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BRÉAL
Titres disponibles en première année dans la filière MPSI... LES NOUVEAUX

Précis
Précis
En Physique En Mathématiques
Optique MPSI-PCSI-PTSI Analyse MPSI
Mécanique MPSI Algèbre et géométrie MPSI
Électrocinétique MPSI
Électromagnétisme MPSI Livres d’exercices
Thermodynamique MPSI Mathématiques MPSI

LES NOUVEAUX
Physique MPSI
En Chimie
Chimie MPSI
B R É A L

MPSI
LES NOUVEAUX
Physique
Précis B R É A L

Électrocinétique
Électrocinétique
Une collection tenant compte de vos besoins et de vos
contraintes, conçue pour vous aider tout au long de
l'année à préparer efficacement les concours.

➜ Un cours complet et très clair, illustré de nombreux exemples,


pour comprendre et assimiler.
➜ Des pages de méthode, facilement mémorisables, pour acquérir
les savoir-faire et les réflexes nécessaires.
MPSI
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s'entraîner régulièrement.
Méthodes G. ROSSET
Physique
Les Nouveaux Précis Bréal sont la collection de référence pour
réussir sa prépa et intégrer une grande école d’ingénieurs.
Exercices résolus

Réf. : 209.0341
ISBN : 2 7495 0224 1
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LES NOUVEAUX

Précis B R É A L

Électrocinétique
MPSI
G . R O S S E T
Professeur en classes préparatoires scientifiques
au lycée La Martinière à Lyon

1, rue de Rome - 93561 Rosny-sous-Bois cedex


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LES NOUVEAUX

Précis
B R É A L
Mathématiques 1re année
■ Analyse MPSI

■ Algèbre et géométrie MPSI

Physique 1re année


■ Mécanique MPSI

■ Électromagnétisme MPSI

■ Électrocinétique MPSI

■ Optique MPSI-PCSI-PTSI

■ Thermodynamique MPSI

Chimie 1re année


■ Chimie MPSI

Exercices 1re année


■ Mathématiques MPSI

■ Physique MPSI

Nous remercions M. Jérôme MAJOU, professeur en classes préparatoires scientifiques au lycée Jules Ferry,
à Versailles, pour sa collaboration à cet ouvrage.

Maquette : Sophie Martinet


Couverture : Sophie Martinet
Réalisation : Alpha-Édit

© Bréal 2003
Toute reproduction même partielle interdite.
Dépôt légal : août 2003.
ISBN 2 7495 0224 1

réf : 2090341 - e-sbn : 978-2-7495-2027-8


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es Nouveaux Précis Bréal sont conçus pour apporter aux étudiants des
Lservant

Avant-propos
classes préparatoires une aide efficace dans leur travail. Tout en con-
la rigueur des éditions précédentes, nous nous sommes efforcés d’aplanir
au mieux toutes les difficultés inhérentes au discours scientifique. Nous savons
par expérience que le rythme de la prépa n’autorise aucune perte de temps,
et nous pensons qu’une explication claire et précise permet d’éviter au lecteur tout
« blocage » inutile.

Strictement conforme au nouveau programme, cet ouvrage s’adresse à tous


les étudiants de première année de la filière MPSI. Chaque chapitre est divisé en
trois parties complémentaires.

■ Le Cours, qui présente les principaux raisonnements à comprendre et à


connaître, accompagnés de nombreuses applications directes afin d’assimi-
ler immédiatement les notions traitées.

■ Les pages Méthodes, qui contiennent deux rubriques indispensables à


la progression personnelle : L’essentiel permet de mémoriser rapidement tout
ce qu’il faut retenir du chapitre, et la Mise en œuvre expose les grandes
méthodes afin d’acquérir les bons « réflexes » en situation.

■ Les Exercices, classés par niveaux de difficulté, dont les solutions détaillées
sont enrichies d’astuces et de conseils (précédés des logos ou ).
Certains exercices sont accompagnés de courtes indications, comme en
colle : il suffit parfois d’un petit « déclic » pour démarrer !

Il nous est apparu nécessaire d’accorder aux Méthodes et aux Exercices une
place équivalente à celle du Cours. En effet, l’apprentissage ne peut pas être effi-
cace sans combiner étroitement ces trois dimensions : comprendre, savoir faire et
s’entraîner. En revanche, s’il organise intelligemment son travail, l’étudiant pourra
s’améliorer dans toutes les disciplines en gérant au mieux son temps et ses efforts,
principale condition de la réussite.

Ainsi, les étudiants de MPSI disposeront, en électrocinétique, d’un outil de travail


complet, adapté au rythme soutenu de cette première année de préparation aux
concours.

Nous espérons que ce Nouveau Précis les aidera à accéder avec confiance
en deuxième année et nous répondrons volontiers à toute suggestion, remarque
ou critique par e-mail à l’adresse infos@editions-breal.fr.

L’éditeur et les auteurs


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Sommaire
Chapitre 1 ■ Lois générales de l’électrocinétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

Chapitre 2 ■ Modélisations linéaires d’un dipôle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54

Chapitre 3 ■ Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . 79


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94

Chapitre 4 ■ Régimes transitoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133

Chapitre 5 ■ Signaux sinusoïdaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176

Chapitre 6 ■ Étude du circuit RLC série : résonance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201

Chapitre 7 ■ Régime sinusoïdal forcé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230

Chapitre 8 ■ Filtres du premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245


Méthodes : l’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263
Exercices : énoncés, solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 273

Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 284
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CHAPITRE

1 Lois générales de
l’électrocinétique
Introduction

Un circuit électrique est constitué de différents composants reliés entre eux par des fils.
On appelle dipôle électrocinétique un composant ayant deux bornes, par exemple un
générateur, une résistance, un condensateur ou une bobine. En travaux pratiques, on
étudiera aussi une diode, une lampe à incandescence, une varistance, etc.
Ce chapitre introduit les grandeurs et les lois fondamentales de l’électrocinétique.

Plan du chapitre 1
A. La loi des nœuds . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1. Les différents courants électriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2. Intensité du courant électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3. Densité de courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4. Conservation de la charge : la loi des nœuds. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
B. La loi des mailles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1. Différence de potentiel entre deux points. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2. Additivité des tensions : la loi des mailles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
C. Puissance électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1. Caractère générateur – caractère récepteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2. Convention générateur – convention récepteur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3. Puissance électrique d’un dipôle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
C. L’approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
Méthodes
L’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Énoncés des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

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Dans un circuit électrique, on appelle nœud un point du circuit reliant entre


eux trois dipôles ou plus. L’ensemble des dipôles compris entre deux nœuds
consécutifs constitue une branche. Enfin, un ensemble de branches formant
un contour fermé constitue une maille (fig. 1).

A B C

Fig. 1 - Les points A, B, C, D, E sont des nœuds. Sur le schéma, on a encadré en pointillés
la branche AB et la maille CDE.

A. La loi des nœuds


Le courant électrique dans un circuit correspond à un mouvement ordonné de
charges électriques (appelées porteurs de charges ou plus simplement porteurs),
sans tenir compte du mouvement microscopique désordonné de ces charges.

A.1. Les différents courants électriques


En général, on distingue plusieurs types de courants électriques.
• Le courant de conduction correspond au déplacement de charges électri-
ques dans un support matériel conducteur :
– dans les conducteurs usuels, les porteurs de charge sont les électrons de
1. La charge élémentaire e vaut charge négative q = – e1 ;
1,6 · 10–19 C.
– dans les semi-conducteurs, les porteurs de charge sont soit des électrons
(semi-conducteurs dopés n), soit des « trous » de charge q = +e (semi-conduc-
teurs dopés p) ;
– dans les électrolytes, les porteurs de charge sont des ions en solution
(cations et anions).
2. Par exemple, en frottant un
vêtement en acrylique avec une • Le courant de convection est causé par le déplacement d’un objet lui-même
règle en plastique, on arrache des chargé 2.
électrons à la règle qui se charge
• Le courant de particules est dû aux déplacements de particules chargées
négativement. Si l’opérateur
déplace la règle dans la pièce, il dans le vide, par exemple d’électrons dans le tube d’un téléviseur ou d’un
crée alors un courant de oscilloscope.
convection. • Le courant de déplacement est introduit lors de la propagation des ondes
3. Hans Christian Œrsted (1777- électromagnétiques.
1851), physicien danois, découvrit Le passage d’un courant électrique crée toujours un champ magnétique3, qui
en 1820 l’existence du champ
met en rotation une aiguille aimantée (par exemple, dans une boussole).
magnétique créé par les courants
électriques, ouvrant ainsi la voie à En première année, seul le courant de conduction est étudié : dans la suite,
la théorie de l’électromagnétisme. on se placera donc toujours dans ce cas.

8
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
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A.2. Intensité du courant électrique


orientation
section
du A.2.1 - Définition de l’intensité
circuit
L’intensité du courant mesure la quantité algébrique d’électricité (c’est-à-
dire, la charge électrique) traversant la section d’un circuit orienté par unité
de temps (fig. 2). L’unité de charge est le coulomb (C)1 et l’unité d’intensité
est l’ampère (A)2.
Fig. 2 - Section du circuit
orienté. Définition 1

1. Charles de Coulomb (1736-1806), L’intensité du courant dans un circuit orienté, exprimée en ampère (A),
physicien français, établit les lois est la grandeur algébrique correspondant au débit de charges.
expérimentales et théoriques de
l’électrostatique et du
magnétisme. A.2.2 - Sens de circulation des charges
2. André Marie Ampère (1775-
D’après la définition, un courant d’intensité positive correspond au déplace-
1836), physicien français, jeta les ment de charges positives dans le sens du circuit orienté ou au déplacement
bases de la théorie de de charges négatives en sens inverse (fig. 3).
l’électromagnétisme et de la
théorie électronique de la matière. A contrario, un courant d’intensité négative correspond au déplacement de
Il imagina le galvanomètre. charges négatives dans le sens du circuit orienté ou au déplacement de char-
ges positives en sens inverse (fig. 3).

orientation
du circuit orientation
du circuit

déplacements de déplacements de
charges positives charges négatives

orientation orientation
du circuit du circuit

déplacements de déplacements de
charges négatives charges positives

Fig. 3 - En haut, l’intensité du courant est positive (le courant réel circule dans le sens du circuit
orienté). En bas, l’intensité du courant est négative (le courant réel circule dans le sens opposé à
l’orientation du circuit).

Remarques expérimentales
L’intensité du courant dans un circuit est mesurée à l’aide d’un ampèremètre.
En travaux pratiques, on mesure parfois la tension aux bornes d’une résis-
tance de valeur connue, puis on en déduit la valeur de l’intensité par la loi
d’Ohm (voir chapitre 2).

9
Cours
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A.2.3 - Relation charge-intensité


1. Les unités du Système • En régime permanent, l’intensité I du courant est constante dans le temps.
International sont : le mètre (m), le D’après la définition de l’intensité, une section quelconque du circuit est tra-
kilogramme (kg), l’ampère (A), la versée par la charge algébrique Q = It pendant la durée t 1.
seconde (s), le kelvin (K), le
• En régime variable, l’intensité i du courant évolue avec le temps, mais elle
candela (cd) et la mole (mol). Dans
ces unités, on a : peut être considérée constante sur un intervalle de temps δt très petit. Pen-
1 C = 1 A · s. dant cette durée, il circule alors la charge algébrique δQ = iδt.

2. La notation δt représente un Dans un circuit, l’intensité i du courant est égale à la dérivée par rapport
intervalle de temps très petit. au temps t de la charge Q traversant une section du circuit orienté2 :
Quand on fait tendre cet intervalle
de temps δt vers 0, la limite du
i intensité en ampère (A)
δQ dQ
rapport ------- est par définition la
δt i = --------- Q charge en coulomb (C)
dérivée de la charge Q par rapport dt
t temps en seconde (s)
δQ
au temps t : ------- = lim  ------- .
dQ
dt δt → 0  δt 

Application 1 Charge d’une batterie


Pour recharger une batterie, un chargeur délivre un courant d’intensité 5,0 A sous une tension de
12 V et fonctionne pendant 10 heures.
a) Quelle quantité d’électricité circule dans les fils d’alimentation de la batterie lors de cette charge ?
b) Les porteurs de charge sont les électrons. Combien d’électrons ont circulé pendant cette charge ?
Solution
a) L’intensité du courant I = 5,0 A est constante. La durée de la charge est t = 10 h = 3,6 · 104 s. La
quantité d’électricité circulant dans les fils d’alimentation vaut donc :
Q = It = 5,0 × 3,6 · 104 = 1,8 · 105 C.
b) La valeur absolue de la charge d’un électron est e = 1,6 · 10–19 C. Pour avoir la charge Q, il a donc
circulé dans les fils N électrons tels que :
Q 1,8 ⋅ 10 5
Q = Ne, d’où : N = ---- = -------------------------
- = 1,1 · 10 24 électrons !!!
e 1,1 ⋅ 10 –19

A.3. Densité de courant


Le vecteur densité de courant j caractérise le mouvement d’ensemble des
q porteurs de charges dans un circuit électrique.
V
dτ A.3.1 - Courant créé par un seul type de porteurs
On considère un volume élémentaire δτ dans lequel circulent des porteurs de
charges q à la vitesse moyenne V (fig. 4). Ce volume est à la fois suffisam-
Fig. 4 - Dans le volume
élémentaire dτ circulent des ment petit pour être considéré ponctuel à l’échelle humaine et suffisamment
porteurs de charge q à la vitesse grand pour contenir de nombreux porteurs. Il s’agit, par exemple, d’un cube
moyenne V . de côté de l’ordre du micron (1 µm = 10–6 m) : cette dimension est petite par
rapport à notre échelle (de l’ordre du mètre), mais grande par rapport à la dis-
3. Dans un conducteur neutre, la tance entre les molécules, les ions ou les atomes dans le conducteur (de
densité de charges totale est la l’ordre de 1 nm = 10–9 m).
somme de la densité de charges Le volume élémentaire δτ contient δN = nδτ porteurs de charges, où n est la
due aux porteurs en mouvement et
de la densité de charges due aux
densité volumique des porteurs (c’est-à-dire le nombre de porteurs par unité
ions immobiles du réseau de volume). On appelle alors ρm la densité volumique de charges mobiles3
conducteur : elle est donc nulle. telle que ρm = nq.

10
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
KA_MPSI.book Page 11 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Définition 2

Dans un circuit, le vecteur densité de courant j caractérise le mouve-


1. Comme n s’exprime en m–3, q en ment d’ensemble des porteurs de charges1 :
coulomb (C) et V en m · s –1, l’unité
de j est donc : j densité de courant (A · m–2)
m –3 × C × m · s –1 = C · s–1 · m –2
= A · m–2. j = rm V ρm densité volumique de charges mobiles (C · m–3)
V vitesse moyenne des porteurs (m · s–1)

Le vecteur densité de courant j a toujours le même sens que le courant réel


dans le circuit.

A.3.2 - Courant créé par différents types de porteurs


Si le volume δτ contient différents types de porteurs de charges q1, q2…, on
définit alors les densités de courant correspondant à chacun :

j1 = ρ1 ⋅ V 1 ; j 2 = ρ2 ⋅ V 2 ; …
Des charges positives en mouvement dans un sens ont donc le même effet que
des charges négatives en mouvement en sens inverse. Globalement, les por-
teurs contribuent ensemble au courant total.

Dans un circuit, la densité de courant totale j est la somme des densités


de courant correspondant à chaque type de porteurs de charges :

j = ∑k jk = ∑k rk Vk .
V δt δS n
A.3.3 - Densité de courant et intensité
orientation
On considère la section d’un circuit électrique dans lequel circule un seul type
du crcuit
de porteurs de charges q à la vitesse moyenne V . La surface élémentaire δ S,
Fig. 5 - La surface δS est de dimensions suffisamment petites pour être considérée comme plane, est
orientée par le vecteur normal n . orientée par le vecteur normal n dans le même sens que le circuit (fig. 5).
Les porteurs de charges traversant la surface δ S pendant l’intervalle de temps
δ t sont tous les porteurs initialement contenus dans le cylindre de base δ S et
2. Le volume d’un cylindre oblique de génératrice V δt, dont le volume est δ S × δ t V ⋅ n 2. En notant ρm la den-
est le même que celui du cylindre sité volumique de charges mobiles, la quantité d’électricité traversant δ S pen-
droit de même base S et de même
hauteur h.
dant δ t vaut donc 3 :

3. La notation δ 2 Q signifie que la δ 2 Q = ρ m V ⋅ n δSδt.


charge calculée résulte du produit
de deux grandeurs élémentaires :
Il circule donc à travers la surface δ S un courant élémentaire d’intensité :
– l’intervalle de temps élémentaire δ2Q
δt ; δI = ---------- = ρ m V ⋅ n δS, soit : δI = j ⋅ n δS.
δt
– la surface élémentaire δS.
Dans le circuit, le courant total I est la « somme » de tous les courants élémen-
4. – Si la section S est plane, le
vecteur normal n à cette surface taires δ I. Si la section S est plane et que la densité j de courant est uniforme4,
est normal à toutes les surfaces
élémentaires δS. alors le produit scalaire j ⋅ n est égal pour toutes les surfaces élémentaires δ S
– La densité de courant j est et la « somme » s’écrit :
uniforme si le vecteur j est le
même en tout point du domaine I = j ⋅ n S.

11
Cours
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Dans un circuit orienté, si la densité j du courant est uniforme, l’intensité I


1. Si ces conditions ne sont pas du courant traversant une section plane S vaut1 :
vérifiées (section S plane et
I intensité du courant (A)
densité de courant j uniforme),
alors la « somme » des différents S section du courant (m2)
courants élémentaires ramène au I = j ·nS j densité de courant (A · m–2)
calcul d’une intégrale « de
surface » sur la section S du n vecteur normal à la section orientée
circuit.

Application 2 Vitesse des porteurs


Un fil électrique de section droite S = 1,0 mm2 est parcouru par un courant d’intensité constante
I = 10 A (ordre de grandeur du courant d’alimentation d’un radiateur ou d’un lave-linge). La densité
volumique des porteurs (électrons de charge q = –e = –1,6 · 10–19 C) est n = 1,0 · 1029 m–3.
a) Que vaut la norme j de la densité de courant ?
b) Déterminer la vitesse moyenne des porteurs.
Solution
a) Lorsque la section est droite, le vecteur densité de courant j est colinéaire au vecteur n normal
à la section orientée. On a donc :
I 10
I = j ⋅ n S = j S, soit : j = --- = -----------------------
- = 10 7 A · m – 2 .
S 1,0 ⋅ 10 –6
b) Par définition, on a : j = n q V, où V est la vitesse moyenne des porteurs. On en déduit donc :
j 10 7
- = 6,25 ⋅ 10 – 4 m ⋅ s –1 , soit : 0,62 mm · s–1.
V = ------ = --------------------------------------------------------
ne 1,0 ⋅ 10 29 × 1,6 ⋅ 10 –19
Remarque : à titre de comparaison, la célérité du son dans l’air à 20 °C vaut 340 m · s–1, la célérité
de la lumière dans le vide vaut c = 3 · 108 m · s–1 et la vitesse quadratique des molécules d’air est de
l’ordre de 500 m · s–1.

B
A.4. Conservation de la charge : la loi des nœuds
A En régime permanent, la charge contenue dans un volume quelconque du
conducteur ne varie pas au cours du temps : dans ce volume, le débit des
charges entrant réellement est donc égal au débit des charges sortant réelle-
q V ment. En conséquence, l’intensité I du courant a la même valeur en tout point
d’une branche du circuit (fig. 6).
En revanche, la densité de courant et la vitesse des porteurs ne sont pas néces-
Fig. 6 - En régime permanent, le
débit des charges à travers la sairement égales. Ainsi, si la section S de la branche diminue de moitié entre
surface en A est égal au débit des deux points A et B, l’intensité I restant la même, la densité de courant j et la
charges à travers la surface en B : vitesse V des porteurs doublent entre ces points.
l’intensité du courant est donc la
même en A et en B.
En un nœud du circuit, la conservation de la charge se traduit par la loi des
nœuds.

Loi 1
I1 I3 Loi des nœuds
A
La somme des intensités Ii des courants algébriques arrivant à un nœud du
circuit est égale à la somme des intensités Ij des courants algébriques s’éloi-
I2 I4 gnant de ce nœud (fig. 7) :
Fig. 7 - Au nœud A, on a : ∑ Ii = ∑ Ij .
I1 + I2 = I3 + I4 . arrivant sortant

12
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
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Application 3 Intensité du courant dans un dipôle


Déterminer les intensités I1 et I2 non précisées sur le schéma ci-dessous.

B 0,8 A

I1 1,2 A

A
– 0,3 A

0,7 A

I2

Solution
• Les courants d’intensité 0,8 A, 1,2 A et –0,3 A arrivent en A, alors que les courants d’intensité
0,7 A et I2 repartent de A. D’après la loi des nœuds :
0,8 + 1,2 – 0,3 = 0,7 + I2 , d’où : I2 = 1 A .
• De même, le courant d’intensité I1 arrive en B et les courants d’intensités 0,8 A et 1,2 A repartent
de B. D’après la loi des nœuds :
I1 = 0,8 + 1,2 = 2 A .

B. La loi des mailles


B.1. Différence de potentiel entre deux points
Dans un circuit, le mouvement des porteurs de charges q est dû à la force qE
1. Le cours d’électrostatique
créée par le champ électrique E . Cette force dérive d’une énergie potentielle
définira le champ électrique E et
la fonction potentielle V, dont nous q V1 définie à une constante additive près2.
admettrons ici les propriétés. Dans un circuit électrique, les charges évoluent spontanément dans le sens
2. En Terminale, on a vu que des potentiels décroissants en l’absence de générateur. On peut schématiser
l’expression de l’énergie potentielle cette évolution par analogie avec l’écoulement naturel d’un fluide dans un cir-
de pesanteur Epp = mgz dépend du cuit hydraulique, de l’altitude la plus élevée à l’altitude la plus faible (les char-
choix de l’origine des altitudes (elle
ges jouent le rôle du fluide et la fonction potentielle celui de l’altitude).
est donc définie à une constante
additive près). Ses variations, en
revanche, sont indépendantes de Définition 3
ce choix.
Dans un circuit, le potentiel électrique V, défini à une constante additive
3. Le volt rend hommage à près et exprimé en volt (V)3, est à l’origine du mouvement des charges. La
Alessandro Volta (1745-1827), différence de potentiel (ddp) ou tension, exprimée comme le potentiel
physicien italien, inventeur en en volt (V), est une grandeur algébrique indépendante de l’origine des
1800 de la première pile
électrochimique.
potentiels électriques.

13
Cours
KA_MPSI.book Page 14 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

1. Sur les appareils anciens, la En pratique, les appareils électriques sont reliés à la « masse », c’est-à-dire à
masse était reliée à la terre par la carcasse interne de l’appareil (par exemple, la borne noire du générateur)1.
l’alimentation électrique. On choisit alors cette masse comme origine des potentiels électriques sur le
Désormais, la double isolation des circuit.
appareils de laboratoire n’impose
plus ce lien. En revanche, les
appareils électriques Après avoir défini la masse, on peut associer à chaque point du circuit un
domestiques (lave-linge…) potentiel électrique V unique, égal à la différence de potentiel entre ce
conservent une liaison à la terre. point et la masse, choisie comme origine des potentiels électriques.

A Le potentiel VA du point A (respectivement VB du point B) est représenté par


une flèche partant de la masse au potentiel nul et arrivant au point A (respec-
UAB tivement au point B). La différence de potentiel UAB = VA – VB est alors
représentée par une flèche d’origine B et d’extrémité A (fig. 8).
VA B
Remarques expérimentales
VB La différence de potentiel UAB entre deux points A et B du circuit est mesurée
à l’aide d’un voltmètre ou observée à l’écran d’un oscilloscope. Il est à noter
que celui-ci impose souvent la masse, qui doit être commune aux autres mas-
ses présentes sur le circuit. L’oscilloscope permet alors de suivre l’évolution
;

du potentiel d’un point du circuit.


Fig. 8 - Représentation de la
différence de potentiel UAB .
Dans un montage, on veillera toujours à éviter les courts-circuits par les masses.

B.2. Additivité des tensions : la loi des mailles


• Soit trois points A, B et C d’un circuit. Les différences de potentiel entre les
2. Par définition, on a : points A et B, B et C, A et C s’écrivent respectivement2 :
UBA = –UAB .
UAB = VA – VB , UBC = VB – VC , UAC = VA – VC , d’où : UAC = UAB + UBC.

Dans un circuit, les différences de potentiel sont additives. Par exemple, si


A, B et C sont trois points du circuit, alors on a :
UAC = UAB + UBC.

• On considère une maille dans un circuit (fig. 9). En partant d’un point A
quelconque et en parcourant complètement la maille dans un sens donné,
l’additivité des différences de potentiel s’écrit :
UAA = UAB + UBC + UCD + UDE + UEA = 0.

UAB UBC
A B
C

UEA UCD

E D

UDE

Fig. 9 - La maille est orientée dans le sens des flèches.

14
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
KA_MPSI.book Page 15 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Loi 2
Loi des mailles
Dans une maille, la somme algébrique des différences de potentiel mesu-
1. La loi des nœuds et la loi des rées en parcourant complètement la maille dans un sens donné est nulle1 :
mailles sont appelées les lois de
Kirchhoff. Gustav Robert Kirchhoff ∑ U i = 0.
(1824-1887), physicien allemand, maille
établit en 1845 les lois
fondamentales de l’électricité.
Une maille est un contour fermé contenant des dipôles. Elle n’est pas nécessai-
rement isolée du reste du circuit. Par exemple, sur la figure 9, il existe des con-
nexions avec l’extérieur (non représentées) aux points A, E et D de la maille.

Application 4 Calcul d’une différence de potentiel


Déterminer la différence de potentiel U non précisée sur le schéma ci-dessous.

3V

B C

12 V 4V

A D

Solution
Dans le circuit, on a : UBA = 12 V ; UBC = 3 V ; UCD = 4 V ; UAD = U. La loi des mailles s’écrit :
UAB + UBC + UCD + UDA = 0, avec UAB = –UBA = –12 V et UDA = –UAD = –U.
On en déduit donc :
–12 + 3 + 4 – U = 0, soit : U = –5 V.

C. Puissance électrique
Dans un circuit, le fonctionnement des dipôles met en jeu de l’énergie.

C.1. Caractère générateur – caractère récepteur


• Un dipôle AB possède un caractère générateur si le courant réel circule
dans le sens des potentiels croissants à travers ce dipôle. Un générateur four-
nit de l’énergie au circuit électrique.
Exemples : le réseau EDF 220 V, les générateurs électrochimiques (piles, accu-
mulateurs), les générateurs électroniques commandés…
• Un dipôle AB possède un caractère récepteur si le courant réel circule
dans le sens des potentiels décroissants à travers ce dipôle. Un récepteur
reçoit de l’énergie du circuit électrique.
Exemples : les conducteurs ohmiques, les moteurs, de nombreux composants
électroniques…

15
Cours
KA_MPSI.book Page 16 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C.2. Convention générateur – convention récepteur


a. I = IAB On considère un dipôle AB traversé par un courant orienté de la borne A vers
la borne B. L’intensité I = IAB du courant est algébrique : I est positive si le
A B courant réel circule de A vers B, négative si le courant réel circule de B vers A.
Ug = UBA On peut alors étudier le dipôle AB selon deux conventions (fig. 10) :
– la convention générateur, où la tension mesurée aux bornes du dipôle est
b.
I = IAB Ug = UBA, orientée dans le même sens que l’intensité I = IAB ;
– la convention récepteur, où la tension mesurée aux bornes du dipôle est
A B Ur = UAB, orientée en sens inverse de l’intensité I = IAB.
Ur = UAB Ces deux conventions permettent de déterminer le caractère générateur ou
récepteur du dipôle AB étudié. En effet :
Fig. 10 - – en convention générateur, si Ug et I ont le même signe (Ug et I positives ou
a. Convention générateur. Ug et I négatives), alors le courant réel circule dans le sens des potentiels
b. Convention récepteur. croissants et le dipôle AB est générateur ;
– en convention récepteur, si Ur et I ont le même signe (Ur et I positives ou
Ur et I négatives), alors le courant réel circule dans le sens des potentiels
décroissants et le dipôle AB est récepteur.

En convention générateur (respectivement récepteur), si l’intensité traver-


sant un dipôle et la tension à ses bornes ont le même signe, alors le dipôle
1. En revanche, en convention possède un caractère générateur (respectivement récepteur)1.
générateur (respectivement
récepteur), si les grandeurs
intensité et tension sont de signes
opposés, alors le dipôle possède
un caractère récepteur
C.3. Puissance électrique d’un dipôle
(respectivement générateur), car Lorsqu’un courant circule dans un dipôle AB, des échanges d’énergie électri-
le courant réel circule dans le sens que ont lieu entre ce dipôle et les charges. L’énergie potentielle d’une charge q
des potentiels décroissants
(respectivement croissants).
passant du point A (au potentiel VA) au point B (au potentiel VB) varie ainsi
de la quantité q VB – q VA = q ( VB – VA) = q UBA. Par définition de l’intensité du
courant, la variation d’énergie totale des charges traversant le dipôle pendant
2. Par définition, la charge l’unité de temps est égale à la quantité algébrique IABUBA2. La puissance élec-
algébrique totale traversant le trique Pg fournie par le dipôle aux charges vaut donc3 :
dipôle AB pendant l’unité de temps
est égale à l’intensité I = IAB du Pg = IABUBA = IUg.
courant. À l’opposé, la puissance électrique Pr reçue par le dipôle AB des charges vaut :
Pr = –IABUBA = IABUAB = IUr .
3. Dans ce paragraphe, toutes les
grandeurs sont algébriques. Si la
puissance Pg fournie par le dipôle La puissance électrique s’exprime en watt (W) si l’intensité est en
AB est positive, alors le dipôle ampère (A) et la tension en volt (V) :
fournit effectivement de l’énergie
aux charges (et la puissance Pr puissance fournie puissance reçue
reçue par le dipôle des charges est
bien négative). De même, si la
(convention générateur) (convention récepteur)
puissance Pr reçue par le dipôle Pg = Ug I Pr = Ur I
AB est négative, alors le dipôle
reçoit effectivement de l’énergie
de la part des charges (et la • Le dipôle AB possède un caractère générateur si la puissance Pg qu’il fournit
puissance Pg fournie par le dipôle (calculée en convention générateur) est positive. La puissance Pr = –Pg qu’il
aux charges est bien négative).
reçoit (calculée en convention récepteur) est alors négative.
• Le dipôle AB possède un caractère récepteur si la puissance Pr qu’il reçoit
(calculée en convention récepteur) est positive. La puissance Pg = –Pr qu’il
fournit (calculée en convention générateur) est alors négative.

16
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
KA_MPSI.book Page 17 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

D. L’approximation des régimes


quasi-stationnaires (ARQS)
Un circuit est en régime « quasi-stationnaire » lorsque les tensions aux bornes
des dipôles et l’intensité du courant varient « lentement ». On compare alors la
1. La grandeur temporelle T grandeur temporelle T caractéristique de l’évolution des grandeurs électriques1
caractéristique de l’évolution des avec une grandeur temporelle τ caractéristique du circuit, définie par le temps
grandeurs électriques est, par mis par le signal électrique pour parcourir le circuit de dimension L. Comme on
exemple, la période T du signal si
celui-ci est périodique.
peut associer à ce signal une onde se déplaçant à la célérité c de la lumière dans
le vide (programme de deuxième année), on a :
L
t = ---- .
c

Définition 4
Un circuit de dimension L vérifie l’approximation des régimes quasi-
stationnaires (ARQS) si la grandeur temporelle τ liée au circuit est négli-
geable devant la grandeur temporelle T caractéristique de l’évolution des
grandeurs électriques :
L
T  τ = ---- , soit : L  cT (c célérité de la lumière dans le vide).
c

Les lois de Kirchhoff (loi des nœuds et loi des mailles), énoncées en régime
permanent, restent valables pour les régimes quasi-stationnaires. De même,
la puissance électrique d’un dipôle AB en régime quasi-stationnaire s’écrit :
P = ui, en veillant à la convention choisie.

Application 5 Caractère lentement variable d’un circuit


À quelle condition sur la taille du circuit, peut-on considérer le courant fourni par EDF (de fré-
quence 50 Hz) comme un signal vérifiant l’approximation des régimes quasi-stationnaires ?
Solution
Le courant délivré par EDF est un courant sinusoïdal de fréquence 50 Hz, donc de période :
1 1
T = --- = ------ = 20 ⋅ 10 –3 s, soit : cT = 3 ⋅ 10 8 × 20 ⋅ 10 –3 = 6 ⋅ 10 6 m = 6 000 km.
f 50
L’approximation des régimes quasi-stationnaires est donc valable pour le domicile d’un particulier
ou un site industriel, mais elle ne l’est pas pour l’ensemble du réseau français.

17
Cours
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Méthodes ✓ Éléments d’un circuit électrique


L’essentiel
• Un nœud est un point du circuit reliant entre eux trois dipôles ou plus.
• Une branche est constituée par l’ensemble des dipôles compris entre deux
nœuds consécutifs.
• Une maille est un ensemble de branches formant un contour fermé.
✓ Intensité du courant électrique
• L’intensité i du courant dans un circuit orienté est la grandeur algébrique cor-
respondant au débit de charges à travers une section du circuit :
i intensité en ampère (A)
dQ
i = --------- Q charge en coulomb (C)
dt
t temps en seconde (s)

• Le vecteur densité de courant j (toujours orienté dans le sens du courant


réel) caractérise le mouvement d’ensemble des porteurs de charges :

j densité de courant (A · m–2)


j = rm V ρm densité volumique de charges mobiles (C · m–3)
V vitesse moyenne des porteurs (m · s–1)

S’il y a plusieurs types de porteurs de charges, le vecteur j est la somme de


toutes leurs contributions :

j = ∑k jk = ∑k rk Vk .
• Si la densité j du courant est uniforme, l’intensité I du courant traversant
une section plane S du circuit orienté vaut :
S section du courant (m2)
I = j ·n S j densité de courant (A · m–2)
n vecteur normal à la section orientée

✓ Potentiel électrique
• Le potentiel électrique V, défini à une constante additive près et exprimé en
volt (V), est à l’origine du mouvement des charges dans le circuit.
• La différence de potentiel (ddp) ou tension U est une grandeur algébrique
indépendante de l’origine des potentiels (en général, la masse du circuit).
• Dans un circuit, les différences de potentiel sont additives. Par exemple,
on a : U AC = U AB + U BC .

✓ Lois de Kirchhoff
• Loi des nœuds : la somme des intensités I i des courants algébriques arrivant
à un nœud est égal à la somme des intensités Ij des courants algébriques
s’éloignant de ce nœud :


arrivant
Ii = ∑
sortant
Ij .

18
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
KA_MPSI.book Page 19 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Loi des mailles : la somme algébrique des différences de potentiel Ui mesurées en parcourant
complètement une maille dans un sens donné est nulle :
∑ Ui = 0.
maille

✓ Puissance électrique d’un dipôle


• En convention générateur, la tension U mesurée aux bornes du dipôle est orientée dans le
même sens que l’intensité I le traversant.
I

U
• En convention récepteur, la tension U mesurée aux bornes du dipôle est orientée en sens
inverse de l’intensité I le traversant.

I
U
• La puissance électrique P d’un dipôle est une grandeur algébrique. Dans la convention choisie,
elle a pour expression :
P puissance électrique du dipôle (W)
P = UI U tension aux bornes du dipôle (V)
I intensité traversant le dipôle (A)
En convention générateur, la puissance P est la puissance fournie par le dipôle.
En convention récepteur, la puissance P est la puissance reçue par le dipôle.
✓ Approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS)
Un circuit de dimension L vérifie l’approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS) si
la grandeur temporelle τ liée au circuit est négligeable devant la grandeur temporelle T carac-
téristique de l’évolution des grandeurs électriques :
L
T  τ = ---- , soit : L  cT (c célérité de la lumière dans le vide).
c

Mise en œuvre
Méthode n° 1
Comment vérifier la validité de l’électrocinétique ?
Il est judicieux, en préambule à l’étude d’un circuit électrique, de vérifier si les lois de l’électrociné-
tique peuvent effectivement s’appliquer à ce circuit. On se propose de vérifier ce point.

➜ Savoir faire

➊ Identifier dans le descriptif du circuit, la grandeur L caractéristique de sa taille.


➋ Identifier de même la grandeur caractéristique de la durée d’évolution du signal électrique
(ce peut être une fréquence, une période ou une pulsation). Convertir cette grandeur en un
temps T.
L
➌ Calculer le rapport ---- . Si ce rapport est inférieur de deux ordres de grandeur à la célérité c
T
de la lumière dans le vide (c = 3 · 108 m · s–1), les lois de l’électrocinétique sont applicables.

19
Méthodes
KA_MPSI.book Page 20 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➜ Application
Un poste de radio capte un signal de 98,0 MHz à l’aide d’une antenne de 2,0 m. Le signal est filtré
puis amplifié par un circuit dont la taille est inférieure à celle de l’antenne. L’électrocinétique clas-
sique s’applique-t-elle à ce signal ?

Solution
➊ La taille du circuit complet n’excède pas deux fois celle de l’antenne : L = 4,0 m.
➋ La fréquence du signal est 98,0 MHz, donc sa période vaut :
1 1
T = --- = -------------------------6- = 1,02 · 10 –8 s.
f 98,0 · 10
➌ Le rapport entre la taille du circuit et la grandeur caractéristique de l’évolution du signal électri-
que vaut :
L 4,0 L
---- = ---------------------------- = 3,9 · 10 8 m · s –1 , d’où : ----  c.
T 1,02 · 10 –8 T
L’électrocinétique ne s’applique pas à la réception du signal, à interpréter dans le cadre de la théorie
électromagnétique.

Méthode n° 2

Comment déterminer la vitesse des porteurs de charge


dans un conducteur ?
Soit un milieu conducteur de section S, parcouru par un courant d’intensité I répartie uniformé-
ment sur cette section. On se propose de déterminer la vitesse et le sens de déplacement des por-
teurs de charges.

➜ Savoir faire

➊ Calculer le vecteur densité de courant j :


I
– de norme j = --- ;
S
– de direction perpendiculaire à la section S ;
– dans le sens de I si I  0 ; dans le sens opposé à celui de I si I  0 ( j est de même sens
que le courant réel).
➋ Déterminer la charge algébrique q d’un porteur de charge.
➌ Déterminer la densité de charge libre ρ dans le conducteur. Selon la nature du milieu
conducteur, cela nécessite de dénombrer :
– les atomes et le nombre de porteurs libérés par ceux-ci dans un conducteur solide ;
– les ions dans une solution conductrice.
➍ Calculer le vecteur vitesse v des porteurs de charges :
j
– de norme v = ------ ;
ρ
– de direction perpendiculaire à la section S ;
– de même sens que j si les porteurs de charges ont une charge positive ; de sens opposé si
les porteurs de charges ont une charge négative.

20
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
KA_MPSI.book Page 21 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Dans le cas d’une solution conductrice, les porteurs de charges sont le plus souvent de deux types
(anions et cations). Le vecteur densité de courant est lié aux vitesses de ces porteurs par :
j = ρ+v + + ρ– v – .
Les vecteurs vitesse de deux ions de charges opposées sont généralement opposés.

➜ Application
Dans un fil de cuivre de masse volumique µ = 8 800 kg · m–3, les porteurs de charges sont les élec-
trons de charges –e = –1,6 · 10–19 C. La masse molaire du cuivre est Mcu = 63,5 g · mol–1 et le nom-
bre d’Avogadro A = 6,02 · 1023 mol –1.
Un atome de cuivre libère un électron de conduction.
On considère un fil de cuivre de section 1 mm2 parcouru par un courant d’intensité 1 A.
Quelle est la vitesse des porteurs de charges ? Quel est leur sens de déplacement par rapport au sens
du courant dans le circuit ?

Solution
➊ Le vecteur densité de courant a pour norme :
I 1
- = 10 6 A · m –2 .
j = --- = ------------------
S 1 ⋅ 10 –6
➋ Les électrons portent la charge négative –e.
➌ Le nombre d’atomes de cuivre par mètre cube est :
µ 8,8 ⋅ 10 3 × 6,02 · 10 23
n cu = -----------A- = -------------------------------------------------------- = 8,3 · 10 28 m –3 .
M cu 63,5 · 10 –3
Cela correspond à une densité de charges libres :
ρ = n cu × ( – e ) = – 1,3 · 10 10 C ⋅ m –3 .
➍ Les porteurs de charges ont une vitesse :
j
v = ------ = 7,5 · 10 –5 m ⋅ s –1 = 7,5 · 10 –2 mm · s –1 .
ρ
Ils se déplacent dans le sens contraire du courant.

Méthode n° 3

Comment déterminer le caractère générateur/récepteur


d’un dipôle ?
Soit un dipôle traversé par l’intensité algébrique I et soumis à la différence de potentiel U. On cher-
che à déterminer si ce dipôle est générateur ou récepteur.

➜ Savoir faire

➊ Identifier une convention pour l’étude de ce dipôle :


– si I et U sont orientées dans le même sens, identifier la convention générateur ;
– si I et U sont orientées en sens inverse, identifier la convention récepteur.

21
Méthodes
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➋ Déterminer le signe de la puissance algébrique P = UI dans la convention choisie :


– si P  0, alors le dipôle est de même nature que la convention (générateur-générateur ou
récepteur-récepteur) ;
– P  0, alors le dipôle est de nature opposée à la convention (générateur-récepteur ou
récepteur-générateur).

➜ Application
Le dipôle ci-dessous a-t-il un caractère générateur ou récepteur ?
I = –2 A I=2A I = –2 A
a) dipôle b) dipôle c) dipôle

U=3V U=3V U=3V

I=2A
d) dipôle

U=3V

Solution
a) ➊ L’intensité I et la tension U étant orientées dans le même sens, on étudie le dipôle en conven-
tion générateur.
➋ La puissance fournie par le dipôle Pg = UI = –6 W est négative, donc le dipôle est récepteur.
b) ➊ L’intensité I et la tension U étant orientées dans le même sens, on étudie le dipôle en conven-
tion générateur.
➋ La puissance fournie par le dipôle Pg = UI = 6 W est positive, donc le dipôle est générateur.
c) ➊ L’intensité I et la tension U étant orientées en sens opposés, on étudie le dipôle en convention
récepteur.
➋ La puissance reçue par le dipôle Pr = UI = – 6 W est négative, donc le dipôle est générateur.
d) ➊ L’intensité I et la tension U étant orientées en sens opposés, on étudie le dipôle en convention
récepteur.
➋ La puissance reçue par le dipôle Pr = UI = 6 W est positive, donc le dipôle est récepteur.

Les situations a) et d) d’une part, b) et c) d’autre part, sont identiques. La convention d’orientation du courant
dans le circuit diffère, mais le courant réel traversant le dipôle est le même.

