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Hommes et Terres du Nord

Antoine S. Bailly - L'organisation urbaine : théories et modèles,


1975
Jacques Devavry

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Devavry Jacques. Antoine S. Bailly - L'organisation urbaine : théories et modèles, 1975. In: Hommes et Terres du Nord,
1977/1. pp. 121-122;

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Les critères formels se marquent par une certaine rigidité du dessin parcellaire. On peut traduire et expri¬
mer la forme des pièces de terre par un indice d'allongement : quotient de la longueur par la largeur. L'agencement des
parcelles
dans la structure
se caractérise
lorraine.par leur regroupement en quartiers parallèles ou croisés, ces derniers étant les plus fréquents
Peu nombreux sont les quartiers parallèles. Il est possible de distinguer les quartiers associés latéralement en
rubans étroits allongés, les quartiers parallèles cernés par des quartiers croisés, les quartiers alignés parallèlement aux
courbes de niveau, au flanc des talus de roches perméables.
En revanche les structures en quartiers croisés sont les plus répandues, surtout en relief de plaine et de
plateau.
Les structures des régions imperméables, rassemblent leurs terres de labour en flots ovoïdes ou effilés. Ces
véritables " esch" sont séparés les uns des autres par des fonds de vallons humides tapissés de prairies : souvent c'est au
contact de celles-ci et des champs que sont établis les villages. Il y a là un déterminisme indéniable dans les régions de
contact qui opposent zones perméables et zones imperméables.
L'Auteur conclut par une défense vigoureuse de la méthode métrologique. L'arpentage en mesures
anciennes constitue un élément concret du paysage, et en même temps un excellent moyen d'analyse. Il s'agit dans
les recherches de retrouver la mentalité communautaire qui a présidé à cette planification fondée sur les mesures an¬
ciennes, celle-là même qui est à l'origine de l'openfield.
Si les mesures agraires d'époque romaine, ou du haut moyen âge, n'ont qu'une influence limitée dans les
parcellaires, celles qui se généralisent à partir du XlIIème siècle (les mesures toises-jours) ont marqué profondément
les campagnes de l'Est et du Nord— Est.
Il faut souhaiter que l'ouvrage dense et précis de Jean PELTRE, malgré les difficultés de telles recherches,
ait beaucoup de lecteurs et beaucoup d'imitateurs. C'est là de la très bonne géographie.
Toutefois l'Auteur reconnait que "dans le cadre de la Lorraine il faut renoncer à tout expliquer par la
métrologie, la proportion de terres échappant à toute planification précise étant considérable".
Henri DESPLANQUES.
J. C AUWET, N. DEMESSE, R. FISCHER, A. PERSUY - FRANCE, TA FORET FOUT LE CAMP ! . Lutter/Stock 2,
1976,237 p.
Malgré certaines outrances polémiques, ce petit libre virulent, où la parole est donné tour à tour aux écolo¬
gistes, aux sociologues, aux syndicalistes forestiers, mérite sa place dans la bibliothèque de l'universitaire. Il fait oeuvre
utile en mettant à la portée de tous quelques notions essentielles sur l'écosystème forestier et le rôle de la forêt dans les
équilibres biologiques, sur les techniques sylvicoles et l'aménagement forestier. Il dénonce clairement les principaux
dangers qui menacent la forêt "torturée et mutilée" et souligne fort bien que "la pression des sujétions d'intérêt général
pèse de plus en plus sur la forêt publique, au point de conditionner son devenir, fauted'être répartie sur l'ensemble de la
forêt française". Le constat de faillite qui est dressé peut paraître excessif et parfois injuste . Mais on doit reconnaître
finalement que cet ouvrage de combat s'efforce de présenter avec le plus d'honnêteté possible un point de vue différent
de celui des administrations et missions forestières compétentes. La parole est maintenant dans l'autre camp...
Jean-Jacques DUBOIS.
Antoine S. BAILLY - L'ORGANISATION URBAINE : THEORIES ET MODELES . Centre de Recherche d'Urbanisme,
272 pages, Paris, 1975.
L'ouvrage est une présentation très claire des multiples théories de l'organisation urbaine. L'auteur étudie
tout d'abord celles relatives aux hiérarchies urbaines (Von Thünen, Christaller, Lösch) et présente les multiples travaux
qui les ont affinées. Le chapitre II est consacré à l'analyse des flux économiques entrant et sortant des organismes
urbains (présentation des techniques utilisées — tables carrées par exemple) et aux multiples développements de la
théorie de la base économique.
L'organisation interne de la ville est abordée dans le chapitre III : modèles descriptifs de Burgess, Hoyt
mais aussi théorie des densités urbaines, modèles "explicatifs" comme la théorie de la rente, les théories sur le compor¬
tement économique de l'individu. L'auteur dénonce les insuffisances de certaines de ces théories, supposant l'existence
d'un centre urbain unique, négligeant les critères qualitatifs comme le site, le bruit etc... D'autres théories sont basées
sur le comportement social, ou insistent sur le rôle du choix chez l'individu. La géographie de la perception des
paysages urbains, les théories sociales des localisations urbaines (interaction au sein du système ville — pages 194—195 ;
théorie des communications) sont développées dans le dernier tiers de l'ouvrage.
Celui-ci comporte une très importante bibliographie (directions de lecture à la suite de chaque chapitre ;
longue liste à la fin de l'ouvrage) de même que de très utiles résumés rebaptisés "idées clés". L'auteur évoque surtout les
villes des pays capitalistes et plus spécialement celles d'Amérique du Nord. On regrettera l'absence de toute évocation

