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Le II e Symposium aristotelicum: (Louvain, 24 août-1 er septembre 1960)

Author(s): Pierre Aubenque


Source: Revue Philosophique de la France et de l'Étranger, T. 151 (1961), pp. 131-133
Published by: Presses Universitaires de France
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/41089832
Accessed: 24-01-2016 16:18 UTC

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INFORMATIONS. COLLOQUES ET CONGRÈS

Le IIe Symposiumaristotelicum
(Louvain, 24 août-lerseptembre1960)
II y a troisans, à l'initiativede M. IngemarDuring (Göteborg),
une trentained'aristotélisantss'étaient réunis à Oxfordautour de
deux grandesfiguresde l'aristotélismecontemporain,pour une fois
réunies: M. W. Jaegeret sir David Ross. A peine les Actesde cette
premièrerencontrevenaient-ilsde paraître1,qu'un IIe Symposium
se tenaità Louvain, sous la présidencede MgrMansionsurle thème:
Logique et méthodechez Aristote.
Parler en généralde ce Symposiumserait,sans doute, contraire
à l'espritd'acribiephilologique,dont les participantss'efforcèrent de
ne pointse départirdurantces journéesstudieuses.On ne peut que
renvoyerau texte des contributions, qui paraîtrontdans la collec-
tion « Aristote.Traductionset études » (Publicationsuniversitaires
de Louvain). Certainesdirections,cependant,peuventêtre d'ores et
déjà dégagées. Était-il dans l'intentiondes promoteursd'opposer
les deux termesde logiqueet de méthode, commece fut le cas il y a
une vingtained'années dans une importantethèse du P. Le Blond ?
Toujoursest-ilque l'idée centralede cet ouvrage- la disproportion
entre les théorieslogiques d'Aristote,telles qu'elles sont exposées
dans les Analytiques,et sa démarcheeffectivedans les différentes
branchesdu savoir- paraîtêtredevenueaujourd'huiun lieu commun,
à tel pointque c'est à la thèseadversequ'incombedésormaisla charge
de la preuve.De telles démonstrations ne manquèrentd'ailleurspas
à Louvain. M. Paul Moraux(Berlin)et M. Solmsen(New York) insis-
tèrentsurla structure deductivedu De Coelo,donton soulignal'étroite
parentéavec le Timée,M. Allan (Glasgow)alla jusqu'à découvrirdes
procédésmathématiques,ou du moins« quasi mathématiques», dans
un passage du livre II de YÉthiqueà Eudème,relatifà la définition
du bonheur,et cela malgrél'affirmation d'Aristotequ'il ne faut pas
chercherà être trop exact dans la philosophiemorale. En revanche,

1. Aristotleand Plato in the mid-fourthcentury.Papers of the Symposium


aristotelicum held at Oxford in August 1957, Edited by I. During and
G.E.L. Owen (Studia Gothoburgensia,XI) 1960.