22
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
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Énoncés des exercices

Exercices
Niveau 1 On obtient les résultats suivants :
VA = 7 V et VF = –2 V ; u1 = 4 V ; u2 = 2 V ;
u3 = 1 V et u4 = 2 V.
Ex. 1 Densité de courant
Déterminer les potentiels des points B, C, D et E.
Les liaisons électriques sur les cartes des circuits Préciser le point relié à la masse.
imprimés se font grâce à de fines couches de cuivre
d’épaisseur 0,1 mm et de largeur 1 mm. A
Le composant électrique placé sur le circuit débite u1
dans la fine couche un courant de 10 mA.
a) Quelle est la densité de courant j ?
Cu B C

0,1 mm u2
10 mA u3
1 mm u4

D E

circuit imprimé
b) Comparer cette densité de courant à celle d’une
F
alimentation domestique dont les fils de section
1 mm2 sont parcourus par un courant d’intensité 1 A.
Ex. 4 Loi des mailles
Ex. 2 Vitesse des porteurs de charge On considère le circuit suivant, dans lequel la nature
On dissout une masse m = 20 g de chlorure de des dipôles n’est pas précisée.
sodium NaCl dans un bac électrolytique de longueur
 = 20 cm et de section S = 10 cm × 10 cm rempli 3V
B

;
d’eau. La dissolution est totale. On fait passer un cou- E

; ;
rant d’intensité I =100 mA entre deux électrodes

;
situées aux deux extrémités de la cuve.

;
8V 6V

; ;
solution aqueuse de 20 g de NaCl

;
;; ;;;
C D
électrode
I
I S S 3V

A
4V
 = 20 cm
On donne : les masses molaires de chlore et du a) Dénombrer les mailles qui peuvent être définies
sodium MCl = 35,5 g · mol–1 et MNa = 23 g · mol–1 ; dans ce circuit.
le nombre d’Avogadro A = 6,02 · 1023 mol–1 et la b) Appliquer la loi des mailles à chacune de celles-ci.
charge élémentaire e = 1,6 · 10 –19 C. Combien de relations indépendantes obtient-on
Sachant que les vecteurs vitesse des ions chlorure et ainsi ?
des ions sodium sont de sens opposés et dans le rap- c) Déterminer les tensions uAC , uCD et uDF .
port 1,5, déterminer la vitesse et le sens de déplace-
ment de ces ions.
Ex. 5 Loi des nœuds – puissance
Ex. 3 Référence des potentiels a) Dans l’expérience de l’exercice 3, on a mesuré les
courants i1 , i2 , i3 et i4. On a obtenu :
Lors d’une expérience, on a mesuré les potentiels des
points A et F par rapport à la masse. On a, de même, i1 = 2 A ; i2 = 1 A ; i3 = 0,5 A et i4 = 1,5 A.
mesuré les différences de potentiel u1 , u2 , u3 , et u4. Déterminer les intensités des courants i5 , i6 , i7 , i8 , i9.

23
Exercices
KA_MPSI.book Page 24 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

A
i5 Niveau 2
i1 D2 D5
Ex. 6 Semi-conducteur
i2 D8
B C Les semi-conducteurs sont des matériaux utilisés en
i3 i8 i6 électronique et dont la conduction varie fortement
avec la température ou avec la présence d’impureté.
D3 D6 Dans un semi-conducteur, il existe deux types de por-
D9 teurs de charge :
i9 – les électrons, de charge – e, de densité ne ;
D E
i4 – les trous, de charge +e, de densité np.
i7
À une température donnée, du fait des propriétés
D4 dues aux liaisons internes au semi-conducteur, le pro-
D7
2
duit n e n p = n i est constant.
i1 F
La présence des impuretés permet de modifier ne ou
b) On a mesuré les potentiels des points A, B, C, D, np tout en maintenant le produit constant.
E et F, on a obtenu : En l’absence d’impuretés, ces deux valeurs sont
égales : ne = np = ni.
VA = 7 V ; VB = 3 V ; VC = 5 V ;
Pour le silicium, nous avons : ni = 1,5 · 1016 m–3.
VD = 2 V ; VE = 0 V et VF = –2 V. Dans les conditions d’étude, la vitesse des électrons
Déterminer la puissance reçue par chaque dipôle. est 12 cm · s–1 et celle des trous est 5 cm · s–1
Préciser ceux qui sont générateurs et ceux qui sont a) Déterminer la densité de courant du silicium pur
récepteurs. dans les conditions d’étude.
c) Déterminer la puissance totale reçue par tous les b) Comment varie la densité de courant avec ne ?
dipôles. Vérifier la cohérence des résultats. Tracer la courbe correspondante et interpréter.

Indications
Ex. 2 Utiliser la relation liant la densité de courant Ex. 6 a) Les contributions des différents types de
aux porteurs de charges. porteurs s’ajoutent.
b) Un extremum d’une courbe correspond à une
Ex. 5 Appliquer la loi des nœuds. dérivée nulle.

24
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
KA_MPSI.book Page 25 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Solution des exercices

Solutions des exercices


Exercices de niveau 1
Exercice 1

a) La section d’une fine couche de cuivre est constante et vaut :


S = e = 1 × 0,1 = 0,1 mm2, c’est-à-dire 1 · 10 –7 m2.
La densité de courant dans la couche est donnée par le rapport entre l’intensité du courant et la sec-
tion du conducteur :
I 10 ⋅ 10 – 3
- = 1 ◊ 10 5 A ◊ m –2 .
j = --- = -----------------------
S 1 ⋅ 10 –7

On peut appliquer cette formule parce que la densité de courant est homogène et la section du conducteur est
constante.
b) De même, dans l’alimentation domestique, on a :
I
j = ---, avec I = 1 A et S = 1 mm2 = 1 · 10–6 m2.
S
1
- = 1 ◊ 10 6 A · m – 2 .
A.N. j = -------------------
1 ⋅ 10 – 6
La densité de courant est plus grande dans l’alimentation domestique que dans le semi-conducteur.

Exercice 2

On applique la méthode n° 2 à la solution électrolytique.

La norme du vecteur densité de courant vaut :


I 0,1
j = --- = ---------------2 = 10 A · m –2 .
S ( 0,1 )
Le vecteur j est dans le sens du courant, car l’intensité I est positive. Les porteurs de charges sont
les ions sodium Na+ (de charge +e) et les ions chlorure Cl – (de charge –e).
La masse molaire du chlorure de sodium est : MNaCl = MNa + MCl .
Le nombre d’ions Na+ et Cl – en solution est donc :
m A 20 × 6,02 ⋅ 10 23
- = ----------------------------------------- = 2,06 ⋅ 10 23 .
n Na + = n Cl – = -------------------------------------
( M Na + + M Cl – ) ( 23 + 35,5 )

Dans l’application numérique, on laisse les masses en g car elles interviennent par un rapport.

Ces ions sont dissous dans un volume V = S, d’où :


n Na + e 2,06 ⋅ 10 23 × 1,6 ⋅ 10 –19
ρ + = --------------
- = ------------------------------------------------------------ = 1,65 ⋅ 10 8 C ⋅ m –3
S ( 0,1 ) 2 × 0,2
n Cl – e
ρ – = -------------
- = – 1,65 ⋅ 10 8 C ⋅ m –3 .
S
Ces deux densités de porteurs contribuent au vecteur densité de courant :
5 2j
j = ρ + v + + ρ – v – = --- ρ + v + , soit : v + = ---------+ .
2 5r

25
Exercices
KA_MPSI.book Page 26 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

3
On a : ρ– = – ρ+ et v – = – -- v + .
2
2 × 10 3
A.N. v + = ----------------------------------8- = 2,42 · 10 –8 m · s –1 et v – = --- v + = 3,65 · 10 –8 m · s –1 .
5 × 1,65 ⋅ 10 2
Les ions sodium vont dans le sens de l’intensité I, les ions chlorure vont dans l’autre sens.

Exercice 3

D’après la définition des différences de potentiel entre deux points, on a :


• u1 = VA – VB , d’où VB = VA – u1 = 7 – 4 = 3 V.
• u2 = VC – VB , d’où VC = VB + u2 = 3 + 2 = 5 V.
• u3 = VB – VD , d’où VD = VB – u3 = 3 – 1 = 2 V.
• u4 = VD – VE , d’où VE = VD – u4 = 2 – 2 = 0 V.
Le point E, de potentiel nul, est relié à la masse.

Exercice 4

a) On dénombre 6 mailles dans le circuit :


ACBA ; BCDEB ; ACDA ; ABEDA ; ABEDCA ; ABCDA.
b) 3V 3V
B E C D B E
B

8V 6V 6V 8V

C D
3V C D A 3V
4V
A A
4V
ACBA BCDEB ACDA ABEDA

3V
B E B

8V 8V 6V
C D
D C
3V 3V

A
A
4V
ABEDCA ABCDA

On obtient le système suivant :


– maille ACBA : 3 + 8 – 6 + uAC = 0 (1)

26
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
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– maille BCDEB : –6 + u DC + uED + 3 = 0 (2)


– maille ACDA : uAC + uCD – 4 = 0 (3)
– maille ABEDA : 3 + 8 – 3 + u DE + 4 = 0 (4)
– maille ABEDCA : 3 + 8 – 3 + u DE + uCD + uAC = 0 (5)
– maille ABCDA : 3 + 8 – 6 + u DC + 4 = 0. (6)
Les relations (1), (4) et (6) permettent de définir des tensions inconnues : elles sont donc indépendantes.
Les relations (2), (3) et (5) s’obtiennent par combinaison linéaire : elles ne sont donc pas indépendantes.

Par exemple, on a : (5) = (1) + (4) – (6).

c) À partir de (1), (4) et (6), on trouve facilement :


uAC = –5 V ; u DE = –12 V ; u CD = 9 V.

Exercice 5

a) On détermine les intensités cherchées en appliquant la loi des nœuds :


• en A : i1 = i2 + i5 , d’où i5 = i1 – i2 = 2 – 1 = 1 A.
• en B : i2 + i8 = i3 , d’où i8 = i3 – i2 = 0,5 – 1 = –0,5 A.
• en C : i5 = i8 + i6 , d’où i6 = i5 – i8 = 1 – (–0,5) = 1,5 A.
• en D : i3 + i9 = i4 , d’où i9 = i4 – i3 = 1,5 – 0,5 = 1 A.
• en E : i6 = i9 + i7 , d’où i7 = i6 – i9 = 1,5 – 1 = 0,5 A.

Les courants sont algébriques : ils peuvent donc être négatifs.

En F, la loi des nœuds s’écrirait : i 4 + i 7 = i 1 , ce qui est bien vérifié (car 1,5 + 0,5 = 2).

b) On calcule la puissance reçue par un dipôle en étudiant celui-ci en convention récepteur.

De même, on calcule la puissance fournie par un dipôle en se plaçant en convention générateur.

• La puissance reçue par le dipôle D2 vaut : u 2 = VA – VB


2 = u2 i2 = (VA – VB )i2 = (7 – 3) × 1 = 4 W.
i2

• La puissance reçue par le dipôle D3 vaut : u 3 = VB – VD


3 = u3 i3 = (VB – VD )i3 = (3 – 2) × 0,5 = 0,5 W.
i3
• La puissance reçue par le dipôle D4 vaut : u 4 = VD – VF
4 = u4 i4 = (VD – VF )i4 = 2 – (–2) × 1,5 = 6 W.
i4
• La puissance reçue par le dipôle D5 vaut : u 5 = VA – VC
5 = u5 i5 = (VA – VC )i5 = (7 – 5) × 1 = 2 W.
i5

• La puissance reçue par le dipôle D6 vaut : u 6 = VC – VE


6 = u6 i6 = (VC – VE )i6 = (5 – 0) × 1,5 = 7,5 W.
i6

• La puissance reçue par le dipôle D7 vaut : u 7 = VE – VF


7 = u7 i7 = (VE – VF )i7 = [0 – (–2)] × 0,5 = 1 W.
i7

27
Exercices
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• La puissance reçue par le dipôle D8 vaut : u 8 = VC – V B


8 = u8 i8 = (VC – VB )i8 = (5 – 3) × (–0,5) = –1 W.
i8

• La puissance reçue par le dipôle D9 vaut : u 9 = VE – VD


9 = u9 i9 = (VE – VD )i9 = (0 – 2) × 1 = –2 W.
i9

Les puissances 2 , 3 , 4 , 5 , 6 et 7 sont positives : les dipôles D2 , D3 , D4 , D5 , D6 et D7 sont des


récepteurs.
Les puissances 8 et 9 sont négatives : les dipôles D8 et D9 sont des générateurs.
c) • La puissance totale reçue par l’ensemble des dipôles est :
9
1 = ∑ Pi = 4 + 0,5 + 6 + 2 + 7,5 + 1 – 1 – 2 = 18 W .
i=2

• La différence de potentiel u1, en convention récepteur, appliquée aux bornes du réseau entre A et F
est :
u1 = VA – VF = 7 – (–2) = 9 V.
La puissance reçue est : 1 = u1i1 = 18 W, donc les résultats sont bien cohérents.

Cette égalité traduit la conservation de l’énergie dans le réseau électrique.

Exercices de niveau 2
Exercice 6

a) Dans le silicium, se déplacent deux types de porteurs de charges :


– les électrons (ρe = –ne e), à la vitesse ve = 0,12 m · s–1 en sens inverse du courant ;
– les trous (ρp = np e), à la vitesse vp = 0,05 m · s–1 dans le sens du courant.
Les deux contributions s’ajoutent pour créer la densité de courant :
j = ne eve + np evp = (neve + npvp)e.

Le vecteur densité de courant j est la somme de deux termes : j e = – n e e v e et j p = n p ev p , colinéaires et de


même sens. On a donc bien : j = j e + jp .
Dans le cas du silicium pur, on a ne = np = ni , d’où :
j = ni e(ve + vp )
= 1,5 · 1016 × 1,6 · 10 –19 × (0,12 + 0,05) = 4,08 · 10 –4 A · m–2.

Malgré une vitesse relativement importante des porteurs de charges, la densité de courant reste faible : le silicium
pur conduit très mal le courant.
2
b) En présence d’impuretés, le produit n e n p = n i est constant, donc la densité de courant vaut :
2 2
 n  ni
j =  n e v e + -----i- v p e, avec n p = ----- .
 n e  ne
• Quand ne → 0, n p devient très grand et j devient très grand :
2
ni
j ≈ n p v p e = -----v p e.
ne

28
Chapitre 1 : Lois générales de l’électrocinétique
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• Quand ne → ∞, n p devient négligeable et j devient très grand :


j ≈ n e v e e.
• La densité de courant passe par un extremum quand la dérivée de j par rapport à ne s’annule et
change de signe. Or, on a :
2
dj  ni  dj v
--------- =  v e – ----2-v p × e, d’où : --------- = 0 pour n e0 = n i ----p- .
dn e  ne  dn e ve

La valeur de j correspondante est alors :


2
 ni 
j 0 = n e0 e ×  v e + ------
2 p
- v = 2n e0 ev e = 2n i e v p v e .
 n e0 

A.N. j 0 = 2 × 1,5 ⋅ 10 16 × 1,6 ⋅ 10 –19 × 0,05 × 0,12 = 3,7 · 10 – 4 A · m –2 .


0,05
n e0 = 1,5 ⋅ 10 16 × ----------- = 9,7 · 10 15 m –3 .
0,12

j (A · m–2)

3,7 · 10 –4
équation : nevee

ne (m–3)
0 9,7 · 1015

La courbe admet deux asymptotes : l’axe des ordonnées en 0 et la droite d’équation j = nevee en +∞.

On remarque que la densité de courant est presque minimale pour le silicium pur. La présence
d’impuretés permet d’augmenter la conduction.

29
Exercices
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CHAPITRE

2 Modélisations
linéaires d’un dipôle
Introduction

Dans ce chapitre, nous étudierons les dipôles en régime permanent, c’est-à-dire parcourus par des
courants constants. De nombreux dipôles ont alors pour caractéristique une droite dans leur
domaine d’utilisation. Dans ce cas, on peut effectuer une modélisation linéaire du dipôle, encore
valable dans l’approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS).

Plan du chapitre 2
A. Caractéristique d’un dipôle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
1. Définition de la caractéristique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2. Dipôles passifs, dipôles actifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3. Point de fonctionnement du circuit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
B. Les conducteurs ohmiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
1. La loi d’Ohm . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2. Effet Joule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3. Association de conducteurs ohmiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
4. Loi des nœuds exprimée en termes de potentiels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
C. Les dipôles générateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
1. Caractéristique d’un générateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2. Les générateurs idéaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3. Modélisation linéaire d’un générateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4. Puissance fournie par un générateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
D. Les dipôles récepteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
1. Modélisation linéaire d’un récepteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2. Association de dipôles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

Méthodes
L’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Énoncés des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

31
KA_MPSI.book Page 32 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

A. Caractéristique d’un dipôle


Dans la suite, les dipôles étudiés vérifient l’approximation des régimes quasi-
stationnaires (ARQS).

A.1. Définition de la caractéristique


1. En convention générateur, on Définition 1
représente la tension ug en
fonction de l’intensité i et en On appelle caractéristique d’un dipôle la courbe représentant la tension u
convention récepteur, on à ses bornes en fonction de l’intensité i du courant qui le traverse. La carac-
représente la tension ur en téristique d’un dipôle dépend de la convention choisie1.
fonction de l’intensité i.

2. Les deux caractéristiques


On peut tracer deux sortes de caractéristiques :
u = f ( i ) et i = f ( u ) sont fonctions – la caractéristique tension-courant u = f ( i ) (l’intensité i est en abscisses et
réciproques l’une de l’autre. Les la tension u en ordonnées) ;
courbes se déduisent alors l’une de
l’autre par symétrie par rapport à la – la caractéristique courant-tension i = f ( u ) (la tension u est en abscisses et
première bissectrice du repère. l’intensité i en ordonnées)2.
Si la caractéristique est une droite, on dit qu’elle est linéaire. On parle parfois
de dipôle linéaire.

A.2. Dipôles passifs, dipôles actifs


u
Lors du passage du courant, un transfert d’énergie s’effectue du dipôle vers
le milieu extérieur.

A.2.1 - Les dipôles passifs


Un dipôle est passif lorsque l’énergie électrique qu’il reçoit est complètement
0
dégradée en énergie thermique. La puissance électrique r reçue par le dipôle
i
est positive : c’est donc un récepteur.
La caractéristique tension-courant u = f ( i ) d’un dipôle passif passe par l’ori-
Fig. 1 - Caractéristique tension-
courant d’un dipôle passif (tracée
gine des axes (fig. 1). En convention récepteur, elle appartient aux deux qua-
en convention récepteur). drants du plan :
(u  0 et i  0) et (u  0 et i  0).
Exemples de dipôles passifs : les conducteurs ohmiques, les diodes, de nom-
breux composants électroniques.

A.2.2 - Les dipôles actifs


Un dipôle est actif lorsqu’une partie de l’énergie qu’il fournit au milieu exté-
rieur n’est pas de l’énergie thermique.
u • Les générateurs convertissent de l’énergie en énergie électrique qu’ils four-
nissent au circuit. Par exemple, il y a conversion d’énergie chimique en éner-
récepteur générateur gie électrique dans une batterie ou une pile. La puissance électrique g
fournie par le générateur est positive.
• Les récepteurs convertissent de l’énergie électrique en une autre forme
0 i d’énergie. Par exemple, il y a conversion d’énergie électrique en énergie
récepteur mécanique dans un moteur électrique. La puissance électrique r reçue par
le récepteur est positive.
Fig. 2 - Caractéristique tension-
courant d’un dipôle actif (tracée La caractéristique tension-courant u = f ( i ) d’un dipôle actif ne passe pas par
en convention générateur). l’origine des axes (fig. 2).

32
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
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Remarque
Les fonctionnements d’un récepteur et d’un générateur sont semblables.
Un moteur convertit de l’énergie électrique en énergie mécanique, récupérée
grâce au couple exercé sur l’arbre du moteur en rotation. À l’inverse, un cou-
ple moteur est exercé sur l’arbre d’une génératrice, qui, en tournant, convertit
de l’énergie mécanique en énergie électrique.
De même, lorsqu’elle se décharge, une batterie convertit de l’énergie chimi-
que en énergie électrique. En revanche, lorsqu’elle se charge, elle fonctionne
en récepteur : l’énergie électrique est ainsi convertie en énergie chimique.

A.3. Point de fonctionnement du circuit


i
u générateur

u récepteur

G R M
uM

i
0 iM
a. b.
Fig. 3 - Le point de fonctionnement M du circuit est à l’intersection des deux caractéristiques.

On considère le circuit constitué par un dipôle générateur (G) et un dipôle


récepteur (R) passif ou actif (fig. 3a). La tension u aux bornes des deux dipô-
les est la même et l’intensité i du courant qui les traverse est égale.
On représente sur un même graphe les caractéristiques tension-courant des
deux dipôles (fig. 3b) : la caractéristique de G est tracée en convention géné-
rateur et la caractéristique de R est tracée en convention récepteur.
L’intersection des deux courbes définit le point de fonctionnement M du
montage : l’abscisse i représente l’intensité du courant dans le circuit et
u l’ordonnée u la tension commune aux deux dipôles.

B. Les conducteurs ohmiques


B.1. La loi d’Ohm
0 i La caractéristique d’un conducteur ohmique est une droite passant par l’ori-
gine des axes (fig. 4).
Fig. 4 - Caractéristique tension-
courant d’un conducteur ohmique
Loi 1
(tracée en convention récepteur).
En convention récepteur, un conducteur ohmique vérifie la loi d’Ohm1 :
u tension en volt (V)
1. Georg Simon Ohm (1789-1854), i intensité en ampère (A)
physicien allemand, énonça en
u = Ri
1827 les lois fondamentales de R résistance en ohm (Ω)
l’électricité et introduisit la notion
de force électromotrice (fém).
On définit de même la conductance G du conducteur ohmique, exprimée en
2. On a : 1 S = 1 Ω–1. siemens (S) 2 :
1
G = ---- , d’où : i = Gu.
R

33
Cours
KA_MPSI.book Page 34 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

B.2. Effet Joule


1. James Prescott Joule La puissance reçue par un conducteur ohmique, appelée effet Joule1 et
(1818-1889), physicien britannique, entièrement dégradée sous forme thermique, a pour expression :
étudia l’énergie thermique dégagée
par les conducteurs en 1841 et P r = Ri 2 = Gu 2 , avec R en Ω et G en S.
établit en 1842 l’équivalent
mécanique de la calorie. Dans un premier temps, la température du conducteur ohmique augmente
jusqu’à atteindre une valeur constante. Lorsque l’équilibre thermique est
atteint, la puissance thermique dissipée par le conducteur ohmique est alors
égale à la puissance électrique reçue par le dipôle.

B.3. Association de conducteurs ohmiques


B.3.1 - Division de tension (association série)

R1 R2 Rk Rn
R éq = ∑ Rk
k
i i

u1 u2 uk un u
u
Fig. 5 - Association série de n conducteurs ohmiques et résistance équivalente.

On considère l’association en série de n conducteurs ohmiques traversés par


le même courant d’intensité i (fig. 5). En convention récepteur, la tension u
totale aux bornes de l’association vaut (addition des tensions) :

u = ∑k uk = ∑k Rk i =  ∑k Rk i, soit : u = R éq i avec R éq = ∑k Rk .


L’association série de n conducteurs ohmiques de résistances Rk est équiva-
lente à un conducteur ohmique unique de résistance :

R éq = ∑k Rk .

La tension uk aux bornes du conducteur ohmique de résistance Rk vaut :


Rk
u k = R k i, soit : u k = --------u.
R éq

Diviseur de tension
Dans l’association série de n conducteurs ohmiques, la tension uk aux bor-
2. Pour appliquer la propriété de nes du conducteur ohmique de résistance Rk est2 :
division de tension, il faut veiller, Rk Rk
d’une part, à ce que la même u k = ---------u = --------------- u.
intensité i traverse tous les
conducteurs ohmiques, et d’autre
R éq
∑k
R k

part, à ce que la tension totale u soit


égale à la somme des tensions uk à
leurs bornes. Exemple : si les conducteurs ohmiques de résistance R1 et R2 sont associés en
série, alors la tension u1 aux bornes de la résistance R1 vaut :
R1
u 1 = -------------------- u.
R1 + R2

34
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 35 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

B.3.2 - Division de courant (association parallèle)


i i

1
R 1 = -------
1
R 2 = -------
1
R k = -------
1
R n = ------- ⇔ u G éq = ∑ G k
u G1 G2 Gk Gn k

i1 i2 ik in

Fig. 6 - Association parallèle de n conducteurs ohmiques et conductance équivalente.

On considère l’association en parallèle de n conducteurs ohmiques soumis à


la même tension u (fig. 6). En convention récepteur, l’intensité i totale du
courant traversant l’association vaut (loi des nœuds) :

i = ∑k ik = ∑k Gk u =  ∑k Gk u, soit : i = G éq u avec G éq = ∑k Gk .


L’association parallèle de n conducteurs ohmiques de conductances Gk est
1 1
1. On a : G éq = -------- =
R éq ∑R------ .
k
équivalente à un conducteur ohmique unique de conductance1 :
∑k Gk .
k
G éq =

L’intensité ik dans le conducteur ohmique de conductance Gk vaut :


Gk
i k = G k u, soit : i k = --------- i .
G éq

Diviseur de courant
Dans l’association parallèle de n conducteurs ohmiques, l’intensité ik du
2. Pour appliquer la propriété de courant traversant le conducteur ohmique de conductance Gk est2 :
division de courant, il faut veiller, Gk Gk
d’une part, à ce que tous les i k = ---------- i = ---------------i .
conducteurs ohmiques soient
soumis à la même tension u, et
G éq G ∑k k

d’autre part, à ce que l’intensité


totale i soit égale à la somme des Exemple : si les conducteurs ohmiques de résistance R1 et R2 sont associés en
intensités ik les traversant.
parallèle, alors l’intensité i1 traversant la résistance R1 est :
G1 1 R1 R2 R2
i 1 = ------- i , soit : i 1 = ------ × -------------------- × i = -------------------- i .
G R1 R1 + R2 R1 + R2

Application 1 Résistance équivalente à un réseau A A′


Dans le montage schématisé ci-contre, on a : R1 = 2,0 kΩ ;
R1
R2 = 2,0 kΩ et R3 = 500 Ω. Déterminer la résistance Réq équi- R2 R3
valente au montage entre les points A et B.
Solution B B′
• Les résistances R2 et R3 sont en parallèle entre A′ et B′.
La résistance équivalente R // vaut :
1 1 1 R2 R3
- = 400 Ω .
------ = ------ + ------ , soit : R // = -------------------
R // R2 R3 R2 + R3
• La résistance R // est en série avec R1 entre A et B. La résistance équivalente du montage est donc :
R éq = R 1 + R // = 2,4 kΩ .

35
Cours
KA_MPSI.book Page 36 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

B.4. Loi des nœuds exprimée en termes de potentiels


R1 Rn
A1 N An
i1 in

R2 Rk
i2 ik
A2 Ak
Fig. 7 - Les n conducteurs ohmiques sont reliés au nœud N.

On considère n conducteurs ohmiques reliés en un même nœud N d’un cir-


cuit électrique (fig. 7). La loi d’Ohm appliquée à chaque conducteur ohmi-
1. La tension u k = V Ak – V N est que s’écrit1 :
la tension aux bornes du VA k – VN
conducteur ohmique Rk étudié i k = G k u k = G k ( V A k – V N ) = ----------------------- .
en convention récepteur. Rk
Or , d’après la loi des nœuds en N :
V Ak – V N
i 1 + i 2 + i 3 + … = 0, d’où : ∑k ----------------------
Rk
- = 0.

Théorème 1
Théorème de Millman
La loi des nœuds exprimée en tension s’écrit :
VA VA VA
V N  ------- + ------- + ------- + º = ---------1 + ---------2 + ---------3 + …
1 1 1
 R1 R2 R3  R1 R2 R3

Exprimé en termes de conductances, le théorème de Millman s’écrit :


VN ( G1 + G2 + G3 + º ) = G1 VA + G2 VA + G3 VA + º 1 2 3

Application 2 Calcul du courant dans une résistance N


Déterminer grâce au théorème de Millman l’intensité i du cou-
rant traversant le conducteur ohmique de résistance r. R1 u r R2
Solution A1 A2
Sur le schéma, la masse impose l’origine des potentiels. Le i
u1 u2
potentiel VN représente la tension u = V N – 0 = r i aux bor-
nes de la résistance r. On a en outre : V A1 = u 1 et V A2 = u 2 .
D’où, d’après le théorème de Millman :
u u2 u u2
V N  --- + ------ + ------ = ------1 + ------ , soit : i  1 + ------ + ------ = ------1 + ------ .
1 1 1 r r
 r R 1 R 2 R 1 R 2  R1 R2  R1 R2
Finalement, on obtient :
u u
------1 + ------2
R1 R2 R2 u1 + R1 u2
i = ------------------------------ , soit : i = ------------------------------------------------- .
r r R1 R2 + r ( R1 + R2 )
1 + ------ + ------
R1 R2

36
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 37 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C. Les dipôles générateurs


C.1. Caractéristique d’un générateur
La caractéristique d’un dipôle générateur ne passe pas par l’origine des axes.
En convention générateur, il s’agit d’une courbe quelconque, difficilement
exploitable. En pratique, cependant, les conditions d’utilisation sont telles
que seule une petite partie de la caractéristique est concernée. Localement, la
caractéristique d’un générateur réel peut donc être modélisée par une droite.

C.2. Les générateurs idéaux


Les modèles idéaux des générateurs ont des caractéristiques linéaires.

C.2.1 - Générateur de tension idéal


Définition 2
Un générateur idéal de tension (fig. 8) délivre une tension constante E quel
que soit le courant i, positif ou négatif, débité par celui-ci.

La caractéristique u = f ( i ) d’un générateur idéal de tension est une droite


horizontale.
La puissance fournie par un tel générateur est g = Ei.

E E
i
0 i

u = E
Fig. 8 - Schématisation d’un générateur idéal de tension et caractéristique
en convention générateur.

C.2.2 - Générateur de courant idéal


Définition 3
Un générateur idéal de courant (fig. 9) délivre un courant d’intensité cons-
tante η quelle que soit la tension, positive ou négative, aux bornes de celui-ci.

La caractéristique u = f ( i ) d’un générateur idéal de courant est une droite


verticale.
La puissance fournie par un tel générateur est g = ηu.

u
i = η
i = η
0 η i
u

Fig. 9 - Schématisation d’un générateur idéal de courant et caractéris-


tique en convention générateur.

37
Cours
KA_MPSI.book Page 38 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C.2.3 - Association de générateurs idéaux


• Association série de générateurs de tension idéaux

i i

E1 E2 Ek En u = E éq = ∑ Ek
k
u
Fig. 10 - Association série de n générateurs idéaux de tension et générateur équivalent.

On considère l’association en série de n générateurs de tension idéaux (fig. 10).


L’intensité du courant traversant chaque générateur est la même.
Par additivité des tensions, l’association série est équivalente à un générateur
de tension idéal unique tel que :
E éq = ∑k Ek .
• Association parallèle de générateurs de courant idéaux
i i = η éq

u η1 η2 ηk ηn ⇔ u η éq = ∑ ηk
k

Fig. 11 - Association parallèle de n générateurs idéaux de courant et générateur équivalent.

On considère l’association en parallèle de n générateurs de courant idéaux


(fig. 11). La tension aux bornes de chaque générateur est la même. D’après
la loi des nœuds, l’association parallèle est équivalente à un générateur de
courant idéal unique tel que :
h éq = ∑k hk .
C.3. Modélisation linéaire d’un générateur
C.3.1 - Représentation de Thévenin
u • Modèle de Thévenin
E Définition 4

u = E – Ri Dans un domaine où elle est linéaire, la caractéristique u = f ( i ) d’un


générateur réel a pour équation (en convention générateur) :
u = E – Ri,
0 où E est la force électromotrice (fém) du générateur en volt (V) et R sa
i
résistance interne en ohm (Ω).
E
R La fém E est l’ordonnée à l’origine de la droite u = f ( i ). En pratique, elle se
mesure à l’aide d’un voltmètre lorsque le courant débité par le générateur est
i nul : elle est donc égale à la tension à vide aux bornes du générateur (si i = 0,
u = E – Ri on a u = E ).
On peut modéliser le générateur réel ainsi linéarisé par un générateur idéal de
Fig. 12 - Caractéristique
tension E en série avec un conducteur ohmique de résistance R (fig. 12). Ce
tension-intensité d’un générateur
linéaire et modèle de Thévenin modèle, appelé modèle de Thévenin, est valable si le générateur délivre de
associé. faibles courants. La tension u à ses bornes est alors voisine de sa fém E.

38
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 39 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Association série de générateurs linéaires

E1 En
E éq = ∑ Ek
∑ Rk
k
R éq =
R1 Rn k
i i

u u
Fig. 13 - Association série de n générateurs linéaires et générateur de Thévenin équivalent.

On considère l’association en série de n générateurs de Thévenin (Ek , Rk) tra-


versés chacun par la même intensité i (fig. 13). Les lois d’association en série
des générateurs de tension idéaux et des résistances s’appliquent au circuit.

L’association en série de n générateurs de Thévenin (Ek , Rk) est équiva-


lente à un générateur de Thévenin unique (Eéq , Réq) tel que :

E éq = ∑k Ek et R éq = ∑k Rk .

i C.3.2 - Représentation de Norton


η
• Modèle de Norton
i = η – Gu
Définition 5
Dans un domaine où elle est linéaire, la caractéristique i = f ( u ) d’un
générateur réel a pour équation (en convention générateur) :
0 u
i = η – Gu i = h – Gu,
où η est le courant électromoteur (cém) du générateur en ampère (A) et G
sa conductance interne en siemens (S).
η R u
Le cém E est l’ordonnée à l’origine de la droite i = f ( u ). En pratique, il se
mesure à l’aide d’un ampèremètre lorsque la tension aux bornes du généra-
teur est nul : il est donc égal au courant de court-circuit délivré par le généra-
Fig. 14 - Caractéristique teur (si u = 0, on a i = η ).
intensité-tension d’un générateur
linéaire et modèle de Norton On peut modéliser le générateur réel ainsi linéarisé par un générateur idéal de
associé. courant η en parallèle avec un conducteur ohmique de résistance R (fig. 14).
Ce modèle, appelé modèle de Norton, est valable si la tension u aux bornes
du générateur est proche de zéro, c’est-à-dire au voisinage du court-circuit.
• Association parallèle de générateurs linéaires

i i
η éq = ∑ η k
k
1 1 ⇔ u
η1 R 1 = ------- ηn R n = ------- u
G1 Gn
G éq = ∑ G k
k

Fig. 15 - Association parallèle de n générateurs linéaires et générateur de Norton équivalent.

On considère l’association en parallèle de n générateurs de Norton (ηk , Gk)


soumis chacun à la même tension u (fig. 15). Les lois d’association en paral-
lèle des générateurs de courant idéaux et des conductances s’appliquent au
circuit.

39
Cours
KA_MPSI.book Page 40 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L’association en parallèle de n générateurs de Norton (ηk , Gk) est équiva-


lente à un générateur de Norton unique (ηéq , Géq) tel que :
h éq = ∑k hk et G éq = ∑k Gk .

C.3.3 - Passage d’une représentation à l’autre


Dans le modèle de Thévenin, la fém E est égale à la tension à vide aux bornes
du générateur ( i = 0 ). De même, dans le modèle de Norton, le cém η est le
courant de court-circuit délivré par le générateur ( u = 0 ).
Si le générateur est linéaire pour des intensités comprises dans l’intervalle
[0, η] (c’est-à-dire, pour des tensions comprises dans l’intervalle [0, E]), les
modèles de Thévenin et de Norton sont valables. On a alors :
u = E – Ri = E – R ( η – Gu ) = E – Rη + RGu, soit : E – Rη = 0.

Les modèles de Thévenin et de Norton sont équivalents. On passe de l’un


1. Le générateur idéal de tension à l’autre par la relation1 :
du modèle de Thévenin et le
E tension à vide en volt (V)
générateur idéal de courant du
modèle de Northon sont orientés E = Rh R résistance interne en ohm (Ω)
dans le même sens. η courant de court-circuit en ampère (A)

Application 3 Générateur de courant


Un générateur électrochimique linéaire délivre une tension à vide E = 1,5 V. Sa résistance interne
vaut R = 150 Ω . Donner les représentations de Thévenin et de Norton de ce générateur.
Solution
Dans le modèle de Norton, le générateur de courant idéal associé délivre une intensité :
E 1,5
η = ---- = --------- = 10 mA.
R 150
Les représentations équivalentes de Thévenin et de Norton du générateur sont donc :
i
E = 1,5 V
R = 150 Ω
⇔ η = 10 mA u
i
u R = 150 Ω

C.4. Puissance fournie par un générateur


La puissance électrique fournie par un générateur est :
 g = ui,
où i est l’intensité du courant traversant le générateur et u la tension à ses bor-
nes en convention générateur.
• Dans la représentation de Thévenin, on a :
2. La puissance électrique fournie u = E – Ri, d’où :  g = Ei – Ri 2 .
par la résistance interne,
négative, est –Ri 2. Elle correspond
– Le terme Ei représente la puissance fournie par le générateur idéal de tension.
à la puissance électrique reçue – Le terme Ri 2 représente la puissance dissipée par effet Joule dans la résis-
positive Ri 2. tance interne2.

40
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 41 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Dans la représentation de Norton, on a :


i = η – Gu, d’où :  g = hu – Gu 2 .
– Le terme ηu représente la puissance fournie par le générateur idéal de courant.
– Le terme Gu 2 représente la puissance dissipée par effet Joule dans la résis-
1. La puissance électrique fournie tance interne1.
par la résistance interne est –Gu 2.
Elle correspond à la puissance
électrique reçue positive Gu 2.

D. Les dipôles récepteurs


D.1. Modélisation linéaire d’un récepteur
D.1.1 - Caractéristique d’un récepteur
i

1
pente ------
Rd
i

u 0 Ud u
Fig. 16 - Schéma d’une diode et caractéristique courant-tension en convention récepteur.

Les caractéristiques de beaucoup de récepteurs peuvent être linéarisées.


Ainsi, la caractéristique courant-tension i = f ( u ) d’une diode est constituée,
en convention récepteur, par deux portions de droites (fig. 16).
• Quand u  U d , l’équation de la portion de droite est i = 0 ; la diode est
équivalente à un coupe-circuit (le courant ne circule pas).
• Quand u  U d , l’équation de la portion de droite est : u = U d + R d i ; la
diode se comporte donc comme un générateur idéal de tension E′ = U d en
série avec un conducteur ohmique de résistance R′ = R d .

D.1.2 - Représentation d’un récepteur


Définition 6
Dans un domaine où elle est linéaire, la caractéristique u = f ( i ) d’un
récepteur réel a pour équation (en convention récepteur) :
u = E¢ + R¢i,
2. La tension E′ est appelée force où E′ est la force contre-électromotrice2 (fcém) du récepteur en volt (V)
contre-électromotrice, car le et R′ sa résistance interne en ohm (Ω).
générateur, orienté dans le sens
récepteur, s’oppose au passage du On peut donc représenter le récepteur selon le modèle de Thévenin (ou ce qui
courant.
est équivalent, de Norton), mais orienté en convention récepteur (fig. 17) :

i = – η¢ + G¢u
E′
R′ i
⇔ E′ R′ u
η′ = ------
R′
u = E′ + R′i
Fig. 17 - Représentations équivalentes d’un récepteur selon les modèles de Thévenin et de Norton.

41
Cours
KA_MPSI.book Page 42 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• En convention générateur, la tension aux bornes du dipôle est opposée :


u = – E′ – R′i, soit : u = E – Ri avec E = – E′ et R = R′.
Un récepteur ( E′, R′ ) est donc équivalent à un générateur ( E = – E′, R = R′ ).
• De même, la fcém d’un générateur utilisé en récepteur est E′ = – E, et sa
résistance interne R′ = R. En convention récepteur, on a bien :
u = – E + Ri, soit : u = E′ + R′i.
Un générateur ( E, R ) est donc équivalent à un récepteur ( E′ = – E, R′ = R ).

D.1.3 - Puissance reçue par un récepteur


La puissance électrique reçue par un récepteur est :
 r = ui, soit :  r = E¢i + R¢i 2 .
– Le terme E′i représente la puissance utile du récepteur, c’est-à-dire la frac-
tion de la puissance électrique reçue par le récepteur pouvant être convertie
1. Dans un moteur électrique, par en une forme d’énergie non thermique.1
exemple, cette puissance est
– Le terme R′i 2 représente la puissance dissipée par effet Joule dans la résis-
convertie en puissance
mécanique. tance interne.

D.2. Association de dipôles


Dans le cas où leurs caractéristiques sont linéaires, on peut modéliser chaque
générateur et chaque récepteur d’une association :
– par un générateur idéal de tension en série avec une résistance (modèle de
Thévenin), s’il s’agit d’une association série ;
– par un générateur idéal de courant en parallèle avec une résistance (modèle
de Norton), s’il s’agit d’une association parallèle.
Dans la convention choisie, on obtient le dipôle équivalent à l’association en
appliquant les lois de l’électrocinétique.

Application 4 Association série d’un générateur et d’un récepteur


Un générateur de fém E et de résistance interne R est monté en série avec un récepteur de fcém E′ et
de résistance interne R′ . À quelle condition cette association est-elle équivalente à un générateur ?
à un récepteur ? (Dans chaque cas, on précisera les caractéristiques du dipôle équivalent.)
E E′
R R′
i

u
Solution
En convention récepteur, la tension u aux bornes de l’association est : E – E′
u = E′ – E + ( R + R′ )i. R + R′ i
• L’association des deux dipôles est un générateur si la fém E est
supérieure à la fcém E′ . La fém de l’ensemble des deux dipôles est
E – E′. La résistance interne du dipôle équivalent est la somme des u
résistances internes R + R′.
• L’association des deux dipôles est un récepteur si la fcém E′ est E – E′
supérieure à la fém E. La fcém de l’ensemble des deux dipôles est R + R′ i
E′ – E. La résistance interne du dipôle équivalent est la somme des
résistances internes R + R′.
u

42
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 43 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

M thodes
L’essentiel
✓ Caractéristique d’un dipôle
• Dans la convention d’étude, on appelle caractéristique d’un dipôle la
courbe d’équation u = f ( i ) (caractéristique tension-courant) ou
i = f ( u ) (caractéristique courant-tension). Si la caractéristique est une
droite, on dit qu’elle est linéaire.
• La caractéristique d’un dipôle passif passe par l’origine des axes ; la
caractéristique d’un dipôle actif ne passe pas par l’origine des axes.
✓ Conducteurs ohmiques
• En convention récepteur, un conducteur ohmique vérifie la loi d’Ohm :
u tension en volt (V)
i intensité en ampère (A)
u = Ri ou i = Gu
R résistance en ohm (Ω)
G conductance en siemens (S)

1
(La conductance G est l’inverse de la résistance R : G = ---- . )
R
• La puissance reçue par un conducteur ohmique (et entièrement dissipée
par effet Joule) vaut :
 j = Ri 2 = Gu 2 .

