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i TiTOTT^-vin BIB.DOM.
ANCIENS !laval.s.j.

N O E L S

RÉFORMÉS ,
AVEC PLUSIEURS AUTRES CAST^OUES SPIRITUELS , EN
L HONNEUR DE LA NAISSANCE DU FILS DE DIKl' .
Sur différent airs de Cour , ..et autres connus.
TOUT A LA PLUS GRANDE GLOIRE DE DIEU
ET DE L'ENFANT JESUS.
NOUVELLE ÉDITION ,
'MUevue , corrigée et considérablement
augmentée.

Ch«z François 'BOUTEVILLAIN GI


Imprimeur.Libraire, rue Rêu^ùe , N.o
ANCIENS 'NOELS

RÉFORMÉS.

NOËL
1
POUR LE PREMIER DIMANCHE DE L'AVENT.
Air : de l'Hymne Conditor, etc.

V^hrétiens qui venez en ce Heu


Pour entendre le Fils de Dieu ,
Notre Sauveur, le Roi des Rois,
Joignez vos élans à nos voix.
Voici le temps et la saison
Où notre Eglise , avec raison ,
Veut du monde nous retirer,
Pour avec elle soupirer»
Mais soupirer devotement
Après l'heureux avènement
Du Verbe éternel qui , des Cieux ,
Doit descendre dans ces bas lieux.
L'excès de son amour est tel , : .
Que déjà, sous un corps mortel ,
lia, de sa Divinité,
Caché la gloire et la clarté.
Ce grand Dieu, petit dans le flanc
D'une Vierge dont le pur sang

I
4 ANCIENS
A servi pour l'humaniser ,
viendra bientôt nos fers briser.
Ce Soleil, couvert de lambeaux
D'un corps sujet à tous nos maux ,
Vient dissiper tous les malheurs
Qui nous font verser tant de pleurs.
Ce Roi puissant et Souverain
Vient remettre le Genre humain ,
Gémissant en captivité
Dans une sainte liberté.
Naissant dessous un pauvre toit
Nous le verrons trembler de froid,
Et couché sur un peu de foin,
Soupirer d'extrême besoin.
Ayant vécu très-pauvrement
1! doit mourir cruellement ,
Parmi la honte et les douleurs ,
Pour les misérables pécheurs.
Chrétiens, n'êtes-vous point touchés
Considérant que nos péchés
Ont obligé ce Dieu d'amour
De venir dans ce bas séjour ?
Prenons la voie et le chemin
Qu'a pris ce Rédempteur divin ,
Pour venir vivre parmi nous ,
Et mourir pour nous sauver tous.
Le plus conrt chemin qu'il a pris
Est la pauvreté , le mépris,
L'Obéissance , l'humilité ,
L'oraison et la charité.
Prenons ce chemin , le plus court,
Pour arriver au pur amour,
Qui nous servira de flambeau
Pour trouver cet. enfant nouveau.
Gloire au Père qui l'a promis ;
Gloire à ce Fils qui s'est soumis ^
Par un esprit de charité,
A prendre notre humanités
H O E L S.
Attendant l'heure et le bonheur
De voir ce divin Rédempteur ,
Notre adorable Emmanuel,
Chantons Noël , Noël , Noël.

NOËL
POUR LE II.e DIMANCHE DE L'AVENT.
Air : Quels ckjngemens 3 après tant de caresses.

1AI E tardez plus , tant désiré Messie ,


Redonnez-nous et la grâce et la vie ;
Venez, venez, adorable Jesus ,
Là descendez du séjour où vous êtes
Pour accomplir l'oracle des Prophètes. Ne tardez, etc.
Ne tardez plus , en vous est l'espérance
Que nous avons de notre délivrance ;
Venez, venez, adorable Jesus ,
Touché des pleurs de la nature humaine ,
Venez, venez mettre fin à sa peine. Ne tardez, etc.
Ne tardez plus , nous soupirons sans cesse
Dessous le poids du mal qui nous oppresse ;
Venez , venez, adorable Jesus ,
Prenez pitié de toutes nos misères ,
Et réparez la chutede nospères. Ne tardez plus, etc.
Ne tardez plus , ne souffrez davantage
Que le Démon nous tienne en esclavage ;
Venez , venez , adorable Jesus ,
Soyez sensible à notre dur martyr,
Là voulez-vous nous ouïr toujours dire :
Ne tardez plus , etc.
Ne tardez plus , différez-vous encore
De dissiper l'ennui qui nous dévore ;
Venez, venez, adorable Jesus , 3
6 AN C I I » S
L'enfer nous tient toujours dans les alarmés ,
Venez, venez, triompher deses armes. Ne tardez,etc.
Ne tardez plus , faites ce grand miracle
Que nous promet votre divin oracle \
Venez , venez, adorable Jesus ,
Quand verrons nous une Vierge feconde ?
Quand verrons-nous un Dieu mortel au monde ?
Ne tardez plus , etc.
Ne tardez plus , faites-nous des échanges
De nos soupirs en de saintes louanges ;
Venez, venez adorable Jesus :
Etant venu , touché de nos atteintes ,
Nous cesserons de dire dans nos plaintes ,
Ne tardez r etc.

POUR LE ITI.e DIMANCHE DE l'aVENT.


Air : J'ai tant bu de santés , etc.

V enez , ne tardez plus, Sauveur tant désiré'


De tout humain lignage ,
N'avons-nous pas assez jusqu'ici soupiré
Dans un dur esclavage ?
Venez, n'attendez rten ;
Tout vous désire ici ,
Votre amour le veut bien ,
Votre puissance aussi.
Hélas ! nous verrons-nous toujours dans les lan
gueurs , J
O divine sagesse,
Sans vous rendre sensible aux traits de nos douleurs
Et de notre tristesse ?
Non, non , votre bonté
Est trop grande pour nous ,
Et votre chanté passe votre couroux.
nrdï'ts. 7
LroracIe nra-t-il pas promis à nos aïeux x
Qu'en faveur de leur race ,
Dieu se rendra mortel , naissant dans ces bas fieux ?
Pour la remettre en grâce
N'est.il pas arrêté ,
Dans ce divin séjour," . .
De toute éternité ,
Que vous viendrez un jour?
Nous avons attendu cette insigne faveur
Avec cette espérance
Que vous viendrez en bref, adorable Sauveur ;
Pour notre délivrance,
Venez donc promptement:
N'avez.vous pas promis
De perdre entièrement
Nos plus fisrs ennemis ?
Venez , ne tardez plus , le Ciel en est content ,
La terre vous en prie ,.
Votre Père le veut, un chacun vous attend ;
Venez T venez Messie ,
Et rendant. pour jamais
Nos ennemis confus ,
Apportez-nous la paix,.
Venez , ne tardez plus.

NOËL
POUR LE IV.e DIMANCHE DE L'aVENT.
Air : Vierge , Reine , Princesse.

V ENEZ , sacré Messie ,


Dans ces terrestres lieux, ; ) '.
Remplir la prophétie
Qu'ont prédit nos aïeux ; . .<,
8 ANCIENS
Venez , divin Jesus ,
Venez , ne tardez plus.
Mettez fin à nos peines,
Fils du Père éternel ,
Venez rompre les chaînes
De l'homme criminel. Venez , divin Jesus , etc.
Quand verrons-nous sur terre
Ce Verbe tout-puissant, , .
Changer en paix la guerre
Quoique faible naissant ? Venez , divin Jesus , etc.
Quand une Vierge mère
Produira-t-elle au jour ,
Son Dieu , son Fils , son Père ,
Dans ce mortel séjour ? Venez, divin Jesus , etc.
Quand, Dieu naissant au monde,
Nous dira-t-on desCieux,
Qu'une paix très-profonde
Règne dans ces bas lieux ? Venez, divin Jesus , etc.
Quand verrons-nous ès langes ,
L'auteur de l'Univers ,
Quand oirons-nous les Anges
Lui chanter de doux airs ? Venez, divin Jesus; etc.
Quand , 6 Verbe adorable,
Dans l'éternel séjour,
Ferez-vous d'une étable
Sur terre votre Cour ? Venez , divin Jesus , etc.
Quand , sortis d'esclavage ,
Irons-nous dans ce lieu
Vous rendre notre hommage
Sous titre d'Homme «Dieu? Venez, divin Jesus, etc.
Quand avec tant de plaintes ,
Si long-temps attendu ,
Vous dirons.nous, mains jointes ,
Soyez le bien venu ? Venez, divin Jesus , etc.
O jour tant désirable
Et propice à nos vœux ,
Où l'homme misérable
Se verta bienheureux. Venez , divin Jesus , etc.
N O E t S. 9
Venez, sacré Messie ,
Dans ces terrestres lieux ,
Remplir la prophétie
Qu'ont prédit nos aïeux. Venez , divin Jesus, etc.

^Puisque Dieu vient nous racheter ,


Naissant dans ce mortel séjour ,
Ne parlons plus que de chanter
L'excès de son divin amour.
Chantons de cœur comme de voix ,
Vive le saint Emmanuel ;
Vive /esus, le Roi des Rois ,
Chantons Noël , Noël, Noël.
Hélas ! qui l'eût jamais pensé ,
Qu'un Dieu tout-puissant , éternel,
Fût voulu , lui-même offensé ,
Sauver son propre criminel. Chantons de cœur, etc.
Ne pouvait-il pas , justement ,
Jeter ce pécheur dans les fers i
Et punir éternellement
Son crime dedans les Enfers ? Chantons de cœur, etc.
Oui , oui , sa justice pouvait
Le condamner avec rigueur ,
Puisque ce criminel avait
Tant méprisé son Créateur. Chantons de cœur, etc.
Son amour ne l'a pas voulu ,
Mais il a fait que dans les Cieux
Le Fils s'est enfin résolu . >
De s'incarner dans ces bas lieux. Chantons, etc.
Ayant pris un corps , bien que Dieu ,
Dedans un ventre virginal , , .
Il est né dans un pauvre Heu ...
Four changer notre sort fatal. Chantons de cœur, etc.
10 ANCIENS
L'Eglise veut nous disposer ,
Par ses élans et ses soupirs ,
A saintement solenniser
Ce jour propice à nos désirs. Chantons de cœur, etc.
En attendant ce jour heureux ,
Assemblons-nous chrétiennement ,
Et par des transports amoureux ,
Chantons Noël dévotement. Chantons. de coeur, etc.

N E
AIR : Il n'est rien de plus tendre.

H A ! que j'ai grande envie


De chanter Nolet , Nau ,
Pour goûter au Gâteau
Que donne le Messie ,
Couché dans son Berceau.
Ha ! que j'ai grande envie
De chanter Nolet , Nau.
Ce Gâteau délectable
Surpasse tous les fruits ,
Les tourtes et biscuits ,
Que la plus riche table
Nous ait jamais produits. Ce Gâteau délectable, etc.
Rien doucement ne flatte
Ma langue et mon palais
Comme ce sacré mets :
Mon âme se dilate
Lorsque je m'en repais. Rien doucement , etc.
Les Anges à la Fête
N'en goûtent point ès Cieux
De plus délicieux ,
Que celui qu'on m'apprête
Ce soir dans ces bas lieux. Les Anges , etc.
N o E L s.
C'est un Pain angélique >
C'est un Pain tout divin ;
C'est un Pain dont enfin
La douceur déifique
Surpasse tout festin. C'est un Pain , etc.
Malgré le Calvinisme
Nous l'avons parmi nous ,
Avec ce sacré goût ,
Malgré le Jansénisme ,
Il est donné pour tous. Malgré le Calvinisme , etc.
Allons donc, pleins de flammee ,
Allons don,c, cette nuit,
Prendre ce Pain , ce Fruit
Que s pour nourrir nos âmes,
Marie aura produit. Allons donc , etc.
C'est un Pain d'innocence ,
C'est un Fruit gracieux ,
Préparé pour tous ceux
Qui brûlent pour l'enfance
De ce grand Roi des Cieux. C'est un Pain, etc.
Ne tardons davantage ,
Allons à son berceau ,
Et d'un cœur tout nouveau
Rendons-lui notre hommage ,
Pour goûter au Gâteau. Ne tardons , etc.
Céleste Pain des Anges ,
Nourrissez notre cœur ,
Et comblez de bonheur
Qui chante vos louanges. Céleste Pain , etc.

NOËL.
Ai& : Chantons Nau , Nau , Nau f Nau, Nau.

\JfNE nuit que le Soleil


Avait caché sous l'onde
ANCiENS
Les clartés de son bel ceil ,
Ayant quitté le rronde,
Des Pasteurs , gardant troupeaux
Au fond d'une vallée , Nau , . .
Ont ouï ces mots nouveaux,
Marie est accouchée.
Chantons Nau, Nau, Nau, Nau, Nau,
A gorge déployée, Nau, .
Chantons Nau, Nau, Nap , Nau, Nau,
Marie est accouchée. ,.
Un Jouvenceau radieux ,
De la Cour éternelle.
Dit qu'un enfant gracieux
Est né d'une Pucelle ;
Que c'est le Verbe de Dieu ,
La Sagesse incarnée , Nau , ' 1
Et que, dans un pauvre lieu ,
Marie est accouchée. Chantons Nau, Nau, etc.
Qu'enveloppé de drapeaux
Il est dans une Etable ,
Entre deux vils animaux,
En état pitoyable ;
Ainsi , d'un air ravissant , .;
Dit, pour chose assurée , .
Que du Fils du tout-puissant
Marie est accouchée. Chantons Naù , Nau , etc.
Cet Ange, dévotement ,
Les anime et convie
De s'en aller promptement
Trouver en Béthanie
* Cet Enfant dessup du foin ,
Le Roi de la Judée , Nau ,
Ou , dans un très-grand besoin, ... -
Marie est accouchée. Chantons , Nau , Nao, etc.
Leur dit vous avez sujet
D'invincible allégresse r
Cet Enfant , saint et parfait ,
Vous doit tirer de presse , En
' NOËL S. Î3
En mourant pour nous en Croit ,
La chose est arrêtée , Nau ;
Chantons donc à haute voix ,
Marie est accouchée. Chantons Nau, Nau, etc.
Les Pasteurs tous réjouis
Des discours de cet Ange ,
Qui leur étaient inouïs ,
A Dieu donnent louange ;
Et ravis de ce honheur ,
Quittant brebis et prée , Nau,
Chantons de voix et de cœur,
Marie est accouchée. Chanrons Nau, Nau , etc.
Ils poussent initie fredons
Pour cet Enfant suprême ;
En traversant vaux et monts ,
Pleins d'une joie extrême ,
Ils trouvent au point du jour
L'humanité sacrée , Nao ,
Admirant qu'en telle Cour
Marie est accouchée. Chantons Nau, Nau , etc.
Ils entrent dans ce Palais ,
Illustre en Indulgence,
Sans éclat, sans or, sans dais
Et sans magnificence,
Et là , Voyant de leurs yeux
Ce que dans leur contrée, Nau.,
Avait dit l'Ange des Cieux ;
Marie est accouchée. Chantons Nau, Nau, etc.
Enfin, ils adorent tous
Cette divine enfance ,
Lui rendant à deux gertoux
Très-humble obéissance ;
Puis, ayant sa pauvreté,
De leurs biens soulagé , Nau,
S'en retournant ont chanté ,
Marie est accouchée. Chantons "Nau, Nau , etc.
Adorons ce .divin Fruit ,
Bénissons la Pucelle B
ANCiENS
Qui nous l'a , sur le minuit ,
Enfanté toute belle :
Imitons les Pastoureaux
Dedans cette journée, Nau,
Chantons dans nos airs nouveaux,
Marie est accouchée. Chantons Nau , Nau , etc.

NOËL.
Aia : Chantons Noël Emmanuel, il tst venu lit
Saint Noël.

Donnons mille louanges


A l'Enfant nouveau-né ,
C'est le Prince des Anges ,
C'est le Verbe incarne.
Chantons Noël l'Emmanuel ,
Il est venu le Saint Noël.
Une Vierge féconde
Nous a sur le minuit,
Donné dans ce bas monde
Cet admirable Fruit. Chantons Noël, etc.
Il est dans une étable ,
Couché dessus du foin ,
Suoiqu'au Ciel redoutable
pleure de besoin. Chantons Noël, etc.
C'est ce grand Roi sans doute
Qui vient rompre nos fers ,
Et jeter en déroute
Le Prince des Enfers. Chantons Noël , etc.
La troupe pastorale
A , dès le point du jour ,
A sa grandeur royale
Rendu son humble cour. Chantons, etc.
Allons , allons de bande
H O E L S. IJ
Voir ce divin Jesus , '
Portons-lui quelque offtande ,
Allons , ne tardons plus. Chantons Noël , etc.
Ce doux Sauveur des âmes ,
Naissant dans les froideurs ,
N'exige que des flammes,
Portons-hai donc nos cœurs. Chantons Noël , etc.
Présentons-lui requête ,
Courbés à deux genoux ,
Qu'en l'honneur de la fête
Il nous pardonne à tous. Chantons Noël, etc.

CANTIQUE
EN L'HONNEUR DE LA NAISSANCE DU .
FILS DE DIEU.
AIR : Quel changement , après tant de caresses.

N.E pleurons plus , Jesus a pris naissance


Dans ces bas lieux , pour notre délivrance ;
Allons , allons adorer ce Jesus :
L'Ange l'a dit , il est dans une étable,
Allons le voir , cet Enfant adorable.
Ne pleurons plus.
Ne pleurons plus , il naît dessus la terre
Pour terminer notre funeste guerre ;
Allons, allons adorer ce Jesus :
Il vient dompter les Enfers pleins de rage ,
Et retirer les âmes d'esclavage.
Ne pleurons plus.
Ne pleurons plus, dans notre mal extrême , '}
Cet Enfant - Dieu nous protège et nous aine y ;
Allons , allons adorer ce Jesus :
Il a vouJu naître dans l'indigence , .
l6 ANCIENS
Pour rous combler de biens en abondance»
Ne pleurons plus. .
Ne pleurons plus , ce Fils du divin Père
Vient s'exposer aux traits de sa colère ;
Allons, allons adorer ce Jesus :
En se rendant à nos malheurs propice
Il vient changer en amour sa justice.
Ne pleurons plus.
Ne pleurons plus , sur du foin il soupire,
Pour nous donner accès à son Empire ;
Allons, allons adorer ce Jesus :
L'eau de ses pleurs est capable d'éteindre
Tous les carreaux dont il veut nous atteindre»
Ne pleurons plus.
Ne pleurons plus , détournant ses menaces.
Ce cher Poupon nous mérite ses grâces ;
Allons , allons adorer ce Jésus : ?
Venant enfin réparer tous nos crimes ,
II nous rendra ses enfans légitimes.
Ne pleurons plus.
Ne pleurons plus , chassons toute tristesse ,
Ce doux Enfant est un fruit de liesse ;
Allons, allons adorer ce Jesus:
Puisqu'il met fin à toutes nos alarmes ,
Il faut aussi mettre fin à nos larmes.
Ne pleurons plus.
Ne pleurons plus, mais imitant les Anges
Dans leur concert d'amour et de louanges ;
Allons , allons adorer ce Jesus :
Suivons aussi les Pasteurs de Judée
Qui vont chercher la sagesse incarnée.
Ne pleurons plus.
Ne pleurons plus , allons tous rendre hommage
A ce grand Roi, tour-puissant et tout sage ;
Allons , allons. adorer ce Jesus:
Qu'offrirons.nous à sa divine enfance ?
Des cœurs remplis d'une sainte innocence.
Ne pleurons plus.
NOELS, 17
Ne pleurons plus, donnons-lui nos caresses >
Ne pleurons plus , donnons-lui nos tendresses ;
Allons , allons adorer ce Jesus :
Consacrons.lui les amours de nos âmes ,
Consacrons-lui nos désirs et nos flammes.
Ne pleurons pins.
Ne pleurons plus , mais dans cette carrière
Soyons constant dans la sainte bannière
Du Roi des Rois , cet aimable Jesus ;
Sous ses drapeaux remportons la victoire,
Et nous dirons avec lui dans la gloire ,
Ne pleurons plus.

CANTIQUE.
AIR : // n'est rien qui résiste au pouvoir de VAmour,

]R.ien ne peut se défendre


Du pouvoir de l'amour ,
On le voit dans ce jour ,
Puisqu'il fait Dieu descendre
Dans ce mortel séjour ;
Rien ne peut se défendre
Du pouvoir de l'amour.
Amour , que ta puissance
Eclate en ces bas lieux ,
Puisqu'un Dieu glorieux ..» ^
Vient prendre ici naissance rA
Pour nous ouvrir les Cieux.' Amerrir , etci
Bienheureux de soi-même _ * .
II naît homme ici-bas
Pour souffrir le trépas ; .—- . —
Et par bonté suprême h
Terminer nos combats. Bienheureux , èt'c;
Il est dans une étable , : . :| .. J
Ig ANCiENS
Entre deux animaux ;
Et sensible a nos maux ,
Pour l'homme misérable
Il pleure en ses drapeaux. Il ett dans , etc.
Une Vierge, sa Mère ,
L adore dans un coin ,
Etendu sur du foin
En pleurant de misère
Dans un très-grand besoin. Une Vierge , etc.
Il vient dessus la Terre ,
Ce Dieu de l'Univers
Pour nous tirer des fers
Et terminer la guerre
Que nous font les Enfers. 11 vient , etc.
Allons , alions de bande
Adorer l'Enfant né ;
C'est le Verbe incarné:
Rendons-le pour offrande
Au Ciel qui l'a donné. Allons , etc.
Mais au fond de nos âmes
Retenons-le toujours ,
Offrons lui tous les jours
Les plus sincères flammes
De nos chastes amours. Mais au fond, etc.
Rendons très-humble hommage
A ce divin Sauveur ,
Qui se rend le vainqueur
De l'infernale rage ,
Dans ce jour de bonheur. Rendons très-humble, etc.

, CANTIQUE,
AIR : Je ne veux aimer que ma brune.

\
ALLONS adorer dans l'étable
Ce divin enfançon qu'une Vierge a produit
NOEtS. 19
Sans peine et sans douleur , à l'heure de minuit ;
Il vient changer notre sort misérable. Allons, etc.
Il ne faut point d'autre lumière
Que celle qui nous vient de cet astre nouveau ;
11 a plus de clarté dans son divin Berceau
Que le Soleil dans sa pleine carrière. 11 ne faut, etc.
Allons le voir et faisons bande ;
Car, hélas! il pleure sur du foin ,
Entre deux animaux, en extrême besoin ;
Présentons-lui pour l'aider quelque offrande :
Allons le voir , et faisons bande.
Mais de nous que peut.il attendre ?
C'est l'auteur souverain des biens de ces bas lieux ;
C'est l'auteur souverain de la gloire des Cieux.
C'est par amour qu'il a voulu descendre.
Mais que de nous peut-il attendre ?
Des cœurs pleins de feu et de flammes ,
Pour n'être pas ingrats de cet excès d'amour,
Qui le donne aux humains dans ce mortel séjour,
Pour accomplir le salut de leurs âmes.
Des cœurs pleins de feu et de flammes.

CANTIQUE.
AIR * Mon cœur est sous votre Loi»

y. •
oici le temps bienheureux
Où , pour nous tirer de peine , ' Ci
Dieu vient prendre chair humaine
Par un miracle amoureux. ; ;
Encore qu'il soit impassible ,
Tout-puissant comme éternel.,
Il se vient rendre sensible . ,
Pour sauver un criminel.
Dans cette sainte saison
Il est juste , ce me semble ,
20 ANCIENS
Que par amour on s'assemble
Dans quelqu'honnête maison,
Pour entonner des Cantiques
A l'honneur du Roi des Rois ,
Joignant aux Chœurs angéliques
Les roulemens de nos voir.
Ce grand Roi , ce doux Sauveur
Naissant dedans une étable ,
Change le sort misérable
D'un infortuné pécheur.
Quel plus grand sujet de joie ,
Que de son sein glorieux,
Le tout-puissant nous envoie
Son cher Fils dans ces bas lieux.
Allons au-devant de lui ,
Chantons des airs d'allégresse,
Bannissons toute tristesse,
Et ne parlons pas d'ennuî ;
Reconnaissons la clémence
De ce vrai Dieu plein d'amour ,
Vient du Ciel prendre naissance
Pour nous dans ce bas séjour.
Dans ce temps charmant et doux
Assemblons-nous chez nos Pères ,
Chez nos amis et chez nos frères ,
Et nous réjouissons tous ;
Puisque Dieu vient sur la terre
Mettre fin à nos combats, .
Qu'on ne parle plus de guerre
De discours ni de débats.
Chantons Noël, tour-à-tour
A l'honneur du Roi de gloire ,
Qui de nous ayant mémoire
Vient ici tenir sa cour ;
Chantons Noël , je vous prie ,
Chantons Noël de bon cœur .
A la gloire du Messie ,
Jesus , notre Rédempteur.
nous. aï

NOËL ^
EN L HONNEUR DE LA NAISSANCE DU FILS
- DE DIE -»--^>f-^
Air : Mon eaur wt sout votre loi.

Je pâme d'un saint amour,


Mon âme est toute ravie
Voyant l'auteur de la vie
Naître en ce bas sé,our;
O merveille sans seconde','
Je vois sur terre les cicux,
Sitôt que l'cuteur du monde
Prend naissance en ces bas lieux.
Les humains changent de SQrt,}
Un Dieu réduit en des lange»
Les élève sur les Anges
Par un charitable effort ;
Ce Dieu va jusqu'à l'extrême ;
Par un excès de bonté
11 les transforme en soi-même ,
Prenant leur humanité. '
Naissant dans un pauvre lieu ,
De son vassal mrsérable, - ~ „ ^
Par amour il fait un. Dieu , , , ,., jfI
Malgré la funeste rfje l . ; ,„ . 'i ',ss/
Du Démon et des Enfers., „,
11 le tire d esclavage «u'.- .
Pour jamais . rompant se6 fer».' : ' ,
Sus , Chrétiens ne tardons plus ,
Allons-nous en reconnaître
Pour Rédempteur et pour Maître
12, ANCIENS
Cet adorable Jesus ;
Et puisque par sa clémence
Il lut plaît nous sauver fous ,
Lui rendant obéissance
Adorons-le à deux genoux.

EN L'HONNEUR DE LA NAISSANCE DU FIL*


DE DIEU. .
AIR : Amis , entrons dans ce Navire; Ou bien :
Quand Gabriel prit la , etc.
^m y
N E vantez plus vos riches salles ,
Vos manoirs ni vos cours royales,
Superbes Rois de ces bas lieux ;
Qu'elles cèdent à cette crèche ,
Pleine seulement d'herbe sèche ,
Où repose le Roi des Cieux.
Votre or ne vaut pas une maille
En comparaison de la paille
Qui remplit ce divin berceau :
Sa beauté surpasse nature, .
Et l'artifice nefigure
Rien de si riche et de si beau. .
Louvre , cachez votre porphire,
Désormais je ne fais que rire
De votre pompeuse splendeur ;
Votre éclat n'est point admirable
Comme celui de cette étable
Om vient de naître mon Sauveur.
Le Soleil , père de lumière ,
Ne rend pas même sa carrière
Si brillante comme ce lien ;
C'est une chose non-pareille ,

j
KO EL S. .43
Toutefois ee.n'est pas merveille .,.
Puisque c'est le séjour d'un Dieu*
Mais c'est une, merveille grande
Qu'il faille que ce Dieu se rende -- . r - -.
Passible pour nous, sur du foin,
Et , naissant d'une pauvre Mère,
Qu'il épouse notre misère
Pour secourir notre besoin.
Qui peut concevoir ce miracle ,
Que Dieu prenne pour tabernacle
Un lieu tellement écarté 7
Qu'il soit réservé dans Iei langes ,
Lui qui couionne tous les Anges
D'une glorieuse clarté.
Sachant le sujet qui l'amène
Parmi nous , sensible à la peine ,
Je m'étonne sans m'étonner ,
Si ce tout-puissant Roi de gloire
Parait pauvre en ce territoire ;
C'est qu'il vient pour tout nous donner.
Quittez vos plus illustres marques
De grandeur , Souverains Monarques ,
Cherchez l'auteur du genre humain ,
Apprenez, pour lui rendre hommage ,
Sue le plus pompeux équipage
e lui plaît pas , ni le grand train.
Il veut bien qu'on le reconnaisse ,
Quoiqu'Enfant mortel il paraisse,
Et réduit dans la pauvreté;
Mais toute la magnificence
Qui satisfait plus son enfance, . -\
Sont des cœurs pleins de pureté.
Sus donc, allons, allons debande
Lui présenter pour humble offrande r -»
Nos cœurs brûlant d'amour pour lui « .rn .
C'est un moyen très -efficace
De participer à la grâce ' ^' ' ! ,7 ?:, ;
Qu il nous apporte cejourd nui.
'M AV Ct t N !

