Vous êtes sur la page 1sur 104

Université de Tunis El Manar

‫المدرسة الوطنية للمهندسين بتونس‬


Ecole nationale d’ingénieurs de Tunis

Département Génie Civil

Projet de Fin d’Etudes


Présenté par
Chaima SOUSSI
Pour l’obtention du
Diplôme National d’Ingénieur en Génie Civil

Les Tunnels de demain,


Potentiel pour la géothermie très basse
température
Le Conservatoire National des Arts et Métiers
Ecole des Ponts - ParisTech

Soutenu le 16 juin 2015

Devant le Jury :

Président : M. Malik Sahraoui


Rapporteur : M. Mehrez JEMAI
Jury permanent : M. Hedi HASIS
Encadreur ENIT : M. Essaieb HAMDI
Encadreur Organisme d’accueil : M. Olivier FOUCHE

Année Universitaire : 2014/2015


A mon Père,
A ma Mère,
A mon Frère et sa future épouse,
A mes Sœurs et leurs petites familles.

i
Remerciements

Je tiens tout d’abord à adresser mes remerciements à M. Fouché Olivier, maître de


conférences au Conservatoire national des arts et métiers (Le Cnam) et chercheur à l’École
des Ponts ParisTech (laboratoire Leesu) pour avoir dirigé ce projet au sein du département
ICENER et m’avoir permis de le réaliser dans les meilleures conditions. Je lui suis également
reconnaissante d’avoir partagé son expérience et de m’avoir incitée à une démarche
rigoureuse tout au long de ce stage.
L’équipe projet de recherche compte aussi le Pr Christophe Marvillet (laboratoire de Génie
des procédés et énergétique) et un collègue enseignant-chercheur en thermique du bâtiment,
Issa Jaffal, qui ont prêté une oreille critique à mon travail et que je remercie ici.
Je tiens à adresser des remerciements tout particuliers à M. Hamdi Essaieb, maître de
conférences à l’ENIT, directeur de stage, pour ses commentaires avisés, ses conseils judicieux
et sa bonne humeur.

Je remercie M. Jemai Mehrez, maître de conférences à l’ENIT, pour avoir bien voulu juger
ce travail en tant que rapporteur, ainsi que M. Hasis Hedi et M. Ben Amara Kamel d’avoir
accepté de participer au jury en tant qu’examinateurs.

Il m’est agréable d’adresser mes remerciements à tous ceux qui m’ont apporté de près ou
de loin, aide et conseils lors de la préparation de ce stage en Tunisie et en France.
Je voudrais remercier en particulier :
- M. Ding Hongyang , stagiaire de l’École des Ponts ParisTech, pour son aide dans la partie
modélisation,
- MM. Bendotti et Jonquères, ingénieurs thermiciens du CEA pour leurs idées lors de nos
réunions et pour leur soutien scientifique,
- Ali AMOR, mon collègue au Cnam, compagnon quotidien de travail,

ii
Résumé
Ce rapport se focalise sur l'exploitation de la chaleur du sous-sol à faible profondeur (50
m) par les tunnels urbains. Ces ouvrages souterrains linéaires peuvent être équipés d'un réseau
de tubes dans lesquels circule un fluide caloporteur qui permet l'échange de chaleur avec le
sous-sol et l’air intérieur du tunnel pour la climatisation des bâtiments ou le rafraichissement
des stations et des équipements (ferroviaire, informatique, etc.).
Cette technologie est encore peu répandue dans le monde et n’existe pas encore en France,
d'où l'objectif de cette étude qui est de permettre son développement. Il s’agit de fournir une
méthodologie, fondée sur des critères objectifs, pour l'identification et la sélection des zones
potentielles favorables à sa réalisation dans le cadre du projet « Grand Paris Express » des
transports en commun de la région Ile-de-France. Pour y arriver, une réflexion a été menée sur
les paramètres pertinents et les processus à prendre en compte, une étude du sous-sol parisien
a eu lieu le long des tracés de futurs tunnels, suivie d’une modélisation numérique de
l’échange thermique en 1D, 2D pour prévoir un ordre de grandeur du flux de chaleur
extractible et l’impact d’un tel système sur le sous-sol, en particulier sur son équilibre
thermique au cours des années d’exploitation.

Abstract
This study focuses on the exploitation of the subsoil's heat at low temperature shallow by
urban tunnels. These linear underground structures can be equipped with a network of tubes
where a liquid circulates to permit a heat exchange with the ground and the air inside the
tunnel for cooling buildings or refresh the stations and equipment (rail, computer, etc.).
This technology is not yet widespread in the world, does not exist in France, Hence the aim
of this study is to allow its development by providing a methodology for the identification and
selection of potential areas for its implementation in the context of “Grand Paris Express”
public transport in the Ile-de-France region. To achieve this, a comprehensive study of
Parisian underground along the future tunnel paths ,occurred then followed by a numerical 1D
then 2D heat exchange modeling to provide an order of magnitude of the flow of extracting
heat and to know the impact of this system on the neighboring estate ,particularly in
thermalequilibrium during the years of operation.

iii
Sommaire

Partie I. Etude bibliographique ......................................................................... 3


Chapitre 1.La géothermie, une richesse à exploiter ............................................. 4
Introduction .................................................................................................................. 4
I. Généralités sur la géothermie.................................................................................... 4
II. Classification de la géothermie................................................................................ 4
II.1. Géothermie à haute température ............................................................................... 4
II.2. Géothermie à moyenne ou basse température ........................................................... 5
II.3. Géothermie très basse température ........................................................................... 5
III. Système échangeur de la géothermie à très basse température .............................. 5
IV. La géothermie à très basse température en France ................................................ 6
Conclusion .................................................................................................................... 7
Chapitre 2. Paramètres influençant le rendement du système géothermique ...... 8
Introduction .................................................................................................................. 8
I. Propriétés thermiques................................................................................................ 8
I.1. Conductivité thermique .............................................................................................. 8
I.1.1. Définition ............................................................................................................. 8
I.1.2. Analogie électrique .............................................................................................. 8
I.1.3. Température du matériau ..................................................................................... 9
I.I.4. Degrés de saturation ............................................................................................. 9
I.1.5. Densité volumique ............................................................................................. 11
I.1.6. Influence de la minéralogie ............................................................................... 11
I.1.7. Valeurs moyennes des conductivités thermiques .............................................. 12
I.2. Capacité thermique ................................................................................................... 13
I.3. Diffusivité thermique................................................................................................ 13
I.4. Température du sous-sol........................................................................................... 13
II. Propriétés hydrogéologiques ................................................................................. 15
II.1. Température de l’eau souterraine ............................................................................ 15
II.2. Vitesse de l’écoulement de l’eau ............................................................................. 15
II.3. Perméabilité............................................................................................................. 16
II.4. Gradient hydraulique ............................................................................................... 16

iv
II.5. Niveau de la nappe souterraine ............................................................................... 17
III. Paramètres conceptuels du système géothermique .............................................. 17
III.1. Température d’entrée du fluide caloporteur .......................................................... 17
III.2. Débit d’écoulement du fluide caloporteur ............................................................. 18
III.3. Espacement entre les tuyaux .................................................................................. 19
Conclusion .................................................................................................................. 19
Chapitre 3.Les structures géothermiques ........................................................... 20
Introduction ................................................................................................................ 20
I. Principe des structures géothermiques .................................................................... 20
II. Recommandations pour le système échangeur ...................................................... 21
III. Dimensionnement d’un système géothermique ................................................... 21
IV. Limites de réalisation des géostructures thermoactives ....................................... 21
IV.1. Efforts supplémentaires/Déplacements verticaux ................................................. 21
IV.2. Interaction avec les systèmes existants .................................................................. 22
IV.3. Equilibre thermique du sol .................................................................................... 22
V. Différents types des structures géothermiques ...................................................... 23
V.1. Pieux énergétiques .................................................................................................. 23
V.2. Parois moulées ........................................................................................................ 24
Conclusion .................................................................................................................. 24
Chapitre 4.Tunnel, future structure énergétique................................................. 25
Introduction ................................................................................................................ 25
I. Principe de tunnel énergétique ................................................................................ 25
II. Technique d’activation thermique de tunnel ......................................................... 26
II.1. Activation du radier................................................................................................. 26
II.2. Activation des parois de tunnel ............................................................................... 27
II.2.1. Intégrer les échangeurs dans les voussoirs préfabriqués .................................. 27
II.2.2. Mise en place des échangeurs dans un sandwich en géotextile........................ 28
III. Valorisation thermique de l’environnement de tunnel ......................................... 29
III.1. Grande surface d’échange ...................................................................................... 29
III.2. Profondeur convenable .......................................................................................... 29
III.3. L’air dans le tunnel ................................................................................................ 29
IV. Valorisation des éléments constructifs du tunnel................................................. 29
IV.1 Eviter le coût des forages........................................................................................ 29

v
IV.2 Préfabrication des voussoirs ................................................................................... 30
IV.3 Tunnel vs pieux énergétique ................................................................................... 30
V. Expériences dans le monde ................................................................................... 30
V.1 En Autriche .............................................................................................................. 31
V.2 En Allemagne........................................................................................................... 32
V.3 En Chine................................................................................................................... 32
V.4 En France ................................................................................................................. 33
Conclusion ........................................................................................................... 34
Partie 2.Etude de cas: Grand Paris Express................................................... 35
Introduction ......................................................................................................... 36
Chapitre 1. Le GPE : Innovation pour le transport de Paris ............................. 37
I. Présentation du projet ............................................................................................. 37
II. Société Grand Paris ............................................................................................... 37
Chapitre 2.Le GPE : Futur potentiel de géothermie .......................................... 39
Introduction ................................................................................................................ 39
I. Cadre réglementaire ................................................................................................ 39
I.1. Révision de l’arrêté relatif à la carte de géothermie de minime importance ............ 39
I.2. Carte des zones réglementaires de la géothermie de minime importance ................ 39
II. Cadre conceptuel ................................................................................................... 41
Conclusion .................................................................................................................. 42
Chapitre 3.Etude de la zone de projet : Paris et Banlieue ................................. 43
Introduction ................................................................................................................ 43
I. Cadre météorologique ............................................................................................. 43
II. Cadre géologique de la région ............................................................................... 43
II.1. Formations géologiques .......................................................................................... 43
II.2. Carrières souterraines .............................................................................................. 44
III. Cadre hydrogéologique ........................................................................................ 45
III.1. Les nappes souterraines ......................................................................................... 45
III.2. Température de l’eau souterraine .......................................................................... 47
Conclusion .................................................................................................................. 47
Chapitre 4.Détermination des zones potentielles de la géothermie autour du
tracé du GPE ....................................................................................................... 48

vi
Introduction ................................................................................................................ 48
I. Tracé de tunnel de GPE .......................................................................................... 48
II. Présentation de la base des données ...................................................................... 49
II.1. InfoTerre ................................................................................................................. 49
II.2. Géothermie-Perspective .......................................................................................... 49
II.3. ADES ...................................................................................................................... 50
III. Collecte des données géologiques ........................................................................ 54
III.1. Procédure ............................................................................................................... 54
III.2. Etude de cas ........................................................................................................... 55
III.3. Carrières souterraines ............................................................................................ 56
IV. Exploitation de la carte des zones potentielles pour la géothermie ..................... 56
V. Collecte des données hydrogéologiques ............................................................... 56
VI. Etude de la ligne 15 du GPE ................................................................................ 58
VI.1. Identification des zones autour de la ligne 15 ....................................................... 59
VI.1.1. Tronçon Sud .................................................................................................... 59
VI.1.2. Tronçon Est ..................................................................................................... 63
VI.1.3. Tronçon Ouest................................................................................................. 64
IV.2. Niveau de la nappe souterraine .............................................................................. 64
Conclusion .................................................................................................................. 68
Chapitre 5.Modélisation numérique ................................................................... 69
Introduction ................................................................................................................ 69
I. Description du problème ......................................................................................... 69
II. Rappel des équations de la chaleur ........................................................................ 70
II.1. Conduction thermique ............................................................................................. 70
II.2. Convection thermique ............................................................................................. 71
III. Modélisation avec Scilab ..................................................................................... 71
III.1. Présentation du logiciel .......................................................................................... 71
III.2. Calcul 1D ............................................................................................................... 72
III.2.1. Hypothèses de calcul ....................................................................................... 72
III.2.2. Conditions initiales ......................................................................................... 72
III.2.3. Conditions aux limites .................................................................................... 73
III.2.4. Maillage .......................................................................................................... 73
III.3. Scénarios simulés et résultats ................................................................................ 73

vii
III.3.1. Selon la position des échangeurs dans les voussoirs....................................... 73
III.3.2 Selon la nature du sol ....................................................................................... 74
IV.4 Synthèse .................................................................................................................. 79
Conclusion Générale ........................................................................................... 80
Perspectives ......................................................................................................... 81
Bibliographies ..................................................................................................... 82
Annexes ............................................................................................................... 85
Annexe A : Description des lignes de GPE .................................................................. 86
Annexe B : Histoire géologique de la terre ................................................................... 87
Annexe C : Fiches détaillées des forages de BSS de InfoTerre ................................... 88
Annexe D : Carte des températures de l’eau souterraine de Paris ................................ 89
Annexe E : Extrait des mesures du point d’eau : 01837A0096/F2............................... 90
Annexe F : Mesures d’autres points d’eau .................................................................... 91

viii
Liste des figures

Figure 1.Vue globale d’un système géothermique assisté par une PAC .................................... 6
Figure 2.Puissance installée en 2011 en France (en MWth) ...................................................... 7
Figure 3. Conductivité thermique en fonction du degré de saturation en eau .......................... 10
Figure 4.Conductivité thermique en fonction de la teneur en eau ........................................... 10
Figure 5.Conductivité thermique en fonction de la densité volumique sèche ......................... 11
Figure 6. Conductivité thermique en fonction de la teneur en quartz ...................................... 12
Figure 7.Variation de la température en fonction de la profondeur dans la région Parisienne 14
Figure 8.Variation du flux extrait en fonction de la température d’entrée du fluide caloporteur
.................................................................................................................................................. 17
Figure 9.Comportement d’un fluide au voisinage d’une paroi ................................................ 18
Figure 10.Variation du flux extrait en fonction de débit du fluide caloporteur ....................... 18
Figure 11.La variation du flux extrait en fonction du temps pour les tuyaux de 50 cm et 100
cm d’espacement ...................................................................................................................... 19
Figure 12.Schéma de principe d’un pieu énergétique .............................................................. 23
Figure 13.Préparation de l’armature et des tubes échangeurs d’une paroi moulée .................. 24
Figure 14.Schéma explicatif d’un modèle de tunnel géothermique ......................................... 25
Figure 15.Schéma explicatif de mode de fonctionnement d’un tunnel géothermique ............. 26
Figure 16.Pose du circuit intégré au radier de métro de Vienne .............................................. 27
Figure 17.Mise en place des échangeurs dans les voussoirs préfabriquée de tunnel ............... 27
Figure 18.Le système de connexion ......................................................................................... 28
Figure 19.Le rabattage des tuyauteries ..................................................................................... 28
Figure 20.Détail de circuit intégré au géotextile ...................................................................... 29
Figure 21.Projets remarquables de tunnels géothermiques en Europe ..................................... 31
Figure 22. Tracé du Lainzer Tunnel ......................................................................................... 31
Figure 23. Tracé de tunnel de Fasanenhof ............................................................................... 32
Figure 24.Mise en place des tuyaux échangeurs de Linchang Tunnel ..................................... 33
Figure 25.Carte de Grand Paris Express .................................................................................. 38
Figure 26.Interface de la carte des zones réglementaires de la géothermie de minime
importance ................................................................................................................................ 40
Figure 27.Schéma explicatif de la méthode de construction du tunnel avec tunnelier ............ 41
Figure 28.Mise en place des voussoirs de la ligne 15 du Grand Paris Express ....................... 41
Figure 29.Coupe géologique de direction Sud-Ouest/Nord-Est .............................................. 44
Figure 30.Carte des carrières souterraines de Paris et sa banlieue .......................................... 45
Figure 31.Carte des principales nappes des eaux souterraines en Ile-de-France .................... 46
Figure 32.Interface de la base des données InfoTerre .............................................................. 51
Figure 33.Interface de la base des données Géothermie-Perspective ...................................... 52
Figure 34.Interface de la base des données ADES ................................................................... 53
Figure 35.Affichage la base des données de sous-sol(BSS) .................................................... 54
Figure 36.Résultat de l’interrogation d’un forage .................................................................... 54
Figure 37.Choix des forages à exploiter................................................................................... 55
Figure 38.Fiche détaillée du forage interrogé .......................................................................... 55
Figure 39.Aquifère de l’Ecorce supérieur à la banlieue sud de Paris ...................................... 56
Figure 40.Niveaux piézométriques (moyen, maximal et minimal) entre 1992 et 2015 ........... 57

ix
Figure 41.Tronçon sud de la ligne 15 ...................................................................................... 58
Figure 42.Tronçon Est de la ligne 15 ....................................................................................... 59
Figure 43.Tronçon Ouest de la ligne 15 ................................................................................... 59
Figure 44.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune VITRY-
SUR-SEINE ............................................................................................................................. 60
Figure 45.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune
MAISONS-ALFORT ............................................................................................................... 61
Figure 46.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune CRETEIL
.................................................................................................................................................. 61
Figure 47.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune VITRY-
SUR-SEINE ............................................................................................................................. 62
Figure 48.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune CHOISY-
LE-ROI ..................................................................................................................................... 62
Figure 49.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune SAINT-
MAUR-DES-FOSSES ............................................................................................................. 63
Figure 50.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune
CHAMPIGNY-SUR-MARNE ................................................................................................. 64
Figure 51.Les piézomètres disponibles sur la base des données ADES .................................. 65
Figure 52.Niveau piézométrique enregistré au point d’eau de référence 01832D0136/F........ 66
Figure 53.Niveau piézométrique enregistré au point d’eau de référence 01837B0380/F1 ...... 66
Figure 54.Niveau piézométrique enregistré au point d’eau de référence 01828X0006/F........ 67
Figure 55.Niveau piézométrique enregistré au point d’eau de référence 01846X0361/P1...... 67
Figure 56.Niveau piézométrique enregistré au point d’eau de référence 01837A0096/F2...... 67
Figure 57.Enjeux majeurs sur le tracé de Grand Paris Express ............................................... 68
Figure 58.Vue global de problème à modéliser ....................................................................... 70
Figure 59.Schéma explicatif de transfert par conduction ......................................................... 70
Figure 60.Schéma explicatif de transfert par convection ......................................................... 71
Figure 61.Schéma simplifié du problème 1D ........................................................................... 72
Figure 62.Profil de la température pour différents emplacements de tuyau dans le cas calcaire
.................................................................................................................................................. 74
Figure 63. Profil de la température en été dans le cas calcaire ................................................ 75
Figure 64. Profil de la température en hiver dans le cas calcaire ............................................. 75
Figure 65. .Flux de chaleur extrait du calcaire pendant l’hiver ................................................ 76
Figure 66. Profil de la température dans le cas d’argile saturée en été .................................... 76
Figure 67. Profil de la température dans le cas d’argile saturée/sec en hiver .......................... 77
Figure 68. Flux de chaleur extrait de l’argile saturée ............................................................... 77
Figure 69. Profil de la température dans le cas d’un sable saturé ............................................ 78
Figure 70. Profil de la température dans le cas d’un sable sec ................................................. 78
Figure 71. Flux de chaleur extrait du sable sec/saturé ............................................................. 78

x
Liste des tableaux

Tableau 1.Le parc géothermique français en MW th ................................................................. 6


Tableau 2. Analogie entre la conductivité électrique et la conductivité thermique ................... 9
Tableau 3. Conductivité thermique des formations ................................................................. 12
Tableau 4. Conductivité thermique des minéraux ................................................................... 13
Tableau 5.Température moyenne mensuelle à Montsouris ...................................................... 14
Tableau 6.Conductivité hydraulique de divers types de sols ................................................... 16
Tableau 7.Coordonnées de quelques sondages de la ligne 15 .................................................. 49
Tableau 8.Propriétés des sols utilisés dans la simulation ......................................................... 74

xi
Introduction

Au cours des dernières années, on a assisté à un véritable engouement en faveur de la haute


qualité environnementale. En effet, face à la menace climatique confirmée par de nombreuses
études scientifiques, la France s’est engagée devant la communauté internationale à diviser
par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 et à multiplier par 6 la contribution
de la chaleur géothermique à son mix énergétique pour atteindre d’ici à 2020, 1,3 million de
tonnes équivalent pétrole substituées. Le développement des pompes à chaleur géothermiques
(PAC) est l’un des moyens de cette politique. Ces systèmes thermodynamiques permettent
d’exploiter la géothermie dans les couches superficielles du sous-sol, que ce soit dans les
terrains eux-mêmes, les nappes alluviales ou les aquifères peu profonds, ce qu’on appelle la
géothermie très basse température. Avec un tel système, on obtient une température
compatible avec les besoins des locaux à chauffer ou refroidir.

