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Etudes




Compétitivité de la plasturgie
française dans l’Union européenne






Des enjeux prioritaires


pour un développement durable
MINEFI / DiGITIP / SIM NODAL CONSULTANTS
Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne






Compétitivité de la plasturgie
française dans l’Union européenne

Etude stratégique comparative réalisée par

NODAL CONSULTANTS
pour le compte de la DiGITIP / SIM



Rapport final



Louis Berreur Antoine Prestat


Bertrand de Maillard Frank Wittendal
Bertrand Vergne Louis Gimbert 5 mars 2003

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne



NOTE DE SYNTHESE

En France, comme dans le reste de l’Europe, la plasturgie doit faire face à de très importantes


mutations qui sont plus d’ordre économique et réglementaire que d’ordre technologique.
Les grandes avancées technologiques sur les procédés de transformation des matières plastiques
semblent être maintenant bien assimilées par les entreprises et l’on n’aperçoit pas, à court terme
au moins, de tendance à des ruptures technologiques qui pourraient remettre en cause l’équilibre
de la filière. Mais d’autres menaces se profilent à l’horizon. Ce sont essentiellement les
conséquences de la mondialisation des échanges, de l’accession à ces technologies des pays
nouvellement industrialisés et les conséquences des nouvelles politiques en matière

d’environnement et de développement durable qui passe par la maîtrise de l'ensemble du cycle de


vie du produit, de la conception au recyclage des produits.
Le plastique est présent dans tous les secteurs de la société. Les progrès de ces 30 dernières
années n’auraient pas été possibles sans ces matériaux qui sont fondamentaux dans des secteurs
tels que l’industrie, le transport, l’alimentation, la médecine, les télécommunications ou
l’agriculture. Ils sont modulables, durables, ont une bonne relation coût/efficacité, sont sûrs et

légers, et toutes ces qualités les ont convertis en l’option choisie par les fabricants de différents
secteurs. Parmi les exigences actuelles, on inclut aussi la nécessité de maintenir l’équilibre entre
ces avantages et la protection de l’environnement.
En effet, la consommation mondiale de matériaux plastiques est passée de 7 millions de tonnes en
1960 à 153 millions de tonnes en 2000, accusant un taux de croissance de l’ordre de 8% par an.
Cette forte croissance s’est, en grande partie, effectuée au détriment des matériaux traditionnels


tels que l’acier, l’aluminium ou même le bois.


Les prévisions de croissance de 7% conduisent à estimer, à l’horizon 2010, une consommation
mondiale de matériaux plastiques d’environ 300 millions de tonnes qui sera portée par la croissance
de la population, ainsi que par les innovations dans les nouveaux plastiques, les nouvelles applica-
tions et par la demande accrue de la nouvelle « civilisation du plastique » dans les pays émergents.
Face à ces perspectives encourageantes, l’étude de Nodal Consultants a, cependant, identifié cinq


handicaps majeurs de ce secteur industriel qui devront, quelque soient les scénarios de
développement envisagés, être corrigés :
• La structure du secteur industriel : la filière est dominée par les fournisseurs de matières
premières et les donneurs d’ordres qui, sans s’impliquer réellement dans le métier de la
transformation, exercent de fortes pressions sur l’équilibre financier des transformateurs, avec
pour conséquences des marges insuffisantes ne permettant pas aux industriels d’engager des
ressources pour le développement de l’innovation. Cette faible implication d’une partie de la
profession conduit à un déséquilibre des structures, un manque de leadership, et une absence de


vision stratégique.
• L’analyse des facteurs de compétitivité de la plasturgie conduit à identifier deux
positionnements stratégiques possibles : celui des avantages concurrentiels par les coûts, c’est
le cas des PECO ou de l’Espagne, et celui des avantages concurrentiels par les spécificités et
l’innovation, c’est le cas de l’Allemagne ou des Etats-Unis. La France, le Royaume-Uni et
l’Italie se caractérisent par un positionnement stratégique médiocre, intermédiaire entre ces
deux extrêmes, peu favorable à la recherche de facteurs de différenciation permettant de


structurer une démarche marketing et commerciale efficace.


• La plasturgie, dans l’ensemble, a un faible pouvoir d’attraction qui limite le recrutement de res-
sources qualifiées. L’industrie des plastiques véhicule une image peu valorisante, floue et rem-
plie de perceptions qui ne lui sont pas toujours favorables : environnement et conditions de tra-

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vail, qualité des produits, faible valorisation des emplois, faibles possibilités d’avancement, ré-
munération non concurrentielle, et des entreprises de petites tailles insuffisamment capitalisées.
• La prise en compte de la qualité de l’environnement est devenue une des préoccupations majeu-
res de la société qui se traduit par un foisonnement réglementaire. Les directives européennes
environnementales sont généralement transposées de manière stricte en droit français et elles


sont appliquées de manière encore plus stricte. Contrairement aux pays du nord de l’Europe où
l’application des normes est plus pragmatique, la plasturgie française est totalement soumise à
cette réglementation, qui handicape, à court terme, la compétitivité des industriels.
• Pour mémoire, un centralisme franco-français et des lourdeurs administratives.
Ces handicaps et difficultés rencontrés par la profession se traduisent par des tendances à long et
moyen terme, parmi lesquelles les plus marquantes sont la perte des avantages compétitifs de la

plasturgie française, l’internationalisation des marchés dont la plasturgie française n’a pas réussi à
transformer les effets pervers en avantages concurrentiels, le développement insuffisant des
technologies et des nouveaux procédés et, d’une manière générale, de l’innovation, les difficultés
pour intégrer de nouveaux services, avec comme conséquence globale la dégradation de la
rentabilité de la quasi-totalité des entreprises de la filière.
La nécessité d’accroître la productivité des entreprises du secteur est incontournable, mais elle ne

constitue ni la base du développement futur des entreprises, ni même le moyen principal pour
contrecarrer les effets conjoints de la pression sur les prix exercée par les producteurs de matières
premières et les donneurs d’ordres. Pour préserver l’existence de ce secteur d’activité, des actions
doivent être menées conjointement par les transformateurs, les organisations professionnelles et
les pouvoirs publics ; ces actions devraient essentiellement porter sur les grands axes suivants :
□ Pour les industriels de la transformation :


• choisir une stratégie de croissance pérenne,


• améliorer leur valeur ajoutée par leur aptitude à réaliser des opérations de croissance
externe, à mener des actions internationales pour élargir la base de leur marché et à
développer des stratégies d’intégration vers l’aval,
• améliorer l’organisation interne de leurs activités industrielles.
□ Pour les organisations professionnelles :


• faire évoluer les structures professionnelles et favoriser l’élévation du niveau


technologique des transformateurs,
• mettre en place ou développer des dispositif de veille, et jouer un rôle de catalyseur de
l’innovation en favorisant et soutenant les rapprochements ou les partenariats de R&D,
• promouvoir la profession par des actions de communication externe,
• améliorer les relations au sein de la filière,
• agir au sein des organisation internationales pour réduire la discrimination réglementaire


avec les produits importés.


□ Pour l’administration et les collectivités :
• accroître l’attractivité de l’environnement économique du site France et accompagner les
entreprises en mettant en place l’environnement favorable à leur développement
international,
• promouvoir l’intégration industrielle comme facteur de développement,


• mettre en place une réflexion pour améliorer la capacité financière des transformateurs,
• faciliter et catalyser l’innovation et améliorer la diffusion de l’information scientifique et
des opportunités de participation à la R&D publique.

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Sommaire



SOMMAIRE


Chapitre 1 Objectifs & contexte de l’étude de Nodal Consultants....... 8
1 Les matières plastiques....................................................................................................... 9
1.1 Les premières matières plastiques .............................................................................. 9
1.2 Les avantages des matières plastiques ...................................................................... 10
1.3 Les inconvénients des matières plastiques................................................................ 11
2 Typologie des matériaux plastiques ................................................................................. 11

3 Les applications des matières plastiques.......................................................................... 13


3.1 Emballage ................................................................................................................. 13
3.2 Bâtiment et travaux publics ...................................................................................... 14
3.3 Transport & automobile............................................................................................ 16
3.4 Electricité et électronique ......................................................................................... 18

4
3.5
3.6

Médical ..................................................................................................................... 18
Jeux & jouets et sports & loisirs ............................................................................... 19
Prospective de croissance des plastiques ......................................................................... 20
5 Objectifs de l’étude ........................................................................................................... 22
Chapitre 2 Vue d’ensemble & positionnement de la plasturgie ........23

1 Importance économique de la plasturgie......................................................................... 24
2 Typologie des entreprises de transformation ................................................................... 26
2.1 La plasturgie des entreprises de volume ................................................................... 27
2.2 La plasturgie des entreprises de spécialités .............................................................. 27
2.3 La plasturgie des petites entreprises indépendantes : ............................................... 28
3 Les secteurs d’activité....................................................................................................... 28


Chapitre 3 Analyse des indicateurs quantitatifs de compétitivité......32


1 Introduction ...................................................................................................................... 33
2 Thème 1 : Contraintes structurelles nationales............................................................... 34
2.1 Les coûts de la main-d'œuvre,................................................................................... 34
2.2 Les délais de paiement handicapent les plasturgistes français.................................. 36
2.3 Externalisation et sous-traitance ............................................................................... 39
2.4 Coût des investissements .......................................................................................... 44


2.5 Coût du transport ...................................................................................................... 45


2.6 Fiscalité des entreprises ............................................................................................ 46
2.7 Synthèse des contraintes structurelles nationales ..................................................... 48
3 Thème 2 : Poids de la profession ..................................................................................... 49
3.1 Chiffre d'affaires de la plasturgie.............................................................................. 49
3.2 La plasturgie dans l’emploi industriel ...................................................................... 50


3.3 Contribution de la plasturgie au produit intérieur brut ............................................. 51


3.4 Consommation apparente de matières plastiques ..................................................... 52
3.5 Synthèse du poids de la profession ........................................................................... 53

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Sommaire



4 Thème 3 : Structure de la filière ...................................................................................... 54
4.1 Influence de la structure de la filière ........................................................................ 54
4.2 Equipement des moules et outillage ......................................................................... 59
4.3 Synthèse de la structure de la filière ......................................................................... 60


5 Thème 4 : Performances de la plasturgie ........................................................................ 61
5.1 Chiffre d'affaires par entreprise ................................................................................ 61
5.2 Chiffre d’affaires par salarié ..................................................................................... 61
5.3 Part de la valeur ajoutée dans le chiffre d’affaires.................................................... 62
5.4 Valeur ajoutée par salarié ......................................................................................... 64
5.5 Excédent brut d’exploitation rapporté au chiffre d’affaire ....................................... 66

5.6 Echanges commerciaux ............................................................................................ 67


5.7 Part des investissements dans le chiffre d'affaires .................................................... 71
5.8 Synthèse du thème performances de la plasturgie .................................................... 73
Chapitre 4 Analyse des indicateurs qualitatifs de la compétitivité ....74
1 Intégration de services...................................................................................................... 75

2
1.1
1.2

Offre globale des plasturgistes.................................................................................. 75
Intégration de fonctions ............................................................................................ 75
Régionalisation et districts industriels ............................................................................. 77
2.1 Les clusters ou districts industriels : ......................................................................... 77
2.2 Les pôles de plasturgie en France ............................................................................. 79
2.3 Les pôles de plasturgie à l’étranger : ........................................................................ 82

3 Partenariats transfrontaliers............................................................................................ 84
4 L’innovation, moteur de la valeur ajoutée....................................................................... 86
4.1 Partenariats de R&D ................................................................................................. 86
4.2 Nouveaux procédés et matériaux.............................................................................. 87
4.3 Produits et procédés à haute valeur ajoutée .............................................................. 89
4.4 Importance du « design » des produits ..................................................................... 92


5 Rôle des pouvoirs publics dans la R&D........................................................................... 93


5.1 Relations entre recherche publique et recherche privée............................................ 93
5.2 Le Réseau National Matériaux et Procédés (RNMP) ............................................... 94
5.3 Financement de la recherche publique en Europe .................................................... 96
5.4 Centres de ressources technologiques (CRT) et CRITT........................................... 98
6 Formation et emploi ....................................................................................................... 100
6.1 La formation à la plasturgie en France. .................................................................. 100
6.2 La structure des emplois ......................................................................................... 101


6.3 Les problèmes du recrutement................................................................................ 102


6.4 Une comparaison avec l’Allemagne : ..................................................................... 103
7 Spécificités de quelques pays.......................................................................................... 104
8 Impact de la réglementation environnementale ............................................................ 107
8.1 Préoccupations environnementales sociétales ........................................................ 109
8.2 Innovations pour l'environnement .......................................................................... 110


8.3 Réglementation environnementale européenne ...................................................... 113


8.4 Valorisation des déchets plastiques ........................................................................ 114

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Sommaire



Chapitre 5 Analyse prospective & Scénarii de développement........118
1 Classement par pays et par indicateur ........................................................................... 119


2 Les tendances d’évolution de la plasturgie française.................................................... 121
2.1 Tendances à long terme .......................................................................................... 121
2.2 Tendances à court terme ......................................................................................... 121
2.3 Principales incertitudes ........................................................................................... 122
2.4 Enjeux à anticiper ................................................................................................... 122
3 Analyse en composantes principales.............................................................................. 123
3.1 Indications méthodologiques .................................................................................. 123

3.2 Interprétation du nuage d’indicateurs ..................................................................... 124


3.3 Interprétation de la position des pays ..................................................................... 125
3.4 Interprétation combinée entre les indicateurs et les pays........................................ 126
3.5 Les enseignements pour des choix stratégiques...................................................... 128
4 Analyse structurelle ........................................................................................................ 128
4.1 L’analyse structurelle ou l’approche-système ........................................................ 128

4.2 Recensement des indicateurs .................................................................................. 129
4.3 Matrice d’influence................................................................................................. 130
4.4 Eléments pour une stratégie.................................................................................... 133
5 Esquisses de scenarii pour l’avenir de la plasturgie ..................................................... 133
5.1 Présentation des scenarii......................................................................................... 134
5.2 Description des paramètres des scénarii ................................................................. 134

5.3 Maintien du statu quo et néo-protectionnisme........................................................ 135
5.4 Renforcement de l’économie libérale et de la mondialisation................................ 137
5.5 Société axée sur la priorité sociétale....................................................................... 138
Chapitre 6 Recommandations de Nodal .............................................140
1 Axes de développement de la plasturgie......................................................................... 141
1.1 Les contraintes de la filière..................................................................................... 141


1.2 Les perspectives économiques et techniques.......................................................... 141


1.3 Les principaux axes d’actions................................................................................. 143
2 Les orientations de la profession.................................................................................... 143
2.1 Les industriels de la transformation........................................................................ 143
2.2 Les organisations professionnelles ......................................................................... 145
3 L’administration et les collectivités................................................................................ 148
3.1 Le Minefi ................................................................................................................ 148


3.2 Les actions régionales............................................................................................. 150


3.3 Les actions de soutien à la R&D............................................................................. 150
4 Vivre avec les tendances écologiques............................................................................. 153
Annexes ..............................................................................................154
Annexe 1 : Composition du Comité de pilotage.................................................................. 155
Annexe 2 : Liste des contacts réalisés en 1ère et 2ème phases............................................... 156


Annexe 3 : Bibliographie .................................................................................................... 159


Annexe 4 : Méthodologie & déroulement de l’étude Nodal................................................ 166
Annexe 5 : Elasticité de la croissance de la plasturgie par rapport au PIB ...................... 168

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CHAPITRE 1
OBJECTIFS & CONTEXTE DE L’ETUDE
DE NODAL CONSULTANTS




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Objectifs & contexte de l’étude



1 LES MATIERES PLASTIQUES


Au cours des millénaires, les matériaux de base, durables tels la pierre, le bronze, le fer, mais
également plus éphémères tels le bois, le cuir, le lin, la laine…, ont joué un rôle important dans
les activités humaines. Afin de répondre à la demande croissante de certaines de ces matières
« éphémères », afin, aussi, d’améliorer leurs propriétés, la science et l’industrie des 19ème et 20ème
siècles ont conçu et développé de nouveaux matériaux : les matières plastiques. Elles ne
proviennent ni de l’agriculture, ni de l’élevage mais, en définitive, d’activités minières. Elles
résultent des progrès spectaculaires permis par l’application de la chimie aux ressources minières

essentiellement constituées par le charbon et le pétrole. Et, en définitive, les matières plastiques,
devenues de plus en plus élaborées, sont désormais utilisées aussi bien dans des produits à courte
durée de vie que pour des applications durables, à l’instar des productions de la métallurgie, voire
même des matériaux de construction.
Par leurs uniques propriétés, les matières plastiques offrent, selon Nodal Consultants, des

solutions irremplaçables. L’industrie de la construction et de l’automobile, l’industrie alimentaire
et le monde médical sont parmi les plus grands consommateurs de ces matériaux. Les matières
plastiques ont remplacé avantageusement quantité de « produits naturels » dans diverses
applications, ce qui représente souvent un avantage pour l’environnement. Sans les matières
plastiques, les habitudes de consommation, les modes de vie, retourneraient au début du 20ème
siècle et les ressources naturelles de l’environnement, notamment les ressources renouvelables,
seraient bien davantage mises à contribution pour subvenir aux besoins humains.


1.1 Les premières matières plastiques


Nodal a résumé l’historique du développement des matières plastiques depuis son début dans les
années 1840, lorsqu'on mit au point un caoutchouc artificiel à l'aide de nitrate de cellulose. En
1870, l'Américain Hyatt synthétisa du celluloïd à partir du camphre et du nitrate de cellulose, en y
ajoutant un solvant à base d'alcool.


En 1909, Leo Hendrik Baekeland fut le premier à fabriquer une forme de bakélite, à partir de
dérivés phénoliques et de formol. D'autres matières plastiques apparurent au même moment,
comme la rayonne fabriquée à partir de la cellulose. Au cours des années 1920 et 1930, un grand
nombre de nouveaux produits firent ainsi leur apparition :
• l'acétate de cellulose, utilisé dans le moulage des résines et dans les fibres,
• le chlorure de polyvinyle (PVC), bon isolateur électrique,
• les résines urée formol, utilisées dans la vaisselle et les installations électriques,


• la résine acrylique, employée comme liant pour le verre feuilleté,


• le polyméthacrylate de méthyle (plexiglas) qui a d'excellentes propriétés optiques,
• le nylon, synthétisé en 1930, premier plastique technique à hautes performances,
• les résines de polystyrène, commercialisées vers 1937, caractérisées par une grande résistance
aux agressions chimiques et mécaniques à basse température, utilisées dans les équipements


de réfrigération et les avions volant à haute altitude,


• le polytétrafluoroéthylène (téflon), apparu en 1938, qui offre une grande résistance à l’usure, à
la corrosion et à la chaleur.

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Objectifs & contexte de l’étude



Les recherches sur de nouvelles matières plastiques se poursuivirent au cours de la Seconde
Guerre mondiale. Le nylon devint rapidement la base de nombreux textiles tandis que les
polyesters servirent à fabriquer des blindages et d'autres matériels de guerre.
L'élan scientifique et technologique insufflé à l'industrie des matières plastiques s’est poursuivi


après la guerre. On mit au point des matières plastiques telles que les polycarbonates, les acétals
et les polyamides. En 1953, le chimiste allemand Karl Ziegler réussit la synthèse du polyéthylène,
et, un an plus tard, le chimiste italien Giulio Natta mit au point le polypropylène. Ces deux
matières plastiques, polyéthylène et polypropène, sont parmi les plus utilisées à l'heure actuelle.
Selon l’analyse de Nodal Consultants, les matériaux plastiques présentent de multiples avantages,
parfois contradictoires, et quelques inconvénients.

1.2 Les avantages des matières plastiques


1. La liberté des formes : la diversité des techniques et des procédés de transformation des
matières plastiques autorise des formes variées et infiniment complexes. Le fait que des stylistes
trouvent une nouvelle liberté de
créer, est déjà un résultat appréciable,
mais ce peut être aussi un avantage
technique déterminant (recherche du

meilleur Cx d’un véhicule).
2. Des prototypes peu coûteux : les
matières plastiques ont acquis
depuis longtemps la réputation de


matériaux peu coûteux dans les


petites séries et les prototypes, place
qui leur est toujours reconnue.
3. Une large gamme d'utilisation : la
multiplicité des matières mises en œuvre conduit à l'obtention de matériaux fort différents en
aspect, caractéristiques et usage final. On les retrouve en matériaux extérieurs de décoration
ou d’aménagement, comme en pièces internes de structure ou de mécanique.


4. La protection contre la corrosion : les plastiques ne rouillent pas ! Leur inertie chimique
partielle les rend précieux à plus d'un titre : ils résistent à beaucoup d’environnements
agressifs, aux attaques climatiques, à la pollution atmosphérique, à l’emploi du sel sur les
routes enneigées. Cette qualité se révèle pourtant un problème lorsque les matières plastiques
sont abandonnées dans la nature. Il leur faut alors plusieurs décennies pour se décomposer.
5. La réduction du nombre de pièces : les méthodes de moulage autorisent l'obtention en une
seule opération de formes complexes et, d'autre part, la multifonctionnalité permet à une seule
pièce de jouer plusieurs rôles à la fois. Le nombre de pièces à assembler est plus faible


qu'avec les matériaux traditionnels, ce qui entraîne une simplification du montage et du


démontage. Ces gains de temps entraînent des économies de production et de maintenance.
6. La lutte contre le bruit : les matériaux plastiques ne sont pas source de vibrations, au
contraire ils atténuent les bruits et absorbent les vibrations.
7. Des coûts compétitifs : les coûts des matières plastiques sont devenus compétitifs sous
l'influence de plusieurs facteurs :


• le perfectionnement des matières et des procédés et l’augmentation des séries fait baisser
le prix du produit fini ;
• la multifonctionnalité et le moulage de formes complexes entraînent de sérieuses
économies de fabrication et d'assemblage.

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Objectifs & contexte de l’étude



1.3 Les inconvénients des matières plastiques
Avant de faire le choix de telle ou telle matière plastique, Nodal préconise de mieux connaître
certaines de leurs limites :


1. Toxicité des gaz de combustion : les produits de la combustion de certaines matières
plastiques (opacité des fumées, corrosivité et toxicité ) doivent faire l'objet de nombreux essais ;
2. Résistance à la chaleur : chaque matériau est caractérisé par une plage de température
d'utilisation, mais pour chaque application, cette plage doit être vérifiée sur pièces ;
3. Résistance aux produits chimiques : certains matériaux plastiques sont sensibles à certains
produits chimiques ;

4. Electricité statique : les matériaux plastiques peuvent se charger en électricité statique ;


toutefois, il existe des additifs et des traitements susceptibles de réduire ces effets ;
5. Rayures : les matériaux plastiques présentent des résistances plus ou moins prononcées à
l'abrasion ;
6. Le vieillissement est influencé par de nombreux facteurs, à la fois internes, dus à leur
composition, et externes, que l'on classe en deux catégories :

• les conditions de service : contraintes mécaniques, thermiques et chimiques,
• les conditions atmosphériques : oxygène, ozone, intempéries, rayons ultraviolets,
• ces facteurs agissent séparément mais surtout se combinent pour entraîner une
dégradation de la matière qui s’ajoute à leur auto-dégradation.


2 TYPOLOGIE DES MATERIAUX PLASTIQUES

Dans l’univers des matières plastiques, il est difficile de trouver une méthode de regroupement de
matières premières très différentes. On identifie toutefois quelques points communs qui
permettent de classer ces produits en grandes familles. C’est ainsi qu’il est courant de distinguer :
• Les plastiques courants ou de « grande diffusion », dits « commodities » qui sont


notamment caractérisés par un marché spéculatif ; ils réunissent les grandes familles de
thermoplastiques (polyoléfines, vinyliques et styréniques), les polyuréthannes, le PET
(bouteilles et films), le polychlorure de vinyle (PVC).
• Les plastiques techniques, ou « haute performance », ou technopolymères, destinés à des
applications précises en raison de leurs propriétés, en général des thermoplastiques, qui
regroupent les cinq grandes familles : polyamides (PA), polycarbonates (PC),
polyoxyméthylène (POM), polyphénylène-éther (PPE), polybutylène téréphtalate (PBT) et


PET moulable, ainsi que les polymères à cristaux liquids (LCP).


• Les plastiques spéciaux, ou d’engineering, regroupent les polysulfones, les polyimides, ainsi
que les fluoropolymères (PVDF, FEP, PFA, PTFE). Ils sont dotées de caractéristiques
physiques, mécaniques et de résistance à la chaleur élevées et peuvent remplacer les métaux
dans des emplois considérés autrefois de leur ressort exclusif. Par exemple, les polyimides
soumis à des températures de l'ordre de 300°C restent stables. Ces résines donnent une idée du
niveau de performances atteint par les matières plastiques en matière de résistance mécanique,


thermique et à la fatigue.
• A ces trois principales catégories, il convient d’ajouter les matériaux composites qui sont
constitués par l’association intime d’une matrice polymérique (résine), thermoplastique ou
thermodurcissable, et d’une structure de renforts fibreux ; ceux-ci peuvent être de verre, de
carbone, d’aramide ou de fibres naturelles (lin, chanvre, sisal).

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Objectifs & contexte de l’étude



La limite entre matériaux plastiques « chargés » et matériaux composites est difficile à préciser ;
en effet, doit-on assimiler les résines chargées de fibres courtes de verre à de « simples »
matériaux plastiques ou les inclure dans la famille des matériaux composites ? sur ce point, les
opinions divergent et conduisent à des différences d’estimations des quantités produites.


• Il faut également citer l’apparition des alliages de polymères et des mélanges polymères-
additifs qui offrent une infinité de solutions et permettent d’obtenir des caractéristiques « sur
mesure » pour chaque application spécifique : réduction de la perméabilité aux gaz ou aux
essences aromatiques, amélioration de la tenue en température, du module d’élasticité, du
coefficient de frottement, aussi bien que l’aspect, la couleur ou le « toucher ».
Ces distinctions ne font pas l’unanimité et il est courant de rencontrer dans la littérature une seule
catégorie de plastiques « haute performance » regroupant les plastiques techniques et spéciaux.

Parmi les plastiques courants, un certain nombre d’entre eux ont des applications spécifiques, tels
les PVC destinés à la fabrication des tuyauteries industrielles ou aux composants électriques, les
PEhd (PE haute densité) pour la fabrication de cuves de stockage de gaz. D’autres polymères ont
des applications qui peuvent être soit de grande diffusion, soit de haute performance.
Venus plus tard sur le marché, les plastiques « d’engineering » et des plastiques spéciaux ont une

quelques caractéristiques particulières :



croissance beaucoup plus rapide que celle des plastiques courants ; ils réunissent en commun

• Leurs propriétés mécaniques ou chimiques sont en général supérieures à celles des plastiques
courants, en particulier dans le domaine de leurs températures d’utilisation ;
• Leur production est concentrée entre les mains d’un nombre limité de fournisseurs de matières
premières dans le monde, qui sont plus des « chimistes » que des pétrochimistes ;


• Leurs principales applications se situent dans des domaines techniques, notamment


l’automobile et l’électricité/électronique.
Quelques termes, couramment utilisés dans l’industrie de la plasturgie, sont précisés ci-dessous :
• Les thermoplastiques sont des polymères, comme le polyéthylène, le polypropylène, le
polychlorure de vinyle et le polystyrène, formables à chaud sans modification chimique. En
France, 81% de la production de matières plastiques porte sur les thermoplastiques dont 71%


sur les trois thermoplastiques de grande diffusion, PVC, PE et PP.


• Les thermodurcissables (7% de la production française), phénoplastes, aminoplastes et
résines époxydes, sont formables à chaud avec modification chimique.
• Les catalyseurs constituent un paramètre essentiel du contrôle de la synthèse des polymères
en permettant de jouer sur la configuration des chaînes polymériques. Une nouvelle classe de
catalyseurs, les métallocènes, ouvre des perspectives dans la synthèse de plastiques techniques
« simples », des polyoléfines (PE, PP) qui possèdent, du fait de leurs caractéristiques
structurelles, des propriétés spécifiques permettant des applications dites « techniques ».


• Les additifs : sous sa forme brute, un polymère n'a pas toujours les qualités requises pour
l'application à laquelle il est destiné. Les additifs (charges) jouent un rôle essentiel sur
l'esthétique, la stabilité (chimique, UV, chaleur et longévité) et la plasticité.
Les additifs confèrent, par exemple, leur transparence aux produits finis (bouteilles...). Une de
leurs fonctions essentielles est de freiner l'oxydation des polymères (jaunissement, perte de
transparence, apparition de craquelures) qui joue sur les propriétés mécaniques en diminuant


la flexibilité ou la résistance à la traction.

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Objectifs & contexte de l’étude



Les différentes familles de matériaux plastiques se distinguent également par le niveau de prix de
la matière première ; ainsi, on trouve :
Tableau 1-1 : Positionnement relatifs des matières plastiques par les prix


Ordre de grandeur de la
Type de matériaux Fourchette de prix
consommation mondiale
Plastiques courants de 1 à 2 €/kg 150 millions de tonnes
Plastiques techniques de 2 à 5 €/kg 5,5 millions de tonnes
Plastiques spéciaux de 5 à 20 €/kg 200.000 tonnes
Matériaux composites de 3 à 38 €/kg de 80 à 300.000 tonnes

Estimations Nodal, d’après SPMP et Pardos Marketing

3 LES APPLICATIONS DES MATIERES PLASTIQUES

3.1 Emballage 
Selon les sources de Nodal, le poids de l'industrie française de l'emballage est d'environ 18 milliards
d’euros, dont 35% proviennent du secteur « papier-carton » et 26 % des plastiques (3ème au plan
européen), avec 3 milliards d’euros pour le plastique rigide et près d’un milliard pour les films et
leurs applications. On note une progression continue de la part de marché du plastique, le maintien
de celles du papier-carton, de l’aluminium et du verre, et le déclin de la plupart des métaux.


Selon la Chambre Syndicale des Emballages en Matières Plastiques, « le secteur agroalimentaire


constitue le premier débouché de l'emballage plastique avec 65% de ses applications dont 35%
dans l'alimentaire non liquide et 30% dans l'alimentaire liquide ». Les matières plastiques
emballent plus de 50% des produits alimentaires ; pourtant, en poids, ils ne constituent que le
troisième matériau d’emballage, ce qui démontre l’avantage que constitue leur légèreté.
Le développement de la portion individuelle, de la restauration rapide et du grignotage accélère la


croissance du secteur de l'emballage alimentaire (+7% par an depuis 10 ans). Les enjeux sont
élevés, notamment en raison des évolutions permanentes qui concernent la substitution des
matières et les exigences de valorisation et de recyclabilité qui se renforcent (impact de la
législation très en amont de la filière et du marché).
Une des caractéristique du secteur de l'emballage est la recherche constante d'innovations en
raison de la concurrence active entre matériaux d'une part, entre produits emballés d'autre part :
77% des PMI du secteur innovent et plus de 16% des entreprises du secteur réalisent un tiers de
leur chiffre d'affaires avec les produits innovants. Toutefois, la faible valeur relative des


emballages agroalimentaires unitaires exacerbe la concurrence internationale sur ce segment, d’où


l’importance des innovations.
De nombreuses propriétés spécifiques rendent les plastiques incontournables pour le stockage, le
transport ou la conservation des produits :
• L’emballage (packaging) joue un rôle important comme vecteur de vente ; il constitue le
premier média marketing ;


• La versatilité des matières plastiques permet une infinie variété d’emballages – épais ou
minces, rigides ou souples – permettant d’assurer une protection optimale avec une quantité
minimale de matière, alors même que le volume des emballages ne cesse de croître ;
• La production – et le transport - d’emballages en matières plastiques nécessite une moindre
quantité d’énergie que les autres matériaux d’emballage ;

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Objectifs & contexte de l’étude



• Les emballages en matières plastiques sont souvent plus économiques à fabriquer dans leur
forme définitive ; leur durée de vie offre une meilleure protection aux produits périssables et
réduit la production de déchets et la dépendance aux agents de conservation ;
• Les qualités de protection des matériaux plastiques permettent de réduire sensiblement le


tonnage total d’emballage requis pour une application ;
• En protégeant les produits sensibles tels que denrées alimentaires ou médicales, les matériaux
plastiques permettent d’éviter les contaminations par des germes microbiens pendant la
fabrication, la distribution ou le transport ;
• Leur transparence permet au consommateur de voir les produits sans les toucher, réduisant
ainsi les contaminations et autres dommages ;

• Leur caractère incassable – voire infrangible – permet de réduire les accidents corporels, en
particulier ceux causés aux enfants ;
• L’emballage plastique apporte une contribution positive à la préservation des ressources
naturelles et de l’environnement ; une récente étude démontre que sans les plastiques, nous
aurions à faire face à un accroissement important du poids, de la consommation d’énergie et
du volume de déchets liés à l’utilisation des emballages.

Emballage plastique non plastique


351% 258%

205%
100%
100%
100%


Poids de l’emballage Energie requise Volume des déchets


Sources : British Plastics Federation

Les avancées dans les technologies de fabrication et dans les matériaux plastiques ont permis de
réduire leur poids jusqu’à 80% de ce qu’il était il y a 20 ans. Cette réduction de poids a pour
conséquence de diminuer d’autant la consommation d’énergie et les émissions de pollutions
gazeuses associées, y compris pendant les transports.


3.2 Bâtiment et travaux publics


Selon les sources de Nodal, le secteur de la construction est le second utilisateur de matières
plastiques après l’emballage. En raison de leur grande versatilité, elles sont utilisées dans un
nombre croissant d’applications ; elles combinent une bonne résistance mécanique pour un poids
réduit, une grande durabilité, un coût attractif, une maintenance minimale, une bonne résistance à


la corrosion, un ensemble de propriétés qui en font d’excellents matériaux de construction. Dans


le bâtiment, selon le Syndicat des Producteurs de Matières Plastiques (SPMP), la consommation
de matières plastiques dans l’Union européenne devrait atteindre 8 millions de tonnes d'ici à 2010.
Ce secteur représente donc très large débouché des marchés d’application.

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Objectifs & contexte de l’étude



Dans le secteur de la construction, les plastiques sont principalement utilisés comme profilés
(portes et fenêtres), canalisations, tuyauteries, gaines de câbles, revêtement de sols et isolation
(thermique et sonore), membranes d’étanchéité et de couverture. Au delà de ces applications
traditionnelles, les plastiques peuvent trouver d’autres utilisations du fait de leur capacité à être


mis en forme et leur faible poids qui permet de les manipuler facilement sur les chantiers.

3.2.1 Domaines d’applications


Les plastiques sont principalement utilisés dans la construction en raison de leurs propriétés
fonctionnelles de résistance mécanique, de durabilité, de légèreté, d’isolation thermique et
acoustique, de souplesse et, sur le plan, décoratif, les possibilités qu’ils offrent de réaliser des
« peaux composites » qui constituent une génération de matériaux proposant une grande variété

d’aspects de surface, de couleur ou de transparence (vérandas, voûtes translucides).


• Les canalisations, tubes et leurs accessoires constituent la principale application des plastiques
dans le bâtiment et consomment près de 35% de la production de ce segment : gaines de
câbles, gouttières et descentes de toit, conduites de grand diamètre pour eaux potables et
usées, réseaux de chauffage ou de refroidissement sont constitués de PVC et de polyoléfines.

• Les profilés pour portes et fenêtres sont fabriqués en PVC en raison de leur usinabilité et de
l’isolation de ce matériau, tandis que les revêtements extérieurs en résines phénoliques
remplacent progressivement les revêtements en bois ou résines classiques plus sensibles au feu.
• L’isolation est généralement réalisée à partir de mousse rigide de polystyrène incorporée dans
des panneaux ou des « sandwichs » pour la construction des toits ou des murs. Les mousses
de polyuréthane sont également d’un emploi croissant. L’isolation doit réunir les propriétés de
légèreté et de résistance et, en même temps, être simple à installer et permettre aux


entrepreneurs de respecter les normes d’isolation thermique.


Un nouveau créneau se développe, celui des sanitaires. Absents du marché au début des années
80, les appareils sanitaires en plastique et composites sont de plus en plus nombreux. En France,
la baignoire en acrylique représente 46 % du marché et les éviers en matériau de synthèse
constituent le quart des pièces installées.

3.2.2 L’avenir des plastiques dans le bâtiment




Le développement des plastiques dans le bâtiment a été longtemps freiné par la tendance des
concepteurs à utiliser les matériaux traditionnels et des méthodes qui leur étaient familiers.
Malgré cette réserve, le développement des matières plastiques dans cette application offre
d’importantes opportunités d’innovation pour de larges marchés de masse.
L’avenir de la construction a toujours été très dépendant de l’environnement économique ; on
constate dans ce secteur une tendance forte au changement sous la pression d’exigences
croissantes de normalisation qui concernent notamment les économies d’énergie, la gestion des


déchets, et la prise en compte de la gestion du cycle de vie des produits. L’avenir proche verra
l’avènement de constructions intelligentes et le développement de méthodes de préfabrication qui
déplaceront la fabrication des éléments vers des sites industriels éloignés des sites de construction.
Les nouveaux matériaux et notamment les matériaux plastiques renforcés de fibres de verre
(matériaux composites) joueront un rôle accru dans les structures, une des principales qualités des
matériaux plastiques étant leur capacité à s’adapter à une gamme étendue d’applications. Leur
résistance à la corrosion, leur légèreté et leur résistance permettent d’envisager de les utiliser dans


des structures porteuses à la place des architectures traditionnelles (par exemple, le pont
« Vetrotex » au Royaume-Uni ou l’immeuble « Eyecatcher » de Fiberline Composites au
Danemark). En outre, l’utilisation des matériaux plastiques permet le déploiement de nouvelles
formes architecturales où les courbes dominent et qui se prêtent particulièrement bien aux
exigences d’une construction rapide.

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Objectifs & contexte de l’étude



A l'inverse des matériaux traditionnels qui sont « passifs », les polymères peuvent être actifs,
c'est-à-dire réagir à leur environnement. En architecture, on imagine donc des applications qui
pourraient évoluer en fonction de la luminosité, de la transparence, de l'humidité ou même du
bruit. Ainsi commencent à voir le jour des vitrages organiques à transparence variable. Certains


imaginent des applications avec des plastiques à mémoire de forme.

3.3 Transport & automobile


La rentabilité économique et la sûreté des transports des personnes et des marchandises
constituent des contraintes essentielles de notre système économique. Les exigences croissantes
de sécurité, de protection de l’environnement et de rapidité ont entraîné un accroissement

important de l’utilisation des matières plastiques dans la construction des moyens de transport
modernes. En 1998, par exemple, près de 400.000 tonnes de matières plastiques ont été utilisées
au Royaume-Uni dans des applications liées aux transports.
Tout transport nécessite de l’énergie et les carburants constituent la majeure partie des coûts
d’exploitation de cette industrie. Réduire le poids des voitures, des avions, des navires et des
trains représente une manière efficace – et substantielle – de réduire ces coûts de fonctionnement ;

par exemple, dans une voiture de 1.000 kg, 100 kg de matières plastiques permettent de
remplacer, pour les mêmes fonctions, 2 à 3 fois plus de matériaux traditionnels. L'économie de
poids qui en résulte entraîne une réduction de la consommation de carburant de l’ordre de 7,5%
(évaluée à 750 litres par véhicule pour une durée de vie de 150.000 km). En Europe de l'Ouest,
cela concerne une économie de pétrole de 12 MT/an, et une diminution des rejets de CO2 dans
l'atmosphère d'environ 30 MT.

En usage externe, les matières plastiques sont durables, ne se corrodent pas et n’exigent que peu
d’entretien. Elles permettent une grande liberté de formes et des méthodes de conception et de
fabrication rapides et économiques. A l’intérieur, les accessoires en matières plastiques, tels que
tableau de bord, revêtements de sols, sièges et portières permettent de donner à faible coût une
esthétique, du confort et sont faciles à nettoyer.

3.3.1 Automobile


Le potentiel des matières plastiques dans l'automobile est exploité


depuis de longues années. Ce sont les petites pièces de l'habitacle
qui, les premières, ont adopté ces matières. Mais les applications
les plus spectaculaires ont débuté en carrosserie. Tout d'abord
réservées aux véhicules produits à faible cadence, les matériaux
plastiques, notamment les composites, sont maintenant utilisés sur
des véhicules de grande diffusion.


En volume, une automobile moderne contient plus de matières


plastiques que de métal ; en poids, elle peut inclure plus de 120 kg de matières plastiques. Dans
les véhicules en fin de vie (VHU), les composants plastiques peuvent être recyclés ou, au moins,
leur énergie thermique peut être récupérée par incinération.
La versatilité des matières plastiques permet à l’industrie automobile d’atteindre des objectifs
chaque jour plus difficiles de performance économique, de sécurité, de confort et de préservation
de l’environnement. Les matériaux plastiques jouent un rôle important dans la construction des


autobus et des camions qui permettent le transport des passagers et marchandises à des coûts de
plus en plus réduits.

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Objectifs & contexte de l’étude



3.3.2 Aéronautique & aérospatial
Pour les équipements destinés à l’aéronautique et à l’aérospatial, les critères aérodynamiques
exigent une grande flexibilité de design et un poids minimum. Les formulations des matières


plastiques peuvent s’adapter à un très large éventail de spécifications techniques et possèdent des
propriétés idéales pour la fabrication de pièces aux courbes arrondies. Les matériaux composites –
qui constituent une des branches des matériaux plastiques – sont très largement utilisés aussi bien
dans les avions militaires que dans
les aéronefs civils pour la fabrication
de revêtements d’ailes, de nacelles,
de volets et de pales d’hélicoptères.
Les matériaux plastiques sont

également largement répandus dans


la fabrication des revêtements
intérieurs comme, par exemple, les
cloisons, les « galleys », les
passerelles d’embarquement, les sièges et revêtements de sol.

Certains polymères - les polyimides - ont remplacé les métaux spéciaux dans la production
d'aubes de turbines d'avions et d'autres parties des moteurs des avions à réaction. Les polymères
sont également très largement utilisés dans la technologie aérospatiale pour la fabrication, par
exemple, des boucliers thermorésistants à des températures pouvant atteindre 2.800 °C, qui
empêchent la désintégration lors du retour dans l'atmosphère terrestre. Les vêtements des
astronautes sont également dotés de dix couches de matières plastiques afin d'offrir une protection
contre d'énormes fluctuations de températures.


Une mousse spéciale est aussi utilisée pour l'isolation des réservoirs de carburant, et, sur la station
spatiale internationale ISS, une très mince couche de film composite de polyéthylène insérée dans
les parois extérieures sert de barrière d'oxygène à la fois légère et fiable.
Sur les véhicules spatiaux, la consommation de combustible a été considérablement réduite grâce
à l'utilisation accrue des matières plastiques et à l'économie de poids qu'elles entraînent.


3.3.3 Industries ferroviaires


Les matériels de traction, les voitures et les dispositifs roulants utilisés dans les chemins de fer
subissent des contraintes élevées d’usure et des efforts de traction importants. La longévité de ces
matériaux est l’un des facteurs qui rend leur utilisation très intéressante pour les panneaux
d’habillage des voitures et machines, les revêtements de sols, les sièges, les casiers à bagages.
Une des fonctions particulièrement prisée dans la construction ferroviaire est la résistance au feu
de certains matériaux plastiques. Les plastiques renforcés de fibres de verre ou de fibres de


carbone sont largement utilisés dans la mise en œuvre des structures portantes des trains à grande
vitesse, et permettent, en outre, l’utilisation de formes complexes (nez de TGV).

3.3.4 Marine
Dans la construction navale, notamment pour les bateaux inférieurs à
40 mètres, les matériaux plastiques ne doivent pas être considérés
comme des ersatz bon marché, car leur utilisation présente de


nombreux avantages. Les développements et la démocratisation


qu'ont connus ces dernières années les sports nautiques n'auraient par
exemple pas été possibles sans ces matériaux.
Les bateaux en matériaux plastiques possèdent des propriétés
remarquables : il sont résistants aux intempéries, étanches, insensibles

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Objectifs & contexte de l’étude



au froid et à la chaleur, ils ne pourrissent pas, ne rouillent pas et ne sont pas sujets à la corrosion,
ils demandent très peu d'entretien, sont plus légers que l'acier ou même, souvent, que le bois, ils se
caractérisent enfin par une remarquable rigidité d'ensemble. En cas de dégâts, les réparations sont
en général limitées et réparables.


Leurs inconvénients sont notamment la moindre longévité par rapport aux bateaux en bois et
l'apparition d'osmose si l'entretien n'est pas adéquat.
Pour le constructeur naval, l'utilisation de matériaux synthétiques signifie un changement radical
de ses techniques de fabrication. La fabrication de la coque et du pont demande moins de temps
(la coque forme en elle-même un structure portante) et les formes de coque possibles sont
multiples et ne posent pas de problèmes particuliers (surfaces courbes, arrondis à faible rayon).

3.4 Electricité et électronique


L’innovation dans le secteur électricité/électronique s'est traduite par de nombreuses nouvelles
applications. De nouveaux matériaux et procédés ont permis à cette industrie des réalisations dans
les domaines des courants forts, le design et la construction d'appareils électroménagers, les

techniques d'éclairage, l'électronique et les télécommunications, jusqu'alors impensables avec les
moyens traditionnels. Aujourd’hui, les matériaux plastiques sont couramment utilisés pour la
réalisation de prises de courant, de connecteurs, de relais, de commutateurs, de fiches et
couvercles, de circuits et supports de puces, de plaques de connexions, de boîtes de disjoncteurs,
de revêtements et isolants de câbles, de bâtis de téléphone et d’ordinateurs.
Les plastiques ne conduisent pas l’électricité et ne réfléchissent pas la lumière. Une vision qui
s’est trouvée contrariée en 1975, lorsque le chimiste japonais H. Shirakawa a obtenu, par hasard,


une couche brillante argentée formée à la surface d’une solution de réactif . C’était le
polyacéthylène, le premier membre de la famille des polymères conjugués. On a qualifié ces
polymères de « conducteurs » et ils ont répondu aux attentes des chercheurs dans des domaines
aussi divers que l’électrochimie, l’optique ou l’électronique.
Les chercheurs ont découvert que l’introduction d’une faible quantité d’impureté – le « dopage » -
dans ce polymère peut transformer cet isolant en bon conducteur. Au cours des décennies
suivantes, d’autres polymères conducteurs ont vu le jour : le polypyrrole, le polyphénylène


vinylène et d’autres encore. Ils font partie des métaux synthétiques, matériaux conducteurs
synthétisés sur la base de composants chimiques complexes, en particulier de polymères.
A l’aide des polymères conducteurs, toutes les propriétés des semi-conducteurs ont pu être
reproduites et les dispositifs principaux réalisés comme les jonctions de redressement, les
transistors à effet de champs, les diodes électroluminescentes. Les dispositifs polymériques
promettent d’être si bon marché qu’on parle « d’électronique jetable » dans un futur proche où les
écrans en matières plastiques seront aussi banals que des sacs en plastiques dans un super marché.


3.5 Médical
Le secteur pharmaceutique est en croissance de 7,8% par an dans le monde (contre 5,8% en
Europe) et connaît une augmentation importante de l'utilisation du plastique, grâce à ses
propriétés fonctionnelles, sur les produits finaux du secteur (unicité de l'usage, aseptisation,
recyclabilité). Les applications du secteur médical sont multiples et comprennent aussi bien des


produits très basiques et simples à fabriquer (compte-gouttes, cathéters, drugs delivery systems)
que des dispositifs de haute technologie tels les implants en plastiques bio-assimilables dans le
corps. Dans ce secteur, le marché des plastiques comprend trois applications principales :

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Objectifs & contexte de l’étude



• L’ensemble des contenants et emballages pour l’industrie
pharmaceutique et médicale ne représente qu’une faible part de
la consommation totale de matières plastiques dans
l’emballage (moins de 1%) ; les plastiques sont bien adaptés à


cette application en raison de leurs propriétés : inertie
chimique, inaltérabilité, souples ou rigides suivant les besoins,
incassables. Les blisters, en particulier, obtenus à partir d’une
technique simple de thermoformage, pourraient constituer une
opportunité de développement pour les plasturgistes et devenir
pour eux une source de valeur ajoutée puisqu’ils sont fabriqués
sur mesure selon les besoins des laboratoires.

• Le marché des dispositifs médicaux à usage unique est


appelé à fortement se développer. Le souci d’asepsie et la lutte
contre les transmissions de maladies rendent leur utilisation de plus en plus courante. Le geste
« jetable » devient d’autant plus naturel que les normes de sécurité deviennent de plus en plus
sévères ; les dispositifs jetables apportent un avantage pratique indéniable et une sécurité
maximale pour le patient comme pour les professionnels de la santé. Le secteur est vaste et les

potentialités de développement sont importantes partout dans le monde (par exemple, les
polycarbonates sont utilisés pour les lentilles cornéennes). La progression du marché, tous
dispositifs confondus, se situerait, selon Nodal, aux alentours de 10 à 15% par an.
• Le plastique présente des avantages incontestables pour la fabrication de prothèses
implantables : il joue un rôle d’amortisseur et c’est un matériau souple. Les normes de
fabrication sont très contraignantes en termes de conditions de fabrication, de traçabilité et de
bio-compatibilité. L’intérêt pour les fabricants est de se spécialiser sur un produit hautement


technique plutôt que de fabriquer une gamme de produits diversifiés ; les investissements de
départ sont élevés (machines, salle blanche, formation du personnel), mais les fabricants
peuvent tirer avantage de leur spécialisation et travailler sur l’innovation et les améliorations
de leur produit. Elles peuvent ainsi se différencier de leurs concurrents.

3.6 Jeux & jouets et sports & loisirs




Les deux univers des jeux et jouets d'une part, et articles de sports et de loisirs d'autre part, ont en
commun le souci de garantir la sécurité de l’enfant ou du sportif ; dans ce secteur, l'innovation
passe par la prise en compte d'une réglementation étendue destinée à protéger les utilisateurs du
maximum de risques.
Ces deux secteurs bénéficient d'un marché en plein expansion, dans lequel les plastiques ont une
place importante. Leur rôle est déterminant pour améliorer les performances, garantir le confort et
la sécurité, et surtout ils autorisent une grande liberté dans la conception et l'innovation.


En France, ces deux industries sont concentrées dans le quart Sud Est de la France : 61 % des
effectifs du secteur « fabrication d'articles de sport » sont en Rhône-Alpes, et 47% de ceux de
l'industrie du jouet en Franche Comté et Rhône-Alpes. Elles subissent une concurrence mondiale
très sévère : le taux de couverture du commerce extérieur pour les « articles de sport, jeux et
jouets » se dégrade d'année en année : 74% en 1995, 71% en 1996 et 65% en 19971.
L’industrie du jouet et celle de la fabrication d'articles de sport sont soumises aux mêmes


contraintes que d’autres secteurs producteurs de biens de consommation : diminution de la durée


de vie des produits et des délais de conception, exigence accrue de la qualité des produits et de
leurs fonctionnalités, maîtrise des coûts.

1
Statistiques des Douanes.

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Objectifs & contexte de l’étude



La croissance de la pratique sportive a dopé le secteur des article de sport qui connaît depuis
plusieurs années un fort développement et, comme le secteur du jouet, bénéficie largement de
l'extraordinaire percée des plastiques : ceux-ci ont démontré leur rôle déterminant dans
l'amélioration des performances (légèreté, maniabilité, résistance thermique et aux chocs). Peu de


sports échappent à la plasturgie, soit parce que les produits nouveaux sont conçus en utilisant une
gamme de plus en plus spécialisée de polymères, soit parce que des articles « traditionnels » sont
fabriqués à partir de matières plastiques, par exemple, pendant la saison 98/99, près de 100.000
raquettes à neige ont été vendues en France, pour un montant d'environ 5 millions d’euros, alors
que les raquettes métalliques ne représentent plus que 5% du marché.
Enfin, la plasturgie est de plus en plus présente autour du produit ; facteur de valeur ajoutée
supplémentaire, l'emballage de l'article de sport joue un rôle pratique et promotionnel : housses

réutilisables, produits sous blisters, mallettes qui facilitent le transport et le rangement.

4 PROSPECTIVE DE CROISSANCE DES PLASTIQUES


Depuis le début des années 60, la consommation mondiale de matériaux plastiques est passée de
7 millions de tonnes en 1960 à 153 millions de tonnes en 2000, accusant un taux de croissance de
l’ordre de 8% par an. Toutefois, cette croissance a été plus faible pour les plastiques courants que
pour les plastiques techniques et spéciaux (respectivement 12,5% et 11,3%).
Cette forte croissance
Comparaison des indices de production de différents matériaux
s’est effectuée, en (indice de production du tonnage, base 100 en 1970)
grande partie, au dé-

500
triment des matériaux
traditionnels comme
Indices de production (tonnages)

l’acier ou l’aluminium 400


Plastique
comme le montre le
graphique ci-contre. 300

Pour la période 2000- Aluminium

2010, les prévisions 200




s’établissent à près de Acier

7% pour les plasti- 100

ques courants et à 8%
pour les plastiques 0
techniques et spé- 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000

ciaux. Cette prévision


Sources Nodal, d'après SPMP & CIPAD

conduit à estimer, à l’horizon 2010, une consommation mondiale de matériaux plastiques


d’environ 300 millions de tonnes. Elle sera portée par la croissance globale de la population, ainsi


que par les innovations dans les nouveaux plastiques, les nouvelles applications et par la demande
accrue de la nouvelle « civilisation du plastique » dans les pays émergents.
Tableau 1-2 : Estimation de la croissance des familles de plastiques (en millions de tonnes)
Courants Techniques Spéciaux Total
1960 7 000 50 3 7 053
1974 43 000 600 25 43 625


1979 60 000 7,9% 900 12,5% 40 11,3% 60 940 8,0%


1989 85 000 2 000 100 87 100
2000 148 000 5 500 213 153 713
2010 (Est) 287 000 6,9% 12 000 8,1% 470 8,3% 299 470 6,9%
Sources Nodal, d’après Pardos Marketing

20
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Objectifs & contexte de l’étude



Prospective de production mondiale de matières plastiques
transformées 1960 - 2010 (en tonnage)

350


299
300
Production (en millions de tonnes)

250

200
200
2004
159

150

101
100
1992

49
50
25 1976
7 13
1970
0
1960
1965

1970

1980

Au cours de cette même période, l’industrie européenne de la transformation des matières


1990 2000 2010
Sources Nodal, d'après F. Pardos et EuPC

plastiques a également connu une forte croissance, notamment, en Europe de l’est ; la progression
globale de la consommation de plastiques transformés, pour la période 2000-2010, est estimée à
50% en Europe occidentale, en Amérique du Nord et au Japon, à 70% en Amérique latine, à
100% en Asie du Sud-Est et à 110% en Europe centrale et orientale. Le graphique ci-dessous


illustre les consommations des différents types de plastique par application.





La comparaison des niveaux de production des matériaux plastiques montre que la consommation


des plastiques courants (environ 150 millions de tonnes) est sans commune mesure avec celle des
plastiques techniques (environ 200.000 tonnes). La consommation des trois principaux polymères,
PVC (26 millions de tonnes/an), polyéthylène (PEHD, LD et LLD, 54 millions de tonnes) et le
polypropylène (30 millions de tonnes), représente ensemble 75% de la consommation des plastiques
courants. Ces valeurs sont à comparer avec celles des matériaux spéciaux tels que le polycarbonates

21
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Objectifs & contexte de l’étude



(PC, 1,5 million de tonnes), le polyoxyméthylène (POM, 600.000 tonnes), le polyphénylène éther
(PPE, 310.000 tonnes) ou les polymères à cristaux liquides (LCP, 18.000 tonnes). D’ici à 2010, les
croissances moyennes annuelles respectives devraient être observées :
− +5% pour le polyéthylène, − +5% pour le polystyrol et le polystyrène expansé,


− +6% pour le polypropylène, − +4% pour le PVC.
32% de la production mondiale des matières plastiques viennent d’Europe, dont 27% d’Europe
occidentale et 5% d’Europe orientale. Mais l’Europe devrait perdre ce rôle de leader en faveur de
l’Asie du Sud-Est qui détient déjà 21,5% de la production mondiale.

5 OBJECTIFS DE L’ETUDE

Le Service des Industries Manufacturières de la DiGITIP souhaite disposer d’informations


stratégiques actualisées permettant d'orienter et de dimensionner ses actions de soutien et d'aide
auprès du tissu industriel français de la plasturgie, dans les 5 ans à venir. Au-delà d’une
connaissance statistique des différents marchés européens, l'étude confiée à Nodal Consultants

doit permettre d'identifier et de comparer les facteurs clés de succès (notamment structurels), ainsi
que les initiatives prises par chacun des pays concernés en faveur du développement de leur
industrie de la transformation des matières plastiques pour les prochaines années.
1. L’étude examine les principales caractéristiques des marchés actuels des secteurs
d’application de la plasturgie, au niveau mondial (USA, Japon) et européen (UE, PECO) et
développe une vision prospective de l'évolution des marchés en valeur et en volume, en

tenant compte de l'évolution technique et réglementaire (notamment en ce qui concerne la
gestion du cycle de vie des produits). Le secteur géographique concerné est constitué des 4
grands acteurs européens (Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Espagne) qui, avec la France,
représentent plus de 80% de la production (en valeur) de la plasturgie européenne.
2. Les très nombreux facteurs clés de la compétitivité structurelle et industrielle sont classés et
hiérarchisés en un certain nombre de thèmes quantitatifs et qualitatifs. A partir des indicateurs
retenus, Nodal a réalisé une étude prospective suivant une analyse en composantes principales


et une analyse structurelle qui permettent d’identifier des scénarii de développement du


secteur de la transformation des plastiques.
3. A partir de la synthèse des pratiques constatées chez nos partenaires européens, et en
comparaison avec la situation actuelle en France, Nodal propose, pour améliorer la
compétitivité de la plasturgie française, des recommandations destinées aux industriels de la
transformation, aux organisations professionnelles et aux pouvoirs publics.
La plasturgie désigne l'ensemble de l’industrie de la transformation des matières
plastiques en produits finis ou semi-finis ; elle est subdivisée en 5 groupes de la nomenclature


française (codes NAF) :


• 25.2A : Fabrication de demi-produits en plaques, feuilles, tubes et profilés en plastiques ;
• 25.2C : Fabrication d’emballages en matières plastiques ;
• 25.2E : Fabrication d’éléments en matières plastiques pour la construction ;
• 25.2G : Fabrication d’articles divers en matières plastiques ;


• 25.2H : Fabrication de pièces techniques en plastiques (notamment les matériaux composites).


