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La biodiversité change

CHAPITRE
2 au cours du temps

Des modifications rapides


Unité 1 de la biodiversité (p. 94-95)

Extraits du programme

Connaissances Capacités
• La biodiversité évolue en permanence. • Extraire et mettre en relation des informa-
Cette évolution est observable sur de courtes tions montrant des exemples actuels de di-
échelles de temps, tant au niveau génétique versifications génétiques ou de spéciations
que spécifique. (populations de moustiques résistantes aux
Notions fondamentales : espèces, variabilité. insecticides ; spéciation de pinsons des Galá-
pagos, etc.).

1 Les intentions pédagogiques


Au sein du grand public, l’idée d’un temps « long » nécessaire à l’évolution biologique est
souvent présente. Deux exemples prouvent que cette évolution peut se dérouler sur un
temps très court, quelques années. Le premier exemple montre une évolution génétique
au sein d’une population de moustiques Culex pipiens, liée à des épandages d’insecticides.
Le second explique la formation d’une nouvelle espèce parmi les espèces de pinsons des
Galápagos.
Le document 1 présente quelques observations faites dans le département de l’Hérault,
associées à des expérimentations. Elles permettent de comprendre la résistance des
moustiques aux insecticides organophosphorés. Ces derniers ont pour cible une enzyme,
l’acétylcholine estérase, qui agit au niveau des synapses cholinergiques en dégradant le
neurotransmetteur, l’acétylcholine. Après une présentation de la situation de départ, le
graphique  C montre les résultats d’une expérimentation. On voit que la mortalité des
larves de moustiques selon la dose d’insecticide employée est différente  : les larves de
phénotype sensible sont tuées pour des concentrations de 10-3  mg/L alors que celles de
phénotype résistant sont éliminées pour des concentrations de 10-1  mg/L, c’est-à-dire
100 fois supérieures. L’analyse de l’ADN des deux populations (document D) a montré que
les moustiques de phénotype sensible portaient un seul exemplaire du gène « Est-2 » alors
que ceux de phénotype résistant en possèdent huit. Le gène  «  Est-2  » intervient dans la
production d’estérase, enzyme capable de casser la liaison ester des molécules d’insecticides
organophosphorés. Il y a bien eu une évolution génétique au sein des populations de
moustiques : le phénotype résistant est devenu majoritaire du fait d’une production accrue
d’estérase permise par la présence de huit exemplaires du gène  «  Est-2  ». Il s’agit d’un
simple constat qui pourra être repris et expliqué une fois la sélection naturelle traitée dans
le chapitre 3.
Le document 2 montre la formation d’une nouvelle espèce de pinson des Galápagos, appelée
« Big-Bird ». Après les travaux de Darwin en 1835, de nouvelles études ont été consacrées
à ces oiseaux. Deux biologistes de l’université de Princeton (États-Unis), Rosemary et
Peter Grant, ont dès 1973 particulièrement étudié les espèces de pinsons sur une petite île

Chapitre 2 • La biodiversité change au cours du temps 51


volcanique de 40 hectares, Daphne Mayor. Ici, seule la formation d’une nouvelle espèce est
relatée.

2 Activités envisageables
1. Le schéma construit à partir du document 1 montrera simplement qu’au cours du temps,
les moustiques de phénotypes résistant et sensible deviennent respectivement majoritaires
et minoritaires. Ce schéma peut être un graphique, un ensemble de vignettes montrant le
changement de proportion des deux phénotypes au cours du temps.
2. Pour le document 2, le résumé reprendra la définition de l’espèce utilisée actuellement
page 80 : « Une espèce est une population ou un ensemble de populations dont les individus
peuvent effectivement ou potentiellement se reproduire entre eux et engendrer une descendance
viable et féconde, dans des conditions naturelles. ». Ainsi, les « Big-Bird » remplissent bien les
trois conditions de la définition : ils se reproduisent entre eux, leur descendance est viable
(6 générations observées) et ceci dans les conditions naturelles de l’île. Il pourra également
souligner la notion de ressemblance avec la forme et la taille du bec, propres à l’espèce
formée.

