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Guide des

communications
par satellites
’ .(

par Edward Plornan


I

Unesco
1972 Année internationale
du livre

Achevé d'imprimer dans les Ateliers de


l'ûrganisation des Nations Unies pour
1 'éducation,la science et la culture,
-
phce de Fonten0.v. 75 Poris 7e

COM/72.XVII/66.F
8 Unesco 1972
AVANT-PROPOS

C e petit livre a pour principal objet de fournir aux à un moment oùla technologiedes communications
personnes responsables de questions de planifica- et de l'information entrait dans une phase de pro-
tion et de communications des renseignements fon- fonde transformation. L'utilisation de possibilités
damentaux sur les caractéristiques, les formes techniques nouvelles telles que les vidéo-cassettes,
d'utilisation et les effets des communications par la distribution par câbles des sons et des images
satellites, cela afin de les aider à évaluer quelle et les ordinateurs, ainsi que l'exploitation des sa-
contribution ces dernières peuvent apporter au déve- tellites de communications doivent être associées
loppement. Sa publication fait partie du programme à des moyens plus traditionnels dans une politique
de l'Unesco visant à encourager l'emploi des com- et up plan de communications formant un ensemble
munications spatiales pour la libre circulation de cohérent.
l'information, l'extension de l'éducation et le déve- Les profondes incidences de l'utilisation des
loppement des'échanges culturels. Le programme satellites pour le service de radiodiffusion de ca-
en question est exécuté en étroite collaboration ractère public et éducatif sont également soulignées
avec les Nations Unies et l'Union internationale des dans le livre. L e satellite n'est par lui-même qu'un
télécommunications et ce livre répond au désir élément d'un système qui comprend, d'une part,
exprimé par le Comité des utilisations pacifiques des stations terriennes, des appareils récepteurs,
de l'espace extra-atmosphérique,auxNations Unies, des installations d'énergie et de maintenance et
qu'une telle étude, rédigée en termes non techniques, l'interconnexion avec les réseaux terrestres, et,
soit publiée au nombre des documents qui fontle d'autre part, l'ensemble complexe des activités qui
point des avantages potentiels des applications pra- concernent la préparation, la production et l'utili-
tiques de l'espace. sation des programmes'et leur rétroaction et qui
L e remarquable développement de la technolo- posent des problèmes d'organisation, de gestion
gie spatiale au cours des dix dernières années a at- et juridiques. Les coûts mentionnés ne peuvent donc
tiré l'attention sur les possibilités d'utilisation des avoir qu'une valeur indicative et il ne faut pas
satellites pour étendre rapidement les services de perdre de vue que, dans un système opérationnel,
télévision aux communautés qui ne peuvent être at- les dépenses de "software" seront très supérieures
teintes par les émetteurs traditionnels existants. aux dépenses d'équipement.
Techniquement, cela est certes réalisable, mais L e programme de l'Unesco prévoit une assis-
les aspects économiques, les rapports coûts-rende- tance aux Etats membres pour l'étude de l'utilisa-
ments, les structures organiques et les dispositions tion des communications spatiales au profit de l'in-
juridiques nécessaires sont encore à l'étude. formation, de l'éducation, de la science, de la cul-
S'il est vrai quela présente étude confirme les ture et du développement, et plusieurs enquêtes
espoirs selon lesquels les communications spatiales préliminaires ont déjà été entreprises àla demande
sont très capables de stimuler la libre circulation de pays isolés ou groupés régionalement. Une par-
des nouvelles et de l'information, de contribuer à tie de l'expérience tirée de ces études a été incor-
la rénovation et à l'extension de l'éducation et de porée dans ce livre qui, nous l'espérons, aidera à
favoriser les échanges culturels, elle insiste égale- procéder à une juste évaluation des possibilités des
ment sur le fait que la technique seule ne fournit satellites.
pas la solution facile des problèmes mondiaux des Nous tenons à exprimer nos remerciements à
communications, de l'éducation et du développement. l'Union internationale des télécommunications de
Les satellites de communications doivent être l'aide qu'elle nous a apportée à l'occasion de la
considérés dans une large perspective, c o m m e fai- présente publication ainsi que dans d'autres aspects
sant partie d'une structure complexe de réseaux de du programme de l'Unesco relatif aux communica-
telécommunications interconnectés. Ils sont apparus tions spatiales. L'auteur de ce livre est M.Edward

3
Ploman, ancien directeur des relations internatio- et qui a dirigé plusieurs missions d'experts de
nales à la Radiodiffusion-Télévision suédoise, ac- l'Unesco dans le domaine des communications spa-
tuellement directeur de l'Institut international de tiales. Les opinions exprimées sont celles de
radiodiffusion (International Broadcast Institute) 1' auteur.

4
TABLE D E S M A T I E R E S

1. L E S SATELLITES DE C O M M U N I C A T I O N S ............. 7

1. Généralités ....................... 7
2. Réalisation de systèmes de communications par satellites . . . . 8
A . Bref aperçu historique . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
B. Différents types de systèmes . . . . . . . . . . . . . . 9
C. Satellites de communications de point à point . . . . . . . 10
D. Satellites de distribution . . . . . . . . . . . . . . . . 1 1
E. Satellites de radiodiffusion . . . . . . . . . . . . . . . 1 1
3. Caractéristiques des systèmes de communications
par satellites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
A. Souplesse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
B. Capacité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
C. Couverture géographique et coût . . . . . . . . . . . . 13
D. Inconvénients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

II. APPLICATIONS D E S SATELLITES DE C O M M U N I C A T I O N S ...... 15

1 . Systèmes de communications par satellites. existants


et en projet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2. Formes d'utilisation et but des systèmes ........... 16
3. Catégories de services et d'usagers . ............. 18
4. Remarques sur les coûts .................. 20
5. Différentes solutions .................... 22

III. ........
E F F E T S D E S C O M M U N I C A T I O N S PAR SATELLITES 23

1. Généralités ........................ 23
2 . Effets dans le domaine de l'information. de l'éducation
et de la culture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3 . Incidences juridiques et droit international applicable . . . . . . 27
4. Cadre institutionnel. organisation et planification ....... 29

IV. R E M A R Q U E S EN GUISE DE CONCLUSION ............ 31

ANNEXE 1 .Bibliographie ...... ....... ...... . 33

5
1. LES SATELLITES DE COMMUNICATIONS

1. GENERALITES n'aient pas un caractère purement local, il faut


qu'une chame de stations émettrices soit consti-
L e premier service de télécommunications offert tuée au moyen de câbles coaxiaux ou de liaisons
au public a été le télégraphe, auquel sont venus par faisceaux hertziens en visibilité directe. Outre
s'ajouter le téléphone, les radiocommunications, la qu'elle est onéreuse, cette solution est d'applica-
radiodiffusion sonore et visuelle et maintenant tion limitée. Les relais hertziens ne peuvent être
l'accès à distance à des systèmes électroniques utilisés pour la traversée des océans et les câbles
d'informations et de données. L e premier moyen sous-marins de capacité suffisante sont d'un coQt
de transmission a été le câble télégraphique ter- extrêmement élevé.
restre, puis on a vu apparaître les câbles télépho- Les services de télécommunications se sont
niques terrestres et sous-marins, les radiocom- développés initialement sur la base des caracté-
munications sur ondes courtes, les liaisons par ristiques des moyens de transmission, ce qui a
faisceaux hertziens et les câbles coaxiaux terres- conduit à l'exercice de la souveraineté nationale
tres et sous-marins. Si chaque nouveau mode de pour l'exploitationintérieure, à des arrangements
transmission représentaitune amélioration du point bilatéraux pour les services internationaux et à
de vue de la qualité, de la fiabilité, de la capacité des accords multilatéraux pour une gestion tout au
et des coûts, il ne faisait qu'élargir les possibili- moins partielle du spectre des fréquences radio-
tés offertes par chaque moyen de communication électriques par l'attributionet l'enregistrement de
particulier dont chacun comportait ses propres li- fréquences d'exploitation déterminées pour des
mitations. Tous pouvaient être décrits c o m m e des services de radiocommunication déterminés.
liaisons à itinéraire unique et à capacité fixe, ca- Plusieurs de ces concepts traditionnels sont
pables seulementde faire communiquer deux points rendus caducs par la création et le développement
de la surface terrestre, certains directement, des services de communications par satellites.
d'autres par l'intermédiaire d'un équipement c o m - Les communications par satellites sont le pro-
pliqué de commutation. duit des réalisations technologiques enregistrées
Grâce à la propriété des ondes radio-électriques dans deux principaux domaines : l'espace.et les
de traverser l'espace sans connexion matérielle, communications.
l'application de la technique des radiocommunica- L a condition première de toute activité spa-
tions a conduit également àladiffusion de messages tiale est cependant indépendante de l'état de la tech-
captés simultanément par de nombreux récepteurs nologie puisqu'elle concerne l'aptitude à calculer
dispersés sur de vastes régions. L'emploi des la vitesse nécessaire pour soustraire une masse
ondes radio-électriques,tant pour les radiocommu- à l'effet de la pesanteur et la mettre sur orbite.
nications que pour la radiodiffusion, est conditionné Ces connaissances dérivent d'une très ancienne
par le spectre limité des fréquences radio-électri- branche de la science, la mécanique céleste, dont
ques utilisables et par la pression exercée par les le début remonte à l'époque où l'homme s'est mis
anciens et lesnouveaux services de communications à étudier le mouvement des étoiles. Une branche
luttant sur le plan national et internationalpour les si lointaine, en fait, qu'on a pu dire que "c'était
bandes de fréquences disponibles. Alors que la ra- une science presque enfouie dans la naphtaline
diodiffusion sonore peut être diffusée dans des quand la technique des fusées nouvellement élabo-
conditions satisfaisantes de plusieurs manières, la rée la remit en honneur''/l.
largeur de bande requise pour la télévision oblige 1. H.G. Stever et R.G. Schmitt : "The technical
à recourir.à des hautes fréquences dont les condi- prospects in outer space. Prospects for m a n
tions de propagation sont strictement limitées. E n and Society, ed. by, L.P. Bloomfield, Frede-
conséquence, pour que les services de télévision rick A. Praeger, N e w York, 1968.

7
Dans les vols spatiaux en général, l'élément ou en groupes, se créent actuellement des moyens
technique fondamental est la propulsion, puisque le de lancement de satellites, on peut s'attendre que,
problème du lancement d'objets dans l'espace se ra- du moins dans un avenir immédiat, seuls quelques-
mène à créerla poussée initiale requise pour faire uns d'entre eux auront à cet égard de grandes pos-
échapper l'objet à l'attraction terrestre et lui im- sibilités. L a plupart des pays ou groupes de pays
primer la vitesse nécessaire pour qu'il maintienne qui désirent créer leur propre système par satellite
sa route par l'inertie de son mouvement. devraient donc négocier la fourniture de moyens
Des progrès rapides ont été accomplis dans de lancement avec ceux qui ont déjà mis au point
les systèmes de transport convenant à une grande cette technologie. C o m m e dans la plupart des autres
diversité d'engins spatiaux. "Les premières acti- activités spatiales, la coopération internationale
vités, qui remontent à la fin des années 1950, ne est donc un facteur essentiel.
portaient que sur des missions de modeste enver- L'existence des moyens de propulsion néces-
gure et sur des satellites relativement légers ; . saires pour placer des satellites sur orbite serait
elles ne visaient généralement qu'à lancer des en- toutefois dépourvue de valeur pratique en l'absence
gins expérimentaux destinés à des travaux assez de communications efficaces avec les engins spa-
simples de recherche spatiale. Mais, dès le début tiaux. Non seulementles communications spatiales
des années 1960, les programmes s'étendaient à font partie intégrante des activités spatiales en gé-
de nouveaux domaines tels que la réalisation de néral, mais encore elles sont un des facteurs clés
sondes destinées à étudier l'environnementlunaire de la recherche spatiale et de la technologie spa-
et le milieu interplanétaire. Aujourd'hui ... des tiale appliquée, car, sans communications aucune
engins très divers sont couramment lancés ... activité humaine valable ne serait possible dans
Parmi les différentes fusées aujourd'hui utilisées l'espace.
après avoir fait leurs preuves, il en existede nom- Les communications spatiales et la tech-
breuses capables d'être adaptées aux besoins de nologie des ordinateurs dépendent des innovations
telle ou teiie mission''/1. et des progrès de l'électronique, qui ont commencé
L a technique des fusées est maintenant capable par l'invention du transistor en 1948. Depuis cette
de communiquer à des charges utiles 1'accélération époque, la tendance a été à la production de dispo-
voulue pour atteindre les très grandes vitesses leur sitifs électroniques toujours plus petits, plus fia-
permettant de décrire une orbite autour de la Terre, bles et d'une plus grande souplesse d'emploi, ces
ou d'échapperàla Terre pour aller vers la Lune ou dispositifs étant devenus essentiels pour la fabri-
vers les autres planètes et elle peut également at- cation des équipements utilisés dans l'aviation,les
teindre un degré élevé de précision lorsqu'elleplace ordinateurs et l'industrie spatiale et des télé-
des objets en orbite autour de la Terre. communications.
L e coût du lancement d'engins spatiaux à la vi-
tesse élevée requise pour leur mission, coût dans
lequel entrent lamise au point des fuséesporteuses, 2. REALISATION DE SYSTEMES DE
la création et l'exploitation de bases de lancement C O M M U N I C A T I O N S PAR SATELLITES
complexes, la fabrication du matériel et le carbu-
rant, représente une part importante des dépenses A. Bref aperçu historique:
des programmes spatiaux. Cependant, si les frais
de mise au point sont énormes, ce sont les coQts Alors que, de toute évidence, la réalisation de sys-
opérationnels qui sont-en définitive les plus impor- tèmes de communications par satellites s'appuie
tants, et il en sera ainsi tant que les dépenses les sur des siècles de progrès scientifiques et tech-
plus fortes viendront de ce que la fusée porteusene niques, on semble être généralement d'accordpour
sert que pour un seulvol. Malgré de très sensibles faire remonter l'histoire des satellites de c o m m u -
diminutions des coûts, les frais de lancement ac- nications à un moment et à une personne biendéter-
tuels sont encore indiqués c o m m e se situant entre minés : octobre 1945, quand Arthur C.Clarke, un
12.000 et 15.000 dollars par kilogramme de charge jeune expert britannique en radioélectricité et écri-
utile placée en orbite synchrone. Par conséquent, vain de vulgarisation scientifique, publia un article
il est vraisemblable qu'un des principaux objectifs prophétique intitulé : "Extraterrestrial relays".
des programmes spatiaux des dix prochainesannées Dans cet article, Clarke émettait l'idée de
consistera à mettre au point des stations spatiales combiner la technique des fuséeset celle desmicro-
habitées desservies par des fusées réutilisables ondes pour mettre en orbites géostationnaires au-
capables de transporter des h o m m e s dans les deux tour de la Terre des satellites artificiels qui ser-
sens entre ces stations et la Terre et d'un point à viraient de relais pour les transmissions émanant
un autre de l'espace. Ces stations spatiales auront de la Terre. Et il faisait la remarque suivante :
pour personnel non pas des astronautes, mais des
ingénieurs des télécommunicationsqui s'occuperont
de l'installation, du fonctionnement et de la mainte- 1. Joseph B. Mahon : Les fusées porteuses et
nance des satellites de communications. leurs applications aux télécommunic.ations spa-
M ê m e s'il est de fait que les frais de lancement ont tiales, Journal des télécommunications, Genève,
diminué et m ê m e si plusieurs pays, individuellement -
vol. 38 V/1971.

