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COURS DE DROIT DE LA FONCTION PUBLIQUE

HNAUB HOUDEGBE 2013-2014


Jérôme X.M. K. HOUESSOU

Le droit de la fonction publique est une branche du droit administratif qui régit les rapports
entre l’Administration et ses agents notamment ses agents fonctionnaires. D’un point de vue
très général, la fonction publique peut être définie comme l’ensemble des personnes
physiques qui exercent leur activité professionnelle au service des administrations publiques.

CHAPITRE INTRODUCTIF : LES OBJECTIFS DU COURS

A : L’objectif général


● L’enseignement du droit de la fonction publique est une initiation des apprenants :
- aux problèmes généraux de la Fonction publique
- aux problèmes relatifs aux statuts et à la carrière des APE
- aux droits et aux obligations des APE c’est-à-dire à la déontologie des APE
- au régime disciplinaire des APE
B : Objectifs spécifiques
1 : Au niveau du savoir le droit de la fonction publique vise  :
- acquérir des connaissances sur la Fonction publique
- connaître les textes fondamentaux de la Fonction publique
- connaître les droits et les obligations des fonctionnaires
2 : Au niveau du savoir-faire, avoir les outils de base pour :
- aborder les aspects juridiques de la situation et de la carrière des APE
- développer des aptitudes en matière de lois et règlements sur la Fonction publique
pour être en mesure d’apporter l’appui nécessaire aux supérieurs hiérarchiques lors
des prises de décisions et de la gestion des carrières.
-  assurer le bon fonctionnement des services publics et entretenir du professionnalisme
dans leur gestion.
3 : Au niveau du savoir-être, avoir les rudiments nécessaires pour :
- être un fonctionnaire exemplaire à défaut d’être un fonctionnaire modèle dans les
rapports entre l’Administration et ses agents et entre ses agents et les administrés et
usagers ;
- être en mesure de rappeler aux agents leur déontologie.
C : Méthode d’enseignement
1: Cours
2 : Exposés
3 :Travaux dirigés
D : Contenu
CHAPITRE PREMIER : LA NOTION DE FONCTION PUBLIQUE

