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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de laRecherche Scientifique

Université des Sciences et de la Technologie d’Oran Mohamed Boudiaf

Faculté de Faculté

L'assainissement individuel

Présenté par :
BOUKEFFA raid liwaa eddine micipsa
BOUGHLEMALLAH omar

Département :GENIE CUVIL


GROUPE :04

Année Universitaire
2019/ 2020
L'assainissement individuel OU NON COLLECTIF (ANC)
Qu’est-ce que l’ANC et pourquoi l’utilise-t-on encore aujourd'hui ?
Pourquoi faut-il systématiquement traiter les eaux usées domestiques ?
Dans une habitation, l’eau est utilisée pour de nombreux usages (sanitaires, lavage du linge,
cuisine…) puis rejetée. En milieu rural, un habitant rejette en moyenne 90L d’eaux usées par jour,
qui contiennent différents polluants liés à ces usages : - Graisses, détergents et solvants pour les
eaux de cuisine et de salle de bain, dites « eaux ménagères » - Matières organiques azotées,
carbonées et germes fécaux pour les eaux des WC, dites « eaux vannes » Etant donné la faible
densité de l’habitat, l’impact de ces rejets sur l’environnement est faible au regard d’autres
activités telles que l’industrie ou certaines formes d’agriculture. Néanmoins, il est nécessaire de
les traiter afin de contribuer à l’effort général pour préserver la qualité de nos ressources en eaux,
souterraines et superficielles. Par ailleurs, les rejets d’eaux usées domestiques non traitées
peuvent représenter un risque sanitaire : contamination de zones d’alimentation de points de
captage, risque infectieux en cas de contact direct… Même si l’habitation n’est pas raccordée au
réseau d’assainissement collectif, le traitement de ces eaux usées est donc indispensable, et a
été rendu obligatoire par le législateur1 .

Qu’est-ce que l’ANC ?


Pour traiter les eaux usées rejetées par les habitations (eaux de cuisine, des WC…), deux
principales solutions techniques sont possibles : - Raccorder l’ensemble des habitations d’un
secteur à un réseau d’assainissement, qui aboutit à une station d’épuration traitant les eaux usées
ainsi collectées avant de les rejeter dans le milieu naturel. Il s’agit d’un système public et on parle
d’assainissement collectif ; - Raccorder chaque habitation à sa propre installation de traitement
des eaux usées située sur son terrain : on parle alors d’assainissement non collectif (ANC), ou
encore d’assainissement individuel ou autonome. Plusieurs habitations peuvent être raccordées à
la même installation d’ANC qui reste privée : on parle dans ce cas d’ANC regroupé. Ces deux
solutions sont complémentaires, chacune étant adaptée à un contexte différent : on utilise en
général l’assainissement collectif dans les zones où l’habitat est dense (zones urbaines, bourgs
des villages en zone rurale…), tandis que l’ANC est utilisé dans des zones où l’habitat est
dispersé (zones rurales).

Pourquoi utilise-t-on encore l’ANC aujourd’hui ?


On estime aujourd’hui entre 4 et 5 millions le nombre d’habitations en ANC sur le territoire
français, ce qui représente environ 20% de la population. Longtemps considérée comme une
solution « en attendant » le raccordement au système d’assainissement collectif, l’ANC est
aujourd’hui reconnu comme un mode de traitement des eaux usées domestiques à part entière,
efficace techniquement et économiquement plus adapté aux zones rurales que l’assainissement
collectif. L'assainissement individuel
L’ ASSAINISSEMENT NON COLLECTIF – PRINCIPE DE
FONCTIONNEMENT
L’installation d’assainissement non collectif habituelle peut se décomposer
en 5 parties :

▪ VENTILATION
▪ Permet l’évacuation des gaz de fermentation de la fosse toutes eaux.
▪ " l’entrée d’air s’effectue par les canalisations de collecte des eaux
▪ usées
▪ " la sortie d’air, s’effectue par une conduite connectée en aval des
▪ équipements de prétraitement

▪ COLLECTE
▪ Achemine les eaux usées domestiques provenant des différents
▪ équipements de l’habitation et les conduisent vers le prétraitement

▪ PRETRAITEMENT (fosse toutes eaux)
▪ Retient les matières solides et les déchets flottants. Attention, les eaux
▪ en sortie de fosse contiennent encore 70 % de pollution

▪ TRAITEMENT
▪ L’épuration s’effectue dans le sol.
▪ L’effluent est dispersé dans le sol existant ou dans des matériaux
▪ rapportés. Là, les microorganismes présents dans le sol vont éliminer la
▪ pollution restante.

