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Sommaire

Liste des abréviations..................................................................................................................................2


INTRODUCTION GENERALE................................................................................................................3
CHAPITRE 1 : « La création d’entreprises et l’évolution de l’entrepreneuriat »..............................12
Section 01 : La création d’entreprise en Algérie :...............................................................................12
Section 02 : La petite entreprise et ses caractéristiques :...................................................................16
Section 03 : Les structures publiques d’aides à la création d’entreprises en Algérie :...................20
CHAPITRE 2 : « L’analyse d’impact du dispositif CNAC sur l’activité entrepreneuriale »............24
Section 01 : Présentation du dispositif CNAC:....................................................................................24
Section 02 : La méthodologie d’investigation employée dans l’évaluation du dispositif CNAC :. .28
Section 03: L’analyse des statistiques sur micro-entreprises créées par le dispositif CNAC:........31
CHAPITRE 3 : « Démarche de la création d’une PME - Étude de cas................................................40
Dans le cadre du dispositif CNAC ».........................................................................................................40
Section 01 : Les résultats de l’enquête auprès des jeunes entrepreneurs qui ont sollicité le
dispositif CNAC de Annaba :................................................................................................................40
Section 02 : Les limites et contraintes du dispositif CNAC :..............................................................53
CONCLUSION GENERALE...................................................................................................................57
BIBLIOGRAPHIE CONSULTEE...........................................................................................................62
ANNEXES..................................................................................................................................................63

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Liste des abréviations

ADS : agence de développement social


ANDI : agence nationale de développement industriel
ANGEM : agence nationale de gestion du micro- crédit
ANSEJ : agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes
APSI : agence pour la promotion et suivi de l’investissement
BTPH : bâtiments et travaux publics et hydraulique
CALPI : comité d’aide à la localisation et la promotion de l’investissement
CAM : chambre d’artisanat et des métiers croissance
CAP : forte-autonomie-peu de pérennité
CASNOS : caisse d’assurance des non-salariés
CLEF : commission locale d’étude du financement des projets.
CNAC : caisse nationale d’assurance chômage
CNAS : caisse nationale des assurances sociales
CNC : conseil national consultatif
CNI : conseil national de l’investissement
DPSB : direction de la programmation et de suivi budgétaire
FAI : fonds d’appui à l’investissement
FCMG : fond de caution mutuelle de garantie
FCMGRCJP : le fonds de caution mutuelle de garantie risques/crédits jeunes promoteurs
FMI : fonds monétaire international
GE : grande entreprise
IBS : impôt sur le bénéfice des sociétés.
IRG impôt sur le revenu global
OBS : observation
OPI : office pour la promotion de l’investissement
ORAC : office régional avicole du centre
PAS : plan d’ajustement structurel
PCD : programmes communaux de développement
PDG : président directeur général
PIC : pérennité-indépendance-croissance
PME : petite et moyenne entreprise
PMI : petite et moyenne industrie
PNR : prêt non rémunéré
PNR-CG : prêt non rémunéré « cabinet groupé »
PNR-LO : prêt non rémunéré « location »
PNR-VA : prêt non rémunéré « véhicule atelier »
PSCE : plan de soutien à la croissance économique
PVD : pays en voie de développement
SIG : système d’information géographique
SPL : système productif localisé.
TAP : taxe sur l’activité professionnelle
TPE : très petite entreprise
TVA : taxe sur la valeur ajoutée
UTA : unités de travail-année

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INTRODUCTION GENERALE

Dans un contexte de concurrence mondiale paroxysmique, la globalisation et la localisation


constituent deux niveaux d’analyse des économies nationales/régionales. Les Etats se concurrencent et
coopèrent simultanément pour créer de la valeur ajoutée et soutenir la croissance et la compétitivité.

La littérature sur la géographie économique considère que les régions sont devenues depuis le début
des années 80 le soubassement fondamental de la vie sociale et économique. On assiste donc à un “retour
du local“ au sein des économies territoriales marqué par une présence plus forte des petites entreprises
mais aussi des grandes entreprises qui mettent en place des stratégies de développement territorial.

Les acteurs socio- économiques décident de s’implanter dans un territoire en raison des avantages
spécifiques liés au site, la densité du marché local, l’accessibilité à des ressources et compétences
spécifiques ainsi que la fluidité et la dissémination des informations entre parties prenantes permettant de
diminuer les coûts de transaction. En d’autres termes, la concurrence globale entre Etats se cristallise au
niveau local entre territoires, ce que l’on appelle la globalisation. L’ouverture des frontières des pays liée
à la mondialisation conduit à la prédominance des territoires qui mobilisent leurs ressources et
compétences afin d’être plus compétitifs et attractifs.

L’effondrement des prix de pétrole et la montée de la contestation sociale, ainsi que les
bouleversements socio-économiques marqués par la mondialisation des échanges et la compétitivité, vont
amener l’Algérie à l’instar de ses voisins (la Tunisie et le Maroc) à entreprendre des réformes
structurelles dont l’objectif est de donner à la PME une place principale dans le développent économique.

En effet, après avoir été négligées au profit des grandes organisations, au profit des grands
complexes industriels, nous assistons à la fin des années quatre- vingt à un regain d’intérêt pour les
PME/PMI présentées depuis comme une réponse à l’instabilité de l’environnement économique et un
véritable vivier de création de richesses et d’emplois.

Durant cette période, les PME ont été marginalisées jusqu’à la fin des années quatre-vingt ; elles ont
évolué dans un environnement totalement défavorable, et étaient concentrées sur des activités de
transformation courante et à très faibles intensité technologique. Ce n’est qu’à l’entame des réformes
économiques au début des années quatre-vingt-dix, notamment en 1993, la création des PME en Algérie a
commencé réellement à émarger. Les statistiques officielles montrent que la population des PME a
dépassé la barre de 600 000 unités en 2011, après qu’elles n’étaient que de quelques 200 000 unités en
2001.

Cet essor s'explique notamment par les différents dispositifs mis en place par l'Etat depuis une
dizaine d'années, en matière d’aide à la création, de financement, de mise à niveau ….. Ces incitatives ont
libéré des énergies entrepreneuriales et engendré une forte dynamique de développement des PME.

Les petites et moyennes entreprises jouent un rôle primordial dans le processus de développement
économique et social, par leur capacité de créer des richesses, par l’amélioration du PIB et la génération
de postes d’emplois aidant à résorber le chômage et ses effets sur la société. Leurs caractéristiques qui
leur distinguent des grandes entreprises, notamment la flexibilité de leur structure, leur capacité à
s’adapter aux multiples pressions de l’environnement économique, leur aptitude à assurer une intégration
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économique et leur contribution au développement régional, expliquent leur place dans l’économie à
travers les différentes politiques industrielles et les préoccupations des pouvoirs publics envers ce type
d’entreprise.

La réussite d'une politique de création d'entreprises dépend inévitablement de ces deux faits et leur
devenir dans le temps et dans l'espace. Particulièrement dans ce cadre, la création des PME semble être de
plus en plus une vérité première mais non encore suffisamment mise en valeur. Les PME semblent être, à
vrai dire, les entités économiques les plus faciles à créer, les plus dynamiques et potentiellement les unités
qui réussissent le mieux à promouvoir le tissu économique.

La meilleure façon de relancer la croissance économique dans un pays comme le nôtre est de faire
participer aux activités économiques le plus grand nombre d'individus. Agissant selon ses propres
capacités, chacun pourra créer et faire jouer toutes les synergies économiques et institutionnelles.

La création d'entreprises demeure le domaine parfait afin de regrouper les fortes potentialités des
jeunes créateurs et l'expérience et la volonté des institutions économiques à rétablir la situation
économique et sociale dans notre pays.

Dans le cadre de la transition d’une économie dirigée vers une économie de marché, les pouvoirs
publics ont pris un certain nombre de mesures incitatives aux PME privées qui s’imposent comme
élément essentiel du développement économique. Les problèmes économiques et sociaux des années 80
et les réformes de la décennie 90 ont permis à la PME de se développer. Les PME ont prouvé leur
capacité à créer de la richesse économique. La banque mondiale insiste sur l’importance des PME pour la
croissance et sur la nécessité d’une bonne intervention de l’Etat car la croissance est fortement liée à
l’existence d’un réseau d’entrepreneurs actifs. Celui -ci est conditionné par un environnement favorable
aux affaires. Beaucoup de pays, indépendamment de leur niveau de développement, ont introduit des
programmes de soutien à la création de PME (OCDE, 2004). Les États-Unis et la Chine, ont développé
des mesures efficaces pour la création d’entreprises. D’autres sont encore à la recherche de mécanismes
qui minimisent les contraintes. L’action publique visant le développement de l’entrepreneuriat doit en
parallèle prendre en considération la survie et le développement des PME créées afin d’assurer la
croissance.

Depuis la fin des années 1980, tous les gouvernements algériens ont compris que le secteur public
seul ne peut répondre aux besoins économiques et sociaux grandissant du pays, par conséquences, le
recours au secteur privé est une nécessité absolue. Et c’est dans ce contexte de transition, d’une économie
dirigée vers une économie de marché, que la PME s’est imposée, par sa diversité, sa flexibilisé et sa
capacité à créer des emplois, comme une entité susceptible de compenser le déficit de la grande entreprise
nationale. Pour développer ces entreprises de dimension réduite, les pouvoirs publics ont créé toute une
série d’institutions et d’organismes chargés de promouvoir la PME (Ministère de la PME, Fonds de
garantie …) et une batterie de programmes et de mesures incitatives pour développer cette frange
d’entreprise a été engagée, dans le cadre d’une politique globale de promotion de la PME algérienne,
entamée depuis le début des année 1990.

La loi d’orientation et de promotion des PME de 2001, qui considère comme PME toute entreprise
qui emploie moins de 250 salariés, dont le chiffre d’affaires n’excède pas 2 milliards de DA ou dont le
total du bilan annuel n’excède pas les 500 millions de DA et qui n’est pas détenue à plus de 25 % par une
ou plusieurs entreprises ne répondant pas à la définition de la PME, intervient dans cette stratégie
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générale de développement de la PME, et constitue un cadre de référence pour l’ensemble des institutions
(publiques et privées) et des acteurs économiques, qui permet d’accroitre la cohérence et l’orientation des
programmes d’appui en faveur de cette catégorie d’entreprise, d’assurer une meilleure coordination entre
les différentes mesures de leur soutien et de faciliter l’attribution des diverses aides financières que
peuvent accorder l’Etat algérien et les organismes internationaux, en particulier les programmes
européens d’aides à la promotion de ce secteur de PME.

Dans la conjointure actuelle, l’économie connait dans la plupart des pays du monde un déséquilibre
entre la demande et l’offre d’emplois. En effet, l’offre d’emploi est inférieure par rapport à une demande
croissante, engendrée par les jeunes demandeurs arrivants sur le marché du travail.

De plus, la population de ces demandeurs d’emplois se caractérise par une jeunesse diplômée des
universités, avec un grand potentiel et souhaitant laisser leur emprunte dans leur domaine respectif. Ces
jeunes qui grandissent dans un monde en perpétuel évolution, et qui constatent la réussite de plusieurs
expériences qui ont commencé modestes mais obtenant un succès énorme après quelques années
d’activité, comme par exemple : (Facebook, Apple, Fedex…).

L’enjeu pour les actuels décideurs dans les pays en développement est de convertir ces demandeurs
en créateurs d’opportunités de travail. Cela ne se fait pas seulement en leur offrant des postes dans des
entreprises publiques ou privées, mais en les incitants à concrétiser leurs propres projets. Cet objectif peut
être atteint en exploitant l’espace de l’enseignement supérieur pour booster et renforcer l’esprit
d’initiative et de création d’entreprises, ou ce qu’on appelle l’entrepreneuriat.

La réalisation de cet objectif engendrera des bénéfices mutuels, pour les personnes qui deviendront
entrepreneurs (propriétaires d’entreprises), ainsi que pour l’économie du pays qui enregistrera un
accroissement de ses taux de développement.

Aujourd’hui, l’entrepreneuriat constitue un phénomène qui attire de plus en plus les chercheurs dans
les domaines de l’économie et de la gestion.

L’entrepreneuriat est un phénomène complexe qui au cours du temps a pris plusieurs significations.
Plusieurs auteurs et chercheurs dans ce domaine ont essayé d’apporter une définition pour ce concept.
Parmi ces auteurs, nous citons Thierry Verstraet qui a définit l’entrepreneuriat comme étant un
phénomène combinant un individu et une organisation, l’un se définit par rapport à l’autre et vice versa.

« L’entrepreneuriat est le processus qui amène les personnes à envisager la propriété d’une
entreprise comme une option ou solution de carrière viable, à arriver avec des projets d’entreprise à
apprendre à devenir des entrepreneurs, à lancer et à développer une entreprises », [Stevenson].

Alors que le terme entrepreneuriat s’articule autour d’un personnage et d’une organisation, il
commence par une volonté individuelle d’un futur entrepreneur. Cet entrepreneur qui était pour
longtemps marginaliser dans la pensé économique. Car pour F. Quesnay, l’entrepreneur fait partie de la
classe stérile, ne crée pas de richesse, mais il la fait juste circuler. C’est à partir des travaux de
Schumpeter suivis par des chercheurs contemporains que l’entrepreneur trouva sa place dans l’économie.

En effet, depuis quelques années, de nombreux pays ont découvert les attributs de l’entrepreneur et

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ont reconnu le rôle déterminant qu’il peut jouer dans l’évolution de leurs économies en matière de
création d’emploi et de richesse, de soutien à l’innovation, ainsi que la valorisation des ressources
territoriales dont il dispose.

Cette reconnaissance peut être considérée sous deux angles différents, mais qui se rejoignent :
Tout d’abord, du point de vue théorique, le renouvellement de la pensée économique et
l’enrichissement des grilles de recherche, après la crise du régime d’accumulation fordiste et de la grande
firme managériale, ont ouvert la voie à de nouvelles interprétations et méthode d’investigation
scientifiques, qui mette en relief les vertus de la firme entrepreneuriale et du même coup de
l’entrepreneur, au regard de nouveau contexte socio-économique, marqué notamment par hyper-
segmentation des marchés, le recours croissant à la transition externe (l’externalisation et le
développement d’une économie de transition) et la mondialisation des marchés. Ce nouveau contexte
bascule les paramètres de référence et ouvre la voie à une multitude d’opportunités entrepreneuriales. Dès
lors, nous sommes en train d’observer un regain d’intérêt grandissant pour les petites et moyennes
entreprises (PME).

Ensuite du point de vue pratique, la « foi » accordé à la création et au développement des petites
entreprises « entreprenantes », s’est généralisée aussi bien dans les pays de veilles économies de marché,
qui dans les anciens pays socialistes à économies planifiées. En effet, il semblerait que le trait manifeste
de l’Etat de la vie économique et de déclin industriel de certains territoires, ont amené les autorités
publiques centrales et locales à se focaliser davantage sur l’entrepreneuriat privé et ce, en vue de
régénérer les tissus productifs locaux, gravement endommagés par la crise des années soixante-dix, lutter
contre le chômage et permettre la réinsertion sociale des populations les plus marginalisées.

L’entrepreneur serait donc le personnage-clé de la dynamique capitaliste, dans la mesure où il


assumerait les risques inhérents au fonctionnement du marché. Il apparaît comme le moteur de la
croissance économique et comme l’agent privilégié du changement technologique et de l’innovation ceci
après la très longue ignorance de l’entrepreneur par la théorie économique. De ce fait, il est difficile de ne
pas affirmer, que l’entrepreneur fait l’objet de toutes les attentions et que l’entrepreneuriat est en voies
d’apparaître comme un phénomène de société.

L’Algérie à l’instar des autres pays postsocialistes, a connu une vague de réformes économiques et
un processus de transition vers l’économie libérale. Ces réformes ont révélé l’importance de la création
d’entreprise pour la dynamique de développement.

L’Algérie est engagée dans un processus de transformation de son système politique et économique.
En l’espace de quelques années, les systèmes reposant sur une planification centralisée et des grands
complexes industriels ont été démantelés, les entreprises d’Etat ont été privatisées, les prix et le
commerce ont été libéralisés et cadre juridique et institutionnel adapté à une économie de marché a été,
pour une large part, construit.

L’entrepreneur est désormais placé au cœur des politiques de transition vers l’économie de marché.
Il remplit un certain nombre de fonction socio-économiques telle que : création d’emploi, soutien de
l’innovation, amélioration de la concurrence et diminution de l’inégalité social entre autres indispensable
pour le bon fonctionnement de l’économie de marché.

Nous signalons que l’entrepreneuriat en Algérie est né grâce aux réforme engagées par les pouvoir
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publics il y a un peu plus de 20 ans. C’est à partir des années 1990, suite aux changements sur tous les
plans, internes et externes qui ont fait que l’Algérie s’oriente vers une nouvelle organisation ayant pour
pierre angulaire encourager et développer l’entrepreneuriat privée.

Cependant, l’activité entrepreneuriale a pris tout son essor, à savoir la liberté des entrepreneurs à
créer des entreprises dans des secteurs de leurs choix, et ce grâce à la levée du monopole de l’Etat sur
l’activité économique et libérant les initiatives privées où l’Etat a été pendant plus de 30 ans le principal
entrepreneur. Ainsi, un premier code des investissements était mis en place pour la première fois en
Algérie en 1993.

L’entrepreneuriat, levier de la création de richesses et d’emplois, désormais fait partie des stratégies
de reconversion conduites par les pouvoirs publics, où la création d’entreprise constitue une solution au
problème d’exclusion sociale et le chômage de plus en plus considérable dans la société algérienne.

A partir de là, une nouvelle approche est mise en œuvre visant à développer l’activité
entrepreneuriale. L’Algérie opte pour un recentrage dans le sens d’un renforcement au profit de la petite
entreprise. On assiste à une redéfinition du rôle de l’Etat facilitateur et accompagnateur de l’initiative
privée. Cette tendance constitue au préalable un stimulant au développement de l’entrepreneuriat privée
vecteur du changement et de la croissance économique.

Cette volonté d’encouragement a cependant été associée à une autre idée très tentante, celle de la
création d’entreprise comme une des solutions à la résorption du chômage, dont le taux est reste très
élevé. Outre ses fonctions traditionnelles, l’entrepreneuriat peut contribuer à la création et à l’évolution
efficaces d’un marché naissant et des instituions qui l’accompagnent, mais aussi à la compréhension
publique et individuelle de ce qui constitue une économie de marché.

La création d’emplois via la promotion de l’entrepreneuriat est aujourd’hui l’une des grandes
priorités de la politique économique algérienne. C’est pourquoi une grande partie des financements de
l’encouragement à la création le furent en direction des demandeurs d’emploi, afin d’encourager la
dynamique entrepreneuriale.

Ces politiques ont pour but de mettre en place un climat économique générale propice à la création
des entreprises (fiscalités et réglementaire) et de stimuler l’entrepreneuriat par un ensemble de mesures
spécifiques incitatrices (aides financières, exonérations fiscales, …).

Les pouvoirs publics sont désormais conscients de la nécessité d’encourager et développer la


culture entrepreneuriale, et ont assigné à des institutions publiques les tâches de concevoir des politiques
spécialement ciblées sur l’entrepreneuriat.

Dans le cadre de sa stratégie de réforme, les autorités publiques ont mis en place des organes et des
dispositifs nationaux destinés à promouvoir l’initiative individuelle et stimuler l’activité entrepreneuriale
et le goût d’entreprendre à l’image de l’ANSEJ, ANDI, CNAC, ANGEM, ….

La wilaya de Annaba, à l’instar des autres wilayas, a subi les grands changements structurels,
imposés au tissu industriel local, par les critères de rentabilités et de commercialité. Il en ressort que les
compressions d’effectifs, voire dans certains cas les dissolutions d’entreprises publiques, ont conduit à
une situation de sous-emploi de plus en plus dure. D’où la nécessité de recourir systématiquement dans
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les prochaines années, à une forme d’entrepreneuriat local, qui soit adaptée aux spécificités de la wilaya,
c'est-à-dire plus précisément, qui tienne compte à la fois de ses ressources génériques et spécifiques.

En effet, l’entrepreneuriat privé a pris un rôle important dans la dynamisation du territoire de la


wilaya de Annaba, à travers la création de PME, sachant que cette dynamique est multipliée suit à la mise
en place des différents dispositifs (CNAC, ANSEJ, ANDI, ANGEM, …) par les autorités publiques.
Ainsi, les relations de coopération se multiplient dans les pratiques des entreprises. Elles prennent la
forme de systèmes composés de plusieurs organisations, dont la compétitivité productive est renforcée par
les rapports et les liens qu’elles parviennent à établir et entretenir entre-elles grâce à leur proximité.

En conséquence, des formes de concentration d’entreprises se développent au niveau de certaines


filières comme l’artisanat au niveau de la wilaya. Cette structure est très présente dans cette. Cette
commune recèle en effet un véritable savoir-faire qui fait qu’il ait une grande concentration d’unités
artisanales spécifiques dans la production de la vannerie en osier.

Parmi les acteurs de développement de la dynamique entrepreneuriale et de développement


territorial de la wilaya de Annaba figure les dispositifs mis en place par les pouvoirs publics en vue de
dynamiser de tissu économique de la wilaya. Entre ces dispositifs figure celui de la Caisse Nationale
d’Assurance Chômage (CNAC) créée en 2004, ce dispositif cible une population jeune dont l’âge entre
30 à 50 ans, il a comme objectif la création d’emploi et la création de micro-entreprises. Il vise à insuffler
la créativité chez les jeunes chômeurs en mettant en place des mesures incitatives, le dispositif CNAC a
pour mission aussi d’aider, d’orienter et de soutenir les jeunes entrepreneurs. Ce dispositif vise à favoriser
la création d’activités de biens et services par les jeunes promoteurs.

