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Cours Analyse Fonctionnelle

Dr Timack NGOM

Master 1 Mathématiques

Université virtuelle du Sénégal


Table des matières

III Théorèmes fondamentaux 1


III.1 Théorème de Hahn Banach . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
III.2 Théorème de Baire et applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
III.3 Théorème de l’application ouverte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
III.4 Théorème du graphe fermé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

i
Table des matières

ii
Chapitre III

Théorèmes fondamentaux

III.1 Théorème de Hahn Banach


Définition III.1.1 On dit qu’un ensemble ordonné (E ≤) est inductif si toute partie A tota-
lement ordonné de E admet un majorant dans E.

Lemme III.1.1 (de Zorn) Un ensemble non vide E, muni d’une relation d’ordre inductif
possède un élément maximal. C’est-à-dire

∃x0 ∈ E, / ∀x ∈ E, x ≤ x0 ⇒ x0 = x.

L’élément x0 est maximal.

Théorème III.1.1 (de Hahn Banach forme analytique réel) On suppose que
i) F est un sous-espace d’un espace vectoriel réel E
ii) p : E −→ R satisfait

p(x + y) ≤ p(x) + p(y) et p(tx) = tp(x) ∀(x, y) ∈ E × E, t > 0

iii) f : F −→ R est linéaire et f (x) ≤ p(x) ∀x ∈ F .


Alors il existe une forme linéaire f¯ : E −→ R telle que
f¯(x) = f (x) ∀x ∈ F et −p(−x) ≤ f¯(x) ≤ p(x) ∀x ∈ E

Démonstration:

1
Etape 1

Si F 6= E on choisit x1 ∈ E\F et on définit l’espace vectoriel

M1 = {x + tx1 : x ∈ F, t ∈ R}.

Puisque f (x) + f (y) = f (x + y) ≤ p(x + y) ≤ p(x − x1 ) + p(x1 + y),


on a f (x) − p(x − x1 ) ≤ p(y + x1 ) − f (y). (1)
Soit α = sup (f (x) − p(x − x1 )) (2)
x∈F
on a f (y) + α ≤ p(y + x1 ) ∀y ∈ F. (3)
On définit f1 sur M1 par

f1 (x + tx1 ) = f (x) + tα ∀x ∈ F, t ∈ R. (4)

Il vient f1 (x) = f (x) ∀x ∈ F , f1 est linéaire.


Soit t > 0, d’après (2) et (3) on a
8 x x 8
>
> f ( ) − α ≤ p( − x1 ) >
< t t < f (x) + (−t)α ≤ p(x + (−t)x1 )
>
⇒>
>
: f ( y ) + α ≤ p( y + x1 ) :
f (y) + tα ≤ p(y + tx1 )
t t

f (x + tx1 ) ≤ p(x + tx1 ) ∀t ∈ R.

Etape 2

Soit P l’ensemble des couples (Mi , fi ) où


• Mi est un sous espace vectoriel de E tel que F ⊂ Mi
• fi est une forme linéaire sur Mi telle que fi (x) = f (x) si x ∈ F et fi (x) ≤ p(x) si x ∈ Mi
On dit que (Mi , fi ) ≤ (Mj , fj ) si

Mi ⊂ Mj et fj (x) = fi (x) ∀x ∈ Mi .

D’où (P, ≤) est un ensemble ordonné.


Montrons que (P, ≤) est inductif
Soit {(Mi , fi ), i ∈ J ⊂ I} une partie totalement ordonnée de P.
[
On pose M = Mi , il est évident que M est un sous-espace de E. On définit une forme
i∈J

2
linéaire f¯ sur M par
∀x ∈ Mi , i ∈ J, f¯(x) = fi (x).

On a donc
(M, f¯) ≥ (Mi , fi ), ∀i ∈ J.

Donc (P, ≤) est inductif ((M, f¯) constitue un majorant).


D’après le lemme de Zorn il existe (Mm , fm ) ∈ P tel que

∀i ∈ I (Mm , fm ) ≤ (Mi , fi ) ⇒ (Mm , fm ) = (Mi , fi ).