C’est dans cette optique que se présente une nouvelle opportunité, la valorisation
énergétique de certains éléments d’infrastructures souterraines (pieux, parois moulées, radier
et bientôt peut-être les voûtes des tunnels) auxquelles on sait incorporer des échangeurs de
chaleur relayés par des pompes à chaleur. En effet, ces « géostructures » (néologisme qui
regroupe les ouvrages géotechniques et de génie civil susceptibles d’être thermo-activés :
pieux, parois moulées, radier et voûte de tunnels) représentent la prochaine génération
d’échangeur de chaleur avec le sol dans le cadre du développement durable. Celui-ci invite à
repenser les usages techniques de l’espace urbain (sol, sous-sol) et, dans un objectif
d’optimisation globale du fonctionnement de la ville, à mieux mobiliser les gisements et
ressources existantes. C’est dans cet esprit que le programme « Ville 10D – Ville d’idées » a
été lancé par le Ministère de l’Ecologie, à l’initiative de l’Association française des tunnels et
ouvrages souterrains (AFTES). Avec une trentaine de partenaires, il vise à développer une
recherche appliquée sur la contribution du sous-sol au développement urbain durable. Il
cherche à faire émerger les conditions d’un nouveau type de planification de l’aménagement
des villes par une meilleure prise en compte des interactions positives entre la surface et le
sous-sol. Il a pour ambition d’améliorer la connaissance sur les ressources du sous-sol et de
montrer qu’il existe une alternative crédible au seul aménagement de la surface.

Le présent PFE se déroule dans une action de recherche qui fait partie du programme Ville
10D. Il se focalise sur une des géostructures permettant l'extraction de l'énergie géothermique
très basse température, les tunnels. La technique est récente et elle n’a été expérimentée que
par un nombre très limité de pays, l’Autriche, l’Allemagne, la Chine ; à ce jour, aucun tunnel

1
n’en a été équipé en France. L'objectif de cette étude est donc de soutenir le développement
de cette technologie en fournissant une méthodologie et des critères pour l'identification et la
sélection des zones potentielles favorables à sa mise en œuvre dans le cadre des futurs tunnels
du grand projet d’aménagement appelé le Grand Paris Express (GPE), qui consistera en 205
km de lignes souterraines de métro.

Ce rapport est organisé en deux grandes parties.


La première est une étude bibliographique. Une introduction sur la géothermie est suivie
d’un tour d’horizon des paramètres du sous-sol pouvant influencer l’exploitation de cette
source d’énergie. Le principe des géostructures énergétiques, les contraintes affectant leur
réalisation, ainsi que leur typologie, sont décrits. Le dernier chapitre est réservé aux « tunnels
géothermiques » ; leurs principes, techniques de réalisation, valeur ajoutée de cette innovation
énergétique, sont expliqués ; puis, un retour d’expérience est présenté sur les ouvrages réalisés
dans le monde.

La deuxième partie est une étude de cas du projet « le Grand Paris Express ». Le premier
chapitre est consacré à la présentation générale du projet. Par la suite, on traite le cadre
réglementaire et conceptuel de la mise en place des échangeurs thermiques dans le corps de
tunnel. Le troisième chapitre est une esquisse de la géologie et de l’hydrogéologie de la
région parisienne et de sa banlieue. Dans une étape suivante, on focalise cette étude aux
alentours du tracé du futur tunnel pour identifier les secteurs géographiques et les zones
souterraines favorables pour mobiliser la géothermie. La dernière tâche porte sur une
modélisation numérique en 1D avec le logiciel Scilab permettant la simulation du transfert
thermique entre un échangeur et le sous-sol environnant et l’étude paramétrique de l’apport
d’énergie de ce dernier

Bonne lecture

2
Partie I. Etude bibliographique

3
Chapitre 1.La géothermie, une richesse à
exploiter

Introduction
Le volcanisme, les tremblements de terre, et la plupart des phénomènes associés à la
tectonique des plaques sont contrôlés par les transferts de chaleur dans la Terre. Notre
planète, souvent qualifiée de machine thermique, est le siège de processus externes tels les
échanges entre l’atmosphère et la surface et de processus internes, tels le magmatisme.

I. Généralités sur la géothermie


La géothermie, comme le fait deviner son étymologie, est la chaleur emmagasinée dans la
Terre. Ce terme désigne à la fois la science qui étudie les phénomènes thermiques internes du
globe ainsi que les processus industriels qui visent à l'exploiter, pour produire de la chaleur
et/ou de l'électricité, selon la température. Si cette dernière est modérée, l’énergie du sous-sol
est exploitée pour la production de la chaleur, et si elle est plus élevée, il est possible
d’extraire de la vapeur d’eau qui sera une source pour la production de l’électricité.

La source de l’énergie stockée dans le sous-sol est le résultat d’une interaction du sol avec
l’atmosphère (rayonnement du soleil) dans les premiers mètres de profondeur. Plus en
profondeur, au-delà de 20 m en général, c’est le gradient géothermique qui explique le flux de
chaleur. Le gradient géothermique sur la planète est en moyenne de 30°C par kilomètre, mais
sa valeur peut être nettement supérieure, notamment dans les zones de volcanisme actif ou
récent où il peut atteindre plusieurs dizaines de °C par 100 mètres.

II. Classification de la géothermie


Il existe trois types d’énergie géothermique en fonction de la température du sous-sol:

 Géothermie à haute température ;


 Géothermie à moyenne ou basse température ;
 Géothermie à très basse température (TBT).
Par la suite, on se focalise sur la troisième catégorie.

II.1. Géothermie à haute température


C’est la géothermie où la température est naturellement élevée (>150°C), c'est le cas
notamment des zones volcaniques où la température de sous-sol peut augmenter de

4
1000°C/100m. La géothermie haute température consiste là encore à un doublet
géothermique.

II.2. Géothermie à moyenne ou basse température


La géothermie à moyenne température correspond à des profondeurs allant de quelques
centaines à quelques milliers de mètres de profondeur. La géothermie à moyenne température
se situe entre 30°C et 100°C.

II.3. Géothermie très basse température


La température du sous-sol entre 10 et 50 m de profondeur est constante au cours de
l'année, et égale généralement à la moyenne locale annuelle. La température exploitée est
inférieure à 30°C (généralement comprise entre 9 et 15 °C). Cette température ne dépend que
du rayonnement solaire et de la température de l'air, donc de la latitude et de l'altitude ; elle ne
dépend pas du flux de chaleur terrestre. Pour cette raison, le mot « géothermie » utilisé pour
cette profondeur peut être considéré comme abusif. Ce qu'on appelle géothermie à très basse
température n'est qu'une méthode indirecte permettant d'utiliser l'énergie solaire emmagasinée
dans le sous-sol proche du terrain naturel.
Pour exploiter ce type de géothermie, une pompe à chaleur couplée à un réseau de tuyaux
assure l’extraction ou l’injection de la chaleur de ou dans le sous-sol pour des besoins de
climatisation des bâtiments (chauffage et/ou refroidissement).
Pour le présent projet, on s’intéresse à ce dernier type puisque le projet principal est la
mobilisation de la géothermie très basse température par les tunnels qui passent à une
profondeur inférieure à 60 m.

III. Système échangeur de la géothermie à très basse


température
Un système géothermique à TBT assure deux fonctions :

 En hiver, il prélève la chaleur contenue dans le sol ou l'eau souterraine, et la restitue à une
température utilisable dans le circuit de chauffage du bâtiment.
 En été, il prélève la chaleur excédentaire à l'intérieur du bâtiment, et l’injecte dans le
sous-sol.

Il est composé de :
Unité primaire : c’est le circuit de captage implanté dans le sous-sol. Un fluide
caloporteur circule dans les tuyauteries et absorbe ou injecte la chaleur dans le sol ou la roche.
Il s’agit d’eau ou d’un mélange d’eau et de glycol.

5
Pompe à chaleur : une pompe à chaleur (PAC) est une machine thermodynamique, elle
assure l’élévation ou la diminution de la température du fluide caloporteur, selon la demande
du bâtiment.

Unité secondaire : c’est le bâtiment à chauffer ou à refroidir.

Le processus de fonctionnement de système géothermique est présenté par la figure 1 :

Figure 1.Vue globale d’un système géothermique assisté par une PAC (source : AFPG)

IV. La géothermie à très basse température en France


Située au 3éme rang européen en termes de capacité, suivant une étude faite par l’AFPG, la
France joue un rôle important dans le développement de la géothermie à TBT. Il est prévu
ainsi qu’entre 2006 et 2020, la contribution de la chaleur géothermique au mix énergétique
français sera multipliée par 6. Ce dynamisme est notamment lié à la politique de soutien mise
en place par les pouvoirs publics depuis quelques années et à la présence d’une offre
professionnelle active.
La mobilisation de la géothermie (production en Mégawatt thermique) a évolué pendant
ces dernières années et notamment pour la très basse température comme on peut le voir dans
le tableau 1 :

Tableau 1.Le parc géothermique français en MW th (AFPG)

2006 2008 2011 2013 (prévision)


Très basse énergie 922,4 1250 1850 2080
Usage direct 307 354 391 479

Cette augmentation de l’exploitation de la géothermie très basse température n’est pas


équitable entre les départements de la France. La carte suivante met en lumière la répartition
des puissances installées en 2011 sur le territoire français :

6
Figure 2.Puissance installée en 2011 en France (en MWth) (AFPG, année)

D’après l’AFPG (année), la production d'énergie géothermique assistée par pompe à chaleur :
 Assure le chauffage de 275 000 logements ;
 Bénéficie d’une croissance annuelle du nombre d’installations de 7% environ grâce au
soutien du Fonds Chaleur de l’ADEME
 Atteint un chiffre d’affaire annuel supérieur à 385 millions d’euros

Conclusion
De jour en jour, le recourt à la géothermie très basse température attire de plus en plus
l’attention partout dans le monde, mais, comme toute richesse naturelle, il existe des zones
plus favorables que d’autres pour l’exploiter. Donc, dans la partie suivante, on va traiter les
facteurs pouvant influencer le potentiel géothermique.

7
Chapitre 2. Paramètres influençant le rendement
du système géothermique

Introduction
D’une manière générale, la chaleur du terrain est disponible en tout lieu. Localement, la
capacité du sous-sol à fournir de la chaleur est déterminée par ses propriétés thermiques,
hydrogéologiques et géologiques. Donc, la réalisation d’une opération géothermique nécessite
de savoir avec précision ces propriétés afin d’assurer le bon rendement du système, sa
durabilité et l’équilibre thermique du sous-sol.
Ce chapitre a pour objectif d'énumérer et de préciser les critères qui permettent
l'identification et la sélection de zones potentielles pour la géothermie TBT.

I. Propriétés thermiques
Une étude approfondie des paramètres thermiques du sous-sol est indispensable pour toute
exploitation de la géothermie ainsi que pour le dimensionnement des installations concernées.
Ces paramètres englobent non seulement la température du sol, mais également sa capacité
à se recharger en chaleur et à la transmettre, ce qui est traduit par la conductivité thermique et
la capacité calorifique.

I.1. Conductivité thermique


I.1.1. Définition
La conductivité thermique d’un matériau est sa capacité de transférer la chaleur à travers
un mètre d’épaisseur, sous un gradient thermique égal à l’unité. Elle s’exprime en [W/(m.K)]
et elle est directement tirée de l’équation de Fourier :

q= - λ
Avec q = flux de chaleur dans la direction x [W/m2]
T = température [K ou °C]

I.1.2. Analogie électrique


Un conducteur électrique de longueur l, de section S, et de résistivité électrique ρ, a une
résistance R=ρl /S, soumis à une différence de potentiel U1-U2, il laisse passer une intensité I
donnée par :
I (ρ l /S) =U1-U2

8
formule analogue à celle donnant le flux thermique :

ϕ (l/λS) = Tp1-Tp2

Ce qui conduit à établir les correspondances présentées dans le tableau 2 :

Tableau 2. Analogie entre la conductivité électrique et la conductivité thermique

Grandeur électrique Grandeur thermique


Tension [V] Température [K]
Intensité [A] Flux thermique [W]
Conductivité [Ω-1.m-1] Conductivité [W.m-1.K-1]
Résistance [Ω] Résistance

La conductivité thermique est un paramètre qui dépend de plusieurs facteurs. Elle varie en
fonction de la température, la densité volumique, la composition minérale et le degré de
saturation dans le cas d’un milieu poreux (Ahrens, 1995 ; Barry-Macaulay et al. ,2013). Bien
entendu, pour le même type de roche, on peut avoir un ratio de valeur qui atteint dans certain
cas 1.5 voire 2.

I.1.3. Température du matériau


Birch et Clark (1940) ont mesuré la conductivité thermique d’échantillons de sols (grès,
sable, basalte, schiste argileux, calcaire) aux températures (0°, 50°C, 100°C, 200°C,
500°C).Les résultats ont montré que ce paramètre est inversement proportionnel à la
température. Une légère variation a été observée pour un intervalle de 50°C. Par exemple,
pour le calcaire, la conductivité passe de 3,01 W/m/K à 2,68 W/m/K pour les températures
respectives 0°C et 50°C. Dans le cas de la géothermie très basse température, la température
du sous-sol est considérée constante, donc on peut admettre que son influence sur la
conductivité est négligeable.

I.I.4. Degrés de saturation


Dans l’étude de Barry-Macaulay et al. (2013), la conductivité thermique a été testée sur des
échantillons de six types de sols dans une gamme d'humidité et avec la même densité
volumique qui vaut 1500 kg/m3. Quatre sol fins : Coode Île Silt (CIS) (en argile limoneuse),
Fishermans Bend Silt (FBS) (argile sableuse), Residual Siltstone (RS) (argile limoneuse),
Basaltic Clay (BC) (limono-argileux), et deux sols grossiers : Sable du groupe Brighton
(BGS) et Sable argileux du groupe Brighton (BGCS).
Les résultats obtenus sont exploités sous forme de courbes comme l’indique la figure 3.

9
Figure 3. Conductivité thermique en fonction du degré de saturation en eau
(Barry-Macaulay et al., 2013).

De même, Nagaraju et al. (2014) ont mesuré expérimentalement la conductivité thermique


de 67 échantillons de roches dans les deux conditions sèches et saturées d'eau. Les résultats
trouvés sont similaires à ceux issus de l’étude de Barry-Macaulay et al. (2013).

Figure 4.Conductivité thermique en fonction de la teneur en eau (PGG, 2011)

Bien que l’eau a une conductivité thermique faible par rapport aux grains solides secs, sa
présence favorise la capacité de transfert de chaleur des sols. En fait, l’eau s’infiltre en
remplaçant l’air existant dans les pores. Avec une conductivité thermique (0,5 W/m/K) 25 fois
plus grande que celle de l’air (0,02 W/m/K), l’état saturé est caractérisé par une conductivité
plus grande que l’état sec pour tout type de sol.

On constate que la conductivité thermique des sols grossiers croît rapidement dans la
gamme des faibles degrés de saturations, et plus lentement par la suite. Cependant, celle des
sols à grains fins augmente à un taux relativement uniforme avec l'augmentation du degré de
saturation.

La différence de réponse des sols à la saturation croissante peut être expliquée par la
différence des tailles des particules et leurs contacts (Barry-Macaulay et al. 2013). Les sols
grossiers comportent moins de points de contact. Pour les sols fins, dont les particules sont

10
plus serrées, la saturation prend du temps pour se réaliser, ce qui explique l’augmentation
uniforme de la conductivité thermique.

I.1.5. Densité volumique


La densité volumique sèche du matériau agit considérablement sur sa conductivité
thermique. En fait, l'air a une conductivité thermique (0,02 W/m/K) 100 fois plus faible que la
plupart des minéraux du sol, donc tout changement de son volume dans l'échantillon affectera
les propriétés thermiques des sols.

