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ÜRDRE NATIONAL DES MÉDECINS


Conseil National de !'Ordre Paris, le 28 mars 2019

(l)octeur<Patricft
ŒOVP/T A l'attention de Monsieur Stéphane HOREL
Présùfent

Service Relations Médecins Industrie


PB/CB/FJ/IH/SRMI 19-087-001D
Objet demande CADA - conventions et avis

Cher Monsieur,

Nous avons bien reçu votre courriel du 19 février 2018 nous demandant la communication sous la
forme de base de données, de l'intégralité des conventions mentionnées aux deuxième et
troisième alinéa de l'article L4113-6 du code de la santé publique, reçues par le Conseil National
de l'Ordre des médecins et les conseils départementaux et déjà informatisés à la date du
31/12/2018. Vous souhaitez aussi la communication des avis rendus par ces mêmes instances.

Le nombre de ces conventions accessibles via un logiciel dédié peut être estimé à 300 000
minimum, encore ce chiffre ne prend pas en compte le fait qu'une même convention ait pu être
dupliquée pour plusieurs médecins.

Il s'agit bien, comme vous l'indiquez de documents administratifs, au sens de l'article 1erde la loi
du 17 juillet 1978, mais nous ne sommes pas en mesure de répondre favorablement à votre
requête

A l'appui de votre demande vous citez une décision particulièrement intéressante du Conseil
Constitutionnel (décision N° 2015-727 DC du 21 janvier 2016) mais sans rapport avec l'objet de
votre courrier. En effet le Conseil constitutionnel a eu à connaitre du dispositif législatif, codifié
sous l'article L. 1453-1 du CSP, obligeant les entreprises à rendre publics, sur un site internet
public unique, l'objet précis, la date, le bénéficiaire direct, le bénéficiaire final et le montant des
conventions conclues avec les acteurs du secteur de la santé.

Le Conseil constitutionnel a considéré que l'atteinte au droit au respect de la vie privée que
constituait la publication de ces informations était justifiée, par l'exigence constitutionnelle de
protection de la santé.

Cette décision ne concerne pas, à l'évidence, la communication des conventions reçues en vertu
de l'article L 4113-6 du Code de la santé publique .

La décision n° 369074 du Conseil d'Etat en date du 24 février 2015 prend soin de préciser que la
communication des conventions n'est pas prévue par l'article L 1453-1 du CSPet confirme que le

4, rue Léon Jost - 75855 Paris CEDEX 17


Tél. 01.53.89.32.00 - Fax : 01.53.89.32.01
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Conseil National de l'Ordre

dispositif de transparence ne peut justifier la levée du secret industriel et commercial dont


bénéficient les entreprises déclarantes.

La loi pour une République numérique que vous invoquez a ajouté une obligation de publication
ou de communication, sous un format exploitable, des documents administratifs communicables ,
excluant ainsi de son champ les documents non communicables, en application du code des
relations entre le public et l'administration

Or précisément, son article L311-6 dispose que ne sont communicables qu'à l'intéressé les
documents administratifs « dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie
privée, au secret médical et au secret des affaires , lequel comprend le secret des procédés, des
informations économiques et financières et des stratégies commerciales ou industrielles»

Certes le CRPA envisage la communication d'un document après occultation des mentions non
communicables. Il est bien indiqué « un » document et non plus de 300 000 documents. Le guide
pratique « Open data » co-rédigé par la CNIL et la CADA (actuellement soumis à la consultation
publique) précise :

« L'administration n'est pas tenue de communiquer et par extension de publier un document


(puisque tout document communiqué et communicable à tous est publiable) lorsque:

• les travaux d'occultation dénatureraient ou videraient de sens Je document;


• Je document est indivisible ou l'occultation est trop complexe: un document
comportant un très grand nombre de mentions couvertes par un secret et dont
l'occultation s'avérerait particulièrement difficile pour l'administration devrait être
regardé comme non communicable . >>

Le Conseil national a beaucoup œuvré pour la transparence des relations entre médecins et
industriels de la santé et a obtenu, après un long combat la publication des rémunérations sur la
base transparence, dont la complétude laisse à désirer à ce jour.

Comme vous l'indiquez, le CNOM est chargé de missions de service public et, à ce titre, ne peut
s'exonérer du respect de la légalité en vous communiquant les documents que vous réclamez

Nous vous prions d'agréer, Cher Monsieur, l'expression de nos sentiments distingués.

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