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Intro aux Sciences de

l’Environnement
Prof: Osnick Joseph

UNIQ

Authored by: Rubes Jacquelin II


Code: RU171048
Biodiversité
Qu’est-ce que la biodiversité?
Définition : La biodiversité, au sens étymologique du terme, évoque la diversité du vivant, c'est-à-dire
tous les processus, les modes de vie ou les fonctions qui conduisent à maintenir un organisme à l'état de
vie. Ce terme est beaucoup trop large pour avoir une véritable connotation scientifique. En réalité, c'est un
terme autrefois à la mode qui commence progressivement à disparaître du langage des sciences du vivant.

La biodiversité, ou diversité biologique

On parle plutôt de diversité biologique pour évoquer l'éventail des modes de vie (des fonctions) d'un ou
de plusieurs organismes, de diversité spécifique ou diversité floristique lorsqu'on veut débattre de la
diversification des espèces végétales, de diversité génétique quand on aborde la variabilité
intraspécifique, la diversité fonctionnelle pour définir les fonctions clés assurées par un groupe d'espèces,
etc.

Finalement, le terme de biodiversité est généralement restreint, dans le but de regrouper les différentes
modalités de la diversification. La biodiversité n'est pas un objet d'étude, c'est seulement un concept. Tous
les chercheurs qui œuvrent à caractériser la diversité des formes de vie participent à la connaissance de la
biodiversité.

Edward O. Wilson nous en donne une définition plus juste : "la biodiversité est la diversité de toutes les
formes du vivant. Pour un scientifique c'est toute la variété du vivant étudiée à trois niveaux : les
écosystèmes, les espèce qui composent les écosystèmes et enfin les gènes que l'on trouve dans chaque
espèce."

Ainsi, la biodiversité s'évalue suivant trois niveaux de diversité biologique :

 La diversité écologique (ou diversité des écosystèmes). Les écosystèmes sont différents en
fonction du support de vie (biotope) façonné par la situation géographique, le paysage, le relief, le
climat...
 La diversité spécifique (ou diversité des espèces). Dans un même écosystème, on trouve des
espèces vivantes très différentes.
 La diversité génétique (ou diversité des gènes). Le patrimoine génétique des animaux différencie
les individus au sein d'une même espèce.
Zone de forte concentration
La biodiversité n'est pas uniformément répartie sur Terre : elle tend globalement à augmenter des pôles
vers l'équateur, et à diminuer avec l'altitude sur terre, alors qu'elle diminue avec la profondeur en mer (où
vivent moins d'espèces que sur les continents, mais avec une plus grandes diversité de rangs
taxonomiques (nombre d'embranchements notamment). Des ONG et institutions scientifiques ont
cartographié les lieux où la biodiversité possède une particularité justifiant une protection prioritaire.
Cette vision n'est pas partagée par tous les biologistes, certains craignant que se focaliser sur ces points
chauds amène à négliger les autres régions du monde où la biodiversité est également en danger.

Depuis 1988, Norman Myers et l'association Conservation International s'appuient sur ce concept de point
chaud de biodiversité (hotspot de biodiversité) pour identifier les régions où la biodiversité est considérée
comme la plus riche et la plus menacée. Deux critères principaux sont : abriter au moins 1 500 espèces de
plantes vasculaires endémiques, et avoir perdu au moins 70 % de l'habitat initial. Au total, 34 points
chauds de biodiversité ont été identifiés dont 20 se situent au niveau des tropiques. Sur seulement 11,8 %
de la surface des terres émergées, ces points chauds abritent 44 % des espèces de plantes et 35 % des
vertébrés terrestres.

Pour la biodiversité marine, il s'agit des récifs coralliens souvent assimilés à des « forêts tropicales de la
mer ».

Pour la biodiversité terrestre, les forêts tropicales abritent la biodiversité la plus élevée ; mieux conservée
dans les régions peu fragmentés par l’homme, et là où le dérangement humain est moindre (le
dérangement peut doubler la perte de biodiversité liée à la déforestation tropicale).

