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COURS DE DROIT CIVIL

Cours de Droit Civil : Conçu et dispensé par : M. KABORE W. Ignace Victorien 1


Email : wignacevic@yahoo.fr wignacevic@gmail.com
Année : 2017-2018
SYLLABUS DU MODULE
Nom KABORE
Prénoms W. IGNACE VICTORIEN
Titre du
cours DROIT CIVIL
Volume
horaire 30 heures
Programme SB1et FC1

Objectif du cours

Ce cours vise globalement, à travers une approche pratique et participative, à


aider les apprenants à acquérir des connaissances sur le droit objectif et le droit
subjectif.

De façon spécifique ce cours permettra aux étudiants :


- D’acquérir des connaissances sur les éléments spécifiques du contrat de
société,
- De connaître la notion de droit ;
- De connaître les sources du droit;
- De connaître le droit subjectif ;
- De connaître le droit objectif.

Description du cours
le présent module est construit au tour des chapitres suivants :

CHAPITRE INTRODUCTIF : DEFINITION DE LA NOTION DE DROIT

PREMIERE PARTIE : LE DROIT OBJECTIF

CHAPITRE 1 : LA NOTION DE LA REGLE DE DROIT

Section 1 : L’identification de la règle de droit

Section 2: Les différentes branches du droit

CHAPITRE 2 : LES SOURCES DE LA REGLES DE DROIT

Section 1: Les sources formelles

Section 2: Les sources non formelles

CHAPITRE 3 : LA FORCE OBLIGATOIRE DE LA REGLE DE DROIT DANS LE


TEMPS ET DANS L’ESPACE

Section 1: La force obligatoire de la loi dans le temps


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Section 2: La force obligatoire de la loi dans l’espace

DEUXIEME PARTIE: LES DROITS SUBJECTIFS

CHAPITRE 1: LA PERSONNALITE JURIDIQUE

Section 1: Les personnes physiques

Section 2: Les personnes morales

CHAPITRE 2: CLASSIFICATION DES DROITS SUBJECTIFS

Section 1: Les droits patrimoniaux

Section 2: Les droits extrapatrimoniaux

CHAPITRE 3: LA REVENDICATION DES DROITS SUBJECTIFS

Section 1: La preuve des droits subjectifs

Section 2: L’organisation judiciaire du Burkina

Le module est conçu pour donner les bases théoriques nécessaires à la


compréhension du droit civil. Aussi, il est conçu et sera animé de sorte à
permettre aux étudiants de mieux appréhender les techniques nécessaires à la
connaissance du droit civil. Dans cette optique, un accent sera mis sur la
recherche et les échanges autour des concepts développés.

Approche pédagogique :
Dans le but d’atteindre nos objectifs, la méthodologie suivante sera utilisée
 Cours Théorique:
 Etudes de cas
L’évaluation des étudiants se fera de la façon suivante :
 1 devoir sur table comptant pour 50% de la note globale
 1 devoir de maison comptant pour 30% de la note globale
 1 Exposé de groupe comptant pour 20% de la note globale

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Planning du cours

CHAPITRE INTRODUCTIF: DEFINITION DE LA NOTION DE DROIT

PREMIERE PARTIE: LE DROIT OBJECTIF



CHAPITRES INTITULES CONTENUS TIMING

Section 1: L’identification de la
LA NOTION DE LA REGLE règle de droit
1 2H
DE DROIT
Section 2: Les différentes branches
du droit

Section 1: Les sources formelles


LES SOURCES DE LA
2 2H
REGLES DE DROIT
Section 2: Les sources non
formelles

LA FORCE OBLIGATOIRE Section 1: La force obligatoire de la


DE LA REGLE DE DROIT loi dans le temps
3 3H
DANS LE TEMPS ET DANS
L’ESPACE Section 2: La force obligatoire de la
loi dans l’espace

DEUXIEME PARTIE: LES DROITS SUBJECTIFS



INTITULES CONTENUS TIMING
CHAPITRES

LA PERSONNALITE Section 1: Les personnes physiques


1 2,5 H
JURIDIQUE
Section 2: Les personnes morales

Section 1: Les droits patrimoniaux


CLASSIFICATION DES
2 3H
DROITS SUBJECTIFS
Section 2: Les droits
extrapatrimoniaux

Section 1: La preuve des droits


LA REVENDICATION DES subjectifs
3 3H
DROITS SUBJECTIFS
Section 2: L’organisation judiciaire
du Burkina
DEVOIR 2H

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CHAPITRE INTRODUCTIF : DEFINITION DE LA NOTION DE DROIT

Nous aborderons successivement la notion de droit et les fondements de la


règle de droit.
I - la notion de droit
Le vocable « droit » peut avoir deux significations :
- dans un premier temps, le droit peut est être défini comme une règle
ou un ensemble de règles qui régissent les rapports entre les Hommes au
sein d’une société à un moment donné et dont la violation est sanctionnée
par l’autorité publique. On parle alors de droit objectif.
Exemple : le code de route.
- dans un second temps, le droit peut signifier une faculté ou une
prérogative dont peut se prévaloir une personne en sa qualité de sujet de
droit lui permettant de faire ou de ne pas faire quelque chose. C’est le droit
subjectif.
Exemple: le droit pour un créancier d’exiger de son débiteur le
paiement d’une dette.
Généralement, on parle de droit pour désigner la discipline juridique
ou encore la science juridique. La doctrine s’accorde à donner au
terme « droit » les deux définitions que nous avons distinguées au préalable
mais qui se complètent.
Il convient de noter que les droits subjectifs découlent des droits
objectifs qui les prévoient et règlementent leur jouissance ou exercice. Il ne
peut donc y avoir de droits subjectifs que dans le cadre que prévoit le droit
objectif. La loi réglemente de façon générale (objective) tous les droits dont
les individus peuvent être titulaires.

II – Les fondements de la règle de droit

La règle de droit a pour fondement, le besoin de sécurité et de justice.


L’ordre nécessaire à la vie en société, quel qu’il soit, satisfait notre besoin de
sécurité, notre besoin de savoir ce que nous pouvons faire et ce que les
autres peuvent faire, donc ce que nous devons supporter de leur part. Dès
qu’une règle existe, nous pouvons agir dans le présent et connaître dans
l’avenir la conséquence de nos actes. Ce qui nous permet d’être protéger
contre l’arbitraire des autres et de la société.
Mais l’homme ne peut pas seulement se satisfaire de la sécurité. Il y a
en lui, un sentiment qui s’éveille avec sa conscience : c’est le sentiment de
justice. En effet, l’homme a soif de la justice car s’il comprend et accepte la
nécessité de mettre un frein à son désir de liberté en s’imposant une règle ou
en la respectant, il voudrait que cette règle de conduite soit juste, égale pour
tous.

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PREMIERE PARTIE : LE DROIT OBJECTIF

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CHAPITRE 1: LA NOTION DE LA REGLE DE DROIT

SECTION 1: L’identification de la règle de droit


La règle de droit n’est pas la seule règle de conduite qui existe au sein
de la société. Il existe aussi les règles morales et les règles religieuses.

Paragraphe 1: Comparaison du droit avec les autres règles

a) - Le droit et la morale
Les juristes classiques estimaient que le domaine de la morale était
plus vaste que celui du droit. De leur point de vue, les règles morales
s’intéressent aux devoirs de l’homme envers lui-même, envers Dieu, envers
ses semblables alors que le droit s’efforce de préserver un certain ordre
social et ne se préoccupe que des devoirs de l’homme envers ses semblables.
Cette vision est résumée dans une formule selon laquelle le droit et la morale
ont le même centre mais pas la même circonférence.
Cette vision est assez atténuée de nos jours car on assiste de plus en
plus à une sorte de ''moralisation'' du droit à travers la consécration par le
droit de certaines règles morales. Exemple : secourir une personne en danger
est une règle d’origine morale mais le droit en a fait dans certaines situations
une règle de conduite.
Tout compte fait, il existe des règles morales qui ne sont pas
consacrées par le droit et ne sont, de ce fait, pas obligatoires et
sanctionnées. Exemple : Le devoir d’aider une personne qui est dans le
besoin.
b - Le droit et la religion
Les règles religieuses sont en principe destinées à régir les relations
entre l’homme et Dieu. A première vue, Elles sont dotées des mêmes
caractères que les règles de droit. Elles ont, un effet obligatoire et assorties
de sanction.
La différence se situe au niveau de l’auteur de la sanction. La violation
d’une règle religieuse peut être sanctionnée par les autorités religieuses
(refus de célébrer un mariage, par exemple) tout comme elle peut faire
ultérieurement l’objet de sanction divine (l’enfer est réservé aux auteurs non
repentis de péchés). Mais ce qui caractérise la règle de droit, c’est l’origine
étatique de la sanction.
Le degré de différence entre ces deux règles dépend de la nature de la
société. Dans les Etats laïcs, cette différence peut être observée alors que
dans les sociétés où il y a confusion entre les institutions religieuses et
l’Etat, les règles sont souvent des règles de droit. Leur violation est
sanctionnée par l’Etat.
c) - Le droit et la norme sociale
En dehors de la conscience individuelle, chacun obéit à un certain
nombre de prescriptions de la société ou des groupes sociaux qui la
composent que sont les règles de mœurs, de convenance, de courtoisie
imposant ou suggérant des comportements. Ce sont les règles de
convenance constituant une morale sociale, par exemple dire bonjour,
s’habiller de telle façon, remercier quelqu’un, l’idée de bien et de mal, etc. Le
critère de distinction entre la règle de droit et la morale sociale se trouve plus
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dans l’existence ou la non-existence d’une sanction organisée. Ce n’est pas
l’existence seulement d’une sanction sociale mais d’une sanction organisée
qui distingue les deux. Par exemple, celui qui violerait une norme sociale
peut être méprisé, rejeté du groupe social.

d) Le droit et la règle de bienséance


Les règles de bienséance sont des règles auxquelles, il convient de se
conformer en société. Il s’agit donc des règles de civilité, de politesse, de
courtoisie, de savoir vivre, d’usage. Elles sont donc des règles de convenance
sociale. Tout comme le droit, les règles de bienséance organisent la vie en
société. Les règles de bienséance sont des règles autonomes. La violation de
ces règles ne saurait entrainer un recours à la contrainte de l’autorité
publique contrairement à la transgression de la règle juridique. Il peut
cependant y avoir une sanction sociale effective telle que la réprobation
sociale, l’exclusion.
Pour mieux cerner la spécificité du droit par rapport à d’autres
disciplines ayant également vocation à régir la vie en société, il importe
d’examiner les caractéristiques générales de la règle de droit.

Paragraphe 2 : les caractéristiques générales de la règle de droit


La règle de droit présente des caractères propres qui permettent de la
distinguer des autres règles de conduite.
Le droit présente plusieurs caractères :
1 – Le caractère général et impersonnel
La règle de droit s’adresse à tout le monde. Elle ne désigne pas
nommément une personne donnée. On dit qu’elle est générale et
impersonnelle. Par exemple : Tout le monde doit respecter le code de route.
En revanche, une règle morale ne concerne que chaque individu
séparément et en son for intérieur.
2 – Le caractère obligatoire
La règle de droit a une valeur contraignante. Chaque individu est tenu
de s’y conformer.
En conséquence, la méconnaissance ou le non-respect d’une règle
juridique fait l’objet d’une sanction. C’est cet autre caractère qui la distingue
de la règle de morale. La sanction est organisée socialement ainsi toute
personne qui a violé une règle juridique peut être condamné par les
tribunaux. Elle est pénale lorsqu’une personne a commis un délit et civile
lorsqu’elle ne s’est pas conformer à une règle purement civile.
L’existence de sanctions permet d’assurer le respect des règles et des
obligations juridiques. Celles-ci s’opposent aux règles de politesse qui ne font
pas l’objet d’une sanction organisée.
3 – Le caractère territorial
Le caractère territorial signifie que les règles édictées dans un Etat
donné ne sont applicables que dans les limites du territoire de cet Etat : c’est
le principe de la territorialité du droit.
4 – Le caractère dynamique
La règle de droit n’est pas figée. Elle suit les mouvements sociologiques
et cela se traduit par des modifications et des abrogations.

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Section 2 : Les différentes branches du droit
Traditionnellement, le droit se subdivise en deux grandes branches : le
droit national et le droit international.
I. Le droit national ou le droit interne
Il est le droit qui s’applique à l’intérieur des frontières d’un Etat et
dont les sources sont internes à cet Etat. L’existence de ce droit traduit le
principe de souveraineté reconnue à chaque Etat. Le droit national est
essentiellement un droit de subordination du citoyen à l’Etat. Il se subdivise
en deux grandes parties : le droit national public et le droit national privé.

1 - Le droit public
C’est l’ensemble des règles qui déterminent l’organisation des pouvoirs
publics et leurs rapports avec les particuliers. Le droit public comporte, lui-
même, plusieurs branches.
a) - Le droit constitutionnel
Il regroupe l’ensemble des règles qui régissent l’organisation du
pouvoir au sein de l’Etat et le fonctionnement des institutions. Les règles du
droit constitutionnel sont contenues dans la constitution.
Exemple : La constitution burkinabé du 2 juin 1991 contient les règles
relatives à la répartition des compétences entre les trois pouvoirs à savoir le
législatif, l’exécutif et le pouvoir judiciaire.
b) - Le droit administratif
Il englobe l’ensemble des règles relatives à l’organisation et au
fonctionnement des administrations publiques et leurs rapports avec les
particuliers (administrés). On y trouve notamment, les règles relatives à la
Fonction Publique, à l’organisation administrative, aux contrats entre
l’administration et les particuliers (cas des marchés publics).
Le développement du droit administratif a donné naissance à des
disciplines spécifiques comme le contentieux administratif, le droit des
collectivités locales.
c) - Les finances publiques
Cette matière concerne les règles relatives au budget et à l’impôt ainsi
que les règles particulières applicables aux différents impôts. Il s’agit
notamment des règles qui régissent l’élaboration du budget de l’Etat, les
règles relatives à la fixation et au recouvrement des impôts tels que la Taxe
sur la valeur ajoutée (TVA), l’Impôt Unique sur les Traitements et salaires
(IUTS). La matière des finances publiques est donc constituée du droit
budgétaire et du droit fiscal.
d) - Le droit pénal
C’est l'ensemble des règles qui définissent les infractions
(contraventions, délits et crimes) à la loi et fixent les conditions de leur
répression en vue de protéger les intérêts de la société. Les infractions
peuvent porter sur les personnes et c’est le cas des coups et blessures tout
comme elles peuvent toucher les biens et c’est le cas du vol.
e) - Le droit public international
C’est l’ensemble des règles qui gouvernent les rapports entre les Etats
ou entre les Etats et les autres sujets de droit international. Ces règles sont
définies dans les traités ou conventions internationaux.

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2 - Le droit privé
Il est constitué de l’ensemble des règles qui régissent les rapports entre
les particuliers. A l’instar du droit public, le droit privé comporte plusieurs
branches :
a) - Le droit civil
Le droit civil est le tronc du droit privé. Il est destiné en principe à
réglementer les relations entre les personnes privées sauf dans les cas où ces
dites relations sont régies par des dispositions particulières. Le droit civil qui
fut pendant longtemps synonyme de droit privé a vu son domaine
d’application se restreindre car des dispositions expresses sont venues
réglementer certaines relations entre les particuliers, donnant ainsi
naissance à d’autres branches du droit privé. Néanmoins le domaine du
droit civil reste assez vaste. On y trouve des règles relatives au statut des
personnes, au régime des biens, au régime des obligations et à celui des
principaux contrats tel que la vente, le mandat, le louage...
Le droit civil est appelé droit commun car c’est lui qui s’applique en
l’absence de règles spéciales.
b) - Le droit commercial
C’est la partie du droit privé qui définit les règles applicables aux
commerçants et aux actes de commerce. Cette matière s’est détachée très tôt
du droit civil en raison des exigences particulières qui s’attachent aux
transactions et aux relations commerciales. Le droit commercial encore
appelé droit des affaires a considérablement évolué pour donner naissance à
d’autres matières comme le droit bancaire, le droit de la propriété
industrielle, le droit de la concurrence.
c) - Le droit du travail
C’est l’ensemble des règles qui régissent les relations individuelles et
collectives entre les travailleurs et les employeurs au sein des entreprises.
Exemple : les règles relatives à la conclusion, à l’exécution et à la
rupture du contrat de travail.
d) - Le droit judiciaire
Il est constitué de l’ensemble des règles qui définissent la procédure à
suivre pour faire valoir ses droits en justice. On y trouve notamment la
procédure civile et la procédure pénale.
e) - Le droit international privé
C’est l’ensemble des règles qui gouvernent les relations entre les
particuliers ressortissants d’Etats différents.
Exemple : Lorsqu’un burkinabé et un malien se rencontrent dans un
hôtel à Libreville et signe un contrat, il faut déterminer en cas de conflit la loi
applicable et le tribunal compétent pour trancher le litige.
II. Le droit international ou le droit externe
Il régit les relations internationales. Il est essentiellement un droit de
coordination donc un droit consensuel. Il vise la coexistence pacifique. Il se
subdivise en deux parties.
1. Le droit international public
Il régit les relations entre Etats et entre Etats et organisations
internationales ; il détermine également l’organisation et le fonctionnement
des institutions internationales. Ces règles sont définies dans les traités et
conventions internationaux. Il comprend des sous démembrements tels que
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le droit des relations diplomatiques et consulaires, le droit international
maritime, le droit international humanitaire.
2. Le droit international privé
Il règlemente les relations entre particuliers en présence d’un élément
d’extranéité. Il n’est international que par son objet et non par ses sources.
En réalité, il est un droit national privé s’appliquant à une relation
internationale. Il traite essentiellement des conflits de nationalité, de la
condition des étrangers, des conflits de lois et des conflits de juridictions.

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CHAPITRE 2 : LES SOURCES DE LA REGLE DE DROIT

L’examen des sources du droit permet de déterminer d’où vient le


droit. Le droit trouve sa source essentiellement dans :

Section 1 : Les sources formelles du droit


La notion de sources formelles renvoie aux procédés techniques par
lesquels la règle de droit est directement créée.

1 – La loi
C’est la principale source du droit. Le terme loi peut avoir deux sens :
► Au sens formel, la loi désigne cette décision qui émane du pouvoir
législatif (le parlement). Sous cet angle, on la définit comme tout acte de
portée générale destiné à régir non pas un cas particulier mais une situation
susceptible de se présenter.
► Au sens matériel, la loi désigne toute règle écrite et dotée de la force
obligatoire : constitution, décret, arrêté
On peut retenir que la constitution est la loi fondamentale de l’Etat. Au sens
matériel, elle est l’ensemble des règles écrites ou coutumières qui
déterminent la forme de l’Etat, la dévolution et l’exercice du pouvoir d’Etat.
Au sens formel, elle est un document relatif aux institutions politiques dont
l’élaboration et la modification obéissent à une procédure différente de la
procédure législative ordinaire. Elle se place au sommet de l’ordonnancement
juridique car toutes les autres règles de droit lui sont subordonnées.
En partant du sens matériel, le terme loi renvoi à plusieurs catégories de
textes juridiques pris par les pouvoirs publics :
1.1) Les actes législatifs
Parmi ces actes législatifs on distingue :
- la loi parlementaire, loi au sens stricte du terme votée par le pouvoir
législatif
- La loi référendaire c’est la loi qui est issue d’une consultation populaire. La
loi référendaire est supérieure à la loi parlementaire.
- La loi constitutionnelle c’est celle qui a pour objet l’adoption ou la révision
de la constitution. Elle relève de la loi référendaire quand elle est adoptée par
référendum elle peut être, en matière de révision, une loi parlementaire par
un vote à la majorité qualifiée des 3/4 de l’assemblée nationale.
- La loi organique, c’est une loi parlementaire qui a pour objet de compléter
la constitution sous la modification par la fixation des modalités
d’organisations et de fonctionnement des pouvoirs publics limitativement
appelés institutions par la constitution à savoir, le conseil constitutionnel, le
conseil d’Etat, la cour de cassation, la cour des comptes et le conseil
économique et social.
- La loi ordinaire c’est une loi au sens stricte c'est-à-dire une délibération
régulièrement promulguée de l’assemblée nationale. Certaines lois ordinaires
ont un caractère spécial et parmi ces lois on peut citer la loi des finances.
Sous cette dénomination, on vise successivement :
● La loi de finance de l’année, appeler communément budget, qui prévoit et
autorise pour chaque année civile l’ensemble des ressources et des charges
de l’Etat.
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● La loi de finance rectificative, c’est celle qui, en cours d’année modifie le
contenu de la loi de finance de l’année.
● La loi de règlement, au moyen de laquelle l’assemblée nationale contrôle
l’exécution par le gouvernement de la loi de finance de l’année.
● La loi provisoire de finance de l’année, en cas de censure de la loi de
finance, destinée à assurer la continuité de la vie nationale.
● Les lois programmes, ce sont des lois qui déterminent les objectifs de
l’action économique et sociale de l’Etat.
● La loi ordinaire à son origine qui est l’aboutissement soit des projets de loi,
soit d’une proposition de loi. On parle de projet de loi quand l’initiative de la
loi vient du pouvoir exécutif. Et on parle de proposition de loi quand
l’initiative vient des députés.
1.2) Les actes règlementaires
On appelle actes règlementaires ou règlement, tout texte édictant les règles
générales émanant du pouvoir exécutif et des autorités administratives. Le
domaine du règlement est plus vaste que celui de la loi puisque selon
l’article 108 de la constitution du 11/06/1991, « les matières autres que
celles relevant du domaine de la loi ont un caractère règlementaire »
1.2 a) L’ordonnance
L’ordonnance est un acte hybride parce qu’il émane du pouvoir exécutif,
notamment le Président du Faso, mais intervient dans le domaine de la loi.
Elle est un acte signé par le président du Faso après délibération du conseil
des ministres dans des domaines réservés à la loi et dans des cas
limitativement énumérés par la constitution. Elle entre en vigueur dès sa
publication.
1.2 b) Le décret
Il s’agit d’un acte émanant du Président du Faso ou du 1er Ministre, soit
ayant un caractère réglementaire parce qu’il formule des dispositions
générales, soit ayant un caractère individuel lorsqu’il ne vise qu’une
personne ou une catégorie de personne nommément désigné. En pareil cas,
on parle plus de décision administrative que d’acte réglementaire.
● Le décret simple est signé par le Président du Faso ou par le 1er Ministre et
contre signé par le ou les membres du gouvernement compétents ;
● Le décret en conseil des ministres il est signé par le Président du Faso et le
1er Ministre après avis du conseil des ministres et contre signé par les
membres du gouvernement ;
● le décret autonome est celui qui est pris dans les matières relevant du
domaine réglementaire ;
● le décret d’application de la loi, a pour but de préciser les conditions de
mise en œuvre de la loi.
1.2 c) L’arrêté
L’arrêté peut être un acte de portée générale (un acte de portée
réglementaire) ou individuel. Les arrêtés émanant des différentes autorités et
sont hiérarchisés selon le rang de l’autorité. Ainsi on a :
- les arrêtés ministériels ;
- les arrêtés des gouverneurs et présidents de conseil régionaux ;
- les arrêtés des hauts commissaires ;
- les arrêtés des maires ;
- les arrêtés des autorités administratives indépendantes ;
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- les arrêtés des présidents des établissements publics.
2 - La convention collective de travail
Elle est un accord relatif aux conditions de travail conclu entre les
représentants d’un ou plusieurs syndicats ou groupements professionnels de
travailleurs d’une part, et une ou plusieurs organisations syndicales
d’employeurs ou tous autres groupements d’employeurs ou un ou plusieurs
employeurs pris individuellement d’autre part. Par sa nature, elle est un acte
contractuel. Elle a un aspect normatif dans la mesure où elle est extensible
dans son champ d’application. La convention collective a ainsi un corps de
contrat mais une âme de loi.
3 - Les traités et conventions internationales
Ce sont des accords conclus entre deux ou plusieurs Etats pour régir
leurs relations dans un domaine précis. Pour être applicable dans un pays,
le traité doit être ratifié par l’autorité compétente. Au Burkina Faso, le
pouvoir de ratification des traités appartient principalement au parlement et
dans certains domaines au Président du Faso. De nos jours, en dehors des
traités et conventions du droit international classique, on a les normes du
droit communautaire. Exemple: le traité UEMOA et les différents règlements
pris dans ce cadre.
Exemple: au football, les joueurs se sentent de nos jours obligés de
mettre la balle hors du terrain lorsqu’un joueur est blessé au cours du jeu. A
la longue, cette pratique pourrait devenir une véritable règle dans le football.

