Vous êtes sur la page 1sur 19

Chapitre I Généralités et bibliographie

Chapitre I
Généralités et Bibliographie
I.1 Généralités sur la climatisation
La climatisation est la technique qui consiste à modifier, contrôler et réguler les
conditions climatiques (température, humidité, niveau de poussières, etc.) d’un local pour des
raisons de confort (automobile, bureaux, maisons individuelles) ou pour des raisons
techniques (laboratoires médicaux, locaux de fabrication de composants électroniques, blocs
opératoires, salles informatiques, etc.) .

I.2 Concevoir un système de climatisation


Avant d'installer un système de climatisation il est important de définir les conditions de
température et d'hygrométrie intérieures et extérieures .

a) Définition des conditions extérieures

Ces valeurs dépendent de la saison et de la situation géographique où seront situés les


locaux à climatiser. Les données météorologiques déjà classifiées permettront de fixer les
températures sèches et les hygrométries. Ces données vont nous permettre de calculer les
charges maximales à combattre dans nos locaux.

b) Définition des conditions intérieures


Les températures et hygrométries intérieures dépendent du type de local. Pour les locaux
comme les habitations individuelles, les bureaux, les grands magasins, la température et
l'hygrométrie dépendront des saisons. Pour les locaux de types industriels, la température et
l'hygrométrie dépendront de l'usage que l'on fait des locaux. Elles peuvent rester constantes
toute l'année (local informatique ou laboratoire métrologique par exemple).

c) Bilan énergétique d'un local


Afin de pouvoir maintenir les conditions de confort en température et humidité, nous
devons calculer les charges thermiques c’est à dire les apports et les déperditions du local.
Cette opération est appelée bilan thermique ou bilan énergétique. Pour ensuite injecter des
puissances en chaud ou en froid pour vaincre les apports ou déperditions du local selon la
saison, il faut tenir compte des charges sensibles et latentes [2].

Charges sensibles : les charges sensibles venant de l'extérieur sont positives en été (à cause de
l’ensoleillement, par exemple) et négatives en hiver (à cause des déperditions). Les charges
sensibles venant de l'intérieur du local proviennent essentiellement des machines à l'intérieur
du local, de l'éclairage, des tuyauteries…

3
Chapitre I Généralités et bibliographie

Charges latentes : les apports de chaleur latente (dégagement d'humidité sous forme de vapeur
d'eau) viennent essentiellement du matériel à l'intérieur des locaux, des occupants (odeurs et
humidité).

Conditions de soufflage : pour déterminer les conditions de soufflage de l'air dans un local, il
faut connaître :

 le débit massique d'air sec au soufflage,


 le taux de brassage (le taux de brassage est le rapport entre le débit d'air soufflé et le
volume du local traité),
 l'écart de température entre le soufflage et le local,
 le point de soufflage, dont les coordonnées sont déterminées en reportant sur un
diagramme psychométrique deux valeurs comme l'enthalpie et la teneur en eau, par
exemple.

I.3 Système de climatisation traditionnelle ou climatisation réversible


Un climatiseur traditionnel produit du froid en comprimant un fluide dit
« frigorigène » ou « réfrigérant » qui a la capacité d’absorber de grosses quantités de chaleur
(calories) lorsqu'il passe de sa phase liquide à sa phase gazeuse au niveau de l’évaporateur.
Un climatiseur consomme par conséquent de l’électricité pour actionner le compresseur et du
fluide frigorigène. En effet, bien qu'il soit en circuit fermé, les fuites de fluide ne sont pas
rares [3].

Figure 1.1 : climatiseur conventionnelle

4
Chapitre I Généralités et bibliographie

Principe de fonctionnement d'un climatiseur réversible

Le fonctionnement d'une climatisation traditionnelle s'apparente à celui d'un réfrigérateur :

 Le réfrigérateur prélève de la chaleur à l'air ambiant présent à l'intérieur du frigo et


l'évacue à l'extérieur du frigo,
 La climatisation prélève de la chaleur à l'air ambiant présent dans la pièce et l'évacue à
l'extérieur de la pièce,
 L'un comme l'autre contiennent un fluide frigorigène aux propriétés thermiques très
particulières (notamment celle de s'évaporer), permettant des échanges thermiques.