D’après l’étape 1, Mm = E, sinon (Mm , fm ) n’est pas maximal. On pose donc f¯ = fm .


On a f¯ ≤ p(x), de plus f¯(−x) ≤ p(−x) ⇒ f¯(x) ≥ −p(−x).


Remarque III.1.1 Soit E un C espace vectoriel


i) f : E −→ C linéaire,
f (x) = f1 (x) + if2 où f1 est la partie réelle de f et f2 sa partie imaginaire.
€ Š
On a f (ix) = if (x) = i f1 (x) + if2 (x) = if1 (x) − f2 (x)
Or f (ix) = f1 (ix) + if2 (ix) d’où f2 (x) = −f1 (ix), il s’en suit

f (x) = f1 (x) − if1 (ix)

Vérifier que f1 est linéaire.


ii)Réciproquement Soit u : E −→ R linéaire sur le R espace vectoriel E.
On définit f : E −→ C par f (x) = g(x) − ig(ix)
Vérifier que f est linéaire sur le C espace vectoriel E.

Théorème III.1.2 (de Hahn Banach forme analytique complexe) Soit E un C espace
vectoriel, F sous-espace de E
p : E −→ R telle que

p(x + y) ≤ p(x) + p(y), p(tx) = tp(x), t ≥ 0.

Si f : F −→ C une forme linéaire sur le C espace vectoriel telle que :


€ Š
∀x ∈ F Re f (x) ≤ p(x),

3
alors il existe f¯ : E −→ C une forme linéaire sur le C espace vectoriel E qui prolonge f tel
que
€ Š
∀x ∈ E, Re f¯(x) ≤ p(x)

Démonstration:
€ Š
Posons f1 (x) = Re f (x) ∀x ∈ F où F est un sous-espace vectoriel du R espace vectoriel E
∀x ∈ F f1 (x) ≤ p(x). D’après le théorème de Hahn Banach III.1.1, il existe
f¯1 : E −→ R une forme linéaire sur R espace vectoriel E qui prolonge f1 et telle que :

∀x ∈ E, f¯1 (x) ≤ p(x).

Posons
f¯(x) = f¯1 (x) − if¯1 (ix) ∀x ∈ E

• f¯ est une forme linéaire sur le C espace vectoriel E


• ∀x ∈ f¯(x) = f¯1 (x) − if¯( ix) = f1 (x) − if1 (ix) = f (x)
€ Š
• ∀x ∈ E Re f¯1 (x) = f¯1 (x) ≤ p(x).


Voir TD dans le cas d’une semi-norme et des espaces vectoriels normés.

Remarque III.1.2 La motivation première du théorème de Hahn Banach étant le prolonge-


ment des formes linéaires continues dans des espaces vectoriels normés.

Corollaire III.1.1 Soit G un sous espace vectoriel de E normé


g : G −→ R linéaire continue
0
il existe f ∈ E qui prolonge g avec

||f ||E 0 ≤ ||g||G0 .

0
Corollaire III.1.2 Pour tout x0 ∈ E, il existe f0 ∈ E telle que

||f0 || = ||x0 || et < f0 , x0 >= ||x0 ||2

Corollaire III.1.3 ∀x0 ∈ E

||x0 || = sup | < f, x0 > | = max | < f, x0 > |


||f || 0 ≤1 ||f || 0 ≤1
E E

4
0
Rappel Soit E un espace vectoriel normé, f ∈ E

||f ||E 0 = sup | < f, x > | = sup | < f, x > |


||x||=1 ||x||≤1

Démonstration du corollaire III.1.1 :

Soit p(x) = ||g||G0 · ||x||.


D’où g(x) ≤ p(x) ∀x ∈ G.
Il existe f qui prolonge g telle que ∀x ∈ E f (x) ≤ p(x) = ||g||G0 · ||x||

⇒ ||f ||E 0 ≤ ||g||G0 .




