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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique


Ecole Nationale Supérieure de Biotechnologie

Cours : Hygiène et sécurité au travail


Niveau : 3ème année

Enseignant : N. RAHIM

Année universitaire 2017/2018


Cours Hygiène et sécurité au travail 

Cours : Hygiène et sécurité au travail

Objectifs de cours :

 Appréhender les risques et dangers spécifiquement liés au milieu industriel


professionnel.
 Maîtriser l’application des mesures et normes de sécurité au travail, évaluées en
termes de risques chimiques, physiques et psychologiques pour l’individu mais
également vis-à-vis de l’outil de travail et de l’environnement.
 Acquisition des principes de la gestion des risques et de leur prévention.
 Fournir un lieu de travail sain et sans danger pour tous les employés
 Minimiser l’impact des activités, des produits et des services sur
l’environnement
 Application des réglementations de l’environnement, l’hygiène et la sécurité par
intégration dans l’ensemble des pratiques de travail
 Amélioration continue de fonctionnement de l’entreprise.
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I. Introduction

Jouir d’un état optimal de bien-être physique, mental et social dans son travail
est l’objectif de ce domaine fondamental qu’est l’hygiène et sécurité de travail. Protéger
la vie et la santé de celles et ceux qui travaillent, c’est aussi protéger les enfants et même
le fœtus, d’effets néfastes qu’ils pourraient subir par l’intermédiaire de leurs parents ;
et c’est aussi protéger celles ceux qui ont fini de travailler et qui sont en droit de profiter
de leur retraite sans que leur travail ne les ait handicapés d’une manière ou d’une autre.
La sensibilité aux enjeux de santé et de sécurité au travail est croissante dans l’ensemble
de la société. Les entreprises ont progressivement été amenées à prendre en
considération ces préoccupations au sein même de leur organisation. Il est donc
indispensable que les futurs salariés et managers maîtrisent ces réglementations qui
s’imposent pour favoriser le bien-être de tous.

II. Définition et historique de l’hygiène et sécurité du travail

Née dans les pays anglo-saxons principalement, l’hygiène du travail s’est


progressivement imposée comme étant une des disciplines essentielles de la santé au
travail. En Suisse, elle s’est affirmée lentement mais joue aujourd’hui un rôle important
dans la prévention des maladies liées au travail. L’hygiène du travail s’occupe de la
prévention des risques chroniques pour la santé, en anticipant, identifiant, évaluant et
maitrisant les nuisances à la place de travail. En cela, cette discipline est un complément
indispensable de la médecine et de la sécurité du travail.

A. L’Hygiène du travail

L’hygiène du travail est la science de l’anticipation, de l’identification, de


l’évaluation et de la maîtrise des risques professionnels qui pourraient nuire à la santé
et au bien-être des travailleurs. Elle prend également en compte l’impact éventuel de
ces risques sur les collectivités avoisinantes et sur l’environnement en général.
L’hygiène du travail peut être définie de différentes façons, mais sa signification et son
objectif sont, au fond, toujours les mêmes : protéger et promouvoir la santé et le bien-
être des travailleurs et préserver l’environnement dans son ensemble grâce à des actions
de prévention sur le lieu de travail.
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B. La sécurité au travail

La sécurité fait souvent référence à des notions telles que le risque, le danger, la
prévention, la protection mais aussi la responsabilité et l’assurance. La sécurité au
travail est de l’ordre de la protection et la prévention des accidents et des maladies dans
le monde professionnel. Santé et sécurité sont indissociables et font l’objet d’une même
politique. La préservation de la santé et de la sécurité au travail est un enjeu majeur de
santé publique mais également un enjeu économique décisif en raison du nombre de
jours de travail perdus du fait des accidents du travail.

