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Combustion dans les

fours industriels
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La combustion est une réaction chimique globalement et généralement
fortement exothermique, autonome, susceptible de s’accélérer brutalement
et d’être accompagnée d’émission de rayonnements. Elle peut être lente ou
vive, turbulente, spontanée, catalytique...
La combustion est bien souvent le moyen le plus économique pour générer
de la chaleur. Elle peut être réalisée avec des combustibles divers solides,
liquides ou gazeux, en utilisant de l'air en convection naturelle ou forcée, ou
plus rarement de l'oxygène. Cette combustion peut être réalisée dans
différents types d'appareils tels une chaudière à eau chaude (type chaudière
gaz de maison individuelle), une chaudière à vapeur (distribution de cette
vapeur vers les utilisateurs par réseaux de tuyauteries), ou des fours
permettant de chauffer directement le produit concerné (alimentation d'un
réacteur par exemple, charge d'une colonne...).

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La combustion nécessite un comburant (généralement l’air ou
l’oxygène) et un combustible (tels que les composés hydrocarbonés
et oxygénés).
D’une manière générale, la combustion complète d’un composé
hydrocarboné produit du dioxyde de carbone (CO2) et de l’eau :
Cependant, cette réaction ne représente qu’un bilan global de la
combustion. Des espèces intermédiaires de réaction sont formées
à partir du combustible initial et contribuent à la production de ce
produits (CO2 et H2O) ainsi qu’à celle de composés plus lourds lors
d’une combustion incomplète.
Dans le monde moderne, la combustion est surtout utilisée pou
produire de l’énergie (chaleur, électricité) mais aussi pour obtenir
des détonations (explosions utilisées pour la sécurité industrielle,
la propulsion hypersonique, la pyrotechnie).

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Les combustibles
Au point de vue énergétique, les principaux combustibles utilisés
sont des combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole
le gaz naturel, qui couvrent 75 % des besoins énergétiques dans le
monde [27].
■ Le charbon est le combustible fossile le plus abondant sur la
planète ; il couvre 30 % de la demande mondiale d’énergie, dont
50 % de la production mondiale d’électricité. Il s’est formé après
200 à 300 millions d’années à partir des débris végétaux, et est
composé de carbone, d’hydrogène et d’oxygène avec des
pourcentages, pour ces trois éléments, différents selon son âge (plus
son temps de vie est long, plus il se rapproche du carbone pur) et
son milieu géographique.

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Les combustibles
L’utilisation du charbon pose de nombreux problèmes puisque
c’est un composé lourd et hétérogène ; il est polluant (problème de
la production de cendres) et contribue à l’effet de serre. Sa
ressource reste importante et est évaluée à 200 ans, voire plus.
■ Le pétrole, qui représente le combustible liquide le plus
important, voit sa réserve diminuer au cours du temps pour n’être
évaluée actuellement que pour une durée de 40 ans environ. Sa
production est de plus en plus difficile et 75 % des réserves sont
dans une région politiquement plus ou moins stable, au
Moyen-Orient.

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Les combustibles
Pour économiser ce combustible, l’utilisation du pétrole est de
plus en plus spécifique, ce qui demande un raffinage de plus en
plus poussé. En effet, actuellement, le pétrole est utilisé
principalement en tant que carburant mais aussi dans un secteur
pétrochimique très avancé. Toutes les fractions de ce combustible
sont récupérées et valorisées.
■ Le dernier combustible fréquemment utilisé pour la production
d’énergie est le gaz naturel. Ses ressources sont comparables à
celles du pétrole avec des réserves estimées encore à 60 ans.
Le gaz naturel est composé de 90 % de méthane (CH4) et de
moins de 10 % d’éthane (C2H6), de propane et d’autres gaz à l’état
de traces tels que n-C4H10 , iso-C4H10 , C5H12...

6
Les combustibles
C’est le moins polluant des combustibles carbonés ; il produit
très peu d’hydrocarbures imbrûlés et peu d’oxydes d’azote.
Nota : pour ces trois combustibles fossiles, de nouvelles réserves
sont découvertes fréquemment, ce qui pourrait augmenter leurs
ressources totales et leur durée d’exploitation.
■ Notons que d’autres combustibles sont utilisés.
● Le GPL (gaz de pétrole liquéfié) est utilisé comme carburant
automobile ; il provient du raffinage du pétrole, mélange
principalement de propane (C3H8) et de butane (C4H10). Sa
composition est
variable selon les saisons pour s’adapter aux conditions
climatiques.