3 Ressources complémentaires
• Un article paru dans le bulletin de l’APBG n°3-2005 « La résistance des moustiques aux
insecticides organophosphorés dans la région de Montpellier » (N. Salamé, M. Dupuis et J-C
Hervé) apporte des informations complémentaires. La consultation du site ACCES permettra
de trouver d’autres pistes pédagogiques, avec le logiciel ANAGENE notamment, et des
informations scientifiques récentes :
http://acces.ens-lyon.fr/acces/thematiques/evolution/dossiers-thematiques/la-
resistance-des-moustiques-aux-insecticides.
• Les travaux de Peter et Rosemary Grant sur les pinsons de Darwin ont fait l’objet de
nombreuses publications scientifiques dont How and why species multiply, the radiation of
Darwin finches, Princeton University Press, 2007. La spéciation présentée est relatée dans
le site : https://www.princeton.edu/news/2017/11/27/study-darwins-finches-reveals-new-
species-can-develop-little. Par ailleurs, de nombreux sites de vulgarisation ont abordé le
sujet fin novembre 2017.

L’étude de la biodiversité du passé


Unité 2 (p. 96-97)

Extraits du programme

Connaissances Capacités
• L’étude de la biodiversité du passé, par • Recenser, extraire, organiser et exploiter
l’examen des fossiles, montre que l’état ac- des informations à partir de documents en ci-
tuel de la biodiversité correspond à une étape tant ses sources, à des fins de connaissance
de l’histoire du vivant. Ainsi les organismes et pas seulement d’information.
Éditions Bordas, SVT 2de

vivants actuels ne représentent-ils qu’une in- • Conduire une recherche d’informations sur
fime partie des organismes ayant existé de- internet en lien avec une question ou un pro-
puis le début de la vie. blème scientifique, en choisissant des mots-
clés pertinents, et en évaluant la fiabilité des
sources et la validité des résultats.

52 Partie 2 • La biodiversité, résultat et étape de l'évolution


1 Les intentions pédagogiques
Cette unité présente l’intérêt des fossiles dans la reconstitution de la biodiversité passée.
Deux niveaux de biodiversité sont abordés, celui de l’espèce d’une part et celui d’un
écosystème d’autre part. Le document 1 permet à partir de traces variées de reconstituer
une espèce disparue, Tyrannosaurus rex, en dressant son portrait-robot. Avec l’accumulation
des découvertes, ce dernier devient de plus en plus fidèle et précis.
Le document 2 présente la reconstitution d’un écosystème aujourd’hui disparu, la lagune de
Solnhofen-Eichstätt (Allemagne) au Jurassique supérieur.
Dans le document 1, à partir de traces et restes variés : ossements (A), empreintes de pas (B),
empreintes de peau (C) et matière fécales fossilisées ou coprolithe (D), le portrait-robot du
T. rex adulte est établi. Une animation sur le processus de fossilisation est disponible et vient
compléter ces informations.
Le document 2 présente quelques-unes des six cents espèces fossilisées ainsi que la
reconstitution obtenue de la paléolagune.

2 Activités envisageables
1. Pour effectuer la reconstitution demandée à partir du document 1, il est possible d’associer
dans un tableau une caractéristique du T. rex avec la ou les preuves qui ont permis de l’établir.