L'effet de la densité sur les propriétés thermiques des sols étudiés par Barry-Macaulay et
al. (2013) à une a teneur en eau constante est illustrée sur la figure 5 :

Figure 5.Conductivité thermique en fonction de la densité volumique sèche


(Barry-Macaulay et al., 2013)

On constate que la conductivité thermique des sols augmente avec la densité sèche pour
chaque valeur de la teneur en eau. Cela est expliqué par le fait que les échantillons avec des
densités plus élevées ont plus de particules de sol et moins de molécules d'air par unité de
volume, ce qui augmente le transfert de chaleur.

I.1.6. Influence de la minéralogie


La minéralogie affecte la conductivité thermique d'un sol en raison de l’hétérogénéité de la
roche, les minéraux ayant différentes conductivités thermiques. Un intérêt particulier
s’exprime souvent pour la teneur en quartz, vu sa grande conductivité (7 W/m /K) comparée à
la plupart des autres minéraux du sol ou de la roche (Horai, 1971).

La figure 5 présente la variation de la conductivité thermique en fonction de la teneur en


quartz.

11
Figure 6. Conductivité thermique en fonction de la teneur en quartz (PGG, 2011)

I.1.7. Valeurs moyennes des conductivités thermiques

Vu la complexité de l'influence de ces paramètres sur la conductivité thermique, des


recherches ont été faites depuis des décennies et continuent. Les premiers résultats illustrés
dans la littérature sont ceux de Birch et Clark (1940). Les études ont continué par Walsh et
Decker (1966), Horai (1971), Robertson et Peck (1974), Chan et Jeffrey (1983), Scharli et
Rybach (1984), Clauser et Huenges (1995), Popov et al. (2003), Davis et al. (2007), Jorand et
al. (2011) qui ont confirmé les résultats trouvés auparavant. En se fondant sur les résultats
illustrés dans la littérature, on a essayé de trouver des valeurs moyennes de conductivité de
quelques formations. Elles sont résumées dans le tableau 3 :

Tableau 3. Conductivité thermique des formations (Birch et Clark, 1940 ; Walsh et Decker,
1966 ; Homand et Duffaut, 2000 ; Davis et al. 2007)

Densité (kg/m3) Conductivité


103 thermique (W/m/K)

Gravier sec 2.7-2.8 0.3-0.5


Gravier saturé 2.7-2.8 2.2-2.8
Sable sec 2-2.2 0.4-0.9
Sable saturé 2-2.2 2-4
Argile sèche 1.2-1.8 0.6-0.9
Argile saturée 1.3-1.8 1.7-3.2
Marnes 2.3-2.4 1.0-2.5
Calcaire 2.6-2.7 2.4-2.6
Grès 2.2-2.7 1.6-3

Horai (1971) a donné la conductivité thermique de certains minéraux. Les mesures ont été
effectuées à la température ambiante et sont présentées dans le tableau 4 :

12
Tableau 4. Conductivité thermique des minéraux (Horai, 1971)

Minéral Conductivité
thermique (W/m/K)
Quartz 7.8
Calcite 3.4
Dolomite 5.1
Anhydrite 6.4
Pyrite 19.2
Sidérite 3
Mica 2.3
Kaolinite 2.8

I.2. Capacité thermique


La capacité calorifique massique [J/kg/K] ou la capacité thermique volumique [J/m3/K] est
la quantité d’énergie nécessaire à fournir à un corps pour élever respectivement 1 kg ou 1 m3
de ce corps de 1 degré Kelvin. On distingue la capacité calorifique à pression constante Cp et
à volume constant Cv.

I.3. Diffusivité thermique


La diffusivité thermique α représente la facilité d'un matériau à transmettre un signal de
température d'un point à un autre du matériau. Dans le système international, elle s’exprime
en m2/s.
Ce paramètre dépend de l’aptitude du matériau à conduire la chaleur (sa conductivité
thermique) et de sa capacité à stocker la chaleur (capacité calorifique ou thermique).En effet
elle se calcule suivant la formule suivante :


  Cp
Avec λ : conductivité thermique
Cp : Capacité thermique à pression constante
ρ : Densité volumique sèche

I.4. Température du sous-sol


Du point de vue thermique, le sous-sol est composé de trois zones (Burger et al. 1985). La
tranche supérieure du sous-sol est appelée la zone d’hétérothermie. Au-dessous, se développe
la zone d’homothermie dans laquelle règne l’influence du flux géothermique, exception faite
d’anomalies convectives localisées venant de la surface. Entre les deux zones, une zone dite
neutre. Cette dernière, à la base de la zone d’hétérothermie, a une température admise comme
constante, et proche de la température moyenne de l’air du lieu, d’après Burger et al(1985).

13
Elle dépend de l’amplitude de l’onde en surface et de la nature du sous-sol. Pratiquement, elle
débute entre 30 et 50 m de profondeur suivant les roches.
Les tunnels passent, généralement, dans la zone neutre, donc il faut savoir la température à
ce niveau en fonctions des conditions climatiques de la région. Dépendant de la température
annuelle moyenne, on a fait une modélisation du comportement de la température en fonction
de la profondeur pour la région parisienne.

Le tableau 5 résume les températures moyennes mensuelles mesurées à la station de


Montsouris :

Tableau 5.Température moyenne mensuelle à Montsouris (Météo France)


Mois Jan Fév Ma Av Ma Jui Jui Ao Sep Oct No Déc
Min 1.4 1.0 0.8 5.2 6.0 9.2 12.8 9.0 9.6 8.0 3.9 -2.9
Température
(°C)
Max 14.0 14.4 21.6 23.5 26.1 28.7 35.8 29.1 28.3 25.1 21.4 15.0
Moy 7.3 7.6 10.4 13.2 14.5 18.6 20.7 18 18.5 14.7 10.2 6.1

En se basant sur l’étude géologique, la formation affleurant de la géologie de la région


parisienne est un remblai. Dans ce cadre, on a fait la simulation sur une couche de sable sec
d’une épaisseur de 20m, dont les propriétés sont les suivantes :

-Conductivité thermique 1,5 W/m/K,


-Capacité calorifique 1100 J/kg/K,
-Diffusivité thermique 9,74 10-7 m2/s.

Figure 7.Variation de la température en fonction de la profondeur dans la région Parisienne

D’après le résultat trouvé, on confirme que la température dans le sol se stabilise à une
valeur de même ordre que celle de la moyenne annuelle (13°C) à partir d’une profondeur de
12m.

14
II. Propriétés hydrogéologiques
C’est bien évident que le transfert de la chaleur (conductivité) varie en fonction des
variations de teneur en eau dans le sol. Varet (1982) de même a affirmé qu’il ne suffit pas de
disposer de chaleur dans le sous-sol pour permettre une exploitation géothermique. Il faut en
plus avoir, d’une part un fluide susceptible de transférer cette chaleur.
Les paramètres jugés les plus importants pour un projet géothermie sous prétexte qu’ils
influencent d’une façon directe ou indirecte, le transfert de chaleur, sont:
-Température de la nappe ;
-La vitesse de Darcy VD en m/s ;
-La perméabilité de Darcy KD en m/s.
-Gradient hydraulique i ;

II.1. Température de l’eau souterraine


En prenant compte de l’importance de l’eau souterraine pour le transfert de la chaleur et le
recharge du sol en calories, la température avec laquelle il s’infiltre dans les roches est
certainement indispensable pour la géothermie. Dans des conditions idéales, la température
des eaux souterraines :

-Varie d’une manière régulière pour les premiers mètres en profondeur (zone
d’hétérothermie). Cette variation est une courbe de type sinusoïdal dont les maxima et minima
sont décalés par rapport à la variation saisonnière de la température (Burger et al ,1985).

-A une température presque constante dans la partie neutre, et c’est à peu près au même
ordre de grandeur de celle de la roche qui l’occupe (Diffre et al, 1977).

-Il subit au gradient de la température (3°C/100m) dans la zone d’homothermie (> 100m)
dû à la chaleur issue du noyau du globe.

Dans le présent projet, on s’intéresse à la région Parisienne dont la température est celle à
la profondeur dans laquelle passera le futur tunnel. Cette étude sera détaillée par la suite.

II.2. Vitesse de l’écoulement de l’eau


Vitesse de Darcy ou vitesse de filtration notée VD , est la vitesse d’un flux d’eau en
mouvement uniforme à travers un milieu aquifère saturé, déduite du débit d’écoulement
rapporté à la section totale de l’aquifère traversé par le flux. Elle se calcule comme suit :

VD=
Avec Q : le débit de l’eau [m3/s]
S : la section traversé [m2]

15
De plus, la vitesse d'écoulement d'une nappe d'eau souterraine dépend de la conductivité
hydraulique k du sol et du gradient de charges hydrauliques. On a :
VD= k.i

Avec k :conductivité hydraulique [m/s]

i: gradient hydraulique.

La vitesse d'écoulement de l'eau souterraine influence la régénération thermique du terrain


(Patric ,2002). Il s'agit donc d'un critère qui permettra de déterminer si le stockage de chaleur
ou de froid dans le sous-sol est nécessaire et rentable ou si la recharge thermique du sol
s'effectue naturellement. C’est le problème majeur de l’implantation des échangeurs
géothermiques « Equilibre thermique du sol » qu’on traitera ultérieurement.
Une valeur limite pour la vitesse d'écoulement de l'eau souterraine a été définie pour un
système de référence avec pieux échangeurs (Fromentin et al, 1999). Bien entendu, cette
valeur peut varier en fonction du système échangeur (différents types des structuré
géothermiques), mais permet de donner un ordre de grandeur tout à fait valable pour un pré-
dimensionnement lors d'un avant-projet.

II.3. Perméabilité
La perméabilité caractérise l’aptitude d’une roche à laisser circuler des fluides au sein dans
son espace poreux. La dimension de k est celle d’une vitesse (m/s).
Selon Françoise et Pierre (2000) la perméabilité d’une roche est entièrement déterminée
par la géométrie de son réseau de porosité. La relation entre les deux est cependant loin d’être
évidente, et nombre de modèles ont été développés pour estimer la perméabilité à partir des
propriétés microstructurales des roches.
Tableau 6.Conductivité hydraulique de divers types de sols (Patric ,2002)
Type de sol Perméabilité (m/s)
Argile 10-10 -10-8
Limon 10-8 -10-5
Sable 10-4 -10-3
Gravier 10-3 -10-1

II.4. Gradient hydraulique


Gradient ou pente hydraulique, est la différence de charge hydraulique entre deux points
d’une aquifère par unité de distance, selon une direction donnée. C’est le moteur de
l’écoulement des eaux souterraines.

16
II.5. Niveau de la nappe souterraine
Sur un cycle annuel, le niveau d'eaux souterraines change en fonction de la saison. La
nappe est alimentée principalement en hiver pendant laquelle la pluviométrie est maximale et
phénomène d'évaporation est faible, et donc son niveau augmente. En été en revanche, elle
n’accumule plus d’eaux nouvelles et leur niveau baisse.
Cette variation étant plus ou moins importante selon le type des couches superficielles. En
fait, les sols grossiers (sable) sont plus sensibles vis-à-vis de ce phénomène puisque l’eau
s’échappe facilement sous l’effet de l’évaporation pendant le temps chaud, d’une manière
moins importante pour les sols fins (argile).
Et comme on a vu, la conductivité thermique des sols en général, grossiers en particulier,
est influencée par le degré de saturation en eau, donc la baisse de la nappe va changer le
domaine d’étude ; de l’état totalement saturée à celle dont une zone saturée surmontée par une
sèche suivie d’une diminution de la conductivité thermique.
L’analyse du comportement du niveau de la nappe demeure indispensable pour prévoir les
variations des propriétés thermiques du sol pouvant prendre lieu.

III. Paramètres conceptuels du système géothermique


III.1. Température d’entrée du fluide caloporteur
Le taux d’échange de la chaleur par le fluide caloporteur se calcule en fonction de sa
température d’entrée de de sortie, et donc une variation de ces paramètres engendre une
variation de la quantité de la chaleur échangée.

Guozhu et al, (2014) ont montré que la chaleur échangée varie linéairement avec la
température d'entrée du fluide. Plus la température d'entrée est élevée, plus le taux d’échange
thermique est grand (figure 8).

Figure 8.Variation du flux extrait en fonction de la température d’entrée du fluide caloporteur


(Guozhu et al, 2014)

17
Selon la même source, en moyenne, le taux d'échange de chaleur augmente de 2.49W/m pour
chaque augmentation de 1°C de la température d'entrée du fluide caloporteur.

III.2. Débit d’écoulement du fluide caloporteur


Le débit de fluide caloporteur dans les tuyauteries est déterminé de façon à ce que le
régime d’écoulement soit turbulent afin d’augmenter l’échange thermique. En effet, quel que
soit le régime d’écoulement, il existe au voisinage immédiat de la paroi une zone appelée
couche limite (figure 9).Ce film est adjacent à la surface avec une condition d’arrêt de
l’écoulement le long de la paroi à cause de sa vitesse nulle.

Figure 9.Comportement d’un fluide au voisinage d’une paroi (Marc et Bernard, 2009)

Ce film constitue la principale résistance thermique au transfert de chaleur entre la paroi et


le fluide en mouvement, ce qui est connu par le coefficient de transfert convectif à la paroi.
Lorsque la turbulence de l’écoulement augmente, l’épaisseur du film laminaire diminue, sa
résistance thermique décroit.
Guozhu et al, (2014) ont fait varier le débit du liquide caloporteur tout en maintenant sa
température d’entrée constante à 20°C .Les débits testés sont 0.487 m3/ h, 0,673 m3/ h, 0,953
m3/ h et 1,25 m3/ h .On constate que le flux de la chaleur extrait augmente de manière
exponentielle avec l’augmentation de débit du fluide pour toutes les périodes de test (figure
10).

Figure 10.Variation du flux extrait en fonction de débit du fluide caloporteur


(Guozhu et al, 2014)

18
III.3. Espacement entre les tuyaux
La géométrie des échangeurs en général, l’espacement entre eux en particulier est un
paramètre qui influence le taux d’échange de la chaleur. Plus les tuyaux sont serrés, plus ils
sont en interaction. Pour voir si ce rapprochement est favorable pour le transfert thermique
avec l’environnement, des simulations ont été faites pour deux espacements entre les tuyaux
50 cm et 100 cm. La température de liquide caloporteur est prise constante 20°C (Guozhu et al,
2014)

Les résultats trouvés sont présentés sur la figure 11 montre que le flux extrait diminue peu
à peu avec une augmentation de la durée de fonctionnement. La chaleur échangée par des
tuyaux dont l’espacement est 50cm est supérieure à celui d'un espacement de 100 cm. Les
simulations sont faites pour 10h, 20h, 30h et 40h.Les flux extraits, respectivement, pour des
échangeurs de 50 cm d’espacement sont 46,92 W /m, 45.25 W /m, 42,87 W /m et 37,84 W /
m, et sont 34.57 W / m, 33,97 W / m, 32,98 W / m et 32,51 W / m, pour des échangeurs de
100 cm d’espacement.

On constate également que la différence de taux d'échange de chaleur entre les tuyaux de
50 cm et les tuyaux de 100 cm diminue que la durée de fonctionnement augmente.

Figure 11.La variation du flux extrait en fonction du temps pour les tuyaux de 50 cm et 100 cm
d’espacement (Guozhu et al, 2014)

Conclusion
Plusieurs paramètres interviennent sur le rendement du système géothermique .Certain sont
naturels qu’on ne peut pas changer tels que les propriétés thermiques et hydrauliques du sous-
sol. De ce fait, une étude approfondie est indispensable pour réussir l’installation des
géostructures dans le but d’évaluer au préalable le potentiel géothermique de la région à
étudier. Deuxième famille des paramètres, propres au système lui-même. Des études
paramétriques (scénarios) peuvent être un moyen pour préciser l’effet de chaque paramètre et
comment peut-on intervenir pour optimiser l’échange de la chaleur avec l’environnement.

19
Chapitre 3.Les structures géothermiques

Introduction
L'utilisation de l'énergie géothermique à faible profondeur a été développée avec des
sondes géothermiques verticales. Mais des développements relativement récents ont suggéré
que l'utilisation des géostructures pour exploiter la chaleur du sous-sol sera une solution
faisable et rentable (Laloui et Alice, 2014).
Les géostructures sont des ouvrages, généralement en béton ou en béton armé, en contact
avec le sol servant de fondation à une construction sur un terrain de faible portance ou
assurant la sécurité d'un massif de terre instable. On distingue trois grands types de
géostructures qui sont les pieux, les parois et les dalles. Toutes ces structures peuvent être
munies d'un dispositif permettant l'échange de chaleur entre le sol et la géostructure. Dans ce
cas, elles sont appelées géostructures énergétiques ou thermoactives.

I. Principe des structures géothermiques


La technique consiste à incorporer un système de tuyauteries dans les structures de génie
civil (pieux, parois moulées, tranchés couvertes). Un fluide caloporteur (eau, eau+glycol)
passe dans les tuyauteries, vecteur d’énergie entre le terrain et la pompe à chaleur. Le
transfert de chaleur entre le fluide caloporteur et le sol est déterminé par la différence de
température, la vitesse d'écoulement dans les tubes et les conductivités thermiques des parois
des tubes et des matériaux constituant le pieu (béton, matériau de remplissage). Les réseaux
de captage sont collectés, rassemblés via des nourrices, qui sont ensuite connectées à la
pompe à chaleur.
A une profondeur au-delà de 10m, la température du sol demeure constante. Le
fonctionnement de l'installation géothermique se déroule sur un cycle annuel. Le système
permet d’extraire des calories et de les redistribuer dans le bâtiment en hiver ce qui permet de
le chauffer. En été le système est inversé, la simple circulation de fluide suffit pour rafraîchir
le bâtiment Les calories excédentaires contenues à l’intérieur du bâtiment sont donc rejetées
vers le sol. Le principe est donc le même que pour une sonde géothermique classique.
Le principal avantage de ce procédé est d’utiliser directement la structure comme
échangeur. Cela donne une valeur ajoutée à la structure qui sert de captage énergétique en
plus de sa fonction structurelle. Aucune dalle ou autre paroi supplémentaire n’est nécessaire
pour le captage énergétique, ce qui n’induit pas un coût supplémentaire sur la mise en œuvre.
De plus, les géostructures sont en béton armé, un matériau possédant une bonne conductivité

20
thermique (de l’ordre de 2.2 W/m/K), ce qui favorise l’échange thermique entre la structure
et le sol.

