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OBJECTIF DU COURS

A la fin de ce module, les étudiants sont dans l’obligation de connaitre l’existence des
différents types d’impôts qui existent au sein d’une l’entreprise. Et comment s’appliquent
– ils ?
Ce module de la fiscalité entreprise est typiquement pratique. Mais en avant toute
pratique, il convient à expliquer certains termes théoriques de la fiscalité d’entreprise
Il existe deux types de fiscalités d’entreprise à savoir :
 La fiscalité d’entreprise I : LES IMPOTS DIRECTS
 La fiscalité d’entreprise II : LES IMPOTS INDIRECTS

1 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


MME SAWIRI AMINATA
INTRODUCTION GENERALE
Les impératifs socio-économiques et même de défense nationale et de souveraineté
imposent aux autorités publiques des options financières pour la répartition des charges
publiques entre les citoyens (personnes physiques et morales).d’où la notion de
prélèvement obligatoire (impôts et taxes) pour un Etat en fins de faire face aux
obligations, d’ordre économique financière et sociale qui lui incombe.

La discipline qui étudie l’ensemble des règles relatives aux prélèvements obligatoires et
qui opère sur les ressources des citoyens est appelée FISCALITE.

Le terme fiscalité découle du mot latin «FISCUS » qui désigne une petite corbeille d’osier
que les Romains utilisent pour recueillir de l’argent. Et le mot « FISC » découlant du terme
fiscalité désigne couramment l’ensemble des administrations publiques chargés de lever
l’impôt. La fiscalité ou le droit fiscal est une branche spécialisée de droit, ainsi le droit
fiscal peut être défini comme l’ensemble des dispositions juridiques relatives à l’impôt.

La fiscalité d’entreprise désigne l’ensemble des règles, lois et mesures qui régissent le
domaine fiscal d’une entreprise. Définie autrement la fiscalité se résume aux pratiques
utilisées par un Etat ou une collectivité pour percevoir des impôts et autres prélèvements
obligatoires.

Comme nous avons signifié dans l’objectif du cours, qu’il existe deux types d’impôts à
savoir : les impôts directs et les impôts indirects.

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FISCALITE D’ENTREPRISE I : LES IMPOTS DIRECTS

Les impôts directs frappent le revenu directement dès son acquisition ou sa disponibilité.
Exemple : l’impôt sur le traitement et salaire, impôt sur le BIC, l’impôt sur le BNC, les
différents de types de régime d’imposition, la patente, les impôts fonciers. Les directs sont
recouvrés par voie de rôle.

Ce module est subdivisé en quatre grands chapitres :

 Chapitre I : Généralité sur l’impôt


 Chapitre II : Généralité sur les régimes d’imposition en CI
 Chapitre III : Impôt synthétique
 Chapitre IV : Impôt sur traitement et salaires (ITS, IS, etc..)

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CHAPITRE I : GENERALITE SUR L’IMPOT

Parlant de fiscalité, revient à parler de l’impôt. Les questions que les fiscalistes se posent
sont les suivantes :

 Qu’est-ce qu’un impôt ?


 Quel est le rôle de l’impôt ?
 Qui décide des impôts ?
 Quels sont les principes les plus importants régissant la matière fiscale ?
 Quels sont les différents régimes d’imposition en Afrique mais précisément en CI ?
I – Définition de l’impôt

L’impôt a fait l’objet de plusieurs définitions selon les auteurs, les époques, les pays ou les
régions. Cependant, nous allons retenir la définition la plus classique de l’impôt et la plus
connue qui est celle de GASTON JEZE dans son cours de finances publiques.

Pour cet auteur « l’impôt est un prélèvement obligatoire, sans contrepartie et à titre
définitif, effectué par l’Etat et les collectivités publiques sur les revenus des contribuables
en vue de la couverture des charges publiques ».

II – Le rôle de l’impôt

L’impôt a un rôle à la fois budgétaire, économique et social.

II – 1 Rôle budgétaire

L’impôt sert à alimenter le budget de l’Etat et des collectivités publiques. Il constitue la


principale source de financement des dépenses publiques. Il permet ainsi d’assurer le
financement des travaux de construction, de routes, d’hôpitaux, d’écoles et la
rémunération des agents de l’Etat.

II – 2 Rôle social

L’impôt assure une sorte de redistribution des richesses du pays entre les citoyens.
Exemple subventions, distribution de bons aux étudiants.

II – 3 Rôle économique

L’impôt peut être utilisé comme instrument de politique économique. L’Etat s’en sert pour
orienter l’activité économique. C’est le cas de l’incitation fiscale à l’investissement.

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La création ou la modification de l’impôt est toujours décidée par le parlement. En effet,
la loi les règles (…) concernant l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des
impositions de toutes natures (Article 34 de la constitution). Le pouvoir d’imposer est
une compétence exclusive de l’autorité souveraine dans l’Etat. Si le Gouvernement peut
souhaiter la création d’un impôt, c’est le législateur, représentant le peuple souverain,
qui vote et décide des impôts. Le Conseil constitutionnel a donc toujours censuré les
dispositions législatives renvoyant la définition de l’une des caractéristiques de l’impôt à
un décret d’application, pris par l’exécutif.
III – Les principes de l’impôt
Deux principes fondamentaux sous-tendent la plupart des systèmes fiscaux. Il s’agit du
principe du rendement et de celui de la justice fiscale.
III – 1 Le principe de la justice fiscale
L’objet de l’impôt est de couvrir les dépenses publiques. Mais les personnes imposables
doivent contribuer aux dépenses de la puissance publique en raison en raison de leurs
capacités contributives, c’est-à-dire en fonction du revenu dont ils jouissent sous la
protection de l’Etat.
Pendant longtemps, on a considéré que la justice fiscale exigeait que l’impôt soit
proportionnel au revenu.
Si un revenu de 100 000 FCFA supporte un impôt de 10 000, un revenu de 200 000 FCFA,
devrait supporter un impôt de 20 000 FCFA.
Ce système qui a le mérite d’être simple, fait abstraction de la personnalité du
contribuable, or, si un contribuable disposant de 100 000 FCFA de revenu à une famille à
sa charge, un impôt de 10 000 FCFA sera pour lui relativement plus lourd que l’impôt de
20 000 FCFA acquitté.
En d’autres termes, un impôt strictement proportionnel au revenu a un caractère d’un
impôt réel tandis que l’impôt prenant en considération la situation individuelle et
familiale devient un impôt personnel puisqu’il tient compte de ce qu’on appelle la capacité
contributive du contribuable.
Du point de vue de l’équité fiscale c’est plutôt sur cette capacité contributive du
contribuable qu’il convient d’asseoir l’impôt.
III – 2 Le principe de rendement de l’impôt
L’impôt est créé pour subvenir aux besoins de la puissance publique. Il doit donc produire
le plus possible et être susceptible de faire face à un accroissement des dépenses de la
puissance publique. Pour cela, il faut qu’il remplisse au moins deux conditions :
III – 2 – 1 La première condition au rendement de l’impôt est son universalité
C’est-à-dire que l’impôt doit être payé par tous et sur l’intégralité de la matière imposable.
Cependant, l’Etat définit le plus souvent des exemptions fiscales pour tenir compte de
certaines situations économiques et sociales.

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Ces exemptions fiscales ou dérogations aussi légitimes soient elles, réduisent l’assiette de
l’impôt et compromettent son bon rendement.
III – 2 – 2 La seconde condition au rendement de l’impôt est son caractère
dynamique
Le rendement de l’impôt devient dynamique lorsqu’il s’accroit avec l’augmentation des
dépenses publiques. On dit que l’impôt est élastique.
En réalité, tout l’impôt considéré comme élastique ne l’est que dans certaines limites.
D’ailleurs pour les impôts dont le contrôle est difficile à exercer, l’aggravation du taux d’un
certain seuil incite les contribuables à la fraude, raison pour laquelle on dit trop d’impôt
tue l’impôt.
IV – Quelques termes fiscaux à connaitre
A - Acompte provisionnel : C’est une avance d’impôt sur impôt exigible
B – Assiette ou base d’imposition : C’est un montant sur lequel l’impôt est assis. C’est la
base qui sert de calcul de l’impôt.
C – Assujetti : C’est la personne soumise et reconnue par la DGI pour faire la déclaration
de l’impôt. Par contre un non assujetti subit l’impôt sans pour autant faire de déclaration
à la DGI.
D – Crédit d’impôt : C’est le montant de l’impôt payé en trop par le contribuable. C’est
une créance d’impôt du contribuable sur l’Etat.
E – Contribuable : C’est une personne qui supporte l’impôt
F – Droit proportionnel : C’est le montant de l’impôt calculé en fonction d’un taux qui
peut varier suivant certaines conditions par opposition au droit fixe qui reste inchangé
quel que soit les circonstances.
G – Echéance : C’est la date de paiement (date butoir) de l’impôt
H – Exonération, exemption : Etre exonéré ou exempté de l’impôt c’est ne pas être
soumis à cet impôt ; ne pas payer cet impôt.
I – Fiscalité intérieure : C’est le régime fiscal des impôts appliqués à l’intérieur du pays
par opposition à la fiscalité de porte qui s’applique aux impôts à l’entrée du pays.
J – Liquidation de l’impôt : C’est le calcul de l’impôt
K – Recouvrement de l’impôt : Paiement de l’impôt
L – Redevable : C’est la personne chargée de verser l’impôt au trésor ou à la DGI.
M – Redressement fiscal : C’est le contrôle opéré par l’administration fiscale en vue de
détecter les erreurs éventuelles afin de les corriger.
N – Taxe : C’est une prestation requise du secteur privé par voie de contrainte mais elle
implique une contrepartie qui est le bénéfice du service directement rendu par la
puissance publique ou ses établissements spécialisés.
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O – Redevance : Elle a les mêmes caractères que la taxe, mais la contrepartie n’est pas
toujours en liaison directe du service rendu. Elle est fixe.
Exemple : Redevance RTI
Parafiscalité : C’est un prélèvement obligatoire versé à des organismes privés ou
publiques ayant un caractère économique, social ou professionnel.
Exemple : SODECI, prélèvement d’impôt pour l’assainissement.

