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PREFACE

Ce présent document n’aurait jamais connu son succès sans l’aide précieuse des
professeurs en particulier Mr Djiby NDAO à qui MERCI serait un maigre mot pour
lui témoigner toute notre gratitude.
Ce document a été conçu par des étudiants de la licence3 très dynamiques et
rigoureux qui ont toujours cru à l’expression que l’eau peut toujours monter au-
dessus de sa source et que le savoir n’a pas de propriétaires il n’a que des volontaires.
De surcroit, « c’est n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons
pas, c’est parce que nous n’osons pas que les choses sont difficiles ».
Il a été confectionné dans le but d’élucider la dissertation en sciences économiques et
sociales mais aussi pour permettre aux étudiants d’avoir un guide afin de mieux
comprendre comment traiter un sujet de dissertation économique et à préparer les
différents examens auxquels ils seront soumis.
Cependant, il importe de signaler que ce document ne peut remplacer les cours
magistraux ni les supports du professeur et ce n’est même pas son objectif. Ceci dit,
l’étudiant ne doit en aucun cas se contenter uniquement de ce recueil mais plutôt en
faire le complément de sa collection.

NB :

Nous remercions d’avance toute personne de bonne volonté de nous faire parvenir ses
suggestions et critiques permettant d’améliorer la qualité du document.

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Sujets dissertation corrigés :
MÉTHODOLOGIE DE LA DISSERTATION EN SCIENCES
ÉCONOMIQUES ET SOCIALES

Une dissertation avec documents en Sciences Economiques et Sociales est :


- une Réponse à une question montrant la compréhension du sujet et y répondant
explicitement,
- construisant une Argumentation : idées classées dans un plan, coordonnées, tout en
étant critique.
- Mobilisant des connaissances personnelles et d’autres provenant des documents,
pertinentes par rapport au sujet,
- respectant une certaine forme de Communication : une langue écrite correcte et les
règles de la dissertation.

I. ETUDIER, COMPRENDRE LE SUJET.


Phase essentielle car comment répondre à une question qui n’est pas comprise ?
a) définir les termes économiques et sociaux (si vous ne savez pas le faire prenez
l’autres sujet, aujourd’hui cherchez dans votre lexique !) éventuellement définir les
mots français «ordinaires » complexes.
b) comprendre la question posée, c’est voir les sous-entendus : chaque mot a été
réfléchi, il est là pour vous induire sur les bonnes pistes.
=> formulez plusieurs questions qui font parties du sujet et auxquelles il faudra
répondre.
=> réécrivez dans votre langage habituel le sujet sans le déformer.
Avant d’aller plus loin, reprenez et notez face à chacune de vos questions si elles sont
«réellement dans le sujet », « à la marge du sujet », « risque du hors-sujet », « hors-
sujet ».
c) si vous avez compris le sujet, vous voyez les différentes réponses possibles : notez
les et pour chacune, proposez les grandes parties (2 ou 3) du plan-bateau

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correspondant (un plan bateau est un plan sans originalité ; exemples : oui... mais ;
faits / causes / conséquences ; les plans sont forcément adaptés à la question posée).

II. CHERCHER DES IDEES


A) vos connaissances. 2 méthodes :
1) notez tout ce qui vous passe dans la tête sur une feuille par association d’idées.
Puis barrez celles qui sont hors-sujet, enfin, classez proprement sur une feuille que
vous rendrez vos idées avec l’un des plans trouvés précédemment (vous pourrez en
changer plus tard)
2) recherche méthodique : vous avez un cours ; Notez le chapitre auquel correspond
le sujet,
Rappelez-vous et notez le plan du chapitre, et pour chaque partie et exemple, notez
les, ils font partie du devoir. Dans toute dissertation il y a des connaissances obligées.
Elles sont moins nombreuses en sociologie (la part de réflexion et savoir-faire est
plus importante qu’en économie) mais existent. Notez donc le vocabulaire, les
théories et analyses dont vous devrez obligatoirement discuter. Placez-les dans votre
plan.
B) étude des documents.
Constituer un tableau sur le modèle suivant : document idées personnelles n° du
document faits ou analyses en rapport avec le sujet ; pour les statistiques pensez aux
calculs nécessaires faits que vous connaissez qui prouvent le fait précédent (2ème
colonne) analyse du fait tout s’il s’agit d’une analyse : théories en accord ou en
désaccord n° des documents qui ont des idées proches partie du plan où placer cette
idée.

III. FAIRE LE PLAN TRES DETAILLE


Principes essentiels :

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- une dissertation se compose, en plus de l’introduction et de la conclusion, de deux
ou trois grandes parties.
- le contenu de chaque partie doit être distinct (aucune répétition n’est acceptée).
- chaque partie doit répondre au sujet. Ainsi, si le sujet demande comment un
phénomène ( les transformations économiques et sociales par exemple ) agit sur un
autre ( les ouvriers, en tant
que classe, par exemple ), il est interdit de choisir comme grandes parties : I. Le
premier phénomène ( exemple : les transformations économiques et sociales ) II. Le
deuxième (les ouvriers en tant que classe).
Comment arriver au plan détaillé ?
1ère méthode :
Vous avez déjà une idée du plan car vous savez ce qui vous voulez répondre à la
question posée (début de l’étude du sujet. (Ici vous pouvez utiliser une des 3
réponses proposées en corrigé).
1) Il vous suffit de classer vos idées personnelles et celles des documents dans les
grandes parties.
2) Choisissez un ordre logique de présentation des sous-parties : le test est de réussir
à rédiger la phrase de transition.
3) Vérifiez que vos grandes parties sont à peu près équilibrées.
2ème méthode :
Vous n’avez aucune idée du plan à choisir.
1) sur la feuille de brouillon ou vous avez noté vos idées, soulignez d’une même
couleur les idées qui vont ensemble (voir dernière colonne du tableau d’étude des
documents). Il doit apparaître deux ou trois couleurs.
2) écrivez une phrase indiquant ce que démontrent, pour le sujet chacune des couleurs
(ce sera le titre de vos parties). Notez vos grandes parties, terminez toujours par ce
que vous défendez.
3) ordonnez vos idées en 2 ou 3 sous-parties. Choisissez un ordre logique de
présentation des sous-parties : le test est de réussir à rédiger la phrase de transition.
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4) Vérifiez que vos grandes parties sont à peu près équilibrées.
Structure d’un plan détaillé :
Tel qu’il faut le rendre (l’introduction et la conclusion ne sont pas précisées) :
I. En une phrase, ce que veut démontrer la première grande partie : phrase de
présentation qui sera reproduite dans la dissertation finale.
1°- première sous-partie : sous-thème en une phrase.
- idée centrale (fait)
- analyse(s)
- en une phrase ce qu’apporte cette idée comme réponse au sujet (on appelle cela le
«centrage » sur le sujet) transition écrite vers l’idée suivante
2°- deuxième sous-partie : sous-thème en une phrase sous-partie.
- idée centrale (fait)
- analyse(s)
en une phrase ce qu’apporte cette idée comme réponse au sujet (on appelle cela le
«centrage» sur le sujet) transition écrite vers l’idée suivante éventuellement
3°- troisième sous-partie : sous-thème en une phrase. Même structure que
précédemment
Conclusion de la première partie et une phrase de transition vers la suivante
II. Deuxième partie : même structure (éventuellement une troisième partie, mais ne
jamais dépasser le nombre de 3)

