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L'approche paysagère

comme outil d'analyse urbaine


INTRODUCTION:

« C’est une approche qui considère l’espace, selon un rapport de


communication de l’homme et de l’espace celui de la perception visuelle. Elle
développe ses propres outils et cadres en parfaite liaison avec des phénomènes
de perception , et trouve son extension dans les domaines de la psychologie et de
la sémantique de l’espace ».
 La base de cette approche est de repartir l’espace vu sous forme de configurations
visuelles.
 La qualité de ses configurations visuelles et spatiales permet à l’habitant d’avoir
une bonne image mentale de son environnement ce qui lui permet d’avoir un
profond sentiment de sécurité et de bien être.
Objectif :
L’objectif est d’analyser l’apparence des espaces urbains d’en déduire leur qualité
visuelle en s’appuyant sur la conception visuelle afin de dégager une méthode de
modification de l’espace urbain vers la meilleure forme urbaine celle d’une plus
grande clarté.

 Y a-t-il précisément, entre les différentes images que l’homme se fait de sa cité, un
fond commun d’éléments et de relations, dont l‘urbaniste puisse se servir pour
modeler ou remodeler un personnage urbain plus satisfaisant ? (LYNCH, 1960)
Définition

Le paysage est un terme usuel, que définie t'il ?


Selon les dictionnaires:
*Etendue de terre que l'on embrasse d'un seul point de vue.
*Etendue de pays que l'on voit d'un seul aspect et considérée du point de vue de son
pittoresque (Quillet).
*Dessin, tableau représentant un site champêtre. Un tableau qui représente un paysage
(Larousse).
*Genre de peinture, genre pictural.
La notion semble donc assez floue et le même terme désigne:
- ce que l'on représente
- la représentation elle-même.

Définir un paysage :
Le paysage est ainsi défini comme la lecture esthétique d'un espace à un instant
précis. Cette lecture est le résultat de la combinaison d'une réalité et d'un regard :
c'est le paysage que chacun, avec sa culture, approche à sa façon.
Le concept de paysage

L'économiste: voit dans le paysage une source d'activités, d'emplois et, par
conséquent, de revenus

Le géomorphologue : considère le paysage du point de vue de la genèse de son modelé,


lié à la nature géologique du sous-sol et aux forcesé rosives

Le géographe humain :a une approche globale. Il place au cœur de ses préoccupations


la problématique des localisations

L’architecte-paysagiste:le spécialiste de la conception et de l'aménagement des parcs et des jardins


voit sa mission s'étendre à des espaces de plus en plus larges et complexes

‘Le psychologue:introduit une nouvelle dimension dans l'analyse paysagère : celle de la psychologie
de la perception. En effet, il n'y a de paysage que perçu : le paysage n'existe que si on le regarde.

‘L’écologue:
appréhende le paysage
dans ses relation sécologiques spécifiques qui lient les différents écotopes
L’APPROCHE PAYSAGISTE

Présentation Et Philosophie De L’Approche

Sources historiques: théorisation et


critique:
Camillo Sitte, L'art de bâtir les villes, 2 L’image de la ville est le pivot de sa
théorisation
• Apprèhende la morphologie de l’espace
en tenant compte essentiellement de la
perception visuelle de l’espace
• A tenté d’inventer une nouvelle méthode
1;Approche néo-empiriste d’analyse urbaine à fin de réorienter le
processus de planification
• Emerge dans les années 60 • Cherche à mettre au point des outils
• prend compte de l’interaction entre d’évaluation qui permettront la conception
l’homme et son environnement de projets orientés vers la création de
• Perceptive, cognitive, émotionnelle, cette systèmes soutenant les qualités
approche offre une personnalisation des sensorielles du paysage perçu
solutions adaptées à chaque contexte
social, géographique, culturel pour la
lecture de l’espace urbain