• L’association série de n résistances Rk est équivalente à une résistance


unique R éq = ∑k Rk . La tension uk aux bornes de Rk est (diviseur de
tension) :
Rk Rk
u k = --------- u = --------------- u, avec u tension aux bornes de l’association.
R éq
∑k Rk

• L’association parallèle de n conductances Gk est équivalente à une


conductance unique G éq = ∑k Gk . L’intensité ik du courant traversant
Gk est (diviseur de courant) :
Gk Gk
i k = ---------- i = ---------------i, avec i intensité du courant traversant l’association.
G éq
∑k Gk

• Si un nœud N d’un circuit est relié à n résistances Rk non nulles, la loi des
nœuds exprimée en tension s’écrit (théorème de Millman) :
VA VA VA
V N  ------- + ------- + ------- + º = ---------1 + ----------2 + ----------3 + º
1 1 1
 R1 R2 R3  R1 R2 R3

✓ Modélisations linéaires de dipôles


• Un générateur idéal de tension délivre une tension constante E quel que
soit le courant i, positif ou négatif, débité par celui-ci. Un générateur
idéal de courant délivre un courant d’intensité constante η quelle que soit
la tension, positive ou négative, aux bornes de celui-ci.

43
Méthodes
KA_MPSI.book Page 44 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Dans un domaine où sa caractéristique est linéaire, on peut représenter un générateur réel par
le modèle de Thévenin (E, R) ou par le modèle de Norton (η, R) équivalent :
η

E
R E = Rh i = η – Gu
i

R
u = E – Ri
u
E est la force électromotrice (fém) du générateur en volt (V) et R sa résistance interne en ohm (Ω).
• Dans un domaine où sa caractéristique est linéaire, on peut représenter un récepteur réel par
le modèle de Thévenin (E′, R′) équivalent :
η′

E′
R′ E ¢ = R ¢h ¢
i i = – η′ + G′u

R′
u = E′ + R′i
u
E′ est la force contre-électromotrice (fcém) du récepteur en volt (V) et R′ sa résistance interne
en ohm (Ω).
(Formellement, un générateur (E, R) est équivalent à un récepteur (E′ = – E, R′ = R) et vice
versa.)

Mise en œuvre
Méthode n° 1

Comment appliquer les lois de Kirchhoff à un circuit ramifié ?


Lorsqu’un circuit est constitué de plusieurs mailles, l’écriture systématique des lois de Kirchhoff conduit
généralement à un excès d’information. Comment être sûr de n’écrire que des relations nécessaires ?

➜ Savoir faire

➊ Dénombrer les nœuds (n) et les mailles indépendantes (m) dans le circuit.
➋ Écrire (n – 1) lois des nœuds entre les intensités. Le dernier nœud conduit à une relation
redondante. (Le nœud inutilisé est indifférent.)
➌ Écrire (m) lois des mailles. (Des mailles sont indépendantes si elles comportent chacune un
dipôle que ne comportent pas les autres.)
➍ Injecter les caractéristiques des dipôles dans les lois des mailles, de façon à n’obtenir que
des relations entre les intensités (et les grandeurs caractéristiques des dipôles).
➎ Résoudre le système constitué de b équations dont les b intensités sont les inconnues.

En écrivant toutes ou certaines de ces équations sans précaution, on risque de « tourner en rond » ou
d’aboutir à « 0 = 0 ».

44
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 45 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➜ Application
Déterminer les intensités dans le circuit schématisé ci-dessous en fonction des données du problème.
R1 R2
i1 A i2 B
i4

E1 E5 R3 R4

i5 i3
C i6 D

Solution
➊ On dénombre n = 4 nœuds A, B, C et D, et m = 3 mailles indépendantes.
➋ On écrit donc 3 lois des nœuds (le nœud inutilisé est indifférent) :
 au nœud A : i 1 + i 2 – i 5 = 0

 au nœud B : i 2 + i 3 + i 4 = 0

 au nœud C : i 5 – i 1 – i 6 = 0.
➌ On écrit donc 3 lois des mailles. Le fléchage des tensions est arbitraire à ce stade.
u1 u2
i1 i2

R1 R2 i4

E1 E5 R3 u3 R4 u4

maille 1 maille 2 i3 maille 3

i6

 maille 1 : E 1 – U 1 – E 5 = 0

 maille 2 : E 5 + U 2 – U 3 = 0

 maille 3 : U 3 – U 4 = 0.
➍ On injecte les caractéristiques en prenant garde aux conventions de fléchage des tensions. Sur
cet exemple, toutes les résistances ont été fléchées en convention récepteur.
 U1 = R1 i1
  E1 – R1 i1 – E5 = 0
 U2 = R2 i2 
 ⇒  E5 + R2 i2 – R3 i3 = 0
 U3 = R3 i3 
  R 3 i 3 – R 4 i 4 = 0.
 U4 = R4 i4
➎ Le système complet comporte six équations et six inconnues :
E1 – E5
 i 1 = ------------------
- (4)
 i1 – i2 – i5 = 0 (1)  R1
 i = R 3
------i (6)
 i2 + i3 + i4 = 0 (2) 4 R4 3
 
 i5 – i1 – i6 = 0 (3)   R 3
⇒  i 2 +  1 + ------ i = 0 (2) + (6)

(4) R 4 3
 E1 – R1 i1 – E5 = 0 
  E5 + R2 i2 – R3 i3 = 0 (5)
 E5 + R2 i2 – R3 i3 = 0 ( 5 ) 
 (6)  i5 = i1 – i2 (1)
 R3 i3 – R4 i4 = 0 
 i6 = i5 – i1 (3)

45
Méthodes
KA_MPSI.book Page 46 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

E1 – E5 E1 – E5
i 1 = ------------------
- (4)  i 1 = ------------------
-

R1  R1
 
i2 –E5
 i = --------------------------------
i 3 = – ---------------- (2) + (6)  2 -
 R 3 
R3 R4
 1 + ------ R 2 + --------------------
 R4  R3 + R4
  i  
E + R i + R  ---------------- 2   R4 E5
3 = 0 (5)  i 3 = ---------------------------------------------------
-
 5 2 2
R 3 ⇒  R ( R + R4 ) + R3 R4
  1 + ------ 2 3
 R4  R3 E5
R3
i = ------i (6)  i = --------------------------------------------------- -
 4 3  4
R ( R + R4 ) + R3 R4
R4  2 3
 
i = i + i (1) E1 – E5 E5
5 1 2  i 5 = ------------------
- – --------------------------------
-
i = i – i = i  R1 R3 R4
(3) + (1)  R 2 + --------------------
6 5 1 2
 i6 = i2 . R3 + R4

La résolution d’un système linéaire d’ordre élevé est rarement demandée en physique ; elle est
cependant au programme de l’enseignement de mathématiques.

On pourra remarquer que les nœuds C et D de cet exemple sont équipotentiels car reliés par un fil. Si on choisit
de ne dénombrer que trois nœuds en les réunissant, l'intensité i 6 de la branche qui les sépare disparaît. On a
alors m = 3, n = 3, ce qui conduit aux mêmes résultats.

Méthode n° 2

Comment réduire un circuit linéaire à un générateur réel unique ?


Un circuit constitué uniquement de générateurs idéaux de tension, de générateurs idéaux de courant
et de conducteurs ohmiques est équivalent à un générateur réel unique. On se propose de déterminer
les caractéristiques de ce générateur.

➜ Savoir faire

➊ Substituer un générateur de tension idéal unique à tous les générateurs de tension associés en
série sur la même branche. Les forces électromotrices E k s’additionnent algébriquement.
➋ Substituer un générateur de courant idéal unique à tous les générateurs de courant associés
en parallèle. Les courants électromoteurs ηk s’additionnent algébriquement.
➌ Substituer un conducteur ohmique à tous les conducteurs ohmiques associés en série sur la
même branche (les résistances s’ajoutent).
Substituer de même un conducteur ohmique unique à tous les conducteurs ohmiques asso-
ciés en parallèle (les conductances s’ajoutent).
➍ Convertir les générateurs de Thévenin en générateurs de Norton (et vice versa) si cela per-
met des simplifications. Reprendre alors au ➊.
– Dans le cas d’une association parallèle des générateurs, ou convertit tous les générateurs
de Thévenin en générateurs de Norton.
– Dans le cas d’une association série des générateurs, on convertit tous les générateurs de
Norton en générateurs de Thévenin.

46
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 47 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➜ Application
Montrer que le dipôle AB schématisé ci-dessous est équivalent à un générateur réel dont on précisera
les caractéristiques.
40 V
15 Ω
A

40 Ω
40 Ω

0,6 A 0,4 A

80 Ω
100 V 20 V
25 Ω

B
20 V

Solution
Zone 1
A

15 Ω
40 Ω

40 Ω

40 V 0,6 A 0,4 A

80 Ω
100 V 20 V 20 V
25 Ω

➊ Trois générateurs de tension idéaux sont associés en série (zone 1).


15 Ω
A
40 Ω

40 Ω

0,6 A 0,4 A
80 Ω

80 V 20 V
25 Ω

Zone 2 B

➋ Deux générateurs de courant idéaux sont associés en parallèle (zone 2).

A
15 Ω
40 Ω
80 Ω

80 Ω

1A

80 V 20 V
25 Ω
B
Zone 3

47
Méthodes
KA_MPSI.book Page 48 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➌ Trois résistances associées en série peuvent être combinées (zone 3).


A

80 Ω

40 Ω

80 Ω
1A

80 V 20 V

➍ Deux générateurs de Thévenin en parallèle sont convertis en générateurs de Norton :


E
E = Rη, d’où : η = ---- .
R

A
80 Ω

40 Ω

80 Ω
1A 0,5 A 1A

B
➋ et ➌ Les trois générateurs de courant idéaux et les trois résistances sont associés en parallèle. On
obtient ainsi les représentations de Norton et de Thévenin du générateur réel unique équivalent.
20 Ω
A A
20 Ω

2,5 A ⇔ 50 V

B B

Méthode n° 3
Comment exploiter les symétries d’un réseau
de résistances identiques ?
Une association de résistances est trop ramifiée pour une simplification directe, mais avec un fort
degré de symétrie. On souhaite calculer la résistance entre deux points A et B du réseau.

➜ Savoir faire

➊ Recenser les plans de symétrie du réseau (les plans de symétrie laissent le réseau et les points
A et B invariants).
➋ Attribuer à deux points symétriques le même potentiel.
➌ Identifier le plan d’antisymétrie du réseau (ce plan laisse le réseau invariant mais échange
les points A et B).
➍ Attribuer le même potentiel à tous les points du réseau qui appartiennent au plan d’antisy-
métrie.
➎ Redessiner le réseau en réunissant tous les points de même potentiel. Vérifier que toutes les
résistances ont été replacées sur cette figure.

48
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 49 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➏ Calculer la résistance équivalente par association série-parallèle.

La recherche des plans de symétrie ou d’antisymétrie peut amener à « couper » une résistance R en
R
deux résistances --- placées en série.
2

➜ Application
Un cube est constitué de 12 arêtes présentant
une même résistance R. On cherche la résistance
lue par un ohmmètre placé entre deux points A
et B du cube.
B

Solution
A
➊ Le plan de symétrie PS contient la diagonale
AB, il est perpendiculaire au plan contenant V1
ces points.
➋ Dans ces conditions, deux sommets symétri- V1
ques ont le même potentiel V1 , deux autres
plan de symétrie PS
ont un potentiel V2 .
➌ Le plan d’antisymétrie PA est perpendiculaire
au précédent, il contient les points de poten- V2
tiels V1 et V2 . B
➍ Les quatres points précédents sont au même
potentiel V1 = V2 car ils appartiennent au plan A V2 plan d’antisymétrie PA
d’antisymétrie.
➎ Le cube se simplifie comme suit :
V1 V4

V3 V1

V3 V4

V1 B A V1 B

A V1

Chaque segment désigne une résistance ; il y a par exemple deux segments entre A et V1 car deux
résistances relient ces deux potentiels sur le cube réel.
Sur cet exemple, deux résistances relient des points de même potentiel V1 ; elles n’entrent plus
en compte dans le calcul de la résistance équivalente.
➎ Les associations série-parallèle conduisent à :
R R
R ---- ---- R
2 2

R R
A ---- V1 ---- B
2 2

49
Méthodes
KA_MPSI.book Page 50 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

R R


3 ---- 3 ----
2 2

A V1 B

R R
---- ----
2 2


A V1 B

R R
3 ---- 3 ----
8 8


3R
R AB = -------- .
4

Méthode n° 4

Comment associer à un dipôle quelconque une caractéristique


linéaire par morceaux ?
Certains dipôles n’ont pas une caractéristique linéaire. On se propose de découper leur caractéristique
en différentes zones, puis d’associer un modèle linéaire à chacune d’elles.

➜ Savoir faire

➊ Identifier les différentes zones de validité des modèles linéaires sur la caractéristique réelle du
composant.
➋ Mesurer la pente moyenne de la courbe sur chacune de ces zones. En déduire la résistance
de chaque modèle (égale à la valeur absolue de la pente moyenne).
➌ Mesurer la tension à vide de chaque zone en prolongeant la modélisation linéaire jusqu’à
l’axe (i = 0).
➍ Donner le générateur réel associé à chaque zone de la caractéristique, assorti du domaine
de validité de ce modèle.
Le dipôle peut être un générateur ou un récepteur.

➜ Application
Un dipôle actif présente la caractéristique courant-tension expérimentale suivante, donnée en con-
vention récepteur. Proposer une caractérisation linéaire par morceaux.

i (mA)
600
i 400
200
u (V)
u D –8 0 2 4 6 8 10
– 200
– 400
– 600
– 800

50
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 51 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➊ Sur la caractéristique, on identifie trois zones :


 zone 1 : u  8 V

 zone 2 : u ∈ [ 8 V ; 10 V ]

 zone 3 : u  10 V.
∆i ∆u
➋ On mesure sur ces trois zones la pente ------- et on en déduit la résistance R = ------- .
∆u ∆i
∆i 200 ⋅ 10 –3
– Zone 1 : ------- = ------------------------- = 0,0125 Ω –1 , soit R1 = 80 Ω.
∆u 16
∆i 600 ⋅ 10 –3
– Zone 2 : ------- = ------------------------- = 0,3 Ω –1 , soit R2 = 3,33 Ω.
∆u 2
∆i
– Zone 3 : ------- = 0 Ω –1 , soit R3 infinie.
∆u
➌ On mesure la tension à vide en déterminant l’abscisse de l’intersection du morceau de la carac-
téristique considéré avec l’axe des abscisses.
– Zone 1 : on prolonge la caractéristique jusqu’à l’axe des abscisses et on lit U1 = 56 V.
– Zone 2 : on lit directement sur le graphe U2 = 10 V.
– Zone 3 : U3 n’est pas définie.

i (mA)

56 V
0 U1 u (V)

➍ Les trois modélisations linéaires sont donc (en représentation de Thévenin) :

56 V 10 V
80 Ω i 3,33 Ω i i

u u u

pour u  8 V : pour 8 V  u  10 V : pour u  10 V :


u = 56 + 80i. u = 10 + 3,33i. i = 0.

Méthode n° 5
Comment déterminer le point de fonctionnement d’un dipôle
linéaire par morceau ?
Soit D un dipôle linéaire par morceau inséré dans un circuit linéaire. On souhaite déterminer le
point de fonctionnement de D.

51
Méthodes
KA_MPSI.book Page 52 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➜ Savoir faire

➊ Réduire la partie linéaire du courant à un générateur réel unique.


Pour chaque morceau linéaire de la caractéristique :
➋ Connecter au générateur réel le modèle linéaire associé à la caractéristique. Préciser le domaine
de validité du modèle.
➌ Déterminer le point de fonctionnement ( u, i ) du dipôle D pour le modèle choisi.
➍ Déterminer la condition de validité de ce point de fonctionnement.

Si la caractéristique de D est continue, les différentes conditions de validité doivent se compléter.

➜ Application
Une diode de signal est modélisée par deux demi-droites affines. Sa caractéristique en convention
récepteur est donnée ci-dessous.

i
i

1  u  U D , alors i = 0.
u pente -------- 
RD
 u – UD
 u  U D , alors i = -----------------.
RD

u
0 UD

Déterminer le point de fonctionnement de ce dipôle lorsqu’il est inséré dans le circuit suivant.

R1

E1 R2 η2

Solution
➊ La portion linéaire de circuit se réduit à un générateur réel unique en convertissant le générateur
de Norton (η2 , R2) en générateur de Thévenin et en appliquant les règles d’association série.

R1 R1+ R2

R1
i
R2η2

E1 E1 – R2η2 u

R2 R2
E1

52
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 53 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Domaine u  UD
➋ La diode est modélisée par un interrupteur ouvert (i = 0). La fém du générateur réel se reporte
à ses bornes.

R1 + R2

E1 – R2η2 u

➌ Le point de fonctionnement du circuit est alors :


(u = E1 – R2 h2 ; i = 0).
➍ Ce point est valable pour u  UD , soit :
E1 – R2 η 2  UD , soit : E1  UD + R2 h 2 .

• Domaine u  UD
➋ La diode est modélisée par un récepteur réel de fcém UD et de résistance interne RD . On a donc
le schéma équivalent ci-dessous :

R1 + R2
i

RD
E1 – R2η2
u
UD

– La loi des mailles dans le circuit s’écrit :


E1 – R2 η2 – UD
E1 – R2η2 = (R1 + R2) i + RD i + UD , d’où : i = ---------------------------------------- .
R1 + R2 + RD
– La tension aux bornes de la diode est :
E1 – R2 η2 – UD
u = U D + R D i = U D +  ---------------------------------------- R D
 R1 + R2 + RD 
( R 1 + R 2 )U D + ( E 1 – R 2 η 2 )R D
= ------------------------------------------------------------------------------- .
R1 + R2 + RD
➌ Le point de fonctionnement du circuit est alors :
( R 1 + R 2 )U D + ( E 1 – R 2 h 2 )R D
 u = -------------------------------------------------------------------------------- E1 – R2 h2 – UD
-; i = -----------------------------------------  .
 R1 + R2 + RD R1 + R2 + RD 
➍ Ce point est valable pour u  UD, soit :
E1 – R2 η2 – UD
-  UD ,
U D + --------------------------------------- soit : E1  UD + R2h2.
R1 + R2 + RD

Cette condition est bien complémentaire de la précédente, ce qui était prévisible car la caractéristique de la
diode est continue.

53
Méthodes
KA_MPSI.book Page 54 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Énoncés des exercices

Exercices
Niveau 1 Déterminer la résistance R, la puissance reçue par la
diode et la puissance fournie par le générateur.
d) On modélise la caractéristique de la diode par
Ex. 1 Caractéristique d’une pile deux droites. Préciser les droites modélisant le mieux
Lors de l’étude d’une pile, on a mesuré la tension u à la diode.
ses bornes et le courant i qu’elle débite.
e) On utilise le modèle établi en d) pour la diode. Elle
est branchée sur un générateur de tension idéal
u (V) 1,5 1,45 1,4 1,35 1,2 0,9 0,5 0
E = 1,5 V, placé en série avec une résistance R variable.
i (mA) 0 50 100 150 200 250 300 350
R
i
i

E u
u
pile

Tracer la courbe donnant la puissance  reçue par la


a) Décrire un mode opératoire pour les mesures.
diode en fonction de R.
b) Tracer la caractéristique u(i).
c) À faible intensité, la pile est modélisable par un Ex. 3 Adaptation d’impédance
générateur de Thévenin. Le déterminer.
Un générateur modélisé par son modèle de Thévenin
d) Quelle est, expérimentalement, l’intensité maxi- (E, R i ) est branché sur une résistance variable R.
male que peut débiter la pile pour conserver une
a) Déterminer le courant circulant dans la résistance R.
caractéristique linéaire ?
b) Déterminer la puissance  dissipée par effet Joule
Ex. 2 Caractéristique d’une diode dans la résistance R. Tracer la courbe (R).

Lors de l’étude d’une diode, on a tracé la caractéris- c) Pour quelle valeur R 0 de R la puissance dissipée
tique suivante : dans la résistance est-elle maximale ? On parle alors
d’adaptation d’impédance.
– pour u  0,3 V : i = 0 ;
– pour u  0,7 V, la caractéristique est linéaire, pas-
sant par les points : Ex. 4 Théorème de Millman
A(u = 1 V ; i = 100 mA) et B(u = 2 V ; i = 300 mA). a) Énoncer la loi des nœuds exprimée en tension pour
déterminer le potentiel VN du nœud N dans le mon-
u (V )
tage ci-dessous. En déduire le courant i dans la résis-
B tance R.
2
R1 R3
i N

u 1 A
i
R2
E1 E3
R
100 200 300 i (mA)
E2
a) Comment peut-on tracer la caractéristique d’une
telle diode ?
;

b) Dans sa partie linéaire (u  0,7 V), donner un


modèle équivalent à la diode. b) Rependre l’exercice en remplaçant les générateurs
;

c) On branche aux bornes de la diode un générateur de Thévenin (Ek , Rk ) par des générateurs de Norton.
de tension de force électromotrice E = 1,5 V et de En déduire alors la source de Thévenin branchée aux
résistance interne R. bornes de la résistance R et le courant circulant dans
Le courant dans la diode vaut alors I = 100 mA. cette résistance.

54
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 55 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Ex. 5 Théorème de superposition u


a) Déterminer, par application des lois de Kirchhoff,
le courant I1 circulant dans la résistance R1 du mon- i pente R′
tage ci-dessous. E′
u i
I1 –E′

pente R′
R1 R2 R3
a) On a E2 = 6 V. Déterminer le courant i dans l’élec-
trolyseur.
E1 E2 E3 b) Reprendre l’étude quand E2 = 1 V. Déterminer à
nouveau le courant i.
;;
;
Ex. 8 Alimentation d’un moteur
b) • Que vaut le courant, noté I11 , quand E2 = E3 = 0 ?
Un moteur de force contre électromotrice E′ et de
• Que vaut le courant, noté I12 , quand E1 = E3 = 0 ?
résistance interne R′ est alimenté grâce à deux géné-
• Que vaut le courant, noté I13 , quand E1 = E2 = 0 ? rateurs de forces électromotrices respectives E1 et E2
Montrer que l’on a bien : I1 = I11 + I12 + I13 . et de résistances internes respectives R1 et R2 .
Énoncer le théorème de superposition. Déterminer les courants I, I1 et I2 circulant dans le
moteur et les générateurs.
Ex. 6 Calculs de courants (Pour obtenir ce résultat, on appliquera la loi des
Déterminer les courants I1 , I2 et I3 du montage ci- nœuds exprimée en tension.)
dessous. I1 I2
E1
I
R I1 R R1 R2
moteur
E2
E1 E2
R
E3
R
R I2 R Ex. 9 Générateurs de courant
Deux générateurs, modélisés par leur modèle de
I3 Norton :
cém η1 et η2 ; résistance interne R1 et R2 ,
sont placés en série avec une résistance R.
Ex. 7 Alimentation d’un dipôle actif
R1
Le montage étudié est le suivant :

i
R1 R2
η1
R2 η2 R
E1 E2

Le générateur de tension de fém E1 = 1,5 V possède


une résistance interne R1 = 6 Ω ; celui de fém E2 a a) Remplacer les générateurs de Norton par des
une résistance interne R2 = 6 Ω. Le dipôle actif est un générateurs de Thévenin.
électrolyseur de fém E′ = 1,5 V et de résistance b) En déduire la tension aux bornes de la résistance
interne R′ = 3 Ω. Sa caractéristique est représentée R, le courant qui y circule et la puissance dissipée par
sur le graphe ci-dessous. effet Joule.

55
Exercices
KA_MPSI.book Page 56 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Ex. 10 Application des lois de Kirchhoff Le but de l’exercice est de déterminer i en fonction de
E et de R.
Déterminer l’intensité i sur le schéma ci-dessous.
a) Réduire la partie linéaire du circuit à un générateur
2E unique.
R 2R
b) • Déterminer alors la condition portant sur E pour
avoir i = 0.
• À quelle condition a-t-on i  0 ? Déterminer alors i.
2R i 2R αE • À quelle condition a-t-on i  0 ? Déterminer alors i.
Tracer la courbe i = f (E).

2R
Ex. 13 Théorème de Kennely
À quelles conditions les deux montages sont-ils
E équivalents ?
u3
i1 i2

R1 R2
Niveau 2
R3
u2 u1
Ex. 11 Alimentation d’un moteur
montage T
Un moteur est un récepteur actif de résistance R′ et i3
(étoile)
de fém E′ = kN, où N est la vitesse de rotation du u3
moteur. La puissance motrice fournie par le moteur i1 i2
est m = E′i, où i est l’intensité du courant circulant
en convention récepteur dans le moteur. r3
r2 r1
Le moteur est alimenté par un générateur de fém E et
de résistance interne R. u2 u1
a) Déterminer l’intensité i circulant dans le moteur.
Donner son expression en fonction de E, R, R′ et kN. montage
(triangle) i3
b) Quelle est la puissance motrice m ?
c) Tracer la courbe donnant m en fonction de N.
Pour quelle valeur N0 de la vitesse de rotation du
Ex. 14 Résistances équivalentes
moteur la puissance motrice est-elle maximale ? a) Déterminer la résistance équivalente au montage
entre A et B.
Ex. 12 Diode Zener R2
i R1
D
C R3
i A B
u
0 UZ u
R4
b) Déterminer la résistance équivalente au montage
entre A et B.
Une diode Zener est placée dans un montage où la
fém E peut être réglée ( E  0 ou E  0). R C R
E
R A B
R′

R 2R 2R
D
R i c) Déterminer la résistance équivalente au montage
ci-dessous :

56
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 57 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• lorsque le courant entre en A et ressort en B ; Dans le cadre de l’application numérique de la question


• lorsque le courant entre en A′ et ressort en B ; précédente, donner la précision sur la mesure de R1 .
• lorsque le courant entre en A et ressort en C ; 2) Présence de fém parasite
• lorsque le courant entre en A′ et ressort en C′. Le pont précédent est supposé en équilibre, c’est-à-
dire que l’on a rigoureusement u = 0.
R R
A Nous allons étudier l’influence d’une force électromo-
trice e sur l’équilibre du pont (e est placé en série avec
la résistance ; cela peut modéliser une tension apparue
R R R
lors du contact de deux matériaux de nature chimique
R R différente).
A′ C′
B
e D
R R R
R R R2
R1
C
A u B

R3 R4
Niveau 3 C
E
Ex. 15 Pont de Weahtsone
Un pont de Weahtsone est un montage électrique
permettant de déterminer une résistance inconnue.
1) Équilibrage du pont
a) Exprimer la tension u apparue à cause de la pré-
Le schéma du pont est représenté sur la figure ci-
sence de e.
dessous.
b) On veut que l’influence de e soit négligeable au
D cours de la mesure. On estime que cette influence est
R1 R2 négligeable si u  1 mV. Quelle est alors la condi-
A B tion portant sur e ? On rappelle que l’on a : E = 6 V ;
u R 2 = 1 827 Ω ; R 3 = 100 Ω ; R 4 = 5 kΩ.

R3 R4 Ex. 16 Sources liées


C Le montage étudié débite un courant i vers l’extérieur.
E Il possède un générateur de tension E et une source
liée dont la tension ku est proportionnelle à la tension
u aux bornes de la résistance située entre C et D.
En utilisant la loi des nœuds, montrer que la tension
V se met sous la forme :
La résistance à déterminer est la résistance R1 .
V = Eth – Rth i,
Les résistances R 3 et R 4 sont des résistances fixes
connues. où E th et R th s’expriment uniquement en fonction de
La résistance R2 est une résistance variable dont on R, k et E.
connaît la valeur. (Le montage est alors équivalent à un générateur de
Le pont est équilibré quand la tension u mesurée Thévenin de fém E th et de résistance interne R th .)
entre C et D est nulle.
u
a) Déterminer la tension u en fonction de E et des C D i
résistances R1 , R2 , R3 et R4 .
R
b) À quelle condition le pont est-il équilibré ? Déter-
R
miner alors R1 .
A.N. R 3 = 100 Ω ; R 4 = 5 kΩ ; R 2 = 1 827 Ω ; E R V
E = 6 V.
ku
c) Le voltmètre indique la tension « u = 0 » si, en réa-
lité, on a : u  1 mV.

57
Exercices
KA_MPSI.book Page 58 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Indications
Ex. 3 L’extremum d’une fonction correspond à une Ex. 11 Une parabole est « symétrique » par rapport à
dérivée nulle. son extremum.

Ex. 12 a) Utiliser les équivalences entre les modèles


Ex. 4 a) Exprimer les potentiels utiles en fonction des de Thévenin et de Norton.
fém des générateurs.

Ex. 13 Exercice calculatoire. Exprimer la loi des


Ex. 5 Suivre logiquement l’énoncé pas à pas. mailles dans le montage « étoile » et la loi des nœuds
dans le montage « triangle », puis combiner les résul-
tats et identifier.
Ex. 6 Limiter le nombre d’intensités inconnues dans
le circuit avant d’écrire les lois de Kirchhoff.
Ex. 14 Exploiter les symétries des circuits et simpli-
fier les montages en débranchant les résistances
Ex. 7 Convertir les générateurs de Thévenin en leurs dans lesquelles ne circule aucun courant.
générateurs de Norton équivalents, et vice versa.
Ex. 15 1) a) Utiliser un diviseur de tension.
2) a) Appliquer le « théorème de superposition »
Ex. 8 Utiliser la loi des nœuds exprimée en tension.
énoncé à l’exercice 5.

Ex. 10 Limiter le nombre d’intensités inconnues dans Ex. 16 Utiliser la loi des nœuds exprimée en tension
le circuit avant d’écrire les lois de Kirchhoff. en D.

58
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 59 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Solution des exercices

Solutions des exercices


Exercices de niveau 1
Exercice 1

a) • Pour effectuer les mesures, on peut utiliser un voltmètre permettant de connaître la tension aux
bornes de la pile et un ampèremètre permettant de déterminer le courant qu’elle débite.
• Une autre façon d’effectuer les mesures et de placer aux bornes de la
pile une résistance variable étalonnée. i

La mesure de la tension grâce au voltmètre donne alors la tension aux u V R


u.
bornes de la pile. L’intensité débitée par la pile est : i = ----
R
b) On peut alors tracer la caractéristique tension-courant u = f ( i ).

u (V)
1,5

0,5

i (mA)
0 100 200 300 400

c) À faible intensité, la caractéristique est linéaire ; on peut donc écrire u = E – Ri.

On applique la méthode n° 4 à la pile étudiée en convention générateur.

∆u
• On mesure la pente ------- de la droite et on en déduit la résistance R :
∆i
∆u 1,5 – 1,4
R = – ------- , soit : R = – ---------------------- = 1 Ω .
∆i 0 – 0,1
• On mesure la tension à vide E en faisant i = 0, d’où : E = 1,5 V.

Comme la droite modèle est décroissante, sa pente vaut –R.

À faible intensité, la pile est donc équivalente au générateur de Thévenin de fém E = 1,5 V et de
résistance interne R = 1 W .

i i

R=1 Ω
u ⇔ u = E – Ri

E = 1,5 V

d) À faible intensité, la caractéristique est linéaire jusqu’à un courant d’intensité 150 mA.

59
Exercices
KA_MPSI.book Page 60 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 2

a) Pour tracer la caractéristique de la diode, il faut placer en amont de celle-ci un générateur dont on
peut faire varier la tension (alimentation stabilisée) ou utiliser un générateur en série avec un poten-
tiomètre (résistance variable). Un voltmètre aux bornes de la diode permet de mesurer la tension u,
un ampèremètre en série avec celle-ci donnera la mesure de l’intensité i du courant.

E V u
i

b) Pour u  0,7 V, la caractéristique est linéaire ; on peut écrire u = E′ + R′i, où E′ est la tension
du générateur de Thévenin et R′ la résistance interne.

On applique la méthode n° 4 à la diode étudiée en convention récepteur.


∆u
• On mesure la pente ------- de la droite et on en déduit la résistance R′ :
∆i
∆u 2–1
R′ = ------- , soit : R′ = ---------------------- = 5 Ω .
∆i 0,3 – 0,1
• On mesure la tension à vide E′ en faisant i = 0, d’où : E′ = 0,5 V.

Pour déterminer E ′, on prolonge la droite jusqu’à l’axe des ordonnées.

La diode est donc équivalente à la fcém E¢ = 0,5 V en série avec la résistance R¢ = 5 W .


E′ = 0,5 V

i i R′ = 5 Ω

u u = 0,5 + 5 i

c) Le montage réalisé est schématisé ci-contre.


Comme I = 0,1 A, on lit sur la caractéristique de la diode U = 1 V.
R I
• En convention générateur, la tension aux bornes du générateur est :
U
E–U 1,5 – 1
U = E – RI, d’où : R = --------------- = ----------------- = 5 W . E
I 0,1
• La puissance reçue par la diode est :
 diode = UI = 1 × 0,1 = 0,1 W .
• La puissance fournie par le générateur est :
 g = UI = 0,1 W .

La puissance reçue par un dipôle se calcule en convention récepteur. La puissance fournie par un dipôle se calcule
en convention générateur.

On constate que l’énergie se conserve dans le circuit : la puissance reçue par la diode est égale à la puissance
fournie par le générateur.
d) Les droites modélisant le mieux la diode sont (avec u en volt et i en ampère) :
– pour u  0,5, i = 0 ;
– pour u  0,5, u = 5i + 0,5.

60
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 61 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

e)
On applique la méthode n° 5 au circuit constitué du générateur de tension, de la résistance variable et de la diode.

• On se propose de déterminer le point de fonctionnement du circuit quand un courant i circule.


– L’intensité i se déduit de la loi des mailles :
E – E′
u = E′ + R′i = E – Ri, d’où : i = ----------------  0 (car E  E′ ).
R + R′
Il faut toujours vérifier que le point de fonctionnement trouvé est valable. Comme ici E  E′, il circule bien un cou-
rant positif du générateur vers le récepteur, indépendamment de la valeur de R.
– La tension u aux bornes de la diode vaut alors :
E – E′ R′E + RE′
u = E′ + R′i = E′ + R′ ---------------- = --------------------------- .
R + R′ R + R′
• La puissance  reçue par la diode est :
R′E + RE′ E – E′ ( E – E¢ ) ( R¢E + RE¢ ) .
 = ui = --------------------------- × ---------------- = -------------------------------------------------------
-
R + R′ R + R′ ( R + R¢ ) 2
Pour étudier les variations de la fonction (R) , on calcule sa dérivée :
d E′ ( R + R′ ) 2 – 2 ( R + R′ ) ( R′E + RE′ ) E – E′
- = -----------------------3- [ E′ ( R′ – R ) – 2R′E ].
-------- = ( E – E′ ) ---------------------------------------------------------------------------------------------
dR ( R + R′ ) 4 ( R + R′ )
La dérivée s’annulerait pour :
R′ ( E′ – 2E )
E′ ( R′ – R ) – 2R′E = 0, soit : R = -------------------------------  0.
E′
Comme la résistance R est toujours positive ou nulle, la dérivée ne s’annule pas et la fonction (R)
est décroissante avec :
(0) =  E ( E – E′ ) 
max = ------------------------- = 0,3 W et (  ( R ) → 0 quand R → ∞ ).
 R′

d E – E′
Le signe de la dérivée est donné par : -------- ( R = 0 ) = ------------- ( E′ – 2E )  0.
dR R′ 2

 (W)

E(E – E′)
-------------------------
R′

0 R (Ω)

Exercice 3

a) La loi des mailles donne immédiatement : i


Ri
E
E – ( R i + R )i = 0, soit : i = ----------------- . R u
R + Ri
E
On étudie la résistance en convention récepteur.

61
Exercices
KA_MPSI.book Page 62 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

b) La puissance dissipée par effet Joule dans la résistance est :


RE 2
 = Ri 2 , soit :  = -----------------------2- .
( R + Ri )
RE 2
• Quand R → 0, on a :  ∼ ----------
2
- → 0.
Ri
RE 2 E2
• Quand R → ∞, on a :  ∼ ----------
- = ------ → 0.
R2 R
La puissance étant toujours positive, elle passe nécessairement par un maximum. Pour le déterminer,
on peut écrire  sous forme :
E2 E2 E2
 = -----------------------2- = --------------------------------
- = ----------- .
( R + Ri ) Ri
2 f(R)
----------------------- R + ------ + 2R
R R i

Le maximum de  correspond au minimum de f, atteint pour :


2
R
f ′ ( R ) = 1 – ------i2 = 0, soit : R = R i .
R
E2
La puissance dissipée par effet Joule est donc maximum pour R = R i et  ( R i ) =  max = --------- .
4R i
 (W)
E2
---------
4R i

0 Ri 2Ri R (Ω)

On peut remarquer que la courbe possède un point d’inflexion en R = 2Ri .

c) D’après la question précédente, l’adaptation d’impédance a lieu pour :


E2
R0 = Ri et  = ---------- .
4R 0

Exercice 4

a) La loi des nœuds exprimée en tension permet de déterminer le potentiel VN du nœud N :


E E E3
V N  ------ + ------ + ------ + ---- = ------1 + ------2 + ------ .
1 1 1 1
 R 1 R 2 R 3 R R1 R2 R3

Les générateurs de tension E 1 , E 2 et E 3 étant reliés à la masse, le potentiel de la borne reliée à la résistance est égal
à la fém.
La loi d’Ohm aux bornes de la résistance R s’écrit :
E E E
------1- + ------2- + ------3-
VN R1 R2 R3
- = ------------------------------------------------------ .
V N – 0 = Ri, d’où : i = -------
R
1 + R  ------- + ------- + -------
1 1 1
 R 1 R 2 R 3

62
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 63 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

b) • Chaque branche entre la masse et le point N contient un générateur de Thévenin ( E k , R k ) que


Ek
l’on peut convertir en un générateur de Norton  η k = ------, R k . On a donc :
 Rk 

R1 R3
E
i ------1 i
E1 R1
R2 E E
R ⇔ R1 ------2 R2 ------3 R3 R
R2 R3
E2 E3

• Les trois générateurs de courant idéaux et les trois résistances sont associés en parallèle. On peut
donc les remplacer par un générateur et une résistance équivalents.

E E E
η éq = ------1 + ------2 + ------3
i R1 R2 R3 i
E E E
------1 R1 ------2 R2 ------3 R3 R ⇔ η eq Réq R
R1 R2 R3

1 1 1 1
-------- = ------ + ------ + ------
R éq R1 R2 R3

• On convertit le générateur de Norton en générateur de Thévenin :

i R éq i
E éq = R éq η éq

ηeq R éq R ⇔ E eq R

La loi des mailles donne l’intensité i du courant dans le circuit :


E E E
------1- + ------2- + ------3-
E éq R éq η éq η éq R1 R2 R3
i = ------------------
- = ------------------
- = ------------------ = ------------------------------------------------------ .
R + R éq R + R eq R
1 + R  ------- + ------- + -------
1 + -------- 1 1 1
R éq  R 1 R 2 R 3

Cet exemple montre bien l’intérêt d’utiliser le théorème de Millman quand la configuration du circuit s’y prête.

En appliquant le théorème de division de courant au circuit comprenant le générateur de Norton (η éq , R éq) en paral-
lèle avec la résistance R, on pouvait alors écrire :
η éq R éq
i = ----------------- .
R + R éq

63
Exercices
KA_MPSI.book Page 64 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 5

a)

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

Le montage étudié comporte deux nœuds et deux mailles indépendantes.


On applique donc une fois la loi des nœuds et deux fois la loi des mailles. Les paramètres inconnus
sont les courants dans les résistances, notés I1 , I2 et I3 .

I1 N I3
I2

R1 maille 1 R2 maille 2 R3

E1 E2 E3

L’orientation des courants I2 et I3 est arbitraire.

 nœud N : I 1 + I 2 + I 3 = 0 (1)

 maille 1 : E 1 – R 1 I 1 + R 2 I 2 – E 2 = 0 (2)
 maille 2 : E – R I + R I – E = 0. (3)
 3 3 3 2 2 2

On reporte I 2 = –I 1 – I 3 dans (2) et (3) :


( R 1 + R 2 )I 1 + R 2 I 3 = E 1 – E 2 (2)
R 2 I 1 + ( R 2 + R 3 )I 3 = E 3 – E 2 . (3)
On élimine I3 par la combinaison ( R 2 + R 3 ) ( 2 ) – R 2 ( 3 ) et on en déduit :
( E1 – E2 ) ( R2 + R3 ) – R2 ( E3 – E2 ) ( R 2 + R 3 )E 1 – R 3 E 2 – R 2 E 3
- = ------------------------------------------------------------------------- .
I 1 = -------------------------------------------------------------------------------------
( R1 + R2 ) ( R2 + R3 ) – R2
2 R1 R2 + R1 R3 + R2 R3

( R 2 + R 3 )E 1
b) • Si E 2 = E 3 = 0, on a : I 11 = -------------------------------------------------------- .
R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
R3 E2
• Si E 1 = E 3 = 0, on a : I 12 = – -------------------------------------------------------- .
R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
R2 E3
• Si E 1 = E 2 = 0, on a : I 13 = – -------------------------------------------------------- .
R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
On a bien : I 1 = I 11 + I 12 + I 13 . Les dipôles utilisés sont tous linéaires. Une conséquence de cette
linéarité est le théorème de superposition.

Le courant dans un dipôle, créé par un ensemble de générateurs, est la somme des courants obtenus
en prenant chaque source individuellement (en annulant toutes les autres).

On peut généraliser cette propriété à la tension aux bornes d’un dipôle, comme à la présence de générateurs de
courant.

64
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 65 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 6

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

Le montage étudié comporte 6 nœuds et 4 mailles indépendantes. Pour simplifier l’étude, nous allons
paramétrer les courants comme l’indique le schéma ci-dessous :
E1
R i 2 – I1 I1 R I1 + i 1
i2
E2
R
  
E3 R i1
R R
B A
I2 + i 2 I2
 I2 – i 1

I3

Initialement, on comptait 9 branches, c’est-à-dire 9 intensités à calculer. En utilisant judicieusement la loi des
nœuds, on introduit seulement les deux inconnues supplémentaires i 1 et i 2 .
Le montage se réduit alors à 2 nœuds (A et B) et 4 mailles indépendantes. On applique donc une fois
la loi des nœuds et quatre fois la loi des mailles :
 nœud A : I 3 + I 1 + i 1 + I 2 – i 1 = 0 (1)

 maille 1 : E 1 – R ( i 2 – I 1 ) + E 3 – R ( I 2 + i 2 ) + E 2 – Ri 2 = 0 (2)
 maille 2 : – E + Ri – Ri = 0 (3)
 2 2 1
 maille 3 : R ( I 1 + i 1 ) + Ri 1 – R ( I 2 – i 1 ) = 0 (4)

 maille 4 : – E 3 + R ( I 2 + i 2 ) + R ( I 2 – i 1 ) = 0. (5)

Le système peut aussi s’écrire :
 I 3 = –I 1 – I 2 (1)

 –RI 1 + RI 2 + 3Ri 2 = E 1 + E 2 + E 3 (2)

 –Ri 1 + Ri 2 = E 2 (3)

 RI 1 – RI 2 + 3Ri 1 = 0 (4)

 2RI 2 – Ri 1 + Ri 2 = E 3 . (5)
En soustrayant (3) à (5), on obtient :
E3 – E2
2RI 2 = E 3 – E 2 , soit : I 2 = ------------------- .
2R
En soustrayant (4) à (2), on obtient :
–2RI 1 + 2RI 2 – 3R ( i 1 – i 2 ) = E 1 + E 2 + E 3 .
–2RI 1 + E 3 – E 2 + 3E 2 = E 1 + E 2 + E 3 .
E2 – E1
I 1 = ------------------- .
2R
En reportant I1 et I2 dans (1), on obtient enfin :
E2 – E1 E3 – E2 E1 – E3
- – ------------------- = ------------------- .
I 3 = – ------------------
2R 2R 2R
Les équations (2) et (4) permettraient de calculer i 1 et i 2 .