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CHAPITRE II : GENERALITE SUR LES REGIMES D’IMPOSITION EN CI
Il existe quatre (4) régimes d’imposition en Côte d’Ivoire :
 Le régime du Réel Normal d’Imposition (RNI) ;
 Le Régime du Réel Simplifié d’Imposition (RSI) ;
 Le régime de l’Impôt Synthétique ( IS ) ;
 Le régime de la taxe forfaitaire des petits commerçants et artisans.
I – Le Régime du Réel Normal d’Imposition (RNI)
Les personnes concernées sont les personnes morales ou physiques dont le Chiffre
d’Affaires est supérieur à 150 000 000 FCFA pour les commerçants ou à 75 000 0000
FCFA pour les prestataires de service et ceux qui exercent simultanément les deux
activités.
I - 1 Les avantages du RNI

I - 2 Les convenients du RNI


NB : Les marchands de biens d’équipement et les lotisseurs et les personnes des
professions libérales sont obligatoirement imposés par leur Chiffres d’Affaires.
II – Le Régime du Réel Simplifié d’Imposition (RSI)
Les personnes morales ou physiques dont le Chiffre d’Affaires est compris entre
50 000 000 FCFA et 150 000 000 FCFA pour les commerçants et entre 25 000 000
FCFA et 75 000 000 FCFA pour les prestataires de service et ceux qui exercent
simultanément les deux activités.
II -1 Les avantages du RSI
II – 2 Les convenients du RSI
III – Le Régime de l’Impôt Synthétique (IS)
Les personnes concernées sont les personnes physiques dont le Chiffre d’Affaires est
compris entre 5 000 000 FCFA et 50 000 000 FCFA pour les commerçants et entre
5 000 000 FCFA et 25 000 000 FCFA pour les prestataires de service et ceux qui
exercent simultanément les deux activités.
III - 1 Les avantages du RSI
III – 2 Les convenients du RSI
NB : sont exclus du Régime de l’Impôt Synthétique :
 Les personnes morales ;
 Les personnes exerçant les professions libérales ;
 Les marchands de biens, lotisseurs ;
 Les personnes relevant d’office de la taxe forfaitaire municipale
IV – Le Régime de la Taxe Forfaitaire des petits commerçants et artisans :

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Il concerne les petits commerçants et artisans qui réalisent un Chiffre d’Affaires annuel
inférieur ou égal à 5 000 000 FCFA.
IV – 1 Les avantages de la Taxe Forfaitaire des petits commerçants et artisans :
IV – 2 Les convenients de la Taxe Forfaitaire des petits commerçants et artisans :
Ce régime concerne à titre d’exemple :
Les vendeurs ambulants ;
Les vendeurs en étalage ;
Les exploitants de moulins à mais ou arachides etc……..

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CHAPITRE III : IMPOT SYNTHETIQUE
L’article 72 du Code Général des Impôts établit un impôt synthétique qui se substitue à la
patente, à l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux et à la taxe sur la valeur
ajoutée.
I – Calcul de l’impôt synthétique
Le montant de l’impôt synthétique varie en fonction du volume du CATTC réalisé et se
détermine par la formule ci-après :
Impôt Synthétique = Cotisation de base * coefficient multiplicateur
La cotisation de base est donnée par le barème administratif (voir tableau p.) et le
coefficient multiplicateur lui est fonction des tranches du Chiffre d’Affaires qui est en TTC.
I – 1 La cotisation de base par le barème administratif

CHIFFRE D'AFFAIRES (TTC) COTISATION DE BASE


Jusqu'à 5000 000 Néant
De 5000 001 à 6000 000 491 400
De 6000 001 à 7000 000 573 300
De 7000 001 à 8000 000 655 200
De 8000 001 à 9000 000 737 100
De 9000 001 à 10 000 000 819 000
De 10 000 001 à 11 000 000 900 000
De 11 000 001 à 12 000 000 982 000
De 12 000 001 à 13 000 000 1 064 600
De 13 000 001 à 14 000 000 1 146 600
De 14 000 001 à 15 000 000 1 228 500
De 15000 001 à 16 000 000 1 310 000
De 16 000 001 à 17 000 000 1 392 000
De 17 000 001 à 18 000 000 1 474 200
De 18 000 001 à 19 000 000 1 556 100
De 19 000 001 à 20 000 000 1 638 000
De 20 000 001 à 21 000 000 1 719 900
De 21000 001 à 22 000 000 1 801 800
De 22 000 001 à 23 000 000 1 883 700
De 23 000 001 à 24 000 000 1 965 600
De 24 000 001 à 25 000 000 2 047 500
De 25 000 001 à 26 000 000 2 129 200
De 26 000 001 à 27 000 000 2 211 300
De 27 000 001 à 28 000 000 2 293 200
De 28 000 001 à 29 000 000 2 375 100
De 29 000 001 à 30 000 000 2 457 000
De 30 000 001 à 32 000 000 2 480 000
De 32 000 001 à 34 000 000 2 640 000
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De 34 000 001 à 36 000 000 2 800 000
De 36 000 001 à 38 000 000 2 960 000
De 38 000 001 à 40 000 000 3 120 000
De 40 000 001 à 42 000 000 3 280 000
De 42 000 001 à 44 000 000 3 400 000
De 44 000 001 à 46 000 000 3 600 000
De 46 000 001 à 48 000 000 3 760 000
De 48 000 001 à 50 000 000 3 920 000

I – 2 Le coefficient multiplicateur
CATTC par an Coefficients multiplicateurs
5 000 000 < CATTC ≤ 10 000 000 0.5
10 000 000 < CATTC ≤ 15 000 000 0.7
CATTC › 15 000 000 1

II – Paiement de l’impôt synthétique


Le montant de l’impôt est annuel mais le contribuable est tenu de verser au plus tard le
15 du mois suivant un montant égal au douzième de l’impôt annuel exigible au centre de
la direction des impôts de sa localité. Le montant de l’impôt annuel est fixé chaque année
par l’administration fiscale. Dans l’attente de la fixation de l’impôt annuel du au titre d’une
année, le contribuable fait ses cotisations sur la base de l’impôt annuel précédent.
Il procède à une régularisation dès liquidation de l’impôt de la dite année. Pour un agent
économique disposant de plusieurs établissements, son régime fiscal est donné par le
cumul des chiffres d’affaires. Cependant chaque établissement constitue un foyer
d’imposition séparé.
III – Les obligations des contribuables à l’impôt synthétique
Les contribuables à l’impôt synthétique sont tenus de souscrire à une déclaration fiscale
d’existence auprès du centre des impôts dont ils dépendent. Ils doivent présenter leur
résultat financier de fin d’exercice selon le système minimal de trésorerie prévu par le
droit comptable OHADA. Ils doivent également tenir les deux registres suivants :
Un registre chronologique consignant toutes les factures des achats et des dépenses. Un
registre chronologique selon l’ordre numérique les factures des ventes ou des prestations
réalisées.
Ces deux documents comptables doivent être conservés pendant trois ans et être
présentés à toute réquisition du service des impôts, en particulier à des fins de contrôle
pour la détermination du chiffre d’affaires annuel au cours des opérations de
recensement.
Le défaut de tenue des livres et documents comptables, ou leur non production, est
passible d’une amende de 50 000 FCFA.

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NB : Le contribuable assujetti à l’impôt synthétique ne peut facturer la TVA à ses clients
ni déduire celle qui a grevé ses achats. Il en est de même en matière d’AIRSI (L’Acompte
d’Impôt sur le Revenu du Secteur Informel).
Quel que soit le régime d’imposition, le contribuable qui commence une activité est tenu
d’en faire la déclaration dans les dix jours qui suivent le démarrage de l’activité.
CAS PRATIQUE N°1
M. N’DRI, faisant du négoce est assujetti au régime de l’impôt synthétique, a réalisé au
cours des 3 derniers exercices les CATTC suivants :
N-3 ; CATTC 12 400 000 FCFA
N-2 ; CATTC 6 920 000 FCFA
N-1 ; CATTC 30 000 000 FCFA
TAF : Calculer pour chaque exercice l’impôt dû. Et le total des montants dûs des trois
dernières années de l’entreprise M. N’DRI.

CAS PRATIQUE N°2


L’exploitant AKA est propriétaire d’une chaine de boutiques. Pour l’année 2019 ; les
centres des impôts ont fixés les CATTC /annuel suivants :
Boutique yopo : CATTC = 14 500 000 FCFA
Boutique Angré : CATTC = 8 200 000 FCFA
Boutique d’Adjamé : CATTC = 6 400 000 FCFA
TAF :
1 – Préciser le régime d’imposition d’AKA
2 – Calculer le montant de l’impôt et préciser les modalités de paiement

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9*/CHAPITRE IV : IMPOTS SUR TRAITEMENT ET SALAIRES (ITS)
Les rémunérations versées au personnel interne subissent d’une part des impôts appelés
impôts sur les traitements de salaires (ITS) et d’autre part des cotisations. Ces impôts et
ces cotisations font l’objet d’une retenue à la source sur chaque salaire à la fin de chaque
mois par l’employeur.
Quelle est la base de calcul de ces retenues ?
Comment ces impôts et ces cotisations se calculent – ils ?
I – Les éléments constituants du salaire
Le salaire constitue la rémunération perçue à raison d’une profession salariée publique
ou privée. On entend par salaire brut l’ensemble des éléments suivants :
 Salaire de base ;
 Heures supplémentaires (si le salarié est payé à l’heure)
 Primes et d’indemnités ;
 Avantages en nature
I – 1 Salaire de brut
Le salaire brut est une expression comptable désignant la rémunération à laquelle a droit
à un salarié pour le travail accompli. Cette rémunération est calculée avant toute retenue
fiscale ou sociale. A ce titre, il s'agit d'une rémunération globale avant prélèvements.
Le salaire brut se calcul comme suit :
Salaire brut = Salaire de base + Sursalaire + Heures supplémentaires + Primes et
indemnités + Avantages en nature.
 Salaire de base : c’est le salaire catégoriel, la rémunération que le travailleur
perçoit en tenant compte de sa catégorie professionnelle.
 Sursalaire : le sursalaire est un complément salarial qui rémunère en principe la
fonction d’un employé.
 Primes et indemnités : Elles peuvent être de plusieurs natures, à savoir la prime
d’ancienneté, la prime de fin d’année ou gratification ou 13 mois, indemnité de
déplacement, prime de salissure, prime de panier etc….
NB :
La prime d’ancienneté : Elle est égale à 2% du salaire de base après 2 ans de service. Ce
taux est majoré de 1% par année de service supplémentaire, le taux maximum étant fixé
à 25%.
La prime de gratification : Elle est égale à 75% au moins du salaire de base par an.
La prime de panier : Elle est une prime versée par l'employeur aux salariés qui sont
contraints de se restaurer sur leur lieu de travail sans qu'il fournisse la possibilité de
manger sur place, grâce à une cantine par exemple.
Heures supplémentaires : La durée légale hebdomadaire du travail est de 40h pour les
entreprises de façon générale et 48h pour les entreprises agricoles. Toutes heures
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effectuées au-delà de cette durée légale par le personnel non cadre est payé à un taux
majoré. Les heures supplémentaires bénéficient des majorations suivantes :

HEURES DE TRAVAIL MAJORATION TAUX


0 à 40 heures Heures normales Taux normal X
41é à 46é H (6 heures) Majoration de 15 % Taux = X + 15 % X
47é à 55è H (9 heures) Majoration de 50 % Taux = X + 50 % X
Heure nuit jour ouvrable ( Majoration de 75% Taux = X+75%X
21 H à 5H)
Heure jour, dimanche et Majoration de 75 % Taux = X +75%X
jour férié
Heure de nuit, dimanche et Majoration de 100% Taux = X+100%X
jour férié

I – 2 Avantages en nature
Les avantages en nature que peuvent percevoir les salariés sont évalués aussi bien par la
DGI que par la CNPS.