8
"Beaucoup pourront considérer la solution propo- en forme de ballons à des répéteurs actifs perfec-
sée dans cette analyse c o m m e extravagante et donc tionnés. Et dès ces premiers temps, il devint évi-
impossible à prendre au sérieux. Une telle attitude dent que les systèmespar satellites pourraient of-
est déraisonnable, car tout ce qui est envisagé ici frir une capacité et une souplesse d'emploi qui en
est le prolongement logique de réalisationsdes dix feraient un point de convergence des efforts de dé-
dernières années, notamment de la mise au point veloppement des communications internationales.
de la fusée à longue portée dont le V-2 fut le proto- Les progrès furent rapides et l'on peut dire queles
type"/l. communications par satellites ont passé par une
Il fallut quelque temps avant que l'idée de période expérimentale d'environ cinq ans, suivie
Clarke fut réalisée, et cela d'une façon différente d'une période d'utilisation initiale des satellitesqui
de celle qu'il avait imaginée. Les premières tenta- a abouti à leur exploitation commerciale régulière.
tives de communications spatiales qui eurent lieu
dans les dernières années quarante et les premières B. Différents types de systèmes
années cinquante furent faites non pas avec des ob-
jets confectionnés par l'homme, mais avec la lune, U n système de communications par satellite doit
utilisée c o m m e réflecteur pour des signaux radar être considéré c o m m e comprenant à la fois le sa-
et des messages de radiocommunications. Les ex- tellite lui-même, avec les installationsnécessaires
périences avec des satellites artificiels ne purent de commande et de poursuite (secteur spatial) et
commencer qu'au début de l'ère spatiale, à lafin les stations terriennes correspondantes (secteur
de la décennie 1950-1960. terrestre).
Certaines de ces expériences étaient la suite L a différence existant entre les satellites pas-
logique de l'utilisation de la lune c o m m e réflecteur. sifs et les satellites actifs a déjà été mentionnée;
L'orbite de la lune n'est rien moins qu'idéale pour dans ce qui suit, nous ne nous occuperons plus que
les communications entre divers points situés àla des derniers nommés.
surface du globe, mais avec des ballons métallisés Les systèmes de communications par satel-
lancés au moyen de fusées à une altitude suffisante lites peuvent être également définis du point de vue
et placés en orbite autour de la Terre, et avec des de l'orbite choisie du satellite. Les premiers sa-
installations appropriées au sol pour l'émission et tellites actifs expérimentaux (du type Telstar et
la réception, des systèmes de communications par Relay) furent lancés sur des orbites aléatoires, à
satellites passifs devenaient possibles. C e concept une altitudemoyenne. Du fait que l'orbite était rela-
fut mis en pratique par le Projet Echo 1, des Etats- tivement basse et la période de révolution du satel-
Unis, lancé en aoQt 1960 avec un plein succès et uti- lite autour de la Terre courte, la période pendant
lisé pour le relais de communications téléphoniques, laquelle celui-ci était "visible" entre deux points
de fac-similés et de données. donnés de la surface terrestre variait énormément
C e satedite du type dénommé passif présentait d'une révolution à l'autre et était souvent limitée
divers inconvénients, le plus grave étant la mauvaise à quelques minutes. Outre le grand nombre de sa-
utilisation de la puissance d'émission. Puisque, tellites qui auraient été nécessaires pour assurer
grâce à un nouvel équipement électronique miniatu- sans interruption les communications entre des
risé, le lancement de robots automatiques était réali- points au sol, un autre inconvénient provenait de ce
sable, des expériences furent entreprises avec des que les stations terriennes devaient être munies
satellites pourvus d'un équipement de radiocom- d'un équipement électronique très perfectionné et
munications de bord pour la réception, l'amplifica- très coûteux, y compris des ordinateurs, afin que
tion et la retransmission de messages reçus dela les antennes soient constamment pointées sur le
Terre. Ces satellites "actifs" présentent des avan- satellite quels que soient les mouvements de ce
tages qui leur donnent une telle supériorité sur les dernier.
satellites passifs que c'est sur eux qu'ont porté L'idée originale de Clarke de placer des satel-
presque exclusivement les travaux ultérieurs de lites sur orbite à une altitude d'environ 36.000 k m
mise au point. dans le plan équatorial offrait de bien meilleures
Ces premières expériences avaient pour but de possibilités pour les communications. U n satellite
déterminer des facteurs tels que la sélection opti- gravitant sur une telle orbite accomplit une révolu-
male des sous-systèmes pour les engins spatiaux: tion autour de la Terre en 24 heures environ, c'est-
répéteurs, contrôle de stabilisation en orientation, à-dire à la m & m e vitesse que la Terre elle-même
alimentation en énergie, antenne, télémesure, com- et conserve, par conséquent, la m & m e position par
mande et contrôle pour le fonctionnement dans un rapport à la surface terrestre. A la différence des
environnement Terre-espace. Elles apportèrent la autres corps célestes, y compris les satellites qui
preuve qu'il était possible de mettre en pratique décrivent des orbites plus basses, un satellite placé
l'idée de satellites actifs. Dès juin 1962, on procé-
da, avec les satellites Telstar et Relay, à des ex-
périences, àune grande échelle, de communications 1. Arthur C. Clarke : Extraterrestrial Relays,
intercontinentales à large bande, y compris des Wireless World, october 1945, reproduit dans
transmissions de télévision. E n l'espace de quel- Voices from the sky, Harper and Row, New
ques années, on était passé des grands réflecteurs York, 1963.

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sur cette orbite géosynchrone semble occuper une par satellites de distribution, et les systèmes par
position fixe dans le ciel. D e la Terre, un observa- satellites de radiodiffusion (directe).
teur voit toujours un tel satellite stationnaire dans O n peut dire également que ces divers sys-
la m ê m e position et ce satellite peut créer des con- tèmes correspondent approximativement au déve-
ditions de "visibilité" constante entre n'importe loppement de la technologie des communications
quels points de la zone géographique qu'il couvre. par satellites. Les efforts de développement ont
L a caractéristique et l'avantage principaux du sa- été orientés vers la réalisation de satellites plus
tellite géosynchrone résident dans sa position et puissants et par conséquent plus lourds, exigeant
son altitude fixes qui permettent de couvrir envi- des fusées porteuses plus puissantes,de meilleures
ron le tiers de la Terre avec un seul satellite et sources d'énergie à bord, une plus longue durée
quelque 90 70 de la surface terrestre avec trois de vie utile, un contrôlede stabilisation en orienta-
satellites équidistants. tion, des antennes plus directives, une plus grande
D'autres avantages opérationnels ont été mis capacité en voies, une plus grande souplesse d'em-
à profit ces dernières années. L'emplacement et ploi,des possibilités de relais entre plusieurs
l'orientation fixes de ces satellites font qu'il est satellites, etc.
possible d'utiliser des antennes à grande directivité
capables d'illuminer plus fortement une surface C. Satellites de communicationsde point àpoint
terrestre donnée. L e partage des fréquencesentre
les stations terriennes et les stations de relais C o m m e il a déjà été indiqué, un satellite synchrone
hertziens s'en trouve beaucoup facilité. peut couvrir approximativement le tiers de la sur-
Une autre méthode permettant de couvrirles face du globe et assurer ainsi des communications
latitudes de l'extrême Nord ou de l'extrême Sud entre deux points quelconques au sol, quelle que
qui ne peuvent être atteintes facilement à partir soit la distance qui les sépare, dans les limites
d'une orbite synchrone équatoriale consiste à lan- de sa couverture géographique. Les signaux sont
cer des satellites sur des orbites elliptiques et très transmis par l'intermédiairedu satellite entre des
excentriques de manière que le point le plus haut stations terriennes reliées aux réseaux existants
de l'orbite (apogée) se trouve au-dessus de la zone de télécommunications terrestres. Cependant, di-
à desservir. C e sont des satellites répondant à ces verses contraintes techniques limitent encore la
conditions qu'utilise l'URSS pour couvrir pendant quantité d'énergie électrique disponible à bord, et,
10 à 12 heures sans interruption la totalité du ter- par voie de conséquence, la puissance de l'émet-
ritoire soviétique, y compris les parties les plus teur du satellite. D e plus, une réglementation in-
septentrionales. ternationale stricte impose, pour les émissions
O n emploie aussi actuellement une méthode des satellites, des limites bien définies afin d'évi-
consistant à placer des satellites sur des orbites ter des interférences avec les services terrestres
d'altitude moyenne à position contrôlée. Dans ce et les autres services spatiaux. Il s'ensuit quele
cas, il est possible de choisir différentes solutions signal qui parvient à la Terre est faible, et donc
telles que des orbites équatoriales ou polaires sous- que l'antenne de la station terrienne doit avoir un
synchrones comportant des périodes de révolution gain élevé, capter un minimum de bruit radioélec-
en rapport simple avec la période de révolution de trique et être pointée avec précision en direction
la Terre (c'est-à-dire d'une durée de 12, 8 ou 6 du satellite. Ces facteurs ainsi que certains autres
heures). Ces systèmes sont principalement utili- font que, malgré les progrès de la techniqueet les
sés pour certaines applications en matière de c o m - réductions de coûts qui en ont résulté, les stations
munications scientifiques et militaires. terriennes nécessaires à cette sorte de service par
Ainsi qu'il a été dit plus haut, un système par satellites de communications pour les transmis-
satellite comprend les stations terriennes corres- sions de point à point sur de grandes distances res-
pondantes. Dans certains systèmes, ces stations tent d'un coût élevé, de l'ordre de 3 à 4 millions
sont à la fois émettrices et réceptrices, alors que de dollars.
dans d'autres, elles sont spécialisées, les unes à Il a été dit de ces systèmes de point à point
l'émission, les autres à la réception. E n règle gé- qu'ils jouent le rôle de prolongement des réseaux
nérale, il existe un rapport direct entre la puis- terrestres pour assurer des services de télécom-
sance embarquée et la sensibilité de l'équipement munications à grande distance et à large bande.
récepteur : en conséquence, plus le satellite est Cependant, les systèmes par satellitesont d'autres
puissant, lourd et coûteux, moins l'équipement ré- caractéristiquesque ne possèdent pas les systèmes
cepteur au sol est compliqué, volumineux et coûteux. terrestres. Ils peuvent desservir non pas un seul
L e modèle et la nature des stations terriennes et unique itinéraire d'acheminement, mais des iti-
utilisées est un des facteurs fondamentaux par les- néraires multiples au moyen d'une seule installa-
quels se distinguent les divers systèmes de c o m m u - tion et répartir sur différentes bases des circuits
nications par satellites considérés d'après leurs parmi ces itinéraires. En outre, leur capacité en
formes d'utilisation. D e ce point de vue, ona main- voies supérieure à celle des câbles sous-marins
tenant coutume de distinguer trois types principaux a permis d'assurer de nouveaux services tels que
de systèmes par satellites : les systèmes par satelli- les transmissions télévisuelles transocéaniques.
tes de communications de point àpoint, les systèmes

10
D. Satellites de distribution être faites selonlesm ê m e s principes que les émis-
sions terrestres (c'est-à-direen modulation d'am-
E n ramenant à moins d'un tiers de la surface ter- plitude). Ces émissions exigeraient une puissance
restre l'aire géographique à couvrir, il est possi- à bord élevée (de l'ordre de 10 kilowatts), ce qui
ble de transmettre un signal plus fort à une région pose certains problèmes techniques et les satellites
de moindre étendue, ce qui élimine certaines con- devraient être si lourds qu'ils nécessiteraient des
traintes afférentes aux stations terriennes (les an- fusées porteuses puissantes et coûteuses. On n'a
tennes peuvent être plus petites, les systèmes de pas connaissance de l'existence de plans en vue de
refroidissement deviennent inutiles, etc. )et permet la mise au point d'un tel satellite pour le moment.
par conséquent d'en réduire les coûts dans de fortes Cependant, il est déjà techniquement possible
proportions. Dans certains projets de systèmes par de faire des émissions en modulation de fréquence
satellites dits de distribution, le coût des stations qui requièrent une puissance moindre pour une qua-
terriennes émettrices-réceptrices servant à la fois lité d'image déterminée. U n signal suffisamment
pour les télécommunications et la télévision a été fort peut être dirigé sur des zones étendues, mais
évalué c o m m e se situant entre 300.000 et 500.000 néanmoins assez limitées pour qu'il puisse être
dollars environ. Des stationsterriennes uniquement capté par des installations réceptrices simplifiées
réceptrices pourraient être simplifiées au point de et peu coûteuses. Ces installations peuvent en fait
ne pas coûter plus de 50.000 à 75.000 dollars. consister uniquement en une petite antenne spécia-
L a réalisation de ces projets rendrait possi- lement conçue et en un équipement de conversion
bles d'autres formes d'utilisation. Les systèmes simple (de modulation,de fréquenceen video) à re-
de distribution ne fonctionneraientpas essentielle- lier à des récepteursnormaux de télévision. Bien
ment pour les transmissions à grande distance de entendu, il est également possible de construire
point à point, mais pour assurer des liaisons avec des appareils spéciaux conçus principalement pour
ou entre un certain nombre de stations terriennes la réception des émissions de satellites ; ces appa-
situées dans une aire géographique donnée, soit reils devraient alors être pourvus d'un équipement
pour des communications bidirectionnelles (télé- complémentaire spécial pour la réception des émis-
phoniques, télex, etc. ), soit pour la distribution sions terrestres.
de programmes de télévision sur une vaste étendue. L a réception des émissions de satellites sur
Dans ce dernier cas, le rôle de la station terrienne des postes de télévision spécialement équipés ou
est de recevoir l'émissiondusatellite et de la trans- modifiés est prévue de deux manières : réception
former pour qu'elle soit retransmise par un émet- communautaire et réception individuelle dans les
teur de télévision normal. L e satellite de distribu- foyers domestiques. L a réception communautaire
tion remplace ainsi les liaisons hertziennes norma- pourrait demander un équipement plus complexe
lement utilisées pour l'acheminement aux émetteurs que la réception individuelle et s'adresseraità des
des programmes de télévision, mais d'une façon groupes de personnes réunies en un endroit donné
plus souple et qui pourrait se révéler moins oné- ou pourrait être distribuée (par câble) dans une
reuse que par les méthodes terrestres. zone très restreinte. Les récepteurs spécialement
Les systèmes de distribution peuvent &tre uti- équipés seraient installés dans des écoles, dans
lisés d'un grand nombre de manières. Ils peuvent des centres de collectivités, sur des places de vil-
notamment assurer des services sur le territoire lages, etc. Cette réception communautaire a été
d'un grand pays, c o m m e c'est actuellement le cas jusqu'ici prévue principalement pour les régions
pour l'URSS et c o m m e il est prévu pour le Canada, en voie de développement.
ou sur une région ou un groupe de pays, c o m m e il L a radiodiffusion par satellites a été étudiée
est étudié pour l'Europe de l'Ouest. L a configura- à la fois aux Nations Unies, par le Groupe de tra-
tion précise du système,le type et le coût du satel- vail sur les satellites de radiodiffusion directe,
lite et des stations terriennes, ainsi queles formes constitué par le Comité des utilisations pacifiques
d'utilisation dépendraient des fins exactes auxquelles de l'espace extra-atmosphériqueet par l'UIT,ainsi
le système serait appelé à servir. que dans le cadre du programme de l'Unesco.
L e Groupe de travail des Nations Unies est par-
E. Satellites de radiodiffusion venu, en 1969, aux conclusions suivantes en ce qui
concerne la possibilité de radiodiffuser des pro-
Avec le système de satellite de radiodiffusion, les grammes à partir de satellites :
formes d'utilisation seront tout autres. Dans ce cas, "Si l'état actuel de la technique spatiale per-
les programmes de télévision (ou de radiodiffusion met d'envisager pour l'avenir la réalisation de sa-
sonore) transmis d'une station terrienne à un satel- tellites susceptibles de diffuser directement des
lite puissant seraient diffusés à partir du satellite programmes à l'intention du grand public, on ne
pour être captés par des récepteurs individuels, prévoit pas, pour la période 1970-1985, un ser-
sans intervention de stations terriennes. vice régulier de télévision par satellites utilisant
Si les récepteurs individuels des foyers domes- des récepteurs domestiques nonmodifjés. E n effet,
tiques doivent être utilisés sans modification, c'est- on ne dispose pas des moyens techniques de trans-
à-dire sans adjonction d'un équipement spécial mettre des signaux suffisamment puissants à par-
quelconque, les émissions devraient évidemment tir de satellites.