Tableau 1 : accidents du travail et journées de travail perdues (Année 2009)

Nombre de salariés 18 458 838


Nombre d’accidents avec arrêt 652 269
Nombre d’accidents avec incapacité permanente (hors 44 037
décès)
Nombre de décès 543
Nombre de journées de travail perdues par incapacité 36 743 331
temporaire

III. Défi et perspectives de l’hygiène et sécurité du travail

L’Hygiène du travail est une science consacrée à la gestion des risques


(principalement chronique) objectivement mesurables. Il est indéniable que les risques
« traditionnels » (silice, plomb, solvants, etc.) diminuent au cours du temps. Bien que
de nouveaux risques liés aux nouvelles technologies apparaissent régulièrement et que
d’autres problèmes plus difficiles à « mesurer » voient leur importance croitre, il est
vital que la profession d’hygiène du travail s’adapte à ces nouvelles conditions et se
maintienne dans sa « niche écologique » pour rester un partenaire incontournable dans
le milieu de la santé et de la sécurité au travail.

IV. Le système d’hygiène et sécurité au travail


La santé et la sécurité au travail s’organisent dans un système complexe qui
recouvre des enjeux variés.
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Figure 1. Les enjeux de l’hygiène et sécurité au travail

Tableau 2. Les enjeux de l’hygiène et de la sécurité au travail


Le travail est un déterminant de santé publique. On note
une forte influence des facteurs professionnels (risques,
Enjeux sanitaires exposition aux risques et pathologies associées) et des
conditions de travail inégalitaire (selon les catégories
socioprofessionnelles et/ou le statut professionnel).

- Des effets négatifs sous la forme de coûts directs (comme


les cotisations payées par l’entreprise à la sécurité sociale
au titre des accidents du travail et des maladies
professionnelles), et de coûts indirects (perte de
Enjeux économiques production, climat social, coût de remplacement du
salarié, etc.).
- Des effets positifs par la compétitivité.

Réduction de la défiance vis-à-vis des risques


Enjeux sociaux professionnels, l’impact des risques industriels sur
l’environnement.

Réduction des accidents du travail et des maladies


Enjeux humains professionnelles.

Optimisation des moyens, des méthodes, des processus


Enjeux techniques mis en œuvre.

Évolution du code pénal au regard des responsabilités des


Enjeux juridiques employeurs, de l’évaluation et de la maîtrise des risques.
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V. Le plan de l’hygiène au travail

Le plan hygiène au travail visait à engager une dynamique afin d’améliorer la


prévention des risques professionnels en réduisant le nombre d’accidents du travail et
de maladies professionnelles. Il se caractérise par la volonté d’accentuer fortement
l’amélioration des conditions de travail, notamment pour les entreprises de moins de
200 salariés, pour les travailleurs fragilisés en raison de leurs conditions de travail
(intérim, sous-traitance, etc.) ou encore face à des risques émergents ou des mutations
technologiques ». Il a pour ambition de développer une politique de prévention active
contre des risques clairement identifiés tels que les risques psychosociaux (stress, etc.),
le risque chimique, les troubles musculosquelettiques, le risque routier professionnel.

Les acteurs de l'hygiène au travail


Voici les différents acteurs de l'hygiène au travail :

 Les employeurs :

o C'est le porteur du mandat social qui, directement ou par l'intermédiaire


de membres de l'encadrement, prend la responsabilité d'assurer la
sécurité sanitaire des employés.
o Il a pour obligation de protéger tant la santé physique que mentale des
salariés.
o C'est lui qui met en place le plan de prévention des risques et implique
sa responsabilité civile, voire pénale.

 Les salariés :

o Au sein des entreprises c'est le comité d'hygiène, de sécurité et des


conditions de travail (CHSCT) qui est chargé du contrôle du respect des
normes sanitaires.
o À défaut, dans les TPE (Très Petite Entreprise) et PME (Petite et
moyenne Entreprise) qui ne disposent pas de ce type de structure, ce sont
les délégués du personnel qui en prennent la responsabilité.

 La médecine du travail :
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o Parce que l'hygiène est une question de santé, médecins et infirmiers du


travail jouent un rôle prépondérant dans les questions de sécurité et
d'hygiène de l'entreprise.
o Les personnels de santé sont susceptibles de mettre en garde les
employeurs sur d'éventuels risques sanitaires, voire d'avertir les services
d'hygiène si des dangers pour la santé sont avérés et constatés auprès des
salariés.

 Les services d'hygiène :

o C'est l'inspection du travail qui est en charge de contrôler l'application


des réglementations légales concernant l'hygiène et la sécurité en
entreprise.
o Les services de prévention des caisses de sécurité sociale peuvent
également imposer diverses mesures de protection des assurés, au-delà
de leur simple rôle de conseil.