Section1 : Les significations de la notion


Du point de vue organique et dans un sens large, l’expression désigne l’ensemble des
personnes que l’Etat ou les autres personnes publiques (collectivités publiques et
établissements publics) à caractère administratif utilisent pour assurer le fonctionnement des
services publics. On les appelle personnel de l’administration ou agents publics ou
fonctionnaires. Ils sont soumis à des régimes juridiques variés de droit public ou de droit
privé.
Dans un sens plus restreint, l’expression désigne une catégorie du personnel de
l’administration dénommée fonctionnaires. Ces derniers sont soumis à un régime de droit
spécial.
Du point de vue matériel, elle désigne les activités de collaboration permanente et
professionnelle servant à l’action des pouvoirs publics ou activités d’intérêt général.
Du point de vue formel et juridique, une autre signification de l’expression la désigne comme
l’ensemble des compétences légales que le titulaire doit exercer dans l’intérêt général. Il s’agit
du régime juridique particulier applicable à l’ensemble des personnels de l’administration,
aux agents publics et aux fonctionnaires.
Ces diverses significations impliquent une diversité de conceptions de la fonction publique. Il
existe dans le monde actuel deux grandes conceptions de la fonction publique.
Section 2 : Les diverses conceptions de Fonction publique
La Fonction peut être conçue comme un service ou comme un métier.
I : La Fonction publique comme emploi ou comme métier
Dans certains pays, les fonctionnaires ne diffèrent en rien des autres travailleurs et ne sont
rien d’autre que des employés ou des salariés de l’Etat soumis au droit commun du travail
(Code du travail, Conventions collectives et textes divers relatifs aux travailleurs salariés). La
fonction publique n’est alors rien d’autre qu’un métier.
II : La Fonction publique comme service
Selon cette la particularité de la fonction publique est que l’agent recruté fait carrière au
sein de l’Administration. Il est entouré de garanties, est soumis à des obligations. La
permanence de l’emploi lui est assurée ainsi qu’une évolution professionnelle normale. La
Fonction publique jouit d’une position particulière, elle est soumise à un régime statutaire
de droit public.
A partir de ces diverses conceptions de la fonction publique se dégagent deux grands
systèmes de fonction publique.
Section 3 : Les divers systèmes de Fonction publique
Il existe à l’heure actuelle deux grands systèmes de fonction publique : le système de l’emploi
ou système de fonction publique de structure ouverte et le système de carrière ou système de
fonction publique de structure fermée.
§1 : Le système de l’emploi ou FP de structure ouverte : (USA)
Le système de l’emploi s’entend comme celui dans lequel l’agent est recruté pour occuper un
poste déterminé auquel il restera en principe affecté aussi longtemps que le poste sera
nécessaire. Dans ce système, l’Administration constitue une ‟vaste entreprise” qui recrute,
utilise et gère son personnel comme le ferait n’importe quelle entreprise privée. L’Etat
effectue une classification des postes et des emplois représentant une tâche particulière
correspondant à des besoins précis, à une qualification déterminée. Une fois les emplois
répertoriés, l’Administration recrute des agents qualifiés pour occuper les différents postes.
Dès que le poste devient inutile ou dès qu’il est supprimé, l’agent est licencié. S’il veut
occuper un autre emploi, il doit quitter l’ancien poste comme s’il abandonnait le service de
l’Etat pour se faire réembaucher ailleurs.
Les agents fonctionnaires dans ce système ne sont en rien différents des autres travailleurs. Ils
ne sont rien d’autre que des employés de l’Etat. Ce système se caractérise par une absence