11
L a réception directe de signaux de télévision moins de pression en faveur d'ajouter encore des
par des postes domestiques modifiés pourrait être réseaux nationaux que d'un accroissement du nom-
techniquement possible dès 1975. Cependant, les bre des points de distribution locaux. Dans les ré-
coûts du secteur terrestre et du secteur spatial gions en voie de développement, le coQt de l'équi-
d'un tel système seraient prohibitifs ... Par con- peihent de chaque foyer en récepteurs de télévision
séquent, il semble que ce type de système ne sera sera si élevé que la réception communautaire re-
opérationnel que plusieurs années après la date présentera la solution la plus économique pendant
prévue pour sa réalisation. quelque temps encore,
'
L a réception directe par des installations g- L a division des systèmes de communications
munautaires semble proche. Etant donné les pro- par satellites en trois catégories ne devrait ser-
grès techniques en cours, cela pourrait être réali- vir qu'à les distinguer plus commodément. Dans
sé vers 1975. O n estime que ce système exigerait bien des cas, la solution la plus avantageusepour-
moins de frais de lancement qu'un système de ré- ra, en fait, résider dans une combinaison de di-
ception individuelle ..."/1 vers modes de réception. Un tel concept de sys-
A u sein de l'Union internationale des télécom- tème mixte prévoit une puissance à bord suffisante
munications et de ses organes compétents (en par- pour permettre la réception sur des installations
ticulier du Comité consultatif international des ra- spéciales, peu coûteuses, conçues pour la vision
diocommunications (CCIR) ), les aspects techniques en groupe (ou pour la distribution par câble sur
des services de radiodiffusion par satellites conti- une étendue limitée). Etant donné que, dans ce cas
nuent de faire l'objet d'études approfondies. En de réception communautaire, les installations ré-
1970, le CCIR a institué un groupe de travail inté- ceptrices utilisées sont les plus simples, tout
rimaire, dont le mandat porte sur les systèmes de autre mode de réception mettant en oeuvre des ins-
satellites de radiodiffusion possibles, les compa- tallations plus importantes serait évidemment pos-
raisons entre différents systèmes destinés à la ré- sible, y compris la réception par des stations ter-
ception soit communautaire, soit individuelle, et riennes de taille moyenne reliées à des émetteurs
l'évaluation des utilisations possibles de chaque normaux de télévision. L a méthode de retransmis-
système, notamment pour les pays neufs et en voie sion pourrait se révéler la plus économiqueet la
de développement. plus efficace dans les régions à forte densité dé-
E n 1959 et 1963, des fréquences radioélectri- mographique, puisqu'il ne serait pas nécessaire
ques avaient été attribuées en nombre limité à di- de munir les postes individuels d'un équipement
vers services spatiaux, y compris aux systèmes spécial. L a réception directe sur des appareils
de satellites de communications. E n 1971, parl'en- communautaires pourrait être préférable dans les
tremise de la Conférence administrative mondiale régions rurales peu peuplées, isolées ou inacces-
des télécommunications spatiales, d'autres attribu- sibles où l'installation de réémetteurs n'est pas
tions eurent lieu, non seulement pour les services réalisable pour des raisons économiques ou pré-
existants, mais aussi pour la radiodiffusion par sa- sente des difficultés.
tellites. Cette conférence adopta également des
règles administratives spéciales pour la notifica-
tion et l'enregistrement des fréquences utilisées 3. CARACTERISTIQUES DES SYSTEMES DE
pour les systèmes spatiaux et recommanda que des COMMUNICATIONS PAR SATELLITES
accords et des plans de fréquences spéciaux soient
élaborées pour le service de radiodiffusion par Les satellites ont souvent été décrits c o m m e des
satellites. tours hertziennes édifiées dans le ciel. Si cette
Il y a lieu de noter que, m ê m e si les estima- comparaison peut être exacte à certains égards,
tions avancées par les Nations Unies et 1'UIT ont c'est une simplification excessive qui a tendance
été contestées c o m m e trop modérées, et cela parce à obscurcir quelques caractéristiques essentielles
que la technique fondamentale des émissions par des systèmespar satellites ainsique les différences
satellites susceptibles d'être captées par des ré- principales existant entre les systèmes par satel-
cepteurs communautaires et des récepteurs domes- lites et les systèmes terrestres.
tiques modifiés existe dès aujourd'hui, il semble Quelques-unes des principales caractéristiques
que l'on s'accorde sur le fait que le délai.de créa- des systèmes par satellites peuvent d'abord &tre
tion de ces systèmes dépendra de facteurs non tech- résumées ainsi qu'il suit :
niques tels que leurs aspects économiques et les
fins auxquelles ils seront destinés. Quant aux émis- A. Souplesse
sions directes par satellites que capteraient des
récepteurs existants non modifiés, certains experts Pour les services de télécommunications trans-
ont exprimé l'opinion qu'elles pourraient ne jamais océaniques, les systèmes par satellites se sont
devenir réalité, non pas pour des raisons techniques, déjà révélés plus économiques que les câbles sous-
voire politiques, mais parce que l'on trouvera une marins. Leur avantage réside dans la possibilité
solution plus avantageuse en fonction des coûts.
Dans nombre de pays industrialisés qui possèdent 1.
~~

Document des Nations Unies A/AC. 105/51 -


déjà des réseaux de télévision, il s'exerce souvent 26 février 1969.

12
de création d'itinéraires multiples, alors que les la souplesse obtenue grâce à l'emploi d'antennes
systèmes terrestres ne peuvent acheminer les com- à grande directivité pour la couverture de zones
munications que sur un seul itinéraire. L a techno- d'étendue limitée.
logie spatiale permet de desservir des itinéraires Par comparaison avec les systèmes terrestres,
multiples grâce à un seul satellite et de redistri- les systèmes par satellites introduisent en outre
buer d'une manière flexible la capacité en circuits un rapport différent entre distance et coût d'utili-
entre ces itinéraires, donc entrelesusagers. Cette sation. Puisque les systèmes terrestres doivent
méthode n'est pas applicable dans les sys- suivre un tracé matériel donné àla surface du globe,
tèmes de transmission terrestres qui par défi- leur coût d'utilisation croît avec la distance qui sé-
nition joignent deux points seulement. Ainsi, outre pare les points reliés. L e coût d'une liaison par
les communications de point à point entre stations satellite entre deux stations terriennes est large-
terriennes prises deux à deux, il est possibled'as- ment indépendant de la distance qui sépare celles-
surer des transmissions d'un point à de multiples ci, ensorte que, du moins en théorie, il ne doit
points, d'une station terrienne à plusieurs stations pas y avoir de différence sensible entre le trafic
terriennes qui peuvent étre mises en service et hors à grande distance et le trafic à courte distance.
service à volonté sans aucune géne pour l'ensemble
du système. Il n'est donc pas nécessaire d'affecter D. Inconvénients
en permanence les circuits de satellite à une paire
de stations terriennes ou davantage, puisque les Parmi les inconvénients des systèmes de c o m m u -
points d'aboutissement d'une voie peuvent étre nications par satellites, les points suivants ont été
changés presque instantanément et affectés à la de- spécialement examinés :
mande, si bien que lorsqu'une liaison ne sert plus, les nouvelles demandes auxquelles devra satisfaire
elle peut être rompue et établie entre d'autres
le spectre des fréquences, déjà fortement encom-
points.
bré, et le risque d'interférence avec les systèmes
L a souplesse des systèmes par satellites per- terrestres. Sur ces points, les opinions semblent
met également d'utiliser de petites stations ter-
différer, certains experts affirmant que de nou-
riennes mobiles pour desservir occasionnellement
velles techniques (faisceauxétroits, réutilisation
ou de façon continue des lieux éloignés dépourvus
des fréquences, etc. )conjuguées avecune gestion
de liaisons matérielles. E n outre,des installations
et une planification appropriées des fréquences,
terminales mobiles à bord de navires, d'aéronefs
permettraient de résoudre la plupart de ces pro-
ou de véhicules spatiaux peuvent être utilisées pour
blèmes. Des arguments semblables ont été appli-
les services maritimes mobiles, aéronautiques ou
qués à l'utilisation de l'orbite géostationnairequi,
spatiaux.
à l'instar du spectre des fréquences radioélec-
triques, doit être considérée c o m m e une res-
B. Capacité source naturelle limitée ;
la durée de vie utile jusqu'icilimitée des satellites
Les systèmes par satellites n'offrent pas seulement
qui va de cinq à dix ans. Les satellites doivent
une capacité permettant l'utilisation simultanée de
donc étre remplacés à intervalles plus rappro-
nombreux circuits pour les services traditionnels
chés que l'équipement des systèmes terrestres.
téléphonique, télégraphique, télex, de fac-similé,
A ce propos, il convient toutefois de remarquer
etc., ils peuvent aussi assurer des services àlarge que la durée de vie réelle des satellites a généra-
bande auparavant impossibles à offrir par des
lement dépassé les prévisions et qu'elle pourrait,
moyens terrestres, ainsi que l'ont prouvé les émis-
pense-t-on, augmenter. A l'avenir, la situation
sions télévisuelles transocéaniques. En principe,
changerait s'il devenait possible d'effectuer des
les satellites de communications peuvent servir
réparations sur les satellites en orbite. U n point
pour toute catégorie de transmission électronique.
plus délicat semble étre le risque d'échec dans
L a technologie des satellites offre donc de vastes
le lancement, qui implique la nécessité de dispo-
perspectives de développement futur en ce qui con-
ser de satellites de réserve ;
cerne à la fois la fourniture de services de c o m m u -
la plus grande sensibilité aux brouillages que les
nications (télécommunicationstraditionnelles, télé-
systèmes terrestres. Si, à certains égards, cela
vision, videophone, fac-similé, transmission de
est exact, on doit cependant souligner que les
données, etc. ) et les modes d'utilisation des sys-
Etats ont accepté des règles internationales beau-
tèmes (communications de point à point, distribu-
coup plus rigoureuses pour les systèmes spatiaux
tion, radiodiffusionet combinaisons variées).
que pour les systèmes terrestres.
C. Couverture géographique et coût E n passant, il y a lieu de noter que l'on ne
peut traiter les systèmes par satellites c o m m e
Les systèmes par satellites offrent l'avantage de s'ils étaient complètement indépendants. Ces sys-
pouvoir faire communiquer des points séparés par tèmes réclament l'application de méthodes inté-
de très grandes distances et de couvrir de vastes grées tant sur le plan technico-économique qu'au
étendues de la surface terrestre. Cependant, cette point de vue des utilisations envisagées, où inter-
propriété doit être considérée concurremmentavec viennent des systèmes terrestres. D e plus, la

13
décision de créer ou d'utiliser un système de c o m - cerne des facteurs tels que buts de l'utilisa-
munications par satellitesdevrait tenir compte des tion et coûts, contexte général, délai de mise
études d'autres méthodes possibles en ce qui con- en service, etc.

14
II. A P P L I C A T I O N S D E S S A T E L L I T E S DE C O M M U N I C A T I O N S

1. SYSTEMES DE C O M M U N I C A T I O N S PAR (administrations des télécommunications, minis-


SATELLITES, E X I S T A N T S ET EN P R O J E T tères des communications, compagnies de télé-
communications reconnues, etc. )
Systèmes existant s (b) L'URSS a créé un système national par
satellites d é n o m m é Orbita qui utilise de grands sa-
Les deux systèmes de communications par satellites tellites du type Molniya gravitant en orbites ellip-
actuellement utilisés pour le trafic des télécommu- tiques et fortement excentriques autour de la Terre
nications sont assez dissemblables pour ce qui est et couvrant tout le territoire national. L e système
des solutions techniques adoptées et de leurs objectifs. Orbita peut &tre décrit c o m m e un système du type
(a) L e système d é n o m m é Intelsat, qui a été distribution ayant pour principale fonction la trans-
créé pour fournir des liaisons internationales,prin- mission de programmes de télévision de Moscou à
cipalement intercontinentales, de point à point, uti- un grand nombre de stations terriennesde moyennes
lise des satellites géostationnaires et de grandes et dimensions situées surtout dans les républiques
complexes stations terriennes reliées aux réseaux d'Asie centrale et en Sibérie. Auparavant, le ré-
nationaux de télécommunications. Il est utilisé par seau terrestre de télévision ne couvrait que la par-
principe pour les télécommunications, surtout pour tie européenne du territoire soviétiqueet son exten-
le téléphone, et à un moindre degré pour les trans- sion par des moyens terrestres sur la seule dis-
missions intercontinentales de télévision. tance de Moscou à Vladivostok eût exigé environ
C e système est fondé sur untype d'organisation 7.000 k m de liaisons par faisceaux hertziens c o m -
qui présente quelques caractéristiquesinédites dans prenant entre 120 et 160 stations de relais. Grâce
le domaine des t 61éc ommunicat ions int ernationales . au système Orbita, la télévision peut maintenant
Intelsat (InternationalTelecommunication Satellite toucher environ 65 ' 7 de la population et, avec l'ins-
Consortium) est un organisme multinational c o m - tallation de nouvelles stations terriennes, la pro-
prenant à l'heure actuelle quelque 80 pays et dont portion devrait atteindre 82 à 85 % en 197511.
la compagnie américaine Communications Satellite L e système Orbita est également utilisé pour
Corporation (Comsat)est le gérant. Une quaran- les communications bidirectionnelles et à un cer-
taine des pays participants ont créé leurs propres tain nombre d'autres fins.
stations terriennes, auxquelles environ 25 autres Sur les principes du système Orbita, un sys-
pays ont accès par des liaisons terrestres. Chaque tème internationl est actuellement créé sous le
pays participant est propriétaire de sa ou de ses nom d'Intersputnik. Celui-ci est destiné à satisfaire
stations terriennes et copropriétaire du secteur spa- aux besoins en services de télécommunications et
tial Intelsat. L'organisation d'Intelsat est assez de télévision des pays participants. Jusqu'ici, neuf
compliquée. Les pouvoirs de décision appartiennent pays, en Europe de l'Est principalement,ont accepté
dans une certaine mesure à deux assemblées et à d'y participer.
un conseil d'administration dont la composition et Intersputnik présente certaines similaritésavec
les méthodes de vote sont liées aux quotes-parts Intelsat en ce sens que le secteur spatial sera pro-
d'investissement, les plus fortes parmi celles-ci priété conjointe des Etats membres, tandis que les
étant celles des Etats-Unis d'Amérique et de plu- stations terriennesresteront la propriété de chaque
sieurs pays industrialisés. Alors que, aux Etats- pays. Autrement, la structure du système est fon-
Unis, un organisme spécial - la Comsat -
a été dée sur des principes quelque peu différents ence
constitué pour s'occuper des communications inter- qui concerne l'organisation.
nationales par satellites, dans la plupart des autres
pays, cette activité est laissée aux organismes tra-
ditionnellement chargés des té1éc.ommunications 1 ~ Voir ''Sputnik", octobre 19 70.