Caractéristiques du T. rex Preuves


Mâchoire puissante exerçant une pression Étude biomécanique réalisée à partir d’un crâne
4 fois supérieure à celle d’un lion actuel fossilisé
Bipédie avec une marche de 6 à 8 km/h Formes et dimensions des empreintes de pas
Forme des dents et analyse du contenu des
Régime alimentaire carnivore
excréments fossilisés
Peau recouverte d’écailles et non de plumes Étude de diverses empreintes de lambeaux de peau
Déduction faite d’après la masse des squelettes
Masse d’un adulte de 5 à 7 tonnes
osseux
2. La recherche sur le devenir des 5 espèces fossiles visibles sur la reconstitution de
l’écosystème dans le document 2 montre que  les ichtyosaures  (B), les ptérosaures  (C) et
les deux dinosaures non aviens cités, Compsognathus et Juravenator, disparaissent à la fin
du Crétacé, il y a 65 millions d’années. En revanche, les «  cycas  »  (D) sont des végétaux
encore présents dans la biodiversité actuelle. Il s’agit plus précisément de Zamites feneonis
appartenant au groupe des bennettitales, végétaux ayant vécu du Trias au Crétacé. Le port
de ces plantes ressemblait à celui des cycadales actuelles.

3 Ressources complémentaires
• De nombreux articles scientifiques traitent de la reconstitution des T. rex et de leur biologie.
Signalons un article, paru dans La Recherche en février 2012 n°460, qui aborde le problème
de la couleur des dinosaures avec la fossilisation des pigments donnant la couleur brun-noir.
De même, un autre article de La Recherche en mars 2017 n° 521, traite de l’utilité d’analyser
les dents d’embryons fossilisés afin d’évaluer le temps d’incubation des œufs de deux
espèces de dinosaures.
• De plus amples informations sur les autres fossiles de la lagune de Solnhofen-Eichstätt
(Allemagne) au Jurassique supérieur sont disponibles dans Guide critique de l’évolution,
G. Lecointre, Éditions Belin, 2009. On pourra également consulter le site du musée d’Eichstätt :
https://www.eichstaett.de/sehenswertes/jura-museum_eichstaett-239 ainsi que des vidéos
sur les fossiles exposés dans ce musée disponibles sur Internet, comme celle accessible
avec le lien https://www.youtube.com/watch?v=2pObd7SijZo.

Chapitre 2 • La biodiversité change au cours du temps 53


Une crise biologique à la fin
Unité 3 du Crétacé (p. 98-99)

Extraits du programme

Connaissances Capacités
• Les crises biologiques sont un exemple de • Étudier l’évolution de la biodiversité durant
modification importante de la biodiversité la crise Crétacé-Paléocène notamment avec
(extinctions massives suivies de diversifica- le groupe des archosauriens.
tion). • Mobiliser les acquis du collège sur l’arbre
Notions fondamentales : crise biologique, ex- du vivant en positionnant par exemple des or-
tinction massive et diversification. ganismes actuels ou fossiles rencontrés lors
Précisions : Deux exemples de crises sont d’activités ou sorties (muséums d’histoire na-
suggérés dont la limite Crétacé-Paléocène. turelle…).

1 Les intentions pédagogiques


Cette unité montre l’évolution du groupe des archosauriens lors de la crise Crétacé-
Paléocène. Le document 1 définit le groupe des archosauriens et présente les extinctions
massives qui l’ont affecté. Une animation, «  Échelle des temps géologiques  », situe cette
crise dans l’histoire de la Terre.
Quant au document 2, il présente la notion de radiation adaptative en ce qui concerne
le groupe des oiseaux. Le plus ancien fossile d’archosauriens connu est Archosaurus rossicus
de la fin du Permien (- 252 Ma).
Dans le document 1, la présence d’une fenêtre antéorbitaire est signalée chez un
ptérosaure (A), un tyrannosaure (B) et un crocodilien (C) comme caractère dérivé propre aux
archosauriens. La seconde ouverture crânienne, la fenêtre latérale sur la mandibule, n’est
pas mentionnée car souvent plus difficile à observer. Ces deux fenêtres, comme indiqué dans
le texte, sont des caractères dérivés propres aux archosauriens.
Position des fenêtres antéorbitaire et mandibulaires, typiques des archosauriens.

antorbital fenestra

mandibular fenestra

Le document 2 présente d’abord un arbre phylogénétique des archosauriens. Il permet


de mobiliser les acquis du collège en les réinvestissant dans le cas du groupe des
Éditions Bordas, SVT 2de

archosauriens. Les élèves comprennent que les archosauriens du groupe des dinosaures
n’ont pas totalement disparu du fait de la présence des oiseaux au sein de ce groupe. Ces
derniers possèdent des plumes asymétriques leur permettant de voler. La seconde partie du
document 2 illustre la notion de radiation adaptative avec le cas des oiseaux modernes. Le

54 Partie 2 • La biodiversité, résultat et étape de l'évolution


graphique montre l’importante augmentation du nombre d’espèces après la crise.