NOËL.
AiR : Toure /a nuit j'ai la Puce à l'oreille , erc„

B. - . i . -.c ',, y jj'jns


IENHEUREUX jour., auquel pieu favorable
A nos désirs vient naître dans l'étable ,. ,. ..'>
Bienheureux jour, auquel ua faible Enfant ' r>
Dessus l'enfer s'est rendu triomphant ,
S'est rendu triomphant.
Qui le croirait, que l'Eternel, l'Immense ,
Le Tout-Puissant, prit aujourd'hui naissance ;
Oui , cet Enfant est le Verbe éternel,
Qui vient mourir pour l'homme criminel, >i. •[
Pour l'homme criminel. '
Divin amour, ton pouvoir est extrême,
Nous le voyons , voyant que Dieu lui-même
Cède à tes lois , naissant mortel ici ; .. ;\j
Divin amour, nous y cédons aussi ,
Nous y cédons aussi.
Qui , pur amour , incessamment nos âmes ' '
Pour cet Fnfant auront de saintes flammes ,
Si pour mourir il vient naître aujourd'hui ,
Nous désirons aussi mourir pour lui ,
Aussi mourir pour lui.

n"o e l.
Air : Passe\ les Bois , passe[ , passe[ les Bois lj
Brunette. ' *.

Enfin, Wtiielïàutué
De nos longues misères , n .
A remis le péché
Qu'avaient commis nos Pères. Chantons
NOIt .5.VÎ aj
Chantons Noël , cjwntons , r• : '(
Malgré nos adversaires. ' 'n
Enfin il a donné ,.:
"Un Enfant adorable , .l
Qui, d'une Vierge né , • ,
Pleure dans une étable. . '
Chantons Noël , chantons
Sa Naissance ineffable.; ' '
Dieu n'est plus en couroux
Contre nature humaine , •*?"*
Il vient traitable et doux ' ,
La retirer de peine. . ''■ o.l o r;
Chantons Noël , chantons ,
Ne perdons point haleine.
Qui l'eût jamais pensé, i ; ?b
Que par amour suprême , . -:d•
Un Dieu tant offensé o;i.'t;J , ';. H
Nous rachetât Iui-mêmer'.; .unoe.n.é
Chantons Noël , chantons ,
Cet amour est extrême, i
Un Ange toutefois ,
Depuis peu vient de dire , .-i
Que ce grand Roi des Rois > ,
Sur des pailles soupire. ':u'3 fil il, :.
Chantons Noël , chantons ,
Soumis à son empire. ' '»'' "...' . 'j n wiez.;:.
Entre deux animaux,,?.'.' ; . on t ?i'r':n.ri')
Ce Monarque des Anges , : .t :
Sensible à tous nos maux " li i
Gémit dedans les langes. .:. '.:
w~«-Ch«nte«s NoëXf chantons^ . . —
Couche dessus du foin
Réduit dans la ba'tfsessV^ uû : *li
Soupirant de besoin .
Il nous tire de presse.
Chantons Noël , cftJniMS , • J i"'
fV t , T
. .i.'i i Chantons Noël sans.cesse» ..av t
C
L '.
1$ ANCIENS
II vient rompre nos fers, ..
Dompter la violence , \
Du prince des enfers,
Prenant ici naissance.
Chantons Noël, chantons
Avec réjouissance.
Allons, allons le voir , i
Sans tarder davantage ,
A ce juste devoir
Son amour nous engage.
Chantons Noël , chantons
Et lui rendons hommage.
O jour à nos désirs
Propice et favorable ,
Qui change en doux plaisirs
Notre sort déplorable.
Chantons Noël, chantons ,
Il est trop raisonnable»
Jesus , divin Sauveur ,
'Ayez de nous mémoire ,
Comblez-nous de bonheur
Dans ce bas territoire.
Chantons Noël , chantons >
Au vrai Roi de la gloire.
Vive l'enfant Jesus l,.. . .." .i
Bénissons sa clémence ; . .
Chantons , ne pleurons plus., .
Possédant sa présence.
Chantons Noël , chantons
Avec persévérance. . .

RETOUR DeTa DEVOTE BERGÈRE^


AIR : Du Cordon bleu. :', .')!", . .
— '. '<:.'.
J: ..' .r: .m' 1 .
E l'ai vu sous de pauvres drapeaux, j
Je l'ai yu , cet Enfant adorable , ..... bit»
vous, *7
Entre deux vifs animaux, . . '
Dedans une étable , bit.
Souffrant pour nous mille maux.
Je l'ai vu ce Roi, né dans un coin ,
Sans éclat et sans magnificence , bis.
Couché sur un peu de foin,
Privé d'assistance , wf«
Couché sur un peu de foin ,
Et soupirant de besoin.
Bien qu'il soit pauvre dans ce bas lieu ,
Dieu , qu'il a de douceur et de charmes ! bit.
Je vois bien à ses yeux ,
Quoique pleins de larmes , bit.
Je vois bien à ses yeux
Qu'il était le Roi des Cieux.
A jamais vive ce Roi des Rois ,
Qui nous vient tirer d'esclavage , bis.
Combattons dessous ses lois
Avec grand courage ; bit.
Combattons dessous ses lois
Jusques aux derniers abois. . .
A jamais vive l'Enfant Jesus ;
A jamais bénissons sa Naissance , . Ht.
Puisque le Démon confus ,
Par sa sainte Enfance , . , bit.
Puisque le Démon confus
Sur nous ne régnera plus. . - 1

NOËL
POUR LE JOUR DE LA CIRCONCISION.
Air : Condi t je plaint grandement ton malheur»

XLst-il donc vrai ce que voyent mes yeux !


Déjà du sang de ce Dauphin des Cieux , 4
ft8 AN CiEVS
Qui, depuis peu , prenant ici naissance ,
Verse des pleurs pour purger mon offense ?.. s
Est-il donc vrai que ce cher enfançon ,
Donne déjà Iç prix de ma rançonv - i
Et que son sang, pour appaiser «on Père ,
Soit répandu par une loi sévère ? . "i
C'était beaucoup d'avoir donné des pleurs ,
Sans ressentir ces égales rigueurs ( ; . .
Père éternel , je ne saurais .m'en tau'ej'
Un seui soupir pouvait vous satisfaire. .
N'avez-vous plus d'amour ni de bonté?
Vous plaisez-vous dans la sévérité ?
Pourquoi traiter de la sorte une Enfance ,
Ou l'on ne voit qu'une sainte innocence t . w .■.
Pensez-vous donc punir un criminel ?
C'est votre Fils , le Verbe éternel : / \ ,.
Se faisant homme a-t-il commis un crime . mu iuÇt
Pour le traiter comme un illégitime ? r-i:.jjns\:io3
Ha ! s'il endure un si rigoureux sort . 'i
Dès en naissant, quelle sera sa mort?, o .
~\iut-il , faut-il que l'innocent périsse y. : :l
'our exempter un pécheur du supplice ? . ,-\
O loi sévère, ê -rigoureux couteau, '. . . .m , A
Qui circoncis la chair de cet Agneau1.'
C'est moi, c'est moi qui suis le vrai coupable^ '1
Epargne donc cet Enfant adorable. ' ii''»»».'*
Divin amour, voilà de tes beaux faits ! i".u i J -
Je ne connais plus rien en tes projet»;^.- —»i~
Je suis surpris de tes façons, de faire :
Poursuis , poursuis ,i c'esiiî moi.de me taire.

AiH. : Quel changement ," etc.

iVE le Roi du Ciel et de la Terre.,, iS, fcû $■i j


L'Enfant Jesus , qui met fin à la guerre
. HO E L S.
Que nous faisait le Prince des Enfers.
Sus, imitons le doux Concert des Anges ,
Disons, disons, en chantant mille louanges,
Vive le Roi.
Vive le Roi, cet Enfant adorable,
Qui s'est rendu terrible et redoutable
Aux ennemis de tout le genre humain ,
Puisqu'il nous tire aujourd'hui de détresse ,
Chantons, chantons, dans nos airs d'allégresse,
Vive le Roi.
Vive le Roi , dont les divines armes ,
Ont repoussé les funestes alarmes
Et les efforts du Démon infernal :',
Vantons partout cet effet de clémence ,
Et disons tous , avec réjouissance , Vive le Roi,
Vive le Roi, qui terrasse et qui brave
Les ennemis d'un malheureux esclave
Qui gémissait dans la captivité ;
Erigeons-lui des trophées de gloire ,
Disons sans cesse, en chantant sa victoire,Vive le Roi.
Vive le Roi , qui s'est donné lui-même
Pour racheter un esclave qu'il aime : ^
Dans un excès, qu'on ne peut concevoir, .
Composons-lui de nouvelle musique ,
Et ne cessons de dire en nos cantiques, Vive le Roi.
Vive le Roi, dont le divin Empire ,
A des plaisirs que l'on ne saurait dire : . ,.
Dans une paix qui n'a rien de pareil,
Sous cet Empire infiniment aimable ,
. Chantons, chantons d'unair infatigable, Vive le Roi.
Vive le Roi, dont la sainte Bannière, .
Nous couvrira dedans cette carrière
Contre l'assaut de tous nos ennemis :
Ne craignons plus ni la chair ni le monde ;
Chantons, chantons, malgré l'enfer qui gronde,
Vive le Roi.
Vive le Roi, qui se fait reconnaître
De l'Univers le Seigneur et le Maître, 3
3» A'^&nsni s
Dans ce saint Jour x pab un astre nouvesiirçc i
Allons lui rendre humblement nos hommages ,
Et lui disons, avec les trois Mages : Vive le Roi.
Vive le Roi , dont les sacrés auspices
Nous iont goûter aujourd'hui les délices
D'un innocent et paisible repas ;
Quand dirons-nous à sa divine Table, ' .'' .
Buvant au Cîeî son nectar délectable : Vive' le/ Roi ?

A G*U I L t? N L&'U.


Air. : Je suis un Galant à la mode.

N<ous voyons aujourd'hui renaître


Le Père des mois et des jours ,
Dans un char éclatant paraître.
S'il prend de nouvelles splendeurs
C'est pout nous combler de faveurs.
Gens d'illustre magnificence , .
Qui logez la prospérité, ' ' ' ';
Que votre libéralité s
Ke.refuse son influende ' i '." ; '." '
A ce' petit et cher TrouÇeau
Qui vous chante cet air nouveau.- i
Connaissant vos amples richessës
Et votre magnifique humeur ,
Nçius laissons libre votre crJèur
'i*our disposer de vos largesses :
Donnez-nous ce qu'il vou'splaira, ;. \
Très-agréable il nous sera.
Nous recevrons de bonne grâce
Dindons, Levrauts , Lapins , ^Chapons ;
Des Biscuits aussi seront bons
Après la Perdrix.. 1a Bécasse;
Cela ferait un bon repas,
Arrosé de doux Hypocras.
roui.'
Ouvrez s'il vous plaît votre porte ,
Ouvrez , ouvrez-nous prompte ment ;
Recevez magnifiquement
Cette honnête et paisible escorte :
Si vous la comblez de vos biens
Le Ciel vous comblera des siens. '
Remercîment,
Que le cher Poupon de Marie
Vous comble à jamais de faveurs ,
Lui plaise posséder nos cœurs ,
Et nous donner heureuse vie :
Que cet enfant , Roi pour jamais ,
Vous loge en son divin Palais.

N O E L.
Air : Mon cœur est tous votre loi.

\Jvi ne veut point chanter Nau


A la gloire du Messie
Qui vient de nous dotiner vie ,
N'aura point de mon Gâteau.
De mon Gâteau je ne donne
Qu'à celui qui, de bon cœur ,
Quelques airs nouveaux fredonne ,
Pour bénir mon Rédempteur.
Mais puisque son pur amour
Dedans ce lieu nous assemble ,
11 est juste , ce me semble ,
Que nous chantions tour-à-tour
L'incomparable clémence
De ce Monarque des Cieux, : .
Qui daigne prendre naissance
Pour l'homme, dans ces bas lieux.
Chrétiens , que nos plus doux airs,
31 ANCiENS
Nos plus charmantes Musiques
Et nos plus dévots Cantiques
Raisonnent dans l'Univers.
Chantons , chantons les louanges
De ce Dieu plein de bonté ,
Qui vient pleurer en des langes
Pour nous mettre en liberté.
Qui veut donc de mon Gâteau
Goûter les douces délices,
Et que les Cieux soient propices
A ses vœux, qu'il chante Nau ,
Qu'il banisse la tristesse ,
D'ennui qu'il ne parle plus;
Enfin qu'il chante sans cesse :
Vive l'Enfançon Jesus.

L'on peut danser modestement , en chantant le Noèl


qui est sur Pair du Cordon bleu , Je l'ai vu sous de
pauvres Drapeaux, etc., ou le Cantique suivant t
sur l'air 3 il n'est rien de plus tendre.

JLl n'est rien de plus aimable


Que ce Dauphin des Cieux
Qui est né dans ces bas lieux,
Et repose en une étable ;
Dieu , qu'il est gracieux ! Il n'est rien , etc.
Je l'ai vu sur des pailles
Entre deux animaux ;
Là , ses petits drapeaux
Ne valent pas deux mailles;
Ce ne sont que lambeaux. Je l'ai vu, etc.
Quoiqu'il soit de misère
Pressé dès en naissant,
11 est si ravissant x
u'on voit bien que son Père
t le Dieu tout-puissant. Quoiqu'il , etc.
Une chaste Pucelle- ;( - .
A produit ce Sauveur
Sans peine et sans douleur ;
Sa gloire est immortelle :
Rendons-lui de l'honneur. Une chaste , etc.
N'oublions point l'enfance. ' -
De ce Roi plein .d'amour '. ',.
Et né dans une étable : • . . •
II nous donne assurance
De l'éternel séjour. N'oublions, etc. . ,. ,.
O jour tant désirable ,
Jour de félicité ,
Où la captivité
De l'homme misérable 'k
Se change en liberté. O jour tant, etc.
Chantons , chantons sans cesse , ,- .»
Vive l'Enfant Jesus ! .; .
Nos ennemis confus
Et comblé de xristesse ';. i.': .
Es enfers sont réélus, Chantons , etc. ( „ î: . . .

NOËL. *
Air : , Or la voilà la petite rusée.

A CETTE Sainte Fête de la Nativité,


Du puissant Roi céleste. ; . : t . -..'»
Faisons solennité f ....-,'.»
Sans oublier la Vierge glorieuse : ., ;: ..
Ave, ave, Marie la bienheureuse.
C'est la Vierge très-sainte'
Qui a eu cet honneur , .
D'avoir porté enceinte
Le Fils du Créateur jyf,
34 ANCiENS
Jamais ne fut femme tant précieuse !
Ave, ave, Marie la bienheureuse.
Pour porter la nouvelle
Du Messie attendu
A Marie la Pucelle ,
Un Ange est descendu ,
Lui annonçant chose miraculeuse :
Ave t ave, Marie la bienheureuse.
Vierge pleine de grâce ,
Sans fin réjouis-toi ,
-Le Sauveur de ta race
Naîtra bientôt de toi ;
Tu concevras sans acte vergongneuse
Ave , ave, Marie la bienheureuse.
Les Anges et Archanges
Du Fils dYternité ,
Chanterons les louanges
A sa Nativité ;
Lorsqu'à minuit la nuit fut lumineuse *
Ave , ave, Marie la bienheureuse.
Je vous viens reconnaître ,
Mon Rédempteur, mon Roi ,
Qui avez voulu naître
£n ce monde pour moi ;
Votre bonté de nous soit soucieuse :
Ave , ave , Marie la bienheureuse.
Ferme Arche d'alliance,
Vaisseau d'élection ,
De toute ma puissance
Vous fais oblation ;
Recevez- moi , soyez-moi gracieuse :
Ave, ave , Marie la bienheureuse.
Sainte Vierge honorable ,
Du monde l'ornement ,
Nous être favorable
Vous prions humblement ;
Soyez pour nous toujours solliciteuse ,
Mère de Dieu sur toute bienheureuse.
N O E t S. . q

Y.- i '. i
NOËL
POUR LE COMMUN.
Air : Mon coeur est tous votre loi.

.
C^ui ne reut point chanter Nau ,
N'aura point de ma Pinette,
IM'aura point de ma Galette ,
N'aura point de mon Gâteau.
Ma Pinette est plus piquante
Que ne sont pas les vins vieux ;
Ma Galette est ravissante ,
Mon Gâteau délicieux.
Venez tous dans ma maison,
Mes voisins et voisines,
Parens , amis et cousines ,
Pour chanter une chanson ;
Mais une chanson dévote ,
En l'honneur du Roi des Rois ,
Qui vient naître en une grotte
Pour nous tirer des abois.
Chantons donc dévotement
De ce grand Dieu les louanges ,
Qui vient du séjour des Anges
Naître pour nous pauvrement.
Chantons , ne cessons de dire :
Vive l'Enfançon Jesus ;
Dessous son divin empire ,
. Chantons , ne soupirons plus.
Il faut ainsi chanter Nau
Pour boire de ma Pinette ,
Pour manger de ma Galette,
Pour goûter à mon Gâteau.
Si quelqu'un de cette bande
3& a ï? i f i? if s
Ne ch4ME"foînt^ "btf tfofrtos'f —
Encor bien qu'il ensdeiiff nd,|ï * r*.
Certes il n'en aura pas\.' ^ ' -
La saint* '.qàé la NaisÀinie Su Sauveur fait
régner dans l'âme des^Cj^éfiçn^^
Sur le chant : O FjJ.'?_ et Filice , etc.

Chantons charilo'r^lçk^'i^
Il vient de naître en ces bas iieux^ . ^ . ' , . -
Chantons un jour si solennel^ ,„ ^ ^ ^ \ ?\
Noël , Noël. 1 _:
Reprise : Noël , Noël^ NpëV, Jtfoët $ rP§ï.>
Jesus triomphe dés enfers .y ..' j... ' . .\
11 rend la paix à l'Univers': ..; ..'' '.' A »" j ^ ~
Chantons le Fils de l'Eternel. Noël /Noftt ^ ,
Reprise: Noël, Noëf , etc. \ ' ', T 'V '„ M
Tout est change par son amour , . ( . o . ^ t_
Et notre sort en ce grand jour . '.. ." 'i7' [.o V
Est aussi doux qu'il fut cruel. Noël, Noël.,^ »
Reprise : Noël , Noël > etç. . . ...0,.';
On ne voit plus vef.ser de pleurs. ' ' v..;y ' i
Un Dieu finit tous les malheurs ' ' ".Y. „'. .. .' v
Que fit le crime originel. Noël, Noël* _ .. ,
Reprise ..Noël , Noël , etc.. ; . i;" . .' '.j . .,
L'orgueil de nos premiers parens i \û >
Avait perdu tous leurs enfans : '' ,
Tout l'Univers fut criminel. Noël , Npë'I.
Reprise: Noël, Noël, etc..,^... . !.:.*tiH":"..•"/
Le Ciel , par un funeste^sort, _ : ... roi (t
Nous condamna tous àia'roort ; . . ..., . .'tj j
Et cet arrêt fut sans appel. Noël , îïoëj^j' \ ., ,
Reprise : Noël, Noël, etc., n; ( ,' it . slj0. ... .ij
Tout l'Univers était peHtt,;. , ^^..j
Mais le Sauveur est descendu ;. . " i .. "'. . , .^a'f
Un Dieu pour nous s'est fait mortel, "Noël, NpeL,
Reprise: Noël , Noël , etc. Sion',
hoels, y
Sion , Sion réjouis-toi ,
Tu vois ici ton divin Roi -,
Il est le père d'Israël. Noël , Noël.
Reprise : Noël , Noël , etc.
Pour bien répondre à ses bienfaits ,
Ton tendre amour doit à jamais
Brûler l'encens sur son autel. Noël , Noël.
Reprise : Noël , Noël , etc.
11 est tout prêt à s'immoler ;
Viens voir son sang qui va couler ;
Viens voir cet innocent Abel. Noël , Noël.
Reprise : Noël , Noël , etc.
Ah ! quel bonheur tu tiens de lui ,
Le Ciel devient dès aujourd'hui
,Ton hériwge paternel. Noël , Noël. ;
' Reprise : Noël , Noël , etc. .
Que tout réponde à nos concerts ; . < ....
De mille cris Frappons les airs: . i .
Chantons un jour si solennel. Noël , Noël.
Reprise ; Noël , Noël, etc^.

NOËL '
SUR LA NAISSANCE DU SAUVEUR. '
A i a : Vous me deve\ depuis long-temps , ett»

L'ANGE , AUX PASTEURS î :...:.,


,. ! _ j'i
VJloire à Dieu dans le haut des Cieuz , ;
Et paix à l'homme en ces bas lieux %
Qui voudra se montrer fidèle ;
Bergers , ouvrez un peu les yeux , '. ^
l'apporte une bonne nouvelle :
Gloire à Dieu au plus haut des Cieur.
Accourez , accourez donc tous , D
38 ANCIENS
Ne craignez ni lions ni loups ,
Partout règne une paix profonde ;
Le Dieu qui doit mourir pour vous
Vient aujourd'hui de naître au monde :
Accourez, accourez donc tous. ..
Voici, voici le temps heureux ..
Où les lions les plus affreux
Viendront , avec vos moutons , paîtra
Des aspics les plus dangereux ;
Le faible enfant sera le maître :
Voici , voici le temps heureux.
Quittez donc vîte vos hameaux ,
Laissez, laissez là vos troupeaux
Et ne craignez aucun obstacle
Cherchant ces feux divins , nouveaux i
Vous annonçant de grands miracles :
Quittez donc vîte vos hameaux» .
Est-il un prodige pareil ?
Une étoile engendre un soleil ,
Et la nuit produit la lumière ;
Le Verbe naît dans le sommeil ,
Le tout-puissant dans la misère :
Est.il un prodige pareil ? ( ; .
Venez , venez voir de" vos yeux ;
Une Vierge vient en ces lieux
D'enfanter un prince adorable %
Celui qui règne dans les Cieux ,
Et couché nud , dans une etabfe :
Venez , venez voir de vos yeux.
Est-il un miracle plus beau i
Un peu de foin est le drapeau
Du Roi du Ciel et de la Terré'}
Il pleure ici dans un berceau ,
Et roule dans les Cieux son tonnerre*.
Est-il un miracle plus beau ?
Quel est l'excès de votre amour.
De venir naître dans ce jour
Pour un peuple ingrat et rebelle ?
Loin de vous aimer à son tour
Il vous garde une mort cruelle :
Quel est l'excès de votre amour? Ii
Si vous naissez ainsi pour moi , .. J
Mon Dieu , mon Sauveur et mon Roi , )
En la misère et la souffrance , ',!
Dans tous les faux biens que je vois ,
En vain je mets mon espérance » .( .
Si vous naissez ainsi pour mou
Afin de marcher sur vos pas, ;j
Seigneur , prêtez-moi votre bras ; ,j
Pour arriver à votre gloire . -. .
Conduisez-moi jusqu'au trépas ,
Et gravez bien dans ma mémoire
. Que je dois marcher sur vos pas. >
Gloire à Dieu dans le haut des Cieux ,
Qui vient descendre en ces bas lieux
Pour nous tirer de l'esclavage - ,
Avec ces esprits glorieux. . . :
Bergers , chantons avec courage :
Gloire à Dieu dans le haut des Cieux.
"dIalogue^des bergers"
A LA NAISSANCE DE NOTRE - SEIGNEUR.
Air : Un jour Pierrot voyant , etc.

"Voisin , d'où venait ce grand bruit


Qui m'a réveillé cette nuit
Et tous ceux de mon voisinage ;'. }
'" Vraiment , j'étais bien en courroux
D'entendre par tout le village ::
Sus, sus, Bergers, ( bis. ) réveil lez-vous ,
Sus , sus , Bergers , réveillez-vous.
Quoi donc Colin ne sais-tu pas
Que Dieu vient de naître ici bas ,
Qu'il est logé dans notre étable i % . :L
40 A» CI EN S
11 n'a ni langes, ni drapeau ,
Et dans un état misérable :
On ne peut voir ( bis. ) rien de plus beau
On ne peut voir rien de plus beau.
Qui t'a dit, voisin , qu'en ce lieu
Voudrait bien s'abaisser un Dieu
Pour qui rien n'est trop magnifique ?
Les Anges nous l'ont fait savoir
Par cette charmante musique
Qui s'entendit ( bis. ) hier au soir ,
Qui s'entendit hier au soir.
Plusieurs y ont déjà courus ,
Quelques-uns en sont revenus,
Et disent que c'est le Messie ,
Que c'est cet aimable Sauveur
Qui , selon la Prophétie ,
Nous doit causer ( bis. ) tant de bonheur.
Nous doit causer tant de bonheur.
Allons donc , Bergers , il est temps ,
Allons lui porter nos présens
Et lui faire la révérence .,
Voyez comment Jeannot y va ;
Suivons-le tous en diligence ,
Et nos troupeaux ( bis. ) laissons-les là ,
Et nos troupeaux laissons-les Ià.; '".
Chariot lui porte un ^gnelait,
Son petit fils , un pot de lait
Et deux moineaux dans une cage 5
Robin lui porte du gâteau ,
Pierrot du beurre et du fromage ,
Et le gros Jean ( bis. ) un petit veau,
Et le gros Jean un petit veau.;'',' r
Pour moi , puisque ce Dieu Sauveur
Doit un jour être Pasteur , ) . ,
Je lui veux donner ma houlette,
Ma panetière avec mon chien ,
Mon flageolet et ma musette , .'. / '
Et mon sifflet ( bis. ) s'il le veut bien ,
H O E t S.
Et mon sifflet s'il le veut bien.
Sans plus tarder allons donc tous ,
- Allons saluer à genoux
Notre Seigneur et notre Maître .,
Et dans cet adorable jour
Où , pour nous , l'amour l'a fait naître ,
Allons pour lui {bis.) mourir d'amour.
Allons pour lut mourir d'amour.
Après avoir fait nos présens, . . j; U
Avec de petits complimens ,
Autour de lui , tous en cadence ,
Nous lui souhaiterons le bon soir ' . .
Et lui ferons la révérence ; . U
Adieu Poupon , ( bis.) jusqu'au revoir,
. Adieu Poupon , jusqu'au revoir.
Ah ! Colin , ah ! ôue dis-tu là ,
Il ne faut pas faire cela ,
J'aimerais mieux perdre la vie;
Soyons toujours dans ce saint lieu ,
Tenons -lui toujours compagnie ,
Et ne disons ( bis. ) jamais adieu,
Et ne disons jamais adieu.
Et moi je suis plutôt d'avis
De retirer ce petit Fils
De l'étable en ma maisonnette,
Où j'ai préparé , sur deux bancs ,
Un lit en forme de couchette ,
Et des linceuls ( bis. ) qui sont tout blancs ,
Et des linceuls qui sont tout blancs.
Je vais faire de tout mon mieux
Pour le retenir daus ce lieu ,
"Et Joseph avec Marie :
Quand il seront tous trois chez moi,
Ma maison sera plus jolie
Que le Palais ( bis. ) du plus grand Roi ,
Que le Palais du plus grand Roi, "t
Dès aujourd'hui, dans ce dessein,
Sans attendre jusqu'à demain , . -
41 A.NCIENS
Je veux quitter ma Bergerie ,
Et j'abandonne mon troupeau,
Pour mieux garder toute ma vie
Dans ma maison ( bis. ) ce seul Agneau ,
Dans ma maison ce seul Agneau.

NO EL
SUR LE MAGNIFICAT.

»3us , sus, debout, qu'on se réveille , t •.


Car il n'est plus temps de dormir :'.
L'Ange a dit, chose non pareille ,
Que le Msssie doit venir c.o .i . u
Dans une Vierge qui chante le , ! .
Magnificat anima mea Domïnum ,
Et exultavit Spiritus meust i
Cette Vierge gratieuse' .".
Se troubla beaucoup à l'instant,
§e voyant nommer bienheureuse
Et la Mère d'un tel enfant :
Mais tout-à-l'heure elle remît son esprit.
In Deo salutari meo.
Quia respexit humilitatem ancilla tum r
Dieu , voyant ma grande bassesse
Et ma profonde humilité ,
A voulu faire une largesse
A toute la postérité, tout-à-fait grande,
On ne peut jamais penser.
Ecce enim ex hoc beatam me dictât omnes generationcs.
Quia fecit mihi magna qui potens est ,
Celui qui a toute puissance,
Et qui tout le monde régit ,
A bien voulu: prendre naissance
De moi , sous ce mortel habit ,
Ce que les Prophètes avaient souvent prédit.
Et sanctum nomen ejus. ....
NOUS. A
Et misericordia ejus à progenie in progenies ,
Ce Jesus , rempli de clémence ,
Et qui reluit tout en beauté ,
Nous a tiré de la souffrance
Et de notre captivité ,
Pour nous apprendre qu'il se donne entièremen
Timentibus eum.
Fecit pottntiam in brachio suo ,
David , dans sa magnificence,
Nous a prédit , bien amplement ,
Qu'il régirait , sans résistance ,
De son bras tout le Firmament
Par sa puissance , jusqu'à
Dispersit superbos mente cordis sut.
Depotait potentes de sede 3
. Son autorité infinie ..... <
Se montra bien alors à nos yeux ,
Quand le Diable et sa compagnie
Voulurent être comme des Dieux ,
Car, en colère, il renversa leur orgueil.
Et exaltavit humiles.
Esurientes implevit bonis ,
Dans la naissance glorieuse
De ce doux Jesus , mon Sauveur ,
Notre pauvre âme langoureuse 1'
A reconnu son vrai pasteur ,
Plein de richesses qu'il donne aux nécessiteux.
Et divites dimisit inanes.
Suscepit Israël puerum suum,
Or , après cette délivrance ,
Il les rendit tous possesseurs
Du Paradis, par sa présence,
Où ne vont point les grands pécheurs ,
Car sa clémence ne l'a ouvert qu'à
Abraham et semini ejus in secula.
Gloria Patri et FilïJ ,
Honorons sa divine Essence,,
Trois personnes en Déité t
44 ANCiENS NOËL S.
Toutes trois d'égale puissance
Et en sagesse et en beauté ,
Soit gloire au Père ,
Et à Jesus-Christ , son très-cher Fils»
Et in Spiritu sancto.
Sicut erat in principio et nunc et semper,
Prions Jesus qu'il nous pardonne
De l'avoir si fort offensé ,
Et qu'en l'autre vie il nous donne
Le chemin qu'il nous a tracé
Par sa présence , pour être au Ciel avec lui ,
Et in secula secutorum. Amen.

