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Chapitre III Résultats et discutions

Résultats et discutions
Introduction
Dans ce chapitre on présente les différents résultats obtenus par l’enivrement de
simulation Trnsys16 pour deux régions différentes. Une de ces régions a un climat chaud et
humide (Alger) et l’autre région chaude et sèche (Bechar). Cette installation est réalisée
pour la climatisation du laboratoire thermodynamique et systèmes énergétiques LTSE de la
faculté de physique USTHB.
La présentation des résultats est faite de deux manières, l’une est journalière consistant à
présenter des résultats pour la journée typique 27 Juin de 8h a 18h, la deuxième est
saisonnière, elle présente les résultats pour la saison entière de climatisation pour chaque
ville avec un pas de 1 mois.

III.1 Dimensionnement de la boucle solaire


La boucle solaire de système de dessiccation est constitué d’un capteur solaire plan
un ballon de stockage. Ce dernier a un effet très important sur le fonctionnement du
système, il est utilisé pour stabiliser la température du fluide caloporteur. Ce fluide est
utilisé à la batterie chaude pour chauffer l’air provenant de l’échangeur de chaleur qui fait
régénérer la roue dessiccante. Le bon fonctionnement de système nécessite une température
de régénération stable, ceci n’est plus satisfait sans l’utilisation d’un ballon de stockage.

Comme l’installation de dessiccation est basée sur l’énergie solaire thermique, le


dimensionnement de capteur solaire utilisé et aussi le ballon de stockage est devenu
primordial pour le bon fonctionnement du système. Ceci est illustré dans les deux figures
3.1 et 3.2.

D’après ces deux figures, nous constatons que la température du fluide caloporteur
augmente avec l’augmentation de la surface du collecteur jusqu'à une valeur maximale
stable. Cette valeur atteint son maximale de 83°C à Alger pour une surface 32m² et 94°C
pour une surface de 30m² à Bechar. Alors, la région de Bechar nécessite moins de surface à
cause de l’effet du climat chaud (la température ambiante est élevée à celle du climat
d’Alger).

Pour cela, dans notre simulation nous avons choisi des surfaces qui nous donnent des
températures élevées (32 m ² pour Alger et 30 m ² pour Bechar).

Dans la figure 3.2, nous présentons l’évolution de la température du fluide caloporteur (eau)
à la sortie du ballon de stockage en fonction du volume. Nous remarquons dans cette figure
que la température du fluide diminue avec l’augmentation du volume de stockage. Etant
donné que le débit du fluide est maintenu constant, la quantité de l’eau contenue dans le

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ballon reste une courte durée dans le petit volume comparativement avec un volume plus
grand donc sa température ne baisse pas fortement. Les pertes thermiques du ballon de
stockage augmentent proportionnellement avec le volume de stockage conduisantt à une
diminution de la température du fluide chaque fois le volume augmente.

Figure 3.1 : Variation de la température de fluide à la sortie du capteur solaire en


fonction de la surface du capteur

Figure 3.2 : Variation de la température du fluide en fonction du volume de ballon de


stockage

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III.2 Dimensionnement de l’installation

III.2.1 Effet de l’efficacité de l’échangeur rotatif

Dans cette partie, nous allons étudier la performance du système en fonction de


l’efficacité de l’échangeur de chaleur. La figure 3 montre la variation du COP en fonction de
l’efficacité du l’échangeur rotatif.

Quant à la variation des coefficients de performance, elle est fortement influencée par
l’efficacité de ce composant. Ainsi l’augmentation de l’efficacité de ce composant entraîne
l’augmentation du COP. La variation de l’efficacité de l’échangeur de 0.6 à 0.9 conduit à une
variation du COP de 0.27 à 0.62 pour Alger et de 0.38 à 0.72 pour Bechar.

La variation de l'efficacité de cet échangeur permet de moduler la puissance froide Qf, mais ne
permet pas de faire baisser significativement la consommation énergétique Qch. Il n'y a donc
pas d'intérêt à ce que son efficacité varie, le meilleur COP correspond à une efficacité
maximale. Sa valeur est fixée à 0.9 pour la suite de la simulation comme condition de
référence.

