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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’enseignement et de la recherche scientifique

Université Dr Moulay Tahar de Saida

Faculté technologies

Département d’Electronique

Mémoire de master 2

Spécialité CST

Option : Génie Electrique

Etude et simulation d’une chaine de transmission pour un débit


de 40 G.bit/s

Présenté par :

-Hachemi Zahoum

Devant le jury composé de :


Président : Mr M. Chetioui
Examinateur : Mr A. Bouarfa
Examinateur : Mr R. Berber

Encadreur : Mr N. Chami
Je remercie ALLAH le tout puissant de m’avoir donné le courage et
la volonté de mener à ce terme ce présent travail.

Je remercier du fond de mon cœur ma famille pour leur soutien


permanent et leurs encouragements.

Je tien à remercier avec tous les sentiments de respect mon encadreur


Mr Chami Nadir, pour son orientation, son professionnalisme et ses précieux
conseils m’ont été d’un grand apport pour l’aboutissement de ce travail.

Je remercie monsieur le président et messieurs les membres du jury pour


toute l’attention qu’ils ont bien voulu accorder à ce travail.

Aussi, j’aimerais exprimer ma gratitude envers toutes les personnes


formidables que j’ai reconnaitrais pendant toute la durée de ma formation au
département d’électronique et qui se reconnaîtront j’en suis sûr.

J’adresse mon plus sincère remerciement à tous mes proches, mes amis,
mes collègues du travail et toute personne qui m’a aidé de près ou de loin à
concrétiser ce travail dont nous sommes vraiment fiers.
Tout d’abord, à « ALLAH » qui ma guidé sur le droit chemin tout au long
du travail et mon inspiré les bons pas et les justes reflexes.

A la celle bougie qui ma donné la vie, le symbole de tendresse, qui s’est


sacrifiée pour mon bonheur, a ma très chère mère.

Que dieu la garde et la protégé.

A mon très cher père.

A tout ma famille surtout mes sœurs et mes frères qui sont dépensés pour moi
sans conter. En reconnaissances de tous les sacrifices consentis par tous et chacun
pour me permettre d’atteindre cette étape de ma vie.

A tous mes amis et tous ceux que j’aime et qui m’aiment.

A toute ma promotion de système et composant télécommunication.


Résumé :
L’évolution de la transmission des données par fibre optique s’est
accélérée ces dernières années. Le besoin de transmettre des débits plus élevés
(aujourd’hui supérieurs ou égaux à 40 Gb/s) sur des longueurs de transmission
de plus en plus grandes ne cesse de croître. Malheureusement la sensibilité aux
défauts de propagation augmente avec le débit, que ce soit pour les effets
linéaires dus à la dispersion chromatique (CD) et à la dispersion de mode de
polarisation de la fibre, ou les effets non linéaires essentiellement induits par
l’effet Kerr (variation de l’indice de réfraction en fonction de l’intensité
lumineuse).
Depuis quelques années, pour assurer des débits de communications de
plus en plus importants (Internet, vidéo), les transmissions optiques utilisent
entre autres le multiplexage en longueur d’onde (WDM) qui impose de
nouvelles contraintes en raison de la proximité des canaux. Le positionnement
des deux modules amplificateur et compensateur de dispersion dans la ligne
influe fortement sur les performances des liaisons optiques. C’est pourquoi un
module capable de réaliser simultanément ces deux fonctions présente un
grand intérêt.
Abstract:

The evolution of optical fibre transmissions accelerated these last years.


The need to transmit high bit rates (today equal to or higher than 40 G.bit/s)
over increasingly large lengths of transmission is constantly growing.
Unfortunately, the sensitivity of propagation to defects increases with the bit
rate. These effects are related to chromatic dispersion CD, polarization mode
dispersion PMD, or to nonlinear effects primarily induced by the effect Kerr
(dependence of the index of refraction of fibre of the light intensity). In this
context, this work focuses on the study of the effects of CD and the PMD on the
optical transmissions. Moreover, the PMD is identified today as the principal
source of limitation in high bit rate transmissions.
For a few years, to ensure of the increasingly significant rates of
communications (Internet, video transmission), the optical transmissions have
used the Wavelength Division Multiplexing (WDM) which imposes new
constraints because of the proximity of the channels. The positioning of the
amplification and compensation of dispersion modules in the line strongly
influences the performances of the optical links. That’s why a module able to
fulfil these two functions simultaneously is of great interest.
Table des matières

Table des matières

Introduction générale…......................................................................................................................01

Chapitre I:Généralité sur les fibres optiques

I.1Introduction……………………………………………………………….. .................................... 04
I.2 Composants d’une ligne de transmission par fibre optique…………. ................................... 05
I.2.1 Emetteur optique……………………………………………………….. ................................... 06
I.2.1.1 Source optique………………………………………………………… ................................... 06
I.2.1.1.1 Diodes électroluminescentes DEL………………………………… ................................... 06
I.2.1.1.1.1 Caractéristiques……………………………………………………................................... 06
I.2.1.1.2 Diode laser DL……………………………………………………….................................... 07
I. 2.1.1.3 Principes du laser …………………………………………………..................................... 08
●L’émission stimulée………………………………………………………………………………..08

I.2.1.1. 4 Le résonateur Pérot-Fabry………………………………………… ...................................10


I.2.1.1.5 Le seuil de l’effet laser……………………………………………… ................................... 11
I.2.2 Modulateur optique……………………………………………………. ................................... 12
I.2.2.1 Modulation directe…………………………………………………… ................................... 12
I.2.2.2 Modulation externe…………………………………………………... ................................... 12
I.3 La fibre optique…………………………………………………………... .................................... 13
I.3.1 Histoire de la fibre optique……………………………………………. ................................... 13
I.3.2 Les applications et les avantages de la fibre optique………………. ................................... 14
a) -Les applications…… ................................................................................. 14
b)-Les avantages ………………………………….. ....................................... 15
c)-Les inconvénients………………………………. ...................................... 15
I.3.3 Fabrication de la fibre optique…………………………………………... ................................ 15
I.3.4 Définition de la fibre optique……………………………………………. ................................ 16
I.3.5 Principe de la fibre optique……………………………………………... ................................ 17
I.3.5.1 Réflexion……………………………………………………………........ ................................ 17
I.3.5.2 Réfraction……………………………………………………………........ ................................ 17
Table des matières

I.3.6 Structure de fibre optique……………………………………………….. ................................. 18


I.3.7 Propagation……………………………………………………………….. ................................ 18
I.3.8 Les différentes catégories de fibres optiques………………………….. ................................. 19
I.4.1 Fibre multi mode ……………………………………………………......................................... 21
a) les Fibres à saut d'indice ……………………... ............................................ 21
b) les Fibres à gradient d'indice………………… ........................................... 22
I.4.2 Fibre optique monomode………………………………………………... ................................ 22
I.4.3 Comparaison des différents types de fibres optiques………………… ................................ 23
I.5 Caractérisation de la fibre optique………………………………………... ................................ 23
I.5.1 Ouverture numérique……………………………………………………. ................................ 24
I.5.2 Atténuation………………………………………………………………... ................................ 25
I.5.3 Bande passante………………………………………………………......... ................................ 27
I.5.4 Dispersion………………………………………………………………….. ............................... 28
I.5.4.1 Dispersion chromatique……………………………………………….................................. 28
I.5.4.2 Dispersion intermodale………………………………………………… .............................. 29
I.6 Les effets non linéaires dans la fibre……………………………………… ................................ 29
I.6.1 Définition…………………………………………………………………… .............................. 29
I.6.2 L’effet Kerr…………………………………………………………………. ............................... 29
I.6.3 Les effets Raman et Brillouin……………………………………………. ................................ 31
I.7 Récepteur (détecteur optique)…………………………………………….. ............................... 31
I.7. 1 Le photodétecteur……………………………………………………........ ............................... 32
I.7.1.1 Principe de la photo détection…………………………………………. ............................... 33
I.7.1.2 Les photodiodes PIN…………………………………………………… ................................ 33
I.7.1.3 Les photodiodes à avalanche…………………………………………. ................................. 33
I.7.1.4 Comparaison entre les photodiodes PIN et PDA…………………… ................................ 35
I.7.1.5 Amplificateurs optiques ………………………………………………. ................................ 35
I.8 Conclusion …………………………………………………………………. ................................. 36

Chapitre II : Chaine de transmission optique

II .1Les réseaux de télécommunications par fibres optiques…………………. ............................ 37


II.2 Introduction……………………………………………………………………............................ 37
Table des matières

II.3 Les systèmes optiques……………………………………………………….. ............................ 39


II.3.1 Le réseau longue distance (WAN)……………………………………….. ............................. 40
II .3.2 Le réseau métropolitain (MAN)………………………………………… .............................. 41
II .3.3 Le réseau local (LAN)…………………………………………………....... ............................ 43
II .4 Bilan d’une liaison par fibre optique………………………………………. ............................ 45
II .5 Techniques de modulation………………………………………………….............................. 46
II .4.1La modulation directe…………………………………………………......... ........................... 47
II .4.2 La modulation externe……………………………………………………… .......................... 48
II .4.2.1 principe…………………………………………………………………….. .......................... 48
II .4.2.2 Les composants…………………………………………………………… ........................... 49
II.5 Les techniques de transmission…………………………………………. …… ......................... 50
II .5.1Introduction……………………………………………………………..................................... 50
II .5.2Définition……………………………………………………………………… ......................... 51
II .5.3 Les techniques de multiplexage…………………………………………….. ........................ 51
II .5.3.1 Le multiplexage temporel (TDM)………………………………….. ….... ........................ 52
a)Optique OTDM………………………… .................................................... 54
b) Electronique(ETDM)…............................ ................................................... 55
II.5. 3.2 Le multiplexage fréquentiel FDM (Frequency Division Multiplexing). ......................... 57
II.5.3.3Le Multiplexage en longueurs d’onde(WDM)............................................ ........................ 57
II .6 La technologie optique et le multiplexageWDM………………………………... ....................... 59
II .6.1 Les différents composants d’un système WDM …………………………........................... 62
II .6.1.1 les modulateurs……………………………………………………………........................... 62
II .6.1.2 Les multiplexeurs / démultiplexeurs ……………………………………. ........................ 62
II .6.1.3 les amplificateurs optiques (EDFA) ……………………………………… ........................ 62
II .6.1.4 Les isolateurs ……………………………………………………………….. ........................ 63
II.6.2 Les paramètres importants d’un système WDM ………………………….. ........................ 63
II .6.2.1 La portée optique…………………………………………………………... ........................ 63
II.6.2.2 Espacement entre amplificateurs…………………………………………. ......................... 64
II.6.2.3 La capacité………………………………………………………………… ............................ 65
II.6.3 L’augmentation en capacité d’un système WDM ……………………................................ 65
II.6.3.1 Accroissement du débit par longueur d’onde ……………………….. ............................. 65
II.6.4Les différents types de multiplexage WDM ……………………………. .............................. 66
●DWDM………………………………….. ................................................... 67
Table des matières

●UDWD……………………………………….. ............................................ 67
●CWDM………………………………………. ............................................ 67
II. 7 Fonctionnement des réseaux optiques WDM…………………………………............................ 67
II .8 Le multiplexage par division code (CDMA)………………………………. ........................... 69
II .9 Le multiplexage en longueur d’onde (WDM)……………………………... ........................... 70
a- Principe……………………………………. .............................................. 70
b- Description………………………………… ............................................. 71
c- Avantages…………………………………... ............................................. 71
d- Pénalités…………………………………… .............................................. 72
II. 10 Routage optique…………………………………………………………………. .......................... 72
II. 10.1 Les classe de trafic………………………………………………………… ........................... 73
-1- Trafic statique……………………………. ................................................ 73
-2- Trafic incrémental……………………… ................................................. 74
-3- Trafic dynamique………………………... ................................................ 74
II. 10.2 Problème du routage……………………………………………………… .......................... 74
II. 10.3 Problème d’affectation de L.O……………………………………………. .......................... 75
II. 10.3.1 Le problème d’affectation statique de longueurs d’onde……………. .......................... 76
II. 10.3.2 Le problème d’affectation dynamique de longueur d’onde………… .......................... 76
-1- Random Wavelength Assignement…………….. ....................................... 76
-2- First Fit…………………………………………… ....................................... 77
-3- Least-Used/SPREAD……………………………. ...................................... 77
-4- Most-Used/PACK……………………………….. ...................................... 77
-5- Min-Product………………………………………. ..................................... 77
-6- Least Loade………………………………………. ....................................... 78
-7- MAX-SUM………………………………………… ..................................... 78
-8-Relative Capacity Loss…………………………… ...................................... 78
-9- Wavelength Réservation…………………………...................................... 79
-10- Protecting Threshold…………………………… ....................................... 79
II .11 Conclusion…………………………………………………………………….. ......................... 80
Table des matières

Chapitre 3 : simulation et interprétation des résultas

III .1 Introduction…………………………………………………………………… ......................... 81


III .2 Le simulateur système COMSIS ……………………………………………. ......................... 81
III .3 Présentation du logiciel COMSIS……………………………………………..........................82
III .3.1 L’éditeur de schéma-bloc………………………………………………….. .......................... 83
III .3.2 La fenêtre alphanumérique………………………………………………. .......................... 84
III .3.3 La bibliothèque …………………………………………………………….. .......................... 84
III .4 La simulation d’une liaison optique par la technique de multiplexage (WDM) ............... 86
III .4.1 multiplexeur idéal ………………………………………………………… ........................... 86
III .4.2 fibre compensatrice ……………………………………………………….. ........................... 86
III .4.3 Le démultiplexeur non polarisé………………………………………….. ........................... 87
III .5 Résultat de simulation en puissance……………………………………….. .......................... 88
Interprétation des résultats obtenus par simulation 1………………………….. .......................... 89
III .5.1 Effet de la longueur de la fibre sur l’atténuation……………………….. .......................... 89
III .5.1.1 La distance………………………………………………………………… ......................... 89
1. La longueur de la fibre 5Km……………….. ......................................... 89
2. La longueur de la fibre 50Km…………….. ........................................... 90
3. La longueur de la fibre100Km ……………. .......................................... 91
4. La longueur de la fibre 200Km…………… ........................................... 92
Interprétation des résultats obtenus par simulation 2………………………….. .......................... 93
III .5.1.2 Le débit …………………………………………………………………… ......................... 94
Interprétation des résultats obtenus par simulation 3…………………………. ........................... 95
III .6 Conclusion…………………………………………………………………….. ......................... 95
Conclusion générale………………………………………………………………… ........................ 96
Liste des figures

Liste des figures

Chapitre I

Figure 1.1: Synoptique général d’un système de communications par fibre…… ...................... 04
Figure 1.2 : schéma générique d’une liaison optique………………………….............................. 05
Figure1.3: Schéma des processus d’émission spontanée (a), d’absorption (b) et d’émission
stimulée (c)………………………………………………………………. ...........................................09
Figure 1.4 : Caractéristique Puissance-Courant d’un laser……………………… ............. 11Error!
Bookmark not defined.
Figure 1.5 : schéma simplifié de la fibre optique…………………………………. ........................ 17
Figure 1.6 : réfraction et réflexion………………………………………………...... ........................ 17
Figure1.7 : propagation dans la fibre………………………………………………. ....................... 19
Figure 1.8: courbes de la constante de propagation ß en fonction paramètre V pour les
premiers modes …………………………………………………………. ..........................................20
Figure 1. 9 : Fibres à saut d’indice………………………………………………… ........................ 21
Figure 1.10 : Fibre à gradient d’indice……………………………………………. ......................... 22
Figure 1.11 : Fibre monomode ……………………………………………………... ........................ 23
Figure 1.12 : ouverture numérique……………………………………………...... .......................... 24
Figure1. 13 : Effet de l’atténuation……………………………………………….. ........................... 25
Figure 1.14 : Atténuation spectrale d'une fibre optique………………………… ......................... 27
Figure I.15: phénomène de la dispersion………………………………………… ..................... 28
Figure 1.16: courbes de dispersion de quelques fibres optiques…………… ........................ 28
Figure 1.17 : structure bloc récepteur optique…………………………………..32 ....................... 32
Figure I.18: Structure d’une photodiode PIN à gauche et photodiode avalanche à
droite…………………………………………………………………………………………………..34

Chapitre II

Figure 2.1: Schéma de principe d’une liaison optique……………………………. ....................... 38


Figure 2. 2 : Architecture typique du réseau de télécommunications français... ........................ 40
Figure 2.3 : Les fibres dans les différentes zones réseaux – MAN………………. ....................... 43
Liste des figures

Figure2.4 : Les fibres dans les différentes zones réseaux – LAN………………... ....................... 44
Figure 2.5 : liaison par fibre optique sans répéteur (régénérateur) avec des présentations des
différentes puissances et atténuation………………………… ........................................................46
Figure 2.6 : modulation direct d’une diode laser………………………………… ........................ 47
Figure 2.7 : Synoptique de la modulation directe………………………………. .......................... 48
Figure 2. 8 : Synoptique de la modulation externe……………………………… ......................... 49
Figure 2.9 : schéma de principe d’un système multiplexé……………………… ......................... 51
Figure 2.10: Répartition des périodes dans le cas d'un multiplexage TDM…............................. 53
Figure 2 .11 : Représentation d'un multiplex TDM (4 voies vers 1) en fonction des données
initiales………………………………………………………………….. ..............................................53
Figure 2 .12: Synoptique d'un multiplexage OTDM……………………………… ....................... 54
Figure 2 .13: Réseau local à répartition temporelle………………………………. ........................ 55
Figure 2 .14 : Synoptique du multiplexage ETDM………………………………… ........... 55Error!
Bookmark not defined.
Figure2.15: Schéma de principe du multiplexage ETDM dans les communications par fibre
optique……………………………. ......................................................................................................56
Figure 2.16: Multiplexage temporel dans la hiérarchie PDH en Europe………. ......................... 57
Figure2.17: WDM……………………………………………………………………. ........................ 58
Figure 2.18 : Technique de multiplexage WDM……………………………….... .......................... 61
Figure 2.19 : CDMA………………………………………………………………… ......................... 69
Figure 2.20: Répartition des sous-bandes dans le cas d’un multiplexage WDM……………… 70
Figure2.21 : Transmission de données optiques effectuée avec chacune une fréquence
propre…………………………………………………………………….............................................70

