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1ère partie  :  L’administration d’Etat  :

1- Les compétences administratives du Roi


A. Le pouvoir de nomination
B. La participation à l’exercice du pouvoir réglementaire

2. Le Chef du gouvernement
A. Les compétences administratives du Chef du gouvernement
B. Les services du Chef du gouvernement

3. Les ministres

4. Les bases de l’organisation de l’administration territoriale


A. La division administrative du territoire
B. La déconcentration administrative

5. Les organes locaux de l’Etat au niveau de la province


A. Les services extérieurs
B. Le gouverneur

6. Les organes locaux au niveau infra- provincial


A. Les chefs de cercle
B. Les chefs de circonscription urbaine et rurale
C. Le président du conseil communal

7. Les organes locaux de l’Etat au niveau de la région

8. Les autorités administratives indépendantes

9. La Haute autorité de la communication audiovisuelle

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1ère partie  : L’Administration d’Etat  :

Dans un pays centralisé comme le Maroc, la part des tâches administratives considérées
comme l’intérêt national, et assurées par l’Etat, reste considérable. Malgré les reformes
relatives à la décentralisation, l’Administration d’Etat garde un poids important dans la vie
nationale. Elle se caractérise par les traits suivants :

1. La distinction entre les organes qui assurent la direction suprême, et


les organes de préparation et d’exécution :

La première tâche est confiée aux représentants du pouvoir exécutif, qui cumulent leurs
fonctions administratives avec les autres attribuées que la constitution leur assigne dans
l’ordre politique. Leur statut relève du droit constitutionnel. La préparation et l’exécution de
leurs décisions, par contre, sont assurées par un personnel exclusivement administratif, qui
constitue « l’administration » au sens courant du terme.

2. Le principe de l’organisation ministérielle.

Tous les services assurant la satisfaction de besoins analogues ou connexes sont réunis
dans le cadre d’un même département ministériel, sous l’autorité d’un chef hiérarchique
unique, le ministre ; seuls font exception certains services directement rattachés au chef du
gouvernement. Même les services décentralisés (les établissements publics nationaux) sont
rattachés à un ministère pour l’exercice de la tutelle. Chaque département ministériel
comprend, d’une part des organes placés auprès du ministre pour la préparation des ses
décisions (administration centrale), et d’autre part les organes d’exécution dont la majorité
est répartie sur l’ensemble du territoire (services extérieurs).

3-Parmi ces organes d’exécution, la plupart se limite à une tâche


technique bien définie.

Toutefois, un certain nombre de missions beaucoup plus larges, qui conditionnent


l’accomplissement des tâches précédentes, telles le maintien de l’ordre public (et qu’on
englobe souvent sous le terme d’administration générale), sont à l’échelon de la province ou
de la préfecture, confiées à un fonctionnaire d’un type particulier, le gouverneur, représentant
de l’Etat. Il est chargé de la direction de tous les services de l’Etat implantés dans sa
circonscription. D’autres agents d’autorité l’aident dans l’accomplissement de sa mission.
4-En combinant les observations précédentes, on est donc amené à
distinguer :

-D’une part, les organes centraux de l’administration d’Etat essentiellement le chef du


gouvernement et les ministres et les administrations centrales placées auprès d’eux.
-D’autre part, les organes implantés sur l’ensemble du territoire, services extérieurs ou locaux
des ministères et agents d’autorité.
La répartition des compétences entre ces organes est opérée par le décret du 20 octobre 1993
relatif à la déconcentration administrative. Il prévoit que les administrations centrales assurent
au niveau national, sous l’autorité des ministres, une mission de conception, d’orientation,
d’organisation, de gestion et de contrôle des actions relevant de leur compétence. Les services
extérieurs sont chargés, au niveau territorial, de l’exécution de la politique gouvernementale
et de toutes les décisions et directives des autorités compétentes.

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La politique du gouvernement en matière de déconcentration est élaborée par la « commission
permanente de déconcentration administrative ». Instituée auprès du Chef du gouvernement,
elle comprend le ministre chargé de l’intérieur, le ministre des finances, le ministre chargé des
affaires administratives, le secrétaire général du gouvernement et les ministres concernés.
5. Toutes ces distinctions ne doivent pas faire d’illusions :

Du point de vue juridique, l’administration de l’Etat est une, et s’exerce « au nom et pour
le compte » d’une seule et même personne juridique : l’Etat. Les départements ministériels
n’ont aucune existence juridique autonome ; c’est l’Etat, dans son unité juridique qui engage
par leurs actes les divers ministres et leurs subordonnés.
6. Enfin, de l’administration active, qui vient d’être mentionnée il
convient d’en distinguer d’autres.