Figure 3.3: Variation du COP en fonction de l’efficacité d’échangeur de chaleur


rotatif
III.2.2 Effet de la température de régénération
La figure 3.4 montre l’évolution de la température de régénération en fonction de
l’humidité absolue de l’air de process à la sortie de la roue dessiccante, pour les deux climats
différents Alger (humide et chaud) et Bechar (chaud et sec). Nous remarquons que la
température de régénération augmente avec la diminution de l’humidité absolue à la sortie de
la roue. Ceci montre que la roue dessiccante nécessite des températures élevées pour la

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désorption. Vu que la source chaude fourni à l’installation de dessiccation est une source
solaire et le fluide caloporteur est de l’eau, la température de régénération n’atteint jamais
100°C. Ceci nous impose de fixer l’humidité absolue de l’air de process à la sortie de la roue
optimale possible pour : d’un côté, la température de régénération est minimale et de l’autre
côté la déshumidification est satisfaite. Pour cela nous avons choisi la valeur 7g/kg pour toute
la simulation comme condition de référence.

De plus, cette figure montre que la température régénération à Alger est plus élevée que celle
de Bechar. Le climat à Alger est beaucoup plus humide qu’à Bechar. Comme l’humidité à
Bechar est très faible par rapport à Alger la roue adsorbe donc plus d’humidité à Alger ce qui
aboutit à des températures de régénération très élevée pour la raison de séchage.

Figure 3.4: Variation de la température de régénération en fonction de l'humidité


absolue à la sortie de la roue dessicante pour = 0.9

Le Coefficient de performance COP de l’installation de dessiccation est le paramètre le plus


important qui montre l’efficacité du système, il est défini comme le rapport entre la puissance
frigorifique Qf et la puissance thermique de régénération Qch . Si cette chaleur augmente le
COP diminue. Ceci est bien illustré dans la figure 3.5 où nous constatons que le COP est plus
important dans le climat de Bechar que celui d’Alger. Dans le climat sec de Bechar,
l’installation nécessite moins d’énergie de désorption que celui d’Alger ce qui conduit à la
diminution de COP pour le climat humide.

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Figure 3.5 : Variation de COP en fonction de la température de régénération pour


=0.9
III.2.3 Effet de débit de régénération

En considérant les conditions de référence, nous avons étudié l’effet du débit d’air côté
régénération sur la performance du système, la diminution du débit d’air de régénération et
modifie légèrement la performance de la roue dessiccante sans avoir de conséquences
importantes sur la performance du système. Ainsi, une diminution du débit d’air à moins de
1000 kg/h pour la région d’Alger et moins de 980kg/h entraîne une augmentation de la
température de soufflage et de la température du local. La figure 3.6 montre la variation de
coefficient de performance en fonction du débit de régénération. Nous remarquons que le
COP diminue de 0,73 jusqu’à 0,36 à la région de Bechar et de 0,62 à 0,27 à la région d’Alger.
La réduction du débit de régénération de 1600kg/h à 1000kg/h pour Bechar et de 1600kg/h à
980kg/h à Alger réduit l’énergie de régénération ce qui aboutit à l’augmentation du COP sans
trop modifier la puissance de rafraîchissement du système.

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Figure 3.6 : Variation du COP en fonction du débit de régénération pour =0.9


III.3 Résultats de simulation pour une journée typique

III.3.1 Evolution de la température dans chaque point de l’installation dessicant cooling

Comme le système de dessicant cooling est basé sur l’énergie solaire thermique, la
période de fonctionnement est de 8h à 18h (période d’exposition au soleil). Le jour choisi
pour cette simulation est le 27 juin, ce jour est parmi les jours les plus humides et chauds de
l’année.

Nous allons voir dans cette partie le comportement du système à dessiccation solaire dans les
deux climats étudiés. Nous commençons par les variations journalières de la température pour
les villes d’Alger et de Bechar.

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Figure 3.7 : Température à la sortie de chaque organe de l’installation DEC pour la


région de Bechar
Sur la figure 3.7 nous observons l’évolution des différentes températures dans tous les points
de l’installation de la ville de Bechar. Cette évolution permet de connaître les comportements
des équipements de l’installation :

L’air extérieur caractérisé par la température T-a rentre dans la roue dessiccante, son séchage
provoqué par l’effet dessiccant du gel de silice conduit à l’élévation de sa température jusqu’à
T-s.r. Ensuite, il rentre dans l’échangeur sensible rotatif pour que sa température baisse
jusqu’à T-s.e.p. L’humidification directe fait encore baisser la température jusqu’à T- souff
qui est la température de l’air soufflé. Nous remarquons sur le graphe que pour la ville de
Bechar, elle descend jusqu’à 18 °C malgré que la température extérieure se situe entre 33°C et
40°C pendant la journée.

