Vous êtes sur la page 1sur 19

Exercices du

chapitre 1
Les changements d’état du corps
pur : transformations physiques et
diagrammes d’état du corps pur
Corrigé des exercices

Exercice 1. Un exemple de mélange : la Vodka


La Vodka correspond à un mélange eau-éthanol à 44,7°C Ce qui
veut dire que 1 L de Vodka renferme 447 mL d’alcool (éthanol).

Calculer la composition massique de la Vodka.

1 L de Vodka contient 447 mL d’éthanol et donc 553 mL d’eau.

553 mL d’eau pèse 553 g (c’est une approximation


cependant dans cet exercice).

et d’après la densité de l’éthanol, 447 mL d’éthanol pèse :

mEthanol = VEéthanol.ρEthanol, soit :

mEthanol = = 355 g

1 L de Vodka contient donc 553 g d’eau et 355 g d’éthanol.

Calculer les fractions molaires de l’eau et de l’alcool dans la


Vodka.

La fraction molaire de l’eau et de l’éthanol sont :

xH2O = nH2O / (nH2O + nEthanol) et

xEthanol = nEthanol / (nH2O + nEthanol)

avec nH2O = mH2O/MH2O = 553/18 = 30,72 mol

nEthanol = mEthanol/MEthanol = 355/46 = 7,72 mol

D’où l’on déduit :

xH2O = 30,72 / (30,72+ 7,72) = 0,80

1
xEthanol = 7,72 / (30,72+ 7,72) = 0,20

Rem : on s’assure que la somme des fractions molaires vaut 1.

Données :

MH2O = 18 g.mol-1 ; Malcool = MCH3CH2OH = 46 g.mol-1 ; densité de l’éthanol : d = 0,794.

Exercice 2. Autour des gaz parfaits


Pour simuler l’atmosphère d’une planète, un mélange de gaz est utilisé : il est constitué
de 320 mg de méthane CH4 (MCH4 = 16 g.mol-1), 175 mg d’argon Ar (MAr = 40 g.mol-1) et
225 mg de diazote (MN2 = 28 g.mol-1). La pression partielle du diazote est 15,2 kPa à 300
K.

Calculer le volume du mélange, la pression totale ainsi que la densité du mélange.

Nous assimilerons tous les gaz à des gaz parfaits.

Calculons les différentes quantités de matière :

• Quantité de matière de méthane : nCH4 = 0,320/16 = 0,02 mol


• Quantité de matière d’argon : nAr = 0,175/ 40 = 4,375.10-3 mol
• Quantité de matière de diazote : nN2 = 0,225/ 28 = 8,0.10-3 mol
• Quantité de matière gazeuse totale : nTot,gaz = 3,24.10-2 mol

La pression partielle du diazote s’écrit : PN2 = (nN2/nTot,gaz).P P étant la pression totale :

A.N : 15,2.103 = (8,04.10-3/ 3,24.10-2).P P = 6,125.104 Pa = 61,25 kPa

Pour calculer le volume, utilisons l’équation d’état des gaz parfaits :

• Appliquée à la quantité de matière gazeuse totale :

P.V = nTot,gaz RT 61,25.103 x V = 3,24.10-2 x 8,314 x 300

V = 1,32.10-3 m3 = 1,32 L

• Ou bien appliquée à la quantité de matière de diazote :

PN2.V = nN2 RT 15,2.103 x V = 8,04.10-3 x 8,314 x 300 =

V = 1,32.10-3 m3 = 1,32 L

On trouve bien évidemment le même résultat !

A propos de la densité :

2
Le volume est égal à V = 1,32 L

La masse du mélange gazeux est m = 0,320 + 0,175 + 0,225 = 0,72 g.

Alors la masse volumique du mélange gazeux est ρ = 0,72/1,32 = 0,55 g.L-1

Et la masse volumique de l’air à 300 K est égale à : 1,161 (Handbook oh Chemsitry) sous
la pression p = 1 bar.

d = 0,55/1,161 = 0,473

« M = 29.d » conduit à : M = 0,72/3,24.10-2 = 22,2 g.mol-1

Et donc : d = 0,76

L’écart est notable, parce que la masse volumique de l’air est trop surestimée ici, à la
pression qui est celle de l’exercice, à savoir 61,3 kPa.

Reprenons le calcul : sous cette pression p=61 300, à 300 K et dans ce volume, la quantité
de matière d’air est : n(air) = 0,0324 mol (on remarque que l’on retrouve la quantité de
matière de gaz calculée pour le mélange, ce qui est normal car tous les gaz sont supposés
parfaits). Ce qui représente une masse m(air) qui est égale à 0,94 g (en prenant la masse
molaire de l’air égale à 29 g.mol-1).