II. Recommandations pour le système échangeur


Le matériau des tuyauteries doit être résistant aux entailles, rayures et des charges
ponctuelles, et est également fiable lorsque les rayons de courbure sont petits. Ces tuyaux en
plastique (polyéthylène haute densité ou polyéthylène réticulé) ont une durée de vie quasi
illimitée, et ne nécessitent aucune maintenance (AFPG).

III. Dimensionnement d’un système géothermique


Le captage géothermique est conçu pour satisfaire les besoins en chauffage et/ou
rafraîchissement des bâtiments.
L’intégration dans un projet d’un tel système doit se faire dès le départ car il n’est plus
possible de le modifier pendant la construction. Son dimensionnement consiste à définir la
longueur, l’espacement et le diamètre des tuyauteries à placer, ainsi que la puissance de la
pompe à chaleur. De plus, il permet principalement de déterminer la surface de captage
nécessaire à équiper en réseaux géothermiques dans les structures (en profondeur pour les
pieux, en surfaces disponibles pour les parois moulées). En se référant à Marc et
Bernard(2009), le système doit répondre aux besoins énergétiques à couvrir et ceci en
fonction :
 Des caractéristiques des besoins (chaud ; froid ; chaud + froid) ;
 Des spécificités de la paroi et du sous-sol environnant ;
 Des conditions de températures;
 Des caractéristiques de la PAC.

IV. Limites de réalisation des géostructures thermoactives


Dans le cas des géostructures thermoactives, un rôle d’approvisionnement énergétique
s’ajoute au rôle conventionnel du support structurel qui incombe à la fondation. Donc, outre
les procédures connues couramment appliquées à la mise en place d’une géostructure,
plusieurs autres problèmes se posent lorsqu’on décide de l’exploiter du point de vue
thermique. Ces problèmes incluent notamment la conception et le dimensionnement de
l’équipement géothermique, les effets provoqués par la variation de température, sur la
structure elle-même en termes de contraintes et de déplacements et sur le sol environnant qui
peut avoir déséquilibre thermique à long terme.

IV.1. Efforts supplémentaires/Déplacements verticaux


La variation de la température des géostructures peut avoir un effet sur l’état de contrainte à

21
l’interface pieu-sol et sur la force de cisaillement qui contrôle la résistance à la pointe (Laloui et
Alice, 2014). De manière plus significative, la variation thermique du sol induit;

• des déplacements verticaux des structures, qui sont susceptibles d’imposer des
déplacements aux constructions qu’elles supportent ;

• des efforts internes dans les structures thermoactives. Sous l’effet des cycles de
réchauffement et de refroidissement, celles-ci vont se contracter ou se dilater en interaction
avec le bâtiment et avec le sol. Ces mouvements empêchés vont générer des contraintes.

• une évolution possible de la résistance du sol autour de ces structures thermoactives.

Les effets sur le comportement de la fondation induits par les variations de températures,
dépendent du volume du sol chauffé et de l’intensité de la variation thermique (Laloui et
Alice, 2014).

IV.2. Interaction avec les systèmes existants


Des interactions possibles avec des installations voisines de prélèvement de chaleur/froid
doivent être prises en considération, et ceci particulièrement en milieu urbain. Le requérant se
renseignera sur la présence d'ouvrages existants aux abords du lieu d'implantation des
systèmes échangeurs. En cas d'interaction possible et/ou de prélèvements thermiques
supérieurs à la capacité de régénération saisonnière du sous-sol, le requérant proposera toute
mesure utile pour compléter, régénérer et sauvegarder la ressource géothermique (Marc et
Bernard ,2009).

IV.3. Equilibre thermique du sol


Une fois le système échangeur installé, une interaction thermique entre la structure et le
sol s’établit progressivement, alors, pour que ce système reste efficace, il faut qu’il assure
l’équilibre thermique du terrain à long terme.
Lorsqu'un système y puise ou injecte des calories, l'équilibre se rétablit grâce aux
échanges avec le sol environnant. Cependant, s'il est très sollicité, le système peut puiser à
long terme plus de calories que le sol ne peut en apporter, car cet équilibre est relativement
long à s'établir. Il en résulte un changement cumulatif dans le temps de la température initiale
du terrain ; on risquerait d’aboutir à son réchauffement ou à son refroidissement, avec des
impacts sur la vie dans le sol, sur son comportement et sur les ouvrages, et une baisse de
performance du système échangeur. A l’extrême, cela conduirait à la rupture thermique ou au
contraire au gel du sol et finalement, de l’échangeur (Rawlings et Sykulski, 1999).
Cette décharge/recharge thermique du sol peut être très importante notamment lorsqu'il y a
un déséquilibre important, en moyenne annuelle, entre l'énergie extraite du sol et l'énergie

22
réinjectée naturellement dans le sol autour des sondes. La recharge naturelle du sol par le flux
géothermique ne permet pas de retrouver un niveau de température équivalent au niveau
initial. Plusieurs sont les paramètres qui influencent ce processus soient : besoin de chauffage
et/ou refroidissement, caractéristiques du sol (propriétés thermiques, hydrogéologiques…),
caractéristiques de système géothermique (emplacement des tuyauteries, épaisseur des
parois…).
La capacité de stocker de l’énergie thermique dans le sol à long terme est possible pour des
vitesses de Darcy faibles (ordre de grandeur de < 0.1 m/j), cependant il faut s’assurer dans ce
cas de l’équilibre thermique de ce stockage à long terme. Dans le cas d’une vitesse élevée, le
sol est rechargé naturellement, le risque d’une surexploitation thermique est donc réduit
(Rieder et al, 2007).
Ce problème fera l’un des objectifs de la modélisation. En effet, on va essayer de faire une
analyse paramétrique de la réponse du sol vis-à-vis la mise en place d’un système
géothermique. Cette analyse sera basée sur les résultats issus de l’étude bibliographique du
chapitre « Paramètres influençant l’exploitation de la géothermie »

V. Différents types des structures géothermiques


V.1. Pieux énergétiques
Un pieu énergétique ou pieu échangeur est un pieu de fondation dans lequel un tube ou un
réseau de tubes a été installé, de manière à pouvoir faire circuler un fluide caloporteur pour
échanger de la chaleur avec le terrain. Ces deux principales fonctions sont donc de reporter
en profondeur les charges d'une construction et de servir d'échangeur de chaleur avec le
terrain. La figure 12 montre un schéma d'un bâtiment fondé sur pieux énergétiques.

Figure 12.Schéma de principe d’un pieu énergétique (Laloui et al, 2003)

En théorie, l'activation thermique de tout type de pieux est possible avec plus ou moins de
contraintes, en fonction de la méthode de construction. Le nombre de pieux, leur longueur et

23
leur diamètre sont fonction des règles de dimensionnement. La surface d’échange totale sera
donc fixée par la dimension du bâtiment (Laloui et al, 2003).

V.2. Parois moulées


Le rôle principal d’une paroi est d’assurer la stabilité du sol lors d’une excavation d’une
profondeur relativement importante. Dans le cas où la paroi moulée est choisie comme
ouvrage définitif, le captage géothermique peut être mis en place. Ce procédé est déjà
appliqué sur différents types d’ouvrages notamment en Autriche, Angleterre, Allemagne,
Suisse, Canada ou en Chine, sur des centres commerciaux, des parkings, des bâtiments de
bureaux ou de logements, des stations de métro, ou des hôpitaux (AFPG).
La technique consiste à la mise en place de tubes dans les cages d’armature des parois
moulées avant qu’elles seront mises en place et bétonnées. Les réseaux géothermiques
présents sur la périphérie des cages procèdent à plusieurs allers retours sur la longueur
équipée.

Figure 13.Préparation de l’armature et des tubes échangeurs d’une paroi moulée (AFPG)

Une fois le bétonnage a eu lieu, les tuyauteries seront collectées à une pompe à chaleur

Conclusion
Les premières applications de géostructures énergétiques en France remontent à la fin des
années 1980. Ce sont les pieux énergétiques qui ont pris le plus grand essor par rapport aux
parois moulées dans le monde entier.
Le concept de géostructures d'énergie a été récemment développé pour un autre type de
structures souterraines, c’est les tunnels urbains. Cette innovation est née en Autriche avec le
« Jenbach Tunnel ».

24
Chapitre 4.Tunnel, future structure énergétique

Introduction
Le tunnel, un ouvrage linéaire souterrain, a une grande surface de contact avec le sol, se
trouve à une profondeur où la température est quasi constante, a des parois épaisses capables
de contenir des tuyauteries, bien entendu, ce type d’ouvrage répond bien aux conditions
favorables pour l’exploitation de la géothermie très basse température.

En effet, les tunnels ont fait récemment l’objet de cette innovation énergétique Elle a
commencé en Autriche avec le tunnel de Jenbach, et est développée dans quelques pays de
l’Europe comme l’Allemagne et la Suisse.

I. Principe de tunnel énergétique


Les tunnels urbains ont été identifiés comme des géostructures potentielles d'énergie en
raison de leur longueur et de la proximité avec les consommateurs potentiels. De plus,
Nicholson et al. (2013) ont souligné que la production de chaleur à partir des tunnels
permettrait l'extraction d’une quantité de chaleur supplémentaire de l’air intérieur grâce aux
pauses de train ou au trafic routier (Mimouni, 2014).
Le même principe que les géostructures énergétiques, cette procédure consiste à
incorporer des tuyauteries en serpentin contenant un fluide caloporteur dans le corps de
tunnel qui est en contact avec le sol. La circulation de fluide assure l’échange de la chaleur
entre le système et le terrain. En hiver, le système extrait des calories du sol pour élever la
température de fluide avant son passage par la pompe à chaleur qui le réchauffe davantage.
En été, c’est le phénomène inverse. Le fluide absorbe la chaleur des bâtiments et l’injecte
dans le sol.

Figure 14.Schéma explicatif d’un modèle de tunnel géothermique (Grèzes et Kowalski, 2013)

Différent des autres géostructures, le tunnel se distingue par le fait d’avoir deux
environnements pour l’échange thermique. En effet, le système thermique échange la chaleur
avec :

25
-le sol ; comme toute autre géostructure, le contact des parois avec le terrain induit un
transfert de chaleur entre le fluide dans les tuyauteries et les particules du sol voisin à cause
du gradient de température. Ce transfert se fait par le phénomène de la conduction.

-l’air dans tunnel ; le passage de train, son freinage, accélération, les déplacements des
voyageurs engendrent un flux de chaleur important dans l’atmosphère de tunnel. Dans ce cas
le transfert thermique se fait par le phénomène de la convection. La valeur ajoutée par cette
spécificité rend l’activation thermique de tunnel un sujet de réflexion pour plusieurs
recherches.
Une analyse multicritères lors de l’étude de tunnel, permet de déterminer la zone
potentielle autour de tunnel pour la mobilisation de la géothermie ainsi que les
caractéristiques du système thermique (longueur, espacement, forme des tuyauteries) à mettre
en place.

Un schéma explicatif pour le mode de fonctionnement des tunnels thermiques est présenté
par la figure 15 :

Figure 15.Schéma explicatif de mode de fonctionnement d’un tunnel géothermique


(Grèzes et Kowalski, 2013)

II. Technique d’activation thermique de tunnel


Par retour d’expérience, il existe différentes techniques pour rendre un tunnel une
structure thermoactive, soit par l’activation du radier, des ancres ou encore des voussoirs. On
ne va pas traiter l’activation des parois moulées des stations comme technique pour cet
objectif, vu que cette technique n’est pas réservée seulement pour les tunnels.

II.1. Activation du radier


Cette technique est utilisée généralement pour les tunnels à tranchée couverte. La solution
consiste en l’installation de tubes en sous face du radier afin d’être le plus proche possible du
terrain et de limiter la résistance thermique du système(AFPG).

26
Collecteu
r

Figure 16.Pose du circuit intégré au radier de métro de Vienne (Adam et Markiewicz .2009)

Les tuyauteries sont collectées dans des circuits latéraux et dirigé par la suite vers la
pompe à chaleur.

II.2. Activation des parois de tunnel


Les segments de revêtement sont des éléments en béton, qui forment l'enveloppe du
tunnel. L’activation thermique des parois se fait selon les deux techniques suivantes :

II.2.1. Intégrer les échangeurs dans les voussoirs préfabriqués


Le tube absorbeur en serpentin, installé dans les segments préfabriqués en béton dans
l’usine. Il est attaché aux armatures du voussoir .Cette technique est utilisée seulement pour
le Tunnel de Jenbach en Autriche.

Figure 17.Mise en place des échangeurs dans les voussoirs préfabriquée de tunnel
(Winterling ,2012)

En fait chaque anneau est constitué par des voussoirs. On relie les tuyauteries du même
voussoir par des connecteurs. De plus, la mise en place des anneaux se fait un par un, du
coup, dès que chaque segment complet est installé, on fait le rabattage entre deux serpentins
consécutifs par l’intermédiaire des connecteurs comme ceux entre les voussoirs de même
anneau.

27
Figure 18.Le système de connexion (Winterling ,2012)

Connexion entre deux voussoirs

Connexion entre deux anneaux

Figure 19.Le rabattage des tuyauteries (Winterling ,2012)

Les tuyauteries seront collectées à un circuit parallèle au tunnel et acheminées vers la


pompe à chaleur.

II.2.2. Mise en place des échangeurs dans un sandwich en géotextile


Les tuyauteries seront mises dans le géotextile qui sera placé entre les deux revêtements
en béton des parois. On a eu recourt à cette technique lors de la construction du Tunnel de
Lainzer à Vienne.
La figure20 montre le géotextile appliqué contre la voûte avant d’être recouvert par le
revêtement intérieur.

28
Figure 20.Détail de circuit intégré au géotextile (Bouazza et Adam, 2012)

III. Valorisation thermique de l’environnement de tunnel


III.1. Grande surface d’échange
Non seulement le fait que les surfaces des tunnels adjacents au sol ou de roches sont
grandes, mais aussi, la forme serpentine des tuyauteries qui occupent tout le périmètre de
l’anneau offrent une grande surface d’échange entre l’ouvrage et le sol ce qui signifie que les
structures de tunnels peuvent fournir une quantité considérable d'énergie géothermique.

III.2. Profondeur convenable


Le tunnel passe à une profondeur au-delà de 20m sous le sol, on se trouve dans la zone
neutre caractérisée par sa température constante
Les tunnels traversant des massifs rocheux pouvant être immergés dans des nappes
souterraines. Ces eaux ont un rôle important dans l’opération de transfert de chaleur.

III.3. L’air dans le tunnel


En plus de terrain naturel, l’air de tunnel apporte des calories supplémentaires pour le
système échangeur. En effet, le passage de train, son accélération ou freinage ainsi que la
présence des voyageurs créent un flux de chaleur.

Pour quantifier ce paramètre il faut étudier la fréquentation des tunnels, la concentration


des gens ainsi que le fonctionnement du système de ventilation qui influence la distribution de
la chaleur dans le tunnel.

IV. Valorisation des éléments constructifs du tunnel


IV.1 Eviter le coût des forages
Les tunnels géothermiques sont une solution simple. Il n’est plus nécessaire de faire des
travaux fastidieux et coûteux des forages. Ce procédé permet de réelles économies car les

29
coûts de forage pour la mise en place de système échangeur (technique des sondes
géothermiques) sont supprimés.

IV.2 Préfabrication des voussoirs


La préfabrication des voussoirs des tunnels est un avantage pour la mise en place des
tuyauteries. En effet, l’équipement se fait dans l’usine sous contrôle permanent, donc s’il y
aura un problème lors de la mise en place, ça va gêner seulement l’élément en train de
fabrication, que ce n’est pas le cas pour les parois moulées. Le bétonnage se fait en chantier,
sous une forte pression, un endommagement de système échangeur peut avoir lieu. Dans ce
cas, l’intervention pour réparer le problème est difficile et peut causer une perturbation des
travaux.

IV.3 Tunnel vs pieux énergétique


Le recours aux pieux est demandé pour des grandes constructions où le sol n’a pas une
bonne résistance pour supporter l’ouvrage. De plus, la profondeur des pieux n’est pas très
importante par rapport à celle des tunnels. Une surface importante des pieux énergétiques se
trouve dans la zone superficielle du sol (généralement sec), influencée par les fluctuations
atmosphériques (température variable), ce qui ne favorise pas l’exploitation de la chaleur et de
plus ça crée des fuites.

Le déplacement des pieux sous l’effet de changement de la température est un enjeu


majeur pour ces types de structure, et qui peut provoquer la rupture de la construction
supportée .Ce type de problème n’est pas posé pour les tunnels. En effet, les contraintes dues
aux cycles de chauffage/refroidissement sont négligeables par rapport aux dimensions et aux
contraintes sous lesquelles mis un tunnel.

Un pieu énergétique de 20 m de profondeur et 0.6m de diamètre est équipé par un tube en U


ou double Donc on peut estimer que la longueur des tuyauteries pouvant être mises est d’ordre
de 80m/pieu .Pour le tunnel, à raison de 25 m de tuyaux dans un voussoir, soit 175 m par
anneau. Ce dernier fait 1.5m de largeur, donc pour 15m (10 anneaux), on peut équiper 1750m
de tuyauterie intégrée à la paroi. D’où la mobilisation de la chaleur de terrain est beaucoup
plus importante pour le tunnel.

V. Expériences dans le monde


C’est une technique encore jeune .Initié par l’Autriche au début des années 2002 en
implantant les échangeurs géothermiques dans le revêtement de « Lainzer Tunnel ».

30
Les projets existants sont peu nombreux et le retour d’expérience assez maigre. La figure
21 présume les ouvrages linéaires ayant inclus des échangeurs géothermiques dans leurs
éléments constitutifs manquante du tunnel Linchang en Chine ;

Figure 21.Projets remarquables de tunnels géothermiques en Europe (Bouazza et Adam,2012)

V.1 En Autriche
 Lainzer Tunnel

C’est le pionnier des tunnels équipés de structures thermoactives. Situé à l’ouest de Vienne
et long de 12 km, il est composé de quatre sections qui sont elles-mêmes subdivisées en lots.

