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CHAPITRE DEUXIEME : DE L’EXERCICE

DU COMMERCE EN DROIT OHADA


 

Selon l’évolution du monde des affaires, le droit commercial des Etats membres de
l’OHADA, trouvaient certaines limites compte tenu de l’anachronisme du droit leur légué par
les colonisateurs, et qui ne s’adaptait plus aux réalités actuelles et qui devrait être
uniformisé et harmonisé en faveur de tous ces Etats.

En clair, tous ceux qui s’intéresse au monde d’affaire s’accorde et pour dire que la
législation applicable dans la plupart des pays qui sont aujourd’hui signataires du traité
relatif à l’Harmonisation du Droit des Affaires  était archaïque et inadapté, car remontant le
plus souvent à la période coloniale.

Par ailleurs, il y avait une diversité des législations qui étaient peu compatibles avec la
tendance à la réalisation de l’intégration économique pour la constitution de communautés
tant régionales que sous régionales.

Ainsi, il a fallu, au vu de ce qui précède, une législation modernisée et harmonisée. L’Acte


uniforme portant sur le droit commercial général constitue la première étape dans cette
œuvre. Il existe désormais des règles communes dont l’examen révèle qu’il y a 
d’importantes innovations.

C’est le cas de l’exercice par la femme mariée d’une activité commerciale, qui, aujourd‘hui
elle est devenue capable, contrairement aux anciennes législations des Etats signataires,
dont l’exemple le plus illustratif est le cas de la République Démocratique du Congo.

Cela étant, le présent chapitre va  définir le commerçant et les actes de commerce (section
1) et enfin s’atteler sur la capacité d’exercer le commerce en droit OHADA (section 2).
 

SECTION 1ère : DU COMMERÇANT ET DES ACTES DE


COMMERCE
 

Cette section traite de la définition du commerçant (§1), des actes de commerce (§2), et
ensuite des obligations comptables du commerçant (§3).

§1. DEFINITION DU COMMERÇANT

Les commerçant sont, selon l’article 2 de l’Acte Uniforme relatif au Droit commercial
général, « ceux qui accomplissent des actes de commerce et en font leur profession
habituelle »[10].
 

« Dans son sens courant, le terme commerçant désigne les personnes qui tiennent
un commerce de détail »[11].

§2. LES ACTES DE COMMERCE

L’acte Uniforme relatif au Droit commercial général ne définit pas non plus l’acte de
commerce.

Ainsi, face à cette impasse, nous avons recouru à l’Encyclopédie Universelle Wikipédia qui
entend par acte de commerce, « un acte qui consiste à acheter des biens
appelés marchandise, dans l'intention de les revendre avec un bénéfice. En d’autres mots,
un acte de commerce est un acte ou un fait juridique soumis aux règles du droit
commercial en raison de sa nature, de sa forme ou de la qualité de commerçant de son
auteur »[12].
En droit OHADA, ce sont les articles 3 et 4 de l’Acte uniforme relatif au DCG qui énumère
les actes de commerce.
Plusieurs auteurs ont abondé dans cette notion d’actes de commerce, qui les classifient en
actes de commerce par nature, par accessoire et mixte.

Par contre, dans le cadre de ce travail, nous nous limiterons à épingler justement les actes
de commerce prévus par le droit OHADA, notamment ceux énumérés aux articles 3 et 4 de
l’Acte sus-évoqué. Ainsi ont le caractère d’actes de commerce :

-      L’achat de biens, meubles ou immeubles, en vue de leur revendre ;

-      Les opérations de banque, de bourse, de change, de courtage, d’assurance et de


transit ;

-      Les contrats entre commerçants pour les besoins de leur commerce ;

-      L’exploitation industrielle des mines, carrières et de tout gisement de ressources


naturelles ;

-      Les opérations de location de meubles ;

-      Les opérations de manufacture, de transport et de  télécommunication ;

-      Les opérations des intermédiaires de commerce telles que commission, courtage,
agences, ainsi que les opérations d’intermédiaires pour l’achat ; la souscription, la vente ou
la location d’immeubles, de fonds de commerce ;

-      Les actes effectués par les sociétés commerciales.

