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REPUBLIQUE TUNISIENNE

***

Projet QHSE

« SYSTEME DE MANAGEMENT INTEGRE (SMI) »

Préparé par

Riphat MAKENGO SAYA

Sidi BOUBACAR BALLY

2019/2020

1
Table des matières

Liste des figures………………….…………………………………………………………………………………..3


Liste des tableaux……………………………………………………………………………………………………4
Introduction générale……………………………..………………………………………………………………5
Domaine d’application …………………………………………………………………………………..………..8
Référentiel ……………………………………………………………………………………………….…….………9
Utilités …………………………………………………….………………………………………………….……….16
Enjeux …………………………………………………………………………………..…………………..…………17
Structure de haut niveau ………………………………………………………………………………………..20
Exemples de mise en place d’un système de management intégré dans des sociétés
tunisiennes …………………………………………………………………………………...………………..……28
Conclusion …………………………………………………..……………………………….……………………….35

2
Listes de figures

Figure 1 : Système de Mangement Intégré ………………………………………………………………6


Figure 2 : Norme ISO 9001-2015 …………………………………………………………………..………..9
Figure 3 : Modèle d’un SM de la qualité basé sur le processus ……………………….………10
Figure 4 : Norme ISO 14001-2015 ……………………………………………………………….……….10
Figure 5 : Système de management de l’environnement ……………………………..…………12
Figure 6 : Norme ISO 45001-2018 ………………………………………………………………………..12
Figure 7 : Système de management de l’environnement …………………………………..……14
Figure 8 : La roue de Deming ……………………………………………………….……………………….15
Figure 9 : Contexte de l’organisme …………………………………………….………………….………21
Figure 10 : Responsabilité de la direction ……………………………………………………………..22
Figure 11 : Planification ………………………………………………………….……………………………23
Figure 12 : Support ……………………………………………………………….………………….………….24
Figure 13 : Réalisation des activités opérationnelles …………….…….…………………………25
Figure 14 : Evaluation des performances ……………………….……………..………………………26
Figure 15 : Amélioration ………………………………………………….…………………………………..27
Figure 16 : Exemple des normes QHSE ……………………………….………………….……………..29
Figure 17 SMI de STUDI ………………………………………………………..…………….………………..31
Figure 18 : SMI de la cimenterie de bizerte …………………………..…………………….…………..34

3
Listes des Tableaux

Tableau 1 : Les enjeux du système de management intégré ……………………………………19

4
Introduction Générale

Dans le cadre du cours de Qualité Hygiène Sécurité et Environnement dispensé en classe de


cinquième année des études d’ingénieur en Génie Civil à l’Ecole Supérieure Privée d’Ingénierie
et de Technologies (ESPRIT), il nous est indispensable de réaliser un projet sur le thème « le
Système de Mangement Intégré (SMI) » en vue de mettre en pratique nos connaissances
acquises tout au long ce semestre et acquérir une solide expérience dans ce module mais
également de développer des méthodes de travail ainsi que diverses compétences.

Le Système de Management Intégré désigne l’intégration des systèmes de Qualité Hygiène


Sécurité et Environnement. Il regroupe le management de la qualité, de l’environnement et de
la santé et sécurité au travail, en se basant respectivement sur les normes ISO 9001, 14001 et
45001.

Le Système de Management Intégré peut être mis en œuvre dans tout type d'entreprise, quel
que soit sa taille et pour tout secteur d'activité. Certaines organisations y incluent d’autres
notions comme l’éthique et le développement durable. Dans sa version la plus mature, on y
ajoute également les directions financières ou des ressources humaines.

Le système de management intègre les modes de fonctionnements communs de chacune des


catégories qui le composent sans toucher à leurs spécificités. Le SMI ne dispose pour le moment
d’aucun référentiel propre, c’est ainsi qu’il faut s’appuyer sur les différents référentiels
Qualité, Sécurité et Environnement.

C’est pourquoi le Système de Management Intégré s'adresse aux entreprises conscientes de ces
enjeux, et soucieuses de s'adapter à l'ensemble de ces contraintes dans un souci de
développement, d'adaptation et de pérennité. La finalité du Système de Management Intégré est
l‘amélioration continue de la performance globale de chaque entreprise.

Un système intégré ne vise pas seulement la fidélisation des clients, mais recherche aussi la
protection de l’environnement et la sécurité des personnes aux postes de travail.