Et la masse volumique de l’air est donc : ρ(air) = 0,94/1,32 = 0,71 g.L-1.

D’où la densité du mélange gazeux : d = 0,55 / 0,71 = 0,77

On retrouve bien cette fois la valeur voisine de d = 0,76.

gaz masse/g M/g.mol-1 n/mol Pression partielle/Pa Volume/m3 Volume/L


méthane 0,32 16 0,0200 37831 0,00132 1,32
argon 0,175 40 0,0044 8276 0,00132 1,32
diazote 0,225 28 0,0080 15200 0,00132 1,32

masse Ptot/Pa 61307
totale 0,72 Ptot/bar 0,613

Exercice 3. Le diagramme de changement d’état de


l’hélium
La liquéfaction de l’hélium :

" Cet essai effleurait les limites du possible. Il a commencé à 6heures du matin
et était terminé à 9heures 30 du soir. A 6h30 du soir, quand nous avons vu
pour la première fois l’hélium liquéfié, chacun de nous était à bout de forces ....
Quand ce liquide presque immatériel s’est montré, ce fut un spectacle

3
merveilleux. Nous ne nous en sommes pas aperçus dès le début ; nous
n’avons constaté sa présence qu’au moment où le verre se remplissait. Sa
surface se détachait du verre comme un couteau".

Dans le cours, vous trouvez le diagramme du corps pur de l’hélium :


1) Quel est l’état physique de l’hélium dans un ballon de fête foraine gonflé à 1,2
bar ?

1 bar

.../...temp
ambiante


L’hélium est gazeux sous la pression de 1,2 bar et à température ambiante.


2) Quel est l’intérêt d’un tel ballon gonflé à l’hélium ?

4
Il reste en l’air parce que l’hélium est un gaz plus léger que l’air

3) Que se passe-t-il si on comprime progressivement le ballon précédent, à
température constante ? Peut-on observer la liquéfaction de l’hélium ? Sa
solidification ?
En le comprimant, il va passer dans sa phase fluide supercritique. Mais il ne
sera pas possible de le liquéfier, ni de le solidifier tout ceci à température
constante.
Il faudra descendre à très très basse température pour le liquéfier et à
température très proche du zéro absolu, on pourra l’observer solide sous
une pression élevée, supérieur à 25 bar.


4) L’hélium solide et l’hélium gazeux peuvent-ils être en équilibre ?

Non, d’après le diagramme cet équilibre physique S=G est totalement
impossible avec l’hélium. Il est absolument remarquable de noter que
l’hélium possède 2 phases liquides différentes.

5) Quelle est la particularité de la ligne λ du diagramme ?

Cette ligne sépare deux phases liquides, He(I) et He(II).


6) De l’hélium est refroidi progressivement sous la pression constante de 1 bar.
Décrire les phénomènes observés successifs.

Sous 1 bar, à partir de la température ambiante, si on refroidit, l’hélium va
se liquéfier à 4,2 K.
Vers 2 K, nous arriverons sur la ligne l, et l’hélium liquide passera dans sa
phase superliquide.

A propos de la liquéfaction de l’hélium

Source :
https://www.bibnum.education.fr/physique/thermodynamique/l-helium-liquide

5
« L’expérience a commencé le 10 juillet à 5h45 du matin (...) À 4h20, l’hélium commençait à
circuler. À 7h30, l’hélium liquide est observé pour la première fois »

Dès 1901, James Dewar s’attaque au dernier gaz atmosphérique jamais liquéfié,
l’hélium, mais il échoue, ce gaz semblant impossible à liquéfier. Heike Kamerlingh Onnes
commence dès 1882 la course au froid à l’université de Leyde aux Pays-Bas. Pour
liquéfier l’hélium, Onnes utilise le principe de Joule-Thomson (ou Joule-Kelvin) qui
consiste à faire subir à un gaz une très forte détente adiabatique, c’est- à-dire abaisser la
pression subitement sans échange de chaleur avec l’extérieur.

Onnes utilise un compresseur de Cailletet qu’il a lui-même modifié pour compresser


l’hélium initialement à température ambiante et pression atmosphérique (point A), afin
d’obtenir des pressions d’environ 100 bar (point B). L’hélium à haute pression subit
ensuite une succession de refroidissements en cascade : il est tout d’abord refroidi avec
de l’air liquide, puis avec du dihydrogène liquide jusqu’à environ 15 K (point C).