totale de continuité et de permanence, à titre d’exemple : le système américain.
Ainsi selon la qualification que l’on a, on peut faire carrière tantôt dans l’Administration,
tantôt dans les entreprises privées.
Pour que le système fonctionne bien, il faut d’une part que les agents candidats soient des
spécialistes aptes à occuper sans une formation supplémentaire préalable les emplois
administratifs à pourvoir ; ensuite il faut qu’il y ait un secteur privé assez développé
permettant la mobilité de l’administration vers le secteur privé et du secteur privé à
l’administration.
Il n’existe donc pas de garantie de carrière dans le système de l’emploi. Les rapports entre
l’Etat et les agents publics restent essentiellement contractuels et marqués uniquement par le
souci de productivité et de rémunération.
A l’opposé de la fonction publique de structure ouverte, il y a la fonction publique de
structure fermée ou système de carrière.
§2 : Le système de carrière ou Fonction publique de structure fermée (en France, au Bénin)
En théorie, l’agent dans ce système, est recruté non pour occuper un emploi ou exercer une
fonction précisément définis, mais pour « faire carrière » pendant une longue période dans
l’Administration. Au cours de sa carrière, le fonctionnaire pourra être appelé à occuper
plusieurs emplois successifs tout en demeurant au service de l’Administration. Mais en
pratique, il n’est pas affilié à la fonction publique dans son ensemble, mais intègre un corps,
c’est-à-dire un groupe restreint qui rassemble les agents de qualifications comparables et
appelés à exercer le même genre de fonctions dans la même administration. L’appartenance à
ce groupe donne vocation à occuper divers postes, de niveaux identiques ou différents,
garantit à l’agent une progression de carrière et une augmentation périodique minimale de sa
rémunération (avancement à l’ancienneté). La classification et la hiérarchisation des emplois
sont communes aux deux types de fonction publique pour lesquels elles servent à situer les
niveaux de responsabilité et de salaire, mais elles se présentent dans la fonction publique
fermée comme une sorte d’échelle que tout membre d’un corps a vocation à gravir.
Dans ce système, l’agent consacre sa vie professionnelle au service de l’Etat et est soumis à
un ensemble particulier de droits et d’obligations adaptés à la nature de sa mission.
Dans les pays ayant opté pour cette forme, l’administration y est considérée comme une entité
à part à l’intérieur de la nation. Le fonctionnaire dès son entrée au service de l’Etat vient faire
carrière et est soumis à un statut dont il ne discute pas les dispositions. De ce fait, il est
assujetti à une discipline et à des obligations plus contraignantes que celles des agents régis
par le droit du travail.
Dans ce système, le statut et la carrière constituent deux éléments essentiels. Le Bénin a opté,
pour des raisons historiques, en faveur du système carrière hérité de la France. Ce système est
organisé selon un ensemble articulé de structures destinées au placement des agents et visant à
regrouper les fonctionnaires en unités opérationnelles. C’est pourquoi il convient d’étudier les
principes d’organisation de cette fonction publique. (Cela sera fait en TD ou sous forme
d’exposé).
TD ou Exposé: Les principes d’organisation de la Fonction publique (Le principe
hiérarchique ou principe d’autorité : l’autorité hiérarchique)

CHAPITRE II : LES DIVERS STATUTS DE LA FONCTION PUBLIQUE


Depuis la période coloniale jusqu’à ce jour, les fonctionnaires de ce qui s’appelait la
République du Dahomey et ceux d’aujourd’hui sont régis par divers types de statuts : les
statuts généraux, les statuts spéciaux, les statuts particuliers.