5
Si donc un système de management qualité est un système de management qui, au sein d’une
entreprise va déterminer et déployer une politique d’amélioration de la satisfaction de ses
clients, un système intégré va formuler et mettre en œuvre une politique QHSE, guider
l’entreprise dans une logique de maitrise des risques d’amélioration de ses performances en
matière d’environnement, de santé et de sécurité de son personnel.

La mise en œuvre d’un système de management intégré garantit la prise en compte de la


dimension environnementale et sociale dans la recherche de la satisfaction client : il faut
satisfaire le client mais pas à n’importe quel prix ! Il faut satisfaire le client, mais en répondant
aux exigences de la réglementation, en respectant l’environnement et dans un souci permanent
de santé et sécurité des personnes au travail.

Figure 1 : Système de Mangement Intégré

- Système : ensemble d’éléments corrélés ou interactifs.

- Management : activités corrélées pour orienter et diriger un organisme.

- Intégration : opération qui consiste à assembler les différentes parties d’un

système et à assurer la compatibilité ainsi que le bon fonctionnement du système

complet.

6
- Organisme : ensemble d’installations et de personnes avec des responsabilités,

des pouvoirs et des relations.

- Système de management : système permettant d’établir une politique et des

objectifs et d’atteindre ces objectifs. Un organisme peut inclure différents

systèmes de management, tels qu’un système de management de la qualité, un

système de management financier et un système de management

environnemental.

7
I. Domaine d’application

Le Système de Management Intégré peut être mis en œuvre dans tout type d'entreprise, quel
que soit sa taille et pour tout secteur d'activité, et peut être utilisé quand un organisme souhaite :

➢ Prouver son aptitude en fournissant un produit conforme aux exigences à tout

demandeur ;

➢ Apprendre les mises à jour liées aux nouvelles exigences et également les risques

attachés à ses activités ;

➢ Etre conforme aux exigences d’ordre législatif et réglementaire applicables ;

➢ Etablir des mesures de conservation d’un ensemble des conditions naturelles (physique,

chimique et biologique) et culturelles (sociologique) ;

➢ Détecter les aspects environnementaux qui résultent de ses activités, produits ou

services passés, existants ou planifiés afin de déterminer les impacts environnementaux

significatifs ;

➢ Atténuer tous les risques pour la santé et la sécurité au travail liés à ses activités en cas

de non possibilité d’éradication ;

➢ Augmenter la satisfaction des parties intéressées par l’application efficace et

l’amélioration continue du système de management intégré.

8
II. Référentiel
Le système de management intégré représente une intégration au sein d’un même système de
management des aspects qualité, environnement et sécurité & santé principalement.

1. Normes : La norme ISO 9001-2015 : Système de management qualité– Exigences, qui a


remplacé la version ISO 9001-2008.

Figure 2 : Norme ISO 9001-2015

La norme ISO 9001-2015, encourage l'adoption d'une approche processus lors du


développement, de la mise en œuvre et de l'amélioration de l'efficacité d'un système de
management de la qualité, afin d'accroître la satisfaction des clients par le respect de leurs
exigences.

Pour qu'un organisme fonctionne de manière efficace, il doit identifier et gérer de nombreuses
activités corrélées. Une activité ou un ensemble d'activités utilisant des ressources et géré de
manière à permettre la transformation d'éléments d'entrée en éléments de sortie peut être
considéré comme un processus. L'élément de sortie d'un processus constitue souvent l'élément
d'entrée du processus suivant.

L'approche processus désigne l'application d'un système de processus au sein d'un organisme,
ainsi que l'identification, les interactions et le management de ces processus en vue d’obtenir le
résultat souhaité en fonction des chapitres de norme 9001-2015. L'approche processus est la
maîtrise permanente qui permet les relations entre les processus individuels au sein du système de
processus, ainsi que sur leurs combinaisons et interactions (figure 3).

9
Figure 3 : Modèle d’un SM de la qualité basé sur le processus

2. La norme ISO 14001-2015 : Système de management environnemental – Exigences et lignes


directrices pour son utilisation qui a remplacé la version ISO 14001-2004.

Figure 4 : Norme ISO 14001-2015

10
La norme spécifie les exigences d'un tel système de management environnemental, permettant
à un organisme de développer et de mettre en œuvre une politique et des objectifs qui prennent
en compte les exigences légales et les informations relatives aux aspects environnementaux
significatifs. Elle est censée être applicable à tous les types et tailles d'organismes et s'adapter
à des situations géographiques, culturelles et sociales diverses.