I – 2 – 1 Le barème d’évaluation des avantages en nature selon la DGI


Le barème en date a été établi le 20 mai 1996 par l’arrêté n°1028 MEF/DGI/DGA/SLCD
du 7 novembre 1996. Ce barème est le suivant :
a) Logement et accessoires
Nombre de
pièces Logement Mobilier Electricité (a) Eau (b)
principales
1 60 000 10 000 10 000 10 000
2 80 000 20 000 20 000 15 000
3 160 000 40 000 30 000 20 000
4 300 000 60 000 40 000 30 000
5 480 000 80 000 50 000 40 000
6 600 000 100 000 60 000 50 000
7 et plus 800 000 150 000 70 000 60 000

: Montants à majorer de 20 000 FCFA par appareil individuel de climatisation, ou par pièce
climatisée pour les installations centrales.
Montants à majorer de 30 000 FCFA pour les logements dotés d’une piscine.
b) Domesticité
Gardien, jardinier 50 000
Gens de maison 60 000
Cuisinier 90 000

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Les avantages en natures qui ne sont pas visés par l’arrêté ministériel précité sont
retenus, pour la détermination des bases d’imposition, pour leur montant réel.

I – 2 – 2 Le barème d’évaluation des avantages en nature selon la CNPS


On notera que pour les calculs des cotisations de la CNPS, l’évaluation des avantages en
nature est différente. Le barème en vigueur est celui qui résulte de l’arrêté n°03 MAS. CAB
du 11 Mai 1983.

a) Logements et accessoires
Nombre de pièces Logement Mobilier Electricité
1 40 000 6000 10 000
2 60 000 9000 12 000
3 80 000 12 000 15 000
4 100 000 15 000 18 000
5 120 000 18 000 20 000
6 150 000 24 000 25 000

b) Domesticité
 Gardien, jardinier : 21 000 FCFA
 Gens de maison : 30 000 FCFA
 Cuisinier : 45 000 FCFA

c) Autres avantages
 Climatisation : 9000 FCFA par pièce climatisée
 Eau : 1 500 FCFA par personne habitant le logement
 Nourriture : 50 000 FCFA par personne
 Blanchisserie ; 6 000 FCFA par personne
 Linge et vaisselle : 3 000 FCFA par personne
II – Base imposable des cotisations fiscales et sociales
Il s’agira de déterminer :
Le salaire brut imposable de la DGI,
Le salaire brut imposable de la CNPS.
II – 1 Le salaire brut imposable de la DGI
Le salaire brut imposable de la DGI comprend :
 Le salaire de base ou salaire catégoriel ;
 Le sursalaire ;
 Les heures supplémentaires ;

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 Les primes et indemnités ;
 Les avantages en nature et argent.
Sont exonérés :
o Les indemnités forfaitaires ou remboursements de frais réels couvrant les
dépenses strictement inhérentes à la fonction ou à l’emploi.
Les montants affectés à ces allocations forfaitaires ne doivent excéder 10% de la
rémunération totale et les indemnités comprises, mais à l’exclusion des avantages en
nature.
NB : Si les allocations forfaitaires dépassent 10% de la rémunération totale, l’excédent est
à réintégrer dans la base imposable.
o Les allocations familiales et assimilées ;
o Les rémunérations allouées aux victimes civiles de la guerre et leurs ayant droits,
o Allocations particulières et temporaires attribuées aux victimes d’accident de
travail,
o La retraite du combattant instituée par la loi du 16 Avril 1930,
o Les appointements des personnels diplomatiques accrédités en Côte d’Ivoire dans
la mesure où les pays qu’ils représentent accordent des avantages analogues aux
personnels diplomatiques ivoiriens ;
o Les salaires versés par les entreprises agro-industrielles et les entreprises
agricoles visées à l’article 82-I du CGI à leurs travailleurs ;
o La prime de transport versée aux salariés dans la limite de 25 000 FCFA ;
o L’indemnité de stage versée aux étudiants dans le cadre de leur stage- école pour
une durée n’excédant pas 6 mois et pour la tranche de l’indemnité mensuelle égale
ou inférieure à 100 000 FCFA.
II – 2 Le salaire brut imposable de la CNPS
Sont exclus de la base d’imposition :
 Les allocations familiales ;
 Les primes de mission ou de déplacement ;
 Les primes de salissure, d’outillage, de tenue de travail dans les limites suivantes :
pour la prime de salissure : 13 fois le SMIG horaire 36 607 FCFA et horaire soit
2 743 FCFA.
Pour la prime d’outillage : 10 fois le SMIG horaire soit 2 110 FCFA :
Pour la prime de tenue de travail : 7 fois le SMIG horaire 1 477 FCFA ;
Pour la prime de transport dans la limite de 50 fois le SMIG horaire soit 10 550
FCFA.
NB : En pratique le montant limite retenue est celui des impôts soit 25 000 FCFA.
III – Détermination des impôts
L’ITS regroupe deux catégories de de contributions :
 La part due par le salarié ;
 La part due par l’employeur
III – 1 Impôts à la charge du salarié

16 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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Il existe trois impôts à la charge du salarié :

 Impôts sur traitements et salaires (ITS) ou simplement impôt sur salaire (IS)
 Contribution nationale (CN)
 Impôt général sur le revenu (IGR)

a) Impôt sur salaire (IS)


IS = 1.2% * SBI
IS= 1.5%*80*SBI
b) Contribution nationale
La contribution nationale est obtenue selon un tarif progressif par tranche après un
abattement de 20%. Le taux d’imposition est fixé selon un barème progressif.
Formule mensuelle :
Formule mensuelle R= 80%*SBI Impôt
0 et 50 000 Néant
Entre 50 000 et 130 000 (R*1.5%)-750
Entre 130 000 et 200 000 (R*5%)-5300
Supérieur à 200 000 (R*10%)-15300

c) Impôt général sur le revenu (IGR)


L’IGR est un impôt personnel, c’est-à-dire qu’il tient compte de la situation personnelle du
contribution (célibataire, marié, divorcé, veuf, avec ou sans enfant). Chaque contribuable
bénéfice ainsi d’un nombre de part qui lui permet de déterminer le quotidien familial.
Pour obtenir l’IGR, il convient de déterminer :
 La base imposable ;
 Le nombre de part ;
 Le quotidien familial ;
 Le barème de calcul.

La base imposable
La base imposable à l’IGR est obtenue en appliquant la formule suivante :
Base IGR = ((80%SBI-(ITS+CN))*85%
Le nombre de part est obtenu par le tableau suivant :
Avec enfants en charge Sans enfants en charge
Célibataire 1.5 part +0.5 part /enfant 1 part
Divorcé 1.5 part + 0.5 part /enfant 1 part
Veuf 2 parts + 0.5 part/enfant 1 part
Marié 2 parts + 0.5 part /enfant 2 parts

17 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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Sont considérés comme enfants à charge :
Les enfants légitimes, les enfants naturels reconnus et les enfants légalement adoptés.
Les enfants sont à charge pendant leur minorité seulement (moins de 21 ans) ou s’ils sont
âgés de moins de 27 ans et poursuivent leurs études.
Il faut signaler que l’enfant majeur infirme donne droit à une part. Par ailleurs, la femme
mariée avec ou sans enfant, imposée séparément de son époux, l’est pour une part, sauf si
elle apporte la preuve judiciaire de l’exercice par elle de la puissance paternelle.
NB : Le nombre de parts ne s’aurait dépassé cinq (5).
Le quotidien familial
Le quotidien familial est obtenu en divisant la base imposable IGR arrondie au millier de
Francs inférieur, par le nombre de parts.
Q = BIGR /N
Le barème de calcul de l’IGR
Le barème de calcul de l’IGR est le suivant :
Quotidien familial (Q) Formules de calcul de l’IGR
Inférieur à 25 000 Néant
Entre 25 000 et 45 583 (BIGR *10/110) – (2 273 *N)
Entre 45 583 et 81 583 (BIGR *15/115)- (4 076*N)
Entre 81 583 et 126 583 (BIGR * 20 /120)- (7 0318*N)
Entre 126 583 et 220 333 (BIGR * 25/125)- (11 250*N)
Entre 220 333 et 389 083 (BIGR *35/135)- (24 306*N)
Entre 389 083 et 842 166 (BIGR *45 /145)- (44 181 *N)
Supérieur à 842 166 (BIGR *60/160)-(98 633 *N)

III – 2 Impôts à la charge de l’employeur


Ces impôts à la charge de l’employeur sont la contribution nationale, la taxe
d’apprentissage et la taxe de formation professionnelle continue.
o La contribution nationale
Cette contribution nationale a pour objectif le développement économique, culturel et
social de la nation.
A la charge de l’employeur, la contribution varie selon qu’il s’agit du personnel local ou
expatrié.
- Pour les salaires versés au personnel local :
CN = 1.2%* £SBI
- Pour les salaires versés au personnel expatrié
CN = 10.4% * £SBI
18 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects
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Doivent être considérés comme entrant dans la catégorie du personnel expatrié, les
salaires bénéficiant d’un contrat d’expatrié visé par les autorités compétentes pour
l’emploi, de nationalité étrangère sans contrat d’expatrié mais exerçant des fonctions de
direction ou d’encadrement ou percevant des rémunérations (avantages en nature
compris) supérieures à celles habituellement perçues par les travailleurs ivoiriens.
o La taxe d’apprentissage
TA = 0.4 % * £SBI
o La taxe à la formation professionnelle continue
TFPC = 1.2 % *£SBI
NB : pour la taxe additionnelle à la formation continue, l’employeur a le choix entre deux
solutions : payer l’intégralité de la taxe additionnelle au mois le mois (1.2%) ; payer
chaque mois la moitié de la taxe additionnelle de 0.6% et réaliser des dépenses de
formation du personnel au moins égales à l’autre moitié, étant entendu que tout
employeur doit acquitter chaque mois une participation au moins égale à la moitié de la
taxe additionnelle à la formation continue (0.6%).
Les actions de formation continue admises sont celles qui sont conformes aux
orientations du FDFP et réalisées par des structures de formation agréées.
En tout état de cause, une régularisation doit être faite à la fin de la période d’imposition
qui part du 1er Janvier au 31 Décembre.
IV – Les cotisations sociales
Les cotisations sociales concernent aussi bien le salarié que l’employeur.
IV – 1 Les cotisations à la charge du salarié
Les salariés cotisent pour leur retraite. Les cotisations au régime de retraite s’appliquent
aussi bien aux salariés ivoiriens qu’étrangers.
Cotisations retraite = £ (SBI CNPS) * 3.2%
Le salaire brut imposable de la CNPS ne peut dépasser 1 647 315 FCFA par salarié.
IV – 2 Les cotisations à la charge de l’employeur
L’employeur supporte trois types de cotisations.
 La caisse de retraite
Cotisation retraite = £ (SBI CNPS) * 4.8%
Le salaire brut imposable de la CNPS ne peut dépasser 1 647 315 FCFA par salarié
 Les prestations familiales
Prestations familiales = £ (SBI CNPS) * 5.75 %
Le salaire brut imposable de la CNPS ne peut dépasser 70 000 FCFA par salarié

