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Chapitre

11 : La monnaie et le financement
B. Qui crée la monnaie ?

1) Le processus de création monétaire

« D’où vient la monnaie ? Qui la crée ? Le sujet de la création monétaire alimente bien des
fantasmes quant au pouvoir « exorbitant », « illégitime », « abusif » dont disposeraient les
banques en à la matière. La monnaie est effectivement créée par le système bancaire. Les
banques ont ce pouvoir de créer de la monnaie à partir de rien (ex nihilo) (…)
Lorsqu’une banque octroie un crédit* à un client, elle inscrit à son actif la créance qu’elle détient
sur son client et à son passif, une dette émise sur elle-même représentative du dépôt dont son
client dispose grâce à son crédit. De son côté le client de la banque aura à son passif, une dette
vis-à-vis de la banque et à son actif, un compte provisionné à hauteur du montant du crédit
accordé avant qu’il ne le dépense. Ici, l’opération à l’origine de la création de monnaie est un
crédit. (…) Peu importe la nature de l’actif acquis, dans tous les cas la banque crée de la monnaie
en monétisant des actifs qui ne sont pas de la monnaie. Le mécanisme joue aussi en sens
inverse : il y a destruction de monnaie lorsque la banque recouvre à l’échéance un crédit qu’elle
avait accordé (…) En bref, il y a création monétaire quand une banque achète un actif non
monétaire et crée la monnaie nécessaire au règlement de cette transaction et il y a destruction
monétaire quand une banque recouvre une créance qu’elle avait et détruit une quantité de
monnaie correspondante. »
*crédit : le crédit est la mise à disposition par une personne ou une organisation (le créancier)
d’une ressource (monnaie ou bien) à une autre (le débiteur) contre l’engagement d’être payé ou
remboursé dans le futur à une date déterminé.
Source : Jézabel Couppey Soubeyran, « Monnaie, banque, finance » 2ème éd, pp 141- 143
Document 1 : la création monétaire

Q1 : Rappeler les définitions des concepts suivants : « actif », « bilan », « actif du bilan », « passif du
bilan », « monnaie »

Q2 : Proposez une définition des concepts de « créance » et de « dette ».

Cas : Mathieu décide de s’acheter un véhicule dont le prix est de 10 000 euros. Ne disposant pas de
cette somme, il va à la BNP Paribas pour lui demander un crédit correspondant au prix du véhicule
qu’il veut acheter. La BNP Paribas lui accorde ce crédit.

Q3: A l’aide du document et de la réponse à la question 1, écrivez cette opération sous forme
comptable.
Banque (BNP Paribas)
Actif Passif


Client (Mathieu)
Actif Passif

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Q4 : En déduire ce que l’on entend par « monétisation de créance » ?
Q5 : Commentez la phrase soulignée
Q6 : Quel est l’effet de l’octroi d’un crédit bancaire sur la quantité de monnaie en circulation dans
l’économie ?
Q7 : Pourquoi peut-on dire que « les crédits font les dépôts » ?
Q8 : A l’aide du document et de la réponse à la question 1, écrivez cette opération sous forme
comptable

Banque (BNP Paribas)

Actif Passif


Client (Mathieu)

Actif Passif

Q9 : Quel est l’effet du remboursement d’un crédit bancaire sur la masse monétaire en circulation
dans l’économie ?
Q10: Pourquoi peut-on dire que la monnaie est à la fois une créance et une dette ?
Q11: A l’aide du document et des réponses précédentes, proposez une définition du concept de
« banque commerciales »