En outre, ont également le caractère d’actes de commerce et ce, par leur forme : la lettre de
change, le billet à ordre et le warrant.

§3. LES OBLIGATIONS COMPABLES DU COMMERÇANT

L’Acte uniforme met deux types d’obligations à la charge des commerçants. Il s’agit des
obligations comptables d’une part et d’autre part, l’obligation de se faire immatriculer au
Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.

1.1.      L’OBLIGATION COMPTABLES
Ces obligations sont prévues par les articles 15 et suivants de l’acte uniforme relatif au
DCG. Ainsi, il y a obligation qui pèse sur tous les commerçants qu’ils soient personnes
physiques ou morales. C’est l’obligation de tenir les livres de commerce visés à l’article 15.
Il s’agit de :

-      Le journal qui enregistre au jour le jour les opérations commerciales ;

-      Le grand livre avec balance générale récapitulative ;

-      Le livre d’inventaire.

Il y a en effet, l’obligation qui pèse sur les celles personnes morales commerçantes, c’est
en fait l’obligation d’établir tous les ans les états financier de synthèse.

1.2.      L’OBLIGATION DE SE FAIRE IMMATRICULER AU REGISTRE DU COMMERCE


ET DU CREDIT MOBILIER
 

L’article 14 de l’Acte uniforme sous examen précise que toute personne physique ou
morale ayant la qualité de commerçant doit, dès le début de l’exploitation de ce commerce,
requérir au greffe de la juridiction compétence dans le ressort duquel le commerce est
exploité, afin de se faire immatriculer au Registre du Commerce.

En clair, cet article libelle les personnes commerçantes qui sont assujetties à
l’immatriculation. Il s’agit notamment :

-      Les personnes physiques ayant la qualité de commerçant au sens de l’acte uniforme
sur le Droit commercial général ; la requête en vue de l’immatriculation doit être introduite
dans le premier mois de l’exploitation.

-      Les sociétés commerciales et autres personnes morales visées à l’Acte uniforme relatif
au Droit des sociétés commerciales et du GIE.

Ainsi, « l’immatriculation au RCCM confère à la société la personnalité juridique. C’est ne


qu’à compter de la date d’immatriculation que la société peut reprendre les engagements et
les actes accomplis pour un compte »[13].

SECTION 3ème : LA CAPACITE COMMERCIALE DE LA


FEMME MARIEE
Pour le Professeur Don José MUANDA : « le Droit OHADA rend la femme mariée capable
pour toute les professions. Abrogeant ainsi les articles 448 et 451 du Code congolais de la
famille. Mais il est fait un constat sur terrain que certains professionnels même certains
autres acteurs de l’économie congolaise entretienne un doute pourtant éclairer sur certains
points du droit congolais des affaires ayant subi de facto et de jure une abrogation en
application des dispositions de l’Acte uniforme »[18].

En effet, selon l’article 7 alinéa 2 de l’Acte uniforme relatif au DCG « le conjoint du


commerçant n’a la qualité du commerçant que s’il accomplit les actes (jugés commerciaux
par la loi) visés aux articles 3 et 4 ci-dessus à titre de profession et séparément de ceux de
l’autre conjoint» [19].

En faisant la lecture de cette disposition, la femme mariée est émancipée par le nouvel
ordre juridique pour exercer le commerce à condition que son commerce soit distinct de
celui du mari. Si une femme exploit un même fonds de commerce avec son mari, elle ne
sera jamais commerçante même si elle accomplit les actes de commerce par la forme.

Par ailleurs, « la capacité de la femme mariée doit s’entendre à notre avis à tous le
domaine professionnel en matière du travail quand bien même que le Code du travail reste
muet »[20].

