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ESP/DGE/LPDEA / 2020

CHAPITRE I : INTRODUCTION GÉNÉRALE A LA


GESTION ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE DE
L’ENTREPRISE

INTRODUCTION :
Avant les agents économiques notaient pour ne pas oublier leurs créances et leurs dettes (principe
de partie simple), la comptabilité a vu le jour avec le principe de la partie double qui énonce que
toute opération effectuée par une entité économique a une origine et une destination.
L’enregistrement comptable d’une opération doit donc mettre en exergue ces deux parties (l’origine
et la destination).
La gestion économique et financière d’une entreprise nécessite donc un suivi permanent de toutes
ses opérations généralement effectuées avec des partenaires externes appelés tiers (fournisseurs,
clients, Etat, salariés, associés ,etc.)

SECTION I : L’ENTREPRISE


L’entreprise est une organisation qui met en œuvre des moyens matériels et humains pour
l’obtention de biens et/ou de services destinés à être vendus.
Les entreprises peuvent être classées suivant divers critères :

1) D’après leur statut juridique


On distingue les entreprises privées et les entreprises publiques :

a) Les entreprises privées : Ces entreprises appartiennent à des particuliers, on distingue les
entreprises individuelles et les sociétés commerciales :

- Les entreprises individuelles : une entreprise individuelle appartient à une seule personne,
elle ne dispose pas d’autonomie financière, sa comptabilité est confondue à celle de
l’exploitant propriétaire. Exemple : les ateliers de quartier.

- Les sociétés commerciales : elles ont une autonomie financière et une comptabilité
différente de celle de ses propriétaires appelés associés. Elles appartiennent généralement à plusieurs
personnes appelées associés, mais la loi autorise la création de société (unipersonnelle) par une seule
personne appelée associé unique. Sont sociétés commerciales par leur forme : les sociétés anonymes
(SA), les sociétés en nom collectif (SNC), les sociétés à responsabilité limitée (SARL) et les sociétés
en commandite simple (SCS).

a) Les entreprises publiques : Ces entreprises appartiennent à l’État ou à des collectivités


territoriales.

1) D’après leur domaine activité :


On distingue les entreprises commerciales, les entreprises industrielles et les entreprises de services.

a) Les entreprises commerciales : Elles achètent et revend des marchandises en l’état, c’est à
dire sans transformation. Exemple : les supers marchés, etc.

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b) Les entreprises industrielles : elles achètent ou extraient des matières, les transforment
avant de les vendre. Exemple : les huileries, les cimenteries, etc.

c) Les entreprises de services : Elles font des prestations de services. Exemples : les
entreprises de transport, les hôtels, etc.

1) D’après leur dimension


Plusieurs critères peuvent être choisis pour la classification des entreprises selon leur dimension
dont : le nombre d’employés, le chiffre d’affaires, les capitaux utilisés, etc.
Toutefois, le SYSCOHADA opte pour la classification selon le chiffre d’affaire annuel.
On distingue les grandes entreprises, les moyennes entreprises et petites entreprises

a) Les grandes entreprises : Ce sont les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel est
supérieur ou égal à 100 000 000 FCFA (cent millions de francs CFA)

b) Les moyennes entreprises : Ce sont les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel est
inférieur à 100 000 00 FCFA et supérieur ou égal à 60 000 000 FCFA pour les entreprises
commerciales, 40 000 000 FCFA pour les entreprises industrielles et 30 000 000 pour les
entreprises de services

c) Les petites entreprises : Ce sont les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel est
inférieur à 60 000 000 FCFA pour les entreprises commerciales, 40 000 000 FCFA pour les
entreprises industrielles et 30 000 000 pour les entreprises de services

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SECTION 2 : LA COMPTABILITE


1) Historique
Au début, les agents économiques notaient afin de ne pas oublier (partie simple), ainsi le crédit,
peu développé jusque vers 1250, ne donnait lieu qu'à de simples aide-mémoire extra
comptables. Mais son accroissement donna naissance aux "comptes de personnes",
correspondant aux créanciers (à qui on doit) et aux débiteurs (qui nous doivent).

Toutefois, malgré les nombreuses avancées on ne pouvait parler de comptabilité car les
informations étaient toujours des aide-mémoires et ne pouvaient être décryptées que par leurs
auteurs.

La comptabilité a vu le jour au XVème siècle avec la mise en place du principe de la partie


double de l’italien LUCA PACIOLI par sa publication du premier et plus célèbre ouvrage de
comptabilité, le "Tractatus" à Venise en 1494.

