Vous êtes sur la page 1sur 6

LA MICROFINANCE EN AFRIQUE : EN LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ

Interview de Gisèle M. Yitamben

De Boeck Supérieur | « Finance & Bien Commun »

2004/3 No 20 | pages 74 à 78
ISSN 1422-4658
Article disponible en ligne à l'adresse :
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
https://www.cairn.info/revue-finance-et-bien-commun-2004-3-page-74.htm
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 41.141.62.174 - 12/06/2020 19:08 - © De Boeck Supérieur

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 41.141.62.174 - 12/06/2020 19:08 - © De Boeck Supérieur


Distribution électronique Cairn.info pour De Boeck Supérieur.
© De Boeck Supérieur. Tous droits réservés pour tous pays.

La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les
limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la
licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie,
sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de
l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage
dans une base de données est également interdit.

Powered by TCPDF (www.tcpdf.org)


74

L a microfinance en Afrique :
en lutte contre la pauvreté
Interview de Gisèle M. Yitamben
Gisèle M. Yitamben est Présidente de l’Association pour le soutien et l’appui
à la femme entrepreneur (ASAFE-www.asafe.org), à Douala (Cameroun).
ASAFE est un organisme d’appui et de développement en vue de la promotion
et de l’émancipation des femmes entrepreneurs et des jeunes des milieux
défavorisés.
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 41.141.62.174 - 12/06/2020 19:08 - © De Boeck Supérieur

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 41.141.62.174 - 12/06/2020 19:08 - © De Boeck Supérieur


Depuis quelques années, la mi- rité, de l’espoir et de la confian- C’est donc souvent une popu-
crofinance est devenue un axe ce. Pour cela, nous avons opté lation peu bancarisée, dont une
stratégique prioritaire pour de pour une approche adaptée aux partie importante n’est pas en
nombreuses organisations. En besoins particuliers de la cible mesure de satisfaire les condi-
tant qu’outil permettant de faire et qui lui confère une certaine tions minimales des banques
reculer la pauvreté, elle joue un autonomie, dans la mesure où concernant l’ouverture et la
rôle dans le développement, tant elle met en évidence des para- gestion d’un compte de dépôt.
au niveau local que national. mètres importants tels que : la Du coup, les secteurs du mi-
Qu’en est-il exactement pour formation, notamment en ma- crocrédit et de la microfinance
une organisation comme la vô- nagement ; l’information socio- apparaissent comme les seules
tre confrontée concrètement et économique ; l’encadrement… alternatives aux besoins mani-
quotidiennement à la réalité du Une approche adaptée, mais festés. Ici, les services sont déli-
terrain ? volontiers participative, qui in- vrés principalement par les coo-
Si la microfinance est encore tègre des éléments de l’environ- pératives d’épargne et de crédit
perçue par la majorité de la po- nement socioculturel. (COOPEC), par des mutuelles
pulation comme le seul méca- Quelle est la spécificité de l’Afri- parfois, et par des projets, initia-
nisme financier qui soit aussi que en général, et du Cameroun tives d’ONG du Sud ou du Nord,
une stratégie orientée vers la en particulier, en matière de mi- ou ils sont le fruit de la coopéra-
réduction de la pauvreté ou la crofinance ? tion bilatérale ou multilatérale.
création de richesses, c’est cer- En matière de demande de ser- A côté de ces deux catégories
tainement parce qu’elle donne à vices financiers (crédit, épargne, formelles de structures, il con-
espérer à une masse de « laissés notamment), l’Afrique dans son vient d’ajouter les tontines qui,
pour compte » exclus du systè- ensemble se caractérise par une à des degrés de sophistication
me financier traditionnel. Nous population qui a un accès diffi- diverse, et bien que non encore
essayons, à ASAFE, d’apporter cile au système bancaire, du fait légalisées par l’Etat, connaissent
et d’entretenir chez cette couche de la faiblesse de ses revenus un engouement profond dans
défavorisée, dont les femmes et et/ou de la petitesse de ses ac- certains Etats (Ghana, Togo,
les jeunes constituent la majo- tivités. Bénin, Cameroun).