Dans une climatisation réversible, le cycle frigorifique est simplement inversé :

 Le système prélève la chaleur présente à l'extérieur et la restitue à l'intérieur de la


pièce,
 Le principe d'une clim réversible est basé sur celui d'une pompe à chaleur air-air.

I.4 Les technologies de climatisation par énergie solaire thermique


La climatisation solaire désigne l’ensemble des systèmes utilisant l’énergie solaire
comme source énergétique primaire afin de refroidir un local. En théorie, il existe quatre
moyens de produire du froid à partir de la source énergétique du soleil [2]:

- Utiliser les panneaux solaires photovoltaïques pour produire de l’électricité afin d’alimenter
une climatisation traditionnelle. Cela demande une grande surface de capteurs et c’est gâcher
cette électricité.

- Convertir l’énergie solaire thermique en énergie mécanique couplée avec un climatiseur à


compression,

- L’énergie solaire thermique pour alimenter une machine à froid dite à « sorption »
(absorption ou adsorption),

- Utiliser l’énergie solaire thermique pour alimenter un système de conditionnement d’air par
évaporation ou DEC (Dessicant Evaporative Cooling),

Actuellement, les systèmes de climatisation solaire les plus répandus sont les systèmes à
« sorption et le DEC ».

I.4.1 Système à cycle fermé

a) La climatisation solaire par absorption

La climatisation solaire à « absorption » est l’une des techniques les plus utilisées pour
le moment. Cette technologie encore jeune, elle ne présente cependant pas de difficultés à
mettre en œuvre. Le principe est déjà largement utilisé dans nos réfrigérateurs à compression ;
il est simplement décliné pour le solaire. La seule contrainte que ce système impose, c’est de

5
Chapitre I Généralités et bibliographie

choisir des capteurs à tubes sous vide, ayant une meilleure inertie thermique que les capteurs
plans.

Principe de fonctionnement

Le processus se compose donc de deux cycles liés entre eux : le cycle réfrigérant et le
cycle solvant. Le réfrigérant à l’état gazeux venant de l’évaporateur est absorbé dans
l’absorbeur (1) par le solvant. La solution liquide est, à partir de ce moment, riche en
réfrigérant. Elle est portée à un niveau de pression plus élevée par une pompe (2) dans le
bouilleur (3). Ici, le réfrigérant est « chassé », par un apport de chaleur venant des capteurs
solaires, jusqu’au condenseur (4), puis il est détendu et amené à nouveau dans l’évaporateur
(5). De cette façon le cycle réfrigérant est bouclé. La solution, pauvre en réfrigérant (puisqu’il
a été chassé vers le condenseur), quitte le bouilleur, passe par un restructure et s’écoule dans
l’absorbeur, pour capter à nouveau la vapeur du réfrigérant revenue à l’évaporateur. De cette
façon le cycle du solvant est bouclé.
Le cycle solvant est basé sur le décalage provoqué dans les équilibres thermiques d’une
combinaison de deux matières, lors de conditions de pression et de température différentes. La
production de chaleur produite de l’absorbeur et du condenseur est évacuée par une tour de
réfrigération (6) ou par récupération de cette chaleur (7). Selon le niveau de température
souhaité, différentes associations de matières sont utilisées pour produire du froid :

Pour la climatisation de bâtiments (températures positives) : de l’eau et du bromure de lithium


(LiBr),

Pour la congélation (températures inférieures à 0°C) : de l’eau et de l’ammoniac (NH3).

Figure 1.2 : Schéma de principe d’un système à absorption

6
Chapitre I Généralités et bibliographie

b) La climatisation solaire par adsorption

La climatisation solaire par « adsorption » est une technique moins connue, et beaucoup
moins utilisée que les techniques par « absorption ». Mais nécessitant des températures
d’entrée beaucoup plus faibles (60 à 95°C), nous pouvons utiliser de simples capteurs plans,
moins coûteux à l’achat. De plus, son fonctionnement très simple ne nécessite pas d’additifs
réfrigérants polluants, mais simplement de l’eau naturelle. C’est donc une technologie
écologique qui vaut la peine d’être étudiée.