2) Les limites du pouvoir de création monétaire

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« Ce pouvoir de création monétaire que détient la banque revêt bien un caractère exceptionnel. (…)
Mettons fin toutefois à l’impression de « magie » qui pourrait se dégager de la présentation. Le pouvoir de
création monétaire des banques est limité et encadré. L’organisation du système bancaire est, en effet
hiérarchisé : dans le dispositif de création et de gestion des moyens de paiement, les banques sont placées
sous le contrôle de la banque centrale (c’est pourquoi on utilise parfois l’expression « banque de premier
rang » pour désigner la banque centrale et « banque de second rang pour désigner les banques
commerciales). Or la banque centrale exige des banques qu’elles détiennent en réserves sur leurs comptes
auprès d’elle un pourcentage du montant des dépôts qu’elles gèrent. Ce n’est pas la seule limite au
pouvoir de création monétaire des banques. Une autre limite provient des retraits de la clientèle :
Monsieur Dupont a un compte de dépôt auprès de la banque Monetis et souhaite retirer 150 euros en
billets. La banque Monetis devra acheter 150 euros de billet à la banque centrale qui débitera le compte
courant de la banque Monetis de ce montant. Enfin la limite la plus importante entre au pouvoir de
création monétaire d’une banque prise isolément, tient tout simplement à la circulation monétaire au sein
du secteur bancaire. Quand monsieur Dupont obtient un crédit de 15 000 euros auprès de la banque X, ce
n’est pas pour ne rien en faire. Monsieur Dupont a demandé ce crédit parce qu’il veut acheter une voiture
ou faire des travaux dans son appartement, etc. : en bref pour le dépenser. Les 15 000 euros créés par la
banque X vont ainsi circuler. Supposons que Monsieur Dupont ait acheté une voiture grâce à son crédit et
que son concessionnaire ait un compte auprès de la banque Y. Les 15 000 euros qui ont été créés seront
alors transférés du compte de Monsieur Dupont chez la banque X à celui du concessionnaire chez la
banque Y. La banque X devra alors régler 15 000 euros à la banque Y en monnaie centrale. (…) Ce que doit
la banque X à la banque Y sera en partie compensé par des dépôts de chèque de ces clients sur des clients
de la banque Y. »
Source : D’après « Monnaie, banque et finance », Jézabel Couppey Soubeyran, 2ème éd.
Document 2 : Un pouvoir de création monétaire limité

Q1 : Que peut-on dire de l’organisation du système bancaire ?

Q2 : Lorsque la banque X accorde à son client un crédit de 15 000 et que celui-ci fait un chèque de ce
même montant à un client de la banque Y. Que se passe-t-il ?

Q3 : La banque Y accepte t’elle la monnaie scripturale créée par la banque X ? Que peut-on en
déduire ?

Q4: Que faut-il entendre par « monnaie centrale » ou « monnaie banque centrale » ?

Q5 : Pourquoi peut-on dire que la circulation monétaire au sein du système bancaire limite le pouvoir
de création monétaire ?

Q6 : Commentez la phrase soulignée

Q7 : Quel lien peut-on faire entre le pouvoir de création monétaire des banques de second rang et
leur nombre ?

Q8 : Quel(s) lien(s) existe il entre la banque centrale et les banques de second rang ?

Q9: Pourquoi peut-on dire que par le biais des réserves obligatoires qu’elle fixe, la banque centrale
limite la création monétaire des banques de second rang.

Q10: Les retraits de billets au guichet sont-ils une limite au pouvoir de création monétaire des
banques de second rang ? Que peut-on en déduire ?

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3) Marché monétaire et rôle de la Banque centrale

«Les banques ordinaires sont des entreprises dont la création de monnaie scripturale est la
production principale. Comme toute entreprise, elles doivent posséder une trésorerie. Les
banques trouvent généralement cette trésorerie en monnaie banque centrale grâce aux dépôts
en billets de banque que leur font certains de leurs clients. C’est souvent suffisant mais pas
toujours. Pour éviter aux banques d’être en cessation de paiement, des mécanismes de
refinancement ont été depuis longtemps mis en place. (…) Comme dans la plupart des pays,
depuis la fin des années 1960, on a mis progressivement en place un marché monétaire. C’est un
marché des trésoreries disponibles. Les banques qui manquent de trésorerie peuvent ainsi en
emprunter à celles qui en ont plus que nécessaire. (…) Les banques ne sont pas les seuls
intervenants sur le marché monétaire. La plupart des autres institutions financières, les
assurances et les grandes entreprises peuvent aussi y trouver ou apporter de la trésorerie en
monnaie banque centrale. S’il n’y a pas assez de trésorerie disponible sur le marché monétaire, la
Banque centrale peut intervenir pour l’approvisionner. Au travers de cette intervention, elle
régule la création de monnaie scripturale ».
Source : Jean-Marie Albertini, L’argent, Editions Milan, Coll. Les essentiels, 1996, pp. 30-31
Document 3 : Marché monétaire et refinancement des banques de second rang.