Démonstration du corollaire III.1.2 :

Soit F = Rx0 = {x ∈ E / x = tx0 , t ∈ R} sous-espace vectoriel de E et


g : F −→ R définie par g(tx0 ) = t||x0 ||2 .
On a donc ||g||F 0 = ||x0 ||.
Posons p(x) = ||x0 || · ||x|| donc
€ Š
g(tx0 ) = ||x0 || t||x0 || ≤ ||x0 || · ||tx0 || ≤ p(tx0 )

Soit f le prolongement de g qui vérifie

f (x) ≤ p(x) ∀x ∈ E,

c’est-à-dire
f (x) ≤ ||x0 || · ||x|| d’où ||f ||E 0 ≤ ||x0 ||
f (x0 )
de plus = ||x0 || donc ||f ||E 0 = ||x0 || si x0 6= 0.
||x0 ||
Si x0 = 0 on pose f ≡ 0


Démonstration du corollaire III.1.3 :

On applique le corollaire III.1.2. Si x0 6= 0

f0
f1 = ⇒ < f1 , x0 >= ||x0 || (1)
||x0 ||

5
|f (x0 )| ≤ ||f ||E 0 ||x0 || ≤ ||x0 || si ||f ||E 0 ≤ 1

⇒ sup | < f, x0 > | ≤ ||x0 || (2)


B 0
E

(1) et (2) ⇒ ||x0 || = max | < f, x0 > |.


B 0
E


Théorème III.1.3 (de Hahn-Banach forme géométrique) Soient A et B deux sous-ensembles


convexes, non vides, disjoints d’un espace vectoriel topologique E.
i) Si A est ouvert, il existe une fome linéaire continue f : E −→ K non nulle telle que
€ Š € Š
∀x ∈ A, y ∈ B, Re f (x) ≤ Re f (y) (séparation lage)

ii) Si A est compact, B fermé, alors il existe une forme linéaire continue
f : E −→ K non nulle, α ∈ R et δ > 0 tels que

€ Š € Š
∀x ∈ A, y ∈ B, Re f (x) ≤ α − δ, Re f (y) > α + δ (séparation strict)

Démonstration:

Faisons d’abord la preuve pour K = R.


i) Soient a0 ∈ A, b0 ∈ B. Posons x0 = b0 − a0 , et C = A − B + x0 . Donc C est un voisinage
ouvert et convexe de 0. D’où d’après le lemme ?? C est absorbant.
D’après le théorème ??, la fonction de minkowski (jauge) p de C vérifie :

∀x, y ∈ C, t ≥ 0, p(x + y) ≤ p(x) + p(y)


p(tx) = tp(x).

Puisque A ∩ B = ∅ et x0 ∈/ C, alors p(x0 ) ≥ 1 d’après le théorème ??.


On définit une forme linéaire

f0 : Rx0 −→ R
tx0 7−→ t

si t ≥ 0, alors f0 (tx0 ) = t ≤ tp(x0 ) = p(tx0 ).


Si t < 0, alors f0 (tx0 ) < 0 ≤ p(tx0 ).
Donc f0 ≤ p sur Rx0
D’après le théorème III.1.1, f0 peut être étendue à une forme linéaire f sur E vérifiant f ≤ p.

6
En particulier f ≤ 1 sur C et f ≥ −1 sur −C, d’où |f | ≤ 1 sur un un voisinage de 0 C ∩ (−C).
D’après le lemme ?? f est continue.
Maintenant si a ∈ A, b ∈ B, on a

f (a) − f (b) + 1 = f (a − b + x0 ) ≤ p(a − b + x0 ) ≤ 1

car f (x0 ) = 1, a − b + x0 ∈ C. On a donc

∀x ∈ A, ∀y ∈ B f (x) ≤ f (y).

ii) D’après le théorème ??, il existe un voisinage ouvert V , symétrique et convexe, de 0 tel que
(A + V ) ∩ (B + V ) = ∅.
D’après i), il existe une forme linéaire continue non nulle f telle que

∀a ∈ A, b ∈ B, v1 , v2 ∈ V,
f (a + v1 ) ≤ f (b + v2 )

donc
f (a) + sup f ≤ f (b) + inf f
V V

d’où
sup f + sup f ≤ f (b) + inf f. (III.1)
A V V

Or
sup f (v) = − sup(−f (v)) = − sup f (−v) = − inf f (v)
V V V V

Montrons que sup f > 0. Si sup f = − inf f = 0, alors ∀v ∈ V f (v) = 0.