Figure 22. Tracé du Lainzer Tunnel (Bouazza et Adam, 2012)

Les lots LT22 et LT24 ont été construits en 2002 et sont les tout premiers à intégrer des
géostructures énergétiques. Selon Bouazza et Adam (2012)
-La portion LT24 a été construite en tranchée couverte et est opérationnelle depuis
automne 2004.L’installation permet de chauffer un bâtiment adjacent avec six pompes à
chaleur.

31
-La portion LT22 a été creusée avec un tunnelier, le circuit se trouve dans un sandwich en
géotextile entre les deux revêtements en béton des parois ; c’est le premier tunnel à utiliser
cette technique.

 Jenbach Tunnel

Tunnel ferroviaire de 3.5 km de longueur et de 12m de diamètre. Sur une distance de 54


mètres, il a été aménagé avec des tubes absorbeurs pour la mobilisation de l’énergie
géothermique pour chauffer un bâtiment municipal appartenant à la communauté de Jenbach.
Les cinquante-quatre mètres de la portion activée du tunnel sont constitués de 27 anneaux
regroupés par paires pour former 13 sous-circuits géothermiques indépendants. Ceux-ci sont
reliés à un collecteur qui redirige le fluide caloporteur vers la pompe à chaleur au gaz, située
sur le terrain du bâtiment à chauffer (Frodl et al, 2010).

V.2 En Allemagne
L’installation géothermique est de longueur de 10 m et située dans le tunnel souterrain
Fasanenhof Tunnel, Stuttgartde 380 m souterrain.Schneider et Moormann(2010) indiquent
qu’il devait être utilisé pour la climatisation de l’air d’un local technique de la station
Europaplatz : l’échangeur géothermique se trouve donc probablement dans la moitié ouest du
tronçon en pointillés sur lafigure 23, la seule portion souterraine qui corresponde sur cette
ligne.

Figure 23. Tracé de tunnel de Fasanenhof (Google Maps)

V.3 En Chine
L’exploitation de la géothermie par les tunnels a été introduite en Chine pour la première
fois à Linchang Tunnel en Mongolie intérieure .Ce tunnel dispose de deux lignes; celui de
gauche est de 2515 m, et la droite de 2525 m. Sa profondeur maximale est de 100 m enterré
en milieu, et le minimum est de 10 m à l'entrée. La profondeur du tunnel est de 80 m et sa

32
diamètre intérieure était de 7,5 m. L'épaisseur du secondaire revêtement était de 45 cm, et le
revêtement primaire est de 15 cm , en total la paroi fait 50 cm d’épaisseur.

Le tunnel est situé dans la ville de Yakeshi en région autonome de Mongolie intérieure, en
Chine, où la température annuelle moyenne de l'air est -2.2°C.Il se compose de 20 tuyaux
absorbeurs, sur 300 m de longueur avec une distance de 50 cm entre eux. Les tuyaux sont faits
de polyéthylène linéaire (diamètre extérieur de 25 mm et une épaisseur de paroi de 2,3 mm) et
sont mis en place entre les deux revetements du tunnel. Le fluide caloporteur est de l’eau avec
antigel dont la vitesse de circulation est 0,6 m/s. La figure 2 est une photo réelle de GHES de
revêtement de tunnel.

Figure 24.Mise en place des tuyaux échangeurs de Linchang Tunnel (Guozhu et al, 2014)

V.4 En France
L’expérience en France en termes de géostructure est restreinte pour les pieux
énergétiques. Cette technique n’est pas développée. En effet, à l'exception du métro de
Renne, dont on a réfléchit à exploiter la géothermie dans certaines stations géothermique, la
France ne possède pas de véritables réalisations dans le domaine des tunnels thermique.

33
Conclusion

Nous pouvons, à présent, faire plusieurs constats :

Premièrement, les géostructures énergétiques en général, les tunnels en particulier


présentent une innovation dans le domaine de la géothermie très basse température. Les
ouvrages souterrains linéaires est un véritable potentiel vu leurs étendus, leurs grandes
surfaces d’échange. L’activation de tunnel assure un aménagement optimal de sous-sol d’un
côté et desserve plusieurs zones avec l’énergie extraite.

Deuxièmement, Le transfert de chaleur entre un système échangeur et son environnement


implique un ensemble complexe de processus dont les caractéristiques géologiques et
hydrogéologiques des sols revêtent une importance primordiale car elles conditionnent la
qualité des échanges thermiques entre le sol et le système. L’anisotropie de sous-sol nécessite
des études locales autours de l’ouvrage et non pas celles à l’échelle régionale. Le test de
réponse thermique est donc indispensable avant toute exploitation de la géothermie pour bien
identifier les caractéristiques thermiques du sol object de l’échange.

Troisièmement, le système échangeur est considéré comme un corps étrange pour le sous-
sol. En effet, sa mise en place et son fonctionnement peuvent influencer les propriétés
physiques de terrain, ce qui nécessite une suivie continue afin d’anticiper les problèmes
pouvant avoir lieu.

Finalement, les propriétés des matériaux constitutifs ainsi que les caractéristiques des
échangeurs, bien qu’ayant une influence moindre sur les performances, peuvent être optimisés
afin de maximiser les échanges entre le fluide caloporteur et le terrain. De plus, le problème
des déplacements et des contraintes supplémentaires ne se pose pas pour le tunnel, mais, il
faut prendre en considération l’influence des changements de température de fluide
caloporteur sur le béton des voussoirs.

34
Partie 2.Etude de cas: Grand Paris
Express

35
Introduction

Comment penser à l’aménagement d’un territoire de 12 millions d’habitants et qui


représente à peu près le tiers du produit intérieur brut français ? C’est le défi que pose le
Grand Paris, un projet urbain, social et économique. Concrètement, l’idée repose sur la
rénovation du réseau de transport public en Île-de-France.

Sur ce tracé de transport, vont pouvoir émerger des projets urbains, de nouveaux quartiers
accueillant des fonctionnalités multiples, logements et activités économiques, pôles
universitaires et équipements culturels. Cette population, et sans aucun doute, aura besoin
d’une grande quantité de l’énergie dans sa quotidien. La majorité de cette énergie est utilisée
pour le chauffage. Si la chaleur stockée dans le sous-sol pouvait être utilisée en hiver pour
nous chauffer, on épargnerait des coûts de chauffage très importants.

Dans ce cadre, on a réfléchi à l’idée de rendre le Grand Paris Express, non seulement un
moyen de transport, mais une source énergétique de géothermie très basse température pour
répondre aux futurs besoins en énergie.

Cette idée s’est renforcée non seulement grâce aux projets exemplaires réalisés dans les
pays européens voisins, mais aussi, à la politique énergétique pour la France. Déterminée dans
le cadre de négociations au niveau de l’Union européenne, la politique vise à augmenter à 23
% la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie d’ici à 2020.On
cite, la loi-programme d’orientation de l’énergie (dite loi POPE) promulguée le 13 juillet
2005, fixe une augmentation de 50 % de la contribution des énergies renouvelables
thermiques. On peut citer aussi la décision du Conseil européen du 9 mars 2007 de porter à 20
% la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie européenne. Par
la suite, le projet COFOGE, COnception de FOndations GEothermiques, a étudié la
transposition de cette technologie vers la France (Rieder P ,2007).

Donc le Projet de Grand Paris Express sera la bonne occasion pour concrétiser ces promets
d’énergie en exploitant la géothermie très basse température.

36
Chapitre 1. Le GPE : Innovation pour le
transport de Paris

I. Présentation du projet
Le Grand Paris Express est un projet stratégique pour le devenir de l’Île-de-France : la
construction de 205 km de lignes de métro automatique et 72 stations pour relier les territoires
de la région et faciliter la vie quotidienne des franciliens (Linet et al, 2014).

Dans cette optique, le rapprochement entre lieu de travail et lieu d’habitation est un
objectif prioritaire s’agissant d’une région dans laquelle les habitants passent une partie
importante de leur temps dans les transports. De même, la construction de 70 000 logements
par an est un impératif, selon Linet et al(2014), sur un territoire où il est si difficile de se
loger.
Le Grand Paris Express comprenant deux lignes en rocade parcourant les territoires de
proche et moyenne couronnes (lignes Rouge et Verte) complétées par une troisième ligne
radiale (ligne Bleue), sous maîtrise d’ouvrage de la Société du Grand Paris, et du réseau
complémentaire structurant (ligne Orange), sous maîtrise d’ouvrage du Syndicat des
Transports d’Ile de-France (STIF).En ajout, des lignes déjà existées seront prolongées pour
élargir le réseau (SGP).Les détails des nouvelles lignes sont détaillés en annexe.
La mise en service du projet est prévue en 2030 et la totalité du projet est présentée par la
figure ci-dessous.

II. Société Grand Paris


Créée par la loi du 3 juin 2010 relative au Grand Paris, la Société du Grand Paris est
un établissement public de l’État à caractère industriel et commercial. Elle a pour mission
principale de concevoir et de réaliser les projets d’infrastructures qui composent le réseau de
transport public du Grand Paris (SGP).

37
Carte Grand Paris à tirer de fichier PDF et la mettre à cette position

Figure 25.Carte de Grand Paris Express (SGP)

38
Chapitre 2.Le GPE : Futur potentiel de
géothermie

Introduction
Basé sur des expériences dans des pays voisins, qui ont vu le jour et ont répondu aux
attentes en terme de satisfaction des besoins en énergie, la France peut commencer à atteindre
ces objectif énergétique par la mobilisation de la géothermie très basse température par
l’intermédiaire de son énorme projet Grand Paris Express.

Certainement, l’ajout de l’aspect énergétique pour ce projet va le soumettre à des


règlements et contraintes supplémentaires. Dans ce qui suit, on va l’étudier dans son nouveau
cadre « Un tunnel urbain, une source d’énergie géothermique ».

I. Cadre réglementaire
La mobilisation de la géothermie en France, comme dans tous les autres pays, est des lois
et des arrêtés. Dans le contexte du développement des énergies renouvelables et de la
transition énergétique, le cadre réglementaire relatif à la géothermie de minime importance a
fait l’objet d’une révision qui entre en vigueur le 1er juillet 2015 (Herbaux et al, 2014).

I.1. Révision de l’arrêté relatif à la carte de géothermie de


minime importance
Cette révision est une amélioration de l’arrêté relatif à la carte des zones en matière de
géothermie de minime importance (système ouvert/fermé). Le texte établi par Herbaux et
al(2014) fixe la carte des zones de géothermie de minime importance, précise la méthodologie
d’élaboration de la carte et les modalités de sa révision. Elle concerne : les exploitants
d’activité géothermique de minime importance, les maîtres d'ouvrage, les bureaux d'études en
géothermie, les entreprises de forage géothermique, les entreprises concevant et posant les
pompes à chaleurs géothermiques de minime importance et les collectivités territoriales.

I.2. Carte des zones réglementaires de la géothermie de minime


importance
La carte est le résultat d’une collaboration technique entre le BRGM et le CEREMA sous
la demande du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie. Elle précise
la connaissance et la localisation des phénomènes présents dans le sous-sol pour les trois
intervalles de profondeurs : 10m-50m, 50m-100, 100m-200m (Herbaux et al,2014).

39
La carte distingue trois zones selon l’importance des enjeux pouvant se présenter :
- les zones dites vertes dans lesquelles les activités géothermiques de minime importance sont
réputées ne pas présenter des dangers et inconvénients graves ;
- les zones dites orange dans lesquelles les activités géothermiques de minime importance ne
sont pas réputées présenté des dangers et inconvénients graves et dans lesquelles est exigée la
production de l'attestation de compétence,
- les zones dites rouges dans lesquelles la réalisation d'ouvrages de géothermie est réputée
présenter des dangers et inconvénients graves et ne peut pas bénéficier du régime de la
minime importance.
La méthodologie de création de cette carte utilise une analyse multicritère, basée sur des
phénomènes d’ordre : géologique, hydrogéologique…Les cartes ont été réalisées à l’aide d’un
SIG. Chacun des phénomènes identifiés est représenté par une couche spécifique.

Figure 26.Interface de la carte des zones réglementaires de la géothermie de minime importance


(Perspective-Géothermie)

Pour les tunnels thermoactives, on n’aura besoin de faire des forages puisque les
échangeurs sont implantés dans les voussoirs, alors, les problèmes d’ordre géologique,
hydrogéologique et environnemental pouvant apparaître suite au creusement de tunnel et non
pas à la mise en place des échangeurs.
D’où, la contrainte réglementaire citée au-dessus n’est pas posée lors de la mobilisation de
la géothermie très basse température autour du Grand Paris Express. Par contre, cette
innovation énergétique pouvant être considérée comme la solution idéale pour exploiter la
géothermie. En effet, on constate à partir de la carte que la plupart du territoire francilien est
coloré en orange ou rouge pour les forages des sondes géothermiques.

40
II. Cadre conceptuel
Selon (SGP), la majorité du tracé du Grand Paris Express étant souterrain, il est réalisé à
l’aide de tunneliers. La section courante de tunnel est de 10m pour assurer la circulation du
train dans les deux sens .Les tunneliers vont forer à une profondeur de 15 à 55 mètres sous
la surface à un rythme de 10 à 12 mètres par jour (soit environ 3 km/an). Ces engins de forage
assurent plusieurs fonctions : creusement du terrain, évacuation des déblais, soutènement
provisoire et montage des voussoirs préfabriqués en béton armée.

Figure 27.Schéma explicatif de la méthode de construction du tunnel avec tunnelier (SGP)

Le travail du tunnelier s’effectue en deux temps. Pendant la phase de forage, les voussoirs
sont acheminés depuis la surface et stockés à l’arrière du bouclier. Une fois le forage est
terminé, ces voussoirs sont mis en place à l’aide d’un bras automatique. D’environ 1,80 m de
large, ils sont mis en place bout à bout afin de constituer la paroi du tunnel. Du mortier de
compensation est ensuite coulé entre le terrain et l’anneau, assurant une parfaite cohésion de
l’ensemble (SGP).

Figure 28.Mise en place des voussoirs de la ligne 15 du Grand Paris Express (SGP)

41
Conclusion
En l’assimilant à son homologue « Le tunnel de Jenbach en Autriche » qui est une
expérience exemplaire dans le domaine des tunnels énergétiques, « Le Grand Paris Express »
répond bien aux conditions conceptuelles pour l’exploitation de la géothermie très basse
température sans être soumis à des contraintes réglementaires supplémentaires.

42
Chapitre 3.Etude de la zone de projet : Paris et
Banlieue
Introduction
Paris, la capitale de la France, la ville la plus peuplée d'Europe, et également le chef-lieu de
la région Île-de-France. Elle dispose d'un réseau ferroviaire dense qui facilite les relations à
l'échelle de l'agglomération parisienne. Comme tout ouvrage souterrain, la réalisation des
lignes de Métro, RER a nécessité une connaissance approfondie du sous-sol parisien et sa
banlieue, donc ça sera le cas pour son futur projet Grand Paris Express. La particularité
énergétique de ce dernier fait appel à des études supplémentaires pour s’assurer de la
potentialité de la région en termes de géothermie basse température.

I. Cadre météorologique
L’étude des conditions climatique de la région est très important .En effet, cette étude aide
par la suite à estimer les besoins énergétique en chauffage et en climatisation des bâtiments en
fonction de la température et de saison (été/hiver) pour bien dimensionner le système
géothermique.
De plus, la température moyenne annuelle donne un ordre de grandeur de la température
du sous-sol, puisque c’est confirmé que la température dans la zone neutre est presque égale à
la moyenne annuelle de l’atmosphère extérieure.
Selon (Météo France), le climat de l’Ile-de-France est caractérisé par une certaine
modération, pratiquement dans tous les domaines (température, humidité, pluviométrie…) en
le comparant aux autres climats français. Les températures moyenne mensuelles mesurées par
la station Montsouris sont illustrées dans le tableau 5 page 14, on constate que;
-La température atteint son minimum pendant la période Novembre, Décembre, Janvier,
Février ce qui nécessite une utilisation continue de chauffage,
-L’utilisation de chauffage dépend de jour/ nuit pendant les mois Avril et Octobre,
-Besoin de rafraichissement pendant la saison d’été ; juin, juillet et Août,
-Pas besoin du chauffage ni climatisation pendant Avril, Mai, Septembre (température
modérée).

II. Cadre géologique de la région


II.1. Formations géologiques
La géologie de Paris et de sa banlieue proche est constituée de terrains sédimentaires
tertiaires modelés tant par les mouvements tectoniques de lère tertiaire que par les phases

43
successives d’érosion importantes, rythmées par l’évolution du niveau des mers et du climat
de quaternaire reposant sur un socle de craie du crétacé.
A cause d’un pendage général des couches vers le nord/nord-est, l’érosion a
successivement dégagé vers le sud-ouest. Les différentes plates-formes subhorizontales
résistantes sont du calcaire grossier du lutétien, en laissant subsister par endroits des buttes
témoins constituées d’horizons gypseux et de marnes intercalaires du ludien (Guini-Skliar et
al, 2000).La figure 28 présente une coupe géologique de direction Sud-Ouest/Nord-Est :

Figure 29.Coupe géologique de direction Sud-Ouest/Nord-Est (Gély et Hanot, 2014)

La région parisienne apparaît comme un vaste bassin sédimentaire calme. Les couches se
sont d’épaisseur et de nature variés. On constate une alternance entre les couches de sable
(sable de soissonnais, sable de Beauchamp) et les couches de calcaire (calcaire grossier,
calcaire de Saint Ouen). Une accumulation de gypse pendant l’éocène supérieur et
l’oligocéne. Ces couches sont posées sur un socle de craie et surmontées par le sable de
Fontainebleau.

II.2. Carrières souterraines


La richesse du sous-sol de la région parisienne en matériaux de construction a constitué
un des atouts historiques de son développement. Dès l'époque gallo-romaine, le calcaire et le
gypse ont été exploités pour produire la pierre à bâtir et le plâtre. La craie, utilisée pour la
fabrication de la chaux, des ciments, ils constituent les matériaux les plus intensément
exploités.

44
La carte sur la figure 29 présente les carrières souterraines utilisées pour extraire les
matériaux cités ci-dessus :

Figure 30.Carte des carrières souterraines de Paris et sa banlieue (Gély et Hanot, 2014)

La présence des carrières à proximité des tunnels peut gêner l’exploitation de la


géothermie comme étant des vides remplis d’aire dont la conductivité thermique est faible.
Une étude plus détaillée sera faite dans la suite.

