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Fait par : - En Najy MOAD Encadré par : - Mr.

TAHROUCH
- Ahchad SAMIA FGO

- Er-rajy NAJOUA LT
- Salmi SALMA
École systémique Théorie des organisations/ MR. TAHROUCH

TABLE DES MATIÈRES:

INTRODUCTION

I. L’approche systémique dans l‘organisation :


1. Définition du système
2. L’approche systémique dans l’organisation
3. Finalités & intérêt

II. Les différentes théories du système :


1. Les grands auteurs
2. Théorie générale des systèmes
3. Théorie de modélisation
4. Théorie de Joël Rosnay

III. Opposition à l’approche rationaliste :

IV. L’analyse socio-technique :


1. Origine
2. Les travaux fondateurs
3. Les apports de l’école sociotechnique

CONCLUSION

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INTRODUCTION GÉNÉRALE:

Au début du XXème siècle, avec le développement de la taille des entreprises


et la spécialisation des taches, ajouté de la séparation entre les gestionnaires et
les propriétaires, le monde de l’économie a connu l’évolution de plusieurs
théories traitant le management des organisations, et le facteur humain
s'acquiert une place primordiale contribuant à l'accroissement de la
performance des organisations. En effet, il devient un objet d'analyse, d'études
et de champs d'action très attrayant.

Au cours de cette période, on a assisté ainsi à l'émergence de nouvelles


sciences d'organisation, qui se sont lancés à la conquête de nouvelles
structures générant une meilleure performance de l'action collective.
L'approche systémique est l'une des principales perspectives développée à ce
propos.

Selon Lissillour (1998), cette approche peut être classée parmi les approches
sociologiques de l'organisation. Ces dernières saisissent l'organisation comme
étant un lieu de relation d'interaction entre plusieurs acteurs. Entre
l'organisation et les individus qui la composent, ces individus entre eux et entre
ces derniers et l'environnement.

Pour bien expliquer ce thème, nous avons décidé de l’analyser sous forme de
deux axes principales. Dans un premier temps, nous allons définir le système et
l’approche systémique (optique histoire) pour qu’on puisse comprendre par la
suite l’approche systémique au sein des organisations. Ensuite, on va traiter les
principales théories et les travaux de l’école systémique.

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I. L’approche systémique des organisations :

1. Définition du système :

Le mot système dérive du grec "systema" qui signifie "ensemble organisé".


Voici quelques définitions des systèmes fournies par différents auteurs :
Selon BERTALANFY (1973), le système est un ensemble d’éléments en
interaction, c’est une définition si générale et si cague que l’on peut pas en tirer
quelque chose. Il propose d’autres définitions de systèmes. La plus récente dont
laquelle il le définit comme étant un complexe d’éléments en interaction.

Pour ROSNAY (1975), la définition la plus complète est la suivante : un système


est un ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisés en fonction
d’un but. Le but du système dans cette définition est de maintenir ses équilibres
et permettre son développement afin d’atteindre le but fixé.

MORIN définit le système comme une “unité globale d’interrelations entre


éléments, actions ou individus“. Il ne faut pas être surpris par l’apparition de
l’Individu dans la définition du système, individu qui peut suivant le type de
système être un simple élément ou un élément de décision.

D’après WALLISER, le système est une entité relativement individualisable, qui


se détache de son contexte ou de son milieu tout en procédant à des échanges
avec son environnement.

Le Moigne (1977) le considère comme "un objet qui, dans un environnement,


doté de finalités, exerce une activité et voit sa structure interne évoluer au fil du
temps, sans qu'il perde pourtant son identité unique.
Ou encore:
• un objet actif dans un environnement
• un objet structuré par rapport à quelques
• un objet évoluant finalités

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2. L’approche systémique des organisations :

a. Contexte historique & Définition :


Le développement de la pensée occidentale depuis trois siècles découle en
droite ligne d’une vieille tradition rationaliste que l’on peut faire remonter à
Aristote et dont en France Descartes est le représentant le plus en vue. Il est
convenu de considérer que cette pensée, dite rationaliste, peut servir de
référence universelle puisqu’elle a donné à l’occident une supériorité
incontestable dans les domaines du progrès technique et économique.
Or, la montée générale de la complexité entraîne une augmentation
considérable des interdépendances et des interactions entre sociétés et par
conséquent de la complexité de notre système monde. Il s’est donc fait sentir le
besoin d’une autre démarche, mieux adaptée à l’approche des situations et
problèmes complexes : c’est l’approche systémique.
Cette approche s’est développée progressivement depuis 1940 à partir des
États-Unis. En France deux ouvrages vont lui assurer une assez large
vulgarisation : un rapport établi par le Club de Rome en 1972 et la parution de
l’ouvrage de Joël de Rosnay, le Macroscope en 1975.