65
Exercices
KA_MPSI.book Page 66 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 7

a)

On applique la méthode (2) au circuit étudié.


Ek
• On convertit chaque générateur de Thévenin ( E k , R k ) en un générateur de Norton  η k = ------, R k .
 Rk 
On a donc :

i i
R1 R2
E1 E
⇔ ------ R1 ------2 R2
R1 R2
E1 E2

• Les deux générateurs de courant idéaux et les deux résistances sont associés en parallèle. On peut
donc les remplacer par un générateur et une résistance équivalents.

E E
i η éq = ------1 + ------2 i
R1 R2
E E
------1 R1 ------2 R2 ⇔ ηeq R éq
R1 R2

1 1 1 R1 + R2
-------- = ------ + ------ = -------------------
-
R éq R1 R2 R1 R2

• On convertit le générateur de Norton en générateur de Thévenin :

i E éq = R éq η éq  R1 E2 + R2 E1
Réq i  E éq = ----------------------------------
 R1 + R2
ηeq ⇔ E eq 
Req  R = -------------------
R1 R2
 éq -
R1 + R2

R1 E2 + R2 E1 6 × 6 + 6 × 1,5
A.N. E éq = ----------------------------------
- = ------------------------------------- = 3,75 V .
R1 + R2 6+6
R1 R2 6×6
R éq = -------------------- = ------------- = 3 W .
R1 + R2 6+6
R éq i
La fém du générateur équivalent est supérieure à la fcém E′ de
E′
l’électrolyseur. Un courant i positif circule donc dans l’électroly-
seur, et la loi des mailles donne : E eq
E éq – E¢ 3,75 – 1,5 R′
i = ---------------------- = -------------------------- = 0,375 A .
R éq + R¢ 3+3
b) Pour E 2 = 1 V, on a :
R1 E2 + R2 E1 6 × 1 + 6 × 1,5
E éq = ---------------------------------
- = ------------------------------------- = 1,25 V .
R1 + R2 6+6
La fém du générateur équivalent est inférieure à la fcém E′ de l’électrolyseur. Le courant ne peut donc
pas circuler dans l’électrolyseur : i = 0.

66
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 67 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 8

On remplace le moteur par son modèle de Thévenin :

I1 I2 I1 N I2

I
I
R1 R2 R1 R′ R2

moteur

E1 E2 E1 E′ E2

;;
La loi des nœuds exprimée en tension permet de déterminer le potentiel VN du nœud N :
E E E′
------1 + ------2 + ------
R 1 R 2 R′
VN = --------------------------------- .
1 1 1
------ + ------ + ------
R 1 R 2 R′

Pour des explications supplémentaires, voir l’exercice 4.

La loi d’Ohm aux bornes de la résistance R1 s’écrit :


E 1 – E 2 E 1 – E′ E 1 – E 2 E 1 – E¢
- + ------------------
------------------ ------------------- + -------------------
R2 R′ R2 R¢
R1 I1 = E1 – VN = -------------------------------------------- , soit : I 1 = ---------------------------------------------- .
1 1 1 R1 R1
------ + ------ + ------ 1 + ------- + -------
R 1 R 2 R′ R 2 R¢

En convention récepteur, on a :

E1
;;;

R1 I1
N
;

U1 = E 1 – VN
potentiel E 1

Des calculs identiques donnent :


E 2 – E 1 E 2 – E¢ E 1 – E¢ E 2 – E¢
------------------- + ------------------- ------------------- + -------------------
R1 R¢ R1 R2
I 2 = ---------------------------------------------- et I = I 1 + I 2 = --------------------------------------------- .
R2 R2 R¢ R¢
1 + ------- + ------- 1 + ------- + -------
R 1 R¢ R1 R2

Les calculs n’ont pas été développés, mais ils ne présentent aucune difficulté technique.

67
Exercices
KA_MPSI.book Page 68 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 9

a) Comme l’indique l’énoncé, on convertit les générateurs de Norton en générateurs de Thévenin :


R1η1
R1 R1

I
R2
I E = Rη
⇔ R
η1
R2 η2 R2η2
R

Deux générateurs de tension et deux résistances sont associés en série :


R1η1
R1

I I
R2 R1 + R 2

R ⇔ R UR
R2η2 R1 η1 + R2 η2

b) La loi des mailles donne le courant I dans le circuit :


R1 η1 + R2 η2 R1 η1 + R2 η2
I = --------------------------------- , d’où : U R = RI = R --------------------------------- .
R1 + R2 + R R1 + R2 + R
La puissance dissipée par effet Joule dans la résistance R vaut :
R1 h1 + R2 h2 2
 J = RI 2 = R  --------------------------------- .
 R1 + R2 + R 

Exercice 10

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

Le montage étudié comporte 3 nœuds et 3 mailles indépendantes. On le paramètre simplement en


introduisant les deux inconnues supplémentaires i 2 et i 3 .

2E
R i1 i3 2R

 2R  αE
2R i
A
i1 + i3

B
i2
2R
E

68
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 69 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Le montage se réduit alors à 2 nœuds (A et B) et 3 mailles indépendantes. On applique donc une fois la loi des
nœuds et trois fois la loi des mailles.
On obtient donc le système d’équations ci-dessous :

 nœud A : i1 + i + i2 = 0 (1)  i2 = – i1 – i (1)


 
 maille 1 : 2E – Ri 1 – 2R ( i 1 + i 3 ) + 2Ri = 0 (2)  3Ri 1 + 2Ri 3 – 2Ri = 2E (2)
 ⇒ 
 maille 2 : E – 2Ri 2 + 2Ri = 0 (3)  2Ri 1 + 4Ri = – E (3)
 
 maille 3 : αE – 2Ri 3 – 2R ( i 1 + i 3 ) = 0 (4)  2Ri 1 + 4Ri 3 = αE. (4)

On a injecté (1) dans l’équation (3). L’objectif est maintenant d’exprimer i 1 et i 3 en fonction de i.

On déduit de l’équation (3) :


1
2Ri 1 = – E – 4Ri, soit : Ri 1 = – --- ( E + 4Ri ).
2
On déduit de l’équation (4) :
1
4Ri 3 = αE – 2Ri 1 = ( α + 1 )E + 4Ri, soit : Ri 3 = --- [ ( α + 1 )E + 4Ri ].
4
On reporte ces deux résultats dans l’équation (2) :
3 1
– --- ( E + 4Ri ) + --- [ ( α + 1 )E + 4Ri ] – 2Ri = 2E.
2 2
1
– 6Ri + --- αE – E = 2E.
2
a
i = – --------  3 – --- .
E
6R  2

Le système d’équations permettrait de calculer aussi i 1 , i 2 et i 3 .

Exercices de niveau 2
Exercice 11

a) D’après le schéma du montage, la loi des mailles donne i


immédiatement :
E – E′ E – kN
i = ---------------- = ------------------- . R R′
R + R′ R + R¢
u
Le moteur est un récepteur. Sur le schéma du montage, la fém E et la fcém
E′ doivent donc avoir des sens opposés par rapport au courant. E E′

b) La puissance motrice du moteur a pour expression :


N ( E – kN )
 m = E′i = k ----------------------------- .
R + R¢
c) D’après son équation, la courbe donnant m en fonction de N est une parabole à concavité vers
le bas. Elle s’annule pour :
E
N ( E – kN ) = 0, soit : N = 0 ou N = ---- .
k

69
Exercices
KA_MPSI.book Page 70 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

E
La puissance motrice m est donc maximale pour N 0 = ------ . Elle vaut alors :
2k
E2
 m ( N 0 ) =  max = ------------------------- .
4 ( R + R¢ )
m (W)
E2
-------------------------
4(R + R′)

0 E /2 k E/ k N

La concavité d’une parabole d’équation y = ax 2 + bx + c est donnée par le signe de a (si a  0, la concavité est vers
le haut ; si a  0, la concavité est vers le bas).

Une parabole est toujours « symétrique » par rapport à l’axe vertical passant par son extremum.

Exercice 12

a)
On applique la méthode n° 2 à la partie linéaire du circuit. Le fait que E soit une grandeur algébrique (E  0 ou E 0)
ne change rien au raisonnement.
• On convertit le générateur de Thévenin (E, R) en générateur de Norton :
E
η = ----
R

E
R R

R

R
R R

• Les deux résistances R en parallèle peuvent être combinées :


E E
η = ---- η = ----
R R

R 1 1 1 2
--------- = ---- + ---- = ----
R éq R R R
R/2

R

R R

70
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 71 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• On convertit le générateur de Norton  ----, ---- en générateur de Thévenin :


E R
R 2
E
η = ----
R

E⁄2
R E R⁄2
η ---- = ----
2 2

R⁄2

R R

• Les deux résistances en série peuvent être associées :


E⁄2 E⁄2
R 3R ⁄ 2
R éq = R + ----
2
R⁄2 ⇔

R i

E
b) • Si i = 0, alors : u = ---- . D’après la caractéristique de la diode Zener, on a donc :
2
u ∈ [ 0 ; U Z ] , d’où : E Œ [ 0 ; 2U Z ] .
• Si i  0, la diode Zener peut être modélisée par une fcém E′ = U Z . La loi E⁄2
des mailles dans le circuit s’écrit alors : 3R ⁄ 2
E 3R E – 2U Z
---- – -------i = U Z , soit : i = ---------------------- .
2 2 3R
La condition sur E est donc :
E – 2U Z i
---------------------  0, soit : E  2U Z .
3R UZ
Cette condition traduit simplement le fait que le courant circule dans le circuit si la fém
du générateur est supérieure à la fcém du récepteur.
• Si i  0, la diode Zener peut être modélisée par un fil ( u = 0 ). La loi des E⁄2
mailles s’écrit alors : 3R ⁄ 2
E 3R E
---- – -------i = 0, soit : i = -------- .
2 2 3R
La condition sur E est donc : E  0.
i (A) i

1
pente ------- →
3R

0 2UZ E (V)
1
pente ------- →
3R

71
Exercices
KA_MPSI.book Page 72 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Les conditions sur E sont bien complémentaires, ce qui est logique, car la caractéristique de la diode Zener est
continue.

Exercice 13

Dans les montages T et ∇, on a :


 u 1 + u 2 + u 3 = 0 ( loi des mailles )

 i 1 + i 2 + i 3 = 0 ( loi des nœuds ).
Seules les tensions u 1 et u 2 d’une part, les courants i 1 et i 2 d’autre part sont indépendants.

D’après les équations, deux tensions et deux courants sont indépendants, mais leur choix est libre.

• Exprimons u 1 et u 2 en fonction de i 1 et i 2 dans le montage T :


 u 1 = R 3 i 3 – R 2 i 2 = – R 3 i 1 – ( R 2 + R 3 )i 2 (a)

 u 2 = R 1 i 1 – R 3 i 3 = ( R 1 + R 3 )i 1 + R 3 i 2 . (b)
• Exprimons i 1 et i 2 en fonction de u 1 et u 2 dans le montage ∇ :
 u2 u3 u1
 i 1 = ----- – ----- = ----- + u 2  ---- + ----
1 1
( a′ )
 r2 r3 r3 r2 r3

 u3 u1 u2
- – ----- = – u 1  ---- + ---- – ----- .
1 1
 i 2 = ---- ( b′ )
r3 r1  r1 r3  r3

Reportons les expressions de i 1 et i 2 obtenues en ( a′ ) et ( b′ ) dans les expressions de u 1 et u 2 de (a)
et (b) :
u u
u 1 = – R 3 ----1- + u 2  ---- + ---- + ( R 2 + R 3 ) u 1  ---- + ---- + ----2-
1 1 1 1
r3  r2 r3   r1 r3 r3
R R R
= u 1 R 2  ---- + ---- + ------3 + u 2 ------2 – ------3
1 1
 r 1 r 3 r 1 r3 r2
u1 u
u 2 = ( R 1 + R 3 ) ----- + u 2  ---- + ---- – R 3 u 1  ---- + ---- + ----2-
1 1 1 1
r3  r 2 r 3  r 1 r 3 r 3
R R R
= u 1 ------1 – ------3 + u 2 R 1  ---- + ---- + ------3 .
1 1
r3 r1  r 2 r 3 r 2
De ces égalités, nous déduisons :

 R 2  ---1 1  R3
- + ---- + ------ = 1 (1)
  r 1 r 3 r 1

 R2 R3
 ------ – ------ = 0 (2)
 r3 r2

 R  --- 1 1  R3
(3)
 1  r - + --- - + ------ = 1
r 3 r 2
 2
R R
 ------1 – ------3 = 0. (4)
 r3 r1

Les deux égalités auxquelles on aboutit peuvent s’écrire : u 1 = Au 1 + Bu 2 et u 2 = Cu 1 + Du 2 , où A, B, C et D sont des


constantes. Pour que ces égalités soient vérifiées quelles que soient les valeurs de u 1 et u 2 , on doit nécessairement
avoir :
(A = 1 et B = 0) et (C = 0 et D = 1).

72
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 73 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

r2
On tire de (2) : R 3 = ---- R 2 , que l’on reporte dans (1) :
r3
r2  r1 r3
R 2  ---- + ---- + --------
1 1
- = 1, soit : R 2 = ---------------------------- .
 r 1 r 3 r 1 r 3 r1 + r2 + r3
r1
De même, on tire de (4) : R 3 = ---- R 1 , que l’on reporte dans (3) :
r3
r1  r2 r3
R 1  ---- + ---- + --------
1 1
- = 1, soit : R 1 = ---------------------------- .
 r 2 r 3 r 2 r 3 r1 + r2 + r3
Enfin, grâce à (2) ou (4), on trouve :
r1 r2
R 3 = ---------------------------- .
r1 + r2 + r3

Cette condition d’équivalence entre les deux montages permet de remplacer, selon les cas, un montage triangle
par un montage étoile (et vice versa).

Exercice 14

a) Les résistances R2 et R3 sont associées en parallèle entre C et D :


R2 R2 R3
R1 R1 R CD = -------------------
-
D R2 + R3
C

A R3 B A B

R4 R4

Les résistances R1 et R CD sont associées en série :

R1 RCD R 1 + R CD


A B A B
R4 R4

Les résistances ( R 1 + R CD ) et R 4 sont associées en parallèle :

R 1 + R CD R 4 ( R 1 + R CD )
R AB = ------------------------------------------
R 4 + ( R 1 + R CD )

A B A B
R4

La résistance équivalente RAB vaut donc :


R2 R3 
R 4  R 1 + ------------------- -
 R 2 + R 3 ( R 1 R 2 + R 1 R 3 + R 2 R 3 )R 4
R AB = ----------------------------------------------- = ------------------------------------------------------------------------ .
R2 R3 ( R1 + R4 ) ( R2 + R3 ) + R2 R3
R 1 + R 4 + ------------------- -
R2 + R3

Sur cet exemple simple, on a utilisé les lois d’association en série et en parallèle des résistances sans autre con-
sidération.

73
Exercices
KA_MPSI.book Page 74 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

b)
Dans ce circuit, la résistance R′ n’est ni en série, ni en parallèle avec les autres résistances. Il faut donc d’abord
simplifier le circuit en introduisant des considérations de symétrie.

On applique la méthode n° 3 au circuit étudié.

Le montage est antisymétrique par rapport à (CD). Les points C et D sont donc au même potentiel,
aucun courant ne circulant dans la résistance R′. On peut alors simplifier le montage en « supprimant »
celle-ci.
R R

A B

2R 2R
La résistance équivalente RAB vaut donc :
( R + R ) ( 2R + 2R ) 4
R AB = ----------------------------------------------------- = --- R.
( R + R ) + ( 2R + 2R ) 3
c) • Le montage est symétrique par rapport à (AB). Comme le courant sort du circuit en B, il ne cir-
cule aucun courant dans la branche contenant C : on peut donc l’éliminer.
A R R A R
i i

R × 3R 3
R R R ⇔ R R′ = ------------------ = --- R
R + 3R 4
R R
B i
R′ B
i
R R
R

La résistance équivalente RAB vaut donc :


3
R + --- R
R + R′ 4 7
R AB = ---------------- = ------------------ = --- R.
2 2 8

Les symétries du réseau sont aussi des symétries pour les répartitions de courant. En effet, en un nœud, le courant
se partage également entre deux résistances égales.
Un courant non nul dans la branche contenant C ne respecterait pas la symétrie de cette répartition.

• Le montage est symétrique par rapport à (A′B). On peut alors modifier le schéma sans modifier la
résistance du montage en remplaçant la résistance R entre B et C′ par deux résistances en parallèle
de valeur 2R.
R R R

R R × 4R 4
R R R R′ = ------------------ = --- R
2R R + 4R 5
R B R
i ⇔ i B
A′ A′
i i
R 2R R R′
R R
R

R R

74
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 75 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La résistance équivalente R A′B vaut donc (3 résistances en parallèle) :


1 1 1 1 1 2 1 5 12
------------ = ---- + -------------------- + -------------------- = ---- + ---------------------- = ---- + ------- = -------,
R A′B R 2R + R′ 2R + R′ R 4 R 7R 7R
2R + --- R
5
7
soit : R A¢B = ------ R.
12
On vérifie qu’il y a bien équivalence entre :
2R
R C 1′
B′ C′ et B′
C 2′
2R
Le courant se répartit équitablement entre les deux branches et les points C 1′ et C 2′ sont au même potentiel que
le point C′.
• Le montage est symétrique par rapport à (AC). On peut alors séparer les résistances en B sans modi-
fier la résistance du montage et les répartitions de courant.
i i 2R × 2R
R R R R′ = ---------------------- = R
2R + 2R
A A

R R R R

R
⇔ R
R
R R R′
R
R
C
i
R R C i

La résistance équivalente R AC vaut donc (2 résistances en parallèle) :


1 1 1 2 3
---------- = -------------------- + -------------------- = -------, soit : R AC = --- R.
R AC 2R + R′ 2R + R′ 3R 2
• Le montage est antisymétrique par rapport à la droite passant par B et perpendiculaire à ( A′C′ ).
Tous les nœuds appartenant à cette droite sont au même potentiel, donc aucun courant ne circule
dans les branches correspondantes : on élimine ces résistances.
R R

R R
i C′
A′ i
R R
R R

R R
La résistance équivalente R A′C′ vaut donc (3 résistances en parallèle) :
1 1 1 1 1
------------- = ------- + ------- + ------- = ---- , soit : R A¢C¢ = R.
R A′C′ 2R 4R 4R R

Le montage est aussi symétrique par rapport à ( A′C′ ), mais cette symétrie ne permet aucune simplification
intéressante.

75
Exercices
KA_MPSI.book Page 76 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercices de niveau 3
Exercice 15

1) a) On applique le théorème de division de tension pour les branches ADB, puis ACB.

D A E B
u1
R3 R4
R1 R2
u3
A E B C

R1 R3
On a : u 1 = E -------------------- . On a : u 3 = E -------------------- .
R1 + R2 R3 + R4

Les théorèmes de division de tension et de division de courant sont des outils très puissants.

La tension u demandée vaut donc :


R3 R1  E ( R2 R3 – R1 R4 )
u = –u 1 + u 3 , soit : u = E  ------------------- - = --------------------------------------------------- .
- – -------------------
 R 3 + R 4 R 1 + R 2 ( R1 + R2 ) ( R3 + R4 )
b) Le pont est équilibré si u = 0, d’où :
R2 R3 1 827 × 100
R 2 R 3 – R 1 R 4 = 0, soit : R 1 = ------------- - = 36,5 W .
- = ------------------------------
R4 5 ⋅ 10 3
c) Dans l’expression trouvée à la question a), le dénominateur croît avec R1 et le numérateur décroît
avec R1. La plus petite valeur de u admise ( u m = – 10 –3 V ) est associée à la plus grande valeur de R1
(notée R1M) et la plus grande valeur de u admise ( u M = +10 –3 V ) est associée à la plus petite valeur
de R1 (notée R1m).
On a donc :
R2 R3
E ------------------- - – um R2
R 2 R 3 – R 1M R 4 R3 + R4
Um = E ------------------------------------------------------, soit : R 1M = --------------------------------------------- .
( R 1M + R 2 ) ( R 3 + R 4 ) R4
E ------------------- - + um
R3 + R4
De même, on obtient :
R2 R3
E ------------------- - – uM R2
R3 + R4
R 1m = ---------------------------------------------- .
R4
E ------------------- - + uM
R3 + R4

Dans le calcul, u m et u M jouent le même rôle. On passe donc de l’expression de R1M à celle de R1m en remplaçant
u m par u M .

A.N. R1M = 36,8 Ω et R1m = 36,2 Ω.


Grâce à la mesure effectuée, la résistance R1 est connue à 0,3 Ω près :
R1 = 36,5 ± 0,3 Ω.

76
Chapitre 2 : Modélisations linéaires d’un dipôle
KA_MPSI.book Page 77 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

2) a)

On applique le théorème de superposition énoncé dans l’exercice 5.

La tension u est la somme des tensions uE due à la présence de la fém E seule et ue due à la présence
de la fém e seule.
• Le pont étant équilibré, on a : uE = 0.
• Pour déterminer ue , on « annule » E, c’est-à-dire qu’on relie les points A et B par un fil.
Aucun courant ne passe donc dans la branche ADB et on a ue = u 2 .

Le fil court-circuite la branche ADB.


e C
Dans la branche ACB, le théorème de division de tension R2
donne alors : R1
eR 2 u2
u e = u 2 = -------------------- . A B
R1 + R2 ue
Finalement :
R3 R4
e R2
u = u E + u e = -------------------- .
R1 + R2 D
b) On veut u  1 mV = u M (cf. question 1. c), d’où :
R2 R1 + R2
e --------------------  u M , soit : e  -------------------- u M = 1,02 mV .
R1 + R2 R2

Exercice 16

D’après la loi des mailles, on a : E = u + V. Précisons sur le schéma les intensités dans chaque branche
et les tensions aux bornes des résistances.
u
C u⁄R D i
V – ku
---------------- V⁄R
R
V – ku R
V
E R

ku

D’après la loi des nœuds en D, on a :


u V – ku V
---- = ---------------- + ---- + i.
R R R
Comme u = E – V, on en déduit :
E–V V – k(E – V) V
-------------- = -------------------------------- + ---- + i.
R R R
( k + 1 )E = V ( k + 3 ) + Ri .
k+1 R
V = ------------ E – ------------i.
k+3 k+3
Le générateur de Thévenin équivalent au montage a pour caractéristiques :
k+1 R
E th = ------------- E et R th = ------------- .
k+3 k+3

77
Exercices
KA_MPSI.book Page 78 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23
KA_MPSI.book Page 79 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

CHAPITRE

3 Condensateurs
et bobines – Dipôles
linéaires
Introduction

Jusqu’à présent, nous avons étudié uniquement des dipôles en régime permanent. De
nombreux dipôles, néanmoins, fonctionnent en régime variable. Par exemple, la réponse
d’un condensateur ou d’une bobine à un échelon de tension n’est pas instantanée et passe
par une phase transitoire. Dans les deux cas, les grandeurs électriques u et i vérifient une
équation différentielle linéaire : on dit alors que le condensateur et la bobine sont des
dipôles linéaires.

Plan du chapitre 3
A. Étude des condensateurs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
1. Description d’un condensateur parfait . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
2. Énergie d’un condensateur parfait . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3. Association de condensateurs parfaits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
4. Modélisation d’un condensateur réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83

B. Étude des bobines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84


1. Description d’une bobine parfaite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
2. Énergie d’une bobine parfaite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
3. Association de bobines parfaites. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
4. Modélisation d’une bobine réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87

C. Les dipôles linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88


1. Définition et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
2. Associations de dipôles linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88

Méthodes
L’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
Énoncés des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
Solution des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96

79
KA_MPSI.book Page 80 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

A. Étude des condensateurs


A.1. Description d’un condensateur parfait
i A q –q B A.1.1 - Charge d’un condensateur
Un condensateur est l’association de deux conducteurs en regard, appelés
uAB armatures. Lorsqu’il est soumis à une différence de potentiel u non nulle, des
charges opposées qA = q et qB = – qA = – q s’accumulent sur les deux armatu-
Fig. 1 - Étude d’un condensateur res (fig. 1).
en convention récepteur. Les
charges portées par les deux Définition 1
armatures sont opposées.
La charge qA d’un condensateur est proportionnelle à la tension uAB à ses
1. Michael Faraday (1791-1867), bornes. Le coefficient de proportionnalité C, exprimé en farad (F)1,
chimiste et physicien britannique, s’appelle la capacité du condensateur 2 :
découvrit l’induction
électromagnétique, établit la loi de
qA charge en coulomb (C)
l’électrolyse et fonda la théorie de
l’électrisation. En chimie, il q A = Cu AB C capacité en farad (F)
découvrit le benzène et liquéfia de uAB tension en volt (V)
nombreux gaz.

2. En électronique, on utilise les


sous-multiple du farad : On étudie un condensateur en convention récepteur et on ne représente géné-
ralement que l’armature portant la charge q. D’après la relation charge-ten-
– le microfarad (µF) :
sion, celle-ci est algébrique :
1 µF = 10 –6 F ;
q  0 si u  0 et q  0 si u  0.
– le nanofarad (nF) :
1 nF = 10 –9 F = 10 –3 µF ; A.1.2 - Relation charge-intensité pour un condensateur
– le picofarad (pF) : D’après le chapitre 1, on sait que l’intensité i du courant s’écrit :
1 pF = 10 –12 F = 10 –6 µF = 10 –3 nF.
dQ
i = --------- ,
dt
où dQ est la quantité d’électricité traversant une section quelconque du cir-
cuit pendant la durée dt. D’après la conservation de la charge, la charge q de
3. Si le courant i est positif, la l’armature du condensateur varie donc dans le même temps de la quantité3
quantité d’électricité dQ  0 dq = dQ.
s’accumule sur l’armature du
condensateur : la charge q
augmente. Si le courant i est
En convention récepteur, la relation charge-intensité s’écrit pour un
négatif, la quantité d’électricité condensateur :
dQ  0 quitte l’armature du dq
conden-sateur : la charge q i = -------- , où q est la charge du condensateur (C).
diminue. dt

A.1.3 - Relation tension-intensité pour un condensateur


Des relations charge-tension et charge-intensité, on déduit la relation tension-
4. En convention générateur, il intensité pour un condensateur en convention récepteur 4 :
faut introduire un signe moins.
dq du
q = Cu et i = ------, d’où : i = C -------- .
dt dt
L’intensité du courant dans les fils d’alimentation du condensateur ne peut
pas être infinie : la tension u ne subit donc pas de discontinuité.

La tension u ( t ) aux bornes d’un condensateur est toujours une fonction


continue du temps.

80
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 81 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 1 Tension aux bornes d’un condensateur


Un générateur de courant idéal débite un courant constant d’intensité I = 1,0 µA
I = 1,0 µA dans un condensateur de capacité C = 100 nF. Initialement, la ten-
sion u aux bornes du condensateur est nulle. Comment u varie-t-elle au cours
du temps ?
u C
Solution
En convention récepteur, on a :
du I
i = I = C ------- , soit : du = ---- dt.
dt C
On intègre cette équation par rapport au temps :
I
u ( t ) = ---- t + cte, avec u(t = 0) = 0.
C
On déduit des conditions initiales à t = 0 :
I 1,0 ⋅ 10 –6
cte = 0, d’où : u ( t ) = ---- t, soit : u ( t ) = -------------------------- t = 10t.
C 100 ⋅ 10 –9
La tension u varie linéairement avec le temps.

A.2. Énergie d’un condensateur parfait


Définition 2
L’énergie électrostatique Eélec emmagasinée dans un condensateur sou-
mis à la tension u est égale à l’énergie électrique reçue par le conden-
sateur initialement déchargé lorsque la tension à ses bornes passe de 0
1. D’après la relation charge- à u. Elle a pour expression1 :
tension q = Cu, on a aussi :
q2 1
E élec = ------ = --qu.
Eélec énergie en joule (J)
2C 2 1
E élec = --- Cu 2 C capacité en farad (F)
2
u tension en volt (V)

L’énergie E élec emmagasinée par un condensateur est donc d’autant plus


grande que sa capacité C est grande.

Démonstration
La puissance électrique Pr reçue par le condensateur à l’instant t vaut :
2. Si la puissance P reçue par un
du du
système est constante, son Pr = ui avec i = C ------- , d’où : P r = Cu ------- .
énergie E varie de la quantité dt dt
∆E = P∆t pendant l’intervalle de
L’énergie dE élec reçue par le condensateur pendant la durée infinitésimale dt
temps ∆t, d’où :
∆E
vaut donc2 :
P = ------- .
∆t dE élec
En revanche, si P n’est pas P r = ---------------, d’où : dE élec = P r dt = Cu du.
dt
constante, on peut seulement
écrire que E varie de la quantité L’énergie totale Eélec reçue par le condensateur est la somme des énergies élé-
dE = Pdt pendant l’intervalle de mentaires reçues lorsque la tension passe de 0 à u. D’où :
temps infinitésimal dt, d’où :
u u 1 2
dE
P = ------ .
dt
E élec = ∫0 dEélec = ∫0 Cu du = --- Cu .
2

81
Cours
KA_MPSI.book Page 82 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 2 Énergie emmagasinée dans un condensateur


Calculer l’énergie emmagasinée dans un condensateur de capacité C = 100 nF chargé sous la tension
constante U = 10 V.
Solution
L’énergie du condensateur vaut :
1 1
E élec = --- CU 2 , d’où : E élec = --- × 1,00 ⋅ 10 –7 × 10 2 = 5,0 ⋅ 10 –6 J = 5,0 m J .
2 2

A.3. Association de condensateurs parfaits

C1
A.3.1 - Association en parallèle
i1
On considère n condensateurs parfaits associés en parallèle et soumis à la
i même tension u (fig. 2). En convention récepteur, le condensateur k de capa-
cité Ck est parcouru par le courant d’intensité ik telle que :

du
in i k = C k ------- .
Cn dt
u
D’après la loi des nœuds, l’intensité totale i s’écrit :
Fig. 2 - Association en parallèle
∑k ik , d’où : i = ∑k Ck ------ =  ∑k Ck ------
de n condensateurs parfaits. du du
i = - -.
dt  dt

L’association en parallèle de condensateurs parfaits de capacités Ck est


équivalente à un condensateur unique de capacité C telle que :

C = ∑k Ck .

A.3.2 - Association en série


C1 Cn
i
On considère n condensateurs parfaits associés en série et parcourus par le
même courant d’intensité i (fig. 3). En convention récepteur, la tension uk
u1 un aux bornes du condensateur k de capacité Ck vérifie :
u
du k du i
i = C k ---------, soit : ---------k = ------- .
Fig. 3 - Association en série de dt dt Ck
n condensateurs parfaits.
D’après la loi d’addition des tensions, la tension totale u s’écrit :

du
∑k uk , ∑k --------- = ∑ ------- ∑k ------
du k i 1
u = d’où : ------- = = i -.
dt dt k
Ck Ck

L’association en série de condensateurs parfaits de capacités Ck est équi-


valente à un condensateur unique de capacité C telle que :

∑k ------
1 1
---- = -.
C Ck

82
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 83 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 3 Association de condensateurs


Quelle est la capacité du condensateur équivalent à l’association des trois condensateurs schématisée
ci-dessous ?

C2

C1
A B D

C3

Solution
Entre les points B et D, la capacité du condensateur équivalent aux deux condensateurs en parallèle vaut :
CBD = C2 + C3 .
Entre les points A et D, le condensateur de capacité CBD est lui-même en série avec le condensateur
de capacité C1. La capacité C du condensateur équivalent est donnée par la relation :
1 1 1 C1 + C2 + C3 C1 ( C2 + C3 )
---- = ------- + ----------- = ---------------------------------- , soit : C = ---------------------------------- .
C C 1 C BD C1 ( C2 + C3 ) C1 + C2 + C3

A.4. Modélisation d’un condensateur réel


A.4.1 - Description d’un condensateur réel
1. Un diélectrique est un isolant Les deux armatures d’un condensateur réel sont séparées par un diélectrique
augmentant la capacité C du légèrement conducteur1, à travers lequel le condensateur se décharge lente-
condensateur. (En réalité, il est ment. Un condensateur réel se modélise donc par l’association en parallèle d’un
toujours légèrement conducteur.)
condensateur parfait de capacité C avec une « résistance de fuite » Rf (fig. 4).
En convention récepteur, les intensités iC dans le condensateur et iR dans la
C résistance de fuite valent respectivement :
iC
du u
i C = C ------- et i R = ----- (loi d’Ohm).
i dt Rf
iR Rf
D’après la loi des nœuds, le courant total i s’écrit :
u du
i = iR + iC , d’où : i = ------ + C -------- .
u Rf dt

Fig. 4 - Modélisation d’un A.4.2 - Énergie reçue par un condensateur réel


condensateur réel.
La puissance électrique Pr reçue par un condensateur réel à l’instant t vaut :
u du u2 du
Pr = ui avec i = ----- + C ------- , d’où : P r = ----- + C u ------- .
Rf dt Rf dt
L’énergie reçue par le condensateur réel est la somme de deux termes :
• L’énergie dissipée par effet Joule dans la résistance Rf entre l’instant initial
t = 0 et l’instant tu où la tension aux bornes du condensateur vaut u :
tu
u2
E Joule = ∫0 -----
Rf
dt.

83
Cours
KA_MPSI.book Page 84 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• L’énergie électrostatique emmagasinée dans la capacité C :


1
E élec = --- C u 2 .
2
C1 A.4.3 - Association de condensateurs réels
• Association en parallèle
R1
On considère n condensateurs réels (Ck , Rk) associés en parallèle et soumis à
la même tension u (fig. 5).
– L’association en parallèle des capacités Ck est équivalente à la capacité C :
Cn

Rn
C= ∑k Ck .
– L’association en parallèle des résistances Rk est équivalente à la résistance

Rf telle que :
C = ∑ Ck
∑k -----
k 1 1
----- = -.
Rf Rk
L’association des n condensateurs est donc équivalente au condensateur réel
1 1 de capacité C et de résistance de fuite Rf telles que :
----- =
Rf ∑ -----
R
-
k

∑k Ck ∑k ------
k 1 1
C = et ------ = -.
Rf Rk
Fig. 5 - Condensateur réel
équivalent à l’association en
parallèle de n condensateurs réels. • Association en série
L’association en série de condensateurs réels n’est pas équivalente à un dipôle
1. On pourrait montrer que simple1.
l’association en série de deux
condensateurs réels (R1 , C1) et
(R2 , C2) aboutit à une relation
tension-intensité compliquée qui
n’apporte pas d’informations
supplémentaires.
B. Étude des bobines
B.1. Description d’une bobine parfaite
Une bobine est constituée par l’enroulement régulier d’un fil métallique
2. Le passage du courant dans la conducteur2. Elle peut être plate (l’enroulement est constitué de quelques
bobine crée un champ spires) ou longue (le fil est enroulé en hélice sur un cylindre).
magnétique B dont la valeur est
proportionnelle à l’intensité i. Définition 3
La tension u aux bornes d’une bobine est proportionnelle à la dérivée par
3. En convention générateur, il
faut introduire un signe moins. rapport au temps de l’intensité i du courant qui la traverse. En convention
récepteur3, le coefficient de proportionnalité L, exprimé en henry (H)4,
s’appelle l’inductance propre de la bobine (fig. 6) :
4. Joseph Henry (1797-1878),
physicien américain, découvrit
l’auto-induction en 1832. u tension en volt (V)
di
u = L ------ L inductance propre en henry (H)
dt
i L i intensité en ampère (A)

di
La tension aux bornes de la bobine ne peut pas être infinie : l’intensité i du
u = L ------ courant qui la traverse ne subit donc pas de discontinuité.
dt
Fig. 6 - En convention L’intensité i ( t ) du courant dans une bobine est toujours une fonction conti-
récepteur, tension aux bornes
d’une bobine parfaite.
nue du temps.

84
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 85 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 4 Intensité dans une bobine


Une bobine d’inductance L = 100 mH est soumise à la tension constante i
U = 1,0 V. Initialement, l’intensité i du courant dans la bobine est nulle. Com-
ment i varie-t-elle au cours du temps ?
Solution U L
En convention récepteur, on a :
di U
U = L ------ , d’où : di = ----- dt.
dt L
On intègre cette équation par rapport au temps :
U
i ( t ) = ----- t + cte, avec i ( t = 0 ) = 0.
L
On déduit des conditions initiales à t = 0 :
U 1,0
cte = 0, d’où : i ( t ) = ----- t, soit : i ( t ) = -------------------------t = 10t.
L 100 ⋅ 10 –3
L’intensité i du courant varie linéairement avec le temps.

B.2. Énergie d’une bobine parfaite


Définition 4
L’énergie magnétique Emag emmagasinée dans une bobine traversée par un
courant d’intensité i est égale à l’énergie électrique reçue par la bobine lors-
que l’intensité passe de 0 à i. Elle a pour expression :

Emag énergie en joule (J)


1
E mag = --- L i 2 L inductance propre en henry (H)
2
i intensité en ampère (A)

L’énergie Emag emmagasinée dans une bobine est donc d’autant plus grande
que son inductance L est grande.

Démonstration
La puissance électrique Pr reçue par la bobine à l’instant t vaut :

di di
Pr = ui avec u = L ------ , d’où : P r = L i ------ .
dt dt
L’énergie dEmag reçue par la bobine pendant la durée infinitésimale dt vaut
donc :
dE mag
P r = ---------------- , d’où : dEmag = Pr dt = L idi.
dt
L’énergie totale Emag reçue par la bobine est la somme des énergies élémen-
taires reçues lorsque l’intensité du courant passe de 0 à i. D’où :
i i 1 2
E mag = ∫0 dEmag = ∫0 L i di = --- L i .
2

85
Cours
KA_MPSI.book Page 86 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 5 Énergie emmagasinée dans une bobine


Calculer l’énergie emmagasinée dans une bobine d’inductance L = 100 mH parcourue par un cou-
rant d’intensité I = 1,0 A.
Solution
L’énergie de la bobine vaut :
1 1
E mag = --- L I 2 , d’où : E mag = --- × 0,100 × 1,0 2 = 5,0 ⋅ 10 –2 J = 50 mJ .
2 2

1. Par rapport au condensateur, B.3. Association de bobines parfaites1


les rôles de la tension u (t ) et de
l’intensité i (t) sont inversés. On suppose que les influences des bobines présentes dans le circuit les unes
sur les autres sont nulles.

B.3.1 - Association en série


On considère n bobines parfaites associées en série et traversées par le même
i L1 Ln
courant d’intensité i (fig. 7). En convention récepteur, la tension aux bornes
de la bobine k d’inductance Lk s’écrit :
u1 un
di
u u k = L k ------ .
dt
Fig. 7 - Association en série de D’après la loi d’addition des tensions, la tension totale u s’écrit :
n bobines parfaites.

∑k uk , d’où : u = ∑k Lk ----- =  ∑k Lk -----


di di
u = - -.
dt  dt

L’association en série de bobines parfaites d’inductance Lk est équivalente


à une bobine unique d’inductance L telle que :

L = ∑k Lk .

i1 L1
B.3.2 - Association en parallèle
On considère n bobines parfaites associées en parallèle et soumises à la même
i tension u (fig. 8). En convention récepteur, l’intensité ik du courant traversant
la bobine k d’inductance Lk vérifie :
in Ln
di k di u
u = L k -------- , soit : -------k- = ------ .
dt dt L k
u

Fig. 8 - Association en parallèle D’après la loi des nœuds, l’intensité totale i s’écrit :
de n bobines parfaites.
di
∑k ik , ∑k -------
- = ∑ ------ ∑k -----
di k u 1
i = d’où : ------ = = u -.
dt dt k
Lk Lk

L’association en parallèle de bobines parfaites d’inductance Lk est équiva-


lente à une bobine unique d’inductance L telle que :

∑k ------
1 1 .
---- =
L Lk

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Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 87 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

B.4. Modélisation d’une bobine réelle


B.4.1 - Description d’une bobine réelle
i L r
L’enroulement de fil d’une bobine réelle possède une résistance non nulle.
Une bobine réelle se modélise donc par l’association en série d’une bobine
uL ur parfaite d’inductance L avec une résistance r (fig. 9).
En convention récepteur, la tension u aux bornes de la bobine réelle s’écrit donc :
u
di
Fig. 9 - Modélisation d’une u = L ------ + r i.
dt
bobine réelle.

B.4.2 - Énergie reçue par une bobine réelle


La puissance électrique P r reçue par une bobine réelle à l’instant t vaut :
di di
Pr = ui avec u = L ------ + r i , d’où : P r = r i 2 + L i ------ .
dt dt
L’énergie reçue par la bobine réelle est la somme de deux termes :
• L’énergie dissipée par effet Joule dans la résistance r entre l’instant initial
t = 0 et l’instant t i où l’intensité du courant dans la bobine vaut i :
t0
E Joule = ∫0 r i 2 dt.
• L’énergie magnétique emmagasinée dans l’inductance L :
1
E mag = --- L i 2 .
2

B.4.3 - Association de bobines réelles


• Association en série
L1 r1 Ln rn
On considère n bobines réelles associées en série et traversées par le même
courant d’intensité i (fig. 10).

L = ∑ Lk r = ∑ rk – L’association en série des inductances Lk est équivalente à l’inductance L :


k k

L = ∑k Lk .
Fig. 10 - Bobine réelle
équivalente à l’association en série – L’association en série des résistances rk est équivalente à la résistance r :
de n bobines réelles.
r = ∑k rk .
L’association des n bobines est donc équivalente à la bobine réelle d’induc-
tance L et de résistance r telles que :

L = ∑k Lk et r = ∑k rk .
• Association en parallèle
L’association en parallèle de bobines réelles n’est pas équivalente à un dipôle
simple.

87
Cours
KA_MPSI.book Page 88 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C. Les dipôles linéaires


C.1. Définition et exemples
L’étude des dipôles linéaires s’effectue dans le cadre de l’approximation des
régimes quasi-stationnaires (ou quasi-permanents). On considère donc que la
tension u ( t ) aux bornes d’un dipôle et l’intensité i ( t ) du courant le traversant
varient lentement au cours du temps.

Définition 5
Un dipôle est linéaire lorsque la tension u ( t ) à ses bornes et l’intensité i ( t )
du courant le traversant vérifient une équation différentielle linéaire (à
coefficients constants).

• Les conducteurs ohmiques, les générateurs, les récepteurs… dont la carac-


téristique u = f ( i ) peut être localement modélisée par une droite sont des
1. L’ordre d’une équation dipôles linéaires vérifiant une équation différentielle linéaire d’ordre 01 (rela-
différentielle est celui de la tion affine entre u et i).
dérivée la plus élevée intervenant
dans l’équation. • Les condensateurs (parfaits ou réels) sont des dipôles linéaires vérifiant une
équation différentielle linéaire d’ordre 1 en u ( t ).
• Les bobines (parfaites ou réelles) sont des dipôles linéaires vérifiant une
équation différentielle linéaire d’ordre 1 en i ( t ).

C.2. Associations de dipôles linéaires


C.2.1 - Exemple : association d’un condensateur parfait
et d’une bobine réelle
On étudie en convention récepteur l’association d’un condensateur parfait C
2. En pratique, les condensateurs et d’une bobine réelle (L, r) 2.
utilisés peuvent très souvent être
considérés comme parfaits, alors • Association en série (fig. 11)
que les bobines sont des bobines
réelles. C du 2
L r i = C ----------
dt

di u2
u 1 = L ------ + ri
dt

u
Fig. 11 - Association en série d’une bobine réelle (L, r )
et d’un condensateur parfait C.