FINANCE & THE COMMON GOOD/BIEN COMMUN - AUTUMN 2004


75
La microfinance a-t-elle un ave- objectifs plutôt socio-politiques transformateurs de l’économie.
nir en Afrique ? que commerciaux. Bref, la microfinance contribue à
Les COOPEC sont d’organisa- Pour la microfinance, les gens la réduction de la pauvreté mais
tion récente au Cameroun, et ont besoin d’espace pour effec- elle ne permet pas de valoriser
leur réforme par l’Etat n’est pas tuer leurs transactions. D’où les talents existants et de créer
encore terminée. Mais déjà, la la nécessité de mettre en place des richesses. Beaucoup de per-
population des petits épargnants des structures qui permettent sonnes, après avoir évolué dans
et emprunteurs leur reproche de la création de richesse structu- la microfinance, aimeraient al-
faire du « microcrédit » et non relle, c’est-à-dire des systèmes ler vers d’autres cieux. Mais il
de la « microfinance », dans la qui se soutiennent de manière n’existe pas de structures inter-
mesure où elles semblent appli- endogène et autonome, grâce médiaires qui puissent soutenir
quer les normes prudentielles à la génération de l’épargne lo- le développement de leur entre-
des banques à une échelle plus cale, de revenus financiers qui prise jusqu’à la prise du relais
petite tout simplement. permettent même la création par les banques. Elles sont donc
Quelles que soient les formes d’emplois, de créativité pour réduites à plafonner. On a be-
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 41.141.62.174 - 12/06/2020 19:08 - © De Boeck Supérieur

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 41.141.62.174 - 12/06/2020 19:08 - © De Boeck Supérieur


qu’elles prennent sur le terrain, adapter davantage les services soin de services financiers, mais
les structures de la microfinance aux besoins de l’environnement. on a aussi besoin des cadres ju-
sont souvent hautement décisi- Autant de choses qui peuvent ridiques et réglementaires adap-
ves notamment pour l’anima- paraître comme une garantie tés, à la fois pour que les institu-
tion et la dynamisation de la dans la durée. tions de microfinance puissent
zone rurale. Porteuses de chan- La microfinance est-elle une so- subsister, mais aussi afin que les
gement socio-économique dans lution au développement et con- personnes en contact avec elles
le milieu, elles font générale- tribue-t-elle vraiment à réduire puissent avoir des possibilités
ment œuvre de pionnier. Pour la pauvreté ? de recours en cas de problème.
le microcrédit, on part du pos- Parce qu’elle charrie des valeurs La microfinance doit donc s’ac-
tulat que les gens ont besoin du hautement morales de respon- compagner d’un environnement
crédit et on leur en apporte ; et sabilité, de solidarité et de par- adéquat pour un bon fonction-
pour la microfinance, on se dit ticipation, la microfinance se nement des choses.
que les gens doivent bénéficier fond dans son environnement et Rencontrez-vous des résistances
de services financiers adaptés à tend à ancrer ses actions dans la (politiques, sociales,...) dans vo-
leurs besoins, à leur niveau d’ac- durée. Elle contribue certaine- tre pays ? Quel est le poids des
tivité et à leur environnement. ment à réduire la pauvreté par la traditions, identités, cultures ?
Cependant, le microcrédit ne création de petites activités qui Au Cameroun, les résistances
semble pas fait pour durer, dans permettent de garder la tête au- restent constituées par au moins
la mesure où, dans son environ- dessus de l’eau et de subsister. trois facteurs qui s’imbriquent
nement, il ne donne pas l’im- Mais elle reste limitée et il faut dans un contexte national assez
pression de créer des conditions imaginer des solutions qui per- particulier de crise économique
pour sa durabilité. Sans doute mettent de sortir de l’auto-em- et de réformes : tout d’abord, le
parce que c’est généralement de ploi et de la subsistance, pour déficit de confiance auprès du
l’argent froid, « venu d’ailleurs » créer des entreprises générant public, occasionné par le poids
comme il se dit populairement des plus values substantielles, des échecs antérieurs des systè-
par ici, et visant pour cela des des emplois de qualité, éléments mes financiers mis en place et

