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Série

L'EGLISE
et les ministères

L'église locale

Derek Prince
ISBN 2-911537-41-6
Originally published in English as a series of audio cassettes, under the
title "The Church – Vol. 1: Universal and Local ", The Local Church,
number 5002.
French translation published by permission of Derek Prince Ministries
International USA, P.O. Box 19501, Charlotte, North Carolina 28219-
9501, USA.
Copyright by Derek Prince. All rights reserved.
Copyright French translation April 2001 by DPM International. All
rights reserved.
Aucun extrait de cette publication ne peut être reproduit ou transmis
sous une forme quelconque, que ce soit par des moyens électroniques ou
mécaniques, y compris la photocopie, l'enregistrement ou tout stockage
ou report de données sans la permission écrite de l'éditeur.
Traduit par Ingrid Vigoda
Sauf autre indication, les citations bibliques de cette publication sont
tirées de la traduction Louis Segond "Nouvelle Edition".
Publié par Derek Prince Ministries France, année 2000.
Dépôt légal: 2e trimestre 2001.
Dépôt légal 2e impression 1er trimestre 2004.
Troisième impression 1er trimestre 2017.
Couverture faite par Damien Baslé, www.damienbasle.com
Imprimé en France
Pour tout renseignement:
DEREK PRINCE MINISTRIES FRANCE
9, Route d'Oupia, B.P.31, 34210 Olonzac FRANCE
tél. (33) 04 68 91 38 72 fax (33) 04 68 91 38 63
E-mail info@derekprince.fr * www.derekprince.fr
SECONDE PARTIE

L’ÉGLISE LOCALE

Dans la seconde partie de cet enseignement, j’aimerais


poursuivre ma réflexion sur l’Eglise dans son autre aspect qui est
l’église locale, ou l’église dans une localité donnée.
L’expression "église locale" est souvent employée par les
prédicateurs et écrivains. Je l’ai moi aussi utilisée de nombreuses fois
sans vraiment savoir ce dont je parlais. Je suis bien souvent embarrassé
en pensant combien de zèle j’ai mis à rester dans mon ignorance. J’étais
un membre convaincu de l’église locale, mais j’ignorais ce qu’elle était
vraiment. J’en ai cependant reçu une sorte de révélation claire et définie
qui ne m’est pas venue sous forme de vision, mais par plusieurs
déclarations simples de l’Ecriture. J’en ai soudain reçu une
compréhension plus profonde. Je connaissais pourtant bien ces passages
de la Bible que j’avais souvent cités et sur lesquels j’avais appuyé ma
prédication. Cependant, je ne les avais pas appliqués correctement.
J’aimerais que nous prenions Matthieu 18 comme texte
d’introduction au sujet de l’église locale. Dans la première partie de
cette brochure, j’ai dit que le mot "Eglise" était employé deux fois dans
les Evangiles. Chaque fois, c’est Jésus qui l’emploie. Dans Matthieu
16:18, Jésus dit: "Sur ce rocher, je bâtirai mon Eglise" et il parle sans
l’ombre d’un doute de l’Eglise universelle. Dans Matthieu 18, il emploie
également le mot "église"; d’après le contexte, il est clair qu’il s’agit ici
de l’église locale, celle vivant dans une localité donnée. Jésus affirme
dans ce passage que, dans certaines circonstances, le croyant a
l’obligation d’apporter sa plainte à "l’église". Il semble en effet logique
que vous ou moi ne pouvons apporter notre plainte ou notre problème à
l’Eglise universelle, qui se trouve répartie sur tous les continents. Bien
des membres de cette Eglise-là sont entrés dans l’éternité. D’ailleurs, le
premier rassemblement complet de l’Eglise universelle se produira lors
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de l’avènement du Seigneur Jésus-Christ, lorsqu’il descendra du ciel et
ressuscitera les morts, et que les vivants seront emportés dans les airs à
la rencontre du Seigneur. Ce sera en fait le premier rassemblement de la
totalité de l’Eglise universelle. Il se fera sous la direction de Jésus lui-
même, et de personne d’autre.
Dans cette attente, nous trouvons l’Eglise universelle en
fonction dans sa charge locale. C’est dans cette dernière qu’il nous est
donné d’agir le plus souvent. Voyons ce que Jésus dit dans Matthieu
18:15-20:

"Si ton frère a péché, va et reprends-le seul à seul. S’il t’écoute, tu as


gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou
deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la parole de deux
ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Eglise; et s’il
refuse aussi d’écouter l’Eglise, qu’il soit pour toi comme un païen et
un péager. En vérité je vous le dis, tout ce que vous lierez sur la terre
sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié
dans le ciel. En vérité je vous dis encore que si deux d’entre vous
s’accordent sur la terre pour demander quoi que ce soit, cela leur sera
donné par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois
sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux."

Nous lisons dans le verset 17: "... dis-le à l’Eglise." En d’autres


termes, en me mettant dans la position d’une personne qui a reçu une
injure par un frère, la première chose que je dois faire est d’aller le voir
seul à seul, afin de résoudre l’affaire avec lui. Si les choses s’arrangent
en privé, alors aucune autre mesure n’est nécessaire. S’il ne m’écoute
pas et ne me donne pas satisfaction, alors il me faut trouver un ou deux
témoins de tout ce qui est dit. Si le frère me donne alors satisfaction,
tout est réglé, l’affaire est close. Mais s’il ne m’écoute pas, ni mes
témoins, alors l’étape suivante est que j’expose l’affaire à l’Eglise.
Comme je l’ai déjà dit, il est impossible d’exposer mon litige à
l’Eglise universelle, aussi est-il évident que nous nous référons, dans ce
contexte, à l’église locale, qui peut être rassemblée pour écouter ma
plainte.