Principe de fonctionnement

Le dispositif réfrigérant à « adsorption » se compose d’un récipient sous vide, subdivisé


en quatre chambres. Deux des chambres sont remplies d’un sorbant et du gel de silice. Le
réfrigérant est tout simplement de l’eau. Dans la première chambre, l’évaporateur (1), le
réfrigérant s’évapore sous basse pression et à basse température. La chaleur d’évaporation
nécessaire est extraite de l’eau à refroidir. Dans la seconde chambre, le déssorbeur (2),
alimenté par la chaleur solaire des capteurs à environ 80°C, l’échangeur de chaleur est un
serpentin de cuivre enrobé de gel de silice qui remplit la chambre. La chaleur solaire
« chasse » le réfrigérant absorbé par le gel de silice. Dans la troisième chambre,
l’accumulateur ou « adsorbant » (3), la vapeur d’eau est adsorbée par le gel de silice qui
enrobe le serpentin de cuivre, comme dans la seconde chambre. La chaleur qui en résulte est
évacuée vers une tour de réfrigération. Il y a donc un échange entre la chambre 2 (le dérobeur)
et la chambre3 (l’adsorbant) après chaque cycle de réfrigération/chauffage. La quatrième
chambre supérieure est le condenseur (4). Le réfrigérant y est condensé, puis conduit dans
l’évaporateur. Toutes les chambres sont reliées par des vannes à clapet, actionnées
automatiquement par les écarts de pression dominants, de sorte qu’un processus circulaire
périodique fermé s’établit. La chaleur perdue peut éventuellement être récupérée. Le cycle
total dure environ sept minutes avec un passage de vingt secondes lors de la phase de
transition de flux entre deux chambres, de sorte que la chaleur est récupérée.

7
Chapitre I Généralités et bibliographie

Figure 1.3 : Schéma de principe d’une climatisation à adsorption

c) L'efficacité énergétique ou COP-froid

Une machine frigorifique est énergétiquement efficace si elle demande peu d'énergie
pour fournir une puissance frigorifique donnée [4].

Figure 1.4 : L'efficacité énergétique ou COP-froid

Nous évaluons son efficacité par le calcul du COP (coefficient de performance) : rapport entre
la puissance frigorifique produite et la puissance fournie au compresseur.

 Dans le cas d'une machine frigorifique traditionnelle, la puissance fournie est


électrique. Le COP d'une telle machine peut atteindre la valeur de 3, voire plus.

8
Chapitre I Généralités et bibliographie

 Dans le cas d'une machine frigorifique à absorption, le COP réel tourne autour de 0.7,
celui d'une machine à adsorption varie entre 0.4 et 0.6 [2].

I.4.2 Système à cycle ouvert : climatisation par dessiccation solide DEC ‘’dessicant
evaporative cooling’’
Contrairement à la climatisation solaire produisant de l’eau froide dans un cycle de froid
fermé, la climatisation solaire par dessiccation, est un système ouvert. C’est un système qui
travaille directement par déshydratation et refroidissement de l’air. Il ne demande pas des
températures d’entrée élevées (45 à 95°C), et donc de simples capteurs plans peuvent suffire.
Du fait que le réfrigérant (eau) est en contact direct avec l’atmosphère, on peut aussi utiliser
des capteurs à air [2].

Principe de fonctionnement
Dans la climatisation solaire par dessiccation DEC, de l’Anglais « Dessicant
Evaporatoire Cooling », nous aspirons l’air extérieur filtré et nous le déshydratons avec une
roue à sorption pour être ensuite pré-réfrigéré dans un système de récupération de la chaleur.
Ensuite arrosé d’eau, celle-ci s’évapore, en prenant dans l’air la chaleur d’évaporation
nécessaire et donc en refroidissant le milieu ambiant. Nous pouvons ainsi refroidir l’air
jusqu’à 16°C. Ce procédé fonctionne d’autant mieux que l’air est plus sec, d’où la
déshydratation en amont.