Section 2 : Les sources non formelles du droit


Certaines règles trouvent leurs sources dans la jurisprudence, la
doctrine et la coutume.
1-La jurisprudence
Au sens large, la jurisprudence désigne « l’ensemble des décisions
rendues par les juges ». C’est donc l’ensemble des décisions rendues par les
cours et tribunaux ou la solution généralement donnée par les tribunaux à
une question de droit. Le mot jurisprudence n’est utilisé que lorsque ces
décisions ont été rendues à la suite d’un procès. Pour qu’il y ait
jurisprudence, il faut que les différentes solutions données par les tribunaux
à une question de droit aillent dans le même sens. Pris au sens étroit, elle
correspond à un phénomène créateur de droit c'est-à-dire « l’interprétation
d’une règle de droit définie telle qu’elle est admise par les juges ». En effet, le
pouvoir judiciaire a pour mission d’appliquer la loi. Mais, la loi n’a pas
toujours précisément prévu le cas soumis aux juges. Soit parce qu’on n’y
avait pas pensé, soit parce qu’il s’agit d’un problème nouveau que personne
n’avait envisagé. On peut alors estimer que le juge a pour rôle de faire
évoluer le droit résultant d’un texte écrit, figé. De plus, le contenu de la loi
n’est pas toujours clair. Ce faisant et dans le cas le juge doit interpréter la
loi. Cette question pose le problème de l’aptitude de la jurisprudence à créer
le droit.
A ce niveau, les opinions sont partagées. Certains s’opposent que la
jurisprudence soit source de droit (interdiction de créer la loi, de légiférer)
tandis que d’autres considèrent que la jurisprudence est source de droit
(l’obligation d’appliquer la loi, de juger)
 L’interdiction de légiférer
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Ceux qui nient à la jurisprudence toute aptitude à être source de droit
avancent trois arguments :
- Le premier s’appuie sur les dispositions de l’article 5 du code civil qui
interdit aux juges de légiférer. Le juge, même de cassation, ne peut créer des
normes.
- Le deuxième argument se fonde sur le principe de la séparation des
pouvoirs qui veut que la fonction d’édiction des règles de droit appartienne à
l’exécutif et au législatif. Le juge n’est pas habilité, par ses décisions, à créer
la règle de droit.
- Le troisième argument est, lui assis sur le principe de l’autorité relative à la
chose jugée qui veut que la décision rendue par le juge, ne vaut que pour le
cas d’espèce. Le juge ne peut que trancher le litige qui lui est soumis et ne
peut proclamer une règle générale.
 L’obligation de juger
Deux arguments:
- Le premier argument se fonde sur l’article 4 du code civil qui oblige le juge
à statuer, à juger, sous peine de dénie de justice. L’article 4 affirme que « le
juge qui refusera de juger sous prétexte de silence, d’obscurité ou
d’insuffisance de la loi pourra être poursuivi comme coupable de dénie de
justice ». Cela veut dire qu’en cas de lacune, le juge est obligé de statuer et
donc de créer le droit.
- Le second argument est tiré de ce qui est convenu d’appeler « les lois
d’imitation et de continuité » fondées sur la force morale qui s’attache à la
décision rendue par les juridictions de cassation. C’est cette autorité morale
qui conduit les juges du fond à se conformer aux arrêts de principe rendus
par les juridictions suprêmes.
2- La doctrine
On appelle « doctrine » l’ensemble des travaux écrits consacrés à l’étude du
droit et leurs auteurs. C’est donc l’ensemble des opinions des savants et
techniciens du droit dans les ouvrages et qui traite d’une question de droit.
Selon le professeur Carbonnier « on entend par doctrine les opinions émises
par les auteurs dans leurs ouvrages, le droit tel que le conçoivent les
théoriciens. La doctrine est l’ensemble des ouvrages juridiques, la littérature
du droit ».
La doctrine joue un rôle fondamental d’information dans la mesure où
elle permet de comprendre les principes qui dominent le système juridique et
de pouvoir se retrouver dans l’inflation législative.
Elle joue un rôle de critique mettant en lumière les imperfections et les
contradictions du système juridique. La doctrine reste un moyen d’influence
et non une source directe du droit. Pour les professeurs Marty et Raynaud
« la doctrine clarifie et ordonne le droit existant ; elle esquisse et inspire le
droit à venir ».
Ainsi, le législateur est souvent influencé par la doctrine car dans bien des
cas, les projets ou propositions de loi sont rédigés avec la collaboration
étroite de professeurs de droit et de praticiens. Les juges aussi se réfèrent
aux travaux de la doctrine lorsqu’ils sont chargés d’appliquer une règle de
droit au contenu obscur. Ils tiennent également compte des critiques
adressées par la doctrine et convaincus, ils modifient parfois leurs
jurisprudences. La doctrine concourt ainsi à la formation ou au revirement
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de la jurisprudence. Elle participe ainsi à l’élaboration du droit de façon
sécrète.
3 - La coutume
Par opposition à la loi, une règle de droit coutumier peut se former
spontanément par la répétition. La coutume est une position que l’usage et
la pratique répétitive finissent par consacrer. Elle comporte un élément
matériel et un élément psychologique. L’élément matériel est constitué par
l’usage prolongé et l’élément psychologique consiste en la croyance au
caractère obligatoire de l’usage. La coutume est donc un processus lent
d’élaboration du droit qui se caractérise souvent par son imprécision. Elle
est aujourd’hui en perte de vitesse eu égard à la codification et des sources
écrites. Pour rendre sa décision, le juge n’est pas tenu de se conformer à la
source non formelle mais généralement il s’y réfère volontier. Toutefois, la
coutume conserve une importance certaine en droit commercial du fait de
l’existence d’usages commerciaux.
Section 3 : Validité et hiérarchie des normes
Nous envisagerons successivement la validité et hiérarchie des normes.
I. Validité de la règle de droit
Pour être valide sur le plan juridique, la règle de droit doit obéir à deux
conditions.
*Conditions de validité formelle : la règle de droit doit être posée par l’organe
ayant qualité à le faire c’est-à-dire l’organe compétent. Elle doit également
être prise dans les formes prévues à cet effet c’est-à-dire qu’elle doit
respecter la procédure d’élaboration.
*Conditions de validité matérielle : elles concernent le contenu de l’acte.
L’acte doit être pris dans le domaine qui lui est réservé (la loi ou le
règlement), et il doit respecter la hiérarchie des normes c’est-à-dire que les
textes inférieurs doivent se subordonner aux textes supérieurs.
II. La hiérarchie des normes
Toutes les règles de droit n’ont pas la même valeur juridique. La hiérarchie
est la suivante :
*La primauté de la constitution
En tant que loi fondamentale, la constitution se place au sommet de
l’ordonnancement juridique et toutes les autres règles de droit lui sont
subordonnées. Le mécanisme juridique prévu pour garantir cette position est
le contrôle de constitutionnalité des lois exercé par le conseil constitutionnel
avant la promulgation de la loi.
*La supériorité du traité sur la loi
Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont une autorité
juridique supérieure à celle des lois mais inférieure à celle de la constitution.
Le contrôle de conventionalité des lois est le mécanisme juridique prévu pour
garantir cette supériorité du traité sur la loi et il est exercé par le conseil
constitutionnel.
*La priorité de la loi sur le règlement
La loi (acte législatif) a une valeur juridique supérieure à celle du règlement.
Le mécanisme juridique traduisant cette priorité est le contrôle de légalité du
règlement et il est exercé de façon incidente par les juridictions
administratives (ex. : recours pour excès de pouvoir). Un acte règlementaire
contraire à la loi est donc illégal et ne peut s’appliquer.
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CHAPITRE 3 : LA FORCE OBLIGATOIRE DE LA REGLE DE DROIT DANS
LE TEMPS ET DANS L’ESPACE

La règle de droit est une solution juridique donnée à une situation


concrète. Pour voir les effets escomptés de cette règle se produire, il faut
l’appliquer chaque fois que la situation se présente. C’est la concrétisation de
sa force obligatoire. Mais l’application de la règle de droit connaît des limites
imposées par le temps et l’espace. C’est la question de la force obligatoire de
la règle de droit dans le temps et dans l’espace.

Section 1 : La force obligatoire de la règle de droit dans le temps

La succession des règles dans le temps à l’intérieur d’un même ordre


juridique pose un certain nombre de questions. Il s’agit notamment de la
question de la durée de la règle de droit et de la question du conflit des lois
dans le temps.

Paragraphe 1 : La durée de la force obligatoire

Il se pose ici la question de l’entrée en vigueur de la loi et celle de sa


disparition.
1 - L’entrée en vigueur
Les formalités nécessaires à l’entrée en vigueur c’est-à-dire l’application de la
loi sont la promulgation et la publication.
a) - La promulgation
Cette formalité concerne généralement la loi votée par le parlement.
Elle n’est pas nécessaire pour les actes réglementaires. La promulgation est
l’acte par lequel le chef de l’Etat donne l’ordre d’exécuter la loi. Cet acte
prend la forme d’un décret. La promulgation doit intervenir dans les vingt et
un jours qui suivent la transmission du texte définitivement adopté par
l’Assemblée Nationale.
b)- La publication
Si la promulgation concerne généralement la loi au sens strict (formel), la
publication concerne aussi la loi au sens large (loi et actes réglementaires).
Cette formalité est importante car pour que la loi puisse s’imposer à ses
destinataires (les Hommes et leurs situations), il faut que ces derniers soient
informés de son existence. C’est la question de la publication. La loi, les
décrets et certains arrêtés sont publiées au Journal Officiel du Faso. La
publication au journal officiel est valable pour la loi en tant qu’acte législatif
et pour les actes règlementaires également. La loi ne sera applicable à ses
destinataires qu’après l’écoulement d’un délai de huit (8) jours après sa
parution au journal officiel du Faso.
Certains arrêtés ne nécessitent pas cependant la publication au journal
officiel du Faso. Il existe également des procédures de publication d’urgence :
communiqués à la radio ou à la télé, affichage dans des lieux publics.
Les actes individuels doivent être notifiés aux intéressés. Dans
certains cas la publication peut se faire par voie d’affichage ou par
communiquer dans la presse.

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2 – La disparition de la règle de droit
La loi cesse de produire son caractère obligatoire lorsqu’elle disparaît.
Cette disparition se fait par la voie de l’abrogation ou du fait de la désuétude.
a) - L’abrogation
Abroger une loi, c’est lui enlever son caractère obligatoire. L’abrogation
peut être expresse ou tacite. Elle est expresse lorsqu’une nouvelle loi
proclame expressément la suppression d’une ancienne, la loi explicitement
désignée. Elle est par contre tacite lorsqu’il y a incompatibilité entre une
nouvelle loi et un texte antérieur. Dans ce cas, le nouveau texte ne précise
pas que le texte antérieur est supprimé. D’où le caractère tacite.
Il existe essentiellement deux types d’abrogation.
*L’abrogation expresse : l’abrogation est dite expresse quand une loi nouvelle
proclame expressément la suppression de la loi antérieure. La formule
consacrée est généralement la suivante : « toute disposition antérieure
contraire est nulle ». La loi ancienne est donc expressément abrogée au profit
de la loi nouvelle.
*L’abrogation tacite : la loi nouvelle ne précise pas formellement l’abrogation
de la loi ancienne. Cette abrogation résulte de l’incompatibilité entre le
contenu de la loi nouvelle et celui de la loi ancienne. Les deux contenus
étant incompatibles, quand il s’agit de deux règles de même niveau, la règle
nouvelle s’applique au détriment de la règle ancienne et la règle spéciale
s’applique au détriment de la règle générale ; mais si les deux règles sont de
niveaux différents, la règle supérieure s’applique au détriment de la règle
inférieure en vertu de la hiérarchie des normes.

L’abrogation peut être totale ou partielle. Elle est totale lorsque toutes
les dispositions de l’ancienne loi sont supprimées et partielle lorsque la
suppression concerne certaines de ses dispositions.
b) - La désuétude
Dans le cas de la désuétude, la disparition de la loi se fait par son
ineffectivité. La désuétude est donc une pratique de non application d’une
règle de droit qui existe toujours. La règle n’est pas spécialement abrogée
mais en réalité, elle ne fait plus l’objet d’une application. Elle semble donc
inefficace. Cette pratique résulte soit de l’inadaptation de la règle à la réalité
soit de la défaillance plus ou moins prolongée des organes chargés de veiller
à son application. On dit qu’une loi est tombée en désuétude lorsque dans la
pratique elle n’est plus appliquée de sorte qu’on a l’impression qu’elle a été
abrogée alors même qu’elle existe toujours.

Paragraphe 2 : La résolution des conflits de lois dans le temps


Il y a conflit entre deux lois dans le temps lorsqu’une même matière
est réglée par deux lois successives. Ce conflit est réglé par deux principes :
le principe de l’effet immédiat et celui de la non- rétroactivité des lois
nouvelles.
La résolution des conflits de lois dans le temps se fait à travers les règles de
principe et l’application des règles.

a) - Les règles de principe


 Le principe de la non rétroactivité de la loi
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La loi nouvelle ne doit pas être appliquée à des actes et faits juridiques
qui se sont déroulés avant son entrée en vigueur en vue de modifier ou
d’effacer les effets juridiques produits sous l’emprise de la loi ancienne. Il
s’agit d’un principe d’ordre public car garantissant la sécurité juridique. En
effet, le droit se détruirait lui-même s’il pouvait inquiéter une personne qui a
agi conformément à la loi, car personne n’oserait plus exécuter les ordres de
la loi de crainte de voir ultérieurement des actes légitimement posés remis en
cause par la loi nouvelle inconnue à l’époque. La constitution a également
énoncé ce principe en matière pénale. Ainsi, en matière pénale, une loi
nouvelle peut être appliquée aux auteurs d’infractions commises avant son
entrée en vigueur lorsque les peines prévues par la nouvelle loi sont plus
douces que celles en vigueur sous l’ancienne législation.
Il existe cependant des exceptions à ce principe : les lois expressément
rétroactives, les lois interprétatives et la loi pénale plus douce ; ces lois sont
rétroactives.
 Le principe de l’effet immédiat de la loi
La loi nouvelle régit les actes et faits qui se déroulent à partir de son entrée
en vigueur et elle s’applique aux effets postérieurs de situations juridiques
créées antérieurement à son entrée en vigueur. Les lois supplétives
constituent une exception à ce principe ; de même, les contrats en cours
d’exécution au moment de l’entrée en vigueur d’une loi nouvelle ne sont pas
en principe régis par cette loi nouvelle.
b) - Application des règles
La résolution des conflits de lois dans le temps s’effectue selon le schéma
suivant :
 Les situations juridiques naissant à partir de l’entrée en vigueur de la
loi nouvelle : la loi nouvelle s’y applique (principe de l’effet immédiat de la
loi) ;
 Les situations juridiques éteintes avant l’entrée en vigueur de la loi
nouvelle : la loi nouvelle ne s’y applique pas (principe de la non rétroactivité
de la loi) ;
 Les situations juridiques nées sous l’emprise d’une loi ancienne mais
continuant à produire des effets juridiques après l’entrée en vigueur d’une loi
nouvelle :
- pour les effets définitivement réalisés, la loi nouvelle ne s’applique pas
(principe de la non rétroactivité de la loi);
- pour les effets futurs, quand il s’agit d’une situation non contractuelle, la
loi nouvelle s’y applique (principe de l’effet immédiat de la loi), mais quand il
s’agit d’une situation contractuelle, la loi nouvelle ne s’applique pas sauf
volonté contraire du législateur ou des parties (autonomie de la volonté).

Section 2 : La force obligatoire de la règle de droit dans l’espace

La question de l’application de la loi dans l’espace pose le problème du


conflit entre les lois de différents Etats. Sur ce point, en effet, la question se
pose à deux niveaux ? Est-ce qu’une loi en vigueur dans un Etat donnée
peut s’appliquer dans un autre Etat ? Est-ce qu’au sein d’un Etat, la loi
s’applique à tous ceux qui y résident sans distinction de leur nationalité ? Il

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faut donc répartir les compétences des Etats. Deux critères sont utilisés : le
critère de la territorialité et celui de la personnalité.

Paragraphe 1 : Le critère de la territorialité


Selon ce critère, la loi est applicable à toutes les situations visées
lorsqu’elles se produisent à l’intérieur du territoire national. Cela s’explique
par le fait que la loi a été instituée pour maintenir l’ordre public sur le
territoire national. Par conséquent, tous ceux qui vivent sur le territoire sont
régis par la loi du pays.
Exemple : la réglementation routière s’applique à tous sur l’ensemble
du territoire, peu importe la nationalité des conducteurs.
La conséquence de ce principe est que la loi nationale ne peut pas être
appliquée au-delà des frontières nationales. En retour, les autorités
nationales ne sont pas tenues d’appliquer des lois étrangères à des
situations qui se produisent sur leur territoire national. Ce critère est
tempéré par celui de la personnalité.

Paragraphe 2 : Le critère de la personnalité


Le critère de la personnalité permet d’appliquer des lois étrangères à
des personnes résidant sur le territoire national du fait qu’elles sont de la
même nationalité que ces lois. Il s’agit principalement des matières relevant
du statut des personnes. A ce propos l’article 1013 du Code des personnes et
de la famille dispose : « l’état et la capacité des personnes, les régimes
matrimoniaux, les successions et certaines libéralités sont régis par la loi
nationale …. »
Exemple : les questions concernant l’état et la capacité des burkinabé
sont régies par les lois burkinabé même s’ils vivent à l’étranger.

Paragraphe 3 : La résolution des conflits de lois dans l’espace


Elle relève du droit international privé. Il y a conflit de lois dans
l’espace ou conflit de juridictions toutes les fois qu’il existe dans une relation
un élément d’extranéité. Ces conflits sont résolus suivant les procédés entre
autres :
 Le rattachement à la loi nationale des intéressés (statut personnel) :
les questions relatives à la capacité et l’état des personnes relèvent de la loi
nationale des intéressés (principe de la personnalité des lois) ;
 Le rattachement à la loi du lieu de situation réelle (statut réel : lex rei
sitae) : les biens meubles et immeubles sont régis par la loi du lieu de leur
situation indépendamment de la nationalité de leurs propriétaires (principe
de la territorialité des lois) ;
 Le rattachement à la loi du lieu du fait dommageable : la loi relative à
la responsabilité délictuelle est celle du lieu où s’est déroulé le fait
dommageable (principe de la territorialité des lois) ;
 Le rattachement opéré par la volonté des parties (loi d’autonomie) : les
contrats sont soumis aux règles décidées par les parties.