IV. REDIGER L’INTRODUCTION ET LA CONCLUSION


L’introduction vaut 2 points sur 20 et la conclusion aussi 2 points, et elles doivent
être rédigées clairement dans un français correct : un brouillon est impératif.
1) l’introduction comporte 4 parties :
- l’amorce du sujet : une idée introductive (un fait d’actualité, un débat théorique ou
une approche historique) doit amener le sujet pour en montrer l’importance ou
l’enjeu.
- le rappel du sujet : est obligatoire, il est meilleur de le reformuler, mais il est accepté
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de le reprendre tel quel.
- la définition des termes économiques et sociaux est aussi obligatoire.
- la justification et l’annonce du plan. Inutile d’écrire « dans une première partie nous
verrons.. », tout correcteur sait que la dernière phrase de l’introduction annonce le
plan, il suffit donc de préciser ce qui va être traité ou de poser les questions
auxquelles les parties répondront. Seules les grandes parties sont annoncées, pas les
sous-parties (ceci est fait en début de partie dans l’introduction de la partie).
Avant ou pendant cette annonce du plan, vous devez le justifier : pourquoi est-il
logique de séparer le problème entre ces deux parties ? L’objectif d’une dissertation
étant de deux copies doubles, une introduction d’une demi-page est tout à fait
raisonnable. Vous avez donc le temps de vous exprimer, de poser clairement le
problème posé... mais ne donnez pas la réponse au sujet, quel serait l’intérêt de lire
votre développement ?
2) la conclusion comporte deux parties :
- la réponse claire, précise, en accord avec le développement, au sujet (un résumé du
développement est accepté) ;
- une ouverture : poser une question différente du sujet initial mais lui étant lié.
Attention : si vous revenez sur le sujet de la dissertation, vous montrez que vous ne
l’avez pas compris et vous êtes sanctionné.
Il peut paraître bizarre d’écrire la conclusion avant le développement, c’est pourtant
fortement conseillé :
- vous devez savoir ce que vous allez démontrer ( vous avez fait le plan détaillé ),
l’écrire permet de garder une bonne cohérence tout le long du devoir ;
- si vous manquez de temps, vous inclurez directement dans votre devoir cette
conclusion sans la recopier ( attention : les brouillons ne sont pas corrigés, prenez
donc une feuille de bac pour rédiger « au brouillon » votre conclusion ).

V. REDIGER LE DEVELOPPEMENT
- être lisible : il ne vous est pas demandé un style irréprochable, mais d’être
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compréhensible : pas de phrases sans verbe, la ponctuation est nécessaire, de même
que les accents. Ce n’est pas ce que vous pensez qui est noté mais ce que vous
écrivez. Imaginez que vous expliquez votre réponse à une personne que vous
connaissez, qui ne connaît rien aux sciences économiques et sociales : vous devez
tout préciser, être simple mais précis, sans oublier d’utiliser le vocabulaire adapté
mais en l’expliquant.
- Ne rien oublier : vous allez évidemment suivre le plan détaillé que vous avez
préparé. Commencez chaque partie par une introduction qui la présente (essayez de
trouver un fil directeur, « une problématique »)
Pour chaque sous-partie :
* relisez le document que vous utilisez, il faut en tirer une idée, mais ne pas recopier
ce qui est écrit.
* Vous devez compléter ce document avec des idées personnelles (pensez : faits,
causes, conséquences). Regardez ce que vous avez préparé, cherchez encore de
nouvelles idées.
Développez-les. Attention : les répétitions sont interdites et ajouter une idée sans
respecter le plan détruit la cohérence.
* À la fin de chaque paragraphe revenez sur le sujet pour insister sur ce que vous
avez démontré,
* puis faites une phrase de transition : partir de l’idée précédente pour arriver
logiquement à la suivante. Les « de plus » sont à proscrire, ils ne relient rien du tout.
Finissez chaque partie par une conclusion partielle, qui précise votre réponse au sujet
en résumant la partie, et par une phrase de transition vers la partie suivante.
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Sujet 1 : Les déterminants de l’épargne

Introduction

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Toute économie est caractérisée par l’efficacité de la répartition de son revenu
disponible. Ce dernier n’est pas entièrement consacré à la consommation. Donc les
ménages préfèrent mettre en réserve une partie de leur revenu disponible en vue
d’une utilisation future, c’est ce comportement des ménages qu’on appelle épargne.
L’épargne correspond ainsi à la partie du revenu disponible des ménages qui n’est pas
consacrée à une consommation immédiate. Elle est donc en sciences économiques
considérée comme une consommation différée dans le temps. Ainsi, l’épargne
engendre des déterminants qui suscitent d’une confrontation théorique entre les
auteurs classiques, les Keynésiens et ceux de l’étude empirique. Dans notre analyse,
il importe alors de poser la question de savoir quels sont les véritables déterminants
de l’épargne ?

Après avoir montré les déterminants économiques de l’épargne, il ne sera pas


superflu d’exposer ses déterminants extra-économiques ou non économiques en
second.

I) Les déterminants économiques de l’épargne

L’épargne désigne la partie du revenu utilisé pour d’autres fins que la consommation
immédiate. L’épargne est couramment considérée comme une vertu pour l’individu
comme pour la société. Dans la littérature économique, nous distinguons
généralement les déterminants traditionnels à savoir le revenu et le taux d’intérêt. Ses
déterminants suivent souvent les fondements théoriques des courants de pensée
économique.

a)Le revenu

Dans la théorie Keynésienne, le revenu est le principal facteur de fluctuation du


volume et du taux d’épargne. Ainsi, selon, Keynes le comportement d’épargne des
agents économiques est déterminé par l’importance de la dynamique du revenu réel
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liée à la conjoncture macro-économique-prise en compte d’autres facteurs : fiscalité,
chômage, condition de crédit. Pour John Maynard Keynes, l’épargne n’est pas
alternative à la consommation : les individus sont obligés de consommer pour
satisfaire leurs besoins. En conséquence, seuls les ménages ayant un revenu
disponible assez élevé pourront épargner. L’épargne est donc le solde du revenu non
consommé. Le maintien actuel du taux d’épargne à un niveau inférieur à celui des
années soixante pourrait ainsi s’expliquer par des politiques salariales restrictives. Le
taux d’intérêt ne sert pas à décider si nous devons affecter le revenu à la
consommation ou à l’épargne, il n’est pas le prix qu’il faut payer pour compenser la
préférence pour le présent de l’épargnant. Il plutôt, le prix qu’il faut payer pour
compenser la préférence pour la liquidité, c’est-à-dire pour que l’épargnant décide de
placer son épargne. Si le taux d’intérêt est inférieur à celui qui compense la
préférence pour la liquidité, alors les agents économiques renoncent aux placements
financiers et thésaurisent.

b) Le taux d’intérêt

Les auteurs néoclassiques estiment que le taux d’intérêt est l’unique déterminant de
l’épargne. Les agents supposés rationnels investissent en fonction du taux d’intérêt
réel (taux d’intérêt nominal moins taux d’inflation). L’épargne est considérée comme
l’utilisation du revenu alternative à la consommation. Cette approche montre que les
agents économiques cherchant à maximiser leur utilité font un arbitrage entre la
consommation et l’épargne. Ils sont incités à épargner lorsque le taux d’intérêt est
élevé, dans ce cas, épargner va leur permettre d’avoir des revenus importants dans le
futur. Et inversement dans le cas où le taux d’intérêt est faible. Ainsi, si l’individu a
une préférence pour le présent, il consomme l’essentiel de son revenu et renonce à
s’enrichir par l’épargne. Celle-ci, en effet permet l’accumulation de capital en
utilisant celui- ci à des fins productives (investissement) l’épargnant crée ou
contribue à créer des richesses dont une partie lui est affectée en rémunération de
l’apport de son capital à la production (l’intérêt). En fin de période, notre individu

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ayant une préférence pour le futur recevra son épargne augmentée du montant de
l’intérêt. Son revenu sera donc plus élevé à la période suivante, lui permettant soit de
consommer d’avantage soit de recommencer à épargner.
Cependant, à coté de ces déterminants, il existe des déterminants extra- économiques
de l’épargne.