L’approche systémique consiste en une analyse des réalités en fonction


d’une prise de position fondamentale : tout peut se découper en systèmes et en
sous-systèmes. Il en découle que l’approche systémique peut être la source
d’une façon particulière de gérer les organisations. Il existe de nombreuses
variantes de cette approche systémique des organisations. Elles sont toutes
aussi valables les unes que les autres.

b. Principes de l'analyse systémique :


Selon cette approche, les principaux concepts y associés sont ceux de système
ouvert et de système fermé, de rendement et d'efficacité, d'entropie,
d'équifinalité, de synergie et de sous-système.
- Le système ouvert et le système fermé : Selon Bertalanffy, un système peut
être de type ouvert ou fermé. Un système fermé ne subit nullement
l'influence de son environnement extérieur. En revanche, un système ouvert

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reste en constante relation avec son environnement extérieur. Or toutes les


organisations fonctionnent à l'intérieur d'un système ouvert puisqu'elles ont
besoin de ressources qu'elles transforment pour produire des biens et des
services.
- Le rendement et l'efficacité : Dans un système fermé, on se préoccupe
uniquement de l'utilisation interne des ressources, c'est-à-dire de l'économie
et du rendement. Tandis que dans un système ouvert on examine on dépasse
la simple préoccupation de l'utilisation interne des ressources pour examiner
les effets de l'organisation sur la société ou, en d'autres termes, son efficacité.
Le degré d'efficacité indique essentiellement dans quelle mesure les produits
et les services offerts par l'organisation répondent aux besoins de
l'environnement extérieur.
- L'entropie : elle exprime la tendance de tout système à se désorganiser, à se
détériorer et à se dissoudre. Les managers doivent ainsi recenser en
permanence les sources d'entropie afin d'envisager les actions correctives
nécessaires. De ce fait, aucune forme organisationnelle n'est définitivement
satisfaisante, toute situation acquise est menacée.

- Les sous-systèmes :Un système organisationnel comprend donc


nécessairement cinq sous-systèmes :
• Un sous-système culturel, c’est-à-dire des buts et des valeurs déterminés par
l’organisation et par la société. L’organisation peut aussi influencer les valeurs
de la société. Ce sous-système est très important puisqu’il contient la raison
d’être de l’organisation, c’est-à-dire la description de sa liaison avec
l’environnement considéré comme le « supra-système » ou le système
englobant l’organisation analysée.
• Un sous-système techno-cognitif. Nous utilisons le terme techno-
cognitif dans un sens global, qui fait référence à toutes les connaissances
nécessaires au fonctionnement de l’organisation. Ce sous-système renvoie à
l’ensemble des connaissances nécessaires pour effectuer les tâches requises
dans l’organisation. Cela comprend les techniques, l’équipement et les
processus nécessaires pour assurer la transformation des intrants en
extrants. On comprendra facilement que les connaissances nécessaires pour
travailler dans un hôpital et soigner un malade ne sont pas les mêmes que
celles utilisées pour fabriquer une automobile ou celles exigées pour former

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un étudiant à l’université ! Le sous-système techno-cognitif agit en fonction


des objectifs provenant du sous-système culturel (celui des valeurs et des
buts) mais il peut avoir une influence importante sur la structure de
l’organisation ainsi que sur le sous-système psychosocial.
• Un sous-système psychosocial, celui-ci est fait des personnes et des groupes
en interaction. Il comprend les conduites des personnes, leurs motivations,
leurs attentes, leurs rôles et leurs statuts, la dynamique des groupes et des
réseaux d’influence. Il est sous l’influence des sentiments, des valeurs, des
présupposés, des aspirations de toute personne œuvrant dans l’organisation.
C’est ce qu’on appelle souvent le climat organisationnel. Ce sous-système
psychosocial subit les influences de tous les autres sous-systèmes ainsi que
de l’environnement extérieur. Mais, il peut également les influencer tous
puisqu’il comprend les personnes œuvrant dans l’organisation.
• Un sous-système structural qui englobe la division (ou la différenciation) et
l’intégration des tâches. La structure est souvent décrite sous forme de règles
et de procédures, de descriptions de tâches ainsi que de diagrammes
organisationnels. L’organigramme d’une entreprise donne une bonne idée de
sa structuration et des liens entre les sous-systèmes technologique et
psychosocial. Mais il ne faut pas oublier la structuration informelle qui joue
un rôle majeur dans l’organisation et qui n’est jamais explicitée dans les
textes officiels de l’organisation.
• Un sous-système de gestion. Celui-ci joue un rôle dominant. En effet,
il détermine les buts et les objectifs ; il effectue la planification (politique,
stratégique, tactique) ; il contrôle toutes les opérations et assure la relation entre
l’organisation et son environnement.