Principales menaces concernant la biodiversité à l’echelle mondiale

Depuis le Sommet de la Terre de 1992, il est établi que la biodiversité est gravement menacée par les
activités humaines et s’appauvrit d'année en année à un rythme sans précédent. Depuis son apparition il y
a 100 000 ans, l'Homme a eu un impact croissant sur l'environnement jusqu'à en devenir le principal
facteur de changement. Avec la révolution industrielle, le rapport de domination de l'Homme sur la nature
est devenu si considérable que certains scientifiques soutiennent que ce fait marque l'entrée dans une
nouvelle époque géologique, l'Anthropocène. La disparition des espèces est bien souvent le signe le plus
visible de cette érosion de la biodiversité. À tel point que l'on parle parfois de « Sixième Extinction » pour
désigner cette extinction massive et contemporaine des espèces, l'extinction de l'Holocène, en référence
aux cinq grandes vagues d'extinctions massives survenues sur Terre au cours des temps géologiques.
Cinq menaces majeures pesant sur la biodiversité ont été identifiées : la première menace est la
destruction des habitats, suivie par la surexploitation (chasse, pêche), les espèces envahissantes, le
changement climatique et la pollution.

La destruction des habitats


La détérioration des habitats a été la principale cause de l'érosion de la biodiversité ces cinquante
dernières années, principalement en raison de la conversion de milieux naturels et semi-naturels
en terres agricoles. Ainsi, 50 % de la superficie d'au moins la moitié des 14 biomes de la planète
ont déjà été convertis en terre de culture. La déforestation a détruit 16 millions d'hectares de
forêts par an dans les années 1990 et 13 millions d'hectares ont également disparu au cours des
années 2000. L'une des principales conséquences de cette utilisation du sol est la fragmentation
des habitats qui a des répercussions graves sur de nombreuses espèces

La Surexploitation des ressources naturelles


La croissance démographique exponentielle de la population mondiale a intensifié la pression
liée à l'exploitation des ressources naturelles. Les espèces ou groupes d'espèces les plus
surexploités sont les poissons et invertébrés marins, les arbres, les animaux chassés pour la «
viande de brousse », et les plantes et les animaux recherchés pour le commerce d'espèces
sauvages. En 2012, la FAO constate que 57 % des stocks de pêche en mer sont exploités au
maximum de leur capacité et qu'environ 30 % sont en situation de surpêche. Près de 1 700
espèces animales sont victimes de braconnage ou de trafic (pour la viande, la peau, l’ivoire, les
cornes ou le commerce d’animaux sauvages), à l’exemple de l’éléphant d’Afrique, du rhinocéros
de Sumatra, du gorille de l'Ouest ou du pangolin de Chine.

L’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire propose quatre scénarios sur l'évolution future
des écosystèmes au cours du xxie siècle selon l'importance qu'en accordera le monde et les
modes de gestion. Ces futurs peuvent emprunter deux voies : un monde de plus en plus
mondialisé ou un monde de plus en plus régionalisé. Les scénarios s'appuient ensuite sur
différentes approches concernant notamment la croissance économique, la sécurité nationale, les
technologies vertes et le traitement des biens publics. Le rapport conclut qu'il est possible de
relever le défi d'inverser le processus de dégradation des écosystèmes mais que cela nécessite des
changements profonds de politiques et de pratiques qui sont loin d'être en voie de réalisation.
Le Changement climatique
La biodiversité fournit des biens et services indispensables à la fois pour s’adapter aux effets du
changement climatique (les zones humides constituent une protection naturelle contre les
inondations, la végétation permet d’améliorer localement la quantité et la qualité de l’eau, les
espaces verts permettent d’améliorer le micro climat et la qualité de l’air dans les villes, etc.) et
pour atténuer les changements climatiques, grâce notamment à l’absorption de CO2 par les
écosystèmes marins et terrestres.

Malheureusement cette biodiversité est directement menacée par les changements climatiques.
Dans beaucoup de régions du monde, la composition des espèces a été modifiée et des espèces
ont disparu à une cadence de 100 à 1000 fois supérieure à la normale.

Mais alors que jusqu'il y a peu, c'étaient surtout la réduction, le morcellement ou la disparition
des habitats naturels de même que la pollution qui étaient les principaux responsables de la perte
de biodiversité, le réchauffement du climat pourrrait bien devenir la principale cause de
disparition des espèces d'ici la fin du 21e siècle

La Pollution
Qu'elles soient chimiques, physiques ou biologiques, les pollutions entraînent des modifications
du milieu.