LA MICROFINANCE EN AFRIQUE: EN LUTTE CONTRE LA PAUVRETE


76
qui ont ruiné bien des espoirs me de COOPEC, ignorant ainsi concurrents des banques dont
dans les familles ; ensuite, le ca- toute autre initiative heureuse la plupart, d’ailleurs, sont des
ractère insuffisant des lois exis- ayant fait ses preuves ailleurs, filiales de banques étrangères et
tantes sur les COOPEC, même tel le genre Grameen Bank, rapatrient de ce fait les bénéfices
si l’organisation et les réformes BRACC, etc. Certes, les COO- dans leurs pays d’origine. Ces
entreprises par l’Etat dans ce PEC sont dans la microfinance banques traditionnelles ne sont
secteur se poursuivent ; enfin, la parce qu’elles offrent des ser- pas des banques de développe-
faiblesse du système judiciaire vices adaptés aux besoins de la ment et ne font donc générale-
qui le rend pratiquement ino- population. Les projets et fonds ment pas dans le crédit à l’inves-
pérant, avec la corruption qui de projets mis en place par des tissement, mais plutôt dans le
le gangrène et qui entrave les actions de développement des crédit à la consommation avec
recours devant les tribunaux et bailleurs de fonds internatio- lequel les gens se « débrouillent
devant les forces de l’ordre dési- naux n’en font pas partie parce ». Les COOPEC, elles, ont en-
gnées à cette fin. Le Cameroun qu’ils relèvent plutôt du micro- trepris un assouplissement des
a également émis des textes de crédit. Ce sont des « greffes » conditions d’accès au crédit
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 41.141.62.174 - 12/06/2020 19:08 - © De Boeck Supérieur

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 41.141.62.174 - 12/06/2020 19:08 - © De Boeck Supérieur


loi contradictoires qui rendent qui peuvent prendre ou être afin de mieux s’adapter à leur
difficiles d’application certaines rejetées par l’environnement. environnement, et beaucoup
décisions et sanctions pourtant Par leur option pour les COO- se spécialisent dans le crédit à
bien prévues. PEC, les pouvoirs publics ont l’investissement. L’attitude des
L’environnement socio-éco- pratiquement failli à leur rôle pouvoirs publics est ambiguë
nomique pâtit de cette léthar- de régulateur, de facilitateur à dans la mesure où ils semblent
gie et développe des habitudes l’écoute du marché, qui laisse soutenir les banques (étran-
anti-économiques qui tendent libre court à la créativité et/ou gères) auprès desquelles les
à précipiter tout le monde dans à la concurrence, et qui en fait COOPEC doivent déposer leurs
l’informel. Or, la culture de l’in- d’office l’animateur et le contrô- fonds. Ainsi les COOPEC, qui
formel ne doit pas être une règle leur de la professionnalisation soutiennent le développement
pour le développement. Car il en matière de solution financiè- et donc la création des riches-
n’y a pas de développement sans re à l’activité économique. ses, se plaignent de travailler
la mise en place d’un cadre ins- Quels sont les enjeux politi- pour les banques classiques qui,
titutionnel solide qui codifie et ques ? Y a-t-il un risque de po- non seulement font le crédit à la
uniformise les réponses, en vue litisation ? consommation, mais rapatrient
de permettre la transparence et L’Etat a choisi d’appliquer aux leurs bénéfices.
de conduire à la confiance. COOPEC ce qu’il connaissait Que pensez-vous de l’idée selon
Quelle est l’attitude des pouvoirs le mieux, à savoir la réglemen- laquelle la démocratie est une
publics au Cameroun face à la tation bancaire, allant même condition de développement et
microfinance ? jusqu’à les soumettre aux in- que la pauvreté résulte en partie
En dehors du secteur bancaire terventions de la Commission des inégalités et des discrimina-
traditionnel, l’Etat donne l’im- Bancaire de l’Afrique Centrale tions ? Comment la microfinan-
pression d’avoir voulu tout uni- (COBAC), sorte de gendarme ce contribue-t-elle, selon vous, à
formiser et mettre l’ensemble en matière de banques. De leur lutter contre les inégalités ?
des systèmes financiers décen- côté, les COOPEC sont deve- On le sait : pour qu’il y ait dé-
tralisés (SFD) sous la seule for- nues les compétiteurs ou les mocratie, il faut des institutions

