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Le contrat dessine une convention entre deux ou plusieurs personnes, écrite ou orale, qui crée une

obligation entre un ou des créanciers et un ou des débiteurs, en vertu d’un système de droit. En plus, le
contrat de commerce international se conclue en vue de produire des effets juridiques, qui vient à
consolider les relations juridiques-économiques du monde.

C’est pourquoi, la définition du « contrat sans loi » constitue un contrat qui n’est pas soumis à aucune loi
étatique, mais qui est néanmoins régi par des règles de droit non étatiques telles que les usages, les
principes généraux du droit et la lex mercatoria. Autrement dit, quant au « contrat sans droit », il
s’agirait d’un contrat qui n’est pas soumis à aucune règle de droit et dont le régime juridique repose
exclusivement sur les clauses contractuelle, c’est-à-dire sur la seule volonté des parties.

Alors, la notion de « Contrat sans loi » constitue une particularité de cette définition, tenant compte de:

- l'accord des parties sur le choix de la loi applicable à leur contrat, dans lequel il n'y a pas
d'indication d'un système juridique national spécifique.
- l’autonomie de la volonté des parties
- la possibilité de subordonner le contrat non pas à la loi d’un État particulier,
- la possibilité des parties contractantes de subordonner le contrat à un système juridique spécial,
créé par un accord entre particuliers et défini comme la relation applicable entre eux.

Le contrat a donné des résultats vertigineux dans le domaine de commerce, alors que les facteurs qui
ont influencer la réglementation d’un contrat sans loi, étaient des facteurs d’ordres économiques, en
apportant un bon exemple, comme la Compagnie maritime d'affrètement - Compagnie générale
maritime (plus connue sous son acronyme, CMA CGM) qui est un armateur de porte-conteneurs
français. En outre, son offre globale de transport intègre le transport maritime, la manutention portuaire
et la logistique terrestre. Il est un leader mondial du transport maritime en conteneurs et le premier
français. Autrement dit, cette compagnie, qui a une riche histoire, a contribué d’une manière ou
d’autre à la réglementation de ce type de contrat, tenant compte que La Cour de Cassation Française a
examiné le cas des Messageries maritimes (La Compagnie des messageries maritimes (MM) est une
compagnie maritime française, indépendante de 1851 à 1977, puis fusionnée avec la Compagnie
générale transatlantique (CGT) pour former la Compagnie générale maritime (CGM)). Il est à mentionner
le fait que la Cour a confirmé la nécessité d'indiquer un système juridique spécifique dans un accord sur
le choix du droit applicable.

En conformité avec l’autonomie de volonté, l’intention des parties contractantes est d’être régies
exclusivement par leurs clauses contractuelles, comprisent dans leur contrat qui est soumi à une loi non
étatique tel un usage, un principe général du droit ou encore la lex mercatoria. Autrement dit, le contrat
sans loi apparaît alors, dans cette perspective, comme un contrat détaché de toute loi étatique, un
contrat sans droit, dont le régime juridique serait exclusivement fixé par les stipulations contractuelles.
En ce qui concerne la lex mercatoria, il est généralement considérée comme faisant partie du droit
international commerciale coutumier et que les Principes d’Unidroit sont souvent présentés sous forme
des actes internationaux et sous forme de doctrine (par exemple, Antoine Kassis, Théorie générale des
usages du commerce : droit comparé, contrats et arbitrage internationaux, lex mercatoria), comme une
codification de la lex mercatoria. Sans doute l’impossibilité pour les parties de réglementer à l’avance
tous les aspects de leur relation les conduit-elle inévitablement à faire référence à une loi qui viendrait
combler les lacunes du contrat. Mais il importe de bien mesurer la portée exacte qui dévolue à la loi
ainsi désignée.

Par exemple, l’auteur Léna Gannagé dit que lex mercatoria et le contrat sans loi, constituent 2 éléments
nécessaires pour le terrain du droit non étatique qui devient également, à sa manière, un droit savant à
l’élaboration duquel la doctrine participe de plus en plus activement.

C’est pourquoi les principes Unidroit et les principes européens ( comme la Convention de Rome de
1980 sur la loi applicable aux obligations contractuelles) du droit des contrats offrent ainsi un corps de
règles systématique et cohérent qui connaît dans la pratique un succès croissant. Ce mouvement de
codification atteint également le droit spontané, puisque les usages eux-mêmes se muent parfois en
règles écrites sous l’impulsion d’institutions et d’organisations de professionnels sans que l’on ne sache,
au demeurant, si leur nature d’usage ne s’en trouve pas quelque peu altérée. Les règles de droit non
étatiques désignées par les parties pour régir leur contrat ont la valeur de simples stipulations
contractuelles. Elles sont incorporées au contrat et ne pourront déployer leurs effets que dans les
limites fixées à la volonté des parties par la loi étatique applicable au contrat. Par contre, le contrat sans
loi atteste sa fonctionnalité, car les principes UNIDROIT ou les principes du droit européen des contrats
ont ainsi eu pour conséquence immédiate d’atténuer le reproche d’imprévisibilité et d’incertitude
régulièrement adressé au droit non légiféré.