VI. Démarche de l’hygiène du travail

La démarche de l’hygiène du travail s’appuie sur l’existence d’une relation de


cause à effet entre un procédé, une nuisance et des effets sur la santé. L’hygiène du
travail repose donc sur l’application séquentielle de 3 étapes fondamentales :
l’identification, l’évaluation, la prévention et suivis des risques.

VI.1. L’identification des risques


L’identification des risques est une étape fondamentale dans la pratique de
l’hygiène du travail. Elle est indispensable à la planification des stratégies d’évaluation
et de maîtrise des risques, ainsi qu’à la définition des priorités d’action. L’identification
des risques conduit à définir les agents susceptibles d’être présents et les circonstances
dans lesquelles ils peuvent se manifester et la nature et l’étendue éventuelle de leurs
effets nuisibles sur la santé et le bien-être des personnes exposées.

Principaux agents de risques

En dépit des difficultés à situer les véritables causes, cinq catégories de facteurs de
risques ont été identifiées :

1. Facteurs chimiques :
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Il s’agit de facteurs qui constituent une menace pour la santé des salariés, parce
qu’ils existent en grand nombre et qu’on s’en sert dans toutes sortes de procédés
industriels. Ils se présentent sous différentes formes :
 Produits organiques : coton ; déjections des oiseaux (pigeons) = allergies
 Poussières minérales : amiante ;
 Produits métalliques : fer ;
 Solvant : térébenthine ;
 Gaz : ammoniaque ;
 Poisons, sources de maladies professionnelles comme les dermatoses ou le
cancer mortel.

2. Facteurs biologiques :
Il peut s’agir de micro-organismes pathogènes pour l’homme (bactérie, virus,
parasites, champignons, levures) de la protéine prion, pathogène, d’une lignée cellulaire
immortalisée, d’un organisme génétiquement modifié, etc.

La manipulation des agents biologiques, peut entrainer des symptômes infectieux dont
la première manifestation, est le plus souvent la fièvre, associée à d’autres en fonction
de l’organisme pathogène (ex. : hépatites virales, salmonelloses, listérioses-
tuberculoses, etc.)

La manipulation d’animaux, peut être responsable de la transmission de zoonose à


l’homme. Les zoonoses comprennent les maladies transmises directement entre
animaux et hommes, mais aussi celles transmises indirectement via des arthropodes
(insectes) vecteurs (ex. arboviroses).

La libération de substances toxiques, secrétées par le micro-organisme ou libérées lors


de sa mort peut entrainer des intoxications : la tétanospasmine, par exemple, est la
principale responsable des dégâts neurologiques, causés par le tétanos.

3. Facteurs physiques :

Les dangers et les risques en matière de santé et de sécurité au travail sont très
nombreux. Toutefois il est important d’étudier ceux qui sont les plus communs dans
l’ensemble des entreprises. On cite :
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 Bruit : Le bruit est un agent physique redoutable et insidieux. Les lésions qu'il
provoque sur le système auditif sont permanentes et irréversibles. La perte d'audition
augmente progressivement avec le temps d'exposition, mais peut toutefois cesser de
progresser si l'exposition est interrompue. D'où l'importance de connaître ce qu'est le
bruit, de savoir le mesurer, d'en connaître les effets afin de pouvoir le contrôler et de
diminuer le risque. Le bruit peut mettre vingt ans à vous rendre sourd.

 Transfert de l’énergie : Lors de travaux d'entretien, de réparation ou de


déblocage, de l'énergie peut être accumulée ou libérée et provoquer des blessures à la
personne qui effectue ces travaux. Il faut considérer toutes les sources d'énergie
alimentant l'équipement, soit l'énergie électrique, pneumatique, hydraulique ou
mécanique, comme représentant un danger potentiel.
 Tenue des lieux : La tenue des lieux concerne tous les dangers reliés le
chauffage, au milieu physique et l'aménagement dont : les planchers, les installations
électriques, l'éclairage, la ventilation, les installations sanitaires.
 Risques ergonomiques : Les maux de dos et les accidents vertébraux touchent
un nombre important des employés. Les grands responsables de 60% de ces lésions sont
les efforts excessifs que les ouvriers fournissent pour transporter, lever ou pousser des
objets.

