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Institut national de la statistique et des études

économiques INSEE
Ne plus habiter chez ses parents constitue une étape
Importante dans l’accès à l’autonomie du jeune adulte.
En Occident, de plus en plus de jeunes adultes tardent à quitter le nid familial.
Cette tendance ne semble pas près de disparaître. Pourquoi?

Un texte de Danielle Beaudoin

De nos jours, il est commun de voir les jeunes dans la vingtaine vivre toujours
chez leurs parents. Dans les médias, on les surnomme souvent les Tanguy, en
référence au film français sorti en 2001, où des parents font tout pour se
débarrasser de leur fils de 28 ans.

Le terme Tanguy est réducteur et péjoratif, selon les sociologues à qui nous
avons parlé. Le Tanguy du film est vu comme un parasite, un « enfant Velcro »,
qui reste chez ses parents pour le confort. La réalité des jeunes d’aujourd’hui est
beaucoup plus complexe.

D’abord les chiffres. En Occident, près des deux tiers des jeunes de 15 à 29 ans
vivent toujours chez leurs parents, selon les données les plus récentes de
l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Au
Canada, c’est 60 %, en Suède, 35 %, et en Italie, près de 81 %.

Quitter le domicile familial se fait de plus en plus tard. Selon l’INSEE, près d’un jeune sur
deux (46,1 %) âgé de 18 à 29 ans, habite chez ses parents. Un chiffre en constante
progression depuis quelques années.

Une insertion de plus en plus tardive sur le marché du


travail
Vivre chez ses parents à 29 ans n’est pas si surprenant que cela. L’INSEE a mené une
enquête sur les lieux d’habitation des jeunes adultes. Selon cette étude, 46,1 % des 18-29
ans vivent habituellement chez leurs parents. Un chiffre en constante progression depuis
quelques années.

Cet accroissement du nombre de jeunes vivant chez leurs parents est notamment dû au contexte
économique. La hausse de la part des chômeurs est ainsi la première raison évoquée pour expliquer
ce phénomène. Autre explication : l’allongement des années d’études. Les jeunes s’insèrent en effet
sur le marché du travail de plus en plus tard. Cette insertion explique également le fait que les 25-29
soient moins nombreux à habiter chez leurs parents que les 18-24 ans

Qu’ils choisissent une autonomie résidentielle progressive ou non, les jeunes adultes qui ne vivent
plus chez leurs parents bénéficient néanmoins d’une aide financière (paiement du loyer, etc.).
L’indépendance financière s’acquiert avec l’âge puisque

L’Insee remarque également que les jeunes travailleurs qui vivent toujours chez leurs parents sont
moins bien insérés dans l’emploi : "moins souvent cadres ou professions intermédiaires, ils occupent
plus fréquemment des emplois à durée limitée".

Le souhait de partir est plus fort pour ceux qui sont


revenus habiter chez leurs parents
Depuis le début des années 2000, la proportion de jeunes adultes de 18 à 29 ans qui habitent chez
leurs parents a augmenté (+ 1,4 point depuis 2001 ; figure 4). Cette hausse résulte principalement
d’un effet de structure lié à l’accroissement de la part des chômeurs (+ 3,7 points, notamment après
la crise de 2008) et des étudiants (+ 3,1 points) chez les jeunes adultes.

En 2013, d’après l’enquête Logement, un peu moins d’un jeune adulte sur deux (46,1 %) âgé de 18 à
29 ans vit habituellement chez ses parents, c’est-à-dire durant au moins un mois de l’année. Certains
habitent ainsi en partie chez leurs parents et en partie ailleurs (

En 2013, près d’un jeune adulte de 18 à 29 ans sur deux (46 %) habite chez ses parents tout ou partie
de l’année. L’autonomie résidentielle peut s’acquérir de façon progressive tandis que les 25-29 ans
sont majoritairement actifs. Parmi les actifs de 25-29 ans, ceux qui cohabitent sont moins bien
insérés dans l’emploi : moins souvent cadres ou professions intermédiaires, ils occupent plus
fréquemment des emplois à durée limitée et sont plus souvent au chômage

La cohabitation avec les parents reflète des situations assez variées. Quel que soit leur âge,
neuf personnes sur dix qui ont toujours habité chez leurs parents n’envisagent pas de
s’installer dans un logement indépendant au cours des 6 mois à venir. La plupart, notamment
les plus jeunes, ne disposent pas de moyens financiers suffisants pour cela, même en
bénéficiant de l’aide des parents. En outre, ils n’en ont pas nécessairement la volonté. Même
s’ils avaient les moyens financiers pour partir, près des trois cinquièmes resteraient chez leurs
parents.

