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ROYAUME DU MAROC

*************

Secrétariat d’Etat auprès du Ministère de l’Energie, des Mines, de


l’Eau et de l’Environnement, Chargé de l’ l’Eau et de
l’Environnement
********
Département de l’Environnement

Marché N° 2/ Projet SCN-CC/00047842/2006

ETUDE VULNERABILITE ET ADAPTATION


DU MAROC FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Rapport de synthèse

Septembre 2009

29. Avenue Mohammed VI. Centre commercial


Route Mediouna.
Bloc F3. N°10. 20500 Casablanca
Tél : 022 44 00 50/44 06 57
Fax : 022 44 06 58
Web: www.hydraumet.ma
Email : hydraumet@gmail.com
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE ................................................................................... 5

1 L’ETAT DE REFERENCE ................................................................................... 6

2 TENDANCES ET PROJECTIONS CLIMATIQUES ............................................ 8


2.1 Les tendances climatiques ............................................................................................................................. 8

2.2 Les projections climatiques ......................................................................................................................... 11

3 IMPACTS ET INDICES DE VULNERABILITE .................................................. 14


3.1 L’eau ............................................................................................................................................................ 14

3.2 L’agriculture ................................................................................................................................................ 16

3.3 La forêt ........................................................................................................................................................ 18

3.4 Le littoral ..................................................................................................................................................... 18

3.5 La santé........................................................................................................................................................ 19

3.6 La socio-économie ....................................................................................................................................... 20

4 ADAPTATION ................................................................................................... 22
4.1 Eléments pour une stratégie d’adaptation du Maroc................................................................................... 22

4.2 Adaptation du secteur de l’eau .................................................................................................................... 22

4.3 Adaptation du secteur agricole .................................................................................................................... 23

4.4 Adaptation du secteur forestier .................................................................................................................... 24

4.5 Adaptation du littoral ................................................................................................................................... 24

4.6 Adaptation du secteur de la santé ................................................................................................................ 26

CONCLUSION ......................................................................................................... 27

2 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

LISTE DES ABRÉVIATIONS


ABH Agence du Bassin Hydraulique
AEP(I) Alimentation en Eau Potable (et Industrielle)
APEFL Association des Producteurs Exportateurs de Fruits et Légumes
AR4 Quatrième rapport d'évaluation du GIEC (IPCC Assessment Report 4)

CBD Convention des Nations Unies sur la Biodiversité

CC Changements Climatiques
CCNUCC Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques
CN-CC Comité National Changements Climatiques
CNI Communication Nationale Initiale à la CCNUCC
CNST-CC Comité National Scientifique et Technique Changements Climatiques
CNUCD Convention des Nations Unies Contre la Désertification
COP Conférence des Parties à la CCNUCC
CP Comité de Pilotage
CPS Cahier des Prescriptions Spéciales
CSEC Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat

DPCC Direction du Partenariat, de la Communication et de la Coopération du MATEE


DPH Domaine Public Hydraulique

EANM Elévation accélérée du niveau de la mer

FAO Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (United Nations
Food and Agriculture Organization)
FAR Quatrième rapport d’évaluation du GIEC (IPCC Fourth Assessment Report)
FEM Fonds pour l’Environnement Mondial (Global Environment Facility GEF)
FODEP Fonds de Dépollution Industrielle

GIEC Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (IPCC)

INDH Initiative Nationale de Développement Humain


IPCC Intergovernmental Panel on Climate Change

LYDEC Lyonnaise des Eaux de Casablanca

MAGICC Modèle d’évaluation du Changement Climatique induit par les Gaz à effet de serre
(Model for the Assessment of Greenhouse gas Induced Climate Change)
MAMDA Mutuelle Agricole Marocaine d’Assurances
MATEE Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Eau et de l'Environnement
MCG Modèle de Circulation Générale

NCSP Programme d'Appui aux Communication Nationales du PNUD (National


Communications Support Programme)

OMM Organisation Météorologique Mondiale


ONEP Office National de l'Eau Potable
ONG Organisation Non Gouvernementale
ORMVA Office Régional de Mise en Valeur Agricole

PDAIRE Plan Directeur d'Aménagement Intégré des Ressources en Eau


PIB Produit Intérieur Brut
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement

3 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

PNUE Programme des Nations Unies pour l'Environnement


REDD Réduction des Emissions liées a la déforestation et à la dégradation des forets

SAU Surface Agricole Utile


SCCF Fonds Spécial sur les Changements Climatiques du FEM (Special Climate Change Fund)

SCENGEN Modèle Générateur de Scénarios Climatiques (SCENario GENerator)


SCN Seconde Communication Nationale à la CCNUCC
SIG Système d'Information Géographique

TAR Troisième rapport d'évaluation du GIEC (IPCC Third Assessment Report)


TDR Termes de Référence

V&A Vulnérabilité et Adaptation

4 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

Introduction générale

Les objectifs de l’étude sur la vulnérabilité et l’adaptation du Maroc face aux changements climatiques et
à leurs impacts, tels que définis dans les termes de référence, sont de deux types :

• Evaluer le niveau de vulnérabilité du Maroc face aux changements climatiques : Il s’agit ici de
faire une évaluation de l’état actuel et une analyse prospective et approfondie des impacts
environnementaux et socio-économiques des changements climatiques pour le pays.
• Définir les bases d’une stratégie d’adaptation : Cela en procédant à l’identification d’options et de
mesures appropriées d’adaptation des écosystèmes et des secteurs socioéconomiques du Maroc
permettant de limiter les effets négatifs des changements climatiques.