Chapitre III

Figure 3. 1 : L’éditeur de schéma-bloc de COMSIS…………………………… ............................. 83


Figure 3.2 : Interface alphanumérique…………………………………………. ............................. 84
Figure 3. 3 : La bibliothèque de modèles de COMSIS………………………… ............................ 85
Figure 3. 4 : Schéma de la liaison multiplexée …………………………………. ........................... 86
Figure 3. 5 : Définition des paramètres d’un multiplexeur idéal ......................... ........................ 86
Figure 3.6 : Définition des paramètres de la fibre de compensation ………… .............. 87Error!
Bookmark not defined.
Figure 3. 7 : Définition des paramètres du démultiplexeur non polarisé…… ............................ 87
Liste des figures

Figure 3.8 : visualisation de la puissance d’entrée e1, e2 avec les sorties s et s1… .................... 88
Figure 3. 9 : visualisation de la puissance d’entrée e3 avec la sorties s2………… ...................... 88
Figure 3.10 : visualisation de la puissance des sorties s, s1 et s2……………… ........................... 89
Figure 3.11 : Allure et diagramme de l’œil du signal en sortie pour différentes longueurs de la
fibre……………………………………………………………… ........................................................ 90
Figure 3.12: visualisation de la puissance des sorties s, s1 et s2……………… ............................ 90
Figure 3.15: Allure et diagramme de l’œil du signal en sortie pour différentes longueurs de la
fibre……………………………………………………………….. ...................................................... 92
Figure 3.16: visualisation de la puissance des sorties s, s1 et s2………………… ........................ 92
Figure 3.17: Allure et diagramme de l’œil du signal en sortie pour différentes longueurs de la
fibre………………………………………………………………. ....................................................... 93
Figure 3.18: visualisation de la puissance des sorties s, s1 et s2………………. ........................... 94
Figure 3.19: Allure et diagramme de l’œil du signal en sortie pour un débit de 2.5Gbit/s… .. 94
Liste du tableau

Liste du tableau

Chapitre 1

Tableau 1.1 : Comparaison des différents types de fibres optiques……………. ........................ 23


Tableau I.2 : Comparaison des caractéristiques des photodiodes PIN et PDA .......................... 35

Chapitre 2

Tableau 2.1 : Comparaison entre les trois types de réseau fixe……………… ............................. 45
Liste des abréviations

DEL : Diodes électroluminescentes

DL : Diode laser

PIN : photo détecteur

PDA : photodiode à avalanche

ON : Ouverture numérique

LO : Longueur d’onde

WAN: Wide Area Network


MAN: Metropolitan Area Network
LAN: Local Area Network
FTTH: Fiber to the Home
FTTO: Fiber to the Office
FTTB: Fiber to the Building
FTTC: Fiber to the Curb
FTTCab: Fiber to the Cabinet
WDM: Wavelength Division Multiplexing
TDM: Time Division Multiplexing
CDM: Code Division Multiplexing
FDM: Frequency Division Multiplexing
OTDM: Optical Time Division Multiplexing
ETDM: Electronic Time Division Multiplexing
PDH: Plesiochronous Digital Hierarchy
SONET: Synchronous Optical Network
SDH: Synchronous Digital Hierarchy
RIN: Relative Intensité Noise
VLH: Very Long Haul
ULH: Ultra Long Haul
ELH: Extremely Long Haul
Liste des abréviations

LH: Long Haul


DWDM: Dense Wavelength Division Multiplexing

UDWDM: Ultra Dense Wavelength Division Multiplexing

CWDM: Coarse Wavelength Division Multiplexing

CDMA: Code Division Multiple Access

COMSIS : Communication System Interactive Software


Introduction Générale
Introduction Générale

Introduction générale :

De puis long temps l’électronique se devait de proposer sa solution au


problème de la transmission à haut débit car la fiabilité dans le
fonctionnement des systèmes de transmissions sera première préoccupation.

L’utilisation des technologies couplant l’électronique et l’optique a


permis de décupler les débits exigés pour les nouvelles applications qui a des
hauts débits malgré leurs double s conversions (optique/électrique/optique)
constitue un grand problème pour les transmissions haut et très haut débit
due à la bande passante permise par les composants électroniques.
Quand les systèmes numériques les plus rapides transmettaient
l’information à un certain débit, le câble coaxial était parfaitement à même de
remplir son rôle de support de transmission. Mais avec le développement du
multimédia l’apparition des nouveaux services crée un débit de transmission
d’informations plus élevé est apparu, et une alternative au câble coaxial à
était trouver : pertes trop élevées, courtes distances de propagation,
performances limitées.
Grace aux développements croissants des réseaux de télécommunication
et des Nouvelles Technologies nous entendons parler sur la transmission par
fibre optique.
Son utilisation est désormais courante dans les Mais aujourd’hui, l’essor de
l’Internet est tel que l’évolution des systèmes de télécommunications tend
toujours vers une augmentation des capacités de transmission. La difficulté
majeure ne réside plus vraiment sur le support, possédant une large bande
passante et de faibles atténuations, mais sur les modules d’émission et de
réception, regroupant rapide et les fonctions optoélectroniques. Réseaux de
télécommunications.

1
Introduction Générale

Plusieurs fonctions optiques et électroniques ont été développées pour


améliorer la qualité de la transmission sur fibre optique : amplification
optique, techniques de compensation de la dispersion chromatique, fibres
optiques spéciales, etc. La plupart améliorent la qualité et la performance de
la transmission à des débits de 10 et 40 G bit/s mais à des coûts et
complexités élevés et avec des résultats très variables selon le degré de non-
linéarité de la propagation dans la fibre.
De ce fait, les recherches se sont concentrées sur la mise en œuvre de
nouvelles
fonctions tout-optique de traitement du signal dont l’intérêt pour les
opérateurs est d’avoir une harmonisation des réseaux basée sur une
transparence au format et au débit pouvant ainsi dépasser les limites
imposées par l’électrique. On arrive désormais à des systèmes de
transmission de plus en plus simples, flexibles et performants atteignant
plusieurs Tbit/s sur plusieurs milliers de kilomètres, car avec l’introduction,
en complément, du multiplexage en longueur d’onde dense (DWDM), les
capacités de transmission devront être augmentées en utilisant le plus fort
débit par canal de longueur d’onde possible. Actuellement, ce débit est limité
à 40 Gb/s, principalement par les technologies semi-conductrices de la partie
électronique. Les premiers systèmes fonctionnant à 40 Gb/s sont
actuellement introduits, mais cette technologie connaît néanmoins des débuts
très difficiles. En effet, si le fait d’augmenter le débit par canal permet d’avoir
plus de services avec moins d’équipement, les critiques formulées envers la
technologie 40 Gb/s sont nombreuses : les composants optiques et
électroniques sont encore trop chers, la technologie manque de maturité, et
de plus elle n’est pas prête pour une production de masse et un déploiement

2
Introduction Générale

à grande échelle. Or c’est bien la viabilité économique qui permet


l’émergence réelle d’une technologie.
Le projet de ce mémoire consiste à comprendre le principe de
fonctionnement d’une liaison optique à 40 Gb/s en se basant sur la
simulation système de cette dernière à l’aide du logiciel COMSIS qui
simplifier la tâche en donnant des critères permettant de quantifier la qualité
de transmission d’une telle chaîne.

Le premier chapitre de ce mémoire décrira la généralité sur fibres


optiques, cette description aidera le lecteur par la suite à comprendre les
fibres optiques. Le second chapitre détaillera la chaine de transmission et les
différentes lignes de transmission.
Le troisième chapitre sera une présentation du simulateur COMSIS suivi la
simulation d’une chaine font l’objet du troisième chapitre avec une
interprétation des résultats.

3
Chapitre I:

Généralité sur les fibres optiques


Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

I.1Introduction :

Depuis 25 ans, la fibre optique a supplanté le câble coaxial dans la plupart


des réseaux de télécommunications sur support, tout du moins pour les hauts
débits. Mais son apparition a nécessité la conception et le développement de
nouveaux composants optiques ou optoélectroniques performants. Nous
présenterons dans ce chapitre les composants constituant un système de
transmission numérique sur fibre optique. L’architecture d’une liaison, quelque
soit le niveau du réseau auquel elle est destinée, est composée des mêmes
briques de base, à savoir un émetteur, un module de transmission et un
récepteur (Figure 1. 1) [1].
Dans ce chapitre nous commençons par les composants d’une line de
transmission par fibre optique et un aperçu théorique sur la fibre optique et sa
fabrication. Puis, nous présentons les différents types de fibres existants :
monomodes et multi modes à saut d’indice et à gradient d’indice. Ensuite,
l’atténuation et les différentes pertes causés une dispersion chromatique et
intermodale.

Figure 1.1: Synoptique général d’un système de communications par fibre

4
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

Pour chacun de ces éléments constitutifs d’une liaison sur fibre optique,
nous tenterons de décrire leur rôle et leur fonctionnement. Nous débuterons par
la fibre optique, élément essentiel puisqu’elle permet le transport de
l’information et est à l’origine des efforts réalisés par la suite. Nous
poursuivrons par la description de l’émetteur (laser, driver, modulateur, …),
pour enchaîner sur les blocs constituant le récepteur (photodiode, amplificateur
électrique, filtre électrique, circuit de remise en forme). Enfin, nous terminerons
en détaillant les éléments pouvant être utilisés en ligne, tels que les
amplificateurs, en vue d’une amélioration de la qualité du signal transmis ou de
l’augmentation des distances.

I.2 Composants d’une ligne de transmission par fibre optique :

Généralement, une chaine de transmission optique est composée de trois


éléments principaux (Figure 1.2) : un émetteur, un canal de transmission et un
récepteur. La fibre optique est le canal utilisé par excellence pour les
transmissions optiques.

fibre

Emétteur Récepteur

Impulsions optiques

Signal électrique

Figure 1.2 : schéma générique d’une liaison optique

5
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

I.2.1 Emetteur optique :

Son rôle est de convertir le signal d’entrée en signal optique et de l’injecter


dans la fibre. Il est généralement constitué d’un laser à semi conducteur. Un
laser permet d’amplifier la lumière et de la rassembler en un faisceau étroit.
Ceci rend la lumière d’un laser extrêmement directionnelle.

I.2.1.1 Source optique :

Les sources optiques sont des composants actifs dans le domaine de la


communication par fibre optique. Leurs fonctions fondamentales sont de
convertir une énergie électrique en une énergie optique (conversion électro-
optique) avec un rendement satisfaisant et assurer un bon couplage avec la
fibre. Il existe deux types de sources qui sont les suivantes :

I.2.1.1.1 Diodes électroluminescentes : DEL

Une diode électroluminescente (DEL, en anglais : Light-Emitting Diode,


LED), est un composant optoélectronique capable d’émettre de la lumière
lorsqu’il est parcouru par un courant électrique. Une diode électroluminescente
ne laisse passer le courant électrique que dans un seul sens (le sens passant,
comme une diode classique, l'inverse étant le sens bloquant) et produit un
rayonnement monochromatique ou poly chromatique non cohérent à partir de
la conversion d’énergie électrique lorsqu'un courant la traverse.

I.2.1.1.1.1 Caractéristiques :

Ce composant peut être encapsulé dans divers boitiers destinés à


canaliser le flux de lumière émis de façon précise. Les LED de puissance ont,
elle des formes plus homogène :

6
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

La luxeon 1 W ci-contre est assez représentative. Ces types de LED sont


également disponibles en version "multi cœur" ou "multi chips" en anglais, dont
la partie émissive est composée de plusieurs puces semi-conductrices.
L'enveloppe transparente, ou capot, est généralement en résine époxy, parfois
colorée ou recouverte de colorant. L’intensité lumineuse générale des diodes
électroluminescente est assez faible, mais suffisante pour la signalisation sur
tableau, ou bien les feux de circulation.

La couleur d’une diode électroluminescente peut être générée de


différentes manières :

- coloration électroluminescente due plusieurs émissions de longueur d’onde


différentes : les diodes électroluminescentes poly chromatiques. Elles
permettent notamment de proposer une vaste gamme de couleurs. Pour le
blanc, on ne parle pas de longueur d’onde mais de température de couleur
proximale. Celle des diodes électroluminescentes est assez variable en fonction
du modèle.

I.2.1.1.2 Diode laser : DL

De puis le début des télécommunications par fibre optique, le choix des


sources optiques s’est porté sur les émetteurs à semi-conducteur à cause de
leurs petites dimensions en rapport avec celles du cœur des fibres optiques, de
la relative facilité que l’on à moduler directement la lumière émise en agissant
sur le courant, de leur spectre optique relativement étroit et de leur faible
consommation énergétique. Ainsi la diode laser est la source la mieux adaptée
pour les télécommunications optiques car elle permet d’avoir la meilleure
efficacité de couplage optique avec la fibre.

7
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

Une diode laser est un composant optoélectronique à base de matériaux


semi-conducteurs. Elle émet de la lumière monochromatique cohérente (une
puissance optique) destinée, entre autres, à transporter un signal contenant des
informations sur de longue distances (dans le cas d'un système de
télécommunications) ou à apporter de l'énergie lumineuse pour le pompage de
certains lasers (lasers à fibre, laser DPSS) et amplificateurs optiques (OFA,
Optical Fiber Amplifier). La diode laser est un composant essentiel des lecteurs
et graveurs de disques optiques, dans ce cas elle émet le faisceau lumineux dont
la réflexion sur le disque est détectée par une photodiode ou un phototransistor.

-Son application se trouve également dans les dispositifs électroniques de


mesure de distance, de vitesse, de guidage et de pointage précis.

I. 2.1.1.3 principes du laser :

Le principe du laser repose sur deux éléments essentiels :


- un amplificateur d’onde lumineuse.
- une boucle de contre réaction formant un résonateur.

● L’émission stimulée :
Un laser est un dispositif qui émet de la lumière grâce au phénomène
d’émission stimulée. En effet, dans un semi-conducteur, un électron peut passer
d’un état à un autre de trois façons.

-L’émission spontanée:
De sa propre initiative, l’électron peut tomber dans un état moins énergétique
non occupé (il passe d’un état ionisé à un état lié), en émettant un photon
spontané.

8
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

- L’absorption :
En absorbant un photon, l’électron peut être amené dans un état plus
énergétique. Il passe de l’état lié (électron et trou combinés) à l’état ionisé
(électron dans la bande de conduction et trou dans la bande de valence).

-L’émission stimulée:
Frappé par un photon, l’électron peut retomber dans l’état le moins
énergétique (état lié) en émettant un photon stimulé dont le rayonnement
correspond à la même longueur d’onde, la même phase, le même état de
polarisation et la même directivité spatiale que le photon incident. On parle
alors de lumière cohérente. Avec l’émission stimulée s’introduit la notion de
gain ou d’amplification du rayonnement incident puisque, à partir d’un photon,
on en obtient deux.

Bande de conduction
E ● ● ●
n
e
r
g
i o o o
e Bande de valence ● Electron
(a) (b) (c) o Trou
Photon

Figure1.3: Schéma des processus d’émission spontanée (a), d’absorption (b)

et d’émission stimulée (c).

Statistiquement, à l’état naturel, un photon émis peut de nouveau être


absorbé par un électron et globalement, l’émission et l’absorption se
compensent. Pour obtenir l’effet laser et donc rendre l’émission stimulée
prépondérante, deux conditions doivent être réalisées :
a- Il faut qu’il y ait suffisamment d’électrons dans l’état d’énergie
supérieure. Ceci est réalisé par ce qu’on appelle une inversion de population.

9
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

Dans un semi-conducteur, cette inversion est réalisée par l’opération de


pompage qui consiste à fournir de l’énergie aux électrons afin qu’ils passent
dans la bande de conduction.
b- Il faut qu’il y ait suffisamment de photons excitateurs. Pour cela, on oblige
l’énergie lumineuse à s’accumuler sur place en enfermant le semi-conducteur
dans une cavité résonante constituée, par exemple, par un résonateur du type
Pérot-Fabry. Les photons d’émission spontanée amorçant la réaction, lorsque
ces deux conditions sont réunies, l’effet laser peut se produire.

I.2.1.1. 4 Le résonateur Pérot-Fabry :

Ce type de résonateur est constitué, dans le cas le plus simple, par deux
miroirs plans, parallèles et réfléchissants entre lesquels les ondes lumineuses
font de multiples allers-retours. Dans le cas d’un semi-conducteur, les parois
clivées du cristal sont utilisées pour constituer la cavité. Une forte valeur de
l’indice (de l’ordre de 3,5) du semi-conducteur permet d’obtenir, avec les faces
clivées en contact avec l’air, un coefficient de réflexion suffisant pour provoquer
ces allers-retours de l’onde dans la cavité. C’est ce que nous avons appelé la
boucle de contre-réaction.
Ainsi, en imposant un coefficient de réflexion élevé (environ 30%),
l’amplification dans le résonateur est d’autant plus accrue et peut compenser les
pertes dues à l’absorption dans la cavité et à la transmission vers l’extérieur,
transmission pourtant utile pour constituer le signal porteur de l’information
dans le réseau. En effet, ces pertes signifient une baisse de l’émission stimulée.

