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N OT R E S E P T I È M E CHRONIQUE…

Chapitre

Les autes erres


rthuriennes

Samedi 26 septembre 2020


’est le samedi 26 septembre 2020 que le Chapitre des Hautes Terres Arthuriennes de l’Ordre
International des Chevaliers et Gentes Dames de la Table Ronde de la Cour du Roi Arthur
s’est réuni pour la septième fois….
J’aime à dire qu’il s’agit du septième Chapitre car nous n’avons pas à rougir de la « jeunesse » du Cha-
pitre des Hautes Terres Arthuriennes…
Comme vous le savez, ce Chapitre sera le seul de l’année… nous faisons face de plein fouet aux consé-
quences de la crise sanitaire qui a bouleversé l’année… bouleversement « planétaire » et qui a bien
entendu impacté toutes les décisions de vie pour chacun de nous.
C’est donc notre « peste » du 21e siècle…
Quand nous avons décidé cet été de maintenir un Chapitre dans l’année, c’est qu’il nous semblait im-
périeux de conserver le lien… et pas n’importe lequel. Nos Chapitres sont au nombre de deux par an…
peu certains diront… c’est la raison pour laquelle nous avons aussi donné deux autres rendez-vous
pour se retrouver et festoyer…
Ce lien qui nous unit est un lien magique… pour autant il me semble important de le nourrir pour qu’il
ne se délite pas. Le choix du maintien d’un Chapitre sur l’année 2020 a été une évidence.
Dans le courant de l’été, nous nous sommes baladés sur une idée d’Elise et de Gino en un lieu d’excep-
tion qui a retenu notre attention… lieu peu connu : l’Abbaye de Droiteval… Visite et enthousiasme
pour pouvoir y organiser un temps plus long de rencontre. Nous avons abandonné le projet en l’état
puisque nous savions très vite que certains d’entre nous ne pourraient venir. Il est donc repoussé en
2021.
Mais je n’envisageais pas de ne rien faire… d’en rester là…
Ce sont tous ces éléments qui nous ont décidé à maintenir un Chapitre… Elise a alors proposé son loft
pour l’accueillir.
La suite, vous la connaissez… les invitations sont parties et nous avons réfléchi à la teneur de ce Cha-
pitre particulier, seul et unique de l’année.
Nous avons aussi travaillé en amont pour respecter des mesures sanitaires et aménager le rituel quand
cela était nécessaire.
Nous savions que certains d’entre nous ne pourraient y participer… mais nous voulions que tout le
monde puisse être présents en « cœur »… et « zoom » est arrivé comme solution.
Voici donc les prémisses et les préalables de l’organisation de ce Chapitre…

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attendant, ce sont Gino et Elise nues de froment, le banquet médiéval
qui sont venus (avec deux voi- prenait forme.Quand je suis arrivée sa-
tures) pour récupérer vendredi medi après-midi chez Elise, quelle ne fut
25 septembre dernier tout le matériel… pas ma surprise et ma joie de découvrir
car je vous le dis, c’est un vrai « déména- l’espace qu’elle avait aménagé avec Gino
gement »… Entre les décorations, les ob- pour le Chapitre… tout était prêt, merveil-
jets du rituel… les costumes… il n’y aurait leusement décoré…
eu plus ou trop de place dans nos propres Le temps de décharger les plats qui al-
voitures pour les victuailles amenées le laient enivrer nos papilles… en tout cas je
lendemain… l’espérais secrètement.
A mes fourneaux dès le vendredi, aidée
par Nicole pour le pain, Fanny pour les
« porez » et Céline pour les galettes char-

Les nouveaux étendards réalisés par mes soins


deux semaines auparavant encadraient la tenture
du Roi Arthur offerte par Claude cet été…

L’épée Escalibur fichée dans la pierre attendait la


main qui pourrait la prendre…

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l’autre bout de
son espace, une table
de banquet avait été
dressée…
Elise et sa fille Gabrielle
allumaient toutes
les bougies qui la
décoraient… une table aux
tonalités automnales…
feuilles et pommes de pin
la sublimaient.

Le mauvais temps s’étant invité depuis la veille, Nous avons le plaisir d’accueillir deux « visi-
Elise et Gino avaient remis en route les four- teurs »… Jean François MERLIN et José BESSE…
neaux… une douce chaleur envahissait l’es- ils avaient bravé le mauvais temps et venaient
pace… bercée par la vision des flammes qui de loin… Neufchâteau et les alentours pour un
dansaient. covoiturage évident…
Vous êtes toutes et tous arrivés, dans le plaisir A la musique pour remplacer Sylvie, Gabrielle
des retrouvailles… la fille d’Elise… qui a pris au pied levé la place
Nous avons revêtu nos costumes… distribué les pour notre plus grand plaisir !
«  rôles »… Les « papotages » des retrouvailles passés, il
était temps de démarrer…

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ous avons investi le lieu… nous étions 10 Gabrielle a enchaîné sur un intermède musical
autour de la table…. et nous nous sommes tous retirés à quelques en-
câblures de la Table Ronde chargée de tous les
symboles qui allaient être les nôtres.
Avant de démarrer le rituel, j’ai invité tout le
monde à s’assoir… comme j’en ai pris l’habitude, Le Hérault a alors regagné sa place autour de la
j’ai souhaité partager avec vous quelques pro- Table Ronde pour se saisir de la trompette d’or et
pos… expliquer son office.

Ce fut l’occasion de parler des absents qui nous Il a appelé tous les officiers présents pour que
manquaient tant… Georges et Annie, Jean-Louis chacun puisse se saisir de son symbole et expli-
et Françoise, Jean-Marie, nos deux François, Syl- quer ses missions. Une place était vide…. Celle
vie… de l’officier des Cérémonies, en errance sur les
chemins de la Vie
Absents physiquement, ils étaient néanmoins
présents dans nos cœurs… les Terres angevines, C’est le Régent qui nous a éclairé sur ses missions.
belges et nancéennes nous accompagnaient.
Il me fallait donner des nouvelles de vous tous… Notre rituel avait donc commencé….
et puis il était aussi important de pouvoir re-
prendre la chronologie de l’histoire de l’Ordre.
Nous avions deux visiteurs qui le découvraient. L’émotion était palpable comme toujours… et
C’est toujours important de resituer les événe- avec nos cinq absents, tous Chevaliers et Gente
ments dans le temps pour donner les clés de Dame, de plus jeunes membres de l’Ordre
compréhension des faits marquants. Et comme avaient donc dû remplacer leurs offices.
nous l’avons décidé, l’ensemble des présenta-
tions, travaux, invitations seront annexés à cette
chronique.

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’ai eu la joie de recevoir Gente Dame et Chevalier les belles per-
sonnes que sont Nicole et Laurent. Les adouber m’a remplie de
joie. Si j’ai souffert de ne pouvoir faire l’accolade fraternelle (choix
pris par mesure de précaution), j’ai eu l’honneur de leur remettre l’éperon
d’or et leur diplôme de Chevalerie.

Laurent a choisi le
nom de Boduuan.

Nicole s’appellera
donc désormais
Blanche des
Hauts de
Camerelle.

