anticipé en amont de
l’acquisition.

Figure 16 – Spectre sans repliement Figure 17 – Spectre avec repliement


K Critère de Shannon
Réaliser l’acquisition d’un signal carré respectant et ne respectant pas le critère de Shannon ; en observer le spectre.

108
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3.3 Résolution spectrale


En pratique les ordinateurs ne calculent pas le décomposition de Fourier mais réalisent une transformée de Fourier rapide (FFT).
Remarque : Avec LatisPro il est nécessaire de fournir un signal échantillonné comprenant une nombre de points égal à une puissance de
2, sinon le logiciel complète les données manquantes par des 0 ce qui induit une légère erreur.

b Largeur du spectre
Lors d’un calcul de FFT la largeur du spectre obtenue est [0; fe ].

b Discrétisation spectrale
Le spectre étant construit à partir d’un échantillon de Ne points, il est lui même constitué de Ne points.

Rappelons que le temps total d’acquisition est défini tel que Na = Ne Te = Ne /fe .
b Résolution
La résolution du spectre calculé numériquement est directement reliée à Ta .

IV Filtrage numérique

4.1 Principe
L’un des principaux intérêts de la numérisation d’un signal est la simplicité du traitement numérique en comparaison d’un traitement
analogique. Le filtrage numérique n’utilise pas de composant tels les résistances, condensateurs ou bobines mais est effectué par calcul
à l’aide de circuits intégrés ou de processeurs. Il est bien plus simple de changer une valeur dans un programme que de changer un
composant dans un montage, avec tous les défauts que ce composant implique.
b Circuit intégré
Le circuit intégré (CI), aussi appelé puce électronique, est un composant électronique, basé sur un semi-conducteur, reproduisant une,
ou plusieurs, fonctions électroniques plus ou moins complexes, intégrant souvent plusieurs types de composants électroniques de base
dans un volume réduit (sur une petite plaque), rendant le circuit facile à mettre en œuvre.

Ces opérations peuvent être effectuées soit dans le domaine temporel sur les échantillons, soit dans le domaine fréquentiel après avoir
réalisé une transformée de Fourier rapide (FFT). Par exemple, pour réaliser un filtre passe–bas, on pourra dans le domaine temporel
réaliser une moyenne glissante sur les échantillons afin de lisser les données et faire disparaître les variations rapides. Tandis que dans
le domaine fréquentiel, un tel filtrage sera réalisé en éliminant les composantes de plus haute fréquence du spectre obtenu par FFT, par
exemple en multipliant le spectre par la fonction de transfert d’un passe–bas.

De plus, après traitement, le signal numérique peut être à nouveau converti en signal analogique à l’aide d’un convertisseur numérique–
analogique (CNA). Aux pertes d’informations induites par la numérisation près.
4.2 Exemple d’un filtre passe–bas
− Approche fréquentielle
La fonction de transfert d’un filtre passe–base s’écrit

s H0
H= = ;
e 1 + jω/ωc

avec H0 le gain statique et ωc la pulsation de coupure. Pour calculer numériquement le signal de sortie, il suffit de multiplier le spectre
du signal numérisé par la fonction de transfert.
− Approche temporelle
Il est cependant plus simple de travailler directement dans le domaine temporel. L’équation différentielle décrivant un filtre passe–
bas étant connue, on approxime la dérivée par un taux de variation à l’aide d’un schéma eulérien (résolution numérique d’équation
différentielle).
ds s e sn+1 − sn sn en
+ = ⇒ + = ⇒ sn+1 = asn + ben ;
dt τ τ Te τ τ
avec sn = s(nTe ), sn+1 = s((n + 1)Te ) et en = e(nTe ) ; a = 1 − Te /τ , b = Te /τ et τ = 1/ωc .
Ainsi à partir de l’échantillon d’entrée {en } on calcul l’échantillon de sorti {sn }.

K Filtrage numérique
Réaliser un filtrage numérique passe–bas d’une acquisition, et mettre en évidence la limitation introduite par l’échantillonnage.

109
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Complément : Détection et analyse de signaux (Hors programme)


I Analyse temps–fréquence
observer chirps observer chirps
Les signaux réels sont rarementdécrire des descripteurs
signaux instantanés
périodiques, ils ont une extension temporelle finiedécrire et peuvent grandement
descripteurs instantanésévoluer dans le
représenter bruits représenter bruits
temps. Ainsi la représentation
décomposer du spectre d’un signal est
vers le “temps-fréquence” parfois insuffisante, dans ce genre de situations
décomposer on s’intéresse à la représentation
vers le “temps-fréquence”
temps–fréquence.
terprétation temps-fréquence interprétation temps-fréquence
Sur les figures ci–dessous on représente le spectre en fonction du temps, l’amplitude des composantes est représentée par une échelle de
couleur.
Signal in time Signal in time
0.05
0.1

Real part
Real part

0 0

-0.1
−0.05

Linear scale RSP, Lh=15, Nf=128, log. scale, Threshold=0.05% Linear scale RSP, Lh=127, Nf=512, log. scale, imagesc, Threshold=0.1%
0.4

0.45
0.35
0.4
0.3
Energy spectral density

0.35

Energy spectral density


Frequency [Hz]

Frequency [Hz]
0.3 0.25

0.25 0.2
0.2
0.15
0.15
0.1
0.1

0.05 0.05

0
20 10 0 50 100 150 200 250 0
Time [s] 14 12 10 8 6 4 2 3600 3650 3700 3750 3800 3850 3900 3950 4000 4050
Time [s]
1 1

Figure 18Patrick Flandrin


– Analyse Éléments d’analyse
temps–fréquence temps-fréquence
d’un chirp. Figure 19 – Patrick temps–fréquence
Analyse Flandrin Éléments d’analyse
d’un chirp temps-fréquence
gravitationnel.
Bancroft

noise energy. The matched filter improves the SNR by reducing the noise’s spectral
II Filtrage adapté bandwidth to that of the wavelet, and in addition, reduces the noise within the wavelet’s
bandwidth by the shape of the wavelet’s spectrum.

The duration of the wavelet can be small, as used in radar or sonar, and it can be much
L’objectif du filtrage adapté (ou matched filtering) est de détecter un signal de forme connue (appelé
larger when used with thetemplate)
vibroseis source withmais fortement
the acquisition of seismic data.bruité.
Other
applications may involve the detection of weak signals from satellite transmissions, or the
Le principe consiste de numérique calculer le coefficient de corrélation croisée C(s, σ)(τ ) du signal bruité s(t) avec le template σ(t).is a
detection of military equipment from visual images. In addition, Kirchhoff migration
form of 2D or 3D matched filtering that estimates the location, size, and shape of
Introduction to matched filters
scattered or diffraction energy.
Z +∞
EXAMPLES
C(s, σ)(τ ) = s(t)σ(t − τ )dt . SNR

2 Example with a short wavelet


−∞
1 The first example is a short wavelet added to noisy traces. In this situation, the signal-
to-noise ratio (SNR) is defined by taking the peak amplitude of the wavelet and dividing
Cette méthode est couramment employée pour détecter une signature radar dans au milieu it by thedu bruit ou
root-mean-squared (RMS)bien
measure ofpour détecter
the noise (standard des ondes
deviation). 1/3

gravitationnelles. Various amplitudes of the wavelet in Figure 2 are added to ten noisy traces and are
illustrated in Figure 3. The SNR of these traces varies from 2.0 at the top to 0.2 at the 2/5
bottom as indicated on the left side of the figure.
Exemple : Considérons une ondelette s(t) de la forme ci–contre associée à un bruit aléatoire
1/3

2/7
n(t). ¼
Le rapport signal sur bruit (SNR) est définit par 2/9

1/5

max s(t)
SNR(s) = p
1
. FIG. 2: Wavelet, only first 100 ms (50 points) used.
FIG. 3: Ten noisy traces and wavelets with a SNR that varies from 2.0 to 0.2.
hn(t)i Figure 20 – Ondelette de
The cross-correlation of the known wavelet in Figure 2 with the traces in Figure 3
produces the corresponding matched-filter traces in Figure 4. Note the improved SNR of
100ms.
the traces, and that even the bottom trace with an initial SNR of 0.2 demonstrates a higher
Dans l’exemple qui suit le SNR évolue de 2.0 à Introduction to matched filters
0.2. probability of detection.

SNR

1/3

½
2 CREWES Research Report — Volume 14 (2002)
2/5

1/3

2/7

2/9

1/5

1 1
FIG. 4: Results of a matched filter from cross-correlating the wavelet in Figure 2 with the noisy
FIG. 3: Ten noisy traces and wavelets with a SNR that varies from 2.0 to 0.2. signals in Figure 3,
Figure 21 – Signal réel s(t) + n(t). Figure 22 – Résultat du filtrage adaptatif

CREWES Research Report — Volume 14 (2002) 3

110
ero-phase wavelet identifies the beginning of the initial wavelet.
The above experiment is repeated with a chirp wavelet shown in Figure 5 and the
noisy signals
PCSI 2019–2020, Lycée in Figure
Lalande, 6. This wavelet
Bourg–en–Bresse is longer and contains higher frequencies than the Alles
Alexandre
le with a longer chirp wavelet
short wavelet. These higher frequencies also define the shape of the matched filter and
aboveExemple
experiment is repeated
un «with a»chirp wavelet shown in associée
Figure à5 un
: Considérons
will allow higherchirp s(t) de
frequencies la forme
of thesuivante
noise to pass and the aléatoire n(t). Un « chirp » est un excellent modèle
asbruit
observed in the matched-filter result
gnals in Figure 6. This wavelet is longer and contains higher frequencies than the
pour représenter les sons émis par les chauves–souris ou encore les ondes gravitationnelles.
in Figure 7.
avelet. These higher frequencies also define the shape of the matched filter and
ow higher frequencies of the noise to pass as observed in the matched-filter result
e 7.

1
FIG. 5: Chirp wavelet.
FIG. 5: Chirp
Figure 23 –wavelet.
Chirp.
Introduction to matched filters

temps-fréquence, de Fourier à Wigner


observer
au-delà de Wigner
décrire
le cas stochastique
représenter
localisation
décomposer
décisions temps-fréquence
1 FIG. 7: Match-filtered result of1the noisy chirps.
exemple VIRGO
FIG. 6: Noisy
Figure 24 traces and
– Signal chirp wavelet.
réel s(t) + n(t). With a larger Figure – Résultat
25 there
energy wavelet, du filtrage
is more energy adaptatif
in the cross-correlation, and better
detection. Note that the input SNRs was the same as in the shorter wavelet example.
chirp de binaire coalescente + reference pour le filtre adapte
2D data
FIG. 6: Noisy traces and chirp wavelet.
The same principles apply to detecting a 2D wavelet in a 2D signal. Such applications
are used to detect potential military equipment in video or optical images. In geophysics,
it can be used to detect seismic diffractions in a process we know as seismic migration.
Note that the matched filter concept tells us that we need to cross-correlate with the same
size and amplitude of the “object” being detected.

Consider the noisy section, the 2D wavelet, and the matched filter result in Figure 8.
observation bruitee,The
SNRnoisy
= −10section
dB in (a) has 100 by 100 samples, and contains one barely detectable
wavelet. The wavelet in (b) has 21 by 21 samples and is much narrower when inserted
into the grid of the noisy section. The cross-correlation in (c) shows a significant
improvement in the matched filter result.

CREWES Research Report — Volume 14 (2002)


enveloppe de la sortie du filtre adapte

CREWES Research Report — Volume 14 (2002) 5

4 CREWES Research
1
Report — Volume 14 (2002)
Patrick
Figure Analyse d’un
26 –Flandrin chirp gravitationnel.
Éléments d’analyse temps-fréquence

Pour détecter un signal de forme connue mais de paramètres inconnues, on réalise un algorithme qui permet de tester un grand
nombre de template (de paramètres différents) sur le signal réel. C’est ainsi que sont à l’heure actuelle traités les signaux provenant
des interféromètres LIGO et VIRGO afin de détecter les ondes gravitationnelles issues de l’effondrement de deux corps massifs l’un sur
l’autre.

111
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Troisième partie

Mécanique

112
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Chapitre 12
Cinématique : description et paramétrage des mouvements
–He was measuring the stars’ radial velocity,
the distance in parsecs and the cartesian coordinates.
–What ? why ?
–To pinpoint the date.
Bibliographie
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 9 Terminator : The Sarah Connor Chronicles
bCours PTSI, B. Mollier −→ Chapitre 10 (saison 2, épisode 11, 2008)

La cinématique est un ensemble d’outils physico–mathématiques visant à décrire le mouvement de différents objets. Bien que cela puisse
sembler simple ou physiquement peu intéressant il existe un certain nombre de subtilités auxquelles il faudra prêter attention : la notion
d’observateur, la relativité du mouvement et les différentes représentations usuelles permettant de repérer un point dans l’espace mais
également savoir passer d’une représentation à l’autre.

I Introduction à la mécanique classique


1.1 Référentiel
b Référentiel
Un référentiel R est défini par la donné d’un point O appelé l’origine et d’autant d’axes fixes par rapport à O que le problème en
nécessite ; le tout lié à un solide.
Tout problème de mécanique commence par le choix d’un référentiel d’étude.
b Référentiels usuels
− Référentiel héliocentrique : référentiel lié au centre du soleil et dont les axes sont dirigées vers trois étoiles suffisamment éloignées
pour être supposées fixes.
− Référentiel géocentrique : référentiel lié au centre de la Terre et en translation par rapport au référentiel héliocentrique.
− Référentiel terrestre : référentiel lié à la Terre, il est attaché au sol et donc en rotation par rapport au référentiel géocentrique.

1.2 Trajectoires
b Trajectoire
La trajectoire d’un point M par rapport au référentiel R est l’ensemble des positions successives occupées par le mobile.
Il est important de garder à l’esprit qu’une trajectoire est définie pour un référentiel donné : dans le référentiel géocentrique la Terre est
en rotation autour d’un axe fixe alors que dans le référentiel héliocentrique elle est en rotation autour d’un axe lui–même en rotation
autour du Soleil.

Le mouvement d’un mobile repéré par ses coordonnées dans un référentiel dépend du choix de ce dernier : c’est la relativité du mouvement.
Par exemple si l’on considère un objet lâché sans vitesse initiale depuis la vigie d’un navire en translation.

Figure 1 – Relativité du mouvement, ©http ://sciences-physiques.ac-dijon.fr

b Choix du référentiel
Dans un problème de mécanique il est fondamental de préciser le référentiel choisi. Ce choix dépendra du problème étudié et en
particulier ses symétries ou bien les quantités que l’on cherche à déterminer.
Remarque : La relativité restreinte se base sur le fait que l’écoulement du temps est également dépendant du référentiel choisi.
1.3 Système
b Point matériel
Un point matériel est un système mécanique dont l’éventuel mouvement de rotation n’influence pas le mouvement de son centre de
gravité. Le point matériel est un système de dimension nulle.
Dans la suite le point matériel sera noté M . Le but de la mécanique est de repérer la position du point M et d’en décrire le mouvement.
Pour repérer une le point M il faut utiliser un système de coordonnées.
b Solide indéformable
On appelle solide indéformable un système matériel Σ dont les distances entre deux points quelconques restent invariables au cours
−→
du temps ∀(A, B) ∈ Σ, ||AB|| = cste.

113
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L’étude du mouvement d’un solide indéformable peut se décomposer entre l’étude du mouvement de son centre de gravité (qui aura la
dynamique d’un point matériel) et du mouvement de rotation du solide autour de son centre de gravité. Il y a donc six coordonnées à
déterminer : 3 pour la position du centre de gravité et 3 pour l’orientation du solide.
1.4 Repérer un point
L’étude du mouvement d’un objet exige un repérage temporel et spatial l’objet à différents instants. Le temps est repéré par une horloge
dont la période défini l’échelle de temps (coordonnée temporelle) auquel il faut adjoindre un système de coordonnées spatiales.
b Mécanique classique
En mécanique classique, le temps s’écoule de la même façon dans tous les référentiels.

b Choix du système de coordonnées spatiales


− Un système ne possédant pas de symétrie particulière sera décrit en général avec des coordonnées cartésiennes.
− Un système possédant une symétrie axiale sera généralement étudié avec des coordonnées cylindriques.
− Un système possédant une symétrie centrale sera généralement étudié avec des coordonnées sphériques.

b Base de l’espace
Dans un espace à trois dimensions, une base est un ensemble de trois vecteurs non coplanaires. Dans une telle base un vecteur possède
une décomposition unique.
− Base normée : une base est dite normée si les vecteurs de la base sont unitaires (i.e. de norme 1).
− Base orthonormée : ne base est dite orthonormée si elle est normée et que ses vecteurs sont orthogonaux deux à deux.

b “Règle" de la main droite


Un trièdre (ou une base) est dit direct si on peut identifier les vecteurs −
→, −
u → − →
1 u2 et u3 au pouce, index et majeur de la main droite. Dans
le cas contraire le trièdre est indirect
Remarque : on orientera les angles dans le sens direct.
b Repère d’espace
Un repère R(O, − →, −
u → − →
1 u2 , u3 ) est composé l’association d’un référentiel et d’une base. Il est constitué d’un point d’origine fixe dans le
référentiel et d’une base vectorielle. En général on choisira une base orthonormée directe.
Remarque : Dans un référentiel donné, on peut définir une infinité de repères.
II Étude d’un système en coordonnées cartésiennes

Coordonnées cartésiennes
Un ballon–sonde indéformable a une vitesse d’ascension verticale v0 indépendante de son altitude. Le vent lui communique un
t
mouvement horizontal de la forme z avec τ un temps caractéristique.
τ

2.1 Vecteur–position

b Base cartésienne de l’espace


Une base cartésienne de l’espace tridimensionnel est une base orthonormée directe fixe
par rapport au référentiel. Le repère cartésien est défini par un point d’origine O et
une base orthonormée directe (− →, −
u → − →
x uy , uz ) de directions constantes dans le référentiel
R.

b Vecteur–position en base cartésienne


−−→
Le vecteur caractérisant la position du point M s’écrit OM = x−
→ + y−
u x
→ + z−
u y
→. Les
u z
composantes (x, y, z) sont appelées coordonnées cartésiennes.