Selon le Professeur Yves GUYON : « la notion de profession renferme trois éléments :


l’organisation, la compétence et la recherche de bénéfice »[21]. Par contre, l’habituel
s’oppose à l’occasionnel, le conjoint du commerçant ne peut prétendre avoir le statut de
commerçant que dans l’hypothèse où il déploie son activité de façon permanente.

Ainsi, pour avoir la qualité de commerçante, la femme mariée doit avoir un commerce
distinct de celui de son mari, c’est-à-dire un fonds de commerce différent.

Néanmoins, son époux peut s’opposer à son commerce dans le but de sauvegarder le
mariage et l’héritage des enfants.

Par ailleurs, le Professeur Don José MUANDA conclu que : «  en application de l’article 7
de l’AUDCG tel que révisé, sont abrogées toutes les dispositions nationales qui rendent la
femme mariée incapable. Toutes les dispositions postérieures si par imprudence,
survenaient à la matière seront contraire au traité si jamais elles reviendraient à instituer
l’incapacité de la femme mariée »[22].

Enfin, « quant à la question de savoir si l’application de l’Acte Uniforme relatif au droit


commercial général tel que révisé est déjà en application en RDC, la réponse se trouve à
l’article 9 du même acte qui laisse clairement comprendre que l’AU est applicable dès lors
qu’est publié au journal officiel de l’OHADA. Sur ce, pour la RDC, le dépôt des instruments
de ratification a été concrétiser le 13 juillet 2013 et le 13 septembre 2012, le journal officiel
a promulgué l’entrée en vigueur du traité OHADA par la voie du Journal officiel n°spécial du
13 septembre 2012. L’application des Actes uniformes sont donc applicables et opposables
à tous depuis le 13 septembre 2012 ». Par conséquent, la femme mariée est désormais
capable.