19 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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 Les accidents de travail
Accidents de travail = £ (SBI CNPS)*taux d’accident de travail
Le salaire brut imposable de la CNPS ne peut dépasser 70 000 FCFA par salarié
Le taux d’accident varie en fonction de la tranche d’activité, entre 2% et 5%.
2% pour les bureaucrates ; 3% pour les entreprises de nettoyages, commerciales et de
production ; 4% pour les garages ; 5% pour le transport, entreprise de travaux publics ;
certaines entreprises de production ou le risque au travail est très élevé.
V – Les obligations des employeurs
La déclaration des impôts est faite en principe chaque mois ; la déclaration d’un mois
devant être effectué au plus tard le 15 du mois suivant. Toutefois les entreprises dont le
nombre d’employés est inférieur à 20 pourront déclarer leurs impôts trimestriellement.
La déclaration des impôts est faite au moyen d’un imprimé disponible à la direction des
impôts.
L’employeur est tenu de remettre un bulletin de paie sur lequel doit apparaitre
nécessairement la dénomination et les sommes relevées. Les redevables des ITS sont
tenus de remettre au plus tard le 30 Avril de chaque année au centre des impôts dont ils
relèvent, un état récapitulatif (état 301) indiquant les bases et le montant des versements
effectués mensuellement au cours de l’année précédente.
CAS PRATIQUE 3:
Un chef d’équipe technique de l’entreprise PACO, ivoirien, marié, 4 enfants dont la
rémunération du mois d’Avril est de 4 400 FCFA l’heure bénéficie des avantages en nature
suivants : logement de 6 pièces dotées chacune d’un appareil de climatisation, mobilier ;
électricité ; eau et un gardien.
Il travaille depuis 12 ans quatre mois et bénéficie tous les mois d’une prime d’ancienneté.
En outre, il a effectué pour le mois d’Avril 55 heures (supplémentaires) qui se
décomposent de la manière suivante :
- 1ère semaine : 15 heures dont 5 heures la nuit du 1er Avril ;
- 2ème semaine : 14 heures dont 6 heures la nuit du mardi et 4 heures la nuit du
Dimanche ;
- 3ème semaine : 13 heures dont 4 heures le samedi nuit ;
- 4ème semaine : 13 heures dont 6 heures la nuit du mercredi et 5 heures le Dimanche
matin.
Enfin il a perçu une indemnité professionnelle d’un montant de 575 000 FCFA.

TAF :
1 – Calculer les impôts sur salaire et les cotisations sociales au titre du mois d’Avril par le
salarié.

20 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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2 – Déterminer le salaire net perçu par le salarié.
NB : Le taux d’accident du travail est de 3%

FISCALITE D’ENTREPRISE II : LES IMPOTS INDIRCETS

Les impôts indirects ne s’appliquent au revenu lorsque celui-ci est dépense dans des
opérations commerciales. Les principaux impôts indirects sont la TVA, la TOB et les droits
d’accises ou taxes spécifiques (spéciales) qui sont aussi des impôts indirects.
Ce module est subdivise en trois (3) grands chapitres :
 Chapitre I : La taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
 Chapitre II : La taxe spéciale d’équipement (TSE)
 Chapitre III : Le droit d’enregistrement ( DE )

21 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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CHAPITRE I : LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE

La TVA est un impôt indirect à payement fractionné qui majore le prix HT de certains
biens et services rendus. C’est un impôt qui frappe le revenu au moment où il est
dépensé et dont la charge définitive incombe au consommateur final.

I-CHAMP D’APPLICATION

Certaines personnes et opérations sont assujetties à la TVA en raison de l’activité


exercée. D’autres au contraire le seront en vertu d’une disposition expresse de la loi.

Echappent également à la TVA les activités salariales, agricoles et toutes les activités à
caractère civil.

A-LES ASSUJETTIS EN RAISON DE L’ACTIVITE.

Sont assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée, les personnes physiques ou morales
réalisant des opérations imposables. Ce sont notamment :

 les producteurs : Ce sont des personnes ou des sociétés qui à titre principal ou
occasionnel fabrique des produits
 les entrepreneurs de travaux immobiliers, de pose de matériels, les imprimeurs ainsi
que les prestataires de services, à l’exclusion des personnes exerçant des activités
bancaires qui sont soumises à la TOB ;
 les commerçants qui revendent en gros, demi-gros ou au détails des produits importés
ou achetés à des producteurs ou à d’autres commerçants établis en Côte d’Ivoire à
l’exception des revendeurs de tabacs, cigares, cigarettes et produits pétroliers.
 les professions libérales ou assimilées ;
 Les négociants de bien (les personnes qui achètent des immeubles pour les revendre).

NB : Les revendeurs de tabacs, cigares et cigarettes ne sont pas assujettis à la TVA. Seuls
sont assujettis les fabricants et importateurs qui sont chargés de collecter la taxe en lieu
et place de leurs revendeurs (grossistes, demi grossistes, détaillants) ; la taxe est exigible
sur toute la marge de distribution au taux d’usage ;

Les revendeurs des produits pétroliers ne sont pas assujettis à la TVA.

Seules sont assujetties les entreprises de distribution.

B-LES ASSUJETTIS EN VERTU D’UNE DISPOSITION EXPRESSE DE LA LOI

1-Les Importations

22 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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Selon le code général des impôts les biens importés en CI sont soumis à la TVA. Cette
disposition a été prise pour ne pas défavoriser les productions locales par rapport aux
productions étrangères.

2-Les livraisons à soi- même

Il y a livraison à soi-même lorsqu’un assujetti se livre à lui-même ou réalise pour lui-même


ou pour les besoins d’exploitations certaines opérations plutôt que de les commander à
des tiers en supportant la TVA correspondante.

Par exemple, une entreprise qui fabrique des mobiliers de bureau au lieu de l’acheter fait
l’économie de la TVA qui n’est pas facturée par un tiers. Pour établir la neutralité fiscale
entre les différents circuits économiques, le législateur ivoirien a décidé de soumettre
certaines livraisons à soi-même à la TVA.

Ce sont :

- Les livraisons à soi-même de biens exclus du droit à déduction (véhicule de


tourisme, mobilier etc.)
- Livraison à soi-même de biens et produits utilisés à la fabrication de biens et
produits exonérés de TVA
- Livraison à SM de biens ouvrant droit à déduction lorsque le prorata de déduction
est inférieur à 100%.

CAS PRATTIQUE 4 : L’usine de Mr DIANE a utilisé pour son propre compte un


mobilier de bureau fabriqué à l’usine. Le coût de ce mobilier s’élève à 300.000 HT.

TAF : Cette livraison est-elle soumise à la TVA ?

Indiquez le montant de la TVA dû au regard de cette opération.

3-les assujettis par option

L’option permet d’égaler le circuit économique. En effet, l’exonération pénalise quelque


peu les personnes exonérées qui ne peuvent récupérer la TVA à eux facturée en amont.

Peuvent opter pour leur assujettissement au régime de la taxe sur la valeur ajoutée :

 les producteurs de noix de coco, de plantes et fleurs, de bananes et d’ananas, lorsque


leur chiffre d’affaires annuel toutes taxes comprises excède 50 00 000 de FCFA ;
 les propriétaires d’immeubles nus à usage commercial ou industriel (Loi de Finance
2000).
 Les entreprises de transport public de personnes ou de marchandises lorsqu’elles
relèvent d’un régime réel d’imposition (Loi de Finance 2002-2003)
NB : L’option est irrévocable. Elle prend effet à compter du 1er jour du mois suivant celui
au cours duquel elle est exercée.

II- LES EXONERATIONS DE LA TVA


23 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects
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Les exonérations en CI sont de plusieurs ordres :

 Les exonérations tendant à éviter une double imposition. C’est le cas des affaires
d’assurance soumises à la taxe sur les assurances, les cessions d’immeubles, de
fond de commerce, de clientèle, droit au bail qui relève des droits
d’enregistrement.
 Les exonérations des services publics et assimilés : ventes de timbres
 Les exonérations tendant à favoriser l’essor économique : Les travaux
d’aménagements, les affaires portant sur les engrais, sur les aliments destinés à
l’alimentation du bétail, sur les bois en grume, les ventes de sacs de jute et de sisal
aux exportateurs de café et cacao.
 Les exonérations des affaires se rattachant aux produits alimentaires : pain, farine,
viande fraîche et congelée, le poisson congelé etc…
 Les exonérations des activités de transports à l’exception des transports rapides
de documents et colis, de remorquages de véhicules accidentés ou en panne, de
convoyage de fond,
 Les exonérations de certaines professions : Enseignement, corps médical
(honoraires et soins médicaux) à l’exclusion des soins d’esthétique et de beauté,
peinture, aviculture, horticulture, pis culture à l’exception des ventes effectuées
par les entreprises d’élevage industriel de crustacés
 Les exonérations des ventes de produits et spécialités pharmaceutiques à
l’exception de coton hydrophiles, bandes et compresses, de coton et produits
analogues,
 Exonération du tourisme, de la presse, de la vente de livre, de journaux et
périodiques,
 Les exonérations des exportations et opérations assimilées
 Les exonérations des ventes d’ordinateurs aux établissements préscolaires,
scolaires, secondaires et supérieurs.
 Exonération des matériels agricole (tracteurs, machines, appareils et
engins agricoles ainsi que leurs pièces détachées) acquis par les
agriculteurs et les coopératives agricoles (Annexe fiscale 2004)
 Les exonérations conventionnelles qui sont des exonérations accordées à des
marchés conclus entre l’Etat et certains privés mais dont le financement est assuré
par des organismes internationaux demandant le plus souvent que ces marchés
soient exonérés de tous les impôts et taxes. Les entreprises titulaires du marché
présentent à leurs fournisseurs des attestations visées par la DGI.
 (Les acquisitions de logement à caractère économique et social) les travaux de ces
logements, les matériels et fournitures y intégrés ainsi que les travaux
d’assainissement et de voiries et de réseaux divers sont exonérés de TVA à
condition que ces entreprises construisent au moins 100 logements et que ces
logements soient vendus à un prix maximum de 12 500 000 FCFA HT par logement.
 Les appareils de correction auditive,

24 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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 Les semences et les graines (2001)
 Le gaz butane (2001)
 La tranche sociale de consommation des livraisons d’eau (18m3 par trimestre et
d’électricité (5 Ampère avec 84 KW) (2001)
 Les exonérations liées au statut du personnel diplomatique
Pour ce faire, l’Administration délivre au diplomate une attestation d’exonération
à présenter à l’occasion des transactions. Ces privilèges fiscaux reconnus au
diplomate d’un pays sont basés sur la règle de la réciprocité.