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e temps était venu d’inviter Julian à me
rejoindre. Visiteur depuis quelques Cha-
pitres, il nous avait fait part en amont
de son souhait d’intégrer le Chapitre des Hautes
Terres Arthuriennes.
Manu était donc en charge de passer les photos
Après l’avoir accueilli comme Compagnon, je lui qui illustraient la présentation de Fanny.
ai donc remis la Charte des treize principes de la
chevalerie, ornée du sceau du dragon… le livre Il y a eu de nombreuses prises de parole à l’is-
de Georges ainsi que l’insigne de l’Ordre. sue du travail de Fanny et nos visiteurs n’ont pas
manqué d’en être.
Et sans lui laisser le temps de regagner sa place,
je l’ai invité à prendre place autour de la table. J’ai ensuite donné la parole à notre Gente Dame
Il allait représenter l’officier des Cérémonies. Je et Chevalier nouvellement reçus… comme il est
l’ai revêtu du cordon rouge pour qu’il siège avec d’usage au Chapitre des Hautes Terres Arthu-
nous. riennes, il incombe aux nouveaux adoubés de
nous donner le nom qu’ils ont choisi et expliquer
Il était alors temps d’annoncer nos travaux. Tout ce choix.
le monde est allé s’asseoir confortablement dans
les canapés d’Elise, et c’est Fanny qui s’est instal- Nicole s’appellera donc désormais Blanche des
lée au pupitre. Hauts de Camerelle.

L’émotion passée des premiers mots, Fanny nous Laurent a choisi le nom de Boduuan.
a donc emmené sur les traces de la parole per- Julian nous a aussi fait part en quelques mots des
due et du lien que cette même parole entretenait raisons de son choix de nous rejoindre. Installé
avec Merlin. depuis deux ans à Nancy pour raisons profession-
Fanny nous a emmené très loin dans ses pen- nelles, il a pris le temps de la réflexion. Il connais-
sées. Passionnée et habitante de la forêt, elle a sait par son papa l’Ordre et son Grand Maître In-
partagé ses recherches sur la légende de Merlin, ternational Georges BERTIN. Sa rencontre et son
son terrain de jeu qu’est la Nature pour mettre expérience avec le Chapitre des Hautes Terres
en perspective les rites ancestraux pratiqués par Arthuriennes lui ont permis d’affiner son choix.
les Celtes. Druides et fées ont concouru aux re- Le temps était venu de reprendre le cours de
cherches de Fanny. Les questions sur notre siècle notre rituel. Nous avons donc bu à la gloire du
ont aussi émergé. Roi Arthur notre hydromel si savoureux…

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a crise sanitaire nous obligeant à trouver temps suspendu… les visiteurs nous ont rejoints
des astuces pour partager cette boisson et nous avons attendu très simplement Manu a
qui d’ordinaire est directement offerte qui nous avions confié la lourde tâche de faire
dans les verres des officiers, Elise avait d’ores et des images pour immortaliser ce moment.
déjà préparé des petits verres que nous avons Manu à nouveau à nos côtés, c’est en musique
remplis avec bonheur et bienveillance… impos- que toutes et tous recueillis, nous avons profité
sible pour nous tous de ne pas partager ce breu- de ce temps suspendu avant la fin du rituel.
vage !
Encore quelques phrases et le Chapitre se refer-
Les verres vides, il nous fallait faire le salut des mait.
chevaliers et organiser notre chaîne d’union…
J’ai donc appelé les enfants à nous rejoindre
Ce satané COVID nous y a empêché dans sa pour qu’elles puissent distribuer un petit présent
forme originelle… crève-cœur pour le salut… comme j’ai pris l’habitude de
mais la chaîne d’union fut le faire…
maintenue… d’une autre
façon j’en conviens, mais Pour cette entrée en au-
je remercie Claude de nous tomne, c’est une confiture de
avoir soufflé l’idée… quetsches aux saveurs médié-
vales qui je l’espère ravira les
C’est donc avec une grosse papilles pour des petits dé-
corde dont nous nous jeuners prometteurs…
sommes tous saisi que
nous avons pu partager ce

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ino s’affère sous nos yeux… il est bientôt Dimanche Georges a posté un propos sur face-
19 h 30 et notre rendez-vous « zoom » book… j’ai fait suivre du mieux que je pouvais
est arrivé… mais j’ai plaisir à le citer à nouveau :
Proposition faite à nos absents pour une mini vi- « Sous la grande maîtrise de Gente Dame Enora des
sio… se voir, s’entendre… tel était mon souhait Terres du Milieu, superbe Chapitre de la branche des
dans ma préoccupation des liens à maintenir… Hautes Terres Arthuriennes, la première à reprendre ses
C’est notre Grand Maître International qui est ap- activités après la crise.
paru en premier avec son épouse Annie… des Accueil de nouveaux membres, adoubements…
échanges que je ne saurai reprendre et beau- Un beau dynamisme pour que vive la fraternité
coup de joie… se voir, se sourire, et en plus au arthurienne…»
sortir du Chapitre, toujours costumés, c’était
presque irréel. L’occasion pour chacun de nous Et après le Chapitre, le bonheur d’un échange
sur Zoom avec nos amis belges Françoise et Jean
de se présenter….
Louis et les membres du chapitre vosgien. Un
Nous avons bataillé un peu pour que Jean Louis vrai bonheur…
et Françoise puissent eux aussi rejoindre la confé-
Au Roi Arthur !
rence… tellement bien et bon de les voir… et sur
grand écran car Gino avait usé de ses outils pour
que nous puissions nous voir tous projetés sur un
grand écran…
Magie des retrouvailles…Des chevaliers absents
n’ont pas pu communiquer par l’image, mais, je
le sais, l’ont fait par l’esprit, et ces quelques mi-
nutes d’échanges partagés étaient avant tout
source de joie et de bonheur…
Gino a servi l’hypocras et un verre en main pour
chacun, Annie et Françoise sont allées elles aussi,
chacune sur leurs Terres, chercher des verres de
vin pour que nous puissions tous entrechoquer
nos verres virtuellement. L’idée c’était aussi un
« apéritif virtuel »…. Une façon pour les associer
à la fermeture de notre Chapitre.

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Pour accompagner l’apéritif
Broussade de maquereau fumé
Pasté de foies de volailles confits

Entrées
Tarte Bourbonnaise au bleu
Tarte aux herbes

Plat de résistance
Galimafrée de joues de porc
s verres en mains… et ses délicates porez
il est temps donc d’envisager
de ses restaurer… Douceurs en desserts
voici le menu de ce soir… Poires à l’hypocras
et ses galettes charnues
de froment
Compote d’Yseult
Petits pots de crème au lait d’amande et miel

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our un apéritif bien mérité, l’hypocras de Gino est donc servi et offert à tous les présents…
Nous avons donc festoyé… longtemps… très longtemps…
Nous avons été avec Claude les derniers à partir…
Trop fatigués nous avons d’un commun accord avec Elise et Gino prévu de nous revoir en fin de mati-
née pour ranger… tout ranger… pour enfin charger nos deux voitures et tout remettre à sa place à la
maison.
Il en est de même pour Gino qui a lui la charge de conserver notre table pliante itinérante fabriquée par
mon meilleur ami Hubert… en2017. Il est en plus le gardien de la pierre qui accueille l’épée Escalibur
travaillé par Félix notre tailleur de pierre compagnon, en errance mais à qui nous pensons très fort.
Que notre cercle s’ouvre aux Amis… pour s’ouvrir davantage sur le Monde et que nos voix et notre
engagement rayonnent de bienveillance…
Que nos chemins nous mènent en Ile d’Avalon… et que ce temps d’errance qui nous sépare d’une nou-
velle rencontre soit propice à chacun et chacune pour que toujours nous cherchions ce qui est de plus
précieux en notre cœur…
Mes pensées accompagnent Georges, Annie, Jean-Louis, Françoise, Jean Marie, nos deux François,
Jacky et Jacqueline, Félix…qui même absents sont présents dans nos cœurs.