15
Systèmes projetés préinvestissement en vue de la réalisation éven-
tuelle d'un système régional sud-américain pour
Divers types de systèmes de distribution sont en l'éducation, la culture et le développement, sys-
cours de réalisation, en préparation ou à l'étude tème quimettrait en oeuvre des techniques de com-
dans plusieurs pays industrialisés. L e premier munications avancées, y compris des satellites.
sera créé au Canada, en 1972, pour les télécommu- L'Unesco a été désignée c o m m e organe d'exécution
nications et pour la distribution des programmes pour cette étude, en association avec 1'UIT. Les
de télévision. Des systèmesnationaux par satellites pays participant à l'étude sont l'Argentine, la Boli-
de type semblable et, dans certains cas, technique- vie, le Chili, la Colombie, l'Equateur, le Para-
ment plus avancés, sont envisagés dans d'autres guay, le Pérou, l'Uruguay et le Venezuela.
pays (Etats-Unis d'Amérique, Australie). Des études ont également été entreprises au
Sur le plan régional, des pourparlers sont en Brésil, en Indonésie et au Pakistan par des orga-
cours depuis plusieurs années au sujet de la créa- nismes nationaux, avec ou sans l'assistance d'or-
tion d'un système par satellite destiné à desservir ganisations internationales telles que l'Unesco et
l'Europe de l'Ouest, y compris l'Islande et phisieurs 1'UIT. au sujet de l'utilisation des satellites pour
pays riverains de la Méditerranée appartenant à 1' éducation et le développement national. Au niveau
la Zone européenne de radiodiffusion. C e système régional, une étude semblable a été récemment
aurait deux fonctionsprincipales : assurer des ser- entreprise dans plusieurs pays arabes avec l'aide
vices de télécommunications et constituer une ex- de l'Unesco et une étude préliminaire est en cours en
tension et un complément du réseau régional ter- Afrique, au sud du Sahara. Une proposition d'in-
restre de télévision actuellement utilisé pour 1'Euro- terconnexion des services nationaux de télévision
vision. Selon les plans actuels, chaque pays parti- et de création de services nationaux de télévision
cipant aurait une station terrienne émettrice et éducative par satellites en Asie du Sud-Est est éga-
réceptrice reliée aux réseaux terrestres nationaux. lement à l'étude.
L e projet de satellite franco-allemand COMU sous
le n o m de Symphonie aurait des fonctions analogues, 2. F O R M E S D'UTILISATION ET
l'intention étant de desservir plusieurs pays ayant BUTS D E S SYSTEMES
des affinités culturelles et autres.
Plusieurs études ont été entreprises dans les Deux considérations principales, interdépendantes,
pays en voie de développement en vue de l'utilisa- ont présidé à l'étude des formes d'utilisation et
tion de systèmes de communications par satellites, des buts probables des systèmes :
notamment en ce qui concerne l'enseignement par
les systèmes de satellites doivent-ils être polyva-
la télévision. Ces études ont en majorité pour base
lents ou à but unique, en d'autres termes, doivent-
le concept de la création d'un service national ou
ils remplir plusieurs fonctions en m&me temps
régional par satellite de radiodiffusion, avec récep-
(télécommunications, télévision, météorologie,
tion sur des appareils communautaires dans les
etc. ) ou n'en avoir qu'une seule (télévision édu-
zones rurales et distribution pour retransmission
cative, par exemple) ?
dans les zones urbaines.
Les systèmes de satellites doivent-ils être organi-
U n projet pilote sera mis en train à titre expé-
sés et exploités selon le concept d'un système
rimental en Inde, en 1974, conformément à un ac-
unique et global ou doit-il exister des systèmes
cord conclu entre les autorités intéressées, aux
multiples ?
Etats-Unis et en Inde. Cet accord porte sur l'utilisa-
tion d'un satellite américain expérimental (ATS/F) Dans la situation actuelle, le développement des
pendant un an, les autorités indiennes ayant la res- communications par satellites tend non pas vers
ponsabilité de tous les programmes et des installa- un concept unique et global, mais vers une multi-
tions au sol. Il est prévu que cette expérience tou- plicité de systèmes ayant des buts différents, si-
chera 5.000 villages pourvus de postes communau- tués sur des plans géographiques différents, ache-
taires dont 3.000 seront atteints par des retrans- minant différents types de communications et des-
missions et 2. O00 recevront directement les pro- servant différentes catégories d'usagers.
grammes. Selon les plans indiens, cette expérience En se fondant sur les concepts présents et pro-
précéderal'exploitationd'un système opérationnel, jetés de systèmes par satellites, il est possible
un des objectifs finals étantla fourniture d'un poste d'avancer quelques observations préliminaires sur
récepteur à chacun des 560.000 villages. Les Etats- les formes générales d'utilisation. E n ùn schéma
Unis se proposent d'utiliser le m ê m e type de satel- très simplifié, celles-ci semblent se présenter de
lite ATS, probablement en 1973, pour des émissions la façon suivante (voir tableau page 17).
expérimentales à destination de récepteurs c o m m u - M ê m e si ce tableau ne donne qu'une idée som-
nautaires en Alaska. maire des différentes formes d'utilisation, il
Des études préliminaires effectuées dans plu- semble qu'on puisse voir dans celles-ci une cer-
sieurs pays de langue espagnole d'Amérique du Sud taine logique en ce qui concerne les besoins, les
ont conduit à un projet bénéficiant de l'aidedu Pro- services assurés et la structure actuelle des
gramme des Nations Unies pour le développement communications.
et comportant une étude de planification et de

16
~ ~~

Couverture Organismes
Nature du système Buts du système
géographique exploitants

Systèmes de satellites Interconnexion de réseaux Intercontinentale, Organisations


de communications : de télécommunications continentale multinationales
point à point, (téléphone, télex, fac- Intelsat,
d'un point à de multiples similés, données, transmis- Intersputnik
points sions télévisuelles, etc. )

Systèmes de satellites de Interconnexion ou complément Régionale, Organismes


distribution de réseaux, création de ré- nationale régionaux
seaux de télécommunications (Organisations
et distribution de télévision spatiales euro-
péennes), orga-
nismes nationaux
(Telesat Canada)

Systèmes de satellites de Création de réseaux pour la Régionale, Organismes


radiodiffusion et systèmes télévision et éventuellement nationale régionaux et
mixtes pour des communications nationaux
bidirectionnelles

L a technique des communications par satellites fut permettant de créer ou de compléter des réseaux
appliquée en premier lieu aux transmissions trans - nationaux ou régionaux pour couvrir devastes éten-
océaniques par liaisons de point à point et il est pro- dues. Dans le cas du Canada, les affirmations sui-
bable que cette application continuera. Malgré la vantes sont instructives :
possibilité accrue de concentrer la puissance rayon- "L'aptitude du satellite de communications à
née par les satellites sur des aires géographiques acheminer des signaux téléphoniques de haute qua-
de plus en plus réduites, plusieurs facteurs s'oppo- lité, de télévision et de données entre des points
sent à l'idée de grands satellites assurant des ser- séparés par de grandes distances convient particu-
vices à la fois internationaux et nationaux ou régio- lièrement aux conditions géographiques et démogra-
naux. Dans de nombreux cas, l'emplacement du sa- phiques du Canada, à la fois pour compléter les
tellite ne conviendrait pas pour tous ces services. liaisons terrestres entre centres urbains et, ce qui
O n ne pourrait d'ailleurs probablement pas, avec est encore plus important, pour mettre les ser-
un seul satellite, obtenir les circuits nécessaires vices de télécommunications à la disposition de
et réduire suffisamment le coût des stations ter- communautés éparses et inacessibles autrement,
riennes, tandis que la possibilité de relais entre en particulier dans le Grand Nord. "/'
plusieurs satellites et d'interconnexion entre sys- "Un système national de télécommunications
tèmes peut fournir les extensions requises. par satellites offrirait la possibilité de recevoir
O n peut donc présumer que les systèmes inter- les programmes de télévision en anglais et en fran-
nationaux de communication de point à point par sa- çais en tout point du Canada. Il le ferait plus tôt et
tellites prendront une importance croissante en tant à un coût moindre que tout autre système connu de
qu'un des principaux moyens d'acheminement du communications. E n particulier, il faciliterait l'ex-
trafic intercontinental. Toutefois, l'importance du tension du service de télévision à de nombreuses
trafic continental ne doit pas être sous-estimée. régions qui ne sont pas desservies en raison du
Pour des raisons économiques et techniques, les coQt prohibitif d'une liaison terrestrepar faisceaux
systèmes internationaux de communications tradi- hertziens. "12
tionnels ont mis essentiellement en relation les Il est d'autres cas où la créationde circuits
principaux centres de communications (tels que terrestres serait trop onéreuse et demanderait trop
Londres, Paris, Moscou, N e w York) avec diverses de temps pour pouvoir être envisagée. L'Indonésie
parties du monde, mais sont peu conçus pour relier a une étendue terrestre fragmentée en quelque 3.000
des pays m ê m e voisins, en Afrique ou en Amérique fles dispersées sur des centaines de milliers de
du Sud par exemple. U n cas d'espèce est celuide
l'Argentine et du Chili, pays entre lesquels les
Andes forment une barrière quasi insurmontable 1. Instant World, A report on telecommunications
pour les communications de surface acheminées in Canada, Telecommission, Ottawa, 1971.
par les techniques traditionnelles. 2. Government White Paper : A Domestic Satel-
U n des principaux avantages des systèmes de lite Communication System for Canada,
distribution est de fournir une nouvelle méthode Ottawa, 1968.

17
kilomètres carrés du sud-ouest du Pacifique. Seul douze définitions différentes pour la télévision en
un système par satellite est capable de relier effi- noir et blanc et trois méthodes de production
cacement ces Tles. Au Brésil, la desserte du bas- d'images de télévision en couleur. M ê m e si, à
sin de l'Amazone aux forêts presque impénétrables l'avenir, une certaine simplification peut être réa-
serait ruineuse par tout autre moyen que le satel- lisée, un équipement coûteux resterait nécessaire
lite, à supposer qu'elle fût techniquement possible. pour la conversion entre les principales définitions.
A la question de savoir quel serait, dans de Les émissions par satellites sur de grandes éten-
tels cas, du satellite de distribution, de radiodiffu- dues ne seront possibles que dans les zones ayant
sion ou mixte, le plus approprié, il nepeutêtre les m ê m e s définitions.
répondu qu'après une étude approfondie des besoins, L e problème des langues a été mentionné
des buts d'utilisation et des conditions géographi- c o m m e constituant un autre obstacle. O n pourrait
ques et démographiques des pays ou groupes de en faciliter la solution en utilisant avec la m ê m e
pays considérés. Dans les pays en voie de dévelop- image un système de transmission de plusieurs
pement, les systèmes nationaux de communications langues sur des voies de modulation sonore diffé-
par satellites suscitent de l'intérêt avant tout par rentes. Plus sérieuse semble être la question des
la possibilité qu'ils offrent d'assurer sur toute différences d'heures, car le nombre d'heures pen-
l'étendue du territoire des services de télévision dant lesquelles un type donné de programme peut
pour l,*éducationet le développement national. Il être utilement présenté est relativement limité.
s'ensuit que le concept de système préféré devrait Une solution possible consisterait à pourvoir le sa-
permettre la réception directe des émissions par tellite d'antennes mobiles ou multiples dont on fe-
des postes communautaires de village ainsi que rait varier la zone de couverture avec les change-
leur retransmission dans les régions à forte densité ments de programmes.
de population. Dans le cas de l'Inde, le choix fait C e sont ces raisons, ainsi que d'autres d'ordre
pourl'expérience de 1974représenteuntel système technique, économique et politique, qui font qu'il
mixte dont les possibilités sont adaptées aux objec- n'existe pas de plans de service mondial par satel-
tifs suivants : lites de radiodiffusion. Les plans ou les études ont
porté exclusivement sur une utilisation nationale
objectifs techniques comprenant : un essai de sys-
(notamment au Brésil et en Inde) ou régionale
tème de télévision par satellite de radiodiffusion
(pays d'Amérique du Sud de langue espagnole et
pour le développement national ; l'accroissement
Etats arabes, par exemple).
des efforts concernant la conception, la construc-
Non seulement les limitations imposées par le
tion, le développement, l'installation,l'utilisation,
décalage horaire, mais aussi les questions de si-
le mouvement et l'entretien des récepteurs de vil-
milarités culturelles et de niveaux communs de dé-
lage et des équipements d'émission ou de distri-
veloppement plaident en faveur de la solution natio-
bution utilisés pour l'expérience ; la détermina-
nale ou régionale. Une autre raison d'adopter une
tion de la densité optimale des récepteurs ;les
telle solution résulte des plus grandes possibilités
techniques d'attraction des téléspectateurs, du
qui, sur le plan régional, s'offrent à tous les pays
point de vue de la distribution des émissions et
intéressés de participer à la programmation et à
des horaires ;l'étudeet la solution des problèmes
l'exploitation de services de radiodiffusion par sa-
de mise au point, d'établissement, de présentation
tellites. Il est significatif que ce concept ait retenu
et de transmission des éléments de programmes
l'attention de l'Assemblée générale des Nations
de télévision.
Unies dans la résolution sur les communications
objectifs principaux en matière d'éducation, com-
par satellites adoptée en décembre 1970 (Résolu-
prenant : la contribution au plan de la planifica-
tion familiale ; l'améliorationdes pratiques agri- tion 2733 (XXV)).
coles ; la contribution à l'intégration nationale.
Objectifs secondaires comprenant : la contribu-
3. C A T E G O R I E S DE SERVICES ET
tion à l'enseignement scolaire en général et à
D'USAGERS
l'éducation des adultes ; la formation des maftres;
l'améliorationde la santé et de l'hygiène publiques.
Les buts d'un système par satellite peuvent être
M ê m e side tels systèmes pour réception individuelle également décrits sous l'angledes services de c o m -
ne sont ni à l'état de projet nienvisagés, les consé- munications qu'il est destiné à assurer.
quences de la diffusion à l'échelle mondiale de pro- En principe, les communications par satellites
grammes de télévision par satellite donnent lieu à peuvent être utilisées pour toute information sus-
maintes spéculations. E n dehors des obstacles poli- ceptible d'êtretransformée en signaux électroniques.
tiques et économiques, des différences dans les Cela signifie en premier lieu que les systemes par
principes et les besoins en matière de programma- satellites peuvent assurer tous les services de télé-
tion et de l'acceptabilité des programmes dans des communications, lesquels comprennent non seule-
régions et pays différents, il existe quelques rai- ment les catégories classiques : téléphonie, télé-
sons pratiques, encore plus immédiates, qui ren- graphie, télex, fac-similé, radiodiffusion, etc. ,
dent cette sorte de serviceapparemment improbable. mais encore les nouveaux services tels que video-
A l'heure actuelle, on utilise dans le monde phone, transmissionsde données (y compris l'accès