Une fois le liquide obtenu, le liquide et le gaz cohabitent dans la même enceinte, ils sont
alors en équilibre thermodynamique. Le mélange se situe sur « la ligne de saturation
gaz/liquide dans le diagramme de phase ». S’il n’y a pas d’échange de chaleur avec
l’extérieur, cet équilibre est conservé, donc si la pression de l’enceinte diminue, alors le
mélange gaz/liquide doit « suivre » la ligne de saturation, ce qui a pour effet de diminuer
la température. Si cette pression baisse suffisamment, on doit atteindre le point triple.
Onnes s’étonne de ne pas être arrivé au point triple de l’hélium mais pense qu’il est
simplement plus loin que prévu : « L’hélium ne s’est pas solidifié lorsque la pression de
vapeur a été diminuée. La communication avec la grande pompe à vide n’était pas assez
bonne cette fois, mais il est certain que je suis allé jusqu’ à 1cm, peut être même jusqu’à
7mm. Le liquide, à cette température, était encore extrêmement mobile. S’il se comportait
conne le pentane il ne deviendrait solide que vers 1°K. ». Onnes dit avoir pompé à l’aide
d’une pompe à vide jusqu’à une pression de 10mm, voire 7mm (de mercure). Ceci
correspond à des pressions de 13,3 mbar et 9,3 mbar, soit des températures
équivalentes pour un équilibre liquide/gaz de 1,74 K et 1,65 K. Il pensait légitimement
atteindre le point triple de l’hélium en descendant encore en température…

7
Exercice 4. Vapeur sèche, vapeur saturante
1) Rappeler la définition de la pression de vapeur saturante à la température T.

A la température T, la pression de vapeur saturante est égale à la pression
de la vapeur de A qui est en équilibre avec la phase liquide de A.

On appelle « vapeur sèche » la vapeur qui règne en l’absence de toute phase liquide.

On introduit une masse m = 4g d’eau (M = 18 g.mol-1) dans un récipient de volume


V = 10 L initialement vide et on le porte à la température t1 = 80°C.

Données :

pression de vapeur saturante de l’eau :

Psat(80°C) = 0,466 bar, Psat (100°C) = 1 bar

2) Montrer que la vapeur d’eau est saturante, c’est à dire que la pression de l’eau est
égale à 0,466 bar. Toute l’eau est-elle passée en phase vapeur ? Si ce n’est pas le
cas, quelle masse d’eau est restée liquide ?

Il y a 4 g d’eau donc une quantité de matière n0 qui est égale à n = 4/18 mol
soit : n0 = 0,22 mol.

La pression de vapeur est atteinte dès que la vapeur d’eau a une pression
égale à 0,466 bar.
Pour atteindre dans le volume 10 L cette pression, il faut une quantité de
matière d’eau en phase vapeur nv égale à :
𝟎, 𝟒𝟔𝟔. 𝟏𝟎𝟓 𝐱𝟏𝟎. 𝟏𝟎!𝟑
𝐧𝐯 = = 𝟎, 𝟏𝟔 𝐦𝐨𝐥.
𝟖, 𝟑𝟏𝟒 𝐱 (𝟐𝟕𝟑, 𝟏𝟓 + 𝟖𝟎)

Autrement dit, nous avons introduit trop d’eau donc il va se former de l’eau
liquide (ou, si l’eau a été introduite liquide, il va en rester dans l’enceinte).

Conclusion : la pression de vapeur saturante est atteinte et la pression de
l’eau est donc égale à Psat = 0,466 bar.

0,16 mol d’eau est passée en phase vapeur. Donc pas toute l’eau, il reste
0,22-0,16 mol = 0,06 mol d’eau liquide. Soit une masse restante mr d’eau
liquide qui est : mr = 1,08 g.

Il faudra descendre à très très basse température pour le liquéfier et à
température très proche du zéro absolu, on pourra l’observer solide sous
une pression élevée

3) On porte le récipient à la température t2 = 100°C. Quelle est la nature du nouvel
état d’équilibre ? Quelle est la pression P2 ?