Que vive la mémoire et les exploits du Roi Arthur….


A la gloire du Roi Arthur…
Et Vive le Roi Arthur !
A très bientôt pour mon plus grand bonheur….

Dame Enora des Terres du Milieu…


Lundi 28 septembre de l’ère 2020

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Allocution de Dame Enora
des Terres du Milieu
Chapitre du samedi 26 septembre 2020

Chers Amis,
et vous tous qui nous faites l’honneur aujourd’hui d’être parmi nous.

C’est donc aujourd’hui notre septième chapitre en tenant compte de notre installation….
Moment de joie bien entendu et c’est dans la ferveur que tout s’est mis en place. Pour autant, nous
avons dû nous interroger pour savoir si nous devions ou pas maintenir cette rencontre.
Avant de continuer, je voudrais remercier tout particulièrement Elise qui nous accueille
aujourd’hui dans ce lieu que certain connaissent déjà …. Le temps est avec nous…à l’abris et au «
chaud »… et nous sommes réunis. C’est spontanément que Elise, appuyée par Gino a proposé de
nous accueillir pour le Chapitre.

La question du lieu s’est posée, vous vous en souvenez. Notre projet sur le site de l’Abbaye de
Droiteval, notre premier choix, se voit reporté en avril 2021. Cela nous laisse du temps et nous pou-
vons aussi espérer que nous pourrons alors accueillir Georges BERTIN, le Grand Maître International
de notre Ordre entre-autre.
Certains d’entre nous sont absents. La crise sanitaire, les soucis de santé ont bien évidemment malme-
né les projets de chacun. Et prendre soin des uns et des autres restent essentiels. Je pense tout parti-
culièrement à François, nos quatre amis des Terres Belges, Sylvie notre magicienne de la musique qui
elle est congés, Brigitte qui vient nous visiter dès qu’elle le peut….
Notre souhait était de maintenir le lien… notre dernier chapitre était le 23 septembre 2019 et nos
retrouvailles intermédiaires étaient en février…
Nous aurons le plaisir de voir les absents via une visio à 19 h 30 tout à l’heure…

Je suis heureuse de sentir la même envie d’avancer….


Votre engagement, votre implication soutiennent ce joli projet de donner corp à ce chapitre. Il s’agit
d’un socle, d’un lieu et moment singulier qui nous réunit autour d’une légende que nous nous ap-
proprions. Nous travaillons chacun à notre rythme. Et pour tous nos amis en errance, je sais que leur
engagement est intact et qu’ils regrettent profondément de ne pouvoir être avec nous.
Votre présence me réjouit.

Aujourd’hui nous avons deux visiteurs. Pour mémoire et pour illustrer les grandes lignes de l’histoire
de l’Ordre International des Chevaliers et Gentes Dames de la Table Ronde du Roi Arthur, je vais re-
prendre les étapes essentielles qui ont marqué la création de l’Ordre :
L’Ordre international a été fondé en Cornouailles Britanniques (Hall de Chevalerie de Tintagel) et se
trouve être aujourd’hui le plus ancien Ordre de chevalerie du monde.

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SES BUTS : Depuis mai 2017,il existe en France quatre branches :
- « promouvoir et préserver les Normandie, Ile de France, Anjou et Vosges.
souvenirs du Roi Arthur et de 09- 1967 : Georges Bertin a 17 ans. Passionné de littérature arthu-
ses chevaliers, les idéaux de la rienne, il rencontre, à La Ferté Macé (61) où il habite, un érudit local,
Quête du Graal, René Bansard qui l’initie à la recherche arthurienne de terrain, ils
- défendre les droits de l’homme prendront contact avec J.C. Payen, professeur arthurien à l’Université
et de tous les hommes dans de Caen, en 1969. Correspondances.
le respect de leurs différences
religieuses, culturelles, 10- 11-1969 : adhésion, en Angleterre, de René Bansard, Georges et
philosophiques». Annie Bertin. à la fraternité des Chevaliers de la Table Ronde (OTR),
ordre chevaleresque hospitalier international, fondé par Thomas
Glasscock, qui a pour but de proclamer les hauts faits du Roi Arthur et
L’ordre est signataire de « de ses chevaliers et de militer pour la fraternité universelle.
l’appel commun à la Fraternité»
des grandes organisations Pentecôte 1978 : Georges et Annie Bertin et Michel Goussin se
humanitaires et religieuses en rendent à Glastonbury pour être invités par Tom Mor, 1er chevalier de
1983. l’OTR, à poursuivre leur quête arthurienne sans relâche.

27-12-1983 : Georges Bertin et Michel Goussin se rendent à Tintagel


Le Compagnonnage  où ils sont reçus par le chapitre anglais de l’OTR et adoubés chevaliers
(période d’errance) est lié à une avec mission de créer un chapitre en France.
production de travaux avant de
devenir chevalier ou dame Pentecôte 1984 : Tom Mor, International First Knight, vient en Nor-
mandie adouber publiquement de sa main 10 nouveaux chevaliers
et dames français qui ont manifesté leur attachement aux valeurs de
Chapitres (cérémonies)
l’OTR.
ils ont lieu, pour chaque branche,
Georges Bertin est le premier Grand-Maître de l’OTR en France. Il occu-
deux fois l’an à des dates proches
pera cette fonction 8 années, jusqu’en décembre 1992.
des solstices et se tiennent
dans des lieux chargés d’une Solstice d’hiver 2004 : Tom Mor International First Knight vient à Pa-
symbolique en rapport avec la ris pour célébrer le vingtième anniversaire de la naissance du chapitre
matière arthurienne. L’assiduité est français au chapitre d’hiver. Il rappelle les principes fondateurs de
indispensable. Les travaux portent l’ordre et son caractère d’ouverture et de tolérance absolue.
exclusivement sur le symbolisme
de la légende arthurienne tel que 2010 : Tom Mor transmet la grande maîtrise internationale de l’Ordre
l’ont transmis traditions orales à Georges et Annie Bertin. Il reste GM pour le Royaume Uni.
poètes et historiens.
2011 : création de la branche Ile de France