Le secteur industriel de la plasturgie présente une grande complexité et l’exercice de cette activité
requiert le concours et la participation d’un ensemble de métiers, situés en amont ou en aval,
relevant des secteurs secondaires ou tertiaires. L’ensemble de ces métiers constitue, au sens large,
la « filière plastique ».

22
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne









CHAPITRE 2
VUE D’ENSEMBLE & POSITIONNEMENT
DE LA PLASTURGIE




23
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Vue d’ensemble & positionnement de la plasturgie



1 IMPORTANCE ECONOMIQUE DE LA PLASTURGIE


EuPC (European Plastics Converters) est l’organisation professionnelle européenne des transfor-
mateurs de plastiques. Elle regroupe plus de 40 organisations professionnelles en Europe, notam-
ment la Fédération (Française) de la Plasturgie, et représente environ 30.000 entreprises, princi-
palement des PME, opérant dans le secteur de la transformation des matières plastiques, et em-
ployant près de un million de salariés. L’activité totale de transformation de ces entreprises dépasse
les 30 millions de tonnes de plastiques par an pour un chiffre d’affaires de 95 milliards d’euros.

Mais ces chiffres ne représentent pas la totalité de l’activité des industries de la transformation des
matières plastiques. En effet, ils ne prennent pas en compte l’activité d’un nombre important
d’entreprises transformatrices intégrées, dont la transformation n’est pas l’activité de base,
telles que l’automobile, l’industrie électrique et électronique, la construction, l’agroalimentaire
(notamment, tout le secteur de l’embouteillage plastique) ou les sports et loisirs. De ce fait, leur
activité de transformation des matières plastiques n’est prise en compte dans les statistiques qui

recensent les productions de la plasturgie que lorsqu’elles sont vendues en tant que telles sur le
marché, et non pas lorsqu’elles sont directement incorporées à d’autres productions.
La transformation des matières plastiques peut représenter une part importante de leur activité ; on
considère que la production des « intégrés » représente de l’ordre de 25 à 30% de la branche. Par
exemple, 20% des pièces techniques en matières plastiques destinées à l’industrie automobile sont
directement fabriquées par les constructeurs.


Tableau 2-1 : Importance de la plasturgie dans le monde


Nombre Chiffre d’affaires
Employés
d’entreprises (en milliards d’euros)
Union européenne (15) 25.300 980.000 118.674
Etats-Unis 16.000 1.400.000 201.500
Japon 25.241 454.000 82.392


Sources : EuPC/CIPAD, Eurostat & estimations Nodal

A ces acteurs directs de la transformation des plastiques, il faut ajouter tout l’ensemble des
activités « annexes » qui concourent au fonctionnement de la filière, parmi lesquels :
1. Les activités directement liées à la transformation :
• Les fabricants de matières premières appartenant à l’industrie chimique (tels Atofina,
BASF, Bayer, DSM, General Electric, Mitsubishi, Solvay, Rhodia ou Dupont) ou
pétrochimique (TotalFina Elf, BP Amoco, Shell) ; ils élaborent :


− les polymères constituant les résines de base,


− les colorants, les additifs, les pigments, les charges,
− dans le domaine des composites, les renforts (verre, carbone ou aramide) ;
• Les compoundeurs et « masterbatcheurs » (fabricants de mélanges maîtres) réalisent des
mélanges de polymères en fonction des besoins de la transformation. Fabricants de
matières premières et compoundeurs sont parfois réunis en une seule entité industrielle.


• Les industriels qui assurent le parachèvement des produits finis (marquage, peinture,
soudure, métallisation) ou l’assemblage et le montage ; ces activités sont souvent
directement réalisées par les transformateurs eux-mêmes.

24

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Vue d’ensemble & positionnement de la plasturgie

SCHEMA ORGANISATIONNEL DE LA FILIERE PLASTIQUE

Producteurs de Matières Premières


(Pétrochimie)
FORMATIONS
diplomante, alternée,
INTEGRATION ingénieurs & techniciens
DE FONCTIONS
RECHERCHE


Charges, additifs,
Laboratoires de recherche Compoundeurs
adjuvants, colorants

Recherche appliquée TECHNOLOGIES


CRITT PERIPHERIQUES
Transformateurs
extrudeurs, injecteurs, souffleurs, rotomouleurs, Moulistes
thermoformeurs, enducteurs,


Prototypage

Fabricants de
Parachèvement Assemblage machines et
Marquage, peinture, ensembles et sous périphériques
soudure, métallisation ensembles
Bureaux d'études

Maintenance

Donneurs d'ordres
constructeurs automobiles, bâtiment, cosmétologie,
électronique, conditionneurs

MARKETING DESIGN

Distribution

Utilisateur Final
Sources Nodal Consultants, d’après La Plasturgie en Normandie, 2002


Recyclage
incinération, régénération, retraitement

25
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Vue d’ensemble & positionnement de la plasturgie



2. Les activités périphériques de fourniture d’équipements ou de services sont le plus souvent
réalisées par des entreprises extérieures, mais quelques unes sont intégrées à la plasturgie :
• Les désigneurs qui proposent des choix esthétiques et pratiques en fonction des usages
des produits envisagés ;


• Les bureaux d’études qui contribuent à l’élaboration et à la conception des produits,
• Les laboratoires d’analyse et de recherche publique (CRITT, CRT, Ecoles, Universités) et
privée,
• Les constructeurs de machines de transformation (machines de moulage, lignes de
soufflage, extrudeuses, extrudeuses-souffleuses, broyeurs) et l’équipement périphérique
(lignes de refroidissement, systèmes de dosage, alimentation, granulation, lignes de

recyclage, machines à vide, machines d'emballage et de conditionnement, banc de tirage),


• Les outilleurs et fabricants de moules, indispensables à la transformation des plastiques,
• L’industrie informatique, la robotique, la productique et les systèmes NTIC,
• La maintenance industrielle,
• Les organismes de formation professionnelle.

L’organigramme présente les principaux acteurs de la « filière plastique ». A cette organisation
qui regroupe les industriels, il convient, bien évidemment, d’ajouter les cinq principales
organisations professionnelles de la filière :
• la Fédération de la Plasturgie qui regroupe 26 syndicats nationaux et régionaux de la
plasturgie,
• UCAPLAST : Union des Industries de la distribution des Plastiques et du Caoutchouc,


• le SPMP : Syndicat des Producteurs de Matières Plastiques,


• l'AFIM : Association Française des Industries du Moule, Modèle, Maquette,
• le SYMACAP : Syndicat des Constructeurs Français de Matériel pour le Caoutchouc et
les Matières Plastiques.
A ces organisations nationales, il faut également ajouter les organisations professionnelles
européennes EuPC (European Plastics Converters) et APME (Association of Plastics


Manufacturers in Europe).

2 TYPOLOGIE DES ENTREPRISES DE


TRANSFORMATION

Nodal Consultants classe les entreprises de transformation des matières plastiques en trois grandes


catégories :
• Les entreprises de volume ;
• Les entreprises de spécialités (entreprises disposant d’un avantage technologique) ;
• Les petites entreprises indépendantes.


26
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Vue d’ensemble & positionnement de la plasturgie



2.1 La plasturgie des entreprises de volume
Elle s’est constituée autour des grands consommateurs de résines. Disposant de marges de valeur


ajoutée intrinsèquement étroites, elles doivent avant tout chercher de vastes marchés et jouer sur
la taille de leurs besoins pour affronter le secteur très concentré des fournisseurs de matières
premières. On trouve essentiellement ce type d’entreprises sur les marchés :
• du bâtiment : extrudeurs de profilés et de tubes, et fabricants d’accessoires tels les raccords ;
• de l’emballage à faible valeur ajoutée, essentiellement destiné à l’agroalimentaire : films,
corps creux thermoformés, applications du polystyrène (qui, dans ce domaine, peuvent être à
la fois dans le packaging et dans les produits d’isolation pour le bâtiment).

A cette catégorie peut également se rattacher celle des entreprises spécialisées dans les produits de
second œuvre du bâtiment (revêtements de murs et de sols), qui ont connu de fortes mutations
structurelles au cours des dernières années (illustrée, par exemple, par la recomposition de
l’activité de Sommer Alibert au sein du groupe Tarkett-Sommer).
Le relatif morcellement des marchés du bâtiment en Europe a conduit les fournisseurs

plasturgistes, à l’origine structurés sur la base de marchés nationaux, sur lesquels ils ont constitué
de vastes capacités de production, à étendre leurs débouchés hors de leur pays d’origine, plutôt à
partir de l’Allemagne et de l’Europe du Nord où l’utilisation des matières plastiques dans la
construction fut plus précoce que dans les pays du Sud. Cette tendance a évidemment été
accentuée par la fusion des normalisations nationales dans le système CEN1 européen
(auparavant, les différents standards créaient, de facto, un certain cloisonnement des marchés des
pays membres de l’Union européenne).


La taille et les compétences techniques acquises leur permettent d’aborder d’autres marchés
(Rehau dispose d’une division industrie). La maîtrise des débouchés incite aussi à aller vers
d’autres matériaux que le plastique.
Dans le secteur des emballages flexibles (films et dérivés), la condition indispensable de survie
semble désormais être la taille, et, dans ce domaine, les français ont du retard. D’autant que les
marchés sont devenus planétaires, et que les producteurs de résines se sont désengagés de la
filière (exemple : Petrofina-Elf a revendu Soplaril à Pechiney), donc, se sont libérés de la


contrainte de cohérence de leurs politiques de prix vis-à-vis des clients transformateurs.

2.2 La plasturgie des entreprises de spécialités


Elle est constituée d’un ensemble d’entreprises ayant acquis une excellente maîtrise de certaines
techniques de transformation et une bonne connaissance de leurs marchés. Cette maîtrise leur
permet de développer des spécialités. Ainsi peuvent-elles, à la fois, accroître leur valeur ajoutée et


s’abriter de la concurrence – du moins à court terme.


Les exemples sont nombreux sur toute la palette des métiers de la plasturgie et de leurs marchés,
mais, dans le cas français, avec une certaine prédilection pour les domaines de l’emballage haut
de gamme destiné à la cosmétologie ou à la pharmacie (illustrations : galvanoplastie chez
Auriplast ou pompes de dispensation médicale chez Valois) et pour les pièces techniques
destinées à l’industrie automobile (Inergy Automotive) ou aux industries électriques-électroniques
(groupe Plastivaloire).


Ce tissu d’entreprises a connu une phase de mutation qui se poursuit encore. Notamment, les
entreprises performantes de l’emballage ont, pour la plupart, été absorbées par des groupes
couvrant un large éventail de solutions-packaging (Auriplast fait désormais partie des

1 Comité Européen de Normalisation

27
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Vue d’ensemble & positionnement de la plasturgie



compétences proposées par le groupe Qualipac), souvent – très souvent – dans des groupes
étrangers opérant à l’échelon planétaire (Valois a rejoint le groupe Aptar – ex-Seaquist).
Chez les fournisseurs de pièces techniques destinées à l’industrie, la tendance à la concentration
des sous-traitants de premier rang oblige les plasturgistes à monter en taille avec, trop


fréquemment, le handicap de ressources financières insuffisantes, pour des sociétés souvent à
caractère familial, et parfois aussi confrontées aux problèmes de succession. Sur le marché de
l’automobile, à l’échelle européenne, on compte aujourd’hui moins d’équipementiers que de
constructeurs automobiles. Ainsi, peu après avoir acquis SMPI, Bailly-Comte passe chez Illinois
Tool Works Inc. Ainsi, Plastic Omnium achète Reydel en 1995, puis revend sa division
composants intérieurs en 1999, avant d’entrer en joint-venture avec Solvay sur les réservoirs
d’essence. La course à la taille se combine avec une redéfinition des portefeuilles de compétences.

Certains groupes parviennent à se placer sur les deux segments de la pièce pour l’industrie et du
packaging à valeur ajoutée, ainsi Plasthom qui dispose de sites de production non seulement en
France, mais également en Allemagne, en Italie, et au Royaume Uni, exception à suivre.

2.3 La plasturgie des petites entreprises indépendantes :



Elle est formée d’un tissu industriel diffus, pouvant travailler pour l’ensemble des besoins finals.
Toutefois, du fait de la concentration de la demande sur les trois plus importants débouchés
(emballages, industrie et bâtiment), les petites entreprises ont souvent été exclues de l’accès direct
à ces marchés et contraintes à des rôles de sous-traitants de deuxième, voire de troisième rang. A
l’exclusion de celles qui se sont spécialisées sur des marchés de niche, une grande partie de ces
PMI est soumise à une forte concurrence internationale ; leur pérennité est menacée si elles ne se

structurent ou ne se spécialisent pas.
Ce rapide panorama serait incomplet si n’était évoquée l’activité de transformation des
matières plastiques réalisée de manière « intégrée », c’est-à-dire chez les utilisateurs,
industriels (ou les sous-traitants) de l’automobile, de l’électroménager, de l’électronique dont le
périmètre peut varier au gré des stratégies d’externalisation ou d’internalisation des groupes (cf.
ci-avant en page 24).


3 LES SECTEURS D’ACTIVITE

Les secteurs d’activités ne manquent pas pour les plasturgistes : on les regroupe, habituellement,
en un certain nombre de secteurs tels que l’emballage, y compris les emballages à haute valeur
ajoutée, les transports (automobile, aéronautique, ferroviaire), le bâtiment et les travaux
publics ; l’électricité et l’électronique, la cosmétologie, l’électroménager, le médical,


l’agroalimentaire sont autant de secteurs fortement consommateurs de matières plastiques,


moulées, thermoformées, extrudées et de matériaux composites qui nécessitent la maîtrise de
technologies fortement évolutives.
Les statistiques disponibles ne permettent pas, en général, de faire une classification par secteur
d’activité ; en effet, les statistiques officielles analysent les 4 ou 5 grandes familles de produits :
demi-produits, emballage, éléments pour la construction, pièces techniques et divers. Cette
classification est peu représentative des utilisations industrielles des plastiques transformés, car


pratiquement tous ces produits peuvent se retrouver dans différentes applications ; par exemple,
les demi-produits, feuilles et plaques, sont utilisées pour les emballages thermoformés ; on
retrouve, également, les pièces techniques aussi bien dans le transport que dans l’emballage,
l’électricité, les sports et loisirs et le médical.

28
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Vue d’ensemble & positionnement de la plasturgie



Ainsi, Nodal a évalué les perspectives d’évolution des différents produits transformés en Europe ;
cette analyse est présentée dans le graphique ci-dessous. On note, en particulier, la croissance des
3 secteurs de l’industrie, des demi-produits et des emballages, avec une légère dominante pour les
produits industriels. Par contre, les éléments pour le bâtiment ont tendance à stagner ; le
ralentissement de la construction en Allemagne tire la tendance vers le bas, malgré les bonnes


perspectives de cette activité en France et au Royaume-Uni ; en effet, une enquête menée au
niveau européen indique que leur consommation devrait atteindre 8 millions de tonnes d'ici 2010.




Le graphique ci-dessous évalue la croissance de la consommation des matières plastiques pour


chaque application entre 2000 et 2010. ce sont les transports (+75%) et les biens de
consommation (+58%) qui devraient avoir la plus forte progression, l’agriculture (+35%) la plus
faible. La progression globale en Europe de l’Ouest devrait s’établir à +52%


Progression de la consommation de matières plastiques


en Europe de l'Ouest par marché utilisateur (2000 - 2010 en tonnage)

16,0 16,2


12,0
(milliers de tonnes)

11,4
2000 2010
10,7

8,0 8,7
7,3

6,4
5,3 5,5
4,7
4,0


4,2
3,0
2,4
2,2
1,6

0,0
Emballage Bât. TP Transports Electricité Agriculture Biens Divers
Electronique consommation

Sources Nodal, d'après Pardos Marketing, 2000

29
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Vue d’ensemble & positionnement de la plasturgie



Dans les différents pays européens, les secteurs d’activité ont une importance variable qui est
caractéristique de la spécialisation de leur industrie de transformation. En France, on trouve :
• L'emballage plastique est le premier débouché des plastiques en France (38%), consomme
2 millions de tonnes et enregistre une croissance de 1,6% en rapport avec la consommation


des produits manufacturés et qu’ils sont présents dans tous les secteurs de l’emballage
(agroalimentaire, produits d'entretien, hygiène, santé, beauté, industrie)..
• 24% des matières plastiques sont utilisées dans le bâtiment et travaux publics, soit une
croissance de 2,7% par rapport à 1999, mais ils ne représentent que 1% des matériaux
consommés par le secteur.
• Les transports utilisent 13% des matières plastiques produites. Au cours des 20 dernières
années, le poids moyen des matières plastiques dans une voiture européenne est passé de 70 à

100 kg qui remplacent plus de 200 kg de matériaux traditionnels.


• Dans le secteur de l’électricité/électronique, chaque année, les matières plastiques facilitent
le transport de près de 500 milliards de kWh d'énergie par plus d'un milliard de km de lignes
et de câbles. Les isolants de ces câbles, mais aussi les millions d’appareils électroménagers, le
multimédia et la téléphonie, consomment 7% des matières plastiques.

• 278.000 tonnes de matières plastiques, 5% du total, trouvent des débouchés dans les sports et
loisirs. Le développement des sports de glisse y contribue largement, comme la navigation de
plaisance, domaine qui utilise 8.000 tonnes de matières plastiques par an.
• Le médical, l’ameublement, l'agriculture, la maroquinerie, la chaussure, les vêtements, la
décoration, la papeterie utilisent 12% des plastiques. Si certains secteurs utilisent de faibles
quantité de plastiques, ils permettent de dégager de fortes valeurs ajoutées (comme le médical).

En Allemagne, les industries du bâtiment (27%) et de l’emballage (27%) représentent les plus
importants débouchés en terme de volume ; mais la croissance de la demande en produits plastiques
est à mettre au compte des bonnes performances de l’exportation, car la récession qui a affecté
l’industrie du BTP et la faible demande interne en matériaux d’emballage ont freiné la croissance.
En effet, l’industrie allemande des plastiques est confrontée à des difficultés importantes liées aux
coûts élevés des matières premières et subit, elle aussi, une forte pression de la part des
constructeurs automobiles qui cherche à maintenir les prix des produits plastiques à la baisse.


Au Royaume-Uni, la progression du marché des produits plastiques a été de 24,3% sur les cinq
dernières années (1996-2001) ; la demande en résines et matières plastiques a été stimulée par
l’augmentation de la consommation des emballages plastiques qui représente 36% de la
consommation de matières plastiques, par une forte demande provenant du secteur de
l’électronique et par les nouvelles tendances de l’industrie automobile désireuse de trouver des
produits plus légers pour réduire la consommation de carburant (8% de la consommation). Le
bâtiment et le génie civil restent des secteurs importants pour l’industrie des plastiques,
notamment pour les matériaux composites qui sont couramment utilisés (poutres en matériaux


pultrudés, par exemple, pour la réfection des ponts) ; ils représentent 24% du marché total.
En Italie, c’est de loin l’emballage qui tire la consommation des matériaux plastiques ; ce secteur
représente 46% de la consommation totale de matières plastiques. Il est suivi, loin derrière, par le
bâtiment qui représente 14% de la consommation.
Dans l’Union européenne, le secteur de l’emballage plastique destiné à l’agroalimentaire et aux
boissons continue de montrer des signes de croissance ; elle devrait être de 5,5% par an jusqu’en


2007, passant de 5,8 milliards d’euros à 8,4 milliards d’euros. cette croissance est la conséquence
de la substitution croissante des matériaux plastiques aux matériaux traditionnels. La croissance
des bouteilles en PET devrait se situer aux alentours de 9,2% par an.

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Vue d’ensemble & positionnement de la plasturgie

Comparaison des secteurs d’activité des 5 principaux pays de l’Europe de l’Ouest

France Allemagne Italie

Bâtiment Bâtiment Bâtiment


50 50 50


27
24 Autres 25 14 Emballage
Autres 25 Emballage Autres 25 Emballage
46
27 19
39 20
12 0
0 0 8 5
5 7 8 10
8
8 Sports &
Electronique
Sports & 13 Sports & Loisirs
Electronique Electronique
Loisirs


Loisirs

Transport
Transport Transport

Espagne Royaume-Uni EU 15
Bâtiment Bâtiment Bâtiment
50 50 50

24 23
Autres Emballage Autres 25 Emballage Autres Emballage
25 15 25
35 25 31
27 16 36
0 0 0
5 7 9 3 9
10
8 8 9
Sports & Sports & Sports &
Electronique Electronique Electronique
Loisirs Loisirs Loisirs


Transport Transport Transport

31
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité









CHAPITRE 3
ANALYSE DES INDICATEURS
QUANTITATIFS DE COMPETITIVITE




32
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



1 INTRODUCTION


D’après la récente enquête du World Economic Forum, la compétitivité de la France se serait
complètement effondrée par rapport à ses partenaires, passant du vingtième au trentième rang
dans le classement mondial. Ce classement tient compte de nombreux critères et il est réalisé à
partir de deux outils permettant de mesurer, l’un, le potentiel de croissance de l’économie d’un
pays au cours des cinq prochaines années et, l’autre, sa productivité actuelle.
La France serait, notamment, handicapée par le poids des dépenses publiques dans le PIB, la

mauvaise qualité des relations entre salariés et employeurs, le niveau élevé des impôts sur les
sociétés et sur le revenu. Des reproches lui sont faits sur l’accès trop difficile au crédit, à une
mollesse dans l’innovation technologique et une pression administrative excessive qui pénalise la
création d’entreprises. La perception est négative sur les 35 heures, sur le niveau de
développement technologique et sur la qualité de l’environnement de l’investissement.
Les atouts reconnus à la France concernent la qualité de sa recherche, les infrastructures routières

et ferroviaires, le niveau de qualification des ingénieurs et des scientifiques et la qualité des écoles
de management, sans oublier son incomparable situation géographique.
Les Etats-Unis prennent la première place, dominant leurs concurrents en raison de leur avance
technologique et d’un environnement favorable à l’investissement ; ils sont suivis, en Europe, par
la Finlande, la Suède et la Suisse. D’autres européens, Danemark, Royaume-Uni, Allemagne et
Pays-Bas font partie du groupe des 15 premiers.


Toutefois, une étude sur la compétitivité des entreprises réalisées par KPMG1 pour le compte du
Gouvernement canadien modère ce jugement. Cette étude qui compare les coûts des entreprises
en Amérique du Nord, en Europe et au Japon prend en compte :
• La situation géographique de villes comparables dans chaque pays ; pour la France, il s’agit
de Toulouse, Valenciennes et Grenoble ;
• Une comparaison des coûts d’investissement, de main-d’œuvre, de transport, d’électricité, de
télécommunication, les intérêts, les amortissements, les impôts, les taxes ;


• Enfin, la méthode de comparaison est appliquée à neuf secteurs industriels, dont la plasturgie.
Entre 1999 et 2002, la baisse du cours de l’euro par rapport au dollar a renforcé la capacité
concurrentielle des pays de la zone euro ; aujourd’hui, la plupart des pays européens ont une
compétitivité, en termes de coûts Plasturgie Total Industrie
supportés par les entreprises, 1999 2002 1999 2002
supérieure à celle des Etats-Unis. Royaume-Uni 93,2 86,4 94,8 86,9
En Europe, pour l’ensemble des Italie 100,7 87,9 104,2 88,6


industries étudiées, comme pour la France 101,3 91,1 104,2 92,2


plasturgie, la France se classe au Etats-Unis 100 100 100 100
troisième rang, derrière le Royaume- Allemagne 107,9 100,4 108,8 101,9
Uni et l’Italie, mais devant Japon 141,4 121,7 121,9 117,8
Sources, Etude KPMG 2002
l’Allemagne. Globalement, sa situation
concurrentielle semble s’être légèrement améliorée, par rapport à l’Allemagne et au Royaume-
Uni, mais légèrement dégradée par rapport à l’Italie.


Et pourtant, l’analyse des indicateurs, retenus par Nodal Consultants, ne semble pas accorder une
position aussi forte à la plasturgie française par rapport à ses homologues européens.

1
KPMG – Les choix concurrentiels, Editions du G7

33
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



2 THEME 1 : CONTRAINTES STRUCTURELLES
NATIONALES


2.1 Les coûts de la main-d'œuvre,
2.1.1 La France a des coûts de main d'œuvre élevés
L’étude KPMG (2001)
donne la ventilation des Ventilation du coût moyen des salaires

par employé et par pays


coûts salariaux moyens,
calculés sur la base de 40 Royaume-Uni 43% 4% 12%

postes de travail dans 12


entreprises industrielles et Italie 38% 13% 7%

de services. L’Italie a les 42% 18% 11%


niveaux de salaire les plus France

faibles, mais les coûts


sociaux obligatoires sont
importants et lui font
Allemagne

Etats-Uni
51%

60%
 8%

5%
29%

14%

dépasser les coûts du


Royaume-Uni. Les Japon 73% 10% 18%

salaires français sont bien 0% 20% 40% 60% 80% 100%


placés, mais cet avantage

Salaires et traitements Cotisations obligatoires Cotisations facultatives

est pratiquement annulé,


Sources : Nodal Consultants, d'après KPMG, 2001

face à l’Allemagne, par le coût des charges sociales. Les salaires aux Etats-Unis sont plus élevés
qu’en Europe, mais la faiblesse des charges sociales obligatoires les rend compétitifs avec les coûts
européens. Au Japon, malgré des coûts sociaux faibles, les salaires très importants rendent cette
destination peu compétitive.
L’étude montre également les distorsions entre les salaires des cadres et ceux du personnel ouvrier ;
l’écart observé est le plus important aux Etats-Unis. En Europe, les différences de coûts salariaux


entre les pays comme l’Allemagne et la France, d’une part, avec les pays méditerranéens, d’autre
part, s’expliquent, en partie, par le nombre d’employés qualifiés qui demandent des salaires élevés.
Ces informations
Evolution du coût de la main d'œuvre
d’ensemble confirment dans la plasturgie
les valeurs obtenues à 40
partir des bases de
Allemagne
données d’Eurostat pour
En milliers d'euros par employé et par an


la plasturgie.
France
30
Italie

On constate, toutefois, Royaume Uni

que les coûts salariaux 20 Espagne

moyens annuels de la
plasturgie (31.000 € par
employé et par an en 10

France) sont sensiblement PECO




inférieurs à la moyenne 0
des industries prises en 1995 1996 1997 1998 1999
compte dans l’étude Sources Eurostat, 2002 & Estimations Nodal

KPMG (40.000 € par


employé et par an en France).

34
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



En Europe, la plasturgie française a les coûts de main d'œuvre les plus élevés (31.000 € par
employé et par an), juste derrière la plasturgie allemande1 (35.000 € par employé et par an) et loin
devant celles des pays méditerranéens. Il est généralement admis que le coût de la main d'œuvre
des pays germaniques, scandinaves et français est élevé tandis que ceux des pays méditerranéens
est largement moins élevé.


2.1.2 L'attraction des faibles coûts de main-d’œuvre des pays de l'Est
devrait progressivement s'estomper
Les coûts de main d'œuvre des pays de l'Europe centrale et orientale représentent, au maximum,
25% des coûts français et 15% des coûts allemands ; à qualification égale, un ingénieur hongrois
coûte la moitié d’un ingénieur français. Cet écart constitue pratiquement l’unique cause de

l'attractivité de ces pays. Il explique la vague actuelle de délocalisation – considérée, par certains,
comme imprudente - vers ces pays des industries de l'Europe de l'Ouest, phénomène qui n’est pas
spécifique au secteur de la plasturgie.
Les différences de coût avec les pays de l'Est s'expliquent principalement par la chute du bloc
communiste et elles devraient progressivement s’estomper avec l’entrée de ces pays dans l’Union
européenne. 
Mais cet avantage par les coûts n’est pas le seul atout : l’implantation de longue date, d’industries
technologiques a permis aux pays de l’Europe de l’est de développer une main-d’œuvre,
ingénieurs et techniciens, très qualifiée : les tchèques avaient un constructeur automobile et les
hongrois ont un bon tissu de sous-traitants.

2.1.3 La RTT devrait faciliter la flexibilité de la main d'œuvre, mais sa




gestion pose des problèmes


L’une des contreparties de la réduction du temps de travail est en principe l’introduction d’une
plus grande flexibilité des horaires effectifs de travail dans un cadre annuel. La « RTT »
permettrait, en principe, une meilleure réactivité des entreprises aux fluctuations de leurs carnets
de commandes, donc la diminution du recours à la main d'œuvre intérimaire, souvent moins
qualifiée et une meilleure répartition de la charge de travail en fonction de la saisonnalité de la
production. Les entreprises n'ont pas toujours su saisir l'opportunité de cette loi et se sont


retrouvées en difficulté en ne parvenant pas à gérer la flexibilité imposée par le saut


organisationnel requis (si l’on fait abstraction des surcharges assumées par les cadres).



1
Dans l’industrie, le coût du travail d’un employé à plein temps a atteint 43.700 € en 2000, en progression
de 7,1% par rapport à 1996. Durant la même période, la productivité du travail n’a augmenté que de 6% (Le
Figaro du 28 novembre 2002).

35
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



2.2 Les délais de paiement handicapent les plasturgistes
français


La Commission européenne estime que 450.000 emplois sont perdus chaque année, surtout dans
les PME à cause des retards de paiement. Si l’on considère l’industrie dans son ensemble, en
France, comme en Italie et en Espagne, les délais de paiements pèsent lourdement sur la
trésorerie des entreprises manufacturières, particulièrement celle des PME/PMI. Dans ces
trois grands pays, les délais de paiement sont excessifs. En Italie, les délais de paiement sont
encore plus élevés qu’en France, mais ils sont, dans l’ensemble, respectés.
Par contre, la France

Poids des créances clients


cumule délais de paie- dans le total des bilans de l'ensemble de l'industrie (en %)
ment élevés (théorique-
40
ment entre 60 et 90
jours), comme l'Italie, et Italie

retards de paiement fré- 30


quents relativement aux
dates initialement conve-
nues ; ce qui pèse princi- 20
palement sur les
 France
Espagne

Japon

PME/PMI. En France, 10 USA


Allemagne
les habitudes de lenteur,
les retards, se sont érigés
en coutumes, jusqu’à un 0

1989 1991 1993 1995 1997 1999
point tel que les recom-
Bulletin de la Banque de France - n°96 - décembre 2001
mandations européennes
et nationales, les NRE (nouvelles réglementations économiques) visant à définir des usages pro-
fessionnels plus courts n’ont de facto pas été suivies d’effet. Bien que les dispositions de la loi
NRE du 15 mai 2001 prévoient que, à défaut de fixation d'un délai de paiement, passé un délai de
30 jours après réception de facture, le créancier peut exiger le paiement de pénalités de retard
fixées à 10,25%, les plasturgistes, surtout les PME, hésitent à l’appliquer. Dans le contexte


concurrentiel, les préoccupations commerciales l’emportent évidemment et conduisent le plus


souvent à renoncer à la revendication des intérêts de retard. Dans une certaine mesure, les mêmes
motifs peuvent aussi conduire à ne pas inscrire la clause de réserve de propriété dans les contrats.
46,8% des entreprises
françaises ont payé Poids des dettes fournisseurs
leurs achats en retard dans le total des bilans de l'ensemble de l'industrie (en %)

au premier semestre
25
Italie

2002. D’une manière gé-




Espagne
nérale, la France est le 20 France

seul pays européen ayant


une tendance à
15
l’augmentation des délais
Japon

de paiement. En outre,
une enquête de la 10
Commission européenne


USA

révèle que seulement Allemagne


5
23% des retards sont liés 1989 1991 1993 1995 1997 1999
à des difficultés Bulletin de la Banque de France - n°96 - décembre 2001

financières et 35% sont


dus à la mauvaise foi des débiteurs.

36
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



Dans la plasturgie française, une rapide évaluation permet de montrer qu’au cours des cinq derniè-
res années, les délais effectifs de paiement ne se sont pas raccourcis, mais allongés ; au fil des ans,
les créances clients sont passées de 78 jours de chiffre d’affaires en 1995 à 88 jours en 2000. Et
cette dérive est d’autant plus préoccupante, que, parallèlement, il semble que ces délais tendent à
se raccourcir en Italie (de 92 à 85 jours), et restent malgré tout plus stables en Espagne (de 102 à


105 jours). Dans tous les cas, le contraste est fort avec l’Allemagne (de 28 jours en 1995 à 21
jours en 2000).
L'automobile et la grande distribution sont les deux seuls secteurs « bénéficiaires nets » du
crédit inter-entreprises. Dans l’industrie, hors automobile, les entreprises sont d’autant plus péna-
lisées que leur taille est petite, et qu’elles se trouvent en position de sous-traitance. La plasturgie
cumule à un haut degré ces facteurs de handicap. Les entreprises qui la composent sont en effet gé-

néralement de petite taille, et elles interviennent très fréquemment en position de sous-traitance, en


particulier sur les marchés de l’industrie et de l’emballage à valeur ajoutée. Et dans ces deux der-
niers cas, face aux plasturgistes de taille modeste, voire petite, les donneurs d’ordre appartiennent à
des secteurs concentrés : constructeurs d’automobiles et leurs fournisseurs de premier rang (secteur
même plus concentré que celui de l’automobile), fabricants d’appareillages électriques et électroni-
ques de grande consommation, et clients d’envergure mondiale du packaging tels que les grandes

entreprises de la cosmétologie-parfumerie, de l’agroalimentaire, de la pharmacie. A contrario, du
côté des matières premières, le haut niveau de concentration des fournisseurs ne permet pas aux
transformateurs de négocier des délais aussi longs que ceux auxquels les contraignent leurs clients.
Réduire les délais de paiement implique, pour financer les encours de production, une augmentation
de l’intermédiation bancaire que l’on peut estimer à 200 milliards d’euros. Mais le problème des
sûretés bancaires demeure. En France, le transfert de propriété se fait par l’échange des
consentements, alors que dans les autres pays, ce transfert n’a lieu que par l’exécution réciproque


des obligations et du règlement (droit allemand par exemple) ; restant la propriété du cédant, elle
sert de garantie à la banque (qui, par exemple, a financé le « crédit acheteur »). Pour que ce soit le
cas en France, il faut inscrire, dans le contrat de vente, une clause de « réserve de propriété » qui
n’est pas toujours acceptée par le client.
La position vulnérable du plasturgiste français se traduit ainsi par un déséquilibre important entre
les conditions qu’il accorde à ses clients (de l’ordre de 88 jours de chiffre d’affaires) et celles que
lui consent son fournisseur (de l’ordre de 73 jours d’achats). A titre comparatif, l’entreprise


allemande de plasturgie est en moyenne à 21 jours de créances clients, et à moins de 10 jours pour
les délais de paiement à ses fournisseurs. De ce fait, ses besoins en fond de roulement
d’exploitation sont considérablement moins élevés que ceux de son concurrent français. Ainsi,
lors de reprises conjoncturelles, le français doit « investir » bien davantage que l’allemand pour
répondre à la nouvelle commande.
Seule une action généralisée des plasturgistes pourrait permettre l'application effective de la loi
NRE et de raccourcir les usages de paiement des clients. Les enjeux sont cruciaux pour réduire les


besoins en trésorerie et permettre une ré-allocation des ressources de l’entreprise sur


l'investissement productif et le développement de toute la filière. Rappelons que l'ensemble des
dettes fournisseurs et créances clients représentent dans les entreprises françaises près de 50% du
bilan contre environ 15% pour les entreprises allemandes.
Le déséquilibre des délais de paiement et la position vulnérable de la plasturgie française se
trouvent aggravés par une importante contradiction de la législation française sur les échanges de
biens et services. En effet, celle-ci stipule que le fait générateur de la taxe sur la valeur ajoutée est


constitué par la livraison de la marchandise. Or les activités de la plasturgie requièrent souvent la


fabrication ou l’acquisition d’outillages spécifiques qui n’ont pas de valeur hors de ce marché. Le
paiement des outillages intervient, en général, au prorata de la livraison des pièces qui en sont
issues. La logique économique voudrait donc que le fait générateur de la TVA coïncide avec la
livraison de ces pièces (qui génère les rentrées de l’entreprise) et non avec celle de l’outillage,

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



moule de fabrication par exemple. En effet, la livraison de l’outillage n’est que la concrétisation
de prestations d’études et de conception et l’outillage spécifique se trouve sans aucune valeur
intrinsèque. Les besoins en fonds de roulement des entreprises de plasturgie françaises sont accrus
de ces avances substantielles de TVA.


L’avance consentie par l’entreprise pèsera d’autant plus que la livraison de l’outillage se situe,
dans la majorité des cas, en amont de celle des pièces, surtout si l’on prend en compte la phase de
prototypage (cf. arrêt du Conseil d’Etat SA Charrrier, 5 juin 2002)

Les fournisseurs de Daewoo font la grève des livraisons


En Corée, les fournisseurs de Daewoo poursuivent leur boycott. Protestant contre les délais de
paiement trop longs, un groupe de 191 équipementiers a cessé toute livraison à destination du

constructeur et ce jusqu'au 4 septembre. La production de Daewoo est maintenant à l'arrêt depuis


trois jours, car son principal fournisseur, Delphi Corée, a lui interrompu ses livraisons depuis le
27 août. Le litige porte sur 726,8 millions d'euros d'impayés et sur des délais de paiement passés
de deux à cinq semaines.
Les banques créancières de Daewoo ont proposé de réduire à deux semaines les délais de

paiement et de rembourser 60 milliards de wons (51 millions d'euros). Mais les 191 fournisseurs
ont repoussé cette offre, la jugeant insuffisante. Toutefois, un responsable du groupe des
fournisseurs s'est voulu plus rassurant : « Si les créanciers reviennent avec une nouvelle offre
d'ici peu, nous pourrions nous arranger », a-t-il déclaré. Cependant, « le boycott pourrait bien
continuer jusqu'à mercredi prochain, car nous avons besoin de l'approbation de l'ensemble des
entreprises », a-t-il prévenu. Malgré ce conflit, General Motors a réitéré son intérêt pour Daewoo
et a confirmé le création d'une joint-venture avec Daewoo comme prévu en septembre.


D’après le Site des Professionnels de l’Automobile, 30 août 2002






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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



2.3 Externalisation et sous-traitance
2.3.1 Les origines de l’externalisation systématique


Depuis 1990, le marché européen de la sous-traitance industrielle s'est accru de 75 % en volume.
Cette évolution s’explique par le mouvement d'externalisation observé dans l'ensemble des
entreprises industrielles et notamment dans les grands groupes. Chez ces derniers, on observe une
baisse marquée de la part des valeurs ajoutées dans le chiffre d'affaires. En France par exemple
cette proportion est passée, en 20 ans, de 37,5 à 28 % dans les comptes des entreprises de 500
personnes et plus. Des tendances identiques sont enregistrées dans tous les pays européens.

Il s'agit donc d'une évolution fondamentale et puissante qui transforme à la fois le fonctionnement
et le mode de gestion des entreprises. On peut lui attribuer trois origines principales :
1. L’origine économique
Entre les années 60 et 70, le mouvement d'externalisation a été amorcé par le passage progressif
d'une économie « tirée par la demande » à une économie « poussée par l'offre ».

Dans une économie tirée par la demande, la concurrence joue sur les prix plus que sur la qualité.
On cherche à vendre moins cher pour vendre plus ; la concurrence passe par la capacité à produire
davantage et gérer la croissance pour prendre des parts de marché. Dans ce cas, l’intérêt
stratégique est de posséder ses propres moyens de production pour les mobiliser : d’où la tendance
au tout intégré.
Dans une économie poussée par l'offre, la concurrence se durcit. Elle joue encore sur les prix

mais surtout sur les produits, c'est à dire sur la qualité et sur l'innovation qui permettent de créer
de nouveaux marchés et de « forcer » la vente. Dans ce cas, les ressources financières disponibles
sont en priorité mobilisées dans des tâches « amont » (R&D, marketing, conception) ou « aval »
(commercialisation, promotion). L'investissement dans l'appareil de production passe après et,
d'un certain point de vue, devient une charge. D'où son transfert progressif vers des partenaires
spécialisés. Peu à peu, les entreprises se concentrent sur leurs métiers de base, sur leurs savoir
faire stratégiques, et tendent à externaliser tout le reste, y compris certaines fonctions tertiaires.


C'est une situation classique de redéfinition de la spécialisation du travail ; les industries qui forment
la base de la sous-traitance y ont pris une part active qui a assuré leur croissance en volume.
2. La robotisation.
Le développement, puis la banalisation, des nouvelles techniques fondées sur la robotique et la
productique intégrée ont révolutionné non seulement les manières de travailler mais également les
conditions d'exploitation et de gestion de l'outil de production. Ces systèmes présentent en effet
deux caractéristiques : ils sont fortement productifs et ils sont flexibles. Les grandes entreprises ne


sont pas forcément les mieux placées pour les rentabiliser.


Très souvent, les sous-traitants, en additionnant les commandes de plusieurs donneurs d'ordres,
peuvent plus facilement « charger » les nouveaux équipements, et donc produire à meilleur prix.
3. La sophistication croissante des produits.
L'intensification de la concurrence et, parallèlement, l'évolution des techniques, ont abouti à une
complexification sans précédent de la conception des produits. Il est rare qu'un bien de


consommation, un objet, un appareil ou un équipement soit issu d'une seule technologie.


L'exercice est difficile, voire impossible. Personne ne peut plus aujourd'hui prétendre tout
maîtriser. D'où la nécessité de faire appel, au cas par cas, à des partenaires possédant les savoir
faire complémentaires.

39
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



Les trois causes évoquées ci dessus ne semblent pas devoir disparaître dans un avenir proche. Il
faut donc s'attendre à ce que le mouvement d'externalisation se prolonge. S’il est probable que les
volumes des marchés de sous-traitance vont continuer leur progression, il n'est pas certain, en
revanche, que cette croissance s'opère entièrement dans les limites de l'Union européenne. La
mondialisation de l'économie, et la pression générale sur le niveau des prix qui en résulte, a déjà


amorcé une tendance aux importations de substitution dont on peut prévoir le renforcement.
Il faut aussi tenir compte des effets secondaires de l'externalisation. La mise sur le marché
d'activités précédemment intégrées fait disparaître les liens entre filiale et ancienne maison-mère :
l’autonomie risque d’accroître la vulnérabilité. Les donneurs d’ordre peuvent acheter ailleurs
qu’en Europe et ce danger s'applique sur un secteur dont l'importance s'est beaucoup développée
(près de 15% de l'activité industrielle, 7 millions d'emplois sont directement en jeu en Europe).

2.3.2 La sous-traitance sous la dictature des prix


On constate depuis de nombreuses année, dans tous les pays de l'Union européenne, une tendance à
la limitation - voire à la baisse - des prix pratiqués sur les marchés de la sous-traitance. Cette
tendance s’est renforcée au cours des dernières années, comme le montrent les courbes ci après.
Bien que les situations économiques soient différentes, elles permettent de vérifier qu’un important

décalage s'est creusé entre les niveaux de prix enregistrés par l'ensemble des industries
manufacturières d'une part et les secteurs de sous-traitance d'autre part, au détriment de ces derniers.
Cette évolution est préjudiciable à la rentabilité des entreprises de sous-traitance et constitue une
menace directe pour l'emploi dans cette activité. Certes, la plasturgie, industrie innovante et
inventive, a souvent démontré sa capacité à sortir de cet étau en allant au devant des besoins de
son client, en lui proposant des solutions nouvelles qui lui permettent d’accroître sa propre valeur

ajoutée, dans une stratégie de type « gagnant-gagnant ». Ce fut notamment le cas dans le domaine
du packaging à valeur ajoutée avec le développement des « emballages fonction », voire des
emballages services, tels que les pompes de dispensation dans le domaine médical (Valois), les
sur-emballage (Mayet), voire même les emballages de vente (Roskoplast en seconde
transformation). Mais ces stratégies trouvent aujourd’hui leurs limites face à une demande de plus
en plus concentrée. Et les entreprises les plus inventives n’ont souvent plus d’autre choix que de
s’intégrer dans des groupes capables de proposer au client des solutions complètes, réunissant en


bloc toute une gamme de compétences, et des portefeuilles de savoir-faire sur un large éventail de
métiers de la plasturgie, voire bien au-delà (groupes Rexam, Péchiney-Cebal), comme ce fut le
cas pour toutes celles que nous venons de citer. La sous-traitance automobile avait ouvert la voie
en hiérarchisant les fournisseurs par un système de rangs, ne laissant qu’au premier d’entre eux
l’apanage du partenariat gagnant-gagnant.
La compétitivité de la sous-traitance européenne est en jeu. La dégradation des termes de
l'échange extérieur (c’est-à-dire la capacité à exporter des produits à haute valeur ajoutée),
notamment en ce qui concerne la France, est porteuse de sous-développement pour le secteur de la


sous-traitance. C'est, à terme, la solidité du tissu industriel européen qui peut s'en trouver menacé
et le potentiel technologique de l’industrie européenne qui risque de disparaître.
Cette érosion est expliquée par des rapports de force chroniquement défavorables aux sous-
traitants. Cette analyse ne permet pas d’expliquer entièrement la dégradation des prix. Deux
causes supplémentaires doivent être prises en compte :
Les courbes ci dessous ont été réalisées par Nodal Consultants sur la base des données publiées par


Eurostat et traitées par Daniel Coué. Il s'agit de séries d'indices de prix (base 100 = 1995). En vert =
industries manufacturières. En rouge = sous-traitance (moyenne de la transformation des métaux, des
plastiques et du caoutchouc).

40
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



UE 15 FRANCE


08/98

12/98

06/99

12/99

06/00

12/00

06/01

10/01
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06/99

12/99

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06/01

10/01

ALLEMAGNE ITALIE


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10/01

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ROYAUME UNI ESPAGNE

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10/01

Etude sur la sous-traitance européenne Daniel Coué


1. La mondialisation débridée des marchés
La libéralisation des échanges mondiaux a ouvert de nouveaux et larges débouchés à l'industrie
européenne, en faisant la première puissance commerciale mondiale, mais elle accroît du même
coup les pressions concurrentielles et donne des armes aux donneurs d'ordres dans les


négociations avec leurs fournisseurs.


La pression sur les prix se fait d'autant plus forte que les possibilités de transfert de commandes
vers les pays à bas salaires sont plus aisées. Il faut noter que les secteurs à faible niveau
technologique ne sont plus les seuls menacés par cette tendance. Le développement des nouvelles
techniques d'échanges de données informatiques ouvre la possibilité de transferts dans
pratiquement tous les domaines (par exemple, dans le montage de cartes électroniques, dans la


mécanique de précision, dans la réalisation de moules pour la plasturgie ou d'outillages de presse).


La connaissance et l'expérience des hommes jouent un rôle de moins en moins important, car les
savoir faire et l'intelligence se trouvent consignés dans les systèmes électroniques de commande
des machines. Certains donneurs d'ordres n'hésitent pas à profiter de cette situation : à partir d’une
première pièce ou d’une pré-série commandée à un fournisseur européen, ils confient la

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



réalisation des séries à un sous-traitant « exotique ». Ce comportement constitue un véritable vol
par détournement de savoir-faire et dépossède les sous-traitants européens des seuls atouts qui
leur restent face à la concurrence internationale.
2. Le système des prix objectifs


La nécessité de renforcer leur compétitivité sur des marchés mondiaux de plus en plus
concurrentiels incite les donneurs d'ordres à développer de nouvelles techniques d'achats.
Auparavant, elles étaient basées sur le système des appels d'offres orientés vers la recherche et la
sélection d'un « moins disant » ou d'un « mieux disant » en fonction d'un certain nombre de
critères. Ce principe permet d'établir un « juste prix » correspondant aux prestations demandées.
Dans ce système, l’initiative de la proposition des prix revient au vendeur et sert de régulateur
entre l'offre et la demande.

La technique des « prix objectifs » a été adoptée par de grands groupes internationaux ; elle
consiste à déterminer le prix d'achat maximum de chaque pièce ou sous ensemble par
décomposition du prix de vente du produit final défini par les études de marketing. Le résultat,
néfaste et dangereux, est double :
• Le système autoritaire aboutit inévitablement à une pression à la baisse des prix.

• Le vendeur est privé de toute initiative ; c’est l'acheteur qui affiche le prix et détermine la
valeur des prestations. Dans ce type d'économie dirigée virtuelle, la libre formation des prix
n'existe plus ; le risque de sclérose est important et pourrait se révéler préjudiciable au bon
fonctionnement des marchés de sous-traitance et à la vitalité de l'industrie européenne.
C'est un facteur de fuite d'activités, d'emplois et de technologies vers des régions où les
entreprises peuvent systématiquement trouver des conditions de coûts d'exploitation inférieures

aux coûts européens.

2.3.3 Effectifs affectés à la production sous-traitée


Pour apprécier l’impor-
Effectifs affectés à la sous-traitance industrielle rapportés
tance globale du secteur au nombre total d'employés dans l'industrie, par pays
de la sous-traitance en
Europe (EU-15), il con-


vient de rappeler que cette Royaume-Uni 7,3%

activité emploie plus de 4


7,4%
millions de salariés, soit Allemagne

9% de la population active Italie 9,2%

employée dans l’industrie


et, avec 362 M€ de chiffre France 10,1%

d’affaires, c’est environ 13,3%


Espagne
14,6% de la production


industrielle de l’Union Autres 9,4%

européenne.
0% 2% 4% 6% 8% 10% 12% 14%
Parmi les pays européens, Sources Nodal, d'après Eurostat & Midest, Daniel Coué, 2002

le Royaume-Uni et l’Allemagne sont peu dépendants de la sous-traitance. La France, avec un taux


de 10,1% d’employés dans la sous-traitance, est fortement dépendante de cette activité, à un
moindre degré, toutefois, que l’Espagne (13,2%) et subit, de ce fait, le plein effet des handicaps
indiqués ci-dessus.


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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



En France, le principal marché de la sous-traitance est l’automobile : en 2000, les secteurs
spécialisés dans la sous-traitance ont réalisé un chiffre d’affaires de 70,8 M€, dont 58,1 (82%)
pour les entreprises de
plus de 20 salariés. Ventilation des activités des entreprises de sous-traitance
par secteurs clients


Spécifiquement, la
part de la trans-
Chimie, pharmacie,
formation des industrie alimentaire
Autres
21% Automobile
matières plastiques 7%
36%
sous-traitée s’élève à
8 M€ (14% de la
sous-traitance). En

2000, le secteur
automobile a
représenté 36% de Matériel ferroviaire
et de travaux publics
l'activité de la sous- Construction Aéronautique,
armement
8%
électrique et
traitance, loin devant électronique 13%
la construction 15%

électrique/électronique
et l’aéronautique.
 Midest, Daniel Coué, 1999

2.3.4 Les risques de l’externalisation dans les PECO


Le mouvement d’externalisation des plasturgistes dans les pays de l’Europe orientale et centrale ne
fait qu’augmenter avec la perspective de l’entrée de ces pays dans l’Union européenne ; les
allemands et les autrichiens n’ont qu’un pas à franchir pour retrouver, de l’autre côté de la frontière,


une culture proche de


la leur. Il en va de Comparatif des salaires mensuels moyens
entre Union européenne et PECO
même pour les italiens
en Roumanie. Les Roumanie 185

français sont plus Lettonie 260

réticents, mais Paris 285


est plus proche de
Slovaquie


Varsovie que de la Lituanie 300

Chine ! Hongrie
430

Le premier avantage République tchèque 465

que les industriels Pologne


800

européens vont
1780
chercher dans les Union européenne

Peco, ce sont, bien 0 400 800 1200 1600 2000




évidemment, les coûts (valeurs en euros)

salariaux qui peuvent


Sources Industries & Technologies, d'après UBI France et Dree, novembre 2002

être jusqu’à dix fois moins élevés que les coûts européens, avec une haute qualification du personnel
ouvrier et cadre, mais une productivité moindre. Cet avantage doit être, toutefois, fortement modulé
car l’écart de salaire diminue rapidement avec le niveau de compétences. En outre, l’entrée
programmée des Peco dans l’Union européenne devrait atténuer cet écart.
Il faut également noter que le coût des investissements, les machines et les robotisations


notamment, est identique en France et dans les Peco ; aussi, pour une production très automatisée,
l’avantage lié au coût de la main-d’œuvre peut devenir marginal par rapport à l’investissement.
Enfin, une externalisation dans les Peco devra tenir compte d’inconvénients majeurs tels que
délais de livraison aléatoires, qualité irrégulière, méthodes et organisation inférieures aux
standards de l’ouest, manque de flexibilité.

43
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



2.4 Coût des investissements
Selon l’étude KPMG citée plus haut, les coûts moyens d'investissement pour une entreprise de
fabrication dans les pays européens, présentés ci-dessous sont largement supérieurs en Allemagne


et au Royaume Uni qu'en France, Italie et Espagne. Cette observation s'explique en majeure partie
par les coûts d'acquisition des terrains.
Les coûts de construction, dans les pays indiqués, sont basés sur les coûts de construction
d’installations industrielles clés en main. L’investissement initial comprend le coût d’achat du
terrain sur lequel l’usine est construite, la propriété des installations industrielles, la construction
des bâtiments, ainsi que les coûts d’investissement (outillage et équipements dont les coûts

suivent, en règle
générale, des cours Moyenne des coûts d'investissement de sept types
mondiaux). d'entreprises de fabrication
15 833
C’est en Espagne et 16 000 14 583

Italie que les coûts 4 167 12 500 12 083

d’ensemble des implan- 3 750 11 542

tations industrielles sont


12 000  2 917 1 667
1 750
(milliers d'euros)

2 917

les plus bas. Vient


2 083 1 667
833 1 042

ensuite, la France, assez 8 000


proche de l’Italie. Le
Royaume-Uni et 8 750 8 750 8 750 8 750 8 750

l’Allemagne sont large- 4 000

ment au-dessus. Il est




intéressant de constater 0
que, en France, c’est le Allemagne Royaume Uni France Italie Espagne

coût des terrains qui Investissement constant Terrain Construction


représente le facteur
Source Nodal Consultants d'après KPMG, 2001

différenciant.
A titre de comparaison, il faut noter que le coût d’investissement correspondant aux Etats-Unis se
situe à une valeur proche de celui de la France, le coût des terrains y étant légèrement supérieur à


celui de la France, mais celui de la construction un peu inférieur.


Au Japon, par contre, les coûts des terrains sont douze fois plus élevés qu’aux Etats-Unis et le
coût de la construction près de trois fois plus élevé.
L’étude « Attractivité du site France »1 indique que la France demeure encore un site privilégié
d’implantations industrielles avec 159 implantations en 2001, soit 16,9% du total des
implantations européennes. Les secteurs d’activités sont liés aux logiciels, à l’automobile (+9%),
à l’électronique, à la chimie et à la pharmacie (+18%). On note, toutefois, que :


• La France tient une position importante pour le nombre des installations plutôt que sur la
valeur de ces implantations ; les plus stratégiques (centres décisionnels ou unités de R&D) se
dirigent plus volontiers vers le Royaume-Uni ou l’Allemagne.
• Pour la première fois depuis 1997, les principaux pays d’Europe centrale et orientale
(République tchèque, Hongrie, Pologne et Roumanie) dépassent, avec 281 implantations, le
total de la France sur la même période (264 implantations, dont 159 industrielles et 105


tertiaires).

1
Baromètre 2002 « Attractivité du site France », étude Ernst & Young, édition 2002

44
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



2.5 Coût du transport
Les études sur le transport des produits industriels montrent que les produits du plastique sont


majoritairement transportés par voie routière et, dans une moindre mesure, par voie maritime ou
fluviale. Pour les entreprises de transformation des matières plastiques, l’importance relative des
coût de transport s’établit à 14% des coûts totaux ; ce chiffre est à comparer avec les 9% pour les
composants métalliques et les produits alimentaires, les 5% pour les pièces de précision ou les
produits pharmaceutiques et le 1% pour les produits chimiques. Le handicap pour l’industrie de la
plasturgie traduit par ces chiffres est lié à la nature même des produits transportés, à leur faible
valeur ajoutée, jointe à leur encombrement important.