Il s’agit essentiellement de l’administration consultative (constituée par divers organes


consultatifs qui aident les autorités administratives dans l’accomplissement de leurs tâches) et
de divers organes de contrôle et de régulation, chargés d’assister le pouvoir exécutif dans
certains domaines.

Chapitre1 : Les organes centraux 

Ces organes sont :


 D’une part, des autorités investies, dans l’ordre administratif, de compétences
générales : le Roi et le Chef du gouvernement, placés à la tête du système
administratif.

 D’autre part, au-dessous d’eux, des organes spécialisés dans la direction d’un groupe
de services, les ministres et leurs collaborateurs.

Bien que n’étant pas une simple autorité administrative, le Roi occupe une place centrale à
l’égard du pouvoir exécutif, composé par le Chef du gouvernement et les ministres.
Les pouvoirs du Roi et du chef du gouvernement sont fixés principalement par la constitution.
Les compétences administratives du Roi sont de deux sortes : le pouvoir réglementaire
général et le pouvoir de nomination des fonctionnaires et agent de l’Etat. Pour s’en tenir au
texte de la constitution, on constate que le Roi détient le pouvoir de nomination et n’exerce le
pouvoir réglementaire qu’exceptionnellement, alors que c’est le Chef du gouvernement qui a
une compétence générale de principe en matière réglementaire.

Section1 : Les compétences administratives du Roi

En matière administrative, le Roi exerce principalement le pouvoir de nomination, et


intervient accessoirement en matière réglementaire.

A. Le pouvoir de nomination

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En sa qualité de chef de l’Etat, le Roi nomme le Chef du gouvernement au sein du parti
politique arrivé en tète des élections des membres de la chambre des représentants, et au vu de
leurs résultats. (Article 47 de la constitution).
Sur proposition du chef du gouvernement, il nomme les membres du gouvernement.
Le Roi peut, à son initiative, et après consultation du chef du gouvernement, mettre fin
aux fonctions d’un ou plusieurs membres du gouvernement.
Le chef du gouvernement peut également demander au Roi de mettre fin aux fonctions
d’un ou plusieurs membres du gouvernement. (Art. 47)
Il est le « chef suprême des forces armées royales », il exerce le pouvoir de nomination
aux emplois militaires, qu’il peut d’ailleurs déléguer. (Article 53).
Le Roi préside le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire. (Article 56.)
Le Roi approuve par dahir la nomination des magistrats par le Conseil Supérieur du
pouvoir Judiciaire. (Article 57.)
Le Roi exerce le droit de grâce. (Article 58.)

B. La participation à l’exercice du pouvoir réglementaire 

En période exceptionnelle, la Constitution prévoit des pouvoirs de crise confiés au Roi


par l’article 59. Lorsque l'intégrité du territoire national est menacée ou que se produisent des
événements qui entravent le fonctionnement régulier des institutions constitutionnelles, le Roi
peut, après avoir consulté le Chef du Gouvernement, le président de la Chambre des
Représentant, le président de la Chambre des Conseillers, ainsi que le Président de la Cour
Constitutionnelle, et adressé un message à la nation, proclamer par dahir l'état d'exception.
De ce fait, le Roi est habilité à prendre les mesures qu'imposent la défense de l'intégrité
territoriale et le retour, dans un moindre délai, au fonctionnement normal des institutions
constitutionnelles.
Le Parlement ne peut être dissous pendant l'exercice des pouvoirs exceptionnels. Les
libertés et droits fondamentaux prévus par la présente Constitution demeurent garantis.
Il est mis fin à l'état d'exception dans les mêmes formes que sa proclamation, dès que les
conditions qui l'ont justifié n'existent plus.
. De ce fait, il peut également intervenir aussi bien dans le domaine législatif que
réglementaire.

Mais, en temps normal, l’exercice du pouvoir réglementaire appartient au Chef du


gouvernement puisque c’est le gouvernement, sous l'autorité du Chef du Gouvernement, qui
exerce le pouvoir exécutif, assure l'exécution des lois, dispose de l'administration et supervise
l'action des entreprises et établissements publics. (Art.89)
Par conséquent qu’il s’agisse du pouvoir réglementaire autonome ou dérivé, la
compétence du Roi ne peut être qu’exceptionnelle.
En pratique, et même en période normale, le Roi intervient dans le domaine réglementaire
soit de manière directe, soit de manière indirecte.