Cette liste n’est pas exhaustive. (Voir 235 à 236 du CGI)

III- LA REGLE DE TERRITORIALITE DE LA TVA

En principe les produits ou les services consommés ou utilisés en CI sont soumis au TVA
s’il entre dans le champ d’application de cet impôt. Les produits et les services consommés
ou utilisés à l’extérieur sont exonérés de TVA.

A- LES LIVRAISONS DE BIENS

Les ventes sont imposables en Côte d’ivoire lorsque le lieu de livraison des
marchandises est réputé se situer en Côte d’ivoire : L’article 350 du CGI stipule que :

1- Le lieu d'une livraison de bien est réputé situé en Côte d'Ivoire dès lors que le bien s'y
trouve au moment de la livraison, ou, en cas de transport du bien, au moment du
départ de l'expédition ou du transport à destination de l'acquéreur.

2-Si le bien fait l'objet d'une installation ou d'un montage par le fournisseur ou pour son
compte, le lieu de la livraison est réputé se situer à l'endroit où est fait l'installation ou le
montage.

3-Lorsque le lieu de départ de l'expédition ou du transport du bien se trouve dans un Etat


autre que la Côte d'Ivoire, pays d'importation du bien, le lieu de la livraison effectuée par
l'importateur est réputé se situer en Côte d'Ivoire.

B-LES PRESTATIONS DE SERVICE

Règle Générale

Les prestations de services sont imposables en Côte d'Ivoire lorsqu'elles y sont


exécutées (application de la règle de la territorialité). Cependant, lorsque la
prestation, bien qu'exécutée dans un autre pays, est utilisée en Côte d'Ivoire,
l'imposition est faite en Côte d'Ivoire (application de la règle du lieu d’établissement
du bénéficiaire).

Exemples :
25 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects
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1-Un transporteur domicilié à Bamako fait réparer ses camions Mercedes chez Star-Auto
à Abidjan. Les camions repartent à Bamako après réparation.

Le lieu ou la prestation est exécutée : Star-Auto Abidjan, Côte d'Ivoire →la prestation
fournie par la Star-Auto Abidjan est imposable à la TVA ivoirienne car elle est effectuée
en CI (application de la règle de la territorialité).

2- Une entreprise d’Abidjan remet une traite à sa banque (SGBCI) de C.I pour être
encaissée à la Banque de Développement de Ouagadougou

Prestation à exécuter par la SGBCI : encaissement d’une traite

Lieu d’exécution de la prestation : Ouagadougou

La prestation est réalisée à l’étranger mais l’utilisateur ou le bénéficiaire de cette


prestation (entreprise) est établie en CI → la prestation est imposable en CI et à la TOB
car le fournisseur de la prestation est une banque (application de la règle du lieu
d’établissement du bénéficiaire).

3-Un cabinet d’expertise américain réalise une étude de faisabilité pour la Petroci sur la
plate-forme off-shore de Bassam.

Prestation à exécuter par le cabinet : Réalisation d’une étude de faisabilité.

Lieu de réalisation de l’étude : la plate-forme off-shore de Bassam → la prestation de


service est effectuée en CI en plus au bénéfice d’un résident, la prestation est imposable à
la TVA ivoirienne. Les deux règles s’appliquent dans cet exemple.

Règles particulières

Le lieu d'imposition des prestations de services est réputé se situer :

1- Pour les prestations de services se rattachant à un bien immeuble, à l'endroit où le bien


est situé.

Exemple1 : Une entreprise installée à Abidjan (C.I) demande à une autre entreprise
ivoirienne installée à Abidjan (C.I) de réaliser des travaux immobiliers dans ses bureaux
sis à Bamako (Mali). Il s’agit de prestations de services se rattachant à un immeuble situé
au Mali, donc à l’étranger → prestations exonérées de TVA en CI.

2- Pour les prestations portant sur le transport et celles accessoires aux transports, au
lieu de destination.

Exemple : La société de transport National d’Abidjan « STNA », assujettie à la TVA par


option, est installée à

Abidjan (C.I). En plus des lignes nationales, elle exploite également une ligne de transport
international de voyageurs et de marchandises à destination d’Accra-Lomé-Cotonou. Les
tickets vendus sur les lignes nationales sont soumis à la TVA car les lieux de destination

26 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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sont en C.I. par contre, pour la ligne internationale, les tickets sont exonérés de la TVA
ivoirienne car le lieu de destination est situé à l’étranger.

3-Pour les prestations de nature artistique, culturelle, scientifique ou sportive, au lieu où


elles se sont matériellement déroulées.

Exemple : la maison « Show Biz » installé à Abidjan (C.I) prévoit pour le mois de Mai 19N deux
concerts en « live » à l’Hotel Ivoire à Abidjan (C.I) et à la Maison du peuple à Cotonou « Benin »
à animer par le chanteur DJ « Coupé-Décalé »

Le concert d’Abidjan est imposable à la TVA ivoirienne. Par contre, celui du Benin est exonéré
de la TVA ivoirienne car le lieu de déroulement de la manifestation est situé à l’étranger.

4-Pour les prestations de services ayant pour objet la location de biens meubles corporels,
à l'endroit où s'effectue cette utilisation.

Exemple : une entreprise de location d’engin de travaux publics (biens meubles


corporels) installée à Abidjan (C.I) loue à une autre entreprise ivoirienne installée à
Abidjan des engins pour l’exécution d’un marché de construction d’une autoroute au
Burkina Faso. Lieu d’utilisation des engins loués : Burkina Faso, pays étranger. Cette
location d’engins est donc exonérée de la TVA.

III- LES DIFFERENTS REGIMES D’ASSUJETTIS A LA TVA

On appelle assujettis, les personnes chargées de facturer la TVA et de la reverser à l’état

On distingue deux principaux régimes d’assujettis.

Les assujettis au :

- réel normal (CATTC annuel Supérieur à 150.000000 pour les commerçants de biens
ou à 75.000.000 pour les prestataires de service)

- réel simplifié pour les contribuables qui réalisent un CATTC compris entre
50.000.000 et 150.000.000 pour les commerçants de biens et entre

25.000.000 et 75.000.000 pour les prestataires de services.

NB : Les personnes soumises au BNC sont assujetties à la TVA quel que soit leur
chiffre d’affaire.

IV- LE CALCUL DE LA TVA

Il fait intervenir 3 éléments

- Le fait générateur et l’exigibilité,


- La base d’imposition,
- Le taux de l’impôt.
A- LE FAIT GENERATEUR ET L’EXIGIBILITE (CGI, ART 361)
1- Le fait générateur de la taxe

27 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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Le fait générateur de la taxe est la situation, l’acte ou l’événement qui donne naissance à
la taxe, créance de l’Etat. Il se produit pour :

 les ventes de biens meubles corporels lors de la livraison des biens ;


Exemple :

La société Unilever livre le 10 Mai 19N 200 cartons de savons BF à son grossiste Ali
d’Adjamé. Le savon BF est un bien meuble corporel. Ce bien a fait l’objet d’une livraison
le 10 Mai. Cette livraison génère la taxe c’est-à-dire que cette livraison donne naissance
à la taxe. La créance de l’Etat sur Unilever est née le 10 Mai.

 les prestations de services, les travaux immobiliers et les ventes à


consommer sur place lors de l’exécution des services et travaux ;
Exemple :

L’Entreprise des Peintres Réunis « EPR » conclu le 25 Mars N un marché pour la


peinture de plusieurs immeubles de la société Gonfreville de Bouaké. La fin des travaux
est prévue pour le 30 Décembre N. les travaux seront globalement réceptionnés le 30
décembre. La peinture est effectivement achevée le 30 décembre, date prévue au
contrat. Il s’agit de travaux immobiliers c’est-à-dire des travaux portant sur un ou des
immeubles. Le fait générateur est l’exécution des travaux. Les travaux ont été achevés
le 30 décembre. La taxe ou la créance de l’Etat est donc née le 30 décembre N.

 les prestations de services qui donnent lieu à des encaissements successifs au


moment de l’expiration des périodes auxquelles les encaissements se rapportent.
Exemple :

L’entreprise « Entrepreneurs de Bâtiments Réunis « EEBR » conclut le 1er Juin (N-2)


avec la SCI Palace de Manahattan, un marché pour la construction de 150 logements de
grand standing au quartier Beverly Hill de la Riviera M’badon. Le prix de vente du
logement est compris entre 75 200 millions F CFA. Le contrat prévoit des livraisons
successives par tranche de 50 logements donnant lieu à des paiements. Le programme
global a été achevé le 30 décembre N. l’historique du programme tel qu’exécuté par
l’EEBR se présente comme suit :

- 31 Mai (N-1) : livraison des 50 premiers logements à la SCI décompte : 3,5 milliards
de francs
- 30 Mars N : livraison de 50 autres logements à la SCI décompte : 3 milliards de
francs.
- 30 décembre N : livraison des 50 derniers logements à la SCI : 4 milliards de francs.
Les travaux réalisés ont fait l’objet de décomptes successifs les 31 Mai (N-1), 30 Mars
N et 30 décembre N.
28 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects
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Chaque décompte a donné naissance à la créance de l’Etat respectivement aux 31 Mai
(N-1), 30 Mars N et 30 décembre N.

 Pour les importations, l’entrée du bien dans le pays.


2- L’exigibilité de la taxe

L’exigibilité de la taxe est l’événement ou la date à partir de laquelle le trésor peut


réclamer le paiement de la taxe exigible. Généralement le fait générateur et l’exigibilité se
coïncident.

Elle intervient :

- Pour ventes de biens meubles corporels, lors de la livraison des biens,


- Pour les prestations de service, travaux immobiliers, les vents ou fournitures d’eau
d’électricité et de télécommunication, lors de l’encaissement,
- Pour les importations, lors de la déclaration en douane,
- Pour les livraisons à soi-même, lors de la mise en service du bien,
- Pour les ventes par traite, l’exigibilité se fait à l’échéance,
- Pour les ventes assorties d’une clause de réserve de propriété, l’exigibilité se
réalise à la remise matérielle du bien sans attendre le paiement complet du prix.

B-LA BASE D’IMPOSITION OU L’ASSIETTE DE LA TVA

1-Les ventes

La base d’imposition est constituée par le montant des ventes de fournitures ou


services tous frais et taxes compris.

Sont exclus de la base imposable :

- Les frais de transport,


- Les réductions commerciales hors facture (remises, rabais, ristournes),
- Les emballages consignés.
2-Les importations

La base d’imposition est constituée de la valeur retenue par les services douaniers.

Base TVA à l’importation = valeur en douane + droit fiscal d’entrée + redevance


statistique + droit de douane

3-Les livraisons à soi-même

La base est constituée par le prix normal de vente en gros de produits similaires à défaut
le prix de revient de ce bien.

4- la vente des biens d’occasion

29 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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Il faut entendre par bien d’occasion, un bien susceptible de réemploi dans l’état ou après
réparation.

On peut distinguer deux cas :

-Si la vente est effectuée par un utilisateur, la base d’imposition est le prix de vente hors
taxe.