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DEUXIEME PARTIE : LES DROITS SUBJECTIFS

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CHAPITRE 1 : LA PERSONNALITE JURIDIQUE

La vie juridique est animée par des acteurs qui peuvent être soit des êtres
humains (personnes physiques) soit des groupements d’individus (personnes
morales). Généralement les personnes morales ont une durée de vie
programmée dans leurs statuts. Cette durée est librement fixée par ses
membres, mais ne doit pas excéder quatre-vingt-dix-neuf (99) ans. A
l’expiration du terme prévu, cette durée pourra être prorogée. La durée de vie
des personnes morales de droit public n’est pas limitée en général.
Les uns comme les autres (personnes physiques ou personnes
morales) ont la personnalité juridique. Ce sont ces personnes qui sont les
titulaires des droits subjectifs.

Section I : Les personnes physiques

Tout être humain est sujet de droit (personnalité juridique) pour vue
qu’elle soit identifiée (identification des personnes physiques) et soit capable
de jouir et d’exercer ses droits (capacité des personnes physiques)

Paragraphe 1 : La personnalité juridique


En droit, on appelle personne, tout être susceptible d’avoir des droits
et d’être tenu d’obligations. On dit qu’il a la personnalité juridique. C’est un
sujet de droit. Les personnes titulaires de droits sont appelées sujets actifs.
Exemple : le créancier
Les personnes contre qui le droit est exercé sont appelées sujets passifs
Exemple : le débiteur
A – Commencement de la personnalité juridique
En principe, la personnalité juridique commence avec la naissance. La
naissance doit faire l’objet d’une déclaration de naissance à l’état civil mais
en réalité pour exister juridiquement, l’enfant doit :
- naître vivant : l’enfant mort-né est considéré comme n’ayant jamais existé ;
- naître viable c’est-à-dire apte à la vie : si l’enfant est né vivant mais non
viable en ce sens qu’il n’a vécu que quelques heures, il est considéré comme
n’ayant jamais existé.
Exceptionnellement, on admet que la personnalité puisse précéder la
naissance et ce, pour protéger les intérêts de l’enfant. Ainsi, un enfant
simplement conçu sera considéré comme né lorsqu’il s’agit pour lui
d’acquérir un avantage à condition qu’il naisse vivant et viable. Exemple : un
enfant simplement conçu peut recueillir un héritage.
B– La perte de la personnalité juridique
La personnalité juridique se perd par la mort. Toutefois on constate
certaines rémanences (continuités) de la personnalité après la mort.
Exemples : la décoration à titre posthume, la protection de la mémoire des
morts.
C – L’incertitude sur la personnalité juridique
Il y a des événements qui mettent en doute l’existence de la
personnalité juridique. Dans ce cas, la loi établie une procédure qui aboutit
au prononcé déclaratif de décès.

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1 – L’ABSENCE
Au sens courant elle signifie la non présence d’une personne à un lieu
donné. Il n’y a aucun doute quant à son existence aux sens de l’article 8 du
CPF, l’absent se définit comme étant la personne dont le manque de
nouvelles rend son existence incertaine.
Le régime de l’absence commence dès lors que les dernières nouvelles
de la personne remontent à plus d’un an. Toute personne intéressée pourra
alors saisir le tribunal de grande instance du dernier domicile connu de la
personne pour la déclaration de présomption d’absence. Un an après le
dépôt de cette requête, le tribunal pourra déclarer la présomption d’absence.
Deux ans après le jugement déclaratif de présomption d’absence, le tribunal
pourra être saisi d’une demande en déclaration d’absence qui permettra au
conjoint de l’absent de demander le divorce pour cause d’absence. Dix ans
après les dernières nouvelles de l’absent, tout intéressé pourra demander au
tribunal de prononcer le jugement déclaratif de décès de l’absent. Si l’absent
réapparait avant le jugement déclaratif de décès, il reprend la totalité de ses
biens mais le mariage de son conjoint lui est opposable. S’il reparait après le
jugement déclaratif de décès, il reprend ses biens dans l’état ou il les
trouvera.

2 – LA DISPARITION
Aux termes de l’article 18 du C.P.F « le disparu est une personne dont
l’absence s’est produite dans des circonstances mettant sa vie en danger et
dont le corps n’a pu être retrouvé ». C’est dont la mort probable mais non
absolument certaine. Exemple : naufrage, tremblement de terre…
Dès lors que la disparition est constatée à la requête du procureur, elle
aboutit à un jugement déclaratif de décès. Si par miracle le disparu resurgit,
le jugement déclarant le décès est annulé.
D- Les droits de la personnalité
La personnalité juridique confère à son auteur un certain nombre de
droits :
- le droit d’exiger d’autrui sa reconnaissance comme personne distincte :
c’est dans ce registre que s’inscrit le droit au nom, à la nationalité, à un
patrimoine.
- le droit à la protection de l’individualité physique : droit à la vie, à l’intégrité
corporelle, à la liberté d’aller et de venir…
- le droit à la protection de l’individualité morale : droit à l’honneur, au
respect de sa vie privée.
En dehors de ces droits extrapatrimoniaux, la reconnaissance de la
personnalité juridique donne droit à la constatation officielle de cette
personnalité par l’état civil et l’octroi à la personne d’une capacité juridique.

Paragraphe 2 : Identification des personnes physiques

Chaque personne physique est identifiée par un nom, un domicile, une


nationalité.

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A – Le nom
Le nom permet de désigner un individu. Au sens large, le nom désigne
le nom patronymique et les prénoms. A côté du nom, il y a le surnom et le
pseudonyme.
1 - Le nom patronymique
Le droit civil utilise le terme patronymique pour faire référence au
père.
a) Définition et conditions d’attribution
Il sert à désigner les membres d’une même famille. On l’appelle
également nom de famille. Selon l’article 31 du Code des personnes et de la
famille (CPF) « toute personne doit avoir un nom patronymique ou nom de
famille… ».
Le nom patronymique s’acquiert par la filiation, l’adoption, l’alliance
ou par attribution administrative.
- La filiation : l’enfant né dans le mariage porte le nom de son père. En cas
de désaveu, il porte le nom de sa mère. L’enfant né hors mariage porte le
nom de son père si celui-ci le reconnaît. Il peut conserver le nom de sa mère
qui lui a été attribué en premier lieu lorsque la filiation à l’égard du père
n’intervient qu’en second lieu.
- l’adoption : elle consiste à créer un lien de parenté juridique entre un
enfant et une famille qui n’est pas sa famille d’origine.
L’adoption peut être simple ou plénière. Par l’adoption plénière,
l’enfant rompt le lien de parenté avec sa famille d’origine et prend le nom de
l’adoptant. S’il a été adopté par les deux conjoints, il prend le nom du mari.
Par contre en cas d’adoption simple, l’enfant conserve son nom d’origine
auquel, il peut ajouter le nom de l’adoptant.
- l’alliance : la femme mariée peut porter le nom de son mari sans pour
autant perdre son propre nom.
- l’attribution administrative : le nom de certains enfants est attribué par
l’officier d’état civil. C’est le cas des enfants dont les parents sont inconnus.
b) - Les caractères du nom de famille
- le nom est obligatoire ;
- le nom est en principe immuable : on ne devrait pas pouvoir le changer.
Mais exceptionnellement, l’article 44 du CPF permet de changer de nom au
moyen d’une demande motivée adressée au juge.
- le nom est incessible et imprescriptible : cela signifie que le nom ne peut
être cédé ou légué et qu’il ne s’éteint pas par un non-usage, même prolongé.
Le nom est protégé contre toute sorte d’usurpation.
2 - Les prénoms
Les prénoms sont librement choisis à la naissance. Ils ne peuvent pas
être contraires à ceux consacrés par les usages, la tradition et la religion. Les
prénoms peuvent, dans certaines conditions, être changés.
3 -Le surnom
C’est une désignation donnée à une personne par son entourage et
sous laquelle elle est connue. Le surnom n’a aucune valeur juridique.
4 - Le pseudonyme
C’est un nom fictif choisi par une personne pour exercer une activité
particulière, souvent dans le domaine littéraire

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Exemple : Alexandre BIYIDI a écrit des romans sous le pseudonyme de
Mongo Béti
B – Le domicile
Il est défini par le code des personnes et de la famille (CPF).

1 - Définition
Selon le CPF, toute personne est domiciliée au lieu de sa résidence
habituelle. Le domicile est un point de localisation juridique de l’individu. Le
domicile est obligatoire, fixe et unique.
Ainsi, une personne peut avoir plusieurs résidences mais il n’a qu’un
seul domicile.
2 - Détermination du domicile
Le domicile est librement choisi par l’individu. Celui-ci peut donc transférer
son domicile dans un autre lieu où il a l’intention de s’installer. Le domicile
est défini comme le lieu de résidence habituelle d’une personne c’est-à-dire
le lieu où vit, s’installe et s’établit une personne et d’où elle ne s’éloignerait
qu’avec un esprit de retour. Il est le lieu de localisation juridique d’une
personne. Il est obligatoire, permanent et unique. Il peut être déterminé de
plusieurs manières :
 Le domicile volontaire : les personnes n’ayant pas de résidence fixe
sont réputées domiciliées dans le lieu qu’elles auront choisi sur le territoire
de la circonscription ou des circonscriptions administratives sur lesquelles
elles circulent habituellement.
 Le domicile légal : la loi impose à certaines personnes leur domicile
indépendamment de leur volonté. Ainsi les conjoints sont domiciliés au lieu
de résidence familiale sauf autorisation judiciaire de résidence séparée ; le
domicile du mineur non émancipé est celui de ses parents ou tuteur et le
domicile du majeur incapable celui de son tuteur.
 Le domicile professionnel : il n’est valable que pour les actes de la vie
professionnelle. Ainsi les commerçants, les industriels et les artisans sont
domiciliés au siège principal de leurs opérations ou au lieu où ils ont ouvert
un établissement ; les fonctionnaires et les officiers publics sont domiciliés
au lieu où ils exercent leurs fonctions, ceux qui exercent des professions
libérales au lieu où ils se sont installés.
 Le domicile élu : pour l’exercice d’un droit ou l’exécution d’un acte
juridique donné, une personne peut faire élection de domicile en un endroit
donné. Ce domicile n’a d’effet qu’à l’égard des personnes qui y ont librement
consenti.
C – La nationalité
Elle est très importante.
1 - Définition
C’est un lien politique et juridique qui rattache un individu à un Etat.
Chaque Etat détermine les conditions d’attribution de sa nationalité.
En principe, toute personne a une seule nationalité mais on rencontre
des cas de cumul de nationalités tout comme il y a des individus qui n’ont
pas de nationalité (apatrides)
Exemple : un burkinabé peut aussi avoir la nationalité française.

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2 - Condition d’attribution de la nationalité burkinabé
a) La nationalité d’origine
La nationalité d’origine s’acquiert suivant les critères de la filiation et
les critères du sol.
- suivant les critères de la filiation, est burkinabé tout enfant né de père ou
de mère burkinabé
-suivant les critères du sol, est burkinabé tout enfant né au BURKINA
FASO et qui se trouve dans l’une des situations suivantes :
► Ses parents sont inconnus ;
► Il ne peut se prévaloir d’aucune autre nationalité ;
► L’un de ses parents est né au Burkina Faso ;
b)- Acquisition de la nationalité
On peut avoir la nationalité burkinabé par le mariage, la naissance et
la résidence au Burkina Faso, la déclaration de nationalité et par décision de
l’autorité publique.
o Le mariage : l’étranger ou l’apatride qui épouse un burkinabé acquiert
la nationalité burkinabé au moment de la célébration du mariage en
principe.
o La naissance et la résidence au Burkina Faso : l’individu né au
Burkina Faso de parents étrangers acquiert la nationalité burkinabé à sa
majorité s’il a sa résidence habituelle au Burkina Faso à cette date depuis au
moins cinq ans.
o La déclaration de nationalité : l’enfant mineur né au Burkina Faso de
parents étrangers peut réclamer la nationalité burkinabé par déclaration s’il
a au moment de sa déclaration sa résidence habituelle au Burkina Faso
depuis au moins cinq ans.
o La décision de l’autorité publique : l’étranger ou l’apatride peut
bénéficier de la nationalité burkinabé par naturalisation ou réintégration.
- La naturalisation : pour avoir la qualité de burkinabé, l’étranger ou
l’apatride devra adresser une demande timbrée au procureur du Faso qui
ordonnera une enquête sur l’intéressé. Les résultats de cette enquête et la
requête sont transmis au ministre chargé de la justice qui dressera un
rapport. Le dossier est présenté en conseil des ministres. A l’issu de ce
conseil, un décret de naturalisation sera alors pris. Le requérant doit en
principe résider habituellement au Burkina depuis les dix années qui
précèdent sa demande. Il doit être de bonne vie et de bonnes mœurs, sain
d’esprit et de bonne moralité et justifier d’investissements importants s’il est
commerçant ou industriel.
- La réintégration : il s’agit de la restitution de la qualité de burkinabé à
l’étranger qui avait cette qualité à un certain moment mais l’avait perdue. La
procédure est identique à celle de la naturalisation.

1 – La perte de la nationalité burkinabé


On peut perdre la nationalité burkinabé de deux manières : la
répudiation et la déchéance
a) – La répudiation
C’est le fait pour toute personne de renoncer volontairement à sa
nationalité. Ainsi, tout burkinabé qui épouse une personne de nationalité
étrangère peut renoncer à la nationalité burkinabé par déclaration expresse
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avant le mariage. De même, un mineur ayant une nationalité étrangère peut
demander à perdre la nationalité burkinabé.
b) - La déchéance
C’est une sanction consistant pour l’autorité à retirer la nationalité
burkinabé à un individu. Ainsi, les auteurs des infractions dirigées contre les
intérêts du Burkina peuvent être déchus de leur nationalité.
Exemple : peut-être déchu de sa nationalité toute personne
condamnée pour un crime ou un délit contre la sûreté intérieure ou
extérieure de l’Etat.

Paragraphe 3 : La capacité des personnes physiques

A- Notion de capacité
En principe, toute personne est capable c’est-à-dire qu’elle est apte à
acquérir ou à exercer un droit. L’aptitude pour une personne de jouir et
d’acquérir des droits est appelée capacité de jouissance et son aptitude à
exercer lui-même ses droits et à exécuter des obligations, capacité
d’exercice. Pour avoir la capacité d’exercice, il faut avoir la capacité de
jouissance.
L’incapacité par contre est l’inaptitude d’une personne à jouir ou à
exercer des droits. On distingue à ce niveau deux types d’incapacité:
- L’incapacité de jouissance : c’est l’inaptitude d’une personne à
exercer certains droits. Cette incapacité n’est jamais générale. Il y a
seulement des incapacités particulières de jouissance.
Exemple : le mineur, sauf dérogation, n’a pas droit au mariage
- L’incapacité d’exercice : C’est l’inaptitude à exercer soi-même ses
droits. Elle peut être générale (cas des mineurs non émancipés) ou spéciale
(cas des majeurs en curatelle). Les incapables sont protégés par la loi.
B – La protection des incapables
Sont incapables selon l’article 552 du CPF les mineurs et des majeurs
dans certaines situations.
1 - La situation du mineur
Au Burkina Faso, le mineur est toute personne qui n’a pas vingt (20) ans.
Cette personne est dite incapable en raison de son âge. Il n’est donc pas en
mesure de poser un certain nombre d’actes. Il a besoin d’être protégé. Mais
le mineur peut être émancipé et avoir une certaine indépendance. Cette
émancipation est demandée au juge des tutelles par les parents, le tuteur ou
par le conseil de famille à condition que le mineur ait 16ans au moins et
justifie d’une activité lui permettant de subvenir à ses besoins. Le mineur est
émancipé de plein droit par le mariage.
La protection des mineurs non émancipés se fait à travers trois
régimes : l’administration légale pure et simple, l’administration légale sous
contrôle judiciaire et la tutelle.
- l’administration légale pure et simple : dans ce régime, les mineurs sont
placés sous l’autorité parentale. Le père et la mère vivants sont les
représentants légaux du mineur. Mais, ils ne peuvent pas accomplir certains
actes sans l’autorisation du juge.
Exemple : vendre de gré à gré un immeuble appartenant au mineur ou
contracter un emprunt en son nom.
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- l’administration légale sous contrôle judiciaire : c’est le régime de
protection prévue pour les mineurs dont l’un des parents est décédé ou est
déchu de l’autorité parentale. Dans ce cas, le parent encore vivant ou non
déchu de l’autorité parentale assure la représentation du mineur. Pour
certains actes, il a besoin de l’autorisation du juge des tutelles.
- la tutelle : c’est une institution destinée à protéger un mineur dont les
parents sont décédés ou sont déchu de l’autorité parentale. Dans une telle
situation, les parents sont remplacés par une autre personne appelée tuteur.
Ce dernier peut être désigné par testament par le dernier mourant des père
et mère. A défaut, il est choisi par le conseil de famille. Le tuteur, une fois
désigner, agit au nom et pour le compte du mineur.
2 – La protection des majeurs incapables
Les majeurs ont, en principe, la capacité juridique. Ils peuvent donc
poser valablement des actes juridiques. Mais, il arrive que la capacité
juridique soit retirée à certaines personnes majeures. C’est notamment le cas
des majeurs qui ne sont pas sain d’esprit. Leurs facultés mentales étant
diminuées, ils ne peuvent plus participer seuls à la vie juridique. Ils ont donc
besoin de protection. Pour cela, ces personnes peuvent être placées sous
protection de la justice ou être placés en curatelle ou en tutelle :
- les majeurs placés sous protection de la justice : ce sont des personnes qui
suivent des traitements dans une maison de santé ou un établissement
d’aliénés ou à domicile. Ils peuvent accomplir eux-mêmes des actes. Ces
actes peuvent être rescindés pour lésion ou réduits.
-la curatelle : le majeur placé sous curatelle est celui dont l’altération des
facultés mentales n’est pas très grave. Il peut exercer lui-même ses droits.
Mais pour certains actes jugés trop important, il a besoin de l’assistance
d’une personne désignée. Cette personne est appelée curateur.
- la tutelle : le majeur placé en tutelle est celui qui a les facultés mentales
gravement atteints. Le majeur placé sous tutelle ne peut donc poser
personnellement des actes juridiques. Il doit être représenté par son tuteur.

Section 2 : Les personnes morales


Ce sont des groupements d’individus auxquels est conférée la
personnalité juridique. Ils peuvent avoir une capacité et un patrimoine
distincts du patrimoine des membres. Considérés comme des sujets de droit,
les personnes morales ont les attributs de la personnalité à savoir un nom,
un patrimoine, un domicile et une capacité.

Paragraphe 1 : Les différentes catégories de personnes morales


On divise traditionnellement les personnes morales en deux
catégories : les personnes morales de droit public et les personnes morales
de droit privé.

A- Les personnes morales de droit public


Les personnes morales de droit public sont régies par le droit public.
Elles poursuivent un intérêt général et fonctionnent en général avec des
fonds publics. Elles sont constituées de l’Etat, des collectivités locales et des
établissements publics.

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1 - L’Etat
C’est la première personne de droit public. L’Etat veille à la satisfaction
des intérêts généraux de toute la collectivité (tout le pays).
2 – Les collectivités locales
Ce sont des entités territoriales qui ont la charge de gérer les affaires
locales. Elles sont dotées de la personnalité juridique et de l’autonomie
financière. Exemple : communes, régions
3 - Les établissements publics
Ces sont des services publics de l’Etat érigés en organe autonome. Ils
ont la personnalité juridique et l’autonomie financière.
Exemple : ENAREF, Université de Ouagadougou.

B- Les personnes morales de droit privé


On les appelle personnes morales de droit privé parce qu’elles sont
soumises aux règles du droit privé. Elles poursuivent des objectifs que se
sont fixés les membres du groupement. Elles sont principalement
constituées des sociétés commerciales, des associations.

1 - Les sociétés
Elles sont créées par des personnes physiques appelées associés qui
décident de mettre en commun un ensemble de moyens (financiers,
matériels, humains) en vue de partager les bénéfices qui pourront en
résulter. Les sociétés ont un but lucratif (réalisation d’un gain). Leur
capacité juridique est limitée par leur objet social.
2 - Les associations
Ce sont des groupements de personnes qui décident de défendre un
même intérêt. Les associations n’ont pas de but lucratif.
Exemple : l’Amicale des Anciens du Maroc, la Ligue des Consommateurs du
Burkina.
3 - Les fondations
La fondation est une masse de biens affectés par une personne à une
œuvre humanitaire. En tant que masse de biens, la fondation n’a pas de
membres. Ex.: Fondation Raoul Follereau.
3 - Les groupements d’intérêt économique
Le groupement d’intérêt économique est un groupement qui a pour but
de mettre en œuvre pour une durée déterminée tous les moyens propres à
faciliter ou à développer l’activité économique de ses membres, à améliorer
ou à accroitre les résultats de cette activité. Il est un instrument de
collaboration entre des entreprises préexistantes. Il se place à la limite entre
société et association.