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Le Roi agit directement par dahir, et il arrive en pratique qu’il prenne des mesures à
caractère administratif de portée générale dont le fondement doit être précisé. L’exercice du
pouvoir réglementaire par le Roi apparaît dans ce cas comme le complément et la
conséquence nécessaire des compétences qui lui sont expressément attribués par la
Constitution dans trois domaines : la défense nationale, les affaires religieuses et les droits et
libertés.
Tout d’abord, lors de la suppression du ministère de la défense nationale en 1972, le Roi,
en sa qualité de chef suprême des Forces armées royales (articles 30), a exercé directement les
attributions de ce ministère. Cependant, depuis 1973, ces attributions sont régulièrement
déléguées par le Roi au Chef du gouvernement de façon permanente et générale. Auprès du
Premier, est normalement délégué un ministre chargé de l’administration de la Défense
nationale.
Ensuite, le Roi intervient en matière réglementaire (et plus généralement en matière
administrative) de manière indirecte.

En effet, Le Roi préside le Conseil des ministres composé du Chef du Gouvernement et


des ministres.
Le Conseil des ministres se réunit à l'initiative du Roi ou à la demande du Chef du
Gouvernement. Le Roi peut, sur la base d'un ordre du jour déterminé, déléguer au Chef du
Gouvernement la présidence d'une réunion du Conseil des ministres. (Art. 48)
Le Conseil des ministres est instance importante dans laquelle sont prises des décisions
majeures.
En effet, le Conseil des ministres délibère :
-des orientations stratégiques de la politique de l’Etat,
-des projets de révision de la Constitution,
-des projets de lois organiques,
-des orientations générales du projet de loi de finances,
-des projets de loi-cadre visés à l'article 71 (2èmealinéa) de la présente Constitution,
-du projet de loi d'amnistie,
-des projets de textes relatifs au domaine militaire,
-de la déclaration de l'état de siège,
-de la déclaration de guerre,
-du projet de décret visé à l'article 104 et qui concerne la dissolution du parlement,
-de la nomination, sur proposition du Chef du Gouvernement et à l'initiative du ministre
concerné, aux emplois civils de wali de Bank Al Maghrib, d'ambassadeur, de wali et de
gouverneur, et des responsables des administrations chargées de la sécurité intérieure du
Royaume, ainsi que des responsables des établissements et entreprises publics stratégiques.
Une loi organique précise la liste de ces établissements et entreprises stratégiques. (Art.49)
Enfin le Roi, chef de l'Etat, son représentant suprême, symbole de l'unité de la nation,
garant de la pérennité et de la continuité de l'Etat et arbitre suprême entre ses institutions,
veille au respect de la constitution, au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles,
à la protection du choix démocratique et des droits et libertés des citoyennes et des citoyens,
et des collectivités, et au respect des engagements internationaux du Royaume. Il est le garant
de l'indépendance du Royaume et de son intégrité territoriale dans ses frontières authentiques.
Le Roi remplit ces missions au moyen de pouvoirs qui lui sont expressément dévolus par
la présente constitution et qu'il exerce par dahir. Les dahirs, à l'exception de ceux prévus aux
Articles 41, 44 (2ème alinéa), 47 (1eret 6èmealinéas), 51, 57, 59, 130 (1eralinéa) et 174sont
contresignés par le Chef du Gouvernement. (Art.42)

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Pour conclure, il convient de signaler que dans l’exercice de ses fonctions, le Roi est
assisté par un cabinet (ses membres sont nommés par dahir et leur nombre est variable) et par
des organismes à caractère consultatif.

Section  2 : Le chef du gouvernement :

Le chef du gouvernement est bien la première autorité administrative. La constitution,


actuellement en vigueur, a renforcé quelque peu sa position en tant que chef du
gouvernement. Désormais, Le Roi nomme le Chef du Gouvernement au sein du parti
politique arrivé en tête des élections des membres de la Chambre des Représentants, et au vu
de leurs résultats et c’est sur proposition du Chef du Gouvernement, que le Roi nomme les
membres du gouvernement.
De même Le Roi peut, à son initiative, et après consultation du Chef du Gouvernement,
mettre fin aux fonctions d'un ou de plusieurs membres du gouvernement.
Le Chef du Gouvernement peut également demander au Roi de mettre fin aux fonctions
d'un ou de plusieurs membres du gouvernement.
Le Chef du Gouvernement peut aussi demander au Roi de mettre fin aux fonctions d'un ou
de plusieurs membres du gouvernement du fait de leur démission individuelle ou collective.
Il faut souligner qu’à la suite de la démission du Chef du Gouvernement, le Roi met fin
aux fonctions de l'ensemble du gouvernement.