A partir de cette date, de très nombreux ouvrages théoriques se succédèrent dans tous les pays,
qui ne firent que perfectionner et approfondir le principe de PACIOLI.
Depuis, la comptabilité a connu plusieurs évolutions qui aujourd’hui ont conduit à la naissance de
plusieurs formes de comptabilité :
- la comptabilité générale
- la comptabilité analytique de gestion
- la comptabilité des sociétés, etc.

a) La comptabilité générale :
Elle peut être définie comme un système d’organisation permettant de traduire en terme monétaire
l’ensemble des opérations effectuées par l’entreprise et de procéder au traitement des informations
permettant l’établissement des états financiers.
C’est une comptabilité obligatoire, elle doit être tenue conformément au référentiel comptable en
vigueur. Dans l’espace l’UEMOA, le référentiel comptable en vigueur est le Système Comptable de
l’OHADA (SYSCOHADA).

Toutes les comptabilités ont un dénominateur commun : donner des informations. Avec le
développement de l’environnement économique, les besoins en informations se sont vite multipliés et
diversifiés. La comptabilité générale bien que toujours nécessaire, s’est avérée insuffisante, d’où la
naissance d’autres comptabilités que sont :

b) La comptabilité analytique de gestion :


Elle est définie comme un mode de traitement des données dont les objectifs sont :
- La recherche des coûts
- La prévision des charges et produits, et l’explication des écarts éventuels après
réalisation (gestion).
C’est une comptabilité non obligatoire, mais essentielle, elle fournit des informations internes
(souvent confidentielles) fondamentales pour une gestion stratégique de l’activité d’une entreprise.

a) La comptabilité des sociétés :

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Elle enregistre et traite toutes les opérations spécifiques aux sociétés commerciales. Elle
s’intéresse à la création des sociétés commerciales, au partage du bénéfice, à l’évaluation des titres
sociaux, à la modification du capital social, aux opérations de fusions, etc.

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SECTION 3 : L’ANALYSE DES OPÉRATIONS DE L’ENTREPRISE :
L’entreprise, pour sa survie, doit effectuer des opérations avec différents tiers ou partenaires
externes que sont : les clients, les banques, les fournisseurs, l’Etat, etc.
Elle effectue aussi des opérations en son sein pour des raisons d’organisation, de fonctionnement, etc.
Ces différentes opérations ou mouvements sont appelés flux.

1) Les flux :
Un flux peut être défini comme un mouvement de biens, de service, de monnaie, de créance ou de dette
effectué par une entreprise. L’activité d’exploitation d’une entreprise peut donc être résumée par un
ensemble de flux. Ce qui se traduit par le schéma suivant :
SCHEMA GENERAL DES FLUX
Biens et services
Monnaie; dettes FOURNISSEURES
ENTREPRISE

Biens et services CLIENTS


Monnaie ; créances

Dépôts BANQUES
Retraits

Paiements impôts ETAT


Subventions reçues

Travail EMPLOYES
Salaires

(FLUX EXTERNES)

A) Les catégories de flux :


Les flux sont classés en différentes catégories selon:
a) Les objets auxquels ils sont attachés :
On distingue les flux réels, les flux monétaires et les flux financiers de créance ou dette.
a.1) les flux réels : sont des mouvements de biens ou de services
a.2) les flux monétaires : sont des mouvements de monnaies
a.3) les flux financiers de créances et dettes : sont des mouvements de monnaies, de créances ou de dettes.

NB : Tout flux monétaire est financier, mais tout flux financier n’est pas monétaire.
Flux réels Flux financiers
-Achat de marchandises : entrées des marchandises - Règlement au fournisseur ou la dette
contractée (à crédit)
-Vente de marchandise : sorties des marchandises, etc.
- Règlement reçu ou créance obtenue (à
crédit), etc.

b) L’entreprise :
On distingue les flux internes et les flux externes.
b.1) Les flux internes : sont des mouvements qui se passent dans l’entreprise.

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b.2) les flux externes : sont des mouvements qui lient l’entreprise avec des tiers externes (clients,
fournisseurs, banque, etc.).
Flux internes Flux externes
-retrait de la caisse pour alimenter le compte -Achat de marchandises
bancaire ou réciproquement -Ventes de marchandises
-consommation de matières en stockées, etc. -Paiement d’impôt
-Emprunt bancaire obtenu, etc.