Cette structure est mise en place avec la prise en compte des autorités publiques algériennes de
l’importance de la création d’entreprise, cette dernière joue un rôle économique et social très important,
c’est un élément fondamental de la croissance économique et de la création d’emploi, contribue au
développement régional et territorial ainsi qu'à la cohésion sociale et lutte contre les inégalités sociales,
considéré également comme acteurs de développement de toute région, et nul ne peut ignorer sa part dans
la formation de la richesse et la création des dynamiques territoriales.

Voir l’importance du dispositif CNAC concernant l’encouragement de la création des micro-


entreprises, ainsi que ses multiples avantages qui peuvent avoir des retombées bénéfiques pour le
territoire de la wilaya de Annaba, voir également l’importance des potentialités dont dispose le territoire
de la wilaya, nous a encouragé à nous interroger sur le degré de valorisation et d’exploitation de ces
différentes ressources, ainsi que leurs influence sur la création d’une dynamique entrepreneuriale dans
cette wilaya, et également réfléchir sur le rôle du dispositif CNAC et ses apports au territoire de cette
wilaya.

Problématique :
Les chercheurs en entrepreneuriat s’accordent à signaler que nul n’est programmé génétiquement
pour devenir entrepreneur, on ne nait entrepreneur, mais on le devient car l’entrepreneuriat est un mode
de comportement, c’est une attitude qui peut être encouragée, favorisée, contrariée, soit mais on peut
apprendre à modifier son comportement et on peut y arriver.

De nos jours, il n’y a quasiment aucun pays qui n’ait pas une politique volontariste de
développement et de mobilisation de l’entrepreneuriat sous forme de programmes, d’outils et de
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structures d’aide à la création d’entreprises.

L’Algérie à l’instar des autres pays a développé des programmes encourageant la création
d’entreprises afin de dynamiser le tissu économique, parmi ces programmes figure celui de la Caisse
Nationale d’Assurance Chômage (CNAC), encourageant la création d’entreprises.

La création d’entreprises est l’un des facteurs moteurs de la dynamique économique et élément
fondamental de la croissance économique et de la création d’emploi, et les créateurs d’entreprises sont
considérés comme des acteurs qui agissent sur le territoire pour diffuser l’entrepreneuriat. Dans cette
logique entreprise, entrepreneur et territoire sont des acteurs qui interagissent pour créer des dynamiques
économiques et sociales, sachant que l’entreprise est le fruit des synergies entre l’entrepreneur et le
territoire.

Le dispositif CNAC est considéré comme la structure la plus jeune dans le réseau d’encouragement
à la création de la petite entreprise dans divers secteurs d’activités, en Algérie.
Dans cet ordre d’idée, on cherche à apporter les éléments de réponse aux questions suivantes :

Question principale :

La création d’entreprises représente aujourd’hui un enjeu économique et social important. Elle s’est
avérée comme moteur pour le développement des pays. Le dispositif CNAC en tant acteur de création
d’entreprise, générateur d’aide (avantages financiers et fiscaux) donc :

« Quel impact exerce le dispositif CNAC d’appui à la création d’entreprises sur


l’entrepreneuriat et le développement territorial de la wilaya de Annaba ? »

En effet, il s’agit de voir la perception et les motivations des jeunes entrepreneurs à l’égard de
l’entrepreneuriat et déduire l’influence exercé par le dispositif de soutien sur leur logique
entrepreneuriale. Autrement dit, il s’agit d’analyser dans quel mesure les politiques d’accompagnement à
la création d’entreprise était ou non facteur de développement de l’entrepreneuriat et dans quelle mesure
un dispositif tel le dispositif CNAC y contribuait.

Les questions secondaires :

1/ La politique d’encouragement à la création d’entreprises (CNAC) peut-elle donner le goût


d’entreprendre aux jeunes ?
2/ Quel impact exerce les projets entrepreneuriaux crées dans le cadre du dispositif CNAC sur le
développement territorial de la wilaya de Annaba ?
3/ Quels sont les niveaux de concertation et de collaboration entre les différents entrepreneurs
encouragés par le Dispositif CNAC ?
4/ Le dispositif CNAC est-il source d’émergence SPL (Système Productif Localisé) au niveau de la
wilaya de Annaba ?

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Les hypothèses de travail :

1/ Le dispositif CNAC contribue à créer une dynamique territoriale et entrepreneuriale dans la


wilaya de Annaba, à travers la combinaison et l’exploitation d’immenses potentialités d’investissement
dont dispose le territoire de la wilaya de Annaba.
2/ Le chômage fait qu’un grand nombre de jeunes cherchent à créer leurs propres emplois, et ceci en
créant leurs propres entreprises, à travers l’aide du dispositif CNAC, ce phénomène n’est certainement
pas une des raisons des disparités spatiales et sectorielles, mais plutôt une raison qui explique la
motivation de création d’entreprise.
3/ Il y a peu de synergie et de coopération entre les promoteurs du dispositif CNAC (pas de raison
formelle de coopération). Le seul réseau sur lequel s’appuie les jeunes entrepreneurs, est celui de la
famille, les proches et amis.
4/ Partant du principe que l’entreprise peut être considérée comme un système finalisé, organisé
pilotes et ouvert à son environnement, sachant que les facteurs contribuant à la réussite d’une entreprise, à
sa survie et donc à sa pérennité ne peuvent être liée qu’à ces composantes, autrement dit, ils peuvent être
soit interne c’est-à-dire liée à l’entrepreneur lui-même ou à l’organisation ou encore externe en relation
avec l’environnement dans lequel l’entreprise évolue.

Objectif et démarche :

Pour réaliser ce travail et apporter les éléments de réponse à notre problématique, nous nous
sommes basés :

D’une part sur : Une recherche et une étude documentaire, et ceci par la consultation des différents
documents nécessaires pour la compréhension des concepts et des logiques relatifs à notre thématique.

D’autre part : Sur l’exploitation des divers documents fournis par le dispositif CNAC de Annaba
accompagné d’une enquête sur le terrain par le biais d’un questionnaire ainsi que des entretiens au niveau
de la CNAC et des entretiens avec les entrepreneurs de SPL (Système Productif Localisé) encouragés par
le dispositif CNAC.

L’objectif de ce travail est d’essayer de montrer l’influence exercée par le dispositif de soutien à la
création d’entreprises CNAC sur les logiques entrepreneuriales des jeunes entrepreneurs, et voir la
perception et la motivation des jeunes entrepreneurs à l’égard de l’entrepreneuriat, ainsi voir est-ce que
les jeunes coopèrent entre eux afin de savoir si le dispositif est source d’émergence d’un SPL (Système
Productif Localisé). Ainsi, voire l’impact du dispositif CNAC sur le développement territorial. On va
essayer d’étudier l’effet du dispositif CNAC sur le territoire du la wilaya de Annaba à travers la création
des dynamiques sectorielles et territoriales. Mais d’abord, on essayera de déceler l’ensemble des
ressources dont recèle le territoire de la wilaya de Annaba et de mesurer le degré de leurs valorisations et
de leurs exploitations en tant qu’opportunités offertes en matière d’investissement et de création
d’entreprises.

Le choix de ce sujet est motivé d’une part, par la volonté d’évaluer l’implication du dispositif
CNAC dans la création d’entreprise et de mesurer le degré de la contribution de cette structure dans la
dynamique entrepreneuriale le développement territorial de la wilaya de Annaba, ainsi voir si le dispositif
encourage les jeunes à coopérer. D’autre part, la caractéristique de notre travail réside dans la quasi
absence de travaux portant sur ce thème. Ainsi, le dispositif CNAC retient particulièrement notre
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attention, par sa population ciblée, ses avantages et par sa dimension tant sociale qu’économique.

Le sujet étudié présente un double intérêt. D’une part, un intérêt managérial, car l’étude de l’impact
du dispositif d’aide à la création d’entreprise sur le développement du territoire et l’entrepreneuriat donne
une vision claire aux experts de l’accompagnement pour étudier l’aménagement et les améliorations
nécessaire à apporter à ce dispositif pour accompagner les porteurs de projets. Pour aller plus loin, non
seulement à la création d’une entreprise mais toucher à des aspects comme l’orientation des
investissements en fonction des besoins territoriaux et des ressources dont dispose un territoire donné
dans l’objectif de les valoriser et de mieux les exploiter.

D’autre part, un intérêt pour l’action publique, puisque la création d’entreprise retient l’attention des
décideurs comme étant la principale source d’emploi. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu consiste à évaluer
si l’encouragement à l’entrepreneuriat est une voie à suivre pour favoriser la redynamisation des
territoires par les jeunes en situation de difficulté. Notre étude rejoint la visée managériale puisque si la
création d’entreprise est un facteur essentiel pour créer des dynamiques territoriales, on cherchera
comment on peut l’encourager, l’émerger et la renforcer.

Structure du mémoire :

Afin d’apporter les éléments de réponse à notre problématique et de confirmer ou infirmer nos
hypothèses, on a devisé notre travail en deux parties et chacune d’une contient trois chapitres.

L’objet de notre première partie est de présenter certaines clarifications des concepts relatifs au
territoire, à l’entrepreneuriat, esprit d’entreprise, à l’entrepreneur et à la notion de création d’entreprise.

Cette partie portera également sur le milieu entrepreneurial et les systèmes productifs locaux, ainsi
que les districts industriels. On traitera également les éléments d’une politique publique favorable à
l’encouragement de l’entrepreneuriat. On présentera aussi un éclairage sur l’évolution de l’économie
algérienne où on va voir la contribution du dispositif CNAC dans la dynamisation du tissu économique au
niveau national.

Quant à la deuxième partie, elle fera l’objet d’une présentation du territoire de la wilaya de
Annaba : une présentation géographique, ainsi que les multiples ressources et potentialités dont il dispose,
qui peuvent avoir un effet sur la création d’une dynamique entrepreneuriale et d’impulser un processus de
développement dans la wilaya. On présentera également la genèse de l’entrepreneuriat privé de la wilaya
de Annaba, ainsi les différents acteurs participant à la dynamique entrepreneuriale et au processus de
développement du territoire de la wilaya.

Cette partie portera aussi sur un essai d’évaluation de l’apport et de l’effet du dispositif CNAC sur
le territoire et la dynamique entrepreneuriale de la wilaya de Annaba à travers l’analyse des différents
données statistiques collectés au niveau de l’antenne CNAC de Annaba et à l’aide d’une enquête sur le
terrain par le bais d’un questionnaire. On tentera également de souligner certaines contraintes et limites
de cette structure. On mettra également l’accent sur la contribution du dispositif CNAC dans la
dynamisation de SPL (Système Productif Localisé).

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CHAPITRE 1 : « La création d’entreprises et l’évolution de l’entrepreneuriat »

Introduction au chapitre premier :

L’économie algérienne a connu de profonds bouleversements depuis l’indépendance nationale en


1962 à la moitié des années 80, le développement industriel algérien était la prédominance du secteur
public « développement autocentré », cette période est caractérisée par la création de grandes entreprises
d’Etat fournissant emploi, salaire, logement et autres avantages sociaux.

A contrario, l’entrepreneuriat privé n’occupait qu’une faible partie des orientations économiques de
l’époque. Avec l’avènement de la libéralisation, l’Algérie s’oriente vers une nouvelle organisation ayant
pour pierre angulaire la création et le développement des PME. Cette fois, la stratégie de développement
est basée sur la promotion de l’entrepreneuriat privé par la multiplication des PME/TPE.

L’Etat régule et promeut mais ne gère plus. Devant les difficultés de redressement du secteur
public, dont un grand nombre d’entreprises a atteint un stade avancé de dégradation, les pouvoirs publics
tentent d’orienter leurs actions en faveur du développement de l’entrepreneuriat privé qui cadre mieux
avec l’économie de marché par la mise en place d’un ensemble de dispositifs qui stimulent la création
d’entreprise par les entrepreneurs privés.

Section 01 : La création d’entreprise en Algérie :

Depuis l’indépendance, la création d’entreprise privée a évolué avec l’évolution de l’économie


Algérienne, elle a connu successivement limitation, encouragement et pleine reconnaissance.
L’entrepreneuriat en Algérie est né grâce aux réformes engagées par les pouvoirs publics, c’est à partir
des années 1990, que l’Algérie s’oriente vers une nouvelle organisation ayant pour pierre angulaire
encourager et développer l’esprit d’entreprise. Durant les deux dernières décennies, la participation des
jeunes à la création d’entreprise a connu un développement remarquable et rapide. Désormais, les jeunes
entrepreneurs attirent une attention particulière des instances nationales.

1-1. Historique et évolution de l’entrepreneuriat en Algérie :

Melbouci [1] avait fait une distinction entre deux périodes cruciales marquant l’histoire de
l’évolution de l’entrepreneuriat et du secteur privé en Algérie. En effet, elle possède en matière de la
création d’entreprises une expérience particulièrement intéressante qu’elle a acquise tout au long des
quatre dernières décennies. Il s’agit d’une expérience intervenue dans un pays qui a hérité à
l’indépendance d’un nombre peu significatif d’entreprises gérées par des nationaux et qui fut donc à ses
débuts un moment de véritables apprentissages pour les créateurs d’entreprises et les institutions d’appui ;
cette expérience se déroula en deux phases assez bien délimitées dans le temps :
L’entrepreneur de l’Algérie indépendante :
Cette période est divisée en deux sous périodes sont les suivantes :
Les décennies 60-70 : La création d’entreprise ou l’Etat entrepreneur :
Juste après l’indépendance, l’Algérie s’est engagée dans un ambitieux programme de
développement visant à assurer la transformation locale des richesses et à accroitre leur utilisation à
1
- Melbouci. L : « Le capital social et le comportement innovateur de l’entrepreneur algérien », communication au colloque
international sur l’entrepreneuriat et la PME, Belgique, Octobre, 2008.
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l’intérieur de l’économie. L’objectif principal de la politique de développement suivie est de transformer
l’économie algérienne en y implantant une industrie de base, en procédant à des transformations des
rapports de propriété au sein de l’agriculture et en maitrisant le commerce extérieur à l’aide des
instruments de l’Etat.

L’Etat comme instrument de réalisation et de réussite du projet du développement économique et


social se voit confier trois fonctions essentielles : une fonction économique en tant que « grand
entrepreneur » devant mettre en place et conduire une économie étatique moderne ; une fonction sociale
redistributive faisant de lui un Etat-providence et enfin une fonction de socialisation et de
disciplinarisation du citoyen et de la société.

Pendant toute la période (1962-1989) une rapide revue de l’histoire économique et politique, nous
rappelle un système politique basé sur un parti unique et un modèle économique centrale dirigé. L’Etat a
été pendant plus de 30 ans le principal entrepreneur employeur, il s’impose ainsi comme propriétaire du
patrimoine des entreprises et responsable de leur création mais de leur gestion. Pour assurer son contrôle
sur la gestion de ses entreprises, l’Etat a mis en œuvre des dispositifs multiples.

L’entrepreneur privé de son côté était vu comme « un profiteur » et était accusé d’appartenir à une
classe de bourgeoisie exploiteuse. Pour lutter contre toute forme d’exploitation, l’Etat algérien a limité le
champ de l’entrepreneuriat privé. Les entrepreneurs ne doivent investir que dans des activités complétant
celles des grandes entreprises d’Etat.

Il est évident de signaler que l’entrepreneur, même s’il n’a pas été écarté de l’activité économique
durant cette période, était encadré par un environnement spécifique : marché non concurrentiel, prix fixés
administrativement, monopole d’Etat, bureaucratie (bancaire et administrative) pesante et corruption
touchant les différentes sphères de l’économie.

1-2. Les décennies 80-90 : désengagement de l’Etat de l’essor de l’entreprise privée :

Début des années 80, le processus de désengagement de l’Etat a ouvert la porte à l’émergence et au
renforcement du secteur privé qui jusque-là était principalement concentré dans trois branches :
l’industrie alimentaire, le textile et les matériaux de construction.

Toutefois, vu les événements environnementaux internes et externes, l’Algérie a brusquement


rompu avec son système économique ; elle se lance, à la fin des années 1980, dans la mise en place d’une
nouvelle organisation axée sur le marché. Là il y a lieu de s’interroger sur la nouvelle vision de
l’entrepreneuriat Algérien.

1-3. L’entrepreneur de l’Algérie en transition vers l’économie de marché :

La décennie 1990 marque inéluctablement tournant dans le processus de libéralisation de


l’économie Algérienne. En effet, après l’échec du socialisme et les déficits de la plupart des grandes
entreprises d’Etat, l’Algérie lance de grandes réformes pour instituer l’économie de marché, pour cela un
arsenal juridique considérable a été développé notamment au cours de l’année 1990.

D’un autre côté, l’Etat a entrepris sous la pression des institutions monétaires internationales (FMI,
banque mondiale,) d’encourager l’investissement privé en lui facilitant l’accès au crédit et en desserrant
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l’étau bureaucratique qui pèse lourdement sur son développement. Ainsi, le nouveau dispositif législatif et
réglementaire garantit plus de liberté aux entreprises privées et aux entrepreneurs en prenant soin de les
orienter vers une dynamique beaucoup plus productiviste que spéculative.

L’Etat vise l’entrepreneur comme acteur principal du développement économique de la nouvelle


orientation. Désormais, l’entrepreneur est mis au centre de la réflexion pour l’élaboration des politiques
de développement. Dans cette phase de transition, l’Etat algérien continue d’assurer un rôle incitatif par
l’intermédiaire de l’Agence de promotion et de soutien à l’investissement (APSI) [2] qui, grâce aux
différents avantages fiscaux qu’elle accorde aux nouveaux entrepreneurs, a entraîné un mouvement
important de création de petite et moyenne entreprise.

Avec la montée du chômage plus récemment, les pouvoirs publics en mis en place le dispositif de la
Caisse Nationale d’Assurance Chômage (CNAC), afin de lutter contre le chômage (aux chômeurs dont
l’âge situe entre trente (30) et cinquante (50)) et de promouvoir l’activité créatrice de richesses.

Il reste à signaler qu’il existe un décalage entre les textes et lois réglementaires encourageant la
liberté d’entreprendre et leur mise en œuvre. Cela rend le niveau structural où œuvre l’entrepreneur
pesant et contraignant.

1-4. Un regain d’intérêt pour la PME :

Selon FILAS Mohammed [3], La période allant de l’indépendance jusqu’à la fin des années 80, le
petit entrepreneur ou l’artisan de la période coloniale va céder brutalement la place au manager comme
figure emblématique de la grande organisation industrielle, centralisée et bureaucratisée. Désigné par
décret présidentiel, le manager ou PDG de la grande entreprise publiques est fasciné par deux choses : le
gigantisme industriel et le pouvoir. Il met tout son énergie à développer l’entreprise non pas dans un souci
de rationalisation de l’organisation du travail, mais dans l’objectif d’asseoir son pouvoir et élargir ses
réseaux clientélistes. Peu importe si l’entreprise est rentable ou pas.

Les restructurations économiques du secteur public devront mettre un terme aux privilèges et aux
pratiques des managers qui doivent désormais rendre compte de leur gestion. Mais, le manque de
souplesse de la grande organisation, du fait de son gigantisme et de sa dérive technocratique,
bureaucratique et clientéliste, fait qu’elle a du mal à s’adapter aux aléas économiques. Cet intérêt récent
des pouvoirs publics en Algérie pour l’entrepreneur, qu’on ne cesse de présenter comme le nouvel héros
d’une économie en transformation.

L’année d’après d’autres mesures d’encouragement et d’appui aux PME/PMI par la création de
plusieurs institutions de soutien et d’accompagnement, et jusqu’à 2002 en dénombre 188 564 PME/PMI
qui emploient 731 082. Aujourd’hui, la création de la TPE/PME/PMI occupe une position de premier plan
dans le processus de développement algérien, ce qui explique un phénomène démographique important
dépassant la barre de 606 737 entreprises en 2010 [4].

2
- APSI, Agence pour la promotion et soutien à l’investissement créée en 1994 et remplacée en 2001 par l’ANDI, Agence
Nationale pour le développement de l’investissement.
3
- Filas. Mohammed : « Impact des politiques d’aide à l’entrepreneuriat sur l’émergence d’esprit d’entreprise chez les jeunes :
Cas de l’ANSEJ », Thèse de magister, UMMTO, 2010. P 106.
4
- Ministère de l’Industrie, de la Petite et Moyenne Entreprise, et de la Promotion de l’Investissement, bulletin d’information,
statistique n° 17, 1er semestre 2010.
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Les politiques publiques en faveur de l’entrepreneuriat en Algérie et le rôle de l’Etat :
Comme l’a souligné Mohamed Arezki ISLI [5], depuis l’indépendance, l’entreprise privée en Algérie
a connu trois périodes sont les suivantes :

- Durant la période d’économie dirigée (1962 à 1982), l’Etat n’a pas joué un rôle actif, il était
proscripteur, favorisant la réglementation au lieu de l’incitation. Durant cette période, l’économie
algérienne était complètement étatisée et caractérisé par un interventionnisme étatique élevé. La grande
entreprise publique occupait une place importante dans la stratégie de développement.

- De 1982 à 1993 : Un ensemble des lois afin de promouvoir le développement et le renforcement


de l’entreprise privée, tel que la loi 90-10 relative à la monnaie et au crédit, qui en matière
d’investissement privé, introduit pour la première fois le principe de la liberté de l’investissement étranger
en Algérie.

- De 1993 : Les pouvoirs publics ont tenté de repenser le secteur public, l’entreprise privée se voit
soutenu, dont le but principal est la recherche d’une certaine complémentarité avec le secteur public.

L’Etat adopte le décret législatif 93-12 relatif à la promotion d’investissement. Ce décret met
définitivement l’investissement privé sur le même pied d’égalité que l’investissement public et assure la
liberté d’investir a tout promoteur privé national ou étranger. Ce texte prévoit également l’institution
d’une agence de promotion, de soutien et de suivi des investissements (APSI) sous forme de guichet
unique mis au service des promoteurs. En 2001, l’ordonnance 01-03 est venue amender le décret exécutif
ci-dessus en remplaçant l’APSI par l’ANDI (agence nationale de développement industriel).