III. Cadre hydrogéologique


III.1. Les nappes souterraines
Le sous-sol de Paris et sa banlieue est riche en eau, en effet on trouve plusieurs nappes peu
profondes : la nappe Oligocène, la nappe de Calcaire, la nappe multicouche de l’Eocène
inférieur et moyenne et la nappe de la Craie. Ci-dessous la carte des principales nappes
souterraines en Ile-de-France.

45
Figure 31.Carte des principales nappes des eaux souterraines en Ile-de-France (www.drieeif-eaux-souterraines.brgm.fr)

46
III.2. Température de l’eau souterraine
Depuis quelques années, dans Paris et la banlieue, on a constaté que la température des
eaux des nappes semi-profondes était, dans certaines zones, supérieure à la normale. Dans ce
cadre, le BRGM a effectué une étude sur plusieurs ouvrages en pompage pour établir un
constat de la répartition de la température (Diffre et al, 1977).
Les mesures ont été faites sur des forages de 30 à 100 m de profondeur .Le secteur d’étude
comprend Paris rive droite et les communes de banlieue jusqu’à la zone synclinale située au
Nord de la Seine.Des mesures effectuées de façon plus ou moins continue à 28m de
profondeur depuis 1971 indiquent une température moyenne de 12°C.Les faibles oscillations
autour de cette valeur (11,8° à 13°) seraient dues à une oscillation de la température de l’aire
de très grande période.
Les mesures ont été effectuées en février 1977 sur 87 forages de 30 à 100 m de profondeur.
Les températures comprises entre 12,2° et 18,2°, dont la valeur moyenne est voisine de 14°C.
La carte présentant ces résultats est présentée dans l’annexe D extraite de Diffre et al (1977).

Conclusion
Le sous-sol de la région parisienne et la banlieue est riche en eau qui est jugé comme un
acteur majeur pour le transfert de la chaleur, en plus de sa température. Cependant, il est
caractérisé par une hétérogénéité des formations géologiques donc des différentes propriétés
physiques. Par conséquence, il y aura des zones plus favorables pour exploiter la géothermie
que des autres et la détermination des critères de choix fera l’objet du chapitre suivant.

47
Chapitre 4.Détermination des zones potentielles
de la géothermie autour du tracé du GPE

Introduction
On constate que l’implantation des échangeurs géothermique dans les voussoirs de Grand
Paris Express n’a pas des contraintes réglementaires ni conceptuelles. De plus, la nature de
sous-sol de la région est favorable pour mobiliser ce type d’énergie (la présence de l’eau
souterraine qui baigne avec une température constante et de l’ordre de 14°C).Cependant, la
géologie est un peu particulière à cause du contraste des couches stratigraphiques, leurs
natures et la fréquente présence des carrières souterraines. Donc, on va raffiner le périmètre
d’étude en s’intéressant à analyser plus précisément l’environnement autour du tracé de futur
tunnel.
On a fait des demandes à la SGP pour avoir les données des sondages effectuées lors des
compagnes géotechniques, hydrogéologique…Malheureusement,on n’a rien reçu jusqu’au
moment d’écriture de ces lignes. Après les réponses négatives des responsables de la SGP, on
a essayé de trouver une autre solution pour collecter les données. Le travail est acheminé
comme suit:

I. Tracé de tunnel de GPE


Le problème principal c’est le fait qu’on n’a pas le tracé de tunnel sur une version
numérique, ce qui a abouti à procéder comme suit:

-Pour ligne 15

La Société du Grand Paris adopte une nouvelle démarche pour associer le grand public à la
conception du projet Grand Paris Express, c’est la politique «open data».Cette dernière
consister à diffuser des données générales sur son site. Elle envisage la publication:
 des données transports (temps prévisionnel de parcours, temps de correspondance…);
 des données relatives aux travaux;
 des données relatives à la concertation;

On a exploité indirectement des données pour estimer le tracé de tunnel pour cette ligne.
En effet, parmi les données disponibles sur le site de la SGP, il y a les localisations des
sondages géotechniques seulement pour cette ligne. Voici un extrait des coordonnées des
sondages réalisés pour la ligne 15:

48
Tableau 7.Coordonnées de quelques sondages de la ligne 15 (SGP)

Coordonnées
N° du sondage X CC49 Y CC49 X L93 Y L93
CSM-AVP-SC0809 1669096 8183091 669096,696 6860873,861
NLG-AVP-SP0810 1669152 8182816 669152,727 6860598,945
NLG-AVP-SP0811 1669227 8182641 669228,536 6860423,731
CHA-AVP-SP0830 1663722 8179600 663723,93 6857381,504
CHA-AVP-SP0831 1663407 8179700 663408,595 6857481,925

-Pour les autres lignes


Le GPE va assurer des correspondances avec des gares existantes, donc elles sont des
points bien définies sur les cartes de BRGM. Pour le circuit entre les gares on a fait une
approximation à l’œil.
A partir de cette étape, on connait à peu près le tracé de tunnel, et donc on va collecter les
données géologiques, hydrogéologiques en se basant sur des données de BRGM et l’ADEME.

II. Présentation de la base des données


II.1. InfoTerre
Le BRGM met à la disposition de public des données géoscientifiques numérisées : cartes
géologiques du 1/1 000 000 au 1/50 000, dossiers de la Banque de données du Sous-Sol et
logs géologiques, cartes des risques naturels et industriels, données sur les eaux souterraines.
Ces données sont accessibles sur le moteur de recherche « InfoTerre ».Il permet de retrouver
une donnée par son code, sa localisation ou toute autre information la caractérisant. La
Figure 28 présente l’interface de cette base des données.

II.2. Géothermie-Perspective
Une autre base de données destinée à la géothermie, nommée « Géothermie-Perspective »,
a été élaborée en coordination entre le BRGM et l’ADEME. Elle met à la disposition de
public tout ce qu’il faut savoir sur la Géothermie, en particulier sur le chauffage à énergie
géothermique, que ce soit l’exploitation des nappes d’eau chaudes grâce à des forages
profonds pour alimenter les réseaux de chaleur(haute température), ou le recours à une pompe
à chaleur(basse/très basse température).Ces information sont collectés sous la forme d’une
carte dont chacune est présentée par une couche. La carte présente 5 zones colorées jaune,
vert, bleu ciel, bleu et gris. Selon la couleur on déduit si on est dans une zone favorable pour
l’exploitation de la géothermie ou non.

49
II.3. ADES
ADES est la banque nationale d’Accès aux Données sur les Eaux Souterraines qui
rassemble sur un site internet public www.ades.eaufrance.fr des données quantitatives et
qualitatives relatives aux eaux souterraines.

50
Figure 32.Interface de la base des données InfoTerre

51
Figure 33.Interface de la base des données Géothermie-Perspective

52
Figure 34.Interface de la base des données ADES

53
III. Collecte des données géologiques
III.1. Procédure
D’après les informations récoltées sur le tracé de tunnel, on va choisir à partir des cartes de
BRGM sur InfoTerre les forages les plus proches du projet. La technique consiste à activer la
couche de dossier de sous-sol, un ensemble des sondages apparaitra sur la carte comme il est
présenté par la figure 35:

Figure 35.Affichage la base des données de sous-sol(BSS) (InfoTerre)

On peut interroger n’importe quel sondage par simple clic, une fenêtre comme la suivante
s’ouvre :

Figure 36.Résultat de l’interrogation d’un forage (InfoTerre)

Chaque sondage est identifié par une référence. Il est indiqué, de plus, la nature de forage,
sa profondeur et si une mesure des eaux souterraines est prise. La dernière colonne est
destinée pour renseigner sur la disponibilité ou non des fiches détaillés. Ces dernières
présentent plusieurs données telles que :
-Localisation : département, commune, bassin versant, coordonnées, altitudes
-Description technique : nature de sondage, profondeur atteinte, diamètre de l’ouvrage,
date fin travaux, utilisation, objet de recherche…

54
III.2. Etude de cas
Pour le premier sondage dans l’étude de la ligne 15 dont les coordonnées dans le
Lambert93 sont (669096,696 ; 6860873,861) (SGP), on a essayé de trouver le sondage le plus
proche de cette position. En fait, en se balayant sur la carte, les coordonnées (X ; Y) affichés
en bas de la page sont celle du curseur. A partir de cet emplacement, on interroge le sondage
le plus proche, comme l’explique la figure 37:

Forage le plus
proche

Figure 37.Choix des forages à exploiter (InfoTerre)

Le résultat de cette interrogation donne les formations géologiques, la lithologie, la


stratigraphie et l’altitude comme il est présenté par la figure 38 (d’autres sont annexées):

Figure 38.Fiche détaillée du forage interrogé(InfoTerre)

Pour le projet de GPE, on sait que la profondeur va être entre -30 et -50m de la surface,
donc on s’intéresse à cette partie du sous-sol.
55
Dans cet exemple, on constate qu’à partir de 30m de profondeur on atteint la couche de
Calcaires de Champigny qui s’étale sur une épaisseur de 40m (profondeur -70m).En se
référant à l’histoire géologique de la terre (présentée en annexe), on interprète qu’on se trouve
bien à l’Eocène Supérieur. Procédant ces informations, on passe maintenant à l’étude de la
géothermie. (Des fiches d’autres forages sont présentées en l’annexe).

III.3. Carrières souterraines


De la même façon, on a utilisé InfoTerre en activant la couche des carrières
souterraines .Les résultats obtenus présentent les mêmes emplacements des exploitations dans
la région parisienne et sa banlieue que ceux sur la Figure 25.

IV. Exploitation de la carte des zones potentielles pour la


géothermie
Selon le stage géologique (Oligocène, Ecorce supérieur, Ecorce moyen et inférieur, Craie)
déduit de l’étude géologique, on active la couche de l’aquifère correspondante. La légende
montre 5 zones colorées jaune, vert, bleu ciel, bleu et gris. Selon la couleur on déduit si on est
dans une zone favorable pour l’exploitation de la géothermie ou non.
Pour l’exemple traité, la zone d’étude de sous-sol s’est formée à l’Eocène Supérieur. On
obtient la figure 39 :

Figure 39.Aquifère de l’Ecorce supérieur à la banlieue sud de Paris


(Géothermie-Perspective)

V. Collecte des données hydrogéologiques


Comme pour les données géologiques, on a eu recourt à la base des données ADES pour
exploiter les données hydrogéologiques. On choisit les forages les plus proches du projet de

56
GPE. Plusieurs forages ont été consultés desquels on présente l’exemple suivant (les données
sont de (ADES) :

Dénomination du point d’eau : Piézomètre de Paris 13 (Paris 13ème arrondissement -75)


Code national du point d’eau : 01837A0096/F2
Code européen du point d’eau : FR01837A0096/F2
Dernière mise à jour : 21/10/2014

Localisation
Département : Paris (75)

Commune du dossier en BSS : Paris 13e Arrondissement (75113)

Commune actuelle : Paris 13e Arrondissement (75113)

Lieu-dit : 85, Rue Dunois (Ancienne Raffinerie Say)

Coordonnées X,Y : 602111, 2426124 (Lambert II Etendu) / 653407,


6859457 (Lambert 93)

Altitude : 35 m

Profondeur d'investigation : 622 m


01837A0096/F2
Carte géologique au 1/50 000 : Paris (n° 0183)

Les informations valables pour ce forage sont les mesures des profondeurs moyennes,
maximales et minimales annuelles de la nappe mesurées en mètre avec les dates
correspondantes entre le 11/03/1976 et le 25/05/2015. Un extrait de ces mesures est annexé à
ce rapport (entre les années 1992 et 2015). Elles sont importées vers Excel pour tracer le
chronogramme de niveau piézométrique pour cette station. Le résultat est présenté dans la
figure 40 :

Figure 40.Niveaux piézométriques (moyen, maximal et minimal) entre 1992 et 2015

57
Le niveau piézométrique est en augmentation forte et continue, il a passé de -18m en 1992
pour atteindre -2m, à l’exception des années 2013 et 2014. D’autres forages consultés sont
présentés en annexe et ils présentent aussi le même comportement de la nappe.

VI. Etude de la ligne 15 du GPE


La ligne 15 constitue une rocade proche de Paris, permettant de désaturer les réseaux de
transport en commun au cœur d’agglomération. La ligne 15 est un métro totalement souterrain
(SGP).
D’une longueur d’environ 75 km, la Ligne 15 parcourt l’ensemble de la métropole du Grand
Paris. Elle est également raccordée à l’ouest de la Seine-et-Marne en son terminus de Noisy-
Champs. Cette rocade est composée de trois tronçons :

Tronçon Sud
La Ligne 15 sud relie 16 gares de Pont de Sèvres à Noisy-Champs. Ce tronçon de 33 km
sera le premier à être mise en service.

Figure 41.Tronçon sud de la ligne 15 (SGP)

La Société du Grand Paris (SGP) a annoncé, le 28 avril 2015, que la mise en service de la
ligne 15 Sud est désormais programmée à la fin de 2022 (auparavant était la fin de 2020). La
SGP avance, principalement, des raisons liées aux complexités géologiques du terrain, mais
aussi un contexte d’urbanisation dense et la coordination indispensable avec la RATP et la
SNCF pour réaliser les interconnexions.

Tronçon Est
La Ligne 15 est dessert 12 communes en reliant 12 gares de Saint-Denis Pleyel à
Champigny Centre en 26 minutes.

58
Figure 42.Tronçon Est de la ligne 15 (SGP)

Tronçon Ouest
La Ligne 15 ouest, longue de 20 km, reliera 11 nouvelles gares de Pont de Sèvres à Saint-
Denis Pleyel en 24 minutes contre 54 minutes aujourd’hui (SGP).

Figure 43.Tronçon Ouest de la ligne 15 (SGP)

VI.1. Identification des zones autour de la ligne 15


Comme j’ai mentionné auparavant, on a utilisé les coordonnées des forages effectués pour la
réalisation de la ligne 15 pour récolter les données en utilisant les bases des données de
BRGM.

VI.1.1. Tronçon Sud


Les forages consultés sur InfoTerre montrent une hétérogénéité de la géologie pour cette
région.Des études plus complexes que prévues. La SGP a dû réaliser des centaines de
sondages et de carottages. Il faut dire que jamais une étude de sol de ce type n’avait été
réalisée en banlieue parisienne. Jusqu’à présent, il n’existait que des données
bibliographiques. Les natures des sols n’ont pas aidé. Beaucoup de terres argileuses, des

59
carrières… les difficultés se sont multipliés et impliquent soit de revoir la profondeur de
tunnel, soit d’exproprier plus d’habitants que prévu.
 Commune VITRY-SUR-SEINE (94081)

On remarque la dominance du calcaire et des marnes avec la présence d’une couche de


gypse. Pour la zone d’étude (à 55 m, commençant par les couches inférieures) on trouve une
couche de marnes à partir des 50 m, surmontée par une couche de gypse d’une épaisseur
allant de 1m à 3m.On retrouve par la suite une autre couche de marnes et la couche supérieur
est un calcaire faisant en moyenne 40m .Une région riche par le calcaire et contenant des
carrières d’exploitation de cette richesse. Le tunnel peut être creusé soit dans la couche de
calcaire ou plus profond.

Figure 44.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune VITRY-
SUR-SEINE

 Commune MAISONS-ALFORT (94046)


Le sous-sol de cette commune est composé de haut vers le bas par ; une couche de sable
mélangé avec le limon suivie d’une couche de calcaire blanc à passage marneux, sableux et
glauconieux à la base. Au-dessous, il existe un ensemble indifférencié d’argile et de sable
avec présence de lignite. Le niveau de cette couche augmente en allant vers l’est. En effet,
pour le forage de coordonnées (658623 ; 6855464) dans le système de projection Lambert-93,
cette couche est rencontrée à partir de 45m de profondeur, alors qu’elle se trouve à 28.2m de
profondeur au point de coordonnées (659561 ; 6855160).
Pour s’éloigner des carrières, le tunnel va être soit dans la couche contenant l’argile et le
sable, soit entre cette derrière et le calcaire blanc.

60
Figure 45.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune MAISONS-
ALFORT

 Commune CRETEIL (94028)


Pour cette région, on remarque la présence d’une couche d’argile plastique de 15m
d’épaisseur sous un mélange de sable, limon avec tourbe. Vers le bas, il y a une couche de
calcaire de Meudon (marne argileuse, crayeuse, sableuse et rognons de calcaire) suivie d’une
couche fine de craie à silex.

La SGP a annoncé qu’elle a rencontré des problèmes de gonflement de l’argile lors du


creusement du tunnel et a décidé d’augmenter la profondeur de l’ouvrage. Et donc,
probablement les carrières sont creusées dans la couche de la craie.

Figure 46.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune CRETEIL

 VITRY-SUR-SEINE (94081)

61
C’est le sous-sol le plus homogène. Une grande couche de calcaire atteint à peu près 65m
et se trouve sous une couche de 11m d’épaisseur des alluvions. Les carrières et le tunnel se
trouvent dans la même formation le calcaire.

Figure 47.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune VITRY-
SUR-SEINE

 Commune CHOISY-LE-ROI (94022)


Le sous-sol de la commune Choisy-Le-Roi est constitué de haut en bas d’une couche
d’argile et gravier d’épaisseur de 10m à peu près. Au-dessous une couche de 10m de calcaire
de Saint-Ouen se présente, dans laquelle les carrières sont creusées. Une troisième couche de
sable de Beauchamp au-dessus de 15m des marnes et caillasses. Au-delà des 40m de
profondeur on trouve une couche de calcaire grossier .Le tunnel sera soit dans la couche des
marnes, soit dans la couche de calcaire ou entre les deux.

Figure 48.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune CHOISY-
LE-ROI
62
 Commune SAINT-MAUR-DES-FOSSES (94068)
Différentes formations géologiques se présentent, on cite de haut en bas : une couche de
calcaire grossier ne dépasse pas les 10 premiers mètres. Au-dessous on trouve du sable
quartzeux suivi d’une couche d’argile plastique. A partir des 40 m, il y a la marne de Meudon
au-dessous de laquelle on trouve la craie à silex .La même géologie que la commune de
Créteil (deux communes voisines).Les carrières sont destinées à l’exploitation de la calcaire
grossier donc elles sont à une profondeur inférieure à 10 m. Le même problème se pose par la
présence de l’argile et le tunnel sera plus profond.