FINANCE & THE COMMON GOOD/BIEN COMMUN - AUTUMN 2004


77
solides et des règles minimales des femmes et améliore-t-elle ment celle de la femme - dans
adaptées aux besoins de la po- durablement leur autonomie et un équilibre instable, à la merci
pulation. Car il faut élever les leur indépendance en tant qu’ac- de l’environnement. La micro-
gens à un certain niveau avant teur économique, social et finan- finance doit donc être couplée
de leur demander leur participa- cier ? à un environnement socio-éco-
tion. Dans la misère absolue où Par leurs activités dans la mi- nomique prospère et à un cadre
les gens sont illettrés, n’arrivent crofinance, les femmes acquiè- institutionnel soutenu par une
pas à manger ou n’accèdent que rent effectivement plus de res- bonne gouvernance (égalité de
difficilement aux soins de santé ponsabilités, elles deviennent tous, absence de corruption).
élémentaires, on ne peut pas les des acteurs socio-économiques Quel est le potentiel de la micro-
inviter à participer à quoique ce à part entière dans la société. finance, quelles sont ses lacunes
soit. Elles disposent d’une activité et que reste-t-il à exploiter ?
La souveraineté s’exerce à tra- qui procure des revenus, accroît La microfinance présente quel-
vers des institutions citoyennes l’estime de soi, apporte une ques lacunes, parmi lesquelles
qui appartiennent à tous et ré- autonomie personnelle et du quatre peuvent être retenues :
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 41.141.62.174 - 12/06/2020 19:08 - © De Boeck Supérieur

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 41.141.62.174 - 12/06/2020 19:08 - © De Boeck Supérieur


pondent aux besoins de chacun. respect dans le ménage et en de- a) L’insuffisance et l’inadapta-
Et si l’on admet que l’accès au hors. Par ailleurs, elles partici- tion des lois existantes. Il y a au
crédit est l’un des droits éco- pent, dans la société, à la diffu- Cameroun une diversité d’ins-
nomiques les plus importants, sion de l’information et aux flux titutions qui évoluent dans la
il est aisé d’admettre que dans des échanges, à la circulation de microfinance. Mais seules les
les institutions de microfinance, la monnaie, etc. COOPEC ont jusqu’ici fait l’ob-
une bonne partie, sinon la ma- Ce plus qu’acquiert la femme jet d’une organisation et d’un ca-
jorité, de la population, serait par la microfinance peut être du- dre réglementaire assez poussé,
exclue de la participation socio- rable dès lors qu’elle ne dépend qui d’ailleurs se poursuit. Les
économique. plus d’individus et de systèmes autres possibilités et/ou méca-
Dans la mesure où elle garantit informels et que les choses sont nismes d’intervention existant
un accès du plus grand nombre formalisées par des institutions sur le terrain sont assimilés à de
au financement par des mobi- crédibles mises en places dans simples associations, au même
lisations dans des circuits for- la société. titre que les groupements à la
mels, et dans la mesure où elle Les activités précaires ne peu- base, les ONG, etc. La diversité
permet d’avoir le sentiment vent pas assurer une émanci- entraîne un manque d’unicité
d’appartenir à une même société pation durable. Ce qui assure des règles et des procédures de
comme à une grande famille, la la durabilité c’est, d’une part la gestion ; b) Le laxisme des auto-
microfinance conduit à l’inclu- qualité de l’activité donnée par rités politiques et monétaires,
sion et contribue à réduire les les moyens de production et et l’absence d’une bonne gou-
inégalités et les discriminations. leur échelle, et d’autre part le vernance locale, économique et
La conséquence de la pauvreté dynamisme de l’économie dans politique. Au Cameroun, suite à
c’est l’exclusion qui, elle-même, laquelle on se trouve : si celle-ci la faillite de la plupart des ban-
est la conséquence des inégali- ne stagne pas ou régresse, l’amé- ques (plus d’une dizaine) qui
tés et des discriminations. lioration peut s’inscrire dans la ont fait l’objet d’une liquidation
La microfinance favorise-t-elle durabilité. Le contraire met tou- et à l’égard desquelles les auto-
réellement l’intégration sociale tes les situations - et pas seule- rités politiques et monétaires

