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CD-Reef V3 - version 137 - Septembre 2004

Document : P18-504 (juin 1990) : Béton - Mise en oeuvre des bétons de structure

norme française
P 18-504
juin 1990

béton
mise en oeuvre des bétons de structure

E : concrete - structural concrete workmanship


D : beton - verarbeitung der strukturalbeton

Statut
Fascicule de documentation publié par l'AFNOR en juin 1990.
Correspondances
A la date de publication de la présente norme il n'y a pas de travaux internationaux sur ce sujet.
Analyse
Le présent fascicule de documentation traite de la mise en oeuvre des bétons de structure dans lesquels le béton
est acheminé jusqu'à l'oeuvre pour y être mis en place.
Descripteurs
Thésaurus International Technique : béton, béton armé, béton précontraint, mise en oeuvre.
© AFNOR 1990

Membres de la commission de normalisation chargée de l'élaboration du présent document


Président : M. PARRIAUD
Secrétaire : MME FERNANDEZ - AFNOR
M.
ADAM Ingénieur Conseil
ALEXANDRE CTPL
BENSIMHON CSTB
BESSET SNBPE
BOUINEAU CEBTP
BOUTONNET VSL FRANCE SARL
BROCHERIEUX SPIE Batignolles
BUIL CEA CEN SACLAY
CHAUVEL SETRA
CLAUZON UNM
COLLIN CATED
COQUILLAT CEBTP
DARBOIS SNFCC
DELORT ATILH
DREUX
FAUVEAU ATILH
FESTA CEBTP
GALLET EDF
GROSS UNPG
GURTLER EDF
HRABOVSKY FNB
JACQUES LCPC

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JARTOUX FREYSSINET International STUP


JERRAM SNCF
LAGENTE CSTB
LARAVOIRE DAEI
LE CAM EDF
LENOIRE FNTP
LESAGE LCPC
MARTIN SIKA SA
MATHIEU SETRA
MERLAY EDF
MERLET CSTB
MIERSMAN SURSCHISTE SA
MONACHON CAMPENON Bernard
NOVAK SIKA SA

MME PAILLERE LCPC


M.
PARRIAUD Conseil Général PONTS ET CHAUSSEES
PELCE CERIB
PERRIER Maurice PERRIER et Cie
PETITJEAN
POITEVIN Ingénieur Conseil
ROLLET FFIB
SCHMOL SNBATI
SCHWARTZ Ville de Paris
SNAKKERS GSM
THONIER FNTP
TUTENUIT Conseil Général PONTS ET CHAUSSEES

MLLE VINCENSINI AFNOR

Sommaire
Page de garde
Sommaire
avant-propos
1 acheminement du béton livré jusqu'à l'oeuvre
1.1 déversement par goulotte
1.2 déversement par bandes transporteuses
1.3 déversement par bennes
1.4 transfert par pompage
1.4.1
1.4.2
1.4.3
1.4.4 les caractéristiques essentielles des bétons a priori pompables
1.4.5 incidents de pompage
1.5 vérification du béton acheminé
1.6 durée d'acheminement
2 mise en place dans l'oeuvre
2.1 mise en place directe
2.2 mise en place indirecte
2.3 précautions diverses, joints de construction
2.3.1
2.3.2

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2.3.3
2.3.4
3 serrage du béton en place
3.1 serrage par vibration interne (ou pervibration)
3.2 serrage par vibration externe
3.3 serrage par règle vibrante
4 finitions (surfaces non coffrées)
4.1 surfaçage manuel
4.2 surfaçage mécanique
5 protection des ouvrages avant décoffrage
5.1
5.2 par temps chaud (voir paragraphe 10.1)
5.3 par temps froid (voir paragraphe 10.2)
5.4
6 décoffrage
6.1
6.2
6.3
6.4
6.5 décoffrage vertical
7 décintrement
8 protection du béton après décoffrage (cure)
8.1 ouvrages non armés
8.2 ouvrages armés
9 protection des surfaces non coffrées
10 bétonnage par temps chaud et froid
10.1 temps chaud
10.2 temps froid
11 bibliographie
annexe A durée minimale de la cure/fascicule 65 du CCTG - annexe technique T 36.2
annexe B bétons pompés, principales recommandations
annexe C incidents survenus lors du pompage du béton
annexe D précautions pour le bétonnage par temps froid