18
à distance à des centres d'informatique) et télévi- communications bidirectionnelles de point à point,
sion en circuit fermé. Toutefois, il existe d'autres ordinaires ou collectives, établies fondamentale-
utilisations possibles de communications par satel- ment entre usagers de la m ê m e catégorie :parti-
lites que beaucoup de personnes sont portées à con- culiers, gouvernements, organisations internatio-
sidérer c o m m e étant encore du' domaine de la nales, entreprises industrielles ou commerciales,
science-fiction. centres d'informatique, exploitants de moyens de
Les techniques de la transmission électronique grande information, universités et instituts de re-
du courrier, des photographies et des journaux sont cherche, etc. Les services demandés comprennent
connues depuis quelque temps. Des expériences les communications à fréquence vocale et video, té-
sont en cours en vue de la mise au point d'un sys- lex, de fac-similé, la transmission de données
tème viable de réception d'informations imprimées avec affichage sur écran, la télévision en circuit
ou graphiques transmises conjointement avec des fermé, etc. Ces services peuvent être fournis par
programmes de télévision pour être captées par le les systèmes de satellites de communications et
poste de télévision ou reproduites par une méthode certains systèmes de satellitesde distribution.
de fac-similé au moyen d'un appareil spécial relié communications unidirectionnelles ou bidirection-
à ce dernier. Cela suffit à indiquer que de nom- nelles entre un usager et d'autres usagers mul-
breuses formes de diffusion de l'information qui, tiples spécifiés (appartiennent à cette catégorie
actuellement, oe relèvent pas de la télévision telle les communications entre le siège et les bureaux
qu'elle est traditionnellement définie peuvent e m - ou services extérieurs d'organisations interna-
prunter le canal du poste de télévision. tionales, de ministères des affaires étrangères,
Les diverses utilisations des communications d'entreprises industrielles ou commerciales,etc. );
par satellites ont été, d'autre part, conditionnées communications entre exploitants de moyens de
par les institutions et organisations qui sont déjà grande information tels qu'agences de presse,
des usagers des systèmesterrestres. Ces usagers journaux et radiodiffuseurs, pour le recueil et,
doivent être considérés à deux niveaux. Dans la dans certains cas, la diffusion des informations;
plupart des pays, l'exploitation des moyens de c o m - télévision éducative à l'usage exclusif des établis-
munication par satellites a été confiée à des orga- sements scolaires, etc. Ces services peuvent
nismes existants dont l'activité ne s'exerce pas être fournis par les systèmes de satellites de
dans le domaine spatial, mais dans celui des télé- communications et de distribution.
communications, c'est-à-dire aux administrations service unidirectionnel d'un point à un nombrein-
des télécommunications, aux ministères des com- défini d'autres points qui ne fonctionnentque pour
munications ou des postes et télégraphes, ou à des la réception, ce qui correspond au service de
compagnies de communications privées autorisées. radiodiffusion, où un usager unique transmet des
Dans quelques pays, des organismes spéciaux ont messages au public en général ; à l'heure actuelle
été institués, les plus importants étant la Comsat la radiodiffusion n'est confiée, dans tous les pays,
(Communication Satellite Corporation), aux Etats- qu'à des organismes autorisés qui fonctionnent
Unis, et Telesat, au Canada. L a Comsat a été créée au niveau national.
par une loi sous forme de société commerciale pri-
vée fonctionnant sous le contrôle du gouvernement Selon certaines indications, ces structures et caté-
et dont les actions sont détenues par les compagnies gories traditionnelles pourraient changer àl'avenir.
de télécommunications et le public. Conformément Certaines tendances s'exprimentpour faire ressor-
aux règlements en vigueur, la Comsat est chargée tir les difficultés du maintien d'une stricte distinc-
de fournir des moyens de communication par satel- tion entre les télécommunications et la radiodiffu-
lites dans les relations internationales et d'agir sion, qui est maintenant essentiellement destinée
c o m m e représentant des Etats-Unis (etconcurrem- au grand public, mais peut s'orienter vers le déve-
ment c o m m e gérant) dans l'organisation ïntelsat. loppement des transmissions destinées à des
Telesat Canada est constitué officiellement en so- groupes sociaux spécialisés. L a distinction entre
ciété pour assurer des communications par satel- moyens d'information imprimés et électroniques
lites dans le régime intérieur, avec un capital so- pourrait être rendue plus subtile par l'achemine-
cial réparti entre le gouvernement fédérai, les c o m - ment électronique largement répandu de documents
pagnies canadiennes de télécommunications et des imprimés et de représentations graphiques. Une
investisseurs privés. utilisation plus générale de circuits bidirectionnels
A un autre niveau, on trouve les usagers pour à la demande pour l'obtention de documents éduca-
lesquels ces moyens de communication sont exploi- tifs, d'information et récréatifs n'entrerait dans
tés. Ils comprennent toutes les institutionsactuelles aucune des catégories existantes. D e plus, il n'est
qui utilisent les services de télécommunications, pas indispensable que le contenu des programmes
dont les radiodiffuseurs et autres exploitants de de télévision soit radiodiffusé ; il peut @tre distri-
moyens de grande information, ainsi que le public. bué par câble ou au moyen de cassettes dans lepu-
Ces usagers doivent disposer de divers modes de blic. Il semblerait donc que l'onpuisse être amené
communication, à savoir : à modifier nos catégories actuelles et les struc-
tures d'organisation correspondantes.

19
4. REMARQUE SUR LES COUTS Une idée de la tendance des coQts des satellites du
système Intelsat assurant les communications de
La question du coQt éventuel d'un système par sa- point à point est donnée par le tableau suivant qui
tellite est souvent posée d'une telle manière qu'une présente des comparaisons économiques des quatre
réponse simple et nette est impossible faute de dé- générations de satellites commerciaux de c o m m u -
finition technique exacte d'une configuration spéci- nications/l :
fique du système. E n outre, afin de comparer di-
verses solutionset évaluations, il serait nécessaire Satellite Circuits Durée Circuits- Investiswnent
devie années par circuit-année
de convenir des coûts à prendre en compte ou bien théorique de capacité de capacité
les seuls coQts des satellites, des moyens de lan-
cement, des stations de commande et terriennes, $
întelsat 240 1.5an 360 15 300
et des récepteurs, ou bien également les coûts de
recherche et de développementet certaines dépenses lntelsat I I 240 3 ans 720 8 400
diverses concernant la programmation techniqueet lntelsat III 1200 5 ans 6 O00 1450
l'organisation administrative nécessaires. lntelsat IV 6 O00 7ans 42000 500
Il serait impossible, dans le cadre du présent
exposé, de prendre en considération ces derniers
aspects, aussi les remarques ci-après porteront- Les coûts des stations terriennes varient selon la
elles sur certainsfaits et chiffres caractéristiques complexité et la capacité du système, mais, pour
relatifs aux dépenses courantes effectivesque com- des systèmes tels qu'Intelsat, il semblerait qu'ils
porte la création d'un système de satellite, dans la ne soient guère inférieurs à quelque trois à quatre
mesure où l'on peut les déterminer. Il convienttou- millions de dollars. Cet ordre de grandeur est à
tefois de souligner que l'élément matériel d'un sys- comparer avec celui des premières stations ter-
tème de satellite utilisé pour l'éducationne peut être riennes, trois à quatre fois plus élevé.
considéré isolément et que les coûts de "software" Les chiffres concernant les systèmes de distri-
concernant la production et l'utilisation des pro- bution varient considérablement avec la capacité du
grammes représenteraient la majeure partie des satellite, la zone de couverture, le nombre de sta-
dépenses de fonctionnement du système. tions terriennes, et selon que celles-cidoivent être
L e facteur principal des coûts de lancement est utilisées pour la transmission et la réception des
- mise à partl'orbite, supposée être celle d'un sa- télécommunications et des programmes de télévi-
tellite synchrone géostationnaire le poids du satel-- sion, pour les télécommunicationsseulement,pour
lite, qui dépend à son tour de facteurs tels que la la réception des programmes de télévision seule-
configuration technique du système, les besoins en ment, etc.
énergie, le type de fréquence et la méthode de m o - E n règle générale, le coût d'ensemble d'un sys-
dulation utilisés, la capacité en voies, etc. tème téléphonique par satellite passe par un mini-
Les chiffres du tableau ci-après, relatifs au m u m pour un coût de stations terriennes relative-
système de satellites de communications exploité ment élevé. L a situation est différente dans le cas
commercialement par l'organisation Intelsat, sont d'un réseau comprenant un grand nombre de stations
ceux d'un système à grande capacité assurant les pour la réceptiondes programmes de radiodiffusion
communications internationales sur le plan mondial sonore et visuelle. Pour un nombre important de
et comportant des dépenses d'investissement éle- stations, il est indiqué d'utiliser des installations
vées à la fois en satellites et en stationsterriennes plus petites et moins onéreuses. Dans un réseau
(encoreque les coQts aient diminué dans les deux cas). spécialisé de distribution de télévision par satel-
lite, le rendement économique du système croît
très rapidement en fonction du nombre de stations
Satellite Année Cepacité Poids Coüt Coüt de du réseaula.
(voies iapprox.1 lance.
tel6phoniques ment En principe, le type de satellite qui sera utili-
ou canaux de (milliond e dollars
télévision des Etats-Unis) sé pour le système national canadien avec'une ca-
pacité de 12 répéteurs fournissant chacun 960voies
lntelsat 1965 240voies 42 kg 4 3.7 à 4 téléphoniques ou un canal de télévision coûterait
(Earlv Bird) ou environ 7, 5 millions de dollars. Avec ce type de
1 canna1 système, le coût approximatif des stations terriennes
lntelsat I I 1966-67 240 voies 95 kg 4 à 4.5 3.7 à 4 utilisées peut être de 2, 5 à 3 millions de dollars,
ou
1 canal
1. W.L. Pritchard : Communications satellites,
lntelsat III 1968-69 1200 voies 160 kg 6 5 presented at the Chania International Confe-
ou rence on Space researchand Applications, 1970.
4 canaux
2. N. V. Talyzine, L.I. Kantor et 1. M. Paianski :
lntelsat IV 1971.73 3 O00 à 600 kg 13.5 16 Paramètres de puissance et rendement écono-
10 000,
moyenne mique optimaux pour les systèmes de télécom-
6 O00 voies ou munications par satellite, Journal des télécom-
12 c a n a u x -
munications, vol. 38 V/1971.

20
alors qu'une station terrienne destinée uniquement existant en lemodifiantlégèrement. En outre, la plu-
à la réception de 12 canaux de télévision ne coûte- part des estimations ont été faites avant la Confé-
rait pas plus de quelque 130.000 dollars. Dans le rence administrativemondiale des télécommunica-
cas du système canadien, les coûts totaux ont été tions spatiales, qui s'est tenue à Genève, en juin et
estimés à environ 90 millions de.dollars pour un juillet 1971. Certaines décisions concernant des con-
prototype de satellite et trois modèles de vol, les traintestechniques peuvent encore venir affecter les
moyens de lancement, deux stations terriennes coQts.
principales, cinq stations régionales et vingt-cinq Plusieurs études de coûts de systèmes de satel-
stations pour la réception des programmes de télé- lites de radiodiffusion ont été effectuées au sein d'or-
vision et pour la téléphonie. ganisations internationales telles que les Nations
Les propositions de système national par satel- Unies et l'UIT, ainsi que par divers organismes na-
lite pour les Etats-Unis donnent un coût compris tionaux et entreprisesprivées. Il n'estpas possible
entre environ 70 millions de dollars et un chiffre de donner ici plus qu'une indicationdes résultats de
largement supérieur à 200 millions de dollars se- quelques-unesde ces études, mais on trouvera des
lon la capacité (danscertains cas jusqu'à 48 canaux informationsplus détaillées dans certains des docu-
de télévision ou environ 34. O00 voies téléphoniques), ments énumérés dans la bibliographie (annexe 1).
le type et le nombre de stationsterriennes (jusqu'à Divers prototypes d'équipements spéciaux de
400 dans certains projets). réception communautaire (antennes, convertis -
Dans un système de satellite de radiodiffusion, seurs, etc.) ont été mis au point et expérimentés
les dépenses d'investissement et les frais d'exploi- et les coûts en ont été évalués pour une fabrication
tation du secteur spatial et du secteur terrestre dé- en série. Si certains résultats donnent un coût de
pendent de la configuration requise pour la réalisa- l'ordre de 150 dollars c o m m e il est indiquépar le
tion des objectifs du système en ce qui concerne, Groupe de travail sur les satellites de radiodiffu-
par exemple, la fréquence et la méthode de modu- sion directe, aux Nations Unies, d'autres résultats
lation, le mode de transmission du son, la superfi- font ressortir des chiffres soit plus faibles, soit
cie de la zone de couverture, le nombre de pro- plus élevés. D'un intérêt particulier sont les chif-
grammes à diffuser simultanément, etc. fres fournis par des autorités de l'Inde et selon
D'une manière générale, il s'agit de choisir lesquels l'équipementcomplémentaire de réception
entre, d'une part, un satelliteet des moyens de lan- pourrait être fabriqué en Inde pour une s o m m e cor-
cement puissants, et par conséquent coûteux, avec respondant approximativement à 100 dollars. Il
des installations réceptrices peu coûteuses, et, est évident que si un tel équipement doit être fabri-
d'autre part, un satellite moins puissant,plus petit, qué par petites quantités, les coûts seraient beau-
avec des installations réceptrices plus sensibleset coup plus élevés que certaines estimations faites
coûteuses. L a première solution serait plus avan- pour une fabrication en série.
tageuse quandles points de réception sont nombreux Une étude effectuée en Inde11 concernantquatre
et disséminés sur de vastes étendues, la seconde solutions possibles pour couvrir tout le territoire
pourrait mieux convenir quand le nombre de points par la télévision a donné les résultats suivants :
de réception est assez limité. Il y a lieu de remar-
quer que ces facteurs sont plus ou moins importants Système CoGt COGt
initial annuel d e
selon la situation existante de la couverture du ter- maintenance
ritoire par le réseau de télévision. Etant donné que, (millionsde dollars
des Etats-Unisl
dans la majorité des cas, les systèmes de satellites
de radiodiffusion sont étudiés avant tout pour une
Stations émettrices classiques avec
utilisation à des fins éducatives dans les pays en liaisonsterrestresde faisceaux hertziens
voie de développement, les étendues de territoire (1 50 émetteurs et 24 O00 km de liaisons
à couvrir seraient vastes et les points de réception en micro ondes) 393.60 26.28
nombreux, en sorte que ce seraientles installations Radiodiffusion par satellite exclusivement
de réception au sol qui absorberaientla plus grande (une ou deux stations terriennes d'émission;
partie des dépenses d'investissement. réception directe par 560 O00 récepteurs
communautairesde village, d'un coût de
Les coûts totaux indiquéspour divers systèmes 345 dollars chacun) 225.05 9.50
varient considérablement selon qu'ils comprennent
Stationsde retransmission classiques
ou non les coûts secondaires. Parmi ces derniers, avec liaisons par satellite (150stations
on peut mentionner les coQts de satellites de ré- de retransmission avec équipement de
serve (en orbite ou au sol) ; de l'assurance contre réception additionnel) 325.15 21.70
les lancements manqués ; des installations de télé- Système hybride combinant la retrans-
mesure, de poursuite et de commande ; des travaux mission et la radiodiffusion directe (cinq
de génie civil pour la construction des stations ter- stations de retransmission) 224.04 9.78
riennes ; et de formation de personnel. Les coûts
de recherche et de développement seraient varia- 1. B.S.Rao, P.L.Vepa, M.S.Nagarajan, H.Sitaram et B.Y.Nerurkar:
bles selon qu'il faille réaliser spécialement un sys- Satellite Television :A system p.oposa1 for India, Space Exploration
and Applications, Papers presented at the United Nations Conference
tème par satellite pour des besoins particuliers ou on the Exploration and Peaceful Uses of Outer Space,Vienna 1968;
qu'il soit possible d'utiliser un modèle de système Nations Unies, New York, 1969.

21
Une étude semblable effectuée au Brésil/l donne (a) Deux satellites synchrones de télévision
les chiffres suivants pour un réseau assurant sur (b) Fusées porteuses et moyens de lancement
toute l'étendue du pays les télécommunications et (c) Satellite de réserve (au sol) ou assurance
la réception des programmes de télévision : correspondante.