Figure 2 – Repère cartésien

Vecteur–position du ballon–sonde

2.2 Déplacement élémentaire

Soit M et M 0 deux point infiniment proches, on appelle déplacement élémentaire la


quantité
−−→ −−−→ −−→ −−−→
dOM = OM 0 − OM = M M 0 = (x0 − x)−
→ + (y 0 − y)−
u x
→ + (z 0 − z)−
u y
→.
u z

Posons x0 = x + dx ainsi que les analogues pour y et z.


b Déplacement élémentaire
Dans une base cartésienne, le déplacement élémentaire relatif au référentiel R s’écrit
−−→
dOM = dx−
→ + dy −
u x
→ + dz −
u y
→.
u z
Figure 3 – Déplacement élémentaire en
base cartésienne

114
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2.3 Vecteur–vitesse
On appelle vitesse du point relativement au référentiel R le vecteur exprimant le changement de position du point M au cours du temps
par rapport à l’origine O.
b Vitesse
La vitesse du point M dans son mouvement relativement au référentiel R est la dérivée dans le dit référentiel de son vecteur position
−−→ !

→ dOM
v M/R = .
dt
R
−−→ !

→ dOM
On peut également déterminer la vitesse en utilisant l’expression du déplacement infinitésimal v M/R = .
dt
R
−−→
La base cartésienne (−
→, −
u → − →
x uy , uz ) est fixe dans le référentiel R ainsi la dérivée de OM dans ce système de coordonnées est simple.

b Vitesse en coordonnées cartésiennes




v M/R = ẋ−
→ + ẏ −
u → + ż −
u →.
u
x y z

Vecteur–vitesse du ballon–sonde

2.4 Vecteur–accélération
Le vecteur–accélération permet d’évaluer la façon dont varie le vecteur–vitesse relativement au référentiel R.
b Accélération
L’accélération du point M dans son mouvement relativement au référentiel R est la dérivée dans le dit référentiel de son vecteur–vitesse
 −
d→


→ v MR
a M/R = .
dt R


→, u
La base cartésienne (u − →) est fixe dans le référentiel R ainsi la dérivée de −
→, u
− −→
OM dans ce système de coordonnées est simple.
x y z

b Accélération en coordonnées cartésiennes




a M/R = ẍ−
→ + ÿ −
u → + z̈ −
u →.
u
x y z

Vecteur–accélération du ballon–sonde

2.5 Exemple : Mouvement d’un point soumis à une accélération constante


Au voisinage de la Terre on peut supposer le champs gravitationnel uniforme. Ceci engendre donc une accélération constante orientée
vers le bas suivant −
→. Galilée fut le premier à étudier ce type de mouvement au début du xviie siècle. Soit un point matériel M en
u z
mouvement par rapport au référentiel R et soumis à une accélération − →a M/R = −g − →. A l’instant t on lance le mobile depuis l’origine
u z 0

→ −
→ −

O avec une vitesse initiale v0 = v0 cos αux + v0 sin αuz avec α ∈ [0, π/2] et v0 > 0.

1. Déterminez les expression de x(t), y(t) et z(t).


Il faut projeter dans la base cartésienne l’expression de l’accélération puis intégrer deux fois en faisant attention aux constantes
d’intégration.

2. Déterminer l’équation de la trajectoire z(x).


Il faut écrire t(x) puis injecter dans z(t)

3. Déterminer les coordonnées du point quand il retouche le sol situé en z = 0.


Calculer x(z = 0).

4. Pour quelle valeur de α la distance x(z = 0) est–elle maximale ?


Chercher les extrema de x(α).

III Étude d’un système en coordonnées cylindriques

Coordonnées cylindriques
Soit un enfant assimilé à un point M assis sur un manège. Il se trouve à une distance R de l’axe de rotation du manège sur un
cheval de bois qui oscille autour d’une hauteur moyenne h0 avec une pulsation 4ω0 et d’une amplitude h1 . Avec ω0 la vitesse
angulaire du manège.

115
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3.1 Vecteur–position
b Coordonnées cylindriques
Soit un point M à repérer et N son projeté dans le plan généré par (−
→, −
u →
x uy ). Les coordonnées cylindriques (r, θ, z) sont définies telles
que
−−→
− r ∈ [0, +∞[ la norme du vecteur ON .
−−→
− θ ∈ [0, 2π] l’angle (−
→\
u x , ON ).
− z ∈] − ∞, +∞[ identique à son équivalent cartésien.

Remarque importante : On appellera coordonnées polaires, les coordonnées cylindriques en 2D (i.e. sans altitude z).

b Base cylindrique de l’espace


La base locale orthonormée (−
→, −
u → − →
r uθ , uz ) liée au point M est définie par

− −→ tel que −−→


ON = r−→ appartenant au plan généré par (− →, −→
u r u r u x uy ).

→ −
→ −
→ −
→ −

− uθ = uz ∧ ur appartenant au plan généré par (ux , uy ) et orienté dans le sens des θ
croissants.

b Vecteur–position en base cylindrique


Le vecteur caractérisant la position du point M s’écrit
−−→
OM = r−
→ + z−
u r
→ = r(cos θ−
u z
→ + sin θ−
u x
→) + z −
u y
→.
u z

Figure 4 – Repère polaire


On peut donc identifier les composantes cartésiennes et cylindriques telles que

x = r cos θ ; y = r sin θ ;
p
2 2
y x y
r = x + y ; tan θ = ; cos θ = p ; sin θ = p .
x x2 + y 2 x2 + y 2

Vecteur–position sur un manège

3.2 Déplacement élémentaire

Une petite variation le long de −


→ se traduit par une distance infinitésimale dr, une petite
u r
variation le long de −
→ se traduit
u θ par une distance infinitésimale rdθ et enfin une petite


variation le long de uz se traduit par une distance infinitésimale dz.
b Déplacement élémentaire
Dans une base cylindrique, le déplacement élémentaire relatif au référentiel R s’écrit
−−→
dOM = dr−
→ + rdθ−
u r
→ + dz −
u θ
→.
u z

Figure 5 – Déplacement élémentaire en


base cylindrique

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3.3 Vecteur–vitesse
La base cylindrique (− →, −
u → − → −
→ − →
r uθ , uz ) est en rotation dans le plan généré par (ux , uz ). Ainsi la dérivée du vecteur–position du point M n’est
pas trivial et il faut passer par la base cartésienne pour la calculer aisément.
b Vitesse en coordonnées cylindriques
Par le déplacement élémentaire
−−→ !

→ dOM dr−
→ + rdθ−
u r
→ + dz −
u θ

u z
v M/R = =
dt dt
R
dr −
→ + r dθ −
→ + dz −
→ = ṙ−
→ + rθ̇−
→ + ż −
→.
= u r u θ u z u r u θ u z
dt dt dt
Par la dérivée du vecteur–position

d − −
→ −



v M/R = → + z−
(ru →) = ṙ−
u → + r dur + ż −
u → + z duz
u
r z r z
dt dt dt

→ d −
→ −→ −→
= ṙur + r (cos θux + sin θuy ) + ż uz
dt
= ṙ−
→ + rθ̇(− sin θ−
u r
→ + cos θ−
u x
→) + ż −
u y
→ = ṙ−
u z
→ + rθ̇−
u r
→ + ż −
u θ
→.
u z

Dérivée des vecteurs :



→ et u
Plus généralement écrivons la dérivée temporelle des vecteurs u −

r θ

d−

u d −

→ ; duθ = d (− sin θ−
= (cos θ−
→ + sin θ−
→) = θ̇(− sin θ−
→ + cos θ−
→) = θ̇− → + cos θ−
→) = θ̇(− cos θ−
→ − sin θ−
→) = −θ̇−
→.
r
u x u y u x u y u θ u x u y u x u y u r
dt dt dt dt
Remarque : Ce résultat servira au calcul de l’accélération également.

Vecteur–vitesse sur un manège

3.4 Vecteur–accélération
b Accélération en coordonnées cylindriques


→ d − → + rθ̇−
→ + ż −
→) = (r̈ − rθ̇2 )−
→ + (2ṙθ̇ + rθ̈)−
→ + z̈ −
→.
a M/R = (ṙu r u θ u z u r u θ u z
dt

Vecteur–accélération sur un manège

3.5 Exemple : Mouvement circulaire


Lors d’un mouvement circulaire, la trajectoire du point M est un cercle ou un arc de cercle. Le choix naturel est d’utiliser des coordonnées
−−→
cylindriques. Le vecteur position du point M s’écrit OM = r− → avec r = R une constante car la trajectoire est circulaire. En dérivant
u r
une première fois le vecteur–position on peut exprimer le vecteur–vitesse du mobile M par rapport au référentiel R.
b Vecteur–vitesse



v M/R = ṙ−
→ + rθ̇−
u → =⇒ ω = dθ = θ̇ .
→ = Rθ̇−
u u
r θ θ
dt
Remarque : La vitesse angulaire ω et la vitesse linéaire v sont reliées par v = Rω. On peut le vérifier grâce à l’analyse dimensionnelle.

En dérivant à nouveau on peut obtenir le vecteur–accélération du mobile M par rapport au référentiel R.


b Vecteur–accélération
2


a M/R = (r̈ − rθ̇2 )−
→ + (2ṙθ̇ + rθ̈)−
u → = −Rθ̇2 −
u → = −v −
→ + Rθ̈−
u u → + dv −
u →.
u
r θ r θ r θ
R dt

b Mouvement circulaire
− La vitesse d’un point M en mouvement circulaire autour d’un axe s’écrit − →
v = Rω −
→.
u θ
− L’accélération d’un mouvement circulaire n’est jamais nulle (même dans le cas uniforme ω = cste. La composante radiale de
l’accélération est toujours non nulle et orienté vers le centre de la trajectoire.

b Mouvement circulaire uniforme


Le mouvement circulaire est dit uniforme si la vitesse angulaire est constante θ̈ = 0. Ainsi le vecteur–vitesse est −

a M/R = −Rθ̇2 −
→.
u r

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3.6 Interprétations physiques du vecteur–accélération


Soit un point M parcourant une trajectoire quelconque dans un référentiel R, son vecteur–position −

r (t), vecteur–vitesse −

v (t) et


vecteur–accélération a (t).

→ −

Le vecteur–vitesse est tangent à la trajectoire, ainsi − →v = v T avec T le vecteur tangent unitaire à la trajectoire aussi connu sous le


nom − →. De même le vecteur normale à la trajectoire N est définie comme le vecteur unitaire normale à la trajectoire et pointant vers
u θ
le centre de la trajectoire, il s’identifie à −−
→. L’accélération s’écrit
u r


→ d−
→v v2 −
→ dv −

a = =− N + T .
dt R dt
Ainsi le mouvement circulaire est uniforme si et seulement si l’accélération tangentielle est nulle.

La trajectoire tourne sa concavité dans la direction de la composante normale de l’accélération. On


peut définir le rayon de courbure par le rayon du cercle tangent à la trajectoire en M
2
v
R = −→ ;


→aN
Si la composante normale de l’accélération est nulle alors le rayon de courbure est infini : le mouvement
est rectiligne.

IV Étude d’un système en coordonnées sphériques


Coordonnées sphériques
Soit un véhicule aérien en mouvement à l’altitude h, latitude π/4 et en mouvement de vitesse v0 longitudinalement autour de la
Terre supposée sphérique.

4.1 Vecteur–position
b Coordonnées sphériques
Soit un point M à repérer et N son projeté dans le plan généré par (−
→, −
u →
x uy ). Les coordonnées sphérique (r, θ, φ) sont définies par
−−→
− r ∈ [0, +∞[ la norme du vecteur OM .
−−→
− θ ∈ [0, π] la colatitude (−
→ −

\
u z , OM ) orienté par uθ .
−−→
− φ ∈]0, 2π[ la longitude (−→ −

\
u x , ON ) orienté par uφ .

b Base sphérique de l’espace


La base locale orthonormée (−→, −
u → − →
r uθ , uφ ) liée au point M est définie par

− −→ tel que −
u
−→
OM = r−u→.
r r

→ −−→
uz ∧ ON
− −u→φ = −−→ appartenant au plan généré par (− →, −
u →
x uy ) et orienté dans le sens des
||ON ||
φ croissants.
− −→=−
u θ u→ −
→ −
→ − →
φ ∧ ur appartenant au plan généré par (ur , uz ) et orienté dans le sens des θ
croissants.

b Vecteur–position en base sphérique


Le vecteur caractérisant la position du point M s’écrit
−−→
Figure 6 – Repère sphérique OM = r−
→ = r sin θ cos φ−
u r
→ + r sin θ sin φ−
u x
→ + r cos θ−
u y
→.
u z

On peut donc identifier les composantes cartésiennes et sphériques telles que

x = r sin θ cos φ ; y = r sin θ sin φ ; z = r cos θ ;


p
p y x2 + y 2
r = x2 + y 2 + z 2 ; tan φ = ; tan θ = .
x z
4.2 Déplacement élémentaire

Une petite variation le long de −


→ se traduit par une distance infinitésimale dr, une petite
u r
variation le long de −
u→ se traduit
θ par une distance infinitésimale rdθ et enfin une petite
variation le long de −
u→φ se traduit par une distance infinitésimale r sin θdφ.

b Déplacement élémentaire
Dans une base sphérique, le déplacement élémentaire relatif au référentiel R s’écrit
−−→
dOM = dr−
→ + rdθ−
u r
→ + r sin(θ)dφ−
u θ u→
φ .

Figure 7 – Déplacement élémentaire en


base sphérique

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4.3 Vecteur–vitesse
La base sphérique (−→, −
u → − →
r uθ , uφ ) est en rotation autour de deux axes, ce qui en fait le système le plus délicat à manipuler. De même il
faudra passer par la base cartésienne.
b Vitesse en coordonnées sphériques
Par le déplacement élémentaire
−−→ !

→ dOM dr−
→ + rdθ−
u r
→ + r sin θdφ−
u θ u→
φ
v M/R = =
dt dt
R
dr −
→ + r dθ −
→ + r sin θ dφ −
= u r u θ u→ −
→ −
→ −

φ = ṙ ur + r θ̇ uθ + r sin θ φ̇uφ .
dt dt dt
Par la dérivée du vecteur–position

d − −



v M/R = →) = ṙ−
(ru → + r dur = ṙ−
u → + r d (sin θ cos φ−
u → + sin θ sin φ−
u u→ + cos θ−
u→)
r r r x y z
dt dt dt
= ṙur + rθ̇(cos θ cos φux + cos θ sin φuy − sin θuz ) + rφ̇(− sin θ sin φux + sin θ cos φ−

→ −
→ −
→ −
→ −
→ →)
u y

= ṙ−
→ + rθ̇−
ur
→ + rφ̇ sin θ−
uθ u→ .
φ

4.4 Vecteur–accélération
La base sphérique (−
→, −
u → − →
r uθ , uφ ) est en rotation autour de deux axes, ce qui en fait le système le plus délicat à manipuler. De même il faudra
passer par la base cartésienne. Ce calcul est très complexe dans le cas général, si il s’avère nécessaire ce sera dans un cas particulier et
on le calculera depuis l’expression du vecteur position.

V Solide indéformable

Mi , mi , dVi

b Descricption
Un solide peut être décrit comme un ensemble de points matériels Mi , chacun associé à un petit
volume dVi et une petite masse dmi . Il sera dit indéformable si tous ses points restent à une distance ×
fixe les uns des autres au cours du temps.

5.1 Solide indéformable en translation


Un solide est en translation si à tout instant la position du solide peut se déduire d’une position différente par translation. Soit A0 et
B0 deux points du solide à l’instant initial t = 0 ; A et B les mêmes points du solide à l’instant t. Le solide est en translation si il existe

→ −−→ −−→
le vecteur T = A0 A = B0 B.
b Solide en translation
−−−→
Un solide indéformable est en translation si tout vecteur (ou segment) A0 B0 lié au solide évolue parallèlement à lui–même au cours
du temps.

b Champ de vitesse d’un solide en translation


Tous les points d’un solide en translation possèdent la même vitesse. Cette vitesse peut dépendre du temps.

b Différentes translations
− Si les points du solide décrivent une droite lors du mouvement, on parle de translation rectiligne.
− Si les points du solide décrivent des cercles, on parle de translation circulaire.

Figure 8 – Solide en translation rectiligne


Figure 9 – Solide en translation circulaire

119
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5.2 Solide indéformable en rotation autour d’un axe


Un solide est en rotation autour d’un axe ∆ si sa position à tout instant se déduit de sa position initiale par une rotation autour de
l’axe ∆. Soit deux points A et B ainsi que leurs projections sur l’axe de rotation H et Q. Lors d’une rotation les points A et B ont un
mouvement de rotation circulaire de rayon AH et BQ.
b Solide en rotation
Un solide indéformable est en rotation autour d’un axe ∆ si tous les points du solide ont un mouvement circulaire autour de l’axe ∆
dans un plan perpendiculaire à ∆.


Tous les points du solide possède la même vitesse angulaire Ω = ω − u→ −

∆ = ω uz . Ainsi un point M situé à une distance R de l’axe de
rotation (et ayant pour projection le point H) aura une vitesse angulaire v = Rω −

→ →=−
u
→ −−→
Ω ∧ HM .
θ

b Solide en rotation autour d’un axe


Pour un solide indéformable Σ en rotation autour d’un axe ∆ :
− l’axe de rotation ∆ est l’ensemble des points dont la vitesse est nulle ;


− le vecteur rotation instantanée Ω est colinéaire à l’axe de rotation et sa projection sur l’axe représente la vitesse angulaire du solide
autour de ∆.

Figure 11 – Solide en rotation


Figure 10 – Solide en rotation

120
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VI Changement de référentiel non galiléen (Hors programme)




ey −
e→
y0 M
R0 ×
R


e→
x0

O0


e→
z0

O −

ex



ez

Soit un référentiel R0 en mouvement par rapport à un référentiel R galiléen. Soit un point M repéré par le vecteur position
−−→ −−→0 −−0−→ −−→0
OM = OO + O M = OO + (x−
e→ −→ −

x0 + y ey 0 + z ez 0 ) .