La situation de ceux qui sont revenus vivre chez leurs parents pour d’autres raisons que pour y
passer les vacances semble davantage subie. Ainsi, lorsqu’ils ont moins de 30 ans, 40 % envisagent
de partir à court terme, la moitié n’en ayant cependant pas les moyens financiers. La majorité de
ceux qui n’envisagent pas de partir manquent des moyens financiers nécessaires. S’ils disposaient de
ces moyens, une large part d’entre eux quitteraient le logement parental (74 % avant 30 ans, 58 % à
partir de 30 ans). Les velléités de départ diminuent avec l’âge, à la fois peut-être par réalisme
financier, mais aussi à cause de contraintes supplémentaires, telles que leur état de santé ou celui de
leurs parents.
Autonomie résidentielle n’est pas synonyme
d’indépendance financière
Même pour ceux qui n’habitent plus chez leurs parents, "autonomie résidentielle n’est pas
synonyme d’indépendance financière", constate l’Insee en indiquant que "le plus souvent, les
jeunes adultes qui ont quitté le domicile parental reçoivent une aide financière de leurs
parents". Il peut s’agir d’une aide financière directe et régulière, d’une pension alimentaire ou
du paiement du loyer. Sans surprise, parmi les plus jeunes, ce sont surtout les étudiants qui
bénéficient de cette aide et chez les 25-29 ans, ce sont surtout les chômeurs.

Des retours pour cause de perte d'emploi, rupture


conjugale, santé d’un des parents...
Parmi les 25-29 ans vivant chez leurs parents, un jeune sur cinq est parti puis revenu, et un
sur quatre après 30 ans. Pour ces jeunes de la génération "boomerang", les raisons invoquées
pour expliquer ce retour sont fréquemment associées à des accidents de la vie, comme la
perte d’un emploi ou une rupture conjugale. Mais "d’autres raisons sont liées à l’âge, comme,
par exemple, pour les plus âgés, la nécessité de revenir s’occuper d’un parent ou encore des
problèmes de santé". Quoi qu’il en soit, "le souhait de partir est plus fort pour ceux qui sont
revenus habiter chez leurs parents", souligne l’Insee. Et pour ceux qui n’envisagent pas de
partir, c’est la plupart du temps par manque de moyens financiers nécessaires.
A noter que "les velléités de départ diminuent avec l’âge, à la fois peut-être par réalisme
financier, mais aussi à cause de contraintes supplémentaires, telles que leur état de santé ou
celui de leurs parents". Alors, la politique en faveur de l’accès au logement des jeunes
rencontre celle du maintien à domicile des personnes âgées.

En outre, ils sont proportionnellement beaucoup moins nombreux (10 points de moins entre 25 et
29 ans) à occuper un emploi stable, en contrat à durée indéterminée ou en tant que fonctionnaire.
Cela tient en partie au fait que chez les 25 à 29 ans, ceux qui habitent chez leurs parents sont plus
jeunes que ceux qui ont décohabité. Ces cohabitants ont donc moins de chances, dans un processus
progressif d’insertion sur le marché du travail, d’occuper un emploi stable. Mais c’est probablement
aussi l’une des raisons pour lesquelles ils ne disposent pas d’un logement indépendant. La stabilité
de l’emploi constitue souvent un gage précieux pour obtenir un logement. En outre, plus du quart
des jeunes adultes de 25 à 29 ans qui vivent chez leurs parents sont au chômage. Ils peuvent ainsi
bénéficier d’une aide en nature, en profitant des conditions de logement et du niveau de vie des
parents

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Qui sont les nouveaux Tanguy ?