-Si la vente est assurée par un négociant en bien d’occasion, cette base est égale à la marge
(différence entre le prix de vente hors taxe et le prix d’achat hors taxe)

CAS PRATIQUE 5 : Une entreprise de vente de matériel outil d’occasion a vendu à


3 000 000F HT un matériel repris à 1 200 000F HT, les dépenses de réparation s’élèvent
à 150 000F.

TAF : Calculer la TVA à facturer par ce négociant

Remarque :

- Le système d’imposition prévu pour le négociant est le système coup par coup
c’est-à-dire que la taxation se fait vente par vente ; la TVA est calculée sur la marge
réalisée sur chaque bien pris individuellement.
- Les dépenses de remise en état ne sont pas comprises dans le prix de revient.

5-Vente des biens rénovés


Un bien est dit rénové lorsque la valeur des éléments utilisés pour la remise en état est
supérieure à la valeur de reprise du bien augmenté des frais de rénovation (frais de main-
d’œuvre et frais de fabrication).

Base imposable = prix de reprise + valeur des éléments de remise en état + autres frais

6-Vente de biens en crédit-bail

Lorsque la vente intervient, la base d’imposition est le prix de cession convenu entre le
loueur et le locataire. Les redevances sont également soumises à la TVA.

C- LE TAUX DE LA TVA
Depuis la loi de Finance 2003, il existe qu’un taux unique de TVA de 18% applicable sur
les montants hors taxe et 15.25% sur les montants TTC

TAUX REEL (HT) TAUX LEGAL (TTC)

TVA 18% 15,25%

TOB 10% 9,09%

30 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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Remarque : le taux de TOB sur les activités bancaires de 10% est ramené à 5% sur les
agios pour les crédits d’équipement informatique et industriel des petites et moyennes
entreprises.

NB : la TOB sur les intérêts et agios est déductible alors que TOB sur les commissions
bancaires est non déductible. Selon l’article 3 de l’annexe fiscale 2008 la TPS a été
supprimée par la TOB (Taxe sur les Opérations Bancaires) tout en gardant les
caractéristiques de la TPS (taux, assiette…)

Taux spécial appliqués sur le tabac, cigares et cigarettes

Taux légal : 17,57% et Taux réel : 21,31%

VI-LE REGIME DES DEDUCTIONS DE LA TVA

La TVA exigible comprend non seulement la TVA facturée au client du fait des opérations
taxables de l’assujetti mais aussi la TVA relative à la régularisation des déductions opérées
antérieurement.

Lors du paiement de la taxe sur ventes, le redevable déduit la taxe qui a grevé le coût de
revient de ses achats.

D’où TVA due = TVA exigible ou vente ou collectée – TVA déductible/récupérable.

Les déductions omises pourront être pratiquées ultérieurement dans la limite de la


prescription qui est de douze (12) mois.

A-LES CONDITIONS D’APPLICATION DU DROIT A DE DEDUCTION

Pour qu’elle ouvre droit à déduction, la TVA opérée en amont doit obéir à deux conditions
essentielles

1- Les conditions de fonds


Pour que la taxe soit déductible les conditions de fonds suivantes doivent être
remplies :

- Les biens doivent être acquis pour les besoins de l’entreprise


- L’entreprise doit être assujettie à la TVA
- Le bien doit avoir supporté la TVA à l’achat
- Le bien ne doit pas être exclu du droit à déduction
- Les biens doivent être utilisés pour des opérations imposables
2- Les conditions de forme

31 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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La TVA n’est déductible que dans la mesure où elle figure sur un document justificatif qui
peut être :

 Une facture normalisée s’il s’agit d’un achat local


 Un document douanier s’il s’agit d’une importation
 Une déclaration de l’entreprise s’il s’agit d’une livraison à soi-même.
Il faut noter en outre que le fournisseur doit mentionner sur la facture les éléments
suivants :

i. La raison sociale de l’entreprise


ii. N° de compte contribuable
iii. Montant et référence de la facture
iv. Le régime d’imposition
v. Le montant de la TVA
vi. Le centre d’imposition
Le défaut de production de ces mentions entraîne l’annulation des déductions opérées.

Lorsque les conditions de fond et de forme sont réunies, la TVA qui a grevé l’achat est
récupérable soit en totalité soit partiellement.

NB : La mise en circulation de factures irrégulières est punie d’une amende allant de


10 000 à 100 000F par facture.

B-LES BIENS OUVRANT DROIT A DEDUCTION ET LES BIENS EXCLUS DU DROIT A


DEDUCTION
1- Les biens ouvrant droit à déduction
 Les achats et les importations portant sur (CGI, Art 365-1) :
 Les matières premières et produits entrés intégralement ou pour une partie de
leurs éléments dans la composition de produits ou objets passibles de la TVA ;
 Les marchandises destinées à être revendues en l’état ;
 Les matières consommables : matières ou produits ne constituant pas un outillage
qui, normalement et sans entré dans le produit finis sont détruits ou perdent leurs
qualités spécifiques au cours d’une seule opération de fabrication.
Exemple de matière consommables : les produits dit « produits noirs » (gasoil, fuel-oil
180, diesel distillant oil « DDO » à l’exclusion des produits utilisés comme carburant dans
les véhicules de transports.
L’article 1er de l’annexe fiscale à l’ordonnance n° 2007-675 du 28 septembre 2007 portant
budget de l’Etat pour la gestion 2008 intègre le gaz utilisé pour le fonctionnement des
usines parmi les combustibles

 Les biens immobiliers


- bâtiments et locaux affectés directement à la production

32 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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- bâtiments et locaux abritant les services sociaux obligatoires (infirmerie, douche,
lavabo, vestiaire, etc.…)
- bâtiments et locaux abritant les centres d’apprentissage et de formation
professionnelle qui sont placés sous la dépendance de l’entreprise
- bâtiments administratifs et commerciaux (bureaux, locaux de vent, salle d’attente,
hall d’exposition, etc.…
- les installations et réparations de toutes natures immobilières effectuées dans les
bâtiments ci- dessus
 Les biens mobiliers
- matériel de bureau
- matériels de travaux publics, moyens internes de manutention (tracteurs, grues,
bulldozers, etc.…)
- véhicules spéciaux (ambulance, véhicules spécialisés dans les taches précises sauf
transport)
- véhicules utilitaires de transport de marchandises
- tous les véhicules acquis par les entreprises de location (destinés à la location)
- tous les matériels cédés par crédit-bail par les sociétés de crédit-bail
CAS PRATIQUE 6 : Une maison de crédit-bail loue le 01/ 02/ 19 en crédit-bail sur trois
ans au loyer mensuel de 400 000 à la société EKL un bâtiment destiné au logement de
personnel acquis le 01/ 01/ 19à 12 000 000F HT. Au terme des trois années. L’immeuble
sera acquis par EKL au prix de 2 500 000F.

TAF : chez la maison de crédit-bail

1- calculer la TVA déductible


2- Calculer la TVA exigible à la fin de février 2019
3- Calculer le montant de la TVA exigible lors de la levée d’option

2- Les biens n’ouvrant pas droit à déduction


 Les biens immobiliers
- bâtiments et locaux destinés au logement du personnel de l’entreprise.
- bâtiments et locaux abritant des services sociaux non obligatoires (cantine, salles
de fêtes, coopérative etc.…)
- installations et réparations de nature immobilière effectuées dans les immeubles
ci-dessus,
- tous les immeubles acquis par les simples revendeurs
NB : Si un bâtiment est destiné à un usage mixte par exemple un bâtiment abritant à la
fois des logements et une infirmerie seule est déductible la taxe afférente au cout de
construction de l’infirmerie.

 Les biens mobiliers


- les mobiliers de bureau (tables, chaises, armoires, bibliothèques, bureaux) etc.…
- véhicules de toute nature destinée au transport des personnes
 Autres services exclus
33 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects
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- les frais d’hôtel et de restauration
- les frais de représentation
- les opérations bancaires effectuées à titre personnel pour le compte des dirigeants
d’entreprise
- les services se rattachant à des biens exclus (location, entretien, réparation)
- Les frais de carburant pour véhicules autres que ceux affectés au transport public
de personnes et de marchandises par les entreprises de transport ayant effectué
l'option prévue à l'article 348 du présent Code.
- N'ouvre également pas droit à déduction, la taxe ayant grevé les achats, travaux ou
services dont le montant est supérieur à 250 000 francs et dont le règlement est
effectué en espèces
VII- LE REGIME DE DEDUCTION DES ENTREPRISES PARTIELLEMENT ASSUJETTIES
A LA TVA
Il existe certaines entreprises dont les activités sont totalement assujetties à la TVA. Il
existe d’autres dont une partie des activités est soumise à la TVA.
Il s’agit dans ce cas des entreprises partiellement assujetties à la TVA. Dans ces
entreprises, la récupération de la TVA qui a grevé les achats se fera selon deux règles : La
règle du prorata et la règle de l’affection.

A- LA REGLE DE L’AFFECTATION
Cette règle ne concerne que la taxe ayant grevé les biens (qu’il s’agisse ou non
d’immobilisation).

Pour l’application de cette règle, il faut s’intéresser à la destination du bien.

- Si le bien acquis est affecté exclusivement à une activité exonérée aucune


déduction de TVA ayant grevé ce bien n’est possible.
- Si le bien acquis est affecté exclusivement à des activités passibles de TVA
(y compris les exportations) la TVA ayant grevé ce bien sera totalement
déductible.
- Si le bien est affecté à des activités en partie passible de TVA et en partie
exonérée de TVA, la TVA ayant grevé ce bien sera déductible en fonction du
prorata déterminé par l’entreprise.

B-LA REGLE DU PRORATA

Les entreprises exerçant des activités mixtes ont recours à l’application du prorata de
déduction lorsqu’elles ne peuvent aisément appliquer la règle de l’affectation.

Pour les stocks de marchandises et matières premières, la règle de l’affectation s’applique


aisément car les stocks sont soit affectés à une activité imposable, soit une activité
exonérée.

Pour les immobilisations et les frais généraux, le recours au prorata de déduction est plus
approprié
34 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects
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Le prorata calculé à la fin d’une année est applicable sur l’exercice suivant soit un an sauf
pour les entreprises nouvelles ou le prorata est applicable sur deux ans.

Le prorata est le rapport entre le montant annuel du chiffre d’affaires assujetties à la TVA
et le montant annuel chiffre d’affaires totales. C'est également le pourcentage de TVA
déductible que l'entreprise est autorisée à déduire de la TVA exigible. Il se détermine par
la formule suivante :

CA taxable ou assimilé (TTC) x100

Prorata =

CA Total

a- Eléments principaux figurant au numérateur


- Le chiffre d’affaire taxable TTC
- Les exportations de produits passibles de TVA sur le plan intérieur (montant TTC)
- Les prestations de services soumises à TVA.
- Les cessions d’éléments d’actif ouvrant droit à déduction.

b- Eléments principaux figurants au dénominateur


- Le total du numérateur
- Les exportations de biens exonérés
- Le CA d’opération exonéré sur le plan local.

c- Les Eléments ne figurants ni au numérateur ni au dénominateur


- Les produis financiers
- Les subventions d’équipement
- Les cessions d’éléments d’actif n’ouvrant pas droit à déduction.
- Les affaires non commerciales. (dommage et intérêt reçu par exemple)
- Les produits réalisés en dehors de la Côte d’Ivoire.