10
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

I.2.1.1.5 Le seuil de l’effet laser :

Le seuil de l’effet laser est obtenu lorsque le gain maximal est assez élevé
pour compenser toutes les pertes que l’onde rencontre au cours de ses allers-
retours entre les deux miroirs du résonateur (pertes provoquées par le milieu
diffusant, par le phénomène d’absorption et par la transmission du signal vers
l’extérieur).

Lorsque le courant augmente au-dessus du seuil, l’émission stimulée


apparaît : tous les porteurs injectés en supplément se recombinent par
recombinaison stimulée. Cela se traduit par une certaine directivité du
rayonnement dans la direction perpendiculaire aux faces de la cavité et par une
augmentation brutale de la puissance lumineuse émise par la diode laser. Nous
pouvons mesurer ce courant de seuil au niveau du fort coude de la
caractéristique puissance-courant du laser présentée sur la Figure (1.4)

Figure 1.4 : Caractéristique Puissance-Courant d’un laser.


Le courant de seuil marque la séparation entre un fonctionnement dominé
par l’émission spontanée et un fonctionnement dominé par l’émission stimulée.

11
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

I.2.2 Modulateur optique :

Un modulateur, c’est un système capable de modifier de la lumière


(Essentiellement amplitude et – ou phase ; mais cela pourrait être : polarisation,
direction de propagation, fréquence, répartition de mode, etc.) en fonction d’un
signal de commande.
Un modulateur est un système d’interaction. Les interactions entre phénomène
physique de nature différente-mécanique(ou élastique), acoustique,magnétique,
etc.
On peut moduler ces sources de deux manières différentes.

I.2.2.1 Modulation directe :

On agit sur le courant de jonction qui provoque l’effet laser. En première


approximation, la puissance optique délivrée varie linéairement en fonction du
courant. Ce type de modulation provoque une modification dynamique du
spectre due à la ; conversion amplitude-fréquence et du diagramme de
rayonnement, avec des effets nuisibles aux grandes vitesses de modulation.

I.2.2.2 Modulation externe :

Le champ émis par la source n’est pas modulé et passe par un circuit
optique spatial ou l’on peut provoquer une modulation de phase ou
d’amplitude. Les modulateurs d’amplitude ne présentant aucune propriété de
linéarité mais introduisent beaucoup moins de conversion amplitude-
fréquence.

Le signal modulé envoyé dans la fibre est donc nettement moins affecté par
ce phénomène mais également moins puissant que dans le cas de la modulation
directe.

12
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

Le principe physique utilisé dans ces modulateurs externes est soit la variation
de l’indice de réfraction soit la variation de l’absorption (dispositif à base de
semi-conducteur).

I.3 La fibre optique :

I.3.1 Histoire de la fibre optique :

En 1854, le physicien irlandais Tyndall a fait une première


démonstration scientifique de ce phénomène dont l’expérience consistait à
guider la lumière du soleil dans un jet d’eau.
Et en 1950, La première application fructueuse de la fibre optique a eut
lieu avec le fibroscope flexible, permettant de transmettre une image le long
d’une fibre de verre. Il fut particulièrement utilisé en endoscopie pour
observer le corps humain. Cependant, la mauvaise qualité des fibres ne
permettait pas de transmettre la lumière sur une longue distance.
A partir de 1970 les télécommunications par fibre optique ne furent
possibles qu’après l’invention du laser et les fibres commencèrent à
remplacer les fils de cuivre jusque là utilisés, grâce à la fabrication par trois
scientifiques de la société Corning Glass Works de la première fibre avec
des pertes acceptables (20 dB/km). Cette fibre était en mesure de
transporter 65 000 fois plus d’information que le simple fil de cuivre
traditionnel. L’avantage des fibres optiques sur les fils de cuivre est
énorme. Tout d’abord, les fibres permettent de transporter une grande
quantité d’information en même temps, grâce à une grande largeur de
bande. De plus, le signal est beaucoup moins atténué (~100 fois moins), ce
qui permet de limiter le nombre de répéteurs.
Et depuis les années 1980, la structure de ces fibres est très simple : un
cylindre en silice dont le cœur est dopé avec un oxyde de germanium.

13
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

Les dimensions d’une fibre sont comparables à celles d’un cheveu.


Enfin, les fibres optiques ne demandent pas d’entretien particulier et ont
une très bonne durabilité chimique, alors que les fils de cuivre se dégradent
vite à cause de la corrosion. Aujourd’hui, 80% des communications à longue
distance se font par le réseau de fibres optiques [2].

I.3.2 Les applications et les avantages de la fibre optique:

A la fin des années 90, Le secteur des télécommunications a connaît


une croissance rapide et la capacité de transmission doublait à chaque année,
est qui mène vers un plafonnement des performances des réseaux
commerciaux, qui est le résultat d'une tendance à la saturation de la demande.
La plupart des technologies nécessaires au déploiement d'une infrastructure
"tout optique" sont aujourd'hui disponibles : la fibre optique, de plus en plus
performante en bande passante, le multiplexage en longueurs d'onde
WDM, DWDM , l'insertion/extraction de longueurs d'onde, les
amplificateurs large bande, le brassage optique.
Dans ces conditions, le panorama de l'information aura
complètement changé. La téléphonie, la radio, la télévision et les transferts de
données "informatiques" seront assurés par la même connexion, les
interpénétrations de ces divers moyens d'informations seront beaucoup plus
grands, c'est du moins un scénario tout à fait réaliste.

a)-Les applications :

- Transmissions numériques à haut débit : données informatiques,


téléphonie, télécopie, télévision, etc.
- Réseaux nationaux et internationaux de télécommunications

14
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

- Réseaux locaux en environnement bruité


- Applications vidéo.

b)-Les avantages :

- Transmission large bande, et débits binaires élevés


- Affaiblissement minimisé : nombre de répéteurs très réduits et
fortement espacés (60 km)

- Immunité électromagnétique
- Faible sensibilité aux facteurs extérieurs (température, humidité…)

- Faible encombrement et faible poids

c)-Les inconvénients :

- Difficultés d’adaptation avec les transducteurs optoélectroniques

- Exigences micromécaniques importantes (connexions, alignement)

- Coûts d’exploitation encore élevés et personnel spécialisé

I.3.3 Fabrication de la fibre optique :

La fabrication d’une fibre optique passe par la réalisation d’une préforme


cylindrique en barreau de silice. La silice est un composé oxygéné de silicium,
de formule Si, présent dans un grand nombre de minéraux, tels que le quartz, la
calcédoine et l’opale. Le barreau subit ensuite un étirage, en plaçant l’extrémité
dans un four porté à une température voisine de 2000°C. Il est alors transformé
en une fibre de plusieurs centaines de kilomètres, à une vitesse de l’ordre du
kilomètre par minute. La fibre est ensuite revêtue d’une double couche de
résine protectrice avant d’être enroulée sur une bobine ; Son centre, qui

15
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

constitue le cœur est entouré d’une silice de moindre qualité qui forme la gaine
optique. On réalise un écart d’indice entre le cœur et la gaine en incorporant des
dopants, tels que :

- Le germanium et le phosphore qui accroissent l’indice dans le cœur.


- Le bore et le fluor qui le font décroître dans la gaine,

Une préforme de verre d’une longueur de 1m et d’un diamètre de 10cm


permet d’obtenir par étirement une fibre monomode d’une longueur d’environ
150 Km [3].

I.3.4 Définition de la fibre optique :

Une fibre optique est un guide d'onde cylindrique qui transmet


l'information sous forme de lumière à travers des longues distances avec un
débit élevé. Elle peut être représentée par une partie centrale (cœur) d'indice de
réfraction n₁ entourée d'une gaine dont l'indice de réfraction n₂ est légèrement
plus faible (Figure 1). Le cœur, constitué d'un matériau diélectrique transparent,
est généralement de la silice dopée en oxyde de germanium et/ou de
potassium.

La plupart des fibres optiques ont un cœur de symétrie cylindrique autour


d'un axe noté Oz appelé axe de propagation. La section transverse présente une
différence d'indice entre le cœur et la gaine qui peut être discontinue (fibre à
saut d'indice) ou graduelle (fibre à gradient d'indice).

16
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

Figure 1.5 : schéma simplifié de la fibre optique

I.3.5 Principe de la fibre optique :

Lorsqu’un faisceau lumineux heurte obliquement la surface qui sépare


deux milieux plus ou moins transparents, il se divise en deux : une partie est
réfléchie tandis que l’autre est réfractée.

I.3.5.1 Réflexion :

Le rayon réfléchi forme un ongle I₁ avec le plan d’incidence, la quantité de


la lumière réfléchie dépend de l’angle I₂ avec l’axe d’incidence tel que : I₁= I₂

I.3.5.2 Réfraction :

Un rayon lumineux passe obliquement avec un angle d’incidence I₁, d’un milieu
d’incidence n₁ à un milieu n₂ alors sa direction est réfractée vers l’axe d’indice sont
inversement proportionnel à leurs indices : n₁sin I₁=n₂sin I₂

Figure 1.6 : réfraction et réflexion

17
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

I.3.6 Structure de fibre optique :

La fibre optique est un guide d’onde cylindrique réalisé au moyen d’un


matériau diélectrique transparent, elle permet de transporter le plus
d’information et de fournir des débits de signaux numériques très importants.
Une fibre optique est constituée des trois éléments concentriques comme
représenté ci-dessous:

- Le cœur: C’est dans cette zone, constituée de verre, que la lumière est guidée
et se propage le long de la fibre.

-La gaine: Couche de verre qui entoure le cœur de la fibre avec un indice de
réfraction légèrement supérieur à celui du cœur ce qui permet par conséquent,
la réflexion totale et perpétuelle des modes a l’interface cœur-gaine.

-La couche de protection: permet le contact de la fibre avec des supports sans
perturber le fonctionnement de la partie optique donc, cʼest un revêtement de
protection mécanique.

I.3.7 Propagation :

La dimension du cœur joue un rôle très important : en effet s’il est de


quelque microns la lumière va s’y propager selon un seul mode, on parle alors
de fibre uni- modale ; si par contre il est de l’ordre de plusieurs dizaines de
microns on de fibre multimodale dans la quelle la propagation de la lumière
sera plus complexe avec des uni-modale est préférée en télécommunications à
longue distance.

18
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

Pour mettre en équation le processus de guidage on utilisera la théorie de


la propagation géométrique valable pour des cœurs de grande dimension (vis-
à-vis de la longueur d’onde de la lumière considérée), mais aussi la théorie
ondulatoire et les équations de Maxwell plus appropriées pour les faibles
diamètres de cœur.

Figure1.7 : propagation dans la fibre

I.3.8 Les différentes catégories de fibres optiques :

Si l’optique géométrique permet bien d’expliquer le confinement de la


lumière dans la fibre, elle est insuffisante pour le fait que seuls certains rayons,
correspondes à des angles fixé, se propagent effectivement. L’optique
ondulatoire apporte une justification à ces phénomènes avec la notion de mode
guidés.

Il est commode d’introduire une variable V appelée paramètre de la fibre


ou fréquence normalisée et qui dépond du rayon du cœur a et des nombres
d’onde 𝑘₁ et 𝑘₂ du cœur et de la gaine :

2𝜋𝑎
V=𝑎 √𝑘₁2 + 𝑘₂2 = 𝑂𝑁 (1.1)
𝜆𝑜

19
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

La résolution du problème conduit au tracé des courbes de ß en fonction de V


pour les différents modes (figure 1.8).
Un mode guidé nécessite que si le paramètre V est supérieur à une valeur
minimale Vc.
Cette condition impose que la longueur d’onde soit inferieure à une valeur
maximale 𝜆c, appelée longueur d’onde de coupure du mode.
Si V inferieure à 2.405 seul le mode fondamental qui se propager quelque soit V
et la fibre est alors monomode et Si V supérieure à 2.405 plusieurs modes
peuvent se propager donc la fibre est multi mode.
Le nombre de modes se propageant dans le cœur est égal approximativement
à:
𝐯²
M= (1.2)
𝟐

Figure 1.8: courbes de la constante de propagation ß en fonction du


paramètre V pour les premiers modes

20
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

I.4 Différentes types fibres optiques :

I.4.1 Fibre multi mode :

Ce type de fibre est dit multi mode car la lumière se propage suivent
plusieurs mode c'est-à-dire qu’elle peut suivre plusieurs trajets à l’intérieure du
cœur. , le diamètre du cœur est en générale compris entre 50 et 90 μ m et pour
le diamètre extérieure de la gaine de 125 μ m.

Dans se type on trouve deux catégories à saut d’indice et à gradient d’indice.

a)- les Fibres à saut d'indice :

Le cœur à relativement un gros diamètre, par rapport à la longueur


d’onde de la lumière. Elles sont constituées d’un cœur d’indice 𝑛1 et d’une
gaine d’indice 𝑛2 , avec une rupture d’indice, ou saut la lumière est guidée par
reflation interne totale à l’interface cœur gaine, elle suit donc un chemin en
zigzag

Figure 1. 9 : Fibres à saut d’indice.

21
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

b)-les Fibres à gradient d'indice :

Les fibres à gradient d’indice ont été spécialement conçues pour les
télécommunications à fin de minimiser l’effet de la dispersion intermodale sans
trop réduire l’ouverture numérique, donc la puissance couplée. Deux
améliorations sont apportées.

-le diamètre du cœur est de deux à quatre fois plus petit.

-le cœur est constitué de couches successives à indice de réfraction de plus en


plus grand.

Ainsi, un rayon lumineux qui ne suit pas l’axe central de la fibre est
ramené « en douceur » dans le chemin droit. La figure 3 montre la fibre optique
à gradient d’indice.

Figure 1.10 : Fibre à gradient d’indice.

I.4.2 Fibre optique monomode

La fibre monomode caractérisée par un faible diamètre du cœur de l’ordre


de 10µ m, valeur voisine de la longueur d’onde du signal lumineux qui, de ce
fait, transmit suivant l’axe de la fibre. La propagation ne subit pas beaucoup de
perturbation ; de plus, la bande de fréquences peut atteindre plusieurs dizaines
de GHz comme la montre la figure ci-dessous.

22
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

Figure 1.11 : Fibre monomode

I.4.3 Comparaison des différents types de fibres optiques :

Structures Avantages Inconvénients Applications pratiques

Multi mode à Grande ouverture Pertes, dispersion Communications


numérique, connexion et distorsion, courtes distances,
saut d'indice facile, faible prix, facilité élevées du signal réseaux locaux
(SI) de mise en œuvre

Multi mode à Bande passante Difficile à mettre Communications


gradient d'indice raisonnable et bonne en œuvre courtes et moyennes
(GI) qualité de transmission distances

Monomode Bande passante très Prix très élevé Communications


grande, atténuation très longues distances
faible, faible dispersion

Tableau 1.1 : Comparaison des différents types de fibres optiques

I.5 Caractérisation de la fibre optique :

La fibre optique est caractérisée par plusieurs paramètres qui sont


déterminés à partir de ses différents types. Les quatre paramètres les plus
importants sont:

- ouverture numérique.

23
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

- L’atténuation.

- La bande passante.

- La dispersion.
I.5.1 Ouverture numérique :

L’angle limite d’acceptation de la lumière par le guide exprime la


faculté de capter la lumière d’une source à sa section frontale. Elle est
directement liée à l’ouverture du cône d’acceptance des rayons lumineux
critiques conduisant encore juste à une réflexion total, comme le montre la
figure suivante :

Figure 1.12 : ouverture numérique

Pour les fibres monomodes il est préférable d’utiliser une source laser car
l’ouverture numérique est faible. Mais pour les fibres à gradient d’indice, où il
varie le long d’un diamètre, l’ouverture numérique est alors maximale sur l’axe
de la fibre et s’annule à la périphérie du cœur [4].

Si l’entrée de la fibre se fait par l’air (=1), l’ouverture numérique est donnée
par :

ON=√𝑛₁2 − 𝑛₂2 < 1 (1.3)

24
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

I.5.2 Atténuation :

L’atténuation du signal dépend de la nature de la fibre essentiellement en


fonction de sa nature (monomode ou multi mode). L'atténuation dans une fibre
optique est définie comme étant le rapport de la puissance optique transmise
dans la fibre et la puissance reçue exprimée en unité logarithmique longueur[5].
Pe
A[dB]=10log( ) (1.4)
Ps

Avec :

A[dB] :L’atténuation en décibel.


Pe: La puissance lumineuse à l’entrée.
Ps: La puissance lumineuse à la sortie.

Figure1. 13 : Effet de l’atténuation

L'étude des causes de l'atténuation ne fait pas partie du cadre de ce


mémoire. Nous soulignons simplement le fait que l'atténuation est
principalement due :
-à la diffusion de Rayleigh qui est un mode de diffusion élastique. Ce sont
des pertes inévitables que l'on retrouve dans toutes les fibres. Dans les fibres
dites de bonne qualité, la diffusion de Rayleigh est proportionnelle à 1/𝜆⁴ et elle
limite les performances dans le domaine du visible et du proche infrarouge ;

25
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

-et aux effets de la liaison OH oxygène hydrogène, qui présente un pic de


forte atténuation.
Pour de plus amples détails sur l'atténuation et ses causes, le lecteur
intéressé pourra se reporter aux références [6], [7], [8].