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Notez l’importance de l’autorité dont l’église locale est investie.
Cela me semble, à moi, effrayant. Car alors, lorsque l’église locale
s’assemble et parvient à une décision dans ce cas, elle dit: "Quiconque
n’écoutera pas la décision de l’église et ne la suivra pas ne sera plus
traité en chrétien; il sera traité comme un païen et un publicain, un
collecteur de taxe." En d’autres termes, cette personne aura perdu son
droit d’être considérée et traitée en chrétienne. Elle l’aura perdu en
refusant d’accepter la décision de se soumettre à la discipline de l’église
locale.
Pour moi, cela me semble terrifiant. Je ne connais en effet
aucune église locale qualifiée pour exercer l’autorité dans une telle
mesure. S’il m’arrivait de me trouver devant une telle situation, je ferais
tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter de résister à la décision de
l’église locale. Nous nous trouvons, voyez-vous, devant des faits très
importants et sérieux, qui ont des conséquences pratiques. Il est donc
nécessaire de réaliser de ce dont nous parlons.
En relation avec le passage que nous venons de lire, les versets
suivants nous donnent une image de l’église locale dans sa cellule
initiale; le verset 20 dit:

"Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au


milieu d’eux." Pour l’exprimer d’une manière littérale, je dirais que
"là où deux ou trois ont été conduits ensemble dans mon nom, là je
suis, au milieu d’eux".

Cette traduction est aussi légitime que la traduction Segond


précitée. On retrouve le verbe grec qui signifie "conduire". En utilisant
l’expression "ont été conduits ensemble", on se pose immédiatement
cette question pratique: "Qui les a conduits?" Par qui sommes-nous
conduits? La réponse est claire et elle se trouve dans Romains 8:14 où il
est écrit: "Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils
(ou enfants) de Dieu."

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RASSEMBLÉE PAR L’ESPRIT DANS LE NOM DE JÉSUS-


CHRIST

Pour vivre comme un enfant de Dieu, je dois être conduit dans


tout ce que je fais, par l’Esprit de Dieu. Là est la manière de vivre d’un
tel enfant. Ce que montre sa vie quotidienne, c’est qu’il est conduit par
l’Esprit de Dieu. Lorsqu’il est question d’enfants de Dieu conduits
ensemble, il est clair que celui qui les conduit est l’Esprit saint. En
relation avec tout ce qui concerne l’église locale, rappelons-nous que le
Saint-Esprit est la force directrice dans l’Eglise.
Jésus est le chef de l’Eglise, et il y exerce son autorité par le
biais de l’Esprit saint. Nous devons confesser que Jésus est Seigneur.
Dans 2 Corinthiens 3:17, il est dit: "Le Seigneur est l’Esprit, et là où se
trouve l’Esprit du Seigneur, là se trouve la liberté."
La Seigneurie de Jésus-Christ sur l’Eglise est efficace et réelle
que si nous permettons à l’Esprit saint d’être le Seigneur en son sein.
Jésus est Seigneur de l’Eglise, et sa Seigneurie devient efficace par la
direction de l’Esprit saint dans l’Eglise.
C’est l’Esprit saint qui rassemble les personnes pour former la
cellule de l’église locale. Dans le cas contraire, ces gens ne vivent pas en
chrétiens. Voilà la nécessité première: "Deux ou trois qui sont conduits
dans son nom." La préposition grecque suggère un point de gravitation
autour duquel les personnes se rassemblent. Ce point est "le nom de
Jésus". C’est fondamental! Le Saint-Esprit, dans sa volonté parfaite, ne
rassemble autour d’aucun autre fondement que le nom de Jésus-Christ.
L’Esprit ne rassemblera pas sur le fondement d’une doctrine, d’un
membre de l’église ou de toute autre chose. Il n’existe qu’un seul
fondement autorisé pour le rassemblement de la véritable église locale,
et ce fondement est le nom de Jésus-Christ. Lorsque nous sommes
conduits et rassemblés dans le nom de Jésus, cela signifie que nous nous
réunissons en fait autour de la personne invisible de Jésus-Christ. Il est

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le centre de chaque véritable église locale, et chacune se rassemble
autour de lui; non pas autour d’un responsable humain, d’un prédicateur,
d’une doctrine ou d’une expérience, mais bien autour de la personne de
Jésus-Christ. Lorsque l’on donne à l’Esprit saint la possibilité de
rassembler les personnes, c’est dans ce lieu qu’il les amènera.
Il existe, dans l’Ancien Testament, une illustration vivante de
cela, lorsque Dieu a amené son peuple dans le pays qu’il leur avait
promis en héritage. Bien avant que les Israélites n’y mettent les pieds,
Dieu leur avait enseigné qu’il n’accepterait pas leurs sacrifices et leur
adoration dans des lieux qu’ils se choisiraient, mais au lieu unique qu’il
fixerait lui-même, qu’il donnerait son nom à ce lieu et, dans ce lieu
seulement, qu’il accepterait leurs sacrifices et leur adoration.
C’est ce que déclare Deutéronome 12:15-18. Cette révélation a
été donnée au peuple d’Israël par Moïse avant qu’il entre en Terre
promise. Parlant des holocaustes et des sacrifices, il est dit:

"Néanmoins, quand tu en auras le désir, tu pourras tuer du bétail et manger


de la viande, selon la bénédiction que t’accordera l’Eternel, ton Dieu,
partout où tu résideras; celui qui sera impur et celui qui sera pur pourront en
manger, comme on mange de la gazelle et du cerf. Seulement, vous ne
consommerez pas le sang: tu le répandras sur la terre comme de l’eau..."