La base de cette approche est représentée à la Figure 5. Le succès du système est lié à
l'engagement de tous les niveaux et fonctions de l'organisme, et plus particulièrement du niveau
le plus élevé de la direction. Un système de ce type permet à un organisme de développer une
politique environnementale, d'établir des objectifs et processus pour respecter les engagements
de sa politique, de prendre les actions nécessaires pour améliorer sa performance et de
démontrer la conformité du système aux exigences de la présente Norme internationale.

L'objectif global de la présente Norme internationale est d’équilibrer la protection de


l'environnement et la prévention de la pollution avec les besoins socio-économiques. Il convient
de noter que l'on peut aborder simultanément plusieurs de ces exigences ou y revenir à n'importe
quel moment.

Cette norme ISO 14001 version 2015, se compose en quelques étapes principales :

➢ Politique environnementale

➢ Planification

➢ Mise en œuvre et fonctionnement

➢ Contrôles

➢ Revue de direction

➢ Amélioration continue

11
Pour faciliter l'utilisation de la présente norme internationale, la figure 5 ne résume ces six
étapes d’implantation :

Figure 5 : Système de management de l’environnement

3. Le référentiel OHSAS 18001-2007 : Système de management de la santé et de la sécurité au


travail – spécification. (OHSAS : OccupationalHealth and SafetyAssessmentSeries) qui sera
remplacée par l’ISO 45001-2018 : Système de management de la santé et de la sécurité au
travail-exigences.

Figure 6 : Norme ISO 45001-2018

12
Les entreprises et organismes de toutes sortes se préoccupent de plus en plus d'obtenir, et de
prouver l’existence d'excellents résultats en termes de santé et sécurité au travail (SST) en
contrôlant leurs risques en matière de SST, conformément à leur politique et objectifs dans ce
domaine.

Ils le font dans un contexte de législation de plus en plus rigoureuse, d'évolution des politiques
économiques et d’autres mesures encourageant de bonnes pratiques de SST, et de préoccupation
croissante des parties intéressées pour les questions de SST.

Le référentiel couvrant le management de la SST entendent fournir aux organismes les éléments
d'un système efficace de management de la SST pouvant être intégré à d'autres exigences de
management et aider les organismes à atteindre aussi bien leurs objectifs de SST que leurs
objectifs économiques. Ces normes, comme d'autres normes Internationales, ne sont pas
destinées à être utilisées pour créer des barrières ni à accroître ou modifier les obligations
légales d'un organisme.

Le présent référentiel précise les exigences qu'un système de management de la SST doit
remplir pour permettre à un organisme d'élaborer et mettre en œuvre une politique et des
objectifs qui prennent en compte les exigences légales et les informations sur les risques liés à
la SST. Il peut s'appliquer à tous les types et tailles d'organismes et entreprises et s'adapter à
diverses conditions géographiques, culturelles et sociales.

L'approche est expliquée à la Figure 7. La réussite du système dépend de l'engagement à tous


les niveaux et fonctions de l'organisme, notamment de la direction. Un système de ce type
permet à un organisme d'élaborer une politique en matière de SST, d'établir des objectifs et des
processus pour atteindre les engagements fixés par sa politique, de prendre les mesures
nécessaires pour améliorer sa performance et d'apporter la preuve de la conformité du système
aux exigences de ce référentiel.

L'objectif général de ce référentiel est de soutenir et promouvoir de bonnes pratiques en matière


de SST, en adéquation avec les besoins socio-économiques. À noter que la plupart des
exigences peuvent être prises en compte simultanément ou réexaminées à tout moment.

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Figure 7 : Système de management de l’environnement

Le référentiel repose sur le concept de la « roue de Deming » qui peut être décrit succinctement
comme suit :

➢ Planifier : établir les objectifs et les processus nécessaires pour fournir des
résultats correspondant aux exigences des clients et aux politiques de
l'organisme.

➢ Faire : mettre en œuvre les processus.

➢ Vérifier : surveiller et mesurer les processus et le produit par rapport aux


politiques, objectifs et exigences du produit et rendre compte des résultats.

➢ Agir : entreprendre les actions pour améliorer en permanence les


performances des processus.

14
RSE D.D

Figure 8 : La roue de Deming

15
III. Utilités
Entreprendre, c'est prendre des risques économiques en vendant des produits sur le marché. Le
succès d'une entreprise implique que le succès l'emporte sur les échecs ou plus précisément que
les profits soient aussi importants que possible donc que les pertes soient réduites au minimum.