Pour atteindre ces objectifs, l’étude était organisée en trois missions, à savoir :
• Mission I : Evaluation de la vulnérabilité environnementale et des secteurs économiques du pays
aux changements climatiques ;
• Mission II : Evaluation, à un horizon temporel défini, de la vulnérabilité socio-économique face
aux changements climatiques ;
• Mission III : Elaboration d’éléments en vue d`une stratégie d’adaptation aux impacts des
changements climatiques

Le présent rapport donne une synthèse des rapports établis lors de ces différentes missions complétée par

de nouvelles informations collectées en particulier lors d`ateliers et conférences organisées depuis sur ces

aspects.

5 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

1 L’état de référence

L’état de référence actuel du Maroc en matière de vulnérabilité aux changements climatique peut être décrit
par un ensemble de caractéristiques dont les principales sont :

• L’aridité du climat prévalant au niveau de la région , avec une tendance significative vers
l’exacerbation de cette aridité : On a noté un réchauffement significatif et une diminution des
apports en précipitations durant les 50 dernières années ;
• La forte variabilité du climat du Maroc, qui se fait sentir essentiellement par l’amplification et
l’augmentation de la répétitivité des phénomènes météorologiques extrêmes, présente des signes
alarmants vers l’aggravation.
• Comme corollaire de cette aridification du climat, les ressources en eau du Maroc ; déjà à la
limite du stress hydrique ; se trouvent fortement affectées avec une tendance à la pénurie dans
certaines régions .La pression soutenue exercée sur ces ressources, aussi bien par l’usage excessif
que par la pollution, aggrave davantage cette situation .
• Pays à vocation agricole, où l’agriculture, essentiellement pluviale, se taille une part importante du
PIB, l’économie du Maroc vit au rythme des fluctuations saisonnières du climat. Ces fluctuations
subissent de forts dérèglements à cause des changements climatiques et de leurs effets sur les
précipitations et les ressources en eaux .
• Avec ses deux façades maritime et océanique, totalisant les 3500 km de trait de côte, le littoral
marocain, fortement urbanisé, subit des dégradations diverses qui seront aggravées, par endroits, à
cause de l’élévation accélérée du niveau marin prévue en relation avec les changements
climatiques.
• Le Maroc connaît régulièrement le réveil de foyers de maladies notamment hydriques ,
coïncidant en général avec des régions marginalisées. Ces foyers risquent de se développer en
nombre et en type de foyers et ce en relation avec les changements climatiques.
• La forêt marocaine, véritable richesse écologique et économique, se caractérise par une dynamique
affectée par la baisse des apports pluvieux, cette métamorphose s'est traduite par un recul de la
surface forestière. Ce recul continue insidieusement, aggravé par les agressions anthropiques.

6 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

Figure 1 : Pluviométrie moyenne annuelle au Maroc (DMN)

Figure 2 : Variabilité annuelle des précipitations au Maroc 1900-2000

7 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

2 Tendances et Projections climatiques

2.1 Les tendances climatiques

L’évolution des indices thermiques au Maroc ; estimée par la Direction de la Météorologie


Nationale ; indique une tendance vers le réchauffement (figure3) avec aussi :
• Une nette tendance à la baisse à l’échelle nationale du nombre de jours frais: avec une
diminution de l’ordre 25 jours en 45 ans(figure 4)
• Une tendance à la hausse à l’échelle nationale du nombre de jours chauds . Cette
hausse reste relativement faible et statistiquement non significative(figure5)

Figure 3 : Evolution des température moyennes enregistrées entre 1960-2006 dans les villes
de : Rabat , Oujda , Tanger et Fès (DMN).

8 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

Figure 4 : Total annuel de jours frais au Maroc entre 1960 et 2000 (DMN)

Figure 5 : Total annuel de jours chauds au Maroc entre 1960 et 2000 (DMN)

Concernant les précipitations , l’évolution des indices pluviométriques ; estimée par la


Direction de la Météorologie Nationale ; montre :

• une tendance vers l’assèchement surtout en fin de saison pluvieuse; période importante
pour l’agriculture ;( figure 6)F

9 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

• une nette tendance vers la migration du climat à caractère semi-aride vers le nord .Ceci
est clairement mis en évidence sur les figures 7 et 8 ci dessous et ce respectivement
pour les périodes 1961-1970 et 1991-2000.

Figure 6 : Précipitations moyennes nationales cumulées sur la saison pluvieuse entre


1960 et 2005 (DMN)

Figure 7 : Indice d`aridité de De Martonne 1961-1970 (DMN)

10 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

Figure 8 : Indice d`aridité de De Martonne 1991-2000 (DMN)

2.2 Les projections climatiques

L’élaboration et l’analyse des changements climatiques régionaux futurs pour le Maroc, nous
a permis de mettre en évidence à l’aide du modèle MAGIC/SCENGEN centré sur le Maroc,
tous scénarios confondus, les niveaux de variations spatiales des changements moyens des
températures et des précipitations pour plusieurs horizons temporels de 2015s à 2075s par pas
de 15 ans (2001-2030 à 2061-2090, périodes trentenaires chevauchantes).