Paragraphe 2 : Les attributs de la personnalité morale


Les personnes morales sont dotées de la personnalité juridique qui
leur permet d’acquérir des droits, de contracter des obligations. Elles
peuvent agir en justice et engager leur responsabilité comme les personnes
physiques. Du fait de cette personnalité juridique, elles ont les mêmes
attributs que les personnes physiques.
1- L’état des personnes morales

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Les personnes morales sont identifiées comme les personnes
physiques. Elles ont un nom qui est protégé en justice pour éviter une
confusion avec d’autres personnes morales. Elles ont un domicile qui est
généralement leur siège et une nationalité qui permet de déterminer la loi
applicable à leur fonctionnement.
2- Le patrimoine
De même que la personnalité juridique d’un groupement reconnu par le
droit ne se confond avec celle de ses membres, la personne morale a un
patrimoine autonome de celui de ses membres. Elle est la seule propriétaire
des biens qui lui sont affectées ou qu’elles acquièrent. Elles répondent à
titre principal sur leur actif des dettes qu’elles viennent à souscrire. Il y a
cependant des groupements dont les membres sont personnellement et
solidairement responsables du passif de la collectivité. C’est le cas des
sociétés en Nom Collectif.

3 - La capacité juridique
La capacité juridique des personnes morales est une capacité de
jouissance et d’exercice. Elle est cependant limitée par leur objet social. Ainsi
une société ayant pour objet d’exporter du cuir ne peut pas faire de
l’exportation des produits alimentaires.

Paragraphe 3 : La vie des personnes morales

A- La création
La création d’une personne morale implique un acte de volonté des
membres formant le groupement. Cette volonté se manifeste à travers les
statuts. Pour cela les statuts doivent être déposés au ministère de
l’Administration territoriale pour l’obtention d’un récépissé de
reconnaissance. La société, elle, doit être inscrite au registre du commerce et
du crédit mobilier.
B - Le fonctionnement
Le fonctionnement d’une personne morale est généralement réglé par
les statuts qui précisent en même temps son organisation, son but et sa
durée. Les statuts doivent, en particulier, prévoir les personnes physiques et
les organes de gestion et de représentation juridique de la personne morale.
C – La fin des personnes morales
Les personnes morales peuvent disparaître de deux façons :
- par dissolution volontaire : c’est le cas lorsque la durée de vie de la
personne morale est arrivée à terme ou lorsque l’objet pour lequel elle a été
créée a été réalisé. Ses membres peuvent également de commun accord
décider de sa dissolution. Cette dissolution doit être publiée.
- Par dissolution forcée : La loi peut dissoudre certaines catégories de
personnes morales. L’Administration peut également retirer sa
reconnaissance. L’autorité judiciaire peut également prononcer la
dissolution.

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CHAPITRE 2 : CLASSIFICATION DES DROITS ET DES BIENS

Les personnes juridiques jouissent des droits qui sont mis à leur
disposition par la loi. Ces droits portent le plus souvent sur des biens. Les
biens, dans le langage juridique, désignent toutes les choses qui peuvent
faire l’objet d’un droit et représentés dans le patrimoine d’une personne
ayant une valeur pécuniaire. Avant de procéder à la classification des droits
et des biens, il y a lieu de définir la notion de patrimoine.

Section I: Le patrimoine
Le patrimoine peut avoir plusieurs définitions.
Paragraphe 1 : Définition

Dans le langage courant, le patrimoine désigne la richesse d’une personne,


en d’autres termes ses avoirs. Pour la loi, le patrimoine est l’ensemble des
droits et obligations d’une personne ayant une valeur pécuniaire et qui dit-
on, sont dans le commerce. Le patrimoine est donc perçu comme une
universalité juridique duquel sont exclus certains droits comme ceux de la
famille ou ceux de la personnalité (droits extrapatrimoniaux).

Paragraphe 2 : Les caractères du patrimoine

A travers la définition ci-dessus, se dégagent les deux principaux caractères


du patrimoine : un caractère juridique et un caractère économique.
A- Le caractère juridique
Au plan juridique, la notion de patrimoine est liée à celle de la
personnalité juridique. Il en découle un certain nombre de règles ou
principes :
– Il n’y a pas de patrimoine sans qu’une personne physique ou morale
en soit titulaire. Autrement dit un ensemble de biens ne peuvent former à
eux seuls une masse autonome. Ainsi, les dettes et les droits nés de
l’exploitation d’un fonds de commerce n’appartiennent pas au fonds mais au
propriétaire du fonds.
- Toute personne a forcément un patrimoine au sens juridique du terme :
en effet, même si à un certain moment une personne ne possède rien, elle a
tout de même vocation à être titulaire de droits réels ou personnels. Il en
découle qu’on ne peut pas transmettre tout son patrimoine de son vivant.
Cette transmission n’est possible que pour cause de mort.
– chaque personne n’a en principe qu’un seul patrimoine, d’où le principe
de l’unicité du patrimoine.

B - Le caractère économique
Le patrimoine a un caractère économique en ce sens que les droits
réels ou personnels qui le composent sont appréciables en argent. Ils ont
une valeur pécuniaire ou économique (droits de propriété, droit au loyer sur
un immeuble, droit d’exiger le paiement d’une dette).

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Paragraphe 3 : Composition du patrimoine

Tout patrimoine comporte un actif et un passif. A l’actif, on retrouve


l’ensemble des biens et créances aussi présents que ceux à venir de la
personne. Il peut donc s’agir de biens corporels ou de droits personnels tout
simplement. Au passif, on a l’ensemble des dettes et des obligations de la
personne. Il peut s’agir d’une dette d’argent ou d’une obligation de faire
quelque chose comme la réparation d’un dommage.

Section 2 : Classifications des biens

Un bien, on l’a déjà vu, est une chose ayant une valeur appréciable en
argent et susceptible de faire l’objet d’un droit. La principale classification
des biens faite par la loi notamment l’article 516 du code civil repartit les
biens en biens meubles et en biens immeubles. Cependant, en dehors de
cette classification fondamentale, les biens sont susceptibles de recevoir
d’autres classifications.

Paragraphe 1 : La classification fondamentale : les meubles et les


immeubles
La consécration par la loi de cette classification tient certainement
compte du traitement réservé à ces deux catégories de biens sur le plan
juridique et fiscal. Ainsi, l’aliénation des immeubles immatriculés est
soumise à la publicité foncière mais pas celle des meubles. Sur le plan fiscal
la première est plus imposée que la seconde. Mais en fait, quel est le contenu
de cette classification.
A- Les meubles
Il existe deux sortes de biens meubles : les meubles par nature et les
meubles par détermination de la loi.
1 - Les meubles par nature
Les meubles par nature sont des choses sujettes à mobilité ou
susceptibles de déplacement. Il s’agit d’une part des choses animées c’est-à-
dire des choses qui peuvent se déplacer par elles-mêmes et d’autre part des
choses inanimées et qui ont, pour cela, besoin d’une force extérieure pour
les déplacer. Exemple : une chaise (chose inanimée), un animal (chose
animée).
2 – Les meubles par détermination de la loi
Il s’agit de biens incorporels ou des droits n’ayant aucune matérialité.
Sont ainsi considérés comme meubles par la loi : les actions et obligations
d’une société, les droits réels sur un bien meuble (droit de propriété sur une
chaise), les créances de somme d’argent, les actions en justice portant sur
un bien meuble.
On peut ajouter une troisième catégorie appelée meuble par
anticipation. Ainsi, les fruits non encore cueillis sont des immeubles mais
des parties à un contrat sur ces fruits à cueillir peuvent les considérer
comme meubles.
B - Les immeubles
Les immeubles sont classés en trois catégories : les immeubles par
nature, les immeubles par destination de la loi et les immeubles par l’objet.
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1 - Les immeubles par nature
Sont immeubles par nature les choses immobiles. Il s’agit notamment du sol
(surface et sous-sol) et tout ce qui est fixé au sol.
Exemple : terrain, arbres, un bâtiment, des récoltes non coupés.
2 - Les immeubles par destination de la loi
Ce sont des objets mobiles par nature mais que la loi les range dans la
catégorie des immeubles parce qu’ils constituent l’accessoire nécessaire ou
définitif d’un immeuble. Ainsi un bien meuble est considéré immeuble parce
qu’il est lié de façon inséparable au sol ou à une construction.
Exemple : une statue fixée au sol, des placards incorporés au mur.
Un meuble peut aussi être considéré comme immeuble parce qu’il est
indispensable à l’exploitation d’un immeuble.
Exemple : une charrue dans une exploitation agricole.
3 - Les immeubles par l’objet
Ce sont des droits portants sur des immeubles : usufruit des
immeubles, hypothèque, action en justice tendant à revendiquer un
immeuble….
Paragraphe 2 : Les autres classifications
Il existe d’autres types de classification en dehors de celle consacrée
par la loi.
A – Les biens qui peuvent être appropriés et les biens qui ne peuvent
être appropriés
En principe toutes les choses peuvent faire l’objet de propriété privé.
Mais il y a des biens qui ne peuvent être appropriés par un individu. Il s’agit
notamment des choses communes (l’air, les eaux courantes, l’eau de mer).
Ces choses peuvent faire l’objet de certaines appropriations (extraction de sel
de mer). Il y a aussi les biens relevant du domaine public qui ne peuvent être
appropriées par une personne privée (Ex : la place de la nation, les routes).
En dehors de ces exceptions, tous les biens sont susceptibles
d’appropriation (exemple : un ballon, une chaussure, une chèvre).
B – Les biens corporels et les biens incorporels
Les biens corporels sont ceux qui ont une consistance physique ou
une existence matérielle. Ils sont le plus souvent perceptibles par les sens.
Exemple : un bœuf, un ballon, un crayon
Les biens incorporels sont, par contre, immatériels et abstraits.
Exemple : droit de créance, clientèle d’un commerçant.

C – Les biens consomptibles et les biens non consomptibles


Les biens consomptibles sont des biens qui se détruisent par l’usage
qu’on en fait. On dit qu’ils se détruisent dès le premier usage.
Exemple : les aliments, la boisson, le bois.
Les biens non consomptibles sont par contre des biens qui peuvent
faire l’objet d’un usage prolongé. Exemple : un vêtement, une voiture, une
chaussure.
D -Les choses fongibles et les choses non fongibles
On classe également les biens en choses fongibles et en choses non
fongibles. Les choses fongibles, encore appelées choses de genre sont
interchangeables. Ce sont des choses dont les multiples exemplaires peuvent

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être substitués les uns aux autres sans inconvénient. En matière de
paiement, on peut donner l’un ou l’autre exemplaire.
Exemple : le riz, une somme d’argent, l’huile.
Par opposition, les choses non fongibles ou corps certains sont des choses
qui ont une individualité propre. On ne peut pas les changer par autre
chose : un tableau de Picasso, une veste de Clara couture.

Section 3 : Classification des droits

Les droits subjectifs sont nombreux et ont des caractéristiques diverses. Il


apparaît donc nécessaire de les regrouper selon leurs caractères afin de
pouvoir comprendre leur nature et leur intérêt pour leurs titulaires. La
classification traditionnelle des droits subjectifs consacre la distinction entre
les droits patrimoniaux et les droits extrapatrimoniaux.

Paragraphe 1 : Les droits extrapatrimoniaux


Les droits extrapatrimoniaux n’ont pas de valeur pécuniaire en ce sens qu’ils
ne font pas partis de la « fortune », du patrimoine. Ce ne sont pas des biens
et ils se caractérisent par leur attachement à la personne de leur titulaire. Ce
dernier, ne peut, de ce fait, ni les vendre, ni les donner, ni les échanger …On
dit alors qu’ils ne sont pas dans le « commerce juridique ».
On peut regrouper les droits extrapatrimoniaux en deux catégories. Il y
a d’une part les droits familiaux et d’autre part les droits de la personnalité.
A – Les droits familiaux
Ce sont les droits reconnus aux personnes dans le cadre de leurs
relations familiales. Ainsi le code des personnes et de la famille consacre
l’autorité parentale des parents dans le cadre de la famille. Ce droit confère
aux parents un certain nombre de prérogatives sur leurs enfants mineurs en
vue de leur éducation. Il y a aussi les droits du tuteur à l’égard de son
pupille. Ces droits ne peuvent pas être céder par leurs titulaires (sauf dans
les cas prévus par la loi) ou saisis par les créanciers de ces derniers.
B - Les droits de la personnalité
Chaque être humain possède un ensemble de caractéristiques
physiques et morales qui forment son individualité. Pour protéger ces
caractéristiques personnelles, il lui est reconnu des prérogatives qui
constituent les droits de la personnalité. Ainsi, toute personne a un nom et
des prénoms qui permettent de l’individualiser. Le nom ne peut être cédé. Il
y a aussi le droit à la protection de l’individualité physique et morale. C’est
dans ce registre que sont rangés le droit à l’intégrité physique, le droit à
l’honneur, le droit au respect de sa vie privée. Ces droits de la personnalité
appartiennent généralement aux personnes physiques. Mais on en rencontre
qui appartiennent aux personnes morales. Ainsi, les personnes morales ont
un nom qui est protégé. Elles peuvent également saisir les tribunaux pour
défendre leur honneur.
Notons enfin que si les droits extrapatrimoniaux n’ont pas de valeur
pécuniaire, la réparation d’une atteinte portée sur eux peut être pécuniaire.
Ainsi, l’honneur n’a pas de prix mais celui qui a été victime de calomnie ou
de médisance peut réclamer une réparation en argent.

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Paragraphe 2 : Les droits patrimoniaux
Les droits patrimoniaux sont la partie des droits subjectifs qui ont
valeur pécuniaire et dont l’ensemble forme le patrimoine de leur titulaire.
Ces droits sont dans le commerce et peuvent être transmis d’une personne à
une autre. On peut donc les vendre, les donner, les échanger.
Les droits patrimoniaux sont répartis en deux catégories : les droits
personnels et les droits réels. Mais la plupart des auteurs reconnaissent
l’existence d’une troisième catégorie : les droits intellectuels ou de clientèle.
A- Les droits personnels
Les droits personnels sont également appelés droits de créance.
Certains auteurs les désignent sous le nom d’obligations. Ce sont des termes
qui se valent et peuvent dans une certaine mesure être considérés comme
des synonymes.
Le droit personnel ou droit de créance ou encore obligation est tout
simplement un lien de droit entre deux personnes en vertu duquel l’une
d’entre elles peut exiger de l’autre une prestation ou une abstention. Le
titulaire du droit qui bénéficie de la prestation est appelé créancier. Celui
contre qui le droit est exercé et qui doit la prestation est appelé débiteur.
Quant à ce qui est du par ce dernier, il peut s’agir d’une somme d’argent,
d’un service, d’un travail ou d’une abstention.
Les droits personnels peuvent naître à la suite d’un contrat entre les
deux personnes ou résulter tout simplement d’un fait dont l’une d’entre elles
en serait l’auteur et l’autre victime.
Exemples : - à la suite d’un contrat de vente, l’acheteur peut exiger du
vendeur le transfert de la propriété et la délivrance de la chose vendue. Le
vendeur peut aussi exiger de l’acheteur le paiement du prix. Ici chacun a, à
la fois, la qualité de créancier et de débiteur.
- à la suite d’un dommage causé par une personne à une autre, la
victime du dommage devient créancière de l’auteur du dommage. Il peut
alors exiger de lui la réparation du préjudice
B – Les droits réels
Ce sont des droits qui confèrent à leurs auteurs un pouvoir
portant directement sur un bien ou une chose. Le propriétaire d’une
chose peut par exemple la vendre, la louer, la donner, la transformer. En
latin, une chose est appelée « res » et le terme « réel » dérive donc de « res ».
Dans le cadre des droits réels, il n’y a qu’un titulaire du droit, un objet
sur lequel porte ce droit mais il n’y a pas de débiteur. Ce pouvoir direct sur
un objet doit être respecté par tous ceux qui n’en sont pas titulaires. On dit
que les droits réels sont opposables à tous. Ce sont des droits absolus.
L’opposabilité de ces droits aux tiers se concrétise par l’octroi d’un droit de
suite et d’un droit de préférence. Le droit de suite confère à son titulaire le
pouvoir de reprendre l’objet entre les mains de quiconque le détient et le
droit de préférence lui donne droit à être payé en priorité sur le bien en cas
de vente du bien.
Les droits réels sont groupés en deux classes distinctes : les droits
réels principaux que nous verrons à travers l’un d’eux à savoir le droit de
propriété et ses démembrements et les droits réels accessoires.

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1 – Le droit de propriété
C’est le droit qui permet à son titulaire appelé propriétaire d’utiliser et
de disposer la chose sur laquelle il porte. Le droit de propriété comporte des
attributs et des caractères mais également des limites. Il a également des
démembrements et fait l’objet d’une protection.
a) - Attributs et caractéristiques
a1- Les caractères du droit de propriété
Les prérogatives dont dispose le propriétaire sur son bien découlent
des caractères essentiels reconnus au droit de propriété. Ce droit présente
les caractères suivants : il est exclusif et absolu. On dit que c’est un droit
exclusif parce que le propriétaire est seul maître de la chose. Ce qui lui
permet de faire en sorte qu’aucune autre personne ne puisse utiliser la
chose ou ne tire un profit quelconque de celle-ci. C’est également un droit
absolu en ce sens que le propriétaire peut exercer les pouvoirs les plus
étendus sur son bien.
a2 - Les attributs du droit de propriété
Le caractère exclusif et absolu du droit de propriété confère au
propriétaire trois sortes de pouvoirs : l’usus, le fructus et l’abusus
- L’usus : c’est le droit du propriétaire d’user de la chose c’est-à-dire de
l’utiliser comme bon lui semble. Ainsi, le propriétaire d’un terrain peut y
construire une maison tout comme, il peut y planter des arbres.
- Le fructus est le droit de percevoir les fruits produits par son bien.
Ainsi, le propriétaire d’une maison mise en location a le droit de percevoir un
loyer ou le propriétaire d’une somme d’argent placé en banque ou prêtée à
quelqu’un peut percevoir des intérêts
- L’abusus : ce terme d’origine latine ne doit être traduit par « abuser »
mais plutôt par « disposer ». L’abusus est le droit du propriétaire de disposer
de la chose par des actes matériels (destruction par exemple) ou par des
actes juridiques (vente, donation, location, prêt ….). Ainsi, le propriétaire
d’une maison peut la louer, la vendre, la donner ou la détruire.

b- Les limites du droit de propriété


Les limites au droit de propriété peuvent provenir d’intérêt public ou
d’intérêts privés :
-les restrictions d’intérêt public : le droit de propriété peut tout
simplement être retiré à son propriétaire par l’autorité publique. C’est le cas
de l’expropriation pour cause d’utilité publique. Certains actes du
propriétaire sont soumis à autorisation préalable de l’autorité publique.
Ainsi, pour construire, le propriétaire doit normalement disposer d’un
permis de construire.
-Les restrictions provenant d’intérêts privés : Le principe est que dans
l’exercice de ses prérogatives, le propriétaire ne doit porter préjudice à autrui
sinon, il serait amené à le réparer. Aussi, dans l’exercice de son droit, le
titulaire du droit de propriété est tenu de respecter les droits de certaines
personnes. Ainsi, en matière de bail, le bailleur (propriétaire de l’immeuble)
est tenu de respecter les droits du locataire.
c – Les démembrements du droit de propriété
Le droit de propriété a des démembrements. On peut citer l’usufruit et
les servitudes.
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- L’usufruit est un droit mobilier ou immobilier temporaire qui donne à
son titulaire appelé usufruitier l’usage et la jouissance d’un bien
appartenant à une autre personne appelée nu-propriétaire. L’usufruitier a la
charge de conserver la substance de la chose. Il peut utiliser le bien pour
son usage personnel, percevoir les fruits revenus et loyers relatifs à ce bien.
Il ne peut cependant pas disposer du bien.
- les servitudes : une servitude est une charge imposée à un immeuble
pour l’usage et l’utilité d’un immeuble appartenant à un propriétaire
différent. L’immeuble qui supporte la charge est appelé fonds servant et celui
qui en bénéficie fonds dominant. Par exemple, un immeuble n’a pas d’accès
facile à une route voisine, une servitude de passage peut être établie sur
l’immeuble contigu.
Pour conclure, il faut noter que le droit de propriété peut s’acquérir
par contrat (vente, donation) par la succession. Le fait de posséder la chose
peut ouvrir droit à la propriété. A cet effet, l’article 2279 du code civil dispose
qu’ « en fait de meuble, possession vaut titre ». La possession doit être
paisible, publique et non équivoque.
2– Les droits réels accessoires
Les droits réels accessoires sont ceux qui sont adjoints à un droit de
créance. En effet pour s’assurer du paiement de sa créance, le créancier
souhaite que le débiteur mette en garantie un de ses biens. Cette garantie
appelée sûreté réelle est un droit réel puisque portant sur une chose. Elle se
distingue de la sûreté personnelle qui est un droit de créance. Les sûretés
sont des droits réels accessoires. Les formes les plus courantes sont
l’hypothèque et le gage.
a)- L’hypothèque
C’est un droit réel accessoire immobilier (terrain, villa..). C’est une
sûreté portant sur un ou plusieurs immeubles déterminés du débiteur. Le
propriétaire reste en possession de l’immeuble et peut l’aliéner. Ce qui ne
lèse pas le créancier hypothécaire car il a un droit de préférence et de suite.
Ainsi, Il peut saisir l’immeuble hypothéqué entre les mains de toute
personne. Et si, le bien hypothéqué est saisi et vendu, le créancier
hypothécaire sera payé sur le produit de la vente par préférence à un
créancier chirographaire (créancier d’une somme d’argent n’ayant de garanti).
Pour protéger les intérêts des tiers les hypothèques doivent faire l’objet de
publicité foncière.
b) – Le Gage
C’est une garantie c’est-à-dire une sûreté réelle portant sur un objet
mobilier (tableaux, bijoux …). Le procédé est différent de celui de
l’hypothèque. Comme il s’agit de biens meubles, il n’est pas possible en
général de procéder à une publication. Pour que la garantie puisse être
efficace le débiteur remet au créancier gagiste un bien meuble. Il y a donc
dépossession. Mais, il y a des gages qui n’entraînent pas dépossession. En
effet, les nécessités économiques ont conduit à imaginer des mécanismes
permettant au débiteur de donner des biens meubles en garantie sans en
perdre la jouissance. Il s’agit notamment du nantissement (nantissement de
matériel d’exploitation, de fonds de commerce…). Mais la publicité est
assurée aujourd’hui par l’inscription au registre du commerce et du crédit
mobilier.
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C - Les droits intellectuels ou droits de clientèle
Ce sont des droits d’origine assez récente. On ne peut les classer ni
dans les droits réels ni dans les droits personnels. Ils ne portent, en effet,
pas sur des choses matérielles et ils ne s’exercent pas contre un ou
plusieurs personnes déterminées mais sont opposables à tous.
Ils se présentent comme des monopoles d’exploitation portant soit sur
des œuvres de l’esprit d’où l’appellation de droits intellectuels soit sur la
clientèle résultant d’une marque, de dessin et models, d’un nom commercial.
Dans ce dernier cas on parle droits de clientèle.
Comme, ils comportent un droit exclusif, privatif sur des choses
n’ayant pas une consistance matérielle, on les appelle aussi droits de
propriété incorporelle.