A 100°C, la pression de vapeur saturante est égale à 1 bar. Dans le récipient,

8
cela veut dire que la quantité de matière d’eau en phase gazeuse est dans ce
cas nv’ telle que :

𝟏. 𝟏𝟎𝟓 𝐱𝟏𝟎. 𝟏𝟎!𝟑
𝐧𝐯 = = 𝟎, 𝟑𝟐 𝐦𝐨𝐥.
𝟖, 𝟑𝟏𝟒 𝐱 (𝟐𝟕𝟑, 𝟏𝟓 + 𝟏𝟎𝟎)

Cette quantité n’a pas été introduite dans l’enceinte, donc on ne pourra pas
atteindre la pression de vapeur saturante.
Nous aurons donc en phase vapeur la totalité de l’eau introduite, soit 0,22
mol et la pression finale sera :
𝟎, 𝟐𝟐 𝐱 𝟖, 𝟑𝟏𝟒 𝐱 (𝟐𝟕𝟑, 𝟏𝟓 + 𝟏𝟎𝟎)
𝐩𝐟 = = 𝟔𝟖 𝟐𝟓𝟐 𝐏𝐚
𝟏𝟎. 𝟏𝟎!𝟑
La pression finale dans l’enceinte vaut Pf = 0,68 bar

Exercice 5. Autour de l’eau


Propriétés physiques ; changements d'état
1) Compléter le diagramme d'état de l'eau P(T) reproduit en annexe (figure 1).
Préciser les phases en présence, nommer les différentes courbes et placer :
• Le point triple Y (0,01°C ; 0,006 atm)
• Le point critique C (374°C ; 218 atm)
• Le point F, de fusion sous 1 atm
• Le point E, d'ébullition sous 1 atm

Voici le diagramme complété dans le cours :

9
courbe
de fusion

C
liquide

solide courbe de
1 atm vaporisation
courbe de Y
sublimation gaz

0°C 100°C

2) Quelle particularité présente la courbe de fusion ? Lorsque la pression augmente,


comment la température de fusion de la glace augmente-t-elle ou diminue-t-elle ?

La courbe de fusion a une pente négative, ce qui est rare. C’est aussi par
exemple le cas pour le diagramme de phase du bismuth.
Lorsque la pression augmente, la température à laquelle il y a équilibre
liquide-solide est sur la courbe de fusion et ce point à une abscisse plus
faible : la température de fusion de la glace diminue lorsque la pression
augmente.

3) Quelle est la courbe qui donne l’évolution de la pression de vapeur saturante en
fonction de la température ?

La courbe qui donne l’évolution de la pression de vapeur saturante en
fonction de la température est la courbe de vaporisation :

10
liquide
courbe de
vaporisation

gaz



4) En vous aidant des figures 2 et 3, quelle est la température d'ébullition de l'eau
en haut du Mont-Blanc (4807 m) ?

11
A 4 807 m, la pression est égale à 550 mbar.

550


Et à cette pression, devenant la pression de vapeur saturante de l’eau, la
température à laquelle nous atteignons cette pression est voisine de 83°C :
Au sommet du Mont-Blanc, l’eau bout à environ 85°C.

12
550

83°C


Figure 1 : évolution de la pression de vapeur saturante de l'eau avec la
température

Exercice 6. La glisse du patineur…


Observons un patineur sur la glace…

Ce patineur glisse sans être freiné par des forces de frottement.


Cela peut s’interpréter en disant que le patineur glisse en fait sur
une mince couche d’eau liquide. Interpréter cette observation en
vous aidant du diagramme de changement d’état de l’eau.

Exercice 7. Allons faire un tour dans la buanderie

13
Nous sommes dans notre buanderie (T ≈ de 20°C) de dimensions 3 x 4 x 2,5 ≈ 30 m3, une
flaque d'eau d' 1 L règne par terre.

Le taux d'humidité initial de la buanderie est de 60%, cela signifie que la pression de la
vapeur d'eau est égale à 60% de la pression de vapeur saturante de l’eau.

1) Indiquez sur le diagramme ci-dessous la pression de la vapeur saturante de l'eau.


(On prendra 23 mbar par la suite).


2) Démontrez que l'on a une flaque d'eau de volume 0,8 L qui subsistera dans la
buanderie (on assimilera la vapeur d'eau à un gaz parfait qui suit donc la relation
PV = nRT avec R ≈ 8,314 J.K-1.mol-1 et on utilisera le fait que la masse molaire de
l'eau est de 18g/mol).