7
Les combustibles
● L’hydrogène est produit à partir de différents composés :
pétrole, charbon et gaz naturel par vaporéformage ; de l’eau par
électrolyse. Le stockage de ce composé reste un inconvénient
majeur puisqu’il est explosif avec un grand domaine
d’inflammabilité. Cependant, l’hydrogène reste un combustible
possible dans le futur par son utilisation non polluante et par son
abondance sur la planète (dans la molécule d’eau).

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 Pouvoir calorifique: c'est la quantité de chaleur
produite par la combustion totale d'une quantité unitaire
de combustible.
 Pouvoir calorifique supérieur PCS : représente
l'énergie dégagée par la combustion complète d'un kg
ou d'un m3 de combustible, l'eau étant produite à l'état
liquide (unité kJ.kg-1 ou kJ.m3 selon que le combustible
est ou non gazeux)

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 Pouvoir calorifique inférieur PCI : représente l'énergie
dégagée par la combustion complète d'un kg ou d'un m3 de
combustible, l'eau étant produite à l'état vapeur (unité kJ.kg-
1 ou kJ.m3 selon que le combustible est ou non gazeux)

 Pouvoir comburivore : c'est la quantité d'air nécessaire


pour brûler une quantité unitaire de combustible, en kg d'air
par kg de combustible (pour les solides) ou en Nm3 d'air par
Nm3 de combustible (pour les gaz).
 Pouvoir fumigène : c'est la quantité de fumées produites
par la combustion à l'air d'une quantité unitaire de
combustible, en kg de fumées par kg de combustible ou
Nm3 de fumées par Nm3 de combustible.

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 Comburant : c'est en général de l'air à l'état gazeux
(20.8% O2 en volume, 79.2% N2 en volume, quelques
gaz rares), parfois de l'oxygène pur O2.
 Excès d'air : c'est la quantité d'air au delà de la
stœchiométrie nécessaire à la combustion complète du
combustible. Cet excès d'air est en général de 2 à 10%
sur les équipements de chauffe industriels. Un trop
faible excès d'air peut conduire à une combustion
incomplète, des fumées noires, un étouffement du four.
Un trop large excès d'air conduit essentiellement à une
perte de rendement.

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 Température de flamme: cette température peut être
estimée en considérant une combustion adiabatique,
c'est à dire que la chaleur dégagée par la combustion
est intégralement fournie aux produits de la combustion
au niveau de la flamme, sous forme de chaleur sensible
(et/ou latente). Les produits de la combustion cèdent
ensuite une part de leur énergie par rayonnement dans
le foyer, une autre partie de leur énergie par
convection/conduction, et en conservent une partie en
quittant la chaudière à température plus ou moins
importante.

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13
Généralités :
I.
 La combustion est une réaction chimique d’oxydation
d’un combustible par un comburant.
 Les produits de combustion s’appellent aussi gaz brûlés
ou fumées.
 La combustion fournit de l'énergie calorifique et émet
généralement de la lumière.
 Le développement de la société industrielle moderne et
la sauvegarde de l'environnement se fondent sur la
maîtrise de cette réaction de combustion.

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Dans un phénomène de combustion, les corps en
présence sont les suivants :
Le combustible

Le comburant

Le produit de combustion

L’oxydation doit être assez vive pour se poursuivre


normalement après amorçage.

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 COMBUSTIBLES SOLIDES
 COMBUSTIBLES LIQUIDES
 COMBUSTIBLES GAZEUX
Cependant, quelle que soit la nature du combustible, la
réaction de combustion proprement dite ne peut avoir lieu
que lorsque les réactifs sont sous forme gazeuse. Si le
combustible n'est pas à l'état gazeux, il se vaporise ou se
sublime préalablement (éventuellement après décomposition
chimique).

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Tous les combustibles solides sont d'origine végétale à
l’exception des propergols (carburants pour fusées). L'uranium
et les autres corps radioactifs, qui produisent de l'énergie par
fission nucléaire, ne sont pas des combustibles au sens précis
du terme car, lors de leur utilisation, ils ne participent à aucune
réaction de combustion.

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Exemples de combustibles solides:
 Bois,

 Charbon (composition C, H, O, N, S variable),

 Anthracite (92 à 94% de carbone),

 Houille (75 à 85% de carbone),

 Lignite (67 à 74% de carbone),

 Tourbe (55 à 65% de carbone), autres...