Le vecteur vitesse s’écrit −−→


d−
e→
 −
dOO0 de→ d−
e→0


v−−→ + (ẋ−
e→ −→ −
→ x0 y0
+z z
M/R = x0 + ẏ ey 0 + ż ez 0 ) + x +y .
dt dt dt dt
Or on a montré précédemment que la dérivée d’un vecteur − e→ −

x0 en rotation autour d’un axe ez 0 à la vitesse Ω s’écrit

d−
e→ → − → −
x0
= Ω−
e→ −
→ − →
y 0 = Ωez 0 ∧ ex0 = Ω ∧ ex0 .
dt


On généralise ce résultat à une rotation quelconque de vecteur–vitesse de rotation Ω . Ainsi le vecteur vitesse précédent devient

− → −−0−→

v−−→ − → −

M/R = v O 0 /R + v M/R0 + Ω ∧ O M .

De même le vecteur–accélération devient



→ !

→ −
→ → d Ω −−0−→ − → − −
→ −→ −−0−→
a M/R = −

a O0 /R + −→
a M/R0 + Ω ∧ − →
 
v M/R0 + ∧ O M + Ω ∧ v M/R0 + Ω ∧ Ω ∧ O M
dt



→ → −
→ − → −−−→ d Ω −−0−→
=−

a O0 /R + −→
a M/R0 + 2 Ω ∧ −

v M/R0 + Ω ∧ Ω ∧ O0 M + ∧O M .
dt

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blank
Formulaire – Chapitre 12 : Produit scalaire et vectoriel


u y

b Produit scalaire −

b

→ −
→ by
Soit deux vecteurs −→a et b de norme respective a et b et tels que (−

\
a , b ) = θ. Le


produit scalaire de −

a par b s’écrit


→ −

a . b = ab cos(θ) .
On peut prendre une base orthonormée (− →, −→ −
→ −→ − → −→ −

u x uy ) telle que a = aux et b = bx ux +by uy =

→ −
→ −

b cos θux + b sin θuy . Ainsi la composante b cos θ correspond à la projection du vecteur b θ


sur l’axe ux . −


→ u x
bx a

Figure 12 – Produit scalaire

b Produit vectoriel
Le produit vectoriel de −→u par − →
v noté − →
u ∧−

v est une opération conduisant au vecteur


w tel que
− −→
w ⊥− →
u et −→v
− orienté tel quel (−

u,− →v ,−→
w ) forme une base directe.
− de norme || w || = || u || × ||−

→ −
→ →
v || × | sin(−

u,−
\ →
v )|.

Remarque : Figure 13 – Produit vectoriel


− Le produit vectoriel est
− distributif −

u ∧ (−

v +− →w) = −

u ∧−

v +−

u ∧−

w.
− anticommutatif −
→u ∧− →
v = −− →
v ∧−→u.

→ −

− Si u = α v alors le produit vectoriel est nul.
− La norme du produit vectoriel est égale à l’air du parallélogramme défini par −

u et −

v.

Figure 14 – Produit vectoriel et parallélogramme

− Le produit vectoriel de deux vecteur permet d’obtenir une base directe.

Fiche méthode : Calcul d’un produit vectoriel


! !
ux vx
Soit deux vecteurs −

u uy et −

v vy le produit vectoriel sera un vecteur −

w orthogonal à −

u et −

v et de coordonnées
uz vz

uy vz − uz vy
! ! !
ux vx


w = uy ∧ vy = −ux vz + uz vx .
uz vz ux vy − uy vx

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blank
Formulaire – Chapitre 12 : Bases de l’espace
Repère cartésien

Figure 16 – Déplacement élémentaire en base cartésienne


Figure 15 – Repère cartésien
Repère cylindrique

Figure 17 – Repère polaire Figure 18 – Déplacement élémentaire en base cylindrique


Repère sphérique

Figure 19 – Repère sphérique


Figure 20 – Déplacement élémentaire en base sphérique

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Chapitre 13
Dynamique : les postulats de la mécanique classique
Traveling through both space and time
Out of control
Bibliographie
My wheels in constant motion
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 10
bCours PTSI, B. Mollier −→ Chapitre 11 Constant Motion – Dream Theater

La dynamique permet de relier les causes du mouvement et leurs conséquences. Ce chapitre vise à développer les premières lois de la
mécanique dites lois de Newton. Elles vont nous permettre d’étudier bon nombre de situations de mécanique. Ces lois sont des principes
(on parle parfois de postulats) et ne sont pas “démontrables", elles sont issues de l’observation de divers phénomènes et sont en quelque
sorte une “mathématisation ad hoc" de la réalité afin de développer des outils d’analyse nous permettant d’appréhender la réalité. Nous
nous limiterons à l’étude de la mécanique classique : la mécanique des objets à l’échelle (i.e. la mécanique quantique) et la mécanique des
objets à grande vitesse (i.e. la relativité restreinte, et d’autant plus la générale) seront laissées de coté de part leur difficulté conceptuelle
et le besoin de maitriser les bases classiques.

I Lois de Newton
1.1 Première loi de Newton : principe d’inertie
1.1.1 Énoncé du principe d’inertie
b Principe d’inertie ou première loi de Newton
Dans un référentiel dit galiléen ou inertiel, un point matériel ne subissant aucune interaction persiste dans son état initial (repos ou
translation rectiligne uniforme).

Remarque : Ce principe formulé par Newton est lié à deux notions importantes : le référentiel galiléen et les forces.
b Reformulation du principe d’inertie
Un point matériel est en mouvement non rectiligne uniforme si et seulement si il subit une interaction (i.e. est soumis à une force).

Remarque importante : Cette formulation permet de définir une force !


Le principe d’inertie sous–entend qu’un point matériel s’oppose naturellement à une modification de son mouvement : il faut agir sur lui
pour le perturber, c’est l’inertie. Intuitivement on peut affirmer que plus un corps est massif plus il s’oppose à sa mise en mouvement.
b Masse inertielle d’un corps
Tout point matériel M est caractérisé par sa masse inerte m, grandeur invariante strictement positive et constante. De l’existence de
la masse résulte l’inertie du corps.
Remarques :
− Plus la masse est grande, plus il est difficile de modifier la vitesse de l’objet.
− En mécanique classique : la masse ne dépend pas du référentiel et la masse d’un système fermé est constante dans le temps.
− La masse est une grandeur extensive (i.e. la masse est additive).
− Un objet sans masse ne peut a priori pas voir sa vitesse changer, c’est le cas du photon.
1.1.2 Référentiel galiléen
Le principe d’inertie repose sur la notion de référentiel galiléen dans lequel un objet ne subissant aucune interaction doit conserver son
état initial.
b Système isolé ou pseudo–isolé
− On appelle système isolé, un système ne subissant aucune force/interaction.
− On appelle système pseudo–isolé, un système dont les forces/interactions qu’il subit se compensent.

b Référentiel galiléen
Un référentiel est dit galiléen si un corps ne subissant aucun interaction conserve son état initial (par abus de langage on dit parfois “si
il respecte le principe d’inertie"). Tous les référentiels galiléens sont en translation rectiligne uniforme les uns par rapport aux autres.

Remarque importante : Un référentiel est supposé galiléen si sur une échelle de temps donnée (l’expérience typiquement), un système
isolé ou pseudo–isolé conserve son état initial. Le référentiel terrestre peut être supposé galiléen lorsque l’on étudie un pendule mais pas
pour le pendule de Foucault ou un tir balistique intercontinental.
Remarque importante : Stricto sensu il n’existe pas de référentiel galiléen car cela constituerait un référentiel privilégié/absolu ce qui
est contraire aux principes fondamentaux de la cosmologie. Le fond diffus cosmologique (CMB) constitueraient un candidat pertinent
de référentiel galiléen.
1.2 Second loi de Newton : principe fondamental de la dynamique
1.2.1 Quantité de mouvement
b Quantité de mouvement
Soit un point matériel M de masse m et de vitesse −

v M/R par rapport au référentiel R. Ce point matériel possède une quantité de
mouvement


p M/R = m−→v M/R

qui s’exprime en kg m s−1 .

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Remarque : La même quantité peut être défini pour un système composé de points matériels ou un solide.

Écrire la quantité de mouvement de deux points matériels

−−−→ ! −−−→ !

→ −
→ dOM1 dOM2
p = p1 + −

p2 = m1 −

v1 + m2 −

v2 = m1 + m2
dt dt
R R
  −→ !
d −−−→ −−−→ dmtot OI
= (m1 OM1 + m2 OM2 ) = = mtot −

v I/R = −

p I/R
dt R dt
R

La quantité de mouvement d’un système de points matériels correspond à la quantité de mouvement de son centre d’inertie associé
à la masse totale du système.

b Centre d’inertie ou centre de masse


Le centre d’inertie I d’un système de 2 points matériels de masse m1 et m2 est le barycentre des points Mi pondérés par leurs masses
mi défini par
−−−→ −−−→
−−−→ −−−→ −→ −→ m1 OM1 + m2 OM2 −−→ −−→ − →
m1 OM1 + m2 OM2 = (m1 + m2 )OI =⇒ OI = ; m1 IM1 + m2 IM2 = 0
m1 + m2
P −−→
−→ mi OMi X −−→ − →
On peut généralisé à N points matériels par OI = i
; IMi = 0 .
mtot
t i t
−→ ρ(−
→r )−

r dτ ρ(−

r )−

r dτ
Ou encore pour un solide indéformable Σ par OI = tΣ

→ = Σ
.
ρ( r )dτ
Σ
m tot

1.2.2 Deuxième loi de Newton : principe fondamental de la dynamique


b Deuxième loi de Newton : principe fondamental de la dynamique
Dans un référentiel galiléen Rg , la dérivée temporelle de la quantité de mouvement d’un point matériel M de masse m est égale à la


résultante F tot,M des forces extérieurs qu’il subit
 −
d→
p M/Rg
 X−
→ −

= F ext,M = F tot,M
dt Rg

Cas particuliers :
 −
d→
 −
p M/Rg d→
v M/Rg
 


− Si le système possède une masse constante alors =m = m−→
a M/Rg = F tot,M .
dt Rg dt Rg
 −
d→
p M/Rg


→ −−→
− Si la résultante des forces est nulle alors = 0 ⇐⇒ −→p M/Rg = cste. La deuxième loi de Newton contient le principe
dt Rg
d’inertie.

Système de points
Écrire le PFD pour un système de deux points matériels de masse constante...
 −  −−−→ 
d→
 −
d→ dpI/Rg
  X−
p1 p2 → X−
→ X−
→ −
→ −

+ = = F ext,M1 + F ext,M2 = F ext,M1 +M2 + F 1→2 + F 2→1 .
dt Rg dt Rg dt Rg


→ −

Avec F ext,M 1+M 2 les forces extérieurs à l’ensemble M1 + M2 . Or M1 agit sur M2 et inversement, il apparait donc F 1→2 et


F 2→1 forces intérieures au système dans le bilan des forces... c’est là qu’arrive la troisième loi de Newton.

1.3 Troisième loi de Newton : principe des actions réciproques


b Troisième loi de Newton : principe des actions réciproques

→ −
→ −

Soit deux points matériel M1 et M2 . Si M1 exerce une force F 1→2 sur M1 alors le point M2 exerce une force F 2→1 = − F 1→2 sur
M1 de même direction, sens opposé, même norme et même droite d’action.

Système de points
Poursuivons avec le PFD d’un système de deux points matériels
X−
→ X−
→ X−
→ −
→ −

F ext,M1 + F ext,M2 = F ext,M1 +M2 + F 1→2 + F 2→2 ;

donc le PFD devient  −−−→ 


dpI/Rg X−

= mtot −
a−−→
I/Rg = F ext,M1 +M2 .
dt Rg

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1.4 Principe Fondamental de la Dynamique


b Principe Fondamental de la Dynamique
L’ensemble des trois lois de Newton nous permet d’écrire un Principe Fondamental de la Dynamique simple sous la forme
 −
d→
p M/Rg
 X−

pour un point matériel M = F ext,M ;
dt Rg
 −
d→p I/Rg
 X−

pour un système Σ de points matériels = F ext,Σ ;
dt Rg
 −
d→p I/Rg
 X−

pour un solide indéformable = F ext,Σ .
dt Rg

II Forces en mécanique
2.1 Notion de force
Bien que dans un référentiel galiléen, une balle lancée n’est pas en mouvement rectiligne uniforme. Ceci signifie qu’elle ne constitue pas
un système isolé, elle doit subir une action mécanique extérieure.
b Notion de Force
Une action mécanique subie par un point matériel est susceptible d’en modifier le mouvement. Une action mécanique extérieure est
appelée force.
Remarque : Une action mécanique peut aussi prendre la forme d’un « couple », ce que nous verrons plus tard : ici concentrons–nous sur
les forces.
b Modéliser une force


Une force se modélise à l’aide d’un vecteur noté F dont
− la norme représente l’intensité de la force en Newton (1 N = 1 kg m s−2 ),
− la direction représente la direction de la force,
− le sens représente le sens de la force,
− l’origine est le point d’application de la force.
Décrire une force consiste à énonces ces quatre caractéristiques.
Les forces possèdes donc les propriétés des vecteurs, et plus particulièrement leur caractère additif. Un système ponctuel soumis à

→ X−

plusieurs forces peut se résumer en un système ponctuel soumis à une force appelé résultante des forces telle que F résultante = F i.
i

b Classification des forces


Forces de contact ou à distance
− Force de contact : le système extérieur exerce une force sur le point matériel en étant en contact avec lui. Par exemple le frottement
solide, réaction du support, tension d’un fil, force de rappel d’un ressort...
− Force à distance : le système extérieur exerce une force sur le point matériel sans être en contact avec lui. Par exemple la gravitation,
force électromagnétique...
Forces localisées ou réparties
− Force localisée : une force est dite localisée si elle ne s’exerce qu’en un point du système. Par exemple la tension d’un fil, contact
ponctuel...
− Force répartie : une force est dite répartie si elle s’exerce sur l’ensemble (ou du moins une sous partie non ponctuelle) du système.
Par exemple le frottement de l’air, gravitation...

2.2 Forces usuelles : Forces newtoniennes


2.2.1 Gravitation universelle
− VIIème, Brumaghupta : la Terre est ronde et tous les corps chutent vers son centre.
− XVIème, Kepler : lois de Kepler, en particulier la loi des aires stipule que R3 /T 2 (pour une trajectoire circulaire) est une constante.
− XVIIème, Galilée : tout corps est en chute libre à une même vitesse, indépendamment de sa masse.
− XVIIème, Newton : lois de Newton.
Construisons une force gravitationnelle à l’aide de ces observations historiques.
− Les objets chutent à une vitesse indépendante de leur masse, ainsi à l’aide de la deuxième loi de Newton on peut affirmer que F ∝ m1
la masse de l’objet étudié.
− D’après la troisième loi de Newton, on peut affirmer que cette force est également subie par l’objet "attracteur" donc F ∝ m1 m2 .
− D’après la deuxième loi de Kepler on sait que R3 /T 2 = cste. De plus, en ordre de grandeur on peut affirmer que a = v/T = R/T 2
donc R2 a = cste. D’après la deuxième loi de Newton on peut donc affirmer que F ∝ 1/R2 .
− D’après les observations de Brahmagupta, on affirme que la force est radiale et orientée vers l’objet "attracteur" donc

→ m1 m2 −
→.
F ∝− u r
r2
− En l’absence de toute autre dépendance observée, on introduit G le coefficient de proportionnalité appelé constante de la gravitation
universelle

→ m1 m2 −→.
F = −G u r
r2

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b Gravitation universelle
Soit deux points M1 et M2 de masse m1 et m2 . Le point M1 subit de la part du point M2 une force d’expression

→ m1 m2 −−−−→
F 1←2 = G −−−−→ M1 M2
||M1 M2 ||3

avec G = 6.67 × 10−11 N m2 kg−2 la constante de gravitation universelle.

−−−→ ×
Remarque : Force à distance toujours attractive, de direction M1 M2 , F1←2 M2
s’appliquant au centre de gravité des objets, proportionnelle aux × −−−→
F2←1
masse et inversement proportionnelle au carré de la distance séparant M1
les deux points matériels (dite en 1/r2 ).
Figure 1 – Attraction gravitationnelle entre deux corps

Attraction dans le système solaire


On donne G = 6.673 × 10−11 unités S.I., M ≈ 2 × 1030 kg, MT ≈ 6 × 1024 kg, ML = 7 × 1022 kg, dS,T ≈ 150 × 106 km,
dT,L ≈ 380 × 103 km.
FST = 3.56 × 1022 N, FSL = 4 × 1020 N, FT L = 3.56 × 1020 N, interprétation compliquée, système à trois corps...

b Poids


Au voisinage de la surface de la Terre, un point matériel M de masse m subi une force de pesanteur appelée poids P = m− →
g avec − →g
−2
le champ de pesanteur terrestre de norme g = 9.81 m s .
Le poids d’un objet s’identifie à l’attraction gravitationnelle entre la Terre et l’objet si l’on suppose le référentiel terrestre galiléen.

Remarque : Force à distance toujours attractive, de direction verticale si on suppose le référentiel terrestre galiléen, orientée vers
le bas et proportionnelle à la masse de l’objet.

Retrouver l’expression du poids grâce à l’expression de la force de gravitation.


GMT
Données : RT ∼ 6300 km, mT ∼ 6 × 1024 kg. On a P = m alors g ≈ 10 m s−2 .
RT2

b Centre de gravité
Point d’application de la résultante des forces gravitationnelles sur un système, il est souvent confondu avec le centre d’inertie mais
ce n’est pas une vérité générale.

Barycentre du système Terre–Soleil


En supposant la Terre et le Soleil comme des points matériel, déterminer la position du barycentre de ce système.

→ MT
Prenons O au centre du soleil. |SI| = dS,T ≈ 450.103 m  RS ≈ 700.106 m.
MS + MT

b Masse grave ... masse inertielle ?


Qui nous dit que le facteur numérique présent dans l’expression du poids et que nous appelons masse est identique à la masse inertielle ?
Cette masse est appelée masse grave et on supposera qu’elle est égale à la masse inertielle. C’est un postulat de la mécanique.

Remarque : Ne pas confondre poids et masse par abus de langage !


2.2.2 Force électrostatique
b Force électrostatique
Soit deux points M1 et M2 de charge électrique q1 et q2 . Le point M1 subit de la part du point M2 une force d’expression

→ 1 q1 q2 −−−−→
F 1←2 = − −−−→ M1 M2
4π0 ||−
M1 M2 ||3

avec 0 = 8, 85.10−12 F.m−1 la permittivité diélectrique.