Elle prend ses racines avec l'aménagement «Pittoresque»


dont CAMILLO SITTE est le plus éminent représentant. Avec Sources historiques:
son ouvrage « Der Stâdtebau nach seinen kiinstlerischen recherche et enseignement
Grundsâtzen, 1889 » ou « L’art de bâtir les Villes ».
universitaire: Auguste
Aborde : l’espace urbain et la théorie de l’esthétique
traditionnelle. Choisy. Histoire de
l'architecture, 1899
 C’est une approche qualitative basée sur les perceptions des utilisateurs de l’espace et
repose sur les méthodes cherchant à déterminer leurs réactions, opinions,
préférences.
 Elle a développé ses propres outils d’analyse ainsi que son propre vocabulaire qui
cadre en parfaite liaison avec les phénomènes de perception et puise ses références
dans les domaines de la psychologie et de la sémantique de l‘espace (Benyoucef,
1995).

•Une vision de non-professionnel est mise en exergue


La nouveauté: •A la deuxième moitié de 20éme siècle: une compétition entre les
approches d’experts « objectives » et les approches basées sur les
perceptions du public « subjectives » (Daniel, 2001)

la qualité esthétique d'un objet provient de ses


Le modèle objectif
propriétés intrinsèques

Le modèle subjectif l'importance est mise sur l'observateur

C’est ce qui caractérise l’approche paysagiste


l'importance est accordée aux points de vue
Traditionnellement (viewpoints) fixes
Cette approche artistique traditionnelle à la conception
de ville n’est pas seulement l’œuvre de Sitte mais
d’autres théoriciens tel que CHARLES BULS
(Esthétique des villes, 1894) ou RAYMOND UNWIN
(Town Planningin In Practice, 1909) qui ont également
servie de base à l’élaboration de la vision paysagiste.

Les visionnaires paysagistes

l’observateur est en mouvement


réseau sémantique gravite autours de cette approche (pittoresque, sensible,
perceptuel, visuel, et sensoriel)
- Il a fallut attendre jusqu’aux années 60 pour que naisse réellement l’approche paysagiste

Elle fut tout d’abord nord-américaine (avec les travaux


de KEVIN LYNCH), puis anglo-saxonne (avec les travaux
le GORDON CULLEN)

L’approche paysagiste s’illustre à travers l’ouvrage (The Image of the City, 1960) de KEVIN
LYNCH ou il a repris et développé les théories de GYORGY KEPES (Language of Vision, 1944)
mais aussi avec le livre (Townscape, 1961) de GORDON CULLEN qui a repris et popularisé les
approches critiques développées par Ian Nairn (Outrage, 1955) et dans le Architectural
Review à partir de 1955.
Historique

Cette approche tire son origine des travaux:


De l’architecte et théoricien Camillo Sitte, qui publie
«l’Art de bâtir les villes»,en 1889.
Elle prend ses racines avec l'aménagement
«Pittoresque» dont CAMILLO SITTE est le plus éminent
représentant. Aborde : l’espace urbain et la théorie de
de l’urbaniste anglais Raymond l’esthétique traditionnelle.
Unwin : - Étudié les variations des paysages
dans la succession des places qui caractérisent les
- la notion développée par Sitte villes médiévales.
devient un outil d’analyse , lors de
l’étude de la petite ville allemande
Buttstead, il a multiplier les vues
urbaines pour rendre compte de
différents points de vues, il
propose onze tableaux .

Fig3: Camillo Sitte revu par Camille Martin La rue des


pierres à Bruges
1. La Grande place.
2.La rue des pierres .
3. place Stevin.
4.La cathédrale.
(C. Sitte L’art de bâtir les villes , 1889).
Propriétés topologiques et géométriques
L’approche paysagiste
Les grands adeptes de l’approche
Les figures de proues
 1. Kevin Lynch Andrew 1918-1984
Biographie:
-Américain de Chicago
– Architecte et urbaniste de formation (Yale)
– Enseignant au MIT avec plusieurs publications
– théoricien de l’urbanisme et pratique en design urbain
Œuvres qui aborde l’approche paysagiste:
•Parmi ses œuvres les plus connues « the image of the city,1960 »
•The View from the Road 1964
•Managing the Sense of a Region, 1976 (Voir et planifier)
•Il a appris l’architecture avec F. L .Wright, poursuivi des études de psychologie et
d’anthropologie qui l’ont conduit a une approche nouvelle du problème urbain