L’histogramme1 ci-dessous compare les coûts du transport routier nécessaire à la livraison des
produits de l’industrie à ses marchés ; dans le calcul des coûts, on a donc tenu compte de
l’éloignement de l’entreprise de ses marchés principaux. Les résultats de l’étude montrent que le
coût du transport est fortement lié à ce dernier facteur ; en effet, les coûts de transport les plus bas
sont observés aux Pays-Bas, suivis de près par ceux de l’Autriche et de l’Allemagne.
L’Italie et le Royaume- 
Coût moyen des transports routiers de sept types
Uni sont proches et d'entreprises manufacturières
devancent la France
dont les coûts sont en- 400
viron 40% plus élevés. 400

A titre de comparaison,
on notera que les coûts

élevés du transport aux
(milliers d'euros)

300

Etats-Unis et Canada
290
285 280 280

sont représentatifs des 250

longues distances que


200
les marchandises doi-
vent parcourir. Au Ja-
pon, les coûts élevés
sont liés aux tarifs pra-


100

tiqués pour les trans- France Royaume Uni Italie Allemagne Espagne PECO
Source Nodal Consultants, d'après KPMG, 2001

ports de voisinage.
La situation difficile de la France est mise en avant par la Lettre du Transport et de la Logistique2
qui indique que « pour une même prestation, les prix pratiqués par les transporteurs routiers
allemands du Bade-Wurtemberg sont inférieurs de 15 à 20% à ceux de leurs homologues
alsaciens, situés sur l’autre rive du Rhin ». Les écarts de coûts observés seraient essentiellement
dus, d’après cette étude, aux différences d’interprétation des réglementations sociales européennes


relatives aux temps de travail. Chaque mois, pour un même coût salarial, le conducteur allemand
effectue 1.200 à 1.800 km de plus que son homologue français.
Ces résultats doivent être considérés comme un indicateur général des coûts de transport dans
chaque pays pour l’industrie manufacturière et, notamment, pour celle de la transformation des
plastiques qui est handicapée par la nature des produits transformés. Il convient toutefois de noter
que cette comparaison doit être modulée en fonction des types de produits fabriqués ; l’impact du
coût des transports sera, bien évidemment, plus faible pour des produits à haute valeur ajoutée


(électricité et électronique, par exemple) que pour des produits de consommation courante, mais
qui représentent les plus gros marchés des plasturgistes français.

1
Etude KPMG
2
Lettre du Transport et de la Logistique, n°175 – 23 octobre 2002

45
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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



2.6 Fiscalité des entreprises
En Europe, le développement de la nouvelle économie, l'organisation en réseau et le commerce
électronique permettent une re-localisation qui renforce la concurrence fiscale. La globalisation des


marchés met les Etats en concurrence ce que certains pays ont immédiatement compris comme les
hollandais et les belges qui ont eu une créativité fiscale compétitive exceptionnelle.
Pour un chef d'entreprise, la France présente quelques avantages indéniables. La valeur ajoutée par
personne y est une des meilleures du monde. Le handicap français se situe au plan de la fiscalité, tant
pour les taux que pour les modalités. Si l'on veut garder en France les Etats-majors et les centres de
décisions et attirer les industriels, le site français doit être attractif. Au-delà des taux d'imposition, la

complexité du système est rebutante : le taux global de la fiscalité, la taxe professionnelle qui frappe
les investissements et grève les coûts, l'impôt sur le revenu et les cotisations sociales élevées rendent
difficiles le maintien des centres de production en France.
Avec la loi sur la
réduction des impôts Evolution prévisible du positionnement de la fiscalité
des pays européens entre 2000 et 2003
adoptée par le
parlement en juillet
2000, l’Allemagne a Royaume-Uni
lancé un ambitieux Allemagne

programme de réduc-
tion des taux d’impo- Espagne

sition sur les revenus Belgique


avec pour objectif de


faire passer le taux de Portugal

prélèvement obliga-
Italie
toire en-dessous de la
barre des 40% de la France

richesse nationale. 0 20 40 60 80 100


Pour les entreprises, Situation prévue en 2003 Situation en 2000
le plan prévoit un Etude Medef 2000, Les Nouveaux champions


taux d'impôt sur les sociétés de 25 %, inférieur de douze points au taux français, une quasi-absence
d'imposition sur les plus-values, une fiscalité du patrimoine moitié moins lourde qu'en France et un
taux normal de TVA à 16 %. Pour réussir cette baisse, le gouvernement allemand a planifié près de 75
milliards d’euros d'économies budgétaires pour les quatre prochaines années.
Cet effort considérable devait permettre à l’Allemagne de combler son écart de compétitivité
fiscale qui la sépare du Royaume-Uni, voire des Etats-Unis. Mais un certain nombre d’événements
sont venus contrarier ces projets. Les inondations, juste avant la réélection des partis soutenant le
chancelier Schröder, ont été un premier motif pour retarder l’application de certains allègements


fiscaux. L’examen de l’équilibre des retraites en est un autre pour accroître les cotisations sociales. De
plus, dans le domaine de l’environnement, où l’on aurait pu espérer que les mesures « positives »
d’incitation aux économies d’énergie et à la lutte contre le gaspillage, prendraient le pas sur les
mesures dissuasives, il apparaît désormais que l’avenir passe par un développement des « éco-taxes ».
Il est ainsi vraisemblable que l’ensemble des prélèvements obligatoires va progresser, et non pas se
réduire, en dépit de la diminution de l’impôt.


Avant ces évènements dont il est difficile d’anticiper les conséquences, l’étude du Medef à l’horizon
2003, d’après la comparaison européenne de sept impôts essentiels, montre que la France demeurera la
lanterne rouge de l'Europe, même après les réformes en cours. Pour rester dans la compétition, la
France n'a plus le choix : elle doit engager une réforme en profondeur de sa fiscalité.

46
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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



Le classement a été réalisé en établissant la moyenne de chaque Etat au regard de sept critères : impôt
sur les sociétés, taxation des plus-values de cession de titres, impôt sur la fortune, droits de succession
sur une entreprise, imposition des dividendes perçus par les personnes physiques, impôt sur le revenu,
rémunération nette d'un salarié. Les impôts locaux sur les activités économiques ne sont pas pris en
compte car leurs assiettes et leurs modes de calcul sont différents (les taux d'imposition retenus sont les


taux en vigueur pour 2003 au terme de la réforme fiscale française, mais avant la mise en œuvre
complète de la réforme allemande prévue pour 2005 ; pour les autres pays, ce sont les taux existants).
La taxe professionnelle, facteur spécifique du handicap français
La fiscalité française sur l’outil de production pèse sur les entreprises de plasturgie. Certes, de tels
impôts, destinés à alimenter les recettes des collectivités locales, existent aussi chez les principaux
concurrents de la France, mais les ordres de grandeur diffèrent. En France, la « taxe profession-

nelle », assise sur la valeur d’acquisition des immobilisations, pèse d’autant plus sur la plasturgie
qu’elle s’applique à l’outillage de production (moules, filières d’extrusion, formes), dont la courte
durée d’utilisation ne dépasse généralement pas celle d’un marché. Au delà du marché pour lequel il
a été conçu, l’outillage perd toute valeur, mais doit être conservé pour servir en cas de reprise de sé-
ries, de séries complémentaires ou pour garantir un suivi de fabrication (cosmétologie, pharmacie,
automobile, industries électriques et électroniques). Pourtant, cet outillage, inactif pendant de

longues années, continue de supporter la taxe. C’est pourquoi, bien souvent, les sous-traitants de la
plasturgie essaient de faire passer ces acquisitions d’outillage spécifique dans les actifs de leurs
donneurs d’ordres, mais, alors, ils risquent de perdre la maîtrise de leur outil et, à terme, celle de
leurs marges, car le client peut très bien confier l’outil à la concurrence.
Les tentatives de réforme de la taxe professionnelle, pour corriger son caractère anti-économique,
ont tourné court ou furent suivies d’un retour en arrière, comme ce fut le cas après que les collecti-


vités locales aient constaté le manque à gagner résultant de la prise en compte, lors d’un rachat ou
d’une fusion, de la « valeur de rachat » au lieu de la valeur d’acquisition de l’équipement dans
l’assiette de la taxe.
Du côté des donneurs d’ordre, la mondialisation et la mode de la « valeur pour l’actionnaire » ont
entraîné une plus grande réticence à accepter de faire entrer les outillages dans leurs propres actifs.
Ce n’est donc que lorsqu’il y voit un avantage stratégique, notamment celui de pouvoir plus aisé-
ment changer de fournisseur, que le donneur d’ordre prendra en charge l’outillage, avec les consé-


quences fiscales liées, mais là encore, le plasturgiste français perdra de son potentiel compétitif.

L’Allemagne se dirige vers une croissance zéro


Depuis la parution de l’étude du Medef, début 2002, la situation a bien changée en Allemagne.
Elle semble condamnée à une croissance pratiquement nulle pendant plusieurs mois compte tenu
de la dégradation du climat des affaires observée en novembre qui intervient sur fond de hausses
d’impôts multiples pour tenter de réduire les déficits.


Les commandes manufacturières étrangères ont chuté de 2,7% au 3ème trimestre 2002 par rapport au
second ; la croissance pourrait être zéro pour l’ensemble de l’économie, négative pour l’industrie.
… et au Royaume-Uni
Dans le contexte déprimé actuel, l’économie du Royaume-Uni est celle qui croît le plus vite au
taux le plus élevé de tous les pays développés : 0,8% au troisième trimestre 2002 ; le taux de
chômage y est inférieur à ceux des Etats-Unis, du Japon et des pays de la zone euro.


Cependant, le gouvernement travailliste s’est engagé à moderniser les services publics et les
économistes s’interrogent sur sa capacité à financer ces investissements sans une hausse de la
pression fiscale. L’Institut national de la recherche économique et sociale estime qu’il devra accroître
les impôts de 20 milliards de livres à l’horizon 2006 s’il veut équilibrer les comptes de la nation.
D’après Le Figaro du 20 novembre 2002

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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



2.7 Synthèse des contraintes structurelles nationales
L’analyse des six facteurs de compétitivité nationale – qui pourraient, également, s’exprimer


en termes d’attractivité pour les investisseurs étrangers – permet de brosser un tableau assez
contrasté de la position de la France face à ses principaux concurrents européens.
1. Coûts de main-d’œuvre : la France a une position favorable en ce qui concerne les coûts des
salaires, mais cet avantage est annulé par le coût des charges sociales ; les coûts les plus
élevés sont observés aux Etats-Unis et au Japon, tandis que les PECO bénéficient–pour
combien de temps encore – d’une situation très favorable.

2. Délais de paiement : la France cumule délais de paiement élevés et retards de paiement ; les
habitudes sont telles que l’on constate un allongement des délais plutôt qu’un
raccourcissement, malgré les règles édictés par l’Union européenne. Les pays anglo-saxons et
le Japon ont des habitudes, dans ce domaine, beaucoup moins laxistes que les pays
méditerranéens.
3. Externalisation & sous-traitance : la position de la France est directement affectée par le

poids de la sous-traitance – notamment, en direction du marché automobile - qui représente
une part importante de l’activité du secteur. L’Espagne demeure le principal destinataire de
l’activité de sous-traitance, tandis que le Royaume-Uni n’affecte que 7,3% de sa population
active à la sous-traitance.
4. Coût des investissements : la France demeure encore un site privilégié d’investissement en
raison, surtout, du faible coût des terrains, mais elle perd des places, au profit du Royaume-

Uni, en matière de centres de décision et d’unités de R&D.
5. Coût des transports : pour diverses raisons, dont l’éloignement de ses marchés, la France a
une très mauvaise position en matière de coût des transports ; le coût des salaires et la
législation du travail (effet des 35 heures ?) ne sont sans doute pas étrangers à cette situation.
Il faut toutefois noter que l’Allemagne semble interpréter d’une manière plus souple les
directives sociales européennes relatives au temps de travail.
6. Fiscalité des entreprises : dans ce domaine encore, la France, malgré ses efforts, reste la


« lanterne rouge » de l’Europe en matière de compétitivité fiscale ; proche de l’Allemagne en


2000, les efforts de ce pays devrait accentuer l’écart à l’horizon 2005.
Allemagne

Espagne

Indicateurs des contraintes


France

Japon
PECO

structurelles nationales
Italie

USA
UK


1 Coût main d'œuvre, -1 -1 +2 +1 +1 +2 -2 -2


2 Délais de paiement -1 +2 -1 -2 +2 -2 +1 +1
3 Dépendance de la sous-traitance -1 +1 -2 -1 +1 -2 +2 +2
4 Coûts des investissements +1 -1 +2 +1 -1 +2 -2 -2
5 Coût du transport -1 +1 +2 +1 -1 +2 -2 -2


6 Fiscalité des entreprises -1 -2 +1 +1 +2 +2 -1 -2


Sources Nodal Consultants, 2002

En matière de contraintes structurelles nationales, la France est très désavantagée par le coût des
transports, dont elle n’est pas entièrement maîtresse (effet de la distance des marchés) et par sa
fiscalité dont la situation va s’aggraver, en position relative, au cours des années à venir.

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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



3 THEME 2 : POIDS DE LA PROFESSION


3.1 Chiffre d'affaires de la plasturgie
En 2000, la France oc-
Chiffre d'affaires de la plasturgie, par pays, en 2000
cupe la second position
européenne en chiffre 50 000
d’affaires de la plasturgie,
avec 24 milliards d’euros, 40 000 42 093

loin derrière l'Allemagne


CA en millions d'euros

(42 milliards), mais avant


30 000
tous les autres pays euro-
péens. Elle a le quatrième 24 390
23 392
rang mondial derrière les 20 000
17 517
Etats-Unis avec plus de
200 milliards d’euros et le
Japon avec 109 milliards
d’euros de chiffre d'af-
10 000

0
Allemagne France
 Royaume Uni Italie
10 365

Espagne
faires. Les 5 pays euro- Sources Fédération de la Plasturgie, 2002

péens de la cible réalisent


ensemble un chiffre d’affaires de 117 milliards d’euros, équivalent à celui du Japon.
Pour sa part, la France a

Evolution du chiffre d'affaires de la plasturgie française
réalisé une croissance de
39% entre 1996 et 2001,
soit une croissance annu- 25,6
2001
elle moyenne de 8,6%,
pour atteindre 25,6 mil- 24,39

liards d’euros en 2001,


2000

comparable à la crois-


21,65

sance italienne de 8,7%. 1999

Mais ces bons chiffres ne 20,43

doivent pas cacher le 1998

ralentissement observé 18,6


depuis 1999 et l’écart 1997

important de croissance 0 10 20 30
observé face au (CA en milliards d'euros)
Sources Fédération de la Plasturgie 2002

Royaume-Uni (11,%) et à


l’Espagne (10,3%). La croissance allemande est la plus faible avec 5,4% annuelle.

Tableau 3-1 : Evolution 1996/2000 du chiffre d’affaires de la plasturgie


Taux Croissance
(en millions d’euros 1996 2000
2000/1996 annuelle
Allemagne 34 149 42 083 23,2% 5,4%
France 17 532 24 390 39,1% 8,6%


Royaume Uni 15 092 23 392 55,0% 11.6%


Italie 12 566 17 517 39,4% 8,7%
Espagne 7 013 10 365 47,8% 10.3%
Sources Fédération de la Plasturgie et estimations Nodal

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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



3.2 La plasturgie dans l’emploi industriel
Bien que second


Evolution de l'emploi dans la plasturgie
trans-formateur de
matériaux plastiques 300 000

en Europe, la France Allemagne

se situe au 3ème rang


pour le nombre Royaume-Uni

d’employés, loin der-


Nombre d'employés

200 000

rière l’Allemagne et

France
le Royaume-Uni ; ce Italie
décalage entre chiffre
d’affaires et nombre 100 000

d’employés traduit la
Espagne

bonne productivité
des salariés français
dans la plasturgie,
mais cet écart peut
également s’expliquer
0
1995 1996 1997 1998 1999
 2000
Sources Eurostat 2002

par la différence de nature des produits transformés.


L’Allemagne est le seul pays à avoir perdu des emplois dans la plasturgie entre 1996 et 1999, date
à laquelle elle a atteint, de nouveau, son niveau de 1995. Dans l’ensemble, l’emploi dans la
plasturgie y est particulièrement stable, malgré les augmentations sensibles de la production.


En France, comme en Italie et en Espagne, l’emploi évolue régulièrement, d’une manière


comparable à celle de la production. Ce n’est pas le cas au Royaume-Uni où l’on constate une
dégradation sensible de la productivité : l’emploi augmente plus rapidement que la production.
Les Etats-Unis ont une place largement dominante avec 1,4 millions d’employés, c’est à dire plus
que toute l’Union européenne (1,3 millions d’employés). Le Japon emploie 448 000 salariés.
Le rapport du nombre


Part des salariés de la plasturgie dans la population active


d’employés de la
trans-formation de la
7,0
plasturgie par rapport
en ‰ de la population active

6,9
à la population active 6,4
permet de mesurer
l’importance de cette 5,6
industrie dans le tissu 5,5

industriel. Dans ce 5,0




secteur, la France em-


ploie moins de main 4,3

d’œuvre que l’Alle-


magne et le Royaume
Uni, à un niveau 3,0
Allemagne Royaume Uni France Italie Espagne
proche de celui de Source Nodal, d'après Eurostat & OCDE, 1999

l’Italie.


La plasturgie française emploie 150 000 salariés en 2001, ce qui représente près de 5,8‰ de la
population active française. L’effectif global de la profession est en constante progression depuis
5 ans (+25%). Des évolutions similaires sont observées dans les autres pays européens,
caractéristique de ce secteur en plein développement.

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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



3.3 Contribution de la plasturgie au produit intérieur brut
En moyenne, dans les pays de l’Union européenne des 15, la plasturgie participe pour 5,5‰ à la
formation du PIB européen. Les pays méditerranéens, France (5‰), Espagne (4,3‰) et Italie (4‰)


se situent dans une
fourchette basse,
en dessous de la
moyenne europé-
enne ; l’Allemagne
(7,7‰) et le
Royaume-Uni

(7,4‰) sont large-


ment au-dessus
Les Etats-Unis et le
Japon présentent
des valeurs très
proches de celles
de la France, avec
respectivement

5,1‰ et 5,7‰.
Cet indicateur mesure la capacité du secteur à transformer du chiffre d’affaires en valeur ajoutée ;
il mesure l’enjeu de cette industrie en termes d’emplois et la participation du secteur dans
l’économie nationale. Il donne, également, une mesure de la densité du marché national et


caractérise l’existence de donneurs d’ordres d’une certaine taille qui intègrent les produits de la
transformation dans des produits finis (par exemple, en Allemagne, l’électroménager et le
bâtiment).
Au vu de ces valeurs, on peut estimer que les industries de la plasturgie en Allemagne et au
Royaume-Uni produisent, globalement, des pièces à plus forte valeur ajoutée que celles des autres
pays européens.




51
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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



3.4 Consommation apparente de matières plastiques
La consommation ap-
Evolution de la consommation apparente (en milliers de tonnes)
parente de matières


plastiques en tonnage
est égale à la produc- Allemagne
12 070
11 630
tion totale augmentée
de l’importation et Italie
6 325
6 585
diminuée de
l’exportation ; elle 4 530
Royaume-Uni
donne une estimation 4 638

du marché intérieur 3 573

inter-industriel (B to Espagne 3 922 1999 1998

B) et du marché grand 4 902


public (B to C), mais France 4 859

elle ne tient pas


0 4 000 8 000 12 000 16 000
compte de la produc-
tion intégrée, auto-
consommée par cer-
 Milliers de tonnes

tains secteurs industriels comme l’automobile ou l’électroménager. La consommation apparente de


Sources EuPC, Economic report 2001

la France vient en 3ème position, après celles de l’Allemagne et de l’Italie, et devant celles de
l’Espagne et du Royaume-Uni.
Entre 1998 et 1999, la

Ecarts entre production et consommation apparente
consommation
apparente n’augmente 3 000 2 470
que très peu en
Allemagne (+4%) et 2 000
1 391
en France (+1%), et 1 098 1 030

diminue dans les 1 000

autres pays. En vo-


lume, l’Allemagne et


la France produisent
(313)
(443)

plus de matières plas- (1 000)


1998 1999

tiques qu’elles n’en (2 000) (1 906)


consomment, contrai- (2 430)
(2 675) (2 089)

rement à leurs homo- (3 000)


logues italiens, France Allemagne Italie Espagne Royaume-Uni
(en milliers de tonnes)
espagnols et Sources EuPC, Economic Report 2001

britanniques.


Tableau 3-2 : Consommation apparente des principaux pays européens en tonnage


Consommation
Production Import Export
Apparente
1999 1998 1999 1998 1999 1998 1999 1998
France 6 250 6 000 3 621 3 499 5 012 4 597 4 859 4 902
Allemagne 14 100 13 100 6 000 6 280 8 470 7 310 11 630 12 070


Italie 3 910 3 895 4 175 3 885 1 500 1 455 6 585 6 325


Espagne 3 479 3 260 2 379 1 965 1 936 1 652 3 922 3 573
Royaume-Uni 2 732 2 441 3 273 3 297 1 367 1 208 4 638 4 530
Sources Nodal Consultants, d’après Eurostat 2000

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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



3.5 Synthèse du poids de la profession
L’analyse des quatre facteurs mesurant le poids de la profession donne une image assez claire de


l’importance de la profession dans les 5 pays concernés par l’étude.
1. Chiffre d’affaires de la plasturgie : la France a la seconde place en Europe, derrière
l’Allemagne, mais elle est talonnée par le Royaume-Uni dont la croissance en 1999/2000 l’a
dangereusement rapproché de la France.
2. La plasturgie dans l’emploi industriel : la France n’a pas une place dominante dans ce
domaine, mais elle semble mieux équilibrée que celle de ses homologues, en particulier par

rapport au Royaume-Uni.
3. Contribution de la plasturgie au produit intérieur brut (PIB) : la France se situe dans la
moyenne des pays développés, mais largement dépassée par l’Allemagne et le Royaume-Uni.
4. Consommation apparente de matières plastiques : la plasturgie n’est pas encore une
industrie très bien implantée en France, comparée à la place qu’elle occupe en Allemagne.
 Allemagne

Espagne
Indicateurs du poids
France

Japon
PECO
de la profession

Italie

USA
UK
1 Chiffre d’affaires de la plasturgie +1 +1 -2 -1 -1 -2 +2 +2


2 Part de la plasturgie dans l’emploi +1 +2 -2 -1 +1 -2 +2 -1


3 Contribution de la plasturgie au PIB -1 +2 -1 -2 +2 -2 +1 +1
4 Consommation de matières plastiques +1 +2 -1 -1 -2 -2 +2 +1
Sources Nodal Consultants, novembre 2002

Sans avoir une excellente position, le poids de la plasturgie en France se situe au second rang en
Europe, loin derrière l’Allemagne.




53
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



4 THEME 3 : STRUCTURE DE LA FILIERE


4.1 Influence de la structure de la filière
4.1.1 Répartition des établissements selon leur effectif
Le tissu économique Répartition des établissements du secteur en fonction de leur effectif
de la plasturgie fran-
çaise est caractérisé
France

par une grande dis-


persion des sites in- Royaume Uni
dustriels ; il est com- Allemagne
posé de nombreuses Italie
PME de taille réduite,
souvent inférieure à Espagne

100 employés et qui,


en outre, disposent de
plusieurs sites. 96%
Japon
 > à 499 employés

des établissements de
de 1 à 9 employés de 10 à 49 employés 50 à 99 employés 100 à 499 employés
Etats-Unis

la plasturgie française 0% 20% 40% 60% 80% 100%


comptent moins de Source Estimations Nodal & Economic Report EuPC, 2001

250 employés en 2001 et emploient 68% des salariés. L’industrie de la plasturgie est plus

concentrée en Allemagne (presque 50% des entreprises ont plus de 50 employés) qu’en France.
Tableau 3-3 : Structure des établissement du secteur par tranche de nombre d’employés
Plus de Nombre
1à9 10 à 49 50 à 99 100 à 499 Total
499 moyen
Etats-Unis 3 440 4 960 3 344 3 680 576 16 000 88
Japon 16 952 7 531 1 102 656 26 26 267 17


Espagne 3 096 656 108 3 860 18


Italie 3 445 1 007 477 318 53 5 300 24
Allemagne 83 1 247 568 790 83 2 771 100
Royaume Uni 4 575 759 361 283 42 6 020 31
France 1 844 1 655 344 335 13 4 190 35
Sources EuPC Economic Report, 2001

Le marché étant désormais européen ou mondial, la majorité des entreprises françaises n'ont pas la
taille critique suffisante pour permettre une bonne projection internationale (le nombre moyen


d’employés dans les établissements françaises est de 35 salariés), principalement par rapport à son
concurrent européen l'Allemagne (en moyenne 100 employés par établissement) qui présente
beaucoup plus de grandes entreprises. De plus, l'entrée en phase de maturité du marché européen
de la plasturgie impose des investissements de R&D importants qui deviennent trop lourds pour
pouvoir être assumés par de petites structures. Les entreprises françaises risquent donc, à terme,
de souffrir de l'absence d’avantage concurrentiel du fait de l'impossibilité de développer des
programmes de R&D suffisants. Afin de pouvoir survivre, les entreprises françaises sont


désormais dans l'obligation de recourir aux partenariats et collaborations inter-entreprises ou de


réaliser des fusions. Cette structure morcelée est caractéristique de l’absence de leaders dans la
profession plasturgie en France.
Le Royaume-Uni présente un réservoir de jeunes entreprises (près de 80% des établissements ont
moins de 10 salariés et une taille moyenne de 31 employés par entreprise). Cette structure est très

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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



comparable à celle de
l’industrie au Japon, Nombre moyen d'employés par établissement
mais le nombre
moyen d’employés Japon 17

dans ce dernier pays


88
est très faible, de Etats-Unis

l’ordre de 17 em-
ployés par entreprise. Espagne 18
Deux stratégies peu-
vent expliquer cette Italie 24

structure : d'une part, Royaume Uni 31

l’externalisation des

Allemagne 100
tâches est une prati-
que fréquente au France 35

Royaume-Uni. Les 0 40 80 120

entreprises de moins Nombre moyen d'employés par établissement


de 10 salariés seraient Sources Plasturgie Monde 1999, EuPC, CIPAD

donc maintenue « artificiellement en vie » par les donneurs d'ordre qui ont tout pouvoir. D'autre

part, il semble que dès que ces sociétés atteignent une certaine maturité, elles sont aussitôt cédées
aux grands groupes du secteur par les capitaux-risqueurs qui avaient initialement investi dans ces
jeunes sociétés innovantes.

4.1.2 Poids des leaders dans la « profession »


En France, la taille


moyenne des entre- Nombre moyen d'employés par entreprise


(entreprises de plus de 20 salariés)
prises se situait à 96
employés entre 1995
et 1999 ; il s’est accru Espagne
20

en 2000 et 2001 pour


atteindre 109 em- Italie
55

ployés. L’Espagne


reste handicapée par France


96

la faible taille de ses


entreprises, mais il Royaume-Uni
99

faut noter que nombre


d’entre elles ne dispo- 117
Allemagne
sent que d’un seul
site, ce qui n’est pas 0 40 80 120
le cas en France où le Nombre moyen d'employés Sources Eurostat


nombre moyen
d’employés par établissement tombe à environ 35.
En Allemagne, ces deux valeurs sont relativement plus proches, puisqu’elles sont respectivement
de 101 employés par établissement et de 117 par entreprises. Selon Eurostat, l'Allemagne n’a
qu’un nombre très limité de petits entreprises de moins de 10 salariés. Hormis le fait que les
statistiques allemandes négligent souvent de prendre en compte les établissements de moins de 20
employés, il semble qu'en Allemagne, par rapport aux autres pays européens, il ne se crée plus de


jeunes entreprises innovantes ; l’explication pourrait en être que le secteur de la plasturgie


allemande est entré en phase de maturité, ce qui est révélé par le nombre important d'entreprises
de plus de 100 salariés, résultat d’une concentration déjà bien avancée, mais qui peut également
receler, à terme, une certaine faiblesse.

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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



Bien que les entreprises de la plasturgie en France et au Royaume-Uni soient beaucoup moins
concentrées que leurs homologues en Allemagne et, surtout, aux Etats-Unis, ces trois derniers
pays disposent, par rapport à la France, d’un nombre important de leaders dans la profession. En
France, en 1999, le total des entreprises de plus de 500 salariés n’était que de 24 entreprises, dont
9 de plus de 1.000 salariés ; et encore, les deux plus importantes ne réunissaient, pour Visteon que


2.326 employés et pour Allibert Industries 2.999. Par ailleurs, les 14 plus importantes entreprises
françaises de plasturgie ne réalisent, ensemble, que 12% du chiffre d’affaires de la profession.
Tableau 3-4 : Structure des entreprises françaises de 20 salariés et plus en France
Nombre Nombre Employés par
d'employés d'entreprises entreprises
2001 148 384 1.372 109

Entreprises de plus
2000 144 384 1.322 108
de 20 salariés
1999 134 692 1.280 105
Sources SESSI 2000

4.1.3 Implication des producteurs matières premières


Les transformateurs n’ont aucune alternative de substitution de matériau et sont donc contraints de

subir de plein fouet la « loi » des producteurs et les fluctuations du prix de la matière première
qu’ils utilisent. Toutefois, ce jugement doit être nuancé en fonction des matériaux utilisés ; en
effet, parmi les producteurs de matières premières, il faut distinguer entre les pétrochimistes,
producteurs de résines courantes (polyoléfines, vinyliques, styréniques) à caractère très spéculatif,
et les chimistes (Solvay, DSM, Dupont) qui produisent les matériaux techniques ou spéciaux.
Le secteur de la fabrication des matières plastiques est fortement concentré ; 13 entreprises de

plus de 250 salariés réalisent plus de 60% du chiffre d’affaires sectoriel et emploient près de 58%
des effectifs, mais leur implication dans l’aval de la filière apparaît relativement faible et la
tendance à long terme de leur stratégie est de se désengager de la transformation. Au contraire, les
seconds conservent une activité importante dans la transformation.
La globalisation des échanges offre aussi quelques surprises dans les politiques de prix pratiquées
par les fournisseurs de matières premières. Les écarts de prix entre les régions peuvent atteindre
plus de 30% ; par exemple, le PEhd vendu en Chine, par un même producteur, a été, à certaines


époques récentes, de près de 30% moins élevé que le même matériau vendu en Europe.

L’exemple de Solvay
Récemment, Solvay a cédé BP Amoco sa production de polyoléfines (100% du polypropylène et
50% du polyéthylène) ; en échange, Solvay a acquis l’ensemble des polymères d’engineering (ou
hautes performances) d’Amoco et vient de racheter tous les polymères fluorés d’Ausimont qui
appartenait au groupe Edison (ex-Montedison). Avec ces acquisitions, Solvay devient le numéro 2


mondial, après Dupont, pour les polymères fluorés.


L’activité de transformation de Solvay représente 20% de son chiffre d’affaires ; elle se
développe sur des créneaux très ciblés, toujours en « joint venture » avec des partenaires qui sont
eux-mêmes parmi les leaders de leur secteur :
• Les réservoirs d’essence, réalisés en extrusion-soufflage de multicouches de PE et de
polymères fluorés (7 couches pour une épaisseur de 2 mm). Ces équipements sont réalisés


dans le cadre d’une JV, Inergy, avec Plastic Omnium qui était déjà le numéro 2 du secteur :
Inergy est aujourd’hui le leader mondial de ce marché avec 40% de parts de marché. Les
sites Inergy sont systématiquement installés à proximité des sites de production des
automobiles (en particulier en Allemagne et dans les PECO) ;
• La fabrication de feuilles industrielles destinées aux piscines et à la construction industrielle ;

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• Les feuilles PVC à usage médical, destinées à la fabrication de poches à sang, d’équipements
de dialyse ; ce secteur, qui ne représente qu’une faible part du chiffre d’affaires de Solvay,
est à très haute valeur ajoutée dans la mesure où ces produits exigent une très grande pureté,
exempte de tous défauts de surface et, par conséquent, demandent une très grande technicité ;


• Depuis 1989, les tuyaux PVC sont fabriqués par une JV entre Solvay et Wienerberger (Autriche).
Sources Nodal, juin 2002

En France, les deux seules entreprises membres de l’APME (Association of Plastics


Manufacturers in Europe) sont TotalFina Elf et Rhodia ; le premier est un pétrochimiste peu
impliqué dans la transformation, malgré l’importance stratégique de ses deux filiales Atofina et
Cray Valley qui sont des producteurs de matières premières et non des transformateurs. Atofina

s’est au reste récemment désengagé de Soplaril qui est passée chez Péchiney. Cray Valley,
chimiste, développe une stratégie de producteur de matières premières.
En comparaison, dans les filières papier-carton ou textile, voire la métallurgie, les producteurs de
matières premières sont impliquées dans l’ensemble de la filière. Dans la plasturgie, les chimistes,
producteurs de matières premières, sont moins impliqués dans l’aval de la filière. Aussi, la filière
ne dispose pas de force structurante.

4.1.4 Implication des donneurs d'ordre



Dans les relations, de plus en plus inégales, entre donneurs d’ordres et transformateurs, les sous-
traitants des industries automobile et électrique/électronique risquent de perdre le contrôle, à la
fois, du choix des matières premières utilisées (celui-ci est fait en aval, par le donneur d’ordres,
qui peut ainsi conserver un droit de regard sur l’ensemble du processus de fabrication) et sur les

contrats d’approvisionnement de matières premières qui sont de plus en plus souvent négociés
directement par le donneur d’ordres lequel s’assure ainsi un meilleur contrôle des coûts ; la marge
de manœuvre des transformateurs dans le choix de leur fournisseur et du coût de leurs
approvisionnement est réduite à sa plus simple expression (cf. Albys-Bayer et le Groupe Arnaud).
Les donneurs d’ordres exigent de leurs sous-traitants plasturgistes le respect de cahiers des
charges de plus en plus lourds et complexes et répercutent l’ensemble des contraintes sécuritaires,
réglementaires et de maîtrise de la qualité sur les plasturgistes. (L’Oréal) :


• Les prototypes des produits finals doivent être agréés par le donneurs d’ordre,
• La marge d’initiative des plasturgistes est limitée pour la conception du produit,
• La matière première est, bien souvent, choisie – voire fournie - par le donneur d’ordre (les
donneurs d’ordres se basent sur l’index Plast pour fixer le prix des matière premières).
Au cours des dernières années, les grands donneurs d’ordre, tout en cherchant à conserver une
certaine diversité de tailles, ont réduit le nombre de leurs fournisseurs, mais au delà de la taille
critique permettant au fournisseur d’être implanté dans plusieurs pays afin de pouvoir répondre à


une demande mondiale. Ils reconnaissent les qualités d’innovation, de flexibilité et de réactivité de
nombreuses PME, mais estiment que le « turn-over » des dirigeants des grands transformateurs rend
difficile le développement de relations de partenariat, basées sur des stratégies de services. Ils
souhaitent susciter l’établissement de partenariats entre PME de même métier, comme les accords
commerciaux sur quelques niches technologiques existent en Allemagne et au Royaume-Uni.
La dynamique de spécialisation s’impose à l’ensemble de la plasturgie ; soucieux de ne pas
disperser leurs forces, les leaders accentuent leur recentrage sur les marchés phares. Une envergure


mondiale est plus que jamais nécessaire pour décrocher les contrats auprès des grands donneurs
d’ordre, notamment dans le domaine des pièces techniques ou dans celui de l’emballage. Le poids
des groupes de la plasturgie française est amené à se renforcer face à la pression offensive des
plasturgistes américains. Les transformateurs souhaitent, également, se développer pour atteindre
une taille critique pour augmenter leur capacité de négociation auprès des donneurs d’ordre.

57
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



Au cours des dernières années, le secteur de l’équipement automobile français a été marqué par de
profonds bouleversements concernant son organisation, sa gestion et sa structure, avec, notamment,
un nombre important de cessions et d’acquisitions. La relation constructeur-équipementier a beau-
coup évolué, passant du stade de relation de sous-traitance à celui de partenariat ; mais ce nouveau
type de relation entre constructeurs et équipementiers, sous-traitants de 1er rang, se rencontre beau-


coup moins souvent dans les relations entre sous-traitants de second rang et équipementiers. Au
contraire, de plus en plus, les PME perdent le contact avec les constructeurs et deviennent des four-
nisseurs de second rang. Aussi, un effort important devrait-il être réalisé de la part des équipemen-
tiers pour transcrire dans leurs relations avec les plasturgistes de nouvelles relations de partenariat.
Les donneurs d’ordres souhaitent que les transformateurs se positionnent en amont de la filière
afin d’éviter les problèmes qui peuvent survenir pendant le développement de la pièce plastique.

Ce qui rejoint la stratégie développée par certains transformateurs qui tentent de se positionner
comme développeurs, par la création d’une cellule de développement (La Précision Plastique) en
partenariat avec le client, ou comme co-designer : un échange sur la conception du produit peut
être envisagé entre les plasturgistes et les donneurs d’ordres (L’Oréal).
Toutefois, cette analyse ne rend pas entièrement compte des relations entre plasturgistes et
donneurs d’ordre dans la mesure où les informations ne tiennent pas compte du niveau important

d’intégration aval des sous-traitants de 1er rang, voire des donneurs d’ordres.

Des accords entre fournisseurs de matières premières et transformateurs


En Belgique, les compounders et les transformateurs se sont entendu avec les fabricants de
matières premières pour fixer leurs prix par référence, notamment, à l’index Harryman (indique
le prix moyen du PVC et reflète les variations du marché) et à répercuter les variations aux

donneurs d’ordres ; les transformateurs utilisent assez fréquemment les achats groupés.
Sources Nodal, juin 2002

Dépôts de bilan chez les plasturgistes


Après Neyr, sauvé par le monégasque Mécaplast en juillet 2002, la filière plastique française
connaît trois dépôts de bilan en 2 mois : Moll Europe, puis Péguform et, enfin, Aries. Profil type
des malades : plasturgistes de taille intermédiaire, sous-traitants de 1er rang de l’industrie


automobile (Aries est l’une des grosses entreprises du secteur avec 290 millions € de chiffre
d’affaires en 2002, dont 60% en direct avec Renault ou PSA).
Ces dépôts de bilan illustrent la difficulté de travailler avec les constructeurs automobiles : d’un
côté, la pression incessante sur les prix, imposée par les constructeurs, de l’autre, les transferts
de compétences qui ont poussé les sous-traitants à investir pour élargir leurs prestations (études,
développement, intégration de fonctions). « Le besoin de fonds de roulement moyen a doublé en
un an, tandis que la rentabilité est tout juste au-dessus de zéro » annonce Jean-Luc Brillanceau,
délégué général du GPA (Groupement de la Plasturgie Automobile).


Pourtant le chiffre d’affaires respecte à peu près le budget prévu, mais les entreprises sont
obligées de se financer sur fonds propres, déjà fortement réduits. En 5 ans, Aries n’a obtenu que
9,15 millions € de financements bancaires pour 64,5 millions € d’investissements ; la prise de
nouveaux marchés a obligé cette entreprise à investir 23 millions € l’an dernier et 12 millions
cette année. Les fournisseurs de matières premières, méfiants, exigent le paiement comptant.
Mais les plasturgistes ont commis des erreurs : politique d’expansion internationale imprudente,


course à la taille, concurrence acharnée sur les mêmes marchés. Pour rester en lice, les sous-trai-
tants doivent se rendre indispensables à leur clients, mais il est peu probable que les constructeurs
revoient leur politique d’achat, sauf à assurer la pérennité de fournisseurs considérés comme stra-
tégiques parce qu’ils évitent de laisser le champ libre au monopole d’un autre fournisseur.
D’après L’Usine Nouvelle – n°2850 du 5 décembre 2002.

58
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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



4.2 Equipement des moules et outillage
4.2.1 Les moules


Les moules et les Répartition de la production de moules
équipements de pro- pour plastiques en Europe
duction associés sont
les principaux outils Espagne
4,5%

nécessaires à
l’industrie de la plas-
5,1%
Portugal

turgie et les perfor-

12,7%
mances de ces machi- Italie

nes (vitesse de chan- 16,5%

gement de moules, Royaume Uni

réglage) condition- 23,5%


France
nent, en grande partie 30,2%

la productivité des
plasturgistes.
Les moules sont
Allemagne

0%
 10% 20% 30%

Sources Sessi, 1999


généralement produits
à façon ou en très petites séries. Ils sont dédiés à une application spécifique et à un seul produit. A
chaque nouvelle production, l’acquisition d’un nouveau moule est nécessaire. Les prix sont très
élevés, entre 20 000 € pour des moules simples pour de petites pièces et jusqu’à 500.000 € pour de

grandes pièces techniques telles que des pare-chocs. L’acquisition d’un moule est rendue onéreuse
du fait de la part importante de main d’œuvre dans le coût du moule (près de 80%). Une fois la
production en série de la pièce terminée, le moule ne peut être réutilisé ; il est stocké en attente.
Les moules représen-
tent donc un investis-
sement indispensable
et une immobilisation


considérable dans le
bilan des plasturgis-
tes. L’amélioration du
retour sur investisse-
ment ne peut donc se
faire, pour les pièces
simples, que sur les
quantités produites et


par l’amélioration des


marges de production
pour les pièces de
plus en plus techni-
ques.
Or, la durée de vie des produits sur les marchés des plastiques transformés se réduisent fortement
en raison des exigences croissantes de renouvellement des consommateurs finaux et les séries


produites sont de plus en plus courtes ; pour les plasturgistes, la conséquence immédiate est la
difficulté croissante d’amortir leurs investissements.

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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



4.2.2 Les équipements annexes
Le secteur des machines et des équipements périphériques pour la transformation devrait
constituer un levier d’amélioration de la compétitivité de la plasturgie française. La réactivité des
plasturgistes pour mettre sur le marché de nouvelles pièces plastiques procure un avantage


concurrentiel majeur grâce à l’amélioration du volume de pièces produites.
Le développement du prototypage rapide et la CAO permettent des gains considérables de
productivité (entre 25% et 70% de gain de coûts) et de délais (entre 25% et 60% des délais).
L’acquisition rapide de ces outils permettra aux plasturgistes français de pouvoir être beaucoup plus
réactifs face à la concurrence et leur permettra de se différencier et ainsi d’améliorer leurs marges.
L’industrie française des machines pour la transformation du plastique a pratiquement disparu.

Par ailleurs, les rares constructeurs de machines encore présents en France, tels Clextral et Deka,
doivent souvent, pour la fourniture des périphériques nécessaires au fonctionnement de leurs
machines, faire appel à des sous-traitants allemands ou italiens avec lesquels il est plus difficile de
faire jouer des synergies commerciales, et de bénéficier d’une certaine complémentarité et d’un
échange d’informations.

4.3 Synthèse de la structure de la filière



1. Influence de la structure de la filière : la France est handicapée par l’absence de leaders
dans la profession et par le poids excessif des donneurs d’ordres sur les transformateurs ; sa
position pourrait s’améliorer si la profession exploitait d’une manière plus efficace son poids
tant auprès des grands donneurs d’ordres que des fournisseurs de matières premières.


2. Moules et outillages des plasturgistes : la position française, bonne pour les moules, est très
mauvaise pour les machines et équipements périphériques dont toute l’industrie a disparu,
alors que la position italienne est inversée.
Tableau 3-5 : Structure de la filière
Allemagne


Espagne

Indicateurs de
France

Japon
PECO

la structure de la filière
Italie

USA
UK

1 Influence de la structure de la filière +1 +2 -1 +1 -2 -2 +2 -1


2 Moules et outillages des plasturgistes +1 +2 -1 +2 -2 -2 +1 -1



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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



5 THEME 4 : PERFORMANCES DE LA PLASTURGIE


5.1 Chiffre d'affaires par entreprise
Le chiffre d'affaire réalisé par entreprise de plasturgie est relativement stable depuis 1995 pour
les entreprises allemandes et italiennes. Les entreprises du Royaume-Uni ont connu une forte
augmentation dans les Evolution du chiffre d'affaires moyen réalisé
années 1995 et 1996, par entreprise de plus de 19 salariés
20
qui semble quelque

Allemagne

peu s’atténuer au-


(CA par entreeprise en millions d'euros)

France
jourd’hui. Les entre- 16

prises françaises ont Royaume-Uni

une croissance régu- 12


lière depuis 1995 et
l’Espagne a encore de
Italie

gros efforts à faire


pour atteindre les ni-
veaux de ses homolo-
8

4

gues européens. Espagne

Les entreprises de la 0
1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999
plasturgie française Sources Eurostat & estimations Nodal

semblent posséder
une assez bonne dynamique puisque le chiffre d’affaires par entreprise (de plus de 19 salariés) se
rapproche régulièrement de celui de l’Allemagne. Ces résultats sont assez cohérents avec la
répartition des effectifs dans les entreprises.

5.2 Chiffre d’affaires par salarié




En France, le chiffre
Chiffre d'affaireréalisé par salarié en 1999
d’affaires réalisé par (entreprises de plus de 19 salariés)
employé était de
149.000 € par an, de-
vant l’Allemagne Royaume Uni
102

(129.000 €) et
l’Espagne (124.000 €), Italie
109

et loin devant l’Italie




(109.000 €) et le Espagne
124

Royaume-Uni
(102.000 €), mais Allemagne
129

moins élevé qu’en


Belgique (ce qui France
149

reflète l’importance de
0 40 80 120 160
l’import/export de ce (milliers d'euros par salarié et par an)


pays) et qu’aux Etats- Source EuPC, Economic Reportc,1999

Unis et au Japon, du :
• au différentiel de volume de production, plus élevé dans ces deux pays,
• à la taille importante des secteurs (par exemple, « resilient floor coverings » aux Etat-Unis),

61
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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



• à la part, difficile à cerner, des transformations de plastique « intégrées », directement réali-
sées par les donneurs d’ordres.
Par contre, ce bon positionnement de la plasturgie française ne semble pas être le résultat de
l’utilisation de procédés de fabrication plus efficients, ni d’une meilleure technologie.


En outre, on observe Evolution, en France, du chiffre d'affaires par salarié
au cours des années (en milliers d'euros, entreprises de plus de 20 salariés)
1998/2001 une aug-
mentation de la pro-
duction par employé 2001
156,6

d’environ 3,3% par an


(9,66% pour

153,5
l’ensemble de la pé- 2000

riode). Il est, cepen-


dant, difficile de préci- 1999
146,4

ser la raison exacte de


cette bonne perfor- 142,8
1998
mance ; elle peut avoir
plusieurs significa-
tions : une bonne pro-
ductivité par employé,
135 140

145 150
(milliers d'euros)
155 160

Sources Fédération de la Plasturgie, 2002

par exemple. Mais elle


peut aussi signifier que l’industrie de la transformation des matières plastiques française est active dans
des domaines de « faible valeur ajoutée » dans lesquels on transforme beaucoup de matières premières
par personne employée, mais dans des opérations relativement simples, telles que l’extrusion de film.


Si cette explication était confirmée, cela signifierait que, malgré la bonne performance apparente, les
marges sont faibles et les industries particulièrement vulnérables aux fluctuations des cours des matiè-
res premières. Cela aurait également comme signification que l’industrie de la transformation fran-
çaise fait preuve d’un dynamisme faible et d’un manque inquiétant de capacité d’innovation.

5.3 Part de la valeur ajoutée dans le chiffre d’affaires




La France, a un chiffre Evolution de la valeur ajoutée rapportée au chiffre d'affaires


d’affaires par salarié
plus élevé que celui de 45

ses principaux concur-


rents de l’Union Royaume-Uni
européenne, et
(en % du chiffre d'affaires)

pourtant, elle ne se 40
Allemagne
situe qu’à l’avant


dernier rang, dès lors


que l’on considère la Espagne

valeur ajoutée 35
France

rapportée au chiffre
d’affaires. On observe, Italie
en effet, une 30
dégradation continue


1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000


du taux de valeur Sources Eurostat 2001 & Estimations Nodal

ajoutée sur le chiffre


d’affaires au cours des deux derniers exercices, qui tombe à 31,5% en 2000, après avoir atteint près
de 35% en 1999. Cette tendance semble, malheureusement, être confirmée par les résultats estimés
pour l’année 2001 au cours de laquelle cet indicateur continue à se dégrader pour atteindre 30,7%.

62
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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



Ce constat est caractéristique de la combinaison d’un positionnement de la plasturgie
française sur des productions à faible valeur ajoutée, issues de l’industrie de l’extrusion, et
d’une structure industrielle morcelée, avec prédominance des petites entreprises.
Plus que le taux de Evolution de la valeur ajoutée par rapport


marge brute, ces ré- au chiffre d'affaires de la plasturgie française
sultats montrent la dif-
ficulté pour les entre- 38%

prises françaises de fi- 36,1%


36,5%

nancer l’innovation,
36%
qui constitue, pour-
tant, le moteur indis- 34,1%

34,0%
pensable au dévelop- 34% 33,3%

pement de leur acti-


vité. En effet, sur les
31,5%
segments de transfor- 32% Est.
30,7%
mation à faible valeur
ajoutée (films d’une
part, tubes et profilés
de l’autre), c’est es-
sentiellement l’effet
30%
1995 1996 1997 
1998 1999 2000 2001

Sources Eurostat 2001 & Estimations Nodal

de dimension qui permet d’obtenir les meilleurs taux de valeur ajoutée.


Les grandes entreprises se trouvent dans un rapport de force plus favorable vis-à-vis de leurs clients
et fournisseurs, pour dégager de la marge brute en jouant sur les volumes pour faire baisser le coût
unitaire des matières premières, et pour conserver cette marge brute en évitant de payer des presta-


tions extérieures pour


satisfaire totalement la Part de la valeur ajoutée dans le chiffre d'affaires sectoriel (valeurs
2001)
demande du client. Or
ce type d’entreprise de
volume prévaut sur les 32,3%
CA = 8 730
marchés du bâtiment, Pièces techniques 2 820

secteur dans lequel la 35,0%




CA =1 700 Valeur ajoutée sectorielle


France a accumulé du Articles divers 595
Chiffre d'affaires sectoriel

retard dans l’uti- 31,9%


CA = 3 420
Valeur ajoutée / chiffre d'affaires
1 088
lisation des éléments Eléments construction
en matières plastiques, 32,5%

1 888
CA = 5 810

notamment en ce qui Emballage

concerne les profilés


26,1%

947 CA = 3 630
Demi-produits
et fenêtres PVC, mais
également pour les tu-


0 2 000 4 000 6 000 8 000 10 000

bes et canalisations. (chiffre d'affaires et valeur ajoutée HT en millions euros)


Sources Fédération de la Plasturgie, 2001

Dans ces deux domai-


nes, on trouve peu de très grandes entreprises françaises ; l’Europe du Nord domine. En Europe, sur
les 50 plus gros producteurs de tubes et canalisations, il ne se trouve guère que trois français,
Alphacan, Etex et Wavin (en incluant les opérations de Wavin et de Etex en France), alors que
l’Allemagne aligne des concurrents tels Rehau, Frankische Rohr Werke, Drossbach, Hegler,
Simona, Sendenhorst, Georg Fisher, le Royaume-Uni dispose de Polypipe, Glynwed, Duraline,


Valley, Brett Martin, Mainetti, l’Italie est présente avec Del Gres, Dalmine, Inset,, Martoni, Sirea
(sans compter les filiales des allemands et britanniques précités), l’Espagne avec Uralita, Plasticos
Ferro. Les petits pays abritent les plus grands intervenants du secteur : Wavin (Pays-Bas), Pipelife
(Autriche), Uponor (Finlande), LVM (Belgique). Configuration semblable en ce qui concerne les
fenêtres et profilés pour le bâtiment où Lapeyre, venu sur le tard à la plasturgie, doit affronter Veka

63
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



et Kömmerling alors même que ces derniers, cherchent par la croissance externe et par l’exportation,
à compenser le marasme des marchés du bâtiment en Allemagne et en Europe du Nord.
Dans l’autre segment de la plasturgie de volume, celui de l’extrusion de film, la structure de
production française, pourtant ancienne, reste trop morcelée par rapport aux autres pays de l’Union


où les regroupements se sont effectués plus tôt, à l’initiative des groupes britanniques, qui ont trouvé
les financements nécessaires sur la place financière de la City ; au même moment, les entreprises de
Sainte Sigolène n’avaient même pas accès au second marché, et devaient se débattre avec les
financements court-terme liés aux délais de paiement, avant de songer aux investissements.
De fait, les britanniques, les allemands, les nordiques, les italiens ont déjà constitué des grands
groupes dans le secteur du film : BPI, Pactiv, Trioplast, Sengewald, Manuli, éventuellement en
intégrant le film et ses dérivés dans une palette d’offres dans le domaine du packaging (Linpac).

Certes ces mouvements de concentration n’ont pas résolu tous les problèmes de structure, mais ils
permettent un dialogue plus fort avec fournisseurs et clients (chimistes d’un côté, groupes de
l’agroalimentaire, voir de la grande distribution de l’autre), tandis que les initiatives de
regroupement menées en France n’ont pas encore pris cette ampleur. Elles viennent essentiellement
d’autres filières que la plasturgie (Pechiney reprend Soplaril du groupe TotalPetrofina, Bolloré se
positionne sur les films techniques), ou de l’initiative de groupes étrangers (BPI, Linpack, Autobar,

Amcor, Rexor, Trioplast, AEP, Sealed Air).
Nodal Consultants applique le même raisonnement au segment des alvéolaires, où des grands grou-
pes étrangers, tels Knauf ou Synbra, dominent le marché européen, même si le français Guillin Em-
ballage a aujourd’hui atteint la taille critique pour figurer parmi les fournisseurs des grands de
l’agroalimentaire et des chaînes de restauration d’envergure planétaire. Dans le domaine de la plas-
turgie de volume la France, par son retard à constituer des grands groupes n’est pas parvenue à faire

monter ses taux de valeur ajoutée de manière aussi significative que ses concurrents de l’Union.
La plasturgie française à valeur ajoutée, malgré son excellence, ne parvient pas à compenser ces
faiblesses. Son importance relative reste insuffisante. Et sans doute, au cours des années à venir,
cette part relative ne devrait pas augmenter, car la plupart des entreprises à valeur ajoutée sont
désormais intégrées dans des groupes, qui tendent à répartir la production sur tout le territoire de
l’Union sans considération spécifique pour telle ou telle nation, sans considération autre que le
marché, (la localisation des clients), et, évidemment, l’environnement législatif, social et fiscal. Il est


même logique de s’attendre à ce que les créations de nouvelles capacités se fassent chez les
nouveaux entrants dans l’Union, chez lesquels les coûts de main-d’œuvre resteront, pour encore
quelques années, au-dessous des valeurs observées dans les pays d’Europe de l’Ouest, les subsides
et autres incitations à investir sont et seront généralement tout à fait attrayants.
Malgré ses bonnes performances en matière de valeur ajoutée, l’Italie n’a pas une position très
favorable, tandis que l’Espagne est encore handicapée par son rôle de sous-traitant au service des
industriels des autres pays européens.


5.4 Valeur ajoutée par salarié


Le ratio clé de la valeur ajoutée par salarié synthétise deux caractéristiques : d’une part le volume
de matière première transformée par salarié, et d’autre part, la valeur ajoutée réalisée par
l’entreprise relativement à ce volume. Il constitue un indicateur du rendement de la main-d’œuvre.
La bonne productivité apparente de la plasturgie française (chiffre d’affaires par salarié) n’est mal-


heureusement pas confirmée par la valeur ajoutée créée par salarié : de la première place pour le
chiffre d’affaires par employé, la France régresse à la 3ème place pour la valeur ajoutée, derrière
l’Allemagne et l’Italie, mais assez proche du Royaume-Uni ; il faut noter la convergence des
productivités apparentes pour ces pays, qui se situent tous trois entre 45.000 et 47.000 euros par
employé. L’Espagne, de son côté, a réalisé d’importants progrès au cours des années 95/99.

64
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



Pour l’ensemble des Evolution de la valeur ajoutée par salarié
pays étudiés, on (entreprises de plus de 19 salariés)
constate, jusqu’en
1999, une tendance 55

générale à la hausse de


Allemagne
50
cet indicateur. En Italie

France, cette tendance 45


France
Royaume-Uni
semble se poursuivre
pendant les deux der- 40 Espagne

niers exercices, puis-


que, malgré la chute 35

de la valeur ajoutée

qui passe à 31,5% du


30

chiffre d’affaires en 25
2000, puis à 30,7% 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999

(milliers d'euros)
(valeur estimée) en Sources Eurostat 1999 et Estimations Nodal

2001, et la croissance
continue des effectifs, cet indicateur présente une légère augmentation, passant à 48.300 € en 2000

et à 48.100 € en 2001.
L’analyse de la valeur Valeur ajoutée par salarié
ajoutée par salarié par activité sectorielle et par taille d'entreprise
pour chacun des 5 (valeur en milliers d'euros)
secteurs et par tranche 65
Demi-produits

de taille d’entreprise
Valeur ajoutée par salarié en milliers d'euros

Emballages

Eléments pour la construction
ne permet pas de tirer Articles divers
61
58
60 61

de conclusions bien 55
Pièces techniques 58

tranchées. On cons- 54
54
54 54

tate, cependant, que : 50


49
1. la valeur ajoutée 46
48
49
45
par salarié est 45 46
45
44
46

fortement liée à la 42
42 42
41


40
nature des pro- 40

duits transformés. 35
20-49 50-99 100-199 200-499 > 500
Cet indicateur est (nombre de salariés par tranche)
Sources Fédération de la Plasturgie & Estimations Nodal
maximum pour
les demi-produits(de l’ordre de 54 k€ par salarié) ; il décroît en passant de l’emballage aux élé-
ments pour la construction, puis aux articles divers. Il est minimum pour les pièces techniques
(de l’ordre de 43 k€ par salarié).
2. la valeur ajoutée par salarié est globalement directement fonction de la taille de l’entreprise. Cet


indicateur est minimum pour les plus petites entreprises (de l’ordre de 42 k€ pour les entreprises
de 20 à 49 salariés). Il croît avec la taille, pour atteindre un maximum de 52 k€ pour les entre-
prises de plus de 500 salariés.
3. la valeur ajoutée moyenne par salarié s’établit, pour les pièces techniques, à environ 43 k€ ;
cette valeur particulièrement faible s’explique, sans doute, par la très forte pression qui
s’exerce sur ce secteur de la part des donneurs d’ordres, notamment les équipementiers de la


construction automobile et les constructeurs d’équipements électriques/électronique, pour


lesquels le secteur des pièces techniques est un sous-traitant de 2ème ou 3ème rang.
4. les secteurs qui dégagent la plus forte valeur ajoutée par salarié sont ceux dans lesquels les
transformateurs ont réussi à se positionner sur des « produits propres », notamment les demi-
produits, une partie au moins de l’emballage et les éléments pour la construction.