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A- Les compétences administratives du Chef du gouvernement :

1 - L’exercice du pouvoir réglementaire :

Chef du gouvernement, il est également le chef de l’administration : il est chargé de l’exécution


des lois (avec les autres membres du gouvernement et sous sa responsabilité) et exerce le pouvoir
réglementaire, dans les matières qui n’entrent pas dans le domaine de la loi.
Comme il a déjà été mentionné, le pouvoir réglementaire se divise donc en deux catégories :
- Le pouvoir réglementaire dérivé qui consiste à prendre les mesures générales nécessaires
à l’exécution des lois. Il s’agit des décrets d’application, qui résultent de l’article 89 de la
constitution.
- Le pouvoir réglementaire autonome qui s’exerce indépendamment des lois, dans le
domaine du pouvoir réglementaire en vertu de l’article 72 de la constitution qui dispose
«  les matières autres que celles qui sont du domaine de la loi appartiennent au domaine
réglementaire ».
Les décrets réglementaires du Chef du gouvernement doivent être délibérés en conseil du
gouvernement (article 92). Ils doivent être « contresignés par les ministres chargé de leur
exécutives » (Art. 90)

2. La coordination des activités ministérielles :

Le chef du gouvernement assure indirectement la responsabilité de la coordination des activités


ministérielles. Cette tâche est facilitée par le fait que les ministres, et plus généralement les autres
membres du gouvernement, sont nommés par le Roi sur proposition du Chef du gouvernement.
Son autorité se trouve renforcée puisque la constitution autorise expressément le Chef du
gouvernement à proposer leur révocation. Cette prérogative appartient aussi au Roi, qui peut
mettre fin aux fonctions du gouvernement, soit à son initiative, soit du fait de la démission du
gouvernement. Ce qui confirme la place centrale qu’occupe le Roi à l’égard du gouvernement.
Le pouvoir de coordination du Chef du gouvernement peut être déduit de la lecture de
l’article 93 de la constitution qui énonce que « Les ministres sont responsables, chacun dans
le secteur dont il a la charge et dans le cadre de la solidarité gouvernementale, de la mise en
œuvre de la politique du gouvernement.
Les ministres accomplissent les missions qui leur sont confiées par le Chef du
Gouvernement. Ils en rendent compte en Conseil des ministres. Ils peuvent déléguer une
partie de leurs attributions aux Secrétaires d'Etat. »

B- Les services du Chef du gouvernement :

Il faut noter tout d’abord que, sauf exception, le Chef du gouvernement n’est pas chargé de la
direction d’un département ministériel déterminé. Le Chef du gouvernement, qui a hérité les
compétences du grand Vizir du temps de protectorat, est  chargé de l’administration générale du
pays, et d’une manière générale de tout ce qui ne relève pas des autres ministères.
Dans l’accomplissement de ses fonctions, il est aidé par certains services placés au niveau
central. Il s’agit essentiellement du cabinet, du secrétariat général du gouvernement et de certains
services rattachés au Chef du gouvernement.

1- Le cabinet :

Comme le cabinet des ministres, le cabinet du Chef du gouvernement est un organe politique
temporaire nommé par lui. C’est une circulaire royale du 23 mars 1966 qui fixe les conditions de

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désignation et les attributions des membres des cabinets ministériels. Ils doivent remplir
impérativement deux conditions : l’honorabilité et la compétence. Le rôle du cabinet doit se limiter
à l’étude et au règlement des questions ayant un caractère politique et n’impliquant pas
l’intervention nécessaire des services administratif. Un dahir du 10 avril 1995 fixe à huit le nombre
des membres du cabinet du Chef du gouvernement : un chef de cabinet, six conseillers techniques
et un attaché de presse.

2- Le secrétariat général du gouvernement :

C’est un organe administratif permanant qui a été crée par le dahir du 10 décembre 1955
auprès de la présidence du conseil et placé sans l’autorité directe du président du conseil. Depuis la
disposition de cette appellation, le secrétaire général du gouvernement dépend du Chef du
gouvernement. En 1966, il a été élevé au rang de ministre sans qu’il porte officiellement la
dénomination de ministre (Décret royal du 24 octobre 1966).
Le texte de création du secrétariat général du gouvernement lui assigne une mission de
coordination de l’activité des divers départements ministériels, l’organisation et le secrétariat des
conseils des ministres, ainsi que la centralisation des affaires soumises à l’arbitrage ou l’examen du
Chef du gouvernement.
Un décret du 29 janvier 1985 fixe l’organisation de cet organisme et précise de manière plus
détaillée ses attributions. Il est notamment chargé de contrôler la régularité juridique des projets de
lois et de règlements, et de préparer les projets de textes législatifs et réglementaires qui ne
relèvent pas de la compétence particulière d’un département déterminé.

3- Services et organismes rattachés au Chef du gouvernement :

Présidés par le Chef du gouvernement et crées par décret, ces services jouent un rôle de
coordination, de proposition et suivi de l’exécution politique gouvernementale sur une question
donnée. Ex : La commission permanente de déconcentration administrative (décret du 20 octobre
1993) ou le conseil supérieur de l’aménagement du territoire (décret du 13 décembre 2001).