NB : Le prorata applicable en une année résulte des activités de l’année précédente.


Il est arrondi à la demi-unité supérieure.

Exemple 84,33% on a 84,5%


78,07% on a 78,50%
Exemple :
L’entreprise KAB commercialise à la fois des produits taxables et des produits exonérés.
Les données de l’exercice sont les suivantes :

- ventes en Côte d’Ivoire de marchandises taxables : 100 000000 TTC


35 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects
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- Exportation de produits taxables en C. I. : 12 000000

(Taux de TVA = Taux normal)

- Vente de produits exonérés : 35 000000

Détermination du prorata de déduction

Au numérateur :

- Ventes en C. I. de marchandises taxables = 100 000 000

- Exportation de produits taxables + TVA

12 000000 + (12 000000 x 18%) = 14 160 000

114 160 000

Au dénominateur :
- Les éléments au numérateur = 114 160 000

- Ventes Produits exonérés = 35 000 000

149 160 000

Prorata (pourcentage de déduction) = 114 160 000 x 100 = 76.54%

149 160 000

Le pourcentage ainsi obtenu est appliqué à la TVA acquittée sur les achats de biens
et services .
VIII- LE REGIME DE DEDUCTION DES ENTREPRISES

NOUVELLEMENT ASSUJETTIES A LA TVA

L’article 375-3 du CG stipule que les redevables qui prennent la position d’assujetti à la
TVA sont autorisés à déduire une part de TVA calculé au prorata du temps
d’amortissement restant à courir.

Par contre les biens déjà amortis, ainsi que les autres biens ne donnant pas lieu à
amortissement, détenus à la date de la prise de position d’assujetti, n’ouvrent droit à
aucune déduction.

Calcul du Crédit de Départ de la TVA

Selon l’article 375 du CG, seuls les biens amortissables non entièrement amortis à la date
d’assujettissement génèrent un crédit de départ de TVA. Aucune constitution de crédit de
départ de TVA n’est accordée pour les frais généraux.

TVA (1) x durée restant à courir.

Crédit de départ de la TVA =

36 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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Durée totale

Ou encore

TVA (1) x valeur net comptable

=__________________

Valeur d’origine

(1) : Il s’agit de la TVA qui aurait pu être déduite à l’acquisition du bien en question.

Ce crédit de départ est imputable sur la taxe exigible du mois de prise de position
d’assujettissement et les mois ultérieurs jusqu’à épuisement.

NB. : Les biens déjà amortis ; les biens non amortissables ainsi que les biens exclus du
droit à déduction ne peuvent être utilisés pour déterminer le crédit départ.

Le crédit de départ est déterminé uniquement sur les immobilisations amortissables ;


pas de crédit sur les frais généraux.

CAS PRATIQUE 7 : Une entreprise a opté pour l’assujettissement à la TVA le 1/01/19


De la balance d’inventaire au 31/12/18, on extrait les informations suivantes :
- Titre de participation 8 000 000
- Matériel et outil TTC (VO 24 992 400 durée 10 ans) 8 330 800
- Matériel de bureau TTC (VO 17 735 400 durée 5 ans) 11 823 600
- Mobilier de bureau TTC (VO 10 000 000 durée 5 ans) 6 000 000

TAF : Déterminer le crédit de départ de TVA

Incidence du crédit départ de TVA sur la Valeur comptable du bien et sur l’Impôt
sur les bénéfices
Ce crédit de TVA vient en principe diminuer la valeur du bien. Ce qui amènerait
l’entreprise à reprendre son plan d’amortissement. Pour éviter ce travail fastidieux,
l’entreprise pourrait soumettre à l’impôt BIC le crédit de TVA en le constatant à travers
un compte de produit et continuera à pratiquer ses amortissements comptables et fiscaux
sur la valeur comptable d’origine sans se préoccuper du crédit de départ de TVA.
Débit : 4451 TVA récupérable sur immobilisation
Crédit : 75 produits divers

Application : cas précédent


37 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects
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1-1-19N
D : 4451 TVA/ Immobilisation 3 812 500
C : 75 produit et profits divers 3 812 500

IX- LA REGULARISATION DES DEDUCTIONS

La TVA initialement déduite par un assujettit peut être remise en cause.

En effet, certains évènements sont de nature à donner lieu à un reversement de TVA


initialement déduite.

Ce sont :

- Cessation d’entreprise ;
- Changement d’affection des biens ;
- Abandon de la qualité d’assujettit ;
- Vol ou destruction du bien.
Lorsque l’un de ces évènements se réalise, la TVA à reverser à l’Etat est celle
relative à la fraction non encore amortie s’il s’agit d’un bien amortissable.

TVA à reverser = TVA initialement déduite x VNC fiscale ∕ VOHT

S’il s’agit d’un bien non amortissable, le montant de la TVA est récupéré à l’achat.

X- REGULARISATION POUR CAUSE DE VARIATION DU PRORATA DANS LE TEMPS

Il doit avoir réajustement des déductions pour cause de différence entre le prorata
définitif de l’exercice et le Prorata provisoire utilisé au cours de l’exercice
Le prorata d’un exercice est calculé en tenant compte des recettes de l’exercice auquel il
s’applique. Pourtant, ces recettes ne sont connues qu’en fin d’exercice. Pour ce faire, le
pourcentage afférent à un exercice donné sera applicable à l’exercice suivant. En d’autres
termes, le prorata d’un exercice est celui calculé sur les données de l’exercice précédent.
Exemple :
Le prorata de déduction calculé à partir des données de l’exercice N sera retenu comme
prorata de déduction de l’exercice N+1, celui calculé à partir des données de l’exercice
N+1, sera utilisé pour l’exercice N+2 etc.
Pour les entreprises nouvellement créées, un prorata prévisionnel « PP » déterminé à
partir des prévisions de CA de l’exercice sera utilisé. A la fin de l’exercice un Prorata
Définitif sera calculé sur les données du 1er exercice. Le prorata du 1er exercice sera le
prorata applicable au 2ème exercice.
Tout écart entre le PP et le PD, quel que soit son amplitude appelle à la régularisation de
la TVA déduite. Cette régularisation se traduira par un complément de déduction

38 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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(PD>PP), soit par un reversement de TVA (PD<PP). Ces régularisations ne concernent que
les biens et services dont la déduction de TVA a subi l’application du PP.
Pour notre part, nous recommandons, par souci de simplification et de souplesse,
l’attitude ci-après :
- Lorsque l’écart entre le PD et PP n’est pas significatif (à titre indicatif, écart ≤ 10%),
cet écart sera porté au compte du résultat pour ne pas avoir à modifier les valeurs
comptables initiales des biens ;
- Par contre en cas d’écart significatif, les valeurs comptables seront modifiées pour
les seules immobilisations. Pour les autres biens et pour les services, les
régularisations s’effectueront par jeu de compte de résultat.

EXERCICE D’APPLICATION
La SA DIFC/1A est créé le 1er janvier N. le PP de TVA calculé sur la base des prévisions
d’exploitation s’établit à 85% pour l’exercice N. Au cours de l’exercice N les déductions de
TVA ci-après ont été opérées :
Au titre des investissements : 10 000 000 x 0,18 x 85% = 1 530 000
Au titre des services : 5 000 000 x 0,18 x 85% = 765 000
Le prorata définitif PD calculé à la clôture de l’exercice N s’élève à :
Hypo 1 : 80% et Hypo 2 : 98%
TAF : Procéder à la régularisation de TVA pour cause de variation entre le PD et le PP de
l’exercice.
SOLUTION
Hypothèse 1 : PD = 80% < PP = 85% ; reversement de TVA. Ecart = 5 points, Ecart non
significatif. La régularisation de TVA par reversement sera imputée au compte de résultat.

TVA TVA déduite Régularisations


Désignation déductible si suivant Complément de
PD=80% PP=85% Reversement
déduction
Au titre des
1 440 000 1 530 000 90 000 /
investissements
Au titre des services 720 000 765 000 45 000 /
Total 2 160 000 2 295 000 135 000 /

39 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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Incidence comptable de la régularisation de TVA
Débit : 658 Charges diverses 135 000
Crédit : 4459 TVA antérieurement déduite à reverser 135 000
Hypothèse 2 : PD = 98% > PP = 85% ; complément de déduction de TVA. Ecart = 13 points,
Ecart significatif. La régularisation par complément de déduction sera traduit par :
- Une modification des valeurs comptables pour les immobilisations ;
- Un transfert au compte de résultat pour les services.
TVA TVA déduite Régularisations
Désignation déductible si suivant Complément de
PD=98% PP=85% Reversement
déduction
Au titre des
1 764 000 1 530 000 / 234 000
investissements
Au titre des services 882 000 765 000 / 117 000
Total 2 646 000 2 295 000 / 351 000
Incidence comptable de la régularisation de TVA
Débit : 4451 TVA récupérable sur immobilisation 234 000
4454 TVA récupérable sur services extérieurs 117 000
Crédit : 21/27 immobilisation 234 000
75 Produits divers 117 000
NB. Les régularisations pour variations entre le PP et PD ne concernent que les
entreprises assujetties à la TVA et nouvellement créées et ce, pour leur 1er exercice. Par
contre, les entreprises existantes même s’il s’agit de leur 1er exercice d’assujettissement,
le prorata applicable à un exercice est celui calculé sur les données de l’exercice
précédent. On ne parle ni de prorata provisoire ne de prorata prévisionnel.
XI- LA DECLARATION DE LA TVA

La façon de déclarer la TVA dépend du régime d’imposition de l’assujetti

- s’il est au régime du réel normal la déclaration doit se faire au plus tard le 15 du
mois suivant

- s’il est au régime du réel simplifié la déclaration doit intervenir au plus tard le 15
avril, 15 juillet et 15 janvier de chaque année sur la base du chiffre d’affaires réalisé au
cours de chaque trimestre échu.