L'atténuation provient principalement de deux phénomènes : l'absorption


et la diffusion de la lumière comme le montre la figure ci-dessus.
Selon l’atténuation les fibres peuvent être utilisées pour la transmission
essentiellement dans deux« fenêtres en longueur d’onde » : les fenêtres 1300 nm
et 1500 nm. La fenêtre 800 nm étant pratiquement complètement abandonnée.

La fenêtre à 1300 nm a une largeur de bande de 50 nm et une atténuation


moyenne importante d’environ 0,4 dB/km ; mais les composants
optoélectroniques à ces longueurs d’onde (lasers et récepteurs) sont peu
coûteux. Elle est utilisée pour les systèmes de télécommunications de courte
distance (quelques dizaines de kilomètres) ou de faible capacité : réseaux
urbains …
La fenêtre à 1550 nm a une largeur de bande de 100 nm et une atténuation
moyenne d’environ0, 2 dB/km ; Elle se divise en trois bandes S, C et L (Figure
1.14). Elle est utilisée généralement pour les télécommunications longues
distances et à haut débit car la faible atténuation dans cette fenêtre permet
d’espacer bien davantage les coûteux régénérateurs et/ou amplificateurs
nécessaires pour la compensation de l’atténuation dans la fibre de ligne.

26
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

Figure 1.14 : Atténuation spectrale d'une fibre optique [9].

I.5.3 Bande passante :

La bande passante est un des paramètres les plus importants pour définir
les propriétés de transmission d’une fibre optique.
La définition de la bande passante totale (BT) qui dépend de l’effet conjonctif
des deux phénomènes de dispersion modale et chromatique, permettra de
stabiliser la fréquence maximale transmissible en ligne.

Remarque :

● Pour une fibre à gradient d’indice, la dispersion modale est minimale pour
une distribution quasi parabolique de l’indice.
●Pour une fibre monomode, la bande passante devient théoriquement infinie,
puisque la dispersion est nul ainsi que la dispersion du matériau, si on choisi
convenablement le matériau et la longueur d’onde de travail [10].

27
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

I.5.4 Dispersion :
La dispersion se manifeste par un élargissement des impulsions au cours
de leur propagation. Il existe deux types de dispersion.

Figure I.15: phénomène de la dispersion.

I.5.4.1 Dispersion chromatique :

La vitesse de propagation moyenne d’une impulsion est égale à la vitesse


de groupe du mode fondamental. Le problème vient de ce que le temps de
propagation de groupe varie avec la longueur d'onde. Or les sources de
rayonnement lumineux ne sont pas rigoureusement monochromatiques.
Il y a deux causes à prendre en compte :
- l'indice qui varie en fonction de la longueur d'onde (dispersion matériau)
- la vitesse de groupe qui varie avec la longueur d'onde (dispersion guide
d'onde).

Figure 1.16: courbes de dispersion de quelques fibres optiques [11].

28
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

I.5.4.2 Dispersion intermodale :

L’énergie lumineuse injectée à l’entrée de la fibre est répartie entre les


différents modes.
Le mode le plus court sera celui qui suit parfaitement l’axe optique de la fibre.
Le plus long sera celui l’angle d’incidence à l’interface cœur- gaine le plus
grand autorisé.

Dans les fibres monomode, il n’y a qu’un seul mode de propagation donc il
n’aurait aucun effet de dispersion intermodal.

I.6 Les effets non linéaires dans la fibre :

I.6.1 Définition :

Les effets non linéaires peuvent avoir des impacts significatifs sur la
performance des systèmes optiques WDM. Les effets non linéaires dans la fibre
peuvent conduire à l'atténuation, la distorsion, et des interférences inter-canaux.
Dans un système WDM, ces effets induisent des contraintes sur l'espacement
entre deux longueurs d'onde, limitent la puissance maximale sur toute la
chaîne et limitent également le débit maximum, à savoir que les principaux
effets non-linéaires dans la fibre sont : XPM, SPM et FWM.

I.6.2 L’effet Kerr :

L’effet Kerr, en optique géométrique, est une extension des lois de la


réfraction de la lumière lors de la propagation de cette lumière dans des milieux
d’indice variable. L’indice de réfraction peut alors s’exprimer sous la forme
d’une équation non linéaire, proportionnellement à la puissance optique :

29
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

n = no + n₂ avec no une constante et n₂ une fonction quadratique de la


puissance.
Cet effet prend une importance considérable dans l’industrie des
télécommunications.
Une première conséquence de l’effet Kerr se traduit par un phénomène d’auto
modulation de phase. L’impulsion est affectée d’une modulation de phase
parasite qui croît avec la distance. La modulation de phase, combinée à la
dispersion chromatique, conduit à un élargissement temporel des signaux se
propage.
La combinaison des effets linéaires et non-linéaires joue un rôle essentiel.
En effet, l’auto modulation de phase se traduit par une modulation de
fréquence parasite, avec augmentation (respectivement diminution) de la
fréquence instantanée à l’avant (respectivement à l’arrière) de l’impulsion. Dans
les conditions de dispersion normale (D > 0), la tête de l’impulsion se propage
encore plus rapidement tandis que l’arrière se propage encore plus lentement.
La dispersion chromatique et l’effet Kerr se conjuguent donc pour élargir
l’impulsion. En revanche, dans les conditions de dispersion anormale (D < 0),
l’avant de l’impulsion se trouve ralenti tandis que l’arrière est accéléré : les deux
effets jouent en sens inverse et on peut imaginer que s’ils se compensent
exactement, l’impulsion ne se déformera pas au cours de la propagation. Les
autres conséquences de l’effet Kerr sont visibles si plusieurs ondes se propagent
dans la fibre. Alors, la non-linéarité induit une modulation de phase croisée
(cross phase modulation), ainsi que des phénomènes connus sous le nom de
mélange à trois ou quatre étant dans la fibre. Ondes, sources
d’intermodulations entre les différents canaux d’un système de transmission
utilisant plusieurs longueurs d’onde.

30
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

I.6.3 Les effets Raman et Brillouin :

L’effet Raman est le plus connu des effets non-linéaires. Il s’agit d’une
interaction photon-phonon, c’est-à-dire d’échange d’énergie entre l’onde
optique et les vibrations du matériau. L’effet Brillouin est de même nature que
la diffusion de Raman, mais l’interaction se fait avec des phonons acoustiques,
c’est-à-dire avec les vibrations d’ensemble du matériau, se propageant à la
vitesse des ondes acoustiques.
Ces effets sont sensibles dès que la puissance injectée dépasse un certain
seuil.
Une solution mise en œuvre pour les combattre consiste à moduler en
amplitude à très basse fréquence le courant d’injection du laser par un signal
sinusoïdal, ce qui provoque une modulation de fréquence du signal optique
émis et élargit le spectre jusqu’à quelques GHz [12].

I.7 Récepteur (détecteur optique) :

Les systèmes de transmission par fibre optique nécessitent des récepteurs


optiques devant remplir certaines conditions :

- Une grande sensibilité à la longueur d’onde de fonction une grande bande


passante (réponse à grande vitesse).
- Bruit minimum (courant d’obscurité le plus faible possible).
- Grande fidélité de reconstitution du signal.
- Bonne stabilité en température.

31
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

Récepteur optique

Recouvrement d’horloge

Sortie du signal électrique

Coupleur optique Photo détecteur


Démodulateur

Figure 1.17 : structure bloc récepteur optique

- l’interface optique de réception, dans une liaison à fibre optique, est chargée
de convertir le signal lumineux en signal électrique.
- il existe deux types de photo détecteurs :
● PIN : positive Intrinsèque Photodiodes.
● APD : Avalanche Photo Diode.

I.7. 1 Le photodétecteur :

L’interface optique de réception, dans une liaison à fibre optique, est


chargée de convertir le signal lumineux en signal électrique, en lui apportant le
minimum de dégradation. Ce rôle est tenu par le photo détecteur, qui pour
simplifier, se comporte comme un compteur de photons et un générateur de
courant. La première propriété requise est une sensibilité importante pour la
longueur d’onde utilisée. La deuxième est la rapidité : il doit être utilisé dans
des systèmes fonctionnant à 10 G Bits/s voire même 40G Bits/s. La troisième
propriété demandée est un apport minimum de bruit.
Afin de satisfaire la plupart de ces conditions, le choix se porte sur les photos
détectrices à semi-conducteur, qui présentent les avantages d’être très rapides
et faciles à utiliser, bien que d’autres dispositifs soient plus sensibles. Da ns ce
paragraphe, nous rappellerons le principe de la photo détection avant d’étudier

32
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

plus précisément deux exemples de photo détecteurs : la photodiode PIN et la


photodiode à avalanche (PDA).

I.7.1.1 Principe de la photo détection :

Les photons transmis par la fibre pénètrent dans le détecteur, constitué


d’un matériau semi-conducteur. Absorbés, ils peuvent provoquer le passage
d’électrons d’un état de la bande de valence à un état plus élevé de la bande de
conduction. Dans cette dernière, les électrons moins liés deviennent libres. Le
photon a donc laissé place à une paire électron-trou. Une différence de potentiel
est appliquée afin d’empêcher les électrons de retomber dans son état le plus
stable. Sous l’effet du champ électrique, les deux catégories de porteurs sont
séparées et entraînées vers des zones où ils sont majoritaires (nommées P ou N).
Les porteurs ainsi générés sont alors recueillis sous forme de photo courant. Le
nombre de paires électron-trou est égal au nombre de photons absorbés.

I.7.1.2 Les photodiodes PIN :

Pour effectuer la photo détection en évitant les recombinaisons des paires


électron-trou, il est nécessaire que les photons soient absorbés dans une zone
dépourvue de porteurs mobiles, assimilable à une zone de charge d’espace
d’une jonction PN, encore appelée zone délitée. Pour favoriser le rendement
quantique, il est préférable que cette zone soit large.
D’où l’intérêt de la photodiode PIN (figure 1.18).

I.7.1.3 Les photodiodes à avalanche :

Afin que le rapport signal sur bruit soit suffisamment important, l’idée
d’utiliser le phénomène de multiplication interne pour qu’un photon incident

33
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

n’engendre plus un seul photoélectron, mais plusieurs a été soulevée, ceci pour
augmenter la puissance du signal électrique correspondant à une puissance
optique incidente donnée. En faisant croître le champ électrique dans la jonction
PIN, l’énergie des porteurs s’élève, jusqu’au point d’ioniser un atome en cas
d’impact avec celui-ci. Des ionisations en chaîne se produisent alors et les
porteurs se multiplient. Ce photo détecteur à gain interne est appelé
photodiode à avalanche ou PDA (en anglais APD). Le gain de multiplication
par ionisation par impact, appelé aussi facteur de multiplication M, est le
rapport entre le nombre moyen de porteurs secondaires créés par ionisation et
le nombre de porteurs primaires provenant de la photo détection. La valeur du
courant relatif au nombre de photons absorbés devient :
IPDA = M (V) * S (V) * Popt (1.5)

Le gain augmente avec la différence de potentiel appliquée, mais est


limité à une valeur maximale. Si le champ devient trop fort, il y a risque de
claquage. Cette valeur limite de tension dépend du matériau et de la structure
utilisés.
Tout comme pour les photodiodes PIN, il existe plusieurs structures
possibles. Voici à titre d’exemple le cas d’une structure dans le Silicium. Elle
résulte d’un compromis entre une zone d’absorption large, et une jonction très
abrupte pour obtenir un très fort champ électrique.

Figure I.18: Structure d’une photodiode PIN à gauche et photodiode


avalanche à droite.

34
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

Remarque : Le bruit de grenaille et le bruit thermique contribuent ensemble à


créer des erreurs, mais les photorécepteurs usuels sont essentiellement limités
par le second, qui domine très largement le premier.

I.7.1.4 Comparaison entre les photodiodes PIN et PDA :


Une comparaison entre leurs performances est présentée dans le Tableau ci-
dessous:
Types de photodiode Photodiodes
Caractéristiques PIN PDA
Tension de commande (V) Faible Elevé
Fréquence de coupure (GHz) >60 Quelques
Rendement quantique (%) Faible Elevé
Bande passante (GHz) Large Faible
Longueur d’onde (nm) 1300 et 1550 1300 et 1550

Tableau I.2 : Comparaison des caractéristiques des photodiodes PIN et PDA.

I.7.1.5 Amplificateurs optiques :

Le but de ce composants est augmenter la puissance du signal optique, un


pompage électrique ou optique réalise l’inversion de population.
Les raisons pour l’utilisation des amplificateurs optiques (OFA pour
Optical Fibre Amplificateur) sont multiples :
●pour monter le niveau du signal de sortie d’une transmission avant de la
convertir en signal électrique avec un détecteur optique :
●pour compenser les pertes des éléments passifs d’un système de
transmission optique ; il y’a plusieurs types d’amplificateurs :

35
Chapitre I : Généralité sur les fibres optiques

- Amplificateurs à fibres optiques dopées aux terres rares


- Amplificateurs à fibres optiques utilisant l’effet Raman
- Amplificateurs à fibres optiques utilisant l’effet Brillouin
- Amplificateurs à semi conducteurs
On définit le facteur de bruit d’un amplificateur optique comme le
rapport signal- bruit qu’introduit l’amplificateur.

I.8 Conclusion :

Les fibres optiques possèdent, dans la fenêtre spectrale généralement


utilisée, une bande utilisable très importante. Théoriquement, les débits qui
peuvent être transmis sont donc extrêmement élevés. C’est d’autant plus
intéressant qu’aujourd’hui le nombre et la taille des informations échangées
sont de plus en plus importants. Néanmoins, actuellement, le traitement
électronique des signaux électriques avant modulation et après détection
n’atteint pas de telles fréquences. C’est pourquoi diverses solutions ont été
imaginées pour profiter des capacités de la fibre optique et donc augmenter le
transfert d’informations sur un même canal.
Plusieurs techniques sont utilisés permettent d’avoir bonne qualité et bonne
transmission et parmi ces techniques nous avons le multiplexage qui rentabilise
une fibre en laissant une souplesse d’utilisation, tandis que l'attention apportée
à la réalisation des connexions et du réseau assure un fonctionnement optimal,
d'autant plus que les techniques de codage garantissent la fiabilité.

36
Chapitre II:

Chaine de transmission optique


Chapitre II : Chaine de transmission optique

II .1Les réseaux de télécommunications par fibres optiques :

II.2 Introduction :

La technologie des communications optiques étudiée dès le début des


années 1980, est devenue le support privilégié pour les réseaux de
télécommunications.
En effet, les caractéristiques des fibres optiques et émetteurs/récepteurs
s’accordent bien avec les nécessités des télécommunications modernes.
Les réseaux optiques se présentent sous la forme de nœuds
interconnectés par des liaisons optiques. Les nœuds rassemblent un routeur et
des émetteurs/récepteurs. Le routeur fait transiter l’information qui lui arrive
d’une fibre ou d’un émetteur vers le récepteur ou la fibre appropriée suivant
qu’elle était destinée au nœud lui-même ou simplement « en transit ». Les
émetteurs/récepteurs sont soit des terminaux (serveurs,..), soit des réseaux
de taille inférieure. Les liens optiques sont des câbles comprenant en général
plusieurs fibres. En effet, le coût majoritaire de l’installation d’un lien est dû
aux travaux d’enfouissement qui sont incompressibles et les opérateurs
préfèrent les rentabiliser en installant plusieurs fibres à la fois.
La technologie optique offre des performances que l’émetteurs/récepteurs
électroniques sont incapables d’exploiter. Une solution à ce déséquilibre est
apportée par le multiplexage en longueur d’onde WDM. Les réseaux WDM
fonctionnent en mode connecté : à chaque paire émetteur/récepteur voulant
communiquer, il faut affecter un chemin optique, c'est-à-dire un chemin dans
le réseau et une longueur d’onde.
Le problème dit du routage optique consiste à vérifier s’il est possible de
réaliser l’ensemble des demandes de communication sur un réseau avec un
certain nombre de fibres par lien et W longueurs d’ondes disponibles par

37
Chapitre II : Chaine de transmission optique

fibre. Dans ce chapitre, nous allons évoquer les anciennes méthodes de


multiplexage utilisées dans les réseaux de télécommunication optique à savoir
OTDM et ETDM. Ensuite, nous présentons la technologie de multiplexage en
longueur d’onde WDM, évoquer son principe, ses avantages et ses
pénalités. Enfin, nous allons présenter les composants qui permettent de
mettre en œuvre cette technologie.

Le principe de toute transmission de données est de faire circuler des


informations entre un émetteur et un récepteur en minimisant les risques de
déformation du signal reçu, de façon à assurer une fiabilité maximale du
transfert de l'information.

Fibre
Optique
Modulation Diode Photodiode Démodulation
Codage Laser Décodage

Signal
Électrique
Signal restitué
Électrique à Transmission
Transmettre optique

Figure 2.1: Schéma de principe d’une liaison optique

Dans le cas d’une transmission par fibre optique, le signal est tout d'abord
codé ou modulé suivant une séquence connue qui peut être contrôlée à la
réception. Ce signal est injecté dans la fibre optique par l'intermédiaire de
l'émetteur. À la sortie de la fibre, le signal est reçu sur une photodiode puis
amplifié avant d'être décodé pour être remis sous sa forme initiale.