Le volume de la buanderie est 30 m3.
A 20°C, la pression de vapeur saturante de l’eau est 23.10-3 bar.
Dans la buanderie, cela représente une quantité de matière d’eau égale à nsat telle
que :
Psat.V = nsat.R.T

A 20°C, dans la buanderie, le taux d’humidité est égal à 60 % donc :
PH2O = 0,60.Psat.
La quantité de matière d’eau dans la buanderie est donc égal à nbuan tel que :
0,60Psat.V = nbuan.R.T

Il y aura équilibre physique entre l’eau liquide et la vapeur d’eau lorsque la

14
pression de la vapeur d’eau sera égale à la pression de vapeur saturante de l’eau à
20°C.
La quantité d’eau liquide qui va passer en phase vapeur (gaz) est donc n3 tel que :
n3 + nbuan = nsat
On suppose donc pour le moment qu’il y a assez d’eau pour atteindre la
pression de vapeur saturante de l’eau.

n3 = nsat – nbuan = [Psat.V – 0,60.Psat.V]/RT

n3 = [1 – 0,60.]Psat.V/RT

n3 = 0,4Psat.V/RT

A.N : n3 = 0,4 x 23.10-3.105 x 30/(8,314 x 293,15)

n3 = 11,3 mol

Ce qui correspond à une masse m3 = n3.MH2O = n3 x 18 = 203,4 g d’eau.

Au début, il y a 1 L d’eau.
Comme nous prenons la masse de l’eau égale à 1 kg.L-1, alors, 203,4 mL d’eau sont
donc passés de la flaque (liquide) dans la vapeur de la buanderie.

Il reste donc 1000 – 203,4 = 796,6 mL d’eau soit 0,8 L.

Dans la buanderie, il reste une flaque de 0,8 L.


Exercice 8. Grande volatilité de « l’éther ».


La constante des gaz parfaits vaut : 𝑅 = 8,31 J⋅mol-1⋅K-1. Tous les gaz seront assimilés à
des gaz parfaits.

On admet que l’air est constitué approximativement de 20% de dioxygène et de 80% de


diazote.

L’éther de diéthyle, parfois simplement appelé « éther », est un solvant organique


couramment utilisé au laboratoire de chimie, notamment dans les synthèses
magnésiennes.

I) L’éther de diéthyle

15
Il se présente sous forme d’un liquide très volatil et très inflammable, ce qui constitue
son principal danger.

Sur les bouteilles d’éther, on peut en effet trouver, entre autres,


le pictogramme ci- contre et la phrase ci-dessous :

H224 : Liquide et vapeurs extrêmement inflammables

La formule moléculaire de l’éther est C2H5OC2H5, que l’on pourra noter plus simplement
E.

On fournit quelques données concernant ce composé :

• sa masse molaire : 𝑀𝐸 = 74,12 g⋅mol-1 ;


• sa densité à 20°C : 𝑑𝐸 =0,714 ;
• son point critique : 𝑃𝐶 =36,4 bar ; 𝑇𝐶 =194°C ;
• son point triple : 𝑃𝑇 = 0,5 Pa ; 𝑇𝑇 = − 116°C ;
• sa température de fusion : 𝑇𝑓𝑢𝑠 = −116°C (sous 𝑃 = 𝑃° = 1 bar)

Conservation de l’éther dans une bouteille hermétique

• On considère une bouteille de volume 𝑉 = 1,000 L, dont le bouchon est muni d’un
capteur de pression (manomètre).

• On remplit la bouteille avec 500 mL d’éther, puis on referme hermétiquement le


bouchon. En raison de l’air contenu dans la bouteille, le manomètre indique initialement
la pression 𝑃0 = 1,01 bar, qui est la pression atmosphérique. La température du
laboratoire est de 𝜃 = 20°C.

• A la veille des dernières vacances, la bouteille est alors entreposée dans le placard
dédié du laboratoire, à la température constante de 𝜃 = 20°C. Après quelques heures, le
manomètre se fixe à la valeur 𝑃 = 1,60 bar.

• La bouteille reste dans le placard, pendant vacances d’été, où une canicule


particulièrement intense s’installe (ce n’était pas cet été 2015). La température dans le
laboratoire est montée alors jusqu’à 𝜃′ = 35°C ! On a constaté alors dans ces conditions
que le manomètre indiquait 𝑃′ = 2,08 bar.

1) Calculer les quantités de matière, en moles, de dioxygène et de diazote contenues


dans la bouteille lorsqu’on vient juste de refermer le bouchon, lorsque le manomètre
indique 𝑃0 = 1,01 bar.

Quand on ferme bouchon, il y a 500 mL d’éther donc 500 mL d’air également car le
récipient a un volume de 1 L.