 Radiations ; Le risque radiologique concerne l'ensemble des risques liés aux


rayonnements ionisants. Les radiations ionisantes émises par les produits radioactifs
sont particulièrement dangereuses : elles ionisent la matière, c'est à dire qu'elles
arrachent, en passant dans la matière, en particulier vivante, des électrons aux atomes.

4. Facteurs mécaniques :

Le risque mécanique est le risque lié à une défaillance humaine ou technique à


l’occasion de l’utilisation d’une machine fixe ou mobile ou d’un équipement de travail.
Il est à l’origine de nombreux accidents de travail. Ils bénéficient d’autant d’attention
parce qu’ils sont couteux en termes économiques.

Les effets de ces facteurs sont multiformes et divers : écrasement, cisaillement,


coupure, sectionnement, happement, enroulement, Électrocution, etc.
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5. Facteurs psycho-sociaux :
Les risques psychosociaux (RPS) englobent des risques professionnels
d’origine et de natures variées, qui mettent en jeu l’intégrité physique et la santé mentale
des salariés. Ils ont, par conséquent, un impact sur le bon fonctionnement des
entreprises. Le terme « psychosociaux » exprime le fait qu’ils sont à l’interface entre
l’individu (le « psycho ») et sa situation de travail.

Figure 2. Principaux facteurs de risque psychosociaux

VI.2. Evaluation des risques et élaboration de document unique

VI.2.1. Evaluation qualitatives des risques

L'étape d’évaluation (attribution d’un niveau de risque) et de hiérarchisation des


risques est essentielle dans le déroulement de la démarche. Elle vise 2 principaux
objectifs :

- permettre de débattre de priorités d'actions,


- aider à planifier les actions.

Ils existent des critères adaptés pour analyser les risques tels que :

 La probabilité de sa réalisation
 La fréquence de sa répétition
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 Le nombre des travailleurs concernés ou susceptible d’être concernés (cibles)


 Les gravités des conséquences possibles
 L’incident ou l’accident de travail ou la maladie professionnelle observée
 La nuisance à l’environnement immédiat de l’unité ou de l’entreprise

Figure 3. Eléments de l'évaluation des risques

Calcul de criticité (niveau de risque) : Le niveau de risque correspond au produit des


deux composantes du risque, à savoir la gravité des conséquences (le dommage) et la
probabilité de survenance (« fréquence » probabilité qu’un danger atteigne une cible).

Le niveau de risque (criticité) est évalué souvent sur une échelle de 1 à 4.

Criticité = gravité de survenance x fréquence

Criticité (niveau de risque) =1 : Risque négligeable → risque peu grave et peu


fréquent → ne nécessite pas un traitement
Criticité (niveau de risque) =2 : Risque fréquent → risque peu grave et très fréquent
→ c’est un problème à résoudre
Criticité (niveau de risque) =3 : Risque grave → risque très graves et peu fréquent →
survivre avec ce risque
Criticité (niveau de risque) =4 : Risque intolérable (très fort) → risque très grave et
très fréquent → abandonner la tache (le processus)
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 La matrice des risques (de criticité)

Les deux paramètres principaux de la criticité sont :


- La probabilité d'apparition
- La gravité.

On donne en général quatre à cinq niveaux à chaque paramètre :

A. Fréquence :
L’appréciation de la fréquence tient compte :
 De la fréquence de l’exposition au danger et/ou du nombre d’accidents en tenant
également compte du nombre de personnes exposées et/ou concernées ;
 Des mesures de prévention déjà existantes.

Tableau 3. Échelle possible de fréquence

Exemple de niveaux de fréquence d’une exposition à Échelle de probabilité


un produit chimique d’apparition d’un dommage

❶ Rare (exceptionnel) < 25 % du temps d’exposition ❶ Improbable,

❷ Peu fréquent : 25 % < Temps exposition < 50 % ❷ Possible,

❸ Fréquent : 50 % < Temps exposition < 75 % ❸ Probable,

❹ Très fréquent : > 75 % du temps d’exposition ❹ Très probable ou inévitable


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B. Gravité du dommage :
La gravité reflète l’importance des conséquences de l’accident si celui-ci se produit.
Tableau 4. Échelle possible de cotation de la gravité d’un dommage
Exemple 1 Exemple 2