V V V
De plus V est absorbant et f linéaire continue donc f ≡ 0.
Comme f est non identiquement nulle on a sup f > 0 sinon inf f > sup f .
V V V

1
Posons δ = sup f , α = δ + sup f. Alors
2 V A

f (a) ≤ α − δ (a).

De (III.1) on a
sup f + 2δ ≤ f (b) − 2δ ⇒ α + δ ≤ f (b) − 2δ
A

7
comme −2δ est strictement négatif on a

f (b) > α + δ (b).

(a) et (b) donnent


∀a ∈ A, b ∈ B, f (a) ≤ α − δ, f (b) > α + δ.

Il reste à faire la preuve pour le cas K = C.


Si E est un C-espace vectoriel, alors E est un R-espace vectoriel. D’où, il existe f1 : E −→ R
linéaire continue non nulle séparant A et B. Il suffit de définir
f : E −→ C par f (x) = f1 (x) + if (ix).


III.2 Théorème de Baire et applications


Définition III.2.1 Soit E un espace métrique. Un sous-ensemble M ⊂ E est dit maigre dans
0 0
E si ∀B, boule de E, il existe une boule B ⊆ B telle que B ∩ M = ∅

exercice
1) ]0, 1[ est maigre dans C ?
2) Tout plan est maigre dans R3
3) Q n’est pas maigre dans R

Théorème III.2.1 (de Baire)  ‹


Soit E un espace métrique complet, soit Mn une suite de sous-ensemble de E telle que
n≥1

ü
[

Mn 6= ∅. Alors il existe n0 ∈ N tel que Mn0 n’est pas maigre.
n=1

Démonstration:

Supposons que quelque soit n Mn est maigre.



ü
[

Soit x0 ∈ E, montrons que x0 ∈
/ Mn
n=1
[

Soit ε > 0, on montre que B(x0 , ε) 6⊂ Mn
n=1
M1 est maigre donc il existe une boule B1 de rayon r1 < 1 telle que

ε
B1 ⊂ B(x0 , ), B1 ∩ M1 = ∅
2

8
1
M2 est maigre donc il existe une boule B2 de rayon r2 < telle que
2

B2 ⊂ B1 , B2 ∩ M2 = ∅.

1
Ainsi on construit une suite de boules Bn telle que Bn+1 ⊂ Bn , Bn de rayon rn < ,
n
Bn ∩ Mn = ∅.
Soit xn le centre de Bn , la suite (xn ) est de Cauchy, E complet, donc il existe x ∈ E tel
[

que xn −→ x. Or xn+p ∈ Bn ∀p ∈ N, donc x ∈ Bn d’où x ∈
/ Mn ∀n donc x ∈
/ Mn or
n=1
ε [

x ∈ B(x0 , ) ⊂ B(x0 , ε) donc B(x0 , ε) 6⊂ Mn .
2 n=1

 ‹
Corollaire III.2.1 Soit E un espace métrique complet, soit Mn une suite de sous-ensembles
n≥1
fermés de E, si

◦ [
ü
ö=∅
M alors Mn = ∅
n
n≥1

Démonstration:

[
û
Mn 6= ∅ ⇒ ∃n0 Mn0 non maigre

0 0
∃B ⊂ E∀B ⊂ B Mn0 ∩ B 6= ∅.