Les réserves émises sont les suivantes: "Tu ne pourras pas


manger là où tu résides (ou le lieu que tu choisiras) la dîme de ton blé,
de ton vin nouveau et de ton huile, ni les premiers-nés de ton gros et de
ton menu bétail, ni aucune de tes offrandes faites en raison d’un vœu, ni
tes offrandes volontaires, ni tes prélèvements."
Tout ce qui est offert en sacrifice et en adoration à Dieu doit être
amené dans un lieu unique qui est indiqué au verset 18: "Mais c’est
devant l’Eternel, ton Dieu, que tu les mangeras, dans le lieu que
l’Eternel, ton Dieu, choisira, toi, ton fils et ta fille, ton serviteur et ta
servante, et le Lévite qui résidera avec vous."
Il n’existe qu’un seul lieu, celui que Dieu choisit. Dans
Deutéronome 16:2, le Seigneur précise qu’à l’occasion des fêtes de la
Pâque, des semaines ou de la moisson (dite Pentecôte, le cinquantième
jour après la fête de la Pâque), et lors des autres fêtes, Israël doit se
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réunir pour adorer et offrir les sacrifices en un seul lieu: "Tu sacrifieras
la Pâque à l’Eternel, ton Dieu, du menu et du gros bétail dans le lieu que
l’Eternel choisira pour y faire demeurer son nom."
Vous vous souvenez, comme le mentionne le Nouveau
Testament, qu’il était évident pour tout juif mâle d’aller au temple à
Jérusalem chaque année pour la Pâque. Il n’y avait aucune exception.
Dans les versets 5 et 6, il est dit:

"Tu ne pourras pas sacrifier la Pâque dans l’un quelconque des endroits que
l’Eternel, ton Dieu, te donne pour résidence; mais c’est dans le lieu que
l’Eternel, ton Dieu, choisira, pour y faire demeurer son nom, que tu
sacrifieras la Pâque, le soir au coucher du soleil..."

Puis au verset 11, il est dit:

"Tu te réjouiras devant l’Eternel, ton Dieu, dans le lieu que l’Eternel, ton
Dieu, choisira pour y faire demeurer son nom, toi, ton fils et ta fille, ton
serviteur et ta servante, le Lévite qui résidera avec toi, ainsi que
l’immigrant, l’orphelin et la veuve qui seront au milieu de toi."
Le développement historique des desseins de Dieu dans
l’Ancien Testament montre clairement que le lieu que Dieu se choisit
est Jérusalem, et le bâtiment est le temple construit par Salomon. Dans
cet endroit, Dieu dit qu’il établira son nom. Ce lieu était le seul où
l’Israélite, ou toute personne faisant alliance avec Dieu sous l’Ancienne
Alliance, pouvait offrir son adoration et ses sacrifices.
Dans le Nouveau Testament, ce temple a été détruit. De nos
jours, cet endroit est couvert par une mosquée, et aucun croyant en
Jésus-Christ ne peut y offrir de sacrifice ou d’adoration. Ce fait est
intéressant. Les Juifs ont le souci de ce lieu parce qu’ils ne pourront
restaurer leur forme de culte sans l’avoir reconquis avant, puisqu’il
n’existe aucun autre lieu où ils puissent offrir leurs sacrifices.
Pour nous, qui croyons en Jésus-Christ, le temple de l’Ancien
Testament a été remplacé par le corps et le nom de Jésus-Christ. Dans
Jean 2:18-21, Jésus fait le parallèle entre le Temple qui se trouvait
devant ses yeux, et sa personne, son corps et son nom: "Les Juifs prirent

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la parole et lui dirent: Quel miracle nous montres-tu pour agir de la
sorte?"
En fait, ils disaient: "Si tu es le Messie, montre-nous un signe."
Les Juifs demandent toujours un signe, déclare la Bible.
"Jésus leur répondit: Détruisez ce temple, et en trois jours je le
relèverai. Les Juifs dirent: Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce
temple (le temple d’Hérode) et toi, en trois jours, tu le relèveras! Mais il
parlait du temple de son corps."
Nous avons ici une claire indication de la transition entre le
temple bâti la première fois par Salomon sur le lieu révélé, et celui qui
est le corps de Jésus-Christ. Le lieu autorisé maintenant pour se
rassembler est le nom de Jésus-Christ. Je crois que Dieu est aussi
spécifique et défini dans la Nouvelle Alliance qu’il l’était dans
l’Ancienne. Je ne crois pas que nous sommes autorisés à nous réunir
selon un autre fondement que celui d’être conduits par l’Esprit dans le
nom de Jésus. C’est la première cellule qui forme le groupe, la
communion sur laquelle se bâtit l’église locale. Je crois qu’il est
extrêmement important de comprendre cela.
Celui qui veut un corps en bonne santé doit avoir des cellules
saines. Si les groupes individuels les plus petits, et les relations dans ces
groupes, ne sont pas en ordre, nous ne pouvons pas avoir une église
locale en bonne santé, ni des relations justes dans le corps de Christ au
sens élargi, c’est-à-dire l’Eglise.
Voilà le problème majeur dans notre pays; nos relations
personnelles quotidiennes ne sont pas en ordre. Si le mari et la femme,
tous deux croyants et baptisés de l’Esprit, ne peuvent pas s’entendre,
quelle espérance reste-t-il pour trouver l’unité dans un rassemblement
plus large? Depuis de nombreuses années, nous nous efforçons de bâtir
de grandes congrégations et des institutions sans remarquer qu’elles ne
peuvent être en bonne santé si les relations individuelles et intimes ne le
sont pas. Un corps en bonne santé présuppose des cellules en bonne
santé.
Je crois que le besoin fondamental dans ce plus petit groupe
peut-être résumé en un seul mot, qui est "harmonie". Dieu me montre de
plus en plus que c’est ce terme qui doit caractériser sa volonté dans
notre vie, l’harmonie intérieure et personnelle. Suis-je en harmonie avec