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CHAPITRE 3: CLASSIFICATION DES DROITS SUBJECTIFS (LES
OBLIGATIONS)

Une obligation est un lien juridique entre deux (ou plusieurs)


personnes en vertu duquel l’une des personnes (le créancier) peut exiger de
l’autre (le débiteur) une prestation ou une abstention.
Les sujets de l’obligation sont le créancier appelé sujet actif et le
débiteur appelé sujet passif. L’objet de l’obligation est la prestation ou
l’abstention.
A travers ce chapitre, nous verrons les sources de l’obligation, la
classification des obligations et en enfin les effets de l’obligation.

Section 1 : Les sources de l’obligation

Une obligation peut résulter, soit de la loi, soit de l’action de l’homme,


soit d’une convention c’est-à-dire de la volonté humaine.

Paragraphe 1 : Les obligations résultant de la loi


Certaines obligations naissent directement de la loi qui les impose aux
obligés du fait de leur état ou situation juridique en dehors de tout fait ou
activité de ceux-ci.
L’exemple le plus significatif est celui de l’obligation alimentaire liant
les enfants et parents.

Paragraphe 2 : Les obligations résultant de l’activité humaine


Certains faits de l’homme qu’ils soient volontaires ou involontaires
peuvent avoir des conséquences en droit. Ils peuvent en effet être sources
d’obligations. Ces faits peuvent être d’une part les délits et quasi-délits et
d’autre part les quasi-contrats.
A- Les délits et quasi-délits
Le délit, selon René SAVATIER, est un acte par lequel on a nui
malicieusement à autrui. Le quasi-délit est défini par cet auteur comme une
simple imprudence ou négligence dommageable. En dépit de cette
distinction, leurs conséquences sont les mêmes en matière de responsabilité.

1 - L’obligation de réparer un délit ou quasi-délit


a) - Le fait générateur
Le fait générateur peut résulter, soit du fait personnel, soit du fait de choses
ou d’animaux dont on a la garde, soit enfin du fait d’autrui.
- Le fait personnel
La responsabilité résultant du fait personnel découle de l’article 1382
du code civil qui dispose « tout fait quelconque de l’homme qui cause à
autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le
réparer ». L’article 1383 ajoute que « chacun est responsable du dommage
qu’il a causé par son fait, mais encore par négligence ou par imprudence ».
Chacun est donc responsable du dommage causé à autrui par sa
faute. Il y a la faute par commission ou omission. Il y a faute par commission
dès qu’il y a violation d’une règle légale et plus généralement dès qu’une
personne ne se conduit pas en « bon père de famille » c’est-à-dire comme
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l’aurait fait un homme prudent et raisonnable dans les mêmes
circonstances. La faute par omission est lorsqu’on s’abstient de prendre des
précautions pour éviter un dommage. Il en résulte que le fait peut être un
acte volontaire, d’une imprudence ou tout simplement d’une omission.
Exemple : faute par commission : excès de vitesse, faute par omission :
ne pas réparer un mur qui menace de tomber.
On n’est cependant pas responsable lorsque le fait résulte d’un cas de force
majeur ou constitue un acte de légitime défense.
- Le fait des choses
La responsabilité du fait des choses ou des animaux est prévue par les
articles 1384 à 1386 du Code civil. En substance, selon ces articles, celui
qui a la garde d’une chose ou d’un animal, doit réparer le dommage causé
par ceux-ci. Dans cette situation, la victime n’a pas à prouver la faute du
détenteur de l’objet ou de l’animal qui a causé le dommage. La personne qui
a la garde de l’animal ou de la chose est présumée responsable.
- Le fait d’autrui
Les parents sont responsables du dommage causé à des tiers par leurs
enfants mineurs ; les artisans sont responsables de celui causé par leurs
apprentis. Les employeurs et commettants quant à eux répondent du
dommage causé à autrui respectivement par leurs domestiques et préposés.
b) – Le dommage
Pour que l’obligation naisse, il faut qu’il y ait dommage. Ce dommage
peut être matériel (destruction d’un mur) ou moral (prix de la douleur,
souffrances, atteintes à l’honneur). Le dommage peut être actuel (perte
d’une chose) ou futur (perte d’une chance). Cependant pour donner droit à
réparation, le dommage doit être certain et non éventuel.
De plus, il doit exister un lien de cause à effet entre le fait générateur
et le préjudice. C’est ce qu’on appelle lien de causalité.
2- L’obligation de réparer le dommage
La réparation du dommage s’exprime par l’allocation d’une indemnité
à la victime. C’est la sanction de la faute. Le montant de l’indemnité doit être
fonction de la responsabilité et de l’importance du préjudice. La victime ne
saurait en aucun cas tirer profit de la situation. Il est de règle que le
préjudice doit être réparé dans son intégralité. Ce qui signifie que l’on doit
procéder à une réévaluation si le préjudice venait à s’aggraver. La reparation
en nature est parfois permise.
B- Les quasi–contrats
Le quasi-contrat est un fait licite et volontaire d’où découlent des
obligations soumises à un régime semblable à celui des contrats. Cependant
l’auteur et le tiers sur lesquels pèsent les obligations ne sont pas liés par un
contrat. Toujours est-il que le quasi-contrat est l’appauvrissement d’une
personne au profit d’une autre. D’où la nécessité de rétablir le déséquilibre à
travers les obligations. Les principaux quasi-contrats sont la gestion
d’affaire, l’enrichissement sans cause et la répétition de l’indu
1 - La gestion d’affaire
C’est une situation dans laquelle une personne, le gérant, s’occupe des
affaires d’une autre personne, le géré ou maître de l’affaire, sans en avoir été
chargé et surtout dans le but de lui rendre service.

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Exemple : Paul répare la maison de son voisin à son absence pour éviter
qu’elle ne tombe.
Pour qu’il y ait gestion d’affaire l’acte du gérant doit être posé à l’insu
du géré et dans son intérêt.
Du point de vue du droit, le géré doit rembourser au gérant tous les
frais engendrés par la gestion. Il doit aussi remplir les engagements que le
gérant a contractés auprès des tiers en son nom. Le gérant doit gérer l’affaire
en « bon père de famille ». Il doit gérer l’affaire jusqu’au bout et rendre
compte de sa gestion au géré.
2 - L’enrichissement sans cause
C’est un mécanisme d’origine jurisprudentielle. C’est une situation
dans laquelle, une personne enrichit une autre en s’appauvrissant sans qu’il
y ait de cause. D’après cette définition, pour qu’il y ait enrichissement sans
cause, il faut certaines conditions :
- un enrichissement matériel ou moral
- un appauvrissement corrélatif d’un autre patrimoine ;
-l’absence de cause : c’est-à-dire la raison juridique (la loi, un contrat, usage)
qui entraine l’enrichissement ou l’appauvrissement.
Si ces conditions sont réunies, l’appauvri peut intenter contre l’enrichi
une action dite de « in rem verso » s’il ne dispose d’aucune voie de droit pour
obtenir la réparation du préjudice.
Exemple : Le détenteur d’une chose peut intenter cette action contre son
propriétaire en vue d’obtenir le remboursement des frais liés à la valorisation
de cette chose lorsque ce dernier veut le récupérer.
3 – La répétition de l’indu
Le paiement en général vise l’exécution d’une obligation. Si cette
obligation n’existe pas, il y a enrichissement injuste d’une partie et il faut
restituer ce qui a été payé. Ainsi, la répétition de l’indu permet d’obtenir la
restitution de ce qu’on a versé par erreur à quelqu’un dans les cas suivants :
- en l’absence totale ou partielle de dette entre celui qui a payé et celui qui a
reçu le paiement. Ainsi le fournisseur d’électricité qui s’est fait verser par ses
clients, plus que le tarif, doit leur rendre le surplus.
- en cas de paiement à toute autre personne que le créancier.

Paragraphe 3 : Les obligations nées des contrats


En dehors de la loi, des délits, quasi-délits et contrats, les obligations
peuvent résulter de la volonté humaine. Cette volonté peut s’exprimer à
travers un acte unilatéral, comme le fait de reconnaître un enfant, ou à
travers un contrat. Le contrat est une source importante d’obligations. On la
considère comme la première et la plus importante. Le contrat est défini par
l’article 1101 du Code civil en ces termes : « le contrat est une convention
par laquelle une ou plusieurs personnes s’obligent envers une ou plusieurs
autres, à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose. ».
Dans ce cas les obligations sont nées de la volonté des parties.
A- La formation des contrats
La formation des contrats doit obéir à des conditions de forme et de
fond.
1 - Les conditions de fond

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Quatre conditions sont requises pour la validité d’un contrat. Ces
conditions sont relatives au consentement des parties, à leur capacité, à
l’objet et à la cause du contrat.
a) - Le consentement des parties
Le consentement est nécessaire à la conclusion du contrat. Le contrat
tire, en effet, sa force juridique dans le fait que son contenu a été déterminé
et délibérément recherché par un accord commun de volonté des parties.
Le consentement peut être express ou tacite. Il peut être donné
personnellement par le contractant ou par l’intermédiaire d’un mandataire.
Mais pour que le contrat soit valide, le consentement doit être donné
librement et en connaissance de cause.
Lorsque l’une des parties n’a pas donné son consentement en
connaissance de cause ou l’a donné sous une quelconque pression, son
consentement se trouve dans ce cas vicié et le contrat est annulable.
Il existe quatre types de vices du consentement :
-l’erreur : c’est le cas où l’un (au moins) des contractants s’est trompé
sur un des éléments du contrat. L’erreur peut porter sur la nature du
contrat, sur la personne du cocontractant, sur la nature ou l’objet du
contrat.
- le dol : le contrat est nul lorsqu’une partie au contrat a usé de ruse,
de tromperie ou de manœuvre pour amener l’autre à conclure. Le dol peut
aussi être constitué par le silence d’une des parties sur un fait dont la
connaissance peut empêcher son cocontractant de s’engager. On parle de
« dol de réticence ». Exemple : silence du vendeur sur les accidents subis par
la voiture. Pour entraîner la nullité du contrat le dol peut être le fait d’une
des parties. Mais le dol provoqué par un tiers peut entraîner la nullité
lorsque la partie qui en profit en était informé.
- la violence : le consentement donné sous la violence physique ou
morale n’est pas valable. Pour donner lieu à la nullité du contrat, la violence
doit avoir été déterminante dans la conclusion du contrat.
-la lésion : il arrive que le bien ou la prestation qui fait l’objet du
contrat soit surévalué ou sous-évalué au détriment d’une partie. Toutefois la
lésion n’est considérée comme un vice de consentement que si elle résulte
d’une erreur ou d’un dol.
b) - La capacité
Celui qui n’a pas la majorité civile c’est-à-dire vingt (20) ans n’a pas la
capacité pour s’engager dans un contrat. Il doit être représenté dans les
actes juridiques par ses parents ou son tuteur. Si un mineur pose un acte
qui aurait dû être effectué par son représentant légal, cet acte est annulable.
Mais le mineur autorisé peut passer seul certains contrats. Certains actes
accomplis au-delà de l’autorisation ne sont pas forcément nuls ; beaucoup
sont rescindables pour cause de lésion.
Quant aux majeurs protégés leur incapacité de conclure peut
apparaître, de manière intermittente ou de façon continue en fonction de
l’état d’altération de leurs facultés mentales.
c) – L’objet
L’objet du contrat est le contenu du contrat, la prestation promise. Il
doit exister, être utile, déterminé, possible et licite. Il peut être actuel ou
futur (vente d’une récolte future).
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d) - La cause
La cause du contrat est le (ou les) motif (s) personnel(s) à chaque
contractant qui le détermine à contracter. La cause du contrat présente un
double aspect :
-un aspect objectif qui est la contrepartie qu’il tire de ses engagements
dans le contrat. Par exemple, dans le contrat de vente, l’acheteur s’oblige à
verser le prix parce le vendeur va lui transférer la propriété d’une chose.
- un aspect subjectif qui est le mobil du contractant. Il varie selon les
personnes et se concrétise par exemple par le fait de payer telle chose et non
telle autre.
La cause doit être licite c’est-à-dire conforme à la loi, à l’ordre public et
aux bonnes mœurs. La cause doit exister. Elle n’existe pas lorsque
l’obligation n’a pas de contrepartie.
2 - Les conditions de forme
En matière contractuelle, la règle qui prévaut en vertu du
consensualisme, est que le contrat est valablement formé par l’échange de
consentement entre les parties sans qu’il soit nécessaire de le constater par
écrit.
Cependant, certains contrats sont soumis à certains formalismes.
C’est le cas des contrats dits solennels. La solennité peut consister en un
simple écrit pour attirer l’attention des parties sur l’importance de l’acte.
Mais la solennité la plus fréquente est l’authenticité c’est-à-dire la rédaction
de l’acte par un officier public.
Un acte rédigé par les parties elles-mêmes c’est-à-dire un acte sous-
seing privé a une valeur moindre qu’un acte authentique car une partie peut
toujours tenter de prouver le contraire du contenu de l’acte. Mais elle peut
exceptionnellement avoir les caractères d’un acte solennel lorsque la loi
conditionne sa validité par l’observation de certaines prescriptions.
En plus de l’écrit, certains contrats font l’objet de certaines formalités.
Il peut s’agir de la publicité (vente d’immeuble par exemple), de déclaration
administrative (contrat de travail doit être visé par l’inspection du travail) ou
de formalité fiscale (enregistrement par exemple pour les baux relatifs aux
immeubles).
3 – Les sanctions du non-respect des conditions de formation du
contrat
Les sanctions du non-respect de ces conditions sont la nullité et la
rescision.
a) - La nullité
La nullité prive le contrat de tout effet. Elle peut être absolue ou relative.
- La nullité relative vise à protéger une partie au contrat. Ainsi, la nullité qui
frappe le contrat pour vice de consentement est une nullité relative.
- La nullité absolue vise la protection de l’intérêt général. Ainsi les nullités
qui sanctionnent le contrat pour non-respect des formes (contrats solennels)
ou violation des conditions relatives à l’objet ou à la cause sont des nullités
absolues.
b) - La rescision
C’est une nullité relative qui frappe le contrat pour cause de lésion. La
rescision doit protéger l’intérêt de la partie lésée. La partie qui a profité de la
lésion peut éviter la rescision en désintéressant la victime.
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B - La fin des contrats
Beaucoup de contrats s’exécutent immédiatement. C’est le cas des
contrats à exécution instantanée. Le contrat peut prendre fin avec
l’exécution de la prestation. Mais, il y a des contrats à exécution successive.
Pour ces contrats, la fin peut intervenir de plusieurs façons :
- la révocation par consentement mutuel : un contrat peut toujours être
révoqué lorsque les parties en conviennent d’un commun accord. Cependant
cette révocation n’a pas d’effet rétroactif.
-la résiliation unilatérale : le contrat à durée indéterminée peut faire l’objet
de résiliation unilatéral à condition que la partie qui en prend l’initiative
prévienne l’autre partie à travers un préavis. La résiliation n’a pas d’effet
rétroactif.
- la résolution : c’est l’anéantissement rétroactif d’un contrat par suite d’un
fait postérieur. Ce fait postérieur peut être l’inexécution de l’obligation d’une
des parties. Ainsi dans un contrat synallagmatique, une partie peut obtenir
la résolution du contrat lorsque le cocontractant n’exécute pas ses
obligations. Il peut y avoir résolution lorsque les parties avaient prévu une
condition résolutoire.
C- La classification des contrats
Les contrats peuvent faire l’objet de plusieurs classifications.
1 - Les contrats synallagmatiques et les contrats unilatéraux
Le contrat unilatéral est celui qui n’entraîne pas d’obligations qu’à la charge
d’une des parties. Ainsi, dans la donation, le donateur s’engage à transférer
la propriété d’une chose et faire délivrance du bien donné sans que le
donataire n’ait un quelconque engagement en retour.
Le contrat est synallagmatique lorsque les parties s’engagent
réciproquement. Chaque partie au contrat a, à la fois, la qualité de créancier
et débiteur. En matière de vente le vendeur et l’acheteur s’engagent
réciproquement.
2 - Les contrats onéreux et les contrats à titre gratuit
Le contrat à titre gratuit ou de bienfaisance est celui dans lequel une
partie fournit une prestation sans rien demander en échange. C’est le cas du
prêt sans intérêts.
Le contrat onéreux est celui qui exige une contrepartie à la prestation.
Exemple : le prêt avec intérêts.
3 - Les contrats commutatifs et les contrats aléatoires
Le contrat commutatif est celui dans lequel les parties connaissent
d’avance l’étendue de leurs engagements. Exemple : la vente
Le contrat aléatoire est celui dans lequel l’étendue des prestations d’au
moins d’une partie dépend d’un évènement soumis au hasard. Exemple : le
jeu de hasard, l’assurance.
4 - Les contrats instantanés et les contrats à exécution successive
Le contrat instantané est celui qui ne comporte qu’une ou plusieurs
prestations à réaliser en une seule fois. Exemple : la vente
Le contrat à exécution successive ou continue est celui qui comporte des
prestations qui sont appelées à se répéter périodiquement. Exemple : le
contrat de travail.

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5- Les contrats consensuels, solennels et réels
Les contrats consensuels sont ceux qui sont formés par le simple échange
de volonté des parties. Les contrats solennels, par contre, sont ceux dans
lesquels, le consentement est exprimé dans une certaine forme. C’est le cas
où la loi exige la rédaction de l’acte par un officier public. Exemple : le
mariage
Le contrat réel est celui dont la formation exige non seulement l’accord de
volonté mais aussi la remise d’une chose réelle au cocontractant. Exemple :
le prêt, le gage.
6 – Les Contrats nommés et les contrats inommés
Les contrats nommés sont ceux qui ont reçu de la loi un nom et qui
font l’objet d’une réglementation particulière. Exemple : le bail
Les contrats innomés sont qui n’ont pas spécialement été prévus ou
réglementés par la loi. Ces contrats obéissent aux règles générales des
contrats et obligations.

SECTION 2 : La classification des obligations

Les obligations sont très variées et peuvent faire l’objet de plusieurs


classifications. On les classe généralement selon leur objet, selon l’étendue
de la prestation du débiteur ou selon leurs sources.

Paragraphe 1 : Classification des obligations selon leur objet


De ce point de vue, on distingue les obligations de donner, les
obligations de faire, les obligations de ne pas faire.
A – Les obligations de donner
L’obligation de donner est celle qui a pour objet le transfert de la
propriété d’une chose. Généralement, lorsqu’elle est d’origine contractuelle,
cette obligation s’exécute dès la conclusion du contrat. C’est surtout le cas
lorsque l’objet du contrat est un corps certain c’est-à-dire une chose ayant
une individualité propre.
Exemple : dans une vente portant sur un bœuf, le transfert de propriété se
fait dès la conclusion du contrat et l’acheteur devient immédiatement
propriétaire.
Pour les choses de genre le transfert de propriété se fait après
individualisation de la chose.
B – L’obligation de faire
C’est l’obligation par laquelle le débiteur s’engage à accomplir pour le
créancier une prestation. Ainsi, l’ouvrier qui loue ses services à son patron, a
l’obligation d’exécuter un certain nombre de tâches tout comme le bailleur
est tenu de procurer au locataire la jouissance de la chose louée.
C – L’obligation de ne pas faire
Certains auteurs l’appellent « obligation négative ». En effet, il s’agit,
dans le cadre de cette obligation, pour le débiteur de s’abstenir de tel ou tel
agissement ou comportement.
Exemple : engagement du vendeur de fond de commerce de ne pas ouvrir un
fond qui pourrait faire concurrence au fond vendu.