Autres activités : 2013 : création de la branche Anjou Plantagenêt, dont le Grand Maître
voyages d’études, réunions de actuel est Lauric GUILLAUD
travail, actions humanitaires.
A périodes régulières, les membres 2017 (mai) : création de la branche vosgienne de l’Ordre à Epinal par
de l’Ordre se rendent en l’Ile Avalon Claude Vautrin et moi-même.
(Glastonbury) et au Grand Hall de
2019 (juin) :Tom Mor s’est éteint et a rejoint les rivages d’Avalon.
Chevalerie de Tintagel (haut lieu
arthurien), tout membre se devant
de les visiter au moins une fois dans
sa vie.
Pour terminer, j’aime à citer Georges BERTIN
« l’Ordre est ouvert aux hommes et aux femmes majeur(e)s qui ac-
ceptent de pratiquer les uns vis-à-vis des autres une solidarité active.
Ni société secrète, ni confrérie folklorique, l’Ordre tente, sur la base
de l’étude et de la pratique de la symbolique des Romans de la Table
Ronde, d’apporter une pierre à l’édifice d’une humanité plus frater-
nelle, à la cause de la paix et de la compréhension universelle. »

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Sur les traces de la parole perdue dans le mythe de Merlin
Nous savons à quel point la mythologie arthurienne recèle de sens cachés qui nous interrogent dans nos expériences
humaines. Je voudrais aujourd'hui avec vous interroger notre parole, celle qui nous caractérise en tant qu' homme.
« Au commencement était la parole, toutes choses a été faîtes par elle et rien de ce qui a été fait n'a été faite sans elle »,
nous dit l' Evangile selon Saint Jean. L'homme est cum scientia, conscient et doué de parole, pourtant il aurait perdu
quelque-chose de cette parole. Et c'est ce qui va nous intéresser. J'ai choisi de m'appuyer sur le bâton de Merlin dans
cette quête nébuleuse. Partons donc sur les traces de la parole perdue...
Partie 1 En quoi Merlin est une allégorie de la parole ?
Partie 2 Qu'est ce que la parole perdue ?
Partie 3 Quelles traces de cette parole perdue reste t-il aujourd'hui ?

I)Merlin, une allégorie de la parole


Merlin est en réalité une formidable incarnation de la parole et dans tous ses aspects.
Il est né d'un ours qui aurait violé sa mère dans la forêt, elle-même sœur d'une prostitué. D'autres textes avancent que
c'est son grand-père qui a violé sa mère. Merlin est donc le fruit de la plus triviale animalité. Il naît couvert de poils,
comme un animal et il est destiné à être l'antéchrist, l'anti-verbe. C'est précisément le contre-pied que Merlin va
prendre. Loin d'être une créature sauvage et dépourvue de conscience, il se distingue dès la naissance par la vélocité de
sa parole et son discernement.
Je cite Edgar Quinet extrait de Merlin l'enchanteur :
« L'enfant vint au monde sans bruit, sans gémissements, obscurément dans un coin du cloître. Mais quel ne fut pas
l'étonnement de sa mère qui n'osait pas même lui présenter le sein lorsqu'elle entendit l'enfant lui dire d'une voix
d'homme :
– Mère ne pleurez pas, je vous consolerai!
Son étonnement redoubla lorsqu'elle le vit, échappé de ses langes, marcher à grands pas un livre à la main :
– Qui t'a appris à lire Merlin ?
– Je le savais avant de naître. »

Pour citer la parole d'Henri Michaux : « Si tu racontais cette histoire à un vieux bâton, il reprendrait feuilles et
racines »

Il possède la parole dès sa naissance et peut déjà prophétiser.

Merlin en grandissant devient un enchanteur.


De par la mythologie celtique dont il est issu, il est bien-sûr à rapprocher de la figure du druide avec sa
longue barbe et sa toge blanche, la couleur sacerdotale symbole de lumière et de pureté. Son person-
nage a d'ailleurs été inspiré par un druide divin mêlé à un ou plusieurs druides historiques.
Le druide est le gardien de la parole qui a vocation à être transmise. Cette parole est sacrée. Voyons ses
différentes dimensions.

cortège de druides dans la forêt, illustration de Gustave Doré, XIXe siècle

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➔ Dimension magique de la parole
Abracadabra vient de l'hébreux ha brakha dabra qui signifie que la parole soit. Une formule magique et Merlin se mé-
tamorphose. Ces enchantements nous parlent du rapport ésotérique du druide à la parole.
Les druides participent à de nombreux rituels par la parole. Le personnage de Merlin
est particulièrement inspiré de la dimension rituelle et métaphysique du druidisme.
Pour les druides, la parole était un canal énergétique vers les sphères supérieures qui
pouvait modifier le réel, faire venir la pluie, guérir, voir les dieux de la nature se ma-
nifester, prévoir l'avenir... Le druide devin était doué pour la prédiction par exemple
(une fonction sacerdotale accessible aussi aux femmes druidesses fort réputées pour
leurs prophéties)…

Druide Merlin, qui lit ses prédictions au roi Vortigern, manuscrit, British Library, art médiéval.

Seulement, lorsque la parole produisait des effets, il fallait la tenir secrète. La pratique du secret transmise par les
druides est devenue une pratique de guérison populaire dont il ne reste plus aujourd'hui que de très rares détenteurs. Elle
consiste à soigner certaines affections par une formule, généralement une courte prière souvent associée à quelques
gestes. L'ensemble de ce procédé est appelé un secret dans la mesure où il n'est connu que de son auteur et où sa révéla-
tion à un tiers est supposée lui faire perdre de son efficacité. Ce n'est que peu avant son décès que le faiseur de secrets
transmet ce dernier généralement à un descendant.
Cette particularité de la culture orale celte confère à la parole une énergie, un pouvoir capable de traverser les généra-
tions. L'écrit avait vocation à rompre le secret et a figer les énergies de la parole. On ne l'utilisait pas. Cette transmission
par la parole laissée par nos ancêtres sans le relai de l'écrit a été mise à mal par le temps. Sans support concret en effet,
cette seule parole a malheureusement été vouée à disparaître et n'a pas permis de retracer l'histoire précise de nos an-
cêtres.

➔ Dimension scientifique et philosophique de la parole


Merlin, comme tous les druides fait de la parole le véhicule des connaissances et de la sagesse.
Les druides ont vocation à enseigner et initier leurs disciples à la métaphysique, à la cosmologie, à l’astronomie, à la
médecine, via la transmission orale. Merlin initie Viviane à la maîtrise des enchantements et des savoirs de la nature.
A la fois mage, animiste et scientifique, la transmission du savoir druidique repose sur l'initiation. Ce savoir est com-
mandé par la sagesse et une grande éthique qui leur donne la légitimité pour juger.
Les druides sont des théologiens, à la fois prêtres, professeurs et garants de l’ordre social. On les qualifie de plus justes
des hommes.