II) Les déterminants extra économiques

Du point de vue des ménages, la décision d’épargne consiste à ne pas consommer


tout le revenu courant aux dépenses de consommation. Ainsi, l’examen du cycle
d’épargne au cours de la vie et les autres facteurs extra économiques permet d’avoir
une vision plus nette de ce qui détermine l’épargne.

a) Hypothèse du cycle de vie de Modigliani (HCV)

Cette approche basée sur l’évolution des comportements d’épargne et au cours de la


vie a été développe dans les années cinquante et soixante par l’économiste américain
Modigliani. Ainsi selon cette approche, le comportement d’épargne d’un agent
économique est une fonction variable dans le temps. Ceci s’explique par le fait que
l’agent économique fait varier le montant de son épargne dans le but de maintenir
tout au long de sa vie, un certain niveau de consommation et donc du revenu. Cette
théorie identifie trois périodes de la vie d’un agent économique.

 La jeunesse : l’agent économique consomme même en l’absence de revenu,


pendant cette période son épargne est doc négative ;
 La vie active ; l’agent économique va progressivement accroitre son effort
d’épargne au fur et mesure que son revenu augmente pour anticiper la baisse de
son revenu lorsqu’il ira à la retraite ;
 La période de retraite : l’agent économique va puiser de son épargne constituée
pendant sa vie active, pour maintenir sa consommation à un niveau semblable à
celui où il était actif.
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b) Les autres déterminants extra économiques

Il semble donc nécessaire de considérer d’autres motifs d’épargne pour expliquer de


manière satisfaisante le comportement observé des ménages en matière d’épargne et
de patrimoine.

 Le motif de solidarité des générations : une façon de rendre le modèle HCV

(Hypothèse du Cycle de Vie) compatible avec le comportement des ménages consiste


à prendre en compte la volonté des individus de laisser un « héritage » à leurs
descendants c’est-à-dire à supposer que les ménages accumulent une réserve d’actifs
plus importante que celle dont ils ont besoin l’héritage transmis de génération en
génération s’accroit, ce qui exige que l’épargne de chaque génération soit positive sur
l’ensemble de son cycle de vie pour que le rapport entre l’héritage reçu par la
génération suivante de son revenu initial soit constant.

 La taille de la famille : dans le modèle HCV, l’unité de décision est considérée

Comme étant formelle d’un nombre constant de personnes, alors qu’en réalité la
variation du nombre des membres d’un ménage normal au cours du cycle de vie peut
influer sur le profil chronologique de la consommation et par conséquent de
l’épargne. Ainsi l’âge moyen auquel les jeunes entrent sur le marché du travail ou la
période normale de scolarité est étroitement lié à cette variation. L’allongement de
cette dernière période tend à prolonger la durée de présence des jeunes adultes dans la
famille ce qui influence le profil chronologique de la consommation des ménages et,
toutes choses égales par ailleurs le taux global d’épargne.

 L’inflation : conte tenue du taux d’inflation relativement bas et stable observé

durant la période d’après-guerre jusqu’à la fin des années soixante, l’incidence de


l’inflation sur le comportement d’épargne ne présentait alors qu’un intérêt et des
possibilités de vérification concrètes limitées. L’opinion générale était que l’inflation
a baissé probablement le taux d’épargne (du moins temporairement), en raison des
achats de biens de consommation, notamment des biens durables affectés plutôt que
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prévu, afin de devancer la baisse des prix. L’inflation s’étant notablement accélérée
au début des années soixante-dix pour se maintenir ensuite à un niveau élevé ces
incidences sur la consommation et sur l’épargne ont de plus en plus retenu l’attention.

Conclusion

En définitive, l’analyse pertinente des différents auteurs de la pensée économique


montre qu’à travers ces déterminants économiques et extra économiques, l’épargne
joue un rôle crucial dans le fonctionnement de l’économie. Toutefois, les
déterminants économiques exercent un impact direct sur l’activité économique dans
le sens où une hausse du revenu disponible permet en partie de constituer une
épargne considérable qui à son tour booste le niveau du revenu national grâce à
l’investissement. S’agissant des déterminants extra économiques, leur rôle explicatif
sur l’épargne est aussi indéniable.
Ainsi, tout équilibre général dans une économie est subordonné à un volume
d’investissement. Si l’investissement est une condition nécessaire pour accroitre le
niveau du revenu, il n’est pas suffisant car il peut y avoir des situations ou toute
l’épargne ne se trouve pas réinvestie.

Sujet 2 : investissement=épargne

Introduction

« L’expansion se caractérise par un excès de l’investissement sur l’épargne et la


récession se caractérise par l’excès de l’épargne sur l’investissement » Keynes en
1931. L’épargne est la part du revenu non consommée immédiatement ou l’excès de
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revenu sur ce qui est dépensé pour la consommation. Elle est aussi une
consommation différée dans le temps. Il y a l’épargne des ménages, des entreprises et
des administrations publiques. L’investissement permet de créer ou d’acheter des
biens de production, il correspond donc à l’accumulation de l’équipement en capital
dans le but de produire davantage dans le futur.
Deux grands courants de la littérature économique ont analysé les relations entre
l’épargne et l’investissement. Tout d’abord les classiques et néoclassiques suggèrent
l’égalité entre l’épargne et l’investissement et estiment que l’épargne doit être
préalable à l’investissement. Au contraire, Keynes même s’il ne nie pas l’égalité entre
les deux ; pense que l’épargne est nuisible à l’économie et que c’est l’investissement
qui détermine l’épargne. C’est en ce sens que l’égalité entre l’épargne et
l’investissement préoccupe les débats économiques.
Pourtant derrière cette égalité se cache des conceptions extrêmement différentes.
Nous allons étudier ici ce qu’en disent les néoclassiques et les keynésiens. Puis nous
nous demanderons d’exposer dans un autre billet, le sens de causalité entre l’épargne
et l’investissement.

I) L’égalité entre l’épargne et l’investissement

En économie fermée, les identités comptables font apparaitre l’égalité entre l’épargne
et l’investissement lorsqu’il y’a un équilibre budgétaire. Ainsi les auteurs
néoclassiques et les keynésiens ont apporté chacun une explication claire sur cette
égalité.

a) La théorie néoclassique

Chez les néoclassiques, l’épargne égale à l’investissement signifie que l’épargne


permet l’investissement. Ils reprennent la loi des débouchés de Jean Baptiste Say
« l’offre crée sa propre demande ». Pour Say, une augmentation de la production
permet de distribuer un supplément de revenu. L’individu plus riche, achètera plus de
biens ou services, il facilite ainsi l’écoulement des nouveaux « débouchés ». C’est
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une économie basée sur l’offre qui servira de base les néoclassiques. Pour eux il y’a
égalité à priori entre l’épargne et l’investissement. L’épargne est faite pour être
investie. Le revenu est égal à la somme de la consommation et de l’épargne et la
demande est égale à la somme de la consommation et l’investissement. Les
néoclassiques en déduisent que le revenu est égal à la demande. C’est le taux d’intérêt
qui permet de réaliser l’équilibre. L’augmentation du revenu permet de transmettre
l’accroissement de l’offre à la demande. Les néoclassiques suggèrent que l’égalité
entre l’épargne et l’investissement découle d’un processus de marché. Ainsi le taux
d’intérêt est la variable qui égalise l’offre et la demande sur le marché. Il correspond
à la rémunération du capital suite à la renonciation à une consommation actuelle.
Cependant, Keynes aborde une explication sur cette égalité.

b) La théorie keynésienne

Keynes a montre d’une manière indiscutable que dans une économie fermée c’est-à-
dire sans relation avec l’extérieur, l’épargne globale est nécessairement égale à
l’investissement global. Cette égalité qui constitue l’un des piliers de la théorie
keynésienne apparaissait révolutionnaire en 1936. En effet, elle n’était auparavant
généralement interprétée que comme l’expression d’un équilibre économique, c’est-
à-dire comme une relation tendancielle. Le marché était alors supposé assure
l’équilibre entre l’épargne et l’investissement grâce aux fluctuations des taux
d’intérêt.