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Le bois :
Encore largement utilisé dans le monde sous sa forme
brute, le bois est par ailleurs un des facteurs de la
désertification surtout dans les zones subsahariennes.
Le charbon :
désigne les combustibles solides résultant de la
décomposition et de la fossilisation de la végétation.
Selon leur degré d'évolution, et leur teneur en carbone et
en eau, on distingue la tourbe (une matière encore très
humide et au pouvoir calorifique peu élevé, résultat d'une
décomposition sommaire) le lignite la houille l'anthracite

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Les combustibles liquides, voire gazeux,
proviennent généralement du pétrole, qui
est un mélange d'hydrocarbures, c'est-à-dire
de composés à base de carbone C et
d'hydrogène H, auxquels s'ajoutent
essentiellement du soufre S, de l'oxygène O
et de l'azote N.

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Exemples de combustibles liquides: mazout, fuel,
hydrocarbures saturés CnHm, S, N, O, autres...
Exemples de combustibles gazeux: méthane CH4, propane
C3H8, butane C4H10, gaz de Lacq (CH4 95.4%, C2H6 3.4%,
autres 0.8%, N2 0.4%), autres…

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CH4 % C2H6 % C3H8 % C4H10 % N2
90 6,5 2 0,5 1

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GPL essence kérosène Gazoil et FOD Fuel lourd BTS
C% 82,5 85,5 85,7 86 87
H% 17,5 14,5 14,3 13,3 11,35
S% 0 0 <0,3 0,3 1
N% 0 0 0 0,2 0,25
O% 0 0 0 0,2 0,4
Ma 15,4 15 15 14,3 14
d 0,55 0,75 0,8 0,844 0,99
Ip 46MJ/kg 44MJ/kg 43,5MJ/kg 42MJ/kg 42MJ/kg

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Les plus fréquemment utilisés sont :
 l’air qui comprend principalement de l’oxygène, de
l’azote, de la vapeur d’eau et du CO2.
 l’oxygène pur.
Ils peuvent être incorporés préalablement au
combustible soit :
 sous forme d’alliage chimique,
 sous forme d’air ou d’oxygène liquide, comme par
exemple dans les explosifs et dans les carburants
pour fusées.

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Substance Pression partielle (bar) Mol de i / mol d’air

N2 0.7565 0.7665
O2 0.2030 0.2056
Ar 0.0090 0.0091
H2O 0.0312 0.0316
CO2 0.0003 0.0003

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La combustion du carbone C, de l’hydrogène H et du soufre S
donne lieu aux équations chimiques de base suivantes :
Combustion du carbone
C + O2 ⇔ CO2 ∆h0 = - 32 760 J/g C
C + ½ O2 ⇔ CO ∆h0 = - 9 200 J/g C
CO + ½ O2 ⇔ CO2 ∆h0 = - 10 100 J/g CO
Combustion de l’hydrogène
H2 + ½ O2 ⇔ H2O liq ∆h0 = - 141 800 J/g H2
H2 + ½ O2 ⇔ H2O vap ∆h0 = - 120 000 J/g H2
Combustion du soufre
S + O2 ⇔ SO2 ∆h0 = - 9 250 J/g S

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∆ho est appelée chaleur de réaction ou enthalpie de réaction
(par les chimistes et les physiciens).
∆ho est appelée pouvoir énergétique (par les thermiciens).
∆h0 est définie pour des conditions de référence P0 et T0 qui
sont en général les valeurs standards : P0 = 1 atm ≈ 1,01325
bar = 101325 Pascal.
T0 = 25 °C = 298,15 K.

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Les grandeurs molaires ou massiques sont reliées par : M la masse molaire
du combustible. ∆H0 = M . ∆h0
Les équations de base ci-dessus donnent lieu aux valeurs molaires
suivantes :
Combustion du carbone
C + O2 ⇔ CO2 ∆H0 = - 393 500 J/mol C
C + ½ O2 ⇔ CO ∆H0 = - 110 500 J/kg C
CO + ½ O2 ⇔ CO2 ∆H0 = - 283 000 J/mol CO
Combustion de l’hydrogène
H2 + ½ O2 ⇔ H2O liq ∆H0 = - 285 900 J/mol H2
H2 + ½ O2 ⇔ H2O vap ∆H0 = - 241 800 J/mol H2
Combustion du soufre
S + O2 ⇔ SO2 ∆H0 = - 296 600 J/mol S