avant-propos
Le présent fascicule de documentation traite de la mise en oeuvre des bétons de structure dans les ouvrages pour lesquels le béton est
acheminé jusqu'à l'oeuvre pour y être mis en place.
Il n'est pas destiné à la réalisation des pièces en béton armé ou précontraint fabriqué en usine fixe. En effet, au vu des résultats des contrôles
pratiqués en cours de production, les pièces estimées non conformes pourront être rebutées.

1 acheminement du béton livré jusqu'à l'oeuvre


Déversé directement de la centrale de fabrication dans une benne ou transporté en bétonnière portée jusqu'au point de livraison, le béton est
acheminé jusqu'à son emplacement définitif par des méthodes telles que la séparation de ses constituants soit évitée au maximum et que
toute pollution soit écartée.

1.1 déversement par goulotte


La section et la pente peuvent varier en fonction du diamètre maximal des granulats et de la consistance du béton, un déflecteur placé à
l'extrémité de la goulotte ou de la conduite doit permettre de limiter les risques de ségrégation du mélange. Après chaque opération, la
goulotte doit être nettoyée, si possible hors de la proximité immédiate de l'ouvrage.

1.2 déversement par bandes transporteuses


Il existe deux types principaux de bandes transporteuses de béton : lisses et à chevrons. La vitesse et la pente de ces bandes sont deux
paramètres importants pour le maintien de l'homogénéité du béton. Ils sont à adapter en fonction de la granularité et de la consistance du
béton à transporter.
Sauf dans les installations importantes, on doit éviter le déversement du béton d'une bande à l'autre. On disposera à l'extrémité de la bande
des guides latéraux et un déflecteur, et dans les installations importantes une trémie à axe vertical. Avant déversement dans la trémie, sera
placé un dispositif réduisant une ségrégation éventuelle.

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1.3 déversement par bennes


La vidange de la benne est opérée progressivement et le point de déversement choisi en arrière du front d'avancement du béton. Pour la mise
en place du béton dans les murs et les poteaux de plus de 3 m de hauteur, la benne doit être prolongée par un tube afin de limiter la chute
libre du béton.
Pour les poutres de grande hauteur, à l'exception des poutres cloisons, on bétonnera en talus à partir de l'une ou l'autre des extrémités, ou
des deux extrémités de l'ouvrage, exception faite pour les bétons fluidifiés.

1.4 transfert par pompage


1.4.1
Dans les cas usuels, la distance maximale de transfert par pompage est d'environ 300 m horizontalement et de 100 m verticalement. Au delà
de ces cas, il sera nécessaire d'étudier des dispositions particulières ayant trait soit au matériel soit à la formulation du béton.
La distance équivalente de transport peut être évaluée en prenant en 1 re approximation la formule suivante :D + 5 H + 10 C 1 + 5 C 2
où :
D = distance horizontale en mètres,
H = dénivellation en mètres vers le haut,
C1 = nombre de coudes à 90°,
C2 = nombre de coudes à 135°.

1.4.2
Dans tous les cas, on tiendra compte des recommandations suivantes :

1.4.2.1 les pompes


Le débit courant des matériels varie de 8 m 3/h à 70 m3/h et peut atteindre 160 m 3/h sur des grosses unités.
La pompe sera placée le plus près possible de l'ouvrage surtout par temps chaud.
On vérifiera la pompe avant chaque utilisation.
On prévoira toutes dispositions de remplacement.