A) Analyse des flux :


La comptabilité générale a vu le jour avec le principe de la partie double, ainsi toute opération
effectuée par l’entreprise doit être enregistrée en deux parties :
- En flux entrant ou emploi (destination)
- En flux sortant ou ressource (origine)
Exemple :
1 – Achat de marchandises en espèces 200 000
EMPLOI : MARCHANDISE : 200 000
RESSOURCE : ARGENT : 200 000
 L’analyse peut se faire dans le tableau suivant :
Dates Emploi Ressource
1 Achat de marchandises 200 000
Caisse 200 000

a) Analyse des opérations au comptant :


Une opération est dite au comptant si le règlement est effectué le jour de l’opération par caisse (espèces),
par banque (chèque ou virement bancaire), ou par compte de chèque postal (chèque postal)
 Exemple a1:
Une entreprise effectue les opérations suivantes :
- 02-04 : achat de marchandises : 600 000, réglé par chèque bancaire
- 08-04 : vente de marchandises 1 400 000, règlement au comptant en espèces
- 15-04 : règlement par chèque postal de la facture d’électricité 45 000 F, reçue le même jour
Travail à faire :
Analyser ces opérations en emplois et ressources
 Corrigé exemple a1:
Tableau d’analyse des opérations
Dates Eléments Emploi Ressource
02/04 Achat de marchandise 600 000
Banque 600 000
08/04 Caisse 1 400 000
Vente de marchandises 1 400 000
15/04 Electricité 45 000
Compte de cheques postaux 45 000

a) Analyse des opérations à crédit :


Une opération à crédit est à règlement différé, elle fait naitre une créance ou une dette.
- Créance : Somme due par le client ou par un autre débiteur (l’entreprise est créancière).
- Dette : Somme due au fournisseur ou à un autre créancier (l’entreprise est débitrice).

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Exemple b1 :
Une entreprise réalise les opérations suivantes :
- 03-04 : achat de marchandises à crédit : 2 500 000 F
- 07-04 : vente de marchandises à crédit : 3 600 000 F
- 10-04 : Reçue facture d’électricité, 95 000 F à régler au 30-04.
- 18-04 : réception d’une note d’impôt à payer dans 3 mois, 140 000 F
Travail à faire : Analyser ces opérations en emploi et ressource
Corrigé exemple b1:

Dates Eléments Emploi Ressource

a) Analyse des opérations internes :


Elle concerne uniquement l’entreprise, elle est en relation avec soi-même.
Exemple c1:
Les opérations suivantes sont effectuées par une entreprise.
- 06-05 : retrait du compte bancaire pour alimenter la caisse : 1 200 000 F
- 14-05 : versement d’espèces dans le compte postal : 500 000 F
- 22-05 : apport de 3 500 000 F déposé dans le compte bancaire
Travail à faire :
Analyser ces opérations en emplois et ressource
Corrigé exemple c1 :

Dates Eléments Emploi Ressource

Application 1  :
L’entreprise SENECOM réalise les opérations suivantes :
- 02-09 : facture au client Diaw, vente de marchandises 2 700 000 F, à crédit
- 06-09 : facture du fournisseur Tall, achat de marchandises 3 000 000 F, à crédit.
- 10-09 : apport d’un bâtiment d’une valeur de 12 000 000 F
- 15-09 : le client Diaw règle en espèces l’intégralité de la somme due
- 20-09 : chèque bancaire remis au fournisseur Tall pour règlement de la moitié
de la somme due
- 24-09 : acquisition d’un véhicule réglé par chèque bancaire : 8 000 000 F
- 26-09 : facture à Sakho, vente de marchandises 7 500 000 f, il règle 2 500 000 F en espèces et le reste
par chèque bancaire
- 27-09 : facture de Diatta, achat de marchandises 9 000 000, règlement des 30% au comptant par
chèque bancaire et le reste dans 1 mois.
- 28-09 : réception des factures suivantes : électricité 750 000 F, eau 250 000 F et téléphone 130 000F
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- 30-09 : règlement par virement bancaire de la facture d’eau et d’électricité
Travail à faire :
Analyser ces opérations en emploi et ressource
Corrigé application 1 :
Dates Eléments Emploi Ressource

Les comptes :
L’activité de l’entreprise est subdivisée en plusieurs sous-ensembles appelés comptes qui enregistrent par
nature l’ensemble des opérations effectuées par l’entreprise.
Un compte à une dénomination et une forme présentative.