Ces sous-systèmes sont en interaction. Par exemple, la technologie influence la


structure et le sous-système psychosociologique. Le système entreprise est
ouvert et entretient donc des relations avec son environnement.
L'environnement peut aussi être subdivisé en sous-systèmes délimités par des
frontières et auxquels elle attribue des pouvoirs de décision. Les sous-systèmes
sont formés par exemple par ses concurrents, ses fournisseurs, les sous-
systèmes politique, scientifique ou culturel, avec lesquels elle entretient des
liens plus au moins étroits. Là encore, la subdivision en sous-système dépendra
des nécessités de l'étude menée.

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Système

Culturel Techno-cognitif
Valeurs, buts, croyances, Tecniques, expertise,
ideologies, stratégies connaissances

Gestion
Planification, contrôle

Psychosocial Structurel
Personnalités, Division formelle et
dynamiques des informelle du travail
groupes, relations

Schéma : la vision systémique d’une organisation

- L'équifinalité : le concept d'équifinalité implique qu'il existe différentes


façons de combiner des sous-systèmes pour réaliser un objectif. Les
gestionnaires doivent se demander quelle est la manière la plus rentable de
fournir tel service ou tel produit.
- La synergie : le concept de synergie signifie qu'un tout représente
davantage que la somme de ses parties (2+2=5).

3. Finalités :

• Adapter les modes de pensée aux besoins du monde actuel et de ses


contraintes
• Permettre l’approche de problèmes reconnus comme trop complexes
pour pouvoir être abordé de façon réductionniste

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• Caractériser les systèmes, ce qui consiste à préciser les frontières, les


relations internes et externes, les structures, les lois émergentes.
• Mieux comprendre le fonctionnement socio-organisationnelle de
l’entreprise.
• Tous domaines caractérisés comme complexes et nécessitant une
approche et une méthodologie adaptées.

II. Les différentes théories du système:

1. les grands auteurs :

- Ludwig Von Bertalanffy


Nationalité: Autriche
Né(e) à : Atzgersdorf , le 19/09/1901
Mort(e) à : Buffalo, New York, États-Unis) , le 12/06/1972
Karl Ludwig von Bertalanffy était un biologiste d'origine autrichienne connu
comme le fondateur de la Théorie systémique grâce à son ouvrage General
System Theory. Von Bertalanffy a d'abord travaillé à Vienne puis à Londres, et
enfin au Canada et aux États-Unis.

- Jean-Louis Le Moigne (né le 22 mars 1931 à Casablanca) est un


spécialiste français de la systémique et de l’épistémologie constructiviste.
Ses domaines de recherche théorique privilégiés sont les sciences des systèmes,
de l'ingénierie, de l'intelligence artificielle. La thématique parcourt les sujets de
l'organisation, l'information, la décision. Au niveau humain, la cognition et la
communication sont au cœur de ses intérêts. Globalement, on peut le qualifier,
aux côtés d'Edgar Morin, comme un chercheur des sciences de la complexité.
Jean-Louis Le Moigne a développé l'épistémologie constructiviste à travers son
ouvrage en trois tomes Le Constructivisme et les épistémologies constructivistes.
Il fut d'abord ingénieur, puis professeur d’université.

- Joël de Rosnay, Docteur en Sciences, est Directeur de la Prospective et de


l'Évaluation de la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette. Entre 1975 et
1984, il a été Directeur des applications de la Recherche à l'Institut Pasteur.
Ancien chercheur et enseignant au Massachusetts Institute of Technology (MIT)
dans le domaine de la biologie et de l'informatique, il a été successivement
attaché Scientifique auprès de l'Ambassade de France aux États-Unis et
Directeur Scientifique à la Société Européenne pour le Développement des
Entreprises (société de "Venture capital").
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2. Théorie générale des systèmes ( BERTALANFFY ) :

La théorie des systèmes est un principe selon lequel tout est système, ou tout
peut être conceptualisé selon une logique de système. On parle aujourd’hui
plutôt de Théorie systémique.
Ce principe est formalisé en 1968 par Ludwig von Bertalanffy dans General
System Theory, mais les bases sont multiples, la principale étant certainement le
mouvement cybernétique.
Ces théories ont permis le développement du concept de systémique. Pour plus
de clarté, nous allons parler d’abord de la théorie des systèmes en général pour
en revenir par la suite aux diverses théories systémiques en particulier.