65
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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



5.5 Excédent brut d’exploitation rapporté au chiffre d’affaire
En France, l’excédent brut d’exploitation dégagé par rapport au chiffre d’affaire, de l’ordre de
9%, est largement in-


férieur à celui de ses Evolution de l'excédent brut d'exploitation
rapporté au chiffre d'affaires
homologues euro-
péens ; elle le seul 18%
(excédent brut d'exploitation sur chiffre d'affaires)
pays dans lequel cet
indicateur, sur le long 16% Royaume-Uni

terme, a une tendance


14%
à décroître.

Espagne
Le Royaume-Uni, 12% Italie

pour lequel les don- Allemagne


10%
nées récentes ne sont France
pas disponibles, paraît 8%
conserver un avantage
concurrentiel impor-
tant, avec des taux se
situant aux environs
6%
1992 1993
 1994 1995 1996 1997 1998 1999

Sources Eurostat 1999 et Estimations Nodal

de 15%.
L’Espagne et l’Italie ont des taux qui convergent de l’ordre de 11 à 12%. Celui de l’Allemagne a
une croissance régulière, sur le long terme, entre 8 et 10%.

En France, l’excédent
Evolution de l'excédent brut d'exploitation par salarié
brut d’exploitation par (valeurs en milliers d'euros)
salarié a une légère
tendance à 23

l’amélioration, sur le 21

long terme, mais la 19


Royaume-Uni

France reste, dans ce


(valeurs en milliers d'euros)

Italie
17
domaine également, la


Espagne
lanterne rouge de 15
Allemagne

l’Europe. Depuis 13 France

1995, elle a été dépas- 11

sée par l’Allemagne et 9


par l’Espagne. C’est le 7
Royaume-Uni qui en-
5
registre la plus forte 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999

progression.


Sources Eurostat 1999 et Estimations Nodal

Malgré les bons résultats français en matière de chiffre d’affaires, ces résultats constituent un
handicap important pour la France, qui ne dispose pas des moyens financiers pour financer ses
investissements et sa R&D, par conséquent, l’innovation.


66
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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



5.6 Echanges commerciaux
5.6.1 Echanges commerciaux en volume


L’Allemagne, troisième transformateur mondial de plastique, est le seul grand pays européen ex-
portateur et celui qui
Importations et Exportations des pays européens
présente des échanges
(en tonnage)
de matières les plus
importants en volume,
loin devant tous les Royaume-Uni
3 273
Importations
1 367

autres pays européens.

La France a une ba- Italie 1 500


4 175

lance commerciale en
volume négative de
2 379
Espagne 1 936
1.400.000 tonnes de 6 000 Exportations
plastiques. Une plus Allemagne 8 470

grande concentration
de la plasturgie fran-
çaise permettrait peut-
être de « réduire » ce
France

0
 3 621
5 012

1 000 2 000 3 000 4 000 5 000 6 000 7 000 8 000 9 000


déficit. (en kilotonnes) Sources EuPC Economic Report 2001

Il faut noter que la balance commerciale de l’Italie, en volume, est fortement négative.

5.6.2 Echanges commerciaux en valeur
En valeur,
Importations et Exportations de plastiques transformés
l’Allemagne et l’Italie (en valeur)
sont fortement excé-
dentaires, bien que ce 4 004
dernier pays ait une Royaume-Uni 4 961 Importations
balance commerciale 5 691


en volume fortement Italie 2 725

déficitaire. La France, 1 544

l’Espagne et le Espagne 2 099


Exportations
Royaume-Uni ont 11 307
tous trois une balance Allemagne 6 891

commerciale forte- 4 772

ment déficitaire. France 5 937

En 1999, 41% des




0 2 000 4 000 6 000 8 000 10 000 12 000


exportations et 36% (en millions d'euros) Sources Eurostat, 1999
des importations
françaises de produits industriels ont été échangés entre entreprises d’un même groupe et localisés
dans des pays différents. Ces structures réalisent les trois-quarts de leurs échanges intra-groupes
avec des pays de l’Union européenne. Ces échanges intra-groupes sont en forte croissance.
Hors Union européenne, les plus grands déficits commerciaux se retrouvent avec la Chine et les
Etats-Unis. La Chine est la principale source d'importation de produits transformés en France avec


28% des importations et sa position se renforce ; les Etats-Unis viennent en seconde position avec
23%. Par contre, la balance est positive avec les pays de l’Est, en particulier la Pologne.

67
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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



Balance commerciale de la plasturgie
(en milliards d'euros)

6 000


(Balance en millions d'euros)

4 000 4 416

2 966
2 000

France Espagne Royaume-Uni

0 (555)
Allemagne Italie (957)
(1 165)

(2 000)
Source Eurostat, 1999

5.6.3 Echanges commerciaux avec l’Europe 


Avec ses principaux partenaires européens, la balance commerciale de la France est globalement
négative et le déficit ne cesse de se creuser ; ainsi, il est passé de 1.047 millions d’euros en 1999 à
1.547 millions d’euros en 2001.
La balance commerciale française est négative avec la quasi-totalité des pays de l’Union
européenne. Si l’on considère l’ensemble des pays de l’Union européenne, les importations


s’établissent à 5.577 millions d’euros, les exportations à 3.875 millions d’euros, soit un déficit de
1.702 millions d’euros, valeurs à comparer avec celles du tableau ci-dessous qui indique les
échanges avec nos principaux partenaires.
Tableau 3-6 : Balance commerciale avec les principaux pays européens (en millions d’euros)
1999 2001 Ecart
Allemagne (487) (641) (154)


Italie (610) (729) (119)


Royaume-Uni 108 144 36
Espagne 180 80 (100)
Belgique (87) (242) (155)
Pays-Bas (151) (159) (8)
Total (1 047) (1 547) (500)

Tableau 3-7 : Echanges commerciaux par type de produits (en millions d’euros)


Pièces techniques &


Demi produits Emballages Construction
divers
1999 2001 1999 2001 1999 2001 1999 2001
Allemagne (407) (388) (113) (146) 52 5 (19) (112)
Italie (344) (370) (89) (87) (40) (55) (137) (217)
Royaume-Uni 7 6 68 74 (2) 20 35 44
Espagne 21 (25) 8 (30) 2 (13) 149 148


Belgique (37) (217) 1 10 (16) (52) (35) 17


Pays-Bas (101) (67) 8 (62) (21) (18) (37) (12)
Total (861) (1 061) (117) (241) (25) (113) (44) (132)
Sources Nodal Consultants, d’après la Fédération de la Plasturgie, 2002

68
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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



Les principaux contributeurs au déficit de la balance commerciale sont, à niveau égal, l’Italie et et
l’Allemagne, suivi de près par la Belgique et les Pays-Bas ; le seul pays avec lequel la balance est
positive est le Royaume-Uni. Les demi-produits représentent à eux seuls 69% du déficit
commercial (1.061 millions d’euros), notamment en provenance de l’Allemagne, de l’Italie et, en
2001, de la Belgique. Ils sont suivis de l’emballage (16%), des pièces techniques (9%) et des


éléments pour la construction (7%).
L’excédent d’exportations vers l’Espagne, principalement des pièces techniques, n’est pas une
surprise dans la mesure où cette destination est spécialisée dans la sous-traitance, en particulier
dans le domaine automobile. Par rapport à l’année 1999, le déficit de la balance s’est accru dans
tous les secteurs.

Echanges commerciaux de la France avec les principaux pays


européens par famille de produits en 2001

Demi produits Pays-Bas


Pays-Bas
Emballages
Construction
Pièces techniques & divers Espagne
Espagne

Italie
 Italie

Belgique Belgique

Royaume-Uni
Royaume-Uni

Allemagne
Allemagne

(800) (400) 0 400


Commerce déficitaire Commerce excédentaire
(Valeurs en millions d'euros)

Sources Fédération de la Plasturgie, 2002

5.6.4 Concurrence internationale




La concurrence de la production plastique des pays émergents à faible coût de main d’œuvre
est en plein développement.
La Pologne, par exemple, élabore un plan de développement stratégique (investissements de 8 Mds
USD) qui vise à développer le secteur de la plasturgie, ce qui risque de porter atteinte aux exporta-
tion allemandes en direction de la Pologne (voir ci-après la création d’un « cluster » avec le PEP) :
• 80% des importations polonaises proviennent de l’UE et essentiellement de l'Allemagne ;
• la balance exportation/importation est très déficitaire (-898,6 Mds USD pour les matières


première, -846,4 Mds USD pour les produits transformés) ;


• un projet d'investissement concerne une installation de production de 300.000 tonnes
d'éthylène et l'accroissement de la capacité de production du principal producteur de PVC
polonais à 400.000 tonnes.
Beaucoup de grands transformateurs choisissent de s’implanter ou de délocaliser leur production
dans les pays émergents de l’Europe de l’Est en suivant leurs donneurs d’ordres ; par exemple,


depuis 1996, Plastivaloire (391 presses à injecter en France et 59 en Europe de l’Est) a construit
deux usines en Pologne en collaboration avec Philips et une en Roumanie (les coûts de main
d’œuvre en Roumanie sont 6 fois moins élevés qu’en France, soit un gain de 25 à 30%, en
particulier sur les phases du procédé à fort taux de main d’œuvre, comme l’assemblage). Ces
délocalisations ont des conséquences sur la balance commerciale française.

69

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Analyse thématique des indicateurs de compétitivité

Détail des échanges commerciaux par type de produits

Pays-Bas Pays-Bas

Belgique Belgique
Emballages 2001
Emballages 1999 Espagne


Demi produits 2001 Espagne
Demi produits 1999
Royaume-Uni Royaume-Uni

Italie Italie

Allemagne


Allemagne

(500) (400) (300) (200) (100) 0 100 200 (500) (400) (300) (200) (100) 0 100 200

Pays-Bas Pays-Bas

Construction 2001
Belgique Pièces techniques 2001 Belgique
Construction 1999

Pièces techniques 1999
Espagne Espagne

Royaume-Uni Royaume-Uni

Italie Italie


Allemagne Allemagne

(500) (400) (300) (200) (100) 0 100 200 (500) (400) (300) (200) (100) 0 100 200

70
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



Mais certaines contraintes limitent fortement les exportations et ont pour conséquence une
délocalisation plutôt que des exportations :
• certains procédés de transformation permettent de produire des pièces techniques de grande
taille qui les rend difficiles à transporter, ce qui limite leur exportation ;


• certains produits finis ne peuvent pas être exportés pour des raisons de taille, de poids et de
coût de transport (L’Oréal paie 20 % de coût supplémentaire pour le transport de flacons) ;
• la gestion en flux tendus limite l'exportation de produits à des pays lointains ;
• les donneurs d’ordres ont tendance à privilégier les fournisseurs qui disposent de plusieurs
sites de production répartis dans les pays de l’Europe de l’Ouest et dans ceux de l’Europe de
l’Est.

Toutefois de nombreux transformateurs considèrent que la délocalisation de leur activité en


Europe de l’Est pour suivre un client représente encore un risque trop grand, mais une des
stratégies de développement de nombreux transformateurs consiste à rechercher de nouveaux
secteurs d’applications afin de renforcer leur présence à l’exportation.

Valois : un loupé pour la politique industrielle française



Faute de trouver des financements ou des partenaires européens pour son développement
mondial, Valois (créée en 1947), le leader des systèmes de dispensation de précision
(applications : médical et parfumerie-cosmétologie) est passé dans le groupe APTAR
(ex Seaquist) en 1993. Conséquence : les nouvelles capacités de production reposant sur le
savoir-faire de la société française sont désormais installées sur le territoire des Etats-Unis. Un
nouveau site sur une surface de 5 ha est en déploiement à Congers, Etat de New York, afin « de

réduire la dépendance du marché américain vis-à-vis de la production française » et de
développer une stratégie du « made in America ». Ce site abritera quatre lignes d'assemblage de
pompes des plus innovantes, les séries VP3 et VP4.
Source : communiqué de presse du 14 décembre 2001

5.7 Part des investissements dans le chiffre d'affaires




5.7.1 Investissements
Depuis 1995, les fran-
Evolution du taux d'investissement des entreprises
çais ont, avec les ita- entre 1995 et 1999
liens, les taux 20 19,2 19,2

d’investissements
taux d'investissement (% de la VA)

rapportés à la valeur
ajoutée les plus élevés


15,6

en Europe.
14,6
15

Malgré le ralentisse-
ment des programmes
de production, les
10
donneurs d’ordres,
notamment dans


l’automobile, deman-
dent aux plasturgistes 5
1995 1999 1995 1999 1995 1999 1995 1999

d’augmenter leur ca- France Italie Espagne Allemagne


pacité de production et Sources Eurostat

d’agrandir leurs moules. Les transformateurs ont été amenés à adapter leur outil de production pour
répondre à cette demande. Il faut, en particulier, noter la forte croissance de la robotisation adaptée à

71
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



l’industrie de la transformation plastiques, phénomène lié à la nécessité, pour cette industrie, de
réduire ses coûts de production, d’améliorer ses marges et sa valeur ajoutée.
A titre d’exemple, pour la France, en 1999, les investissements (en millions d’euros) de la plasturgie
se décomposaient de la manière suivante :


• Investissements bruts en bâtiments : 52 M€, soit : 1,8%
• Investissements bruts en biens corporels 1 424 M€, soit 50,3%
• Investissements bruts en transformation de bâtiments 151 M€, soit 5,4%
• Investissements bruts en machines et équipements 1 203 M€, soit : 42,5%
En 2001, les investissements français dans la plasturgie se sont maintenus à un niveau élevé de

5,2% du chiffre d’affaires hors-taxes, supérieur à la moyenne de l’industrie.

5.7.2 Investissements de R&D


Il n’existe pas de données chiffrées exhaustives sur la R&D dans le secteur de la plasturgie ; on ne
peut donc que citer des données générales. Le tableau ci-dessous donne les valeurs disponibles
pour les investissements de R&D réalisés directement par les entreprises.

Tableau 3-8 : Dépenses totales de R&D des entreprises (millions d'euros)
1997 1998 1999
France 72 88 91
Royaume-Uni 69 81
Italie 38 41 42

Allemagne 357
Sources Eurostat 2002
En Europe, l’investissement recherche est de 1,9% du PIB comparé à 2,5 à 3% du PIB aux USA.
L’objectif de la DG Recherche de la Commission européenne est de faire passer le montant des
investissements R&D à 3% du PIB. Cet accroissement des budgets de recherche devrait permettre
de disposer d’une masse critique pour renforcer la capacité d’innovation de l’Europe dans 3
domaines essentiels pour le futur : les nanotechnologies et les biotechnologies, domaines qui
concernent directement la plasturgie, et la maladie et le vieillissement de la population.


En Europe, l’industrie chimique (production de matières premières) et ses dérivés investissent


environ 6% de leur chiffre d’affaires dans la recherche. En 2000, le chiffre d’affaires de cette
profession était de 400 milliards d’euros et de 24 milliards d’euros en recherche. Il faut noter que
parmi les dix premières sociétés chimiques mondiales, c’est à dire celles qui ont la capacité
d’investir des masses critiques en R&D, huit sont européennes : 3 allemandes (Bayer, BASF, ), 2
anglo-saxonnes (BP, Shell), 2 italiennes (ENI, Repsol), mais une seule française (TotalFina Elf).
Les entreprises françaises dépensent en R&D deux fois plus que les britanniques, mais deux fois


moins que les allemandes. 40% des PME/PMI n'ont pas de R&D, car elles n'ont pas les moyens
financiers de développer seules une stratégie de R&D ; en effet, le financement de l'innovation est
basé à 80% sur de l'autofinancement et n'est donc pas accessible aux petites PME, et, d’un autre
côté, la concertation entre industriels n'est pas encore suffisamment développée pour généraliser
la mise en commun de la R&D (voir ci-après, l’analyse concernant les clusters).


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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse thématique des indicateurs de compétitivité



5.8 Synthèse du thème performances de la plasturgie
1. Chiffre d'affaires par entreprise : il traduit un assez bon positionnement française par


rapport à ses homologues européens, avec une taille d’entreprise qui se rapproche de celle
de l’Allemagne, au même niveau que le Royaume-Uni ; cette tendance traduit, sans doute,
l’amorce d’une concentration de la plasturgie française. Mais celle-ci se distingue, encore, de
la plasturgie allemande par l’extrême dispersion des sites de production qui semble nuire à la
rentabilité globale de la filière française.
2. Chiffre d’affaires par salarié : la position de la France est excellente dans ce domaine qui
constitue un des points forts de ce secteur ; elle est, sans doute, liée à la qualification et à la

formation de la main-d’œuvre, mais traduit, peut-être, aussi la nature des produits transformés
(production de masse à faible valeur ajoutée avec une exploitation fortement automatisée).
3. Valeur ajoutée par rapport au chiffre d’affaire : la position française est caractérisée par ses
mauvaises performances et elle tend à se dégrader au cours des dernières années. Bien que les
comparaisons récentes ne soient pas disponibles, la formation de valeur ajoutée demeure un des
points faibles de la plasturgie française, peut être liée à la faible structuration de la filière.

4. Valeur ajoutée par employé : la valeur ajoutée par employé reste trop faible, en France, bien
qu’elle ait fortement augmentée en 1998/99, comme celle de l’Espagne ; l’Italie et l’Espagne
se situent sur des paliers.
5. Excédent brut d’exploitation par rapport au chiffre d’affaire : l’ensemble des facteurs
structurels de compétitivité pèse sur le taux de marge brute de la plasturgie française ; la
nature des produits transformés (produits à faible marge) amplifie cette tendance et donne à la


France la dernière position sur ce critère.


6. Balance commerciale : la plasturgie française dispose de quelques atouts non négligeables
dans sa politique de commerce international, par exemple le volume de ses échanges
commerciaux et le rôle des implantations industrielles régionales, nombreuses et présentant
des spécificités intéressantes. Elle est cependant handicapée par la nature des articles qu’elle
produit dont la valeur unitaire est généralement faible. Il faut noter la balance commerciale


lourdement déficitaire avec les pays européens.


7. Investissements insuffisants pour assurer le développement de l’innovation.
Allemagne

Espagne

Indicateurs de
France

Japon
PECO

performances de la filière
Italie

USA
UK

1 Chiffre d'affaires par entreprise +1 +2 -2 -1 +1 -2 +2 -1




2 Chiffre d’affaires par salarié +2 +2 +1 -1 -2 -2 +1 -1


3 Valeur ajoutée de la plasturgie -1 +1 -2 +2 +1 -2 +2 -1
4 Valeur ajoutée par employé -1 +1 -2 +2 +1 -2 +2 -1
5 Marge brute d'exploitation -2 -1 +1 +2 +2 -1 +1 -2
6 Balance commerciale -2 +2 -1 +1 -1 -2 +2 +1
7 Investissements dans chiffre d’affaires +1 -1 -1 +1 -2 -2 +2 +2
Sources Nodal Consultants, novembre 2002
La France occupe une position intermédiaire avec quelques points forts dans la formation du chiffre


d’affaires, mais elle est handicapée par ses mauvais résultats en termes de résultats d’exploitation et
de formation de la valeur ajoutée. Ces deux points devraient constituer des axes privilégiés d’action
pour améliorer la compétitivité de la plasturgie française. Cette amélioration passe, sans doute, par
une réflexion approfondie sur les moyens à mettre en œuvre pour augmenter, encore, l’intégration
de services aux clients, avec les réserves qui ont été énoncées plus haut.

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CHAPITRE 4


ANALYSE DES INDICATEURS


QUALITATIFS DE LA COMPETITIVITE




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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



1 INTEGRATION DE SERVICES


1.1 Offre globale des plasturgistes
Pour améliorer la rentabilité des entreprises de la plasturgie française, une solution consiste à
élargir la gamme des services rendus. Ainsi, les transformateurs de la plasturgie tendent à
développer des offres globales de solutions pour diminuer la vulnérabilité liée à leur
positionnement de sous traitant :

• L'offre globale multiplie les bras de levier pour permettre la réduction des coûts ;
• L'élaboration d'une offre globale nécessite :
− un bureau d'étude et des compétences diversifiées,
− la multiplication des certifications industrielles,
− une logistique industrielle hautement développée.

Une stratégie industrielle d’offre globale ou d’intégration de services réduit la part de la
transformation de matière dans le prix du produit de 20 à 30% et permet d’augmenter les budgets
R&D qui peuvent, dans certains cas, passer de 1% à 6% - voire à 15%.
Ainsi, pour contourner les barrières de référencement à l’entrée de la grande distribution, le
secteur de l’emballage a du investir dans du matériel de production sophistiqué et proposer de
nouveaux services ; pour MSF Emballages, cette nouvelle offre peut concerner des domaines


aussi variés que :


• De nouvelles plate-formes de distribution qui améliorent la distribution,
• Des produits recyclables à 100 % (développement de produits biodégradables),
• Des axes d’innovations et de différenciation :
− des sacs plastiques parfumés,
− des emballages plus compacts qui prennent moins de place et permettent de mettre plus de


produits en rayons,
− des sacs à pizza avec soufflets, plus pratiques,
− l’utilisation d’additifs ou de films filtrant les gaz pour augmenter la durée de vie des
aliments.

1.2 Intégration de fonctions




De nombreux domaines d’application de la plasturgie tendent vers une intégration progressive


vers l’aval de la filière ; on notera, en particulier les domaines ou activités suivantes :
• Dans la sous-traitance automobile, la profession évolue vers la conception et la réalisation de
« sous-ensembles » : boucliers avant incluant le dispositif d’éclairage (phares), hayons arrière
complets avec feux et essuie-glace, systèmes complets d’alimentation en carburant,
comprenant le réservoir proprement dit, les jauges et le pompage du carburant.


Cette évolution est particulièrement sensible dans le secteur des matériaux composites (hayon
arrière de Class A, arrière des camionnettes légères américaines (pick-up), tablier
multifonction de Microcar) ; le groupe Sotira propose, par exemple, des fonctions spécialisées
d'habillage extérieur et de structures pour les plus grands constructeurs européens
d'automobiles et des fonctions techniques et industrielles pour les secteurs ferroviaire,
électricité et bâtiment.

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



• Les sous-traitants de la cosmétologie se sont engagés avec les « designers » dans la mise au
point de prototypes mode pour des entreprises clientes telles que L’Oréal, Estée-Lauder.
L’intégration de fonctions par les entreprises de transformation de la plasturgie conduit à une
évolution de leur positionnement par rapport à leur métier d’origine, avec pour conséquence :


• Le passage d’un positionnement donné à un positionnement aval, plus intégrateur, impose la
prise en compte par l’entreprise de nouveaux savoir-faire et une évolution de ses
compétences ; par exemple, le passage de la maîtrise techniques des procédés, qui correspond
au métier de sous-traitant de process, à celui d’ensemblier, nécessite une prise en compte
accrue des métiers du management, orientés sur le développement ou l’anticipation des
évolutions du marché.
• Plus l’entreprise intègre des fonctions en aval de son métier, en évoluant vers le profil de

fabricant intégré, moins elle est dépendante de son métier initial, la plasturgie ; la part de cette
dernière dans son chiffre d’affaires peut devenir marginale, d’où la nécessité d’intégrer de
nouvelles compétences.
Le risque de cette évolution vers l’aval est justement que l’entreprise ne puisse ou ne sache pas
faire l’apprentissage de ces nouveaux métiers ; dans d’autres domaines, tels ceux des machines-
outils ou des équipements industriels, les exemples sont nombreux d’entreprises florissantes dans

leur domaine d’origine qui ont disparu pour n’avoir pas su opérer cette mutation.

L’intégration de fonctions chez PLASTIVALOIRE


Plastivaloire n’utilise qu’un seul procédé de transformation, l’injection, mais ce procédé est
accompagné de toute une gamme de process d’assemblage (soudure ultra-sons, assemblage
mécanique). Les procédés intégrés comprennent la peinture, la sérigraphie, la tempographie


(mais les additifs – colorants - ne sont pas encore très au point pour la décoration).
L’injection bi- ou tri-matières permet d’intégrer les fonctions de décoration.
L’injection-compression permet d’obtenir des pièces en polycarbonate de très grande précision.
Plastivaloire utilise le procédé IML (In Mould Labelling : surmoulage d’étiquettes) depuis trois
ans ; ils fabriquent 7.000 pièces par jour avec des étiquettes dont le coût unitaire est encore
élevé ; toutefois, le gain global sur le process est important et permet de réaliser des objets


personnalisés.
L’injection séquentielle, utilisée pour les grosses pièces, évite les lignes de soudure.
La stratégie de Plastivaloire consiste principalement à accompagner le client dans sa croissance
géographique (par exemple,par la construction d’un site Plastivaloire à côté de l’usine Philips à
Dreux, ou la construction d’un site polonais dans l’usine Philips). Cette stratégie permet une
logistique « juste à temps » et réduit les coûts de transport de 5 à 10% (ils sont généralement
estimés à 10% du prix total). Accompagner les clients dans leur développement permet d’être plus


proche du produit fini, d’intégrer une proportion plus importante de services et de participer en
amont à la conception des pièces en détachant des techniciens dans les BE des clients ; à terme,
l’objectif est de devenir maître d’œuvre et de fournir des sous-ensembles.
La R&D est limitée au développement des procédés utilisés pour abaisser le coût des opérations
de transformation en collaboration avec les fournisseurs de matières premières et les donneurs
d’ordre.


(Nodal Consultants – mai 2002)

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2 REGIONALISATION ET DISTRICTS INDUSTRIELS


La spécialisation des territoires (théorie de Ricardo), apparue au début du XXème siècle, donne une
chance supplémentaire de survie aux entreprises industrielles des pays développés, même en les
comparant aux pays à faible coût de main-d’œuvre, leur environnement technico-économique
permettant de compenser, en partie, le coût des facteurs.

2.1 Les clusters ou districts industriels :

Le processus de création des districts industriels a une importante composante historique ; un


district industriel ne se crée pas « ex nihilo » par la seule volonté des pouvoirs publics ; il doit
préexister une tradition, un tissu industriel ou artisanal qui soit cohérent avec le projet de
développement envisagé. Ce n’est pas un hasard si la plasturgie s’est développée dans des zones,
telles Oyonnax, Rhône-Alpes, Annecy, qui ont une tradition industrielle forte (déclin de
l’industrie du décolletage à Cluses par exemple).

En Europe et en Amérique du Nord, les systèmes productifs locaux (SPL), qui se sont
développés sous différentes formes et vocables, proches des districts industriels, créent des
emplois, innovent et affrontent avec succès les marchés internationaux.
En France, toute une variété de SPL s’est développée depuis le système fédératif du Nord, spécifique
de firmes familiales, jusqu’à la papeterie d’Annonay ou à la coutellerie de Thiers en passant par les

centres textiles des Vosges, la petite métallurgie et l’horlogerie de Franche Comté et le système de soie
de Lyon. Ces systèmes ont disparu, pour une large part, durant la période de croissance d’après-guerre
mais, avec les mutations économiques des années 80, les SPL reviennent à l’ordre du jour.
Le SPL est un phénomène mondial, adapté au processus de globalisation et mettant l’accent sur la
création de valeur (avantages comparatifs durables par la concentration de compétences, de savoir-
faire sur une région, un pays). Il se constitue autour de PME d’un même secteur d’activité qui se
regroupent face à une baisse de leur activité due à une mutation du secteur (industrialisation,


innovation technologique, concurrence étrangère, délocalisation de la production).


Le SPL se défini comme un ensemble caractérisé par la proximité géographiques d’unités
(entreprises industrielles, de services, centres de recherches et de formation) qui entretiennent entre
elles des rapports formels, informels, matériels, immatériels, marchands et non marchands. Ces
rapports peuvent porter sur des flux matériels, de services, de main d’œuvre, de technologie ou de
connaissance. Les entreprises entretiennent à la fois des rapports de concurrence et de compétition
autour d’activités fédératrices. Le SPL est constitué autour des éléments suivants :
• Une concentration spatiale de PME, qui appartiennent à un secteur d’activité spécifique


(spécialisation autour d’un métier ou d’un produit),


• Des relations inter-entreprises fortes (coopération/concurrence),
• L’accès à un ensemble de services marchands et non marchands,
• Le partage d’une culture commune.
L’intervention des pouvoirs publics dans les SPL se manifeste de différentes manières : en Catalogne,
le gouvernement régional a eu un rôle de catalyseur dans le renforcement de la compétitivité des


« clusters », en Italie, les municipalités s’impliquent dans l’action locale, en France, divers partenaires
interviennent (Drire, préfecture, conseil régional, chambre des métiers, CCI, mairie).
Un district industriel correspond à une culture, à une histoire, à des traditions, à des métiers et ne
correspond ni à une stratégie d'aménagement du territoire, ni de développement de zones

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



industrielles ou de technopôles ; c'est le rassemblement de petites unités non dominées par une
grande unité, chacune de ces unités étant spécialisée dans des opérations bien précises. Il y a ainsi
une étroite interpénétration entre l'activité industrielle et l'activité socio-économique.
Le développement des SPL dépend de la capacité des acteurs à organiser un partenariat et à gérer


leurs rapports entre concurrence et collaboration. Dans de nombreux cas, c’est la nécessité
d’alliance face aux fournisseurs de matières premières ou aux grands donneurs d’ordre qui a joué
un rôle de déclencheur du SPL et de la transformation de rapports de compétition en coopération.
Le SPL est un lieu de diffusion technologique et la réussite des entreprises qui le constituent
dépend du partage de l’information entre elles, ainsi que des dispositifs de veille stratégique et de
transferts de technologie mis en place. Quel sera le rôle joué par les technologies de l’information
(NTIC) qui, en permettant la délocalisation des échanges et le travail à distance, risquent de

transformer la solidarité territoriale et l’économie de proximité des SPL ?


Dans la plasturgie, quelques éléments favorables sont liés au système de district industriel :
• Le regroupement des clients (transformateurs) favorise une meilleure négociation sur les prix
des matières premières,
• La disponibilité de main-d’œuvre qualifiée pour la maintenance et le SAV et pour l’utilisation

de périphériques disponibles localement,
• L’existence de fournisseurs locaux d’équipements et, en particulier, de moulistes.

Les districts industriels en Italie


Une des caractéristiques des PME-PMI italiennes est leur concentration par secteur dans des
zones géographiques bien déterminées : les districts industriels. En Italie on estime à 130 le


nombre de districts industriels avec une forte concentration en Vénétie, Emilie-Romagne, dans les
Marches et la Toscane et le phénomène se développe dans le Sud.
Le concept de district industriel représente une forme spécifique de l'expansion industrielle en
Italie. Son succès provient largement de ce qu’il permet de réduire les coûts de transactions et
crée un modèle décentralisé par opposition au modèle hiérarchisé de l'entreprise intégrée.
La plupart des facteurs favorables à la croissance du district ont été identifiés dans les districts ita-


liens et peuvent être considérés comme nécessaires à ce type d’industrialisation. Il nécessite la pré-
sence de conditions naturelles favorables : proximité des matières premières, facilités de communi-
cation, aptitude de la population locale, esprit d'entreprise, disponibilité de main-d'œuvre que les
mutations économiques régionales ont libéré des emplois précédents, présence de capital disponible.
Cette liste de facteurs suggère que les districts sont difficilement transposables ou reproductibles.
Le mélange de facteurs culturels, géographiques et économiques joue un rôle prépondérant dans
la réussite du modèle organisationnel, ce qui explique à la fois l'expansion du phénomène en
Italie et certains échecs rencontrés dans d'autres pays.


Une fois le district implanté, d'autres facteurs rentrent en compte ; la proximité des entreprises
rend possible une division progressive du travail et favorise la spécialisation entre les entreprises
tout en renforçant la circulation de l'information et la qualification de la main-d'œuvre.
La vitalité des petites entreprises dépend de leurs capacités à exploiter les avantages découlant de
la division du travail entre les entreprises et à profiter des opportunités offertes par les économies
externes. Ces deux facteurs compensent les inconvénients des petites unités comme l'impossibilité


d'atteindre les niveaux de production nécessaires pour réaliser des économies d'échelle.
Les PMI italiennes se sont développées en acquérant des spécificités telles que leur structure
flexible, prête à innover, à percevoir tous les changements technologiques et à s’adapter aux
variations du marché. La plupart de ces PMI sont des entreprises familiales, constituées autour

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



d’une équipe unie et motivée ; elles peuvent réaliser d’importantes économies sur le coût du travail
tout en réussissant à atteindre un très bon niveau de qualité capable de battre la concurrence.
La complémentarité des entreprises réunies dans un district industriel permet à chacune d’elles de
se spécialiser dans une phase précise du travail de la conception du produit à la réalisation des


machines, aux innovations de ces machines, à l’entretien, à l’organisation des structures logistiques
et de s’équiper de moyens techniques adaptés afin d’obtenir un bon niveau de qualité à un prix
compétitif sur tous les marchés. Ainsi, ces districts industriels sont en mesure de satisfaire les
donneurs d’ordres en « volume » aussi bien que les exigences haut de gamme des industries du luxe.
Sources Nodal Consultants, novembre 2002

2.2 Les pôles de plasturgie en France


Les pôles industriels de plasturgie français ne sont pas tout à fait comparables aux districts italiens,
dans la mesure où, parmi les quatre critères qui permettent de constituer un district industriel, celui
des relations fortes inter-entreprises de coopération/concurrence est peu cohérent avec les relations
habituelles entre les entreprises françaises.
Le seul vrai dis-
tricts industriels
– voire le plus
 9.846

connu et le plus
ancien - dédié à 11.074
la transformation 4184
3548
des matières

9.132 5747

plastiques est 9.473


8.643
sans nul doute
7130
celui 11.662

d’Oyonnax, 5715
connu au-
jourd’hui sous le 15.033 8.646
nom de « Plastics


Vallée » qui re-


présente 4,3 mil- 6281
liards € de chiffre
d’affaires sur 500 28.986
km2 et 2,2
milliards € sur le 4324

seul territoire du 4134

département de


l’Ain. Première
concentration de
plasturgie en
France, la Plas- Les effectifs de la
tics Vallée repré- plasturgie par région en 2001

sente 12% de la
production nationale de cette industrie.


La plasturgie donne lieu aujourd'hui à une filière complète regroupant tous les métiers de la plas-
turgie : conception, fabrication des presses à injecter, réalisation des outillages, design,
transformation, décoration. L'effet filière se traduit par la complémentarité des activités, la maîtrise
des technologies et la spécialisation de la main-d'œuvre.

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



La Plastics Vallée est active dans tous les domaines d'application de la plasturgie : pièces
techniques pour l'automobile, l'électronique, la bureautique, l'électroménager, les éléments pour le
bâtiment, le mobilier de jardin, l'emballage, la lunetterie, les ornements de coiffure, le jouet.
Pour mieux résister à la pression sur les prix, sept PME de la Plastics Vallée, représentant un


potentiel d’achat de 17.000 tonnes de polymères, soit 35 millions d’euros par an, ce qui les place
parmi les premiers acheteurs français, se sont réunies dans le GIE Ronax créé en 1996. Sa
première mission est de négocier avec les fournisseurs de polymères l’achat des matières
premières de ses adhérents ; cette négociation groupée a permis de réduire les coûts jusqu’à 20%
sur certaines familles de polymères. De leur côté, les fournisseurs gagnent plus d’efficacité avec
la globalisation des volumes et la rationalisation du traitement logistique.
La force de la Plastics Vallée repose sur la qualification et le savoir-faire de sa main-d’œuvre. La

présence des formations initiales du technicien à l'ingénieur (Lycée Arbez Carme et Ecole Supé-
rieure de Plasturgie) et des formations continues contribuent au développement de ses entreprises.
Par ailleurs, le Pôle Européen de Plasturgie, créé et géré par les industriels de la profession, réalise
quatre mission fondamentales pour le développement des entreprises : recherche et développement,
essais industriels, veille technologique et formation.

En Normandie, toutes les activités composant la profession plastique sont présentes, du fabricant de
matières premières au recycleur : une dizaine d'établissements travaille à la production de résines et
au compoundage (Atofina à Serquigny), la fabrication de machines est limitée à deux établissements
Sidel (machines à souffler les bouteilles en plastique) employant près de 900 salariés, une soixan-
taine d'outilleurs, généralement des PME, consacrent leur activité à la plasturgie et rassemblent envi-
ron 500 emplois. Parachèvement, bureaux d'études, designers sont également présents.

De grandes entreprises, Acome, Legrand-Normandie, Cinram Optical Disc, S.N. Aéracem,
Télémécanique et Schneider, Coupatan, concernent des secteurs aussi variés que l'électronique,
l'électroménager, l'automobile, la plaisance, le matériel électrique. Elles représentent environ 5.000
emplois, malgré la disparition de Moulinex.
En 2001, les établissements industriels spécialisés dans la transformation de matières plastiques
comptaient en Haute & Basse Normandie 12.680 salariés (hors intérim et entreprises intégrées),
répartis entre 244 établissements. Ainsi, la Normandie (unifiée) se classe au troisième rang des


régions françaises dans le domaine de la plasturgie derrière Rhône-Alpes et Pays de la Loire.


La plasturgie affiche des besoins de formation particulièrement importants. Consciente de cet enjeu,
la profession a anticipé les besoins multiples de ce secteur de production et mis en place des contrats
d'objectifs, des plans de formation individualisés et d'engagements de développement de la
formation tant pour la formation initiale que pour la formation continue et par alternance. Tous les
niveaux, du BEP ou diplôme d'ingénieur sont représentés.
Il faut souligner le rôle essentiel joué par l’ISPA (Institut Supérieur de Plasturgie d'Alençon), dont la


dimension dépasse largement les limites régionales. Il a joué, pour le développement et


l'implantation des industries de la plasturgie en Normandie, le rôle d’un outil structurant et d’un
véritable atout. Créé en 1985, il s'est étoffé en 1990 avec l'ouverture du CIFAP (Centre Interrégional
de Formation Alternée de la Plasturgie), la création en 1993 d'une école d'ingénieurs et en 1995
d'une formation de chargé d'exploitation en plasturgie industrielle (CEPI).
La croissance de la plasturgie en Normandie s'est appuyée sur des dispositifs de recherche publiques
et privés qui mettent en oeuvre des structures de transferts de technologies, sur un réseau


interrégional Matériaux, Polymères et Plasturgie (MPP), sur le CRT ISPA d’Alençon et le CRITT
Analyse et Surfaces, ainsi que sur une recherche privée principalement présente à l’ISPA et dans de
grandes entreprises. Le réseau MPP, qui rassemble une douzaine de laboratoires universitaires, a
pour objet de permettre aux demandes des industriels de remonter jusqu'aux laboratoires de
recherche fondamentale des matériaux polymères et de la plasturgie.

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



D’autres pôles industriels, non encore structurés en districts industriels, existent en France :
• Lyon et sa région : enduction, puis produits pour l’industrie, injection et matériaux composites ;
• Sainte Sigolène : extrusion de films avec une production de 400.000 tonnes de film ;
• Chambéry : conversion d’une partie de l’industrie du décolletage, des moulistes vers la


plasturgie ;
• Bassin d’Aurillac spécialisé sur les produits pour le secteur parfumerie-pharmacie ;
• La Picardie, dans le prolongement du bassin industriel belge, est caractérisé par une taille
d’entreprises supérieure à la moyenne française ;
• La plasturgie des Pays de Loire s’est développée dans le sillage de l’industrie automobile ;
• Celle de la Bretagne, sur le développement des débouchés dans l’agroalimentaire.

Curieusement, la Région Parisienne ne semble pas très « structurée » dans le domaine de la


plasturgie.

La plasturgie en Picardie : les métiers se regroupent


Quelques mois après la filière mécanique, l'industrie plasturgiste picarde, désireuse de surmonter

ses faiblesses, structure la filière qui regroupe tous les métiers de la plasturgie présents en
Picardie : transformateurs indépendants ou intégrés, producteurs, formulateurs, moulistes,
fabricants de machines et d'outillage, ainsi que donneurs d'ordre, utilisateurs et recycleurs.
Elaboré dans le cadre du contrat de plan Etat/Région 2000/2006, le contrat de filière plasturgie,
assorti d'un budget de 2,74 M€ sur six ans, a été signé le 24 janvier 2001 par l'Etat (Drire et
DRCE), le conseil régional de Picardie, la CCI, le Groupement des industriels de la plasturgie

Picardie (GIP), le Critt Polymères de Picardie et la délégation régionale de l'Anvar.
Il a pour objectif de définir une stratégie de développement pour les entreprises du secteur en les
sensibilisant à la création de produits à valeur ajoutée, à la mise en place d'outils de gestion, à la
qualité, aux nouvelles technologies et NTIC, et de préserver la compétitivité des entreprises picardes
en les préparant aux nouvelles contraintes qui pèsent sur le secteur : normes environnementales
draconiennes, relations clients-fournisseurs caractérisées par une grande implication des sous–
traitants dans les tâches industrielles et pression pour toujours plus d'innovation technologique,


domaine dans lequel la Picardie est légèrement en dessous des taux nationaux.
Les métiers de la transformation, notamment, l'extrusion, l'injection, le thermoformage et la mise au
point de composites sont bien représenté dans la région, mais la plasturgie picarde dépend pour
une part importante de centres de décision situés hors de la région. C'est le cas des plus grandes
entreprises du secteur – Allibert, Delsey, Plastic Omnium, SFP, Usiplast, Colgate ou Tergal.
Plusieurs formations-actions collectives ont été développées afin de déterminer leur
positionnement concurrentiel et de définir une méthode de pilotage de l'entreprise. Quinze


entreprises y ont d'ores et déjà participé. Autres opérations menées via le contrat de filière :
l'aide au développement de projets Internet, domaine où les entreprises de plasturgie picarde sont
en retrait, une réflexion sur la rationalisation des achats, un projet pour renforcer les relations
commerciales entre transformateurs et moulistes, enfin un transfert de technologie pour aider au
pilotage numérique de lignes d'extrusion.
Avec 322 entreprises et près de 36 000 salariés, la Picardie occupe le cinquième rang des régions
plasturgistes françaises. Les PMI de moins de 20 salariés y ont un poids relativement moins


important que dans le reste du pays, mais restent majoritaires. Un quart d'entre elles emploient
moins de 10 personnes. La région accueille 2 des 13 grandes entreprises plasturgistes françaises de
plus de 500 salariés, Faurecia et Plastic Omnium. Les entreprises plasturgistes picardes se sont
implantées au sud de l'Oise où elles constituent un pôle important (35,8 % des effectifs), et sur deux
pôles plus modestes, l'un entre Amiens et Abbeville, et l'autre en Thiérache, au nord de l'Aisne.

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



2.3 Les pôles de plasturgie à l’étranger :
Bien qu'ayant effectué son décollage économique 10 ans plus tard que les autres régions
industrielles, la Vénétie, qui dispose de capitaux en provenance des émigrés, a connu un rythme de


croissance supérieur à celui de l'Italie, tout en subissant les mêmes soubresauts économiques. Même
si le différentiel de croissance tend à stagner, les indicateurs restent favorables :
• Le revenu moyen en Vénétie est de 120 pour un niveau de 103 en Italie et 110 en Rhône Alpes,
• Le niveau de consommation est 3 fois supérieur au niveau moyen italien,
• Le taux de chômage est inférieur à 5% (3% pour les hommes et 7,5% pour les femmes) et,
depuis 1990, le taux des emplois industriels se maintient constant à 42%, malgré la perte de

20.000 emplois, compensée par la croissance dans la mécanique et dans la plasturgie,


• La démographie est toutefois préoccupante avec une baisse de population de 20.000 habitants
malgré l'apport d'une population immigrée de 130.000 personnes.
Autre exemple, Marinha Grande au Portugal était inconnu dans le monde. Les autorités locales ont
mis en place un cluster volontariste à partir de l'action du Pacte territorial de l'emploi qui vise à
assurer la restructuration de la verrerie et de la RNCUVWTIKG et à diversifier l'économie locale.

Aujourd'hui, la coopération s'effectue entre Mairie, Conseil économique et social, industriels, écoles,
office de tourisme et syndicats. L'emploi se consolide par la création d'un centre de formation et
technologique afin de transmettre la tradition et le savoir-faire. Des nouveaux investissements sont
attirés par une agence de développement locale qui assure la promotion de la commune.

Les districts industriels en Europe centrale




Dans le cadre d’un programme d’études et d’innovations sur le développement local et la créa-
tion d’entreprise, une étude a été réalisée sur les « districts industriels » des pays d’Europe cen-
trale constitués par les PME italiennes en délocalisant leurs activités. On a notamment cité
l’exemple du district de Timisoara, en Roumanie, où 1.200 PME du nord-est de l’Italie se sont
implantées dans des secteurs variés
En Roumanie, au total, 12.000 entreprises italiennes se sont implantées, créant plus de 100.000
emplois ; cette étude montre, s’il était nécessaire, que les PME jouent un rôle important dans


l’élargissement économique et commercial de l’Union européenne.


Sources Le Figaro, 31 décembre 2002
Un cluster « Matières Plastiques » à Linz (Autriche).
Depuis 1998, 6 clusters (réseaux) ont été créés en Haute-Autriche (une des régions autrichiennes
les plus industrielles), avec comme mot d'ordre commun « l'innovation par la coopération » pour
développer la compétitivité des entreprises grâce à une coopération étroite au sein des clusters ;
parmi ceux-ci, un cluster matières plastiques. Une réflexion conceptuelle forte a présidé à cette


création sur la compétitivité des nations.


Le réseau « matières plastiques » (Kunststoff), créé en 1999, s'appuie sur un tissu industriel dense
qui regroupe tous les métiers : fournisseurs de matières premières (10% des membres),
transformateurs (45%), équipementiers (13%), moulistes (8%), services et assistances aux
industriels (10%), centres de ressources R&D (14%). Le cluster regroupe 203 entreprises (132 de
Haute-Autriche, 57 du reste de l'Autriche, 14 de pays limitrophes : Allemagne, Tchéquie et
Slovaquie). Les entreprises, en majorité de petite taille, regroupent au total plus de 27.000 salariés :


• 56% des entreprises ont de 1 à 50 salariés • 14% de 251 à 999,


• 28% de 51 à 250, • 2% plus de 1.000 salariés
Le chiffre d’affaires des partenaires est de 5,33 milliards d’euros, dont 3,68 en plasturgie. La part
de l'export s'élève à 58,6% du chiffre d’affaires et l'effort de R&D est évalué à 2,3%.

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



Le cluster est animé par une équipe de 6 permanents et 2 consultants extérieurs avec un conseil
de surveillance, composé d’industriels et d’universitaires, qui pilote et évalue les activités.
L'inscription des entreprises est volontaire et payante (500 € /an pour les PME1, 1.000 € pour les
plus grandes) et donne droit à certains services : accès à des bases de données sur Internet, journal


trimestriel avec assistance technique, accès aux moyens de recherche et aide au montage des
projets, tarif réduit aux évènements du cluster, inscription sur le catalogue du cluster. Le cluster
assure des actions dans 5 grands domaines :
• Information et communication sur les partenaires, données de R&D, présentation Internet,
bourse de coopération, actions de sensibilisation vers les étudiants et enseignants.
• Valorisation du cluster : positionnement au niveau national et international, offres d'emploi,
annonces et organisation de séminaires, conférences.

• Qualification du personnel (son importance est justifiée par le relatif isolement de la région) :
mise en place de formations ciblées, séminaires, formation continue, enquêtes sur les besoins de
formation, liaison avec les centres de compétences, transfert de technologies.
• Soutien à l'action coopérative (action prioritaire du cluster, sur laquelle est basée en partie son
évaluation) : identification des besoins, motivation, développement et montage de projets2

suivant 3 axes prioritaires : organisation des entreprises, technologie des matériaux et
procédés (2/3 des projets), qualification du personnel.
• Développement des coopérations internationales, soutien des entreprises à l’international,
analyse des questions internationales pouvant affecter les partenaires.
Les projets sont soutenus financièrement par le gouvernement régional selon les règles suivantes :
• Les projets doivent faire intervenir au moins 3 partenaires du cluster, dont au moins une PME,

• Seules les entreprises basées en Haute Autriche sont subventionnées,
• Les projets sont évalués par le réseau avant financement,
• Les coûts directs (main d'œuvre, sous-traitance, consultance, voyages) sont financés à hauteur
de 40% du coût total, avec un maximum de 36.336 € par partenaire du projet,
• Le montant total de la ligne budgétaire est de 1.090.000 € pour 2001-2002.
La part de financement privé dans le fonctionnement du cluster et des projets, aujourd'hui de 30%,


est appelée à croître jusqu'à 40-45%. Le retour d'expérience du réseau est encore relativement
faible, mais plusieurs indicateurs peuvent être retenus pour apprécier le succès de la démarche : le
nombre d'entreprises inscrites et l'ouverture à des entreprises étrangères (Bavière, Tchéquie,
Slovaquie), le nombre de projets de collaboration et le nombre de partenaires impliqués, le nombre
de partenaires impliqués dans les actions de formation ou communication, l'évolution de la
contribution privée au fonctionnement du réseau. D'après M.Pamminger, responsable du cluster,
ces indicateurs vont dans la bonne direction, et il porte un regard très positif sur l'effet de levier du
réseau pour les entreprises locales.


Toujours d'après lui, le cluster n'a pas vocation à se substituer aux organismes professionnels (dont
il semble pourtant reprendre quelques responsabilités…). Il n'intervient pas en particulier dans les
problèmes d'hygiène et sécurité, de normalisation ou de réglementation. Il privilégie - comme
annoncé dans la description du contexte - l'innovation par la coopération.
Hervé Chalaye, entretien du 26 juin 2002 avec M. Werner PAMMINGER,
Portail d'accueil : http://www.clusterland.at/ et http://www.kunststoff-cluster.at/


1
PME = <250 salariés, chiffre d’affaires <40 M € CA, participation d'un grand groupe < 25%. Ces 3
critères doivent être respectés simultanément.
2
32 projets ont été traités, dont 21 terminés. 82 partenaires du réseau ont été impliqués, pour un montant total
de 7,6 M€ : 7 projets concernaient l'organisation, 22 les développements technologiques et 3, la qualification.

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



3 PARTENARIATS TRANSFRONTALIERS


La coopération transfrontalière et interrégionale s’est développée en Europe durant les années 80
sous l’impulsion de la Commission européenne qui a favorisé des initiatives impliquant des
régions ou des parties de région appartenant à des états différents. Tout en gommant
progressivement les frontières internes de l’Union européenne, les coopérations
transfrontalières permettent de développer des projets communs dans des domaines aussi divers
que l’économie, les technologies, la formation, l’emploi, l’environnement.

Le territoire régional se révèle le plus pertinent en tant qu'espace de réflexion, de synergie et de


cohérence. La région se situe entre des centres que l’on peut percevoir comme bien éloignés
(Europe, Etat) et des lieux de décision et d'action locale (départements, communes, pays) plus
proches du terrain et des individus. Cette position intermédiaire la rend plus accessible à ces
nouveaux enjeux, d'autant plus que les politiques nationales ou européennes n'ont pas toujours
permis de résoudre le problème des inégalités territoriales.

3.1.1 Les programmes INTERREG



Avec le renforcement de l’intégration économique et sociale entre les Etats de l’Union européenne,
les coopérations trans-européennes sont à la fois une réalité et une perspective. L’outil Interreg a été
créé pour accompagner et impulser ces coopérations. Il s’agit d’un mode de financement qui ne
définit pas un projet de territoire, mais, par la mobilisation qu’il engendre, peut être un vecteur de
réflexion et de production de projets transfrontaliers.


Interreg III est l'un des 4 programmes d'initiative communautaire mis en place pour 2000-2006.
Doté de 4,875 milliards d'euros, il offre, par le biais de cofinancements de projets collectifs, de
nouvelles possibilités de coopération aux régions. Il crée, en effet, des possibilités de
développement et de projets à l'échelle transnationale et trans-régionale.
Par exemple, le programme Interreg III France/Suisse réuni les régions de Franche-Comté et de
Rhône Alpes avec les cantons de Berne, de Genève, du Jura, de Neuchâtel, du Valais, de Vaud.


Toutefois, les porteurs de projet sont surtout des organismes publics ou parapublics (57 %). Les
associations sont plus représentées en France qu'en Suisse (33% contre 24%). Par contre, pour les
deux pays, les acteurs privés, en tant que porteurs de projets, sont faiblement représentés.

Deux exemples de partenariat transfrontalier


Un programme de recherche transfrontalier France (Rhône-Alpes)/Suisse porte sur la mise au
point d’une nouvelle famille de capteurs « thermofluxmétriques » pour obtenir une meilleure
maîtrise des échanges de chaleur dans l’outillage de la plasturgie. En effet, les procédés de


transformation exigent un contrôle précis de la température du moule, dans la mesure où la qualité


des pièces en dépend. Cette recherche de la maîtrise des calories peut être une source de gains
d’énergie substantiels et par là même d’économies. Cette coopération transfrontalière entre la SIS
(Static Input System SA), spécialisée dans la fabrication de capteurs, et le PEP (Pôle Européen de
Plasturgie) qui testera ces nouveaux capteurs, notamment par des essais machines, pourra avoir
des effets bénéfiques sur les PME de la plasturgie tant françaises que suisses. Cette coopération est
née d’une prise de contact entre ces deux partenaires à l’occasion des journées franco-suisse.


Dans le cadre d’un projet financé, en partie, par les fonds européens Interreg, la Chambre de
Commerce et d’Industrie de Bayonne Pays Basque met à disposition des entreprises un assistant
technique spécialisé chargé de dynamiser les partenariats transfrontaliers avec le nord-ouest de
l’Espagne. Parmi les secteurs prioritaires, la plasturgie.

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La fabrication des moules, l’injection de pièces plastiques et l’outillage se délocalisent en
Espagne et au Portugal pour des raisons de coûts de main d’œuvre (Les Plastiques Décorés). Les
services proposés par cet organisme sont les suivants :
• Assister les entreprises dans la clarification de leur stratégie transfrontalière,


• Aider à la recherche de partenaires dans les régions transfrontalières de l’Espagne,
• Assister les partenaires pour la mise en oeuvre de ces partenariats.
Sources Nodal Consultants, novembre 2002
Une filiale française du groupe italien FLO Spa
Spécialiste de la vaisselle jetable, le groupe italien FLO Spa, entreprise certifiée ISO 9002, Tüv et
CE, qui a réalisé un chiffre d'affaires 1999 de 31 millions d'euros pour 135 salariés, investira 6,5

millions d'euros dans la construction de sa première usine française à Ruitz. Le site nordiste était
en compétition avec les régions Lorraine et Normandie. Tous les produits FLO sont fabriqués à
partir de polystyrène vierge, un matériel atoxique et recyclable à 100%.
Cette nouvelle unité de 2 800 m² sera construite sur un terrain d'une superficie de 2,5 hectares.
Prévue pour septembre 2003, la mise en service de l'unité s'accompagnera de la création de 43
emplois. L'unité nordiste commercialisera sa production auprès de la grande distribution, des

distributeurs automatiques et de la restauration collective. Avec une capacité de production de 800
millions de pièces par an, le site de Ruitz devrait permettre au groupe italien de mieux desservir sa
clientèle d'Europe du Nord, notamment l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France.
Cette nouvelle usine vient renforcer le pôle plasturgie du Béthunois qui rassemble déjà un quart
de la plasturgie régionale avec une quarantaine d'entreprises employant 3 300 salariés.
D’après la Note d’information du Nord-Pas de Calais, mars 2002


3.1.2 Le CLFA : Coopération Laser Franco-Allemande


La mise en commun des moyens techniques et le rassemblement d’équipes pluridisciplinaires ont
permis de créer, en 1997, un pôle de compétence, né du regroupement des activités R&D
d’organismes publics (CEA, DGA, CNRS) et de fabricants français de systèmes laser (Sopra,
Quantel, Seso, Afma Robot) avec un centre allemand, leader dans le domaine du transfert de


technologie laser, le Fraunhofer Institut für Lasertechnik (Fraunhofer-ILT) d’Aix la Chapelle. Les
atouts du CLFA sont une gamme complète de lasers industriels, des moyens importants de mise en
oeuvre des procédés (robot, CN), une connaissance approfondie des problèmes industriels, des
relations privilégiées avec de grands organismes publics et un contact permanent avec la recherche.
La synergie du savoir-faire et l'expérience pratique, scientifique et industrielle du CLFA sont
appliqués directement au développement de procédés de production adaptés au marché :
• Transfert de technologie : le CLFA est un centre technique dédié au transfert des technologies


laser. Il a pour objectif de développer et de proposer aux industriels les moyens d’intégrer les
technologies laser dans les procédés industriels (assemblage et décor des pièces plastiques).
• Recherche et formation : le CLFA héberge un laboratoire de recherche du CNRS, le LALP
(Laboratoire pour l'Application des Lasers de Puissance, UPR 1578) qui réalise des travaux de
recherche dans ces domaines et assure la promotion de la formation correspondante.
L’intégration de la technologie laser permet de donner aux pièces une plus grande valeur ajoutée
et, à ce titre, devrait intéresser les transformateurs soucieux d’accroître leurs marges et


d’améliorer la qualité. L’investissement est élevé, mais permet un gain important des temps de
soudage qui s’adresse, notamment, aux fabricants de pièces pour l’automobile (réservoirs de
carburant) et l’électronique. Les français semblent plus réticents que les allemands à l’utilisation
de cette nouvelle technologie ; ils attendent que le procédé soit complètement au point.