➔ Dimension musicale de la parole


Etymologiquement, d'après Martin Aurell, la forme latine Merlinus est une euphonie de la forme celtique pour rappro-
cher Merlin du merle blanc dont il peut prendre la forme. Dans l'imaginaire celtique, le merle est la voix et la voie qui
permet de communiquer avec l'autre Monde. On dit même que cet oiseau appartient à l'autre monde. Le chant et la mu-
sique dans la culture celtique à travers la tradition bardique étaient un langage puissant capable de mettre l'homme et le
cosmos en résonance. Merlin serait donc selon cette allégorie une voix. De part ce qu'il transmet à ses disciples, l'incar-
nation même de la tradition orale chez les celtes. Le terme enchanteur est à rapprocher du terme de chanteur. Celui qui
chante, le barde chez les celtes, c'est celui qui module sa voix et entre en résonance cosmique, l'enchanteur lorsqu'il dit
des formules module également sa voix pour entrer en résonance cosmique.
L'exemple de la satire chantée chez les celtes montre comme la frontière entre chanteur et enchanteur est mince : la sa-
tire chantée était une forme de poésie magique, réputée efficace et dont les effets pouvaient êtres mortels…
L'oralité sacrée rejoint une sorte de musique cosmique. En témoigne encore le lien à la musique des
dernières terres celtes : la Bretagne, la grande Bretagne et l'Irlande.

lyre gauloise

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Merlin est dans la mythologie un bâtisseur. On lui attribue la construction de Stonhenge,
de ce cercle de gigantesques pierres levées dans le Wiltshire au Royaume Uni.

Merlin bâtisseur

Le nom de Stonhenge attesté dès le moyen âge signifie pierres suspendues. Ce


nom ainsi que les fouilles du site atteste que ce site sacré érigé à l'âge de bronze
il y a plus de 4000 ans avait vocation a relié les hommes aux sphères supé-
rieures. Si le cercle honore le cycle des saisons et de la nature, les découvertes
récentes ont prouvé que l'arrangement des pierres répondait à une volonté
acoustique et musicale. Il s'agirait d'une sorte de xylophone géant. La réverbéra-
tion des sons aurait sous doute été un moyen de communication avec le monde
supérieur.
Stonhenge

Dimension poétique, littéraire et rhétorique de la parole


Merlin est un poète, un farceur souvent comparé aux bardes. Il est alternativement décrit comme un enfant par son goût
du jeu, du déguisement, du canular et comme un vieillard, par son détachement, sa sagesse et son expérience. Le lan-
gage pour Merlin est un terrain de jeu. La poésie était traditionnellement enseignée par les druides, mais ce sont les
bardes qui déclamaient les poèmes et racontaient les histoires dans la tradition culturelle orale. Ils glorifiaient la mé-
moire des défunts à renfort de récits légendaires.
Au delà du fait même que ces récits soient voués à être transmis et donc à traverser le temps, le langage littéraire exerce
un pouvoir sur le temps. Il est capable d'opérer des allers et venues dans le futur et le passé ou de dilater ou condenser le
temps. Merlin lui-même a un pouvoir sur l'écoulement du temps. Il voyage à volonté dans le présent et le futur.
Le langage a aussi le pouvoir de convaincre. Il est utilisé chez les druides comme chez Merlin à des fins politiques. Les
druides étaient les conseillers des chefs politiques. Leur habileté à la parole permettait de convaincre et de faire fléchir
les dirigeants. Merlin épaule Arthur de sa sagesse. Il a vocation à orienter la politique. Il installe Arthur au pouvoir, il
conçoit également la table ronde, table des décisions.
La parole orale a une fonction rhétorique plus encore que l'écrit. L'intonation, les silences, le regard participent du pou-
voir de convaincre. Utiliser des arguments et convaincre est un des pouvoirs de la parole, car il permet de modifier le
monde en changeant les façons de penser.
La littérature, la poésie elles aussi ont le pouvoir de trans-
former le monde. Dans la tradition orientale, quand Shéhé-
razade raconte ses histoires, au bout de mille et une nuit,
elle transforme le cœur noir du sultan. Regardez comme un
livre ou un chef d'oeuvre du cinéma peut nous transformer,
nous faire accoucher de nouvelles façons de penser.

Avec sa coiffe et ses pieds ailés, pourvu d’un caducée, le dieu celtique de
l’éloquence, Ogmios rappelle la figure du dieu gréco-romain Hermès –
Mercure… Les chaînes symbolisent la puissante magie de son éloquence…

II) Qu'appelle t-on parole perdue?

Il y a beaucoup de paroles qu'on dit perdue :


- La mystérieuse phrase tracée par Jésus en araméen sur le sable aux pieds de la femme adultère, la seule qu'il ait jamais
écrite. Marie-Madeleine l'unique personne qui l'aurait eu en sa possession l'aurait retranscrite avant de mourir. On ne l'a
jamais retrouvé.
-La langue unique perdue des habitants de Babel, une langue qui, dit-on, les unissait à dieu. Quand les hommes ont éri-
gé la tour à Babel pour prendre la place de Dieu, Dieu a détruit la tour d'orgueil et disséminé la parole en de multiples
langues.
-Le mystère autour de la langue des celtes lié à l'absence d'écrit font de la langue celte une langue perdue.

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-Sur l'origine de la fossette au-dessus de nos lèvres, un rabbin nous répondra « l'ange Ezéchiel touche la lèvre du nou-
veau-né et lui demande de ne pas se souvenir de ce qu'il a appris dans le ventre de sa mère ». Voilà encore une langue
perdue.
-La théorie du pouvoir des langues primitives car il y avait une correspondance entre les mots et les choses. La perte de
ces langues feraient écran à cette vérité. D'autres langues perdues...

Alors, d'où vient ce regret lancinant d'une langue perdue, d'une langue qui nous reliait comme un cordon ombilical à
notre créateur et que les hommes auraient rompu ?

J'ai bien une explication. Pour ma part, il y a bien un chaînon manquant. L'histoire qu'on m'a transmise n'a jamais collé
exactement avec mon histoire personnelle. Si je trouve l'histoire de Jésus tout à fait édifiante et sublime, il m'a toujours
été impossible de me comprendre et de me lire dans le décor du désert de Judée avec un dieu unique. Et j'ai été sidérée
de comprendre un jour que chaque rituel qui m'avait passionné comme la transsubstantiation du vin et du pain, le bap-
tême par l'eau, les sources de Sainte Anne ou de la vierge de mes forêts provenaient en réalité de croyances bien plus
anciennes de mes vraies ancêtres, je parle de ceux qui avaient vraiment vécu là et honorer les déités de la nature. Le ber-
ceau des celtes en réalité était le mien. Reliant les forêts de Bavière à celles des Vosges, j'en ai ressenti une immense
frustration. J'ai compris que j'étais païenne. Païenne, peut-être de celle qu'on aurait brûlé dans leur forêt parce qu'elle
souhaitait garder leur liberté de pensée, païenne avec toute la noblesse étymologique du terme « paysanne de village »,
la bénédiction de l'isolement par la nature peuplée de multiples déités, par opposition revendiquée à « la civilisée »
quand il s'agit d'une civilisation atteinte de cécité.