Section 1 : Le statut général de la fonction publique


§1 : Définition, forme juridique et fonction du statut

A : Définition, forme juridique et portée

Un statut est un ensemble de règles juridiques applicables à une catégorie de personnes.


Le statut général est l’ensemble des dispositions législatives et règlementaires relatives à la
situation de la majorité des fonctionnaires, à leur carrière, à leurs droits et à leurs obligations.
Le statut général n’est pas applicable à tous les fonctionnaires et tous les fonctionnaires ne
sont pas soumis au statut général. La forme juridique du statut général est la loi ou
l’ordonnance1.
Il existe également de nombreuses règles statutaires résultant directement soit de dispositions
législatives, soit de principes généraux de droit dégagés par la jurisprudence.
Les personnels considérés comme étant dans une situation statutaire sont très nombreux. Ce
sont les fonctionnaires de l’Etat, les magistrats, les militaires, les fonctionnaires des
assemblées parlementaires, les fonctionnaires territoriaux, les fonctionnaires hospitaliers ainsi
qu’une série d’agents non titulaires. Leurs conditions d’emploi sont définies unilatéralement
par l’Administration.
Deux conséquences découlent de ce principe statutaire : la première est l’impossibilité pour
l’agent et pour l’Administration de négocier des conditions particulières d’emploi. La seconde
conséquence est que l’Etat peut modifier à tout moment la réglementation en vigueur pour
l’adapter aux besoins du public et aux nécessités du service public, y compris la
réglementation applicable aux fonctionnaires. Autrement dit, le fonctionnaire ou l’APE n’a
aucun droit au maintien des règles en vigueur au moment de son entrée dans l’Administration.
et chaque nouvelle réglementation s’applique instantanément à tous ses destinataires,
fonctionnaires déjà en service ou agents nouveaux2.

1
La forme d’ordonnance est liée à l’instabilité politique qui a longtemps prévalu au Bénin et à l’absence de
parlement pour voter les lois, l’exécutif étant contraint de légiférer par ordonnance.
En 1979, l’absence de l’Assemblée a fait que le statut général de 1979 a été pris sous la forme d’une ordonnance
par l’Exécutif, le « Gouvernement Militaire Révolutionnaire », « GMR ». Mais en 1986, avec l’avènement de
l’«Assemblée Nationale Révolutionnaire » « ANR », l’ordonnance de 1979 amendée, a été introduite à l’ANR
sous forme de projet de loi, délibéré puis voté. C’est pourquoi le statut général de 1986 est une loi.
2
Ces principes sont parfois mal compris des fonctionnaires – surtout quand les modifications affectent les
conditions d’avancement et de rémunération – en raison d’un prétendu principe de respect des droits acquis qui
gouvernerait la fonction publique. Cette confusion trouve sa source en France dans le statut des fonctionnaires de
1946 avec le principe de la rétroactivité des lois et des règlements : en effet, les textes ne peuvent pas retirer des
avantages acquis avant leur édiction, mais ils peuvent parfaitement décider de ne pas les conserver pour l’avenir.
CE 13 février 1985, Synd. CFDT des personnels des services publics parisiens, Rec., p. 39.
B : La fonction du statut
Le statut général organise la carrière, fixe les étapes et prévoit les garanties de carrière. Il
définit la déontologie des agents ou des fonctionnaires, c’est-à-dire les règles de
comportement, de conduite, de discipline des agents publics et notamment leurs droits et leurs
devoirs ou obligations, la procédure de répression disciplinaire en cas manquement.
C : Historique
Le statut général est une institution relativement récente :
■En France :
Sous l’Ancien Régime3, existaient des textes épars dont :
-le statut des affaires étrangères élaborées par TALLEYRAND ;
Après l’Ancien Régime sont intervenus :
-la loi de 1834 sur la séparation du grade et de l’emploi des officiers de l’armée ;
-la loi du 22 avril 1905 imposant la communication préalable du dossier avant toute
sanction disciplinaire du second degré ;
-la jurisprudence du CE a aussi dégagé plusieurs principes (ex. ).
Depuis la Seconde Guerre Mondiale :
-Sous le gouvernement de Vichy : fut votée la loi du 14 septembre 1941 portant statut
général de la fonction publique : 1er statut général français
-A la Libération : vote de la loi du 1er octobre 1946 portant SG/FP. Ce statut garantit
le droit de grève et le droit syndical  ;
-Sous la Vè République : prise de l’Ordonnance du 4 février 1959 portant statut
général de la fonction publique, modèle d’inspiration pour les statuts généraux des
fonctions publiques d’Afrique francophone.
■En Belgique : le premier statut général appelé statut CAMU date du 2 octobre 1937.
D : Les divers types de statuts généraux depuis l’indépendance
■Au Bénin se sont succédé depuis l’indépendance quatre (4) statuts généraux4 :
3
C’est-à-dire le régime de la Monarchie en France
4
a : Loi N° 59-21 du 21 août 1959 portant SG/FP
Le 1er statut date de la période coloniale. Le texte de base fut la loi 59- 21 du 21 août 1959 portant statut général
de la fonction publique.
Il était suivi d’un décret d’application et d’un décret portant statut fixant l’échelonnement indiciaire. Ce texte
s’appliquait à tout ressortissant de la Communauté Française en fonction sur le territoire du Dahomey. Il
comportait les dispositions statutaires relatives à la nomination, à la permanence de l’emploi, à la titularisation et
à la participation à un service public.