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La combustion des hydrocarbures donne lieu à des équations
chimiques plus complexes dont voici quelques exemples :
Méthane CH4 :
CH4 + 2O2 ⇔ CO2 + 2H2O liq ∆Ho = - 890 400 J/mol CH4
CH4 + 2O2 ⇔ CO2 + 2H2O vap ∆Ho = - 802 300 J/mol CH4
Ethylène C2H4 :
C2H4 + 3O2 ⇔ 2CO2 + 2H2O liq ∆H0 = - 1 411 000 J/mol C2H4
C2H4 + 3O2 ⇔ 2CO2 + 2H2O vap ∆H0 = - 1 323 000 J/mol C2H4
Ethane C2H6 :
C2H6 + 7/2 O2 ⇔ 2CO2 + 3H2O liq ∆H0 = - 1 560 000 J/mol C2H6
C2H6 + 7/2 O2 ⇔ 2CO2 + 3H2O vap ∆H0 = - 1 428 000 J/mol C2H6

29
Les équations de combustion des corps purs représentent
la combustion totale d'une mole de combustible par de
l'oxygène pur.
L'enthalpie de réaction (ou de combustion) associée
représente la chaleur dégagée par la combustion totale
d'une mole de combustible, les réactifs et les produits
étant dans leur état de référence (HR25°C <0).
L'enthalpie HR25°C peut se calculer à partir des enthalpies
standard de formation des produits diminuée des
enthalpies standard de formation des réactifs, que l'on
trouve dans la littérature.

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Le pouvoir énergétique ∆Ho de tout hydrocarbure peut se déduire de
ceux des éléments de base C et H2.
Mais il ne peut pas être calculé simplement par la règle des mélanges,
car il faut tenir compte de la chaleur de formation de l’hydrocarbure.
Exemple :
C + O2 ⇔ CO2 ∆Ho = - 393 500 J/mol C
H2 + ½ O2 ⇔ H2Ovap ∆Ho = - 241 800 J/mol H2
Pour le méthane CH4, les équations précédentes donnent :
C → 1 x 393 500 = - 393 500 J/mol de C
H4 → 2 x 241 800 = - 483 600 J/mol de H2
Chaleur de formation de CH4 = 74 800 J/mol CH4
Le pouvoir énergétique du mélange CH4 = - 802 300 J/mol CH4
Attention ! Une simple règle de mélange conduit à une erreur
inadmissible de 9,3 %.

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Deux produits principaux résulteront d'une combustion correcte : du
dioxyde de carbone (ou CO2) et de l'eau (ou H2O). En effet, si on
considère la combustion "stoechiométrique" (c'est-à-dire contenant la
quantité d'oxygène exacte pour faire réagir le combustible de manière
parfaite), on obtient,
CHyOx + (1 + y/4 - x/2) O2 —› CO2 + y/2 H2O
Par exemple, on obtient pour le méthane CH4 + 2 O2 —› CO2 + 2 H2O
C'est le CO2 dont on parle au niveau de la pollution atmosphérique et
de la problématique du réchauffement de la planète qu'il entraîne. Il est
principalement lié à l'utilisation des combustibles fossiles, elle-même
liée à l'activité économique. Voici 2>les ordres de grandeur du
CO2 produit.

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Production de CO2 lors de la combustion de1 m³ de gaz = 1 litre de fuel
(on peut estimer grossièrement qu'au niveau valeur énergétique,) :
1 m³ de gaz

2 kg CO2/m³

1 litre de fuel

2,7 kg CO2/litre

Production de H2O lors de la combustion de


1m³ de gaz

1,68 kg/m³

1 litre de fuel

0,9 kg/litre

Mais l'oxygène provient de l'air atmosphérique et celui-ci contient également de l'azote


(N), qui théoriquement reste neutre dans la réaction de combustion et devrait être rejeté
comme tel dans les fumées.