COüt Maintenance sur


Etant donné que l'utilisation de systèmes de ra-
5 ans 10% pour les diodiffusion par satellites est prévue en premier
&les 20% pour les
liaisons en faisceaux lieu à des fins éducatives, des calculs ont été faits
hertziens également pour connaître ce qu'un système total
(millionde dollars de6 Etats-Unis1
représenterait du point de vue des frais par élève
et par an. ïï va de soi que les chiffres obtenus va-
Système de câbles comprenant 6 O00 km
de càble principal, 100 O00 km de câbles rient sensiblement selon la nature des coQts pris
de raccordement et 23 O00 km de câbles en considération et les hypothèses admises quant
d'alimentation 400 mo aux coûts des divers éléments.
Système de liaisons en hyperfréquences
de 129 O00 km avec 3 375 stations de
relais et 1 420 stations terminales 170 170 5. DIFFERENTES SOLUTIONS
Système de satellites comprenant deux
satellites, 1 O00 stations de télbcommuni- Les progrès techniques ont mis à notre disposition
cations, t2 stations réceptriceslémettrices
et 152 O00 postes pour la réception directe 116.1 19
plusieurs méthodes utilisables pour la communica-
tion et la distributionde toutes sortes de messages
électroniques. U n exemple peut en être donné en
Ces estimations, parmi d'autres, montrent que ce ce qui concerne un "programme de télévision"
sont les récepteurs de télévision qui, dans les dé- actuel. U n tel programme peut être diffusé par les
penses d'investissement, représentent 1' élément moyens suivants :
principal. Dans la télévision transmise par des
satellites ;
moyens terrestres, les stations représentent des
réseaux de faisceaux hertziens et d'émetteurs ter-
coûts importants, alors qu'il est fréquent que le
restres traditionnels, avec possibilité d'ajouter
coQt d'un satellite d'un système àliaisons spatiales
des canaux dans les g a m m e s des hautes fré-
n'excède pas 10 % des dépenses d'investissement.
quences (bande des 12 GHz) ;
C'est pourquoi il a été souligné que tout cequipour-
systèmes de câbles de diverses sortes ;
rait être fait pour abaisser le coût des récepteurs
bandes magnétiques video, video-cassettes, video-
ou pour les faire durer plus longtemps, ou tout in-
disques;
vestissement dans le satellite ayant pour effet de
combinaison de deux ou plus de ces méthodes, par
réduire le coQt de la modification des récepteurs
exemple satellites et systèmes de câbles ou
au sol affecterait sensiblement le coût total.
d'émetteurs.
Pour ce qui est du coQt du satellite et de son
lancement, une des meilleures indications que l'on M ê m e s'il est possible de définir les avantages et
possède est l'offre faite par Hughes Aircraft C o m - inconvénients techniques de chacune de ces solu-
pany pour un satellite semblable à celui du système tions, il est évident qu'une décision ne peut être
national canadien (HS 3331, capable de transmettre fondée sur les seuls aspects technologiques. Quoi-
concurremment deux programmes de télévision des - que d'importance majeure, les caractéristiques
techniques et les considérations économiques doi-
tinés à des récepteurs communautaires. C e satel-
lite peut être lancé par la fusée Thor Delta. L e vent être placées dans une plus large perspective.
coQt estimé d'un satellite et de son lancement L e s problèmes qui se posent vont du besoin d'éta-
(compte tenu d'une s o m m e pour la souscription blir des priorités sociales pour l'utilisation des
d'une assurance en cas d'échec) est d'environ 15 fréquences radio-électriques à l'importance rela-
millions de dollars. tive qui pourrait ou devrait être accordée à la té-
L a m ê m e société a indiqué un prix d'environ lévision éducative dans un contexte donné. Ces
29 millions de dollars, pour un secteur spatial problèmes obligent à leur tour à considérer les
comprenant : effets possibles de la technologie des satellites.
1. Comissao Nacional de Atividades Espaciais,
Sao José dos Campos, Brésil, mai 1968.

22
III. EFFETS DES COMMUNICATIONS PAR SATELLITES

1. GENERALITES L'effet de l'introduction d'un moyen tel que la té-


lévision est évidemment d'autant plus grand que
L'importance que revêtent les communications par les autres moyens d'information sont moins pré-
satellites est l'occasion d'autant d'interprétations sents dans un milieu donné. Les préoccupations
qu'il s'exprime de théories sur le rôle, la fonction et les craintes exprimées au sujet de la diffusion
et l'effet des communications sur les individus et possible par satellites de programmes de télévi-
la société. Il semble que, maintes fois, les atti- sion non désirés montrent bien l'importance attri-
tudes envers les communications par satellites se buée à la fois au moyen et au message, quelle que
sont cristallisées àun degré inaccoutumé autour de soit la position théorique adoptée. D'une part,
pôles opposés dans la controverse sur les moyens on reconnait la plus grande influence de la télévi-
d'information et les messages. Ceux pour qui "le sion par comparaison avec un moyen tel que la ra-
moyen est le message même", pour qui les voies diodiffusion sonore sur ondes courtes,d'autre part,
de communication ont en elles-mêmes une impor- on conçoit que certains contenus de messages sont
tance décisive, décrivent souvent les satellites de plus acceptables - ou plus difficilement accepta-
communications c o m m e le sommet de la révolution
dans les communications et l'information d'où doit
bles - que d'autres.
O n entend souvent dire qu'une des principales
sortir la transformation de notre monde en un vil- conséquences de la technologie moderne des c o m -
lage universel. Au contraire, ceux pour qui le munications, telle qu'elle est spécifiquement re-
moyen, la voie de communication, passe après le présentée par les communications par satellites,
contenu, après ce qui est communiqué, semblent serait l'information instantanément et universelle-
plus hésitants. Certains considèrent les communi- ment disponible. L e problème serait alors celui,
cations par satellites c o m m e un nouveau pas vers non plus de l'existence de l'information, mais de
des moyens de grande information encore plus puis- sa sélection. Cela impliquerait la reconnaissance
sants et envahissants dont le contenu assujettit les du besoin de nouvelles formes d'éducation afin que
individus à un ordre technocratique. D'autres pré- "les individus puissent faire face avec efficacité,
voient, sinon une prison universelle, du moins une imagination et discernement à la surabondance
masse universelle d'individus chancelants,plus ou d'informations''/l, ou de la place importante que
moins désemparés, sous l'effetde flots permanents tiennentles moyens de grande information, de l'im-
d'informations incohérentes. portance de leurs buts, de leurs principes et de
-
Sans prendre parti sauf peut-être pour con- leurs pratiques. Cependant, il n'est pas possible
sidérer ces opinions c o m m e se complétant plutôt de traiter ces problèmes sans indications sur les
que s'excluant mutuellement - nous pensons que tendances, les possibilités et les effets de c o m m u -
nications par satellites à la lumière de certainsde
certaines observations générales, quoique plus m o -
destes, sont à leur place ici. leurs aspects plus nettement définis. Les effets'
Les changements intervenus dans les systèmes peuvent être vus sous divers angles, en réponseà
de communications et grace auxquels un plus grand des questions telles que celles-ci : quelle sorte
nombre de personnes peuvent accroître leurs pos- d'information peut ou doit être transmise par sa-
sibilités d'information, d'éducation ou de distrac- tellites ? Sous quelles formes ? Par qui ? Pour
tion, et cela avec l'avantage d'un plus grand choix, qui et à quelle fin ? Dans quel contexte ?
pourraient avoir en eux-mêmes de profondes con- Les services de communications par satel-
séquences, indépendamment du message transmis lites sont mis en exploitation dans des contextes
à un moment quelconque. C'est par sa seule pré-
sence que la télévision est appelée à mettre fin au
sentiment d'isolement des communautés éloignées. 1. Michael N. Donald : The Unprepared Society.

23
socio-économiques, politiques et culturels très di- d'aujourd'hui à laquelle il convient de porter re-
vers. Les effets en seront donc variables d'un pays mède est la disparité entre les centres urbains
à un autre ou d'une région à une autre. Une des dif- et les régions rurales, particulièrement apparente
férences fondamentalesse présentera entre les pays dans le cas de l'information et des moyens de c o m -
possédant déjà un réseau de télécommunications et munication. Ces moyens Sont traditionnellement
de radiodiffusion bien développé et les pays aux créés d'abord dans les villes, d'où ils pénètrent
moyens d'action limités et insuffisants, où des fac- lentement à la campagne, si toutefois ils y pénè-
teurs géographiques et autres augmentent les diffi- trent jamais. Les réseaux de télécommunications
cultés qu'ils éprouvent à créer des réseaux cou- terrestres et de télévision ne parviennent presque
vrant tout leur territoire. Ces deux catégories cor- jamais à couvrir tout le territoire. E n conséquence,
respondraient généralement, mais non parfaitement, I l Jusqu'à
, l'apparition de la technologie spatiale,
aux régions industrialisées et aux régions'en voie seules pouvaient profiter des nombreux avantages
de développement. d'une société moderne les communautés des grandes
Il a été affirmé que la technologie des satel- zones métropolitaines ou celles qui étaient reliées
lites serait particulièrementinappropriée aux pays physiquement à ces zones. Grâce aux communica-
en voie de développement parce qu'elle est coû- tions par satellites,il est maintenant possible d'at-
teuse, extrêmement complexe et qu'elle pose de teindre des communautés isolées dispersées sur
nouveaux problèmes alors queles problèmes actuels une vaste région sans avoir à supporter des dé-
restent à résoudre. penses prohibitives ... Cet aspect de la technolo-
S'il est bien évident que le facteur coût est une gie spatiale est particulièrement important pour
considération essentielle, le niveau des dépenses les pays en voie de développement où l'agriculture
ne doit cependant pas empêcher de procéder à une joue un rôle prépondérant et où de larges sections
évaluation au point de vue des buts de développe- de la population vivent en dehors des villes et pré-
ment dont la réalisation peut être favoriséede cette sentent un faible niveau d'alphabétisation. Les pro-
manière, et dans certains cas de celle-là seule.11 grammes d'enseignement et d'information suscep-
faut d'ailleurs ajouter qu'il ressort d'estimations tibles de contribuer à développer l'idée de moder-
financières que les coûts des systèmes par satel- nisation et l'emploi de nouvelles techniques pour
lites ont suffisamment diminué pour être éventuel- la production alimentaire et l'amélioration de la
lement à la portée des pays en voie de développe- santé publique et de l'hygiène sont beaucoup plus
ment et pour représenter, à tout le moins, une op- faciles à appliquer si de bonnes liaisons audio-
tion à prendre sérieusement en considération. visuelles peuvent être établies de façon à couvrir
Il a été reconnu dans diverses organisations tout le pays. D'autre part, beaucoup de pays en
internationales, et en premier lieu aux Nations voie de développement sont placés devant un pro-
Unies, qu'un maximum d'efforts devaientêtre faits blème grave créé par des forces sociales dedésin-
pour aider les pays en voie de développement à bé- tégration. Ils ne subsisteront que par l'intégration
néficier de la technologie spatiale. O n a insisté sur de nombreux groupes tribaux-religieux et régio-
le fait que, si ces pays continuent de compter sur naux ayant des traditions culturelles et politiques
les techniques traditionnelles sans se lancer dans distinctes. U n système unique de communications
la nouvelle technologie, leur retard par rapport de masse faisant partager à toute la population la
aux pays technologiquement avancés, loin de se m ê m e expérience peut jouer un rôle important en
combler, ira s'accentuant. "Plusieursapplications créant le sentiment de l'unité du territoire"/l.
pacifiques de l'espace extra-atmosphériquepeuvent
être maintenant mises en oeuvre dans les pays en
voie de développement pour donner à ceux-ci une 2. EFFETS DANS LE DOMAINE DE
nouvelle impulsion dans la voie du progrès. Par L'INFORMATION, DE L'EDUCATION
dessus tout, il est nécessaire de veiller à ce que ET DE LA CULTURE
ces pays ne soient pas contraints de passer par les
m e m e s étapes que celles par où sont passés au U n des avantages potentiels les plus évidents des
siècle dernier les pays maintenant technologique- communications par satellites serait la fourniture
ment avancés. Nombre de techniques traditionnelles de liaisons peu coûteuses et sûres pour les services
deviennent beaucoup plus efficaces en fonction de téléphoniques, télex et similaires dans le monde
leurs coûts si on les combine avec des applications entier. Les opinions diffèrent toutefois sur ce qu'en
spatiales. L'explosion démographique et le monde seraientles conséquences. Les gens écriraient-ils
qui se rétrécit rapidement ne permettent pas que
l'on retarde les avantages à retirer de l'espace
jusqu'à ce que les méthodes plus anciennes aient 1. Extrait de : The application of Space technolo-
été épuisées. L a question n'est pas de savoir si gy to development, rapport établi par Vikram
les pays en voie de développement peuvent se per- Sarabhai, P.D. Bhavsar, E.V. Chitnis, et
mettre les utilisations pacifiques de l'espace extra- P.R. Pisharoty pour le Comité consultatifsur
atmosphérique mais plutôt s'ils peuvent se per- l'application de la science et de la technique
mettre de s'en désintéresser. "/1 au développement (documentdes Nations Unies
Une autre grande inégalité du monde E/AC.52/XV/CRP. 1, 9 juin 1971).

24
plus ou moins de lettres, se déplaceraient-ilsplus d'information, mais, ce qui est encore plus im-
ou moins, changeraient-ils leurs habitudes d'une portant, ils peuvent aussi contribuer à accroftre
manière ou d'une autre ? On ne s'accorde pas non l'échange des nouvelles entre ces centres et les
plus quant aux effets des communications par satel- régions en voie de développement ainsi que dans
lites dans des domaines plus complexes tels que et entre les pays en voie de développement eux-
l'accroissement et la modification des courants mêmes.
d'information ou que la télévision éducative diffu- Les objectifs suivants concernantl'utilisation
sée par satellites. des communications par satellitespour l'éventuelle
L a pollution est devenue un concept majeur diffusion mondiale d'informations ont été considé-
utilement applicable à des domaines autres que rés c o m m e de première importance à une réunion
notre environnement matériel. Les ingénieurs des de l'Unesco, en 1969 :
télécommunications parlent de plus en plus de pol-
lution hertzienne en se référant à l'utilisation sans ''assurerun meilleur équilibre de la diffusion des
discernement des fréquences radio-électriques et nouvelles visuelles dans le monde, notamment en
aux brouillages et perturbations causés par un n o m - ce qui concerne les nouvelles à destination ou en
provenance des régions en voie de développement
bre sans cesse croissant d'appareils électriques
et l'échange de nouvelles entre ces régions ;
et autres, ces deux causes étant susceptibles de né-
mettre les communications par satellites à la dis-
cessiter des mesures énergiques tendant à une uti-
position de tous les pays, en accordant une atten-
lisation rationnelle des radiocommunications.
tion particulière aux petits pays et aux pays
Les résultats de recherches sérieuses sur
en voie de développement ;
l'avenir des services postaux entreprises dans cer-
offrir aux organismes de radiodiffusion du monde
tains pays tels que la Franceetles Etats-Unis lais-
entier des possibilités et des conditions leur
sent entrevoir une "pollution postale'' qui pourrait
permettant d'utiliser les systèmes de communi-
ne nous laisser d'autre choix que l'utilisation de
cation par satellitespour le rassemblement, la
services postaux électroniques où le satellite joue-
transmission et la diffusion des informations ;
rait le rôle de "bureau de poste orbital"/l.
créer des conditions permettant aux institutions
Une situation comparable apparaft dans d'au-
de grande information du monde entier de coopé-
tres branches du domaine de l'information. Nous
rer pour échanger desnouvelles et rendre compte
avons déjà atteint un stade où le concept de pollu-
de l'a~tualité"/~.
tion en matière de données et de publications est
pris au sérieux. L'attention a été particulièrement Les questions de tarifs, d'accès, d'installations
attirée sur l'information scientifique. Aujourd'hui, techniques et de personnel qualifié doivent donc
quelque 3 5. O00 revues scientifiques publient envi- être considérées compte tenu de la façon dont le
ron deux millions d'articles par an, écrits par monde est informé ou veut être informé sur lui-
750.000 hommes de science dans une cinquantaine même. Les moyens perfectionnés de transmission
de langues/2. La combinaison des ordinateurs et des nouvelles qui peuvent être offerts maintenant
des satellites pourrait offrir l'occasion de s'atta- gr2ce aux systèmes par satellites doivent être en
quer sérieusement à l'accroissement des données outre examinés du point de vue qualitatif aussi bien
scientifiques dont le rythme devient rapidement que quantitatif. O n ne doit pas se préoccuper uni-
trop élevé pour que, dans de nombreux domaines, quement du volume d'informations ou de la vitesse
on puisse continuer de les exploiter c o m m e il con- de transmission. "Il faut considérer les décisions
vient. Les bibliothèques deviennent déjàdes centres qui peuvent être nécessaires pour que ce flux d'in-
d'informatique où les données sont emmagasinées formations soit canalisé de manière à atteindrele
et retrouvées par des moyens électroniques. Ces -
consommateur final le lecteur de journal,l'audi-
centres devront être interconnectés pour pouvoir teur, le téléspectateur quelconques - sous une
partager leurs ressources,et beaucoupde personnes forme compréhensible et qui lui permette de se
estiment que le satellite de communications cons- faire une juste idée de la portée de la masse d'in-
tituera la liaison idéale entre centres d'informatique. formations instantanées que le progrès technique
Les satellites peuvent recevoir d'importants vo- est capable de lui communiquer. "14 L e processus
lumes de données, les transmettre rapidement à
des centres de traitement dans le monde entier et 1. Cette expression a été employée par Arthur
communiquer tels ou tels détails à la demande et à C. Clarke dans denombreux articles et discours.
tout endroit. 2. Voir Harrison Brown : Toward an effective
Une autre branche du domaine de l'information world science information system. Conférence
est celle du recueil, de la transmission et de ladif- prononcée à l'Assemblée générale du CIUS,
fusion des nouvelles dans le monde. L à encore, des Madrid, 25 septembre 1970.
moyens perfectionnés de communication tels que les 3. Voir : La radiodiffusion par satellites, Etudes
systèmes par satellites peuvent présenter un im- et documents d'information no 60, Unesco,
mense avantage, en particulier en ce qui concerne Paris, 1970.
les nouvelles visuelles. Non seulement les sa- 4. Wilbur Schramm and William J. Platt : Satel-
tellites permettent d'acheminer plus sûrement un lite-distributed educational television for de-
volume accru de nouvelles entre grands centres veloping countries, Washington, August, 1968.