Montrons que B ⊂ Mn0


Soit x0 ∈ B.
ε
Soit B(x0 , ε) ⊂ B, ∃ x1 ∈ B(x0 , ) ∩ Mn0
2
ε
Soit r1 > 0 tel que B(x1 , r1 ) ⊂ B(x0 , ) et soit x2 ∈ B(x1 , r1 ) ∩ Mn0 avec r1 < 1.
2
1
Soit r2 > 0 tel que B(x2 , r2 ) ⊂ B(x1 , r1 ) et soit x3 ∈ B(x1 , r2 ) ∩ Mn0 avec r2 < .
2
1
Soit rn tel que B(xn , rn ) ⊂ B(xn−1 , rn−1 ) et soit xn+1 ∈ B(xn , rn ) ∩ Mn0 avec rn <
n
La suite (xn ) ⊂ Mn0 , ainsi construite, est de Cauchy dans E complet donc xn −→ x ∈ Mn0 car
Mn0 fermé
ε
x ∈ B(x0 , ) ⊂ B(x0 , ε) ⇒ kx0 − xk < ε, donc
2

∀ε > 0, ∃x ∈ Mn0 / kx0 − xk < ε

donc x0 ∈ Mn0 car Mn0 est fermé, donc B ⊂ Mn0 d’où M̊n0 6= ∅

9


Un énoncé équivalent du corollaire

Corollaire III.2.2 Si (E, d) est un espace métrique complet (non vide), alors l’intersection
de toute famille dénombrable de sous-ensembles ouverts et denses dans E est dense dans E.
\
(Autrement dit, si (Vn )n≥1 est une suite d’ensembles ouverts denses dans E, alors Vn est
n≥1
dense dans E).

Théorème III.2.2 (de Banach-Steinhaus)


Supposons que

i) E est un espace de Banach (réel ou complexe)


ii) F est un e.v.n
iii) (Ti )i∈I est une famille
¨ « continues Ti : E −→ F
d’applications linéaires
iv) l’ensemble Y = x ∈ E : sup kTi (x)k = ∞ n’est pas dense E.
i∈I
Alors
sup kTi k < ∞.
i∈I

Démonstration : Y n’est pas dense dans E

⇐⇒ ∃ x0 ∈ E, r0 > 0 tel que B(x0 , r0 ) ∩ Y = ∅.

Soit ¨ «
Xn = x ∈ B(x0 , r0 ) / sup kTi (x)k ≤ n .
i∈I

Montrons que
[

B(x0 , r0 ) = Xn .
n=1

Par définition

[

∀ ∈ N , Xn ⊂ B(x0 , r0 ) ⇒ Xn ⊂ B(x0 , r0 ) (a).
n=1

/ Y donc il existe N ∈ N∗ tel


D’autre part soit x ∈ B(x0 , r0 ) ce qui implique que x ∈

[

sup kTi (x)k ≤ N ⇒ B(x0 , r0 ) ⊂ Xn (b).
i∈I n=1

10
De(a) et (b) on a

[
∞ [
ú
B(x0 , r0 ) = X n ⇒ x0 ∈ Xn 6= ∅
n=1

E est complet donc d’après le théorème de Baire il existe n0 tel que Xn0 n’est pas maigre d’où
∃r1 > 0, x1 ∈ E tels que

B(x1 , r1 ) ∩ Xn0 est dense dans B(x1 , r1 )

0 0
En effet, Xn0 n’est pas maigre ⇒ ∃B une boule de E telle que ∀B incluse dans B, B ∩ Xn0 6= ∅.
Il suffit de prendre B(x1 , r1 ) = B.