D’après la loi d’addition des tensions, la tension totale u s’écrit :


di
u = u 1 + u 2 = L ------ + r i + u 2 .
dt
En dérivant une fois cette expression, on obtient :
du d2i di du 2 du d2i di i
------- = L -------2- + r ------ + ---------- , d’où : ------- = L -------2- + r ------ + ---- .
dt dt dt dt dt dt dt C
L’association est donc équivalente à un dipôle linéaire vérifiant une équation
différentielle d’ordre 2 en i ( t ) et d’ordre 1 en u ( t ).

88
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 89 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Association en parallèle (fig. 12)

C du
i 2 = C -------
dt

i1 L r

di 1
u = L -------- + ri 1
dt
Fig. 12 - Association en parallèle d’une bobine réelle (L, r )
et d’un condensateur parfait C.

D’après la loi des nœuds, l’intensité totale i s’écrit :


du
i = i1 + i2 , d’où : i 1 = i – i 2 = i – C ------- .
dt
En reportant i1 dans l’expression de la tension u écrite aux bornes de la bobine
réelle, on obtient :
di 1
u = L -------- + ri 1 = L ------  i – C ------- + r  i – C -------
d du du
dt dt  dt   dt 
di d2u du
= L ------ – L C ---------2- + ri – r C ------- .
dt dt dt
D’où finalement, en ordonnant les termes en u et les termes en i :
du d2u di
u + r C ------- + L C ---------2- = L ------ + r i.
dt dt dt
L’association est donc équivalente à un dipôle linéaire vérifiant une équation
différentielle d’ordre 2 en u ( t ) et d’ordre 1 en i ( t ).

C.2.2 - Propriété
1. Par exemple, l’association en On peut généraliser les résultats obtenus sur les exemples précédents à l’asso-
série de deux condensateurs réels ciation de n dipôles linéaires quelconques.
vérifie une équation différentielle
linéaire d’ordre 2 en u (t ). De même, L’association de n dipôles linéaires est équivalente à un dipôle linéaire.
l’association en parallèle de deux
bobines réelles vérifie une équation
L’ordre de l’équation différentielle obtenue augmente avec le nombre de
différentielle linéaire d’ordre 2 en dipôles associés1.

89
Cours
KA_MPSI.book Page 90 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Méthodes ✓ Propriétés des condensateurs

bornes :
L’essentiel
• La charge q d’un condensateur est proportionnelle à la tension u à ses

q charge en coulomb (C) q C


i
q = Cu C capacité en farad (F)
u tension en volt (V)
u
• En convention récepteur, les relations charge-intensité et tension-intensité
s’écrivent pour un condensateur :
dq du
i = -------- = C -------- , où i est l’intensité du courant dans le circuit.
dt dt
• La tension u ( t ) aux bornes d’un condensateur est toujours une fonction con-
tinue du temps.
• L’énergie électrostatique Eelec emmagasinée dans un condensateur a pour
expression :
Eelec énergie en joule (J)
1
E elec = --- Cu 2 C capacité en farad (F)
2
u tension en volt (V)
• L’association parallèle de condensateurs de capacités Ck est équivalente à un
condensateur unique de capacité C = ∑k Ck .
L’association série de condensateurs de capacités Ck est équivalente à un


1 1
condensateur unique de capacité C telle que ---- = ------- .
C k
C k

• Un condensateur réel se modélise par l’association en parallèle d’un conden-


sateur de capacité C avec une « résistance de fuite » R f .
✓ Propriétés des bobines
• La tension u aux bornes d’une bobine est proportionnelle à la dérivée par rap-
port au temps de l’intensité i du courant qui la traverse. En convention récep-
teur, on a :
u tension en volt (V) L
di i
u = L ------ L inductance en henry (H)
dt
i intensité en ampère (A) u
• L’intensité i(t) du courant dans une bobine est toujours une fonction continue
du temps.
• L’énergie magnétique Emag emmagasinée dans une bobine a pour expression :
Emag énergie en joule (J)
1
E mag = --- Li 2 L inductance en henry (H)
2
i intensité en ampère (A)
• L’association série de bobines d’inductance Lk est équivalente à une bobine
unique d’inductance L = ∑k L k .

90
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 91 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L’association parallèle de bobines d’inductance Lk est équivalente à une bobine unique


1 1
d’inductance L telle que ---- = ------ .
L k
L k

• Une bobine réelle se modélise par l’association en série d’une bobine d’inductance L avec une
résistance r.
✓ Les dipôles linéaires
• Un dipôle est linéaire lorsque la tension u ( t ) à ses bornes et l’intensité i ( t ) du courant le tra-
versant vérifient une équation différentielle linéaire (à coefficients constants).
Exemple : les conducteurs ohmiques, les dipôles dont la caractéristique peut être localement
modélisée par une droite, les condensateurs (parfaits ou réels), les bobines (parfaites ou réelles)…
• L’association de n dipôles linéaires est équivalente à un dipôle linéaire. L’ordre de l’équation
différentielle obtenue augmente avec le nombre de dipôles associés.

Mise en œuvre
Méthode n° 1
Comment déterminer les conditions initiales d’un régime
transitoire ?
Lorsqu’on modifie un régime continu en ouvrant ou en fermant un interrupteur, certaines
grandeurs électriques varient continûment, tandis que d’autres subissent des discontinuités.
On se propose de déterminer les valeurs de ces grandeurs à l’instant t = 0 + qui suit la modi-
fication du circuit.

➜ Savoir faire

➊ Construire le schéma équivalent au circuit en régime permanent continu. Il faut pour cela
substituer :
– un fil à une bobine ;
– un interrupteur ouvert à un condensateur.
di L du C
En régime permanent continu : u L = L -------- = 0 et i C = C --------- = 0.
dt dt
➋ Déterminer les grandeurs électriques en t = 0 – (avant la modification du circuit) à partir
de ce schéma équivalent.
➌ Identifier les grandeurs continues (ce sont les tensions aux bornes des condensateurs et les
intensités dans les bobines) et préciser leurs valeurs en t = 0 + .
➍ Déterminer les valeurs des autres grandeurs électriques en t = 0 + par application des lois
de Kirchhoff. Ce calcul doit être mené sur le circuit réel (et non sur le schéma équivalent)
après modification de celui-ci.
➎ Pour chaque condensateur (chaque bobine), déterminer la dérivée de u (respectivement
de i ) en t = 0 + en exploitant sa caractéristique.

Ces résultats seront utilisés pour l’étude des régimes transitoires au chapitre 4.

91
Méthodes
KA_MPSI.book Page 92 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➜ Application
Le circuit ci-dessous est en régime permanent continu lorsque l’interrupteur K est ouvert à un ins-
tant choisi comme origine des temps.
uR
i

R i1 i2

L
E C u

r
K

Déterminer les valeurs des différentes grandeurs électriques juste après l’ouverture de l’interrup-
di 1 du
teur, ainsi que les valeurs de ------- et ------ .
dt dt

Solution
➊ Le schéma équivalent avant ouverture de l’interrupteur est :
uR
i
i1 i2
R
E r u

➋ Avant l’ouverture de l’interrupteur K, le théorème de division de tension donne :


RE rE
u R = ------------ et u = ------------ .
R+r R+r
On en déduit les intensités :
E E
i = ------------ ; i 1 = ------------ ; i 2 = 0.
R+r R+r
➌ Seules u et i1 sont nécessairement continues. Leurs valeurs en t = 0 + sont inchangées :
rE E
u ( 0 + ) = ------------ et i 1 ( 0 + ) = ------------ .
R+r R+r
➍ Après ouverture de l’interrupteur K, le circuit réel devient :
uR
i
i1 i2
R
L
E
C u
r
K

• i ( 0 + ) = 0, car la branche est ouverte.


• u R ( 0 + ) = 0, d’après la caractéristique de la résistance R.
E
• i 2 ( 0 + ) = i ( 0 + ) – i 1 ( 0 + ), soit : i 2 ( 0 + ) = – ------------- .
R+r

92
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 93 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Ces trois grandeurs électriques sont discontinues en t = 0.

Les grandeurs autres que les tensions aux bornes de condensateurs et les courants dans les bobines ne sont
pas nécessairement discontinues. La tension aux bornes de r, par exemple, est continue, bien que cela ne soit
pas systématique pour une résistance.
➎ • La caractéristique de la bobine s’écrit :
di 1 di u
u L = L -------- , soit : -------1- = -----L- avec u L = u – ri 1 .
dt dt L
On en déduit :
rE rE di 1
u L ( 0 + ) = u ( 0 + ) – r i 1 ( 0 + ) = ------------ – ------------ = 0, soit : -------- ( 0 + ) = 0.
R+r R+r dt
• De même, la caractéristique du condensateur donne :
du du i2 ( 0 + ) E
i 2 = C ------- , soit : -------- ( 0 + ) = --------------- = – ----------------------- .
dt dt C ( R + r )C

93
Méthodes
KA_MPSI.book Page 94 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Énoncés des exercices

Exercices
Niveau 1 Ex. 4 Bobine réelle en série avec
un condensateur avec fuite
Ex. 1 Bobines réelles en parallèle Une bobine réelle d’inductance L possède une résis-
tance r. Elle est placée en série avec un condensateur
Déterminer l’équation différentielle liant la tension u
de capacité C et de résistance de fuite R.
et le courant i dans le montage ci-dessous, compor-
tant deux bobines réelles en parallèle. v

L1 R1 C
L r

i i R










L2 R2 bobine réelle








condensateur réel
u
u
On note u la tension totale, v la tension aux bornes du
condensateur et i l’intensité du courant.
Ex. 2 Condensateurs avec fuite en série a) Déterminer l’équation différentielle liant l’inten-
Déterminer l’équation différentielle liant la tension u sité i et la tension u.
et le courant i dans le montage ci-dessous, compor-
b) À t = 0, la tension aux bornes du condensateur
tant deux condensateurs avec fuite en série. On
vaut v0 et pour t  0, on impose u = 0.
notera u1 et u2 les tensions aux bornes de chaque con-
Juste après installation du court-circuit, que valent
densateur.
di dv
i(0+) ? v(0+) ? ------ ( 0 + ) ? ------- ( 0 + ) ?
C1 C2 dt dt

i Ex. 5 Circuit RLC parallèle


R1 R2 Un conducteur ohmique de résistance R, une bobine
parfaite d’inductance L et un condensateur sans fuite
de capacité C sont placés en parallèle. On note u la
u1 u2
tension aux bornes des trois composants et i l’inten-
u sité totale traversant l’association.

Ex. 3 Filtre de Wien R


Le montage schématisé ci-dessous comporte deux
résistances identiques R et deux condensateurs de i L
capacité C.
R C C

u
u R v a) Quelle est l’équation différentielle liant u et i ?
C b) On impose à partir de t = 0, un courant i = I0 . Pour
les instants négatifs, le condensateur était déchargé et
a) Écrire l’équation différentielle liant la tension de la bobine n’était parcourue par aucun courant.
sortie v aux bornes du condensateur et la tension du
Déterminer u(0+) et ------- ( 0 + ).
d’entrée u. dt
b) À l’instant initial, les deux condensateurs sont Ex. 6 Cascade de circuits RC
déchargés et la tension u = E est constante. Détermi-
dv On étudie le montage ci-dessous comportant deux
ner les conditions initiales portant sur v et ------- juste circuits RC en cascade. On note u la tension d’entrée
dt
dv + et v1 et v2 les tensions respectives aux bornes des con-
après le branchement du circuit ( v ( 0 ) et ------- ( 0 ) ).
+
dt densateurs.

94
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 95 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

R R a) Déterminer l’équation différentielle liant v2 à u.


i
b) Déterminer l’équation différentielle liant v1 à u.
c) À l’instant t = 0, on a : u = U0 , v1 = V10 et v2 = 0.
u C v1 C v2 dv 1 dv 2
Déterminer --------- ( 0 ) et --------- ( 0 ).
dt dt

Indications
Ex. 2 Distinguer deux cas possibles. Ex. 5 a) Dériver l’expression obtenue en appliquant
la loi des nœuds.
Ex. 3 a) Noter v1 la tension aux bornes du condensateur b) Utiliser les propriétés de continuité.
et N le nœud du circuit. Appliquer les lois de Kirchhoff.
b) Utiliser les propriétés de continuité.
Ex. 6 b) et c) Utiliser les équations posées à la ques-
Ex. 4 b) Utiliser les propriétés de continuité. tion a).

95
Exercices
KA_MPSI.book Page 96 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Solution des exercices

Solutions des exercices


Exercices de niveau 1
Exercice 1

di 1
L 1 --------
dt R1i1
i1

i L1 R1 i
L2 R2

i2
di 2 R2i2
L 2 --------
dt
u
La tension u se retrouve aux bornes de chaque bobine. En notant i 1 et i 2 les courants les traversant,
on peut écrire :
 di 1
 u = L 1 -------- + R 1 i 1 (a)
 dt
 avec i = i 1 + i 2 (c).
 di 2
 u = L 2 -------
dt
- + R2 i2 (b)

On reporte i 2 = i – i 1 , tiré de (c), dans (b) :
di di 1
u = L 2 ------ + R 2 i – L 2 -------- – R 2 i 1 .
dt dt

On cherche à exprimer i 1 en fonction de i et de u, puis on injecte cette expression dans la caractéristique de la pre-
mière bobine.

On pourrait aussi chercher à exprimer i 2 en fonction de i et de u, puis injecter cette expression dans la caractéristique
de la deuxième bobine. Les calculs aboutiraient à la même équation différentielle.

di u R1
On reporte -------1- = ------ – ------ i 1 , tiré de (a), dans l’équation ci-dessus :
dt L1 L1
L2 L2
u = L 2 ------ + R 2 i – ------ u +  ------ R 1 – R 2 i 1 ,
di
dt L1  L1 

L2
u  1 + ------  – L 2 ------ – R 2 i
di
 L1  dt R2 L2
d’où : i 1 = ------------------------------------------------------------ si ------ ≠ ------ .
L R1 L1
-----2- R 1 – R 2
L1
On reporte cette expression dans (a) :
L1 L 2 du d2i R1 L2
u = ---------------------------  1 + ------  ------- – L 2 -------2- – R 2 ------ + ---------------------------  1 + ------  u – L 2 ------ – R 2 i .
di di
L2  L 1  dt dt dt L  L  dt
------ R 1 – R 2 -----2- R 1 – R 2 1
L1 L1

96
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 97 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Après simplification, on obtient :


du d2i di
( L 1 + L 2 ) -------- + ( R 1 + R 2 )u = L 1 L 2 --------2- + ( R 1 L 2 + R 2 L 1 ) ------ + R 1 R 2 i.
dt dt dt
L R2
Si -----2 = -----, l’expression est plus simple et on a immédiatement :
L1 R1
L2 L2
u = L 2 ----- + R 2 i – ----- u, d’où : u  1 + -----  = L 2 ----- + R 2 i.
di di
dt L1  L1 dt

Exercice 2

du 1 du 2
i 1 = C 1 ---------- i 2 = C 2 ----------
dt dt

i C1 i C2 i

R1 R2

u u
i 1′ = ------1 i 2′ = ------2
R1 R2
u1 u2
u
On a pour chaque condensateur réel :
du 1 u du 2 u 2
i = C 1 ---------- + ------1 = C 2 ---------- + ------ , avec u = u1 + u2 .
dt R 1 dt R 2
Reportons u 2 = u – u 1 dans l’expression précédente :
du u du 1 u 1
i = C 2 ------- + ------2 – C 2 ---------- – ------ .
dt R 2 dt R 2

On cherche à exprimer u1 en fonction de i et de u, puis on injecte cette expression dans la caractéristique du premier
condensateur.

On pourrait aussi chercher à exprimer u 2 en fonction de i et de u, puis injecter cette expression dans la caractéristique
du deuxième condensateur. Les calculs aboutiraient à la même équation différentielle.

du i u1
Reportons ---------1- = ------- – -------------
- dans l’expression précédente :
dt C1 R1 C1
du u C 2 C2 u1
i = C 2 ------- + ------ – ------- i + -------------- u 1 – ------ .
dt R 2 C 1 R1 C1 R2
• Si R 1 C 1 = R 2 C 2 , l’expression obtenue est :
C2
i  1 + -------  = C 2 -------- + ------- .
du u
 C1  dt R 2
C2
i  1 + -------  – C 2 ------- – ------
du u
 C1  dt R 2
• Si R 1 C 1 ≠ R 2 C 2 , on extrait u 1 = -------------------------------------------------------------, d’où :
C2 1
-------------- – ------
R1 C1 R2
C1 C 2 di d 2 u 1 du C2
i = ---------------------------  1 + -------  ------ – C 2 ---------2- – ------ ------- + --------------------  1 + -------  i – C 2 ------- – ------ .
1 du u
C2 1  C 1
 dt dt R 2 dt C R  C  dt R 2
-------------- – ------ ------2- – ------1 1
R1 C1 R2 C1 R2

97
Exercices
KA_MPSI.book Page 98 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Après simplification, nous obtenons :


d 2 u  C 1 C 2  du
+ ------- + ------- -------- + -------------- = ( C 1 + C 2 ) ------ + i  ------- + -------  .
u di 1 1
C 1 C 2 ----------
dt 2  R 2 R 1  dt R 1 R 2 dt  R1 R2 

Il ne faut pas oublier de traiter les deux cas possibles.

Exercice 3

a) Notons v1 la tension aux bornes du premier condensateur et i l’intensité du courant le parcourant


en convention récepteur.
v1
i N

R C
u R C v

• En appliquant la loi des nœuds en N, nous avons :


dv 1 v dv
i = C --------- = ---- + C ------- (1)
dt R dt
• En appliquant la loi des mailles, nous avons aussi :

u = Ri + v 1 + v = R  ---- + C -------  + v 1 + v,
v dv
R dt 

dv
soit : u = RC ------- + 2v + v 1 (2)
dt
Dérivons cette expression par rapport au temps :
du d2v dv dv 1
------- = RC ---------2- + 2 ------- + --------- .
dt dt dt dt

On ne dispose pas d’une relation exprimant directement v 1 en fonction de u et de v. En revanche, l’égalité (1) fait inter-
venir la dérivée de v 1 . Pour pouvoir l’exploiter, on dérive donc l’égalité (2).

• Reportons l’égalité (1) dans l’expression précédente :


du d2v dv v
------- = RC ---------2- + 3 ------- + --------- .
dt dt dt RC

Nous obtenons bien une équation différentielle linéaire.

b) • La tension aux bornes d’un condensateur est toujours continue. On a donc :


v1 ( 0 + ) = v1 ( 0 – ) = 0 et v ( 0 + ) = v ( 0 – ) = 0.

Les deux condensateurs sont déchargés, donc la tension à leurs bornes est nulle.

• Comme u ( 0 + ) = E, nous obtenons grâce à l’équation (2) :


dv u( 0+ ) dv E
------- ( 0 + ) = -------------- – 2v ( 0 + ) – v 1 ( 0 + ), soit : ------- ( 0 + ) = --------- .
dt RC dt RC

98
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 99 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 4

dv
i C = C -------
dt
i L r C
N i
R
di ri v
L ------ i R = ----
dt R
v
u
a) • La loi des nœuds en N s’écrit :
dv v
i = i C + i R = C ------- + ---- (1)
dt R
• La loi d’addition des tensions donne en outre :
di di
u = L ------ + ri + v, soit : v = u – ri – L ------ (2)
dt dt
• En reportant (2) dans (1), on a donc :
di
2i
u – ri – L ------
i = C  ------- – r ------ – L -------2-  + ------------------------------ .
du di d dt
 dt dt dt  R
L’équation différentielle linéaire s’écrit alors :
d2i
LC --------2- +  r C + ----  ------ + i  1 + ----  = C -------- + ---- .
L di r du u
dt  R  dt  R dt R
b) • Le courant dans la bobine et la tension aux bornes du condensateur sont continus :
i ( 0+ ) = i ( 0– ) = 0 et v ( 0 + ) = v ( 0 – ) = v0 .

Avant d’installer le court-circuit, l’association n’est pas branchée : il ne circule donc aucun courant (i (t  0) = 0).

• L’équation (2) écrite à l’instant t = 0+ donne :


di di v0
v 0 = 0 – 0 – L ------ ( 0 + ), soit : ------ ( 0 + ) = – ----- .
dt dt L
• L’équation (1) écrite à l’instant t = 0+ donne :
dv v0 dv v0
0 = C ------- ( 0 + ) + -----, soit : ------- ( 0 + ) = – --------- .
dt R dt RC

Exercice 5

u
i R = ---- R
a) R

di L
L ---------
dt
i iL i

L
du
iC = C -------
dt
C
u

99
Exercices
KA_MPSI.book Page 100 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La tension aux bornes de la bobine vaut :


di L
u = L --------- .
dt
La loi des nœuds s’écrit :
u du
i = i R + i L + i C = ---- + i L + C ------- .
R dt
On dérive cette expression par rapport au temps :
di 1 du di d2u 1 du u d2u
------ = ---- ------- + --------L- + C ---------2- = ---- ------- + ---- + C ---------2- .
dt R dt dt dt R dt L dt
L’équation différentielle se met alors sous la forme :
d 2 u L du di
LC ---------2- + ---- ------- + u = L ----- .
dt R dt di

Pour pouvoir exploiter la relation donnée par la bobine, il est nécessaire de dériver la loi des nœuds par rapport au
temps. Techniquement, les calculs sont très simples.

b) • La tension aux bornes d’un condensateur est toujours continue. Comme le condensateur est ini-
tialement déchargé, on a donc :
u ( 0 + ) = u ( 0 – ) = 0.
• La tension aux bornes de la résistance étant nulle, il n’y circule aucun courant : i R ( 0 + ) = 0.
De même, le courant dans la bobine est continu, donc on a : i L ( 0 + ) = i L ( 0 – ) = 0.
La loi des nœuds écrite à l’instant t = 0+ donne alors :
du du I0
i ( 0 + ) = I 0 = i C ( 0 + ) = C ------- ( 0 + ), d’où : -------- ( 0 + ) = ---- .
dt dt C

Exercice 6

dv 2
a) i N i 2 = C ---------
dt
dv 1
R i 1 = C --------- R
dt

u  C v1  C v2

• La loi des nœuds en N s’écrit :


dv 1 dv 2
i = i 1 + i 2 = C --------- + C --------- (1)
dt dt
• Le circuit possède deux mailles indépendantes, qui donne deux équations en appliquant la loi des
mailles :
 maille 1 : u = R i + v 1 (2)

 dv
 maille 2 : v 1 = RC ---------2 + v 2 (3)
 dt
• On reporte (1) et (3) dans (2) :
dv 1 dv 2 dv 2
u = RC --------- + RC --------- + RC --------- + v 2 .
dt dt dt

100
Chapitre 3 : Condensateurs et bobines – Dipôles linéaires
KA_MPSI.book Page 101 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

On reporte à nouveau (3) dans l’expression précédente :


d 2 v2 dv 2
u = R 2 C 2 ------------ + 3RC ---------- + v 2 .
dt 2 dt
b)

On repart des équations (1), (2) et (3) établies à la question précédente et on exprime i et v 2 en fonction de u et v 1.

– De l’équation (2), on tire :


u – v1
i = -------------- .
R
– On reporte ce résultat dans l’équation (1) :
dv i dv u–v dv
---------2 = ---- – ---------1 = --------------1 – ---------1 (4)
dt C dt RC dt
– On reporte ce résultat dans l’équation (3) :
dv 2 dv 1
v 2 = v 1 – RC --------- = 2v 1 – u + RC --------- .
dt dt
– On reporte ce résultat dans l’équation (4) :
dv 1 du d 2 v1 u v 1 dv 1
2 --------- – ------- + RC ----------- - – --------- .
- = --------- – --------
dt dt dt 2 RC RC dt
On obtient finalement l’équation différentielle :
du d 2 v1 dv 1
RC -------- + u = R 2 C 2 ------------ + 3RC ---------- + v 1 .
dt dt 2 dt

Les deux condensateurs ne jouent pas le même rôle dans le circuit. Les équations différentielles vérifiées par v 1 et
v 2 ne sont donc pas les mêmes.

c) • À t = 0, on a : v 1 = V 10 et v 2 = 0. L’équation (3) donne alors :


dv v1 ( 0 ) – v2 ( 0 ) V 10
---------2- ( 0 ) = ---------------------------------
- = --------- .
dt RC RC
• À t = 0, on a : u = U 0 et v 1 = V 10 . L’équation (2) donne alors :
u ( 0 ) – v1 ( 0 ) U 0 – V 10
i ( 0 ) = ------------------------------- = ---------------------- .
R R
En reportant les deux résultats précédents dans (1), on a donc :
dv i ( 0 ) dv U 0 – V 10 V 10 U 0 – 2V 10
---------1- ( 0 ) = ----------- – ---------2 ( 0 ) = ---------------------
- – --------- = ------------------------- .
dt C dt RC RC RC

101
Exercices
KA_MPSI.book Page 102 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23
KA_MPSI.book Page 103 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

CHAPITRE

4 Régimes transitoires
Introduction

Dans ce chapitre, nous nous proposons d’étudier les réponses à un échelon de tension de
quelques circuits simples comprenant des condensateurs, des bobines et des résistances
(circuit RC série, circuit RL série, circuit RLC série).

Plan du chapitre 4
A. Étude d’un circuit RC série. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
1. Charge du condensateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
2. Décharge du condensateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109

B. Étude d’un circuit RL série . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111


1. Établissement du courant dans la bobine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
2. Arrêt du courant dans la bobine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114

C. Étude d’un circuit RLC série. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116


1. Montage expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
2. Évolution de la tension uC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
3. Évolution de l’intensité i . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
4. Interprétation physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
5. Étude énergétique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
6. Analogie avec l’oscillateur linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124

Méthodes
L’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
Énoncés des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .133
Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .138
Solutions des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .139

103
KA_MPSI.book Page 104 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

A. Étude d’un circuit RC série


A.1. Charge du condensateur
i q En convention récepteur, la charge q et la tension uC aux bornes d’un conden-
sateur vérifient la relation :
q = CuC .
uC
L’évolution au cours du temps de la charge q du condensateur est donc iden-
Fig. 1 - En convention récep- tique, au facteur multiplicatif C près, à l’évolution au cours du temps de la
teur, on a : q = CuC . tension uC à ses bornes (fig. 1).

A.1.1 - Montage expérimental


K
• Pour étudier la charge d’un condensateur de capacité C à travers un conducteur
i ohmique de résistance R, on réalise le montage schématisé sur la figure 2 :
– un générateur idéal de tension continue de fém E est branché aux bornes du
R uR circuit RC ;
E – pour t  0, le condensateur est déchargé et l’interrupteur K est ouvert ;
– à l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K : le générateur débite alors un
C uC
courant dans le circuit.
• Dans ce circuit, on note i l’intensité du courant, uC la tension aux bornes du
condensateur et uR la tension aux bornes du conducteur ohmique. D’après les
Fig. 2 - Montage pour étudier la
charge d’un condensateur dans un
orientations choisies, le conducteur ohmique et le condensateur sont étudiés
circuit RC série. en convention récepteur. On a donc :
dq du C du C
uR = Ri et i = ------ = C ----------, d’où : u R = RC ---------- .
dt dt dt

A.1.2 - Évolution de la tension uC


• Équation différentielle vérifiée par la tension uC
– Pour t  0, l’interrupteur K est ouvert : l’intensité i est nulle, ainsi que les
tensions uR et uC . La tension E aux bornes du générateur de tension se
retrouve donc aux bornes de l’interrupteur ouvert K.
– Pour t  0, la tension aux bornes de l’interrupteur K est nulle et la loi
d’addition des tensions s’écrit :
E = uR + uC.

La tension uC aux bornes du condensateur d’un circuit RC série soumis à


l’échelon de tension E vérifie l’équation différentielle du premier ordre :
du C
RC ----------- + u C = E.
dt

• Constante de temps du circuit


Les termes E et uC sont des tensions exprimées en volt (V). L’équation diffé-
1. La variation infinitésimale d’une
grandeur s’exprime dans la même du C
rentielle est homogène si le terme RC ---------- a la même dimension que les autres
unité que cette grandeur. Comme dt
du C s’exprime en V et dt en s, le du C
termes. Or, la dérivée ---------- s’exprime1 en V · s–1 ; le produit RC a donc lui
du C
rapport --------- s’exprime en V · s–1.
dt
dt aussi la dimension d’un temps.

104
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 105 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Définition 1
1. On peut retrouver que τ a la On définit la constante de temps τ du circuit RC par le produit1 :
dimension d’un temps grâce aux
relations : q = CuC et uR = Ri. τ constante de temps en seconde(s)
En effet :
– l’unité de C est celle d’une t = RC R résistance en ohm (Ω)
charge (1 C = 1 A · s) divisée par C capacité en farad (F)
celle d’une tension (V), c’est-à-
dire A · s · V –1 ;
– l’unité de R est celle d’une
tension (V) divisée par celle d’une
• Solution de l’équation différentielle
intensité (A), c’est-à-dire V · A–1. Pour t  0, il faut résoudre l’équation du premier ordre à coefficients cons-
Le produit RC s’exprime donc bien tants avec second membre :
en seconde (s).
du 1
t ---------- + u C = E.
dt
(1) Méthode de résolution mathématique
La solution générale de cette équation est la somme :
– de la solution générale u1 de l’équation homogène associée :
du 1
τ ---------- + u 1 = 0 ;
dt
– d’une solution particulière u2 de l’équation.
(2) Solution particulière constante
Comme le second membre de l’équation est constant, on cherche comme
solution particulière une fonction constante :
du 2 du
τ ---------- + u 2 = E avec ---------2- = 0 , d’où : u2 = E.
dt dt
(3) Solution de l’équation homogène
On cherche une solution de l’équation homogène sous la forme :
u1 = Aert, où A est une constante et r un réel.
L’équation homogène s’écrit alors :
du
---------1- = Ar e rt = ru 1, soit : τr u1 + u1 = 0.
dt
2. On élimine ainsi la solution En simplifiant2 par u1 , on obtient alors le polynôme caractéristique3 en r :
triviale u 1 = 0 qui ne correspond
1
pas à la réalité physique. τr + 1 = 0, d’où : r = – --- .
τ
3. Ce polynôme n’admet qu’une
solution (ce qui est logique, car La solution générale de l’équation homogène est donc :
l’équation différentielle est du t
– --
premier ordre). u 1 = Ae τ , où A est une constante.
(4) Solution générale
La solution générale de l’équation différentielle avec second membre est :
t
– --
uC = u1 + u2 , soit : u C = Ae τ + E.
• Application des conditions de continuité
4. L’équation différentielle étant
du premier ordre, connaître une
La tension uC aux bornes du condensateur est continue. À l’instant t = 0, la
seule condition initiale suffit à condition initiale sur la tension s’écrit 4 : uC (t = 0) = 0. On en déduit donc, en
déterminer l’unique constante posant t = 0 dans la solution générale de l’équation différentielle :
d’intégration A.
0 = A + E, soit : A = – E.

105
Cours
KA_MPSI.book Page 106 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La tension uC aux bornes du condensateur d’un circuit RC série soumis à


1. Lorsque la charge du un échelon de tension E a pour expression1 :
condensateur est terminée
t
(t → ∞), la tension uC à ses bornes  – --- 
t
– --
u C = E  1 – e t  , avec τ = RC constante de temps (s).
vaut E (car e τ → 0 ). Cette
tension maximale ne dépend pas
des conditions initiales. Elle A.1.3 - Évolution de l’intensité i
correspond à la solution
particulière constante u2 . L’intensité i du courant est proportionnelle à la dérivée de la tension uC aux
La charge du condensateur est bornes du condensateur :
alors CE. t t
du C CE – -- E – ---
i = C ----------, soit i = --------e τ = ----e t .
dt τ R
2. Lorsque la charge du
condensateur est terminée L’intensité i du courant est maximale à la fermeture de l’interrupteur K. Pen-
(t → ∞), l’intensité i du courant dant la charge du condensateur, elle décroît avec le temps ; lorsque le con-
dans le circuit est nulle. densateur est chargé, il se comporte comme un interrupteur ouvert2.

Application 1 Quand le courant dans le circuit est-il négligeable ?


On considère le montage schématisé sur la figure 2. À l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K et le
courant commence à circuler dans le circuit. Au bout de combien de temps l’intensité initiale est-elle
divisée par 10 ? par 100 ?
Solution
Lors de la charge du condensateur, l’intensité i du courant dans le circuit a pour expression :
t
E – -- E
i = ---- e τ , d’où : i ( 0 ) = ---- .
R R
– L’intensité initiale i(0) est divisée par 10 si :
t
= ------, c’est-à-dire : t = – τ ln  ------ = τ ln ( 10 ) = 2,3 t.
– --
τ 1 1
e
10  10
– L’intensité initiale i(0) est divisée par 100 si :
t
1– --
τ
= --------- = 10 –2 , c’est-à-dire : t = – τln(10–2) = 2τln(10) = 4,6t.
e
100
On peut estimer que le courant devient négligeable au bout de 5τ. Le condensateur est alors chargé
à 1 % près ; sa tension vaut E et sa charge CE.

A.1.4 - Représentation graphique


uC (V) i (A)
E E
E ----
--- R
e
E
-------
Re

0 τ t (s) 0 τ t (s)
Fig. 3 - Évolution de uC et de i en fonction du temps.

• On trace les graphes représentant l’évolution au cours du temps de uC et de


i (fig. 3). La tension uC aux bornes du condensateur est continue ; en revan-
3. Pour la tension uC , l’axe
asymptote est la droite horizontale
che, l’intensité i du courant subit une discontinuité lors de la fermeture de
uC = E. Pour l’intensité i, l’axe l’interrupteur. Pour les deux courbes, la tangente à l’origine des temps coupe
asymptote est l’axe des abscisses. l’axe asymptote3 au point d’abscisse t = τ.

106
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 107 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• La charge du condensateur correspond à un régime transitoire (le courant


dans le circuit varie). Lorsque le condensateur est chargé (t → ∞), le régime
permanent est atteint (le courant dans le circuit est constant) : on a alors
uC = E et i = 0 (fig. 4).

E
i ( 0 ) = ---- i(∞) = 0
R

R uR(0) = E R uR (∞) = 0

E E

C uC(0) = 0 C uC(∞) = E

Fig. 4 - État du circuit quand t = 0 et quand t → ∞.

Application 2 Démonstration des propriétés de la tangente


Démontrer que la tangente de la courbe uC (t ) à l’origine des temps coupe l’axe asymptote au point
d’abscisse t = τ.
Solution
Lors de la charge, la tension uC aux bornes du condensateur a pour expression :
t
 – -- 
uC = E  1 – e τ  .

La courbe uC (t ) admet donc une asymptote horizontale d’équation uC = E. La pente de la tangente


à l’origine est donnée par la dérivée à t = 0 :
t
du C E – -- du C E
---------- = --- e τ , d’où : ---------- ( t = 0 ) = --- .
dt τ dt τ
L’équation de la tangente à l’origine est alors :
E
y = ---t, d’où : y = E pour t = t .
τ
La tangente de la courbe uC (t ) à l’origine des temps coupe l’axe asymptote au point d’abscisse t = τ.
(On pourrait faire la même étude pour l’intensité.)

A.1.5 - Étude énergétique


• Lors de la charge du condensateur, l’addition des tensions dans le circuit
étudié s’écrit :
E = uR + uC = R i + uC.
1. Le générateur est étudié en Pour passer à une égalité en puissance1, on multiplie par i :
convention générateur : on fait
donc apparaître la puissance
Ei = R i 2 + uC i ,
fournie. Le conducteur ohmique et
d  --- Cu C
1 2
le condensateur sont étudiés en
du C
2 
convention récepteur : on fait soit2 : E i = Ri 2 + Cu C ---------- = Ri 2 + -------------------------- .
donc apparaître les puissances dt dt
reçues.
– Le terme Ei est la puissance Pg positive fournie par le générateur de tension
idéal de fém E.
du C
2. On a : i = C --------- . – Le terme R i 2 est la puissance PJ positive reçue par le conducteur ohmique
dt
et dissipée par effet Joule dans la résistance R.

107
Cours
KA_MPSI.book Page 108 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

d  --- Cu C
1 2
2 
– Le terme -------------------------- est la puissance positive reçue par le condensateur et
dt
1. L’énergie électrostatique E élec emmagasinée dans la capacité C sous forme électrostatique1.
d’un condensateur est :
1 2
E élec = --Cu C .
2
La puissance électrique fournie par le générateur est dissipée par effet Joule
dans le conducteur ohmique et sert à augmenter l’énergie du condensateur2 :
dE élec
2. Cette égalité exprime la P g = P J + ----------------- . (1)
conservation de l’énergie dans le dt
circuit électrique :
Ptotale fournie = Ptotale reçue .
• En intégrant l’égalité (1) entre l’instant t = 0 (fermeture de l’interrupteur K)
et l’instant t, on obtient l’égalité (2) traduisant les transferts d’énergie :
Eg = E J + DEélec . (2)
– L’énergie électrique Eg fournie par le générateur entre l’instant t = 0 et l’ins-
tant t est égale à :
t t t
Eg = ∫0 Pg dt = ∫0 Eidt = E ∫0 i dt, avec idt = CduC .
On en déduit donc :
uC ( t )
E g = CE ∫0 du C = CE u C ( t ).

– L’énergie électrostatique ∆Eélec emmagasinée dans la capacité C entre l’ins-


tant t = 0 et l’instant t est égale à :
t dE élec 1
∆E élec = ∫0 --------------
dt
- dt = E élec ( t ) – E élec ( 0 ) =
--- Cu C ( t ) 2 .
2
– D’après l’équation (2), l’énergie E J dissipée par effet Joule dans la résistance
R entre l’instant t = 0 et l’instant t est égale à :

E J = E g – ∆E élec = Cu C ( t )  E – --- u C ( t ) .
1
 2 
Quand le condensateur est totalement chargé, la tension à ses bornes est
uC = E. D’après les expressions précédentes, au cours de la charge :
– le générateur a fourni l’énergie : Eg = CE2 ;
3. Au cours de la charge, l’énergie
1
dissipée par effet Joule ne dépend – le condensateur a emmagasiné l’énergie : ∆E élec = --- CE 2 ;
pas de la résistance R du 2
conducteur ohmique. Elle ne 3 1
dépend que de la capacité C du – le conducteur ohmique a dissipé l’énergie : E J = --- CE 2 .
2
condensateur.

4. Lorsque le condensateur est Au cours de la charge, la moitié de l’énergie électrique fournie par le généra-
chargé, le générateur ne fournit teur4 est dissipée par effet Joule dans le conducteur ohmique et l’autre moitié
plus d’énergie au circuit (le
condensateur se comporte comme
est emmagasinée sous forme électrostatique dans le condensateur.
un interrupteur ouvert).

Application 3 Énergie dissipée par effet Joule


Déterminer, par un calcul direct, l’expression de l’énergie EJ dissipée par effet Joule dans la résistance
R en fonction du temps t. Montrer sa cohérence avec celle donnée dans le cours.
Solution
• La puissance dissipée par effet Joule dans la résistance R est :
t 2t
E – -- E 2 – -----
PJ = Ri 2, avec i = ---- e τ (voir § A.1.3), d’où : P J = ------ e τ .
R R

108
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 109 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L’énergie dissipée par effet Joule entre l’instant t = 0 et l’instant t vaut donc :
2t t – 2t 2t 2t
t E2 t – ----- ----- τ  – -----  1  – ----- 
EJ = ∫ 0
P J d t = ------
R ∫0 e τ dt, avec τ = RC et ∫0e τ dt = – ---  e τ – 1 , d’où : E J = --- CE 2  1 – e τ  .
2 2
• L’expression de l’énergie EJ en fonction de la tension uC est :
t
 – -- 
E J = Cu C  E – --- u C ,
1
avec u C = E  1 – e τ  (voir § A.1.2).
 2 
On obtient donc finalement :
t t t 2t
1 1  – --  1  – --   – --  1  – ----- 
E – --- u C = --- E  1 + e τ  et E J = --- CE 2  1 – e τ   1 + e τ  = --- CE 2  1 – e t  .
2 2 2 2

K i
A.2. Décharge du condensateur
A.2.1 - Montage expérimental
• Pour étudier la décharge d’un condensateur de capacité C à travers un conduc-
uC C R uR teur ohmique de résistance R, on réalise le montage schématisé sur la figure 5 :
– le condensateur a été chargé sous la tension U0 constante ;
– pour t  0, la tension aux bornes du condensateur chargé est égale à U0 et
l’interrupteur K est ouvert ;
Fig. 5 - Montage pour étudier la
– à l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K.
décharge d’un condensateur
dans un circuit RC série. • Dans ce circuit, on note uC la tension aux bornes du condensateur, i l’inten-
sité du courant qu’il fournit et uR la tension aux bornes du conducteur ohmi-
que. D’après les orientations choisies, le condensateur est étudié en
convention générateur (attention au signe) et le conducteur ohmique en con-
1. On aurait pu aussi étudier le vention récepteur1. On a donc :
condensateur en convention
dq du C du C
récepteur et le conducteur uR = Ri et i = ------ = – C ----------, d’où : u R = – RC ---------- .
ohmique en convention dt dt dt
générateur. On aurait eu alors :
du C A.2.2 - Évolution de la tension uC
i = C --------- et uR = – Ri,
dt • Équation différentielle vérifiée par la tension uC
ce qui aurait conduit à la même
– Pour t  0, l’interrupteur K est ouvert : l’intensité i est nulle, ainsi que la
relation entre uR et uC . L’étude du
montage ne dépend pas de la tension uR. La tension E aux bornes du condensateur se retrouve donc aux
convention choisie. bornes de l’interrupteur ouvert K.
– Pour t  0, la tension aux bornes de l’interrupteur K est nulle et on a :
uC = uR , soit : uC – uR = 0.

La tension uC aux bornes d’un condensateur de capacité C se déchargeant


dans une résistance R vérifie l’équation différentielle du premier ordre :
du C
RC ----------- + u C = 0.
dt

La constante de temps du circuit RC est encore égale à τ = RC.


• Expression de la tension uC
Le second membre étant nul, la solution générale de l’équation différentielle
est la solution u1 de l’équation homogène du § A.1 :
t
– --
u C = u 1 = Ae τ , où A est une constante.

109
Cours
KA_MPSI.book Page 110 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La tension uC aux bornes du condensateur est continue. À l’instant t = 0, la


condition initiale sur la tension s’écrit : uC (t = 0) = U0 , d’où : A = U0.

La tension uC aux bornes d’un condensateur de capacité C se déchargeant


1. Lorsque la décharge du dans une résistance R a pour expression1 :
condensateur est terminée t
– --
(t → ∞), la tension uC à ses bornes uC = U0 e t .
t
– -τ-
est nulle (car e → 0 ).
A.2.3 - Évolution de l’intensité i
L’intensité i du courant dans le circuit a donc pour expression :
du C CU 0 – -t- U 0 – -t-
i = – C ----------, soit : i = ------------ e τ = ------- e t .
dt τ R
La loi de décroissance du courant est la même lors de la charge et lors de la
2. En revanche, le sens du courant décharge du condensateur2.
change, car le condensateur est
étudié en convention récepteur A.2.4 - Représentation graphique
pendant la charge et en
convention générateur pendant la uC (V) i (A)
décharge. U0 U0
-------
R

0 τ t (s) 0 τ t (s)
Fig. 6 - Évolution de uC et de i en fonction du temps.