Figure 1.5 : Représentation du système dessicant cooling

9
Chapitre I Généralités et bibliographie

Figure 1.6 : Schéma de principe de fonctionnement de DEC

Dans ce procédé, la roue à sorption est le point central du système. Elle contient du gel
de silice (silicagel), un déshydratant écologiquement neutre, fabriqué à base de silicium, et qui
est bien connu de tous pour, entre autres, servir de déshumidificateur dans les emballages
d’appareils électroniques (les petits sachets de granulés que nous trouvons au fond des boîtes
des appareils photos, des téléphones portables, de la Hi-Fi, des téléviseurs). L’air extérieur
filtré (1) contient de la vapeur d’eau en suspension qui se fixe sur le gel de silice dans la roue
à sorption (2) qui retient les molécules d’eau jusqu’à saturation. L’air ainsi asséché passe au
travers d’un récupérateur de chaleur (3) qui va absorber les calories de l’air sec et ainsi le pré-
réfrigéré. En faisant passer l’air dans un refroidisseur à eau (4), l’eau va absorber les calories
restantes dans l’air avant que celui-ci ne soit propulsé dans le local à refroidir par un
ventilateur (5). Pour la désaturation en eau du gel de silice de la roue à sorption, un second
circuit inverse capte l’air retour réchauffé du bâtiment. Nous faisons passer l’air dans un
refroidisseur à eau (6) puis dans le récupérateur de chaleur (7). Grâce à l’approvisionnement
en chaleur (8) provenant des capteurs solaires avec un niveau de température relativement
faible (45 à 95°C), les molécules d’eau présentes dans le gel de silice dans la roue à sorption
(9) sont ’’chassées’’ par la vapeur produite par le réchauffement brutal de l’air refroidit (6 et
7) au contact de la chaleur solaire (8) et expulsées par le ventilateur (10) dans
l’environnement ou dans un récupérateur. La roue à sorption est ainsi de nouveau prête à
retenir la vapeur d’eau de l’air ambiant au prochain cycle frigorifique.

L’efficacité énergétique ou COP

Le COP d’un DEC est défini par la relation suivante [5] :

Nous observons donc que le COP est directement influencé par les caractéristiques de l’air
ambiant et de l’air soufflé mais aussi de l’air extrait car ses caractéristiques détermineront la

10
Chapitre I Généralités et bibliographie

quantité d’énergie calorifique à apporter dans la batterie de régénération pour réchauffer cet
air. Lors d’une utilisation dans des conditions normales, le COP est compris entre 0,5-1 pour
une puissance frigorifique de 4 – 6 kW et un débit de 1000-1200 Kg/h d’air soufflé.

Figure 1.7 : Cycle de Pennington décrit le système dessicant cooling

I.5 Avantages de la climatisation solaire


- Quelle que soit la technique utilisée (absorption, adsorption ou DEC), la climatisation
solaire offre une solution d’énergie propre et gratuite.
- Contrairement aux systèmes de climatisation conventionnels qui utilisent des fluides
frigorigènes CFC, aujourd’hui interdit, et HFC, moins polluant, mais tout de même
redoutables gaz à effet de serre, les fluides frigorigènes, additifs de l’eau, dans la
climatisation solaire, sont totalement inoffensifs pour l’environnement.
- De plus, la climatisation solaire permet de réduire les émissions de CO2
- Par ailleurs, la climatisation solaire « colle » à la demande en fournissant plus de froid
quand le soleil est au plus chaud.
- Efficaces et silencieuses, ces technologies ont une durée de vie plus longue que les
systèmes de climatisation classique (25 ans contre 10 ou 15 ans au mieux pour les
meilleurs appareils classiques) [2].

I.6 Inconvénients de la climatisation solaire


- Ces systèmes ne fonctionnent pas la nuit, ils sont donc plutôt conseillés pour le tertiaire
(bureaux, administrations). Pour la maison, nous nous dirigerons vers le bioclimatique
(et donc pas besoin de climatisation).
- Ces technologies sont encore en phase de développement et donc encore chères à installer.