Une émancipation financière difficile

Pour l’Insee, une des principales causes du "phénomène Tanguy" est la hausse de la
population étudiante. En effet, "pour les plus jeunes, habiter avec ses parents concerne
surtout les étudiants (58%)" comme le souligne une étude réalisée par l’institut en
janvier 2018. Et pour cause, depuis les années 70, près d’un jeune de moins de 25 ans sur
deux poursuit des études. Bien qu’ils soient moins d’un tiers à vivre au domicile de leurs
parents, l’âge moyen de fin d’études ne cesse d’augmenter, expliquant en partie ce
phénomène.

Seconde raison évoquée par l’étude, la hausse du chômage et des emplois précaires :
"Parmi les actifs de 25-29 ans, ceux qui cohabitent avec leurs parents sont moins bien
insérés dans l’emploi : ils occupent plus fréquemment des emplois à durée limitée et sont
plus souvent au chômage". Depuis les années 2000, le taux de chômage des jeunes n’a fait
qu’augmenter, malgré une forte baisse en 2008. Or, cette insécurité professionnelle peut être
un véritable frein à l’indépendance compte tenu du prix des loyers et des exigences des
propriétaires, en particulier dans les grandes villes.

Certains jeunes sont également tout simplement immatures et peuvent avoir peur de se
retrouver seuls. Et puis, rester chez ses parents permet de moins se confronter à une vie
amoureuse. Mais, ce phénomène s’explique aussi par le développement du phénomène du
zapping et donc la superficialité des relations amoureuses des jeunes. Cela allant de pair avec
le report de l’âge de la mise en ménage des jeunes.

Mais, "parmi les 25-29 ans, une personne sur deux qui vit chez ses parents occupe un
emploi, et dans neuf cas sur dix en tant que salarié" selon l’Insee. Cela prouve bien que l’on
peut rester chez ses parents tout en gagnant sa vie. La Dr Marie-Claude Gavard, psychiatre à
Paris, explique en partie cela par le nombre croissant de jeunes qui, ayant pour projet de
monter leur propre société, repoussent le moment du départ pour économiser le plus d’argent
possible.

Une société en pleine évolution

Du point de vue familial, la Dr Marie-Claude Gavard décrypte également ce phénomène par


une bonne communication parents-enfants entre la génération Baby Boom et la
génération Y. S’il existait une certaine incompréhension entre les jeunes de mai 68 et leurs
parents, il semblerait qu’aujourd’hui parents et enfants se comprennent mieux. "Beaucoup
des parents de jeunes de la génération Y s’intéressent aux questions de développement
personnel et à la psychologie. Ils sont donc plus attentifs à l’épanouissement de leurs enfants
et dans l’ouverture et le dialogue, ce qui créé des relations propices à une collocation de
longue durée. Les enfants ont moins envie de partir dès leurs dix-huit ans et les parents sont
plus à même d’accepter, voire de trouver qu’avoir un Tanguy à la maison est finalement
quelque chose d’agréable" détaille la psychiatre, rappelant toutefois que cette situation n’est
pas encore une généralité.

Les parents peuvent également avoir peur de souffrir "du syndrome du nid vide", explique
l’experte. Les parents peuvent déprimer à l’idée de ne plus avoir leurs enfants à charge et se
voir vieillir d’un coup. "Dans beaucoup de cas, à cela s’ajoute la peur de se retrouver seul
avec son mari ou sa femme. Ce tête à tête peut être tellement inquiétant que les parents
préfèrent garder leur enfant, et en particulier le petit dernier, à la maison le plus longtemps
possible" explique-t-elle.