Comme le diazote et le dioxygène sont des gaz parfaits, nous allons utiliser l’équation

16
d’état des gaz parfaits pour connaître la quantité de matière d’air présente dans le
flacon :

« PV = nRT » donne ici : P0.V = nair.RT

1,01.105 x 0,500.10-3 = nair x 8,31 x 293,15

nair = 0,021 mol

Comme 80 % de l’air est du diazote, il y a donc :

0,0168 mol de diazote soit : 0,017 mol de N2 et 0,004 mol de O2.

Déterminer également la quantité de matière d’éther liquide que l’on a introduit dans la
bouteille.

Il y a 500 mL d’éther liquide, dont la densité à 20°C est dE = 0,714

Et dE = ρE/ρeau ρ désignant la masse volumique et ρeau = 1 g.cm-3 ou, c’est la même


chose, ρeau = 1 g.mL-1.

Donc la masse d’éther mE est : mE = 500 x 0,714 x 1 g

Comme mE = ME.nE, la quantité de matière d’éther est : nE = mE/ME

A.N : nE = 500 x 0,714 x 1 / 74,12

nE = 4,82 mol

2) Pour quelle raison la pression augmente-t-elle progressivement dans la bouteille,


pour finalement se fixer à la valeur 𝑃 = 1,60 bar ? La transformation qui s’est produite
est-elle physique, chimique ou nucléaire ? Écrire l’équation de la réaction qui la modélise.

La pression augmente parce que l’éther est très volatil et a une pression de vapeur
saturante élevée, même à 20°C. La pression augmente parce que l’éther liquide passe ne
phase gazeuse.

L’éther subit donc une transformation physique.

L’équation de la réaction qui la modélise est :

C 2 H 5 OC 2 H 5(l) = C 2 H 5 OC 2 H 5(g)

Plus schématiquement : Ether(liquide) = Ether(gaz)

3) Calculer la quantité de matière d’éther dans la phase gazeuse lorsque le manomètre

17
indique 𝑃 = 1,60 bar. On supposera, et on vérifiera, que les volumes des phases liquide
et gazeuse sont restés quasi inchangés.

La pression passe à 1,60 bar.

Dans la phase gazeuse, il y a tout l’air initial et un peu d’éther, une quantité de matière
que l’on note nE,g.

Appliquons de toute façon l’équation d’état des gaz parfaits :

P.V = (nair + nE,g).RT

A.N : 1,60.105 x 0,500.10-3 = (nair + nE,g) x 8,31 x 293,15

On a ainsi supposé que le volume n’a pas été modifié.

(nair + nE,g) = 0,033 mol

D’où : nE,g = 0,033 – 0,021 = 0,012 mol

Il a donc disparu 0,012 mol d’éther de la phase liquide soit, d’après sa densité, un
volume Vdisparu qui est égal : Vdisparu = 0,012 x 74,12/0,714 = 1,25 mL.

Il reste donc 498,75 mL de liquide et 501,25 mL de phase gazeuse : on put considérer


que le volume de chaque phase n’a pas varié.

4) Déterminer la pression de vapeur de l’éther à 𝜃 = 20°C.

La pression de vapeur de l’éther à 20°C est PE,20 telle que :

PE,20 = nE,g x 8,31 x 293,15 / 0,500.10-3

PE,20 = 0,012 x 8,31 x 293,15 / 0,500.10-3

PE,20 = 0,584 bar

5) Déterminer la pression de vapeur de l’éther à 𝜃′ = 35°C. On considérera à nouveau


que le volume des phases n’a pas notablement varié dans la bouteille portée à cette
température.

Dans ce cas : P’.V = (nair + n’E,g).RT

A.N : 2,08.105 x 0,500.10-3 = (nair + n’E,g) x 8,31 x 308,15

n’E,g = 0,02 mol.

et P’E,35 = n’E,g x 8,31 x 293,15 / 0,500.10-3

P’E,35 = 0,02 x 8,31 x 293,15 / 0,500.10-3

18
P’E,35 = 0,02 x 8,31 x 293,15 / 0,500.10-3

… / … P’E,35 = 0,974 bar

6) La pression atmosphérique dans le laboratoire étant toujours de 𝑃0 = 1,01 bar


pendant la canicule, que va-t-il se passer si on ouvre la bouteille à ce moment-là ?

Si on ouvre la bouteille, les vapeurs d’éther vont sortir de la bouteille et envahir l’espace.

7) Expliquer pourquoi il faut toujours conserver les flacons d’éther dans des locaux bien
ventilés.

Dans les locaux bien ventilés, il n’y a pas de concentration importante de vapeurs d’éther.

19

Vous aimerez peut-être aussi