COMPARAISON OHADA ET DROIT CONGOLAIS QU’EN A CE

Le Droit OHADA rend la femme mariée capable pour toutes professions : abrogation des
articles 488 à 451 du Code congolais de la Famille et des dispositions obscures en matière
du travail Par L’adhésion effective de notre pays au Traité OHADA appelle l’application
directe et immédiate des Actes uniformes comme vous le savez aussi bien que les autres.
Mais il est fait un constat sur terrain que certains professionnels même certains autres
acteurs de l’économie congolaise entretiennent un doute pourtant éclairé sur certains points
du droit congolais des affaires ayant subi de « facto et de jure », une abrogation en
application des dispositions des Actes uniformes. Il est vrai que la portée abrogatoire à
notre avis, ne doit souffrir aucune contradiction en vertu du principe de « pacta sunt
servanda ».(Les conventions doivent être respectées). C’est une locution latine signifiant
que les parties sont désormais liées au contrat venant d'être conclu et qu'à ce titre elles ne
sauraient déroger aux obligations issues de cet accord. C'est un principe de droit des
obligations et de droit international public qui trouve largement sa place dans l’application
du droit communautaure OHADA. La nécessité de mettre à niveau les professionnels du
droit congolais se fait sentir comme une priorité sans égal. Et, nous saluons les efforts de la
Commission Nationale OHADA RDC (CNO RDC) du fait de sa volonté très affichée de
remplir ce rôle, car faut-il le dire, le Professeur Roger MASAMBA MAKELA, Président de la
CNO, réalise un travail de titan dont les répercutions sont d’ores et déjà efficientes. Il nous
a donc paru indispensable de rappeler et d’éclairer de manière tranchée la question relative
à la capacité de la femme qui ne cesse de hanter certains esprits intellectuels alors qu’il
n’en devait plus être ainsi. A cet effet, nous vous expons humblement ce qui suit :
L’incapacité de la femme mariée fait désormais l’objet d’un débat dépassé et apparaît
comme antinomique depuis le 13 septembre 2012. Surtout que bon nombre des praticiens
de droit congolais semblent entretenir un flou sur des éléments capitaux engendrés du Droit
des Affaires OHADA. Ainsi, avons-nous estimé important dans le cadre de la vulgarisation
des Actes uniformes, de retenir ce point dans ce journal de l’OHADA. L’article 10 du Traité
OHADA dispose : « les Actes uniformes sont directement applicables et obligatoires dans
les Etats Parties nonobstant toute disposition de droit interne antérieure ou postérieure. Cet
article à portée abrogatoire met fin aux débats et incertitudes quant à l’incapacité de la
femme en matière d’exercer les activités commerciales. Pour rappel sur base des articles
448 à 452 du Code congolais de la Famille, la femme devait obtenir l’autorisation de son
mari pour tous les actes juridiques dans lesquels elle s’obligeait à une prestation qu’elle
devait effectuer. L’Article 450 du Code Congolais de la Famille, ajoute : « Sauf les
exceptions ci-après et celles prévues par le régime matrimonial, la femme ne peut ester en
justice en matière civile, acquérir, aliéner ou s’obliger sans l’autorisation de son mari. Si le
mari refuse d’autoriser sa femme, le tribunal de paix peut donner l’autorisation ».
L’autorisation du mari peut être générale, mais il conserve toujours le droit de la révoquer.
Mais les articles 451 et 452 donnent des exceptions au principe légal de l’incapacité de la
femme mariée : Article 451 : L’autorisation du mari n’est pas nécessaire à la femme: 1. pour
ester en justice contre son mari; 2. pour disposer à cause de mort. Elle n’est pas non plus
nécessaire dans les cas suivants: 1. si le mari est absent; 2. si le mari est condamné à une
peine d’au moins six mois de servitude pénale, pendant la durée de sa peine. Article 452 :
La nullité fondée sur le défaut d’autorisation ne peut être évoquée que par la femme, le mari
ou leurs héritiers. Le Code de la Famille congolais n’était donc pas favorable à la femme
mariée à voir les prescrits des articles précités alors que la Constitution congolaise de 2006
en vigueur, prône l’égalité entre l’homme et la femme et l’on pouvait déjà y trouver
l’abrogation du principe énoncé de l’ncapacité de la femme mariée, mais l’on a plutôt
préféré le mutisme en lieu et place de la révision des dispositions du Code la Famille. En
sus de cette garantie constitutionnelle contre la discrimination en matière des droits et
obligations envers la femme, les prscrits de la loi congolaise sont appuyées par des
conventions internationales et des lois nations portant non discrimination à l’égard de la
femme et certaines dispositions légales relatives à la protection de la femme, lesquelles
conventions ont été dûment ratifiées et publiées au journal officiel congolais. Mais une
analyse scientifique dépassionée permet de comprendre qu’il est dépassé de débattre sur
l’incapacité de la femme mariée en droit congolais car, en réalité ce débat est vidé de tout
sens et devient sans objet. Par ailleurs, ces dispositions légales congolaises créent une
situation antérieure du droit interne clairement contraire à l’esprit de l’Acte uniforme relatif
au droit du commerce général qui dispose en son article 7 : «…le conjoint du commerçant
n’a la qualité de commerçant que s’il accomplit les activités actes visés aux articles 3 et 4
de l’Acte uniforme sous examen, à titre de profession et séparément de ceux de l’autre
conjoint, conférant ainsi à une épouse (femme mariée) la capacité d’exercer le commerce à
condition de séparer ses biens de ceux de son mari. La capacité de la femme mariée doit
s’entendre à notre avis à tous les domaines professionnels même en matière du travail
quand bien même le code du Travail reste muet sur la capacité de la femme mariée. L’on
doit par conséquent conclure en application de l’article 7 de l’AUDCG tel que révisé que
sont abrogées toutes dispositions nationales qui rendent la femme mariée incapable. Toute
disposition postérieure si par imprudence, survenait en la matière sera contraire au Traité si
jamais elle reviendrait à instituer l’incapacité de la femme mariée. Les activités visées aux
articles 3 et 4 de l’AUDCG sont simplement des actes de commerce. Quant à la question
de savoir si l’application de l’Acte Uniforme relatif au droit du commerce général tel que
révisé, est déjà en cours en République Démocratique du Congo. La réponse se trouve à
l’article 9 du même Acte qui laisse clairement comprendre que l’AU est applicable dès lors
qu’il est publié au journal officiel de l’OHADA. Sur ce, pour la RDC le dépôt des instruments
de ratification a été concrétisé le 13 juillet 2012 et le 13 septembre 2012 le journal officiel a
promulgué l’entrée en vigueur du Traité OHADA par la voie du journal officiel n° spécial du
13 septembre 2012. L’application des Actes uniformes sont donc applicables et opposables
à tous depuis le 13 septembre 2012. Honorables Messieurs les Présidents des Cours et
Tribunaux, voici en quelques lignes, ce que nous avons estimé important de rappeler à nos
compatriotes acquis à l’exerce du droit congolais. Nous vous remercions et vous exprimons
notre marque de respect en qualité d’Avocat et au nom du Centre d’Etudes et des
Recherches en Droit des Affaires. Don José MUANDA NKOLE wa YAHVE