TOME GLI. - 1961 9*

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132 REVUE PHILOSOPHIQUE

la méthodede la Physiquefutreconnuecommele type mêmed'une


démarcheplus dialectiqueque proprement« logique », et M. G.E.L.
Owen (Oxford)put montrer,à proposdu livre IV, que c'est à la tra-
dition du Parmènideplus que du Timée que se rattachentmaintes
discussions« physiques» du Stagirite.Malgréune questionde M. Rabi-
nowitz (Californie),on ne s'interrogeacependant pas suffisamment
sur les raisonsde cette différence de méthodeentrele De Coelo et la
Physique,qui seraientpeut-êtreà chercherdans la nature même de
leurs objets. Quant à la Métaphysique,si l'on semble aujourd'hui
admettreson caractèreau moins extérieurement aporétique,on ne
put se mettreentièrementd'accord sur la véritablegravité de ces
apories.
Dans l'ensemble,les participantsparurentvouloir se garder de
toute généralisationhasardeuse pour s'en teniraux textes, chacun
de ceux-ciétant envisagépour lui-mêmeet dans sa cohérencepropre.
La réactionsembleaujourd'huipresqueunanimecontrela Schichten-
analyse,dont W. Jaegerest restéle symbolepeut-êtreabusif,et qui
consiste à découper les textes pour substituerune compréhension,
pourrait-ondire,verticalede la carrièred'Aristoteà la lecturesuivie
des œuvressous la formeoù la traditionnous les a transmises.On ne
convaincplus guèreaujourd'huien dénonçantici et là chezAristote,
et jusque dans les textesles plus classiques,des synthèseshâtivesou
des adjonctionsmaladroitesqui dissimuleraient mal des inspirations
successives.A qui voyaitbeaucoupd'incohérences dans untexteréputé
limpide,malgré sesobscurités un
indéniables, participantfitremarquer
avec bon sensqu' « aprèstout,nos propresnotesde cours(puisque c'est
de cela qu'il s'agit chez Aristote)ne sont pas tellementmeilleures» !
Plus encoreque des conclusionsdécisivesou unanimementaccep-
tées,ce qui se dégagea de cette rencontrefutl'impressiond'un bouil-
lonnementd'initiativeset de projets. Les fragmentsd'Aristoteen
seront sans doute les premiersbénéficiaires: si M. Gigon (Berne)
corrigeet complètel'éditionde Rose, M. Wilpert(Cologne)la refait
à nouveaux frais,cependantque M. During dirigela reconstitution
des cinq œuvresdont nous possédonsles fragments les plus étendus
(signalonsque c'est aussi aux fragments d'Aristote que se consacreà
Paris le Séminairede recherchessur la pensée antique que dirige
M. P. -M.Schuhl.M. Duringenvisageégalementunerévisionde l'Index
de Bonitz. Signequi ne trompepas : l'éditionmonumentalede l'Aca-
démie de Berlin,qui a déjà fait l'objet ces dernierstempsde repro-
ductionspartielles,va être rééditéeà Berlinmême,chez de Gruyter
(les deux premiersvolumes ont déjà paru). Signalons enfin que
M.P. Moraux,qui compteétabliruncataloguedesmanuscrits desœuvres
a de
d'Aristote, égalemententrepris prolonger le très utile recueildes
fragments de l'école aristotélicienne,
que M. Wehrli (Zurich) vient de
clorepoursa partavec Critolaos.A considérer cettelistede projets,qui
est loin d'être complèteet à laquelle il convientd'ajouter, pour la

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INFORMATIONS. COLLOQUES ET CONGRÈS 133

France,VAristote en coursdans la collectionBudé, on ne peut manquer


d'espérerque la deuxième moitiédu sièclesera aussi fécondepour la
connaissanced'Aristoteque la premièrel'aura été pourcellede Platon.
Pierre Aubenque.

Colloque sur la croissance économique


Un colloque sur La croissanceéconomique, réunissantdes écono-
mistesfrançaiset soviétiques,et faisantsuite à une précédenteren-
contreà Moscou,s'est tenuà Paris,du 22 au 27 octobre1960,sous les
auspicesde l'Institutnationalde la Statistiqueet des Études écono-
miques et de l'Institutde Science économiqueappliquée. La séance
inaugurales'est tenue au Collège de France, la séance de clôtureà
l'I.S.E.A., les séancesde travailau ministèredu quai Branly.La délé-
gationrusseétait dirigéepar M. Ostrovitianov; ont été soumisà dis-
cussiondes rapportsdes Pr8Gatovsky(Les stimulants de la croissance
économique - il s'agit des primeset fondsspéciauxdestinésà favoriser
la miseen œuvrede nouvellestechniquesen vue de diminuerle prix
de revientet d'augmenterla quantitéde production); Petrov(Rythmes
de croissanceéconomique, leurs conditionsd'accroissement) ; Sorokin
(Planificationde ces rythmes).
Du côté françaisont participéaux débats les Pr8 F. Perroux,
Bettelheim,Weiler,M. Chambre,etc. M. Perrouxa notéchez nous un
reculdes propensionskeynesiennes(à la dépensede consommation et
à l'investissementen monnaie),au bénéficedes propensionsfonda-
mentalesà innoveret à créer,financéespar fonds publics dans le
cas, par exemple,de la recherchescientifique, mais aussi de certaines
grandes entreprises.
Y a-t-ilun rapport- et lequel - entreces propensionspsycho-
logiques,considéréescommeindépendantes,et les conditionsécono-
miques? Il y a là un thèmefortintéressant.
P.-M. S.

A propos de Whitehead
Le mercredi16 novembre,en l'Hôtel de Nevers,au Centreinterna-
tional de Synthèse,M. André-LouisLeroy a donné une conférence
sur Scienceet PhilosophiechezAlfredNorthWhiiehead.Ce philosophe
contemporainétait aussi un mathématicienet un logiciendes plus
éminents.Il n'avait pourtantpas jugé que la philosophiedût se
ramenerà la seule logique,formelleou appliquée ; la morale,l'esthé-
tique, la pensée religieuseavaient droit de cité dans le monde des
sciences et du sens commun. Chaque science particulièrea pour
domaine proprel'étude d'un aspect particulierde l'universet elle
constitueainsi un systèmedominé par certainesidées généraleset
prolongépar des techniquesdu côté des faitsconcrets.Au contraire,

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