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4 L’INNOVATION, MOTEUR DE LA VALEUR AJOUTEE

La transformation des matières plastiques est en pleine expansion au niveau mondial, mais la forte


concurrence des pays de l’Est et du Sud-Est asiatique nécessite de créer toujours plus de valeur
ajoutée pour maintenir la production en France ; cet croissance de la valeur ajoutée peut être
obtenu en intégrant dans les entreprises de transformation de nouvelles compétences de R&D et
en offrant aux donneurs d’ordre des services non maîtrisés par les pays en développement.

4.1 Partenariats de R&D

Les efforts de R&D de la plasturgie sont actuellement concentrés sur le développement de


nouveaux procédés de transformation (optimisation de l’outil de production) pour abaisser les
coûts de production, mais ils sont largement insuffisants pour permettre aux transformateurs de
dégager de nouveaux moyens d’améliorer leur rentabilité (par exemple, Plastivaloire ne dispose
que d’un budget de 150.000 € de R&D pour un chiffre d’affaires de plus de 150 millions €).
Pour éviter qu’à terme, la France n’ait plus qu’un rôle de négociation et d’ingénierie, mais plus de

transformation (comme la tendance se profile au Royaume-Uni), les centres de compétences
techniques insistent sur la nécessité de mettre en place des action nationales et européennes
d’innovation pour faire face au développement de la concurrence asiatique (transformateurs,
moulistes) et éviter les délocalisations de la production.
Alors qu’en Italie, les universités d’ingénierie et de physique/chimie sont des partenaires
techniques pour de nombreux projets innovants (développement de nouveaux matériaux et de


nouvelles applications), en France, pour orienter et optimiser leurs efforts de recherche et


développement, les transformateurs s’appuient sur des collaborations avec leurs fournisseurs et
leurs clients, et encore assez peu sur des collaborations avec des écoles.
Historiquement, la Plasturgie n’a jamais bénéficié de l’existence d’un Centre Technique financé
par taxes parafiscales. Il est vrai que pour l’essentiel, les efforts de R&D étaient assurés par les
grandes entreprises amont fournisseurs de matières premières (grands groupes chimistes).
L’évolution technologique était suscitée essentiellement voire éventuellement financée à partir


des matières premières. Ce temps est en partie révolu et les PMI de la profession bénéficient
moins de ce soutien des industries amont. D’autant qu’innovations aidant, les procédés de
transformation se sont considérablement complexifiés : surmoulage, soudage, assemblage,
revêtements, traitements de surface, etc. … en bref, les technologies ont largement évolué et font
appel non seulement à des technologies matières, mais aussi aux outillages, machines,
technologies limitrophes : textiles, charges minérales, etc.
L’organisation professionnelle de la Plasturgie (en collaboration avec les pouvoirs publics) a de ce


fait suscité la création : de l’Ecole des Mines de Douai, du Pôle Européen de la Plasturgie (PEP),
de l’Institut Supérieur de Plasturgie d’Alençon (ISPA), du Pôle Plasturgie de l’Est (PPE).
D’autres centres ont développé, sui generis, et ont su générer des activités de R&D dans le
domaine de la plasturgie : ENSAIS, Compositec, Ceremap, Creacol, G3F.
Tous ces centres fonctionnent aujourd’hui de façon plus ou moins autonome voire concurrentielle.
La Fédération a donc initié la création d’un véritable réseau technologique national par la mise en


place de son Comité Scientifique et Technique regroupant dans une réflexion commune les
Grandes Ecoles, les Universités, les Centres techniques et les industriels de la profession. A fin
2002, en sont membres : le Pôle de Plasturgie de l’Est, l’Ecole Supérieure de Plasturgie et le Pôle
Européen de Plasturgie (oyonnax), Apollor, l’ENSAIS à Strasbourg, l’Ecole des Mines de Douai,
l’ITECH de Lyon, l’ISPA d’Alençon, le CRITT polymères de Rochefort.

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



Le Comité scientifique et technique permettra :
• d’assurer une meilleure interface entre centres et PMI,
• de fédérer et de capitaliser les connaissances et compétences de la profession quelle qu’en soit
l’origine :


− centres de ressources techniques et scientifiques (écoles, centres …)
− industriels recherchant des partenariats technologiques,
• d’optimiser, par recherche de complémentarités, les ressources technologiques de la
profession,
• de créer une plate-forme multipolaire d’échanges entre PMI /centres scientifiques/acteurs
ressources

• de susciter des projets de recherche collaborative permettant de faire bénéficier la profession


de financements nationaux et/ou européens,
• d’assurer la compétitivité des PMI de la profession par la valeur ajoutée et l’innovation,

4.2 Nouveaux procédés et matériaux



Les principaux centres d’intérêt de la DG Recherche (Sustainable Growth) de la Commission
européenne concernent le développement durable vu à travers :
• les « matériaux du futur » qui cherchent à imiter ce qui existe dans le monde du vivant,
• les additifs pour les polymères et, notamment, les dendrimères qui permettent de produire des
matériaux fonctionnels destinés à la biotechnologie (biomatériaux, veines artificielles

biocompatibles), électronique et hydrogels ;
• les nanotechnologies ;
• les matériaux à très haute valeur ajoutée (à titre de comparaison, le PVC de base coûte moins
de 1 €/kg, certains nouveaux matériaux peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros/kg).
Dans le 5ème PCRD, la France participe aux différents programmes de recherche à hauteur de 15%
du budget global (2ème rang des contributeurs, derrière l’Allemagne et devant le Royaume-Uni), à
travers des organismes tels que l’INRA, le CNRS et des écoles (Ecole des Mines) ; une grande par-


tie de sa participation concerne la recherche relative aux nouveaux matériaux destinés à


l’aéronautique et, notamment, aux polymères. Il faut noter que la France se situe au 2ème rang des
contributeurs dans les projets d’innovation industrielle du 5ème PCRD avec une spécialisation mar-
quée dans le champ des matériaux et technologies industrielles, et devance l’Allemagne dans le
champ de l’environnement. Toutefois, même si les petites et grandes entreprises forment un ensem-
ble de recherche assez soudé, les PME sont marginalisées, même sur les projets à finalité industrielle
et elles sont encore plus éloignées de la recherche publique que ne le sont les grandes entreprises1.


Face à la prise de conscience du public et du politique que le « tout pétrole » a des limites, les
pétroliers sont amenés à se pencher sur la production de matières premières à partir de l’agrochimie
(« green chemistry ») qui ont les mêmes propriétés que les produits issus de la pétrochimie.
Dans la plasturgie, les innovations se situent plutôt dans l’amélioration des procédés (temps de
cycle, constitution de bases de données statistique pour optimiser les procédés de transformation -
L’Oréal) que dans les produits innovants. Ainsi, certains procédés niches se développent en
Europe et ils pourraient être adaptés, à l’exportation, aux pays en voie de développement qui


recherchent des produits simples :

1
Sources : Analyse des participations françaises au 5ème PCRD – Etude réalisée pour le Ministère de la
Recherche (septembre 2001).

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• Le roto-moulage qui ne représente que 2% des procédés de transformation, permet de réaliser
la plupart des formes simples ou complexes sans collage ni soudure. Ses principaux avantages :
− un coût d'amortissement plus faible : les petite et moyenne séries sont rendues plus
compétitives en raison du nombre de moules qu’il est possible d’installer sur la machine,


− une plus grande souplesse dans le procédé de transformation : l'adaptation du moule aux
modifications demandées par le marché, le styliste, le bureau d'étude ou la technologie se
fait rapidement et à des coûts acceptables.
• Le thermoformage est adapté aux petites séries (de l’ordre de 100 unités) et peut fournir des
bulles plastiques de grande taille (bulle télésiège) :
− l’investissement en outillage est moins élevé, mais les pièces plastiques obtenues par ce

procédé ont un coût supérieur à celles obtenues par l’injection,


− est en développement pour les applications automobile (parebrise), aéronautique, sport,
médical et à la recherche de nouvelles applications.
• La technologie de bi-orientation a permis de multiplier la résistance des tuyaux par 2 ou 3, ce
qui permet, notamment, d’utiliser les tuyaux en PVC à des pressions plus élevées et, ainsi, de
prendre quelques parts de marché aux tuyauteries en fonte.

• L’injection-eau fait son apparition sur le marché en permettant des réductions importantes de
temps de refroidissement, pouvant aller jusqu’à 70%. Ce procédé a été initialement développé
par IKV (Institut für Kunstoffverarbeitung) pour la production de pièces creuses à parois
épaisses. De nombreux transformateurs se sont lancés dans des études d’adaptation de leurs
machines à ce procédé innovant, avec des résultats inégaux. Hutchinson utilise ce procédé
pour la fabrication d’une rampe pour circuit de refroidissement de la Citroën C3.


D’autres procédés à forte valeur ajoutée se développent en Europe et pourraient être mis en
œuvre par les transformateurs, par exemple, la bi- et multi-injection et l’injection à gaz optimise la
consommation de matières et réduit les temps de cycle, le micro cellulaire.
Une évolution possible de la technologie concerne la suppression de l’étape « granulation ». Le
procédé, développé il y a de quelques années - sans résultat - par Clextral, concerne l’extrusion
directe et l’association d’une extrudeuse et d’une presse à injecter (procédé Exmo, c’est à dire
EXtrusion-MOulage). La réduction des coûts résultant de la suppression d’une étape intermédiaire


permettrait d’élargir son marché. PSA/Faurecia est intéressé par cette solution, mais le
financement est difficile à trouver. Le système est maintenant repris et proposé par les allemands.
La transformation du caoutchouc est moins automatisée que celle des plastiques et ses propriétés
n’ont, semble-t’il, plus le même intérêt pour les utilisateurs ; aussi, sur les pièces qui n’ont qu’une
fonction esthétique, le plastique prend des parts de marché au caoutchouc (par exemple, les pièces
intérieures des automobiles, l’électroménager), d’autant que certains plastiques permettent d’allier
les propriétés du plastique et celles du caoutchouc.


Pour améliorer leur taux de valeur ajoutée, de nombreux transformateurs choisissent différentes
stratégies de différenciation :
• Se spécialisent dans la production de produits techniques à haute valeur ajoutée, notamment la
production de pièces plastiques pour l’industrie médicale (Enki, filiale de RIMOS en Italie,
s’est spécialisé dans l’extrusion de micro-composants : cathéters, micro-tubes) et peuvent
consacrer jusqu’à 40% de leur activité aux prestations de bureau d’étude ;


• Se diversifient dans d’autres domaines, notamment l’aéronautique, l’électronique et la chimie ;


• Se positionnent sur des produits plus chers, de meilleure qualité et qui sont soumis à des
caractéristiques et des contraintes plus importantes.

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



D’autres transformateurs spécialisés dans la fabrication de produits à faible valeur ajoutée (tel
Pöppelmann) cherchent à réduire leurs coûts de production par des stratégies de production et de
communication qui concernent principalement :
• La concentration sur un nombre restreint de sites et l’extrême automatisation de leurs moyens


de production ;
• La mise en place et l’utilisation intensive d’outils logistiques performants (production et
communication) qui permettent de compenser en partie l’éloignement du client ;
• La délocalisation partielle de la production dans les pays de l’Est (République Tchèque) n’est
prise en considération qu’en dernier ressort..

4.3 Produits et procédés à haute valeur ajoutée

Une tendance de la plasturgie française est la perte de ses avantages compétitifs à long terme et la
réticence des clients à accepter l’innovation ; elle se traduit par une érosion de la valeur ajoutée des
plasturgistes. Pour résister aux pressions conjointes des producteurs de matières premières et des
donneurs d’ordres, l’accroissement de la productivité est incontournable, mais il ne constitue ni la

base du développement futur, ni même le principal moyen pour contrecarrer l’effet de ciseaux.
C’est en se positionnant sur le marché des pièces à haute valeur ajoutée (pièces techniques, emballa-
ges de luxe) et en se diversifiant sur des marchés de haute technicité (aéronautique, électronique,
santé) que les plasturgistes peuvent reprendre l’initiative des prix. Face à aux donneurs d’ordres, le
potentiel d’accroissement de la valeur ajoutée des transformateurs réside essentiellement dans :
• le développement de la R&D avec le soucis permanent d’innover et de maintenir un parc de
machines modernes (entre 1997 et 2000, l’investissements rapporté au chiffre d’affaires a cru de


18%, mais cet investissement porte davantage sur les bâtiments que sur l’appareil productif),
• la proximité géographique (et sans doute culturelle) avec les clients,
• leur capacité à conseiller le client final dans ses choix de transformation et la définition du
cahier des charges du produit final.
• la co-conception et le co-développement en association avec les donneurs d’ordres (grâce au
rôle de plus en plus importante des bureaux d’études chez les plasturgistes) pour développer


les pièces techniques, doit se traduire par :


− des partenariats avec les industriels pour « designer » le produit finis,
− des transferts de certains process à d’autres secteurs d’activités,
− l’utilisation d’additifs et d’alliages conduisant à de « nouvelles » matières premières,
• le développement de procédés encore peu connus des donneurs d’ordres, tels que le soufflage,
qui n’ont pas encore eu l’attention dont à bénéficié l’injection,
• la nécessité de mieux prendre en compte les problèmes d’environnement et de transformer ce


handicap en atout.
Le développement des procédés de soufflage ne s’opposent pas à l’injection et permettent la
réalisation de pièces particulières (intérêt pour l’ergonomie, le double face). La méconnaissance de
cette technologie empêche la réalisation de nombreuses pièces actuellement réalisées par injection.
Depuis le début de la téléphonie mobile, les demandes des donneurs d’ordre pour la réalisation de
pièces comportant une décoration est en plein développement (Les Plastiques Décorés) ; le gain


de marge obtenu pour des pièces décorées peut être estimé à 50%. Le développement de ces
technologies doit s’appuyer sur la recherche de nouveaux marchés (nouveaux secteurs d’activités
intéressés par la décoration), de nouvelles zones géographique (l’export représente 12% du chiffre
d’affaires, en forte croissance) et sur la promotion, auprès des bureaux d’études des donneurs
d’ordres, des nouvelles possibilités d’association de matières.

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



Certains transformateurs comme Injextru (Belgique), qui dispose d’un parc de machines
modernes important lui permettant de répondre à des demandes très variées, évoluent vers des
réalisations de produits finis intégrés directement utilisables par le client final ; l’activité de sous-
traitance, qui était prédominante à l’origine de la société en 1970, a évolué vers l’élaboration de
produits finis, entièrement conçus sur mesure.


Enfin, de nombreux transformateurs sont actuellement en cours de validation/certification suivant
la norme ISO 14 000, qui prend en compte les contraintes environnementales des sites de
production, ou la norme ISO TS, créée par les équipementiers automobiles, ou encore la
certification QS 9 000. Mais, aujourd’hui, pratiquement tous les transformateurs de taille
comparable étant certifiés, la certification n’est plus un critère différenciant.
Les transformateurs doivent s’orienter vers la réalisation d’offres techniques mieux ciblées et de

pièces complexes suivant des spécifications précises afin de répondre à une demande plus large ;
dans leurs offres, les transformateurs doivent prendre en considération les possibilités permises par
le développement des procédés et matériaux, mais également le développement des moyens de
contrôle et de mesure, ainsi que celui des logiciels de caractérisation des matériaux, notamment :
• La réalisation d’essais avec les fabricants de matière première ou les donneurs d’ordres, pour

la mise en oeuvre de nouveaux matériaux (comme le Taïko, mélange de PVC et de PC), le
développement d’innovations sur la texture des plastiques (essais de nouveaux additifs
excluant l’utilisation des phtalates) ; en effet, les industriels des secteurs de l’automobile et de
l’électronique exigent un niveau de précision des pièces finies de plus en plus élevé (par
exemple, Renault met au point des freins imités de ceux des avions) ;
• La possibilité de réaliser un spectre plus large de produits plastiques à une incidence sur le prix
de revient ; en effet, le prix de conception et de mise en place du process est très élevé (pour un


chiffre d’affaires de 10 millions €, la conception du moule peut atteindre 500.000 e ;


• Le développement de nouvelles applications et l’anticipation des besoins du marché (apport
de solutions aux problèmes que les transformateurs appréhendent, mais qui ne sont pas
exprimés sous forme de besoins par les donneurs d’ordres), par exemple :
− proposition par les transformateurs et les concepteurs de moules de réaliser des prototypes
permettant de visualiser le produit avant l’ordre d’achat,
− offre, par exemple, de remplacement des palettes en bois par des palettes en plastique


antidérapant pour des raisons d’hygiène et de sécurité (Coca Cola),


− développement, pour les donneurs d’ordres japonais, de profilés spéciaux, de coût élevé,
pour la décoration d’intérieur (« plastiques de luxe »).
• La veille technologique internationale permet d’identifier des technologies innovantes
(extrusion d’un mélange bois/plastique, technologie identifiée aux Etats-Unis qui associe les
propriétés du bois et des plastiques, notamment un même « touché » que le bois) ;
• La rhéologie est en plein développement (I3S Conseils) et des bureaux d’études et


d’ingénierie se développent et proposent leurs prestations à des grandes entreprises de


transformation (conseil, calcul via le logiciel Molflow pour des mesures rhéologiques) ;
• L’utilisation généralisée de matières recyclées, sauf lorsque l’aspect visuel intervient et que
l’utilisation de matières premières vierges est exigée par les donneurs d’ordres.
Toutefois, il apparaît clairement que l’industrie de la transformation des plastiques ne traverse pas
une période de rupture ou de révolution technologique ; il s’agit plutôt d’évolution de procédés


(robotisation), de développements de grades de matériaux déjà connus et utilisés, qui peuvent


apporter une contribution à l’amélioration de la productivité. On citera, par exemple, en Allemagne,
les petits compounders qui produisent des mélanges spéciaux pour répondre à des besoins
spécifiques (produits anti-chocs, anti-UV, anti-grêle), qui permettent aux transformateurs
d’améliorer leurs marges, car le prix des produits finis peut être multiplié par deux.

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L’exemple de Sincoplas
Sincoplas est une entreprise familiale de plasturgie qui s’est décentralisée dans l'Aisne en 1958.
Elle produit des emballages de luxe pour la parfumerie tels les poudriers haut de gamme et les


coffrets en plexiglas pour Chanel, les capots d'atomiseurs de parfum ou les présentoirs destinés à
la PLV, combinant verre, métal et plastique. Disposant de moules rotatifs, de robots, de machines
ultra-sophistiquées, elle a tout d'une entre-prise high-tech ; sa dernière acquisition est un tunnel
de séchage rapide à UV couplé à une machine de sérigraphie haute cadence, qui lui permet de
fabriquer, en un temps record, des quantités très importantes de pièces.
Au départ, Sincoplas s'est spécialisée dans le moulage de pièces techniques, utilisant les
techniques de l'injection et de la compression. En misant sur les technologies les plus avancées,

Sincoplas a construit son développement, en jouant, notamment, de son avance technologique sur
les Etats-Unis pour fabriquer les premiers cache-culbuteurs des moteurs de tracteurs John Deere.
A présent, la parfumerie et les cosmétiques haut de gamme représentent plus de la moitié de son
chiffre d’affaires. Le reste de la production se répartit entre les présentoirs publicitaires et les
pièces techniques pour l’industrie (l'électroménager et l'automobile) ainsi que des cendriers et
des pièces pour des sièges d'avions.

Le dynamisme de Sincoplas se traduit dans la progression de son chiffre d’affaires qui est passé
en deux ans de 7,6 à 10,7 M€. Son avance technologique, le savoir-faire des techniciens picards
et la position stratégique de l'usine au cœur de l'Europe sont les clefs de sa réussite, que le
contrat de filière plasturgie ne fera que renforcer. Pour pérenniser les points forts de la région, la
PMI a choisi d'épauler les formations à la plasturgie, du CAP au BTS, dispensées par le lycée
professionnel de Chauny dont elle reçoit une dizaine de stagiaires par an.

Sources : Nodal Consultants & Cahier Industrie n°78 – juin 2002

Une technologie en pleine expansion : la métallisation des polymères


La métallisation des matières plastiques est devenue un procédé couramment utilisé. Elle permet, en
effet, d'allier les performances de légèreté, de flexion et de prix d'un polymère avec les fonctions
décoratives, de dureté et de résistance à la rayure d'un revêtement métallique.
Ainsi, la métallisation électrolytique sur matières plastiques présente de nombreux avantages pour
l'automobile. Elle offre une grande souplesse dans le chromage de formes complexes, autrefois


réalisées en métal, une diminution notable du poids des pièces, une simplification des systèmes
d'assemblage et un large éventail de revêtements, en particulier, la finition satinée façon aluminium.
Des débouchés concrets pour les nanotechnologies
Si les applications des nanotechnologies font encore partie du domaine de la fiction, certaines
sont néanmoins sur le point d'aboutir. Ainsi, des scientifiques de l'Armée américaine du
Massachusetts prévoient, d'ici deux ans, l'utilisation d'uniformes à base de nano-fibres qui
laissent circuler l'air tout en empêchant le passage des produits toxiques émanant d'armes


chimiques ou biologiques. Pour sa part, Hybrid Plastics, une entreprise de Californie, produit des
plastiques enrichis possédant les qualités de céramiques hyper-résistantes, déjà testés par la
NASA comme revêtement des stations spatiales, des missiles ou des fusées.
Un nouveau matériau polymère à haute conductivité thermique
Hitachi a développé un matériau polymère qui possède une conductivité thermique cinq fois plus
élevée que les matériaux plastiques conventionnels. Il permettra aux équipementiers électriques


de fabriquer des générateurs de puissance plus compacts et des dispositifs semi-conducteurs


dissipatifs d'énergie moins volumineux. Il permettra également que les bobines magnétiques
soient refroidies seulement par air. Ces améliorations devraient faire chuter les coûts de
production, compensant ainsi très largement le surcoût du polymère, aujourd'hui dix fois plus
onéreux que les matériaux analogues actuels. Il sera commercialisé d'ici 2005.

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4.4 Importance du « design » des produits
Le design industriel est devenu pour les entreprises de la plasturgie - grandes entreprises, pionnières
dans ce domaine, ou PMI - un outil de développement stratégique à part entière. Il permet


d’accroître dans les produits la part d’innovation et de qualité et, en principe, la valeur ajoutée, car la
« valeur d’estime » s’ajoute, alors, à la valeur d’usage.
L’Institut Supérieur de Valenciennes définit le design comme étant « la démarche qui consiste à
concevoir tout objet, produit ou système fabriqué en série industrielle, en prenant en compte les
valeurs socioculturelles, les enjeux économiques et les contraintes de fabrication.
Les critères justifiant le recours au design sont variés :

• Des exigences commerciales : demande des distributeurs, souci de faire évoluer l’image de
l’entreprise, demande des consommateurs,
• Des enjeux techniques : recherche d’améliorations techniques ou logistiques, la recherche
d’intégration de nouvelle technologie,
• Des nécessités économiques : recherche de la marge ou de la valeur ajoutée.

Près de 40% des entreprises de chimie, caoutchouc et plastique ont déjà fait appel à un designer,
mais il est difficile d’évaluer la part qui revient à la plasturgie. Dans ce secteur, les PMI sont, en
général, peu ou mal outillés pour la conception du design ; elle est confiée à des bureaux d’études
externes ou, lorsqu’ils existent, aux services R&D et privilégie souvent la technique et la
fonctionnalité.
La pratique du design par les PMI augmente avec la
taille et le chiffre d’affaires de l’entreprise ; les plus


petites entreprises n’utilisant que rarement des


designers. La pratique du design est encore
essentiellement le fait des grosses PMI. La chimie,
le caoutchouc et la plasturgie se distinguent des
autres PMI pour le nombre de produits modifiés
(96 contre 26 en moyenne)1.


Les procédés de mise en œuvre des matières


plastiques offrent de nombreuses possibilités de
design. Par exemple, la fonction première du
Optique de phare Peugeot 406
vitrage, qui est de protéger le conducteur et les
passagers des intempéries, est presque devenue
secondaire ; c'est le design qui prime, façonnant l'apparence de la voiture et la différenciant des
autres véhicules. Or il est plus facile de réaliser des formes complexes en matière plastique qu'en
verre, de même pour les possibilités de montage comme la fixation « clip in » ou « pop out ». Ce


qui freine le plus, aujourd'hui, l'utilisation de la matière plastique, c'est son aspect auquel les
designers sont sensibles.
Depuis l’arrivée sur le marché de la téléphonie mobile, la demande pour la décoration des pièces
plastiques est en forte augmentation, mais peu de sociétés sont en mesure d’intégrer cette nouvelle
fonction car il est nécessaire d’atteindre une taille critique pour pouvoir, à la fois, faire face aux
exigences des donneurs d’ordre et assumer des investissements élevés ; par contre, le gain attendu
sur le prix de vente peut atteindre 50%.


Le secteur de la décoration recherche de nouvelles applications et de nouvelles zones


géographiques pour maintenir un taux élevé d’exportations de l’ordre de 12%.

1
Voir l’étude Les pratiques du design en PMI – DARPMI, novembre 2002

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5 ROLE DES POUVOIRS PUBLICS DANS LA R&D


5.1 Relations entre recherche publique et recherche privée
La R&D est porteuse d’enjeux importants pour la compétitivité des entreprises de plasturgie et se
caractérise par l’orientation vers le client et l’intégration des activités de recherche,
développement et innovation au sein d'équipes projets, souvent d'ailleurs plurinationales.
S’agissant du marché européen, la France est attractive, notamment sur la base de ses grandes
écoles à même de produire les ressources humaines adaptées aux besoins, mais il faut souligner la

montée des compétences d’innovation de la zone Asie-Pacifique, élément qui est d’autant plus à
prendre au sérieux que l’attraction exercée par les Etats-Unis contribue au développement et au
transfert de compétences dans cette zone. Aussi, la baisse d’attractivité des filières scientifiques
est préoccupante et souligne la nécessité de revaloriser en France l’image de la science, du
chercheur et plus largement de l’innovation, en particulier dans l’industrie.
Pour sa part, Philippe Busquin, Commissaire européen en charge de la recherche, a appelé les

secteurs publics et privés à jouer un rôle dans l’accroissement des investissements de R&D en
Europe : « la politique industrielle devrait davantage tenir compte de la qualité et de la quantité des
connaissances, ce qui accroît la croissance et la compétitivité ».
Dans les entreprises, les compétences de R&D se renouvellent et se développent, pour partie, à
travers les échanges et les collaborations établis avec les organismes de recherche publique ; les
expériences de ce type sont positives et il est nécessaire de favoriser et valoriser la mobilité entre


les deux secteurs afin d’offrir aux chercheurs des conditions de travail, de carrières et de
rémunération qui soient internationalement attractives.
De nombreuses entreprises – en général les plus grandes - développent des collaborations avec la re-
cherche publique (actions de recherche concertées, intégration dans des CNRT ou réseaux nationaux
de recherche technologique, établissement de contrats cadres, développement de laboratoires mix-
tes) et étrangères (collaboration avec des laboratoires étrangers, participation à des programmes eu-
ropéens ou bilatéraux et à Euréka). Cette expérience donne des éléments de comparaison internatio-


nale sur les conditions de collaboration avec la recherche publique et montre qu’il est nécessaire, à
l’instar des Etats Unis et de certains autres pays européens (comme l’Allemagne, les pays Nordiques
ou même l’Italie), de sensibiliser davantage les laboratoires de recherche publique français aux be-
soins des industriels, pour faciliter les projets communs et organiser des échanges de chercheurs en-
tre secteur public et privé, mais le système de fonctionnement de la recherche publique ne facilite
pas les flux de chercheurs allant du public vers l’entreprise ou inversement.
Les collaborations et les relations avec la recherche publique se sont largement développées et


diversifiées, grâce à des initiatives comme les CRITT, les réseaux nationaux ou les CNRT, par
exemple. Les entreprises qui ont établi des collaborations avec des laboratoires étrangers
soulignent qu’il faut de toutes façons du temps pour développer les compétences appropriées aux
objectifs du développement industriel, parce que ces compétences ne reposent pas seulement sur
des connaissances fondamentales mais aussi sur la capacité de travailler en interdisciplinarité,
avec des objectifs concrets et dans un délai imparti.
L’innovation est facilitée par une organisation en cluster, l’agglomération, sur un même pôle, des


compétences et des acteurs privés et publics à même de coproduire des connaissances et de


démontrer leur faisabilité économique. L’interaction entre recherche publique et entreprises, et
l’allocation des moyens nécessite la définition d’une politique de propriété intellectuelle
appropriée et des investissements publics suffisants pour constituer un outil d’innovation.

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La globalisation passe par le développement de projets transversaux internationaux ; un marché
mondial des projets R&D se développe, sur lequel les entreprises doivent se positionner, d’autant
que les nouvelles technologies permettent d’agréger des compétences d’innovation dans n’importe
quel lieu. Mais le développement de l’innovation est lié à la capacité des pouvoirs publics
d’accompagner ce processus d’agrégation (ou « clusterisation ») en créant les infrastructures et en


facilitant des coopérations permettant à ces pôles d’être attractifs.

5.2 Le Réseau National Matériaux et Procédés (RNMP)


Le RNMP est un réseau de recherche et d'innovation technologique dont la création a été annoncée
par le Premier Ministre lors des Assises de l'Innovation. Il a pour but de favoriser, dans le domaine

des matériaux et procédés, la collaboration entre recherche publique et recherche industrielle.


Cette recherche doit s'inscrire dans une logique de demande, c'est-à-dire satisfaire les besoins
économiques ou sociétaux à moyen terme. Elle doit contribuer à la création et/ou à la croissance
d'entreprises innovantes, et peut bénéficier de financements incitatifs.
Le RNMP labellise des projets de recherche et développement stimulant la recherche technologique

pour conduire au développement de produits et services nouveaux, répondant aux besoins du marché,
avec une attention particulière pour les innovations de rupture, et permettant une coopération plus
étroite entre le monde de l'industrie et celui de la recherche (création de consortium résultant de la mise
en réseau des compétences d'entreprises et de laboratoires), dans les 5 grands domaines suivants :
• Conception, élaboration et caractérisation des matériaux,
• Procédés de mise en œuvre et de mise en forme et leur optimisation,

• Traitements de surface et assemblages,
• Comportement, durabilité, fiabilité et contrôles associés,
• Procédés et matériaux respectueux de l'environnement et recyclabilité.

Entretien avec Michel Mussino, DiGITIP, chef de la division « matériaux avancés »


• Quels sont les objectifs du Réseau national matériaux et procédés ?


Le but est de favoriser une coopération technologique plus étroite entre le monde de l'industrie et
celui de la recherche, notamment dans cinq grands domaines : conception, élaboration et
caractérisation des matériaux; procédés de mise en oeuvre et de mise en forme; traitements de
surface et assemblage; comportement, durabilité, fiabilité et contrôles associés; procédés et
matériaux respectueux de l'environnement-recyclabilité.
• Comment sont sélectionnés les projets de R&D industrielle ?
L'appel à projets est ouvert en permanence. Les décisions de labellisation de ces projets sont prises


par le comité d'orientation après évaluation de leur intérêt scientifique, technologique et


économique, au cours de 3 réunions annuelles. Selon la nature de leurs objectifs et leur partenariat,
les projets seront orientés vers l'une des administrations ou agence (ministère de la Recherche,
ministère chargé de l'Industrie, Direction Générale de l'Armement ou ANVAR) qui en dernier
ressort décidera de son soutien. La DiGITIP soutiendra les projets pré-compétitifs à vocation
directement industrielle.
• Quelle est la mission de la DiGITIP ?


Pour chaque projet, nous rencontrons tous les partenaires afin de passer en revue l'état de l'art, les
enjeux du projet, ses aspects scientifiques et techniques, le rôle des partenaires, les retombées
économiques attendues et enfin le budget. Cette revue de projet est très importante pour assurer sa
cohérence, la qualité de son déroulement et le maximum d'impacts positifs pour l'ensemble des
partenaires. Si au terme de cette réunion, le projet paraît éligible à un soutien, le chargé de mission

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sectoriel établit un dossier dont il sera le rapporteur devant le Comité de gestion des aides à
l'industrie (CGAI), présidé par Jeanne Seyvet.
• Quel est le rôle du chargé de mission ?
En fait, le chargé de mission joue un rôle essentiel de conseil auprès des entreprises pour la


constitution des partenariats. Il n’est pas seulement le coordinateur de toute la procédure, il est
l’interlocuteur permanent du porteur du projet. Nous veillons particulièrement à la solidité et à
l’équilibre des partenariats. Cela signifie par exemple que nous examinons avec nos interlocuteurs
la façon dont les actions seront coordonnées au cours des projets. Ou encore, nous nous assurons
que le partage de la propriété industrielle entre tous les partenaires a été prévu dès l'origine du
projet. Les chercheurs et les techniciens sont rarement familiers de ces domaines, et notre
expérience peut leur être utile. L’examen des projets n’est donc pas seulement une formalité

administrative, C’est une démarche de dialogue constructif qui aboutit souvent à les améliorer et
contribue à leur succès. La décision de financement se traduit dans une convention signée par les
partenaires du projet. Dès lors, il y a engagement de l'Etat. Pendant la durée du projet, le chargé de
mission s'assure que les travaux se déroulent conformément aux décisions qui ont été prises.
• Vos façons de travailler sont-elles amenées à évoluer ?

Depuis la création du réseau, des contacts directs ont été établis avec plus de 200 partenaires
(laboratoires publics, PME, groupes industriels) dans le cadre de la trentaine de projets
labellisés. Ce qui implique une forte réactivité de notre part, un travail de groupe très étroit entre
administrations et une amélioration constante de notre façon de travailler avec nos partenaires.
Sources : http://www.industrie.gouv.fr/biblioth/docu/dossiers/digitip/pdf/dossierdigitip5.pdf

Le Réseau Industriel d’Innovation Textile-Habillement (R2ITH)
Le RI2TH, auquel participent, autour de l’Institut Français du Textile et de l’Habillement (IFTH),
tous les acteurs concernés a été installé le 22 janvier 2002 ; il inaugure la création d’un nouveau
type de réseau, les réseaux industriels par filière, appelés à compléter le tissu de réseaux de
recherche et d’innovation technologique R2IT) créés dans divers domaines technologiques.
Il s’agit du premier réseau qui intègre l’ensemble des préoccupations d’une filière industrielle et


associe à la fois les industriels, les centres de recherche, les laboratoires de recherche-
développement, les écoles, les instances professionnelles et les services de l’état (DiGITIP, Drire et
Anvar). L’objectif principal de ce réseau sera de soutenir l'innovation et la création sous toutes
leurs formes - technologique, mais aussi managériale, commerciale, organisationnelle,
environnementale, sociale - et de permettre le développement de produits, de services et de procédés
nouveaux. Le ministère de l’industrie a attiré l’attention des professionnels sur l’importance
particulière de la création industrielle, du design et du marketing stratégique, qui doivent permettre
aux entreprises françaises de se différencier de la concurrence désormais internationale.


Le RI2TH disposera d’un très fort ancrage régional. Les huit premières régions de cette filière
sont présentes au sein du réseau : Alsace, Champagne-Ardenne, Ile de France, Lorraine, Midi-
Pyrénées, Nord-Pas de Calais, Pays de Loire, Rhône-Alpes.
Les trois principaux objectifs du RI2TH doivent concourir à l’amélioration de la compétitivité de
l'industrie française au plan international, et pour cela de :
• stimuler l'innovation et la création, créant ainsi les conditions favorables au développement


et à la mise sur le marché de produits, services et procédés nouveaux ;


• renforcer la coopération entre les différents acteurs de la filière par la mise en réseau des
entreprises, des différents centres de ressources et des pôles de compétences,
• faire émerger des orientations stratégiques à destination des pouvoirs publics afin de leur
permettre de concentrer leur soutien financier sur des actions prioritaires.

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A cet égard, une organisation en réseau a été privilégiée afin :
• d’optimiser la coordination de l’ensemble des acteurs de la filière, qui seront structurés en
pôles d’excellence, à vocation nationale et européenne, sur des thèmes jugés prioritaires,
pour conforter notre industrie face aux enjeux et aux évolutions auxquels elle est confrontée ;


• de susciter des projets d’innovation collectifs réunissant industriels, écoles, centres de
recherche et centres techniques (IFM, IFTH, CTTN).
Le réseau a pour mission de relever 4 enjeux prioritaires : une nouvelle ingénierie de la chaîne de
production et de la qualité par l’intégration progressive des acteurs via les Technologies de
l'Information et de la Communication (TIC) et l’optimisation matières/machines, la
fonctionnalisation des produits grâce à l’utilisation de matériaux actifs, interactifs, intelligents, la
gestion des savoirs, le développement durable.

5.3 Financement de la recherche publique en Europe


En 2001, les pays de
l’Union européenne 
ont alloué près de
67,5 M€ de crédits
budgétaires à la R&D.
Entre 1990 et 2000,
les crédits budgétaires
publics alloués à la
R&D de l’Union


européenne n’ont que


peu évolué en dix ans,
avec un taux de crois-
sance annuel moyen
de 0,47%. En réalité,
ils ont légèrement
diminué entre 1990 et


1995, pour croître à


nouveau entre 1995 et 2000 avec un taux annuel moyen de 1,5% (+3,84 % entre 2000 et 2001).
Cette croissance est essentiellement due aux efforts de quelques pays, tels que l’Espagne, l’Irlande,
la Grèce et le Portugal ; les crédits budgétaires des grands pays, tels l’Allemagne, la France, l’Italie
et le Royaume-Uni, n’ont quasiment pas évolué sur cette période ou ont légèrement diminué.
Tableau 4-1 : Croissance annuelle moyenne des crédits budgétaires
1990-1995 1995-2000 2000-2001


EU-15 -0,6 1,5 3,8


France -2,9 0,0 3,7
Allemagne 1,2 -0,5 3,1
Espagne -0,4 10,2
Italie -2,3 3,2 7,4
Royaume-Uni -0,9 0,4 3,0


Sources : Eurostat, Les crédits budgétaires publics alloués à la R&D en 2001

Par comparaison, en 2000, les crédits budgétaires affectés à la recherche publique sont de 0,75%
pour l’Union européenne (UE-15), de 0,64% au Japon et de 0,80% aux Etats-Unis de leur PIB
respectif. En 2001, seuls quatre États membres, la Finlande, la France, la Suède et l’Allemagne
affichent un ratio crédits budgétaires/PIB supérieur à la moyenne communautaire (0,77 %).

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Le tableau ci-dessous présente les crédits budgétaires affectés dans chaque pays aux deux domaines
qui concernent la plasturgie : les production et technologie industrielles, et pollution et protection de
l'environnement. La «Production et technologie industrielles» comprend, notamment, les recherches
sur les nouveaux matériaux et procédés de la plasturgie ; il a connu une légère régression au cours de
la période 1991-2001, descendant sous la barre des 10% des crédits budgétaires de l’UE. L’Espagne,


l’Italie et, dans une moindre mesure, l’Allemagne restent les leaders dans ce domaine, tandis que la
France et, surtout, le Royaume-Uni n’apportent qu’une très faible contribution à la recherche.
Tableau 4-2 : Crédits budgétaires par objectif en % des crédits budgétaires totaux par pays
1991 2001 EU-15 France Allemagne Espagne Italie Royaume-
Uni
Production et technologie

9,7 6,3 12,1 15,8 14,8 0,6


industrielles
Pollution et protection de
2,8 2,9 3,1 2,7 2,3 2,6
l'environnement
Sources : Eurostat, Les crédits budgétaires publics alloués à la R&D en 2001

Le réseau Faraday au Royaume-Uni



Le réseau Faraday est l’une des initiatives prises par le gouvernement afin de soutenir l’industrie
de la transformation des plastiques au Royaume-Uni ; ses principaux objectifs sont :
• de promouvoir les partenariats entre l’industrie et les organismes publics et privés de recherche,
• d’accélérer les transferts de technologies entre recherche et industrie,
• d’améliorer la compétitivité des industries de transformation.
Le réseau Faraday Plastics, créé en juin 2000 avec un budget initial est de 2.3 millions de livres


(environ 3,4 millions d’euros) pour une première période de 2 ½ ans, il rassemble autour de la
DCI (équivalent britannique de la DiGITIP) et de la BPF (British Plastics Federation), des
universitaires, des industriels de la transformation, des fabricants de matières premières, des
fabricants d’outillages, de moules et d’instruments de mesure et de contrôle, ainsi que des
industries utilisatrices. Il imite, dans une certaine mesure, les Frauenhoffer Institut allemands.
L’axe principal d’action du réseau Faraday est la production industrielle considérée sous l’angle
du développement durable et de la compétitivité industrielle dans une économie globalisée. Les


projets qui sont soutenus par le réseau Faraday sont la résultante directe des besoins exprimés
par l’industrie et le rôle principal du réseau est de s’assurer que les résultats du projet
concourent réellement à l’amélioration de la productivité dans l’industrie.
Le réseau Faraday est notamment impliqué dans la conception des produits, la durée de vie, les
procédés de fabrication et la recyclabilité. Les secteurs prioritaires sont l’emballage et l’industrie
des transports (notamment l’automobile et l’aéronautique).
La filière « Polymères »


Les contacts étroits qui existent depuis plusieurs années, notamment au sein du FIRTECH-Matériaux,
entre la recherche de base et d'application (Laboratoire de Chimie Macromoléculaire - URA CNRS
351 - l'Equipe Polymère du Laboratoire SPES - URA CNRS 234) et une recherche d'applications et de
transfert (Laboratoire Technologique des Polymères et Composites de l’Ecole des Mines de Douai,
Département Matériaux et Technologies Nouvelles –ICAM, Laboratoire GEMTEX -ENSAIT, ITF
Nord) constituent un exemple presque unique en France d'un pôle de recherche cohérent couvrant, de


la mise en forme aux caractérisations, le domaine des matériaux polymères et composites. C'est un
atout très important de la Région Nord - Pas de Calais, où l'industrie des transformateurs de matières
plastiques tient une place essentielle (4ème ou 5ème région en France).
Ce regroupement de chercheurs (35 chercheurs, 13 ITA, 31 thésards) concentre ses coopérations
sur 4 projets prioritaires de façon à atteindre dans ces spécialités une place de leader national.

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5.4 Centres de ressources technologiques (CRT) et CRITT
La procédure de qualification des structures d'appui technologique aux entreprises a été mise en
place en 1996 conjointement par le ministère chargé de la recherche et le ministère chargé de


l'industrie. Elle a pour but de fournir aux PMI la garantie que la structure à laquelle ils s'adressent
est capable de leur apporter des prestations technologiques adaptées et de qualité.
La qualification de Centre de ressources technologiques (CRT) est attribuée aux structures -
généralement des CRITT (Centre régional d'innovation et de transfert technologique) - les plus
aptes à répondre de manière professionnelle aux besoins des PMI. Un cahier des charges, établi en
relation avec l'AFNOR, définit les conditions minimales requises pour l'obtention de ce « label ».
Il met l'accent sur trois caractéristiques principales des CRT :

• Professionnalisme dans l'exécution des prestations, notamment en termes de résultats, de coût,


de délai et de confidentialité,
• Réalisation de prestations pour les PMI sur les projets innovants des entreprises,
• Compétence confirmée par une actualisation permanente des connaissances au contact des
laboratoires de recherche.

Les Centres d'appui technologique reconnus CRT peuvent bénéficier de financements sur projets
dans le cadre des contrats de plan Etat-région, au même titre que tous les CRITT. Plusieurs
centres techniques de la Plasturgie ont déjà le label CRT : Pôle Plasturgie de l'Est, Apollor, ISPA,
CRITT Matériaux Poitou Charente, CRITT Polymères Picardie. Toutefois, de nombreux
industriels – notamment les petits transformateurs spécialisés sur des procédés de transformation
peu développés – hésitent encore à faire appel à ces centres techniques :
• Certains transformateurs, qui revendiquent un savoir faire particulier peu connu des centres


techniques, restent encore soucieux des risques de divulgation de leur savoir-faire ;


• D’autres estiment ne pas trouver auprès des centres techniques une aide adaptée à leurs
besoins (par exemple, Straplast, spécialisé dans le thermoformage, considère qu’il n’a pas
trouvé une aide adéquate pour développer son procédé de transformation), ou ne les estiment
pas assez spécialisés par secteur (par exemple, la Précision Plastique a eu recours aux CRITT
pour des interventions ponctuelles, mais regrette qu’aucun CRITT ne soit spécialisé sur le
secteur automobile qui représente 75% de son activité) ;


• D’autres, encore, estiment que les CRITT et les pôles de technologie ont des délais de réponse
trop longs et que les prestations fournies ont un coût trop élevé ; aussi, préfèrent-ils s’appuyer
sur des partenariats avec les producteurs de matières premières, notamment pour les essais sur
les nouveaux matériaux (MTS).
Ces difficultés de communication rencontrées avec les CRITT s’étendent, également, aux
relations entre transformateurs et organismes professionnels, comme le CSTB ou le LNE, qu’ils
considèrent comme insuffisamment réactifs et freinant la substitution du plastique à d’autres


matériaux traditionnels (bois, béton).


L’identification de l’ensemble des compétences disponibles en France, le renforcement du travail
en réseau entre les différents centres et la réalisation de programmes collectifs de R&D (avec des
PME/PMI) est donc nécessaire, comme le prévoit le Comité Scientifique et Technique
récemment créé au niveau de la Fédération de la Plasturgie.
Il semble qu’en France l’organisation des centres techniques soit moins efficace que celle que l’on


peut rencontrer chez certains de nos homologues européens :


• en Europe, des centres techniques soutiennent le montage de projets de développement de
technologies collectifs avec des PMI auprès des instances européenne,
• en Espagne, trois personnes travaillent en permanence à l’ASCAMM pour la prospection et le
montage auprès des PMI de projets R&D afin de solliciter une aide européenne.

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En Allemagne, il existe de nombreux centres de transfert de technologies :
• les centres de transfert de technologies ont été créé par les pouvoirs publics et sont maintenant
devenus autonomes : par exemple, le centre de transfert de technologies sur le laser (CLFA) est,
à l’origine, une initiative allemande qui a ensuite été reprise en France sur un modèle identique ;


• « Les transformateurs allemands sont plus demandeurs d’innovation que les français »
(CLFA) et cherchent à remplacer, par exemple, les techniques classiques d’assemblage par
des technologies plus élaborées telles que l’ultrason, le collage, les adhésifs.
En Italie, la plasturgie ne reçoit que peu d’aides de l’état, même s’il existe des aides à l’industrie
chimique et à la R&D (par exemple, une loi incite les transformateurs à la modernisation de leur
parc de machines). Dans une certaine mesure, les universités d’ingénierie et de physique/chimie,
qui sont les partenaires du transfert technologique pour de nombreux projets innovants

(développement de nouveaux matériaux et de nouvelles applications), peuvent être considéré


comme des centres de compétences.

La région Rhône-Alpes compte plusieurs Centres de compétences, parmi lesquels :


• ARAMM : installée sur le technopôle Savoie Technolac, l'Agence Régionale pour la Maîtrise



des Matériaux apporte un appui technologique aux entreprises pour le choix des matériaux,
l'accroissement des performances, tout en tentant de réduire les coûts de fabrication.
BIRD : spécialisé en Recherche et Ingénierie sur les produits techniques en matériaux
composites et plastiques, le Bureau d'Ingénierie de Recherche et Développement étudie et
conçoit des pièces techniques industrielles et des produits de grande consommation. Les
compétences de ce bureau d'études, implanté sur le technopôle Savoie Technolac,
s'appliquent aux thermodurcissables et aux thermoplastiques.


• COMPOSITEC : le centre de ressources pour le développement des matériaux composites,


propose de nombreuses prestations aux entreprises. Son laboratoire travaille, tout
spécialement, sur la caractérisation des polymères et des composites, sur les calculs et les
dimensionnements de pièces et de structures.
• CIMU : le Centre Interprofessionnel de Métrologie permet aux PME-PMI de disposer d'instru-
ment de mesure et de compétences nécessaires à leur évolution et relatifs aux démarches de


qualité ISO 9001 et 9002. Il participe notamment à l'amélioration de la qualité des produits aux
cotés de l'industrie avec un savoir-faire dans le domaine de la Métrologie dimensionnelle.
• SAINT-GOBAIN VETROTEX INTERNATIONAL : ce centre unique en Europe, issu de la
branche isolation et renforcement du groupe Saint-Gobain, emploie 120 chercheurs. A la
pointe de la recherche, Vetrotex International a déjà déposé 60 brevets et poursuit sa
politique de développement et d'innovation.
• POLE EUROPEEN DE LA PLASTURGIE : le PEP possède un centre de R&D avec 10
ingénieurs s’appuyant sur les principaux groupes de transformation et d’autres centres de


compétences, en France et à l’étranger. Le PEP poursuit l’objectif ambitieux de constituer un


réseau de compétences qui soit en mesure d’aborder les dossiers de R&D dans une dimension
européenne en mutualisant les technologies, en cherchant à développer des ruptures de
technologie, en profitant des ressources et des spécialités de chaque centre du réseau, et en
abordant les dossiers dans leur intégralité (de la recherche documentaire jusqu’à la
réalisation de la pièce, en particulier grâce aux moyens de prototypage rapide).
• ITECH se caractérise par sa spécialisation dans la Chimie des Polymères et les applications


industrielles que cette science génère. Etablissement privé d’enseignement supérieur reconnu
par l’Etat, ITECH forme des Ingénieurs dans quatre spécialités : Chimie des formulations
(peinture, encres, adhésifs, cosmétiques), Matériaux Plastiques, Textile, Cuir. L’Institut
propose aux entreprises de réaliser des études spécifiques et de les appuyer en recherche.

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



6 FORMATION ET EMPLOI
Le savoir-faire et les compétences des ressources humaines sont le moteur essentiel du


développement des entreprises. La formation constitue une des principales composantes de la
compétitivité de la filière, la qualification du personnel lui donnant accès à l’innovation et lui
permettant d’accroître sa productivité.
La France dispose d’une palette complète de formations spécifiques à la plasturgie, tant en
formation initiale que continue. La profession doit cependant faire face à un manque de main
d’œuvre qualifiée, qui ne fera que s’accentuer dans les années à venir.

6.1 La formation à la plasturgie en France.


6.1.1 Formation initiale
Une soixantaine d’établissements de formation délivrent les diplômes de niveaux I à V de
l’Education Nationale :

• CAP plasturgie, CAP composites et plastiques chaudronnés,
• BEP plastiques et composites,
• Baccalauréat Professionnel Plasturgie,
• BTS Plasturgie,
• Diplôme d’ingénieur.


En 2001, 1.600 jeunes ont été diplômés en plasturgie, dont 160 ingénieurs.
La création d’écoles d’ingénieurs plasturgistes est fréquemment intervenue sous la pression de
l’industrie en panne d’ingénieurs (ISPA - Institut Supérieur de Plasturgie d’Alençon, PEP - Pôle
Européen de Plasturgie d’Oyonnax). Cinq écoles sont spécialisés en plasturgie : ENSAIS à
Strasbourg, Ecole des Mines de Douai, ISPA à Alençon, ESP à Oyonnax et ITECH à Lyon. Il
existe également une voie universitaire, avec des licences professionnelles récemment créées, et le
CNAM (en formation continue).


Mines de ISPA ESP ENSAI ITECH CNAM


Ecoles
Douai Alençon Oyonnax Strasbourg Lyon Paris
Nombre
20 40 40 20 20 10 - 15
d’ingénieurs par an
Sources ISPA - 2001
Environ 460 jeunes sont actuellement en formation par apprentissage du CAP au BTS.
Conscientes de l’importance de cette expérience en entreprise en vue de l’insertion des jeunes, les
écoles d’ingénieurs, telle l’ISPA d’Alençon, développent des formations en alternance. Ce mode


de formation en alternance et par apprentissage conduit à une plus grande symbiose des enseignements
théoriques et pratiques, et amène les ingénieurs à une meilleure connaissance du terrain, à une
meilleure adaptation aux équipes opérationnelles dans les entreprises surtout lorsqu’il s’agit des PMI
qui forment l’essentiel du tissu de la plasturgie.
Pour compléter ce dispositif, la profession a également mis en place des UDA (Unités
Décentralisées d’Apprentissage), qui permettent de répondre à certains besoins locaux, sans
entraîner de lourds investissements.


6.1.2 Formation continue


La formation continue en plasturgie a aussi fait l’objet d’importants efforts de développement, ce
qui a permis de passer en 15 ans d’un taux de non qualification de 70% à 30% en 2000.

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



La formation technolo-
gique s’appuie essen-
tiellement sur deux or-
ganismes : le CFP pré-
sent à Lyon, Paris,


Oyonnax et Héricourt et
l’ISPA présent à
Alençon et Paris.
En 2000, 67 M € ont été
dépensés dans les plans
de formation des

entreprises. Les priori-


tés actuelles de la for-
mation portent sur les
axes : qualité, sécurité,
Sources Plastifaf 2000
management en
complément des formations techniques et informatiques (CAO, GPAO).

L’Organisme Paritaire Collecteur Agréé (OPCA) de la plasturgie, PLASTIFAF, qui gère les fonds
de la formation continue, de l’alternance et du CTF (capital temps formation) a également
développé pour la profession différents dispositifs :
• outils multimédia de formation,
• tutorat,
• CQP (Certificats de Qualification Professionnelle),


• ADC (Actions de développement des compétences).


De nouveaux projets sont actuellement menés sur l’EAPP (évaluation des acquis professionnels
plasturgie) et FOAD (formation ouverte à distance via internet).

6.2 La structure des emplois


Sur les 163 000 salariés, 2/3 des actifs sont des ouvriers. Si la part des ouvriers qualifiés se situe


dans la moyenne de l’ensemble de l’industrie, on observe une sous-représentation des catégories


employés, professions intermédiaires et cadres (33% contre 43% pour l’industrie manufacturière -
non compris énergie et IAA). Le développement de la part des cadres représente un enjeu majeur de
progression pour les entreprises de plasturgie.
Tableau 4-3 : Répartition des emplois de la plasturgie selon les qualifications
Industrie
Plasturgie
manufacturière


Cadres 8,80% 14 344 13,10%


Professions intermédiaires 16,80% 27 384 20,90%
Employés 7,70% 12 551 9,00%
Ouvriers qualifiés 34,90% 56 887 36,30%
Ouvriers non qualifiés et apprentis 31,80% 51 834 20,70%
Total 100,00% 163 000 100,00%
Source : Sessi & CEP Plasturgie selon DADS 99


Les données du tableau et du graphe ci-dessus concernent l'effectif salarié moyen. Par conséquent
sont exclus le personnel intérimaire qui représente, pour la plasturgie, plus de 12% de l'effectif
employé. Dans le domaine des plastiques, plus de 30% des emplois de production sont des postes
d’opérateurs de machines ; l’extrusion-soufflage emploie la plus forte proportion d’opérateurs avec
47% de la main-d’œuvre ; pour l’injection, cette proportion est de 32%.

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



Pour les composites, Répartition selon les qualifications des emplois
la finition des pièces dans la plasturgie et l'industrie manufacturière
reste encore une acti-
vité qui requiert une 40%
35%
36%
Plasturgie
part importante de


32%
Industrie manufacturière
main-d’œuvre quali- 30%
fiée ; la proportion des
postes techniques est 21% 21%

plus importante dans 20% 17%

ce secteur que dans 13%

celui des plastiques 9%


8%
9%
10%
proprement dits.

En 2001, la plastur-
giste française comp- 0%
Cadres Professions Employés Ouvriers qualifiés Ouvriers non

tait moins de 4.000 in- intermédiaires qualifiés et


apprentis
génieurs pour plus de
Source : Sessi & CEP Plasturgie selon DADS 99

150.000 employés, soit un ingénieur pour 40 salariés. Compte tenu de ce que la majorité des entre-

prises emploient moins de 20 salariés, la majeure partie d’entre elles ne dispose même pas d’un in-
génieur, d’où un sous-encadrement qui peut avoir comme origine la faible valeur ajoutée dégagée
par les plasturgistes.
Le récent CEP (contrat d’étude prospective) réalisé dans la plasturgie, qui note un besoin croissant
d’autonomie et de polyvalence pour l’ensemble des opérateurs, relève 5 fonctions en fort
développement dans les entreprises :

• la fonction qualité (produits et modes de production),
• la fonction commerciale,
• la fonction logistique,
• la fonction management,
• la fonction conception.