• On trace les graphes représentant l’évolution au cours du temps de uC et de


i (fig. 6). La tension uC aux bornes du condensateur est continue ; en revan-
che, l’intensité i du courant subit une discontinuité lors de la fermeture de
l’interrupteur. Pour les deux courbes, la tangente à l’origine des temps coupe
3. Pour les deux courbes, l’axe l’axe asymptote3 au point d’abscisse t = τ.
asymptote est l’axe des abscisses.
• La décharge du condensateur correspond à un régime transitoire. Lorsque
le régime permanent est atteint, on a alors : uC = 0 et i = 0.

A.2.5 - Étude énergétique


• Lors de la décharge du condensateur, on a :
uC = uR = Ri.
4. Le condensateur est étudié en Pour passer à une égalité en puissance4, on multiplie par i :
convention générateur : on fait
d  --- Cu C
1 2
donc apparaître la puissance
du C
 2 
fournie. Le conducteur ohmique uCi = Ri 2, soit5 : – Cu C ---------- = – -------------------------- = Ri 2 .
est étudié en convention dt dt
récepteur : on fait donc apparaître dE élec
la puissance reçue. – Le premier terme est la puissance – --------------- positive fournie par le conden-
dt
du C sateur6.
5. On a : i = – C --------- .
dt – Le terme Ri 2 est la puissance PJ positive reçue par le conducteur ohmique
et dissipée par effet Joule dans la résistance R.
6. Le condensateur se comporte
alors comme un générateur dans
le circuit. La puissance fournie par le condensateur correspond à une diminution de
l’énergie électrostatique emmagasinée. Elle est dissipée par effet Joule dans
7. Cette égalité exprime la le conducteur ohmique7 :
conservation de l’énergie dans le
circuit électrique :
dE élec
– ----------------- = P J .
Ptotale fournie = Ptotale reçue . dt

110
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 111 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Quand le condensateur est déchargé (uC = 0), son énergie est nulle : il a donc
1. L’énergie initiale du fourni toute son énergie au circuit1.
condensateur est :
1 2 Au cours de la décharge, l’énergie électrostatique Eélec initialement emma-
E élec = --CU 0 .
2
gasinée dans le condensateur est entièrement dissipée par effet Joule dans le
2. L’énergie dissipée par effet Joule conducteur ohmique2.
ne dépend pas de la résistance R du
conducteur ohmique.

B. Étude d’un circuit RL série


B.1. Établissement du courant dans la bobine
B.1.1 - Montage expérimental
• Pour étudier l’établissement du courant dans une bobine d’inductance L à
3. La résistance R représente la travers un conducteur ohmique de résistance R3, on réalise le montage sché-
résistance totale du circuit, matisé sur la figure 7 :
incluant éventuellement la
résistance interne r de la bobine si – un générateur idéal de tension continue de fém E est branché aux bornes du
celle-ci est réelle. circuit RL ;
– pour t  0, l’interrupteur K est ouvert ;
K i – à l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K : le générateur débite alors un
courant dans le circuit.
• Dans ce circuit, on note i l’intensité du courant, uL la tension aux bornes de
R uR
l’inductance L et uR la tension aux bornes du conducteur ohmique. D’après
les orientations choisies, le conducteur ohmique et la bobine sont étudiés en
E
convention récepteur. On a donc :
L uL di
uR = R i et u L = L ------ .
dt
B.1.2 - Évolution de l’intensité i
Fig. 7 - Montage pour étudier • Équation différentielle vérifiée par l’intensité i
l’établissement du courant dans
un circuit RL série. – Pour t  0, l’interrupteur K est ouvert : l’intensité i est nulle, ainsi que les
tensions uR et uL. La tension E aux bornes du générateur de tension se
retrouve donc aux bornes de l’interrupteur ouvert K.
– Pour t  0, la tension aux bornes de l’interrupteur K est nulle et la loi
d’addition des tensions s’écrit :
di
E = uR + uL , soit : E = Ri + L ------ .
dt

L’intensité i du courant traversant un circuit RL série soumis à l’échelon de


tension E vérifie l’équation différentielle du premier ordre :
L di E
---- ------ + i = ---- .
R dt R

• Constante de temps du circuit


E
Les termes ---- et i sont des intensités exprimées en ampère (A). L’équation
R
L di
différentielle est homogène si le terme ---- ------ a la même dimension. Or, la déri-
R dt
di L
vée ------ s’exprime en A · s–1 ; le rapport ---- a donc la dimension d’un temps.
dt R

111
Cours
KA_MPSI.book Page 112 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Définition 2
On définit la constante de temps τ du circuit RL par le rapport :

τ constante de temps en seconde(s)


L
t = ---- L inductance en henry (H)
R
R résistance en ohm (Ω)

• Solution de l’équation différentielle


Pour t  0, il faut résoudre l’équation différentielle avec second membre :
di E
t ------ + i = ---- .
dt R
Par analogie avec l’équation différentielle vérifiée par la tension uC au § A.1.2,
1. Dans les deux cas, l’équation la solution générale i de cette équation s’écrit1 :
différentielle est de la forme : t
E
– --
τ
dy
τ ------ + y = cte.
i = i1 + i2 = A e + ---- , où A est une constante.
dt R
• Application des conditions de continuité
L’intensité i du courant dans l’inductance est continue. À l’instant t = 0, la
condition initiale sur l’intensité s’écrit : i(t = 0) = 0. On en déduit donc, en
posant t = 0 dans la solution générale de l’équation différentielle :
E E
0 = A + ---- , soit : A = – ---- .
R R

L’intensité i du courant traversant un circuit RL série soumis à l’échelon de


2. Lorsque le courant est établi tension E a pour expression2 :
(t → ∞), l’intensité i dans le circuit
t
E
t
– -- E – --  L
vaut --- (car e τ → 0 ). Cette i = ----  1 – e t  , avec τ = ---- constante de temps (s).
R R R
intensité maximale ne dépend pas
des conditions initiales. Elle
correspond à la solution B.1.3 - Évolution de la tension uL
particulière constante i2. La
tension aux bornes du conducteur La tension uL aux bornes de l’inductance L est proportionnelle à la dérivée de
ohmique est alors E. l’intensité i du courant :
t t
di LE – -- – --
u L = L ------ , soit : u L = -------- e τ = Ee t .
dt Rτ
La tension uL aux bornes de l’inductance est maximale à la fermeture de
l’interrupteur K. Pendant l’établissement du courant, elle décroît avec le
3. Lorsque le courant est établi temps ; lorsque le courant est établi, l’inductance se comporte comme un fil3.
(t → ∞), la tension uL aux bornes
de l’inductance est nulle. B.1.4 - Représentation graphique
i (A) uL (V)
E
----
R E E
-------
Re
E
---
e

0 τ t (s) 0 τ t (s)

Fig. 8 - Évolution de i et de u L en fonction du temps.

• On trace les graphes représentant l’évolution au cours du temps de i et de u L


(fig. 8). L’intensité i du courant dans l’inductance est continue ; en revanche,

112
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 113 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

la tension uL à ses bornes subit une discontinuité lors de la fermeture de


l’interrupteur. Pour les deux courbes, la tangente à l’origine des temps coupe
1. Pour l’intensité i, l’axe l’axe asymptote1 au point d’abscisse t = τ.
asymptote est la droite horizontale • L’établissement du courant correspond à un régime transitoire. Lorsque le
E
u L = --- . Pour la tension u L , l’axe E
R régime permanent est atteint, on a alors : i = ---- et uL = 0 (fig. 9).
asymptote est l’axe des abscisses. R
E
i(0) = 0 i ( ∞ ) = ----
R

uR(0) = 0 uR(∞) = E
R R

E E
uL(0) = E uL(∞) = 0
L L

Fig. 9 - État du circuit quand t = 0 et quand t → + ∞.

Application 4 Établissement du courant dans une bobine


On établit le courant dans une bobine idéale d’inductance L = 100 mH à travers une résistance
R = 100 Ω grâce à un générateur idéal de tension de fém E = 5 V. Calculer la constante de temps τ
du circuit RL, l’intensité i lorsque le courant est établi dans le circuit et l’instant t au bout duquel
l’intensité vaut 90 % de sa valeur finale.
Solution
– La constante de temps τ du circuit RL est alors :
L 100 ⋅ 10 –3
τ = ---- = ------------------------- = 1 ⋅ 10 –3 s , c’est-à-dire t = 1 ms.
R 100
– Lorsque le courant est établi dans le circuit, la bobine se comporte comme un fil et la tension du
générateur se retrouve aux bornes du conducteur ohmique :
E
u R = E = Ri, d’où : i = ---- = 5 ⋅ 10 –2 A c’est-à-dire i = 50 mA.
R
– D’après l’expression déterminée au § B.1.2, l’intensité i vaut 90 % de sa valeur si :
t t
E – --  E – --
----  1 – e τ  = 0,9 ---- , d’où : e τ = 0,1 = 10 –1 , soit : t = τln(10) = 2,3 ms.
R R

B.1.5 - Étude énergétique


• Lors de l’établissement du courant, l’addition des tensions s’écrit :
di
E = u R + u L = Ri + L ------ .
dt
2. Le générateur est étudié en Pour passer à une égalité en puissance2, on multiplie par i :
convention générateur : on fait
d  --- Li 2
1
donc apparaître la puissance
fournie. Le conducteur ohmique et di 2 
Ei = Ri 2 + Li ------ , soit : Ei = Ri 2 + ----------------------- .
la bobine sont étudiés en dt dt
convention récepteur : on fait
donc apparaître les puissances – Le terme Ei est la puissance Pg positive fournie par le générateur idéal de
reçues. fém E.
– Le terme R i 2 est la puissance PJ positive reçue par le conducteur ohmique
et dissipée par effet Joule dans la résistance R.

113
Cours
KA_MPSI.book Page 114 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

dE mag
– Le dernier terme est la puissance ---------------- positive reçue par la bobine et
dt
1. L’énergie magnétique E mag emmagasinée dans l’inductance L sous forme magnétique1.
d’une bobine est :
1
E mag = --Li 2 . La puissance électrique fournie par le générateur est dissipée par effet Joule
2 dans le conducteur ohmique et sert à augmenter l’énergie de la bobine2 :
dE mag
2. Cette égalité exprime la P g = P J + ------------------ .
conservation de l’énergie dans le dt
circuit électrique :
Ptotale fournie = Ptotale reçue . E
• Quand le courant est établi, l’intensité dans le circuit est i = ---- . En régime per-
R
manent, l’énergie magnétique emmagasinée dans la bobine n’augmente plus :
1 E 2 dE mag
E mag = --- L  ---- = cte, d’où : ---------------
- = 0.
2 R   dt
La puissance électrique fournie par le générateur et la puissance dissipée par
effet Joule sont donc égales et valent :
E2
P g = P J = ------ .
R
Lorsque le courant est établi, l’énergie magnétique emmagasinée dans la
3. L’énergie magnétique bobine reste constante3. L’énergie électrique fournie par le générateur est
emmagasinée dans la bobine alors entièrement dissipée par effet Joule dans le conducteur ohmique.
dépend de la résistance R. Elle est
d’autant plus faible que R est
grande. B.2. Arrêt du courant dans la bobine
B.2.1 - Montage expérimental
E • Pour étudier l’arrêt du courant lors de la fermeture d’un circuit comportant
une bobine d’inductance L et un conducteur ohmique de résistance R, on
réalise le montage schématisé sur la figure 10 :
1 – un générateur idéal de tension continue de fém E, branché aux bornes du
K
circuit RL, a permis d’établir un courant permanent d’intensité I0 positive4 ;
2 i – pour t  0, l’interrupteur K relie le circuit RL au générateur (position 1) ;
à l’instant t = 0, on bascule l’interrupteur K en position 2 : le circuit RL est
R uR alors en court-circuit.
• Dans ce circuit, on note i l’intensité du courant, uL la tension aux bornes de
l’inductance L et uR la tension aux bornes du conducteur ohmique. D’après
L uL les orientations choisies, le conducteur ohmique et la bobine sont étudiés en
convention récepteur. On a donc :
di
uR = Ri et u L = L ------ .
Fig. 10 - Montage pour étudier dt
l’arrét du courant dans un circuit
RL série. B.2.2 - Évolution de l’intensité i
• Équation différentielle vérifiée par l’intensité i
E
4. On a : I 0 = --- . – Pour t  0, l’interrupteur K est en position 1 : i = I0, uR = RI0 et uL = 0.
R
– Pour t  0, la tension aux bornes de l’interrupteur K est nulle et la loi des
mailles s’écrit :
di
0 = uR + uL , soit : 0 = Ri + L ------ .
dt
L’intensité i du courant traversant un circuit RL série en court-circuit véri-
fie l’équation différentielle du premier ordre :
L di
---- ------ + i = 0.
R dt

114
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 115 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L
La constante de temps du circuit RL est encore égale à τ = ---- .
R
• Expression de l’intensité i
Le second membre étant nul, la solution générale de l’équation différentielle
est la solution i1 de l’équation homogène :
t
– --
i = i 1 = Ae τ , où A est une constante.
L’intensité i du courant dans l’inductance est continue. À l’instant t = 0 , la
condition initiale sur l’intensité s’écrit : i(t = 0) = I0, d’où : A = I0.

L’intensité i du courant traversant un circuit RL série en court-circuit a


1. L’intensité i tend alors vers 0. pour expression1 :
t
– --
i = I0 e t .

B.2.3 - Évolution de la tension uL


La tension uL aux bornes de l’inductance a donc pour expression :
t
di LI 0 – -t- – --
u L = L ------ , soit : u L = – --------- e t = – RI 0 e t .
dt τ
La loi de décroissance de la tension est la même lors de l’établissement du
2. En revanche, la tension aux courant dans le circuit RL et lors de son arrêt2.
bornes de l’inductance change de
signe. B.2.4 - Représentation graphique
i (A) u (V)
0 τ
I0 t (s)

–RI0
0 τ t (s)

Fig. 11 - Évolution de i et de u L en fonction du temps.


• On trace les graphes représentant l’évolution au cours du temps de i et de
uL (fig. 11). L’intensité i du courant dans l’inductance est continue ; en
revanche, la tension u L à ses bornes subit une discontinuité lors de la ferme-
ture de l’interrupteur. Pour les deux courbes, la tangente à l’origine des temps
3. Pour les deux courbes, l’axe coupe l’axe asymptote3 au point d’abscisse t = τ.
asymptote est l’axe des abscisses.
• L’arrêt du courant correspond à un régime transitoire. Lorsque le régime
permanent est atteint, on a alors : i = 0 et uL = 0 .

B.2.5 - Étude énergétique


Lors de l’arrêt du courant, la loi des mailles s’écrit :
di
0 = u R + u L = Ri + L ------ .
dt
4. Le conducteur ohmique et la Pour passer à une égalité en puissance4, on multiplie par i :
bobine sont étudiés en convention
d  --- Li 2
récepteur : on fait donc apparaître 1
les puissances reçues. di  2 
0 = Ri 2 + L i ------ , soit : – ----------------------- = Ri 2 .
dt dt

115
Cours
KA_MPSI.book Page 116 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

d  --- Li 2
1
2  dE mag
– Le terme ----------------------- est la puissance ---------------- négative reçue par la bobine,
dt dt
d  --- Li 2
1
2  dE mag
1. La bobine se comporte alors donc – ----------------------- est la puissance – ---------------- positive fournie par la bobine1.
comme un générateur dans dt dt
le circuit. – Le terme Ri 2 est la puissance PJ positive reçue par le conducteur ohmique
et dissipée par effet Joule dans la résistance R.

La puissance fournie par la bobine correspond à une diminution de l’énergie


magnétique emmagasinée. Elle est dissipée par effet Joule dans le conduc-
2. Cette égalité exprime la teur ohmique2 :
conservation de l’énergie dans dE mag
le circuit électrique : – ------------------ = P J .
dt
Ptotale fournie = Ptotale reçue .

À l’arrêt du courant (i = 0), l’énergie de la bobine est nulle : celle-ci a donc


3. L’énergie initiale de la bobine fourni toute son énergie au circuit3.
est :
1 2 Au cours de l’arrêt du courant, l’énergie magnétique Emag initialement
E mag = --LI 0 .
2
emmagasinée dans la bobine est entièrement dissipée par effet Joule dans le
conducteur ohmique.

C. Étude d’un circuit RLC série


C.1. Montage expérimental
• Pour étudier la charge d’un condensateur de capacité C à travers une bobine
4. La résistance R représente la d’inductance L et un conducteur ohmique de résistance R4, on réalise le mon-
résistance totale du circuit, tage schématisé sur la figure 12 :
incluant éventuellement la
résistance interne r de la bobine si – un générateur idéal de tension continue de fém E est branché aux bornes du
celle-ci est réelle. circuit RLC ;
– pour t  0, le condensateur est déchargé et l’interrupteur K est ouvert ;
K i – à l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K : le générateur débite alors un
courant dans le circuit.
R uR • Dans ce circuit, on note i l’intensité du courant, uC la tension aux bornes du
condensateur, uL la tension aux bornes de l’inductance et uR la tension aux
E bornes du conducteur ohmique. D’après les orientations choisies, le conduc-
teur ohmique, le condensateur et la bobine sont étudiés en convention récep-
L uL
teur. On a donc :
di du C du C d 2 uC
uR = Ri et u L = L ------ avec i = C ----------, d’où : u R = RC ---------- et u L = LC ------------
-.
C uC dt dt dt dt 2

Fig. 12 - Montage pour étudier C.2. Évolution de la tension uC


la charge d’un condensateur dans
un circuit RLC série. C.2.1 - Équation différentielle vérifiée par uC
– Pour t  0, l’interrupteur K est ouvert : l’intensité i est nulle, ainsi que les
tensions uR, uL et uC. La tension E aux bornes du générateur de tension se
retrouve donc aux bornes de l’interrupteur ouvert K.
– Pour t  0, la tension aux bornes de l’interrupteur K est nulle et la loi
d’addition des tensions s’écrit :
E = uR + uL + uC .

116
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 117 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La tension uC aux bornes du condensateur d’un circuit RLC série soumis à


l’échelon de tension E vérifie l’équation différentielle du second ordre :
d 2 uC du C
- + RC -----------
LC ------------- + uC = E.
dt 2 dt

C.2.2 - Résolution de l’équation différentielle


Pour t  0, il faut résoudre une équation différentielle du second ordre à
coefficients constants avec second membre.
(1) Méthode de résolution mathématique
La solution générale de cette équation est la somme :
– de la solution générale u1 de l’équation homogène associée :
d 2 u1 du
- + RC ---------1- + u1 = 0 ;
LC -----------
2
dt dt
– d’une solution particulière u2 de l’équation.
(2) Solution particulière constante
Comme le second membre de l’équation est constant, on cherche comme
solution particulière une fonction constante :
d 2 u2 du d 2 u2 du
- + RC ---------2- + u2 = E avec -----------
LC -----------
2 2
- = ---------2- = 0, d’où : u2 = E.
dt dt dt dt
(3) Solution de l’équation homogène
On cherche une solution de l’équation homogène sous la forme :
u1 = Aer t, où A est une constante.
L’équation homogène s’écrit alors :
du d 2 u1
---------1- = Arert = ru1 et -----------
- = r 2u1, soit : LC r 2u1 + RC ru1+u1 = 0.
1. On élimine ainsi la solution dt dt 2
triviale u 1 = 0 qui ne correspond
pas à la réalité physique. En simplifiant1 par u1, on obtient alors le polynôme caractéristique en r :
R 1
LCr 2 + RC r + 1 = 0, soit : r 2 + ---- r + --------- = 0.
2. Ce qui est logique, car l’équation L LC
différentielle est du second ordre.
Ce polynôme admet deux solutions2, éventuellement confondues. Pour les
3. On retient plus aisément déterminer, on introduit les variables réduites du problème.
2
l’expression : LCω 0 = 1.
C.2.3 - Utilisation des variables réduites
4. La pulsation s’exprime en s–1 ou
en rad · s–1. L’unité rad, définie • Pulsation propre
comme le rapport de deux
longueurs, est sans dimension. Les Définition 3
unités s–1 ou rad · s–1 sont donc
équivalentes. On définit la pulsation propre ω0 du circuit LC par la relation3 :

5. L’étude des oscillations libres du ω0 pulsation propre en s–1 (ou rad · s–1)4
circuit RLC série a été effectuée en 1
Terminale S. On caractérise
w 0 = ------------- L inductance en henry (H)
LC
l’évolution temporelle du système C capacité en farad (F)
par la période propre T0 ou la
pulsation propre ω0 telles que :

T 0 = ------- = 2π LC.
Elle correspond à la pulsation des oscillations du système en l’absence
w0 d’amortissement (R = 0)5.

117
Cours
KA_MPSI.book Page 118 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 5 Détermination de l’unité de w0


En utilisant les constantes de temps des circuits RC et RL, montrer que la pulsation propre ω0
s’exprime en s–1.
Solution
Les constantes de temps des circuits RC et RL s’écrivent :
L 1
τRC = RC et τ RL = ---- , d’où : τ RC × τ RL = LC = -----2- .
R ω0
Le produit LC s’exprime en s2, donc la pulsation propre ω0 s’exprime en s–1.

• Facteur d’amortissement

Définition 4
1. Le facteur d’amortissement λ On définit le facteur d’amortissement λ du circuit par la relation1 :
est directement lié à la constante
de temps τRL du circuit RL.
λ facteur d'amortissement en s–1
R
l = ------- R résistance en ohm (Ω)
2L
L inductance en henry (H)

Plus le facteur d’amortissement λ est grand, plus le circuit est amorti. Un cir-
cuit non amorti correspond à λ = 0, donc à R = 0 (circuit LC série).
– Afin d’avoir des grandeurs sans dimension, on introduit le coefficient
2. Le facteur d’amortissement est d’amortissement α tel que2 :
parfois noté m ou ξ.
λ R 1 R C
l = aw 0 , soit : α = ------ = -------------- = --- RCω 0 ou α = ---- ---- .
ω0 2Lω 0 2 2 L
– Pour étudier les circuits, on introduit souvent le facteur de qualité Q, sans
dimension, lié au coefficient d’amortissement α par la relation :
1 1 Lω 1
a = -------- , soit : Q = ------- = ----------0- = ---------------- .
2Q 2α R RCω 0
• Écriture du polynôme caractéristique en variables réduites
En utilisant les variables réduites ω0 et λ (ou α), le polynôme caractéristique
en r associé à l’équation homogène s’écrit :
2 2
r 2 + 2lr + w 0 = 0 ou r 2 + 2aw 0r + w 0 = 0.
Les deux expressions précédentes sont homogènes. Comme λ et ω0 s’expri-
ment en s–1, les racines r1 et r2 du polynôme caractéristique s’expriment aussi
en s–1.

C.2.4 - Conditions de continuité


La tension uC aux bornes du condensateur et l’intensité i du courant dans
l’inductance sont continues. À l’instant t = 0, les conditions initiales sur la
3. L’équation différentielle étant tension et l’intensité s’écrivent donc3 : uC (t = 0) = 0 et i(t = 0) = 0.
du second ordre, il faut connaître
deux conditions initiales pour du C du C
Comme i = C ----------, la condition i(t = 0) = 0 équivaut à : ---------- ( t = 0 ) = 0.
déterminer les deux constantes dt dt
d’intégration :
– continuité de uC à t = 0 ;
Les deux conditions initiales permettant de résoudre le problème sont :
– continuité de i à t = 0. du C
uC(t = 0) = 0 et ----------- (t = 0) = 0.
dt

118
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 119 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

C.2.5 - Les différents régimes solutions


2
On détermine les racines du polynôme caractéristique r 2 + 2λ r + ω 0 = 0 en
utilisant le discriminant réduit ∆′ :
2 2
∆′ = λ2 – ω 0 = ω 0 (α2 – 1).
Selon le signe de ∆′, trois cas sont possibles.
• Le régime apériodique : D¢  0.
Cette condition est réalisée pour :
L
λ  ω 0 ⇔ α  1 ⇔ R  2 ---- .
C
1. Les racines peuvent aussi Le polynôme caractéristique admet alors deux racines négatives1 :
s’écrire :
2 2
r = – ω 0 ( α ± α 2 – 1 ). r 1 = – λ – ∆′ = – λ – λ 2 – ω 0 et r 2 = – λ + ∆′ = – λ + λ 2 – ω 0 .
On en déduit la solution générale de l’équation homogène :
u 1 = A 1 e r1 t + A 2 e r2 t .
La solution générale de l’équation différentielle avec second membre est
donc :
uC = u1 + u2, soit : u C = A 1 e r1 t + A 2 e r2 t + E.
D’après les conditions initiales, on a :
uC (V)
du C
( u C ( t = 0 ) = 0 ⇒ A 1 + A 2 + E = 0 ) et  ----------- ( t = 0 ) = 0 ⇒ r 1 A 1 + r 2 A 2 = 0 .
 dt 
La résolution de ce système de deux équations à deux inconnues fournit :

0 r2 r1
t (s)
A 1 = --------------- E et A 2 = – --------------- E.
r1 – r2 r1 – r2
Fig. 13 - Allure de la tension en La tension uC aux bornes du condensateur vaut donc (fig. 13) :
régime apériodique.
r2 r1
u C ( t ) = E  ----------------e r1 t – ----------------e r 2 t + 1 .
 r1 – r2 r1 – r2 

Si le coefficient d’amortissement α du circuit RLC série est strictement


supérieur à 1 (α  1), l’oscillateur est fortement amorti : le régime est dit
apériodique.

• Le régime critique : D¢ = 0.
Cette condition est réalisée pour :
L
λ = ω 0 ⇔ α = 1 ⇔ R = 2 ---- = R c (résistance critique).
C
Le polynôme caractéristique admet alors une racine double négative :
r = −λ = −ω 0.
On en déduit la solution générale de l’équation homogène :
u1 = (At + B)e–λ t.
La solution générale de l’équation différentielle avec second membre est donc :
uC = u1 + u2, soit : uC = (At + B)e–λ t + E.
D’après les conditions initiales, on a :
du C
(uC (t = 0) = 0 ⇒ B + E = 0) et  ---------- ( t = 0 ) = 0 ⇒ A – λB = 0 .
 dt 

119
Cours
KA_MPSI.book Page 120 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La résolution de ce système de deux équations à deux inconnues fournit :


B = –E et A = −λ E.
La tension uC aux bornes du condensateur vaut donc (fig. 14) :
uC(t ) = E[1 – (l t+1)e-l t ].
uC (V)

E Si le coefficient d’amortissement α du circuit RLC série est égal à 1 (α = 1),


le régime est dit apériodique critique ou critique.

• Le régime pseudo-périodique : D¢  0.
0 t (s)
Cette condition est réalisée pour :
Fig. 14 - Allure de la tension en
L
régime critique. λ  ω 0 ⇔ α  1 ⇔ R  2 ---- .
C
Le polynôme caractéristique admet alors deux racines complexes conjuguées
à partie réelle négative. En posant ω2 = – ∆′, il vient :
r1 = – λ – j ω et r2 = – λ + j ω.
On en déduit la solution générale de l’équation homogène :
u1 = [Acos(ω t) + Bsin(ω t)]e–λ t.
La solution générale de l’équation différentielle avec second membre est donc :
uC = u1 + u2, soit : uC = [Acos(ωt) + Bsin(ωt)]e–λt + E.
uC (V)
D’après les conditions initiales, on a :
du C
 ----------
(uC (t = 0) = 0 ⇒ A + E = 0) et ( t = 0 ) = 0 ⇒ – λA + ωB = 0 .
 dt 
La résolution de ce système de deux équations à deux inconnues fournit :
E
λ
A = –E et B = ---- E.
ω
La tension uC aux bornes du condensateur vaut donc (fig. 15) :
0 t (s)
 l 
Fig. 15 - Allure de la tension en u C ( t ) = E  1 – e l t cos ( wt ) + ---- sin ( wt ) .
 w 
régime pseudo-périodique.

Si le coefficient d’amortissement α du circuit RLC série est strictement


inférieur à 1 (α  1), l’oscillateur est faiblement amorti : le régime est dit
oscillatoire amorti ou pseudo-périodique. La pseudo-pulsation ω des
1. On associe à la pseudo-
oscillations vaut1 :
pulsation ω la pseudo-période T
telle que : w = w 0 1 – a 2 , où ω0 est la pulsation propre (ω  ω 0).
2π 2π T0
T = ------ = ------------------------- = ------------------
ω ω 1–α 2 1 – α2
0
On a donc toujours : T  T0 . Remarque
Si α = 0, on retrouve bien les oscillations non amorties du circuit RLC série.

C.2.6 - Le réseau de graphes


La figure 16 montre l’évolution du régime d’oscillations en fonction de la
valeur du coefficient d’amortissement α. Pour simplifier, les graphes sont tra-
cés en coordonnées x et y définies par :
uC
x = w0 t et y = ------- .
E

120
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 121 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

2
α=0
1
α = -------
2
1
α=1
α=2

1
0 x
1
Fig. 16 - Tracés des graphes pour α = 0, α = ------ , α = 1 et α = 2.
2

C.3. Évolution de l’intensité i


• On obtient l’intensité i du courant en dérivant la tension uC aux bornes du
1. Les détails des calculs, longs condensateur1 :
mais simples, ne sont pas donnés
ici. du C
i = C ---------- .
dt
– En régime apériodique (α  1) :
r1 r2 E
i ( t ) = C ---------------- ( e r1 t – e r2 t ).
r1 – r2
– En régime critique (α = 1) :
i (t ) = CE l2t e– l t.
– En régime pseudo-périodique (α  1) :
w 2 + l2
i ( t ) = CE ------------------- e –l t sin ( wt ).
w
• La figure 17 montre l’évolution du régime d’oscillations en fonction de la
valeur du coefficient d’amortissement α. Pour simplifier, les graphes sont tra-
cés en coordonnées x et y définies par :
i i L
x = w0 t et y = --------------- = ---- ---- .
CEω 0 E C
y

1
α=2 1
α = -------
2 α=0

α=1
0 x

–1

1
Fig. 17 - Tracés des graphes pour α = 0, α = ------ , α = 1 et α = 2.
2

121
Cours
KA_MPSI.book Page 122 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Application 6 Équation différentielle vérifiée par l’intensité i


Déterminer l’équation différentielle vérifiée par l’intensité i du courant et préciser les conditions ini-
tiales permettant de résoudre cette équation.
Solution
• La loi d’addition des tensions s’écrit pour t  0 :
di du C
E = u R + u L + uC , soit : Ri + L ------ + u C = E avec i = C ---------- .
dt dt
Par dérivation, on obtient donc l’équation différentielle caractérisant l’évolution de l’intensité i au
cours du temps :
d2i di i d2i di
L -------2- + R ------ + ---- = 0 ou LC --------2- + RC ------ + i = 0.
dt dt C dt dt
Le polynôme caractéristique est le même que pour l’équation différentielle vérifiée par la tension uC.
Quand uC évolue suivant un régime pseudo-périodique (ou apériodique ou critique), alors i évolue
aussi suivant un régime pseudo-périodique (ou apériodique ou critique).
• L’intensité i du courant dans l’inductance est continue, d’où la première condition initiale :
i (t = 0) = 0.
Il faut aussi déterminer une condition sur la dérivée de i. À l’instant t = 0, la tension aux bornes du
conducteur ohmique est nulle : uR (t = 0) = Ri(t = 0) = 0. En outre, la tension uC aux bornes du con-
densateur est continue, d’où : uC (t = 0) = 0. D’après la loi d’addition des tensions, on obtient donc
la seconde condition initiale :
di di E
u L(t = 0) = E avec u L ( t = 0 ) = L ------ ( t = 0 ), soit : ------ ( t = 0 ) = ---- .
dt dt R

C.4. Interprétation physique


Quel que soit le régime, la charge du condensateur correspond à un régime
transitoire. Lorsque le condensateur est chargé (t → ∞), le régime permanent
est atteint : on a alors uC = E et i = 0 (fig. 18).

i (0) = 0 i (∞) = 0

R uR (0) = 0 R uR(∞) = 0

E E
L uL(0) = E L uL(∞) = 0

C uC(0) = 0 C uC(∞) = E

Fig. 18 - État du circuit quand t = 0 et quand t → ∞.

C.5. Étude énergétique


• Lors de la charge du condensateur, l’addition des tensions s’écrit :
di
E = u R + u L + u C = Ri + L ------ + u C .
dt

122
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 123 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

du C
1. Le générateur est étudié en Pour passer à une égalité en puissance1, on multiplie par i = C ---------- :
convention générateur : on fait dt
donc apparaître la puissance di du C
fournie. Le conducteur ohmique, la
Ei = Ri 2 + Li ------ + Cu C ---------- .
dt dt
bobine et le condensateur sont
étudiés en convention récepteur : – Le terme Ei est la puissance Pg positive fournie par le générateur idéal de
on fait donc apparaître les fém E.
puissances reçues. – Le terme Ri 2 est la puissance PJ positive reçue par le conducteur ohmique
et dissipée par effet Joule dans la résistance R.
d  --- Li 2
1
2  dE mag
– Le terme ----------------------- est la puissance ---------------- positive ou négative reçue par
dt dt
la bobine correspondant aux variations de l’énergie emmagasinée dans
l’inductance L sous forme magnétique.
d  --- Cu C
1 2
2  dE élec
– Le terme -------------------------- est la puissance --------------- positive ou négative reçue par
dt dt
le condensateur correspondant aux variations de l’énergie emmagasinée dans
la capacité C sous forme électrostatique.

La puissance électrique fournie par le générateur est dissipée par effet Joule
dans le conducteur ohmique et sert à faire varier l’énergie de la bobine et
2. Cette égalité exprime la l’énergie du condensateur2 :
conservation de l’énergie dans le
dE mag dE élec
circuit électrique : P g = P j + ------------------ + ----------------- (1)
Ptotale fournie = Ptotale reçue . dt dt
• En intégrant l’égalité (1) entre l’instant initial t = 0 (fermeture de l’interrup-
teur K) et l’instant final t → ∞, on obtient l’égalité (2) traduisant les transferts
d’énergie dans le circuit :
Eg = E J + DE mag + DEélec (2)
– L’énergie électrique Eg fournie par le générateur entre l’instant t = 0 et l’ins-
tant t est égale à (voir § A. 1. 5) :
t t uC ( t )
Eg = ∫0 P g dt = E ∫0 i dt = CE ∫0 du C = CEu C ( t ).

Quand le condensateur est totalement chargé, la tension uC vaut E et le géné-


rateur a fourni l’énergie :
Eg = CE2.
– L’intensité du courant est nulle à t = 0 ; elle est de nouveau nulle quand
t → ∞. L’énergie magnétique ∆Emag emmagasinée dans l’inductance L entre
l’instant t = 0 et l’instant t → ∞ est égale à :
∆Emag = Emag(∞) – Emag(0) = 0.
L’énergie magnétique emmagasinée par la bobine au début du régime transi-
toire est redonnée à la fin de ce régime lorsque le courant s’arrête.
– La tension aux bornes du condensateur croît de 0 à E. L’énergie électrosta-
tique ∆Eélec emmagasinée dans la capacité C entre l’instant t = 0 et l’instant
t → ∞ est égale à :
1
∆E élec = E élec ( ∞ ) – E élec ( 0 ) = --- CE 2 .
3. Au cours de la charge, l’énergie 2
dissipée par effet Joule ne dépend – D’après l’équation (2), l’énergie EJ dissipée par effet Joule dans la résistance
pas de la résistance R du
R entre l’instant t = 0 et l’instant t → ∞ est égale à3 :
conducteur ohmique. Elle ne
dépend que de la capacité C du 1 1
E J = E g – ∆E élec – ∆E mag = CE 2 – --- CE 2 = --- CE 2 .
condensateur. 2 2

123
Cours
KA_MPSI.book Page 124 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Au cours de la charge, la moitié de l’énergie électrique fournie par le


1. Lorsque le condensateur est générateur1 est dissipée par effet Joule dans le conducteur ohmique et
chargé, le générateur ne fournit l’autre moitié est emmagasinée sous forme électrostatique dans le conden-
plus d’énergie au circuit (le sateur. L’énergie magnétique, nulle au début de la charge, est à nouveau
condensateur se comporte
comme un interrupteur ouvert).
nulle à la fin de la charge2.

2. Au cours de la charge, lorsque


le courant traverse le circuit, C.6. Analogie avec l’oscillateur linéaire
l’énergie de la bobine n’est pas
nulle. Dans un circuit RLC série, l’équation différentielle vérifiée par la charge q du
condensateur s’écrit :
q dq d2q di
Lq̇˙ + Rq̇ + ---- = E, avec q̇ = ------ = i et q̇˙ = --------2- = ------ .
C dt dt dt
En mécanique, l’équation différentielle de l’oscillateur linéaire est :
dx d2x dv
mẋ˙ + f ẋ = kx = 0, avec ẋ = ------- = v et ẋ˙ = ---------2 = ------- .
dt dt dt
Cette équation est formellement identique à celle de l’équation homogène de
l’oscillateur électrique étudié précédemment. Bien que les oscillateurs électrique
et mécanique correspondent à des situations physiques a priori très différentes,
leurs comportements, décrits par un même « squelette algébrique », sont les
mêmes. Le tableau ci-dessous définit les grandeurs analogues.

Grandeurs électriques Grandeurs mécaniques

charge du condensateur q déplacement de la masse x

intensité du courant i vitesse de la masse v

inductance propre L masse m

résistance du circuit R coefficient de frottement f

capacité du inverse de la raideur 1


C ---
condensateur du ressort k

1 1
énergie magnétique E mag = --- L i 2 énergie cinétique E c = --- mv 2
2 2

énergie 1 q2 énergie potentielle 1


E élec = --- ----- E p = --- kx 2
électrostatique 2C élastique 2

pertes par effet Joule PJ = Ri 2 pertes par frottement Pf = fv2

On peut alors poser :


k f
ω0 = ---- et λ = αω 0 = -------- .
m 2m
En fonction de la valeur de α, on retrouve trois régimes d’oscillations : le
régime apériodique (α  1), le régime critique (α = 1) et le régime pseudo-
périodique (α  1).

124
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 125 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

M thodes
L’essentiel
✓ Étude d’un circuit RC série
• On définit la constante de temps τ du circuit RC par le produit :

τ constante de temps en seconde (s)


t RC = RC R résistance en ohm (Ω)
C capacité en farad (F)

• Charge et décharge du condensateur :

Charge Décharge
du condensateur du condensateur

K i K i

R uR
Montage
E uC C R uR

C uC

Équation
du C du C
différentielle τ ----------- + u C = E τ ----------- + u C = 0
(premier ordre) dt dt

Conditions initiales uC ( 0 ) = 0 uC ( 0 ) = U0
t t
u C = E  1 – e τ
– -- – --
Tension u C (V) uC = U0 e τ
 
t
du C E – -- du C U 0 – -t-
Intensité i (A) i = C ----------- = ---- e τ i = – C ----------- = ------- e τ
dt R dt R

uC (V) uC (V)
E U0
E
---
Allure de u C (t) e

0 τ t (s) 0 τ t (s)

La moitié de l’énergie L’énergie électrostatique


électrique fournie par le Eélec initialement emma-
générateur est dissipée par gasinée dans la capacité
effet Joule dans la résis- est entièrement dissipée
Bilan énergétique
tance et l’autre moitié est par effet Joule dans la
emmagasinée sous forme résistance.
d’énergie électrostatique
Eélec dans la capacité.

125
Méthodes
KA_MPSI.book Page 126 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

✓ Étude d’un circuit RL série


• On définit la constante de temps τ du circuit RL par le rapport :
τ constante de temps en seconde (s)
L
t RL = ---- L inductance en henry (H)
R
R résistance en ohm (Ω)

• Établissement et arrêt du courant dans la bobine :


Établissement du courant Arrêt du courant
dans la bobine dans la bobine

K i
1
K
R uR
2 i
Montage
E
R uR
L uL

L uL

Équation différentielle di E di
τ ------ + i = ---- τ ------ + i = 0
(premier ordre) dt R dt

Conditions initiales i(0) = 0 i ( 0 ) = I0


t t
i = ----  1 – e τ
Intensité i (A) E – -- – --
τ
R   i = I0 e

t t
di – -- di – --
Tension u L (V) u L = L ------ = Ee τ u L = L ------ = – R I 0 e τ
dt dt

i (A) i (A)
E I0
----
R E
-------
Allure de u C( t ) Re

0 τ t (s) 0 τ t (s)

Lorsque le courant est établi, L’énergie magnétique Emag ini-


l’énergie magnétique Emag tialement emmagasinée dans la
emmagasinée dans la bobine bobine est entièrement dissipée
reste constante. L’énergie par effet Joule dans la résistance.
Bilan énergétique
électrique fournie par le géné-
rateur est alors entièrement
dissipée par effet Joule dans la
résistance.

126
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 127 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

✓ Étude d’un circuit RLC série


• Pour l’étude du régime transitoire du circuit RLC, on introduit les variables réduites :
Coefficient
Pulsation propre Facteur Facteur de qualité
d’amortissement
(s–1 ou rad · s–1) d’amortissement (s–1) (sans dimension)
(sans dimension)

1 R λ 1 Lω 1
ω 0 = ------------- λ = ------- α = ------ Q = ------- = ----------0- = ----------------
LC 2L ω0 2α R RCω 0

La pulsation propre ω0 est la pulsation des oscillations en l’absence d’amortissement.


• La tension u C aux bornes du condensateur d’un circuit RLC série soumis à l’échelon de tension
E vérifie l’équation différentielle du second ordre :
d 2 uC du C d 2 u C w 0 du C 2 2
- + RC -----------
LC ------------- + uC = E ou - + ------ ----------- + w 0 u C = w 0 E.
-------------
dt 2 dt dt 2 Q dt
• En fonction de la valeur de α (ou, ce qui est équivalent, de la valeur de Q), on distingue trois
régimes différents.

Régime apériodique : Solution de l’équation homogène uC (V)


1 (∆  0) :
a  1 ou Q  ---
2 u 1 = A 1 e r1 t + A 2 e r2 t ,
(fort amortissement) avec r1 et r2 racines réelles du poly-
nôme caractéristique.
0 t (s)

Régime critique : Solution de l’équation homogène uC (V)


1 (∆ = 0) :
a = 1 ou Q = --- E
2 u 1 = ( At + B )e rt ,
(amortissement critique) avec r racine double du polynôme
caractéristique.
0 t (s)

Régime pseudo-périodique : Solution de l’équation homogène uC (V)


1 (∆  0) :
a  1 ou Q  ---
2 u 1 = [ A cos ( ωt ) + B sin ( ωt ) ] – e –λt ,
(amortissement faible) avec r 1 = – λ + jω et r 2 = – λ – jω
racines complexes conjuguées du
polynôme caractéristique. E

0 t (s)

w = w0 1 – a2

• Au cours de la charge, la moitié de l’énergie électrique fournie par le générateur est dissipée par
effet Joule dans la résistance et l’autre moitié est emmagasinée sous forme d’énergie électrosta-
tique Eélec dans la capacité. L’énergie magnétique Emag emmagasinée dans l’inductance, nulle
au début de la charge, est à nouveau nulle à la fin de la charge.