▪ EVACUATION
▪ Les eaux épurées peuvent être évacuées par :
▪ " infiltration dans le sol (solution à privilégier)
▪ " rejet vers un site naturel ou aménagé
• rivière, canal
• puit d’infiltration (autorisation préfectorale)
Quelles sont les différentes étapes indispensables au traitement
des eaux usées par un ANC ?
Il existe une grande diversité d’installations d’ANC mais, pour traiter correctement les eaux usées,
un ANC doit toujours assurer 3 étapes :

1- Collecter les eaux usées et les transporter en sortie d’habitation,


par un ensemble de canalisations qui aboutissent aux ouvrages de traitement. Il est conseillé de
rendre ces canalisations accessibles par des regards, notamment pour permettre de les
déboucher facilement en cas d’obstruction.

2- Traiter les eaux usées,


grâce à un ou plusieurs ouvrages (fosses, filtres, épandages…) qui diffèrent selon le type de
filière utilisé. Le traitement se fait en 2 étapes : on parle de traitement primaire (ou prétraitement
au sens de la réglementation) et de traitement secondaire (ou traitement au sens de la
réglementation).

3- Evacuer les eaux usées traitées,


en priorité par infiltration dans le sol (A). Si l’infiltration est impossible et sous réserve
d’autorisation, l’évacuation pourra également se faire en surface (B) vers un fossé, un cours d’eau
ou autre.

Enfin, pour que le traitement des eaux usées soit abouti, tout comme en assainissement collectif,
les « résidus » (boues, matières de vidanges) doivent être évacués et traités spécifiquement.

LES DISPOSITIFS D’ASSAINISSEMENT NON COLLECTIF


Règles de base
Implantation :
A. ! hors zone de circulation et stationnement de tout véhicules et charges
B. lourdes
C. ! hors culture et plantations
D. ! accessible pour l’entretien
NB : d’une manière générale, la fosse toutes eaux doit être placée le plus
près de l’habitation, c’est à dire à moins de 10 m.

Exécution des travaux :


ne doit pas entraîner le compactage des terrains
réservés à l’infiltration. Les engins de terrassement devront exécuter les
fouilles en une seule passe, afin d’éviter tout compactage.
Tampons de visite :
situés au niveau du sol afin de permettre leur
accessibilité.
Terrassement :
interdit lorsque le sol est détrempé. Les fouilles vides ne
doivent pas rester à ciel ouvert par temps de pluie. Le dispositif de
traitement sera remblayé de terre végétale, au plus tôt après vérification
par le service de contrôle.
Remblayage final :
doit tenir compte des tassements du sol afin d’éviter
tout affaissement ultérieur (ne pas compacter).
Dans tous les cas, les tuyaux d’épandage devront être enfouis aussi près
de la surface du sol que le permet leur protection afin de permettre une
aération suffisante du dispositif. Généralement un remblaiement de 0.2 m
de terre végétale sera correct.
Matériaux et matériels à utiliser
Géotextile pour le haut, pour le bas et film imperméable :

Le géotextile évite que la couche supérieure de matériaux se mélange à la


couche inférieure lorsque celle–ci a une granulométrie plus importante,
tout en permettant les échanges d’air et d’eau.
En fonction de son emplacement, haut ou bas, le géotextile aura des
caractéristiques différentes. Pour le bas, on pourra également utiliser une
grille plastique (maille de 1 mm et résistance à la traction ≥ 6 kN/m).
Pour assurer la couverture sur l’ensemble
de la fouille plusieurs géotextiles peuvent
être utilisées bout à bout à condition de
prévoir un recouvrement d’au moins 0.2 m.
De plus, le géotextile le plus en aval sera
recouvert par le géotextile le plus en
amont, dans le sens de l’écoulement de l’eau.
Le film imperméable, parfois disposé en fond de fouille pour certains
dispositifs de traitement évite que l’eau épurée ne s’infiltre et pollue un
environnement fragile (nappe d’eau…). Sa mise en oeuvre est identique à
celle d’un géotextile.

Gravier :
lavé pour éliminer les fines, stable à l’eau, granulométrie
comprise entre 10 et 40 mm.

Regards :
équipés de tampons amovibles. Tous les tampons et dispositifs
de fermeture doivent être apparents, affleurer le niveau du sol et être
étanche.

Sable utilisé pour réaliser lit de pose et remblaiement : lavé pour éliminer
les fines.

Sable utilisé pour remplacer le sol en place (filtre à sable) :


lavé pour
éliminer les fines, siliceux et stable à l’eau. Sa granulométrie est donnée
par le fuseau granulométrique présenté au chapitre 4. Ce sable pourra être
utilisé pour réaliser lit de pose et remblaiement.

Terre végétale : exempte de tout élément caillouteux de gros diamètre.


On pourra utiliser la terre végétale décapée lors des travaux de
terrassement pour le dispositif d’assainissement.
Cette terre doit être étalée en prenant soin d’éviter la déstabilisation des
tuyaux et regards.