b : Ordonnance N° 72-23 du 24 juillet 1972 portant SG/FP


En 1972, fut élaboré un nouveau statut, l’ordonnance 72- 23 du 24 juillet 1972 portant statut général de la
fonction publique.
Les dispositions de l’article 6 de la loi 59- 21 du 21 août 1959 sont tombées caduques en raison de l’échec de la
Communauté Française, si bien que le statut de 1972 n’est applicable qu’aux seuls citoyens dahoméens. Ce
statut n’a pas connu d’application notable avant 1979, date à laquelle intervient l’ordonnance 79-31 du 4 juin
1979 portant statut général des Agents permanents de l’Etat.

c : Ordonnance N° 79-31 du 04 juin 1979 portant SG/APE


A la base de cette ordonnance, il y avait des raisons politiques et sociales
Il s’agit de créer les conditions égales d’accès à tout emploi public aux citoyens béninois.
- Ensuite, assurer une sécurité et une stabilité
- Ensuite, unifier et rééquilibrer les différentes catégories en harmonisant dans les différents secteurs d’activités
de l’Etat les salaires à tous les niveaux.
En effet, il existait une disparité d’avantages matériels entre le secteur public et le secteur parapublic.

d : Loi N°86-013 du 26 février 1986 portant SG/APE


-1er statut général : Loi N°59-21 du 21 août 1959 portant SG/FP
-2è statut général : Ordonnance N°72-23 du 24 juillet 1972 portant SG/FP
-3è statut général : Ordonnance N°79-31 du 04 juin 1979 portant SG/APE
-4è statut général : Loi N°86-013 du 26 février 1986 portant SG/APE
1 : Loi N° 59-21 du 21 août 1959 portant SG/FP
Le 1er statut date de la période coloniale. Le texte de base fut la loi 59- 21 du 21 août 1959
portant statut général de la fonction publique.
Il était suivi d’un décret d’application et d’un décret portant statut fixant l’échelonnement
indiciaire. Ce texte s’appliquait à tout ressortissant de la Communauté Française en fonction
sur le territoire du Dahomey. Il comportait des dispositions statutaires relatives à la
nomination, à la permanence de l’emploi, à la titularisation et à la participation à un service
public.
2 : Ordonnance N° 72-23 du 24 juillet 1972 portant SG/FP
En 1972, fut élaboré un nouveau statut, l’ordonnance 72- 23 du 24 juillet 1972 portant statut
général de la fonction publique.
Les dispositions de l’article 6 de la loi 59- 21 du 21 août 1959 sont devenues caduques en
raison de l’échec de la Communauté Française, si bien que le statut de 1972 n’est applicable
qu’aux seuls citoyens dahoméens. Ce statut n’a pas connu d’application notable avant 1979,
date à laquelle intervient l’ordonnance 79-31 du 4 juin 1979 portant statut général des Agents
permanents de l’Etat.
3 : Ordonnance N° 79-31 du 04 juin 1979 portant Statut général des Agents permanents de
l’Etat (SG/APE)
A la base de cette ordonnance, il y avait des raisons politiques et sociales.
Il s’agit :
- de créer les conditions égales d’accès à tout emploi public aux citoyens béninois.
- Ensuite, d’assurer une sécurité et une stabilité de l’emploi ;
- Ensuite, d’unifier et rééquilibrer les différentes catégories d’agents de la fonction publique
en harmonisant dans les différents secteurs d’activités de l’Etat les salaires à tous les niveaux.
En effet, il existait une disparité d’avantages matériels entre le secteur public et le secteur
parapublic.
4 : Loi N°86-013 du 26 février 1986 portant Statut général des Agents permanents de l’Etat
(SG/APE)
E : Le contenu et champ d’application du statut général
(Loi 86-013 du 26 février 1986 portant SG/APE)
On retrouve dans le statut, un certain nombre de dispositions générales dont l’objet est de
définir la portée du statut vis-à-vis des personnels auxquels il s’applique. On énonce
également les règles qui ont trait à la gestion ainsi qu’aux droits et obligations des
fonctionnaires ou APE. Ces règles portent sur le recrutement et les avantages sociaux, la
notation et l’avancement, la discipline, les positions et la cessation des fonctions.
Le champ d’application du statut général est, comme le suggère le qualificatif général utilisé,
assez large, sans pour autant s’étendre à la totalité des fonctionnaires ou des APE, des agents
de l’Administration (Etat et collectivités secondaires). Le domaine d’application et les limites
sont en général définis par les articles 1ers des statuts généraux.
Les principales dispositions du statut général des APE
Le statut comprend 5 titres et une annexe. Certains titres sont divisés en chapitres subdivisés à
leur tour en sections.
Le titre Ier est consacré aux dispositions générales ayant trait au champ d’application du
statut, à la structure interne de la fonction publique qui repose sur les corps, les catégories, les
échelles, le grade et l’emploi.
Le titre II traite du recrutement. En son chapitre 1er, il traite des conditions générales d’accès
aux emplois publics et des niveaux de recrutement. Le second chapitre traite du mode de
formation et de sélection des agents.
Le titre III fixe les dispositions statutaires applicables aux agents permanents de l’Etat. Il
comprend 6 chapitres subdivisés en sections. Le 1er fixe les droits et devoirs de l’agent. Le
2ème définit l’organisation des carrières. Il traite de la notation (section I), de l’avancement
(section II), de la formation professionnelle et de la promotion hiérarchique (section III). Le
3ème chapitre énonce les conditions de changement de corps. Quant au 4ème chapitre, il est
consacré aux positions de l’agent, à certaines dispositions médico-sociales. La rémunération