127
Méthodes
KA_MPSI.book Page 128 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Mise en œuvre

Méthode n° 1
Comment résoudre une équation différentielle linéaire
à second membre constant ?
L’étude d’un régime transitoire fait systématiquement appel à la résolution d’une équation diffé-
rentielle. On se propose de résoudre cette équation.

➜ Savoir faire

➊ Chercher la solution particulière constante qui vérifie l’équation différentielle avec second
membre.
➋ Injecter une solution exponentielle du type Ae rt dans l’équation différentielle dont le
second membre a été annulé (équation homogène). Le coefficient r vérifie une équation
appelée polynôme caractéristique.
➌ Déterminer la ou les valeurs de r qui sont racines du polynôme caractéristique. Construire
la solution sans second membre, de la forme :
• Ae rt pour une équation du premier ordre ;
• Ae r1 t + Be r2 t pour une équation du second ordre admettant deux racines réelles ou com-
plexes conjuguées ;
• ( A + Bt )e rt pour une équation du second ordre admettant une racine double.

Dans le cas de deux racines complexes conjuguées α ± jβ, on peut écrire la solution sous la forme :
[ A cos ( βt ) + B sin ( βt ) ]e αt .

➍ Déterminer la ou les constantes d’intégration de la solution générale, qui est la somme de


la solution particulière établie au ➊ et de la solution sans second membre établie au ➌. Cette
étape nécessite de connaître les conditions initiales données par les relations de continuité
(voir la méthode n° 1 du chapitre 3).

Il faut veiller à déterminer les constantes d’intégration sur la solution générale, c’est-à-dire après avoir
réuni les solutions particulières et sans second membre.

➜ Application
On considère le circuit ci-dessous, dont l’interrupteur K est fermé à l’instant t = 0.

L
R = 2 ----
C i(t)

L C
E

128
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 129 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La mise en équation du circuit et la recherche des conditions initiales conduisent, pour l’intensité
dans la branche principale, à :
E
 i ( 0 + ) = ---
-
d 2 i L di E,  R
LC -------2- + ---- ------ + i = ---- avec 
dt R dt R di +
 ----- E .
- ( 0 ) = – -----------
 dt R2C
Déterminer l’expression de i ( t ).

Solution
➊ La solution particulière constante est :
E
i 2 ( t ) = ---- .
R
➋ L’équation sans second membre s’écrit :
d 2 i 1 L di 1
- + ---- -------- + i 1 = 0.
LC ----------
dt 2 R dt
On injecte la solution type Ae rt dans cette équation :
L
LCr 2 Ae rt + ---- rAe rt + Ae rt = 0.
R
➌ Comme Ae rt ne s’annule pas (car A = 0 est une solution sans intérêt), le polynôme caractéris-
tique est donc :
L
LC r 2 + ---- r + 1 = 0.
R
1 4
Son discriminant vaut : ∆ = -------------
- – -------- , c’est-à-dire zéro compte tenu du choix des compo-
R C 2 2 LC
sants. Le polynôme caractéristique admet une racine double (régime critique) :
1
α = – ------------ .
2RC
Replacée dans la solution, cette racine double conduit à :

i 1 ( t ) = ( A + Bt ) exp  – ------------ .
t
 2RC
➍ La solution générale est donc :

i ( t ) = i 1 ( t ) + i 2 ( t ) = ---- + ( A + Bt ) exp  – ------------ .


E t
R  2RC
En t = 0 + , on détermine les constantes d’intégration A et B :
E
 i ( 0 + ) = --- E A = 0
- = ---- + A
 R R 
 ⇒ E .
di +
 ----- E
- ( 0 ) = – ----------- = B –
A
------------
-  B = – -----------
R 2C
 dt R2C 2RC 
Soit en replaçant ces valeurs dans la solution générale :

exp  – ------------ ,
E Et t
i ( t ) = ---- – -----------
R R2C  2RC

i ( t ) = ----  1 – --------- exp  – ------------  .


E t t
d’où :
R RC  2RC 

129
Méthodes
KA_MPSI.book Page 130 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Méthode n° 2
Comment caractériser un régime transitoire du premier ordre
à partir de son oscillogramme ?
Soit un oscillogramme indiquant un régime transitoire du premier ordre. On se propose d’établir
l’équation différentielle associée à cet oscillogramme.

➜ Savoir faire

➊ Déterminer la valeur initiale u ( t = 0 ) = u 0 de la tension étudiée.


➋ Déterminer la valeur limite u ∞ en t → +∞ de la tension étudiée.
➌ Tracer la tangente à la courbe u ( t ) issue du point t = 0. Mesurer le temps τ caractéristique
du régime transitoire à l’intersection de cette tangente avec la droite u = u ∞ .
➍ Écrire l’équation différentielle sous la forme :
du
τ ------- + ( u – u ∞ ) = 0.
dt
La solution de cette équation s’écrit :

u ( t ) = u ∞ + ( u 0 – u ∞ ) exp  – -- .
t
 τ

➜ Application
Établir l’équation différentielle associée à l’oscillogramme représenté ci-dessous.

1V
1 ms

(0 V , t = 0)

Solution
➊ On mesure 4 divisions verticales à partir du point origine ( 0 V , t = 0 ) : u ( 0 ) = 4 V.
➋ En t = +∞, l’asymptote a pour équation : u ∞ = – 2 V.
➌ La tangente à la courbe u ( t ) à l’origine coupe la droite u C = – 2 V en ( t = 4 ms ; u = – 2 V ) ,
soit : τ = 4 ms.
➍ L’équation différentielle vérifiée par u est donc :
du
( 4 ◊ 10 – 3 ) -------- + u = – 2, avec u en V et t en s.
dt

La solution de cette équation est :


u ( t ) = – 2 + 4 exp  – -----------------
t 
- , avec u en V et t en s.
 4 ⋅ 10 – 3

130
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 131 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Méthode n° 3
Comment effectuer le bilan énergétique d’un régime transitoire ?
On se propose d’évaluer l’énergie dissipée par effet Joule au cours d’un régime transitoire.

➜ Savoir faire

➊ Déterminer les valeurs prises par les courants et les tensions du circuit à l’issue du régime tran-
sitoire en utilisant un schéma équivalent du circuit.
➋ Déterminer l’énergie reçue (et stockée) par les condensateurs et bobines du circuit pendant ce
régime transitoire :
∆E stockée = ∆E elec + ∆E mag .
1 2 1 2
– Pour un condensateur : ∆E elec = --- Cu ∞ – --- Cu 0 .
2 2
1 2 1 2
– Pour une bobine : ∆E mag = --- Li ∞ – --- Li 0 .
2 2
(u 0 , u ∞ , i 0 et i ∞ sont les tensions et courants avant et après le régime transitoire.)
➌ Exprimer le courant i g ( t ) qui traverse le générateur. Si ce courant s’annule au bout d’un
temps infini, calculer l’énergie fournie au circuit par le générateur :
+∞
E fournie = ∫0 u g i g dt, avec ug et i g en convention générateur.

➍ Si l’énergie fournie par le générateur est finie, calculer l’énergie dissipée par effet Joule :
E J = E fournie – ∆E stockée .

Dans la plupart des circuits, un courant circule encore à l’issue du régime transitoire. La puissance four-
nie par le générateur est alors entièrement dissipée par le réseau de résistances.

➜ Application
On considère le circuit suivant, dans lequel l’interrupteur K est initialement ouvert. On choisit
comme origine des temps l’instant où K est fermé.
On montre que u ( t ) = RI 0 exp  – ---- t . Calculer l’énergie dissipée par effet Joule pendant le régime
R
 L
transitoire à l’aide d’un bilan énergétique.

iL

L
u I0 R

Solution
➊ Initialement, i L ( 0 ) = 0 car la branche est ouverte. Au bout iL
d’un temps infini, le régime permanent est établi et la bobine
équivaut à un fil : i L ( ∞ ) = I 0 . I0 R
➋ Le circuit reçoit et stocke de l’énergie dans la bobine :
1 1 1 2 K
∆E stockée = --- Li L ( ∞ ) 2 – --- Li L ( 0 ) 2 = --- LI 0 .
2 2 2

131
Méthodes
KA_MPSI.book Page 132 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

➌ Le courant dans le générateur ne s’annule pas, mais la tension à ses bornes s’annule. La puis-
sance fournie s’annule donc et l’énergie fournie au circuit est calculable :
+∞ +∞
exp  – ------ d t.
Rt
∫0 ∫0
2
E fournie = I 0 u ( t ) dt = RI 0
 L
On intègre la fonction exponentielle entre t = 0 et t → +∞ :
+∞
E fournie = RI 0 – ---- exp  – ------ = RI 0  ---- = LI 0 .
2 L Rt 2 L 2
R  L 0
 R
➍ L’énergie dissipée par effet Joule dans la résistance vaut donc :
2 1 2 1 2
E J = E fournie – DE stockée = LI 0 – --- LI 0 = --- LI 0 .
2 2
La moitié de l’énergie fournie par le générateur est dissipée par effet Joule dans la résistance, et
ceci indépendamment de sa valeur.

On peut retrouver ce résultat en intégrant la puissance reçue par la résistance pendant le régime transitoire,
mais ce calcul est techniquement plus compliqué.

132
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 133 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Énoncés des exercices

Exercices
Niveau 1 R1

Ex. 1 Décharge d’un condensateur


dans un autre Cas a)
E R2 C u
Le condensateur de capacité C est chargé sous une ten-
sion U0 . Il est branché à l’instant initial sur un autre
condensateur de capacité C′, initialement déchargé, par
l’intermédiaire d’une résistance R. On note u la tension R2
aux bornes de C et u′ la tension aux bornes de C′.
K i R
Cas b)
E R1 C u
u C C′ u′

u
a) Déterminer les évolutions des tensions u(t) et u′(t).
b) Déterminer l’évolution de l’intensité i(t).
c) Déterminer l’énergie E J dissipée par effet Joule. C
Cas c)
Effectuer un bilan énergétique et retrouver le résultat E R1 R2
précédent.

Ex. 2 Charge et décharge d’un condensateur


On considère le circuit suivant, comportant les résis- u1
tances R1 , R2 et R3 , le condensateur de capacité C et
le générateur de tension E.
E C1

Cas d)
R1

R2 C2 u2
E
R3 R2 R1

C
K
u1
R2
u
a) Initialement, le condensateur est déchargé et on C1
Cas e)
ferme l’interrupteur K à t = 0. Déterminer l’évolution
de la tension u(t). Pouvait-on prévoir la tension maxi- E R1 C2 u2
male u max du condensateur ?
b) L’interrupteur K étant fermé depuis longtemps, on a
alors u = umax . À l’instant t = 0, on ouvre l’interrupteur.
R1 R2
Déterminer l’évolution de la tension u(t).

Ex. 3 Recherche de régimes permanents avec


des condensateurs Cas f )
E C1 u1 C2 u2
Dans les montages ci-dessous, déterminer la (ou les)
tension(s) aux bornes du (ou des) condensateur(s)
lorsque le régime permanent est établi.

133
Exercices
KA_MPSI.book Page 134 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Ex. 4 Résistance d’un voltmètre L1 i1 L2 i2


Un condensateur chimique de capacité 47 µF est
chargé sous une tension u 0 = 4,5 V. On le branche
aux bornes d’un voltmètre. Cas c)
E R1 R2
À l’instant t = 0, on mesure normalement u0 = 4,5 V.
À l’instant t = 200 s, on lit sur le voltmètre u = 3 V.
Quelle est la résistance du voltmètre ?

R1 R2
Ex. 5 Établissement du courant dans
une bobine
Une bobine parfaite d’inductance L est en série avec Cas d)
E L1 L2
un conducteur ohmique de résistance R = 15 Ω et une
batterie de force électromotrice E = 6 V.
i1 i2
À l’instant t = 0, on ferme le circuit.
La tension aux bornes de la résistance croît pour
atteindre u R = 2,7 V à l’instant t = 2 ms.
Ex. 7 Oscillations d’un circuit LC
K i Un condensateur de capacité C = 10 µF est initiale-
ment chargé sous une tension U0 = 6 V. On le con-
necte à l’instant t = 0 à une bobine de résistance
R ur négligeable et d’inductance L = 25 mH.
E a) Établir l’équation différentielle vérifiée par la ten-
sion u aux bornes du condensateur.
L b) Déterminer u(t). Exprimer la fréquence des oscilla-
tions et l’amplitude de celles-ci.
c) Déterminer i(t). Quelle est alors l’amplitude de
a) Déterminer la valeur de l’inductance L.
l’intensité ?
b) Quelle est l’énergie magnétique emmagasinée
d) Exprimer l’énergie du condensateur et celle de la
dans la bobine à l’instant t = 2 ms ?
bobine au cours du temps. Vérifier que l’énergie
c) Quelle est l’énergie dissipée par effet Joule dans la totale reste constante.
résistance entre t = 0 et t = 2 ms.

Ex. 8 Régime critique


Ex. 6 Recherche de régimes permanents
Le condensateur de capacité C = 10 µF, initialement
en présence de bobines chargé sous une tension U 0 = 6 V, est connecté à
Dans les montages ci-dessous, déterminer l’intensité l’instant t = 0 à une bobine d’inductance L = 25 mH
du courant circulant dans chaque bobine lorsque le et de résistance R.
régime permanent est établi. a) Établir l’équation différentielle vérifiée par la ten-
R1 sion u aux bornes du condensateur.
i
b) Le régime étudié est le régime critique. Détermi-
ner R. Exprimer alors u(t). Tracer u(t).
Cas a) c) En déduire l’intensité i(t). Tracer i(t).
E R2 L
d) Quelle est l’énergie dissipée par effet Joule dans la
résistance R ?

R1 R3 Ex. 9 Régime pseudo-périodique


On reprend l’étude de l’exercice 8, mais la résistance
de la bobine est maintenant R′.
Cas b) E L Le régime étudié est pseudo-périodique et la pseudo-
R2
période vaut T = 5 ms.
a) Déterminer la résistance R′.
i b) Déterminer numériquement u(t).

134
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 135 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Ex. 10 Régime apériodique K R K′


Un condensateur de capacité C = 10 µF, chargé sous
la tension U0 , se décharge dans une bobine d’induc-
tance L = 2 mH et de résistance R″. Le régime est C u R′
apériodique et l’on a enregistré l’évolution de la ten- E
sion aux bornes de la résistance R″.

u R″ (V ) a) Déterminer l’équation d’évolution de la tension u


aux bornes du condensateur.
b) Déterminer u(t) et tracer la courbe correspondante.
c) Effectuer un bilan énergétique.

Ex. 12 Établissement du courant dans


un circuit
On considère le circuit suivant comportant une
0 t0 = 0,36 ms t (s )
bobine d’inductance L et deux résistances R et R′. K
On observe un maximum de u R″ à l’instant et K′ sont deux interrupteurs et le générateur de ten-
t 0 = 0,36 ms. Déterminer R″. sion possède la fém E.
K L i K′

Niveau 2 E R R′

Ex. 11 Établissement du courant a) K′ est ouvert. À l’instant t = 0, on ferme l’interrup-


dans un condensateur teur K. Déterminer la loi d’évolution de l’intensité i(t).
1) Le condensateur étudié est chargé sous une ten- Quel est le courant I en régime permanent ?
sion U0 . Il est placé en série avec une résistance R, un b) Le régime permanent d’intensité I est établi (K est
générateur de tension E et un interrupteur K. fermé). À l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K′.
Pour t  0, l’interrupteur est ouvert. À l’instant t = 0, Établir la nouvelle loi d’évolution de l’intensité i(t).
on ferme l’interrupteur. Quelle est la nouvelle intensité I′ en régime permanent ?
K R i
Ex. 13 Trois résistances et une bobine
Le circuit étudié comporte trois résistances R1, R2 et
u R3 , une bobine parfaite d’inductance L, un généra-
E C
teur de fém E et un interrupteur K.
E

a) Déterminer l’équation d’évolution de la tension u


aux bornes du condensateur.
b) Résoudre l’équation obtenue pour t  0.
R3 R2 R1
c) Tracer la courbe u (t ).
d) Déterminer l’intensité i (t ) du courant. K L i
e) Déterminer l’énergie dissipée par effet Joule.
f) Faire un bilan énergétique et retrouver le résultat a) Initialement, la bobine n’est parcourue par aucun
précédent. courant. À l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K.
2) Le condensateur est maintenant chargé sous la Établir la loi d’évolution de i(t) et déterminer le cou-
tension E. On branche à ses bornes, comme l’indique rant I en régime permanent dans la bobine.
le schéma ci-dessous, une résistance R′. b) Le courant d’intensité I est établi, on ouvre K à
On choisit l’origine des temps au moment du bran- t = 0. Déterminer la nouvelle loi donnant i(t) et
chement de R′. l’énergie dissipée par effet Joule dans les résistances.

135
Exercices
KA_MPSI.book Page 136 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Ex. 14 Diode de roue libre Ex. 16 Évolution simultanée du courant


Un moteur est modélisé par une résistance R et une dans une bobine et un condensateur
bobine L. Le circuit comporte un condensateur de capacité C en
L’interrupteur K est fermé depuis longtemps. Le cou- série avec une résistance R. Cette branche est en
rant permanent dans la bobine est : parallèle avec une branche comportant une bobine
L
E d’inductance L et de résistance R. On a : τ = RC = ---- .
i = I = ---- . R
R
L’ensemble est alimenté par un générateur de fém E
Pour éviter une étincelle aux bornes du moteur, lors
comme l’indique le schéma suivant :
de l’ouverture du circuit, on place en parallèle avec le
moteur une diode D. K i i1
Quand l’interrupteur K est fermé, aucun courant ne
circule dans D. i2
Quand on ouvre K, la diode court-circuite le moteur
et l’énergie magnétique contenue dans la bobine est R R
dissipée par effet Joule dans la résistance R.
K E
C u L
i

D L
u′
E a) Le condensateur est déchargé. On ferme l’inter-
rupteur K. Déterminer i 1(t ), i 2(t ) et i (t ).
i′ R
Déterminer u (t ).
b) Le régime permanent est établi. On ouvre K.
a) La caractéristique de la diode vérifie les conditions Déterminer u (t ).
données ci-dessous :
u′  0 : i ′ = 0 ; i ′  0 : u′ = 0. Ex. 17 Bobine réelle en série avec
Déterminer la loi d’évolution de i (t ). un condensateur réel
b) Reprendre l’étude en tenant compte de la tension Le montage ci-dessous modélise une bobine réelle
seuil Vs de la diode : (L, R) en série avec un condensateur réel (C, R) ini-
u′  V s ; i ′ = 0 ; i ′  0 : u′ = V s . tialement déchargé. On a la propriété :
L
τ = ---- = RC.
Ex. 15 Établissement et rupture dans R
un « circuit parallèle » R L i
On considère le montage schématisé ci-dessous.








R i1 R bobine réelle
E R C u

E u1 L C u




condensateur réel
K i
a) Déterminer l’évolution de la tension u (t ) aux bornes
du condensateur lorsque le circuit est branché, à t = 0,
a) Pour t  0, le condensateur est déchargé. On a : sur un générateur de tension E. Représenter u (t ).
L
τ = ---- = RC. b) Peut-on prévoir le régime permanent sans calcul ? Si
R
oui, déterminer U, tension aux bornes du condensa-
À l’instant t = 0, on ferme l’interrupteur K.
teur, et I, courant dans la bobine, en régime permanent.
Établir i (t ) et u (t ) pour t  0.
Déterminer le régime permanent I de courant dans la
bobine et le régime permanent U de tension aux bor- Ex. 18 Circuit avec deux condensateurs
nes du condensateur. Le circuit schématisé ci-après comporte deux résis-
b) Le régime permanent est établi. À l’instant t = 0, tances R et deux condensateurs de capacité C, initia-
on ouvre K. Déterminer i (t ) et u (t ) pour t  0. lement déchargés. À l’instant t = 0, on le branche sur

136
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 137 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

un générateur de tension E. Déterminer u(t). Quel est T


le facteur de qualité Q du montage ? On pose τ = RC. b) Déterminer u(t) pour t ∈ 0 ; ---- . En déduire u 0 .
2
R R On suppose que le condensateur est déchargé à t = 0
K i (v0 = 0).
T
c) Déterminer u(t) pour t ∈ ---- ; T . En déduire v1.
2
E C v C u d) Étudier u(t) pour t ∈ [ nT ; ( n + 1 ) T ] en décom-
posant l’intervalle en deux parties et obtenir un en
fonction de vn et vn + 1 en fonction de un . Nous avons
ainsi défini la double loi de récurrence.
e) On admet que la suite { u n } tend vers une limite U
et la suite { v n } vers une limite V. Déterminer U et V.
Tracer alors l’allure du régime oscillatoire permanent
Niveau 3 u(t).

Ex. 19 Alimentation d’un condensateur


Ex. 20 Oscillateur de relaxation
par une tension créneau
Une ampoule au néon est placée en parallèle sur le
Le condensateur de capacité C est alimenté par condensateur d’un circuit RC. La lampe au néon pré-
l’intermédiaire d’une résistance R grâce à un généra- sente la particularité de ne s’allumer que si la tension
teur délivrant une tension créneau e(t) vérifiant la entre ses bornes atteint la valeur Va , dite tension
propriété suivante (n ∈ ) : d’allumage. En revanche, elle reste allumée tant que
T la tension à ses bornes est supérieure à Ve  Va ; Ve
• si t ∈ nT ; n T + ---- , e ( t ) = E ;
2 est appelée tension d’extinction.
La lampe éteinte ne conduit pas le courant ; elle est
T
• si t ∈ nT + ---- ; ( n + 1 ) T , e ( t ) = 0. équivalente à un interrupteur ouvert.
2
La lampe allumée est équivalente à une résistance r.
i Le condensateur étant initialement déchargé, on
ferme l’interrupteur K.
R K i
e(t) C u
R
E C u N
e (V )

E a) À quelle condition la lampe s’allume-t-elle ?


Décrire u ( t ) entre l’instant t = 0 et l’instant d’allu-
mage t a. Déterminer t a.
b) La lampe étant allumée, comment évolue u ( t ) ?
0 T T 3T 2T t (s ) À quelle condition la lampe s’éteint-elle ?
---- --------
2 2 c) Les deux conditions précédentes étant vérifiées,
La tension u(t) aux bornes du condensateur évolue en décrire l’évolution de u ( t ). Faire apparaître une
permanence. Nous allons étudier les premières phases période T décrivant cette évolution.
de cette évolution pour essayer d’en tirer une loi, puis
nous regarderons le régime oscillatoire permanent. Ex. 21 Lissage du courant
Nous noterons u n la tension u  nT + ----  et vn la ten-
T 1) Déterminer la loi d’établissement du courant dans
 2
sion u(nT). une bobine d’inductance L à travers une résistance R.
Le générateur a une fém constante : e(t) = E.
a) Écrire l’équation d’évolution de la tension u dans
chaque intervalle de temps.
L
T
– pour t ∈ nT ; n T + ---- ;
2 e(t) R
T
– pour t ∈ nT + ---- ; ( n + 1 ) T ; K
2

137
Exercices
KA_MPSI.book Page 138 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Déterminer le temps nécessaire pour que le courant a) Déterminer l’équation différentielle vérifiée par
dans le circuit ne diffère pas de plus de 5 % de sa i (t ) pour chaque demi-période :
valeur finale. T T
2) Le générateur de tension e (t ) est maintenant pério- nT ; n T + ---- et nT + ---- ; ( n + 1 ) T .
2 2
dique, comme le précise sa loi d’évolution sur le
schéma ci-dessous. b) À l’instant t = 0, on a : i (t ) = 0. Représenter l’allure
de la courbe i (t ) sur les quatre premières périodes.
e (V ) c) On recherche le régime périodique permanent.
À l’instant nT, le courant est Im .
E T
À l’instant nT + ---- , le courant est IM .
2
À l’instant (n + 1)T, le courant vaut Im , etc.
0 T
---- T 3T 5T 7T
-------- 2T -------- 3T -------- 4T t (s ) Déterminer Im et IM . Tracer l’allure de i(t) en régime
2 2 2 2 permanent.

Indications
Ex. 1 Un des condensateurs est étudié en convention Ex. 9 a) Déduire la valeur de la résistance de celle de
générateur, l’autre en convention récepteur. la pseudo-pulsation ω du circuit.

Ex. 10 Déterminer l’extremum de la fonction u R″ (t).


Ex. 3 En régime permanent, un condensateur se com-
porte comme un interrupteur ouvert. Ex. 11 Faire attention aux conditions initiales por-
tant sur la tension aux bornes du condensateur.

Ex. 5 c) Utiliser la conservation de l’énergie dans le Ex. 14 a) La diode court-circuite le moteur quand
circuit électrique. on ouvre l’interrupteur.
b) L’équation n’est valable que pour i  0.
Ex. 6 En régime permanent, une bobine se comporte Ex. 20 Si les deux conditions sont réalisées, la lampe
comme un fil. s’allume et s’éteint périodiquement (oscillateur de
relaxation).

138
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 139 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Solution des exercices

Solutions des exercices


Exercices de niveau 1
Exercice 1

a) • L’intensité i du courant dans le circuit s’écrit :


du′ du du′ du
i = C′ -------- = – C ------, soit : C′ -------- + C ------ = 0.
dt dt dt dt

Le condensateur C est étudié en convention générateur : il ne faut pas oublier le signe « – » dans l’expression de i .

En intégrant, on obtient : C′u′ + Cu = cte. Or, à t = 0, on a : u′ = 0 et u = U 0 , d’où :


C′u′ + Cu = CU 0 .
• La loi des mailles donne :
C′ du′
u = Ri + u′, soit : U 0 – ------ u′ = RC′ -------- + u′.
C dt
L’équation différentielle vérifié par u′ est alors :
RCC′ du′ CU 0
-.
----------------- -------- + u′ = ----------------
C + C′ dt C + C′
RCC′ CU 0
La constante de temps est τ = ----------------- et la solution particulière constante est u 2′ = ----------------- .
C + C′ C + C′

La constante de temps τ n’apparaît que si l’équation est écrite sous sa forme canonique, c’est-à-dire si le coeffi-
cient de u′ est égal à 1.

La solution générale de cette équation différentielle est :


CU 0 t
– -- RCC′
u′ = u 1′ + u 2′ = ----------------
- + Ae τ , avec τ = ----------------- .
C + C′ C + C′
La tension aux bornes du condensateur est continue, d’où :
CU 0 CU 0
u′ ( t = 0 ) = 0 = ----------------
- + A, soit : A = – ----------------- .
C + C′ C + C′
La loi d’évolution de la tension u′ s’écrit :
CU 0  – -- 
t
RCC¢
u¢ ( t ) = -----------------  1 – e t  , avec t = – ----------------- .
C + C¢ C + C¢
On en déduit donc :

C′ U0  – -- 
t
u ( t ) = U 0 – ------ u′ ( t ) = -----------------  C + C¢e t  .
C C + C¢

La tension u′ croît au cours du temps, alors que la tension u décroît, ce qui est normal, car le condensateur C se
décharge dans le condensateur C′.
b) L’intensité i du courant vaut alors :

du′ CU 0 1 – -t- U 0 – -t-


i = C′ -------- = C′ × ----------------- × --- e τ , soit : i ( t ) = ------- e t .
dt C + C′ τ R

139
Exercices
KA_MPSI.book Page 140 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

c) • L’énergie dissipée par effet Joule dans la résistance R vaut :


2 2 2t +∞ 2
t → +∞ U0 +∞ – 2 t U 0 τ e– ----τ- τU 1 CC ¢ 2
∫t = 0 ∫
-----
J = Ri 2 dt = ------- e τ d t = ------- – ------------- = ---------0- = --- ----------------- U 0 .
R 0 R 2 0
2R 2 C + C¢
• La loi des mailles donne pour t  0 : u = Ri + u′.
du′ du
On multiplie les deux membres de l’égalité par i = C′ -------- = – C ------ :
dt dt

ui = – -----  --- Cu 2 = Ri 2 + -----  --- C′u′ 2 ,


d 1 d 1
dt  2  dt  2 

Ri 2 = – -----  --- Cu 2 + --- C′u′ 2 .


d 1 1
d’où :
dt  2 2 

puissance Joule variation de l’énergie des


dissipée dans R condensateurs au cours
du temps

du ′
On a : ui = – Cu ------ = – -----  --Cu 2 et u′i = C′u ′ --------- = -----  --C′u ′ 2 .
du d 1 d 1
dt dt  2  dt dt  2 

On intègre chaque terme de l’égalité précédente sur la durée de la décharge de C dans C′ :


+∞ +∞
-----  --- Cu 2 + --- C′u′ 2 .
d 1 1
∫0 Ri 2 dt = – ∫0 dt  2 2 
 J = – ( ∆ elec + ∆ elec
′ ).
La variation de l’énergie électrostatique des condensateurs vaut :
CU 0 2 1
∆ elec = --- Cu ( ∞ ) 2 – --- Cu ( 0 ) 2 = --- C  ----------------- – --- CU 0 .
1 1 1 2
2 2 2 C + C′
 2
CU 0 2
= --- Cu′ ( ∞ ) 2 – --- Cu′ ( 0 ) 2 = --- C  ----------------- .
1 1 1

∆ elec
2 2 2  C + C′

La variation de l’énergie électrostatique emmagasinée dans le condensateur C est négative, car celui-ci fournit de
l’énergie au circuit.
On en déduit donc :
CU 0 2 1 CU 0 2
 J = – --- C  ----------------- + --- CU 0 – --- C′  ----------------- = --- CU 0  1 – ----------------- = --- -----------------U 0 .
1 2 1 1 2 C 1 CC¢ 2
2  C + C′ 2 2  C + C′ 2  C + C′ 2 C + C¢
On retrouve bien le résultat précédent.

Exercice 2

a) Paramétrons le circuit comme l’indique le schéma ci-dessous :


E
i1

R3  R2  R1

i3 i2

140
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 141 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• La loi des nœuds donne :


du
i 1 + i 2 = i 3 , avec i 1 = C ------ .
dt
Le circuit comporte deux mailles indépendantes pour lesquelles on peut écrire :

 maille 1 : E = R 2 i 2 + R 3 i 3 = ( R 2 + R 3 ) i 2 + R 3 C d u
------
 dt

 maille 2 : R i = R i + u = R C d u
 2 2 1 1 1 ------ + u .
dt
Reportons alors i2 dans l’égalité obtenue pour la maille 1 :
( R 2 + R 3 )R 1 du R 2 + R 3 R 3 R 1 du R 2 + R 3
- + R 3 C ------ + -------------------- u = R 1 + R 3 + -------------
E = ------------------------------- - C ------ + -------------------- u.
R2 dt R2 R2 dt R2

L’équation différentielle vérifiée par la tension u s’écrit donc :


( R 1 + R 3 )R 2 + R 3 R 1 du R2
----------------------------------------------------C ------ + u = -------------------
- E,
R2 + R3 dt R2 + R3

ou sous sa forme « canonique » :


R 1 R 2 + R 1 R 3 + R 2 R 3 du R2
------------------------------------------------------- C ------ + u = -------------------
- E.
R2 + R3 dt R2 + R3
R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
La constante de temps est τ = ------------------------------------------------------- C et la solution particulière constante vaut
R2 + R3
R2
u 2 = -------------------- E.
R2 + R3

La constante de temps τ n’apparaît que si l’équation est écrite sous sa forme canonique, c’est-à-dire si le coeffi-
cient de u est égal à 1.
Compte tenu des conditions initiales ( u ( 0 ) = 0 ), nous obtenons :

R2 t R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
u ( t ) = -------------------- E  1 – e t  , avec
– --
t = -------------------------------------------------------- C.
R2 + R3   R2 + R3
R2
La tension maximale est obtenue pour t → + ∞ : u max = -------------------- E.
R2 + R3

• En régime permanent, nous avons u = u max = cte, d’où : i 1 = 0 et i 2 = i 3 . La tension umax vaut :
E R2
u max = R 2 i 2 avec i 2 = -------------------- , d’où : u max = -------------------- E.
R2 + R3 R2 + R3

En régime permanent, le condensateur se comporte comme un interrupteur ouvert.

b) L’étude correspond à la décharge d’un condensateur initialement chargé sous la tension umax à tra-
vers une résistance R = R1 + R2 .
La constante de temps vaut τ′ = ( R 1 + R 2 )C et nous avons alors :

t R2 – ---t-
– ----
u ( t ) = u max e τ′ = -------------------- Ee t′ , avec t¢ = ( R 1 + R 2 )C.
R2 + R3

Pour plus de détails se reporter au § A. 2 du cours (décharge du condensateur).

141
Exercices
KA_MPSI.book Page 142 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 3

En régime permanent, les tensions aux bornes des condensateurs sont constantes et les courants qui y circulent
sont nuls (les condensateurs se comportent comme des interrupteurs ouverts).
a) Tout le courant passant dans R1 passe dans R2 comme si R1 iC = 0
i
le condensateur n’était pas présent. D’après le théorème de
division de tension, on a : i
R2 u
u = -------------------- E. E R2 C
R1 + R2

i iC = 0 R2

b) Le courant dans R2 est nul. La tension u se retrouve entiè- i


rement aux bornes de R1. On a donc :
E R1 C u
u = E.

u
i=0

c) Aucun courant ne passe dans R1 et R2. La tension aux C


bornes du dipôle équivalent est alors nulle et on a : E R1 R2
u = E.

u1
d) Comme les courants dans C1 et C2 sont nuls, tout le cou-
rant passant dans R1 passe dans R2 comme si aucun conden-
sateur n’était présent. D’après le théorème de division de i C1 = 0 C1 i C2 = 0
i
tension, on a :
i R1 i
ER 1 ER 2
u 1 = -------------------- et u 2 = -------------------- .
R1 + R2 R1 + R2 E R2 C2 u2

u1
e) Comme la tension u2 est constante, le courant dans R2 est i=0
nul. La tension u2 se retrouve alors aux bornes de R1.
Comme la tension u1 est constante, le courant dans R1 est nul C1 R2
et on a : E R1 C2 u2
u2 = 0 et u1 = E.

R1 iC2 = 0 R2
i=0

f) Les tensions u1 et u2 sont constantes. Aucun courant ne i C1 = 0


circule et on a alors :
u1 = u2 = E. E C1 u1 C2 u2

142
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 143 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 4

Notons R la résistance du voltmètre et C la capacité du condensateur. La tension aux bornes du


t
– --
condensateur évolue suivant la loi u ( t ) = U 0 e τ , avec τ = RC (décharge d’un condensateur dans
une résistance).
Nous en tirons :
U0
--------- = ln  ---------- , d’où : R = -------------------------- .
t t
RC  u ( t ) U0
C ln  ----------
 u ( t )

Cette relation est valable quel que soit l’instant t considéré.

200
A.N. R = ------------------------------------------------- = 1,05 ⋅ 10 7 Ω = 10,5 MΩ .
47 ⋅ 10 –6 × ln  --------
4,5
 3 

Exercice 5

a) La loi des mailles donne l’équation différentielle vérifiée par l’intensité i du courant :
di L di E
L ----- + Ri = E, soit : ---- ----- + i = ---- .
dt R dt R
Lors de l’établissement du courant dans la bobine, l’intensité i suit la loi d’évolution :
E – -- 
t
L
i ( t ) = ----  1 – e τ  , avec τ = ---- .
R R
La tension aux bornes de la résistance R a pour expression :
 – -- 
t  – ------ 
Rt
u R = Ri = E  1 – e τ  = E  1 – e L  .
On en déduit la valeur de l’inductance L :
u
------ = – ln  1 – -----R- , d’où : L = – ---------------------------- = 50 mH .
Rt Rt
L  E u
ln  1 – ------R-
 E

Cette relation est valable quel que soit l’instant t considéré.

b) L’énergie magnétique stockée dans la bobine à l’instant t vaut :


1 L
 mag = --- Li ( t ) 2 = ---------2-u R ( t ) 2 .
2 2R
Comme l’énoncé indique la valeur de uR pour t = 2 ms, il est plus rapide d’utiliser cette donnée que l’expression de
i trouvée à la question précédente.
50 ⋅ 10 –3 × 2,7 2
A.N.  mag = --------------------------------------- = 0,81 mJ .
2 × 15 2
c)
On applique la méthode n° 3 au circuit étudié. Le calcul direct de l’énergie dissipée par effet Joule est plus long.

L’énergie fournie par le générateur entre l’instant t = 0 et l’instant t vaut :


Rt t Rt
t E2 t  – ------ 
Rt
E2 L – -----
- E2 L  – ------ 
g = ∫ 0
Ei ( t )dt = ------
R ∫ 0
 1 – e L  dt = -----
R
- t + ---
R
- e L
0
= ------ t + ----  e L – 1 .
R R
A.N.  g = 1,19 mJ .

143
Exercices
KA_MPSI.book Page 144 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

D’après la loi de conservation de l’énergie dans le circuit, l’énergie dissipée par effet Joule dans la
résistance R entre l’instant t = 0 et l’instant t = 2 ms vaut donc :
 J =  g –  mag = 0,38 mJ .

Exercice 6

En régime permanent, le courant est constant, la tension aux bornes de chaque bobine est donc nulle (une bobine
se comporte comme un fil).
R1
i i
a) La tension aux bornes de R2 est nulle. i R2 = 0
Tout le courant passe donc dans l’inductance :
E E R2
i = ------- .
R1

R1
i1 i
b) Comme la tension aux bornes de L est nulle, les résistances R2
et R3 sont en parallèle. D’après la loi des mailles, le courant prin-
cipal i1 vaut :
E E R2 R3
i 1 = --------------------------------- .
R2 R3
R 1 + ------------------- -
R2 + R3
En appliquant le théorème de division de courant, on obtient :
R2 R2 E
i = -------------------- i 1 , soit : i = -------------------------------------------------------- .
R2 + R3 R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
c) Les deux bobines se comportent comme des fils. On a donc i1 i2
simplement :
E R1 + R2
i 2 = ------- et i 1 = -------------------- E. R1
R2 R1 R2 E R2

d) Les deux bobines se comportent comme des fils. On a donc R1 R2


i1
simplement :
E
i 2 = 0 et i 1 = ------- .
R1
E i1 i2 = 0

Exercice 7 i

a) Dans le circuit LC, les caractéristiques du condensateur et de la bobine


s’écrivent : C u L
du di
i = – C ------ et u = L ----- .
dt dt
Le condensateur C est étudié en convention générateur : il ne faut pas oublier le signe
« – » dans l’expression de i.
L’équation différentielle du second ordre vérifiée par u et donc :
d2u d2u
u = – LC --------2-, soit : LC ---------2- + u = 0.
dt dt

144
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 145 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

b) • La solution générale de l’équation différentielle s’écrit :


1
u ( t ) = A cos ( ω 0 t ) + B sin ( ω 0 t ), avec ω 0 = ------------ .
LC
Les conditions initiales à l’instant t = 0 sont :
 u ( 0 ) = U0 ⇒ A = U0

 du i(0)
 ------ ( 0 ) = – ---------- = 0 ⇒ B = 0.
 dt C

L’équation différentielle étant du second ordre, il faut deux conditions initiales pour déterminer les constantes
d’intégration.
La loi d’évolution de la tension u est donc :

u ( t ) = U 0 cos  ------------- .
t
 LC

• La fréquence des oscillations du circuit LC est :


w 1
f 0 = -----0- = -------------------- = 318 Hz .
2p 2p LC
L’amplitude de la tension est : U0 = 6 V.
1 2π
On a l’égalité : f = --- = ------ .
T ω
c) La loi d’évolution de l’intensité i du courant est :
du C
i ( t ) = – C ------- = U 0 ---- sin ( w 0 t ) .
dt L
L
L’amplitude de l’intensité est : I 0 = U 0 ---- = 20 mA .
C
d) • L’énergie électrostatique emmagasinée dans le condensateur à l’instant t vaut :

 elec = --- Cu ( t ) 2 = --- CU 0 cos2  ------------- .


1 1 2 t
2 2  LC

• L’énergie magnétique emmagasinée dans la bobine à l’instant t vaut :

 mag = --- Li ( t ) 2 = --- CU 0 sin2  ------------- .


1 1 2 t
2 2  LC

• L’énergie totale stockée dans le circuit à l’instant t vaut :


1 2
 tot =  elec +  mag = --- CU 0 .
2

L’énergie totale stockée dans le circuit est égale à l’énergie initiale du condensateur. En l’absence de résistance,
cette énergie reste constante car il n’y a pas de perte par effet Joule.

Exercice 8 i

a) Les notations utilisées sont indiquées sur le schéma ci-contre. La loi des
mailles donne : L
di du C u
u = L ----- + Ri, avec i = – C ------ .
dt dt
R
Le condensateur C est étudié en convention générateur : il ne faut pas oublier le signe
« – » dans l’expression de i.

145
Exercices
KA_MPSI.book Page 146 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L’équation différentielle du second ordre vérifiée par u est donc :


d2u du
LC ---------2- + RC ------- + u = 0.
dt dt
b)

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

– Le polynôme caractéristique associé à l’équation différentielle est :


LCr 2 + RCr + 1 = 0.
Le discriminant vaut ∆ = 0 (régime critique). On en déduit :
L
∆ = R 2 C 2 – 4LC = 0, soit R = 2 ---- = 100 W .
C
Le polynôme caractéristique admet la racine double :
R 1
r = – ------- = – ------------ = – ω 0 .
2L LC
– La solution générale de l’équation différentielle est donc :
1
u ( t ) = ( At + B )e –ω0 t , avec ω 0 = ------------ .
LC
On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :
 u ( 0 ) = U0 ⇒ B = U0

 du i(0)
 ------ ( 0 ) = – ---------- = 0 ⇒ A – ω 0 B = 0, d’où : A = U 0 ω 0 .
 dt C

L’équation différentielle étant du second ordre, il faut deux conditions initiales pour déterminer les constantes
d’intégration.
– La loi d’évolution de la tension u est donc :
1
u ( t ) = U 0 ( w 0 t + 1 )e – w0 t , avec ω 0 = ------------ .
LC
L’allure de la courbe u ( t ) est :
u
U0

t
0 1
------
ω0
c) • La loi d’évolution de l’intensité i est :
du U0
i = – C ------ = CU 0 ω 0 t e –ω0 t , soit : i ( t ) = ------- te – w0 t .
2
dt L
En régime critique, l’intensité i croît au début de la décharge du condensateur, puis décroît jusqu’à
s’annuler. Le maximum de i est donné par :
di U0 U0 1
----- = ------- e –ω0 t – ------- ω 0 t e –ω0 t = 0, soit : t = ------ .
dt L L ω0

146
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 147 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

di d2u
D’après la relation entre i et u, ----- = 0 ⇔ -------2- = 0. Le maximum de i est donc point d’inflexion pour u.
dt dt

i
U0
-------------
-
Lω 0 e

t
O 1 2
------ ------
ω0 ω0

d) L’énergie électrostatique initialement emmagasinée dans le condensateur est entièrement dissipée


par effet Joule dans la résistance :
1 2
 J = --- CU 0 = 180 m J .
2

L’énergie magnétique emmagasinée dans la bobine est nulle au début et à la fin de la décharge du condensateur
( i ( 0 ) = 0 et i ( ∞ ) = 0 ).

Exercice 9

a)

Pour un raisonnement complet, se reporter à la question a) et au début de la question b) de l’exercice 8.