❶ Dommage mineur, ❶ Faible : accident ou maladie sans arrêt de travail


❷ Incident sans dommage corporel, ❷ Moyen : accident ou maladie avec arrêt de
travail
❸ Dommage corporel grave (avec ❸ Grave : accident ou maladie avec incapacité
séquelles Irréversibles), partielle permanente
❹ Mort ❹ Très grave : accident ou maladie mortel

Le facteur gravité est amélioré par des actions de protection. Plutôt que de multiplier
les deux valeurs, on construit une matrice et ce sont les zones de la matrice qui indiquent
la criticité.

VI.2.2. Elaboration de document unique

Les résultats des évaluations des risques professionnels et environnementaux


sont formalisés par l’entreprise dans différents documents, et notamment le document
unique et l’étude de dangers. Les résultats contenus dans ces deux documents doivent
permettre de proposer des solutions cohérentes de prévention.

- Le document unique (DU) formalise les résultats de l’évaluation des risques


professionnels. Au-delà d’un inventaire, il permet d’élaborer un plan d’actions de
prévention et d’en assurer le suivi.

- L’étude de dangers (EDD) définit et justifie les mesures destinées à réduire la


probabilité et les effets des accidents potentiels, dans des conditions économiquement
acceptables.

Le document unique constitue une transcription des résultats de l’évaluation des risques
et doit « comporter un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de
l’entreprise ou de l’établissement » (article R. 4121-1 du Code du travail).
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Au-delà de l’inventaire exigé, il conviendra que le chef d’entreprise poursuive sa


démarche par la détermination d’un plan d’actions de prévention et le suivi de ces
actions.

L’établissement du document unique constitue pour l’entreprise une double


opportunité: garantir un suivi efficace des actions de prévention, mais aussi assurer leur
«traçabilité».

VI.3. Prévention et maitrise des risque :


La prévention et la maîtrise des risques par l’élaboration et la mise en œuvre de
stratégies visant à éliminer, ou à réduire à des niveaux acceptables, l’apparition d’agents
et de facteurs nocifs sur le lieu de travail, tout en tenant compte de la nécessaire
protection de l’environnement.

« Une action préventive anticipée et intégrée » constitue l’approche idéale de la


prévention des risques. Elle devrait comprendre :

 L’évaluation de l’impact sur la santé des travailleurs et sur l’environnement


avant la conception et l’installation d’un nouveau lieu de travail.
 Le choix de la technologie la plus sûre et la moins polluante (« production plus
propre »).
 Une localisation adaptée du point de vue de l’environnement.
 Une bonne conception et une implantation adéquate des installations, avec des
moyens de prévention appropriés, y compris sur le plan de la sécurité du
traitement et de l’élimination des rejets et déchets générés.
 L’élaboration de règles et de directives en matière de formation, afin d’assurer
la bonne exécution des opérations, y compris la sécurité des pratiques de travail
et les procédures de maintenance et d’urgence.

A. Élaboration d’un programme d’action

Est l’ensemble des dispositions à mettre en œuvre pour préserver la sécurité et


la santé des salariés, dans l’objectif de :

- Réduire la gravité (risque) → protection


- Réduire la fréquence (risque) → prévention
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La prévention repose sur des principes, des méthodes et des outils


- Définir les risques à : se prévenir / prendre en charge
Réactivité → prendre des décisions pour régler les problèmes
Proactivité → résoudre les problèmes avant qui ne surviennent, ou dans leurs débuts
- désigner un responsable qui doit s’occuper de chaque risque
- sensibiliser le personnel que la prévention des risques professionnels est la
responsabilité de l’ensemble des travailleurs sans exception
- optimiser le ratio (cout du sinistre < cout de prévention)
- établir un plan d’action, comprenant :

 Les risques classifiés en priorité, selon leurs : criticités, gravités et probabilité


d’occurrence (selon l’échelle de 1 à 4)
 Le plan de prévention
 Le plan de réparation
 Le responsable

Cas d’un plan de prévention défaillant :


- non existence d’un plan d’action
- non respects du plan de prévention (échéancier)
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- ne pas prioriser les risques (non trie par criticité)