NOËL.
AiR: Où t'en vont ces gais Bergers, ensemble côte-à-côte.

■/Aujourd'hui le Roi des Cieux


Vient pour sauver le monde ; bis.
Il est né dans ces bas lieux
D'une Vierge féconde ,
Qui nous fait ce présent précieux ,
Où toute grâce abonde.
Les Bergers vont tour-à- tour
Lui rendre leurs hommages , b*s.
Et trois Rois lui font la cour ,
Apprenant aux gens sages ,
Que ce Dieu demande notre amour
Et tous nos cœurs pour gage.
Voyons donc ce Roi des Rois
Dessus de pauvres langes , bit.
En répétant mille fois
Le Cantique des Anges :
Faisons sans cesse servir nos voix
A chanter ses louanges.
Fin des Noe'U anciens. i -
N O E L S NOUVEAUX. 4Î

BIBLE

DES NOËLS

NOUVEAUX';"'';'s

AVEC PLUSIEURS ADIRES CANTIQUES SPIRITUELS 1*


L'HONBEUR DE LA NATIVITE DE NOTRE SAUVEUR
JESUS-CHRIST ET SE LA VIERGE MARIE.

N O E L.
I
l'ange Annonce au pasteur la
naissance du sauveur.
air : Une jeune Pucelle de noble coeur.

L'ANGE.
Entends ma voix fidèle
Pasteur , suis mot -,
Viens témoigner ton zèle Au divin Roi : . . .
Ce Dieu si grand est né dans une étable ;
Ce Dieu si redoutable Est homme comme toi.
PE PASTEUR.
Bon Dieu quelle lumière >
Dans ce hameau
46 H O E l S
Vient frapper ma paupière !
Est-ce nn flambeau ?
Je suis surpris ; II n'est pas ordinaire
Que la nuit soit si claire »
Le jour n'est pas ai beau.
L'ANGE.
C'est le temps des
L'
TW
Le jour à la nuit sombre V
Le Ciel l'ordonne ainsi.
LE PASTEUR.
' Expliquez- moi , de grâce , Ce changement ;
Que faut-il que je fasse En ce moment ?
Ange du Ciel , ah t je vous en conjure ,
Chassez la nuic obscure De mon entendement.
L'ANGE.
Je veux bien te conduire , Puisqu'il le faut;
L'éclat que tu vois luire Vient du Très-Haut :
Dieu te fait voir , Par ce grand jour qui brille ,
Qu'il'est né d'unefille .' A . .
Sans tache et sans défaut. .- '
LE PASTEUR.
Je crois qu'à sa puissance Tout est permis
J'adore sa Naissance D'un cœur soumis :
Mais l'homme ingrat trahit Ce divin maître ;
Pourquoi vient-il de naître
Parmi ses ennemis ?
L'ANGE... .... .
C'est par l'amour extrême Qu'il a pour vous
Qu'il vous sauve lui-même De son couroux ;
Par un arrêt , dont il est la victime i
Il est chargé du crime , -
Et l'homme en est absout. ; :i
LE PASTEUR»
O Père, le plus tendre Qui fut jamais !
NOUVEAUX.
Comment peut-on lui rendre ,' ,
Tant de bienfaits ?
De ses trésors il enrichitvla terre :
Nous lui faisons la guerre, Ir nous donne la
L'ANGE.
Suis-moi jusqu'au village; Ne tarde pas :
Tu dois lui rendre hommage,
Viens sur mes pas :
Tu vois l'ardeur de l'amour qui le presse,
A force de tendresse Fera-t-il des ingrats ?
LE PASTEUR.*
La même ardeur m'enflamme
Dans ce moment ,
Secondez de mon âme L'empressement :
Hâtons nos pas , je ne puis plus attendre ;
Peut-on"trop tôt se rendre - .
Près d'un Dieu si charmant ?

JL/AiSSEz paître vos bêtes


Pastoureaux par monts et par vaux ;
Laissez paître vos bêtes
Et venez chanter Nau.
J'ai ouï chanter le Rossignol,
Qui chantait un chant si nouveau,
Si haut , si beau , si raisonneau ;
Il me rompait la tête
. Tant il prêchait et caquetait ,
J'ai donc pris ma houlette
Pour aller voir Naulet. Laissez , etc.
Je m'enquis au Berger Naulet ,
As-tu ouï le Rossignolet
Tant joliet qui gringottait ?
Là-haut sur une épine ,
48 NOEls
Oui , dit-il, oh ! je l'ai ouï ,
J'en ai pris ma bousine
Et m'en suis réjoui. Laissez , etc.
Nous dîmes tous une chanson ,
Les autres y sont v'nus au son -,
Or sus dansons , prends Alison ,
Je prendrai Guillemette ,
Margot tu prendras gros Guillot ;
Qui prendra Perronnette ,
Ce sera Talebot. Laissez , etc.
Ne dansons plus, nous tardons trop,
Pensons d'aller , gourons le trot,
Viens-tu Margot , j'attends Guillot.
J'ai rompu ma courroie ,
Il faut racoûtrer mon sabot ;
Or tiens cette Aiguillette ,
Elle te servira trop. Laissez , etc.
Comment Guillot , ne viens-tu pas ,
Oui je vais tout l'entre-pas ;
Tu n'entends pas trop bien mon cas ,
J'ai aux talons les mules ,
Pourquoi je ne puis plus trotter ,
Prises elles m'ont par froidures
En allant ex traquer. Laissez, etc.
Marche devant , pauvre mulard
Et t'appuie sur ton billard ;
Et toi Coquard , vieux Loriquart ,
Tu dois avoir grand honte
De rechigner ainsi des dents ,
Je n'en tiendrais pas compte ,
Au moins devant les gens. Laissez , etc
Nous courûmes de telle roideur
Pour voir notre doux Rédempteur ,
Et Créateur ej Formateur ;
Il avait , Dieu le sache ,
De linceuls assez grand besoin ;
Il gissait dans la Crèche ,
Sur un botteau de foin. Laissez , etc.
N O U V ï A V X.
Sa mère avec lui était ,
Jn vieillard qui lui éclairait ,
Point à l'enfant ne ressemblait : .
Pî n'était pas son père,
Fe l'apperçus bien à l'abord ,
Ressemblait à sa mère
Et est plus beau encor. Laissez , etc.
Nous avions un fort bon paquet
De vivres pour faire un banquet ,
Mais le muguet de Jean HugMet
Avait une levrette qui mit le pot à découvert:
Ce fut la bergerette
^ ji laissa l'huis ouvert. Laissez , etc.
Or prions tous le Roi des Rois
Qu'il nous donne à tous bon NoSI
Ek bonne paix de nos méfaits ,
Et veuille avoir mémoire
De nos péchés , nous pardonner,
A ceux du Purgatoire
Leurs péchés effacer. Laissez , etc.

jsr o i l. ~
AiR : Bêlas t je l'ai perdue celle que j'aimais tant.

Vjbawtons , je vous en prie,


Par exaltation ,
En l'honneur de Marie ,
Pleine de grand renom. . 't-
'Pour tout humain lignage,
Jeté hors de périls ,
Fut transmis un mess ge
A la Vierge sans prix. .-i.
Nommée fut Marie , Par desiina.ion ,
De Royale lignée Et génération. E
JO sons
Or nous dites Marie , Qui fut le Messager
Qui porta la nouvelle Pour le monde sauver ?
Ce fut Gabriel , l'Ange , Qui , sans dilation ,
Dieu envoya sur terre,. Par grande compassion.
Or nous dites Marie, Où étiez-vous alors,
Quand Gabiiel , l'Archange
Vous fit un tel rapport 1
J'étais en Galilée , Plaisante région ,
En ma chambre enfermée , En contemplation.
Or nous dites Marie , Cet Ange Gabriel
Vous dit-il autre chose De ce salut nouvel ?
Tu concevras Marie, Dit-il, sans fiction ,
Le Fils de Dieu t'assie , Et sans corruption.
Or nous dites Marie , En présence de tous ,
A ces douces paroles, Que répondîces-vous ?
Comment se pourrait faire
Qu'en telle mention ,
Le Fils de Dieu , mon Père , Prenne incarnation ?
Or nous dites Marie, Vous semblait-il nouvel
D'ouïr telles paroles De l'Ange Gabriel 7
Oui , car de ma vie je n'eus intention, ■
D'avoir d'homme lignée, Ni copulation.
Or nous dites Marie, Que vous dit Gabriel
Quand vous vit ébahie De ce salut nouvel r
Marie ne te soucie , C'est Pobumbration ;
Du Saint-Esprit, ma mie, Est l'opération.
Or nous dues Marie , Crûtes-vous fermement
Ce que l'Ange vint dire Sans nul empêchement t
Oui , en disant à l'Ange , Sans autre question ,
Soit faire et accomplie Ta nonciatiorr.
Or nous dites Marie, Les neuf mois accomplis,
Naquit le fruit de vie, Comme l'Ange l'avait dit.
Oh ! oui , sans nulle peine Et sans oppression ,
Naquit de tout le monde, La vraie Rédemption.
Or nous dites Marie, Du lieu impérial,
Fut-ce en chambre parée , Ou en Palais royal ?
En une pauvre étable , Ouverte à l'environ ,
Où n'y avait ni flamme, ni lattes ni chevrons.
NOUVEAUX. Ji
Ornous dites Marie, Qui vous vint visiter ?
Les Bourgeois de la Ville, Vous ont-ils confortée ?
Oncques Homme ni Femme
N'en eut compassion ,
Non plus que d'un Fsclave D'étrange région.
Or nous dites Marie ,
Les Laboureurs des champs
Vous ont-ils visitée , Et aussi les Marchands ?
Je» fus abandonnée De cette nation »
De toute cette nuitée, Sans consolation.
Or nous dites Marie , Les pauvres Pastoureaux
Qui gardaient ès montagnes
Leurs brebis et agneaux.
Ceux-là m'ont visitée par grande affection,
.Moult me fut agréable, Leur Visitation.
Or nous dites Marie , Les Princes et les Rois
Votre enfant débonnaire Le sont-ils venus votri
Trois Rois du haut parage ,
D'étrange région , Lui vinrent faire hommage
Et grande oblation.
Or nous dites Marie , Quand votre fils fut né,
Tant comme il fut envie , Fut-il du monde aimé ?
Oui , n'en doutez ma mie, Fors de la Nation,
Des faux Juifs plein d'envie Et de déception.
Ornous dites Marie , '
Ces faux Juifs malheureux ,
Lui portèrent-ils envie Tant qu'il fut avec eux ?
Telle envie lui portèrent, Et sans occasion ,
Que souffrir ils lui firent Cruelle Passion.
Or nous dites Marie, Sans plus vous enquérir,
Ces faux Juifs pleins d'envie , Le firent-il mourir?
Oui d'une mort amère , Par grande détraction ,
En une Croix cloué, Et entre deux Larrons.
Or nous dites Marie En étiez-vous bien loin ?
Fûtes-vous là présente , Envîtes-vous la fin ?
Oui , oui , là éplorée , Par grande affliction ,
Dont souvent chut pâmée,
Et non pas sans raison. 2.
ji N O E l S
Nous vous prions Marie, '
De cœur tiès-humblement ,
Que nous soyons amis Vers votre cher Enfant,
Afin qu'à la journée Que tous jugés serons ,
Fuissions être à la droite Logés avec les bons.

NOËL.

Cj races soient rendues A Dieu de la sus ,


De la bien venue De son Fils Jesus ,
Qui naquit de Vierge , Sans corruption ;
Pour notre décharge Grâce lui rendons.
Alleluia , Alleluia.
Kyrie , Christe , Kyrie eleison.
Adam , premier Père, Nous mit en danger
De la Pomme chère Qu'il voulut manger :
Nous allions tous à la damnation ,
Mais le Fris de Marie nous a fait pardon.
Alléluia , Alleluia, Kyrie, etc.
Nous ferons prière Généralement ,
Pour Père et pour Mère , Et pour nos Parens ;
Pour les pauvres âmes Qui sont en prison,
Que Dieu par sa grâce leur fasse pardon.
Alléluia, Alleluia , Kyrie , etc.
Grâce soit rendue A Dieu de la sus ,
De la bonne chère Dont sommes repus ;
Nous le prions tous , Par sa Passion ,
De tous nos péchés nous faire pardon.
Alleluia , Alleluia , Kyrie , etc.
Ceux qui sont ici A ce beau souper,
Vous prions aussi Oe nous apprêter
Une fois à boire, Dedans un hanap'
Buvons après grâce , Bons ptoficiat.
Alleluia, Alleluia, Kyrie , etc.
NOUVEAUX. 53

NOËL.
J

^Tne jeune Pucelle De noble cœur ,


Priait en sa chambrette Son Créateur ;
L'Ange du Ciel , Descendant sur la Terre ,
Lui conta le mystère De notre Salvateur.
La Pucelle ébahie De cette voix ,
Elle se prit à dire , Pour cette fois :
Comment pourra s'accomplir telle affaire,
Car jamais n'eus affaire A nul homme qui soit ?
Ne te soucie Marie Aucunement ,
Celui qui seigneurie Au Firmament,
Son Saint-Esprit Te feras apparaître ,
Dont tu pourras connaître
Tout cet Enfantement.
Sans douleur et sans peine, Et sans tourment,
Neuf mois seras enceinte De cet Enfant;
Et quand viendra A le poser sur Terçe ,
Jesus faut qu'on l'appelle ,
Roi sur tout triomphant.
Lors elle fut consolée de ces beaux dits ,
Qu'elle pensait quasi être en Paradis ,
Se soumettant du tout à lui complaire ,
Disant: je suis l'Ancelle du Sauveur Jesus-Christ.
Mon âme magnifie Dieu mon Sauveur ,
Mon esprit glorifie Son Créateur ,
Car il a eu Regard sur son Ancelle,
Que terre universelle
Me rend gloire et honneur. 3
KOEIS

NOËL
DE LA GRUE.

Il fut un jeune oiselet


Qui chantait au verd bocage ,
Plaisamment et de bon air ,
Mieux qu'un Rossignol en cage ,
lit nous dit joyeusement ,
Pastoureaux trottez gaiement ,
Et allez en Béthanie ,
Pour trouver le fruit de vie.
Nous fîmes appointement
Pour aller voir l'Accouchée ;
Ce ne fut pas sans présens
Des plus riches de Judée :
Un chacun lui présentait
Le plus beau don qu'il pouvait :
Pour présent de grande value
Je lui ai donné ma Grue.
Or, dis Berger, réponds-moi ;
Que dis-tu de l'Accouchée T
Son Fils est, comme je crois,
Roi de toute la Judée ;
Il est beau il est joyeux f
II est gai et amoureux :
Enfant n'est dessous It nue
Que lui pour avoir ma Grue.
Quand je vis ce bel enfant .'. •
Tout nu auprès de sa mère ,
Je regardais un paysan,
Et je crois qu'il n est pas son père :
Ma foi c'est un fin valet ,
Je ne sais pas qu'il était ;
NOUVEAUX.
Mais il prit de l'Accouchée
La Grue que je lui ai donnée.
Dieu garde de mal le valet,
Tant il est courtois et sage :
Il a gardé de boa hait
A Marie le Pucelage :
Auprès lui a eu Enfant ,
Vierge après, Vierge devant ,
Pucelle à Dieu l'a rendue ,
C'est raison qu'il ait ma Grue.
Quand nous fîmes le Banquet ,
Le bon homme en voulut être ;
Il n'y avait au Parquet
Qui sut mieux que lui repaître ;
II cachait tout en son sein ,
Je crois qu'il mourrait de faim :
Si n'eût été l'Accouchée ,
Il eût ma Grue dévorée.
L'un chantait , l'autre dansait ,
Pour réjouir la Commère :
Le bon homme gringottait,
Qui faisait très-bonne chère :
Je lui donnai mon baril ,
Jamais mieux trinquer ne vis :
Parle Dieu qui fit la nue ,
Il eut bien mangé ma Grue.
Trois Rois furent voir l'Enfant
Et la Vierge débonnaire ,
Dont Hérode le tyran
Les innocens fit défaire ;
Portèrent nobles présens
De myrrhe aussi d'encens :
Mais pour don de grande value
L'E'ifant aima mieux m» Grue.
Or chantons tretous Noïl
Pour la Vierge qui ftit mère,
Qui port? Emmanuel,
Sans avoir connu le pète :
j6 NOELS
A son doux avènement ,
Chantons tous joyeusement :
Pour sa plaisante venue
Je lui ai donné ma Grue.

COMPLAINTE D'ADAM.
AiR : Etendu parmi les fleurs que j'arrose, etc.

(Chargé de tant de malheurs


Je me baigne dans mes pleurs ,
Moi, pauvre Adam , premier homme ,
Pour le morceau d'une pomme.
Hélas ! je ne pensais pas
Que ce désastreux repas
Apportât tant de dommage
Au pauvre humain lignage.
Si je l'eusse bien pense
Je n'eusse pas offensé ;
Mais mon ignorance crasse
Me perd de mon Dieu la grâce.
Mon Dieu, qui d'un si beau trait
M'a tiré sur son portrait ,
Et m'a fait , par excellence ,
A son image et ressemblance.
Mon Dieu , mon Roi , mon Facteur ,
Mon Père , mon Créateur,.,
Qui m'a fait tant de largesses
Et donné tant de richesses.
Dieu , sans qui je n'étais rien,
Dieu qui m'a fait tant de bien ;
Fallait-il, Majesté haute,
Vous faire une telle faute ? .
Ayant reçu tant d'honneurs ,
Tant de grâces et de faveurs, • 5. i..
NOUVEAUX.
Ayant de tout connaissance
Et entière jouissance.
J'avais tout à mon désir ,
J'avais tout à mon plaisir ;
Maintenant, tout au contraire,
Je n'ai que peine et misère.
Tout le fruit du Paradis ,
Vous m'aviez donné jadis ,
Excepté une seule ente ,
Cause pourquoi me lamente.
Hélas ! je me suis perdu
Mangeant du Fruit défendu :
Oh ! quel ingrat misérable
Envers ce Dieu vénérable.
Un appéti de savoir
Bien et mal m'ont fait avoir ;
En moi tant d'outrecuidance
Qu'à mon Dieu j'ai fait offense.
Hélas! ma douce moitié ,
Hélas ! ma chère amitié,
Sans l'amour que je vous porte
Nous ne fussions de la sorte.
Depuis que je fus induit
A goûter ce mauvais fruit,
Je n'ai eu que défiance
Et remords de conscience.
En tristesse et en ennuis
Je passe les jours et les nuits ,
Toujours mon ârne remplis
De triste mélancolie.
Ah ! qu'il fait bon en tout lieu
Obéir à ce grand Dieu ;
Que c'est une chose sainte
De lui porter amour et crainte.
Heureux qui n'a jamais fait
A Dieu péché ni forfait ;
Heureux qui, dès son enfance ,
A Dieu porte obéissance.
j8 vous
Là encore si mon péché
Me tenait seul empêché ;
Mais toute la race humaine
Participe à cette peine.
Soit le faible, soit le fort ,
Nous allons tous à la mort :
La mort cruelle et félonne
Ne favorise personne.
Ah ! bon Dieu , pardonnez-nous ,
Regardez d'un œil plus doux
La pauvre humaine nature ,
Votre pauvre créature.
Prenez pitié des humains ,
L'œuvre de vos saintes mains
Envoyez du Ciel en Terre
Votre promis salutaire»

NOËL.
AIR : La Princesse Marie s'ennuie , etc.

En l'honneur de la Vierge sacrée ,


Chantons ce beau Noël ,
Car voici la nuitée
Qu'est né l'F.mmanue!
"Cette Vierge Pucelle , si belle ,
A l'heure de minuit ,
Sans feu et sans chandelle
Enfanta Jesus-Christ.
Entre un Bœuf et un Ane , la dame ,
Sur un botteau de foin,
Les deux genoux en terre ,
Le prie à jointes mains.
Les Pasteurs des montagnes et campagnes
Le vinrent adorer ;
NOUVEAUX.
Une brebis à laine
Lui vinrent présenter.
Les trois Rois d'Arabie , d'envie
Se sont émancipés ,
Tout droit en Béthanie
Pour le venir trouver.
L'Etoi'e couronnée , royale,
Les a bien éclairés ;
HéroJe infavorable
Les a fait pourchasser.
Ces trois Rois , très-sages , se préparent
A lui faire un présent ,
En lui faisant horomage
D'Or , de Myrrhe et d'Encens.
Hérode, par vengeance, s'avance
De le faire chercher ;
Mais Dieu, par sa puissance ,
Les en a détourné.
Prions Dieu pour la France , ensemble
Pour le grand Roi Louis ,
Car il a eu vengeance
Contre ses ennemis.
Prions Dieu et sa Mère , débonnaire ,
Pour nous et nos amis ,
Qu'après cette misère
Nous donne Paradis.

NOËL.

J-JES Bergers et les Bergères


Gardaient leurs Brebis aux champs ,
Oyants une voix doucette
Ils s'endormirent au chant :
Philippot soufflait , Germain toussait, «'
Guillot et Guillemetce,
6o V o ■ i s
Robin , ron , ron, ron , ronflait,
Songeant mainte chosette.
Chantons Noël , Noël, Noël,
Chantons à pleine tête ,
Au nom de Dieu Emmanuel ,
Et de la Pucelette
Or sus qu'on se réveille
Pour aller voir cet enfant ,
Qui est né par grande merveille
Le Fils du Dieu triomphant :
Voyez l'Ange , vole voletant ,
Qui dit la chansonnette ,
Et nous vas tous invitant
D'aller voir la Fillette. Chantons Noël, etc.
Chacun de nous ci s'apprête
Pour tôt nous mettre en chemin.;
Menons tous, sans taire enquête ,
Chien et Chat , se dit Catin :
Gnof, gnof, gnof, dit le Mâtin ,
Hap , hap , hap , dit la Levrette ;
Le Chat miaulant sans fin
D'aller nous admonète. Chantons Noël , etc.
Mé, mé , mé, se dit la Chèvre,
Sautelant comme un Piau
J'irai vite comme un Lièvre :
Bé, bé , bé , se dit l'Agneau ,
Allons voir ce Messiau :
Visitons la Commère ;
Portons-lui du lait nouveau,
Pour faire bonne chère. Chantons NoSI , etc.
Ka , ka , ka , disait la Poule ,
Coquelicoq, disait le Coq :
Notre Truie, étant trop soûle ,
Tord seulement le museau;
L'oie , avec son chalumeau ,
che bien haut perrette : •
. can , djt le Canardeau ,
i, dit la Poulette, Chant. Noël , «te. Nous,
NOUVEAUX. 6t
Nous nous mîmes au plus bel ordre
Dont on ait ouï parler ;
M? jument me voulait mordre
Tant je la hâtais d'aller:
Les oiseaux sont parmi l'air
Qui chantent à tue tête ;
Chacun d'eux en veut parler ,
Car tout est de la Fête. Chantons Noël , etc.
Quand fut à notre venue ,
Saluâmes Penrar,çon ,
Chacun de nous se remue
Pour chanter une chanson -,
Bou , bou , bou , disait le veson ,
Din , din , din , dit l'épinette ,
Ha , hin , ha , se dit l'âtion ,
-i.e bœuf branle la tête. Chantons Noël , etc.
Et la flûte , ture, lure , lure,
Le bedon , don , don , don ,
L'ine tenait la mesure — ..
En avalant un chardon ,
Le cornet dit, tron, tron, tron ,
Bran , bran , dit la guiterne :
Le bon Joseph éclairait .. „, l f.
Avec sa lanterne. Chantons Noël , etc.
Chifs , chifs , chifs , font les sonnettes ;
Les filles et jouvenceaux -, —
Disaient forces chansonnettes ,
S'accordant aux chalumeaux : - * ' o» "
Hin , hin , hin , font les chevaux.
Des Rots des pays étrangers, '' u .. . . ..
En leurs langages nouveaux ^ .. • , .. , i
Chantaient a Dieu louanges. Chantons Noël^ etc.
Ces sages firent merveilles , : r, Mn/.'i'
En faisant de beaux présens ; '.. » :ii> .1,. ! »: ,
Joseph chauvit des oreilles .'!.::. ". . r.
Quand il vit l'or et l'encens : . : . ' 11' '
Des ducats plus de cinq cents , - ]'"'..''.',"
Il mit en sa bougetttT'j1 i'-m ' -~ - ï»-,
6% N O E f S;
Et en donne à tous venans,
D'une façon honnête. Chantons Noël, etc.
Le petit , qui nous regarde , . •
S'endormit sur le matin ; . i. .
Mais sa mère le regarde,. j ..
Lui présentant le tetin ; . . \ .. .
Là, là, là, se dit Robin, .
Chacun de nouç s'apprête rj ': ^ ; :
Reprenons notre chemin t .. ,
• Nous lui rompons la tête. Chantons. Noël ,, etc.
Nous fîmes notre prière , .
Chacun de nous à son tour ,. , . . .
Tant à l'enfant qu'à sa mère ;
Adieu jusques au retour.
Dame , sans plus de séjour ,
Nous vous faisons requête , s.
Que votre fils quelque jour
En Paradis vous mette. Chantons Noël, etc.

IfOE L
SUR LE VOYAGE DES MAGES A BETHLEHEM.
AlB. : De Saint Jacques.. .

INTouS avons quitté PArabi«*n. .


Et nos états , .Uj <. ! , , , n:'i
Pour venir trouver le Messiftii^ . ., , ^ j,-.... <i }\ ; i
En ces climats : , au ynu.v. :. ....i'. >ju .
Avec ardflùf nous checchons: tous r : ;. ... ...
Ce divin Maître : ,.i.;i ,..7 "i .
Jérusalem enseigne-nous, 3; s.n.j/n. ..:.. .i.
Ton Roi qui vient de naître, ; '.
Mon Diadème et ma Couronne ..... l;
N'ont plus d'appui , ; . n.". :.. .ji
Quand Hérode qui , sur mon trône.t' ^ _ :. :.

* i
NOUVEAUX
Règne aujourd'hui ;
C'est dans ce Prince que je mets
-Ma confiance ,
Et ses descendans , désormais,
Feront mon espérance.
Nous avons pourtant vu reluire
Son sstre aux Cieux ,
Et qui nous est venu conduire
Jusqu'en ces lieux :
Mais si tu méconnais ton Roi
A cette marque ,
Nous allons chercher loin tfe toi
Ce souverain Monarque.
Voici cette étoile brillante
Qui nous conduit ,
"Et dont la lumière éclatante " '
Nous éblouit ;
Elle montre sur Bethléhem ,
Ce grand prodige , s
Et cache pour Jérusalem
Un bonheur qui l'afflige.
En vain tu crois , Hérode impie ,
Que ta fureur
Ira bientôt ôter la vie
A ce Sauveur.
Cet Enfant qni est au berceau
Ton cœur barbare ,
Et se rit déjà du couteau
Que ta main lui prépare.
Cherche tes flatteurs détestable*
Dans ton Palais ,
- Tîous ne' serons jamais coupables
De tes forfaits :« ~i •'.i. v' i.
En vain tu crois nous exciter . .
Par ton hommage ; ... .«r....— -
Nous connaissons sans détourner
Tout l'excès de ta rage.
. Mais nous voici près de k v.ilfé
64 ïoiis
Où nous courrons ,
Et l'Etoile semble immobile
Aux environs :
Hélas ! c'est sur un pauvre lieu
Qu'elle s'arrête ,
Moins digne de loger un Dieu
Que de cacher la bête.
Nous cherchions ce Prince adorable
Dans quelque Cour ,
Mais ce n'est que dans une Etable
Qu'il vient au jour :
Une Crèche est son lit d'honneur t
Du foin sa .couche.
Venez , voyez s'il est un cœus
Que son état ne touche.
Grand Dieu , qui roulez le tonnerre
Sur les humains ,
Qui tenez les Cicux et la terre
tntre vos mains ,
Auprès de votre btas tout-puissant ,
f ) Dieu suprême ,
Nous venons offrir un encens
Qui n'est dû qu'à vous-même.
Divin enfant , dont la naissance
Vient de grands Rois ;
?ui tenez par votre puissance
out sous vos lois ,
Nous vous reconnaissons , grand Roi ,
Pour notre Maître ;
Et par cet or , sous votre loi ,
Nous venons nous soumettre.

Aie : Je suis Cassandre t etc.