38
Chapitre II : Chaine de transmission optique

II.3 Les systèmes optiques [13] :

L’aboutissement de nombreuses années de recherche de base pour obtenir


d’une part des fibres présentant une atténuation compatible avec les exigences
d’un réseau de télécommunications, d’autre part des composants et dispositifs
suffisamment performants et fiables a permis l’apparition des premiers
systèmes de transmission optique dès les années 90. Ils sillonnent désormais le
monde entier, aussi bien sur terre que dans le domaine sous-marin. Le réseau
déployé en France est segmenté en fonction des différents besoins en débit, en
bande passante, en distance de transmission, … On distingue trois grandes
catégories :
- Les réseaux longues distances (ou les WAN, Wide Area Network). Ce sont les
réseaux déployés à l’échelle d’un pays ou d’un continent et dont les nœuds sont
de très grands centres urbains.
- Les réseaux métropolitains (Metropolitan Area Network = MAN) qui
correspondent aux réseaux mis en œuvre dans une grande ville ou une
agglomération et qui permettent de relier entre eux par exemple différents
arrondissements.
- Les réseaux locaux (Local Area Network = LAN) encore appelés réseaux de
distribution ou réseaux d’accès. Ils représentent le dernier maillon et finissent
d’acheminer les informations à l’abonné. Ils sont donc plus courts et moins
gourmands en capacité.

39
Chapitre II : Chaine de transmission optique

Figure 2. 2 : Architecture typique du réseau de télécommunications français.

Généralement, on distingue trois types de réseau fixe : le réseau local


(LAN, Local Area Network), le réseau métropolitain (MAN, Metropolitan Area
Network) et enfin le réseau étendu ou longue distance (WAN, Wide Area
Network).

II.3.1 Le réseau longue distance (WAN) :

Cette partie du réseau, parfois également appelée réseau structurant,


représente la couche supérieure du réseau de télécommunications. Elle est
comprise entre deux autocommutateurs à autonomie d’acheminement, qui ont
pour rôle d’aiguiller les informations d’une région à une autre, de la zone de
l’expéditeur vers celle du destinataire. La transmission de ces informations se
fait désormais sur fibre optique à une longueur d’onde de 1,55μm et à un débit
élevé qui ne cesse de s’accroître (les débits 2,5 G bits/s et 10 G bits/s sont déjà
installés et le 40 G bits/s le sera très prochainement). Cette capacité ne pourrait
être atteinte sans l’introduction des fibres optiques dans la chaîne. Elles ont
permis de gagner en débit et en espacement entre répéteurs par rapport aux
systèmes existants, à savoir le câble coaxial (la distance passe typiquement de 2

40
Chapitre II : Chaine de transmission optique

à 100 km). De plus, l’abandon des régénérateurs électro-optiques (photo


détection, amplification électrique, reconversion optique) au profit des
amplificateurs optiques, déployés environ tous les cent kilomètres, a permis de
faire un bond en terme de capacité des liaisons.
Dès le début des années 1990, l’amplification optique a permis de
démontrer la possibilité de transmettre, sans répéteur, des signaux à 5 et 10 G
bits/s sur des distances transocéaniques. La liaison du réseau longue distance
est désormais tout optique.

II .3.2 Le réseau métropolitain (MAN) [14] :

Encore appelé réseau intermédiaire, le réseau métropolitain connaît en ce


moment un véritable essor. Déployé entre le dernier autocommutateur à
autonomie d’acheminement du réseau longue distance et une zone plus précise
(arrondissement, campus, petite ville, …), il possède un environnement souvent
très complexe et divers. Fondamentalement, on peut distinguer les réseaux
métropolitains structurants et métropolitains d’accès.
Les réseaux métropolitains structurants sont généralement constitués
d’anneaux de 80 à 150 km de circonférence avec six à huit nœuds. En revanche,
les réseaux métropolitains d’accès sont des anneaux de 10 à 40 km de
circonférence dotés de trois ou quatre nœuds avec des embranchements vers
des sites distants. Suivant les réseaux ou les pays, ces chiffres peuvent varier
considérablement. En particulier, il existe des différences notables entre les
zones très peuplées d’Europe et d’Asie, où les distances seront inférieures, et les
Etats-Unis où les applications métropolitaines s’apparentent à de véritables
réseaux régionaux.
Les topologies logiques (profils de trafic) des réseaux métropolitains
diffèrent radicalement de celles des réseaux longue distance. Ces derniers

41
Chapitre II : Chaine de transmission optique

correspondent pour l’essentiel à des lignes interurbaines point à point avec tout
au plus un ou deux multiplexeurs d’insertion-extraction optiques (OADM)
pour insérer et extraire le trafic en des points intermédiaires. Les réseaux
métropolitains introduisent une infrastructure optique à haut degré de
connectivité. Les anneaux métropolitains se caractérisent généralement par un
trafic maillé avec un certain degré de concentration lié à l’interconnexion avec le
réseau longue distance.
Les anneaux d’accès, à la différence, collectent en général le trafic de plusieurs
nœuds pour le concentrer vers un nœud partagé avec un réseau métropolitain
structurant.
La complexité de ce réseau ne se traduit pas uniquement par le haut degré de
connectivité. A la différence des réseaux longue distance, les réseaux
métropolitains doivent prendre en charge des formats, des protocoles et des
débits de transmission très divers, mêlant les trafics de la hiérarchie numérique
synchrone (SDH) ou du réseau optique synchrone (SONET) ou autres encore.
Pour supporter cette diversité, ces réseaux sont souvent équipés de cartes
transpondeurs multi débits universelles, acceptant n’importe quel débit de 100
Mbits à 2,5 G bits/s, pouvant assurer ultérieurement le trafic à 10 G bits/s sans
modification (exemple du récent réseau Alcatel 1696 Metro Span), et dans une
transparence totale vis-à-vis de tous les formats et protocoles.
Dans ces réseaux intrinsèquement ouverts à n’importe quel type de signal,
le multiplexage en longueur d’onde (WDM), dont une description ultérieure
sera faite, trouve une application importante en luttant contre l’encombrement
que cela peut procurer tout en réduisant le coût par service apporté. De la
même manière, les amplificateurs optiques sont essentiels pour les applications
de réseaux métropolitains structurants. Les pertes élevées dans la fibre (dues à
l’interconnexion de courts tronçons de fibre) et le cumul des pertes associées

42
Chapitre II : Chaine de transmission optique

aux transits tout optiques dans des nœuds successifs peuvent imposer en effet
d’amplifier le signal optique. L’amplificateur optique peut représenter dans
bien des cas une solution à moindre coût comparée à la régénération optique-
électrique-optique.

Figure 2.3 : Les fibres dans les différentes zones réseaux - MAN

II .3.3 Le réseau local (LAN) [15] :

Il est également nommé réseau de distribution ou d’accès. C’est la


dernière partie du réseau de télécommunication, celle qui relie l’abonné et le
dernier autocommutateur. Sa longueur varie de 2 à 50 km et sa capacité est au
plus du même ordre de grandeur que celle du réseau métropolitain.
Il est toujours constitué par une partie en fibre optique entre l'autocommutateur
et la terminaison de réseau optique suivie d'une partie en conducteur
métallique qui va jusqu'au terminal de l'abonné. Cependant, il est de plus en
plus envisagé dans l’avenir de réduire la contribution de l’électrique pour aller
vers le tout optique dans le but d’augmenter le débit disponible chez l’abonné.
Selon la localisation de la terminaison optique, différentes configurations sont
envisageables :
_ FTTH/FTTO (Fiber To The Home / Fiber To The Office) : la terminaison de
réseau optique, qui est propre à un abonné donné, est implantée dans ses

43
Chapitre II : Chaine de transmission optique

locaux. La fibre va donc jusqu'à son domicile ou son bureau, et la partie


terminale en cuivre est très courte.
_ FTTB (Fiber To The Building) : la terminaison de réseau optique est localisée
soit au pied de l'immeuble, soit dans un local technique généralement situé en
sous-sol, soit dans une armoire ou un conduit de palier. Elle est partagée entre
plusieurs abonnés qui lui sont raccordés par des liaisons en fil de cuivre.
_ FTTC/FTTCab (Fiber To The Curb / Fiber To The Cabinet) : la terminaison de
réseau optique est localisée soit dans une chambre souterraine, soit dans une
armoire sur la voie publique, soit dans un centre de télécommunications, soit
sur un poteau. Selon le cas, il est envisagé de réutiliser le réseau terminal en
cuivre existant ou de mettre en œuvre une distribution terminale par voie
radioélectrique.

Figure2.4 : Les fibres dans les différentes zones réseaux – LAN

44
Chapitre II : Chaine de transmission optique

Les caractéristiques des trois types de réseau fixe sont résumées dans le
tableau ci-dessous.

réseau LAN réseau MAN réseau WAN


Nombre un ensemble interconnecte plusieurs interconnecte
d’éléments d’équipements, LANs plusieurs
appartenant LANs ou MANs
à une même société
Dispersion les machines sont réseaux LANs
géographique situées géographiquement
sur un périmètre proches très grandes distances
géographiquement
restreint
Protocoles utilisés Ethernet, Token Ring, FDDI, ATM, SDH, etc. SDH, SONET, WDM,
FDDI, etc. etc.
Tableau 2.1 : Comparaison entre les trois types de réseau fixe

II .4 Bilan d’une liaison par fibre optique [16] :


Le bilan de liaison dans un système de communication par fibres optiques
s’étudie de la même manière que n’importe quel système de transmission.
Ce bilan de liaison permet de déterminer la distance maximum de transmission
correspondant à la séparation maximum entre répéteurs (régénérateurs).
Cette distance est limitée par :
- l’affaiblissement de propagation
-la diminution de la bande passante le long de la fibre, diminution due à la
dispersion totale.
Une liaison de transmission par fibres optiques est constituée d’une
source lumineuse (DL ou DEL) qui convertit le signal lumineux. Ce signal,
injecté dans une fibre se propage avec une certaine atténuation et une certaine
dispersion. A la sortie de la fibre, le signal optique est converti en un signal
électrique à la l’aide d’une photo détecteur (PIN ou APD).

45
Chapitre II : Chaine de transmission optique

A cause de l’impossibilité de fabriquer des longueurs de fibres


importantes, il est nécessaire de réaliser des épissures entre fibres ce qui produit
des pertes supplémentaires.

PE (dBm) PRmin (dBm)


P0 (dBm) Fibre Optique P1 (dBm)

Source Epissure
Détecteur
optique optique
j (dBm/km) L (dB/km)

CE (dB/km) CR (dB/km)

Figure 2.5 : liaison par fibre optique sans répéteur (régénérateur) avec des
présentations des différentes puissances et atténuation.

Avec :
-PE : puissance rayonnée par la source
-P0 : puissance injectée dans la fibre
-P1 : puissance à la sortie de la fibre
-PRmin : puissance minimum captée par le détecteur correspondant au seuil de réception
-pour un rapport S/B ou un TEB donné.
- CE : affaiblissement de couplage entre la source et la fibre
- j : affaiblissement des différentes jonctions (fixes et amovibles)
- L : affaiblissement linéique de la fibre
- CR : affaiblissement de couplage entre la fibre et le détecteur.

II .5 Techniques de modulation [17] :

Afin de transmettre des informations dans les systèmes numériques


optiques, il faut les imprimer sur le signal à envoyer dans la fibre, c’est ce que
l’on appelle une modulation. Pour cela, il est nécessaire de réaliser une
conversion des données électriques en données optiques.

46
Chapitre II : Chaine de transmission optique

Il existe principalement deux techniques : la modulation directe et la


modulation externe.

II .4.1La modulation directe [17] :

-La modulation d’amplitude :

Un des principaux avantages de l’utilisation des lasers à semi-conducteur


pour les systèmes de télécommunications par fibres optiques réside dans le fait
qu’il est possible de les moduler facilement : la modulation du courant qui les
traverse entraîne directement la modulation en intensité de la lumière émise.
Cette technique est appelée modulation directe.
Ainsi, il suffit d’inscrire les données sur l’alimentation du laser.

Figure 2.6 : Modulation directe d’une diode laser.

- Les composants utilisés :

Cette solution de modulation directe requiert assez peu de composants.


En dehors de la source optique, le laser, seuls un générateur de courant et un
driver sont nécessaires (Figure 2.7). Le premier va émettre à un débit donné une
séquence de données, expression de l’information à transmettre. Le rôle du
driver est de commander la source optique au niveau des puissances émises (en

47
Chapitre II : Chaine de transmission optique

fixant les valeurs du courant d’alimentation). Pour cela, il modifie, transforme


les niveaux du courant issu du générateur.

Figure 2.7 : Synoptique de la modulation directe.

-Les limites :

La modulation directe connaît beaucoup d’avantages, en particulier le


faible coût de mise en œuvre. Mais elle comporte aussi des limites. Les lasers en
sont souvent la cause. Leur temps de réaction, les oscillations, le bruit créé font
que la modulation directe engendre pour les hauts et très hauts débits certaines
dégradations sur le signal optique modulé. A cela, la modulation externe
constitue un remède.

II .4.2 La modulation externe [17] :

II .4.2.1 principe :

Les propriétés des diodes lasers vues précédemment font que la


modulation directe est satisfaisante jusqu’à 5 gigahertz environs mais qu’au de
là, cette méthode n’est plus applicable. Trop de dégradation (oscillations de
relaxation, bruit,…) apparaissent et limitent les capacités de transmission.
La modulation externe est une bonne alternative permettant au laser d’émettre
un signal constant. Et tous les défauts dus à la modulation du courant de
polarisation seront atténués.

48
Chapitre II : Chaine de transmission optique

II .4.2.2 Les composants :

La modulation est effectuée sur une onde pure et constante et par un


composant indispensable : le modulateur externe. Celui-ci est commandé par
une tension externe v(t), modulée et représentative de l’information à
transmettre. Cette tension S Générateur de séquence Driver Laser 40 appliquée
au modulateur a pour propriété de modifier le facteur de transmission en
intensité en sortie. Le signal optique continu émis par le laser alimenté par un
courant constant est donc peu dégradé. En traversant le modulateur, il subit les
modifications du facteur de transmission et le signal de sortie se trouve modulé
selon v(t). Un driver est souvent présent entre les données et le modulateur afin
de fixer les niveaux de v(t) et choisir les modifications du facteur de
transmission.

Figure 2. 8 : Synoptique de la modulation externe.

Donc la modulation directe, plus simple et moins coûteuse est encore très
utilisée si les données sont transmises à un débit de quelques gigabits/s, selon
la qualité du laser. Mais au de là de 5 Gbits/s, la modulation externe est
indispensable pour maintenir une qualité de transmission correcte. Cependant,
le modulateurs ne sont pas parfaits et peuvent engendrer des défauts mais leur
impact est moins important.

49
Chapitre II : Chaine de transmission optique

II.5 Les techniques de transmission :

II .5.1Introduction :

Le multiplexage en longueur d’onde est une technique des transmissions


optiques apparue pour répondre au problème économique soulevé par le
nombre croissant d’installation de fibres optiques du à la demande grandissante
du débit d’informations.

Cette augmentation vient principalement de l’Internet avec son flot


d’images, de sons et de vidéos, ainsi que du nombre sans cesse croissant
d’utilisateurs.

En fait, le nombre de bits transporté par une fibre optique augmente plus
vite que la loi de Moore électronique qui prédit une augmentation doublée de la
puissance des processeurs tous les 18 mois, puisque pour le moment, la capacité
de transport d’une fibre est doublée tous les 12 mois.

Avant cette technique, toute nouvelle demande d’augmentation du débit se


traduisait par l’ajout de fibres optiques dont chacune propageait un signal.

Le cout d’une telle opération est exorbitant et ne permet ni d’être compétitif


ni d’étendre le marché vers le public.

Le WDM permet de multiplexer, c’est-à-dire de mélanger, plusieurs


longueurs d’onde, ou signaux, dans une même fibre. Le gain est bien
évidemment conséquent et est proportionnel au nombre de canaux que la fibre
permet de véhiculer.

50
Chapitre II : Chaine de transmission optique

II .5.2Définition :

On appelle multiplexage, la capacité à transmettre sur un seul support


physique (voie haute vitesse) des données provenant de plusieurs paires
d’équipements.
Le multiplexeur quant à lui est l’équipement de multiplexage permettant de
combiner les signaux provenant des émetteurs pour les faire transiter sur la
voie haute vitesse. Le démultiplexeur est l’équipement de multiplexage sur le
quel les récepteurs sont raccordés à la voie haute vitesse.
L’objet du multiplexage est la transmission de plusieurs communications
sur un même canal.

Emetteur 1 Récepteur 1

Emetteur 2 Multiplexage Démultiplexage Récepteur 2


canal

Emetteur k Récepteur k

Figure 2.9 : schéma de principe d’un système multiplexé

Afin d’augmenter, en pratique, la capacité des réseaux et d’optimiser


l’utilisation des ressources fréquentielles, différentes techniques de
multiplexages ont fait leur apparition.
II .5.3 Les techniques de multiplexage :

Une liaison optique est réalisée principalement à l’aide d’un laser, d’une fibre
optique conduisant le signal et d’une photo détectrice. L’émetteur transforme la
suite de bits à transmettre en modulation par onde porteuse. La fréquence de cette
onde détermine la bande passante disponible sur ce lien car au plus un bit par

51
Chapitre II : Chaine de transmission optique

période peut être transmis. La bande passante offerte par les communications
optiques est leur principal point fort étant donné que les fréquences des signaux
optiques peuvent aller de 1014 à 1015 Hz. Ainsi, il est possible théoriquement
d’atteindre des débits extrêmement élevées de l’ordre d’une centaine ou d’un millier
de Térabits (1 Tb = 1012 bits/sec) en utilisant la fenêtre spectrale autour de la
longueur d’onde 1.55 µ m. Ceci est d'autant plus intéressant qu'aujourd'hui le
nombre et la taille des informations échangées sont de plus en plus importants.
Néanmoins, actuellement, le traitement électronique des signaux électriques avant
modulation et après détection n'atteint pas de telles fréquences. C'est pourquoi
diverses solutions ont été imaginées pour profiter des capacités de la fibre optique
et donc augmenter le transfert d'informations sur un même canal. Dans la plupart
des cas, le principe reste identique : utiliser N signaux au débit D équivalent en
termes de capacité à un signal au débit N*D, irréalisable à l'heure actuelle. C'est ce
qu'on appelle le multiplexage, et les débits transportés seraient désormais plus
importants. Le signal concentré des flux d'origines diverses est appelé signal
multiplex. Pour conserver l'intégrité de chaque signal sur le canal, le multiplexage
introduit, entre les signaux, une séparation temporelle, spatiale ou fréquentielle.
Dans ce qui suit, nous allons évoquer certaines solutions de multiplexage proposées
pour profiter de la grande capacité d’une fibre optique en termes de débit.

