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LE GAS LIFT

INTRODUCTION :
Le gas lift est une technique de production activée permettant la mise en
production des puits non ou insuffisamment éruptifs, par diminution de la contre
pression hydrostatique entre le fond et la surface, diminution réalisée par injection
de gaz appoint au bas de la colonne de production.

1) Principe de gas lift :


Le principe de gas lift est reposé sur l’injection de gaz depuis la surface, à
travers l’annulaire avec un débit et une pression biens déterminés ; le gaz injecté va
traverser le tubing par des vannes bienne placées, ce qui lui permet de mélanger
avec l’huile contenu dans le tubing ; et par conséquent il y’aura un allègement de la
colonne d’huile, ce qui permet à la pression de fond de pouvoir pousser le fluide au-
dessus.

Figure 1 : Principe de gas lift

2) Types de gas lift :


Classification suivant le mode d’injection :
1- Gas lift continu :
Le gas lift est réalisé par une injection de gaz d’une manière continue, à
pression et débit biens déterminés, à la base de colonne de production, ce gaz
allège le poids volumique du fluide dans celle-ci et permet au mélange ainsi constitué
de remonter en surface, le puits redevenu éruptif.
2- Gas lift intermittent :
Il se fait par une injection intermittente et à forte débit d’un volume déterminé
de gaz sous pression dans la partie basse de la colonne de production, de façon a
chasser vers le haut le fluide qu’elle contient.la pression sur la couche se diminue,
celle-ci se met à redébiter et le liquide qui s’accumule au-dessus du point d’injection
sera chassé de la même façon et ainsi de suite.
Figure 2 : Gas lift continu et intermittent

Classification en fonction de la complétion :


1- gas lift direct :
Dans ce cas l’injection de gaz se fait par l’annulaire (tubing-casing), et la
production par le tubing, c’est le mode le plus répandu puisque il permet de faire une
meilleure optimisation et manipulation de l’équipement.
2- gas lift indirect :
Dans ce cas la méthode d’injection se diffère à la précédente et même la
production.
 Tubing concentrique (concentric tubing string) ; l’injection de gaz se fait par
un concentrique (macaroni) descendu dans le tubing, généralement à partir
d’une opération snnubing, et la production se fait par l’espace annulaire
tubing-macaroni, cette méthode est mieux adaptée au débit d’injection plus
grand et à la complétion plus de 4.‫״‬
 Production par le casing et injection par le tubing, cette technique convient au
débit d’injection plus grand. Ces derniers cas présentent des sérieux défauts
tels que :
o Il est possible de faire des mesures sur le cotés effluent.
o Nécessite un très grand volume de gaz.
o Le design de l’équipement est très spécial.
o N’est pas adapté au gas lift intermittent.
 Gas lift double : pour les complétions multiples, où on veut exploiter deux
niveaux d’une manière séparée ; le problème de ce type de gas lift se réside
dans l’encombrement surtout au niveau des vannes.
 Gas lift parallèle : ce mode de production est pour les complétions doubles, il
possède les même inconvénients que le précèdent au niveau de la mise en
place de la complétion, le gaz est injecté dans le tubing alors que second
produit ; il est utilisé dans le cas où :
o Le gaz d’injection corrode le casing.
o Arrêt de production de l’un des niveaux où la conversion de leur tubing
o comme injecteur de gas lift.
Auto gas lift : ce type de gas lift représente un cas très particuliers, puisque il
est lié au type de complétion et à la nature de réservoir (existence d’un gas
cup), dans ce cas la source de gaz de l’injection est sous terrain ; des
perforations au droit de la zone gas cup au niveau de liner permet
l’écoulement de gaz dans l’espace annulaire, et par conséquent il va jouer le
même rôle que le gaz injecte depuis la surface.
Classification en fonction de circuit d’injection :
Le gaz injecté provient soit du GOR de formation du gisement d’huile considéré,
soit de puits à gaz voisin. Deux circuits d’injection peuvent être alors utilisés :
- gas lift en circuit fermé ;
- gas lift en circuit ouvert.
a) Circuit fermé : le gaz qui a servi au gas lift est récupéré a la sortie
des séparateurs après le passage par des phases de traitement, il est
ré-comprimé par une batterie de compresseurs et réinjecté dans les
puits.