Le paradigme systémique considère de façon indissociable les éléments des


processus évolutifs. La « théorie générale des systèmes » constitue
essentiellement un modèle pouvant s’illustrer dans diverses branches du savoir.
On peut distinguer trois niveaux d’analyse :
La science des systèmes, consistant à la fois en une étude des système
particuliers dans les différentes sciences et une théorie générale des systèmes
comme ensemble de principes s’appliquant à tous les systèmes. L’idée
essentielle ici est que l’identification et l’analyse des éléments ne suffit pas pour
comprendre une totalité (comme un organisme ou une société) ; il faut encore
étudier leurs relations. Bertalanffy s’est attaché à mettre en lumière les
correspondances et les isomorphismes des systèmes en général : c’est tout
l’objet d’une théorie générale des systèmes.

La technologie des systèmes, concernant à la fois les propriétés des matériels et


les principes de développement des logiciels. Les problèmes techniques,
notamment dans l’organisation et la gestion des phénomènes sociaux globaux
(pollutions écologiques, réformes de l’éducation, les régulations monétaires et
économiques, relations internationales), constituent des problèmes incluant un
grand nombre de variables en interrelation. Des théories « globales » comme la
théorie cybernétique, la théorie de l’information, la théorie des jeux et de la
décision, la théorie des circuits et des files d’attente, etc., en sont des
illustrations. De telles théories ne sont pas « fermées », spécifiques, mais au
contraire interdisciplinaires.

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La philosophie des systèmes, promouvant le nouveau paradigme systémique, à


côté du paradigme analytique et mécaniste de la science classique. La
systémique constitue, selon les propres termes de Bertalanffy, « une nouvelle
philosophie de la nature », opposée aux lois aveugles du mécanisme, au profit
d’une vision du « monde comme une grande organisation ». Une telle
philosophie doit par exemple soigneusement distinguer systèmes réels (une
galaxie, un chien, une cellule), qui existent indépendamment de l’observateur,
systèmes conceptuels (théories logiques, mathématiques), qui sont des
constructions symboliques, et systèmes abstraits (les théories expérimentales),
comme sous-classe particulière des systèmes conceptuels qui correspondent à
la réalité.
À noter, à la suite des travaux sur la psychologie de la forme et les déterminismes
culturels, que la différence entre systèmes réels et systèmes conceptuels est loin
d’être tranchée. Cette ontologie des systèmes ouvre donc sur une
épistémologie, réfléchissant sur le statut de l’être connaissant, le rapport
observateur/observé, les limites du réductionnisme, etc. L’horizon ultime est
alors de comprendre la culture comme un système de valeurs dans lequel
l’évolution humaine est enchâssée.

3. Théorie générale des systèmes ( théorie de modélisation) :

La modélisation systémique : au sens scientifique le plus général, le modèle


désigne la transcription abstraite d’une réalité concrète.
La théorie du Système Général est la théorie de la modélisation des objets à l’aide
de cet objet artificiel peu à peu façonné́ par la pensée humaine, que L. von
Bertalanffy a proposé d’appeler le Système Général : le système est un modèle
de nature générale (L. von Bertalanffy, 1972).
C. W. Churchman définit en une ligne, en1964, la nature de cette théorie: la
théorie du Système Général est la méthodologie de recherche du Système
Général.

4. Théorie de Joël Rosnay :

Joël Rosnay (1975) propose une synthèse des oppositions entre les approches
analytique et systémique qui met en valeur l’importance d’analyser les
organisations globalement, ainsi que les interactions.