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Paragraphe 2 : Classification selon l’étendue de la prestation du
débiteur

D’après cette classification, on distingue d’une part les obligations de


résultat et d’autre part les obligations de moyens.
A– L’obligation de résultat
Dans l’obligation de résultat, le débiteur promet un certain résultat
Exemple : le transporteur s’engage à emmener le passager d’un point à un
autre et de l’y conduire sain et sauf
Le débiteur n’aura exécuté son obligation que si le résultat promis est
atteint. Cette précision est importante car elle permettra de constater
l’inexécution de l’obligation et les conséquences qu’elle peut avoir du point
de vue de la responsabilité.
B – L’obligation de moyen
On l’appelle également « obligation de prudence et de diligence ». Dans
l’obligation de moyens, le débiteur ne promet pas un résultat mais
seulement de mettre en œuvre tous les moyens dont il dispose, de se
montrer prudent et diligent, de faire de son mieux. Exemple : le médecin ne
s’engage pas à guérir le malade mais à lui donner des soins consciencieux,
attentifs et conformes aux normes du métier.
La distinction entre obligations de résultat et obligations de moyens
est importante du point de vue de la charge de la preuve de la faute. En effet,
l’inexécution d’une obligation de résultat permet de présumer la faute du
débiteur alors qu’en matière d’obligations de moyens, il appartient au
créancier de prouver la faute du débiteur.

Paragraphe 3 : Classification selon les sources des obligations


On a vu dans la partie consacrée aux sources des obligations, qu’on
peut être obligé du fait de la loi, d’un délit ou quasi-délit, d’un quasi-contrat
ou suite à un contrat. On peut alors en fonction de ces sources procéder à la
classification des obligations. C’est ce que fait l’article 1370 du Code Civil en
distinguant d’une part les obligations conventionnelles et d’autre part les
obligations non conventionnelles.
- les obligations conventionnelles sont celles qui naissent de la volonté des
intéressés notamment suite à un contrat. C’est ainsi qu’on parle
d’obligations contractuelles
- les obligations non conventionnelles sont celles qui naissent en dehors de
la volonté des intéressés. Il s’agit notamment des obligations qui résultent
des délits et quasi-délits, des quasi-contrats et de la loi. Dans cette catégorie,
on a par exemple les obligations légales et les obligations délictuelles.

Section 3 : Les effets des obligations

Les effets des obligations doivent s’analyser tant du point de vue des parties
qu’à l’égard des tiers.

Paragraphe 1 : Les effets entre les parties


Les obligations, quelles que soient leurs sources lient les parties. En
rappel, les parties dans l’obligation sont le créancier et le débiteur. Pour le
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cas des contrats, la loi proclame expressément le caractère obligatoire des
engagements des parties à travers l’article 1134 du code civil en ces termes :
« les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont
faites. Elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel ou
pour les causes que la loi autorise. Elles doivent être exécutées de bonne
foi ». Cet article consacre les forces obligatoires des contrats.
Mais au-delà des contrats, toute obligation engendre un lien personnel
et juridique entre le créancier et le débiteur. Le débiteur est tenu d’exécuter
son obligation. Il ne peut s’en dérober. Le créancier a un pouvoir de
contrainte pour forcer le débiteur à l’exécution. Il peut aussi opter pour une
exécution par équivalence à travers le versement à son profit de dommages
et intérêts par le créancier.
Le pouvoir de contrainte ne s’exerce pas sur la personne du débiteur
mais sur son patrimoine. Ce pouvoir se manifeste par le « droit de gage
général » du créancier. Ce qui signifie que le créancier peut procéder à
l’exécution forcée sur n’importe quel bien du débiteur en le faisant saisir et
en le faisant vendre pour se payer le prix. Ce droit de gage général ne donne
cependant pas ni un droit de suite, ni un de droit de préférence au créancier.

Paragraphe 2 : Les effets des obligations à l’égard des parties


Le principe général est qu’une obligation née entre deux personnes ne
saurait produire des effets à l’égard des tiers. C’est le principe de l’effet relatif
du lien obligataire. Ce principe est consacré en matière contractuelle par
l’article 1165 du code civil qui dispose : « les conventions n’ont d’effet
qu’entre les parties contractantes, elles ne nuisent point au tiers et elles ne
lui profitent que dans le cas prévu par l’article 1121 ». Cet article 1121
consacre la stipulation pour autrui.
En général, l’obligation n’existe que relativement au créancier et au
débiteur. Il faut noter que les ayants –cause universels ou à titre universel
(cas des héritiers) des parties ne sont pas des tiers car ils sont pratiquement
assimilés aux parties.
L’effet relatif du lien obligataire connaît des exceptions que nous allons
voir à travers deux situations : la stipulation pour autrui et la promesse de
porte-fort
- la stipulation pour autrui : elle est prévue par l’article 1121 du code civil.
C’est l’acte par lequel, l’un des cocontractants appelé promettant s’engage à
effectuer une prestation au profit d’un tiers. Le tiers, étranger au contrat,
devient créancier de l’un des contractants. C’est le cas en matière
d’assurance-vie où l’assureur s’engage vis-à-vis de son cocontractant à
verser l’indemnité au profit d’un tiers bénéficiaire au décès de l’assuré.
- la promesse de porte-fort : elle est prévue par l’article 1120 du code civil.
C’est la convention par laquelle une personne se porte-fort, c’est-à-dire
promet à son cocontractant qu’un tiers exécutera telle obligation. C’est le cas
d’un propriétaire indivis qui vend son bien en promettant à l’acheteur la
ratification de la vente par ses copropriétaires indivis. Le tiers n’est pas
engagé personnellement s’il ne ratifie pas la convention et seul le promettant
peut-être poursuivi. Mais s’il la ratifie, il devient rétroactivement engagé et
dans ce cas le promettant est dégagé de toute responsabilité puisqu’il a
exécuté son obligation.
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CHAPITRE 4 : L’ORGANISATION JUDICIAIRE BURKINABE

Le chapitre sera consacré à l’étude des principes de l’organisation judiciaire,


au personnel judiciaire et à l’organisation des juridictions.

Section I : Les principes régissant l’organisation judiciaire


L’Etat démocratique est organisé en trois pouvoirs indépendants les uns des
autres : le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. Par
ailleurs, la justice est un service public dont l’organisation et le
fonctionnement reposent sur un certain nombre de principes, touchant à la
séparation des pouvoirs, à l’organisation du service public de la justice, au
fonctionnement du service public de la justice.

Paragraphe 1 : Le principe de la séparation des pouvoirs


Le pouvoir judiciaire doit être un pouvoir autonome. Ce principe a été
formulé au XVIIIe siècle par Montesquieu (De l’esprit des lois), la justification
étant qu’ « il faut que le pouvoir arrête le pouvoir ».
En ce qui concerne le pouvoir judiciaire, le principe de la séparation des
pouvoirs constitue une garantie d’indépendance et d’impartialité de la
justice. Mais l’indépendance ne s’oppose pas à ce que le pouvoir judiciaire
entretienne des rapports avec le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif.

A : Rapports entre pouvoir législatif et pouvoir judiciaire


Ces rapports sont gouvernés par deux grands principes : l’interdiction des
arrêts de règlement et l’interdiction de modifier les jugements rendus.

1 : Le juge ne doit pas empiéter sur les fonctions du législateur


L’article 5 du code civil prohibe les arrêts de règlement : « il est interdit au
juge de se prononcer par voie de disposition générale et règlementaire
sur les causes qui leur sont soumises ». Mais si le juge ne doit pas
légiférer, il ne peut pas non plus refuser d’appliquer la loi, sinon il
commettrait un déni de justice (article 4 du code civil). Outre l’article 5 du
code civil, on peut citer l’article 24 de la loi n°15 AL du 31 août 1959
réprimant pénalement les immixtions des juges dans l’exercice du pouvoir.

2 : Le législateur ne doit ni juger un procès, ni modifier un jugement


rendu
Il en résulte notamment que l’on doit bannir les lois interprétatives ou les
lois de validation de nature rétroactive qui auraient pour but d’influencer la
solution d’un procès.

B : Rapports entre pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire


Il y a ici aussi deux grands principes se résumant à l’interdiction de chacun
des deux pouvoirs, judiciaire et exécutif d’empiéter sur le domaine respectif
de chaque pouvoir.

1 : Le pouvoir judiciaire ne doit pas empiéter sur le pouvoir exécutif


Le juge ne peut pas s’immiscer dans l’administration en contrôlant les actes
de l’autorité administrative, par exemple en annulant des actes
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administratifs ou en mettant en cause la responsabilité des administrateurs.
Ce qui explique l’existence de juridictions administratives indépendantes des
juridictions de l’ordre judiciaire.

2 : Le pouvoir exécutif ne doit pas empiéter sur les prérogatives du


pouvoir judiciaire
Le pouvoir exécutif ne doit pas entraver le cours de la justice en s’opposant
par exemple à l’exécution d’un jugement. Le principe de la non immixtion
signifie aussi que dans l’accomplissement de leurs fonctions, les juges
doivent être à l’abri de toutes les sollicitations ou de toutes les menaces du
pouvoir exécutif.

Paragraphe 2 : Les principes de l’organisation du service public de la


justice
En tant que service public de l’Etat, la Justice est soumise à ces grands
principes que sont l’égalité, la gratuité, la continuité.

A : L’égalité devant la justice


Ce principe a été posé par la loi des 16 et 24 août 1790. Cette loi a
définitivement aboli les privilèges de juridiction. Actuellement, tous les
citoyens ont vocation à être jugés par les mêmes juridictions et selon les
mêmes règles de procédure, sans aucune discrimination. Cette règle
s’applique même aux étrangers sauf exception.

B : La gratuité de la justice
Ce principe signifie que les plaideurs n’ont plus à payer leurs juges qui sont
rétribués par l’Etat. Cette règle est le corollaire de celle de l’égalité de tous les
citoyens devant la justice. Mais si les plaideurs n’ont plus à payer leurs
juges, ils doivent néanmoins débourser des sommes parfois importantes
pour obtenir justice : honoraires des avocats, frais d’huissier, frais fiscaux,
etc. une véritable et effective gratuité de la justice postule, entre autres
mesures, l’institution d’une assistance judiciaire permettant même aux
déshérités de faire valoir en justice leurs droits avec l’assistance d’un avocat.

C : La continuité de la justice
Puisqu’il s’agit d’un service public, le fonctionnement de la justice doit être
continu, sans interruption. Néanmoins, il y a des exceptions à ce principe.
Certaines juridictions ne siègent pas de manière permanente. C’est le cas
des assises criminelles et pendant les vacances judiciaires sauf que des
audiences de vacation pour régler les affaires courantes sont organisées.

Paragraphe 3 : Les principes du fonctionnement du service public de la


justice
Il s’agit des principes de collégialité des juridictions, de double degré de
juridiction et de séparation en matière pénale, de la poursuite, de
l’instruction et du jugement.

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A : Le principe de la collégialité des juridictions
Il recommande que les décisions de justice soient rendues par un collège de
juges, notamment en nombre impair. Au Burkina Faso, la loi portant
organisation judiciaire institue en son article 4, la collégialité en disposant
que « sauf dispositions spéciales contraires de la loi, les arrêts et jugements
des cours et tribunaux sont rendus en formation collégiale et par trois juges
au moins ».

B : Le principe du double degré de juridiction


Un autre principe de fonctionnement de la justice est le double degré de
juridiction. Tout plaideur qui a perdu un procès en première instance, peut
saisir la juridiction d’appel. Par conséquent, toute affaire peut être jugée
deux fois. Il s’agit d’une garantie de bonne justice. L’appel est porté devant la
Cour d’appel qui est la juridiction hiérarchiquement supérieure aux
juridictions de première instance.

C : Le principe de la séparation, en matière pénale, de la poursuite, de


l’instruction et du jugement.
En matière pénale, le procès se décompose en trois phases : la poursuite,
l’instruction et le jugement. Les personnages qui ont la responsabilité de la
décision dans chacune de ces phases doivent être indépendants les uns des
autres. La poursuite appartient au procureur du Faso, l’instruction au juge
d’instruction et le jugement aux juridictions de jugement.

Section II : Le personnel judiciaire


Les hommes qui concourent au fonctionnement de la justice sont nombreux.
Ils sont surtout différents par leur statut et les fonctions qu’ils exercent.
Certains sont chargés de rendre ou de requérir la justice et ainsi de veiller à
la défense des intérêts fondamentaux de la société : ce sont les agents de la
justice ou magistrats. D’autres participent au fonctionnement du service
public de la justice en prêtant leurs concours soit au juge soit aux parties.
Ce sont les auxiliaires de justice.
Paragraphe 1 : Les agents de justice
Ce sont des fonctionnaires de l’Etat dont le métier est précisément de rendre
la justice. Ils sont régis par la loi organique n°036-2001/AN du 13 décembre
2001 portant statut du corps de la magistrature. Selon qu’ils ont à régler des
litiges concernant uniquement des particuliers ou impliquant les personnes
publiques, on distingue les magistrats de l’ordre judiciaire et les magistrats
de l’ordre administratif.

A : Les magistrats de l’ordre judiciaire


Au cours de sa carrière, les magistrats de l’ordre judiciaire peuvent être
nommés au siège ou au parquet. On a donc ainsi deux catégories : les
magistrats du siège et les magistrats du parquet.

1 : Les magistrats du siège ou magistrature assise


Ils sont ainsi dénommés parce qu’ils exercent leur fonction dans la position
assise. Ce sont eux qui rendent la justice en prononçant les jugements. Ils
sont inamovibles (article 130 de la constitution du 11 juin 1991). Cela
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signifie que le Juge ne peut être déplacé, suspendu, révoqué ou mis à la
retraite prématurément que dans les cas et conditions prescrites par la loi.
En vertu de ce principe, le juge ne peut recevoir, sans son consentement,
une affectation nouvelle, même en avancement.

2 : Les magistrats du parquet ou magistrature debout


C’est la magistrature debout par opposition à la magistrature assise parce
que ses représentants se lèvent à l’audience pour requérir, au nom du
pouvoir exécutif, l’application de la loi. Ces magistrats composent le
ministère public. Celui-ci est constitué du procureur du Faso assisté d’un ou
de plusieurs substituts.
Cependant, les magistrats du parquet sont placés en situation de
subordination hiérarchique et sous l’autorité du Ministre de la justice, garde
des Sceaux.
B : Les magistrats de l’ordre administratif
Les magistrats de l’ordre administratif, se divisent, elle aussi en deux
catégories : les magistrats de carrière et les juges d’occasion.

1 : Les magistrats de carrière


Ils constituent la première catégorie. Ils sont présents dans les différentes
juridictions administratives (TA, CE, CC). Ils ont en charge et de façon
exclusive, le contentieux administratif au niveau des tribunaux
administratifs.

2 : Les juges d’occasion


Cette catégorie ne concerne que les juridictions supérieures de l’ordre
administratif (Conseil d’Etat) et de contrôle des finances publiques (la Cour
des Comptes).
Concernant le Conseil d’Etat, cette catégorie est composée des fonctionnaires
ou de personnalités ayant une expérience professionnelle d’au moins quinze
ans, qui en raison de leur compétence ou de leur expérience en matière
juridique ou administrative sont désignés comme membres du Conseil d’Etat
pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois.
Pour ce qui est de la Cour des Comptes, elle est composée des fonctionnaires
ou de personnalités ayant une expérience professionnelle qui en raison de
leur compétence ou de leur expérience en matière de finances publiques sont
désignés comme membres de la Cour des Comptes pour un mandat de cinq
ans renouvelable une fois.

Paragraphe 2 : Les auxiliaires de justice


Les auxiliaires de justice sont des personnes qui participent au
fonctionnement du service public de la justice sans être investies de la
fonction judiciaire. Certains travaillent en étroite collaboration avec les
juges, d’autres sont plus proches des justiciables.

A : Les auxiliaires du juge


1 : Les auxiliaires permanents : ce sont les greffiers et les personnels de la
police judiciaire.

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 Les greffiers : ils sont des fonctionnaires chargés d’assurer le service
administratif des cours et tribunaux. Les greffiers assistent matériellement
les magistrats du siège dans les actes de sa fonction. Ainsi, interviennent –
ils :
- A l’audience en tenant le plumitif c'est-à-dire en prenant des notes
consignées dans le registre sur lequel sont consignées les incidents
d’audience, les décisions prises et les jugements prononcés ;
- Hors de l’audience en procédant à l’enrôlement des affaires,
convoquant les témoins, en avisant les avocats, et en constituant pour
chaque affaire un dossier où sont versées toutes les pièces ;

Le greffier en chef est dépositaire des minutes dont il délivre copie aux
intéressés et a la garde des scellés et de toute somme ou pièce déposée au
greffe.

 Les personnels de la police judiciaire : La police judiciaire a pour


fonction de constater les infractions à la loi pénale, d’en rassembler les
preuves, d’en rechercher les auteurs et d’exécuter les délégations des
juridictions d’instruction. Contrairement à la police municipale qui a pour
mission le maintien de l’ordre public et intervient a priori en vue de prévenir
les infractions, la police judiciaire intervient après la commission de
l’infraction.

2 : Les auxiliaires occasionnels : ils ne participent aux procédures que


dans les cas où les cours et tribunaux font appel à eux. Il s’agit des experts
judiciaires et des administrateurs et liquidateurs de biens. Les premiers
interviennent parce que les procès soulèvent parfois des questions
techniques : évaluation des dommages, examen psychiatrique. Les seconds
ont pour fonction, en tant que spécialistes, la garde, la gestion ou la
liquidation du patrimoine d’autrui.

B : Les auxiliaires du justiciable


1 : Les huissiers de justice : ce sont des officiers ministériels qui agissent à
la demande des justiciables ou parfois sur requête du juge. Ils ont pour
rôle de :
- Signifier les actes de procédure (assignation en justice, jugement) et
les actes extra judiciaires (commandement ou sommation de payer) ;
- Assurer l’exécution des actes qui comportent la formule exécutoire
(jugement et arrêts, actes notariés) et procéder aux saisies ;
- Réaliser les constats à la requête des parties ;
- Procéder au recouvrement amiable ou judiciaire de toutes les créances
et dans les lieux où il n’a pas été établi de commissaires-priseurs, aux
ventes publiques de meubles et effets mobiliers corporels, etc.

2 : Les avocats : ils exercent une profession libérale soit individuellement,


soit en société civile professionnelle. Ils sont organisés en barreau.
Les attributions professionnelles des avocats sont diverses. Ils ont pour rôle :

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- La consultation, c'est-à-dire le fait de donner des avis verbalement ou
par écrit, de rédiger des actes juridiques sous seing privés (contrats,
statuts de société…) ;
- L’assistance qui consiste principalement dans la plaidoirie, c'est-à-dire
dans l’exposé oral à l’audience de l’argumentation de son client et la
discussion des moyens de l’adversaire ;
- La représentation ou la postulation qui consiste à effectuer les actes de
procédures et à déposer par écrit la position de son client dans les
conclusions ;

Section III : L’organisation des juridictions

Paragraphe 1 : Les juridictions nationales


Il convient de distinguer les juridictions de l’ordre judiciaires, les juridictions
de l’ordre administratif et la juridiction constitutionnelle.

A : Les juridictions de l’ordre judiciaire

1 : Les juridictions de droit commun


Elles comprennent les Tribunaux de Grande Instance, les Cours d’Appel et la
Cour de Cassation.

a : Le Tribunal de Grande Instance (TGI)


Le TGI est la juridiction de droit commun et de première instance en matière
civile. Il succède depuis la loi de 1993 aux tribunaux de première instance
dont la compétence d’attribution a été réduite au profit du tribunal
d’instance, du tribunal départemental et du tribunal d’arrondissement.
Il est composé de :
- Un président ;
- Un vice-président ;
- Des présidents de chambre ;
- Des juges (juges d’instruction et juges au siège) ;
- Un procureur du Faso et des substituts ;
- Un greffier en chef et des greffiers ;
Il a compétence pour connaître de toutes les affaires pour lesquelles
compétence n’est pas attribuée expressément par la loi à une autre
juridiction.
Il comprend deux chambres :
- une chambre civile compétente en matière d’état des personnes
(mariage, divorce, séparation de corps, absence, disparition, régime
matrimoniaux, succession, contestation sur la nationalité, …), en
matière immobilière, en matière contractuelle (entre particuliers ou
entre particuliers et commerçants, réclamations civiles dont le
montant est supérieur à 1 000 000 FCFA), etc.
- une chambre correctionnelle est compétente en matière d’infractions
pénales qualifiées de délit.
Le TGI est normalement une juridiction collégiale, c'est-à-dire que ses
jugements doivent être rendus par un collège de trois juges au moins.

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Les décisions rendues par le TGI sont dénommées « jugement ». Elles sont
susceptibles d’appel dans un délai de deux mois suivant leur prononcé.
A côté de ces procédures ordinaires, il y a des procédures spéciales. On peut
citer, le référé, l’ordonnance sur requête, l’injonction de payer, l’injonction de
délivrer ou de restituer un bien meuble corporel, la requête conjointe.
En matière correctionnelle, la chambre correctionnelle est compétente pour
connaître des infractions qualifiées de délit, c'est-à-dire des infractions
sanctionnées d’une peine d’emprisonnement de 11 jours à cinq ans et/ou
d’une amende.

b : La Cour d’Appel (C.A.)


La C.A. est la juridiction de droit commun au second degré. Elles sont
compétentes pour connaître des appels formés contre toutes les décisions
rendues en premier ressort par les juridictions de premier degré relevant de
leur ressort territorial.
A titre exceptionnel, l’appel des jugements rendus par les tribunaux
départementaux est porté devant le tribunal d’instance.

Les Cours d’Appel sont actuellement au nombre de deux. L’une siège à


Ouagadougou et l’autre à Bobo-Dioulasso.

La Cour d’Appel est composée ainsi qu’il suit : Un président appelé premier
président, un vice-président, des présidents de chambre, des conseillers, un
procureur general, d’un ou plusieurs avocats généraux, d’un ou plusieurs
substituts généraux et d’un greffier en chef et des greffiers ;
Au plan organisationnel, elle comprend six chambres : une chambre civile,
une chambre commerciale, une chambre correctionnelle, une chambre
sociale, une chambre d’accusation et une chambre criminelle.