Le réchauffement estimé serait de l’ordre de 0.7°C entre 2001 et 2030, 1.8°C entre 2031 et
2060. Il pourrait dépasser 3°C entre 2061 et 2090 et atteindre 4° en 2100.(figure 9)

Ce réchauffement s’accompagnerait, selon les résultats de ce modèle , de perturbations dans


les régimes des précipitations avec (figure 10)
• une tendance à la baisse au dessus du 25ème parallèle de l’ordre de 5 à 10% entre 2001
et 2030 ;une chute généralisée des précipitations qui atteindrait 15% entre 2031 et
2060 et qui dépasserait à plus long terme les 20% ;

11 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

• une tendance inverse dans le régime pluviométrique au sud du 25ème parallèle avec un
accroissement dans les taux relatifs annuels se stabilisant autour de 10% entre 2001 et
2060, suivi d’une baisse de 10% à partir de 2060 et au delà le long du littoral
atlantique sud tandis que le taux augmenterait jusqu’à 30% à l’intérieur du Sahara.

Notons que de grandes incertitudes persistent et engendrent encore un manque de précision


des sorties des modèles de projections climatiques futures .Les plus connues de ces
incertitudes concernent les différents scénarios d’émissions de GES, le rôle du SO2 , la
sensibilité du climat, le couplage avec les océans, les différents cycles du carbone (captage
par les sols _ fertilisation, climat), le forçages par les aérosols (sulfate, suie, etc.).

Si au niveau de la prévision du réchauffement ces modèles deviennent plus fiables , au niveau


de l`impact possible des changements climatiques sur l`eau ou sur les sols les résultats restent
imprécis surtout lorsqu`on veut les utiliser au niveau local et donc a une échelle spatiale trop
fine !!

12 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

Figure 9 : Changements de température moyenne saisonnière pour le Maroc selon différentes simulations
faites avec le modèle MAGIC/SCENGEN et ce pour 1960-2100

Figure 10 : Changements de précipitations moyenne saisonnière pour le Maroc selon différentes


simulations faites avec le modèle MAGIC/SCENGEN et ce pour 1960-2100

13 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

3 Impacts et indices de vulnérabilité

3.1 L’eau

Les projections de Changements Climatiques du Maroc ont été déclinées selon un zonage
par bassin versant et ce pour trois variables qui sont : la pluviométrie , la température
moyenne et l`évaporation potentielle . Ces projections par bassins sont présentées sur les
figures 11,12 et13 ci-dessous .Elle montrent pour chacune de ces variables le pourcentage de
changements attendus par bassins et ce en 2030 , 2050 et 2080 :

 Pour ce qui est de la pluviométrie , le pourcentage de changement pourrait atteindre


entre 50 et 95% en 2080 ( figure 11)
 Au niveau de la température moyenne , le réchauffement pourrait dépasser les 5
degrés celcus en 2080 (figure 12)

ALHO CEIMA AL HO CEIMA


LOU KKOS LOU KKOS AL HO CEIMA

P_2030/P_ACTUELLE P_2050/P_ACTUELLE P_2080/P_ACTUELLE


LOU KKOS

SCENARIO: A2 SEBO U MO ULO UYA


SCENARIO: A2 SEBO U MO ULO UYA SCENARIO: A2 SEBO U MO ULO UYA
BO UREG REG BO UREG REG BO UREG REG

OUM-R BI I OUM-R BI I OUM-R BI I

TENSI FT TENSI FT TENSI FT


DRAA ZIZ... DRAA ZIZ... DRAA ZIZ...
SO USS- MASSA SO USS- MASSA SO USS- MASSA

SAH ARA SAH ARA SAH ARA

P_2030/P_ACTUELLE LO UKKOS
ALHOCEIMA P_2050/P_ACTUELLE AL HO CEIMA P_2080/P_ACTUELLE
LOU KKOS
AL HO CEIMA

SCENARIO: B2 SCENARIO: B2 LOU KKOS

SCENARIO: B2 SEBO U MO ULO UYA

SEBOU MOULOUYA SEBO U MO ULO UYA BO UREG REG

BOUREG REG BO UREG REG


OUM-R BI I

OUM-RBI I OUM-R BI I
TENSI FT

TENSI FT DRAA ZIZ...


TENSIFT
SO USS- MASSA
DRAA ZI Z... DRAA ZIZ...
SO USS- MASSA
SOUSS-MASSA

SAH ARA

SAH ARA
SAHARA

LEGENDE
Bassins Versants Pourcentage de changement de la pluviométrie annuelle
50 - 60
60 - 70
70 - 80
80 - 90
90 - 95
95 - 100

Figure 11 : Pourcentage de changement de pluviométrie par bassin versant pour


2030,2050et2080 et ce pour les Scénarios A2et B2

14 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

ALHO CEIM A ALHOCEIMA


ALHOCEIMA LOU KKOS LO UK KOS
TMOY_2030-TMOY_ACTUELLE LOU KKOS TMOY_2050-TMOY_ACTU ELLE TMOY_2080-TMOY_ACTUELLE
SCENARIO:A2 SCENARIO: A2 SCENARIO: A2
SEBO U MO ULOUYA SEBOU MOULOUYA
SEBO U MOULO UYA
BOUREGREG
BOUREG REG BOUREG REG

OUM-R BI I OUM-RBII
OUM -R BI I

TENSI FT
TENSI FT TENS IFT
DRAA Z IZ...
DRAA ZIZ... DRAA ZIZ.. .
SOUSS- MASSA
SO USS- MASSA SOUS S-MASS A

SAH ARA
SAH ARA
SAHA RA

ALHOCEIMA ALHOCEI MA
ALHOCEI MA
TMOY_2030-TMOY_ACTUELLE LO UKKOS TMOY_2050-TMOY_ACTUELLE LO UKK OS
TMOY_2080-TMOY_ACTUELLE LO UKKOS

SCENARIO: B2 SCENARIO: B2 SCENARIO: B2


SE BOU MOULOUYA SE BOU MOULOUYA
SE BOU MOULOUYA
BOUREG REG BOUREG REG
BOUREG REG

OUM-RBI I OUM-RBII
OUM-RBII

TENS IFT TENS IFT TENS IFT

DRAA ZIZ... DRAA ZIZ...