11
Chapitre I Généralités et bibliographie

1.7 Etude du système de climatisation à dessiccation solide


Dans le sous chapitre précédent, les techniques relatives à la climatisation solaire ont
été énoncées. La dessiccation en cycle ouvert, ou « desiccant-cooling » est l'une d'entre-elles.
Nous allons d'abord préciser les relations reliant les différentes grandeurs concernant l'air
humide et le phénomène physique de la sorption. En effet, le « desiccant-cooling » s'appuie
sur la déshumidification préalable de l'air. La déshumidification de l'air peut se faire par
refroidissement, à l'aide d'une surface d'échange à une température inférieure à la température
de rosée, de l'air. Ainsi l'air dans la couche limite de l’échange thermique est saturé et l'eau
condensée, c'est un processus isenthalpique. Dans le cas du desiccant cooling, la
déshumidification par sorption est utilisée. La déshumidification, réalisée par sorption,
s'effectue soit à travers un dispositif sur lequel est posé un matériau desiccant (on parle alors
de "déshydratation en phase solide"), soit dans des échangeurs dans lesquels est pulvérisée
une solution desiccant, ("déshydratation en phase liquide"). La sorption peut donc prendre
place entre un gaz et un solide, auquel cas on parle d'adsorption, soit entre un gaz et un liquide
(absorption). Les matériaux et les dispositifs technologiques employés pour réaliser la
déshumidification par adsorption sont présentés. Puis le cycle complet du « desiccant cooling
» en phase solide en présenté et l'évolution de l'air dans le diagramme de l'air humide est
décrite. Les cycles supplémentaires sont également explicités.

I.7.1 Précis théorique sur l'air humide et le phénomène de sorption

a) Définitions relatives à l'air humide

L'air qui nous entoure de toute part est un mélange de différents gaz permanents
(azote, oxygène, dioxyde de carbone …..) et de vapeur d'eau, celle-ci étant en quantité
variable, sa part massique allant de pratiquement 0% à 3% chaque gaz a donc sa propre
pression partielle de vapeur, égale à celle qu'il exercerait dans le même volume s'il était seul.
Si nous désignons par [6] :
 Pas la pression de vapeur partielle de l'air sec
 Pve la pression de vapeur partielle de vapeur d'eau

La loi de Dalton nous donne la pression totale du mélange, telle que :

Alors que généralement les gaz sont miscibles en toutes proportion, l'air ne peut emmagasiner
qu'une certaine quantité de vapeur d'eau, et ce parce que la pression partielle de la vapeur
d'eau ne peut en aucun cas dépasser la pression de vapeur saturante de l'eau. En effet, au-delà
de cette limite l'eau se condense en phase liquide (dépôt ou brouillard). Il est possible de
caractériser la quantité de vapeur d'eau contenue dans un kilogramme d'air sec (1.2). C'est
l'humidité absolue exprimée en kilogramme d'eau par kilogramme d'air sec.

12
Chapitre I Généralités et bibliographie

Nous appelons humidité relative ou taux d'humidité le rapport, pour une température
donnée de la pression partielle de vapeur d'eau à la pression de vapeur saturante de l'eau.

L'enthalpie de l'air correspond à l'énergie contenue dans une masse d'air. Elle varie en
fonction de la température et de la teneur en eau de la masse d'air. Elle est égale à la somme
des enthalpies de ses constituants. Soit:

 L’enthalpie massique de l'air sec en kJ/kg

 L’enthalpie massique de la vapeur d'eau en kJ/K

Rapporté à la masse d'air sec on obtient l'enthalpie h de la masse d'air humide par kilogramme
d'air sec :

Pour de faibles écarts de température, de l'ordre de ceux présents dans les applications
thermique du bâtiment, il est possible de considérer la capacité thermique massique de l'air
sec constant égale à 1 kJ/kg. L'enthalpie massique de la vapeur d'eau est telle que:

Avec :

: Chaleur latente de vaporisation de l'eau à 0°C (2500KJ/Kg)

C : Capacité thermique massique moyenne de la vapeur d'eau (1.86KJ/Kg)

T température d'air en °C

En définitif, l'enthalpie d'une masse d'air exprimée en kJ par kg d'air sec soit (1+W) kg d'air
humide s'exprime ainsi:

(kJ/Kg)

Finalement, pour une condition d'air (et une pression) donnée, toutes ces grandeurs sont
accessibles à partir de la connaissance de deux d'entre elles par des calculs élémentaires. Afin
de les éviter, et pour avoir une représentation graphique des transformations appliquées à une
masse d'air, nous construisons un diagramme de l'air humide ou diagramme psychrométrique
(Figure.1), qui permet par simple lecture remonter à toutes les grandeurs énoncées ci-dessus
pour une même pression atmosphérique (généralement donnée pour le niveau de la mer).