Xe suis Marie , le Vaisseau précieux ,


Je suis Nourrice du Fils du Dieu des Dieux
M O U V E A V X.
Je suis sa Mère , en moi a pris soulas ;
Le Messie, en moi a pris soulas.
Je suis Marie , que Dieu aime le mieux
Je suis choisie au cabinet des Cieux :
Dedans les siècles je pris création ;
Dedans Sion je pris création.
Je fus élue pour vous , pauvres pécheu
Je fus conçue pour ôter vos langueurs ;
Je suis la Mère de Jesus le Sauveur ,
Et Rédempteur } de Jesus le Sauveur.
C'est le Messie qui est venu des Cieux
Four donner vie aux pauvres vicieux ,
Qui , en misère , s'en allaient tous là bas ,
Crier, hélas! s'en allaient tous là bas.
Je suis Pucelle et Mère ensemblement ,
* Je serai telle perpétuellement ;
Par mon humblesse j'ai eu cette faveur ,
De mon SaUveur j'ai eu cette faveur.
Je suis amie de tous les bons Chrétiens ,
Je suis haïe de tous les Luthériens : . ..
Je suis servie de tous vrais pénitens ,
Vrais repentans , de tous vrais pénitens.
Je suis servante à qui veut me servir ,
Je suis contente à Vous faire plaisir :
Je suis marrie que ne venez toujours
A mon secours , que ne venez toujours.
En ma chambrette, en contemplation ,
J'étais seule.te , par grande dévotion :
L'Ange Céleste là me fut envoyé
Me dire Ave, là me fut envoyé. '*
Ave Marie , ne soyez en émoi ,
.. Car vous réjouie vous serez de par rnoi :
Vous serez Mère du Roi du Firmament ,
Assurément du Roi du" Firmament.
Je suis servante du Roi notre Sauveur ,
Je n'ai attente de nulle autre f.ivetif : '
Soit accomplie ta paro'e et ton dit
Que tu m'as dit , ta parole et ton dit.
66 KOSLS
En la nuitée de Noël enfanta ' .
Dedans Judée , l'Ange ainsi chanta ;
Sur les montagnes le dit aux Pastoureaux
Bons et loyaux , lf dit aux Pastoureaux.
A Dieu soit gloire., paix en terre aux vivans 9
D'un grand mystère je vous ferai savans :
Sans plus attendre commencez chants nouveaux ,
Gais Pastoureaux , chantez Noëls nouveaux.
Le vrai Messie est descendu des Cieux ,
Pour donner vie aux pauvres langoureux :
D'une Pucelle est ne divinement t
Présentement est né divinement.
Nature humaine prenait damnation
Douleur et peine toute perdition:
Par une offense de nos premiers Parens „
Petits et grands , allions à damnetnent. .
Prions la Vierge, qui a eu cet honneur h ..£
D'être la Mère de Dieu notre Seigneur :
Qu'elle supplie son Fils bénignement r
Bien humblement, qu'il nous donne sauvement.

N E
AIR : Un jour l'amoureuse Sylvie x etc.

KJdovx Jesus, Fils de Marie


Sauvez-moi, bon Dieu , je vous prie,
Vous êtes l'espoir de ma vie ,
Mon doux Sauveur ;
Sauvez. mai , bon Dieu,. je vous prie,
Par votre divine faveur.
Je sais que griève est mon offense,
Sauvez-moi , divine clémence ,
Vous êtes ma seule défense ,
Mon doux sauveur :
NOUVEAUX.
Sauver-moi s divine clémence ,
Par votre bénigne uvcur.
Vous aimez l'humaine rature,
S-uvcz-moi, votre créature ,
Pudonnez-moi ma forfaiture ,
Dieu mon Sauvrirr :
Sauvez-moi , votre créature ,
Par votre divine faveur.
De tout mon cœur je vous implore ,
Sauvez-moi, grand Dieu que j'adore ;
Que Satan point ne me dévore ,
Mon doux Sauveur :
Sauvez-moi, grand Dieu que j'adore ,
Par votre divine faveur.
Votre puissance est infini? ,
Sauvez-moi, bon Dieu, je vous prie ;
Hélas ! redonnez-moi la vie ,
Dieu , mon Sauveur :
Sauvez- moi , mon Dieu , je voua prie
Par votre divine faveur.
De mon péché j'ai repentance ;
Sauvez-moi, divine puissance ,
Donnez-moi pléaiere indulgence y
Dieu , mon Sauveur :
Sauvez-moi , divine puissance,,
Par votre bénigne faveur.
Que prétends-tu , âme rebelle î
Sauvez-mot, bon Dieu , se dit-elle y
Tu ?s donné la mort cruelle
A ton Sauveur :
Sauvez-moi , bon Dieu r se dit-elfe,
Parvo:re divine faveur.
Par l'effet de cette morsure y
Sauvez-moi, votre créature,
Pardonnant mon offense impure r
Dieu , mon Sauveur :
Sauvez- moi , votre créature. ;
Par votre bénigne faveur.
68 N O E l■s° *
Désormais tout péché j'abhorVe.;
Sauvez-moi , grand Dieu que j'adore ,
Je vous prie et supplie encore ,
Mon doux Sauveur :
Sauvez-moi , grand Dieu que j'adore
Par votre divine faveur.

NOËL.

AiR : Cesst[ Mortels de soupirer.

Cessez, mortels, de soupirer


Après la vanité du monde ; '
Plutôt au Ciel faut aspirer ,
Auquel tout bien et grâce abonde.
C'est au Ciel seulement ,
Qu'il faut chercher contentement.
Votre esprit ne soit plus porté
Dans les entrailles de la terre ;
Tout ce qui en est apporté
Ne sert qu'à vous faire la guerre :
C'est au Ciel seulement ,
Qu'il faut chercher contentement.
L'Homme , de Dieu a été formé ,
Pour le servir et lui complaire ,
Si qu'en sa grâce confirmé
Il eut le Ciel pour son salaire :
C'est au Ciel seulement ,
Qu'il doit chercher contentement.
La vie de l'Homme ici bas
Est une guerre véhémente ,
Qui , jusqu'au point de son trépas ,
Toujours le travaille et tourmente-;
NOUVEAUX.
C'est au Ciel seulement,
Qu'il doit chercher contentement.
Tous animaux dessous les Cieux
Vont la vue en terre baissée ;
Mais l'Homme droit hausse les yeux
Pour au Ciel porter sa pensée :
C'est au Ciel seulement,
Qu'il doit chercher contentement.
L'Homme , sur la terre produit ,
Sa vie est un pèlerinage ;
Tant qu'au Ciel il soit introduit ,
Il n'est au bout de son voyage :
C'est au Ciel seulement ,
Qu'il faut chercher contentement.
Ores malade, Ores dispos ,
Tantôt il rit , tantôt il pleure v
Il cherche en terre le repos ,
Mais las ! c'esr au Ciel qu'il demeure :
C'est au Ciel seulement ,
Qu'il faut chercher contentement.
Le Ciel , en beauté accompli,
Est tout plein de sainte liesse :
Le Ciel est de joie rempli ,
Et ne sais que c'est que tristesse :
C'est au Ciel seulement ,
Qu'il faut chercher contentement.
L'Ame capable de raison t
De Dieu reçoit son origine ;
Ce corps mortel est en prison ,
Le Ciel en sa maison divine :
C'est au Ciel seulement ,
Qu'il faut chercher contentement.
Donc, mortels, sans soupirer
Après les vanités du monde ,
It faut au Ciel aspirer ,
Auquel tout bien et grâce abonde i
C'est au Ciel seulement y
Qu'il faut chercher contentement.
70 NOEtS

N 0 E ^
Air: Destins qui sépare{ j ttc%

.A.TTENDS-M01 un peu, Ma Bergère, mon cœur,


Je vais avec vous RechercherTrton Sauveur ,
Qui a quitté les Cieux Pour prendre humanité,
Rachetant nos péchés Par sa Nativité.
Venez donc promptement Mon ami, mon Berger;,
C'est auprès de ce lieu, Au bas de ce Verger,
Où est né Jesus , Qu'il nous faut honorer :
Nous irons en ce lieu , Pour aussi l'adorer.
Qui vous a dit pour vrai Qu'il est né en ce lieu ?.
Je crois qu'il n'y a rienO^i le sache que Dieu ;
Croyez certainement Que l'Ange me l'a dit :
Le Fils de Dîeu est né A l'heure de minuit.
En prononçant ce mot II nous vînt un flambeau ,
Qui nous guida au lieu De cet Enfant nouveau ;
Et alors le voyant Si beau et si poli ,
Nous lui avons donné Un nouquet bien joli.
Nous vîmes à l'en tour Infinis Jouvenceaux ^
Qui tenaient en frurs mains
Chacun deux beaux flambeaux : , .' ''
C'était certainement Toute Divinité , '..,
Qui servait saintement La sainte humanité.
A la pointe du jour Vinrent les Pastoureaux ,
Qui chantaient et dansaient,
Faisant de fort beaux sauts ,
Louant le Dieu des Cieux Qui était là présent ,
A la Nativité De son sacré enfant.
Et trois jours en après, Les Prophètes et Rois,
Qui n'étaient seulement Que le nombre de trois ,
Lui ont dit en dormant , Vous venez Secourir
Tout votre genre humain Qui s'en allait mourir.
Hérode le tyran Assembla son conseil
Pour savoir si Jesus Serait bien son pareil ;
nouveaux. 7» .
Ilsjui, ont.té|io0du,, Tous les plus anciens r . -
Il faut faire mourir Toys les petits enfans.
Il a donc soudain Fait. monter à cheval
Pour chercher l'innocent Et procurer son mal ;
Mais l'Ange Gabriel- Avertit prompiement
Le bon homme Joseph De sauver son enfant.
Allons , belle Bergère, Allons à nos moutons -, '
Allons nous réjouir Auprès de nos agneaux, .: .- ';.
Et là nous chanterons Ce saint avènement . ...
Qui s'est fait cette nuit Miraculeusement.
Enfans , prions toujours Le bon Dieu de la sus ,
Que nous n'offensions plus le Rédempteur Jésus:,.
Et mourons ici bas , Avec nos amis ,
Four vivre dans le Ciel, Au sacré Paradis.

Air: Oui - dà , Oui • dà., etc.

0>E Dieu qui fut jadis si redoutable ,


Est né ce soir à la minuit ,
Oui-dà , Oui-dà , en une étable.
Dans cet état, réduit à la misère ,
Il n'a secours que de Joseph , . .
Oui-dà , oui-dà , et de sa Mère.
Joseph le tient et sa Mère le baise,
Et puis tous deux en l'admirant , <
Oui-dà , oui-dà , se pâmant d'aise.
Quelques Bergers , sachant cette Naissance ,
Y sont venus pour l'adorer,.
Oui-dà, oui-dà, en diligence* i .l
Trois Rois bientôt viendront de même,
Qui, aux présens ajouteront ,
Oui-dà , oui-dà, leurs Diadèmes.
Nous devons tous aller , à leur exemple ,
Pour l'adorer ; et dans nos cœurs,
Oui-dà , oui-dà, lui faire un Temple.
7*

NOËL.
AIR : Quand Iris prend plaisir à boire , etc.

.A.H Bergers , quittez le bocage !


Dedans notre petit village
Un enfant adorable est né ,
Afin de livrer au Démon la guerre :
Tout le monde en est étonné ,
Car il est comme abandonné
Bien pauvrement , ( bis. ) couché sur terre.
Allons voir ce poupon aimable ,
Il est réduit dans une érable ,
Au milieu de deux animaux ,
Exposé tout nu sur un peu de paille ,
Accompagné de Pastoureaux ,
Pleurans, le voyant dans les maux ,
Et sans avoir ( bis. ) ni sou ni maille.
Joseph et la Vierge admirable
Gardent cet enfant adorable ;
Fâchés de le voir pauvrement ,
Ce tout-puissant souffre du temps l'injure ,
N'ayant aucun soulagement,
Toujours dans la peine et tourment ,
Parmi les pleurs , ( bis. ) et sur la dure.
Quantité de jeunes Bergères
S'en vont au travers la fougère ,
En dansant fort joyeusement ,
Chantant , allons voir ce Divin Messie ,
Sans tarder, marchons vîtement,
Pour adorer dévotement
Le doux Jesus , ( bis. ) avec Marie.
Allons dans cette pauvre étable
Pour voir ce Dauphin tant aimable ,
Tout triomphant et glorieux : Courons
H O JJ.V E .a,U X. 73
Courons <hacun pour rendre r.os hommages
A ce grand monarque des Cieux :
C'est l'objet le plus précieux
Se tous nos vœux ( bis. ) et nos voyages.

AIR: Aux armes , camarades.

CROITRONS tous à l'Etable ,


Jesus-Christ, se dit-on , Est né tout de bon:
Coûtons tous à l'Etable
Pour y voir ce petit P.oupon ;
Quelle réjouissance L'on voit dans ces bas lieux :
Un Dieu plein de puissance. : .., ..
Aujourd'hui prend naissance ; • . t .
Un Dieu plein de puissance ( :.i . .
Vient nous gagner les Cieux.
O quel prodige étrange !, .,. ...
Le voilà pauvrement Dans l'abaissement : \i
O quel prodige étrange ! .
Sur un peu de foin seulement ,
Ce Monarque suprême Se fait petit Enfant ,
Dans l'humanité. même , Par. son am.our extrême :
Dans l'humanité même, Quoique tout triomphant.
Allons le reconnaître^ ;. ' it !j t ' r.
Prenons nos chalumeaux, Laissons nos troupeaux,
Allons le reconnaître , Au milieu de deux animaux:
En entrant dans l'Etable, Dans ce temps solennel
Chantons d'un cœuraffable, Pour cet enfant aimable*
Chantons d'un cœur affable , Noël, Noël , Noël.''

Air : Dans nos Bois Sylvandre s'écr ie. etc.


: t .. .n . — i . :.
D' > '4 ..ifj or.i . — . ...
ANS nos bois, vivons sans alarmes ,
Daninos bois, disons mille fois : G
74 N O E1 *'
Dieu ne veut naître en ces lieur.que pour nous :
Hélas , quel bonheur plein de charmes !
Dieu ne veut naître en ces lieux que pour nous
Hélas , hélas , que ce bonheur est doux !
Son amour Four nous est extrême .f
Son amour Triomphe eu.cejour t i
Est-il un sort plu* charmant à nos yeux ?
Hélas, c'est un Dieu. qui nous aime !
Est-il un sort plus charmant à nos yeux ?
Hélas , hélas . c'est le maître des Cîeux !
Des enfers bravons les supplices ;
Des enfers méprisons les fers :
L'amour d'un Dieu rend nos coeurs triomphans t
Hélas , noussommes ses délices !
L'amour d'un Dieu rend nos cœurs triomphans :
Hélas , hélas , nous sommes ses enfans ! '"
Qu'il est beau , Ce soleil de grâce ,
Qu'il est beau, Ce soleil nouveau
Admirons tous son éclat, ses ardeurs ;
Hélas , il n'est rien qu'il n'efface ! -
Admirons tous son éclat , ses ardeurs :
Hélas , hélas , il brûle tous les cœurs !
Qu'il est doux, Rien n'est plus aimable :
Qu'il est doux , Aimons tous , aimons tous *, .
A tous moment nous pouvons l'approcher :
Hélas, qu'il nous est favorable !
A tous momtns nous pouvons l'approcher :
Hélas , qu'il nous est favorable !
A tous momens nous pouvons l'approcher :
Hélas, hélas, il vient pour nous chercher !
Que pour lut Tout brûle et soupire ,
Que pour lui Tout brûle aujourd'hui ;
Peut-on le voir et ne point s'etiflammer :
Hélas , que dVdeurs il inspire! . :....CL : ri*.
Peut-on lé voir et ne.point s'enflammer:
Hélas , hélas, on ne peut trop l'aimer !
KOUVHAtTX.

IToITl.
A i R : Des Folies ^Espagne.

0> aime-toi , saison impitoyable , .•,


Fier hiver, adoucis tes frimats / : .i
Cet enfant , <me ta rigueur accable , .
C'est ton Dieu , ne le connaît tu pas ? i
Doux printems , c'est à vous à paraître ,
C'est à vous d'embélir ce jou» ;
Honorez un Dieu qui vient de naître ;
Accourez, hâtez votre retour.
Ah 1 faut-il qu'en vain je le rappelle ,
Qu'attend-il de paraître à nos yeux ,
Quoi, l'hiver , cette saison cruelle ,
Pour jamais veut-il troubler ces lieux ?
Il entend des lois plus souveraines,
Dieu lui-même aime sa rigueur -,
Il est né pour souffrir mille peines ,
Et l'hiver est au gré de son coeur.
Je l'entends qui gémît , qui soupire ,
Quel sujet e-t- il de s'affliger ? .'' . :
Que ne puis- je adoucir son martyr !
Que ne puis-je au moins le partager.
Cher enfant , ne verse plus de larmes ,
Ou permet que j'en verse avec toi ;
Tes douleurs , tes ennuis , tes alarmes ,
Ont des traies qui passent jusqu'à moi.
II m'entend , il commence à sourire ,
-Il me dit, d'un regard amoureux ,
Il esc vrai , je languis , je soupire ,
Mais ce n'est que pour te rendre heureux.
Cet amour, dont l'ardeur me consomme,
M'a contraint de descendre en ces lieux ;
C'est pour toi que je me suis fait homme ,
Et je veux te ramener aux Cieux. 2.
76 N O E L S
. Pour calmer te courroux de mon Père
Il fallait me soumettre à ses coups ;
Je ne puis moi-même y satisfaire
Qu'en mourant pour le salut de touS. '.
Quel amour au sien est comparable ;
En est.il d'un plus puissant effort?
L'innocent veut souffrir en coupable ,
L'immortel se soumet à la mort.
Malheureux, que pourrons.nous. lui rendre
Pour le prix d'un amour si parfait '?. ,;
C'en est trop, nous ne saurions prétendre ' .'.
De payer tant de bien qu'il nous fait.
Répondons à son amour extrême,
Gardons-nous du crimed'être ingrats:
En est- il pour un Dieu qui nous aime
De plus grand que de ne l'aimer pas ?
Nous voyons la fin qu'il se propose ;
Pour mourir il veut naître aujourd'hui :
Nous voyons la loi qu'il nous impose ,
C'est de vivre et de mourir pour lui.

N O E L.
AIR : Préparons-nous à la Fête nouvelle.
P.. . . ' ' 1' . ' «M .
RÉPARONS-NOUS pour la Fête nouvelle,
Courons, lorsqu'un Dieu nous appelle ; :o ; ..
N'ayons point de regrets.à quitter nos hameaux ,
Abandonnons le soin de nos troupeaux.
Du loup cruel craignons moins le ravage,
Songeons au céleste héritage : . .
Un Dieu se donne. à nous , c'est le suprême bien ;
Qui le poisède a-t-il besoin de rien ?
Oquel bonheur, queltujet d'allégresse!
Chantons à jamais sa tendresse!' . . . ..
Un Dieu naissant pour nous , nous sauve de la mort
C'est à l'amour qu'on doit cet heureux sojt.
NOUVEAUX. 77
Le triste Adam nous fit part de son crime ,
Plongés dans l'horreur de l'abîme
Nous avions beau gémir , languir et soupirer ,
Un Dieu lui seul pouvait nous en tirer.
Du haut des Cieux il a vu nos alarmes ,
Il s'est attendri par nos larmes ;
Ce Dieu, qui devait être un juge rigoureux,
Fait son bonheur de rendre l'homme heureux.
Hâtons nos pas, traversons cette plaine ,
Volons où l'amour nous entraîne, ,
Bergers répondez tous à mon empressement ,
Peut-on trop tôt voir un Dieu si charmant ?
O Bethléhem ! Oséjour plein de gloire î
Beau lieu consacré par l'histoire,
Tu brilles aujourd'hui sur tous les autres lieux : >
Un Dieu pour toi vient de quitter les Cieux.
Jérusalem, par ton temple fameuse ,
Fléchis , ne sois plus orgueilleuse -,
Si des Rois de, Judis tu mérites le choix ,
Vois Bethléhem porter le Roi des Rois.
Je l'apperçois cet auguste village ,
Allons y signaler notre hommage ;
Cherchons Te tout-puissant entouré de drapeaux ;
Cherchons un Roi parmi les animaux.
Ah ! je le vois dans le fond d'une étable ,
11 est tout charmant , tout aimable ;
L'amour qu'il a pour nous s'exprime dans ses yeux,
Et tout m'apprend qu'il est le Roi des Cieux.
Divin enfant que l'amour a fait naître,
Jesùs , mon Sauveur et mon Maître,
Souffrez que ces Bergers , pour adorer leur Roi ,
- A vos genoux se jettent avec moi.
Ce triste lieu , ces obscures retraites ,
Ce foin, cette crèche où vous êtes ,
Tout prêche aux orgueilleux que le Ciel irrité
Ne se fléchit que parl'humilité.
C'est à l'orgueil que vous faites la guerre ;
Les Rois les plus.grands de la terre 3
78 nous
S'ils n'ont le doux bonheur d'embrasser vos genoux,
Ne valent pas des Bergers comme nous.
De quoi leur sert la puissance suprême ?
Heureux qui vous sert, qui vous aime ,
Les Rois à leurs sujets font respecter leurs lois;
Mais qui vous sert est au-dessus des Rois.
Que UUnivers à ces Rois obéisse ;
Que sous leur pouvoir tout fléchisse :
Un cœur qui vous adore est plus ambitieux ;
S'il veut régner, ce n'est que dans les Cieux.

NOËL.

J^jdèles Pastoureaux, venez avec moi ,


Baiser les pieds de notre petit Moi :
Venez tous voir ce bel enfant aimable ,
Que nos péchés ont mis dans uneétable.
Ces deux petites mains que l'on voit seulement,
Et animées d'un faible mouvement,
Ont données l'être à la machine ronde,
Et ont tirées du néant ce grand monde.
Ces petits yeux mouillés qui répandent des pleurs
Pour nos maux, et non peur ses douleurs;
Sa charité surpasse ses souffrances,
Et sa bonté l'a réduit à l'enfance.
Anges du Ciel , descendez promptement ;
Quittez le Ciel, quittez le Firmament :
Descendez tous en cette grotte sombre ,
Vous y verrez un beau Soleil en l'ombre.
Non , nous n'en ferons rien , il aime ses douleurs ,
Plus mille fois que. toutes vos grandeurs :
Laissez là ce Sauveur débonnaire , . .
Il doit passer de la Crê.ihe au Calvaire.
, Il est vrai, sa bonté l'a fait quitter les Cieux,
Pour avec nous habiter ces Das lieux ,
NOUVEAUX.
Et nous tirer de l'infâme esclavage
Où le Démon nous tenait en servage.
Ce miracle n'est rien auprès de son amour
Dans ces bas lieux il veut faire sa cour ,
Et nous donnant son corps pour nourriture ,
Sa chair, son sang seront notre pâturç.
Les criminels ont des tapisseries ,
Et l'innocent est dans une écurie!
De Soie et d'Or faites la couverture
A cet Enfant qui soutient la nature.

NOËL.
Air : Vous brille^ seule en ces Retraites.

A. .lions tous à la sainte table


Pour adorer un Dieu qui nous est né ;
C'est pour sauver l'homme coupable
Que ce grand Dieu ( bis. ) s'est incarné.
L'air retentit de ses louanges,
Venez Pasteurs, venez à votre tour,
Venez chanter avec les Anges
. Ses grandeurs, ( bis.) son divin amour.
L'ardent amour qui le consomme ,
Contre l'hiver veut défendre son cœur ,.
C'est pour l'amour qu'il s'est fait homme,
C'est l'amour ( bis. ) qui le rend vainqueur.
Répondons tous à sa tendresse ,
Et lui offrons nos cœurs sans différer ;
il nous en prie, il nous en presse , ., r.
Quel moyen ( bis. ) de le refuser ?
Venez mortels, venez connaître
Et admirer un mitacle d'amour :
Pour des pécheurs un Dieu veut naître ; . ..
Sa bonté ( bis. ) triomphe en ce jour. ' . . "! r
Dès le moment de sa naissance
50 NO E £S
II s'est livré à mourir sur la Croix ;
51 son partage esr la souffrance ,
Qui pourra ( bis. ) faire un autre choix?
Commençons une vie nouvelle ;
Avec Jesus renaissons aujourd'hui :
A l'imiter il nous appelle ,
Soyons tous ( bis. ) enfant comme lui.

NOËL.
Air: Or soye^-vous le plus que bien , etc.

OR soyez-vous le plus que bien venu,


Gentil Noël , Jesus le Roi céleste ,
Puisque de nous il vous est souvenu ,
Or soyez-vous le plus bien que venu. '. "..
De Paradis un Ange est descendu ,
Or soyez-vous le plus bien que venu ,
Qui sans ouvrir fit tant qu'en la chambrette
De Marie est subit parvenu ;
Or soyez-vous le plus bien que venu.
La salua ainsi qu'il était dû ,
Or soyez-vous le plus bien que venu ,
En lui disant la douce chansonnette ,
Ave Maria, sit tecum Dominus,
Or soyez-vous le plus bien que venu.
Fleur de beauté, entend le contenu;
Or soyez-vous le plus bien que venu :
La Trinité te trouve si parfaite ,
Que le Sauveur en toi sera conçu ;
Or soyez-vous le plus bien que venu.
Marie a dit, d'un chant bien bas pourvu:
Or soyez-vous le plus bien que venu ;
Comment pourra cette chose être faite,
Puisqu'en ma vie homme je n'ai connu ï
Or soyez-vous le plus bien que venu.
N O U,V E A U X.
L'Ange répond : Dame t le Fils de Dieu ,
Or soyez-vous le plus bien que venu ,
Enfanteras durement Pucelette , , . . .
Car il peut tout , ce qu'il dit est tenu ,
Or soyez-vous le plus bien que venu. . -
La Vierge dit, quand l'Ange eut répondu,
Or soyez-vous le plus bien que vjenu.
Voici de Dieu la petite Ancelette ,
Soit fait ainsi puisque Dieu l'a voulu-:
Or soyez-vous le plus bien que venu.
O bon Jesus qui fûtes étendu ,
Or soyez-vous le plus bien que venu' :' :'
Pour nous en Croix souffrant peine moleste ,
Octroyez-nous Paradis attendu.;
Or soyez-vous, le plus que bien venu.
Gentil Noël , Jesus le Roi céleste ^
Puisque de nous il vous est souvenu.

, NOËL
PÔUR LES ENFANS.
AIR : Chantons Noël, l'Emmanuel.

O mon Dieu qu'il m'ennuie


Que je ne chante Nau . .
En l'honneur du Messie ,
En mangeant du Gâ:eau.
Vive Jesus l'Emm inuel. Chantons Noël, Noël, Noël
Un saint désir m'enflamme . ,.
De voir ce doux Sauveur;
C'est l'époux de mon âme ,
C'est le Roi de mon cœur. ' , Vive , etc.
Quand verrons-nous cette heure
Quand serons-nous au jour , ,.u
Qu'il fera sa demeure
Dans ce mortel séjour ? . Vive , etc.
8a KOiis'
Mais afin que je chante
Plus gaiement Nolet, Nau,
Comme c'est mon attente, .
Donnez-moi du Gâteau. Vive, etc.

Air: Or soye[ - vous , etc.

E, ,NFIN le Ciel à nos vœux s'est rendu ,


Or soytz-vous mieux que le bien venu ,
Pour réparer notre chute funeste ,
Le Fils de Dieu du Ciel est descendu^
Or soyez-vous mieux que le bien venu , i
Divin Noël , Jesus le Roi céleste , .*i.. • '
Puisque de nous il vous est souvenu. . ' —'..
Un messager cette nuit a paru ,
Or soyez-vous mieux que le bien venu ,
Disant dans l'air, d'une voix claire e< nette., ,
Qu'il soupirait sur du foin étendu :
Or soyez-vous , etc.
Que cet enfant , si long-temps attendu -
Or soyez-vous mieux que le bien venu ,
Etait le Roi de la gloire céleste ,
Mais de secours et de biens dépourvu :
Or soyez vous , etc.
En Bethléhem des Pasteurs ont couru ,
Or seriez- vous mieux que le bien venu ;
Et quoiqu'il fut sans draps et sans couchette,
A sa Grandeur leurs devoirs ont rendu :
Or soyez-vous , etc.
Trois Rois aussi , ce miracle ayant sa
Or seriez-vous mieux que le bien venu V
De l'Orient suivant une planette ,
L'ont, pleins de foi , comme Dieu reconnu:
Or seriez-vous 3 etc.
NOUVEAUX.
Ce cher enfant, si pauvrement reçu
Or soyez-vous mieux que le bien venu ,
Souffrant la mort , comme a dit le Prophète
Rachètera la genre humain perdu :
Or soyez- vous, etc.
Chrétiens, ayant ce mystère attendu ,
Or soyez-vous mieux que le bien venu ;
Pour célébrer dignement cette fête , . .,t :
Disons-lui tous, soyez le bien venu :
Or soyez-vous mieux que le bien venu ,
Divin Noël , Jesus le Roi céleste ,
Puisque de nous il vous est souvenu.

NOËL.
Air: Souvenez-vous- en , souvene{-vous-en.