6.3 Les problèmes du recrutement




L’observation de la pyramide des âges fait ressortir que la période 2000/2009 est susceptible de
générer un flux de départs en retraite d’environ 13.500 personnes et, probablement, le double au
cours de la décennie suivante. Faire face au vieillissement de la population salariée est donc un
enjeu majeur pour la plasturgie, alors qu’elle connaît déjà actuellement des difficultés pour attirer
de nouvelles compétences, notamment auprès des jeunes.
Dans l’ensemble, la plasturgie a un faible pouvoir d’attraction qui limite le recrutement de


ressources qualifiées. L’industrie des plastiques véhicule une image floue, remplie de perceptions
qui ne lui sont pas favorables : environnement et conditions de travail (chaleur, poussière, bruit,
odeurs), valorisation des emplois, possibilités d’avancement, rémunération peu concurrentielle, et
des entreprises de petites tailles insuffisamment capitalisées. Ce manque d’attractivité s’explique par
la mauvaise image de l’industrie et la faible connaissance de la plasturgie par le grand public.
La profession a mené de nombreuses actions de communication auprès des jeunes (une plate-
forme mobile « destination plasturgie », des accueil de jeunes en stage « voyage dans la


plasturgie » …), mais la capacité des établissements de formation n’est toujours pas remplie.
Il conviendra donc de développer la communication en valorisant l’image de la plasturgie, en
élargissant les cibles et en privilégiant les actions de proximité, mais aussi de renforcer
l’attractivité en améliorant encore les conditions de travail et les rémunérations.

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



L’évolution du recrutement
Dans la plasturgie, le
recrutement des cadres
met en évidence une


évolution de la politi-
que de ressources hu-
maines qui fait désor-
mais appel à des cadres
expérimentés : le re-
crutement de ces der-
niers et les promotions

internes sont en cons-


tante augmentation de-
puis 1999. Par contre,
le recrutement des ca-
dres et jeunes diplômés
est en forte régression.

Aussi, les responsables d’entreprises sont-ils amenés à faire quelques constats :
• L’industrie des plastiques est peu connue du grand public en général ;
• L’emploi dans le secteur nécessite une main-d’œuvre de plus en plus qualifiée qui, à son tour,
est de plus en plus difficile à trouver ;
• La pénurie de main-d’œuvre qualifiée freine le développement de l’industrie et a un impact
financier important sur les entreprises ;


• La formation initiale de la main-d’œuvre reste une nécessité et la formation en entreprise ne


peut, à elle seule, répondre aux besoins de qualification de cette industrie.

6.4 Une comparaison avec l’Allemagne :


Nombre d’universités allemandes ont créé leurs propres écoles professionnelles des techniques de la
plasturgie et se sont associées, dès 1999, dans un cercle scientifique de formation sur les techniques


des matières plastiques, le WAK (Wissenschaftlicher Arbeistkreis Kunststofftechnik), ayant voca-


tion de coordonner les formations en plasturgie dans l’ensemble de l’Allemagne. On dénombre au-
jourd’hui 11 universités membres du WAK (Aachen, Chemnitz, Clausthal-Zellerfeld, Erlangen, Es-
sen, Halle-Wittenberg, Hamburg-Harburg, Kassel, Kaiserlautern, Paderborn et Stuttgart).
A côté de ce dispositif universitaire, une grande part de la formation technologique supérieure est
assurée par les Fachhochschule, qui regroupent une bonne vingtaine de grandes écoles profession-
nelles et d’instituts de formation privés ou semi-publics telles les Fachhochschule de Allen, Nürn-


berg, Osnabrück, Rosenheim, Würzburg ; ces instituts opèrent, selon la tradition allemande, dans le
cadre décentralisé des Länder, ce qui leur confère une large autonomie décisionnelle, parfois dans la
mouvance de l’industrie tels les instituts de la VDI – l’association allemande de l’industrie – de
Düsseldorf, le DKI, (Deustches Kunststoff Institut de Darmstadt), avec une certaine continuité dans
les nouvelles initiatives (TU Clausthal, sur la transformation des polymères).
Mais ce foisonnement de centres de formation de haut niveau repose en grande partie sur
l’implication des fabricants de machines de transformation, industrie particulièrement puissante


outre Rhin, beaucoup plus faible de ce côté-ci. La chimie allemande s’est en outre, dès l’origine,
engagée dans le filière de transformation bien davantage que la chimie française, et donc dans la
création des centres de formation, comme en témoigne la fondation en 1953, à l’initiative de BASF
et des grands de la chimie des matières plastiques, du DKI de Darmstadt. D’une manière générale,
les formations sont plus spécialisées sur des thèmes très précis et les formations sont diversifiées.

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7 SPECIFICITES DE QUELQUES PAYS


Les investisseurs européens et les américains ne perdent pas de vue les pays d’Europe centrale et
orientale dans lesquels l’industrie des matières plastiques prend une part croissante ; la capacité
d’innovation de l’industrie de la transformation des matières plastiques y est soutenu par une
croissance durable et par une capacité d’adaptation exceptionnelle. Les États membres de l'Union
européenne ont été les principaux investisseurs directs étrangers dans les pays candidats depuis
1996 ; ce chiffre a atteint 76% en 1999, et 86 % en République tchèque et 80 % en Pologne.
En général, les investisseurs de l'Union européenne ont préféré les pays candidats

géographiquement proches de leur propre pays. Les investisseurs suédois, finlandais et danois
sont présents dans les pays baltes ; les investisseurs autrichiens et allemands en Slovénie et
République slovaque. En Pologne, les investisseurs néerlandais viennent en tête, suivis par les
Allemands et les Français. Fin 1999, plus de la moitié des investissements directs étrangers dans
les pays candidats provenait de trois pays : les Pays-Bas (22%), l'Allemagne (20%) et les États-
Unis (9%), suivis des investisseurs autrichiens et français (7% chacun).

7.1.1 La Pologne

La plasturgie polonaise compte environ 4.000 entreprises de transformation des matériaux plastiques,
dont une cinquantaine emploient plus de 300 salariés et un millier de taille moyennes, le reste
employant au maximum une dizaine de personnes. La politique du gouvernement est de privatiser
toutes les entreprises du secteur ; une majorité des PMI a été transformée en société anonyme dont le

capital est réparti entre des investisseurs privés, les employés, les communes et/ou le Trésor.
Tableau 4-4 : Transformation des matières plastiques (en milliers de tonnes)
1994 1996 1998 1999 2000
Production matières plastiques 652 792 915 1.005 1.100
Import 267 544 847 1.000 1.130
Export 131 244 259 260 300


Transformation matières plastiques 788 1.092 1.504 1.745 1.930


Sources ME en Pologne, d’après l’Association des Plasturgistes, 2002

L’importation en Pologne –ou la fabrication locale sous licence - de nombreux produits haut de
gamme tire vers le haut les exigences des consommateurs. Soumises à cette concurrence, les
entreprises doivent s'adapter : elles abandonnent la fabrication de certains produits bas de gamme
et concentrent leurs activités sur certains métiers. La sous-traitance plastique est donc amenée à se
développer. Le développement rapide de la plasturgie polonaise présente les caractères suivants :
• Au cours des 10 dernières années, la plasturgie polonaise s’est accrue de 80% ; elle représente


aujourd’hui un chiffre d’affaires de 2,8 milliards de dollars réalisé. L’industrie de la


transformation est tirée par la hausse de la consommation locale et par les implantations
étrangères, encore attirées par le faible coût de la main d’œuvre.
• La balance commerciale est fortement déséquilibrée ; en 2000, la Pologne a importé pour 1.170
millions US$ de matières premières, contre 274 millions US$ d’exportations ; les importations
proviennent à 80% des pays de l’Union européenne et les exportations sont principalement
destinées à l’Union européenne (63% en valeur) et aux pays d’Europe centrale et orientale


(28%). La plasturgie polonaise importe en quantité des additifs et des résines pour suppléer à la
production locale de matières premières, insuffisante tant en quantité qu’en qualité.
• L’état se désengage des anciennes entreprises nationalisées : une quinzaine d’entreprises d’état
(ERG) se sont regroupées en association de transformateurs de matière plastiques depuis 1975.

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• La « nouvelle » plasturgie polonaise s’est développée sur un tissu industriel ancien qui avait
déjà une tradition de la plasturgie et formé une main-d’œuvre qualifiée ; ces ouvriers ont, à
leur tour, créé leur propre atelier de production. C’est l’une des raisons qui explique le très
grand nombre de PME de moins de 5 personnes.


• La demande pour des machines allemande ou italienne qui sont la référence est importante.
Compte tenu des coûts salarial et industriel faibles par rapport aux pays de l’Europe de l’Ouest, la
Pologne ouvre des opportunités d’internationalisation pour tous les acteurs de la plasturgie :
• des possibilités d’implantation d’acteurs de la plasturgie :
− pour les donneurs d’ordres, équipementiers ou producteurs de matières premières :
Valeo, Faurecia, PSA, Toyota, Volkswagen, Skoda, AtoFina ;

− pour les plasturgistes : Wavin (tuyaux, gouttières), Uponor (tuyaux, raccords), Vox
(revêtement de sols et murs, décoration), notamment les français (Plastivaloire possède
déjà 3 sites en Pologne, Deltaplast) ;
− pour les moulistes : Semo.
• depuis 6 ans, l’industrie des matériaux composites commence à se développer,

• la prise en compte de l’environnement devient un thème de préoccupation des industriels
polonais qui doivent se mettre en conformité avec les normes européennes pour préparer leur
entrée dans l’Union ;
• les donneurs d’ordres incitent les transformateurs et moulistes à se délocaliser en Pologne
pour bénéficier des écarts de coûts (Thomson, Philips à Varsovie ou l’industrie automobile).
En partenariat avec l’Agence de Développement Economique d’Oyonnax, le Tarnow Industrial

Cluster, société anonyme créée en 1999, développe une « Plastics Valley » pour offrir des
conditions favorables à l’implantation d’entreprises de transformation du plastique, basées sur un
tissu industriel local existant associé à des incentives fiscales. Les principales fonctions de cette
organisation concernent l’organisation technique, fiscale et juridique, des facilités administratives,
la formation du personnel et la mise à disposition de terrains.

7.1.2 La République Tchèque




L’industrie de la transformation du plastique est l’un des secteurs les plus dynamiques de
l’industrie tchèque, mais son principal point faible est la part réduite des produits à haute valeur
ajoutée ; cette situation est, logiquement, la conséquence de l’évolution lente de la demande
intérieure et du faible niveau de spécialisation.
L’offre locale de produits plastiques transformés est encore faible, d’où un taux d’importations
élevée ; elle présente quelques exceptions notables : Péguform qui a installé des une unité de
peinture de pièces en plastique, Semperflex produit des tuyaux industriels pour l’exportation en


Europe de l’ouest. Les activités d’investissement soutenues par des capitaux étrangers accélèrent
le processus de modernisation et de restructuration.
La République Tchèque produit annuellement 450.000 tonnes d’articles en plastique qui
représentent environ 8% de la production industrielle tchèque. Parmi ces articles plastiques, il faut
mentionner les 16 à 20.000 tonnes de revêtements de sols, les 25.000 tonnes de produits pressés
pour l’industrie automobile et 29.000 tonnes pour l’industrie électronique.
La privatisation du secteur est terminée ; les années 1990-2000 ont été marquées par la transforma-


tion progressive des entreprises nationales en sociétés anonymes. L’apport de capitaux étrangers a
permis l’entrée des nouvelles technologies et procédés de production. L’industrie de transformation
des plastiques, qui emploie environ 45.000 salariés répartis dans 350 entreprises, ne parvient pas,
malgré son développement rapide, à satisfaire entièrement à la demande.

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7.1.3 La Russie
En Russie, depuis 1998, c’est la croissance de l’industrie agro-alimentaire qui entraîne celle des
biens de consommation courants, notamment celle de l’industrie de l’emballage (implantation de
Sidel). Le marché russe est caractérisé par la consommation de produits à faible valeur ajoutée et


la difficulté d’importer des produits à plus haute valeur compte tenu du faible pouvoir d’achats de
la population.
Toutefois, le marché intérieur russe a un potentiel de croissance de 5% par an et les industriels
russes cherchent à établir des partenariats avec les grands donneurs étrangers afin d’attirer, dans
leur sillage, des transformateurs. Les matières premières sont disponibles en grande quantité, mais
les moyens de les valoriser sont encore inexistants.

Solvay envisage de créer, en joint-venture avec Vladimir Chemical Plant (VCP), une unité de
production de PVC sous le nom de Solmit. Ultérieurement, Solvay et VCP envisagent de créer
une unité de compounds rigides destinés à la fabrication de châssis de fenêtres et d’éléments
d’habillage de façades et une unité de compounds de PVC souples destinés à l’automobile.
La présence française, comparée à celles de l’Allemagne et de l’Italie est jugée trop faible par la
Mission Economique qui note que UbiFrance a beaucoup de difficultés à motiver les industriels

français à participer aux salons et autres manifestations commerciales organisées en Russie.

7.1.4 La Turquie
La transformation du plastique en Turquie représente environ 5.000 entreprises - essentiellement
des PMI - employant près de 100 000 salariés. La croissance importante de ce secteur est
principalement portée par la croissance de la consommation interne et le développement industriel


des dix dernières années. La croissance de la consommation, le boom industriel, ont entraîné une
forte expansion du marché. L'augmentation de la production ne suffit plus à satisfaire ce marché
en pleine croissance. Mais la plasturgie turque devra faire un effort important de qualité de ses
produits ; elle devra relever la qualification de ses personnels, car il n’existe pas, en Turquie,
d’organismes de formation pour les techniciens et ingénieurs spécialisés dans ce domaine.

7.1.5 Le Brésil


L’industrie de la transformation du plastique au Brésil représente un marché important en


développement, caractérisé par :
• L’implantation de nombreux acteurs internationaux de la plasturgie qui amènent avec eux des
technologies de transformation éprouvées en Europe ; dans l’industrie automobile, les
transformateurs suivent leurs donneurs d’ordre : aujourd’hui, 17 constructeurs automobiles
sont présents au Brésil, accompagnés par des équipementiers et des transformateurs,
notamment Plastic Omnium, Faurecia, Valeo, Michelin, MGI Coutier ;


• Les capitaux des industries de la transformations sont détenus à 70% par des entreprises
étrangères. Les investissements étrangers représentent 3 milliards d’euros par an ; la France
compte parmi les plus gros investisseurs et participe à ces investissements à hauteur de 500
millions d’euros.
Les applications de l'emballage sont particulièrement porteuses : entre 1998 et 2005, la
consommation d’emballages en PET devrait passer de 269.000 à 558.000 tonnes, soit une
croissance en volume de près de 107 % ; de même, d'ici à 2005, les perspectives de croissance de


l'emballage souple, tirées par la forte croissance de l’industrie agroalimentaire, sont de 60 %.


Deux Centres de Recherche dédiés à la plasturgie ont été créés à Sao Paulo et Rio de Janeiro, avec
une orientation vers les matériaux composites, en partenariat avec les entreprises de transformation.

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8 IMPACT DE LA REGLEMENTATION
ENVIRONNEMENTALE


Indispensables au développement des produits industriels et de ceux destinés au grand public, les
matières plastiques constituent, en même temps, une source problématique de déchets. Les
efforts consentis pour récupérer, recycler ou éliminer ces matériaux s'intensifient, poussés par
l'évolution des réglementations et la pression croissante d’une demande sociétale et associative
pour la préservation et la qualité de l’environnement.

En 1986, le Conseil franco-allemand pour l’Environnement est créé, mais jusqu’à aujourd’hui les
actions de ce Conseil se sont limitées à son acte de naissance.
En France, les produits plastiques en « fin de vie » représentent annuellement 3.000.000 de
tonnes, soit entre 6,5 et 7,5% du poids des « déchets ménagers » ; 5% seulement d’entre eux
sont actuellement recyclés, car le recyclage nécessite un tri minutieux des matériaux plastiques et
37% à 40% sont valorisés par récupération d’énergie (incinération), par recyclage matière

(thermolyse, traitements par solvants) ou recyclage mécanique (broyage). Les plastiques
présentent, en effet, l’avantage d’un nombre important de modes de valorisation :
• La valorisation par recyclage mécanique consiste à broyer les matériaux plastiques et à les
regranuler pour en faire une nouvelle matière première pour de nouveaux produits, dans de
nouvelles applications, notamment pour les matériaux thermoplastiques ;
• La valorisation chimique regroupe un ensemble de techniques (thermolyse, traitement par sol-


vants) qui permet soit de casse la chaîne polymérisée pour revenir aux matériaux de base, soit de
dissoudre le matériau plastique, puis par précipitation de récupérer la matière plastique qui pos-
sède, en outre, l’avantage d’être purifiée (procédé Vinyloop de Solvay pour le PVC) ;
• La valorisation énergétique permet de récupérer par incinération l’énergie thermique
« stockée » dans le matériau plastique; il faut noter que l’ensemble des matériaux plastiques
produits ne représente que 4% des produits pétroliers consommés ;
• Les matériaux plastiques biodégradables, encore peu développés, sont dégradés par l’action


des micro-organismes aérobies ou anaérobies directement sous forme d’eau, de méthane, de


CO2 et, éventuellement, d’une nouvelle biomasse non toxique pour l’environnement.
• Enfin, les matériaux plastiques peuvent être directement réutilisés dans la même application
(caisses, palettes, fûts, conteneurs) ou après rénovation (équipements automobiles). Ils
peuvent être également réemployés ; c’est la cas des sacs de supermarché réutilisés comme
sacs poubelles.
L’apparition de nouvelles contraintes environnementales des sites de production, de la valorisation


des déchets et des produits délivrés sur le marché, notamment sur les marchés de l’automobile
(directive VHU - véhicule hors d’usage - qui impose qu’en 2005, 85 % du véhicule soit recyclable et
95 % en 2015), de l’électronique et de l’emballage (directive en application depuis 1994) implique
la prise en compte, par les entreprises, de l’aspect environnemental ; en particulier :
• la valorisation des déchets,
• la mise en place de la norme ISO 14000 pour les entreprises ayant des clients à l’étranger,
• la conception de produits plus respectueux de l’environnement.


Les nombreuses PMI de la plasturgie ne disposent ni des moyens financiers, ni des compétences
techniques leur permettant de faire face aux nouvelles contraintes environnementales (le recyclage
peut être considéré comme un surcoût pour l’entreprise).

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Certains plasturgistes modèles recyclent une grande partie – voire, la totalité – de leurs déchets :
Plastic Omnium et sa filiale Plastic Omnium Recycling travaillent en cycle fermé et elles se sont
transformées en entreprise de service pour le recyclage des produits plastiques. Toutefois, les
donneurs d’ordres exigent, de leurs sous-traitants, la même qualité, la même esthétique, et
n’acceptent aucune différence ce qui ne favorise pas l’utilisation de matières recyclées.


Les contraintes environnementales doivent désormais être considérées, non plus comme une
simple économie potentielle d’énergie, mais comme un outil de communication marketing
(argumentaire commercial).

Les dépenses de protection de l’environnement en UE


Selon la DG Entreprises, les actions en faveur de la protection de l'environnement ont concouru

dans les années 90 à un important effort de l'industrie manufacturière, notamment en ce qui


concerne les émissions de substances acidifiantes telles que le dioxyde de soufre et les oxydes
d'azote.
Les activités de protection de l'environnement ne sont pas uniquement génératrices de coûts
supplémentaires. Elles peuvent avoir d'importantes retombées bénéfiques sur la société pour la

santé humaine et de l'amélioration de l'environnement. Elles créent également de nouveaux
marchés pour les biens et les services environnementaux. La DG Environnement a défini le
secteur des technologies de l'environnement comme un acteur essentiel du développement
durable, en ce sens qu'il peut stimuler la croissance économique et aider à protéger
l'environnement.
Dans la majorité des États membres de l'UE, l'industrie consacre chaque année entre 1,5 % et

2,5% de la valeur ajoutée brute industrielle (VAB) à la protection de l'environnement. C'est en
Autriche et en Allemagne que les dépenses de l'industrie dans ce domaine sont les plus
importantes: plus de 2,5% de la VAB ou presque 0,6% du PIB. Les chiffres sensiblement
inférieurs relevés pour l'Italie, l'Espagne et l'Irlande pourraient signifier que les dépenses réelles
ont été sous-estimées dans les déclarations de données.
Les industries chimiques, du caoutchouc et des plastique, qui sont l’une des branches d'activités
les plus importantes en termes de dépenses de protection de l'environnement (DPE), occupent la


première place pour le niveau des dépenses en Italie, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne,
en France et en Espagne et la deuxième place dans tous les autres États membres, à l'exception
de la Suède, du Portugal et de la Grèce.
C'est en Suède et au Royaume-Uni que l'industrie investit le plus dans la protection de
l'environnement : environ 5% de la formation brute de capital fixe (FBCF).
Il n'est pas rare que des entreprises ou des branches d'activités spécifiques investissent
massivement dans la protection de l'environnement une année, par exemple à la suite d'un


renforcement des exigences des pouvoirs publics ou de l'introduction de nouveaux standards


technologiques, et diminuent leurs investissements les années suivantes.
D’après Eurostat – Environnement & Energie, décembre 2002


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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



8.1 Préoccupations environnementales sociétales
L’industrie des produits en matières plastiques fait face à un certain nombre de pressions d’ordre


écologique de la part de la société civile et surtout des matériaux concurrents qui risquent de
limiter son expansion. Les matériaux plastiques sont omniprésents dans notre vie quotidienne et
ont généralement une image environnementale négative. Les principales préoccupations
concernent la gestion des déchets et les impacts sur la santé et, notamment, la gestion des déchets
issus des emballages plastiques.
En effet, les sachets plastiques, disséminés dans notre environnement, ont à cet égard un impact
médiatique très négatif. De plus, les plastiques sont culturellement plus souvent associés à la

chimie des substances dangereuses qu’à un matériau de construction comme le bois ou les
métaux. La mise en évidence des risques pour la santé, surtout liés à l’usage du PVC, a altéré
durablement et profondément l’image sociétale des matières plastiques.
Cette image très négative du plastique est aussi entretenue par les autres matériaux
particulièrement en Espagne ou les plasturgistes sont largement exclus du débat environnemental.

La pression sociale est d’autant plus forte que la filière n’est pas aussi bien structurée que des
filières traditionnelles comme celles des métaux et du bois. En effets, les pétrochimistes,
producteurs de matières plastiques sont avant tout des pétroliers et l’activité plastique ne représente
qu’une faible partie de leur chiffre d’affaires (les plastiques ne représentent que 4% de la
consommation mondiale de produits pétroliers). Ils ne sont donc pas intégrés dans la filière
plasturgie et ne se sentent pas concernés par les problèmes environnementaux du plastique.

Les enjeux du développement de la plasturgie sont donc généralement très mal perçus par la
société civile, malgré le rôle essentiel de ce matériaux dans le développement durable (gains de
poids donc gain d’énergie et… économie de pollution !) ; cette perception erronée peut à elle
seule nuire au développement de la plasturgie toute entière.
Ils est donc essentiel pour les plasturgiste d’informer le public des avantages du plastique sur les
autres matériaux en terme de développement durable. Ce mouvement d’information et de
sensibilisation est actuellement mené par la Fédération de la Plasturgie et cet effort doit


s’accentuer et impliquer plus fortement les producteurs de matières premières. Il ne faut pas
oublier que le PVC contribue à la valorisation des déchets chlorés.
Pour la Fédération européenne, EuPC, les principaux enjeux du développement de la plasturgie sont
liés à l’accroissement des contraintes environnementales qui concernent les exigences d’hygiène et
de sécurité des travailleurs comme celles des consommateurs, ainsi que les réglementations de la
Commission européenne.
La dégradation de l'environnement fait partie des préoccupations croissantes des consommateurs,


qu'ils soient en France ou dans les autres pays européens. Les garanties écologiques demeurent un
critère incitatif à l'achat pour bon nombre de personnes interrogées. Dans des domaines
comparables à celui de la plasturgie, une enquête du Credoc dans 4 pays européen montre,
néanmoins, des différences de comportement assez sensibles : l’Allemagne est plus concernée par
l’environnement que la France, le Royaume-Uni et l’Italie.
Tableau 4-5 : L’achat de produits écologiques


Royaume-
(En % de réponses affirmatives) France Allemagne Italie
Uni
Des produits de l’agriculture biologique 44,4 70,0 49,6 53,8
Des produits biodégradables pour le ménage 72,0 84,6 62,8 85,0
Des éco-recharges 67,1 87,4 72,2 73,9
Du papier recyclé 70,9 82,8 72,8 60,6
Enquête Crédoc 1998

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8.2 Innovations pour l'environnement
Les producteurs de plastique ont une démarche proactive sur l'écologie et ils ont défini un « livre


vert » en 2000 avec l'Union européenne. Les transformateurs de plastiques allemands et anglais
multiplient les innovations afin d'atteindre l'objectif de 90% de plastiques recyclés, fixé par l'Union
européenne en juillet 1992. La Commission européenne soutient des programmes « Sustainable
Production » de synthèse des matières plastiques en atmosphère de CO2 super-critique, base de la
nouvelle pétrochimie « propre ». Dans l’Union européenne, les plastiques recyclés représentent, en
moyenne, 23% de la consommation totale, mais elle n’est que de 12% au Royaume-Uni.
La problématique des véhicules en fin de vie est un sujet particulièrement important en Europe.

Les chiffres parlent d’eux même : 9 millions de véhicules par an multipliés par 1.000 kg de
véhicules en fin de vie. La Directive « VHU » (Véhicules Hors d’Usage) prévoit l’augmentation
de la « recyclabilité » des VHU et par conséquent une réduction du volume mis en décharge à
16% en 2005 et 5% en 2015.
La réglementation sur la recyclabilité des véhicules pourrait, dans une certaine mesure,

représenter un frein important au développement de nouvelles matières plastiques dans ce secteur.
Certains constructeurs, par exemple, estiment ne pas croire à l’augmentation de l’utilisation des
composites dans les automobiles. En moins de dix ans, le nombre de plastiques différents utilisés
est passé de plusieurs dizaines à moins de dix.
Par le programme EDIT, la FPA (Fédération Plasturgie Activités) souhaite mettre en oeuvre une
approche intégrée d’éco-conception des produits. Cette approche s’appliquerait à tous les
paramètres environnementaux, à tous les stades du cycle de vie du produit, et devrait permettre de


répondre de façon efficace et autonome aux nouvelles exigences environnementales.


EDIT vise le développement d’une méthodologie s’inscrivant dans une approche de filière
impliquant tous les acteurs : constructeurs automobiles, équipementiers, fournisseurs de matières
premières. Ce programme devrait aboutir à la construction d’un système applicable à d’autres
produits : emballages, composants électriques et électroniques, déchets de construction et de
démolition. Au delà de la conception, de l’élaboration et de la validation des instruments, un des
objectifs du programme est d’inciter 300 fournisseurs, essentiellement des PME, à intégrer ces


instruments dans leur processus organisationnel et décisionnel. Le résultat visé réside dans
l’amélioration des performances environnementales des produits réalisés.
Par l’action d’associations environnementales telles que Greenpeace, l'image du PVC était
pratiquement détruite à cause des CVM. Aujourd’hui, ce jugement est à reconsidérer compte tenu
de la mise au point par Solvay du procédé « Vinyloop » de recyclage chimique du PVC qui
permet d’obtenir une nouvelle matière première débarrassée de ses impuretés (par exemple, le
cadmium). Certaines sociétés développent des produits recyclables à 100 % (MSF emballage)


dont les déchets plastiques de la transformation sont réinjectés dans le process.

8.2.1 L’environnement, moteur de l’innovation


L’environnement est un formidable moteur d’innovation qui peut procurer un avantage
concurrentiel essentiel ; actuellement, seule l’Allemagne profite réellement de cette voie de
différenciation. En effet, elle est le principal moteur de la politique environnementale européenne,
pour des raisons structurelles (85,4% des Allemands vivent dans des villes de plus de 500.000


habitants et sont donc plus sensibles à l’environnement) et politique (les écologistes sont
fortement représentés au gouvernement). La France, ainsi que les autres pays européens, sont
relativement éloignés de ce débat environnemental. C’est ainsi que certains plasturgistes
travaillant sur le PVC investissent dans des équipements afin d’acquérir des compétences pluri-
matériaux pour parer à l’éventualité de l’interdiction du PVC.

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Le poids des écologistes allemands conduit la plasturgie allemande à réduire la quantité de plastique
produite et à multiplier les innovations (par exemple, Ecoflex de BASF) favorisant l’utilisation des
plastiques recyclés. Cette stratégie a l’avantage de satisfaire les écologistes, mais conduit aussi les
plasturgistes allemands à développer des produits innovants à plus haute valeur ajoutée. Ainsi, de
nouvelles technologies permettent la transformation des bouteilles PVC en mousse pour l’industrie


du BTP et celle des produits d’emballage en plaques et feuilles destinées aux panneaux d’isolation.
Sur le marché anglais, le développement du secteur de l'emballage est très fortement limité par les
réductions volontaires dans la chaîne de l'emballage. Les efforts d’innovation dans ce domaine tel
que l’intégration de métaux dans les sacs plastiques favorisant la dégradabilité des produits pour
répondre au refus des sacs plastiques qui est très développé.
Aux Etats-Unis, Ford a demandé à ses fournisseurs de produits plastiques d’utiliser un maximum

de produits recyclés ; la protection de l’environnement devient désormais un critère de sélection


des fournisseurs. Ford vient d’innover en lançant en Floride la première usine entièrement
consacrée au démontage des véhicules, ce qui permet au groupe de récupérer des matériaux et de
recycler certaines pièces ou parties de pièces. Ainsi, le groupe peut contrôler l’ensemble du cycle
de vie d’un véhicule, de sa phase de production jusqu’à son recyclage. Ford estime que cette
politique de réduction des déchets plastiques constitue, en outre, une opportunité de croissance

générant des profits additionnels tout en réduisant les coûts de fabrication de certaines pièces.
De son côté, General Motors s’est fixé comme objectif de quadrupler ou quintupler la proportion
de matériaux non métalliques recyclés dans ses voitures ; les éléments concernés seront, en
priorité, les tableaux de bord, les revêtements de panneaux de portes et des consoles.

8.2.2 Les plastiques biodégradables




Les difficultés rencontrées – souvent d’ordre économique plus que technique - dans le recyclage
des matières plastiques ont favorisé l'émergence de matériaux plastiques biodégradables. Un
matériau plastique est dit « biodégradable » s’il peut être dégradé, par les micro-organismes, en
eau, gaz carbonique ou méthane et une nouvelle biomasse non toxique pour l’environnement. Les
technologies de production, les utilisations et les marchés des plastiques biodégradables sont
en pleine évolution , si la volonté de promouvoir les matériaux biodégradables existe réellement,
des solutions techniques devraient être rapidement trouvées. En effet, la substitution des plastiques


par les biomatériaux constitue une solution qui permet, en principe, de protéger les ressources et
l’environnement, d’optimiser la gestion des déchets, d’économiser l’énergie. Outre leur
biodégradabilité, ces matériaux offrent d’incontestables avantages :
• Recyclables et incinérables, ils permettent d’obtenir du compost,
• D’origine agricole, ils constituent des matières premières renouvelables,
• Ils ont des caractéristiques comparables à celles des polymères traditionnels,


• L’énergie nécessaire à leur création est 3 à 4 fois inférieure à celle nécessaire à la fabrication
des matières plastiques issues de la pétrochimie,
• Ils sont bien perçus par le public et répondent aux attentes sociétales,
• Les procédés de biotechnologie devraient révolutionner la production des matériaux
biodégradables pour leur permettre d’être concurrentiels avec les plastiques d'origine pétrolière.
Les emballages biodégradables sont déjà présents sur le marché, mais leur coût élevé (2 à 3 fois su-


périeur à celui des matériaux traditionnels, soit 0,15 €/m2 contre 0,05 €/m2), même si l’on considère
le coût complet de leur cycle de vie, ne leur permet pas de remplacer les emballages traditionnels.
La production mondiale qui représentait 14.000 tonnes en 1996, pourrait atteindre 500.000 tonnes
en 2005. Ce chiffre doit néanmoins être relativisé en le comparant à la production mondiale de
plastiques traditionnels qui devrait dépasser les 200 millions de tonnes à cette même date.

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Le Cemagref coordonne, depuis septembre 1998, un programme européen SMT (Standards,
Measurements and Testing) qui regroupe des partenaires scientifiques et industriels, pour la mise au
point de nouvelles méthodes de mesure de la biodégradabilité des matériaux afin de leur accorder un
label. L'ensemble des acteurs concernés par la biodégradabilité s'est regroupé, depuis 1997, au sein
du Comité Français pour la Biodégradabilité (COBIO), qui fédère les industriels, les centres de


recherches et les professionnels de l'agriculture. L'Ademe assure la gestion de Agrice, créé en 1994,
qui compte, parmi ses objectifs, la mise au point et le développement de matériaux biodégradables.
Les programmes de recherche démontrent la faisabilité technologique de certains produits qui
pourraient être exploités dans des conditions économiques raisonnables, notamment :
• au Royaume-Uni, les plastiques biodégradables (moins de 2% du marché) devraient se
développer avec des produits tels le Biopol, utilisé pour l’emballage,

• en Australie, le Cooperatif Research Centre for International Food Manufacture &


Packaging Science (CRC IFMPC) teste des mélanges d'amidon de blé, produit très
économique, pour fabriquer des emballages en plastiques rigides et flexibles,
• au Japon, Fujitsu développe des technologies permettant de fabriquer les boîtiers
d’ordinateurs portables en plastique biodégradable et de les recycler.

Dans l’automobile, des garnitures internes de portière de voitures sont fabriquées en fibre de lin et
on envisage de fabriquer des pare-chocs en composites à matrice biodégradable en fibres végétales.
Dans l’agroalimentaire, des matériaux biodégradables sont utilisés pour le calage, le film et les
barquettes alimentaires, les pots de yaourt (Danone et Mac Donald). Dans le secteur médical, de
nouvelles applications des matériaux bio-assimilables voient le jour.

La compétitivité chez ID DALLES :




ID DALLES, PME de 4 personnes installée à Dompcevrin (55) utilise 50% de matières premières
recyclées (solvants, caoutchoucs, polyuréthanes) pour fabriquer des dalles de sol synthétiques.
Travailler avec des résines neuves serait beaucoup plus simple, mais tellement plus cher ! « les
matières premières coûtent 90% moins cher, mais l’économie tombe à 30% si l’on tient compte
du surcroît de main-d’œuvre nécessaire à leur utilisation ».
Il faut en effet trier les matières premières entrantes, adapter et suivre la production. ID Dalles a


testé près de vingt échantillons avant de trouver le bon fournisseur ; la qualité était trop irrégulière.
(d’après Industrie et Technologies, n°838-juin 2002)
… et chez Plastyl
Plastyl est une PME de 25 personnes spécialisée dans la fabrication de feuilles en polystyrène
destinées au thermoformage de produits cosmétiques (flaconnage), d’emballages
agroalimentaires (pots de yaourts), d’emballages pour l’industrie pharmaceutique et de produits
multicouches avec une fonction « barrière ». Elle assure un haut niveau de qualité, matérialisé


par la norme ISO 9001.


L’unité de production comporte 6 lignes d’extrusion-soufflage qui permettent de fabriquer des
laizes de 25µ jusqu’à 2.000µ d’épaisseur. Outre le recyclage des chutes en tête de chaque ligne,
l’unité comprend un atelier de regranulation dans lequel toutes les chutes de production sont
recyclées ; Plastyl ne produit aucune chute, mais achète à bas prix des déchets d’autres unités de
production ; ces achats de matières premières recyclées participent pour une grande part à
l‘amélioration de son équilibre financier.


La capacité actuelle de recyclage est de 240 à 300 tonnes/an et elle devrait être portée à 400
tonnes/an lorsqu’elle sera équipée d’un laboratoire de caractérisation afin de mieux connaître la
qualité des matières premières qu’elle recycle ; les matières premières recyclées représentent
actuellement environ 10% de sa production.
(Nodal Consultants – mai 2002)

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8.3 Réglementation environnementale européenne
La prise en compte de la qualité de l’environnement est devenue une des préoccupations majeures


de la société. Le plastique jouit d’une très mauvaise image, principalement du fait de l’omniprésence
de ce matériau « artificiel » chimique face à la concurrence de matériaux naturels comme le bois et
les métaux qui sont psychologiquement mieux acceptés.
La plasturgie française est totalement soumise à la réglementation environnementale, ce qui handi-
cape, à court terme, la compétitivité des plasturgistes. En effet, les directives européennes environ-
nementales sont généralement transposées de manière stricte en Droit français et elles sont appli-
quées de manière encore plus stricte.

En Allemagne, l’évolution des normes prend en compte l’évolution des techniques et des innova-
tions. Des contraintes réglementaires sont ainsi élaborées à partir d’un cadre environnemental géné-
ral, des technologies disponibles et des enjeux environnementaux.
L’Allemagne a une approche plus pragmatique de l’environnement et du développement durable.
L’approche allemande intègre orientations de la politique environnementale, impacts économiques,

techniques disponibles ou facilement accessibles et application des normes. Les directives
européennes environnementales, dans lesquelles l’Allemagne joue un rôle majeur, sont
généralement transposées de manière plus souple. L’organisation fédérale permet une large
adaptation en fonction des risques et des enjeux spécifiques locaux. Conscients des enjeux
économiques, les pouvoirs publics allemands tolèrent certaines pratiques et sont beaucoup plus
souples qu’en France quand à l’application des normes environnementales.

Les déchets de la production des matières plastiques sont depuis toujours réutilisés par les entrepri-
ses de transformation et des projets, et des essais, ont été lancés depuis longtemps pour favoriser
l’utilisation des matières plastiques récupérées.

8.3.1 Les directives européennes


La DG Environnement met en place les directives concernant le recyclage des matières plastiques :
• Directive pour les déchets (discutée au Conseil) : le taux de recyclage de 20 (ou 22)% sera


imposé à partir de 2004 ; le marché du recyclage devrait alors devenir un marché porteur ;
• Directive PPW : Packaging and Packaging Waste ; la nouvelle version porte de 20 à 22% le
taux de recyclage (SCADPIus: Emballages et déchets d'emballages) ;
• Directive ELV (VHU) : existe déjà, entre en application en 2005 (SCADPIus: Gestion des
véhicules hors d'usage) ;
• Directive WEEE : Waste Electronic and Electrical Equipment (SCADPIus: Déchets
d'équipements électriques et électroniques).


En Belgique, le Ministère de l’Environnement et des membres de l’association des industriels de


la chimie, Fedichem, en partenariat avec Solvay et d’autres transformateurs, favorisent les
matériaux recyclés (financement du broyage, des frais logistiques) : essai de table ronde pour
partager le savoir faire des extrudeurs du Benelux.
En Allemagne, le projet de recyclage du PET a mis en place un dispositif de consigne imposé par
l’Etat (point vert -) obligeant tout importateur étranger à payer une contribution au point vert (éco-


taxe sur l’emballage). Cette consigne des bouteilles plastiques est une idée ancienne qui prévoit
que si la consommation dépasse un certain taux, la directive s'applique automatiquement. Il s'agit,
en fait, d'une taxe pour financer le recyclage. A noter que le système français « eco-emballage »
est bénéficiaire alors que le « grüne punct » allemand est déficitaire.

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Un certain nombre d’initiatives similaires existent dans d’autres pays :
• les boîtes en aluminium sont déjà soumises à ce type de règlement en Australie,
• au Danemark, les boîtes en aluminium sont interdites.
Les études montrent que le PET a un cycle de vie plus favorable que celui du verre, d’où la


tendance actuelle au remplacement du verre par des matériaux plastiques, plus économes en
énergie de production, et qui peuvent, généralement, être recyclés.

8.3.2 Application de la réglementation


En France, le nombre de directives communautaires en attente de transposition dans le droit
national depuis plus de 2 ans atteint 14, contre 11 pour l’Allemagne ; au total, ce sont 56

directives qui attendent d’être transposées dans le droit français. Le taux de transposition est
passé, en France, de 3,1% en début d’année 2002, à 3,8% au 1er janvier 2003 ; pour l’ensemble de
l’Europe, ce taux est également en augmentation de 1,8% en mai à 2,1% au 1er janvier 20031.
L’environnement est l’un des dossiers importants du programme d’élargissement qui sera discuté
à Copenhague en décembre 2002. La DG Environnement chiffre à 100 milliards d’euros le coût
de la mise en conformité des pays candidats à la législation et aux normes de l’UE. L’application

des directives européennes devrait permettre d’améliorer le traitement des eaux usées, réduire la
pollution de l’air et mettre en place une gestion plus efficace des déchets.
Bien qu’il ne touche que très indirectement la plasturgie, un exemple montre la différence
d’interprétation entre la France et ses homologues européens. La « directive gaz » prévoit la
libéralisation totale du gaz naturel à usage industriel pour 2004 et à usage domestique pour 2007.
en fait, le marché français du gaz est plus ouvert en France que chez nos partenaires.

L’Allemagne, qui est pour la libéralisation, a ouvert son marché à hauteur de 2%, alors que la
France , censée s’y opposer, l’a ouvert de 20 à 30%.

8.4 Valorisation des déchets plastiques


La prise en compte du recyclage dès la Choix stratégiques des pays européens
conception des produits permet d’espérer des 100% (situation en 1998)


avancées significatives dans les prochaines


années, mais le recyclage a surtout progressé
dans les milieux industriels parce que les
entreprises sont tenues par la législation
Taux de valorisation

Suisse
européenne de récupérer les produits en fin de
énergétique

vie qu’elles mettent sur le marché et parce que Danemark

ces produits sont relativement homogènes, ce 50%


Suède
qui facilite la collecte et le recyclage.


Pays-Bas
Belgique
France Allemagne
8.4.1 Stratégies européennes de Autriche
Norvège
valorisation des déchets Italie
Royaume-Uni Finlande
Les déchets plastiques peuvent être valorisés Grèce
Espagne
sous deux formes : la valorisation par le recy-
clage ou la valorisation énergétique. Sur ce point 0% Taux de recyclage 25%
les stratégies des pays européens diffèrent : Sources : TN Sofres Consulting 15-06-2000


certains choisissent le recyclage (Allemagne, Autriche), d’autres la valorisation énergétique


(Danemark et Suisse). La France, pour sa part, a une position intermédiaire. Ces orientations
stratégiques ont bien évidemment de lourdes conséquences sur les innovations environnementales.

1
Le Figaro Economique, 12 novembre 2002

114
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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



La réutilisation des déchets est une des meilleurs voies de prise en compte du développement
durable. La recyclabilité des matériaux a été et est donc actuellement la priorité en terme de gestion
du développement durable. Les taux de recyclabilité sont maintenant définis par des normes de plus
en plus strictes. C’est ainsi que les VHU (véhicules hors d’usage) devront atteindre des taux de
recyclabilité de l’ordre de 95% en 2015.





Peu développée en France


Sources : IPEC (Plastiques & Environnement du Canada)

La recyclabilité des matériaux est depuis longtemps prise en compte à l’intérieur même des sites
de production, principalement pour des raisons économiques. La plus grande partie des chutes
(des matériaux thermoplastiques) peut, en effet, être regranulée et réinjectée dans le process.
Ainsi, aucun déchet plastique n’est produit sur le site de production. En France, le recyclage pose


des problèmes et accuse un retard par rapport à l’Allemagne, surtout en ce qui concerne le tri
sélectif des déchets. La France a cependant réussi le pari d’organiser le recyclage des déchets et
de rattraper son retard, notamment, grâce au rôle joué par l’Ademe pour sensibiliser les industriels
à ces problèmes. Cependant, le manque d’implication des producteurs de matières premières
freine l’essor du développement de la filière recyclage. Les producteurs de matières premières
restent, en France, hors du processus de recyclage, contrairement à l’Allemagne qui les intègre
mieux et où ils jouent un rôle central dans toute l’organisation.
Outre les effets bénéfiques environnementaux, la mise en place d’une filière recyclage développée


a un intérêt économique pour les plasturgistes. En effet, la présence d’une deuxième source de
matière première, même réduite, ne peut avoir qu’un effet stabilisateur sur les prix des matière
première, qui est un problème majeur pour les plasturgistes
Le prix des déchets plastiques est très variable selon le type de plastique utilisé. Les prix sont bien
évidement en relation directe avec le développement de la filière. Les déchets de polystyrène et
d’ABS qui ont des prix de ventes positifs peuvent permettre des gains de marge brute d’exploitation
allant jusqu’à 5% - voire 10 % dans certains cas. Le tableau ci-dessous donne les prix moyens de


vente à la tonne des déchets plastiques (valeurs début 2002 ; les prix négatifs indiquent que le
producteur doit payer pour l’enlèvement de ses déchets).

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Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



Polyéthylène Polypropylène PVC Polystyrène ABS
Films mélangés Déchets à broyer : Menuiserie blanc : Déchets à broyer :
Couleur : +30 €
étirables : -110€ +2 € +50 € +25 €
Films agricoles : Films couleurs Menuiserie
Blanc : +60 €
-120€ imprimés : -50 € couleurs : +7 €


Films étirables Films naturels : Souple :
naturels : -40€ +30 € -100 €
Déchets neufs basse Rigide tube :
densité : +50€ -80 €
Déchets neufs haute Thermoformage :
densité : 0€ -40 €
Sources Plastiques et Elastomères Magazine – Mars 2002

De fait, le prix des déchets plastiques est très variable selon le type de plastique utilisé. Les prix

sont bien évidement en relation directe avec le développement de la filière. Les déchets de
polystyrène et d’ABS qui ont des prix de ventes positifs peuvent permettre des gains de marge
brute d’exploitation allant jusqu’à 5% - voire 10 % dans certains cas.
Mais pour l’heure, la concurrence du prix de la « résine vierge » constitue une menace pour la
pérennité des entreprises de recyclage. D’autant que les prix des matières premières d’origine

« producteurs de la chimie » fluctuent selon de grandes amplitudes ; des variations de l’ordre de
20% en l’espace de quelques mois ne sont pas rares. Les pays de l’Europe du Nord et l’Allemagne,
où les populations sont encore plus sensibles qu’en France aux problèmes de l’environnement,
bénéficient d’une structure de grandes entreprises, beaucoup plus forte dans la plasturgie de volume,
essentiellement dans l’extrusion de produits pour le bâtiment. Ces grandes entreprises traitent des
quantités suffisamment importantes de matières pour organiser leurs propres filières de recyclage,
telles Wuppi au Danemark, Re-Window en Allemagne, Öakf en Autriche, les extrudeurs


s’engageant à reprendre les déchets et à le réutiliser en co-extrusion par exemple. Mais hormis ces
cas, qui au reste fonctionnent en grande partie avec un approvisionnement de chutes de l’industrie, il
faut dire que le recyclage, pour les plus gros volumes de matières plastiques, reste encore à l’état de
virtualité dans la plupart des pays de l’Union1.
L’argent va à la collecte, et le déchet est « poussé » hors de la vue du consommateur, mais le
véritable problème commence alors, car le recyclage, comme toute activité économique ne peut
fonctionner sans un débouché, c’est à dire une demande de produits recyclés, et un prix suffisant


pour ces produits. L’activité économique doit être « tirée » par la demande, et ne saurait
fonctionner sous la seule « poussée » du refus et de la taxation des déchets. Au contraire, la
taxation sur le produit final, de post-consommation, joue contre le recyclage, car en donnant une
valeur négative au déchet, elle détruit toute la construction économique qui pourrait se fonder sur
sa transformation : stockage, séparation, transformation, chacune de ces opérations a un coût. A
chacune de ses étapes, n’en déplaise aux chantres de l’écologie, il est nécessaire que « la matière
première » déchet ait une valeur positive et non pas négative, pour entrer dans les circuits de
valorisation. A défaut, le recyclage devient une entreprise à haut risque, seulement justifiée par les


besoins des sociétés de service qui font la collecte, mais qui peuvent trouver, de toute façon, des
moyens moins coûteux de se débarrasser de stocks à valeur négative.

Le cas du PVC :
Le PVC reste un produit indispensable, bien qu’il soit rendu dangereux par l’utilisation d’additifs
(cadmium, aujourd’hui interdit, et phtalates, plastifiants qui donnent à la matière un aspect et un


toucher plus fluide, qui sont pratiquement interdits, en particulier dans les jouets). En Europe, le
PVC est principalement produit par Solvay, AtoFina, Monsanto, Dow et Dupont.

1
Cette remarque et celles qui suivent s’appliquent tout autant à d’autres types de matériaux, ceux de
construction par exemple.

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Indicateurs qualitatifs de la compétitivité



Dans les années 1970/80, le PVC rigide (plus résistant) a été largement utilisé dans les tuyauteries,
descentes de gouttières, tuyaux de construction, piscines, fenêtres ; sa durée de vie étant de l’ordre
de 30 à 50 ans, on va se trouver, vers 2015, devant un pic de déchets pour lesquels il faudra bien
trouver des solutions alors que, actuellement, le taux de recyclage n’est que de 3%.


La chaîne de l'industrie du PVC a créé Vinyl 2010, qui gère l'engagement volontaire de la profes-
sion ; c’est un programme sur 10 ans, avec révision à mi-parcours en 2005, et définition de nou-
veaux buts en 2010, afin de prendre en compte les progrès techniques et l'élargissement de l'UE. Sa
mise en œuvre sera strictement contrôlée et fera l'objet de rapports annuels certifiés.
Il regroupe toutes les parties intéressées qui apporteront une contribution financière s'élevant à
250 millions d'euros sur les 10 années du programme, notamment en faveur des technologies et
projets de recyclage nouveaux. Les actions et engagements de Vinyl 2010 concernent :

• En 2010, le recyclage de 200.000 tonnes de déchets PVC. Cet objectif viendra s'ajouter aux
volumes de recyclage post-consommation de 1999 et à tout recyclage de déchets post-consom-
mations comme l'exige l'application après 1999, des directives européennes sur les déchets
d'emballages, les véhicules en fin de vie et les déchets des équipements électroniques et
électriques.

• Le recyclage de 50% des déchets de PVC disponibles provenant des profilés de fenêtres, tubes et
raccords, ainsi que des membranes de toitures en 2005 et des revêtements de sols en 2008.
L'industrie du PVC étudiera comment les schémas de recyclage opérationnels dans certains pays
européens (par exemple, le recyclage des châssis de fenêtres en PVC en Allemagne ainsi que
plusieurs systèmes de recyclage des tuyauteries) pourraient être étendus à d'autres pays de l'UE.
• Un programme de recherche et développement sur les nouvelles technologies de recyclage et de
récupération, y compris le recyclage des matières premières et la technologie utilisant des sol-


vants (Solvay a mis au point un procédé de recyclage chimique par dissolution et précipitation
– Vinyloop - et a construit une unité de traitement à Ferrare).
• Un partenariat avec les autorités locales au sein de l'Association des communes et des régions
pour le recyclage (ACRR), l'APME et l'association européenne des recycleurs de matières
plastiques, afin de promouvoir les meilleures pratiques ainsi que des projets pilote de collecte et
de recyclage à l'échelle locale (voir Vinyl 2010: L'industrie du PVC s'engage résolument sur la
voie du recyclage - 24/05/2002 et Vinyl 2010 - Progress Report 2002).


Dans le domaine du recyclage du PVC, après la mise au point par Solvay de son procédé
Vinyloop, le danois Industrimiljo effectue des essais sur un procédé d’hydropyrolyse et de
pyrolyse des déchets de PVC et, aux Pays-Bas, le projet Redop développe une technique de
déchlorhydratation des plastiques ménagers dont la teneur en chlore est relativement faible.

Le marché japonais du recyclage dans l’industrie automobile




Avec 70 millions de véhicules en circulation, le Japon se place en seconde position mondiale,


après les Etats-Unis, pour le parc automobile. Sur ce total, environ 5 millions arrivent en fin de
vie chaque année. Si l’on compare ce chiffre avec celui de l’ensemble de l’Union européenne, 9
millions de véhicules en fin de vie, on voit à quel point la question du recyclage se pose avec
acuité pour l’industrie automobile japonaise.
Le taux de recyclage est actuellement de 75%, mais des directives très strictes édictées par le


MITI ont porté ce taux à 90% en 2000 et il devrait atteindre 95% en 2015. les entreprises
japonaises développent actuellement toutes sortes de techniques pour le recyclage et la
réutilisation des produits recyclés pour atteindre ces objectifs.
Mission économique au Japon

117
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne









CHAPITRE 5
ANALYSE PROSPECTIVE &
SCENARII DE DEVELOPPEMENT




118
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse prospective & scénarii de développement



1 CLASSEMENT PAR PAYS ET PAR INDICATEUR


Pour réaliser l’analyse en composantes principales, Nodal a classé les pays pour chaque indicateur
étudié. Un premier classement simple, présenté dans le graphique ci-dessous, a été réalisé en
fonction de la note totale obtenue ; la France se situe en 4ème position après l’Allemagne, l’Italie et
les Etats-Unis, devant le Royaume-Uni et le Japon.

Classement global des pays selon leur compétitivité

PECO PECO

Espagne Espagne

Japon Japon

UK

France

USA
 France

Etats-Unis
Royaume-Uni

Italie
Italie

Allemagne
Allemagne

-50 -40 -30 -20 -10 0 10 20 30 40
Sources Nodal Consultants, décembre 2002

Ce positionnement intermédiaire de la France est le résultat d’un ensemble de notes moyennes


dans presque tous les domaines. Cette analyse, bien que très élémentaire, semble montrer que,
dans l’ensemble, la stratégie industrielle de la plasturgie française est « molle » : pas de gros
handicaps, mais pas de domaines dans lesquels elle se démarque de ses homologues européens.
Cette situation est à comparer avec celle de l’Italie qui fait jeu égal avec les Etats-Unis, et se


distingue par ses résultats en commerce extérieur et profitabilité. Le Royaume-Uni, qui se classe
juste après la France, présente une industrie plus personnalisée dans quelques domaines, faisant
bénéficier l’industrie d’une position positive sur la fiscalité, les coûts et la valeur ajoutée.
Un examen plus approfondi des thèmes analysés permet d’identifier certaines faiblesses françaises
qui pèsent lourd sur la compétitivité des entreprises :
1. Les contraintes structurelles nationales donnent une mauvaise place à la France, en raison,
principalement du coût de la main-d’œuvre, de la fiscalité et des délais de paiement.


L’Allemagne a une position sensiblement meilleure en raison de ses délais de paiement


raisonnables, bien qu’elle fasse jeu égal avec la France pour le coût de la main-d’œuvre et la
fiscalité. Ce sont le Royaume-Uni et les pays d’Europe de l’Est qui obtiennent la meilleure
compétitivité en raison du coût de la main-d’œuvre et, pour le Royaume-Uni, de sa longue
tradition de délais de règlement très courts, le fameux « payment against shipping documents ».
2. L’évaluation du poids de la profession est caractérisée par la faible place qu’occupe la
plasturgie dans l’économie française et, dans une certaine mesure, par les relations conflictuelles


qui existent au sein de la filière ne permettant pas à la plasturgie française d’apporter à notre
pays une contribution économique à la hauteur de son potentiel.
3. La France obtient également une position intermédiaire dans l’évaluation de la structure de
la filière qui traduit l’absence de stratégie de croissance de la profession, de l’absence de
leaders et d’une concentration industrielle insuffisante.

119
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Analyse prospective & scénarii de développement



4. Sur le thème des performances et de l’internationalisation, la France n’est pas mieux placée ;
toujours derrière l’Allemagne, les Etats-Unis et l’Italie. Un de ses points forts est constitué par
l’existence de districts industriels, mais, faute d’une incitation suffisante, ils ne donnent pas les
résultats que l’on pourrait en espérer. La balance commerciale, fortement négative, constitue le


principal challenge que doit relever la plasturgie française.
Les investissements matériel et immatériel ne sont pas quantifiés faute d’indicateurs
représentatifs. Mais la position de la plasturgie française est handicapée par l’insuffisance, dans la
gamme des produits transformés, de produits à haute valeur ajoutée, par le faible développement
des nouveaux procédés et matériaux et par le manque d’efficacité des partenariats de R&D, tant
avec les organismes de recherche publics qu’avec les laboratoires privés. C’est la conséquence
directe des choix stratégiques des dirigeants qui privilégient l’investissement matériel, dont les

résultats peuvent être immédiats, au détriment d’une stratégie d’innovation à long terme ; ces
choix sont eux-mêmes la conséquence d’une dépendance forte de la sous-traitance qui oblige les
entreprises à mettre en place les moyens de répondre aux demandes des donneurs d’ordre, et qui
ne permet pas de dégager les marges d’autofinancement nécessaires à la R&D.
La position française par rapport à l’impact de l’environnement, derrière l’Allemagne, est
relativement favorable ; il semble que, dans ce domaine, la France soit assez dynamique et que la

protection de l’environnement soit, désormais, devenue une préoccupation majeure pour
l’ensemble des acteurs. Des efforts restent à faire pour mieux intégrer cette dimension comme un
atout et non comme un handicap.
Tableau 5-1 : Classement comparatif des pays par indicateur

Royaume-Uni

Allemagne

Espagne

Indicateurs par thèmes


France

Japon
PECO
Italie

Contraintes structurelles nationales USA


1 Coût main d'œuvre, -1 -1 +2 +1 +1 +2 -2 -2
2 Délais de paiement -1 +2 -1 -2 +2 -2 +1 +1
3 Dépendance de la sous-traitance -1 +1 -2 -1 +1 -2 +2 +2


4 Coûts des investissements +1 -1 +2 +1 -1 +2 -2 -2


5 Coût du transport -1 +1 +2 +1 -1 +2 -2 -2
6 Fiscalité des entreprises -1 -2 +1 +1 +2 +2 -1 -2
Poids de la profession
1 Chiffre d’affaires de la plasturgie +1 +1 -2 -1 -1 -2 +2 +2
2 Part de la plasturgie dans l’emploi +1 +2 -2 -1 +1 -2 +2 -1
3 Contribution de la plasturgie au PIB -1 +2 -1 -2 +2 -2 +1 +1
4 Consommation de matières plastiques +1 +2 -1 -1 -2 -2 +2 +1


Structure de la filière
1 Influence de la structure de la filière +1 +2 -1 +1 -2 -2 +2 -1
2 Moules et outillages des plasturgistes +1 +2 -1 +2 -2 -2 +1 -1
Performances de la filière
1 Chiffre d'affaires par entreprise +1 +2 -2 -1 +1 -2 +2 -1
2 Chiffre d’affaires par salarié +2 +2 +1 -1 -2 -2 +1 -1
3 Valeur ajoutée de la plasturgie -1 +1 -2 +2 +1 -2 +2 -1


4 Valeur ajoutée par employé -1 +1 -2 +2 +1 -2 +2 -1


5 Marge brute d'exploitation -2 -1 +1 +2 +2 -1 +1 -2
6 Balance commerciale -2 +2 -1 +1 -1 -2 +2 +1
7 Investissements dans chiffre d’affaires +1 -1 -1 +1 -2 -2 +2 +2
Sources Nodal, décembre 2002

120
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2 LES TENDANCES D’EVOLUTION DE LA PLASTURGIE
FRANÇAISE


2.1 Tendances à long terme
1. Le prix et la qualité ne constituent plus les seuls facteurs clés de la concurrence ; les
transformateurs doivent désormais se différencier par d’autres critères concurrentiels,
notamment leur capacité à accompagner et anticiper les besoins du client.
2. L’internationalisation des marchés conduit les grands donneurs d’ordres à s’implanter à

l’étranger où ils entraînent leurs fournisseurs ; l’offre de matières premières s’internationalise


et entraîne des différences fortes entre les sources d’approvisionnement des différents pays
(différences de stratégie de chaque fournisseur entre les pays) ; arrivée sur les marchés
nationaux de nouveaux transformateurs issus des pays de l’Est ou des pays du Sud-Est
asiatique (Chine, Thaïlande) ou de l’Afrique du Nord (Tunisie).