2 Activités envisageables
1. La première est une simple saisie d’informations dans le texte du document 1. Un tableau
peut être choisi comme mode de communication des éléments relevés.
Le devenir des archosauriens à la fin du Crétacé :

Groupes d’espèces d’archosauriens Devenir à la fin du Crétacé


Dinosaures Disparition pour la plupart
Ptérosaures Extinction totale du groupe
Crocodiliens Maintien pour la plupart, 9 groupes sur 14
Oiseaux Maintien de rares espèces
2. La seconde activité nécessite de maîtriser la lecture d’un arbre phylogénétique, celui du
document 2. Ainsi, les élèves comprennent que les oiseaux sont un groupe particulier de
dinosaures, groupe qui justifie l’affirmation suivante « Les dinosaures sont encore parmi
nous ».

3 Ressources complémentaires
• La bibliographie sur cette crise est fournie et facile à trouver. Pour aller plus loin que le
programme, on peut consulter le site http://acces.ens-lyon.fr/acces/thematiques/limites/
crises/crise-kt/enseigner
• De nombreux renseignements sur les groupes d’archosauriens : caractères dérivés propres,
plus ancien fossile connu, date d’une éventuelle extinction d’une espèce sont accessibles
dans Guide critique de l’évolution, G. Lecointre, Éditions Belin, 2009.
• Des études complémentaires sur la classification phylogénétique des archosaures peuvent
être menées avec le logiciel Phylogène.

La crise de la fin du Crétacé :


Unité 4 un événement planétaire (p. 100-101)

Extraits du programme

Connaissances Capacités
• De nombreux facteurs provoquent des mo- • Étudier l’évolution de la biodiversité durant
difications de la biodiversité. la crise Crétacé-Paléocène notamment avec
Précisions : Les causes possibles de la crise les foraminifères marins (micro-organismes).
Crétacé-Paléocène, impact météoritique et
crise volcanique, seront citées comme les
origines les plus probables sans être déve-
loppées.

1 Les intentions pédagogiques


Cette unité traite de l’aspect planétaire de la crise Crétacé-Paléocène. Le document 1
présente l’impact de la crise sur les foraminifères planctoniques marins, démontrant ainsi
que tous les milieux de vie et de nombreux groupes d’espèces ont été touchés.

Chapitre 2 • La biodiversité change au cours du temps 55


Les deux causes possibles de cette crise sont exposées dans le document 2 avec
l’enchaînement de conséquences qu’elles ont pu engendrer.
Une activité pratique, l’observation de microfossiles à la loupe binoculaire, est suggérée
dans le document 1. Des échantillons de marnes de Bidart contenant ces microfossiles
sont disponibles dans le commerce. Elles devront être lavées avant l’observation. Les
photographies (A, B et C) pourront servir de référence pour l’identification des trois groupes
(globotruncanidés, globigérinidés et hétérohélicidés) dans chaque étage géologique. Puis, les
résultats obtenus par les élèves pourront être vérifiés par comparaison avec ceux présentés
dans le graphique.
Le document 2 expose les deux causes possibles de la crise, une activité volcanique intense et
la chute d’une météorite. L’entretien donné par le géologue Th. Adatte à la revue La Recherche
permet de relier ces deux causes entre elles et avec les modifications climatiques qu’elles
ont induites, modifications ayant entraîné les extinctions massives.