L’égalité entre l’épargne et l’investissement découle directement de l’égalité entre le


revenu et la valeur ajoutée. En effet, au cours d’une période, les produits peuvent être
utilisés soit pour la consommation c’est-à-dire détruits, soit pour l’investissement
c’est-à-dire conservés pour une période ultérieure. L’épargne est définie par la
différence entre le revenu et la consommation. Puisque le revenu a une acquisition de
droit et la consommation a une destruction de produits et donc de droits, l’épargne
représente l’accumulation de droit et également à l’accumulation de produits. En
d’autres termes, l’épargne est égale à l’investissement (S=I).
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Toutefois que cette relation est nécessairement vérifiée, il n’est pas vain d’examiner
la relation de causalité entre l’épargne et l’investissement.

II) La relation de causalité entre l’épargne et l’investissement

Deux grands courants de la théorie économique ont analysé les relations entre
l’épargne et l’investissement.

a) L’épargne, un préalable à l’investissement

En macroéconomie classique, la croissance de la production dépend du taux


d’épargne. Dans ce cas, l’interaction entre la demande et l’offre, fonds préalables,
détermine le niveau de l’investissement. La demande de fonds préalables ou
l’épargne est une fonction positive du taux d’intérêt réel. Dans les années trente,
l’école autrichienne et F. Hayek en particulier, estiment que l’épargne doit être
préalable à l’investissement sinon l’entrepreneur doit avoir recours aux crédits, ce qui
augmente son endettement. Pour les tenants de cette approche, c’est le taux d’intérêt
qui est la variable permettant l’ajustement entre l’épargne et l’investissement. Ils
considèrent qu’il existe toujours un taux d’intérêt d’équilibre, car l’épargne est une
fonction du taux d’intérêt, c’est-à-dire plus le taux d’intérêt augmente, plus les
consommateurs vont être plus enclins à épargner car la rémunération future devient
plus attractive. L’investissement est fonction décroissante du taux d’intérêt car plus
l’emprunt des capitaux coute cher, moins il y aura d’investissement rentable.
Le taux d’intérêt est l’unique déterminant de l’épargne car un taux d’intérêt élevé
favorise la propension à épargner des ménages. Les néoclassiques veulent donc
favoriser l’épargne des ménages car plus le niveau d’épargne est élevé, plus
l’investissement devient important.

b) L’épargne, une fuite du circuit économique

Contrairement aux néoclassiques, Keynes a une vision complètement différente :


pour lui trop d’épargne peut être nuisible à l’économie et c’est l’investissement qui
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Sujets dissertation corrigés :
détermine l’épargne avec le processus du multiplicateur d’investissement. Keynes
s’oppose à la logique de l’équilibre du marché, il préfère une approche par le circuit
(demande-revenu-dépenses). Pour lui, l’épargne est la différence entre le produit
global et la consommation et l’investissement est la différence entre le produit global
et consommation. En outre, il estime que la relation causale l’épargne et
l’investissement, va de l’investissement vers l’épargne. Autrement dit, c’est
l’investissement qui détermine le revenu, et celui-ci permet, en fonction du partage
que font les ménages entre la consommation et l’épargne, détermine le niveau de
l’épargne. De ce qui précède, on reconnait le processus causal keynésien que le
revenu permet de créer l’épargne qui entraine un autre revenu qui lui-même est divisé
en consommation et épargne. Il suggère qu’un taux d’intérêt très élevé, de forte
pression, peuvent diminuer l’activité économique, raison pour laquelle, l’épargne est
selon Keynes, une fuite du circuit économique. Il privilégie alors l’investissement sur
l’épargne.

Conclusion

En conclusion Keynes affirme que ce qu’il appelle l’égalité entre l’épargne et


l’investissement ne peut avoir lieu que si le revenu est égal à la valeur ajoutée. Pour
les néoclassiques l’épargne devient investissement le moment ou l’épargne des
ménages est égale à l’investissement des entrepreneurs. Pour eux, c’est l’épargne qui
détermine l’investissement et la variable d’ajustement qui permet d’avoir l’égalité
entre les deux est le taux d’intérêt. Selon Keynes, c’est l’inverse, c’est
l’investissement qui détermine l’épargne et la variable d’ajustement est le revenu.
Toutefois l’analyse macroéconomique de la relation entre l’épargne et
l’investissement met en évidence l’ambivalence de l’épargne. Elle permet,

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Sujets dissertation corrigés :
notamment à long terme, de financer les investissements met constitue en elle-même,
à court terme une fuite hors du circuit économique qui peut être génératrice de
chômage conjoncturel et de surcapacité rendant peu attractifs les investissements.

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Sujets dissertation corrigés :
Sujet 3 : L’explication keynésienne sur la consommation vous semble-t-elle
pertinente ?

Introduction

Les opérations de répartition et de redistribution du revenu permettent d’obtenir les


revenus disponibles des agents économiques, c’est-à-dire les revenus directement
utilisables par ces derniers. Ces revenus perçus par les agents économiques sont
utilisés sous forme de consommation et d’épargne. Keynes, dans son célèbre ouvrage
Théorie Générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie de 1936 a accordé une
grande importance au revenu disponible des ménages. L’une des principales
composantes du revenu disponible est la consommation. Cette dernière constitue une
opération économique qui correspond à l’utilisation immédiate de biens ou services.
En d’autres termes, c’est la part du revenu disponible consacrée à l’achat et
l’achèvement de biens et services. Ainsi, selon Keynes le revenu courant est la seule
variable explicative de la consommation et il n’y a pas de prise en compte de salaire
future et du salaire passé. De plus la consommation s’accroit moins rapidement que le
revenu. A contrario, Simon Kuznets, par des études empiriques montre la stabilité de
la propension marginale à consommer. C’est en ce sens, qu’on s’interroge sur la
pertinence de l’approche Keynésienne sur la consommation.
Dans le but de mieux cerner le sujet, la présentation de la pertinence de l’explication
Keynésienne sur la consommation sera mise en évidence en premier, et l’examen des
insuffisances de cette théorie sera étayé en second.

I) La théorie Keynésienne sur la consommation


Rappelons que la consommation peut être appréhendée comme un moyen à satisfaire
nos besoins et comme la principale motivation de la mise en œuvre d’un processus
de production. Pour mieux cerner la notion de consommation, il demeure