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L’approche systémique appliquée aux organisations


Comme le souligne de Rosnay (1975), le concept de système s'efforce de relier
les ensembles au lieu de les isoler, s'appuie sur la perception globale plutôt que
sur l'analyse détaillée, considère les interactions plutôt que les éléments, insiste
sur l'étude des transactions qui ont lieu aux points d'interface entre le système
et l'environnement et nous donne une vision axée sur les aspects dynamiques et
interactifs des ensembles qui composent la réalité.
Ce concept de système aide à observer la réalité en le considérant comme étant
formée d'ensembles dynamiques inter-reliés. De plus, il favorise l'application
d'une approche qui nous incite à réfléchir sur les buts pour lesquels les systèmes
sont mis en place, à découvrir les relations existantes entre les fins, les fonctions
et les structures. Connaissant les buts d'un système, nous sommes en mesure
d'en évaluer régulièrement les extrants et d'exercer des contrôles sur ses
différents aspects. Cette approche exige également que nous concentrions notre
attention sur la réalisation des objectifs qui justifient l'existence d'un système et
sur les critères nous permettant d'en vérifier la performance.
L'approche systémique, c'est donc l'application du concept de système à la
définition et à la résolution des problèmes. Cette approche nous fournit une
stratégie de prise de décisions dont les aspects les plus évidents sont:
• Une insistance marquée sur l'identification et la définition, des finalités,
des buts et des objectifs du système et une énumération de critères et
d'indices suffisamment précis et nombreux nous permettant d'en vérifier
"objectivement" le degré d’atteinte ;
• Un examen minutieux des différents aspects qui caractérisent les intrants
• Une identification des meilleures alternatives possibles concernant les
fonctions et les structures favorisant l'atteinte des objectifs d'un système;
• L’identification, l'intégration et la mise en œuvre de mécanismes
autocorrectifs (rétroaction/régulation) ajustant les objectifs du système à
ceux de l'environnement, et à ceux des autres systèmes avec lesquels il

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interagit, les extrants aux objectifs du système et les variables d'action en


fonction de la qualité et de la validité des extrants ;
• L’analyse du système global en sous-systèmes, en repérant les intrants, les
variables de transformation, les extrants de chaque unité et leurs points
d'interface avec d'autres systèmes et avec l’environnement ;
• L’implantation progressive du système et l'évaluation des extrants par
rapport aux critères de performance identifiés au préalable.

1) L’entreprise comme système ouvert


En introduction, plusieurs définitions des organisations ont été présentées et
celles-ci incluent souvent le terme système. March et Simon (1993) définissent
les organisations comme « des systèmes d’action cordonnée entre des individus
et groupes dont les préférences, l’information, les intérêts et le savoir-
différent ». Un système se définit comme un ensemble d’éléments en
interaction orienté vers la réalisation d’un ou plusieurs objectifs. Un système est
donc finalisé. Un système est donc finalisé. Un système change d’état en fonction
de la variation des éléments qui en fait partie. Le nombre d’états différents que
peut revêtir un système mesure sa variété et donc sa complexité. Plus un
système est varié et plus son contrôle est difficile et ne pourra être que partiel.
Il existe des systèmes ouverts et des systèmes fermés. Quand un système
entretient des relations avec son environnement, on parle alors de système
ouvert. De nombreux théoriciens vont s’appuyer sur cette définition des
systèmes pour analyser les organisations et les entreprises comme des systèmes
ouverts. Le caractère ouvert des organisations introduit le principe
d’équifinalité. Le même état final peut être atteint à partir des conditions
initiales différentes et par des chemins différents. Il existe alors plusieurs façons
de piloter les organisations qui peuvent aboutir au même résultat.
La frontière du système sépare les éléments qui font partie du système des
autres, ces derniers représentent l’environnement du système. La frontière peut
être matérielle (les murs de l’usine), ou immatérielle (système juridique). Il
convient de distinguer d’une part les relations entre les éléments du système et
d’autre part celles entre le système et son environnement.
Pour analyser les organisations et les entreprises, il est possible de les subdiviser
en sous-systèmes dont la nature dépend des nécessités de l'analyse. On peut par
exemple considérer que l'entreprise est composée de sous-systèmes suivants :
- un sous-système technique déterminé par la technologie qui se manifeste dans
la nature et l'agencement des équipements et les connaissances accumulées. Il
définit le processus de production. Il est privilégié par Taylor ;