Figure 3 : Gas lift en circuit fermé

b) Circuit ouvert : du gaz traité provenant d’un gisement de gaz


utilisé pour le gas lift. Apres utilisation, ce gaz est brûlé à la torche ou
commercialisé.

3) Limites d’utilisation de gas lift continu et l’intermittent :


En général, le gas lift continu convient aux puits à bon indice de productivité
(IP ≥ 1 m3 / j / bar), par contre le gas lift intermittent c’est plus adapté aux puits à
faible indice de productivité (IP ≤ 1 m3 / j /bar).
D’une façon pratique, on constate que :
 Le gas lift continu et bien adapté pour les débits liquides de 30 à 3000 m3/j.
 Le gas lift intermittent est utilisé pour des débits inférieurs à 80 m3/j.
 Dans la phase de recouvrement 30 à 80 m3/j, on préfère faire produire un puits
à faible IP en diminuant le diamètre de la colonne de production au profit de
l’augmentation de la vitesse de remontée du fluide.
 Le gas lift intermittent est la seule technique de gas lift possible dans les puits
bons producteur mais à faible pression de fond pour cause de pression de
gisement faible au départ ou puits fortement déplétés.
 En résumé, dans le domaine de gas lift 95% des puits produisent par gas lift
continu.

4) Avantages et inconvénients :
Principaux avantages de gas lift continu :
 Bien adapté aux débits moyens et élevés.
 Bien adapte aux puits a bon IP et pression de fond relativement élevée.
 équipement de puits simple, avec des vannes de gas lift récupérable par le
wireline (condition de fonctionnement pouvant être modifiées sans remonter
du tubing).
 Investissement initial pouvant être bas si source de gaz à haute pression est
disponible (si on doit installer des compresseurs, ce n’est pas le cas).
 Pas de problème de production avec présence de sable.
 Possibilité d’injecter un additif (inhibiteur de corrosion) en même temps que
le gaz.
 Convient aux puits déviés (et même horizontal).
 Bien adapte lorsqu’il s’agit de démarrer le puits.

Principaux inconvénients de gas lift continu :


 Nécessité d’une pression de fond pas trop faible, d’où la nécessite par fois de
changer la méthode d’activation en fin de vie de puits.
 Volumes nécessaire d’injection de gaz pouvant être excessif pour les puits à
fort pourcentage d’eau.
 Nécessité de gaz a haute pression, ce qui peut être couteux et augmente les
risques (sécurité).
 Pas applicable dans un casing en mauvais état.
 Installation de traitement de gaz (déshydratation, adoucissement) pouvant
alourdir les frais occasionnés par la compression.
 Problème de moussage pouvant être augmenté.
 Rendement assez faible surtout pour les puits profonds.

5) Facteurs à considérer dans la conception du gas lift :


Avant d’entamer un projet ou une étude d’équiper un puits en gas lift, il faut
prendre en considération certains facteurs qui peuvent influer sur cette opération,
parmi les majeurs facteurs on peut citer :
1) La pression en tête de puits (well head pressure) :
La mise en production d’un puits exige une certaine pression en tête, cette
dernière est en fonction des réseaux de collectes et de pression des jonctions
(manifolds).
Et plus la pression en tête est faible, plus le gas lift est efficace, et chaque fois
la pression de tête est grande on doit injecter plus de gaz pour vaincre les pertes de
charges et la pression de tête ; c’est pour ça la pression de tête est très important,
elle influe directement sur deux paramètres essentielles de gas lift, qui sont la
pression d’injection et le débit à injecter.
2) La pression de gaz à injecter :
La pression de gaz à injecter affecte le nombre des vannes de décharge, ainsi
une injection avec pression élevée peu permettre de fonctionner sans vannes de
décharge (single point) ce qui simplifie grandement la conception exploitation et la
maintenance de puits.
Si la pression disponible est faible, il est utile de pouvoir l’augmenter pendant
quelques heures de 10 à 15 Bars pour démarrer le puits (kick off the well).
La formule la plus utilisée pour la détermination de la pression d’injection en
surface est celle de R.V.SMITH, elle consiste à calculer les pertes de charges dans les
conduites verticales en se basant sur plusieurs paramètres.
Formule de R.V.SMITH :