La réduction des pertes est un domaine où des gains sont possibles si elle fait l'objet d'une
approche rationnelle : l'industrie s'en est toujours préoccupée mais plus en tenant compte
d'expériences malheureuses, chacun dans son domaine, que par une approche méthodique et
rationnelle.

Les grandes améliorations apportées dans ce domaine résultent d'une analyse systématique et
rationnelle des risques pour les évaluer au mieux et leur apporter les corrections nécessaires.
On peut raisonner de la même façon dans les domaines de la qualité, de la sécurité et de
l’environnement. Ainsi, on peut définir plusieurs avantages dans la mise en place d’un système QHSE :

➢ Préserver le potentiel humain et protéger les ressources de l'entreprise ;

➢ Motiver et mobiliser l'ensemble du personnel ;

➢ Assurer le respect des réglementations sécurité et environnement ;

➢ Assurer la totale satisfaction du client ;

➢ Renforcer la confiance des partenaires financiers, commerciaux, et institutionnels en

confortant une image d'entreprise performante et responsable.

16
IV. Enjeux

L’enjeu majeur d’un système intégré est de placer les organisations dans une démarche de
progrès, permettant la satisfaction de toutes les parties intéressées.

Le management intégré est un enjeu pour la qualité des produits. En effet, selon la norme ISO
9001, la qualité désigne l’aptitude des organisations à satisfaire les exigences. Les clients ont
de nouvelles exigences en termes d’écologie. En effet, les clients sont de plus en plus attentifs
à la qualité dite « écologique » des produits. Le management intégré doit prendre en compte cet
aspect. On doit créer des produits, de bonne qualité, respectueux de l’environnement dans leur
production, mais aussi dans leur recyclage et enfin respecter les conditions de travail des
salariés qui l’ont produit.

Le management intégré a également comme enjeu, celui des certifications. Ces certifications
sont un moyen pour les organisations d’envoyer un message à leur client mais aussi à leur
concurrent comme quoi ils sont performants. L’enjeu qualité est celui de pouvoir déclarer être
conforme aux exigences de ces clients. On déclare que son système de production ou bien son
produit est conforme par rapport à la norme. On peut se déclarer conforme seulement après
avoir été jugé conforme par un organisme reconnu d’accréditation.

Les organisations ont de plus en plus, une approche globale des problématiques QHSE qui ont
une incidence accrue sur l’amélioration de leurs performances. La qualité et la sécurité peut
agir de pair. En effet, dans le cas où un problème d’un matériel peut provoquer un accident du
travail et inversement. La sécurité travaille régulièrement avec l’environnement. Dans le cas où
un salarié d’une organisation manipule des produits toxiques nocifs pour ce dernier mais aussi
pour l’environnement, les deux vont de paires.

L’enjeu du management intégré est de mener l’organisation dans une démarche de progrès et
de performance, en évitant les redondances, en conduisant une politique générale pour la
prévention et la maîtrise des risques, mais aussi en réduisant les coûts de mise en œuvre et de
suivi des différents systèmes de management, et enfin pour être bénéfique pour toutes les parties
intéressées.

17
Dans un management global ou intégré, l’objectif cherché est de satisfaire les parties
intéressées. Concernant la satisfaction du client, le management de la qualité va permettre une
rapidité de réaction, mais aussi des prix les plus bas possibles. Les produits seront conformes à
la qualité attendue. Pour la sécurité, la satisfaction client repose sur la sécurité du produit et
pour l’environnement, la satisfaction consiste à respecter l’environnement de la création au
recyclage du produit.

Concernant les exigences du personnel, le management de la qualité permet de crée de bonnes


conditions de travail, mais également une pérennité de l’organisation. Pour la sécurité, les
exigences du personnel consistent à sécuriser le travail et sur le plan environnemental, cela
consiste à protéger l’environnement sur le lieu de travail.

Concernant les exigences des actionnaires, le management de la qualité permet de créer des
bénéfices, impliquer l’ensemble des membres de l’organisation, d’être réactif aux demandes,
de proposer un meilleur rapport qualité-prix et par conséquent d’obtenir une image positive.
Sur le plan du management de la sécurité, on veille à la sécurité des équipements industriels et
à leur bon fonctionnement et sur le plan environnemental, on cherche à impliquer tous les
membres de l’organisation, de bénéficier d’une bonne image et d’être conforme aux règlements.