Selon Court de Guébelin (1725-1784) un penseur protestant du XVIIIème siècle, ce n'est pas seulement l'hébreu ou
l'araméen qui ont gardé des traces de la langue première mais toutes les langues primitives et tout particulièrement la
langue orale celte, car cette langue reliant totalement l'homme à son cosmos touchait l'essence même des choses.
Cette langue première intrinsèquement liée à la nature joignait les mots aux objets qu'ils représentaient par le son et la
musique qu'ils produisaient. Si les langues premières ont une adéquation plus grande avec le monde de par les simili-
tudes de leur symbole (A tête de taureau, O l'étang, le point d'eau...), les similitudes orales entre les mots et les choses
existaient également. Les langues premières reproduisaient de plus près les bruits du monde. Quelques exemples
existent encore le coq a le nom de coq parce qu'il produit le cocorico, le mot souffle reproduit un bruit aérien, etc. Il y a
une dimension orale qui se veut transcendante au monde qui l'entoure. Les formules qui avaient vocation a réveiller les
forces secrètes de la nature ou l'usage du langage de la musique dans la culture celtique et dans ses rituels sacrés té-
moignent de cette nécessaire transcendance.
Au delà de la similitude, la façon de prononcer les mots permettaient aux druides de pénétrer le monde. A la façon du
mantra bouddhique om mani padme ohm, les incantations prononcées avaient comme on l'a vu précédemment une vi-
bration acoustique qui participait au passage vers l'autre monde.
On a cru longtemps que l'interdit sur l'écrit tenait au fait que les écrits étaient trop puissants laissés derrière soi, en fait
non, c'est l'inverse, c'est l'oral qui était tout puissant, il était même sacré, trop sacré pour être vulgarisé à l'écrit. Il aurait
contribué pour de nombreux historiens à rabaisser la mémoire. Un druide pouvait retenir des centaines d'incantations
avec précision mot après mot et jusqu'à 350 histoires pour les bardes conteurs.
Il ne reste rien de ces rituels et de cette langue sacrée transcendant le vivant. Les derniers gardiens du secret ont quasi-
ment tous disparus.
L'émergence des premières écritures celtes tardives dans les dernières terres celtes (Bretagne, Grande Bretagne, Irlande)
marquera la fin de l'ère du grand oral sacré. Les oghams, premiers signes écrits de cette langue seront les plus à même
pour témoigner du lien sacré celtique avec le vivant. Il y a en effet vingt signes dans l'alphabet oghamique : les feda qui
signifient arbres. Les lettres de cette alphabet ne sont autres que des arbres. Chaque arbre varie par son nombre de
branches et ses orientations. En somme il s'agit d'un alphabet bosquet de lettres vivantes qui pouvaient servir à dire le
monde tout autant qu'à prophétiser.

Sommes nous aujourd'hui capable de rentrer en lien métaphysique avec l'univers à travers notre seule parole ? Le lien
puissant tissé entre l'homme et la nature par l'incantation, les contes et les chants n'a t-il pas globalement été rompu.
Cette perte du lien nourricier, du cordon ombilical, n'est-elle pas la cause de nos négligences, du mépris pour nos en-
fants et pour nos ancêtres, de la rupture totale de la transmission traditionnelle ? Hissant l'oubli, l' ignorance parfois
même le mépris du vivant au sommet de notre gloire, nous avons perdu le sens sacré de la parole ?
Rassembler ce qui est éparse, c'est retrouver la parole perdue. C'est ce que nous pouvons modestement tenter de faire.

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III)Quelles traces de cette parole aujourd'hui ?

Quand une langue disparaît, et de plus en plus de langues disparaissent, c'est parce que les locuteurs choisissent de
l'abandonner ou de ne plus la transmettre à leurs enfants. Les raisons sont souvent économiques. On adopte la langue
des colons pour un travail rétribué en ville et on quitte un mode de vie ancestral.
La parole perdue de nos ancêtres celtes s'est perdue elle, faute de traces écrites et de transmetteurs. La transmission
orale a sans doute été sabotée par l'ère romano-chrétienne. Au Moyen-âge, la chasse aux sorcières se donnera pour mis-
sion d'anéantir le paganisme rural, les secrets seront brûlés dans les derniers corps au service de la transmission. Il faut
croire cependant que certains secrets aient réussi a passé entre les mailles de l'histoire. Le secret avait il faut dire une
double vocation : conserver le pouvoir de la parole comme d'usage et par ces temps obscurs ne pas se faire prendre.
Pour l’esprit celte, seule la parole est vivante et permet ainsi de servir la mémoire de la tradition. La parole vivante sym-
bolise aussi l’efficacité magique et incantatoire. Si l'on trouve des traces de ce langage dans la toponymie, l'héritage vé-
ritable de cette parole ne peut être qu'un héritage vivant parvenu malgré tout sciemment ou inconsciemment jusqu'à
nous.
L'héritage existe à travers la littérature, les contes, la poésie et la musique. Il est heureux que ces arts du langage fassent
partie du monde moderne. Ce sont des voies de communication supérieures. On entend aujourd'hui résonner encore des
rimes, des récits légendaires, des instruments à corde, des voix lyriques, des contes peuplés de fays qui font de bons
vœux au berceau, de sources sacrées, d'animaux qui parlent et de magiciens,...
Le lien entre la nature et la parole en revanche est à reconstruire. Dans certaines tribus, l'animisme, le chamanisme,
nous prouve que des peuples ont su maintenir le lien au vivant et au transcendant. Pourquoi alors sous nos latitudes, la
parole a été dévoyée ? Le vivant divin et sacré des celtes, si nous en avions normalement hérité, aurait-il eu plus de
poids dans nos choix de société que le modèle de la toute puissance divine résonnant dans le désert de Judée ? Aurait-on
boudé nos déités au nom du profit si elles avaient été plus proches de nous ? C'est ce que nous pouvons nous demander.
Mais comme nous n'y changerons rien, la meilleure question reste encore : comment restaurer le lien au vivant ? Com-
ment faire renaître un peu de la langue perdue de nos ancêtres ?
Raccrochons nous au bâton de Merlin. Que nous dit sa sagesse ? Quel lien entretenait-il avec la nature ? Les plus an-
ciens textes le présentent comme un homme des bois, un ermite. De sa monstrueuse parenté, il a hérité d'une sorte de ly-
canthropie, « une mélancolie canine » nous explique Philippe Walter. Elle se déclencherait à une date précise du calen-
drier celtique pendant la lune rousse et elle le pousserait au plus profond de la forêt.
La forêt y est décrite pour Merlin comme la sauveuse, la rédemptrice. C'est grâce à son contact tout d'abord qu'il a ac-
quis son immense savoir, grâce au temps passé à observer les arbres. Le pommier est son arbre de prédilection : sym-
bole de connaissance, arbre lié à la divination et à la parole. C'est grâce à son contact également qu'il échappe à sa folie.
Lors de ses crises de démence, il fait corps avec la forêt. La seule façon de quitter ses démons et de se fondre en elle
comme l'exprime René Barjavel dans une sorte de transcendance.
Il fuit les hommes, leur inconséquence, leur sauvagerie car ils ont un pouvoir de contagion. Il mute à la lune rousse
quand la folie des hommes atteint des sommets et paradoxalement c'est dans l'endroit le plus sauvage, dans le cœur de la
forêt qu'il reprend forme humaine. C'est en fuyant les hommes et en se rapprochant des forces obscures de la nature
qu'il obtient les faveurs de l'autre monde.
Ce cheminement mythologique nous donne des clés. Il nous dit que le meilleure façon de renouer avec le vivant, de re-
trouver la parole sacrée est d'entrer en solitude et de sortir du marasme pour faire corps à nouveau avec la forêt.

Observons cette vieille carte de l'Ermite du tarot. Elle a été inspiré au XVème siècle par la figure de Merlin l'enchanteur.