Remarque : Force à distance attractive (si charges de signe opposé) ou répulsive (si charges de même signe), de direction M1 M2 ,
s’appliquant au barycentre de charge des objets, proportionnelle aux charges et inversement proportionnelle au carré de la distance
séparant les deux points matériels (dite en 1/r2 ).
Remarque : Cette force est analogue à l’attraction gravitationnel mais pour des charges électriques.

Force électrostatique
Comparer l’attraction gravitationnelle et électrostatique entre un noyau H+ et son électron.
On donne 0 ≈ 8.8 × 10−12 S.I., mH ≈ 1.6 × 10−27 kg, me− ≈ 9.1 × 10−31 kg, dH,e− ≈ 0.5 × 10−10 m et e = 1.6 × 10−19 C.

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2.3 Forces usuelles : système de fixation


2.3.1 Rappel élastique
b Force de rappel élastique
Soit un ressort (ou un élastique) de longueur au repos l0 . Dans le cas des faibles déformations, la force de rappel s’exprime


F rappel = −k(l − l0 )−

u

avec k la raideur du ressort (ou de l’élastique) en N m−1 , l − l0 l’élongation du ressort (ou de l’élastique) et −

u le vecteur unitaire
porté par l’axe du ressort (ou de l’élastique).

Remarque : C’est une force de contact s’appliquant au point d’attache du ressort. Cette force est dite de rappel car elle s’oppose au
mouvement du point matériel.
Remarque : L’expression de cette force est valable pour les faibles déformations, au delà on peut modifier de façon permanente la forme
du ressort (déformation inélastique).

→ −

F F
O• • O• •
M M

Figure 2 – Ressort en extension : l > l0 Figure 3 – Ressort en compression : l < l0

TD15 – App1

2.3.2 Tension d’un fil


b Tension d’un fil
Un fil accroché à un objet exercera une force sur ce dernier dont on ne peut établir une expression générale.

Remarque importante : C’est une force de contact s’appliquant au point d’attache du fil, de direction le fil, orienté de l’objet vers le fil
et de norme à déterminer au cas par cas...

Exemple du pendule simple



Soit un pendule simple placé dans le référentiel terrestre supposé galiléen. Un bilan
des forces puis l’écriture du principe fondamental de la dynamique conduisent à
θ l’équation (1). On projette ensuite suivant les direction −→ et −
u r
→ afin d’essayer de
u θ


s’affranchir de la tension T .
l

→ − →

→ m−→a =P +T
T
mar = P cos(θ) − T ; maθ = −P sin(θ)

M• L’accélération tangentielle a pour expression aθ = lθ̈. Ainsi l’équation projeté suivant
l’axe −
→ devient, dans l’approximation des petits angles,
u θ


Oz P Or g
mlθ̈ + mg sin(θ) = 0 =⇒ θ̈ + θ=0
l
Figure 4 – Schéma du pendule simple

2.4 Forces usuelles : effets d’un fluide


2.4.1 Poussé d’Archimède
N* Archimède de Syracuse 287 av. J.C.–212 av. J.C. : physicien, mathématicien, ingénieur grec (de Sicile)

b Poussée d’Archimède
Soit un système immergé dans un fluide au repos. La résultante des forces de pression s’appliquant au système est égale au poids de
fluide déplacé et orientée vers le haut. Cette force s’appliqué en un point appelé le centre de poussé.

Remarque : C’est une force de contact répartie que l’on peut modéliser par une force localisé au centre de poussée.
Remarque : Si le système est immergé dans plusieurs fluides il faut prendre en compte tous les fluides !

Poussée d’Archimède
Combien de ballons remplis d’hélium faut–il pour soulever une masse de 10kg ? On négligera le poids les ballons d’hélium devant
celui de la masse.
Données : ρHe = 0, 18g.L−1 , ρair = 1, 22g.L−1 , Vballon = 2, 7L... V ≈ 8200L.

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2.4.2 Forces de frottement fluide


b Frottement fluide


Un système en mouvement à la vitesse −

v dans un fluide subira une force de frottement fluide f .


− Pour le faibles vitesse f = −α−
→v.


− Pour les fortes vitesse f = −α v →
0 −
v.
avec α et α0 coefficients de frottements dépendants du fluide, de la forme du solide, du régime de vitesse...

Remarque : C’est une force de contact (répartie si on considère un solide) de direction la vitesse de l’objet, orienté de façon opposée à
la vitesse et dont la norme augmente avec la vitesse.

0 1.00 sans frottement


0.75 frottement v
200 0.50
0.25
400

theta
0.00
0.25
600
0.50

800 libre 0.75


frottement 1.00
0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000 40000 0 5 10 15 20 25
t

TD15 – Ex4

Tir ballistique avec frottement


Soit un point matériel M de masse m lancé à l’instant t = 0 depuis l’origine du repère avec une vitesse initiale −

v = v0,x −

ex + v0,z −

ez

→ −

et subissant un force de frottements linéaire due à l’air f = −α v .
1. Déterminer les équations du mouvement.

− On prend le référentiel terrestre supposé galiléen, le système un un point matériel M de masse m, système de coordonnées
cartésiennes.


− Bilan des actions mécanique : le point est soumis à son propre poids P = m−→
g.
 −→
d p M/Rg


→ −
→ −
→ −

− PFD : = m a M/Rg = m g et au frottement de l’air f = −α v .
dt Rg
− Projection suivant les axes du système de coordonnées
 α
ẍ = − ẋ
m
 z̈ = −g − α ż
m

Tir ballistique avec frottement (suite)


− Les équations précédentes sont indépendantes, leur résolution conduit à
  α 
ẋ = v0,x exp − t

m
 ż = v0,z + gm exp − α t − gm
   

α m α

− Intégrer permet d’obtenir les positions


v0,x m  v0,x m  α 
 
 x = x0 +
 − exp − t
 α α   m
 z = z0 + v0,z + gm m − v0,z + gm m exp − α t − gm t
   

α α α α m α

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mg
Remarque : Les frottement entraine ici l’existence d’une vitesse limite, ż −→ − . Le mouvement tend vers un mouvement rectiligne
t→+∞α
uniforme, le système sera pseudo–isolé lorsque les frottements de l’air compenseront précisément le poids du point.
Remarque : Pour les temps cours (t  τ ) on trouve ż ∼ −gt. On retrouve la chute libre pour les faibles vitesses.

Chute libre avec frottement, régime des fortes vitesses




Même exercice que précédemment en prenant en compte les frottements de l’air f = −α0 v − →
v.
− Même référentiel, même système.

→ −

− Bilan des actions mécanique : poids du point matériel P = m− →g et frottement fluide f = −α0 v −

v.
d−→
v
− PFD : m− → = m− →
g − α v−→
M/R 0
v.
g
a M/Rg = m
dt
Astuce : estimer qualitativement l’effet de telle ou telle force. Le poids accélère le point matériel alors que les frottements de
l’air le ralentissent.
− Après projection sur la base de l’espace on obtient

 ẍ = 0

ÿ = 0
mz̈ = mg − α0 ż 2

Le problème est identique au précédents sur les axes x et y. Suivant l’axe z le problème est dit non–linéaire, de nombreux
problèmes physiques sont non–linéaires et par nature difficile (voire impossible) à traiter analytiquement. L’outil numérique
nous permet d’étudier approximativement ces problèmes.
r
mg
− Vitesse limite : la vitesse limite est atteinte lorsque l’accélération devient nulle et donc 0 = mg − α0 żl2 i.e. żl = .
α0

Soit un point matériel M de masse m initialement lancée avec une vitesse − →v0 depuis l’origine. L’étude est réalisée dans le référentiel
terrestre supposé galiéen, le système de coordonnées cartésien est choisi. Après bilan des forces on obtient le PFD

α0 p 2

dẋ
=− ẋ + ż 2 ẋ



m−a M/Rg = m−
→ →g − α0 v −

v =⇒ dt m
0p
 dż = −g − α ẋ2 + ż 2 ż


dt m
Une étude numérique en Python permet de construire les solutions numériques suivantes

3.0
frottement v**2
frottement v**1.5
2.5 frottement v
pas de frottement
2.0

1.5
z

1.0

0.5

0.0
0 2 4 6 8 10
x

2.5 Forces usuelles : contact avec un solide


2.5.1 Réaction normale du support
b Réaction normale du support


Un objet en contact avec un support subira une force dite de réaction normale R N . C’est cette force qui empêche un objet de passer
à travers un support solide. Cette force ne possède pas d’expression générale mais est
− de direction orthogonale au support ;
− dirigée du support vers le système ;
− appliquée au point de contact entre le système et le support.
L’expression de cette force est à déterminer au cas par cas.

TD15 – Ex1

130
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2.5.2 Réaction tangentielle du support


Soit un solide noté (1) en mouvement en contact avec un support noté (2).
b Vitesse de glissement
On appelle vitesse de glissement la quantité


v g,1/2 = −

v 1/R − −

v 2/R .

b Réaction tangentielle du support : frottement solide




La force de frottement solide, correspond à une réaction tangentielle du support R T . Cette force est
− de direction tangente au support ;
− orienté afin de s’opposer à la vitesse de glissement du système ou à la mise en mouvement du système ;
− appliquée au point de contact entre le système et le support.
L’expression de cette force peut être définie à l’aide des lois empiriques de Coulomb.

b Lois de Coulomb

→ −

− Si la vitesse de glissement est nulle, on dit qu’il y a adhérence, les réactions du support vérifient || R T || ≤ fs || R N || avec fs le
coefficient de frottement statique.

→ −

− Si la vitesse de glissement est non nulle, les réactions du support vérifient || R T || = fd || R N || avec fd le coefficient dynamique de
frottement.
De plus les coefficients de frottement vérifient fd < fs .

→ −
→ −

v g,1/2
Remarque : Dans le cas où il y a glissement on peut écrire || R T || = −fd || R N || − .
||→
v g,1/2 ||

Matériaux pneu/béton sec pneu/béton humide bois/bois corde/bois chaussure/glace


fs 1.0 0.7 0.5 0.5 0.1
fd 0.8 0.5 0.3 0.3 0.05

TD15 – App3

131
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blank
Suppléments – Chapitre 13

Fiche méthode : Traiter un problème de mécanique


− Définir le système et ses caractéristiques utiles.
− Choisir le référentiel d’étude et précise si il est supposé galiléen ou non.
− Faire un bilan des actions mécaniques.
− Faire/compléter une figure permet très souvent d’y voir plus clair (pour vous et pour le correcteur).
− Appliquer le PFD (ou autre théorème utile que nous verrons ultérieurement).
− Définir la base dans laquelle travailler puis écrire les vecteurs–position, –vitesse, –accélération dans cette base.
− Appliquer le PFD (ou le théorème choisi) et le projeter sur les vecteurs unitaires de la base : on obtient les équations différentielles
du mouvement.
− Résoudre les équations précédentes si cela est possible et/ou demandé.
− Éliminer la dépendance temporelle pour obtenir l’équation de la trajectoire.

Fiche méthode : Méthode d’Euler


df ∆f f (t + ∆t) − f (t)
La méthode d’Euler consiste à estimer la dérivée par le taux d’accroissement = . Puis à exprimer
dt ∆t ∆t
f (t + ∆t) en fonction de f (t). Ici cela conduit à

α0 p


 ẋ(t + ∆t) = ẋ(t) − ẋ(t)2 + ż(t)2 ẋ(t)∆t
m

α0 p
 
ż(t + ∆t) = ż(t) − g + 2 2
ẋ(t) + ż(t) ż(t) ∆t


m

∆x x(t + ∆t) − x(t)


De même pour la position ẋ ∼ = et donc,
∆t ∆t
x(t + ∆t) = x(t) + ẋ(t)∆t


z(t + ∆t) = z(t) + ż(t)∆t

On peut ensuite rentrer ces formules dans un tableur, une calculatrice ou demander à Python de faire le boulot pour obtenir une
expression approchée de la trajectoire en représentant z(x).

132
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Chapitre 14
Travail, puissance et énergie
It’s an energy field created by all living things.
Bibliographie Star Wars V : The Empire Strikes Back (1980)
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 11

Nous avons vu jusque là une façon d’étudier un problème de mécanique : les lois de Newton et plus particulièrement le PFD. Une
approche complémentaire consiste à étudier les quantités conservées lors de l’évolution d’un système. La première formulation de la
conservation de l’énergie est due à Huygens. S’en suivirent de nombreux développements théoriques visant à généraliser les principes de
conservations : la mécanique lagrangienne puis hamiltonienne et encore plus récemment des travaux mathématiques comme le théorème
de Noether.
N* Joseph–Louis Lagrange 1736–1813 : mathématicien et physicien issu du Royaume de Piémont–Sardaigne, techniquement c’est un
savoyard
N* William Rowan Hamilton 1805–1865 : mathématicien, astronome et physicien irlandais
N* Emmy Noether 1882–1935 : mathématicienne allemande, à l’époque encore très peu de femmes ont des carrières scientifiques (en
tout cas reconnues par leur pairs), le théorème de Noether est une pierre angulaire de certaines approches modernes de la physique

Les principes de conservations permirent à Pauli de prédire l’existence de particules encore non détectées lors des désintégrations β qui
semblait violer la conservation de la quantité de mouvement dans un premier temps, c’est par la suite que le neutrino fut découvert.
N* Wolfgang Pauli 1900–1958 : physicien autrichien

I Puissance, travail

1.1 Puissance
b Puissance


On appelle puissance exercée par une force F i,M/R dans le référentiel R à l’instant t le produit scalaire de cette force par la vitesse
du point M


P−

F ,M/R
(t) = F i,M/R · −

v M/R .
i

La puissance s’exprime en Watt (W) ou J.s.


On constate que la puissance dépend de la force considérée et du référentiel choisi (par l’intermédiaire de la vitesse).
Remarque : La puissance P est la quantité d’énergie reçue par M par unité de temps.
Remarque : La vitesse d’un point matériel dépend du référentiel d’observation, la puissance en dépend donc de la même façon.
Remarque : Si le point matériel est soumis à plusieurs force, la puissance totale est la somme des puissances exercées par chaque force.
− La puissance d’une force est non nulle si et seulement si le point M se déplace et que la force n’est pas orthogonale au mouvement.
− Si la force est « dans le sens » du mouvement (i.e. le produit scalaire est positif) alors la puissance exercée par la force est positive, on
parle de force motrice. Dans ce cas la force
− A l’inverse si la force est « dans le sens opposé » au mouvement (i.e. le produit scalaire est négatif) alors la puissance exercée par la
force est négative, on parle de force résistante.

b Ordres de grandeur
− Moteur électrique à pile < 1W
− Radiateur kW
− Moteur à combustion 100kW
− Moteur de TGV 10MW

1.2 Travail
b Travail élémentaire


On appelle travail élémentaire fourni par la force F i,M/R au point M au cours de son déplacement, le produit scalaire de la force et
du déplacement

→ −

δW− →
F ,M/R
= F i,M/R · dl = P−

F ,M/R
(t)dt .
i i

Le travail s’exprimer en Joule (J) ou N.m ou W/s.


Remarque : Le signe du travail élémentaire est le même que celui de la puissance, interprétation force motrice/résistante.
Remarque importante : L’utilisation de la notation δW et non pas dW n’est pas purement esthétique ! ! ! Le travail élémentaire δW


dépend explicitement du déplacement dl ainsi il dépendra (très très très souvent) du chemin suivi par le point M . Alors qu’une quantité


notée dW n’en dépendra pas, on peut le voir en calculant le travail global exercé par la force F i,M/R sur le point M .
Z −

r Z −

r
2 2
dW = W (−

r 2 ) − W (−

r1 ) 6= δW ;


r −

r
1 1

ATTENTION CECI EST UN CAS TRÈS PARTICULIER !


blank
Contre–exemple : force de frottement exercée sur un trajet court ou un trajet long, le travail semble intuitivement très différent.

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b Travail global


Le travail global exercé par la force F i,M/R sur le point M lors de son déplacement s’écrit,

t2 −

r

→ −

Z Z 2
W−

F ,M/R
= P−

F ,M/R
(t)dt = F i,M/R · dl .
i i −

t1 r1

On constate que le travail dépend de la force considérée, du référentiel choisi et du trajet suivi par le point M .

TD16 – App2, 5, 6

II Énergie cinétique
2.1 Théorème de la puissance cinétique
Que connaissons–nous comme lois en mécanique ? Le principe fondamental de la dynamique, relation qui fait apparaître des forces. Nous
venons d’introduire par exemple la notion de puissance (produit entre une force et une vitesse) alors essayons de jouer avec le PFD pour
faire apparaître des puissances !

→2
d−

!

→ v M/R X− → 1 d v M/R dEc,M/R
F i,M/R −→
X X
m v M/R = v M/R ⇐⇒ m = P−→
Fi ,M/R
⇐⇒ = P−→
Fi ,M/R
.
dt i
2 dt i
dt i

b Énergie cinétique
L’énergie cinétique d’un point matériel M de masse m et de vitesse −

v M/R dans le référentiel R est définie par,
1 −
Ec,M/R = m→ v 2M/R .
2

b Théorème de la puissance cinétique


La dérivée temporelle de l’énergie cinétique d’un point matériel mobile M dans un référentiel galiléen R est égale à la somme des
puissances de toutes les forces qui s’exercent sur M
dEc,M/R X
= P−

Fi ,M/R
(t) = Ptot,M/R (t) .
dt i

Remarque : Ce théorème fourni une relation dite instantanée car valable à tout instant t de l’évolution du système.
Remarque importante : Si aucune force ne travaille alors l’énergie cinétique est constante Ptot,M/R (t) = 0 =⇒ Ec/R = cste. On parle
d’intégrale première de l’énergie cinétique.
2.2 Théorème de l’énergie cinétique
On peut obtenir une version intégrale du théorème précédente en réalisant une intégration du théorème de la puissance cinétique entre
deux instants t1 et t2 .
Z t2 X Z t2 X Z t2
dEc,M/R
dt = PF ,M/R dt =

→ δW− →
Fi ,M/R
.
t1 dt i t1
i
i t1

b Théorème de l’énergie cinétique


Lors du déplacement du point matériel M entre les instants t1 et t2 , la variation de l’énergie cinétique est égale à la somme de tous
les travaux des forces exercées sur ce point matériel
X
∆Ec,M/R = Ec,M/R (t2 ) − Ec,M/R (t1 ) = W−

F ,M/R,[t1 ,t2 ]
= Wtot,M/R,[t1 ,t2 ] .
i
i

X
Pour un déplacement élémentaire on peut écrire dEc,M/R = P−

F ,M/R
dt = Ptot,M/R dt.
i
i

Remarque importante : Il apparaît que la variation de l’énergie cinétique est indépendante du chemin suivi contrairement au travail !
2.3 Bilan
b Théorème de la puissance et de l’énergie cinétique
Soit un point matériel M en mouvement relativement au référentiel galiléen R, les théorèmes cinétiques s’écrivent

dEc,M/R X
expression instantanée = P−→
Fi ,M/R
= Ptot,M/R ;
dt i
X
pour un déplacement élémentaire dEc,M/R = δW−→
F ,M/R
= δWtot,M/R ;
i
i
X
expression intégrale ∆Ec,M/R = W−

F ,M/R
= Wtot,M/R .
i
i

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Pour un travail reçu positif (i.e. une force motrice) l’énergie cinétique va augmenter, ce travail reçu est stocké sous forme d’énergie
cinétique. A l’inverse si le travail est négatif alors de l’énergie cinétique est cédée par le système à l’extérieur.
b Interprétation de l’énergie cinétique
L’énergie cinétique apparaît comme un réservoir de travail que le système peut échanger avec l’extérieur en variant sa vitesse.