V^/ Dieu , quelle nouveauté


Gabriel a raconté ,
Il dit que le tout-puissant,
Souvenez-vous-en , souvenez-vous-en t
Sans plus de retardement;
Pour nous se doit faire enfant.
Dieu créa l'homme parfait ,
Le faisant à son portrait ;
11 l'aimait si tendrement ,
Souvenez-vous-en , souvenez-vous-en ,
Qu'il traitait à tout moment.
Avec lui fort librement., Tr' ) — i - n-
Mais le démon envieux ; .i. . v. . .
De le savoir si heureux^;., . , -,..o
Par un fin déguisement , ;, ;
Souvenez-vous-en , souvenez-vous-en ,
Le fit malicieusement
Passer son contentement.
84 KOELS
Par cette infidélité '' .
II sût ravir sa beauté ;
Et d'un objet si charmant ,
Souvenez-vous-en, souvenez- vous-en ,
Devint , par ce changement ,
La haine du tout puissant.
Mais ce Dieu plein d'amitié
Le prit si fort en pitié; ; ■ -"
Car d'une Vierge naissant ,
Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en ,
Se fit passible et souffrant
Pour partager son tourment.
C'est dans ce temps bienheureux
Que doivent s'ouvrir les Cieux ,
Pour donner à tous vivans , .
Souvenez-vous-en , souvenez-vous-en ,
L'homme juste et innocent ,
Pour leur raccommodement. . !
Courez promptem«nt , pécheur ,
Recevoir votre Sauveur ;
Il est né si pauvrement ,
Souvenez-vous-en , 'souvenez-vous-en ,
Qu'une étable seulement .
Doit être son logement.'
Dans cet état malheureux
Il est pourtant Roi des Cieux ; 5
La terre et le firmament ,
Souvenez-vous-en, souvenez-vous-err ^ "
Les Trônes pareillement
Sont soumis à cet enfant. ' . i
Offrons donc à ce Vainqueur
L'hommage de notre cœur y1';*
Puisqu'il dit en soupirant
Souvenez-vous-en , souvenez-vous-en t
Que c'est lui seul dans ce temps
Qui peut nous rendre contens. i <
h o v y e A u x. ... ; 8j

NOËL.
AIR : Quefais-tu, Berghe, dans ce beau } etc.

ijAUVEtTR de mon âme , Mon divin époux ,


Qu'une douce flamme Me transforme eu vous ; / f,
Je ne veux plus vivre , Aimable vainqueur,
Que sous votre Empire ; C'est Je vrai bonheur.
Aiiguste Marie , O mère d'amour !
Toute mon envie, La nuit et le jour ,
C'est de faire naître Jesus dans mon cœur:
Qu'il en soit le maître Elle possesseur.
Que nous signifie Cet abaissement ,
Le'divin Messie Naît pauvre et tremblant ,
, Que son indigence Prêche éloquemment ,
La vraie pénitence Et le dénouement-
Divine Marie , Mère de mon Sauveur, . t ,
Consacrer ma vie Toute à son honneur ;
Je veux sans partage L'aimer à jamais;
Mon cœur est le gage Du vœu que j'en fais.
Les Pasteurs, Tes Mages , Les Pécheurs contrits , ' J
Bendenl leurs hommages De cœur et d'esprit ;
Tous, après les Anges , Chantent avec ardeur :
Gloire , lionneur , louanges , Au Dieu seul vainqueur. ;, j

NOËL NATIONAL ~
POUR LE COMTÉ ET ÉLECTION DE LAVAL»
Sur le chant : Entre vous , Filles de ville 3
chérissant vos Amours.

X A STOUBEAUX et Pastourelles , ; .
Et vous tous qui sommeillez , i
Détoupez tous vos oreilles , Réveillez-vous } réveillea ,
Et soyez .appareillés , D'ouïr la joie ,
La plus grande qui jamais fut>
Pour notre bien et notre salut. . H
86 NOBIS
Oyez la troupe sacrée Des Anges , à qui mieux mieux ,
Vont chantant dessus la prée Un chant fort harmonieux :
Gloire soit au Roi des Cieux , Et paix en Terre
A ceux qui, par équité , Sont de bonne volonté.
L'un d'eux a pris la volée , El son tour un peu plus bas ,
Droit aux Pasteurs de Judée , Leur disant , ne craignez pas,
Je viens annoncer un cas De grande merveille,
Dont chacun se réjouira.,
Tant qu'au monde homme sera.
La paix en terre est plantée , Car le Sauveur J.-C.
Vous est né cette nuitée En la cité de David :
Allez trouver le petit , En une Crèche ,
Enveloppé de drapeaux , Faute d'oruemens plus beaux.
Après la semonce faite , Par le messager des Cieux ,
Les Pasteurs , de foi parfaite , Sont partis gais et joyeux.
Pourvoir l'enfarft glorieux , Né de Marie ,
Et lui offrir, par devoir , Selon leur petit pouvoir.
Or sus, Chrétiens fidèles, Et tous Pasteurs Lavalloig,
Oyans ces bonnes nouvelles ,
Suivons les Bergers gaulois ; ' J
Allons voir le Roi des Rois, Et la Pucelle, " '"'
Et lui portons , par honneur , Quelque présent de valeur.
Et premier ceux ^de la ville, Iront devant, tous le pas,
Lesquels , de façon civile , Porteront de l'Hypocras ,
Pour présenter au Tepas De la Commère ,
Qui, sans dduleur ou ennui , Est accouchée cejourd'hui.
Ceux aussi du Pont de Mayenne
Marcheront après , de rang ,
Qui , de volonté humaine , Porteront du linge blane ,
Pour envelopper l'enfant , Qui de froid tremble ,
Couché sur un, peu de foin , .
Tout nu 4aps, un petit coin. ., i !
Après marcheront de bande
Ceux du Faubourg Saint Martin j.
Qui , pour leur don et offrande ,
Porteront de très-bon vin . .
Pour présenter au Festin , à l'assemblée ,
Mêmemenl au bon Joseph ,
Qui est presque mort de froid. —
De Saint-Jean*de- l'Hôtellerie ,
Les Tripières et Tripier».,;..'" J-
Viendront à cette Frairie , Avec plusieurs Bouchers
De.Grenoux.et des quartiers De la Folie,
Qui, pour présent estimé , Donneront du Bœuf vtlK.
Ceux du quartier d'Avenières ' . .
Viendront en rang ordonné, .;
NOUVEAUX. %J
Apporter h la Commère Un Potage safrané ,
El gentiment façonné , A la Muscade ;
C'est pour donner appétit A la Mère du petit»
Puis sortant de leurs Cavernes ,
T,ps Bourgeois du Bourg Hersant ,
Tant les vieux que les modernes ,
S'en viendront payer leurs Gens ,
Ne voulant de vins récens fioire aux Tavernes , —
Car ils ont de bonnes eaux
Pour conforter leurs cerveaux.
Aussitôt que la nouvelle Sera sue au Gné-Dorgé ,
Chacun prendra sa vielle , Et y viendront sans congé ;
Cenx du Bourg de Montigné , suivant la danse ,
Apporteront un quartier De Biche ou de Sanglier.
jtT Les Saulniers de l'Huisserie
Amèneront leurs Chevaux ,
Et donneront à Marie .
De leur Sel a pleins Boisseaux ;
''Puis de Nuillé le» Petauds , Viendront en ordre ,
Porter au Roi Souverain One Bibe de leur pain.
Aussi viendront deQuelaines
En grand nombre de Fouassiers ;
Peutoi) donnera des Châtaignes, Pour grêler 4 pleins paniers J
Et d'Astillé les Tessiers , De leur farine
Lui feront des Echaudés De beau Safran tous dorés.-
Montjean , voisin de Bretagne , Portera pour son butin ,
Une Galette d'Avoine, A demie de Carabin ;
Co
Cossé' donuera
. . Lin
du - - Et
- Toile fine ;
C'est pour faire un beau Collet A la Mère du Douillet.
Cj
]De Beaulieu , sa grand'veillée, Et voisins devers Grannois,
De
Donneront la quenouillée Du meilleur Lin de leur choix ,
n'il faudra porter à trois , Tant sera grosse ,
Jour filer un bel habit , De quoi vêtir le petit.
f:
Pois viendront de la Gravelle Gaheleuis cl Forestiers,
tpui feront la Sentinelle Pour surprendre les Saulniers,
Et porteront volontiers Cinq une Epée ;
Et si quelqu'un les surprend , Combattront de rang en rang»
„. Mais de Saint Pierre à grand hâte,
Viendront Faux-Saulniers Menteurs ,
El du Bourg de la Brûlalte , Les Galetliers et Fiseurs ,
Et de Bourgou les Chasseurs , Feront offerte
D'un Cerf qu'il» eussent happé , s'il ne leur fui échnppé.
Du quartierde CourbeveilIe,ViendrontlesgentilsSoLileurs,
Et le soir après la veille Le,s Braconniers bons Danseurs ,
Qui, tant du Bourg que d'ailleurs , Après l'Aubade ,
Donneront des Cimereaux Et do bons JJéjjusts tous chauds.
1
88 ,K a E L S . v '
Abuille" , suitanl ses rôles , Appariera debonhait ,
Un présent de Mêles molles Pour présenter à Nolet :
lies Ecouteurs d'Olivel Donneront des Cerises
De Mèche ou de Bigareau , Ecourlées de nouveau.
Du Bourgneuf toute la presse , Seraremplie à grand cas
D'écornifleurs qui, sans cesse, Entendront A leurs pourchas,
Et puis maints pendeurs de chats, Portant Mitaines,
( De peur d'être égratignés , Y viendront de Juvigné.
Puis viendront les Prudes Femmes
De Ruillé.le.Gravelais ;
Loiron donnera sans diffame, Onze douzaines d'œufs frais ;
ï^e Genest , suivant de près , Fera requête
Au petit , de très.bon cœur, Qu'il leur donne un bon Pasteur.
Les Charbonniers davantage De S»t.Berthevin viendront ,
Avec un Homme Sauvage , Lequel ils amèneront ;
Mais pourtant lui défendront , Sur grosse amende ,
De faire en Procession, Jamais dissolution.
Changé ci Sainl.Jean.sur.Mayenue ,
Voisins d'un même Coteau , . .
Porteront', pour leurs Etrennes , Une Perche et un Barbeau,
Et du Cidre demi.eau De la Rivière ;
Mais ils en boiront tous seuls : • v
/Les Vins nouveaux valent mieux.
Andouilléviendra grand'èlre, Et ses voisins plus lointains^
Proche de la douce "terre, Là où croissent les Témoins,
Et porteront pour le moins , A celle Fêle ,
Vne somme de Naveaux , Des plus gros et des plus beaux.
Les Tyrans , en luoupe grande , De Sacé feront leur tour,
Qui donneront , tous de bande , De leurs Macres tour.à.tour;
puis les Fous de Monlflour, Saus qu'on les mande «
Viendront par grands escadrons/l'ous armés de leurs fourgons.
DeMartigné, sans Bagage ,
Viendront plusieurs bonnes gens ,
Garnies d'argent à louage , De quoifjiire leurs dépens,
£t pour mieux passer le temps , En ce voyage ,
Voiront des fois plus de trois ; Oh les Cendriers Chalonnois 1
Les Pastourelles voisines, De Coudrain et Louverné ,
"Viendront cueillant des Sentines , Et Rocher de Chafesné ,
.Qu'ils donneront au nouveau né Poiu ses élrennes :
C'est un fruit d'élection , Dont n'est pas grand mention.
Lès Morfondus d'Anlhenaise , El leurs proches Voisins ,
Viendront sans débat ou naise , Chanlant Nau parles chemins.
Portant Fougère et Hédins , Tout à leur aise ,
Pour faire un beau lit tout neuf,
Pour coucher l'Ane et le Bœuf.
Puis Bunchamps et leur- séquelle ,
W O TT V E A V X. %<)
Au lieu d'un large Gâteau ,
Porteront à IaPucelle Chacun son grand Connatt
De Froment ou de Blé nouveau , Mêlé d'F.pice ,
-pour manger au beurre fiais, Que donneront les Louvernaïs.
Montsûrs , en bon équipage , Y viendront de bon matin ,
En jouant leur personnage De l'Aveugle et de Câlin ,
Serrant blés pour leur butin , Sur le village ;
Mais l'Enfant n'en fera cas : Tels jeux ne lui ptaisent pas.
De la Chapelle et de Brée, Germes et Saint Céneré ,
Y viendront Vers Vesprée , Se plaignant , qu'ootre leur gré" ,
Les Herquelliers d'Argenlré , Par leur Bourgade ,
Ont allongé les chemins , C'est pour mieux rendre leurs vins.
De Saint. Ouën et de Saint Georges
Y viendront les Chaussumiers ,
Toujours arrosant leurs gorges,
Comme ils en sont coulumieis ,
Buvant aussi volontiers Que ceux des Forges ,
Et donneront leurs Soursommeaux ,
' Pour soulager leurs chevaux.
Ceux aussi du Bourg de Vaige*
Apporteront un bel Arc , - .
De la façon. et ouvrage De leur ancien Houllard ;
Saiul.Chiistophe.du-Luat , Donnera des Guignes ;
Lia Pasmige et Chemeré , De beau safran tout doré»
LesCiellois, parmi les rôties,
S'en.viendront hâtivement ,
Ramassant toutes les crottes Au bas de leurs vclcmcns ,
Pour servir de p issemenl A leurs chemises ,
Qu'on voit pendre à grands lopins a
Pai.d»ssotis leurs casaquins j .
De Aleslt•.y viendront de suite
Vingt on trente Messe'taux ,
Avec l.'rimé leur couduile ,
Qui , en vendanl les Pourceaux ,
Leur dira de beaux rondeaux, Tous faits en rime,
Jouant partout le Met , Pour réjouir le Nolet.
1*8 Mignons de Maisoucelles
Apporteront un Mousquet , i
Et leBignon des Prunelles ; Arquené donnera dn lait
Pour nourrir l'Enfantelet ; Mais les Fromages
Y vieudronl de Basougers , Où sont les bons Fromagers.
Aussi se mettront en voie
Les Grenouillers I.ouvignois ,
Qui chanteront en grande joie, .
Leur Aguus quatre ou cinq fois , \.i .. ' ,'. 3
9;° .. H*,0 E ^f* ,< .f
En l'honneur du Roi des Rois ; Mais qu'on les oie ,
Si on peul avoir cougé Pour les Bruants de Soulgé.
Parité, Hommes et Femmes , Apporteront un Ramier
Et les Chicaniers d'Entrammes S'y trouveront, si, premier
Ils peuvent expédier toutes leurs causes :
Mais , jusqu'après leur décès , Ils ne seront tans procès.
Les Potiers, par braveries ,
Dans leurs Pots étroits et longs ,
Qu'ils font à la Poterie, Pour les Beurriers plus larrons
Porteront de gros Marrons, Et des Châtaignes,
Dont leur feront grand amas lies Pc leurs du Bois.Glamas.
La Troupe ainsi assemblée , Chacun Fera son présent
A la Vierge immaculée, Et à son petit Enfant ,
Le priant qu'il fasse taut, Envers son Père,
Qu'il garde à jamais de mal , tout le Comté de Laval.

noTl

Vierge, Reine, Princesse, Du haut Manoir des Cieut ,


Chacun de nous sans cesse , D'un cœur dévotieux,
Vers toi, non sans raison , Dresse son Oraison.
Car tu es l'avocate De tons humains pécheurs,
Qui ne fut oncqur. s ingrate De départir tes faveurs
A ceux qui , en émoi, Ont eu recours à toi.
Tu as été conçus en toute sainteté ,
Et de Dieu préélue , De toute élernité ,
Pour être , en temps précis, la Mère de son Fils.
Tu es la Mère sainte , Qni , dans ses heureux flancs ,
A porté Vierge enceinte , En l'âge de quinze ans ,
Celui qui est l'auteur Du Monde, et Rédempteur.
Tu es aussi la Mère , Mère en Virginité ,
De Ion Fils et ton Père , Vivans en Tiinité ;
Ancelle., Epouse et Sœu r De Dieu ton Créateur.
Tu es le Tabernacle , Que Dieu pour lui choisit ;
Tu es le Pi optignacle Et la Tour de David,
Vaisséau d'élection Et Cyprès en Sion.
Tu es la belle Etoile Qui tout droit fit ranger
Notre mortelle voile En lieu hors de danger ;
Tu es notre vrai but , Notre port de salut.
Tu es la belle Rose, En un lieu épineux,
L'Arc eij Ciel qui propose , Par un temps nébuleux ,
Q u'aurons le lendemain , Un jour clairet serein.
NOUVEAUX. 91
Tu e« la plus loyale De notre doux espoir,
El la Cité royale Où Dieu fait son Manoir ,
L'Autel à Dieu voué , El l'Arche de Noé.
Tu es aussi la gloire Des Vierges en tous lieux ,
Le Temple de mémoire, La couronne d'honneur ,
Miroir de chasteté , Exemple de bonté.
Ne pouvant, ô Marie , Assez haut le louer ,
Chacun de nous te prie Des tiens nous avouer , .
Aussi guider nos pas Après notre trépas.

NOËL.
Sur le chant : OU est-il mon bel ami allé? Reviendra-
t-il encore ?

Oc s'en vont ces gais Bergers, Ensemble côle.â.côte ?


Nous allons voir Jesus-Christ , Né dedans une grotte ;
Où est-il le petit nouveau.né , Le verrons.nous encore ?
Nous allons voir Jesus.Christ , Né dedans une grotte s
Pour venir avec nous Margofon se décrotte.
Où esl-il , etc.
Pour venir avec nous , Margolon se décrotte ,
Aussi fait la belle Alix , Qui a troussé sa cotte j
Où est.il , etc. ', ; '
Aussi fait la belle Alix Qui a troussé sa coffè ,
De peur du mauvais chemin, Craignantqu'on ne la crotte.
Où est.il , etc. . ,
De peur du mauvais chemin, Craignant (ju'on ne la crotte.
Jeannelon n'y veut venir ; Elle fait de la sotte.
Où est.il , etc.
Jeannelon n'y véut venir, Elle fait de la sotte ,
Disant qu'elle a mal au pied , Elle veut qu'on la porte.
Où est.il , etc. 1 ..
Disant qu'elle a jnal au pied , Elle veut qu'oula porte
Robin en ayant pitié A apprêté sa hotte» " .-»-»
Où. est-jl , etc. .\ i '' . '.
Robin en ayant pitié A apprêlé sajhqlle ,
Jeannelon n'y veul entrer , Voyant bien qu'en se moque.
Où est.il , etc. ..
Jeannelon n'y veut enlrer, Voyant bien qu'on se moque.
Aime mieux aller à pied Que de courir la poste j
Où est-il , etc. . ; . . .. c . . . ; . 'i :'j'U
9* NOEIS
Aime mieux aller à pied Que de courir la poste,
Tant ont fait les bous Bergers , Qu'Us ont vu cette grotte ,
Où est-il, etc.
Tant ont fait les bons Bergers, Qu'ils ont vu cette grotte ,
En l'ElaMe où n'y avait Ni fenêtre ni porte.
Où est-il, etc.
En l'Etable oii n'y avait Ni fenèlre ni porte,
Ils sont tous entrés dedans , D'une âme très-dévote ;
Où est-il , etc.
Ils sont tous entrés dedans , D'une Âme très-dévote ;
Là ils ont vu le Sauveur Dessus la chenevole ;
Où esl-il , etc.
Là ils ont vu le Sauveur Dessus la chenevole ;
Marie est auprès pleurant, Joseph la reconforte.
Ou est-il, etc.
Marie est auprès pleurant, Joseph la reconforte ;
L'Ane et le Bœuf aspirans ; Chacun d'eux le réchauffe.
Où est-il , etc.
L'Ane et le Bœuf aspirans , Chacun d'eux le réchauffe j
Contre vent froid et cuisant , lequel souffle de côte.
Où est-il , etc.
Contre vent froid et cuisant, lequel souffle de côte;
Les Pasteurs s'agenouillans , Un chacun d'eux l'adore.
Où est-il, etc.
Les Pasteurs s'agenouillaus, Un chacun d'eux l'adore ,
Puis s'en vont riant, dansant, La courante cl la voile.
Où est-il, etc.
Puis s'en vont riant , chantant , La courante et la volto ,
Priant le doux Jesus-Christ , Qu'enfin il nous conforte.
Où esl-il , etc.
Prions le doux Jesus-Christ , Qu'enfin U nous conforte ,
Et notre Ame au dernier jour , Dans les Cieux il transporte.
Où est il le Petit nouveau-né , Le verrons-nous encore ? '

SUR TOUS LES ARTS ET METIERS QUI VONT


FAIRE OFFRANDE A JESUS. *
Air : De Joconde.' .

Berger , dis-moi doric, qu'est ceci î


D'où nous vient tout ce mont
NOUVEAUX.
Est-ce un cahos ou un débris ,
Ou le refus de l'onde ?
Si lu veux.savoir ce que l'on dit ,
Tous les Métiers s'assemblent ,
Et vont pour chercher Jesus-Christ,
Qui est né , ce me semble.
L'un dit , J'ai quitté mon troupeau
Comme l'a dit un Ange ,
J'ai été voir l'Enfant nouveau, ,
Né dedans une grange ;
Allez , courrez-y poiir le voir,
Vous tous tant que vous êtes ;
C'est pour lui marquer mon devoir
Que j'ai donné ma houlette.
Sur cela vinrent deux Procureurs ,
Qui demandèrent l'Etable
Où était né ce Roi vainqueur,
Et ce Dieu tout aimable:
Nous n'en savons rien , disaient-ils,
Et sommes en dispute ,
Savoir si ce beau petit Fils
Est né dans une hutte.
Les Typographes, pour présent ,
Apportèrent une Bible
Des presses sortie récemment ,
Et beaucoup d'autres Livres ;
Puis ils supplièrent l'Enfant ,
D'une façon civile ,
De leur permettre, dans cent ans,
D'imprimer l'Evangile. .
Les Relieurs , au point du jour t
Arrivèrent à la fête ,
Chacun d'eux voulut à son tour
Faire un cadeau honnête;
Mais ne se trouvant pas d'accord
Sur quelque point frivole :
L'Enfant les remerciant d'abord ,
Reçut leurs Jattes à colle.
94 nous
Deux Cordonniers, bien pauvrement
Adorèrent le Messie ,
Et lui consacrèrent constamment
Le reste de leur vie ;
Hélas ! lui demandant pardon,
De leurs fautes commises ,
L'un donne à Jesus un landon,
Et l'autre une chemise.
Après, trois Jurés Savetiers,
Complimentans à la porte ,
Pour savoir qui ira le premier
Voir Jesus dans sa grotte ,
Quand une troupe de Tailleurs,
De la bonne manière ,
Renvoie aussi ces Messieurs,
Sans faire leurs prières.
On vit entrer des Boulangers ,
Qui donnèrent des miches ,
Avec quatre Pâtissiers , .
Apportant des saucisses ;
Joseph les mit dans un panier ,
Mais elles n'y furent guères ,
Car un friand de Canonnier
Les prit par derrière.
Un Vitrier, nommé Loiseau ,
Proche d'une Prairie ,
Portant des vitres à un Château ,
Vit une Bergerie,
Où il trouva que Jesus-Christ
Ne venait que de naître,
Pose aussitôt , sans contredit ,
Ses panneaux aux fenêtres.
Un autre trouve, à son besoin ,
Un Chirurgien habile ,
Qui , le saignant dessus du foin ,
Pour lui chasser la bile ,
Il lui tira d'un petit pot ,
Dix ou douze tablettes ,
NOUVEAUX. 9
Et à chacun un abricot ,
Sortant de la poëlette. •
Un homme^noir comme un charbon ,
Se trouva dans l'Etable ;
Plusieurs crurent bien , tout de bon ,
Que c'était quelque diable ;
Mais c'était un pauvre Cloutier,
Lequel ayant l'horloge ,
Partit bientôt sans quitter
Ses vêtemens de forge.
Un Sergetier donne à Jésus
Quatre aunes de Serge ;
Un Tisserand encore plus
D'une Toile bien large ,
Et aussi un très-beau Chapeau ,
Bien garni de Bordure ,
Que Joseph eut de Châtellerault ,
Sans payer de voiture*
Il vint après quatre Tanneurs ,
Prier le Roi de gloire;
Dix ou bien douze Chamoiseurs ,
Craquetant des mâchoires :
Ils sentaient si mal , que l'on dit,
Que tous prenans la fuite ,
Laissèrent d'abord Jesus-Christ
Tout seul comme un Ermite.

YOEL
Ai a : Des Bourgeois de Chartres,

.Allons tous I la Crèche


Entendre un beau Sermon ;
C'est.le Seigneur qui prêche, Pour notre guérison
Nous avions tous besoin D'un Médecin si sage ;
Mais le remède n'est pas loin ,
Pourvu que nous prenions le soin
D'en faire un bon usage.
9<> . NOUS
Aux Rois.
Puissances de la ferre, Tombez à ses genoux ;
II lance le Tonnerre , Il peut nous perdre tous j
De votre autorité L'éclat va disparaître :
Vous apprendrez l'humilité, '
Vous laisserez votre fierté
Aux pieds de votre Maître, i .
Aux Prélats.
Puissances de l'Eglise Venez à votre tour ;
D'une âme plus soumise Faites-lui votre cour :
Auprès de son Berceau Vous devez vous instruire»
Pour bien veiller sur un troupeau ,
Il faut de ce Pasreur nouveau
Apprendre à le conduire.
^iii Gens de qualité.
Vous de qui la naissance Fait le métier entier ,
Voyant son indigence N'ayez plus l'air si fier ; !
Cherchez en ce recoin Un Dieu dans la bassesse :
Quoique le Ciel en soittémoin ,
Il cache sous un peu de foin Son titre de noblesse.
Aux Gens de Justice.
Pour vous, Gens de Justice, Apprenez parsa voix,
Qu'il faut que tout fléchisse Sous ses suprêmes lois :
Ne soyez pas si vains , C'est le dernier refuge. ;
Le sort du monde est dans ses mains;: ;
Si vous jugez tous les humains , Il sera votre Juge.
Aux Riches.
Vous qui , dans l'opulence
Passez des jours "si beaux ,
Qui tenez l'indigence Pour le plus grand des maux,
Vous faites trop de cas D'un vain éclat qui passe ;
Ce pauvre Enfant vous dit tout bas ,
Que l'âme ne s'enrichit pas, A moins d'avoir la grâce.
. Aux Marchands,
Et toi Marchands avides, Tant en gros qu'en détail,
Pour un profit sordide, Toujours dans le travail ;
Tu pourrais faire mieux : Approches et considère
Que l'Enfant qui naît en ce lieu Esc
NOUVEAUX.
Est un Marchand qui vend les Cieux;
O quel ach.it à faire !
Aux Dames mondaines.
Pour vous , Beautés coquettes ,
De tous âges et tous rangs ,
Laissez sur vos toilettes Ut ce rouge et ce blanc ;
De votre Créateur Vous détruisez l'image ,
Par le secours d'un art trompeur ;
Pourquoi, de ce divin auteur ,
Réformez-Vous l'ouvrage ?
Aux Hommes.
Pour tous tant que nous sommes
Jesus prêche aujourd'hui ;
Il vient chercher les hommes ,
Aucun ne vient à lui :
'"Nous marchons ici bas, Dans une nuit profonde
Il vient pour y dresser nos pas ,
Le monde ne le connaît pas :
Peut-on aimer ce monde ?

NOËL.
SAINT JOSEPH CHERCHE LOGIS POUR LA
SAINTE VIERGE.
AiR. : Or dites-nous Marie , etc.