On remarque que la période de libéralisation est marquée par l’application des réformes
économiques, c’est l’Etat facilitateur et accompagnateur de l’initiative privé. La création d’entreprise
s’est vue reconnaitre un rôle essentiel dans la relance économique nationale. Ce choix stratégique de
développement de l’esprit d’entreprise s’inscrit dans l’objectif de diversifier les sources de croissance en
exportant hors hydrocarbures. Cette volonté est confirmée par le nouveau rôle de l’Etat et par les moyens
mis en œuvre pour atteindre des objectifs qualitatifs.

1-5. Création d’entreprise et politique d’emploi :

Au-delà de la création des richesses, la création d’entreprise a été prise à travers sa version «
création d’emplois », deux organismes sont mis en place en place en Algérie dont les objectifs sont, la
création d’emplois et de richesses à la fois. Étant donné qu’au regard des politiques publiques, le poids du
chômage pèse de plus en plus sur l’économie et la société. En 1997, dans le cadre du dispositif pour la
promotion de l’emploi des jeunes, l’Etat mis en place le dispositif de l’Agence National de Soutien à
l’Emploi des Jeunes (ANSEJ), avec mission de promouvoir le PME et, principalement la micro-entreprise
par le soutien technique et financier apporté aux jeunes de 19 à 35 ans.
Pour ce qui est du poids de ces politiques sur l’investissement réel on ne saurait le démontrer.
Néanmoins, les chiffres dont nous disposons nous donnent un certain nombre d’indicateurs, par apport
aux projets d’investissement qui ont reçu l’accord de l’ANSEJ, tel que le nombre d’entrepreneurs
auxquels cet organisme a délivré le certificat d’éligibilité depuis sa création en 1997, qui est évalué à 34
957 en 2008, avec une estimation de création d’emplois qui est de 953 969 emplois, mais nous n’avons
pas les chiffres concernant la mise en fonction de ces projets.
5
- ISLI. M-A. “La création d’entreprises en Algérie”, CREAD, N° 73/2005. PP 59-62.
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Par ailleurs, le dispositif pour la micro-entreprise (Microcrédit mis en place à partir de 2006 a
permis de créer 90 219 micro-entreprises avec un apport en termes d’emplois qui est évalué à 254 481,
parmi ces projets 5 095 entreprises industrielles, qui équivaux à 5,64% des créations en 2008, selon les
chiffres publiés par le ministère de la PME/PMI.

Le dispositif ANSEJ est complété par un autre dispositif CNAC (la Caisse National d’Assurance
Chômage) qui a été mis en place en 2004. Depuis sa création, ce dispositif a permis de créer 3 395
entreprises et 9 237 emplois, l’industrie représente 783 entreprises, c’est-à-dire 23,06% des créations.

Le dispositif CNAC a pour mission de stimuler la création des entreprises chez les créateurs
d’entreprises dont l’âge est supérieur à 30 ans. En plus des dispositifs mis en place par l’Etat pour
encourager et soutenir la création des entreprises, diverses pépinières d’entreprises ont été mises en place
pour couver et soutenir l’investissement à l’échelle local des différentes Wilaya.

Section 02 : La petite entreprise et ses caractéristiques :

Les entreprises sont au cœur de l’émergence économique de territoire où elles exercent leurs
activités. Elles apportent en effet des capitaux, des technologies, de savoir- faire, et de l’emploi, autant
des conditions indispensables au développement de ces territoires, c’est la source de la création d’une
dynamique territoriale. L’objectif de cette section est de présenter l’entreprise algérienne, son rôle, son
importance, ses caractéristiques, ces forces et faiblesses et son financement.

2-1. Définition de la PME/ PME selon la loi algérienne :

En Algérie, jusqu’à l’adoption d’une loi d’orientation sur la PME en décembre 2001, il n’existait
aucune définition officielle de ce type d’entreprise. Avant cette date, l’office national des statistiques
(O.N.S) a adopté le critère de l’effectif pour le classement des entreprises en changement parfois de base.
Les comparaisons entre deux périodes différentes deviennent difficiles.

La définition de la PME retenue dans la loi, s’inspire de celle adoptée par l’Union Européenne en
1996, et qui a fait l’objet d’une recommandation à l’ensemble des pays membres. L’Algérie a en effet,
adopté la Charte de Bologne sur les PME en Juin 2000, Charte qui consacre la définition européenne des
PME. Cette définition se base sur trois critères : les effectifs, le chiffre d’affaires et le bilan annuel, et
l’indépendance de l’entreprise.

La définition de la PME consacrée par la loi s’est basée sur des critères d’ordre quantitatif et
qualitatif. La petite et moyenne entreprise/petite et moyenne industrie est définie quel que soit son statut
juridique ; comme étant une entreprise de production de biens ou/et de services [6] :

- Employant une (01) à (250) personnes ;


- Dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 02 milliards de dinars ou dont le total du bilan
annuel n’excède pas 500 millions de dinars ;
- Et qui respecte les critères d’indépendance.
6
- Personnes employées : le nombre de personnes correspond au nombre d’unités de travail-année (UTA), c’est-à-dire au
nombre de salariés employés à temps plein pendant une année.
Le travail partiel ou le travail saisonnier étant des fractions d’Unités de Travail-Année. L’année à prendre en considération est
celle du dernier exercice comptable clôture.
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Au titre de la présente loi, il est entendu par :
* Seuils pour la détermination du chiffre d’affaires ou pour le total bilan ceux afférents au dernier
exercice clôturé de douze mois.
* Entreprise indépendante : l’entreprise dont le capital n’est pas détenu à 25% et plus par une ou
plusieurs autres entreprises ne correspondant pas à la définition de la PME/PMI.
* La loi d’orientation sur la promotion de la PME n° 01-18 du 12/12/2001, Ministère de PME et de
l’Artisanat.

2-2. La loi définie trois types de PME :

La très petite entreprise ou micro-entreprise : est définie comme une entreprise employant de 1à9
employés, et réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 20 millions de dinars algériens, ou dont le
total du bilan n’excède pas les 10 millions de Dinars.

La petite entreprise : est définie comme une entreprise employant de 10 à 49 personnes, et dont le
chiffre d’affaires annuel n’excède pas 200 millions de Dinars algériens, ou dont le total du bilan n’excède
pas 100 millions de Dinars.

La moyenne entreprise : est définie comme une entreprise employant de 50 à 250 personnes, et dont
le chiffre d’affaires est compris entre 200 millions et 2 milliards de Dinars algériens, ou dont le total du
bilan est compris entre 100 et 500 millions de Dinars algériens.

2-3. L’importance du développement des PME pour l’économie :

Nul ne peut nier le rôle et l’importance de la PME/PMI dans toutes les économies, car elle permet et
contribue à la croissance et au développement économique, par :

 La création de l’emploi :

Les PME occupent une place particulière dans l'économie algérienne, aussi bien du point de vue
quantitatif que qualitatif. D'une part, elles génèrent un volume important de production et d'emplois et
d'autre part, elles ont une grande capacité d'innovation et de création. « Elles forment un tissu d'entreprise
constituant le terreau de la croissance des entreprises de grande dimension » [7].

On peut dire que les PME ont un rôle de premier plan à jouer dans la résolution de la crise actuelle
de l'emploi et en tant que créateur d'emplois.

 La création de la valeur ajoutée [8] :

La valeur ajoutée se mesure par la différence des biens qu’elle vend et ce qu’elle a dû acheter pour
produire ses ventes. En 1994, la valeur ajoutée du secteur public était de 617,4 milliards de dinars
représentent 53,5% du total national, alors que celle dégagé par le secteur privé avec 1 178 milliards de
dinars soit 46,5% du total national.

7
- Donckels. R : « Les leviers de croissance de la PME », Bruxelles, Fondation Roi Baudouin, Roularta Books, 1990, page 11,
in Denis. L : « Analyse empirique des PME wallonnes en croissance, Université de liège, Belgique, 2001-2002. P6.
8
- Leghima. A et Moffok. N : « Les PME/PMI en Algérie : réalités et enjeux », P7.
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A partir de 1998, les parts respectives se sont inversées faisant passer en tête le secteur privé avec 1
178 milliards de dinars soit 53,6% et 1 019,8 milliards de dinars soit 46,4% pour le secteur public. Par
ailleurs, il est à noter que plus de 65% de la valeur ajoutée et de l’emploi des pays développés provient
des PME/PMI. Une politique économique en vue de la construction, de la promotion et des
redéploiements des PME/PMI est incontournable dès lors que l’on aspire au développement.

 La distribution des revenus :

Selon Madaoui. M [9], La valeur ajoutée créée par chaque PME/PMI recouvre l’ensemble des
rémunérations des services qui ont été rendus au cours du processus de production et au fonctionnement
des administrations. La valeur ajoutée servira à :

- Rémunérer les services, force de travail, capital, moyens financiers (il s’agira alors des salariés, de
dividendes ou d’intérêts).
- Contribuer au fonctionnement des administrations en particulier en versant des impôts.

Il est clair donc que l’entreprise quelle que soit sa taille, en créant de la valeur ajoutée et en
redistribuant ce surplus sous des formes diverses aux autres agents, remplit un rôle essentiel dans
l’activité d’un pays. Il faut aussi préciser que ses fonctions de nature strictement économique ne sont pas
les seules que l’on attribue à cette catégorie d’entreprise, de plus en plus, et du fait de son importance
dans les sociétés modernes, d’autres missions lui sont attribuées : sociales, humaines et culturelles…

 Un rôle socio-économique :

Les PME ont un rôle socio-économique essentiel. Elles sont en effet, une source de dynamisme et
de vitalité nécessaire à notre économie, dans un environnement fondé sur la concurrence. Elles sont
surtout, grâce à leur flexibilité, capables de s'adapter rapidement aux évolutions des marchés de plus en
plus fréquentes, dans un contexte de mondialisation, ainsi qu'aux cycles économiques. Elles ont donc un
impact sur la croissance économique, étant donnée leur contribution substantielle à notre production, à
nos investissements et à nos exportations ainsi que leur énorme potentiel d'emplois nouveaux.
Le phénomène PME constitue donc un enjeu économique et nécessite de ce fait, un nombre important
d'études qui actuellement demeure insuffisant pour son essor.

 Ce qui caractérise la PME algérienne :

Selon les auteurs Selhami. S, Mamida. H et Bouri [10], La dynamique de création de nouvelles
entreprises s’est faite à travers 3 processus principaux : les créations « classiques » qui concernent
l’investissement privé constitué principalement de fonds propres (près de 70% des créations), les micro-
entreprises des jeunes bénéficiaires des dispositifs d’aide à la création d’entreprise, et les sociétés de
salariés constituées des entreprises publiques dissoutes rachetées par les employés à l’aide de modalités
de crédit avantageuses (1%).

9
- Madoui. M : « Entreprises et entrepreneurs en Algérie et dans l’immigration : Essai de sociologie économique », Karthala,
2012, P58.
10
- Selhami. S, Mamida. H, Bouri. S : “A la découverte de la PME en Algérie”, Université Abou Bekr BELKAID, Ouargla,
2013. PP 6-7.
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L’Algérie offre l’image d’une multitude de micro-entreprises familiales Semi- informelles,
indépendantes et déconnectées les unes des autres. Les entreprises se sont développées en dehors du
regard de l’Etat, investissant principalement les secteurs peu risqués à faible apport en capital «
commerce, services, transport, BTP » donnant naissance à une majorité de TPE.

La gestion de l’entreprise est souvent corrélée à l’objectif de créer une cohésion au sein de la
famille et un lieu de reproduction des fonctionnements familiaux ce qui conduit souvent à des
comportements économiquement irrationnels. Le recrutement par exemple se fait en général en fonction
du lien de parenté ou de la proximité familiale ou ethnique, au détriment de la compétence et du savoir-
faire.

L’organisation hiérarchique est de type patriarcal : le management est caractérisé par des rapports
hiérarchiques de soumission au père, et à l’aîné (masculin) de manière générale. La Caractéristique
(classique des PME) de concentration du pouvoir autour de la personne du propriétaire-dirigeant est
renforcée et même légitimée dans le contexte socioculturel Algérien.

Le capital de l’entreprise, souvent constitué de fonds propres et de prêts informels au sein de la


famille est considéré comme incessible, et indivisible, même en cas de disparition du propriétaire. La
gestion du patrimoine est marquée par la prudence et la sécurité, ainsi le niveau de formation et de
qualification des entrepreneurs algériens est limité ce qui engendre des effets négatifs sur la stratégie
poursuive par l’entreprise, empêchant d’éventuelles amélioration dans les formes de gestion des PME.

La qualité des biens et services produits par les PME est inférieure à celle des produits concurrents
étrangers (importés), leur marché est souvent national voir régional ou local ; donc, pu ouvert à
l’international (l’extérieur) ;

Le secteur des PME en Algérie est caractérisé par une faible collaboration et de mise en réseaux
entre les entreprises et les autorités publiques (les différentes institutions de promotion des PME).

Selon Merzouk Farida [11], on peut situer l’entrepreneur algérien dans notre économie. Malgré
l’hétérogénéité du profit de l’entrepreneur algérien, il existe deux catégories : Le profit des anciens
comprend les entrepreneurs à tradition entrepreneuriale, tandis que le profit des nouveaux répond plus à
celui des entrepreneurs de type cadre, migrant, héritiers et ouvrier. L’âge des entrepreneurs algériens et
souvent avancé (entre 40 et 50 ans).
Ces caractéristiques (spécificités) indiquent que les PME algériennes sont peu propices à la prise de
risque et à l’innovation. Désormais, l’environnement de nos PME devient de plus en plus turbulent avec
l’ouverture du marché où la concurrence est plus vivace.

2-4. Les contraintes liées à la création et au développement des PME en Algérie :

Malgré les efforts de l’Etat algérien pour la promotion des PME à travers la mise en place de
différents mécanismes et dispositifs d’appui à la création et le développement de ses entités (PME) cités
précédemment, le bilan reste à faire aux sujets des actions mises en œuvre par divers dispositifs à savoir :
ANDI, ANSEJ, CNAC, ANGEM, etc.

11
- Marzouk. F : « PME et compétitivité en Algérie », Université de Bouira, Alger. P 4.
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Selon Benyahia-Taibi ; G et Amari ; S.E.S. [12], les contraintes que les PME algériennes rencontrent
dans les phases de création ou de développement sont multiples :

En général, les entreprises privées en Algérie se caractérisent par leur fragilité et l’obsolescence de
leurs technologies, de leur mode d’organisation et de management. Ces carences sont à l’origine de
l’inadéquation des produits fabriqués, dont le rapport qualité prix les rend difficiles à commercialiser sur
le marché national, et, à fortiori, sur le marché mondial. Malgré le changement positif dans les politiques
du gouvernement envers le secteur privé, une étude de la banque mondiale révèle les contraintes suivantes
:

Les difficultés principales que rencontrent les PME en Algérie sont les suivantes : la réforme de
l’administration, du droit des affaires et de la fiscalité reste lente inachevée, la complexité et lourdeur des
formalités administratives retardent encore de nombreux entrepreneurs, enfin secteur bancaire reste sous
la dominance de l’Etat avec un taux de couverture faible. Il est à signaler également la prudence (aversion
au risque) des banques publiques algériennes dans leurs politiques de crédit ce qui prive de nombreuses
PME, et freine leur croissance. La méfiance concerne également les banques privées.

Par ailleurs, le secteur de la PME rencontre de nombreuses contraintes essentiellement liées :

• Aux difficultés financières (en raison de la dévaluation du dinar, de la pression fiscale et


douanière, etc.) ;
• A la concurrence des produits de l’importation (la diminution de la demande, la concurrence
déloyale, etc.).
Aussi, un certain nombre de défaillance est à relever, à savoir :

• Les mesures pour la promotion et ‘accompagnement des PME ne sont pas articulées dans une
vision à long terme ;
• La pluralité des acteurs institutionnels et leur dispersion avec très peu de coordination ;
• L’esprit d’entreprise est encore faible et fragile.

Section 03 : Les structures publiques d’aides à la création d’entreprises en Algérie :

A noter que les structures publiques sont des agences chargées de l’exécution des politiques
publiques d’aide et de soutien à la création d’entreprises [13]. Ces agences sont censées apporter un appui
important en termes d’accompagnement des promoteurs et de formation de leurs activités. Il s’agit outre
l’ANDI, de l’ANSEJ, de la CNAC, de l’ANGEM.

3-1. Agence Nationale de Soutien pour l’Emploi des Jeunes (ANSEJ) :

Il s'agit d'un organisme national dotant d’une personnalité morale et d’une autonomie financière.
Elle vise à encourager toutes les formules menant à la reprise de l'emploi des jeunes à travers la création
de micro-entreprises. Elle a été créée en 1996 et représentée à l’échelle régionale à travers des antennes.
Elle est sous l'autorité du Premier ministre. En gros au modo, l’ANSEJ est chargée de :

12
- Ben Yahia-T ; Amari. G ; S.E.S : « Les PME Algériennes dans l’ère de la mondialisation : Étude de cas des PME de la
région Oranaise », article publié dans les cahiers du CREAD, n° 90/2009 ; PP 63-78.
13
- AHMED ZAID M. & RAMDINI S., Cours de politiques publiques territorialisées, Master MTIP, UMMTO, 2012.
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• Mettre à la disposition des jeunes porteurs de projets toutes les informations d'ordre économique,
technique, législatif et réglementaire relatives à l’exercice de leurs activités.
• Fournir des aides à l'investissement pour les jeunes porteurs de projets dans le cadre du montage
financier et le suivi des prêts.
• Établir des relations permanentes avec les banques et les institutions financières dans le cadre du
montage financier des projets.

Cette Agence offre son soutien financier sous différentes formes : subventions financières, fiscales
et parafiscales. Les subventions financières prennent la forme de prêts sans intérêt, à long terme accordés
par l'Agence exonérée de paiement des intérêts.

En ce qui concerne les subventions fiscales et parafiscales, elles sont destinées aux micro-
entreprises durant la période d’exploitation, y compris l'exonération de taxe sur la valeur ajoutée, sur les
frais de transfert de propriété, l'exonération des droits contractuels, de la taxe d'enregistrement et sur
l’immobilier. L'exonération totale des impôts sur les bénéfices des sociétés et sur le revenu.

3-2. L’Agence (APSI) et l’Agence (ANDI) :

A/ L’Agence National de Promotion de soutien et de Suivi des Investissements :

L’APSI a été créé dans le cadre de la promulgation de décret législatif N° 93-12 du 5 octobre 1993
relatif à la promotion de l’investissement. C’est une agence publique chargée de l’assistance et de
l’encadrement des investisseurs. Il a créé un guichet unique regroupant toutes les administrations et
services concernés par les investissements dans l’objectif de réduire les délais et les procédures
administratives et juridiques relatives à la mise en place des projets sur le terrain, de manière à ne pas
dépasser 60 jours.
L’APSI a pour fonctions principales :
• Le suivi des investissements ;
• L’évaluation des investissements et la présentation des décisions concernant l'octroi ou le refus
des avantages ;
• La prise en charge de toutes ou une partie des dépenses relatives à la réalisation des projets ;
• L'octroi des avantages liés à la promotion des investissements.
• Fournir des facilités douanières.
Vu les résultats médiocres réalisés par cette agence, elle a été révisée dans le cadre de la
promulgation en 2001, de deux textes législatifs, comme nous l’avons mentionné dans les sections
précédentes : l’ordonnance relative au développement de l’investissement et la loi sur la promotion de la
PME donnant naissance à l’Agence Nationale du Développement de l’Investissements (ANDI).

B/ Agence Nationale du Développement de l’Investissement (ANDI) :

L’Agence Nationale du Développement de l’Investissement est un établissement public dotant


d’une personnalité morale et d’une autonomie financière. Elle a remplacé l’APSI, pour accomplir les
missions suivantes :

• Réduire la durée d'octroi des licences à 30 jours au lieu de 60 jours ;


• Assurer la promotion, le développement et le suivi des investissements ;
• Accueillir, informer et assister les investisseurs résidents et non-résidents ;
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• Fournir les prestations administratives à travers un guichet unique ;
• L'octroi des avantages liés à l'investissement dans le cadre du système existant ;
• Gérer le Fonds d’Appui à l'Investissement ;
• Assurer le respect des engagements pris par les investisseurs au cours de la période d'exemption.

C/ Les organismes complémentaires pour l'Agence (ANDI) :

Un groupe d’organismes accompagne l’ANDI dans la réalisation de ses tâches, à savoir :

1/ Le Conseil National de l'Investissement (CNI) : Il est placé sous l’autorité du Premier Ministre,
chargé de proposer la stratégie et les priorités pour le développement des investissements ainsi que
l’identification des avantages et des formes d’assistance pour ces derniers ;
2/ Le Guichet Unique [14] : Il est créé au sein de l’ANDI un guichet unique regroupant les
administrations et organismes concernés par l’investissement. Il a pour mission la vérification de la
réalisation des facilités de procédures et des formalités pour la création des entreprises et la réalisation des
projets d’investissement à travers l’entretien des relations permanentes avec les organismes concernés : la
Direction des impôts, la Direction de l'Emploi, Département du Trésor, les municipalités concernées...
3/ Fonds d'Appui à l’Investissement : Il est destiné à financer la prise en charge la contribution de
l’Etat dans le coût des avantages octroyés aux entreprises et de la couverture partielle ou intégrale des
travaux d’infrastructures de ces dernières.