Actes Uniformes de l'OHADA


Les règles de droit matériel communes aux États membres de l'OHADA sont contenues dans des Actes Uniformes,
adoptés par le Conseil des Ministres. A ce jour, neuf (09) Actes uniformes ont déjà été adoptés et, pour certains,
révisés. Sont concernées, les disciplines suivantes :

1. Droit commercial général


Avant l’intervention du législateur OHADA, la matière était soumise à des règles souvent anciennes et extrêmement
diversifiées, tant dans leurs sources (lois, décrets, ordonnances....) que dans leur objet. Afin de faciliter et de
sécuriser les échanges entre les opérateurs économiques, le Conseil des Ministres a adopté, le 17 avril 1997, l’Acte
uniforme relatif au droit commercial général (AUDCG). Ce texte de 289 articles a été remplacé, après plus d’une
décennie d’application, par un nouvel Acte uniforme du 15 décembre 2010.

Encore plus moderne que le précédent, l’AUDCG du 15 décembre 2010 réglemente :


 le statut du commerçant et celui, nouveau, de l’entreprenant, institué pour favoriser le passage des acteurs de
l’économie informelle vers le secteur formel ;
 le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM) qui reçoit les immatriculations des personnes physiques et
personnes morales commerçantes, mais aussi les inscriptions de sûretés mobilières, et dont l’informatisation permettra
d’accéder, en temps réel, à une information fiable sur les agents économiques de l’espace OHADA ;
 le bail à usage professionnel qui, se substituant au bail commercial, organise une protection spécifique de tout
professionnel exerçant son activité dans un local dont il n’est pas propriétaire ;
 le fonds de commerce, constitué de l’ensemble de moyens qui permettent au commerçant d’attirer et de conserver une
clientèle ;
l’intermédiaire de commerce (commissionnaire, courtier ou agent de commerce), personne physique ou morale agissant
professionnellement pour le compte d’une autre personne afin de conclure avec un tiers un acte juridique à caractère
commercial ;
 la vente commerciale, contrat de vente de marchandises entre commerçants, y compris les contrats de fournitures de
marchandises destinées à des activités de fabrication ou de production.
Date d’entrée en vigueur: 16/05/2011

2. Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique


Le 30 janvier 2014, le Conseil des Ministres a adopté un nouvel Acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales et du groupement d’intérêt économique (AUSCGIE), en substitution à celui du 17 avril 1997.
La première partie du texte énonce des dispositions générales, communes à toutes les formes de sociétés
commerciales : règles de constitution et de fonctionnement, responsabilité des dirigeants, liens de droit entre
sociétés, transformation, fusion, scission, apports partiels d’actifs, dissolution, liquidation, nullité de la société et des
actes sociaux, formalités diverses et règles de publicité. Outre les importantes clarifications apportées, le nouvel
AUSCGIE consacre les conventions extrastatutaires, devenues d’usage courant dans la vie des affaires, de même
qu’il prévoit la nomination d’un administrateur provisoire, en cas de crise entre associés rendant impossible le
fonctionnement normal de la société.
La deuxième partie règlemente les diverses formes de sociétés commerciales : société en nom collectif (SNC),
société en commandite simple (SCS), société à responsabilité limitée (SARL), société anonyme (SA), Société en
participation, société de fait, groupement d’intérêt économique (GIE) et, innovation majeure, société par actions
simplifiée (SAS). Le nouveau texte introduit également d’importantes dispositions de droit boursier, de même qu’il
améliore le traitement des conventions réglementées afin d’améliorer la gouvernance des sociétés. Par ailleurs, la
possibilité pour les actionnaires et les administrateurs de participer par visioconférence aux réunions de l’assemblée
générale ou du conseil d’administration est instituée.

La troisième partie édicte, enfin, des incriminations relatives à la constitution, à la vie, à la dissolution et à la
liquidation des sociétés commerciales, étant précisé que les sanctions afférentes aux infractions ainsi prévues
doivent être précisées par la loi nationale de chaque Etat Partie.

Date d’entrée en vigueur: 05/05/2014

3. Droit des sûretés


Se substituant à l’Acte uniforme du 17 avril 1997, le nouvel Acte uniforme portant organisation des sûretés (AUS)
adopté le 15 décembre 2010 traduit la volonté des Etats membres de l’OHADA de renforcer la confiance des acteurs
économiques, notamment les banquiers et les investisseurs.

Le nouveau texte institue l’agent des sûretés, professionnel chargé de la gestion des sûretés d’autrui, de leur
constitution à leur réalisation.

L’AUS organise également les différentes sûretés (définies comme affectations au bénéfice d’un créancier de biens
ou d’un patrimoine afin de garantir l’exécution d’une obligation ou d’un ensemble d’obligations), et réglemente :
 les sûretés personnelles (cautionnement, garantie et contre-garantie autonomes) ;
 les sûretés mobilières (droit de rétention, propriété retenue ou cédée à titre de garantie, gage, nantissements et
privilèges) ;
 les hypothèques, sûretés réelles immobilières.

Date d’entrée en vigueur: 16/05/2011

4. Procédures simplifiées de recouvrement et des voies d'exécution


Adopté à Libreville le 10 avril 1998, l’Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement
et des voies d’exécution (AUVE) organise, en matière de recouvrement, deux procédures judiciaires simples à mettre
en œuvre par un créancier, afin de contraindre son débiteur à exécuter ses engagements : l’injonction de payer et
l’injonction de délivrer ou de restituer un bien, cette dernière étant assortie de deux saisies correspondantes que sont
la saisie-appréhension et la saisie-revendication.

Dans le domaine des voies d’exécution, l’AUVE aménage les données de base de l’exécution forcée, et réglemente
les différents procédés de contrainte : les saisies conservatoires (de biens meubles corporels, de créances, de droits
d’associé et valeurs mobilières), et les saisies exécutoires (saisie-vente, saisie-attribution de créances, saisie des
rémunérations, saisie immobilière).

Date d’entrée en vigueur: 10/07/1998

5. Procédures collectives d'apurement du passif


Adopté le 10 avril 1998 à Libreville (Gabon), l’Acte uniforme portant organisation des procédures collectives
d’apurement du passif (AUPC) organise les procédures collectives de traitement de l’insolvabilité sur décision et sous
contrôle judiciaires (règlement préventif, avant cessation des paiements ; redressement judiciaire ou liquidation des
biens, après cessation des paiements) et définit les sanctions patrimoniales, professionnelles, civiles et pénales,
applicables au débiteur et aux dirigeants  de l’entreprise défaillante.

Les procédures collectives s’appliquent aux commerçants (personnes physiques et morales), aux personnes morales
de droit privé non commerçantes, ainsi qu’aux entreprises publiques revêtant la forme de personnes morales de droit
privé.