Saint Joseph.
OUS roici dansla ville Où naquit autrefois,
Le Roi le plus habile , Et le plus saint des Rois.
La Sainte Vierge.
Elevons la pensée A Dieu quia conduit
Nos pas cette journée, Voici venir la nuit.
Saint Joseph. «
Quelle reconnaissance Pouvons-nous rendre i Dieu ,
De la sainte assistance Qu'il nous douce eu tout lieu.
98 N O E t S
La Sainle Vierge,
Offrons uos corps , nos âmes , A noire Créateur ,
El allumons des flammes D'amour dans notre cœur.
• Saint Joseph .
Allons donc , chère amie, Devers cet Horloger,
C'est uue Hôtellerie, Nous y pouirons loger.
La Sainte Vierge.
La maison est bien grande , Et semble ouverte à tous
Néanmois j'appréhende Que ce ne soit pas pour nous.
Saint Joseph,
Mon cher Monsieur, de grâce , N'avez-vous pas chez vous
Quelque petite place , Quelque chambre pour nous ?
L'Hôte.
Pour des gens de mérite J'ai des appartenons ,
Point de chambre petite , Pour vous, mes bonnes gens.
Saint Joseph.
Passons à l'autre rue , Laquelle est vis-à-vis ,
Tout devant noire vue , J'y vois un graud logis.'
La Sainte Vierge.
Aidez-moi donc, de grâce, Je ne puis plus marcher j
Je me trouve bien lasse , Il faut pourtant Chercher.
Saint Joseph.
Ma bonne et chère Dame , Dites, n'.iuriez-vous point
De quoi loger ma Femme , Dans quelque petit coin ?
L'Hôtesse .
Des gens de votre, sorte Ne logent point céans ,
Allez à l'autre porte , C'est pour les pauvres gens.
Saint Joseph.
P.irlez, ma bonne Dame, Ne me pourriez-vous pas
Loger avec ma Femme , Dans un lieu haut ou bas ?
L'Hôtesse.
Hélas ! je suis marrie , Monsieur de n'avoir rien ;
Ma Maison est remplie , Et vous le voyez bien.
Saint Joseph»
Mon bon Monsieur , de gr^ice , Nons donnerez-vous pas,
Ou quelque chambre basse, Ou quelque galletas.
L'Hôte.
J'ai bonne compagnie , dont j'aurai du proût ;
Je hais la gueuserie ; C'est tout djre , il suffit.
Saint Joseph.
Auriez-vous , Monsieur l'Hôte , Maître du grand Dauphin,
Quelque grenier ou grotte , Ou quelque petit coin?
L'Hôte. _ .
Dans un coin, sur la paille , Avec tous les valets ,
El toute la canaille , Si vous voulez, allez.
NOUVEAUX. 99
Saint Joseph,
Voyons la Rose rouge ; Madame de céans ,
Auriez-vous quelque bouge Pour de pelilosgeres?
„ L'Hôtesse.
Vous n'avez pas lamine D'avoir de grandi trésors;
Voyez chez ma voisine , Car quant à moi je dors.
Saint Joseph.
Monsieur des Trois Couronnes , Avez-vcus logement
Chez vous pour trois personnes , Ouelquc trou seulement»
L'Hôte.
Vous perdez votre peine , Vous venez un peu lard ;
Ma Maison est fort pleine , Allel quelqu'autrc part.
Saint Joseph.
Et vous , Monsieur le Maîtie Des trois petils Panier»,
Pouvez-vous poiut nous mettre Dans un coiu de grenier ?
L'Hôte.
Des quartiers de la ville C'est ici le plus plein ,
Et c'est peine inutile Que d'y chercher en vain.
-' Saint Joseph-
Monsieur, je vous prie, Pour l'amour du bon Dieu j
Dans votre Hôtellerie Que nous ayons un lieu*
L'Hôte.
Cherchez votre retraite Autre part , Charpentier;
Ma Maison n'est point faite Pour des gens de métier.
Saint Joseph.
Sieur de la Table-Uonde, Peut-on loger chez vousï
Avez-vous tant de monde V Avez-vous lit pour nous î
L'Hôte.
Ni lit , ni couverture ; Vous courez grand hasard
De coucher sur la dure : Je vous le dis sans fard.
Saint Joseph.
Et vous , ma chère Hôtesse , Ayez pitié de nous ;
Sensible à ma tristesse : .Recevez-nous chez vous.
L'Hôtesse .
Je plains votre disgrâce , Et je voudrais avoir
'Quelque petite place Pour vous y recevoir.
Saint Joseph.
En attendant, Madame , Qu'autre part j'aie vu ,
* Permettez que ma Femme Ici repose un peu.
L'Hôtesse.
Très-volontiers , ma mie , Meltez-vous sur ce bane :
Monsieur, voyez la Pie , Ou bien le Cheval-Blanc.
L'Hôtesse, parlant à la Sainte V^ierge.
Excusez ma pensée, Je ne la puis cacher;
Vous êtes avancée , Et prête d'accoucher? . »
100 N O E L S
La Sainte Vierge-
Je n'attends plus que l'heure , Non , je n'ai plut de temps
Jït ainsi je demeure A la merci des gens.
L'Hôte 9 appelant sa Femme,
Viendras-tu, babillarde , Veux-tu passer la nuit ?
T« faut-il être eu garde , Sur la porte , à minuit ?
. L'Hôtesse.
C'est mon marie qui crie, Il me faut retirer:
Hélas ! je suis marrie , Qu'il nous faut séparer.

NOËL.
A i R : de l'Inconnu.

D iVIN Enfant qui vient de naître au monde


Pour me sauver, pour rompre mes liens,
Source féconde de tous les biens ,
Règne à jamais dans le cœur des Chretiens,
Puisqu'avec toi règne la paix profonde.
Sans ton amour le flambeau de la guerre
Dans ces bas lieux ne s'éteingnait jamais ;
Toute la terre te doit la paix:
JLe Ciel s'arma pour punir nos forfaits;
Mais tes bontés suspendent son tonnerre.
Pour des mortels quel tendre amour t'anime ?
A leur faiblesse il prend soin de t'unir ;
Il voit leurs crimes ; pour t'en punir ,
Malgré l'enfer prêt à les soutenir,
Pour les sauver il te rend leur victime.
C'est pour souffrir que tu reçois la vie;
De ton berceau tu regardes ta croix
Ta seule envie, ton plus beau choix,
C'est de mourir mille et mille fois
Pour conserver ta chère bergerie.
Divin Pasteur, que cet amour si tendre
A tes brebis va faire de jaloux;
Pour nous défendre contre les loups,
NOUVEAUX.
Ce tendre amour t'expose, au lieu de nous,
Du haut des Cieux il te force à descendre.
Tout reconnaît toujours tes lois suprême;
'Mais aujourd'hui tu nais pour obéir:
Les Hommes même t'osent trahir ;
Et ces ingrats, que tu devrais haïr,
Ne sont heureux qu'autant que tu les aimes.
Du monde entier quelle est l'ingratitude?
Ah ! qu'il sait mal répondre à ton ardeur!
Ta seule étude est son bonheur;
Et cependant, de te percer le cœur,
Ce monde ingrat se fait une habitude.
Inspire-moi cette divine flamme ,
Qui pour nous seuls te fait chercher la mort,
Je te réclame avec transport ;
Par ton secours rends moi digne du sort
Que tes bontés préparent à mon âme
Fais qu'à jamais je sorte d'esclavage,
Pour ne servir qu'au seul maître des cieux,
Que ce partage si glorieux ,
Jusqu'au tombeau soit présent à mes yeux;
Que de tes biens je fasse un bon usage.

NOËL.
AIR: Voici le Jour solennel de Noël.

Dt 'ÈS que de la part du Ciel, Gabriel


. i A félicité Marie ,
Par colline et par vallons, et par monts,
Elle court chez Zacharie.
Sa cousine Elisabeth est l'objet
D'un Voyage aussi pénible ;
Rien n'éteint la belle ardeur de son cœur :
à l'amour tout est possible.
101 ïf O E L 5
Aussitôt que ces accens ravissans
Frappent sa chère cousine ;
Son enfant tressaut soudain
Dans son sein : il ressent la main divine,
Ah ! dit-elle , Quel bonheur le Seigneur ,
Vienc de verser dans votre âme ;
Je connais que son esprit vous bénit^,
Par-dessus toute autre femme.
Quel bonheur ai-je en ceiour, à mon tour;
De mon sang un Dieu veut naître.
Cette Vierge, que je vois devant moi ,
Est la mère de mon maître.
Dès que vous avez paru j'ai couru.
Pour chercher ce roi suprême.
Dès que vous avez parlé j'ai brûlé,
Et mon fruit a fait de même.
Il a reconnu son Dieu dans ce lieu ;
Il s'est empressé de naître ;
Il voudrait être dehors. Ses transports
Me le font assez connaître.
Le plus grand bonheur de tous est pour vous,
Puisque vous avez su croire
Tout ce qu'a dit Gabriel vient du Ciel,
Et' 'vous comblera de gloire.
Marie, à cet entretien, ne fait rien
Que bénir un Dieu qu'elle aime ,
En rapportant son bonheur au Seigneur ,
Elle s'oublie elle-même.

SUR LE MYSTÈRE DE LA CIRCONCISION.


AiR : Joseph est bien marié ; ou quand les Cannes
vont aux champs.

^^uel objet frappe mes yeux,


Est-ce ici le Roi des Cieux ?
NOUVEAUX
Quoi , ce Roi tout adorable ,
Prend la forme d'un coupable J
Quel objet frappe mes Veux,
"Est-ce ici le Roi des Cieux ?
Est-ce donc en criminel
Qu'il est conduit à l'autel?
Le bien-aimé de son père
Est-il enfant de colère,
Est-ce donc en criminel ,
Qu'il est conduit à l'autel ?
Calme-t-il, comme pécheur,
Le couroux d'un Dieu vengeur ?
En a-t-il pris fa figure,
En prenant notre nature ;
Calme-t-il, comme pécheur,
JLe couroux d'un Dieu vengeur ?
Il le faut , n'en doutons pas ,
C'est ici son premier pas ;
Mais songeons que cette offrande ,
En précède une plus grande ,
II le faut , n'en doutons pas,
C'est ici son premier pas.
C'est peu d'être circoncis,
Après les huit jours précis;
Pour expier notre crime,
II moura comme victime,
C'est peu d'être circoncis ,
Après les huit jours précis.
Il commence en ce grand jour,
A montrer son tendre amour;
Ne te voyant dans le Temple
Que pour suivre son exemple,-
11 commence en ce grand jour,
A montrer son tendre amour.
Ne voulons-nous pas brûler
D'un feu qui doit l'immoler ;
Du plus grand des sacrifices,
H sous donne les prémices ;
104 N 0 E E S
Ne voûtons-nous pas brûler
D'un feu qui doit l'immoler t
Commençons dès aujourd'hui
A ne rien aimer que lui ;
Pour aimer comme il nous aime
Notre amour doit être extrême ;
Commençons dès aujourd'hui
A ne rien aimer que lui.

N O E L.
Air : Où s'en vont ces gais Bergers ensemble, sic.

Oublions nos maux passés ,


Ne versons plus de larmes ;
Tous nos vœux sont exaucés ,
Nous n'avons plus d'alarmes :
Tous nos vœux sont exaucés ,
Quel sort a plus de charmes 7
L'univers était perdu , Parun funeste crime ,
Du Ciel un Dieu descendu Le sauve, le ranime ;
Du Ciel un Dieu descendu Veut être sa victime.
II nous tire des enfers, Satan frémit de rage ;
Un Dieu vient briser nos fers,
Il n'est plus d'esclavage :
Un Dieu vient briser nos fers,
Amour, c'est ton ouvrage.
Peut-il ne nous pas charmer ,
Ce Dieu si favorable ?
Pouvons-nous assez l'aimer,
Qu'ést.il de plus aimable ?
Pouvons-nous assez l'aimer, Il est tout adorable ?
Qu'il nous aime tendrement ,
11 s'est livré lui-même ;
Aimons ce divin amant , Mais d'un amour extrême ;
Aimons ce divin amant, Mais autant qu'il nous aime.
NOUV EAUX. lof

DIALOGUE
ENTRE UN BERGER ET UNE BERGERE , SUR
LA NAISSANCE DE JESUS-CHRIST.
AIR : L'autre jour ma Claris.

Sylvandke.
V^/ui pourait t'afrliger, Parle, ma chère Annette ?
Auprès de ton Berger Ton âme est inquietée :
Apprends-moi quel malheur
Vient de troubler ton cœur.
Annette.
Peux-tu me demander D'où naissent mes alarmes,
Nous venons d'aborder Un Enfant plein de charmes :
Ses soupirs et ses pleurs Font naître mes douleurs.
SïXVANDRE.
L'excès de ta pitié A droit de me surprendre ,
Pour moi ton amitiéNe fut jamais si tendre ;
Cet Enfant , je le vois, T'estbien plus cher que moi.
Annette.
Dissipe ton ennui, N'en doute pas , je t'aime,
Non pas autant que lui, Mais bien plus que moi-même:
Tu partages mon cœur Avec ce cher vainqueur.
SyiVAN DRE.
D'où vient ce tendre amour
Qui pour lui vient de naître ;
Ton cœur, jusqu'à ce jour,
N'eut que moi seul de maître :
Tu l'as dit mille fois Aux échos de nos bois.
Annette.
Dans le milieu desairs N'entends-tu pas les Anges,
Dont les divins concerts Célèbrent les louanges ?
Tout m'apprend aujourd'hui Qu'il faut n'aimer que lui.
Stlvandre.
Je l'entends comme toi, Mais j'ai peine à le croire:
ICÔ . N O E I. s
S'i tu prétends sur moi Lui donner la victoire ,
Tu veux donc à ton tour Qu'il ait tout mon amour ?
An NETTE. .
Je consens qu'à jamais Ton cœur me le préfère ,
Qu'Annecte désormais Te soit un peu moins chère :
Eh! que pcuventmes vœux Contre leRoi desCieux!
Sylvandre.
Que la paix entre nous Commence de renaître ; .
Pardonne un soin jaloux Dont je n'étais pas maître :
Cher objet de mes voeux, Je veux ce que tu veux.

NOËL.
Au : De Parthenessc.

IÎeureux séjour , divine flamme et sacré Heu ,


Où la Puctlle nous a produit le Fils de Dieu :
O pauvre étable tu peux dire, à cette fois ,
Que chez toi a pris sa naissance le Roi des Rois.
Comme la Vierge était enceinte , et revenait
De visiter la bo.ine Sainte Elisabeth ,
Passant par dedans la citée de Hethléhem , . .
La Pucelle se sentit prête d'avoir enfant.
Joseph et elle vont partout, pour demander
S'ils trouveraient quelque maison pour les coucher;
Mais lee habitans de ce lieu , trop rigoureux ,
Au lieu d'avoir quelque pitié , se moquaient d'eux.
Là s'approchait la nuit obscure, au fond d'hiver ,
Et ne trouvaient lieu ni demeure pour reposer :
Or Joseph trouve une étable , en un recoin ,
Où n'y avait aucune chose qu'un peu de foin.
Bien qu'elle fût toute rompue, sujette au vent J
Joseph dit à la Sainte Vierge, bien doucement :
Or entions, ma très-chère épouse , en ce lieu là ,
Puisque nous ne trouvons pour l'heure mieux que cela.
Voilà le Roi de tout le monde bien pauvrement ,
NOUVEAUX. I07
Pour enrichir l'humain lignage au Firmament :
Le Fils de Dieu prend aujourd'hui l'humanité ,
Pour effacer de tout pécheur l'iniquité.
Le froid entrant dedans l'érable , par chaque lieu,
Jesus-Christ , Sauveur tour aimable , était sans feu ;
Il y avait l'âne et le bœuf près lui couchés ,
Qui réchauffaient de leur haleine de tous côtés.
Que ce devait être à la Vierge un gr md ennui ,
De se voir seule aban..onnée , en cette nuit :
Toutefois ePe mit sur terre notre Sauveur,
Sans ressentir aucune peine, mal ni douleur.
Supplions la sainte Pucelle , très.humblement,
De porter nos humbles prières vers son enfant ,
Pour nous faire miséricorde de nos délits ;
Et fihalement il nous doi.ne son Paradis.

NOËL.
AIR : Que je ne vous veut pas dire.

Ein gardant ma Bergerie , L'autre nuit que je veillais ,


J'ai sur le minuit ouïe Une si plaisante voix ,
Que je ne saurais , Quand je le voudrais ,
Je ne le pourrais pas dire.
Que ce fut une Alouette , Je ne le crois nullement ;
Sa voix était plus doucette , Et chantait si hautement ,
Que je ne saurais., Quaud je le voudrais , etc.
Ce n'était poiut la Lunolte, Ni le Chardonnet aussi ,
Car si belle était sa note Et son chant si radouci,
<j)ue je ne saurais , Quand je le voudrais , etc.
Je crois que c'était un Auge , Descendu du haut des Cieux,
Pour donner à Dieu louange D'un air si mélodieux ,
Que je ne saurais, Quand je le' voudrais , etc.
Celte voix plaisante et helle Que si doux j'oyais chantant ,
Racontait une nouvelle , Qui me rendit si content ,
Que je ne saurais , Quand je le voudrais, etc.
En Belhléhem de Jlidée, Disait-elle maintenant ,
Une Vierge est accouchée D'un tant agiéable Enfant,
Que je ne saurais, Quand je 1» voudrais , etc.
I08 NOELS
Soudain vis une lumière , Luisante comme un soleil'.
Que la nuit était si claire , Et tout le temps si vermeil ,
Que je ne saurais , Quand je le voudrais , etc.
M'en allant droit à la ville , Voir ce miracle nouveau,
Dedans une Stable vile , Je vis un enfant si beau,
Que je ne saurais , Quand je le voudrais, etc.
C'est le fils de Dieu le Père, Las ! qui prend de nous pitié;
Il veut être notre frère, d'une aussi forte amitié ,
Que je ne saurais , Quand je le voudrais , etc.
Les Pasteurs de Galilée De toutes parts y venaient ,
Qui, à la sainte Accouchée, Tant de beaux présens donnaient,
Que je ne saurais , Quand je le voudrais , etc.
Quand me souvient de l'étable Où gissait le Fils de Dieu,
Pour parole véritable C'était un si pauvre lieu,
Que je ne saurais, Quand je le voudrais , etc.
La dessous je conjecture Qu'il y a bien à penser ,
Mais notre humaine nature Est si prompte à l'offenser ,
Que je ne saurais , Quand je le voudrais , etc.
Las ! c'est à nous grande simplesse D'apprêierl'ambition,
Et le Fils de Dieu s'abaisse Par si grande abjection ,
Que je ne saurais , quand je le voudrais , etc.
Dieu hait l'âme audacieuse Qui dérobe son honneur ;
La personne ambitieuse Lui est en si grande horreur ,
Que je ne saurais, Quand je le voudrais, etc.
Il vaut mieux devant sa face, Dévots nous humilier,
Et tous implorer sa grâce , Qui est un si grand loyer ,
Que je ne saurais , Quand je le> voudrais , etc.
Sarvons-le de bon courage , Pour avoir son Paradis ,
Qui vaut cent fois davantage Encore que je ne dis,
Que je saurais , Quand je le voudrais ,
3e ne le pourrais pas dire

A LA SAINTE VIERGE-
Air : De tous les cœurs vous triomphei , ou Du haut
en bas.

Mi .ère de Dieu,
Vos grandeurs et vos avantages,
Mère de Dieu , ,
Charment nos cœurs en ces bas lieux : Nous
NOUVEAUX, i09
Nous voulons tous être à vos gages,
Recevez nos prolonds hommages ,
Mère de Dieu.
De l'Immortel ,
Vous fûtes de tous temps choisie ,
De l'Immortel ,
Pour Mère du Verbe éternel ,
Fait chair pour nous rendre la vie ,
Par une douceur infinie , „
De l'Immortel.
De tous les cœurs ,
Vous avez été révérée , De tous les cœurs
Qui reconnaissent vos grandeurs ;
Dans les livres saints figurée ,
Vous avez été désirée De tous les cœurs.
Quelle faveur !
Dans ces lieux vous avez reçue , Quelle faveur !
Vierge digne de tout honneur ;
De la grâce étant prévenue ,
Sans péché vous fûtes conçue , Quelle faveur !
Dès ce moment ,
Surpassant , ô divine Reine , Dès ce moment ,
Tous les Anges du Firmament,
Ils vous reconnurent sans peine
Pour leur aimable Souveraine , Dès ce moment.
De la raison ,
Vous eûtes le parfait usage , De la raison ;
Dans l'instant que ce Dieu si bon
Vous donna la vie en partage , ;
Il vous fit présent , Vierge sage, De la raison.
Ah ! quel bonheur, r
Le péché, ce monstre effroyable, Ah! quel bonheur,
- Ne souilla jamais votre cœur ;
Nulle faute , ô Vierge admirable , .,-
Ne rendit votre âme coupable, Ah ! quel bonheur.
Dans ces bas lieux ,
Par une grâce sans seconde , Dans ces bas lieux ,
Vous conçûtes le Roi des Cieux ; K

*
HO NOUS
L'Esprit Saint vous rendant féconde ,
Vous fîtes le bonheur du monde, Dans ces bas lieux.
Un doux effort ,
Du divin amour , ô Marie , Un doux effort ,
Vous donna le coup de la mort;
Si vous perdez enfin la vie ,
Ah ! c'est de la grâce infinie Un doux effort.
De votre corps,
Votre belle âme délivrée , De votre corps ,
Au son des plus charmans accords ,
Fut conduite dans l'Empirée ,
Mais pour peu de temps séparée De votre corps.
Reine des Cieux ,
L'âme à votre corps réunie, Reine des Cieux ,
Dieu vous enleva de ces lieux ,
Au Ciel votre chère patrie ,
Pour vous couronner, ô Marie, Reine des Cieux.
Votre faveur ,
Nous implorons, grande Princesse, Vôtre faveur ,
Auprès de notre doux Sauveur ;
Nous connaissons votre tendresse,
Et nous vous demandons sans cesse Votre faveur.

CANTIQUE.
INVITATION AUX ENFANS DE VENIR
COMMUNIER.
AlR: Dans cette étable.

L.ROUPE innocente, Enfans chéris des Cieux ,


leu vous présente Son festin précieux ;
veut, ce doux Sauveur , Entrer dans votre cœur:
cette heureuse attente Soyez pleins de ferveur,
e innocente.
NOUVEAUX. iiI
Acte de Foi et d'Adoration.
Mon divin maître, Dans ee grand Sacrement ,
Vous daignez être Mon céleste aliment ;
Vous y venez pour moi , Hein d'une vive foi ,
J'y viens vous reconnaître Pour monsauveur,mon roi,
Mon divin maître.
Acte d'Humilité.
Dieu de puissance, Je ne suis qu'un pécheur ,
Votre présence Me remplit de frayeur;
Mais pour voir effacés Tous mes péchés passés,
Un seul trait de clémence , Un mot seul est assez,
Dieu de puissance.
Acte de Contrition.
Mon tendre Père, Acceptez les regrets
D'un cœur sincère , Honteux de ses excès ;
Vous m'en verrez gémir Jusqu'au dernier soupir ;
Avant de vous déplaire, Plutôt ici mourir,
Mon tendre Père.
Acte d'Amour.
Plus je vous aime , Plus je veux vous aimer ;
Bonté suprême Venez donc m'enflammer :
O Jesus, mon Sauveur, Quand, poUr gagner mon cœur,
Vous vous donnez vous-même ,
Plus je vois votre ardeur, Plus je vous aime.
Acte de Désir.
Que je désire De me donner à vous !
Que je soupire Après un bien si doux !
Ah ! quand pourra mon cœur Goûter tout le bonheur
D'être sous votre Empire 7 C'est la seule faveur
Que je désire.

FIN DES NOELS NOUVEAUX.


Pastorale.

L'ouverture commence par un Hâte de Bethlihem ,


qui refuse de loger Joseph et Marie.

Ija Pièce se peut représenter sans Théâtre et sans


changer de lieu, soit en une Chapelle, en une
Salle ou Chambre, dans le coin de laquelleon dres
sera une Etable , et la porte de la Chambre servira
de porte de l'Hôtellerie , près laquelle l'Hôte , sa
Femme, Servantes ou Serviteurs commencent.
Ensuite Joseph et Marie y frappent par dehors
pour demander à loger ; les Anges à un coin et les
Pasteurs en un autre, sortiront de derrière une Ta
pisserie , quand il en sera temps , excepté Guillot
et Pierrot , qui paraîtront couché , comme endor
mis , en un autre coin.

ACTEURS.

L'HOTE , sa Femme , Servantes qu Valets.


JOSEPH et MARIE.
L'ANGE GABRIEL , deux ou trois Anges qui
chantent en deux Chœurs.
GUILLOT et PIERROT , Pasteurs.
Cinq BERGÈRES.
Sept à huit BERGERS. -
RUBIN , vieux Berger, qui explique l'avenir.
ALIDOR et CORRYDOR , deux Bergers.
SAINT MICHEL , trois ou quatre Démons , et
Lucifer.
La Scène se passe à h Crèche de Bethléhent.
Pastorale, 113
^^^^^^^^^^^^^^

PASTORALE

SUR LA NAISSANCE

DE NOTRE-SEIGNEUR

JESUS-CHRIST,
CONTENANT
l'aboration tes pasteurs et la descente de
saint michel aux limbes.

L'Hôte commence et paraît avec sa Femme.

1VL .ars enfin se repose, on ne voit plus deguerre,


La paix universelle est par toute la terre ;
Ce grand César-Auguste a soumis par sa main
Toutes les nations à l'empire romain ;
Et voulant établir une paix immuable ,
Il a fait un édit important et notable,
Par lequel il prétend que les Rois et les Princes r
Et chaque habitant de toutes les provinces,
Et des principaux bourgs sujets à son empire ,
Viennent donner leurs noms afin de les écrire
Aux greffes des cités et des principales villes,
Proche de leurs demeures et de leurs domiciles ,
Afin qu'en peu de temps il soit certain
Du nombre des sujets à l'empire romain.
L'on tient qu'il y en a d'écrits dans cette ville,
Tant dedans que dehors, p'us de cinquante mille ;
Et s'ils continuent ainsi d'y arriver ,
ii4 Pastorale.
L'on n'aura pas de quoi les nourrir et loger;
Nous nous trouvons gênés, et notre Hôtellerie
De gens de tous états se va trouver remplie.
Il nous faut prendre garde à ne pas recueillir ,
Surfout des pauvres qui n'ayent train à nourrir ;
Exprès j'ai fait ce soir fermer toutes nos portes ,
Car celles de la cour ne sont pas des plus fortes.
Marie et Joseph frappent à la porte , et mènent un
âne , chargé de leurs hardes et outils.
L'Hôte dit:
Paix , écoutez, l'on frappe, examinez qui c'est ;
Nous les logerons bien , et le souper est prêt ,
Pourvu qu'ils aient grand train avec leurs équipages,
La suite de leurs gens, valets , laquais et pages.
La Servante rapporte :
C'est une jeune femme avec son mari ,
Qui demande en payant à loger aujourd'hui :
Je crois qu'elle est enceinte , et prête d'accoucher;
Son mari la respecte et n'ose la toucher.
VHôte.
Ont-ils beaucoup de gens , des chevaux, valets?
Veulent-ils table d'hôte , chapons et poulets ?
La Servante. .*
Ils semblent gens de bien, mais leur pauvre équipage
Montre assez qu'ils n'ont qu'eux et leur bagage,
Dessus un pauvre âne avec leurs outils
Des haches, des marteaux, des rabots, des scies.-
J'en ai compassion, s'il vous plaît les loger.
L'Hôtesse dit à son Mari :
En l'étable aux brebis, avec notre berger,
Ne me refuse pas mon ami, je t'en prie,
Ou bien en quelque coin de la grande écurie,
Seulement sur du foin, ou bien sur la paille.
L'Hôte.
Je ne veux point chez moi loger de canailles.
L'Hôtesse.
C'est aussi pour cela que Dieu nous a punis;
faisons état des pauvres ni de lui ;
Pastorale. iij
Nous n'avons pas d'enfans, nous amassons du bien
Pour de riches parens qui n'ont besoin de rien ;
Ayez au moins pitié de cette femme enceinte,
J'en ai le cœur transi, mon âme en est atteinte.
L'Hôtesse se relire avec ses gens.
Voilà bien du discours, fermez-moi cette porte,
Nous ne logeons point des gens de cette sorte.
La porte fermée, la Vierge parait, et Joseph qui
conduit son âne chargé d'outils, haches, marteaux ,
ciseaux et scies ; et si le lieu ne permet pas d'avoir
un âne , Joseph les portera dans un panier ou bissa?.
•V. La Vierge dit à Joseph :
Mon cher époux , il est étrange ,
Personne ne nous veut loger.
Joseph.
Allons donc chercher quelque grange,
Ou la cabane d'un Berger.
La Vierge regarde à côté, et dit :
Voyez un peu près ce portail ,
Il me semble voir une érable ,
Joseph regarde , et dit : ,
Oui , mais occupée de bétail,
Ce lieu n'est pas trop agréable.
La Vierge.
N'importe entrons , mon cher époux,
Car je sens l'heure qui s'approche,
Ah! je vous prie, hâtez-vous :
Un Dieu veut naître dans cette grotte.
La Vierge entre , et Joseph dit :
Au-derrière de cette voûte ,
J'apperçois un bœuf couché r
Qui n'est même pas attaché,
Que ferai-je? l'on n'y voit goutte,
Je ne sais où je dois aller,
Je suis en crainte qu'il ne frappe,
Que notre pauvre âne n'échappe
Je vais les voisins appeler ,