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Sujets dissertation corrigés :
indispensable de présenter la loi psychologique fondamentale de Keynes, suivie de la
fonction de la consommation Keynésienne.
a) La loi psychologique fondamentale
L’analyse macroéconomie de la consommation a été faite première par John Maynard
Keynes. Pour lui, le niveau de consommation dépend essentiellement du revenu. En
effet, Keynes a montré à travers la  «  loi psychologique fondamentale », qu’il a
défini que lorsque le revenu augmente, la consommation s’accroit, mais dans des
proportions moins importantes. Comme ,il l’affirme lui-même dans son livre théorie
générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie de 1936 « la loi psychologique
fondamentale à laquelle nous pouvons faire toute confiance, à la foi à priori en raison
de notre connaissance de la nature humaine et à postériori en raison des
enseignements détaillés de l’expérience, c’est qu’en moyenne et la plupart du temps
les hommes tendent à accroitre leur consommation à mesure que leur revenu croit
mais non d’une quantité aussi grande que l’accroissement du revenu ».
Ainsi, un effet de saturation entraine la baisse des propensions à consommer au profit
des propensions à épargner. Les ménages épargnent une part croissante de leur
revenu au fur et à mesure que celui- ci s’accroit ; l’épargne est une fonction
croissante du niveau du revenu. Il explique cela par le fait que les habitudes de
consommation des ménages demeurent lors d’une augmentation de revenu, ils sont
donc amenés à épargner la différence entre leur nouveau revenu et leur
consommation habituelle. Ainsi, la différence entre le revenu et la consommation
s’élargie lors d’une augmentation du revenu.
b) La fonction de consommation Keynésienne
A partir du principe de la loi psychologique fondamentale, nous retenons une
fonction de consommation ; C= f (Y). Cette fonction est une relation de
comportement. Elle décrit le comportement de consommation des agents
économiques sur la base de facteur psychologiques. Ainsi, C = Consommation
globale et Y = revenu global. Cette représentation veut dire que le volume de la
consommation globale(C) d’une période dépend du montant du revenu global(Y) de
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Sujets dissertation corrigés :
la même période. Après linéarisation, la fonction devient sous cette forme ; C= cY +
Co où Co est le niveau de la consommation incompressible ou autonome, et c = la
propension marginale à consommer qui le rapport entre la variation de la
consommation et la variation du revenu, soit ; PmC= c=variation de C/variation de Y
Elle indique la proportion de l’augmentation du revenu qui est consacrée à la
consommation. Graphiquement, la PmC est la pente de la droite de consommation.
La loi psychologique fondamentale implique que la variation de la consommation et
celle du revenu sont positives (>0) mais la variation du revenu est supérieure à celle
de la consommation, c’est-à-dire 0 < c= PmC < 1.
A la notion de la PmC, il faut associer celle de la propension moyenne à consommer
(PMC).
Cette dernière étant, comme indiqué si dessus le rapport entre la consommation
globale et le revenu global qui lui correspond ; PMC= C/Y= c + Co / Y. Elle
correspond à la part moyenne du revenu global affectée à la consommation. Quel que
soit la forme de cette fonction de consommation, Keynes suppose généralement qu’il
s’agit d’une fonction stable (elle ne varie d’une période à l’autre), et que sa
différence première (ou dérivée première) est positive et inférieure à la propension
moyenne à consommer, au moins à court terme ;
La propension moyenne à consommer est donc supérieure à la propension marginale
à consommer, ce qui correspond bien aux hypothèses formulées par Keynes.
Cependant, l’analyse Keynésienne perd toute sa pertinence lorsque l’observation
porte sur une longue période.

II) Critiques et complément de la théorie Keynésienne


Apres l’analyse Keynésienne de la consommation, d’autres auteurs ont apporté des
critiques contribuant à améliorer cette analyse. Parmi ces critiques les plus célèbres
sont celles de John Samuel Dusenberry et de Milton Friedmann.
a) L’hypothèse de Dusenberry
 Effet de Cliquet ; appelé aussi l’ « effet de crémaillère » a été mis en évidence
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Sujets dissertation corrigés :
par l’économiste américain J.S.Dusenberry. Cet effet de Cliquet peut se définir
comme la tendance du consommateur à maintenir son niveau de consommation
antérieure même en cas de baisse de son revenu. De ce point de vue, le
consommateur peut même être amené à prélever sur son épargne pour couvrir ses
besoins de consommation
 Pour Dusenberry, la consommation, à une période donnée dépend non
seulement du revenu de cette période mais aussi des habitudes de consommation
acquise antérieurement. Dusenberry évoque également l’effet d’imitation «  tout
citoyen d’une classe sociale donnée tend à acquérir le comportement de la classe
immédiatement supérieure ». De ce point de vue, le club des «  privilégiés »
servirait le modèle de référence aux autres catégories sociales qui tentent de suivre
ses dépenses lorsque leurs revenus augmentent.
b) L’hypothèse du revenu permanant
On doit cette explication à Milton Friedmann, économiste très connu, américain. Son
idée est de dire que le comportement de consommation des ménages est fonction du
revenu prévu qu’il appelle « le revenu permanant », et non pas du revenu perçu
effectivement à un moment donné. Cela veut dire qu’une variation du revenu modifie
la consommation si elle conduit le consommateur à réviser son estimation du revenu
permanant. Le consommateur anticipe donc ses gains, et prend ses décisions
d’épargne ou de consommation en tenant compte non seulement de son revenu actuel
mais surtout de ses revenus futurs. La propension à consommer n’est donc
absolument pas proportionnelle au niveau de revenu présent, les erreurs
d’anticipations se traduisent à court terme par une variation d’épargne.

CONCLUSION
De ce qui précède, même s’il est difficile de trouver l’unanimité au sein des auteurs
de la pensée économique, sur la notion de consommation, il apparait que la théorie
Keynésienne trouve sa pertinence qu’à court terme. Pour Keynes, la consommation
est une fonction du revenu disponible à l’instant t, dès lors si le revenu augmente
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Sujets dissertation corrigés :
temporairement par un plan de relance, le consommateur consommera plus, prenant
en compte ce revenu supplémentaire. D’autres auteurs, en particulier Milton
Friedmann pense que ce qui compte ce n’est pas le revenu des ménages mais leur
estimation de leur revenu permanant, fonction de leurs revenus passés et
l’anticipation qu’ils sont de leurs revenus à long terme.
Par ailleurs, il existe à coté de cette analyse macroéconomique Keynésienne, une
analyse Classique qui privilégie l’étude microéconomique où l’agent adopte le
comportement rationnel et essaie de maximiser sa satisfaction personnelle.

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Sujets dissertation corrigés :
Sujet 4 : Analyser les déterminants de la consommation.

Introduction

Dans les années 1950, après la crise économique, économistes et gouvernement


voulaient à tout prix éviter le retour de la crise de 1930 qui est qualifiée selon Keynes
comme une ‘sous-consommation’. Etant une composante principale du revenu
disponible des ménages, la consommation peut être définie comme l’ensemble des
dépenses de biens et services destinées à satisfaire des besoins personnels et non
productif. De par son importance sur l’activité économique, beaucoup d’auteur de la
pensée économique ont apporté une grande considération sur ce qui détermine le
comportement des consommateurs. Etudier les déterminants de la consommation
c’est dégager et analyser les facteurs qui agissent sur le niveau, la composition, et la
variation de la consommation d’une personne ou d’une population. La raison en est le
rôle prépondérant que joue la consommation sur l’activité économique.
Une étude complète de la consommation, exigerait d’abord une analyse des facteurs
économiques qui déterminent la consommation puis les déterminants extra-
économique de la consommation des ménages.

I) Les déterminants économiques de la consommation

On distingue plusieurs déterminants de la consommation. Les plus distincts semblent


être le revenu et le prix des biens et services.

a) Le revenu

Une hausse du revenu desserre la contrainte budgétaire. En conséquence le


consommateur rationnel va généralement augmenter sa consommation. Le
comportement de consommation évolue donc avec le niveau du revenu, plus le
revenu est élevé plus une partie importante sera épargnée. L’approche
microéconomique permet d’expliquer le lien entre la variation de la consommation
(demande) et celle du revenu.

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Sujets dissertation corrigés :
Quand le revenu s’élève, la variation de la demande qui en résulte est différente selon
les biens. On mesure la sensibilité de la demande D d’un bien aux variations du
revenu par l’élasticité de la demande par rapport à la demande :

Variation de la demande (en


Elasticité %)
revenu Variation du revenu (en %)
EDR
R D
D R
Selon la valeur de l’élasticité, on distingue trois types de biens :

 Les biens inferieurs, atypiques, dont la consommation baisse quand le revenu


augmente EDR<0.
Ce sont des biens dépréciés par les consommateurs. Quand le revenu augmente, ils
sont remplacés par d’autres biens.

Exemple : transport public par rapport au transport particulier.

 Les biens normaux, dont la consommation augmente avec le revenu mais dans
une proportion moindre : 0 < EDR <1
Exemple : les vêtements.