33
Cependant, sous certaines conditions de combustion, cela n'est pas le cas. En effet,
l'azote se combine avec l'oxygène pour former des oxydes d'azote NO, NO2, N2O,...
rassemblés sous la dénomination NOx. Ceux-ci sont en partie responsables des pluies
acides.
Les combustibles contiennent également des traces d'autres éléments dont la
combustion est nocive pour l'environnement. Le principal est le soufre dont
l'oxydation fournira du SO2 et du SO3. Ce dernier formera de l'acide sulfurique par
combinaison avec de l'eau (par exemple, lors du contact entre les fumées et les
nuages). C'est ce qui entraîne aussi la formation de pluie acide.
Si le gaz naturel ne contient pratiquement pas de soufre, le mazout et le charbon sont
à ce niveau assez polluants et la réglementation vise à abaisser la teneur en souffre
maximale autorisée.
En résumé, les produits de la combustion sont principalement constitués de CO2,
d'H2O, de NOx et de SOx.

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Exemple de combustion : Moteur à combustion interne

La combustion, pour se faire, requière trois paramètres:


- un combustible (pour l'automobile, le carburant)
- un comburant (pour l'automobile l'oxygène de l'air)
-une source de chaleur (pour l'automobile l'étincelle de la
bougie ou la pression dans la chambre de combustion)
La formule chimique d'une combustion stœchiométrique est :

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COMBUSTION ESSENCE (Heptane) :
C7H16 +11O2 +44N2 =>7CO2 +8H2O+44N2+ Chaleur
dosage stœchiométrique : 1g d'essence pour 15,1g d'air
COMBUSTION GAS-OIL (Cétane):
C16H34+24,5(O2+4N2)=>16CO2+17H2O+98N2+Chaleur
dosage stœchiométrique1g de gas-oil pour 14,88g d'air

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Le pouvoir énergétique à volume constant Pev d’un combustible B est la
grandeur définie par la relation (sous forme massique ou molaire) :
Pev = - ∆U0 =(UM0 - URc0)/mB
UM0 l’énergie interne du mélange initial M dans les conditions de
référence P0 et T0 (valeurs standards : P0 = 1 atm ≈ 1,01325 bar =
101325 Pas et T0 = 25 °C).
URc0 l’énergie interne des produits finaux de combustion résultant d’une
combustion complète dans les mêmes conditions de référence.
mB la masse du combustible B en kg.
On parle souvent de pouvoir calorifique, ou ‘pouvoir énergétique’ car les
produits de combustion sont utilisés dans les machines thermiques aussi
bien pour produire de l’énergie-travail (moteur) que de l’énergie-chaleur
(chaudière).

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Le pouvoir énergétique à pression constante Pep d’un
combustible B est la grandeur définie par la relation
(sous forme massique ou molaire) :
Pep = - ∆h0 = (HM0 -HRc0)/mB
HM0 l’enthalpie du mélange initial M dans les
conditions de référence P0 et T0 (valeurs standards).
HRc0 l’enthalpie des produits finaux de combustion
résultant d’une combustion complète dans les mêmes
conditions de référence.
mB la masse du combustible B en kg.

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L’énergie-chaleur dégagée par la combustion isobare de l’unité de
masse du combustible (dans les conditions standards de pression
et de température) est égale au pouvoir énergétique à pression
constante du combustible.
Remarque :
Le pouvoir énergétique à pression constante P eP est égal à
l’énergie-chaleur massique qu’il faut extraire d’un système ouvert
en régime permanent siège d’une combustion complète isobare
afin que les produits de combustion Rc sortent à la même
température que celle du mélange M initial.

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VI. Pouvoirs énergétiques supérieurs et inférieurs :
Les pouvoirs énergétiques supérieurs d’un combustible
sont les grandeurs Pevs et Peps correspondant aux
définitions précédentes lorsque l’eau contenue dans les
produits de combustion se présente sous forme liquide.
Les pouvoirs énergétiques inférieurs d’un combustible
sont les grandeurs Pevi et Pepi correspondant aux
définitions précédentes lorsque l’eau contenue dans les
produits de combustion se présente sous forme gazeuse
(vapeur d’eau).

40
VI. Pouvoirs énergétiques supérieurs et inférieurs :

La distinction entre les pouvoirs énergétiques Inférieurs et


supérieurs n’intervient que pour les combustibles contenant de
l’hydrogène ou de l’eau.
Exemple :
Soit un mazoute ayant une teneur de en hydrogène de 11% en
masse. Lors de la combustion de 1 kg de mazoute, il apparaît
(18 x110)/2 = 990 g de vapeur d’eau.
Dans les conditions de température de l’expérience, la chaleur
latente de vaporisation de l’eau est l = 2300 kJ/kg, on a donc
Pevi = Pevs - 2300 x 0.990 = Pevs – 2277.
Pour le mazoute Pevs = 42000 kJ/kg (différence de 5%)

41
Parmi les quatre pouvoirs énergétiques Pev, Pep,Peps et Pepi
définis ci-dessus, dans la pratique, c’est le pouvoir
énergétique inférieur à pression constante Pepi qui est le
plus utilisé. Ceci est du au fait que les combustions qui ont
lieu dans les machines thermiques se font généralement en
systèmes ouverts fonctionnant en régime permanent
(pression sensiblement constante) et l’eau qui apparaît dans
les gaz de combustion est à l’état vapeur et reste dans cet
état dans l’atmosphère.