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- un sous-système psychosociologique formé par les individus et les groupes en


interaction avec leurs comportements ; motivations, statuts et rôles. L'école des
relations humaines a centré son analyse sur ce sous-système ;
- un sous-système structurel qui détermine les modalités de la division et la
coordination des tâches, les hiérarchies et les circuits de communication ;
- le sous-système des objectifs et valeurs de la firme ;
- le sous-système du management qui fixe les objectifs, développe les stratégies
et définit les structures. Il constitue le centre de décision principal d'entreprise.
Ces sous-systèmes sont en interaction. Par exemple, la technologie influence la
structure et le sous-système psychosociologique. Le système entreprise est
ouvert et entretient donc des relations avec son environnement.
L'environnement peut aussi être subdivisé en sous-systèmes délimités par des
frontières et auxquels elle attribue des pouvoirs de décision. Les sous-systèmes
sont formés par exemple par ses concurrents, ses fournisseurs, les sous-
systèmes politique, scientifique ou culturel, avec lesquels elle entretient des
liens plus au moins étroits. Là encore, la subdivision en sous-système dépendra
des nécessités de l'étude menée.

2) Le pilotage du système entreprise


Les concepts de contrôle et de régulation des systèmes sont utilisés par Mélèse
(1968) pour analyser le pilotage de l’entreprise, c'est-à-dire la maîtrise de son
évolution. Ce pilotage consiste à déterminer les objectifs de l'entreprise et
éventuellement les modifier. Il permet grâce à ses opérations de contrôle et de
régulation d'assurer la gestion courante de l'entreprise et de maîtriser son
évolution (schéma ci-dessous). Cette schématisation illustre le rôle des
interactions avec l'environnement, mais aussi le principe de rétroaction qui est
un type de causalité circulaire.

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III. Opposition à l’approche rationaliste :

L’opposition entre les deux approches, systémique et rationaliste (relation de


cause à effet et raisonnement linéaire) est mise en évidence par quatre
concepts fondamentaux :
• L’interaction
Il s’agit d’un concept fondamental et particulièrement riche. Contrairement en
effet à ce qu’enseignait la science classique, la relation entre deux éléments n’est
pas généralement une simple action causale d’un élément A sur élément B, elle
comporte une double action de A sur B et de B sur A
L’interaction peut prendre des formes plus ou moins complexes depuis le simple
choc mécanique de deux boules de billard jusqu’aux relations d’une grande
variété et subtilité entre deux individus : maître et élève ou mari et femme.
Une forme particulière d’interaction est la rétroaction (ou feed-back) dont
l’étude est au centre des travaux de la cybernétique*.
• La globalité
Un système est, nous l’avons vu, composé d’éléments. Mais cela ne veut pas
dire qu’il est une somme d’éléments, comme le raisonnement cartésien nous
inciterait à le croire. Von Bertalanffy a été le premier à montrer qu’un système
est un tout non réductible à ses parties.
« Il est impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que
de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties ».
• L’organisation
Elle peut être considérée comme le concept central de la systémique. Cette
organisation c’est d’abord un agencement de relations entre composants ou
individus qui produit une nouvelle unité possédant des qualités que n’ont pas
ses composants.
L’organisation c’est aussi un processus par lequel de la matière, de l’énergie et
de l’information sont assemblés et mis en œuvre ou en forme.
Le terme « organisation » recouvre donc à la fois un état et un processus ou
autrement dit un aspect structurel et un aspect fonctionnel.

*(La cybernétique est une science du contrôle des systèmes, vivants ou non-vivants, fondée en 1948 par le
mathématicien américain Norbert Wiener.)

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• La complexité
La logique cartésienne nous a appris à simplifier tous les phénomènes en
éliminant l’inconnu, l’aléatoire ou l’incertain. Mais en fait la complexité est
partout, dans tous les systèmes, et il est nécessaire de conserver cette
complexité, quitte à admettre qu’on ne puisse en saisir et comprendre toute la
richesse.

IV. L’analyse sociotechnique :

1. Origine :

L’analyse sociotechnique s’est développée en Angleterre à partir des années


1950 au Tavistock Institute of Human Relations, créé en 1947. Ses principaux
représentants sont Emery, Trist et Rice. Cet institut avait pour objectif de
rassembler des scientifiques d’horizons divers pour étudier les groupes et les
organisations.
L’analyse sociotechnique trouve ses fondements dans la psychologie, la
sociologie du travail et les sciences de l’ingénieur. Ses travaux mettront l’accent
sur les petits groupes, ce qui témoigne de l’influence de l’école des relations
humaines, et l’interdépendance entre les facteurs techniques et humains dans
le travail, ce qui est caractéristique d’une approche systémique.