Section 3 : Les ministres :

Les ministres ont un rôle politique en tant que membres du gouvernement, et un rôle
administratif puisqu’ils se trouvent chacun à la tête d’un département ministériel.
Le nombre des ministres et des départements ministériels est pratiquement déterminé
conjointement pour le Roi et Chef du gouvernement ; les membres du gouvernement sont nommés
par dahir royal sur proposition du Chef du gouvernement. Le nombre des ministères varie d’un
gouvernement à l’autre, selon les domaines d’intervention de l’Etat, mais aussi pour tenir compte
de la représentation des partis politiques qui forment la majorité.

A- La hiérarchie gouvernementale :

Selon l’article 87 de la constitution «le gouvernement se compose du Chef du gouvernement et


des ministres et peut comprendre aussi des  secrétaires d’Etat». Mais une loi organique va
définir, notamment, les règles relatives à l'organisation et la conduite des travaux du
gouvernement, et au statut de ses membres. Elle détermine également les cas d'incompatibilité

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avec la fonction gouvernementale, les règles relatives à la limitation du cumul des fonctions,
ainsi que celles régissant l'expédition, par le gouvernement sortant, des affaires courantes.
Après le chef du gouvernement, on peut trouver dans un gouvernement donné un ou plusieurs
ministres d’Etat chargés ou non d’un département ministériel. Il s’agit d’un titre honorifique
attribué soit pour le mérites personnels de l’intéressé, soit en raison de son poids politique).
Ensuite, il y a les ministres dits le plein exercice. Chaque ministre se trouve à la tête d’un
ministère et participe de plein de droit à la réunion du Conseil des ministres. Les grands secteurs
d’interventions des pouvoirs publics sont érigés en départements ministériels (Economie,
Finance, Education nationale…).
L’organisation en différents services et les attributions de chaque ministère sont fixées par des
décrets de répartition.
En troisième position, on peut trouver des ministres délégués, également chargés d’un
département ministériel. Ils sont rattachés soit du Chef du gouvernement, soit à un ministre.

Section 4 :L’administration territoriale d’Etat 

Elle est constituée par les organes locaux de l’Etat qui sont les services extérieurs des
ministères (chargés chacun d’une mission spéciale) et d’autorités administratives générales
placées aux différents niveaux territoriaux. L’implantation géographique des ces organes est
basée sur la division du territoire national en circonscriptions administratives déterminées. Les
rapports de l’administration centrale avec les organes locaux sont aménagés selon la technique
de la déconcentration. Il s’agit des bases de l’administration territoriale d’Etat.

A-Les bases de l’organisation de l’administration territoriale :

1-La division administrative du territoire :

Les différentes circonscriptions qui résultent de la division administrative des territoires


constituent la base de l’application de la déconcentration et de la décentralisation. Le découpage
administratif présente une importance capitale dans la mesure où il commande l’étendue de
l’espace dans lequel les autorités administratives sont appelées à agir, ainsi que l’importance du
groupe humain auquel cette action est destinée.

Il résulte d’un texte fondamental, le dahir 2 décembre 1959, plusieurs fois modifié et complété,
d’après lequel : « le royaume est divisé en 17 willayas groupant 14 provinces, 12 préfectures et 8
préfectures d’arrondissement », ainsi que 1497 communes urbaines et rurales. Les provinces et
les préfectures sont divisées en cercles, les cercles sont divisés en caïdats. En outre, le décret du
17 août 1997 fixe le nombre des régions à 16.
Chaque région comprend une wilaya, sauf la région de Tanger – Tétouan qui en comprend
deux.
De toutes ces circonscriptions seules la région, la province et la préfecture ainsi que les
communes ont la double qualité de circonscription administrative de l’Etat et de la collectivité
locale décentralisée.

2- La déconcentration administrative :

Malgré la volonté maintes fois réitérée par les pouvoirs publics, la déconcentration est peu
développée au Maroc.

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Théoriquement, la déconcentration est une technique d’aménagement de l’exercice du pouvoir
administratif appliqué particulièrement au sein de l’Etat. Elle consiste de la part des autorités
placées à la tête de l’administration (autorité centrale) à transférer une partie du pouvoir de
décision à des autorités hiérarchiquement inférieures (organes locaux). Ce transfert consiste en
une délégation de pouvoirs, opérée soit par textes législatifs, soit par des actes règlementaires.
La déconcentration a l’avantage de rapprocher l’administration des administrées et de
désencombrer le pouvoir central pour certaines affaires. Elle a également pour avantage de
permettre aux organes décentralisés d’avoir sur place des interlocuteurs habilités à les aider dans
l’accomplissement de leurs tâches. C’est à ce titre que la déconcentration est considérée comme
le corollaire de la décentralisation.