 Constats de Lynch
La ville est non seulement un objet perçu, mais qui bouge, qui évolue par la
production de certains constructeurs. Tandis qu’elle peut rester stable dans ses
grandes lignes, elle n’arrête pas de changer dans le détail.
- L’existence d’un cadre bâti, d’un ensemble d’acteurs et d’activités.
- La ville américaine est laide par sa congestion ses fumées, sa chaleur , son
chaos en même temps que sa monotonie .Il faut désormais chercher à
créer un environnement harmonieux.
Fondement de sa théorie

 - 1948: enseignant au MIT


 -1951 : avec GYORGY KEPES : séminaire expérimental nommé « Form of the City » dans
le but de reformuler la question de l’esthétique urbaine
 -1951-1959 : à la tête d’un programme qui explore différentes voies dans la construction
d’un discours scientifique sur la forme urbaine
 -1953-1954 : en Europe a développé deux démarches :
1-Une approche quasi-ethnographique nourrie par des carnets d’observation.
2-Une approche classique avec la réalisation de simples cartes de manière très empirique
représenter les éléments les plus évidents de la topographie d’une ville.

 -1955, LYNCH, en association avec DAVID CRANE : recherche le vocabulaire formel qui
décrie au mieux l’image mentale ainsi que la méthode la plus efficace pour la saisir.
 1960 : The Image of the City, l’ouvrage publié par le Joint Center for Urban Studies, issu
des recherches au sein du MIT.
1. Les interviews fournissent les éléments qui permettront de
cartographier l’image mentale de la ville. Elle sont basées sur un questionnaire précis
et comportent en particulier la production d’une carte schématique par l’interviewé,
classement de photographie d’endroit particulier dans la ville.

2. L’enquête permet de reconnaître les différents éléments objectifs


de la forme de la ville, elle se fait sur terrain par un observateur entrainé pour faire
une reconnaissance systématique du terrain, relevant sur un plan divers éléments et
leur visibilité.

3. L’échantillon d’interviewé: d’un petit échantillon de personnes (15 à 30)

Cartographier les résultats: orientation,


mémoire, configuration topologique et vérifier la
compatibilité des dires avec la réalité physique
de l’environnement établi par l’enquête
Les notions mises en évidence
Principes de base de la méthode

NOTIONS

"Imagibility". « Lisibilité"

C'est la clarté du paysage, la facilité


La qualité qu’à un objet d'identifier les éléments de la ville et de
de produire une image les structurer en schéma cohérent.
mentale chez -Les habitants structurent et identifient
l’observateur leur milieu ,ils se dotent d’une image de
Pour renforcer l’image Devrait être leur environnement c’est-à-dire d’une
on peut: des critères représentation mentale généralisée de son
fondamentaux monde physique extérieur .
- Utiliser des
instruments de l’urbanisme -Les images : sont le résultat d’une
symboliques(cartes et interaction, d’un va et vient entre le milieu
pancartes) à fin d’avoir et l’observateur qui reconnaît facilement
- Exercer l’observateur à une ville les objets familiers et les objets imposants
.
mieux percevoir la harmonieuse
réalité. -La tâche des urbanistes consistant a
modeler un espace destiné a de nombreux
- Enfin on peut agir sur habitants, c’est l’image collective qui les
la forme de intéressent.
l’environnement‘
-Les images collectives : sont des
représentations mentales communes à de
grandes quantités d’habitants d’une ville .
Les composantes de l’image de l’environnement :
- Son identité : identification d’un objet , on le distingue des autres objets,
qu’on le reconnaisse comme une entité séparée.
- Sa structure: relation spatiale de l’objet avec l’observateur et les autres objets
-Signification : l’objet doit avoir une signification pratique ou émotive pour
l’observateur.