1.4.2.2 les conduites


En règle générale :
limiter les changements de direction, longueur de chaque élément entre 3 m et 5 m,
prévoir une partie droite de 4 m au minimum à la sortie de la pompe,
s'assurer du bon état des conduites (propreté des tuyaux et étanchéité des joints) ainsi que de leur arrimage correct,
le rapport entre le diamètre D des granulats et celui du diamètre φ de la conduite sera en règle générale de :
D ≤ 0,25 φ avec D ≤ 25 mm,
il convient de limiter l'échauffement résultant du rayonnement (peinture de couleurs claires ou réfléchissantes, bâchage, arrosage, etc.).

1.4.3
Il est essentiel que la trémie de la pompe soit toujours en charge, pour maintenir l'homogénéité du béton.
Il est recommandé :
en début d'opération, d'envoyer dans la conduite un mortier dit de graissage (par exemple, 250 l de ce mortier pour 100 m de conduit), ce
mortier ne sera pas, en règle générale, incorporé à l'ouvrage,
de déplacer fréquemment l'extrémité de la conduite afin de rapprocher au maximum le point d'arrivée de l'emplacement final à remplir.
de « cabrer » l'extrémité de la conduite pour conserver un béton homogène (voir figure 1) au moment du déversement ou de noyer
l'extrémité de la conduite dans le béton.

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figure 1 cabrage d'une tuyauterie de béton

Il est essentiel de procéder au nettoyage à l'eau ou à la boule de toute l'installation à chaque arrêt de l'opération de pompage.

1.4.4 les caractéristiques essentielles des bétons a priori pompables


Sont données dans l'annexe B.

1.4.5 incidents de pompage


En annexe C, sont énumérés un certain nombre d'incidents qui peuvent se produire lors du pompage d'un béton.

1.5 vérification du béton acheminé


En règle générale, les prélèvements effectués pour le contrôle des caractéristiques du béton (consistance, densité, température, air occlus,
confection d'éprouvettes) sont effectués au point de livraison du béton, donc au droit de la centrale de chantier ou sous la goulotte de la
bétonnière portée. Cependant, des prélèvements peuvent être effectués en fin d'acheminement, donc sur l'ouvrage lui-même (consistance,
température, granularité, teneur en air occlus, confection d'éprouvettes d'information).
La tendance actuelle s'oriente vers les essais in situ, en particulier, la vérification par ultra-sons pour les bétons au jeune âge.
Les éprouvettes confectionnées sur l'ouvrage ou au pied de l'ouvrage sont conservées sur place jusqu'au décoffrage, elles sont dûment
protégées contre la dessiccation, l'ensoleillement et le froid, elles peuvent aussi être placées dans une enceinte à température asservie à celle
du béton en place dans l'ouvrage (match-curing).

1.6 durée d'acheminement


Les variations excessives de température ou les risques de dessiccation doivent conduire à prendre toutes dispositions pour réduire la durée
d'acheminement et à protéger la conduite.
Les adjuvants accélérateurs ou retardateurs ne seront utilisés qu'après un essai de convenance.
Le programme de bétonnage et de fabrication de béton est organisé afin de limiter au maximum les attentes en cours ou en fin
d'acheminement.

2 mise en place dans l'oeuvre


Quand l'ouvrage à bétonner est exécuté par phases successives, un plan précisant les joints de construction et un programme détaillé sont
établis, permettant d'éviter attentes et improvisations génératrices de malfaçons.

2.1 mise en place directe


Dans le cas des dallages, radiers, planchers et poutres : mise en place directe par goulotte, bandes transporteuses ou pompage d'une façon
semi-continue, ou bien discontinue par bennes. La mise en place directe permet le suivi visuel du remplissage et de l'efficacité du serrage par
vibration interne.
On doit éviter l'accumulation locale du béton, génératrice de ségrégation, et, dans le cas d'un ouvrage sur étaiement, de charges concentrées.