Cette représentation de Merlin nous apprend une chose fondamentale. Les hommes qui se sont repliés seuls en forêt ont
sans nul doute continuer de communier avec le vivant. Ce cordon ombilical avec la nature n'est-il pas le maillon man-
quant, la parole perdue ? Mais n'est-il pas paradoxal de communiquer avec la nature dans une vie de silence ?

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Ce temps mort, ce silence nous permet en fait de nous reconnecter et d'écouter à nouveau. Il est fort à parier que les an-
cêtres celtes prenaient le temps de vivre et d'écouter pour communier et n'utilisaient la parole sacrée que lorsqu'elle était
nécessaire.
Est-il alors possible de quérir cette parole perdue sur ces ermitages et lieux si particuliers pour la méditation ?
Le pape Benoît XVI nous éclairait récemment sur ces lieux avec cette magnifique réflexion qui réhabilite la nature :
« A toute époque, les hommes et les femmes qui ont consacré leur vie à Dieu dans la prière — comme les moines et les
moniales — ont établi leurs communautés dans des lieux particulièrement beaux, dans les campagnes, sur les collines,
dans les vallées entre les montagnes, au bord des lacs ou de la mer, voire sur de petites îles. Ces lieux unissent deux élé-
ments très importants pour la vie contemplative: la beauté de la création, qui renvoie à celle du Créateur, et le silence,
garanti par l’éloignement des villes et des grandes voies de communication. [...]Le grand prophète Elie, sur le mont
Horeb — c’est-à-dire le Sinaï — assista à un tourbillon de vent, puis à un tremblement de terre, et enfin à des éclairs de
feux, mais il ne reconnut pas en eux la voix de Dieu; il la reconnut en revanche dans une brise légère. Dieu parle dans
le silence, mais il faut savoir l’écouter. »
Voici quelques-uns de ces lieux tout autour de nous ( il y en a bien d'autres encore : se référer aux 101 merveilles du
Massif des Vosges de Claude VAUTRIN)
Deux sanctuaires :

Le Donon : les celtes 3000 ans avant notre ère ont Le vallon druidique : sanctuaire païen du paléoli-
consacré ce sanctuaire à Taranis et Teutatès. On y thique, lieu et place de sources sacrées, nombreux
trouve des stèles votives incroyables (conservé au pétroglyphes (une dizaine de triple enceintes qui
musée d'Epinal) et Napoléon a érigé ce temple à son évoque le plan du temple de Salomon ou des laby-
sommet en mémoire de ce passé. rinthes ésotériques)
Sanctuaire sur lequel viendront se greffer plus tard
d'autres croyances

L'ermitage de Bonneval L'ermitage de Chèvreroche

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L'ermitage du Barcan L'ermitage de Droiteval

L'ermitage du Dabo (maisons troglodytiques Vosges


du Nord habité jusque 1902 (en 1872, 38 personnes
vivent sous les rochers de façon rudimentaire en
marge de la société, les allemands feront sauter quasi
tous les refuges pour obliger les habitants jugés trop La chapelle-école de la Hutte - 1800
sauvages à revenir à la civilisation)
Ecole isolée dans la forêt à destination des manufac-
tures de la forêt

Le prieuré d'Hérival Ermitage contemporain d'Yves Humblot

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Conclusion :
La parole perdue, cette transmission orale précieuse qui nous reliait au vivant, ce passage entre les mots, les hommes et
les éléments auraient été perdus par omission. Les hommes au cours des siècles ont construit un modèle de société ba-
sée sur la consommation plus éloigné du monde vivant. Il y a même la drôle d'idée aujourd'hui que nos vieux dieux
« arbres » et « sources » ne sont plus que des biens de consommation qui pourraient bien se faire manger, consommer
ou gaspiller comme le reste.
Mais curieusement, étonnement, bien que nos esprits soient copieusement abrutis par les écrans et le martelage de pro-
mos à gogo, les humains que je croise, réclament de plus en plus de forêts, de jardins, de poésies. Ils rêvent secrètement
de ne plus vivre asservis. N'est ce pas notre quête à tous ? J'ose croire que nous mettons parfois la main ne serait-ce
qu'un court instant sur des bribes de cette parole perdue dans un regard d' émerveillement, un moment de communion,
un moment d'inspiration.
Si Merlin est une allégorie de la parole perdue, est-il au moins mort ? En tant que représentant du savoir du monde,
quintessence de l'esprit druidique, de la parole sacrée et sage ultime, guide des rois et des hommes, la fin de Merlin évo-
querait l'hypothétique fin du lien qui unit l'homme et le cosmos.
La fin de Merlin est évoquée de différentes manières mais les interprétations ont en commun qu'il ne connaît pas de
mort véritable. Il serait retiré du monde et reposerait au cœur d'une inaccessible forêt ni mort, ni vivant.
Si le merle blanc vit reclus dans sa forêt rongé ou pas par la sénilité ou la folie, peut-être y attend-il toujours le retour
de Perceval, ou plus exactement le retour de l'homme ?
Dans notre quête de la parole perdue, ne peut-on pas imaginer que Merlin nous ait légué par le biais de la littérature à
nous les hommes ces 3 objets symboliques et je conclurai là-dessus :
1) Emparons-nous de la table ronde, lieu de paroles, de débats et de connaissances, qui représente la terre et sa rotondi-
té, qui unit symboliquement les hommes au cosmos comme une invitation à s'asseoir, une invitation à prendre de nou-
velles décisions...
2) Recherchons corps et âme la lame de l' Excalibur qui gît au fond du lac et qui doit un jour ressurgir dans la Gloire du
soleil, une épée de lumière destinée à trancher les ténèbres, que seul l'homme pur peut manier. Une épée qui a vocation
à relier le monde matériel au monde spirituel.
3) Remettons nous en marche et en quête du Graal. Chrétien de Troye suggère que le Graal contient l'hostie dont on se
nourrit exclusivement. Sa quête ne s'apparente t-elle pas à la quête de la parole perdue ?

Fanny CLAUDE,
le 26 septembre 2020

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Je m’appelle Julian Bauduin.
Je travaille au Crédit Mutuel à Nancy depuis 2 ans maintenant.
Dès mon arrivée, j’ai cherché des activités culturelles afin d’élargir mon horizon
au-delà du seul cercle du travail.
Mon père qui connaît George Bertin m’a parlé de l’association des Chevaliers de
la Table Ronde. Cela m’a semblé être la compagnie que je recherchais.
Je suis déjà venu pendant quelques séances afin de confirmer mes impressions et
maintenant je souhaite confirmer mon engagement auprès de vous.
Si quelqu’un a des questions sur ce sujet,
je me tiens prêt à y répondre du mieux que je le puisse.

Julian Bauduin,
le 26 septembre 2020

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BODUUAN

BODUUAN est un prénom du Haut Moyen-Âge breton. Sa signification en vieux-breton (la


langue bretonne utilisée jusqu’au 11ème siècle) est : la Corneille, le Corbeau ou encore le Présage.
Les deux U se transformeront par la suite en W dans le breton moderne.