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moi-même? Bien des personnes ne le sont pas, aussi le sont-elles encore
moins avec les autres. Suis-je en harmonie avec mon épouse, avec ma
famille, mes amis les plus proches, les personnes que je rencontre
journellement? Ou bien est-ce la discorde, la frustration? Dans le
domaine de la musique, il suffit d’une seule fausse note pour fausser
l’harmonie. Cela ne signifie pas pour autant que vous aboutirez au
divorce, mais la frustration va s’installer et les désagréments entraveront
l’harmonie.
Dans Matthieu 18:19, il est dit: "Je vous dis encore que si deux
d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander quoi que ce soit,
cela leur sera donné par mon Père qui est dans les cieux."
Est-ce tout, me direz-vous? Ça l’est comme ça ne l’est pas. J’ai
vu bien des personnes essayer d’appliquer ce verset dans leur vie. "Frère
Untel est à l’hôpital. Allons ensemble prier pour lui!" Et l’on prie une
prière parfaitement sincère et scripturaire qui n’a pas d’effet sur Frère
Untel. J’ai vu ce fait se renouveler tant de fois. En fait, votre foi s’en
trouve à la longue minée.
Un jour, Dieu m’a conduit à examiner la racine grecque du
verbe "s’accorder", et j’ai découvert qu’elle est la même que le nom
"symphonie". Elle signifie "être en harmonie", "être d’un même accord".
Non pas dans le domaine intellectuel, mais dans le domaine spirituel. Je
crois sincèrement que là où deux personnes s’assemblent d’un même
accord, en harmonie spirituelle, ce qu’elles demandent leur sera accordé.
Il n’est cependant pas facile d’être et de vivre en harmonie spirituelle.
C’est un art difficile à cultiver, que l’on découvre peu, à moins de
réaliser son importance. C’est pourquoi j’insiste sur ce sujet.
J’essaie de le rendre réel aux personnes auxquelles je m’adresse.
A quoi bon dire que l’Evangile apporte l’amour, la paix et la joie si ces
derniers ne se trouvent pas au foyer entre mari et femme? Bien sûr, si
l’un des époux n’est pas croyant, c’est un autre problème. Mais lorsque
les deux conjoints déclarent être chrétiens, croire en l’Evangile, être
baptisés de l’Esprit saint et engagés envers Dieu, si la prière conjointe
n’est pas efficace, cela ne fonctionne pas. Il vaudrait même mieux
arrêter toute prédication si elle produit la discorde et la frustration dans
le foyer. Quel avantage à exporter la discorde hors du foyer? Le monde
a assez de problèmes comme cela. Les gens n’en veulent pas d’autres en
supplément.

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Il est une chose que le monde recherche, c’est l’harmonie. Je me
souviens parfaitement des époques diverses où l’harmonie ne régnait
pas parfaitement dans mon foyer. Je vous assure que les gens réagissent
lorsqu’ils trouvent l’harmonie. Les personnes me contactent souvent à
cause de problèmes avec leurs enfants. Ma réponse est très connue et
elle ne varie pas: "S’il y a problème avec l’enfant, il y a problème avec
les parents!" Il est fondamentalement question de manque d’harmonie.
Je suis convaincu qu’un enfant, même s’il n’est pas en âge de parler,
ressent l’harmonie ou le manque d’harmonie au foyer. Il réagit à ce qu’il
ressent. Si même un caniche ressent le désaccord entre ses maîtres,
combien plus un être humain! Le vrai produit exportable de l’Evangile,
c’est l’harmonie, et elle commence "là où deux ou trois sont conduits
ensemble dans le nom de Jésus". Voilà la cellule. Puis les cellules
harmonieuses s’assemblent en communion dans une maison, et elles
bâtissent un corps harmonieux. Je suis convaincu qu’il n’est d’autre
solution permanente aux problèmes de l’église que le fait de parvenir à
résoudre les problèmes dans nos foyers. Je suis convaincu que cela est
scripturaire.

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LA PREMIÈRE CELLULE DE L’ÉGLISE EST LE FOYER

Nous n’avons pas assez apprécié la stratégie de Jésus qui


consistait à implanter l’Evangile dans les foyers, et cela durant son
ministère sur terre. Je ne développerai pas le sujet, mais vous
remarquerez que Jésus allait normalement à la synagogue, qui était le
lieu de réunion institutionnel reconnu. Cet endroit correspond pour nous
à l’église. Il apportait son message aux personnes à la synagogue autant
qu’elles pouvaient l’accepter. Parfois, ces personnes réagissaient en
jetant Jésus dehors, parfois elles l’écoutaient jusqu’au bout. De la
synagogue, il allait ensuite dans les maisons. Par exemple, à
Capernaüm, il allait dans la maison de la belle-mère de Pierre. C’est là
qu’il poursuivait la prédication avec ceux qui voulaient continuer.
Lorsqu’il a envoyé ses douze premiers disciples, il leur dit, dans
Matthieu 10:11: "Dans quelque ville ou village que vous entriez,
informez-vous s’il s’y trouve quelqu’un qui soit digne de vous recevoir,
et demeurez chez lui jusqu’à ce que vous partiez."
L’Evangile était implanté non pas dans les synagogues, mais
dans les foyers de chaque ville dignes de le recevoir. Il n’est rien de plus
important dans le domaine pratique que de reconnaître le fait qu’un petit
groupe, le foyer, le lieu où les relations mari, femme et enfants se
construisent, est la cellule réelle à partir de laquelle l’église locale se
bâtit.
Nous allons avancer et aller au-delà de cette première cellule
vers le corps – je parle à présent de l’église locale et non de l’Eglise
universelle. Je vais vous proposer maintenant ma définition complète
d’une telle église. Si vous êtes en accord avec cela, vous en acceptez les
conséquences qui peuvent vous bouleverser. Je désire vous prévenir
qu’elle n’est pas compatible avec l’ensemble des pratiques chrétiennes
que nous connaissons en général aujourd’hui.
L’église locale est la partie de l’Eglise universelle qui réside
dans une localité donnée. Aucune autre qualification n’est nécessaire.
Vous n’avez pas à vous joindre à l’église locale. Ce n’est pas votre
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décision; si vous faites partie de l’Eglise universelle, sans autre
qualification, vous êtes aussi dans l’église locale où vous résidez. Vous
n’avez pas le choix. Votre seul choix est celui consistant à avoir une
relation personnelle avec Jésus-Christ. Si vous la possédez, alors vous
êtes membre de l’Eglise universelle. Si vous êtes membre de l’Eglise
universelle, vous êtes automatiquement membre de l’église locale, dans
la localité où vous habitez. Ni plus ni moins.
Voyons à présent les emplois du mot "ekklêsia" dans le
Nouveau Testament. Il est utilisé au singulier et au pluriel pour des
raisons différentes que nous allons maintenant préciser:

• Au singulier, l’église dans une ville 35 fois


• Au singulier, l’église dans une maison 4 fois
• Au pluriel, les églises dans une province 36 fois
• L’Eglise universelle 20 fois
• L’église locale, non définie 16 fois
• Au pluriel, les églises dans une ville 0 fois
• Au singulier, l’église dans une province 0 fois
• Dans l’Ancien Testament, l’église dans le désert 1 fois
• L’assemblée (de la ville d’Ephèse) 3 fois
• Au total 115 fois

Ce qui est significatif est l’emploi du singulier et du pluriel. A


aucun moment, le Nouveau Testament ne parle d’églises dans une ville
en employant le pluriel. Dans une localité donnée, il n’existe que
l’église au singulier, une seule église. Le Nouveau Testament ne parle
pas non plus d’église, en employant le singulier, dans une province
donnée. Cela démontre qu’une église ne peut jamais grandir en une
vaste organisation qui inclut les personnes vivant dans plusieurs endroits
différents.

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Pour résumer, il existe deux lieux qui définissent l’église locale.
Le premier est la ville, le second est la maison. Ainsi, quelle que soit la
dimension de la ville, ou du village, il n’existe qu’une seule église locale
dans ce lieu. Il ne peut y avoir deux églises en compétition dans une
même localité. Cette conclusion est très importante. Il est antibiblique
de parler de deux églises qui se chevaucheraient ou occuperaient le
même lieu. Cela est totalement exclu du Nouveau Testament.
Si l’on considère une grande ville occidentale, nous trouvons
par exemple actuellement deux églises évangéliques, deux églises
réformées, trois églises baptistes, dix églises catholiques... En regardant
des cieux, Dieu voit une seule Eglise, c’est-à-dire celle résidant dans
cette ville. Non pas les églises évangélique, baptiste, catholique et
réformée, mais l’église formée par tous ceux qui ont, dans cette ville,
une relation personnelle avec son Fils Jésus-Christ. Chaque personne
résidant dans cette ville, et ayant une relation personnelle avec le
Seigneur, est automatiquement, et sans autre forme, membre de l’église
de cette ville. Vous n’avez pas à choisir, ce n’est pas votre décision. La
seule qu’il vous faut prendre est d’avoir, ou non, une relation
personnelle avec Jésus-Christ.
Observons à présent ce tableau, en ajoutant certains détails.
Dans Colossiens 2:18-19, il est dit: "Que personne, sous prétexte
d’humilité et d’un culte des anges, ne vous conteste à son gré le prix de
la course..."
Que personne ne vous dévie de votre course par quelque
révélation, comme une forme d’humilité particulière qui consisterait à
négliger le soin de votre corps, en ne vous lavant plus ou en vous
habillant de manière falote, ou négligée. Cette humilité-là est une
expression de la volonté, et non de l’Esprit. De même que l’adoration
des anges, de tout être spirituel ou de toute révélation que quiconque
prétendrait recevoir.
Paul poursuit, dans Colossiens 2:18: "... un tel homme
s’abandonne à des visions..."
Certains textes traduisent au sens littéral: "... un tel homme vous
introduit dans les choses qu’il voit." Des personnes ont des visions par
lesquelles elles vous disent ce que vous devez ou ne devez pas faire. Ne
soyez pas dupé par de telles personnes qui apportent de la nouveauté,
mais inopportune, et vous détournent de la foi chrétienne centrée sur
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Jésus-Christ. L’Ecriture dit d’elle: "... il est enflé d’un vain orgueil par
ses pensées charnelles."
Une telle personne est charnelle. Même si elle déclare être
hyperspirituelle, elle est en fait charnelle. Elle n’a de succès auprès de
vous que si vous n’êtes pas attaché au chef, Jésus-Christ. Si vous perdez
votre relation personnelle avec lui, alors vous serez trompé et égaré.
Pour ne pas vous laisser piéger, la seule parade est de maintenir une
relation directe, vitale et personnelle avec Jésus-Christ. Aussi longtemps
que vous agissez ainsi, personne ne pourra vous tromper. Evoquant
Jésus comme chef, Paul ajoute: "... au lieu de s’attacher au chef par qui
tout le corps soutenu et rendu cohérent par les jointures et les
articulations, grandit d’une croissance qui vient de Dieu."