Une image forte Kant disait


que le
• permet à la fois aux gens de s’orienter facilement, d’apprécier concept
l'esthétique des lieux, de forger un sentiment d’appartenance et sans
même de consolider des croyances ou une vision du monde l'intuition
est vide et
que
La qualité des images l’intuition
sans le
• dépend de trois critères : -les concepts spatiaux : l’identité concept
(l’individualité, l’unicité), et la structure ; et concept temporel; la est
aveugle.
signification (émotive ou pratique)
«
Parallèlem
Image collective ent,
l'image
sans son
• « envelopperait » un grand nombre d'images individuelles sens est
• l’urbanisme peut interférer dans la transformation de l’image d’une ville, mais vide ».
celle-ci dépend d’abord du comportement et des perceptions d’une multitude
d’individus.
Relever la relation entre l’image et la forme :
 La forme d'une ville doit rester partiellement non engagée, non spécialisée, afin de
laisser aux citadins la possibilité de lui insuffler leurs propres significations.
Cependant, l'environnement doit être organisé de manière visible et
reconnaissable

Les qualités de la forme de la ville


Quelles catégories utiliser dans la composition urbaine ?
il est possible de renforcer l’imaginabilité de l’environnement urbain
en facilitent son identification et sa structuration visuelle ; pour cela
il faut insister sur :

1- La singularité 2- La simplicité 3- La continuité 4- La dominance

Au sens géométrique Cette qualité aide à sont les


La clarté de la plus une forme est percevoir une qualité caractéristiques non
silhouette : constatée simple , moins les physique complexe
ou isolement d’avec le individus la modifieront comme une unité et
physiques qui
paysage qui fait que pour la simplifier afin suggéré l’attribution peuvent accroitre
l’on remarque la forme de l’intégrer dans leur d’une identité l’imaginabilité d’un
représentation mentale particulière
élément
5-La différenciation 7- La conscience du
6- Le champ visuel
directionnelle mouvement
Ces qualités renforcent et
développent la faculté que
posséde un observateur
C’est l’ensemble des
d’interepréter la direction
qualités qui augmente la
qui permet de faire sentir ou la distance et de saiser la
portée et la pénétration de
ou on est forme en se déplaçant … qui
la vision ,de manière réelle
permettent de structurer la
et symbolique
ville puisque c'est en
mouvement qu'on ressent la
ville

8- Les séries temporelles 9- Les dénominations


et significations,
perçues dans le temps
caractéristiques non
telles des séries de
physiques qui peuvent
points de repère
renforcer l'identité
5 éléments de la composition de
l’image de la ville:

Les voies

Les points
Les limites
de repères

Les
Les nœuds
quartiers
Élément Définition Exemple

Voie réseau de déplacements qui permet d’appréhender la ville et Rue


Ligne d’en relier les éléments

Limite Les plus fortes de ces frontières entre deux quartiers,sont les Barrière,
limites visibles, continues, impénétrables rivière.

Surface quartier points de références, parties de ville aux spécificités quartier


clairement identifiables,type de bâti , de décoration
d’actinites de classes sociales et de races.

Noeud point de communication, de croisement , de convergence des Intersection


voies,de rassemblement . de rues.
Point

Point de points de références ponctuelles permettent aux habitues de Statue


repère la ville de se guider et assurent efficacité fonctionnelle et
sécurité émotionnelle.
Code cartographique

La perception Construction
Traitement
mentale
1. Le regroupement
2. La sélection
3. L’interprétation
4. La structuration

Des cartes Des éléments


mentales physiques
1.Thomas Gordon Cullen 1914-1994

• Biographie
 Né en Angleterre (Calverly)
 Architecte de formation
 Pratique en architecture et consultant en urbanisme (projets à Londres, Glasgow, et en Inde)
 Important impact pendant l’après-guerre
 en 1994, David Gosling et Norman Foster recueillis divers exemples de son travail et les ont mis
ensemble dans le livre "Visions de design urbain».
• Œuvres:
 Townscape (1961)
 The ConciseTownscape (1961)
 • Contexte: crise de l’urbanisme d’après-guerre.
 • Analyse la pratique traditionnelle du design urbain(Sitte, Unwin, …)
 • Approche esthétique du cadre bâti.
 • Le primat de la « mise en relation », de la séquence, et de l’impact psychologique du fait urbain.
Cullen a attiré l'attention des architectes et des planificateurs troublés par les aspects techniques
et stériles du modernisme. Il les a aidés en formulant la portée de la conception urbaine comme
activité interdisciplinaire exigeant des qualifications architecturales et de planification urbaine.