TD16 – App3

III Énergie potentielle

3.1 Forces conservatives

Soit un point matériel M de masse m soumis à son propre poids dans le référentiel galiléen R. Calculons
le travail global du mouvement d’un point matériel dans le champ de pesanteur terrestre entre deux A
zA •
positions A et B
B zB


Z Z
W→

P ,AB
= m−

g dl = −mg −

u z dz −
→ = −mg(z − z ) = mg(z − z ) .
u z B A A B
A zA

Remarque : Attention aux signes lors des produits scalaires, le poids est bien moteur lors de la chute.
Le travail du poids est indépendant du chemin suivi, c’est un cas très particulier. Il nous est donc
ici possible d’écrire le travail global comme la variation d’une fonction (contrairement au cas général)
W = mgzA − mgzB . Si on se ramène à une transformation élémentaire le travail s’écrit δW = −mgdz zB •
et donc dans ce cas très particulier il existe une fonction f telle que δW = −df . B

b Forces conservatives


Une force Fi exercée sur le point matériel M est dite conservative si, lors d’un déplacement quelconque de M par rapport au référentiel


R, le travail de Fi est indépendant du chemin suivi.

→ −−→
Remarque : Ceci implique d’une force conservative peut s’écrire comme dérivant d’un potentiel, l’expression étant Fi = −gradEp,i .
3.2 Théorème de l’énergie potentielle


Le travail étant indépendant du chemin suivi pour une force conservative Fi , on peut décomposer tout déplacement en deux déplacement
passant par l’origine O

W−

F ,AB
= W−

F ,AO
+ W−

F ,OB
= W−

F ,AO
− W−

F ,BO
= f (A, O) − f (B, O) .
i i i i i

La fonction f ne dépend que de la position, on défini ainsi l’énergie potentielle par cette fonction.
b Théorème de l’énergie potentielle


Soit Fi une force conservative, alors il existe une fonction scalaire Ep,i (M ) appelée énergie potentielle qui ne dépend que des coordonnées
du point M telle que le travail de la force W− → lors d’un déplacement d’un point A à un point B est égale à l’opposé de la variation
Fi
de l’énergie potentielle ∆Ep,i associée à cette force

W−→
Fi ,AB
= Ep,i (A) − Ep,i (B) = −∆Ep,i ;
X X
Wcons,AB = W−→
F ,AB
=− ∆Ep,i = −∆Ep ;
i
i i

Dans le cas d’un déplacement élémentaire on a

→ = −dEp,i ;
δW−
Fi
X
δWcons = → = −dEp .
δW−
F i
i

Remarque : la grandeur Ep ne dépend que de la position du point matériel. Ainsi la variation de cette grandeur ne dépend que des
positions initiales et finales et pas du chemin suivi ce qui justifie la notation dEp .
La relation δW− → = −dEp,i valable pour toute force conservative lors d’un déplacement élémentaire de durée dt peut s’écrire également,
F
i

δW−

F dEp,i
i
=− .
dt dt

b Lien entre puissance et énergie potentielle




Pour toute force conservative Fi s’appliquant à un point matériel M on peut écrire,

dEp,i
P−
→ = −
F
;
i dt
X X dEp,i dEp
Pcons = P−
→ = −
F
=− .
i
i dt dt

135
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3.3 Bilan
b Théorème de l’énergie potentielle
dEp X
Expression instantanée − = P−→
Fi ,cons
= Pcons ;
dt i
X
Pour un déplacement élémentaire −dEp = δW−→
F ,cons
= δWcons ;
i
i
X
Expression intégrale −∆Ep = W−

F ,cons
= Wcons .
i
i

b Interprétation de l’énergie potentielle


L’énergie potentiel apparaît comme un réservoir d’énergie potentiellement libérable.

3.4 Exemple de forces conservatives


3.4.1 Champ de pesanteur
Cet exemple a été traité précédemment dans ce chapitre

W→

P ,AB
= −∆Ep = mgzA − mgzB

b Énergie potentielle de pesanteur


Ep (z) = mgz .

La force peut se retrouver à partir de l’expression de l’énergie potentielle


→ −−→ dEp (z) −
→ = m−

P = −gradEp = − u z g .
dz

Fiche méthode : Opérateur vectoriel gradient


−−→
On note grad l’opérateur de dérivation vectoriel appelé gradient. Cet opérateur peut s’appliquer à un scalaire comme à un vecteur,
son expression dépend du repère choisi. En coordonnées cartésiennes il s’écrit
 ∂   ∂f 
 ∂x   ∂x 
−−→  ∂   ∂f 
gradf =   f =  
   
 ∂y   ∂y 
   
∂ ∂f
∂z ∂z

Si l’axe vertical est orienté dans l’autre sens alors le signe de l’énergie potentielle est changée, on se rappellera que par convention
l’énergie potentielle de pesanteur augmente avec l’altitude.
3.4.2 Attraction gravitationnelle


u r

Soit deux points matériels M1 et M2 de masse m1 et m2 interagissant par attraction gra- M1,i
vitationnelle uniquement. On se place dans un repère cylindrique, l’origine du référentiel •
→ est colinéaire et dans le même sens que −
est confondue avec M2 , le vecteur −
u
−−−→
M2 M1 . La
r
force subie par M1 de la part de M2 s’écrit, ri

→ m1 m2 −
→;
F 2→1/R = −G u r
r2 rf
M2 • • −

u r
M1,f


Sachant que dl = dr− → + rdθ−
u r
→ + dz −
u θ
→, calculons le travail de la force d’attraction gravitationnelle sur M lors d’un déplacement de la
u z 1
position M1,i à M1,f
rf rf  

→ −

Z Z
m1 m2 dr 1 1
−dEp = δW→

F 2→1
= F 2→1 · dl = −G dr =⇒ ∆Ep = dEp = Gm1 m2 = −Gm1 m2 − .
r2 ri ri r2 rf ri

b Énergie potentielle d’attraction gravitationnelle


Gm1 m2
Ep (r) = − .
r

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La force d’attraction gravitationnelle se retrouve par,


→ −−→ → = −G m1 m2 −
dEp − →.
F = −gradEp = − u r u r
dr r2
Si rf > ri (i.e. l’altitude du corps augmente) le travail global est négatif (i.e. l’énergie potentielle augmente) et donc la force gravita-
tionnelle résiste à l’ascension d’un corps. A l’inverse si l’altitude diminue, le travail est positif : la gravitation est motrice de la chute des
corps.
Remarque : La force électrostatique peut être étudiée aisément par analogie.



1 q1 q2 −→;
F = u r
4π0 r2
1 q1 q2 q1 q2
dEp = −δW = dr =⇒ Ep = .
4π0 r2 4π0 r

Fiche méthode : Opérateur vectoriel gradient en coordonnées cylindriques

∂ ∂f
   
 ∂r   ∂r 
−−→ 1 ∂ 
 
 1 ∂f 
 
gradf =  f =  
 r ∂θ   r ∂θ 
∂ ∂f
   
∂z ∂z

3.4.3 Force de rappel élastique


Soit un ressort de raideur k et de longueur à vide l0 fixé en O par une extrémité. A l’autre extrémité est fixée un point matériel M qui


subit la force de rappelle élastique F = −k(l − l0 )−

ul avec −

ul le vecteur unitaire portant l’axe du ressort.

Déterminer l’énergie potentielle associé à une force de rappel élastique


→ 1
dEp = −δW = k(l − l0 )−

ul dl = k(l − l0 )dl =⇒ ∆Ep = k (lf − l0 )2 − (li − l0 )2 .

2

b Énergie potentielle de rappel élastique


1
Ep (l − l0 ) = k(l − l0 )2 .
2
1 2
Si l’origine des coordonnées correspond à la position au repos du ressort, alors l’énergie potentielle s’écrit Ep = kx .
2

IV Énergie mécanique
Nous avons vu deux théorèmes énergétiques :
− le théorème de l’énergie cinétique qui relie variation d’énergie cinétique et travail des forces (hypothèse : référentiel galiléen) ;
− le théorème de l’énergie potentielle qui relie variation d’énergie potentielle et travail des forces conservatives.
L’ensemble des forces s’appliquant à un système est la somme des forces conservatives et non conservatives,
X−→ X− → X− →
F k,M/R = F i,M/R,cons + F j,M/R,nc ;
k i j

dEc,M/R X X X dEp,i X
= P−

F ,M/R,cons
+ P−

F ,M/R,nc
=− + P−

Fj ,M/R,nc
.
dt i
i
j
j
i
dt j

b Énergie mécanique
On défini l’énergie mécanique comme la somme de l’énergie cinétique et potentielle d’un système,
X
Em,M/R = Ec,M/R + Ep,i .
i

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b Théorème de l’énergie mécanique


Soit un point matériel M en mouvement relativement au référentiel galiléen R, les théorèmes cinétiques s’écrivent

dEm X
expression instantanée = P−→
Fj ,nc
= Ptot,nc ;
dt j
X
pour un déplacement élémentaire dEm = δW−→
F ,nc
= δWtot,nc ;
j
j
X
expression intégrale ∆Em = W−

F ,nc
= Wtot,nc .
j
j

b Bilan
Un point matériel M en mouvement par rapport au référentiel galiléen R est capable de stocker de l’énergie sous deux formes :
cinétique (lié à la vitesse), potentielle (liée à la position). La somme des deux étant son énergie mécanique. L’énergie mécanique ne
varie qu’en présence de forces non conservatives exerçant un travail non nul.

Remarque : Comme pour l’énergie potentielle, l’énergie mécanique est définie par rapport à une origine arbitraire sans signification
physique.
b Systèmes conservatifs
Un système est dit conservatif si toutes les forces qui lui sont appliquées dérivent d’une énergie potentielle ou bien ne travaillent pas.
Son énergie mécanique totale est alors une constante du mouvement

Ptot,nc (t) = 0 ⇐⇒ Em = cste .

Un système conservatif conserve son énergie mécanique.

L’énergie mécanique est une intégrale première du mouvement car dépend de la position (par l’énergie potentielle) et de la vitesse (par
l’énergie cinétique). Dans le cas d’un système conservatif, l’étude énergie nous amènera à travailler avec des équations différentielles
d’ordre 1 ce qui est bien plus simple qu’une équation issue du PFD par exemple qui sera d’ordre 2.

TD16 – Ex1, 4 et 6

V Mouvements unidimensionnels : étude énergétique


On appelle mouvement unidimensionnel le mouvement d’un point matériel M de masse m et dont la position est entièrement définie
par la donnée d’une seul variable q(t). Un tel mouvement est dit conservatif si l’énergie potentiel du système est conservée.
5.1 Exemples
z
− Une masse suspendu à un ressort constitue un système conservatif unidimensionnel d’énergie O

mécanique

1 1
Em = Ec + Ep = Ec + Ep,el + Ep,pes = mż 2 + k(−z − l0 )2 + mgz .
2 2
Dérivée cette relation par rapport au temps conduit à l’équation du mouvement que l’on
obtiendrait grâce au PFD

M
dEm
= 0 = mż z̈ − kż(−z − l0 ) + mg ż =⇒ mz̈ = k(−z − l0 ) − mg .
dt Figure 1 – Système masse/ressort
vertical
z
O

− Une masse suspendu à un fil de longueur l constitue un système conservatif unidimensionnel
d’énergie mécanique

1 1 θ
Em = m(lθ̇)2 + mgz = ml2 θ̇2 + mgl(1 − cos(θ)) .
2 2
Dérivée cette relation par rapport au temps conduit à l’équation du mouvement que l’on −

u θ
obtiendrait grâce au PFD •
M
dEm g
= 0 = mlθ̇θ̈ + mglθ̇ sin θ =⇒ θ̈ = − sin θ . −

u
dt l r

Figure 2 – Pendule

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b Problèmes unidimensionnels conservatifs


Système décrit par une seule variable q(t) et pour lequel l’énergie mécanique est constante au cours du temps,

1
Em = I(q)q̇ 2 + Ep (q) .
2
Remarque : I(q) est appelée inertie généralisée du système ; Ep (q) représente l’énergie potentielle totale du système.
Remarque : L’énergie mécanique est constante, on peut l’évaluer grâce aux conditions initiales.
5.2 Équilibre et stabilité (Démonstrations « calculatoires » hors programme)
L’équation différentielle d’ordre 2 régissant l’évolution d’un système unidimensionnel conservatif s’obtient en dérivant l’expression de
d d dq
son énergie mécanique par rapport au temps et en utilisant la relation =
dt dq dt

1 dI(q) 2 dEp
I(q)q̈ + q̇ = φ(q) = − .
2 dq dq
Un système unidimensionnel est à l’équilibre si et seulement si q = q0 , q̇ = 0 et q̈ = 0.
b Position d’équilibre d’un système conservatif
Un système conservatif possède une position d’équilibre en q = q0 si et seulement son énergie potentielle possède un extrémum en ce
point

dEp
φ(q0 ) = 0 i.e. =0.
dq q0

b Stabilité d’une position d’équilibre


Une position d’équilibre q = q0 d’un point matériel est dite localement stable si et seulement si lors d’un déplacement élémentaire δq
depuis cette position, le mobile reste dans le voisinage du point q = q0 .
Injectons ce déplacement élémentaire q = q0 + δq dans l’équation différentielle régissant la dynamique du système et en réalisant un
développement au premier ordre en δq
2
d2 (q0 + δq ) d2 δq

1 dI(q0 + δq ) d(q0 + δq )
I(q0 + δq ) + = φ(q0 + δq ) =⇒ I(q0 ) − φ0 (q0 )δq = 0 .
dt2 2 dq dt dt2

Une telle équation différentielle linéaire d’ordre 2 à coefficients constants est stable que si tous ses coefficients sont de même signe.
L’inertie généralisée est positive par définition, ainsi l’équation précédente est stable si et seulement si φ0 (q0 ) < 0.
b Stabilité d’un équilibre
Un système conservatif possède une position d’équilibre localement stable en q = q0 ei et seulement si son énergie possède un minimum
local en ce point

d2 Ep

dEp
= 0 et >0.
dq q=q0 dq 2 q=q0

Remarque : Si la dérivée seconde s’annule, il faudra étudier les dérivées suivantes pour conclure.

TD16 – App4

5.3 Mouvement autour de l’équilibre : étude graphique


Trois cas distincts peuvent se présenter lorsqu’un système présente une situation d’équilibre :
− q0 est un maximum local de la fonction Ep alors la position d’équilibre est instable ;
− q0 est un point d’inflexion de la fonction Ep alors la position d’équilibre est instable dans un sens et stable dans l’autre ;
− q0 est un minimum local de la fonction Ep alors la position d’équilibre est stable.
Ep Ep Ep
Em Em Em

q q q
q0 q1 q0 q1 q0 q1

Figure 3 – Maximum local, Figure 4 – Point d’inflexion, Figure 5 – Minimum local,


équilibre instable équilibre instable équilibre stable
Un système donné a une énergie mécanique finie répartie entre l’énergie potentielle et cinétique Em = Ec + Ep . L’énergie potentielle ne
peut pas dépasser la valeur fixée de l’énergie mécanique. Il est aisé d’interpréter graphiquement les courbes de potentiel.
− Dans le cas (3), le système dispose d’une certaine énergie mécanique fixée qui en q1 et q2 est intégralement stockée sous forme potentielle
tandis que en q0 l’énergie cinétique est maximale. Un système dans cette configuration va osciller autour de la position d’équilibre. De
plus l’énergie mécanique étant limité le mouvement du système est borné.

139
PCSI 2019–2020, Lycée Lalande, Bourg–en–Bresse Alexandre Alles

− Dans les deux autres cas le système va évoluer vers un état d’énergie potentielle minimale et diverger ou alors rencontrer un autre état
d’équilibre non représenté ici.
Considérons un potentiel quelconque présentant un minimum local. Le système est placé dans trois configurations différentes d’énergies
mécaniques différentes. Le système ne possède pas de vitesse initiale, i.e. toute son énergie est sous forme potentielle.
b Barrière de potentiel
Un maximum local de la fonction énergie potentielle est appelée une barrière de potentiel.
Ep (q) Ep (q) Ep (q)

Em •
Em • q • q1
0
q q q
q1 q1 q2
Em •

Figure 6 – Em > Eb Figure 7 – E0 < Em < Eb Figure 8 – Em < E0


Le système décrit ci–dessus présente :
− une divergence de son énergie potentielle pour q −→ 0 ;
− un minimum local de potentiel en q0 de valeur E0 ;
− une barrière de potentiel de hauteur Eb en qb ;
− une énergie potentielle qui tend vers une valeur finie pour q −→ +∞.
− Cas (1) : Le système possède une grande énergie mécanique il va évoluer en suivant la courbe. Au niveau du minimum local du potentiel
le système présente un maximum local d’énergie cinétique. Le système possède toutefois assez d’énergie mécanique pour franchir la
barrière de potentiel : le système continu d’évolué et dépasse le maximum local pour continuer à évoluer vers les q croissants.
Le mouvement n’est pas borné et se fait sur l’intervalle [q1 , +∞[. Le système peut franchir la barrière de potentiel.
− Cas (2) : Le système possède une énergie mécanique inférieure à la hauteur de la barrière de potentiel. Ainsi le système initialement en
q1 va évoluer en passant par le minimum de potentiel puis évoluer vers les q croissants jusqu’à ce que son énergie potentielle s’annule
ce qui est le cas en q2 . En q2 le système stope son évolution avant de repartir en arrière et d’osciller entre q1 et q2 .
Le mouvement est borné sur l’intervalle [q1 , q2 ], le système oscille autour de sa position d’équilibre q0 .
− Cas (3) : l’énergie mécanique est plus faible que le minimum local d’énergie potentielle, le système est initialement à droite de la
barrière de potentiel et va évoluer vers les q croissants.
Le mouvement n’est pas borné et se fait sur l’intervalle [q1 , +∞[.
Le portrait de phase peut grossièrement s’estimer à partir de la forme du potentiel.