3. Le développement insuffisant des technologies et des nouveaux procédés ne permet pas
d’espérer « d’innovation de rupture » ; par contre, les transformateurs doivent, en permanence,
se tenir au courant des améliorations de procédés. La pression des écologistes incite au dévelop-
pement des matériaux biodégradables. Quelques nouveaux marchés s’ouvrent avec le dévelop-
pement des nano-composites, des matériaux à mémoire de forme ou à propriétés spéciales
(conducteurs) et des matériaux réactifs ou actifs, dits « intelligents » et des biomatériaux.
4. La prise en charge de plus en plus marquée d’intégration de services annexes, contraint les


transformateurs au développement vertical et les besoins de financement de densité croissante


imposent une concentration des acteurs et la recherche de partenariats.
5. La pression sur les prix exercée sur les plus petites entreprises, peu ou pas spécialisées,
dégrade leur rentabilité ; elle accélère les tendances au regroupement des entreprises autour de
celles qui disposent d’un atout technologique ou commercial.
6. Le différentiel de productivité de la main d’œuvre, provisoirement défavorable à l’Europe de


l’Ouest, mais qui tendra à s’atténuer.


7. Les différences s’accentuent entre les transformateurs de « volume » (secteurs de l’emballage
traditionnel et de la construction) qui utilisent des matières premières courantes dont les prix
sont spéculatifs, et les entreprises qui travaillent sur des technologies plus rares, utilisant des
matières premières techniques ou d’engineering, et qui peuvent bénéficier d’une plus grande
valeur ajoutée.

2.2 Tendances à court terme




1. La pression croissante des mesures de protection de l’environnement se traduit par des


réglementations de plus en plus lourdes et complexes de l’Union européenne ; ces nouvelles
réglementations sont difficiles à mettre en application d’autant que les modalités et les délais
de transposition dans les législations nationales sont inégaux et que les nouveaux arrivants
extra-européens n’ont pas encore les mêmes contraintes.


2. Les sous-traitants sont soumis à une pression croissante de la part des donneurs d’ordre qui
développent de nouvelles techniques d’achats ; la technique des « prix objectifs », adoptée par
de grands groupes internationaux, aboutit inévitablement à une baisse des prix de vente du
produit fini et prive le sous-traitant de toute initiative. Il constitue un facteur supplémentaire
de délocalisation de l’activité dans des régions à bas prix de revient.

121
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse prospective & scénarii de développement



3. Le développement, puis la banalisation, de nouvelles techniques fondées sur la robotique et la
productique intégrées transforment les manières de travailler mais également les conditions
d'exploitation et de gestion de l'outil de production grâce à l’augmentation de leur productivité
et de leur flexibilité.


4. L'évolution des techniques et leurs combinaisons permet une complexification sans précédent
de la conception des produits qui rend difficile la réunion, au sein d’une même unité, de
l’ensemble des compétences nécessaires, nécessitant de faire appel à des partenariats
possédant les savoir faire complémentaires.

2.3 Principales incertitudes

1. Le manque de visibilité statistiques des effets économiques de l’innovation ne permet pas,


aujourd’hui, d’anticiper les modifications qu’ils devraient entraîner dans les relations au sein
de la filière entre producteurs de matières premières, transformateurs et donneurs d’ordres.
2. Les marchés de sous-traitance devraient continuer leur progression et il est à craindre que
cette croissance ne s’opère pas dans l'Union européenne. La mondialisation de l'économie, et

la pression générale sur le niveau des prix qui en résulte, a déjà amorcé le développement des
importations de substitution dont on peut craindre le renforcement.
3. Pour résister à la diminution des marges de fabrication, les transformateurs essaient de se
différencier en augmentant leur valeur ajoutée par l’intégration de la conception de sous-
ensembles et une diversification vers les services de post-production qu'ils jugent à forte
valeur ajoutée.

4. Les NTIC ne semblent pas encore avoir modifié sensiblement les comportements d’achat ou
de vente de la plasturgie européenne. Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis et l’on peut
s’attendre, à moyen terme, à une importante modification des stratégies commerciales des
transformateurs ; quels en seront les premiers bénéficiaires : les groupes déjà structurés ou les
PME/PMI ?

2.4 Enjeux à anticiper




1. Les transformateurs doivent pouvoir contrôler et/ou anticiper la double pression sur les prix
exercée par les producteurs de matières premières et les donneurs d’ordres, au risque de voir
leurs marges continuer à se dégrader et à ne plus disposer des capacités financières leur
permettant d’assurer leur développement (investissements matériels et immatériels).
2. Certains transformateurs de petite taille , souvent des sous-traitants de second ou de troisième
rang travaillent en étroite collaboration avec un équipementier, leur seul et unique client
dont ils sont dépendants ; ces industriels sont dans une zone de risque importante en cas de


crise de certains marchés qui poussera les équipementiers à rapatrier la production sous-traitée
dans leurs propres ateliers ou à la délocaliser.


122
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3 ANALYSE EN COMPOSANTES PRINCIPALES1

3.1 Indications méthodologiques


L’analyse multicritères en composantes principales est construite sur un tableau croisé (dit
« tableau de contingence ») dont tous les éléments sont quantifiés. Il s’agit ici du tableau formé
par la France et ses sept concurrents, objet de la comparaison de cette étude, et les indicateurs de
la compétitivité de la plasturgie étudiés dans chacun de ces pays.
La méthode consiste à dresser une carte des pays (les individus) en fonction de leur proximité

typologique sur la carte des indicateurs (les variables, parfois aussi dénommées les caractères),
elle-même établie en fonction des corrélations entre ces variables. Cette méthode est
essentiellement due à Harold Hotteling (1933) et Jean Paul Benzecri (Analyse des données –
Dunod 1973). Elle requiert un appareillage mathématique sophistiqué, mais n’en demeure pas
moins, aujourd’hui, accessible grâce, notamment, aux logiciels spécialisés qui se chargent de la
plupart des traitements.

NB. Sans entrer dans le détail des conditions permettant une interprétation correcte des graphiques,
précisons qu’il importe de calibrer de manière appropriée les données quantifiées (à défaut d’utiliser la
méthodologie moins répandue dite des « correspondances multiples »). C’est pourquoi avant de
procéder aux calculs proprement dits, les classements ont été transformés en notations disposées
symétriquement de –3,5 (le moins bon, c’est à dire, classement 8ème) à +3,5 (le meilleur, c’est à dire,
classement 1er). On respecte ainsi les hiérarchies de l’étude et le pas du classement. Ce calibrage permet,
d’une part, d’éviter la dissymétrie dans les pondérations selon que l’on est en bas ou en haut de

l’échelle, et, d’autre part, de restaurer la logique intuitive d’une notation croissante, du moins bon au
meilleur. Ensuite, sur cette base, tous les calculs sont effectués sur des données centrées réduites.
Pour la constitution
d’une typologie de 8 60
pays selon 32 critères, HisHtiosg
torgarmmmeeddes iinneertrie
am tises
l’analyse combine les
indicateurs en différentes 45


composantes, dites
« axes factoriels », de la
plus représentative à la 30
moins.
En l’espèce, la première
composante rend compte 15
de 52% de la variance de
tous les indicateurs, avec


une dominante des 0


« contraintes et des 1 2 3 4 5 6 7
performances économi- Axes
ques », la deuxième de
20%, avec une dominante des indicateurs politico-administratifs, la troisième 10%. A la 4ème
composante, on a épuisé au total 90% de la variance totale. Chacune de ces contributions est dé-
nommée « inertie de la composante ». Pour l’analyse ci-dessous, on pourra se contenter des deux


premières composantes expliquant 72% de la variance totale.

1
Cette analyse multicritères en composantes principales a été réalisée sur la base de l’évaluation des
indicateurs de compétitivité établie par Nodal Consultants (voir ci-avant « Classement par pays et par
indicateur » Chapitre 51.)

123
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3.2 Interprétation du nuage d’indicateurs
Le cercle des corrélations permet de présenter les indicateurs de façon visuelle (donc sans recourir
à l’interprétation du résultat chiffré des calculs) :


• d’une part, en fonction de leur contribution effective au système d’axes choisi : ils sont d’autant
mieux représentés qu’ils se trouvent proches du bord du cercle ; ainsi, par exemple, les
indicateurs « moules et outillages », « intégration de services », « formation-qualification »,
mais aussi ceux du « coût de la main d’œuvre », des « investissements », de « l’implication des
pouvoirs publics dans la filière » ;
• d’autre part, en fonction du niveau de corrélation entre eux qui est d’autant plus élevé qu’ils se

trouvent proches ; ainsi trouve-t-on une forte corrélation entre « valeur ajoutée par salarié » et
« valeur ajoutée de la plasturgie » (car, il se trouve un large degré de recouvrement des
concepts eux-mêmes), ou, entre « formation-qualification » et « partenariat R &D ».

Cercle des corrélations des indicateurs

Partenariats
transfrontaliers
 Implication des
pouvoirs publics
dans la filière
Intégration de services
Préoccupations
environnement
Districts industriels Valorisation des
déchets plastiques Moules et outillages
Innovation environement

Réglementations
européennes
Coût des investissements CA par salarié
Coût du transport
”Environnement politico-administratif”
Composante verticale - Inertie: 19.9%

Marge brute
d’exploitation VA plasturgie
VA par salarié
Coût de la main d’oeuvre Structure de la filière

Partenariats R&D
Balance comm.


CA/Entreprise
Fiscalité des entreprises Emploi plasturgie
Délais de paiement
Part de la plasturgie Cons matière Ech. volumes
dans le PIB
Nouveaux
procédés et
Produits à VA matériaux
Investissements
CA plasturgie
Dépendance de la
sous-traitance



Composante horizontale - Inertie: 52.3%


”Contraintes et performances

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1. L’axe horizontal oppose essentiellement les indicateurs de performances économiques
« chiffre d’affaires », « chiffre d’affaires par entreprise » et « emploi plasturgie » à ceux de
contraintes économiques « fiscalité des entreprises » et « coût de la main d’œuvre ». Ces deux
groupes de variables sont proches de l’axe et du cercle (ils rendent, donc, bien compte de la


signification de l’axe), mais ils sont situés en opposition symétrique.
2. L’axe vertical est surtout défini sur la base des variables de l’environnement polico-
administratif, telles que : « implication des pouvoirs publics dans la filière », « existence de
districts industriels », « partenariats transfrontaliers », voire même, « valorisation des
déchets plastiques ».
3. On relève de fortes corrélations entre « valeur ajoutée », « formation-qualification »,
« balance commerciale », « emploi dans la plasturgie », voire même, « délais de paiement »,

« consommation de matières premières », « échanges en volume ». Mais ces trois derniers


indicateurs, se situent aussi sur le second axe, en opposition par exemple à l’indicateur
« marge brute d’exploitation ». On retrouve ici, un certain nombre d’éléments qui
caractérisent la vulnérabilité de la plasturgie allemande, illustrés, par exemple, par la position
des entreprises sur des gros volumes de transformation, avec de fortes pression sur les marges,
de la part des fournisseurs ainsi que des clients.

4. Les indicateurs liés à l’écologie (« préoccupations environnementales », « valorisation des
déchets plastiques », « innovation environnement »), rendent assez bien compte des deux
premiers axes, mais ils partagent ce rôle avec celui de « l’intégration des services », des
« moules et outillages ». On pourrait résumer cet ensemble par le terme de modernité, voir de
dynamisme. Il est logique que le développement de la plasturgie passe en partie par
l’intégration de services, et la symbiose avec l’industrie des moules et de l’outillage. De la

même façon, dans cette présentation, l’innovation pour faire face aux défis de
l’environnement apparaît comme un facteur dynamisant, une opportunité pour la profession.

3.3 Interprétation de la position des pays


Plan factoriel (composantes 1-2) &
contribution de la première composante


5
4
« Environnement politico-économique »

Italie
3 Allemagne
Composante 2 – Inertie 19,9%

2
France
1
Espagne


0
Royaume-Uni
-1
-2 PECO
Etats-Unis
-3


-4 Japon
-5
-10 -8 -6 -4 -2 0 2 4 6 8 10
Composante 1 - Inertie 52,3%
”Contraintes et performances économiques”

125
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Analyse prospective & scénarii de développement



Dans ce graphique, la taille des bulles représente le niveau de la contribution du premier axe au
placement du pays sur la carte. On voit que cette contribution est forte pour l’Allemagne et les
Etats Unis, d’un côté, et pour les PECO et l’Espagne, de l’autre, révèlent les fortes identifications
suivantes :


• PECO et Espagne sur le couple favorable des coûts et de la fiscalité ;
• Allemagne et Etats-Unis sur la combinaison emploi / valeur ajoutée ;
Les indicateurs de l’Italie, de la France et du Royaume-Uni ont une plus faible contribution dans
l’axe principal de l’analyse, d’où, aussi, leur plus grande proximité du point origine.

3.4 Interprétation combinée entre les indicateurs et les pays

Le « bi-plot factoriel » superpose les deux cartographies, celle des indicateurs et celle des pays.
L’échelle représente la contribution de chacun des pays en pourcentage sur chacun des deux
premiers axes.
Le graphique oppose essentiellement les pays sur des indicateurs de valeur ajoutée et de coûts.
Allemagne et Etats-Unis combinent les bénéfices des procédés et matériaux, des produits à valeur

ajoutée, des volumes transformés, des investissements. Les PECO et l’Espagne n’ont pas ces
avantages, mais ils jouent par contre sur les coûts (salaires, investissements, transports), et
également sur la fiscalité.
Dans cette opposition, établie sur la base d’une étude spécifique de l’industrie de la plasturgie, se
retrouve celle, plus générale, des pays d’industrialisation ancienne, par rapport à ceux pour lesquels
elle est de création plus récente avec une économie plus ouverte et moins réglementée.


La différenciation entre Allemagne et Etats-Unis se fait sur le second axe : les Etats Unis n’ont pas
le même degré de dépendance vis-à-vis de la sous-traitance, ce qui traduit chez eux par une
plasturgie de nature différente, caractérisée par le poids important du secteur des revêtements de sols
et de murs (peu de sous-traitance en ce domaine) et un type de relations contractuelles inter-
entreprises très différent lui aussi, lié non seulement à une pratique des affaires, mais aussi à la
dimension du marché intérieur (le marché intérieur de l’Union européenne n’a pas encore atteint le
même niveau de conformité que celui des Etats-Unis). Les autres éléments positifs pour les Etats-


Unis relativement à l’Allemagne sont ceux des investissements, des nouveaux procédés et
matériaux, des produits à valeur ajoutée.
A l’inverse, l’Allemagne se situe bien davantage que les Etats-Unis sur la sphère des « moules et
outillages » (encore le reflet d’une part plus faible de l’enduction-calendrage, et relativement plus
forte de l’injection), de « l’innovation & environnement », de la « qualification de la main-
d’œuvre » et de la « structure de la filière », avec une incidence sur la « balance commerciale ». Un
positionnement d’ensemble qui reflète un excellent couplage de la plasturgie avec une industrie des


machines de transformation, particulièrement puissante et développée, ce que l’on ne connaît plus


depuis longtemps en France.
Dans la cartographie, la France apparaît plutôt en position neutre, pour ne pas dire molle, et avec le
Royaume-Uni, près du centre. Le Royaume-Uni plutôt du côté des avantages « fiscalité-coût »s, et la
France, plutôt du côté de la « politique industrielle » ; mais de toute façon ces variables sont peu
déterminantes sur la position de ces deux pays.


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Analyse prospective & scénarii de développement

Biplot factoriel (composantes 1 &2) : indicateurs et pays


Composante 2 – Inertie 19,9%
« Environnement politico-
f





Composante 1 – Inertie 52,3%


« Contraintes et performances économiques »

127
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Analyse prospective & scénarii de développement



3.5 Les enseignements pour des choix stratégiques
Le graphique bi-plot ci-dessus est révélateur. Les pays à faibles coûts, représentés par les PECO et
par l’Espagne, ne peuvent pas servir de modèle pour une dynamique stratégique. Ils mettent en évi-


dence toute l’ambiguïté du terme compétitivité, mauvaise traduction de l’anglais competitiveness qui
ne signifie, en fait, que la capacité concurrentielle à caractère économique, une capacité qui se dé-
ploie et se transforme dans le temps (au contraire de l’aptitude à la performance et à la compétition).
D’un côté, les pays à faibles coûts se caractérisent par des stades d’industrialisation moins avancés
que celui de la France, et pour cette raison leur plasturgie finira, au fil du temps, par migrer vers la
partie droite de l’axe principal. D’un autre côté, ils ne sont pas encore suffisamment ancrés sur les
socles de la valeur ajoutée, de la formation, de la qualification qui ont une dimension humaine dé-

passant largement le cadre de la pure activité économique de l’industrie manufacturière. Ces socles,
ces atouts, participent en effet du niveau de vie général de la population en même temps qu’ils le
conditionnent.
Le handicap de la plasturgie française (tout comme en partie celui du Royaume-Uni et de l’Italie)
est toutefois de n’être clairement assise, ni sur les coûts, ni sur la dynamique de la valeur

ajoutée. Et dans cette dynamique, l’Allemagne a déjà pris une longueur d’avance dans le couplage
des contraintes et des opportunités liées à l’environnent : « innovation-environnement »,
« intégration de services », voire même « structure de la filière ».
A défaut de pouvoir migrer sur les segments forts de l’innovation pure et de l’investissement (à
l’instar des Etats Unis, qui bénéficient depuis longtemps déjà de l’effet de dimension d’un vaste
marché intérieur et de l’abondance de ressources financières), la fenêtre d’opportunité de la
France reste étroite : celle des « innovations liées à l’environnement », des « synergies dans les


districts industriels », des « partenariats transfrontaliers », un ensemble qui donne effectivement


un poids encore important à la politique industrielle nationale, même si elle doit désormais,
nécessairement, s’intégrer dans le compromis de l’Union européenne.
La politique nationale française peut aussi peser, et de manière quasi-autonome, sur un
ensemble de facteurs handicapants spécifiques qui résultent d’une dysharmonie dans ses pratiques
et habitudes par rapport à celles de ses concurrents à succès : délais de paiement inter-


entreprises abusifs, formation-qualification « jacobine », nouveaux matériaux et procédés


stagnants.

4 ANALYSE STRUCTURELLE

4.1 L’analyse structurelle ou l’approche-système




Née, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de la rencontre de la biologie, de la


cybernétique et de la théorie des systèmes, analyse les éléments d’un processus complexes comme
des composants d'un ensemble dans lequel ils sont en relation de dépendance réciproque.
L'objectif de l’approche-système est de schématiser un ensemble complexe pour aboutir à une mo-
délisation qui permette d'agir sur lui, après que l'on a compris sa configuration matérielle et sa
structure dynamique. Elle est utilisée comme outil de prévision dans des domaines variés : psycho-


logie sociale, urbanisme, économie politique, épidémiologie, écologie, logistique, technologie.


L'approche-système implique une simplification et une modélisation ne représente jamais l'exacte
réalité des choses ; comme une représentation graphique, elle reste une abstraction.

128
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Analyse prospective & scénarii de développement



Un système peut être généralement défini comme un ensemble d'éléments en interaction (la plus
générale) ; c’est à dire tout objet structuré, composé d'éléments abstraits ou concrets en interac-
tion, et ouvert sur un environnement. Le système considéré peut être la circulation automobile
dans une ville, le marché de la plasturgie ou l'écosystème d'une forêt.


Alors que l’analyse en composantes principales permet de comparer la position des différents
pays par rapport aux indicateurs de compétitivité, l’analyse structurelle ne concerne que les
relations entre les différentes variables et leur influence sur la variabilité du système. Elle permet
d’identifier les variables clés sur lesquelles il est possible d’agir pour faire évoluer le système.
Dans le cas du secteur français de la plasturgie (et non plus de l’ensemble des pays étudiés),
Nodal Consultants a utilisé cette méthode d’analyse pour fournir une représentation du secteur de
la plasturgie et étudié et identifier les variables clés pour la prise de décision, ainsi que pour la

réflexion prospective.
L’analyse structurelle comprend deux étapes :
• le recensement des variables,
• le repérage des interactions entre les différentes variables dans la matrice d’analyse
structurelle (matrice d’influence).

4.2 Recensement des indicateurs



La première étape consiste à recenser l’ensemble des indicateurs et facteurs, internes et externes,
caractérisant le système. Elle permet de construire un référentiel commun afin de croiser les
perspectives techniques, réglementaires, économiques et commerciales. Les indicateurs ont été
choisis dans l’ensemble des indicateurs de compétitivité étudié préalablement, regroupés de telle


sorte que leur nombre ne dépasse pas 16 (ce qui correspond déjà à 256 relations).
‰Indicateurs décisionnels :
− Fiscalité,
− Formation et qualification de la main-d’œuvre,
− Aides de l’Etat : recherche et innovation, aides à la création d’entreprises,



Réglementation : environnement, réglementation du travail, hygiène et sécurité,


− Charges sociales : conséquences sur le coût de la main-d’œuvre et les transports,
‰Indicateurs de contraintes :

Evolution du marché français : maturité, développement d’applications, prise de parts de
marché,
− Perspectives de croissance des marchés : mondial, européen, national,
− Evolution des coûts : matières premières, équipements, frais annexes,


− Innovation : développement de nouveaux matériaux, procédés, R&D,


− Acceptabilité des matériaux plastiques par la société,
− Poids de la profession par rapport à l’industrie française et dans les autres pays,
− Structure de la filière : leaders, donneurs d’ordres, fournisseurs de matières premières,
− Degré d’internationalisation : échanges internationaux, concurrence,
− Investissements matériels et immatériels,


− Partenariat avec des producteurs et des donneurs d’ordres et partenariats horizontaux.


‰Indicateur de résultat (objectif) :
− Compétitivité et développement économique de la filière.

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Analyse prospective & scénarii de développement



4.3 Matrice d’influence
La méthode consiste à mettre en relation les variables dans un tableau à double entrées – la
matrice d’analyse structurelle - les lignes et les colonnes de cette matrice correspondant aux


variables issues de la première étape.
Pour remplir cette matrice, il convient de s’interroger sur l’existence de relations directes
d’influence entre les variables considérées deux à deux. Le remplissage de la matrice s’effectue
ligne par ligne. Par exemple pour la ième variable (prise dans l’axe vertical), on se pose la question de
son action sur chacune des autres variables (prises dans l’axe horizontal). Il faut remarquer qu’il ne
s’agit pas d’une matrice symétrique car si la ième variable agit sur la jème, rien ne prouve que la
réciproque soit vraie. Ainsi, pour une matrice de 16 facteurs, il faut se poser 256 questions. Cette

procédure d’interrogation permet d’éviter les erreurs mais aussi d’ordonner et de classer les idées.
La notation retenue par Nodal Consultants utilise une échelle d’intensité de 1 (absence
d’influence) à 5 (influence maximum). A ce stade, chacune des variables est identifiée par un
couple de valeurs.
Les 16 couples de valeurs [Influence – Dépendance] peuvent être reportée sur les axes x

(dépendance) et y (influence) d’une représentation graphique du système « plasturgie française ».
La position des variables par rapport à la première bissectrice du graphique permet de distinguer
les groupes de variables suivants :
‰Les indicateurs maîtresses constituent les clés d’entrée dans le système : elles ont la
dimension d’une hypothèse et représentent le passé. Ce sont les forces qui permettent
d’agir sur le système :

− les perspectives de croissance économique et des marchés,
− la réglementation,
− la formation ;
‰Les indicateurs « peloton », dont on ne peut rien dire a priori, sont peu importantes ; ce sont
des faux-problèmes qui agissent dans l’instant et relèvent de la communication ou du discours :
− les aides de l’Etat,


− la fiscalité,
− les charges sociales
− et même, l’acceptabilité des matériaux plastiques par la société ;
‰Les indicateurs relais constituent les menaces ou les opportunités et sont, en même temps, des
facteurs d’instabilité ; elles agissent dans le présent et représentent l’action et les enjeux :
− les coûts des facteurs (matières premières, équipements, frais annexes par exemple),
− le rôle des partenariats,


− la structure de la filière (leaders, donneurs d’ordres, fournisseurs de matières premières),


− le poids de la profession par rapport à l’industrie française,
− l’innovation (développement de nouveaux matériaux, procédés, R&D),
− l’internationalisation (échanges internationaux, concurrence,
− les investissements matériels et immatériels,


− l’évolution du marché français : maturité, nouvelles applications, prise de parts de marché,


‰Les indicateurs de résultats ou objectifs sont les variables sensibles ; elles sont
représentatives du futur, mais aussi des faiblesses et permettent de porter un jugement sur
l’ensemble, comme, par exemple, la productivité ou la compétitivité.

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Sources Nodal, décembre 2002

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Sources Nodal, décembre 2002

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Ainsi, on note, par exemple, que la compétitivité se situe aux coordonnées de dépendance 88 et
d’influence 43, ce qui signifie que la compétitivité présente une forte dépendance par rapport à
l’ensemble des autres variables, mais qu’elle n’a qu’une influence limitée sur lui.


4.4 Eléments pour une stratégie
L’examen de la représentation graphique permet de préciser l’importance relative des leviers
stratégiques de la plasturgie française. Ainsi, l’analyse structurelle de la plasturgie française
appelle les commentaires suivants :
• la répartition de la plupart des indicateurs sur un fuseau axé sur la première bissectrice est le
signe d’une forte instabilité du secteur. Les sources de cette instabilité sont les indicateurs

relais (innovation, coûts, structure, internationalisation, investissements).


La position élevée sur la bissectrice du facteur « innovation » signifie que l’équilibre de la
profession reste à la merci d’une innovation majeure ou de rupture ; en outre, fortement
dépendante, mais aussi fortement influente, elle constitue un levier stratégique majeur de la
compétitivité pour agir sur l’ensemble du système.
• les variables maîtresses sont constituées par la croissance des marchés (en relation avec la

croissance du PIB), la formation et la réglementation. Les deux dimensions sur lesquelles
l’influence des Pouvoirs Publics peut principalement s’exercer sont bien évidemment les deux
dernières.
On retrouve dans ces indicateurs la forte corrélation observée entre le taux d’accroissement du
PIB et celui de la plasturgie1.
• les aides publiques se situent dans le groupe des variables regroupées, dites en « peloton »,


sur la première bissectrice à proximité de l’origine.


Il est intéressant de noter que « l’acceptabilité », qui apparaît souvent comme un indicateur
essentiel de la croissance des marchés tels que celui de la plasturgie, appartient à cette
dernière catégorie et qu’à ce titre, son influence semble peu importante.
• la variable « compétitivité » apparaît bien comme un indicateur d’objectif ou de résultat.


5 ESQUISSES DE SCENARII POUR L’AVENIR DE LA


PLASTURGIE

Les esquisses de scenarii présentées par Nodal Consultants sont des images caricaturales et
simplifiées a priori, construites dans une logique de cohérence, censées représenter la situation de
la plasturgie sur une longue période (à plus de 5 ans). Elles ont été établies à partir de


combinaisons vraisemblables des principales variables lourdes du secteur de la plasturgie choisies


en fonction de trois critères :
• Leur nette influence sur le système,
• leur niveau élevé d’incertitude,
• leur faible degré de maîtrise par la plasturgie.
Dans le cadre de cet exercice, Nodal a retenu les deux variables suivantes :


• la croissance économique du PIB,


• l’impact des réglementations.

1
Voir en annexe n°5, une évaluation de l’élasticité entre la croissance du PIB et celle du chiffre d’affaires
de la plasturgie.

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Scénarii de développement et analyse systémique



Ces variables sont sous-tendues par d’autres macro-facteurs, tels que le style de vie et les états
socio-politiques futurs pour la zone et la période considérée.
Ainsi, les atouts structurels ou culturels (qui font la différence de fond entre la France et les autres
pays) doivent être pris en compte dans les scenarii :


1. l’économie française est l'une des économies les plus dynamiques parmi les grands pays
européens,
2. la main d'œuvre française est qualifiée, hautement productive, créative et intègre rapidement
les évolutions technologiques,
3. l’industrie française est internationalisée, diversifiée et de haut niveau technologique,
4. le pays est doté d'infrastructures de communication, de production et distribution d'énergie

complètes et performantes,
5. la France propose la meilleure qualité de vie en Europe,
6. sa situation géographique et économique est centrale dans la « zone Euro » et l'Union
européenne.

5.1 Présentation des scenarii 


Nodal a envisagé trois axes prospectifs possibles :
1. L’attitude conservatrice et néo-protectionniste découlant du statu quo social actuel à
l’égard de la mondialisation et des tendances libérales correspondrait à une stagnation
économique, une inertie institutionnelle et une incapacité des acteurs de la transformation à se
rassembler et à coopérer pour améliorer leur compétitivité.


2. Le renforcement, en France, de l’économie libérale et de la mondialisation se traduirait par


une mobilisation accrue des acteurs dans leurs organisations professionnelles en vue de déter-
miner des axes stratégiques pertinents de développement ; ce mouvement endogène des acteurs
serait accompagné des pouvoirs publics par de forts allègements réglementaires et fiscaux.
3. Le développement économique « post-industriel » donnant une priorité sociétale accrue aux
préoccupations environnementales risquerait de se traduire, à court terme, par un


accroissement des tensions concurrentielles vis à vis des importations extra-européennes ; à


moyen/long terme, ces tensions se transformant en atouts de compétitivité de la profession.

5.2 Description des paramètres des scénarii


Dans l’étude de la compétitivité des entreprises, les indicateurs caractérisant chacun des scénarii
envisagés sont les suivants :
• l’influence des contraintes structurelles nationales (facteur exogène à la plasturgie) qui


caractérise l’économie générale du pays (main-d’œuvre, fiscalité, droit du travail) ;


• le poids de la profession qui caractérise l’importance et les enjeux économiques et sociaux de
l’industrie de la transformation des matières plastiques dans l’économie du pays considéré ;
• la structure de la filière qui indique l’influence de l’organisation de la filière, aval-amont et
latérale, sur la compétitivité dans chaque pays ; elle inclut l’ensemble des relations entre les
différents types d’acteurs concernés par le fonctionnement de la filière et définit la capacité


des transformateurs à négocier leurs prestations et leurs achats ;


• les performances internationales des entreprises du pays constituent un indicateur du
dynamisme international de la profession et donnent une indication de l’impact de la
mondialisation sur l’activité du secteur national ;

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Scénarii de développement et analyse systémique



• les investissements matériels et immatériels permettent de mesurer la capacité
d’amélioration et d’innovation de la filière et, par conséquent, ses perspectives de
développement à long terme ; elle caractérise l’avancée technologique des transformateurs sur
leurs homologues étrangers ;


• la préservation de l’environnement, dans le contexte actuel de sensibilisation des populations
à ces problèmes, peut constituer soit un handicap, soit un avantage, suivant la manière dont elle
est prise en compte ; elle représente le niveau d’application des contraintes réglementaires
environnementales entre les produits fabriqués dans le pays et ceux des autres pays.
Les trois scénarii ont, à court terme, un impact fort sur les principaux indicateurs caractérisant
l’ensemble du secteur de la plasturgie. Le tableau ci-dessous indique le choix du sens probable
d’évolution à court terme de chaque indicateur pour chacun des scénarii.

Tableau 5-2 : Impact à court terme des scénarii sur les indicateurs
Néo- Economie
Paramètres Priorité
protectionnisme libérale et
des scénarii sociétale
et stagnation mondialisation
inférieur à de l’ordre de stagnation

Variables

Evolution du PIB
lourdes

2.3% 2.5 à 3% de 0 à 1,5%


+
Réglementation + dirigiste + libérale
contraignante
Contraintes
⇑ ⇓ ⇑
Indicateurs caractéristiques

structurelles nationales
Poids de la profession ⇔ ⇑ ⇓


Structure de la filière ⇓ ⇑ ⇓
Performances
internationales ⇓ ⇑ ⇓
Investissements
matériel et immatériel ⇓ ⇑ ⇑
Prise en compte de
⇓ ⇔ ⇑


l’environnement
Sources Nodal Consultants, décembre 2002

L’échéance de l’impact des scénarii envisagés est 2005 (3 ans), mais l’analyse prospective
générale qualitative porte sur 8 ans (jusqu’en 2010).

5.3 Maintien du statu quo et néo-protectionnisme


Dans ce scénario pessimiste, les variables maîtresses évoluent de la manière suivante :


• La croissance du PIB tend vers des valeurs inférieures à 2,3%,


• La réglementation et, surtout, son corollaire, l’application de la réglementation deviennent
plus stricte, limitant considérablement les marges de manœuvre des industriels.
Dans une Europe élargie à 30 pays, ces tendances se traduisent par :
• un renforcement coûteux de l’Etat Providence et, par conséquent, le développement d’une
économie sociale européenne contraignante,


• l’apparition d’un protectionnisme réglementaire et normatif européen,


• la fermeture d’une Europe « forteresse » vis à vis des échanges avec les autres continents.
Les inconvénients de ce repli sur une société de garantie sociale sont la remise en cause de la
croissance, accentuée par les délocalisations financières et industrielles, le repli sur soi de l’Union

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Scénarii de développement et analyse systémique



européenne, le ralentissement du processus d’élargissement, la substitution des coopérations
gouvernementales aux progrès de l’intégration européenne, le développement d’un néo-
protectionnisme qui isole l’Europe en matière internationale.


5.3.1 Conséquences pour la plasturgie française
L’évolution envisagée de ces indicateurs a un effet fortement négatif sur l’ensemble des
paramètres de la plasturgie française :
• les contraintes structurelles deviennent plus sévères et se traduisent par une augmentation de
la pression fiscale et du coût de la main-d’œuvre, conséquence du renforcement du poids de
l’Etat Providence ;
• le poids de la profession devrait rester à peu près stable, avec, peut-être, une tendance à

décroître. Les marchés protégés permettront, sans doute, la survie à court terme de quelques
entreprises et le néo-protectionnisme européen tentera de limiter l’absorption des entreprises
qui resteraient performantes par les groupes extra-européens et le transfert des centres de
décision hors de l’Europe ;
• faute d’un consensus entre les transformateurs, la structure de la filière aura tendance à se

dissoudre un peu plus : pas de possibilité de faire émerger des leaders et, au contraire,
atomisation des entreprises. Les tensions à l’intérieur de la profession devraient s’accroître,
notamment entre donneurs d’ordres et transformateurs ; en effet, ces derniers seront dans
l’impossibilité de répercuter l’augmentation des charges et des coûts auprès des donneurs
d’ordres qui, de leur côté, devront faire face à un rétrécissement de leurs marchés hors Europe.
• les performances de la profession seront, bien entendu, en forte régression, tant sur le marché
intérieur qu’à l’international. Le scénario devrait se traduire par une contraction des marges et


une baisse de la valeur ajoutée dégagée par l’industrie de la transformation ; à l’international,


le néo-protectionnisme européen entraînera une réduction des échanges à l’extérieur de
l’Europe et une concurrence accrue des échanges intra-européens ;
• la contraction des marges et la baisse de la valeur ajoutée auront pour conséquence la
réduction des investissements matériels et l’abandon presque total de la recherche privée ;
• la réglementation environnementale européenne deviendra encore plus contraignante et
continuera à être un handicap supplémentaire sur des marchés protégés au lieu de devenir un


avantage concurrentiel sur des marchés ouverts.


Le scénario néo-protectionniste conduit inévitablement à la stagnation de la plasturgie ; faute de
moyens, elle est incapable de développer de nouveaux procédés et/ou de nouveaux matériaux.
Sans doute, la protection des marchés lui permet-elle de se survivre à elle-même ; mais la moindre
tentative d’ouverture sur l’extérieur, la laissera comme une proie facile pour les entreprises
étrangères, nord-américaines notamment, peut-être également, du Sud-Est asiatique, qui pendant
cette période de fermeture auront su développer de nouvelles activités et de nouveaux marchés et


les utiliseront pour pénétrer le marché européen grâce à des acquisitions locales.

5.3.2 Actions à entreprendre :


Dans une telle hypothèse, on voit mal quelles pourraient être les voies d’une survie à long terme
de la plasturgie française et même européenne. Il resterait, sans doute et, par nécessité, aussi
longtemps que se prolongerait l’isolement, quelques applications techniques spécifiques aux
marchés d’application européens, comme l’automobile, le médical et les sports et loisirs, mais


avec une faible innovation et une faible productivité.


Mais aussitôt qu’un brèche serait ouverte dans le dispositif protectionniste, les marchés européens
seraient envahis non seulement par les produits à bas coûts, mais aussi par les produits élaborés hors
Europe par les pays qui auraient mis à profit l’absence d’une concurrence européenne pour innover.

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Scénarii de développement et analyse systémique



5.4 Renforcement de l’économie libérale et de la
mondialisation
Dans un tel scénario, les deux indicateurs maîtres devraient évoluer de la manière suivante :


• le PIB pourrait connaître un taux de croissance de 2,5 à 3% et, éventuellement, dépasser cette
dernière valeur ;
• la réglementation environnementale et sociale, d’une manière générale, devient plus libérale,
notamment dans l’environnement où le nombre de directives de la Commission européenne se
stabilise et s’assoupli (sans pour autant impliquer un retour en arrière).
Ce scénario devrait conjuguer un accroissement de l’effort communautaire de R&D et une amélio-

ration de son efficacité (éviter tout saupoudrage), une conception systémique de la compétitivité
(relations universités-entreprises-territoires, promotion de « clusters »), un renforcement des incita-
tions à l’innovation et un décloisonnement des services publics entre les états européens.

5.4.1 Conséquences pour la plasturgie française :



Pour la plasturgie française, l’évolution de ces deux indicateurs devrait entraîner des modifications
importantes des paramètres qui sous-tendent l’évolution de l’industrie de la plasturgie :
• les contraintes structurelles pourraient s’alléger pour se rapprocher des contraintes existant
actuellement dans le système anglo-saxon. Il pourrait se traduire par une diminution de la
pression fiscale et une plus grande flexibilité du droit du travail, notamment une plus grande
souplesse dans l’adaptation des horaires et des effectifs aux besoins fluctuants des entreprises ;
• les organisations professionnelles seraient contraintes, pour partie, de se substituer aux


pouvoirs publics dans l’accompagnement de la profession. Celle-ci devrait donc disposer d’un
poids accru par rapport à l’ensemble de l’industrie et, notamment, dans le jeu triangulaire
entre fournisseurs de matières premières, plasturgistes et donneurs d’ordres. Toutefois, cet
accroissement de poids ne préjuge pas des bénéficiaires finals de ces améliorations ;
• la structure de la filière devrait se trouver renforcée par l’apparition de leaders significatifs
dans la profession en raison, notamment, des regroupements que la mondialisation devrait


permettre. Toutefois, ces regroupements devraient s’accompagner de la disparition de tout un


pan de la plasturgie française, celui des plus petites entreprises non spécialisées ;
• globalement, les performances de la plasturgie française pourraient se trouver sensiblement
améliorées. Le chiffre d’affaires de la profession devrait continuer à se développer sur un
rythme soutenu, proche de deux fois la croissance du PIB ; malgré l’accroissement de la
concurrence intra-européenne, les industriels devraient, avec la maîtrise de leurs prix,
récupérer une part non négligeable de la valeur ajoutée ;
• à la faveur de l’amélioration des marges, les investissements matériels et immatériels


pourraient s’accroître d’une manière importante ; si les industriels acceptent de coopérer


ensemble, on pourrait espérer voir repartir l’innovation ;
• le poids des directives européennes sur l’environnement devrait décroître, laissant une plus
grande marge de liberté aux industriels, notamment vis à vis de la concurrence extra-
européenne.
Ainsi, le renforcement de l’économie libérale et de la mondialisation devrait se traduire, à terme,


par un paysage unique européen et la France ne pourra compter que sur ses spécificités
intrinsèques comme atouts différenciant par rapport à ses homologues européens. Pratiquement,
ce scénario se traduit, pour la plasturgie française, par :
• un renforcement de la concurrence entre les entreprises françaises, d’une part, et entre les
entreprises françaises et leurs homologues européens,

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Scénarii de développement et analyse systémique



• l’accélération de la disparition du tissu des petites entreprises (par exemple, disparition à
brève échéance, de l’industrie du film non spécialisée),
• l’absorption des entreprises à forte valeur ajoutée (telles le packaging pour la cosmétologie et
la santé, les pièces automobiles) par les grands groupes multinationaux ; l’absence de leaders


se traduit par la reprise des groupes à capitaux français par des leaders étrangers
• Le transfert des centres de décision et de la R&D hors de l’Hexagone.

5.4.2 Actions à entreprendre :


• Pour freiner l’exode des centres de décision, la France doit accroître son attractivité, à travers
l’environnement économique et législatif de l’entreprise, et, surtout, décentraliser les

procédures ; c’est le rôle des pouvoirs publics dans le cadre des contraintes structurelles.
• Faciliter la mobilité de la main d’œuvre, notamment en renforçant la formation permanente en
alternance dans le domaine de la plasturgie.
• Les entreprises devront nécessairement choisir entre trois stratégies possibles :
− une stratégie de niches technologiques sur des productions à haute valeur ajoutée :

développement de l’innovation et de la recherche technologique, en partenariat obligé
avec les donneurs d’ordres et les fabricants de matières premières,
− une stratégie de croissance du volume transformé, par élargissement du marché, de
façon à préserver, voire accroître le rapport de force vis-à-vis des fournisseurs et des
clients (passer à une plasturgie de volume) ; développer les métiers de l’extrusion et de la
pultrusion de profilés et de tubes, notamment pour la construction, renforcer la filière film
pour l’agroalimentaire, industrie leader en France,


− une stratégie de développement de produits « propriétaires » qui implique le développe-


ment de produits propres et la recherche systématique de facteurs de différenciation en rela-
tion avec une démarche d’étude, de marketing et de commerciale élaborée.
Cette stratégie suppose, de toute façon, à terme, l’entrée dans des groupes réunissant des
portefeuilles de compétences complémentaires. Donc, faciliter les financements et les
synergies d’entreprises, de façon à ce que ces groupes puissent se constituer directement à
partir du tissu industriel actuel de PME/PMI, notamment à l’occasion des transmissions


d’entreprises, avec une simplification des transmissions d’entreprises en France.


Dans tous les cas, elle implique de développer les stratégies de proximité avec les clients, afin
de constituer des aires de coopération économique stable, abritées d’une concurrence
erratique, et de préserver le savoir faire des PME de plasturgie en évitant qu’elles ne soient
contraintes de livrer leurs savoir-faire à leurs donneurs d’ordres, notamment à l’occasion de la
mise en place des marquages matériaux, en vue du traitement des produits en fin de vie.


5.5 Société axée sur la priorité sociétale


Ce scénario « post-industriel » est principalement marqué par la décroissance inéluctable de l’ère
du pétrole et la fin prévisible de l’économie basée sur l’abondance énergétique. La compétition et
la croissance ne sont plus le principal objectif de l’industrie, d’autant que l’augmentation
importante du prix des ressources énergétiques ne permet plus le gaspillage.


La civilisation post-industrielle est, avant tout, une civilisation hédoniste, allant de pair avec la
société de consommation. L’hédonisme a une relation forte au temps : il est important de faire ce
dont on a envie, pas ce qui est urgent. Les maîtres-mots qui caractérisent ce scénario sont : égoïsme,
individualisme, dématérialisation, ressources immatérielles, mais aussi : confort, cocooning,
jouissance des matières et des formes (le toucher, la chaleur), le politiquement correct.

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Scénarii de développement et analyse systémique



Les variables maîtresses évoluent de la manière suivante :
• le PIB a tendance à stagner entre 0 et 1,5% ;
• la réglementation de l’environnement et des apparences est plus contraignante, mais plus
ouverte et laxiste sur les comportements individuels.


5.5.1 Conséquences pour la plasturgie française
La plasturgie, en tant qu’industrie indépendante, disparaît au profit d’une industrie plus largement
ouverte, qui traite de l’ensemble des nouveaux matériaux, principalement orientée sur les
composites et les matériaux hétérogènes au sens large. Faute de pouvoir les recycler ou les
réutiliser, certains plastiques disparaissent, mais d’autres se développent fortement, notamment

tous les plastiques biodégradables, les résines thermoplastiques plus facilement recyclables, les
renforts et les résines à base de produits d’origine végétale.
La recherche et l’innovation se sont concentrées sur les méthodes de recyclage et une meilleure
utilisation des matières premières. Par exemple, dans l’agriculture, les paillis sont exclusivement
biodégradables et se transforment sur place en compost ; les sacs plastiques repassent au papier ou
deviennent eux-aussi biodégradables et directement traités avec les déchets urbains.

On assisterait d’abord à une amplification jusqu’à 5 ans des tendances négatives, mais ensuite des
opportunités apparaissent dans une refondation de l’industrie. Les jeux sont faits dans le
packaging de luxe où les meilleures entreprises françaises sont maintenant contrôlées par des
groupes anglo-saxons. Après cinq ans (la traversée du désert pour le design français), les
contraintes sont absorbées avant de rebondir sur une nouvelle créativité qui réponde aux nouvelles
exigences des consommateurs, tout en respectant mieux les contraintes sociétales.


5.5.2 Actions à entreprendre : exploiter les opportunités environnementales


• Eviter les distorsions de concurrence résultant du manque de progressivité de l’application des
directives environnementales plus stricte en France que chez nos partenaires et plus strictes en
Europe que dans les pays hors de la zone. En France, l’application de la législation
environnementale relève du Ministère de l’Intérieur, et non pas de celui de l’Economie (et de
l’Industrie), et les mesures sont centralisées, alors que dans la plupart des pays concurrents


européens, l’application de la législation, décentralisée, est plus souple.


• Impliquer toute la filière sur l’environnement, et notamment les producteurs de matières
premières et pas seulement les pétro-chimistes.
• Pour rester en phase avec les nouvelles contraintes sociétales, les transformateurs et, surtout,
les donneurs d’ordres doivent savoir s’ouvrir aux nouveaux matériaux issus de l’agrochimie et
combiner des matières et des états de surfaces hétérogènes.
• Imposer le respect de l’environnement par les procédés de fabrication des producteurs extra-


européens des produits importés en Europe.


• Assurer la viabilité de la filière du recyclage, soit par une implication totale des producteurs
de résines, de façon à ce qu’ils ne concurrencent pas les matériaux issus du recyclage en
déplaçant les taxes écologiques du « pollueur-payeur », qui stérilisent l’aval de la filière et
empêchent les déchets de remonter en tête de la transformation, vers le haut de la filière. Le
système pollueur-payeur permet de développer la collecte, mais freine le recyclage, et
l’innovation technologique du recyclage.


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CHAPITRE 6
RECOMMANDATIONS DE NODAL




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1 AXES DE DEVELOPPEMENT DE LA PLASTURGIE


1.1 Les contraintes de la filière
La situation de subordination des sous-traitants - au premier degré vis-à-vis des donneurs d'ordres
et au second degré vis-à-vis des équipementiers, position dans laquelle se trouve un nombre
considérable d'entreprises de la plasturgie - se traduit par d'importantes contraintes - délais de
livraisons draconiens et encyclés avec le process du client, qualité et traçabilité exigées (au risque

de fortes pénalités), prix tirés sans prise en compte des surcoûts. Certaines de ces contraintes, à
court ou à moyen terme, peuvent mettre en cause la pérennité même des entreprises françaises
concernées, notamment l'emballage et la fabrication de pièces techniques.
Ainsi, la hausse considérable, ces dernières années, du coût des matières premières (de 40 % à
100% pour certaines résines) n'a pas pu être répercutée sur les prix des produits transformés. Elle
est, en outre, aggravée par le jeu triangulaire entre fournisseurs de matières premières, donneurs

d'ordres et plasturgistes – les premiers faisant auprès des seconds, la promotion de nouveaux
matériaux dont le surcoût devra être assumé par le troisième.
Les industriels les plus « banalisés » de la plasturgie, comme la majorité des métiers de sous-
traitance sans spécialité, sont confrontés à une forte pression sur les prix exercée par leurs clients.
La diminution des marges engendrée par des baisses récurrentes et imposées de façon autoritaire
dégrade la rentabilité des PMI de ce secteur d'activité et met en péril leur pérennité.


Malgré les efforts de formation accomplis par la profession française, celle-ci subit une pénurie de
personnel qualifié, due notamment à la hausse du niveau d’activité en 2000 et à l'entrée en
application progressive des 35 heures. Cette dernière mesure affecte mortellement la compétitivité
des PME sur des marchés très internationalisés, fortement concurrentiels et à très faible marge.
L’utilisation intensive des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC)
devient une nécessité pour les industriels de la plasturgie. Elle conditionne la capacité des sous-
traitants à répondre dans de brefs délais aux exigences des donneurs d'ordres et devient un impératif


de développement. La possibilité pour les industriels de communiquer en hauts débits apparaît


indispensable pour maintenir des relations techniques et commerciales de qualité avec la clientèle.
L’insuffisance des réseaux et de leur débit dans les régions, et la maîtrise insuffisante de ces
technologies en France deviennent des handicaps face à des pays mieux équipés ou offrant des
prestations à moindre coût.

1.2 Les perspectives économiques et techniques




Le recours aux matières plastiques, tant pour les produits courants que sophistiqués ira croissant, ce
qui est en soi une garantie de large expansion des marchés de la plasturgie. Certains marchés comme
l'automobile et l'électronique devraient connaître un développement important, d'autres sont moins
prometteurs ou pourraient être dangereusement affectés par la concurrence étrangère.
La croissance des marchés, amplifiée par l’externalisation croissante, et l’émergence de
nouvelles zones géographiques de consommation (Europe de l'Est, Amérique du Sud, Chine),


ouvre également la perspective d’un accroissement important du marché mondial, qui entraînera,
vraisemblablement, le prolongement de la tendance actuellement observée des entreprises
françaises – et de leurs homologues européennes – à fortement s’implanter à l'étranger. Cette
perspective doit être considérée comme la meilleure opportunité de création de nouvelles bases de
développement industriel et commercial pour les entreprises françaises.

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Les mouvements de concentration de nombreuses PME françaises, déjà largement engagés, de-
vraient se poursuivre dans une optique de croissance et de présence à l'international. Il existe cepen-
dant un risque que cette concentration ne se réalise au bénéfice de groupes étrangers, avec le passage
sous contrôle de groupes étrangers spécialisés, des entreprises françaises les plus innovantes ou les


plus productives, et, comme corollaire, le transfert des centres de décision ou de R&D dans des pays
européens plus attractifs.
L'innovation constitue le paramètre essentiel du développement de cette industrie en France.
L’exploration technique du champ des résines traditionnelles de base est pratiquement terminée.
Seules sont aujourd’hui produites celles qui offrent des avantages concurrentiels – surtout vu sous
l’angle du producteur de matières premières. Les développements actuels de produits de masse por-
tent beaucoup plus sur la réalisation d'alliages de plusieurs polymères et/ou de mélanges avec des

additifs, afin de conférer aux matières premières de nouvelles propriétés : durabilité, tenue à des
contraintes spécifiques, stabilité des propriétés dimensionnelles et résistance aux agents extérieurs,
vieillissement, recyclabilité aspect, toucher, transparence, souplesse, dureté.
Les matériaux organiques présentent des propriétés spécifiques qui devraient leur permettre
de nouvelles avancées scientifiques et technologiques qui constitueront, au profit de la plasturgie,
un facteur incontestable de développement ; ces progrès auront un impact important sur les techno-

logies de mise en oeuvre et sur les métiers des plasturgistes, mais également sur leurs marchés et sur
leur rôle dans la filière :
• les polymères biodégradables, déjà utilisés en agriculture, pourraient être promis à un très
fort développement dans le secteur de l’emballage.
• les alliages de polymères et des mélanges polymères-additifs offrent une infinité de solutions
parmi lesquelles il est possible de trouver des réponses à de nombreux problèmes ou d’obtenir


les caractéristiques désirées pour le produit final (par exemple, la réduction de la perméabilité
aux gaz, aux essences aromatiques, aux parfums, l'amélioration de la tenue en température, du
module d'élasticité, du coefficient de frottement).
• l'électronique et l'informatique utiliseront bientôt des polymères conducteurs comme diodes,
pour des puces qui permettront de multiplier la capacité des puces actuelles, des connecteurs
de la taille de l'angström, de blindage électromagnétique.
• les polymères à mémoire de forme (développés, par exemple, par Mitsubishi Heavy


Industries au Japon), qui reprennent leur forme initiale par simple variation de température,
trouveront des applications potentielles principalement dans le médical (organes artificiels,
vaisseaux sanguins, stent), l'électronique (joints, contacteurs), la mécanique (bagues, joints),
les produits de grande consommation (jouets, textiles) et l'amortissement des vibrations.
• les nano-polymères et nano-composites s'inscrivent dans la famille des nano-matériaux (dont
au moins un des composants est de la taille « sub-microscopique » de 1 à 10 angströms) ; ils
participeront à l’allègement et à l’amélioration de la sécurité des automobiles, au stockage


d’hydrogène, et les nano-technologies au secteur médical (puces bio, lab on chip).


• les matériaux actifs dits « intelligents » réagissent à une information donnée et agissent en
fonction du signal perçu, tels les piézo ou rhéologiques ou à changement de phase. Le
développement de ces polymères permettra de produire des matières de plus en plus réactives,
ouvrant de vastes applications en mécatronique, notamment en biologie.
La prise en compte de l’environnement par l’industrie de la plasturgie représente un enjeu
stratégique prioritaire dans lequel ce secteur s'investit déjà. La mise en place des programmes Eco-


emballages ou Edit, dans le secteur automobile, illustre cette prise en considération qui, au-delà des
simples questions de coûts, peut constituer un atout incontournable pour l’industrie de la plasturgie
des pays développés face à la concurrence des pays asiatiques. La valorisation des produits après
usage, la promotion et le développement de la recherche sur la collecte et le recyclage doivent être
poursuivis et amplifiés, notamment grâce aux actions de soutien de l’Ademe.

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1.3 Les principaux axes d’actions
La réactivité et la capacité d'évolution, de structuration et de renforcement des transformateurs
constituent des facteurs stratégiques essentiels au maintien de leur activité économique Pour


préserver l’existence de ce secteur d’activité et assurer son développement, plusieurs actions
devraient être menées conjointement par les pouvoirs publics, les organisations
professionnelles, et les transformateurs eux-mêmes, notamment, afin de :
• améliorer la compétitivité de la main d’œuvre (formation et contraintes sociales),
• élever le niveau technologique des transformateurs par des actions de promotion des
formations spécifiques et des aides au recrutement, et le renforcement des liens entre les
centres de formation et la profession (gestion des ressources humaines),

• promouvoir l’intégration de métiers complémentaires et de produits propres comme


facteur de développement de l’activité des transformateurs, d’autonomie stratégique et
d’amélioration de leurs marges (partenariats et alliances),
• améliorer la capacité financière des transformateurs (délais de paiement, financement,
amortissements),

• renforcer la capacité de négociation des transformateurs avec les donneurs d’ordre (par exem-
ple, en favorisant la création de réseaux d’achats dans le cadre de « districts industriels »),
• réduire la discrimination réglementaire avec les produits importés en Europe par des actions
conjointes entre organisations professionnelles nationales et européennes et pouvoirs publics
nationaux européens (Ministère de l’Environnement, Ministère délégué à l’Industrie,
Ministère du Travail, Commission européenne),


• promouvoir les investissements immatériels pour l’innovation (R&D, design, NTIC,


marketing, commercial).