3-3. Agence Nationale de Gestion des Microcrédits (ANGEM-2004) :

Elle a été créée par la décision du conseil de gouvernement du 16 décembre 2003 qui a adopté le
décret exécutif n° 04-14 du 22 janvier 2004, l’ANGEM est un organisme à caractère spécifique qui a pour
mission de :

• Créer le dispositif du microcrédit conformément à la législation et à la réglementation en vigueur ;


• Soutenir, conseiller et accompagner les bénéficiaires du micro crédit dans la mise en œuvre de
leurs activités ;
• Notifier aux bénéficiaires dont les projets sont éligibles au dispositif, les différentes aides qui leurs
sont accordées ;
• Assurer le suivi des activités réalisées par le bénéficiaire en veillant au respect des clauses de
cahiers de charges qui les tient à l’agence ;
• Assister les bénéficiaires du micro crédits, en cas de besoin, auprès des institutions et organismes
concernés par la mise en œuvre de leurs projets.

Elle vise notamment, pour des montants de crédit de 50.000 à 400.000 DA. Elle a repris le
portefeuille de crédits octroyés par l’Agence de Développement Social (ADS), Les micro crédits de
l’ANGEM (inférieur à 30. 000 DA) sont décaissés directement par l’Agence depuis avril 2005. Pour les
montants plus importants, transitant par les banques, des conventions sont signées avec quelques banques
publiques. L’ANGEM propose trois formes de financements :

• Le financement de la matière première :


Le seuil de l’investissement est de 30. 000 DA réparti en un prêt non rémunéré de l’ANGEM à
hauteur de 90% du coût global et de 10% comme apport personnel.
14
- Actuellement (2010), remplacé par des guichets décentralisés au niveau des wilayas.
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• Le financement mixte :
Le coût de l’investissement varie de 50. 000 à 100. 000 DA reparti en deux : un rapport personnel
de 3% à 5% et un crédit bancaire de 95% à 97% avec un taux d’intérêt bonifié. Pour ce type de
financement l’ANGEM joue seulement le rôle d’intermédiaire entre le promoteur et la banque.
• Le financement triangulaire :
Le coût de l’investissement est compris entre 100. 000 et 400. 000DA répartis en trois : un crédit
bancaire de 7% du coût global avec un taux d’intérêt bonifié, un prêt non rémunéré de l’ANGEM de 25%
à 27% selon les cas et un apport personnel qui varié de 3% à 5%.

Conclusion au chapitre premier :

Suite aux multiples réformes décidées, l’importance de l’enjeu économique et social des petites
entreprises reste l’élément le plus efficace et le moins couteux pour le développement économique d’un
pays en plein mutation.

Le développement du secteur des PME/PMI dépend dans une large mesure du climat des affaires,
c’est dans cette optique, qu’apparait le rôle primordial que les PME/PMI sont appelées à accomplir dans
la conduite d’un développement économique national et durable et ce malgré l’existence d’un
environnement entrepreneurial spécifique, lié principalement aux dimensions socio-économique et socio
culturelle (chômage et travail informel), à la lourdeur des procédures administratives, au manque de
financement, ainsi qu’à l’incertitude qui règne sur le marché depuis des décennies.

CHAPITRE 2 : « L’analyse d’impact du dispositif CNAC sur l’activité entrepreneuriale »

Introduction au chapitre deuxième :

L’entrepreneuriat, notamment la création d’entreprises, est un moyen de développement


économique qui permet en plus de réalisation de la valeur ajoutée de l’amélioration de la croissance
nationale et locale, de lutter contre le chômage et le travail informel. C’est le nouveau moteur de
l’économie. En Algérie, les pouvoirs publics conscients de l’importance de création d’entreprises, pour
cela, om mis plusieurs dispositifs et programmes, tels que le dispositif CNAC, pour encourager la
création des petites et moyennes entreprises ainsi que les micro-entreprises, afin d’absorber le chômage.
Dans ce chapitre on va présenter le dispositif CNAC et voire ces rapports avec le territoire de
wilaya de Annaba à travers la création d’entreprises.

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Section 01 : Présentation du dispositif CNAC :

Dans le but de ne pas perdre un organisme tel la caisse nationale d’assurance chômage, après avoir
indemnisé les travailleurs salariés qui ont perdus involontairement leur poste d’emploi suite au
licenciement massif après la mise en place du Plan d’Ajustement Structurel (PAS), les pouvoirs publics
ont décidés de mettre en place le dispositif CNAC d’aide à la création des petites et moyennes entreprises
et les micro-entreprises, ainsi la lutte contre le chômage.

1-1. Présentation du dispositif mis en œuvre par la CNAC :

Après une brève présentation de la Caisse Nationale d’Assurance Chômage (CNAC), à travers
notamment ses missions, nous traitons des actions de celle-ci en faveur du travail indépendant, ainsi que
de son nouveau dispositif de soutien à la création de micro-entreprises.

A/ Présentation générale de la CNAC :

La mise en œuvre des réformes économiques, visant à l’assainissement de l’économie algérienne et


les conséquences sociales prévisibles du programme d’ajustement structurel, auquel a souscrit l’Algérie
auprès des institutions financières internationales, ont conduit les pouvoirs publics, à mettre sur pied un
dispositif, visant à amortir le coût social des réformes.

Plus précisément, c’est en vertu du décret législatif N° 94-11, qu’est instituée l’assurance chômage,
en faveur des salariés susceptibles de perde de façon involontaire et pour raison économique leur emploi.
Dans ce cadre, l’administration et la gestion du régime d’assurance chômage algérien est confiée, à
travers le décret exécutif N° 94-188 du 06 juillet 1994, à la Caisse National d’Assurance Chômage
(CNAC), institution relevant du ministère du travail, de la protection sociale et de la formation
professionnelle.
Le régime d’assurance chômage qu’anime la CNAC, est articulé autour de trois missions
principales [15] :

1/ La gestion des prestations du régime d’assurance chômage : le décret législatif 94-11 du


26/05/1994, fixe un certain nombre de conditions pour prétendre au bénéfice de l’assurance chômage.

2/ La mise en œuvre de mécanismes en faveur de la réinsertion des allocations : la CNAC a entamé


depuis 1998 son redéploiement, en mettant sur pied un dispositif d’aides à la réinsertion professionnelle
des bénéficiaires du régime d’assurance chômage. En effet, en collaboration avec une expertise
canadienne, des mesures visant à assurer une meilleure employabilité des allocations, ont été mises en
œuvre ; il s’agit notamment de [16] :

 La mesure active de recherche d’emploi, prise en charge au sein des centres de recherche
d’emploi (CRE) : cette mesure consiste fondamentalement en une méthode de dynamique de groupe,
utilisant les techniques de soutien et de recherche active d’emploi, destinée aux personnes désireuses de

15
- Sinacer A. : « La caisse Nationale d’Assurance Chômage (CNAC) une institution indispensable en économie de marché ».
In Profils, N° 2, mars – Avril – Mai 2003, P. 15.
16
- Idem, P. 16.
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se réinsérer dans le monde du travail. Les primo-demandeurs, notamment les jeunes diplômés et
universitaires, sont admis à participer aux sessions organisées par les CRE de la CNAC.
 La mesure d’aide au travail indépendant (CATI) : cette mesure propose au chercheur d’emploi,
la possibilité de s’inscrire à une démarche, qui lui permettra de démarrer à son propre compte, une activité
de production ou de services, tout en continuant à percevoir ses prestations d’assurance chômage. Cette
mesure a été élargie à d’autres populations, que les affilies régime d’assurance chômage que gère la
CNAC.
 La formation reconversion : la formation reconversion s’est imposée à la CNAC, comme un
passage obligé, au regard du niveau de qualification relativement faible de la majorité des affiliés. En
effet, la CNAC a mis sur pied une relation de partenariat avec notamment, la Centre National
d’Enseignement Professionnel à Distance (CNEPD) et le ministère de la formation professionnelle, en
vue de permettre à ses allocataires de bénéficier d’une formation.

3/ L’aide aux entreprises en difficulté : la CNAC ne s’est pas contentée, d’accompagner le


redéploiement des populations admises au régime d’assurance chômage, à travers le versement
d’indemnité ou le système de réinsertion. En effet, elle a décidé en juillet 2000, de lancer d’aide aux
entreprises en difficulté, afin d’éviter en aval, le recours aux compressions ou aux dissolutions.

Signalons enfin, que si la CNAC a été créée, pour répondre à un pic prévisible de licenciement,
induits par la mise à niveau de l’appareil de production nationale, sa mission est loin d’être finie ni
accomplie. En effet, le décret exécutif N°04-01 du 03 janvier 2004, élargit les missions de la CNAC, avec
« la possibilité de participer au financement de la création d’activités de biens et de services par les
chômeurs promoteurs âgés de trente-cinq (35) à cinquante (50) ans, notamment par l’octroi de prêts non
rémunérés » [17].

B/ Les actions de la CNAC en facteur du travail indépendant :

La démarche de la CNAC, est centrée sur la personne qui veut devenir entrepreneur, qui ses
aspirations, ses capacités, ses forces et ses faiblesses. C’est le futur entrepreneur qui nourrit son projet,
depuis identification de l’opportunité jusqu’à l’exploitation, parce que l’objectif de la démarche est de
favoriser l’autonomie du créateur et sa capacité à affronter les aléas auxquels il sera confronté dans
l’exercice de son activité. Plus précisément, la démarche de la CNAC, à travers les centres d’aides au
travail indépendant (CATI) consiste à [18] :

1/ Permettre au cours de journées d’information aux personnes tentées par l’aventure


entrepreneuriale, de prendre la mesure du défi qu’elles veulent relever. Pendant ces journées, ses
personnes sont mises en situation d’auto-évaluation du point de vue de leurs capacités managériales.
Toutes personne qui décide de continuer, devient « un client » du CATI et s’adresse au conseiller
animateur, pour faire avancer son idée de projet. Elle peut bénéficier d’une formation personnalisée,
pratique, d’une durée de 10 semaines environ.
2/ Accompagner le promoteur d’un travail indépendant, grâce à un conseiller/animateur, dans les
actions dont il assume la pleine responsabilité :

 L’élaboration de l’étude préalable du projet pour une expertise de viabilité de l’idée de projet et
un diagnostic du potentiel entrepreneurial.
17
- Décret exécutif n° 04-01 du 03 janvier 2004, article 1
18
- Document de la CNAC, CATI de Tizi-Ouzou, 2004.
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 L’élaboration du projet pour déterminer, analyser et évaluer les options fondamentales du projet.
 Le montage de l’entreprise en association avec les institutions (ANSEJ, microcrédits, garanties),
pour établir un plan d’action des activités, suivre et contrôler le déroulement et l’avancement des travaux.
 Le démarrage de l’activité de l’entreprise, pour surveiller le déroulement des activités, établir le
bilan financier, surveiller l’application des règles fondamentale de gestion, organiser les moyens,
contrôler les résultats et la rentabilité de l’entreprise et fixer les objectifs de développement.

3/ Le client s’engage alors, par écrit, à aller au bout de sa démarche.


4/ L’entrepreneur potentiel, suit une formation personnalisée de 10 semaines environ, plus pratique
que théorique, pour acquérir les éléments de base pertinents pour réussite de son activité et de sa
démarche (étude de marché, comptabilité, procédures et législation…)
5/ Avec du conseiller animateur ou d’experts, le client prépare une étude techno-économique,
soumise à l’appréciation du comité de suivi.
6/ Après agrément de cette étude par le comité de suivi, l’entrepreneur potentiel s’engage dans les
phases suivantes du cycle avec l’aide du conseiller animateur. Cette aide peut se rapporter au montage du
financement du projet, en association, le cas échéant, avec les institutions spécialisées (ANSEJ, banques,
pourvoyeuses de microcrédits et fonds de garantie des microcrédits).
7/ Une fois l’entreprise en activité, l’entrepreneur peut pendant une année, continuer à demander
l’aide de CATI, afin d’assurer la pérennité de son entreprise.

1-2. Le nouveau dispositif mis en place par la CNAC :

Le nouveau dispositif mis en œuvre par la Caisse Nationale d’Assurance Chômage (CNAC), est
prévu par le décret présidentiel N°03-514 du 03 décembre 2003, relatif au soutien à la création d’activités
par les chômeurs promoteur âgés de trente-cinq (35) à cinquante (50) ans. Les personnes qui veulent
bénéficier de ce dispositif, doivent remplir les conditions suivantes [19] :
1. Âgée de trente-cinq (35) à cinquante (50) ans.
2. Résidant en Algérie.
3. N’occupant pas un emploi rémunéré au moment de la demande d’aide.
4. Allocation de la CNAC ou inscrit auprès des services de l’Agence Nationale de l’Emploi
(ANEM), depuis au moins six mois.
5. Jouissant d’une qualification professionnelle et/ou possédant un savoir-faire en rapport avec
l’activité projetée.
6. Pouvant mobiliser des capacités financières suffisantes pour participer au financement de son
projet.
7. N’ayant pas exercé une activité pour son propre compte depuis au moins douze (12) mois.
8. N’ayant pas bénéficié d’une mesure d’aide au titre de la création d’activités.

Pour assurer la viabilité du projet, les services spécifiques de la CNAC, assistant le promoteur dans
l’ensemble des tâches de mise au point de son projet ; évaluation de ses capacités entrepreneuriales,
précision de son idée de projet, information sur les étapes de création d’une entreprise, élaboration de
l’étude de marché et élaboration de l’étude techno- économique.

Après un avis favorable du comité de sélection, les services de la CNAC, délivrent au futur
entrepreneur une attestation d’éligibilité aux aides du dispositif, signent une convention commune et
suivent avec lui la mise en œuvre du projet et son exploitation.
19
- Décret exécutif N° 04-02 du 03 janvier 2004, article 2.
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Le montant d’investissement peut atteindre 5 millions DA. On financement est assuré par :

 Des rapports en fonds propres en nature ou en numéraire : à ce titre, « Le seuil minimum de


fonds propres dépend du montant de l’investissement de création projeté » [20]. Il est fixé à 5% du montant
global de l’investissement, lorsque celui-ci est inférieur ou égal à deux (02) millions de dinars. Il est fixé
à 10% du montant global de l’investissement lorsque celui-ci est supérieur à deux (02) millions de dinars
et inférieur ou égal à cinq (05) millions de dinars.
 Un crédit bancaire, pour un montant maximal de 70% du montant global de l’investissement.
 Un prêt non rémunéré (PNR), variant selon le montant de l’investissement : 25% pour un
montant inférieur à 2% pour un montant compris entre 2 et 5 millions de DA.
La bonification des taux d’intérêt sur les crédits d’investissement, consentis par les banques et les
établissements financiers aux chômeurs promoteurs est fixée à [21] :
 75% du taux débiteur appliqué par les banques et établissements financiers au titre des
investissements réalisés dans le secteur de l’agriculture, de l’hydraulique et de la pêche (90% dans les
zones spécifiques) ;
 50% du taux débiteur appliqué par les banques et établissement financiers au titre des
investissements réalisés dans les autres secteurs d’activités (75% dans les zones spécifiques).

Les chômeurs promoteurs bénéficient des avantages fiscaux au titre de la phase de réalisation de
l’investissement, conformément à la législation en vigueur.

Bien entendu, il est trop tôt pour établir un quelconque bilan, de ce nouveau dispositif de soutien à
la création de micro-entreprises, en faveur des chômeurs âgés de 35 à 50 ans, mais nous pouvons dire
d’ores et déjà, que celui-ci semble susciter un fort engouement chez les chômeurs porteurs de projets.

1-3. Les nouvelles mesures prise par les pouvoirs publics en faveur du dispositif CNAC :

Dans le cadre du programme de lutte contre le chômage et la précarité, la Caisse Nationale


d’Assurance Chômage- CNAC a pris en charge en 2004 le dispositif de soutien à la création d'activités,
en fin juin 2010 les pouvoirs publics, suite à une évaluation de son parcours, ont pris de nouvelles
dispositions pour mieux répondre aux attentes et aspirations de la population concernée.

Visant sans cesse le développement et la transmission " de la culture entrepreneuriale", les


aménagements de ce dispositif ont porté sur :

• la réduction d'inscription à l'ANEM, un (01) mois au lieu de six (06) mois ;


• le relèvement du niveau d'investissement de 5MDA à 10MDA ;
• l'accès au dispositif de 30 ans (au lieu de 35 ans) à 50 ans ;
• Et outre la création, l'extension des capacités de production des biens et services

De ce fait, le financement des projets d’investissements dont le coût global ne saurait dépasser les
10 millions de DA est triangulaire se fait selon deux niveaux comme suit :

Niveau 01 : avec un coût d’investissement inférieur ou égal à 5millions de DA repartis-en :


20
- Décret exécutif N° 04-02 du 03 janvier 2004, article 4.
21
- Décret exécutif N° 04-02 du 03 janvier 2004, article 13.
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1. Un apport personnel est de 1% ;
2. Un prêt non rémunéré de la CNAC est de 29% du montant globale de l’investissement :
3. Un prêt bancaire n’excède pas 70% du montant global de l’investissement.

Niveau 02 : Un coût de l’investissement varié de 5 millions DA à 10 millions de DA repartis- en :


1. Un apport personnel est de 2% ;
2. Le prêt non rémunéré consenti par la CNAC est de 28% du montant globale de l’investissement ;
3. Le crédit bancaire n’excède pas 70% du montant globale de l’investissement.

Section 02 : La méthodologie d’investigation employée dans l’évaluation du dispositif CNAC :

Afin de voir l’impact du dispositif CNAC et dans le but d’avoir les éléments de réponse à notre
problématique et vérifier nos hypothèses relatives à cette structure, notre démarche de collecte
d’information est fondée sur une recherche bibliographique pour savoir ce qui a été écrit sur le sujet, le
traitement et l’analyse des différents donnés fournis le dispositif CNAC de Annaba, une enquête par le
biais d’un questionnaire sur le terrain et des entretiens au niveau de la CNAC.

2-1. Le cadre et contexte de la recherche :

Notre travail consiste à voir l’effet des programmes d’aide à la création d’entreprises, sur l’activité
entrepreneuriale privé, et déduire l’action des pouvoirs publics sur le comportement des jeunes
entrepreneurs.

Dans le cas de notre étude, notre problématique est la suivante :

Quel impact exerce le dispositif CNAC sur l’émergence d’une l’entrepreneuriale et le


développement le développement territorial de la wilaya de Annaba ?

On a donc souhaité réfléchir sur ce thème pour mieux cerner les clés de réussite et appréhender le
métier du jeunes créateur d’entreprises, ainsi voir si le dispositif CNAC encourage la coopération entre
les jeunes entrepreneurs et enfin voir son impact sur le développement du territoire de la wilaya de
Annaba et sur la dynamique entrepreneuriale.

La création d’entreprise par les entrepreneurs privés est devenue un sujet incontournable depuis
quelques années et les origines de cet intérêt sont diverses, et elle attire maintenant une attention
particulière des instances locales, nationales et internationales. Elle apparait comme une solution
stratégique performante pour répondre aux problèmes d’insertion et de chômage et devient un enjeu
majeur dans les politiques de promotion de l’activité entrepreneuriale des pays.

Selon les données fournies par ONS [22], la population âgée entre (30-50) dans la wilaya de Annaba
représente environ 311 794 habitants sachant 18,23% sont des hommes et 49,70% sont des femmes, en
plus le taux de chômage de cette catégorie d’âge représente 26,2% mais au niveau national. L’insertion de
cette catégorie d’âge suscite des préoccupations croissantes chez les gouvernements et les autorités
publiques, étant donné ses aspects multiformes touchant aux domaines de l’éducation, du travail et des
systèmes de formation.
22
- Office National des Statistiques, 4éme trimestre 2013.
P a g e 28 | 64
Depuis les années 80 le marché de travail subit un bouleversement profond en raison de la baisse
des effectifs des grandes entreprises et administrations publiques, et face au recul considérable de
l’investissement du secteur étatique, des milliers de jeunes se trouvent sans emploi.

Dans ce contexte, l’entrepreneuriat des jeunes privées doit donc être désormais une option possible
de carrière professionnelle. Les jeunes constituent une cible privilégiée de sensibilisation à
l’entrepreneuriat.

Afin de remédier à cette situation, le gouvernement algérien a mis en place des structures d’aides et
d’assistance à l’entrepreneuriat. La Caisse nationale d’Assurance Chômage (CNAC) a pris la lourde tâche
de soutenir et de conseiller les jeunes de la catégorie d’âge (30-50 ans) dans le but de créer leurs propres
emplois.

Un de nos objectifs de recherche est de vérifier si ces dispositifs ou programmes mis en place par
les pouvoirs publics suscitent l’entrepreneuriat.

2-2. La collecte des données auprès Du dispositif CNAC de Annaba :

On a décidé donc de mener une étude dans laquelle on va présenter et analyser les différentes
données statistiques sur la wilaya de Annaba qu’elles sont délivrées par la Caisse Nationale d’Assurance
Chômage. Ces données qu’on a collectées concernent la répartition annuelle par secteur d’activité pour la
période allant de 2004 à 2013, ainsi le nombre de micro-entreprises et des emplois crée. Elles concernent
également la répartition géographique (par commune) des micro-entreprises créées et ainsi la répartition
des micro-entreprises par genre.

Il y a lieu de signaler l’incapacité d’accès à un certain nombre d’informations telles que le taux de
pérennité des entreprises crée dans le cadre de la CNAC, le taux de radiation des micro-entreprises, mais
aussi le taux de contribution de ce dispositif dans la réduction de chômage dans la wilaya.

2-3. La présentation de l’enquête de terrain :

En a également opté pour une enquête qui constitue un pivot central de notre travail. Elle nous
permettra d’éclairer au moins modestement certains angles de la question des programmes d’aide à la
création d’entreprises et leurs effets sur l’entrepreneuriat.

Notre travail se fonde en effet sur le recueil de données empiriques. L’objectif principal de recueil
d’informations auprès des personnes concernées est de faire exprimer la vision qu’ils ont d’eux même en
tant qu’entrepreneur vis-à-vis des dispositifs de soutien à la création d’entreprise, détecter le profit de
chacun afin de sensibiliser et apprécier certaines caractéristiques des personnes dans une perspective de
création d’entreprise ou de développement de projet. C’est le fait d’évaluer certaines motivations,
aptitudes généralement associées au profit des entrepreneurs. Ainsi, voir l’attitude du jeune entrepreneur à
l’égard de la coopération inter-entreprise et leurs rapports avec le milieu.