DRAA ZIZ...
SOUS S-MASS A SOUS S-MASS A
SOUS S-MA SS A

SAHARA SAHA RA
SAHA RA

LEGENDE
Bassins Versants Changement de la température moyenne annuelle en °C
0- 1
1- 2
2- 3
3- 4
4- 5
5- 6

1.1 Figure 12 : Pourcentage de changement de la température moyenne par


bassin versant pour 2030,2050et2080 et ce pour les Scénarios A2et B2

ALHO CEIMA AL HO CEIMA AL HOCEIMA


LOU KKOS LOU KKOS LOU KKOS
P_2030/P_ACTUELLE P_2050/P_ACTUELLE P_2080/P_ACTUELLE
SCENARIO: A2 SEBO U MOULO UYA
SCENARIO: A2 SEBO U MOULO UYA
SCENARIO: A2 SEBO U MO ULO UYA

BO UREG REG BO UREGREG BOUREG REG

OUM-R BI I OUM-R BI I OUM-R BI I

TENSI FT TENSI FT TENSI FT

DRAA ZIZ... DRAA ZIZ... DRAA ZIZ...


SO USS-MASSA SOUSS-MASSA SO USS- MASSA

SAH ARA SAH ARA SAH ARA

ALHOCEI MA ALHOCEI MA ALHOCEIMA


LO UKKOS LO UKKOS LO UKKOS
P_2030/P_ACTUELLE P_2050/P_ACTUELLE P_2080/P_ACTUELLE
SCENARIO: B2 SEBOU MOULOUYA SCENARIO: B2 SEBOU MOULOUYA
SCENARIO: B2
SEBOU MOULOUYA
BOUREG REG BOUREG REG BOUREG REG

OUM -RBI I OUM -RBI I OUM-RBI I

TENSIFT TENSIFT TENSIFT

DRAA ZI Z.. . DRAA ZI Z.. . DRAA ZI Z.. .


SOUSS-MASSA SOUSS-MASSA SOUSS-MASSA

SAHARA SAHARA SAHARA

LEGENDE
Bassins Versants Changement de l'évapotranspiration annuelle en %
100 - 105
105 - 110
110 - 115
115 - 120

Figure 13 : Pourcentage de changement de l`évaporation potentielle par bassin


versant pour 2030,2050et2080 et ce pour les Scénarios A2et B2

15 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

Ces différentes simulations montrent des changements qui se traduisent par une augmentation
des températures, une réduction significative des précipitations et une augmentation de
l’évapotranspiration.

La conséquence de ces changements quant à la perturbation du cycle hydrologique pourrait


toucher les différents réservoirs et flux de manière suivants :
• Accélération de l’évaporation des plans d’eau naturels et artificiels (lacs, lacs
collinaires, barrages, etc.) ;
• Accélération de l’évapotranspiration des sols et des couverts végétaux ;
• Rétrécissement du manteau neigeux et réduction des taux d’enneigement ;
• Réduction des volumes d’eau souterraine ;
• Réduction du ruissellement.

Pour quantifier ces aspects une évaluation détaillée appuyée par une modélisation de l`effet
des changements climatiques sur le cycle de l`eau a été faite pour le Souss Massa et ce dans
le cadre de la présente étude. Cette évaluation a montré que dans cette région les débits de
ruissellement seront réduites en moyenne pour tout le bassin, aux horizons considérés de 5 a
11% pour 2020 , 11 a 23% pour 2050 et 17 a 41% pour 2080 …. !( Tableau 1)

Sc. SRES 2020s 2050s 2080s


A2 Entre 6 et 11% Entre 13 et 23% Entre 25 et 41%
B2 Entre 5 et 10% Entre 11 et 19% Entre 17 et 31%

Tableau 1 : Diminution des ruissellements prévue dans le bassin du Sous Massa pour 2020,
2050 et 2080

3.2 L’agriculture

L’impact des changements climatiques sur le secteur agricole a été appréhendé selon les indicateurs
suivants et leur évolution prévue dans la région :
• La vocation et l`aptitude agricole des terres
• Les rendements du blé dur
• La date des premières pluies significatives

Différentes études réalisées par l`INRA ces dernières années ont mis en évidence la menace qui pèse
dans la région sur l’aptitude des terres agricoles en relation avec les changements climatiques Les
cartes de la figure 14 montrent l`évolution possible de l`aptitude agricole des terres bour du royaume
de l`état actuel à 2050 puis 2100 et ce pour un scénario A1B très optimiste ou les émissions en GES
seraient maîtrisées. Ces cartes indiquent un rétrécissement clair des superficies de terres à aptitudes
moyennes au détriment de terres inaptes à l`agriculture !!!