2 LES ORIENTATIONS DE LA PROFESSION




2.1 Les industriels de la transformation


1. Choisir une stratégie de croissance pérenne :
Au cours des années à venir, assurer l’accroissement de la productivité sera incontournable, mais
ne constitue pas une base suffisante pour le développement futur des entreprises de la plasturgie,
ni même le moyen principal pour contrecarrer l’effet de ciseaux entre producteurs de matières
premières et donneurs d’ordres. Or, le manque de visibilité actuelle peut conduire une partie de la
profession à une impasse stratégique.


Aussi, les industriels, sous-traitants de la transformation des matières plastiques, devront


nécessairement choisir entre trois stratégies :
• Une stratégie industrielle d’innovation de niche technologique, spécialisée sur des productions
à haute valeur ajoutée, qui devra être sous-tendue par des investissements permanents de recher-
che et de développement permettant à l’entreprise de conserver le leadership qu’elle aura déve-
loppé dans son domaine d’activité. Cette stratégie ne peut être mise en œuvre que dans le cadre


d’un partenariat obligé avec des donneurs d’ordres ou des fabricants de matières premières (cf.
l’exemple de Solvay et de Plastic Omnium pour la réalisation des réservoirs de carburant).
Cependant, la combinaison de l’accélération des innovations technologiques et de
l’intensification de la concurrence sous l’effet de la mondialisation peut avoir des conséquences

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défavorables sur la pérennité d’une telle stratégie en raison du rythme d’obsolescence élevé des
technologies et le raccourcissement du cycle de vie des produits.
• Une stratégie industrielle de croissance par le volume transformé, à forte intensité
capitalistique, de manière à élargir le marché, pour préserver, voire améliorer, le rapport de


force vis-à-vis des fournisseurs et des clients ; cette stratégie peut s’appliquer notamment aux
métiers de l’extrusion de profilés et de tubes et à la filière de film pour l’agroalimentaire,
industrie leader en France. En effet, sur ces segments de transformation à faible valeur ajoutée,
l’effet de taille permet d’obtenir les meilleurs taux de marge.
Cette stratégie suppose, à terme, l’entrée dans des groupes réunissant des portefeuilles de
compétences. Il serait donc nécessaire de faciliter les financements et les synergies d’entreprises
afin que ces groupes puissent se constituer directement à partir du tissu industriel existant de

PME/PMI françaises, notamment à l’occasion des transmissions d’entreprises, sans qu’il soit
indispensable de passer par une dépendance de groupes étrangers. Ce dernier point implique en
particulier une simplification des transmissions d’entreprises.
• Une troisième voie de développement de produits « propriétaires » passe par l’adoption, par
les transformateurs, d’une stratégie commerciale impliquant le développement de produits

propres en OEM (Original Equipment Manufacturer) pour les marchés industriels (« stratégie
« B to B ») ou de marques propriétaires brevetées ou protégées avec son propre réseau
commercial (stratégie « B to C »). Elle implique la recherche systématique de facteurs de
différenciation en relation avec une démarche marketing et commerciale élaborée. Les
stratégies de diversification par la recherche de nouveaux produits ou de nouveaux marchés
d’application sont également possibles, mais le risque d’échec est important si le secteur choisi
est trop loin du métier d’origine. Sur des procédés très techniques, une trop grande

diversification peut, également, engendrer des baisses de rentabilité par dispersion des moyens.
Dans tous les cas, les transformateurs se doivent de développer des stratégies de proximité avec
leurs clients, afin de constituer des aires de coopération économique stable, abritées de la
concurrence erratique et de préserver leur savoir faire en empêchant qu’ils soient contraints de le
livrer aux donneurs d’ordres, notamment à l’occasion de la mise en place des marquages
matériaux, en vue du traitement des produits en fin de vie.


2. Améliorer la valeur ajoutée des transformateurs :


Bien que la France ait le chiffre d’affaires par salarié le plus élevé en Europe, la valeur ajoutée
reste loin des valeurs qui permettraient à cette industrie de dégager les marges nécessaires pour
assurer un auto-financement de croissance. Ce constat, caractéristique de la combinaison d’un
positionnement de la plasturgie française sur des productions à faible valeur ajoutée, et d’une
structure industrielle morcelée avec prédominance des petites entreprises, caractérise fortement la
fragilité structurelle de la profession française.


L’accroissement de la productivité ne se décrète pas ; plus qu’une démarche de produire plus,


c’est une démarche de produire mieux qui ne peut être que le résultat de la mise en place d’une
stratégie globale de gestion, caractérisée par :
• l’aptitude des dirigeants à envisager et à mettre en œuvre des opérations de croissance externe
par regroupement, rachat ou cession ;
• leur capacité à mener des actions commerciales et de marketing internationales pour élargir la
base de leur marché qui n’impliquent pas nécessairement une politique systématique de


délocalisation, mais qui peut en constituer un des éléments.


• la capacité des dirigeants à développer des stratégies d’intégration vers l’aval, à condition qu’ils
sachent maîtriser les nouvelles compétences nécessaires pour ce type de développement.

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Quelque soit la stratégie choisie et la compétence des dirigeants, le problème majeur auquel ils
devront faire face reste le besoin en fonds propres leur permettant les investissements
indispensables. Aujourd’hui, en France, contrairement à d’autres pays européens – Allemagne,
Royaume-Uni, voire Italie - les sources de financement pour ce type d’industrie sont difficilement


accessibles et il ne semble pas que les capitaux-risqueurs soient tentés de prendre des risques sur
une industrie à faible retour sur investissement.
3. Améliorer l’organisation interne des activités des transformateurs :
• Par la mise en place de systèmes d’information :
− en interne : l’intranet, passerelle entre les achats, la production et la logistique (de
livraison en particulier) est un moyen d’optimiser l’allocation des ressources et ainsi

d’améliorer la productivité du site industriel,


− en externe : l’extranet améliorera la commercialisation, la gestion des commandes, des
approvisionnements et des livraisons en temps réel ; le donneur d’ordres pourra suivre
l’avancement de sa commande.
• Par des partenariats forts qui pourraient renforcer l’organisation interne des PMI en
mutualisant leurs moyens d’études (hors production) afin d’accroître les capacités de

développement de nouveaux procédés et d’améliorer les fonctions de conception et de design.
Le développement d’outils logistiques communs permettra de réduire l’effort financier de
chaque industriel (car peu dépendant du nombre de sites).
• Une meilleure diffusion des méthodologies d’organisation, d’achat, de commercial et marketing
devrait permettre aux transformateurs une amélioration sensible de leur activité opérationnelle
et, ainsi, contribuer à l’accroissement de la valeur ajoutée produite. Compte tenu de la faible

capacité d’investissement des transformateurs de petite taille, un soutien au financement du
conseil, de la formation et des outils informatiques, leur permettant d’améliorer leurs
performances, semble nécessaire.

2.2 Les organisations professionnelles


2.2.1 L’évolution des structures professionnelles


Dans les domaines économiques et techniques, aujourd’hui, la pertinence résulte manifestement


des organisations par marché, et les entreprises expriment le besoin d’un renforcement des
structures de coordination européennes. Les français ont pris un retard en ce domaine. Les
organisations professionnelles devraient accroître leur présence auprès des organisations
européennes et mieux accompagner les entreprises, en particulier sur toutes les questions touchant
à l’environnement.
Les organisations de branches françaises (tubes, profilés, emballages, produits pour la


construction d’automobiles, films), au delà des actions réalisées au niveau fédérale, devraient
s’impliquer davantage pour approfondir les questions liées à l’Europe. Elles sont déjà engagées
dans des groupes sectoriels européens - quelques grandes entreprises multinationales étant très
impliquées sur ces domaines (produits pour le bâtiment et sécurité alimentaire par exemple) – mais
il semble qu’elles aient pris du retard sur leurs homologues européennes, les entreprises allemandes
et celles d’Europe du Nord ainsi que leurs représentants professionnels s’étant beaucoup impliqués
dans les activités européennes avec le soutien de leurs fédérations nationales.


Les enjeux de la plasturgie française dépassent largement le marché national et ne peuvent plus se
traiter uniquement en termes de politique industrielle française. Les organisations
professionnelles, qui, historiquement, se sont structurées sur des thèmes nationaux, doivent mieux
intégrer les dimensions européennes, même en ce qui concerne le social, où l’harmonisation
européenne ne se réalise que progressivement.

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Les organisations professionnelles doivent développer de nouvelles activités d’information des
entreprises françaises, des pouvoirs publics et des médias sur la réalité de l’environnement
administratif et social des entreprises de plasturgie comparée à celle des pays concurrents et voisins.
Dans le domaine de l’environnement par exemple, les différences sont considérables, d’un pays à


l’autre, dans la manière dont la même directive, en phase finale, se traduit par une contrainte ou,
parfois, une opportunité pour l’entreprise. Les allemands, les belges, les hollandais, les nordiques,
les britanniques ont souvent été à l’origine de réglementations très contraignantes en « lobbying
montant » vers la Commission de Bruxelles et le parlement européen, de réglementations que
l’influence française n’a pas pu contrecarrer. Bien souvent, au moment de l’application de ces
réglementations dans les Etats membres, nos voisins savent aménager les accommodements que leur
sens économique et pratique - et les nécessités de la concurrence - leur suggèrent, au cas par cas,

dans un système décentralisé, alors que les français s’en tiennent à la lettre des textes, que les préfets
et les Drire, représentants locaux du pouvoir centralisé, ont pour charge de faire appliquer
uniformément et en toute rigueur, parfois même, les Ministères français apportent leur propre
« valeur ajoutée » en intégrant quelques contraintes additionnelles aux directives européennes. Les
organisations professionnelles pourraient, sans doute, mieux anticiper les défis et les difficultés, et
défendre leurs adhérents en étant particulièrement vigilantes sur les distorsions de concurrence qui

résultent d’importantes différences dans l’application d’une règle du jeu, à l’origine, commune.
Cette analyse de Nodal Consultants est complétée par EuPC et certains membres de la
Commission européenne qui estiment que les organisations professionnelles françaises ne sont pas
suffisamment impliquées dans les organisations professionnelles fédérales et, d’une façon
générale, qu’elles sont peu présentes auprès de la Commission européenne à Bruxelles, et
nettement moins que leurs homologues italiennes, allemandes ou danoises.


2.2.2 La promotion du secteur de la plasturgie


1. Dispositif de veille
La multiplication des marchés, des technologies et des sites de production de la plasturgie nécessite
de disposer d’une vision d’ensemble ouverte et prospective. En outre, l’évolution rapide et perma-
nente des réglementations communautaires, touchant notamment à l’environnement et à l’hygiène et
sécurité (limitation des taux de COV, par exemple), impose une réactivité et une adaptation continue


des industriels. Les organisations professionnelles de la plasturgie française devraient intégrer le


concept d’intelligence économique au bénéfice des acteurs industriels de la filière ; à cet effet, il se-
rait nécessaire d’élargir les moyens de veille technologique et commerciale, notamment à
l’international, et de développer les outils permettant à leurs adhérents de disposer de ces
informations.
De la même manière, le rôle de ces organisations pourrait être étendu à une veille économique et
stratégique d’information, d’alerte et de conseil sur le marché intérieur, afin d’anticiper les


mouvements de concentration ou de regroupement pour faire bénéficier de cette information, au


premier chef, les entreprises françaises.
Enfin, ces organisations devraient jouer un rôle accru d’interface entre les organismes publics de
recherche, les centres techniques ou pôles de compétences et les bureaux d’études des
transformateurs, des producteurs de matières premières et des donneurs d’ordre. Elles pourraient
assumer un rôle de catalyseur de l’innovation en favorisant et soutenant les rapprochements ou les
partenariats de R&D : « la Fédération française pourrait avoir une action de sensibilisation des


transformateurs à l’innovation et favoriser ainsi le transfert de nouvelles technologies à la


plasturgie » (CLFA – Catherine Busser).
La mise en place du Comité Scientifique et Technique et la création de la base de données
Vivaplast, développée en partenariat avec le Ministère de l’Economie, des Finances et de
l’Industrie, apporte une première réponse à ce besoin.

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2. Promotion & communication externe
Tous les industriels de la matière plastique, fédérés au sein d’associations professionnelles
nationales et européennes, doivent faire partie d’un même réseau global incluant les structures
d’information, de conseil sur le marketing/design et les supports techniques afin de soutenir


l’industrie du plastique auprès des institutionnels et participer à leurs décisions.
Un plan de communication et de promotion pour l’emploi pourrait être mis en place par les
organisations professionnelles pour accroître la visibilité de l’industrie dont les objectifs seraient :
• positionner les plastiques et les composites comme secteur porteur d’emplois et de carrières
technologiques,
• sensibiliser les intervenants des réseaux d’aide aux chercheurs d’emploi sur les possibilités de

carrière offertes dans la plasturgie,


• poursuivre les efforts de promotion des carrières de la plasturgie par des actions de
sensibilisation destinées aux étudiants et aux conseillers d’orientation qui devraient faire
connaître et apprécier cette industrie, ses métiers et professions et ses possibilités de carrière.
L’élaboration de ce plan de communication, en concertation avec les différents intervenants du

secteur devrait permettre d’améliorer la visibilité et l’image du secteur. Les entreprises, tout
autant que les institutions d’enseignement et les associations du secteur, devront donc s’investir
dans le développement de l’image de l’industrie des plastiques pour assurer une meilleure réponse
aux besoins de main-d’œuvre des entreprises.
Il est aussi important, pour ces différents acteurs, d’évaluer les points forts et les points faibles de
l’emploi dans le secteur. La rémunération et les conditions de travail, mentionnées à de
nombreuses reprises comme étant des freins au recrutement, nécessitent d’être précisées et mises


en perspective face à d’autres secteurs industriels qui ne bénéficient pas toujours de potentiels de
développement aussi prometteurs.
3. Améliorer les relations au sein de la filière :
Pour améliorer les relations clients-fournisseurs et renforcer la capacité de négociation des
transformateurs avec les donneurs d’ordre, les organisations professionnelles pourraient inciter les
transformateurs à établir leurs contrats de fourniture suivant des contrats-types dans lesquels, en


particulier, les responsabilités, les devoirs et les garanties de chacune des parties seraient
clairement précisées ; cette mesure pourrait être complétée par la création d’une cellule de soutien
juridique qui aiderait les transformateurs à identifier les difficultés résultant des clauses, ou de
l’absence de clauses, des contrats proposés par le donneur d’ordres. A cet égard, le « Guide du
Plasturgiste », élaboré par la fédération, est un outil insuffisamment exploité par les plasturgistes.
La création, dans le cadre régional, par exemple, de plate-formes d’achat de matières premières
permettrait aux transformateurs de regrouper leurs besoins afin d’accroître leur pouvoir de


négociation et, ainsi, de limiter les conséquences des relations conflictuelles entre vendeur et
acheteur, telle qu’elles existent en France. La plate-forme de données Matierplast, développée en
collaboration avec le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, ouvre, dans ce
domaine des perspectives et permettra d’apporter des éléments de réponse.
Les organisations professionnelles pourraient également créer un portail extranet de place de
marché pour la mise en relation des transformateurs, particulièrement les plus petits, avec les
donneurs d’ordres ; une telle plate-forme permettrait aux transformateurs :


• d’avoir une meilleure visibilité de leurs marchés par une meilleure connaissance et
l’appréciation des conditions de la demande des donneurs d’ordres,
• de suppléer aux moyens commerciaux des transformateurs de petite taille en leur permettant de
faire facilement et rapidement connaître leurs spécificités auprès des donneurs d’ordres.

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4. Favoriser le perfectionnement technologique des transformateurs :
Faire mieux connaître aux petits transformateurs les mesures de soutien institutionnel telles que
les aides à l’embauche de techniciens, de chercheurs et de cadres (aides au recrutement pour
l’innovation de l’Anvar, Arc des DRIRE, conventions industrielles de formation par la recherche -


CIFRE, conventions pour les diplômes de recherche technologique - DRT), permettrait de
favoriser le recrutement de personnel de haut niveau de formation.
Les industriels de la transformation participent peu aux programmes nationaux ou internationaux
de recherche (Eurêka, PCRD) ; en effet, les procédures d’accès à ces programmes sont souvent
jugées lourdes et coûteuses en nombre d’homme/jours pour des petites structures et leur capacité
de R&D est encore insuffisante pour pleinement bénéficier des retombées de ces programmes. La
simplification de leur accès devrait permettre une participation plus importante des PME.

D’autres programmes, faisant une part plus large aux problèmes directement liés aux activités
de production, permettraient de mieux impliquer les transformateurs dont la très grande partie de
l’activité est exclusivement consacrée à la production. Une meilleure information permettrait aux
transformateurs de suivre les avancées technologiques des grands fabricants et, éventuellement, de
participer à leurs projets de R&D.

5. Réduire la discrimination réglementaire avec les produits importés :
Les organisation professionnelles nationales et européennes (APME, EuPC) devraient renforcer
leurs actions auprès de la Commission européenne afin de faire respecter les normes et directives
qui s’appliquent aux produits fabriqués en Europe aux produits importés, notamment les
réglementation liée à l’environnement, au marquage, à l’hygiène et à la sécurité du travail.


3 L’ADMINISTRATION ET LES COLLECTIVITES

3.1 Le Minefi
1. Accroître l’attractivité de l’environnement économique :


L'amélioration de l’attractivité du territoire français devrait constituer un des axes majeurs de la


politique économique ; dans son dernier rapport, l'OCDE observe que « de nombreux Etats
multiplient les procédures favorisant la mobilité du travail qualifié et hautement qualifié pour
pallier la pénurie sectorielle de main d’œuvre ».
Pour accroître l'attractivité de la France, les pouvoirs publics peuvent intervenir directement sur
les paramètres qui influencent les décisions d'implantation et promouvoir des politiques
structurelles garantissant la compétitivité internationale. Ils peuvent promouvoir plusieurs


indicateurs fondant les décisions d'implantation ou, le cas échéant, de transfert de centres de
décision (sièges sociaux, unités industrielles, centres de R&D) :
• la taille du marché et son dynamisme, l'existence de sources d'approvisionnement en matières
premières et la qualité des infrastructures ;
• des indicateurs fiscaux, juridiques et sociaux : fiscalité des entreprises et des personnes,
charges sociales, stabilité du cadre réglementaire, attitude des administrations, flexibilité du


marché du travail, productivité de la main-d’œuvre ;


• des critères subjectifs, liés à l'image que véhicule le pays (style de vie, environnement).
La compétitivité se joue sur un large ensemble de critères qui affectent la performance globale de
l’économie ; les pouvoirs publics doivent donc, dans la mesure où ils peuvent maîtriser ces
facteurs, à la fois, assurer un cadre juridique et macro-économique stable, des coûts salariaux

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compétitifs, des systèmes de financement abondants, des infrastructures performantes, un marché
du travail flexible, une main d’œuvre qualifiée et formée.
2. L’intégration industrielle comme facteur de développement :


Sous les réserves mentionnées ci-dessus, concernant, notamment, la nécessité de réunir les
compétences de direction indispensables, l’intégration, par acquisitions ou partenariats, de métiers
complémentaires est une nécessité pour les entreprises de transformation.
Cette intégration pourrait s’envisager à travers le développement, soutenu par les pouvoirs publics,
de Systèmes Productifs Locaux (SPL) ou districts industriels. La Digitip pourrait mener une ré-
flexion sur le soutien à leur mise en oeuvre pour développer les synergies entre entreprises sur un
territoire donné et optimiser les structures régionales ou interrégionales existantes qui pourraient

constituer les éléments moteurs de ce développement. La dimension des unités industrielles, leur
relative concentration dans certaines zones géographiques, leur réactivité, sont autant d'atouts pour
favoriser le regroupement d'entreprises et ne pas subir les processus de déconcentration ou de délo-
calisation qui ne pourraient qu'aggraver le degré de dépendance et d’appauvrissement du secteur.
Dans une économie globalisée, il paraît également souhaitable à Nodal Consultants qu’une réflexion
internationale, au moins européenne, soit engagée sur la compétitivité des infrastructures, des

ressources humaines et de l'innovation, pas seulement technologique mais aussi sur l'innovation du
milieu socio-économique (coordination, implication) sur les territoires qui ont développé, en France,
une activité de transformation. Cette réflexion, sur un thème donné comme la plasturgie,
constituerait, en même temps, une contribution importante à la politique actuelle de régionalisation
et de décentralisation. Elle devrait principalement concerner les 7 ou 8 régions françaises qui ont
déjà développé un important secteur de la transformation des matières plastiques.


3. Améliorer la capacité financière des transformateurs :


Les petits transformateurs se plaignent du manque de soutien des organismes publics pour contrer
la forte pression des grands donneurs d’ordres qui agissent, comme les acteurs de la grande
distribution, en réduisant au minimum les prix d’achat des produits plastiques transformés et en
leur appliquant des clauses et conditions d’achat incompatibles avec leur survie.
Les pouvoirs publics doivent reconnaître formellement l’industrie des plastiques comme un


secteur déterminant pour l’industrie et l’emploi. Cette reconnaissance, permettrait une prise en
compte plus stratégique de l’industrie des plastiques comme secteur national à forts enjeux
économiques et contribuerait à accroître sa notoriété.
Les transformateurs français – comme l’ensemble des professions dépendantes de la sous-
traitance – ne disposent que d’une très faible marge de manœuvre sur les coûts de main d’œuvre,
qui ne pourront jamais s’aligner sur ceux des pays à bas coût ; face à une situation, nationale et
internationale, aussi fortement concurrentielle, une réflexion devrait être engagée entre pouvoirs
publics et organisations professionnelles pour tenter de trouver des solutions permettant aux


transformateurs d’améliorer la compétitivité d’une main d’œuvre compétente, mais à coûts élevés.
Il revient aux pouvoirs publics de faire respecter la loi NRE sur les délais de paiement, ainsi que
les clauses contractuelles afin de réduire les besoins en fonds de roulement des entreprises
Il leur revient également de réfléchir aux conséquences économiques de l’accroissement des
besoins en fonds de roulement comme conséquence des avances substantielles de TVA
imposées aux transformateurs au titre des outillages et cela bien en amont de la livraison des


premières pièces fabriquées avec ces moyens.


Toutefois, ces questions, essentielles pourtant pour les PME, ne pourront être résolues que dans le
cadre plus large des réserves de propriété.

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Recommandations de Nodal



3.2 Les actions régionales
La plasturgie s’est considérablement développée dans 7 à 8 régions françaises et dispose d’une
réelle capacité de croissance si un certain nombre d’hypothèques sont au préalable levées ; les


régions, dans le cadre de leurs nouvelles compétences, auront un rôle éminent à jouer dans
l’accompagnement de ces entreprises pour mettre en place l’environnement économique local
favorable à leur développement, notamment en matière de formation, de recherche et
d’innovation, et sur les moyens d'intégrer les évolutions rapides que connaît ce secteur. Les
missions qui leur seront dévolues pourraient être de :
• développer l’appareil régional de formation spécialisée,
• poursuivre la mise en place et l’organisation vers plus d’efficacité des dispositifs de

recherche, de transferts de technologies et d'innovation locaux,


• d’accompagner les entreprises de plasturgie dans leur développement, c’est à dire leur
permettre, entre autres, de mieux prendre en compte les mouvements de concentration et de
rachat par des groupes étrangers.
Dans le domaine de la formation, les structures locales en place répondent en grande partie aux

besoins actuels ; mais des mesures ponctuelles doivent être encouragées pour absorber les pics de
croissance des besoins en main-d’œuvre qualifiée et anticiper les nouvelles exigences des
industriels, notamment dans leur démarche d’intégration de nouvelles fonctions de gestion.
Un effort local doit être entrepris pour la formation d'outilleurs avec une meilleure connaissance
de ce métier par les jeunes et une amélioration des capacités de formation des lycées
professionnels pour mieux répondre aux attentes des entreprises.


Une meilleure information sur les nombreuses aides régionales ou locales existantes (aides aux
programmes d’investissement créateurs d’emplois permanents, fonds européen de développement
régional, programmes d’investissement de mise à niveau technologique s’inscrivant dans un projet
de développement global) permettrait d’améliorer l'accès des entreprises à ces sources de
financement.
La recherche, l'innovation et les transferts de technologies doivent bénéficier d'une attention
particulière ; les spécificités des entreprises de transformation de matières plastiques nécessitent la


présence d'interfaces de transfert de technologies industrielles pour diffuser l'innovation. Compte


tenu des caractéristiques de cette profession très liée à la mondialisation, il est souhaitable que les
régions et les collectivités locales confortent et renforcent leurs actions d'internationalisation.
Les dispositifs actuels d'accompagnement des entreprises, d'aide à l'implantation, à la création ou
au développement (exportation, aides au conseil, recrutement de cadres) devront être renforcés,
notamment par de nouveaux modes de financement des investissements productifs, quelle que soit
la taille des entreprises concernées.


La présence accrue des grands donneurs d'ordres français (constructeurs et équipementiers de


premier rang) sur les marchés étrangers impose aux PMI susceptibles de les accompagner des
contraintes administratives, techniques et financières difficiles. La mise en place par les régions de
mécanismes de soutien de cette démarche d'expansion internationale serait de nature à compléter les
dispositifs actuels en faveur du développement économique local des entreprises.

3.3 Les actions de soutien à la R&D




Dans le secteur des plastiques, l’innovation a un rôle essentiel à jouer dans la croissance
économique et la qualité de la vie en Europe. Les pouvoirs publics, qu’ils soient nationaux ou
locaux, peuvent faciliter et catalyser cette innovation et améliorer la diffusion de l’information
scientifique et des opportunités de participation à la R&D publique.

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Recommandations de Nodal



L’apport de la R&D appliquée représente un enjeu majeur pour le renforcement et le
développement de l’industrie de la transformation des plastiques. A titre d’illustration, on peut
citer l’exemple de l’industrie textile : il y a quelques années, l’industrie textile française (et
européenne) était au plus bas ; aujourd’hui, la France et l’Italie produisent des textiles à haute


valeur ajoutée qui ne sont pas en concurrence directe avec les pays à bas coût de main d’œuvre,
tels que les textiles du futur destinés à l’électronique, aux matériaux composites, au domaine
médical (tissu de greffage), grâce au rôle d’un centre technique exemplaire, l’IFTH.
L’Europe doit se maintenir dans une position de leader par la connaissance scientifique et
l’innovation technologique pour conserver son bien-être et sa croissance économique à un niveau
élevé. Actuellement, la recherche en Europe se situe à 1,8% du PIB comparée à 2,8% aux Etats-
Unis et 2,9% au Japon. De plus, en Europe, seulement 0,25% des employés de l’industrie sont

concernés par la recherche comparé aux 0,67% aux Etats-Unis et 0,6% au Japon. La recherche
appliquée sur les polymères pourrait se développer dans les domaines suivants :
• Etat de l’art : l’Europe est contrainte à prendre une position dominante dans la connaissance
scientifique et le développement technologique des nouveaux matériaux et procédés ; des
études sur « l’état de l’art » mondial sont indispensables ; le développement des centres
d’excellence devrait être élargi à l’Europe.


Matériaux de base, notamment les bio-polymères à haute performance (actuellement,
presque aucun bio-polymère n’est utilisé dans l’industrie de la transformation), les méthodes
de production à partir de souches génétiquement modifiées et de micro-organismes. L’objectif
premier de la recherche sur les matériaux de base doit se concentrer sur l’amélioration de la
qualité environnementale des polymères plus que sur les économies d’énergies fossiles
(pétrole et gaz naturel) dans la mesure où l’industrie des polymères ne représente que 4% de

la consommation d’énergie fossile et la réduction de la consommation de ces matières
premières, de production fatale du raffinage, ne constitue pas un objectif prioritaire de R&D.
• La catalyse est l’outil important de la synthèse des polymères ; elle forme la base des futures
avancées des polymères et présente un aspect multidisciplinaire. L’amélioration de la catalyse
constitue un moyen puissant de rendre les procédés plus économes et efficaces.
• L’ingénierie des procédés devrait se concentrer sur la modélisation, la simulation et le


contrôle des procédés. Cette recherche donnera à l’industrie de la transformation des outils
puissants pour la conception, la mise au point et la conduite des opérations de transformation.
En particulier, le devenir des PMI de la transformation dépend d’un niveau élevé d’innovation
et d’amélioration des procédés. L’innovation dans les procédés en matière de sécurité, de
coûts et d’environnement devrait permettre à l’industrie européenne de la transformation de
rester compétitive face à l’industrie des pays asiatiques.
• L’automatisation flexible des procédés permet une meilleure qualité et variété des produits,
des conditions de travail des employés plus sûres, la réduction des coûts (énergie et matières


premières), la réduction des émissions polluantes (COV).


• Propriétés des polymères et copolymères : l’étude systématique des relations entre la
composition des polymères et leur architecture permettra de mieux comprendre les propriétés
au niveau moléculaire et les propriétés macroscopiques du matériau final et de créer de
nouveaux produits à hautes performances.
• Composites et nouveaux matériaux : l’innovation dans ce domaine constitue une des plus


importantes contributions à la prospérité de l’Europe et la recherche doit en couvrir un


nombre important de domaines tels que :
− développement et application de nouveaux matériaux, matrices et renforts ; les
opportunités commerciales existent pour de nouvelles applications économiques avec des
propriétés mécaniques et de durabilité accrues, et de résistance aux hautes températures.

151
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Recommandations de Nodal



− développement de nouvelles technologies mécaniques de production : moulage par
compression, moulage-injection, extrusion, RTM, RIM, pultrusion, enroulement
filamentaire.
− les applications potentielles des composites sont nombreuses dans des domaines tels que les


transports, l’électricité/électronique, le bâtiment et la construction, les sports et loisirs,
l’industrie chimiques, l’énergie (pales d’éoliennes), les bateaux, les plate-formes de forage.
• Procédés de transformation : l’industrie de la transformation est largement constituée de
PMI. Pour survivre ces sociétés doivent relever le défi de la concurrence des pays asiatiques ;
ceci n’est possible que si ces entreprises peuvent s’adapter aux changements avec une
innovation continuelle et une augmentation de la valeur ajoutée produite. Les projets de
recherche devraient se concentrer sur le développement de nouveaux produits et de nouveaux

procédés donnant une atout économique concurrentiel important.


• Récupération : ce terme recouvre à la fois le recyclage et la récupération énergétique. Une
récente étude de l’APME montre que l’augmentation au delà de 15% du recyclage des
emballages plastiques n’a pas d’influence en terme d’éco-efficience. Si le taux de recyclage
est porté de 15 à 50%, les coûts augmenteront par un facteur de 3 tandis que l’impact sur

l’environnement restera comparable. La récupération des matières plastiques, au delà de 15%,
doit être considérée en termes de récupération d’énergie :
− développement de méthodes normalisées pour déterminer le comportement à long terme
des matériaux recyclés, méthodes d’analyse pour déterminer la composition et la
dégradabilité des composants recyclés, taux de stabilisants et d’impuretés, toxicité
éventuelle ;
− détermination des propriétés physiques et du comportement en machine des produits


recyclés pour la production de pièces à partir de matériaux recyclés ;


− formation des concepteurs des bureaux d’études et des usagers à l’utilisation des
matériaux recyclés ;
− intégration de fonction : lorsque cela est possible, le recyclage devrait être considéré
comme partie intégrante du procédé de production ;
− réduction des coûts des procédés de recyclage ;


− création d’outils de mesure et d’indicateurs pour l’évaluation de l’impact sur


l’environnement et pour l’analyse socio-économique.
Développement technique, normalisation, méthodes de contrôle sont tous des domaines de
recherche nécessaires au développement des nouveaux matériaux légers. De nouvelles
technologies sont exigées : outils de conception, prototypage rapide et virtuel, machines à cadence
de production élevée, outils et procédés d’assemblage (collage), modèles informatiques et
procédures d’essais.


Les programmes CRAFT donnent aux PMI l’opportunité de faire de la recherche et du


développement technologique à travers des coopérations avec les universités, la recherche
publique ou les grandes entreprises. Toutefois, de nombreuses PMI hésitent encore à participer à
ces programmes dans la mesure où ils nécessitent des investissements considérables en temps,
efforts et ressources financières avec seulement une faible chance de réussite en fin de parcours.
Pour que les PMI soient réellement impliquées en grand nombre, la Commission européenne
devrait proposer des mesures de simplification et d’accélération des procédures de présentation de


projets. De plus, les PMI orientées vers la technique estiment que, dans les programmes CRAFT,
la composante socio-économique a un poids trop important et qu’une part plus importante devrait
être accordée aux aspects techniques, aux innovations technologiques et aux nouveaux produits,
qui représentent mieux leur domaine de compétences.

152
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Recommandations de Nodal



L’existence même des PMI de la transformation des plastiques dépend essentiellement de leur
faculté d’adaptation ; elles doivent donc se trouver en première ligne de la technologie.
L’innovation peut les rendre compétitives face aux producteurs à bas coûts de l’Asie. Toutefois, la
recherche scientifique et le développement technologique ont des coûts trop élevés pour les PMI.


Les centres régionaux d’excellence avec leurs compétences scientifique et technique et leurs
moyens en recherche et formation devraient être mieux utilisés pour permettre aux PMI locales
d’accéder à l’innovation à des coûts supportables.

4 VIVRE AVEC LES TENDANCES ECOLOGIQUES

Au cours des années à venir, les propriétés et les avantages des matériaux plastiques vont leur
permettre de pénétrer encore plus profondément sur les marchés grand public. Mais, dans le public,
l’image des plastiques est, en général, mauvaise. Il considère ces matériaux comme nocifs pour
l’environnement - attitude qui conduit à une réduction du nombre d’étudiants en chimie et génie
chimique et, corrélativement, à une diminution de la capacité d’innovation. L’image des matériaux
plastiques doit donc être améliorée. La Commission européenne devrait mettre en place des

programmes pour développer la réceptivité du public à ces matériaux et faire disparaître certaines idées
fausses, largement répandues, sur le caractère polluant des matériaux plastiques.
La DG Recherche incite les PME à s’orienter vers des produits de haute technologie, à haute
valeur ajoutée, conçus à partir des économies de ressources ; c’est à dire vers la fabrication de
produits non pas basés sur la disponibilité et la consommation des ressources, mais sur
l’accroissement des connaissances (thèmes de la Conférence de Johannesburg). La prise en

compte des contraintes environnementales par les PMI de la transformation des plastiques doit
donc intégrer :
• une approche globale de la filière par l’« éco-conception », politique intégrée dès la phase de
conception de nouveaux produits, qui implique tous les acteurs de la filière et la
« recyclabilité » du produit (notamment, dès l’amont) ;
• l’amélioration de l’image environnementale négative du plastique ;
• la professionnalisation de la filière recyclage : comme la notion de qualité, il y a quelques


années, le respect de l’environnement doit être considéré comme une qualité indispensable
des plasturgistes ;
• une meilleure communication : l’Ademe dispose de crédits, qui pourraient être plus largement
utilisés par les plasturgistes, pour la prise en compte des contraintes environnementales afin
de favoriser la recherche et l’innovation sur l’environnement ;
• la mise en place d’une politique locale de sensibilisation des plasturgistes à l’environnement
par l’action des chambres de commerce, notamment par la création de clubs d’échange ;


• les inspecteurs de la Drire pourraient jouer le rôle de conseiller auprès des PMI pour favoriser
une meilleure prise en compte positive et non répressive des contraintes environnementales.
De leur côté, les pouvoirs publics et les organisations professionnelles doivent faire en sorte de :
• limiter les distorsions de concurrence avec les fournisseurs étrangers résultant d’une
application unilatérale trop stricte des directives environnement,
• conforter la viabilité de la filière du recyclage par une plus grande implication des producteurs


de résines, chimistes mais surtout pétroliers.

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Analyse prospective & scénarii de développement









ANNEXES




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Annexes



Annexes 1
Liste des membres du comité de pilotage de l'étude


Nom Organisme
DiGITIP - Observatoire des Stratégies
Grégoire Postel-Vinay
Industrielles
Hervé Chalaye
Rémi Donneger DiGITIP / Sim
Marc Durand

Lise Deguen DiGITIP / Spic


Pascal Brocard DiGITIP / Sessi
Bernard Hyon DARPMI
Ronan Jourdain CFCE

Sylvie Dumartineix
Robert Moreau
 Anvar
Ispa Alençon
Claude Wolff CNAM
Alain Vielvoye
Sylvie Domenech Fédération de la Plasturgie


Patricia Lexcellent
Louis Berreur
Bertrand de Maillard
Nodal Consultants
Antoine Prestat
Bertrand Vergne




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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Annexes



Annexes 2

Liste des Contacts réalisés en 1ère et 2ème phases


Nature de l'acteur Nom de l'organisme Pays
Pöppelmann All
MTS Fr
Plastiques du Val de Loire Fr
Kerpont Plastique Fr
Strarplast Fr

LPP (La précision plastique) Fr


Les plastiques décorés Fr
Knauff Plastics Fr
Dedienne Group Fr
Apnyl Fr
Les Forges
Samsonite
MSF
 Fr
Fr
Tun
ENKI It
S.A. Ets Glory Fr
32
Minnesota Rubber and QMR Plastics Usa
TRANSFORMATEURS Plastyl Fr


Alphacan-Soveplast Fr
Plastiques GRM Fr
Etablissements Glory Fr
La Française des Plastiques Fr
Knauf Plastics Fr
Injextru Plastics Bel
Ri.Mos It


Veka All
Isola All
Mipa It
Chemfab Usa
Kurz All
MMCZ Hongrie
Plasteurofilm Fr


Logoplaste Port


156
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Annexes



Nature de l'acteur Nom de l'organisme Pays

Mission Economique Pologne Pol


ME Italie It


ME Bresil Bre
CFCE Fr
ME Allemagne All
ME Russie Ru
14
ME Japon Ja
INSTITUTIONNELS ME Royaume-Uni Ang
ME Espagne Esp

ME Etats-Unis USA
CE- Direction Industrie Internat.
CE – Direction recherche Internat.
Sessi Caen Fr
Ademe Fr
Appolor 
Agence de développement économique d’Oyonnax
Cetim
Fr
Fr
Fr
Plasturgie Picardie Fr
Ecole Supérieure de Plasturgie d’Oyonnax Fr
Critt Polymères Picardie Fr

16 Pôle de Plasturgie de l’Est Fr
Pôle Européen de la Plasturgie Fr
CENTRES ISPA Fr
DE COMPETENCES Institut Supérieur du Moule Fr
SSEC USA
IKV (Aix la Chapelle) All
Critt Matériaux Poitou Charentes Fr


CLFA (coopération laser Franco-Allemande) All


I3S Conseil Fr
NPL Ang
Clextral Fr
3
EQUIPEMENTIERS Krauss Maffei All
MSI - moule soufflage injection Fr
Groupe Arnaud Fr


6 Albis/ Bayer All


A. Schulmann Usa
FABRICANTS
MATIERES GE Plastics Nederl.
PREMIERES Solvay Bel
AtoFina Internat.


157
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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Annexes



Nature de l'acteur Nom de l'organisme Pays
Fédération de la plasturgie - Valorisation produits
Fr
plastiques


Fédération de la plasturgie - Secteur environnement Fr
Fédération de la plasturige - responsables sectoriels Fr
Fédération de la plasturgie - Réglementation/ Normes Fr
Fédération - Emballage Fr
Fédération - Construction Fr
Fédération plastique Rhône Alpes Fr
19 Plasti-Ouest Fr

APME Internat.
ORGANISATION EuPC Internat.
PROFESSIONNELLE Groupement pour l'automobile Fr
British Plastics Federation Ang
SETEP/ANAIP Esp
GKV (Plasturgie) 
VKE (matière plastique)
Centro Espanol de plasticos
All
All
Esp
CEP Esp
Society of Plastics Engineers Bel
Unionplast It
Danone Internat.


L'Oréal Internat.
Bouygues Internat.
10 PSA Internat.
Valeo Internat.
DONNEURS Plastic Omnium Internat.
D'ORDRES Faurecia Internat.


Phillips Internat.
Alcatel Internat.
Schneider Internat.
Pardos Marketing Fr
4 European Plastics News RU
DIVERS Louis Gimbert Int
Frank Wittendal Int


Nombre total d’entretiens 104




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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Analyse prospective & scénarii de développement

Annexes 3

Bibliographie
1. Sources Pays
Pays Sources Remarques
Panorama de la Plasturgie 2001 Rapport économique de la Fédération de la Plasturgie


www.laplasturgie.fr Site de fa Fédération de la plasturgie
http://www.knowings.com/plasturgie/bcpresse. Site Espace Technologie et Economie Plasturgie (site généraliste avec de nombreuses
nsf/HomePage?ReadForm fiches et communiqués de presse)
Industrie française de la plasturgie en chiffres Etude SESSI, édition 2001
France
Industrie française de la plasturgie en chiffres Etude SESSI, édition 2002
La sous-traitance en chiffres ( métaux, plastiques,
Etude SESSI – édition 2000
électronique)


La Plasturgie Etude SESSI – Marc Duthoit et Cécile Le Corroller – édition 1995
La plasturgie française à l’horizon 2005 Etude réalisée pour la DiGITIP (janvier 1998)
Fédération Allemande, Gesamtverband kunststoffverarbeitende Industrie
www.gkv.de
Données statistiques complètes.
La plasturgie en Allemagne Fiche de synthèse de la ME de Düsseldorf (novembre 2001) : Rolf Cuypers
www.kunststoffverpackungen.de IK Industrieverband Kunststoffverpackungen e.V.

Allemagne Le marché des plastiques Veilles internationale du réseau des PEE et du CFCE (septembre/octobre 2001)
Le marché des plastiques a réalisé une bonne Veilles internationale du réseau des PEE et du CFCE (mai/juin 2001) : segmentation des
année 2000 ventes)
La plasturgie sauvée de justesse par les
Article de la ME de Düsseldorf (mars 2002) : Rolf Cuypers
exportations
Transformation allemande : faible progression Plastiques & Elastomères (mars 2002)
Le marché de la plasturgie au Royaume-Uni Fiche de synthèse de la ME au Royaume-Uni (juin 2000) : Véronique Chapman
www.statistics.gov.uk National Statistics


Royaume-Uni www.bpf.co.uk British Plastics Federation (BPF) – Données statistiques complètes


Le marché des plastiques Veilles internationale du réseau des PEE et du CFCE (septembre/octobre 2001)
Aperçu sur la plasturgie au Royaume Uni

159

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Annexes

www.plastica.it Quelques données statistiques sur la transformation des matières plastiques.

Plasturgie, la transformation des matières plastiques


Italie Fiche de synthèse de la ME de Milan (juillet 2000) : Chantal Violet
en Italie
Données statistiques et organisation de la plasturgie italienne
www.unionplast.org
National Union of the Plastics Processing Industry (UNIONPLAST) ,
La transformation des matières plastiques en
ME en Espagne - Nicolas Puluhen - Novembre 2000
Espagne
Espagne
Veilles internationale du réseau des PEE et du CFCE (mai/juin 2001) : industrie, consommation


L’industrie de la plasturgie
de PVC et recyclage des déchets
http://www.socplas.org Society of the Plastics Industry
USA http://www.americanplasticscouncil.org
American Plastics Council (plutôt orienté matières premières)
http://www.plastics.org/
République Tchèque Le secteur des matières plastiques Article Veille Internationale mars/avril 2002
Fédération de la Plasturgie JAP
Japon MITI (Min. Economie Japonais)


Matières plastiques, caoutchouc, plasturgie Fiche de synthèse de la ME à Osaka (août 2001) : Aurélien de Valence
Belgique Matières plastiques & caoutchoucs Fiche de synthèse de la ME à Bruxelles (mai 2000)
La plasturgie en Pologne & Le secteur des
Fiche de synthèse de la ME à Varsovie (juin 2002)
Pologne plastiques en Pologne
Les matières plastiques en Pologne Fiche de synthèse de la ME à Varsovie (mai 2001)
Brésil Le marché brésilien de la plasturgie Point sectoriel du CFCE (avril 2002)
L’industrie des produits en matière plastique

Canada canadienne - Table of Contents - PLASTIC Etude Ministère de l’Industrie Canada (décembre 2001)
PRODUCTSave;re de plastique
Economic Report, december 2001 EuPC : European Plastics Converters ; rapport de Frank Widdental.
Fiche de synthèse sectorielle du CFCE (février 2001) : principaux marchés mondiaux, la France
Plasturgie
dans le monde
Europe-Monde The Plastics Network – Plastics Converting in
Etude EuPC (mai 2000)
Europe
Perspectives d’évolution des marchés des plastiques Article Veille Internationale mars/avril 2002


Analyse sectorielle des activités industrielles :


Statistiques Eurostat
transformation des matières plastiques

160

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Annexes

2. Matières premières

Pays Titre Remarques


Matières premières – Statistiques et marchés SMPM - 2001
France
Matières plastiques : vers le rebond Communiqué de presse du SPMP le 13 mars 2002
Allemagne http://www.vke.de German Association of Plastics Manufacturers (VKE),
www.plastica.it Données statistiques sur la production de matières premières en Italie


Italie
Aperçu sur la plasturgie en Espagne et en Italie Site Espace Technologie et Economie Plasturgie
Le marché des matières plastiques en Espagne ME en Espagne - Nicolas Puluhen - Novembre 2000
Espagne
Aperçu sur la plasturgie en Espagne et en Italie Site Espace Technologie et Economie Plasturgie
http://www.americanplasticscouncil.org/ Données statistiques sur la production et la consommation de matières premières aux USA
benefits/economic/economic.html avec segmentation et définition de la segmentation
USA Evolution des matières premières plastiques
Veilles internationale du réseau des PEE et du CFCE (mars/avril 2001)
destinées à l’emballage


Compilé par Euromonitor en juillet 2001:cfontient quelques informations sur la transformation et
The USA plastic material and resins market
la repartition des activités.
L’industrie des matières plastiques, perspectives à Veilles internationale du réseau des PEE et du CFCE (mai/juin 2001) : orévisions de croissance
long terme mondiale, place de l’Europe, matériels, transformation, septembre/octobre 2001)
Engineering & specialty plastics in the world 2000- Françoise Pardos (sans date) : permet de montrer le rôle et l’importance des plastics spéciaux
2010 dans la plasturgie
Multi-clients study, plastic supply in the world 2000-
Monde Françoise Pardos (sans date)
2010

Les plastiques, le monde, l’Europe, la France, la
Conférence de Françoise Pardos – Apollor – 25 mai 2000
Lorraine, Présent & perspectives
Les plastiques dans le monde 1999-2020 Exposé Françoise pardos du 6 mai 1999
Documentation APME Divers APME


161

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Annexes

3. Données sectorielles

Pays Titre Remarques


L’industrie française de l’emballage en chiffres Enquête SESSI – édition 2000
L’industrie de l’emballage plastique – Croissance & 4-Pages SESSI – mai 1996
ème
Participations françaises au 5 PCRD Ministère de la Recherche - Direction de la Technologie – (septembre 2001)
France
La plasturgie appliquée au secteur de la santé Etude ADIT pour le Conseil régional d’Aquitaine (novembre 2000)


Luxe et Plastiques Article Plastiques & Elastomères (décembre 2000)
L’emballage : www.uic.fr Le plastique roi des matériaux
Le marché de l’automobile en Allemagne : les
Veille Internationale (janvier/février 2001)
Allemagne équipementiers
La revue de l’emballage en Allemagne Revue sectorielle de la ME – septembre 2002

4. Environnement


Pays Titre Remarques
www.valorplast.com Informations sur la valorisation des emballages plastiques ménagers
France
A propos d’Enviroplast Outil de l’organisation professionnelle de la Plasturgie
Danemark Recyclage chimique du PVC Veilles internationale (mai/juin 2001) : autre procédé que le Vinyl loop de Solvay.
www.plasticsresource.com Ressources sur l'industrie plastique et l'environnement : le recyclage, protection de

USA http://www.plasticsresource.com/databases Base de données de producteurs et consommateurs de plastique recyclé



Le recyclage des matières plastiques dans
Veilles internationale du réseau des PEE et du CFCE (septembre/octobre 2001)
l’automobile (case study Ford)
Sécurité des produits Veilles internationale (mai/juin 2001) : délai pour se conformer à la directive 92/59 portant sur
Les plastiques, acteurs du développement durable Brochure éditée par l’APME et le SPMP (juillet 2000) : voir la croissance relative de la
ème
Le plastique, matériau de choix du 21 siècle Article du Dr Werner Prätorius, Président APME (2 septembre 2002)
Europe PVC alternative database Article Greenpeace International
Green paper on environmental issues of PVC DG Entreprises
European Plastics Recyclers EuPR – European Plastics Recyclers


Sources of european legislation GPRMC (directives sur le recyclage)

162

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Annexes

5. Machines outils & moules

Pays Titre Remarques


France Solutions alternatives & prototypage rapide Documentation CETIM (sans date)
Royaume-Uni http://www.pmmda.org.uk/ Polymer Machinery Manufacturers & Distributors Association
http://www.assocomaplast.com Site de l’association italienne des fabricants de machines pour la plasturgie ASSOCOMAPLAST
Italie Veilles internationale du réseau des PEE et du CFCE (mai/juin 2001) : place du matériel italien
Le matériel destiné aux plastiques et caoutchoucs
dans le monde.


Voir le site Imapc (maquinaria para caucho y plástico) de l’industrie espagnole des fabricants de
Espagne http://www.amec.es
machines pour la plasturgie
Portugal L’industrie des moules Veilles internationale du réseau des PEE et du CFCE (mars/avril 2001)
Monde Machines d’emballage en croissance Demande en machines d’emballage dans le monde – Plastiques & Elastomères (mars 2002)

6. Organismes Scientifiques et Techniques


Pays Titre Remarques
www.poleplasturgie.com Pôle Européen de Plasturgie (Oyonnax)
www.ispa.asso.fr ISPA (Alençon)
www.ensm-douai.fr Ecole des Mines de Douai
France www.itech.fr ITECH (Lyon)
www-ensais.u-strasbg.fr ENSAIS (Strasbourg)
www.esp-oyonnax.fr Ecole Supérieure de Plasturgie (Oyonnax)

www.ppe.asso.fr Pôle Plasturgie de l'Est (Saint Avold)


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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Annexes

7. Organisations professionnelles

Pays Titre Remarques


http://www.laplasturgie.fr/ Fédération de la Plasturgie : données statistiques générales
SNEP, Syndicat national de l'extrusion plastique, profilés et compounds :
Le SNEP en chiffres: Chiffre d'affaires représenté :environ 4 milliards de francs
Effectif : plus de 3.500 personnes
www.snep.org Tonnage profilés (2000) : 140 000 tonnes


Tonnage compounds (2000) : 270 000 tonnes
Représentativité : nationale : 39 entreprises adhérentes dont 21 extrudeurs de profilés, 6
sociétés compoundeurs, 12 sociétés extrudeurs-gammistes
CSEMP, Chambre syndicale des emballages en matière plastique
www.packplast.org
PACKPLAST, Emballages plastiques
PROPLAST : Profession plastique (enseignement en plasturgie en France)
France Profession Plastique est une association qui a pour vocation de promouvoir l'ensemble de la
profession et l'image des matières plastiques. Elle réunit et représente l'ensemble des


organisations professionnelles de la filière plastique en France :
www.proplast.org
les producteurs de matières plastiques
les transformateurs de matières plastiques (2 organisations)
les fabricants de moules,
les fabricants de machines et équipements.
www.filmplastique.org FILMPLASTIQUE : Syndicat professionnel des fabricants de films plastiques,
www.gipra.com GIPRA :Groupement des Industriels de la Plasturgie Rhône Alpes Auvergne Bourgogne
http://www.plasticway.com Site du GIPRA fournit de très nombreuses statistiques sur France, Japon, Italie, Espagne.

Plastibase : plus de 3500 entreprises sont référencées dans cet annuaire: transformateurs et
http://www.plastibase.com/
fournisseurs de matières, d'équipements, d'outillages et de services
International www.cipad.org CIPAD : Council of International Plastics Associations Directors.
www.apme.org APME : Association of Plastics Manufacturers in Europe
Europe
www.eupc.org EuPC : European Plastics Converters


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MINEFI / DiGITIP / SIM NODAL CONSULTANTS
Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Annexes

8. Recherche & Innovation

Pays Titre Remarques


Plasturgie : innovation & prospective Exemples d’innovation : ANVAR 21 juin 2002
France Plasturgie : exemples d’innovation ANVAR à EUROPLAST juin 2002
Pour une meilleure coopération Recherche-
Cahier Industries (février 2002)
Industrie
Europe Future Research Needs for Polymer Materials Etude E3T Consult (Hollande) en mai 2001


9. Régional, Plastics Valley & pôles
Pays Titre Remarques
Conseil Economique et Social Régional de Basse-Normandie – Michel Rapeaud
La Plasturgie en Normandie
(juin 2001)
France
Plasturgie – une activité en pleine croissance Article de Chambre de Commerce et d’Industrie du Mans et de la Sarthe
Diapositive PPT Etude Franche-Comté


Pologne The Tarnow Industrial Cluster Plastics valley Article de la ME à Varsovie
Compte rendu de l’entretien avec Werner
Autriche Hervé Chalaye (juin 2002)
Pamminger, responsable du cluster de Linz
Les « clusters » en innovation : l’exemple de San Mission pour la Science et la Technologie – Consulat général de San Francisco – Stéphane Roy
USA
Diego (octobre 2001)
Industry cluster Literature review Article de Jessica LeVeen (mars 1998)
Général
Cluster formation and cluster climate Article

10. Méthodologie & économie générale
Pays Titre Remarques
Les facteurs et indicateurs de la compétitivité des
MINEFI/DiGITIP : rapport Pricewaterhouse (sans date)
entreprises de services rendus à l’industrie
France
Industrie mondiale : la compétitivité à tout prix CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales)
Les grandes tendances de la recherche française La lettre de l’OST (printemps 2002)
L’avantage concurrentiel des nations Michael Porter


Général Competitive strategy and real estate development Article de Michaël E. Porter
Délais de paiement et solde du crédit interentreprises
Bulletin de la banque de France n°84 (décembre 2000)
de 1989 à 1999

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Annexes



Annexes 3
Méthodologie & déroulement de l’étude Nodal


Nodal Consultants a réalisé l’étude stratégique des matériaux plastiques avec l’appui d’un comité
de pilotage dirigé par Hervé Chalaye et Marc Durand, Digitip/Sim, chargés de mission auprès du
sous-directeur matériaux, responsable de l'étude, et réunissant des intervenants institutionnels
(Sessi, CNRS, Anvar, CFCE, Drire Aquitaine, DARPMI) ou liés au secteur (CNAM, Fédération
de la Plasturgie, ISPA1).
L'étude stratégique sur le secteur français des matériaux plastiques a été réalisée en trois phases
avec la consultation de nombreuses sources internationales et d’intervenants de la filière :

□ La démarche suivie par Nodal repose principalement sur des consultations directes avec des
acteurs internationaux de la transformation des plastiques, industriels et acteurs sélectionnés
de l’environnement technico-économique. Dans cette démarche, Nodal s’est adjoint les
compétences d’un expert en plasturgie, Frank Wittendal.


Déroulement de l’étude Nodal

Pays Concepts Sources

• UE
• 7 thèmes déterminants • Données
• PECO
• 45 indicateurs • Professionnels


USA, Japon

GRILLE D’ANALYSE ET D’EVALUATION COMPARATIVES

France Allemagne Autres pays


Indicateurs
Handicaps Atouts Handicaps Atouts Handicaps Atouts


• indicateur 1 -2
-2 -1 +1 +2 -2 -1
-1 +1 +2 -2 -1 +1
+1 +2
• Indicateur 2 -2 -1 +1 +2 -2 -1 +1 +2 -2 -1
-1 +1 +2

Test & validation Synthèse Recommandations

• Comité • Initiatives


• Fédération COMPETITIVITE • Plan d’action


• Assises

Analyse Analyse structurelle


multicritères en des critères de
composantes dépendance et


principales d’influence

1
La liste des participants du Comité de Pilotage est donnée à l’annexe 1

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Compétitivité de la plasturgie française dans l’Union européenne

Annexes



□ Le volet prospectif de l’étude a permis, à partir de l’analyse des grandes évolutions des
besoins et des enjeux sociétaux, environnementaux, industriels et technologiques à 5 ou 10
ans, de proposer à la Digitip des recommandations stratégiques pour le développement de
l’industrie française de la plasturgie. Pour cela, Nodal a fait appel à un expert en prospective,


Louis Gimbert.
1. Première étape : Connaissance du marché mondial de la plasturgie
La première étape a été consacrée à la recherche bibliographique et documentaire mondiale, et
aux premiers entretiens, notamment lors du Salon Europlast en juin.
□ Des entretiens complémentaires avec les membres du comité de pilotage ont permis
d’approfondir les objectifs, attentes et priorités.

□ Le recueil des informations statistiques a permis de structurer la réflexion, de recueillir


des cas d’étude particulièrement pertinents, notamment par les statistiques sectorielles du
Ministère de l'Industrie (SESSI), de la Commission européenne EUROSTAT et les
informations disponibles auprès du CFCE et de l’OCDE.
□ Des entretiens avec les organisations professionnelles en Europe : Association of Plastics
Manufacturers in Europe (APME), EuPC, GKV.

2. Deuxième étape : Consultations externes & Assises de la Plasturgie
□ La deuxième étape a consisté à analyser les informations recueillies auprès des acteurs de la
plasturgie (industriels, centres de recherche, …) pour évaluer les atouts et handicaps de
l’industrie française de la plasturgie en la comparant. Ces informations ont été structurées et
hiérarchisées en plusieurs thèmes regroupant les indicateurs quantitatifs et qualitatifs de
compétitivité. L’accent est mis sur une prévision de l’évolution de la plasturgie dans les


cinq ans à venir à partir d’u