Pour ce qui est de notre méthode, nous avons opté pour la technique de questionnaire, cette méthode
appelle à formaliser une série de réponses à la plupart des questions de sorte que les répondants puissent

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leurs réponses parmi celles qui leurs sont proposées. Ce questionnaire est élaboré à l’aide d’un logiciel
des enquêtes sur terrain « sphinx plus2 », et diffusé auprès des porteurs de projet du dispositif CNAC.

Le questionnaire de cette enquête est composé de 57 questions, réparties en 5 parties, qui sont :

La 1ère partie : Information concernant le profit du jeune créateur :


L’objectif de cette partie est de savoir les capacités que les individus doivent pouvoir mettre en
œuvre et leurs clés de réussite. Il est important de présenter le jeune créateur car il est au cœur de la
dynamique de création d’entreprise.

La 2ème partie : Identification de l’entreprise et processus de création :


Cette partie a pour objectif de savoir les éléments sur lesquels les jeunes entrepreneurs se base pour
sélectionner son secteur d’activité et est-ce qu’il envisage d’apporter des innovations. Elle comporte les
questions qui précisent le statut juridique, le secteur d’activité de l’entreprise, le nombre d’employé, la
localisation et les facteurs de choix du secteur d’activité.

La 3ème partie : Accompagnement et appui à la création d’entreprise par le dispositif CNAC :


Cette partie a pour but d’avoir des éclaircissements sur le dispositif CNAC, c'est-à-dire savoir les
divers services fournis par la CNAC et de voir son impact sur la carrière entrepreneuriale des jeunes
entrepreneures.

La 4ème partie : L’attitude de l’entrepreneur à l’égard de la coopération inter- entreprise :


A travers cette partie on cherche à savoir la manière dont se comporte le jeune entrepreneur, donc
on cherche à savoir s’il est en relation avec d’autres entrepreneurs, car comme vous savez les
entrepreneurs ne fonctionnent pas isolement mais appartient à des réseaux pour être efficace.

La 5ème partie : Les rapports de l’entrepreneur avec le milieu :


A travers cette partie on cherche à savoir la relation qui existe entre le jeune entrepreneur et son
milieu de localisation, autrement on cherche à savoir si les entrepreneurs CNAC valorisent ou pas les
ressources locales dont dispose le territoire de la wilaya de Annaba.

Nous avons approché par questionnaire 52 entrepreneurs ayant sollicité le dispositif CNAC pour
crée une nouvelle entreprise (notre étude ne prend pas en considération ceux qui sont en phase
prédémarrage). 52 jeunes entrepreneurs (hommes et femmes) dont l’âge varie entre 30 à 50 ans ont
complété notre questionnaire et nous étions sur place c’est-à-dire en contact direct avec les jeunes
entrepreneurs pour permettre une bonne compréhension des items du questionnaire car dans la plupart des
temps les jeunes ont besoin d’effort pour bien comprendre le sens des questions posées vu le niveau
d’instruction souvent moyen.

Cette enquête est réalisée durant les mois de juillet et Août, on a construit un échantillon diversifié,
mais il faut souligner les difficultés qu’on a rencontrées dans la détermination de la localisation des
porteurs de projets, les difficultés de déplacement surtout en période d’été. Cependant, c’est la majorité
des entrepreneurs qui ont rempli le questionnaire.

Pour le traitement du questionnaire qui constitue la dernière étape de notre enquête de terrain. On a
utilisé le logiciel des enquêtes sur terrain « sphinx plus2 ».

P a g e 30 | 64
Section 03 : L’analyse des statistiques sur micro-entreprises créées par le dispositif CNAC :

Les données qu’on a collecté auprès de la caisse nationale d’assurance chômage son résumé dans
les tableaux ci-dessous :

La répartition sectorielle de micro-entreprises créées dans le cadre du dispositif CNAC


pendant la période 2005-2013 :

Le tableau ci-dessus présente la répartition sectorielle de micro-entreprises créées par le dispositif


CNAC pour la période 2005-2013 :

Tableau 3 : La répartition sectorielle des micro-entreprises créées par le dispositif CNAC :


2 2 2 2 2 2 2
20 0 0 0 0 0 0 0 20 To
05 0 0 0 0 1 1 1 13 tal
6 7 8 9 0 1 2
1 3
7 6 4 5 9 36 12
Services 38 6 4
0 1 7 7 3 4 42
5 7
1 1 3 15
Artisanat 12 9 5 2 4 63
2 3 8 8
Agriculture et 1 2 8 10 24
Pêche 1 4 2 4 3
3 6 0 8 1
2 5 8
1 3 6 11 30
Transport 52 8 5 5 9
9 0 3 66 40
4 5 3
1 1 1 1 1 3 15
Industrie 4 5 36
4 0 1 4 9 8 1
1
1 2 2 3 5 6 11 44
BTPH 8 1
2 2 1 0 5 4 6 5
7
Profession libérale 3 0 0 1 1 1 1 2 6 15
1
1 1 1 4 8
To 11 9 5 18 52
3 2 6 4 3
tal 8 6 1 59 92
1 9 7 3 4
5
Source : Établie par les données de la CNAC de Annaba.

Pour une meilleur visualisation et compréhension des du tableau ci-dessus, on utilise les figures obtenues
à partir du tableau.

Figure 2 : La répartition sectorielle de micro-entreprises créées par le dispositif CNAC dans


la wilaya de Annaba

Répartition sectorielle de micro-entreprises créées par le dispositif CNAC

0%
3% P a g e 31 | 64
8% Services
24% Artisanat Agriculture et Pêche Transport
Industrie BTPH
3%Profession libérale
5%
57%

Source : Établie à partir des données du tableau n° 5

D’après cette figure, on remarque que le secteur de transport prend la part du lion en matière de la
création d’entreprise avec un pourcentage de 57% des créations, suivi par le secteur du service, BTPH,
agriculture, enfin industrie et artisanat respectivement avec les pourcentages suivants : 24%, 8%, 5%, 3%,
sachant que les derniers secteurs en le même pourcentage en matière de création de micro-entreprises.

Figure 3 : La répartition annuelle des micro-entreprises créées par le dispositif CNAC :

Répartition annuelle de micro-entreprises créées par le dispositif CNAC


2% 3% 2% 2% 3%

2005
2006
35% 8% 2007

2008
16%
2009
2010
2011
29% 2012
2013

Source : Établie à partir des données du tableau n° 5

D’après cette figure, on constate qu’à partir de l’année 2010 il y a une augmentation du
nombre de micro-entreprises financées par le dispositif CNAC, cela revient aux nouvelles mesures
prisent par les pouvoirs publics afin que ce dispositif s’adapte au mieux à l’environnement de création
d’entreprise et la réduction du chômage dans la wilaya de Annaba, ces mesures sont les suivantes : la
réduction de la durée d’inscription à l’ANEM, un mois au lieu de six ans ; l’augmentation du niveau
d’investissement de 5MD à 10MD, ainsi la modification de la catégorie d’âge qui a accès à ce
dispositif 30 à 50 ans au lieu de 35 à 50 ans. L’année 2013 enregistre un taux important en de création
d’entreprises avec 35% suivi par l’année 2012 avec un pourcentage de 29% et l’année 2010 avec un taux
de 16% par contre les autres années enregistre un taux faible en matière de création d’entreprises varie
entre 2 à 3%.

La répartition sectorielle du nombre d’emplois crée par le dispositif CNAC :

Le tableau ci-dessus représente la répartition sectorielle des emplois crées dans le cadre du
dispositif CNAC :

Tableau 4 : La répartition sectorielle des emplois crée par le dispositif CNAC :


2 2 2 2 2 2
Secteur 200 0 0 0 0 201 20 0 0 Tot
d'activité 5 0 0 0 0 0 11 1 1 al
6 7 8 9 2 3
Agriculture et 1 7 3 1 4 32 36 1 1 244
1 5 8

P a g e 32 | 64
0 0
Pêche
1 5 5
7 16 11 36 231
BTPH 42 7 318 5 0
9 1 9 6 7
4 8 0
5 6
7 9 9 21 195
Industrie 22 70 181 6 4
0 1 5 1 4
5 9
Artisanat 3 4 4 4 6 6 5 32
1 6 6
14 14 11 30 238
Service 90 5 109 6 5
5 4 3 5 3
9 5 3
1
9
1 3 6 56 1 308
Transport 53 8 257 1
9 0 3 2 7 3
3
8
Fonction 1
6 0 0 1 1 1 1 3 23
libérale 0
Hydraulique 9 3 6 6 4 28
2 3
5
32 43 32 149 8 1 100
Total 217 0 901
6 3 1 2 6 7 64
5
1 5
Source : Établie par les données de la CNAC de Annaba

Pour l’explication de ce tableau, on va utiliser les figures ci-dessous élaborées à partir du tableau n°
6.

Figure 4 : La répartition sectorielle des emplois crée par le dispositif CNAC :

La répartition sectorielle du nombre d'emplois créés par le dispositif CNAC

0% 3% Agriculture et Pêche
0%
BTPH
31%23%
Industrie
Artisanat

19% Service
24% Transport
Fonction libérale

0% Hydraulique

P a g e 33 | 64
Source : Établie par des données du tableau n°6

On remarque que le secteur de transport est le secteur qui crée plus d’emplois avec un pourcentage
de 31% suivi par le secteur de service avec 24% sui par les secteurs : BTPH, industrie, agriculture
respectivement avec les pourcentages suivants : 23%, 19% et 3%.

On constate qu’il y a création de micro-entreprises dans le secteur de transport et de service, alors


que dans le d’industrie et d’agriculture est faible alors que sont les secteurs qui crées plus d’emplois.

La répartition sectorielle des micro-entreprises créées par les allocataires du dispositif CNAC :
Le tableau ci-dessus nous présente la répartition sectorielle du nombre d’emplois crée par les
allocataires CNAC.

Tableau 5 : La répartition de micro-entreprises créées par les allocataires CNAC :


Secteurs d'activités 20 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 201 Total
05 3
Service 1 7 2 1 5 1 17
Artisanat 9 2 1 2 6 1 1 22
Agriculture 1 1 2
Hydraulique 1 1
Pêche 0
Transport 11 1 4 10 13 2 1 3 42
Industrie 1 1 1 3
BTPH 2 3 1 1 4 1 2 12
Profession libérale 1 1 2
Maintenance 1 1
Total 23 6 15 4 16 29 5 4 5 107
Source : établie à partir des données de la CNAC de Annaba

A partir de 1994, la CNAC met en application de régime juridique d’indemnisation du chômage au


profit des travailleurs salariés ayant perdu involontairement leur emploi pour des motifs économique. En
effet, en fin 2006 soit 94% du total des allocataires admis ont épuisés leur droit. Dans la wilaya de
Annaba, on recense 107 allocataires CNAC qui ont décidés de créer leur propre entreprise afin d’échappé
à la situation du chômage, sachant que parmi ces 107 allocataires, 97 sont des hommes et 10 sont des
femmes.

Ainsi, d’après les résultats du tableau ci-dessus, on constate que, que les allocataires décident
d’entrer dans l’aventure de création d’entreprise qu’à partir de 2005. Ainsi, d’après la figure suivante on
remarque qu’il y a une augmentation en matière de création d’entreprise dans l’année 2010 soit un
pourcentage de 27% suite aux nouvelles décisions prises par les pouvoirs publics (augmentation du
niveau d’investissement, réduction de la période d’inscription à l’ANEM, l’accès au dispositif de la
catégorie d’âge 30 à 50 ans).

P a g e 34 | 64
En ce qui concerne la répartition sectorielle des entreprises créées par les allocataires CNAC, on
remarque que le secteur le plus dominant est le secteur de transport avec un pourcentage de 41% suivi par
les secteurs d’artisanat, services et BTPH respectivement 21%, 17% et 12%.

Figure 5 : La répartition des micro-entreprises créées par les allocataires CNAC :

La répartition sectorielle des micro-entreprises créées par les allocataires CNAC


2%1%
Service

3%1217%
Artisanat
Agriculture
Hydraulique
21%
Pêche Transport Industrie BTPH
Profession libérale
41% Maintenance

0% 1% 2%

Source : Établie à partir du tableau N° 7

La répartition des jeunes entrepreneures du dispositif CNAC d’instruction selon leur niveau

Tableau 6 : La répartition des jeunes créateurs du dispositif CNAC selon leur niveau
d’instruction :
Formation
Année Analphabète Professionne Moyen Non défini Primaire Secondaire Universitaire Total
lle
2004 0 0 0 0 0 0 1 1
2005 3 0 50 0 41 17 13 124
2006 3 0 62 0 36 23 17 141
2007 3 0 62 0 34 26 14 139
2008 2 0 45 0 32 13 15 107
2009 6 1 75 0 67 38 11 198
2010 4 0 263 0 141 95 24 527
2011 10 0 457 1 169 243 45 925
2012 17 17 918 3 294 383 67 1699
2013 19 38 1185 38 342 411 88 2121
2014 2 29 288 17 99 141 36 612
Total 69 85 3405 59 1255 1390 331 6594
Taux 1% 1 52% 1% 19% 21% 5% 100%
Source : Établie de données de la CNAC, Annaba

Selon le tableau ci-dessus, on constate que le niveau d’instruction le plus dominant est le niveau
moyen avec un pourcentage de 52%, suivi par les niveaux suivants secondaire, primaire et les
universitaires respectivement 21%, 19% et 5%. Ces résultats révèlent que la majorité des chômeurs
créateurs ont un niveau d’instruction faible, mais sont les plus motivés en matière de création
P a g e 35 | 64
d’entreprise, du fait que le marché de travail ne présente pas beaucoup d’opportunité à cette catégorie en
raison de leur niveau faible, contrairement aux universitaire (science sociale et les ingénieurs) sont très
demandé.

La répartition géographique des micro-entreprises créées dans le cadre du dispositif CNAC


dans la wilaya de Annaba :

On va présenter la répartition géographique de micro-entreprises créées par le dispositif CNAC,


ainsi leurs localisations.

La répartition géographique des micro-entreprises créées par le dispositif CNAC :

Le tableau suivant, nous montre la répartition des projets ainsi que le nombre d’emplois créés dans
les 67 communes de la wilaya de Annaba.

Tableau 7 : La répartition géographique des micro-entreprises créées dans le cadre du


dispositif CNAC :
Code Population (nb. Superficie Nbr de Nbr Nature de la
Commune Taux Taux
ONS Habitants) (km2) projets d'emplois commune
2301 Annaba 257 359 49 55 0,82 107 0,82 Urbaine
2302 Berrahal 22 631 180 56 0,84 120 0,92 Urbaine
2303 El Hadjar 37 364 63 10 0,15 26 0,2 Urbaine
2304 Eulma 10 316 161 44 0,66 73 0,56 Rurale
2305 El Bouni 125 265 93 10 0,15 23 0,18 Urbaine
2306 Oued El Aneb 21 088 190 131 1,96 272 2,08 Urbaine
2307 Cheurfa 9 875 98 12 1,57 17 0,13 Rurale
2308 Seraïdi 7 626 138 105 1,57 214 1,64 Rurale
2309 Aïn Berda 20 611 138 174 2,61 390 2,98 Rurale
2310 Chetaïbi 8 035 134 114 1,71 233 1,78 Rurale
2311 Sidi Amar 83 254 42 88 1,32 254 1,94 Urbaine
2312 Treat 6 076 126 135 2,02 265 2,03 Rurale
Source : Établie à partir des données de la CNAC, Annaba

Les données obtenues auprès du dispositif CNAC antenne de Annaba concernant le nombre de
micro-entreprises créée dans chaque commune et le nombre d’emplois générés, pour la période allant de
2004 au 31/12/2013 sont classées dans le tableau ci-dessus.

La lecture de ce tableau nous permet de déduire que le dispositif CNAC a été utilisé comme moyen
de création de micro-entreprises par toutes les communes de la wilaya de Annaba. On remarque ainsi que
la répartition des micro-entreprises créées est inégale entre les communes rurales et les communes
urbaines.
On peut constater également que la commune de Annaba détient le plus grand nombre de projets
financés (1122 projets, soit un taux de 16,81% du total de projets réalisés au niveau de toute la wilaya) et
le plus grand nombre d’emploi créés (2175 emplois, soit un taux de 16,62% du total d’emplois créés au
niveau de toute la wilaya).

P a g e 36 | 64
On remarque que les communes classées premières en termes de micro-entreprises créées et du
nombre d’emploi généré sont : Annaba, Berrahal, El Hadjar, Eulma, El Bouni, Oued El Aneb, Cheurfa,
Seraïdi, Aïn Berda, Chetaïbi, Sidi Amar, Treat qui sont des communes urbaines et rurales.

Ainsi, la lecture de tableau nous permet de déduire que ce sont les communes urbaines qui viennent
en première position en termes de création de micro-entreprises et des postes d’emplois.

La wilaya de Annaba dispose d’un taux de chômage de 25,60%, ceci nous permet de dire que la
création de micro-entreprise au niveau de la CNAC pourra jouer un rôle important dans la réduction de
taux de chômage à travers la création d’emplois.

On peut déduire également que le dispositif CNAC a créé une dynamique territoriale sur tout le
territoire de la wilaya de Annaba, mais elle est inégale « une dynamique déséquilibrée » entre les zones
rurales et les zones urbaines. On remarque clairement une forte concentration et une densité des micro-
entreprises créées dans les communes urbaines que celles rurales.

Donc les taux de création de micro-entreprises et les principaux facteurs qui l’influent différent et
peuvent varient d’une région a une autre, ainsi les caractéristiques particulières des zones présentent des
réalités différentes sur le plan de la densité des entreprises, ce qui est le cas pour les zones rurales et les
zones urbaines dans le cadre du dispositif. Cette différence peut être justifiée par les éléments suivants :

Dans les zones urbaines peut se localiser un grand nombre de micro-entreprises dans divers secteurs
d’activités car les entreprises dans ces zones peuvent bénéficier de la proximité de marché ; de la dotation
en infrastructure, qui influe sur la demande d’investissement. A titre d’illustration, on cite : les
infrastructures de transports qui sont l’un des facteurs importants de la répartition de création d’entreprise
dans diverses régions, les externalités positives que dégagent les entreprises existantes déjà ainsi que la
présence d’un grand nombre d’entreprises du même secteur qui peuvent favoriser la création d’entreprises
nouvelles.

En plus de ça, les zones urbaines sont les plus peuplées, donc ces zones tendent à créer d’avantage
d’entreprise ; ces zones sont considérées les plus prospères, donc ils sont censés d’enregistrer des taux
élevés de création d’entreprise que les zones rurales en raison d’une plus forte demande et d’une plus
grande disponibilité des capitaux.

En plus les grandes agglomérations peuvent permettre un accès plus facile aux services publics et
privé d’appui aux entreprises. Autant d’éléments qui favorisent la survie et la croissance de ces
entreprises dans ces zones.

Alors que dans les zones rurales, au contraire, on trouve souvent moins de micro-entreprises, car ces
régions n’offrent pas suffisamment d’éléments encourageants et incitatifs à l’émergence et l’essor de ces
unités productives.

La localisation géographique des micro-entreprises créées et des emplois générés dans le cadre du
dispositif CNAC au niveau de la wilaya de Annaba de 2004 au 31/12/2013 :

Dans le but de voir clairement la répartition inégale et déséquilibrée des micro- entreprises créées et
les emplois générés dans le cadre du dispositif CNAC entre les communes rurales et les communes
P a g e 37 | 64
urbaines au niveau de la wilaya de Annaba, on a utilisé « le logiciel MapInfo », qui est un logiciel
permettant d’exploiter un Système d’Information Géographique (SIG). Ce logiciel permet l’acquisition, le
stockage, la mise à jour, la manipulation et le traitement des données géographiques. De plus, il permet de
faire de la cartographie et de l’analyse spatiale de façon précise en fonction de l’échelle désirée.

Les cartes suivantes représentent la localisation géographique (par commune) des micro-entreprises
créés et des emplois générés dans le cadre du dispositif CNAC au niveau de la wilaya de Annaba de 2004
au 31/12/2013.

Carte : La localisation géographique de micro-entreprises crée par le dispositif CNAC :

Source : Exploitation des données du dispositif CNAC, antenne de Annaba, le logiciel MapInfo.

P a g e 38 | 64
Conclusion au chapitre deuxième :

Dans le but de faire face au problème du chômage dont souffre l’Algérie, il a atteint 25,6% dans la
wilaya de Annaba, les pouvoirs publics en mis un dispositif d’aide à la création de micro-entreprises pour
la catégorie d’âge 30 à 50 ans, d’après notre analyse on constate qu’il y a une amélioration de la
participation de ce dispositif dans l’activité entrepreneuriale dans la wilaya de Annaba en matière de la
création de micro-entreprises et de l’emploi après les nouvelles mesures prises par les pouvoirs publics
afin qu’il s’adapte au mieux à l’environnement économique.

On constate ainsi, qu’il y a création de micro- entreprises beaucoup plus dans les secteurs des et de
transport sachant que ce dernier est saturé, cela révèle le manque de coordination entre le dispositif
CNAC et la direction de Transport, ainsi les secteurs de l’agriculture et de l’industrie représente une
faible création de micro-entreprises alors que c’est les secteurs qui créent plus d’emplois. De plus, il y a
une faible valorisation des locales c’est beaucoup plus dans le domaine d’artisanat (fabrication de
Couscous, la confection « la Robe Bônoise (Annabi) », les bijoux…).
On remarque ainsi, que le dispositif CNAC participe au déséquilibre du territoire, il y a toujours une
forte concentration de micro-entreprises dans les communes urbaines que dans les communes rurales.
Cela nous mène à dire qu’il y a absence d’une stratégie de développement de l’entrepreneuriat dans la
wilaya de Annaba, élaboré en concertation avec l’ensemble des acteurs.

