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CH03

CH03 MECANISMES PLANS


A BIELLE -MANIVELLE

INTRODUCTION
Un autre mécanisme parmi ceux à quatre barres articulées, fort
répandu en technologie et en industrie classique et moderne est le
mécanisme à bielle- manivelle (fig1.3). On souligne que ce mécanisme
à bielle -manivelle a servi depuis longtemps et déjà comme étant la
configuration structurale des moteurs à combustion interne, des
compresseurs, des motopompes, etc. Puisque tous les chaînons de ce
mécanisme se déplacent parallèlement à un plan commun, le
mécanisme à bielle -manivelle est déjà classé parmi les mécanismes
plans.

fig1. 3 - pour Mécanisme Plan à Bielle -Manivelle

ETUDE CINEMATIQUE

LOI DE TRANSMISSION
Au cours de l'analyse cinématique du mécanisme considéré, il est
nécessaire de considérer le cycle complet de mouvement du
mécanisme en question. Ainsi et pour la commodité de cette étude, on
procède à l'analyse analytiquement par la méthode du contour
vectoriel fermé (fig2.3). On suppose donc le montage général où le
mécanisme présente un axe de guidage du chaînon (4) qui ne passe
pas par l'axe de rotation de la manivelle (2). De même que dans le cas
du quadrilatère articulé, nous considérons le système au cours duquel
l'ordre [O2ABCO2] est conservé lors du parcours dans la direction et le
sens horaire.

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Fig2. 3 - pour la Loi de Transmission du Mécanisme Plan
à Bielle -Manivelle (cas général où e ≠ 0)

Pour rechercher l'espace linéaire s=f(θ2) parcouru par le chaînon (4),


représentons le contour [O2ABCO2] comme étant la somme des
vecteurs:
r r r r
r +l +e = s (1)

Projetons l'expression (1) sur les axes (O2x) et (O2y), l'on aura
aisément:

r cos θ 2 + l cos φ + 0 = s
 (2)
 r sin θ 2 − l sin φ − e = 0

De l'expression (2), il découle qu'on peut déduire la relation qui


exprime la variation de l'angle (Φ) en fonction de la coordonnée
généralisée (θ2)., soit alors:

 r sin θ 2 − e 
φ = arcsin  (3)
 l 

Et l'espace linéaire s=f(θ2) parcouru par le chaînon (4) ou piston sera


déduit à partir des expressions (2) et (3), soit alors on peut toujours
écrire sans difficulté:

r sin θ 2 − e 
S = f (θ 2 ) ⇔ S = r cos θ 2 + l cos φ avec φ = arcsin  (4)
 l 

LOI DES VITESSES


Pour déduire analytiquement les relations des vitesses linéaires et
angulaires respectivement des chaînons (4) et (3) nous procédons à
une première dérivation de l'expression (4) par rapport au temps (ou
par rapport à la coordonnée généralisée (θ2). Si on désigne par (ω2 =
dθ2/dt) et (ω4=dθ4/dt) il s'avère ainsi qu'on obtient les relations

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recherchées:

S& = − rω 2 (cos θ 2 tan φ + sin θ 2 )



  r cos θ 2  (5)
 φ& = + ω 2
  l cos φ 

LOI DES ACCELERATIONS


ACCELERATIONS
Pour déterminer les relations analytiques des accélérations linéaires et
angulaires respectivement des chaînons (4) et (3) nous procédons là
aussi à une seconde dérivation par rapport au temps de l'expression
(4). Dans le contexte général du système et si l'on désigne par (ω2 =
dθ2/dt ≠ cte) et (α2 = dω2/dt), il s'ensuit que l'on peut écrire sans
difficultés:

 S&& = K 1α 2 + K 2ω 22
 && (6)
φ = K 3α 2 + K 4ω 2
2

tout en déclarant que les termes (Kj) pour j = {1, 2, 3, 4} sont comme
suit:

 K 1 = −(r sin θ 2 + lK 3 cos φ )


 K = −(r cos θ + lK sin φ + lK 2 cos φ )
 2 2 4 3
 r cos θ 2
 K3 = (6bis)
 l cos φ
 r sin θ 2
 K 4 = −( ) + K 32 tan φ
 l cos φ

où ces notations K1 et K3 sont couramment connues sous le nom de


"coefficients d'influence" ou "rapports des vitesses" alors que: K2 et
K4 sont connues sous le nom de "coefficients centripètes".