2.2 mise en place indirecte


Par l'intermédiaire d'un tube souple ou d'un tube rigide (tube plongeur) à partir d'une benne ou d'une trémie tampon, la progression du béton et

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son serrage doivent être suivis soit directement par des fenêtres ménagées dans les coffrages, soit indirectement par sondage voire par
caméra de télévision (bétonnage sous l'eau ou en sous-oeuvre).
Dans ce dernier cas, le serrage par vibration étant malaisé ou impossible, les compositions de béton seront étudiées spécialement et seront
essayées dans les conditions de mise en place voisines de la réalité (béton témoin).

2.3 précautions diverses, joints de construction


2.3.1
Sauf pour la fondation d'ouvrages de faible importance, on ne doit pas bétonner à pleine fouille, le béton mis en place doit reposer ou
s'appuyer sur le terrain par l'intermédiaire d'une couche de propreté (béton dosé à 150 kg/m3) ou d'une membrane étanche et assez résistante
pour ne pas être traversée par les granulats.

2.3.2
Les joints de construction horizontaux (joints de reprise) doivent être nettoyés et humidifiés avant le bétonnage sans pour autant qu'il subsiste
de l'eau non absorbée sur le joint. D'une façon générale, la reprise est lavée par un jet d'eau et d'air comprimé, afin de faire apparaître les
granulats (sans les déchausser). Quand ce traitement n'est pas possible, la reprise fait l'objet d'un traitement mécanique, voire chimique (en
respectant les prescriptions du fournisseur des produits employés), afin de favoriser l'adhérence de la levée suivante sur le béton durci. Sauf
dans le cas de béton de granularité supérieure à 40 mm, on n'utilisera généralement pas de mortier ou de béton de repri, en particulier pour
préserver l'aspect du joint en parement.

2.3.3
Les joints de construction verticaux ou obliques, qu'ils aient été coffrés ou simplement grillagés doivent être nettoyés et humidifiés avant
bétonnage.

2.3.4
S'assurer que l'eau d'humidification en excès ne stagne pas en fond de moule ; si le niveau du fond est inaccessible, on ménagera des trous
d'évacuation obturables dans le coffrage.

3 serrage du béton en place


Tel que déposé, le béton, sauf cas exceptionnel de béton fluide, est généralement foisonné, d'où la nécessité d'un serrage suivant
immédiatement le déversement dans le coffrage.

3.1 serrage par vibration interne (ou pervibration)


Dans le cas général d'ouvrages d'épaisseur supérieure à 0,15 m, on utilise des aiguilles vibrantes de fréquence comprise entre 1 500 Hz et 5
000 Hz pour les bétons en pleine masse, 8 000 Hz et 15 000 Hz pour les bétons courants.
Eviter d'employer les aiguilles vibrantes pour pousser le béton jusqu'à son emplacement définitif. L'immersion des aiguilles se fait
verticalement, et la durée d'immersion doit être limitée afin d'éviter la ségrégation du béton (descente des granulats et remontée du mortier).
Les aiguilles, si l'on bétonne par couches successives (0,40 m d'épaisseur maximale pour D 〈 40 mm), doivent pénétrer dans la couche
précédente et être retirées lentement, afin de permettre la fermeture de leur emplacement.
Après vibration, la surface du béton ne doit pas présenter d'interruption ni de cavités, cette surface fermée peut après prise du béton et au
début de durcissement être traitée, quand c'est possible, par un jet d'eau et d'air comprimé, afin de faire apparaître les granulats et d'éviter
d'avoir à réaliser par piquage la rugosité désirée du joint de construction, ce qui peut provoquer des fissurations locales préjudiciables.

3.2 serrage par vibration externe


Dans le cas des poutres de grande hauteur, des murs, des revêtements de galerie, de tous ouvrages d'épaisseur faible ou moyenne (E ≤ 0,20
m), la vibration interne est difficile voire impossible.
On déplace donc au fur et à mesure de l'avancement du niveau de béton, ou de la progression du talus, des vibrateurs externes que l'on fixe
sur l'ossature du coffrage.
On doit prévoir des fenêtres à différents niveaux pour suivre la progression du béton et intervenir, si nécessaire, par vibration interne.