e  p1  p
s 2 2

Qg   g  T  X  F  Z  e s  1
2
 
2
d5 S
X : pression d’injection [m].
T : température [K°].
P1 : Pression d’injection en tête [Bar].
P2 : Pression d’injection au fond [bar].
F : Coefficient de frottement, il est en fonction de nombre de REYNOLDS (Re) et
(ε/d).
Re = (18. Qg. γg)/ (μ. d)
Qg : débit d’injection de gaz [m3/h].
Z : coefficient de compressibilité.
S = (γg.X)/(T.Z)
Les deux paramètres : ε et d peuvent être déterminés à l’aide des abaques.
La pression d’injection au fond c’est la pression sous laquelle le gaz arrive au
point d’injection, elle est choisie de telle façon à éviter l’adsorption de l’effluent par
la formation.
3) Profondeur d’injection de gaz :
Plus le point d’injection est profond, plus le gas lift est efficace. La
détermination de ce point se fait à partir des calculs sur le gradient de pression de
fluide dans le puits en débit.

Figure 4 : La profondeur d’injection de gaz


4) l’indice de productivité (IP) et l’effet skin (S) :
La productivité d’un puits dépend directement de la pression de fond
dynamique ; le gas lift et comme les autres méthodes d’activation des puits abaisse
cette pression, donc le gas lift est affecté par l’indice de productivité.
L’effet est confirmé dans les puits possédant un IP important où le gaz lift amène des
débits spectaculaires.
L’effet « skin » ou colmatage de puits, c’est l’endommagement du voisinage de
trou, il est lié généralement au filtrat de la boue de forage et d’autre paramètres.
L’effet « skin » est une perte de charges supplémentaire dans le réservoir, il réduit
directement l’indice de productivité et par conséquent affecte l’activation par gas lift.

6) Utilisation de gas lift :


Le gas lift est principalement une méthode d’activation des puits, et ça
n’empêche pas de l’utiliser pour des autres fonctions s’il est possible. On peut citer :
 La mise en production des puits non éruptifs
 Démarrage des puits éruptifs ; puisque il peut jouer le rôle d’un bouchon
d’azote, cette technique est utilisé généralement pour les puits insuffisamment
éruptifs équipés en gas lift ou possédant des WOR élevés, et aussi pour les
puits d’eau.
 Décharge d’un puits injecteur.
 Augmentation de la production pour les puits éruptifs.

7) Décharge d’un puits :


 Nécessité de point d’injection supplémentaire :
Lors de démarrage d’un puits en gas lift, sauf cas très particulier de puits peu
profond et disposant d’un source de gaz haute pression, la pression d’injection de
gaz disponible et très inférieur à la pression hydrostatique engendrée à la cote
d’injection par la hauteur du fluide « mort » en place dans le puits.
Ce fluide mort de gradient élevé, peut être soit de l’effluent non gazé, soit de
fluide de complétion. Donc il sera obligatoire, et ceci pour les deux types de gas lift,
de placer dans la colonne des points d’injection supplémentaires qui vont permettre,
par une gazéification étagée de la colonne, le vidange de l’espace annulaire et
l’évacuation de fluide mort par paliers successifs.
Le but est d’alléger progressivement l’effluent jusqu'à ce que le gaz puisse
passer par l’orifice final d’injection.