25
de mise au point des informations pour la diffusion professionnelle dans tous les domaines, ne peuvent
devient non pas moins, mais plus important au fur être satisfaits que par une utilisation massive de
et à mesure des progrès des communications moyens techniques modernes et en particulier de
spatiales. la télévision. Si, à ces besoins quantitatifs,on
? E n ce qui concerne l'éducation, onadmet géné- ajoute les besoins qualitatifs exprimés par l'éléva-
ralement que la principale contribution de la tech- tion du niveau (des capacités du personnel ensei-
nologie des satellites sera d'assurer la télévision gnant, lamise en applicationde nouvelles méthodes
éducative. Cette combinaison nouvelle des satel- d'enseignement, l'accent mis sur une extension
lites, de la télévision et de l'éducation présente massive de la formation scientifique et technique,
des problèmes captivants et donne lieu à de mul- et l'introduction de nouveaux programmes destinés
tiples controverses. à contribuer à la modification des attitudes, on ne
L a contribution spéciale de la technologie des peut s'empêcher de conclure que les moyens à uti-
satellites à la distribution de la télévision éduca- liser doivent être aussi massifs que les change-
tive est considérée c o m m e la clé de la solutionde ments requis.
plusieurs problèmes de développement des res- E n ce qui concerne tous les aspects de l'l'édu-
sources humaines. "Elle peut non seulement vain- cation des adultes", qui n'ont jamais fait partie
cre les obstacles naturels et la distance, mais des systèmes traditionnels d'enseignement, il ne
aussi réformer et moderniser les systèmes d'édu- fait aucun doute que seule la technique moderne
cation plus rapidement qu'il ne serait possible par fournit le moyen d'atteindre des populations n o m -
d'autres moyens, donner à davantage de personnes breuses dispersées sur de vastes régions13.
accès à l'éducation et à la formation professionelle, Il est évident que, dans l'expression "télévi-
mettre les meilleurs professeurs à la postée de sion éducative", on doit entendre l'éducation dans
vastes auditoires, aider à intégrer de larges frac- son sens le plus large. Et le concept d'une éduca-
tions de la population dans la vie sociale, écono- tion se poursuivant la vie durant doit être lié au
mique et culturelle de la nation ou de la région, et développement des moyens d'information. "C'est
contribuer à la compréhension internationale. "/1 pourquoi le recours aux techniques les plus avan-
O n admet en second lieu que la télévision cées apparaft c o m m e la seule solution de nature
être un instrument efficace d'éducation, cela à con- à permettre la création d'un lien organique entre
dition d'être judicieusement utilisée. Il devient évi- l'éducation et l'information, la coordination inté-
dent que l'emploi de la télévision remet en question grée des différents niveaux et différentes catégo-
les concepts traditionnels d'éducation et de m é - ries d'enseignement pour le développement, l'ou-
thodes pédagogiques. "C'est une situation oùun édu- verture de l'école au plus grand nombre et l'inter-
cateur ne peut se contenter d'enseigner toujours la communication avec le milieu social et culturel. "14
m ê m e chose, un contenu neutre, selonune méJhode Ces opinions n'impliquent pas que la télévi-
périmée. Si jamais une révision profonde des pro- sion éducative diffusée au moyen de satellitesdoive
grammes s'est imposée dans l'histoire d'un sys- résoudre tous les problèmes. "On doit procéder à
tème scolaire, c'est bien en ce moment. une estimation objective de lamesure dans laquelle
Les moyens de grande information tels que la la nouvelle technologie des satellites de communi-
télévision, qui touchent toute la population, présen- cations peut répondre aux espoirs mis en elle ...
tent des particularités qui expliquent leur impor- Tout système technique important comporte de
tance pour l'éducation et le développement national. nombreux éléments et, parmi ceux-ci,c'est géné-
Ils offrent la possibilité de s'adresser régulière- ralement l'élément proprement technique qui pré-
ment à de larges auditoires, que ce soit dans les sente le moins de complexité. L a question le plus
conditions normales de l'enseignement en classe ou souvent négligée est peut-être celle de la justifica-
au-delà. Ils sont modernes et souples, et par con- tion sociale, particulièrement en ce qui concerne
séquent capables de lier l'éducatiçm à l'actualité les besoins des utilisateurs. A supposer que le
et l'adapter auxnouvellesmatières et aux nouvelles
méthodes pédagogiques.
D'autre part, ainsi que l'ont rapporté plusieurs
missions de l'Unesco qui ont étudié dans divers 1. Wilbur Schramm and William J. Platt, op. cit.
pays l'utilisation des communicationspar satellites 2. Wilbur Schramm : Satellitesfor Education : Les.-
pour l'éducation et le développement national, les sons from a Decade of Experience with Educa-
méthodes traditionnelles ne peuvent convenir pour tional Television, United Nations Conference
mener à bien les tâches actuelles et futures des on the Exploration and Peaceful Uses of Outer
systèmes d'enseignement. C o m m e c'est le cas en Space (doc. A/CONF.34/1.6, 3 june 1968).
Amérique du Sud, "les besoins quantitatifs dus àla 3. Preparatory study of the Use of Satellite C o m -
croissance de la population et aux programmes na- munication for Education and National Develop-
tionaux ayant pour objet d'instituerun enseignement ment in South America, Unesco, Paris, M a y
primaire pour tous d'une durée de 5 ou 6 ans, 1970.
de prolonger et de réformer l'enseignement secon- 4. Arab States, The Use of Satellite Communica-
daire, d'accroître et de réorienter l'enseignement tion for Education and National Development,
supérieur, et de développer la formation Unesco, Paris, March 1971.

26
système puisse être construit, sera-t-ilaccepté et extra-atmosphérique. A la suite de diverses réso-
utilisé c o m m e prévu par ceux à qui on le destine ? "/1 lutions fondamentales (en particulier des résolu-
L'utilisation de la télévision éducative diffusée tions 1972 (XVI)et 1802 (XVII)),l'Assemblée gé-
par satellites doit être également considérée sous nérale a adopté, en 1963, une "Déclaration sur les
l'angle d'un juste équilibre entre des programmes principes juridiques régissant les activités des
éducatifs massivement distribués et le besoin d'une Etats en matière d'exploration et d'utilisation de
éducation adaptée aux exigences locales et l'espace extra-atmosphérique". L a plupart de ces
individuelles. principes ont été par la suite incorporés dans le
Une conclusion générale semble se dégager. Traité de l'espace de 1967/2, actuellement c o m -
Quand on traite de la technologie des satellites, une plété par des accords spéciaux sur des sujets par-
analyse de leur utilisationou une évaluation de leurs ticuliers (sauvetage des astronautes, responsabi-
effets éventuels est impossible dans les conditions lité, etc. ).Les principes incorporés dans la Décla-
traditionnelles d'un cloisonnement étanche. 11 est ration et le Traité constituent un cadre pour la
nécessaire d'appliquer une méthode d'examen inté- réglementation internationalede toutes les activités
grée au groupe d'activités contenues dans l'éduca- spatiales et sont donc également valables pour les
tion, l'information, la culture et la communication, communications par satellites.
à quoi il convient d'ajouter des aspects tels que L a formulation des dispositions juridiquescon-
l'accès aux techniques et les transferts technolo- cernant l'espace a été abordée intellectuellement
giques dans ce domaine vital et en expansion. dans une optique différente des notions tradition-
nelles du droit international.
L'attitude fondamentale,telle qu'elle s'exprime
3. INCIDENCES JURIDIQUES ET DROIT dans le préambule et l'article premier du Traité,
INTERNATIONAL APPLICABLE est l'intérêt c o m m u n de l'humanité dans l'espace
extra-atmosphérique. C e principe est explicite-
C o m m e dans le cas de nombreuses autres activités ment et implicitement mis en évidence dans plu-
rendues possibles par des réalisations techniques sieurs dispositions du Traité aux termes desquelles
récentes et d'une grande portée, les communica- l'exploration et l'utilisation de l'espace extra-
tions par satellites, et en particulier la radiodiffu- atmosphérique doivent avoir lieu au profit de tous
sion par satellites, soulèvent des problèmes juri- les peuples, les astronautes doivent être considé-
diques complexes. Les règles internationales juri- rés c o m m e les envoyés de l'humanité, etc. L'in-
diques et autres doivent tenir compte de diverses ternationalisation de l'espace extra-atmosphérique
sphères d'activité et être par conséquent conçues est également exprimée dans le principe général
dans un esprit interdisciplinaire. selon lequel le droit international, y compris la
Sous leurs divers aspects, les communications Charte des Nations Unies, est applicable aux acti-
par satellites représentent une nouvelle activité vités spatiales. Dans la Déclaration c o m m e dans
combinant des caractéristiques d'au moins quatre le Traité, ce principe est complété par un certain
domaines distincts : technologie spatiale appliquée, nombre de dispositions particulières au droit
services de radiocommunications, radiodiffusion spatial :
et information. Ces quatre domaines ont été régis
principe de la libre utilisation de l'espace extra-
jusqu'ici par des concepts et des réglements créés atmosphérique par tous les Etats sans discrimi-
séparément et ne concordant pas nécessairement
nation, à considérer conjointement avec le prin-
entre eux. Les lois et les principes applicables se
cipe selon lequel l'espace extra-atmosphérique
rattachent donc à des domaines tels que le droit ne peut fairel'objet d'une appropriationnationale
international général ; le droit spatial ; la régle- sous une forme quelconque ;
mentation internationale des télécommunications ;
accent mis particulièrement sur les principesde
les principes concernant les droits de l'homme et
coopération, d'assistance mutuelle et de c o m m u -
la liberté de l'information ; la légalité du contenu
nauté d'intérêts applicablesà toutes les activités
des programmes transmis ou radiodiffusés en ce
spatiales.
qui concerne le droit d'auteur et les droits voisins,
le droit à la sauvegarde de la vie privée, la diffa- L e principe de la souveraineté et de l'égalitédes
mation, etc. Etats est complété par la notion que les Etats assu-
D'un intérêt particulier dans le cadre de la pré- ment la responsabilité internationale des activités
sente étude sont les principes du droit spatialet du
droit international des t élécommunications. 1. Delbert D. Smith : Educational Satellite Tele-
communication : The Challenge of a N e w Tech-
Droit spatial nology, Bulletin of the Atomic Scientists,
April 1971.
L e droit spatial est le recueil de normes juridiques 2. L e titre complet est : Traité sur les principes
internationales qui a été constitué dépuis le début régissant les activités des Etats en matière
des années 1960, principalement sous les auspices d'exploration et d'utilisation de l'espaceextra-
de l'Assemblée générale des Nations Unies et du atmosphérique, y compris la lune et les autres
Comité des utilisations pacifiques de l'espace corps célestes (1967).

27
spatiales, que celles-ci soient exercées par les Droit international des télécommunications
Etats eux-mêmes, par des organisations interna-
tionales ou par des entités non gouvernementales. L e droit international des télécommunications tel
Cela signifie qu'aucune activité intéressant l'espace qu'il a évolué au cours des cent dernières années
extra-atmosphérique ne peut être exercée sansle présente un certain nombre de caractéristiques
consentement du gouvernement responsable. spéciales et de problèmes spéciaux.
L e sujet des communications spatiales a été C o m m e point de départ, les instruments juri-
spécifiquement ment ionné dans plusieurs résolu - diques applicablessont la Convention internationale
tions adoptées par l'Assemblée générale. Toutes des télécommunications et le Règlement des radio-
soulignent le principe de la coopération internatio- communications qui ont tous deux force de traité.
nale, en particulier pour mettre les communica- Ces instruments diffèrent de la plupart des autres
tions par satellites à la disposition des usagers sur traités internationaux par la manière dont ils sont
une base mondiale et non discriminatoire. établis et adoptés (par les conférences de plénipo-
L a radiodiffusion par satellites a reçu une tentiaires et administratives de l'UIT), par leur
attention particulière. C o m m e suite aux travaux du contenu et par leurs modalités d'application et la
Groupe de travail sur les satellites de radiodiffu- façon dont ils sont administrés. A la basedu droit
sion directe, constitué en 1969, la 25e Assemblée international des télécommunications,on trouve le
générale a adopté à l'unanimité une résolution principe de la souveraineté des Etats exprimé sous
(2733 (XXV)) à ce sujet. Outre qu'elle reconnaft forme du droit souverain pleinement reconnu que
les avantages potentiels de la télévision par satel- possède chaque Etat de réglementer ses propres
lites, notamment pour les pays en voie de dévelop- télécommunications, y compris la radiodiffusion.
pement, et l'importance d'une large coopération Cependant, la coopération internationale est néces-
internationale, l'Assem6lée recommande "que les saire pour établir les liaisons de télécommunica-
Etats membres et les organisations régionales et tions entre pays et pour l'utilisation des ondes
internationales,y compris les associationsde radio- radio-électriques, qui se propagent sans égard
diffusion, favorisent et encouragent la coopération pour les frontières créées par l'homme.
internationale aux échelons régional et autres, afin Les principes essentiels du droit international
notamment de permettre à tous les participants de des télécommunications concernent notamment
prendre part à la création et à l'exploitation de ser- l'attribution internationale des fréquences, l'auto-
vices régionaux de radiodiffusion par satellite ou à risation gouvernementale d'exploiter des stations
la préparation et la production de programmes", de radiocommunication de toute nature, la notifica-
Il est normal que, dans un domaine aussinou- tion internationaleet l'enregistrement international
veau que le droit spatial, en constante évolution,il des utilisations de fréquences, l'interdiction des
se produise des divergences d'opinion quant à l'in- brouillages nuisibles et, dans une certaine mesure,
terprétation et à l'application des principes adoptés, la couverture effective du territoire national par
étant donné, en particulier, que ces principes re- la radiodiffusion.
présentent une nouvelle dimension du droit inter- C o m m e dans d'autres contextes, un problème
national. important soulevé sur le plan international par la
S'il y a accord général sur l'applicabilité dela transmissionou l'émission de programmes au moyen
Charte des Nations Unies, du Traité de l'espace de de satellites résulte du besoin de tenir une balance
1967 et des dispositions pertinentes de la Conven- entre deux considérations légitimes et parfois con-
tion internationale des télécommunications et du tradictoires : d'une part, le désir et la nécessité
Règlement des radiocommunications (voirci-après) d'accroître la libre circulation et la large diffusion
en ce qui concerne les communications et la radio- de l'information et de programmes éducatifs et cul-
diffusion par satellites, les opinions diffèrent sur turels, et, d'autre part, le désir de protéger les
la question de savoir si et dans quelle mesure le détenteurs de droits couverts par les diverses con-
contenu des programmes diffusés par satellites,doit- ventions internationales. A cet égard, il est néces-
être réglementé par de nouvelles dispositions juri- saire de parvenir'àdes accords internationaux mon-
diques. Certains pays sontfavorables à de nouvelles dialement acceptables, compte tenu des intérêts de
définitions de principes généraux ou m ê m e à des tous les pays et en particulier des besoins des pays
règlements détaillés, tandis que d'autres considè- en voie de développement.
rent que de tels efforts sont prématurés et que L'attention a été également appelée sur la né-
d'autres encore préféreraient des accords régio- cessité d'un instrument international facilement et
naux et internationaux de coopération. Les difficul- mondialement acceptable protégeantles programmes
tés sont évidentes, étant donné les différencesexis- de télévision transmis ou émis par satellite contre
tant dans le rôle, le statut et la structure de lara- une utilisation non autorisée.
diodiffusion dans le monde ainsi que dans l'inter- Ces questions sont actuellement à l'étude à la
prétation donnée à des concepts tels que la liberté fois à l'Unesco et à 1'OMPI(Organisation mondiale
d'expression,la censure et le contrôle des moyens de la propriété intellectuelle).
d'information. Des échanges de vues ont également eu lieu au
sujet des normes culturelles et sociales incorpo-
rées dans les législations nationales relatives à