V
u6 Pastorale.
Qui pourront bien nous secourir ,
Crainte que vous n'alliez mourir.
L'Ange Gabriel paraît et le retient.
Arrêtez-vous, Joseph , chaste époux de Marie;
Sachez, je vous en avertis,
Qu'elle n'a besoin de secours ;
Cette nuit est l'aurore du plus beau de ses jours.
Non , non , e,He n'est pas comme les autres femmes ,
"Qui souffrent des douleurs impures et infâmes ;
Elle est immaculée, Vierge, mère et pucelle,
Et seule fut sans coulpe et tache originelle ;
Ainsi , de joie toute ravie,
Elle enfantera sans douleur ,
Son Dieu, son Roi et son Sauveur,
L'arbitre de la mort, le maître de la vie.
La Vierge à genoux tient sur ses deux mains son
cher Fils } et dit :
Ciel, voilà votre auteur, Je tiens entre mes mains
Mon Dieu, mon Créateur, Le Sauveur des humains.
Puis elle porte Jesus à la Crèche et l'adore.
Joseph s'écrie :
Peuples, accourez tous, prenez part à la joie ,
A l'insigne bonheur que le ciel nous envoie.
La Vierge adore son Fils.
De l'abîme de mon néant ,
Je t'adore et te rends louanges ,
Tu es mon fils, grand roi naissant ,
Dieu des Chérubins et des Anges,
J'adore avec humilité Ta joyeuse nativité;
L'infinité de ton essence, Et ta sagesse et ta beauté,
Avec ta suprême bonté, Ta hauteur, ton immensité.
Joseph à genoux.
Et moi , je vous adore aussi,
Dieu qui passez pour mon eufant,
uvre lieu ci ,
soyez tout-puissant ,
ï, notre père :
st fait ce mystère ?
Pastorale. 117
Car long-tems il me fut caché :
Je n'eusse jamais pu comprendre
b Qu'un Dieu se fût tant abaissé,
'.' De vouloir en ce lieu descendre,
Et se mettre sous la conduite
D'un pauvre et simple charpentier ,
Qui n'a ni bonté ni mérite ,
Rien pour vivre que son métier;
Mais puisque vous m'avez choisi,
Et adopté pour votre père, A jamais je serai ravi
De servir l'enfant et la mère.
Un Ange s écrit :
O prodige! ô miracle! ô bonheur sans pareil,
L'étoile de Jacob accouche d'un soleil !
Cet enfant dans l'éternité,
Toujours égal à Dieu son père ,
Prend une autre nativité
Du sein de cette chaste mère.
•L'Esprit infini le conçoit,
La Vierge le produit,' Pétable le reçoit, ✓
Il peut d'un simple de ses regards ,
Réduire l'univers en poudre ,
Soit en ce lieu, soit autre part ,
Lancer le tonnerre et la foudre!
Quoi! rabaissant sa qualité,
Il gémit, tremblottant dessous l'humanité!
Voir ce qui jamais ne fut fait :
Un enfant plus vieux que sa mère !
La cause naître de l'effet !
La fille produire son père !
La mer provenir d'un ruisseau!
Un géant resserré dans un petit berceau
Puissant auteur de ce grand toutj
Son être n'a point de limite,
Son esprit se trouve partout ,
Et rien n'égale son mérite.
Du trône où il est séant,
Il soumet la grandeur jusque dans le néant
iiS Pastorale.
Son berceau , tapissé de foin,
Orné de toiie d'araignées,
Ne lui permet point d'autres soins j
Que d'avoir la face baignée
De l'eau qui coule de ses yeux,
Dessus le chaste sein de la Reine des Cieux.
L'Ange, en lieu élevé, annonce la nouvelle aux
Pasteurs , et chante mélodieusement :
GLORIA IN EXCELCIS DEO;
D'autres Anges répondent \
Et in terra pax hommibus bonse voluntatis.
Un autre Ange déclame sans chanter :
O ciel ! ô terre ! 6 mer! que vois-je dans une
étable !
Un Dieu homme ! quoi donc ! le tout dans le néant ?
Qu'en pensez- vous bergers, aimez ce Dieu naissant,
L'excès de son amour doit vous le rendre aimable.
Ensuite , sur l'ait de la Graveline, le même chante :
Pasteurs , qui dessus ces montagnes
Etes à garder vos agneaux ,
Et qui, sur ces rases campagnes,
Prenez soin de vos troupeaux ,
Accourez tous, je vous convie,
Pour adorer le fruit de vie.
Dieu, touché de votre misère,
Vous tire de captivité,
Il vous donne son fils pour frère,
Pour vous remettre en liberté :
C'est un enfant qui vient de naître,
Qui veut su monde paraître.
Vous letrouverez dans l'étable ,
Proche la cité de David; Là, ce cher enfant adorable
A pris naissance cette nuit;
Il est couché dans une crèche,
Dessus un peu de paille sèche.
Enveloppé de simples langes,
deux animaux échauffé ,
Pastorale. 119
Né roi des horrtnes et des Anges
Pour vous retirer du péché,
Où Adam, votre premier père,
Sif.Vous avait ré.iuit en misère,
Le berger Guillot, assoupi en un coin, s'éveille au
premier chant , et écoute avec gestes d'étonnement ;
puis , sur l'air ,"Ah! mon Dieu que j'étais heu
reuse , il chante :
Quelle voix charme mes oreilles ,
Et quelle clarté vois. je aux Cieuxl
D'où viennent tant de rares merveilles ?
Je vais sortir hors de ces lieux
Pour avertir en diligence .
Tous les Bergers de ces hameaux ,
De venir en toute assurance ,
Et d'abandonner leurs troupeaux,
'Il frappe à la porte Je Pierrot , son voisin,
Eveille-toi, cher ami Pierre ,
Viens vite courir avec nous;
Tu n'as jamais vu sur la terre
Rien de si beau, rien de si doux ; .'. .
Les Cieux sont remplis d'allégresses,
Les Anges sont dans nos buissons ,
Qui chantent et rechantent sans cesse
Mille beaux airs , mille chansons.
Pierrot s'éveille , et répond sur le même air'.
Cher ami Guillot , je te prie,
Ne te vient point railler de moi;
Je suis en grande mélancolie ,
Je te supplie, retire-toi ,
Car j'ai rompu ma cornemuse f
Mon canapsa et mon sabot,
'Et on pense que je m'amuse
A ouïr sonner ton larigot.
Guillot rép
Non , non , ma foi , je te
Tout de bon , ami , lève-toi
Crois-moi, je ne suis point p
no Pastorale. '
Accours et viens avec moi ;
Tu verras les plus belles choses
Que la terre ait jamais produit ; J
Des fleurs, des œillets et des roses,
Et nos arbres qui portent fruit.
Un Berger endormi s'éveille au bruit , et voyant
une si grande clarté t saute du haut de sa hutte en bas,
et crie.
Au feu, au feu amis, Eveillez-vous pasteurs,
Quelqu'un de nos ennemis, Ou de méchans voleurs
Ont mis le feu partout Dedans nos Bergeries.
Guillot lui dit :
Rassure-toi Filandre, Quitte tes rêveries ,
Prends, prends plaisir d'entendre, Tu n'es pas éveillé,
Filandre.
Je suis émerveillé; d'où vienttant de clarté ,
Plus claire et plus luisante que le soleil d'été ?
Et de voir , hors saison ,
Comme tout est fleuri près de notre maison ?
Guillot.
Ecoute un air plaisant , charmant , mélodieux ,*
Filandre, je le jure, il se ressent des Cieux.
Guillot, Pierrot et Filandre restans sur le Théâtre,
un Ange , caché derrière , commence t sur l'air
des Folies d'Espagne.
Courez pasteurs dans cette étable ,
.Pour adorer votre aimable Sauveur -,
Portez-lui tous un présent honorable,
II veut surtout qu'on lui donne son cœur.
Les trois Pasteurs sur le théâtre répondent ensemble,
sur l'air, Ingrat Berger , etc.
Courons pasteurs , couions en cette étable ,
Pour adorer notre aimable Sauveur ;
Donnons-lui tous pour présent honorable,
Sans balancer, donnons-lui notre cœur»
L'Ange, sur l'air des Folies d'Espagne.
Des voix en l'air , d'agréable mélange
nt retentir un joyeux Gloria, " Sans
P.ASTOBALl. lit
Sans en douter ce sont les chœurs des Arges,
A leur concert joignons Alleluia,
Les Pasteurs, sur l'air , Ingrat Berger, etc.
w|* Des voix en l'air , d'agréable mélange
Pont retentir un joyeux Gloria;
Sans en douter , ce sont les chœurs des Anges ,
A leur concert joignons Allelaia.
L'Ange.
Votre âme était réduite à l'esclavage,
Et pour jamais condamnée aux Enfers ; • .^
Mais ô mon Dieu elle fc cet avantage, X
De voir un Dieu qui vient briser ses fer».
Les trois Pasteurs.
Notre âme était, etc., comme ci-dessus , répétant
deux fois le second vers. L>Ange.
Il naît pour vous , adorez sa naissance ,
"Pour vous il souffrej honores ses douleurs ;
Ne restez pas dans une indifférence ,
Un tel amour mérite trop nos cœurs.
Les trois Pasteurs.
Il naît pour nous , honorons sa naissance;
Pour notfs il souffre, honoronst ses douleur». bis.
Ne restons pas dans une indifférence ,
Un tel ametH" tnérîte trop .nos coeurs.
Pour un enfant,. hélas quelles souffrances !
D'un rude hiver éprouver les rtgaenrs :
Ses petits yeux coulant en abondance ,
Mais c'est pour vows qu'ils versent tant de plears.
Les trois Pasteurs.
Pour, etc., changeant vous en nous.
Si son amour n'égalait sa puissance ,
11 n'aurait pas, pour d'indignes mortels ,
Tant de bonté, ni tant de complaisances :
C'est votre Dieu, dressez-lui des Autels.
Les trois Pasteurs.
Si son amour , etc., excepté le quatrième vers.
C'est notre Dieu , dressons-lui des autels.
141 PASTORALE.
L'Ange.
Ah ! joingnez-vous avec le chœur des Anges ,
L'aimer toujours soit tout votre souhait,
Célébrons tous ses divines louanges , m
Reconnaissons un si noble bienfait.
Les trois Pasteurs.
Oui , joignons-nous avec les chœurs des Anges,
L'aimer toujours soit tout votre souhait, bis.
Célébrons tous^ses divines louanges,
Reconnaissons un si noble bienfait.
L'Ange.
Depuis long-tems il vous voit dans les chaînes ,
Depuis long-tems il veut vous secourir;
C'est ce sujet qui le met dans les peines,
C'est son amour qui le fait tant souffrir.
Les trois Pasteurs. - -
Depuis , etc. , changeant vous en nous.
L'Ange.
Ah ! si du moins cet amour qu'on admire , ; .
Se contentait de le faire souffrir ;
Mais, 6 excès : hélas! faut-il le dire?
C'est qu'il ne naît que pour un jour mourir.
Les trois Pasteurs. : , -,
Ah! si du moins, etc., comme ci-dessus.
L'Ange.
Si par sa vie il vous donne la vie, lr; rn 1HC ,
Par sa mort même il veut dompter la mort, -.
Et sa valeur de victoire suivie,
.Va vous conduire heureusement au port.
Les trois Pasteurs.
ar, etc., changeant vous en nous.
L'Ange. ,t
tre ennemi peut déposer ses armes ;
aura plus d'honneurs en ces combats ,
' met l'enfer aux alarmes,
malgré satan et ses maudits soldats.
Les trois Pasteurs. . . ..
rte ennemi , etc. , comme ci-dessus.
PAStfORÀtÉ.
L'Ange.
Puisqu'à JESUS vous dévez la victoire ,
'f A son honneur entonnez 'Gloria :
C'est lui qui doit en moissonner la gloire ,
Ah ! tour à tour chantons Victoria.
Les trois Pasteurs.
Puisqu'à JESUS nous devons' ld victoire, "
A son honneur entonnons Gloria ': 3,'
C'est lui qui doit en moissonner la gloire ,
Ah ! tour à tour chantons Victoria.
Ensuite, VAnge caché parait sur le théâtre au
des Pasteurs étonnés, et chante seul , sur /'Air
Graveline.
Nous sommes une troupe Angélique,' '
Bergers crantifs rassurez-vous ,.. ' '
'Qui composons une musique,
Dont les airs vous semblent 6i doux, :-
Et rendons ce public hommage ,
A Dieu qui rompt votre esclavage.
Nous traversons mille provinces,
Et passons sur mille cités ,
Sans daigneravertir les princes ,
Les potentats ni majestés ; . • ..' »'..»
C'est à vous seuls , bergers fidèles ,
Que nous annonçons ces nouvelles.
Aussi est-il bien raisonnable,
Qu'en ce solitaire séjour ,
Un roi qui naît dans une éiable ,
Des bergers composent sa cour;
Allons donc tous en diligence,
Pour l'adorer en son enfance.
-< . Guillot s'adresse à Pierrot, et chante sur
premier air.
Hé bien, as-tu ouï ces nierve-
Cet Ange en parfaite beaut
N'a-t-il point charmé tes oreilles ?
Est-ce un printems, est-ce un été?
Ce n'est ni l'hiver ni l'autom
124 PAJTORAÏ.Ï.
C'est un 'agréable printetns ;
Dans nos jardins tout y boutonne,
Et les fleurs sont parmi nos champs, .d
Pierrot lui répond sur le même air s! .
Ah ! depuis que je suis au monde
Je n'ai rien vu de si charmant .» \
Est-ce l'aurore vagabonde^:.. 1—:.' .'. . :
Qui cherche ici son cher amant, j. r.t.
Ou les Anges qui nous convient 3 '
D'aller adorer' un enfant î ...
JEt de fait, je crqis qu'ils nous prient . »
De la part de Dieu tout-puissant.
Un autre Berger chante sur le même air t
Ces voix, ef cette lumière,. ... . . t ai. '
Ravissent et charment to»s «e«- scris'; »^.T"^
Le Soleil est hors s,a carrière pn.i .
Qui rôde ici parmi nos champs t, n»
Il nous prédit que, le Messie ,
Est né dessus un peu de foin ,
Allons le voir, je vous supplie, i .. c
Près la Cité , ce n'est pas loin.
Pierrot, parlant à Guillot.
Je vois courir une grande bande n~ .
De Bergers qui viennent vers nous.
Guillot , dis-leur qu'ils nous attendent , i» .
Et nous nous joindrons ici tous ,
Pour savoir ce qu'il nous faut croire : • .j :
De ce nouvel avènement , ' .
Quelqu'un d'eux ayant lu l'histoire, ; . \.A • O.
Expliquera ce changement. . .". enol*.
Guillot s'approche de la troupe des Bergers, et chanté •
Dieu vous garde voisins et voisines,
Où coûtez-vous ainsi si fort?
Et vous, mes cousids et cousines,
Et toi Rubin, vieux Tallebot ,
Toi qui a tant d'expé.iencs
Touchant les choses à venir , ' J..
Dts-nous un peu, par ta .cience ,
Ce qui te fait ainsi courir.
PASTORAtE. 12J
Rubin, vieux Berger, chante: ■!.'
Mes amis, j'ai lu dans un livre -, . J■
lu'un jour, ou plutôt une nuit,
.'on verrait le Soleil reluire,
Une Vierge porter son' fruit' ;i '. • . .'
Ah ! voici la huit fortunée ^ "~
De cet, heureux avènement',- i"-: '.... 'iww
Car je n'ai jamais vu journée ■iiO'l ,. ■.
Où le Soleil fût si luisant. ,l;' ,îi. ii.n"-'
.Filandre dit saris chantèfi: vl-- ; -i: ■v''
Je craignais que le feu n'embrasât nos cantons ,
Et qu'il n'eût fait mourir nos brebis et moutons -,
Mais, hélas ! grâce aux cieux , c'est bien touc le
contraire .,, -! •. ' '
Car ayant entendu tous les Anges chanter,- ii.'i i
- Nos chèvres et nos: agneaux se sont mis à siuter ,
En faisant mrlle bonds par-dessus la fougère,
Tir.sis , tin des Bergers de la nouvelle bande , qui
^ revient des études , leiir,dit:
Ecoutez-moi ; je vais dire des merveilles,
Que j'ai vu de mes yeux : . J' f
Jamais en ces bas lieux , ' .i;.!.
Il n'en fut' de pareilles.
Ne vous étonnez pas si je parle 1 la mode,
Puisque la rhétorique en apprend la méthode,
Et que j'ai depuis peu quitté le porte-feuille,
Et toutes les débauc'hes, le vin et la bouteille;
Oui , oui , j'ai laissé là toute ma rhétorique,
Pour suivre mes aiVux et vivre en bon rustique^
Sachez qu'avant minu't l'on ne voyiit d'éioi'
Le ciel était couvert de grosses et sombre'
Mais peu après minuit ces voiles s'épen
"Se sont toutes retirées bien li' vers le
J'étais lors en un bois dont le sombre fie
Sert à tous nos troupeaux et d'asile et d'ombi
Pour se mettre à l'abri des chaleurs de l'é
Quand dessus ces mot ' s ont trop arre
Où suivi seulemt J u'autres bergers ,
ja6 Pastorale.
Nous allions pour cueillir des branches'' de laurier
Pour faire des guirlandes à nos jeunes bergères ,
Qui gardent leurs agneaux, dansant sur la fougère ,
Quand un subit éclair, répandu dans la nue, ' * ™
Nous a surpris ensemble. et l'esprit et la vue.
Mille sons éclatans, mille brillans éclairs , ' *î .
A nos yeux ont paru s'élancer dans les airs ; . 3 o' f
Et puis vers l'Orient une clarté suivie . r fi i >
D'une divinité dont notre âmei ravie "I ' '. 9. ! .>
Né se pouvait lasser d'admirer les beautés ,
Et par qui tous mes sens se sont vus enchanté* :
Ses yeux étaient perçans , ses paroles charmantes,
L'air frémissait au bruit de ses ailes brillantes ,...!*
Et accordait si bien les accens de sa voix tfo'i
Qu'elle .ew a réveillé les échos èe ces bois ; ;k.'e ' 3
Son corps était porté par deux ailes dorées , . '
Et de mirle couleurs peintes et aztirées : : v.
Elle volait en rond , s'élançant vers les Cieux,
Et, perçant dans la nue , échappait à nos yeux ;
Puis, quittant tout d'un coup le séjour du tonnerre,
D'un vol prompt et léger elle rasait la terre, . r
Et laissait après elle un lumineux éclair;
De mille cercles d'or elle embélissait l'air.
De ces vives clartés la nuit épouvantée,
Dans les gouffres profonds s'est tout précipitée ;
Et nous, tous incertains de cet événement ,
Nous avons pris la fuite avec étonnement :
D'abord, à son aspect , je la croyais l'Aurore ,
Qui cherchait dans ces bois le chasseur qu'elle honore;
Mais je l'aï mbux connue, quand, arrêtant son cours,
Elle , en nous abordant , nous a fait ce discours :
ez.moi je sais Gabriel l'Ange ,
. ailerons, mille escadrons je range,
i , tous serviteurs du grand
Dieu ,
.çuis venu de sa part, vous dire dans ce lieu ,
ion fils s'est fait chair pour nous racheter tous,
C'est pourquoi, prompt ement, snnrsz et hâtez. vous;
Pastorale. 117
Laissez-là .vos troupeaux et tous soins inutiles ,
Et venez l'adorer ici, près de la ville:
C'est au proche des murs , dans une pauvre étable,
Que vous le trouverez, ce Dieu tout adorable, . J
Couché sur de la puille et un peu de foin ,
Dans la crèche des bêtes ; il souffre , il a bespin :
C'est là qu'il a pour mère une Vierge sans prix ,
Qui surpasse en vertus nos sublimes esprits ;
Son époux c'est Joseph , et son nom est Marie :
Allez donc promptement , hâtez-vous, je vous prie.
Finissant ce discours, elle s'en fut en l'air,
Plus belle qu'un soleil et qu'un brillant échir ,
En sorte que ce bois, si sombre et ténébreux ,
Semblait illuminé de mille. et mille feux ;
Et prenant son essor vers les plus hautes montagne*}
Elle éclairait partout les plus vastes campagnes ,
Remplissant nos échos de tons mélodieux ;
Elle a ravi nos sens , nos esprits et nos vœux:
Puis, s'étant tout d'un coup élancée en la nue ,
Nos yeux , presqu'aveuglés , en ont perdu la vue :
Alors chacun de nous , tirant vers son hameau ,
Avons à nos voisins fait ee récit nouveau ,
Et nous sommes chargés de chacun un présent,
Pour rendre nos hommages à la Mère , a l'Enfattt.
Un autre dit :
Et moi je gardais mes agneaux
A mille pas de la cité Où Jacob, avec ses troupeaux,
Avait autrefois habité.
Aux environs de la Tour d'Heber ,
J'ai vu et entendu des merveilles ,
Un million d'Anges chanter,
Charmant mes yeux et mes 0'
Et chantant un air nouveau ,
GLORIA IN EXCFLSIS 1)1
Un autre dit :
Voyez, voyez cet s'approche de nous,
tîl du :
C'est lui-même, c est lui, écoutons, taisous-nout.
ia.8 Pastorale*
L'Ange s'approche en chantant.
Ne vous étonnez si j'approche,
Ces p. steurs disent vérité ;
Cette nuit, au creux d'une roche, . ;
Près-Ie portail de la cité, .,.'..
D'une Vierge est né le Messie: .. - ' ' ,
La prophétie est accomplie.
Et si vous voulez reconnaître
Ce grand Monarque souverain ,. / ,
Présentement il vient de naîtte ,
Couché sur un peu de foin ;
Vous le verrez dans une étable ,
Transi d'un froid intolérable.
Un Berger chante sur Vair des autres.
Laissons donc tous paître nos bêtes ,
Allons , cherchons , trouvons le lieu ;
Quittons moutons et brebiettes ,
Afin d'adorer ce grand Dieu.
Notre mâtin sans cesse gronde,- i, ;;
Faisant l'office de. berger, ',, .
De tous côtés il fait la ronde ,
Gardant nos troupeaux du danger.
. , '. ' Cuiot chante.
Allons , allons de compagnie; .;
Chère troupe de nos cantons,
Ft composons une harmonie ,
De toutes nos belles chansons;
Pierrot jouera de sa musette,
Je jouerai de mon flageolet ;
Clorinde , bergère discrette ,
Va nous dire un air nouvelet.
Clorinde , bergère, chante :
isons plutôt, je vous en prie,
A porter des provisions,
De lait, de beurre et de bouillie,
Ft des agneaux et des moutons,
Pour servir à cette accouch
Comme à son enfant nouve
Pastorale. 119
Car un Ange m'a assurée .
De leur extrême pauvreté.
Un autre Berger répond en chantant :
C'est bien dit , prenons en nos huttes
Tout ce que nous avons de bon ,
Colin n'oublie pas tes flûtes,
Ton.Tambourin et ton flacon;
Remplie-le de vin , je t'en prie,
Du meilleur qui soit au tonneau : *
Nous le donnerons à Marie ,
Et au petit Enfant nouveau.
Ils approchent tous de titable , et l'un des
Bergers dit en chantant :
Nous voici proche de Ta ville
De Bethléhem, noble cité ;
Quelfe est cette étable inutile
Qui tombe de caducité ?
Regardons si ce grand Messie,
Y aurait pris son logement .
Car la divine prophétie ,
Prédit qu'il naîtra pauvrement.
Un Berger regarde dans Vétable et dit , enchantant :
Vraiment, c'est là, je vous l'assure,
J'y vois un enfant nouveau-né,
Qui reposedessus la dure, De deuxanimaux haleine;
Sa mère à deux genoux l'Adore,
EtHe même son père aussi;
Je brûle que je ne l'honore:
Entrons, nous tardons trop ici.
Dialogue d'Ange* lis.
L 'un des Anges , eriun smense,
Aim.;ble pastoureaux, venezavec moi
Baiser les pieds de notre petit Roi.
Un écho formé de ' voix douces, au fond Ja
théâtre, derrière un: u.pisserie , répète , sur le même
air , ces deux vers :
Aimable pastoureaux , etc.
T30 Pastorale.
Ensuite , ï'Ange continue :
Entrez pasteurs voir cet enfant aimable ,
Que vos péchés ont mis dans cette étable.
L'écho répette ;
Entrez pasteurs , etc.
Deux Pasteurs sur le théâtre et^ sur le même air.
Anges, montrez-le nous cet enfant de douleur ,
Ce Dieu naissant, si digne de nos cœurs.
L'écho. Anges, montrez-le nous, etc.
Les Pasteurs. . . ;
Montrez-le nous cet enfant débonnaire ,
Qui veut monter de la crèche au calvaire.
L'écho. Montrez-le nous , etc,(,.-,
L'Ange.- .- f*.
Ses petitsyeux mouillés, qui répandent des pleurs,
Pleurent vos maux, et non pas ses douleurs.
L'écho. Ses petits yeux , etc. - . '.. .
L'Ange. | , ; ,. . .
Sa ch.i rité surpasse ses souffrances,
Et sa bonté le réduit à l'enfance.
L'écho. Sa charité , etc.
Les Pasteurs.
Il est vrai', sa bonté l'a fait quitter les Cieux , '
Puisqu'avec nous il vient dans ces bas lieux.
L'écho. Il est vrai, sa bonté, etc.
Les Pasteurs.
Pour nous tirer d'un funeste esclavage, lev
Et nous mériter un céleste héritage,
lo. Pour nous tirer, etc.
Ange.
Ses deux petites mains, que l'on voit se
Nous présentent un faible mouvementp
L'écho. Ses deux petites mains, etc.
L'Ange.
En donnant l'être à la terre et à l'onde ,
In sut tirer du tiéant ce grand monde.
L'écho. En donnant , etc.
Pastorale. 131 v
Les Pasteurs . i '•• ,
Ce miracle n'est rien, auprès de son amour ;
Que vient-il faire dans ce triste séjour.?.
L'écho. Ce miracle n'est rien, etc.
L'Ange. : "
Ce Dieu si bon, l'auteur de la nature ,
Veut que son corps soit notre nourriture.
L'écho. Ce Dieu si bon , etc.
Tous les Bergers entrent dans l'étable , et disent chacun
les vers suivons , sans chanter, •,.
Nous sommes de pauvres pasteurs, '.
Qui cherchons où est le Messie , » . '.
Le Dieu vivant , le fruit de vie ,
Afin de lui donner nos cœurs.
Un autre, parlant à la Vierge dans l'étable.
Les Anges nous ont avertis , : .
Que , dans ce canton , Dieu le fils ,
D'une pucelle a pris naissance ; ' '.
Dites-nous , avec assurance ,
Si c'est dans ce pauvre lieu .' . .
Qu'est né cet enfant , ce grand Dieu ?
La V ierge leur dit , récitant les dix vers suivans :
Oui mes amis, je vous l'assure ,
Voilà votre Dieu tout-puissant ,
Voilà l'auteur de la nature,
Qui a pris la forme d'enfant»:
Et qui de moi a voulu naître
En ce pauvre lieu , sans paraître,
Et sans vouloir être connu, Visité ni entretenu
D'aucuns princes ni grands seigneu r ,
Seulement de vous , chers pasteurs.
Tous les Pasteurs l'adorent , lui font des présens , et
l'un d'ent 'eux. dit .
Quoique vous ne soyez qu'enfant,
Nouvesu-né dedans cette éiable,
Nous tenons tous pour véritable
Que vous êtes ut ,
Fils de Dieu , s. 'iieur du monde ,
i3i Pastorale.
Du Ciel, de la Terre et de l'Onde ,
Et comme tel nous vous adorons,
Nos cœurs et nos biens vous donnons»
Rubin. j
C'est donc ici ce grand Messie
Dont fait mention la prophétie
De Michée, que j'ai tans de fois
Lue ès montagnes et aux bois,
Où nous menions nos moutons paître :
Pourquoi n'a-t-il voulu paraître,
Selon sa haute qualité Et très-puissante majesté ?
Il devait naître dans un Louvre
Ou dans quelque Palais Royal ,
Et non pas ici comme an pauvre ,
Souffrir tant, de froid et de mal.
Mais vous Joseph et vous Marie,
D'auguste généalogie ,
Vos aïeuls en cette proviice :' .
Ont été défenseurs des lois, '
Patriarches , Prophètes et Rois ;
Le moindre était un puissant Prince
Etant aussi d'illustre sang , .
Que ne tenez-vous votre rang .
Sans vous rabaisser à tel point ?
Ici l'on ne vous reconnais point :
C'est votre grande humilité
Qui vous fait embrasser ainsi la pauvreté :
Marie, vous l'avez choisie dans le temple,
Pour nous servir à tous de miroir et d'exemple.
Le même se jette à genoux , et dit :
nds aujou' es aux Cieux
lu l'ancienne écriture ^^Hp: -
Jle e'tait véritable et sûre,
Puisque je vois devant mes yeux:
Tout ce qu'elle avait annoncé
De l'avenir et du passé. ^
Un autre dit :
Recevez nos cœurs pour usreie , Ce
Pastorale. 133
Ce qui est en notre pouvoir;
Si nos fortunes étaient plus grandes
jN'ous ferions mieux notre devoir.
Le même , en présentant.
J'ai surpris avec ma tirasse
Trois merles et quatre perdrix ,
Deux roauvis et cette bécasse ,.
Pour vous et pour votre mari.
Un autre , qui tient un panier , dit s
Comment , un Dieu né sur sur la paille ,
Qui gémit et tremble de froid !
Son abri est une muraille ,
Sans couverture ni sans toit !
Ouvrez promptement ce panier , *
Cette paille est un peu trop rude ,
-Tenez, voilà un oreiller ,
Du linge et cette couverture ,
Pour servir à l'envelopper. • ,
Un autre lui présente un mouton , et dit
Des plus beaux de ma bergerie
J'ai choisi ce petit mouton ,
Je vous le présente, Marie ,
Aussi-bien qu'à votre poupon.
Un autre lui présente un bassin de bo
Voici quelque peu de bouillie,
De fleur de froment et de Jait ;
Recevez-là, je voussupplie,
Avec ce petit bassinât.,
L'Egyptienne ec une mante.
Je suis Egyptienne , ete le sort m'a jeté
A servir des pasteurs | e. i. cette cité ;
J'ai comme eux cnten 1 la voix des Anges,
Qui leur ont racon;.v d vous mille lou rg-.s ;
Et j'ai voulu , comiDi eux , venir vous adorer
Dedans et vous y révérer :
Je n'ai 1 n rien à vous présenter
Que cet ignez bien lVecepter :
Elle pev elle estbien chaude et bonne;
Pour er c de bon cœur je lu donne. M
134 Pastorale.
Une autre petite Bergère.
Mon cher père estsimpleberger,
Ma chère mère est une simple paysanne, £
Qui n'ont ni hutte ni cabanne,
Ni de lieu sûr pour se loger ;
Ils sont allés se faire écrire ,
Suivant Pédit de l'Empereur ,
Et m'ont chargé de vous dire
Qu'ils vous priaient de tout leur cccur
D'agréer ce petit présent,
Deux colombes , deux tourterelles ;
Nous les souhaiterions plus grandes,
Et comme eux^vous être fidèles.
Un autre , avec un petit panier couvert, '
Hélas ! je n'ai qu'un peu de crème ,
Un peu de miel et de lait doux -,
Ce m'est un déplaisir extrême
De n'avoir rien digne de vous.
Un autre lui présente un mouton et autres commodités.
Et moi cet agneau gras et ferme ,
Du bois sec, un peu de charbon,
De la chandelle, une lanterne ,
Avec du vin dans ce flacon.
Itre y avec un panier couvert.
nzaine d'ccufs ,
fromage;
nons heureux ,
nos hommages.
CM Bergers laissent leurs présens en Vélable.
La Vierge leur répond :
Oui , mes amis, assurez-vcus
Que mon fils a pour très-agréable
Tout ce qu'il a reçu de vous ,
Même à tel point inestimable,
Qu'outre les biens temporels
Dont il comblera vos familles,
Vous recevrez les éternels.
Allez, vivez en paix , tranquilles.
Pastorale.