2 Activités envisageables
1. La première activité a été décrite ci-dessus lors de la présentation du document 1.
2. La seconde activité nécessite la rédaction d’un résumé chronologique comme celui
donné à titre d’exemple ci-après. « Un réchauffement climatique a eu lieu entre – 500 000
et – 200  000 ans avant la crise. Le volcanisme intense du Deccan a libéré de grandes
quantités de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Progressivement, par l’effet de serre
induit par ce gaz, l’atmosphère et les eaux de surface océaniques se sont réchauffées.
Dans les 100  000 ans précédant la crise, le dioxyde de carbone, consommé par l’érosion
des roches granitiques, a diminué dans l’atmosphère provoquant ainsi un refroidissement
malgré la seconde phase du volcanisme. Ainsi, les espèces ont dû successivement faire
face à un réchauffement climatique global puis à un refroidissement. Celles qui n’ont pas
pu s’adapter à ces conditions climatiques changeantes ont disparu. Peu avant la crise, la
chute d’une météorite géante à Chicxulub (Mexique) a obscurci l’atmosphère ce qui a réduit
la photosynthèse de manière importante. La raréfaction des matières organiques végétales
issues de la photosynthèse a d’abord affecté les espèces herbivores, puis l’ensemble des
chaînes alimentaires. D’autres espèces ont ainsi pu disparaître. Les extinctions massives
sont donc le résultat de l’action complémentaire du volcanisme, de la chute d’une météorite
et des bouleversements climatiques induits.

3 Ressources complémentaires
• L’intégralité de l’entretien donné par Thierry Adatte figure dans «  Les dossiers de la
Recherche » publié en mai 2010 n°39. Il montre que cette crise ne possède pas une cause
unique.
• On peut consulter également un article de la revue La Recherche publié en mars 2015-n°497
intitulé « Extinction des dinosaures : la thèse du volcanisme se réveille » par Richard Stone.
Outre des données récentes, cet article montre bien avec quelle ferveur les scientifiques
peuvent défendre une théorie, une hypothèse, malgré les faits et les preuves accumulés.
Éditions Bordas, SVT 2de

56 Partie 2 • La biodiversité, résultat et étape de l'évolution


La biodiversité actuelle s’effondre
Unité 5 (p. 102-103)

Extraits du programme

Connaissances Capacités
• De nombreux facteurs, dont l’activité hu- • Envisager les effets des pratiques humaines
maine, provoquent des modifications de la contemporaines sur la biodiversité (6e crise
biodiversité. biologique) comme un exemple d’interactions
Précisions : Deux exemples de crises sont entre espèces dirigeant l’évolution de la bio-
suggérés dont la crise actuelle de la biodiver- diversité.
sité souvent appelée par les auteurs scienti-
fiques « 6e crise biologique ».

1 Les intentions pédagogiques


Cette unité est exclusivement dédiée à la sixième crise biologique. Le document 1 introduit
la réalité de cette crise et dégage deux caractères qui lui sont spécifiques : sa rapidité et sa
cause unique, les actions humaines.
Le document 2 est un graphique présentant des valeurs concernant cette crise chez
les vertébrés, du xvie siècle à nos jours. Enfin, le document 3 décrit trois mécanismes
destructeurs de la biodiversité actuelle.