Rupture, perte d’emploi, nouveau projet… Comment


réagir quand son enfant revient à la maison ?
Lorsque le dernier enfant est parti de la maison, les parents peuvent enfin souffler. Après plus
de vingt-cinq ans à n’avoir existé qu’en tant que parents et à avoir la pensée constamment
occupée par leurs enfants, le couple se retrouve seul. "Les parents découvrent alors un autre
pendant de leur vie. Ils doivent réapprendre à exister en tant que couple et ce sans grand
projet de maison, d’enfant ou de carrière. Il y a une bulle qui se referme sur le couple. Et ils
peuvent enfin s’autoriser à vivre différemment et à repenser à eux, à leur propre bonheur.
C’est un grand moment de renaissance pour les parents, un moment de vie incroyable où
l’on revit enfin sans contrainte" précise la Dr Marie-Claude Gavard. Alors, quand un Tanguy
débarque à la maison après une rupture amoureuse ou la perte d’un emploi, les parents
peuvent avoir du mal à accepter l’idée de cette cohabitation qu’ils n’avaient pas désirée.
Leur liberté retrouvée est de nouveau bafouée.

De leur côté, les enfants peuvent être perturbés de ne pas être accueillis avec bonheur.
"Après un ou plusieurs échecs amoureux, le repli sur soi et le manque de confiance en soi
s'amplifient et l'envie de rester dans le cocon familial rassurant affectivement
apparaît comme nécessaire" explique la psychiatre. Il est donc primordial que l’enfant
explique à ses parents pourquoi il veut revenir chez eux - et non pas se trouver une
collocation par exemple - et de se fixer une date de départ pour ne pas que les parents se
sentent prisonniers de cette situation.

La Dr Marie-Claude Gavard conseille aussi d’établir des règles de vie entre adultes. Pour elle,
"tout est question de respect du désir et des aspirations de chacun. Les parents ne sont pas
au service des enfants : ils peuvent dépanner, mais ils ne doivent pas se priver de vivre leur
vie de cinquantenaires  !". Les parents ne doivent pas redevenir les bonnes à tout faire de
leur enfant. Celui-ci doit contribuer à l’intendance de la maison : faire les courses, le
ménage, la cuisine… et participer financièrement s’il le peut. Un Tanguy qui revient sait tout
faire, il n'est donc pas question que ce soit un poids. Les parents, quant à eux, ne doivent pas
ramener le Tanguy à sa situation d’enfant et doivent respecter sa liberté. Il n’est, par exemple,
pas nécessaire de le harceler pour savoir ce qu’il fait de ses journées ou lui imposer un
couvre-feu.

Comment faire pour que nos enfants ne deviennent pas


des Tanguy ?
Si vous vous demandez comment faire pour que vos enfants ne s’éternisent pas trop chez
vous, n’entretenez pas une relation de parents "au service des enfants". Les parents, dans leur
éducation, ont tout intérêt à autonomiser leurs enfants. Il est nécessaire de leur apprendre à
cuisiner, à ranger leur chambre, à repasser… dès qu’ils sont en mesure de le faire. Alors,
l’intendance ne leur posera aucun problème et ils auront moins peur de s’émanciper.

Et, même si un jeune est très craintif et manque de confiance en lui, le bon rôle des parents
est de le pousser un peu dehors pour qu’il puisse voler de ses propres ailes. Mais, il est très
important de le faire en douceur et de ne pas passer par des stratégies violentes et non-
verbales comme les parents de Tanguy le font dans le film : discutez et dites à votre enfant
qu’il est temps de partir, de prendre ses responsabilités quitte à l’aider à payer son loyer au
départ.

Mais surtout, n’oubliez pas de dire à vos enfants que vous n’êtes pas que des parents !