Figure 49.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune SAINT-
MAUR-DES-FOSSES

VI.1.2. Tronçon Est


 Commune CHAMPIGNY-SUR-MARNE (94017)
A cette région, il y a dominance des marnes et du calcaire de différents stages géologiques.
La consultation d’un forage dont les coordonnées sont (665098 ; 6857218) montre qu’à partir
de 6m de profondeur, on rencontre les marnes de Pantin suivies des marnes bleues
d’Argenteuil jusqu’à les 20m.Au-dessous, il existe 2 couches de calcaire respectivement
d’Argenteuil et de Saint-Ouen séparées par une couche fine de 1 à 2m de sable de Monceau.
Les carrières sont dans la couche de calcaire.

63
Figure 50.Coupe géologique et la position prévue du futur tunnel sous la commune
CHAMPIGNY-SUR-MARNE

A la position (665335 ; 6858066) dans la projection Lambert93, on ne trouve plus les


couches supérieures des marnes, c’est à dire, la première couche rencontrée est le calcaire de
Champigny, suivie d’un écran de sable de Monceau et d’une couche de 7m de calcaire de
Saint-Ouen. A 32m de profondeur, une couche de sable d’Auvers-Beauchamp. La
réapparition des marnes mélangés avec caillasses à 40m jusqu’à 51m.Au-dessous, il existe le
calcaire grossier.

 Commune BOBIGNY (93008)


Les 20 premiers mètres est la formation du calcaire de Saint-Ouen, au-dessous de la quelle
et sur d’une épaisseur de 15m il y a le sable de Beauchamp. Un ensemble indifférencié s’étale
jusqu’à 60m de profondeur, comprenant de haut en bas les marnes et caillasses et les calcaires
grossiers, passage à des sables glauconieux à la base.

VI.1.3. Tronçon Ouest


La SGP n’a pas encore diffusé les coordonnées des forages des compagnes géotechniques
réalisés pour cet objet. Donc on n’a pas pu affiner notre étude pour ce tronçon.

IV.2. Niveau de la nappe souterraine


Les point d’eau disponible sur le site de l’ADES sont présentés sur la carte suivante. Ceux
que j’ai consultés, les plus proche de futur tunnel de la ligne 15 sont entourés en rouge.
Ces forages nous donnent la variation du niveau piézométrique au cours du temps .Plus de
détails sont présentés en annexe
64
01832D0136/F
(649433, 6864291)
01837B0380/F1
(657125, 6861606)
01828X0006/F
(634044, 6858979) 01837A0096/F2 01846X0361/P1
(653407, 6859457) (675414, 6854891)

Figure 51.Les piézomètres disponibles sur la base des données ADES

65
 Commune Paris 8e Arrondissement (75108)
La nappe a passé de 27m de profondeur en 1972 à quasiment 20m en 2002.On remarque
un abaissement de 2m pendant les 90s mais le niveau remonte au début de 2000.
Au voisinage de cette position, le tunnel sera au-dessous de niveau piézométrique et on
aura donc l’avantage de l’écoulement de l’eau pour le transfert thermique.

Figure 52.Niveau piézométrique enregistré au point d’eau de référence 01832D0136/F

 Commune Montreuil (93048)


La nappe à cette région a subi des fortes variations, des abaissements et des élévations, à
partir de 1990.Cependant elle n’est pas descendue à une profondeur inférieure à 33m. Le
graphe montre que le niveau de l’eau a l’air de se stabilisé à 27m de profondeur à partir de
2004.Il faut savoir précisément la profondeur de tunnel à cette région afin qu’on puisse
déterminer avec quelles propriétés il faut travailler tout en suivant les futurs variations e la
nappe.

Figure 53.Niveau piézométrique enregistré au point d’eau de référence 01837B0380/F1

 Commune Rocquencourt (78524)


On remarque que le niveau piézométrique est au-delà de 90m de profondeur, bien entendu
le tunnel creusé dont la profondeur ne dépasse pas les 60m ne sera pas immergé dans l’eau et
on ne va pas travailler dans les conditions saturées.

66
Figure 54.Niveau piézométrique enregistré au point d’eau de référence 01828X0006/F

 Commune Roissy-En-Brie (77390)


La variation de la nappe sous cette commune est très faible Le niveau de la nappe reste au-
dessous de 57m, et probablement il ne faut pas prendre en considération l’écoulement de l’eau
pour notre étude au voisinage de cette zone.

Figure 55.Niveau piézométrique enregistré au point d’eau de référence 01846X0361/P1

 Commune Paris 13e Arrondissement (75113)


Le sous-sol de la 13éme arrondissement est submergé en eau. On constate que pour les 40
ans derniers, le niveau le plus bas qu’a atteint l’eau est 20m en 1992.Si non la nappe
souterraine se charge continuellement et son niveau se rapproche de la surface de terrain
naturel (à 2m en 2015).Les tunnels réalisés à cette zone se trouvent dans la nappe et les
conditions saturées seront utilisées.

Figure 56.Niveau piézométrique enregistré au point d’eau de référence 01837A0096/F2

67
Conclusion
Après cette étude, on constate que la zone de projet Grand Paris Express contient plusieurs
zones potentielles pour exploiter la géothermie très basse température par cet ouvrage. En ce
qui concerne la présence de l’eau souterraine, d’après les données qui montrent une
augmentation continue du niveau piézométrique, on peut conclure que même si le tunnel ne se
trouve pas dans une aquifères au moment de la construction, il sera immergé dans l’eau après
quelque années .Cependant, on peut confirmer la présence des enjeux géologiques,
hydrogéologiques et environnementaux qui ont été déjà présentés par la SGP et résumés dans
la figure 40 :

Figure 57.Enjeux majeurs sur le tracé de Grand Paris Express (SGP)

68
Chapitre 5.Modélisation numérique

Introduction
Très peu d'informations disponibles concernant l'impact des géostructures énergétiques sur
les propriétés de sol environnant pendant les cycles de fonctionnement de système (chauffage
/refroidissement).L’échange de la chaleur avec le sol modifie, certainement, la température
autour. Donc dans cette partie, on va essayer de répondre aux questions suivantes ;
-Quelle est l’influence d’un système géothermique sur le terrain encaissant ?
-A-t-on les mêmes résultats pour tous les sols ?
-La position des tuyauteries dans les parois n’a pas d’influence sur la répartition de la
température ?
-Quel effet peut avoir le système de drainage sur la distribution de la température ?
-Peut-on affirmer que l’écoulement de l’eau souterraine peut régénérer les calories
extraites du sol ?

L'analyse de cet impact fait intervenir une série de paramètres à la fois du sol, des parois et
de l’air dans le tunnel. Dans une première étape, on va faire une modélisation paramétrique en
une dimension par le logiciel Scilab pour savoir le profil de la température au voisinage de
tunnel. Par la suite, une modélisation 2D par le logiciel Comsol prendra lieu, ça sera un calcul
plus détaillé dans lequel on va introduire plus de paramètres et on aura une distribution
globale de la température (dans le tunnel, parois et le sol).

I. Description du problème
Le but de cette partie est d’étudier l’impact de l’implantation des échangeurs thermiques
dans les voussoirs préfabriqués de tunnel sur le sol voisin.

Le tunnel de Grand Paris Express a une profondeur entre 30m et 50m, différentes
formations géologiques se présentent, sous-entendu, différentes propriétés thermique du sol.
De plus les nappes souterraines du sous-sol de la région parisienne n’ont pas le même niveau,
qui est en fonction de l’espace et du temps (été/hiver).La présence des carrières peut avoir
aussi une influence sur le comportement de système thermique. De plus, Il faut mettre en
lumière l’influence des propriétés de tunnel (épaisseur, position des tuyauteries…) sur ce
mécanisme.

69
L’échange de la chaleur pour un tunnel thermoactif se fait avec deux environnements de
deux façons différentes, soit:

-Par convection avec l’air dans le tunnel,


-Par conduction avec le terrain voisin.

Voici une figure explicative du problème en global:

Figure 58.Vue global de problème à modéliser

II. Rappel des équations de la chaleur


Dans cette partie, je vais d’abord rappeler quelques notions de base relatives aux
phénomènes de transport de la chaleur dans un milieu, précisément, les deux phénomènes
physiques qui sont à l’origine des transferts à travers une paroi multicouche.

II.1. Conduction thermique


Cela concerne particulièrement les solides. Au sein du matériau, l’agitation thermique se
transmet de proche en proche sous le gradient de température. L’idée importante est que la
chaleur se propage sans transport de matière.

T1 T2

Figure 59.Schéma explicatif de transfert par conduction

70
En conduction pure, l’intensité du transfert de chaleur est quantifiable par le flux de
chaleur j qui est proportionnel au gradient thermique via la conductivité thermique du milieu ;
C’est la loi de Fourier :

II.2. Convection thermique


La convection se fait avec le transfert de matière dans un fluide initialement hors équilibre.
En contact avec une paroi solide, la chaleur se déplace de la zone la plus chaude vers la plus
froide ce qui crée une homogénéisation de la température.

Paroi Fluide

x
O
Figure 60.Schéma explicatif de transfert par convection

Ce mécanisme peut être décrit par la loi dite de Newton :


jconv = h (TP – TF)
 h : le coefficient de transfert convectif (W /m2/K)
 : la température du fluide à la surface de la paroi (K).
 : la température du fluide (K)

III. Modélisation avec Scilab


III.1. Présentation du logiciel
Développé par le Consortium Scilab (DIGITEO), il est un logiciel libre de calcul
numérique fournissant un environnement de calcul pour des applications scientifiques. Il
possède un langage de programmation orienté calcul numérique de haut niveau. Il peut être
utilisé pour le traitement du signal, l’analyse statistique, le traitement d’images, les
simulations de dynamique des fluides, l’optimisation numérique, et la modélisation et
simulation de systèmes dynamiques. La syntaxe et les possibilités offertes par Scilab sont
similaires à celles de Matlab.

A cette étape on va procéder à une modélisation paramétrique par calcul 1D dans le but
d’avoir une idée sur l’influence de la mise en place de système géothermique sur la
température du sol, en faisant intervenir au niveau des paramètres physiques.

71
III.2. Calcul 1D
Le calcul se fait par la méthode des différences finis. Dans cette partie, on va faire une
simulation purement thermique, le couplage thermo-hydraulique sera traité dans la
modélisation 3D.

Les simulations effectuées donnent une idée sur le profil de la température à partir de la
paroi intérieure du voussoir, autrement dit, c’est la variation de la température en fonction de
la distance (dans le béton et la roche), le domaine de calcul se résume par la figure 44:

Figure 61.Schéma simplifié du problème 1D

III.2.1. Hypothèses de calcul


Le problème étant complexe, on a mis les hypothèses suivantes :

 Symétrie axiale par rapport à l’axe de tunnel (1 dimension),


 Le sol est assimilé à un massif semi infini homogène,
 La diffusion de la chaleur dans le tunnel est symétrique (on n’a pas pris l’influence de la
ventilation),
 Le béton et la roche sont considérés comme des milieux homogènes et isotropes dont les
propriétés physiques sont constantes et indépendantes de la profondeur et de la
température,
 Le transfert de la chaleur par conduction entre le liquide caloporteur et le tuyau est
négligeable,
 La température d’échangeur est prise comme celle de fluide entrant dans le tunnel.

III.2.2. Conditions initiales


-Pour la modélisation en une dimension, la température de béton et de roche souterraine est
initialement 13°C.

- La température de l’air dans le tunnel et la température de fluide dans l’échangeur sont des
données.

-La température d’échangeur est supposée comme une température imposée,

72
III.2.3. Conditions aux limites
Pour assurer l’unicité d’une solution physique, il est nécessaire de spécifier les conditions
aux limites pour chaque problème donné. Dans ce cas, la condition limite est la température
constante de l’air dans le tunnel.

III.2.4. Maillage
Le maillage choisi est proportionnel aux dimensions des parties constituant
l’environnement d’échange thermique .En effet, pour ce modèle on a eu recours à deux types
de maillage ;
-Pour le béton et les dix premiers centimètres de roche, chaque maille mesure 5mm,

-Pour le reste de la roche, chaque maille mesure 100mm.

III.3. Scénarios simulés et résultats


Le béton a les caractéristiques suivantes ;

-Epaisseur: 30cm,
-Densité volumique:2400 kg .m-3,
-Capacité thermique: 880 J.kg-1.K-1,
-Conductivité thermique : 2,1 W.K-1.m-1.

III.3.1. Selon la position des échangeurs dans les voussoirs


On a fait une simulation sur 7 jours en changent la position des tuyaux dans les voussoirs
de tunnel. On a fait le calcul pour l’emplacement à 5cm de tunnel, à 15 cm (au milieu) et 25
cm (à 5 cm de terrain) dans le cas de calcaire. On constate que de plus qu’on se rapproche de
la roche, plus on aura une perturbation de la température du milieu. Pour les emplacements à
5 et 15 cm, le gradient de température est atténué en passant le béton, tandis que si
l’échangeur est à 5 cm de la roche, un fort gradient de 4°C se crée (Figure 62).

73
Figure 62.Profil de la température pour différents emplacements de tuyau dans le cas calcaire

III.3.2 Selon la nature du sol


La simulation est faite pour les deux saisons ; l’hiver et l’été. La température initiale de
roche est la même, mais la température d’échangeur est différente vu le changement de mode
de fonctionnement de système. En hiver le liquide caloporteur est plus froid que la roche pour
qu’il puisse extraire les calories sous l’effet de gradient de température .En été, c’est le cas
contraire le fluide absorbe la chaleur de bâtiment à refroidir et du coup il atteint les
tuyauteries au niveau des voussoirs avec une température supérieure à celle de terrain voisin.
Pareil, la température de l’air dans le tunnel n’est pas la même pendant l’été et l’hiver. En
résumé, on a fait la simulation avec les températures présentées ci-dessous :

En été Tair = 19°C


Téchangeur =25°C

En hiver Tair = 19°C


Téchangeur =7°C

Pour cette simulation, on a pris comme période de simulation: 30, 60, 90 et 100 jours. Le
calcul s’est fait pour un tuyau placé à 5cm de tunnel.
On a fait le calcul sur trois types de sol dont les propriétés sont résumées dans le tableau 8:

Tableau 8.Propriétés des sols utilisés dans la simulation

Conductivité thermique
Type de roche Densité volumique Capacité thermique (W.m-1.K-1)
(Kg.m-3) (J.m-1 K-1)

74
Calcaire 2700 878 2.3
Argile 1500 840 0,8 1.8
Sable 1400 1100 0.6 4

On a mis dans ce rapport les résultats de la simulation du calcaire et de l’argile saturée


pendant les deux saisons été et hiver. Pour le sable, on a traité les deux états sec et humide
pour l’hiver.

 Calcaire
Pour le calcaire, la température du sol ne varie pas au-delà de 12.5m à peu près en été
et 11.5m en hiver (Figure 63, Figure 64). Pour le flux de chaleur extrait par l’échangeur
pendant l’hiver, on peut profiter de 138 W.m-2 à 30 jours de l’activation de système. Le flux
diminue linéairement pour atteindre les 131 W.m-2 après 10 jours (Figure 65)

T

C)

Distance (m)
Figure 63. Profil de la température en été dans le cas calcaire

T

C)

Distance (m)
Figure 64. Profil de la température en hiver dans le cas calcaire

75
Figure 65. .Flux de chaleur extrait du calcaire pendant l’hiver

 Argile
Pour l’argile saturée, pendant la période de refroidissement, la variation de la température à
l’interface paroi-sol est de 2°C entre 30 et 100 jours (de 19.5°C à 21.5°C) qui est clair par la
figure 66, alors qu’en hiver elle ne dépasse pas 1°C (Figure 67).
En plus, la zone d’influence de système est de l’ordre de 6.5m après 30 jours et 12m après
100 jours. Pour le cas sec, à une distance de 9m la température du sol n’est pas influencée
La baisse de flux de chaleur extrait s’atténue en fonction de temps : on constate que pour la
période de 30 à 60 jours, on a une diminution moyenne journalière de 0.146 W /m2, pour la
deuxième période 0.08 W /m2 pour atteindre 0.061 W /m2 pour les dix derniers jours de la
simulation.

T

C)

Distance (m)
Figure 66. Profil de la température dans le cas d’argile saturée en été

76
T

C)

Distance (m)

Figure 67. Profil de la température dans le cas d’argile saturée/sec en hiver

Figure 68. Flux de chaleur extrait de l’argile saturée

 Sable
La zone d’influence d’un sable saturé dépasse les 12.5m pour un chauffage de 100 jours, et
atteindre à peine les 9m pour l’état sec .A l’interface béton-roche la température à l’état
saturé, respectivement sec est de l’ordre de 9.5°C, 8.5°C (Figures 69 et 70).
D’après la figure 54, le flux de chaleur a presque le même comportement pour les deux
états (saturé et sec) avec 10 W/m2/K de plus lorsque le sable est saturé. La baisse de flux de
chaleur extrait s’atténue en fonction de temps : on constate qu’il a le même comportement que
celui de l’argile pour la période de 30 à 60 jours, on a une diminution moyenne journalière de
0.144 W /m2, pour la deuxième période 0.082 W /m2 pour atteindre 0.052 W /m2 pour les dix
derniers jours de la simulation(figure 71).

77
T (°C)

Distance (m)

Figure 69. Profil de la température dans le cas d’un sable saturé

T

C)

Distance (m)
Figure 70. Profil de la température dans le cas d’un sable sec

Figure 71. Flux de chaleur extrait du sable sec/saturé

78
IV.4 Synthèse
Les résultats font apparaître :

- Plus l’échangeur se rapproche de l’intérieur du tunnel et s’éloigne de la roche (à 5 cm du


tunnel, courbe en rouge (figure 62)) plus la zone d’influence dans le massif rocheux diminue.

- La distance d’influence horizontale du transfert de la chaleur à l’état sec pour les sols testés
(conductivité de 0,8 W/m/K) est inférieure à celle à l’état saturé. En revanche, le gradient
thermique au voisinage du tunnel est plus fort dans le cas du sol sec.
-Le flux de chaleur extrait se comporte de la même façon pour les sols testés. Initialement,
une diminution journalière moyenne de l’ordre de 0,14 W/m2/K, s’atténue à 0,08 W/m2/K
entre 60 et 90 jours pour atteindre 0,06 W/m2/K pour les dix derniers jours.