REMARQUES
Pour les moteurs à combustion interne et pour tout autre mécanisme
qui fait usage de la structure du mécanisme à bielle - manivelle, les lois
de transmission, des vitesses et des accélérations sont des fonctions
périodiques de la variable d’entrée (θ2), laquelle est reconnue comme
coordonnée généralisée du système. La variable (θ2) caractérise bien le
déplacement angulaire de la manivelle (2). D'une simple contemplation
il s'avère alors que toutes ces fonctions peuvent s'exprimer en série de
Fourrier en (θ2). Pour illustrer ceci, traitant le cas d'un système à bielle

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-manivelle "régulier" où (e # 0) c'est à dire que le mécanisme en
question ne présente aucun désaxage. Si on pose que (λ = r/l) l'on
pourra toujours écrire que:

sin φ = λ sin θ 2 et cos φ = (1 − λ2 sin 2 θ 2 ) (7)

Et par un développement limité suivant l'équation binomiale de


Newton, la relations (7) se traduit en:

1 1 1
cos φ = λ ( A0 + A2 cos 2θ 2 − A4 cos 4θ 2 + A6 cos 6θ 2 + ...) (8)
4 16 36

tout en signalant que les termes Aj pour j = {0, 2, 4, 6, …} ont les


formes suivantes:

 1 λ 3 3 5 5
 A0 = λ − 4 − 64 λ − 256 λ − ...
 1 15 5
 A2 = λ + λ3 + λ + ..........
 4 128
 (8bis)
1 3
 A4 = λ3 + λ5 + ................
 4 16
 9 5
 A6 = 128 λ + ..........................

Du seul fait que (λ) doit se situer souvent entre (1/16) et (2/5) pour
toutes les applications des moteurs à combustion interne, _il est
nécessaire de retenir que quelques termes significatifs parmi ceux du
développement limité précité _. Ainsi les relations du déplacement, de
la vitesse et encore de l'accélération du chaînon (4) auront comme
expressions pratiques:



 S (θ 2 ) = r[ A0 + cos θ 2 + 1 A2 cos 2θ 2 − 1 A4 cos 4θ 2 + 1 A6 cos 6θ 2 + ...]
 4 16 36
& 1 1 1
S (θ 2 ) = rω 2 [− sin θ 2 − A2 sin 2θ 2 + A4 sin 4θ 2 − A6 sin 6θ 2 + ............. (9)
 && 2 4 6
 S (θ 2 ) = rω 2 [− cos θ 2 − A2 cos 2θ 2 + A4 cos 4θ 2 − A6 cos 6θ 2 + .............] +
2

 1 1 1
 rα 2 [− sin θ 2 − A2 sin 2θ 2 + A sin 4θ 2 − A6 sin 6θ 2 + ...........]
 2 4 6

De même les relations des positions, des vitesses et des accélérations


angulaires de la bielle (3) seront exprimées comme suit:

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 φ (θ 2 ) = arcsin( λ sin θ 2 )
 & 1 1
 φ (θ 2 ) = + λω 2 [C1 cos θ 2 − C 3 cos 3θ 2 + C 5 cos 5θ 2 + ....)
 3 5
φ&&(θ ) = − λω 2 (C sin θ − 1 C sin 3θ + 1 C sin 5θ + ....) +
 2 2 1 2
3
3 2
5
5 2

 (10)
1 1
λα 2 (C1 cos θ 2 − C 3 cos 3θ 2 + C 5 cos 5θ 2 + .....)
 3 5

Tout en signalant que les termes de (Cp) pour p={1, 3, 5, etc..} sont
comme suit:

1 3 4
C1 = 1 + λ2 + λ + .......
8 64
3 27 4
C 3 = λ2 + λ + ......... (10bis)
8 128
15 4
C5 = λ + .......... .........
128

Il est encore à souligner que dans la pratique, les constructeurs des


moteurs adaptent sans aucun risque, un développement limité pris au
second ordre, ce qui conduit à ne pas utiliser que ces termes:

 λ
 S (θ 2 ) = l + r[cos θ 2 + cos 2θ 2 ]
4
 λ
 S (θ 2 ) = − rω 2 [sin θ 2 + sin 2θ 2 ]
& (11)
 2
S&&(θ 2 ) = − r (ω 22 [cos θ 2 + λ cos 2θ 2 ] + α 2 [sin θ 2 + λ sin 2θ 2 ])
 2

où les termes contenant (θ2) et (2θ2) de l'accélération sont couramment


reconnus respectivement, en tant que la composante primaire et la
composante secondaire de cette dernière.

USAGE ET APPLICATIONS

Les mécanismes plans à bielle manivelle ou à coulisseau et manivelle


sont très largement utilisés dans les machines et les appareils
comportant surtout des dispositifs hydrauliques ou pneumatiques. On
rencontre ces mécanismes dans les moteurs à combustion interne
(fig3.3) classiques et modernes, dans les compresseurs (fig4.3) dans

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les motopompes à pistons (fig5.3) et (fig6.3) dans les presses et dans
plusieurs machines industrielles où il est désirable de convertir, à des
fins bien précis, du mouvement rotatif continu en un mouvement
rectiligne alternatif donné.

Fig3.3 – pour Mécanisme du Moteur à Combustion Interne

Fig4.3 – pour Mécanisme du Compresseur.

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Fig5.3 – pour Mécanisme d'une Motopompe à Piston

Fig6.3 – pour Divers Applications du Mécanisme à Bielle –Manivelle

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