P a g e 39 | 64
CHAPITRE 3 : « Démarche de la création d’une PME - Étude de cas
Dans le cadre du dispositif CNAC »

Essai d’évaluation du dispositif CNAC sur le développement de l’activité entrepreneurial de la


wilaya de Annaba :

Introduction au chapitre troisième :

Afin de palier au problème du chômage dont souffre le territoire national, les pouvoirs publics on
met plusieurs programmes et dispositif en faveur de la micro-entreprise, parmi ces dispositifs, il le
dispositif CNAC met en place pour encourager la création de la micro- entreprise par la catégorie d’âge
30 à 50 ans dans les secteurs tous les secteurs d’activités afin de dynamiser les territoires à travers la
valorisation des ressources dont recèle pour la rendre attractif et compétitif.

Afin de mesurer l’impact et les réalisations du dispositif CNAC sur le territoire de la wilaya de
Annaba, nous nous somme basés sur l’analyse de différentes données collectées auprès du dispositif
CNAC de Annaba mais aussi les résultats de notre enquête sur le terrain, que sera l’objet de ce chapitre.

Section 01 : Les résultats de l’enquête auprès des jeunes entrepreneurs qui ont sollicité le dispositif
CNAC de Annaba :

Le traitement des questionnaires récupérés à l’aide de logiciel « sphinx plus2 » a donné lieu aux
résultats suivants :
Information concernant le profit du jeune créateur :

Il s’agit, dans un temps, de présenter des informations sociologiques des personnes interrogés tel
que leur âge, sexe, niveau d’instruction, ainsi ceux liés à l’interaction avec leur l’environnement proche.

Sexe : Nous avons souhaité, pour garantir un certain équilibre dans la représentativité de notre
échantillon, interroger un certain nombre de femmes et d’hommes. Par conséquent, 32 hommes (61,5%)
et 20 femmes (38,5%) ont répondu à notre questionnaire.

A travers cette représentation, nous constatons clairement la prédominance des hommes sur les
femmes dans l’activité entrepreneuriale créée dans le cadre du dispositif CNAC. Les aspirations
féminines s’orientent plus vers la recherche d’une position sociale stable concrétisée par l’emploi ou la

P a g e 40 | 64
fondation d’une famille, que vers le goût de prendre des risques. Ainsi, ce résultat est largement influencé
par les normes et traditions culturelles.

L’âge : les personnes enquêtées varié de 30 ans à 50 ans. Ceci est dû à l’une des conditions du
dispositif CNAC qui exige la limite de l’âge entre 30 - 50 ans. Mais d’après le tableau suivant les
entrepreneurs qui sollicitent le dispositif sont âgés surtout entre 38et 49 ans (55,3%).

Ces données montrent que, lancer une entreprise est un processus rigoureux, exigeant de la patience
et surtout de la planification. En effet, il y a une corrélation entre l’âge, la scolarité, l’expérience et le
capital initial investi et le temps de préparation du projet. Puisqu’il faut à tout porteur de projet, de
l’expérience, des moyens financiers et beaucoup d’énergie pour rentrer dans le domaine entrepreneurial.
La situation matrimoniale : globalement, les entrepreneurs enquêtés sont mariés dans (65,4%)
des cas. Ceci dénote sans doute le rôle de la dimension effective et de l’équilibre familial, dans la
stimulation et l’engagement de l’entrepreneur dans le monde des affaires. En effet, sachant que l’état
psychologique de l’entrepreneur a des incidences sur le projet d’entreprise, une situation familiale stable,
peut être un élément essentiel, encourageant et faisant agir l’entrepreneur.

Le niveau d’instruction : développer un esprit entrepreneurial, nécessite un certain niveau d’étude


de la population ciblée. Le niveau d’instruction peut être d’un apport important dans le développement de
l’entreprise dans le sens où l’individu dispose de compétences et connaissances dans un domaine précis
lui permettant de mieux gérer son affaire.

D’après notre enquête les jeunes entrepreneurs ont, en majorité, un niveau d’instructions moyennes
(30,8%) et (28,8%) ont un niveau secondaire, (17,3%) pour le niveau primaire et (23,1%) pour le niveau
supérieur.

Le diplôme obtenu : les jeunes entrepreneurs ont la majorité (78,8%) un diplôme de formation
professionnelle, ce résultat est attendu de fait que ce type de diplôme préparent plus les jeunes à la vie
active, et la création d’entreprises. Il nous renseigne aussi sur la nature de l’activité des entreprises créées
qui sont des activités issues de ce type de formation (menuiserie, plomberie, tôlerie automobile, soudure,
couturière, …). A travers ces chiffres, il nous parait clairement que l’université a peu participé à la
préparation des jeunes étudiant à l’entrepreneuriat.

La situation professionnelle avant la création d’entreprise : la plupart des jeunes entrepreneurs


interrogés étaient des chômeurs (48,1%), les employés occupent la deuxième position avec une portion de
(32,7%). En ce qui concerne cette dernière catégorie déclarent qu’ils vont créer leurs entreprises dans le
même secteur d’activité que le poste qu’ils ont occupé avant de solliciter le dispositif CNAC, et ils ont
travaillé dans le secteur privé, d’ailleurs les conditions de travail difficiles, le faible salaire, longue durée
de travail, la non déclaration à la sécurité sociale et l’insécurité de l’emploi avec une grande facilité de
licenciement. En troisième position en trouve les entrepreneurs qui ont décidés de créer à nouveau leur
entreprise (reprise de leur entreprise) (17,3%).

Cependant, la situation professionnelle de l’entrepreneur avant la création de l’entreprise peut


donner une idée assez précise sur les principales motivations de sa création.

Expérience de la création d’entreprise : pour 63,5% des enquêtes ont un membre de leur famille
avait déjà créé une entreprise. A travers ce résultat on peut aisément intégrer que l’individu issu de la
P a g e 41 | 64
famille où un parent ou un proche était, ou est entrepreneur, puisse avoir une vision valorisée de
l’entreprendre et donc une capacité accrue à favoriser son acte.

Les motivations de création d’entreprise : La motivation est considérée comme une force motrice
constitue une variable à plusieurs dimensions qui nous permet d’expliquer l’amplitude et la persistance de
l’engagement des efforts. Pour les jeunes entrepreneurs l’entrepreneuriat offre des avantages
multidimensionnels. Actuellement les jeunes entrepreneurs voie l’entrepreneuriat comme un choix de
carrière viable.

Tableau 8 : Les motivations à la création de micro-entreprise des jeunes créateurs :


Fr
Nb.
Motivation éq
Cit.
.
Créer son propre emploi vu le chômage 29 17
Goût d'entreprendre et prise de risque 1 1
Être indépendant 40 23
Créer quelque chose de nouveau sur le marché 11 6
Mettre en pratique des connaissances acquises à l'université ou à
29 17
école
Gagner plus d'argent 42 25
Créer des emplois dans la région 14 8
Investir des capitaux existants 5 3
10
TOTAL OBS. 171
0
Source : Résultat de l’enquête CNAC, 2014.

Ces résultats montrent que les personnes interrogées avaient donnée plus d’une seule motivation. La
motivation qui revient le plus avec 25% est la recherche de l’argent, la seconde motivation en fréquence
de réponse est : être indépendant avec (23%) et suivi par la motivation de créer son propre emploi vue le
chômage et avec une même fréquence mettre en pratique des connaissances acquises à l’université ou à
l’école avec (17%), ainsi avec (8%) la motivation créer des emplois dans la région et avec (6%) la
motivation créer quelque chose de nouveau sur le marché.

Ces résultats s’expliquent par la pression du chômage qui pousse les jeunes entrepreneurs à
envisager une carrière entrepreneuriale par la création de leurs propres entreprises. Et on constate
également par la recherche de gain afin de gagner leur vie et répondre aux besoins de leurs familles.

1-1. Les ressources de création autre que l’aide du dispositif CNAC :

Tableau 9 : Les ressources pour la création d’entreprise :


Ressources Nb. Cit Fréq
Capitaux propres (personnels) 36 60
L'emprunt auprès des membres de la famille ou des
23 38
amis
Prêts auprès du circuit informel 0 0
Autre 1 2
TOTAL OBS 60 100
Source : Résultat de l’enquête CNAC, 2014.

P a g e 42 | 64
On constate à travers la lecture de tableau, l’existence de deux sources de financement qui
constituent l’apport personnel du promoteur autre que les avantages financiers reçus par le dispositif
CNAC et le crédit bancaire reçu dans le cadre d’un financement triangulaire. En effet, les capitaux
propres constituent la première ressource de financement avec 60% des réponses, et puis il y a le recours
au financement informel (emprunt auprès des membres de la famille ou des amis) : le recours à ce type de
financement constitue une ressource de financement appréciable selon les jeunes entrepreneurs interrogés
(38%) compte tenu de ses caractéristiques : pas de formalités à remplir, pas de démarches à effectuer et
surtout pas de garanties à avancer. D’après les entrepreneurs interrogés, c type de financement permet un
apport financier aux moments et aux endroits voulus et sans intérêts et enfin (2%) représente les
financements des immigrés.

1-2. La réussite dans la création d’entreprise :

D’après le tableau ci-dessous, on constate que les jeunes entrepreneurs estiment que la réussite
entrepreneuriale dépend de l’effort fournie par les jeunes entrepreneurs et leur dynamisme (20%) qui reste
aux yeux de plusieurs entrepreneurs la clé de réussite vu leur âge et leur expérience, en suite en deuxième
position se classe : il faut certaine qualités personnelles (19%). Beaucoup de préparation avec (16%), cela
signifie que les jeunes entrepreneurs encourager par le dispositif CNAC son conscient de l’importance de
ce préparé afin de gérer à mieux leurs entreprises et la disponibilité à prendre des risques avec (15%),
suivi par connaitre des gens efficace (13%) et enfin l’ouverture à l’innovation avec (9%) qui constituent
des éléments essentiels de l’esprit d’entrepreneurial et gage d’efficacité et de pérennité, ne constituent pas
des composantes de la réussite entrepreneuriale pour ces jeunes entrepreneurs.

Tableau 10 : La réussite entrepreneuriale pour les jeunes entrepreneurs :


Nb.
Réussite Fréq
Cit
Il faut beaucoup de chance 18 8
Il faut beaucoup de préparation 36 16
Il faut certaines qualités personnelles 42 19
Il faut connaitre des gens efficaces 30 13
Il faut beaucoup d'efforts et
44 20
dynamisme
Disponibilité à prendre des risques 34 15
Ouvertures à innovation 21 9
TOTAL OBS, 225 100

Source : Résultats d l’enquête CNAC, 2014.

Tableau 11 : les difficultés de la création de la micro-entreprise par les jeunes entrepreneurs :


Nb.
D difficulté Fréq.
Cit.
Recherche d'une clientèle potentielle 15 14
Lenteurs administratives 34 31
Recherche de fonds propres 11 10
Recherche de fournisseurs 5 5
Prévisions d'activité 5 5
Recherche di foncier 13 12
Recherche de personnel qualifié 14 13
Manque d'information 6 5
La concurrence 8 7
1
TOTAL OBS, 111 0
0

P a g e 43 | 64
Source : Résultats d l’enquête CNAC, 2014.

De la lecture de tableau ci-dessus, on remarque que les lenteurs et lourdeurs des procédures
administratives constituent la principale difficulté qui entrave les jeunes entrepreneurs potentiels à se
lancer dans l’aventure de création d’une entreprise seulement (31%), elles se traduisent généralement par
l’excès des démarche et des procédures exigées, la complexité et le non coordination de ces dernières
pour obtenir auprès des administrations locales et même centrales les accords nécessaires à l’installation,
à l’établissement et au démarrage effectif de l’entreprise. En plus les jeunes entrepreneurs ont signalé la
difficulté de la recherche d’une clientèle potentielle (14%) car ils ont décidé de se localiser dans leur lieu
de résidence à cause de terrains et bâtiments disponibles et ainsi bénéficier des différents avantages
accordés par le dispositif. Certains jeunes promoteurs ont signalés la difficulté de la recherche de
personnelle qualifié (13%) de faite de l’inadéquation entre offre de formation et la demande du marché du
travail, ainsi les jeunes entrepreneurs ont signalé la difficulté de la recherche du foncier, sachant que ce
dernier a toujours constitué et continue d’être un des problèmes en raisons de la nature privée des
propriétés pour une large partie du capital foncier de la wilaya et la difficulté de destiner l’investissement
les assiettes foncières publiques.

1-3. Identification de l’entreprise et le processus de création :

La localisation des jeunes entrepreneurs : d’après les résultats de notre enquête, on remarque que
64,3% des micro-entreprises s’implantent dans les zones urbaines et 35,7% dans les zones rurales. Ce
dernier préfère la localisation dans leur commune de résidence afin de bénéficier des avantages accordés
par le dispositif, donc cela nous mène à dire que le dispositif CNAC maintient la population sur place.

Le statut juridique : on remarque que la majorité des entreprises créées par les jeunes
entrepreneurs dans le cadre du dispositif CNAC, vu leur structure et le nombre d’employés, sont des
entreprises individuelles (92,3%), et en deuxième position, il y a les EURL (5,8%) et enfin les SNC avec
(1,9%).

Nombre employé : les effectifs des entreprises de l’échantillon varient de 1 à 10 employés, et la


majorité (88%) ont de 1 à 5 employés, ce qui correspond aux caractéristiques des toutes petites entreprises
(TPE) ou bien les micro-entreprises, ainsi ce type d’entreprise, facilite l’entrée dans les affaires.

Le choix d’activité :

Tableau 12 : Détermination du choix du secteur d’activité :


Fr
Nb.
Secteur d'activité éq
Cit.
.
Des conseils de la CNAC 7 7
Des conseils des amis ou famille 13 14
Une évaluation des opportunités présente
dans 16 17
L’environnement
Du diplôme acquis 26 27
Expériences antérieures dans le domaine 34 35

P a g e 44 | 64
10
TOTALS OBS. 96
0
Source : Résultats de l’enquête CNAC, 2014.

On remarque à travers la lecture de tableau que certaines personnes questionnées avaient choisi leur
activité en fonction de plusieurs facteurs. La réponse la plus fréquente (35%) a été en fonction de leur
expérience dans le domaine. En deuxième position, les enquêtés ont cité que leur choix a été en fonction
de leur diplôme acquis qui confirme le type du diplôme obtenu où les diplômes de la formation
professionnelle prédominent le classement par rapport aux autres.

Il faut signaler que le dispositif CNAC n’a joué aucun rôle, dans le choix du secteur d’activité des
jeunes entrepreneurs ayant répondus à notre questionnaire.

1-4. La durée de travail dans le même secteur de la création d’entreprise :

On remarque à travers la lecture de tableau ci-dessous que la majorité des jeunes entrepreneurs on
décider de créer leur entreprise après des longues périodes d’expérience, plus de 10 ans, avec une
fréquence de (34,6%) vue leur l’âge qui varie entre 30-50 ans.

Tableau 13 : La durée d’expérience dans le secteur choisi par les jeunes créateurs :
Choix Nb. Fré
AUTRE Cit. q.
1,9
Moins d'un an 1
%
12 23,
De 1à3 ans 1%
10 19,
De 3à6 ans 2%
21,
De 6à10 ans 11
2%
De 10 ans et 18 34,
plus 6%
100
TOTAL OBS. 52
%
Source : Résultats de l’enquête CNAC, 2014.

1-5. Les connaissances en entrepreneuriat :

Il faut signaler qu’à part dans les milieux universitaires, le vocable entrepreneuriat en Algérie ne
fait pas encore partie du langage courant des acteurs concernés par la création d’entreprise (réseaux de
soutien, les organismes de financement et créateurs eux-mêmes). Les résultats ci-dessous reflète bien
notre précédent constat car pour presque la totalité des enquêtés (75%) n’ont aucune connaissance dans le
domaine de l’entrepreneuriat. Il y a même ceux qui déclarent que c’est la première fois qu’ils entendent
cette notion.

La réalisation de l’étude du marché et le moyen utilisé : pour seulement (42,3%) de l’échantillon


ont recours à l’étude de marché. Les autres se contentent seulement à une observation quotidienne du
P a g e 45 | 64
marché potentiel dont ils vont pénétrer. La majorité (86%) de ceux qui ont fait cette étude déclarent qu’ils
l’ont tous réalisé avec leurs propres moyens sans faire recours aux bureaux d’étude spécialisé en raison du
coût élevé de ces derniers.

La nouveauté de l’activité dans la région : à travers les résultats de notre enquête, nous
constatons que la majorité des créations sont non porteuses de valeur nouvelle, ni de changement pour
l’environnement, ce résultat est justifié par (76,9%) des jeunes entrepreneurs qui estiment que l’activité à
créer n’est pas de tout nouvelle.

Concernant l’innovation, la majorité des jeunes estiment que cette dernière est très importante pour
leur activité afin de se positionner sur le marché et fidélisé leurs clients. Ils sont 92,3% à avoir déclarés
qu’ils ont une intention positive vis-à-vis de l’innovation, soit 52% d’entre eux décident d’apporter une
amélioration à leurs produits et 21% décident de changer uniquement l’emballage de leurs produits.

La formation pour créer l’entreprise : on constate qu’une grande partie (84,6%) des créateurs
n’ont reçu aucune formation pour créer leur entreprise. Vu le type des entreprises créées, et la nature de
l’activité les jeunes entrepreneurs se limitent seulement à leur formation de base et à la maitrise du métier.
Seules 08 personnes de l’échantillon avaient fait une formation avant de créer leur entreprise, il s’agit des
formations particulièrement en comptabilité, en informatique, en marketing et génie civil, …

Besoin de formation : ces jeunes entrepreneurs sont conscients de l’importance de la formation et


les énormes déficits qu’ils ont en la matière, alors plus de la moitié (96,2%) déclarent en avoir besoin. La
plupart estiment avoir besoin de formation en gestion de la petite entreprise, en comptabilité et finance,
techniques de vente, administratif et juridique, fiscalité, …

Cause des difficultés d’accès bancaire :

Tableau 14 : Les causes des difficultés d’accès à un crédit bancaire :


Fr
Nb.
Causes des difficultés d'accès à un crédit bancaire éq
Cit
.
1 2
Manque de confiance
8 2
2 2
Pas de garantie de remboursement
3 8
L'inexistence de banques spéciales pour les PME-
40 49
PMI
10
TOTAL OBS. 81
0
Source : Résultats de l’enquête de la CNAC, 2014.

Le tableau montre que les jeunes promoteurs interviewés croient qu’en Algérie, il n’existe pas
vraiment de banques spéciales pour les PME/PMI, ils sont (49%) avoir déclaré cette affirmation, elle
constitue en effet une difficulté pour le promoteur potentiel car avoir un crédit auprès des banquiers
même si le promoteur a satisfait l’intégralité des conditions exigées par ces derniers. La confiance
concernant les garanties de remboursement est la véritable problématique entre les petites et moyennes

P a g e 46 | 64
entreprises privées et les banques étant données leur faible taille, leur fragilité financière et leur part de
marché.

1-6. Accompagnement et appui à la création d’entreprise :

A/ Impact de la CNAC sur le choix d’une carrière entrepreneuriale :

Tableau 15 : Le rôle de la CNAC dans le choix de devenir entrepreneur :

Répon Effec Pourcenta


ses tifs ges
Oui 17 32,7
La CNAC vous pousse à devenir entrepreneur
Non 35 67,3
Oui 31 59,6
Sans la CNAC créez-vous votre entreprise ?
Non 21 40,4
Sans les avantages de la CNAC comptez-vous créer votre entreprise tout Oui 30 57,7
seul ? Non 22 42,3
Source : Résultats de l’enquête de la CNAC, 2014.

On remarque toute suite à travers la lecture des résultats du tableau que le dispositif CNAC par le
biais des divers avantages qu’il accorde, n’a pas contribué d’une façon remarquable à pousser les jeunes
pour devenir des entrepreneurs. En effet, ils sont seulement 32,7% avoir déclaré que le dispositif CNAC a
exercé une influence sur leur choix d’une carrière entrepreneuriale.

Sur notre échantillon, 59,6% des sondés déclarent que même sans les aides, les avantages et les
allégements accordés par le dispositif, ils ont tous confiance en soi et le dynamisme pour lancer la
création, ainsi pour ces entrepreneurs les avantages accordés ne constituent qu’une motivation classée
supplémentaire, car la création d’une entreprise est un rêve d’enfance pour la plupart des jeunes
entrepreneurs.

Au total, nous tenons à signaler d’après les propos recueillis auprès des jeunes promoteurs que la
mise en place des dispositifs en Algérie n’a qu’un effet limité sur le choix d’une carrière entrepreneuriale,
ils ne participent pas vraiment à la diffusion des visions entrepreneuriale, vu le statut et le niveau
d’instruction des promoteurs visés, ainsi que le type et la qualité des entreprises crées par ces derniers.

B/ Les causes de recours à la CNAC pour créer l’entreprise :

Tableau 16 : Les causes de recours au dispositif CNAC par les jeunes entrepreneurs :
Fr
Nb.
Contact éq
Cit.
.
Avoir des conseils, formation et suivi 9 8
Recherche des financements 48 43
Recherche des avantages fiscaux
43 38
parafiscaux
Diminuer le risque lié à l'activité de
création 12 11
D’entreprise
TOTAL OBS. 112 10

P a g e 47 | 64
0
Source : Résultats de l’enquête de la CNAC, 2014.

Les jeunes entrepreneurs estiment dans la plupart des réponses d’avoir fait recours à la CNAC dans
le but de bénéficier des avantages financiers (crédits sans intérêt et bonification des taux d’intérêt), cette
réponse est citée par presque tous les enquêtés, elle représente 43% des réponses. Et puis en deuxième
position les jeunes entrepreneurs ont cité comme cause la recherche des avantages fiscaux et parafiscaux,
elle représente 38% des réponses, c’est presque la moitié qui a cité cette réponse comme étant la raison
qui pousse à solliciter ce dispositif.