La Convention interaméricaine sur la loi applicable aux contrats internationaux de l’Organisation des
États américains (OÉA), conclue à Mexico le 17 mars 1994, est apparemment plus explicite sur
l’application du droit nonétatique. Cette convention n’est cependant en vigueur qu’entre le Mexique et
le Vénézuela.

L’article 9 de la Convention interaméricaine : « Lorsque les parties n'ont pas désigné la loi

applicable ou lorsque ce choix s'avère inefficace, le contrat est régi par la loi de l'État avec lequel il

présente les liens les plus étroits. Le tribunal tient compte de tous les facteurs objectifs et subjectifs

identifiées dans le contrat en vue de déterminer la loi de l’État avec lequel il a les liens les plus étroits.

Il tient également compte des principes généraux du droit commercial international reconnus par les

organisations internationales […] ». L’article 10 se lit comme suit : « Outre les dispositions des articles

précédents, seront appliqués, le cas échéant, les normes, les coutumes et principes du droit commercial

international, ainsi que les coutumes et pratiques commerciales généralement reconnues en vue

d'assurer le respect des conditions imposées par la justice et l'équité dans le règlement d'un cas

concret ».
L’auteur Léna Gannagé traite un aspect important qui a comme fondement l’idée que le contrat sans loi
est accueilli avec faveur devant la justice arbitrale, car devant les juridictions arbitrales, le contrat sans
loi trouve un terrain particulièrement propice à son épanouissement. En plus, en attestent l’existence
d’un pluralisme des sources du droit qui favorise l’application du droit non étatique, on doit remarquer
que l’arbitre n’a pas de for. Alors, il n’est pas le serviteur d’un ordre juridique déterminé, il n’est pas
tenu de garantir l’application d’une législation étatique donnée. La possibilité de détacher le contrat de
tout ordre juridique étatique est alors d’avantage facilitée.

Maintenant, Des différents systèmes de droit, comme celui de Canada (de Quebec) mis en œuvre la Loi

type sur l’arbitrage commercial international de la Commission des Nations Unies pour le droit
commercial international (CNUDCI) ainsi que la Convention de New York sur la reconnaissance et
l’exécution des sentences arbitrales étrangères en modifiant son Code de procédure civile qui prévoit
que dans le cas d’un arbitrage mettant en cause des intérêts du commerce extra-provincial ou
international, l’interprétation du titre du C.p.c. sur la tenue de l’arbitrage doit se faire en tenant compte
de la Loi type de la CNUDCI . Il faut mentionner que cette législation s’applique tant aux arbitrages
québécois qu’aux arbitrages internationaux et ne se limite pas aux matières commerciales.

Par contre, les parties sont libres de choisir les règles de droit que le tribunal arbitral appliquera au fond
du litige. Celles qui choisissent un droit national spécifique n’écartent pas les usages applicables,
puisque les tribunaux arbitraux doivent dans tous les cas en tenir compte. Elles peuvent cependant
déroger à cette disposition, et elles peuvent écarter l’application des usages si elles le veulent, mais
doivent alors les exclure expressément.

Par ailleurs, les parties peuvent accorder aux arbitres les pouvoirs d’agir comme « amiable compositeur»
afin qu’ils jugent ex aequo bono (selon ce qui est équitable et bon), car la loi type de la CNUDCI dispose :
pour ce faire, il suffit que les parties indiquent clairement leur volonté de dispenser les arbitres d'obéir
aux règles du droit, aux principes et aux usages commerciales.

Comme point de repère, il est essentiel de mettre en discussion la Commission européenne qui
présentait la proposition de Règlement du Parlement européen et du Conseil sur la loi applicable aux
obligations contractuelles (Rome I). Alors, je considère que cette proposition ouvre incontestablement la
voie à l’admissibilité du contrat sans loi devant les tribunaux étatiques, puisqu’elle propose de modifier
la version actuelle de l’article 3 de la Convention de Rome en autorisant les parties à “choisir comme loi
applicable des principes et règles de droit matériel des contrats, reconnus au niveau international ou
communautaire. »

Par le présent travail, j’ai constaté que le contrat sans loi a un principe qui vise ce type de contrat par
rapport aux effets limités, par lequel le caractère très réduit des effets accordés au contrat sans loi peut
être expliqué par l’attachement des systèmes nationaux à l’application d’une réglementation étatique
aux contrats internationaux, en mettant en évidence la fidélité à la méthode conflictuelle et à la justice
de rattachement.