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Combustible Etat P eps (kJ/mol) Pepi (kJ/
C Graphite Solide 393,5 393,5
CO Mono. Carbone Gaz 283,0 283,0
H2 Hydrogène Gaz 285,9 241,8
S Soufre Solide 296,6 296,6
CH4 Méthane gaz 890,4 802,3
C2H2 Acétylène Gaz 1300,0 1256,0
C2H4 Ethylene Gaz 1411,0 1323,0
C2H6 Ethane Gaz 1560,0 1428,0
CH3OH Méthanol Liquide 727,6 638,4
Bois Solide 17600 (J
Mazoute Liquide 42000 (J

43
44
Le comburant le plus utilisé sous la pression atmosphérique ou en
surpression est naturellement l’air, d’où la définition du pouvoir
comburivore.
1°) Pouvoir comburivore théorique αo
C’est la quantité d’air strictement nécessaire pour assurer la
combustion d’un kilogramme de combustible.
Le pouvoir comburivore théorique est noté αo et est exprimé en kg
d’air par kg de combustible.

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En écrivant les réactions de combustion et en remarquant
que l’azote N2 ne s’oxyde pas aux températures où a lieu
la combustion (se comporte comme un corps neutre),
on détermine le pouvoir comburivore αo :

C, H, S et O représentent les teneurs en % du combustible


en carbone, en hydrogène, en soufre et en oxygène.
Pour éviter que la proportion d’imbrûlés ne soit pas trop
grande, on introduit une quantité d’air α supérieure à la
valeur théorique αo. Cette quantité α représente le
pouvoir comburivore réel.

46
Il est défini par le rapport :
η =α / αo

Un excès d’air diminue la teneur en imbrûlés mais


augmente, par contre, la chaleur véhiculée par les
fumées qui est dissipée dans l’atmosphère. Cette
énergie-chaleur a pour expression :
qf = cpf (Tf - Ta)
Qf =m . c pf. (Tf - Ta ) (sous forme massique)
m représente le débit de masse des fumées,.
Cpf leur chaleur massique à pression constante,
Tf la température des fumées sortant de la cheminée,
Ta la température de l’atmosphère.

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C’est la masse de fumées obtenues lors de la combustion
complète d’un kilogramme de combustibles. Il est noté ϕ et
s’exprime en kg de combustible.
Si x est la teneur en cendre du combustible, en écrivant la
conservation de la masse, on a :

48
étude des combustions
A – Combustion « neutre »
Pour obtenir la combustion totale et complète d’un combustible, il faut
,théoriquement, que le dioxygène soit en quantité « stœchiométrique » ( ni
en excès ni en défaut ). On parle, alors, de « combustion neutre » ou de
combustion théorique.

49
Dans une combustion réelle, la réaction peut ne pas être totale ni
complète. Elle peut, en outre, se faire avec un excès ou un défaut
d’air (par rapport à la combustion « neutre »)
Soit V ' a le volume d’air effectivement fourni et Va le volume
théoriquement nécessaire pour la combustion « neutre ».
On pose :

50
 La combustion se fait avec un excès d’air si e > 0 (on parle de combustion
« oxydante »)
Dans ce cas, même si la combustion est complète, on retrouvera, dans les
fumées, de l’air inutilisé de sorte que la teneur en dioxyde de carbone des
fumées sera plus faible que dans la combustion « neutre ».
Si la combustion n’est pas complète, le taux de monoxyde de carbone viendra
encore diminuer le taux de dioxyde de carbone.
 La combustion se fait avec un défaut d’air si e <0 (on parle de combustion
« réductrice »)
Dans ce cas, encore, la teneur en dioxyde de carbone des fumées sera plus
faible que dans la combustion « neutre ». Ces fumées peuvent même contenir
du dioxygène !…
 C’est la combustion complète stœchiométrique qui est susceptible de
fournir le taux de dioxyde de carbone le plus élevé, dans les fumées.