En matière civile et commerciale, le délai d’appel est de deux mois et en


matière sociale, il est de quinze jours à compter du jugement contradictoire.
Les décisions rendues par la Cour d’Appel sont dénommés « arrêts » qui
peuvent être déféré à la censure de la cour de cassation dans un délai de
deux mois suivant leur prononcé.
En matière correctionnelle, elle est compétente, en premier et dernier ressort
pour connaître des appels formés contre les décisions rendues par le
tribunal d’instance et la chambre correctionnelle. Elle se compose de trois
juges dont un Président, du Procureur général ou de son substitut et d’un
greffier.
En matière criminelle, elle est compétente en premier et dernier ressort pour
connaître des infractions qualifiées crime, c'est-à-dire des infractions
sanctionnées d’une peine d’emprisonnement allant de 5 ans à 20 ans et/ou
d’une amende ou de la peine de mort.
c : La cour de cassation
Elle est la juridiction supérieure de l’ordre judiciaire. Elle se compose :
- Du premier président ;
- Des présidents de chambre ;
- Des conseillers ;
- Du procureur général ;
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- Du premier avocat général ;
- Des avocats généraux ;
- Du greffier en chef ;
- Des greffiers de chambre ;
Du point de vue organisationnel, la cour de cassation comprend :
- Une chambre civile ;
- Une chambre commerciale ;
- Une chambre sociale
- Une chambre criminelle.
- Un greffe.
Elle juge, en tant que juridiction suprême, les pourvois formés contre les
jugements et arrêts rendus en dernier ressort par les cours et tribunaux.
Elle est une juridiction unique en son genre et elle siège à Ouagadougou ;
elle ne tranche que les points de droit, les aspects purement juridiques des
litiges à l’exclusion des éléments de fait. Pour cette raison, on dit qu’elle n’est
pas un troisième degré de juridiction venant après les juridictions du
premier degré et celle du second degré.
En matière criminelle, elle est compétente pour connaître des pourvois en
cassation exercés contre les décisions rendues en dernier ressort par la
chambre des appels correctionnels, la chambre criminelle de la Cour d’appel
et par la chambre d’accusation. Le délai pour exercer un pourvoi est de 5
jours à compter de la date du prononcé ou de la signification de l’arrêt. Ce
délai est porté à 10 jours, en cas d’arrêt rendu par défaut à compter du jour
où celui-ci n’est plus susceptible d’opposition.
Elle est également compétente pour connaître des demandes en révision. La
révision pénale est prévue pour les cas où après une condamnation des faits
nouveaux viennent mettre en doute la culpabilité du condamné.

2 : Les juridictions d’exception


Dans le système judiciaire actuel du Burkina, les juridictions civiles
d’exception sont au nombre de quatre et se rencontre exclusivement au
niveau du premier degré de juridiction. Ce sont : le tribunal départemental
ou d’arrondissement, le tribunal d’instance, le tribunal de travail et le
tribunal de commerce.

a : Les tribunaux départementaux et d’arrondissement


Le tribunal départemental est institué au siège du chef-lieu de chaque
département du Burkina Faso (préfecture) et le tribunal d’arrondissement au
siège de chaque arrondissement des communes de Ouagadougou et Bobo-
Dioulasso (arrondissement).
Le TD ou TA comprend un président (le préfet du département ou le maire de
l’arrondissement), deux assesseurs titulaires et deux assesseurs suppléants.
Les membres sont donc des juges non professionnels nommés par arrêté du
Ministre de la justice pour une durée de deux ans renouvelable.
*Composition
Cette juridiction comprend: un président (généralement le préfet du
département ou le maire de l’arrondissement) et un suppléant, deux
assesseurs titulaires et deux suppléants, un secrétaire et un suppléant.
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*Attributions et compétences
Il est compétent pour connaitre
-de toutes les situations non contentieuses relevant de l’état des personnes:
jugements déclaratifs d’état ou supplétifs d’acte de naissance, de mariage, de
décès ; certificat d’hérédité, de tutelle et d’individualité.
-des litiges en matière civile et commerciale dont le taux évalué en argent ne
dépasse pas 100 000f CFA
-des différends civils relatifs à la divagation des animaux, dévastation des
champs, de récoltes sur pied ou engrangées, bris de clôture quand le
montant de la réclamation n’excède pas 100 000f CFA.
NB: les jugements rendus par le tribunal départemental ou le tribunal
d’arrondissement dans un délai de deux mois après son prononcé
peuvent faire l’objet d’un appel devant le tribunal d’instance.

b : Les Tribunaux d’Instance


Cette juridiction est créée au siège de chaque tribunal de grande instance.
*Composition
Il comprend un président, un représentant du ministère public et un greffier
en chef.
*Compétences et attributions
Il connait à charge d’appel de tous les litiges en matière civile et commerciale
dont le taux évalué en argent est supérieur à 100 000 F CFA sans excéder
1 000 000 F CFA; Appel peut être interjeté dans un délai de deux mois après
le prononcé du jugement rendu en premier ressort. Pour les jugements
rendus en second et dernier ressort, le plaideur peut les contester en
exerçant un pourvoi devant la cour de cassation.
Elle est également compétente pour juger les contraventions. Les
contraventions sont des infractions punies d’une peine d’amende comprise
entre 1 000 FCFA et 50 000 FCFA. Les jugements de simple police sont
susceptibles d’appel dans un délai de quinze jours.
Le jugement ainsi rendu ne peut que faire l’objet d’un pourvoi en cassation
devant la cour de cassation.

En matière pénale, il connait de toutes les contraventions.


NB : les jugements de cette juridiction peuvent faire l’objet d’un appel devant
la cour d’appel (chambre civile, commerciale ou correctionnelle). Le tribunal
d’instance est également la juridiction d’appel des jugements rendus par les
tribunaux départementaux et les tribunaux d’arrondissement en toutes
matières.

c : Les tribunaux de travail

*Composition
Il comprend un président, de juges, d’assesseurs employeurs et travailleurs,
d’un greffier en chef de greffiers et de secrétaires de greffe.
*Compétence
Le tribunal du travail est compétent pour connaitre des différends
individuels pouvant s’élever entre les travailleurs, les stagiaires et leurs

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employeurs, les apprentis et leurs maitres à l’occasion de l’exécution de leurs
contrats. Il est compétent pour connaitre également :
-des litiges nés de l’application du régime de sécurité sociale;
-des différends individuels relatifs à l’application des conventions collectives
de travail et aux arrêtés en tenant lieu;
-des différends nés entre travailleurs à l’occasion du contrat de travail ainsi
qu’aux actions directes des travailleurs contre l’entrepreneur;
-des différends nés entre travailleurs et employeurs à l’occasion du travail;
-des différends nés entre les institutions de prévoyance sociale et leurs
assujettis;
-des actions récursoires des entrepreneurs contre les sous-traitants.
NB : La saisine du tribunal du travail nécessite une tentative infructueuse de
règlement amiable du différend au niveau de l’inspecteur du travail. Le
jugement rendu par le tribunal du travail n’est susceptible d’appel devant la
cour d’appel (chambre sociale) que lorsque le montant de la réclamation
excède 200 000f CFA ; dans le cas contraire le jugement est rendu en
premier et dernier ressort et ne peut que faire l’objet d’un pourvoi en
cassation devant la cour de cassation (chambre sociale).

d : Les tribunaux de commerce


Institué par la loi 22-2009/AN du 12 mai 2009 portant création,
organisation et fonctionnement des tribunaux de commerce au Burkina Faso
(promulguée par le décret 2009-398 du 03 juin 2009 J.O.BF. n° 29 du 16
juillet 2009), le tribunal de commerce est composé :

- d'un président

- d'un ou de plusieurs vice-présidents

- de juges ;

- de juges consulaires titulaires et suppléants

- d'un représentant du ministère public

- d'un greffier en chef et de greffiers

Le tribunal de commerce est compétent pour connaitre:


-des contestations relatives aux engagements et transactions entre
commerçants, entre établissements de crédit, ou entre commerçants et
établissements de crédit et dont le taux évalué en argent excède 1 000 000 F
CFA;

-des contestations relatives aux sociétés commerciales;

-des contestations relatives aux actes et effets de commerce entre toutes


personnes;

-des procédures collectives d’apurement du passif;

-des contestations entre associés pour raison d’une société de commerce ou


d’un groupement d’intérêt économique.
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Les jugements du tribunal de commerce peuvent faire l’objet d’un appel
devant la cour d’appel (chambre commerciale).

e : Le tribunal militaire
Il est une juridiction répressive d’exception.
*Composition
Le tribunal militaire comprend un président (juge militaire ou de l’ordre
judiciaire), trois juges militaires non professionnels, un magistrat de l’ordre
judiciaire, un commissaire du gouvernement, un service du greffe.
*Compétences et attributions
En temps de paix ce tribunal connait des infractions pénales de droit
commun commises par les militaires et assimilés dans les établissements ou
services militaires ainsi que des infractions purement militaires telles que la
désertion.
En temps de guerre il connait des infractions commises par les prisonniers
de guerre, des infractions à la législation sur les armes et de toute infraction
dans laquelle se trouve impliqué un militaire ou assimilé.
En période d’état de siège et d’état d’urgence il connait des infractions à ces
états.
Les décisions de ce tribunal autres que celles rendues par défaut ou par
contumace ne peuvent faire l’objet que d’un pourvoi en cassation devant la
cour de cassation.

f : Les tribunaux prévôtaux


Ce sont des juridictions à juge unique instituée par la gendarmerie. Elles
exercent dans la zone de stationnement ou d’opérations de troupes
auxquelles sont rattachées. Ils sont compétents pour les contraventions et
pour les infractions aux règlements relatifs à la discipline commises par les
justiciables non militaires et par les prisonniers de guerre non-officiers.

g : Le Tribunal Pour Enfants


Il est institué au siège de chaque tribunal de grande instance.
*Composition
La juridiction du juge des enfants comprend un président, un représentant
du ministère public, un greffier en chef et de greffiers.
*Compétences et attributions
Le juge des enfants est compétent pour connaitre des contraventions et des
délits commis par des mineurs âgés de moins de 18ans ; il est également
compétent pour ordonner toute mesure utile quand le mineur âgé de moins
de 18 ans est en danger. Il instruit les crimes commis par ces mineurs. Les
décisions rendues par le juge des enfants peuvent faire l’objet d’un appel
devant le tribunal pour enfants.

B : les juridictions de l’ordre administratif


Elles comprennent les tribunaux administratifs, le Conseil d’Etat et la Cour
des Comptes.

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1 : Les tribunaux administratifs
Le tribunal administratif se compose d’un président, d’un commissaire du
gouvernement et d’un greffier.
Il est saisi par voie de requête déposée au greffe. Le recours devant le T.A.
contre une décision de l’autorité administrative n’est recevable que dans le
délai de 2 mois à compter de la notification ou de la publication de l’acte
attaqué. Il est également compétent pour connaître des recours en
interprétation ou en appréciation de la légalité des actes dont le contentieux
relève de sa compétence.

2 : Le Conseil d’Etat
Selon l’article 2 de la loi organique n°015-2000/AN du 23 mai 2000, le
Conseil d’Etat se compose :
- d'un président

- de présidents de chambre ;

- de conseillers ;

- d’un commissaire de gouvernement ;

- d'un greffier en chef


- de greffiers.
L’article 4 dispose que « outre les magistrats, le Conseil d’Etat est composé
de fonctionnaires ou de personnalités ayant une expérience professionnelle
d’au moins quinze ans, désignés en raison de leur compétence ou de leur
expérience en matière juridique ou administrative, pour un mandat de cinq
ans renouvelable une fois ».
Du point de vue organisationnel, et selon les dispositions de l’article 10 de la
loi organique sus visée, le conseil d’Etat comprend :
- Une chambre du contentieux ;
- Une chambre consultative ;
- Un greffe ;
Attributions et fonctionnement :
Le Conseil d’Etat est le juge d’appel des décisions rendues en premier ressort
par les tribunaux administratifs ; il statue sur les pourvois en cassation
formées contre les décisions rendues en premier ressort par les tribunaux
administratifs et les juridictions spécialisées.
Il connaît en outre, en premier et dernier ressort des recours en annulation
pour excès de pouvoir formés contre :
- Les décrets;
- Les actes administratifs dont le champ d’application s’étend au-delà
du ressort d’un seul tribunal. Exemple : un arrêté ministériel dont le champ
d’application couvre l’ensemble du territoire national ;
Lorsque le C.E. statue en premier et dernier ressort, sa décision est
susceptible de pourvoi en cassation devant la formation des chambres
réunies.
Outre le rôle contentieux, le C.E. donne son avis sur les projets de décrets
qui lui sont soumis par le gouvernement ou pour toutes les questions pour
lesquelles son intervention est prévue par les textes.
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Le C.E. est à la fois, une juridiction de base, une juridiction d’appel et une
juridiction de cassation.

3 : La Cour des Comptes


Selon l’article 127 al.3 de la constitution du 11 juin 1991, la Cour des
Comptes est la juridiction supérieure de contrôle des finances publiques.
Selon l’article 5 de la loi organique n°014-2000/AN du 16 mai 2000, la Cour
des Comptes se compose : d'un premier président, de présidents de
chambre, de conseillers, d’un procureur général, de commissaires de
gouvernement, d'un greffier en chef et de greffiers.

L’article 6 dispose que « outre les magistrats, la Cour des Comptes est
composée de fonctionnaires ou de personnalités désignés en qualité de
membre de la Cour en raison de leur compétence et de leur expérience en
matière de finances publiques pour un mandat de cinq ans renouvelable une
fois.
Seuls peuvent être désignés à ce titre, les inspecteurs des finances, du trésor
et des impôts et les experts comptables ayant une expérience professionnelle
d’au moins quinze ans ».
Elle juge les comptes des comptables publics. Elle vérifie la régularité des
recettes et des dépenses décrites dans les comptabilités publiques et
apprécie à partir de ces dernières, le bon emploi des crédits, fonds et valeurs
gérés par les services de l’Etat et par les autres personnes de droit public.
Elle participe au contrôle de l’exécution des lois de finances et assure la
vérification des comptes et de la gestion des autres établissements ou
organismes publics, des sociétés, groupements dans lesquels l’Etat, les
collectivités locales ou établissements publics.
*Composition
Sur le plan organique elle comprend trois chambres spécialisées:
- une chambre chargée du contrôle des opérations de l’Etat;
- une chambre chargée du contrôle des opérations des collectivités
territoriales ;
- une chambre chargée du contrôle des entreprises publiques, des
institutions de sécurité sociale, des projets de développement financés sur
ressources extérieurs et tout organisme soumis au contrôle de la cour.
*Attributions
Elle statue sur les comptes des comptables publics, prononce des
condamnations à l’amende, sanctionne les fautes de gestion.

C : Les juridictions particulières ou à caractère politique

1 : La Haute Cour de Justice


Elle est une juridiction répressive d’exception prévue par la constitution et
qui est compétente pour connaître des actes commis par le président du
Faso dans l’exercice de ses fonctions tels la haute trahison, l’attentat à la
constitution, le détournement de deniers publics. La mise en accusation du
président du Faso doit être votée à la majorité des quatre cinquième (4/5)
des voix des députés de l’assemblée nationale.

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Elle est également compétente pour juger les crimes ou délits commis
reprochés aux membres du gouvernement dans l’exercice de leur fonction.
Dans les autres cas ces personnes seront justiciables devant les juridictions
de droit commun et les autres juridictions. La mise en accusation des
membres du gouvernement doit être votée à la majorité des deux tiers (2/3)
des voix des députés de l’assemblée nationale.

Elle est composée de députés élus par l’assemblée nationale et de magistrats


désignés par le président de la Cour de Cassation.
2 : Le Conseil Constitutionnel
Il comprend :
- Un président nommé par le Président du Faso ;
- Trois magistrats nommés par le président du Faso sur proposition du
ministre de la justice ;
- Trois personnalités nommées par le président du Faso ;
- Trois personnalités nommées par le président de l’assemblée
nationale ;
Il est saisi par:
 Le président du Faso ;
 Le président de l’assemblée nationale ;
 Un cinquième des membres de l’assemblée nationale ;
En application du code électoral, les candidats aux élections nationales
peuvent saisir le conseil constitutionnel dans le cadre de la contestation liée
au contentieux électoral ;
Le conseil constitutionnel veille à la régularité des opérations de référendum
et proclame les résultats ; il veille au respect de la procédure de révision
constitutionnelle ; il reçoit le serment du président du Faso ; il statue sur la
vacance de la présidence du Faso lorsqu’il est saisi sans délai et reçoit la
déclaration des biens du président du Faso.

Paragraphe 2 : Les juridictions supranationales

A : La Cour de Justice de l’UEMOA


Elle assure des fonctions contentieuses et des fonctions administratives.
Dans sa fonction contentieuse, la cour est chargée du contentieux de la
déclaration (manquement des Etats ; renvoi d’une affaire pour interprétation
d’une disposition par une juridiction nationale ou d’une autorité à fonction
juridictionnelle) et du contentieux de l’annulation.

B : La Cour Commune de Justice et d’Arbitrage


Elle est composée de 7 juges élus pour 7ans renouvelables une fois. Les
membres de la cour sont inamovibles.
La CCJA donne un avis préalable à l’adoption des actes uniformes et tranche
des différends entre les Etats quant à l’interprétation ou l’application du
traité. En outre, elle :
- est compétente pour toutes les questions relatives à l’application des
actes uniformes à l’exception des décisions appliquant des sanctions
pénales ;

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- est une cour de cassation, se prononçant sur les décisions rendues
par les juridictions d’appel des Etats ou sur les décisions non susceptibles
d’appel, avec la particularité de statuer au fond sans renvoi devant une autre
juridiction ;
- organise l’arbitrage mais n’arbitre pas elle-même. Elle nomme ou
confirme les arbitres, est informée du déroulement de l’arbitrage et examine
les projets de sentence.

Section IV : Les règles de compétence et les voies de recours

Paragraphe 1 Règles de compétence


La compétence d’une juridiction est l’aptitude de cette juridiction à connaitre
d’une affaire. On distingue la compétence matérielle de la compétence
territoriale.
*La compétence matérielle
La compétence matérielle ou compétence d’attribution ou encore compétence
ratione materiae permet de déterminer la juridiction ayant qualité pour
connaitre d’une affaire selon la nature même de cette affaire et ou son
importance en terme d’argent.
Ex: le tribunal d’instance est compétent pour connaitre des affaires civiles
dont le taux du principal évalué en argent excède 100 000 FCFA sans
dépasser 1 000 000 FCFA.
*La compétence territoriale
La compétence territoriale ou compétence ratione loci permet de déterminer
parmi les juridictions matériellement compétentes pour connaitre d’une
affaire sur le territoire national celle qui sera géographiquement saisie pour
statuer.
En principe le tribunal territorialement compétent est le tribunal du domicile
du défendeur (la personne contre qui l’action est intentée en justice). Il existe
cependant des exceptions à ce principe : ex : en matière réelle immobilière le
tribunal compétent est celui du lieu de situation de l’immeuble (lex rei
sitae) ; en matière de succession le tribunal compétent est celui du lieu de
son ouverture ; en matière délictuelle le tribunal du lieu du fait
dommageable est compétent.
NB: Les juridictions de droit commun ont une compétence de principe c'est-
à-dire quelles sont compétentes pour connaitre d’une affaire sans qu’un
texte spécial ne leur confère cette compétence ; elles connaissent donc de
toutes les affaires sauf celles qui leur sont retirées par la loi. Les juridictions
d’exception n’ont pas de compétence de principe car elles ne sont
compétentes que pour connaitre des affaires qui leur ont été expressément
confiées par la loi ; leur compétence est strictement définie par la loi. Ex : le
tribunal militaire, le tribunal du travail.

Paragraphe 2 : Les voies de recours


Elles sont des moyens mis à la disposition des plaideurs pour leur permettre
d’obtenir un nouvel examen du procès ou de faire valoir les irrégularités
observées dans le déroulement de la procédure. On distingue deux catégories
de voies de recours : les voies ordinaires de recours et les voies
extraordinaires de recours .
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1 Les voies ordinaires de recours
Ces voies de recours ont un effet suspensif et un effet dévolutif. Il s’agit de
l’opposition et de l’appel.
*L’opposition : cette voie de recours permet à la partie défaillante dans un
jugement ou un arrêt rendu par défaut de demander à la même juridiction
ayant rendu la décision la rétractation de ladite décision. Cette voie de
recours remet en question devant le même juge les points jugés par défaut
pour qu’il soit à nouveau statué en fait et en droit (effet dévolutif). Un
jugement est rendu par défaut quand l’assignation n’a pas été délivrée à
personne et que le défendeur n’a pas comparu.
Le délai imparti pour former opposition est de 15 jours à partir de la
signification de la décision. En matière sociale, ce délai est de 10 jours.
L’opposition est formée par assignation signifiée par acte d’huissier à la
partie adverse. La personne qui se laisserait juger une seconde fois par
défaut n’est plus admise à former une nouvelle opposition.