 Les biens supérieures, dont la consommation augmente dans des proportions


supérieures à celle du revenu EDR >1
Exemple : les produits de luxe.

b) prix des biens et services


Le prix est aussi un facteur très influent dans la détermination de la consommation
des ménages. Généralement la demande varie en sens inverse du prix .Quand le prix
d’un bien baisse, sa demande augmente en général. La relation qui existe dans cet
exemple inverse, entre le prix d’un bien et la demande exprimée par les agents

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Sujets dissertation corrigés :
économiques définit  ce que l’on appelle l’élasticité prix de la demande. Cette
élasticité permet de mesurer la relation qui lie l’évolution du prix et l’évolution de la
demande d’un bien. Elle se mesure de la manière suivante :
variation de la demande ( en % )
Elasticité pris de la demande¿
variation des prix ( en % ) a

L’élasticité de la demande est presque toujours négative parce que la demande varie
en sens inverse du prix. On distingue 3 types de réactions de la demande par rapport à
la réaction du prix
 Demande élastique : forte réaction face à la variation du prix : Ed/px ˂ -1 (-
2 ; -3 …).
Exemple voyage
 Demande inélastique (ou rigide) : la variation du prix affecte peu la
demande : -1 ˂ Ed/px ˂ 0 .Exemple tabac
 Demande perverse, atypique : elle varie dans le même sens que le prix :
Ed/px >0.
Exemple certains biens de luxe
En plus de la notion d’élasticité, l’analyse économique distingue deux effets d’une
variation d’un prix sur la consommation (demande).on envisage ici une baisse des
prix.
 L’effet de substitution : quand le prix d’un bien baisse, ce bien devient
relativement moins cher par rapport autres biens. Le consommateur aura alors
intérêt à acheter plus de ce bien au détriment d’autres biens.
 L’effet de revenu : la baisse du prix d’un bien augmente le pouvoir d’achat du
consommateur. Elle équivaut à une baisse de son revenu. Il pourra augmenter
son achat du bien et/ou d’autres biens.
A côté de ces déterminants économiques, la consommation des ménages est
également tributaire d’autres facteurs dits non économiques.
I) Les facteurs extra économiques de la consommation

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Sujets dissertation corrigés :
La consommation n’est pas seulement l’expression de la rationalité économique. Elle
s’inscrit aussi dans l’expression des rapports technologiques qui se réduisent aux
progrès techniques et des rapports sociologiques qui ne se réduisent aux relations de
marché.
a) Le progrès technique
Par le biais des gains de productivité qu’il entraine, le progrès technique est à l’
origine d’une baisse du pouvoir d’achat des revenus. En effet, l’efficacité accrue du
travail permet une production plus importante de richesse donc une distribution de
revenu plus important, ainsi qu’une baisse du prix des normes de production
engendre de nouvelles normes de consommation. Le progrès technique permet
d’avoir des couts de production plus faibles et donc un niveau de prix moins élevé.
Cela permet d’avoir une consommation de masse, l’on dira alors les sociétés sont
entrées dans l’ère de la consommation. Notons aussi que la dynamique de
l’innovation permet aussi d’avoir de nouveaux produits (mutation de la structure du
panier de la ménagère), et donc influence la finalité de la consommation des
ménages. Le consommateur rationnel, ayant une préférence pour les variétés voudrait
consommer toutes les variétés disponibles sur le marché. Ceci entrainera un
changement du comportement du consommateur.
b) Les rapports sociologiques
Le débat sur les rapports sociologiques n’apparait pas comme une liste exhaustive.
On retient ainsi :
L’effet démonstration : Selon Dusenbaerry les membres d’un groupe
Social donné ont tendance à imiter la consommation d’un groupe au revenu supérieur
(supérieur mais proche) pour faire la démonstration de leur statut(1949). Ce constat
confirme la théorie keynésienne selon laquelle les ménages auraient une propension à
consommer plus importante que la moyenne. Cela tiendrait au fait qu’ils tendent
d’imiter les plus riches qu’eux.
Dusenberry évoque également l’effet d’imitation « Tout citoyen d’une classe sociale
donnée, tend à acquérir le comportement de la classe immédiatement supérieure ».
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L’effet de distribution et consommateur ostentatoire : T. Veblen (1857-
1929), dans une étude de la haute bourgeoisie aux états unis (théorie de la classe de
loisir 1899) remarque que celle-ci gaspille du temps dans les loisirs et des biens dans
sa consommation. Le but de ce gaspillage est de montrer son statut social supérieur; il
est ostentatoire, c’est l’effet « snobisme »
La classe sociale : La consommation d’un individu varie en fonction des
Habitudes qu’il a acquises de par son éducation. La reproduction du mode de vie de
la classe sociale d’origine influence donc la consommation.
La catégorie socioprofessionnelle : la consommation peut être influencée
Par la catégorie socioprofessionnelle. Ceci s’explique en partie par un besoin de
mimétisme et d’identification.

Conclusion
Cette étude a pour objectif de proposer un modelé global des déterminants du
comportement du consommateur. Il est à rappeler que le comportement du
consommateur en général s’explique par une multitude de facteurs. Ces facteurs ont
fait l’objet d’études approfondies par les chercheurs depuis des décennies. Ces
chercheurs se sont centrés principalement sur l’impact des déterminants économiques
(revenus, prix des biens et services). Or le comportement du consommateur ne
s’explique pas seulement par ces facteurs économiques mais une multitude de
facteurs qu’ils soient de nature culturelle, sociale ou environnementale.
Toutefois, ces déterminants sont importants pour comprendre le comportement de la
consommation des ménages, il ne demeure pas moins important de porter une vision
macroéconomique sur la consommation.

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Sujets dissertation corrigés :
Sujet 5 : Analyse macroéconomique classique

Introduction
L’approche dite classique ou néoclassique de la macroéconomie utilise la rationalité
microéconomique en généralisant à l’échelle du pays les comportement et décisions
individuels. Les apports successifs des principaux auteurs classique Adam Smith,
David Ricardo, Jean baptiste Say et Léon Walras ont privilégié certains centre
d’intérêt tels que la valeur, la repartions et la croissance économique. Le point de
désaccord majeur entre les classiques et les néoclassiques se résume sur la théorie de
la valeur et la répartition. Cependant la croyance aux vertus de l’économie de marché
constitue le point d’accord fondamental entre ces auteurs, qui partagent ainsi cette
conception libérale de l’économie. Si la microéconomie, à travers l’étude du
comportement individuel du consommateur et du producteur permet de comprendre
le fonctionnement du marché, la macroéconomie s’intéresse à la structure, au
fonctionnement et aux résultats de l’économie globale .Ainsi, les auteurs classiques
supposent que la concurrence pure et parfaite constitue un cadre de référence des
marchés afin de garantir l’équilibre macroéconomique. Ils promettent un ajustement
du marché du travail qui réserve le plein emploi. Bien que le modèle classique soit un
système d’équilibre général, il faut identifier au préalable les fondements
macroéconomiques puis présenter les postulats de la macroéconomie classique.

I) Les fondements de la macroéconomie classique


Les analyses des auteurs classiques et néoclassiques constituent le socle de la
macroéconomie classique. Le modèle classique est une construction théorique des
économistes contemporains pour mettre en exergue la démarche des auteurs
classique et néoclassiques. Deux conceptions importantes dans le modèle classique
seront évoquées dans cette partie.

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Sujets dissertation corrigés :
a) La notion de la concurrence pure et parfaite
La concurrence pure et parfaite constitue le cadre de référence des marches, l’idéal.
La CCP est définie par (5) conditions ou hypothèses.