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des villes en pays sous développés ou même en pays "socialistes" aux comportements démographiques et aux structures
radicalement différentes.
Ce livre n'en reste pas moins une admirable synthèse sur les théories de l'organisation urbaine des pays
industriels.
Jacques DEVAVRY.
Wacław OSTROWSKI - LES ENSEMBLES HISTORIQUES ET L'URBANISME . Centre de Recherche et d'Urbanisme,
373 pages, Paris, 1976.
L'auteur nous présente succincement les principales opérations de reconquête des vieux centres dans les
villes européennes, en pays capitaliste comme en pays socialiste.
Il définit les notions de "conservation intégrée", d'ensemble historique, nous présente de multiples
exemples de plans d'urbanisme, de réutilisation des bâtiments historiques, de remodelage de plans de circulation.
Souvent les lois qui visent à protéger les quartiers anciens des villes ignorent encore trop les hommes au profit des
ensembles historiques et bien des "Plans permanents de sauvegarde et de mise en valeur" sont encore enkystés dans
d'autres schémas d'aménagement urbains, sans qu'aucune coordination ne se fasse. D'où souvent des contradictions
qui retardent les travaux (exemple Aix-en-Provence, p. 332).
Abondantes photographies ; cartes et plans nombreux à la lisibilité parfois discutable ; on peut regretter
que ceux-ci ne soient pas en couleur.
Jacques DEVAVRY.
Jean RITTER - LE DANUBE . Collection "Que sais-je ?", 128 p., P.U.F., 1976.
Le sujet traité par l'auteur est plus vaste que le titre de 1 ouvrage pourrait le faire croire : après 25 pages
consacrées à la présentation des caractéristiques physiques du fleuve, c'est son rôle dans la mise en valeur des régions
danubiennes qui est décrit, des origines à nos jours.
L'auteur montre comment, en fonction d'un contexte politique changeant, l'artère danubienne a été tantôt
une voie de circulation et d'échanges entre les pays de la Mer Noire et l'Europe Occidentale, tantôt un limes où
s'affrontaient les légions romaines et les "barbares", les armées chrétiennes et turques etc... Aucune de ces deux voca¬
tions n'a pourtant jamais complètement éclipsé l'autre.
A partir du milieu du XIXème siècle, on voit parallèlement se développer une politique d'amélioration de
la navigabilité du fleuve, et se poursuivre les affrontements entre Etats riverains et grandes puissances européennes.
De nos joursLeencore,
Danubele fleuve
voit actuellement
reste, sur uneson
grande
traficpartie
s'accroître
de son sensiblement
cours, une frontière
; il est, internationale.
en effet, devenu une des voies de
transit des pondéreux livrés par l'U.R.S.S. aux pays est-européens : 62% du trafic international se font en provenance
ou à destination de l'U.R.S.S. Le cabotage national s'est aussi beaucoup développé dans les différents Etats riverains.
Au total, les tonnages transportés ont atteint 63,2 millions de tonnes en 1973 ; représentant alors près du tiers du trafic
enregistré sur le Rhin, au lieu de 16%, avant la Seconde Guerre Mondiale. L'ouvrage fait le point, de façon chiffrée et
cartographique, sur les trafics des différents ports et les aménagements hydroélectriques.
En conclusion, il s'agit d'un excellent petit livre qui rappelle l'importance de cette voie d'eau appelée à
jouer un rôle croissant en Europe, grâce en particulier à sa jonction, en 1981, avec le système rhénan. Ce réseau transeu¬
ropéen pourra s'accroître encore si l'on réalise les projets, en cours d'étude, de liaison avec l'Elbe et l'Oder.
Michel BATTIAU.

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