16 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

Impact des changements climatiques


Actuellement sur la vocation agricole des terres
Agriculture pluviale, Scénario A1B (émissions C02 maîtrisées)

2050

2100

Aptitude forte (S1)

Aptitude moyenne (S2)

Aptitude faible (S3)

Inapte (N)

Projet CLIMED : INRA-IBIMET-Agris-CNR-UNISS-FAO

Figure 14 : Aptitudes agricoles des terres bour du Maroc selon le scénario A1B actuellement , en 2050
et en 2100 (INRA)

Les estimations faites sur les impacts possibles des changements climatiques sur Les rendements du
blé dur et sur les dates des premières pluies significatives au Maroc montrent des effets differents
selon sept zones geographiques1 :
• A court terme (2025), l’estimation de la réduction des rendements est comprise entre 0%
et 7% en C1, et entre 28% et 42% en C2
• A moyen et long terme (2050-2100) l’estimation de la réduction des rendements est plus
élevée : Entre 13% - 20% en C3 et 28% - 63% en C6
• En C3 et C5 tous les scénarios montrent que les premières pluies significatives vont être
décalées à la fin de l’année.
• Dans les zones C2, C6, et C7 les quantités des précipitations annuelles sous les conditions
des changements climatiques seront si faibles que l’agriculture pluviale ne peut plus tenir.

1
C1 CASABLANCA RABAT ;C2 TETOUAN TANGER SAFI ;C3 MEKNES FES TAZA ;C4 NADOR
ELHOUCEMIA ;C5 OUJDA MARRAKECH ;C6 BENIMELLAL KASBAT SETTAT ;C7MIDELT

17 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

3.3 La forêt

La dynamique de la forêt Marocaine commence déjà à se déstabiliser suite au recul des pluieset
de la surface forestière . IL en résulte un équilibre très précaire, comme c`est le cas de la forêt
Maâmoura.

La cédraie du Moyen Atlas et son évolution ces dernières décennies sont témoins de ce
déséquilibre et de cette instabilité que connaît la foret Marocaine et ce à cause de facteurs
anthropiques notamment, le pastoralisme, le défrichement, les incendies… accentués par les
changements climatiques et leurs effets sur les précipitations et sur l`évapotranspiration. . Les
principaux signes de vulnérabilité de la cédraie sont :
• Un fort déséquilibre de la cédraie du moyen Atlas avec des difficultés de régénération
naturelle, un recul de la surface, des dépérissements auxquels on peut rajouter le
passage de la cédraie pure à la cédraie mélangée avec le chêne vert,
• La disparition du cèdre des versants sud (qui deviennent de plus en plus chauds avec
un bilan hydrique négatif) pour se réfugier dans les versant Nord qui lui offrent à la
fois le froid nécessaire à la levée de dormance des graines et l’humidité nécessaires et
indispensables aux conditions de son développement.

3.4 Le littoral

Au Maroc ,les indicateurs de vulnérabilité du littoral aux changements climatiques se résument


ainsi :

 Une concentration des activités socioéconomiques dans un littoral déjà fortement fragilisé(
forte urbanisation , grandes industries , agriculture ,..) ;
 Une variation du niveau marin même de quelques décimètres peut, dans différents segments
côtiers, entraîner un retrait sensible du rivage soit par érosion ou par submersion et engendrer
des conséquences socio-économiques graves . Ceci a été mis en évidence à travers des
simulations dont les résultats sont présentés dans cette étude ;
 Un grand risque d’intrusion des eaux marines pouvant conduire à des formes de dégradation
par salinisation de terrains étendus exploités par l’agriculture côtière le long du littoral ;
 De grands ouvrages littoraux d` aménagements portuaires, lagunaires et d’assainissement très
vulnérables à l’élévation du niveau de la mer ;

18 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

 Une grande sensibilité aux impacts d`une élévation du niveau de la mer de différents
secteurs de l’économie littorale dont en particulier le tourisme , la pêche et les transports
maritimes ..

3.5 La santé

Les effets attendus des changements climatiques sur la santé peuvent être séparés en deux
groupes(figure 15) :

 Effets directs : vagues de chaleur, incendies, tempêtes, inondations


 Effets indirects: changement environnemental et effet sur les récoltes et les réserves d’eau
douce
 maladies infectieuses et diarrhéiques
 maladies allergiques
 maladies respiratoires
 maladies à transmission vectorielle
 malnutrition

Figure 15 : Changements climatiques et santé

L’analyse de la répartition des maladies montre nettement que le facteur climat ne constitue pas " le
seul" facteur qui explique la répartition de ces maladies à l’échelle du Maroc: des provinces qui se

19 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

trouvent sous le même étage climatique ne présentent pas le même degré d'atteinte par la maladie, et
vice versa, des provinces qui se trouvent sous étages climatiques différents, ont pratiquement le même
degré d'atteinte.

L’un des défis qui se posent aux chercheurs consiste à examiner l’ensemble des facteurs de
vulnérabilité : facteurs climatiques, sociaux et anthropiques et à évaluer le rôle relatif des risques
environnementaux dans l’incidence des maladies et des mortalités.

L’interactivité des facteurs et le manque d’études permettant de pondérer ces facteurs (Le poids du
facteur accès aux services sanitaires n’est pas celui de l'accès à l'eau potable ou du taux de migration
ou même de l’infrastructure routière…etc.) nécessitent donc une analyse beaucoup plus fine afin
d’analyser la contribution de chaque facteur dans la vulnérabilité de la santé.