 Atomicité du marché : existence d’une multitude de participants a l’échange


et aucun n’est suffisamment puissant pour influencer les conditions du marchés
(prix, quantité) ;
 Homogénéité du produit : le produit est identique et perçu comme tel par le
consommateur, quelle que soit l’entreprise qui le fabrique : il n’y a pas de
différenciation des produits, que ce soit par des qualités ou performances
spécifiques ou par l’image de marque : la différenciation se fait par le prix.
 Transparence du marché : elle signifie une information parfaite des acteurs,
les participants à l’échange connaissent instantanément tout ce qui se passe sur
le marché.
 Liberté d’entrée et de sortie du marché à tout instant : l’entrée tout comme
la sortie du marché ne sont aucunement contraintes. Les acteurs peuvent entrer
ou quitter le marché a tout moment.
 Mobilité des facteurs de production : les facteurs de production peuvent se
déplacer librement à tout moment d’un secteur d’activité à un autre, selon les
opportunités qui s’offrent à eux, meilleur rémunération pour le facteur travail,
profit plus élevé pour le facteur capital.

La demande totale d’un bien quelconque est la somme de toutes les quantités
demandées par les consommateurs à un prix donné de ce bien. L’offre totale, de la
même manière est la somme de toutes les offres des entreprises. Dans ce modèle,
le prix est un paramètre qui s’impose à chacun et donc indépendant de la quantité
produite individuellement par chaque entreprise. Le prix est le résultat de la
confrontation de l’offre et de la demande globale sur le marché. Si pour une raison
ou une autre la quantité demandée à une firme quelconque varie, cela n’aura
aucune influence sur le prix de vente.

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Sujets dissertation corrigés :
b) Le marché comme régulateur de l’activité économique

La caractéristique fondamentale des économies contemporaines, c’est qu’elles sont


des économies marchandes (ou économie d’échange) où les décisions des agents
s’expriment sur les marchés. Ces derniers permettent d’assurer l’équilibre entre les
offres et les demandes.

- L’équilibre partiel de Marshall :

L’analyse de l’équilibre partiel est attribuée à A. Marshall(1890). Elle consiste à


analyser l’équilibre d’un marché pris isolement sous deux conditions majeures, à
savoir que la part des dépenses des consommateurs allouée à un bien est faible et
que les effets de substitution entre ce bien et les autres bien doit être diffus.
Une économie de marché et caractérisée par la multiplicité des centres de décision
autonomes, c’est-à-dire qu’elle est décentralisée. Chaque agent économique,
consommateur et producteur notamment, a le libre choix des biens et service qu’il
consomme ou produit.
L’équilibre partiel peut être défini comme le prix qui égalise les quantités offertes
et demandées sur un marché donné et a une période donnée. Ainsi, au bout du
processus de confrontation entre l’offre et la demande sur chaque marché, se forme
un équilibre et pour chaque marché cet équilibre est appelé équilibre partiel.

- L’équilibre général de Walras


La théorie de l’équilibre général a été développée, depuis la fin du XIXème
siècle par des économistes néoclassiques qui ont tenté de démontrer
formellement l’une des hypothèses essentielles de leurs prédécesseurs
classiques. L’équilibre général de l’économie peut être défini comme
l’ensemble des relations entre les agents économiques, entre les marchés et
entre les prix. L. Walras fut le premier a tenté de démontrer qu‘il existe une
situation d’équilibre général de l’économie. Léon Walras(1876) propose un
modèle de marché dans lequel un « commissaire-priseur» (ou secrétaire de
marché) joue le rôle de « crieur de prix ». Les prix énoncés par le priseur-prix
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Sujets dissertation corrigés :
constituent des données pour les agents. Par un processus de tâtonnement, par
ajustement progressif des offres et des demandes, un prix émerge un équilibre.

II Les postulats de la macroéconomie  classique

Le modèle macroéconomique classique s’appuie sur deux postulats essentiels et


inséparables l’un de l’autre : la loi des débouchés et la TQM que nous présenterons
successivement.

a) La loi de J.-B. Say


J.-B. Say est un économiste français. Ces deux ouvrages majeurs sont : Traité
d’économie politique, 1803 et Catébisme d’économie politique, 1815. Say considère
que la valeur des biens est déterminée par leur utilité et non par la quantité de travail
nécessaire à leur fabrication.
Il importe de rappeler que Say est particulièrement connu par sa loi dite « Loi des
débouchés». Cette loi, pilier central de la pensée économique libérale, stipule
l’égalité entre l’offre et la demande globales sur le plan macroéconomique. En effet,
les individus offrent des biens et services uniquement pour acquérir des biens et
services ; les revenus distribués sont entièrement dépensés : autrement dit, toute offre
crée sa propre demande. Ainsi, aucune crise de surproduction n’est possible.
La monnaie est neutre, chez Say, elle « n’est qu’un voile », qu’un instrument qui
facilite les échanges. La monnaie n’est pas désirée en elle-même, i.e. elle n’est pas un
bien en soi que les individus souhaiteraient détenir. Car pour Say « les produits
s’échangent contre des produits ». Il affirme la stabilité intrinsèque du système
capitaliste, à condition de ne pas gêner le fonctionnement des mécanismes
autorégulateurs du marché, i.e. de « laisser faire- laisser passer »
« L’offre crée sa propre demande », affirme J.-B. Say(1803) car, pour lui,  « le seul
fait de la formation d’un produit ouvre dès l’instant même un débouché à d’autres
produits », d’où l’impossibilité des crises de surproduction et de sous- production.
2) La théorie quantitative de la monnaie(TQM)
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La TQM met en exergue la relation de causalité entre la masse monétaire (M) et le
niveau général des prix (P). Elle stipule que le niveau général des prix s’explique par
la masse monétaire. La TQM affirme la dichotomie (séparation stricte) entre la sphère
réelle et la sphère monétaire. Elle est donc utilisée dans le modèle classique pour
montrer que la monnaie n’est qu’un voile qui n’influence pas l’économie
réelle(postulat de neutralité de la monnaie).Aussi, le postulat de neutralité de la
monnaie est indispensable pour que soit vérifiée la loi de Say.
Lorsque l’on suppose que :
M est exogène, car fixé par les autorités monétaires,
V=constante, car étant la conséquence des habitudes de la population et modalités de
paiement en vigueur,
Y est connu, car étant le niveau de la production de plein emploi,
Alors l’égalité M x V=P x Y indique que le niveau général des prix est déterminé par
la masse monétaire en circulation dans l’économie.
En fait, les critiques considèrent cette équation comme une identité comptable, i .e .
une égalité ex post. En effet, la valeur monétaire de la totalité des transactions
effectuées dans l’économie est naturellement égale au produit de la masse monétaire
par sa vitesse de circulation. Cependant, la TQM va être utilisé dans le modèle
classique pour montrer que la monnaie n’est qu’un voile qui n’influence pas
l’économie.
Conclusion
Les auteurs classiques sont considérés comme étant les pionniers de la science
économique. Parmi eux les plus distingués sont : Adam Smith qui lui-même est
considéré comme le père fondateur de l’école classique, David Ricardo, Jean Batiste
Say… tout un chacun de ces auteurs a apporté une pierre à l’édifice sur l’économie
macroéconomique classique tout comme les auteurs néoclassiques (Léon Walras,
Alfred Marshall…).
Le modèle classique suppose que l’équilibre macroéconomique est atteint grâce à la
flexibilité des prix. Cet équilibre est considéré comme un équilibre de plein emploi
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Sujets dissertation corrigés :
des facteurs de production. En outre, ce modèle se fonde sur un certain nombre
d’hypothèses restrictives telles que la concurrence pure et parfaite, la rationalité des
agents, la théorie quantitative de la monnaie, la loi des débouchés mais aussi la
dichotomie entre la sphère réelle et la sphère monétaire.
Toutefois que ce modèle semble incontournable, voir même important, présente des
insuffisances d’où l’importance de l’analyse macroéconomie keynésien.