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LA CROISSANCE DANS L’HARMONIE

Il est important de noter que la croissance du corps vient du


corps. C’est ce qui est établi dans Ephésiens 4. Ce n’est pas la présence
d’un prédicateur talentueux qui fait grandir le corps, c’est le corps qui
grandit par lui-même. Lorsque tous les membres fonctionnent bien, le
corps grandit naturellement. La plupart des gens regardent à un
prédicateur, à quelqu’un ayant une méthode nouvelle ou à une nouvelle
révélation, qui fait grandir le corps. Le corps s’accroît de lui-même,
lorsqu’il fonctionne justement.
Notez, ensuite, que le corps reçoit la nourriture nécessaire par la
relation juste avec la tête, et qu’il se tient ensemble, en unité, en
puissance, en cohérence, grâce aux articulations. Les termes "jointures"
et "articulations" sont employés selon l’anatomie ancienne et l’état des
connaissances au temps de l’Eglise primitive. Je voudrais vous suggérer
deux réalités correspondantes dans le domaine spirituel qui est l’église.
Les jointures sont les relations personnelles, d’abord avec Christ et
ensuite avec les frères et sœurs. Les articulations sont les attitudes
universelles que nous avons envers tous les croyants, même si nous ne
sommes pas en relation directe avec chacun d’eux.
En considérant notre propre corps, nous voyons à quel point les
jointures sont vitales. Par exemple, pour le bras, nous avons trois os
principaux. De l’épaule au coude, un os très solide. Du coude au
poignet, deux autres os. Ces trois os peuvent être en bonne santé sans
que, pour autant, mon bras fonctionne. Si la jointure, le coude, est hors
d’usage, mes os ne sont d’aucune utilité. Mon bras est inerte. Il en est de
même dans l’église. Chaque membre peut se sentir en bonne forme et
condition, mais le corps ne fonctionne pas parce que les relations entre
ces membres sont mauvaises. C’est ce qui arrive à l’église. Bien des
membres qui pourraient fonctionner sont paralysés parce que la jointure
qui les relie est hors d’usage. Les membres sont dans une mauvaise
relation dans le corps, et tout le corps est paralysé.

16
L’ordre des relations est d’abord de s’attacher à la tête, ou au
chef. Il faut être attaché à la tête directement, puis aux membres
correctement, et particulièrement à mes frères croyants qui me sont les
plus proches. Il est tellement plus facile d’aimer ceux qui sont au loin.
Lorsque vous venez à les connaître de plus près, il est moins aisé de les
aimer.
Pour vous donner un exemple, il y avait dans notre
congrégation, à Londres, une dame qui priait comme un ange pour les
pauvres Africains. Un jour, un frère, Menzie Oban de Jamaïque, s’est
joint à notre réunion de prière et s’est agenouillé près de cette dame.
Cela ne lui a pas du tout plu. Elle aimait les Africains à distance, mais
pas tout près d’elle. Bien des chrétiens ont le même problème. Voyez-
vous, c’est avec la personne à côté de moi que je dois avoir une relation
juste. C’est la jointure.
Voyons maintenant l’articulation ou le lien, car le mot est le
même en grec pour ces deux termes. Lisons Colossiens 3:14: "Mais,
par-dessus tout, revêtez-vous de l’amour qui est le lien de la perfection."
Le lien qui tend dans l’unité le corps complet et parvenu à
maturité est l’amour. Le corps qui est décrit dans Ephésiens 4 est à
mettre en parallèle avec Colossiens 2 et 3. Ephésiens 4:3 dit: "... en vous
efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix."
Les deux grands liens, les attitudes générales, qui gardent le
corps uni et en bonne fonction sont donc les attitudes d’amour et de
paix. Pour résumer, l’unité et la bonne marche du corps dépendent
fondamentalement de deux choses. D’abord de notre relation
personnelle avec Christ et avec l’un l’autre, ensuite de notre attitude
générale de paix et d’amour.
Combien de protestants éprouvent vraiment la paix et l’amour
envers les catholiques romains? Sans doute un plus grand nombre que
dans le passé, il est vrai. J’ai le souvenir de réunions dans les jardins
publics de Londres où, par leurs propos, les catholiques critiquaient les
protestants, et vice versa. Ils n’avaient pas le temps de s’occuper de qui
que ce soit ou de quoi que ce soit d’autre, car il manquait à leur attitude
la paix et l’amour.
Si vous êtes parvenu jusqu’à ce point avec moi, nous pouvons
ensemble avancer un peu plus encore. Ce que je désire maintenant