et certains avantages sociaux forment l’objet du chapitre 5. Le chapitre 6 fixe les règles
disciplinaires régissant les divers organes.
Le titre IV est consacré à la cessation définitive de fonctions.
Le titre V énonce les dispositions diverses relatives aux spécialisations et au reclassement des
agents, les dispositions transitoires relatives au recrutement. Il prévoit la date d’entrée en
vigueur du statut général et ses effets.
L’annexe comprend l’échelonnement indiciaire des corps du personnel de l’Administration et
des établissements publics de l’Etat.
Le champ d’application de la Loi N°86-013 du 26 février 1986
1°) Les secteurs d’activités auxquels s’applique le statut général
Le nouveau droit de la fonction publique instauré par la loi n° 86-013 du 26 février 1986 a
pour champ d’application les Administrations publiques, les services de l’Etat, des
collectivités, des Sociétés d’Etat, des Sociétés d’économie mixte (SECMI), des
Etablissements Publics à caractère industriel et/ou commercial (EPIC) ou à caractère social et
des Offices.
2°) Les agents auxquels il s’applique
Sont soumis au droit statutaire avec les avantages mais aussi avec les sujétions que cela
comporte : les agents des Administrations et Services publics (Ministères et services
attachés) ; les agents des administrations et services des collectivités locales ; le personnel de
droit privé de l’administration (les agents qui relevaient des conventions collectives, des
contrats individuels, les gents de maison, les ouvriers des services agricoles ; les travailleurs
de sociétés d’Etat, les travailleurs des Sociétés d’Economie mixte (SECMI) ; les travailleurs
des Etablissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) ; les travailleurs des
offices ; les auxiliaires régis par le décret 110 PCM du 25 avril 1960.
Le domaine du code du travail a été largement réduit et celui de la fonction publique
considérablement élargie avec l’ordonnance 79-31 puis la loi 86-013.
Tous les fonctionnaires ne sont pas soumis au statut général. Les fonctionnaires soumis au
statut général ne sont pas soumis au seul statut général. Le statut général est une loi-cadre à
partir de laquelle d’autres textes relatifs à des cas particuliers sont pris.
F : La réforme du Statut général
Le projet de texte en préparation apporte une modification qui précise la notion d’emplois de
la Fonction Publique et de postes de travail à travers lesquels il s’applique.
Les conditions d’accès aux emplois publics sont définies par rapport aux connaissances ou
aux aptitudes précises dans le domaine de l’emploi.
Les postes de travail correspondant aux emplois publics permanents sont inscrits au budget
général de l’Etat.
Le projet prévoit de classer les emplois dans un cadre organique permettant la gestion
professionnelle des effectifs dans chacun des emplois. Ce cadre organique identifie les
emplois pour chaque service et définit les profils professionnels des titulaires.
Le projet de statut prend en compte la disparition de la catégorie E.
La progression de la carrière à l’ancienneté est confirmée mais est liée à l’évaluation de
l’agent sur la base de contrat d’objectifs.
Le projet de loi confère le pouvoir d’évaluation au supérieur hiérarchique de l’agent qui
l’exerce sur la base d’un contrat d’objectifs établis annuellement. L’évaluation fait l’objet
d’un entretien avec l’agent.
L’avancement reste fondé sur l’ancienneté de l’agent, mais est lié à sa notation. L’avancement
d’échelon n’est donc plus automatique.
L’avancement de grade est réservé aux agents inscrits au tableau d’avancement, en raison de
leur mérite.
TD ou Exposé : Etude de la loi 86-013 portant SG/APE
TD : L’avancement au mérite
Section 2 : Les statuts spéciaux
§1 : Définition, forme juridique et caractéristiques
A : Définition et forme juridique (loi)
Les statuts spéciaux, c’est l’ensemble des règles juridiques applicables aux corps non soumis
au statut général. Ils sont pris en la forme législative.
B : Caractéristiques
Ce sont des statuts dérogatoires au statut général. Ils répondent à 3 critères :
- La soumission à des règles indépendantes du statut général ;
- L’interdiction du droit de grève ;
- Attribution d’avantages matériels particuliers.
Ils sont obligatoirement fixés dans leur ligne générale par la loi en raison de ce qu’ils
dérogent eux-mêmes à une loi c’est-à-dire au statut général.
Les statuts généraux sont sensés s’appliquer à tous les fonctionnaires ou APE. Mais il se
trouve que certaines catégories d’agents ne sont pas soumises au statut général en raison :
- de la spécificité de leurs fonctions (magistrats, militaires, policiers) ;
- des exigences de continuité du service public (armée, police) ;
- du renforcement du pouvoir hiérarchique sur elles (armée, police, magistrats) ;
- ou de la nécessité d’accorder plus d’indépendance pour une bonne administration
du service public (service public de la justice).
Les statuts spéciaux dérogent au statut général. C’est pourquoi on les appelle statuts
dérogatoires. La dérogation peut porter sur n’importe quelle disposition du statut général. Ils
constituent par ailleurs pour leurs personnels respectifs des équivalents du statut général.
C’est pourquoi on les appelle aussi statuts généraux (Ex. Statut général des personnels des
Forces Armées du Bénin).
Au Bénin 3 catégories de personnels sont soumis à des statuts spéciaux : les magistrats, les
personnels militaires et les personnels de la police.