Sujet 6 : l’approche macroéconomique keynésien

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Sujets dissertation corrigés :
Introduction
Les années 1930 ont été marquées par une sérieuse remise en cause de l’édifice
centrale de la pensée néoclassique. L’hypothèse du modèle de la concurrence pure et
parfaite et celle de la loi des débouchés subissent de sévères critiques de la part de
nombreux auteurs. Parmi ces auteurs, John Maynard Keynes demeure le plus radical
en ce sens qu’il rejette l’ensemble des constituants orthodoxes tels que
l’individualisme méthodologique le modèle de l’équilibre général. Keynes est ainsi
qualifié d’hérétique car il refuse le crédo néoclassique. D’une manière générale,
l’hérésie se définit par comme le négatif d’une pensée centrale qui domine à une
époque et à un lieu données.
Etant contemporains de la crise de 1929, sa principale préoccupation était de
rechercher et de proposer des solutions adéquates aux crises et d’atteindre le plein
emploi.
Il élabore ainsi une nouvelle vision de l’économie à savoir une pensée et une
méthode d’analyse révolutionnaire que nous exposerons successivement.

I) Keynes, une nouvelle vision de l’économie


Dans son ouvrage « théorie général de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie », il
propose une nouvelle approche de l’économie qui rejette certaines conceptions
libérales et privilège ainsi le principe de la demande effective.
a) Abandon et alternance théorique à la domination de la pensée libérale
Devant la grande crise des années 1930, Keynes a montré les limites de la théorie
libérale dominante. Les néoclassique de l’époque expliquent la situation du chômage
par le niveau très élevé des salaires sur le marché du travail. Ils qualifient ce chômage
de chômage volontaire. Pour endiguer la crise et chômage et retourner à l’équilibre de
plein emploi, ils proposent comme solution de restaurer la libre concurrence sur le
marché du travail et de réduire les salaires réels.
Keynes, en tant que témoin de la crise de 1929, réfute le diagnostic et les
remèdes des néo-classiques et affirme :
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Sujets dissertation corrigés :
 D’une part qu’il n’existe pas de marché de travail ;
 D’autre part que le chômage est principalement involontaire car il
reflète l’insuffisance de la demande effective (solvable, i.e. qui est fondée sur le
pouvoir du marché)
Ainsi dans une situation de sous-emploi, rien, aucun mécanisme autorégulateur ne
permet le retour à l’équilibre de plein emploi. Qui plus est, peut persister des
équilibres de sous-emploi. En outre, Keynes élabore un nouveau cadre d’analyse qui
rompt avec celui des néoclassiques (qu’il appelle la « théorie classique »). Ce
nouveau cadre d’analyse préconise :
 Un raisonnement macroéconomique centré sur les agrégats : les
néoclassiques raisonnent à partir des comportements individuels alors que
Keynes part de la totalité. Ce sont les grandeurs macroéconomiques qui
importent.
 Une intervention de l’Etat dans la sphère économique : Rejet du laisser-
faire, de la loi des débouchés de Say et critique la conception dominante de la
monnaie voile. Pour Keynes la monnaie peut être désirée pour elle-même.
L’Etat peut et doit adopter une politique volontariste afin de remédier aux
défaillances de l’économie de marché.
b) Principe de la demande effective
C’est essentiellement en donnant les raison du maintien de l’économie en situation
d’  « équilibre de sous-emploi » que Keynes a introduit le concept de demande
effective. L’économie est en situation de sous-emploi lorsque les entrepreneurs
anticipent une demande insuffisante.
En effet, les entrepreneurs établissent leurs plans de production et d’embauche en
se basant sur une demande qu’ils estiment en fonction de données objectives- leurs
carnets de commandes- mais aussi d’une intuition.
La demande effective est composée à partir de l’anticipation par les entrepreneurs
d’un niveau de demande pour les biens de consommation et pour les biens de
production. Chez Keynes, le qualificatif « effectif » ne signifie pas réel ou concret.
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Tout au contraire il attribue un rôle explicatif majeur à la demande, qui est
anticipée. Effectif prend le sens d’efficace, qui engendre des effets. Le recours à la
notion de demande effective permet aussi à Keynes de déterminer l’équilibre
global de l’économie, i.e. la valeur prise à l’équilibre, entre autres, par le volume
de la production et celui de l’emploi. Keynes affirme même que le principe de la
demande effective constitue l’essentiel de son ouvrage « Théorie général de
l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie ».

II) L’équilibre macroéconomique keynésien


Dans cette partie, il importe de présenter succinctement l’équilibre de plein emploi
et l’intervention de l’Etat.
a)l’équilibre de plein emploi
Un équilibre est qualifié de plein emploi lorsque l’économie est en situation dans
laquelle, sur le marché du travail, toute personne désirant travailler y trouve. Keynes,
considère que l’équilibre macroéconomique néoclassique est injuste parce que le
comportement des agents économiques n’est pas guidé par les prix mais par les
anticipations de ces agents. Alors que l’équilibre macroéconomique keynésien rend
compte sur les anticipations des agents économiques, les entreprises anticipent sur la
demande des consommateurs. Pour Keynes, une crise durable accompagnée d’un
niveau de chômage élevé est possible et que le marché est imparfait. Il suggère alors
l’intervention de l’Etat pour corriger le déséquilibre à travers la demande. Pour lutter
contre ce chômage, l’Etat doit faire en sorte que l’économie passe de l’équilibre de
sous-emploi à celui de plein emploi. Selon Keynes, l’équilibre néoclassique
correspond à un équilibre de sous-emploi causé par les anticipations et qui produisent
du chômage, c’est pour cela l’Etat doit intervenir pour relancer l’économie.
b) Légitimité d’une intervention de l’Etat
Si l’équilibre de plein emploi ne peut être obtenu que par une implication active des
autorités publiques, alors l’intervention de l’Etat devient légitime pour augmenter le

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bien-être économique et social des populations et alléger ainsi la souffrance des
chômeurs et de leur famille.
A cause du fonctionnement non optimal des marchés, l’Etat est tenu d’intervenir dans
la structure de l’économie afin d’assurer le progrès économique et le bien-être des
populations. L’Etat dispose de trois marges de manœuvre pour réguler l’activité
économique.
- La politique monétaire : accroître la quantité de monnaie en circulation dans
l’économie (c’est-à-dire une augmentation de la masse monétaire) ce qui réduit
le taux d’intérêt qui correspond au coût de l’emprunt ou loyer de l’argent et
favorise l’augmentation du volume de l’investissement.
- La politique budgétaire : engager des dépenses publiques permet de relancer
l’activité économique car celle-ci constitue une composante de la demande
globale. Or toute augmentation d’une composante de la demande globale,
engendre une croissance économique.
- La politique de redistribution des revenus : augmenter le taux d’imposition
aux agents à revenu élevé et distribuer aux catégories sociales les plus
défavorisées, conduit à accroître la propension marginale à consommer des
agents économiques. L’Etat peut donc augmenter les revenus de transfert
alloué aux ménages pour favoriser la croissance économique.

Conclusion
John M. Keynes est l’économiste le plus connu du XX siècle. Cette célébrité lui est
parvenue grâce à ses travaux remarquables qu’il a apportés lors de la crise de 1929.
Sa préoccupation majeure était de trouver une solution à l’immédiat à cette crise. En
effet Keynes affirme que l’équilibre est atteint grâce aux ajustements successifs par
variation de quantité. C’est la demande effective de produit c’est-à-dire la demande
solvable par les entreprises, qui déterminent l’offre de produits. L’équilibre
macroéconomique obtenu détermine le niveau d’emploi qui ne correspond pas
nécessairement au niveau de plein emploi. L’équilibre de plein emploi, qui est
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rarissime ne peut être atteint que par l’intervention de l’Etat. Celui-ci peut mener une
politique monétaire et budgétaire expansionniste ou une politique de redistribution
des revenus favorable des ménages ayant une plus grande proportion à consommer de
leurs revenus.

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