Suivant leurs natures, les pollutions affectent la physiologie et le comportement des organismes
exposés ou les caractéristiques des biotopes et donc, in fine, la composition et la structure des
populations

Altération des milieux

Autrement-dit, les substances chimiques (métaux lourds, perturbateurs endocriniens, etc.) et les
effets physiques (chaleur, lumière, radioactivité) d'une part affaiblissent les organismes et leur
capacité à se reproduire et d'autre part altèrent les conditions du milieu (pH, oxygène, ultra-
violets...).

Modification de présence des espèces

L'ensemble de ces modifications engendre alors la disparition et l'apparition locales de certaines


espèces et le développement de certains organismes au dépendant d'autres. L'introduction
d'espèces invasives accroît encore plus ces déséquilibres.
Appauvrissement de la biodiversité et impact sur l'homme

Cette transformation du milieu se traduit en général par un appauvrissement de la biodiversité


puis par la perturbation du fonctionnement des écosystèmes.

L'affaiblissement et la disparition des services écologiques rendus par ces écosystèmes


(mécanismes d'épuration, stabilisation des sols, etc.) génèrent une dégradation généralisée du
milieu de vie aussi bien pour les organismes que pour l'homme et ses activités.

Mesures pour la préservation de la biodiversité


Dans un souci de préservation de la biodiversité, des mesures ont été mises en place pour
maintenir des arbres individuels, des groupes d’arbres ou des forêts entières présentant un intérêt
biologique particulier.

Les réserves forestières intégrales (RFI)

sont des sites forestiers exclus de l'exploitation forestière usuelle, en vue de les maintenir dans un
état naturel. Le but du Gouvernement est de classer 5% des forêts publiques en tant que réserves
forestières intégrales.

Les objectifs poursuivis par cette démarche sont les suivants:

permettre l'évolution d'écosystèmes forestiers laissés à l'état naturel et le développement


de la diversité biologique ;
constituer des sites d'observation et de démonstration pour la recherche sylvicole et le
monitoring de l'environnement naturel ;
constituer des réserves génétiques en forêt ;
promouvoir les valeurs récréative et éducative de ce type de zone protégée.

Les arbres bio et le bois mort

sont des éléments vitaux pour beaucoup d’espèces. Certaines espèces utilisent les arbres pour la
nidification. D’autres se nourrissent du bois en décomposition. Afin de préserver les espèces peu
mobiles, il est important de maintenir un réseau d’arbres bio et de laisser du bois mort en forêt,
au lieu d’exploiter la totalité de la forêt.
Les îlots de vieillissement

sont des groupes d’arbres sélectionnés. Ils ont pour destinée de devenir un groupe d’arbres bio.
Ainsi, la faune et la flore auront un espace protégé au sein de la forêt où ils pourront se
développer.

Les îlots de vieillissement sont définis lors de la planification forestière décennale.

La cartographie des biotopes forestiers

a été établie dans le but de pouvoir identifier géographiquement les zones forestières protégées
qui doivent être préservées dans un bon état de conservation. Ainsi, on pourra localiser sur une
carte les biotopes tels que par exemple : mardelles, sources, lisières forestières, mais aussi
hêtraies, chênaies-charmaies ou forêts alluviales.

Les arbres remarquables

sont des arbres qui font partie du patrimoine national. Ces arbres sont classés sur base de critères
tels que la taille, l’âge et l’apparence.

Un plan d’action espèces rares et habitat protégé

est établi pour les espèces menacées ou dont la préservation est particulièrement intéressante. Les
espèces et habitats pour lesquels des plans d’action devront être élaborés

ne sont pas protégés de manière satisfaisante par les mesures de protection zonales ;
ont une répartition géographique assez large, malgré une densité faible, caractéristique
d’une dynamique des populations dites de métapopulations, nécessitant une gestion
concertée à grande échelle ;
sont de préférence des espèces ou habitats-clé dont la conservation et les mesures de
conservation sont bénéfiques à la conservation d’autres espèces prioritaires.

Un plan d’action peut également être élaboré pour les espèces exotiques envahissantes, menaçant
les espèces, habitats et écosystèmes indigènes ou dangereuses pour la santé publique.

Dernière mise à jour 15/01/2018

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