3.3 serrage par règle vibrante


Ce type de serrage est applicable pour des bétons fermes ou peu plastiques, et pour des dalles d'épaisseur inférieure à 0,15 m.

4 finitions (surfaces non coffrées)


Les surfaces définitives non coffrées sont horizontales ou voisines de l'horizontale afin de permettre un surfaçage aisé, le béton doit contenir
une proportion suffisante de mortier.
Pour un béton instable (ressuage, ségrégation) et donc trop mouillé, le réglage puis le surfaçage feront remonter les fines, la couche
supérieure de mortier comportera un excès d'eau et pourra fissurer. Une fois durcie, cette couche restera friable et pourra se détacher de la
masse.

4.1 surfaçage manuel


Le réglage et le surfaçage par talochage s'ils sont nécessaires doivent permettre d'atteindre la planéité requise sans pour cela conduire à un

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serrage excessif. On ne commence le surfaçage que lorsque l'eau provenant du ressuage a été absorbée ou évacuée, et de toutes façons
avant la fin de prise du béton. Eviter d'enrichir la surface en saupoudrant de ciment avant talochage. Dans le cas d'un enrichissement par une
charge minérale ou métallique ou pour l'application de produits imperméabilisants suivre les prescriptions du fournisseur. Un retalochage peut
être nécessaire pour éviter le faïençage.

4.2 surfaçage mécanique


Pour des bétons de consistance élevée ou ayant acquis une certaine cohésion (par exemple traitement par le vide), des matériels relativement
lourds peuvent être utilisés. Il convient de commencer le surfaçage assez tard afin de permettre l'absorption de l'eau ressuée.
Le déplacement de la machine peut être suivi immédiatement de l'aspersion d'un produit de cure comme dans le cas des chaussées ou des
pistes.

5 protection des ouvrages avant décoffrage


5.1
Les coffrages, étant étanches, assurent de ce fait une protection efficace contre la dessiccation, les surfaces non coffrées étant protégées
comme prévu au paragraphe 9. Cependant, les coffrages peuvent jouer en fonction de leur résistance thermique un rôle significatif afin de
prévenir la fissuration des pièces.
Pour les pièces d'épaisseur 〈 0,50 m, une faible résistance thermique des coffrages permet de limiter l'élévation de température du béton par
temps chaud.
Pour les pièces d'épaisseur 〉 0,50 m, une résistance thermique élevée des coffrages permet de limiter la différence de température entre le
coeur et la peau, cette différence de température doit être limitée afin que les contraintes de traction induites restent inférieures à la résistance
du béton à l'âge considéré de maturité. En l'absence d'études spécifiques, on limitera cette différence à 20 °C sans qu'il soit nécessaire de
fournir de justifications.

5.2 par temps chaud (voir paragraphe 10.1)


Ambiance ≥ 25 °C.
Il est utile de protéger le coffrage de l'ensoleillement direct par des bâches suspendues à quelques décimètres de ceux-ci, ou bien de le
refroidir avant bétonnage (humidification par exemple).

5.3 par temps froid (voir paragraphe 10.2)


Ambiance ≤ 5 °C.
La résistance thermique du coffrage compte tenu de son exposition doit être prise en compte afin de déterminer le délai nécessaire pour
décoffrer.
Pour des températures ambiantes de 0 °C à - 5 °C, un durcissement correspondant à une résistance en compression de 5 MPa est nécessaire
pour mettre le béton hors gel, et donc pour décoffrer.

5.4
Les joints de construction verticaux (coffrage par grillages ancrés étayés) ou horizontaux, doivent être protégés contre la dessiccation par
humidification permanente jusqu'au moment du décoffrage des autres parties.