II .5.3.1 Le multiplexage temporel (TDM) :

Le multiplexage TDM (Time Division Multiplexing, multiplexage


répartition temporelle (MRT)) consiste à affecter à un utilisateur unique la
totalité de la bande passante pendant un court instant, ceci à tour de rôle pour
chaque utilisateur (voir figure 2.10). L'allocation de cette bande passante se
fait en divisant l'axe du temps en périodes de durée fixe, et chaque utilisateur
ne va transmettre que pendant une de ces périodes déterminée. Un intervalle

52
Chapitre II : Chaine de transmission optique

de temps fixe (IT) est successivement assigné à une source.

Le multiplexage TDM permet alors de regrouper plusieurs canaux de


communications à bas débits sur un seul canal à débit plus élevé (par
exemple, conception d'un débit 40 G bits/s, à partir de 4 séquences à 10 G
bits/s).

Figure 2.10: Répartition des périodes dans le cas d'un multiplexage TDM.

L’inconvénient de cette méthode est le gaspillage de la bande passante.


En effet, utilisateurs émettent de manière asynchrone. C’est pour cela qu’on
peut avoir des ITs qui ne sont pas utilisées. La figure suivante explique ce
problème.

Figure 2 .11 : Représentation d'un multiplex TDM (4 voies vers 1) en fonction


des données initiales.

Il existe deux façons de multiplexage TDM qui sont utilisées dans les
réseaux optiques. Ces deux méthodes sont expliquées dans ce qui suit.

53
Chapitre II : Chaine de transmission optique

a- Optique OTDM :

Le multiplexage temporel peut être réalisé optiquement (OTDM,


Optical Time Division Multiplexing). L'émetteur est constitué de N sources
optiques en parallèle modulées au débit Db bits/s (Figure). Cette technique
nécessite que les signaux optiques soient ensuite codés de type RZ pour que
les impulsions codées aient désormais une durée inférieure à Tb/N et que le
multiplexage optique puisse se faire sans recouvrement optique. Par
exemple, un signal modulé à 40 G bits/s
peut être obtenu par multiplexage des sorties codées RZ de 4 modulateurs

optiques attaqués par des trains à 10 G bits/s.

Figure 2 .12: Synoptique d'un multiplexage OTDM.

Le multiplexage optique temporel n'est pas utilisé uniquement pour


accroître les débits transmis. Il fournit aussi une technique d'accès utilisable
dans les réseaux locaux. Le temps est partagé entre les différents utilisateurs :
chacun d'eux disposent d'une tranche temporelle pour émettre. Les différents
signaux sont " assemblés " pour être transmis sur une porteuse optique unique
(Figure 2.13).

54
Chapitre II : Chaine de transmission optique

Figure 2 .13: Réseau local à répartition temporelle.

b) Electronique(ETDM) :

L'OTDM a son équivalent en électronique, l'ETDM (Electronic Time


Division Multiplexing). Dans le cas de l'ETDM, le codage RZ et " l'assemblage
" des données se font électriquement (Figure 2.14).

Figure 2 .14 : Synoptique du multiplexage ETDM.

Le haut débit obtenu est ensuite utilisé pour la modulation du courant


de polarisation d'une diode laser et il n'y a qu'un seul signal lumineux émis.
Cette étape est schématisée sur la Figure ( 2.15) par la présence de trois
circuits électroniques et d'un multiplexeur électronique (circuit rapide).

55
Chapitre II : Chaine de transmission optique

Figure 2 .15: Schéma de principe du multiplexage ETDM dans les


communications par fibre optique.

On retrouve ce type de multiplexage temporel sur les canaux T1 aux Etats-


Unis qui regroupent 24 voies à 64 Kbits/s en une voie à 1,544 Mbits/s ou sur
les canaux E1 en Europe qui regroupent 30 voies analogiques en une voie à
2,048 Mbits/s.
Les canaux T1 ou E1 peuvent être multiplexés entre eux pour former des
canaux à plus hauts débits (Figure2.15). Cette hiérarchie des débits est appelée
hiérarchie numérique plésiochrone ou PDH (Plesiochronous Digital
Hierarchy).

Cette technique présente toutefois un inconvénient dans le cas de la PDH.


L'accès ou l'insertion d'une information dans un canal E4 oblige à
démultiplexer l'ensemble du train numérique. De même les technologies
SONET (Synchronous Optical Network) et SDH (Synchronous Digital
Hierarchy) utilisées comme techniques de transport dans les réseaux
téléphoniques des grands opérateurs pratiquent un multiplexage temporel
pour assembler plusieurs lignes en une seule ligne de débit supérieur.
Contrairement au multiplexage temporel, la technique WDM permet de
concentrer N signaux dans un seul canal.

56
Chapitre II : Chaine de transmission optique

II.5. 3.2 Le multiplexage fréquentiel FDM (Frequency Division Multiplexing) :

C’est la technique la plus ancienne qui était la seule lorsque le


téléphone était purement analogique. A chaque interlocuteur, ou chaque
message, est alloué une bande de fréquence. En pratique le message est utilisé
pour moduler (à l’origine en amplitude, parfois avec suppression de
porteuse) une fréquence porteuse. Les différentes porteuses ainsi
modulées sont juxtaposées et l’ensemble transmis sur le canal.
A la réception des filtres sélectifs isolent les différentes porteuses qui
sont démodulées. Si les fréquences porteuses sont parfaitement connues ou
restituées, il est possible d’effectuer une démodulation cohérente (synchrone).

II.5.3.3Le Multiplexage en longueurs d’onde(WDM) :

Afin de pouvoir exploiter au mieux l’énorme bande passante de la fibre


optique une technique WDM (Wavelength Division Multiplexing), appelé «
gâteau » a été développée pour le multiplexage en longueur d’onde. En WDM,
le « gâteau » de la bande passante est divisé en “tranches”, et dans chacune de
ces tranches, on insère une longueur d’onde ou « couleur » qui porte un
signal binaire. Dans la fibre toutes les couleurs sont transmises ensemble
(multiplexées optiquement). En réception, les couleurs utilisées sont séparé
par des filtres optiques, puis une démodulation individuellement pour
chaque couleur pour en extraire sa capacité.

Figure 2.16: Multiplexage temporel dans la hiérarchie PDH en Europe.

57
Chapitre II : Chaine de transmission optique

L’espacement entre deux « tranches du gâteau » ou entre couleurs


dépend des techniques de transmission et de filtrage. La capacité transmise
est directement liée à la taille de la couleur.
WDM est une transposition du multiplexage en fréquence dans les
systèmes de communications optiques. De même manière qu’en FDM, dans un
système WDM des séquences de données modulent plusieurs lasers de
longueurs d’ondes différentes. Les résultats de ces modulations sont transmis
sur une même fibre optique par l’intermédiaire d’un multiplexeur WDM. Pour
recouvrer les données émises, un filtre optique permet en réception, la
sélection de la longueur d’onde correspondant au signal à reconstituer. La
principale différence entre les systèmes FDM et WDM réside dans le fait qu’en
WDM, les porteuses optiques sont identiques et que les longueurs d’ondes
sont séparées par un filtre optique avant détection du signal car la détection
optique, incohérente, ne présente aucune sélectivité fréquentielle à la fréquence
intermédiaire.

Figure2.17: WDM.

Pour assurer une qualité de transmission du signal dans la fibre, il faut


déterminer l’espacement minimum à respecter entre les longueurs d’onde émises
par chaque source pour s’assurer qu’il n’y ait pas de chevauchement.

58
Chapitre II : Chaine de transmission optique

Ces espacements dépendent de plusieurs facteurs :


- qualité de la fibre
- qualité des multiplexeurs/démultiplexeurs
- longueur de transmission
- qualité des sources
- débit des données de chaque source
La fibre optique transporte alors un débit numérique égal à N*D. Ce débit
numérique est souvent définit comme capacité du système.

II .6 La technologie optique et le multiplexage WDM :


Une liaison optique est réalisée principalement à l'aide d'un
“Laser”, d'une fibre optique conduisant le signal et d'un photo-détecteur.
L'émetteur transforme la suite de bits à transmettre en modulation d'une
onde optique porteuse. La fréquence de cette onde détermine la bande
passante disponible sur le lien car au plus un bit par période peut être
transmis.
La bande passante offerte par les communications optiques est leur
principal point fort : les fréquences des signaux optiques allant de 1014 à
1015 Hz, il est possible d'atteindre, en théorie, la centaine ou le millier
de térabits par seconde (1 Tb = 1012 bits). Par exemple, un objectif de
France Télécom est de diffuser 18000 chaînes de télévision dans le
monde en haute définition, ce qui représente des flux d’environ 5 10 Tb / s.
L'autre intérêt des communications optiques est dû aux fibres
optiques qui les portent. Celles-ci sont moins volumineuses, plus légères
et moins chères que les câbles électriques utilisés dans les réseaux de
générations précédentes. De plus elles présentent des taux
d'atténuation du signal bien inférieurs à ceux des câbles en cuivre et des

59
Chapitre II : Chaine de transmission optique

taux de pertes microscopiques, même pour de grandes distances : pour des


débits allant jusqu'à 1 Gb/s, le signal présente un taux d'erreur considéré
comme nul (< 109 erreurs par bit) jusqu'à 200 Km. En plaçant des
répéteurs le long d 'un lien, il est facile et peu coûteux d'obtenir des
liaisons optiques de plusieurs milliers de kilomètres (comme la fibre Europe
Australie).

Ces deux atouts, faibles coûts comparés et faibles taux de pertes,


ont permis l'explosion des liaisons intercontinentales.

Un problème se pose alors. La bande passante disponible dans les


réseaux modernes est titanesque, mais les consommateurs de cette
ressource restent des équipements électroniques (serveurs Web,
visioconférence, téléphonie, télévision,...) qui sont loin de l'exploiter
complètement.
Une réponse technologique à ce décalage est le multiplexage des
flux d'informations. Les techniques de multiplexage permettent d'exploiter
une plus large bande passante de la fibre que celle qu'utilise un seul
émetteur. Elles consistent à mélanger plusieurs flux d'information qui seront
transmis sur la même fibre. La juxtaposition des flux peut se faire
temporellement sur une même onde (multiplexage temporel) : l'onde est
découpée en périodes de courte durée, sur lesquelles chaque flux est
codé. La modulation de l'onde pendant cette durée se fait selon le flux
d'information correspondant. Ce type de multiplexage trouve ses limites dans
le coût prohibitif des équipements et dans la lenteur des systèmes
optoélectroniques existants.

60
Chapitre II : Chaine de transmission optique

Figure 2.18 : Technique de multiplexage WDM.

La technologie du multiplexage en longueur d'onde WDM (pour


Wavelength Division Multiplexing) résout ce problème au prix d'une
plus grande complexité d'optimisation. Cette technique est le standard
actuel dans les réseaux optiques. Elle consiste à transférer simultanément
plusieurs signaux de longueurs d’onde différentes à travers de nombreuses
fibres optiques.
La modulation d'une onde se fait de la manière classique. Les ondes
sont ensuite multiplexées et démultiplexées par des systèmes optiques
passifs s'apparentant au prisme. L'avantage de ce type de multiplexage
est qu'il n'est pas tributaire de la vitesse des équipements
électroniques. Cependant le nombre de longueurs d'onde qu'une
fibre peut transporter est borné, même s'il a augmenté de façon
surprenante ces dernières années : d'une dizaine de longueurs d'ondes à
moyen débit il y a quelques années, on est passé à plusieurs milliers de
longueurs d'onde à très haut débit.

61
Chapitre II : Chaine de transmission optique

II .6.1 Les différents composants d’un système WDM :

II .6.1.1 les modulateurs :

Servent à convertir les données numérique en ondes, soit par modulation


d’intensité, soit par modulation d’amplitude, tandis que les démodulateurs ont
la charge de reconvertir les signaux optiques en données numériques. Le moyen
le plus efficace de moduler et démoduler les signaux consiste à utiliser des
diodes lasers (modulation interne).

II .6.1.2 Les multiplexeurs / démultiplexeurs :

Utiliser pour grouper ou séparer les voies de longueurs d’onde différentes,


les multiplexeurs /démultiplexeur jouent un rôle primordial dans WDM.

II .6.1.3 les amplificateurs optiques (EDFA) :

L’amplificateur a fibre optique dopé a l’erbium est une technologie sur


laquelle reposent les stations intermédiaires dans les systèmes de transport
longue distance. Les EDFA permettent d’amplifier simultanément toutes les
longueurs d’ondes, sans conversion des signaux électriques. Les éléments de
base d’un amplificateur optique dopé à l’erbium sont :

La fibre monomode dont le cœur contient des ions de terre rare (l’erbium
pour l’amplification autour de 1.55 µm), et laser de pompage de forte puissance,
et un multiplexeur pour coupler la pompe (laser) et le signal a l’intérieur de la
fibre, et l’isolateur optique (des filtres) peuvent également être utilisé pour
égaliser le gain dans la plage d’amplification.

62
Chapitre II : Chaine de transmission optique

II .6.1.4 Les isolateurs :

En optique comme en électricité, un isolateur est un dispositif passif non


réciproque qui a une faible atténuation dans un sens et une forte atténuation
dans l’autre sens. Il a donc une entrée et une sortie.

Dans les systèmes de télécommunications par fibre optique, les isolateurs


sont le plus souvent employés pour atténuer la lumière issue des réflexions
parasites, qui, par exemple en revenant dans le laser, vient troubler son
fonctionnement. Les occasions d’avoir des réflexions tout au long de la ligne
sont fréquentes (un connecteur optiquement mal adapté, une extrémité de fibre
mal coupée, …..). Ces réflexions intempestives augmentent le bruit RIN
(Relative Intensité Noise) de ces lasers.

Les isolateurs sont également utiliser dans les amplificateurs optiques à


fibre dopée afin de les empêcher de résonner et de se transformer en lasers s’il y
a réflexion.

Les pertes d’insertion sont liées à l’absorbation dans les différents


éléments. Elles ne dépassent pas 2.5 dB est tout à fait possible.

II.6.2 Les paramètres importants d’un système WDM :

Un système WDM est caractérisé par trois paramètres importants : le


premier est sa portée optique, le second est l’espacement entre amplificateurs et
le dernier est sa capacité.

II .6.2.1 La portée optique :

La portée optique est la distance maximale qui peut être couverte sans
régénération optoélectronique du signal.

63
Chapitre II : Chaine de transmission optique

Cette portée est principalement limitée par le niveau de bruit en réception


et donc par le rapport signal à bruit admissible en fin de transmission ainsi que
par l’accumulation des défauts de propagation.

Si les amplificateurs sont capables de composer les pertes apportées par


fibre, l’amplification s’accompagne de bruit d’émission spontanée amplifiée qui
vient s’ajouter aux autres contributions de bruit. Mais l’usage des codes
correcteurs d’erreurs combinées avec les progrès réalisés dans l’optimisation
des conditions de propagation de propagation peuvent être mis à profit pour
accroitre la portée optique des systèmes à base de 2.5 et 10 Gbit/s.

Ainsi, l’offre s’est récemment diversifiée avec l’introduction des systèmes


terrestres “très longue distance “ (VLH Very Long Haul), “ ultra longue
distance “ (ULH Ultra Long Haul) et extrêmement longue distance (ELH
Extremely Long Haul) aux côtés des systèmes “longue distance “ (LH Long
Haul) déjà existants.

II.6.2.2 Espacement entre amplificateurs :

Le choix de l’espacement entre amplificateurs influence fortement les


limites de la portée. Pour une distance donnée, la puissance de bruit augmente
de manière quasi exponentielle avec l’espacement entre amplificateurs. Par
exemple, considérant une portée de 1000Km, avec une fibre de 0.25 dB /Km,
porter l’espacement entre amplificateurs de 50 à 100 Km augmente le gain des

amplificateurs (et donc la puissance de bruit de chacun d’eux) de 50 fois


0.25=12.5 dB, tandis que leur nombre est divisé par deux ‘ d’où une
amélioration de 3 dB). La puissance totale de bruit sera donc augmentée de 9.5
dB, et la puissance de sortie des amplificateurs devra être augmentée d’autant
pour conserver le même rapport signal à bruit. Réduire donc cet espacement

64
Chapitre II : Chaine de transmission optique

conduit, toutes choses égales par ailleurs, à accroitre le rapport signal à bruit
optique en réception. Ce gain peut être mis à profit pour augmenter la portée
du système. En revanche, un espacement réduit induit un cout supplémentaire
pour l’operateur, en termes non seulement d’investissements mais aussi de
couts opérationnels, par l’accroissement du nombre de sites à superviser.

II.6.2.3 La capacité :

La capacité d’un système relève du choix de deux paramètres : le nombre


de longueurs d’onde et le débit unitaire transporté par chacune. Le choix pour
obtenir une capacité donnée dépend de considérations à la fois technique et
économiques et des caractéristiques des équipements en interface.