Concernant les exigences sociétales, en matière de qualité, on cherche à bénéficier d’une image
positive et que l’organisation s’implique dans des actions citoyennes. En matière de sécurité,
on cherche à travailler sur la sécurité du personnel et à respecter la législation et sur le plan
environnemental, on travaille sur la protection de l’environnement et sur le développement
durable.

Et enfin concernant les fournisseurs, en matière de qualité, on cherche à tisser un partenariat


sur le long terme et en matière de sécurité, on veut sécuriser le travail de leur personnel.
Le management intégré cherche à satisfaire toutes les parties intéressées à l’organisation sur le
plan de la qualité, de la sécurité et de l’environnement.

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Résumé sur les enjeux d’un système intégré (SMI) :

Qualité Environnement Santé/Sécurité

Conserver ses clients Rassurer Eviter les sanctions pénales


et administratives
Créer des avantages Un engagement « citoyen » Rassurer
concurrentiels
Etre plus compétitif Eviter les sanctions pénales Prévenir les conséquences
et administratives liées aux accidents (image,
financier)
Faire des économies Prévenir les risques de Fidéliser son personnel
pertes liées aux accidents
Faire des économies,
économiser des ressources

Tableau 1 : Les enjeux du système de management intégré

19
V. Structure de Haut Niveau (HIGH LEVEL
STRUCTURE = HLS)
La structure HLS standardise les normes de management ISO 9001, ISO 14001 et
ISO45001 et facilite le management intégré.

➢ L'intégration du système de management dans les processus métier ;

➢ Approche du management des risques ;

➢ Résultat basé sur l’approche du cycle de vie ;

➢ La performance durable est augmentée en mettant en évidence une

compréhension globale du contexte de l'entreprise et une identification des

attentes des parties prenantes ;

➢ Approche systématique de la gestion du changement.

Elle repose sur 10 articles :

1) Domaine d’application

2) Références normatives

3) Termes et définitions

4) Contexte de l’organisme

5) Responsabilité de la direction

6) Planification

7) Support

8) Réalisation des activités opérationnelles

9) Évaluation des performances

10) Amélioration

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Les 3 premiers articles sont généraux et sans exigences (dont nous en avons déjà fait mention
plus haut). Les suivants s’intègrent au modèle PDCA (Plan : 4,5,6,7 ; Do : 8 ; Check : 9 ; Act
: 10).

Art 4. Contexte de l’organisme

Figure 9 : Contexte de l’organisme

➢ Organisme : ne se limite pas aux sociétés : les institutions, associations caritatives et


mêmes les travailleurs indépendants sont des organismes.

➢ Enjeux : tout ce qui peut découler de l’environnement juridique, concurrentiel, culturel,


social, économique, extérieur et interne à l’organisme.

➢ Parties intéressées : On pense bien sûr au client, mais il faut aussi considérer
l’environnement, les fournisseurs, transporteurs, banquiers, la réglementation et même
la norme sur le système de management. Les besoins et attentes des parties intéressées
sont regroupés sous forme d’exigences.

L’objectif du contexte est de définir le périmètre du système de management. Pour ce faire


l’organisme prend en compte ses propres enjeux, ainsi que les exigences des parties intéressées.

21
Art 5. Responsabilité de la direction

Figure 10 : Responsabilité de la direction

➢ Direction : personne(s), au plus haut niveau de l’organisme, qui oriente et contrôle les
activités. Une partie de l’autorité peut être déléguée (aux chefs de services, au
responsable qualité…).

➢ Ressources : ressources humaines bien sûr, mais aussi matérielles, naturelles,


financières…

➢ Politique : expression des intentions et des orientations de l’organisme, sous forme


d’engagements.

Le rôle de la direction est mis en avant, il est d’ailleurs intitulé “Responsabilité de la direction”.
La direction définit la politique, assure la disponibilité des ressources et de manière
générale promeut le système de management et s’assure de sa bonne mise en œuvre.

22
Art 6. Planification

Figure 11 : Planification

➢ Objectif : le résultat à atteindre

➢ Risque : se caractérise par sa probabilité d’apparition, son origine, ses conséquences.

➢ Opportunité : une occasion d’améliorer le système de management

➢ Action : une tache, planifiée

En plus de la planification des objectifs, l’organisme planifie les actions mise en place pour
réduire les risques et saisir les opportunités.