40 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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Cette déclaration se fait à l’aide d’une fiche sur laquelle l’on voit apparaître
plusieurs rubriques dont les plus importants sont :

1- Identification du contribuable

Dans cette partie doivent figurer toutes les informations relatives au contribuable
ou à l’assujetti

2- Le chiffre d’affaires total

C’est le montant de toutes les affaires réalisées par l’entreprise :

- ventes HT nettes (déduction faite de toutes les réductions HT


- prestations de services nettes HT,
- exportations,
- Les bonis HT résultant des reprises d’emballages.
3-.CA exonéré
Il s’agit :
- des exonérations ce sont les opérations situées en dehors du champ d’application
de la TVA en raison de leur nature (activité salariée ou agricole)
- des exonérations conventionnelles
- des exportations
4- Chiffre d’Affaires taxable
C’est le montant net de toutes les affaires HT réalisées par l’entreprise au cours de la
période. Il est obtenu de la façon suivante :
CA Taxable = CA total – exportation – affaires exonérées +LSM
Le montant ainsi obtenu est multiplié par 18%
5- Montant des taxes déductibles
C’est l’ensemble des taxes facturées par les fournisseurs :
Taxe sur achat d’immobilisations. Fournitures, marchandises matières et autres services
extérieurs.
NB : - s’il l’entreprise a subi des retenues à la source elle doit les soustraire
- s’il existe un crédit de TVA, elle doit être soustraire
- s’il existe un prélèvement de 10% au profit du trésor elle doit le soustraire.
Remarque : Le prélèvement de 10% est supprimé au regard des entreprises relevant de
la direction des grandes entreprises et des PME.
Le schéma de la déclaration est le suivant :
TVA/ventes= CA taxable mensuel X 18% (y compris les LSM)
+ TVA antérieurement déduite à reverser
TOTAL TVA BRUTE
- TVA déductible du mois
- crédit reporté du mois précédent
TVA NETTE du mois
- Prélèvement de 10% au profit du trésor
TVA nette à payer ou Crédit à reporter

41 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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XI-LES MODALITES DE REMBOURSEMENT DU CREDIT DE TVA

Le crédit de TVA dégagé à l’issue des déductions opérées ne peut donner lieu à
remboursement que dans les cas suivants :

 affaires d’exportations ; il s’agit de crédit de TVA généré par les affaires d’exportation
de produits taxables sur le marché intérieur.
 cessation d’entreprise ; il s’agit de crédit de TVA ne pouvant être apuré du fait de la
cessation d’entreprise.
 investissement par les entreprises industrielles assujetties à la TVA ;
 investissements réalisés par les entreprises commerciales dans le cadre d’un
programme d’agrément à l’investissement agréé par la commission technique prévue
par la loi n°95-620 du 3 août 1995 portant code des investissements ;
 les acquisitions de biens d’investissement ouvrant droit à déduction pour une valeur
supérieure à 40 000 000 TTC ;
 Opération de crédit-bail.
Sont éligibles à cette procédure, les entreprises remplissant les conditions suivantes :

- souscrire régulièrement ses déclarations de TVA,


- Réaliser à l’exportation au moins 75% de son chiffre d’affaire,
- Ne pas avoir fait l’objet d’une procédure de redressement ayant révélé des
pratiques frauduleuses.
Le remboursement du crédit de TVA doit faire l’objet d’une demande au Directeur
Général des Impôts.

Pour être recevable, la demande devra être accompagnée d’une caution délivrée par un
établissement financier ou bancaire qui s’engage solidairement avec le demandeur à
reverser les sommes dont il aurait obtenu indûment le paiement.

Le cautionnement dont le montant doit être égal aux sommes réclamées en


remboursement est valable pour une durée de trois mois à compter du jour de réception
par l’Administration de la demande en remboursement

Le remboursement porte sur le crédit de TVA constaté :

 lors de la cessation d’activité,


 au terme de chaque trimestre pour les exportateurs ou de chaque semestre pour les
autres cas donnant légalement lieu à remboursement.
La demande de remboursement présentée est instruite dans un délai maximum de
deux mois, pour les opérations à l’exportation et assimilées et de trois mois pour les autres
cas de remboursement à compter de sa réception.

Le remboursement s’effectue dans les 15 jours suivant la date de décision.

CHAPITRE II : LA TAXE SPECIALE D’EQUIPEMENT(TSE).


42 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects
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La loi de finance pour la gestion 2001 a institué à la charge des entreprises au réel
simplifié et au réel normal une taxe pour participer à l’équipement de l’administration
fiscale. Cette taxe appelée Taxe Spéciale d’Equipement (TSE) est calculée au taux de
0,08% sur le CAHT. Elle est perçue au plus tard le 15 de chaque mois.

La base d’imposition est déterminée de la manière suivante :

Chiffre d’affaires hors taxe (chiffre d’affaires taxable HT et chiffre d’affaires exonéré)

-Produits pétroliers exonérés

-Livraison à soi même

Chiffre d’affaires hors taxe taxable

TSE = CA HT x 0,08%

Application

Une entreprise soumise au réel normal a réalisé pour le mois de février 2006.

Les chiffres d’affaires suivants :

- Ventes de produits taxables : 120 000 000 HT


- Vente de produits exonérés : 50 000 000
- Vente à des titulaires d’exonérations : 30 000 000
- Livraison à soi-même : 531 000 000 TTC
- Exportations : 20 000 000
TAF : Calculer la TSE à payer par l’entreprise

CHAPITRE III : DROIT D’ENREGISTREMENT (D.E)

L’enregistrement est un impôt dont la perception est rendue obligatoire pour


l’accomplissement de la formalité dite d’enregistrement. C’est aussi une formalité
accomplie par le Receveur de l’enregistrement après analyse et examen des actes et
conventions portées à sa connaissance.

L’enregistrement est donc une formalité administrative portant sur des actes (actes de la
vie d’une société …) ou des mutations (ventes, successions…) moyennant paiement d’un
droit et qui consolide les droits des parties à l’acte en donnant date certaine aux actes sous
seing privé. On distingue les mutations et les droits des sociétés
I - LES DROITS DE MUTATION

La mutation est le transfert d’un droit d’une personne à une autre. Elle peut être
matérialisée par un acte ou non. On a la mutation à titre onéreux et la mutation à titre
gratuit.

I – 1 : Les mutations à titre onéreux

On y trouve :
43 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects
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A/ La mutation de jouissance
Il s’agit d’une convention par laquelle une personne (bailleur) donne à une autre (le
preneur) la jouissance, à titre temporaire, d’une chose moyennant un prix. Les droits
prélevés sur ces actes sont les suivants :
 6 000 pour un bail de meubles
 2.5% de la valeur pour les immeubles, fonds de commerce, etc. lorsque la durée est
limitée
 10% de la valeur pour des immeubles, fonds de commerce, etc. en cas de cession de
droit au bail ou de bail à vie.

B/ La mutation de propriété
Il s’agit de la transmission de la totalité du droit de propriété. Les tarifs
applicables sont :
 En ce qui concerne les ventes d’immeubles : 10% de la valeur de l’immeuble
 En ce qui concerne les ventes de meubles : 6 000
 En cas d’échange d’un immeuble contre un autre immeuble : 6% de la valeur de
l’immeuble.
 En cas d’échange d’un meuble contre un autre meuble :6 000

 En ce qui concerne les ventes d’immeubles à usage industriel et commercial :7.5% de


la valeur de l’immeuble.

I – 2 Les mutations à titre gratuit

On distingue :

A/ Les mutations par décès


Il s’agit de trouver l’actif successoral, de le mettre en balance avec le passif successoral
pour trouver la part nette taxable.

Les tarifs retenus varient suivant que l’on se trouve dans une succession en ligne directe
ou en ligne collatérale.

Si le décès a eu lieu en Côte d’Ivoire, la déclaration doit être faite auprès du service de
l’enregistrement dans un délai de 6 mois suivant la date du décès.

Si le décès a eu lieu hors du pays, la déclaration doit être faite dans un délai d’un an suivant
la date du décès .

Les tarifs sont :

1/ Succession en ligne directe :

Fraction de part taxable (X) Tarifs


X < 2 500 000 4%
2 500 000 < X < 10 000 000 10%
10 000 000 < X < 50 000 000 15%

44 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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X > 50 000 000 20%

Chaque héritier en ligne directe a droit à un abattement de 12 000 000 et une réduction
de 400 000 par enfant à partir du 3ème enfant.

2/ Ligne collatérale et entre non parents

Fraction de part nette taxable (X) Tarifs


Entre frères et sœurs
X < 10 000 000 25%
X > 10 000 000 35%
Entre parents jusqu’au 4ème degré 40%
Entre parents jusqu’au 4ème degré et entre non parents 45%

B/ Les donations

Il s’agit des droits perçus sur les biens donnés à titre gratuit. La base imposable est
constituée par la valeur des biens donnés.

Les droits sont calculés par tranche comme en matière de mutation par décès.

II - LES DROITS DE SOCIETE

Outre le droit au bail, le droit de vente, le droit d’échange etc., les sociétés, supportent des
droits spécifiques à différentes étapes de leur vie.

II - 1 Droits dus au moment de la constitution de la société

Ces droits varient selon la nature de l’apport :

 Apport simple : le capital social compris entre 0 et 5 milliards, le tarif est égal à 0,6%
du montant de l’apport.

Le capital social est à 5 milliards et plus, le tarif est égal à 0,2%

 Apport à titre onéreux : ici l’apporteur se fait rémunérer en contrepartie.

Dans ce cas, la base imposable est constituée par la valeur des biens apportés ; les droits
se calculent comme en matière de mutation à titre onéreux ;

SECTION II : Droits dus au cours de l’existence

45 / Cours de fiscalité d’entreprise : Impôts directs & Impôts indirects


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a) Augmentation de capital

Apport onéreux : 0 à 5 milliards, le taux est égal à 0,6%


5 milliards et plus, le taux est égal à 0,2%
Incorporation de réserves, le taux est égal à 6%
Incorporation de réserves de réévaluation : le taux est égal à 2%

b) Diminution du capital

L’acte constatant la baisse du capital suite aux pertes subies par la société est enregistré
au droit fixe de 6 000.

c) Amortissement du capital : droit fixe 6 000

d) Fusion de société :

0.3% si l’actif net > au capital de la société fusionnée


6% si l’actif net < au capital de la société fusionnée
Droit fixe en cas de prise en charge du passif 6 000

e) Dissolution de société
Les actes de la dissolution sont enregistrés au droit fixe de 6 000 le partage des biens
acquis par l’entreprise est soumis à un droit de partage de 1%.

TRAVAUX DE RECHERCHES

THEME I : TAXE SUR LES OPERATIONS BANCAIRES (TOB)

THEME II : L’ACOMPTE DE L’IMPOT SUR LE REVENU DU SECTEUR INFORMEL (AIRSI)

THEME III : LES AUTRES IMPOTS

THEME IV : IMPOT SUR BENEFICES INDUSTRIELS ET COMMERCIAUX ( BIC )

THEME V : IMPOT SUR LES BENEFICES NON COMMERCIAUX ( BNC )

THEME VI : CONTRIBUTION DES PATENTES

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THEME VII : LES IMPOTS FONCIERS

THEME VIII : IMPOT SUR LE REVENU DES CAPITAUX

CONCLUSION
En résumé la fiscalité au niveau des impôts directs qui concernent en général les régimes
d’impositions selon le plan ivoirien, nous a permis de découvrir les différents calcul
d’imposition au sein de nos entreprises ; et de connaitre la part qui revient à l’Etat Ivoirien.
Sans oublier celui de l’indirect qui concerne la TVA à reverser à l’Etat Ivoirien, etc…
Les étudiants sont à même présent de connaitre comment se calcul les différentes
cotisations, tant à la charge de l’employeur et tant à la charge du salarié selon la DGI et
selon la CNPS.

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