B-les organes locaux de l’Etat au niveau de la province ou la préfecture :

C’est la province (ou la préfecture) qui sert de cadre géographique d’implantation des services
extérieurs, à leur tête se trouve le gouverneur.

1-Les services extérieurs :

La plupart des ministres ont des services extérieurs implantés en règle générale dans chaque
province ou préfecture. Concrètement, ce sont les différentes  délégations provinciales ou
préfectorales  qui ont pour objectif de permettre la réalisation de la déconcentration
administrative. Mais aucun texte législatif n’utilise l’expression « services déconcentrés ». La
constitution, révisée en 1996, les désigne par l’expression « services locaux des administrations
centrales ».
La mission des services extérieurs et définie par l’article 3 du décret du 20 octobre 1993 relatif
à la déconcentration administrative. Ils « sont chargés au niveau territorial, de l’exécution de la
politique gouvernementale et de toutes les décisions et directives des autorités compétentes ».
Les ministres peuvent donner délégation aux chefs de leurs services extérieurs et aux
gouverneurs pour agir en leur nom.
Enfin, les chefs de service extérieurs peuvent être institués sous- ordonnateur des dépenses
pour tout ou partie des crédits mis à leur disposition.
La coordination de l’activité des services extérieurs est exercée par le gouverneur dans le cadre
des comités techniques préfectoraux ou provinciaux.
Le premier colloque national sur la réforme administrative organisé les 7 et 8 mai 2002 a
permis de relever les insuffisances de l’organisation des services extérieurs comme moyen de
déconcentration administrative.
D’après le diagnostic établi, il est apparu que malgré le nombre élevé des services extérieurs, le
rôle qui leur est fixé n’a pas atteint le niveau souhaité pour répondre aux demandes des
collectivités locales pour réaliser un vrai partenariat en matière de développement local, et aux
besoins des divers citoyens.
Des obstacles existent en matière de gestion du personnel et du budget, méfiance du pouvoir
central, déséquilibre quant à la répartition des services extérieurs au niveau de national….
Quant à la couverture géographique, la création de services extérieurs n’a pas suivi le rythme
du découpage territorial : absence de services extérieurs dans certaines préfectures et provinces
malgré l’existence de besoins locaux qui doivent être satisfaits. Si l’on excepte le ministère des
affaires étrangères et certains autres ministères, d’autres administrations centrales ne couvrent
selon les cas qu’environ 40°/° à 60°/° de l’ensemble du territoire national. Exemple : la pêche
maritime, la culture et la communication.
En outre les services extérieurs ne sont crées qu’au niveau des chefs-lieux des préfectures ou
provinces. Ils n’ont pas d’annexes administratives dans la veste du territoire de la préfecture,

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d’où l’éloignement de l’administration des administrés, notamment dans les hypothèses où un
service extérieur couvre deux préfectures ou plus.

2-Le gouverneur :

Le gouverneur, agent d’autorité, est l’organe principal de l’administration territoriale.


Désigné comme le représentant du pouvoir exécutif dans la province ou la préfecture (Dahir du
er
1 mars 1963), puis comme le représentant du Roi et le délégué du gouvernement (Dahir portant
loi du 15 février 1977), il est également qualifié, par la constitution, de représentant de l’Etat
dans la province, la préfecture ou la région.

A-Le statut du gouverneur :

La fonction du gouverneur relève du statut particulier des administrateurs du ministre de


l’Intérieur (dahir du 1er mars 1963). Le statut prévoit, entre autres, l’emploi de gouverneur et le
classe comme agent d’autorité. La nomination au poste du gouverneur est prononcée par dahir
sur proposition du ministre de l’intérieur, dans la proportion de trois emplois sur cinq parmi les
administrateurs de classe exceptionnelle et de première classe, et de deux sur cinq par les
personnes possédant une certaine expérience ou certains diplômes.

b-Les attributions du gouverneur :

La constitution définit les attributions du gouverneur ainsi : « Dans les provinces, les


préfectures et les régions, les gouverneurs représentent l’Etat et veillent à l’exécution des lois. Ils
sont responsables de l’application des décisions du gouvernement et, à cette fin, de la gestion des
services locaux des administrations centrales ». D’autres textes, notamment le dahir portant loi
de 1977 précisent ces attributions.

- La fonction de représentant de l’Etat :

Concrètement, le gouverneur représente le chef du gouvernement et les ministres. Il est le


délégué du gouvernement. Il veille à l’application des lois et règlements, et à l’exécution des
décisions et directives du gouvernement. A cette fin, il est habilité, dans la limite de ses
compétences, à prendre les mesures d’ordre réglementaire ou individuelle nécessaires.
Ensuite, il contrôle, sous l’autorité des ministres compétents, l’activité des fonctionnaires et
agents des services extérieurs des administrations civiles de l’Etat, sauf les services extérieurs du
ministère des Habous et des affaires islamiques, ainsi que les juridictions.
Il peut être constitué sous-ordonnateur de certaines dépenses d’investissements par les
ministres. Il les informe sur l’état d’avancement de ces investissements.