En ce qui concerne l’air de régénération, il est d’abord extrait du local et humidifié. Sa


température devient T-h.r qui augmente suite au transfert de chaleur avec l’air de process dans
l’échangeur sensible rotatif elle est alors T-s,e,r.

La température T-r correspond à la température de régénération. La température de local T-


local reste constante à environ 20°C ce qui montre que le système fonctionne correctement
selon nos commandes.

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Figure 3.8 : Température à la sortie de chaque organe de l’installation DEC pour la


région d'Alger
Comparativement à l’installation d’Alger, les températures dans certaines positions sont plus
élevées que celle de Bechar (figure 3.8). La température à la sortie de la roue de dessiccation
pour l’installation d’Alger est supérieure d’environ 30°C par rapport à Bechar. La roue
adsorbe plus d’humidité à Alger qu’à Bechar, et comme le phénomène de sorption est un
phénomène exothermique la roue produit plus de chaleur, ce qui fait chauffer plus l’air de
process.

De plus, la roue a adsorbé une quantité de vapeur importante à Alger, elle nécessite alors des
températures de régénération supérieures à celles de Bechar (environ 80°C à Alger et 55°C à
Bechar).

La température de soufflage pour la région d’Alger est d’environ 18°C, et celle du local
d’environ 21°C selon nos commandes.

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Figure 3.9 : Ecart de température entre le soufflage et l’extérieur


La figure 3.9 montre l’écart de température entre l’extérieur et le soufflage pour les régions
d’Alger et de Bechar. Nous remarquons que l’écart de température est plus important pour
Bechar que celui d’Alger.

III.3.2 Evolution de l’humidité absolue dans chaque point de l’installation dessicant


cooling

Les figures 3.10 et 3.11 montrent l’évolution de l’humidité absolue pour différentes
positions de l’installation dans les deux régions Bechar et Alger. Nous remarquons que pour
les deux régions la déshumidification est faite pour atteindre la valeur 0.07 à la sortie de la
roue dessiccante. Après le passage dans l’humidificateur de soufflage, l’air se humidifie, la
valeur de l’humidité absolue devient 9g/kg pour Bechar et 9,5 g/kg pour Alger.

Dans le local pour la région de Bechar l’humidité de soufflage est identique à celle du local
car le milieu de Bechar est un milieu sec. Par contre, dans la région d’Alger l’humidité dans le
local augmente un peu de 5% à cause de la forte humidité du milieu ambiant.

Le passage de l’air de l’intérieur du local vers l’humidificateur de régénération nécessite une


autre augmentation d’humidité absolue pour le refroidir ensuite il passe dans l’échangeur de
chaleur afin de refroidir l’air de process.

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Figure 3.10 : Humidité absolue à la sortie de chaque organe de l’installation DEC pour
la région de Bechar

Figure 3.11 : Humidité absolue à la sortie de chaque organe de l’installation DEC pour
la région d’Alger

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La figure 3.12 montre l’écart d’humidité absolue entre l’extérieur et le soufflage pour les
régions d’Alger et de Bechar. Nous remarquons que l’écart d’humidité est plus important
pour la région d’Alger que la région de Bechar entre 1 g/kg et 2 g/kg pour Bechar, 6 g/kg et
8 g/kg pour Alger

Figure 3.12 : Ecart d'humidité absolue entre le soufflage et l’extérieur


III.4 Résultat de la simulation saisonnière

Dans la partie précédente, nous avons présenté les résultats de simulation d’une seule
journée (journée chaude et humide). Par ailleurs, dans cette partie nous présentons les
résultats d’une période chaude de l’année (trois mois de l’été juin, juillet et août).

La figure 3.13 représente une comparaison de taux d’humidité absolue moyenne mensuelle
enregistrée pendant la journée dans les deux zones d’études Alger et Bechar.