Son étymologie provient du proto-celtique Bhu-dh-wa, qui est la forme participative du verbe
Bheu-dh signifiant « prévenir »ou « prédire ». Ce Bhu-dh-wa proto-celte est passé dans le gaulois
Bodu, que l’on retrouve dans les prénoms Boduos, Bodua, Boduus, Boduisso, Boduo-genus,
Boduo-gnatos, Maro-Boduus, Bodurix, dans le gallois Bodug et Bodnod, dans l’ancien brittonique
Bodnoc et enfin dans le vieil irlandais Bodb qui a donné le nom de la déesse de la Mort et des
Champs de Bataille Badb, qui avait pour animal consacré la Corneille. Un de ses titres est Badb
Catha, la « Corneille des Batailles », que l’on retrouve dans la mythologie gauloise sous le nom de
Catubodua. C’est en se basant sur les attributions de cette déesse que la Corneille a donc été
associée à la signification du vocable Budwa ou Bodua.

En tant qu’astrologue et « tarologue » (même si je n’aime pas beaucoup ce terme), je me place


volontiers et logiquement sous la tutelle de cette déesse en prenant donc le nom de Boduuan, car
outre les joyeusetés que sont la mort et la guerre, Badb gouvernait aussi le Destin, les Prédictions et
les Présages. D’où son association au Corbeau, ou à la Corneille, oiseaux très important dans les
imaginaires celtes, nordiques et européens de manière générale, car porteurs de présages, de
messages de l’autre-monde, souvent vus comme sinistres et funèbres de part leur couleur, le noir. Le
corbeau, pour simplifier, est un messager entre les mondes et un psychopompe, un convoyeur des
âmes des morts. Les celtes avaient d’ailleurs pour tradition de laisser les corps des guerriers morts
sur le champ de bataille afin qu’ils soient dévorés par le Corbeau Divin (Bodua, donc) et acheminés
vers l’au-delà.

Pour terminer, et en avant-goût de mes travaux ultérieurs, précisons que Badb est l’un des visages
d’un terrible trio de déesses, composé de Badb donc, Macha ou Nemain et Morrigan, qui semble
être la plus importante, ou connue, de ces déesses et à laquelle se rattache en partie le personnage de
Morgane la Fée du mythe Arthurien. On retrouve cette figure d’une triplicité de déesses en Europe
avec les Parques, les Moires, les Nornes, les Weird Sisters de Macbeth, les trois sœurs qui
conduisent Arthur en Avalon, etc, qui sont toutes liées au concept de Destin (le Wyrd chez les anglo-
saxons). Ce sont des déesses de la guerre, annonciatrices de la mort sur les champs de bataille et qui
utilisaient leur magie pour affaiblir et déstabiliser les ennemis par des nuages de brouillard, des
pluies violentes de sang et de feu, ainsi que par des malédictions. Elles se distinguent d’autres
déesses de la guerre, comme Athéna, en ce qu’elles ne portent pas d’armes ou d’équipement martial.
C’est avec leurs pouvoirs surnaturels, leurs sortilèges et invocations qu’elles combattent
l’adversaire.

En tant que Boduuan, j’arpenterai donc désormais ce chemin initiatique, cette Quête d’étude des
figures féminines sombres qui peuplent le cycle Arthurien et le creuset mythologique européen,
matière dense que j’intitulerai le « Muliébral », un terme provenant du latin « muliebris » et
signifiant « qui tient du féminin », employé ici pour éviter des connotations inutilement
idéologiques plus modernes. Car il n’y aura pas de Lumière, de « numineux » au sens de
« manifestation du sacré , du divin », en nous, tant que nous n’aurons pas compris et intégré
l’Ombre.

Laurent CANNONE,
le 26 septembre 2020

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«Le nom, c’est ma présence totale
rassemblée magiquement dans l’objet»
Simone de Beauvoir - La Communication.

Choisir un nom… c’est se poser des questions.


Je cherche donc un nom qui symbolise à la fois d’où je viens, ce que j’aime, qui je suis,
qui j’aimerais être, mes aspirations
ou peut-être encore comment j’aimerais qu’on me voie
et que ce prénom évoque aussi la Légende arthurienne, la chevalerie.

Mes goûts, mes aspirations, mon métier ont à faire avec la communication, l’art la couleur.
Il me fallait trouver un prénom qui évoque cela, ce sera le blanc.

LEBLAND, facile c’est mon nom de naissance.

Blanche sera mon prénom.

Cette couleur à elle seule inclut toutes les couleurs.


Blanc symbole de renouveau, souvent associé aux rites de passage, à la spiritualité et la sagesse,
à l’âge mûr aussi.

Restait à trouver un complément à ce prénom.

Depuis plus de 30 ans j’habite Chantraine, au lotissement Les vergers…


Mais je me suis souvenue que ce quartier avant que les lotisseurs n’en changent le nom s’appelait
la Camerelle.
D’où vient le toponyme de Camerelle, je n’ai pas de réponse…
Mais au cours de mes recherches, j’ai déniché, aux archives, un texte émanant de la société
d’émulation de 1847 et faisant mention du lieu dit La Camerelle.
Il y est question d’une ferme attribuée aux chevaliers du Temple — à 1 km d’Epinal — ainsi que
d’une fontaine dite la Fontaine des templiers et d’une source du même nom.
Aux environs de 1810 quelques personnes y firent des fouilles assez profondes dans l’espoir d’y
trouver un trésor, en vain.

Ce trésor est sans nul doute encore sous mes pieds.

Blanche des Hauts de Camerelle.



Nicole Scher,
26 septembre 2020
Branche

Les autes erres rthuriennes


de l’Ordre International des Chevaliers et Dames
de la Table Ronde de la cour du Roi Arthur à Camelot

Charte de l'Ordre
Principes de la Quête
1) Un vrai chevalier doit être un gentilhomme et ne point faillir à son honneur.
2) Un vrai chevalier doit soutenir la dignité de l’Homme et de la Femme, et se rappeler que
tous sont nés égaux en dignité et en droits.
3 Le savoir-vivre d’un vrai chevalier est un exemple pour la jeunesse.
4) Un vrai chevalier ne saurait jamais agir de façon outrageante, ni tuer ou être cruel envers
aucun homme ni amimal.
5) Un vrai chevalier respecte et défend les droits de tous les hommes et femmes à avoir et
pratiquer des croyances religieuses qu’il ne partage pas.
6) Un vrai chevalier ne prend pas part à de mauvaises querelles, mais en toutes circonstances
soutient les droits légitimes de tout homme et de toute femme.
7) Un vrai chevalier est l’esclave de sa parole.
8) Un vrai chevalier doit être honorable en toutes choses et discerner le bien du mal.
9) La conduite d’un vrai chevalier doit être modeste, il ne doit pas rechercher les honneurs
pour lui-même.
10) Un vrai chevalier doit chercher à protéger les opprimés et ne jamais faillir à la charité, la
fidélité et la vérité.
11) Un vrai chevalier ne dit du mal de personne. Une langue médisante apporte honte et
opprobre à un honorable chevalier.
12) Un vrai chevalier ne trahit jamais la confiance ou les confidences qui lui sont faites par un
de ses frères chevaliers.
13) Un vrai chevalier doit consacrer sa vie à ce que les peuples du monde puissent vivre
ensemble dans la plus grande paix et la plus grande tolérance.

Charte délivrée le 26 septembre de l’ère 2020


en le lieu du Café CREMA, sur les terres de Darnieulles

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