+ + q
q0 qb

Figure 9 – Portrait de phase associé au potentiel précédent


− Pour Em = Ep la vitesse du système q̇ est nulle et la position atteint un extremum (minimum ou maximum suivant les cas).
− Pour un minimum local d’énergie potentielle la vitesse du système q̇ atteint un maximum local (i.e. car l’énergie cinétique atteint un
maximum local).
− Pour un maximum local d’énergie potentielle la vitesse du système q̇ atteint un minimum local (i.e. car l’énergie cinétique atteint un
minimum local).

TD16 – Ex7 et 8

5.4 Période des oscillations (cas général hors programme)


Dans le cas où le système ne peut sortir du puit de potentiel on observe des oscillations. Essayons d’estimer la période de ces oscillations,
pour cela repartons de l’expression de l’énergie mécanique
s
1 2 dq 2(Em − Ep (q))
Em = I(q)q̇ + Ep (q) =⇒ q̇ = =± .
2 dt I(q)
De cette équation on peut en tirer une expression du temps infinitésimal mit pour réaliser un déplacement infinitésimal puis l’intégrer
sur un aller–retour pour obtenir la période des oscillations
Z q2 s
I(q)
T =2 dq .
q1 2(E m − Ep (q))
Remarque : Naturellement le résultat dépend de la forme du potentiel.
Remarque : Inutile de retenir la formule précédente mais il faut comprendre le raisonnement.

140
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5.5 Approximation harmonique


L’étude des oscillations est complexe dans le cas général car comme sur l’exemple précédent, le potentiel est clairement non–linéaire.
Cependant il est toujours possible d’étudier le comportement du système pour des petites oscillations. Dans un tel cas on peut se
contenter d’un développement limité du potentiel en q = q0 + δq ... et oui les mathématiques viennent à notre secours ici !

1 d2 Ep

dEp
Ep (q) = Ep (q0 ) + δ q + δq2 + o(δq2 ) .
dq q0 2 dq 2 q0

Le terme d’ordre 0 est égal à la valeur de l’énergie potentiel au point d’équilibre, le terme d’ordre 1 est nul par définition d’une position
d’équilibre et le terme d’ordre 2 est non nul et positif pour une position d’équilibre stable.
b Approximation harmonique
Dans le cadre de l’approximation harmonique l’énergie mécanique s’écrit,

1 1
Em = I(q0 )δq2 + κδq2 ;
2 2

d2 Ep
r
κ
avec κ = et Em = cste. Par analogie avec l’oscillateur harmonique on peut en déduire une pulsation propre ω0 =
dq2 q0 I(q0 )

Remarque : Dérivée l’expression précédente conduite à l’approximation linéaire de l’équation du mouvement I(q0 )δ¨q = κδq = 0. On
reconnait l’équation différentielle d’un oscillateur harmonique.
2
Remarque : La même étude peut être réalisée autour d’une position d’équilibre instable, ce qui conduirait à I(q0 )δ¨q − κδq = 0 et à une
solution de forme exponentielle divergente.
b Développement de Taylor
Soit I un intervalle réel, E un espace vectoriel normé réel et f : I → E une fonction C n en a ∈ I alors pour tout x ∈ I

x−a 0 (x − a)2 (2) (x − a)n (n)


f (x) = f (a) + f (a) + f (a) + ... + f (x) + Rn (x) .
1! 2! n!

2.0 2.0
cos
1.5 Taylor ordre 2 1.5
Taylor ordre 4
1.0 ... 1.0
0.5 0.5
0.0 0.0
0.5 0.5
1.0 1.0 sin
Taylor ordre 1
1.5 1.5 Taylor ordre 3
...
2.0 2.0
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10

Figure 10 – Développement de Taylor de la fonction cosinus Figure 11 – Développement de Taylor de la fonction sinus
Remarque : La prise en compte des non linéarités est possible en poussant le développement de Taylor au delà de l’ordre 1.
Exemple : L’approximation des petits angles faites lors de l’étude du pendule simple revient à tronquer le développement de Taylor à
l’ordre 1. La prise en compte des non linéarités conduit à un écart d’autant plus important que l’on s’éloigne du domaine des « petits
angles ». Nous déterminerons expérimentalement le domaine des « petits angles ».

15
avec NL avec NL
4 sans NL sans NL
10
2 5
position angulaire

vitesse angulaire

0 0

2 5

10
4
15
0 1 2 3 4 5 3 2 1 0 1 2 3
temps position angulaire

Figure 12 – Position angulaire du pendule sans et avec non linéarités Figure 13 – Portrait de phase du pendule sans et avec non linéarités

141
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15
4 10

2 5

vitesse angulaire
position angulaire

0
0
5
2
v(0)=10rad/s 10
4 v(0)=11rad/s
v(0)=11.4rad/s 15
3 2 1 0 1 2 3
0 1 2 3 4 5 position angulaire
temps

Figure 14 – Oscillation d’un pendule pour différentes vitesses initiales Figure 15 – Portrait de phase d’un pendule pour différentes vitesses
initiales

142
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Chapitre 15
Particules chargées dans des champs électrique et magnétique
We follow the ever falling grains
Electrons and protons fight again
Bibliographie
Electron – Serj Tankian
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 12

De la même façon qu’une masse est sensible au champ gravitationnel, une charge électrique est sensible au champ électromagnétique.
Dans ce chapitre nous allons étudier le comportement d’une particule chargée en mouvement dans un champ électrique uniforme ou un
champ magnétique uniforme. De nombreuses applications existent : des anciens téléviseurs aux accélérateurs de particules.

I Force de Lorentz

1.1 Force électrique




Une particule chargé soumis à un champ électrique E subit une force dite électrique qui s’écrit

→ −

F el = q E .

Remarque : Une particule chargée va accélérer parallèlement au champ électrique.


b Champ électrique
Un champ électrique est créé par la présence d’autres charges électriques. C’est une grandeur vectorielle qui s’exprime en V.m−1 .

→ qq 0 −→
Remarque : La force électrostatique entre deux particules chargées s’écrit F = − er on peut identifier le champ électrique créé
4πE0 r2
par l’une des particule à l’aide de la force de Lorentz électrique

→ q − →
E = er .
4πE0 r2

1.2 Force magnétique


Constats expérimentaux :
− Un faisceau d’électron soumis à un champ magnétique parallèle n’est pas affecté.
− Un faisceau d’électron soumis à un champ magnétique orthogonal décrit une trajectoire circulaire dans le plan formé par le champ et
la vitesse initiale.
− Si on double l’intensité du champ, le rayon du cercle est divisé par deux, i.e. la force est proportionnelle à l’intensité du champ.
− Si la vitesse du faisceau est doublée, le rayon du cercle est divisé par deux, i.e. la force est proportionnelle à la norme de la vitesse.


Une particule chargée soumis à un champ magnétique B subit une force qui s’écrit,

→ −

F mag = q −→
v ∧B .

b Champ magnétique
Un champ magnétique peut être créé par des charges électriques en mouvement. C’est une grandeur vectorielle qui s’exprime en Tesla
(T).

K Effet d’un champ magnétique sur un faisceau d’électron (voir TP22)


1.3 Ordres de grandeurs
Données : Électron me = 9.1 × 10−31 kg et q = −1.6 × 10−19 C
Comparons le poids et la force électrique subis par un électron soumis au champ de pesanteur g = 9.81N/kg et un champ électrique de
E = 100V/m (champ électrique typique à proximité de la Terre) ;
mg
∼ 6 × 10−13  1 .
qE
Pour des particules chargées, le poids est négligeable devant la force électrique.
b Champs électriques
− Champ électrique créé par une charge élémentaire à 1 × 10−9 m : 1 × 109 V m−1
− Champ électrique créé par une charge élémentaire à 1 m : 1 × 10−9 V m−1
De même comparons le poids et la force magnétique subis par un électron soumis à un champ magnétique B = 1 × 10−5 T (champ
magnétique typique à la surface de la Terre) et se déplaçant à une vitesse v = 1.0 × 105 m s−1
mg
∼ 6 × 10−11  1 .
qvB
Ici encore le poids est négligeable devant la force magnétique.
b Champs magnétiques
− Activité cérébrale 1 × 10−15 T − Aimant permanent 0.1 à 1 T
− Vide interstellaire 1 × 10−6 T − Électroaimant 10 à 100 T
− Champ magnétique terrestre 4.7 × 10−5 T − Magnétar 1 × 1011 T

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b Poids vs “Forces Électromagnétiques"


Dans les conditions expérimentales terrestres, le poids d’une particule chargée est largement négligeable devant les forces électrique
et magnétique s’exerçant sur cette particule.
1.4 Force de Lorentz
En toute généralité une particule chargée est soumis à la fois à la force électrique et la force magnétique.
b Force électromagnétique de Lorentz

→ −

Une particule de charge q et animée d’une vitesse −

v dans un champ électrique E et magnétique B subit la force électromagnétique
de Lorentz

→ −
→ → − →
FL = q E + −v ∧B .

N* Hendrik Antoon Lorentz 1853–1928 : physicien hollandais, prix Nobel de physique 1902
Remarque : La direction de la force magnétique se trouve rapidement en utilisant la “règle" de la main droite.
Remarque : La force de Lorentz peut être problématique... car elle dépend de la vitesse, elle n’est donc pas indépendante du référentiel
choisi : c’est un réel problème qui a conduit au développement de la relativité restreinte.

Dans le référentiel d’étude, la particule est soumise à la force de Lorentz dont la puissance s’écrit,
−→→ −→ → − → → −
→→
PL = FL .−v =q E +− v ∧ B .− v = q E .−v .

b Puissance de la force de Lorentz


La composante magnétique de la force de Lorentz ne fournit aucune puissance car elle est orthogonale à la vitesse, la force électrique
peut fournir une puissance.
Interprétation :
− Un champ magnétique peut uniquement dévier une particule charger, pas modifier la norme de sa vitesse.
− Un champ électrique peut modifier la norme de la vitesse.
On peut de même calculer le travail élémentaire de la force de Lorentz,
→−
− →
δWL = PL dt = q E . dl .
b Potentiel électrique
Le potentiel électrique noté V (M ) est une grandeur réelle dépendant du point M s’exprimant en V, telle que entre deux points de


l’espace séparés d’un déplacement dl la variation élémentaire dV de V est liée au champ électrique par
→−
− →
dV = − E . dl .
Calculons maintenant le travail global de la force de Lorentz,
Z B
WL,AB = −qdV = qV (A) − qV (B) .
A

Remarque : Le travail de la force de Lorentz est indépendant du chemin suivi, c’est une force conservative. On peut ainsi définir l’énergie
potentielle du système.
b Énergie potentielle électrique


Une particule de charge q située en M soumis à un champ électrique E possède une énergie potentielle électrique de la forme,

Ep,el (M ) = qV (M ) .

II Particule chargée dans un champ électrique


2.1 Étude du mouvement


Soit une particule de charge q et de masse m dans un champ électrique E uniforme. Nous allons travailler dans le référentiel du
laboratoire supposé galiléen. Vu l’absence de symétrie, prenons un repère cartésien (O, −
→, −
u → − →
x uy , uz ) tel que :

− la particule est initialement en O ;




− le champ électrique s’écrit E = E − →;
u y
− la vitesse intialle de la particule v0 = v0 cos α−

→ u→ + v sin α−
x 0
→.
u y


Bilan des forces : la partie électrique de la force de Lorentz q E et le poids m−

g qui sera négligé.

→ −

Le principe fondamentale de la dynamique s’écrit m a = q E . Après projection il prend la forme
mẍ = 0 ;



mÿ = qE ;


mz̈ = 0 .
Ces équations sont indépendantes et ne posent pas de problème. Une première intégration conduit à la vitesse
mẋ = cste = v0 cos α ;



mẏ = qEt + cste = qEt + v0 sin α ;

mż = cste = 0 .

144
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b Mouvement dans un champ électrique uniforme


Le mouvement dans un champ électrique uniforme est plan. La trajectoire est contenue dans le plan généré par la vitesse initiale et
le champ électrique.

Remarque : Ce n’est évidemment pas vrai si l’on travaille avec un champ électrique non–uniforme.
Une seconde intégration conduit à la position

mx = v0 cos αt + cste = v0 cos αt ;





1 1

my = qEt2 + v0 sin αt + cste = qEt2 + v0 sin αt ;

 2 2
mz = cste = 0 .

Remarque : Avec le temps la trajectoire tend à être parallèle au champ électrique.


En éliminant t dans les composante x et y on obtient l’équation de la trajectoire

qE
y= x2 + (tan α)x .
2mv02 cos2 α

b Trajectoire dans un champ électrique uniforme


La trajectoire est un arc de parabole contenu dans le plan généré par la vitesse initiale et le champ électrique. La concavité est dirigée


dans le sens de E si la charge est positive.



E



v0
α x
O

Figure 1 – Trajectoire parabolique d’une particule chargée soumise à un champ électrique uniforme

145
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2.2 Applications
2.2.1 Accélérateur de particules 1/2
Si l’on utilise un champ parallèle à la vitesse, seule la norme de la vitesse est modifiée. Si on applique le PFD on obtient

mÿ = qE ;

i.e. la force électrique accélère (ou freine) la particule le long de l’axe portant le champ électrique.

Calculer la vitesse puis la position dans cette configuration

⊕ −
→ −
→ ⊕ ⊕ −
→ −
→ ⊕
E E E E
⊕ ⊕ ⊕ ⊕
⊕ ⊕ ⊕ ⊕
⊕ ⊕ ⊕ ⊕
⊕ ⊕ ⊕ ⊕
• • • • • • • •
⊕ ⊕ ⊕ ⊕
⊕ ⊕ ⊕ ⊕
⊕ ⊕ ⊕ ⊕
⊕ ⊕ ⊕ ⊕
⊕ ⊕ ⊕ ⊕

Figure 2 – Cas q > 0 Figure 3 – Cas q > 0 Figure 4 – Cas q < 0 Figure 5 – Cas q < 0
Par analogie avec la gravitation universelle on peut affirmer que la force électrique est conservative. La particule n’est soumise qu’à des
forces conservatives alors son énergie mécanique se conserve

1 2 2
Ec (B) − Ec (A) = Ep (A) − Ep (B) ⇐⇒ m vB − vA = q (VA − VB ) .
2
Dans le cadre des accélérateurs de particules on appelle U = VA − VB la tension accélératrice telle que ∆Ec = qU .

b Électronvolt
Un électronvolt (eV) correspond au gain d’énergie cinétique d’un électron accéléré sous une tension accélératrice ∆U = 1.0 V

1eV ∼ 1.6 × 10−19 C .


r
2qU
Remarque : Si on considère une particule initialement au repos, sa vitesse s’écrit vB = .
m
Remarque : A haute vitesse v/c ∼ 0, 1c les lois de la mécaniques classiques cessent d’être valables et on entre dans le domaine de la
relativité restreinte.
2.2.2 Déviation de particules chargées
Nous avons vu dans la partie précédente qu’un champ électrique dévie dans sons sens une charge positive. Un faisceau d’électrons en
mouvement rectiligne uniforme qui pénètre dans une zone où il existe un champ électrique perpendiculaire sera dévié suivant un arc
parabolique de concavité opposée au champ électrique. Les électrons du faisceau une fois ressortis de cette zone de champ électrique
seront à nouveau en mouvement rectiligne uniforme, on peut ainsi dévier un faisceau de particules chargées. Ce principe était utilisé
dans les anciens téléviseurs ou oscilloscopes.

TD17 Ex1

146
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III Particule chargée dans un champ magnétique

3.1 Étude du mouvement


Soit une particule de charge q et de masse m initialement à la vitesse −
→ → en présence d’un champ magnétique −
v0 = v0 −
u

B = B−
→.
u
x z
Commençons par étudier la norme de la vitesse, une étude énergétique suffit pour cela

dEc −
→ −
→ →
= Pmag = F mag .−

v = q−

v ∧ V .−

v =0.
dt
La force magnétique ne fourni aucune puissance au système, ainsi la norme de la vitesse est inchangée car son énergie cinétique est
inchangée ∀t, |−

v (t)| = |−

v0 |.
b Effet du champ magnétique
Un champ magnétique ne modifie pas la norme du vecteur vitesse, il ne peut que modifier sa direction.

Pour étudier le changement de direction du vecteur vitesse il faut utiliser une approche prenant en compte le caractère vectoriel des
différentes quantités. Appliquons le PFD dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen en utilisant les coordonnées cartésiennes.
Deux forces s’appliquent : la force magnétique et le poids que nous négligeons. Le principe fondamental de la dynamique s’écrit


mẍ = q(−→


 v ∧ B )x = q(vy Bz − vz By ) = q ẏB ;



mÿ = q(−→
v ∧ B )y = q(−vx Bz + vz Bx ) = −q ẋB ;



mz̈ = q(−→

v ∧ B )z = q(vx By − vy Bx ) = 0 .

Initialement la vitesse est suivant −→ ainsi il n’y a aucune composante de la vitesse suivant −
u x u→, le mouvement est contenu dans le plan
z

→ −
→ −
→ −

(ux , uy ). Les équations sur ux et uy sont couplées, la résolution est possible mais fastidieuse (voir annexe)... Toutefois nous savons déjà
plusieurs choses à propos de ce problème.