13
Chapitre I Généralités et bibliographie

Figure 1.8 : Diagramme de l'air humide

b) Précis théorique sur le phénomène de sorption

La sorption est le phénomène physique régissant la fixation des molécules de gaz de la


masse d'air sur un substrat. Des matériaux ou des solutions liquides ayant la capacité de
capturer et de retenir des gaz sont appelés des sorbants. Pour le cas de produits ayant une
grande affinité avec la vapeur d'eau nous parlons de matériaux ou solutions déshydratantes.
Tout produit, qu'il soit d'origine végétale, animale ou minérale contient de l'eau, comme
évidemment les solutions aqueuses [6]. Nous pouvons donc distinguer dans tous produit de
masse.

 Une masse d'eau,

 Une masse restante =m - appelée masse anhydre ou masse sèche.

Nous définissons la teneur en eau d'un produit par :

En base sèche

En base humide

La capacité de sorption d'un matériau est liée à la pression de vapeur saturante à la


surface du produit. L'activité de l'eau aw dans un produit est le rapport entre la pression
partielle de vapeur d'eau Pve du mélange constitué de l'air humide et la pression de vapeur
saturante Pvsat, à la surface du produit. Si l'air ambiant et le produit sont à l'équilibre, alors il
n'y a plus de transfert de masse, et l'humidité relative (φa) de l'air ambiant est alors égale à
100 fois l'activité de l'eau. Ces notions sont schématisées dans la figure 1.9. Dans l'enceinte
avec l'eau liquide, la pression partielle de la vapeur d'eau est égale à la pression vapeur
saturante de l'eau alors que dans l'enceinte avec un produit hygroscopique, la pression
partielle de l'eau est en fonction de l'activité de l'eau du produit.

14
Chapitre I Généralités et bibliographie

Figure 1.9 Représentation des équilibres hygriques dans une enceinte fermée [6].

L'activité de l'eau dans un produit dépend principalement de sa teneur en eau w et de sa


température Td. La courbe représentant pour une température donnée la teneur en eau w d'un
produit en fonction de la valeur de l'activité de l'eau aw ou de l'humidité relative de l'air en
équilibre HRa est appelée:

 Isotherme de sorption si elle a été déterminée expérimentalement en partant d'un produit


sec.
 Isotherme de désorption si elle a été déterminée expérimentalement en partant d'un produit
saturé en eau.

Figure 1.10 : a) Influence de la température sur la sorption (exemple) (b) Isothermes de


sorption-désorption [6].

15
Chapitre I Généralités et bibliographie

La figure 1.10 montre que la courbe de désorption ne se superpose pas précisément à la


courbe de sorption. Cette non coïncidence est appelée hystérésis de désorption. Ainsi pour
déshumidifier l'air, il faut que la pression de vapeur saturante d'eau à la surface du desiccant
soit la plus faible possible (Figure 1.10). C'est-à- dire que la teneur en eau et la température du
produit desiccant doit être la plus faible possible. Puis le produit desiccant se chargeant en
eau, il devient nécessaire de régénérer le produit, c'est-à-dire de le décharger en eau pour
conserver une capacité de sorption satisfaisante. Pour cela, on chauffe le produit, la teneur en
eau du produit devient plus faible pour un air à même humidité relative. De plus le fait de
chauffer l'air autour baisse automatiquement l'humidité relative. Le produit « relâche » donc
de l'humidité.

La sorption est un phénomène exothermique caractérisé par la chaleur de sorption (LS) mise
en jeu. Cette quantité n'est pas parfaitement égale à la chaleur latente de vaporisation de l'eau,
le processus est donc différent, bien que proche, d'un processus isenthalpique.

I.7.2 Le matériau desiccant

Les gels de silice (SiO2) sont élaborés à partir de silicate de sodium. Ils sont
caractérisés par une grande surface spécifique, de l'ordre de 800 m²/g, et la taille de leurs
pores dépend de la technique de fabrication. Ce matériau est depuis longtemps utilisé dans les
applications de déshumidification industrielle, mais aussi dans l'industrie agroalimentaire et la
chimie sous forme de petits sachets de grains de gel de silice afin de conserver les aliments ou
les médicaments à un faible taux d'humidité[9].