LA MICROFINANCE EN AFRIQUE: EN LUTTE CONTRE LA PAUVRETE


78
tardent à sévir, une véritable crofinance sont cependant loua- tuel reste limitée dans son rôle
crise de confiance s’est instal- bles. Elle a d’abord ce mérite de de passerelle d’une économie de
lée à l’égard des institutions de donner l’accès au crédit au plus subsistance vers une économie
financement, tous genres con- grand nombre, une couche de de transformation durable, puis
fondus. Ainsi, l’environnement la population jusque-là exclue vers une véritable économie de
rend les structures de la micro- de la bancarisation établie. La production. Parce que la masse
finance très prudentes dans leur microfinance permet aussi d’ac- de l’épargne locale est limitée et
décision et les amène à offrir céder à des services adaptés aux qu’il faudrait du refinancement
des produits financiers d’épar- besoins des personnes concer- extérieur pour permettre une
gne plutôt que de crédit ; par nées (épargne, crédit, transfert, transformation profonde et si-
ailleurs, le taux de transforma- etc.). Puis vient le soutien au gnificative de l’économie.
tion des ressources en crédits développement, avec le finance- Finalement, que souhaiteriez-
est faible. Le paradoxe à l’heure ment de l’investissement local ; vous pour que votre action soit
actuelle au Cameroun, c’est que l’ouverture au monde rural ; le encore plus efficace ?
le cadre informel, avec les tonti- soutien au social, etc. La mi- Mon souhait pour plus d’effica-
Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 41.141.62.174 - 12/06/2020 19:08 - © De Boeck Supérieur

Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 41.141.62.174 - 12/06/2020 19:08 - © De Boeck Supérieur


nes par exemple, garantit mieux crofinance est un domaine où cité apparaît sous un double vo-
le retour de l’argent que le cadre s’exerce la créativité, en vue de let. C’est d’une part, l’impérative
formel. D’où l’urgence de poli- trouver des solutions au bien- prise de conscience de la néces-
tiques et de cadres institution- être des populations, et de façon sité d’une bonne gouvernance,
nels, juridiques et réglementai- endogène. afin de rendre la confiance et la
res crédibles ; (c) L’absence de Les attentes envers la microfi- sérénité à tous les acteurs de no-
contrôle externe. Le coût d’un nance sont-elles trop grandes ou tre environnement, c’est-à-dire :
audit externe est excessif ; aussi, irréalistes ? institutions de microfinance,
l’audit des comptes est fréquem- Les attentes envers la micro- usagers, pouvoirs publics, etc.
ment fait par des auditeurs in- finance sont grandes mais pas C’est d’autre part, la recherche
ternes, membres de la structure irréalistes. Ainsi, tous les exclus d’une liaison efficiente entre les
de microfinancement ; (d) Les du système bancaire tradition- ressources internes et le refinan-
charges salariales sont souvent nel y fondent beaucoup d’espoir. cement externe des bailleurs de
élevées. Ceci peut conduire par- Parce qu’ils n’ont pas d’autre al- fonds en vue d’accroître la capa-
fois à des prélèvements sur le ternative pour leur participation cité des institutions de micro-
capital social et les dépôts pour à l’économie tout court, et à la financement dans la réalisation
régler les salaires. mondialisation. Cependant, la des crédits. Et ceci dans le but
Les progrès accomplis par la mi- microfinance dans son état ac- d’avoir, à terme, un impact sur

FINANCE & THE COMMON GOOD/BIEN COMMUN - AUTUMN 2004