D'autre part, les changements climatiques n’affecteront pas toutes les régions de la même façon. Alors
que les populations marginalisées seront plus vulnérables de propagation de ces maladies. Les régions
rurales seront affligées par des problèmes de qualité et de quantité d’eau résultant d’inondations et de
sécheresses. Dans les régions où la subsistance est intimement liée aux ressources naturelles (p. ex.,
l’agriculture, la foresterie et les pêcheries), les changements climatiques pourraient engendrer un
déclin économique, des ruptures sociales et des déplacements de population.

3.6 La socio-économie

L’état de la dimension socio-économique décrit à travers les indicateurs clés explicités dans le
rapport de la Mission II, permet de conclure sur la relation forte entre les variations
climatiques et la vulnérabilité des populations et secteurs productifs exposés aux changements
climatiques :
 Le Maroc est situé dans une zone caractérisée par une grande variabilité pluviométrique dans
le temps et dans l’espace (14% seulement de la SAU est irriguée, plus de 50% des terres en
bour (non irrigué) reçoivent (pour une campagne agricole moyenne) moins de 400mm/an.
 La variabilité du PIB s’explique par l’irrégularité du PIBA qui à son tour s’explique par
l’importance des céréales et que les petits producteurs en bour forment la majorité de la
population agricole faisant des céréales le « soutien » de la vie.
 Les terres fertiles et facilement cultivables ont une extension limitée. Une grande partie des
territoires ruraux sont fragiles au plan environnemental et économique.
 L’impact des aléas climatiques sur le secteur agricole en particulier, pourrait difficilement être
atténué dans le court terme ;

20 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

 Le système actuel de protection contre les risques de calamités naturelles, qui maintient
surtout les ruraux dans un état de vulnérabilité et d’insécurité permanente, ne favorisent pas la
prise de risque par les agriculteurs et aggrave la situation des sans terres et des sous employés
ruraux ;
 On sait également que face aux variations climatique, en particulier la sécheresse, seules les
technologies peuvent permettre d’en atténuer les effets : variétés précoces, dates de semis,
irrigation d’appoint, techniques de labours, captage des pluies…). Or justement ces
technologies dépendent de l’état de la recherche, du niveau d’adoption des résultats et des
investissements sur les exploitations.
 La catégorie des micro-exploitations, qui représente presque 50% de la population rurale, sont
considérés par les décideurs politique (Cf. « Stratégie2020 de développement rural ») comme
non viable économiquement et donc incapables d’investir en technologies ;
 l’adoption des technologies avancées dépend également de la qualité du capital humain. Or,
hormis le savoir vernaculaire dont disposent les agriculteurs, l’accès aux savoir faire moderne
est rendu difficile eu égard le taux d’analphabétisme (des hommes et surtout des femmes) ;

21 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

4 Adaptation

4.1 Eléments pour une stratégie d’adaptation du Maroc

La stratégie d`adaptation du Maroc aux changements climatiques pourrait intégrer des actions de
natures diverses et complémentaires dans une vision globale intégrée et durable. Elle devra concerner
tant les aspects institutionnels, scientifiques et techniques que les choix socio-économiques. Ces
actions devraient être menées en parallèle. Elles auraient pour but :

• D’avoir un suivi plus précis et donc une connaissance meilleure, tant au niveau qualitatif que
quantitatif, de l’évolution du climat du pays ;

• De disposer d’une meilleure prévision du comportement à moyen et à long terme du climat de la


région en relation avec les changements climatiques attendus ;

• D’avoir une estimation plus développée, plus complète et autant que possible quantifiée de la
vulnérabilité des différents secteurs socio-économiques et des différentes régions du royaume face
aux changements climatiques et des actions d’adaptation qui s’imposent en conséquence. Il s’agira
aussi de mettre en place un observatoire permettant le suivi de l’évolution de cette vulnérabilité au
niveau des différents secteurs concernés ;

• De permettre, dés à présent, l’intégration dans les choix socio-économiques et politiques faits au
Maroc, de la forte Vulnérabilité de la région face aux changements climatiques et de besoins de
stratégies et d’actions durables d’adaptation pour y faire face ;

• De disposer de structures institutionnelles définies et disposant des pouvoirs requis pour traiter de
l`adaptation tant au niveau scientifique et technique qu`au niveau politique et économique.

4.2 Adaptation du secteur de l’eau

De par leur extrême vulnérabilité au climat et à sa variabilité dans notre région, les ressources en eau
sont parmi les secteurs prioritaires et qui ont besoin de véritables politiques d’adaptation aux effets
attendus du changement climatique au Maroc.

La rareté de l`eau devant une demande croissante, la pollution des eaux et la dégradation de leur
qualité, l’effet des changements climatiques sur la ressource et son utilisation, sont parmi les défis
majeurs des générations futures. Pour y faire face, il est nécessaire de disposer d’une stratégie
intégrée et polyvalente ou les changements climatiques représentent une base essentielle. Cette
stratégie doit compléter la stratégie globale du secteur de l’eau et concerner les principaux axes
suivants:

22 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

1. Gestion de la demande en eau,


2. Gestion et développement de l’offre,
3. Protection des ressources en eau, du milieu naturel et lutte contre la pollution,
4. Réduction de la vulnérabilité aux risques naturels liés aux sécheresses extrêmes et aux
inondations,
5. Poursuite des réformes règlementaires et institutionnelles.