CULLEN a inventé le il a cru que chaque était que la


terme "Townscape" endroit et ville du restructuration
comme art de passé (Moyen Âge), urbaine pouvait être
l'environnement. a son propre accomplie d’une
caractère une manière objective

L’HYPOTHÈSE
TOWNSCAPE

PERSONNALITÉ personnalité qui


fournit un sentiment
grâce à la
compréhension des
de chaleur et de effets
convivialité. produits par la
mise en relation des
éléments physiques
de l’environnement
« un art de
l’ensemble ».
« TOWNSCAPE » paysage urbain
« philosophie de l’urbanisme » (Urban Design)

 où il suppose une connaissance du comportement humain en ville.


«Si on me demandait de définir le townscape, je dirais qu'un bâtiment, c'est de
l'architecture, mais que deux bâtiments sont du townscape. Parce qu'à partir du
moment où deux bâtiments sont juxtaposés, l'art du townscape apparait »
GORDON CULLEN, The Concise Townscape, The Architectural Press, Londres, 1971
(première édition: 19611, p. 133).

PRINCIPES DE BASE:
 – Le mouvement et la vue sérielle :
 • La vue de l’existant.
 • La perception de l’émergeant.
 • L’optique de la vision.
 – La position : nos réactions à notre position dans l’environnement.
 – Le contenu : la matérialité, le caractère, l’identité.Le mouvement du corps et la mouvance de
l'intelligence vont ainsi à la rencontre du traitement convenant au matériau: le regard s'anime alors
de la vision qui découle de ce comportement accordé à chacune des parties constituant l'édifice.
 • Émotions et sentiments.
 – L’usage architectural et urbain.
 – L’adéquation fonctionnelle à travers le temps.
 – Utilisation du dessin, du croquis architectural et de la photographie
Méthode et démarche:

CULLEN ne propose pas son travail


comme théorie ; au lieu de cela,
il l'explique juste avec beaucoup
de croquis et de photos des
exemples de compositions de Cullen utilise ces
l'espace. dessins d'une
manière analytique
La séquence est pour montrer
accompagnée d'un quelques traits de
plan, indiquant les l'espace, le degré de
points le long de la variation, le motif,
trajectoire où les et ainsi de suite
Elle se compose d'une
perspectives sont
série de croquis
prises.
perspectifs disposés
dans un ordre, comme
on pouvait s'y
promener le long
Il emploie une d'une route ou un
méthode de parcoure donnée
représentation Ses propos, présentent certaines
«Vision de série» similitudes avec ceux de Lynch
ou « vision sérielle ( la perception comme un processus
»
dynamique qui requis tous
les sens)
1. Le mouvement: la vue sérielle :
•La vue de l’existant;
•La perception de l’émergeant.
2. La position: nos réactions à notre position dans
l’environnement.
3. Le contenu: la matérialité, le caractère, l’identité (émotions
et sentiments)
4. L’usage architectural et urbain
5. L’adéquation fonctionnelle à travers le temps.
Exemple de Méthode Illustrée :
- GORDON CULLEN et l’analyse sérielle :
 Il met l'accent sur une vision cinétique de l'espace piéton, en soulignant
l'espace urbain kinesthésique: les sols, les façades, les volumes, les couleurs,
le mobilier urbain... se modifient au fur et à mesure du déplacement du
piéton pour former un enchaînement d'espaces, une vision sérielle.
 Processus pouvant être enregistré séquentiellement au moyen de dessins ou
de photographies
 Parallèlement à l'introduction d’une séquence narrative que l'on retrouve
dans la « promenade architecturale » de Le CORBUSIER, CULLEN propose
tout au long de sa démarche des situations urbaines qu’il décrit
méticuleusement selon les effets de perception alors créés : continuité,
ponctuation, étroitesse, fermeture, ouverture, mais aussi anticipation,
mystère, vigueur, nostalgie, etc. Sont également décrits avec précision les
éléments du vocabulaire du mobilier urbain : matériaux, revêtements des
sols, bancs publics, haies et clôtures, emmarchements
ÉLÉMENTS D’ANALYSE ET EFFETS DE PERCEPTION:
Le mouvement, la vision sérielle: L’existant L’émergent
 Ex.2 : L’édifice L’émergeant :  Ex01: Le parcours Temporalité et superposition
 – point de vue du passant  - Point de vue du passant;
 – variation de l’angle de vue  - champs de vision naturel;
 – couvrir plusieurs angles de l’objet - suivre l’orientation de la rue;
 – émergence graduelle. - relevé photographique ou dessiné.
– L’observateur perçoit l’espace :
ouvertures, orientations; articulations: séparation et union; interaction personne/milieu
par catégories topologiques
Ici, là-bas; dedans, dehors; derrière, devant; continuité, percement, …
– L’observateur perçoit l’espace:
compositions d’édifices, de voiries et de mobiliers urbains;
synthèses et possibilités combinatoires;
interaction personne/milieu par catégories géométriques;
échelle, proportions et harmonie, homothétie …