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figure 2 bétonnage par temps froid - efficacité d'une protection par plaques de polystyrène

6 décoffrage
6.1
Sauf dans le cas de l'utilisation de coffrages glissants, ou de traitement thermique, on ne procède au décoffrage des pièces que lorsque la
résistance à la compression du béton atteint une résistance à la compression d'au moins 3 MPa. Dans des conditions climatiques moyennes
(température ambiante de 10 °C à 25 °C, hygrométrie relative supérieure à 60 %), on peut estimer que cette résistance est atteinte 12 h après
la fin de la mise en place avec un CPA 55 ; cette valeur est fonction de la nature du ciment utilisé et de la géométrie de l'ouvrage (effet de
masse).

6.2
La résistance minimale du béton lors du décoffrage sera déterminée en fonction des sollicitations ou des agressions auxquelles la pièce sera
soumise au décoffrage ; en particulier pour les pièces préfabriquées, une résistance d'au moins 8 MPa est nécessaire afin d'éviter
d'endommager les arêtes lors des manutentions au démoulage.

6.3
La résistance effective du béton dans les parties les plus sollicitées de l'ouvrage peut être estimée au moyen d'éprouvettes d'information ou
par des essais in situ (voir paragraphe 1.5).
Ces éprouvettes confectionnées au pied de l'ouvrage en cours de bétonnage sont, soit conservées dans des conditions normales (4
éprouvettes, munies d'un couvercle étanche, et placées dans une enceinte à 20 °C ± 1 °C) soit dans une enceinte régulée thermiquement de
manière à ce qu'au centre de l'éprouvette, la température suive à 2 °C près la température du point estimé critique de l'ouvrage coffré.
Dans le premier cas, en comparant l'histoire thermique de l'éprouvette à celle du point critique de l'ouvrage, on pourra déterminer la résistance
in situ à partir de celle de l'éprouvette par un calcul basé sur la loi d'ARRHENIUS.
Dans le second cas, l'enregistrement des températures en des points critiques de l'ouvrage doit être ainsi accompagné par des enceintes
régulées à ces températures et contenant chacune les éprouvettes d'informations nécessaires pour vérifier la résistance aux échéances utiles.

6.4
Le décoffrage est effectué sans chocs ni secousses.

6.5 décoffrage vertical


On procède progressivement au desserrage des tendeurs et à l'enlèvement successif des coffrages.
On cherche à ne pas interrompre cette opération, afin d'éviter des différences importantes dans la protection des surfaces coffrées, d'où
peuvent résulter des différences de teinte du béton.

7 décintrement
Le décintrement doit être effectué suivant un programme détaillé établi par le Bureau d'Etude en indiquant particulièrement la résistance
minimale au décintrement et la déformation admissible de l'ouvrage.
Pour les travées de faible portée, procéder d'abord au desserrage des étais au voisinage des appuis, les étais à mi-portée étant enlevés en
dernier. Après enlèvement du coffrage, un étaiement provisoire destiné à éviter des déformations excessives de la travée sous l'effet du fluage
et des charges de chantier pourra être mis en place, une étude devra déterminer en fonction de ces charges la résistance de cet étaiement.

8 protection du béton après décoffrage (cure)


La durée de cette protection dépend de la maturité acquise pendant la durée de la protection apportée par le coffrage, ou de la maturité
acquise par un traitement thermique, et d'autre part du caractère de l'environnement.

8.1 ouvrages non armés


Pour les préfabriqués massifs (blocs de défense) l'application d'un produit de cure immédiatement après décoffrage permet d'augmenter la
tenue de la peau contre les agressions ultérieures (abrasion, gel/dégel).