De plus, la plupart des familles rapportent faire des activités ensemble régulièrement, amorcer des
conversations sur des sujets variés et apprécier le climat familial à la maison. Ces activités
permettraient aux membres de la famille de renforcer leurs liens affectifs et leur sentiment
d’appartenance. Bien que non abordées dans la présente étude, les théories de l’attachement
pourraient apporter une contribution intéressante dans la compréhension de l’évolution de la
relation parents-jeune adulte. Lorsque les relations sont harmonieuses, la cohabitation semble
faire partie de la normalité, d’une continuité dans la prise d’autonomie des jeunes adultes et
servirait de tremplin vers des conditions de vie plus favorables pour ces derniers (e.g., emploi à
temps plein axé sur la carrière). (Aquilino, 1999; Barnet-Verzat & Wolff, 2001). Il semble ainsi
que le maintien d’un style de vie confortable pour le jeune adulte prévaut sur l’acquisition de
l’autonomie et de l’indépendance du jeune adulte. Cette indépendance vis-à-vis les parents
comporte des risques et nécessite des sacrifices que certains jeunes adultes ne semblent pas prêts
à prendre présentement. La théorie de la continuité dans les relations abordée par Aquilino (1997)
permet d’expliquer plusieurs facettes de la relation parents-jeune adulte. D’après cette
perspective, les parents auraient tendance à continuer de jouer leur rôle d’éducateur et de
pourvoyeur auprès de leur jeune adulte comme ils le faisaient à l’adolescence. Quant aux jeunes
adultes, ils continueraient d’adopter les mêmes comportements et attitudes qu’à l’adolescence.
Bien que la relation parents-jeune adulte soit

Bien que la relation parents-jeune adulte soit généralement harmonieuse en cohabitation, il existe
des sources de conflits entre eux. Par contre, ces désaccords affecteraient rarement la relation,
sauf dans quelques cas. Des conflits peuvent perdurer lorsque les attentes des parents envers leur
jeune adulte ne sont pas satisfaites et vice-versa. Il est possible que les attentes de chacun soient
peu communiquées ou pas du tout, ce qui 116
contribuerait à maintenir des insatisfactions de part et d’autre. Les stratégies de résolution des
conflits utilisés contribueraient soit à dénouer les impasses, à les maintenir ou encore à envenimer
la situation. D’après les résultats, il semble que les styles de gestion de conflits de type «
collaborant » et « compromis » soient plus efficaces le type « compétitif » ou « évitant ».
En outre, la cohabitation peut avoir des répercussions sur la relation conjugale des parents,
notamment au niveau de l’intimité et de la liberté qui diminuent dans ce contexte. Cela est aussi
rapporté par Aquilino (1991) ainsi que par Dennerstein, Dudley et Guthrie (2002). Malgré tout,
la plupart des parents rencontrés rapportent s’y adapter sans que cela affecte profondément
leur relation de couple. Cela va dans le même sens que les résultats de Ward et Spitze (2004).
Cependant, des conflits entre les parents, notamment au sujet des pratiques éducatives peuvent
survenir. Ces désaccords peuvent avoir des répercussions sur la satisfaction conjugale des
parents ainsi que sur la relation parents-jeune adulte. Cela concorde avec les résultats de Booth
et Amato (1994) et de Suitor et Pillemer (1987). De plus, il semble que le style de gestion des
conflits conjugaux soit un déterminant important de la satisfaction conjugale et qu’il serait
associé au style de gestion des conflits de leur jeune adulte (Van Doorn, Branje & Meeus, 2007).
Les jeunes adultes sont donc susceptibles d’adopter ce même style de gestion de conflits avec
leurs parents. L’alliance parentale jouerait aussi un rôle dans la résolution des conflits
concernant le jeune adulte et dans l’application des règles parentales. Les conflits conjugaux
détérioreraient l’alliance parentale (Belsky, 1984; Burman, John, & Margolin, 1987; Fauber &
Long, 1991; Jouriles & Farris, 1992) alors qu’une forte alliance parentale favoriserait la
résolution des problèmes familiaux et diminue le stress vécu par les parents par rapport aux
pratiques parentales (Block, Block, & Morrison, 1981; Fauber, Forehand,Thomas, & Wierson,
1990). La formation de dyades parent-jeune adulte pourrait affecter l’alliance parentale en
aliénant un des parents. Les relations conflictuelles entre les parents et leur jeune adulte
dureraient depuis l’adolescence, voire depuis l’enfance et il pourrait y avoir des répercussions
négatives sur la santé mentale des parents. Il serait intéressant de mieux connaître les effets
psychologiques des conflits sur les parents et leur jeune adulte. En terminant, la cohabitation
des jeunes adultes et de leurs parents est une situation complexe où plusieurs facteurs
coexistent et joueraient un rôle sur le plan de la qualité de la relation conjugale des