Au sens du texte, planifier demande de définir : ce qui doit être fait, les ressources
nécessaires, les responsabilités, les modalités de mise en œuvre, les échéances et les moyens
d’évaluation de l’efficacité.

23
Art 7. Support

Figure 12 : Support

➢ Compétence : aptitude à mettre en pratique des connaissances / un savoir faire

➢ Communication : obtenir et ou fournir des informations, en interne tout comme avec

l’extérieur

➢ Information documentée : information qui nécessite d’être contrôlée et tenue à jour

Le soutien aux activités de l’organisme s’articule autour :

o Des resources
o Des informations
o De la communication

24
Comme vu dans l’article 5, les ressources sont multiples. Dans le cas des ressources humaines
les compétences doivent être définies et prouvées. L’article insiste sur la sensibilisation du
personnel, qui doit se sentir impliqué.

La notion d’information documentée permet à l’organisme de gérer ses connaissances.

Par rapport à la norme ISO 9001 :2015, les procédures documentées sont maintenant
des informations documentées à tenir à jour, les enregistrements deviennent des informations
documentées à conserver.

Art 8. Réalisation des activités opérationnelles

Figure 13 : Réalisation des activités opérationnelles

➢ Processus : une activité, qui prend en compte des éléments d’entrée pour produire des
éléments de sortie. Les services d’une entreprise sont souvent construits autour d’un
processus.

➢ Critère : références pour effectuer une comparaison

25
L’organisme découpe ses activités en processus (internes et externes) sur lesquels sont posés
des critères. Le fonctionnement dépend énormément de la discipline considérée (management
de la qualité, management d’environnement…) l’article 8 est donc très succinct dans la HLS et
beaucoup plus détaillé dans les normes, c’est là où l’on retrouve les nombreuses exigences sur
la “réalisation des activités opérationnelles” de l’organisme (c’est d’ailleurs le titre de
l’article 8 dans les normes).

Art 9. Evaluation des performances

Figure 14 : Evaluation des performances

L’organisme définit les activités de surveillance, de mesure, d’analyse et d’évaluation (quoi,


quand, comment). Des audits internes sont pratiqués pour avoir une bonne vision du système
de management (conformité aux exigences, efficacité…).

Lors des revues de direction, la direction procède à la revue du système de management, en


tenant compte des enjeux de l’organisme, des informations sur les performances, des actions en
cours…

26
Art 10. Amélioration

Figure 15 : Amélioration

➢ Non-conformité : non-respect d’une exigence

➢ Action corrective : action qui vise à éliminer les causes d’une non-conformité

➢ Amélioration continue : vise à continuellement améliorer les performances

L’organisme s’inscrit dans une dynamique d’amélioration continue. En cas de non-conformité,


l’organisme doit la maîtriser, la corriger et faire face aux conséquences. Si les causes de la non-
conformité peuvent se reproduire l’organisme devra mener une action corrective pour les
éliminer, avec un impact potentiel sur le système de management.

27
VI. Exemples de mise en place d'un Système de
Management Intégré dans des sociétés Tunisiennes

Toutes les entreprises s'inspirent de l'organisation pyramidale pour structurer leur manière de
fonctionner. Cette configuration hiérarchique permet de décomposer les tâches à réaliser, en
partant de leur représentation globale (stratégique), jusqu'à leur exécution (opérationnel), tout
en fixant entre temps leurs modalités de réalisation (organisationnelle).

Reprenant ce principe, l'ISO a déterminé un découpage de système documentaire de l'entreprise


selon quatre niveaux :

➢ Un premier niveau représentant les grands principes généraux, exprimés dans un manuel

QHSE ;

➢ Le niveau suivant représente quant à lui, les procédures d'organisation qui sont mises

en œuvre pour atteindre les principes généraux exprimés dans le manuel QHSE ;

➢ Le troisième niveau dans lequel figurent les instructions de travail (modes opératoires)

qui expriment de façon détaillée la manière d'accomplir ou de réaliser une tâche précise

➢ Enfin, à la base de la pyramide se trouvent les enregistrements documentés qui

constituent les preuves tangibles de la bonne application du système.

28
Figure 16 : Exemple des normes QHSE

Cependant, la similitude des trois concepts de management de la qualité, de l’environnement,


de la sécurité et de la santé conduit un certain nombre d'entreprises à mettre en œuvre des
systèmes de management intégrant la qualité, l'environnement, la sécurité et la santé (norme
ISO 9001, ISO 14001 et ISO 45001).
En effet, il s'agit toujours de :

➢ Identifier et analyser initialement les risques ;

➢ Définir une politique et des objectifs à atteindre en matière de qualité, sécurité et

environnement ;

➢ Planifier les actions pour atteindre ces objectifs ;

➢ Maîtriser les processus pour respecter ces objectifs ;

➢ Vérifier et évaluer les résultats obtenus ;

➢ Améliorer le système (Revue de Direction).