I.7.3 Description des composants de l’installation


a) La roue dessiccante

Il s’agit d’une roue composée de matériaux dessiccant qui ont la capacité d’absorber
les molécules d’eau contenues dans l’air, ils peuvent être soit des zéolites, du charbon actif,
des alumines activés, ou du silica-gel. Ce dernier est le plus utilisé chez les différents
constructeurs de roues dessiccantes [9]. L'air du process est déshumidifié en passant à travers
de petits canaux qui retiennent l'humidité. Le matériau desiccant se sature en humidité et ne
permet plus de déshumidifier le flux d'air, il passe alors dans la section de régénération où il
est échauffé grâce à l'air de régénération. Une fois l'eau désorbée, le matériau est refroidi par
le flux d'air du process avant de pouvoir à nouveau capter l'humidité. La vitesse de rotation
d'une roue est faible, comprise entre 10 et 20 tours par heure.

16
Chapitre I Généralités et bibliographie

Figure 1.11 : Représentation d’une roue dessiccante

b) L’échangeur rotatif
Un matériau accumulateur cylindrique (de 5 à 20 tours/min) est traversé dans une
direction par l'air rejeté et dans l'autre par l'air neuf. Il se compose d'un média de transfert en
aluminium, acier inoxydable ou matériau synthétique, imprégné ou non d'un produit
hygroscopique et formant de très nombreux petits canaux [9]. Le matériau accumulateur est
alternativement traversé par l'air chaud rejeté où il se charge d'énergie, et l'air neuf froid où il
se décharge. En vue d'éviter le mélange d'air neuf et d'air rejeté, il est prévu un secteur de
nettoyage dans lequel l'air rejeté est chassé par l'air neuf. Une faible consommation électrique
est nécessaire pour entraîner la rotation de la roue. Les pertes de charge sont assez faibles.

Figure 1.12: Représentation d’un échangeur rotatif

17
Chapitre I Généralités et bibliographie

c) L’humidificateur

Un humidificateur à pulvérisation d'eau peut être utilisé [2] :

 soit pour l’humidification directe des grands locaux (halls de fabrication, ateliers, ...)

 soit comme un des éléments insérés dans une centrale de traitement d’air.

Le principe commun à tous les systèmes à pulvérisation est de créer un fin brouillard par des
microgouttelettes d'eau froide en suspension. Le mélange eau- air doit être intime afin que
l'évaporation de l'eau puisse se faire le plus rapidement possible.

Figure 1.13: Humidificateur à pulvérisation


d) La batterie chaude
Un échangeur de chaleur fluide-air permet de transférer de l'énergie
thermique d'un fluide vers l’air de régénération de la centrale dessicant cooling, sans les
mélanger. Le flux thermique traverse la surface d'échange qui sépare le fluide et l’air [2].

Une batterie à eau chaude est constituée d'un échangeur alimenté en eau chaude au départ
d'une chaudière (installation solaire thermique).

Figure 1.14: Batterie chaude

18
Chapitre I Généralités et bibliographie

e) Le Capteur solaire

Un capteur solaire est un échangeur de chaleur qui transforme la radiation solaire en


une énergie interne transmise par un fluide (généralement eau, air ou huile).
Fondamentalement il y a deux catégories de capteurs solaires : sans concentration ou
stationnaires et à concentration. Dans un capteur sans concentration on a la même surface de
réception et d’absorption d’énergie solaire alors qu’un capteur à concentration a des surfaces
réceptrices concaves qui réfléchissent le rayonnement et le concentrent sur une faible surface
qui l’absorbe. Les capteurs solaires sont caractérisés par leur mouvement (stationnaire, à
poursuite simple et à poursuite double) et par leur température opératoire. Les capteurs
stationnaires ont une position fixe et ne suivent pas la position du soleil dans le ciel. On en
distingue trois types :

• Capteur plan
• Capteur parabolique composé
• Capteur à tube sous vide

Figure 1.15 : Les Différents types des collecteurs solaires thermiques

19
Chapitre I Généralités et bibliographie

f) Le ballon de stockage

Un ballon de stockage est un réservoir de stockage d'énergie sous forme d'eau chaude
ou d'eau glacée dans le cas d'application de chauffage ou de climatisation. Le ballon de
stockage eau chaude sert à réaliser une capacité tampon d'eau soit pour des besoins de
chauffage que de fourniture d'eau chaude sanitaire. Dans le cas du chauffage, on trouvera des
ballons de stockage permettant de gérer la production des panneaux solaires par rapport à la
réelle demande, le ballon créant une réserve tampon. Pour l'eau chaude sanitaire, le principe
est le même que ce soit un cumulus électrique ou un ballon additionnel associé à
une chaudière par exemple, le ballon crée une capacité d'eau chaude répondant aux besoins
instantanés.