– nous voyons et apprécions une ville comme une expérience visuelle dynamique
avec en plus la mémoire et les expériences passées. GORDON CULLEN (Townscape, 1961)
• Perception de l’observateur
 2. L’observateur perçoit les autres :
occupation de l’espace; appropriation et
adaptation; interaction personne/milieu par
catégories psychologique

 3. L’observateur perçoit sa
perception:
 Contextualisation des parcours;
émergence de propriétés;
globalité, hiérarchisation et
organisation; interaction
personne/milieu par catégories
systémiques

.Structure-évolution-fonctionCULLEN, G. (1961)
Contribution de CULLEN:

 Un précurseur dans l’analyse urbaine via les images illustrant de multiples points de vue;
analyse perceptuelle des composantes du cadre bâti et de leurs effets;
 Sa théorie, est une réponse directe aux défaillances de l'après-guerre en Grande-Bretagne, son
travail est fondée sur le design urbain, paysages urbains;
 CULLEN parle d’une appropriation de l’espace qui donne sa place à la série des besoins humains
et des émotions, mais également à la circulation et au mouvement qui contribuent à rendre
vivants les espaces de la ville;
 Les intuitions de CULLEN sur les ressorts du visuel et les besoins humains qui s’y rapportent ont
trouvé leur validation dans les travaux postérieurs de psychologie environnementale et
d’anthropologie.

Autres travaux :
Pour analyser les espaces urbains durant les années 70, PHILIPPE PANERAI a également
proposé une méthode consistant à diviser le parcours en plans séquences. Chaque plan
peut exprimer une configuration urbaine de symétrie ou de dissymétrie, d'ouverture,
d'ondulation, de compétition, d'étranglement, de dérobée... Une suite particulière de plans
forme un enchaînement.
Limites et critiques:
 Méthode qui échappe aux paramètres de la morphologie (elle ne saisit que
l’apparence)
 Thésaurus de vocabulaire peu stable; nature très subjective de la perception
 Exploration graphique fondée sur le talent graphique et non sur la capacité
d’analyse ;
 Méthode illustrée par des études de cas.