17
ajouter est que les jointures et articulations sont invisibles. On ne peut
les voir à l’œil nu. Je crois que de nombreux chrétiens ont ce problème.
L’Ancien Testament nous rapporte une erreur qu’Israël commettait
constamment. Le peuple remplaçait le Dieu invisible par une image
quelconque visible. Or Dieu interdisait formellement cela, et chaque fois
qu’Israël agissait ainsi, il s’ensuivait des problèmes et des désastres.
Il y a quelque chose dans la nature charnelle qui veut rendre les
choses visibles. L’homme veut avoir une représentation vers laquelle il
puisse pointer le doigt et dire: "C’est mon Dieu. Voilà comment je le
conçois, voilà son label."
Je ne crois pas que tout s’achève avec l’Ancien Testament. Je
pense que le problème est similaire dans le Nouveau. Dieu a formé, par
Jésus-Christ et le Saint-Esprit, un corps qui est tenu ensemble par des
liens et des articulations invisibles. Au fil des siècles, les chrétiens n’ont
pas été capables de s’arrêter à ce qui est invisible pour le reconnaître. Ils
ont toujours cherché à remplacer la relation invisible et la structure
spirituelle invisible par toutes sortes de structures et d’organisations
visibles portant un label humain. C’est ce que nous montre l’histoire de
l’Eglise. Il n’est nul besoin de la dénigrer. Cependant, sans accuser un
groupe particulier, mais à titre d’exemple, je vais citer l’Armée du Salut.
Pour être membre de l’Armée du Salut, il faut être enregistré dans cette
organisation en donnant votre signature et en vous pliant à certains
vœux. Vous avez alors une certaine position, désignée selon l’ordre
militaire, et vous portez un uniforme, signe extérieur et visible de votre
engagement. Vous pensez peut-être que cela fait de cette organisation un
corps uni, mais il n’en est rien. Comme dans toute autre organisation
humaine, il existe des luttes internes, des jalousies, des ressentiments,
des refus de se soumettre à l’autorité et au ministère d’autrui. J’ai eu
l’occasion d’apporter mon ministère de conseil et de délivrance au sein
des membres de cette organisation et je peux donc affirmer ce que
j’avance. Ce que j’ai découvert à plusieurs reprises est que le problème
majeur était la haine envers le colonel, brigadier ou capitaine Untel!
Toute cette structure extérieure, qui consiste à faire ses vœux,
mettre un uniforme, battre le tambour dans un lieu à une heure précise,
n’a donc pas produit l’unité intérieure et l’amour dans des relations
justes entre les membres de l’Armée du Salut.
Bien plus encore, des personnes sont si impliquées dans des
structures extérieures, qu’elles ne peuvent plus reconnaître que la
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structure intérieure n’existe plus. C’est ce qui arrive le plus souvent dans
les relations entre membres d’une même congrégation. Prenons les
baptistes pour changer d’exemple (l’auteur fait référence aux baptistes
américains, n.d.l.r.). Ce sont de bons chrétiens; ils croient en une belle
doctrine juste, donnent la dîme, s’assemblent dans un même lieu... et se
détestent cordialement! Vous vous demandez comment une telle chose
est possible. Et je dis bien: ils se détestent, se haïssent les uns les autres.
J’emploie sans ambages le mot "haine". Ils ne se rendent même pas
compte du mal parmi eux, et cela parce qu’ils sont trompés par leur
idole, la structure visible qui a remplacé la structure invisible, qui les a
éloignés de l’amour fraternel.
Comment un peuple sous l’Ancienne Alliance, ayant connu la
puissance divine, a pu se sculpter une branche d’arbre et la mettre dans
un coin de la maison en disant: "Voici mon dieu"? C’est ce que ce
peuple a fait. J’ai lu un article au sujet d’un Vietnamien durant la guerre.
Son village a été envahi par les G. I. américains qui l’ont vu s’enfuir de
chez lui en emportant un morceau de bois. Il a abandonné ses meubles,
ses vêtements, même les membres de sa famille, mais il a protégé une
chose: un morceau de bois. Un G. I. lui a demandé ce que c’était, et il
lui a répondu: "C’est mon dieu. Je dois le préserver." N’est-il pas
tragique de constater que l’homme a un dieu à préserver? Des millions
de personnes dans le monde agissent ainsi. Certaines personnes sont
même des petits défenseurs de Dieu à l’intérieur de l’Eglise chrétienne.
Mais s’il est une chose dont Dieu n’a pas besoin, c’est bien d’être
défendu! L’Eglise n’a pas besoin d’être défendue, elle a besoin de se
lever pour agir.
Comment les chrétiens ont-ils pu être trompés à ce point? C’est
parce qu’ils n’ont pas réalisé que l’unité des membres du corps est avant
tout invisible. Il est nécessaire de se demander: "Suis-je en accord avec
le Seigneur Jésus-Christ? Suis-je en accord avec les frères et sœurs?
Suis-je en accord avec mon épouse, mes enfants, mes parents?" Car
c’est là que tout commence.
J’insiste sur ce point, car j’exerce mon ministère de conseil et de
délivrance auprès de gens dont le problème majeur et démoniaque est
principalement le ressentiment, et souvent la haine envers leur épouse,
leur mari ou leurs parents. Ce n’est pas un problème rare, mais c’est la
première chose que je cherche. Je prends le cas d’une sœur qui avait
beaucoup de difficultés. La racine du problème était sa haine envers sa
19
mère. Au début, cela est incroyable et choquant; mais j’ai pris l’habitude
de constater ce fait objectivement. Le plus étrange, c’est que ces
situations existent parmi des croyants qui pensent être de bons chrétiens.
Ils se sont égarés parce qu’ils ont remplacé l’invisible par le visible. Ils
s’accrochent à ce qu’ils peuvent voir et ne réalisent pas qu’ils n’ont pas
l’invisible. Ils sont comme ce pauvre Vietnamien qui portait son dieu
sculpté sous son bras et ne voyait même pas qu’il abandonnait des
personnes de très grande valeur derrière lui.

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4

LA COMMUNION FRATERNELLE

Pour achever cette étude sur l’église locale, j’aimerais vous


poser la question suivante: "Quel est le but, l’objectif suprême, et la
raison de l’église locale?" Je répondrais que l’église locale a pour
fonction d’entretenir la communion fraternelle. Je pense que beaucoup
n’ont pas conscience de cela. Pourtant le Nouveau Testament en fait une
nécessité fondamentale. C’est en fait le plus important et l’unique
dessein de l’église locale. Prêcher l’Evangile, implanter des églises, des
hôpitaux et envoyer des missionnaires sont des tâches secondaires qui
résultent de la communion fraternelle au sein de l’église. Si nous ne
l’avons pas, nous n’aurons jamais les résultats tels que Dieu les désire.
C’est ce qu’exprime le Nouveau Testament. Nous lisons, dans 1
Corinthiens 1:9: "Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion
de son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur."
Nous avons vu que l’église était un groupe de personnes
appelées hors du monde. C’est l’aspect négatif du terme; l’aspect positif
est qu’elles sont appelées à se rassembler. Ce qui les rassemble est le
nom de Jésus. Une fois rassemblées dans le nom de Jésus, elles sont
appelées à partager ensemble Jésus-Christ. C’est ce que dit Paul: "Vous
êtes appelés à la communion du Fils de Dieu, notre Seigneur Jésus-
Christ." C’est le but ultime.
Le mot grec pour "communion" est un terme pris au langage
séculier auquel une application particulière a été donnée. Il signifie
"avoir des choses" ou "partager des choses en commun". Je peux dire
que nous "partageons ensemble Jésus-Christ". C’est le principal objectif
de l’église locale. Le reste est secondaire. Nous pouvons voir une
déclaration semblable dans 1 Jean 1:1-3 où il est dit:
"Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous
avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont
touché, concernant la parole de la vie – et la vie a été manifestée, nous
l’avons vue, nous en rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie
éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée –, ce que
nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que

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vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est
avec le Père et avec son Fils, Jésus-Christ."