8.2 ouvrages armés


Après décoffrage les surfaces verticales ou obliques peuvent être, soit maintenues humides par mise en place de toiles perméables arrosées
d'une manière continue (cure humide), soit seulement protégées contre la dessiccation par application d'un produit imperméabilisant
compatible avec le traitement définitif des surfaces vues.
Cette disposition sera maintenue le cas échéant pour permettre une hydratation suffisante du liant, la maturité correspondante du béton peut
être évaluée en résistance à la compression d'éprouvettes ayant subi la même histoire thermo-hygrométrique (éprouvettes dites d'information),
ou par la connaissance de l'histoire thermique du béton de l'ouvrage interprétée en fonction des caractéristiques préalablement déterminées
de ce béton.
Cette résistance sera déterminée en fonction des conditions d'environnement de l'ouvrage et de la durabilité prescrite. En fonction de cela,
cette résistance pourra varier de 50 % à 70 % de la résistance nominale du béton. On en déduira par une évaluation basée sur les résultats
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obtenus lors de l'épreuve d'étude du béton conduite à 20 °C, les délais de fin de protection correspondant aux diverses températures
environnantes à envisager. L'écrasement d'éprouvettes d'information avant les échéances ainsi déterminées pourra permettre un ajustement
économique (réduction du délai d'attente).
En l'absence d'une telle étude et dans le cas des ouvrages d'art, on observera les durées minimales de maintien de protection indiquées dans
l'annexe technique T 36.2 du Fascicule 65 du CCTG (tableau reproduit en annexe A).

9 protection des surfaces non coffrées


D'une manière générale il convient de limiter l'évaporation de l'eau des surfaces exposées au béton, il faut noter que le taux d'évaporation
dépend de la température ambiante, de l'humidité relative et de la vitesse du vent.
Immédiatement après finition, protéger la surface par humidification permanente, la température de l'eau nécessaire ne devra pas être
inférieure de plus de 10 °C à celle du béton.
On peut également protéger la surface par une bâche étanche, ou par un produit de cure, pigmenté ou non, d'une efficacité reconnue, vérifier
alors en fonction du revêtement ultérieur de la surface que l'élimination de ce produit est possible par brossage ou qu'il y a bien compatibilité
du produit de cure avec des applications ultérieures sur le revêtement (peinture).

10 bétonnage par temps chaud et froid


10.1 temps chaud
Pour le bétonnage par temps chaud (ambiance supérieure à 25 °C), les dispositions suivantes seront appliquées afin d'éviter la perte
d'humidité et/ou un raidissement rapide du béton avant mise en oeuvre.
Mise en oeuvre en réduisant toute attente.
Utilisation d'un retardateur de prise ou d'un ciment à faible chaleur d'hydratation.
Limitation de la température du béton frais. Il est conseillé de faire en sorte que cette température ne dépasse pas 30 °C, (voir figure 2)
soit en utilisant de l'eau refroidie pour le gâchage soit de la glace en paillette pour tout ou partie de l'eau de gâchage.
Adaptation des horaires de bétonnage aux variations climatiques diurner (bétonnage aux heures optimales, voire la nuit).

Tenir compte de l'influence de l'hygrométrie ambiante comme de celle du vent.

figure 3
Bétonnage par temps chaud : gâchage à l'eau refroidie à 2 °C :
a. gâchage à l'eau ordinaire (Ta - 5 °C),
b. gâchage à l'eau à 2 °C, dans l'hypothèse d'un béton dosé à 300 kg/m3 de ciment E/C = 0,60 ; 50 l d'eau dans les granulats à leur
température (celle de l'ambiance, si aucune précaution n'est prise), ciment livré à 50 °C en vrac et conservé en silo (température
constante), calcul de la température du mélange malaxé par la formule ACI 305 R.

Ea = eau des granulats,


Eg = eau d'apport.