A) Dénomination des comptes :


Pour des raisons de transparence et de commodité chaque compte à un numéro et un nom ou intitulé.
Les numéros et intitulés des comptes sont définis par le référentiel comptable en vigueur.
Exemple : Selon le SYSCOA on a : 521 Banque ; 401 Fournisseurs, dettes en comptes, 411 Clients,
etc.

a) Classes des comptes :


Le premier numéro du compte représente la classe : ainsi nous avons les classes de comptes suivants :
- Classe 1 : les comptes de ressources durables
- Classe 2 : les comptes d’actif immobilisé
- Classe 3 : les comptes de stocks
- Classe 4 : les comptes de tiers
- Classe 5 : les comptes de trésorerie
- Classe 6 : les comptes de charges des activités ordinaires
- Classe 7 : les comptes de produits des activités ordinaires
- Classe 8 : les comptes des autres charges et des autres produits (hors activités ordinaires)
- Classe 9 : les comptes de la comptabilité analytique de gestion (ne concernent pas la
présente étude)

a) Les comptes principaux :


Les classes sont subdivisées en comptes de deux chiffres appelés les comptes principaux.
Exemple :
- 10 Capital
- 13 Résultat
- 24 Matériels

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- 41 Clients et comptes rattachés
- 40 Fournisseurs et comptes rattachés
- 42 Personnel
- 60 Achats et variation de stocks
- 70 Ventes, etc.

a) Les comptes divisionnaires :


Les comptes principaux sont subdivisés en comptes de 3 à 4 chiffres appelés comptes divisionnaires
ou comptes.
NB : l’entreprise peut créer des comptes individuels supérieurs à quatre chiffres, mais elle doit
respecter au préalable la nature des comptes établie par le SYSCOA
Exemples :
- 101 Capital social, 103 Capital personnel, 104 Compte de l’exploitant…
- 131 Résultat net : Bénéfice, 139 Résultat net : Perte...
- 241 Matériel et outillage industriel et commercial, 245 Matériel de transport…
- 411 Clients...
- 401 Fournisseurs…
- 601 achats de marchandises, 602 achats de matières premières…
- 701 Vente de marchandises, 702 ventes de produits finis…

Schéma récapitulatif
3 ou 4 chiffres  : Comptes
divisionnaires
2 chiffres Comptes principaux 3 ou 4 chiffres : Comptes divisionnaires
Etc.
1 chiffre : Classe 2 chiffres Comptes principaux

Etc.

A) Présentation ou tracé des comptes


a) Fonctionnement :
Le compte est composé de deux parties :
- Une partie de gauche appelé débit qui enregistre les emplois par nature
- Une partie de droite appelé crédit qui enregistre les ressources par nature
Comptes
Débit Crédit
Les emplois Les ressources

 Selon la présentation ou tracé ou on distingue différentes formes de comptes


a) Compte schématique en compte en T
Le tracé schématique ou compte en T constitue la présentation la plus simplifiée d’un compte.

Compte en tracé schématique

Débit Crédit
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Emplois (montants) Ressources (montants)

Solde = total débit – total crédit

La différence entre la somme des montant du débit et celle des montants du crédit, est appelé solde :
- le solde est débiteur si le total débit est supérieur au total crédit
- le solde est créditeur si le total crédit est supérieur au total débit
- s’il y a égalité entre les deux parties, le solde est nul et on parle de compte soldé

a) Compte classique ou a colonnes séparées


Le tracé classique ou a colonnes séparées, est la présentation la plus détaillée d’un compte, il
comprend deux parties débit et crédit séparées ; comprenant chacune une colonne date, une
colonne libellés et une colonne montant.

Compte classique ou colonnes séparés


Débit Crédit
Dates Libellés Montants Dates Libellés Montants

Emplois Ressources

Total Total

b) Compte à colonnes mariées ou jumelées


C’est la présentation généralement utilisée par les banques et autres institutions financières pour la
présentation des relevés de compte de leurs clients.
Compte à colonnes mariées ou jumelées
Débit Crédit
Dates Libellés
Montants Montants
Emplois x
Ressources x

Totaux

NB : le compte à colonnes jumelées peut être présenté avec soldes comme suit :
Mouvements Soldes
Dates Libellés
Débit Crédit Débiteurs Créditeurs
Emplois x
Ressources x

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