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3-Les organes au niveau infra-provincial :

En dehors de l’administration de la province proprement dite, le gouverneur a sous sa direction


deux catégories d’agents d’autorité, également représentant du pouvoir exécutif : les chefs de
cercle, les pachas et caïd. Ils forment, avec les présidents des conseils communaux pour certaines
matières, les organes
A-Les chefs de cercle :

Les chefs de cercle sont les représentants du pouvoir exécutif dans leur ressort territorial ils
assurent sous la direction du gouverneur, l’exécution des lois et règlements, le maintien de
l’ordre, la sécurité et la tranquillité publiques.
Sous l’autorité du gouverneur, ils animent et contrôlent les activités des chefs de
circonscription comprises dans les limites du cercle. Dans ces mêmes limites, ils ont mission de
conseiller et de conciliateur pour toutes les affaires d’intérêt communal et intercommunal.
Les chefs de cercle sont également chargés des liaisons entre les différents services
administratifs et techniques implantées dans le cercle, et veillent à la coordination pratique des
interventions requises pour l’équipement et l’aménagement de leur territoire. Ils sont assistés par
un ou plusieurs techniciens des travaux ruraux qui peuvent être mis à la disposition des chefs de
circonscription et des conseils communaux intéressés.

b-Les chefs de circonscription urbaine ou rurale :

Les chefs de circonscription urbaine et rurale (respectivement pachas et caïds) sont les
représentants du pouvoir exécutif dans leur circonscription. Dans les communes de leur ressort,
ils exercent les pouvoirs de police et le pouvoir réglementaire, conformément à la législation en
vigueur.
Les chefs de circonscriptions rurales sont on outre chargés, sous le contrôle des chefs de cercle,
de conseiller et d’aider les conseils communaux dans leur tâche administrative ainsi que dans
l’exécution des travaux d’aménagement et d’équipement communal. Ils prennent les initiatives
nécessaires à cet effet.

c-Le président du conseil communal :

Le président du conseil communal est à la fois l’organe exécutif de la commune, collectivité


locale et agent de l’Etat au niveau de la commune.
En sa qualité d’agent de l’Etat, il préside la commission administrative des élections et établit à
ce titre les listes électorales générales (article.8 de la loi du 2 avril 1997 formant cade électoral).
Il est également officier d’Etat civil. Il procède à la légalisation des signatures et à la certification
de la conformité des copies à leurs originaux.
Enfin, il est chargé d’appliquer certaines législations à caractère national comme en matière
d’urbanisme où il est habilité à délivrer les permis de construire et les autorisations le lotir, par
exemple.

4- Les organes locaux de l’Etat au niveau de la région : le wali de région :

La région, collectivité locale la plus étendue, sert également de cadre d’action de l’Etat.

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A sa tête, on trouve le wali de région, qui n’est autre que le gouverneur de la préfecture ou la
province chef-lieu de la région. A ce titre, il exerce les attributions dévolues aux gouverneurs et
que nous venons d’expose.
En tant que wali de région, son statut n’est défini par aucun texte particulier, ses attributions
résultent donc de la pratique et de quelques textes réglementaires.
Le wali de région n’est pas le supérieur hiérarchique des gouverneurs des préfectures et
provinces de la région.
Il n’est pas non plus le représentant de l’Etat dans la région et ne dispose donc pas à ce niveau
des pouvoir de la police.
Ses principales attributions sont les suivantes :
- Il est chargé de la coordination de l’action des services régionaux de l’Etat (pour les
ministères qui disposent de délégations régionales).
- Il bénéficie de délégations de pouvoirs (des services régionaux de l’Etat) dans le cadre
politique de la déconcentration des investissements, initiée par la lettre royale du 17
janvier 2002. A ce texte, il agit au nom de l’Etat pour conclure ou édicter certains actes
qui relèvent du pouvoir central. Plusieurs textes réglementaires ont été pris en ce sens
dans les matières suivantes : les contrats de vente ou de location des immeubles du
domaine privé de l’Etat, les autorisations d’occupation du domaine public et du domaine
forestier, les autorisations d’exploitation des activités industrielles et touristiques.
- Enfin, le wali de région exerce dans certains cas le contrôle de tutelle sur le conseil
régional, dont il est, comme l’organe exécutif.