*L’appel
Il est la voie de recours tendant à faire réformer ou annuler par la juridiction
d’appel les décisions rendues en premier ressort par les juridictions de
premier degré.
L’appel peut être interjeté par toute partie qui y a intérêt si elle n’y a pas
renoncé (la partie qui s’estimerait lésée). La partie qui interjette appel est
l’appelant (e) et la partie adverse l’intimé(e).
Le délai d’appel est de 2 mois mais 15 jours en matière sociale et court pour
les jugements contradictoires à compter du prononcé de la décision et pour
les jugements réputés contradictoires et par défaut à compter de la
notification de la décision.
2 Les voies extraordinaires de recours
Il s’agit de la tierce opposition, du recours en révision et du pourvoi en
cassation.
*La tierce opposition
Cette voie de recours tend à faire rétracter un jugement qui préjudicie aux
droits d’une personne qui n’y a pas été partie. Elle est ouverte à tous les tiers
lorsque ni eux, ni leurs auteurs ou ceux qu’ils représentent n’ont été appelés
au procès. La tierce opposition n’est soumise à aucun délai mais cesse d’être
recevable quand celui qui a intérêt à la former a exécuté le jugement ou l’a
ratifié implicitement. Le tiers opposant qui succombe est condamné à une
amende de 5000 à 50 000 francs sans préjudice des dommages et intérêts
s’il y a lieu.

*Le recours en révision


Il tend à faire rétracter une décision passée en force de chose jugée pour qu’il
soit à nouveau statué en fait et en droit. Il ne peut être demandé que par les
personnes qui ont été parties ou représentées au jugement. Il n’est ouvert
que dans des cas prévus par la loi.
Ex : - quand il y a eu fraude de l’une des parties de nature à avoir déterminé
la conviction du juge ;

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Si depuis le jugement il a été recouvré des pièces décisives qui avaient
été retenues par le fait de l’une des parties.
Le délai est de 2 mois à compter du jour ou la partie a eu connaissance de la
cause de révision qu’elle invoque. Il est introduit devant la même juridiction
qui a rendu la décision attaquée. Il est formé par citation.

*Le pourvoi en cassation


Cette voie de recours tend à faire annuler par la juridiction de cassation les
décisions juridictionnelles définitives en dernier ressort rendues par les
cours et tribunaux. Le pourvoi n’a pas d’effet dévolutif.
Le pourvoi n’est ouvert qu’à ceux qui ont été parties au procès et à leurs
héritiers et successeurs. Le pourvoi n’est ouvert que dans les cas suivants :
• Violation, fausse interprétation ou fausse application de la loi ;

• Excès de pouvoir et incompétence des juges du fond ;

• Violation des formes prescrites par la loi, défaut, absence ou


insuffisance de motifs ;

• Contrariété de jugements.

Le pourvoi ne peut être formé que dans les deux mois à compter du
prononcé de la décision contradictoire ; pour les décisions rendues par
défaut, le délai court à partir du jour ou l’opposition ne sera plus recevable.
La juridiction de cassation est la cour de cassation pour les décisions de
l’ordre judiciaire et le conseil d’Etat pour les décisions de l’ordre
administratif. Le juge de cassation ne statue qu’en droit c'est-à-dire qu’il
juge des décisions de justice par rapport à leur conformité à la règle de
droit ; la juridiction de cassation rend soit un arrêt de cassation pour
infirmer la décision attaquée soit un arrêt de rejet pour confirmer la décision
attaquée.

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Sommaire
SYLLABUS DU MODULE ............................................................................................................. 2
CHAPITRE INTRODUCTIF : DEFINITION DE LA NOTION DE DROIT ................ 2
PREMIERE PARTIE : LE DROIT OBJECTIF ................................................................ 2
CHAPITRE 1 : LA NOTION DE LA REGLE DE DROIT ............................................ 2
Section 1 : L’identification de la règle de droit............................................................ 2
Section 2: Les différentes branches du droit............................................................... 2
CHAPITRE 2 : LES SOURCES DE LA REGLES DE DROIT .................................... 2
Section 1: Les sources formelles ..................................................................................... 2
Section 2: Les sources non formelles............................................................................. 2
CHAPITRE 3 : LA FORCE OBLIGATOIRE DE LA REGLE DE DROIT DANS LE
TEMPS ET DANS L’ESPACE ............................................................................................. 2
Section 1: La force obligatoire de la loi dans le temps ............................................. 2
Section 2: La force obligatoire de la loi dans l’espace .............................................. 3
DEUXIEME PARTIE: LES DROITS SUBJECTIFS ...................................................... 3
CHAPITRE 1: LA PERSONNALITE JURIDIQUE.......................................................... 3
Section 1: Les personnes physiques .............................................................................. 3
Section 2: Les personnes morales................................................................................... 3
CHAPITRE 2: CLASSIFICATION DES DROITS SUBJECTIFS ................................ 3
Section 1: Les droits patrimoniaux ................................................................................ 3
Section 2: Les droits extrapatrimoniaux ...................................................................... 3
CHAPITRE 3: LA REVENDICATION DES DROITS SUBJECTIFS ......................... 3
Section 1: La preuve des droits subjectifs.................................................................... 3
Section 2: L’organisation judiciaire du Burkina ........................................................ 3
CHAPITRE INTRODUCTIF: DEFINITION DE LA NOTION DE DROIT ................. 4
PREMIERE PARTIE: LE DROIT OBJECTIF.................................................................. 4
Section 1: L’identification de la règle de droit ............................................................. 4
Section 2: Les différentes branches du droit............................................................... 4
Section 1: Les sources formelles ..................................................................................... 4
Section 2: Les sources non formelles............................................................................. 4
Section 1: La force obligatoire de la loi dans le temps ............................................. 4
Section 2: La force obligatoire de la loi dans l’espace .............................................. 4
DEUXIEME PARTIE: LES DROITS SUBJECTIFS ...................................................... 4
Section 1: Les personnes physiques .............................................................................. 4
Section 2: Les personnes morales................................................................................... 4
Section 1: Les droits patrimoniaux ................................................................................ 4
Section 2: Les droits extrapatrimoniaux ...................................................................... 4
Section 1: La preuve des droits subjectifs.................................................................... 4
Section 2: L’organisation judiciaire du Burkina ........................................................ 4
CHAPITRE INTRODUCTIF: DEFINITION DE LA NOTION DE DROIT............ 5
Nous aborderons successivement la notion de droit et les fondements de la
règle de droit. ......................................................................................................................... 5
I - la notion de droit .......................................................................................................... 5
II – Les fondements de la règle de droit................................................................... 5
PREMIERE PARTIE: LE DROIT OBJECTIF ............................................................. 6
CHAPITRE 1: LA NOTION DE LA REGLE DE DROIT ........................................... 7
SECTION 1: L’identification de la règle de droit ................................................. 7
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Paragraphe 1: Comparaison du droit avec les autres règles ........................... 7
a) - Le droit et la morale.................................................................................................. 7
b - Le droit et la religion ................................................................................................. 7
c) - Le droit et la norme sociale ................................................................................... 7
d) Le droit et la règle de bienséance .......................................................................... 8
Paragraphe 2: les caractéristiques générales de la règle de droit ................ 8
1 – Le caractère général et impersonnel.................................................................. 8
2 – Le caractère obligatoire ........................................................................................... 8
3 – Le caractère territorial ............................................................................................. 8
4 – Le caractère dynamique........................................................................................... 8
Section 2: Les différentes branches du droit ........................................................ 9
1 - Le droit public............................................................................................................... 9
a) - Le droit constitutionnel .......................................................................................... 9
b) - Le droit administratif ............................................................................................... 9
c) - Les finances publiques ............................................................................................. 9
d) - Le droit pénal ............................................................................................................... 9
e)-Le droit public international .................................................................................... 9
2 - Le droit privé ............................................................................................................... 10
a) - Le droit civil ............................................................................................................... 10
b) - Le droit commercial ................................................................................................ 10
c) - Le droit du travail .................................................................................................... 10
d) - Le droit judiciaire .................................................................................................... 10
e) - Le droit international privé ................................................................................. 10
CHAPITRE 2: LES SOURCES DE LA REGLE DE DROIT................................... 12
Section 1: Les sources formelles du droit ............................................................. 12
1 – La loi ............................................................................................................................... 12
1.1) Les actes législatifs ................................................................................................ 12
1.2) Les actes règlementaires ..................................................................................... 13
1.2 a) L’ordonnance ...................................................................................................... 13
1.2 b) Le décret ................................................................................................................. 13
1.2c) L’arrêté ...................................................................................................................... 13
2 - La convention collective de travail ................................................................... 14
3 - Les traités et conventions internationales.................................................... 14
Section 2 : Les sources non formelles du droit .................................................. 14
1-La jurisprudence ........................................................................................................... 14
2- La doctrine ..................................................................................................................... 15
3 - La coutume................................................................................................................... 16
CHAPITRE 3 : LA FORCE OBLIGATOIRE DE LA REGLE DE DROIT DANS
LE TEMPS ET DANS L’ESPACE .................................................................................. 17
Section 1 : La force obligatoire de la règle de droit dans le temps ........... 17
Paragraphe 1 : La durée de la force obligatoire .................................................. 17
1 - L’entrée en vigueur................................................................................................... 17
a) - La promulgation ........................................................................................................ 17
b)- La publication .............................................................................................................. 17
2 – La disparition de la règle de droit ..................................................................... 18
a) - L’abrogation ................................................................................................................ 18
b) - La désuétude............................................................................................................... 18
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Paragraphe 2 : La résolution des conflits de lois dans le temps................. 18
a) - Les règles de principe ............................................................................................. 18
b) - Application des règles ............................................................................................... 19
Section 2 : La force obligatoire de la règle de droit dans l’espace ............ 19
Paragraphe 1 : Le critère de la territorialité ........................................................ 20
Paragraphe 2 : Le critère de la personnalité ........................................................ 20
DEUXIEME PARTIE : LES DROITS SUBJECTIFS ............................................... 21
CHAPITRE 1 : LA PERSONNALITE JURIDIQUE .................................................. 22
Section I : Les personnes physiques........................................................................ 22
Paragraphe 1 : La personnalité juridique .............................................................. 22
A – Commencement de la personnalité juridique.............................................. 22
B– La perte de la personnalité juridique ................................................................ 22
C – L’incertitude sur la personnalité juridique ................................................... 22
1 – L’ABSENCE................................................................................................................... 23
2 – LA DISPARITION........................................................................................................ 23
D- Les droits de la personnalité ................................................................................. 23
Paragraphe 2 : Identification des personnes physiques ................................. 23
A – Le nom ........................................................................................................................... 24
1 - Le nom patronymique ............................................................................................. 24
a) Définition et conditions d’attribution ............................................................... 24
b) - Les caractères du nom de famille ..................................................................... 24
2 - Les prénoms ................................................................................................................. 24
3 -Le surnom ...................................................................................................................... 24
4 - Le pseudonyme ........................................................................................................... 24
B – Le domicile .................................................................................................................. 25
1 - Définition ...................................................................................................................... 25
2 - Détermination du domicile ................................................................................... 25
1 - Définition ..................................................................................................................... 25
2 - Condition d’attribution de la nationalité burkinabé ................................. 26
a) La nationalité d’origine ............................................................................................ 26
b)- Acquisition de la nationalité ................................................................................ 26
1 – La perte de la nationalité burkinabé ................................................................ 26
a) – La répudiation ........................................................................................................... 26
b) - La déchéance .............................................................................................................. 27
Paragraphe 3 : La capacité des personnes physiques ...................................... 27
A- Notion de capacité ..................................................................................................... 27
B – La protection des incapables ............................................................................... 27
1 - La situation du mineur ........................................................................................... 27
2 – La protection des majeurs incapables ............................................................. 28
Section 2 : Les personnes morales ........................................................................... 28
Paragraphe 1 : Les différentes catégories de personnes morales ............... 28
A- Les personnes morales de droit public ............................................................. 28
1 - L’Etat .............................................................................................................................. 29
2 – Les collectivités locales ......................................................................................... 29
3 - Les établissements publics.................................................................................... 29
B- Les personnes morales de droit privé ............................................................... 29
1 - Les sociétés .................................................................................................................. 29
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2 - Les associations ......................................................................................................... 29
Paragraphe 2 : Les attributs de la personnalité morale .................................. 29
1- L’état des personnes morales ................................................................................ 29
2- Le patrimoine ............................................................................................................... 30
3 - La capacité juridique ............................................................................................... 30
Paragraphe 3 : La vie des personnes morales ...................................................... 30
A- La création ..................................................................................................................... 30
B - Le fonctionnement ................................................................................................... 30
C – La fin des personnes morales .............................................................................. 30
CHAPITRE 2 : CLASSIFICATION DES DROITS ET DES BIENS .................... 31
Section I: Le patrimoine ............................................................................................... 31
Paragraphe 1 : Définition.............................................................................................. 31
Paragraphe 2: Les caractères du patrimoine ....................................................... 31
A- Le caractère juridique .............................................................................................. 31
B - Le caractère économique ....................................................................................... 31
Paragraphe 3: Composition du patrimoine ........................................................... 32
Section 2 : Classifications des biens ....................................................................... 32
Paragraphe 1 : La classification fondamentale : les meubles et les
immeubles ........................................................................................................................... 32
A- Les meubles ................................................................................................................... 32
1 - Les meubles par nature........................................................................................... 32
2 – Les meubles par détermination de la loi ........................................................ 32
B - Les immeubles ............................................................................................................ 32
1 - Les immeubles par nature ..................................................................................... 33
2 - Les immeubles par destination de la loi ......................................................... 33
3 - Les immeubles par l’objet ...................................................................................... 33
Paragraphe 2 : Les autres classifications .............................................................. 33
A – Les biens qui peuvent être appropriés et les biens qui ne peuvent
être appropriés .................................................................................................................. 33
B – Les biens corporels et les biens incorporels ................................................. 33
C – Les biens consomptibles et les biens non consomptibles ...................... 33
D -Les choses fongibles et les choses non fongibles ....................................... 33
Section 3 : Classification des droits ........................................................................ 34
Paragraphe 1 : Les droits extrapatrimoniaux ...................................................... 34
A – Les droits familiaux ................................................................................................. 34
B - Les droits de la personnalité ................................................................................ 34
Paragraphe 2 : Les droits patrimoniaux ................................................................. 35
A- Les droits personnels ................................................................................................ 35
B – Les droits réels .......................................................................................................... 35
1 – Le droit de propriété ............................................................................................... 36
a) - Attributs et caractéristiques ............................................................................... 36
a1- Les caractères du droit de propriété ............................................................... 36
a2 - Les attributs du droit de propriété ................................................................. 36
b- Les limites du droit de propriété ......................................................................... 36
c – Les démembrements du droit de propriété ................................................... 36
2– Les droits réels accessoires ................................................................................... 37
a)- L’hypothèque ............................................................................................................... 37
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b) – Le Gage ......................................................................................................................... 37
C - Les droits intellectuels ou droits de clientèle ............................................. 38
CHAPITRE 3: CLASSIFICATION DES DROITS SUBJECTIFS (LES
OBLIGATIONS) ................................................................................................................... 39
Section 1 : Les sources de l’obligation ................................................................... 39
Paragraphe 1 : Les obligations résultant de la loi ............................................. 39
Paragraphe 2 : Les obligations résultant de l’activité humaine ................. 39
A- Les délits et quasi-délits ....................................................................................... 39
1 - L’obligation de réparer un délit ou quasi-délit ............................................ 39
a) - Le fait générateur ..................................................................................................... 39
b) – Le dommage ............................................................................................................... 40
2- L’obligation de réparer le dommage ................................................................... 40
B- Les quasi–contrats ................................................................................................... 40
1 - La gestion d’affaire ................................................................................................... 40
2 - L’enrichissement sans cause................................................................................ 41
3 – La répétition de l’indu ............................................................................................ 41
Paragraphe 3: Les obligations nées des contrats ............................................... 41
A- La formation des contrats ...................................................................................... 41
1 - Les conditions de fond ............................................................................................ 41
a) - Le consentement des parties .............................................................................. 42
b) - La capacité .................................................................................................................. 42
c) – L’objet ........................................................................................................................... 42
d) - La cause ........................................................................................................................ 43
2 - Les conditions de forme ......................................................................................... 43
3 – Les sanctions du non-respect des conditions de formation du
contrat................................................................................................................................... 43
a) - La nullité ...................................................................................................................... 43
b) - La rescision ................................................................................................................. 43
B - La fin des contrats .................................................................................................... 44
C- La classification des contrats .......................................................................... 44
1 - Les contrats synallagmatiques et les contrats unilatéraux ................... 44
2 - Les contrats onéreux et les contrats à titre gratuit .................................. 44
3 - Les contrats commutatifs et les contrats aléatoires ................................ 44
4 - Les contrats instantanés et les contrats à exécution successive ....... 44
5- Les contrats consensuels, solennels et réels ................................................. 45
6 – Les Contrats nommés et les contrats inommés ......................................... 45
SECTION 2 : La classification des obligations .................................................... 45
Paragraphe 1 : Classification des obligations selon leur objet .................... 45
A – Les obligations de donner ..................................................................................... 45
B – L’obligation de faire ................................................................................................. 45
C – L’obligation de ne pas faire .................................................................................. 45
Paragraphe 2 : Classification selon l’étendue de la prestation du
débiteur................................................................................................................................. 46
A– L’obligation de résultat ........................................................................................... 46
B – L’obligation de moyen ............................................................................................ 46
Paragraphe 3: Classification selon les sources des obligations................... 46
Section 3: Les effets des obligations ....................................................................... 46
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Paragraphe 1: Les effets entre les parties ............................................................. 46
Paragraphe 2: Les effets des obligations à l’égard des parties .................... 47
CHAPITRE 4: L’ORGANISATION JUDICIAIRE BURKINABE ........................... 48
Section I : Les principes régissant l’organisation judiciaire ........................ 48
Paragraphe 1 : Le principe de la séparation des pouvoirs ............................. 48
A : Rapports entre pouvoir législatif et pouvoir judiciaire ........................... 48
1 : Le juge ne doit pas empiéter sur les fonctions du législateur .............. 48
2 : Le législateur ne doit ni juger un procès, ni modifier un jugement
rendu ...................................................................................................................................... 48
B : Rapports entre pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire ............................. 48
1 : Le pouvoir judiciaire ne doit pas empiéter sur le pouvoir exécutif ... 48
2 : Le pouvoir exécutif ne doit pas empiéter sur les prérogatives du
pouvoir judiciaire ............................................................................................................. 49
Paragraphe 2 : Les principes de l’organisation du service public de la
justice .................................................................................................................................... 49
A : L’égalité devant la justice ..................................................................................... 49
B : La gratuité de la justice.......................................................................................... 49
C : La continuité de la justice .................................................................................... 49
Paragraphe 3 : Les principes du fonctionnement du service public de la
justice .................................................................................................................................... 49
A : Le principe de la collégialité des juridictions .............................................. 50
B : Le principe du double degré de juridiction ................................................... 50
C : Le principe de la séparation, en matière pénale, de la poursuite, de
l’instruction et du jugement....................................................................................... 50
Section II : Le personnel judiciaire .......................................................................... 50
Paragraphe 1 : Les agents de justice ....................................................................... 50
A : Les magistrats de l’ordre judiciaire .................................................................. 50
1 : Les magistrats du siège ou magistrature assise .......................................... 50
2 : Les magistrats du parquet ou magistrature debout ................................... 51
B : Les magistrats de l’ordre administratif........................................................... 51
1 : Les magistrats de carrière ..................................................................................... 51
2 : Les juges d’occasion ................................................................................................. 51
Paragraphe 2 : Les auxiliaires de justice ............................................................... 51
A : Les auxiliaires du juge ............................................................................................ 51
B : Les auxiliaires du justiciable................................................................................ 52
Section III : L’organisation des juridictions ........................................................ 53
Paragraphe 1 : Les juridictions nationales ........................................................... 53
A : Les juridictions de l’ordre judiciaire ................................................................ 53
1 : Les juridictions de droit commun ..................................................................... 53
a : Le Tribunal de Grande Instance (TGI)............................................................... 53
b : La Cour d’Appel (C.A.) .............................................................................................. 54
c : La cour de cassation ................................................................................................. 54
2 : Les juridictions d’exception ................................................................................. 55
a : Les tribunaux départementaux et d’arrondissement ................................ 55
b : Les Tribunaux d’Instance ....................................................................................... 56
c : Les tribunaux de travail .......................................................................................... 56
d : Les tribunaux de commerce.................................................................................. 57
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e : Le tribunal militaire ................................................................................................. 58
f : Les tribunaux prévôtaux.......................................................................................... 58
g : Le Tribunal Pour Enfants ....................................................................................... 58
B : les juridictions de l’ordre administratif .......................................................... 58
1 : Les tribunaux administratifs ................................................................................ 59
2 : Le Conseil d’Etat........................................................................................................ 59
3 : La Cour des Comptes ............................................................................................... 60
C : Les juridictions particulières ou à caractère politique ............................ 60
1 : La Haute Cour de Justice ...................................................................................... 60
2 : Le Conseil Constitutionnel ................................................................................... 61
Paragraphe 2 : Les juridictions supranationales ................................................ 61
A : La Cour de Justice de l’UEMOA .......................................................................... 61
B : La Cour Commune de Justice et d’Arbitrage................................................ 61
Section IV : Les règles de compétence et les voies de recours ................... 62
Paragraphe 1 Règles de compétence ...................................................................... 62
Paragraphe 2 Les voies de recours .......................................................................... 62
1 Les voies ordinaires de recours ............................................................................. 63
2 Les voies extraordinaires de recours ................................................................... 63
ELEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE................................................................................ 72

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ELEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE

LES CODES
- Le Code de civil
- L’Acte uniforme relatif au droit des sûretés
- Le Code des personnes et de la famille.
LES ACTES UNIFORMES :
- L’Acte uniforme relatif au droit commercial général
- L’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du
groupement d’intérêt économique

FIN DU COURS
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