Eprouvé par quinze ans d’application, l’AUVE a fait l’objet d’une étude de diagnostic au terme de laquelle le Conseil
des Ministres a, lors de sa session du 30 janvier 2014, tenue à Ouagadougou au Burkina Faso, autorisé sa révision.
Le processus d’actualisation et de modernisation de cet important texte est en cours.

Date d’entrée en vigueur: 01/01/1999

6. Droit de l’arbitrage
Adopté le 11 mars 1999,  l’Acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage (AUA) constitue le droit commun de l’arbitrage
pour l’ensemble des Etats membres de l’OHADA. Il pose les principes du droit de l’arbitrage, règle les différentes
phases de la procédure, fixe les conditions de la reconnaissance et de l’exécution des sentences arbitrales, et
organise les voies de recours ouvertes contre les sentences : recours en annulation, recours en révision et tierce
opposition.

L’arbitrage organisé par l’Acte uniforme cohabite, dans le système OHADA, avec l’arbitrage institutionnel spécifique
administré par la CCJA.

Date d’entrée en vigueur: 11/06/1999

7. Organisation et harmonisation de la comptabilité des entreprises


Adopté le 24 mars 2000, l’Acte uniforme portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises,
auquel est annexé le système comptable OHADA, établit les normes comptables, le plan des comptes, les règles de
tenue des comptes et de présentation des états financiers et de l’information financière. Il vise les comptes
personnels des entreprises, personnes physiques et morales, les comptes consolidés et comptes combinés, et
comporte, en outre, des dispositions pénales.

Cet Acte uniforme est en cours d’actualisation.

Date d’entrée en vigueur:


 Comptes personnels des entreprises: 01/01/2001
 Comptes consolidés et comptes combinés: 01/01/2002
8. Contrats de transport de marchandises par route
Adopté le 22 mars 2003, l’Acte uniforme relatif aux contrats de transport de marchandises par route (AUTM)
s’applique à tout contrat de transport de marchandises par route lorsque le lieu de prise en charge de la marchandise
et le lieu prévu pour sa livraison, tels qu’ils sont indiqués au contrat, sont situés soit sur le territoire d’un Etat membre
de l’OHADA, soit sur le territoire de deux Etats différents dont l’un au moins est membre de l’OHADA, à l’exclusion
des transports de marchandises dangereuses, des transports funéraires, des transports de déménagement, ou des
transports effectués en vertu des conventions postales internationales.

L’AUTM uniforme s’applique indépendamment du domicile et de la nationalité des parties au contrat de transport. Il
règle la conclusion, l’exécution, la responsabilité et le contentieux découlant du transport.

Date d’entrée en vigueur: 01/01/2004

9. Sociétés coopératives
Adopté à Lomé (Togo) le 15 décembre 2010, l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés coopératives (AUSCOOP)
répond à une demande fortement exprimée par les coopérateurs de l’espace OHADA qui, n’étant pas soumis aux
règles des sociétés commerciales, souhaitaient des règles spécifiques harmonisées à l’échelle régionale.
L’AUSCOOP  s’applique à toutes les coopératives, sous réserve des règles nationales ou régionales spécifiques,
applicables à aux sociétés coopératives exerçant une  activité bancaire ou financière.

Il prévoit deux types de coopératives au choix des entrepreneurs : la société coopérative simplifiée et la société
coopérative avec conseil d’administration. Il distingue clairement les règles communes aux deux ainsi que les règles
spécifiques à chaque type de coopérative. Quelques traits caractéristiques de ces formes d’organisation de
l’entreprise méritent d’être soulignés : l’adhésion volontaire et ouverte à tous sans discrimination, le pouvoir
démocratique exercé par les coopérateurs, l’autonomie et l’indépendance, l’éducation, la formation et l’information du
coopérateur, l’engagement volontaire envers la communauté, la coopération entre organisations à caractère
coopératif.