29
La mise en œuvre d’un système unique de management QHSE se traduit par un système
documentaire unique avec :

➢ Une politique unique en matière de Qualité, Environnement, Sécurité et Santé ;

➢ La création d’un manuel unique QHSE ;

➢ L’élaboration de procédures opérationnelles qui comportent des dispositions relatives

aux trois domaines (QHSE).

• Présentation de l’entreprise STUDI

STUDI est un groupe d’ingénierie crée à Tunis en 1970.

STUDI International est une des plus importantes firmes d’ingénierie en Afrique et forme avec
ses filiales le Groupe STUDI. Implanté dans plus de dix pays Africains, et en France, STUDI
International exerce ses activités dans plus de trente pays.

Diversifié et multidisciplinaire, le Groupe STUDI intervient dans tous les domaines de


l’ingénierie (infrastructures de transport, eau, énergie, pétrole et gaz, télécommunications,
agriculture, aménagement du territoire, environnement, architecture et urbanisme) et de
l’économie (études institutionnelles, stratégiques et sectorielles).

Le Groupe intervient également dans les nouvelles technologies de l’information


(développement et intégration de solutions informatiques, conseil et assistance à la maitrise
d’ouvrage dans la mise en place de réseaux de communication et de solutions informatiques),
et dans le conseil financier (fusions et acquisitions, privatisations, levée de dette et de fonds
propres, conseil en financement de projets et restructurations..).

Le Groupe STUDI, centré sur l’Afrique, offre des solutions complètes pour le développement
durable économique et social.

30
Mettre au point un mode Utilisation des équipements de
management globale : sécurité :
Casque (pour la protection en
Identification des risques ; cas de chute des matériels) ;
Sensibilisation du personnel et Gants (manipulation des
des clients sur les risques ; ferraillages) ;
En favorisant la formation du Garde-corps et échafaudage
personnel et mesure préventive ; pour eviter les risques de chute ;
Validation des mesures Panneau de signalisation de
préventives et la surveillance des présence d’engins
risques ; Panneau de circulation du
Amélioration continue de chantier.
l'efficacité du système de
management.

Satisfaction du client en
exécutant le projet de Chute des ouvriers en cas de
construction selon ses travail en hauteur, chute des
exigences, en appliquant les matériels de construction
normes de calcul et technique, sur les ouvriers, blessure/
et l’utilisation des matériaux allergie des ouvriers lors la
adéquats. manipulation des matériaux
ou éléments de construction.
Heurtement d’ouvriers par
Replis de chantier (ramasser les engins de chantier
les déchets de chantier)
Construction avec les
matériaux amis de la nature ;
Construire selon les règles de Installation de carte d’issue de
l’urbanisme. secours et des extincteurs et
informer les personnels de leur
L’abandon des déchets de emplacement ; installation de
construction qui occasionne la porte coupe-feu et de dalle
pollution ; la nuisance sonore coupe-feu en cas de présence
avec les engins de chantier en cas de parking dans l’immeuble ;
de construction nocturne. Les installation de cage d’escalier.
constructions avec des matériaux
nuisibles à la nature et insalubre.

Figure 17 : SMI DE STUDI

31
• Présentation de l’entreprise Ciments de Bizerte

La Société les Ciments de Bizerte fut créée en 1952 sur la baie de Sebra et son usine installée à
Bizerte Sud à 65 Km au Nord de la Capitale Tunis.

➢ Présentation technique
Depuis son extension en 1978 l'usine fonctionne en voie sèche intégrale. Sa production actuelle
est d'environ 900 000 tonnes de clinker.
Gisement : Les réserves connues de matières premières assurent environ 60 ans
d’approvisionnement de l'usine. Les montagnes qui entourent l'actuel gisement permettraient à
l'usine une longévité plus importante.

Les gisements des matières premières de la Société des Ciments de Bizerte sont essentiellement
composés de :
• Calcaires, nécessitant le tir à l’explosif pour leur abattage. Ils sont relativement faciles
à broyer.
• Marnes grises riches en alumine.
• Marnes noires.
Les matières premières comportent, par endroits, des composants organiques permettant
d'améliorer la consommation calorifique spécifique.