Q1 : De quoi se compose la « trésorerie » des banques de second rang ?

Q2 : A l’aide du document, proposez une définition du concept de « refinancement bancaire »

Q3 : Qu’est-ce que le marché monétaire ? Quel est son rôle ?

Q4 : Quel lien peut-on faire entre le coût du refinancement bancaire et la création monétaire des
banques de second rang ?

Q5 : Comment la banque centrale peut-elle intervenir sur le refinancement bancaire ?

Document 4 : Banque centrale et pouvoir de création monétaire des banques de second rang

« La Banque centrale peut influencer la création monétaire des banques en contrôlant la liquidité
bancaire, c’est-à-dire les conditions dans lesquelles les banques peuvent se procurer les avoirs
liquides en monnaie banque centrale nécessaires pour satisfaire les demandes de billets... Elle
peut le faire essentiellement par ses interventions sur le marché monétaire. La Banque centrale
intervient sur le marché monétaire pour prêter de la monnaie centrale aux banques moyennant
paiement d’un intérêt. (…) Elle détermine le taux d’intérêt auquel elle prête la monnaie banque
centrale, et ce faisant, elle joue un rôle directeur pour les taux d’intérêt pratiqués entre banques.
(…) La Banque centrale peut faciliter le refinancement des banques, et donc la création
monétaire, en offrant beaucoup de liquidités et en faisant baisser ses taux d’intérêt, ou, au
contraire, freiner la création monétaire en réduisant son offre de monnaie et en relevant ses taux
d’intérêt ».
Source : Jacques Généreux, Introduction à la politique économique, Le Seuil, 1999.
Q1 : De quelle manière la Banque centrale peut-elle augmenter la quantité de monnaie banque
centrale disponible sur le marché interbancaire ?

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Q2 : A l’aide de ce document et des documents précédents, expliquez par quels moyens la banque
centrale peut influencer le pouvoir de création monétaire des banques de second rang.

« Chaque jour, les banques ont besoin de liquidités (refinancement) qu'elles se procurent soit auprès
d'autres banques sur le compartiment interbancaire du marché monétaire, soit auprès de la banque
centrale. Mécaniquement, les conditions que fixent la banque centrale pour les refinancements
qu'elle accorde influencent celles que se fixent les banques entre elles.
On appelle "opérations d'open-market", les interventions de la banque centrale sur le marché
monétaire. Il peut s'agir d'opérations de cession temporaire (...) : les banques apportent en garantie
un actif (...) en échange de quoi elles obtiennent des liquidités pour quelques semaines. Le taux
principal de refinancement est un taux (directeur) fixé par la Banque Centrale (...). Les opérations
d'open-market peuvent également consister en achat ou vente d’actifs par la banque centrale. Les
achats d’actifs par la banque centrale apportent de la liquidité tandis que les ventes en retirent. (…)
Les facilités permanentes permettent aux banques, au jour le jour (c'est-à-dire pour 24 heures),
d'obtenir, auprès de la banque centrale, des liquidités (facilité de prêt), ou d'en déposer (facilité de
dépôt) si elles sont en excédent de liquidité. Ces prêts et dépôts sont effectués (...) à des taux fixés
par la Banque Centrale. Ces deux taux sont très importants car ils forment un corridor à l'intérieur
duquel fluctuent les taux du marché au jour le jour. Le taux des facilités de prêt constitue un plafond
(...) et le taux des facilités de dépôts un plancher. »
Source : J Couppey-Soubeyran, Monnaie, banques, finance, PUF, 2ème édition, pp 248-254

Document 5 : La politique monétaire

Q1 : Quels sont les trois taux que la banque centrale peut utiliser pour agir sur le refinancement
bancaire des banques commerciales ?
Q2 : Sur l’open market, que doivent faire les banques de second rang pour obtenir des liquidités ?
Q3 : Expliquer comment la banque centrale peut, en agissant sur le taux principal de refinancement
agir sur le pouvoir de création monétaire des banques de second rang ?
Q4 : Qu’est-ce que le taux de facilité de dépôt ?
Q5: Qu’est-ce que le taux de facilité de prêt ?
Q6: Commentez la phrase soulignée.
Q7: A l’aide des documents 4 et 5, répondez à la question suivante : quelles sont les instruments
dont disposent la banque centrale pour influencer le pouvoir de création monétaire des banques de
second rang.
Q8 : Quel lien peut-on faire entre le pouvoir d’achat de la monnaie et la hausse du niveau général
des prix ?