A première vue, nous remarquons que l’humidité dans la zone d’Alger est plus élevée pour les
3 mois par rapport à celle de Bechar où elle atteint (11 g/kg) en juin, (13 g/kg) en juillet,
(14g/kg) en août à Alger, et (7g/kg) en juin, (7 g/kg) en juillet, (8g/kg) en août à Bechar.

Nous constatons également que l’augmentation de l’humidité dans cette période pour chaque
zone est faible, donc l’évolution est peu remarquable, et que les valeurs les plus élevées pour
les deux régions sont dans le mois d’août, (14g/kg) pour Alger et (8g/kg) pour Bechar.

Donc nous concluons que l’humidité à Alger est plus importante par rapport à Béchar.

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Figure 3.13 : Humidité absolue moyenne mensuelle enregistrée pendant la journée

Les figures 3.14 et 3.15 permettent d’observer la variation de l’énergie solaire utile, de
l’énergie consommée par la batterie de régénération Qc et, l’énergie frigorifique produite Qf
qui varie à son tour avec les charges thermiques du local. L’énergie frigorifique produite pour
la ville d’Alger est de 1767 kWh sur une période de climatisation de 3 mois. Cette énergie est
directement proportionnelle aux charges thermiques. Pour Bechar les charges thermiques sont
importantes par rapport à Alger c’est pour cela que nous remarquons une production
frigorifique plus importante 2004 kWh pour une période de climatisation de 3mois avec un
pique de 698 kWh en juillet contre 656 kWh pour le même local placé à Alger. Cette
production frigorifique est encore plus grande dans la ville de Bechar car la température
extérieure est élevée. L’énergie de régénération pour la ville d’Alger est de 3713kwh sur une
période de 3 mois. Cette énergie est directement proportionnelle au taux d’humidité. Nous
remarquons que durant le mois d’août la consommation est maximale et est de l’ordre de
1329kwh en raison de l’augmentation de l’humidité absolue au mois d’août (figure 3.13).
Pour la région de Bechar, l’énergie de régénération pour toute la saison est de l’ordre de
2772 kWh avec un pique de 1038kWh au mois d’août dû au taux d’humidité élevé dans cette
période.

Nous concluons d’après les deux figures 3.14 et 3.15, que la valeur de Qc augmente quand le
taux d’humidité augmente, donc la relation entre le Qc et l’humidité absolue est
proportionnelle.

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Figure 3.14 : Variation mensuelle de l’énergie froide produite, l’énergie de régénération


et de l’énergie solaire utile pour la région de Bechar

Figure 3.15 : Variation mensuelle de l’énergie froide produite, l’énergie de régénération


et de l’énergie solaire utile pour la région d’Alger

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L’énergie solaire utile est inférieure à l’énergie captée. Elle est indépendante des capteurs
solaires Le seul paramètre qui la contrôle est les pertes thermiques dans le ballon de stockage
et dans le système de distribution c'est-à-dire la tuyauterie. Ces pertes dépendent de la
température de l’environnement où est placé le ballon de stockage. L’énergie solaire utile
saisonnière et de 4379kWh pour Bechar avec un pique de 1584 kWh au mois de juillet. Cela
est dû à l’augmentation de la température ambiante et à la forte intensité du rayonnement
solaire. Pour la région d’Alger l’énergie solaire utile saisonnière est de l’ordre de 3997kWh
avec un pique de 1486kWh au mois de juillet.

Nous concluons d’après les deux figures 3.14 et 3.15 que l’énergie solaire utile est toujours
suffisante pour alimenter la batterie de régénération.

Figure 3.16: COP mensuel pour les régions d’Alger et de Bechar

Sur la figure 3.16, nous représentons la variation saisonnière du coefficient de performance


pour le système à dessiccation solaire. Pour la ville d’Alger et du fait de la grande
consommation thermique, le COP est entre 0,55 et 0,48 ; il est de qualité faible comparée au
cas de Bechar. Il atteint son maximum au mois de juin. La variation du COP est inversement
proportionnelle à la teneur en humidité absolue (figure 3.13). Quant à Bechar, il est clair que
le COP est de qualité meilleure que celui d’Alger. Sa plus grande valeur de 0,72 coïncide avec
la plus basse humidité absolue c'est-à-dire au mois de juin. Nous en déduisons que la
dessiccation est plus rentable dans les climats secs que dans les climats humides.

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