2 Activités envisageables
1. La première activité consiste en une recherche d’informations sur d’autres espèces que
celles présentées dans l’unité. Le site de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de
la Nature) est un outil majeur afin de réaliser cette recherche. D’emblée, il précise : « La liste
rouge de cet organisme est un indicateur privilégié pour suivre l’état de la biodiversité dans
le monde. Grâce à cet état des lieux, on sait aujourd’hui qu’une espèce de mammifères sur
quatre, un oiseau sur huit, plus d’un amphibien sur trois et un tiers des espèces de conifères
sont menacés d’extinction mondiale  ». Les élèves peuvent ensuite consulter diverses
rubriques et cibler d’autres espèces.
2. La deuxième activité conduit les élèves à comprendre que cette crise est très rapide. Les
preuves sont données dans le document 1 : « … extinction de masse à venir en quelques
décennies…  » et par l’exploitation des taux d’extinction fournis par le document 2. À titre
d’exemple, pour les espèces d’oiseaux, le taux d’extinction était quasiment nul. Or, depuis le
xvie siècle jusqu’à nos jours, ce taux est passé de 0,1 à 1,4 ; il est donc 14 fois plus élevé. En
moyenne, pour l’ensemble des vertébrés, le taux d’extinction a été multiplié par 8 depuis le
xvie siècle.
3. La troisième activité permet de repérer trois grands mécanismes destructeurs de la
biodiversité actuelle ainsi que leurs modes d’action. Ces informations peuvent être résumées
dans un tableau.

Chapitre 2 • La biodiversité change au cours du temps 57


Processus destructeurs de la biodiversité Modes d’action
Réduction importante de la surface des Diminution des populations et du nombre des
écosystèmes comme les forêts espèces présentes dans l’écosystème réduit
Diminution des populations des espèces
Pêches et chasses excessives chassées ou pêchées allant jusqu’à la disparition
des espèces
Destruction progressive de l’écosystème envahi,
Introduction d’espèces invasives ou ici les herbiers à posidonie, puis des espèces
envahissantes comme la caulerpe inféodées à ce dernier comme un poisson, la
saupe.
D’autres mécanismes comme l’emploi massif de pesticides ou le rejet de millions de tonnes
de plastiques variés dans les océans peuvent être étudiés de manière complémentaire.

3 Ressources complémentaires
• Liste des espèces menacées mise à jour régulièrement https://uicn.fr/
• Des informations complémentaires sur l’analyse de la viabilité d’une population www.
warnercnr.colostate.edu/-gwhite/pva/index.htm
• Un article sur l’accélération de la 6e extinction de masse « Alerte rouge sur la biodiversité »
dans La Recherche de septembre 2017 n°527.
• Le site du WWF (Fond Mondial pour la Nature), organisation indépendante de protection de
l’environnement dans le monde https://www.wwf.fr/

Exercices
Autoévaluation (p. 106)
Exercices 1 à 5
La correction des exercices de la page 106 figure dans le manuel aux pages 291-292.

Entraînement (p. 107)


Exercice 6. Formuler une hypothèse explicative
L’emploi massif de pesticides est la cause de la baisse de l’indice de biodiversité des espèces
d’oiseaux des champs. Les élèves pourront formuler diverses hypothèses : les pesticides absor-
bés par les plantes cultivées pourraient empoisonner les espèces d’oiseaux qui consomment
leurs graines ; les pesticides pourraient pénétrer directement dans l’organisme des oiseaux et
déclencher des maladies ; les pesticides pourraient raréfier la nourriture des oiseaux (insectes,
limaces…). En cas de difficulté, l’élève pourra se référer à la fiche compétence n°3 « J’apprends
à formuler des hypothèses. »

Exercice 7. Lire un tableau


Les mammouths sont plus proches des éléphants indiens car ils possèdent trois caractères
communs avec eux au lieu de deux seulement avec les éléphants africains.
Éditions Bordas, SVT 2de

Exercice 8. Faire preuve d’esprit critique


En se référant à un des exemples traités précédemment dans l’unité 1, formation de l’espèce
de pinson «  Big-Bird  » par exemple, on voit que l’évolution peut être observée à l’échelle de
quelques années ou décennies.