− Le champ magnétique B est uniforme.
− La partie magnétique de la force de Lorentz ne travaille pas : la particule a une vitesse de norme constante v0 .
− La partie magnétique de la force de Lorentz est orthogonale à la trajectoire : la trajectoire est incurvée.
Hypothèse : faisons l’hypothèse que le mouvement est circulaire uniforme.
Prenons le cas où q < 0, ainsi la particule suit une trajectoire circulaire dans le sens trigonométrique θ̇ > 0. On travaille en coordonnées
cylindriques telle que la vitesse −

v = v0 −
→, le principe fondamental de la dynamique s’écrit
u θ



mrθ̈−
→ − mrθ̇2 −
u r u θ v ∧ B = qv0 B −
→ = q−
→ →;
u r

qB
On obtient deux équations indépendantes θ̈ = 0 et r = − > 0.
rω 2
Toutefois r et ω sont deux inconnues non indépendantes, on peut écrire v0 = rω et ainsi obtenir les expressions du rayon de la trajectoire
et de la vitesse angulaire de la particule.
b Rayon de la trajectoire
Le rayon r de la trajectoire circulaire vérifie par une particule de chargé négative est
mv0
r=− .
qB
mv0
Remarque : Pour une particule de charge positive on trouve r = .
qB
v0 qB
Remarque : De plus ω = =± en fonction du signe de q, ω > 0 si q < 0 et inversement.
r m

b Bilan


Étude d’une particule dans un champ B uniforme :
− Montrer que |−→
v | est constante.
− Obtenir le rayon r de la trajectoire, mouvement circulaire uniforme.

→ −

− Placer le centre du cercle à la distance r de la position initiale de la particule, dans la direction indiquée par F mag = q −

v0 ∧ B .
Cette direction se détermine facilement avec la “règle" de la main droite. Attention le sens de q −

v0 dépend du signe de q.
− L’orientation de la trajectoire doit être conforme au sens de −

v0 .

TD17 App3

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3.2 Applications
3.2.1 Spectrographe de masse
TD17 Ex3

Un spectrographe de masse est un appareil destiné à séparer les isotopes d’une même espèce chimique. Prenons par exemple l’hélium
3 (2 protons + 1 neutron) et l’hélium 4 (2 protons + 2 neutrons), ils ont la même charge électrique mais une masse différente. Deux
isotopes ont la même réactivité chimique on ne peux les distinguer par des méthodes chimiques, on aura donc recourt à des méthodes
physiques.
• −

B
• ⊗
− On ionise le mélange d’isotopes en le bombardant d’électrons, pour
obtenir des particules chargées. Elles sont triées pour qu’on ob-
tienne en sortie des particules avec la même charge.
− Les ions sont accélérés grâce à un champ électrique créé entre deux
plaques chargées. accélérateur
− Le faisceau arrive dans un déviateur, siège d’un champ magné-
tique orthogonal à la vitesse des particules constituant le faisceau.
Chaque ion prend alors une trajectoire de rayon r = −mv0 /qB. déviateur
Ainsi chaque isotope aura une trajectoire qui lui est propre qui
permet de les séparer les uns des autres. −

E

Figure 6 – Principe du spectrographe de masse


3.2.2 Accélérateur de particules 2/2
TD17 Ex2

Pour étudier les particules chargées on réalise des collisions (comme au LHC à la frontière franco–suisse). Les particules sont accélérées par
un champ électrique afin d’atteindre des vitesses élevées. Cependant un accélérateur serait vite limité car l’étude de particules nécessite
des vitesses de plus en plus grandes. La solution est apportée par plusieurs types d’accélérateurs comme par exemple le cylotron. Ces
accélérateurs sont composés de sections accélératrice présentant un fort chap électrique et de déviateur afin de faire faire un demi tour
aux particules. A chaque passage dans un déviateur les particules sont de plus en plus rapide et donc le rayon de la trajectoire des
particules est de plus en plus grand.


→ −

B B

Figure 7 – Principe du cyclotron

Cependant il ne peux régner un champ électrique constant dans l’accélérateur, il faut régulièrement inversé le sens du champ électrique
pour accélérer les particules à chacun de leurs passages.

IV Limites relativistes

Analyse documentaire : limites relativistes de la mécanique

Ec = (γ − 1)mc2 ;

→p = γm−→
v .

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blank
Annexe – Chapitre 15 : Résolutions d’équations différentielles couplées
On cherche ici à résoudre le système
(
mẍ = q ẏB ;
mÿ = −q ẋB ;

Il existe plusieurs méthodes (ou astuces) pour résoudre un tel système ici nous allons utiliser les complexes.
On pose une nouvelle variable complexe z = x + jy puis on réaliser la combinaisons linéaire (1) + j · (2) des équations différentielles
précédentes
m(ẍ + j ÿ = qB (ẏ − j ẋ) = −jqB (ẋ + j ẏ) ⇒ mz̈ = −jqB ż .

L’équation différentielle ci–dessus admet comme solution


t m
ż(t) = λ exp− τ +µ avec τ = ; µ=0.
−jqB
−−→
Prenons comme conditions initiales OM (0) = x0 −
→ et −
u x

v = v0 −
→ alors pour la condition initiale en vitesse on obtient
u y

ż(0) = λ = jv0 .

Intégrons une fois ż pour décrire la position de la particule


t mv0 t
z(t) = jv0 (−τ ) exp− τ +ν = exp− τ +ν .
qB

Ainsi les conditions initiales en positions s’écrivent


mv0 mv0
z(0) = x0 = + ν ⇒ ν = x0 − .
qB qB

Ainsi la solution s’écrit


mv0  t

z(t) = exp− τ −1 + x0 .
qB
L’extraction des parties réelle et imaginaire permet d’obtenir
     
mv0 qB mv0 qB
x(t) = cos t − 1 + x0 ; y(t) = sin t .
qB m qB m

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Chapitre 16
Moment cinétique et systèmes en rotation
I’m turning my head up and down,
I’m turning, turning, turning, turning, turning around.
Bibliographie Lemon Tree, Fool’s Garden (1995)
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 13

Nous avons précédemment abordé plusieurs outils fondamentaux en mécanique : les lois de Newton ainsi que les concepts de travail,
puissance et énergie. Bien que ces quelques outils nous permettent de traiter la plupart des problèmes que l’on peut modéliser, nous avons
rencontrer des situations pour lesquelles extraire les informations utiles pouvait être difficile. Nous allons ici présenter une approche,
construite à partir du PFD, qui s’applique aisément dans le cas d’un système en rotation.

I Théorème du moment cinétique


1.1 Notion de moment
b Moment cinétique
Le moment cinétique d’un point M de masse m, de quantité de mouvement −

p M/R relativement au référentiel R calculé au point A
2 −1
s’écrit (en kg m s )

→ −−→ − → −−→ −

σAM/R = AM ∧ p M/R = AM ∧ m v M/R .

Le moment cinétique − →
σ est à la fois perpendiculaire à la vitesse et au vecteur
−−→ −

AM , il est donc perpendiculaire au plan local du mouvement (i.e. parallèle à l’axe v
de rotation). Le sens de −
→σ est obtenu par le produit vectoriel (i.e. la « règle » de
la main droite). α
A• •
−−→ M
La norme du moment cinétique s’écrit σ = mrv| sin α| avec α l’angle entre AM

A

M
et v M/R . La distance r| sin α| peut s’interpréter comme la distance entre A et la H

|s

droite portant le vecteur −
→ .

in
vM/R

α|


b Moment d’une force F

→ α
Le moment de la force F exercée sur le point M , calculé au point A s’écrit (en A• •
2 −2
en N.m ou kg m s ) M

→A −−→ −→ H
M→− = AM ∧ F . •
l
F ,M/R

b Interprétation des moments


− Le moment cinétique donne la direction et le sens de la rotation de M autour de A.
− Sa norme mesure le produit de la masse m, la vitesse v = |− →
v M/R | et de la distance entre A et le prolongement de la vitesse de M .


− Le moment d’une force donne la direction et le sens de l’effet de rotation de M autour de A dû à F .


− Sa norme mesure le produit du bras de levier l (distance entre A et la droite d’action de F ) par la norme F .



F
Sens de rotation Effet de rotation



σ −

M

Le moment cinétique d’un système est lié à la rotation de celui–ci Le moment de force est lié à un effet de rotation par la « règle » de
par la « règle » de la main droite. la main droite.

150
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1.2 Théorème du moment cinétique


Le principe fondamental de la dynamique n’est pas des plus pratique pour étudier un mouvement de rotation, pour ce faire on privilégiera
le théorème du moment cinétique qui peut s’obtenir à partir du PFD (hypothèse : référentiel galiléen)

d−

p M/R X−→
= Fi .
dt i

−−→
Appliquons le produit vectoriel à gauche « AM ∧ » de chaque terme du PFD pour faire apparaître le moment de la résultante des forces
−−→ −→ − →
AM ∧ Fi = MA
−→
F ,M/R
.
i

De son côté le membre de gauche du PFD devient

−−→ d−

p M/R d −−→ −  d− −→
AM − d−

σA
−→ −−→
dAO + OM −
AM ∧ → ∧→ ∧→
M/R
AM ∧ = p M/R − p M/R = − p M/R
dt dt dt dt dt
−→ −−→
d−
→σA dAO − dOM −
∧→ ∧→
M/R
= − p M/R − p M/R
dt dt dt

→ A
d σ M/R − d−

σA
+→v A/R ∧ −
→p M/R − −

v M/R ∧ −
→ M/R
= p M/R = .
dt dt


Les vecteurs −

v M/R et −

p M/R sont colinéaires. De plus si l’on choisit A fixe alors −

v A/R = 0 . Dans ces conditions

−−→ d−

p M/R d−

σAM/R
AM ∧ = .
dt dt

b Théorème du moment cinétique


Lors du mouvement d’un mobile M relativement au référentiel galiléen R la dérivée temporelle du moment cinétique −

σAM/R de M par
rapport à un point fixe A est la somme du moment de toutes les forces en A

d−
→ !
σAM/R
X− → −→
= MA −

Fi ,M/R
= MA tot,M/R .
dt
R i

Remarque : L’hypothèse A est un point fixe simplifie le théorème, si ce n’est pas le cas il faudra veiller à ajouter le terme correctif
découlant de −

v A/R .
1.3 Applications
1.3.1 Mouvements plans
Soit un point matériel M de masse m en mouvement dans le plan z = 0 par rapport au référentiel R. On choisit de repérer le point M
−−→
par ses coordonnées polaires, ainsi sa position et sa vitesse s’expriment OM = r−→ et −
u r

v = ṙ−
u→ −

R + r θ̇ uθ . Le moment cinétique du point
matériel M par rapport au point O s’écrit

→ −−→ −
→ 2 − →
σOM/R = OM ∧ m v M/R = mr θ̇ uz .

Le moment cinétique est proportionnelle à la vitesse angulaire, au carré de la distance entre M et O. Le signe du moment cinétique est
dépendante du sens de la rotation du point matériel, M tourne dans le sens direct si θ̇ > 0 et dans le sens indirect sinon.

Moment cinétique, cas quelconque


−−→
Déterminer le moment cinétique associé au mouvement OM = r−
→ + z−
u r
→ et −
u z

v = ṙ−
→ + rθ̇−
u r
→ + ż −
u θ
→.
u z



σO −
→ −
→ 2 − →
M/R = −mzr θ̇ ur + m(z ṙ − r ż)uθ + mr θ̇ uz .

Remarque importante : la projection du moment cinétique du point M sur l’axe −


→ sera toujours −
u z

σO −

M/R · uz = mr θ̇. Cette une expression
2

que l’on croisera très régulièrement.

151
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1.3.2 Pendule
Soit un point matériel M de masse m accroché par un fil de longueur l au point fixe O. L’étude se fait
dans le référentiel R et on utilisera les coordonnées cylindriques. Appliquons le théorème du moment
cinétique au point M par rapport au point fixe O

d −−→  −−→ −→ − →


OM ∧ m−

v M/R = OM ∧ P + T .
dt O

Pour calculer les différents termes il nous faut la position et vitesse du point matériel
−−→ l
OM = l−
→; −
u r

v M/R = lθ̇−
→.
u θ θ


ainsi que les expressions des forces T


− P = m− →g = mg cos θ− → − mg sin θ−
u r

u θ −


→ u
− T = −T − → θ
ur M•
Calculons le membre de gauche
dl2 θ̇−

u
= ml2 θ̈−
→;
z
m u z −

u
dt r

puis le second membre −



→∧ −
→ − → P = m−

g
l−
u r P + T = −mgl sin θ−
→.
u z

Le théorème du moment cinétique conduit donc à l’équation différentielle d’ordre 2 à coefficients


constants
g
θ̈ = − sin θ .
l
Remarque : On retrouve bien l’équation classique du pendule pour des angles quelconques, qui conduit à l’équation du pendule simple
pour les petits angles sin θ ∼ θ.
1
Remarque : En multipliant par θ̇ et en intégrant on peut retrouver l’expression de l’énergie mécanique ml2 θ̇2 − mgl cos θ = cste.
2
Remarque : Le TMC permet de faire disparaître les forces n’influençant pas le mouvement du point matériel comme la tension du fil.

II Ensembles de points matériels en rotations


2.1 Moment cinétique
b Moment cinétique d’un système de point
Le moment cinétique d’un système Σ de N points matériel, calculé par rapport à un point A dans le référentiel R est égal à la somme
des moments cinétiques de chacun des points (le moment cinétique est une grandeur additive)
X −−→

→ −
→ AMi ∧ mi −

X
σAΣ/R = σAMi /R = v Mi /R .
i i
X −−→ −→
Rappel : Le centre d’inertie I d’un système de points est défini par mi OMi = mOI, qui devient par dérivation pour des points de
i
masse constante
mi −

v Mi /R = mtot −

X
v I/R .
i

Alors on peut réécrire le moment cinétique


X− → X −−→ −
→ X −−→


σA AI ∧ mi −→ IMi ∧ mi −

v Mi /R = AI ∧ mtot −
→ IMi ∧ mi −

Σ/R = v Mi /R + v I/R + v Mi /R .
i i i

b Moment cinétique d’un système de point (bis)



→ −
→A −

σ IMi /R = −
→ −
→I
X
σAΣ/R = σ I/R + σAI/R + σ Σ/R ;
i

le premier terme correspondant au moment cinétique du centre de masse du système par rapport au point A ; et le second à la somme
des moment cinétique des points matériels par rapport au centre de masse I.

L’étude d’un système composé de plusieurs points matériels peut se décomposer en deux parties :
− les points matériels sont en mouvement autour du centre d’inertie I ;
− le centre d’inertie I est au repos ou en mouvement rectiligne uniforme dans un référentiel galiléen R.

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2.2 Moment des forces


On distingue deux types de forces lorsque l’on travaille avec un système de points :
− les forces extérieures au système Σ qui s’applique aux différents points du système (par exemple le champ gravitationnel) ;
− les forces intérieures au système Σ (par exemple l’attraction gravitationnelle entre la Lune et la Terre), une telle force existe entre

→ −−−−→
deux objets Mi et Mj si et seulement si i 6= j. Elles sont usuellement notées F j→i et sont colinéaires à Mi Mj . Rappelons que la
résultante des forces intérieures à un système de point est nulle.

→ −

Considérons les forces intérieures entre deux objets Mi et Mj , d’après le principe des actions réciproques F j→i = − F i→j . Le moment
total dû à ces deux forces s’écrit,

→ −
→A −−→ − → −−−→ − → −−→ −−−→ − → −−−−→ − →
MA j→i + Mi→j = AMi ∧ F j→i + AMj ∧ F i→j = AMi − AMj ∧ F j→i = Mi Mj ∧ F j→i ;


→ −−−−→
or F j→i est colinéaire à Mi Mj ainsi le produit vectoriel précédent est nul.
b Actions mécaniques intérieures

→ −

− La résultante des forces intérieures à un système de points est nulle F int = 0 .

→ −

− La résultante des moments des forces intérieures à un système de points est nulle Mint = 0 .

2.3 TMC d’un système de points matériels


Ainsi d’après les propriétés d’additivité du moment cinétique on peut écrire une généralisation du théorème du moment cinétique pour
un système de points.

d−

σAMi /R −−→ − → −−→ X −
→ d−

σAΣ/R
X −−→ − → X X −−→ − → :0
= AMi ∧ F ext,Mi /R + AMi ∧ F j→i =⇒ = AMi ∧ F ext,Mi /R + AM ∧
i F j→i .
dt dt i i
 
j6=i  j6=i

b TMC d’un système de points


Lors du mouvement d’un système de points Σ relativement au référentiel galiléen R, le dérivée du moment cinétique −

σAΣ/R de Σ

→A
relativement au point fixe A s’identifie au moment de la résultante des forces extérieures Mext calculé en A

d−

σAΣ/R
X−→ −
→A
= MA
ext,Mi /R = Mext,Σ/R .
dt i

2.4 TMC d’un système de points en rotation par rapport à un axe fixe
Afin de déterminer la capacité d’une force à faire tourner un système de point autour d’un axe il est courant de travailler avec les
grandeur « par rapport à un axe ». Notons −
u→
∆ la direction de l’axe autour duquel nous nous intéressons au mouvement de Σ.
Soit A et A deux points distincts sur l’axe ∆ alors les moments projeté sur −
0
u→∆ pour le point Mi s’écrivent,

−−→

→ −
→ − →A0 ∈∆ − → −
→ −


0
σ A∈∆
Mi /R · u∆ = σ Mi /R · u∆ + AA ∧ mi v Mi /R · u∆ ;


→A∈∆ −
→A0 ∈∆ −−→ −→ −
M→−
F ,M
·−
u→
∆ = M→− ·−
u→ 0
∆ + AA ∧ F · u→
∆ .
i /R F ,M /Ri

−−→ −−→
Le vecteur AA0 étant colinéaire à l’axe ∆, les termes en « AA0 ∧ » sont perpendiculaire à l’axe ∆ (par définition du produit vectoriel).
Ainsi les moments projetés sur l’axe ∆ sont indépendants du point choisi tant que ce point appartient à l’axe.