28
des questions telles que la diffamationpar l'écrit Cette coordination, toutefois, se heurte à des
ou par la parole, le droit à la sauvegarde de la vie difficultés du fait que les institutions nationales
privée, ainsi qu'aux différentes règles applicables sont le plus souvent mal équipées pour traiterde
au droit de réponse et de rectification. Etant donné problèmes nouveaux et pluridisciplinaires. Il s e m -
qu'il n'existe pas de règlements mondialement ac- ble symptomatique que dans des déclarations de
ceptés, l'opinion a été émise que des solutions pour- principe aussi formelles que les plans nationaux
raient être recherchées par la voie d'accords bila- de développement économique et social, l'éducation,
téraux et multilatéraux au niveau des gouvernements l'information et les communications soient traitées
ou à un autre niveau. séparément. Dans le domaine de l'éducation et de
l'information, les plans et les programmes natio-
naux sont souvent établis sans considération des
4. CADRE INSTITUTIONNEL, ORGANISATION nouveaux moyens de,grande information ou sans
ET PLANIFICATION que les possibilités de ces moyens soient reconnues.
Cette question doit être également considérée
Ainsi qu'il a déjà été mentionné à plusieurs re- dans la ligne adoptée par la Conférence générale 'de
prises, la branche d'activités que représentent les l'Unesco au sujet d'anplan àlong terme pour les tra-
communications par satellites dépend d'activités vaux de l'Organisation. Dans ce plan, il est indiqué
relevant d'un grand nombre d'autres domaines et que "le progrès accéléré des techniques de communi-
leur est étroitement liée. L a nécessité d'une poli- cation et la diversification croissante des moyens
tique intégrée et pluridisciplinaire est évidente si d'information ont ouvert des perspectives nouvelles,
l'on veut rapprocher des domaines aussi apparem- notamment pour l'éducation à tous les niveaux et à
ment disparates quela technologie spatiale, les té- tous les âges". Cette évolutionnécessiteune analyse
lécommunications, la radiodiffusion, l'information précise de l'effet des moyens de communication et
et l'éducation, le développement économique et so- des servicesqu'ils peuvent rendre. L a planification
cial, les sports et.lesarts, le droit national et in- desmoyens de communication doit être intégrée dans
ternational, public et privé. Toutes ces activités la planification générale du développement. "Mais la
se sont développées séparément, sur la base de planification de la communication ne peut être con-
concepts et d'institutions propres à chacune d'elles çue d'une manière réaliste sans définition préalable
et qui doivent maintenant former un tout fonctionnel. d'une politique de l'information.''/l La tâche que re-
D e nombreux concepts et arrangements sociaux tra- présente la définitiond'une politique de l'information
ditionnels sont nettement inappropriés dans le cas a été excellemment évoquée dans la déclaration sui-
d'une activité si nouvelle, interdisciplinaire et in- vante : "Si notre action doit remplir la promesse de
terinstitutionnelle. Un des principaux problèmes la technologie, la promesse d'une distribution meil-
concerne donc la création de structures sociales leure et plus équitable des pouvoirs d'information,
adéquates au niveau national et international. il nous faut, pour en poser les principes, regarder
E n raison de l'inertie et de la résistance insti- au-delà des frontièresartificielles,des intérêts ac-
tutionnelles à l'égard de nouvelles conceptions, du quis et des connaissances spécialisées. Si notre ac-
temps s'écoulera avant que ce processus puisse tion doit être couronnée de succès, si elle doit corres-
s'accomplir. E n attendant, les deux concepts essen- pondre aux besoins dela population ... il nous faut
tiels dans les questions de communications par sa- avoir le courage d'accepter des faitsnouveaux et de
tellites sont la coordination et la coopération. réunir ces faits en une politique souple et cohérente.'y2
Certaines questions spécifiques peuvent être L a planification des communicationspar satel-
mentionnées c o m m e exemples. L'attribution des lites, en ce qui touche particulièrement l'utilisa-
fréquences radio-électriques 5 des services diffé- tion de la radiodiffusion par satellites pour l'édu-
rents et concurrents et la gestion du spectre des cation et le développement national, exige, au ni-
fréquences représentent une activité hautement spé- veau national, la participation d'un grand nombre
cialisée, techniquement et administrativementtrès d'institutions, allant de tous les ministères inté-
complexe, dont les incidences dépassent de loin les ressés jusqu'aux groupes d'individus pour qui cette
aspects'techniques. L e spectre des fréquences est activité est, s o m m e toute, entreprise. L a néces-
une ressource naturelle limitée qui doit être gérée sité de cette coordination sur le plan national cor-
au mieuxdes intérêts de tous les pays et exigedonc respond à celle de la coopération entre nations et
une forme extrêmement développée de négociation de la coordination entre institutions internationales.
internationale. Les utilisations qui sont faites des Au niveau international, intergouvernemental,
fréquences radio-électriquesn'intéressent pas seu- les organisations que les communicationsspatiales
lement les télécommunications traditionnelles,mais
aussi plusieurs activités de notre société, parmi 1. Esquisse de plan à long terme 1971-1976 pré-
lesquelles la science, l'information et I'éducation. sentée par le Directeur général à la seizième
Les priorités relatives ne peuvent être établies que session de la Conférence générale, document
sur la base de considérations de politique à un ni- Unesco 16 C/4, Paris 1970.
veau élevé. Une coopération internationale s'im- 2. Déclaration de M. Kierans, ministre des c o m -
pose donc, fondée sur une planification coordonnée munications du Canada, citée dans Instant
à l'échelon national. World, op. cit.

29
concernent le plus immédiatement et le plus géné- gouvernemental, professionnel, entre les organi-
ralement sont les Nations Unies et leur Comité des sations de radiodiffusion et leurs associationsrégio-
utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphé- nales et internationales. Al'Unesco, c o m m e aux Na-
rique, ainsi que le Programme des Nations Unies tions Unies, il a été reconnu que "le recours aux sys-
pour le développement, l'Union internationale des tèmes de diffusion par satellites pour la télévision
télécommunications (UIT)et l'Unesco. E n outre, a déjà permis d'établir de nouvelles bases de coopé-
des organisations telles que la FAO, l'OMM, ration entre les organismes de radiodiffusion de
l'OMS et d'autres encore ont un intérêt plus spécia- régions très dispersées dans lemonde, et il fournit
lisé dans l'utilisation des communications par satel- l'occasion de développer à une échelle internatio-
lites pour des besoins spécifiques. Des organisa- nale plus large la coopération qui s'est instaurée
tions multinationales ou régionales intergouverne- sur ie plan régional". On a également reconnu "le
mentales chargées de tâches spécifiques dans le rôle que les organisations de radiodiffusion jouent
domaine des communications par satellites, telles et peuvent continuer de jouer dans le développement
que Intelsat,Intersputnik,l'organisationeuropéenne coordonné de la diffusion directe par satellites"/l~
de recherches spatiales(ESRO), etc., ont été créées.
E n ce qui concerne l'utilisation des communi-
cations par satellites pour l'information et spécifi- 1. Voir Rapport sur la Deuxième Session du
quement pour la radiodiffusion, la coopération Groupe de travail des satellites de radiodif-
internationale n'existe pas seulement au niveau fusion directe, document des Nations Unies,
intergouvernemental, mais aussi au niveau non A/AC. 105/66 du 12 aoQt 1969.

30
IV. REMARQUES EN GUISE DE CONCLUSION

Il a beaucoup été question, oralement et par écrit, recommandée comprend plusieurs éléments fonda-
des possibilités des systèmes de communications mentaux qui semblentapplicablesde façon générale.
par satellites, mais moins du travail requis pour Dès l'abord, on doit reconnaftre que, pour
se préparer à les utiliser. Il nous semble appro- atteindre les objectifs formulés ou implicites de
prié, pour conclure, de récapituler les idées con- leurs plans de développement, les pays intéressés
cernantles mesures qu'un pays doit prendre en vue ont besoin d'utiliserdes techniques et des méthodes
de créer un tel système. Les concepts choisis ci- avancées, notamment en ce qui concerne les sys-
après ont été formulés plus particulièrement du tèmes de communications, l'éducation, l'informa-
point de vue des pays en voie de développement, tion et la culture, considérés c o m m e partie inté-
mais ils seraient, à maints égards, également grante du développement général.
valables dans d'autres cas. Dans cette optique, un système par satellite
Pour ce qui est de la technologie spatiale en pour l'éducation signifierait que l'on reconnait à
général, un plan d'action pourrait comprendre les la télévision la qualité d'un instrument permettant
étapes suivantes, conformément à l'étude des Na- d'atteindre les buts fixés. Cette conception com-
tions Unies, mentionnée précédemment, sur les porte l'organisation et l'utilisation de la télévision
applications de cettetechnologie au développement : en tant que service public national à la disposition
(a) phase préparatoire ayant notamment pour de l'ensemble de la population.
but d'exposer aux ressortissants des pays en voie En choisissant entre différentes méthodes pour
de développement toute l'importance des applications réaliser ces objectifs, il convient d'étudier soigneu-
pratiques de l'espace extra-atmosphérique ; sement toutes les options techniques possibles, y
(b) articulation, par des ressortissants de compris des options aussi avancées que l'utilisation
chaque pays en voie de développement intéressé, de la technologie spatiale appliquée. C e choix entre
des besoins de ce pays avec l'assistancenécessaire les techniques classiques et les techniques avan-
fournie par des missions d'étude internationales ; cées doit &tre considéré dans le contexte général
(c) transfert des connaissances et des infor- du transfert de la technologie et des compétences
mations, grâce à la formation de ressortissants c o m m e moyen de combler le retard technologique.
du pays, dans les applications qui semblent depre- Les études nécessaires doivent donc Ctre
mière importance ; orientées simultanément sur deux objectifs princi-
(d) essais et démonstrations de l'application paux :préparation d'une décision d'utilisation mas-
de la technologie spatiale dans le contexte local ; sive de la télévision pour l'éducation et le dévelop-
(e) évaluation de coûts-avantages d'un choix pement national et préparation d'une décision quant
de techniques disponibles ; à l'utilisation éventuelle des communications par
(f) décisions politiques d'après la démonstra- satellites à cette fin. Elles devraient alors c o m -
tion et l'analyse de diverses solutions ; il devrait prendre la définition des besoins en fonction des
en résulter un engagement à procéder consécutive- objectifs du développement selon le classement
ment à la réalisation ; suivant :
(g) planification et exécution d'un système - problèmes de "software", comprenant les
opérationnel qui pourrait nécessiter divers éléments besoins en programmes dans tous les domaines
d'entrée d'origine internationale tels que finance- pertinents, recrutement et formation de personnel,
ment, connaissancestechniques, matériel et moyens réorientation des programmes d'enseignement,
de formation/l. organisation et gestion, coQts ;
Dans les diverses études effectuées sur l'utili-
sation des communications par satellites pour 1. The application of space technology to
l'éducation et le développement national, l'action development, op. cit.

31
- problèmes de matériel en ce qui concerne le intéressés et également en vue de la formation
système par satellite, les secteurs spatial et ter- des différentes catégories de professionnels appe-
restre, les moyens de production supplémentaires lés à participer à la production des programmes
nécessaires, les coûts, les besoins en personnel et qui doivent apprendre à travailler en équipe.
technique ; Cette mêmeconception fondamentaleest nécessaire
- problèmes d'organisation en ce qui concerne en ce quiatrait à la compositiondes programmes
la gestion et l'exploitation coordonnées du système et à la programmation, qui nonseulement doivent
notamment quand il dessert plusieurs pays, parti- réaliser un équilibreentre les domaines d'intérêt,
cipation à la planification, à la coordination et à la l'éducation et la formation professionnelle, mais
production des programmes. aussi tenir compte du développement général de
Les communications par satellites, surtout l'éducation. L a production, la distribution et la ré-
quand elles sont utilisées pour l'éducation et l'in- ception doivent être organisées de telle sorte que
formation, coupent en travers des catégories intel- les programmes, leur "exploitant" sur place, les
lectuelles et sociales traditionnelles. Dans toutes groupes récepteurs, l'évaluation des résultats et
les études de cas, l'accent est mis sur une concep- les mesures ultérieures en découlant forment un
tion coordonnée, intégrée, pluridisciplinaire de ce tout dont chaque élément réagit sur son voisin.
moyen d'action. Cette manière de considérer la création d'un sys-
Cette conception doit être appliquée au plus tème par satellite est évidemment une nécessité
haut niveau institutionnel, de manière à faire parti- préalable pour la formulation de plans d'action, que
ciper et coopérer tous les ministères et institutions ce soit au niveau national, régional ou international.

32
ANNEXE 1

BIBLIOGRAPHIE S E L E C T I V E

A. Généralités

B. Systèmes de communications par satellites, technologie,


coûts, etc.

C. Utilisation pour l'éducation

D. Aspects juridiques

33
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Chypre a MAM , Archbishop Makarios. 3rd Avenue, P. O.Box 1722.NICOSIA.
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Liban Librairies Antoine A. Naufal et Frères,B. P.656, B m O U T H .
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Madagascar Touteslespublications :Commission nationale de la République malgache,MinistèredeI'Fucation nationale,
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tion nationale, TANANARIVE.
Mali Librairie populaire du Mali.B.P. 28, BAMAKO.
Maroc Toutes les publications: Librairie a Aux Belles Images II,281. avenue M o h a m m e d - V , RABAT (CCP 68-74).
r L e Courrier I) seuiement (pour les enseignants) :Commission nationale marocaine pour l'Unesco. 20. Zenkat
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Maurice Nalanda Co. Ltd., 30 Bourbon Street,PORT-LOUIS.
Monaco British Library. 30. boulevard des Moulins, MONTE-CARLO.
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Syrie Librairie Sayegh. Immeuble Diab, rue du Parlement. B. P. 704, DAMAS.
Tchécoslovaquie SNTL.Spalena.51,PRAHAI IE,ïpositionpermanente). Zahranicni literatura, I I Soukenicka,PRAHA 1.
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Togo Librairie évangélique, B. P. 378, L o M ~Librairie ; du Bon Pasteur, B P. 1164,LOMÉ; Librairie
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République du Zaïre La 1,ihrairie. Inqtitut politique conpolais,B. p. 230.1, KINSHASA.Commission nationale de la République
du Zaïre pour l'Unesco, Ministère de l'éducation nationale.KINSHASA.
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1972 Année internationale Taxes non comprises
du livre [B.29841
-B