58 Partie 2 • La biodiversité, résultat et étape de l'évolution


Exercice 9. S’exprimer à l’oral
Quelle que soit l’espèce choisie, l’élève pourra se référer au site de l’UICN, rubrique liste rouge
des espèces menacées https://uicn.fr/liste-rouge-mondiale/. À titre d’exemple, le cas du jaguar
Panthera onca peut être envisagé. Cette espèce a perdu 46 % de son aire de répartition en Amé-
rique du Sud depuis le début du xxe  siècle du fait de la réduction de la forêt tropicale ama-
zonienne principalement, mais aussi à cause du braconnage afin de récupérer son magnifique
pelage et de conflits avec les hommes – car le jaguar peut consommer du bétail. Cette espèce est
quasi menacée selon l’UICN. On compte environ 6 adultes pour 100 km2 actuellement. Grâce aux
mesures prises : suivi des animaux depuis 2009 en les équipant de colliers GPS, aménagement
de corridors pour les animaux sauvages, augmentation du nombre de proies naturelles dans la
forêt, la population de jaguars est en augmentation mais demeure faible.

Exercice 10. Raisonner à partir d’un calcul


Chaque année, sur une population de 1 000 gnous, 250 meurent et comme chaque squelette de
gnou comporte 152 os, 152 x 250 = 38 000 os peuvent théoriquement débuter un processus de
fossilisation. Or, au bout d’un an, il ne reste que 50 carcasses représentées uniquement par 52 os
soit 50 x 52 = 2 600 os. Donc, en réalité seuls 6,8 % des os de gnous (2 600 x 100 / 38 000) peuvent
débuter un processus de fossilisation, ce qui explique la rareté de ce phénomène.

Exercice 11. Lire un graphique


Dans les 6 derniers mètres de roches calcaires du Crétacé, l’intensité photosynthétique (IP)
augmente progressivement de 4 à 5 unités arbitraires (ua). À la limite du Crétacé et du Paléocène,
l’IP diminue brusquement à 1 ua. Puis, dans les 4  mètres de roches calcaires du début du
Paléocène, l’IP se stabilise autour de 5 ua. La diminution brusque et transitoire de l’IP (environ
50 cm de sédiments du Paléocène sont concernés) à la limite Crétacé-Paléocène traduit une
baisse importante de la photosynthèse. Cette baisse constitue un argument en faveur d’une crise
biologique à cette période.

Raisonnement scientifique (p. 108-109)


Exercice 12. L’écrevisse marbrée : une redoutable espèce invasive
L’écrevisse marbrée est une espèce invasive à Madagascar ; son territoire a été multiplié par
100 en l’espace de 10 ans, en occupant les écosystèmes les plus variés : rizières, lacs, maré-
cages côtiers. Comme toute espèce invasive, elle est initialement extérieure aux écosystèmes
malgaches et perturbe l’équilibre de ces derniers en se multipliant aux dépens des sept espèces
d’écrevisses autochtones. Elle constitue donc une menace pour la biodiversité locale, surtout du
fait de propriétés reproductrices remarquables. Une femelle produit 1 200 petits en deux ans,
petits qui se développent directement sans être fécondés par un mâle. Au bout de six mois, les
petits atteignent la maturité sexuelle et se reproduisent à leur tour. Ainsi, les populations d’écre-
visses marbrées croissent extrêmement rapidement. De plus, elles véhiculent un microorga-
nisme pathogène qui détruit les écrevisses autochtones. On comprend ainsi que les sept espèces
d’écrevisses locales sont menacées.

Exercice 13. Les ammonites lors de la grande crise de la fin du Permien


Une crise biologique est une brève période à l’échelle des temps géologiques au cours de laquelle
la biodiversité subit de profonds changements. Ces changements consistent en des extinctions
massives de groupes d’espèces suivies d’une radiation adaptative, c’est-à-dire de la diversification
de certaines espèces survivantes. La crise de la fin du Permien, qui eut lieu il y a 252 Ma, a dou-
blement affecté les ammonites. Les 20 genres de goniatites encore présents s’éteignent tous. En
revanche, après la crise le nombre de genres de cératites « explose » en quelque sorte puisqu’il
passe d’environ 10 présents lors de la crise à plus de 100, 2 Ma après la crise. Il y a bien eu une
extinction massive des goniatites et une radiation adaptative des cératites au sein des ammonites.