Les travaux de EDWARD. T. HALL, ou il va plus loin que l’aspect visuel en


proposant une véritable classification de la perception des espaces
urbains en fonction du canal sensoriel utilisé: espace visuel, espace
olfactif, espace auditif, espace tactile, espace kinesthésique en insistant
sur la relativité de la perception qui est toujours culturellement
construite, en d’autre termes l’usage que l’homme fait de l’espace en tant
que produit culturel spécifique.
 RAYMOND LEDRUT (1973) a mis en évidence l’interactivité entre
l’objet urbain et le sens que lui donne le sujet : sa recherche est de
type sémiologique.
 Il écrivit « Les images de la ville », en réponse à « L’image de la Cité» ,
une enquête sur deux villes, Françaises: TOULOUSE et PAU par
laquelle, il analysa le sens vécu des espaces.
 Ledrut critique la méthode de Lynch qui « concentre l’attention sur
l’identité et la structure de l’image. Le parti qui a été pris dans l’étude
présentée est presque exactement inverse. L’accent s’y trouve mis sur
la signification».
 Méthode, questionnaire (112questions) et commentaire sur des
photoghraphies.
 Echantillonage a pris en compte l’age, le sexe, le lieux de résidence la
classe sociale des interviewés.
 Par contre, cette recherche de Ledrut ne localise pas clairement les
formes urbaines.
Le contexte
architecte formé au contact de l’histoire de l’architecture (analyse formelle) -Rudolf
vonEitelberger
•influencé par W.H. Riehl, père du mouvement culturaliste –recherche du
Volksgeist
•ville médiévale: paradigme des concepts de patrie, de culture nationale, de
continuité historique, de solidarité avec le passé
•les guides Baedeker diffusent les plans de villes symboles, les édifices et leurs
styles, il manque une analyse de l’espace.
•théorie de la randonnée (Wanderer).

Vienne
Méthodologie:
•L’analyse se fonde sur l’expérience sensible: plaisir ou déplaisir;
•La forme observée induit un jugement de valeur, une appréciation de l’effet
produit;
•Cette appréciation est validée par le recours à des exemples comparables, ce qui
dégage des constantes morphologiques;
•Ces constantes morphologiques observées sont formulées comme des règles;
•Ces règles sont validées par la mesure d’écarts, à partir d’une variable.

I. Les monuments et les places

Lesmonumentsetlesplaces.AuMoyen-
âgeetpendantlaRenaissancelesplacesurbainesjouaientencoreunrôlevitaldanslavie
publique,etqueparconséquentilexistaitencoreunerelationfondamentaleentrecespla
cesetlesédificespublicsquilesbordaient.
II. Le dégagement des centres de places

. À la règle antique
consistant à disposer les
monuments sur le
pourtour des places.

III. La fermeture des places

Àl’intérieurd’unevilleunespa
celibrenedevientuneplacequ
es’ilesteffectivementfermé.L
aconditionessentiellequiaut
orisedeparlerdeplaceestlacl
ôturedel’espace.
IV. Dimensions et formes des places

IV. Dimensions et formes des places. On peut retenir les


règles suivantes:1. Les places principales d’une grande
ville sont plus vastes que celles d’une petite ville;2. Dans
chaque ville, quelques places principales sont nettement
plus grandes que les autres, et ces dernières doivent se
contenter de dimensions réduites;3. La dimension des
places est en rapport avec celles de l’édifice principal qui
les domine. Ce rapport s’établit entre la hauteur de
l’édifice —mesurée depuis le niveau de la place jusqu’à la
corniche—et la dimension de la place mesurée
perpendiculairement à la façade principale de cet édifice.
V. Irrégularités des places anciennes
En général, les irrégularités des places
anciennes se remarquent uniquement sur le
plan, et passent inaperçues dans la réalité. La
raison en est que les établissements anciens
n’ont pas été conçus à la planche à dessin mais
qu’ils se sont formés petit à petit in natura. Les
irrégularités typiques des places anciennes
s’expliquent par leur développement progressif
au long des siècles.
VI. Les groupes de placesVI

Chaque façade d’un monument peut générer


sa propre place. C’est une méthode d’utilisation
optimale des édifices publics.