L’analyse sociotechnique est une application de la théorie systémique aux


entreprises. Emery et Trist sont les principaux auteurs de cette école. Cette
théorie envisage l’entreprise comme un système technologique ouvert, en
perpétuel échange avec l’extérieur. Par exemple, la continuité d’une entreprise
suppose un commerce régulier de produits ou de services avec les autres
entreprises, institutions, personnes de son environnement social externe.
Cette continuité dépend à la fois de conditions internes et des conditions
externes. Les conditions externes résident dans l’adaptions de l’entreprise aux
changements externes de son environnement. Les conditions internes étant
l’utilisation efficace du support matériel (emplacement, matières premières,
outils et machines) et l’organisation rationnelle des actions des agents humains.
L’école sociotechnique met également en avant l’importance de la composition
de groupe de travail, tout en soulignant le rôle de la technologie.

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2. Les travaux fondateurs :

- Eric L. Trist était un chercheur en psychologie, enseignant, consultant et un chef


de file dans le domaine du développement organisationnel. Il est le co-fondateur
du mouvement "Qualité de vie professionnelle" et fut un membre influent de
l'Institut Tavistock pour la recherche sociale, autrement célèbre pour ses
"groupes T" qui étudièrent les systèmes d'auto-organisation et la dynamique de
groupe au cours des années 1950 et 1960.

Trist et Bamforth (1956) ont été les premiers à souligner les interactions entre
le social et le technique. Ils ont mené des expériences dans une mine de charbon
où ils ont étudié l’activité d’extraction du charbon.
Ils ont montré que la mécanisation du travail seule ne permettait pas
d’augmenter la productivité et qu’une même technique pouvait conduire à
différentes organisations du travail. Avant la mécanisation, l’organisation du
travail consistait à avoir un petit groupe de mineurs formé de membres qui
s’auto-sélectionnaient. Ce groupe était responsable de son travail et les
membres étaient payés à l’identique sur la base de la productivité de leur
groupe. Il existait donc une forte cohésion interne.
Chaque équipe se succédait et poursuivait le travail que l’équipe précédente
avait laissé. Suite à l’introduction de l’abattage à la machine sur une surface
longue et du transport mécanisé du charbon à la surface, une nouvelle
organisation du travail fut adoptée qui amena une division du travail entre et à
l’intérieur des équipes. Cette nouvelle méthode a brisé la polyvalence des
mineurs et a conduit à séparer le paiement de chacun de la performance
collective. Ainsi, la forte intégration sociale qui avait caractérisé les petites
équipes avait disparu. La productivité a décliné, on a eu des rivalités et conflits
entre groupes (et entre qualifications dans les groupes) plus une augmentation
d’absentéisme pour certaines catégories de personnel.

Les deux auteurs ont découvert que d’autres puits n’avaient pas adopté cette
nouvelle organisation du travail de type taylorien suite à la mécanisation. Dans
ces puits, les équipes continuaient à s’auto-sélectionner, pratiquaient la
polyvalence et s’organisaient elles-mêmes. Il n’y avait pas de division du travail
entre les équipes ; chaque équipe exécutait les tâches successives en
répartissant elles-mêmes ses membres dans les différentes opérations et en se
réorganisant à chaque changement de tâche. En comparant l’organisation du
travail dans ces différents puits à la suite de la mécanisation, les chercheurs ont

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donc observé que la productivité n’augmentait que si les différentes équipes se


constituaient elles-mêmes et conservaient leur autonomie dans la répartition
des tâches. Suite à cette observation, les chercheurs réalisèrent plusieurs
expérimentations en accordant plus ou moins d’autonomie aux équipes. Ils ont
constaté à nouveau que les équipes autonomes avaient une meilleure
productivité, un meilleur moral et étaient moins sujettes à l’absentéisme. Ainsi,
l’importance des groupes autonomes a été mise à jour, mais aussi le fait que
différentes organisations du travail sont possibles avec une même technique.
Pour augmenter la productivité, il est essentiel d’optimiser le système technique,
mais aussi le système social.