Chapitre 2 • La biodiversité change au cours du temps 59


Exercice 14. Une cohabitation difficile
La réintroduction de l’ours brun était devenue une nécessité pour le maintien de cette espèce,
car la population ne comportait plus que 43 adultes en 2017 alors qu’il en faut au moins 50 pour
que la population soit viable à long terme. Les problèmes posés sont liés à la cohabitation avec
les éleveurs et les apiculteurs. En effet, en 2016, 158 attaques de brebis ont été attribuées à
l’ours brun ainsi que la destruction de 31 ruches. Cela étant, en admettant que 15 000 brebis sur
600 000 présentes dans les pâturages en été meurent, les attaques dues à l’ours brun repré-
sentent moins de 1 % des décès des brebis.

Construire sa démarche (p. 110-111)


Exercice 15. L’extinction des grands mammifères américains au Pleistocène
Quelle que soit la démarche utilisée par l’élève, les éléments suivants devront être extraits des
trois documents :
Le document 1A présente ce qu’est la mégafaune : des vertébrés dont la masse dépasse 44 kg
à l’âge adulte. Le graphique du document 1D montre que sur 50 espèces, un peu moins de 40
ont disparu à la fin du Pléistocène dont l’ensemble des espèces qui pesaient plus de 1 000 kg à
l’âge adulte. Le document 1E permet de voir la répartition géographique de ces extinctions sur
l’ensemble du continent américain. On constate, lorsque les données fossiles sont disponibles,
que 50 à 78 % des espèces présentes sur un territoire ont disparu ; aucune zone géographique
n’a été épargnée.
Le document 2A montre que la colonisation du continent américain par les hommes modernes
s’est faite progressivement du nord vers le sud en quelques siècles, entre – 14 000 et – 13 500 ans.
Ces hommes étaient capables d’élaborer des armes de jet en pierre (document 2B). L’efficacité
de ces armes est démontrée par la présence d’une pointe de flèche présente à l’intérieur d’un os
de mastodonte, un vertébré de la mégafaune (document 2C). Une chasse intensive de la méga-
faune américaine par les hommes modernes constitue une hypothèse vraisemblable quant à la
disparition de cette mégafaune vers – 12 000 ans.
Le document 3 présente plusieurs données climatiques du Pléistocène. Une période très froide
s’est achevée il y a environ 12 000 ans : la surface de la calotte glaciaire est devenue très réduite
(document 3B), à l’image de ce qu’elle est de nos jours (document 1A). De même, il y a 12 000 ans,
la température moyenne annuelle qui était plus basse de 7 ºC par rapport à l’actuelle, a brus-
quement augmenté de 5  ºC en quelques centaines d’années (document 3B). Enfin, à la même
époque, les précipitations moyennes annuelles sont passées de 0,7 à 1,1 mm/jour, c’est-à-dire
ont été multipliées par 4 (document 3B). Ces trois types de données : surface de la calotte gla-
ciaire minimale, augmentation de la température terrestre et augmentation des précipitations
annuelles il y a 12 000 ans, témoignent d’un réchauffement climatique important et rapide à la fin
du Pléistocène. Ce réchauffement climatique constitue une seconde hypothèse de la disparition
de la mégafaune américaine.
Finalement, les élèves pourront formuler une troisième hypothèse qui est la juxtaposition des
deux précédentes. La mégafaune américaine a disparu à la fin du Pléistocène sous l’action conju-
guée d’une chasse intensive et d’un brusque réchauffement climatique.
Nb. Deux articles scientifiques font le point sur cette disparition de la mégafaune aux Amériques
et sur les autres continents. « La surprenante extinction de la mégafaune » (« Les dossiers de la
Recherche », août 2012 n°50) et « Les mammifères géants exterminés par les humains » (La Re-
cherche, juin 2018 n°536). Cette extinction est également relatée dans Guide critique de l’évolution
Éditions Bordas, SVT 2de

de G. Lecointre, Éditions Belin, 2009.

60 Partie 2 • La biodiversité, résultat et étape de l'évolution

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