On sait que : ∀x ∈ B(x1 , r1 ) ∩ Xn0 , on a sup kTi (x)kF ≤ n0 , donc, vu que Ti est continue,
i
on a ∀x ∈ B(x1 , r1 ), sup kTi (x)kF ≤ n0
i
y
Soit y ∈ E, y 6= 0, posons z = x1 + r1 ∈ B(x1 , r1 )
kyk
‚ Œ
kyk

kTi (y)k = Ti (z − x1 )
r1
kyk 2n0
= kTi ((z − x1 ))k ≤ kyk .
r1 r1

Donc
2n0 2n0 2n0
sup kTi (x)kF ≤ ⇒ kTi k ≤ ∀i ∈ I ⇒ sup kT k ≤
kxk≤1 r1 r1 i∈I r1

Corollaire III.2.3 Soit E un espace de Banach, F e.v.n, Tn une suite d’applications linéaires
continues Tn : E −→ F telle que Tn (x) converge vers une limite T (x) ∀x ∈ E
Alors
i) sup kTn k < ∞
n
ii) T est linéaire continue
iii) kTkL(E,F) ≤ lim inf kTn k
n→∞

Démonstration:
¨ «
i) x ∈ E : sup kTn (x)k = ∞ = ∅ donc d’après Banach-Steinhaus, sup kTn k < ∞
n∈N n
ii) i)⇒ ∃c > 0 telle que kTn (x)k ≤ C kxk ⇒ kT (x)k ≤ C kxk d’où T est continue, la linéarité
est obtenue par passage à la limite

11
iii) kTn (x)k ≤ kTn k kxk ⇒ lim inf kTn (x)k ≤ lim inf kTn k kxk
⇒ kT xk ≤ lim inf kTn k kxk ⇒ kT k ≤ lim inf kTn k

0
Corollaire III.2.4 Soit H un espace de Banach et B une partie de H telle que ∀f ∈ H ,
l’ensemble f (B) est borné dans R, alors B est borné.

Démonstration:
0
On applique Banach-Steinhaus avec E = H , F = R, I = B

∀ b ∈ B Tb : E −→ R,
f −→ Tb (f ) = f (b)

|Tb (f )|
sup |Tb (f )| < ∞ ∀f ∈ E =⇒ ∃C > 0, / k Tb k= sup ≤ C ∀b ∈ B
b∈B f 6=0 kf k
donc
|hf, b|i
|hf, bi| ≤ C kf k ∀f ∈ E, ∀b ∈ B ⇒ sup = sup |hf, bi| = kbk ≤ C
f 6=0 kf k kf k≤1

voir lemme III.1.3




III.3 Théorème de l’application ouverte


Théorème III.3.1 Soient E et F deux espaces de Banach et T une application linéaire conti-
nue surjective. Il existe C > 0 telle que

BF (0, C) ⊂ T (BE (0, 1)).

Démonstration:

i) Montrons d’abord que si T est linéaire et surjective, alors il existe C > 0 telle que

BF (0, 2C) ⊂ T (BE (0, 1)).

Soit
[

Xn = nT (BE (0, 1)) on a F = Xn
n=1

12
D’après Baire
∃Xn0 tel que X̊n0 6= ∅ car F̊ 6= ∅
˚ 1)) est non vide.
D’où T (B(0,
Soient C > 0 et y0 ∈ F tels que BF (y0 , 4C) ⊂ T (BE (0, 1)). On a donc y0 et −y0 sont dans
T (BE (0, 1)).
d’où BF (y0 , 4C)−y0 = BF (0, 4C) ⊂ T (BE (0, 1)).+T (BE (0, 1)). = 2T (BE (0, 1)) car T (BE (0, 1))
est convexe, d’où
BF (0, 2C) ⊂ T (BE (0, 1)). (III.1)

ii) Montrons que BF (0, C) ⊂ T (BE (0, 1))


Soit y ∈ BF (0, C), existe t-il x ∈ BE (0, 1) tel que T (x) =
y?
xε ε

(III.1) ⇒ ∀ε > 0, ∃xε ∈ BE (0, 1) / k2y − T (xε )k < ε ⇒ y − T ( ) <
2 2
Posons ε = C et xε = x1 ainsi on a

x1
4(y − T ( )) ∈ BF (0, 2C) ⊂ T (BE (0, 1)).
2
Il existe donc x2 ∈ BE (0, 1) tel que