II.6.3 L’augmentation en capacité d’un système WDM :

Depuis quelques années, la capacité WDM a augmenté de manière de


considérable. Toutes fois pour atteindre des capacités encore plus grandes, il
faudra augmenter le débit binaire par canal ou augmenter le nombre de canaux
ou les deux à la fois. Nous allons donc étudier dans ce qui suit la montée en
capacité des systèmes WDM.

II.6.3.1 Accroissement du débit par longueur d’onde :

Le principe consiste à augmenter le débit transmis par longueur d’onde,


de façon à réduire à débit total donné le nombre de canaux. C’est grâce à
l’électronique rapide et l’intégration des composants électroniques et optiques
qu’on peut traiter dans les équipements d’extrémités des débits de plus en plus
élevés.

Les principales difficultés à surmonter au niveau de cette technique sont


de trois ordres. En premier lieu, il est nécessaire de disposer, à des conditions
économiquement viables, de l’ensemble des dispositifs électroniques et

65
Chapitre II : Chaine de transmission optique

optoélectroniques élémentaires permettant d’effectuer les opérations de


modulation et démodulation de la porteuse optique, régénération du train de
données incluse.

Si ces sous-ensembles furent disponibles à 2.5Gbit/s des le début des


années 1990, il a fallu attendre 1998 pour pouvoir en disposer à 10 Gbit/s et leur
développement à 40Gbit/s, encore en cours, ne représente pas le moindre des
problèmes à résoudre.

En second lieu, transmettre un débit plus élevé impose de disposer, à


performance égale, d’un rapport signal à bruit accru (augmenté de 6 dB pour
un débit multiplié par quatre). Deux options peuvent être choisies par le
concepteur : soit gagner sur ce rapport en augmentant la puissance du signal
utile, à condition de maitriser les effets de propagation induits ou en réduisant
le bruit par réduction de l’espacement entre amplificateurs ; soit accepter un
rapport signal à bruit inferieur tout en recouvrant un taux d’erreur par
l’élément binaire (TEB) acceptable par usage de code correcteur d’erreur. Les
gains obtenus avec les codes en bloc de sur débit de 10% actuellement utiliser
sont non négligeables (de l’ordre de 5 dB). Il n’est pas actuellement envisager de
recourir a des codes de sur débit supérieure a 25 %, offrant encore plus d’un dB
de gain supplémentaire.

II.6.4Les différents types de multiplexage WDM :

L’intérêt premier du WDM est de permettre le transport de débits


d’informations très importants sur une même fibre, à destination de plusieurs
utilisateurs.

-il existe plusieurs types de multiplexage en longueur d’onde :

66
Chapitre II : Chaine de transmission optique

●DWDM :(Dense Wavelength Division Multiplexing) la technologie


WDM est dite dense (DWDM) lorsque l’espacement utilisé est égale ou
inferieur a 100GHZ [18].

●UDWDM : (Ultra Dense Wavelength Division Multiplexing) les


espacements sont encore plus faibles, des systèmes à 10GHZ (0.08nm)
permettent d’obtenir

400 canaux optiques [18].

●CWDM : (Coarse Wavelength Division Multiplexing) ce système


permet le multiplexage en longueur en longueur d’onde avec des espacements
de 20nm. [18]

II. 7 Fonctionnement des réseaux optiques WDM :

Les réseaux optiques fonctionnent pour la plupart en mode connecté :


lorsqu’un émetteur veut se mettre en communication avec un récepteur,
un chemin optique doit être assigné à la communication. Un chemin
optique est par la donnée d’une suite de fibres allant de l'émetteur au
récepteur et de la longueur d'onde utilisée sur chaque fibre. Cet ensemble
de données constitue le routage de la communication.

L’affectation des longueurs d'onde doit satisfaire une contrainte


forte : deux chemins optiques utilisant la même fibre ne peuvent être
porté par la même longueur d'onde. Dans le cas contraire, les signaux se
brouilleraient mutuellement et les informations qu'ils transportent seraient
perdues.

Certains routeurs permettent de faire de la conversion de


longueur d'onde, c’est-à-dire permettent à un chemin qui rentre dans le

67
Chapitre II : Chaine de transmission optique

nœud avec une certaine longueur d'onde d'en ressortir avec une autre.
On peut distinguer deux types de schéma de conversion:

- la conversion totale où un chemin utilisant une longueur d'onde


quelconque en entrée peut ressortir avec n'importe quelle autre longueur
d'onde (toujours sous contrainte qu'il n'y ait pas deux chemins utilisant la
même longueur d'onde sur la même fibre).
- et la conversion partielle où une longueur d'onde particulière ne peut être
convertie qu'en une longueur d'onde appartenant à un ensemble
dépendant de la longueur d'onde de départ.

Ces deux types de routeurs existent, mais dans la suite de notre travail,
nous ne considérerons que des réseaux dits « transparents », c’est-à-dire sans
conversion en longueur d’onde.

En théorie, une fibre peut-être parcourue par un signal dans les


deux sens. En pratique toutefois, des contraintes technologiques dues au
placement des équipements d’émission et de réception des nœuds, imposent
des communications unidirectionnelles. Par ailleurs, le coût d'une fibre
supplémentaire entre deux nœuds étant minime, les réseaux sont la
plupart du temps symétriques. Nous considérerons donc par la suite des
réseaux multifibres symétriques. Nous considérons aussi que tous les liens
ont le même nombre de fibres. Cette simplification reste proche de la réalité
puisque les fibres sont regroupées dans des câbles de tailles standardisées.
Un tel réseau est dit « k-fibres », où k est le nombre de fibres par lien.

68
Chapitre II : Chaine de transmission optique

II .8Le multiplexage par division code (CDMA) :

Le multiplexage par division de codes, appelé aussi Code Division


Multiple Access (CDMA), est une technique de multiplexage plus récente que
le TDM et le FDM. Dans cette technique d’accès multiple, les utilisateurs
partagent le même espace fréquentiel et transmettent sur les mêmes
intervalles temporels. En effet chaque utilisateur émet sur toute la largeur de
bande du canal de communication. Il s’agit dans ce cas, d’affecter à chaque
émetteur un code, aussi appelé signature ou encore séquence de code, qui lui
permet de transmettre des informations en évitant d’interférer avec les
messages provenant d’autre utilisateurs. Le CDMA permet aux différents
utilisateurs de transmettre leurs données sur n’importe quelle fréquence et
sans nécessiter de synchronisation entre eux. En effet contrairement aux
techniques TDM, FDM et WDM, la capacité de multiplexage du CDMA n’est
pas limitée par des paramètres physiques (intervalles de temps disponibles,
fréquences ou longueurs d’ondes utilisables, exc.) mais par la capacité à
générer un maximum de séquences de codes, celles-ci étant choisies de
manières à minimiser les Inter fréquences d’Accès Multiple (IMA).

Figure 2.19 : CDMA

69
Chapitre II : Chaine de transmission optique

II .9Le multiplexage en longueur d’onde (WDM) [19] :

a- Principe :

Le multiplexage en longueur d'onde (Wavelength Division Multiplexing,


WDM), consiste à envoyer dans une seule fibre N porteuses optiques à
différentes longueurs d'onde transmettant chacune un débit Db. Ce n’est plus
l’axe du temps qui est découpé en périodes pour chaque utilisateur mais la
bande passante. Et chaque sous-bande est affectée à une voie (Figure 2.20).
Ainsi plusieurs transmissions peuvent être faites simultanément, chacune sur
une bande de fréquences particulières (figure 2.21). Ce procédé est encore
appelé multiplexage en fréquence (Frequency Division Multiplexing, FDM). Ces
deux termes recouvrent la même notion, mais par habitude, on parle de
multiplexage en longueur d’onde lorsque la séparation entre deux canaux est
relativement grande (typiquement plus de 1 nm), tandis que l’on parle de
multiplexage en fréquence lorsque cet écart est relativement petit.

Figure2. 20 : Répartition des sous-bandes dans le cas d’un multiplexage WDM.

Figure 2. 21 : Transmission de données optiques effectuée avec chacune


une fréquence propre.

70
Chapitre II : Chaine de transmission optique

b- Description :

L'utilisation du multiplexage WDM nécessite un ensemble de diodes


laser émettant à des longueurs d'ondes différentes mais assez proches (dans le
voisinage des 1550 nm), et de multiplexeur/démultiplexeur optiques pour
combiner/séparer l'ensemble des signaux optiques dans/de la fibre.

Afin d'assurer une bonne qualité de transmission du multiplex dans la


fibre, il est important de déterminer l'espacement minimum à respecter entre
les longueurs d'onde émises par chacune des sources. Cette grandeur
dépend de plusieurs choses : qualité de la fibre, qualité des
multiplexeur/démultiplexeur, longueur de transmission, qualité des sources,
débit des données de chaque source, etc. La fibre optique transporte alors un
débit numérique égal à N * Db. Cette dernière est souvent définie comme la
capacité du système.

La norme ITU-T G692 définit la plage de longueurs d’ondes dans la


fenêtre de transmission de 1530 à 1565 nm et un espacement normalisé entre
deux longueurs d’ondes de1,6 ou 0,8 nm. Le multiplexage de longueur
d’onde se fait exclusivement sur fibre monomode. Lorsque l’espacement
utilisé entre deux longueurs d’ondes est égal ou inférieur à
0,8 nm ou lorsque plus de 16 canaux sont utilisés, on parle alors de
DWDM (Dense Wavelength Division Multiplexing) décrit par la
recommandation ITU-T G.694.1.

C. Avantages :

Aujourd’hui, il est possible d’atteindre des débits pouvant aller à 10


Tbits/s. En effet, il existe des systèmes proposant de 4 à 80 canaux optiques à

71
Chapitre II : Chaine de transmission optique

2,5 G bit/s et plus par canal. Par exemple un système à 16 canaux de 2,5
Gbit/s (soit 40 Gbit/s) permet l’acheminement de 500000 conversations
téléphoniques simultanément sur une seule fibre optique. Des recherches sont
actuellement en cours pour accroître le débit offert sur chaque canal.
Ainsi, on peut trouver sur une même fibre de la voix dans des trames
SDH, de la vidéo dans des cellules ATM, des données dans des trames IP, etc.
Le multiplexage de longueur d’onde est donc une technologie de transport
indépendante des protocoles. DWDM apporte une réelle solution aux
pénuries de bande passante.

d- Pénalités :

A chaque multiplexage ou démultiplexage de longueur d’onde, il y a


des pertes appelées pertes d’insertion. Pour compenser ces pertes, on utilise
des amplificateurs. Mais il y a d’autres perturbations qui déforment le signal.
En effet, des phénomènes non linéaires se produisent lors de la propagation
du signal dans la fibre dépendamment du niveau de puissance véhiculé.
Il apparaît des risques de diaphonie et d’interférence entre canaux
existent. Ces risques sont liés principalement aux phénomènes d’auto-
modulation du gain dans les amplificateurs optiques (EDFAs ou SOAs)
ainsi qu’au passage d’une certaine quantité de puissance des canaux adjacents
à travers les lobes secondaires des éléments d’insertion et d’extraction de canaux.

II. 10 Routage optique :

Dans le cas des réseaux optiques WDM, on appelle demande de


communication un couple (émetteur, récepteur) qui doit être connecté
par un chemin dans le réseau. Un ensemble de demandes de
communication est appelé une instance de communication.

72
Chapitre II : Chaine de transmission optique

Réaliser une instance de communication consiste à trouver un


routage optique, i.e. un multi ensemble de chemins reliant chaque demande
de communication de l'instance et une affectation de longueurs d'onde à
ces chemins satisfaisant à la contrainte des réseaux WDM : deux
chemins traversant une même fibre, ne peuvent pas se voir affecter la même
longueur d'onde et un chemin doit utiliser une seule longueur d’onde tout
au long des fibres parcourues (contrainte de continuité de longueur d’onde).
Dans ce contexte, le problème que les opérateurs voudraient voir
résoudre est le suivant : étant données la topologie d'un réseau (c'est-à-
dire l'ensemble des nœuds et des câbles reliant ces nœuds) et une
instance de communication, trouver le réseau le moins cher tel qu'il soit
possible d'y réaliser l’instance. Mais avec la contrainte de « continuité de
longueur d’onde » le problème se distingue sûrement plus compliqué.

Dans la littérature, le routage optique est connu aussi sous le nom de «


Problème d’affectation de chemin et de longueur d’onde ». Et cela vient du
fait que pour un ensemble de demandes de connexions qui ont besoin d’être
établies et un ensemble de contraintes relatives au nombre de longueur
d’onde, il est nécessaire de déterminer les routes sur lesquels les connexions
vont être établies et les longueurs d’onde qui vont être affectées à ces
connexions.

II. 10.1 Les classe de trafic :

Typiquement, on distingue trois classes de trafic :

-1- Trafic statique : Toutes les connexions sont connues en avance donc le
problème sera ramené à l’établissement d’une route-optique avec un

73
Chapitre II : Chaine de transmission optique

minimum de ressources réseau utilisées (les L.O et les fibres).


Ce problème est connu sous le nom de SLE : Static Lightp Establishment.

-2- Trafic incrémental : L e s requêtes arrivent séquentiellement et une


route-optique est attribuée pour chaque connexion et reste indéfiniment sur le
réseau.

-3- Trafic dynamique : Une route-optique est établie juste à l’arrivé d’une
connexion et elle sera libérée après une période de temps.

Au niveau de ces deux derniers types de trafic, l’objectif est d’assurer le


maximum de connexions établies sur le réseau à un moment donné ou réduire
au minimum le taux de blocage et de rejets des demandes de connexion. Ces
problèmes sont connus sous le nom de DLE : Dynamic Lightpath
Establishment.

Pour les problèmes SLE, qui sont des problèmes NP-complet, des
algorithmes sont utilisés tandis que pour les problèmes DLE qui sont plus
difficiles, généralement ce sont des méthodes heuristiques qui sont
employées. Et la problématique, pour les deux, pourra être divisée en deux
sous problèmes (qui vont être présentés dans la section suivante) :

1- Problème du routage
2- Problème d’affectation de longueur d’onde.

II. 10.2 Problème du routage :

On peut distinguer trois approches basiques de routage dans la littérature:

74
Chapitre II : Chaine de transmission optique

-Routage fixe : La plus simple des approches pour router une connexion
est de toujours prendre le même chemin, en fait les routes sont calculées pour
les paires source/destination en OFF-LINE et à l’arrivée de chaque requête
pour une paire <s, d> un chemin <p> pré calculé va être assigné.

Avantage : Simplicité.
Inconvénients : Grande probabilité de blocage suite à une congestion ou
panne sur un lien.
-Routage fixe/auxiliaire : Chaque nœud doit maintenir une table de routage
contenant un ensemble de chemin pour chaque paire <s, d>, un primaire et les
autres auxiliaires.

Avantage : Dépassement du problème des défauts sur les liens et


réduction de la probabilité de blocage relativement au routage précèdent pour
des réseaux spécifiques.

-Routage adaptative : Dans ce cas la route est choisie dynamiquement


suivant l’état du réseau.

Avantage : une probabilité de blocage moindre que les deux exemples


précédents. Inconvénients : une complexité de calcul qui se greffe.

II. 10.3 Problème d’affectation de L.O :

Le problème d’affectation de longueurs d’ondes est décomposé en


deux grands problèmes:

75
Chapitre II : Chaine de transmission optique

II. 10.3.1 Le problème d’affectation statique de longueurs d’onde :

Comme il a été dit précédemment, les demandes de connexions sont


connues à l’avance et les opérations de routage et d’attribution de longueur
d’ondes sont exécutées en mode OFF-LINE (avant l’arrivée des demandes).
Généralement, l’objectif d’un tel problème est de minimiser le nombre de
ressources (L.O) nécessaires pour la mise en place d’un ensemble de
connexions sur une topologie physique bien définie. Un autre objectif peut
être la maximisation de nombres de demandes de connexions acceptées, ainsi
les solutions auront tendances à établir des connexions plus courtes
traversant un nombre réduit de liens optiques.

Etant donné un ensemble de demandes de connexions, une topologie de


réseau physique et un ensemble de L.O disponibles. Un chemin est choisi pour
chaque demande de connexion, ainsi le nombre de connexions traversant un
lien physique défini la congestion sur ce lien. Il est à noter que les L.O doivent
être attribuées de telle façon que 2 connexions qui partagent le même lien
physique ne partagent jamais la même LO.

II. 10.3.2 Le problème d’affectation dynamique de longueur d’onde :


Dans cette partie dix heuristiques vont présentées :

-1- Random Wavelength Assignement :


Cette heuristique s’exécute en deux étapes, en premier lieu un ensemble
de longueurs d’ondes disponibles sur la route spécifiée est cherchée, et en
second lieu un tirage aléatoirement de cet ensemble va servir la connexion sur
cette route.

76
Chapitre II : Chaine de transmission optique

-2- First Fit :


Dans ce modèle, toutes les longueurs d’ondes sont numérotées et la
recherche d’une L.O disponible sur une route spécifiée se fait en considérant
celles d’indices minimum en premier lieu (recherche dans un ordre
croissant : minimisation de l’espace de recherche). La première LO
disponible sera prise, l’idée derrière une telle approche est d’utiliser tant que
possible une portion de l’espace des longueurs d’ondes pour servir les
demandes de connexions et ceci dans le but d’assurer la disponibilité de L.O
pour des connexions ayant des chemins assez long et qui va assurer dans une
autre vision la minimisation de probabilité de blocage.