L’expérience de Trist et Bamforth a donné ainsi naissance à l’école


sociotechnique. Par la suite, Rice (1958) démontre également les interactions
entre le social et le technique. Il a étudié une usine textile en Inde au moment
de l’introduction de métiers automatiques. Malgré le remplacement des métiers
manuels à tisser et l’introduction d’une division du travail, les effets sur la
productivité étaient limités. Les rapports entre ouvriers et encadrement
paraissaient cependant bons. L’expérimentation conduit à changer
l’organisation du travail en accordant plus d’autonomie à un groupe (au lieu
d’augmenter la spécification des tâches et la supervision). Ainsi, un groupe de
salariés devient responsable pour un groupe de métiers avec un certain degré
de partage des qualifications. Dans ce cas, la nouvelle organisation a eu des
effets positifs sur la qualité et la productivité. Cette expérience illustre à nouveau
l’existence de différentes organisations du travail malgré l’utilisation d’une
même technique et souligne l’importance de l’autonomie des groupes de travail.
Ces deux recherches fondatrices montrent ici le rôle central donné à la
recherche-action par l’école sociotechnique.

3. Les apports de l’école sociotechnique :

Le principal apport de l'école sociotechnique est d'avoir appréhendé l'entreprise


comme un système sociotechnique. L'organisation du travail et ses résultats ne
dépendent ni de la technologie seule, ni de la situation psychologique et social
seule des hommes au travail. Elle dépend des deux : organisation sociale et
organisation technique interagissent et s'influencent réciproquement.
En effet, la technologie définit un cadre, qui pose des limites au type
d'organisation possible, mais il reste une marge de choix possible entre
différents types d'organisation. Il peut exister différentes manières de
s'organiser qui s'appuient sur des combinaisons sur socio-productive différentes.
On voit ici à la fois une remise en cause des principes de Taylor en faveur d'une

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École systémique Théorie des organisations/ MR. TAHROUCH

organisation scientifique du travail et d'un one Best way, mais aussi de la théorie
de la contingence (rôle de la variable technologique). Par rapport aux théoriciens
de l'école des relations humaines, cette approche a l'avantage de prendre en
compte les contraintes techniques. En effet, les contraintes techniques et
sociales réagissent les unes sur les autres. L'efficacité de l'organisation dépend
de l'optimisation conjointe des dimensions techniques et sociales. L'analyse
sociotechnique constitue donc une approche globale et en ce sens systémique
de l'entreprise. Il est possible ici de reprocher à l'école sociotechnique l'absence
de méthode standardisée ou de préconisations, mais la nature interventionniste
de cette approche ne s'y prête pas. L’analyse sociotechnique est tournée vers les
besoins de l'homme au travail tout comme l'école des relations humaines, mais
va plus loin qu'elle, en soulignant l'importance de la participation des salariés
dans l'entreprise. L'autonomie donnée aux salariés leur permet de s'organiser
spontanément en groupes, en prenant en compte à la fois les besoins des
individus qui les composent et les impératifs de la production. L'idée d'une
démocratie industrielle est ici en germe.
Cette école a eu une grande influence sur la promotion des groupes autonomes
et semi-autonomes de travail, ainsi que sur le courant de l'amélioration de la
qualité de la vie au travail.

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École systémique Théorie des organisations/ MR. TAHROUCH

CONCLUSION :

Les différentes « approches » des organisations reposent plus ou moins sur des
perspectives différentes des rapports de l'homme et de l'organisation : que ce
soit, comme dans les théories rationalistes du début du siècle, pour adapter
l'homme à la tâche et aux processus techniques ; ou, à l'inverse, pour montrer
l'importance des « relations humaines » au sein de l'organisation, courant
dominant dans les années d'après-guerre. Depuis quelques décennies, des
chercheurs et des intervenants en organisation se revendiquent d'une approche
« systémique » des organisations. Celles-ci y sont regardées comme des «
systèmes complexes » dans lesquels interfèrent plusieurs niveaux d'intérêts et
d'objectifs qui ne peuvent être appréhendés indépendamment les uns des
autres et s'inter-influencent, mutuellement. La grande originalité de cette
approche est de mettre l'accent sur les communications et les interactions
sociales.

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École systémique Théorie des organisations/ MR. TAHROUCH

BIBLIOGRAPHIE :

- La théorie du système générale, théorie de modélisation/ JEAN-LOUIS LE


MOIGNE.
- Approches systémiques des organisations/ JACQUES MÉLÈSES
- Théorie des organisations/ SOPHIE LANDRIEUX KARTOCHIAN, 4ème édition
- Théorie sociologique des organisations, séminaire à l’intention des étudiants
de Master II de Management des organisations/UNIVERSITE DE
MAROUA/Faculté des Sciences Économique et de Gestion
- La théorie des systèmes et systémiques/ Dr. Guy TURCHANY

WEBOGRAPHIE :

- http://nasrichelbi.canalblog.com/archives/2008/03/18/8370666.html

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