§2 : Les divers statuts spéciaux depuis l’indépendance


1-Les divers statuts spéciaux au Bénin depuis l’indépendance sont au nombre de trois :
- Loi n°2001-35 du 21 février 2003 portant Statut général des Magistrats (en
remplacement des anciennes lois : loi n° 83-005 du 17 mai 1983, loi n° 87-O21 du
21 septembre 1987).
- Loi n°2005-43 du 26 juin 2006 portant Statut général des personnels militaires des
forces armées béninoises (en remplacement des lois : n° 81-014 du 10 octobre
1981 modifiée et complétée par les lois n° 88-006 du 26 avril 1988 et n° 98-012 du
25 février 1998).
- Loi n°93-010 du 04 août 1993 portant Statut spécial des personnels de la Police
Nationale (mise en conformité avec la constitution le 11août 1997 et promulguée
le 20 août 1997, loi rétroactive par décision de la CC n° 96-0026 des 19 janvier et
2 mai 1996).
- (NB : les enseignants du Supérieur tout comme les Agents contractuels de l’Etat
ont tenté de se doter d’un Statut spécial, mais ils ont été déboutés par la Cour
Constitutionnelle et la Cour Suprême, leur situation n’étant pas prévue par la
Constitution comme c’est le cas des trois autres catégories de personnels soumis à
des statuts spéciaux).
2- La portée des statuts spéciaux
Ce sont des statuts dérogatoires du statut général. Ils sont obligatoirement fixés dans leur ligne
générale par la loi en raison de ce qu’ils dérogent eux-mêmes à une loi.
Au Bénin nous avons le statut général des APE, et le statut général de la magistrature.
Ces statuts concernent en général des personnels appartenant à des administrations dont le
fonctionnement est jugé essentiel notamment en raison de l’exigence de la continuité du
service public. Ils visent à soumettre d’avantage les APE au pouvoir hiérarchique mais aussi
en raison de la nécessaire indépendance, à la sécurité de l’action juridictionnelle.
TD : Etude du Statut spécial des personnels de la Police Nationale
Section 3 : Les statuts particuliers
§1 : Définition et forme juridique (décret)
Ce sont les règles particulières qui fixent les conditions d’application du statut général ou des
statuts spéciaux aux différents corps de fonctionnaires qui leur sont communs.
La loi 86-013 du 26 février 1986 portant SG/APE dispose en son article 7 que : « des décrets
portant statuts particuliers fixent les modalités d’application de la présente loi aux
différents corps des personnels de l’Etat ».
Les fonctionnaires de l’Etat exercent des fonctions et des tâches diverses. Pour tenir compte
de la diversité de ces tâches et de l’hétérogénéité de ces fonctions, des règles particulières sont
prévues fixant les modalités d’application des statuts généraux ou des statuts spéciaux à ces
corps respectifs. Ce sont les statuts particuliers.
Les statuts particuliers sont adoptés par décret en Conseil des ministres. Leur adoption relève
du pouvoir réglementaire.
Les statuts particuliers ne dérogent ni au SG ni aux statuts spéciaux mais en facilitent
l’application et leur sont conformes. Le Bénin en compte plusieurs dizaines.
§2 : Les divers types de statuts particuliers
Il existe divers types de statuts particuliers :
-Les statuts particuliers ordinaires ;
-Les statuts particuliers dérogatoires : Statut particulier des enseignants (ne déroge pas au
statut général mais à des règles de gestion : )
TD : Etude du Statut des personnels administratifs communs
Section 4 : Le régime juridique des Agents contractuels de l’Etat (ACE) :
(Décret n° 2005-108 du 09 mars 2005 portant régime juridique d’emploi des ACE)
La revendication des Agents Contractuels de l’Etat (ACE) de se doter d’un statut spécial a été
rejetée par la Cour Suprême (Cf. Avis motivé de la CS sur le projet de loi portant cadre
général des ACE). Ils sont à présent régis par le Décret N° 2005-108 du 09 mars 2005 portant
Régime juridique d’emploi des Agents Contractuels de l’Etat.
TD : Etude du Décret portant régime juridique des ACE
Section 5 : Les textes supplétifs

Une autre source du droit de la fonction publique est constituée par les textes supplétifs : A
titre d’exemple :
1 : L’ordonnance 80-6 du 11 février 1980 portant répression disciplinaire des détournements
de deniers publics et dont certaines dispositions dérogent à des dispositions du statut général.
Le statut général des APE a exclu des sanctions du 2ème degré la révocation avec suspension
des droits à pension. L’ordonnance 80-6 l’a reconduite.
2 : La loi 86-014 du 26 septembre 1986 portant code des pensions civiles et militaires de
retraite
Le statut général des APE a exclu des sanctions du 2ème degré la révocation avec suspension
des droits à pension mais il y a la révocation sans suspension des droits à pension.
L’ordonnance 80-6 l’a reconduite.