-3- Least-Used/SPREAD :
Cette approche choisit la L.O qui est la moins utilisée sur le réseau, afin
d’équilibrer la charge sur l’ensemble des L.O. Cette approche finira par
épuiser rapidement toutes les L.O disponibles sur le long chemin, ainsi le
réseau ne pourra plus que servir les demandes de connexions utilisant un
ensemble réduit de liens.

-4- Most-Used/PACK :
Cette approche est l’opposé de celle présentée précédemment, en effet la
L.O choisie est celle la plus congestionnée.

-5- Min-Product :
Cette approche est similaire à celle du First Fit mais la seule différence
réside dans la nature du réseau d’application : MP est utilisée dans les réseaux
multifibres tandis que FF dans un réseau à fibre unique.

77
Chapitre II : Chaine de transmission optique

-6- Least Loaded :


Désigné aussi pour les réseaux multifibres, cette heuristique choisit la
L.O qui a la plus grande valeur de capacité résiduelle sur le lien le plus
chargé d’une route spécifiée.

-7- MAX-SUM :
Proposé pour les réseaux multifibres mais peut être appliqué aux
réseaux mono-fibre. MS considère tous les chemins possibles (les connexions
ave leurs chemins présélectionnées) sur le réseau et essaye de maximiser la
capacité restante sur chemin après l’établissement d’une connexion. Cet
heuristique assume que la matrice du trafic est connue à l’avance, et
que la route pour chaque connexion est présélectionnée.

-8-Relative Capacity Loss: (Meilleur performance/Implémentation


coûteuse).

Basé sur MS (MS peut être vue comme une approche permettant la
minimisation de capacité perdu sur les chemins optiques), RCL est lancé suite à
l’observation que la minimisation de la capacité totale perdue ne mène pas au
meilleur choix, ainsi cette approche calcule la capacité relative pour chaque
chemin sur chaque L.O disponible et choisi alors la L.O qui minimise la
somme des pertes de capacités sur tous les chemins.

Toutes les heuristiques présentées précédemment ont généralement


pour objectif de minimiser le taux de rejet de connexions. Cependant, en
considérant que les connexions nécessitant de longs chemins ont une plus
grande probabilité de rejet alors d’autres schémas ont été proposé pour essayer
de protéger les chemins assez longs. Ces approches sont :

78
Chapitre II : Chaine de transmission optique

-9-Wavelength Réservation.
-10- Protecting Threshold.

Contrairement aux autres approches, ces schémas:


-Ne spécifient pas la L.O à choisir, mais spécifient si une demande de
connexion peut avoir une L.O ou non en se basant sur l’instance courante de
l’utilisation des L.O sur le réseau.
-Ne peuvent pas fonctionner seules et ils doivent être combinés avec
d’autres approches d’attribution de L.O.
-Leur objectif primordial est de protéger seulement les connexions
traversant un nombre assez grand de liens (des chemins longs).
Durant plusieurs années, les travaux de recherches ont porté sur le
problème RWA, comme présenté précédemment en deux sous problèmes
majeurs: le routage et l'affection des longueurs d'ondes. Or chacun de ces
problèmes est difficile à résoudre. De ce fait, de nombreuses heuristiques ont
été proposées pour résoudre d'abord le problème du routage et ensuite le
problème de l'affectation de longueurs d'ondes.
Cette approche est spécifique aux réseaux WDM ainsi les solutions
présentés sont dédiées aux réseaux WDM. Cette restriction du modèle a amené
la communauté scientifique à choisir une représentation plus générale, c'est-à-
dire qui peut s'appliquer à une variété de réseaux (et en particulier les réseaux
WDM). Ce modèle appelé, « modèle du graphe à niveaux », va être présenté
dans le chapitre suivant.

79
Chapitre II : Chaine de transmission optique

II .11 Conclusion

La liaison sur fibre optique pour télécommunication optique nécessite la


compréhension de certain terme comme le bilan de liaison ainsi que les diverses
technique de modulation utilisent telle que les différentes strates du réseau de
télécommunication par fibre optique et les techniques de multiplexage utilisées
pour une transmission optimisée car la technique de multiplexage la très
utilisée aujourd’hui dans les réseaux de communications optiques est WDM.

80
Chapitre III:

Simulations et Interprétation des


résultats
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

III .1 Introduction :
Comme le résument les deux chapitres précédents, le développement des
télécommunications par fibre optique a multiplié les architectures des réseaux,
les techniques de codage et les composants disponibles. La conception des
systèmes associés est de plus en plus complexe, tant le nombre de paramètres
influant sur les performances de la liaison est important. Aussi, les outils de
simulation constituent une assistance de plus en plus utilisée pour aider à
trouver rapidement des solutions, aussi bien au niveau du composant que du
Système.
Ce troisième chapitre sera consacré à la présentation des différentes
fenêtres du logiciel de simulation appelé COMSIS. Puis sera venu le temps de
présenter l’ensemble des résultats de simulations obtenus pour une liaison
optique. Enfin, une étude sur l’influence de certain des composants de cette
liaison sur les performances d’un système de transmission, a été entamée et sera
présentée dans ce dernier chapitre. Ce chapitre propose une description
exhaustive de COMSIS, le logiciel de simulation retenu pour cette étude,
destinée à faciliter la connaissance et la maîtrise du simulateur par les futurs
utilisateurs.

III .2 Le simulateur système COMSIS :


Le développement des télécommunications par fibres optiques a multiplié
les architectures des réseaux. La conception des systèmes associés est un
problème de plus en plus complexe, tant le nombre de paramètres influant sur
les performances de la liaison est important. De plus, il est demandé à ces
derniers à la fois de transporter des capacités d’informations de plus en plus
importantes, et de se renouveler très rapidement. La méthode expérimentale,
qui consiste en des mesures itératives sur un banc de test, est très coûteuse en

81
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

temps et en argent. Aussi, les outils de simulation constituent une assistance


intéressante pour trouver des solutions, aussi bien au niveau du composant que
du système. Les logiciels peuvent être une aide à la conception et à la prise de
décision, tout en évitant la multiplication d’essais compliqués et onéreux. Ils
permettent de prendre en compte les améliorations technologiques des
composants, parfois même avant qu’ils ne soient disponibles sur le marché.
Non seulement ils vont mesurer la qualité de transmission d’une liaison, mais
aider à en optimiser les performances.
En plus de l’aide précieuse qu’ils sont à même d’apporter pour le
développement des systèmes actuels, les simulateurs de systèmes de
transmissions optiques peuvent être d’une grande utilité pour la recherche et
l’investigation des futurs systèmes. Ils sont pour la plupart très ouverts et
offrent la possibilité d’introduire de nouveaux modèles au sein du programme.
Cependant, contrairement à l’électronique et aux micro-ondes, il n’existe pas
d’outils standards et bien admis dans le domaine des transmissions optiques.
Il est apparu, récemment, sur le marché, un certain nombre de logiciels
permettant la simulation des systèmes de communications optiques.
Le laboratoire GESTE dans lequel j’ai mené mes travaux de thèse a testé
quelques-uns de ces simulateurs et a retenu le logiciel COMSIS. Une
présentation de ce dernier est effectuée ci-après.

III .3 Présentation du logiciel COMSIS :


COMSIS est un logiciel de simulation système développé par une société
française, IPSIS (Ingénierie Pour Signaux et Systèmes), basé sur la technopole de
Rennes. L’acronyme de COMSIS signifie Communication System Interactive
Software. Ce logiciel est un outil qui permet aux chercheurs et aux ingénieurs
de modéliser, simuler, analyser et concevoir tout module de traitement du

82
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

signal allant du dispositif le plus élémentaire au système complet de


communication. C’est un environnement interactif qui allie des outils
numériques à des fonctionnalités graphiques et une interface utilisateur. Il
permet d’analyser des systèmes analogiques ou numériques décrits sous la
forme de schémas blocs.
Interface COMSIS L’interface COMSIS comporte une fenêtre principale et
une fenêtre alphanumérique.

III .3.1 L’éditeur de schéma-bloc : la fenêtre principale


COMSIS offre un environnement intégré où toutes les fonctions d’éditions
et de traitements s’articulent autour de l’éditeur de schéma-bloc (Figure 3. 1).

Figure 3. 1 : L’éditeur de schéma-bloc de COMSIS.

Avec ce logiciel assez convivial, la construction d’un schéma-bloc est


assez facile. Il suffit de sélectionner, à l’aide de la souris, des objets disponibles
dans la bibliothèque et de les déposer sur la feuille de dessin. Ces objets
représentent des modélisations d’opérateurs, d’entrées et de sorties et doivent
être interconnectés et nommés. Une fois ces modèles positionnés, reliés et
nommés, leurs paramètres caractéristiques doivent être définis, sous forme

83
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

numérique ou à l’aide d’un paramètre formel, avant de lancer l’analyse du


système. Il faut encore insérer des variables intermédiaires (correspondant aux
grandeurs d’entrée et de125 sortie des opérateurs) et les nommer. Ainsi, le
simulateur a accès aux signaux en chaque point du schéma.
COMSIS dispose d’une aide en ligne contextuelle et hypertexte, constituée
du manuel d’utilisation accessible dans son intégralité.

III .3.2 La fenêtre alphanumérique :


Elle est utilisée au lancement d’une analyse pour insérer des paramètres
de simulation ou pour afficher l’ensemble des messages ou informations édités,
spontanément ou sur requêtes, par le logiciel au cours de son exécution.

Figure 3.2 : Interface alphanumérique.

III .3.3 La bibliothèque :


La bibliothèque de COMSIS a été développée en collaboration avec France
Télécom R&D. Parmi les modèles disponibles dans la bibliothèque (Figure 3. 3)
de COMSIS, citons, par exemple, les codes en ligne, les codes correcteurs

84
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

d’erreurs, les fonctions logiques, les modulations, les démodulations, les filtres,
les perturbations, le GSM, l’UMTS, les composants optiques…

Figure 3. 3 : La bibliothèque de modèles de COMSIS.

Ces différents modèles, encore appelés opérateurs fonctionnels, sont des


unités de transformation caractérisées par une (ou plusieurs) grandeur(s) de
sortie dépendant d’une grandeur d’entrée ou d’une combinaison de grandeurs
d’entrée. Ils sont classés en deux catégories :

_ Les opérateurs linéaires qui jouissent des propriétés d’additivité,


d’homogénéité et de stationnarité au cours du temps.
_ Les opérateurs non linéaires qui forment une vaste classe sans mode de
représentation universelle.
La bibliothèque est assez étendue et continue régulièrement de s’enrichir.
De plus, COMSIS offre la possibilité de développer et d’intégrer nos propres
modèles écrits en langage C ou FORTRAN, grâce au Builder de COMSIS.

85
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

III.4 Simulation d’une liaison optique par la technique de multiplexage


(WDM) :

Figure 3.4: Schéma de la liaison multiplexée

La figure, ci-dessus, présente le schéma de la liaison simulée avec une entrée


3*2.5Mbits/sec et une fibre de 100kM de long.les lasers utilisés sont de
longueurs d’onde de 1550,1549, 1550.4 afin d’éviter les interférences.

III.4.1 Multiplexeur idéal

Figure 3.5 : Définition des paramètres d’un multiplexeur idéal

III.4.2 Fibre compensatrice


Il s’agit d’une simple fibre monomode à dispersion négative.

86
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

Figure 3.6 : Définition des paramètres de la fibre de compensation.

III.4.3 le démultiplexeur non polarisé :

Figure 3.7 : Définition des paramètres du démultiplexeur non polarisé.

87
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

III.5 Résultat de simulation en puissance :

Figure 3.8 : visualisation de la puissance d’entrée e1, e2 avec les sorties s et s1

Figure 3.9 : visualisation de la puissance d’entrée e3 avec la sorties s2


Pin
On a: α = 10log ⁄P
0ut
−4
Alors : α = 10log 10 ⁄(10−10 )
α = 60

88
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

Interprétation des résultats obtenus par simulation 1

Après la simulation de la chaine de transmission optique qui est


représenté sur la figure 3.4 on a obtenu les courbes des figures 3.8 et 3.9 qui
représentent les puissances d’entrée de chaque émetteur et les puissances de
sorties de la chaine de la transmission. Nous voyons bien que le signal obtenu
à la sortie correspond au signal d’entrée, mais on voit que le signal de sortie a
subit une atténuation qui est de l’ordre 60dB/km et cela est du aux
caractéristiques de la fibre optique qui a une atténuation de 0.2 dB/km

III.5.1 Effet de la longueur de la fibre sur l’atténuation :


Le but de toute liaison est d’atteindre une distance de transmission la plus
longue possible avec le plus grand dédit, tout en conservant à la réception le
signal émis. Dans ce qui suit nous allons étudier l’effet de ces deux paramètres
sur une telle liaison. Plusieurs simulations ont été réalisées avec les mêmes
modules d'émission et de réception mais avec différentes longueurs de
transmission et diverses valeurs de débit.
III.5.1.1 La distance :
Les résultats de simulation pour différentes longueur de fibre et un débit
de 2.5 Gb/s sont représentés sur la figure suivante :
1. la longueur de la fibre 5Km :

Figure 3.10 : visualisation de la puissance des sorties s, s1 et s2

89
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

Figure 3.11: Allure et diagramme de l’œil du signal en sortie pour différentes


longueurs de la fibre.

2. La langueur de la fibre 50Km :

Figure 3.12 : visualisation de la puissance des sorties s, s1 et s2

90
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

Figure 3.13: Allure et diagramme de l’œil du signal en sortie pour différentes


longueurs de la fibre.

3. La langueur de la fibre 100Km :

Figure 3.14 : visualisation de la puissance des sorties s, s1 et s2

91
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

Figure 3.15 : Allure et diagramme de l’œil du signal en sortie pour différentes


longueurs de la fibre

4. La langueur de la fibre 200Km :

Figure 3.16 : visualisation de la puissance des sorties s, s1 et s2

92
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

Figure 3.17: Allure et diagramme de l’œil du signal en sortie pour différentes


longueurs de la fibre.

Interprétation des résultats obtenus par simulation 2

Les figures représentent les différents résultats de puissance de sortie


pour chaque longueur de fibre ainsi leurs diagrammes de l’œil pour visualiser
s’il y a pas d’interférence entre symbole. On voit bien que à chaque fois on
augmente la longueur de la fibre les signaux des sortie subis de l’atténuation
jusqu'à ou on arrive a une longueur de la fibre qui égale a 200km on vois bien
quand n’a une atténuation total du signal et que le diagramme de l’œil confirme
ca.
Donc on peut conclure que l’atténuation est en fonction de la longueur de
la fibre utilise elle est grand si la longueur de la fibre est grande elle est petite si
la longueur de la fibre est petit.

93
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

III.5.1.2 Le débit :
Les résultats de simulation pour un débit de 2.5 G.bit/s se propageant
sur une distance de 100 Km sont représentés sur la figure suivante :

Figure 3.18 : visualisation de la puissance des sorties s, s1 et s2

Figure 3.19: Allure et diagramme de l’œil du signal en sortie pour un débit de


2.5Gbit/s

94
Chapitre III Simulation et interprétation des résultats

Interprétation des résultats obtenus par simulation 3

Les figures représentent les différents résultats de puissance de sortie


pour une longueur de fibre qui égale a 100km et un débit qui égale 2.5 G.bit/s
ainsi leur diagrammes de l’œil pour visualiser s’il y a pas d’interférence entre
symbole . On voit bien que le débit et très important pour cette longueur de
fibre. On peut conclure que la qualité du signal reçu est d’autant plus faible que
la longueur de la fibre ou le débit est plus grand.
Les dégradations des signaux qui sont apparu sur la figure 3.18 sont dues
aux différents effets linéaire et non linéaire des composants.

III.6 Conclusion :

Ce chapitre a été l’objet d’une simulation du liaison optique qui utilise la


technique WDM ou on a pu faire des simulations sur les effets de la distance et
le débit.

95
Conclusion Générale
Conclusion Générale

Conclusion générale :

L’objectif de ce travail est d’optimiser une chaine de transmission 40 Gb/s


en agissant sur les différents paramètres et caractéristiques des composants
constitutifs de cette liaison. C’est pourquoi la télécommunication optique
nécessite une étude sur chacune des éléments intervenants dans la chaine de
transmission optique afin de pouvoir déterminer les caractéristiques du signal
transmis.

L’étude de ce mémoire est basé sur des généralité sur la fibre optique, ces
différentes types, leurs utilisation et finalement ces inconvénients et ces
avantages, ainsi que l’étude de l’atténuation et de la dispersion chromatique
dans les fibres optiques par la simulation système à l’aide du logiciel COMSIS
qui permet des gains de temps et d'argent en évitant les expérimentations
itératives sur des démonstrateurs de systèmes. Le procédé employé consiste à
modifier les longueurs de la fibre et les paramètres des composants nécessaires
à la simulation système, tout en essayant de maintenir les performances
globales de la liaison.

L’augmentation du débit ou de la longueur de fibre de transmission ont


fait de la dispersion chromatique et de l’atténuation. De ce fait plusieurs
techniques de multiplexage utilisées dans les réseaux optiques. Donc on peut
dire que la fibre optique permette le transport de débit nettement supérieurs à
ceux que peuvent véhiculer les autres supports, et ceci avec une meilleure
qualité de transmission.

96
Bibliographie
Bibliographie

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déploiement du FTTH″, L'écho des Recherches, 1997.
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[21] : Mathieu Lefrançois « Etude de technologies avancées pour l’optimisation des systèmes de
transmission optique multiplexés en longueur d’onde au débit de 40 Gbit/s » Thèse de doctorat.
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[22] : Frédéric Gérome «Conception et caractérisation de fibres compensatrices de dispersion
chromatique pour application aux liaisons optiques WDM » Thèse de doctorat. Université de
LIMOGES 2005.

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