C/ La classification des aides accordés par la CNAC :

Tableau 17 : La classification des aides accordées par le dispositif CNAC :


Nb. Classificat
Aide de la CNAC
Cit. ion
Crédit sans intérêt 52 1
Bonification du taux d'intérêt 45 2
Aides fiscales et parafiscales en phases de réalisation du
projet 32 3
Aides fiscales et parafiscales en phases d'exploitation du
Projet 20 4
Source : Résultat de l’enquête CNAC, 2014.

Les jeunes promoteurs ont classé en première position le crédit sans intérêt, car pour ce type d’aide
le jeune ne rembourse aucun centime, il ne supporte aucun intérêt. En second place la bonification du taux
d’intérêt bancaire, ce type d’aide intervient dans le cadre du financement dit triangulaire où le promoteur
reçoit en plus du crédit sans intérêt, un crédit accordé par la banque avec un taux d’intérêt bonifié.

En troisième position les interrogés ont classé les allégements fiscaux en phase de réalisation telles
que la franchise de la TVA pour l’acquisition des biens d’équipement entrant directement dans la
réalisation de l’investissement et l’application du taux réduit de 5% en matière de douane pour les biens
d’équipement importés.

D/ Le niveau d’efficacité des services de la CNAC :

Tableau 18 : Classification de niveau d’efficacité des services du dispositif CNAC :


Fr
Nb.
Efficacité éq
Cit.
.
La diffusion des informations qui concernent les subventions
48 1
octroyées
Le suivi post-création d'entreprise 0 4
Présentation des conseils réglementaires 10 2
Recherche de fonds propres 0 4
Organisation des salons d'exploitation 0 4
Source : Résultat de l’enquête de la CNAC, 2014.

Les jeunes créateurs pensent que les informations concernant les subventions octroyées ont été bien
diffusées et bien expliquées par les accompagnateurs du dispositif CNAC, chose qui poussent ces jeunes à
afficher leurs entières satisfactions en matière de la compréhension des formules du financement et les
divers avantages dont dispose le dispositif. Cette réponse était citée 48 fois, est classé à la première
P a g e 48 | 64
position, suivi par la présentation des conseils et le montage administratifs et réglementaire des dossiers.
Mais la majorité des promoteurs estiment qu’il y a beaucoup d’insuffisances surtout les lourdeurs et les
lenteurs dans le montage et le traitement des dossiers.

E/ Le contact général sur la CNAC et divers services :

Répon Effec
%
ses tifs
4
2
Bénéficier seulement des avantages financiers, fiscaux et parafiscaux, est-il suffisant pour Oui 22
,
créer une entreprise ?
3
Non 30 57,7
3
4
Réduire le risque financier uniquement permet de réduire le risque global lié à la création Oui 18
,
d'une entreprise,
6
Non 34 65,4

Excell 3
ent 2 ,
8
Constat de l'accompagnement accordé par le dispositif CNAC Bon 20 39,4
Moye
29 55,8
n
6
1
Oui 32
Satisfait des divers services reçus par le dispositif CNAC ,
5
Non 20 38,5
Source : Résultats de l’enquête de la CNAC, 2014.

Le tableau précédent démontre que 57,7% des enquêtés pensent que le fait de bénéficier seulement
des avantages financiers, et des allégements fiscaux reste insuffisant pour créer une entité, les avantages
restent un appui nécessaire mais tout seul insuffisant. Et d’autre coté 65,4% des jeunes ne sont pas
d’accord sur le fait d’avoir des financements non risqués et sa pression contribue à la réduction de risque
global lié au lancement d’une affaire.

Concernant le constat fait par les jeunes entrepreneurs par apport à l’accompagnement, 55,8%
déclarent qu’il est tout juste moyen et 39,4% estiment qu’il est bon. La minorité de personnes (3,8%)
pensent qu’il est excellent.

Enfin, pour la majorité des enquêtés (61,5%) attestent qu’ils sont totalement satisfaits des divers
services reçus par le dispositif CNAC et ses partenaires.

L’attitude d l’entrepreneur à l’égard de la coopération inter-entreprise et rapport avec le milieu :


Les entrepreneurs ne fonctionnent pas isolément les uns des autres : ils appartiennent à un réseau
qui, pour être efficace, doit avoir une dimension territoriale. Autrement dit, l’entrepreneur appartient à un
milieu qui le fait agir.

De plus, le réseau d’alliance que l’entrepreneur a pu nouer, ou encore la capacité qu’il a, d’insérer
son projet dans les réseaux existants, agissent comme élément de réduction du risque. Un réseau est

P a g e 49 | 64
constitué structurellement d’acteurs, reliés entre eux, par des liens qui résultent de relations de confiance
établies sur la longue durée.
Ainsi, nous évoquerons dans cette partie, les types de liens et relations qu’entretient l’entrepreneur,
à la fois avec les autres entrepreneurs et avec son milieu.

1-7. Les réseaux de relations :

Les réseaux de connaissance et de relations personnelles de l’entrepreneur (le capital relationnel),


exercent une grande influence sur sa trajectoire personnelle et la réussite de son entreprise. Cette réalité
est d’ailleurs largement reconnue par les entrepreneurs enquêtés, puisque 82,7% d’entre eux, pensent
qu’il est important pour l’entrepreneur d’appartenir à un réseau relationnel.

Tableau 19 : les types de réseaux relationnels :


Fr
Nb.
Réseau relationnel éq
Cit. .
Réseau 4
25
professionnel 2
3
Réseau familial 18
0
2
Réseau d'amis 17
8
Total OBS. 60 100
Source : Résultats de l’enquête de la CNAC, 2014.

Le tableau ci-dessus démontrent que le réseau professionnel dans 42% des cas, familial dans une
proportion de 30% et amical pour 28% des entrepreneurs enquêtés. De plus, dans tous les cas de figure, il
s’agit essentiellement de réseau informel.

Les réseaux professionnels, sont généralement noués entre les entrepreneurs œuvrant dans les
secteurs d’activités proches ou similaires et appartenant au même territoire (le même secteur de valeur).
Ces réseaux sont rarement régis, par des relations formelles (chambre de commerce et d’industrie,
organisations patronales…). Ils fonctionnent parallèlement à ceux de la concurrence.

Selon de nombreux entrepreneurs, leur réussite s’explique en partie par leurs réseaux familiaux qui
ont sous-tendus le développement de leur autonomie entrepreneuriale. En effet, c’est grâce à des appuis
familiaux, leur évitant ainsi le recours au prêt bancaire, que ceux-ci ont émergé. Toutefois, d’autres
entrepreneurs, considèrent les réseaux familiaux, plutôt comme des freins à l’industrialisation.

Enfin, les réseaux d’amis, ont aussi un impact dans l’émergence de l’activité entrepreneuriale. En
effet, certains entrepreneurs ont évoqué le rôle de leurs amis, surtout durant le démarrage de l’entreprise.

1-8. Les relations inter-entrepreneurs :

Le fait que les jeunes entrepreneurs enquêtés soient avant tout des concurrents, n’a pas empêché
l’établissement d’un certain nombre de relations de coopération, d’entraide, de confiance et de réciprocité
entre eux. Ces relations ont révélé ainsi l’influence qu’exerce le milieu économique et social sur le
comportement entrepreneurial.

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A travers les résultats de notre enquête, on constate que 19% des jeunes entrepreneurs déclarent
avoir déjà assisté à des réunions entre entrepreneurs. Mais celle-ci sont principalement des réunions
informelles ; elles se font rarement dans un cadre formel (chambre de commerce et d’industrie,
associations de commerçants, patronat, corporations de métiers, séminaires).

De plus, à la question visant à savoir si les entrepreneurs s’aident mutuellement, 75% nous ont
donnés une réponse affirmative. Le tableau suivant présente les différents types de liens existants entre les
jeunes entrepreneurs enquêtés :

Tableau 20 : Répartition des entrepreneurs selon les types de liens existant entre eux :
Rapport Nb. Fré
Cit. q.
Echange d'équipements 7 13,
5%
Echange de travailleurs qualifiés 6 11,
5%
Echange de matière première 15 28,
8%
Echange d’expérience (technique et savoir- 34 65,
faire) 4%
Aides financières 18 34,
6%
Aides maintenances de machines 9 17,
3%
Concurrence 24 46,
2%
Sous-traitante 4 7,7
%
TOTAL OBS. 52
Source : Résultat de l’enquête de la CNAC, 2014.

A la lecture du tableau ci-dessus, nous pouvons constater que les entrepreneurs se coopèrent à
travers l’échange de leur expérience technique de leur savoir-faire : les jeunes entrepreneurs consultent
les anciens. Nous pouvons également constater que les jeunes entrepreneurs sont d’abord et avant tout,
liés par des relations de concurrence et de rivalité (46,2%). Il existe même dans certains cas, des
relations conflictuelles. Cependant, parallèlement à cette logique de concurrence, nous pouvons relever
plusieurs formes de coopération :

• 34,6% ont reçu ou ont offert des aides financières à d’autres entrepreneurs ;
• 28, 8% des entrepreneurs s’échangent des matières premières, quand il y a rupture de stock ;
• 17,3% des entrepreneurs ont évoqué les aides maintenance machines ;
• 13,5% échangent des équipements ;
• 11,5% des entrepreneurs s » échangent des travailleurs qualifiés, en cas de besoin ; Ainsi, il
semblerait que le couple concurrence/coopération, caractérise véritablement, les relations entre les jeunes
entrepreneurs enquêtés. D’ailleurs, 96,2% de ces derniers, pensent que la coopération entre les
entrepreneurs privés de la wilaya de Annaba, est un impératif face à l’ouverture de l’économie algérienne.

1-9. Les rapports de l’entrepreneur avec son milieu :

L’entrepreneur est avant tout soucieux d’obtenir une meilleure réalisation personnelle, en
satisfaisant rapidement des différents besoins individuels hiérarchisés. Il n’empêche, celui- ci intègre le
P a g e 51 | 64
contexte environnant dans sa prise de décision, dans la mesure où il se trouve profondément inséré dans
un milieu régional et local. En effet, le jeune entrepreneur agit généralement dans un sens conforme aux
exigences sociales de son milieu. Il n’est donc pas inutile de s’interroger sur la nature des rapports
existant entre l’entrepreneur de la wilaya de Annaba et son milieu.

1-10. Les déterminants de la localisation des entrepreneurs :

Dans une perspective de rationalité économique les créations d’entreprises sont souvent expliquées
par des facteurs objectifs : marché local, capital humain, laboratoire de recherche, disponibilité des
financements, politique incitatives très avantageuses, etc. cependant, le fait que des créations aient lieu là
où les facteurs économiques objectifs ne sont pas réunis, justifie amplement l’élargissement de l’analyse
du processus de localisation, au- delà des seuls critères économiques, grâce notamment à l’intégration de
tous les aspects psychosociologiques et culturels.

Les raisons qui ont poussé les jeunes entrepreneurs enquêtés à se localiser dans la wilaya de
Annaba, peuvent se résumer dans le tableau suivant :
Tableau 21 : Ventilation des entrepreneurs selon les raisons qui les ont poussés à se localiser
dans la wilaya de Annaba :
Localisation1 Nb. Cit. Fréq.
Attachement sentimental à la région personnelles 34 65,4%
Créer des emplois pour la région 15 28,8%
Disponibilité d'une main d'œuvre qualifiée 5 9,6%
Souplesse de l'administration 1 1,9%
Terrains et bâtiments disponibles 18 34,6%
Proximité de la famille (solidarité familiale) 41 78,8%
L'image de marque de la région 5 9,6%
Existence d'un marché porteur 8 15,4%
Facilité d'accès à l'information 3 5,8%
TOTAL OBS. 52
Source : Résultat de l’enquête de la CNAC, 2014.

A la lecture du tableau ci-dessus, nous pouvons remarquer que la localisation des jeunes
entrepreneurs enquêtés, est déterminée essentiellement par des facteurs psycho- sociologiques et
culturels : attachement sentimental à la région et raisons personnelles (65,4%), proximité de la famille et
solidarité familiale (78,8%), créer des emplois pour la région (28,8%). Les facteurs économiques
objectifs, quant à eux ne sont pris en compte que d’une façon accessoire : terrains et bâtiments
disponibles (34,6%), existence d’un marché porteur (15,4%), disponibilité d’une main d’œuvre qualifiée
(9,6%) et on trouve dans la même fréquence l’image de marque de la région, la facilité d’accès à
l’information (5,8%), Souplesse de l’administration (1,9%).

Il semblerait ainsi, que l’attachement sentimental à la région, occupe une place importante dans le
choix de localisation des entrepreneurs. En effet, ces derniers, ont presque tous, manifesté un fort
sentiment d’appartenance à la région où ils ont vécu. Ils déclarent d’ailleurs que, c’est essentiellement à
cause de cet attachement culturel et social à la région, qu’ils n’ont pas décidé de partir hors wilaya de
Annaba, c’est-à-dire, là où les conditions d’investissement sont nettement meilleures. Il faut dire que, leur
connaissance de leur milieu, à travers notamment les relations de confiance, d’entraide et de réciprocité,
peut être un facteur favorable face à la fragilité de certaines entreprises.

P a g e 52 | 64
De plus, la dimension sociale et communautaire de l’acte d’entreprendre, n’est pas négligeable. En
effet, bon nombre d’entrepreneurs, indiquent être préoccupé par le développement économique et social,
la prospérité et la renommée de la région. De ce fait, ils disent que la création d’emplois pour la région,
constitue l’une des motivations essentielles de leurs projets d’entreprise. Cela leur procure apparemment
une espèce de satisfaction et de prestige, d’avoir servi la communauté.

1-11. L’insertion des entrepreneurs dans le milieu :

Globalement, l’insertion des jeunes entrepreneurs dans le milieu, semble être fragile. En effet, la
plupart des entreprises créées dans le cadre du dispositif CNAC, sont intégrées par la main-d’œuvre, à
travers les effets revenus et par des débouchés. Rares, sont les entreprises qui valorisent les ressources
locales de la wilaya.

A/ La destination des produits :

La wilaya de Annaba, représente sans nul doute, un véritable débouché pour les jeunes
entrepreneurs enquêtés. En effet, une grande part de leur production s’écoule à l’intérieur de la wilaya.
Cependant, la clientèle se trouvant hors de la wilaya, n’est pas non plus négligeable.

Pour 92,3% des jeunes entrepreneurs enquêtés, vendent leurs produits dans la wilaya de Annaba. En
effet, ces jeunes entrepreneurs considèrent globalement la wilaya, comme étant un marché porteur. De
plus, le rayonnement des outputs, dépasse le cadre de la wilaya dans 80,8%. En effet face à
l’intensification de la concurrence sur le marché local, plusieurs entrepreneurs cherchent débouchés dans
les wilayas limitrophes (Souk Ahras, ElTarf, Guelma, Skikda, …).

B/ L’approvisionnement en matière premières :

Au niveau des inputs, le premier constat qui s’impose est la dépendance de la wilaya, du marché
national.
Tableau 22 : Répartition des entrepreneurs enquêtés selon les lieux d’approvisionnement :
Approvisionner Nb. Fré
Cit. q.
Sur le marché de la 28 53,
wilaya 8%
Sur le marché national 35 67,
3%
Sur le marché 7 13,
international 5%
TOTAL OBS. 52
Source : Résultat de l’enquête de la CNAC, 2014.

A travers le tableau ci-dessus, nous constatons que les matières premières proviennent
essentiellement du marché national (67,3%) surtout d’Alger. Elles sont importées dans 13,5% des cas,
alors qu’elles sont acquises régionalement dans une proportion de 30%. Ainsi, d’une façon générale, nous
pouvons dire que les ressources locales, ne sont pas suffisamment exploitées par le système productif. Les
P a g e 53 | 64
matières premières utilisées, sont rarement produites dans la wilaya. L’entrepreneuriat privé, encouragé
par le dispositif CNAC est plutôt orienté vers des secteurs d’activité à input local faible.

C/ L’embauche des travailleurs :

Au plan de l’emploi, le rayonnement est quasiment régional, local. En effet, le recrutement de la


main d’œuvre des 52 entrepreneurs enquêtés, se fait dans 98,1% des cas dans la wilaya de Annaba. Ainsi,
les jeunes entrepreneurs semblent privilégier, l’embauche de proximité qui limite l’absentéisme. C’est
autant de personnes actives, qui seront fixé localement. Cependant, il faut savoir que certains
entrepreneurs 26,9% emploient une main d’œuvre venant de l’extérieur de la wilaya.

Tableau 23 : Répartition des entrepreneurs selon le mode de recrutement de la main


d’œuvre :
Recretement1 Nb. Fré
Cit. q.
Les membres de la famille 15 28,
8%
Recommandation des membres de la 17 32,
famille 7%
Constats du bureau de main d'œuvre 38 73,
1%
Annonces dans la presse ou par affichage 4 7,7
%
Recommandation des ouvriers 12 23,
1%
Constats directs des demandes d'emplois 16 30,
8%
Relation amicales-Voisinages 8 15,
4%
TOTAL OBS. 52
Source : Résultat de l’enquête de la CNAC, 2014.
A la lecture du tableau ci-dessus, nous pouvons déduire que :

• Les modes informels de recrutement, occupent une place non négligeable : recommandation des
membres de la famille (32,7%), les membres de la famille (28,8%), tandis que les membres de la famille
représentent uniquement 7,7%. Cela dénote le poids des relations informelles (la confiance, la solidarité,
etc.) dans la gestion des entreprises enquêtées.

• Les procédures formelles de recrutement quant à eux, une est prés utilisés par les jeunes
entrepreneurs enquêtés c’est constat de bureau de main-d’œuvre à 73,1%, par contre les annonces dans la
presse ou par affichage est peu utilisé uniquement (7,7%).

Notons enfin, qu’à la question visant à savoir si les jeunes entrepreneurs enquêtés envisagent de
créer davantage de postes d’emploi dans la wilaya, 98,1% d’entre eux, ont répondu par l’affirmative.

1-12. Les relations entrepreneur-centre de formation :

Les jeunes entrepreneurs enquêtés entretiennent peu de liens avec les centres de formations du
milieu (formation professionnelle et université).

P a g e 54 | 64
Dans ce cadre, 45,2% des entrepreneurs, déclarent que les centres de formation professionnelle, ne
répondent nullement à leurs besoins et aux exigences de leur entreprise. Il en est de même pour
l’université, puisque 7,7% affirme entretenir des relations avec elle.

Section 02 : Les limites et contraintes du dispositif CNAC :

D’après notre analyse empirique du dispositif CNAC, on constate que ce dernier a contribué d’une
manière considérable à aider les jeunes chômeurs à se prendre en charge, à créer leur propre emploi et
leur propre micro-entreprise.

Il ressort également de notre enquête sur le terrain et les entretiens avec le formateur du dispositif
CNAC concernant les jeunes créateurs d’entreprises dans le cadre du dispositif CNAC, que cette structure
se caractérise par certaines limites, ainsi que les jeunes porteurs de projets ont rencontrés plusieurs
contraintes sur le terrain. Ces diverses difficultés soulevées influent négativement sur la réussite de leur
projet donc sur la survie et la pérennité de leur micro-entreprise ce qui a comme résultat l’échec de
l’entreprise.

2-1. Les difficultés rencontrées par les jeunes entrepreneurs du dispositif CNAC :

Les principales difficultés rencontrées par les jeunes créateurs d’entreprises dans le cadre du
dispositif CNAC se résument comme suit :

Les lourdeurs et les lenteurs des procédures administratives et les difficultés de remboursement
des crédits :

L’une des principales difficultés rencontrées par le jeune créateur réside dans les lenteurs et les
lourdeurs administratives qui se traduisent généralement par l’excès des démarches et des procédures
exigées. En effet, le porteur reproche un nombre important des pièces et des documents à fournir qui
engendrent une perte de temps et de la volonté de réussir par le jeune promoteur et des coûts
supplémentaires, au risque de voir le dossier en fin de compte refusé. A cela s’ajoute la lourdeur dans le
traitement des dossiers et la réticence des banques vis-à-vis du dispositif craint de l’insolvabilité des
jeunes créateurs de micro-entreprise.

Concernant le problème de remboursement de crédit, il est confronté par plusieurs porteurs de


projet, car plusieurs facteurs peuvent influencer sur le secteur d’activité et le déroulement de l’activité,
que se soient national, environnemental ou international. Ces facteurs peuvent influencer sur la capacité
de remboursement du jeune promoteur.

2-2. Les insuffisances de l’étude technico-économique :

La plupart des jeunes connaissent des difficultés dues à la non prise en compte d’un certain nombre
de facteurs (délai, type des travaux, capacité de stockage, le marché, la clientèle…etc.) ou de dépenses
indispensables à la réalisation ou au démarrage de l’activité (coût de publicité, de distribution…etc.).

Ces insuffisances, qui apparaissent au fur et à mesure de l’avancement des travaux, posent de
sérieux problèmes, et en fin de compte, des écarts plus au moins importants sont constatés entre les

P a g e 55 | 64
prévisions et les réalisations. L’origine de ces problèmes est souvent un manque de rigueur et de réalisme
dans les études réalisées avant l’engagement du projet.

A/ Les raisons personnelles :

Ces raisons diffèrent d’un jeune promoteur à un autre. Elles peuvent être liées à une surestimation
par le jeune de ses capacités de gestion d’entreprise ; à des craintes des énormes responsabilités qu’il
devra supporter ; de management et d’obligation de remboursement des dettes dans les délais. Ainsi
d’autres jeunes promoteurs entament les procédures en période de chômage par exemple. Rappelant que
la personnalité, le profil et la motivation du jeune porteur de projet sont également des aspects décisifs
dans les chances de réussite d’un projet.