4.3 Adaptation du secteur agricole

Les principaux axes de l’adaptation du secteur agricole proposés sont les suivants :

 Modification de l’utilisation des sols, des modes de culture et des variétés utilisées ;
 Meilleure gestion des ressources en eau ;
 Prise en considération des conséquences du réchauffement climatique dans le cadre des
politiques agricoles et des aides à l’agriculture ;
 Sensibilisation des acteurs sur les changements climatiques pour permettre une meilleure
estimation des conséquences et une amélioration des politiques d’adaptation ;
 Développement de la R&D CC & Agriculture ;
 Actions de résiliences (assurances, etc.) .

Le plan Maroc Vert constitue à cet égard un cadre ou l`adaptation aux changements climatiques
gagnerait à être plus intégrée. Les objectifs de ce plan sont:

 Imprimer au secteur agricole une dynamique d'évolution harmonieuse, équilibrée et


évolutive qui tient compte de ses spécificités;
 Exploiter les marges de progrès et valoriser au mieux les potentialités;
 Faire face aux nouveaux enjeux tout en préservant les équilibres sociaux et
économiques;
 Accompagner la profonde mutation que connaît le système agro-alimentaire mondial.

A travers ce plan, l’adaptation aux CC pourrait être mise en œuvre au moyen de 2 grandes
catégories d’actions :

 La gestion de la demande environnementale : Les rapports de l’agriculture avec les


questions environnementales sont ambivalents : L’activité de production est à
l’origine de certains dommages environnementaux et les agriculteurs gèrent les

23 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

ressources naturelles et peuvent donc en assurer la préservation à long terme. Par


ailleurs les changements du milieu modifient les pratiques agricoles et si parfois ces
modifications sont positives, elles risquent de devenir des contraintes insurmontables :
Cycle de l’eau : Sécheresses, étiages, Changement climatique, Perte de la biodiversité,
Erosion, et perte de la fertilité de solsLa gestion de l’économie de l’eau : Les
incitations à la gestion efficace et économe de l'eau ont encore une portée limitée et le
prix de l'eau ne reflète pas sa rareté. Dès lors, il y a nécessité de développer des
systèmes d'irrigation et de production agricole plus efficients dans les différents
périmètres de gestion hydraulique à travers :
 L'amélioration du service de l'eau d'irrigation;
 La promotion des techniques d'irrigation économes
 La promotion de systèmes de culture permettant une meilleure
valorisation de l'eau.

4.4 Adaptation du secteur forestier

Une nouvelle stratégie de reboisement, adaptée aux nouvelles conditions climatiques


s’impose. Elle consiste à aider les espèces autochtones, adaptées à la sécheresse et au stress
hydrique, en leur facilitant cette migration, en les aidant à se redéployer et à s’installer dans
les nouveaux bioclimats conquis. L’accent doit être mis sur les techniques d’élevages des
plants, les techniques de reboisement, de sylviculture et d’aménagement en zones arides.

L’adaptation consiste également à rechercher et développer l’introduction de nouvelles


espèces résistantes au stress hydrique pour diversifier et compenser celles qui auront disparu.
IL serait bon pour cela d`exploiter l’analyse des différentes espèces introduites pour être
testées depuis longtemps dans les quarante arboreta repartis dans les différents étages
bioclimatiques du Maroc et dans les différentes parcelles expérimentales pour être utilisées
dans la reconversion des forets naturelles.

L`adaptation du secteur forestier passe aussi par une politique forte en matière de lutte contre
la déforestation et la dégradation des forêts . Une stratégie nationale s`impose dans ce
domaine. Sa mise en œuvre pourra être soutenue dans le cadre du nouveau mécanisme en
cours de finalisation au niveau de la CCNUCC : La REDD2

4.5 Adaptation du littoral

2
REDD : Réduction des Emissions liées a la déforestation et à la dégradation des forets

24 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

L`adaptation du littoral du Maroc aux changements climatiques et leurs effets ; dont l’élévation du
niveau de la mer ; passe en premier lieu par une meilleure connaissance des points du littoral les plus
vulnérables et de la conséquence attendue de cette élévation au niveau de ces points critiques . Les
études menées à ce jour en la matière restent qualitatives et ont concerné uniquement deux zones
limitées (Tanger et Saidia). Il est important et urgent pour protéger ce patrimoine national, de mener
des actions permettant d’appréhender avec plus de précisions, les effets possibles sur les différentes
franges littorales du Maroc , d’en limiter les impacts négatifs et surtout d’adapter la gestion et
l’aménagement de ce littoral aux situations futures pouvant se présenter.

En attendant , l`adoption d`une loi du littoral qui le protége , la mise en œuvre de politiques intégrées
des zones littorales , le développement d`études et de recherches sur ce système pourraient être des
outils allant dans le sens d`une adaptation anticipée du littoral aux CC .

Une fois ces informations , données et résultats de simulations acquis on pourra par la suite et par
zones identifier trois stratégies de réponse distinctes à l’élévation du niveau de la mer: Le retrait,
l’accommodement et la protection :

Le retrait : Cette stratégie consiste à abandonner progressivement les terres et les structures menacées
par un retrait stratégique devant des phénomènes majeures futures ou leur prévention dans les zones
côtières pouvant être affectées par l’élévation du niveau de la mer et à réinstaller les habitants.

L’accommodement : Cette option implique la poursuite de l’utilisation des terres, mais avec des
modifications, y compris des réponses d’adaptation telles que l’élévation des bâtiments au dessus des
niveaux d’inondation, la modification des systèmes de drainage, la mise sur pied des réseaux
d’avertissement des tempêtes et des plans d’urgence visant à protéger les populations contre les
phénomènes extrêmes, et des changements dans l’utilisation des sols, par exemple se reconvertir de
l’agriculture à la pisciculture ou mettre en culture des plantes tolérantes au sel ou à l’inondation.