σMi /∆ = −

σ A∈∆ −
→ − →A0 ∈∆ − →
Mi /R · u∆ = σ Mi /R · u∆ ;


→A∈∆ →=−
− →A0 ∈∆ −
→.
M→

F ,M
= M→− ·u ∆ M→
− ·u ∆
i /∆ F ,M
i /R F ,M /R
i

On peut donc se passer de la définition précise du point choisi tant que celui–ci appartient à l’axe d’intérêt ∆.

Toutefois nous n’avons vu que le TMC calculé en un point fixe. Ainsi pour écrire un nouveau TMC nous allons considérer A et A0
fixes, l’axe ∆ est une donc un axe fixe relativement au référentiel R.
b TMC d’un système de points par rapport à un axe fixe
Lors du mouvement d’un système de points Σ autour d’un axe fixe ∆, relativement au référentiel galiléen R, le moment cinétique total
−→A∈∆ −
du système σΣ/∆ = −→ −
→ −

Σ/R · u∆ projeté sur u∆ est relié au moment résultant résultant des forces extérieures MΣ/∆ = Mext/Σ · u∆
σ A∈∆ →


projeté sur u∆ par
dσΣ/∆
= MΣ/∆ .
dt

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2.5 Notion de couple


b Couple

→ −

On appelle couple tout ensemble d’actions mécaniques dont la résultante F ext est nulle et le moment résultant MAext par rapport à
un point A est non nul. Ce moment est alors indépendant du point A. Par abus de langage, on appelle aussi couple l’intensité de ce
moment.

Soit deux points matériels A et B chacun soumis à une force extérieure


−→ −→ − →
telle que FA + FB = 0 .
H −


→ −
→O −
→O −→ −→ −−→ −→ • u z
MOext = MA,ext + MB,ext = OA ∧ FA + OB ∧ FB
−−→ −→ − → −→ − → l
= OB − OA ∧ F B = AB ∧ F B = F l sin α−
→.
u z

A α I
Remarque : Le moment est indépendant du point O choisi. • • •
B
L’intensité d’un tel moment résultant est souvent appelé couple des forces
−→ −

et notée Γ = MO ext · uz = F l. On constate que le couple est d’autant plus
élevé que la force s’exerce loin de l’axe de rotation, on parle de bras de
levier.

III Solides en rotation

3.1 TMC appliqué à un solide indéformable en rotation autour d’un axe fixe
Un solide indéformable peut être décrit comme une « généralisation » du système de points matériels. Chaque volume infinitésimal
du solide est considéré comme un point matériel ayant une masse élémentaire ρdV avec ρ la masse volumique du solide et dV le
volume infinitésimale. D’autre part les sommes discrètes utilisés dans le cas du système de points matériel sont généralisée par « limite
continue » et remplacées par des intégrales.

Dans le cas d’un système de points, on obtient le moment cinétique total projeté sur un axe − u→

σMi /R −
u→
X X A∈∆ X
σΣ/∆ = σMi /∆ = ∆ = mi ri2 θ̇i .
i i i

avec mi la masse du point Mi , ri sa distance à l’axe de projection et θ̇i sa vitesse de rotation. Pour un solide qui ne peut que se dilater
(ri variable) on a θ̇i = ω, ∀i donc !
X
σΣ/∆ = mi ri2 ω = JΣ/∆ ω .
i

Pour un système indéformable on a ri = cste et θ̇i = ω ∀i. Le moment d’inertie dépend de la géométrie du solide mais également de
l’axe autour duquel le solide est en rotation. Pour un solide indéformable, les moments d’inertie ne varient pas au cours du temps.

b Moment cinétique d’un solide en rotation


Soit un solide Σ en rotation autour d’un axe ∆ avec une vitesse angulaire ω = θ̇. Son moment cinétique par rapport à l’axe ∆ s’écrit
y
σΣ/∆ = JΣ/∆ ω avec JΣ/∆ = ρr2 dV
Σ

où JΣ/∆ est appelé moment d’inertie du solide par rapport à l’axe ∆ et r la distance par rapport à l’axe de rotation.

Remarque : Cette expression est valable pour tout solide en rotation.


Remarque hors programme : Des considérations de mécanique du solide avancées amènent à la conclusion que la rotation d’un solide
autour d’un de ses axes principaux n’est pas nécessairement stable, en l’occurence seule la rotation autour des axe de plus faible et plus
grand moment d’inertie est stable.
b TMC pour un solide en rotation par rapport à un axe fixe
Lors du mouvement de rotation d’un solide Σ autour d’un axe fixe ∆, relativement au référentiel galiléen R, son moment d’inertie
σΣ/∆ est relié au moment des forces extérieures M∆,ext par rapport à ∆
dσΣ/∆
= M∆,ext .
dt
Pour un solide indéformable on obtient

JΣ/∆ = M∆,ext .
dt

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Tige 1D longueur l, masse m, le long de −→


u z Jx (I) = Jy (I) = (1/12)ml2
I centre de masse de la tige, A extrémité de la tige Jx (A) = Jy (A) = (1/3)ml2
Disque rayon R, masse m, ⊥ − →
u z Jz (I) = (1/2)mR2
I centre de masse du disque Jx (I) = Jy (I) = (1/4)mR2
Cylindre plein longueur l, rayon R, masse m le long de −→
u z Jz (I) = (1/2)mR2
I centre de masse du cylindre Jx (I) = Jy (I) = (1/4)mR2 + (1/12)ml2
Sphère de rayon R, masse m, centre I JΣ/∆ (I) = (2/5)mR2

TD21 – Ex4

3.2 Application aux systèmes en rotation


3.2.1 Le moteur
TD21 – Pb1

Un moteur est utilisé pour entrainer d’autres pièces mécaniques en rotation. Il exerce un couple moteur sur cette pièce et inversement
la pièce mécanique exerce une couple de freinage sur le rotor. Pour maintenant le rotor en rotation il est donc nécessaire de compenser
le couple de freinage par un couple moteur, c’est le stator qui produit ce couple. Tandis qu’un frein est utilisé pour ralentir/stopper le
rotor. Il est indispensable de lui appliquer un couple de freinage, c’est le stator qui joue ce rôle.
Exemple : Lors du freinage d’un vélo, le rotor est la roue et le stator le cadre. Le freinage est assuré par des patins en caoutchouc qui
viennent frotter sur la jante dans le cas le plus courant et produisent un couple de freinage.
3.2.2 Le pendule pesant
Considérons une tige homogène, de longueur l et masse m, attachée en O par une liaison pivot parfaite d’axe − u→. Sa position est repérée
x
par l’angle θ par rapport à la verticale. La tige est lâchée sans vitesse initiale avec un angle θ0 . On note Jx le moment d’inertie du
pendule par rapport à l’axe −
→.
u x
Le TMC appliqué à la tige (solide indéformable en rotation autour d’un axe fixe − → passant par O) permet d’écrire
u x

−→ −  
→ → l− → = − l mg sin θ =⇒ 1 ml2 θ̈ = − l mg sin θ =⇒ θ̈ = − 3 g sin θ .
Jx θ̈ = OI ∧ P .−
uz = → ∧ mg (cos θ−
u r
→ − sin θ−
u r
→) .−
u θ u z
2 2 3 2 2l
r
3g
On retrouve l’équation d’un oscillateur harmonique aux petits angles avec une pulsation propre , légèrement modifiée par le moment
2l
d’inertie et le « déplacement » du centre de masse.
Multiplions le PFD par θ̇ puis intégrons

l 1 l
Jx θ̇θ̈ + mg θ̇ sin θ = 0 =⇒ Jx θ̇2 − mg cos θ = cste = Em .
2 2 2

3.3 Étude énergétique d’un solide indéformable en rotation autour d’un axe fixe
Considérons un solide en rotation autour d’un axe orienté fixe noté −
→ à la vitesse angulaire θ̇ par rapport à un référentiel galiléen R.
u z y
On va modéliser le solide par un ensemble de points matériels de moment d’inertie J = ρr2 dV avec r la distance par rapport à
Σ
l’axe de rotation.

L’énergie cinétique d’un système de points est égale à la somme des énergies cinétiques de chaque points par additivité de l’énergie. Ainsi
l’énergie cinétique, d’un solide en rotation autour d’un axe ∆ peut être construite de manière similaire au moment cinétique projeté sur
ce même axe ∆.
b Énergie cinétique d’un solide en rotation
Un solide de moment d’inertie JΣ/∆ en rotation autour de l’axe ∆, relativement au référentiel R, à la vitesse θ̇ possède une énergie
cinétique

1
Ec,Σ/∆ = JΣ/∆ θ̇2 .
2
Nous avons construit précédemment le théorème de la puissance cinétique à partir du PFD. Pour construire le théorème de la puissance
cinétique appliqué à un solide en rotation, prenons comme point de départ le théorème du moment cinétique (hypothèse : axe fixe ∆ et
référentiel galiléen R).

→ −

JΣ/∆ θ̈ = Mext,Σ/∆ = MA∈∆
ext,Σ/R · u∆ ⇐⇒ JΣ/∆ θ̈ θ̇ = M∆,ext θ̇
 
d 1 dEc,Σ/∆
⇐⇒ JΣ/∆ θ̇2 = = Mext,Σ/∆ θ̇ = Pext,Σ/∆ .
dt 2 dt

b Puissance d’un moment s’exerçant sur un solide en rotation

PMi ,Σ/∆ = Mi,Σ/∆ θ̇ .

155
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b TPC/TEC appliqué à un solide indéformable en rotation autour d’un axe fixe


Dans un référentiel galiléen R, la dérivée temporelle de l’énergie cinétique d’un solide indéformable Σ en rotation à la vitesse θ̇ autour
d’un axe fixe ∆, relativement au référentiel galiléen R, est égale à la puissance des actions mécaniques extérieures s’exerçant sur le
solide
dEc,Σ/∆ X
= PMi ,Σ/∆ = Ptot,Σ/∆ ;
dt i

1
avec Ec,Σ/∆ = JΣ/∆ ω 2 où JΣ/∆ est le moment d’inertie du solide projeté sur l’axe ∆.
2
Le théorème de l’énergie cinétique s’écrit X
∆Ec,Σ/∆ = WMi ,Σ/∆ = Wtot,Σ/∆ .
i

b TPM/TEM appliqué à un solide indéformable en rotation autour d’un axe fixe


Dans un référentiel galiléen R, la dérivée temporelle de l’énergie mécanique d’un solide indéformable Σ en rotation à la vitesse θ̇ autour
d’un axe fixe ∆, relativement au référentiel galiléen R, est égale à la puissance des actions mécaniques extérieures non conservatives
s’exerçant sur le solide

dEm,Σ/∆ X
= PMi ,Σ/∆,nc = Ptot,Σ/∆,nc ;
dt i

X 1
avec Em,Σ/∆ = Ec,Σ/∆ + Ep,i =JΣ/∆ ω 2 + Ep,tot .
i
2
Le théorème de l’énergie mécanique s’écrit
X
∆Em,Σ/∆ = WMi ,Σ/∆,nc = Wtot,Σ/∆,nc .
i

3.4 Application : le pendule de torsion


Le pendule de torsion est constitué d’une barre homogène de longueur L, masse m et fixé à un fil en
un point O confondu avec le centre d’inertie de la barre. On donne à la barre un angle initial afin de
déformer le fil et la lâche sans vitesse initiale.
mL2
Le moment d’inertie de la barre par rapport à l’axe est J = , l’action du fil sur la barre est
12
modélisée par un couple de rappel Γ = −Cθ appelé couple de torsion.
Le théorème du moment cinétique appliqué à la tige indéformable en rotation autour d’un axe fixe
s’écrit
C
J θ̈ = −Cθ ⇒ θ̈ + θ = 0 .
J
La puissance associée au couple de torsion s’écrit P = Γθ̇ = −Cθθ̇.
On peut associer au couple de torsion une énergie potentielle telle que
Z
1
Ep = − P(t)dt = Cθ2 .
2

Le théorème de la puissance cinétique appliqué à ce même système s’écrit


 
d 1 2 C
J θ̇ = J θ̈θ̇ = −Cθθ̇ ⇒ θ̈ + θ = 0 .
dt 2 J
3.5 Solide déformable
Nous avons vu précédemment que le moment résultant des actions mécaniques intérieures à un système de points est nul

→ −

Mint = 0 .

Exprimons la puissance associée aux forces intérieures apparaissant entre deux points i et j

→ −
→ −

Pint = F i→j · −→v j + F j→i · −

v i = F i→j · (−

vj −−
→v i) .

b Puissances intérieures d’un système de points




Un système de point indéformable signifie que −

vj −−→v i = 0 alors Pint = 0.
À l’inverse pour un système de points déformable on a Pint 6= 0.
Remarque : Le résultat précédent se généralise aisément à un solide.
b Théorèmes énergétiques pour un système déformable
Théorème de la puissance cinétique
dEc
= Pext + Pint .
dt
Théorème de l’énergie cinétique
∆Ec = Wext + Wint .

156
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Tabouret d’inertie
Une personne est assise sur un tabouret dont le siège peut tourner sans frottement autour d’un axe vertical ∆. La personne se
met en rotation les bras reprisés sur elle–même (état 1) à la vitesse angulaire ω1 . Elle étend ensuite les bras (état 2) et se rotation
se fait à la vitesse angulaire ω2 .
1. Des les états initial et final, le système est assimilable à un solide de moment d’inertie par rapport à l’axe ∆ notés J1 dans
l’état 1 et J2 dans l’état 2. Comparer J1 et J2 .
2. Que dire du moment cinétique scalaire L∆ du système (personne + siège) pendant cette opération ?
3. Trouver une relation entre les moments d’inertie et les vitesses angulaires initiales et finales. Commenter le résultat.
4. Appliquer la loi de l’énergie cinétique au système entre les états 1 et 2. Commenter le résultat.
5. L’expérience est plus spectaculaire si la personne tient dans ses mains des haltères. Expliquer pourquoi.

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Chapitre 17
Forces centrales
I’m a shooting star leaping through the sky
Like a tiger defying the laws of gravity
Bibliographie Don’t Stop Me Now, Queen (1979)
bCap Prépa Physique MPSI–PCSI–PTSI, Pérez, 2013 −→ Chapitre 13

De nombreux systèmes en rotation existents dans la nature comme par exemple les systèmes auto–gravitants : les galaxies sont un
ensemble d’étoiles en rotation, ou une étoile peut être vu comme un fluide en rotation. Dans ces systèmes l’effet de l’attraction
gravitationnelle s’exerçant entre les différents corps est équivalente à l’existence d’une force dirigée vers le centre du système. On
rencontre souvent des situations analogues lorsque la force exercée sur un mobile est toujours dirigée vers un point fixe précis, on dit
que le système est soumis à une force centrale.

Le problème à force centrale a été résolue pour la première fois par Newton en 1687, les études qui suivirent permirent de faire de
nombreuses avancées quant au comportement du système solaire (mentionnons les travaux de Kepler). Mentionnons encore quelques
autres exemples comme un ressort accroché en un point associé à une masse libre de se déplacer dans un plan, ou la diffusion Rutherford.
I Forces Centrales
1.1 Définition
b Force centrale


Force F exercée sur un point matériel M constamment dirigée vers un certain point fixe O appelé centre de force.

Dans la suite nous considérons que le référentiel d’étude est toujours galiléen et le centre de force fixe.
b Moment d’une force centrale
Le moment d’une force centrale est toujours nul

→O −−→ −→ →=− →
M→ −
F ,M/R
= OM ∧ F = r−
→ ∧ F−
u r u r 0 .

Exemples :
− la tension d’un fil attaché en un point O est une force centrale dirigée du point matériel M vers O ;
− la force d’attraction gravitationnelle est une force centrale dirigée du point matériel vers le centre attracteur ;
− la force électrostatique est une force centrale dirigée de la charge étudié vers la charge attractrice.
1.2 Conséquences
b Conservation du moment cinétique
Le moment cinétique (calculé en O) d’un point matériel M de masse m soumis à une force centrale de centre O l’origine du référentiel
galiléen R est constant lors du mouvement du point matériel car le moment des forces est nul.

A un instant donné, le mouvement d’un point matériel est dans le plan perpendiculaire au moment cinétique par définition. Ains un
moment cinétique de direction constante −
→ implique que le mouvement se fait dans le plan (−
u z
→, −
u →
x uy ).

b Mouvement plan
Un point matériel M soumis à une force centrale de centre O effectue un mouvement dans le plan fixe passant par O et perpendiculaire
au moment cinétique −→
σOM/R .

Le mouvement étant astreint dans un plan et se faisant autour du point fixe O, il est judicieux de travailler en coordonnées polaires
dans le plan z = 0. Dans ce repère, le moment cinétique calculé en O s’écrit


→ −−→ −
→ −
→ −
→ −
→ 2 −→
σOM/R = OM ∧ p M/R = r u r ∧ m(ṙ u r + r θ̇ u θ ) = mr θ̇ u z .

b Constante des aires


Dans un mouvement à force centrale de centre O, le mouvement de M est caractérisé par une quantité conservé appelée la constante
des aires
C = r2 θ̇ .

Remarque : Le signe de C dépend de l’orientation choisie pour la plan et du sens de rotation (i.e. le signe de θ̇).
Remarque : Si le point matériel se rapproche de O alors r diminue et donc θ̇ augmente.

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PCSI 2019–2020, Lycée Lalande, Bourg–en–Bresse Alexandre Alles

y
Si C > 0 alors le mouvement se fait dans le sens direct. Considérons un déplace-
ment infinitésimale entre M (t) et M 0 (t+dt). dt étant infinitésimal, le déplacement
entre M et M 0 peut être assimilé à au segment M M 0 en première approximation. M0
−−→ −

Le triangle OM M 0 représente la surface balayée par le vecteur–position − →r = OM u θ


0 u
au cours du déplacement infinitésimal. Soit dA l’aire du triangle OM M alors, r

1 − 1 → →) | = 1 |r2 dθ| .
|dA| = |→
r ∧ d−

r | = |−
r ∧ (r−
→ + rdθ−
u r u θ
2 2 2 M
b Loi des aires dθ
Pour un intervalle de temps donné, la surface balayé par le vecteur–position −
→ −

σOM/R
est constant et indépendant de la position initiale du point matériel. Ceci peut F
s’écrire θ
dA 1
= C. x
dt 2
Figure 1 – Illustration de la loi des aires
dA
Remarque : La quantité est appelée