En régime pseudo-périodique, le discriminant ∆ du polynôme caractéristique est négatif. Celui-ci


admet donc deux racines complexes conjuguées :

– R′C ± j 4LC – R ′ 2 C 2 R′ 1 R′2


r = ------------------------------------------------------------------- = – ------- ± j -------- – ---------2- .
2LC 2L LC 4L
La pseudo-pulsation ω du circuit vaut alors :
1 R′ 2 2π 1 4p 2 .
ω = -------- – ---------2- = ------, d’où : R¢ = 2L -------- – --------
-
LC 4L T LC T 2
A.N. R¢ = 77,8 W .

Les racines du polynôme caractéristique s’écrivent : r = λ ± j ω , où λ est le facteur d’amortissement du circuit


et ω sa pseudo-pulsation.

b) La solution générale de l’équation différentielle est de la forme :


R′
– -------t
u ( t ) = ( A cos ( ωt ) + B sin ( ωt ) )e 2L .

On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :


 u ( 0 ) = U0 ⇒ A = U0

 du i(0) R′ R′U
 ------ ( 0 ) = – ---------- = 0 ⇒ ωB – -------A = 0, d’où : B = -------------0- .
 dt C 2L 2Lω
Numériquement : A = 6 ; B = 7,43 ; ω = 1 257 rad · s–1.
La loi numérique d’évolution de la tension u est donc :
u ( t ) = 6e –1 556 t ( 6 cos ( 1 257 t ) + 7,43 sin ( 1 257 t ) ) , avec t en s et u en V.

147
Exercices
KA_MPSI.book Page 148 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 10

Le montage est identique à celui des exercices 8 et 9. Pour un raisonnement complet, se reporter à la question a)
et au début de la question b) de l’exercice 8.
• En régime apériodique, le discriminant ∆ du polynôme caractéristique est positif. Celui-ci admet
donc deux racines réelles :
R″ R″ 2 1 R″ R″ 2 1
r 1 = – ------- + ---------2- – -------- et r 2 = – ------- – ---------2- – -------- .
2L 4L LC 2L 4L LC

Les racines du polynôme caractéristique s’écrivent : r = – λ ± ω , où λ est le facteur d’amortissement du circuit


et ω = λ 2 – ω 20 .

La solution générale de l’équation différentielle est de la forme :


u ( t ) = Ae r1 t + Be r2 t .
On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :
 r2
 u ( 0 ) = U0 ⇒ A + B = U0  A = --------------- U 0
  r 2 – r1
 du i(0) ⇒
 ------ ( 0 ) = – ---------- = 0 ⇒ Ar 1 + Br 2 = 0  r1
 dt C  B = – r--------------
– r1 0
-U
 2

La loi d’évolution de la tension u est :


U0
u ( t ) = --------------- ( r 2 e r1 t – r 1 e r2 t ).
r2 – r1
• La tension aux bornes de la résistance R″ a pour expression :
du R″CU 0 r 1 r 2
u R″ = R″i = – R″C ------ = ------------------------------ ( e r2 t – e r1 t ).
dt r2 – r1
La tension est maximale lorsque la dérivée de u R″ s’annule, c’est-à-dire à l’instant t0 tel que :
r 2 e r2 t0 – r 1 e r1 t0 = 0.
En posant : r 1 = – λ + ω et r 2 = – λ – ω, l’équation à résoudre devient :
– ( λ + ω )e –ωt0 + ( λ – ω )e ωt0 = 0,
d’où en introduisant les fonctions hyperboliques :
ω 1
2λsh ( ωt 0 ) – 2ωch ( ωt 0 ) = 0, soit : th ( ωt 0 ) = ---- = -------------------- .
λ 2
ω
1 + -----02-
ω
Les fonctions hyperboliques sont définies par :
e x – e –x e x + e –x sh ( x )
sh ( x ) = ------------------ ; ch ( x ) = ------------------ ; th ( x ) = -------------.
2 2 ch ( x )
La résolution numérique de cette équation en ω donne : ω = 4 027 rad · s –1 .

Graphiquement, on détermine l’abscisse du point d’intersection des courbes (avec X = 10 –3 ω ) :


1
Y 1 = th ( 0,36X ) et Y 2 = ------------------ .
4
1 – -----2
X
La résistance R″ s’obtient alors par la relation :
R″ 2 2
λ = ------- = ω 2 + ω 0 , soit : R≤ = 2L w 2 + w 0 = 225 W .
2L

148
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 149 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercices de niveau 2

Exercice 11
du
1) a) Quand l’interrupteur est fermé, il circule le courant : i = C ------ . La tension aux bornes de la
dt
du .
résistance vaut : u R = Ri = RC ------ La loi des mailles nous donne alors :
dt
du
E = u + RC -------, avec τ = RC.
dt
b) – La solution particulière constante de l’équation différentielle est : u 2 = E.
t
– --
– La solution de l’équation homogène est : u 1 = Ae τ .
– La solution générale de l’équation différentielle est donc :
t
– --
u = u 1 + u 2 = E + Ae τ , avec τ = RC.
– La tension aux bornes du condensateur est continue, d’où :
u ( t = 0 ) = U 0 = E + A, soit : A = U 0 – E.
La loi d’évolution de la tension u s’écrit donc :
t
– --
u ( t ) = E + ( U 0 – E )e t , avec t = RC.
c) L’allure de la courbe est la suivante (cas U 0  E et cas U 0  E ) :

u u
U0
E

U0 E

0 τ t 0 τ t

Si la fém E du générateur est supérieure à la tension initiale U0 du condensateur, celui-ci se charge ; si la fém E du
générateur est inférieure à la tension initiale U0 du condensateur, celui-ci se décharge.

d) L’intensité i ( t ) du courant est :

du U 0 – E – -t- E – U 0 – -t-
i ( t ) = C ------ = – C -----------------e τ = ----------------- e t .
dt τ R
e) L’énergie dissipée par effet Joule au cours de la charge vaut :
+∞ (E +∞
t → +∞ +∞ – U 0 ) 2 – 2-----t τ ( E – U 0 ) 2 – 2----τ-t
J = ∫t =0  J dt = ∫0 Ri( t )2dt = ∫0 R
- e τ d t = – --- ------------------------
------------------------
2 R
- e
0

1
= --- C ( E – U 0 ) 2 .
2

Comme la loi d’évolution de l’intensité est exponentielle, le calcul direct est assez simple.

149
Exercices
KA_MPSI.book Page 150 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

f) • La loi des mailles donne pour t  0 : E = Ri + u.

On applique la méthode n° 3 au circuit étudié.


du
On multiplie les deux membres de l’égalité par i = C ------ :
dt

Ei = CE ------ = Ri 2 + -----  --- Cu 2 .


du d 1
dt dt  2 

puissance puissance Joule variation de l’énergie du


fournie par dissipée dans R condensateur au cours
le générateur du temps

• On intègre chaque terme de l’égalité précédente sur la durée de la charge.


– L’énergie fournie par le générateur vaut :
+∞ E
g = ∫0 Eidt = ∫U CEdu = CE ( E – U0 ).
0

– La variation de l’énergie électrostatique contenue dans le condensateur vaut :


+∞
-----  --- CU 2 dt = --- CE 2 – --- CU 0 .
d 1 1 1
∫0
2
∆ elec =
dt  2  2 2
– L’énergie dissipée par effet Joule vaut :
+∞
J = ∫0  J dt.

• La conservation de l’énergie dans le circuit donne :


1 1 2 1
 J =  g – ∆E elec = CE ( E – U 0 ) – --- CE 2 – --- CU 0 = --- C ( E – U 0 ) 2 .
2 2 2
On retrouve bien le résultat précédent.
2) a) On paramètre, pour t  0, le circuit comme le précise le schéma ci-dessous :

i R i R′
K

iC

E C u R′

du u
On a : i C = C ------ et i R′ = ------ , d’où d’après la loi des nœuds :
dt R′
du u
i = i C + i R′ = C ------ + ------ .
dt R′
La loi des mailles donne alors l’équation différentielle :

E = Ri + u, d’où : E = RC ------- +  ------ + 1 u.


du R
dt  R¢ 
RR′
b) La constante de temps du circuit est : τ′ = ---------------- C.
R + R′

Pour la mettre en évidence, il faut récrire l’équation différentielle sous la forme canonique :
RR′ du R′
-------------- C ------ + u = -------------- E.
R + R′ dt R + R′

150
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 151 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

La solution particulière constante de l’équation est :


t
R′ R′ – ----
u 2 = ---------------- E, d’où : u ( t ) = ---------------- E + A′e τ′ .
R + R′ R + R′
R
À l’instant t = 0, u ( 0 ) = E, soit : A′ = ---------------- E.
R + R′
La loi d’évolution de la tension u s’écrit donc :
t
E – ----- RR¢
u ( t ) = ----------------- R¢ + Re t ¢ , avec t¢ = ----------------- C.
R + R¢ R + R¢
L’allure de la courbe est la suivante :
u
E

R′
---------------- E
R + R′

0 τ′ t

c) Comme à la question 1) f ), on a toujours l’équation :

ui = ui C + ui R′ = -----  --- Cu 2 + R′i R′ .


d 1 2
Ei = Ri 2 + ui, avec
dt  2 

2
La tension aux bornes de la résistance R′ vaut en effet : u = R′i R′ , d’où : ui R′ = R′i R′ .

On obtient donc l’égalité :

Ei = R i 2 + R ′ i R ′ + -----  --- C u 2 .
2 d 1
dt  2 

puissance puissance Joule puissance Joule variation de l’énergie


fournie par le dissipée dans R dissipée dans R′ du condensateur
générateur au cours du temps

La puissance fournie par le générateur est dissipée par effet Joule dans les résistances R et R′ et sert
à faire varier l’énergie emmagasinée dans le condensateur.

On pourrait calculer tous les termes intervenant dans ce bilan et les intégrer pour obtenir les énergies correspon-
dantes, car on connaît u et i (donc i R′ ).

Exercice 12

a) L’interrupteur K′ étant ouvert, le circuit est un circuit RL alimenté par un générateur de fém E.
La loi d’évolution de l’intensité i lors de l’établissement du courant dans la bobine est alors :
t
E – --  L
i ( t ) = ----  1 – e t  , avec t = ---- .
R R
Lorsque le régime permanent est atteint, le courant dans la bobine est constant et la tension à ses
bornes est nulle. On a donc :
E
I = ---- .
R

151
Exercices
KA_MPSI.book Page 152 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

b) Quand l’interrupteur K′ est fermé, la résistance équivalente branchée en série avec l’inductance
L est :
RR′ L di E
R eq = ----------------, d’où : -------- ----- + i = -------- .
R + R′ R eq dt R eq
La solution générale de cette équation différentielle s’écrit :
t
E – ---- L
i ( t ) = -------- + Ae τ′ , avec τ′ = -------- .
R eq R eq
Le courant dans la bobine est continu, donc à t = 0, on a :
E E E E E
i ( 0 ) = I = ---- = -------- + A, d’où : A = ---- – -------- = – ------ .
R R eq R R eq R′
La loi d’évolution de l’intensité i est alors :
t t
E ( R + R¢ ) E – ---- L ( R + R¢ )
i ( t ) = E  ---- + ------ – ------ e τ = --------------------------- – ------ e t¢ , avec
1 1 E – --
t¢ = -------------------------- .
 R R′ R′ RR¢ R¢ RR¢
En régime permanent, l’intensité devient :
E ( R + R¢ )
I¢ = E  ---- + ------ = --------------------------- .
1 1
 R R′ RR¢

Exercice 13

a) On note i2 le courant dans la résistance R2. D’après la loi des nœuds, la résistance R3 est donc
traversée par le courant i + i 2 .

R3  R2  R1

i2 L i

i + i2

La loi des mailles donne le système suivant :

 maille 1 : E = R 2 i 2 + R 3 ( i + i 2 )

 di .
 maille 2 : R 2 i 2 = R 1 i + L ----
d
-
t

En reportant i2 de la deuxième équation dans la première, on obtient l’équation différentielle vérifiée
par l’intensité i :
( R2 + R3 )
E = R 3 i + ------------------------  R 1 i + L ----- .
di
R2  dt
R 1 R 3 ( R 2 + R 3 )L di
E =  R 1 + R 3 + -------------
- i + ----------------------------- ----- .
 R2  R2 dt
( R 2 + R 3 )L di R2 E
------------------------------------------------------ -.
- ----- + i = ------------------------------------------------------
R 1 R 2 + R 1 R 3 + R 2 R 3 dt R1 R2 + R1 R3 + R2 R3

152
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 153 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

( R 2 + R 3 )L
La constante de temps est τ = ------------------------------------------------------
- et la solution particulière constante (régime
R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
permanent) vaut :
R2 E
I = -------------------------------------------------------- .
R1 R2 + R1 R3 + R2 R3
Compte tenu des conditions initiales ( i ( 0 ) = 0 ), on obtient donc :
t
 – -- 
i(t) = I 1 – e t  .

b) • Quand on ouvre l’interrupteur K, l’équation différentielle vérifiée par i devient :


L di
-------------------- ----- + i = 0.
R 1 + R 2 dt
Compte tenu des conditions initiales ( i ( 0 ) = I ), on obtient donc :
t
– ---- L
i = Ie t¢ , avec t¢ = -------------------- .
R1 + R2

1
• L’énergie magnétique initialement emmagasinée dans la bobine est : --- LI 2 .
2
Le circuit ne comporte pas de générateur. Au cours de l’arrêt du courant, l’énergie magnétique de la
bobine est entièrement dissipée par effet Joule dans les résistances R1 et R2.
R2 E 2
 J = --- LI 2 = --- L  -------------------------------------------------------- .
1 1
2 
2 R1 R2 + R1 R3 + R2 R3 

Un raisonnement physique simple permet de répondre à la question posée sans aucun calcul.

Exercice 14

a) La diode joue le rôle de court-circuit. La loi des mailles donne l’équation différentielle vérifiée par
l’intensité i :
di L di
L ----- + Ri = 0 ou ---- ----- + i = 0.
dt R dt

Compte tenu des conditions initiales  i ( 0 ) = I = ---- , on obtient donc :


E
 R
t
E – -- L
i ( t ) = ----e t , avec t = ---- .
R R

Si K est ouvert, on a : i ′ = i  0. La diode est bien passante.

b) Quand on ouvre K, le courant i′ = i  0 circule dans la diode et la tension à ses bornes vaut
u′ = V S . La loi des mailles donne l’équation différentielle vérifiée par i :
L di V
---- ----- + i = – ------S , tant que i  0.
R dt R
La solution générale de cette équation s’écrit :
t
V – -- L
i = – ------S + Ae τ , avec τ = ---- .
R R

153
Exercices
KA_MPSI.book Page 154 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Le courant dans la bobine est continu, donc à t = 0, on a :


E V E + VS
i ( 0 ) = I = ---- = – ------S + A, d’où : A = ----------------- .
R R R
La loi d’évolution de l’intensité i est alors :
V E + V S – -t-
i ( t ) = – ------S- + ------------------ e t , tant que i  0.
R R

Le courant dans le circuit ne peut pas prendre de valeurs négatives. Il s’annule quand toute l’énergie magnétique
initialement emmagasinée dans la bobine a été dissipée dans le circuit.
L’intensité i du courant s’annule à l’instant t0 tel que :
t0
VS
= 0, d’où : t 0 = – τ ln  ----------------- = t ln  1 + ------- .
– ----
τ E
– V S + ( E + V S )e
 E + V S  V S
Pour t  t 0 , le courant reste nul. On peut représenter l’évolution de l’intensité i au cours du temps :
i
E
I = ----
R

t
0 t0
VS
– ------
R

L’énergie magnétique de la bobine s’est dissipée par effet Joule dans la résistance R, mais aussi dans la diode qui
reçoit une puissance positive (quand i  0, on a : v ′i ′ = V S i  0 ).

Exercice 15

a) • Dans le circuit étudié, la loi des nœuds donne :


du
i 1 = i + C ------ (1)
dt
Le circuit comporte deux mailles indépendantes, d’où :
di
 maille de gauche : E = R i 1 + L ----- (2)
 dt

 maille de droite : L ----
di du
- = RC ------ + u (3)
 dt dt

On cherche à combiner les égalités (1), (2) et (3) pour obtenir l’équation différentielle vérifiée par u.

On reporte les égalités (1) et (3) dans l’égalité (2) :

E =  Ri + RC ------ +  RC ------ + u = Ri + 2RC ------ + u


du du du
(4)
 dt   dt  dt
On dérive l’égalité précédente et on utilise (3) :
d 2 u du d 2 u du
0 = R ----- + 2RC --------2- + ------ = ----  RC ------ + u + 2RC --------2- + ------ .
di R du
dt dt dt L  dt  dt dt

154
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 155 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L’équation différentielle vérifiée par u s’écrit donc :


d2u du d 2 u 1 du u L
2t 2 ---------2- + 2t ------- + u = 0 ou ---------2- + --- ------- + -------2- = 0, avec τ = ---- = RC.
dt dt dt t dt 2t R

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

• Le polynôme caractéristique est :


1 1 1
r 2 + --- r + --------2 = 0, avec ∆ = – ----2-  0.
τ 2τ τ
Le polynôme admet donc deux racines complexes conjuguées (régime pseudo-périodique) :
1 1
r = – ------ ± j ------ .
2τ 2τ
La solution générale de l’équation différentielle est de la forme :
t
A cos  ------ + B sin  ------ .
– ------ t t
u(t) = e 2τ
 2τ  2τ
À l’instant t = 0, les conditions initiales sont : u ( 0 ) = 0 et i ( 0 ) = 0. D’après la loi des mailles :
E du i1 ( 0 ) E E
i 1 ( 0 ) = -------, d’où : ------ ( 0 ) = -----------
- = ------------ = ------ .
2R dt C 2RC 2τ

À l’instant t = 0, tout le courant débité par le générateur traverse la branche contenant le condensateur.

On peut ainsi déterminer les constantes A et B :

 u ( 0 ) = 0 ⇒ A = 0.

 du E B E
 ------ ( 0 ) = ------ ⇒ ------ = ------ , d’où : B = E.
 dt 2τ 2τ 2τ

La loi d’évolution de la tension u s’écrit donc :


t
sin  ------ .
– ------ t
u ( t ) = Ee 2t
 2t
La loi d’évolution de l’intensité i se déduit de l’égalité (4) :
t
i ( t ) = ---- – ------ ------ – ---- = ---- 1 – cos  ------ e 2t .
E 2τ du u E t – ------
R R dt R R  2t
En régime permanent, on a donc :
E
u = 0 et I = ---- .
R

En régime permanent, la bobine se comporte comme un fil et court-circuite la branche contenant le condensateur.
Tout le courant débité par le générateur traverse donc la bobine.

b) À l’ouverture du circuit, on se ramène à l’étude d’un circuit RLC série R


du
avec i = – C ------ (le condensateur est en convention générateur).
dt
L’équation différentielle du second ordre vérifiée par la tension u est L C u
donc :
i
d2u du d 2 u 1 du u
LC --------2- + RC ------ + u = 0 ou --------2- + --- ------ + ----2- = 0.
dt dt dt τ dt τ

155
Exercices
KA_MPSI.book Page 156 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

L L
On a : τ = RC = --- , d’où : LC = --- × RC = τ 2 .
R R
Le polynôme caractéristique s’écrit alors :
r 1 3
r 2 + -- + ----2- = 0, avec ∆ = – ----2-  0.
τ τ τ
Le polynôme admet donc deux racines complexes conjuguées (régime pseudo-périodique) :

1 3
r = – ------ ± j ------- .
2τ 2τ
La solution générale de l’équation différentielle est de la forme :
t
A cos  ------- t + B sin  ------- t .
– ------ 3 3
u(t) = e 2τ
 2τ   2τ 
On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :

 u ( 0 ) = 0 ⇒ A = 0.

 du i(0) E 3B E 2E
 ------ ( 0 ) = – ---------- = – ---- ⇒ ------------ = – ---- , d’où : B = – ------- .
 dt C τ 2τ τ 3

La loi d’évolution de la tension u s’écrit donc :


t
u ( t ) = – -------- e 2t sin  ------- t .
2E – ------ 3
3  2t 

On en déduit la loi d’évolution de l’intensité i :


t
i ( t ) = – C ------ = ------------ e 2t – sin  ------- t + 3 cos  ------- t .
du E – ------ 3 3
dt R 3  2t   2t 

Exercice 16

a) • Le circuit RL contenant la bobine est soumis à l’échelon de tension E. Lors de l’établissement


du courant dans la bobine ( i 1 ( 0 ) = 0 ), on a donc :

t
E – --  L
i 1 ( t ) = ----  1 – e t  , avec τ = ---- .
R R
• Le circuit RC contenant le condensateur est soumis à l’échelon de tension E. Lors de la charge du
condensateur ( u ( 0 ) = 0 ), on a donc :

t
 – -- 
u ( t ) = E  1 – e t  , avec τ = RC.

On en déduit l’expression de i2 :
t t
du 2 CE – -- E – --
i 2 ( t ) = C --------- = --------e τ = ----e t .
dt τ R
• On obtient alors l’intensité totale i d’après la loi des nœuds :
E
i ( t ) = i 1 ( t ) + i 2 ( t ) = ---- .
R

156
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 157 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

b) Quand on ouvre K, le condensateur C se décharge dans la résistance i1


2R et la bobine L. L’équation vérifiée par u est alors :
d2u du d 2 u 2 du u 2R
LC --------2- + 2RC ------ + u = 0 ou --------2- + --- ------ + ----2- = 0.
dt dt dt τ dt τ
C u
Le polynôme caractéristique est :
L
2 1 1
r 2 + --- r + ----2- = 0, avec ∆ = 0 et r = – --- .
τ τ τ
En régime critique, la solution générale de l’équation différentielle est de la forme :
t
– --
u ( t ) = ( At + B )e τ .
On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :

u(0) = E ⇒ B = E

 du i1 ( 0 ) E B E
 ------ ( 0 ) = – ------------ = – --------- ⇒ A – ---- = – --------- , d’où : A = 0.
 dt C RC τ RC

La loi d’évolution de la tension u s’écrit donc :


t
– --
u ( t ) = Ee t .

Exercice 17

a) • La loi des nœuds donne la relation :


du u
i = C ------ + ---- (1)
dt R
La loi des mailles donne la relation :
di
E = Ri + L ----- + u (2)
dt
En reportant (1) dans (2), on a :
d 2 u du d2u
E =  RC ------ + u + ----  RC --------2- + ------ + u = τ 2 --------2- + 2τ ------ + 2u,
du L du
 dt  R dt dt  dt dt
2
d u 2 du 2 E
soit : --------2- + --- ------ + ----2- u = ----2- .
dt τ dt τ τ

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

E
• La solution particulière constante est : u 2 ( t ) = ---- .
2
L’équation sans second membre s’écrit :
d 2 u 2 du 2
--------2- + --- ------ + ----2- u = 0,
dt τ dt τ
2 2 4
de polynôme caractéristique : r 2 + --- r + ----2- = 0, avec ∆ = – ----2-  0.
τ τ τ
Le polynôme admet deux racines complexes conjuguées :
1 1
r = – --- ± j --- .
τ τ

157
Exercices
KA_MPSI.book Page 158 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

En régime pseudo-périodique, la solution générale de l’équation différentielle est de la forme :


t
u ( t ) = ---- + e τ A cos  -- + B sin  -- .
E – -- t t
2  τ  τ

On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :


 E E
 u ( 0 ) = 0 = A + ---- = 0, doù : A = – ----
 2 2

u(0)
d------ ( 0 ) = ----  i ( 0 ) – ----------- = 0 ⇒ ---- – ---- = 0, doù : B = A = – ---- .
u 1 B A E
 dt C R  τ τ 2

La loi d’évolution de la tension u s’écrit donc :

E
t
t 
u ( t ) = ----  1 – e t cos  -- + sin  -- .
– -- t
2  t   t 

L’allure de u est représentée ci-dessous :


U

E
----
2

t
0 τ τ 3τ 2τ
--- ------
2 2
b) En régime permanent, la tension u aux bornes du condensateur et l’intensité i dans la bobine sont
constantes :
u = U et i = I.
Le condensateur se comporte alors comme un interrupteur ouvert et la bobine comme un fil. Le mon-
tage est équivalent au schéma simple ci-dessous :
R i=I

E R u=U

La loi des mailles donne immédiatement :


E E
I = -------- , d’où : U = ---- .
2R 2
On retrouve évidemment ces résultats en utilisant les lois d’évolution de la tension u (t ) et de l’intensité i (t ).

Exercice 18

• La loi des nœuds donne :


dv du
i = C ------ + C ------ (1)
dt dt

158
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 159 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Le circuit comporte deux mailles indépendantes. On en déduit le système ci-dessous :


 E = Ri + v (2)

 du
 v = RC ------
dt
+u (3)

On reporte les égalités (1) et (3) dans l’égalité (2) :

E = RC  ------ + ------ +  RC ------ + u .


dv du du
 dt dt   dt 
On reporte l’égalité (3) dans l’expression précédente :
d2u du d 2 u 3 du u E
E = R 2 C 2 --------2- + 3RC ------ + u ou --------2- + --- ------ + ----2- = ----2- .
dt dt dt τ dt τ τ

On applique la méthode n° 1 au circuit étudié.

• La solution particulière constante est : u 2 ( t ) = E.


Le polynôme caractéristique associé à l’équation sans second membre s’écrit :
3 1 5
r 2 + --- r + ----2- = 0, avec ∆ = ----2-  0.
τ τ τ
Le polynôme admet deux racines réelles :
–3 + 5 –3 – 5
r 1 = --------------------- et r 2 = -------------------- .
2τ 2τ
En régime apériodique, la solution générale de l’équation différentielle est de la forme :
u ( t ) = E + Ae r1 t + Be r2 t .
On détermine les constantes A et B grâce aux conditions initiales :

 u ( 0 ) = 0 ⇒ E + A + B = 0.

 du 1
 ------ ( 0 ) = --------- ( v ( 0 ) – u ( 0 ) ) = 0 ⇒ Ar 1 + Br 2 = 0.
 dt RC

On en déduit donc :
 r2 5+3 5
 A = --------------- E = – -------------------- E
 r 1 – r 2 10

 r1 3 5–5
 B = – --------------
r – r
- E = -------------------- E.
10
 1 2

La loi d’évolution de la tension u s’écrit alors :

u ( t ) = E 1 – -------------------- exp  --------------------t + ------------------- exp  – ---------------- t .


5+3 5 –3 + 5 3 5–5 3+ 5
10  2t  10  2t 
• L’équation différentielle vérifiée par u est :
d2u 3 du u E .
- = -------------
--------2- + --------- ------ + ------------- -
dt RC dt R 2 C 2 R2C2
Par identification avec l’expression en variables réduites, on obtient :
ω0 3 2 1 1
------ = --------- et ω 0 = -------------
-, soit : Q = --- .
Q RC R2C2 3

d 2 u ω 0 du 2 2
En variables réduites, on a : -------2- + ------ ------ + ω 0 u = ω 0 E.
dt Q dt

159
Exercices
KA_MPSI.book Page 160 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercices de niveau 3

Exercice 19
T du
a) • Si t ∈ nT ; n T + ---- , on a : e ( t ) = E, d’où : RC ------- + u = E.
2 dt
T du
• Si t ∈ nT + ---- ; ( n + 1 ) T , on a : e ( t ) = 0, d’où : RC ------- + u = 0.
2 dt

T
b) Pour t ∈ 0 ; ---- , on est dans le cas de la charge du condensateur d’un circuit RC, initialement
2
déchargé, soumis à l’échelon de tension E. On a donc :
 – -- 
t
u ( t ) = E  1 – e t  , avec τ = RC.

 – ------ 
T
On en déduit : u 0 = u  ---- = E  1 – e 2t  .
T
 2

T
c) Pour t ∈ ---- ; T , on est dans le cas de la décharge d’un condensateur chargé sous la tension u0
2
T
à l’instant ---- . On a donc :
2
T
– ---  t – ----
1 T
τ  2
 ------  – -t-
u ( t ) = u0 e = E  e 2t – 1 e t .

T T
Dans l’expression de u, on introduit un décalage temporel de --- car la décharge commence à t = --- .
2 2
T
 – ------ – T
---- 
On en déduit : v 1 = u ( T ) = E  e 2t – e t  .

d) On découpe l’intervalle ]nT ; ( n + 1 ) T [ en deux intervalles :


T T
nT ; n T + ---- et nT + ---- ; ( n + 1 ) T .
2 2
T
• Pour t ∈ nT ; n T + ---- , on est dans le cas de la charge du condensateur d’un circuit RC, initiale-
2
ment chargé sous la tension u ( nT ) = v n , soumis à l’échelon de tension E.
1
– --- ( t – nT )
La solution de l’équation différentielle s’écrit alors : u ( t ) = E + A n e τ .

Le condensateur n’étant pas initialement déchargé, on n’a pas A n = – E. En outre, on tient compte du décalage
temporel de nT.

À l’instant t = nT, on a : u ( nT ) = v n = E + A n , soit : A n = v n – E.


On en déduit donc :
1
– --- ( t – nT )
u ( t ) = E + ( v n – E )e t .
T
À l’instant t = nT + ---- , on obtient :
2
T
u  nT + ---- = u n = E + ( v n – E )e 2t .
T – ------
 2

160
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 161 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

T
• Pour t ∈ nT + ---- ; ( n + 1 ) T , on est dans le cas de la décharge d’un condensateur initialement
2
chargé sous la tension un . On a donc :

– --- t –  nT + ----
1 T
t  2
u ( t ) = un e .
À l’instant t = ( n + 1 )T, on obtient :
T
– ------
u [ ( n + 1 )T ] = v n + 1 = u n e 2t .
e) Les limites U et V des suites ( u n ) et ( v n ) vérifient les équations :
T T
 T
– ------   τ 
– ----
 2τ 
– ------
 U = E + ( V – E )e 2τ U1 – e  = E1 – e 
 ⇒
T
 – ------

 T
– ------
 V = Ue  V = Ue 2τ
On en déduit donc :
T T T
– ------ – ------ – ----
1 – e 2t e 2t – e t .
U = E -------------------
T
- et V = E -------------------------
T
-
– ---- – ----
1– e t 1–e t

En régime oscillatoire permanent, l’allure de u ( t ) est représentée ci-dessous :


u

t
O T T
nT nT + ---- ( n + 1 )T ( n + 1 )T + ---- ( n + 2 )T
2 2

En régime oscillatoire permanent, on peut considérer le temps écoulé suffisamment grand pour que les limites U et
V soient atteintes.

Exercice 20

a) • La lampe étant éteinte, le circuit est un circuit RC alimenté par un générateur de fém E. Comme
le condensateur est initialement déchargé, on a :
t
 – -- 
u ( t ) = E  1 – e t  , avec t = RC.

• La lampe s’allume si u  V a . Il suffit donc que : E  V a .


• L’instant d’allumage t a vérifie :
t
 – ---- 
a
V
V a = E  1 – e τ  , soit : t a = – ln  1 – ------a .
 E
b) • La lampe allumée est équivalente à une résistance r.
Le courant i traversant la résistance R est la somme du courant traversant le condensateur et du cou-
rant traversant la lampe. La loi des mailles s’écrit :

E = Ri + u = R  C ------ + --- + u, d’où : ------------ C ------ + u = ------------ E.


du u Rr du r
 dt r  R + r dt r+R

161
Exercices
KA_MPSI.book Page 162 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Rr r
La constante de temps du circuit est τ′ = ------------C et la solution particulière constante u 2 = ------------E.
R+r r+R
La solution générale de l’équation différentielle est :
( t – ta )
r – ----------------
u = ------------E + Ae τ′ .
r+R
On tient compte dans l’expression de u du décalage temporel t a .

À l’instant t = ta , on a :
r
u ( ta ) = Va , soit : A = V a – ------------E.
r+R
On en déduit donc :
( t – ta )
u ( t ) = ------------- E +  V a – ------------- E e t¢ , avec
r r – ----------------- Rr
t′ = -------------C.
r+R  r+R  R+r
• La lampe s’éteint si u  V e . Il suffit donc que :
r
-------------E  V e .
R+r
c) On suppose les deux conditions précédentes réalisées. On peut donc distinguer différentes phases.
• Si t ∈ ]0 ; t a [ , alors le condensateur se charge. Il existe un instant te tel que u ( t e ) = V e :
V
t e = – RC ln  1 – ------e .
 E
• Si t ∈ ]t a ; t e′ [ , alors le condensateur se décharge et la lampe s’éteint quand t = t e′ tel que :

( t e′ – t a )
 V – ----------- r
-E
r  r  – --------------------
τ′
 e
r + R 
u ( t e′ ) = V e = ------------ E + V a – ------------ E e , soit : t e′ = – τ′ ln  ----------------------------- – t a .
r+R  r+R   V – ----------- r
-E
 a r+R 

Les calculs sont longs, mais pas très difficiles.

• Si t ∈ ]t e′ ; t e′ + t a [ , alors le condensateur se charge à nouveau dans les mêmes conditions que pré-
cédemment, etc. On peut donc définir la période T du phénomène par :

 V – -------------E r 
 a r+R  E – Ve
T = t e¢ – t e = t¢ ln  -------------------------------- + t ln  ----------------- .
 V – -------------Er  E – V a
 e r+R 

On remplace t e′ , t e et t a par leurs expressions et on utilise les propriétés des logarithmes.

u
E
Va

Ve
r
------------E
R+r te ta t e′
0 t
période T

162
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 163 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

Exercice 21

1) • L’équation différentielle d’établissement du courant dans la bobine est :


L di E L
---- ----- + i = ---- , avec τ = ---- .
R dt R R
Compte tenu des conditions initiales ( i ( 0 ) = 0 ), on obtient donc :
t
E – --
i = ----  1 – e t .
R
E
• La valeur limite de i est ---- . Elle est atteinte à 5 % près à l’instant t tel que :
R
t
E E – --
0,95 ---- = ----  1 – e τ , soit : t = – τ ln ( 0,05 ) ≈ 3t.
R R

Le régime permanent est établi à 5 % près au bout de 3τ.


T L di E
2) a) • Si t ∈ nT ; n T + ---- , on a : e ( t ) = E, d’où : ---- ------ + i = ---- .
2 R dt R
T L di
• Si t ∈ nT + ---- ; n T + T , on a : e ( t ) = 0, d’où : ---- ------ + i = 0.
2 R dt

Cette question est analogue à la question a) de l’exercice 19.

b) D’après les équations différentielles écrites à la question présente, l’intensité i a la forme :


T
– d’une exponentielle croissante sur la demi-période nT ; n T + ---- ;
2
T
– d’une exponentielle décroissante sur la demi-période nT + ---- ; ( n + 1 ) T .
2

La première demi-période correspond à l’établissement du courant dans la bobine, la seconde à l’arrêt du courant
dans la bobine.

L’allure de l’évolution de i ( t ) sur les quatre premières périodes est représentée ci-dessous :
i
E
----
R

t
0
T T 3T 2T 5T 3T 7T 4T
---- -------- -------- --------
2 2 2 2
c) On se place maintenant en régime périodique permanent. L’intensité du courant varie entre les
valeurs Im et IM au cours d’une période T.
T
• Si t ∈ nT ; n T + ---- , la solution de l’équation différentielle posée à la question 2) a) est :
2
( t – nT )
E – --------------------
τ L
i ( t ) = ---- + Ae , avec τ = ---- .
R R

On tient compte dans l’expression de i du décalage temporel nT.

163
Exercices
KA_MPSI.book Page 164 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

– À l’instant t = nT, on a :

E E
i ( nT ) = I m = ---- + A, soit : A = I m – ---- (1)
R R
T
– À l’instant t = nT + ---- on a :
2
T T
i  nT + ---- = I M = ---- + Ae 2τ , soit : A =  I M – ---- e 2τ
T E – ------ E ------
(2)
 2 R  R

Des égalités (1) et (2), on déduit donc :


T
I m – ---- =  I M – ---- e 2t
E E ------
(a)
R  R

T
• Si t ∈ nT + ---- ; ( n + 1 ) T , la solution de l’équation différentielle posée à la question 2) a) est :
2

t –  nT + ----
T
 2
– --------------------------------------
τ L
i(t) = A′e , avec τ = ---- .
R

T
On tient compte dans l’expression de i du décalage temporel nT + --- .
2

T
– À l’instant t = nT + ---- , on a :
2
i  nT + ---- = I M = A′
T
(3)
 2
– À l’instant t = ( n + 1 )T, on a :
T
– ------
i [ ( n + 1 )T ] = I m = A′e 2τ (4)

Des égalités (3) et (4), on déduit donc :


T
– ------
Im = IM e 2t (b)

• Des égalités (a) et (b), on obtient donc finalement :


T T
------ – ------
E e 2t – 1 E 1 – e 2t
IM = ---- ------------------------
T T
et Im = ---- ------------------------
T T
R ----- - – ------ R ----- - – ------
e 2t – e 2t e 2t – e 2t
En régime périodique permanent, l’allure de la courbe i ( t ) devient :

IM

Im

t
T T
nT nT + ---- ( n + 1 )T ( n + 1 )T + ----
2 2

164
Chapitre 4 : Régimes transitoires
KA_MPSI.book Page 165 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

CHAPITRE

5 Signaux
sinusoïdaux
Introduction

Ce chapitre constitue une courte introduction à l’étude des circuits linéaires en régime
sinusoïdal forcé. Les définitions données seront alors réinvesties en exercices ou en
travaux pratiques.

Plan du chapitre 5
A. Description des signaux sinusoïdaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
1. Écriture d’un signal sinusoïdal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
2. Analyse de Fourier d’un signal périodique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
3. Notations complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
B. Observation de signaux sinusoïdaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
1. Visualisation à l’oscilloscope . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
2. Mesures et comparaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170

Méthodes
L’essentiel ; mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
Énoncés des exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177

165
KA_MPSI.book Page 166 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

A. Description des signaux


sinusoïdaux
uC (V) A.1. Écriture d’un signal sinusoïdal
2E
E A.1.1 - Exemple : circuit RLC série non amorti
Considérons la charge du condensateur d’un circuit RLC série soumis à un
0 2π t (s) échelon de tension E étudiée au chapitre 4 (voir § C). En régime pseudo-
------
–E ω0 périodique, la tension uC aux bornes du condensateur a pour expression
(voir § C.2.5) :
Fig. 1 - Mise en évidence de
la composante continue et de  λ 
la composante sinusoïdale. u C ( t ) = E  1 – e –αω0 t cos ( ω 0 1 – α 2 t ) + -------------------------- sin ( ω 0 1 – α 2 t ) 
 ω0 1 – α 2 

1. Ce qui équivaut à R = 0, donc où α est le coefficient d’amortissement du circuit. Si α est nul1, alors les oscilla-
au cas d’un circuit LC série. tions du circuit ne sont pas amorties et on a :
u C ( t ) = E [ 1 – cos ( ω 0 t ) ], avec ω0 pulsation propre2.
2. On rappelle que la pulsation
propre ω0 vaut : La tension uC aux bornes du condensateur s’écrit alors comme la différence de
1 deux termes (fig. 1) :
ω 0 = ---------- .
LC – une tension continue E ;
– une tension sinusoïdale Ecos(ω0 t).

A.1.2 - Caractéristiques d’un signal sinusoïdal

Définition 1
3. Le signal S peut être une Le signal électrique S3 est sinusoïdal si son évolution au cours du temps
tension ou une intensité. peut s’écrire sous la forme (fig. 2) :
S ( t ) = S 0 cos ( wt + f ) .
S

S0 • Amplitude du signal – Valeur efficace


S0cosφ – La grandeur S0 correspond à la valeur maximale du signal au cours du
temps : on l’appelle l’amplitude du signal (elle s’exprime dans la même unité
0 2π t (s)
------ que le signal).
ω
–S0 – On définit aussi la valeur efficace Seff liée au signal sinusoïdal S par le rapport4 :
Fig. 2 - Représentation d’un S0
S eff = ------- , où S0 est l’amplitude du signal.
signal sinusoïdal. 2

4. Nous verrons dans un prochain


• Pulsation – Période – Fréquence
chapitre une définition énergétique – La grandeur ω, exprimée en s–1 (ou en rad · s–1), s’appelle la pulsation du signal.
de la valeur efficace Seff .
– La période T du signal, exprimée en seconde (s), correspond à la durée
d’une oscillation complète : on a donc S ( t + T ) = S ( t ).
– La fréquence f du signal, exprimée en hertz (Hz), est par définition l’inverse
de la période T (en s).

La pulsation ω, la période T et la fréquence f du signal sinusoïdal sont liées


par la relation :
2p 1 ω 1
T = ------ = --- (ou f = ------ = ---- ).
w f 2π T

166
Chapitre 5 : Signaux sinusoïdaux
KA_MPSI.book Page 167 Vendredi, 8. août 2003 11:20 23

• Phase du signal – Phase à l’origine


La grandeur ( ωt + φ ), exprimée en radian (rad), s’appelle la phase du signal.
Le nombre φ, compris entre – π et π, est la phase à l’origine des temps
( t = 0 ).

A.2. Analyse de Fourier d’un signal périodique


L’étude des signaux sinusoïdaux revêt un grand intérêt, car un signal pério-
dique quelconque de fréquence f0 peut toujours être décomposé en une
somme (finie ou infinie) de signaux sinusoïdaux de fréquences fn (n est un
entier naturel), appelée série de Fourier. Dans ce développement :
– la fréquence f 1 = f 0 correspond au fondamental ( n = 1 ) ;
– la fréquence f n = n f 0 correspond à l’harmonique d’ordre n ( n  1 ).
Les amplitudes A n des signaux sinusoïdaux sont liées à l’amplitude A0 du
signal périodique. Les logiciels actuels permettent de décomposer très rapide-
1. Le calcul analytique des ment les signaux en leur série de Fourier1.
coefficients du développement en
série de Fourier sera traité dans le Exemple :
cours de mathématiques de Un signal carré de période T0 et d’amplitude A0 (fig. 3) peut être décomposé
deuxième année.
de la façon suivante :
– Fondamental :
S 1 4
fréquence f 1 = f 0 = ------- ; amplitude A 1 = --- A 0 .
T0 π
A0
– Harmoniques impaires ( n = 2p + 1 ) :
0 t (s) A1
T0
fréquence f n = n f 0 ; amplitude A n = ------ .
n
– Harmoniques paires ( n = 2p ) :
Fig. 3 - Signal carré de période
T0 et d’amplitude A0 . fréquence f n = n f 0 ; amplitude A n = 0.

A.3. Notations complexes


A.3.1 - Représentation complexe d’un signal sinusoïdal
2. En électrocinétique, on utilise le Considérons le signal sinusoïdal S tel que : S ( t ) = S 0 cos ( ωt + φ ). En pas-
nombre complexe j (tel que j 2 = –1) sant à une écriture complexe2, ce signal peut aussi s’écrire :
plutôt que le nombre i (pour ne pas
introduire de confusion avec S ( t ) = Re [ S ( t ) ], avec S ( t ) = S 0 e j ( ωt + φ ) .
l’intensité du courant i ).
Un signal sinusoïdal peut donc être représenté par une grandeur complexe3.
3. On a : L’amplitude S0 du signal est le module : S 0 = S ( t ) . La phase (ωt + φ) du
S ( t ) = S ( t ) + jIm ( S ( t ) )
signal est l’argument4 : ωt + φ = arg ( S ( t ) ).
4. On écrit parfois :
ωt + φ = ∠ S ( t ). L’écriture complexe de la g