Figure 1.16 : Ballon de stockage

I.8 Travaux réalisés sur la climatisation solaire


Les procédés de climatisation solaire font l’objet de nombreux travaux de recherches
effectués par plusieurs chercheurs. Ces travaux ont permis d’étudier ce domaine et de mieux
orienter la recherche afin d’optimiser les systèmes ainsi que les équipements, pour cela les
chercheurs ont fait des travaux expérimentaux sur des installations existantes en les évaluant
et les étudiant. D’autres ont opté pour des simulations numériques en utilisant des modèles
validés sur des installations existantes, on a choisi d’aborder une partie de ceux qui traitent les
systèmes à absorption et dessiccation solaires.

20
Chapitre I Généralités et bibliographie

T. Tsoutsos et al [10] a simulé 3 scénarios pour conditionner un hôpital en Grèce. Ces


scénarios consistent en une installation conventionnelle et une installation solaire à absorption
en faisant varier les surfaces des capteurs à chaque scénario. Les résultats ont révélé que le
critère déterminant est la fraction solaire et que l’aspect financier de l’installation dépend en
majeure partie de la valeur de la fraction solaire. En ce qui concerne les systèmes de
climatisation par dessiccation solaire , une étude expérimentale menée par P.Bourdoukan et al
[11] a permis d’évaluer les performances d’une installation à dessiccation solaire couplée à
des capteurs à tubes sous vide. La performance des équipements a été évaluée pour chacun
séparément ensuite pour l’ensemble.

La variation des conditions extérieures et d’autres paramètres de la machine a révélé que la


performance de systèmes solaires a dessiccation ne dépend pas seulement de la température
de régénération mais aussi en une grande partie des conditions extérieures en l’occurrence la
température extérieure et l’humidité absolue jugée comme étant le paramètre le plus influant.
D’autre part la performance des capteurs est indépendante de celle du système. Une autre
conclusion est que pour un climat à humidité modérée, le COP se situe dans les environs de
0,4 et pour des jours plus humides le potentiel de dessiccation est d’un niveau médiocre et
d’autres alternatives doivent être envisagées. L’optimisation des systèmes à dessiccation
solaire fait également l’objet de plusieurs études mais elle est plus au moins limitée à la
simulation.

Dong La et Yanjun Dai [12] ont proposé une installation hybride à deux étages de
dessiccation couplée à un groupe d’eau glacée. Les conclusions ont été plus que satisfaisantes
; un COP thermique de 1,24 a été atteint avec un COP électrique de 11,48, pour le groupe
d’eau glacée il est intégré dans le cas des climats humides où ayant une faible intensité
d’ensoleillement donc il fait l’objet d’un appoint. Pour les climats extrêmement humides tels
que Hong Kong dans le cas de son étude, le COP thermique a atteint la valeur de 0,87.

Napoléon Enteria et al [8] a également ont eu recours à l’énergie électrique dans une
installation solaire à dessiccation mais cette fois ci elle est utilisée comme appoint thermique.
Ils ont démontré que nous pourrions faire une importante économie d’énergie si nous
utilisions l’énergie solaire pendant le jour et seule l’énergie électrique pendant la nuit,
contrairement aux installations qui puisent du ballon solaire même pendant la nuit. Ils ont
préféré garder la réserve d’eau chaude solaire stockée pour les premières heures du jour ainsi
ils maximisent la valeur de la fraction solaire pendant le jour.

Henning H-M et Erpenbeck T [13] présentent nouvelle une installation s’appuyant sur le
principe d’utilisation d’échangeurs à plaques humides. Cette utilisation a permis de mettre fin
aux éventuelles fuites entres les flux d’air de procès et celui de régénération ainsi que
l’humidité qui peut être entrainée. D’où une optimisation des performances de la machine et
de la qualité de l’air soufflé.

21

Vous aimerez peut-être aussi