Ce passage nous explique la raison pour laquelle nous avons


reçu le récit du Nouveau Testament sur Jésus. Jean, l’un des auteurs des
Evangiles, témoin proche des événements, dit: "Nous vous disons ce que
nous avons vu et entendu; non pas à distance, non pas en théorie, mais
nous l’avons touché. Nous l’avons vu à l’œuvre, lui, le Seigneur Jésus-
Christ, la parole de vie. Il a été manifesté, fait chair. Il a habité parmi
nous. Nous l’avons vu. Nous avons vu la parole en action. Nous l’avons
vue, entendue, touchée, observée et nous vous la rapportons. Nous vous
la déclarons." Le récit du Nouveau Testament nous a été donné afin que
"nous soyons en communion avec les apôtres". Et cette communion "est
avec le Père et avec son Fils, Jésus-Christ".
Le but de l’Evangile, des écrits du Nouveau Testament, est
d’amener ceux qui entendent et qui croient dans la communion avec le
Père et le Fils, et avec tous ceux qui participent ensemble à la
communion. C’est le but de Dieu dans l’Evangile. Voyons maintenant
ce qui est dit dans 2 Jean 12: "Quoique j’aie beaucoup à vous écrire, je
n’ai pas voulu le faire avec le papier et l’encre; mais j’espère aller chez
vous, et vous parler de vive voix, afin que notre joie soit complète."
Et dans 1 Jean 1:4 nous lisons: "Ceci, nous l’écrivons, afin que
notre joie soit complète."
Qu’est-ce qui nous mène à la joie complète? C’est la
communion fraternelle, le fait de rencontrer les frères et sœurs, de
rencontrer Dieu et Jésus-Christ, et de rencontrer le peuple de Dieu. C’est
le but pour lequel Dieu nous a appelés hors du monde, et dans l’église.
Pour partager la communion fraternelle.
Je termine en évoquant un principe qui se trouve dans Jean 3:6:
"Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit."
Il existe deux sortes de naissance dans la vie chrétienne. La
naissance dans la chair, qui produit la chair, et la naissance dans
l’Esprit, qui produit ce qui est spirituel. Je vous confie ceci: la naissance
spirituelle ne se trouve que dans le lieu de la communion fraternelle.
C’est pour cela que cette dernière est importante. Jusqu’à ce que nous
soyons parvenus dans la communion spirituelle autour de Jésus-Christ

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dans l’Esprit, tout ce que nous faisons provient de la chair, et la chair
engendre la chair. Le lieu de la naissance spirituelle est la communion
fraternelle. De cette communion naissent les desseins spirituels de Dieu.
Puis viennent le témoignage, la prédication, les missionnaires, les
écoles, les dispensaires et les hôpitaux, et toutes ces choses. Mais elles
sont toutes secondaires. Elles sont le produit de la communion
fraternelle. Elles sont nées par l’Esprit dans la communion fraternelle.
Lorsque nous n’avons pas la communion fraternelle, tout ce que
nous avons, ce sont des programmes et des activités qui sont dans la
chair, engendrés par la chair. Car ce qui est né de la chair ne peut qu’être
chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Actes 2:1 rapporte ceci:
"Lorsque le jour de la Pentecôte arriva, ils étaient tous ensemble dans le
même lieu."
L’église a pris forme ce jour-là. On conteste facilement ce fait,
mais l’église s’est effectivement mise en mouvement le jour de la
Pentecôte. Actes 13:1-3 dit: "Il y avait, dans l’église qui était à
Antioche, des prophètes et des docteurs: Barnabas, Siméon appelé
Niger, Lucius de Cyrène, Manaën qui avait été élevé avec Hérode le
tétrarque, et Saul."
Ces cinq prophètes et enseignants de l’église d’Antioche, en
communion fraternelle, en célébrant le culte du Seigneur et en jeûnant,
ont reçu l’ordre par l’Esprit saint de mettre à part Barnabas et Saul pour
l’œuvre à laquelle ils étaient appelés. C’est ainsi que ces derniers sont
partis pour le premier voyage missionnaire décrit dans l’Ecriture. Ce
premier voyage est né dans la communion des frères rassemblés autour
du Seigneur à Antioche. C’est vrai, et j’en suis convaincu.
La naissance spirituelle vient de la communion fraternelle. Sans
communion fraternelle, il n’y a pas de naissance spirituelle. Vous
pouvez être actif et affairé en témoignant, en prêchant, en œuvre
missionnaire, tout ce que vous voulez. Mais il n’y a pas l’esprit sans
avoir premièrement la communion fraternelle. Cette dernière est le lieu
de la naissance spirituelle. C’est en nous réunissant dans la communion
fraternelle, dans le nom de Jésus-Christ, autour de sa personne, que les
vrais desseins de Dieu sont engendrés par le Saint-Esprit.

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TABLE DES MATIERES

Seconde partie
L’Eglise locale page 3
1. Rassemblée par l’Esprit dans le nom de
Jésus-Christ page 6
2. La première cellule de l’Eglise est le foyer page 12
3. La croissance dans l’harmonie page 16
4. La communion fraternelle page 21

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