 Nécessité de vannes de décharge (unloading valves) :


On pourrait réaliser la décharge du fluide mort par des trous percés dans le
tubing, mais cela conduira à une consommation excessive de gaz et à une
profondeur finale d’injection limitée par le gaz passant par les orifices supérieurs
serait perdu pour l’orifice le plus profond.
En réalité, on va équiper la colonne de production par des vannes de décharge.
Le principe de ces vannes est celui d’une vanne régulatrice de pression destinée à
s’ouvrir dès que la pression du gaz dépasse une valeur pour laquelle la vanne a été
pré-reglée. De même, la vanne se ferme lorsque la pression de gaz chute en dessous
de cette valeur pré-reglée.
Les vannes sont disposées le long de la colonne de tubing, ancrées dans des
mandrins spéciaux dont les cotes ont été calculées au préalable. Celles-ci seront
fonction de la pression de gaz d’injection disponible en tête, de gradient de gaz, de
gradient statique de fluide mort et de la contre-pression tubing au débit donné par le
GLR de décharge. Toutefois la vanne supérieure est habituellement positionnée et
réglée pour une surpression momentanée, la kick-off pressure.
Les vannes sont réglées pour des pressions d’injection de fermeture
décroissantes avec la profondeur.
Cela permet d’obtenir automatiquement et sans que l’on ait à intervenir en
surface.
- La décharge du puits jusqu’au point d’injection finale.
- La fermeture des vannes de décharge au fur et a mesure de la vidange de
L’espace annulaire.
En effet, la pression en tête d’annulaire chute automatiquement en raison de :
 D’un dusage au gaz moins important que le dusage au liquide à travers
la nouvelle vanne qui vient d’émerger.
 Dune contre-pression dans le tubing qui diminue au fur et à mesure que
l’effluent tubing se gaze.
 D’un dusage de gaz en surface plus important que le dusage à travers
n’importe laquelle des vannes de gas lift équipant le puits.

 Analyse schématique de démarrage d’un puits en gas lift continu :


Au stade initial, les vannes sont fermées à l’exception de celles qui sont situées
suffisamment profond pour que la pression hydrostatique de liquide soit supérieure à
leur pression d’ouverture.
Dès que la pression est appliquée sur l’espace annulaire toutes les vannes
s’ouvrent. La vanne supérieure est immergée. Poussé par la pression de gaz
d’injection, le liquide annulaire est transféré dans le tubing à travers les vannes
ouvertes, par le principe des vases communicants. Puis la première vanne émergée.
Le gaz pénètre dans le tubing est éjecte le liquide qui s’y trouve. Le niveau continu
de baisser dans l’annulaire et le liquide, ainsi déplacé de l’annulaire dans le tubing
est produit au fur et à mesure par gas lift à partir de la première vanne.
Le processus se poursuit jusqu’au moment où la seconde vanne émerge. Il y’a
alors éjection à partir de la seconde vanne du bouchon de liquide compris entre les
vannes 1 et 2. La pression d’injection à l’ouverture de la vanne 2 étant inférieure à
celle de la vanne 1, la pression de gaz dans l’espace annulaire décroît et la vanne 1
se ferme. Puis le niveau continuant à chuter, le liquide déplacé de l’annulaire dans le
tubing est produit en surface par gas lift à partir de la deuxième vanne.
Le processus se produit jusqu’ au moment où la troisième vanne émerge il y’ a
alors éjection à partir de la troisième vanne du bouchon de liquide compris entre les
vannes 2 et 3, les vannes 1 et 2 étant alors fermées. Ainsi, de proche en proche, on
atteint la profondeur finale d’injection, l’annulaire étant graduellement vidé et le
point d’injection étant atteint sans qu’il soit nécessaire de disposer d’une source de
gaz a pression élevée.
Cette opération de décharge d’un puits est automatique, mais nécessite toutes
fois la présence d’un opérateur qui devra, si nécessaire, suivre l’évolution du niveau
annulaire à l’échométrie. Il est à noter que, jusqu’à l’ouverture de la première vanne
le débit d’injection devra maintenu modeste, afin que la montée en pression de
l’espace annulaire soit progressive et que la vitesse de passage du liquide dans les
vannes ne soit pas trop élevée ; une trop grande vitesse de passage du liquide dans
ces vannes risque en effet de les détériorer par érosion.
Figure 5 : Décharge d’un puits en gas lift