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10.2 temps froid


Pour le bétonnage par temps froid (ambiance ≤ 5 °C), certaines dispositions particulières après étude seront prises (voir annexe D).
En règle générale, tenir compte des principales recommandations suivantes :
choisir un ciment à durcissement rapide,
maintenir un rapport eau/ciment aussi faible que possible,
employer un adjuvant (ou des adjuvants composés) permettant soit d'accélérer la prise et le durcissement (mise hors gel),
réchauffer les granulats en stock ou en centrale. Il est conseillé de ne réchauffer que la quantité directement nécessaire (danger de gel
de l'eau de condensation),
préchauffer l'eau de gâchage,
éliminer neige ou glace des coffrages et des armatures,
au moment du bétonnage, utiliser un béton dont la température est de 5 °C au minimum,
calorifuger les coffrages pour avoir une résistance thermique d'autant plus grande que les pièces sont moins épaisses,
abriter le béton fraîchement coulé du vent et, à la limite, l'isoler dans une enceinte chauffée en prenant soin d'empêcher une évaporation
excessive d'eau.

11 bibliographie
[1]
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[2]
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[3]
EDF/CCTG. Edition de Septembre 1983. Direction de l'Equipement.
[4]
Tudor Dinesco et Al. Les coffrages glissants, technique et utilisation. Eyrolles 1968.
[5]
G. DREUX. Nouveau Guide du Béton. 6 e édition, 1990.
[6]
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[7]
P. GALABRU. Cours de procédés de construction. Eyrolles 1963.
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M. JACOBSON. Technique des travaux. Ch. Béranger 1962. USBR. Concrete Manual. Ed. 1985.
[9]
Code Modèle. CEB FIP pour les structures en béton. 3 e Ed. 1978.
[10]
LCPC-SETRA. Utilisation des pompes pour le transport du béton. 1973.
[11]
Fascicule 65 du CCTG. Exécution des ouvrages de génie civil en béton armé ou précontraint. Décret n° 85-404 du 3 avril 1985.
[12]
L'exécution du béton « avant, pendant, après .... » M. COLLANGE (non publié).
[13]
« Bétonnage par temps froid et résistance au gel du béton durci » M. MAMILLAN. CEBTP. Annales ITBTP n° 477 - Octobre 89.

annexe A durée minimale de la cure/fascicule 65 du CCTG - annexe


technique T 36.2

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annexe B bétons pompés, principales recommandations


De préférence prévoir granulométrie continue, rester dans le fuseau de la figure B.1 établi pour des bétons de D variant de 12,5 mm à 31,5
mm).

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Document : P18-504 (juin 1990) : Béton - Mise en oeuvre des bétons de structure

figure B.1

figure B.1

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Document : P18-504 (juin 1990) : Béton - Mise en oeuvre des bétons de structure

figure B.1
Préférer les granulats roulés, surtout les sables roulés et éviter les granulats d'un coefficient d'absorption supérieur à 3 %.
Eviter les ciments à prise rapide et par temps chaud utiliser un adjuvant retardateur.
Le passant au tamis de 0,16 mm (ciment + fines) doit être supérieur à 350 kg/m 3.
Les affaissements au cône (béton pompable non fluidifié) doivent rester compris entre 8 cm et 12 cm (risque de ségrégation au delà sauf pour
les bétons fluidifiés).
Dans bien des cas, on a intérêt à utiliser un adjuvant plastifiant réducteur d'eau et par temps chaud un retardateur de prise.
Ne jamais rajouter d'eau dans les bétons fluidifiés.

annexe C incidents survenus lors du pompage du béton

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annexe D précautions pour le bétonnage par temps froid


Ce tableau ne tient toutefois pas compte du vent dont les effets importants justifient une protection spéciale.

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Liste des figures


figure 1 cabrage d'une tuyauterie de béton
figure 2 bétonnage par temps froid - efficacité d'une protection par plaques de polystyrène
figure 3
figure B.1
figure B.1
figure B.1
Liste des tableaux
Tableau de l'article : annexe A durée minimale de la cure/fascicule 65 du CCTG - annexe technique T 36.2
Tableau de l'article : annexe C incidents survenus lors du pompage du béton
Tableau de l'article : annexe D précautions pour le bétonnage par temps froid

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