VII. L’organisation des places

de l’Europe du Nord. Le principe qui consiste à encastrer les églises parmi d’autres
édifices. La bonne vieille règle s’exprime encore plus nettement dans le cas de
hôtels de ville et des places de marché, car alors il n’existe aucune raison de
dégager l’édifice, même exceptionnellement
Sitte s'est tourné vers les villes non planifiées et développées dérivées des
établissements du moyen âge, aussi bien que les sources grecques, romaines et
italiennes, à la recherche d'éternels et immuables principes de conception
urbaine :
1.la continuité de l'espace, dans laquelle les bâtiments étaient de simples
'moments' ou des faits transitoires, et …
2.la continuité du temps, qui a causé une évolution perpétuelle du tissu urbain
[Collins/Collins, 1986:14]. Avec ceci, il a espéré que la vie urbaine serait
reboostéeet contribuerait au bien-être des personnes.
Sitten'apasétudiélesélémentsdelavilleindividuellement;plutôtcommeensemblesdansl'effetdeperspecti
veàleursenvironnements,dansleurcontextetotal.Decetteétudeilarecommandéquelquesrèglesdeconcep
tionurbaine:
1.L'espace urbain ouvert comme point central de la ville en termes de conception et de fonction.
2.La vie publique dans l'espace public est un point crucial en concevant l'espace ouvert.
3.Le centre de l'espace ouvert est maintenu libre. Les monuments, la fontaine etc. sont placés au
côté de l'espace ouvert. Le mur de l'espace ouvert est potentiel comme fond idéal pour des
monuments et des figures (accentuant la dominance du monument/de figure en la contrastant avec le
contexte).
4.Importance de la clôture de l'espace ouvert.
5.L'espace ouvert devrait avoir l'impression «fermée» dans la vue de perspective.
6.Seulement une des bouches de rue devrait être visible de n'importe quel point dans l'espace
ouvert.
7.Pour améliorer la clôture nous pouvons employer le passage arqué ou les
colonnes.
8.La forme et la taille de l'espace ouvert déterminent la localisation du bâtiment
principal et la configuration de sa façade.
9.L'espace ouvert profond avec le haut bâtiment principal sur la rue étroite.
10.L'espace grand ouvert avec le bâtiment principal large avec la basse façade sur
une rue large.
11.Irrégularité comme principe de conception de l'espace ouvert.
12.L'irrégularité devrait résulter d'un développement historique progressif.
13.Malgré l'irrégularité, un tel espace apparaît rythmé et calme, grâce à l'équilibre
des masses.
14.Richesse dans les motifs de conception : changements frequentsdes
alignements de bâtiment, du linéaire cassé de la rue, de différentes largeurs de
rue, du pignon, etc.
15.Irrégularité comme principe de conception de l'espace ouvert.
16.L'irrégularité devrait résulter d'un développement historique progressif.
17.Malgré l'irrégularité, un tel espace apparaît dans un certain rythme et calme
dus à l'équilibre des masses et sa conformité aux conditions de base.
18.Richesse dans les motifs de conception : changements frequentsdes
alignements de bâtiment, du linéaire cassé de la rue, de différentes largeurs de
rue.
Conclusion:
 Cette approche initiée par Kevin Lynch en 1960 reste visionnaire, notamment en
ce qui concerne le paysage. Elle a fait l’objet, depuis lors, de nombreuses
recherches complémentaires novatrices. Ces concepts dominants ont évolué et
sont à replacer dans le contexte de différentes sociétés.
 Sa contribution a été d'une importance considérable: tout d'abord, elle a mis en
pratique une attention et une reconnaissance complète de « la citoyen rôle », qui
perçoit et aide à fournir des images utiles pour les planificateurs.
 Elle a enrichie le vocabulaire technique avec des les Néologismes (imagibilité,
lisibilité, townscape…)
 Mais cette approche reste tout de même insuffisante, car l'observation ne peut
être pleinement illustratrice d'une réalité urbaine que si elle va bien au delà du
décor, et arrive à dépasser l'apparence des phénomènes urbains pour atteindre la
logique de leur genèse.
 Cependant, pour être fructueuse, l'Approche paysagiste ne doit pas considérer le
paysage urbain comme un objet isolé, mais d'en relier les événements à l'analyse
de la structure urbaine et de sa forme.
Sources :
Sources bibliographique :
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