-.CONCLUSION DE LÀ PASTORALE.
Les Pasteurs se rangent de part et d'autre aux côtés
du théâtre , pour faire place à deux Bergers incon
nus, Alidoret Coridon , qui déclament tour à tour
ce Cantique, sur l'air , Au nom du Si-igneur sou
verain, etc.
Alidor,
JPasteurs , qu'entends-je dans 'es airs ?
, Que nous annoncent ces concerts ?
Ah ! serais-ce un Dieu que j'adore ?
^Informons-nous quel est l'auteur
"De cette nouvelle lueur :
Les Cieux brillent plus que l'aurore.
Coridon.
N'est-ce point ici le moment
Où cesse l'ancien Testament ?
Où cesse la loi de Moïse,
Et la fin des prédictions
Du désiré des Nations ,
Pour faire place à son Eglise. ^
Alidor.
Les Anges chantent GLORIA',
Répondons tous : ALLELUIA.
Charmé de cette mélodie, lq
Et de ces prodiges nouveaux,
Laissons lj nos petits troupeaux,
Pour aller chercher le Messie.
Coridon.
Oui, le signal est donné ,
Le ciel nous prêche qu'il est né,
On dit que c'est dans une ccable
Que ce soleil s'est arK
Courons, vuyues la Majesté
De ce poupon tout adorable.
136 Pastorale.
Alidor prosterné vers la crèche. '
Que vpis-je, hélas! un pauvre enfant,
Dans une crèche, un Dieu naissant?
11 a choisi cette masure !
Notre esprit en est étonné :
Mais ce lieu pauvre , abandonné,
De notre état est la figure.
' Alidor se relevant.
Enfans d'Adam , enfans perdus!
A satan nous étions vendus .,
Mais un Rédempteur prend naissance ,
Pour racheter tout l'univers ,
Et le décharger de ses fers ;
Serons.nous sans reconnaissance ?
Coridon prosterné devant la crèche.
Prosternons-nous en ce saint lieu ,
Rendons nos vœux au fils de Dieu ,
II souffre, il tremble de froidure :
Lss eaux que répandent ses yeux
Coulent pour attendrir les Cieux
Sur les malheurs de la nature.
Coridon se relevant.
Dans ses langes , ce Dieu caché,
Vient me retirer du péché
Où mon âme était asservie,
A l'amour qui le fait souffrir ,
Pounais.je , ingrat, ne pas unir
Le sacrifice de ma vi".
Alidor.
Cessez Prophètes de gémir,
De dire à la terre de s'ouvrir :
De Jacob la brillante étoile ,
odigieuse faveur !
nous annonce un Sauveur,
outes figures se dévoilent.
Coridon.
Ah ! j'aime de tout mon pouvoi
L'invisible qui se fait voir ;
Pastorale. 137
JESUS, dans un âge si cendre ,
Est déjà plus fort qu'un Samson ,
^Bien plus sage qu'un Salomon
Pfet plus puissant qu'un Alexandre.
Alidor.
Pour affermir tous ses états ,
Ce roi des rois vient sans soldats ,
Son corps est le harnois de guerre
Qu'il endosse en ce saint jour ;
Point d'armes que son seul amour ,
Pour conquérir toute la terre.
Coridon et Alidor ensemble.
Oui , l'amour est l'unique dard ,
Qui de captifs orne son char ,
Ah ! que les vaincus ont de gloire ?
'm Mille fois heureux est le cœur,
Qui de cet illustre vainqueur
Sert de matière à la victoire.
Tous les auteurs ensemble répètent :
Ah ! que les vaincus ont de gloire, etc.
Ensuite tous se retirent.

LA DESCENTE

DE SAINT MICHEL

Saint Michel parait Vépée à la main.

J e m'en vais de la part du Tout- Puissant ,


Descendre dans les limbes ,
Pour avertir les Saints de cet événement ,
Et reléguer Satan au profond des abîmes.
Derrière une tapisserie Von cache trois ou quatre
habiles en Démons , en pantalons noirs, tenant
chacun son flambeau allumé, qui sortent par un bout
3
138 Pastorale.
et rentrent par Vautre , plusieurs fois , suivis de
VAnge qui les frappe , disant :
Fuyez , maudits Démons,de ces demeures sombres^
Retournez aux enfers, laissez en paix les ombres
Des Suints Pères, qu'ici vous tçniez dans les fers ,
Vous serez désormais enchaînés dans les flammes,
Et n'aurez plus jamais de pouvoir sur les âmes.
les Démons hurlans et crians , Saint Michel entre r
et traîne Lucifer , une chaîne au cou.
Je suis Michel Archange, agissant en général,
Et porteur des arrêts du grand Dieu sans rival:
C'est moi qui t'ai chassé quand tu voulus paraître,
Superbe et orgueilleux à côté de ton maître;
Je te fis trébucher avec tes légions
A centaines , ou plutôt par mille et par millions ,
Du plus haut des cieux au profond de l'abîme,
Pour punir ton forfait, pour expier ton crime.
Satan lui répond:
Qu'est-ce donc, laisse-moi, si j'arme mon pouvoir...
Mais maudit , contre toi je ne puis en avoir :
Un moment, lâche-moi , que j'ébranle les Cieux ,
Et les fasse abîmer au milieu de mes feux.
Saint Michel le frappe.
Comment, audacieux! comment horrible bête!
Ose-tu contre Dieu encore lever la tête?
ivoir qu'autant qu'il te le donne,
Hcheron sur aucune personne :
fers, superbe abominable ;
memi de Dieu, Va-t'en, monstre effroyable,
1er dans les enfers.
Il parle aux Pères des limbes.
Saints Pèr s, je viens en ce lieu annoncer
plus merveilleux fait que l'on puisse penser :
Sur terre, cette nuit, le fils du tout-puissant ,
Ayant pris chair humaine et la forme d'enfant
Dans le flanc virginal d'une Vierge très-pure,
Que le Ciel a choisi sur toutes créatures ,
Par l'opération de l'Esprit Saint de Jieu,
Pastorale. 139
Sur de fa paille enfin , né dans un pauvre lieu ,
Vient réparer le tort de vos premiers parens ,
Et les remettre en grâce, eux et leurs descendans :
Malheureux Adam ! tu perdis ,
Par ta gloire et désobéissance ,
Les aises du Paradis.
Aux plus beaux jours de ta naissance ,
Cesse de regretter ton sort,
Un autre Adam te vient délivrer de la mort.
Prophètes, c'est l'effet et l'accomplissement
Des volontés de Dieu dans l'ancien Testament,
Que vous avez prédit par tant de Prophéties;
C'est cet Emmanuel , enfin c'est le Messie ,
Issu, selon la chair, de ce grand Patriarche
Noé , qui se sauva du déluge dans l'Arche ;
D'Abraham , de Jacob et du Prophète-Roi ;
Des Prêtres, principaux défenseurs de la loi :
Pendant trente-trois ans, ce même Dieu fait homme
guérira tous les maux qu'a produits la pomme ,
Vous ôtera des fers d'un si malheureux sort ,
Pour tous honteusement voudra souffrir la mort.
Puis ressuscitera , et son âme viendra
Vous tirer de ces lieux ,
Pour vous conduire enfin au royaume des cieux.
LA VIE ET L'ADORATION DES TROIS ROIS ,
QUI SE JOUE PAR PERSONNAGES.
Les Personnages sont :
LA VIERGE, LE ROI HERODE , L'ÉCUTER , JO?
BALTASAR, GASPARD, MELCHIOR , L'ANGE.

Ze Roi Hérode.
C^ue» horrible démon tourmente mon esprit ,
Et de que ir sens-je mon cœur épris ?
Je cours deçà, elà , j'ai quelque chose en tête
140 LA VIE ET L'ADORATION
Qui fait qu'en aucun lieu mon esprit ne s'arrête :
On lit et on entend qu'il naîtra d'une fills
Un souverain Seigneur au genre humain utile ,
Qui veut anticiper par-dessus ma couronne,
Mais je meure plutôt qu'à lui je m'abandonne :
Le peuple m'assure qu'il vit déjà sur terre ;
A lui comme aux enfans je veux livrer la guerre»
z'Ecuyer.
Sire , il est prononcé, par vieilles prophéties
Des saints Pères hébreux et du vieux Jérémie ,
Que dans peu doit venir, s'il n'est déjà sur la terre ,
Celui qui fait mouvoir et le ciel et la terre ,
L'unique Emmanuel , fils du Dieu tout-puiss
Qui rendra lucifer en son enfer tremblant,
Et fera des élus la destinée heureuse, -
Comme des réprouvés la fin très-malheureuse.
Hérode.
Qu'ose-tu proférer, téméraire Ecuyer ?
Qui donc me pourrait nuire et mon sceptre arracher?
Les prophètes l'ont dit avec leurs prophéties ;
Hérode est par-dessus semblables rêveries :
Un monde ne peut pas deux soleils endurer ,
Et nul autre que moi sur la Judée régner.
L'Ecuyer..
Oui , Sire, je l'avoue , votre puissanceest grande ,
Mais si c'est le vouloir de cette providence
Qui se joue des mortels , et , par secrettes lois ,
Renverse la couronne au plus puissant des Rois ,
Les fidèles pourtant ont fttendu ce bien.
Que tous le veuillentainsi, pour mci je n'en veux
rien ;
Et si quelqu'autre Roi commande à la Jude'e ,
Villes bourgs et cités je vais rendre en fumée.
UEcaytr.
Tu médites un dessein, misérable et pervers,
"'ieux corps qui servira de pâtur. S,
' voudrais empêcher. la volonté s,^
DES TROiS ROiS. 141
Mais, hélas ! tes efforts font ta perte funeste ;
Les Rois qui n'ont connus le Monarque du Ciel ,
Ont subi , pour leur peine, un supplice éternel :
Nabuchodonosor et le Roi d'Assirie ,
Perdirent , par leur faute , et lesceptre et la vie :
Que te faut-il , cruel ? que t'importe, méchant
Qu'il naisse sur la terre le fils du Tout-Puissant ,
Celui dis-je, celui, lequel nous fut commis ,
Pour offrir aux vivans son âme en Paradis ?
Hérode.
Cesse , cesse Ecuyer d'en dire davantage ,
Mon esprit alarmé de désespoir enrage :
Par les Dieux immortels, oui, oui j'aurai raison
De celui qui , sur terre , est d'un si grand renom :
Des enfans par milliers je tuerai par outrage ,
Et ne vais respirer que sang et que carnage.
UEcuyer.
Sire , l'on vante ici trois Majestés royales ,
Qui viennent d'arriver des Indes orientales ,
Chargés d'or , de Myrrhe et d'encens précieux,
Pour présenter au Roi de la terre et des cieux.
Hérode.
Je veux voir ces trois Roi?, et les interroger
Savoir qui leur a pu ce grand cas révérer :
Ecuyer, dépêche-toi, va t'en en diligence ;
Qu'ils me viennent ici faire la révérence.
L' Ecuyer , aux trois Rois :
Seigneurs , je s.uis exprès commis en ce chemin ;
Le Roi ne sachant pas vos desseins, votre fin ,
Voudrait de son conseil vous faire quelque part ,
Et souhaite vous voir avant votre départ.
Les trois Rois.
Pardonnez- nous, Monsieur, comme à des étrange
Qui jamais n'ont bien su la voie de ces quarti
Car, si nous l'eussions su , nous nV'urions fait la
De n'aller saluer sa Majesté très-haute.
L' Ecuyer. .
Venez, sr' mon honneur , venez, jcvouslejur
Qu'il ne vous sera fait nul tort, -are.
I4I IA VIE ET L'ADORATION
Hérode seul.
Exprès j'ai dépêché un de mes officiers ,
Savoir de quelle part viennent ces étrangers ;
On les a vu venir d'une brave assurance ,
Montrant , par leurs façons, avoir de la prudence.
Ici entrent les trois Mages , et Hérode dit :
Approchez , mes amis, soyez les bienvenus,
Quel pays, quelle route avez-vous donc tenus ?
taites-moi le plaisir de me le faire entendre :
Un Roi tel que je suis est curieux d'apprendre.
Les trois Mages.
Nous allons adorer notre Dieu, notre Sire ,
Car nous avons prévu le bien qu'il nous désire ,
S'abaissant tellement de sa place éternelle ,
Qu'il .3 voulu venir d'une Vierge puceile.
Hérode.
Allez, obligez-moi de cette courtoisie,
Et nous serons amis le reste de notre vie :
Repassez par ici , je veux vous y revoir
Avant qu'en ce lieu là je fasse mon devoir;
Car, aussi-bien que vous je le veux adorer,
Et des présens exquis je veux lui présenter.
La Vierge.
Joseph., ouvrez un peu, on frappe à cette porte.
Je sens l'esprit de Dieu qui m'aide et me conforte.
fc' Joseph.
Soyez les bienvenus, sages et puissans Seigneurs
Visitez votre Roi et votre Rédempteur ;
Vous aurez récompense au nombre des élus ,
Au nombre des bienheureux où vous serez reçus.
Les trois Rois.
Que la paix soit séant, qu'elle y soit éternelle :
Est-ce ici qu'est logé ce Dieu tout adorable,
Comme nous a montré le signe d'une étoile,
Et o^ui nous a conduits des régions lointaines,
D'où nous sommes venus avec bien de la peine ?
La Vierge.
equel pays venez-vous? n'est-cepoint del'Arcbie
confins deSaba, ou de Tarcela joîie ?
DES TROIS ROIS. I43
Les trois Rois,
PNous venons adorer un Dieu , Roi des Rois ,
Qui nous veut racheter par le bois d'une croix ,
Comme aussi saluer l'incomparable mère , 1
Afin qu'avec les Saints à la gloire nous mènent.
Les trois Rois se parlant :
Or sus donc que nous Rois ne soyons paresseux,
Adorons ce Sauveur d'un cœur noble et pieux,
En lui présentant l'Or, l'Encens et la Myrrhe,
Afin qu'au jugement à sa droite il nous tire.
Ballasar.
Baltasar, surnommé, je suis du sang royal,
C'est pourquoi je possède un sceptre royal,
Mais je connais un roi qui en vertus m'excèle ,
Lequel est Jesus-Christ , et né d'une pucelle.
Gaspard.
Si Gaspard est mon nom, je le veux céler ,
Portant titre de Roi, je prétends adorer
Jesus-Christ, Roi des Rois, et Dieu comme son père,
Lequel , pour nous sauver, veut avoir une mère.
Melckior.
Melchior suis nommé , More par accident,
Reconnu dans mon pays , Prince et triomphant ;
Mais maintenant , quittant ma qualité royale ,
Devant le Roi des Rois je suis appelé Mage.
La Vierge.
Je vous loue, ô grands Princes , et vos riches
présens ,
Offerts d'un si bon cœur à mon très-cher Enfant.
Baltasar.
Par ce bon or , j'entends que l'enfant régnera
Heureusement au monde , et qu'il rétablira
Son royaume par tous les cantons de la terre,
Comme l'avait prédit Isaïe , son Prophète.
Gaspard.'
O a:mable Enfant , je ne serai ingrat ,
De vous o' ons^moi, appelé Gaspard.
144 LA VIE ET L'ADORATION DES TROIS ROIS.
La Vierge.
Gaspard, homme très-sage, et Prince de bon lieu,
Dites-moi, je vous prie, au nom sacré dé Dieu ,
Que signifie l'encens que l'odorat révère ,
Offert à mon Enfant , au giron de sa mère î
Gaspard.
O mère des vivans , mère du Roi des Rois,
Par cet encens prédit, très-bien je reconnais
Que votre Fils est Dieu , à qui ma main le donne,
Etant le vrai Messie , et qui doit sauver l'homme.
Melckior.
Recevez cette myrrhe , ô Jesus mon Sauveur ,
Car je vous la présente du fond de mon cœur ,
Comme celui qui doit nous tirer de~misère ,
Nous lavant de son sang sur le mont du Calvaire.
la Vierge.
Je loue beaucoup , ô rois , tant d'insignes présens
Présentés. à mon fils , le fils du Tout-Puissant.
Les trois Rois.
Vierge , nous vous prions de cœur, très-humble
ment,
plier pour nous votre très-cher enfant,
s pauvres pécheursil veuille avoir mémoire,
l'areilleiuent des bons , les placer dans la gloire.
la Vierge.
Soyez-en assurés, je suis votre avocate
Envers Jesus , mon fils, et pour l'humain lignage.
t)Angi , parlant aux trois Rois :
Amis , écoutez-moi, je suis de bonne part
Venu vous avertir d'éviter le hasard ;
Hérode, le cruel, veut vous précipiter,
Si jamais dans son palais il vous peut rencor
Il veut savoir de vous ou. est l'Emmanuel,
Mais il est conservé u son Père éternel.
"i vos sujets un tel événement*,,
donner frayeur du dernier jugement. LE
LE MASSACRE DES iNNOCENS. i4J

p LE MASSACRË

DES INNOCENS,
QUI SE JOUE PAR PERSONNAGES.
Les Personnages sont ;
LE RÇJI H^aODE , L'ECtXYER, LE LiEUÏfiNÀNT , LES
INNOCENS.

> . Xe Roi.
Je suis Hérode, ainsi nommé,
Qui de ces pays suis le Seigneur ;
Ainsi je veux être appelé ,
Et veux que l'on me fasse honneur :
Qu'en dites-vous , mon Ecuyer ?
Ne suis-je pas Roi couronne ,
le plus beau , le plus parfait homme
De dessous la l'our du Domine ? ^^fltata^
LEcuyer.
Oui , mon Seigneur , il n'est point d'homme
Oui ose vous le nier ;
Et qui saurait jamais trouver
Un plus grand et un plus puissant homme ,
Dessous la Tour du Domine ?
Le Roi.
Ecuyer , tu dis vérité;
Je suis le Baron des Harons .
Je veux |tre écouté ,
Pour in'obéii en tous cantons :
Je suis Monarque en tous endroits ,
i46 LE MASSACRE
A tous sujets je veux la paix ,
Je n'ai envie que dessus Dieu ,
Car plus grand que lui je yeux être :
Mon cœur brûlant déjà du feu
D'ambition pour être maître.
L'Ecuyer. -
Sire , l'on fait un bruit Vers la ville
Qui partout cause un grand effroi ;
Trois Rois cherchent un autre rtoi ,
J'en ai bien vu troubler dix mille.
'1
Le Roi.
Un autre Roi , est-il possible l
Faites-moi venir ces enquêteurs ,
Qui de tels propos sont porteurs ;
Leurs langues leurs seront nuisibles.
[L'Ecuyer.
Tout beau , Sire , je m'y oppose ,
Je veux vous dire une autre chose ,
Si mon conseil vous voulez croire ;
"e comprends un peu cette histoire.
Le Roi.
Soit fait ainsi que tu l'entends,
ire-toi que j'y consens.
L'Ecuyer.
Sire, pouf un il vaut bien mieux
Que nous en .fassions mourir deux ,
four deux en faire mourir trois,
l'our trois en faire mourir quatre ,
Pour quatre en faire mourir vingt ,
faire mouiir ,ent ,
DES INNOCENS. I
Le Roi.
r Pense-tu que ce petit Disu
i Voulût sur moi anticiper ?
L'Ecuyer.
Non , Sire , il ne le fera pas , ^
S'il n'a pas de force assez. B^^^
Le Roi.
Si je savais, grand Jupiter,
Que bientôt mes aigles dorées ,
Non plus que mes pointes d'épées,
N'auraient désormais plus de renom ,
Ah ! je chercherais un tombeau ,
Ou bien je me noyerais dans l'eau ;
Afin de dévaller plus prompt
Aux sombres caves de Pluton , .
Où les grandes angoisses sont.
VEcuyer.
Sire n'y entrez si avant ,
Car la témérité', souvent ,
Conduit et pousse les grands rois ,
Par désespoir jusqu'aux abois
Le Roc.
Que veux-tu que je fasse ?
Souffrirai-je un enfant commander en ma place ?
L'Ecuyer.
Non Sire , et je l'avou
Devant vous tout est bci.
Mais pourvoyons toujours au malheur incertain
Et n'attendons jamais à le faire demi.
Le Roi.
Le Sceptre que je tiens doit commander à tous.
L'Ecuyer. ^
Sire , aucun je n'ai vu rebelle contre
I48 LE MASSACRE
Xe .Roi.
Je te prie , Ecuyer , laisse-là ces sornettes;
Qu'on tasse retentir le son de mes trompettes,
Peur taire ramasser le gros de mon armée,
JSt faire sacrifier des entans à milliers.
l'Ecuyer.
Sire , je ne saurais bonnement refuser
Les royal s faveurs que vous me présentez ;
Je suis en votre cour, entendant votre voix ,
Et serais malheureux si je n'obéissais. "<P .
Ze Roi.
Fais obéir , bon gré , mil gré ,
Qu'il ne demeure aucun enfant
Qu'il ne soit massacré , sous l'âge de sept ans.
Z'Ecuyer.
Oh ! l'heure est donc venue !
Il faut que j'accomplisse la voloncé du Roi ,
Qui
Q demande justice ;
Je
h suis venu à vous ,
Lieutenant
L général , /
Ile çflrnmandetnent du grand Prince royal,
ï r vous dire nouvelles
raîrhes venues ,
r en notre sœnr ,
Sans y commettre abus.
le Llrerreare,
Déjà le cœur me tremble , et je suis s.iisi de peut
Qu'en la noble Judée n'y ait quelque malheur:
Dis-moi donc , Ecuyer, quels sont du Roi les vœux .
Que lui plaît-il enfin que nous fassions tous deux i
L'Ecuyer.
Ainsi a dit le Roi ;
Que nous marchions ensemble ,
Conduisant les soldats par vilks et campagnes ,
DES INNOCENS. I49
Er davantage il faut encore rechercher
Le
I nombre des petits enfans , sans aucuns respecter.
Le Lieutenant.
F Le Roi ne veut pas ses enfans conserver ?
L'Ecuyer.
Sauf les vôtres , Monsieur.
Le Lieutenant.
Veut-i! point enrôler le nombre des petits
,
L'Ecuyer.
Sa Majesté entend qu'on les fasse mourir.
le Lieutenant»
Serait-il possible ! ô chose forte à croire !
L'Ecuyer.
Monsieur, il nous faut un sacrifice faire.
Le Lieutenant»
O ! l'heure est donc venue ,
Et l'ordre est trop connue ;
C'est un serment de Roi ,
Faisons de toutes parts que l'on vive en^
Allons, allons soldats,
Obéissons au Roi ,
Et quand est, de ma part^
Je ferai mon devoir ;
Mourez , mourez enf
Puisque c'est le voul
De ce Roi de Ju
,De et de ftt
De coutelas tranchans ,
Hétode , par arrêt , vous a fait ce pr
L'innocent fils du Ro;,
Mon .u n'entend pas ,
O tir.ms déloyaux ,
Que vous me fassiez mouri
IJO *. ' LE MASSACRE
Le Lieutenant.
Du père il ne m'en chaud ,
Le Roi le veut aussi.
> L'innocent.
Hélas ! que lui ai-je hit ?
: j Le Lieutenant.
C'est un arrêt du Roi qui doit être parfait.
L'Innocent.
Adieu donc ma patrie ,
Adieu donc ma nourice ,
Adieu belle Judée,
Terre où je suis né ;
Hélas ! je perds ma part
Des beaux palais royaux,
Pour prendre ici ma part
Des peines et travaux.
L'Ecuyer.
Quels cris, quels pleurs
Quelles voix limèntables ,
Que j'entends soupirer
De regrets misérables?
Qu'as-tu fait , malheureux,
Le ,,,pe fils du Roi !
! de ton ,ignerd tranchant
nort en cet endroit !
Le Moi rentre au Théâtre*
Ecuyer , dis moi hardrment,
Car il fii u t d sr
La cause du tourment
Qui vous fait lamenter.
'^Ecuytr.
' Je vous supplie : '>
De me pardonner ,
Si , en vous le disant , <
Je vous fais couroucer.
DES iNNOCEN5.
Le Roi.
Va , tu es tout excuse ,
Raconté , tout présentement ,
L'inquiétude qui tient
Ton âme en ce tourment,
L'Ecuyer-
Nous étions exécutans
De l'Edit ordonné ,
Tuant les innocens
De par vous condamnés;
Le Gouverneur d'ici
Votre fîls rencontra,
Etant entre ses mains' .
A la mort le livra :
Souvent il regrettait
Son père aussi sa mère ,
Et souvent il disait :
Mon père n'entend pas
Qu'on livre si-tôt son fils au trépas.
' Le Roi.
O prends donc Ecuyer ,
Ce diadème et ce sceptre,
Car je m'envais là-bas
Chercher un autre règne ;
Mon fils est au trépas
Et je suis démeuré ,
Opiniâtre vieillard „ *gÊÈk
Opiniâtre vraiment ,|
Car si j'eusse laissé»
En paix le Dieu du monde ,
Je ne serais si-tôt
Tombé dans l'arche ronde.
O cruel ravissant ,
,\"ens-ns pi „busé -,
Je i' s...z pourvu
De force et de puissance ,
Moi , méchant et homicide ,
15^ tE MASSACRE
Aveuglé de fure.ur, .'.
Ce mal dont les enfan'
Auraient eux-n êmes '
Qa'ai-je fait ! ô blasj hèmr !
J'ai meurtri mon enfant,
Pour avoir accordé
S:'tôt à l'avarice.
Je dépite les Dieux ,
Je dépite les Ci eux ;
Je dépite La Terre ,
Qui se veuillent mouvoir
A me faire la guerre :
Tonnez, ventez , nâvrez mon âme criminelle

09099099'>9(3990Wi9'909'909?'>090 09999097990179'»

NOËL NOUVEAU ,

SUR LA NAISSANCE DE JESUS.

Air: Ingrat Berger, ou des Folies d'Espagne.

un feu divin l'enflamme,


jjourd'hui ?

iiisphère
NU
DES iNNO
J
Puisqs dans l'air une troupe aquéliqup
,p«
Chante aux pasteurs de la paix la libei,és
Du Saint-Esprit une Vierge féconde ,
Vierge sans tache , eep'. de douleurs ,
i.A celte nuit fait paraître en ce monde
(Celui qui doit ..it tous nos malheurs.
Ce riche présent que fait son divin père , ]
Pour nous marquer qu l n'est plus en couroux ,
Riche présent que fait sa iip. mère,
Nous le donnant pour nous achteea 'ous.
Chacun de nous lui doit faire une offrande , '
Mais que donner pour un juste retour ?
A cet excès faut qu'un bon cœur se rends ,
Puisqu'il nous airne , aimons-le à notre tour.

Jesus sera véritablement une victime sacrifiée pour


nous y si nous nous sacrifions nous-mêmes.
Saint Grégoire.
T A '

HRÉTeNS'^^^^p en ce lieu , page I.


Ne tardez plus /TSnt^Ksiré Messie , _ 5-
Venez, ne nrdéz plus, Sauveur tant desiré , 6,
Venez , sacre' Messie , 7.
Puisque Dieu veut nous racheter ,
Ha ! que j'ai grande envie ,
Une nuit que le soleil , il.
Donnons mille louanges , 14.
Ne pleurons plus , Jesus a pris nai 15.
Rien ne peut se défendre y 17.
Allons demeurer dans l'étable , 18.
V^^^ggmrs bienheureux ,
s. iiit amour , 2.1.
salles 2.2,.
uel Dieu favorable,
idem.
peaux, 26.
2.8.
3°.
3«.
32.
33.
35*
i
!
s
i
I