51
Remarque : On définit aussi le taux d’aération n :

L’analyse des fumées consiste, alors, à déterminer les teneurs en :


• Dioxyde de carbone et dioxyde de soufre ( γ CO 2 + SO 2)
Remarque : on ajoute les deux teneurs ; l’erreur commise est négligeable, en général.
• Dioxygène (γ O 2)
• Monoxyde de carbone ( γ CO )
Pour alléger les notations, nous désignons γ CO 2 + SO 2 par ' γ .
Le taux maximal de dioxyde de carbone sera désigné par γ ' max .
On suppose, évidemment que les volumes Va et Vf sont connus (ce qui suppose, en fait,
que la composition « neutre » du combustible soit elle-même connue).
Le volume de fumées sèches effectivement obtenu est noté V ' f .
On admet que l’on n’obtient ni carbone ni oxydes d’azote.

52
2°) Cas d’une combustion complète avec excès d’air : Puisque la
combustion est complète, nous n’avons pas de monoxyde de carbone.
De façon générale, « l’excès » d’air vaut : e Va
Et le volume V ' f s’écrit : Vf + e Va
Le taux de dioxygène, dans les fumées, s’écrit :

Le volume V représente le volume de dioxygène en ex O 2 cès soit environ


21 % du volume d’air en excès.
On note donc :

On constate, alors que :

Si on utilise la teneur en dioxyde de carbone et


en dioxyde de soufre, on a :

et, on en tire :

53
Conclusion : La connaissance de la composition du combustible permet de
déterminer les grandeurs Va et Vf . L’analyse des fumées permet de mesurer
le taux de dioxyde de carbone γ O 2 . On peut, alors, en déduire e.
3°) Cas d’une combustion avec défaut d’air :
Dans ce cas, la combustion ne peut être complète !
La nature des fumées varie avec l’importance du défaut d’air. Si le défaut
d’air n’est pas trop important, on a un mélange de monoxyde de carbone, de
dioxyde de soufre, de vapeur d’eau, de diazote…

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Cours de combustion: brûleurs
Le rôle du brûleur est en général double: assurer le mélange carburant -
comburant dans les proportions choisies (léger excès d'air par ex), et réaliser
la combustion de ce mélange dans les conditions optimales (allumage et
maintien de la flamme, combustion complète). Il a donc un rôle déterminant
dans la qualité de la combustion, et par suite dans l'émission de polluants ou
d'imbrûlés en plus ou moins grande quantité dans les fumées.
On distingue en général plusieurs sortes de brûleurs selon que le carburant est
solide, liquide, ou gazeux.
Certains brûleurs utilisent un fluide annexe (air sous pression ou air
d'atomisation, vapeur d'eau...) pour assurer le mélange et un bon réglage de la
flamme.

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3.5.2 Brûleurs à gaz
Il existe une grande variété de types de brûleurs à gaz que l’on peut classer
par mode d’alimentation en fluides :
— les brûleurs à induction d’air atmosphérique, à gaz seul sous pression ;
— les brûleurs à mélange au nez alimentés en air froid ;
— les brûleurs à mélange au nez alimentés en air préchauffé ;
— les brûleurs à mélange au nez alimentés en air suroxygéné ;
— les brûleurs à prémélange sous pression ;
— les brûleurs oxy-gaz.
3.5.2.1 Brûleur à prémélange air/gaz sous pression
Il a une souplesse (1 à 4) limitée pour le fonctionnement et le réglage
d’aération. Sa puissance est généralement limitée à 200 kW et il ne permet
pas la récupération de chaleur sur les fumées (danger du prémélange chaud).
Par contre, il a une température de flamme élevée.