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Chapitre 2 : Les autorités administratives
indépendantes

Avant d’aborder l’étude de certaines « autorité administratives indépendantes », il est


nécessaire de préciser de quoi il s’agit et quelle est la place de ces « autorités » dans
l’organisation administrative de l’Etat.

A- Nations générales :

L’administration d’Etat que nous venons de voir, organisé en règle générale en ministère,
forme ce que l’on appelle l’administration active, c’est-à-dire l’administration qui décide.
A côté de cette administration active, on trouve au niveau central des organisations
consultatives (chargés de conseiller le gouvernement), de contrôle non juridictionnel ou même de
régulation de certaines activités économiques dont l’administration est responsable. Ils
dépendent cependant du pouvoir exécutif.
De ces organisations, il faut distinguer les « autorités administratives indépendantes » qui
peuvent exercer les mêmes attributions, mais qui ont la particularité d’être « indépendantes »,
c'est-à-dire qu’elles n’appartiennent pas à la hiérarchie des administrations centrales organisées
en ministères.
La notion d’A.A.I est consacrée par le droit administratif français depuis longtemps.
Les principales caractéristiques de ces autorités, telles qu’elles résultant des lois sur ou de la
jurisprudence, précisées par la doctrine, sont les suivantes :
- Tout, d’abord, ce sont des autorités, qui ne se limitent pas à donner des conseils, faire des
propositions et des recommandations ou exercer un contrôle, mais détiennent (sauf pour
le médiateur) un pouvoir de décision qu’elles exercent par voie de règlements ou de
mesures individuelles.
- Ensuite, ce sont des autorités administratives, en ce sens qu’elles exercent leurs
attributions dans des matières administratives relatives à des domaines importants comme
l’économie ou les libertés publiques. Créées par voie législative, elles ont pour rôle
essentiel de combler les lacunes du contrôle classique de l’administration, qu’il soit
administratif ou juridictionnel.
- Enfin, ce sont des autorités indépendantes, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas soumises au
contrôle hiérarchique ou de tutelle.

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B- Elément de droit comparé :

Une comparaison même très brève avec le droit français fait apparaître les spécialités du droit
marocain relativement aux AAI.
Il existe bien en droit marocain des organismes semblables aux organismes français, mais ils
n’ont pas tous la qualité d’AAI. Certains de ses organismes sont crées sous forme
d’établissement publics, comme par exemple le conseil déontologique des valeurs mobilières tel
l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT, institué auprès du Chef
du gouvernement par la loi du 7 août 1997).
D’autres instituions entrent bien dans la catégorie des AAI, mais sans que le législateur utilise
expressément cette qualification : c’est le cas du Conseil de la concurrence (crée par la loi du 5
juin 2000 sur la liberté des prix et de la concurrence, mais sans pouvoir de décision).
Les plus importantes AAI sont le «D’iwan el Madalim» remplacée récemment par l’institution
du médiateur et la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle. Elles ont la particularité
d’être créées par dahir royal, sur la base de l’article 19 de la constitution, qui confère au Roi la
qualité de protecteur des droits et libertés. Il s’agit là certainement de dahirs de nature législative
pour lesquels le Roi intervient dans un domaine partagé avec le parlement.

c- La haute autorité de la communication audiovisuelle.

Créée par le dahir du 31 août 2002, dans le cadre d’une politique de désengagement de
l’Etat du secteur de l’audiovisuel, la HACA se compose du Conseil supérieur de la
communication audiovisuelle et de la direction générale de la communication audio visuelle.
Le CSCA comprend neuf membres, dont le président et quatre membres nommés par le
Roi, deux membres nommés par le Chef du gouvernement pour une durée de cinq ans
renouvelable une fois et deux membres, nommés, l’un par le président de la chambre des
représentants et l’autre par le président de la chambre des conseillers, pour la même durée. Le
président du CSCA est également président de la HACA. Il est assimilé quant à sa situation
administrative et financière à un membre du gouvernement.
Le CSCA exerce dans le domaine de l’audiovisuel plusieurs attributions :
-Il propose au Roi les nominations aux emplois publics à la tête des organismes publics
intervenant dans le domaine audiovisuel ;
-Il donne avis dans le même domaine au Parlement et au gouvernement lorsqu’il est saisi par le
Chef du gouvernement ou les présidents des chambres, il donne avis obligatoirement à ces
mêmes autorités sur les projets de lois ou de décrets et sur les propositions de lois avant leur
examen par Conseil des ministres ou par le Parlement.
-Il propose et suggère les mesures de toute nature, notamment d’ordre juridique, relatives au
secteur,
-Il contrôle et veille à l’application et au respect de la législation ou la matière ;
-Il accorde les autorisations nécessaires et édicte les normes applicables,
-Enfin, il sanctionne les infractions commises par les organismes de communications
audiovisuelles.

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