-En termes d’impact sur le milieu, les résultats trouvés pour une simulation de 100 jours
sont favorables aux sols secs puisque la zone d’influence est inférieure à celle pour les sols
saturés. Mais, probablement cela ne serait pas le cas à long terme. En effet, pour le sol sec le
seul moyen de se régénérer est le cycle extraction/injection de chaleur pendant le chauffage /
refroidissement. Par conséquent, s’il n’y a pas d’équilibre d’usage, ceci risque de créer un
déséquilibre irréversible. Pour le cas saturé, une conductivité thermique forte augmente la
zone d’influence et permet ainsi d’amener les calories de plus loin et de ne pas épuiser
localement le sol. De plus, et d’après la littérature, l’hydrodynamique est un facteur très
important, mais, à quel point ? A partir de quelle vitesse d’écoulement ?

Ces interprétations restent en question et nécessitent des confirmations par des calculs.
Pour cette raison, on est en train de simuler cycliquement le modèle pour des périodes allant
jusqu’à 3 ans. Dans le calcul on ne va pas traiter les saisons séparées mais plutôt
successivement (hiver/printemps/été/automne). Le couplage thermo-hydraulique reste à ce
jour un problème pour la modélisation sur Scilab. Pour ces raisons, on va essayer de résoudre
le problème par Comsol.

79
Conclusion Générale

Mon Projet de fin d’étude s’inscrit dans le cadre du projet « Ville 10D-Ville d’idée ». Les
objectifs de ce projet étant de promouvoir l’utilisation de certaines géostructures énergétiques,
notamment les tunnels urbains.

Une méthodologie de détermination et de sélection des zones potentielles basée sur


différents critères a été développée. Ces différents critères ont été décrits en détail dans la
partie bibliographique.

Il en ressort que la démarche proposée est une méthodologie simplifiée mais qui permet,
avec une quantité de données limitée, d’avoir une première idée sur la faisabilité des
géostructures énergétiques. Cette méthodologie facilite ainsi la prise de décision pour la
réalisation de ce type de structure et encourage donc le recours à de tels ouvrages.
Les données nécessaires à cette méthodologie sont principalement des informations sur le
sous-sol, soit la connaissance de la géologie, de l’hydrogéologie, ainsi que des informations
concernant l’aménagement du territoire et les zones constructibles.

Pour Paris et sa banlieue, zone du projet « Grand Paris Express » sur lequel s’est focalisée
cette étude, on n’a pas réussi à obtenir les données des campagnes de reconnaissances du
sous-sol .Cependant, on a collecté le maximum des informations géologiques,
hydrogéologiques auprès des bases des données disponibles (InfoTerre, Géothermie-
Perspective et ADES). Quelques-unes sont illustrées dans ce rapport, mais on est en train de
préparer une base des données complète pour raffiner au maximum la zone d’étude et
solliciter les parties intéressée par un tel projet, citons RATP, Bouygues Construction, avec
lesquelles des réunions sont prévues fin juin et début juillet. Des informations
supplémentaires auraient été souhaitées, notamment les propriétés thermiques. Mais ces
données n’existant pas, il faudra recourir à des modèles pour déterminer plus finement la
conductivité thermique.

D’autre coté, le premier pas dans l’étude de l’influence d’un tunnel thermoactif sur le
terrain encaissant a été franchi par la modélisation 1D. Cette dernière était une occasion pour
avoir une idée sur la variation unidimensionnelle de la température pendant les cycles de
fonctionnement de système, en intervenant au niveau des différents paramètres (position des
tuyaux, type de sol). Ainsi, les améliorations à faire pour cette partie sont encore énormes et
on va commencer par une modélisation 2D sur Comsol pouvant donner la distribution globale
de la température autour de tunnel

80
Perspectives

L’étude paramétrique sur Scilab a permis d’avoir une idée sur les critères pouvant
influencer le fonctionnement du système géothermique (positionnement des tuyauteries,
température de tunnel, type de sol, etc.). Une amélioration de la simulation aura lieu. On va
faire le calcul sur un cycle d’une, deux et trois années pour savoir l’accumulation de l’effet de
charge et décharge du sol en calories et au bout de combien de temps il peut maintenir son
équilibre thermique.

Dans une étape suivante, et avec le logiciel Comsol on va traiter le problème dans son
intégralité. On va prendre en considération, à travers une simulation 2D, d’autres paramètres
qui ont un effet sur le transfert thermique, tels que la présence des différentes couches
géologiques, la vitesse de fluide caloporteur, la vitesse de l’air dans le tunnel…

De plus, une étude d’optimisation est envisagée :

 En premier lieu, on va intervenir au niveau des caractéristiques géométriques des


tuyauteries pour voir leur influence sur la réponse thermique du sol. On propose deux
solutions; pour la partie activée de tunnel, soit :

- des tuyauteries avec un espacement allégé (par exemple 50 cm) et on fait fonctionner toute
la longueur en permanence, cela permet de déconcentrer l’extraction/ injection des calories,

- des tuyauteries plus serrés (25 cm), mais on les fait fonctionner en jachère alternée ; chaque
moitié fonctionnera à 100 % pour une période déterminée.

 En deuxième lieu, on vise la détermination d’un seuil de longueur de tuyau pour


obtenir un échange thermique optimal. En effet, le fluide atteint les tuyauteries au niveau du
tunnel avec une température (supérieure ou inférieure) à celle de l’environnement. Le long du
tuyau, le gradient de température diminue progressivement car la température s’homogénéise
entre le tuyau et le milieu. En conséquence, l’échange thermique baisse et devient négligeable
dès que le tuyau dépasse une certaine longueur.

81
Bibliographies

Adam D.,Markiewicz R.(2009).Energy from earth-coupled structures, foundations, tunnels


and sewers.Vienna University of Technology and Geotechnik, Géotechnique ,278p.
ADES : www.ades.eaufrance.fr
AFPG : www.afpg.fr

Ahrens T.(1995). Rock physics and phase relations.Handbook of physical constants. AGU
regerence Shelf 3. 236 p.
Barry-Macaulay D.,Bouazza A.,Singh.,Wang B., Ranjith P.G.(2013).Thermal conductivity
of soils and rocks from the Melbourne (Australia) region. Engineering Geology 164. p 131–
138.
Birch F.,Clark H.(1940).The thermal conductivity of rocks and its dependence upon
temperature and composition, 2. Am. J. Sci. 238, 613–635.
Bouazza A., Adam D.(2012). Turning geostructures into sources of renewable energy.
Burger A.,Recordon Ed ., Bovet D.,Cotton L., Saugy B.(1985).Thermique des nappes
souterraines.Presses Polytechniques Romandes.255p.
Chan T., Jeffrey, J.A.( 1983). Scale and water-saturation effects for thermal properties of
Clauser C., Huenges, E. (1995). Thermal conductivity of rocks and minerals. In: Ahrens,
T.J.(Ed.), Rock Physics and Phase Relations: A Handbook of Physical Constants. 236 p.
Comité français de mécanique des roches. Coordonné par Françoise H., Pierre D.(2000).
Manuel de Mécanique des Roches, Tome 1 Fondements.Les Presses de l’École des
Mines.60p.
Davis M., Chapman D., Van W., Armstrong P. (2007). Thermal conductivity anisotropy of
metasedimentary and igneous rocks. J. Geophys. Res. 112p.
Diffre G., Marquet M,. Richard. (1977).Etude de la température des nappes peu profondes
à Paris et dans la banlieue nord.Rapport de BRGM.35p.
Frodl S., Franzius J. N.,Bartl T. (2010). Design and construction of the tunnel geothermal
system in Jenbach Geomechanics and Tunnelling 3, no 5, 658-668,
Fromentin A., Pahud D., Jaqueier C.,Morath M. (1997) . Recommandations pour la
réalisation d’installations avec pieux échangeurs .Rapport final, Programme de recherche :
géothermie, Office fédéral de l’Energie (OFEN), Lausanne.58p.
Gély J-P .,Hanot F.(2014). Coupe du Bassin parisien simplifiée - Coupe géologique du
Bassin parisien et du Fossé rhénan. Bull. Inf. Géol. Bass. Paris, Mémoire hors-série n° 9,
2014, 1 pl.
Grèzes C., Kowalski M .(2013). Concevoir des infrastructures à énergie positive.
Rencontre de Club Construction Durable Infrastructures.
Guini-Skliar A., Viré M., Lorenz J., Gély J-P.,Blanca A.( 2000). Les souterrains de Paris.
Les anciennes carrières souterraines. Nord Patrimoine

82
Guozhu Z.,Caichu X.,Yong Y.,Meng S.,YichuanZou.(2014).Experimental study on the
thermal performance of tunnel lining ground heat exchangers
Herbaux M., Kreziak C., Durst P., Martin J.-C., Cochery C., Midot D, Barras A-V.
(2014).Guide d’élaboration de la carte des zones réglementaires relatives à la géothermie de
minime importance,
Horai K. (1971) .Thermal conductivity of rock-forming minerals. J. Geophys. Res. 76,
1278-1308.
InfoTerre : www. infoterre.brgm.fr
Jorand, R., Fehr, A., Koch, A., Clauser, C.(2011). Study of the variation of thermal
conductivity with water saturation using nuclear magnetic resonance. J. Geophys. Res.
Laloui L., Alice Di D.(2014). Géostructures énergetiques : La voisine Paris. Direction
éditorial Gilles PIJAUDIER-CABOT.342p.
Laloui L., Matteo M .,Vulliet L.(2003). Comportement d’un pieu bi-fonction.
Linet M., Lagut M.,Charliac A .,LE Feuvre A.,Ponthus P.(2014).Rapport d’enquête
publique préalable à la déclaration d’utilité publique pour le réseau de transport public du
Grand Paris Express
Marc A., Bernard M.(2009). Guide d’aide au dimensionnement des ouvrages de petite
dimension et procédures d’autorisation dans le Canton de Neuchâtel.11p.
Météo France / Direction de la climatologie : www.meteo-paris.com/ile-de-france,
Midttomme K.,Roaldset E., Agraard A.(2000). Thermal conductivity claystones and
mudstones of selected from England * Department of Geology and Mineral Resources
Engineering, Norwegian University of Science and Technology (NTNU).
Mimouni T.(2014 ).Thermomechanical Characterization of Energy Geostructures with
Emphasis on Energy Piles.Thèse,Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.315p.
Patric J.(2002). Exploitation de la chaleur terrestre par des géostructures énergétiques
Méthodologie de détermination des zones potentielles. Rapport final de GEOLEP – EPFL
Lausanne.55p.
Perspectives-Géothermie : www.geothermie-perspectives.fr,
Popov, Y., Tertychnyi, V., Romushkevich, R., Korobkov, D., Pohl, J.(2003). Interrelations
between thermal conductivity and other physical properties of rocks: experimental data. Pure
Appl. Geophys. 160, 1137–1161.
Rieder P., Evers Gérard.,Gourmez D.,Jaudin F.,Monnot P.,Partenay V.,Pincemin S.,Wurtz
E.(2007).Conception de FOdations GEothermiques. Rapport final. 170p.
Robertson, E.C., Peck, D.L.(1974). Thermal conductivity of vesicular basalt from Hawaii.
Scharli, U., Rybach, L.(1984). On the thermal conductivity of low-porosity crystalline
rocks. Tectonophysics 103, 307–313.
Schneider M., Moormann C.(2010). A geothermal Research Project for Tunnels.
Société de Grand Paris(SGP) : www.societedugrandparis.fr
Varet J. (1982).Géothermie Basse Energie.Masson.201p.

83
Walsh J., Decker E.(1966). Effect of pressure and saturating fluid on the thermal
conductivity of compact rock. J. Geophys. Res. 71, 3053–3061.
Winterling R.(2012). Geothermal Tunnel Lining – Projects from across the globe.
Geothermal Tunnel Lining Conference Proceedings.
www.drieeif-eaux-souterraines.brgm.fr.

84
Annexes

85
Annexe A : Description des lignes de GPE

-La ligne 11 sera prolongée à l’est de Paris jusqu’à Noisy-Champs, soit environ 10 km
supplémentaires par rapport au premier prolongement de la Ligne jusqu’à Rosny Bois-Perrier.
Les cinq stations parcourues, dont deux en correspondances avec des lignes de RER et de
métro, sont : Rosny-Bois Perrier, Villemomble, Neuilly-Les Fauvettes, Neuilly-Hôpitaux,
Noisy-Champs.

-La ligne 14 (Saint-Lazare – Olympiades) vise à relier le centre de la capitale, le pôle


d’affaires de Saint-Denis Pleyel au nord et l’aéroport d’Orly au sud.

-La Ligne 15 constitue une rocade proche de Paris. D’une longueur d’environ 75 km, la
Ligne 15 traverse directement les trois départements de proche couronne, de Noisy-Champs à
Champigny-Centre, en passant par Pont de Sèvres et Saint-Denis Pleyel ; elle est également
raccordée à l’ouest de la Seine-et-Marne en son terminus de Noisy-Champs.

-La Ligne 16 relie Saint-Denis Pleyel à Noisy-Champs en passant par Le Bourget RER. Cette
large demi-rocade, d’une longueur d’environ 25 km, comporte un tronc commun d’environ
5,5 km avec la ligne 17, entre Saint-Denis Pleyel et Le Bourget RER. Elle est en
correspondance avec de nombreuses lignes de transport radiales desservant notamment la
Seine-et-Marne et permet une liaison directe vers les pôles du Bourget et de la Plaine Saint-
Denis.

-La Ligne 17 parcourt environ 27 km au nord-est de Paris, de Saint-Denis-Pleyel au Mesnil-


Amelot. De la gare de Saint-Denis-Pleyel à celle du Bourget-RER la ligne 17 partage un tronc
commun avec la ligne 16

-La Ligne 18 parcourt 35 kilomètres au sud-ouest de Paris, de l’aéroport d’Orly à la gare de


Versailles-Chantiers. Le projet intègre l’étude d’une variante entre les gares de Saint-Quentin-
Est et Satory qui prévoit un tracé allongé de trois kilomètres et la réalisation de la gare de
Saint-Quentin-Université.

86
Annexe B : Histoire géologique de la terre

87
Annexe C : Fiches détaillées des forages de BSS
de InfoTerre

88
Annexe D : Carte des températures de l’eau
souterraine de Paris

89
Annexe E : Extrait des mesures du point d’eau
: 01837A0096/F2

Prof. moyenne Prof. Max Prof. Min


Année Date de la prof max Date de la prof min
(en m) (en m) (en m)

1992 17,65 18,67 26/01/1992 16,59 01/05/1992

1993 16,53 18,07 30/07/1993 15,75 24/12/1993

1994 16,15 16,79 10/05/1994 15,57 09/11/1994

1995 15,99 16,83 03/04/1995 15,31 08/07/1995

1996 15,06 16,50 11/03/1996 13,67 20/06/1996

1997 14,77 15,44 07/11/1997 14,10 02/05/1997

1998 14,38 15,31 29/01/1998 13,36 18/10/1998

1999 14,48 16,83 17/09/1999 13,06 31/12/1999

2000 13,37 14,54 28/01/2000 12,66 07/10/2000

2001 13,17 15,37 26/09/2001 12,38 02/07/2001

2002 10,78 12,72 20/02/2002 9,42 29/07/2002

2003 9,75 10,24 28/04/2003 8,18 31/12/2003

2004 8,44 9,30 19/04/2004 6,67 12/12/2004

2005 7,51 8,39 06/10/2005 6,96 01/01/2005

2006 7,29 8,21 27/02/2006 5,98 19/12/2006

2007 6,09 6,75 04/08/2007 3,78 30/12/2007

2008 4,65 5,75 02/09/2008 3,33 14/12/2008

2009 4,05 5,85 16/09/2009 2,57 08/12/2009

2010 3,36 4,11 22/05/2010 1,35 23/11/2010

2011 1,92 3,71 30/06/2011 0,35 05/12/2011

2012 3,60 6,70 22/11/2012 1,12 12/01/2012

2013 5,36 6,33 26/05/2013 3,98 29/09/2013

2014 3,67 4,84 01/06/2014 1,77 28/11/2014

2015 2,05 2,81 19/03/2015 1,16 25/05/2015

90
Annexe F : Mesures d’autres points d’eau

Dénomination du point d’eau : PARIS 8


Code national du point d’eau : 01832D0136/F
Code européen du point d’eau : FR01832D0136/F
Dernière mise à jour : 13/04/2015

Localisation

Département : Paris (75)


Commune du dossier en BSS : Paris 8e Arrondissement (75108)
Commune actuelle : Paris 8e Arrondissement (75108)
Lieu-dit : 3 Rue De Messine
Coordonnées X,Y : 598094, 2430927 (Lambert II Etendu) /
649433, 6864291 (Lambert 93)
Altitude : 43 m
Profondeur d'investigation : 80 m
Carte géologique au 1/50 000 : Paris (n° 0183)

01832D0136/F

Dernière mise à jour : 18/04/2012


Profondeur de mesure : De 30.90 m à 75.30 m
Période de mesure : Du 15/10/1964 au 17/09/2001
Nombre de mesures disponibles : 9611

Données piézométrique

Prof. moyenne Prof. Max Prof. Min


Année Date de la prof max Date de la prof min
(en m) (en m) (en m)

1985 20,36 21,08 28/07/1985 20,15 04/11/1985

1986 20,22 20,64 07/03/1986 20,10 23/11/1986

1987 20,15 20,53 26/02/1987 20,05 31/12/1987

1988 20,09 20,29 13/08/1988 19,87 12/05/1988

1989 20,01 20,60 06/07/1989 19,03 07/01/1989

1990 19,82 20,15 06/08/1990 19,38 15/02/1990

1991 19,41 20,70 14/02/1991 19,09 04/04/1991

1992 18,92 20,60 02/12/1992 18,36 30/09/1992

1993 17,13 18,53 30/04/1993 16,89 06/11/1993

1994 17,43 18,95 03/09/1994 17,14 23/04/1994

91
1995 17,54 19,01 19/10/1995 17,20 03/04/1995

1996 16,82 16,94 21/08/1996 16,54 17/04/1996

1997 16,88 17,05 05/09/1997 16,55 24/03/1997

1998 16,05 16,73 28/01/1998 14,95 31/12/1998

1999 15,05 15,46 11/08/1999 14,59 26/12/1999

2000 14,82 15,12 25/08/2000 14,55 12/04/2000

2001 14,58 14,93 01/08/2001 14,22 17/09/2001

92

Vous aimerez peut-être aussi