Tuyaux de raccordement et de bouclage : tuyaux non perforés


diamètre intérieur de section équivalente aux orifices des équipements
préfabriqués et des ouvertures des regards mis en place.
Tuyaux d’épandage et de collecte : tuyaux perforés
de façon régulière d’orifices ou de fentes
permettant le passage des eaux prétraitées dans le
système de traitement et rigides (PVC par exemple).
Diamètre intérieur de section équivalente aux orifices des équipements
préfabriqués et des ouvertures des regards mis en place. Il doit être au
minimal de 100 mm.
VENTILATION DES INSTALLATIONS DE PRETRAITEMENT

Rôle de la ventilation des installations de prétraitement


! Evacuer à l’extérieur de l’habitation et des ouvrages d’assainissement
les gaz produits par fermentation dans la fosse toutes eaux, pour
éviter les problèmes d’odeurs et de corrosion
! Maintenir l’eau dans les siphons des équipements
Un peu de technique
! Entrée d’air (ventilation primaire) : assurée par une prise d’air à l’amont
des ouvrages et à l’air libre au dessus des locaux habités
Pour les cas particuliers, notamment en cas de poste de relevage, une
prise d’air indépendante est nécessaire
La ventilation primaire réalisée dans les combles avec un clapet
aérateur est interdite
! Extraction des gaz : assurée par une canalisation de diamètre identique
à celui des canalisations de collecte (entrée) et toujours supérieur ou
égal à 100 mm.
La canalisation d’extraction est prolongée au-dessus du fait du toit et
des locaux habités, en évitant autant que possible les coudes à 90°
(remplacer par deux coudes successifs à 45°)
! Les canalisations de ventilation doivent toujours avoir une pente
suffisante pour permettre l’évacuation des eaux de condensation vers
le dispositif d’assainissement

La filière prioritaire
La filière prioritaire est un système d’infiltration (épandage) à faible profondeur. Les effluents,
c’est-à-dire les eaux usées prétraitées par la fosse toutes eaux, sont éliminés naturellement par le
sol qui joue le rôle d'épurateur.
Ce système couramment répandu est réalisable presque partout mais nécessite un minimum de
surface de terrain pour effectuer l’épandage après traitement.

. Les tranchées d'épandage sont espacées de 1,50 m. Elles mesurent 0,5 m de large sur 30 m
de long au maximum avec des tuyaux qui sont à enterrer sur 0,6 à 1 m de profondeur.

. La zone d'épandage doit se situer à plus de 35 m d'un point de captage d'eau potable, à plus de
5 m de la maison et à plus de 3 m de la limite de propriété et de toutes plantations.

. L’ensemble du système doit se situer dans une zone non carrossable (circulation et
stationnement) hors zone de culture et recouverte de terre végétale. Tout revêtement peu
perméable (argile, bitume, béton, dallage) est interdit pour ne pas contrarier le système
d’infiltration naturelle.

La filière prioritaire comporte 4 secteurs : un bac à graisse, une fosse toutes eaux, une ventilation
spécifique et un réseau de traitement.
Chaque installation d’assainissement doit être équipée de regards pour permettre de contrôler le
bon fonctionnement du système de traitement d’eau et effectuer de petites interventions au
besoin.

La filière compacte
Lorsque le terrain est de petite dimension et ne permet pas l’installation d’un réseau d’épandage
classique, sachez qu’il est possible de recourir à des filtres compacts ou à une micro-station. La
plupart de ces systèmes nécessitent alors une dérogation auprès des services concernés (préfet,
mairie, Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales DDASS, SPANC).

Les filières compactes apportent donc une solution spécifique lorsque la surface d’épandage est
insuffisante. En effet, les filtres compacts réduisent de deux tiers la surface d'épandage par rapport
à une filière classique.

La micro-station à boues activées se présente, selon les conceptions, sous la forme d'une cuve de 2
à 4 compartiments et d'un ensemble de 2 ou 3 petites fosses. L’eau qui y circule subit des
traitements successifs de décantation et d’aération. Le système combine le prétraitement et le
traitement des eaux usées, ainsi que leur évacuation.

Voici le schéma de principe d’un système d’assainissement autonome par filtres compacts :
Le rejet dans le circuit des eaux pluviales peut être autorisé par dérogation dans certaines
configurations, notamment lors de réhabilitations délicates (mise en conformité d’une ancienne
fosse septique, nature du sol…).

La filière écologique

Une filière écologique peut compléter une installation, voir même la remplacer. Le choix de la
filière dépendra alors de la nature du sol, de la surface disponible et de votre budget. À la place du
réseau d’épandage classique par drains, d’autres systèmes de traitement se mettent en place.

La premier système de traitement écologique est le filtre naturel coco. Ce filtre sert à la filtration de
l’eau déjà prétraitée.
La seconde solution est un système de filtration horizontale par des végétaux (type roseaux) qui
s’installe après une fosse toutes eaux, à la place du réseau classique d’épandage par drains.

Enfin, le système de filtration vertical par des végétaux (type roseaux) s’installe à la place de la
filière prioritaire ou compacte. La phyto-épuration assure alors à la fois le prétraitement ainsi que
le traitement des eaux usées qui y sont déversées directement.

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