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3.5.2 Brûleurs à gaz
3.5.2.2 Brûleur à induction d’air atmosphérique et gaz sous pression
Il utilise l’énergie cinétique d’un jet de gaz issu d’un injecteur pour aspirer
l’air ambiant. Ses caractéristiques de fonctionnement sont semblables au
précédent (§ 3.5.2.1). Il est simple et peu coûteux mais il est très difficile de
maîtriser le réglage des fours équipés de ce type de brûleur du fait de
l’influence de la pression du four sur l’admission d’air.
3.5.2.3 Brûleur oxy-gaz
Ce brûleur, qui utilise l’oxygène comme comburant, est nécessaire dans les
applications où une température élevée et un flux de chaleur dense sont
recherchés ; sa souplesse d’utilisation et de réglagle est très réduite et son
coût d’utilisation plus élevé.
3.5.2.4 Brûleur à mélange au nez avec air à faible pression (inférieure à 1 mm
H2O soit 9,8 Pa)
Il est adapté aux récupérateurs d’énergie en céramique, il peut être à flamme
de diffusion axiale, à écoulement divergent ou giratoire du gaz. Il requiert une
pression élevée de gaz pour assurer un mélange air/gaz convenable et des
artifices particuliers pour stabiliser la flamme

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3.5.2.5 Brûleur à mélange au nez avec air sous pression (50 à 70 mbar)
Il peut être :
— à flamme axiale à grande vitesse d’air ;
— à écoulement concourant des fluides ;
— à écoulement giratoire de l’air (flamme murale, flamme boule) ;
— à écoulement en contre-rotation.
Ce brûleur qui peut être alimenté en air froid, ou à 400 oC (valeur optimale
pour récupérateur métallique), ou en mélange à 25 % d’oxygène (valeur
optimale), a une grande souplesse de fonctionnement et de réglage et une
facilité de changement de combustible.
Dans le cas de la grande vitesse d’air, l’échange thermique est favorisé.
3.5.2.6 Brûleurs à fonctions particulières
■ Brûleur autorécupérateur
Pour une installation de puissance inférieure à 500 kW, on peut utiliser des
brûleurs dits autorécupérateurs (figure 6) à compacité maximale ; le
récupérateur intégré au brûleur engendre des économies d’énergie
substantielles. C’est une alternative à l’installation d’un récupérateur sur la
cheminée du four.

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3.5.2.6 Brûleurs à fonctions particulières
■ Brûleur radiant
Une partie importante du transfert de chaleur vers le produit à chauffer
s’effectue par rayonnement d’un matériau réfractaire chauffé par la combustion.
Les principaux types de matériels sont :
— le panneau radiant lumineux pour applications à basse température (séchage
par exemple) dont le rendement de rayonnement (quotient de l’énergie
rayonnée sur l’énergie totale consommée) est de 45 % environ (figure 7) ;
— le brûleur radiant multiouvreaux haute température dont le rendement de
rayonnement est proche de 20 % (figure 8) ;
— le brûleur radiant à coupelle dont la puissance nominale varie à 1 à 1 800 kW
et le rendement de rayonnement est de l’ordre de 15 % à 1 000 oC (figure 9).

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3.5.2.6 Brûleurs à fonctions particulières
■ Brûleur jet
Ce brûleur délivre à une vitesse supérieure à 100 m/s les produits de
combustion pour chauffer par impact direct ou brasser l’atmosphère d’enceinte
afin d’accélérer les échanges de chaleur avec le produit à chauffer ou
d’homogénéiser la température d’enceinte (figure 10)
■ Brûleur de veine d’air
Il s’agit d’un équipement modulaire (figure 11) placé dans une gaine de
ventilation d’étuve de séchage (ou autre fonction à température inférieure à 400
oC) pour diluer les produits de combustion.
La puissance linéaire installée est inférieure à 1 000 kW.
Dans certains cas, il peut assurer l’incinération d’effluents gazeux combustibles
(à 850 oC).

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■ Tube radiant
Les produits de combustion circulent dans un conduit rayonnant sur la charge,
sans contact avec l’atmosphère de l’enceinte.
■ Brûleur radiant catalytique ou thermoréacteur à destruction catalytique de
solvant
Ce brûleur peut fonctionner dans une atmosphère solvantée (séchage et cuisson
de peinture).
■ Brûleur régénératif
Une unité est composée de deux générateurs et de deux brûleurs revêtus de
matériau réfractaire. L’unité fonctionne alternativement selon les deux modes
de la figure 12.
Ce système permet une économie de 42 % de combustible pour une enceinte à
1 000 oC par rapport à un brûleur à air froid.
■ Électrobrûleur
Les brûleurs air/gaz sont limités en température et en rendement dans les
applications de fusion et de traitement thermique à 1 200-1 400 oC.
Au-delà, il faut utiliser de l’oxygène à la place de l’air de combustion ou un
électrobrûleur qui a une flamme dopée par un arc électrique permettant
d’atteindre des températures de 2 000 oC et plus.

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