B/ Les raisons liées à l’environnement économique :

Ces raisons peuvent être liées à un mauvais choix du lieu d’investissement, avec une implantation
dans une région où le produit ou le service proposé ne convienne pas, ou alors l’existence d’autres firmes
qui proposent le même type de produit, et donc le facteur d’ancienneté joue son rôle, ce qui pousse le
jeune promoteur à abandonner son projet. Le même effet peut être exercé par une concurrence des autres
entreprises, qui résulte essentiellement d’un manque de maîtrise de management et des techniques de
gestion par le porteur de projet.

2-3. Les limites du dispositif CNAC :

A/ Le dispositif CNAC obéit à une politique distributive de l’Etat [23] :

Ce dispositif se caractérise selon l’expérience acquise souvent d’importants délais de traitement des
dossiers et du manque d’intérêt du banquier. De plus, ce dispositif ne donne pas une grande place à une
préparation des bénéficiaires à gérer leur crédit (faible niveau d’information initiale, faible
accompagnement après l’obtention). Cela ne fait que renforcer une perception des bénéficiaires par apport
à l’argent de l’Etat qui leurs est dû sans obligation de remboursement.

B/ Le dispositif CNAC s’inscrit dans une logique de service public, d’économie de rente et
d’assistance :

Selon la perception de plusieurs bénéficiaires de ce dispositif, le crédit de la CNAC s’inscrit dans


une logique de service public. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que les bénéficiaires ne
remboursent pas, car leur perception repose sur le sentiment que cet argent de l’Etat leur est dû. S’ajoute à
cela que les bénéficiaires voient que cette structure publique d’aide à la création d’entreprise est obligée
d’être proche socialement et géographiquement d’eux, et de participer dans la prise en compte de leurs
besoins et leurs contraintes. On constate donc la présence dans la mentalité des bénéficiaires d’une
logique d’assistance de l’Etat.

La compréhension de l’aide Du dispositif CNAC est celle d’une aide avec la perception d’argent de
l’Etat que l’on peut ne pas rembourser. Cela est peut-être expliqué par les réflexes des populations qui
sont encore très liées à la période d’économie socialiste planifiée. La transition vers l’économie de

- AHMED-ZAID M., and BANCE P., 2013, What public governances with respect to public enterprises in rent economies ?
23

Public enterprises in the 21th century, op. cit.


P a g e 56 | 64
marché qui a généré un chômage important et l’attente par les populations des solutions venant de l’Etat,
cela induit une mentalité d’assistance qui bien entendu ne favorise pas le développement de
l’entreprenariat et l’esprit d’initiative.

C/ Le dispositif CNAC et les moyens dont il dispose pour jouer pleinement son rôle
d’encadrement des jeunes promoteurs :

Le suivi des micro-entreprises par le dispositif CNAC comme cela est stipulé dans les textes
régissant le fonctionnement Du dispositif nous semble un élément très difficile. Les moyens limités en
personnel et en matériel dont disposent les antennes implantées sur le territoire national ne peuvent
permettre le suivi et l’encadrement d’un nombre aussi important d’entreprises créées par ce dispositif et
éparpillées sur des territoires vastes et souvent inaccessibles.

Par ailleurs, la diversité des secteurs d’activités financés, présente une grande difficulté pour les
cadres du dispositif CNAC chargés de l’étude technico- économique qui ne peuvent maîtriser l’ensemble
des domaines, ce qui rend ces études comme une simple formalité administrative.

Malgré les effets positifs du dispositif CNAC, nul ne peut ignorer les diverses difficultés qui sont
soulevées par les jeunes créateurs de micro-entreprise notamment du côté des banques qui manquent
d’une politique de prise en charge propre à cette forme d’entreprise, et qui se montrent réticentes vis-à-vis
de ces entités. Il serait peut-être plus commode d’instaurer une véritable relation de confiance entre la
banque et le jeune, et de rechercher une autre forme de financement pour aider à une meilleure réussite de
ce dispositif et de la micro-entreprise en général.

Ce dispositif aura des retombés bénéfiques s’il donne une plus grande place à une préparation des
bénéficiaires à gérer leur crédit notamment par la mise à leurs dispositions d’information initiale
pertinente et efficace, et de renforcer l’accompagnement accordé aux jeunes porteurs de projet après
l’obtention de leurs crédits.

Conclusion au chapitre troisième :

C’est dans un environnement presque hostile que certains jeunes créateurs, animés par la pression
de s’en sortir, ont su et pu, à force de persévérance et de dynamisme, s’insérer dans les interstices du tissu
économique et bâtir des entreprises viables et pleines de vitalité.

Dans ces conditions créer une entreprise répond beaucoup plus à une nécessité impérieuse qu’à une
profonde ou une création par opportunité, même quand on sait qu’aucune réussite n’est envisageable sans
une forte dose de passion pour ce que l’on fait. C’est plus par nécessité que pour toute autre raison que les
jeunes créateurs se lancent en affaires. Lutter contre la pauvreté, insertion sociale, pouvoir supporter les
charges familiales constituent les principales raisons de création d’entreprise.

L’analyse des motivations, les aspirations des jeunes entrepreneurs et l’influence de dispositifs
d’aide sur la décision de création, il ressort l’existence de typologie d’entrepreneurs propres à cette
catégorie de créateurs [24], il s’agit :

- Madoui. M : « Entreprise et entrepreneur en Algérie et dans l’immigration : Essai de sociologie économique », op. Cit. PP
24

69- 77.
P a g e 57 | 64
1. Les entrepreneurs recherchant l’insertion sociale : qui sont majoritaires ils voient de la création
est une sorte d’échappatoire du chômage et des contraintes qui lui sont associés. Ils se lancent en affaire
parce qu’ils manquent de travail et non parce qu’ils ont des aptitudes et des comportements dénotant un
esprit d’entreprise.
2. Les entrepreneurs recherchant l’indépendance et avoir des récompenses financières importantes :
cette catégorie voit de la création une façon d’être libre et ne pas avoir des ordres d’un supérieur
hiérarchique qui est mieux appréhendé que le salariat ou le fonctionnariat et d’avoir une estime de soi
élevé. D’être son propre patron et ainsi assurer son indépendance, et un certain mode de vie plus aisé.
3. Les entrepreneurs animés par le goût d’entreprendre et la prise de risque : les jeunes créateurs
veulent réaliser quelque chose selon leurs propres initiatives, monter aussi toutes leurs capacités et mieux
gérer et maitriser leur temps. La conscience des jeunes créateurs de leur force est un facteur important
dans le choix de la création d’entreprise.

CONCLUSION GENERALE

On peut conclure que les ressources sur lesquelles peut prendre appui le développement territorial
de la wilaya de Annaba sont importantes mais sous valorisées, et que les multiples dispositifs d’action
mobilisables dans des actions de développement local offrent de réelles possibilités d’action.

L’état des lieux du territoire de la wilaya de Annaba nous offre une image contradictoire, d’une
part, on observe la présence de plusieurs acteurs du développement qui peuvent jouer un rôle primordial
dans la mobilisation et la valorisation des ressources dont dispose le territoire de la wilaya .De l’autre
part, les résultats de l’action de développement territorial dans la wilaya de Annaba sont au-dessous des
besoins et des attentes des citoyens, en particulier en matière d’emploi et de satisfaction d’un certain
nombre de besoins de base, des retards et des difficultés en matière de développement sont enregistrés
dans divers régions de la wilaya surtout les zones rurales.

L’amélioration de l’action de développement territorial aura lieu également par la mise en place
d’une stratégie fondée sur la valorisation des énergies et des potentialités locales, élaboré en collaboration
avec les acteurs du développement du territoire.

On remarque que le dispositif CNAC contribue à la création des déséquilibres spatiales set
sectorielles, en effet la majorité des micro-entreprises s’implante dans la commune de Annaba vue les
opportunités qu’elle offre (ressources humaines, infrastructures de bases, une forte demande, …). Pour ce
qui est des secteurs d’activité, le dispositif CNAC encourage beaucoup plus les secteurs de transports et
de services depuis sa création.

Il ressort de ce qui précède que le dispositif CNAC a contribué d’une manière considérable, à aider
les jeunes chômeurs à se prendre en charge, à créer leur propre emploi et leur propre micro-entreprise. Et
P a g e 58 | 64
cela malgré les insuffisances et les difficultés soulevées par les jeunes qui portent essentiellement sur la
réticence des banques vis-vis du dispositif et les lenteurs et les lourdeurs des procédures administratives,
qui les découragent dans le processus de création de leur propre micro-entreprise.

On déduit que le dispositif CNAC a impulsé une dynamique territoriale et entrepreneuriale au


niveau de la wilaya de Annaba malgré qu’elle soit inégale « une dynamique déséquilibrée », grâce aux
multiples micro-entreprises créées à travers tout le territoire de la wilaya dans divers secteurs d’activités
et les emplois générés.

Au terme de cette contribution, il s’agit de faire une brève présentation des résultats de notre travail
compte tenu des objectifs et des hypothèses posées tout au départ pour tirer des enseignements qui
s’imposent.

On constate que le rôle primordial de la PME en générale et la micro-entreprise en particulier, est de


plus en plus reconnu. A cet égard, des politiques et efforts consacrés à leurs développements ont été
constatées dans toutes les économies, faisant que le rôle producteur de l’Etat est de plus en plus en retrait
alors que celui de secteur privé devient le moteur de processus de développement. La micro-entreprise est
un instrument d’aménagement et de redynamisation de son territoire d’accueil en parfaite harmonie avec
le développement du tissu économique local, à travers l’exploitation et la valorisation de leurs ressources
aussi bien naturelles qu’humaines. Elle constitue également un moyen de régénération de l’emploi qui
constitue une des principales préoccupations de l’économie nationale.

En Algérie, depuis la fin des années quatre-vingt avec l’avènement de l’économie de marché et
devant une situation économique et sociale complexe, les difficultés de redressement du secteur public et
la tranche des jeunes qui est touchée de plein fouet par le chômage, que les pouvoirs publics ont tenté
d’orienter leurs actions et leurs politiques en faveur du développement de l’entreprise de la petite et
moyenne dimension, qui est plus adéquate avec l’économie de marché. Et une réelle volonté de
développer ces unités de production s’est affichée à travers divers dispositifs tels : la CNAC, l’ANGEM,
et l’ANSEJ.

Notre étude ayant porté sur le dispositif du CNAC qui s’inscrit dans une logique de promotion de
l’initiative individuelle et encourageant l’entrepreneuriat. La problématique de ce mémoire réside dans
une démarche de développement territorial et de dynamique entrepreneuriale, d’évaluer l’impact du
dispositif CNAC sur le développement territorial et l’entrepreneuriat dans la wilaya de Annaba à travers
la création d’entreprises dans différents secteurs et territoire de la wilaya.

P a g e 59 | 64
Notre travail s’est appuyé sur quatre hypothèses, la première pose que le territoire de la wilaya de
Annaba dispose des ressources et des potentialités génériques et d’autres spécifiques multiples qui offrent
des réelles opportunités en matière d’investissement et de création d’entreprises, leurs valorisations et
leurs exploitations permet d’induire un processus de développement et une dynamique entrepreneuriale,
mais les résultats de l’action de développement territorial et des dynamiques entrepreneuriales permis de
révéler l’importance des potentialités et richesses non exploitées dans la wilaya de Annaba.

Cependant, la wilaya en dépit des possibilités certaines qu’elle offre, n’arrive pas à capter l’intérêt,
voir la volonté d’entreprendre de ces jeunes entrepreneurs, de ce fait à juguler leurs hésitations. En effet,
les nombreux projets de création d’entreprises encouragés par le dispositif CNAC sont fixés sur la base de
la demande des jeunes entrepreneurs et leurs niveaux de qualification et non en fonction de la demande du
territoire de la wilaya, ainsi on remarque qu’il y a absence de concertation entre le dispositif CNAC et les
autres acteurs de la wilaya.

Cette situation paradoxale de la wilaya de Annaba, s’explique essentiellement par un milieu socio-
économique peu organisé, peu porter, non qualifié et inapte à susciter une véritable dynamique
entrepreneuriale. En effet, il apparait nettement que les projets encouragés dans de cadre de dispositif
CNAC sont incapables de mettre en valeur des potentialités et opportunités, économiques spécifiques,
faute d’organisation, de réflexion et d’outils spécifiques.
Plus précisément, il n’existe aucune démarche ou orientation cohérente, efficace et performante,
préétablie de l’entrepreneuriat privé dans la wilaya, qui tiendrait compte de ses potentialités et
opportunités économique spécifiques. Par conséquent, on assiste à la mise en place de pratiques
d’intervention ponctuelles et volontaristes, sans relation entre elles, décidées sous la pression des
événements et correspondant beaucoup plus à la gestion courante de la crise, qu’à la mise en place de
projets ambitieux.

La seconde, le chômage fait qu’un nombre important de jeunes créateurs décident d’entreprendre,
donc cela explique d’une partie les raisons de motivations de création d’entreprise, mais non les disparités
spatiales et sectorielles. Pour déduire l’impact de la politique d’appui à la création d’entreprises sur
l’entrepreneuriat. L’étude présente en effet l’entrepreneur, non pas comme un surhomme, mais comme un
individu avec un ensemble de caractéristiques qu’il utilise pour faire face aux difficultés rencontrées.
Toutefois, cet individu reste dépendant de son milieu, son comportement de créateur d’une nouvelle
entreprise est influencé par plusieurs facteurs (famille, le système éducatif, la législation et la politique).

En Algérie, en absence de système éducatif préparant les jeunes créateurs à l’entrepreneuriat,


l’accompagnement se doit de jouer un rôle pédagogique de sensibilisation. Par ailleurs, beaucoup de
politiques de stimulation à l’entrepreneuriat ont vu le jour rien que pour encourager, faciliter et stimuler la
création d’entreprise qui devient un enjeu principal pour les décideurs politiques. Alors, des dispositifs
d’aide et d’appui ont été initiés à l’échelle nationale, parmi ces dispositifs le dispositif CNAC.

On constate à travers les résultats obtenus que le dispositif CNAC n’a pas d’influence significative
sur la motivation entrepreneuriale des jeunes entrepreneurs. Plusieurs raisons peuvent expliquer un tel
résultat. Premièrement, le manque d’expérience entrepreneuriale de la majorité des répondants peut avoir
causé une mauvaise perception de ces facteurs et de leur importance sur leur motivation pour ce lancer en
affaire. Ensuite, à l’échelle d’un individu, il est peu probable que les politiques et règlements
gouvernementaux les plus favorables en matière d’entrepreneuriat le motivent assez s’il est ambitieux et
surtout s’il est averse au risque.
P a g e 60 | 64
On déduit que le recours à ce dispositif ne constitue pas la motivation principale, car sur l’ensemble
des réponses qu’on a recueilli, on estime que les avantages qu’offre celui-ci comme première motivation.
Par ailleurs, pour créer une entreprise, la motivation individuelle de meure nécessaire.

Par ailleurs, le dispositif CNAC a été mis en place pour faire face à un double enjeu : global, pour
soutenir l’emploi et remédier au problème du chômage ; individuel, pour apporte des réponses aux
mobiles économiques.

On constate, que le dispositif CNAC soufre de savoir-faire, de formations spécifiques,


d’infrastructures d’accueil… à partir de là, les systèmes d’appui et de soutien à la création d’entreprise ne
sont développés autour de trois axes : l’appui financier, les conseils, et les formations, et le soutien
logistique. Il faut souligner que l’axe le plus développé est le soutien financier surtout dans le cadre de
micro-entreprises.

A cela s’ajoute une dynamique entrepreneuriale caractérisé par sa fragilité, sa faible insertion dans
le territoire ainsi que sa répartition déséquilibrée sur le territoire de la wilaya de Annaba. On a constaté
clairement une forte concentration des entreprises dans les communes urbaines et plus particulièrement
celle de Annaba, et une densité relativement faible au niveau des communes rurales de la wilaya de
Annaba.

Ces résultats qui sont au-dessous des potentialités peuvent être améliorés par la mise en relation des
différents acteurs de territoire, par la mise en place des mécanismes de coordination et de coopération
entre eux, afin d’assurer la réussite des projets territoriaux et une meilleure mobilisation et valorisations
des ressources et des efforts. Dans le même objectif, les différents acteurs doivent s’engager dans des
processus d’apprentissage, à partir de la connaissance des expériences et des solutions qui ont été menées
et qui ont réussi dans d’autres pays. L’amélioration de l’action de développement territorial aura lieu
également avec la mise en place d’une stratégie fondée sur la valorisation des énergies et des potentialités
locales.

Concernant le dispositif CNAC en tant qu’acteur du développement territorial de la wilaya de


Annaba, à travers le traitement des différentes données qu’on a collectées au niveau de la CNAC antenne
de Annaba et les résultats de notre enquête sur le terrain, on peut conclure que le dispositif CNAC a été
utilisé comme moyen de création de micro-entreprises par toutes les communes de la wilaya de Annaba.
Que cette structure a contribué d’une manière considérable à aider les jeunes chômeurs à créer leur propre
emploi à travers les micro- entreprises.

Il convient de souligner aussi que parmi les diverses micro-entreprise crée dans le cadre du
dispositif CNAC, un nombre restreint qui est en relation directe avec les préoccupations territoriales. On
constate que peu de projets d’investissement initiés par les jeunes qui sont orientés en fonction des
besoins et des spécificités territoriales.

On peut également constater que la répartition de ces unités de production créées par le biais de ce
dispositif est inégale que ce soit pour les secteurs d’activité ou pour leur localisation géographique.

Pour ce qui est de la répartition géographique, il y a des communes qui détiennent un nombre
important de micro-entreprises alors que d’autres détiennent un nombre faible, remarquant que la majorité
P a g e 61 | 64
de ces entités s’implantent dans la commune de Annaba. Notre travail fait apparaitre également
l’existence d’une forte concentration de ces unités au niveau des communes urbaines et un taux de
création relativement faible dans les communes rurales.

Pour le choix de secteur d’activité, depuis le lancement de ce dispositif, le secteur des services, de
transport et BTPH bénéfice d’un nombre important de création de micro- entreprises.

Il ressort de ce qui précède, que tout le territoire de la wilaya de Annaba a été concerné par les
réalisations des jeunes investisseurs même dans les coins les plus reculés de la région, tout en offrant cette
opportunité aux micro-entreprises créées de participer activement au développement de leur territoire, que
le dispositif CNAC a contribué d’une manière considérable à aider les jeunes chômeurs à créer leur
propre emploi à travers les micro-entreprises.

Il ressort aussi de ce travail que le dispositif CNAC a impulsé une dynamique sectorielle et
territoriale déséquilibrée sur le territoire de la wilaya de Annaba.

Malgré ces effets positifs, il y a lieu de signaler les diverses difficultés qui sont soulevées par les
jeunes créateurs de micro-entreprise notamment du côté des banques qui manquent d’une politique de
prise en charge propre à cette forme d’entreprise, et qui se montrent réticentes vis-à-vis de ces entités. Il
serait peut-être plus commode d’instaurer une véritable relation de confiance entre la banque et le jeune,
et de rechercher une autre forme de financement pour aider à une meilleure réussite de ce dispositif et de
la micro-entreprise en général. Sans oublier les lenteurs et lourdeurs administratives auxquelles sont
confrontés les jeunes porteurs de projets.

La troisième, est l’existence d’une faible synergie entre les promoteurs du dispositif CNAC et que
le seul réseau sur lequel s’appuie le jeunes créateur, est de la famille ou les amis. D’après les résultats de
notre enquête, les jeunes entrepreneurs appartiennent aux réseaux professionnels avec 42%, sont
généralement noué entre les entrepreneurs activant dans des secteurs d’activités proches. Ainsi, ces jeunes
entrepreneurs n’organisent pas de réunions professionnelles dans le but d’échanger l’information ou de
l’expérience, d’innover…, ajoutant à cela le dispositif CNAC n’organise pas des réunions entre ces jeunes
créateurs.

En ce qui concerne la participation du dispositif CNAC dans la dynamisation de SPL est faible d’un
côté en a recensé uniquement 04 entreprises financés par le dispositif, sachant que ces artisans ont
contactés ce dernier pour des besoins de financement car la matière première est trop chère (une matière
importer), donc la plupart des entreprises crées relèvent d’une initiative locale. D’un autre côté le
dispositif CNAC ne dispose pas de connaissances, de structure d’accueil et de savoir-faire artisanal
suffisante pour encourager ces artisans à coopérés.

En prenant les critères d’identification du SPL, on peut dire : nous sommes effectivement en
présence d’une concentration géographique originale d’unités artisanales, bien que concentrées dans les
mains de familles. L’activité de la vannerie dans cette commune relève de plus en plus d’initiatives
locales. Les relations entre les fournisseurs et les artisans et les commerçants restent surtout informelles ;
le rôle des institutions d’animations est marginal, sinon inexistant : néanmoins les conditions d’un
développement accéléré existent (capitaux locaux, assiette foncière, héritage culturel, savoir-faire…),
mais nous n’avons pas perçu l’existence d’une vision stratégique d’avenir chez les acteurs.

P a g e 62 | 64
Enfin, les facteurs contribuant à la réussite des entreprises créées dans le cadre de ce dispositif
peuvent être interne c'est-à-dire lié à l’entrepreneur lui-même à l’environnement de l’entreprise. En effet,
en analysant les résultats de l’enquête, on constate que la majorité des jeunes entrepreneurs ont développé
l’intention de création d’entreprise car ils se rapprochaient d’une situation inéluctable d’absence
d’emploi, c’est la contrainte social (le chômage) qui a déclenché l’évènement entrepreneurial des jeunes
qui est conséquence de déplacements négatifs qui marquent un changement dans la trajectoire de la vie de
l’individu. Ces jeunes considèrent la création d’entreprise comme seule alternative à leur situation de
chômage.

BIBLIOGRAPHIE CONSULTEE

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ANNEXES

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