4(y − T ( x1 )) − T (x2 ) < ε = C.
2

D’où


y − T ( x1 ) − T ( x2 ) < C .
2 4 4
Ainsi en construisant (xn ) ⊂ BE (0, 1) tel que
 ‹

y − T ( x1 ) + T ( x2 ) + . . . + T ( xn ) < C .
2 22 2n 2n
x1 xn
La série de n-ième somme partielle zn = + . . . + n est normalement convergente dans
2 2
E, car
x1 Xn
kxi k X n
1
+ . . . + xn ≤ < →1
2
2n E i=1 2i i
i=1 2

donc converge vers un élément x ∈ E. De plus on a


+∞
X x +∞
n X X
xn +∞ 1
kxk = ≤ < =1
n n n
n=1 2 n=1 2 n=1 2

donc kxk < 1. T continue ⇒ T (x) = y

13


Corollaire III.3.1 On suppose les hypothèses du théorème III.3.1. Si U est un ouvert de E,


T (U ) est un ouvert de F .

Démonstration:

Soit y0 ∈ T (U ), ∃x0 ∈ U / T (x0 ) = y0 . Soit r > 0/B(x0 , r) ⊂ U alors x0 + B(0, r) ⊂ U d’où

T (x0 ) + T (B(0, r)) ⊂ T (U ) ⇒ y0 + rT (BE (0, 1)) ⊂ T (U ) ⇒ y0 + BF (0, rC) ⊂ T (U )


⇒ BF (y0 , rC) ⊂ T (U )


Théorème III.3.2 (de Banach)


Soit E et F deux espaces de Banach et T une application linéaire continue bijective. Alors

T−1 est linéaire continue de E dans F

Démonstration:

On sait qu’il existe C > 0 tel que

BF (0, C) ⊂ T (BE (0, 1))

0
Soit x 6= 0, alors T (x) 6= 0. Soit 0 < C < C
!
0

Cx 0
T =C <C
kT (x)k
F

‚ 0 Œ
Cx
Donc T ∈ BF (0, C) d’où
kT(x)k

C0 x
1
< 1 ⇒ kxkE < 0 kT(x)kF
kT(x)k C
E

0 1
En faisant tendre C → C on a kxkE < kT(x)kF
C
i.e
−1 1
T y < kykF
E C

14


Corollaire III.3.2 Soit E un e.v.n muni de deux normes k.k1 et k.k2 . On suppose que
i) (E, k.k1 ) et (E, k.k2 ) sont deux espaces de Banach
ii) ∃C > 0 tel que kxk2 ≤ C kxk1 ∀x ∈ E
Alors les deux normes k.k1 et k.k2 sont équivalentes.

Démonstration:

Soit Id : (E, k.k1 ) −→ (E, k.k2 ). Id est linéaire, bijective et continue par hypothèse, donc,
d’après le théorème de Banach (Id )−1 est continue, i.e

0 0
∃C > 0 tel que ∀x ∈ E, kxk1 ≤ C kxk2


III.4 Théorème du graphe fermé


Définition III.4.1 Soient E et F deux espaces de Banach et T une application linéaire conti-
nue de E dans F . Le graphe de T est l’ensemble noté G(T ) avec

G(T ) = {(x, T (x)) ∈ E × F, x ∈ E}

Théorème III.4.1 Soient E et F deux espaces de Banach, soit T une application linéaire de
E dans F . On suppose que son graphe G(T ) est fermé dans E × F . Alors T est continue.

Démonstration:

Considérons la norme
kxk1 = kxkE + kT xkF .

(E, k.k1 ) est un espace de Banach. En effet, si (xn ) est de Cauchy dans (E, k.k1 ), alors (xn )
converge dans (E, k.kE ) et (T (xn )) converge dans (F, k.kF )

xn −→ x, T (xn ) −→ y,

d’où y = T (x). Vu que G(T ) est fermé d’où xn −→ x dans (E, k.k1 ). De plus

kxkE ≤ kxk1 ∀x ∈ E.

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Donc
∃C > 0 tel que kxk1 = kxkE + kT xkF ≤ C kxkE .

D’où
kT xkF ≤ C kxkE


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