Ces deux stratégies partent de la prémisse que l’on acceptera l’accroissement des pertes de terre et
l’inondation des côtes, et que certaines fonctions ou valeurs côtières changeront ou seront perdues. En
revanche, ces stratégies aident à maintenir le dynamisme des écosystèmes côtiers et leur permettent
ainsi de s’adapter naturellement ;

La protection : Cette stratégie comporte des mesures défensives contre l’ennoyage, les très fortes
marées, les effets des vagues sur l’infrastructure, l’érosion des rives, l’intrusion d’eau salée et la perte
des ressources naturelles. Elle vise à maintenir les lignes de rivage à leur emplacement actuel en
mettant en place des mesures statiques (en dur) ou dynamiques (douces)

25 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

4.6 Adaptation du secteur de la santé

Les mesures d'adaptation en santé publique doivent s'appuyer sur une bonne connaissance des
répercussions du changement climatique, de la sensibilité et de la vulnérabilité de la population, les
options d'intervention les plus susceptibles d'atténuer les risques.

Pour des besoins d’adaptation à ces changements climatiques et phénomènes de variabilités, des
actions urgentes et immédiates doivent être envisagées sur l’ensemble du pays :

• La formation, la sensibilisation, l’information et la communication sur les effets néfastes des


changements climatiques sur la santé et le bien être de la population ;

• La sensibilisation à l’hygiène et l’assainissement dans les collectivités rurale et urbaine ;

• Le renforcement des capacités de prévention et de riposte aux maladies à fort potentiel


épidémique ;

• La mise en place des institutions politiques d’aide et de coordination des activités d’adaptation
des changements et de la variabilité climatique (Création d’un bureau national sur les
changements et variabilités climatiques et la santé, un fond d’appui au changement
climatique…….).

• Poursuite de l’évaluation des impacts réels des changements et variabilités climatiques sur la
santé et le bien être de la population au moyen d’études sectorielles ou thématiques ciblées ;

• Mise en place de plans d’alerte aux conditions météorologiques extrêmes en vue de la prévention
de leurs effets sur la population.

Des priorités d’adaptation peuvent être identifiées à partir des évaluations de vulnérabilité existantes,
auprès d’acteurs susceptibles d’être affectés ou à partir des avis et besoins des décideurs et des experts
scientifiques. Toutefois, pour qu’il soit véritablement valable pour l’adaptation et légitime aux yeux du
public, le processus de hiérarchisation devrait inclure une contribution importante de tous les acteurs.

26 Octobre 2009
ETUDE V&A : Rapport de synthèse

Conclusion
La présente étude a permis de dégager des éléments clefs devant être considérés dans la stratégie
d`adaptation du Maroc pour faire face aux changements climatiques. Parmi ces points, on retiendra les
éléments suivants :Une connaissance et un suivi détaillés du climat du Maroc et de son évolution dans
les différentes régions est nécessaire pour pouvoir mieux anticiper le devenir de ce climat durant les
décennies à venir . Cette observation systématique doit être renforcée . Elle est la clef de toute réussite
de la politique d`adaptation du Maroc aux CC . Le suivi des projections climatiques et leur évaluation
pour la région est l`autre Clef à assurer .

Tous les indicateurs convergent et prévoient pour le Maroc un réchauffement significatif, une plus
grande aridité, de plus fréquents et importants évènements extrêmes ( inondations , sécheresses ..) .
Aussi les grands choix socio-économiques du pays doivent intégrer cette donnée qui devient une
réalité et l`intégrer pour mieux anticiper ses effets négatifs et valoriser ses effets positifs . Les plans
pluriannuels ou les programmes nationaux se doivent de considérer ce facteur climat

L`eau est un secteur qui joue un très grand rôle pour le développement du Maroc et qui est aussi
d`une grande vulnérabilité aux CC . La stratégie eau du Maroc 2009 devra être soutenue et surtout
accélérée au niveau de sa mise en œuvre. Elle intègre une grande part des actions concrètes et
efficientes devant permettre une adaptation aux CC

L`agriculture nécessite une prise en considération plus franche du risque climatique . Le Plan Maroc
vert devra considérer ce volet en tant que limite à intégrer déjà par anticipation dams les politiques
agricoles

La forêt Marocaine devra être soutenue tant au niveau lutte contre la déforestation qu`au niveau
reboisement .Une stratégie forte et durable en la matière doit être établie et pourra bénéficier d’appuis
significatifs au niveau international.

L`adaptation de la zone littorale du Maroc aux CC passe d`abord par une meilleure connaissance du
système côtier et de ses risques possibles face aux CC . IL s`agit là d`une évaluation qui conditionne
les choix à adopter en matière d`adaptation et qui est aujourd’hui très urgente .En attendant, la mise en
place d`une loi du littoral , d`une gestion intégrée des zones littorales , d`une base de données du
littoral et le développement de programmes de recherches spécifiques pourraient être considérées
comme des actions de préparation de cette adaptation

Pour une adaptation du secteur de la santé aux CC , un renforcement des capacités nationales sur ces
aspects s`impose avec aussi le développement d`une observation suivie et planifiée des mutations des
maladies par région et par types de maladies .

27 Octobre 2009

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