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« En 2007, les premières manifestations de la crise des subprimes* ont installé un tel climat de défiance
que [les banques] refusaient de se prêter mutuellement des liquidités via le marché monétaire : de
nombreuses banques se sont donc trouvées en situation de manque de liquidités, ne pouvant honorer
leurs engagements par incapacité à trouver la liquidité nécessaire à leur activité. »
Source : N. Couderc et O. Montel-Dumont, Des subprimes à la récession, comprendre la crise, La
Documentation française, 2009.
« Selon la théorie du prêteur en dernier ressort, en cas de crise de liquidité, la banque centrale doit
augmenter ses prêts aux banques, dans des délais très brefs sans discrimination ni limite de montant. Lors
de la crise des subprimes 2007, les banques centrales ont considérablement baissé leurs taux directeurs et
ont injecté massivement des liquidités sur le marché monétaire pour éviter la faillite de nombreuses
banques. »
Source : D’après Jézabel Couppey Soubeyran, « Monnaie, banque et finance », 2ème éd.

* Crise des subprimes : crise qui s’est déclenchée aux Etats-Unis en 2007 et qui s’est notamment
manifestée par la faillite de certaines institutions telles que la banque Lehman Brothers.

Document 6 : La fonction de prêteur en dernier ressort

Q1 : Quelle est la conséquence d’une crise de confiance des banques de second rang les unes envers
les autres ?

Q2 : Dans un climat de défiance généralisé, si une banque de second rang se trouve en situation de
manque de liquidité, quelle conséquence cela aura-t-il sur les autres banques de second rang ?

Q3 : Qu’est-ce que la fonction de « prêteur en dernier ressort » ?

Synthèse de fin de chapitre :



Les banques de second rang disposent d’un . On appelle
l’opération par laquelle les banques créent de la monnaie. Le pouvoir de création monétaire des
banques est -----------et :
1) La exige des banques qu’elles détiennent en réserves sur leurs comptes
auprès d’elle un pourcentage du montant des dépôts qu’elles gèrent : .
2) La seconde limite provient des . En effet, la BC a le monopole de l’émission de la
monnaie fiduciaire
3) La troisième limite qui est la plus importante tient simplement à la au
sein du secteur bancaire (fuite interbancaire).
Pour trouver les nécessaires à leur activité, les banques de second rang vont sur le
________________ qui est un sous ensemble du marché monétaire. Sur ce marché, le taux d’intérêt
interbancaire fluctue entre le (taux plafond) et le (taux
plancher) qui sont des . La peut intervenir sur le marché monétaire en
faisant varier les disponibles et la rémunération qu'elle demande aux banques pour leur
en fournir. Plus taux d’intérêt du marché interbancaire est élevé, plus le des
banques sera coûteux ce qui les incitera à le taux d’intérêt des crédits qu’elles proposent
à leurs clients.
La BC peut influencer indirectement le pouvoir de création monétaire des BSR à travers:

- . En augmentant le montant des réserves obligatoires que les BSR


doivent détenir auprès d’elle, la BC limite leur pouvoir de création monétaire.

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- mise à la disposition des BSR. Elle peut faciliter le refinancement
bancaire et donc la création monétaire en à un taux d’intérêt
et en achetant des actifs ou au contraire la création monétaire en octroyant
moins de crédit et à un taux et en retirant des liquidités par la vente d’actifs.
On appelle l’ensemble des objectifs et des instruments utilisés par la BC pour
influencer la des BSR.
Durant la crise de confiance de l'été 2007, lorsque les banques refusaient de se prêter des liquidités,
les BC furent contraintes d’exercer leur rôle de afin d’éviter
l’effondrement du .