➢ Produits de l'usine
L'usine de la Société les Ciments de Bizerte produit actuellement les liants hydrauliques
suivants :

• Le Ciments Portland (type CEM I): CEM I 42,5 N

- Fabriqué en respect des exigences des normes européennes EN 197-1 : 2011 et EN


197 -2 : 2014.

- Certifié par l'AENOR : Marque N : Certificat N°015/001486


Marquage CE : Certificat n° 0099/CPR/A33/0297

- Fabriqué en respect des exigences des normes Tunisiennes : NT 47-01 et NT 47.1- 02

32
- Certifié par l'INNORPI : Marque NT / Licence N° 204 / 2016

• Les ciments portland au calcaire (type CEM II) :

1- Ciment CEM II/A-L 32,5 N


- Fabriqué en respect des exigences des normes européennes : EN 197-1 : 2011 et EN
197 -2 : 2014.
- Certifié par l'AENOR : Marquage CE : Certificat n° 0099/CPR/A33/0558
- Fabriqué en respect des exigences des normes Tunisiennes : NT 47-01 et NT 47.1- 02
- Certifié par l'INNORPI : Marque NT / Licence N° 18/2016

2- Ciment CEM II/A-L 42,5 N


- Fabriqué en respect des exigences des normes européennes : EN 197-1 : 2011 et EN
197 -2 : 2014.
- Certifié par l'INNORPI : Marque NT / Licence N° 315/2016

• La chaux hydraulique artificielle : CHA 10


La Société les Ciments de Bizerte produit le clinker portland qui permet d'avoir du ciment
portland (type I) et ciment portland au calcaire (type CEM II) portant les caractéristiques
additionnelles, "Low alcalis".

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Utilisation des équipements de
Mettre au point un mode
sécurité :
management globale :
Casque (pour la protection en
Identification des risques ;
cas de chute des matériels) ;
Sensibilisation du personnel sur
Gants (manipulation des
les risques ;
matériaux) ;
Formation et améliorer la
Masque (protection contre les
compétence du personnel ;
gaz, fumé, poussière, etc.)
Amélioration continue de
Des bottes (éviter le glissement
l'efficacité du système de
dans les carrières)
management ;
Optimiser les coûts de
production.
Brulure des ouvriers à
Assurer aux produits fabriqués cause des fourneaux ;
un niveau de qualité adéquat et
régulier ; Etouffement des ouvriers
Satisfaire les exigences et les à cause de gaz et
attentes de nos clients ; poussières ;
Se conformer aux exigences
légales et réglementaires et Allergie due à la
autres exigences ; manipulation des
matières premières du
ciment ;
Valoriser les déchets Effondrement des
minéraux tels que les déchets carrières
de briques ;

Continuer l'effort de Installation de carte d’issue de


valorisation du résidu d'huiles secours, des extincteurs et
généré par la société de La pollution engendrée par les
fuites des gaz et par les particules masques ;
récupération. Œuvrer pour la Prévention de
chimiques.
la pollution et la réduction des
L’évacuation des déchets émissions atmosphériques ;
industriels dans la nature ; Préserver les ressources
implantation de l’industrie dans naturelles en utilisant les
la zone urbaine matières premières et l'énergie
dans le respect de
l'environnement ;

Figure 18 : SMI de la Cimenterie DE BIZERT

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VII. Conclusion

La gestion de ces trois domaines est une obligation juridique, sociale, morale et financière. Le
développement de ces systèmes de management en Tunisie peut se faire dans diverses
directions:

➢ Sous forme d'un système imposé à toutes les entreprises : tenue de registres et
enregistrements, contrôles par les autorités ou par leurs délégués.

➢ Sous forme d'un système volontaire adapté à chaque entreprise et qui assure la
réalisation des objectifs, cela permet d'intégrer la QHSE dans le management global de
l'entreprise. Ainsi, ces trois domaines seront pris en compte lors de l'installation de
nouveaux postes de travail, lors de la conception de nouveaux produits et lors de la mise
en place de nouveaux procédés de fabrication.

En conséquence, le système de management intégré permet la gestion de plusieurs domaines


de management différents (Qualité, Sécurité et Santé au travail, Environnement, Sécurité
alimentaire...) au sein d'un même organisme. Ce type de système combine les exigences de
différentes normes compatibles entre elles, afin que l'organisme gagne en efficacité.

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