- mauvaise identification = impossibilité de traitement
- chevauchement des risques
- non précision des risques
- consultation de la mauvaise personne
- non identification d’un responsable de risque
- non actualisation et mise à jour

B. Suivi des risques

Mettre à jour le plan de suivi des risques

Un bon suivi n’effectue qu’en parallèle de :

- Une bonne gestion du personnel


- Une bonne embauche et orientation du personnel
- La formation et la communication
- La proactivité

Risques endogènes → viennent de l’intérieur


Risques exogènes → viennent de l’extérieur

 
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VII. L’information et la formation des personnels concernés à la prévention

1. L’affichage et la signalisation

A. Affichage sur les lieux de travail :

Consignes incendie

Numéro des secours d'urgences

Elaboration d’une fiche de poste, chaque fois que des produits dangeureux sont
utilisés

B. Signalisation : La signalisation s’impose chaque fois que sur un lieu de travail un


risque ne peut pas être évité ou prévenu par l’existence d’une protection collective ou
par l’organisation du travail.

Quelques exemples :

 Sauvetage et secours (symboles blancs sur fond vert)

 Matériel de secours (symboles blancs sur fond rouge)


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 Interdiction (cercle barré rouge, symbole noir sur fond blanc)

 Avertissement (triangle noir, symbole noir sur fond jaune)

 Obligations (symbole blanc sur fond bleu)

2. La formation à la sécurité

Les travailleurs doivent bénéficier d’une formation pratique et appropriée aux


risques auxquels ils sont exposés dans l’enceinte de l’entreprise et lors de l’exécution
du travail.

A. Le travailleur doit recevoir une information compréhensible sur :

 Les risques liés à la circulation dans l'entreprise (les règles de circulation des
véhicules ou engins, les chemins d'accès, les issues et dégagements de secours, es
instructions d'évacuation)
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 Les risques liés à l'exécution du travail (l'utilité des mesures de sécurité


prescrites, les modes opératoires retenus en cas d’incendie ou d’accidents, le
fonctionnement des dispositifs de protection et de secours et les motifs de leur emploi).
 La conduite à tenir lorsqu'une personne est victime d'un accident ou d'une
intoxication sur les lieux de travail :
Le travailleur doit recevoir les instructions nécessaires pour qu'il puisse, lorsqu'il est
témoin d'un accident :
 Prendre les dispositions concourant à la sauvegarde de la victime,
 Sauvegarder sa propre intégrité physique.

B. Une formation pratique et appropriée

Elle tient compte :


• des travailleurs appelés à en bénéficier, de leur formation, de leur expérience
professionnelle, de leur qualification, de la langue qu'ils parlent où qu'ils lisent ;
• des risques propres à l'établissement ou au chantier ;
• des risques auxquels le travailleur est exposé ;
• des tâches qui seront effectivement confiées au travailleur.

C. Une formation pour tous les salariés et les stagiaires


 La formation doit être dispensée de manière systématique :

• aux salariés nouvellement embauchés, quel que soit le type de contrat de travail,
• aux salariés intérimaires,
• aux stagiaires,
• aux salariés qui changent de poste de travail ou de technique de travail,

 La formation est également dispensée à l'occasion de certains événements,


lorsque ceux-ci le nécessitent :

• Modification des conditions habituelles de circulation sur les lieux du travail ou dans
l'établissement ;
• Modification des conditions d'exploitation présentant notamment des risques
d'explosion ou d'incendie ;
• Accident du travail ou maladie professionnelle trouvant l'une de leurs origines dans
les conditions de circulation dans l'établissement ou le chantier.
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D. Une formation spécifique pour certains travailleurs

Les travailleurs affectés à des travaux comportant un risque précis doivent bénéficier
d'une formation spécifique (emploi de machines, manipulation ou utilisation des
produits chimiques, opérations de manutention, opérations d'entretien des matériels et
des installations, travaux mettant en contact avec des animaux dangereux,
radioprotection, etc.).

E. La formation aux premiers secours

Le sauveteur-secouriste du travail ne doit pas uniquement agir dans les situations


d’urgence, il doit en effet être un acteur de la prévention à part entière. Il peut ainsi
participer à l’identification des risques, à la rédaction du document unique et à son
actualisation.